Institutions — 27 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2020-08-27
Quebec — Committees
Nous voulons tout d'abord exprimer notre accord avec les objectifs du projet
de loi, qui reconnaît et réaffirme
le rôle essentiel des coroners pour la sécurité de la population. Cette
démarche permet non seulement de rehausser l'indépendance
des coroners, mais également d'améliorer la gestion de leur travail, de
réduire certains délais et d'assurer un meilleur suivi des recommandations contenues dans leurs rapports. À plusieurs égards, le travail
du coroner et l'expertise médicale
sont complémentaires et incontournables pour établir des conclusions sur les
causes et circonstances des décès.
Estimant qu'un partenariat solide ne pouvait qu'être bénéfique, le Collège des médecins du Québec et le Bureau
du coroner se sont engagés dans une collaboration permettant une cohérence dans
la réalisation de leur mandat respectif, à savoir la protection du public et de
la vie humaine.
Depuis quelques années, des travaux communs ont
été amorcés par le collège et le Bureau du coroner afin de permettre le
déploiement d'activités pour répondre à l'ensemble des besoins de la
population. Pour le collège, ce projet de
loi offre l'opportunité non seulement de réaffirmer le rôle des coroners, mais
également de permettre l'exploration de solutions permanentes aux
principaux enjeux identifiés, notamment en matière de recrutement des coroners,
et d'améliorer les moyens disponibles dans l'investigation des causes de décès.
À ce sujet, l'examen du cadavre constitue un
élément déterminant dans la recherche des causes de décès. Le collège considère que cet examen est une activité
médicale. En vertu des pouvoirs qui lui sont confiés, «le coroner peut procéder
ou ordonner qu'il soit procédé à l'examen ou à l'autopsie d'un corps ou à une
expertise». Si on considère le libellé
de cette disposition, il est logique de croire que l'intention du législateur
était ici de circonscrire le pouvoir de procéder à un examen attribué à un
coroner médecin ou celui d'ordonner un examen attribué à un coroner non
médecin. Or, les effectifs et la
pratique des coroners soulèvent actuellement des interrogations quant à
l'organisation de leur travail. Selon les informations transmises par le Bureau
du coroner, les effectifs sont partagés entre autour de 40 % de coroners
médecins et plus de 60 % de coroners
juristes. Il peut parfois donc s'avérer délicat de requérir la collaboration
des médecins exerçant dans des centres de santé, ce qui veut dire transport du
cadavre à l'établissement pour l'examen ou encore de demander à des
médecins du territoire de se déplacer pour procéder à l'examen du cadavre.
Dans un
contexte de pénurie de ressources, comment s'assurer que cet examen est réalisé
dans les règles de l'art et comment
mobiliser les ressources compétentes qui sont disponibles, toujours dans le
souci de mieux servir la population? Il importe, bien
sûr, que la personne qui réalise l'examen du cadavre ait les compétences
suffisantes pour identifier les indices
qui mèneraient à une poursuite de l'investigation ou à une enquête. Il ne faut
pas minimiser, bien sûr, la précision de cette évaluation, compte tenu
de l'importance des répercussions pouvant en résulter.
L'une des solutions serait de privilégier
l'apport de professionnels de la santé qui ont déjà une formation de base, dont
les activités permettent l'évaluation d'une condition physique et qui possèdent
les compétences en matière d'examen physique. Deux possibilités s'offrent
alors : considérer la nomination à
titre de coroner de professionnels autres que les médecins et les juristes — à
titre d'exemple, les infirmières, les
physiothérapeutes, les ergothérapeutes sont des gens habilités à effectuer certaines conditions médicales; une autre
option serait de faire appel aux services de ces mêmes professionnels
compétents pour qu'ils procèdent à l'examen du cadavre.
À l'instar de l'ouverture que le collège a
manifestée au cours de la dernière année et demie dans le réseau de la santé, nous serions très favorables à la
première option. Cette orientation constitue notre principale recommandation.
Cela pourrait se faire par une modification du Règlement sur les critères et
procédures de sélection des personnes aptes à être nommées coroners, de sorte
que certains professionnels de la santé dont les activités réservées permettent
l'évaluation de la condition physique d'une personne soient aptes à être nommés
coroners.
Notre
deuxième recommandation concerne les prélèvements requis pour une expertise
ordonnée par un coroner mentionnés à l'article 21 du projet de loi. Si nous saluons
l'initiative du législateur de permettre à tout professionnel habilité
d'effectuer des prélèvements, nous suggérons d'ajouter les personnes titulaires
d'un permis en thanatopraxie, dont l'exercice est visé par des normes et
des conditions précisées au Règlement d'application de la
Loi sur les activités funéraires. À l'image des professionnels
de la santé formés et compétents, ces personnes, à notre avis, possèdent
les connaissances nécessaires en matière de
prélèvement lors de la prise en charge du cadavre. De plus, la présence de
thanatologues sur l'ensemble du territoire du Québec pourrait réduire les
délais pour procéder aux prélèvements dans certaines régions.
Troisièmement,
dans les conditions devant être signalées au coroner, nous recommandons d'ajouter, à l'instar de l'Ontario, les décès maternels survenus dans le cadre d'une grossesse
ou dans les 42 jours suivant l'accouchement. En effet, dans ces situations que nous surveillons
étroitement avec nos partenaires, non seulement devons-nous connaître le
nombre de décès maternels, mais aussi les facteurs qui les provoquent, pour
mieux les prévenir.
Quatrièmement,
concernant la disposition des organes ou tissus prélevés à l'article 22,
nous suggérons de retirer cet article, dans la mesure où d'autres dispositions
légales encadrent cet enjeu et que l'objectif poursuivi ne nous semble
pas clair.
Enfin, quant
au suivi des recommandations du coroner, nous saluons les dispositions
proposées pour vérifier leur application.
Toutefois, dans le cas des ordres professionnels, certaines dispositions du
Code des professions, notamment la confidentialité
du dossier d'enquête du syndic, pourraient être prises en compte en ajoutant
les termes «dans le respect des lois applicables» au libellé actuel de
l'article 28.
Voilà. En
conclusion, le Collège des médecins
vous remercie de lui avoir permis de partager ses réflexions. Nous souhaitons également exprimer au Bureau du coroner
et à l'ensemble des coroners notre entière collaboration dans la réalisation de leurs mandats essentiels à la
protection du public. C'est avec plaisir que nous répondrons à vos questions.
Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci infiniment, Dr Gaudreault. Mme la
ministre, s'il vous plaît.
Mme Guilbault :
Oui, merci. J'ai combien de temps?
Le Président (M.
Bachand) :
17 minutes.
Mme Guilbault : Oui, bonjour. Merci beaucoup. Merci encore d'être
ici, messieurs. Bonjour à tout le monde, d'ailleurs. Rebonjour, pour la plupart, on était ensemble hier. Alors,
c'est très, très intéressant, ce que vous venez nous dire, qui reflète le
mémoire qu'on avait, les recommandations et qui fait écho à des discussions,
comme on se le disait tout à l'heure,
de longue date entre le collège et le Bureau du coroner, entre autres, sur
toute la question de l'ouverture à d'autres professions.
Quand je
parle d'ouverture à d'autres professions, moi, j'ai en tête l'ouverture pour
devenir coroner. Donc, je ne sais pas si on parle exactement de la même chose.
Vous, vous parliez plus spécifiquement d'ouverture à la possibilité de faire des examens externes et des prélèvements.
Est-ce que vous voyez, du même souffle, que ces personnes-là pourraient
devenir coroners aussi, comme tel, ou est-ce que ce serait plus juste une expertise,
une sous-traitance, finalement, des examens externes ou des prélèvements?
M. Gaudreault
(Mauril) : Bien, quand je
parlais de deux possibilités qui s'offraient à nous puis que je disais la première possibilité, la première option, pour
nous, c'était vraiment de faire en sorte que les professionnels, entre autres,
soient nommés coroners, les professionnels mentionnés soient nommés coroners.
C'est ça, notre première recommandation, finalement, notre première...
cette option que d'autres...
Écoutez, moi, au risque de me répéter, ça fait
un an et demi que... ça fait près de deux ans que je suis le président du Collège des médecins du Québec, mais,
depuis un an et demi, je pense qu'on a démontré beaucoup, beaucoup d'ouverture
à la collaboration avec d'autres professionnels. Pourquoi on a fait ça? À mon
avis, le Collège des médecins ne peut
pas, seul, participer à l'amélioration du service de santé au Québec, du réseau
de la santé, il doit le faire avec
les autres professions. Donc, c'est dans la même philosophie, dans la même
manifestation d'ouverture. Ce n'est pas juste
Mauril Gaudreault qui dit ça, là, c'est le Collège des médecins du Québec et
son conseil d'administration, par rapport à
s'ouvrir aux autres professionnels pour que tous ensemble, nous puissions
contribuer à l'amélioration des services de santé et du réseau, et ça va
dans le sens de cette recommandation-là, cette même philosophie.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, une ouverture que je salue énormément,
d'ailleurs, parce que, moi, c'est dans mon intention. Je l'ai dit hier,
en ce moment, dans le... C'est parce que c'est sûr que l'ouverture à
l'éligibilité d'autres professions, ça va
faire
partie d'un règlement, comme vous dites, la modification du règlement sur
les personnes aptes, qui n'est pas dans
le projet de loi comme tel. Ça fait qu'on en parle quand même ici, même si ça
ne touche pas le projet de loi, parce que je pense que c'est d'intérêt public
d'avoir ces conversations-là sur les professions qui devraient être éligibles à
la profession de coroner. En ce moment, il est dans mon intention — on est en élaboration des modifications
réglementaires — d'ajouter
trois professions, dont les infirmières, que
vous notiez, les pharmaciens, qui vont vous suivre, d'ailleurs, tout à l'heure,
et les ingénieurs. En ce moment, c'est mon
état d'esprit. Et donc, là, je vois que vous, vous proposez d'autres
professions. C'est logique, mais c'est la première fois que j'entends
parler... puis peut-être qu'il y a eu des discussions dont je ne faisais pas partie, mais c'est la première fois
que j'entends la suggestion pour les thanatologues, pas pour être coroners,
mais pour faire des...
M. Gaudreault
(Mauril) : C'est ça, pour faire des prélèvements, oui.
Mme Guilbault : Vous, dans le fond, vous proposez qu'ils fassent
plus les prélèvements, les examens externes. Parce qu'en fait vous
disiez, toujours dans l'idée d'économiser des transports de dépouilles, si on
pense surtout avec le constat de décès à
distance... comme ça, tu évites un aller-retour à l'hôpital ou dans une morgue
et puis tu te fais examiner directement chez la maison funéraire. Je trouve
qu'il y a une logique derrière ça. Je vous le dis spontanément, là, je
vais devoir y réfléchir. Puis je vois mon ami, des fois, qui sourit quand je me
mets, comme ça, à dire : Ah! c'est bon, c'est une bonne idée, on va voir. Mais il faut quand même évaluer les tenants
et aboutissants, mais je trouve que c'est une bonne idée. Puis c'est
vrai que les connaissances anatomiques, puis tout ça... Ce n'est pas fou, ce
n'est pas fou.
Vous savez qu'en ce moment l'idée du Bureau du
coroner, c'est justement de faire en sorte qu'on donne la formation à tous les
coroners pour pouvoir faire les examens externes et les prélèvements. Les
médecins le faisaient, maintenant, ils étaient en train de former les juristes,
mais ils vont devoir éventuellement former les autres aussi qui deviendraient éligibles. Donc, vous, je comprends
que la position du collège, c'est une aisance totale avec cette
ouverture-là de ce qui est un acte médical aux autres professions.
M. Gaudreault
(Mauril) : Oui, tout à fait,
une aisance totale à regarder ça avec les autres professions en question
puis avec vous, là. Mais, oui, notamment pour
ce qui est de l'examen, tu sais, je pense que les professionnels
mentionnés — puis
j'ai parlé des infirmières, ergothérapeutes, physiothérapeutes — peuvent
procéder à un examen physique. Donc, je
pense que ce serait pertinent, puis approprié, et, à mon avis, utile, pour ce qui est d'une utilisation
optimale des ressources au Québec, de les inclure dans la possibilité de
faire ce travail.
