Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 29 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2019-10-29
Quebec — Committees
Le Président (M.
Lemay) : Oui, M. le ministre.
Julien : Oui, merci, M. le Président. Écoutez, comme on a mentionné,
là, la semaine dernière, quand on s'est quittés, on aura l'occasion, à
l'article 4, de discuter des fins détails, en fin de compte, de
l'annexe I. Il faut bien comprendre que
cette
annexe I là est disponible et elle est connue. On reconduit, en fin
de compte, l'annexe des tarifs actuels d'Hydro-Québec, là, qui a été, en réalité, mise en place par la Régie de l'énergie.
Donc, c'est une
annexe qu'on vient recoller. C'est la même annexe. En fin de compte, c'est les mêmes tarifs qu'on a
actuellement sur le site Internet d'Hydro-Québec. Alors,
c'est des tarifs qui sont connus et qui sont reconduits essentiellement à
l'intérieur du projet de loi. Donc, on aura l'occasion d'en discuter à
l'article 4.
Le Président (M.
Lemay) : M. le député.
M. Birnbaum :
Si je lis comme il faut les commentaires du ministre, et je suis reconnaissant
du fait qu'on ait ces commentaires maintenant pour que notre discussion soit
contextuelle, je continue à comprendre...
Malgré le fait qu'on parle de choses assez complexes, je ne
donnerai pas la prétention de comprendre tous les... tarifaires ...et tous les
détails, il reste que, si je lis les commentaires...
Comme
je dis, c'est pour une raison qu'on parle de l'article 1, c'est le noeud
de l'affaire, et je m'exprime, je prends ma compréhension en lisant
surtout les commentaires. C'est qu'il y a deux principes primordiaux. C'est les
principes opérationnels et les principes qui font sujet de nos grandes
craintes, qui auraient eu écho lors des comparutions de, comme je dis, 14 ou 15 des 18 groupes devant
nous, sur deux choses, et j'aimerais entendre le ministre un à la fois
là-dessus.
Moi,
je comprendrais que, lors d'une adoption éventuelle de l'article 1, à
quelque part, on serait en train de confirmer deux principes, un à la fois,
de confirmer déjà un gel pour 2020, et, conséquemment, on serait en train de
confirmer l'intention, annoncée il y a quelques mois maintenant,
d'Hydro-Québec de se désister de son... Je crois que je me permettrais d'utiliser le mot «devoir», parce que c'est la
pratique, aux yeux de la loi actuelle... la déclaration, déjà, d'Hydro-Québec de
se désister et de préparer une justification tarifaire pour l'année 2020
devant la régie.
Alors,
première chose, et je me permets de citer les commentaires suite à
l'article 1, où le ministre, dans ses commentaires, note : «Cette modification est
nécessaire — la
modification incluse dans l'article 1 — puisque les tarifs de distribution d'électricité
qui seront en vigueur le 1er avril 2020 ne sont pas établis par la Régie
en fonction des critères prévus dans la Loi
sur la Régie de l'énergie.» Autrement dit, l'état où on se trouve actuellement aujourd'hui. «Également, les tarifs seront indexés sur une base annuelle, de sorte que les prix des tarifs
devaient être prévus dans une loi ou un règlement qui peut être mis à
jour chaque année.»
I just want to make sure those who are
listening share my understanding, which I want to test with the Minister, and that is, on this first of
two principles, the notion of a 2020 freeze of actual Hydro rates and the
complementary notion that the
adoption of this
article would confirm the already stated intention of
Hydro-Québec — que ma formation déplore et d'autres déplorent aussi — to desist from presenting, as is expected and required under
the law as its stands today, its justification for a tariff plan for the year
My understanding, which I want to
validate with the Minister, is that
article 1 already, in its eventual
adoption, would
entrench, to a certain extent, the freezing of tariffs for 2020, and my
interest and that of consumers, industrial users of electricity, important
suppliers, like the aluminium industry, in Québec, the international market,
all of those instances...
Toutes ces instances se sont déjà exprimées sur deux choses : leurs
inquiétudes sur cet aspect de la loi et plusieurs de leurs opinions,
épaulées par de la recherche, qu'un gel ait un effet négatif, potentiellement,
en 2020.
