Public Finance — 4 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CFP 2021-05-04
Quebec — Committees
Sans plus tarder, je
cède donc la parole au porte-parole de l'opposition officielle, le député de
La Pinière.
M. Barrette :
Merci, M. le Président. Alors, je vais aller tout de suite, évidemment, sur
différents sujets. Alors, M. le ministre, bonjour.
Caire :
M. le député.
M. Barrette :
Salutations également aux collègues et à ceux qui vous accompagnent.
Alors, on se
rappellera, M. le Président, qu'un des premiers projets de loi qui ont été
adoptés était un projet de loi qui nous a mis en cause, un projet de loi qui
visait la mise en place... qui permettait au ministre d'aller de l'avant avec
un certain nombre de projets. Et vous vous rappellerez, M. le Président, que
nous avions longuement débattu sur ce qu'était un projet d'intérêt public. Et
j'avais dit, à l'époque, j'avais posé la question assez simple, à l'époque, au
ministre, un, ça, qu'est ce qu'était un projet d'intérêt public, et évidemment,
deux, quel était le budget.
Alors, première
question, où en sommes-nous? Sommes-nous en quelque part?
Le Président (M.
Simard) : ...M. le ministre.
Caire : Bien...
Oui, merci. Juste une petite précision peut être sur la question par rapport au
projet de loi n° 14 qui est le projet de loi auquel le
député fait... O.K. Alors, on a évidemment le projet de consolidation des
centres de traitement de l'information, qui a été annoncé en février 2019
dans une première phase, donc une première phase qui impliquait
l'administration publique, et, dans une deuxième phase, autorisée en 2020,
qui concernait les réseaux de la santé et de
l'éducation. Nous sommes à compléter le projet pilote avec six organismes qui
ont été choisis en fonction de leur représentativité, projet pilote qui
devrait se compléter d'ici au mois de juin, pour lesquels nous respectons les
échéanciers et les budgets.
Ensuite, il y a le
projet du Service québécois d'identité numérique, projet qui a débuté aussi
suite à l'analyse qui avait été faite en 2019, pour lesquels une première... un
premier pilote est prévu en décembre. Donc, là aussi, nous sommes dans le
respect des échéanciers pour lesquels... le respect des échéanciers et des
budgets, pour lesquels il y aura un
déploiement pour les prestations électroniques de services aux citoyens en mars
2022 et pour les entreprises en 2023,
mais là je ne me souviens plus du mois exact, là, mais en 2023, pour la
prestation électronique, et il y a la phase... le bloc 2, pour lequel le
dossier d'affaires est en réalisation, qui devrait suivre le processus
d'autorisation dans les prochaines semaines.
Le Président (M. Simard) : Merci. M.
le député.
Barrette : M. le Président, mes questions en... d'habitude, on est
très pointilleux sur le partage de temps de parole, mais, dans le cas de mes
questions, j'apprécierais que vous puissiez lui laisser le temps d'élaborer.
Le Président (M.
Simard) : Comme vous le souhaitez. Parce que vous savez que je vous
regarde toujours du coin de l'oeil.
M. Barrette :
Je le sais puis je sais que vous êtes très assidu en cette matière-là.
Le Président (M.
Simard) : Superbe. Alors, je...
M. Barrette :
C'est pour ça que je me permets de dire... bien, écoutez, je ne serai pas
fâché. Alors, ce qui...
Caire :
Bien, je serai plus concis dans mes réponses, M. le député.
Le Président (M.
Simard) : J'en prends bonne note, j'en prends bonne note. Merci.
Barrette : Alors, ce qui
m'amène à demander au ministre, essentiellement, là, c'est d'être un petit peu
plus détaillé, actuellement, sur les
échéanciers et le déroulement, parce que, ça, on n'a pas ça, là, dans notre
documentation, là. Si on les prend un
par un, là, les échéanciers et les budgets, on dit : On est dans les
budgets. On est dans quels ordres?
Caire :
Le budget initial pour le bloc 1 et 2 de Service québécois d'identité numérique
est de 42 millions. Là, je vais...
parce que je ne ferai pas un exercice de par coeur, là, on est à... on est à 42 millions pour le bloc 1 et 2 du Service québécois d'identité numérique.
La consolidation des CTI, le projet global est à 345 millions...
Caire :
324, merci, M. Rochette, 324 millions, mais là on parle du projet
Administration publique, Réseau santé et éducation. Sur les sommes qui sont...
Est-ce que, là, vous voulez les sommes qui ont été dépensées actuellement, M.
le député?
M. Barrette :
Bien, je veux avoir votre budget global. Vous dites que vous respectez les
budgets.
Caire :
Oui, oui, on est dans le respect des budgets.
Barrette : Alors, le budget
est de tant, nous sommes rendus à tant. Si on dit qu'on respecte les
échéanciers et les budgets, ça veut dire qu'il y a un budget. On est
rendus à tant, et il y a donc une date de terminaison.
Caire :
Oui, absolument.
M. Barrette :
C'est ces trois éléments-là que j'aimerais avoir.
Caire : Bien, je
peux peut-être laisser M. Rochette, avec le consentement, parce
que le temps que je retrouve mon document, on... Puis je pense que ces
chiffres-là... Ah! bien, attendez un peu.
M. Barrette :
Consentement, M. le Président.
Président (M. Simard) : Il y
aurait consentement afin que M. Rochette puisse s'adresser à nous?
Consentement. M. Rochette.
M. Rochette
(Guy) : Oui.
Le Président (M.
Simard) : D'abord, M. Rochette, pour les fins de nos travaux, puisque
c'est la première fois que vous vous adressez à nous, auriez-vous l'amabilité
de vous présenter complètement, s'il vous plaît?
M. Rochette (Guy) : Oui. Guy Rochette, président-directeur général
d'Infrastructures technologiques Québec.
Le Président (M.
Simard) : Bienvenue parmi nous.
M. Rochette
(Guy) : Donc, je vais aller revoir dans le document pour avoir ces
questions-là précises, là.
Caire : O.K.
Bien, je vais vous le donner, si vous permettez : montant réel dépensé
pour... là, on est le centre de... la consolidation, on est à
15 643 900 $ de dépensés, au 22 mars 2021, sur un budget global
de 324 755 000 $. Pour SQIN... on l'a-tu, pour SQIN, M. le DPI?
Donc, on est, au prorata, on est dans les cibles budgétaires et on est dans les
cibles sur les échéanciers pour la consolidation des CTI.
M. Barrette :
La consolidation pour ces centres, ça va être quand?
Caire : Complétée?
Caire : Pour l'administration
publique, on est en 2023, et, pour les deux réseaux, on est en 2025. Puis, pour
SQIN, M. le député, dans le réel dépensé, on est à 4 455 300 $,
au 3 avril, sur un budget global de 42 620 000 $. Encore là, on
est sur les cibles, en termes budgétaires et en termes d'échéancier.
Donc, comme
je vous disais, pilote pour le bloc 1 et 2, là, parce que, là, je parle
juste du bloc 1 et 2, le dossier d'affaires
du bloc 3 n'étant pas encore déposé ni approuvé, là, je ne peux pas vous donner
des chiffres précis là-dessus, mais,
bloc 1 et 2, donc prestations électroniques de services... Citoyens, prestations électroniques de services aux entreprises,
pilote pour le projet Citoyens en décembre, livraison en mars 2022, et, pour le
prestations électroniques de services aux entreprises, c'est un pilote en 2023
et livraison en 2023 aussi. Je pense que la livraison... pilote et livraison se
fait en 2023.
M. Barrette : Et est-ce que, M. le
Président, le ministre peut nous indiquer la nature précise du pilote? Qui est
impliqué? Le résultat qu'on attend de voir?
Caire : Oui. Pour
la prestations électroniques Citoyens, on travaille en étroite collaboration
avec la Société de l'assurance automobile du Québec, qui est le premier client
testeur du projet à venir. Donc, on travaille aussi en collaboration parce
qu'eux ont certaines normes, certaines exigences, là, qui sont... Puis, pour le
prestations de services électroniques aux entreprises, c'est l'Agence du revenu
qui est le partenaire privilégié.
M. Barrette : O.K. Donc, si je fais
le lien, là, est-ce qu'il y a un lien qu'on peut faire actuellement, formel,
dans la démarche qui a été entreprise avec l'identification numérique?
Caire : Je ne suis
pas sûr que je comprends votre question. Je suis désolé.
M. Barrette : L'identification
numérique, bien, ça, c'est identification numérique, là. Il n'y a pas de lien, actuellement,
avec le projet d'identification numérique et les projets pilotes.
Caire : Oui, oui,
oui. Le projet pilote vise à tester...
M. Barrette : Je comprends qu'à la
fin il y a un lien, là.
Caire : Il faut
tester la solution. Dans le fond, le pilote, c'est pour tester la solution,
sauf que, ce qu'on fait, au lieu de faire un déploiement, on travaille en vase
clos, si vous me permettez l'expression. On va tester... On va faire une preuve
de concept.
Vous voyez, dans le projet pilote, c'est peut-être
une mauvaise... vous voyez Preuve de concept avec le partenaire, dans ce
cas-ci, qui est la SAAQ, et, si les résultats obtenus sont ceux escomptés, là,
après ça, on peut rentrer en phase de déploiement.
Barrette : Actuellement,
est-ce qu'il y a des gens du public qui sont impliqués là-dedans comme
bêtatesteurs, mettons?
Caire : Oui, parce
qu'on a, avec le laboratoire... mon Dieu! UX, UX... mais je m'excuse, là, je
cherche le terme français, expérience utilisateur, avec le laboratoire
d'expérience utilisateur, qui a été mis en place au Centre québécois
d'excellence numérique il y a plusieurs... D'abord, il y a une démarche qui se
fait en temps réel avec des citoyens, donc il y a des groupes cibles qui interagissent
avec les concepteurs pour s'assurer que... On a aussi élaboré un certain nombre
de personnes a pour être capables de tester nos hypothèses en fonction de
l'utilisateur, du profil d'utilisateur qui a été dégagé et on fait la même
démarche du côté des entreprises. Donc... D'ailleurs, j'attends les résultats
de cette démarche-là, là, dans les prochaines semaines, la démarche citoyenne
étant complétée, parce que vous comprendrez
qu'avoir un pilote en décembre, il fallait prioriser ça, et cette démarche-là
est la même avec le milieu des... donc le citoyen corporatif.
M. Barrette : J'écoute le ministre,
M. le Président. Est-ce que je peux comprendre que la pandémie n'a pas
ralenti les travaux de ce côté-là?
Caire : Ça a eu
un... Non. Ça a eu un impact au début, ça a eu un impact au début, par contre,
on a trouvé des façons de rattraper ce retard-là en maximisant les activités
concomitantes. Mais ça a eu un impact au début, clairement.
M. Barrette : O.K. Mais est-ce que
l'impact a été récupéré, mettons?
Caire : L'impact, oui, l'impact a été résorbé. D'ailleurs,
vous me permettrez, M. le député, de saluer le brio des équipes qui ont
réussi à... Non, mais c'est vrai. De temps en temps, on... bien, non, mais
c'est parce que...
M. Barrette :
Saluons, saluons.
Caire :
Ils ont bien fait ça puis, oui, ils ont rattrapé le retard. Puis je veux juste
qu'ils sachent que je suis fier d'eux.
M. Barrette :
O.K. Bien, c'est dit. Voilà. Il y avait eu beaucoup de débats, à l'époque,
sur... Là, je m'en vais vers l'hébergement, là, de toutes nos données, là, nos
centres... Comment qu'on les appelle, déjà, là?
Caire :
...information.
Barrette : De traitement de
l'information. Où en est-on là-dessus? Est-ce que les contrats ont été conclus?
Est-ce que ce sont des firmes canadiennes? Où est-ce qu'on en est là-dessus?
Caire :
Oui. Alors, on a travaillé sur un projet pilote parce qu'on voulait vérifier
différentes hypothèses : premièrement, les hypothèses budgétaires, donc
tout ce qui est la revue diligente, tout ce qui est l'évaluation des actifs informationnels, tout ce qui est
l'évaluation de la donnée à transférer, incluant le procédé qu'on mettait en
place pour catégoriser les données, donc on
voulait évidemment vérifier nos hypothèses là-dessus, vérifier nos
hypothèses de quantité.
Vous vous souvenez, M.
le député, j'ai dit 80 % en infonuagique publique, entendre, ici, privée,
et 20 % en gouvernementale, parce que nos bases budgétaires étaient
calculées sur cette hypothèse-là. Donc, on a vérifié ces hypothèses-là. On a
choisi six organismes, six organismes qui sont représentatifs de ce qu'on va
retrouver au niveau du gouvernement du Québec en termes de taille d'entreprise,
de maturité technologique, en termes de volume de données. Donc, on complète ce
projet pilote là. Les derniers, qui sont la Sûreté du Québec, si ma mémoire est
bonne, devraient être complétés d'ici au mois de juin, le pilote.
Je vous dirais
qu'actuellement nos hypothèses de données se vérifient. Nos hypothèses
budgétaires sont même plutôt positives, on est en deçà des... pas
significativement, mais on est quand même en deçà des hypothèses budgétaires
qu'on avait, et là on peut commencer le déploiement plus important.
Pour ce qui est de la
signature des contrats, oui, il y a déjà quelques ententes qui ont été signées,
mais, compte tenu du volume potentiel, je vous dirais que c'est à la marge
présentement, là. Ce n'est pas encore... Parce qu'on n'est pas à l'étape où les
entreprises du gouvernement... les organismes publics sont à l'étape vraiment
de procéder au transfert, là, en infonuagique.
M. Barrette :
Quels sont les six organismes en question?
Caire : Sûreté du Québec, Conseil du trésor, le Grand
Théâtre, Institut national des mines, Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement, Institut du tourisme.
M. Barrette :
Donc, ce sont des petits organismes en termes de volume de données.
Caire :
Bien, c'est-à-dire que Sûreté du Québec, c'est un volume important de données
et surtout c'est une quantité de données
très sensibles. Donc, c'est... Puis Secrétariat du Conseil du trésor, c'est un
volume de données qui est important. On parle de 300 serveurs à migrer, là, si
ma mémoire est bonne, donc c'est un volume important.
Si on parle, oui,
vous avez raison, là, office du tourisme, on est plus dans le moyen, moyen-bas.
Puis, si on parle du Grand Théâtre, effectivement, là, on est dans le plus
petit organisme.
contre, c'est plus aussi au niveau de la maturité technologique, là, donc de la
capacité à livrer ce service-là qu'on voulait tester l'hypothèse, parce
que ce qu'on voulait voir, c'est jusqu'à point l'ITQ devrait mettre en place des «SWAT team», si vous me passez l'expression,
pour aller dans ces organismes-là et prendre en charge ce transfert-là.
Donc, il y avait ça aussi qu'on voulait tester, là, parce qu'on part du
principe qu'il va y avoir des organismes publics qui n'auront pas la maturité
technologique pour faire ça, et donc pour lesquelles on devra pallier à ça
parce qu'on veut que tout le monde arrive à Noël en même temps.
M. Barrette :
Alors, est-ce que je... Là, c'était pour me rafraîchir la mémoire et d'avoir
des précisions sur ce que le ministre vient de nous dire, M. le Président.
Est-ce que j'ai bien compris, là, ça va être 60-40, la séparation des données?
Caire :
Non. 80-20.
M. Barrette :
80-20. Il me semblait, aussi, que j'avais mal compris. 80-20. Et ça, cette
identification-là, le ministre, M. le Président, nous dit que ça a été fait
pour les six organismes, là?