Mme Guilbault : O.K. Un autre petit point sur lequel j'aimerais
vous entendre, c'est l'article... bien, en fait, c'est les articles 24 et 30, sur la modification, là, de
l'accès au... ce qu'on appelle les annexes. Et là on inclut... je le cherche en même temps que je
vous parle pour vous lire la bonne chose, on inclut maintenant qu'on peut
permettre... après consultation du Coroner
en chef, on peut permettre que soit consulté, en cours d'investigation, plutôt
que d'attendre forcément à la fin du rapport, comme c'est le cas en ce
moment pour les annexes... en cours d'investigation, «à un médecin qui établit [...] que ces documents sont
nécessaires à des fins de prévention ou de dépistage de maladie auprès
d'un membre de la famille de la personne décédée». Ça, je trouve ça très
intéressant.
Est-ce qu'à votre connaissance c'est une
situation qui s'est vécue souvent ou est-ce que c'est un problème qui s'est vécu souvent, d'une famille qui a été
obligée d'attendre trop longtemps alors qu'un médecin soupçonnait qu'il pouvait y avoir quelque chose d'héréditaire, ou de
congénital, ou, tu sais, qui pourrait guider à la prévention, peut-être
le même problème chez un autre membre de la famille?
M. Gaudreault
(Mauril) : Vous aurez
compris que moi, je n'ai jamais été coroner, mais ce suis accompagné de
quelqu'un qui l'est, donc je vais lui donner la parole.
Le Président (M.
Bachand) : Dr Morissette, s'il vous plaît
M. Morissette (Guy) : Merci.
Merci, Mme la ministre. Merci, M. le Président. Vous dire que c'est fréquent, non, je ne pourrais dire que... Là, je parle
d'expérience personnelle, là, si on veut, ce n'est pas arrivé si souvent que
ça, ces situations-là. Je pense que
d'avoir ça comme outil dans la boîte à outils, tu sais, du coroner, de pouvoir,
justement, tu sais... pour la
sécurité de la population, puis tout ça, d'avoir recours à cet élément-là,
c'est utile. Mais pour dire que c'est fréquent, non, je ne peux pas dire
que c'est fréquent.
Mais je ne
vois pas, par ailleurs, d'obstacle à ce que ça puisse être disponible dans la
boîte à outils. Je pense que le coroner
doit avoir plusieurs outils, O.K., plusieurs mécanismes, plusieurs éléments
pour lesquels il peut mieux protéger le
public puis, tu sais... Alors, s'il y a une circonstance qui fait que ça doit
être utilisé puis il doit avoir recours à ça, bien, bien sûr. Si c'est légiféré puis on est corrects à
ce niveau-là, ça serait utile. Mais je vous dirais que ce n'est pas si fréquent que ça dans l'expérience que moi, j'ai
et que j'ai pu partager avec des collègues coroners au cours des années.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui, merci. Est-ce que vous... Vous
parliez aussi de signaler les décès maternels. Est-ce que ça, pour vous,
c'est parce que... Parce que, moi, dans ma tête, je me dis, un décès maternel,
c'est sûr que ça peut être une cause
naturelle, là, par exemple, une infection, un choc septique puis, bon, des
choses comme ça, mais est-ce que... même si la cause est naturelle puis
diagnosticable facilement d'un point de vue scientifique, est-ce que, selon
votre connaissance... puis
peut-être encore Dr Morissette, comme vous travaillez
aussi dans le milieu de la santé... bien, vous aussi, d'ailleurs, là,
mais vous avez été coroner.
M. Morissette
(Guy) : Tous les deux, oui.
Mme Guilbault :
Est-ce que c'est dans la culture du personnel médical, ou des médecins, ou des
infirmières, soignants d'avoir le réflexe, quand même, de signaler au coroner dans le moindre doute? Dans le sens où, oui, on
peut dire : La personne avait
une infection, elle en est décédée, mais est-ce que c'est normal
qu'elle ait eu cette infection-là, qu'on ne l'ait pas venu venir, qu'on
ne l'ait pas traitée à temps? Tu sais, quand tu viens d'accoucher, normalement,
il y a un suivi, là, qui doit se faire, puis il y a des signaux d'alerte, ça fait
que, si tu finis par en décéder, dans ma tête, les motifs de signalement actuellement prévus dans la
loi justifieraient un signalement ou, en
tout cas, dans le doute, plutôt
signaler que ne pas signaler au coroner.
Alors, est-ce que
vous, vous avez... Est-ce que vous êtes d'accord que ce réflexe-là est déjà
possible par la loi actuelle? Et est-ce que
vous avez observé des cas où vous avez eu un malaise de constater qu'il y aurait eu des décès non signalés qui auraient dû être signalés, selon
vous, maternels, là?
M. Morissette
(Guy) : Merci, Mme la ministre, de la question. Je vous dirais, de base, il n'y a
pas le réflexe de la part de la communauté médicale de signaler et de penser au coroner.
Quand on parle d'un décès maternel, il
y a toujours beaucoup de...
C'est très chargé, un décès maternel. Les gens ont souvent l'impression... les
gens, je vous dirais, les professionnels, dont les médecins, ont toujours
l'impression... C'est particulier, ils marchent... tu sais, c'est précaire, et ils n'auront pas nécessairement... À moins
d'une mort violente, là, tu sais, des circonstances, tu sais, qui relèvent, de
façon traditionnelle, tu sais, d'un avis au coroner, je vous dirais que ce
n'est pas un réflexe. C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a des travaux qui sont
faits, déjà, depuis que le collège est impliqué, depuis plusieurs
années, dans... à voir... parce
qu'on juge, on estime que c'est extrêmement important puis que c'est... Tu sais, quand on parle encore
de protection du public, protection,
tu sais, de la vie humaine, alors on sent qu'il y a un point de jonction
à cet égard-là puis on devrait aller plus loin.
Alors,
déjà, le bureau du... le Collège
des médecins travaille sur une espèce
de procédure ou règlement qui nous permettrait de pouvoir avoir des leviers
puis regarder dans ces situations-là. Mais je vous dirais que la déclaration au coroner, déclaration obligatoire, comme les morts violentes et les
autres, identité inconnue, et tout ça, ferait... ajouterait à cet
égard-là. Mais je vous dirais que ce n'est pas dans l'instinct des comités
hospitaliers, au Collège des médecins, de
penser tout de suite au coroner. On y pense de plus en plus, les gens qui
discutent de ça, qui ont mis ça sur la table depuis quelques années,
mais d'avoir un avis obligatoire, comme... parce que ça porte... c'est un peu
comme les décès en garderie, c'est un peu
comme les décès dans les milieux... dans les pénitenciers. Souvent, c'est des
morts naturelles, mais c'est tout ce qu'il y a autour, hein? On n'est plus dans
la cause de décès, on est dans les circonstances puis on est dans une
protection de la vie humaine ou la protection du public, là, quand on parle des
deux professions.
Alors,
je vous dirais, ce serait très, très aidant d'avoir cet élément-là, puis ça...
les gens développeraient des réflexes puis se sentiraient moins challengés,
pardonnez-moi l'expression, mais...
interpelés, parce que c'est chargé, les décès maternels, tout le temps, il y a toujours beaucoup de charge émotive autour de ça, puis les gens
sont toujours un petit peu
inquiets, là, quand on traite de ça. Alors, ça nous donnerait le levier de
pouvoir... de façon légale, parce que c'est une déclaration obligatoire,
de pouvoir traiter de ça.
Président (M. Bachand) : Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault :
Quand vous dites «les gens, il y a un malaise», vous parlez de l'équipe soignante?
Morissette (Guy) : Je
parlerais de la communauté en général, parce que c'est porteur, je veux
dire, tu sais, les décès maternels, c'est... il y a des symboles, il y a des
symboles par rapport à la famille, par rapport à l'enfant
à naître, tout ça. Mais, de façon plus
large, je vous dirais que c'est des indicateurs de santé d'une population,
tu sais, des décès maternels, tout ça. Alors, c'est très large, la
portée de ce qui se passe avec les décès maternels, puis souvent les familles
se posent des questions, et tout ça. Alors, quand je dis que les gens... je
parle des professionnels et des gens impliqués
autour de... disons, le traitement ou l'évaluation des décès maternels. Alors,
ce serait, je pense, une belle protection du public à cet
égard-là.
Mme Guilbault :
Pour les familles.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la ministre, oui.
Mme Guilbault : Oui, merci. C'est ça, c'est que, je me disais,
pour les familles, c'est un bénéfice, quand il y a un rapport du coroner, parce qu'il y a des gens
qui doivent se poser... peut-être pas sur le moment, quand c'est très émotif,
mais il peut clairement y avoir des éléments intéressants dans un rapport de
coroner pour les survivants à ce type de situation là.
M. Morissette
(Guy) : Bien, je suis tout à fait d'accord, comme officier public puis comme... Tu sais, la
mission du coroner, tu sais, la protection de la vie humaine, je veux dire, il
me semble, c'est quand elle commence, entre autres, je veux dire, tu sais, cette vie humaine là, donc la
mère qui porte l'enfant. Alors, je vous dirais, il y a... Nous, on y voit, au
Collège des médecins, une grande logique à cet égard-là.
Mme Guilbault : Vous amenez, oui, un bon point, parce qu'on parle
du décès de la mère, mais le décès du nouveau-né?
M. Morissette
(Guy) : Les décès périnataux sont déjà...
Mme Guilbault :
Ils sont déjà signalés.
M. Morissette (Guy) : Il y a déjà des processus qui sont impliqués à
cet égard-là, dépendant de la période de gestation où ça s'est produit, puis,
disons, autour... tu sais, autour de l'accouchement ou quelques semaines après,
alors il y a déjà des mécanismes qui
sont très bien développés. Et, contrairement à ce qu'on vous a dit tantôt,
qu'il y avait un certain malaise par
rapport au décès maternel, par rapport au décès, tu sais... de traiter du décès
périnatal, il y a moins d'inconfort, ça
se fait... Mais je ne dis pas que, tu sais, ça ne suscite pas des réactions,
là, tout ça, mais il y a comme moins d'inconfort à cet égard-là. C'est
vraiment au niveau des décès maternels que ça... qu'il y a l'inconfort.
Président (M. Bachand) : Mme la ministre.
M. Morissette
(Guy) : Mais les mécanismes sont là, Mme la ministre, à cet égard-là,
pour regarder les décès périnataux.
Mme Guilbault :
O.K. Il me reste combien de temps?
Président (M. Bachand) : Trois minutes.
Mme Guilbault : Oh mon Dieu! O.K. Juste très, très rapidement,
parce que j'aurais un autre point, le 42 jours, il a été fixé sur quelle
base, ce nombre-là?
M. Morissette
(Guy) : C'est une norme reconnue dans le milieu.
Mme Guilbault :
O.K. Et, dernière chose, pourriez-vous éclaircir la recommandation n° 5, en ajoutant «dans le
respect des lois applicables»? Qu'est-ce
qui, selon vous, est perfectible ou plus difficilement compréhensible? C'est
l'article 28.
M. Gaudreault
(Mauril) : ...par rapport, je dirais, à certaines
particularités du Code des professions, dont,
comme je le disais tout à l'heure, la confidentialité du dossier d'enquête
du syndic par rapport à cela. Mais ce n'est pas majeur, comme recommandation, là, c'est
simplement de faire en sorte que ça soit conforme au Code des professions, puisque nous sommes
un ordre professionnel. C'est ça.
Mme Guilbault : Vous voulez dire que le destinataire de recommandation, par exemple, le collège ou autre, doit faire attention
à l'information qu'il transmet au Coroner en chef?
M. Gaudreault
(Mauril) : C'est ça.
Mme Guilbault : O.K., dans l'optique où ça deviendrait public, cette communication-là.
M. Gaudreault
(Mauril) : Oui, c'est ça.
Mme Guilbault :
Parfait.
Le Président
(M. Bachand) : Il vous reste... Il reste deux minutes, du
côté...
Mme Guilbault :
Il me reste... Ah! bien oui, parfait. Je vais passer la parole à... Chapleau.
Merci.
