Health and Social Services — 12 February 2021 (42nd Legislature, 1st Session)

CSSS 2021-02-12

Quebec — Committees

Health and Social Services — 12 February 2021 (42nd Legislature, 1st Session)

CSSS 2021-02-12

Quebec — Committees

Il y a deux éléments essentiels dans une gestion

de crise : la capacité d'anticipation et le temps de réaction. Puis force

est de constater que ce sont deux éléments sur lesquels le gouvernement

caquiste a des problèmes depuis le début

dans sa gestion de la pandémie, et ça ne s'améliore pas. Ça ne s'améliore pas.

On va se le dire, ce n'est clairement

pas leur force depuis le début de la crise.

On le voit, élément après élément, il

y a toujours un coup de retard

dans la prise de décision, et

j'espère que le ministre pourra non

seulement nous expliquer les raisons

de ces retards, mais également

comment il va les corriger.

Parce qu'un an plus tard, ce n'est déjà pas

normal que ça prenne autant de temps, prendre des décisions fondamentales qui pourraient faire une différence

dans la crise actuelle, mais c'est toujours et encore présent. On l'a vu encore, on le voit encore cette semaine avec la

chasse aux variants, avec le criblage, avec le séquençage, avec le test rapide.

Je n'ai pas plus de plaisir... puis j'informe le

ministre, là, je le sais qu'il me répond souvent, en Chambre, que j'en fais une

question quotidienne sur certains éléments, puis il a peut-être l'impression

que je suis redondante dans les questions que je lui pose, mais si j'avais des

réponses claires, il peut être assuré que je ne lui reposerais pas les

questions. Et l'enjeu, il est tout là, c'est qu'on nage en pleine confusion

depuis le début.

Au printemps dernier, c'était un peu la même

chose. On a commencé avec, bon, toute la saga, le cirque autour du masque. Le

masque est dangereux, ça va créer un faux sentiment de sécurité auprès des

Québécois. Bien, on a vu les conséquences

que ça a eu de retarder aussi longtemps à donner une indication claire sur le

port du masque. Cette indication-là aussi, l'enjeu a été dans le réseau

de la santé, hein? Les travailleurs de la santé, ça a pris beaucoup de temps avant qu'on donne des indications très claires aux

professionnels de porter un masque chirurgical, et ça, ça a eu des conséquences

certaines sur la transmission du virus durant la première vague.

a vu aussi à quel point, souvent, ils font des annonces, ils ne sont pas prêts.

Pendant le premier confinement, bien, ils ont confiné en disant :

sauf les services essentiels. La liste des services essentiels, elle n'était

pas prête, elle est venue plusieurs semaines après. Il y a tout le débat autour

de la ventilation dans les écoles, qui n'est toujours pas réglée. Le ministre

de la Santé a fini par le dire lui-même, là, en novembre dernier,

qu'effectivement c'est un enjeu qui aurait dû être réglé depuis longtemps, mais

force est de constater que ce n'est toujours pas réglé.

La transmission par aérosols, c'est toujours un

débat. Les zones de couleurs, ça a créé beaucoup de confusion.

L'aller-retour autour des fêtes, du temps des fêtes, c'était la même chose. Le

défi 28 jours, qui s'est transformé en défi 56 jours, qui s'est

transformé en défi 140 jours... Là, je ne sais même plus si on est encore

dans ce défi-là, parce qu'il y a toujours des nouveaux concepts qui sont mis dans l'espace

public, là, des espèces de concepts de communication

dont on finit par ne plus entendre parler. Je peux comprendre, l'année

dernière, là, le commentaire qui était fait ad nauseam, là, par le gouvernement caquiste, qui était : On construit

l'avion en plein vol, on n'a pas de livre de recettes, on n'a pas de

boule de cristal, mais ce commentaire-là, il n'est plus acceptable aujourd'hui.

Il n'est plus acceptable.

Ce qui s'est passé

cette semaine, là, sur l'apparition des variants, le fait que le gouvernement

ne soit pas prêt, c'est inacceptable. Ce n'est pas une surprise qu'un virus

mute. Un virus, là, ça a deux objectifs : se transmettre puis muter pour mieux se transmettre. Le virus, on sait

qu'il est en mutation. Le virus britannique, depuis l'automne dernier,

on a très bien vu ce qui s'est passé au Royaume-Uni, on sait qu'il est présent

dans plus de 80 pays maintenant, en Europe, on sait qu'il va être dominant

dans certains pays d'ici la fin du mois de février, peut-être aux États-Unis,

peut-être en Ontario, à côté de chez nous, et le ministre nous annonce

hier : J'ai mis beaucoup de pression pour qu'on fasse du criblage dans les

prochaines semaines.

Je ne comprends pas,

je ne m'explique pas et je trouve inacceptable que cette pression-là,

justement, elle n'ait pas été mise en place il y a un mois. Comment ça se fait

qu'on est toujours en retard? Et ça a des conséquences extrêmement importantes,

extrêmement importantes, ces retards-là, parce que, justement, on laisse de la

place au virus pour se propager, on laisse de la place au variant pour se

propager. Le variant, là, le virus, il n'attend pas que le gouvernement soit

prêt puis mette les mesures en place, là. Lui, il continue de faire son petit bonhomme

de chemin puis il continue d'avancer.

Depuis trois jours,

on le voit, là, à chaque journée, on a des cas supplémentaires, encore hier des

cas de variant dans des écoles à Montréal. Ce que ça nous indique, les experts

nous l'ont dit cette semaine, c'est que de façon souterraine, que le ministre

le veuille ou pas, le variant, il est en train de se propager. Et quand il nous

dit : Il y a moins de

variants... ça, je trouve ça surréaliste d'avoir entendu ça cette semaine, on

a moins de cas de variant que dans le reste

du Canada. Bien, «no wonder», on ne teste pas. On n'a pas criblé, on n'a pas

séquencé dans les dernières semaines. Donc, c'est évident qu'on n'a pas

beaucoup de cas, on ne le sait pas. Et le ministre ne peut pas faire ce genre

d'affirmation là, à moins qu'il ait des informations que nous n'avons pas. Puis

on le souhaite tous, là, on le souhaite tous, là, que ce variant-là ne soit pas

en train de se propager, que ce soit limité, que ce soit bien contrôlé. Mais ce que j'ai entendu de l'ensemble des

experts, ce que j'ai entendu de Dre Drouin, la directrice de santé

publique de Montréal, c'est qu'elle est inquiète. Elle est très inquiète, mais

elle est aussi inquiète parce qu'on

n'a pas le portrait à l'heure actuelle.

Donc, on va revenir

sur différents éléments là-dessus, mais moi, je m'attends à des réponses très

précises, très claires. On veut travailler avec le ministre, on veut... On lui

a fait des propositions à plusieurs reprises dans la dernière année, qui ont été

balayées du revers de la main. Il faut travailler avec transparence et déposer

les vraies informations. Quand il nous dit qu'il va commencer, justement, à

partir à la chasse aux variants dans quelques semaines,

ça va être fait de façon majoritaire... On lui pose des questions claires, je

sais que c'est un homme de chiffres, bien, qu'il continue à nous déposer

des chiffres précis. Quand il dit «la majorité», est-ce que c'est 70 %,

c'est 80 %, c'est 100 %? Quand c'est la semaine prochaine ou dans

quelques semaines, c'est la semaine prochaine? C'est dans deux semaines? On

veut un plan très clair pour s'assurer que les efforts qui ont été faits dans

la dernière année par les Québécois ne soient pas réduits à zéro. Je pense que

ce serait... pas je pense, ce serait dramatique.

Tout le monde en a

ras le bol, vous le savez, M. le Président. On est tous dans nos

circonscriptions, on entend tous nos

citoyens à quel point c'est difficile pour eux, ils sont fatigués. Il y a des

enjeux de santé mentale, il y a énormément d'enjeux auprès de nos

jeunes. Tout le monde rêve de s'en sortir. On souhaite que cette crise-là, elle

soit derrière nous le plus rapidement possible. Les gens ont fait des efforts

incroyables dans la dernière année et le gouvernement doit respecter sa part de

contrat. Et, à l'heure actuelle, en étant toujours, toujours, toujours un coup

en retard, bien, ce que ça fait, c'est qu'on

laisse la place au virus, et on laisse la place aux variants pour se propager,

et ça donne... ça laisse le risque qu'il y ait de nouveau une flambée et

qu'on reparte à zéro. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. M. le ministre, vous disposez maintenant de

10 minutes pour votre déclaration d'ouverture. Je vous cède la

parole.

Dubé : Très bien. Alors, merci beaucoup, M. le Président. Aux

collègues de l'opposition, merci pour cette occasion de refaire une

autre interpellation. J'apprécie mes collègues de la députation qui sont avec

moi.

M. le Président, le

25 septembre dernier, nous avons été convoqués en interpellation pour les

oppositions. À ce moment-là, nous avons parlé pendant près de deux heures de

notre préparation à la deuxième vague. Et je dirais qu'on est encore prêts

aujourd'hui à faire l'exercice sans aucun problème pour voir où nous en sommes

rendus dans la pandémie. Mais, en fait, même si on connaît déjà les

commentaires que certaines oppositions vont faire à la suite de cette interpellation, peu importe les réponses

que l'on donnera aujourd'hui, on peut supposer que certains commentaires

sont déjà préparés à l'avance.

Mais je veux assurer les Québécois,

M. le Président, nous comprenons le sens... (panne de son) ...l'opposition, certains

membres de l'opposition. Nous sommes dans une pandémie, et on doit s'habituer à

gérer quotidiennement dans l'inconnu. Malheureusement, le livre de la gestion

de la pandémie, là, que souhaite l'opposition, il n'existe pas. On doit

s'ajuster aux recommandations de la Santé publique, on doit les challenger,

c'est notre rôle. Mais ça ne va pas toujours à la vitesse que l'on voudrait,

mais lui, le virus, il est rapide. On veut être prudents et on veut toujours

être très prudents. C'est dans l'intérêt des Québécois. On est là pour gérer la

pandémie pour tous les Québécois.

Vous savez, M. le Président, l'opposition, dans

son rôle, il y a deux approches possibles. J'ai déjà été dans l'opposition puis

je sais de quoi je parle. Vous savez, M. le Président, les critiques

constructives peuvent être une approche, et

il y a l'autre approche, que je n'ai pas besoin de nommer. Il y a certains qui

allèguent que l'on ne répondait pas aux questions. C'est peut-être aussi

que ces mêmes personnes ne veulent pas comprendre les réponses que nous

donnons, M. le Président.

Alors, M. le Président, je vais répéter. Nous

allons continuer de répondre aux questions lorsque nous sommes au salon bleu.

Nous allons continuer de faire des points de presse deux à trois fois par

semaine avec le premier ministre, avec nos spécialistes de la santé publique.

Nous allons continuer de publier de plus en plus d'informations sur nos sites

Web et sur les réseaux sociaux pour informer la population. Mais je le sais et

je le répète que, pour certains, nos réponses ne pourront pas les satisfaire.

Et c'est correct, nous allons vivre avec ça.

Mais peut-être que les commentaires de

l'opposition vont peut-être évoluer dans le temps. Je l'apprécierais.

Malheureusement, une pandémie de cette envergure justifierait, M. le Président,

une opposition plus constructive et un ton plus positif. Alors, je pense que

les Québécois, M. le Président, méritent mieux, mais, peu importe, nous sommes

ici pour parler de la pandémie. Et aujourd'hui, en ce 12 février, je ne

suis vraiment pas gêné, au nom de mon gouvernement, de répondre aux questions

de l'opposition et de parler de notre gestion, M. le Président. Ça restera

toujours aux Québécois d'avoir le jugement final.

Maintenant, je vais donner un petit peu de

contexte sur la pandémie, M. le Président. Je voudrais rappeler l'époque

libérale. M. le Président, la réforme libérale et le sous-financement de la

santé publique, lorsque nous avons pris le gouvernement, je pense que c'est

important de le rappeler, quelle était la situation. Il y a eu une diminution

de 30 % des budgets régionaux en santé publique, 30 %, M. le

Président. Cette coupure libérale ou ces coupures libérales ont grandement affecté

les capacités de la Santé publique. Ça a fragilisé le réseau de la santé

publique à un point où, lorsque nous sommes arrivés, il manquait carrément de personnes,

carrément de personnes qui pouvaient nous aider à gérer cette pandémie-là.

Alors, aujourd'hui, les gens qui nous font la critique, là, puis j'en ai

entendu pas mal, de critiques, dans les dernières minutes, M. le Président,

puis c'est le même disque qui revient tout le temps, doivent se rappeler dans

quel cas on a pris la Santé publique, M. le Président.

La réforme libérale et les pénuries de ressources

humaines dans le réseau sont à tous les niveaux, M. le Président, au niveau des

infirmières, au niveau des préposés aux bénéficiaires, au niveau des médecins.

Et quand nous gérons les ressources de l'État, M. le Président, nous, on le

fait pour la population, on le ne le fait pas pour un groupe de médecins. Et

ça, je veux être très, très clair là-dessus pour que les gens comprennent bien

dans quel état on a pris le réseau de la santé quand nous sommes arrivés au gouvernement. Et ça, la pandémie n'attend pas pour ça, M. le Président. Alors, je le répète, c'est

dans ce contexte qu'on a pris la gouverne et c'est dans ce contexte qu'on a eu

à faire une restructuration importante de la Santé publique, qui avait

couvert... qui avait eu des coupures importantes.

Maintenant, sur notre gestion de la pandémie, qu'est-ce

que nous avons fait? Et je le répète, lorsque nous avons eu cette première interpellation,

comme celle que nous avons aujourd'hui avec mes collègues, qu'est-ce qu'on a

fait, la première chose? C'est que nous avons pris acte de ce qui s'était passé

dans la première vague et nous avons déposé

un plan, un plan très clair, dont j'avais donné les grandes lignes, M. le

Président, lors de la première interpellation. Et ce plan-là, qui était en neuf axes, nous l'avons suivi de façon

religieuse. Et, en termes de conclusions sur ce plan-là, je peux dire

aujourd'hui... Puis je vous donne juste un exemple, là. On est en plein milieu

de la pandémie. Ce matin, je regardais, là,

depuis trois jours, on n'a plus aucun CHSLD qui est en rouge, aucun, pas 10,

pas 15. On a 400 CHSLD. En date d'aujourd'hui, M. le Président, on n'a

aucun CHSLD qui est en rouge. Alors, le plan de la deuxième vague, là, ce n'est

pas théorique. On a suivi, on a fait un programme de PCI, je le rappelle

souvent, de protection et contrôle des

infections. On a fait un plan rigoureux, malgré la pandémie, malgré un virus

très vicieux, et ça, c'est un des neuf axes sur lesquels nous avons

travaillé.

On peut parler des RPA, on peut parler de ce

qu'on a fait en termes d'EPI. Alors, le plan de la deuxième vague que j'avais présenté,

à ce moment-là, qui pouvait sembler théorique, au mois de septembre, lorsqu'on

a fait l'interpellation, bien, je pense que les gens aujourd'hui, avec la

gestion de la pandémie, particulièrement sur la deuxième vague, a été un grand

succès.

