Labour and the Economy — 9 March 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-03-09
Quebec — Committees
(Neuf heures trente-cinq minutes)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Bonjour. Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, nous
déclarons la séance de la Commission de l'économie et du travail ouverte.
La commission est réunie afin d'entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 59, Loi modernisant le régime de
santé et de sécurité du travail.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui,
Mme la Présidente. Mme Chassé (Châteauguay) est remplacée par M. Caron
(Portneuf) et Mme Richard (Duplessis), par M. Roy (Bonaventure).
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Je dépose les mémoires reçus depuis la fin des consultations
particulières. Ils feront donc
partie des documents déposés pendant ce mandat.
Par ailleurs, je vous informe que les votes pour
ce mandat devront se tenir par appel nominal, et ce, jusqu'au
2 avril 2021.
Nous débutons avec les remarques préliminaires.
M. le ministre. Alors, M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de
la Solidarité sociale, vous disposez de 20 minutes.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Je suis particulièrement heureux, ce matin, d'entamer l'étude
détaillée d'une modernisation qui s'impose en matière de santé-sécurité du
travail au Québec. Et, comme mon collègue de Nelligan mentionnait un peu plus
tôt, le ministre a hâte. Oui, effectivement, j'ai hâte, et ce, pour le bénéfice
des travailleurs et des travailleuses du Québec et des employeurs qui
anticipent cette modernisation-là de façon à mieux gérer la fréquence et la
gravité des accidents de travail et des maladies professionnelles au Québec.
Le statu quo ne nous apparaît plus acceptable.
Il y a des effets discriminatoires sur le plan de droits fondamentaux quant à
l'égalité entre les femmes et les hommes et aussi en ce qui concerne les
entreprises. Je pense que je l'ai répété
fréquemment, actuellement, il n'y a que 25 % des travailleurs,
travailleuses qui sont obligatoirement protégés par des mécanismes de
prévention et de participation des travailleurs. Et, en 2018, il y a 56 %
des lésions professionnelles qui ont été déclarées auprès d'employeurs qui ne
sont pas visés ces mécanismes-là.
L'étude de
l'INSPQ révélait encore une fois... trois travailleurs québécois salariés sur
quatre n'ont pas accès à certains mécanismes de prévention prévus dans
la loi. Chez les femmes, 85 % n'y ont pas accès en vertu du régime actuel,
qui comporte des effets discriminatoires imposants. Ces salariés-là, vous
l'aurez deviné, sont dans les groupes prioritaires 4, 5 et 6.
Les lois ont
été adoptées en 1979 et 1985 : la première, santé-sécurité, où on explique
comment la prévention doit se faire
dans les milieux de travail, et la deuxième est une loi d'indemnisation, une
loi de réparation. Mais, dans les groupes où on devait mettre en place des mécanismes de prévention, c'est des
groupes essentiellement à prépondérance masculine, on parle de la mine... des mines, plutôt, des forêts,
mais, en raison de l'économie qui est devenue de plus en plus tertiaire,
il y a d'autres secteurs qui se sont
développés, comme le commerce, les sciences de la santé, les services sociaux,
l'enseignement, et, dans ces secteurs-là, il
n'y a rien d'impératif, il n'y a rien qui est imposé en matière de prévention
et de participation des travailleurs
et des travailleuses. C'est, selon nous, nécessaire d'agir rapidement pour
s'assurer que toutes ces personnes-là qui
oeuvrent dans les secteurs non priorisés soient aussi protégées par des mécanismes de prévention et de participation des travailleurs
et travailleuses, sans oublier l'agriculture aussi, qui n'était pas dans les
secteurs prioritaires.
Le projet de loi n° 59 est issu d'un
dialogue social. Je rappellerai qu'en 2017 on a obtenu un avis du Comité
consultatif du travail et de la main-d'oeuvre où siègent toutes les
associations patronales et syndicales. Il y a eu des consensus qui ont été
bâtis au fil des années. En 2019, à ma demande, il y a eu une recommandation
complémentaire pour les maladies de nature psychologique. Je vous dirais, comme
le président de la Fédération des chambres de commerce le mentionnait
récemment, de larges pans du projet de loi n° 59 s'appuient sur des
consensus entre les parties. Il y a eu, à certains égards, des arbitrages qui
ont été faits et à la demande même des parties.
Évidemment, on a entendu les parties lors des
consultations particulières. Il y a des groupes qui se sont exprimés, certains
avec des intérêts plus ou moins définis. Mais on entame cette étude détaillée
là dans un esprit de collaboration, puis j'ai l'intention
ferme — bonjour,
chers collègues — de
travailler constamment, à chaque jour de l'étude détaillée, avec mes collègues
de Nelligan, de Robert-Baldwin, d'Hochelaga-Maisonneuve et de Bonaventure à ce
qu'on puisse, tous ensemble, comme si on faisait
partie de la même équipe,
bâtir une modernisation que méritent les travailleurs, travailleuses et les
entreprises. Tout est perfectible, et on va perfectionner ce projet de loi tout
le monde ensemble.
Les objectifs sont connus, ils doivent être
préservés. Un, c'est augmenter la prévention des risques en milieux de travail.
Et ça, quand j'ai référé au pourcentage de 25 % des travailleurs,
travailleuses actuellement protégés, on pense à 94 % et, si possible,
améliorer ce pourcentage-là, donc, 94 % des travailleurs, travailleuses,
avec ce projet de loi là, qui seraient impérativement protégés par les
mécanismes de prévention et de participation des travailleurs et travailleuses.
Deuxièmement, deuxième objectif, faciliter
l'accès au régime d'indemnisation. C'est important que les travailleurs,
travailleuses puissent avoir un accès qui est fluide, qui est efficace. Et
parfois on me dit : Le régime est complexe. Un des mots qui va me guider
dans cette étude détaillée là, c'est : Simplifions. Assurons-nous de
simplifier le plus possible. Il faut décomplexifier le plus possible pour que
ce soit facile d'application.
Troisième objectif, assurer un meilleur soutien
aux travailleurs, travailleuses qui ont subi des lésions professionnelles. Je
pense que la littérature est assez claire que plus on attend avant de
réintégrer un travailleur, travailleuse, plus il y a des risques de
chronicisation de sa lésion. Qui est perdant? C'est le travailleur, la
travailleuse, la famille et, ultimement, l'employeur. Tout le monde est affecté
par l'augmentation des taux de chronicité des lésions professionnelles. Une des
façons d'y remédier... Et partout où on a modernisé nos régimes de santé et
sécurité, on s'est assuré d'un retour plus rapide, plus prompt et plus durable
des travailleurs. C'est la raison pour laquelle nous aurons à discuter de
réadaptation et de services publics d'emploi pour accompagner les travailleurs,
travailleuses dans un contexte personnalisé.
Enfin,
quatrième objectif, c'est le fonctionnement du régime, sa gouvernance, nous
allons en discuter aujourd'hui, une gouvernance qui s'assure d'éviter
les conflits d'intérêts, d'assurer une meilleure éthique et d'une meilleure
organisation par la voie de communiqués, de comités en matière de ressources
humaines, d'éthique et de vérification. Et aussi, quand on parle de
fonctionnement, on réfère, bien sûr, à la déjudiciarisation. Je pense qu'on est
allés là où on devait aller et je pense que, ça, ce sera bénéfique pour la
diminution des délais et l'augmentation de l'accès des employeurs et des
travailleurs aux instances décisionnelles.
Bon, il y a plusieurs avancées majeures à
discuter. Donc, les mécanismes de prévention, les risques psychosociaux, les
travailleuses domestiques, il y en a à peu près 18 000 de plus qui
seront dorénavant couvertes par le projet de
loi n° 59, les stagiaires, notamment d'observation, où la forte majorité
est constituée de femmes, le comité scientifique pour mettre à jour, de
façon beaucoup plus diligente, la liste des maladies professionnelles présumées
en nous permettant de s'appuyer sur des scientifiques, des personnes qui
peuvent bien comprendre les diagnostics et dans quelle mesure ils sont
véritablement caractéristiques du travail ou reliés aux risques particuliers
d'un travail spécifique. J'ai parlé aussi de réadaptation avant la
consolidation et d'aide à la recherche d'emploi qui sera bonifiée.
Je le dis encore une fois, nos milieux de
travail méritent cette modernisation-là, le statu quo n'est plus acceptable. Et
j'ai, encore une fois, la ferme volonté de travailler en collaboration et de
bâtir un projet qui répond aux aspirations et aux intérêts des travailleurs,
travailleuses d'abord et avant tout.
J'aimerais ça, vous présenter les personnes qui
sont avec moi et qui ont évidemment coopéré non seulement à la rédaction,
l'élaboration du projet de loi, mais qui vont m'accompagner durant l'étude
détaillée que nous amorçons ce matin : d'abord, Mylène Rivard-Demers, qui
est avocate à la CNESST, Stéphanie Durocher, qui est aussi avocate à la CNESST,
Carole Bergeron, qui est directrice à la vice-présidence, Prévention, CNESST,
Antoine Houde, de mon ministère, qui est directeur des politiques, Anne Racine,
qui est sous-ministre adjointe du Travail, et enfin une personne que vous connaissez
tous et toutes, Fanny Cantin, qui est la directrice adjointe de mon cabinet. Je
vous assure que ces personnes-là sont dévouées, sont compétentes et veulent
s'assurer du succès le plus total de l'exercice que nous entamons ce matin.
J'aimerais aussi
remercier mes collègues qui sont dans la Commission économie et travail du
parti gouvernemental, qui sont avec moi, qui vont m'épauler, qui vont
s'assurer aussi du succès de l'exercice, et, bien sûr, encore une fois, saluer
la qualité de votre travail, Mme la Présidente, de votre... de cette
Commission économie et travail, et bien satisfait de débuter ce matin. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, M. le ministre. Alors, nous poursuivons. J'invite maintenant le
porte-parole de l'opposition officielle en matière de travail et d'emploi et
député de Nelligan à faire vos remarques préliminaires. Vous disposez de
20 minutes.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Vous me donnez l'occasion d'enlever mon masque. Quel... Je n'ai jamais cru que, dans une commission, on va
savourer le moment de prendre la parole. Toujours, c'est un moment
privilégié de prendre la parole et de parler en commission parlementaire, mais,
avec les effets de la pandémie, enlever le masque, c'est devenu comme un luxe.
Donc, je vais savourer ce moment que je n'ai pas de masque sur mon visage.
Merci, Mme la Présidente, et merci à toute
l'équipe qui accompagne M. le ministre, les collègues de la
partie
gouvernementale, les collègues de l'opposition, le député d'Hochelaga, mon
collègue de Robert-Baldwin, mon cher collègue de Bonaventure... bon, je ne l'ai
pas raté, de Bonaventure.
Le ministre a raison de
dire que c'est un projet de loi extrêmement important pour les travailleurs,
pour nos PME, pour nos employeurs, mais, je dirais, pour l'ensemble de la
société québécoise. Nous sommes en 2021. Le projet de loi arrive dans un moment
extrêmement important, extrêmement important parce que le Québec est en train
de vivre l'une des crises majeures en termes de sollicitation de nos
travailleurs. Et j'ai bien aimé, j'ai bien aimé un mot que le ministre a
utilisé et je veux l'utiliser. Il sait très bien que je fais très attention à
tout ce qu'il dit et je le note. Il a dit : Assurons-nous de simplifier,
faciliter l'accès au régime, augmenter la participation des travailleurs dans...
au niveau de la prévention. Et je l'entends et je le crois aussi, que c'est une
très bonne chose de nous donner, tous, des éléments pour guider notre réflexion
dans l'étude de ce projet de loi.
Mais permettez-moi, Mme la Présidente, de
dresser le portrait d'où on a commencé et où nous sommes. Lors du dépôt du
projet de loi, au mois de novembre, si ma mémoire, elle est bonne, j'ai reçu
énormément de groupes, et, j'en suis sûr et
certain, j'échange beaucoup avec les collègues et avec le ministre, et le
ministre lui-même l'a vu, il y a beaucoup d'inquiétude. On ne va pas
faire abstraction, aujourd'hui, qu'il n'y a pas d'inquiétude. Et le ministre,
tout au long de l'étude de commission, vous avez eu l'occasion d'écouter les
groupes. Nous avons même, au nom de notre formation politique, demandé un ajout
d'une autre journée, et je remercie le ministre par rapport à son ouverture, nous avons ajouté une autre journée de
travail où nous avons pu écouter quelques groupes supplémentaires.
Mais le travail ne s'est pas arrêté. Je n'ai
jamais été... je cherche le mot, mais je n'ai jamais été interpellé par les
groupes avant la consultation, pendant la consultation, après la consultation,
la veille du début de l'étude du projet de loi parce que les gens voulaient
savoir où on est rendus. Et, si ça démontre une chose, c'est que nous sommes
devant beaucoup de défis, mais aussi une opportunité. Oui, il y a des défis par
rapport à la modernisation. Est-ce qu'on va dire, aujourd'hui, que ce régime ne
mérite pas d'être modernisé? C'est faux.
Et je tiens à le dire et à le rappeler à M. le
ministre, nous sommes prêts à travailler à moderniser le régime, mais pas au
détriment d'une
partie versus une autre. C'est ce régime et cette modernisation.
Et, du moment qu'on veut travailler en équipe, les gens ont beaucoup
d'attentes, ont beaucoup d'attentes par rapport à cette modernisation.
Et je suis très content parce que ce n'est pas
la première fois que je travaille un projet de loi avec le ministre. J'espère
qu'on va avoir cet esprit de collaboration et que c'est le moment d'avoir des
discussions très difficiles. On va toujours, toujours, toujours arriver à
s'entendre parce que ce qu'on doit mettre au milieu, c'est l'intérêt ultime des
gens à qui ce projet de loi va commencer à être appliqué le lendemain de son adoption.
C'est ça, ma motivation, Mme la Présidente.
Donc, ce
n'est pas le moment de dire que je vais prendre la défense de tel groupe versus
un autre, parce qu'il y aura
un gagnant et un perdant, mais, si, tous ensemble, on se met tous d'accord que
l'élément central, c'est qu'améliorer la prévention, une meilleure accessibilité
à notre régime et un régime qui répond aux besoins des travailleurs, tout en
gardant en tête que nous sommes en 2021, ça veut dire : Nos pratiques
doivent aussi changer.
Permettez-moi, Mme la Présidente, de noter
qu'avant qu'on arrive à l'étude
article par
article le ministre a démontré une
certaine ouverture par rapport à un recul sur certains énoncés même dans le projet
de loi, et on s'est entendus sur un plan de travail. Il nous a soumis une proposition,
on a fait une contreproposition et on s'est entendus d'avoir une étude de ce
projet de loi par blocs. Et donc nous sommes là pour démontrer la bonne volonté
d'une bonne collaboration.