Président (M. Bachand) : Député de
Chapleau, s'il vous plaît. M. le député.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci, Mme la ministre. Bonjour, tout le monde. Peut-être,
rapidement... Merci, Dr Morissette, Dr Gaudreault,
d'être ici ce matin. Merci d'être venus de l'Outaouais, notre si belle
région.
M. Gaudreault
(Mauril) : Et moi, je suis venu du Lac-Saint-Jean,
moi.
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Lévesque
(Chapleau) : Du Lac-Saint-Jean. Vous aussi, bon, c'est une bonne
route, vous aussi.
J'aimerais peut-être
vous entendre sur les délais. On a entendu souvent que ça prenait du temps
avant que le coroner, là, livre son rapport.
Peut-être que vous, dans votre expérience, Dr Morissette,
vous pouvez peut-être nous dire qu'est-ce qui pourrait être
fait, qu'est-ce qu'on devrait faire pour améliorer, du moins réduire ces
délais-là pour la production d'un tel
rapport. Il y a eu différentes propositions, notamment par la Protectrice du
citoyen, qui nous disait, peut-être,
mettre obligatoire à 180 jours la production de ce rapport-là. Je ne sais pas
si vous, par votre expérience, vous avez peut-être une idée pour ça.
M. Morissette
(Guy) : Je... pas je pense, j'indique que le Bureau du coroner s'est
penché, suite à différents rapports, depuis des années, à trouver comment
réduire les délais pour... que ce soit pour les familles... Parce qu'il y a
plusieurs conséquences, comme vous le
savez tous, à un rapport du coroner, dépendant... que ce soit pour exercer des
droits, O.K., je veux dire, pour les familles des gens, tu sais, qui
survivent au décès de leur proche ou que ce soit pour toute la compréhension de
ce qui s'est vraiment passé puis qu'on veut savoir.
Alors,
il y a plusieurs mécanismes. Je me rappelle très bien, tu sais, je vais y aller
comme ça, il y a une dizaine d'années,
d'un rapport de la Protectrice du citoyen qui disait... Protecteur du citoyen
qui disait : Ça n'a pas de sens, puis il faut vraiment qu'on entreprenne
des choses. Alors, de dire qu'il y a seulement une solution... et c'est mon
avis, là, de dire qu'il y a une seule solution, je pense que c'est réducteur.
Je pense qu'il y a plusieurs éléments, il y a plusieurs contraintes dont
on n'a pas le contrôle, tu sais, à cet égard-là, mais il y en a d'autres où on
a du contrôle. Par exemple, si... là, je vais
essayer d'être clair, là, si on attend un rapport de toxicologie, bien, je veux
dire, ça, on peut avoir... il y a un levier, à ce niveau-là, je veux dire, qui permet de le faire. Par ailleurs, s'il
y a une enquête criminelle, je veux dire, suite à un décès, bien là, il
y a un processus à suivre, à cet égard-là, qu'il faut respecter.
Alors,
il y a plusieurs, plusieurs idées, il y a plusieurs éléments qui ont été mis
sur la table, puis je pense que c'est
la somme de chacune de ces... ou, je dirais, de mettre en commun chacune de ces
solutions-là. Je pense que c'est plusieurs solutions qui peuvent le
faire, mais ça, c'est mon humble avis, là, d'expérience sur le terrain. Puis on
l'a vu dans le milieu de la santé aussi,
hein? Ces délais-là de rapport d'investigation pour une personne qui n'est pas
décédée, là, puis qu'on est obligé
d'attendre, c'est terrible pour les familles, c'est terrible pour les
personnes, tu sais, dont on a fait... qui
a subi l'examen. Alors, il faut travailler à cet égard-là, mais je pense que
c'est un processus d'amélioration continue, puis je suis certain que... Je veux dire, je sais qu'il y a des avancées
qui ont été faites dans les dernières années à cet égard-là pour réduire les délais, mais c'est une
préoccupation majeure, je suis convaincu, là, du Bureau du coroner, du coroner
lui-même... tient à ce que ce soit fait.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup.
Le Président (M. Bachand) : Merci, Dr Morisette. Merci, M. le député de Chapleau.
M. le député de Vimont, vous avez la parole.
M. Rousselle : Merci, M. le Président. Premièrement, bonjour,
Mme la ministre, collègues, et merci, toujours, à ma collègue de Vaudreuil de m'accompagner ce matin, Oscar Lescarbeau, qui
est notre recherchiste. Des fois, on les oublie, hein, mais ces gens-là qui sont en arrière de nous travaillent
très, très, très fort, et on les oublie. Donc, je ne veux pas l'oublier,
mais vraiment pas, il nous aide vraiment.
Écoutez,
premièrement, merci d'être ici, M. Gaudreault, M. Morissette. Vraiment, merci d'être ici. J'ai
regardé vraiment avec attention votre
mémoire. Premièrement, félicitations pour votre ouverture, j'ai trouvé ça
vraiment intéressant. On en a entendu
d'autres qui étaient peut-être moins ouverts que vous, mais mettons que j'ai
trouvé ça très rafraîchissant de voir que vous avez une ouverture
vraiment marquée. Donc, je voulais juste vous en remercier parce que vous êtes tout de même le Collège des médecins et puis vous
êtes tout de même une institution qui est reconnue depuis toujours ou
depuis... en tout cas, depuis très longtemps.
M. Gaudreault
(Mauril) : En 2022, on va souhaiter... on va fêter notre
150e anniversaire.
M. Rousselle : «My God!» Donc, écoutez, effectivement, ça fait
donc très longtemps, mais effectivement vous avez de l'expérience, vous
avez de l'expertise, et puis c'est ça qu'on a de besoin ici pour le p.l. n° 45.
Écoutez,
je regardais ça, puis toujours dans l'ouverture que vous avez, si on irait...
puis, juste, je regarde ça, là, si on permettrait aussi aux détenteurs
d'un bac en sciences infirmières de devenir... donc, tous ceux qui ont un bac, parce que ce n'est pas nécessairement... ils ont
le bac, mais ils sont peut-être attitrés ailleurs dans les hôpitaux, ou quoi
que ce soit, est-ce que vous iriez jusque-là ou vous... Parce que j'ai regardé
vraiment, là, vous... Puis, encore une fois, merci d'avoir l'ouverture, là, ce n'est pas ça que je veux challenger,
mais pas pantoute, mais je voulais voir jusqu'où vous étiez prêts à
aller.
M. Gaudreault
(Mauril) : En fait,
prêts à aller à l'ouverture à des personnes qui sont compétentes, à des
personnes qui sont compétentes pour
pratiquer l'examen ou pour pratiquer en tant que coroners. Les professions
qu'on a mentionnées à
titre
d'exemples, là, c'est des personnes qui sont déjà formées pour faire des...
pour pratiquer des examens physiques. Donc, je ne dis pas qu'il n'y en a
pas d'autres là-dedans, il faudrait regarder ça ensemble, là. Puis nous, on a
proposé trois types de professionnels, qui
sont les infirmières, les physiothérapeutes et les ergothérapeutes, mais il
faudra regarder tous ensemble, là, la possibilité peut-être d'élargir ça à d'autres professionnels. Mais ce que
je veux dire par là, c'est qu'on est d'accord pour que ça soit élargi à
des professionnels qui sont compétents pour faire tel type de pratique.
M. Rousselle : J'écoutais, tantôt, la ministre
parler, justement, qu'elle est prête, aussi, d'élargir jusqu'à
l'Ordre des ingénieurs du Québec. Je voulais vous entendre là-dessus, parce
que, là, vous parlez des gens... parce que, depuis tantôt, vous parlez des gens qui sont habilités, mais toujours
dans le système de la santé, au niveau de regarder les corps,
et tout. Donc, un ingénieur n'a peut-être pas cette habilitation-là. Est-ce que...
Vous, vous voyez ça comment?
M. Gaudreault (Mauril) : Bien, c'est comme les coroners juristes, qui font
appel à des médecins ou d'autres professionnels pour pratiquer l'examen
physique du cadavre. Moi, comme Collège des médecins, ce qui me préoccupe,
c'est que l'examen du cadavre, qui est une activité
médicale et qui le demeurerait, mais quand
même que d'autres professionnels
pourraient faire, ça soit fait correctement. C'est ça que... Je n'ai aucun
problème à ce qu'un ingénieur devienne
coroner, mais il va avoir besoin d'un de ces professionnels-là pour pratiquer
l'examen physique du cadavre.
Rousselle : Hier, on a reçu l'association, justement, des coroners,
là, et ils nous disaient, justement... puis ça, c'est des temps-partiels, là... l'association des temps-partiels, ce
n'étaient pas des temps-pleins qui sont regroupés là-dedans, il y a une dame qui semblait à dire comme quoi
qu'ils n'ont eu aucune formation, ils apprenaient sur le tas. Vous, est-ce
que vous avez réfléchi — puis on a un coroner, ici — peut-être qu'il pourrait y avoir un genre de
formation? Parce que c'est sûr que, si on veut être performants puis si
on veut vraiment faire des belles... des bonnes recommandations, pensez-vous que... est-ce que vous avez réfléchi
là-dessus, que ça serait peut-être intéressant d'avoir une certaine formation
qui pourrait être ajoutée, tu sais? Donc, à
ce moment-là — là, je
vais prendre... parce qu'on va recevoir les ingénieurs tantôt — un ingénieur arrive — je pourrais prendre, justement, un avocat,
là, là ça tombe qu'on va recevoir les ingénieurs — est-ce que cette personne-là qui arrive...
est-ce que ça serait peut-être bien vu ou ça serait peut-être mieux si
cette personne-là aurait une formation adéquate pour vraiment l'aider à faire
son travail correctement?
M. Gaudreault
(Mauril) : Bien, je reviens avec l'examen physique, c'est ça,
la formation, c'est l'examen physique d'un
cadavre, et d'autres professionnels de la santé qui peuvent le faire hormis des
médecins, donc... Et ce n'est pas une
formation sur le tas, là, tu sais, on va s'entendre, là, c'est une formation
sérieuse qu'ils ont... acquis les
compétences pour faire ce type d'examen physique. Donc, il faudra voir,
là, ce n'est pas...
Nous,
on émet cette idée, cette proposition, je dirais, d'ouverture à d'autres
professionnels de la santé pour faire une activité médicale, mais, pour
moi, ça se limite à des professionnels de la santé, la possibilité de faire un
tel type d'examen. Je n'ouvrirais pas ça...
Puis je ne veux pas du tout, du tout être réducteur par rapport aux ingénieurs, mais ce n'est
pas la même chose — comme
moi, je n'irais pas faire une
partie du travail de l'ingénieur, c'est la même
chose — faire
une
partie du travail du professionnel de la santé. Voilà. Je veux être
politiquement correct, là.
M. Rousselle :
Oui, il n'y a pas de problème.
Président (M. Bachand) : Dr Morissette, peut-être.
M. Morissette
(Guy) : Si vous me
permettez, pour compléter, la fonction de coroner, c'est une fonction complexe.
Alors, il y a plusieurs
éléments dans la fonction de coroner, il
y a une expertise, l'examen du
cadavre, l'examen de la... ça devient comme une expertise, au même
titre, dans ma tête, dans notre tête, que, par exemple, la balistique, que les traces de sang, puis tout ça. Alors, je veux dire,
la fonction de coroner, je pense que ce serait... nous, on pense, au collège,
que ce serait vraiment très,
très positif pour notre société
d'élargir les lunettes de regarder l'ensemble d'un décès à autres
personnes que des médecins et des juristes. Alors, ça, c'est une partie, il
faut distinguer.
Par contre,
quand on arrive à l'examen du cadavre, peu importe qui est coroner, je veux
dire, quelle est la profession ou ce
qu'est la personne qui est coroner, elle doit faire appel à différentes
expertises, comme un rapport de... comme une investigation, une enquête
policière, bon, tout ça. Alors, nous, on dit... au collège, on dit : C'est
un acte médical. Et déjà, depuis quelques années, on sait qu'il y a beaucoup
de professionnels de la santé qui ont acquis, que ce soit légalement ou pratico-pratique, de l'expérience à
cet égard-là et on pense que... si on élargit le bassin de personnes qui
peuvent faire des examens externes, des examens de cadavres à d'autres professionnels
de la santé qui ont déjà cette formation-là, bien, je pense qu'on vient de...
sais, je pense que le projet de loi souhaite régler certains problèmes, puis on l'a
dit, par rapport au recrutement de coroners, qui est un problème très concret, là, bien sûr.