Donc,
dans un premier temps, j'aimerais demander au ministre, et j'aurai une
complémentaire sur un autre aspect de
ma lecture de l'article 1 : Est-ce que le ministre peut nous
confirmer qu'en quelque
part la raison d'être de l'article 1, c'est de confirmer la proposition, dans la loi,
que les tarifs soient gelés en 2020, et sans l'implication ou la surveillance de la régie — je m'excuse, troisième complémentaire — et de confirmer qu'il continue de comprendre
et, en quelque part, d'appuyer le désistement d'Hydro-Québec en ce qui a
trait à la justification de ses plans tarifaires pour 2020?
Le Président (M.
Lemay) : M. le ministre.
Julien : Oui, merci, M. le Président. Effectivement, là,
l'article 1, là, constitue fondamentalement le principe du projet de loi, qui vient, en fin de compte,
établir que, pour l'exercice 2020, on aura un gel tarifaire, et que, pour
les exercices subséquents, on aura une augmentation qui sera à
l'inflation.
Pour
ce qui est, en réalité, du travail d'Hydro-Québec, actuellement, avec les
groupes qui ont fait une demande à la
régie, celle-ci est en cours. La semaine dernière, il y a eu
contre-interrogation des groupes, donc, par Hydro-Québec, tel que demandé par Hydro-Québec. Donc,
Hydro-Québec continue de cheminer avec les groupes qui ont fait la demande
auprès de la régie, et la régie émettra une
décision à cet effet-là. Donc, Hydro-Québec est dans le processus avec les trois groupes qui ont fait une demande de
cause tarifaire, et la régie sera à même de prendre la décision la plus
éclairée suite à ces démarches-là.
Le Président (M.
Lemay) : Parfait. M. le député, est-ce que vous voulez intervenir?
M. Birnbaum :
Oui, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Lemay) : Allez-y.
Birnbaum : Je me permets de dire que la réponse, dans un premier
temps, du ministre, déjà, nous démontre la pertinence d'une discussion,
une ventilation des tableaux dans l'annexe IV, parce qu'évidemment on est
en train de déclencher
un processus qui, au bout de l'affaire, confirmerait cette
annexe tarifaire.
Alors, sa pertinence et la pertinence d'en ventiler, dans une
discussion, de l'article 1, je trouve que le ministre vient de faire la
démonstration. Sur plus que le concept, le plan de geler les tarifs en 2020,
voilà, comme je dis, et on va poursuivre sur l'autre aspect, est un des
éléments clés du projet de loi devant nous, et qui ici est déjà, en quelque
part, opérationnalisé par l'article 1.
Compte
tenu de tout ça, j'aimerais demander au ministre de nous parler de sa lecture
des avantages, pour, surtout, les consommateurs et les consommateurs
industriels, de cette proposition d'un gel en 2020. Et je l'invite à aller plus
loin que deux concepts qui n'ont pas nécessairement fait le bonheur de
tous les intervenants devant nous, d'aller plus loin que de parler de la prévisibilité, parce que... prévisibilité est très
intéressante si on peut démontrer aux consommateurs et consommatrices
qu'ils vont sortir gagnants d'un gel.
Deuxième chose, bon, là, ce n'est pas, pour moi,
d'empêcher le ministre de se prononcer de sa façon, mais j'aimerais que
ça soit... si on est pour parler du taux de l'inflation, que le ministre nous
explique la méthodologie selon laquelle il est en mesure de prévoir le taux
d'inflation même pour l'année qui s'en vient, de 2020.
Et donc est-ce qu'il
est en mesure de nous garantir, pas de me garantir, de garantir les
consommateurs, consommatrices du Québec, que
ce gel-là porte des avantages évidents, et concrets, et démontrables aujourd'hui?
Et, j'en... Avec des vérifications à la fin de l'année 2020, est-ce
qu'il peut nous indiquer exactement comment va se poursuivre un tel gel et comment on peut être assurés que ça
va être à l'avantage des Québécoises et Québécois qui nous écoutent?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui, merci, M. le Président. Écoutez, première des choses, là, naturellement,
tant et aussi longtemps que la loi n'est pas sanctionnée, le cas échéant, tous
les articles qu'on discute aujourd'hui ne sont pas en force, et ce sera lors
de la sanction éventuelle, qu'on ne peut présumer, que ça rentrera en force.
