Culture and Education — 4 May 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CCE 2022-05-04
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt minutes)
La Présidente
(Mme Thériault) : À l'ordre, s'il vous plaît! Donc, ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la culture et de
l'éducation ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude du volet Éducation préscolaire, enseignement
primaire et secondaire incluant la formation professionnelle des crédits
budgétaires du portefeuille Éducation pour l'exercice financier 2022‑2023.
Une enveloppe de cinq heures a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Chassin (Saint-Jérôme)
est remplacé par M. Tremblay (Dubuc); M. Lemieux
(Saint-Jean), par M. Girard (Lac-Saint-Jean); Mme David
(Marguerite-Bourgeoys), par Mme Charbonneau (Mille-Îles); Mme St-Pierre (Acadie), par Mme Maccarone
(Westmount—Saint-Louis); et Mme Dorion
(Taschereau), par Mme Labrie
(Sherbrooke).
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci beaucoup.
Donc, nous allons
procéder à des échanges entre les parlementaires. Je vais vous donner tout de
suite les temps pour chacune des
formations : 16 min 28 s pour l'opposition officielle,
12 min 13 s pour la deuxième opposition, et la troisième
opposition, 12 min 13 s également, le gouvernement aura un bloc de 14 min
40 s à la fin, donc c'est vraiment en alternance.
Et, sans plus tarder,
Mme la députée de Saint-Laurent, je vais vous céder la parole. Je vais juste
rappeler nos règles, évidemment, qu'une réponse courte appelle... une question
courte appelle une réponse courte et que je suis la gardienne du temps. Donc,
si Mme la députée pose une question environ une minute, bien, je vais laisser
au ministre à peu près le même temps de
réponse, à quelques secondes près. Donc, si je vois que les réponses sont trop
longues, je ferai signe, évidemment, de conclure et je passerai la parole
à la députée qui a la parole à ce moment-là.
Donc, Mme la députée
de Saint-Laurent, la parole est à vous.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Très heureuse de vous retrouver pour nos
derniers crédits de ce premier mandat qui a été,
en tout cas, mon premier mandat à
titre de députée et porte-parole en matière
d'éducation. Je suis contente d'être
avec mes collègues qui m'ont accompagnée depuis le tout début de mon
mandat : la députée de Westmount—Saint-Louis, la députée des Mille-Îles, toujours présentes, contente de vous voir, chers
collègues. Évidemment, bonjour, M. le ministre, bonjour aux équipes qui
vous accompagnent, vous êtes bien entouré.
Alors, sans plus
tarder, j'aimerais revenir sur... parce que, maintenant, on est à la fin de ce
mandat, donc la promesse-phare, lorsque vous avez été élu, a été la maternelle
quatre ans, et on a travaillé ensemble pour le projet de loi n° 5, puis on
a déposé plusieurs amendements.
Mais revenons sur
cette promesse-phare. Permettez-moi de vous lire, le 3 septembre 2019 :
«Je veux juste vous dire que c'est 18 000 enfants de quatre ans qui ne
sont dans aucun réseau, ne sont pas nécessairement dans des endroits où il n'y
a pas de services de garde éducatifs. Ça se peut qu'il y ait des places en
milieu familial qui soient disponibles, mais en ce moment il y en a qui ne sont
dans aucun réseau.» Ça, c'était vous, M. le ministre. Vous nous parliez, à ce moment-là, de vouloir mettre
l'emphase sur ceux qui, malheureusement, n'ont pas eu la chance de fréquenter
un réseau de services de garde ou un CPE pour la maternelle quatre ans dans
l'objectif de dépister plus rapidement et d'agir tôt.
À ce moment-là, nous,
on vous a présenté des amendements, notamment, là, un amendement pour prioriser
ceux qui sont dans un milieu défavorisé,
mais aussi il y avait un amendement spécifique qui visait à couvrir les enfants
qui n'étaient pas, justement, dans un réseau, soit un CPE, soit un service de
garde. Ça, c'était l'amendement, là, qui a été
déposé à l'article 3 pour s'assurer que... «en complémentarité de l'offre
de services de garde reconnue par le ministère
de la Famille et en suivant le taux de couverture de la demande de places en services
de garde éducatifs à l'enfance régis». Ça, ça a été rejeté par vous.
Là, je vous amène aux
crédits, CMN-4,
annexe 33, à la question G, là, les résultats
atteints : «Analyse et réflexion conjointes afin de déterminer les
meilleures sources de données disponibles afin de : identifier les milieux
où se trouvent un grand nombre d'enfants qui
ne sont ni en SGEE ni à la maternelle quatre ans; développer et mettre en
oeuvre des stratégies pour rejoindre ces enfants et leur donner accès aux
services répondant à leurs besoins.» Donc, ça, c'était une stratégie que vous
aviez.
J'aimerais comprendre
comment moi, je suis supposée de réconcilier cette stratégie et cette
une : Une «loterie» pour les maternelles 4 ans, de Daphnée
Dion-Viens, du Journal de Québec . Comment se fait-il que nous, on vous a
fait des suggestions d'amendement pour rejoindre spécifiquement ces
18 000 enfants, que cet amendement a
été refusé par vous — vous
êtes supposé d'être capable de nous dire que vous avez des données — et,
malgré ça, c'est qu'on a des enfants
qui ont été laissés pour compte, qui n'ont malheureusement pas été dans un CPE
ni dans un service de garde, et aujourd'hui, parce qu'ils n'ont pas eu
gain de cause dans une loterie, ne sont pas dans une maternelle quatre ans, et
par conséquent sont toujours laissés pour compte?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente.
Je prends deux, trois secondes, quand même, pour
saluer les collègues. Je pense que c'est important de le faire, parce que parfois on est présentés comme
des adversaires, mais on est d'abord et avant tout des collègues, des partis
des oppositions, des partis... au gouvernement. Merci d'être présentes et
présents, M. le sous-ministre, toute l'équipe en arrière. On va
travailler très fort pour répondre, au meilleur de nos connaissances, aux
questions qui vont être posées.
Je suis très content que ma collègue arrive sur
le préscolaire, avec le nouveau cycle du préscolaire, qui inclut les maternelles quatre et cinq ans. On n'a pas
juste ajouté une année, on a repensé, je dirais, le programme de formation.
Donc, c'était très, très important de le faire. Et j'entends, dans la question
de ma collègue, le désir que de plus en plus d'élèves accèdent à la maternelle
quatre ans et je dis : Bien, enfin, je suis content, je suis très, très,
très content, parce que la posture de départ de ma collègue et des autres
partis d'opposition, c'était d'être contre l'élargissement de l'accès à la
maternelle quatre ans, ils nous disaient qu'il n'y avait que nous, au
gouvernement de la Coalition avenir Québec, qui étaient les promoteurs, les
défenseurs. On voulait étendre l'accès. Je me souviens d'avoir entendu des gens
des oppositions qui disaient que les parents n'en voulaient pas, que la place
des enfants était à la garderie, puis là,
dans le fond, j'entends ma collègue dire qu'il en faudrait plus, il faudrait
faciliter l'accès, donc je pense que c'est un beau... un beau
revirement. Je pense que, quand on fait fausse route, il faut changer de
direction, tout simplement.
Et, pour qu'il y ait plus d'élèves qui accèdent
à la maternelle quatre ans, bien, il fallait ouvrir des classes. Alors, ma
collègue, je sais qu'elle apprécie souvent les tableaux, en voici un qui
démontre le nombre de classes qu'il y avait de maternelles quatre ans, donc
première année du cycle préscolaire, sous le précédent gouvernement, du gouvernement libéral, et on voit, là, ce n'est pas
une petite courbe à la hausse, là, une explosion du nombre de classes.
Il y en avait 394 sous le gouvernement du Parti libéral, on est aujourd'hui
à... on a aujourd'hui 1 610 classes qui sont ouvertes. Ça, ça permet
plus d'élèves, évidemment.
Ici, corollaire de la hausse d'augmentation du
nombre de classes, bien, on a le nombre d'élèves. Alors, en date de 2021-2022,
au moment où on se parle, on est environ à 15 764 élèves. Donc, sous
le gouvernement libéral, les élèves, ils n'avaient pas accès à la maternelle
quatre ans ou très, très, très peu. Ma collègue dit que c'était difficile d'y accéder. Ici, les critères pour accéder à des
classes qui ne sont pas ouvertes, personne ne se le demandait. Des critères
pour admettre des groupes dans des écoles où il y a zéro maternelle quatre ans,
on ne se posait pas la question.
Là, on a ouvert les classes. On accueille près
de 15 764 enfants. Ça, c'est 15 764 familles, aussi, qui ne
sont pas en train de chercher une place en garderie. C'est des hommes et des
femmes qui savent que leur enfant reçoit les meilleurs services, peuvent aller
travailler, exercer leur métier toute la journée en toute conscience, en
sachant que leurs enfants sont bien accompagnés, bien encadrés, puis on va
poursuivre sur cette lancée-là.
Et je vois que Mme la Présidente me dit que j'ai
utilisé mon temps, donc je cède la parole à ma collègue.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Pour rectifier, on
a toujours dit qu'on était pour les maternelles quatre ans, mais on ne voulait pas du mur-à-mur parce qu'on savait que nous
n'avions pas assez d'effectifs, des enseignants. Il nous en manquait déjà,
il nous en manque toujours. Et même vous, vous avez dû reculer sur votre
engagement initial : vous avez promis 5 000 classes de
maternelle quatre ans, vous avez dû réduire ça à 2 600. Puis maintenant
vous n'avez même presque plus d'objectif, alors, je pense que vous visez
1 600 pour 2023, finalement.
Alors, maintenant que ça, c'est rectifié, moi,
ma question est vraiment spécifique. En 2018, vous nous disiez qu'il y avait
18 000 enfants qui n'étaient pas rejoints, présentement, avec les CPE
et services de garde. Aujourd'hui, vous êtes rendus à combien? Vous êtes
supposés le savoir parce que vous dites que vous avez fait une analyse et une
réflexion conjointes.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Bien, d'abord,
c'est souvent le cas, des fois, dans la prémisse de la question, il y a
quelques affirmations qu'il faut corriger. C'est faux de dire qu'on n'a pas de
cible. La cible, elle est de 2 600 classes ouvertes. On va
l'atteindre, cette cible.
Oui, c'est vrai, on a décalé sur quelques années
l'atteinte de cette cible-là parce qu'on est à l'écoute du réseau, parce qu'à chaque fois, avant d'autoriser,
ce n'est pas le ministère, ce n'est pas le ministre qui ouvre des classes,
ce sont les centres de services scolaires, ce sont les équipes-écoles. Donc,
avant d'autoriser de la part du ministère à ce qu'un centre de services
scolaire ouvre sa classe et réponde aux demandes des parents — parce
qu'on sait que les parents veulent ce service-là — bien, on consulte. À
chaque ronde, à l'automne, il y a une consultation, puis on dit : Avez-vous les locaux? Avez-vous les enseignants? Avez-vous
les éducatrices?, et, en fonction de ça, on autorise des ouvertures de classes
et on va atteindre la cible de 2 600 classes pour que chaque parent
qui veut inscrire son enfant puisse le faire à la fin.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy : Vous n'avez pas
répondu à ma question. Troisième essai. En 2018, vous disiez qu'il y avait
18 000 enfants qui n'étaient pas rejoints. Aujourd'hui, selon
l'annexe 33, vous êtes supposés d'avoir identifié les milieux où se trouvent un grand nombre d'enfants qui
ne sont ni en SGEE ni à la maternelle quatre ans. Il y en a combien?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Dans le processus,
parce qu'on est dans le processus du déploiement pour atteindre plus de
15 000 enfants aujourd'hui — on voit les courbes qui
montent — pour
augmenter le nombre de classes comme on l'a fait, il faut ouvrir des classes,
et en fonction de la loi qu'on a adoptée, on ouvre d'abord, en priorité, dans
des milieux qui sont socioéconomiquement défavorisés. Mais en fonction de la
loi, il y a aussi un processus de travail, de concertation avec le ministère de
la Famille. On essaie de déployer jusqu'à ce que le déploiement soit terminé,
se fasse en priorité dans les milieux qui
sont moins bien desservis. Et c'est de concert, comme ça, en discussion continue
qu'on arrive à cibler les centres de services scolaires et à autoriser les
classes.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Rizqy : Respectueusement,
M. le ministre, je vous invite à lâcher votre tableau puis ouvrir votre cahier
de crédits. Moi, j'ai fait l'exercice. Dans vos cahiers de crédits, CMN-4 — vous
avez une équipe derrière vous —
annexe 33,
vous dites que vous avez fait une analyse et une réflexion. Je vous demande de
déposer cette analyse et réflexion. On veut
connaître les données. On veut savoir combien d'enfants sont dans aucun des
réseaux. Et je vous rappelle que vous nous avez aussi promis, grâce aux
maternelles quatre ans, de retirer 50 000 enfants des listes de La Place
0-5 ans. Entre votre promesse le jour des élections et aujourd'hui, vous
n'avez ni retiré, au contraire, ça a augmenté par 20 %. Il y a
52 000 enfants, aujourd'hui, qui sont inscrits à La Place
0-5 ans.
Alors, moi,
je m'inquiète, parce qu'aujourd'hui j'ai toujours une une du journal de Daphnée
Dion-Viens, qui a des enfants qui ne sont dans aucune place de services
de garde et qui sont refusés à la maternelle quatre ans parce qu'ils n'ont pas
été tirés au sort, et vous avez refusé un amendement qui allait dans ce
sens-là.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Sur la question
plus précise d'identification des enfants non desservis, on travaille avec le
ministère de la Famille et la Régie de l'assurance maladie du Québec, la RAMQ,
pour les identifier. Je veux vous dire que
les travaux sont en cours en ce moment, on est en attente des données de la
RAMQ. Donc, avec les naissances, avec
la RAMQ, on est en train d'obtenir davantage d'information. Mais, d'une manière
ou d'une autre, à chaque année, vraiment,
en tenant compte, cependant, de la capacité des centres de services scolaires
d'ouvrir des classes, en concertation avec Famille, on continue de
déployer.
Je suis content de voir que ma collègue trouve
que ça ne va pas assez vite, parce qu'au départ elle disait qu'il ne fallait
pas en ouvrir, à
part vraiment dans des milieux défavorisés. Nous, on pense
qu'il faut l'offrir à l'ensemble des familles, à l'ensemble des enfants, mais
on ne peut pas le faire seulement en une année ou en deux années, il faut
respecter le rythme du réseau.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci
beaucoup. Mme la députée.