Alors, on pense qu'à cet égard-là, déjà, on aurait une solution. Ce n'est pas empêcher... Il y a
des médecins qui sont aussi avocats, ils ont eu une formation puis ils sont
capables d'exercer les deux professions, là. Ce n'est pas que les gens
ne peuvent pas acquérir des habiletés, mais il y a, déjà là, tout près, un certain nombre de professionnels dans le milieu
de la santé qui pourraient exercer déjà puis régler une grosse
partie de ce
problème-là de recrutement de coroners.
Mais, quand
on pense aux coroners en général, qu'on soit médecin ou juriste, je ne peux pas
croire, on ne peut pas croire que la
seule paire de lunettes pour regarder les problèmes sociaux, pour regarder les
impacts... Parce que, là, on est moins dans les causes de décès, on est beaucoup
plus... tu sais, c'est un des éléments que doit répondre le coroner, mais il
y a de plus en plus de
positionnement vis-à-vis la personne qui s'offusque devant un décès, qui
dit : Ça n'a pas de sens,
qu'est-ce qui se passe. Mais ce n'est pas juste des causes, ce n'est pas juste,
tu sais, une trajectoire d'un projectile, ou quelque chose comme ça,
c'est beaucoup plus large, maintenant.
Alors,
je pense qu'on a besoin de plus de lunettes, maintenant, pour regarder les
décès puis pouvoir se positionner, comme société, à améliorer la
protection, tu sais, la protection de la vie humaine. Alors, c'est un peu ça
qui nous mobilise, beaucoup ça qui nous mobilise, au Collège des
médecins, en disant : L'expertise... il ne faut pas faire l'économie de l'examen du cadavre. L'examen du cadavre, il y a
des signes, là, pas tout le temps,
mais il y a des éléments puis il y a
des gens qui sont là pour ça, qui sont déjà formés pour ça, autres que
des médecins.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Je vais céder la parole au député de
Vimont. M. le député de Vimont, s'il
vous plaît.
M. Rousselle : Merci. Écoutez, je vous écoute, puis effectivement je pense que... puis là, je ne sais
pas, vous allez pouvoir me dire, par votre expérience de coroner, est-ce que vous avez accès à une équipe
multidisciplinaire? Parce que,
là, vous parlez, justement...
il faut avoir plusieurs lunettes, là, donc... Puis j'abonde dans votre sens,
là, je pense que plus il y a des lunettes, plus qu'on va avoir, justement,
une meilleure orientation sur les recommandations.
Mais, dans votre
équipe actuelle, qu'est-ce qui existe aujourd'hui? Est-ce que vous avez, un
exemple, comme des travailleurs sociaux ou
est-ce que vous avez, justement, des ingénieurs? Est-ce que vous avez des gens
qui... Parce que, je
prends un exemple, un accident de la route, sur un tronçon, il y a
accident, bien, peut-être que c'est
un ingénieur que, lui, va pouvoir
venir dire : Bien, la courbe était mal faite, ou peu importe, là. Donc,
j'abonde dans le sens des lunettes. Mais
actuellement est-ce que vous l'avez, cette opportunité-là, que le coroner peut
faire appel à une équipe multidisciplinaire qui fait partie, justement, du Bureau du coroner puis il dit : Bon,
bien, O.K., j'ai tel problème, est-ce qu'on peut le regarder en équipe
puis en arriver avec une recommandation? Est-ce que ça se fait comme ça ou...
M. Morissette
(Guy) : Les ressources
existent. Tu sais, il y a certaines ressources qui sont peut-être
disponibles, spécifiques à l'activité du coroner lui-même. Tu sais, on
parle du laboratoire de... bien là je n'utilise pas le bon terme, mais... Laboratoire de sciences
judiciaires, bon, c'est ça, alors, tu sais, il y a des gens qui sont à cet
égard-là, mais il y a un accès à
différent... les ministères, les différentes instances, institutions qui font
des rapports à la demande du coroner ou même de façon spontanée, c'est normal, dans la routine, d'investiguer un
accident de voiture, bien, il y a plusieurs enquêtes qui se font puis...
à cet égard-là.
Alors, il y a un
accès, oui, le coroner a beaucoup, je vous disais tantôt, beaucoup d'éléments
dans sa boîte à outils, mais ce qui est...
moi, je pense, ce qui est
l'essentiel, on parle de vies humaines, l'essentiel revient à la personne
décédée. Alors, c'est la preuve, c'est... tout est là, là, dans la preuve.
Alors, il faut qu'on conserve... Tu sais, comme je vous disais tantôt, on ne peut pas faire l'économie d'un examen
physique, d'un examen du cadavre parce qu'on a des difficultés d'accès à différents professionnels.
Je pense qu'il faut élargir... on pense qu'il faut élargir, puis je pense... on
pense qu'on a déjà les professions...
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Je passe la parole à
la députée de Vaudreuil, s'il vous plaît.
Mme Nichols :
Merci... pardon, merci, M. le Président. Merci, messieurs, d'être sortis de vos si belles régions pour vous joindre à
nous. Je ne veux pas faire de préférence pour une région ou l'autre.
Dans la lignée où mon
collègue vous amenait, je me demandais : Avez-vous déjà pensé à la
création d'un poste de directeur médical au
Bureau du coroner? Est-ce que vous pensez que ça pourrait être quelque chose
qui pourrait être utile? Évidemment,
là, directeur médical avec les pouvoirs nécessaires autour de ça, mais est-ce
que c'est quelque chose qui pourrait peut-être...
M. Gaudreault
(Mauril) : Je ne sais pas. Est-ce que ça a déjà été envisagé?
M. Morissette
(Guy) : Moi, je ne pourrais pas... je n'ai pas toujours été dans les
discussions, là, de corridor ou de réflexion à cet égard-là. Il faudrait voir
les fonctions de la personne. Je pense que les gens, actuellement, au Bureau du coroner, tu sais, sont en mesure de voir
où sont les besoins, comment les besoins, actuellement, sont moins
répondus ou pourraient être mieux répondus. Alors, je pense que les gens au
Bureau du coroner pourraient voir ça. Moi...
Le titre, c'est intéressant, mais il faut voir c'est quoi, la fonction, puis à
quel besoin il répond. Alors, je pense qu'on serait assez mal avisés de
dire oui ou non à ce moment-ci.
M. Gaudreault
(Mauril) : ...de vous dire puis de vous répéter à nouveau que
le Collège des médecins, la communauté
médicale, veut participer à l'amélioration de ses services de santé au Québec,
mais pas seul, avec d'autres
professions, avec d'autres professionnels, avec d'autres partenaires. Donc, si
on juge, tous ensemble, qu'il serait approprié, pertinent d'avoir un
directeur médical, bien, bien sûr qu'on va être d'accord avec ça.
Mme Nichols :
Merci. Écoutez, je posais la question parce qu'un peu plus tôt vous avez
dit : On a eu... on a déjà eu des discussions au préalable, on a déjà eu
des discussions de corridor, ça fait que je prenais la chance de vous demander
si ça avait déjà été
envisagé. Je vous salue, d'ailleurs, là, pour la belle ouverture que vous nous
présentez, là. Je pense que c'est bénéfique pour tout le monde, cette
ouverture-là, ça fait avancer les choses, évidemment.
M. Morissette...
Dr Morissette, vous êtes coroner en région. Est-ce qu'il y a un manque de
coroners dans les régions?
M. Morissette
(Guy) : C'est variable d'une région à l'autre. Il y a des mécanismes
qui permettent de couvrir, entre guillemets, des territoires où ils sont moins
bien dépourvus. Il y a un accès centralisé, il y a des mesures qui ont
justement été prises depuis des années pour permettre une couverture. Ça
demeure toujours un défi, les individus qui sont
coroners, qui sont nommés coroners, mais, disons, à mon... selon ma lecture, il
y a une couverture, tu sais, qui s'organise,
qui est organisée, au Québec, qui permet de répondre aux besoins, tu sais, pour
ne pas qu'il y ait de régions défavorisées par rapport à l'accès à un
coroner. Ça serait, je pense... ça ne serait pas recevable, là, pour une
société.
Mme Nichols :
Parfait, merci. Vous parlez... Dans votre mémoire, à la recommandation 4,
au niveau de la conservation d'un organe ou de tissus aux fins d'une expertise, vous
dites : Bien, écoutez, étant
donné le manque de clarté de cette
disposition-là, vous laisseriez... cet article-là, l'article 22, dont on parle, là, vous proposez de retirer
cet article-là. Vous ne voyez pas nécessaire...
ou, en fait, j'aimerais vous entendre sur la procédure, que les proches des
victimes soient informés lorsque le pathologiste doit conserver un
échantillon du cadavre. Moi, je trouve que c'est important, là, mais il y a... je ne suis pas médecin, donc j'aimerais bien vous
entendre, là, sur les... Parce qu'on dit «compte tenu [le] manque de
clarté», donc ça doit être qu'il doit
y avoir un argument qui pourrait rendre tout ça plus clair ou — vous
êtes médecin — peut-être une justification qui
pourrait, justement, ramener l'article 22, mais le préciser, là, ou
l'encadrer.
Le Président (M.
Bachand) : Merci infiniment. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup. Très, très intéressant.
Merci, messieurs, d'être ici avec nous. Ce n'est, en quelque sorte, pas complémentaire, mais je
trouve que c'est un peu dans la même lignée, là, que le collège avant vous,
puis on aura l'Ordre des ingénieurs après, qui va venir cet après-midi, donc on
est en plein dans cette notion d'ouverture de la profession, d'ouverture, comment dire, d'osmose des
expertises — j'aime
ce mot, «osmose», ces temps-ci, je l'utilise souvent, puis là, vous voyez, il
est encore approprié ce matin — l'osmose des expertises à la faveur d'une
meilleure, justement, pratique générale.
Parce que moi, j'estime... puis je l'ai dit tout à
l'heure, vous étiez dans la salle, je pense, en ce moment, mon intention, c'est
effectivement de modifier le règlement sur les personnes aptes et d'inclure,
entre autres, les pharmaciens dans
les personnes. Et puis d'ailleurs, comme vous le savez probablement, ça fait
quelques années qu'on a ces discussions-là, «on» étant le Bureau du
coroner, avec l'ordre, avec, aussi, les infirmières. Donc, c'est ça, alors,
moi, je suis tout à fait favorable à votre recommandation, là, la dernière, je
pense, là, oui, c'est ça, alors, la recommandation 4. Donc, c'est ça, alors, est-ce que vous... pour ce que
vous en savez, est-ce que vous sentez un grand intérêt ou un appétit chez vos membres pour devenir coroner? Parce que c'est une
chose de les rendre éligibles, mais est-ce que vous sentez cet intérêt-là chez vos membres? Parce que l'idée, aussi, c'est
de combler nos postes puis de recruter davantage. Donc, est-ce que vous
avez l'impression que ce serait bienvenu chez vos membres?
Le Président (M.
Bachand) : Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Guilbault :
Merci. Je vais vous amener sur un autre point, qui est la page 10, votre
recommandation qui touche l'accès aux
documents ou, en fait... en tout cas, à l'information, peut-être pas nécessairement
un document mais à l'information, là. Quand vous dites «lorsqu'un
professionnel est impliqué», aviser le bureau du syndic, donc vous parlez de tout type de professionnel qui
appartient à un ordre professionnel? Et
est-ce que votre conception de ça, c'est que l'information se fasse de
manière proactive et systématique de la part du Bureau du coroner sans qu'il y
ait de demande? Parce que, moi, de la façon
dont je comprends l'article — là,
vous me direz «c'est ton projet de loi, tu es supposée le comprendre»,
mais, en tout cas, je suis pas mal sûre que je le comprends bien — c'est
à la suite d'une demande, donc, un citoyen
ou un médecin qui ferait une demande d'information. Mais là, vous, ce que vous
proposez d'ajouter, c'est... la charge est sur le Bureau du coroner,
finalement, et non sur vous.