Par contre, j'ai promis à M. le ministre que je
vais le dire publiquement. C'est que nous aimerions avoir les amendements avant
le début de l'étude des autres blocs. Je comprends qu'aujourd'hui on commence,
Mme la Présidente, par l'étude du bloc sur la gouvernance. J'ai des questions par
rapport à la gouvernance.
Il me reste combien de temps?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
14 minutes.
M. Derraji : O.K., excellent.
Parce que, là, je rentre au vif de mes questions, je ne veux pas être pris par
le temps. Donc, on va commencer par le bloc de la gouvernance. J'aurais aimé
qu'on termine avec le bloc de la gouvernance. J'ai bien compris le plan de
match du ministre. J'y adhère. Je n'ai aucun problème à ce qu'on commence à
parler de la gouvernance. J'aurais quelques questions par rapport au bloc de la
gouvernance.
Mais, avant d'aller aux autres blocs, nous
aimerions, Mme la Présidente, dans un esprit de transparence avec les groupes...
Parce que ce n'est pas un projet de loi facile, parce que chaque prise de
position, chaque amendement, chaque changement à la première version que nous
avons devant nous de ce projet de loi va avoir un impact. Et, pour bien faire,
je pense que le fait d'avoir ces amendements, le fait d'avoir le portrait
global de ce qu'on va étudier va me faciliter personnellement la tâche de bien
remplir mon mandat. Et je dis, en tant que législateurs, probablement, on n'a
pas l'ensemble des outils.
J'ai bien aimé que le ministre présente son
équipe. Il est très bien épaulé. J'ai vu beaucoup d'avocats, à part — madame
vous écoute — la
personne avec qui il collabore depuis le début où il est ministre, mais il est
bien épaulé. Mais, Mme la Présidente, on n'a pas les mêmes équipes, hein? Et,
si on veut bien faire nos affaires en tant que législateurs, mettre sur table
les amendements va nous aider à très bien faire notre travail de revoir avec
les groupes qui nous ont exprimé des préoccupations si ces amendements
représentent le portrait de ce qu'ils souhaitaient. Et donc je n'ai pas
entendu, malheureusement, le ministre le dire au début.
J'espère... je n'ai aucun problème, c'est de
prendre deux minutes, on a l'habitude, je peux lui donner mes deux minutes que
j'ai dans les 12 minutes qu'il me reste. J'aimerais bien l'entendre, Mme
la Présidente, qu'avant le début du prochain
bloc sur l'indemnisation et sur la prévention que je ne vais pas avoir des
amendements au compte-gouttes, mais je vais avoir
le portrait global du début du bloc jusqu'à la fin de l'étude du projet de loi,
parce que ça va nous faciliter grandement notre analyse. Donc, je n'ai aucun
problème, s'il veut répondre à cette question, de lui donner mon temps, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : M. le
ministre, est-ce que vous voulez prendre la parole?
M. Boulet : Merci, madame...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Exceptionnellement, là. C'est vraiment exceptionnellement. Est-ce qu'on a le
consentement à ce que le ministre prenne la parole en remarques préliminaires?
Allez-y.
M. Boulet : Mon collègue est trop
généreux, hein? Mais, oui, tout à fait, il y a eu entente sur un plan de
travail. On va débuter par la gouvernance, après ça suivrait le bloc
Indemnisation et enfin le bloc Réparation. Et donc, quand on aura fini le bloc
Gouvernance, on a quand même une série d'amendements, suite aux consultations
particulières, qui vont être présentés cette semaine aux instances appropriées,
et, dès que je pourrai, moi, je vais les soumettre à mes collègues des partis
d'opposition avant que nous débutions l'étude détaillée sur les articles
d'indemnisation. Il y a peut-être un sous-bloc en Indemnisation où il n'y a
aucun amendement, qui ne fait pas l'objet de contentieux, mais ça, on le fera
si vous êtes d'accord, là, si vous avez le consentement. Et ça, c'est pour
favoriser un retour plus rapide au travail avec les services publics d'emploi
de mon ministère.
Mais je suis totalement d'accord, je l'ai
mentionné à mon collègue de Nelligan et à mes collègues de Bonaventure et d'Hochelaga-Maisonneuve,
je n'ai pas l'intention de déposer des amendements à la graine suite aux consultations
particulières. Je vais les déposer en liasse dès que possible. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, M. le ministre. Alors, nous poursuivons avec le député de Nelligan. Il
vous reste 10 minutes.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Bien, comme je vous ai dit, c'est très bien, c'est excellent. On
commence très bien. J'en suis sûr et certain, que mon collègue d'Hochelaga et
aussi de Bonaventure vont avoir des questions par rapport aux amendements. Mais
c'est rassurant, c'est rassurant parce que nous avons eu cet échange, et je vous ai dit qu'on va avoir une très bonne collaboration. Je suis quand même rassuré qu'avant le début, je le note
bien, qu'avant le début du bloc sur l'indemnisation et la prévention on va
avoir le portrait global des amendements. Ça va nous faciliter grandement,
grandement, grandement l'analyse de ce projet de loi... et faire notre travail correctement.
Maintenant, sur le fond du projet de loi, Mme la
Présidente, c'est sûr que, dans l'attente, hein, dans l'attente des amendements,
je tiens quand même à rappeler que j'ai exprimé un désaccord sur quelques
points. Le premier point, c'est la base des données scientifiques probantes. Je
l'ai entendu tout à l'heure, que le ministre va... et il l'a dit, que la science va nous aider. Il va s'appuyer sur
l'avis des scientifiques, surtout dans l'élaboration des maladies
professionnelles. Je prends bonne note aussi de l'arrivée du comité
scientifique. C'est une chose extrêmement importante. Donc, on doit s'assurer
d'avoir une bonne représentativité au sein de ce comité scientifique.
Mais, Mme la Présidente, je ne veux surtout,
surtout pas, à la lumière de nos échanges, qu'on va me dire que, pour, par
exemple, la maladie de Parkinson, on va attendre l'avis du comité scientifique.
À l'intérieur de cette Assemblée, il y avait une commission sur les pesticides,
il y avait des débats en long et en large, et les gens attendent de nous une
action. Pour moi, c'est le moment d'agir. Et le ministre a toujours eu du
succès en marquant l'histoire. Bien, il a l'opportunité de marquer l'histoire,
et suivre ce qui se passe en France, et reconnaître le parkinson comme maladie
professionnelle. Je lui soumets l'idée. J'espère que je vais l'avoir dans les
amendements que je vais recevoir sous peu. Mais je pense que le moment est
venu, Mme la Présidente, d'agir et de passer à l'action. C'est une préoccupation de plusieurs groupes. Pensons à nos agronomes, pensons à nos agriculteurs, pensons à nos applicateurs de pesticides, pensons aux gens qui
sont venus en commission parlementaire nous partager les douleurs qu'ils
vivaient avec les pesticides.
Je pense que l'Assemblée nationale et les
membres de l'Assemblée nationale ont tout entre leurs mains de prendre une
décision éclairée, basée sur la science. Je ne dis pas au ministre, maintenant,
de juste prendre une décision parce que ça me tente de prendre une décision et
d'ajouter une maladie professionnelle parce que ça me tente d'ajouter une
maladie professionnelle. Non, Mme la Présidente. Et vous êtes une personne universitaire
et vous savez qu'on a assez... assez de données. Et nous sommes outillés en
tant que parlementaires de prendre une décision aujourd'hui, et de marquer
l'histoire, et de répondre à la commission qui a déjà fait un travail sur les
pesticides.
Ceci étant dit, Mme la Présidente, j'ai bien hâte de parler de la gouvernance aussi. C'est très bien d'entendre
parler des comités, donc que ça soit
gouvernance, vérification, c'est des bonnes règles de gouvernance, mais
j'aimerais bien aussi entendre le ministre sur l'autonomie de la CNESST,
les processus, le lien entre le ministre, le ministère, le cabinet et la CNESST, l'autonomie et l'indépendance de la
CNESST. Il ne faut pas... La particularité de la CNESST, comme d'autres
sociétés d'État, il y a des parties prenantes autour de la table. Le rôle des
membres indépendants. On ne veut pas que ça
soit une chicane entre des groupes, là, maintenant, parce qu'il va y avoir un
président de C.A. ou une présidente, il y a un P.D.G.. Avant, on était
dans un monde où la P.D.G. jouait aussi le rôle du P.C.A. C'est une nouvelle
réalité.
Sommes-nous prêts? Je vais juste soulever des
questions, Mme la Présidente, parce que ce n'est pas le même portrait que dans d'autres sociétés d'État, parce
qu'il y a des intérêts divergents. Et j'ai bien hâte de parler de
gouvernance avec le ministre, je n'ai aucun problème, ça m'intéresse de voir le
fond de sa pensée.
Prévention, c'est un
élément extrêmement important, surtout, surtout ce que nous avons vécu avec la pandémie. Et j'ai bien noté, j'ai bien noté que le
ministre a dit qu'au niveau de la classification des risques il va y
avoir un changement, je vais enlever le mot «recul», il va y avoir un
changement. J'ai bien hâte de voir c'est quoi, la nouvelle classification des
risques faibles, moyens et élevés. Pensons à nos professionnels de la santé,
pensons au réseau de l'éducation et envoyons un message surtout, surtout,
surtout aux gens qui sont au front, qui sont venus nous interpeler et qui
continuent à nous interpeler. Pensons à l'ensemble des travailleurs syndiqués
et non syndiqués. Et je tiens à saluer les groupes qui représentent aussi les
travailleurs non syndiqués, avec qui je me suis entretenu. Ils ont aussi des
préoccupations.
Donc, dans le portrait global, quand je vous dis
que c'est très complexe, le projet de loi, il ne faut pas être motivé juste par
les groupes qui ont des voix, et qui ont des budgets extrêmes, et qui sont très
bien organisés. Il y a parfois des voix des oubliés, hein? Et essayons, aujourd'hui,
de ne pas exclure un groupe parce qu'il n'a pas l'opportunité d'exprimer son
mécontentement. Par contre, ils ont exprimé que ce projet de loi risque de les
affecter. Donc, c'est très important qu'au niveau de la notion du
travailleur... mais de quel travailleur s'agit-il? Syndiqué? Non syndiqué?
Qu'il y ait des groupes qui parlent en son nom ou pas?
Pensons aussi aux employeurs. Je ne veux pas,
aujourd'hui, de dire que, bon, historiquement, on prend la défense d'un groupe
contre un groupe. Ce n'est pas ça qui me motive aujourd'hui. Mais beaucoup de
représentants de PME, ils ont levé beaucoup de drapeaux par rapport à
l'applicabilité de certaines mesures du projet de loi. Sommes-nous prêts à les
accompagner? Sommes-nous prêts à les aider à améliorer la prévention?
Sommes-nous prêts, aujourd'hui, à envoyer un message que, malgré la lourdeur ou
la bureaucratie, ils seront là comme des personnes avec qui on va travailler
ensemble, la... comme au niveau de la pandémie? La CNESST, avec les employeurs,
ont élaboré des guides. C'est eux-mêmes qui se sont proposés pour élaborer des
guides pour avoir des milieux de travail sécuritaires. Est-ce que c'est
parfait? Peut-être non, mais ça démontre une bonne volonté de ces représentants
économiques de faire
partie de la solution et non pas être un fardeau.
Parce qu'au bout de la ligne, le ministre l'a
très bien dit, tout le monde perd au bout de la ligne. Un travailleur qui ne
revient pas dans son milieu de travail, c'est une perte pour sa famille, c'est
une perte pour lui. C'est un travailleur actif, au moins... et Dieu sait, Mme
la Présidente, qu'on vit une pénurie de main-d'oeuvre et une rareté de
main-d'oeuvre. Mais le forcer à revenir et aussi... a un coût, ne pas
l'accompagner a un coût, ne pas lui donner les ressources nécessaires pour
revenir au milieu de travail d'une manière sécuritaire a aussi un coût, et, au
bout de la ligne, tout le monde perd. Donc, la matrice d'analyse doit prendre en
considération le travailleur, doit prendre en considération les employeurs,
parce qu'au bout de la ligne c'est notre société québécoise qui va gagner.
Donc, Mme la Présidente, je pense que nous avons
les bonnes assises pour commencer l'étude de ce projet de loi. Nous avons tous
une opportunité en or de moderniser un régime, et je l'accorde au ministre,
d'ailleurs, je l'ai félicité à plusieurs reprises sur ce point, de prendre ce
lead et de ramener les deux lois à être modernisées. Ça, c'est tout à votre honneur,
M. le ministre.
Donc, soyons tous solidaires dans les amendements
qu'on va ramener, avoir une certaine ouverture qu'au bout de la ligne les amendements,
le vote qu'on va faire, c'est un vote qui risque d'avoir un impact positif ou
un impact négatif sur quelqu'un qui n'a même pas l'occasion de suivre nos
travaux parlementaires. Mais ayons ça en tête, que tout ce qu'on va prendre
comme décisions va avoir un impact court ou moyen terme sur quelqu'un qui est probablement
proche de nous, mais il n'est pas très, très, très loin de nous parce qu'il
contribue à la création de cette richesse que nous partageons tous.
Donc, Mme la Présidente, merci. Encore une fois,
très hâte, très hâte à collaborer dans ce projet de loi. Et donnons-nous la
chance de faire une vraie modernisation de ce régime. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Merci,
M. le député. Nous invitons maintenant le porte-parole du deuxième groupe
d'opposition en matière de travail, le député d'Hochelaga-Maisonneuve, à faire
ses remarques préliminaires. Vous disposez, vous aussi, de 20 minutes.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Salutations à tout le monde, aux collègues des différents partis,
mon collègue recherchiste avec qui on travaille très fort sur le dossier depuis
plusieurs mois déjà, Mme la Présidente, madame... les employés de l'Assemblée.
J'aimerais d'abord saluer... Si j'ai bien compris, tous les gens qui
accompagnent le ministre aujourd'hui, ou à quelques exceptions près, sont des
femmes, et, le lendemain du 8 mars, c'est quelque chose qui mérite d'être
souligné. Le droit du travail, le milieu du droit du travail a longtemps été un
milieu exclusivement masculin pendant des années. Ça change puis ça change
rapidement, et puis on le constate. Donc, aujourd'hui, c'est des bonnes
nouvelles.
8 mars, donc, hier, qui est la Journée
internationale des droits des femmes, je me permets... Évidemment, je l'ai...
j'en ai parlé pendant les audiences, j'en ai parlé pendant le petit mot
d'acceptation du principe, j'en reparle aujourd'hui, le milieu du droit du
travail, le milieu de la santé et sécurité a été un milieu longtemps occupé par
les hommes, et ça a eu des conséquences de fond et de forme.