Mme Rizqy : En
tout respect, ce que vous dites, c'est contraire à la vérité, j'ai même
l'amendement devant nous. On n'a jamais dit de ne pas ouvrir, sauf on a
ajouté le mot «prioriser» et on vous a demandé de travailler de façon
intelligente. Travailler de façon intelligente, c'est de dire : Si on veut
agir tôt puis on veut rejoindre une clientèle qui est plus vulnérable parce
que, justement, elle n'a fréquenté aucun service de garde ni un CPE, bien, à ce
moment-là, il faut être conséquents.
aujourd'hui, j'aimerais avoir un engagement de votre part de nous déposer —
annexe 33,
CMN-4 — l'analyse
et réflexion qui a été faite. Vous êtes supposé d'avoir ces données. Et j'ai
vérifié déjà avec l'Institut de la statistique de Québec, là... du Québec, pardon, il n'y a pas eu de baby-boom au
courant des quatre dernières années. Alors, moi... Est-ce que vous
pouvez prendre l'engagement de nous déposer cette analyse et réflexion? On en a
besoin pour comprendre mieux, en ce moment, la situation.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Dans le cadre des
crédits provisoires, il y avait quelques-unes des questions, on n'avait pas les
réponses tout de suite. Je sais que vous aviez notamment demandé le protocole
de lecteur de CO 2 , ça a été répondu, ça a été déposé en ligne sur le
site de la commission depuis; taux de sortie sans diplôme, ça avait été demandé
lors des études de
crédits provisoires, on a trouvé cette réponse qu'on n'avait pas
instantanément, mais ça a été déposé; aussi, une estimation du nombre d'écoles
qu'on va être capables de rénover dans la prochaine année avec les budgets,
ça a été déposé.
Donc, à mesure qu'on reçoit les informations,
quand on n'est pas capables de l'avoir instantanément, on répond. Puis, quand
on va avoir fini d'harmoniser les travaux RAMQ, quand on aura les chiffres
donnés, ça va nous faire plaisir, en toute transparence, de les transmettre à
la commission, comme on l'a fait la dernière fois.
La Présidente (Mme Thériault) : Donc,
on comprend que vous prenez l'engagement de faire parvenir à la commission les
tableaux du moment que vous avez les données.
M. Roberge : Absolument.
La Présidente (Mme Thériault) : Donc,
ça sera noté et ça sera sur Greffier au moment où on le recevra, parce que je
n'ai pas l'impression qu'on va recevoir ça avant la fin des études des crédits.
Donc, vous en prenez un engagement formel, comme d'habitude.
M. Roberge : Absolument. Oui,
oui.
La Présidente (Mme Thériault) : Et
on confirme que c'est bien ça.
Mme la députée, la parole est à vous. Il reste
trois minutes au bloc.
Mme Rizqy : Oui. Alors, je vais
aller tout de suite à la prochaine question. M. le ministre, vous avez... On a
tous vu, là, un enfant de quatre ans faire un examen d'admission pour une
maternelle cinq ans se faire refuser. Vous avez dit que vous ne trouviez pas ça
normal, mais vous ne voulez pas agir sur cette question. Or, vous êtes
ministre, s'il y a une personne dans cette salle qui a le pouvoir de rectifier
le tir, c'est seulement vous.
Est-ce qu'un enfant de quatre ans qui reçoit un
refus d'aller à son école de quartier qui est à un jet de pierre de sa maison,
vous trouvez ça normal? Première question.
Deuxième
question : Pensez-vous sincèrement que ce n'est pas un tour de passe-passe
que de dire que deux écoles, deux bâtisses complètement distinctes, avec
deux équipes-écoles complètement distinctes, Harmonie et puis l'école
Monseigneur-Richard, à 1,6 kilomètre de distance... pensez-vous
sincèrement que c'est la même école, ou ce n'est pas plutôt un tour de passe-passe qui fait en sorte qu'elle n'est pas
obligée, cette école-là précise, d'offrir le programme régulier à
l'intérieur de ses murs et qu'un enfant de cinq ans devra par conséquent se
retrouver à 1,6 kilomètre de sa maison?
Je pense que vous avez eu le bon réflexe de dire que ce n'était pas normal.
Maintenant, moi, je vous demande sincèrement
d'aller un peu plus loin puis de rectifier le tir parce qu'on en a, des équipes
qui, effectivement, ont deux bâtisses, mais dans des terrains contigus,
qui sont pratiquement, là, sur le même terrain, c'est la cour d'école qui les
sépare. Et, si c'est ce n'est pas la cour
d'école qui les sépare, c'est 1,6 kilomètre, c'est la même distance entre
le Parlement du Québec puis le palais de justice en bas de la côte,
c'est pas mal loin.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre, il reste 1 min 10 s.
M. Roberge : O.K., je vais
essayer de répondre. D'abord, je suis content qu'elle ramène cette question-là,
parce que, dans la loi, là, il y a trois
critères, essentiellement, là : la fratrie, on ne veut pas séparer les
frères et les soeurs, la distance, on veut le plus près possible, et
éviter de fracturer le parcours scolaire, on veut la stabilité. Là, par contre,
tout ça, dans la loi, c'est attaché à une école. Ma collègue dit : Oui,
mais là le centre de services scolaire le fait avec une école, mais dans deux
pavillons, est-ce que ce ne serait pas plutôt deux écoles distinctes? Je vais
rejoindre ma collègue sur le fait que ça joue un petit peu sur les termes qui
sont dans la loi. Je peux vous dire qu'à ma demande le ministère a contacté le
centre de services scolaire pour s'entendre, pour voir ce qu'il en était, puis
après analyse, après vérification, telle qu'elle est rédigée, la loi, elle
autorise cette action du centre de services scolaire. Je pense que c'est le genre de choses qu'il faudra ajuster,
colmater avec une modification législative. Vraisemblablement, peu importe
qui sera dans cette chaise au début du prochain mandat, c'est quelque chose
qu'on pourrait corriger.
La Présidente (Mme Thériault) : Et
ceci met fin...
M. Roberge : Donc, à ce
moment-ci, la loi est respectée.
La Présidente (Mme Thériault) : Ça
met fin au bloc d'échange avec Mme la députée de Saint-Laurent.
Donc, sans plus tarder, je vais aller du côté de
Mme la députée de Sherbrooke. La parole est à vous, et vous avez 14 minutes...
non, pardon, excusez-moi, 12 min 13 s.
Mme Labrie : Merci, Mme la
Présidente.
On va rester sur ce même sujet. Contente
d'entendre l'ouverture, bien, en fait, même la nécessité d'une modification
législative pour corriger ça. Je pense que c'est une faille, aussi, qu'on
aurait dû voir venir. Je veux revenir sur des propos que le ministre a tenus,
parce que cette situation-là... Bon, je veux sortir du cas individuel, là, il y
a des milliers d'enfants qui vivent cette situation-là chaque année, qui ne
sont pas admis dans une école sélective. Le ministre a
dit : «Sélectionner des élèves dès la maternelle, séparer des fratries et
choisir qui accédera à une école primaire dans le réseau public ne devrait pas
être une option à privilégier.» Je veux revenir sur ces propos-là du ministre. J'étais très contente de l'entendre dire
ça. J'aimerais voir avec lui ce qu'il est prêt à faire pour s'assurer que,
dans nos écoles publiques, on ne fasse pas
ça, ce qu'il ne veut pas qu'on privilégie, qu'on s'assure de ne pas avoir des
écoles publiques qui font de la sélection comme ça, des écoles de quartier.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Il existe une
catégorie à part, qui est quand même peu nombreuse au regard des plus de
3 000 écoles qu'on a au Québec, qu'on appelle les écoles 240,
dans le jargon, là, c'est parce que ce sont des écoles qui ont un statut
particulier en vertu de l'article 240 de la
Loi sur l'instruction
publique, ils ont un projet particulier qui les autorise spécialement à faire
de la sélection d'élèves. Habituellement, là, on parle de sport d'élite. Il n'y
a pas que ça, là, mais c'est une
sous-catégorie qui est différente. Pour le reste, des projets éducatifs
distincts encourageants, emballants, qui mobilisent la communauté, qui
amènent les gens à s'impliquer sur le conseil d'établissement, sur le conseil
d'administration, qui amènent un sentiment d'appartenance à l'école, je vous le
dis, je trouve que c'est exceptionnel, je
suis très content que ça existe. Est-ce qu'on devrait sélectionner les enfants
pour ces écoles qui ne sont pas 240? Le moins possible, le moins possible. On
veut le plus possible un accès universel à ces projets pédagogiques
particuliers, des fois on les appelle des couleurs...
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
M. Roberge : ...des fois, des
concentrations. J'y reviendrai.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
M. Roberge : Je m'excuse. On
revient, on continue.
La Présidente (Mme Thériault) : Oui,
merci. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Très contente
d'entendre le ministre dire qu'il veut le plus possible un accès universel à
ces programmes, vocations, couleurs, bon, la liste des qualificatifs pour ça
est longue, là. Je partage la même chose que lui,
je pense qu'on devrait favoriser un accès universel à ces programmes-là et donc
éliminer les tests de sélection et les exigences de résultats
académiques, les frais, aussi, pour ces programmes-là. Donc, j'aimerais
entendre le ministre. Qu'est-ce qu'il est prêt à faire? Quelles modifications
législatives, quelles modifications au financement du réseau scolaire il est
prêt à faire pour qu'on corrige ce problème-là de ségrégation scolaire?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Je veux quand même
glisser un mot sur un thème qui est connexe, qui est lié à la même chose. Quand
on parle d'accéder, la plupart du temps, à des activités scientifiques, mais
souvent c'est culturel ou sportif, très
souvent ce sont des activités culturelles ou sportives, on appelle ça des
projets pédagogiques particuliers, des couleurs, des concentrations, des
passions, toutes sortes de façons de le dire. Outre les écoles 240, il y a
quelque chose qu'on a mis sur la table, ma collègue n'en parle pas
souvent, mais c'est l'accès au parascolaire gratuit universel pour tous les
élèves qui fréquentent une école secondaire publique, puis on est en train de
le déployer, là, on est à l'an 3. L'an
prochain, on sera à 115 millions de dollars,
115 millions de dollars, là, qu'on injecte pour que les parents
n'aient pas à l'injecter, là. Ça, ça veut dire que c'est sans frais
pour... jusqu'à une heure par jour par élève, dans nos écoles secondaires publiques, d'activités sportives,
culturelles, artistiques, scientifiques. Je pense que c'est un grand pas comme
aucun gouvernement n'a jamais fait dans ce dossier-là.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Labrie : Oui, je connais ce
programme. Malheureusement, le problème avec le parascolaire, c'est que c'est en
dehors des heures de classe, donc c'est moins facilitant pour la dynamique
familiale. Il y a des enjeux de transport. Il y a des élèves qui ne pourront
pas participer à ces activités-là parce que personne ne va être disponible pour aller les chercher plus tard après l'école,
une fois que le transport scolaire va être parti. Donc, il y a des difficultés,
je trouve, en lien avec le choix de miser
sur le parascolaire plutôt que sur l'intégration de ces activités-là au sein
des heures de classe comme le font les programmes de concentration, tout
ça, qu'on vient d'énumérer.
Donc, moi, je demande au ministre : Est-ce
qu'on ne devrait pas plutôt, cet argent-là, l'investir pour que les programmes
qui se font sur les heures de classe, qui permettent d'avoir accès aux
activités culturelles, sportives, scientifiques dont le ministre parle...
est-ce qu'on ne devrait pas faire ce qu'il faut pour que ces activités-là
puissent être gratuites, accessibles dans la
grille horaire des élèves, sur leurs heures de cours, comme veut le faire, par
exemple, le centre de services scolaire des Chênes, à Drummondville?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Je
suis content que ma collègue parle du centre de services scolaire des Chênes.
Il y en a d'autres. Dans les médias, on dirait que les gens ont découvert cette
initiative-là, mais il n'y a pas que le centre de services scolaire des Chênes,
dont je salue le leadership, qui a pris cette voie-là. Je sais que
Marie-Victorin aussi a fait un grand pas, il
y a quelques années, là-dedans, en donnant des couleurs — ils
les appelaient des couleurs, là — à
leurs écoles secondaires, en disant aux jeunes : Tu n'es pas obligé
d'aller à l'école secondaire du quartier. Pour le primaire, vraiment, on vise vraiment les marcheurs, la proximité, hein,
des amis sur la rue. Au secondaire, tu as peut-être plus besoin d'avoir plus un
grand sentiment d'appartenance, revêtir le chandail, souvent, aux couleurs de
ton école, puis offrir le transport d'une école à l'autre, en fonction
de ce que tu as plus le goût de faire comme adolescent.
Et, pour moi, ça ne s'oppose pas, tu sais, de
dire : On ne devrait pas faire le parascolaire, on devrait faire les couleurs, les concentrations. Moi, je pense qu'on
est capables de faire les deux. Il y a des centres de services scolaires qui
ont déjà avancé, et je pense que le réseau est mobilisé dans cette
direction-là, puis, comme gouvernement, on est disposé à les appuyer à
aller dans cette...
La Présidente (Mme Thériault) : Merci
beaucoup. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Parfait. Bien,
moi, je ne veux pas opposer les deux. Simplement, compte tenu des ressources
limitées, je postulais que, s'il fallait choisir, il vaudrait mieux choisir de
financer l'accès à ces activités-là sur les heures de cours, dans la grille
horaire. Évidemment que, si le ministre nous dit : On est capables de
faire les deux, je préfère qu'on fasse les deux, c'est juste qu'on ne veut pas
se faire accuser de penser que l'argent pousse dans les arbres, hein, vous
savez, donc, on fait très attention à ça.
Le ministre me parle de ces programmes-là. Je
sais qu'ils existent dans de très nombreuses écoles, en particulier au
secondaire. Le problème, c'est que souvent, ces programmes-là de concentration,
il y a des examens d'admission. Il y a des examens d'admission pour ça, il faut
avoir... Il y a des exigences académiques, il y a des frais qui sont exigés
pour ça. Puis je veux... c'est ce que je constate chez nous, là, le magasinage
d'école se fait puis le facteur coût du programme entre en jeu. Les parents
regardent ça, puis ils se disent : Oui, ce programme-là, c'est le fun, il
coûte 400 $, ah! celui-là coûte 600 $, il y a des examens
d'admission. Donc, ça, est-ce qu'on peut le régler? Est-ce qu'on peut éliminer ces barrières d'accès aux programmes qui, on
le sait, là, favorisent la persévérance scolaire, la motivation des
jeunes?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : On se rejoint,
aujourd'hui, peut-être plus que ce que des gens à la maison s'imaginaient. Bon,
le parascolaire, on est d'accord là-dessus.
Je fais une distinction, quand même, pour les écoles, vraiment, qu'on appelle, des fois, sport élite, puis ce n'est pas 80 %
des gens qui font du sport qui sont sport élite, hein? Écoles 240, je
comprends qu'on doive sélectionner pour des élèves qui font des parcours très,
très particuliers, mais je pense vraiment qu'il faut favoriser l'accessibilité
puis qu'il faut lever des barrières financières, d'accès et de choix. Je ne
pense pas que le jeune, l'enfant devrait être privé de s'inscrire dans
une activité, dans une couleur, dans une concentration en fonction du revenu de ses parents. Puis, je vous le dis, on
avance dans cette direction-là, il y a une annonce qui s'en vient. Le
gouvernement s'en vient avec une annonce très, très bientôt qui va venir, je
pense... qui va venir, je pense, satisfaire ma collègue, mais ce sera à elle de
juger, mais qui va venir favoriser, vraiment, l'accessibilité des jeunes à tous
ces programmes qui les mobilisent, leur permettre de décrocher des diplômes.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Il reste quatre minutes au bloc, Mme la députée.