M. Bolduc (Bertrand) : Lorsque le
coroner s'aperçoit qu'une situation semble découler d'une incompétence ou d'une pratique hors norme, il devrait
avertir... nous avertir, soit à l'inspection professionnelle ou carrément au
syndic, si c'est vraiment plus grave,
pour qu'on puisse agir tout de suite. Parce qu'entre le décès, la publication
du rapport, il peut se passer quand même pas mal de temps, notamment, comme
vous l'avez dit, là, s'il y a beaucoup d'analyses qui sont demandées.
Et, pendant ce temps-là, nous, on a un membre qui continue de pratiquer
potentiellement de façon dangereuse sans qu'on le sache. Parce que, oui, on
fait de l'inspection assez... de façon assez importante, mais on ne voit pas tout le monde à tous les ans, évidemment.
Donc, de le savoir plus tôt, ça nous permet d'agir plus tôt et de vérifier
que la pratique, tant la pratique
professionnelle que le milieu — que
ça soit un hôpital, en résidence pour personnes âgées, à la pharmacie
même — est
sécuritaire pour les patients. Donc, on pourrait agir plus rapidement, et ça,
c'est une information qui est très importante pour nous.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Mais en fait ce que je me demande, justement,
c'est... du fait de la collaboration accrue des dernières années et des bonnes
relations en général, est-ce que ce type de collaboration là ne pourrait pas se
faire sans modification législative?
M. Boudreault (Patrick) :
Peut-être.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Parfait, merci. Je vais y aller très brièvement,
un dernier petit point, pour laisser du temps à mes collègues. La recommandation n° 1,
sur le mandat, la durée du mandat, là, vous recommandez quatre ans,
renouvelable une fois, donc huit ans. Pourquoi juste un renouvellement?
Pourquoi quatre ans? Et est-ce que, selon vous, sept ans non renouvelable
pourrait compenser le quatre ans renouvelable?
M. Bolduc
(Bertrand) : Bien, on a revu le Code des professions récemment,
et c'est ce qu'on impose, maintenant, aux administrateurs et aux présidents
d'ordre. Donc, moi, je suis dans mon deuxième mandat de quatre ans et je ne
pourrai pas renouveler. Ça a de l'air que c'est ce qui se passe aux États-Unis
aussi, à la présidence. C'est commun, maintenant, et de bonne pratique de
gouvernance de faire des deux fois quatre ou des trois fois trois. Pourquoi?
Parce que changer des choses, des pratiques,
ça peut prendre un certain temps. C'est sûr que deux fois quatre, c'est
assez... c'est quand même pas mal de temps pour réaliser quelques trucs, et je
suis sûr que tous les parlementaires seront d'accord pour dire que, s'ils étaient au pouvoir deux fois
quatre ans, ils peuvent en faire plus qu'une fois cinq. Alors, c'est un peu
le même principe. Je pense que ce n'est pas
déraisonnable, dans les circonstances, et, bien, c'est ce qu'on propose parce
que c'est ce qu'on voit ailleurs.
M. Martel :
Merci. Monsieur...
M. Boudreault (Patrick) :
Excusez-moi...
M. Boudreault (Patrick) :
Il y a aussi une branche du génie qui prend son essor, c'est tout le volet du
génie logistique, et, dans toute l'analyse de nos rapports et causes souches,
je crois que d'avoir l'expertise des ingénieurs spécialisés en logistique nous
aiderait grandement.
M. Martel :
Merci. M. le Président, je vous jure, ce n'était pas une question plantée, mais
j'ai l'impression... parce que, cette semaine, quand on a questionné la ministre,
c'était exactement... à peu près les mêmes réponses qu'elle nous a
données.
L'autre
affaire, très rapidement, la ministre vous a questionné par rapport à l'intérêt
des pharmaciens à exercer le métier de coroner. Supposons, là, que c'est tout à
fait admissible puis c'est souhaitable que les pharmaciens soient là, dans un contexte de pénurie, parce qu'on le voit,
là, il y a une pénurie de pharmaciens à beaucoup d'endroits, est-ce qu'on
se rend service d'ouvrir, compte tenu, là, de la pénurie de médecins à beaucoup
d'endroits au Québec?
M. Bolduc (Bertrand) : Bien,
moi, je ne crois pas. Oui, il y a une certaine pénurie de pharmaciens en milieu
hospitalier, notamment, mais le nombre de
candidats à l'exercice en milieu hospitalier augmente régulièrement, donc on va
finir, j'espère, à... Et évidemment les pénuries sont plus en région. Ceci
étant dit, on a beaucoup de membres en région aussi, ça pourrait en
attirer d'autres.
On a des pharmaciens dans toutes sortes d'autres
milieux, aussi, qui pourraient être rapatriés, je pense aux compagnies d'assurance. L'industrie pharmaceutique,
entre autres, pourrait contribuer à générer des candidats très intéressants. Donc, je ne pense pas qu'on soit en
pénurie de façon si grave qu'on s'empêche de profiter de quelques bons
candidats qui pourraient contribuer au Bureau du coroner.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de Vimont, s'il vous
plaît.
M. Rousselle :
Merci, M. le Président. Premièrement, merci, merci d'avoir préparé le document,
qu'on a soigneusement lu. Donc, merci
à M. Bolduc, M. Boudreault. Très intéressant, qu'est-ce que vous en
dites, puis très intéressant de vous
écouter aussi. J'ai retenu «circuit des médicaments», parce qu'effectivement
vous avez mentionné, tantôt, que les
coroners actuels prennent rarement en considération, justement, le côté
médicaments. Tout à l'heure, on parlait
beaucoup avec le Collège des médecins, justement, de corps, comment le manipuler, puis, bon, ce côté-là, mais je n'ai pas eu la chance puis je n'ai pas pensé de
leur poser la question au
niveau des médicaments, parce qu'effectivement, vous l'avez mentionné, un
médicament peut changer un comportement, un médicament, en tout cas, peut faire
plein de choses, et l'accumulation, comme vous l'avez dit tout à l'heure, de
médicaments aussi peut faire un cocktail assez explosif. Donc, je ne suis pas
pharmacien, mais je vous écoutais, tout à l'heure, puis je pense que j'ai bien
compris.
M. Boudreault (Patrick) : C'est
pas mal ça, oui.
M. Rousselle : Oui, c'est
ça. Dites-moi... parce que, là, tantôt,
on parlait... Puis là je pense toujours aux personnes
vulnérables dans les CHSLD, mais je
pense aussi à ceux dans les résidences personnelles ou dans les résidences...
des grosses tours qu'on voit maintenant, ils n'ont pas tous des médecins, ou ceux qui
avaient des médecins, malheureusement,
ils ont pris leur retraite, donc là ils
n'ont plus de médecin, il y a une pénurie de médecins dans ces endroits-là. Et,
des fois, bien, veux veux pas, là — puis moi, je vous en parle
par connaissance de cause, mes parents demeurent dans une très grosse résidence comme ça — des
fois, les gens, bien, ça meurt, puis je ne suis pas sûr qu'on en
fait vraiment... on n'avertit pas, je ne pense pas, les
coroners dans ce cas-là.
Tantôt, on parlait concernant les enfants, mais
concernant les personnes vulnérables ou même, peut-être, les gens qui
meurent... comme les démunis dans les rues, vous, là-dedans, est-ce que vous
avez réfléchi à ça? Parce qu'effectivement je reviens toujours avec votre... La
ministre parlait, tout à l'heure, de réflexe, là, mais, dans le circuit des
médicaments, je pense que c'est sûr que vous allez être le bienvenu dans le
milieu, parce que vous allez pouvoir peut-être
aiguiller d'autres personnes, mais pensez-vous qu'il y aurait...
il devrait y avoir une obligation, quand il y a un décès, que ce soit dans
un CHSLD ou quoi que ce soit, que vous soyez avisés, je veux dire, les coroners
devraient être avisés, là? Là,
voyez-vous, je suis rendu déjà à l'étape que je les considère comme coroners,
mais, comprenez-vous, dans ma réflexion, là, c'est... Pensez-vous que ce
serait logique de le faire?
M. Boudreault
(Patrick) : On sait que les incidents et accidents au niveau des
résidences pour aînés ou résidences intermédiaires, donc tout ce qui est hors
réseau, c'est assez important. Malheureusement, on le documente beaucoup
moins que dans le réseau de la santé. On sait, hein, que, dans le réseau de la santé, un établissement doit déclarer obligatoirement ce qu'on
appelle un AH-223, donc un formulaire qui déclare un incident ou un accident,
qu'il soit relié à une chute, un médicament
ou quoi que ce soit. Dans le volet privé, il y a des mécanismes
parallèles de déclaration des
incidents, mais comment, et à quelle fréquence, et par qui ces rapports
d'incident et accident sont analysés, quels sont
les plans d'action qui sont mis en place? On n'est pas dans la même structure
que le réseau public, où, deux fois par année, les incidents, accidents
de chacun des établissements doivent être versés dans la banque nationale et
analysés par un groupe, hein? Le coroner
Ramsay, en 2014, avait un groupe d'experts pour analyser les incidents,
accidents, chutes et médicaments, mais, dans tout le volet privé, c'est
un peu plus obscur.
Ça préoccupe l'Ordre des pharmaciens, mais ça
préoccupe aussi d'autres ordres professionnels, notamment dans tout ce qui est
le volet de la distribution et l'administration des médicaments dans les
résidences pour aînés. On sait que, ces endroits-là, la formation des préposés
ou la formation du personnel qui ont à distribuer, administrer les médicaments,
c'est plus que perfectible. On travaille plusieurs heures ensemble, avec
l'Office des professions, pour revoir le règlement sur la formation requise
pour les préposés à faire les activités professionnelles.
Alors, c'est très clair qu'en dehors du réseau
de la santé il faut regarder ce qui se fait en termes de qu'est-ce qu'on fait,
hein, qu'est-ce qu'on attribue à nos préposés ou à nos non-professionnels, qui
sont superimportants et qui donnent
d'excellents soins, que ce soient des bénévoles, un proche parent, on ne remet
pas en question, on ne pourrait pas faire sans eux, mais comment on s'assure
qu'il y a de la qualité, que ce soit bien fait, qu'il y ait de la rigueur.
Parce qu'il se donne des médicaments, il se donne des médicaments qu'on
pourrait dire à hauts risques, que ce soit des opioïdes, des stupéfiants, ou il se donne de l'insuline, alors
il faut s'assurer que ce soit bien fait et que les gens qui prodiguent ces
soins-là comprennent ce qu'ils font et comprennent le sens de pourquoi
on exige, justement, que ce soit le bon médicament à la bonne personne au bon
moment, alors, pourquoi on exige tout ça.
Le Président (M. Bachand) :
Merci. M. le député de Vimont.
M. Rousselle : Merci. Bien, je peux vous dire aussi que, même
dans le système CHSLD, quoi que ce soit, ils font un suivi des
médicaments à l'intérieur des résidences de personnes âgées et même personnelles. Malheureusement, c'est des gens, des fois, qui n'ont pas
nécessairement... vous savez, dans le réseau, on essaie d'avoir les meilleures
personnes, mais des fois c'est difficile, donc, des fois, les connaissances
sont limitées. Donc, j'abonde dans le même sens que vous.
Écoutez, je
regardais, au niveau des recommandations qui sont faites au niveau des
coroners... parce que c'est bien beau, les coroners font des études, je veux
dire, approfondies pour donner les meilleures recommandations possible...
et, bien souvent, bien, ces
recommandations-là, comme le Collège des médecins disait, justement, elles sont
là, justement, pour promouvoir la
santé puis de faire attention. Vous aussi, vous êtes dans la même catégorie.
Dites-moi, le fait qu'il n'y a pas
une obligation de suivi des recommandations... parce que, malheureusement, les
recommandations n'étaient pas
suivies, recommandation par-dessus recommandation, il y a des décès puis il y a
des malheurs qui se produisent, vous, là-dessus... j'ai lu
partiellement, mais vous campez où là-dedans?
M. Boudreault
(Patrick) : C'est le point
central de notre mémoire. Il faut comprendre que, jusqu'à aujourd'hui, les recommandations sont
facultatives. Je vais vous donner un exemple concret, le rapport de Dr Ramsay sur la mort de
M. Paul Buisson, sur lequel il se basait déjà, de décès suite aux
opioïdes, en 1998... il base son rapport, un rapport étoffé, sur les problèmes d'utilisation, de surveillance des opioïdes.