Et il y a un magnifique bouquin qui s'appelle Les
souffrances invisibles de Karen Messing, qu'on a entendu pendant les
audiences, Karen Messing qui a écrit, donc, Les Souffrances
invisibles : pour une science du travail à l'écoute des gens . Sur
l'image, on voit deux travailleuses, une serveuse dans un restaurant ou dans un
bar et une travailleuse domestique, qui ont des souffrances, donc,
musculosquelettiques, probablement. Mais je vous en parle parce
que, trop longtemps, la santé et sécurité du travail, le droit du travail a
écarté les femmes. Les groupes prioritaires,
hein, à l'époque, c'étaient presque exclusivement des groupes masculins, à
grande prédominance masculine. C'est resté comme ça longtemps, jusqu'à
aujourd'hui. En soi, je trouve ça scandaleux. On l'a dénoncé avec de multiples
motions. Les différents partis se sont succédé pour que ça change. Là, on a un
peu de mouvement, on en parlera tantôt, d'ailleurs, mais ça se traduit aussi,
cette absence, donc, de considération pour la santé et la sécurité des femmes,
par la recherche. Et il a fallu, donc, des femmes chercheures, comme
Mme Messing et toute une nouvelle génération qui lui succède en ce moment,
pour s'intéresser et faire de la recherche sur la question de la sécurité des
femmes et faire des avancées là-dessus. Donc, salutations à Mme Messing,
salutations à toutes les femmes qui oeuvrent en santé et sécurité, en droit du
travail. Vous faites une différence, et ça mérite d'être souligné aujourd'hui.
Sur le fond, Mme la Présidente, bien sûr, on l'a
dit à plusieurs reprises, il fallait une réforme. Est-ce qu'on peut, à juste
titre, l'appeler une modernisation? Là, on rentre dans la rhétorique politique,
évidemment. Certains vont qualifier ça de recul, certains vont qualifier ça de
contre-réforme. Bref, il fallait qu'il se passe quelque chose en santé et
sécurité. Ça fait des années qu'on veut mettre à jour cette loi-là. Plusieurs
ministres se sont cassé les dents dans des tentatives précédentes. Est-ce que
celle-ci va se rendre au bout de l'exercice? Ça serait présomptueux de dire oui
ou non à ce moment-ci. C'est le souhait de tout le monde, bien sûr, Mme la
Présidente. C'est mon souhait, en tout cas. Mais le fait de vouloir une réforme
n'est pas une excuse, à mon avis, suffisante, en tout cas, en ce qui concerne
ma formation politique, pour accepter n'importe quoi. Et, dans le projet de loi
qui a été déposé par M. le ministre, il y a des belles choses qu'on va
souligner, qu'on a déjà soulignées, mais il y a des importants reculs, très
inquiétants reculs. Et nous avons été sensibilisés, les différents partis
d'opposition, le ministre aussi, j'en suis convaincu, par des dizaines et des
dizaines de groupes qui voulaient soulever des enjeux qui soit avaient été
rapidement évoqués en commission parlementaire ou soit qu'on n'avait carrément
pas eu le temps de traiter.
Vous le savez... Peut-être, d'abord, sur les
avancées positives, parce qu'il faut les souligner, hein, on ne serait pas ici
si on ne pensait pas qu'il y avait quand même des choses intéressantes dans ce
projet de loi là, la nouvelle obligation pour les employeurs de faire de la
prévention de violence conjugale, avancée importante, j'oserais
dire avancée majeure.
Moi, je discutais avec des groupes dans les semaines,
les mois qui précédaient le dépôt du projet de loi, et, bon, j'en avais parlé
avec M. le ministre informellement, puis je ne savais pas trop si ça allait s'y
retrouver, puis, honnêtement, j'ai dit : Bon, 50-50, tu sais, ça se peut
que ça soit là, ça se peut que ça n'y soit pas. Si ça ne l'est pas, bien, bien
sûr que nous, on va déposer des amendements pour ajouter des éléments. Mais
évidemment que le pourcentage des amendements qu'on dépose en commission, Mme
la Présidente, qui sont acceptés est assez bas. On ne surprend personne ici.
Mon tableau de chasse d'amendements gagnés auprès de mon ministre du Travail...
C'est notre quatrième projet de loi ensemble, hein? Je suis bien heureux de
notre collaboration. Cela dit, mon tableau de chasse d'amendements gagnés n'est
pas très large. Il y en a un gros en RQAP, un très gros à 4 millions de
dollars, je pense, c'est mon porte-étendard des amendements gagnés, mais
j'espère bien en gagner d'autres dans celui-ci. Cela dit, je n'aurai pas à
gagner celui de la violence conjugale, parce qu'il était, donc, dans la mouture
originale du projet de loi, et ça, je le salue.
Il faut
saluer aussi les ajouts en matière de couverture des étudiants stagiaires,
étudiants, étudiantes stagiaires. C'était,
ça, également réclamé depuis des années. C'était d'ailleurs très intéressant
parce que le... étant moi-même, entre autres, un produit du mouvement
étudiant, j'ai commencé mon implication politique pendant mes études à l'UQAM,
entre autres, historiquement, le mouvement étudiant se concentre surtout sur
les conditions matérielles étudiantes, c'est-à-dire deux choses : les
prêts et bourses puis les frais de scolarité. Mais évidemment il y a d'autres
sujets qui touchent la condition étudiante, et je trouvais ça particulièrement
intéressant et rafraîchissant de voir, dans les dernières années, le mouvement
étudiant, dans sa diversité, s'intéresser à la question du droit du travail,
donc de pouvoir avoir une représentativité quand on est dans un endroit, dans
un travail, qu'on soit stagiaire ou pas, ou peu importe le type de stage. Il y a encore beaucoup de chemin à faire
là-dessus. On est très en retard. On nous a promis des projets de loi peut-être plus normes du travail. Bon, en tout cas, là il y a un aspect qui est couvert pour la SST, on le salue.
Donc, il y a des avancées intéressantes, je l'ai
même dit, majeures. Ça, il faut les... je les ai soulignées. Il y a des
attentes déçues aussi puis il y a des reculs. Dans les attentes déçues, on l'a
abordé abondamment, la question du niveau du risque, la question de la
couverture en matière de prévention. Ça fait des années, donc, qu'on le dit,
que les secteurs prioritaires auraient dû être élargis à tout le monde, que
c'était une triste blague, là, de dire secteur prioritaire, secteur non
prioritaire, et donc les attentes étaient très élevées en ce qu'on couvre tout
le monde.
Et, quand on a vu que le projet de loi couvrait à
peu près tout le monde mais les couvrait de manière très décevante, avec des
nombres d'heures de libération parfois très, très basses, j'oserais même dire,
dans certains cas, ridicules, bien là les déceptions étaient légion. Et là on a
creusé la question. Puis, avec des partenaires dans les groupes communautaires,
notamment le CIAFT, que je veux saluer pour l'occasion, on a commencé à
analyser les secteurs prioritaires, bien,
les secteurs à niveau de risque, donc, faible, moyen, élevé, qu'est-ce qu'on pouvait y comprendre, puis on s'est rendu compte que, bien, une
grande majorité des secteurs dits faibles, à niveau de risque faible, étaient majoritairement des secteurs féminins, puis une
grande majorité des secteurs dits à risque élevé étaient majoritairement
masculins. Alors, on a reproduit un peu le problème inhérent à la structure de
la prévention dans cette nouvelle façon de fonctionner là pour toutes sortes de
bonnes et de mauvaises raisons. Puis je vais me garder d'envoyer des accusations
d'intention à ce niveau-là, ça ne servirait pas à grand-chose de toute manière.
Puis ce qui est important, c'est que le message
a été entendu par M. le ministre. Assez tôt, à la fin des audiences, il a annoncé qu'il allait retravailler
le niveau de risque, qu'il allait retravailler la structure de la
prévention. Bravo! Déjà, là-dessus, on avance. C'est
bien. J'en comprends que, là, il doit en reparler avec ses collègues au Conseil
des ministres, chose assez normale en la matière. Le diable est dans les détails,
hein, Mme la Présidente? Alors, j'ai bien hâte de voir la nouvelle mouture de
ce qu'il va nous présenter, parce qu'on pourrait bien retirer l'étiquette
niveau de risque faible, hein? On s'entend que de dire à un secteur entier
comme l'éducation et la santé «risque faible», au-delà de ce que ça peut
représenter, déjà, en pur terme de communication, vous vous ramassiez avec un
beau problème, et c'est précisément ce qui est arrivé.
Donc, moi, je veux juste mettre en garde le
ministre. Il ne suffit pas de retirer l'étiquette «faible» puis de le remplacer
par un autre mot. Il suffit de se concentrer sur le vrai enjeu, la vraie game,
comme on dit, qui est le nombre d'heures de la libération et le nombre de
rencontres du comité de santé et sécurité. Parce que vous pourrez bien
l'appeler, le risque, secteur superimportant, chéri aux yeux de la population
et du ministre, mais, s'il se retrouve avec le même nombre d'heures de
libération que la précédente mouture, ça va être de la poudre aux yeux. Et je
pense que le ministre a bien compris ça et que ce n'est pas une question de
communication qui est devant nous, une question d'accès à des ressources,
d'accès à des moyens. Et j'espère que ce qu'on retrouvera dans les prochains
jours, dans les prochaines semaines, en tout cas, j'espère prochains jours,
sera à la hauteur des attentes.
Il y avait des grandes attentes en matière de
travailleuses domestiques, il y a quelques avancées, mais, moi, les groupes que
j'ai entendus étaient somme toute déçus. Ils voulaient une couverture entière.
Ils ne comprennent pas pourquoi on trace une ligne à partir d'un certain nombre
d'heures. Certaines personnes sont considérées, d'autres ne le sont toujours
pas. Ça, j'avoue que j'aurai beaucoup de questions aussi quand on sera rendus à
cet article-là. J'espère que ça fera
partie des amendements du ministre pour
améliorer la couverture des travailleuses domestiques parce que j'ai été
sensibilisé, dans les semaines précédentes, par des groupes, notamment le
groupe Pinay qui travaille avec des femmes qui sont travailleuses domestiques
qui sont beaucoup d'origines philippines et qui ont des histoires d'horreur
très nombreuses, Mme la Présidente, des histoires d'horreur, des histoires
d'abus, des histoires de harcèlement, puis je parle aussi psychologiques autant
que sexuelles, évidemment, et qui sont considérées comme quantité négligeable,
comme remplaçables. J'ai des histoires d'horreur aussi en temps de COVID, que
des personnes qui n'ont pas de ressource, qu'on leur demande de faire des tâches
dont ils ne pas formés, qui sont mal protégées. Donc, il y a un grand, grand ménage, une grande imputabilité à donner
aux personnes qui embauchent des
travailleuses domestiques. Et là-dessus les attentes ne sont pas rencontrées, Mme
la Présidente, et on aura l'occasion d'y revenir.
Finalement, une autre attente concerne le
télétravail. Vous le savez, on est dans une époque où, avec la pandémie, ce
télétravail-là s'est massifié. Il existait déjà, bien sûr, hein? On n'invente
pas le télétravail, mais il s'est massifié. Donc, peut-être des enjeux qui
pouvaient nous apparaître comme périphériques, là, deviennent assez centraux.
Et je crains un peu que l'approche du ministre soit celle de faire que les
tribunaux, bien, adoptent une jurisprudence éventuellement. Moi, je préfère
qu'on ait une réflexion de société, une réflexion politique, qu'on établisse
des normes, et qu'on l'encadre clairement, le télétravail, et qu'on donne des
pistes pour les tribunaux. J'ai fait des
propositions au ministre en discussion préalable. Je sais qu'il les a considérées. J'ai
hâte de voir si elles feront
partie de son lot d'amendements.
Maintenant, quelques mots sur les reculs, parce
que c'est là le grand problème, Mme la Présidente. On aura beau mettre
certaines avancées intéressantes pour les travailleurs et travailleuses, ils
vont regarder l'économie générale du projet de loi puis ils vont se dire :
Bon, je gagne quelques trucs en prévention, c'est bien, quelques trucs sur les étudiants, quelques trucs sur la violence
conjugale, mais est-ce que, dans la balance, ça va équivaloir les
reculs?
Et les reculs, il y en a quand même plusieurs.
Je ne les énumérerai pas tous aujourd'hui, Mme la Présidente, mais, grosso
modo, là, ça se résume à l'entour du rôle de la médecine de santé publique dans
les plans de prévention, qui sont, somme toute, à toutes fins pratiques,
écartés. Ils sont très inquiets. Et c'est paradoxal, parce qu'on n'a jamais eu
autant conscience, collectivement, de l'importance de la santé publique qu'avec
la pandémie actuelle. Bien sûr, ce n'est pas le même sujet que la santé et
sécurité, quoiqu'évidemment il y a des connexions, mais, au moment précis où
est-ce qu'on voit presque quotidiennement le directeur de la Santé publique à
la télévision et, parfois dans nos régions respectives, les directeurs
régionaux, on voit le rôle central qu'ils ont. Et on aurait pu prendre pour
acquis que ce rôle central serait valorisé encore davantage dans le projet de
loi; il ne l'est pas. Au contraire, il y a des reculs. Ils sont très inquiets.
Je les comprends. Et on va assurer un suivi à ce niveau-là.
L'autre grand problème général qu'on peut
résumer, c'est la prépondérance du médecin traitant. C'est un principe
sacro-saint, là, en droit du travail, en santé et sécurité du travail, que
c'est ton médecin traitant qui doit être la personne qui prime dans les grandes
décisions à l'entour de ton retrait, de ton retour, etc. Et il y a des articles
qui nous laissent croire... Certaines personnes plaidaient un retour du médecin
de l'entreprise. C'est une image forte, mais il y a des grands reculs
là-dessus.
Et là on en arrive donc à la question
finale : Est-ce qu'on pense que c'est un bon projet de loi ou un mauvais
projet de loi? Il est tellement gros... le projet de loi du ministre, là, c'est
plusieurs projets de loi. C'est quasiment un omnibus, Mme la Présidente. On
n'est pas loin. On n'est pas loin. Ça fait sourire M. le ministre, mais on
n'est pas loin d'un omnibus. À 400 articles, là, on commence... on est
dans les grosses ligues. Mais il est tellement gros que faire la réflexion
générale sur est-ce qu'il est vraiment dans l'avantage des travailleurs et travailleuses,
c'est une maudite bonne question puis c'est une question à laquelle je ne suis
pas capable de répondre aujourd'hui.