En somme, nous avons appliqué un plan, un plan, M.

le Président, qui nous a permis non seulement d'ajouter des préposés aux

bénéficiaires, d'ajouter des champions, de mettre les sommes nécessaires qui

avaient été, je le répète, le résultat des coupures libérales, qui avaient été

épouvantables dans les dernières années. Et maintenant, nous avons une

meilleure santé publique, un système de santé qui n'est pas encore à la

perfection, mais Dieu sait que j'en profite aujourd'hui pour remercier le

réseau de la santé de nous avoir appuyés au cours de cette pandémie-là. Je n'ai pas entendu un mot de l'opposition, pendant les

premières minutes, sur la qualité des interventions de notre réseau de la

santé.

Maintenant, en

conclusion, il y a beaucoup de choses aussi qu'on va pouvoir parler aujourd'hui,

et j'espère que les questions porteront

aussi sur nos succès. Le système de paliers d'alerte qui a été mis en place, M. le Président, et qui est un vif succès,

que les Québécois comprennent bien, malgré, souvent, les commentaires négatifs

que nous pouvons entendre de... certains

commentaires de nos... la situation dont j'ai parlé dans les milieux de vie et bien

d'autres. Puis maintenant, M. le Président, je dirais, à la veille d'une

campagne massive de vaccination... ça va être la plus grande campagne de

vaccination que le Québec va avoir connu de son existence. À la veille de cette

campagne-là, M. le Président, j'invite l'opposition à reconnaître nos succès

collectifs, d'avoir une opposition, une critique positive. Je le répète, nous devons travailler ensemble pour

sortir de cette pandémie. C'est ce dont les Québécois, M. le Président, s'attendent de notre

classe politique.

Alors, je vous

remercie beaucoup, M. le Président.

Le Président (M.

Provençal)

: Merci

beaucoup. Nous allons débuter la période d'échange. Mme la députée de Maurice-Richard, vous avez la parole pour un maximum de cinq

minutes. À vous.

Montpetit : Je vous remercie. Je vous remercie, M. le Président.

Bien, écoutez, d'entrée

de jeu, j'aurais envie de dire au ministre que je ne partage pas son opinion

sur nos succès. Moi, je ne me réjouis pas qu'à l'heure actuelle on ait dépassé

10 000 personnes qui sont décédées au Québec, que ce soit 50 %

des décès du Canada. Non, je ne trouve pas ça... Je ne trouve absolument pas ça

réjouissant et je continue... Je continuerai de poser des questions. Je

continuerai de poser des questions de façon constructive. On vous a posé des questions sur les variants, sur

les tests rapides, sur les masques, sur la ventilation. Vous savez très bien

qu'il y a des décisions gouvernementales qui ont été prises parce qu'on a posé

ces questions-là. Et on continuera d'en poser parce qu'on est loin

encore d'être sortis, malheureusement, du bois.

La vaccination, on

pourra y revenir. Oui, c'est le Saint-Graal, oui, on l'attend, oui, on est

heureux qu'il y ait une campagne qui s'en vienne, mais force est de constater

qu'ils arrivent aussi au compte-gouttes. Donc, il ne faut pas s'asseoir sur nos

lauriers et il faut continuer de gérer la situation.

me permettrai peut-être juste un petit commentaire. Comme le ministre en

faisait sur les années libérales, je vais quand même lui rappeler que votre

prédécesseure, comme ministre de la Santé, elle a écrit au député de

La Pinière pour le féliciter sur

sa réforme, hein, et que le premier ministre a nommé l'ex-chef de cabinet du

député de La Pinière comme

sous-ministre adjoint, qui est sous-ministre adjoint du ministre. Donc,

j'imagine que ça parle sur l'appréciation de leur performance, comme ils

font

partie de leur équipe présentement.

Une fois ceci dit, je

comprends que le ministre n'aime pas qu'on soulève certaines questions, mais on

va le faire. C'est notre rôle, puis je lui

rappelle quand même aussi à bon escient qu'on est là pour porter des questions

du grand public, parce qu'à moins qu'il ait une lecture complètement

différente de la nôtre, les gens se posent des questions. Il y a énormément de

confusion, à l'heure actuelle, il y a beaucoup de préoccupations.

Sur la question des

variants, je vais essayer d'être la plus précise possible sur ma question, et,

encore là, c'est dans des éléments de

transparence. Le ministre, ça a beau ne pas lui plaire qu'on lui dise qu'il est

en retard, mais il est en retard. Il

est en retard. On est rendus à mi-février et il nous dit hier qu'il a mis de la

pression pour qu'on commence à faire du criblage la semaine prochaine.

L'Ontario a commencé il y a un mois déjà. Ils ont fait une photo... on va dire

une photo de leurs variants pour voir, justement, si ça se propage ou pas dans

la communauté. On voit que l'Ontario et l'Alberta, entre autres, ont pris

beaucoup d'avance sur le Québec. Ce n'est pas normal. Je comprends qu'on fait

du séquençage depuis le printemps passé,

mais on en fait à 3 %. Ce n'est pas normal qu'on ne soit pas prêt, à

l'heure actuelle, à faire du criblage sur 100 % des cas. Ce n'est

pas normal qu'on ne soit pas déjà en train de le faire.

Alors,

je vais poser deux questions qui sont très simples. Ce n'est pas un... Moi, là,

ce que je veux comprendre, c'est qu'est-ce qui va se faire exactement dans les

prochaines semaines? Avec exactitude, pas les intentions... Moi, les

bonnes intentions... on a tous de bonnes intentions. Je veux juste savoir quel

est le plan de façon précise, à partir de quand... Bien, à quel niveau,

premièrement, les cas positifs vont être criblés? Est-ce que c'est 70 %,

80 %, 100 %? Je comprends que l'intention, c'est d'arriver à 100%. À

quel moment, de façon précise, on va s'y rendre? Parce que je pense qu'il y a

plein d'enjeux de ressources, de réactifs. Donc, entre ce que l'on veut et ce

qui va être fait, moi, ce que je veux savoir, c'est ce qui va être fait, de

façon précise, à quel moment on va cribler 100 % des cas et comment ça va être déployé dans l'ensemble du Québec.

Quel est le plan précis à ce niveau-là? Donc, ça, c'est une de mes questions.

J'aimerais ça qu'on nous dépose l'information de façon précise, parce que ça va être crucial pour les prochaines

semaines et ça nous évitera de reposer, effectivement, de façon

journalière, la question au ministre, et c'est fondamental, fondamental pour la

lutte aux variants pour les prochaines semaines.

Autre

information que j'aimerais avoir aussi, c'est de quelle façon

les établissements, les médecins, les patients vont être

informés si effectivement un patient, un citoyen a un variant. Est-ce qu'on va

l'informer qu'il est COVID positif ou est-ce qu'on va l'informer qu'il est

porteur du variant britannique ou du variant... bien, d'un autre variant? Est-ce

que toute l'information va être communiquée tant au médecin qu'au citoyen? Ça,

j'aimerais ça aussi avoir une information précise à ce niveau-là. Merci.

Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup, Mme la députée. Alors, M.

le ministre, à vous, pour

cinq minutes.

M. Dubé : Alors, merci. Merci, M. le

Président. Alors, sur la question des variants, je pense que c'est très

approprié de revenir un peu sur la présentation, hier, que j'ai fait en point

de presse sur l'état de la situation. Nous sommes...

puis je pense que c'est important de le dire aux Québécois, là, qu'on est, en

tant que gouvernement puis... qu'on est très inquiets de la situation des variants, puis nous le sommes depuis plusieurs

mois. C'est évident que nous avons demandé à la Santé publique

d'augmenter le nombre de tests qui pourraient être faits au niveau des variants

en sol québécois.

Bon, maintenant, j'ai pris le temps hier, M. le

Président, de bien expliquer aux gens la différence entre le séquençage et le

criblage. Je ne vais pas prendre trop de temps ce matin, parce que je pense qu'il

y a beaucoup de gens qui ont compris l'importance d'un et l'autre et que les

deux sont complémentaires. Nous sommes en avance, en termes de séquençage, au Québec.

Nous étions, bien avant tout le monde, à séquencer au moins 3 % de nos

tests pour détecter des variants. Nous sommes rendus à plus de 8 %, et

notre objectif, avec les fonds supplémentaires que nous avons mis dans les

derniers mois, avec la collaboration du fédéral, c'est de monter jusqu'à

15 %. Et ça, c'est pour aller voir l'ADN des nouveaux variants.

Maintenant,

au niveau du criblage, qui est la deuxième partie, M. le Président, c'est

d'être capables, maintenant que nous connaissons les principaux variants...

puis je dis «les principaux» parce qu'il peut y avoir une évolution des

variants, c'est pour ça que ça s'appelle des variants, parce que ça varie. Il

faut avoir la connaissance de l'ADN pour être capable de le cribler comme il

faut, d'avoir le bon réactif.

Une autre précision où l'opposition a donné de

l'information qui était erronée, M. le Président, on nous a comparés à

l'Ontario en disant que l'Ontario avait fait 100 % de criblage. Nous

sommes en discussion avec la Santé publique.

Je parle à la Santé publique, je parle au ministre de la Santé de l'Ontario à

toutes les semaines. J'ai demandé comme ça allait, leur programme de

criblage. Ils sont à 70 % en ce moment, mais pas dans toutes les régions

non plus. Alors, il faut faire attention

lorsqu'on envoie des messages à la population de dire qu'eux autres sont bons,

puis nous, on n'est pas bons. Ce n'est pas ça, la réalité, M. le

Président.

Moi, ce que

j'ai demandé à la Santé publique, maintenant qu'il a été... et on a commencé à

en faire, du criblage. Ce n'est pas qu'on n'a pas commencé puis on va commencer

dans quelques semaines. M. le Président, on a commencé. On a commencé

avec maintenant une information. On a les meilleurs laboratoires au Québec, M.

le Président. Le Laboratoire de la santé publique a maintenant tous les

réactifs en main pour être capable de savoir quels réactifs doivent être mis

sur les tests positifs qui ont été reçus. Et ce que j'ai demandé à la Santé

publique, et je l'ai dit hier, puis je vais le répéter aujourd'hui, je

rencontre les gens du Laboratoire de santé publique cet après-midi pour avoir

un plan d'action très clair comment le criblage va se faire non seulement à

l'échelle du Québec, parce que c'est déjà commencé, mais on veut savoir, avec

l'évolution...

Puis encore

une fois je le dis, l'évolution de la pandémie, ça change tous les jours,

toutes les journées. Il n'y a pas de plan, là. C'est clair, on prend

acte de ce qui se passe une journée. Le virus de la Californie, là, le nouveau

variant qu'on appelle la Californie, il n'était pas connu il y a deux semaines.

On a été capables de le détecter. Alors, ce n'est pas parce qu'on ne fait pas

le travail, là, puis c'est ça que les Québécois doivent comprendre. On avance

de façon prudente.

Moi, j'ai demandé au Laboratoire de santé

publique de mettre un focus sur ce qui se passe à Montréal. Le plus bel exemple, c'est ce qu'on a fait au collège

Stanislas, où il y a eu une éclosion rapide. On a criblé les tests positifs.

Les résultats, quand ils vont rentrer, on va être capables de prendre des décisions

appropriées.

Mais je

prends l'exemple des variants pour dire qu'au contraire, M. le Président, nous ne sommes pas en retard par

rapport aux autres. Nous avons un leadership

et nous avons les meilleures personnes pour s'assurer qu'on va être en

avant de la parade sur la question des variants, M. le Président.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole à la députée

de Roberval.

Mme Guillemette : Merci, M. le

Président. Je souhaite tout d'abord saluer mon collègue le ministre de la Santé et des Services sociaux et le remercier

chaleureusement, ainsi que toutes ses équipes, parce que, oui, il y a beaucoup

de monde autour de lui, pour le travail

colossal qu'ils accomplissent chaque jour, et ce, depuis bientôt un an.

Salutations aussi aux collègues de

Charlevoix—Côte-de-Beaupré,

Beauce-Sud, les collègues de l'opposition, le collègue de Gouin,

Îles-de-la-Madeleine et Mme la députée de Maurice-Richard.

Donc, M. le Président, nous sommes ici

aujourd'hui pour discuter de la gestion de la pandémie. La COVID a chamboulé

nos vies depuis un an. Comme je vais le dire aux gens qui m'interrogent sur la

situation, là, il n'y a pas personne ici qui avait signé pour ça il y a deux

ans. Et, comme le mentionne mon collègue, il n'y en a pas de manuel

d'instruction. On doit faire avec, comme partout ailleurs dans le monde entier.

Par contre, ici, là, ça a mis en lumière l'état très fragile dans lequel se

trouvait déjà notre système de santé à l'arrivée.

On a dû gérer le présent, mais aussi le passé.

On a dû être créatifs et mettre les bouchées doubles, non, triples. Bien, on s'est presque étouffés. On a vu

toute l'importance de la santé publique alors que, comme le disait le collègue,

tout à l'heure, le ministre, en 2014, le tiers de leur budget a été englouti

dans la réforme. C'est le volet prévention qui en a souffert. Les médecins en

santé communautaire avaient sonné la cloche à ce moment-là, mais ça avait été

une fin de non-recevoir.

Pour pallier au manque

flagrant de préposés, nous avons mis en place un programme de formation pour

les préposés aux bénéficiaires, avec des conditions favorables. On en est à

notre troisième cohorte, et ça porte fruit. Nous avons également fait

l'embauche d'un gestionnaire responsable par CHSLD, et ce, pour assurer une

proximité de la gestion, mais aussi l'agilité nécessaire aux équipes et, surtout,

l'imputabilité. Nous pouvons maintenant nous assurer de la qualité des soins et

de l'efficacité des services donnés.

M. le Président, je voudrais profiter de cette

tribune pour remercier chaleureusement le Dr Donald Aubin et la P.D.G. du

CIUSSS du Saguenay—Lac-Saint-Jean,

Mme Julie Labbé, ainsi que toutes les équipes soignantes et le personnel du

réseau de la santé chez nous. Vous le savez, on a été très touchés par la

deuxième vague, nous. Donc, le 19 novembre, la Santé publique annonçait 241 nouveaux

cas avec 1 107 cas actifs. Ça, c'est un taux de 398,7 par

100 000 habitants, alors que l'ensemble de la province en était à

139. On avait 106 foyers d'éclosion, 54 entreprises, 11 milieux

d'hébergement. On a doublé d'efforts, on a fait des rencontres du comité

conjoint avec la Santé, les élus et plusieurs autres instances. La population a

été en arrière de nous, on n'a pas lâché.