Il fait un rapport exhaustif dans lequel tous les groupes et organismes concernés étaient ciblés pour
pouvoir améliorer les choses. Ça a eu un impact énorme dans les établissements
de santé, lorsque ce rapport est sorti, parce qu'il était étoffé, les recommandations étaient justes, elles étaient ciblées, et on avait fait le tour des organismes qui pouvaient
être en synergie pour appliquer tout ça sur le terrain. Malheureusement, je peux vous apporter un échantillon d'exemples de rapports
d'investigation, en 2018, où est-ce
qu'on a encore, malheureusement, des erreurs d'administration
d'opioïdes.
Malgré tout, malgré ce rapport exhaustif, étoffé, avec des recommandations
très ciblées, on a encore aujourd'hui, en 2018, en 2020, trop d'accidents ou de décès avec les opioïdes pour
lesquels on n'a pas appliqué, malheureusement, la surveillance qui était requise, on n'a pas appliqué les mesures sur
les bonnes pratiques sécuritaires de prescription et d'administration d'opioïdes. Alors, ça doit être très frustrant, même pour les coroners
en place, de voir qu'année après année on
revient avec ces mêmes problèmes, ces mêmes causes souches, qu'on appelle,
et de voir que ce n'est pas mis en place.
Alors, pour nous, c'était très clair, et on
saluait le projet de loi pour dire : Écoutez, il faut que les organismes qui sont visés par des recommandations doivent, oui, bien signifier qu'ils l'ont lu, mais du moins déposer un
plan d'action, et ce sera très
important que le bureau des recommandations au sein du Bureau du coroner puisse
assurer ces suivis et cette reddition de comptes pour s'assurer que ça
soit effectivement mis en place.
M. Boudreault (Patrick) : Et ce
qui est intéressant, c'est que le projet de loi, aussi, permet à la coroner ou au Coroner en chef, lorsqu'il voit qu'il y a
plusieurs causes souches apparentées, de pouvoir faire des avis. Alors, pour
nous, c'est plus qu'un avis que le
coroner... on doit pouvoir faire des avis, mais on doit pouvoir faire des recommandations d'emblée, également, sachant que le projet de loi prévoit que, si c'est
des recommandations qui lui sont faites, bien, la reddition de comptes
devient obligatoire. Alors, il faut qu'on donne la possibilité au coroner pour
les deux.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de Vimont, s'il vous plaît.
M. Rousselle : Bien,
juste avant de passer la parole à ma collègue, là, c'est-tu possible d'avoir
les documents que vous parlez, les exemples qui pourraient peut-être... encore
une fois, avoir une réflexion là-dessus? C'est possible, oui?
Le Président (M. Bachand) : Si vous pouvez faire parvenir ça au secrétariat
de la commission, s'il vous plaît.
M. Boudreault
(Patrick) : Bien sûr, avec grand plaisir, oui.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Oui, merci, M. le Président. Superintéressant, comme intervention, parce que, définitivement, on s'en rend compte, puis
je pense que c'est un peu l'objectif, aussi, du projet de loi, à moins que je
me trompe, mais de pouvoir, tu sais, améliorer la globalité. On l'a dit, ça
fait des années qu'on est dus pour une mise à jour.
suivi de ces recommandations-là, c'est définitivement un gros problème, puis le
problème, aussi, que la main droite ne parle pas à la main gauche, c'est-à-dire
que, tu sais, il y a des suivis, il y a des intervenants, ça vient d'un peu partout, mais, à la fin... Puis hier je
donnais l'exemple à Dorval, Herron, où, bien, tu sais, malgré tout, on a appris
que les permis avaient été renouvelés,
malgré les recommandations qui étaient, disons, assez sévères. Donc, je
comprends que votre remarque va dans ce sens-là aussi, qu'il y ait de la
communication.
M. Boudreault
(Patrick) : Tout à fait, tout à fait, il faut que les
recommandations... Ce n'est pas seulement de faire un accusé de réception,
hein, c'est de déposer un plan d'action, et que ce plan d'action là soit
cohérent, puis qu'il veuille dire quelque
chose, puis qu'il se traduise par des gestes concrets d'amélioration et de
prévention de décès. Par la suite, il faut qu'au sein du Bureau du
coroner on soit capable d'analyser et qu'on soit capable de suivre ces
redditions de comptes là dans les temps et dans les temps que les... selon le
plan d'action que les gens ont déposé.
Cela
dit, si on veut cela, il va falloir que les recommandations soient ciblées,
percutantes et bien en lien avec la problématique, avec une analyse des
causes souches derrière, d'où l'effet de diversifier l'expertise au sein du
Bureau du coroner. Ce n'est pas
uniquement... On ne propose pas, aujourd'hui, des pharmaciens parce que ça
serait le fun, d'avoir des
pharmaciens, on croit que, d'ajouter des ingénieurs ou d'ajouter des
pharmaciens, on va diversifier l'expertise pour, justement, avoir... et
que tout ce monde-là collabore à ce que les recommandations soient ciblées et
bien attachées et qu'au sein du bureau, des
suivis des recommandations, on soit capables de faire ce suivi-là et que...
Vraiment, là, ce n'est pas uniquement
des décès qu'il faut prévenir après, il faut prévenir les incidents puis il
faut prévenir les accidents. Ce n'est pas
parce que quelqu'un est décédé qu'il ne faut pas prévenir d'autre chose ou des
accidents, là. Le «near miss» est aussi problématique, d'un point de vue
d'analyse de causes souches, que le décès.
Mme Nichols :
J'irais même un peu plus loin, je dirais qu'il faudrait que ça devienne des
documents de référence. Vous avez
parlé d'un document étoffé qui pourrait, justement, devenir... tu sais, c'est
une sorte d'expertise, là, vous êtes des professionnels, il y a des experts,
on va... les médecins aussi, là, ce que vous...
M. Bolduc (Bertrand) : Le résultat de tout ça, souvent, c'est la mise à
jour de normes, des normes communes avec les autres professionnels. Comme
disait Patrick, on travaille beaucoup avec l'Ordre des infirmières pour tout
ce qui se passe en résidence pour personnes âgées, CHSLD. On sait qu'on a eu,
pendant la pandémie, des grands enjeux d'assurer
le service pharmaceutique dans ces milieux-là, incluant les sites non
traditionnels, hein — on a
transformé des hôtels en
hôpital — mais de
distribuer de façon sécuritaire les médicaments là-dedans, ça nous a préoccupés
beaucoup, et on a travaillé très, très fort derrière le rideau pour
s'assurer que tout fonctionne très, très bien.
bon, je pense que, dans l'ensemble, ça s'est très bien passé, mais, encore là,
est-ce qu'il y a des choses qu'on aurait pu faire mieux? Est-ce qu'on en a échappé une à quelque part? Bien, on le
saura probablement suite aux enquêtes en cours et on va s'ajuster pour s'assurer que, si
malheureusement on a une deuxième vague, bien, on prévienne ce genre de
situation là.
sont tous des exemples pour lesquels le travail en commun. La diversité des
expertises et le suivi très serré des recommandations sont nécessaires,
et c'est un peu ça, notre message, aujourd'hui.
Mme Nichols :
Bien, définitivement, je suis d'accord avec vous, ça peut même servir
d'avancement dans notre société. Puis je comprends aussi, dans le fond, que
l'Ordre des pharmaciens, vous allez être en faveur ou faire preuve
d'ouverture quand... vous allez vous engager à donner suite quand il va y avoir
des recommandations auprès de votre membre à faire des mises jour, à faire des
suivis.
M. Bolduc
(Bertrand) : Tout à fait, tout à fait. Comme on le disait, si on a
l'information d'avance, on peut procéder à
des inspections, aller en enquête de compétences, restreindre le droit de
pratique, faire des... demander des plans d'action à nos membres pour améliorer
leurs milieux, que ce soit en établissement ou en officine, on le fait
régulièrement. Et nous, on assure le
suivi très serré de ça et on ne les laisse pas aller tant que ce n'est pas en
place et que ça ne fonctionne pas de
façon sécuritaire. Donc, on fait déjà ça. Je pense que la plupart des ordres,
notamment le collège, et nous, et l'Ordre des infirmières, on est déjà très
proactifs, mais on peut l'être encore plus, puis d'avoir une reddition de
comptes, bien, on assure la population que les choses vont être faites.
Mme Nichols :
Une façon, peut-être, d'être proactifs, quand vous dites : On aimerait ça
le savoir d'avance, bien, c'est
justement de ne pas arriver à la fin avec des conclusions, mais de vous
impliquer dès le début. Donc, il y aurait peut-être une façon de
libeller quelque chose pour que, j'imagine...
M. Bolduc
(Bertrand) : Bien, c'est la transmission d'informations au tout début
de l'enquête ou au cours de l'enquête, ne pas attendre la publication du
rapport. Parce que, lorsqu'on le reçoit, bien, il s'est écoulé quand même pas mal de temps, on aurait peut-être pu agir de
façon proactive, et, lorsqu'on aura la recommandation écrite dans le rapport
final, que l'action soit déjà avancée, sinon même terminée, pour être sûrs
qu'on est déjà en avance sur l'échéancier.
Mme Nichols :
Merci. Je vous amène... On a parlé un peu, là, des mandats renouvelables, ou on
s'est avancé un peu là-dessus dans le mémoire, donc la porte est ouverte, j'en
profite, vous avez parlé du principe des mandats non renouvelables. C'est vrai qu'en 2020, là, on voit ça un peu partout,
les mandats non renouvelables, là, de quatre ans, mais il ne faut pas non plus être trop confortable
pendant 20 ans, ça, je le comprends. Je me demandais — puis c'est une opinion, puis, comme je vous dis, la porte est
ouverte, donc je pose la question, sentez-vous bien à l'aise — la décision de renouveler le mandat du
Coroner en chef ou des coroners adjoints, est-ce que ça ne pourrait pas être
une décision purement politique. Comment vous voyez ça?
M. Bolduc (Bertrand) : Bien, on espère qu'elle ne le sera pas trop, mais
qu'elle soit plutôt basée sur les actions qui ont été entreprises et les résultats obtenus. Nous, dans les ordres,
on est élus soit par notre conseil d'administration soit par nos membres et on ne nous donne pas de
deuxième mandat si on n'a pas fait avancer les dossiers de la pratique
professionnelle, de la sécurité du public. C'est un peu la même chose dans le
cas du coroner, qu'est-ce que tu as fait dans
les quatre, cinq dernières années? Pourquoi tu veux un deuxième mandat?
Qu'est-ce que tu vas faire? Si tu as fait ce que tu avais dit que tu ferais, probablement qu'on va t'en donner un
autre, sinon, bien, on passe à quelqu'un d'autre. Est-ce que tu as le goût,
aussi, de continuer puis de progresser? C'est un peu ça, la gouvernance, donc
s'assurer d'une reddition de comptes
de la personne qui assume la fonction du bureau. Si les résultats sont là, je
ne vois pas pourquoi on ne renouvellerait pas.
Président (M. Bachand) : Il reste quelques secondes, Mme la
députée.
Mme Nichols : Non, bien, je pense qu'on a fait le tour. Merci,
c'était une réponse qui était quand même assez complète. Merci beaucoup.
Merci de votre participation.
Président (M. Bachand) : Sur ce, merci infiniment d'avoir été
ici ce matin.