Caire : Oui, c'est
ça. On a vérifié les hypothèses. Est-ce que ce ratio-là, qu'on avait... Il faut
comprendre qu'on n'avait pas un inventaire exhaustif de nos données, là. Donc,
on avait des hypothèses de départ, puis le projet pilote
visait justement à vérifier cette hypothèse-là. Et cette hypothèse-là se
vérifie, M. Rochette pourra le confirmer, là, on reste dans le 80-20. Puis je
vous dirais même, ce qui a été peut-être une surprise positive, c'est de
voir... Parce qu'au départ on se disait, tu sais, les organismes vont peut-être
avoir tendance à surprotéger leurs données. Mais non, je vous dirais qu'on vit même un peu le contraire, là, où on est obligés
de dire : Eh! Wo! Wo! Wo! Attends un peu, là, il y a des affaires
qui vont rester en nuage gouvernemental, là.
M. Barrette :
C'est intéressant comme concept. Bien là, non, le concept est tout à fait
défendable, là. Ce qui est intéressant, c'est ce commentaire-là. Est-ce qu'on
pourrait avoir des exemples un peu plus... sans révéler rien, là, mais des exemples plus concrets... la Sûreté du Québec, qu'est-ce qui tomberait dans
le 20 puis qu'est-ce qui tomberait dans le 80?
Caire :
Bien, en fait...
Barrette : Parce que, là, ce que je comprends, M. le Président, là,
c'est que, dans la
partie pilote, on laisse une certaine... une marge de
manoeuvre aux organismes en question pour dire : Voici, qu'est-ce que vous
considéreriez dans le 80, qu'est-ce que...
Caire :
Oui, bien, avec le consentement... M. Rochette a préparé un tableau didactique
pour vraiment montrer tout le processus de catégorisation des données. M. le
Président, avec le consentement, je le déposerai puis je répondrai.
M. Barrette :
Oui, ce sera très bien.
Caire :
Mais je... Parce qu'il est bien fait, puis, visuellement, ça explique vraiment
toute la démarche de catégorisation pour
déterminer les données qui sont vraiment très sensibles et qui devraient rester
en nuage gouvernemental. Je ne sais pas, M. le Président...
M. Barrette :
...Greffier, M. le Président? C'est ça?
Le Président (M.
Simard) : Tout à fait. Alors, on acceptera le tableau en temps et
lieu.
Caire :
O.K. Ça fait que je vous demanderai...
M. Barrette :
Bien, on peut peut-être commencer la description puis on le verra en arrivant.
Caire :
Oui. Guy, tu vas-tu pouvoir envoyer le document à la commission, s'il te plaît?
Le Président (M.
Simard) : À l'adresse de la commission.
Caire :
Oui. Parfait. Merci.
Le Président (M.
Simard) : On va le déposer sur Greffier.
Caire :
En fait, c'est ça, pour revenir sur la question du député, M. le Président,
disons que c'est un travail conjoint, donc,
mais ITQ a le dernier mot. Donc, s'il y a vraiment une vision irréconciliable, ITQ a le dernier mot. Donc, si ITQ dit : Non, ça, ça va en
infonuagique gouvernementale et/ou en infonuagique privée... Mais je vous
dirais qu'à date, au moment où on se
parle, c'est une situation qu'on n'a pas vécue, surtout que... puis je... Vous
me confirmerez lorsque le tableau sera reçu, là, les collègues vont
vérifier que la démarche, elle est vraiment systématique, là. Ce n'est pas arbitraire, le procédé de catégorisation
des données, là. Il y a vraiment des analyses de préjudices, etc., là. Donc,
on a calqué une méthode qui était éprouvée au fédéral, hein, Guy? C'est ça?
C'est le fédéral qui avait développé ça?
Caire :
Oui, c'est ça, puis d'autres modèles aussi dans le monde, là. Donc, on s'est
assurés d'avoir quand même une certaine rigueur dans la démarche, là.
M. Barrette :
Pouvez-vous commencer à nous le décrire même si on ne l'a pas reçu encore, là?
M. Rochette
(Guy) : O.K. Puis là comment est-ce que je...
M. Barrette :
Moi, ce que je demandais, là, c'est un exemple concret de...
Caire :
Oui, vas-y, Guy.
Barrette : ...de genre de
documents qui va se... de données qui va se retrouver dans le 20 puis dans le
80, là.
Président (M. Simard) : Alors, M. Rochette.
M. Rochette (Guy) : Oui. Je vais vous donner un exemple concret, je vais vous parler de la Sûreté du Québec. O.K., la Sûreté du Québec, eux autres, ils ont des données
qu'ils font pour leur administration, etc. Ça, ça va s'en aller dans l'infonuagique externe. Mais il y a des
données aussi... Ils ont un petit centre de traitements, là, qui est caché, etc., dans lequel il y a
des données qui sont extrêmement sensibles qui peuvent amener la mort de personnes,
etc., et ce centre de traitements là va être dans le nuage
gouvernemental. Donc, il va être placé. Donc... Puis là je ne sais pas si je
peux aller plus loin que... tu sais, que ça parce que je ne veux pas non plus
dire quel type de données que la Sûreté du Québec va garder dans le nuage
gouvernemental, là, mais on peut le dire sur des témoins protégés, etc., là,
que ça, ce n'est pas quelque chose qui va s'en aller dans l'infonuagique
externe.
M. Barrette :
O.K. Je reviendrai à l'autre... à l'autre bloc, là.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Puis les quelques secondes qui vous restent
seront ajoutées à votre prochaine intervention.
Je cède maintenant la
parole au porte-parole officiel de la deuxième opposition, le député
d'Outremont. Cher collègue, soyez le bienvenu.
M. Marissal :
Oui. Je vais quand même rester à Rosemont, si ça ne vous dérange pas trop.
Le Président (M.
Simard) : J'ai dit Outremont?
M. Marissal :
Oui, vous m'avez...
Le Président (M.
Simard) : Ah! bien, la langue m'a fourchu. Il se passe tellement de
choses à Outremont de ce temps-là.
Marissal : Les maisons sont déjà
assez chères comme ça à Rosemont, envoyez-moi pas à Outremont en plus.
Le Président (M.
Simard) : C'est ça. C'est ça.
Caire :
...exploit de gagner dans Outremont, M. le député.
M. Marissal :
Oui. Rien n'est impossible. Tentez-moi pas, là.
Président (M. Simard) :
Alors, on va revenir à nos moutons, comme on dirait, à nos moutons
technologiques. Cher collègue.
M. Marissal :
Ah oui! Non, mais je précisais que je suis bel et bien toujours député de Rosemont
et très fier de l'être, d'ailleurs.
Bonjour, M. le ministre.
Bonjour à votre équipe. Je vais faire un commentaire que je fais souvent, même
si je pense que le président va finir par me
trouver gossant. On ne vous a pas présentés, chers membres de l'équipe. En plus, vous avez des masques,
ça fait que c'est un peu difficile pour nous de voir à qui on parle. Quant à
moi, ça reste un petit problème qu'on pourrait régler facilement en commission,
là, tu sais, les petits papiers en avant des témoins pour savoir à qui on parle, ne serait-ce que par civilité, d'autant que,
et je le dis sans vilain jeu de mots, là, puis ce n'est pas pour être baveux, mais il y a quand même un
certain roulement, notamment à la direction principale d'information.
Caire :
...gardé.
M. Marissal :
Vous l'avez gardé. Un an, c'est déjà très bien.
Caire :
Ça n'a pas été facile.
Marissal : C'est déjà très bien. Je vous encourage à le garder. Merci
d'être resté. Ne partez pas avant la fin, s'il vous plaît.
Cela
dit, vous aviez aussi des grands besoins, M. le ministre, de techniciens,
informaticiens, informaticiennes. Je pense qu'il y avait un millier de
postes à combler. Vous en êtes où?
Caire :
En fait, on est à 1 075, selon le dernier décompte. Je dois vous dire, par
contre, que les chiffres sont le résultat de
la collection d'informations de 2019. On a fait la collection pour 2020, on
devrait avoir les nouveaux chiffres en juin 2021. Je m'engage à les
déposer à la commission pour que vous ayez les chiffres plus récents. Mais on est dans cet ordre-là, effectivement. Si...
Bien, je ne sais pas si votre question concernait mes équipes, plus
particulièrement, ou de façon... De façon globale, on est à, grosso modo,
1 000 postes à combler.
Marissal : O.K. Et, à ce jour, vous n'avez pas, donc, le chiffre. Vous
ne voulez pas avancer un chiffre maintenant sur combien vous en avez comblé.
Caire :
Bien, c'est des postes vacants. Donc, ils ont...
M. Marissal :
Ils sont vacants en ce moment?
Caire :
Ils sont vacants. Ils sont toujours vacants, oui, oui, tout à fait, tout à fait.
Parce qu'il faut comprendre que les besoins augmentent. Donc, il y a des postes
qui sont autorisés, par exemple, à ITQ, qui ont été autorisés, 76 nouveaux
postes qui ont été...
Caire :
...166, vous voyez, qui ont été comblés en partie, mais pas en totalité. Bon,
ça fait qu'il en resterait une centaine à combler à l'ITQ sur les différents
projets, sur lesquels je pourrai élaborer, si tel est votre bon plaisir, ou c'est la Direction générale de la sécurité de l'information qui a... Tu as 34 postes comblés,
puis il t'en reste 31...
Caire :
...32 vacants à la Direction générale de la sécurité de l'information gouvernementale.
Dans ce cas précis là, je dois dire que c'est une rareté de l'expertise qui
fait difficulté, parce que je pense qu'on a des projets... Et on a une
directrice générale qui est extrêmement dynamique et on a des projets qui sont
emballants, mais ça reste une discipline qui est relativement récente et pour
laquelle les vrais experts ne sont pas légion.
M. Marissal :
Alors, vous ne pouvez pas les payer.
Caire :
Ça fait partie. Je ne vous mentirai pas, M. le député. Vous avez raison. Je
veux dire, il y a un écart salarial entre les autres organismes publics que
sont les villes et les entreprises privées. J'ai le tableau quelque part, là,
des écarts salariaux. Essentiellement, chez nos professionnels, on parle d'un
17 % d'écart salarial. Oui, oui. Non, tout à fait, tout à fait.
M. Marissal :
Quand même.
Caire :
Chez les techniciens, ça dépend, là. On est à parité, mais, pour certains
groupes de techniciens, on parle aussi, là, d'entre 15 % et 20 %
d'écart salarial.
Marissal : Si vous pouviez
déposer le tableau en question, ça serait utile pour la poursuite de nos
échanges.
Caire :
Oui. L'écart?
M. Marissal :
Oui, oui, pour nous...
Caire :
Avec plaisir. On peut faire ça. Avec plaisir, M. le député.
M. Marissal :
Et je prends note de votre mise à jour de juin pour les postes à combler.
Caire :
Oui, oui, qu'on enverra à la commission, s'il vous plaît. Ce sera fait, M. le
député.
Président (M. Simard) :
Alors, vous allez le déposer, bien
sûr, à la commission
afin qu'il soit simplement transmis ou qu'il soit vraiment sur Greffier
pour consultation publique?
Caire :
Pour l'instant, je... Non, je pense que ça peut...
Caire :
Qu'il soit public, M. le Président.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Alors...
Caire :
Ça émane notamment de l'Institut de la statistique du Québec, là. Donc, il n'y
a pas de donnée confidentielle là-dedans, donc...
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Alors, acheminez-nous, acheminez-nous-le.
Caire : Oui, ça
pourra être public, M. le Président, sans problème.
Président (M. Simard) : Très bien. Et, soit dit en passant, puisqu'on
est dans les questions de dépôt de documents, on n'a toujours pas reçu celui
auquel vous faisiez référence tout à l'heure.
Caire :
Ah! là, ça, c'est M. Rochette, que je regarde.
Le Président (M.
Simard) : À l'adresse de la commission, qui est sur le site de la commission.
Un homme en technologie comme vous devrait connaître ça.
M. Rochette
(Guy) : Il n'y a pas de problème.
Le Président (M.
Simard) : M. le député, veuillez poursuivre.
Caire :
C'est sûr que, dit de même, ça paraît mal un peu. Je dis ça sans vouloir...
M. Marissal :
Je comprends qu'on n'était pas sur mon temps, là, hein?
Le Président (M.
Simard) : Pardon?
M. Marissal :
Je comprends que nous n'étions pas sur mon temps, là?
Le Président (M.
Simard) : Non, vous n'étiez pas sur votre temps.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Je vous sais rigoureux là-dessus et je vous en
remercie.
Qu'est-ce que vous
avez, là, dans votre boîte à outils ou dans votre chéquier pour attirer les
gens qui manquent? Parce qu'on en a parlé il y a deux ans, on va peut-être en
reparler dans deux ans encore. Vous savez que, des fois, il faut allonger un peu plus pour attirer des gens puis les
garder, surtout. Vous avez quoi, là, dans votre arsenal, pour attirer
ces gens-là et les garder?
Caire :
Oui. En fait, je vous dirais, essentiellement, on a trois choses qui sont
déployées ou qui peuvent être déployées rapidement. Premièrement, le projet de
loi n° 60, qui a été adopté, va nous permettre une
bien plus grande flexibilité au niveau des embauches. Ça, je peux vous dire
qu'au niveau de l'administration publique, ce projet
de loi là était très attendu. C'est
fait, c'est adopté, on le met en vigueur, mais normalement les effets ne se feront pas sentir avant janvier 2022.
Deuxièmement, je vous
dirais que les organisations qu'on met en place... Infrastructures
technologiques Québec, qui est maintenant
une boîte dédiée aux infrastructures, le Centre québécois d'excellence
numérique, le Centre gouvernemental de cyberdéfense, qui sont des boîtes qui
sont vraiment dédiées à leur fonction, qui ont, je pense, une
attractivité, attractivité à l'interne, mais attractivité à l'externe... Il y a
eu des... Avec ITQ, on a eu une foire de l'emploi qui a donné des résultats
intéressants. Donc, c'est la nature des projets, la spécialisation, le défi.
Et je vous dirais que
la pandémie a quand même révélé des avantages en termes de conditions de
travail au niveau de l'administration publique par rapport à l'entreprise
privée, qui ne sont pas négligeables. Et, de plus, on est capables de mettre en
place un système de primes qui peut avoir cet intérêt-là, cette
attractivité-là. Donc, à court et moyen terme, c'est les outils qu'on a.
M. Marissal :
Rapidement, les primes, vous parlez de quoi?
Caire : Là, je n'ai pas les chiffres en tête. Je ne sais
pas, M. le DPI, si on a... s'il y a une gradation là-dessus ou s'il y a
des...
Une voix :
10 %, 15 %, là.
Caire :
On me parle de 10 % à 15 %, M. le député.
M. Marissal :
À l'embauche ou de façon régulière?
Caire :
Avec un certain niveau d'expérience, là, pour les attirer, à l'embauche, puis
surtout qu'avec le projet de loi n° 60 adopté
maintenant, les embauches peuvent se faire sur la notion de diplomation. Donc
là, on est capables d'aller là directement.
M. Marissal :
O.K. Peut-être, avant d'aller dans les prochaines étapes, on peut peut-être
tourner la page sur ce qui a été fait, là.
On a beaucoup parlé, depuis trois ans, là, du fameux projet Accès UniQc. Ça, c'est terminé, c'est fin, c'est enterré?
Marissal : Avez-vous fait... Des fois, dans le domaine des affaires,
on dit : On fait un «write-off», là, parce qu'on a perdu de l'argent
là-dedans, ça fait qu'on tourne la page, et tout. Comment vous avez réglé ça?