Vous savez quoi, M. le Président? Mercredi, on

était à zéro cas et 16 cas actifs. Ça, c'est la population du Saguenay—Lac-Saint-Jean,

et j'en suis très fière. C'est grâce aux efforts de la population, et à notre

persévérance, et à nos sacrifices que, tous ensemble, on y est arrivé. Et je

tiens à féliciter la population de chez nous, parce que ça, c'est un travail

d'équipe. La vaccination s'en vient, ça va bon train chez nous. On était à

9 567 doses hier. Donc, on a commencé

à vacciner les RPA dimanche. Ça va bon train, on ne lâche pas, on continue,

mais, par contre, il faut rester prudents. Il ne faut pas baisser la

garde.

Au Québec, avant l'arrivée de la COVID, nous

avions déjà beaucoup de travail à accomplir en matière de santé, mais il est évident que le contexte actuel

nous a montré à quel point il est important de maximiser nos ressources

et de rendre plus efficient notre système de santé. La COVID nous a forcés à

nous adapter, la COVID... à nous adapter très rapidement et à revoir nos façons

de faire. Les temps sont difficiles. Je suis convaincue que la société saura

faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés et notre gouvernement sera

là pour les accompagner. On a été là et on sera là encore pour le futur. On

s'adapte au jour le jour, et je remercie encore une fois mon collègue et toutes ses équipes de se revirer de bord sur un dix

cents, comme on dit. Donc, merci. Merci beaucoup, M. le Président.

Président (M. Provençal)

: Merci. Alors, je vais

inviter la députée de Maurice-Richard à poursuivre cette interpellation.

Mme Montpetit : Merci, M. le

Président. Je vais revenir sur la question des tests rapides parce que, bon, je

sais que... Bon, je ne commenterai pas. Moi, ce n'est pas encore clair pour

moi, là. Je sais que le ministre a encore fait des déclarations hier, là, mais

on est encore... on s'est retrouvé dans une situation ou, en dedans de deux

heures, là, en dedans... on était ici, au salon bleu, où il nous répondait que

le projet pilote de la clinique de Chauveau, qui avait une fiabilité de 89 %

pour le test rapide, ce n'était pas suffisant, que... C'est quoi qu'il m'a

répondu? Mais qu'est-ce qu'on va faire avec les 11 % de faux négatifs?

Donc, ce n'était pas suffisant. Puis deux heures plus tard, en conférence de

presse, il dit : Oui, oui. Ça va être déployé. Ils sont déjà rendus.

Donc, ça aussi, là, moi, M. le Président, j'ai

vraiment besoin que ça soit clarifié pour qu'une fois pour toutes, là, on

arrête d'avoir ce genre d'échange là. Ce n'est pas très compliqué, ce qu'on lui

demande, là. C'est, de façon claire, de façon précise, qu'en est-il? C'est ça

qu'on veut savoir. Je ne sais pas comment le dire plus clairement que ça. Ça

fait des mois qu'on pose la question.

Là, dans les dernières semaines, le ministre m'a

répondu à je ne sais plus combien de reprises : Mais j'ai un plan, j'ai un

plan, j'ai un plan de 42 pages qui a été distribué. Ce n'est pas un plan.

Premièrement, ce n'est pas un plan, c'est un avis d'utilisation. Ce n'est pas

un plan. Un plan, là, ça dit que vous allez les déployer de telle façon, tant

par semaine, dans les écoles, dans les CHSLD, les milieux de soins, dans les

entreprises. Ça, c'est un plan. Ce n'est pas un plan, là, ce qu'il a... Donc

là, hier, il a réitéré finalement qu'il allait avoir un plan la semaine

prochaine. Donc, je comprends qu'il n'avait pas de plan.

Donc, c'est un petit peu difficile, vous

comprendrez, pour nous de le suivre, surtout quand on voit... Puis là j'espère

honnêtement que l'annonce qui a été faite hier va être la bonne, là, parce

qu'encore là on regardait la revue de presse, ce n'est pas la première fois que

le ministre annonce qu'il va les déployer puis qu'il ne le fait pas. Le 18 novembre,

des tests rapides, des tests de dépistage rapide d'ici la fin de l'année. Même

l'attaché de presse du ministre disait : Nous allons déployer les tests

d'ici la fin de l'année 2020. Bon, force est de constater que ça n'a pas

été fait. Le 14 janvier, même chose, c'était : des millions de tests

de dépistage rapide seront déployés et utilisés dans les prochaines semaines.

Bon, force est de constater que ça n'a pas été fait non plus. Le

2 février, Québec déploiera davantage de tests rapides. Ça n'a pas été

fait non plus.

Donc là, hier, on comprend qu'il a réannoncé

encore ce qui allait être déployé. La question, c'est : Est-ce que cette

fois-là sera la bonne? Est-ce que ça va être fait?

Mme Montpetit : Nous, ce qu'on

demande au ministre... Est-ce que peut-être on peut arrêter le temps?

Président (M. Provençal)

: Est-ce qu'il est possible d'arrêter, M. le ministre? Merci. Excusez, Mme la députée.

Mme Montpetit : Il n'y a pas de

souci. Ça arrive. Merci.

Ce qu'on souhaite savoir,

là, de façon précise, là, c'est... Encore là, ce ne sont pas les intentions du ministre.

Moi, ce que je veux savoir, là... Il nous a répété, puis je ne mets pas sa

parole en doute, mais j'ai deux versions contradictoires. J'ai lui qui me

dit : Les tests sont rendus. Puis j'ai nos CIUSSS qui nous disent :

Ce n'est pas dans les intentions. On ne les a pas. Ça ne fait pas

partie de

notre plan de déploiement. On ne va pas les utiliser.

Donc là, on a deux versions qui sont

irréconciliables. Ça, pour moi, ça pose problème. Donc, je pense, c'est la responsabilité du ministre de venir nous clarifier ça de façon

très précise, parce qu'effectivement ça fait quatre mois qu'on est dans ce

débat-là, puis je ne peux pas dire qu'on a avancé beaucoup en termes de

précision des intentions du ministre. Donc, est-ce qu'il peut nous déposer la

liste précise, où ça va être utilisé, les critères dans lesquels ça va être

utilisé? Hier, il a fait référence au fait que ce serait utilisé seulement dans

des endroits où il y a des milieux d'éclosion,

ce qui est quand même complètement contradictoire avec les recommandations qui ont été faites par

rapport aux tests rapides. L'objectif, ce n'est justement pas d'y aller

quand c'est trop tard, c'est d'aller faire du dépistage dès le début, là. Ce

n'est pas un test diagnostique, c'est un test, justement, qui nous permet

d'aller dépister de façon préventive pour s'assurer qu'il n'y aura pas

d'éclosion, justement. Puis avec le variant qui se propage de plus en plus

vite, c'est extrêmement important.

Et là j'ai posé une question aussi lors du

breffage technique, j'attends une information, je voudrais avoir un retour. Dans ce breffage-là, technique, il nous a

été dit que l'intention du gouvernement, c'était d'utiliser les ID NOW. On a seulement,

ce que je comprends, 200 000 ID NOW. Je voudrais savoir si le gouvernement

a sécurisé des achats supplémentaires et aussi s'il a l'intention d'utiliser

les millions de Panbio qui ne sont toujours pas utilisés à l'heure actuelle.

Donc, ça, c'est très simple. Est-ce qu'on en a acheté? Quand est-ce qu'ils vont

arriver? Et comment ils vont être utilisés, à partir, je comprends, de la

semaine prochaine, pour qu'on arrête d'être dans ce débat éternel? Plus il va

être précis, plus il va être clair, plus il va être transparent, plus on va

pouvoir passer à autre chose. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci, Mme la députée. Alors, M. le ministre.

Dubé : Oui. Écoutez,

mettre la question des tests rapides, là, dans un contexte... Je

pense qu'il est important de

rappeler à la population qu'au niveau du dépistage on est excessivement

performants, et ça... Beaucoup d'entités au Canada reconnaissent la performance

de notre équipe au niveau du dépistage, de façon globale. On suit les recommandations

de la Santé publique, puis jamais personne ne pourra nous reprocher de ne pas

avoir suivi les recommandations de la Santé publique, notamment en matière de

dépistage.

Et ça, on le fait pour un ensemble de raisons et

nous respectons les réticences que la Santé publique avait... a modifié au cours des derniers mois, des dernières

semaines, par rapport aux tests rapides, ce qui nous a amenés à faire

des validations, M. le Président. On devait faire les validations. Nous sommes

arrivés à la conclusion que l'utilisation des tests rapides était

complémentaire à ce que nous... faisait. J'ai entendu toutes sortes de choses,

là, que j'entends depuis plusieurs mois, puis je pense qu'après deux briefings

techniques, deux briefings techniques que nous avons faits, il semble y avoir

encore beaucoup d'incompréhension de l'autre côté de la table sur l'utilisation

que nous avons planifiée de façon complémentaire pour les tests rapides. Je

pense qu'après deux briefings techniques, s'il y a encore de l'incompréhension,

je l'ai répété, M. le Président, on peut offrir un troisième briefing

technique où l'opposition ou certains membres de l'opposition pourraient venir

poser toutes les questions à nos experts.

Mais en attendant, M. le Président, ce que nous,

nous faisons, là, nous sommes dans l'action. O.K.? Nous avons bâti un plan.

Nous avons demandé à nos P.D.G. de trouver la meilleure façon de faire

l'utilisation des bons tests rapides au bon moment avec toutes les restrictions

et les avantages qu'il peut y avoir.

Mais j'aimerais en profiter, M. le Président,

quand on dit qu'on a une expertise au Québec dans le dépistage. La semaine

dernière, je suis allé visiter le nouveau centre de vaccination à Québec, et ça

m'a permis de prendre quelques minutes pour aller du côté du centre de

dépistage et de vaccination, parce que maintenant, à la place des congrès, il y

a la vaccination et il y a le dépistage, un des plus grands centres qu'on va

avoir au Québec. Et j'ai eu la chance de regarder en termes de dépistage de

test... parce qu'on peut avoir plusieurs tests. Les tests rapides, c'est

une chose, mais j'ai eu la chance de voir des gens, l'expertise du Québec sur

le gargarisme, donc de pouvoir... au lieu d'avoir le fameux écouvillon dans le

nez, d'être capable de donner notre test par voie de gargarisme, ce qui est

beaucoup plus intéressant, beaucoup plus facile pour les gens. On peut penser

aux écoliers, on peut penser à notre personnel de la santé qui doit passer

plusieurs tests. On me disait hier, là, puis je suis éberlué de ça, qu'il y a

plus de 50 % des tests qui pourraient se faire par gargarisme.

Alors, ce que j'aimerais parler, c'est qu'on

peut focusser sur les tests rapides de ID NOW, de ce qu'on a été fourni par le

fédéral, mais moi, je vous dis : On est en avant de la parade, M. le

Président. Non seulement on teste bien la population... Savez-vous hier, là,

combien on avait de taux de positivité au Québec? 3 %. Ça veut dire qu'on

a eu 33 000 tests hier, 33 000, puis on avait moins de

1 000 cas. Ça, M. le Président, là, c'est parce qu'on teste. On

voudrait tester encore plus, mais on a la capacité de tester.

Alors, on peut faire un grand procès, là, un

grand procès sur les tests rapides. Je le répète, M. le Président, on suit la

Santé publique. Nous sommes prudents dans l'utilisation des tests rapides. On

est en avant de la parade parce qu'on suit... Ce qui a été développé sur le

gargarisme, là, par l'Hôtel-Dieu de Lévis, là, puis qui est maintenant en

application dans un de nos plus grands centres de dépistage, moi, je pense que

ça, c'est quelque chose dont les Québécois peuvent être très, très fiers. Puis

savez-vous quoi? On va continuer de surprendre puis on va continuer de mettre

de l'avant de l'innovation, parce que c'est au Québec que ça se fait, puis

c'est comme ça qu'on va passer à travers la pandémie, M. le Président. Merci

beaucoup.

Président (M. Provençal)

: Merci, M. le ministre.

Petit rappel, j'apprécierais que les appareils électroniques soient

vraiment fermés. Merci. Alors, M. le député de Beauce-Sud, c'est à vous la

parole.

Poulin : Merci, M. le Président. Alors, très content de vous retrouver, de

retrouver effectivement le ministre

de la Santé et la personne qui l'accompagne, la députée de Maurice-Richard et les gens... qui l'accompagnent, M. le député de Gouin et sa recherchiste, M.

le député des Îles-de-la-Madeleine et évidemment mes collègues du gouvernement,

la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré

et la députée de Roberval.

Effectivement, lorsqu'on s'est engagés pour un

mandat en 2018, jamais nous ne pensions vivre une situation comme celle-là. Si, un jour, on nous avait dit

qu'on devrait être obligés de prendre des mesures sanitaires aussi importantes

pour protéger la population, jamais qu'on n'y aurait pensé. Et on est encore

au coeur de cette pandémie-là, qui est importante. Et je pense que la population

s'attend justement non seulement à des débats qui sont civilisés, à des

échanges qui portent à trouver des solutions et je pense que le ministre, par

l'exercice qu'il fait ce matin et par tous les autres exercices de reddition de

comptes qu'il fait... et je le regarde régulièrement en point de presse, puis

ça ne finit plus de finir, puis c'est correct, parce que l'objectif, c'est de

répondre à toutes les questions sur les enjeux.

Je pense que notre gouvernement fait un exercice

de transparence qui est très important pour répondre non seulement

aux questions des oppositions, mais aussi aux questions des journalistes au fur et à mesure que la pandémie avance, parce qu'on le sait, c'est normal, les

gens veulent des réponses à leurs questions. Et on ne fait pas non plus

seulement face à des enjeux politiques, malgré que ma collègue de Roberval—Lac-Saint-Jean l'a

bien exprimé tout à l'heure, où elle a parlé

des coupures importantes que le Parti libéral a fait dans le domaine de la santé,

qu'ils ont laissé malheureusement...

Il n'en reste pas moins qu'on est dans les

enjeux de santé publique, avec une

loi sur la santé publique, avec un département de santé publique, avec un

directeur national de santé publique. Et lorsque vous regardez partout dans

le monde l'évolution de la pandémie, une chose qui est superimportante aussi,

c'est de se fier à nos experts, de se fier aux scientifiques et de se fier à la

Santé publique, et peu importe quel parti aurait été au pouvoir, aurait dû à

faire cet exercice-là, de se fier aux professionnels de la santé publique pour

prendre les meilleures décisions.

Alors, ce n'est pas simple, ce n'est pas facile.

On ne dit pas que tout est parfait, mais l'objectif, à terme, c'est de protéger

la population et c'est important de se le rappeler. Et la députée de Roberval

l'a superbien exprimé tout à l'heure, merci à la population qui fait des

efforts de façon incroyable. Si aujourd'hui on est en diminution de chiffres, si aujourd'hui, comme le ministre l'exprimait, la situation

s'est nettement améliorée dans les CHSLD du Québec, c'est grâce à la population qui fait des

efforts très importants et aussi grâce aux professionnels de la santé

qui font des efforts au quotidien et, malgré ce que peuvent rapporter les oppositions,

un personnel de la santé qui fait aussi confiance à

son gouvernement pour se sortir de la crise le plus rapidement possible. Et ça,

on le ressent lorsqu'on parle avec les gens sur

le terrain, lorsqu'on parle avec nos hôpitaux.