À sa face même, aujourd'hui, là, à sa face même,
je trouve qu'il y a des très gros reculs en indemnisation qui pèsent tellement
lourd que les gains en prévention, ouf! c'est difficile. C'est pour ça que je
me suis abstenu, Mme la Présidente, sur le principe, c'est pour ça que je me
suis abstenu, parce que je voulais laisser une chance au ministre de me
convaincre que les immenses reculs en indemnisation, bien, il allait en
tempérer plusieurs, puis que les attentes déçues en prévention, il allait les remplir davantage,
et que l'économie générale commencerait à trouver un équilibre
plus acceptable. Mais, à ce jour-ci, Mme la Présidente, je ne peux pas répondre, bien
sûr. Le jeu parlementaire suit son cours.
Comme il y a eu discussion précédemment avec mon
collègue de Nelligan, et c'était important de le faire, nous, les oppositions,
surtout dans un projet de loi immense... Ça, c'est le cahier du ministre, qu'on
appelle, là. On se fait donner ça en début de travaux avec tous les articles
expliqués plus en détail. D'ailleurs, je ne m'explique pas pourquoi on ne s'est
pas donné ça lors du dépôt du projet de loi, Mme la Présidente. Ça, c'est une
pratique gouvernementale... bien, gouvernementale, parlementaire, une tradition
parlementaire que je trouve absurde. Ce serait tellement plus facile de
travailler si on avait ce cahier-là au dépôt du projet de loi, parce que c'est tellement
incompréhensible, un immense... Puis je n'accuse pas le ministre, Mme la
Présidente, c'est la pratique de tous les ministères. Je sais... Je pense qu'au
fédéral ils reçoivent ça au dépôt du projet de loi. Parce qu'on se ramasse tous
à faire des tableaux Excel de comparaison,
c'est d'une complexité sans nom pour, au final, se faire remettre ce cahier-là,
qui est certainement prêt plus tôt, Mme la Présidente. Bref, une réflexion
générale sur la façon dont on fonctionne ici, au parlement.
Mais tout ça pour vous dire qu'avec presque
400 articles, pour nous, à l'opposition... dans les oppositions, il faut
qu'on ait une méthode pour travailler parce qu'on a plein d'idées d'amendements.
Et là ce n'est pas un petit projet de loi à 50, 60 articles où on peut les
écrire rapidement, bon, puis c'est... là, il y en a 400, là, présentement. Il
faut qu'on sache dans quel ordre on va traiter ces questions-là. Il y a eu des discussions
dans les semaines précédentes, hier soir,
hier après-midi. On semble avoir trouvé un accord là-dessus. L'accord repose
sur la bonne foi du ministre qu'il va nous acheminer... nous faire acheminer
le plus rapidement possible tous les amendements qu'il a en
tête. Bien sûr, il y en a qui peuvent arriver en cours de situation,
là, on comprend le jeu, mais ce qu'il a préparé, là, à l'issue de sa
réflexion, de la première vague de réflexion, il faut qu'on ait accès à ça,
parce que, sinon, on va être poignés à rédiger
des amendements sur quelque chose qu'il a déjà préparé et on va perdre du
temps. Ça va être contre-productif. Et, avec 400 articles, on n'a
pas le temps de perdre ce temps-là, justement. Et, Mme la Présidente, c'est essentiel.
Et là ce que je comprends, puis on me corrigera
si j'ai mal compris, c'est que l'entente que nous avons, c'est qu'on va traiter le bloc administratif, où le ministre n'a pas d'amendement prévu, et que nous allons suspendre
l'étude des travaux jusqu'à tant qu'on recevra l'ensemble des amendements du
reste du projet de loi. C'est ce que j'ai compris de l'échange de tantôt. On me
corrigera si j'ai mal compris, mais, moi, cette façon-là de fonctionner me
convient.
On nous avait dit qu'on aurait les amendements
avant le début des travaux. Pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons, ça n'a pas été possible. Ce
compromis-là me semble acceptable, c'est-à-dire qu'on traite cette
section, qui ne contient pas d'amendement, de toute façon, mais qu'on attende
d'ouvrir le débat sur le reste pour qu'on ait, nous, le portrait général, parce
que ça va influencer la manière dont on va se comporter, Mme la Présidente.
Moi, si je vois que les amendements qu'il me dépose sont complètement à côté de
la track, bien, c'est sûr que je vais me comporter différemment. Si, au
contraire, les amendements qu'on me dépose sont intéressants, ah! bien là le
niveau de discussion sera plus agréable, j'en suis certain. Alors, moi, c'est
l'entente que je comprends qu'on a. Elle me convient. Je trouve que c'est un
compromis acceptable.
Et j'aimerais poser une dernière question à M.
le ministre. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre d'avoir cette
discussion avec son Conseil des ministres. Peut-être que ça ne sera pas suffisant,
sa rencontre de demain. Est-ce qu'il pourrait nous acheminer, dès aujourd'hui, l'ensemble
des articles sur lequel il n'a pas prévu d'amendement? Alors, la nature de ces
amendements qu'il reste à discuter avec ses collègues du Conseil des ministres,
c'est normal qu'il se garde une marge de manoeuvre, c'est normal qu'il puisse
avoir des rétroactions de ses collègues, il y a des incidences financières,
c'est normal. Est-ce qu'il pourrait, par contre, nous envoyer la liste des
articles sur lesquels il n'a pas prévu d'amendement? Ça aussi, ça va nous aider
à travailler tout de suite. On va être capables de regarder : Ah!
là-dessus, il n'y a pas d'amendement. Bien, nous, on va commencer tout de suite
à le travailler. Ça va nous sauver du temps.
Alors, en terminant, Mme la Présidente, je ne
sais pas s'il me reste quelques secondes, je pourrais peut-être donner la
parole à M. le ministre pour voir s'il peut s'engager, dès aujourd'hui, à nous
acheminer la liste des articles sur lesquels il n'a pas prévu d'amendement.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Est-ce que le ministre veut prendre la parole?
M. Boulet : Bien, écoutez, pour
redire ce que j'ai mentionné au collègue de Nelligan, on commence par le bloc
Gouvernance, par la suite le bloc Indemnisation, puis enfin le bloc Prévention.
On va compléter le bloc Gouvernance, et moi, je m'engage à soumettre les amendements
dès que possible pour nous permettre d'amorcer l'étude du second bloc.
Ceci dit,
comme j'ai mentionné au collègue de
Nelligan, il y a un sous-bloc pour le retour au travail où il n'y a
absolument aucun amendement. Si jamais on peut amorcer ce sous-bloc-là après la
gouvernance, on en discutera pour éviter de perdre des heures, là. Mais je
pense que ça va bien aller. Et c'est mon objectif, je l'ai souvent répété au
fil des semaines, de soumettre les amendements en liasse. Mais évidemment, au
fur et à mesure de l'étude détaillée, il y
aura des nouveaux amendements, mais les amendements qu'on dépose en bloc,
vraisemblablement cette semaine, découlent des consultations
particulières.
La Présidente (Mme IsaBelle) : On
est dans les remarques préliminaires.
M. Leduc : Je
termine là-dessus, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Vous
avez déjà 13 secondes en déficit.
M. Leduc : Très, très, très
rapidement : Pouvez-vous nous acheminer aujourd'hui les articles dont il
n'y aura pas d'amendement?
M. Boulet : Ah! ça, écoutez, moi, on
me dit : C'est un exercice qui est beaucoup trop long à faire, là. Puis
c'est périlleux de dire les articles où il n'y a pas d'amendement, parce qu'il
va y en avoir éventuellement, au fur et à mesure de l'étude détaillée. Ce à
quoi je me suis engagé, c'est à vous fournir les amendements dès que possible.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci, M. le ministre. Merci, M. le député. Nous poursuivons avec
le porte-parole, maintenant, du troisième groupe d'opposition et député de
Bonaventure pour faire vos remarques préliminaires. Vous disposez aussi de
20 minutes.
M. Roy : Merci, Mme la
Présidente. D'entrée de jeu, j'aimerais vous remercier pour la patience que
vous allez avoir pour les semaines et les mois à venir. Donc, je pense qu'on
rentre dans un projet de loi qui a déjà fait couler beaucoup d'encre et qui va
en faire couler encore beaucoup. J'aimerais saluer le ministre et son équipe,
saluer les députés de la première et de la deuxième opposition ainsi que leur
équipe et mes collaborateurs, Vincent Rochette et Thierry Bilodeau, qui vont
m'accompagner, je l'espère, tout au long de cet exercice et de cette
expérience.
M. le ministre, vous avez dit, tout à l'heure,
qu'il y avait un consensus social. Bon, on a écouté tout près d'une trentaine
de groupes. Il y avait un consensus social ou un consensus sur la mouture
actuelle pour environ 25 % des groupes. Bien, on pourrait faire... on fera...
Non, vous ne pouvez pas répondre tout de suite, laissez-moi aller. Et on a un
autre 75 % qui, à des degrés divers, n'était pas tout à fait d'accord avec
le projet de loi. Donc, consensus, c'est la
majorité des gens. Quand il y a un consensus, c'est... en tout cas, on ne
rentrera pas dans les statistiques, là, mais peut-être 50 % plus un, et ce que nous avons entendu, c'est
énormément d'inquiétudes par rapport à la mouture actuelle. Bon, on n'a pas vu les amendements, donc on ne
peut pas se positionner sur les amendements qu'on n'a pas vus et qui
vont aussi être possibles tout au long du projet de loi, je l'espère. Donc,
déjà là, j'ai une petite nuance à ce niveau-là.
Moi, ce qui m'a frappé dans le projet de loi,
c'est la nature du pacte social et du rôle de la CNESST, pacte social où les
travailleurs ont laissé sur la table la possibilité de poursuite contre les
employeurs contre une protection sur les chantiers, dans les milieux de
travail, et de l'indemnisation. Donc, c'est la base philosophique, je dirais,
du... et c'est ce qui doit nourrir la réflexion. Ce que ça veut dire, c'est
que, si on ne veut pas déséquilibrer ce pacte-là, ce contrat social là, bien,
il va falloir faire en sorte qu'il n'y ait aucun recul en termes de prévention
et d'indemnisation.
Je pourrais revenir sur l'ensemble des picots de
tous les mémoires, tous les groupes, bon, les gens qui sont sous le choc, amère
déception, puis il y en a qui étaient très contents du projet de loi, je ne
rentrerai pas là-dedans. On va garder notre énergie pour l'article par
article
et pour intervenir lorsque ça sera le temps. Donc, vous comprenez que je ne
prendrai pas 10 minutes pour faire mon intervention, Mme la Présidente.
Non, non, bien, c'est parce que ça va être long, on le sait. On commence avec
des choses relativement faciles, puis ça, je l'ai déjà dit au ministre. Puis on
n'aura pas 200 millions d'amendements sur ce que nous avons ici pour les
prochains jours, en tout cas. Par contre, on arrive à la fin de l'exercice avec
l'enjeu de la réadaptation. C'est sûr que, là, on va avoir beaucoup, beaucoup
d'amendements à proposer puis des modifications, là. Et là on va être rendus au
mois de juin.
Mais moi, je veux juste rassurer le ministre,
nous allons être vigilants du début à la fin et nous allons essayer d'arriver à
une posture d'équilibre. Puis je pense que le ministre est conscient de ça.
Mais le ministre nous tend la main, puis je le remercie. Il nous appelle, il
nous informe de ce qu'il va faire, puis ça, c'est transparent, mais, encore là,
nous avons un rôle à jouer en tant que députés de l'opposition, c'est d'éviter
toute dérive et d'arriver à une posture d'équilibre qui va faire en sorte que
le vrai consensus social va s'exprimer dans l'adoption du projet de loi à la
fin. Et ça ne doit pas se faire au bénéfice de certains et au détriment
d'autres.
Et ça touche tellement de dimensions du
vivre-ensemble, c'est incroyable. Écoutez, juste... Bon, mon collègue le
soulignait tout à l'heure, hier, c'était la journée de la femme, mais celles
qui subissent actuellement le plus de préjudices en termes de santé au travail
sont les femmes, dans le domaine de la santé, entre autres, puis de
l'éducation. Donc, il y a un rééquilibre à avoir là, fondamental. On peut bien
faire la journée de la femme, mais, si on... moi, je pense que, dans le projet
de loi, il va falloir réellement avoir un intérêt puis... Oui, vous le dites,
c'est écrit dans le projet de loi que vous voulez élargir la prévention, etc.
Vous avez même... Vous vous êtes avancé pour éliminer les niveaux de risque,
j'ai hâte de voir comment ça va s'exprimer dans les articles, mais il n'en
demeure pas moins que c'est un enjeu fondamental.
Puis on est, je vous dis, on est interpelés,
nous, là, de manière assez importante, là. Et ce qu'on trouve un peu plate,
c'est qu'on n'a pas les amendements et qu'on a un paquet de groupes qui les
attendent aussi, et pas juste par respect pour les députés de l'opposition, mais
par respect pour l'ensemble des groupes qui se sentent interpelés. Bien, il va
falloir les déposer assez rapidement pour que ces gens-là aussi se préparent.
Moi, là, je ne suis pas le spécialiste en
santé-sécurité au travail, absolument pas. Avant les fêtes, on a débuté à lire
les mémoires, tout ça, puis c'est... mais on se fie sur les gens qui
connaissent ça pour nous indiquer les pièges à éviter, autant pour vous, M. le
ministre.
Ça fait que je pense qu'on
va avoir beaucoup de boulot, on va être dans un climat très serein, mais on va
être extrêmement, je l'ai dit, vigilants sur l'ensemble des enjeux
et l'ensemble des problématiques qui pourraient surgir. Voilà.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci au député de Bonaventure. Est-ce qu'il y a d'autres personnes ou
d'autres intervenants qui voudraient faire des remarques préliminaires? Non?
Parfait.
Alors, nous poursuivons. Est-ce qu'il y a des
motions préliminaires? Il n'y a pas de motion préliminaire à déposer? Parfait.
Donc, nous allons débuter l'étude détaillée.
M. Boulet : Est-ce qu'on peut
ajourner, là, deux minutes?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous allons... on peut suspendre. Nous allons suspendre quelques...
Est-ce qu'il y a quelque chose, là?
Nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 35)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous reprenons. Nous reprenons. Attention, s'il vous plaît! Alors, il y
a une motion qui vient d'être déposée. Nous allons laisser la parole au député
de Bonaventure afin qu'il puisse la lire et l'expliquer, s'il y a lieu.
M. Roy : On va changer le
libellé au début. Ça va être «Mme la Présidente», hein?
La Présidente (Mme IsaBelle) : S'il
vous plaît. Merci.
M. Roy : Conformément à
l'article 244 du règlement de l'Assemblée nationale, je fais motion
afin :
«Que la Commission de l'économie et du travail
tienne, avant d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi n° 59,
Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail,
des consultations particulières et qu'à cette fin, elle entende la Fédération
des physiothérapeutes.»