Mme Labrie : Parfait. Bien, je
suis contente d'entendre le ministre dire ça, j'ai hâte d'avoir cette annonce.
Est-ce qu'il y a des fonds qui ont été prévus pour financer cette mesure-là?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Évidemment,
si on fait une annonce pour favoriser l'accessibilité puis limiter les frais,
bien, oui, il y a des fonds qui sont prévus.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Mme la députée.
Mme Labrie : C'est
quoi, l'échéancier du ministre pour faire en sorte que, dans nos écoles
primaires, secondaires, publiques au Québec, les élèves n'auront pas à
passer un examen d'admission, ou à avoir un certain résultat scolaire, ou à payer des frais pour avoir accès à ces
programmes-là? Puis évidemment j'exclus, là, les programmes plus d'élite, là,
comme le ministre l'a nommé, je parle de la vaste majorité des programmes qui
ne sont pas des programmes qui nécessitent un talent particulier de niveau
d'élite sportif.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Bien là, je vous
dirais que vous me posez une question sur le détail, sur les modalités d'une
annonce qu'on est en train de... d'un programme qu'on est en train de
concevoir. Donc, je ne peux pas vous dévoiler les détails, pas simplement pour une question de
scoop, mais parce qu'on est en train encore de faire des consultations, de
faire des vérifications, d'arriver avec quelque chose qui soit parfaitement à
point, que tous les fils soient attachés. Mais
on pense que les projets pédagogiques particuliers, ce qu'on appelle les projets
éducatifs des écoles, c'est quelque chose
de porteur. Il y a beaucoup d'engouement pour ça, le parascolaire aussi. Je
suis conscient que c'est deux choses, puis on veut favoriser l'accès du
plus grand nombre à autant parascolaire qu'à ces programmes-là. Et puis, bon,
écoutez, là, quand tout sera prêt, ça nous fera plaisir de l'annoncer, de voir
les détails puis d'annoncer tout ça.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Mme la députée.
Mme Labrie : Est-ce que ça va
prendre un changement législatif pour faire... pour mettre en oeuvre ce que le
ministre souhaite, finalement, de rendre plus accessible ces programmes-là,
d'éliminer les barrières?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Bien, je pense
qu'on est capables de faire un bon bout de chemin avec la loi telle qu'elle
est, mais, la
Loi sur l'instruction publique, de temps en temps, on doit faire
des ajustements. D'ailleurs, en réponse à la collègue, tout à l'heure, je pense
qu'on a vu qu'il y avait une petite faille, là, quelque chose à ajuster. Je
pense qu'on est capables de faire un grand bout de chemin sur le thème dont on
parle sans modifier la loi. Est-ce qu'à un moment donné, à mesure qu'on avance,
il va falloir la modifier? Peut-être qu'on aura à le faire, mais on est
capables de favoriser l'accès des élèves, nonobstant le salaire des parents,
sans modifier la
Loi sur l'instruction publique.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Mme la députée.
Mme Labrie : Parfait. Donc,
amorcer cette transition-là pour abolir la ségrégation scolaire dans nos
écoles, ça ne dépend pas d'un changement législatif, là, qui nous permettrait
d'amorcer le processus, on peut commencer à le faire dès maintenant.
Simplement, c'est un choix politique qu'il faut faire et qui s'en vient, si
j'entends le ministre.
M. Roberge : Le gouvernement
poursuit sur sa lancée. Comme je dis, on l'a commencée avec le parascolaire.
C'est quand même énorme, là, je le répète, là, ce n'est pas 114 millions,
mettons, sur trois ans ou sur 10 ans,
là, à partir de l'an prochain, c'est 114,9, presque 115 millions de
dollars par année. Ça, c'est pour le parascolaire. On a fait un bout de
chemin incroyable. Il y a des gens qui nous disaient que ça ne se faisait pas,
on le fait. Et là je vous dirais qu'on travaille aussi sur les concentrations
et tous les autres domaines, puis on est capables d'avancer.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Une dernière question rapide, Mme la députée.
Mme Labrie : Avec
ce montant-là de presque 115 millions par année, combien d'écoles,
actuellement, bénéficient de cette mesure-là pour que le parascolaire
soit gratuit?
La Présidente (Mme Thériault) : 30 secondes,
M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Écoutez, on
est en train de faire... Parce que c'est le bilan de l'année et c'est
difficile, j'aimerais ça... J'ai demandé, d'ailleurs, les collègues,
l'information, M. le sous-ministre le sait très bien. J'ai fait plein, plein,
plein de demandes, mais on nous dit que c'est très, très difficile de faire le
bilan de l'année pour le début du mois de mai. Je sais qu'énormément d'écoles y
ont adhéré l'an passé, mais, l'an passé, le budget était bien moindre, et il y
a eu la COVID. Ça a été beaucoup plus difficile cette année, c'est en beaucoup
plus grand nombre. On aura les informations très bientôt, parce que, bon,
l'année n'est pas terminée, on ne peut pas accabler le réseau, toujours, de
demandes d'information, de collecte d'info, là, à tout bout de champ.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Mme Labrie : Est-ce qu'il peut
simplement s'engager à le déposer quand il obtiendra l'information?
La Présidente (Mme Thériault) : Oui,
M. le ministre, est-ce que vous pouvez vous engager à faire parvenir le bilan à
la commission de l'éducation?
M. Roberge : Ça va nous faire
plaisir de faire le bilan de ce programme-là, on est extrêmement fiers. Donc,
oui, ça ne sera pas dur à trouver.
La Présidente (Mme Thériault) : Parfait.
Merci, c'est gentil.
Je retourne maintenant du côté de l'opposition
officielle. Mme la députée de Saint-Laurent, 16 minutes.
Mme Maccarone : Ce serait moi,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Thériault) : Ah!
excusez-moi, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, désolée.
Mme Maccarone :
Merci, Mme la Présidente. Bonjour, collègues. Bonjour, M. le ministre.
Le ministre ne sera pas surpris que je vais
renchérir sur le cas des élèves handicapés ou ayant des difficultés
d'adaptation ou d'apprentissage, en particulier ceux qui sont non scolarisés.
J'ai été vraiment surprise de recevoir, dans les cahiers de crédits, l'EDUC-85,
la définition en ce qui concerne ceux qui sont renvoyés à la maison par les
centres de service scolaires ou les commissions scolaires, parce que ce qu'on a
vu dans cette page, c'est que c'est 21, 21 enfants qui sont déclarés en
scolarisation en domicile. Alors, est-ce que le ministre peut bien nous
expliquer comment ça se fait qu'on utilise la LIP,
article 15, qui est
très clair, en disant qu'«en est exempté par le centre de services scolaire en
raison de maladie ou pour recevoir des soins [de] traitements médicaux requis
par son état de santé»? Comment est-ce que le ministre peut expliquer l'écart
avec le rapport que nous avons aussi reçu, qui est révisé, où les chiffres ne
correspondent pas? Parce que, là, on parle d'un rapport, évidemment, qui est
très parcellaire puis plusieurs définitions.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Oui, on aborde un
thème qui est large, avec ma collègue, qui est cher à son coeur, cher au nôtre
aussi, toute la question des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation et
d'apprentissage. C'est très, très vaste, là. On peut, je dirais, accompagner
les parents qui font le choix de faire l'école à la maison, on doit limiter les
bris de service. On doit donner les services aux élèves qui sont en classe,
intégrés dans les classes régulières. On doit augmenter le nombre de classes
spéciales. Donc, c'est un chantier à plusieurs volets.
Je vais commencer en montrant un des éléments de
ce volet-là, c'est le nombre de classes, on appelle ça parfois des classes d'adaptation, ou nombre de classes spéciales.
Plusieurs élèves sont intégrés, parfois on dit «inclus», dans des
classes régulières. C'est très, très bien. Chaque fois qu'on peut le faire, on
le fait, mais ce n'est pas la meilleure
place, toujours, pour ces élèves-là, qui ont des besoins vraiment particuliers.
Et c'est important de mentionner qu'en trois ans on a augmenté le nombre de
classes spéciales de 726. On en avait 3 465 dans le réseau à notre arrivée,
on est maintenant à 4 191. On a augmenté le nombre de classes spéciales de
près de 20 %, et ça ne compte pas cette année — c'est exceptionnel — pour
répondre aux besoins de ces enfants-là.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Mais, même dans
ces classes spécialisées, il y a des enfants qui restent toujours non scolarisés.
Puis, encore une fois, je vous réfère à vos documents de crédits, l'EDUC-90, où
on dit qu'il y a 11 élèves autistes qui sont scolarisés à la maison, puis
c'est une vraie joke, je m'excuse. C'est la plainte numéro un que je reçois à
mon bureau de comté, c'est des appels des parents au quotidien, chaque semaine,
je peux les dénombrer pour tout le monde, mais j'ai très peu de temps, avec
16 minutes, ça fait que je ne ferai pas la démonstration de la peine puis
l'impact sur nos familles. On sait qu'est-ce que c'est quand l'enfant est
renvoyé à la maison, puis ça, c'est sans services.
Alors, encore une fois, comment est-ce que le
ministre explique, malgré que nous avons un nouveau rapport qui a été déposé,
que, dans son rapport, il y a près de 1 500 élèves qui sont toujours non
scolarisés?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : On ne va pas
défendre l'indéfendable. S'il y a des élèves qui sont en bris de service, qui
ne reçoivent pas toute l'aide à la maison, il faut y voir, d'accord, il faut y
voir. Il y a des cas, par contre, qui sont très complexes, très difficiles,
puis je n'en apprendrai pas à ma collègue à cet égard-là, là, je n'irai pas là,
mais il y a des élèves qui, parfois, dans le milieu scolaire, deviennent très
violents, font des crises, lancent des objets, mordent, et, pour eux-mêmes,
pour les protéger, pour protéger le personnel, pour protéger les autres élèves,
il y a des retraits temporaires pour... parce que ça relève davantage de la
Santé que de l'Éducation, moi, je pense qu'il faut qu'on travaille ensemble, Santé, Éducation, on le fait à
plusieurs égards. Mais parfois le retrait, c'est pour mieux servir l'élève,
quand même, c'est important de le mentionner.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone : Le ministre et
moi, nous n'avons pas la même définition de c'est quoi, un retrait temporaire. Je parle des élèves qui sont renvoyés
à la maison sans services pour une période... des mois, ou bien il y a
quelqu'un qui va à la maison pour offrir de l'éducation 30 minutes par
jour. Ce n'est pas scolariser un enfant.
On sait que le nombre d'enfants avec un
code 50 est en croissance. L'année passée, aux crédits, j'avais soulevé
18 259, on est rendus à 18 907. Ça fait que les codes 50 sont en
croissance. Puis, dans le rapport que le ministre nous avait déposé, qui est le
rapport que j'avais demandé suite à mon mandat d'initiative que j'avais mis ça fait presque un an aujourd'hui, le ministre avait
quand même fait un rapport très parcellaire. Je suis étonnée de voir, puis j'essaie
de contrôler ma colère, parce que je sais que c'est très personnel pour moi,
mais le nombre de plaintes que je reçois — puis mon coeur est avec ces
parents — en
ce qui concerne la collecte de données, on exclut l'une ou l'autre des
situations suivantes : les élèves pour qui une scolarisation à temps
partiel convenue dans le cadre d'un plan d'intervention et de concert avec des
parents permet de répondre à un besoin. C'est la non-scolarisation. Il y a
plein de parents, juste parce qu'ils ont
signé un formulaire qu'il ne comprennent peut-être pas, puis parce qu'eux aussi
sont fragiles et sont dans une situation de
vulnérabilité, ça ne veut pas dire que c'est acceptable que ces enfants soient
renvoyés à la maison.
Ça fait que qu'est-ce
que le ministre compte faire pour avoir un rapport avec une information qui est
complète? Parce que, si on peut avoir un
portrait de qu'est-ce qui se passe sur le terrain, bien là, je vais plus croire
dans les mesures, que ce soient des classes indépendantes, que le
ministre sait que moi, je ne crois pas à ça. Moi, je prône l'intégration et
l'inclusion. Nous vivons dans une société inclusive. Au moment que ces enfants
vont avoir 18 ans, ils vont quitter le
réseau scolaire, puis ils vont être parmi nous tous, «and we're not going to
know what to do with them». Pourquoi? Parce qu'on les a mis à
part comme
des petits zoos. Ce n'est pas correct, ils ne sont pas des animaux, ils sont
des êtres humains comme nous.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. M. le ministre.
M. Roberge :
Oui, bien là, ce n'est pas des animaux, là, ce sont des enfants, des
élèves, puis, comme gouvernement puis comme réseau scolaire, on a la
responsabilité de tout faire notre possible pour les accompagner. Donc, là-dessus, là, 100 %. Puis, vous savez,
quand je montre l'augmentation du nombre de classes spéciales, ce n'est pas
pour dire qu'il faut sortir tous les élèves qui ont une difficulté ou une
différence du réseau scolaire, absolument pas, absolument pas. Je peux en
témoigner, écoutez, j'ai eu dans ma classe, comme titulaire de classe au
primaire, dans le réseau public, beaucoup d'élèves qui avaient des plans
d'intervention, qui avaient toutes sortes de difficultés, certains qui avaient
un trouble du spectre de l'autisme, puis on a été capables de les accompagner,
puis leur place était en classe régulière. J'en ai eu quelques-uns, cependant,
qui étaient en souffrance pendant des mois. Eux, leurs familles, parfois même
les élèves de la classe, parce qu'il arrivait des situations qu'on n'était pas
capables de gérer dans le cadre d'une classe régulière... et la raison pour
laquelle ils étaient dans la classe régulière, ce n'était pas parce que le plan
d'intervention disait que c'était la meilleure place pour eux, c'est parce
qu'il n'y en avait pas assez, parce qu'il n'y avait pas assez de vision, au
gouvernement, pour ouvrir des classes, parce qu'il n'y avait pas assez d'argent
dans les centres de services scolaires pour ouvrir des classes.
Et c'est ça qu'on
vient réparer quand on augmente le nombre de classes spéciales. On n'ouvre pas
des classes, puis après ça on cherche des enfants pour vider les classes
régulières. Ce n'est pas ça du tout, du tout, du tout. Il faut partir du besoin
de jeunes, puis, dans la très grande majorité, c'est la classe régulière, on
est d'accord, avec le soutien, on est absolument d'accord. Mais il y avait trop
de milieux en souffrance pour ne pas entendre la voix des profs, la voix des parents,
la voix des élèves. Je sais même que, dans les années 80, des parents, des
fois, poursuivaient le gouvernement pour que leurs jeunes soient intégrés en
classe ordinaire. Puis, dans les derniers... dans le dernier mandat du
gouvernement libéral, il y avait des parents qui poursuivaient le gouvernement
pour que leur jeune aille en classe spéciale, il n'y en avait pas assez. Ceci
dit...
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Mais là vous avez...