Caire :
En fait, on n'a pas fait de «write-off», parce que le projet n'était pas en
phase de réalisation. Donc, il n'y a pas de
montant investi, sinon le temps des gens qui ont travaillé là-dessus. Puis il y
a plusieurs éléments qui ont pu être récupérés, notamment sur le service de
changement d'adresse, qu'on a pu récupérer, là, les livrables.
Puis je vous dirais
que le MTESS est un partenaire très important du Service québécois de
l'identité numérique, donc le MTESS est
demeuré un partenaire. Donc, les gens qui ont travaillé sur Accès UniQc ont
transféré et travaillent maintenant en collaboration avec l'équipe de
M. Vézina, là, et de M. Rochette, qui travaillent sur le bloc...
M. Rochette, le bloc un et deux, M. Vézina, sur le
bloc trois du Service québécois d'identité numérique. Donc, ils ont été intégrés à l'équipe, ces gens-là, donc
l'expertise qu'ils avaient développée, on l'a récupérée. Donc, en termes
de dollars, on n'a pas perdu d'argent, mais évidemment,
là, il y a eu une petite gymnastique d'intégration qui s'est faite.
M. Marissal :
O.K. Il y avait plusieurs projets de centres d'hébergement de données au Québec.
On sait que les géants, là, Google, AmazonV et compagnie s'intéressent beaucoup
à ça. Vous en êtes où dans les pourparlers avec ces entreprises?
Caire :
Bien, à ma connaissance, ce qui avait... en tout cas, de ce que moi, j'en sais,
là, de ce qui a été fait, le dernier en
liste, c'est Amazon, à Varennes, le projet de 85 millions. À ma
connaissance, la phase II et III, qui avaient été annoncées, il n'y a pas de suite pour le
moment, là. Donc, c'est pas mal... Parce
que, là, le président me fait signe, je
m'excuse, M. le député, le président me fait signe.
M. Marissal :
C'est correct. C'est bon, c'est bon.
Le Président (M.
Simard) : On a déjà dépassé le temps alloué à ce présent bloc,
quoiqu'on va pouvoir se reprendre la prochaine fois.
M. Marissal :
C'est bien. Merci. Merci, M. le Président.
Président (M. Simard) : Je
cède maintenant la parole au député de La Pinière qui dispose de 19 min 25 s.
M. Barrette :
Je reviendrai sur le sujet sur lequel j'avais terminé lorsqu'on aura le
document. On ne l'a pas encore eu, hein, je pense? Il va finir par arriver.
En attendant, je m'en
vais... Mais la remarque du président, elle était quand même bonne : Nous
avons un problème technologique ici de
transfert d'information. Le ministre a été nommé pour bien gérer le transfert
d'information d'un ministère à l'autre, puis ça n'a pas marché dans la commission
pour le moment. C'est ironique.
M. le Président,
j'aimerais amener le ministre à la page 5.
Le Président (M.
Simard) : On vient de le recevoir.
Barrette : Ah! allez à la
page 5, là, je me suis guiré là-dessus, là, page 5 du cahier 6.
Cinq — pardon — volume V,
à la page 5, les investissements. Alors, quand je regarde la
planification des dépenses et investissements, les deux, je reviendrai sur la
séparation tantôt, sur les prochaines années, il a été étonnant de voir le
global, là, en ressources informationnelles.
La fluctuation, comment on peut l'expliquer? Comment peut-on passer, là,
dépenses, investissements... Comment peut-on expliquer la fluctuation,
dans le temps, de tout ça?
Caire :
Bien, en fait, dans le global, on a ce que les organismes publics prévoient
dépenser et on a le réel qui a été dépensé. Et vous constaterez qu'il y a un
écart entre les prévisions et le réel. Le réel étant environ, si je me souviens bien, quoi, 83 % en moyenne de ce
qui est planifié. Donc, dans les faits, les organismes publics dépensent
83 %.
M. Barrette :
De dépenses et investissements?
Caire :
Bien, je n'ai pas la page 5, mais je...
M. Barrette :
C'est dans votre... bien, c'est votre cahier, là, le volume V, là. C'est
notre dossier, là.
Caire :
Bien, ça ne sera pas long, je vais me doter de l'équipement en question.
M. Barrette :
O.K. Pendant que vous trouvez le dossier, je vais quand même... Pour ceux qui
nous écoutent, là, on constate que de 21, 23, 24, 25, là, en dépenses, on passe
de 3,140 à 3,168, et là ça tombe, 3 milliards, un
autre 3 milliards, en investissement, 1,1 milliard, ça finit à
978 millions. Comment on peut expliquer qu'on ait notre baisse de sommes d'investissement? Parce que, là,
on est en dollars. On sait que ça, c'est des coûts qui, normalement, ne serait-ce que par l'inflation, augmentent, mais
là on a une planification vers le bas, alors qu'on est censés être dans une période de développement, consolidation,
réarrangement, peu importe, là. Normalement, on a des coûts additionnels
de transition, et là on a un budget planifié qui baisse, tant dans les
investissements que les dépenses.
Et là je fais une
parenthèse, le cahier est bien fait, il explique bien ce qu'est un
investissement et ce qu'est une dépense. La dépense, c'est plus le courant.
L'investissement, c'est plus du neuf. Là, je résume à l'extrême, mais, du côté investissement, on voit une baisse
progressive. Du côté des dépenses, on voit une baisse progressive. La baisse
la plus importante est du côté des
investissements, alors qu'on est dans une période, normalement, qu'on peut
qualifier de croissance, ne serait-ce que par la transition qui est
amenée par les travaux du ministre.
Caire : Oui. Bien,
en fait, quand vous regardez, effectivement, c'est la planification de chaque
organisme public. C'est un petit peu ce que j'expliquais, peut-être maladroitement,
M. le député, ces chiffres-là, ce sont les prévisions de dépenses et
d'investissements des organismes publics sur lesquels, personnellement, je n'ai
pas de droit de regard, là, on s'entend. Donc, c'est ce qu'ils prévoient
dépenser en fonction de leurs besoins et de leur plan de transformation
numérique.
M. Barrette : O.K. Alors là, si je
comprends bien, M. le Président, bien, puis je comprends le commentaire du ministre, le ministre nous dit,
essentiellement, qu'il n'a pas d'influence sur la... A-t-il une influence sur
la détermination des montants?
Barrette : Parce que, là, on le met dans le cahier, là, le plan des
investissements et dépenses en ressources informationnelles. Bon, on
comprend qu'ici on est là, là, dans les ressources informationnelles. Alors là,
on est obligés de comprendre que l'impact du ministre, sans doute, ce n'est pas
ça qu'il veut, mais il voudrait avoir l'effet inverse, là, c'est un... il n'y a
pas d'effet, tout court, là.
Caire : Bien, en
fait, on n'a pas de...
Caire : Oui, c'est
ça, on peut... Ce qui est le PQI-RI, oui, parce que ça, ça passe au Conseil du
trésor, c'est approuvé par le Conseil du trésor, mais, sur les dépenses et
investissements des organismes publics, ils sont autonomes dans leur
planification. La seule exception, je vous dirais, c'est lorsqu'un projet est
décrété d'intérêt gouvernemental, comme ça a été le cas, par exemple, avec la
consolidation des CTI ou le Service québécois d'identité numérique, où là on
peut... on a évidemment un plus grand contrôle et impact sur le projet, mais,
tant que ça demeure un projet d'un organisme public, qui n'est pas au PQI-RI,
on s'entend, l'organisme public a l'autonomie complète de déterminer ses
dépenses et ses investissements.
M. Barrette : Alors, une question
purement théorique, mais qui devrait être pratique en même temps : Quand le ministre... Puis je comprends ce qu'il
nous dit, là, quand il nous dit : Ce n'est pas au PQI-RI, ça... Le PQI-RI,
c'est le sien?
Caire : Oui, c'est
le Trésor qui l'approuve, oui.
Barrette : Exactement. Alors, quand on regarde par secteur, il y a
peut-être des éléments qui ont été envisagés, mais qui n'ont pas été
autorisés. La raison pour laquelle je dis ça, M. le Président, c'est que, quand
on regarde la page 8, là, du même document, et qu'on regarde... Parce que
la page 8, là, c'est le tableau des investissements, et le tableau des investissements,
c'est celui où on va amener du neuf, refonte de l'ancien dans quelque chose de
plus efficace, et ainsi de suite. C'est ça, là, qui est l'investissement, dans
la nomenclature gouvernementale, du côté des dépenses,
c'est le maintien d'actifs, l'entretien, du remplacement d'équipement, des
serveurs, et ainsi de suite. L'investissement, c'est, entre guillemets,
du neuf, là, globalement. On va dire ça comme ça.
Alors, un lecteur le moindrement intéressé à la
question informationnelle ne peut pas être autrement que surpris quand il regarde la planification
décanale, c'est ce qui est inscrit, des investissements en
technologie de l'information, 2021 à 2031. On ne peut pas autrement que
d'être surpris quand on regarde qu'en Santé et Services sociaux il va y avoir
un investissement annuel, en moyenne, de 28 millions de dollars, et qu'aux
Transports, par exemple, ça va être 33 millions de dollars. On se demande
comment un monde, qui est, disons, intuitivement moins dépendant de
l'informatique, des ressources informationnelles, qui est le monde des
transports, peut recevoir plus d'investissements que celui de la santé, par
exemple. On peut comprendre, quand on regarde le réseau de la santé, qui... là,
c'est plus. Alors là, on sépare Santé et Services sociaux du réseau de la
santé. Alors, est-ce que je dois comprendre ici qu'on sépare le ministère du
réseau? C'est-tu comme ça que je dois voir ça?
Caire : Bien oui,
vous avez les dépenses du ministère et vous avez les dépenses du réseau, qui
sont deux colonnes de dépenses et/ou investissements, si on parle... qui sont
distinctes. Oui, le ministère, l'organisation que vous connaissez mieux que
moi, M. le député, versus le réseau, c'est deux colonnes de chiffres
différents, oui.
M. Barrette : Très bien. Alors, ce
que je vois ici, là, c'est que... Puis je vais mettre les trois ensemble, O.K.,
je vais mettre... puis je vais en rajouter
un, je vais rajouter l'Éducation. Alors, quand on regarde, là, nos
investissements, les investissements, le
développement, le neuf, l'amélioration par du nouveau développement, et ainsi
de suite, là, on regarde ça, là, on regarde
le ministère de la Santé, lui, ça va être 28 millions. Le réseau de la
santé va être 165 millions pour
l'année prochaine, cette année, en réalité. L'Éducation, 115 millions, ce
qui est énorme, puis on peut le comprendre, ce n'est pas une critique. Les Transports, puis je le disais
précédemment, 33 millions. Ce n'est pas... Puis, en plus, quand on
regarde la Santé, ça va en baissant par la suite. Quand on regarde le réseau,
là, ça va en diminuant. Ce n'est pas demain matin qu'on va numériser le système
de santé, là.
Là, je vois qu'il y a un effort qui est fait
pour l'enseignement, le réseau de l'éducation, c'est un effort qui est
bienvenu, mais là aussi c'est un effort qui va en diminuant de façon
significative, là. On commence à 115 millions, on finit à 85 millions. Il y a comme un effort qui est fait en 2021‑2022,
mais on imagine mal comment on peut arriver à la numérisation des grands
réseaux avec ça, là, le tableau qui est présenté là. Moi, honnêtement, là, je
suis un peu déçu de voir ces chiffres-là, parce que ça donne comme finalité,
là, qu'encore une fois on ne le fera pas.
Et là, M. le Président, je vais faire un petit
commentaire éditorial, permettez-le-moi, je suis hors sujet, mais ce n'est pas
grave. Hier, on nous a déposé un excellent rapport, j'ai trouvé excellent le
rapport de Mme Laurent, mais, même là,
là, on s'est plaint de quoi, de problèmes de fluidité de l'information. C'est
un chapitre, ce n'est pas... Tu sais, on pense qu'on est dans un domaine
où on est dans le psychologique, dans le social, mais le monde qui travaille
là-dedans se sont plaints, il y a un
chapitre sur le fait que l'information
n'est pas accessible ni fluide. Et puis c'est parce qu'ils ont raison.
Caire : Oui. Bien
oui, ils ont raison.
M. Barrette : Ils ont raison. Ça
fait que, quand je regarde les chiffres qui sont là, je me serais attendu à ce
que, dans un PQI-RI, il y ait ça. Puis là je ne reproche rien au ministre,
parce que je pense que le ministre est une victime passive de choix
gouvernementaux qui ne lui appartiennent pas. Il faut qu'il fasse un peu la
moue, quand que je lui dis ça, parce que je
parle de son gouvernement, mais, quand même, il est une victime passive
d'autorités supérieures, hiérarchiquement, et je trouve ça malheureux.
J'aurais aimé qu'il puisse avoir les ressources nécessaires financières pour
aller de l'avant là-dedans, mais là je reviens à ma question. Vous ne trouvez
pas que, là, c'est un signal qui n'est pas très encourageant?
Caire : Bien, en
fait, deux choses. D'abord, sur la fluidité de la donnée, je ne peux pas être
plus d'accord avec le député de La Pinière que ça. Je lui annonce, par contre,
qu'aujourd'hui est inscrit au feuilleton un projet de loi qui, je l'espère...
En tout cas, j'entends le déposer demain, j'espère que l'Assemblée acceptera de
s'en saisir et que nous accepterons de l'étudier ensemble, aussi rapidement que
faire ce peut, parce que je pense que ce sera une réponse assez claire et assez
concrète au problème que le député de La Pinière soulève, à juste titre, et qui
contamine non seulement le réseau de la santé, mais l'ensemble du gouvernement
du Québec, si on me le permet.
Sur les
montants d'investissement, en fait, c'est que ça, c'est les projets pour
lesquels un dossier d'affaires est autorisé, donc les montants qui sont prévus.
Il y a des projets qui sont en planification, soit en dossier d'opportunité,
soit en rédaction du dossier d'affaires,
pour lesquels les montants ne sont pas encore inscrits au budget des
investissements, parce que les dossiers d'affaires ne sont pas
approuvés.
C'est le cas,
notamment, puis je peux en parler parce que ça a été évoqué par le réseau de la
santé publiquement, le projet de
dossier santé numérique, qui est un projet majeur, pour lequel, évidemment, il
n'y a pas encore de dossier approuvé, donc pour lequel vous ne retrouvez
pas de sommes inscrites aux investissements du fait que ce n'est pas autorisé.
Donc, il y a quelques projets qui sont dans cette lignée-là. Donc, ce que vous
avez là, c'est ce qui a été autorisé.
M. Barrette : Bien, O.K., si on le
prend sous cet angle-là, je vais le prendre sous cet angle-là aussi en posant
une question simple, là : Si jamais il y a un vrai projet, puis ça, là, il
y a des mots qui sont prononcés, mais il n'y a pas nécessairement de vrais
projets qui sont à ma connaissance, il serait, normalement, sous l'autorité de
qui?
Caire : Bon, si on
parle du dossier santé numérique, il serait sous l'autorité du ministère de la
Santé et des Services sociaux. Il faut comprendre que, si un projet n'est pas
d'intérêt gouvernemental, il relève du ministère qui en est le porteur, et il devient... je dirais, nous devenons des
acteurs dans les projets qui sont d'intérêt gouvernemental, nous étant
le SSDPITN.
M. Barrette : O.K. Répétons ça, le
SSDTD...
Caire : Restez pas
juste sur le SS parce que ça regarde mal, un peu, là. Il y a un DPITN qui suit
ça, normalement, le Sous-secrétariat du dirigeant principal de l'information et
de la transformation numérique.
M. Barrette : Encore, s'il vous
plaît.
