Transportation and the Environment — 30 September 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2015-09-30
Quebec — Committees
Président (M. Reid) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des transports et de
l'environnement ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de procéder à des auditions
publiques dans le cadre des consultations particulières sur le document
de consultation intitulé Cible de réduction d'émissions de gaz à
effet de serre du Québec pour 2030 .
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Non, M. le Président, il n'y a aucun remplacement.
Président (M. Reid) :
Alors, voici l'ordre du jour pour cet avant-midi. Nous allons débuter par des remarques
préliminaires. Par la suite, nous entendrons les groupes suivants : Comité-conseil
sur les changements climatiques et Équiterre.
Alors,
je cède maintenant la parole au ministre
du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques pour ses remarques préliminaires. M. le ministre, vous
disposez de six minutes.
Heurtel : Merci, M. le Président. Mme la secrétaire, collègues de la députation, je salue également
les membres de mon cabinet qui sont
ici et aussi les membres du ministère
du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques. Mesdames et messieurs, bonjour à tous.
Je vous souhaite la
bienvenue à cette première journée des consultations particulières sur la proposition
de Cible de réduction d'émissions de gaz à effet de serre du Québec pour l'horizon 2030. Comme vous le savez, les
impacts des changements climatiques sont
bien réels sur notre santé, notre environnement et nos infrastructures. Il y a urgence
d'agir. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a clairement
dit : «Il n'y a pas de plan B, parce qu'il n'y a pas de
planète B.»
Le Québec est
partie
prenante de la solution et entend demeurer un chef de file en matière de lutte
contre les changements climatiques. Nous en sommes au début de la fin de l'ère
des hydrocarbures et, conséquemment, nous sommes au début du début de l'ère
post pétrodépendante, une ère basée sur une nouvelle économie propre et verte.
Récemment,
nous avons proposé une cible québécoise ambitieuse et crédible de réduction des
émissions de GES pour 2030 de l'ordre
de 37,5 % par rapport à 1990. Je tiens d'ailleurs à souligner le travail
réalisé par le Comité-conseil sur les changements climatiques dont les
recommandations ont grandement contribué à la réflexion gouvernementale.
Aujourd'hui, nous
entamons une étape importante. C'est à votre tour d'alimenter et d'enrichir les
réflexions. Ensemble, nous devons déterminer
une cible pour 2030 qui apportera un effort équitable à l'effort mondial,
améliorera la santé, la sécurité et la
qualité de vie des Québécoises et des Québécois, favorisera la relance et le
développement durable de notre
économie. Notre intention est d'annoncer notre cible de réduction pour
l'horizon 2030 en vue de la 21e conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements
climatiques de Paris en décembre 2015. Cette conférence arrive à grands pas. Tous les membres de la communauté
internationale sont appelés à prendre des engagements ambitieux de
réduction de leurs émissions de GES pour la période post-2020. L'objectif est
d'arriver à un accord international sur le
climat afin de limiter le réchauffement climatique mondial à moins de
2 °C. À l'aube de cette importante conférence, jamais le rôle des
États fédérés n'aura été aussi important pour notre avenir et celui de nos
enfants.
La lutte contre les
changements climatiques est une priorité pour le gouvernement du Québec depuis
plus de 10 ans. Nous sommes parmi les
États fédérés les plus actifs en la matière en Amérique du Nord. Plus de
1,5 milliard de dollars ont été investis pour réduire l'empreinte
carbone du Québec, verdir son économie et renforcer notre capacité d'adaptation
aux impacts des changements climatiques. Le marché du carbone est le fer de
lance de notre approche en matière de
changements climatiques. Il constitue un puissant outil de croissance
économique verte. Lié à celui de la Californie depuis le
1er janvier 2014, il représente un bel exemple de ce que peuvent accomplir
les États fédérés qui unissent leurs forces
pour favoriser l'émergence d'une économie sobre en carbone. Rappelons que
l'Ontario a signalé, en avril
dernier, son intention de se joindre au marché du carbone de la Western Climate
Initiative dont font
partie le Québec et la Californie. Déjà, huit ventes aux enchères ont été tenues à ce jour,
dont quatre conjointement avec la Californie.
Elles ont généré des revenus de 755 millions de dollars pour le Québec. 100 %
des revenus du marché du carbone sont réinvestis dans la mise en oeuvre du Plan d'action 2013‑2020 sur les changements
climatiques. D'ici 2020, le Québec bénéficiera de plus
de 3,3 milliards de dollars pour soutenir les entreprises, les
municipalités et les citoyennes et citoyens dans leur transition vers une
économie sobre en carbone.