M. Roberge :
...il faut avoir des solutions adaptées à chaque réalité.
La Présidente
(Mme Thériault) : Je n'ai plus de temps, je n'ai plus temps.
Merci. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Il y a des enfants qui sont envoyés, aussi, à la maison, qui sont non scolarisés,
pas par choix, qui souffrent, qui souffrent.
Alors, je ne comprends pas cette réponse, Mme la Présidente. Moi, je parle du
bilan du ministre, qu'on peut aussi constater que le nombre de diplômés des
élèves HDAA a augmenté, mais de 1/10 de 1 %, malgré qu'il y a une croissance très importante de
nombre d'élèves qui sont catégorisés, qui sont codés. Alors, je ne vois pas beaucoup de succès depuis les quatre dernières
années. Je souhaite avoir du succès, je ne souhaite pas l'échec de ceci.
Si je partage avec
émotion mes préoccupations, c'est parce que je veux vraiment améliorer le
réseau, Mme la Présidente, puis je suis perturbée par les informations qu'on a
reçues dans les crédits. Quand on dit qu'on peut revenir, on n'est pas capables de nous donner le nombre d'élèves qui
sont en manque de services pour cette catégorie. Et, juste en septembre
l'année dernière, Mme la Présidente, on a su, parmi Le Journal
de Québec , que le ministre a dit, et je
le cite : «Je suis de mauvaise humeur après ce que j'ai lu, a lancé mardi
le ministre de l'Éducation, en entrevue. [Dans] le cas de la petite
Anaïs, c'est [le] cas où il y a eu brisure de services, c'est inacceptable, ce
n'est pas toléré [puis] ça va être corrigé
dès aujourd'hui. J'ai communiqué avec mon ministère, qui va communiquer avec le
centre de services scolaire. Dans un tel cas, on va carrément rembourser
les frais au privé pour la famille.»
Mais ça, c'est un
cas. Combien de familles ont été remboursées pour les frais au privé par le
gouvernement?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, je suis content qu'on ramène ce cas-là parce que ça montre vraiment la
volonté du gouvernement de donner les services aux élèves, d'accord? On a
beaucoup fait pour embaucher des ressources à l'intérieur du réseau.
Idéalement, ça se passe dans le réseau, et la plupart du temps ça se fait de
cette manière-là.
Écoutez, du personnel
de soutien, là, on en avait 25 815 en 2018‑2019. Ça, c'était, dans le
fond, selon le legs du dernier gouvernement.
On est rendus à 27 826, une augmentation de 2 000 personnes — en
fait, ça, c'est l'an passé, puisqu'on n'a pas les chiffres de cette
année, on est au milieu de l'année — 2 000 personnes de plus
dans le réseau scolaire, en temps de pénurie, là, alors que toutes les
entreprises, les CLSC, autant les entreprises privées que les organismes publics, tentent d'embaucher des gens. Quand on a
2 011 personnes de plus — pas 2 011 personnes
à temps partiel — en
équivalents temps plein, c'est parce qu'on a réussi un tour de force d'attirer
des talents dans le réseau, au bénéfice
des élèves qui ont besoin de services. Pour les professionnels aussi, presque
300 personnes de plus, équivalents temps plein, donc c'est beaucoup
plus que 300 personnes, en réalité, qui ont répondu à l'appel.
On aurait voulu en
embaucher plus que ça. Sincèrement, on ne manque pas de moyens, on a les
budgets pour ouvrir des postes, parfois les postes restent vacants. Mais de
penser qu'on n'améliore pas les services à l'intérieur du réseau scolaire,
écoutez, ça ne fonctionne pas. Quand c'est plus de... presque... oui, on est à
2 300 personnes de plus en deux
ans, c'est énorme, comme bond, et ça, c'est des milliers d'enfants. Pour chaque
adulte qu'on embauche, il y a des dizaines d'enfants qui reçoivent des
services améliorés.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre.
Mme la députée de Westmount—Saint-Louis,
4 min 15 s au bloc.
Mme Maccarone : Oui. Je vais répéter la
question : Combien de parents, en nom de leurs enfants, tournent vers
le privé pour recevoir des services? Parce
que ça reste qu'il y a une attente... les gens qui attendent deux ans, encore
plus, pour avoir du dépistage ou bien un accompagnement.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Bien, le nombre d'élèves en
situation complexe — donc
on est au-delà du plan d'intervention — ou qui ont vécu un bris de
service était, à la collecte de l'hiver 2021, 1 481. C'est trop,
d'accord? À la collecte de l'hiver 2022, on était à 1 379, donc on avait
quand même retiré 100 noms, 100 personnes de cette liste, qu'on
voudrait réduire encore, et encore, et encore, mais on a quand même réussi à
réduire ça en temps de pandémie puis en un temps de pénurie de main-d'oeuvre.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone :
Ça reste que ça nous amène à avoir un système de deux vitesses : ceux
qui peuvent payer pour des services en privé puis ceux qui ne peuvent pas. Ça
fait que... Est-ce que le ministre s'engage d'envoyer une directive, d'abord, à ses commissions scolaires
puis ses centres de services scolaires pour les parents qui sont en attente...
d'offrir une mesure budgétaire pour qu'eux, ils puissent aller en privé et être
remboursés par leurs écoles?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, quand est arrivée la situation dont ma collègue parle, on a rappelé
au réseau scolaire qu'on doit offrir les services aux élèves, puis on donne les
budgets pour le faire. Puis il y a des embauches, comme je viens de le
démontrer il y a peut-être une minute, il y a des embauches qui ont été faites,
on a réussi à attirer des gens pour
améliorer les services. Il y a des centres de services scolaires où, pour
toutes sortes de raisons, ils n'ont pas réussi à embaucher à temps plein
des gens, ils ont été obligés de les prendre juste à temps partiel. Et, oui, il
y a des centres de services... ils ont le budget pour, exceptionnellement,
aller au privé et donner le service.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Maccarone :
Je veux parler un peu au nom d'un parent qui m'a contactée juste cette
semaine parce que j'ai trouvé le témoignage bouleversant, puis c'est lié avec
le manque de services que nous avons, actuellement, sur le terrain, puis ça,
c'est un cas qui dure depuis un an et demi, à peu près, maintenant. Ça fait que
je vais lire le témoignage : «Il se couche par terre et pleure quand il
n'arrive pas à s'exprimer ou quand il est contrarié. Il y a eu plusieurs plans
d'intervention avec le CRDI concernant la gestion des émotions à la maison et à
l'école. Il a également des références pour l'orthophoniste et est en attente
depuis plusieurs mois pour avoir ces services. La TES et l'enseignante inscrivent à l'agenda un contenu avec des temps
raisonnables de contention», parce que, là, on parle de contention — on a
quand même une directive de contention parmi notre réseau scolaire, pour ceux
qui ne sont pas au courant — et
tout semble bien, ou trop bien, dans les communications, contrairement aux
faits, parce que la mère a su par la suite qu'il a passé des journées complètes
en contention, ce qui résulte dans la perte de la confiance dans l'équipe-école
et que cet enfant, aussi, est placé dans un local de retrait capitonné
fréquemment. Alors, l'enfant vit des frustrations envers son équipe et,
puisqu'il ne sait pas comment exprimer ses émotions, il essaie de frapper.
C'est une situation qui n'arrive jamais avec
l'éducatrice au CRDI ni avec la mère, qui utilisent d'autres moyens
d'intervention.
Ça fait que, si on
parle de prévention, la mère, même, elle demande que, quand ça arrive, à ce
moment-là, de retourner l'enfant à la maison
pour 15, 30 minutes, elle va se libérer pour aider cet enfant, pour éviter
qu'il est pris en mesure de contention.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci.
Mme Maccarone : Parce que ça
fait trois ans, depuis que ça arrive, Mme la Présidente, et je veux savoir si
le ministre a l'intention de revoir ce protocole pour mieux accompagner ces
enfants qui sont vulnérables, parce que ce n'est pas une mesure pour
accompagner les élèves qui sont en difficulté.
La Présidente
(Mme Thériault) : Vous avez 15 secondes pour répondre.
M. Roberge : Écoutez, quand des
enseignants, des professionnels et directions d'école considèrent qu'un jeune a
besoin de services et que l'école n'est pas capable de le fournir, la directive
au réseau, c'est de donner le service, même s'il faut aller au privé.
La Présidente (Mme Thériault) : Et
je n'ai plus de temps, donc ceci met fin à votre bloc.
Je vais
aller, maintenant, du côté de la troisième opposition. Mme la députée de
Joliette, vous avez 12 min 13 s à votre disposition.
Allez-y.
Mme Hivon : Merci, Mme la
Présidente. Salutations au ministre, aux collègues et à toute son équipe. Simplement vous dire que je vais partager ce bloc
avec mon collègue de Jonquière, qui aura une question pour le ministre.
Alors, je veux revenir sur, évidemment, le
dossier des maternelles quatre ans. En décembre 2010, on avait su que sept
enfants sur 10 qui fréquentaient la maternelle quatre ans provenaient d'un
milieu de garde éducatif à la petite enfance. Est-ce que le ministre peut nous
dire, en date d'aujourd'hui, quelle est la proportion d'enfants qui sont en
maternelle quatre ans et qui proviennent, donc, antérieurement d'un service de
garde à la petite enfance plutôt que d'aucune fréquentation de milieu éducatif?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Je vais vous...
J'ai posé la question pendant que vous posiez la question, là, les gens
s'activent à trouver ce chiffre-là. On va vous le donner.
Mme Hivon : Parfait. Ça fait
que je vais continuer.
M. Roberge : Donnez-moi une
petite seconde, quand même, quelques secondes pour donner un petit peu de
contexte. Donc, oui, on était, je pense, au départ, autour de 20 % des
jeunes qui sont en maternelle quatre ans qui arrivaient... en fait, qui
n'étaient dans aucun service de garde, mais de penser que la maternelle quatre
ans ne permet d'offrir des services qu'à ces élèves-là, c'est un peu court,
quand même, parce que les élèves qui sont en maternelle quatre ans ne sont pas,
par exemple, dans un CPE ou dans un service de garde. Ça libère des places pour
d'autres élèves qui, eux, vont accéder non
pas en maternelle quatre ans, mais, par exemple, en CPE et qui autrement
n'auraient pas accès en CPE. Donc, il y a un jeu, on pourrait appeler ça un jeu
de chaises musicales, mais, quand on libère une place pour des 0-4
ans... s'il va en maternelle quatre ans puis qu'il libère une place ailleurs,
il y aura d'autres familles qui en bénéficieront aussi. Mais on essaiera
d'avoir la réponse précise à votre question, là, le plus rapidement possible.
Mme Hivon : J'aimerais vraiment
avoir la réponse, parce qu'on se souvient tous qu'un des arguments de vente de
la maternelle quatre ans, c'était précisément pour aller rejoindre les enfants
qui ne fréquentaient aucun service de garde, et je pense que le ministre ne
veut pas qu'on s'embarque dans l'importante liste d'attente pour les places en
services éducatifs à la petite enfance. Donc, peut-être qu'il y a quelques
places qui ont été libérées, mais il y a surtout beaucoup, beaucoup plus de
parents qui attendent une place.
En attendant la donnée, je veux parler de ce qui
avait été présenté comme projet de maternelle quatre ans par le ministre lors
de l'adoption du projet de loi et qui, malheureusement, se révèle loin de la
réalité. Le ministre nous avait parlé du duo
de feu, hein, on se souvient de son fameux duo, chaque classe... On était très
inquiets dans l'opposition, avec mes collègues, 18 enfants par classe, c'est un
ratio beaucoup plus important qu'en CPE. Le ministre nous disait :
Oui, mais on va avoir un duo de feu, une enseignante et une éducatrice à
demi-temps. Or, dans un sondage fait par la FSE, on apprend que 22 % des
enseignants estiment que la deuxième ressource ne remplit pas le nombre
d'heures qui était promis, donc d'être à
demi-temps. Je voulais savoir comment le ministre réagit à cette
information-là, comment il peut tolérer une telle situation, qui est
bien différente de ce qu'il avait fait valoir lors de l'adoption de sa réforme.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Je vais répondre à
la question précise de ma collègue, mais après, si vous voulez, je pourrai
poursuivre aussi sur la réponse à la question précédente parce j'ai des
chiffres.
J'y crois profondément, à la pertinence d'avoir
quelqu'un qui a une formation universitaire, que ce soit une maîtrise
qualifiante ou le baccalauréat en enseignement préscolaire, primaire — ce
sont des études qui sont plus poussées, je
ne pense pas qu'on peut, quand même, remettre ça en question — qui
travaille en collaboration, dans une école, avec une éducatrice — je
dis «une éducatrice» parce qu'il y a peu d'hommes, là, mais, bon, on va le
féminiser — qui
a une formation aussi intéressante, qui travaillent ensemble pour le besoin de
l'élève, puis entourés de professionnels
aussi, parce que, dans le réseau scolaire, on est capable de référer à
l'ergothérapeute, on est capable de référer... ce n'est pas facile, je
ne dis pas que ça se fait la première journée, mais on est capable d'accéder à
des services professionnels.
Et la
moyenne, dans le réseau, pour les classes de maternelle quatre ans, c'est de 11
élèves. Donc, nos classes, là, en moyenne, il y a 11 élèves, il n'y en a
pas 15, 16 ou 17, élèves, à la grandeur du Québec, donc ça fait un ratio qui
est vraiment très bon, je n'ai aucune inquiétude sur la qualité des services
qui sont offerts. Je me souviens même d'un
article dans
le journal Le Nord-Côtier , qui est sorti il y a peut-être, quoi, deux,
trois semaines, où il y avait la direction d'école, les parents, les
enseignants qui louangeaient le service en voyant les effets extrêmement
positifs sur les enfants. Ce n'est pas moi qui le dis, là, ce sont les gens sur
le terrain.
La Présidente (Mme Thériault) : Rapidement,
M. le ministre, vous avez deux réponses à donner dans votre temps, il ne reste
presque rien.
M. Roberge : Est-ce que je peux
poursuivre?
M. Roberge : Bien, c'est parce
que je pensais que ma...
La Présidente (Mme Thériault) : Oui.
Non...
M. Roberge : Je change, je vais
sur l'autre?
La Présidente (Mme Thériault) : Oui,
c'est parce que vous aviez comme à peu près...
Mme Hivon : Non, mais vous
n'avez pas répondu à ma question.
La Présidente (Mme Thériault) : C'est
Mme Hivon : Ma question,
précisément, sur ça, c'était : Comment réagissez-vous au fait que les
enseignants sondés disent que, dans
22 %, minimalement, la seconde ressource n'est pas là pour le temps requis
d'être là, à demi-temps? Comment peut-on accepter ça?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : On est dans une
période de déploiement. Quand on me dit que, dans 80 % des cas, on atteint
la cible parfaitement, je trouve que c'est
quand même intéressant. Pour l'autre, bien, il faut trouver des solutions. Je
veux dire, on ne déploie pas le
service en disant : Tant pis, on déploie le service en corrigeant au fur
et à mesure. Donc, moi, si... quand j'ai de l'information que quelque chose ne
fonctionne pas dans le réseau, peu importe quoi, maternelle quatre ans, peu importe l'âge, quand il y a un problème
quelque part entre le préscolaire et la FP, la FGA, le primaire, le secondaire,
qu'il y a des normes nationales qui ne sont pas respectées, quand on l'apprend,
au ministère, laissez-moi vous dire qu'on fait l'accompagnement du
réseau puis qu'on résorbe. On est en période de déploiement, on ne peut pas
s'attendre à ce que tout soit parfait à l'an 1, l'an 2, l'an 3.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Il vous reste la moitié de votre temps sur votre bloc, madame.