Ils ont confiance en nous pour trouver la meilleure solution dans un contexte

qui n'est jamais vu. Alors, ça, je pense qu'il faut saluer l'engagement du

personnel du réseau de la santé.

Maintenant, la pandémie, on le disait tout à

l'heure, a apporté des défis très importants dans nos hôpitaux, nos CHSLD, nos

RPA, mais également tout ce qui est en périphérie de tout ça, que ce soit,

entre autres, au niveau du réseau de

l'éducation et au niveau de nos jeunes en difficulté. On n'a pas laissé tomber

personne, M. le Président. Ça, c'est important de le dire. On n'a pas

oublié personne, malgré que, des fois, il faut le faire dans l'ordre, qu'il

faut le faire de façon graduelle. Les jeunes du cégep et de l'université, on ne

les a pas oubliés. Ça a été une obsession du ministre de la Santé, de la

ministre de l'Enseignement supérieur, du premier ministre, de faire en sorte

qu'ils puissent retourner graduellement à l'école.

On fait actuellement tout ce qui est possible

dans notre réseau de l'éducation en ajoutant des tuteurs, en investissant, en ouvrant des postes dans les

classes spéciales pour s'assurer, M. le Président, que nos élèves ne manquent de rien. On a investi, justement, 85 millions,

et ça, c'était en septembre dernier, pour la formation, l'embauche de personnel dans les écoles, la mise en place de Je

réponds présent, la plateforme de recrutement dédiée au réseau scolaire.

On a aidé aussi nos organismes communautaires,

puis je suis convaincu que le ministre est d'accord, qui viennent aider le réseau de la santé, sur une base

quotidienne, à supporter. Donc, on a investi 30 millions à

203 organismes à la fois, évidemment, dans l'alphabétisation, la

lutte au décrochage, de la formation continue. Mais le fameux PSOC du ministère

de la Santé a continué, on a continué d'aider nos organismes en santé mentale

et on a même ajouté des sommes financières,

ne serait-ce, entre autres, que du côté de chez Tel-Jeunes pour faire en sorte

que personne ne manque d'outils et de ressources pour traverser cette

crise qui est importante.

Et je veux revenir au réseau de l'éducation dans

le peu de temps qui me reste. Nos jeunes sont à l'école présentement, et c'est une des meilleures nouvelles qu'on ne peut pas avoir,

à la fois au niveau primaire, à la fois au niveau secondaire. Ça peut

effectivement amener son lot de défis au niveau des cas, mais on pense, comme

gouvernement, que la place de nos jeunes est sur les bancs d'école, et ça, je

pense que le Québec peut en être extrêmement fier. Merci, M. le Président.

Président (M. Provençal)

: Merci. Je cède

maintenant la parole au député de la deuxième opposition, le député de

Gouin. À vous.

M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le

Président.

Malgré mon jeune âge, je commence à avoir fait quelques années à l'Assemblée

nationale, puis les interpellations

sont un exercice qui peut être... C'est un exercice qui peut être soit

très frustrant, soit enrichissant. Cet exercice-là, il est frustrant quand, au

lieu d'avoir un dialogue, on a chacun notre tour des monologues.

Moi, j'aimerais ça avoir

un vrai dialogue avec le ministre aujourd'hui pour que ce soit un exercice,

donc, enrichissant plutôt que frustrant. Et je veux lui parler de ce qui s'en

vient, parce que j'ai juste cinq minutes. Le temps viendra pour les bilans,

mais là je veux parler de ce qui s'en vient, parce qu'on n'est pas sortis du

bois, malgré qu'il y a eu certaines bonnes nouvelles dans les dernières

semaines. Et on n'est pas sortis du bois, notamment, parce que, d'abord,

la deuxième vague n'est pas terminée, parce

que certains experts commencent à

évoquer l'idée d'une troisième vague et que, quoi qu'il en soit, il y a

dans la pandémie actuelle une pandémie qui est en train de se développer dans

la pandémie, c'est-à-dire la présence des

variants au Québec. Ce n'est plus une possibilité lointaine, ils

sont là. La bataille contre les

variants, elle est commencée, et il y

a, qu'on parle de deux ou de

troisième vague, il y a une vague variants. Il y a une vague

variants, puis cette vague-là, elle s'entame, elle commence à déferler sur le Québec,

et on n'en sera pas débarrassés la semaine prochaine.

J'ai entendu le ministre hier dire qu'il était

inquiet. Je partage cette inquiétude. Qu'est-ce qu'on fait contre cette vague

de variants là? Ce n'est pas un nouveau virus, c'est le même virus en plus

méchant, et donc je pense que, dans les prochains jours, les prochaines semaines,

il faut regarder où sont les failles dans notre stratégie actuelle, parce que

je ne pense pas que le ministre a la prétention que notre stratégie actuelle,

elle est parfaite, je pense que personne ne peut avoir cette prétention-là sur

la planète, et se dire : C'est par ces failles-là que le variant...

En fait, c'est ces failles-là que le variant va exploiter et c'est en

exploitant ces failles-là qu'il va faire des ravages.

Le ministre a dit avec raison que la grosse

faille de la première vague, c'était les CHSLD. Des gestes ont été posés, et

c'est vrai que c'est pas mal moins pire pendant la deuxième vague dans les

CHSLD. La deuxième vague, elle a frappé... Il y a eu essentiellement deux

épicentres : le réseau hospitalier, le ministre m'a entendu faire

plusieurs propositions sur cette question-là dans les dernières semaines; et le

deuxième épicentre de cette deuxième vague, c'est les quartiers défavorisés,

qui sont souvent, notamment parce qu'il y a du racisme systémique au Québec,

des quartiers qui sont aussi multiethniques. Je pense à des endroits comme

Montréal-Nord, comme Rivière-des-Prairies, comme Saint-Léonard. Le ministre

disait tantôt : On a eu un taux de positivité de 3 % hier. C'est

vrai, mais à Montréal-Nord c'était 13,3 %; à Rivière-des-Prairies, c'était

11,4 %; à Saint-Léonard, c'était 15 %. Et ça, c'est la moyenne, bien

sûr, des 28 derniers jours. Donc, tout le monde ne vit pas la même

pandémie, au Québec.

J'ai fait des propositions, ce matin, au ministre,

pour qu'on s'attaque à cette faille-là, comment on protège les populations les

plus vulnérables au Québec qui, en ce moment, sont frappés de plein fouet par

la pandémie. Le ministre a dit : Notre capacité de tester, elle est bien,

on veut tester encore plus. La raison pour laquelle on n'atteint pas nos objectifs,

c'est ce que je lui soumets, c'est qu'il y a des obstacles sociaux à ce que les

gens aillent se faire tester, notamment dans ces quartiers-là.

Quels sont ces obstacles-là? Notamment, la

crainte de beaucoup de gens de ne pas être en mesure d'appliquer les consignes

sanitaires s'ils reçoivent un diagnostic positif. Je propose au ministre de mettre

en place l'équivalent de ce qui s'est fait notamment dans la région de Toronto,

des centres d'isolement volontaire où on inviterait les gens soit qui ont un

diagnostic positif soit qui sont en contact avec quelqu'un dans leur ménage qui

a un diagnostic positif pour aller s'y reposer. Le ministre va me dire :

Ça existe déjà, on le fait déjà, la Croix-Rouge l'offre par moments, par

endroits. C'est vrai, mais c'est très peu publicisé encore. Si on dit aux gens,

dans ces quartiers-là : Si vous avez des craintes, ne vous inquiétez pas,

on va prendre soin de vous, on va vous accompagner, on va vous supporter, on

augmente les chances que ces gens-là acceptent d'aller se faire tester. Je veux

savoir ce que le ministre pense de cette proposition que je lui fais.

Je lui propose également de redoubler d'efforts

pour améliorer l'accessibilité en plusieurs langues aux informations liées à la COVID.

Moi, j'ai appelé hier à la ligne COVID, on me proposait l'anglais et le français.

Si je ne maîtrisais pas ces deux langues, je n'aurais pas été capable d'avoir

de l'information. Quel est son plan pour augmenter les

efforts d'interprétariat dans les lignes d'aide COVID?

Et troisième proposition, il faut faire des

blitz de dépistage dans ces quartiers-là et, pour que ces blitz fonctionnent,

il faut faire tomber les obstacles sociaux et linguistiques au dépistage. Je

veux savoir ce que le ministre pense de la stratégie que je lui propose aujourd'hui.

Est-ce qu'il est d'accord d'implanter, moi, ce que j'appelle un réflexe équité,

une lunette justice sociale dans notre stratégie contre les variants?

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup, M. le député. M. le

ministre.

M. Dubé : Merci beaucoup, M. le

Président. Premièrement, j'apprécie non seulement énormément le ton, mais le

contenu de votre présentation. Je pense qu'on en avait glissé un petit mot

cette semaine au salon bleu puis je suis content que vous reveniez sur... Je

vais essayer de traiter rapidement, dans cinq minutes, les trois points, parce

que je suis excessivement à l'aise avec la façon dont vous soulevez les trois

points.

Premièrement, sur les variants, M. le député, je

partage la même inquiétude. J'ai été très clair hier en point de presse, là,

qu'on a mis à peu près... je pense, nos meilleures personnes au Québec pour

être capable de travailler sur l'approche des variants. Et c'est pour ça que je

l'ai soulevé, j'ai demandé à m'impliquer encore de plus près avec les gens de

notre Laboratoire de la santé publique.

Je pense que ce qui va arriver dans les

prochaines semaines, c'est une combinaison de mieux cribler, là... On se

comprend bien, on n'est plus dans le séquençage. Ça, pour moi, là, c'est... je

ne dirais pas que c'est réglé, mais on est en bonne position. C'est dans le

criblage qu'il faut être encore plus efficaces.

Maintenant, ce que je vous dis, c'est que ce

qu'on a réussi à faire... puis je pense que l'exemple... puis vous avez une députée

en Abitibi, une très bonne députée, d'ailleurs... on a vu qu'on a été capable

d'anéantir le virus, même si c'est un nouveau variant qu'on a connu en Abitibi,

parce qu'il y a eu les bonnes méthodes sanitaires. Alors donc, il faut que les gens comprennent que ce

n'est pas uniquement en criblant bien le virus, mais en ayant les bonnes

mesures sanitaires. Et ça, je veux vous rassurer, parce qu'on continue à

travailler... Alors, ce qui est arrivé... Par exemple, je reviens au collège

Stanislas...

Puis je vois passer le temps, parce que je

veux... Mais ce que je vous dirais, M. le député, c'est que votre question est

très bonne, mais nous travaillons sur les deux volets, bien cribler, donc bien

s'assurer que tous nos tests positifs vont être criblés le plus rapidement

possible, particulièrement à Montréal et dans les quartiers dont vous parlez, donc ça, là, c'est notre focus des

prochains jours, mai,s en même temps, de s'assurer que les mesures sanitaires

sont bien suivies.

Ce qui m'amène à votre deuxième point, qu'est-ce

qu'on fait lorsqu'il y a des enjeux de langue, ou de communauté, ou de... Bon. Et ça, là, c'est excessivement important. Vous

m'en aviez glissé un mot, puis rappelez-vous, il y a deux ou trois

points de presse, j'ai dit : On ne sera jamais coercitifs, jamais

coercitifs à la Santé publique lorsque nous faisons le traçage. Vous savez, les

gens nous disaient : Est-ce que vous allez forcer la quarantaine?

Allez-vous envoyer des policiers? On a dit non. Pour la quarantaine... ce qu'on

ne fait pas pour les voyageurs, là, je ne parle pas des voyageurs, mais je

parle de cas qui pourraient arriver, où les gens, soit qu'ils l'ont attrapé par

erreur ou peu importe. Et j'ai demandé à la

Santé publique comment on pourrait aller plus loin dans des mesures sociales,

où on pourrait aider les gens à faire leur confinement.

Moi, je pense que votre recommandation, elle est

excellente. Je l'ai demandé à la Santé publique. On m'a dit qu'on le faisait

déjà, mais je crois, avec... puis vous avez raison, je crois qu'on peut faire

encore mieux, parce que malheureusement, on sait qu'on est tard dans la

vaccination, donc on va avoir cet enjeu-là encore plusieurs mois.

Il me reste un peu de temps. Quand vous

parlez... Donc, je voudrais vous dire... puis je pense que ça va être par les actions des prochaines semaines, mais je

trouve que votre point est excellent. D'ailleurs, quand vous m'en avez parlé,

j'ai tout de suite réagi, avec la Santé publique, et je vais voir... je vais

essayer de voir, de façon pratique, comment on peut vous tenir informés

de ce qu'on fait, au niveau communautaire, pour les gens qui sont dans un trois

et demie, grande famille, puis qui n'ont pas les moyens de se confiner comme

bien d'autres. C'est ça que vous m'avez dit. On en est conscients. Et ce n'est

pas de les pénaliser, mais c'est de les aider à faire le confinement

nécessaire. Alors, je suis très, très sensible à ça, et c'est ce qu'on a

demandé à la Santé publique de faire.

Il me reste quelques secondes sur le blitz dont

vous avez parlé. Je pense que ce qui est en train d'être fait puis je vais vous

dire qu'on va essayer de le faire, maintenant qu'on a une plateforme, qui est extraordinaire,

là, qui a été développée dans la deuxième vague, sur le dépistage, je vais être

capable de vous donner, dans les prochaines semaines, de l'information où on a

fait plus de testage que d'autres, plus de dépistage et comment on l'a fait,

par des unités mobiles ou comment on l'a fait.

Alors, je vois qu'il me reste très peu de temps,

mais votre point, là, sur les trois points, variants, stratégies dans certains quartiers et des blitz qu'on

pourrait faire, on est là-dessus, puis j'apprécie énormément

vos commentaires ce matin, M. le député.

Le Président (M. Provençal)

: Merci, M. le ministre. Nous allons poursuivre maintenant

avec la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.

Alors, je vous cède la parole, madame.

Mme Foster : Merci beaucoup, M. le

Président. Tout d'abord, je tiens à saluer, bien sûr, M. le ministre de la Santé, également mes collègues de la banquette

ministérielle, Mme la députée de Roberval, M. le député de Beauce-Sud et,

bien sûr, tous mes collègues, M. le député des Îles-de-la-Madeleine, M. le

député de Gouin et Mme la députée de Maurice-Richard ainsi

que les recherchistes et les équipes qui les accompagnent.

Comme mes collègues l'ont si bien souligné avant

moi, ils ont souligné plusieurs aspects de cette crise de la COVID, là, qui est

inusitée, là, hein? C'est une première en 100 ans, si on peut dire, ce

qu'on vit actuellement tous collectivement. Ils ont souligné un peu les aspects

en santé, les aspects en éducation. Mon collègue de Beauce-Sud a abordé, bon, les 85 millions qui ont été

donnés en formation pour l'embauche dans les écoles, également aux organismes

communautaires, un 30 millions. Il a souligné également les aspects des

jeunes en difficulté.