Je suspends les
travaux jusqu'à 14 heures cet après-midi. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 19)
J'arrive
maintenant à la communication des documents détenus par un coroner. Il arrive
qu'un décès soit attribuable à une faute ou à l'incompétence d'un
professionnel, comme ce fut le cas lors de l'effondrement du toit du centre
commercial en Ontario en 2012. Un
décès attribuable à des services rendus par une personne qui exerce
illégalement une profession est
également possible. Des travaux de construction réalisés sans plans et devis
par un architecte ou ingénieur peuvent également entraîner la mort,
comme dans le cas du toit du bâtiment agricole qui s'est effondré sur un
travailleur à Saint-Tite. Dans de tels cas,
un ordre professionnel peut avoir besoin d'un document détenu par un coroner
pour assurer ses responsabilités, que ce soit pour mener des enquêtes
disciplinaires sur ses membres, les inspecter ou intenter des poursuites pénales visant à faire respecter les
lois professionnelles, dont les dispositions relatives aux travaux sans plan
d'architecture ou d'ingénieur. À cet égard, le projet de loi prévoit la
possibilité qu'un coroner puisse, pendant son enquête, transmettre des
documents à trois catégories de personnes et d'organismes. Malheureusement, les
ordres professionnels ne sont mentionnés
dans aucune de ces trois catégories. Grâce au pouvoir d'enquête à
l'article 122 du Code des professions, le syndic d'un ordre pourrait
probablement obtenir un document utile à une enquête disciplinaire, mais les
autres titulaires des fonctions des ordres professionnels, que ce soit du côté
de l'inspection professionnelle ou du côté de la surveillance de la pratique... illégale, je m'excuse, ne détiennent
pas un tel pouvoir. Notre troisième recommandation vise donc à ce que les ordres professionnels
soient inclus parmi la liste des personnes et organismes auxquels un coroner
peut communiquer un document en modifiant les articles 90.1 et 101 de la
loi.
Le Président (M.
Bachand) : Merci infiniment. Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Merci à
vous deux d'être ici cet après-midi, très, très intéressant. Aujourd'hui, on a
des ordres professionnels, vous êtes le troisième... bien, le collège, et puis
l'Ordre des pharmaciens, et vous,
puis c'est très, très intéressant parce que... je ne sais pas si vous avez
suivi le début des travaux, mais moi,
j'ai dit hier, et encore ce matin, que c'est dans mon intention, en ce moment, parce que... toujours
en précisant que l'ouverture du règlement sur les
personnes aptes à être nommées coroners, c'est une démarche parallèle au projet
de loi, donc, ici, on parle, normalement, du projet de loi, mais, depuis le
début, c'est quand même en filigrane, cette ouverture à d'autres
professions, parce que ça touche un peu l'ensemble de l'exercice. Et moi... actuellement,
on est en train d'élaborer ou de modifier ce
règlement-là, et il est dans mon intention, actuellement, d'inclure les ingénieurs, avec les infirmiers et les pharmaciens, comme étant éligibles à la profession de coroner.
Donc, je comprends de votre mémoire que l'intérêt est réciproque.
Mme Baig
(Kathy) : ...donc, on est
très heureux d'entendre ça. Effectivement, on avait suivi, on l'avait entendu dans
les discussions précédentes, donc on était très heureux d'avoir cette
ouverture-là.
Mme Guilbault : Puis, pour ce que vous en savez... Parce que,
là, vous me dites que c'est relativement nouveau pour vous d'entendre
qu'il y aurait cet intérêt-là pour vous inclure. Donc, de prime abord, est-ce
que vous pensez qu'il y aurait un intérêt chez vos membres pour être coroner?
C'est pour ça que
notre proposition à nous, je crois, elle est plus large, puis elle visait aussi
un cas qui est très particulier aux lois sur
les architectes et lois sur les ingénieurs, c'est qu'il y a
une infraction qui est l'usage de documents qui
n'ont pas été signés et scellés par un ingénieur, ça n'existe pas dans les
autres lois professionnelles, mais, en gros, un constructeur qui
construit un bâtiment sans plans de structure, par exemple, qui ont été signés
et scellés par un ingénieur commet une
infraction. Et c'est un petit peu le cas de la ferme dont on parle, là, à
Saint-Tite, c'était vraiment une construction sans plans et devis d'ingénieur.
Si on réfère uniquement au cas, à un signalement à cause d'une inconduite
d'un professionnel, bien, ça ne
couvrirait pas ces cas-là. Ça fait qu'on pense que notre proposition, elle est peut-être un peu plus large puis un petit peu plus
adaptée à l'ensemble des circonstances que pourrait constater un coroner.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, merci. J'ai un autre petit point...
attendez, là, je viens mêlée dans mes notes, mais je voulais aborder avec vous le suivi des recommandations, parce que
vous en avez parlé et vous suggérez ici de... «toutefois, il pourrait être
opportun de vérifier dans cinq ans si c'est effectivement le cas», par rapport au suivi des recommandations, là.
Donc, vous dites : Peut-être que ça va suffire, parce qu'on a déjà inclus quelque chose dans le
projet de loi qui est mieux que ce qui se fait actuellement, mais, bon, là,
vous dites : Peut-être que ça va suffire, mais, en même temps, vérifiez
dans cinq ans. Donc, pourquoi dans cinq ans? Et de quelle façon...
Bien, en fait, je vais vous laisser répondre sur le cinq ans, puis après
je compléterai avec ma sous-question.
Mme Baig (Kathy) : En fait,
vous avez raison, dans le projet de loi, il est très clair, il y a eu une
avancée par rapport au suivi, la personne doit dire qu'elle en a pris
conscience et doit mentionner ce qu'elle a l'intention de faire. Mais une fois qu'elle dit ça, est-ce qu'elle va
vraiment le faire? Est-ce que ça va se matérialiser? Donc, nous, ce qu'on
a jugé, c'est qu'après un certain délai il
devrait y avoir un suivi pour être certain que les engagements qui ont été
mentionnés étaient réellement accomplis.
Mme Guilbault :
Ah! bien, c'est correct. Je me disais peut-être que...
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, Me Robert.
Mme Guilbault :
Merci beaucoup à vous deux. Merci.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. M. le député de Vimont, s'il vous plaît.
M. Rousselle : Merci beaucoup.
Bien, merci beaucoup à vous deux, Mme Baig, M. Robert, d'être ici.
Merci beaucoup, très intéressant. Écoutez,
effectivement, comme vous l'avez mentionné, 65 000 ingénieurs, vous l'avez
mentionné, jamais je ne croirai qu'il n'y en a pas qui sont intéressés,
là-dedans, là, sur le nombre.
Mme Baig
(Kathy) : Je ne suis pas
certaine de bien comprendre votre question, mais, par exemple, est-ce que vous parlez des différentes disciplines au
sein de la profession puis s'il y a un échange de connaissances qui s'est...
Mme Baig
(Kathy) : Bien, je vous dirais que, tu sais, vous savez, il y a énormément
de domaines de génie, donc on a
mécanique, électrique, civil, chimique, et tout ça, et, après ça, ça va
plus par domaine d'industrie, là. Ça fait que, si on travaille dans l'alimentaire, vous allez retrouver, dans
l'alimentaire, des ingénieurs chimiques, mécaniques, électriques qui vont travailler ensemble et, entre eux, vont
partager les connaissances requises dans cette industrie-là. Donc, oui,
mais c'est complexe, le domaine du
génie, là, ça fait que ça peut être par domaine ou par discipline, il va y
avoir un partage d'information entre eux, tout à fait.
M. Rousselle : Oui. Bien, justement, parce qu'on a rencontré justement, l'Association des coroners, puis la dame qui était là nous informait comme quoi qu'ils
apprenaient sur le tas, donc c'est sûr que... bien, c'est certain qu'ils vont
voir leurs collègues, je veux dire, ils
ne sont pas laissés à eux-mêmes, là, je pense que les téléphones sont là, puis
ils peuvent rencontrer leurs collègues, mais...
Puis
moi, j'y vais toujours dans un côté professionnel, un côté qu'on veut être performants, je veux dire, hein,
on ne veut pas faire d'erreur. D'ailleurs,
c'est pour ça que je pense qu'on veut élargir, justement, les horizons pour
avoir un plus grand nombre de gens
pour qu'ils ne puissent rien oublier, comme les pharmaciens, et tout. C'est
pour ça que je vous posais la
question. C'est que, connaissant... Vous, vous êtes des ingénieurs, là, il n'y
a pas de problème là-dessus, puis vous avez expliqué la formation, et tout,
mais c'est pour ça, tout à l'heure, je vous posais la question s'il y avait des
échanges, des fois, pour se parfaire. Mais,
encore une fois, comme je vous dis, là, c'est un travail bien particulier, être
coroner. Donc, je vous posais la question,
si vous, vous voyez ça d'un bon oeil, justement, qu'il y ait une formation qui
existe, justement, au niveau professionnel pour devenir coroner.
Mme Baig
(Kathy) : Oui, tout à fait. Moi, je ne veux pas m'immiscer dans la
gestion au niveau des coroners, mais,
pour les ingénieurs, pour arriver à faire la fonction d'ingénieur adéquatement,
il serait probablement intéressant qu'il
y ait certaines formations complémentaires, puis ça peut être donné à même le
Bureau du coroner, comme on fait au
syndic adjoint. Là, je ne connais pas assez la fonction de coroner et les
compétences qui seraient à aller bonifier, mais, oui, je verrais d'un
bon oeil qu'il y ait des formations supplémentaires à cet effet-là.
M. Rousselle :
Je regardais la transmission des documents... Vous avez parlé de transmission de
documents concernant les ordres professionnels. Je trouvais ça intéressant,
parce qu'effectivement... Et, comme la ministre l'a mentionné aussi, les pharmaciens l'ont mentionné aussi, ça va être
intéressant d'avoir, justement, avant que le rapport... puis là, je ne sais pas, je ne vous ai pas
entendus là-dessus, mais, avant que le rapport... mais je pense que vous l'avez
mentionné.
Mme Baig
(Kathy) : Oui, tout à fait.
M. Rousselle :
Je veux juste me rassurer, là, parce que j'ai pris bien des notes, mais, à un
moment donné, tu écris, puis ça va
trop vite et puis... Mais, c'est ça, c'est que, je pense, l'importance d'avoir
l'information avant... de un, pour corriger,
peut-être, la situation... pour vous, dans votre cas, c'est un problème de
bâtiment, donc de structure, et tout, mais aussi, vous avez mentionné,
puis je pense que c'est la question de la ministre aussi, c'est que, si jamais
qu'un de vos membres erre, donc qu'il y ait un problème, donc vous pouvez aussi
corriger la situation. C'est bien ça que j'avais compris tantôt?
Mme Baig
(Kathy) : Tout à fait. Et Me Robert a amené un complément
d'information qui était très intéressant, donc, oui, on a le mécanisme
d'inspection professionnelle, donc celui-là, il agit directement sur les
membres qui ont des problèmes de
compétence, donc plus tôt on a l'information, plus tôt on peut intervenir pour
corriger au niveau de sa compétence, mais il y a aussi tout ce qu'on
appelle la pratique illégale, donc c'est un département qui agit sur les non-membres, donc ce ne sont pas des ingénieurs,
et plus tôt on obtient l'information qu'il y a de la pratique illégale, donc,
des non-ingénieurs qui signeraient des plans et devis, plus tôt on peut
intervenir.
Il faut savoir que,
dans la loi, il y a un délai de prescription. Donc, si le coroner émet son
rapport — je
dis n'importe quoi — quatre
ans ou cinq ans plus tard et que le délai est passé, nous, nous ne pouvons plus
intervenir. Et d'ailleurs c'est ce qui est
arrivé dans un des cas. Donc, plus tôt on a l'information, autant pour le
département d'inspection que pour le département de pratique illégale,
plus tôt on peut intervenir.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de Vaudreuil, s'il vous
plaît.
Mme Nichols :
Merci, M. le Président. Vous avez piqué ma curiosité avec les syndics adjoints.
Mme Baig
(Kathy) : Oui?
Mme Nichols : Bien, vous avez dit qu'il y avait une similitude
un peu avec le travail de coroner. Ça fait que, là, j'essayais de faire des parallèles. Je le sais,
là, mon collègue en a parlé, là, du syndic adjoint. C'est quoi, exactement, la
formation pour votre syndic adjoint?