Mme Hivon : Oui. Bien,
justement, on avait soulevé ça au ministre une fois et une fois encore, à quel
point, avec la pénurie, évidemment, de ressources, ce serait difficile, et le
ministre nous assurait que son duo de feu serait en place. Alors, je veux
savoir comment il réagit au fait qu'il y ait autant de classes de maternelle
quatre ans où on n'a pas la seconde ressource.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Ce n'est pas parce
que, dans 80 % des cas, on a toute la ressource puis, dans autour de
20 %, le service n'est pas optimal qu'on ne peut pas le corriger en cours
d'année, le corriger pour l'an prochain. La solution de ma collègue, ça aurait
été de, peut-être, ne pas ouvrir la classe, de ne pas donner le service du
tout, ce qui aurait gardé plus de familles dans le trouble, parce que, par
magie, si on n'ouvre pas la classe de «mat quatre», il n'y a pas des groupes de CPE qui s'ouvrent, là. Donc, ce que
ça veut dire, là, c'est qu'au nom d'un idéal qu'on atteint bien souvent, mais
pas à 100 %, il aurait fallu ne pas ouvrir, laisser des familles dans le
trouble? Moi, je n'adhère pas à ça du tout.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci,
M. le ministre. Mme la députée.
Mme Hivon : Est-ce que le
ministre a les données sur la formation de cette seconde ressource? Est-ce
qu'on sait si ce sont surtout des éducatrices, des TES? Est-ce qu'on a la
nomenclature? Si c'est possible de nous fournir ça.
Et il me disait, tout à l'heure, qu'il avait
réponse à ma première question sur la provenance des enfants en maternelle
quatre ans, je serais preneuse.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge :
Oui. Donc, sur, on va dire, la provenance des enfants en maternelle quatre
ans pour l'année actuelle, 2021‑2022, on me dit que 27 % des enfants qui
fréquentent, en ce moment, la maternelle quatre ans étaient dans un service...
d'un responsable de service de garde, 24 % étaient en CPE, 14 % étaient
dans une garderie privée subventionnée, 9 % étaient dans une garderie
privée non subventionnée et 26 % étaient hors réseau ou dans un service de
garde non reconnu, donc 21 % hors réseau, 5 % dans un service de
garde non reconnu. Ça, c'est pour les derniers chiffres qu'on a pour cette
année.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci.
Mme Hivon :
Ça veut quand même dire, Mme la Présidente, qu'il y a 74 % des enfants
qui étaient déjà dans un service éducatif à
la petite enfance, alors qu'on nous disait que l'objectif, c'était d'abord
d'aller rejoindre les enfants qui
n'avaient aucune fréquentation de milieu éducatif. Donc, je pense que, encore
là, on est loin de ce qui avait été présenté.
Je vais vouloir
poursuivre avec beaucoup d'intérêt là-dessus, mais je vais céder la parole,
pour l'instant, à mon collègue de Jonquière.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le député de Jonquière, 3 min 40 s à votre disposition,
questions et réponses.
M. Gaudreault :
Oui, merci, Mme la Présidente.
Je veux remercier ma
collègue et amie de Joliette de me permettre de poser une petite question
rapide sur un projet d'infrastructure important à Jonquière, l'école secondaire
Riverside, de la commission scolaire anglophone Central Québec. J'avais fait
parvenir une lettre au ministre le 7 juin 2021, pour laquelle il m'a
répondu simplement par un accusé de
réception. Il y a eu une lettre envoyée à la ministre régionale du Saguenay—Lac-Saint-Jean le 30 mars, et dont... j'ai été mis en copie, également.
Écoutez, c'est pour
un projet d'infrastructure, d'un nouveau gymnase, parce qu'en 2016 l'école
Riverside comptait 225 élèves, en 2021‑2022 ils sont maintenant
400 élèves, il n'y a pas de gymnase. Ils ont fait une demande pour
agrandir un gymnase. Ils sont obligés d'aller au gymnase de l'école primaire,
mais là ça ne marche plus, alors, parce qu'il y a trop d'augmentation de la
population étudiante.
Donc, est-ce que le
ministre a pris connaissance de cette demande de la commission scolaire Central
Québec pour l'école Riverside de Jonquière, et, si oui, est-ce qu'il a
l'intention de donner suite à ce projet d'infrastructure?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Merci beaucoup. Oui, j'ai pris connaissance de ce dossier-là, je l'ai
transféré. Probablement qu'il était arrivé, de toute façon, par les voies
habituelles, là, le centre de services scolaire communique avec le ministère,
mais je l'ai quand même transféré au ministère pour analyse, et je pense que
c'est début ou mi-juin que les projets pour le PQI à venir vont être annoncés,
les projets qui ont été financés et retenus. Il y aura, là-dedans,
vraisemblablement, du primaire, du secondaire, des ajouts de gymnases aussi,
effectivement, mais il faut voir qu'on est en train d'opérer un grand
rattrapage, et là j'ai un autre tableau, ici, qui le démontre bien. Pourquoi
n'y avait-il pas toutes les places voulues
dans l'école? Bien, c'est parce qu'en 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 on a
sous-investi, on n'a pas accepté suffisamment de projets, alors que,
maintenant, on voit bien qu'on est capables de se donner les moyens de nos
ambitions. C'est un grand rattrapage qu'on opère.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci, M. le ministre.
M. Gaudreault :
Est-ce que le ministre peut me dire si le gymnase de Riverside est dans une
de ces colonnes-là pour la prochaine année? C'est ça, la question. Parce que
moi, je l'aime bien, là, son tableau, mais je défends les intérêts des élèves
de ma circonscription. Alors, spécifiquement, là, parce que je n'ai pas
beaucoup de temps, est-ce que la commission scolaire Central Québec et l'école
secondaire Riverside peuvent s'attendre à avoir un nouveau gymnase dans les
prochaines annonces du PQI en juin?
La Présidente
(Mme Thériault) : Il reste 55 secondes au bloc.
M. Roberge :
O.K. Donc, je suis sur le sujet, je prends mes secondes. Il n'y a pas
toujours exactement, précisément la réponse qu'il voudrait, mais j'ai un autre
tableau encore qui montre le nombre de cas, donc, le nombre d'écoles. Il y
avait 49 projets de construction pendant quatre ans. En trois ans, on en a
lancé 18... pas en quatre ans, en trois ans,
parce qu'en juin d'autres projets vont être annoncés, donc on va passer de 49 à
Dieu sait combien. Et je ne peux pas vous dire tout de suite le contenu
de l'annonce, qui n'est pas encore faite, vous comprendrez très bien, Mme la
Présidente, et mon collègue, qui a plus d'expérience que moi à l'Assemblée
nationale, le sait très bien.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. En 20 secondes.
M. Gaudreault :
Bien, en 20 secondes, écoutez, j'invite le ministre à considérer très
sérieusement ce besoin criant et je l'invite à venir visiter l'école Riverside,
à Jonquière, quand il passera au Saguenay—Lac-Saint-Jean, pour faire une visite des besoins, pour qu'il comprenne
bien la réalité de ces élèves, et je l'invite à nous donner une réponse
positive dans les prochaines semaines.
La Présidente
(Mme Thériault) : Et nous n'avons plus de temps. Donc, dans les
prochaines semaines, le ministre vous répondra certainement.
M. le député de Mont-Royal—Outremont.
M. Arcand :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Bonjour, M. le ministre.
Dans le cas qui nous
préoccupe, on ne parle pas d'une question budgétaire, parce qu'il y a un budget
pour une école francophone à ville
Mont-Royal qui avait été voté en 2018. Le 16 septembre 2020, le maire de
ville Mont-Royal vous écrivait en vous disant : «Nous sommes
presque trois ans plus tard, aucune nouvelle école n'est construite, nous
n'avons pas de nouvelles de votre part. Les écoles primaires francophones
débordent, et ce, nonobstant le fait qu'on entend
que les fonds sont toujours disponibles.» Et la fondation des parents, entre
autres, de l'école Saint-Clément vous avait écrit également, M. le
ministre, en vous disant, entre autres, que le centre de services scolaire
avait transformé 75 % de la cour
d'école actuelle en classe mobile, ne laissant pas d'espace aux élèves pour
circuler et jouer durant les récréations. Et en plus l'école s'est vue
dans l'obligation d'imposer une interdiction de courir aux élèves, puisqu'il
devenait dangereux d'entasser autant de jeunes filles et de jeunes garçons dans
un espace aussi exigu.
Alors, M. le
ministre, je n'ai pas besoin de vous dire jusqu'à quel point que le dossier de
l'école francophone de Mont-Royal... d'une nouvelle école francophone est
criant. J'aimerais que vous me disiez, M. le ministre, quelle est la problématique
après quatre ans de discussions à ce sujet.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Il y a des... je dirais qu'il y a des endroits, il y a des terrains où c'est
plus facile d'obtenir les terrains, d'autres, pour un paquet d'enjeux...
parfois, c'est les discussions avec les municipalités, parfois, il n'y en a
pas, de terrain, là, c'est très, très, très difficile... qui fait que ça cause
des problèmes.
Il y avait aussi,
quand on se recule avant l'adoption de la loi n° 40,
en 2020, beaucoup plus d'enjeux avec les municipalités.
Maintenant, je ne dirais pas que c'est simple, mais c'est beaucoup plus facile
parce que les municipalités, les centres de services scolaires doivent,
de concert, prévoir le déploiement, l'urbanisation en équipe pour anticiper même
des besoins à venir, donc. Mais on en a encore, je vous dirais, un lot de
problèmes passés où la planification du déploiement des écoles et la
planification des municipalités se faisaient en parallèle, avec, de temps en
temps, des discussions pour régler les problèmes, non pas pour les anticiper.
Donc, il y avait ça et il y avait le fait que, écoutez, les budgets étaient
insuffisants, sous le précédent gouvernement, pour accepter les projets, même
lorsqu'ils étaient nécessaires.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Mont-Royal.
M. Arcand :
Bien, moi, j'ai juste une question, M. le ministre, simplement, parce que
ça fait quatre ans, et là il y a une question, à mon avis, d'efficacité :
Est-ce que vous avez une feuille de route? Est-ce que vous avez ce qu'on appelle une «road map» pour que... Qu'est-ce
que je dis, moi, aux parents de ville Mont-Royal qui, depuis maintenant
nombre d'années, et vous le savez... J'ai déposé une pétition, d'ailleurs, à
l'Assemblée nationale, vous m'avez répondu,
il y a un an et demi : Ça s'en vient. J'essaie de voir si on ne peut pas
accélérer les choses. Alors, quelle est votre feuille de route?
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, ce qu'on me dit, que... il y a vraiment des progrès qui ont été faits
dans les derniers mois. Donc, j'ai assez confiance qu'on va être capables de
dénouer l'impasse sur le projet précis. Je n'en ferai pas l'annonce ici, séance
tenante, en commission, mais on est beaucoup plus avancés qu'il y a un an,
quand même. Les gens, je dirais qu'ils sont
positifs, là. Je ne lance pas la pierre du tout, du tout à la municipalité ni
au centre de services scolaire, là, dans ce dossier-là. Écoutez, on peut
s'attendre à un dénouement.
La Présidente
(Mme Thériault) : Merci. Ça va? Merci. Mme la députée de Verdun,
la parole est à vous.
Mme Melançon :
Bonjour, M. le ministre. J'espère que vous allez bien.
M. Roberge :
Bonjour, chère collègue.
Mme Melançon :
Je ne pense pas que vous soyez surpris de me voir aujourd'hui. Je viens encore
vous parler de ma troisième école à L'Île-des-Soeurs. Je ne sais pas si vous
vous rappelez, mais en 2019 vous êtes venu prendre l'engagement devant des
parents à L'Île-des-Soeurs pour nous dire que nous aurions un terrain en juin
2019. Vous vous étiez engagé, les yeux dans les yeux, avec les parents. On est
en 2022, je n'ai pas l'ombre d'un terrain d'acheté, je n'ai pas d'école pour
les enfants, les enfants sont dans une
annexe temporaire, puis le bail de
l'annexe temporaire finit en 2024. Moi, j'ai besoin de savoir quand est-ce
qu'on va avoir une école à L'Île-des-Soeurs.
La Présidente
(Mme Thériault) : M. le ministre.
M. Roberge : Merci
pour la question de ma collègue. Effectivement, je me souviens très bien d'être
allé avec ma collègue visiter des locaux
dans un édifice qui était transformé, réaménagé pour accueillir les élèves. Je
pense que c'est très bien fait, honnêtement, là, c'est très, très bien
fait. C'est fait de manière optimale pour une mesure qui est temporaire. Je le
mentionne, c'est temporaire. C'est plus long que ce qu'on anticipait,
effectivement.
Je pense que les locaux de classe sont très
bien. Par contre, point de vue gymnase, on n'a pas ce qu'on souhaiterait. Point
de vue cour d'école, les enfants peuvent aller dehors, mais on n'a pas ce qu'on
souhaiterait aussi. Donc, il faut être capable de nommer le problème, là, tout
à fait. Ça a été très complexe de trouver, de négocier, d'obtenir le terrain à
L'Île-des-Soeurs. Je sais que ma collègue ne se réjouira pas de ma réponse,
mais, bien que des pas aient été faits, bien que beaucoup de gens se soient
penchés sur le dossier, je ne peux pas, aujourd'hui, séance tenante, vous
dire : C'est réglé, voici l'adresse du terrain. Je peux vous dire que
jamais, jamais on n'a ralenti le pas, jamais je n'ai dit : Écoutez,
laissez faire, c'est trop compliqué. On a continué à travailler.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Melançon : Non seulement ce
n'est pas nécessairement optimal, là, le ministre vient de dire : Oui,
mais il n'y a pas de gymnase. Ah oui, puis il n'y a pas de cour d'école, ah
oui, puis il n'y a pas de bibliothèque. Honnêtement, ce n'est pas une école,
c'est une tour à bureaux qu'on a réaménagée de façon temporaire.
Et là le ministre me dit qu'aujourd'hui ils
n'ont toujours pas de terrain. J'espère que la gang qui accompagne le ministre aujourd'hui a eu le privilège de
rencontrer Jean-Claude Gravel, a eu le privilège de rencontrer Claude
Lachance, ce sont des gens, à L'Île-des-Soeurs, qui ont des solutions pour des
terrains. Et, moi, ce que je sais, c'est que
Jean-Claude Gravel n'a pas eu de
téléphone. Je sais que Claude Lachance avait une proposition, et on n'a pas
daigné le rappeler. Alors, moi, quand on me dit qu'on cherche des
solutions...