Moi, aujourd'hui, mon intervention, je vais la

concentrer davantage sur un sujet qui m'intéresse beaucoup, c'est-à-dire la communication en temps de

pandémie, alors comment on gère, comme gouvernement, une communication

en temps de pandémie. Comme vous le savez, j'ai été chargée de cours en

communication à l'université, j'ai un doctorat en communication publique

également. C'est une problématique qui m'intéresse beaucoup.

Vous savez, on se fait souvent dire, comme gouvernement :

Bon, un gouvernement de communication superficiel. Mais non, moi, je balaie ces

critiques-là. Je vous dis quelque chose, c'est vraiment inusité, je le répète, cette pandémie. Ce n'est pas évident à gérer. Et

moi, ce que je veux faire, c'est comme un pas en arrière puis regarder

la situation de façon globale. Qu'est-ce que ça implique, la communication en

temps de pandémie?

Je pense à beaucoup de collègues universitaires.

D'ailleurs, j'ai une pensée pour eux ce matin parce que je sais qu'il y en a plusieurs, pour leur avoir

parlé, là, qui étudient la question, parce que ça a des impacts au niveau de la

santé et dans tous les domaines, mais également dans le domaine de la

communication. Alors, je les salue ce matin.

La communication politique, normalement, vous

savez, ça implique trois types d'acteurs. Il y a les citoyens, les acteurs médiatiques et les acteurs politiques.

Actuellement, les trois types d'acteurs subissent des

chamboulements et des perturbations sans précédent. Les citoyens, bien, bien

sûr, on chamboule leur quotidien. Il y a des enjeux, des défis de santé mentale.

Ce n'est pas évident, et au niveau communicationnel, là, bien, ils sont inondés

de tonnes d'information. C'est une éclipse médiatique sans précédent. Ce n'est

pas évident pour eux de gérer tout ce volume d'information

là. Également, les connaissances sur le virus évoluent rapidement, et, bien sûr,

on est confrontés à ce qu'on appelle à ce

qu'on appelle le fameux phénomène des fausses nouvelles. Et les fausses nouvelles, il y a

tout plein d'études qui nous le démontrent, dont une du MIT, toute

récente, qui nous dit que ça se propage, là, une fausse nouvelle, six fois plus

rapidement qu'une nouvelle validée dans un média traditionnel. Ça va plus loin

aussi sur le Web en termes de partage. Donc, c'est très, très difficile pour le

citoyen, à quelque part, de s'y retrouver.

Et du côté des médias, bien, là aussi, il y a

des chamboulements extrêmement difficiles parce qu'il y a une vitesse, là. Le

virus, on l'a dit, ça évolue rapidement, les situations évoluent rapidement.

Donc, il y a la vitesse de traitement de l'information, mais il y a aussi, au-delà

de l'information à traiter, de son grand volume, il y a aussi l'aspect de la

confusion des rôles. Et il y a une étude très, très intéressante, là, qui a été

publiée en août 2020, là, faite par

Mmes Caroline Lacroix et Marie-Ève Carignan, Université de Sherbrooke et Radio-Canada, Une crise dans la crise : comment les journalistes perçoivent-ils leurs

rôles et leur avenir en temps de pandémie? Et ce qui en ressort, grosso modo, bien, c'est qu'il y a plusieurs journalistes qui ont l'impression de marcher sur

un fil, à cheval entre le rôle de messager et celui de chien de garde de

l'information. Donc, tout le monde subit des transformations.

Du côté gouvernemental, bien, écoutez, ça offre

ses défis. Ça offre ses défis du côté de l'opposition aussi, en termes de

visibilité parce que le gouvernement, par sa gouvernance, bien, il prend beaucoup

de place. Donc, pour ce qui est du gouvernement, bien là, on se retrouve dans

une situation où je peux vous dire que les équipes travaillent très, très fort,

parce que cette pandémie-là, personne ne l'a demandée. Je salue encore une fois

le travail exceptionnel du ministre de la Santé, de toutes ses équipes et des travailleurs

de la santé également parce que ce n'est pas évident. Et on fait dans un

contexte où on est arrivé avec un budget coupé, en santé publique, de 30 %.

Il y avait une pénurie de personnel déjà à l'avance. Ce n'était vraiment,

vraiment pas évident.

Et ça implique, justement, quand on gouverne et

qu'on veut communiquer des informations à la population... bien, c'est d'autant plus un défi parce que les

connaissances sur le virus évoluent rapidement, et on a la Santé publique

également. On l'écoute toujours. Le ministre l'a souligné à plusieurs reprises,

on écoute ce que la Santé publique nous dit.

Alors, c'est certain qu'à quelque

part ce n'est pas toujours évident, toute

cette, comment je pourrais dire, toute cette masse critique. Il y a le

gouvernement, il y a la Santé publique. Mais je peux vous dire qu'on a fait...

On fait plusieurs points de presse par semaine. On est très transparents au fur

et à mesure que la situation évolue, beaucoup de campagnes de publicité et...

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup, madame...

Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup, je

m'excuse. La parole appartient à la députée de Maurice-Richard maintenant. Merci.

Mme Montpetit : Je vous remercie, M.

le Président. Je veux aborder la question de la vaccination. Puis c'est peu de

temps, cinq minutes, pour couvrir tous les enjeux qui s'y rapportent, mais,

encore là, je vais essayer d'être la plus précise possible pour avoir des

questions précises du ministre de la Santé.

On le sait, là, les vaccins, je l'ai dit tantôt,

c'est le Saint-Graal, c'est vraiment l'espoir à travers toute cette crise-là,

mais, un, ils arrivent au compte-gouttes; deux, il y a quand même encore beaucoup

d'enjeux autour de la vaccination. Et premièrement... je ne sais pas si le

ministre veut les noter, là, mais j'aimerais ça qu'il vienne nous faire fi de

toute la question du calendrier vaccinal. Il y a quand même beaucoup de

questions de la population sur le moment où ils peuvent espérer être vaccinés.

Je pense que ces éléments-là doivent être clarifiés parce qu'il y a un manque

de concordance, encore là, entre ce que le gouvernement du Québec dit et ce que

le gouvernement fédéral qui, lui, distribue, nous approvisionne en vaccins,

nous mentionne.

J'aimerais

aussi qu'il vienne nous clarifier, là... c'est une série de questions, là, mais

c'est parce qu'il y a quand même beaucoup, beaucoup d'éléments et peu de

temps, qu'il vienne nous clarifier... Il y a plusieurs juridictions

nord-américaines qui vont impliquer les pharmacies dans l'effort vaccinal.

J'aimerais aussi voir... que le ministre nous précise si c'est dans ses

intentions.

Sur la question de la deuxième dose, puis je

veux bien me faire comprendre, je pense que le ministre a une grande responsabilité, et on a tous une grande

responsabilité de maintenir la confiance dans la vaccination. On souhaite tous

que le plus de gens aillent se faire vacciner, si c'est vraiment ce qui va nous

sortir de cette crise-là. Mais force est de constater qu'il y a encore des

questions sur le choix qui a été fait par le Québec de prolonger le délai

entre la première et la deuxième dose. Je ne referai pas tout l'historique,

mais on se rappellera que le fabricant parle plutôt de 21, 28 jours,

dépendamment si c'est Pfizer ou Moderna, que l'OMS et le comité d'immunisation

fédéral sont venus recommander plutôt un délai de 42 jours.

Le gouvernement du Québec a fait le choix de

90 jours. C'est venu soulever plusieurs questions d'experts,

préoccupations d'experts, Dr Weiss entre autres, Mona Nemer, la

scientifique en chef du Canada, qui sont venus souligner que, dans le fond,

c'est la première fois qu'on a des vaccins RNA, qu'on ne sait pas vraiment la

qualité de la réponse immunitaire, qu'on ne

sait pas, au-delà des 42 jours, comment ça va se traduire, parce que,

justement, on n'a pas de données

probantes à cet effet-là. On comprend qu'il y a des données qui ont été

extrapolées à partir d'autres vaccins, mais ça demeure que, passé le

42 jours, c'est faire le choix de l'inconnu.

Donc, moi, ce que j'aimerais que le ministre

nous dépose de façon, encore là, publique, j'aimerais qu'il nous explique le

protocole de suivi, parce que, là, la vaccination, elle a commencé le

14 décembre, ça fait 61 jours. Donc, il y a quand

même plusieurs personnes qui ont dépassé non seulement le délai de la posologie

du fabricant, les 21 ou les 28 jours,

soit, mais qui ont surtout dépassé le seuil de 42 jours. Donc, j'imagine

que le gouvernement est en train de s'assurer que l'efficacité

vaccinale, elle est maintenue. Là, je ne parle pas des données préliminaires de

l'Angleterre ou d'Israël, mais j'aimerais savoir, au Québec, c'est quoi, le... qu'est-ce

qui a été mis en place, quel comité a été mis en

place, c'est quoi, le protocole de suivi qui est fait, combien il y a de gens,

par exemple, auprès de qui on suit l'immunité. Est-ce que c'est dans

toutes les régions? Est-ce que c'est dans toutes les tranches d'âge? Et

surtout, quelles sont les données préliminaires de cette efficacité-là? Est-ce

que c'est rassurant?

Donc, moi, je demande, encore là, au nom de la

transparence, que le ministre vienne expliquer exactement comment le suivi est fait, quelles sont les

données, quelles sont les indications. Et on entendait, entre autres, le Dr

Arruda, la semaine dernière, qui soulevait certains éléments sur le fait

que le vaccin pourrait être moins efficace chez les personnes aînées, ce qui en

soi ne serait pas une très bonne nouvelle. Donc, je comprends qu'il y a des

données préliminaires en ce sens. Donc, encore là, au nom de la transparence...

Je pense qu'on ne veut pas tomber dans un débat où il y a des informations, par

exemple, erronées ou des doutes qui pourraient être soulevés. Je pense que,

plus on aura d'informations publiques tôt, plus on pourra faire le point sur

ces questions-là. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci. M. le ministre.

M. Dubé : Oui, très bien. Alors, M.

le Président, je suis content qu'on puisse faire un petit peu le point sur la

vaccination parce que... D'ailleurs, la députée de Maurice-Richard,

elle a raison, là, c'est quand même le point le plus positif, là, de ce que

l'on vit depuis un an. Même, je pense, dans nos rêves les plus fous du mois de

septembre ou du mois d'octobre, si quelqu'un

nous avait dit que nous aurions des vaccins en décembre, on n'y croyait même

pas. Alors, bon, on a eu quelques doses, on n'en a pas eu assez, mais,

au moins, prenons les bonnes nouvelles où elles sont. Je pense qu'on a un

message d'espoir puis je pense que j'apprécie d'avoir quelques minutes pour en

parler.

Bon, sur la question du plan de vaccination,

bien, sur l'information... parce que je n'ai pas besoin de vous dire que l'approvisionnement relève du fédéral,

là, je pense que tout le monde maintenant en est bien conscient, je pense

que chaque Québécois est au courant que

c'est une juridiction fédérale qui va avec ses avantages, mais ses

inconvénients. On a déposé un plan

lorsqu'on a eu les premières attributions de vaccins qui nous avaient été

données. Malheureusement, ce

plan-là ne tient plus parce qu'il y a eu des changements, que les gens

comprennent bien, au niveau de Pfizer, avec des ajustements à leur usine de

Belgique, avec Moderna qui a des enjeux de production.

Donc, je l'ai dit encore hier en point de

presse, on n'ira pas remettre un autre plan devant les Québécois tant que nous

n'aurons pas plus d'assurances. Parce que moi, il n'y a rien de pire... J'ai eu

des gens qui nous ont appelés, des gens qui étaient dans RPA, avec qui on avait

donné des rendez-vous, qui ne comprenaient pas pourquoi leur rendez-vous était

cancellé. C'est des gens qui attendent des vaccins avec impatience. Donc, on va

être très prudents.

Mais j'aimerais en profiter... puis j'irai sur

la question de la deuxième dose un petit peu plus loin, mais j'aimerais en

profiter pour dire aux gens que j'ai demandé au responsable, M. Paré, dans les

derniers jours, que le plus rapidement

possible, il pourrait remettre le plan, l'échéancier, en fonction d'une

certaine confidence qu'on aurait dans les prochains jours. On va le

faire.

Parce que moi, ce que j'ai très hâte de faire,

puis je vous le dis, là, M. le Président, là, pour moi, c'est important, qu'on

puisse dire aux gens, particulièrement dans nos résidences pour personnes

âgées, ou ceux qui sont à domicile, qui sont dans les 81 ans et plus, là,

qui sont la prochaine étape, à partir de quel jour ils pourraient commencer à

appeler à nos centres pour prendre des rendez-vous. C'est mon souhait le plus

cher, mais je veux qu'on soit en mesure d'avoir eu une certaine constance dans

la livraison des vaccins dans les prochains jours. Pfizer a reconfirmé

certaines données au cours des derniers jours, donc j'espère qu'on pourra, dans

les prochains jours, s'en aller là. Et je comprends la question de la députée

de Maurice-Richard, mais on ne fera pas de faux plan, on

ne fera pas de promesse qu'on ne peut pas tenir.

Bon, maintenant, sur la troisième dose, je pense

qu'on en a... la troisième dose, je devrais dire la deuxième dose, je m'excuse,

déjà rendu à la troisième dose. Je pense qu'on en a parlé amplement. Je

comprends... puis ça, c'est un bel exemple, là, qu'on a répondu amplement aux

questions qui viennent d'être reposées, mais je n'ai pas le choix de donner les

mêmes réponses et... mais je vais les donner parce que je pense que les

Québécois doivent entendre ce qui est la réalité aujourd'hui.

La Santé publique, que nous écoutons, a fait des

recommandations très claires au début, puis Dieu sait que je suis content

qu'elle nous ait fait ces recommandations-là. On avait le choix de vacciner

plus de personnes et d'avoir une immunité pour plus de personnes qui étaient

vulnérables, donc de ne pas donner la deuxième dose tout de suite, ou de

vacciner la deuxième dose et de vacciner moins de personnes. Avec les problèmes

que nous avons eus de la livraison des vaccins, je pense qu'il n'y a personne

qui conteste le choix et la recommandation qui a été faite par la Santé

publique.

Bon, maintenant, nous nous sommes engagés et

nous allons respecter cet engagement-là, M. le Président, que nous allons

donner la deuxième dose à l'intérieur des délais que nous a recommandés la

Santé publique. La Santé publique nous a dit... après discussion, forts de l'expérience

de ce qu'ils ont, de tous les virus, de tous les vaccins avec lesquels ils ont

travaillé, ils étaient très à l'aise, dans les circonstances, avec les plus et

les moins que je viens d'expliquer, de rester à l'intérieur du délai de

90 jours, ce que nous allons continuer de faire et nous allons suivre

comment nos personnes qui ont été vaccinées évoluent dans les prochaines

semaines. C'est ce que nous faisons quotidiennement.