Naturellement,
pour l'exercice 2020, le cas échéant, où la loi est sanctionnée, il n'y
aura pas de hausse tarifaire. Alors, vous mentionnez l'annexe I, qu'on
va voir à l'article 4... ne fait que reconduire exactement les tarifs
publiés sur le site Internet d'Hydro-Québec,
les tarifs qui sont actuellement applicables chez Hydro-Québec. Et c'est sur
cette base-là que le projet de loi fera, après ça, un gel tarifaire et
une augmentation, pour les années subséquentes, à l'inflation.
mécanique pour l'application, c'est qu'on va venir mesurer l'inflation réelle à
chaque année au 30 septembre, à la fin septembre, et c'est sur
cette base d'inflation, pas la première année puisqu'il y a un gel, mais sur
les années subséquentes, qu'on aura l'application, au mois d'avril, de la
hausse tarifaire. Ça veut dire qu'à peu près six mois avant la hausse tarifaire l'ensemble des consommateurs seront à même de
savoir quelle sera la hausse de la prochaine année.
30 septembre de cette année, bien qu'on ne le savait pas au mois de juin,
quand on a déposé le projet de loi, l'inflation
mesurée est à 1,7 %. Donc, c'est exactement, en fin de compte, la mesure
qu'on avait estimée lors de l'élaboration du projet de loi. Sur cette base-là, alors par rapport à l'inflation, le
gel tarifaire, bien, il y a un écart de 1,7 % si on appliquait au
mois d'avril prochain le gel tarifaire.
Quand
on parle de prévisibilité, c'est justement l'opportunité de l'ensemble des
citoyens de savoir, six mois à l'avance, quelle sera cette hausse et non plus, en fin de compte, sur un processus
de cause tarifaire qui, bon an, mal an, pouvait faire des impacts... On a eu
des impacts de 4,3 %, trois fois l'inflation, en 2014; l'année
subséquente, 2,9 %, deux fois et demie l'inflation; l'année suivante, à peu près l'inflation; l'autre année,
30 points de base sous l'inflation; pas de prévisibilité pour les
citoyens, pas de prévisibilité pour les clients.
Alors,
encore là, quand on prend... quand on fait l'exercice d'appliquer ce qui est
préconisé dans le projet de loi, c'est-à-dire le gel tarifaire plus une
hausse à l'inflation, et qu'on la reporte en arrière, si on avait appliqué ça
en 2014, par exemple, pour les cinq années
suivantes, si on avait appliqué ça en 2009, pour les cinq années suivantes, si
on avait appliqué ça en 2004, ainsi
de suite, dans tous les cas de figure, la clientèle d'Hydro-Québec aurait
bénéficié d'une structure de tarification sur cette base-là. Le seul
exemple, en réalité, des 15 dernières années... Si on avait appliqué
l'inflation sans le gel dans les 15 dernières années, effectivement,
l'ensemble de la clientèle d'Hydro-Québec aurait bénéficié d'une réduction de
tarifs, sur cette période, de 2,4 milliards de dollars.
n'oublions pas que le projet de loi, puis on le verra dans tous ses articles,
prévoit qu'après la cinquième année il y aura un «rebasing». Il y aura,
en fin de compte, une cause tarifaire, et la régie pourra appliquer cette cause
tarifaire dans le même processus qu'ils font
actuellement aux 12 mois. Ça veut dire que les investissements qui auront été réalisés dans
cette période par Hydro-Québec seront passés au peigne fin. Et, encore là, la
régie aura la possibilité de considérer, oui ou non, si ces investissements-là, sur la base actuelle, en fin de compte, de leurs travaux, sont adéquats pour affecter la cause tarifaire
de la cinquième année.
Donc, la régie maintient ses pouvoirs. On a la
liste de tous les pouvoirs et responsabilités de la régie. Elle les maintient. Toutefois,
au lieu que ça soit aux 12 mois, ça sera aux 60