Puis je tiens juste à rappeler une chose,
j'entendais le collègue de Jonquière, tout à l'heure, dire : Il y a eu une
réponse, on a eu des accusés de réception. Moi, je veux juste vous dire, là,
que l'arrondissement de Verdun a écrit au
ministre, on a eu un accusé de réception, il n'y a jamais eu de réponse. Ça,
c'était le 1er mai 2020. Moi, j'ai écrit au ministre en octobre, je n'ai
toujours pas eu de réponse. J'ai réécrit au ministre pas plus tard que le
13 avril 2022, je n'ai toujours pas eu de réponse. Donner des réponses à
des élus, ce serait la moindre des choses, M. le ministre, parce que, moi, les gens de L'Île-des-Soeurs, non seulement
ils sont inquiets, mais ils n'ont plus confiance au ministre de l'Éducation,
parce que vous aviez pris un engagement, vous aviez donné votre parole puis
vous ne la respectez pas.
La Présidente (Mme Thériault) :
On peut peut-être passer par la présidente un petit peu aussi.
Mme Melançon : Oui.
Pardonnez-moi.
La Présidente (Mme Thériault) :
Parfait. Merci. M. le ministre.
M. Roberge : Oui. Mme la
Présidente, vous savez, pour récolter au mois d'août, il faut semer au mois de
mai, et, si on sème des roches, bien, on récolte de la gravelle. Bien, écoutez,
la pénurie de locaux dans le réseau scolaire, c'est ça, c'est, pendant quatre
ans, un gouvernement libéral qui a sous-investi, dans le Plan québécois des
infrastructures, en éducation. Il y avait des demandes, ça restait lettre
morte. On ne construisait que très, très peu, on agrandissait très, très peu,
on entretenait encore moins.
Ça a donné qu'en arrivant aux affaires, au
début, bien, il a fallu augmenter, faire exploser vraiment les investissements
à tel point que, parfois, on veut lancer des travaux, mais on lance tellement
de travaux de tellement d'agrandissements à la fois que le marché de la
construction n'est pas capable de nous suivre : des fois on n'a qu'un seul
soumissionnaire — et,
bon, je vous dirais que, pour les finances publiques, ce n'est pas l'idéal — des
fois on n'a aucun soumissionnaire. On veut tellement construire d'écoles à la
fois pour rattraper, pour réparer les pots cassés, on ouvre tellement de chantiers que le réseau de la construction, il
dit : Écoutez, je ne peux même pas soumissionner, je n'ai personne
pour le faire.
Je comprends, je comprends très, très bien qu'on
voudrait avoir toutes les écoles tout de suite. Toutes les écoles qu'on n'a pas
construites en 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, on les voudrait tout de suite. Des
générations spontanées d'enfants, ça n'existe pas, là. L'enfant qui a sept ans
en 2018, là, quand le gouvernement de la CAQ arrive,
bien, il avait six ans, en 2017, il avait cinq ans en 2016, on le voyait venir,
mais on faisait la sourde oreille puis on ne s'en occupait pas sous le
précédent gouvernement. On rattrape. Que le Parti libéral nous dise qu'on ne
rattrape pas assez vite le retard qu'ils ont
occasionné, ça, ils s'expliqueront devant les citoyens, mais je ne suis pas
gêné, quand on double le PQI, je ne suis pas gêné du tout.
La Présidente (Mme Thériault) :
Merci. Merci, M. le ministre.
Je regarde maintenant la députée de
Saint-Laurent. Il reste cinq minutes à votre bloc, Mme la députée.
Mme Rizqy : Merci. Je vais
compléter sur ce qu'on avait commencé avec les maternelles quatre ans.
J'aimerais ça qu'on aille à la fiche EDUC-23. Sur la fiche, il est question des
suppléants, pour 2020‑2021, qui n'ont pas complété leur baccalauréat en
éducation préscolaire et en enseignement primaire, il y a environ 935
personnes. Et, si vous allez à la fiche
EDUC-24, on vous pose la question : D'où proviennent, au fond, les
enseignants? Et la réponse m'a un
peu, beaucoup étonnée : «Le ministère ne dispose pas d'information
concernant la provenance des enseignants et des
enseignants de classes de maternelle quatre ans.» Or, le 14 février 2019... je
vais citer le premier ministre actuel : «Vous avez le choix entre une
garderie avec deux tiers d'employés qui sont des techniciens de garde ou une
maternelle quatre ans, avec des enseignants, avec toute l'équipe des
spécialistes de l'école primaire.» Il me semble que, si on veut... Et, lorsqu'on a fait le projet de
loi sur la
maternelle quatre ans, vous vous étiez engagé à ce qu'il y ait des enseignants,
puis nous, on vous disait : Là, on a une pénurie d'enseignants, là, on en
a véritablement une, pénurie.
En ce moment, je vois qu'il y en a 935 qui n'ont
pas de baccalauréat en éducation préscolaire ni en enseignement primaire. Et,
du propre aveu du ministère, c'est que vous n'avez pas colligé l'information.
Donc, je suis allée vérifier si le ministère de la Famille avait colligé
l'information pour voir si eux perdaient des éducatrices au profit du réseau
scolaire, même eux n'ont pas cette information. Comment expliquez-vous qu'une
information aussi importante n'est pas colligée par votre ministère?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Oui. Mme la
Présidente, la question de la pénurie d'enseignants ou la pénurie de personnel,
c'est une question importante, c'est vrai,
et ça va prendre quelques années encore à résorber, là, il faut être
conscients. C'est assez simple, quand on n'admet pas suffisamment de
personnes dans les facultés de sciences de l'éducation, bien, quatre ans plus
tard, on n'en diplôme pas assez. Quand on n'a pas d'autres voies d'accès... Par
exemple, la maîtrise qualifiante pour enseigner au préscolaire, primaire
n'existait pas avant l'an passé, donc il y avait une seule voie pour devenir enseignant au préscolaire et
primaire. Préscolaire, ça inclut maths IV, maths V, il y
avait une seule voie, c'était le bac. Il n'y avait pas de maîtrise qualifiante,
il a fallu qu'on la crée. Donc, la pénurie de main-d'oeuvre, ce n'est
pas compliqué, là, c'était causé par le fait qu'on ne formait pas assez
d'enseignants, qu'on n'avait pas assez de voies d'accès vers la profession
enseignante et que, pour attirer des enseignants, on n'avait pas grand-chose.
On avait un gouvernement qui dévalorisait l'éducation, qui sous-finançait
l'éducation puis qui sous-payait les enseignants.
On a changé tout ça. Ça va prendre quelques
années. Ça va prendre quelques années, même s'il y a plus de gens qui
s'inscrivent dans les facultés de sciences de l'éducation, puis je pourrais
donner des chiffres dans la prochaine réponse. Ça va prendre quelques années.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci,
merci. Mme la députée.
Mme Rizqy : À la fiche EDUC-39,
on vous demande : Nombre d'enseignants de maternelle quatre ans à temps
complet engagés pour 2021, la réponse est : On estime avoir besoin de
1 345 enseignants et enseignantes en maternelle quatre ans à temps
plein requis pour l'année 2021‑2022. Par contre, votre ministère nous
répond aussi que c'est aux centres de
services scolaires de signer des contrats, et, par conséquent, vous ne colligez
pas les informations.
Je reviens à ma question précise. Si on a un
projet-phare qui s'appelle maternelle quatre ans puis que le premier ministre
dit : Nous, on veut un enseignant qualifié, légalement qualifié, dans
cette classe-là, il me semble, à juste
titre, que vous devriez être en mesure de nous dire aujourd'hui combien qu'il y
a d'enseignants, dans les maternelles quatre ans, légalement qualifiés,
combien viennent du réseau du service de garde éducatif et combien ne sont pas légalement qualifiés. Est-ce que vous pouvez
prendre l'engagement... Si vous n'avez pas la réponse aujourd'hui, est-ce que
vous pouvez prendre l'engagement de faire ces vérifications? Parce que c'est
vous, le ministre.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
M. le ministre.
M. Roberge : Des
enseignants titulaires de classe, titulaires de contrats, qui n'ont pas toutes
les qualifications légales, dans l'ensemble du réseau — puis
il y a plus de 100 000 enseignants, là — c'est 4 024.
Donc, il y a à peu près 4 024 enseignants dans le réseau qui sont
titulaires de classe, qui ont des contrats, c'est environ 5 % des postes. Il y en a quand même 26,8 % d'entre eux qui
sont en train de se former, donc qui sont inscrits et qui obtiendront bientôt
un brevet ou une autorisation d'enseigner, donc près du quart d'entre eux sont
en train de se qualifier. Ces 4 024 là peuvent être au préscolaire, au
secondaire, à la formation générale des adultes ou à la formation
professionnelle. Il est vrai qu'on ne peut
pas... on ne sait pas précisément est-ce qu'ils sont titulaires d'histoire
secondaire II ou formation générale mécanique, là.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Ça met fin au bloc d'échange avec l'opposition officielle.
Nous sommes rendus, maintenant, au bloc
d'échange du gouvernement. Donc, je cède la parole au député de Richelieu, et,
pour votre bloc, c'est 14 min 40 s.
M. Émond : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Salutations aux collègues. Salutations à M. le
ministre, à l'équipe qui l'accompagne. C'est un plaisir pour moi de prendre la
parole à cette étude des crédits, la collègue le disait un petit peu
plus tôt, la dernière étude des crédits de cette session, de cette législature,
même, alors on va le faire correctement.
Je suis accompagné, Mme la Présidente... La
Commission culture et éducation, c'est une belle commission, hein, vous le
savez, on parle de culture, mais surtout d'éducation — souvent,
en tout cas, d'éducation — un
sujet qui nous passionne tous. Et je suis
heureux d'être accompagné de la collègue la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. Je n'ai pas besoin de vous
dire comment elle est une passionnée d'éducation. Je suis avec la collègue de
Roberval, également, qui aura l'occasion d'échanger avec vous, M. le ministre,
un peu plus tard aujourd'hui, avec le député de Maskinongé,
de Beauce-Sud, également des passionnés d'éducation, et les collègues des
oppositions d'en face, que j'ai appris à côtoyer dans les trois dernières
années et demie et que je sais qu'elles sont également passionnées d'éducation.
Alors, dans cette étude des crédits, je vais
m'adresser à vous, M. le ministre, dans un instant, mais tout d'abord avec un sujet... je m'en excuse à l'avance,
parce que je vais vous parler de COVID un petit peu, un incontournable. On aura
l'occasion, au cours de la journée, de vous parler de différents sujets, mais
je pense que c'est quand même important de
revenir sur le contexte pandémique, qui a durement touché le Québec, Mme la
Présidente, l'ensemble de la société québécoise, mais, en éducation,
beaucoup, hein, il faut se le dire.
Puis je pense que c'est important, aujourd'hui,
de prendre un moment pour remercier, pour féliciter les équipes-écoles, les
enseignants, les enseignantes, les équipes de direction, le personnel de
soutien, qui ont fait preuve d'une
résilience exceptionnelle, Mme la Présidente, d'une capacité d'adaptation, ils
ont su se relever les manches — et
moi, j'en suis, encore aujourd'hui, drôlement impressionné, Mme la Présidente — féliciter,
hein, et se tourner, avec beaucoup de compassion, avec beaucoup de... avec des
étoiles dans les yeux, vers les étudiants, vers les élèves, ces jeunes hommes
et jeunes femmes qui ont poursuivi leur parcours scolaire à travers la tempête.
Et je dis «à travers la tempête», Mme la
Présidente, parce que... puis ça, c'est une fierté pour notre gouvernement
d'avoir été, au Canada, l'endroit où on a été en mesure de garder nos écoles
ouvertes le plus souvent possible. C'était une volonté de notre gouvernement,
c'était une volonté du ministre, je le sais, et ça, c'est une grande fierté. Tu
sais, j'ai, dans mes notes, qu'on est l'État fédéré au Canada ayant eu le moins
recours à la fermeture de ses établissements scolaires. Je ne crois pas m'avancer
qu'en Amérique... en disant qu'en Amérique, je pense qu'on figure assurément en
haut de peloton, si ce n'est les premiers.
Puis pourquoi on l'a fait, Mme la Présidente? On
l'a fait pour toutes sortes de raisons, mais je cite une lettre, datée du 4 janvier
dernier, de l'Association des pédiatres du Québec, qui sonnait l'alarme quant
aux conséquences d'un confinement sur les enfants et qui demandait, ce faisant,
un retour en classe pour nos élèves en faisant valoir toutes sortes
d'arguments. Je pense également à l'UNICEF, qui a manifesté son inquiétude
relativement à la fermeture des classes, laquelle, et j'ouvre les guillemets,
Mme la Présidente, «a des conséquences dévastatrices sur les enfants», et
l'UNICEF plaidait qu'elle ne doit pas être considérée... qu'elle ne doit être
considérée, la fermeture des écoles, pardon, qu'en dernier recours.
Alors, Mme la Présidente, je remercie, encore
une fois, les équipes-écoles, qui, un peu partout à travers le Québec, a tenu
le fort. Je remercie, bien entendu, tous les acteurs du réseau. J'en profite
pour remercier l'équipe qui entoure le ministre, là, qui, je sais, l'ont eu à
la dure dans les trois dernières années et demie. Puis je m'excuse de... je ne
m'excuse pas de le faire, je me permets de le faire, Mme la Présidente, en
ondes pour remercier M. le ministre, parce que je l'ai fait privément mais je
tiens à le faire caméra ouverte pour le remercier d'avoir tenu le fort du
réseau de l'éducation durant les trois dernières années et demie. Je connais M.
le ministre depuis assez longtemps, Mme la Présidente, pour savoir qu'il est là
pour les bonnes raisons et qu'il a tenu le réseau à bout de bras avec toute son
équipe, avec tout le monde à travers le Québec, bien entendu. Vous le savez,
Mme la Présidente, vous avez beaucoup d'expérience, vous êtes une... vous êtes
la doyenne, j'allais dire «une des doyennes», en ce qui a trait à l'expérience
parlementaire, et, quand on met notre face sur la pancarte, comme on dit, on le
fait pour toutes sortes de raisons, de bonnes raisons, mais assurément pas en
pensant qu'on aura à gérer un contexte pandémique comme celui qu'on a connu.
C'est vrai pour vous, hein, dans votre circonscription, c'est vrai pour
l'ensemble des collègues, on a traversé des choses qui ne sont pas faciles, je
pense à nos commettants en disant cela, mais c'est assurément vrai pour M. le
ministre, je le connais suffisamment, qui n'a pas mis sa face sur la pancarte
pour aller diriger le réseau de l'éducation dans un contexte pandémique.