Le Président (M.

Provençal)

: Merci,

M. le ministre. M. le député de Beauce-Sud, à vous.

M. Poulin : Merci, M. le Président. Effectivement,

très important, le vaccin, je pense qu'on ne le souligne pas assez davantage

depuis le début de l'interpellation. Le ministre vient de le faire. On a reçu

des doses, ce qui nous a permis d'aider nos personnes les plus vulnérables,

mais il reste encore beaucoup de travail à faire. Et le ministre a donné une

bonne image cette semaine, disant que c'est comme si on avait un véhicule, mais

on n'avait pas l'essence pour le faire fonctionner. Alors, on invite évidemment

le gouvernement fédéral à nous envoyer des doses le plus rapidement possible,

pour qu'on puisse faire fonctionner ce véhicule et qu'on puisse aider notre population

la plus vulnérable.

Et les Québécois sont prêts à se faire vacciner,

M. le Président. Ils attendent le tout avec énormément d'impatience, et on a

souvent des échanges... je sais que le ministre en a beaucoup avec la Santé

publique. On a publié très, très tôt la

liste des priorités au niveau du vaccin. Ça a permis à la population d'être

rassurée, encore une fois, par mesure de transparence, par souci de

transparence, de savoir dans quel rang on va se situer. Et je sais une chose

aussi, c'est que notre gouvernement a la volonté... Une fois qu'on a reçu ces

doses-là, ils ne vont pas rester dans un garde-robe, là, ils ne vont pas rester

non plus dans les frigidaires. On va s'assurer qu'on puisse vacciner les gens

le plus rapidement possible.

Alors, moi,

j'invite les oppositions à continuer à mettre la pression nécessaire

auprès du gouvernement fédéral

pour qu'on puisse avoir ces doses-là. Hier,

on a eu de bonnes nouvelles, mais on souhaite évidemment en avoir davantage.

Et lors de la réception de ces doses-là, évidemment, c'est accompagné aussi de

l'allègement des consignes sanitaires, mais c'est aussi accompagné du souhait

que notre économie puisse reprendre pleinement son envol.

Au moment où l'on se parle, le manufacturier

fonctionne, la construction fonctionne, évidemment avec des consignes

sanitaires extrêmement strictes avec la CSST, qui est très active et très

présente sur le terrain. Et notre collègue le ministre de l'Emploi et de la

Solidarité sociale a bien indiqué le souhait que la CSST puisse continuer

d'être présente sur le territoire. Mais on s'assure également, comme

gouvernement, que nos entreprises puissent avoir toute l'aide nécessaire. La

réouverture des centres d'achat entre autres, particulièrement dans les

régions, permet cette vitalité économique là. Le fait que les commerces non

essentiels ayant pignon sur rue soient également ouverts, ça permet le tout, et

je le rappelle, dans le respect des consignes sanitaires.

Au même moment, on a mis en place des sommes

financières importantes avec le programme, l'AERAM, ces fameux prêts pardons qui sont utilisés, qui permettent entre autres

à nos restaurateurs... 66 % sont des restaurateurs, 11 % sont

des salles d'entraînement physique, de pouvoir avoir des sommes financières

pour passer au travers. Et on sait que la zone orange permet une certaine

réouverture pour ces endroits-là. On s'est aussi assuré de réduire les délais

de réponse, parce qu'en temps de pandémie, entre la demande qui est demandée au

CLD dans la région et la réponse d'aide financière, par moment, ça pouvait être

long. On s'est assuré que le tout puisse être raccourci.

Et, au même moment, on s'est assuré que, dans

chacune des régions du Québec, on ne manque pas de sous pour appuyer nos

petites et moyennes entreprises sur notre territoire. Chez nous, en Beauce, à

chaque fois que l'enveloppe était diminuée, on discutait avec le ministère de

l'Économie pour s'assurer que nos entreprises puissent avoir l'aide nécessaire.

Et je connais le ministre, je connais son parcours également économique. Je

sais à quel point, pour lui, c'est aussi important que cette reprise économique

puisse se faire là.

Alors, à la fois, on travaille, oui, le

ministère de la Santé, le ministère de l'Économie, Emploi et Solidarité sociale

à s'assurer que les choses puissent se poursuivre. Puis la relance économique,

M. le Président, après tout ça, sera et parmi nos principales priorités et sera

effectivement l'un des plus grands chantiers que notre gouvernement va entamer

à la fois dans les régions du Québec, tout comme dans les grands centres, mais

pour ça, ça nous prend évidemment le vaccin, ça nous prend des chiffres qui

sont encore meilleurs pour s'assurer qu'on puisse reprendre au maximum cette

reprise économique là. Et, en même temps, les régions du Québec sont intimement

liées à cette reprise économique, et vous le verrez, au cours des prochaines

semaines et des prochains mois, les investissements que le gouvernement va

faire dans les entreprises, que ce soit au niveau manufacturier dans la

construction, dans le développement vert également à son maximum.

Alors, tout ça fait

partie de la relance. Et, au

même moment, bien, on pourra tirer aussi des conclusions de la pandémie, ne

serait-ce qu'avec le télétravail, ne serait-ce qu'avec la participation des

jeunes au milieu du travail de façon différente aussi, le retour à nos racines

avec la production de produits québécois. Alors, après la pandémie, on pourra

certainement en tirer beaucoup. Pour l'instant, ça nous prend des vaccins.

C'est la plus grande priorité que nous avons. C'est le seul espoir que, partout

dans le monde, nous avons et nous souhaitons effectivement que le gouvernement

fédéral puisse maintenir ces doses et puisse nous en envoyer le plus rapidement

possible. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci, M. le député. Alors, je cède maintenant la parole

au député de la troisième opposition, le député des Îles-de-la-Madeleine.

M. Arseneau : Merci beaucoup, M. le

Président. Merci, M. le ministre, de vous prêter à cet exercice de reddition de

comptes qui est important. Le dernier, vous l'avez mentionné, remonte au

25 septembre, et je pense que ce n'est pas prématuré de faire une nouvelle

interpellation à cet égard, pour aller un peu plus loin dans la discussion puis dans les échanges. Et je remercie, pour cela,

la députée de Maurice-Richard de nous avoir conviés à ce rendez-vous. Je salue les députés des banquettes... du parti au

pouvoir ainsi que notre vis-à-vis porte-parole de la deuxième...

co-porte-parole de la deuxième opposition.

Je n'ai que cinq petites

minutes et je vois qu'il y a plusieurs des thèmes qui ont été abordés, sur

lesquels, évidemment, je pourrais également m'exprimer, mais je pense que

plusieurs l'ont fait avant moi, de brillante façon. Alors, je vais me

concentrer tout d'abord sur quelques éléments généraux qui ont trait à la

gestion de la pandémie et ensuite j'aborderai la question plus régionale, si

vous me le permettez, les régions du Québec.

Tout d'abord, le ministre a mentionné que

l'opposition était parfois critique. Je pense qu'il ne faut pas le voir

strictement comme une joute politique qui se veut critique parce qu'on porte le

titre d'opposition, mais les critiques se veulent, le plus souvent,

constructives, mais parfois, elles sont l'expression aussi de ce qu'on entend

sur le terrain. Il ne faut pas négliger le fait que beaucoup de Québécois se

posent des questions et sont parfois beaucoup plus durs que nous pouvons l'être

dans le forum comme celui qu'on a ce matin. Je voulais quand même qu'on

mentionne que le bilan n'est pas si reluisant, malgré ce que le ministre peut

en penser. Le bilan des morts qu'on a fait la semaine dernière au Québec parle

de lui-même.

Mais je pense que s'il veut vraiment démontrer,

là, toute l'ouverture pour déterminer quelle est la part du bilan qu'on peut

attribuer à l'héritage des 15 dernières années auquel vous avez fait

référence et celui des décisions qui ont été prises par le gouvernement, il y a

un moyen de le faire qui est au-delà de ce que vous pouvez penser ou de ce que

nous pouvons penser, dans l'opposition, qui est la mise en oeuvre, la mise en

place d'une commission d'enquête publique et indépendante, donc objective, pour

faire le tour de la question. Je vous invite également à rapidement donner

suite à l'engagement du premier ministre sur la publication des avis de la

Santé publique, que l'on continue d'attendre

et qui nous permettraient d'avoir une meilleure compréhension de la façon dont

les décisions sont prises.

Maintenant, je veux revenir sur la question du Québec

dans son entier, dans ses régions, dans toute sa diversité, évidemment, économique,

sociale, culturelle, également sanitaire. Et, à cet égard, vous m'avez entendu

à plusieurs reprises prôner la sortie de

mesures mur-à-mur. Et j'ai vu hier, dans votre conférence de presse, une

certaine ouverture à cet égard, par exemple en parlant de Montréal comme un cas tout à fait particulier. La situation de

Montréal est très, très préoccupante, elle l'était pour la question des

hospitalisations, elle l'est toujours pour la question de la transmission

communautaire avec l'arrivée des variants. Et vous dites : Bon, le

criblage, on pourrait atteindre 100 % à Montréal. Nous en sommes.

Évidemment, la question des vaccins, on pourrait corriger pour vacciner

davantage Montréal. Nous en sommes. Il y a

des propositions qui ont été faites par le député de Gouin, qui touchent

typiquement ou plus précisément les quartiers de Montréal, nous sommes

d'accord également.

Mais, lorsque vous vantez le système des paliers

d'alerte de couleurs qui a été mis en place en septembre et que vous avez mis au rancart, disons les choses

telles qu'elles sont, il y a environ un mois, ça a créé une insatisfaction très

grande, et une incompréhension, et une confusion dans nos régions. Et moi, je

pense que ça a coupé également cette espèce de lueur d'espoir qu'on

pouvait avoir dans certaines régions où les choses se passent bien. Et la

réaction, je vous la transmets, celle de nos citoyens, ça a été, par exemple,

d'une circonscription comme la mienne, où il n'y a plus de cas depuis des

semaines et des semaines, la réaction est à savoir combien de cas sous la barre

du zéro faut-il avoir pour enfin regagner le palier d'alerte jaune, qui est le

nôtre, qui est le nôtre dans la vraie vie. Et ce que ça engendre ou que ça peut

engendrer, c'est une perte d'adhésion puis une perte de confiance. Alors, c'est

la même chose pour un couvre-feu qui ne serait pas applicable dans une région

comme la nôtre, qui n'a aucune valeur ajoutée.

Alors, moi,

je vous demande, pour nos régions comme pour le Québec en général, où les

choses s'améliorent, même la région de Québec—Chaudière-Appalaches, à

déposer un plan détaillé, à révéler les critères qui sont les vôtres. La prévisibilité est importante pour vous,

vous êtes un homme de chef. La prévisibilité est importante pour tous

les Québécois pour sortir de la crise. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. M. le ministre.

M. Dubé : Écoutez, M. le député,

vous soulevez énormément de bonnes questions aujourd'hui, puis je vais essayer de les répondre en rafale, parce

qu'effectivement on a toujours un enjeu de temps, mais je vais essayer d'y

aller le plus rapidement possible.

Je pense que

vous êtes un très bon exemple de critique constructive. Et je me souviens, dans

des cas spécifiques de recommandations que vous avez faites sur certaines

publications que l'on devait faire durant la pandémie, nous nous sommes ajustés. Alors, je veux juste vous passer

le message clairement que je pense qu'on a... vous êtes un bel exemple

de critique constructive.

Deuxièmement, sur le bilan, ce n'est pas

vraiment à moi de faire le bilan, l'évaluation, parce que, lorsque vous faites

référence, entre autres, à la commission d'enquête, moi, je pense qu'on a été

très clairs, très, très clairs, puis le premier ministre l'a été, puis je sais

que c'est souvent discuté en Chambre, qu'on ne voulait pas une grande enquête

qui prendrait des années et des années à faire, alors qu'il était important

d'utiliser notre commissaire, le nouveau Commissaire à la santé qu'on a depuis maintenant

deux ans, d'être capable de faire rapidement une enquête sur ce qui s'est passé dans la pandémie. Puis je

pense qu'on en a amplement parlé, cette semaine, en Chambre, pour dire

qu'elle avait tout le loisir nécessaire d'aller voir non seulement la première

vague, mais la deuxième vague, d'aller voir autant les CHSLD... Et moi, j'ai

révisé, cette semaine, son mandat juste pour être certain qu'il n'y avait pas

d'incongruence, qu'il n'y avait pas de chose qui n'était pas claire dans son mandat.

Alors, on peut débattre encore une fois, là, commission d'enquête versus l'enquête

que Mme Castonguay... mais j'aimerais rappeler aux Québécois qu'elle a toute la

marge de manoeuvre et elle a toutes les ressources nécessaires pour faire ce

qu'elle a à faire.

Bon, maintenant,

sur les avis de santé publique, moi, je ne peux pas vous en dire plus que ça.

Ça a été demandé à la Santé, la Santé va les déposer, le premier

ministre s'est engagé, je pense que c'est une question de jours, j'espère, mais, encore une fois, le Dr Arruda a ses échéanciers. Il

faut quand même être conscient qu'il gère une pandémie, lui aussi. Mais je sais

que le premier ministre s'est engagé puis je pense que les avis publics vont

être là.

Je prendrais un peu plus de temps qu'il nous

reste pour parler, justement, du Québec dans son entier. Puis je pense que

votre question est très, très à propos. Bon, je pense qu'on peut débattre, là,

le système d'alerte, là. Moi, je pense que ce que le Dr Litvak nous a proposé

en septembre était vraiment créatif, était important. Et vous avez raison, les Québécois

l'ont suivi, se sont associés à ça. Et c'est évident, M. le député, que quand

on est arrivés... puis je prends votre région à

titre d'exemple. Vous ne pouvez

pas avoir plus bel exemple de cet isolement-là que vous pouvez avoir pour fins

de pandémie... qu'on a essayé le plus longtemps possible de respecter le code

des couleurs. Mais lorsqu'on a fait face à ce qui s'en venait, puis là je

refais référence aux grandes décisions qu'on a prises après le temps des fêtes,

où on a imposé un couvre-feu à la grandeur du Québec, je peux vous dire que

lorsqu'on était, en date du 8 janvier, au retour des fêtes, à 3 500 cas

par jour, à des hospitalisations qu'on pouvait qualifier presque dans le plafond, je pense que c'était la bonne décision

à faire et je pense qu'on a pris la décision... peut-être une décision

difficile, mais de mettre sur pause le code de couleurs pour un certain temps,

parce que c'était la bonne chose à faire, les...

Maintenant, ce qu'on a fait, il y a quand même

deux semaines, c'est de dire : Écoutez, il y a une différence, maintenant,

revenons, dans la mesure du possible, sans prendre de risque inutile, à notre

code de couleurs. J'aimerais ça qu'on ait vraiment des verts et des jaunes,

mais là on s'est limités à deux couleurs. On s'est limités au rouge, qui

représente l'essentiel du Québec. Mais, comme votre région et comme d'autres,

on a été capables de dire: Il fallait donner un peu, je dirais, de santé morale

à nos citoyens pour reconnaître les efforts qui ont été faits.