Mme Baig
(Kathy) : Bien, en fait, un
syndic adjoint... Au niveau d'un système professionnel, pour être syndic
adjoint, donc, il faut être membre de cet
ordre professionnel là. Donc, nous, si je me souviens bien, on a
14 syndics adjoints, on a un syndic en chef et 14 syndics adjoints. Et, chez nous, il
faut qu'ils soient ingénieurs; dans un autre ordre, bien, il doit être
membre de cet ordre-là. Et la formation... il n'y a pas de formation
spécifique. À l'université, il n'y a pas de formation
pour devenir syndic adjoint. Donc, lorsqu'on les recrute... On a bâti un
programme de formation parce que, justement,
oui, ils sont bons en résolution de problèmes, ils sont méthodologiques, ils
sont structurés, mais faire une enquête suite, par exemple, à Neptune,
lorsqu'il y a eu des décès, comprendre les causes de tout ça au niveau
déontologique, compétences, ça prend quand
même, tu sais, des compétences plus variées. Et donc il y a tout un programme
de formation qui a été développé par notre syndic, notre département de
syndic, pour rendre nos ingénieurs à un niveau dont on a besoin à
titre de syndic adjoint. Là, je ne pourrai
pas rentrer dans le détail de la formation qui est faite, mais c'est vraiment
une formation qui est faite par l'ordre pour les préparer à devenir syndics
adjoints.
Mme Nichols : C'est superintéressant. Puis, dans le fond, c'est...
n'importe qui qui serait intéressé peut suivre la formation puis, après,
présenter sa candidature pour être syndic adjoint?
Mme Baig
(Kathy) : En fait, si je
peux me permettre, c'est le contraire, donc on va d'abord faire les entrevues
des syndics adjoints, on va voir s'ils ont les compétences, les requis, les
«skills», et, si on voit que c'est possible, on va les engager et, par la
suite, on va les former à l'interne pour qu'ils puissent devenir syndics
adjoints. C'est vraiment une formation, et cette formation-là, si je ne
m'abuse, a été développée avec des anciens corps de police. On faisait... on
travaillait avec des bureaux des anciens policiers qui ont ouvert des bureaux
d'enquête, et tout ça a été développé conjointement avec eux pour les former.
Mme Nichols : Bien, c'est une structure superintéressante,
comme, à l'interne, là, mais je trouve ça superintéressant, là, de la
façon que c'est développé.
Vous avez dit qu'il y
avait un syndic adjoint chef ou un syndic en chef là, si on veut.
Mme Baig
(Kathy) : Oui, un syndic, on l'appelle syndic, qui est l'équivalent,
je pense, chez vous, de votre coroner en chef, puis ensuite on a des
syndics adjoints.
Mme Nichols :
Puis lui, il est nommé comment puis il est nommé pour un mandat de combien de
temps, pour faire un parallèle avec notre...
Mme Baig
(Kathy) : Oui, O.K., très intéressant. Le syndic et nos syndics
adjoints sont tous nommés par le conseil d'administration, c'est une
durée indéterminée. Donc, ils ont des postes... Puis, si jamais on voulait les
retirer de leur fonction, ça doit être aussi
par le vote du conseil
d'administration. Donc, on ne peut
pas retirer un syndic adjoint comme on le souhaite. Est-ce que tu veux
compléter?
M. Robert
(François-Xavier) : ...en
plus que c'est un vote aux deux tiers, dans
le fond, ce n'est pas une majorité
simple qui... Ce n'est pas une règle de
régie interne, c'est dans le Code des
professions, justement,
pour éviter, autant que possible,
qu'une enquête devienne politisée par les pressions du conseil, pour donner vraiment
la garantie d'indépendance aux syndics.
Mme Nichols :
Je vais aller un peu plus loin, vous pensez quoi d'une nomination purement politique?
Mme Baig
(Kathy) : Bien, je pense
que ce que vous proposez ici, ce n'était pas purement politique,
de ce que je comprends...
Mme Nichols :
Non, je voulais avoir...
Mme Baig
(Kathy) : ...donc on était très confortables, je pense qu'on l'a dit
dans notre mémoire aussi, le fait qu'il y
ait un règlement, le fait que les critères sont clairs, le
processus qui était proposé ici, puis je
pense que ça passe, là, j'y vais de mémoire, par la Sécurité publique, si je me souviens bien. On trouvait que c'était une approche qui
permettait d'offrir une plus grande indépendance au niveau du Coroner en
chef.
Mme Nichols : Très
bien. Merci. J'imagine, là,
l'information, là, sur cette structure-là, est-ce qu'on peut l'avoir sur
le site de l'ordre ou...
Mme Baig
(Kathy) : Au niveau de la formation qu'on a...
Mme Nichols :
Non, mais l'information sur la structure des 14...
Mme Baig
(Kathy) : Au niveau
des... Je ne suis pas certaine que ce niveau de détail là est sur notre site Internet, il faudrait valider, mais ce n'est pas confidentiel, là. Si jamais
vous la souhaitiez, on pourrait très
bien la partager sans problème,
mais, en toute honnêteté, je ne pense pas que ça va à ce niveau-là sur notre
site Internet.
Mme Nichols :
O.K., très bien. Merci. Vous avez proposé... Vous proposez qu'un document écrit
par le coroner puisse être transmis à un ordre professionnel. Moi, je
vous le dis d'emblée, là, il me semble que ça va de soi. Mais êtes-vous prêts à donner
suite à ces recommandations-là qui sont incluses dans le rapport qui touche
votre secteur d'activité? Puis, si oui, là, j'imagine qu'il va être
remis aussi à l'ensemble de vos membres?
Mme Baig
(Kathy) : Oui, tout à fait. Dans notre mémoire, on demande qu'il y ait
des suivis après cinq ans pour s'assurer
que les organismes prennent les actions requises suite aux recommandations du
coroner. Donc, évidemment, si jamais
on avait des recommandations, on en prendrait acte puis on les mettrait en
place sans aucun doute.
D'ailleurs,
il y a une enquête du coroner qui avait demandé à l'ordre, justement... qui
avait fait une recommandation qu'on
fasse une enquête et qu'on regarde le dossier, et on lui a donné suite
également. Donc, il n'y aurait pas de souci à cet effet-là.
Mme Nichols :
Quand... Vous avez fait aussi le parallèle... Vous dites, là, que le coroner
doit pouvoir demeurer membre de son
ordre professionnel. Donc, j'imagine que vous n'avez pas de problème au niveau,
là, de la neutralité, là. Vous ne
pensez pas que ça pourrait
affecter... tu sais, que le... en fait, qu'il n'y aurait pas de conflit de
neutralité entre le membre et... Évidemment, là, je comprends qu'il y a
un certain professionnalisme, là...
Mme Baig (Kathy) : Oui, tout à
fait.
Mme Nichols : ...mais je
comprends que c'était d'emblée dans la déclaration.
Mme Nichols : Vous avez aussi parlé... le cas de Saint-Tite.
Vous dites que, dans le fond, c'est le coroner... dans ce cas particulier là, là, c'est que c'est le
coroner qui est venu cogner à la porte de l'ordre pour avoir du soutien
professionnel ou spécifique à votre domaine. Je comprends aussi que vous
avez collaboré, j'imagine, là, sans hésiter. C'est quand même intéressant quand
on vient solliciter notre expertise. Mais est-ce que c'est arrivé des cas où
vous avez vu des conclusions qui touchaient votre domaine où vous n'avez pas
été nécessairement impliqués, mais que vous avez dû intervenir, là, par la
suite, pour rectifier ou pour...
Mme Baig
(Kathy) : En fait, ce qu'on a
vu, c'est un cas où un coroner a fait une recommandation sur la surveillance obligatoire des travaux qui n'a pas
été... qu'on n'a pas donné suite. Donc, nous, on n'avait pas de pouvoir
à cet effet-là, et ils avaient donné la recommandation à l'Office des professions, au ministère
de la Justice. Donc, on est intervenus plus en disant : Écoutez, il
y a une recommandation, auquel on croit, qui vous a été donnée par le coroner,
puis on a essayé d'inciter et influencer les deux entités pour aller de l'avant
avec la recommandation, mais, encore aujourd'hui,
cette recommandation-là n'a pas été mise... n'a pas été appliquée dans un
projet de loi. D'ailleurs, c'est un sujet d'actualité dans une autre
commission, en ce moment, ça fait que, donc...
Le Président (M.
Bachand) : Dans la même commission.
Mme Baig (Kathy) : Ah oui, oui,
je m'excuse, dans un autre projet de loi, vous avez bien raison.
Mme Nichols : Oui, c'est un
autre projet de loi, mais la même commission, le même président.
Mme Baig
(Kathy) : Oui, exactement. Donc, c'est vraiment un sujet, en ce
moment. Donc, c'est ce qu'on a eu. C'est
une des fois où on a dû intervenir, pas parce qu'on n'était pas d'accord, au
contraire, parce qu'on était d'accord, mais
qu'ils n'y ont pas donné suite. Sinon, moi, je n'ai pas écho d'autres
recommandations pour lesquelles on est intervenus avec lesquelles on
n'était pas confortables.
M. Robert
(François-Xavier) : Non, puis c'est... Par exemple, quand vous avez
souvent des recommandations au niveau
des infrastructures routières, c'est très rare — en fait, ça n'arrive jamais — que l'ordre va être nécessairement
sollicité, mais ce n'est pas une critique en soi du coroner, c'est normal.
Souvent, c'est dû à... ce n'est pas nécessairement dû à une erreur d'ingénieur. Souvent, ce n'est pas
ça, le problème, en soi que le coroner note, ça fait que c'est un peu normal.
C'est sûr
que, s'il nous avisait à chaque fois qu'il y a un ouvrage d'ingénierie qui
était en cause, je pense, on ne finirait plus. Puis, je ne suis pas sûr,
il y a des limites aussi à notre intervention. L'idée, c'est de contrôler
l'exercice la profession. Ça fait que c'est
un peu normal, ça, que... Ce n'est parce que ça touche vraiment un ouvrage de
génie que l'ordre soit
systématiquement appelé. Je ne pense pas que ce serait réaliste ni de la part
du coroner ni pour nous non plus, là.
Mme Nichols : Bien, si vous
étiez préalablement informés, vous pourriez... il y aurait peut-être la
possibilité de lever le drapeau puis de
dire : Bien, je pense qu'on est concernés ou je pense qu'on a compétence
pour rendre une une expertise, ou une recommandation, ou...
Mme Baig (Kathy) : Tout à fait.
Entièrement d'accord, oui.
Mme Nichols : Merci. Il me reste du temps, M. le Président. On n'a pas abordé les délais, là, mais je comprends que... tu
sais, je comprends que vous êtes plus ou moins impliqués, là, pour le moment,
là, au niveau des délais, mais j'imagine que vous avez pris connaissance de certains rapports ou...
comme dans le dossier... dans Saint-Tite, relativement aux délais.
Mme Baig (Kathy) : Oui. Au
niveau des délais, en fait, on n'en a pas parlé dans le mémoire, on ne s'est
pas prononcés, mais... Encore une fois, je suis désolée, je vais faire un parallèle avec nos enquêtes.
Nos membres... Des fois, le public
souhaiterait qu'il y ait des délais, que les enquêtes
soient terminées dans un certain délai parce qu'ils veulent avoir les réponses, ils veulent avoir les
conclusions. Nous, le cadre légal fait en sorte qu'il n'y a pas de délai
maximum. Une enquête, elle a besoin d'être faite adéquatement. Il y a
tout un mécanisme de gestion puis de processus autour pour s'assurer qu'il n'y
a pas de perte de temps, on a tous une reddition de comptes à l'interne par
rapport à ça, mais il n'y a pas de délai
pour terminer une enquête, parce que, les enquêtes, à un moment donné, on ne contrôle pas tous les éléments,
et elles doivent être bien faites. Néanmoins, le cadre légal autour de ces enquêtes-là
oblige le syndic adjoint à donner rapport au demandeur d'enquête à tous
les... certains... peut-être que Me Robert le connaît par coeur, je pense que
c'est...
M. Robert (François-Xavier) :
90 jours.
Mme Baig
(Kathy) : ...90 jours — j'allais
à 60. Donc, il n'y a pas de délai maximal, mais il y a une reddition de comptes qui doit être faite au
demandeur d'enquête à tous les 90 jours.
Le Président (M.
Bachand) : Sur ce, merci beaucoup de votre participation aux
travaux de la commission.
La commission, ayant accompli son mandat,
ajourne ses travaux au lundi 27 août 2020, à 14 heures, où elle poursuivra
un autre mandat, soit celui de l'étude détaillée du projet de loi n° 29. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 14 h 44)