Caire : Le
Sous-secrétariat du dirigeant principal de l'information et de la
transformation numérique. Je peux le dire à l'envers, si vous voulez.
M. Barrette : Non, ce n'est pas ça,
c'est parce qu'il faut se rappeler des acronymes. Disons que celui-là...
Caire : Oui, je le sais. Non, mais là, j'ai l'air fin, mais
je l'ai pratiqué devant un miroir une couple de fois.
M. Barrette : O.K., c'est correct,
c'est un succès. Bravo!
Caire : Que j'ai
conservé, depuis maintenant presque un an, presque, il n'a pas encore soufflé
une bougie, là, mais...
M. Barrette : Ce qui est un exploit.
M. Barrette : C'est un exploit.
Caire : Bien, en
fait, ça prend surtout une bonne paire de menottes, là, mais...
M. Barrette : Non, ça veut dire
que... monsieur, vous êtes très performant. Bravo!
Caire : Très bon.
Non, excellent.
M. Barrette : Alors, blague à part,
pour ce qui est du projet de loi, si c'est un projet de loi qui va dans le sens
de ce qui a été dit, bien, c'est sûr que nous, on va le recevoir très
favorablement, là. On a hâte de voir ça. Donc, ça va être demain.
Caire : Demain, le
suspense sera à son comble.
M. Barrette : Est-ce que je dois
comprendre que le dossier médical électronique, ça ne serait pas un sujet
d'intérêt gouvernemental?
Caire : Bien,
c'est-à-dire que, comme ça touche un ministère en particulier... Quand on parle
d'un projet d'intérêt gouvernemental,
généralement, puis c'est une discussion que j'ai eue avec le collègue, il
touche deux organismes publics ou plus, minimalement, pour qu'il
soit d'intérêt gouvernemental. Si ça concerne exclusivement un organisme
public, un ministère et que c'est en ligne avec sa mission, normalement, le
ministère demeure le maître d'oeuvre.
Président (M. Simard) :
Alors, soit dit en passant, M. le ministre, le document Stratégie
gouvernementale de déploiement de l'infonuagique a été reçu
au secrétariat, merci. Puis, pour ne pas commettre d'erreur, je veux bien
comprendre, là, vous autorisez à ce qu'il soit rendu public, pas de problème à
ce qu'il soit public?
Caire : Ça, c'est
le document que tu as envoyé, on peut le rendre public?
Caire : Toi? Ah!
ça, c'est pour le processus de... Oui, oui, absolument, M. le Président.
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, on en autorise le dépôt.
Caire : Oui. Ça, c'est le document sur la catégorisation
des données et ça peut être rendu public, aucun problème.
Le Président (M. Simard) : Et ce
document, pour les collègues, là, se retrouve dans la
section Dépôts en séance
tenante.
M. Barrette : Ah bon! C'est où, ça?
En tout cas, je le verrai tantôt. O.K. Ça va?
Le Président (M. Simard) : Tout à
fait, merci beaucoup.
M. Barrette : Puisqu'on était
dans... Le fait d'avoir parlé des derniers acronymes, là, ça m'a ouvert la
porte à un commentaire. D'ailleurs, je vais même poser une question suite à ça.
Je regardais l'organigramme du Secrétariat du Conseil du trésor, et puis il y a
une colonne qui appartient au ministre, là, et le ministre... C'est assez intéressant,
d'ailleurs, ça va me permettre de poser une question.
Écoutez, M. le Président, je vois qu'il y a un
Sous-secrétariat du dirigeant principal de l'information et de la transformation numérique, M. Rodrigue.
M. Rodrigue, bonjour, mais, en dessous de M. Rodrigue, il y a une direction
générale du centre québécois d'expertise
numérique, Mme Filiatrault... Je ne sais pas si Mme Filiatrault est
avec nous, hein?
Caire : Elle est en ligne présentement.
M. Barrette :
Alors, parfait. Bien, salutations.
Caire :
Donc, faites attention à ce que vous dites, elle vous entend.
M. Barrette :
Mais là cette colonne-là, elle continue, puis ça m'étonne, parce qu'en dessous
il y a une Direction de l'accélération de la
transformation numérique du gouvernement ouvert, dont la directrice est
Mme Filiatrault. En dessous de
ça, il y a une direction générale de la conception de services numériques, dont
la directrice est Mme Filiatrault. À côté, il y a
une direction générale de la sécurité
de l'information gouvernementale, qui est M. Langlois...
M. Barrette :
Mme Langlois, pardon. Mme Christiane Langlois. Je ne sais pas si elle
est là, Mme Langlois?
Caire :
Juste ici.
M. Barrette :
Bonjour, Mme Langlois. Et là, Mme Langlois, elle a sous elle une
direction principale du Centre gouvernemental de la cyber...
Caire :
Défense.
M. Barrette :
De la cyberdéfense, dont la directrice est Mme Langlois, qui a aussi la
Direction du développement du réseau gouvernemental de cyberdéfense, dont la
direction est Mme Langlois. Il y a une direction de la prévention et de la
gestion des incidents, dont la directrice, c'est Mme Langlois. Il y a une
direction des pratiques et du développement des compétences — c'est tout
petit, hein — en
cyberdéfense, mais là c'est une autre personne. Coudon, avez-vous de la misère
à embaucher du monde?
Caire :
Ah! mais c'est parce qu'on a des gens tellement compétents, qui sont
tentaculaires.
M. Barrette :
Et polyvalents?
Caire :
Écoutez, non, très sérieusement, là, parce que votre...
M. Barrette :
Non, mais je pose la question sérieusement.
Caire :
Non, mais absolument.
M. Barrette :
Parce que faire un organigramme avec des boîtes, avec des directions, et donc
des directrices, puis c'est toujours la même personne, c'est un peu étonnant.
Caire :
Mais M. le DPI me souligne que l'organigramme n'est pas à jour. Est-ce
qu'on pourrait faire parvenir l'organigramme à jour à la commission, s'il vous
plaît?
M. Barrette :
Oui. Est-ce que je dois comprendre que, dans la mise à jour, il y a des noms
différents?
Caire :
Mais, ceci étant dit, M. le député, parce que la forme bon-enfant que vous
donnez à votre question n'enlève pas le fait que votre question est extrêmement
pertinente. Et, oui, au niveau des cadres, oui, au niveau des cadres, il y a
des postes vacants, et j'ai des gens extrêmement dévoués qui travaillent très forts pour combler
puis s'assurer que ces organisations-là sont quand même capables de faire leur
travail et de veiller aux opérations quotidiennes. Mais, oui, il y a encore des
postes de cadres qui sont à combler.
M. Barrette :
Bien, O.K. il me reste quelques secondes, je vais quand même féliciter les
directions qui arrivent à diriger. Bien, en fait, on pourrait poser la question
à l'envers, là. Si une personne, actuellement, est capable de diriger tout ça,
est-ce qu'on a besoin de directions additionnelles?
Caire :
Bien, en fait, oui, parce qu'à un moment donné la personne en question, on va
la perdre.
M. Barrette :
Bon, bien, on ne veut pas perdre les gens performants.
Caire :
Non, on ne veut pas, parce qu'ils sont extrêmement compétents, mais, à un
moment donné, il y a d'autre chose dans la vie aussi, là.
M. Barrette : Alors, mesdames et
messieurs, ce n'était pas une critique envers vous, vous comprenez qu'ici nous
clarifions des choses, simplement. Alors, je pense que mon temps est écoulé, M.
le Président?
Président (M. Simard) : Tout à fait. Il vous restait même quelques
secondes mais qui seront conservées pour le bloc suivant. Je cède maintenant la
parole au leader de la troisième opposition et député de René-Lévesque.
Caire :
Il a besoin d'être fin, là.
M. Ouellet :
Merci beaucoup, M. le Président. Lors des crédits budgétaires du ministère de
la Santé et Services sociaux, la semaine dernière, le sous-ministre adjoint, M.
Pierre-Albert Coubat, a déclaré que le ministère allait lancer un appel
d'offres pour remplacer les systèmes de paie et RH pour les employés du réseau
de la santé.
C'est un immense
chantier au ministère de la Santé et des Services sociaux, et on sait qu'il n'y
a pas eu beaucoup de succès par le passé pour ce ministère. La dernière fois
que le gouvernement a changé son système de paie,
le résultat, c'est Phénix au fédéral. Donc, M. le ministre délégué à la
Transformation numérique, qu'avez-vous à nous dire sur ce mégachantier
qui s'est donc passé sous le radar?
Caire : Bien, il y
a eu des discussions, je ne sais pas, Guy, s'il y a encore des discussions pour
que le réseau de la santé et des services sociaux intègre le système
actuel de SAGIR, là, c'est mort, ça? O.K. Parce qu'au départ on avait émis
cette hypothèse-là.
La difficulté, c'est
la trop grande diversité des variables, là, au niveau de la santé, les
conventions collectives, les primes de ci, les primes de ça, ça fait que ça
devenait difficile d'arrimer ça avec le SAGIR actuel. Par contre, leur système de paie, bien, il est désuet, il doit être
remplacé, ça fait que, là, bien, je comprends qu'ils iront de l'avant avec
leur chantier à eux, là.
M. Ouellet :
Donc, ça ne sera pas sous votre responsabilité, zéro puis une barre?
Caire : Non, non,
non. Non, parce que ce qu'on a fait avec l'éducation, éducation va être
intégrée à SAGIR. Donc, tout le réseau de l'éducation, on l'intègre sous
SAGIR. Donc, ça va être le même système de paie pour l'administration publique que pour le réseau de l'éducation, mais, dans
le cas de la santé, on a évalué cette hypothèse-là, de les intégrer aussi à SAGIR, puis là je comprends
que la conclusion à laquelle nous en sommes arrivés, mutuellement, c'est
que c'était plus complexe que bénéfique. Et donc le réseau de la santé et des
services sociaux ira de l'avant avec son propre projet.
M. Ouellet :
Mais est-ce qu'il y eu des discussions avec les fournisseurs actuels pour voir
si, effectivement, ce qui était disponible dans le système pour répondre aux
besoins de gestion immédiats, il y a-tu... Parce que, là, pour moi, c'est gros,
là, là vous êtes en train de nous dire qu'on va refaire un système de paie à la
base, O.K. Donc, on a vérifié s'ils allaient
s'intégrer dans SAGIR, et, si vous me permettez, là, je les ai, les chiffres,
là, c'est 286 primes avec une combinaison de multiples facteurs
d'admissibilité, c'est 60 assurances collectives et de coassurances, plus
la gestion des absences, une cinquantaine de types de congés différents avec
leurs propres règles de convention, deux types d'ancienneté. C'est majeur.
Là, vous me dites que
le ministère de la Santé réfléchit à changer le système de paie. Et, après
avoir discuté avec vous sur la pertinence... ou la faisabilité, pardon, de
l'intégration dans SAGIR, la réponse qui va sortir de ça, c'est : on va
aller de l'avant avec un appel d'offres, puis là on repart du début, là. C'est
majeur, là, M. le ministre, là.
Caire :
Oui. Bien oui, mais, en même temps, quand vous avez des systèmes qui sont
désuets, à un moment donné, il faut faire
cette modernisation-là. On le fait, nous, dans l'administration publique, on a
le SAGIP, là, qui est le système de paie qu'on utilise, qui doit être
modernisé parce que c'est des technologies qui sont désuètes. Donc, on déploie,
c'est SAGIR 3 qui est le projet, là, qu'on...
Caire :
7, qui est pour la paie, pardon, qu'on va déployer. Et, à ça, on intègre le
réseau de l'éducation, parce qu'eux aussi,
là, il y a besoin d'avoir une modernisation des systèmes de paie. L'avantage de
ça, c'est qu'on l'intègre à notre système de gestion qui est SAGIR, qui
a été déployé. Donc, il y a une harmonisation au niveau des modules.
Dans le cas de la
santé, bien, vous l'avez évoqué, M. le député, là, c'était complexe puis
c'était difficile à réaliser. Donc, la conclusion à laquelle eux en arrivent, c'est
qu'ils devront aller se chercher un système de gestion, mais, en allant en
appel d'offres, ils ne vont pas partir de zéro, là, ils vont acquérir un
système de gestion intégrée mais qui sera dédié aux opérations de la santé.
M. Ouellet :
Mais votre ministère, votre équipe, la gang de l'ITQ ne sera pas mis à
contribution.
Caire :
Bien, c'est-à-dire que...
M. Ouellet :
Je veux dire, c'est une transformation majeure, puis, si vous me permettez, M.
le ministre, là, on a fait des projets de
loi, on vous a entendus à plusieurs reprises qu'on devait mieux gérer nos
systèmes informatiques. Vous en avez fait votre marotte, à l'opposition.
Vous avez posé des gestes, quand même, et je le souligne, qui ont changé les
façons de faire au sein du gouvernement, mais là ma crainte, là, c'est de voir
un Phénix apparaître, puis là le ministre délégué à la Transformation numérique
ne fera
partie des échanges.
C'est
complexe. Puis la question que je me pose, puis, tu sais, le collègue de
La Pinière, à l'époque, qui était ministre de la Santé, là... On me
corrigera si j'ai tort, mais on avait gelé, justement, les mises à jour des
systèmes. Donc, la première question : Est-ce qu'on peut, tout simplement,
les remettre à jour? Ça coûterait moins cher. Est-ce qu'on doit... puis je ne
veux pas utiliser une expression anglophone, là, Antoine Robitaille va encore
me dire que je parle anglais, là, mais «bottom from the scratch», là, au final,
on recommencerait à zéro?
Je veux dire, les Québécois,
Québécoises, avec ce qui s'est passé, avec les ratés, puis c'était un petit peu
ça, la logique du gouvernement fédéral en disant : Bon, on va instaurer un
nouveau système de paie, Phénix... Ça a été le bordel, il y a encore des gens
qui en subissent les préjudices. Donc, rassurez-moi, M. le ministre, là, vous
n'êtes pas aux commandes, le ministère de la Santé va le faire, mais j'essaie, là, d'avoir un peu
de certitude, là, pour nos citoyens, puis je ne réussis pas en avoir ce
matin, là.
Caire :
Bien, en fait, je vais vous rassurer, là, de façon... non, le bureau du SSDPITN
ne sera pas le maître d'oeuvre de ce projet-là via... ou l'ITQ ne sera pas le
maître d'oeuvre. Comme l'ITQ, actuellement, qui est le maître d'oeuvre du déploiement de SAGIR et de l'intégration du réseau de
l'éducation. C'est l'ITQ qui en assure la maîtrise
d'oeuvre. Dans le cas de la Santé, ce sera la Santé qui sera maître d'oeuvre.
Ceci étant dit, il
faut comprendre qu'on a aussi un rôle de consultant. Puis vous le savez, vous
l'avez dit, ça a été ma marotte quand j'étais dans l'opposition. Maintenant que
je suis au gouvernement, je n'ai pas changé d'idée, le gouvernement du Québec
doit avoir des effectifs et des expertises qui mettent à profit l'ensemble des ministères
et organismes, que ce soit parce que nous assumons la maîtrise d'oeuvre du
déploiement d'un projet ou que ce soit parce qu'un ministère ou un organisme a
la maîtrise d'oeuvre de son projet, mais que nous, on est en soutien.
Donc, le Centre
québécois d'excellence numérique, comme l'ITQ, seront des expertises qui
pourront être mises à contribution. Donc, on n'est pas exclu du projet, on n'en
assure pas la maîtrise d'oeuvre, mais nos expertises, on est disponible pour
les mettre à contribution si besoin est, là.