Puis je pense que, dans vos régions, comme le Saguenay—Lac-Saint-Jean,

comme dans d'autres régions, les gens ont apprécié de pouvoir... mais est-ce

qu'on est rendu où on peut faire encore cet exercice-là? Je pense qu'il y a des gros enjeux. On a parlé, avec le député

de Gouin, tout à

l'heure, des variants, vous le savez,

on a la semaine de relâche qui s'en

vient, je pense qu'il faut être encore prudent pour quelques

semaines. On pourra... on va faire le point, la semaine prochaine, en

point de presse. On donnera aux Québécois...

Mais on a été assez clairs sur des facteurs. On

ne peut pas appliquer un livre de recettes, encore une fois, parfaitement, mais

je pense que les Québécois comprennent notamment l'état de notre système de la

santé, qui, en ce moment, fait qu'on retarde

encore des chirurgies, est un élément important, puis je pense qu'on est en

train de régler ça. Mais je pense qu'il faut regarder un ensemble de

facteurs, mais on va revenir au...

Le Président (M. Provençal)

: Merci, M. le ministre. Mme la députée

de Roberval, la suite vous appartient.

Mme Guillemette : Merci, M. le

Président. Depuis mars dernier, dans l'ensemble, les Québécois ont bien adhéré aux mesures mises en place par la Santé

publique. Ils sont aussi majoritairement

en accord avec les restrictions concernant les voyages à l'étranger, de même

que les mesures s'appliquant aux voyageurs de retour au pays. Notre gouvernement a été très actif sur ce dossier, a

interpelé le gouvernement canadien afin d'agir rapidement pour interdire

les vols et les déplacements non essentiels à l'étranger.

Tous ici,

nous aurions espéré que les frontières soient fermées plus rapidement en mars

dernier. Malheureusement, ça n'a pas été le cas. Mais cette mesure-là

n'est pas de notre ressort, c'est de celle du fédéral, donc nous avons dû faire

avec. Par contre, nous avons mis des mesures... nous avons des mesures qui ont

été mises en place comme l'interdiction de se rassembler, le télétravail et le

couvre-feu. Je constate que les messages envoyés par la Santé publique, en ce qui concerne les contacts entre

amis, en famille ou les activités ont pris un petit peu plus de temps à être

intégrés par la population. Les gens se disaient : Bien, on va faire

attention, on ne se collera pas, on va être prudent.

Donc, nous avons dû mettre sur pied des mesures

supplémentaires. Celui du couvre-feu a été, comme on le voit, assez efficace

pour mettre toutes les chances de notre côté pour vaincre le virus, car la

contamination se faisait beaucoup dans des rassemblements familiaux et dans des

partys privés, entre autres. Ce n'est pas de gaieté de coeur que les

rassemblements de Noël n'ont pas été autorisés cette année, mais les gens ont bien

compris que, parfois, bien, il faut se priver des petits moments de bonheur

pour le bien-être collectif. Le télétravail avait été aussi un gros défi pour tout

le monde, autant les employeurs, les employés, les milieux familiaux. Encore

une fois, on s'est adaptés. Nous sommes un

peuple très résilient, puis, quand je regarde partout ce qui se passe dans le

monde, bien, je me trouve très chanceuse d'être ici, au Québec.

Vous savez,

M. le Président, comme le mentionne souvent notre premier ministre, à chaque

fois qu'on impose une nouvelle mesure

ou bien qu'on décide d'en rétablir une ancienne, on doit faire la balance de

l'équilibre, la balance des avantages

et des inconvénients, et surtout s'assurer du plus grand nombre d'adhésions

possible, mais aussi qu'elles seront respectées et que nous serons en

mesure de les faire respecter.

La mise en place du couvre-feu est une des

mesures qui a eu un impact majeur. Ça frappe l'imaginaire. Les gens se sont

dit : Nous, au Québec, un couvre-feu? Mais oui. Mais ça démontre bien

l'urgence d'agir, ça a montré l'importance de la situation, et le message qui a

été envoyé a été très fort. Au début, les gens le questionnaient, mais l'efficacité a parlé d'elle-même, les cas ont

diminué de façon significative. Si je prends encore ma région en exemple,

au début, les infractions signalées par la Sécurité publique ont chuté. Donc,

on parle de 78 rapports d'infraction dans la semaine du 11 janvier,

62 pour la suivante, 59, 52 au début de février. Et je n'ai pas les chiffres,

là, pour cette semaine, mais, de ce côté-là, on voit qu'il y a une très belle

adhésion.

Je profite aussi de l'instant d'aujourd'hui pour

remercier toutes les équipes de la Sécurité publique qui font respecter les

mesures prises par la Santé publique. Ce n'est pas facile pour eux sur le

terrain, mais ils sont là pour nous, pour assurer notre sécurité et pour faire

en sorte que ce soit respecté.

Puis pour nous tous ici

aujourd'hui, bien, je nous invite à travailler ensemble parce qu'on est tous

dans le même bateau. Je nous invite à

collaborer. C'est une des parties aussi qui est importante pour que la

population adhère aux mesures que nous mettons en place.

Donc, en

conclusion, eh oui, M. le Président, bien que nous devons prendre des mesures

sanitaires collectives, la responsabilité, là, ça incombe à chacun

d'entre nous individuellement. D'ici quelques jours, ce sera la semaine de

relâche, puis il est primordial que chacun soit solidaire, que nous respections

tous les consignes, les règles sanitaires, de

respecter... de rester dans sa région, de ne pas voyager d'une région à

l'autre, puis surtout je vous demanderais, pas de voyage à l'étranger, et de

respecter votre bulle familiale. C'est

de cette manière que, tous ensemble, nous y arriverons. On l'a prouvé,

au Saguenay—Lac-Saint-Jean,

donc tout le Québec est capable. On a la chance d'avoir un beau terrain de jeu.

Merci.

Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. Mme la députée de Maurice-Richard, je vous alloue quatre

minutes pour le sixième bloc. Merci.

Mme Montpetit : Je vous remercie, M.

le Président. Bien, je vais enchaîner sur la question de la semaine de relâche,

parce qu'effectivement ça a été abordé, puis je pense que c'est certainement un

espace, je vais l'appeler comme ça, qui amène plusieurs préoccupations pour la

suite des choses. Je pense que le gouvernement... j'ai compris qu'il ferait des

annonces la semaine prochaine, je crois que ça aurait pu, encore là, être fait

dans les dernières semaines, mais moi, je pense qu'ils ont une responsabilité,

encore là, c'est la responsabilité d'être clairs, d'être extrêmement clairs sur

ce qui va être demandé aux Québécois.

Et je m'explique sur le fait que, malheureusement

à plusieurs reprises, dans la dernière année, le premier ministre s'est souvent

positionné en disant : Ce n'est pas recommandé, au lieu de dire :

C'est interdit. Et je pense que ça amène malheureusement tout un... À travers

toutes les incohérences qu'il peut y avoir, tout le flou, on en perd notre latin, des fois, sur quelles sont les recommandations, dépendamment la zone où on est, tellement elles ont changé.

Et je pense que les Québécois ont fait des efforts extraordinaires, ils suivent

les recommandations du mieux qu'ils le peuvent, quand elles sont claires. Mais

je pense qu'il ne faut pas mettre le fardeau, justement, sur leurs épaules de

deviner les intentions du gouvernement et de deviner ce qui s'en vient. Donc,

si le ministre est aussi préoccupé qu'il nous le mentionne par l'arrivée des

variants, je pense qu'il doit absolument mettre toutes les mesures en place

pour s'assurer, justement, qu'on n'ait pas une flambée de cas dans les

prochaines semaines, qu'on n'ait pas une troisième vague. Et ils doivent être extrêmement,

extrêmement clairs sur ce qui est non recommandé versus interdit.

J'ai fait référence, entre autres, à toute la question

des chalets, entre autres. Il y a des gens qui ont fait des réservations il y a

plusieurs mois, qui se retrouvent dans des situations économiques qui ne sont

pas nécessairement faciles. Je pense que ça va venir les aider si la décision,

elle est : interdit versus non recommandé. Même chose pour la question des

déplacements interrégionaux. On a mis des zones... il y a des zones orange,

bon, bien, encore faut-il les protéger. Avec

le variant, je pense que ça devient encore plus important de s'assurer de

mettre les mesures en place.

Moi, j'aimerais savoir aussi si le ministre,

avec l'arrivée des variants dans les prochaines semaines, est-ce qu'il va

renforcer les mesures sanitaires actuelles comme l'ont fait plusieurs

juridictions, notamment au niveau du port du

masque chirurgical. J'aimerais aussi savoir s'il va changer sa stratégie de

dépistage, parce que, là, il y a un peu de confusion, puis j'aimerais ça

qu'il vienne nous clarifier ça aussi dans le temps qu'il aura pour répondre.

Hier, dans son point de presse, il a dit :

Si vous avez un doute, allez vous faire tester. Mais, dans la même phrase

aussi, il a dit : si vous avez un symptôme. En français, il a dit :

si vous avez un doute. En anglais, il a dit : si vous avez un symptôme.

Donc, déjà, pour moi, ce n'est pas la même chose. On avait déjà eu la même

situation il y a quelques semaines, où le premier ministre avait dit : On

va demander, dans les prochains jours, d'aller vous faire tester même si vous

n'avez pas de symptôme. La directrice de la santé publique, le lendemain,

Dre Drouin, a dit que ce n'était pas du tout une stratégie qui était

retenue pour le moment, qu'ils continuaient de demander seulement aux gens qui

ont des symptômes d'aller se faire tester. On se rappelle que c'est environ

30 % à 40 % des gens qui sont asymptomatiques.

On l'a bien vu, justement, au collège Stanislas, où les élèves étaient

asymptomatiques. Il y a un enjeu.

Ça fait plusieurs semaines, plusieurs mois,

nous, qu'on demande que les asymptomatiques puissent aller se faire tester, que

ce soit recommandé qu'ils aillent se faire tester. Donc, j'aimerais ça que le

ministre vienne nous clarifier aussi s'il va changer ou s'il les a changés,

parce qu'hier, justement, c'était : si vous avez un doute. Parce qu'un

doute ne veut pas nécessairement dire avoir un symptôme... et j'aimerais qu'il

vienne clarifier ça pour la population du Québec, qu'est-ce qu'il demande au

niveau du dépistage à ce niveau-là. Merci.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup. M. le ministre, vous avez une dernière

intervention pour 10 minutes. À vous.

M. Dubé : Écoutez, c'est un plaisir.

J'ai plusieurs remarques finales à faire, M. le Président, mais sur les

dernières questions, là, de la députée de Maurice-Richard,

j'aimerais rappeler aux Québécois que toute l'information sur le dépistage,

quand on doit se faire tester, quel questionnaire on doit compléter, comment on

doit prendre les rendez-vous

avec les centres de rendez-vous de dépistage, tout ça est sur le site Web.

Puis, si vous avez des questions, de ne pas hésiter à appeler au

ministère, toute l'information est disponible, elle est... On a amélioré la

qualité de l'information depuis un an. Alors, je pense que les Québécois,

maintenant, savent qu'on peut se faire dépister rapidement. Alors, je pense que

toute l'information est disponible sur nos sites Web, et, si les gens n'ont pas

accès aux sites Web malheureusement, ils

peuvent téléphoner au ministère, puis on va les informer sur la bonne façon de

procéder.

Dans mes remarques préliminaires... finales,

pardon, j'aimerais revenir sur le fait qu'encore une fois, comme l'a souligné

le député, là, c'est la deuxième fois que l'on vient en interpellation. Mais je

pense aussi que les Québécois reconnaissent, M. le Président, que nous avons

fait un effort, notamment avec le premier ministre, d'avoir des points de

presse... je pense qu'il y a à peu près une centaine de points de presse, si ce

n'est pas plus, qui ont été faits au cours de la dernière année. Et ça, c'est

sans compter des briefings techniques, dont je parlais tout à l'heure. Et je

pense que les Québécois réalisent qu'on a eu énormément d'information, qu'on a

fournie au fur et à mesure que la situation avançait.

L'opposition,

particulièrement le Parti

libéral, pose souvent des questions

pour un plan, puis je refais référence au

plan qu'on avait développé pour la deuxième

vague, qui tenait compte des informations qu'on avait à ce moment-là. Puis

je pense que les Québécois réalisent aussi que bien que... puis le député

l'a bien dit tout à l'heure, des Îles-de-la-Madeleine,

a bien dit que ce n'est pas parfait, mais, en fait, les gens réalisent qu'on a

une deuxième vague qui est très différente de la première. Puis je pense que le

succès qu'on a dans plusieurs de nos interventions n'est pas uniquement dû au gouvernement,

mais à la collaboration que les Québécois nous ont donnée, et le réseau de la

santé. J'aimerais prendre... Juste à

titre d'information, ce matin, là, les statistiques

que nous avons publiées sur les réseaux sociaux, comme on le fait à tous les

jours, tous les jours à 11 heures... On est, là, pour la première fois

depuis plusieurs mois, en bas de 900 cas par jour... en bas de 900 hospitalisations

par jour, en bas de 1 000 cas. Notre moyenne mobile, elle est en baisse, c'est-à-dire

la moyenne des sept jours est une constante amélioration.

Alors, je pense qu'il faut prendre acte d'où on

en est puis je pense que c'est ça que les Québécois ont besoin d'entendre. Les Québécois ont besoin

d'entendre qu'il faut continuer d'être prudents. Mais, s'il vous plaît, pouvons-nous... comme politiciens, comme représentants de la démocratie

au Québec, de prendre acte qu'il y a eu des bonnes choses qui ont été faites?

On est conscients que ce n'est pas parfait, mais quand j'ai des discussions

comme j'ai eu avec le député de Gouin et avec le

député des Îles-de-la-Madeleine, moi, c'est ça qui vient me chercher, d'être capable d'avoir

une discussion constructive sur des faits précis, comment on peut avancer. Et

je pense que c'est ça que les Québécois s'attendent

de nos politiciens et c'est ce que nous allons continuer de faire,

dans la mesure où ça fonctionne des deux côtés.

Alors, je n'irai pas en détail de tous les axes,

mais j'aimerais les rappeler, parce que c'est ce qui va nous guider encore une

fois, malheureusement, au cours des prochains mois, parce que bien que la situation

se soit améliorée, M. le Président, elle est loin d'être réglée. Alors, il

faut continuer de travailler sur notre milieu de vie pour nos aînés. Ça, là, c'est ça qui nous a fait le

plus mal dans la première vague, puis je pense que je n'ai pas besoin d'y revenir.

Mais, encore une fois, ce n'est pas

parfait. On l'a vu qu'on a encore des difficultés dans nos résidences pour personnes âgées, ce qu'on appelle nos RPA.