La Présidente (Mme IsaBelle) : Vous
disposez de 30 minutes, si vous voulez, pour l'expliquer et apporter des
précisions.
M. Roy : Je tiens à vous
rassurer, Mme la Présidente, ça ne prendra pas 30 minutes.
Écoutez, hier, nous étions en réunion avec,
justement, la Fédération des physiothérapeutes. Ils nous ont fait valoir qu'en
ce qui a trait aux troubles musculosquelettiques et en ce qui a trait à
l'expertise des spécialistes de la réadaptation nous n'avons reçu aucun groupe.
C'est quand même une expertise extrêmement importante, qui touche un des pans
fondamentaux du projet de loi qui est celui de la réadaptation, qu'on va voir à
la fin.
Donc, ces gens-là n'en revenaient pas de ne pas
avoir été convoqués. Ils nous ont interpelés, nous ont expliqué leurs affaires,
puis c'était tout à fait cohérent. Et je comprends leur amertume parce qu'ils
avaient des choses à proposer. Quand on comprend que c'est un enjeu qui touche
qui?, je l'ai exprimé tout à l'heure, surtout les femmes dans le milieu de la
santé qui ont à lever des personnes, à déplacer des gens, qui ont... qui sont...
qui passent leur journée debout, etc., donc expertise fondamentale pour
soutenir des groupes qui sont actuellement bien peu soutenus. Donc, voilà.
Donc, écoutez, comme je vous ai dit tout à
l'heure, je n'en ferai pas une thèse de doctorat, là. Puis je pourrais lire
leur déclaration de principe, qui a six pages, qui est tout à fait
cohérente, pertinente, puis qui est à sa place, mais ce que je voulais exposer
ici, c'est qu'on aurait dû les entendre. Ces gens-là ont une expertise
fondamentale extrêmement importante, et là, bien, on a échappé ça. Donc...
Puis c'est pour tout le monde. Ce n'est pas
juste pour les députés de l'opposition qui veulent trouver des problématiques,
c'est pour le ministre aussi et son équipe, pour... Ces gens-là en viennent à
nous influencer et à être en mesure... Je vois que vous faites des signes, là,
puis... Je peux continuer? O.K. Merci. Donc, ils peuvent nous influencer puis
nous porter, je dirais, à changer notre perception des choses. Ça fait que
voilà.
Donc, je trouve ça dommage puis je prends la
parole ici pour les défendre, mais défendre aussi tous ceux et celles qui, par
ricochet, ne verront peut-être pas un intérêt... je ne dirais pas un intérêt,
mais leur cause défendue dans le projet de loi, étant donné que l'expertise n'a
pas été exprimée à la bonne place. Voilà.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci, M. le...
Roy : J'ai fini mon 30 minutes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : C'est bon. C'est parfait. Vous avez pris, effectivement, à
peine trois minutes. Nous poursuivons maintenant avec M. le ministre.
M. Boulet :
Ça sera assez bref, Mme la Présidente. Un, je veux exprimer mon respect et
mon estime pour les physiothérapeutes et cette fédération. Ceci dit, il y a eu
une période de consultations particulières, et, à la demande même de mon collègue de Nelligan, on a rajouté une
journée, on a convenu, avec notre collègue d'Hochelaga-Maisonneuve et vous, collègue de Bonaventure, de
rajouter d'autres groupes.
Là, on est à un stade
où les parlementaires débattent entre eux. On est à l'étape de l'étude
détaillée. Les groupes ont eu l'opportunité de s'exprimer. Il y en a près
de 80 qui ont soumis des mémoires. Et je veux rassurer mon collègue de
Bonaventure, c'est l'AQP3S, là, ils ont déjà soumis un mémoire, leurs
préoccupations ont déjà été présentées à l'attention de mon équipe qui
m'entoure. Soyez rassuré, vous pouvez les rassurer, ils ont été entendus. En
fait, ils ont été lus, et leurs préoccupations sont bien sûr importantes pour
nous.
Alors, voilà. Donc,
c'est tout, Mme la Présidente. Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci, M. le ministre. Nous poursuivons avec le
député de Nelligan.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je vais saisir l'occasion que mon
collègue, le député de...
M. Derraji :
...Bonaventure — écoute,
j'ai dit, écoute, député de Bonaventure — me donne par rapport à
entendre le groupe de la Fédération des physiothérapeutes. Je salue le fait
qu'il dépose cette motion préliminaire pour deux raisons. La première, et c'est
ça qui nous a motivés de déposer une motion d'ajouter une autre journée, on a
eu une demi-journée, et je salue l'ouverture du ministre... parce que je veux
juste que le ministre et tout le monde au sein de cette commission, qu'on garde
en tête qu'il y a beaucoup de groupes qui attendent des réponses. Je vois juste
la
section des commentaires sur le site, 456. Je ne sais pas si, au niveau du
secrétariat, on peut nous classer les projets
de loi où il y a autant de commentaires. Je pense, ça remonte... C'est quand
même un bon nombre de commentaires que nous avons reçus. Pourquoi je
fais cette intervention, Mme la Présidente, par rapport à la Fédération
des physiothérapeutes? Mais je peux la faire pour d'autres groupes qui ont
manifesté l'intérêt, rien que voir l'article d'aujourd'hui où des groupes se
posent des questions.
deuxième point que je remets sur la table, c'est que c'est extrêmement important d'avoir le temps de mettre publiquement les amendements que le ministre
veut ramener parce que ça va nous faciliter la tâche. C'est qu'au lieu
de dire... Écoutez, le ministre
le comprend très bien, on peut déposer autant de motions préliminaires,
prendre autant de temps pour
expliquer que c'est l'idée du siècle, qu'il faut absolument les rencontrer, il
comprend très bien, le ministre. Mais je pense que le ministre comprend
aussi le message que l'ensemble des partis d'opposition lui envoie. C'est qu'on
veut vraiment collaborer. Mais, pour collaborer, il y a des gens qui attendent
de nous beaucoup, beaucoup de choses.
Et je comprends la
dynamique du mercredi. Je comprends que le ministre doit faire d'autres
devoirs. Ça fait
partie de la game. Mais, s'il vous plaît, gardons en tête
qu'il y a des groupes qui suivent, écoutent. Ils nous textent maintenant parce
qu'ils viennent d'entendre que le ministre risque de dévoiler, dans les
prochains jours, les amendements par rapport à un bloc extrêmement préoccupant.
Donc, eux, ils sont préoccupés, nous, nous sommes préoccupés, je salue ma
recherchiste, mais elle ne peut pas tout faire toute seule. Donc, on a besoin
de temps, d'absorber le tout. Et je pense qu'il y a quand même un bon signal de
la part de nous tous, les trois collègues, que le plus qu'on a ses
amendements... mais pas uniquement avoir les amendements, Mme la Présidente,
avoir le temps par la suite. Pas avoir les amendements au milieu de
l'après-midi mercredi et dire : On continue, on commence le bloc sur
l'indemnisation jeudi sans avoir le temps de parler avec les groupes. Ça va
être extrêmement dur pour nous, faire notre travail correctement. Et l'exemple
parfait... parce qu'on peut continuer toute la semaine à déposer des motions
préliminaires, il le sait, le ministre, on peut le faire. Il y a tellement de
groupes qu'on n'a pas entendus, et on a largement le temps de se rendre à
mercredi, mais ce n'est pas ça, notre choix ni notre volonté.
Mais je veux juste...
Le ministre joue à un jeu très franc, moi de même, cartes sur table. On a
besoin de son aide pour faire nos devoirs. Donc, c'est ça que j'essaie
d'envoyer comme message, sachant qu'on peut tous déposer autant de motions
préliminaires pour se rendre à mercredi. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci au député de Nelligan. Nous poursuivons avec le
député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Très, très rapidement, Mme la Présidente. En effet, subjugué par le nombre, je
suis subjugué par le nombre de groupes qui
voulaient être entendre... entendus, pardon. On aurait dû tenir des audiences
sur deux semaines, on aurait eu assez de matière.
Puis, dans le fond, le fait de ne pas avoir eu ces audiences-là sur deux
semaines, ce que ça a provoqué, c'est une pléthore de rencontres dans les
semaines qui ont suivi de tous les groupes qui n'avaient pas été entendus puis
qui voulaient nous voir, nous, le Parti libéral, le Parti québécois, j'imagine,
le ministre aussi. Ça nous a juste fait plus de travail mais en segments puis
imbriqués dans nos horaires respectifs. Donc, c'était une erreur de ne pas
faire ça sur deux semaines.
Maintenant, bon,
c'est fait. Je vais quand même voter pour la motion, bien sûr, mais moi, de mon
côté, j'aurais souhaité entendre beaucoup
plus de groupes. J'aurais aussi souhaité... Tu sais, je pourrais déposer
facilement une vingtaine de motions préliminaires avec tous les groupes
qui n'ont pas été entendus. Maintenant, on veut procéder. Donc, comme je vous
dis, je vais voter pour la motion, mais je n'en ai pas, moi, de mon côté, à
déposer, mais ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de groupes qui n'auraient pas
mérité d'être entendus aussi. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervenant, nous
allons procéder à la mise aux voix.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire :
M. Boulet (Trois-Rivières)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Jeannotte (Labelle)?
Jeannotte : Contre.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Je vais voter contre... abstention. Bien, c'est parce que...
Attendez, là. Je vais voter abstention. Parfait. Abstention. C'est beau.
Abstention. Je m'excuse.
Donc, la proposition
ou la motion préliminaire proposée, elle est rejetée. Parfait. O.K.
Alors, nous
poursuivons. Est-ce qu'il y a d'autres motions préliminaires qui voudraient
être déposées? Non. Alors, s'il n'y a pas d'autre motion préliminaire...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Est-ce qu'il y a d'autres motions préliminaires? Non.
Alors, cette fois-ci,
nous commençons l'étude détaillée. M. le ministre, est-ce que vous aviez
souhaité une suspension ou on peut?
M. Boulet :
Non, moi, je suis prêt à commencer.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait. Alors, nous allons commencer, M. le ministre, et
vous allez nous expliquer votre proposition de plan d'étude ou le plan de
travail.
M. Boulet :
Donc, tel que déjà précisé, on va commencer par le bloc Gouvernance. Et il y a
un tableau, trois colonnes, qui a été remis à mes collègues. Et il y aura
simplement un amendement de précision sur un terme en anglais. Et, quand
viendra le temps de cet article-là, je pourrai soumettre l'amendement, mais il
est déjà transmis à mes collègues de l'opposition.
Alors, moi, je serais
prêt à débuter. C'est sur l'article 186. Est-ce que je vais commencer par
lire...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Attendez. Attendez. Avant, là, il faut vraiment
que vous... Est-ce que tout le monde a bien compris de quelle façon nous voulons
travailler? Oui. Est-ce que... Oui.
M. Derraji : Juste une petite
intervention. Là, je comprends qu'on commence par le bloc Gouvernance, par la
suite il va y avoir le bloc sur l'indemnisation, et on va terminer avec le bloc
sur la prévention. Juste du moment que ce n'est pas
article par article, les
blocs. Donc, on va continuer, donc, paragraphe par paragraphe, alinéa par
alinéa, selon le plan de travail où nous sommes tous d'accord. C'est bien ça?
M. Boulet : Oui. Tout à fait.
M. Derraji : O.K. Oui. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, maintenant, on doit voter. Est-ce qu'on a le consentement de tout le
monde pour ce plan de travail? Est-ce qu'on a le consentement des trois... de
tous les partis?
Une voix : Consentement.
M. Derraji : Il y a un consentement.
La seule condition, Mme la Présidente, parce que le ministre s'est engagé,
avant le début du prochain bloc sur l'indemnisation, de nous donner, avant le
début de l'étude, l'ensemble des amendements. Donc, je tiens juste à le
préciser. C'est ça, l'entente. Et je pense que le ministre, il était d'accord.
Donc, je ne sais pas par rapport aux autres collègues. Oui, pour étudier le projet
de loi bloc par bloc selon le plan de travail proposé par le ministre, on
commence avec le bloc sur la gouvernance, mais on ne peut pas commencer le bloc
sur l'indemnisation si on n'a pas les amendements au préalable, à l'avance,
avant le début de l'étude de ce bloc.
M. Boulet : Bien, écoutez, je
vais redire de nouveau. Effectivement, on a entendu les groupes lors des consultations
particulières. On va soumettre un certain nombre d'amendements qui seront
présentés au Conseil des ministres cette semaine, donc dès que possible. Donc, quand
on aura complété le bloc Gouvernance, on soumettra nos amendements avant
d'amorcer le bloc Indemnisation, sous réserve... Il y a un sous-bloc dans Indemnisation,
comme j'ai mentionné tout à l'heure, qui concerne le retour en emploi, qui
réfère aux services publics d'emploi, et il n'y a pas d'amendement. Si vous
êtes d'accord, à ce moment-là, on pourra discuter de ce sous-bloc-là, mais,
sous réserve de ce commentaire-là, je suis totalement d'accord avec ce que mon collègue
de Nelligan vient de mentionner.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Et là je veux être sûre de bien, bien comprendre avant qu'on aille...
Vous avez fait la proposition. On va étudier le projet de loi par sujet. Hein,
on a reçu votre plan de travail. C'est parfait. Et, le député de Nelligan, vous
avez demandé... vous voulez faire l'étude aussi alinéa par alinéa, paragraphe
par paragraphe.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Donc, est-ce qu'on a le consentement pour ça? Alinéa... C'est
beau?
M. Boulet : Oui, c'est par... Tout à
fait. C'est par alinéa, là, pas par paragraphe, là, O.K.?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Par
alinéa, parfait. C'est beau. Alors, on a le consentement pour tout le monde.
Nous pouvons donc commencer, M. le ministre. Nous y allons avec l'article 186.
C'est bien ça?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Tout
le monde l'a?
M. Boulet :
L'article 186 du projet
de loi.
L'article 140 de cette loi est remplacé par le suivant :
«140. La commission est administrée par un
conseil d'administration composé de 15 membres nommés par le gouvernement,
dont le président du conseil d'administration, et du président-directeur
général qui est d'office membre sans droit de vote.
«Le président du conseil d'administration est
nommé après consultation des associations syndicales et des associations
d'employeurs les plus représentatives. Il doit, de l'avis du gouvernement, se
qualifier comme administrateur indépendant au sens de l'article 4 de la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État. Les dispositions des
articles 5 à 7 de cette loi s'appliquent, compte tenu des adaptations nécessaires.»
Explications.