M. Ouellet :
Mais est-ce qu'il vous est venu en tête d'avoir une discussion avec les
fournisseurs actuels pour dire : Il y a-tu quelque chose qu'on est capable
de faire à court terme, à moindre coût, avec les systèmes actuels? Quand je
vous entends, la réflexion semble déjà faite, à savoir qu'il faut qu'on reparte
avec quelque chose qui sera mieux parce que ce qu'on a présentement est désuet.
Moi, ma crainte, c'est que je ne voudrais pas qu'on revive des drames humains
avec la paie Phénix parce qu'on pense que de repartir à zéro avec quelque chose
de nouveau devrait effectivement...
Caire :
Non. Je vous rassure, monsieur. Parce qu'il faut comprendre qu'avant qu'un
projet soit autorisé, un projet de cette ampleur-là, donc, quand on est dans des
projets de 10 millions et plus au niveau de la santé... doit recevoir une autorisation du Conseil du trésor.
Et, avant d'autoriser un tel projet, il est évident que le bureau du SSDPITN
va faire l'analyse du projet, le bien-fondé, la pertinence, le fait que ça
réponde aux besoins.
Donc,
nous ne sommes pas maître d'oeuvre, mais nous allons devoir autoriser le
projet, et c'est là où nos équipes d'experts vont passer sur le projet, vont
donner une opinion, à savoir est-ce que
ce projet-là répond aux besoins.
Il y a des
évaluations de risques qui se font sur la façon... d'abord, est-ce que le
logiciel répond aux besoins ou le progiciel répond aux besoins? Est-ce qu'on
peut le déployer? Est-ce qu'il est compatible? Est-ce qu'il répond à nos standards numériques? Est-ce qu'il répond à la
politique de cybersécurité? Donc, il y a un paquet de filtres à travers
lesquels le projet va devoir passer avant d'être approuvé par le Conseil du
trésor, là, ce n'est pas... Le ministère de la Santé, oui, est le maître
d'oeuvre, puis ils vont faire les choix en fonction de leurs besoins, mais on
n'est jamais bien loin.
M. Ouellet :
Il y a, je pense, puis vous me corrigerez si je me trompe, au moins deux
fournisseurs de logiciels, présentement, qui sont dans le système, qui
travaillent avec le ministère de la Santé, deux entreprises québécoises.
Est-ce qu'on a eu des discussions avec eux pour voir de quelle façon on
pourrait upgrader, parce que... la question que j'ai, à
100 $ : Ça va coûter combien, ça, M. le ministre?
Caire :
Je ne pourrais pas vous répondre, M. le député, tant que je n'aurai pas vu le
dossier d'affaires. Donc, comme je vous dis, il y aura... puis là je ne sais
pas s'il y a un dossier d'opportunité, là, parce que, des fois, ça, c'est
l'étape où on peut aller un petit peu plus vite, là, compte tenu des
circonstances ou de la désuétude d'un système puis des impacts sur les
opérations du ministère, mais il y a minimalement un dossier d'affaires qui
devra être présenté.
au moment du dossier d'affaires, bien là, on aura ces informations-là, dont je
ne dispose pas actuellement. Et c'est sûr que le défrichage se fait par
le ministère de la Santé et des Services sociaux, donc c'est eux qui
approchent, c'est eux qui préparent les appels d'offres, c'est eux qui
définissent leurs besoins. Puis savez-vous quoi? Il faut que ça reste comme ça.
Moi, j'ai toujours dit...
Le Président (M.
Simard) : Très bien.
Le Président (M.
Simard) : Vous avez toujours dit quoi?
Caire : Bien, j'ai
toujours dit que les TI ne devraient jamais se mêler de la définition du
besoin.
Le Président (M. Simard) :
Très bien. Merci beaucoup, cher collègue. C'est tout le temps dont nous
disposions. Sinon, on le prend dans votre prochain bloc, cher collègue,
qu'est-ce que vous préférez? Vous revenez?
M. Ouellet :
Oui. Je vais revenir, oui.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Merci. Alors, je cède la parole au député de
La Pinière. Vous avez 19 min 20 s.
M. Barrette :
Merci, M. le Président. Alors, là, M. le Président, le ministre vient de nous
dire une affaire très importante que je veux
clarifier. Alors, le ministre nous a dit, parce que... ça, ça n'a jamais été
dit comme ça, du moins, à ma connaissance : Lorsqu'un ministère...
puis là l'exemple qui a été pris il y a quelques instants, c'était celui de la
Santé, ou ça vaut pour tous les ministères, selon ce que le ministre a dit,
quand il y a un projet d'informatique, il doit y avoir une autorisation du
Conseil du trésor. Ça, ce n'est pas une révélation, parce que ces dépenses-là,
d'au-dessus de 10 millions, doivent
avoir une autorisation du Trésor, et, en technologies de l'information, le
ministre et son équipe auraient, si j'ai bien compris, un mot à dire ou,
du moins, une évaluation à faire. Est-ce que j'ai bien compris?
Caire :
Oui. Je vais préciser que le seuil d'autorisation dépend de l'organisme. Santé,
c'est 10 millions. Il y a des organismes qui sont à 5 millions, il y
a des organismes qui sont à 1 million. Alors, ça dépend évidemment de l'organisme.
Bien, oui, parce qu'avant de passer au Conseil du trésor on va demander un avis
au SSDPITN, et cet avis-là est transmis... favorable ou défavorable, est
transmis au Conseil du trésor. Donc, oui, on a un mot à dire.
M. Barrette :
Donc, ça, est-ce que ça vaut, M. le Président, pour les contrats de gré à
gré?
Caire :
Bien là, ils ne passent pas au Conseil du trésor, par définition, donc, non.
M. Barrette :
O.K. Bon. Est-ce qu'il y a une rétroaction qui est faite à un moment donné?
Caire :
Sur les contrats TI gré à gré?
Caire :
Bien, je vous dirais qu'il y a en une bonne part qui sont donnés par l'ITQ,
donc effectivement l'ITQ fait l'analyse de la pertinence des contrats qui sont
donnés. Je peux laisser M. Rochette compléter, avec le consentement du
député.
Le Président (M.
Simard) : Très volontiers. M. Rochette.
M. Rochette
(Guy) : Oui. Bonjour. Bien, pour nous autres, les contrats de gré à
gré, tu sais, on les donne puis on les publie toujours dans SEAO, donc, puis on
envoie l'information à l'Autorité... pas l'Autorité des marchés financiers mais...
M. Rochette
(Guy) : Aux marchés publics, au Sous-secrétariat aux marchés publics.
Après ça, ils nous font un rapport de comment est-ce qu'on a agi dans l'année,
mais c'est déclaré, nos contrats de gré à gré.
M. Barrette :
...comprends qu'il y ait une information qui circule à propos du contrat, mais
un... bon, je comprends aussi, là, de votre propos, qu'il n'y a pas
d'évaluation de ce type-là qui est faite.
La raison pour
laquelle je fais ce commentaire-là, c'est en référence à un contrat qui a fait
la manchette, que j'ai soulevé, moi-même, le contrat qui a été octroyé par
M. Maître, à la Santé, de 24 millions de dollars, pour un logiciel
qui était censé, en pandémie, nous aider grandement, mais qui a été démontré
comme étant, et je pèse mes mots, un citron.
Et je m'explique : le logiciel en question a été promu comme étant un
logiciel qui allait aider au traçage et au dépistage, il a été testé par
la Santé publique et il a été qualifié d'inutilisable. C'est devenu
essentiellement un logiciel d'envoi, par messagerie texte et courriel, de
résultats. Et j'ai même vu un courriel — j'espère qu'il y a des gens
qui m'écoutent — j'ai
même eu connaissance d'un courriel d'une administration d'une grande
institution dans le réseau qui demandait à ne plus l'utiliser parce qu'il les
ralentissait. C'est fort, là, 24 millions pour une fonction principale qui a été jugée inutilisable et la
fonction résiduelle, qui est censée accélérer, qui ralentit, à propos de
laquelle il y a des institutions qui demandent de ne plus l'utiliser parce que
ça nuit à leur efficience, bon. Je comprends que ça ne vous implique pas, parce que c'était du gré à gré. Je vous invite, peut-être,
si vous faites de la rétroaction, à aller la chercher, parce que
celle-là, elle est celle-là.
Là, je vais poser une
question de... je n'ai pas l'information suffisamment précise, mais est-ce que
c'est vous qui vous occupez de la
partie informatique du Trésor?
Caire : C'est-à-dire
que Trésor a sa direction de l'information, comme n'importe quel ministère.
Donc, même si on est associé au Trésor, nous traitons la Direction de l'information
du Trésor comme on traite toutes les autres directions de l'information, à savoir que le DI travaille avec le DPI — le DI, le dirigeant de l'information, excusez l'acronyme — comme les 25 autres DI des autres
portefeuilles gouvernementaux, et il siège sur le comité de gouvernance,
qui est présidé par le DPI. Mais, pour nous, c'est un ministère comme un autre.
M. Barrette : C'est un ministère
comme les autres. Donc, si on est en bas de la barre de 10 millions, on ne
vient pas cogner à votre porte, à ce moment-là, pour vous demander votre
opinion.
Caire : Je pense
que le seuil d'approbation au Trésor est plus bas que ça, M. le député, là. Je
pense qu'on est à 5 millions, hein?
Caire : On est à 1 million,
au Trésor, le seuil d'approbation. Donc, tout projet de 1 million et plus
passe au Conseil du trésor.
M. Barrette : Tout projet de 1 million
et plus de toutes catégories, incluant...
M. Barrette : Non, mais, je veux
dire, TI, mais autant dépenses qu'investissements?
M. Barrette : Bon. Il y a un investissement...
On m'a... J'ai su de source sûre qu'au Trésor il y a eu un enjeu avec un investissement... ou une dépense, avec la compagnie Oracle, je
pense, peu importe — là, on est dans les bases de
données — qui
a été évaluée initialement à 9 millions de dollars et qui est rendue à
beaucoup plus. Avez-vous eu vent de ça?
Caire : Non, là, je
ne le sais pas. Là, je ne sais pas de quoi vous parlez, honnêtement.
M. Barrette : O.K. Bon. Je
reviendrai cet après-midi avec ça. Il y a sûrement des informations qui vont
être transmises au moment où on se parle.
Caire : Bien, si
vous avez des précisions, M. le député, ça va me faire plaisir d'aller vous
chercher la réponse, ceci étant.
M. Barrette : Très bien, O.K. C'est
parfait. O.K. Ça, ça va.
Je reviens à mon chic tableau, là, de la page 8,
pour ce qui est des investissements. Non, je m'excuse, de la page 5, pour ce
qui est de la planification globale, là. Quand on regarde... Je reviens parce
que ça m'étonne, ça, ça va continuer de m'étonner, là, tout le temps, tout le
temps, tout le temps. Je ne sais pas, M. le ministre, si vous avez eu la chance
de disposer du cahier.
M. Barrette : Bon. Quand vous
regardez Finances, là... Finances, là, ils sont bons, et une chance qu'ils
sont bons, parce que c'est quand même eux autres qui gèrent, qui sont en haut
de la pyramide pour la gestion des deniers de
l'État, là. Quand vous regardez les Finances, là, vous regardez leurs dépenses... Et il est raisonnable, dans n'importe
quel système, hein, parce que c'est rare qu'on fait des économies d'échelle
avec le temps, en général, en ressources informationnelles, ça ne va pas en
baissant, ça va en étant stable ou en augmentant... moi, j'ai rarement vu des
budgets baisser. Là, quand on regarde aux Finances, eux autres, c'est
exactement ça qui arrive. Quand on regarde les dépenses, ça n'augmente pas de
façon astronomique puis ça augmente, je dirais, de façon raisonnable, les
dépenses pour les cinq prochaines années, 275,9, 281,9, 286,6, 293,6. Ça
m'apparaît raisonnable. Quand on regarde tous les autres ministères, ça va d'un
bord puis de l'autre, mais, la plupart du temps, ça diminue. Comment on fait
pour prévoir des dépenses qui diminuent dans un domaine où, en général, ça
augmente?
Puis là je ne vous ai pas parlé des
investissements, parce que, dans les investissements, c'est un peu la même
chose, aux Finances, eux autres, ils prévoient que ça baisse. O.K., bon, je ne
vois pas... je peux peut-être comprendre qu'eux
autres ça baisse, parce que ce n'est pas à toutes les deux minutes qu'ils vont
avoir des percées technologiques, et ainsi de suite, là, mais là, côté
dépenses, nous autres, bien, souvent, on baisse, dans les grands ministères.
Bref, il n'y a pas une stabilité. Comment ça
se fait qu'on puisse accepter ça et vivre avec ça? Moi, ça sonne un certain
nombre de cloches chez moi.
Caire : Bien, en
fait, M. le Président, vous comprendrez qu'il est difficile pour moi, là, de
dire pourquoi chaque ministère a cette
planification-là. Maintenant, je reviens à ce projet de loi qui est au
feuilleton, que je déposerai demain, pour lequel je vais quand même
réserver certains commentaires, les députés vont comprendre pourquoi, ne voulant pas commettre un outrage au Parlement, mais ce
projet de loi là devrait aussi apporter des réponses. Parce que, dans le fond, la question du... l'excellente
question du député de La Pinière est : Quelle est la planification,
sur quelle base cette planification-là se fait et comment un
gouvernement qui est en transformation numérique peut assurer une cohésion, une
fluctuation des dépenses, voire une diminution dans le temps?
Bien, écoutez, il y
aura, je l'espère, éventuellement, une façon de s'assurer de la cohésion et de
la cohérence de la transformation numérique du gouvernement du Québec dans
toutes ses entités. Et cette réponse-là, puis là c'est plate, là, mais cette réponse-là va trouver écho demain, lorsque j'aurai déposé le projet de loi. Et les collègues
comprendront un peu plus de quoi je veux parler, mais, me gardant bien
de commettre un outrage au Parlement, je n'en dirai pas plus pour le moment.
Mais ceci étant, là, ceci étant, la question du député de La Pinière, elle
est excellente.
M. Barrette :
Bien, je pense que ça touche un vrai problème. Moi, je regarde, là... puis là
ce n'est même pas une question, c'est un commentaire, quand j'écoute le ministre,
M. le Président, j'ai l'impression que le ministre, peut-être, finalement, il
porte bien son nom. Peut-être qu'il n'a pas la fonction de son nom, peut-être
qu'il devrait être effectivement le shérif des TI, dans le gouvernement, pour
s'assurer que les choses... Non, mais il y a quelqu'un qui doit faire la police
de ça, là, il y a des choses qui n'ont pas de sens, là-dedans, il y a une
incohérence, puis cette incohérence-là, elle finit par coûter des sous.
L'exemple
que j'ai donné tantôt, là, c'est une incohérence de 24 millions de
dollars. J'en connais une autre, là, de
36 millions. Bien, additionnez les deux, là, et puis vous
avez un dossier médical. Ça ne coûte pas 1 milliard de dollars, ça,
là, là, coder ça, là. Ça peut coûter beaucoup d'argent à déployer parce que ci,
parce que ça, mais là on tombe dans l'utilisation des ressources physiques, là,
et certains ajustements informationnels locaux. Là, à un moment donné, combien d'argent est dépensé inutilement, que, s'il était dépensé
dans une stratégie bien structurée et ordonnée, à la limite, imposée, bien, on arriverait à la destination,
là? Et là il y a des destinations qu'on n'atteint pas, en ce qui me concerne, parce
que, bon, ça... Bon, fin du commentaire éditorial.
reviens à un sujet qui a été traité par le collègue de Rosemont
il y a quelques instants, parce que le ministre a donné une réponse amusante pour moi... bon,
chacun ses plaisirs, là, mais... elle n'est peut-être pas amusante
pour le ministre, mais moi, je la trouve amusante. Quand
on regarde le tableau des ressources informationnelles, de personnel, toujours dans le même cahier, on
regarde que le nombre de pourcentage de postes vacants, lui, il est en
croissance. Il a baissé un petit peu en 2019, mais, quand on prend le point de
référence, qui est 2015, ça augmente. Et là le ministre a répondu que, grâce à la loi n° 60, ça va aller mieux, mais moi, je
vais redire ce que j'ai dit à l'étude du projet de loi n° 60 : Les postes, est-ce
qu'ils sont vacants parce qu'on a de la difficulté, dans l'ancien régime, à
trouver du monde compétent dans les
banques ou bien ils sont vacants parce que les salaires et les conditions
offertes ne sont pas assez bons?