Bon, ceci dit, revenons à nos moutons, Mme la
Présidente, la COVID. Durant la COVID, il y a une image, une analogie qui a été
utilisée à répétition : bâtir l'avion en plein vol. Moi, c'est une image
que j'ai aimé entendre et que j'utilise aujourd'hui en me tournant vers le
ministre, parce que l'avion du réseau de l'éducation a décollé à maintes
reprises, durant la pandémie, elle a dû se reposer, se poser sur la piste
d'atterrissage à quelques reprises. Et, pendant ce moment-là, Mme la
Présidente, je sais que toute l'équipe du réseau scolaire en a profité pour
rafistoler, pour rajouter des nouvelles
pièces d'équipement à cet avion du réseau d'éducation, qui a pu, heureusement,
reprendre son envol le plus rapidement possible.
Alors, M. le ministre, j'aimerais vous entendre.
On a eu un retour en classe à l'automne dernier, bien entendu, à
l'automne 2021‑2022, mais également le retour après la période des fêtes,
en janvier, où il y avait des craintes, des craintes justifiées, hein, les
acteurs du réseau, les parents, les étudiants, tout le monde avait des
craintes, et on a tenu à procéder à ce retour en classe, et, somme toute, ça
s'est bien passé. Alors, je vous parlais de la fameuse avion qui a dû se poser
au sol, mais qui a réussi à redécoller en janvier dernier, et j'aimerais savoir
qu'est-ce que le réseau a appris du début de la pandémie, quelles sont les
leçons qu'on a su tirer un peu partout au Québec, avec les équipes-écoles, avec le réseau, et qui nous a
permis de procéder à un retour en classe non seulement à l'automne, mais également
en janvier avec un succès assez spectaculaire.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Merci. Combien de
temps, il me reste, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme Thériault) : 6 min 55 s.
La moitié du bloc, presque.
M. Roberge : Merci
beaucoup. Merci à mon collègue de faire un tour de la situation. Qu'est-ce
qu'on a appris de la pandémie? Bon, humblement, énormément, de mon côté,
mais le réseau scolaire aussi. On aurait aimé mieux, je dirais, apprendre un
petit peu moins, là, hein? Je vais vous dire, on aurait aimé mieux ne pas être
submergés par une vague comme ça, mais il y
a quand même eu des phases quand ça nous a frappés vraiment à
l'hiver 2020. Sous le choc, il a
fallu fermer à brève échéance, mais on a été les premiers au Canada à réouvrir
ensuite au printemps 2020, suivant les recommandations de la Santé
publique. On n'a pas pu réouvrir tout le réseau, ça n'a été que le primaire, ça
a été à l'extérieur du Grand Montréal, mais on l'a fait. Et ça a été
extrêmement exigeant pour le réseau, il faut se le dire. On n'était pas équipés comme il faut pour
l'enseignement à distance. En termes de matériel, là, il nous manquait
d'ordinateurs. On en a embauché... — embauché! — on en
a acheté par centaines de milliers ensuite, mais ça a montré que, disons, il y avait des lacunes en termes d'équipement, en
termes d'habileté pour faire l'enseignement à distance. Mais la volonté
était là, elle était là à 100 %.
Et, au moment où on se parle aujourd'hui — je
fais un bond, là — le
réseau public québécois n'a absolument rien à envier au réseau privé. Si on
doit faire de l'enseignement à distance, nous sommes équipés, nous sommes
habiletés, nous sommes formés à le faire. Puis je vous dis que le réseau public
québécois n'a rien à envier au réseau privé au moment où on se parle, ce
n'était pas le cas à l'hiver 2020, mais, je vous dirais, n'a rien à envier
au reste du Canada, puis même à tout ce qui se passe en Occident. On a fait des
bonds de géant.
Une des choses qu'on a apprises, c'est
l'importance d'en donner plus à ceux qui en ont plus besoin, et on a rapidement été interpelés par des chercheurs en
sciences de l'éducation, j'aime ça le mentionner. Prendre des décisions,
en éducation, importantes, ce n'est pas quelque chose d'intuitif. Il ne faut
pas juste se souvenir de notre expérience comme
élèves, de mon expérience comme enseignant, de ce qui se passe avec nos
enfants. Les sciences de l'éducation sont importantes, font des
avancées. On a des données probantes, on a des pratiques exemplaires et on
s'est basés sur des chercheurs partout en Occident. En Angleterre, ils avaient
lancé des programmes de tutorat, ça nous a interpelés, comment ils faisaient ça, pourquoi, qui en bénéficiait. Après ça, on a
consulté des chercheurs du Canada et des États-Unis, on a fait plusieurs
rencontres, des Teams, là, des visioconférences avec des chercheurs — je me
souviens de certains de Calgary, évidemment,
du Québec, évidemment, c'est sûr, d'autres des États-Unis — pour
voir qu'est-ce qui marche. Puis on ne va pas expérimenter, on ne va pas
aller à tâtons, qu'est-ce qui fonctionne comme programme de tutorat. Une fois qu'on a su vraiment ce qui fonctionne, on
s'est adjoint les services de chercheurs ici, au Québec, pour monitorer
à mesure qu'on le fait, même si on savait que c'était bon. On est allés
chercher des budgets et on a lancé notre programme de tutorat en gardant nos
écoles ouvertes. Ce n'était pas pour dire : Bien, on va fermer nos écoles,
on va faire du tutorat, absolument pas. Et
un rapport qui vient de sortir, vous excuserez mon anglais : Tutoring
in the time of COVID — The Evidence for Tutoring
to Accelerate Learning and Address Educational Inequities During Canada's Pandemic Recovery , écoutez, avec Ted Rogers School, Diversity
Institute, Future Skills Center, l'université de Toronto, l'université Laurier — on est, ici, bien outillés — ça
nous dit qu'on va dans la bonne direction, d'accord, et on
le monitore, donc, sur le programme de tutorat, absolument et
assurément, et sur le fait qu'on a gardé nos écoles ouvertes.
On l'a dit
souvent, on est parmi les meilleurs au monde pour avoir gardé nos écoles
ouvertes, mais, dans ce même document sérieux, validé par plusieurs
universités, on a une carte du Canada, avec plusieurs teintes de couleurs, qui montre, au Canada, quelle province a gardé ses
écoles les plus ouvertes. C'est qui, le champion? C'est le Québec. On n'est pas
deuxièmes ou troisièmes, on n'est pas dans le top cinq, on est premiers au
Canada pour avoir gardé nos écoles ouvertes. Soyons fiers de ça et soyons
extrêmement reconnaissants pour les gens qui sont dans le réseau, parce que prendre la décision de garder nos écoles ouvertes
sur recommandation de la Santé publique, prendre la décision, ensuite,
politique de le faire, c'est une chose, mais de la faire au quotidien dans les
classes, dans les écoles, dans les services de garde, dans les autobus, c'est un tour de force qu'ont relevé nos
équipes-écoles, nos centres de services scolaires et nos écoles privées
aussi.
Et les écarts entre les provinces canadiennes
sont abyssaux, là. Donc, au Québec, ici, on est les plus pâles, mais on n'a pas
à pâlir devant qui que ce soit. Ça dit qu'en tout, sur toute la durée de la
pandémie, on aurait fermé nos écoles environ huit semaines — j'ai
le goût de dire «huit semaines de trop», mais c'est le champion canadien; ça, au Manitoba, 16 semaines, le double, le
double, pas 10 % de plus, là; au Nunavut, 18 semaines; en
Nouvelle-Écosse, 18 semaines; à l'Île-du-Prince-Édouard,
19 semaines; Québec, huit semaines; Ontario, 20 semaines — 250 %
de plus de jours d'écoles fermées en Ontario qu'au Québec.
Cette décision-là qu'on a prise, en mettant en
place ensuite les programmes de tutorat, des mesures de bienveillance, des
programmes d'aide en santé mentale, ça va être payant sur, je pense, la
prochaine décennie. Nos élèves qui sont allés à l'école, qui ont pu voir leurs
amis, même, malheureusement, avec un masque, même, au début, en bulle-classe, ce n'était pas l'idéal, mais ils
étaient quand même à l'école, ils faisaient des apprentissages, continuaient
de socialiser, et ça, ça va être payant du point de vue des apprentissages,
même s'il y a des retards qui ont été pris, là. Il faut se le dire, tout n'est
pas parfait. Même s'il y a, en ce moment, des élèves qui ont encore des
problèmes de santé mentale, l'anxiété, même s'il y a des élèves qui n'ont pas
fait tous les apprentissages qu'on aurait voulus, on a vraiment limité les
dégâts comparativement au reste des provinces canadiennes, c'est indéniable. Ce
n'est pas nous qui le disons, c'est un regroupement d'universitaires.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci,
M. le ministre.
Donc, ceci met fin aux travaux pour ce matin.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux jusqu'à 15 heures. Bon appétit, tout le monde.
(Suspension de la séance à 12 h 49)
(Reprise à 15 h
La Présidente (Mme Thériault) :
Bonjour. Nous allons reprendre nos travaux.
Je vous rappelle que la commission est réunie afin
de poursuivre l'étude du volet Éducation préscolaire, enseignement primaire et
secondaire incluant la formation professionnelle, donc l'étude des crédits
budgétaires du portefeuille Éducation pour l'exercice financier 2022‑2023.
Donc, lorsque
nous avons quitté, le gouvernement avait complété son bloc. Cet après-midi,
nous avons trois heures. On a dépassé
de quelques minutes, donc on va probablement demander un consentement pour
dépasser de deux, trois minutes. Il y a consentement tout de suite pour
qu'on puisse terminer un peu plus tard? Parfait.
Donc, les
blocs, cet après-midi : pour l'opposition officielle, les blocs sont de
19 min 4 s, la deuxième opposition, 14 min 18 s,
la troisième opposition, 14 min 18 s également, et le
gouvernement aura un bloc de 17 minutes... deux blocs, pardon, de
17 min 10 s.
Donc, sans plus tarder, Mme la députée de
Saint-Laurent, la parole est à vous. Allez-y.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, Mme
la Présidente.
Ce n'est pas le bon micro qui est ouvert.
Merci. Bonjour, rebonjour, M. le ministre, à
vous et à votre équipe. Ce matin, j'ai mal noté un chiffre. Lorsque vous parliez des enseignants au primaire
et préscolaire, je pense, vous avez dit 4 244 ou 4 424. Pouvez-vous
me... nous le repréciser, s'il vous plaît?
M. Roberge : Oui, bien sûr. Je
vais retrouver ce chiffre, un petit instant. Alors, je suis ici, O.K. Donc, les
informations que j'ai, puis les plus récentes, c'est mars 2022, donc c'est
assez récent, je vous lis la
section : Il a été estimé que
4 024 postes en enseignement étaient pourvus par du personnel qui
était non légalement qualifié, donc qui bénéficie d'une tolérance
d'engagement — je
précise qu'ici on parle de postes des gens qui ont un contrat, donc soit à temps plein, soit à temps partiel — donc c'est 5,1 % des postes. De ces
personnes-là, c'est important de le mentionner, 26,8 %, donc un peu plus
d'une personne sur quatre, sont des étudiants, donc, qui sont en voie de
qualification, mais ce sont quand même, pour l'instant, des gens qui
sont non légalement qualifiés.
Mme Rizqy : O.K., donc,
4 024. De ce nombre, c'est pour préscolaire, primaire et secondaire?
M. Roberge : C'est préscolaire,
primaire, secondaire, FP, FGA, l'ensemble du réseau.
Mme Rizqy : Est-ce que vous
êtes capable d'isoler la variable pour le préscolaire?
M. Roberge : Non, c'est ça,
c'était la question que vous m'aviez posée tout à l'heure. Je ne peux pas
isoler, parmi ces personnes-là, combien sont au préscolaire, ou au primaire, ou
titulaires, supposons, au troisième cycle ou est-ce que c'est sciences au
secondaire. Là, je n'ai pas cette granularité-là.
Mme Rizqy : Je pense que ce
serait pertinent de le savoir, parce que... surtout pour le préscolaire, là,
parce que, c'est sûr, ça... vous le savez,
là, vous êtes vous-même enseignant, ce n'est pas la même formation générale,
versus pour le préscolaire et le
primaire, qui est offerte dans le cursus universitaire. Alors, je ne sais pas
si vous pouvez prendre, peut-être, prendre l'engagement, tu sais, de
peut-être essayer d'avoir cette information.
La Présidente (Mme Thériault) :
M. le ministre.
M. Roberge : Écoutez, je vais
vérifier si on peut l'obtenir, mais je ne veux pas dire que je m'engage à
l'obtenir dans les prochains jours, prochaines semaines parce que, si on ne l'a
pas, avec les semaines qu'il reste avant la fin de l'année scolaire, je ne suis
pas certain qu'on va envoyer une collecte d'information dans tout le réseau
précisément là-dessus puis qu'ils vont avoir le temps de le faire, là, alors
qu'ils ferment l'année, une année qui a été éprouvante, là, donc je veux quand
même être prudent.
Mme Rizqy : Parfait. Merci
beaucoup.
J'aimerais aller à la fiche EDUC-165. La
question, c'est le nombre de dossiers évalués par un comité d'experts en vertu
de l'article 34.5 de la
Loi sur l'instruction publique.
L'article 34.5
de la LIP vise, au fond, une personne qui aurait des antécédents judiciaires, à
savoir si, oui ou non, elle peut exercer la profession d'enseignant. La
réponse, c'est qu'il y a eu différents dossiers, il y a eu quatre dossiers, A,
B, C et D. Est-ce qu'on peut connaître la nature des antécédents judiciaires?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : C'est
le genre de choses, par contre, pour lesquelles je vais demander des
éclaircissements. Là, je n'ai pas les réponses devant moi. Je peux quand
même donner un élément de réponse.
Mme Rizqy : Ah! je pense que ça
s'en vient.
M. Roberge : O.K.
Mais, oui, c'est ça, les gens s'activent et retrouvent la même fiche que vous,
puis ils regardent, là, l'info. Mais il peut y avoir des personnes qui ont
commis une faute dans le passé, et ce n'est pas en lien avec la fonction
d'enseignant. Il y a un comité qui analyse chacun de ces cas-là, qui font des
recommandations. À la fin, c'est le ministre
qui suit ou ne suit pas ces recommandations-là. Mais, par exemple, quelqu'un
qui aurait conduit avec les facultés
affaiblies il y a plusieurs années ne perd pas automatiquement son brevet
d'enseignement, parce que, bon, on pourrait dire que c'est une grave... c'est
une faute grave, qu'il peut y avoir des conséquences graves, mais ce n'est
pas, supposons, directement en lien avec la
fonction d'enseignant. C'est le genre de situation où, en fonction de s'il y a
d'autres cas, s'il y a des récidives, c'est une autre chose, mais il n'y a pas,
supposons, sanction automatique : Tu n'as plus le droit d'enseigner parce que... Puis je ne suis pas en train de
banaliser le geste, là, je vous réponds à la question.
Mme Rizqy : Je
vois que vous apportez une fiche, je ne sais pas si c'est la réponse à la
question pour la nature des antécédents.
M. Roberge : Ce n'est pas la
réponse à la question posée. Pour l'instant, les gens vont continuer de voir...
Mme Rizqy : J'aimerais
connaître les...