Bon, cet
article prévoit la composition du conseil d'administration de la commission, constitué de 15 membres nommés par le gouvernement, incluant le président du conseil. À ces
15 membres s'ajoute le président-directeur
général qui, lui, est d'office membre du conseil d'administration, mais il n'a
pas droit de vote. Ainsi, il est proposé à cette disposition que les fonctions
de président du conseil et chef de la direction soient désormais séparées.
deuxième alinéa proposé prévoit que le président du conseil d'administration est nommé après consultation des
associations respectives et qu'il doit se qualifier comme administrateur
indépendant, selon la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État.
Alors, je pense que je dois lire maintenant
l'amendement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui.
À vous...
M. Boulet : Donc, insérer, dans le
texte anglais du deuxième alinéa de l'article 140 de la
Loi sur la santé
et la sécurité du travail proposé par l'article 186 du projet de loi et
après «meaning of», «section 4 of».
Ça fait que cet amendement est proposé par la
traduction afin que le texte anglais concorde avec le texte français. Donc, 140, je le lis :
«140. The commission shall
be administered by a board of directors composed of 15 members appointed by the
Government, including the chairman of the board of directors, and the president
and chief executive officer who is a member by virtue of office, without the
right to vote.
«The
chairman of the board of directors shall be appointed after [a] consultation
with the most representative union associations and employers' associations. He must,
in the Government's opinion, qualify as an independent director within
the meaning of
section 4 of the Act respecting the governance of state-owned
enterprises — bon. [...]modifications.»
La Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait.
Merci. Y a-t-il des interventions sur l'amendement? Alors, député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Merci, Mme la
Présidente. Je comprends que l'idée derrière, c'est que, maintenant, la
structure actuelle de la CNESST, si j'ai bien compris, le ministre a la volonté
de se conformer aux bonnes règles de gouvernance. Donc, est-ce que j'ai bien
compris la volonté dernière?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Là,
il faudrait discuter juste sur l'amendement, hein?
M. Boulet : C'est sur l'amendement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : La
correction, c'est ça. Mais c'est correct.
M. Derraji : Ah! sur l'amendement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui,
juste, juste l'amendement, là, en ce moment.
M. Derraji : Sur l'amendement en
anglais ou bien sur... Parce que, là...
M. Boulet : C'est l'amendement en
anglais. Je pense qu'il faut voter l'amendement avant l'article.
M. Derraji : Ah bon! O.K.
La Présidente (Mme IsaBelle) : La
section 4, comme il dit, qu'il a fait ajouter, là.
M. Boulet : Ça ne devrait pas être
problématique, là.
M. Derraji : Je n'ai pas
d'intervention sur l'amendement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Donc,
O.K. Alors, est-ce qu'il y a des interventions sur l'amendement? Oui, député de...
M. Leduc : C'est-à-dire sur la
forme. Comme on le disait tantôt, ça va être une étude détaillée très, très
technique, très complexe. Le cahier du ministre, qu'on nous a fourni ce matin,
est imprimé à l'envers. Alors, quand on tourne les pages, on... ce n'est pas un
outil très commode, et les numéros de pages du tableau qu'on nous indique dans
le plan de travail ne concordent pas avec les pages du document qu'on nous a remis
ce matin. Ça pourrait être corrigé, j'en suis convaincu, mais ça va... il va
falloir qu'on ait les bons outils de travail si on veut bien s'y retrouver.
Parce que, là, quand on a ouvert l'article, j'ai vu tous mes collègues en train
de feuilleter de manière frénétique notre cahier pour retrouver le bon
amendement à la bonne page et bien s'immerger dans la discussion. Il va falloir
qu'on ait les bons outils. Et là, ce qu'on a devant nous, c'est certainement, évidemment,
des erreurs, là, mais ce n'est pas à la hauteur de ce qu'on a besoin pour
l'étude détaillée. Merci.
Sur le fond, ça va, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Donc,
pour l'amendement, il n'y a pas de commentaire.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires pour l'amendement?
S'il n'y a pas de commentaire, nous allons procéder à la mise aux voix.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Attention, s'il vous plaît! Nous allons procéder à la mise
aux voix pour l'amendement, l'amendement à l'article 186, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire :
M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Abstention. Donc, l'amendement à l'article 186 est
adopté.
Nous
y allons maintenant avec l'article 186. Est-ce qu'il y a des interventions
pour l'article 186 tel qu'amendé?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oui? Alors, député de Nelligan.
M. Derraji :
Là, je vais revenir à ma question. Est-ce qu'on peut mettre l'amendement sur
l'écran... pas l'amendement, l'article sur l'écran? C'est plus facile. Si c'est
possible.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Là, on a l'amendement seulement, effectivement.
M. Derraji :
Non? O.K. L'amendement. O.K. Ce n'est pas grave. Je vais jongler avec mes
lunettes.
M. Derraji :
Ça, c'est l'amendement, qu'on a sur l'écran. O.K. Donc, on ne peut pas avoir
les articles? O.K. C'est bon. O.K. Excellent. Pas de problème.
Je veux juste
comprendre. La structure actuelle, l'idée derrière, c'est que la P.D.G. qu'on a
présentement... Il va y avoir un président
de C.A., et je l'ai mentionné dans mes remarques préliminaires. Donc, le
conseil d'administration de la
CNESST, ce n'est plus la présidente et chef de direction qu'on a présentement
qui va être à la tête du C.A., mais aussi à la tête en tant que P.D.G.,
donc présidente, chef de la direction. J'aimerais bien que le ministre nous
expose les motivations derrière ce changement au niveau de la structure de
gouvernance de la CNESST. Première question.
Deuxième question, je
comprends les bonnes règles de gouvernance avec les comités, mais ce que j'ai
cru comprendre du mode de fonction de la CNESST jusqu'à maintenant... qu'il y a
déjà des comités de gouvernance, de finances, etc. Donc, est-ce que le ministre
peut juste nous partager la structure actuelle, le pourquoi du changement et
qu'est-ce qu'il veut faire avec tout cela? J'aurai d'autres questions, Mme la
Présidente, mais j'aimerais bien voir le point de vue du ministre sur ce
changement. Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. M. le ministre.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. Actuellement... Bien, essentiellement, là, c'est de scinder, je
pense que vous l'avez bien exprimé, là, pour
des principes de saine gouvernance, éviter les conflits d'intérêts, s'assurer
qu'en matière d'éthique on soit en mesure de respecter
les plus hauts standards. Actuellement, la présidente du conseil
d'administration est aussi la présidente-directrice générale. Donc, le but,
c'est... conformément aux enseignements et au guide que constitue la
Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État, que ce soit scindé en deux. Et, comme exprimé
dans l'article, le président du conseil d'administration ne sera pas... ou
présidente, là, ne sera pas la même que la P.D.G. ou le P.D.G.. Et donc la nomination, la personne
qui est P.D.G., n'aura pas droit de vote. Le président du conseil
d'administration devra être un administrateur indépendant, comme prévu à la
Loi sur la gouvernance des
sociétés d'État.
Actuellement, les comités stratégiques, oui, il
y en a un certain nombre. Est-ce que vous voulez que je vous les énumère? Il y
a un comité d'audit, un comité du budget et des ressources humaines, comité sur
les ressources informationnelles, un comité de gouvernance et d'éthique, un
comité immobilier puis un comité de placement et de capitalisation. Donc, on va
s'assurer qu'il y ait les comités tel que prévu à la loi, donc les trois
comités auxquels on réfère à l'article 200 — gouvernance et
éthique, vérification et ressources humaines — et ça vise à assurer que la
composition de ces comités-là soit en correspondance avec la loi et les
fonctions de ces comités-là, que ce soit bien précisé, alors que ça ne l'est
pas nécessairement, bien précisé, actuellement.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Merci, Mme la
Présidente, et merci au ministre de clarifier la situation.
Et la question que je me pose, c'est que, dans
l'article 40, et je vais le lire : «Le président du conseil
d'administration est nommé après consultation des associations syndicales et
des associations d'employeurs les plus représentatives.» Donc, il comprend
déjà, le ministre, que ce n'est pas une société d'État comme l'ensemble des autres sociétés d'État et, j'en suis sûr, il
comprend, entre les lignes, le pourquoi. Dans d'autres sociétés d'État, il n'y
a aucune consultation auprès des membres composant la société d'État, de leur
dire : C'est quoi, votre point de vue par rapport à tel président et telle
présidente? On s'éloigne des bonnes règles de gouvernance.
Donc, est-ce que la volonté du ministre, c'est
parce que c'est tellement complexe et problématique, parce qu'on a des parties
prenantes dans cette société d'État... que la consultation est obligatoire? Ou
bien est-ce qu'on va utiliser les bonnes règles de gouvernance quand ça fait
notre affaire, mais, quand ça ne fait pas notre affaire, bien, on ajoute
quelque chose?
Mais là on est un peu loin des bonnes règles de
gouvernance, parce qu'il me semble les bonnes règles de gouvernance, on ne peut
pas demander l'avis des membres du conseil d'administration, surtout pour une
société d'État. C'est une décision qui vient du gouvernement pour nommer un
président ou, parfois dans certains cas, c'est aux deux tiers du vote des
membres de l'Assemblée. Donc, j'aimerais bien que le ministre me clarifie...
M. Boulet : C'est une excellente
question. Puis je suis particulièrement fier de le souligner, ça découle du
paritarisme qui est exercé dans cette institution-là. On parle de normes du
travail, d'équité salariale et de santé, sécurité du travail. Comme vous savez,
il y a quatre ans, c'est trois commissions qui ont été fusionnées
alors que notre collègue de Robert-Baldwin
était certainement impliqué dans ce processus de fusion là. Or donc, c'est
important que ce soit maintenu comme étant paritaire et ça m'apparaît
fondamental, pour respecter ce paritarisme-là, que les associations syndicales
et les associations patronales soient consultées, d'une part.
Deuxièmement,
le Comité consultatif du travail et de la main-d'oeuvre, dans son avis de 2017,
le recommandait, que ce soit
maintenu. En fait, ça découle essentiellement du paritarisme qui est exercé à
cette institution, comme à bien d'autres,
là, comme vous les connaissez, la Commission des partenaires du marché du
travail puis le Comité consultatif du travail
et de la main-d'oeuvre, à la Commission de la construction puis à d'autres
institutions en matière de relation de travail
au Québec. On se targue régulièrement de cultiver et de pratiquer le
paritarisme, et c'est en raison de cette philosophie paritaire là que
les associations seront consultées pour la nomination du président du conseil
d'administration.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui,
député de Nelligan. Si ça va bien, là, vous pouvez échanger.
M. Derraji : Oh! O.K. On continue
dans la même... Bien, je ne veux juste pas... parce qu'il y a d'autres
collègues aussi. Mais...
La Présidente (Mme IsaBelle) : Et
vous avez raison, effectivement, il y avait le député de...
La Présidente (Mme IsaBelle) : Mais,
comme il était dans la même... C'est ça.
M. Derraji : Oui, oui. C'est juste
que je ne veux pas monopoliser, parce que... On se nourrit tous avec nos
questions. Mais je suis content de la réponse du ministre, je vous le dis,
parce que l'idée derrière, ce n'est pas une société d'État comme l'ensemble des
autres sociétés d'État.
M. Boulet : Effectivement, tout à
fait.
M. Derraji :
Ça, là, moi, c'est très rassurant, parce que je... C'est un point de départ,
mais on va aller encore plus loin dans la fonction du président... ce n'est
plus le président, c'est chef de direction, du P.D.G., donc vraiment les fonctions du P.D.G. et l'autonomie du P.D.G., notamment
à son travail. Mais, si le ministre confirme aujourd'hui que l'idée derrière,
c'est avoir un consensus autour de la table, surtout avec un président ou une
présidente qui va prendre en considération les deux réalités des parties
prenantes, moi, je pense que c'est un bon point de départ. La seule chose...
Pensons, en cas de conflit, au bout de la ligne, c'est le gouvernement du Québec
qui tranche sur le ou la présidente. Donc, je ne veux pas qu'au bout de la
ligne que... puis, écoute, je pense que c'est très rare, mais parfois l'effet
de rareté... Je ne pense pas qu'au Québec on ait vécu ça, que des parties
prenantes ne s'entendaient pas sur la nomination d'une présidente ou d'un
président de C.A, mais, si la logique derrière, c'est avoir un consensus autour
d'une personne qui va diriger le conseil d'administration, je n'ai pas d'autre question,
Mme la Présidente.
M. Boulet :
Non, mais c'est... puis je sais votre intérêt pour l'aspect gouvernance, c'est
la raison pour laquelle ce doit être une personne indépendante ou un
administrateur indépendant. Puis, dans la loi, c'est très, très bien défini, ce qui empêche quelqu'un d'être
considéré comme étant indépendant. Et moi, je n'ai jamais vu d'impasse
au C.A. de la CNESST en raison, justement, du dialogue social qui se... Je veux
dire, c'est exceptionnel au Québec.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci. Alors, la parole est au député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Merci, Mme la Présidente. Sur cette notion-là, donc, d'indépendance, je
comprends que c'est défini ailleurs, mais peut-être que M. le ministre pourrait
nous résumer rapidement ce que ça indique. J'en comprends que ni lui ni moi ne
se qualifieraient en matière d'indépendance pour siéger à la présidence de la
CNESST. Est-ce que je me trompe, considérant nos passés respectifs et notre
présent, en fait?
M. Boulet :
Exactement. Je pense que poser la question... Il y a une maxime en latin qui
dit res ipsa loquitur, la chose parle par elle-même, cher collège.
Effectivement, on ne se qualifierait pas d'administrateur indépendant. Et on
dit, dans la loi, qu'«un administrateur est réputé ne pas être indépendant s'il
est ou a été, au cours des trois années précédant la date de sa nomination, à
l'emploi de la société ou l'une de ses filiales en propriété exclusive, [...]à
l'emploi du gouvernement ou d'un organisme du gouvernement au sens [...] de la
Loi sur le vérificateur général, si un membre de sa famille immédiate fait
partie de la haute direction de la société ou l'une de ses filiales». Puis
évidemment le gouvernement... Bien, c'est ça, il y a plusieurs critères, là.
Mais...
M. Leduc :
Et là ce qui va se passer concrètement, je pense à Mme Oudar en particulier,
elle, elle ne pourra donc pas occuper ces deux fonctions-là. Elle va
probablement rester P.D.G., j'imagine.
M. Boulet :
Moi, je ne me prononcerai pas là-dessus.
Boulet : Mais il faut peut-être assumer qu'elle demeurera pendant...
Je ne veux pas me prononcer là-dessus.
M. Leduc :
Je comprends. Je comprends. Mais elle ne pourra pas... Bref, sa fonction va
être divisée en deux. Elle devra en choisir
l'une ou l'autre. Bon, O.K., en tout cas, elle ne pourra pas occuper les deux.