Parce que ce n'est
pas compliqué, là, je peux annoncer tout de suite ma question aux crédits
l'année prochaine. L'année prochaine, là, la loi n° 60
va avoir été en vigueur, qui est censée être le nirvana, la merveille de la
compétitivité, le Saint-Graal du recrutement, la corne d'abondance au bout de
l'arc-en-ciel. L'arc-en-ciel tombe au Trésor québécois, et là, grâce à la loi n° 60, une pléthore de gens vont se précipiter pour prendre
les postes vacants des différents ministères et organismes. Tant mieux, si c'est
ça, mais est-ce que... le ministre, c'est quoi, son opinion : Est-ce que,
de 2015 à 2019, les vacances ont augmenté parce qu'il n'y avait pas assez de
monde dans la banque ou parce que nos postes n'étaient pas assez compétitifs?
Caire :
Bien, il y a un peu de tout ça. Je l'ai dit, puis je l'ai dit au député de Rosemont,
puis je vais le redire, puis je le disais dans l'opposition, ça fait que je
n'aurai pas un autre discours maintenant que je suis au gouvernement, c'est
clair qu'il faut qu'on soit capable d'être attractifs au point de vue du
salaire. Ce n'est pas simple, et je pense que tout le monde comprend pourquoi
faire des négociations différenciées, ce n'est pas simple : on cherche des
solutions équitables pour tout le monde à cette situation-là.
Oui, bon, sans aller
dans la litanie d'épithètes, que j'ai savourés, chacun d'eux, M. le
député, sur le projet de loi n° 60, le fait est qu'embaucher au gouvernement du Québec, c'était un processus sur plusieurs
mois. D'abord, il y avait les fameux concours. Maintenant, on
est capable de les avoir en permanence, mais, avant ça, on en faisait, genre,
deux par année, ça fait que ne manque pas ta shot, parce que le prochain est
dans six mois. Et donc, avec le projet de loi n° 60,
on a beaucoup plus de flexibilité, donc on est capable de donner des réponses plus
rapidement. Donc, dans un univers où il y a quand même une concurrence, où l'entreprise
privée est capable d'aller rapidement, il faut être capable d'aller aussi rapidement.
pense très sincèrement et très modestement que d'avoir mis en place des organisations très professionnelles, professionnelles au sens de
dédiées, là, comme le Centre québécois d'excellence numérique, où on veut
réunir un très haut niveau d'expertise, où
on permet à nos gens de graviter dans l'univers, par exemple, de l'intelligence
artificielle, des chaînes de blocs,
de, bon, tout ce qui est en lien avec la transformation numérique... au niveau
de l'ITQ, je pense que d'avoir une boîte vraiment dédiée aux
infrastructures technologiques, ça a eu un écho positif. On veut continuer à
redonner du prestige à ces organisations-là parce que c'est une forme
d'attractivité.
Puis je pense que,
donc, on fait des choses qui vont dans le sens positif d'attirer du monde, mais
c'est sûr que la question salariale, elle est toujours là, puis il faudra
trouver une façon de l'adresser.
M. Barrette :
Là, là, là, vraiment, là, ça, c'est un angle que je n'avais pas bien perçu, à
ce moment-là, quand on a étudié le projet de loi, là. L'institut d'excellence, là,
là, le ministre, M. le Président, a prononcé des mots qui sont très
importants, là, il va s'intéresser aux chaînes de blocs, à l'intelligence
artificielle et ainsi de suite. En français, là, dans ce monde-là, ça veut dire
qu'ils vont coder?
Caire :
C'est-à-dire que non. Non, en fait, bien...
M. Barrette : Parce que, M. le
Président, je vous...
Caire : Bien là, je
vais faire sept tours...
M. Barrette : Je vais faire un
commentaire pour permettre au ministre de mettre en ordre son affaire, parce
qu'il y a des choses qu'il ne voudra pas vouloir dire, là, mais là, là, c'est
parce qu'un des éléments qui est attractif, c'est
ça. Et moi, j'ai toujours dit, quand je n'étais pas en politique, en politique,
que l'État a la masse critique suffisante pour n'être pas une PME, pour
être une grosse E en TI si on amène le monde puis qu'on leur donne des beaux projets. Là, quand j'ai entendu, il y a quelques
instants, le ministre nous dire que c'est une boîte qui va parler de chaînes
de blocs puis d'intelligence artificielle, je me suis dit : Wow! Je ne
l'avais pas vue, celle-là, mais là j'ai senti que la réponse qui allait venir,
c'est que je ne le verrai pas non plus.
Caire :
Non, non, vous allez le voir, vous allez le voir, là. C'est clair que le Centre
québécois d'excellence numérique a le
mandat de développer des expertises. Sur le volet coder, la réalisation des
projets se fait à Infrastructures technologiques Québec parce que le
Conseil du trésor doit se garder quand même une certaine réserve. Étant un
organisme de contrôle et de validation, on ne peut pas se lancer dans des
projets que nous validons nous-mêmes, bon,
mais, sinon, toutes les expertises : architecture, analyse, expérience
utilisateur... Vous avez, d'ailleurs, notre expert en chaînes de bloc
ici, là, M. Vézina, qui a fouillé ça, qui est maintenant un dieu de la
chaîne de blocs, étant lui-même assez sur les blocs, merci.
Non, mais, oui, on développe ces expertises-là.
On veut travailler, par exemple, avec le Laboratoire d'identité numérique, avec
les centres d'innovation. On sait que Gatineau a déposé son projet pour
être approuvé. On veut avoir des antennes un peu partout dans ces centres
d'innovation là, lorsqu'évidemment c'est en lien avec les technologies, avec
l'intelligence artificielle, à Montréal, notamment. C'est une philosophie qu'on
développe, où on dit : Bien, le gouvernement est
partie prenante,
financièrement, donc il est normal que cette expertise-là, on puisse la développer puis l'importer à l'interne. Je suis
dans un processus pour faire valider une stratégie d'intégration de
l'intelligence artificielle. Oui, on
veut développer cette expertise-là, puis le Centre québécois d'excellence
numérique, c'est le vaisseau amiral où cette expertise-là va se
concentrer, prioritairement et majoritairement.
Barrette : Alors, pourquoi ne pas faire au moins une
partie des pas
supplémentaires qui doivent être faits? Ceux qui ont l'expertise, là,
normalement, ça doit... c'est la translation de l'expertise vers un produit
opérationnel. Pourquoi on ne le fait pas? On sait bien que cette translation-là
améliore, augmente l'expertise, pourquoi on ne la fait pas? Pourquoi on dépense des 24 millions pour des logiciels qu'on
met à la poubelle, comme on l'a fait en santé et ailleurs, alors que...
Là, moi, je dis au ministre que vous prenez la bonne voie, mais pourquoi on ne
fait pas le pas de plus? Ça ne veut pas dire ne plus aller à l'extérieur, ça
veut juste dire en faire un bout à l'interne.
Caire : La réponse
à la question du député de La Pinière se retrouvera, je pense, dans le
projet de loi que je déposerai demain.
Le Président (M. Simard) : Bien.
Merci beaucoup. Je cède maintenant la parole au député de Rosemont pour une
période de 9 min 5 s.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. Rapidement, M. le ministre — je vais l'avoir ici — un
décret a été émis, de la date que j'ai
ici... oui, un décret qui a été émis et publié dans la Gazette officielle
le 28 avril, donc il y a quelques jours à peine, qui se lit comme
ça : «Autorisation au Centre d'acquisitions gouvernementales à conclure
des contrats selon des conditions différentes de celles qui lui sont
applicables en vertu de la
Loi sur les contrats des organismes publics et fixation des conditions applicables à
ces contrats.» De ce que vous en savez, est-ce que ça touche notamment
les services informationnels du gouvernement?
Caire : C'est une
bonne question. Je pense qu'il n'y a pas de... En fait, les services informationnels
sont surtout contractés par ITQ via le service de courtier. Dans le cas du Centre
d'acquisitions gouvernementales, on parle plus d'achats communs. Donc, vite de même,
je ne le croirais pas, M. le député, mais permettez-moi de valider ma réponse,
là, pour être bien sûr que je ne vous induis pas en erreur. Mais les services professionnels
TI, normalement, font l'objet d'un appel d'intérêt qui est géré par Infrastructures
technologiques Québec, et nos services d'expertise sont mutualisés par un
courtier. Donc le CAG, lui, ce n'est pas son mandat.
M. Marissal : Bien, vous allez
comprendre pourquoi je m'en vais là, parce qu'un mois plus tôt, donc en mars...
un
article de QMI, 3 000 contrats accordés de gré à gré : Québec a
donné 2 milliards sans appel d'offres . Je vous lis le lead,
ici : «Québec a donné en une année près de 3 000 contrats totalisant
2 milliards en invoquant des exceptions pour ne pas faire d'appel
d'offres. En quatre ans, les milliards versés sans concurrence, dont une bonne
partie pour des contrats informatiques, ont presque doublé.» Là, je
précise, et c'est dit dans l'article, ce n'est pas anodin, que c'était avant la
pandémie, là. Parce que, des fois, la pandémie peut avoir le dos large, là,
mais, dans ce cas-ci, il n'y a pas d'effet pandémique, là, c'était avant la
pandémie.
Il y a toute une série, là, d'exemples
donnés dans cet
article sur des contrats donnés de gré à gré : 71,2 millions,
produits Microsoft dans le réseau de la santé; 38,4 millions à Bell pour
gestion du réseau; 16,7 millions à la firme informatique Oracle. Bref,
c'est une... ça semble être une... en fait, c'est souvent le cas, là, depuis
quelque temps, là, l'exception devient la
règle, et on donne des contrats sans appel d'offres. Est-ce que c'est la
nouvelle façon de fonctionner?
Caire :
Bien, en fait, non. Puis je l'ai, la liste des contrats qu'on a donnés de gré à
gré, M. le député. Souvent, vous allez constater qu'e c'est... on poursuit des
services. Et il faut comprendre que l'appel d'offres, puis ça, c'est important,
l'appel d'offres se fait dans le cas où ça sert l'intérêt public, donc où on
pense qu'on est capable d'aller chercher un meilleur prix, une meilleure
qualité de service, une meilleure qualité de produit.
Souvent, au sein du
gouvernement du Québec, on a des applications ou des produits qui sont déployés
et pour lesquels changer le produit, parce que l'appel d'offres implique qu'on
est prêts à changer le produit, coûterait plus cher ou amènerait une
déstabilisation. Parce que vous comprendrez que, quand on change le produit, ça
vient avec une culture, une façon de l'utiliser, des standards qui ne sont pas
nécessairement... Puis ça, c'est peut-être un élément que je veux
souligner : le gouvernement du Québec, on a adopté des standards
numériques, en juin 2020, qui viennent quand même prescrire un certain nombre
de choses, là, qui n'existaient pas avant. Ça fait que, là, on a des standards,
puis il faut respecter ces standards-là. L'idée, c'est d'avoir justement cette
interopérabilité-là de nos systèmes, qui n'était pas toujours au rendez-vous
parce que chacun y allait un petit peu selon son humeur, si je peux me
permettre.
Et donc, je dirais,
il est commun, dans certains cas, de reconduire... excusez-moi l'anglicisme,
là, mais de poursuivre un contrat et donc d'aller de gré à gré, parce qu'on se
dit : Oui, je peux aller en appel d'offres, mais, au final, si je mets toutes
les conditions à respecter, je comprends que le fournisseur qui va gagner le
contrat, c'est untel parce que... Alors, il y a beaucoup de ça.
Et je signale aussi à
mon collègue que l'Autorité des marchés publics a quand même un droit de
regard, là, bon. Je comprends que l'institution... on parle d'améliorer
l'institution, mais elle a quand même un droit de regard, et, s'il y avait, dans ces façons de faire là, des
choses qui n'étaient pas dans l'intérêt public, l'AMP pourrait intervenir.
M. Marissal :
Par ailleurs, j'étais tombé sur le même organigramme que mon collègue de
La Pinière tout à l'heure puis,
effectivement, je voyais que Mme Langlois est un peu comme vous, M. le
ministre. Je vous ai déjà qualifié de couteau suisse du gouvernement...
Caire :
Et je la ris encore, d'ailleurs.
M. Marissal :
...Mme Langlois semble être la version féminine, là...
Caire :
De la cybersécurité.
Marissal : ...de nos services de cybersécurité. Puis c'est bien, si
elle est là puis si elle veut répondre, tant mieux.
Moi, j'avais suggéré,
l'an dernier, qu'on ait un rapport annuel des cyberattaques et des moyens pris
par le gouvernement pour les contrer. De mémoire, c'est quelque chose qui ne
vous avait pas totalement déplu. Et je pense qu'on doit ça à nos concitoyens.
Puis je le dis sans méchanceté, mais, considérant parfois les ratés dont on
fait part très, très souvent, dans les
médias, de nos systèmes d'informatique et considérant qu'il s'agit de nos
données personnelles, je pense que
nous serions preneurs, comme citoyens du Québec, d'un rapport annuel sur les
attaques, les contre-attaques et les moyens pris pour les prévenir.
Caire :
Oui. Bien moi, comme je vous avais dit : Ça ne m'a pas déplu, ça ne me
déplaît toujours pas. Et je vous dirais que, dans la mesure où ça n'implique
pas de fournir des renseignements qui pourraient... puis je sais que ce n'est
pas ça, votre demande, là, j'ai bien compris que vous comprenez aussi qu'il
faut d'abord et avant tout assurer la sécurité de nos systèmes, mais ça ne me
déplaît pas du tout, M. le député.
Puis je vous dirais
même qu'avec le projet de loi n° 64, là, il y a une certaine reddition de
comptes supplémentaire qui va devoir se faire. Je ne dis pas qu'on est obligé
d'attendre l'adoption de 64 pour le faire, là, mais, en même temps, il faut
comprendre qu'on est en train de déployer le réseau gouvernemental de
cyberdéfense. C'est une organisation qui est jeune, qui donne déjà des
résultats très positifs, et je serai extrêmement fier de les partager avec les
collègues et les Québécois. Ceci étant dit, vous avez bien parlé de
l'organigramme, donc je m'en voudrais de rajouter un fardeau administratif à
l'équipe tant qu'elle ne sera pas complétée, mais ce n'est pas une idée que
j'écarte du tout, au contraire.
M. Marissal :
Oui. Bien, peut-être qu'on pourrait commencer cette année de le faire de façon
informelle, puisque, normalement, quand on apprend qu'il y a eu une
cyberattaque, ou une tentative, ou un problème, c'est par les médias, donc on l'apprend après. Pouvez-vous
nous faire un bilan de la dernière année, depuis qu'on s'est vus aux crédits
l'an dernier, les attaques qui ont été commises contre le gouvernement, ou les
tentatives? On a vu des exemples assez frappants, là, je ne sais pas jusqu'à
quel point c'est dans votre giron, là, mais le CIUSSS de l'Ouest, par exemple.