M. Roberge : En réalité, votre question précise, là, puis je
la reformule pour être sûr, vous voulez savoir la nature des antécédents
judiciaires en fonction du... par personne... combien pour chaque personne...
Mme Rizqy : En fait, les
dossiers, comment c'est détaillé dans la fiche des crédits, c'est dossier A, B,
C, D. Le comité a quand même siégé 116 jours pour le dossier A, a siégé
160 jours sur le dossier B. Donc, j'imagine que, comparativement au dossier D, qui était juste 22 jours de délibéré
pour prendre une décision, bien, il doit y avoir des natures
d'infraction qui sont diamétralement opposées, là.
Moi,
j'aimerais connaître non seulement la nature, mais aussi la réponse. Est-ce que
ça a été, au final, oui? Puis c'est pour ça... J'aimerais comprendre comment le
ministère de l'Éducation entrevoit certains antécédents et à savoir si,
oui ou non, on est permis, par la suite, d'avoir son... le fameux brevet
d'enseignant.
M. Roberge : O.K. Bien,
écoutez, je... on va essayer de vous donner le maximum d'informations avec le plus de détails possible, là, on va essayer de
faire ça dans le courant de l'après-midi. On a quand même un peu de temps
devant nous.
La Présidente (Mme Thériault) : ...attendre
votre réponse par écrit ou verbalement.
Mme Rizqy : Maintenant, je vais
aller à la fiche EDUC-176, qui porte sur notre demande de renseignements par rapport au suivi du rapport Viens. Ça, c'est
un engagement qui a été clair, par tous les partis d'opposition, de faire beaucoup,
beaucoup mieux pour les peuples des Premières Nations autochtones.
Première question, la réponse, on veut savoir
quels étaient les montants qui ont été alloués. On parle d'«une somme de 19,4 millions a été attribuée [par
le] ministère pour les années financières 2021‑2022 à 2024‑2025».
Première question : Est-ce que
ce 19,4 millions de dollars, c'est un montant annuel ou c'est une
somme globale pour les quatre années visées?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Laissez-moi le
temps de vérifier, ici, ce que j'ai comme information. 19,4 millions pour soutenir, améliorer la persévérance scolaire des
élèves autochtones, c'est en lien aussi... en mai 2021, il y avait eu aussi
un 5 millions pour la réussite des élèves autochtones dans le cadre du
Plan de relance pour la réussite éducative. J'essaie
de trouver l'information à mesure que j'y vais, attendez un petit peu.
L'investissement du 19,4 millions annoncé à l'automne 2021
vise à créer du matériel pédagogique intégrant la réalité autochtone afin que
celle-ci soit mieux comprise, offrir du soutien pédagogique aux jeunes
autochtones qui étudient hors des communautés et aussi pour la formation des enseignants qui l'accompagne. Donc,
ici... Non, je me souviens, parce que, oui, c'est ça, c'est l'annonce que j'ai faite avec le ministre... le ministre du Secrétariat aux affaires autochtones à l'institut Kiuna, et c'était ici... c'était
sur une période de quelques années, je pense
que c'était sur cinq ans. Et c'est des sommes qui s'ajoutent, évidemment, ce
n'est pas... Il n'y a pas que ça qui vont pour aider, là, les autochtones.
Mme Rizqy : Donc,
19,4 millions pour quatre années visées, c'est bien ça?
M. Roberge : Oui,
2021‑2022 à 2024‑2025.
Mme Rizqy : Ce
qui donnerait environ 5 millions de dollars par année. Je vois que,
pour l'année de 2021 et 2022, permettez-moi l'expression, là, seulement
40 000 $ a été décaissé. J'aimerais savoir ça a servi à quoi et
pourquoi un aussi peu montant, parce que, si l'année 2021‑2022, la
somme... c'est ça, on doit diviser 19,4 par quatre années, ça donne environ 5 millions, on est très, très loin de la
cible des investissements que votre ministère voudrait justement mettre de
l'avant.
M. Roberge : Bien,
écoutez, ça a été annoncé le 30 novembre 2021, puis, à partir de là,
les sommes sont allouées, les sommes sont envoyées, sont reçues, les gens sont
embauchés. On comprend qu'à l'an 1 on n'était pas à pleine vitesse de
croisière. On pense que 2021... pardon, 2021‑2022, on est environ à
400 000 $, mais en 2022‑2023, pratiquement 5 millions, 2023‑2024,
6,7 millions, 2024‑2025, 7,9 millions. Donc, on voit que c'est un...
ce sont des investissements, des programmes
qui prennent leur envol puis qu'il y a plus de gestes qui sont posés au fil des
années.
La Présidente (Mme Thériault) : Mme
la députée.
Mme Rizqy : Là-dedans,
le 40 000 $ a servi à quoi?
M. Roberge :
Les sommes du programme sont destinées essentiellement à trois choses, comme je
l'ai mentionné tout à l'heure...
Mme Rizqy : Ah,
bien, peut-être pour préciser le 40 000 $, parce qu'on voit qu'il y a
un 40 000 $ qui a déjà été alloué, est-ce qu'on peut savoir à quoi il
a servi?
M. Roberge : ...donc,
je pense que c'était 0,4 million, donc, je pense, c'était plutôt
400 000 $.
Mme Rizqy : Non,
non, c'est «0,04 M», donc ça donne 40 000 $.
M. Roberge : 0,04 million,
c'est 4/10 de million, c'est 400 000 $. 0,4 million, c'est
400 000 $. Mais, peu importe, c'est... pas peu importe, mais
quand même...
Mme Rizqy : C'est
que c'est 0,04 que moi, j'ai comme réponse...
M. Roberge : O.K. Ah! bien, mon
Dieu! Bien là, je n'ai pas la même...
Mme Rizqy : ...à moins que
vous, vous avez un autre chiffre, ça se peut, mais moi, j'ai 0,04.
M. Roberge : Bon,
bien, une autre affaire qu'on va éclaircir, parce qu'on n'a pas la même donnée.
Est-ce 40 000 $ ou 400 000 $?
Mais, d'une manière ou d'une autre, il y a trois
objectifs à ce programme-là, je le répète, c'est créer du matériel pédagogique
en intégrant la réalité autochtone afin que celle-ci soit mieux comprise. Donc,
ce n'est pas juste destiné aux autochtones, c'est destiné à tous pour que tous
comprennent mieux la réalité autochtone. Par contre, offrir du soutien
pédagogique aux jeunes autochtones, bien, c'est définitivement de l'aide
directe à ces personnes-là, particulièrement même ceux qui sont hors
communauté. Et intégrer aussi les perspectives autochtones dans la révision des
programmes, on a commencé à le faire dans nos réflexions. En ce moment, on est
en train de travailler sur le nouveau cours Culture et citoyenneté québécoise,
et c'est clair qu'on intègre les perspectives autochtones dans le cours.
La Présidente (Mme Thériault) :
Mme la députée.
17 883 Mme Rizqy :
Peut-être juste vérifier, parce que, moi, dans les réponses que j'ai... Vous,
vous dites que vous avez 0,4, moi, j'ai, dans les réponses aux crédits qui
m'ont été fournies, 0,04. On pourra le vérifier...
M. Roberge : ...est-ce
que je peux préciser? Parce que je l'ai, finalement.
Mme Rizqy : Oui, absolument.
M. Roberge : C'est ça, donc,
pour implanter le programme, qui était de 19,4 millions sur quatre ans,
c'est bien ça, les sommes dépensées en 2021‑2022, c'est 400 000 $. Le
0,04, donc le 40 000 $ — vous aviez raison de parler de
40 000 $ — ça,
c'est les coûts relatifs à la concertation et aux rencontres avec les
partenaires autochtones, avec la Table
nationale de la réussite éducative des élèves autochtones. Donc, c'est le coût
des rencontres, la concertation pour arriver avec quelque chose qui soit
fait avec eux, pas seulement pour eux, mais avec eux.
Mme Rizqy : O.K.,
je comprends. Juste pour vous dire, à la fiche technique EDUC... 203,
pardon, quand vous parlez de matériel
pédagogique, moi, c'est marqué que la somme de 0 $ a été allouée puis, une
mesure de révision de programme, 0 $ a été alloué pour 2021‑2022,
et ça continue dans les réponses pour mettre des actions concrètes. Dans... Et
vous avez bien... vous faites bien de le mentionner, que c'est pour faire des
nouvelles mesures avec eux, pour eux, et non pas que nous, on leur impose. Je
vous rappelle que, lorsque nous faisions l'étude du projet de
loi sur le
protecteur de l'élève, à la demande même des Premières Nations, pour faire en
sorte qu'on soit capables de donner suite à la
protection, la sécurisation culturelle, il est question d'un protecteur de l'élève.
Vous ne croyez pas qu'avec ces sommes on pourrait justement, là, se pencher
là-dessus et vérifier, là, avec le 19,4 millions de dollars, qu'on soit en
mesure de répondre à cette demande concrète qui émane des Premières Nations?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Là, on tombe dans
l'étude du projet de loi n° 9. J'ai très hâte d'y retourner, d'ailleurs,
très, très hâte. J'espère qu'on va vraiment
mettre les bouchées doubles pour absolument l'adopter avant la fin de la
session. C'est possible, quand même. Oui, il reste beaucoup d'articles,
mais il reste quand même plusieurs heures, là, si on accélère la cadence, on
peut le faire.
Écouter des partenaires, des groupes, tenir
compte de ce qu'ils disent, ça veut parfois dire tout simplement mettre en
place leurs recommandations, prendre leur proposition, l'intégrer; d'autres
fois, ça veut dire tenir compte de la perspective, trouver une voie de passage
pour que, de la demande ou de la proposition, on soit capables de tirer quelque
chose qui s'insère dans un projet de loi en toute cohérence pour atteindre le
même objectif. Tu sais, ce n'est pas le chemin pour y arriver qui compte, mais
c'est la destination, puis on dit qu'on veut y aller ensemble. Des fois, dans le véhicule, on fait des compromis sur on
tourne à gauche, on tourne à droite, mais on continue, finalement, d'avancer,
puis je pense qu'on est capables de le
faire, là, vraiment dans le respect des nations autochtones, autant avec CCQ
qu'avec le protecteur de l'élève.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
Mme la députée.
Mme Rizqy : ...on
connaît, quand même, que le chiffre au niveau de la diplomation pour les
Premières Nations est excessivement bas en comparaison avec la
population générale. J'aimerais connaître les chiffres pour le nombre
d'enseignants légalement qualifiés pour les peuples des Premières Nations, pour
les commissions scolaires.
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : Attendez un petit
peu, je cherche cette information-là précise. Là, vous me parlez du taux de
diplomation. J'ai ici des données, là. On avait le taux de diplomation et
qualification par cohorte au secondaire après sept ans, donc diplomation et
qualification après sept ans. Pour le centre de services scolaire cri, il y a
quand même eu une montée intéressante, mais on partait de tellement loin, on
était à 34,2 %, on a monté... en 2019; en 2020, 44,9 % — un
bond de 10 % en une année, c'est exceptionnel, mais on part de tellement
loin qu'on va se garder une petite gêne — et puis, finalement, on a
monté, en juin 2021, à 47,8 %. Donc, c'est quand même énorme, en trois
ans, d'augmenter, là, de... presque d'un tiers, mais il reste encore beaucoup
de chemin à faire.
Mais, sur le nombre d'enseignants qui seraient
non légalement qualifiés, par exemple, au centre de services scolaire cri, je
cherche, je ne l'ai pas devant moi. Ça ne veut pas dire que le ministère ne
dispose pas de cette information-là. On demande, on demande.
La Présidente (Mme Thériault) : Donc,
on comprend que l'information va suivre un peu plus tard.
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Est-ce qu'il y a un
engagement que vous allez nous fournir les chiffres?
Présidente (Mme Thériault) :
J'ai compris que oui. Le ministre
a dit qu'on était pour chercher l'information, on vous la fournit un peu
plus tard. Et on opine de la tête, oui. Allez-y, madame... Oui...
M. Roberge : Bien, tout à fait.
À chaque fois qu'on est capables de trouver un chiffre, on va vous le
transmettre. Souvent, on peut aussi aller chercher. D'autres fois, comme j'ai
dit tantôt, c'est difficile de dire qu'on va aller faire une nouvelle collecte
dans les deux, trois prochaines semaines.
La Présidente (Mme Thériault) : Merci.
M. Roberge : Mais on va
vraiment tout faire pour vous fournir l'information.
Mme Rizqy : Je comprends. C'est
juste qu'il y a quand même les journalistes qui se penchent sur les élèves autochtones ainsi que les enseignants, et on voit
que... déjà que, pour la population en général, il y a plusieurs suppléants
et pour... lorsqu'on travaille en territoire autochtone ou en... dans le Grand
Nord, bien, le taux de roulement aussi est plus élevé. Est-ce que, ça, vous
avez ce chiffre au niveau du nombre de suppléances pour les trois commissions
scolaires autochtones?
La Présidente (Mme Thériault) : M.
le ministre.
M. Roberge : C'est un ensemble
d'informations qu'on va aller chercher tout en même temps, les unes avec les
autres. En réalité, les informations sur le personnel, centre de services
scolaire cri et Kativik, avoir le nombre de personnes,
peut-être, qui sont non légalement qualifiées, peut-être la stabilité... En
fait, les informations qu'on va être capables de trouver sur le personnel, on
va les fournir.
La Présidente
(Mme Thériault) : Il vous reste 2 min 30 s, Mme la
députée de Saint-Laurent, à votre bloc.
Mme Rizqy :
O.K. Alors, sur la fiche EDUC-204, c'est question de décrochage
scolaire, vous avez octroyé un montant important pour être en mesure de faire
ce qu'on appelle des partenariats stratégiques pour le raccrochage
scolaire — pour
reprendre l'expression d'Égide Royer, créer des «buddies» — donc,
c'est de s'assurer d'avoir une personne, un adulte répondant. Et Égide Royer...
pour reprendre ses propos, et je suis 100 % d'accord avec lui, lorsqu'un jeune décroche, c'est au... en début
d'année qu'il ne se représente pas, ce qu'on appelle la photo, là, de rentrée
scolaire. Si, au mois de septembre, on ne
l'a pas rescapé, bien, il ne va pas se présenter en novembre, il ne se présentera
pas en février puis il ne se présentera pas au mois de juin. Ça fait deux ans
qu'on vous dit qu'il faut arrêter d'attendre au mois de juin pour avoir le
portrait global des décrocheurs, il faut le faire dès la rentrée scolaire.
Donc, au mois d'octobre, là, si le jeune n'est pas revenu, on a un problème.
L'objectif de ce
montant que vous avez accordé, puis ça, je tiens à le dire, c'est bon,
nous-mêmes, on vous avait fait cette proposition d'avoir un répondant qui aille
carrément cogner à la porte de ce jeune-là pour essayer de le retourner sur les
bancs d'école dès le mois d'août, dès le mois de septembre. Maintenant,
malheureusement, la réponse que j'ai reçue à la fiche EDUC-204, c'est
qu'on n'a pas l'information, on n'a pas été... on ne sait pas combien de jeunes
qu'on est allés rejoindre, on ne sait p