Ça, réglons ça, là-dessus, elle ne pourra pas occuper les deux.
M. Boulet :
On ne se projettera pas dans le temps.
M. Leduc :
Parfait. Je voulais juste vérifier si c'est ça qui allait arriver. Et je veux
juste bien comprendre aussi, philosophiquement, si on en arrive à cette
solution-là, c'est que l'état actuel des choses ne fonctionnait pas. C'est sûr que moi, j'avais déjà
entendu des allusions de blocage au conseil d'administration qui peut
malheureusement être parfois le fruit d'un paritarisme. Est-ce que c'est la
volonté du ministre de débloquer des situations comme ça?
M. Boulet :
Absolument pas. Comme je disais au collègue de Nelligan, depuis mon
assermentation, je n'ai été informé d'aucun cas d'impasse. Puis je vous dirais
que, de ma connaissance du passé de la CNESST, il y a eu des discussions.
Évidemment, parfois, il y a un peu de polarisation, parce que le paritarisme
peut parfois mener à de la polarisation, mais il y a une volonté ferme des
personnes qui siègent au C.A. de la CNESST d'embarquer dans des processus de
recherche de solutions. Et, même dans les questions complexes de santé,
sécurité ou de normes ou d'équité, ils trouvent une solution puis ils
s'entendent.
Puis
ce n'est certainement pas issu de cette volonté-là, mais il y avait des
intentions qui avaient été exprimées par mon collègue des Finances à un
dernier budget. Tu sais, dans la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État, je pense, il y a cinq ou six organismes qui sont couverts par cette loi-là. Il y en
a une trentaine qui, éventuellement, le seront complètement. Alors, on a pris l'avance et on a fait ce qui s'imposait,
ce qui nous apparaissait être des incontournables éthiques dans cette
loi-là.
Puis, bon, j'ai ici...
Puis ça, c'est mon collègue des Finances qui a un projet de modernisation de la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État. Je ne veux pas prendre les devants,
mais ses intentions ont été clairement exprimées à son dernier budget, l'année
dernière, d'apporter des améliorations pour moderniser la loi, notamment pour
faire en sorte que tous les membres des C.A... bon, qu'il y ait une scission
entre les présidents des conseils et les personnes qui exercent les fonctions
de P.D.G.
M. Leduc :
Qu'est-ce qui va arriver s'il y a impasse pour trouver une nouvelle personne
présidente au conseil d'administration?
M. Boulet : S'il y a impasse?
M. Leduc : Pour trouver une nouvelle
personne présidente, la nouvelle fonction qu'on crée, là, s'il n'y a pas
entente entre les deux parties?
M. Boulet : Oui, mais c'est le gouvernement
qui nomme après... Tu sais, le président est nommé après consultation des
associations, et qui sont au C.A. de la CNESST, puis, après ça, le gouvernement.
Je ne vois pas pourquoi il pourrait y avoir impasse, là. Ça m'apparaît purement
hypothétique.
Leduc : Donc, c'est-à-dire que vous, vous allez consulter, vous allez rechercher, évidemment, un
consensus pour une personne qui va chercher l'adhésion des deux faces de la
médaille. C'est un critère essentiel.
M. Boulet : Oui, qui se qualifie
comme administrateur indépendant...
M. Leduc : Oui, bien sûr.
M. Boulet : ...au sens de la
Loi sur
la gouvernance des sociétés d'État. Mais ça va se faire, en pratique, d'abord,
tu sais, après consultation des parties, là.
M. Leduc : Mais on n'imaginerait pas
un scénario où est-ce qu'un ministre, vous ou un autre ministre qui vous
succédera, imposerait une personne au détriment de l'une ou l'autre des
parties.
M. Boulet : Absolument pas.
M. Boulet : Ça, ça m'apparaît
évident.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
M. Boulet : Puis, si on veut
respecter la philosophie paritaire, que vous partagez et que vous connaissez
très bien, il ne faut pas que ça se fasse de cette manière-là.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait, merci. Y a-t-il d'autres interventions à l'article 186 tel
qu'amendé? Alors, député de Nelligan.
M. Boulet : O.K. Est-ce que vous me
permettez, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui.
M. Boulet : On m'informe que, dans
les dispositions transitoires, ça permet notamment à la P.D.G. actuelle, qui
est Mme Oudar, de demeurer là jusqu'à nomination des personnes
appropriées.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, député de Nelligan.
Derraji : Merci, Mme la Présidente. Et je sais que,
probablement, c'est dans l'autre
article qu'on va parler du P.D.G. et
c'est là où on va voir vraiment est-ce qu'on applique les bonnes règles de
gouvernance à 100 % ou à 50 %.
Là, on s'entend qu'aujourd'hui ce qu'on va
régler... que c'est la signature du gouvernement pour dire : C'est telle
personne qui va occuper le poste de président du C.A. C'est ce qu'on règle avec
ce premier article. On ne va pas, à la lumière des nouvelles dispositions,
parler des membres du C.A. parce qu'il y a des changements au niveau de la
mission de la CNESST. Donc, ça demande une autre expertise : pensons au
comité scientifique, pensons à la diversité des opinions autour de la table. Ce
n'est pas uniquement le paritarisme, même si je le salue et je suis un qui va
toujours saluer la présence du paritarisme sur nos instances au Québec, mais le
projet de loi ramène d'autres avis, notamment les comités scientifiques. Il
doit, le C.A. de la CNESST, dorénavant se prononcer.
Là, je pense que je fais deux, trois coups plus
tard, mais je veux vraiment bien comprendre que... Et c'est pour cela, au
début, que je voulais vraiment qu'on termine avec la gouvernance et non pas
commencer avec la gouvernance, mais je vais me permettre, du moment que j'ai
accepté les règles du jeu, de dire qu'il y a un comité scientifique,
ce comité scientifique va travailler, l'information va revenir sur le C.A. et
va remonter chez le ministre, si j'ai bien compris le cheminement de
l'information. Ça se discute en C.A. avec un président et une présidente de
C.A. Par la suite, l'information ou la décision d'une maladie professionnelle,
au bout de la ligne, c'est le ministre responsable de la CNESST qui va se
prononcer, selon l'avis du comité. Juste comprendre cette dynamique, parce que
c'est très, très important pour la suite des choses, Mme la Présidente.
M. Boulet : ...c'est le gouvernement
qui se prononce sur l'avis ou la recommandation du conseil d'administration. Ce
qu'on vient confirmer, essentiellement, par l'article 186, et vous
l'exprimez clairement, c'est la scission du poste de P.D.G. et de président du
C.A., et c'est ce que confirme cette modification-là avec la façon dont la
personne est nommée et les articles de la
Loi sur la gouvernance des sociétés
d'État qui s'appliquent au concept d'administrateur indépendant...
M. Derraji : Oui. Ma question...
M. Boulet : ...et le comité
scientifique, ça, on va le voir plus tard, là, dans l'analyse des articles qui
concernent la formation de ce comité scientifique là, qui, lui, va faire des
avis et recommandations au ministre sur les maladies professionnelles présumées
en tenant compte de la littérature scientifique et médicale. Mais là on prend
les devants, là. Je ne veux pas trop embarquer là-dedans, là.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, député de Nelligan encore? O.K.
M. Derraji : Oui, oui. Mais je ne
pense pas qu'on prend les devants, mais c'est très clair c'est quoi, le rôle.
Le comité scientifique, est-ce qu'il est rattaché au conseil d'administration
ou il est indépendant de la CNESST? S'il vous plaît, c'est très clair. C'est...
M. Boulet : Complètement
indépendant. C'était ce que je voulais vérifier. Mais il y a indépendance entre
le comité scientifique et le C.A.
M. Derraji : O.K. Donc, aucun droit
de regard du C.A. de la CNESST sur les maladies professionnelles. Le comité
scientifique peut émettre n'importe quel avis, le gouvernement va trancher.
M. Derraji : Le ministre et non pas
le C.A. de la CNESST.
M. Boulet : Exact. Tout à fait.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait.
M. Derraji : Je n'ai plus de
question.
Présidente (Mme IsaBelle) : Plus d'autre question. Alors, nous y
allons avec le député
d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Le ministre faisait référence tantôt à des travaux de réflexion de son collègue
des Finances sur la gestion des administrations. Je voulais vraiment m'assurer
que... Parce qu'on l'a vu dans des précédents gouvernements, dans d'autres
institutions, quand j'étais dans le mouvement étudiant, tantôt j'en parlais.
Est-ce que l'idée de vouloir, des fois, des indépendants dans les C.A., est-ce
que ça va venir remettre en question le paritarisme à la CNESST? Est-ce que le
ministre a fait des représentations, au moment où on se parle, pour s'assurer que, dans l'éventuelle démarche
législative de son collègue des Finances, la CNESST ne sera pas impactée
par cette idée d'indépendant à tout vent, et ce qui remettrait en question,
donc, la philosophie même du paritarisme?
M. Boulet : Oui, c'est un excellent
commentaire. Le projet de loi n° 59, notamment sur ces aspects-là, oui, ça
a été élaboré en consultation avec mon collègue des Finances, et la philosophie
de paritarisme ne sera pas remise en question.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 186 tel qu'amendé?
Non. Alors, nous allons procéder à la mise aux voix. Alors, est-ce que l'article 186,
tel qu'amendé... On y va, oui, on y va avec la mise aux voix, oui.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Boulet (Trois-Rivières)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire :
M. Roy (Bonaventure)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Abstention. Donc, l'article 186, tel qu'amendé, est adopté.
Alors, nous
poursuivons, M. le ministre, avec l'article 188, s'il vous plaît.
M. Boulet :
Oui, merci, Mme la Présidente. Donc, l'article 188 : Cette loi est
modifiée par l'insertion, après l'article 141, du suivant :
«141.1. Le gouvernement
nomme un président-directeur général, responsable de la direction et de la
gestion de la commission.
«Les fonctions [du]
président-directeur général et de président du conseil d'administration ne
peuvent être cumulées.»
Donc, cet
article
vient préciser que le P.D.G. nommé par le gouvernement est responsable de la
direction et de la gestion de la commission et que les fonctions de président
du conseil d'administration et de P.D.G. ne peuvent être cumulées. Alors, ça
confirme ce que nous avons adopté à l'article précédent.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait. Merci. Y a-t-il des interventions? Alors, député
de Nelligan. Ensuite, nous irons avec le député de Bonaventure.
Derraji : Bon, et comme j'ai
l'équipe du ministre qui est prête, est-ce que, les bonnes règles
de gouvernance, le président-directeur général est nommé par le gouvernement
ou c'est le C.A. qui fait la suggestion? C'est quoi, le rôle du C.A. dans la
nomination du P.D.G.? Est-ce qu'il y a un comité... Ce que je comprends, et
peut-être que je me trompe, corrigez-moi, il y a un comité RH. Le comité RH
fait l'ensemble du travail. Est-ce qu'il y a un cheminement de deux, trois
candidatures, et c'est nommé par le Conseil des ministres?
Parce que, là, si on
met un président du C.A. ou une présidente, il s'implique aussi au niveau de
l'organisation, mais le P.D.G., il est aussi... il est obligé à travailler avec
les membres du conseil et le président du conseil. Donc, je veux juste préciser
un peu...
M. Boulet :
Oui. Je veux simplement rappeler que l'interdiction de cumuler, là, les
fonctions de P.D.G. et de président du C.A., c'est prévu à l'article 28,
là, pour ceux qui ont un intérêt, de la
Loi sur la gouvernance des sociétés
d'État. Et le P.D.G., le gouvernement préserve sa prérogative de le nommer sans
obligation de consultation. Et, quand tu juxtaposes ce processus-là de
nomination par le gouvernement à son absence de ce droit de vote, de son droit
de vote ou de droit de vote au conseil d'administration, ça raffermit son
indépendance et son objectivité dans l'exercice de ses fonctions de gestion et
en conformité avec la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Allez-y, député de Nelligan.
M. Derraji :
Oui. J'ai des questions. Je ne veux pas dire que j'ai un malaise, mais, pour
moi, le gouvernement nomme le président-directeur général sur la recommandation
du conseil d'administration. Il faut préciser le profil de compétences, je
pense, dans l'amendement, comme... dans un amendement, par exemple, ou dans un
ajout. Mais l'article, tel qu'il est proposé, il ne donne pas beaucoup
d'information sur les attentes en termes de compétences par rapport au P.D.G.
Et, si le conseil d'administration ne recommande pas la nomination d'une
personne de poste général dans un délai raisonnable que le gouvernement peut
imposer, le gouvernement peut nommer celui-ci ou cette personne après en avoir
avisé les membres du conseil. C'est ce que j'ai vu ailleurs.
Donc, il y a un rôle
du C.A., justement, parce... la volonté, c'est mettre un C.A., la volonté,
c'est avoir un président de C.A., bien, donnons les outils à ce C.A. Il ne faut
pas que ça soit juste un symbole qu'on a scindé les deux postes. Le C.A. doit
commencer à jouer son rôle. Si le C.A. veut commencer à jouer son rôle, bien,
un des rôles, c'est la recommandation du P.D.G. au gouvernement selon un profil
de compétences qu'on peut proposer. Et, si le ministre
aimerait, bien, je peux formuler un amendement, on peut lui suggérer, mais
donnons-nous les moyens que, du moment qu'on scinde les deux fonctions, bien,
qu'on donne les outils nécessaires au C.A. pour fonctionner, jouer son rôle de
gouvernance et avoir son mot à dire par rapport au choix futur du P.D.G. par le
gouvernement.
Mais on ne peut pas
dire que le gouvernement choisit le président de C.A., le gouvernement choisit
le P.D.G. Et il est où le rôle des membres qui sont autour de la table au
niveau de ce C.A.?
M. Boulet :
Écoutez, Mme la Présidente, cet article-là ne fait que prévoir la possibilité
où... en fait, la nomination du P.D.G. par le gouvernement, simplement,
purement. Le conseil d'administration, il est paritaire. Il est consulté pour
la nomination du président du C.A. — puis ça, on l'a vu dans
l'article précédent qui a été adopté, puis je ne veux pas revenir
là-dessus — mais
le P.D.G., c'est important que le gouvernement puisse le nommer si on veut quelqu'un qui soit clairement indépendant, qui
respecte les règles prévues à la
Loi sur la gouvernance des sociétés
d'État. Et cette façon de faire là est compatible avec la loi. Et on ne
consultera pas les membres du conseil d'administration, on vient diluer sa
capacité d'être totalement objectif et indépendant. Donc, ce n'est que ce que
prévoit l'article 188.