Caire :
Bien, oui, on en a, on en a. Bien, vous l'avez vu, avec la faille de sécurité
sur le serveur Exchange, il y a eu
quelques enjeux mineurs au niveau de l'Éducation. Somme toute, on s'en est bien
sortis, là-dessus, je vous dirais.
voix : Le CIUSSS à Montréal, le Jewish.
Caire :
Oui, le Jewish, à Montréal, là...
M. Marissal :
CIUSSS de l'Ouest, oui.
Caire : ...qui a eu un rançongiciel. C'est-tu le cégep à
Jonquière? À Saint-Félicien, le cégep de Saint-Félicien. Il y a le MJQ,
vous le savez, là, qui a... c'est Ryuk qui a été... qui a traversé... non,
c'est Emotet qui a traversé au MJQ avec des courriels qui contenaient des
fichiers avec des renseignements personnels. Il y a...
M. Marissal :
Savez-vous ce qu'on peut faire, M. le ministre? Je ne veux pas vous mettre en
boîte, là, je cherche vraiment l'information.
Caire :
Non, non, pas du tout. Vos questions sont très pertinentes.
M. Marissal :
Si vous pouviez nous énumérer ça et le déposer, je pense que ça serait utile.
On pourrait s'en servir de référence aussi.
Le Président (M.
Simard) : En conclusion.
M. Marissal :
En conclusion, moi?
Le Président (M.
Simard) : Oui. Oui, malheureusement, cher collègue.
M. Marissal :
C'est beau. Bon. C'est bon. Je n'ai plus de temps?
Le Président (M.
Simard) : Il vous restait 10 secondes.
Caire :
Quelle conclusion!
Le Président (M.
Simard) : Je cède maintenant la parole au député de La Pinière,
qui dispose quant à lui de 17 min 55 s.
M. Barrette :
Merci, M. le Président. Je reviens sur le sujet que l'on traite.
Alors, M. le
Président, je reviens sur la question de l'embauche, là, que je traitais à mon
dernier bloc. Je disais au ministre que la compétitivité vient d'ailleurs, bon.
Le ministre nous a répondu, à un moment donné, dans l'échange que l'on a eu,
que, pour lui, si j'ai bien compris, le salaire était un enjeu, mais qu'il n'avait
pas le pouvoir sur l'enjeu. Est-ce qu'il peut élaborer un petit peu plus, pas
sur le pouvoir, on comprend que ce n'est pas lui qui négocie, mais sur la
question de la compétitivité salariale?
Caire :
Bien, M. le Président, si les collègues... je ne sais pas si le tableau a
été transmis à la commission. Si les collègues consultent le tableau, ils
verront que, dépendamment des échelles, on joue un écart qui va de 17 %...
dans certains cas, ça va jusqu'à au-dessus de 20 % d'écart entre le privé
et... Ça, c'est le privé. Quand on rajoute, dans notre comparaison, les grandes
villes, Québec, Montréal, l'écart est encore plus significatif. Donc, écoutez,
c'est... Puis je vous dirais que cet écart-là... compte tenu du fait que, dans
certains créneaux très précis, notamment la cybersécurité, compte tenu que les
expertises sont plutôt rares, le gouvernement du Québec n'a pas la flexibilité
pour se lancer dans une course au salaire, alors que l'entreprise privée, ce
n'est pas compliqué, là, c'est comme : Regarde, moi, je signe ici, mets un
chiffre, puis c'est ça qui est ça, là. On ne peut pas faire ça, c'est
impossible. Parce que, dans le cas du gouvernement du Québec, il faut
comprendre que, quand on négocie avec un certain corps d'emploi, bien, les autres regardent ce qui se fait puis ils
se disent : Bien, tiens, moi aussi. Alors, tout le monde a ses arguments,
puis c'est tout à fait naturel, c'est tout à fait normal, puis tout le monde
est important dans l'organisation, ça, c'est tout à fait vrai aussi.
Maintenant,
le marché auquel on fait face nous dicte une certaine conduite, puis ça, bien,
des fois, c'est peut-être un
petit peu difficile de faire accepter
cette situation-là, que le marché pour certains corps d'emploi
est en ébullition, alors que, pour
d'autres, il y a une stabilité. Puis on peut, oui, je pense, tenir
compte des lois du marché dans les offres qu'on fait, mais ça, ce n'est
pas nécessairement dans notre culture.
Barrette : Bien là, c'est
une question intéressante. Le ministre, M. le Président, nous dit que
le gouvernement n'a pas la flexibilité. La vraie phrase, est-ce que
c'est... La phrase la plus appropriée, est-ce
que c'est : Le gouvernement n'a pas la flexibilité ou le gouvernement
choisit de ne pas l'avoir?
Caire : Ah non! Le gouvernement n'a pas la flexibilité. Je veux dire, de la façon dont on discute, on négocie des conventions
collectives, une fois que c'est signé, on a une convention pour x nombre
d'années, on s'en tient à la convention. Moi, je peux vous dire qu'il y a des petites boîtes
d'informatique qui ne se cassent pas le bicycle avec ça, là. Combien tu
veux? Et voilà, c'est réglé, là. C'est ça, la convention, là, puis l'année
suivante, j'ai une meilleure offre. Parfait,
c'est combien? Bien, je te donne x % de plus, et c'est réglé. Je veux dire, on
est en recherche et on le voit, là, je veux
dire, on... Bien là, j'ai un emploi, telle, telle boîte, je suis avec telle
boîte, je suis avec telle organisation, puis ils me donnent tant, puis O.K.
Moi, j'ai une échelle, puis j'ai une échelle à
respecter, puis moi, je te donne tant. Puis, tu sais, on peut jouer un peu, comme je disais tantôt,
avec les primes, on a un 10 %, 15 %, là, de marge de manoeuvre, mais, dans l'entreprise
privée, c'est : Combien ils te donnent? Parfait. Je fais fois deux, c'est
réglé. Bien, je ne peux pas faire ça, moi.
M. Barrette : O.K. Donc, ce que le ministre
nous dit, c'est que le système public, dans une certaine mesure, est prisonnier
d'un manque de flexibilité, donc qu'il y a une rigidité qui découle des conventions
collectives.
Caire : Bien non,
je n'irais pas jusqu'à dire ça. Je pense que, du fait de notre organisation, on
n'a pas le choix de fonctionner comme ça, je pense que c'est correct qu'on le
fasse comme ça. Ceci étant dit, là où la culture pourrait faire preuve d'un peu
plus de souplesse, à mon humble avis, puis je vous parle à coeur ouvert, je ne pourrais
peut-être pas, mais je le fais pareil, c'est, est-ce qu'on peut donner la même
chose à tout le monde? Tu sais, de la Labatt Bleue pour tout le monde, là, ça
marche-tu ou ça ne marche pas? Puis, bien, le gouvernement du Québec, comme
vous le savez, est dans une volonté, et on l'a fait avec les enseignants,
on l'a fait avec les préposés aux bénéficiaires,
avec les infirmières, on est dans une volonté de dire : Bien,
écoutez, ça ne peut pas être de la Labatt Bleue pour tout le monde,
parce qu'il y a d'autres considérants que : êtes-vous très important pour
l'organisation? La réponse à ça, c'est oui. C'est oui, je veux dire, tu sais,
il n'y a pas un corps d'emploi au gouvernement du Québec qui est inutile, très important, mais est-ce que le
marché nous impose les mêmes conditions de façon équitable, de façon égale,
je devrais dire, pour tout le monde? La réponse à ça, c'est non. Alors, est-ce
qu'on peut offrir de la Labatt Bleue à tout le monde? Bien, on peut, mais
c'est-u la meilleure façon de faire? Bien non, je ne pense pas.
M. Barrette : O.K. Moi aussi, je
vais parler très candidement, là. Il y a une rigidité dans l'État québécois qui
découle carrément, et qui a des conséquences négatives dans tous les
secteurs, des conventions collectives qui n'ont aucune souplesse, bon.
Maintenant, «for the record», là, pour ce qui est de l'histoire, le premier qui
a mis sur la table une rémunération différenciée dans un ministère, vous l'avez
devant vous.
Caire : C'est vrai.
M. Barrette : Et le premier ministre
s'en est moqué beaucoup parce que je n'avais pas réussi. Je n'avais pas
l'avantage de la pandémie, je ne l'avais pas, cet avantage-là, mais je l'ai
mise sur la table.
Mon point, ici, là, est que, un, je l'ai mise
sur la table, mais, surtout, c'est que cette flexibilité-là finit par devoir
être imposée. Et ça, c'est le choix de l'État, c'est le choix de l'État,
d'arriver puis de dire, là : Il y a une situation particulière qui
commande qu'on arrive à une rémunération différenciée. Je l'ai essayé, je me
suis fait revirer de bord par les syndicats, je n'avais pas le pouvoir de la
pandémie sur l'opinion publique, et ainsi de suite. Là, vous l'avez-vous
autres, là, vous l'avez.
Et l'enjeu des technologies de l'information, je
pense, M. le Président, et le ministre va être 1000 % d'accord avec moi
là-dessus... je pense que les gens dans la société ne réalisent pas
l'importance des technologies de l'information dans le fonctionnement des
organisations et que les serveurs, là, qui gèrent l'information, là. Ils ne parlent pas, ils ne sont pas dans la rue, mais ils
sont aussi importants dans leurs organisations, en termes de valorisation,
que les préposés. Puis ce n'est pas négatif, ce que je dis, c'est positif.
Alors, le
gouvernement a le pouvoir, aujourd'hui, d'arriver puis de dire : Écoutez, là, les
TI, là, on est toujours un peu en retard sur ce que l'on devrait faire. Puis
ça, c'est un fait, puis, quand je dis un peu, je suis fin, je pense. Alors, à un moment donné, pour être,
entre guillemets, compétitifs, si la rigidité vient de la convention
collective, et que c'est un enjeu, et que ça touche le personnel qui est dans
les TI, qu'on a un institut qui va faire presque de la recherche, du moins, qui va faire de la haute voltige, un centre
d'excellence qui a un institut qui peut faire du pratique, pourquoi... le
ministre serait-il d'accord d'insister pour
que, dans cette convention-ci, dans cette négociation-ci, il y ait un
traitement similaire, en termes de différenciation, pour le personnel
des TI parce que c'est un problème qui découle de la compétitivité de
conditions de rémunération? Soyez candide, M. le ministre.
Caire : Non. Oui,
oui, oui, mais il y a toujours... Ça, c'est le bout où je tourne ma langue sept
fois dans ma bouche. Non, mais je vais être candide, si vous me demandez...
puis, je veux dire, je veux être en cohérence avec mes déclarations du passé.
Si vous me demandez : Est-ce que je pense qu'on devrait avoir des
négociations différenciées avec les gens qui travaillent en TI?, la réponse à
cette question-là, dans le passé, quand j'étais dans l'opposition, c'était oui,
et, maintenant, je dis et je pense que ce serait une bonne chose de le faire.
Ceci étant
dit, une fois qu'on a dit ça, le faire, c'est autre chose, et le faire
accepter, c'est autre chose. Et il y a un
équilibre à trouver aussi à travers les différents corps d'emploi, au sein
d'une organisation comme le gouvernement
du Québec comme au sein de n'importe quelle organisation. Donc, est-ce qu'on
peut l'imposer? Le collègue de La Pinière dit : Vous devriez le faire.
Moi, je pense qu'on est toujours mieux de discuter puis de fédérer les gens
autour d'une idée, c'est toujours la meilleure façon de faire pour s'assurer
que cette idée-là percole. Ça a été fait avec les enseignants, ça a été fait avec les préposés aux bénéficiaires,
c'est en voie, peut-être, peut-être, je dis bien, de se réaliser avec les infirmières et les infirmiers du Québec. Est-ce que
les gens en TI devraient être dans cette lignée-là? Moi, je pense que c'est
très certainement à considérer, compte tenu de ce que j'ai dit.
M. Barrette :
Très bien. Moi, je pense que, M. le ministre... M. le Président, vous devriez...
D'ailleurs, cet après-midi, je l'annonce, là, je vais l'aborder, et je pense
que ça devrait être là. Là, actuellement, évidemment, il y a la grande pièce de
théâtre que ceux qui ont été au gouvernement comprennent, là, il y a eu le
théâtre de dimanche, là, avant-hier. Et puis ça, c'est toujours la même affaire
puis ça va se finir, normalement, par une signature, parce que, s'il n'y a pas de signature, il y a une loi
spéciale, bon. Là, je ne vous dis pas qu'il doit y avoir une loi spéciale, ce
n'est pas que je dis, là, je dis que,
là, on est dans la pièce de théâtre conventionnelle. Et, dans la pièce de
théâtre conventionnelle, l'État a mis sur la table la rémunération
différenciée, et c'est clair que les syndicats devront céder là-dessus, ils
vont céder, moyennant des bonbons ailleurs, bon. S'il n'y a pas de bonbons
ailleurs, ça, c'est une autre affaire, mais je laisse la négociation au
gouvernement, c'est eux qui l'ont, actuellement, bien, c'est vous qui l'avez,
même si ce n'est pas vous qui êtes spécifiquement à la table de négociation, M.
le ministre.
Mais il y a une
question, il y a un élément qui est clair, aujourd'hui, là : la
rémunération différenciée est actuellement identifiée à des postes, à des
catégories d'emploi. Il serait possible aujourd'hui d'inclure certaines
catégories d'emploi en TI, ce serait faisable. Et là ce qui m'étonne, c'est
qu'on ne le fasse pas. Parce que c'est comme ça que ça va se finir, là, il va y
avoir un échange à la fin, avant une signature. Je dis simplement que, dans le
théâtre qui se joue actuellement, il y aurait lieu d'inclure les gens de TI, à
ce moment-ci, pour les raisons qu'on a dites précédemment. Ça, là-dessus...
Donc, ça ne veut pas dire que je souhaite qu'il y ait une loi spéciale, je dis
simplement que, s'il faut en arriver là, dans l'état actuel des choses, ça
n'inclura pas une différenciation TI, si on arrivait à ça, là, puis ça
n'arrivera certainement pas à une signature avec une rémunération différenciée
TI, ce n'est pas sur la table. Mais je comprends, M. le Président, que le
ministre nous a bien dit que, pour lui, il y a un enjeu là. Je ne lui demande
pas d'aller plus loin. Nous avons échangé, et je pense qu'on s'entend sur
95 % des propos. Je comprends que c'est ça.
le Président, parce qu'il me reste une petite
partie de mon bloc, j'aimerais
revenir sur l'identité numérique, O.K.? Est-ce qu'au moment où on se
parle on est encore dans les tests? Est-ce qu'au moment où on se parle on peut dire que la solution, pas la
compagnie, mais la solution, en termes mécaniques, technologiques, est
identifiée?
Caire :
On est en réalisation, sur l'entreprise, et on n'a pas encore identifié...
M. Barrette :
Bien, M. le Président, j'interromps, là, pour...
Caire :
Oui, le 2. Oui c'est ça. Oui, oui, oui. Non, non, projet 1 est en réalisation.
M. Barrette :
Bien, s'il y a une course dans les projets, là, vers quoi on s'en va,
actuellement, là? On s'en va vers une clé, une carte, un code, une combinaison?