Il a fallu, dans certains cas, aller aussi loin que fermer des cafétérias. Ce

n'est pas de gaieté de coeur qu'on a pris ces décisions-là, mais on savait que

c'était une façon de couper des contacts, et on a vu rapidement que ces

mesures-là ont été payantes, bien que difficiles. Je peux en parler avec mon

coeur, ma mère est dans une RPA, puis je le sais que ce n'est pas des décisions

faciles qu'on a prises pour nos aînés.

Le deuxième volet, c'est sur nos personnes

encore les plus vulnérables, et, dans ce cas-là, je pense qu'on a réalisé... je

crois, par exemple, où on a mis du financement supplémentaire... Je peux penser

à ce qu'on a fait dans nos ressources intermédiaires. Je pense que dans ça

aussi, il faut maintenir au minimum, je le dis, le délestage dans nos services

sociaux. Alors, ce que vous me disiez tout à l'heure, M. le député de Gouin,

100 % d'accord avec vous. On a fait du délestage dans nos centres

hospitaliers, mais on a essayé de le garder au minimum dans nos services

sociaux, puis je pense qu'on va continuer à le faire.

Au niveau de la main-d'oeuvre, je pense qu'on va

continuer à travailler à améliorer les conditions. On a eu des enjeux énormes

avec l'arrêt 007. Je pense qu'on a eu des discussions très importantes, très

constructives avec Mme Bédard, de la FIQ, dans les dernières semaines, je pense

que Mme LeBel a réussi à s'entendre avec la FIQ. Je l'en félicite, mais je

félicite les deux d'avoir trouvé un terrain d'entente. Au ministère, maintenant,

on essaie de travailler pour avoir les conditions non seulement qualitatives,

mais d'être capables de s'entendre sur les dollars. Mais je pense que notre main-d'oeuvre,

il faut continuer de la remercier et, je dirais, M. le Président, de la

protéger. Alors, quand le député des Îles-de-la-Madeleine me disait : Qu'est-ce

qu'on peut faire pour nos gens de la santé?, c'est de respecter les mesures

sanitaires. On le voit, on a baissé les hospitalisations, on reprend

tranquillement nos chirurgies. On voudrait le faire plus rapidement, mais il

faut trouver l'équilibre avec nos gens de la santé.

Quatrième volet, le dépistage. J'en ai parlé

amplement ce matin, on va continuer de s'améliorer. Mais, pour être certain que

les Québécois voient l'amélioration, on publie de plus en plus d'informations,

et je me suis engagé, au cours des prochaines semaines, à publier les données

sur le criblage aussi pour que les gens voient quelle attention on porte en ce

moment sur les nouveaux variants.

Maintenant,

sur la question des éclosions, et ça, j'aimerais revenir sur une question du député des

Îles-de-la-Madeleine, on

publie maintenant, dans notre rapport quotidien, les éclosions. Vous le suivez,

on le voit. On le voit en ce moment que

c'est en hausse dans les écoles. Les éclosions sont en hausse, c'est normal. Le

député de Beauce en a parlé tout à l'heure.

Il faut suivre ça, parce que, souvent, c'est un

peu le canari dans la mine, c'est ça qui nous dit... On peut avoir une bonne situation

à Québec, mais est-ce que les éclosions sont en train de monter? Et c'est pour

ce que lorsque vous me demandiez, M. le député, est-ce qu'on est en train

d'avoir les bonnes statistiques pour les bonnes décisions, il faut prendre

l'ensemble de ces mesures-là. Le député de Beauce, mon collègue, l'a bien dit tout

à l'heure, il faut faire attention, parce que les écoles,

on le voit, les éclosions, mais il y a un équilibre à garder nos enfants à

l'école et de faire la bonne chose.

Les organisations

cliniques, c'est l'axe n° 6, j'en ai parlé amplement

avec les ententes additionnelles. Il y a eu des commentaires sur l'utilisation

des cliniques privées. On les a poussées encore plus au cours des dernières

semaines, on va continuer à le faire pour venir nous aider pendant que nous

avons cette pandémie-là. Au niveau de nos approvisionnements, moi, je suis très

fier d'avoir conclu, et c'est des ententes qui avaient été faites avant que

j'arrive à la santé, des ententes avec nos fournisseurs québécois. On n'est vraiment

pas dans le même film qu'on était dans la première vague avec notre approvisionnement

en équipement. On a été capable, justement, de conclure une entente avec nos syndicats

la semaine dernière grâce au travail de la CNESST sur les N95. C'est un travail

que le député de Gouin avait poussé entre autres beaucoup au cours des derniers

mois. Je suis très content qu'on a réussi à conclure une entente et aussi

d'avoir les masques pour les fournir à nos employés, ces fameux N95.

On va continuer de

travailler, M. le Président, sur notre gouvernance aussi. Notre gouvernance,

c'est important, parce qu'à chaque fois que nous avons des nouvelles

recommandations, des nouvelles directives, il faut être capable qu'elles

viennent dans le réseau. Vous vous souvenez qu'en première vague on a appris

beaucoup qu'il y avait des directives, mais qui ne passaient pas dans le réseau.

Moi, je parle à tous les P.D.G. de tous les CISSS et les CIUSSS une fois par

semaine, juste pour être certain que nos grandes orientations sont bien

comprises.

Et je termine sur la

question des communications. Je le redis aux Québécois, nous allons continuer

de communiquer le plus souvent possible. Et,

si on peut améliorer les communications, nous allons le faire, M. le Président,

parce que les Québécois méritent qu'on s'occupe d'eux durant cette

pandémie. Merci beaucoup, M. le Président.

Le Président

(M. Provençal)

: Merci beaucoup, M.

le ministre. Alors, la conclusion appartient à la députée de Maurice-Richard.

Je vous cède la parole pour les 10 dernières minutes.

Mme Montpetit :

Je vous remercie, M. le Président. Bien, je trouve ça particulièrement ironique

d'entendre le ministre parler de collaboration constructive, au nombre de

propositions que l'opposition officielle, que le Parti libéral du Québec a

faites depuis le printemps dernier, qui ont été balayées du revers de la main,

pour lesquelles on n'a pas de retour et où, dans le meilleur des cas, où après

des semaines, et des semaines, et des semaines à insister, le gouvernement du

Québec, le ministre de la Santé a fini par aller de l'avant dans la direction

qu'on lui demandait. Je pense qu'on est très constructifs, je pense qu'on fait beaucoup

de propositions. Je comprends que le ministre n'aime pas qu'on lui repose des questions,

mais quand on n'a pas de réponse, on va continuer de les poser.

Et force est de

constater, encore aujourd'hui, dans cette interpellation, c'est des

questions... Moi, je... le ministre, je lui ai posées, elles ont été

communiquées à l'avance. Je vais le résumer, M. le Président, là, mais sur la

question des tests rapides, comment les tests rapides vont être déployés,

aucune réponse. Où et quand ils vont être déployés? On n'a eu aucune réponse.

Est-ce qu'ils vont être déployés de façon préventive dans toutes les écoles, alors qu'il y a des cas de variants déjà? On n'a

eu aucune réponse. Est-ce que le gouvernement va bonifier sa stratégie

de dépistage, parce que c'est la même stratégie qu'on a depuis un an, alors que

maintenant, on a trois virus qui sont présents en sol québécois? On n'a eu

aucune réponse.

Pourquoi il refuse

d'utiliser les tests chez les présymptomatiques, alors qu'on le sait que les

gens sont plus contagieux deux jours avant l'apparition des symptômes? Aucune

réponse à ce niveau-là non plus. Est-ce que le gouvernement a sécurisé l'achat

de tests rapides supplémentaires? Ce n'est pas une question très difficile, là.

Ça fait plusieurs fois qu'on la pose. Est-ce

qu'ils en ont achetés, oui ou non? On n'a toujours aucune réponse à cette

question-là.

Donc, moi, quand je

n'ai pas de réponse, ça se peut que je tire des conclusions. Donc, j'invite le

ministre à nous fournir des réponses quand on lui pose des questions. Sur la

vaccination, quel est le suivi qui est fait sur la vaccination, sur l'efficacité d'une seule dose? Aucune réponse encore

aujourd'hui. Quelles sont les données préliminaires que le ministre a,

parce que je présume qu'il en a. Je l'ai mentionné tout à l'heure, ça fait

61 jours qu'on vaccine au Québec. Aucune réponse. Je n'appelle pas ça de

la transparence, M. le Président.

Sur les variants,

j'ai posé une question précise : À quelle date va-t-on vérifier la

présence de variants de tous les tests positifs au Québec? Aucune réponse. On

en a parlé toute la semaine. On ne sait pas encore, à l'heure actuelle, à quel

moment 100 % des cas positifs vont être criblés, sur lesquels on va

identifier la présence de variants. Et ça, moi, ça m'inquiète. Moi, ça

m'inquiète. J'ai entendu le ministre dire, tout à l'heure, qu'il était inquiet

depuis plusieurs mois de l'arrivée des variants. Je trouve ça aussi un peu

ironique de l'entendre dire ça alors que mardi, ici, en cette Chambre, alors

que je posais des questions sur les variants, il me disait que c'était libre à

moi d'inquiéter la population, si je souhaitais aborder la question des

variants, parce que je lui demandais justement d'augmenter le séquençage puis

de s'assurer de cribler tous les cas.

Donc, changement de

discours, d'accord, j'entends, mais je pense que ça, c'est sa responsabilité,

d'être extrêmement clair sur pas ses intentions, sur ce qui va être fait.

Est-ce que tous les cas vont être criblés à partir de la semaine prochaine? Pas

la majorité. Est-ce que c'est 100 %? C'est la question qu'on lui pose.

Est-ce que c'est seulement à Montréal? Est-ce que c'est dans toutes les régions

du Québec? À l'heure actuelle, là, ça devrait être sa priorité, d'avoir cette

réponse à ça. Ça devrait être fait depuis longtemps. Mais maintenant que ce

n'est pas fait, il doit y répondre et il doit nous rassurer. Il doit rassurer

la population du Québec qu'en ce moment, là, la chasse aux variants, il est

prêt puis il va tout mettre en oeuvre rapidement pour s'assurer que ça ne

continue pas de se propager.

On lui a demandé aussi à

plusieurs reprises : C'est quoi les projections? Il doit y avoir des

projections, à l'heure actuelle, sur la

propagation des variants. Aucune réponse non plus. Est-ce qu'il va renforcer

les mesures sanitaires comme ça a été fait dans d'autres juridictions?

Aucune réponse.

Moi, M. le Président, je dois faire le constat

que, malheureusement, à chaque fois, on se retrouve dans ce type d'échange.

J'essaie de poser des questions claires, précises, sur des enjeux du moment. Je

ne demande pas au ministre d'avoir une boule

de cristal, je ne lui demande pas ce qui va arriver dans 10 mois, dans

12 mois. Je pense que ça, personne ne le sait. Mais je lui demande

qu'est-ce qu'il fait, c'est quoi ses intentions, comment il déploie. C'est des

questions très, très claires et force est de constater, encore là, qu'on n'a

pas de réponse. On n'a pas de réponse à nos questions.

Et ça me préoccupe, dans la mesure où... Là, on

le voit, là, les variants, on est rendu à 48 cas suspects à Montréal. Je vous rappelle qu'avant-hier on est

passés de 23 à 35 en moins d'une heure. Là, on est rendu à 48 cas suspects.

Il y a des cas dans des écoles. Moi, je ne tiens pas à être alarmiste, mais ça

me préoccupe. Je suis inquiète. Je vais vous le

dire, là, je suis inquiète. Quand je vois ce qui se passe en Europe, quand je

vois ce qui se passe au Royaume-Uni, oui, ça me préoccupe, et ça

préoccupe beaucoup de monde, et ça préoccupe beaucoup d'experts à l'heure

actuelle. Et malheureusement, tout n'a pas été mis en oeuvre par le

gouvernement du Québec pour s'assurer là, là, aujourd'hui, d'avoir une photo

claire de la situation au Québec. Et ça, c'est préoccupant parce qu'on ne sait

même pas exactement dans quelle situation on

est. Donc, le gouvernement du Québec, il navigue dans le noir. Et j'ai la

crainte, oui, j'ai la crainte qu'on se retrouve dans la même situation

que l'année dernière. J'ai la crainte...

L'année dernière, on se rappellera, là, le virus

était en Asie au mois de décembre. Après ça, il s'est déplacé en Europe, aux

États-Unis. Puis là on entendait le directeur de la santé publique dire :

Si ça arrive au Québec, on va être vraiment mal pris. Puis c'est arrivé. Bien,

j'aimerais ça qu'on ne revive pas une deuxième fois la même situation avec des variants, des variants, on le sait depuis

l'automne dernier, qui se propagent en Europe, au Royaume-Uni. Bien, ils

sont dans plus de 80 pays en Europe. Et là, à l'heure actuelle, bien, on

se retrouve, après un an de crise sanitaire, on

se retrouve dans une situation où le ministre n'est pas capable de nous répondre combien il y a de cas, à l'heure actuelle, de variants au Québec.

Il n'est pas capable de nous donner une indication, puis la raison pour

laquelle il n'est pas capable de le faire, c'est qu'il n'a pas pris tous les

moyens pour le faire.

Et moi, je

m'attends à ce qu'il nous donne une réponse rapide sur le moment auquel on va

avoir cette réponse-là. Parce que je l'ai entendu, j'ai bien entendu

hier, je l'ai bien entendu dire qu'il mettait de la pression sur son réseau. J'aurais

aimé qu'il en mette avant, il aurait été souhaitable qu'il en mette avant.

Maintenant, il en a mis. Moi, ce que je veux savoir, c'est ça va prendre

combien de temps pour identifier tous les variants qui se promènent, les cas de

variants qui se promènent, à l'heure actuelle, au Québec, et ça, il n'y a pas

répondu.

Donc, qu'il ne soit pas surpris si je lui repose

la question au cours des prochaines semaines et je l'invite à avoir des

réponses, parce que c'est... On est tous concernés au premier chef. C'est la

sécurité des Québécois qui est en jeu, c'est l'économie du Québec qui est en

jeu. Donc, il a la responsabilité d'avoir des réponses, de faire preuve de

leadership. C'est son imputabilité ministérielle, donc il doit nous répondre

quand on pose ces questions-là et surtout,

il doit être prêt. Il doit faire preuve de plus d'anticipation, je l'ai dit d'entrée de jeu, mais ça demeure le principal problème de ce gouvernement dans

sa gestion de la crise, toujours, toujours, toujours un coup en retard, mais

là, ça a des conséquences qui sont potentiellement, encore une fois, graves. Je

vous remercie, M. le Président.

Le Président (M. Provençal)

: Merci beaucoup, Mme la députée.

Compte tenu de l'heure, je vais lever la séance,

et la commission, ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux sine die. Je tiens à remercier tous les

députés pour leur contribution et leur collaboration à cette interpellation.

Un bon retour en circonscription puis un bon week-end à tous. Merci beaucoup.

(Fin de la séance à 11 h 59)

Document details

CollectionQuebec — Committees
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