Mais
je comprends très bien vos commentaires, mais ça, ça réfère plus au président du conseil d'administration, qui,
lui, sera nommé après consultation, bien sûr, des associations syndicales et
patronales les plus représentatives.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Député de Nelligan.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Je me souviens, dans presque... d'autres articles...
d'autres projets de loi, j'ai eu des discussions par rapport au processus de
nomination, et nous avons fait pas mal de vérifications par rapport à la Loi
sur la gouvernance des sociétés d'État. Je pense que je vais proposer un
amendement, Mme la Présidente, à soumettre aux membres de la commission, mais
je pense que ça manque de clarification par rapport au processus de la
nomination du président-directeur général. Je pense qu'il faut ajouter «sur la
recommandation du conseil d'administration». Il y a un rôle du conseil
d'administration dans le choix du P.D.G.. Je sais que c'est le gouvernement qui
nomme, mais je ne veux pas qu'on fasse abstraction... Surtout qu'on change
maintenant. On n'est plus dans la même logique qu'avant. On a scindé déjà. On
est à deux... On est à une autre étape au niveau du P.D.G.. Donc, je ne sais
pas s'il y a d'autres interventions, mais je vais préparer mon amendement en
attendant.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Parfait, parce que j'ai effectivement une personne. Alors,
on y va avec le député de Bonaventure. Excusez pour le retard.
M. Roy :
Merci, Mme la Présidente. Bien, nous avons déposé un amendement, et j'informe
mon collègue de la première opposition que nous avons déposé un amendement dans
le sens des propos qu'il...
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Est-ce qu'il a été acheminé à CET?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Attendez. Alors, merci, merci de l'information. Nous
allons vérifier.
M. Boulet :
Est-ce que je peux faire un commentaire?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Oui. Alors... Oui.
M. Boulet :
Simplement rappeler à mon collègue de Nelligan que les sociétés où le C.A. est
consulté pour la nomination du P.D.G., c'est là où il y a des membres
indépendants et c'est pour ça que, parce que c'est paritaire, il n'y a pas de
consultation des membres du C.A. Et ça, c'est systématique. C'est compris et
c'est connu que ça va fonctionner de cette manière-là au Comité consultatif du
travail et de la main-d'oeuvre. Puis je regardais, là, les autres sociétés
d'État, là, puis il y en a plein aussi que c'est le gouvernement qui nomme.
Voilà. C'était le
commentaire que je voulais vous faire. C'est le paritarisme qui fait en sorte
que ça doit se faire de cette manière-là. Puis, encore une fois, ça raffermit
son indépendance et son objectivité totalement et ça permet de répondre aux critères de l'administrateur indépendant de la
loi sur la gouvernance. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, merci, M. le ministre. Nous avons
effectivement reçu un amendement de la
part du député de Bonaventure. Donc, l'amendement, il est... Il est transmis,
l'amendement, mais il n'est pas encore déposé. Alors, nous, on l'a reçu.
Est-ce que, tout le monde, vous pouvez aller le chercher? Il est sur le
Greffier. Ou est-ce qu'ils peuvent... Vous voulez qu'il le présente avant?
M. Roy :
Est-ce qu'on peut le mettre à l'écran, Mme la Présidente?
M. Boulet :
Oui, ça serait une bonne idée, hein?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Alors, nous allons suspendre quelques instants, là.
(Suspension de la séance à 11 h 30)
La Présidente
(Mme IsaBelle) : ...député de Nelligan. Alors, nous avons reçu un
amendement...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Attention, s'il vous plaît, député de Nelligan!
Alors, nous avons reçu un amendement à l'article 188 de la part du député
de Bonaventure. Député de Bonaventure, est-ce que vous êtes prêt à lire votre amendement,
s'il vous plaît?
M. Roy :
Oui, Mme la Présidente. Bon, là... O.K., on l'a à l'écran aussi. Bien, je
vais... Bon, O.K.
Article 188, nouvel
article 141.1, LSST.
L'article 141.1
de la
Loi sur la santé et la sécurité du travail, introduit par
l'article 188 du projet, est modifié par l'insertion des mots «À la suite
d'une recommandation du conseil d'administration,» avant les mots «Le
gouvernement nomme».
Le texte
actuel : «141.1. Le gouvernement nomme un président-directeur général,
responsable de la direction et de la gestion de la commission.
«Les
fonctions de président-directeur général et de président du conseil
d'administration ne peuvent être cumulées.»
Texte
tel qu'amendé : «141.1. À la suite d'une recommandation du conseil
d'administration, le gouvernement nomme un président-directeur général,
responsable de la direction et de la gestion de la commission.
«Les fonctions de président-directeur général et
de président du conseil d'administration ne peuvent être cumulées.»
Mme la Présidente,
bon, on a entendu l'argumentaire du ministre tout à l'heure, il n'en demeure
pas moins que le Comité consultatif du travail et de la main-d'oeuvre préconise
la nomination du P.D.G. par le conseil d'administration. Le ministre a soutenu tout
à l'heure que, bon, le P.D.G. aurait plus d'indépendance s'il est nommé par le ministre
et le gouvernement que par le C.A., et là je cherche à savoir comment un P.D.G.
peut être plus indépendant. S'il est nommé
par le ministre ou le gouvernement, il est, je dirais, tributaire un peu... bon, sa
nomination est tributaire de quelqu'un à quelque part pareil.
Donc, le C.A., c'est
l'organisme qui a le mandat, en général, de nommer le P.D.G.. Bon, ça fait
qu'on persiste et signe, nous aimerions que le P.D.G. soit nommé par le conseil
d'administration, et c'est sous les recommandations, entre autres, du Comité
consultatif du travail et de la main-d'oeuvre. Est-ce que le Comité consultatif
du travail et de la main-d'oeuvre erre et n'a pas compris quelque chose ou que
le ministre, bon, considère que, bon, il peut changer sa position? Ça fait que
voilà.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : M. le ministre.
M. Boulet :
Bien, écoutez, moi, ça m'apparaît assez clair et évident que le président-directeur
général d'une société d'État de cette importance, qui vit le paritarisme sur
une base quotidienne, doit être nommé par le gouvernement. J'ai la conviction
profonde que ça assure son indépendance, c'est compatible avec les règles de la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État. Puis mon collègue de Robert-Baldwin
connaît bien le processus de nomination par le biais de ce qu'on appelle les
emplois supérieurs au Québec : le profil, les qualifications sont
déterminés de la façon la plus compatible avec les besoins de la société d'État
qui est concernée.
Et, dans le cas
présent, on est dans une matière de normes, d'équité et de santé-sécurité, et,
je le réitère, c'est uniquement et... principalement, plutôt, en fonction du
paritarisme qui est exercé qu'on doit s'assurer d'une complète indépendance de
la personne qui agit à
titre de P.D.G.. Et ça confirme cet article-là, qui
prévoit que c'est le gouvernement qui nomme le P.D.G. qui est responsable de la
direction et de la gestion de la commission.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Député de Bonaventure.
M. Roy :
Je ne comprends pas le concept d'indépendance, M. le ministre. Je sais que,
bon, vous tenez à ce que le gouvernement et votre ministère nomment le P.D.G., mais en quoi un P.D.G.
nommé par le gouvernement va être plus indépendant qu'un P.D.G.
nommé par un conseil d'administration? C'est juste là que je ne saisis pas vraiment.
M. Boulet :
Bien, je pense que je me suis exprimé assez clairement. Moi, je suis en mesure
de le réaliser, à quel point c'est
important. Dans le contexte particulièrement d'un C.A. qui vit le paritarisme et où il n'y a
pas de membre indépendant, c'est une façon de s'assurer que cette institution
soit gouvernée selon les meilleurs principes possible et que le processus de
sélection et de nomination soit objectif. Je n'ai pas d'autre commentaire, Mme
la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Député de Bonaventure.
M. Roy :
Nous allons proposer un autre amendement, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, un instant. Là, vous ne pouvez pas faire
ça comme ça, là.
M. Roy :
Non? Question de procédure?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
On doit d'abord voir s'il y a d'autres...
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Parfait. Alors, nous allons poursuivre d'abord
sur cet amendement-là. Alors, est-ce que le député de Nelligan
veut... Oui. Allez-y.
M. Derraji : Oui. Je veux juste
comprendre, Mme la Présidente, parce que ça va nous faciliter la tâche. On ne peut pas utiliser à moitié la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État. Est-ce
qu'on peut juste nous partager... Là,
je l'ai devant moi. Il y a
des comités, il y a des processus. Je veux juste savoir : Est-ce que,
dans le cas du président-directeur
général, on va suivre ce que d'autres sociétés d'État font avec un processus
rigoureux, que le C.A. commence, qu'il prépare avant d'envoyer ou de
recommander quelques noms? Je veux juste qu'on s'assure qu'on est en train de
suivre les bonnes règles de gouvernance. Si le gouvernement se donne le droit
de nommer et le P.C.A. et le P.D.G., je me demande c'est quoi, le rôle du
P.C.A., c'est quoi le rôle du C.A. Oui, il y a des comités, mais ces comités
ont un devoir, notamment le comité des ressources humaines, qui établit une
grille qui évalue le P.D.G..
Donc, je n'ai pas envie de passer tout le temps
sur la
Loi sur la gouvernance des sociétés d'État. Je l'ai, je l'ai devant moi.
On a pas mal d'infos que je suis en train de suivre avec ce qu'on nous a
proposé, et je suis en train de revivre la même situation que dans le projet de
loi qui touche le Parc olympique. C'est les mêmes questions. S'il vous plaît,
pour nous aider à avancer, est-ce qu'on peut juste nous confirmer que nous
sommes en train de suivre les bonnes règles de gouvernance qui gèrent les
sociétés d'État? On peut aller chercher d'autres sociétés d'État, et le
processus de nomination des P.D.G., ce n'est pas la même chose.
Donc, l'amendement proposé par mon collègue,
même si je ne suis pas d'accord à 100 % parce qu'il manque quelque chose,
mais il représente l'essence même de ce que j'ai commencé à dire au début, à la
suite d'une recommandation du conseil d'administration. Parce que, sinon,
pourquoi on nomme un P.C.A.? Pourquoi on crée une société... un conseil... Le
conseil d'administration existe, mais pourquoi on scinde?
Donc, il faut revenir aux règles de base. Le
conseil d'administration a un rôle, il recommande au gouvernement le
président-directeur général. On peut mettre un délai pour justement éviter que
le paritarisme... peut nuire à ce qu'on ait des noms et un consensus. On peut
soumettre des noms. Mais faire abstraction aujourd'hui au rôle du C.A. dans la
nomination du P.D.G., je pense qu'on fait fausse route, Mme la Présidente, pas
uniquement fausse route qu'on ne respecte pas les membres du C.A., mais on fait
fausse route aussi par rapport aux bonnes règles de gouvernance. Je suis prêt,
je suis prêt, Mme la Présidente, qu'on me sort un argument que ce n'est pas le
cas ailleurs et que le gouvernement arrive,
nomme le P.C.A., président du conseil d'administration, nomme le P.D.G., il
n'y a aucun rôle aux membres du C.A. Je veux bien qu'on me mette sur la table
des exemples.
La Présidente (Mme IsaBelle) : M. le
ministre.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, M. le ministre.
M. Boulet : Oui. Bien, écoutez, oui,
on pourra sortir des exemples, mais c'est extrêmement asymétrique, là. Comme
vous savez, il y a des sociétés d'État où c'est nommé de façon différente. Ici,
ce que je mentionne, c'est que c'est compatible avec les règles de saine
gouvernance et c'est respectueux de la philosophie de paritarisme qui est en
place au C.A. de la CNESST. Et c'est sûr que la nomination faite par le gouvernement,
elle découle d'un processus de sélection et de nomination qui tient compte de
profils établis par le groupe des emplois supérieurs et qui s'assure du profil,
et des habiletés, et des qualifications de cette personne-là, là. Mais, c'est
sûr, j'ai tous les différents organismes d'État gouvernementaux, mais il y en
a... il y en a beaucoup, là, il y en a au-delà d'une trentaine, et ça varie
d'un organisme à l'autre et ça respecte la spécificité de chacun des
organismes. Ça fait que je ne crois pas que ce soit souhaitable ou désirable
qu'on dise : C'est fait de cette manière-là à tel endroit, on devrait le
faire exactement comme ça avec la CNESST.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, allez-y, député de Nelligan.
M. Derraji : Merci. Bien,
justement, parlons de spécificité. Autour de la table, M. le ministre, Mme la
Présidente, il y a des membres, mais il y a des membres, Mme la Présidente,
autour de la table, qui proposent ces amendements.
Il y a des membres, autour de la table, qui siègent à la CNESST maintenant, qui
proposent ce genre d'amendements. Donc, oui, parce que, moi, ce que je
veux aujourd'hui, c'est aider le ministre dans cette nouvelle structure.
Donc, au-delà des bonnes règles de gouvernance,
l'amendement proposé par mon collègue député de... Bonaventure... Vous savez ce que j'ai dans ma bouche? Bonnardel, le
député de... Je fais comme vous. Le député de...
M. Boulet : De Bonnardel.
M. Derraji :
Oui, oui. Non, mais, en fait, c'est le même problème qu'avec le député de
Leitão, alors que c'est le député de Robert-Baldwin. C'est une histoire que
j'ai avec la Présidente.
Revenons à notre discussion, Mme la Présidente.
Il y a deux éléments. L'élément 1, les bonnes règles de gouvernance. Je
suis prêt à avoir le débat avec l'équipe du ministre et le ministre. Deuxième,
j'ai des membres autour de la table qui siègent autour de la table de la
CNESST, qui nous demandent, qui nous demandent d'avoir un processus clair sur
la nomination du P.D.G..
Donc, je veux bien que le ministre nous parle de
spécificité. J'achète. Moi aussi, je parle de la spécificité. Les gens qui sont
autour de la table, c'est qui? Représentants des patronats, représentants du
syndicat. Le collègue député de Bonaventure, c'est ce qu'il vient de faire avec
son amendement. Son amendement est ramené sur la table, je pense, par deux
groupes. Corrigez-moi, mon collègue, FTQ, CSN? O.K. Bien, je vais vous rajouter
un autre amendement de la FCCQ. En fait, autour de la table, l'amendement que
je voulais proposer rejoint les deux qui représentent le paritarisme autour de
la table. Donc...
M. Derraji : M. le ministre,
vous êtes un homme très intelligent. Ne me dites pas que... ces gens, c'est eux
qui siègent, on est juste leur porte-voix. Et moi, j'achète l'idée qu'on
respecte les bonnes règles de gouvernance à condition... donnons-nous les
règles pour qu'on ne soit pas à la merci de l'immobilisme, de ne pas recevoir
des candidatures dans un temps bien précis. Ça, je vous l'accorde. Je ne veux
pas qu'on paie les frais qu'autour de la table
il y ait des chicanes autour des