Caire :
Oui, oui, une carte. Non, non, bien, en fait, c'est identification,
authentification classiques. Ce qu'il faut
mettre en place, c'est le service d'identification et d'authentification, il
faut développer aussi la capacité, les communications, la sécurité des communications
quand on fait son processus d'identification et d'authentification. Donc, c'est tout ça qu'on met en place, là. Après
ça va arriver le bloc 3, qui sera, lui, le portefeuille numérique, avec les
justificatifs, le permis de conduire, la carte d'assurance maladie, etc., mais
là c'est l'infrastructure souterraine qu'on est en train de faire, là, comment
tout ça va communiquer, comment on va être capable, sécuritairement, d'envoyer une information qui me permet de m'identifier et
de m'authentifier, comment le service d'identification et d'authentification
va être capable de s'assurer que je suis bel et bien qui je prétends être,
renvoyer la réponse. Donc, c'est tout ça qu'on est en train de mettre en place. Ça, c'est en réalisation au niveau de
l'ITQ. Puis c'est un... je pense, on est avec une solution ouverte,
hein? C'est un...
Caire :
Oui, c'est ça, c'est un logiciel libre.
M. Barrette :
Vous allez être «open source» ?
Caire :
Oui. Oui, on est en «open source».
M. Barrette :
Ça, c'est une première.
Caire :
Excusez-moi?
M. Barrette :
Ça, c'est une première, au gouvernement?
Caire : Ce n'est pas une première d'avoir du «open
source», mais, c'est... peut-être, pour un projet de cette envergure-là, je
vous dirais que oui.
M. Barrette :
O.K. Et, à la fin, là, ce qui est dessiné, c'est qu'il y aura un accès unique
partout.
Caire :
Oui. En fait, on le souhaite. Puis ce qui nous distingue de façon très
particulière au Québec, c'est qu'on est en
collaboration avec l'ensemble de la société, donc les fédérations municipales,
les entreprises, les milieux de recherche, les milieux académiques.
Donc, ce qu'on veut, ce n'est pas juste une identité pour interagir avec le gouvernement
du Québec, mais c'est pour interagir dans toutes les sphères du numérique au
Québec et au Canada.
Barrette : Pour cette
partie-là, là, parce que ça, c'est... j'essaie de trouver le mot en français,
là, c'est en arrière, tout ça, là, en arrière, au sens... c'est le
«backstore», là.
Caire :
Oui, exact. Exact.
M. Barrette :
O.K. Ça, actuellement, c'est quoi la proportion qui est faite à l'interne
versus l'externe?
Caire :
Guy, on est pas mal tout à l'interne?
M. Rochette
(Guy) : ...
Caire :
Avec pas de masque, ça va mieux.
M. Rochette
(Guy) : Oui, excusez. O.K. Donc, tous les postes clés, stratégiques,
là, sont à l'interne.
M. Barrette :
En développement?
M. Rochette
(Guy) : En développement, oui, parce qu'on en a beaucoup, de monde,
tant au niveau affaires qu'au niveau technologique, là, en termes
d'architecture, et tout ça. Et la réalisation, bien, on est aidés de l'externe.
On a des réalisateurs à l'interne, mais on a une équipe qui vient nous aider de
l'externe pour mettre ça en place.
M. Barrette :
Puis, en termes de coûts, on est quoi, dans les proportions interne-externe?
M. Rochette
(Guy) : En termes de coûts, c'est à peu près moitié, moitié.
M. Barrette :
O.K. Mais la conception, tout ça, l'architecture, c'est interne?
M. Rochette
(Guy) : C'est interne.
M. Barrette :
O.K. La codification est interne.
M. Rochette
(Guy) : Le codage est mixte.
M. Barrette :
Il est mixte, mais c'est vous qui le dessinez.
M. Rochette
(Guy) : Oui, c'est nous autres qui décide, puis c'est nous autres qui
surveille, et tout ça.
Barrette : Bon. Si vous êtes
capables de le faire là, vous êtes capables de le faire ailleurs, mon point,
c'est ça, là. Je fais exprès, là, c'est un piège que j'ai posé... Il est
possible de faire quelque chose. Là, si je vous demande : Vous êtes
d'un haut niveau, là? Vous êtes compétitifs avec le monde extérieur, en termes
de sécurité, et tout, et tout?
Caire :
Oui, absolument.
Le Président (M.
Simard) : En conclusion.
Caire :
Puis on respecte la politique de cybersécurité.
M. Barrette :
Vous ne codez pas en Visual Basic, là. C'est une plaisanterie.
Caire :
Non, pas vraiment. Remarquez, puis petite parenthèse...
Le Président (M.
Simard) : Très rapidement, en quelques secondes.
Caire : ...j'ai appris qu'il y avait encore une
organisation qui fonctionnait avec des serveurs Novell. Là, je vous avoue
que j'ai eu un choc vagal.
Le Président (M. Simard) : Très bien. Merci beaucoup. Je cède maintenant la
parole au député de René-Lévesque,
qui dispose de 9 min 18 s.
M. Ouellet :
Merci beaucoup, M. le Président. Donc, M. le ministre, j'aimerais revenir sur
l'échange de tout à l'heure pour bien comprendre les prochaines étapes. Donc,
il est clair que le ministère de la Santé veut revoir son système de paie. Ça,
c'est clair. Il est clair que vous avez été consulté, mais la solution finale
ne viendra pas de votre ministère, mais plutôt du choix du ministère de la
Santé, il est exact?
M. Ouellet : À combien on peut s'attendre, là? Vous en voyez des projets, à combien
de dollars on peut s'attendre à cette transition-là? C'est-tu en...
Caire : Je ne
spéculerai pas là-dessus, M. le député, là, c'est trop aléatoire, là, je ne
pourrais pas vous dire.
M. Ouellet :
Bien, un ordre de grandeur, 10 millions, 100 millions,
200 millions, 1 milliard?
Caire :
Non, 1 milliard, je ne pense pas, là, puis 10 millions non plus, là,
mais, écoutez, c'est très, très, très difficile pour moi de répondre, parce que
c'est spéculatif, là. Je n'ai pas nécessairement l'ampleur du projet, puis je
préférerais vous donner des chiffres qui sont validés par un dossier d'affaires
et une analyse exhaustive, là, que de garrocher quelque chose dans l'univers,
puis, après ça, tu sais, dire : Ah! bien là, le ministre, il avait dit que
c'était ça, puis finalement ce n'est pas ça,
ça fait que ,là, il y a déjà un dépassement de coûts. Comprenez-vous, M. le
député, là, moi, je... quand on a du
concret, du solide, analysé puis béton, on approuve, puis on fait l'analyse,
puis là ça va me faire plaisir de vous donner des chiffres.
M. Ouellet :
Dossier d'affaires, on peut s'attendre à en avoir des détails quand est-ce? Il
y a-tu un échéancier de fixé?
Caire :
Compte tenu du fait que nous ne sommes pas les maîtres d'oeuvre, nous allons
accompagner le ministère de la Santé et des Services sociaux, mais c'est eux
autres qui fonctionnent en fonction de l'agenda qu'ils se donnent.
M. Ouellet : Avez-vous été mis à contribution, justement, pour faire l'évaluation
des coûts, à savoir le coût de remplacement des logiciels actuels versus
leur rehaussement?
M. Ouellet :
Est-ce que ça sera fait, selon vous?
Caire :
Bien, en fait, ça va être incontournable, M. le député, parce que, comme je
vous disais, de toute façon... puis, tu sais, on peut s'attendre à ce que
ce projet-là soit quand même de 10 millions ou plus, là. Il devra
être approuvé par le Conseil du trésor, et, à ce moment-là, les équipes du DPI
devront l'analyser sur l'angle fonctionnel, sur l'angle technologique, sur
l'angle interopérationnel et sur l'angle financier. Le Conseil du trésor fait toujours
une analyse financière des projets qui sont déposés.
M. Ouellet :
Est-ce que vous y voyez un risque, de confier à une autre organisation plutôt
que les organisations actuelles qui le font déjà, par rapport à l'ampleur des
défis? Parce que ceux qui sont dans le système, actuellement, qui opèrent le système
connaissent la plupart des failles, sont déjà connectés avec les besoins qui
leur ont été témoignés pour ce qui est modifications. Bref, est-ce qu'un autre
joueur nous donne une garantie que ça sera plus efficient dans le futur?
Caire :
Bien, écoutez, je ne connais pas intimement la technologie qui est utilisée,
présentement, mais il est possible que cette technologie-là ne puisse plus
évoluer. Il y a des technologies qui sont arrivées au bout de ce qu'elles
pouvaient faire, puis là il faut passer à autre chose. C'est ce qu'on fait
notamment avec l'infonuagique. Je veux dire,
le stockage, excusez l'anglicisme, là, mais «on-premise», là, on ne fait plus
ça, là, on s'en va en infonuagique, puis c'est ça, maintenant, qui est
la technologie qui est la plus performante, la plus sécuritaire, qui nous donne
le plus de flexibilité.
Donc, il est possible
que le système actuel soit supporté par une technologie qui est arrivée en fin
de vie utile, puis il faut la remplacer. À ce moment-là, bien, l'expertise
qu'on a de cette... Comme, tu sais, il y a encore des ministères qui
travaillent sur des ordinateurs centraux. Écoutez, moi, là, j'ai fait mon cours
d'informatique il y a quelques décennies, là, puis ce n'était déjà plus
enseigné. Ça fait que, tu sais, de savoir qu'on a des ministères qui
travaillent avec ça, je me dis : Eh! il faut passer à un autre appel, là,
c'est important.
M. Ouellet : Mais, considérant les
responsabilités de votre ministère, et votre expertise, et votre volonté que ça
soit plus efficient et que les Québécois, Québécoises en aient pour leur
argent, quel serait le conseil qu'on pourrait donner au ministère
de la Santé avant de revoir une refonte complète de système de paie? Parce que
c'est majeur, là, si ça ne fonctionne pas, vous aurez compris que ça a une
incidence directe sur la paie des Québécois et Québécoises. Et les gens ont
malheureusement devant eux un exemple frappant de coûts sociaux qui ont été
obligés d'être absorbés, des gens qui n'ont pas eu de paie pendant six mois,
sept mois, des gens pognés avec le fisc parce qu'on leur dit qu'il y a eu des
erreurs sur leur paie, qu'ils ont eu un trop-perçu, alors que ce n'est pas le
cas, puis le fisc leur court après, l'Agence du revenu du Canada. C'est un
immense bordel que des gens ont vécu.
Caire : Ah! tout à
fait.
M. Ouellet : Alors, je me mets à
votre place, puis là j'ai compris que ce n'est pas sous sa responsabilité, que
vous allez donner des conseils, mais quels seront justement ces conseils-là, M.
le ministre, pour éviter d'arriver avec un programme qui serait ingérable ou
qui amènerait des dépassements de coûts et qui, à la lumière des expériences
passées qu'on a vues dans les médias... on n'a pas rempli les exigences, et,
surtout, nous a amenés à reculer sur la décision initiale, là?
Caire : Bien, moi,
je dirais, M. le député, que... puis en fait, c'est ce que nous ferons... c'est
ce que nous faisons et c'est ce que nous ferons, ça prend une technologie qui
est capable d'évoluer, qui est moderne, technologie qui s'inscrit dans la transformation
numérique moderne, une technologie qui est mature. Alors, je pense que, quand
on parle d'un système de paie, ce n'est peut-être pas l'endroit pour innover ou
pour essayer des technologies, là, que personne n'a testées, tu sais. Les
sentiers battus, des fois, ça a du bon. Puis, bien, c'est de s'assurer effectivement
que cette application-là a la souplesse qu'il faut pour bien répondre aux
besoins présents, mais aussi les besoins anticipés du ministère de la Santé et
des Services sociaux.
M. Ouellet : Vous comprendrez, M. le
ministre, que, même si c'est sous la responsabilité du ministère de la Santé et
des Services sociaux, vous allez être questionné assurément sur le succès de
l'intégration de ces nouvelles technologies, de leur efficience et de leurs
coûts. Je pense que vous ne serez pas dupe d'apprendre que, nous, comme
porte-parole, on va vouloir avoir votre feedback là-dessus, à savoir :
Est-ce que ça a été bien fait? Parce que vous êtes conseillés, vous et votre
ministère, là, vous êtes conseillés, vous n'êtes pas le maître d'oeuvre, mais,
finalement, c'est le gouvernement du Québec, sous la gouverne de votre
formation politique, qui doit démontrer aux Québécois, Québécoises la pertinence de changer le système informatique, la
pertinence, dans certains cas, d'y mettre les sommes nécessaires, mais
surtout l'assurance que le système sera efficient, efficace, et qu'il ne
causera pas problème et préjudice pour l'ensemble des citoyens qui seront...
Parce que, tu sais, je le disais tout à l'heure, là, mais c'est quand même
complexe, au ministère de la Santé, la gestion du système de paie, à cause de
sa complexité, à cause des différents codes, mais je suis convaincu... et vous
pourrez me dire si je me trompe, mais ce n'est pas tout le monde qui le gère de
la même façon. L'information que nous avons, ce n'est pas tant
l'utilisation du système, qui est problématique, c'est la saisie des
informations. Il y en a qui le font encore à la mitaine, d'autres ne le
saisissent pas de la même façon. Donc, il y a toute une réflexion aussi à avoir
sur la façon dont l'information est saisie à l'intérieur des systèmes
existants.
Caire : Bien, vous
avez raison sur l'ensemble de ce que vous dites. Effectivement, nous sommes
très conscients que, nonobstant le fait qu'on n'est pas maître d'oeuvre, dans
la perception populaire, il y a un ministre délégué à la Transformation
numérique, donc, normalement, il devrait être responsable de ce qui se passe en
TI. J'en suis très conscient.
Je vous dirais que mon rôle actuel au Conseil du
trésor me donne quand même une certaine latitude quant à l'accompagnement qu'on
peut faire de ce genre de projet là, ce que nous faisons et ce que nous allons
continuer à faire. Et les enjeux au niveau
de la santé sont nombreux, celui de la non-interopérabilité des systèmes n'est
probablement pas le moindre. Le député de La Pinière le soulignait
à juste titre, tout à l'heure, le manque de mobilité de la donnée est très
certainement aussi un enjeu extrêmement important.
Je vous dirais que, conséquemment à ce que vous
venez de dire, il y a plusieurs des interrogations que vous avez qui, je pense,
là, humblement, puis je vais vous laisser juger de ça, mais qui vont trouver
écho dans le projet de loi que je déposerai demain et pour lequel, j'espère,
j'aurai l'assentiment de l'Assemblée nationale.
Ouellet : Vous comprenez, M. le ministre, que j'essaie de
vous protéger. La semaine dernière, je questionnais le ministre, mais surtout
la présidente-directrice générale de la SAQ, puis, tu sais, du côté de la
partie gouvernementale, le ministre nous disait : Bien, écoutez,
les bonis sont là, ils existent. Et je vous ai lu dans les journaux, pour
dire... vous avez témoigné de votre aberration. Ça fait que, tu sais, c'est
comme... sans dire que c'est deux poids, deux mesures, il y a quelqu'un qui
accepte un état de fait et il y a quelqu'un comme vous qui dit : Ça n'a
pas de bon sens, il faut qu'on aille plus loin. Ce que je voudrais éviter,
c'est que le ministère de la Santé nous dise que c'est une excellente
technologie même si ça coûte cher, et, par la suite, le ministre délégué à la
Transformation nous dise que c'est la pire affaire qui a été mise au monde, là.
J'essaie juste de vous protéger.
Le Président (M. Simard) : En
conclusion.
Caire : Bien, en conclusion, je dirai, comme j'ai
répété : Il faudra que le Conseil
du trésor approuve le projet.
Le Président (M.
Simard) : Très bien. Alors, cela met donc fin à notre bloc d'échange
concernant le volet Ressources informationnelles.
M. le ministre, je vous informe que vous vous
étiez engagé à déposer deux autres documents, dont un concernant l'organigramme
de votre ministère. Nous ne l'avons toujours pas reçu. Il ne sera pas toujours
trop tard pour le faire