Les plus récentes données de l'inventaire
québécois des émissions de gaz à effet de serre indiquent que les émissions de
GES du Québec en 2012 ont diminué de 8 % par rapport à leur niveau de
1990, surpassant ainsi de 2 % l'objectif
de réduction que l'on s'était fixé. Pour 2020, le Québec s'est donné l'objectif
de réduire ses émissions de GES de 20 %
sous le niveau de 1990. Cela représente tout un défi pour un État où près de
100 % de l'électricité est déjà produite à partir d'énergies
renouvelables.
La cible que nous établirons pour 2030 se doit
d'être ambitieuse. Elle devra constituer une étape vers l'atteinte de
l'objectif identifié par le GIEC pour les pays industrialisés et repris dans le
protocole sur le leadership climatique mondial auquel le Québec a adhéré en
juillet dernier, lors du sommet des Amériques sur les changements climatiques,
soit une réduction de 80 % à 95 % d'ici 2050.
En août
dernier, le Québec s'est aussi engagé, avec les 10 autres États et provinces
partenaires de la conférence des gouverneurs
de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada, à
contribuer à une cible régionale de réduction
d'émissions de GES de 35 % à 45 % sous le niveau de 1990 d'ici 2030.
Rappelons que nos partenaires dans le marché
du carbone, soit la Californie et l'Ontario, ont annoncé des cibles de
réduction de 40 % et 37 % respectivement pour 2030 par rapport
à 1990.
Le défi est
grand, mais il est réalisable, à condition que l'ensemble des Québécoises et
des Québécois se mobilisent. L'engagement
des dirigeants politiques, des entreprises, des citoyens et de la société
civile est également indispensable pour réduire notre empreinte carbone.
C'est donc avec le plus grand intérêt que nous écouterons vos suggestions et
vos réflexions. Ce sera l'occasion
d'échanger sur les opportunités qu'offre la lutte contre les changements
climatiques sur les plans du développement social et économique, sans
compter ses impacts positifs sur notre qualité de vie.
Je tiens à
remercier tous les intervenantes et intervenants qui participeront à cette
commission parlementaire, de même que
tous ceux et celles qui nous transmettront des mémoires. Ensemble, nous pouvons
lutter contre les changements climatiques afin d'assurer une qualité de
vie à nos enfants. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. J'invite maintenant le porte-parole de l'opposition
officielle, M. le député de Terrebonne, à faire ses remarques préliminaires
pour une durée maximale de 3 min 30 s.
Traversy : Merci beaucoup, M. le Président. J'aimerais tout
d'abord saluer le ministre de l'Environnement, toute l'équipe
gouvernementale qui l'entoure, nos collègues députés ainsi que la deuxième
opposition, M. le député de Masson, et Mme
la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui est avec nous dans mon angle mort, mais on
s'est croisés, là, quand même, là, juste avant de rater, évidemment, le coche.
Donc, je
voulais vous dire, M. le Président, à quel point le Parti québécois est fier de
participer à ces consultations sur un enjeu qui est aussi important que
celui de la cible de réduction d'émissions de gaz à effet de serre au Québec pour 2030. On compte beaucoup sur les
consultations pour, évidemment, nous diriger sur cette cible ambitieuse que
le ministre nous a annoncée il y a quelques
semaines, soit de 37,5 % en 2030, là, comparativement à 1990, voir,
évidemment, donc, toute l'audace qui est derrière cette proposition mais voir
aussi sa faisabilité.
Combien de
fois, M. le Président, ne nous sommes pas dits au Québec : Nous voulons
telle direction, et combien de fois, M. le Président, avons-nous été obligés,
par différentes conjonctures ou différentes situations, de reculer?
Donc, il est important de savoir, évidemment, de quelle façon on peut atteindre
ces cibles qui, aussi ambitieuses
soient-elles... puissent être accomplies et arriver, là, de manière concrète à
se réaliser de par les redditions de
comptes, de par les mesures qu'on peut voir mettre en place, là, pour y
parvenir, évidemment toujours travailler à faire en sorte que le Québec
puisse être un chef de file en matière de développement durable et dans
l'optique, également, toujours en filigrane de la COP21, qui s'en vient aux
mois de novembre et décembre à Paris.
Donc, sur
cette trame de fond, le Parti québécois est très fier d'être associé et de
participer à ces consultations, et nous avons bien hâte de vous écouter.
Le Président (M. Reid) :
Pardon?
M. Traversy : C'est tout.
Le Président (M. Reid) : Ah!
merci.
M. Traversy : Il devait
rester une minute environ.
Le Président (M. Reid) : Oui.
M. Traversy : Bon, bien,
c'est ça, c'est tout.
Président (M. Reid) : Bon, d'accord. Je n'avais pas saisi qu'on
était à la fin de votre intervention. Alors, merci de votre
intervention, M. le député de Terrebonne. Je passe maintenant la parole au
porte-parole du deuxième groupe d'opposition pour ses remarques préliminaires
pour une durée de 2 min 30 s.
Lemay : Merci, M. le Président. J'aimerais tout d'abord saluer le
ministre et les députés formant le gouvernement et les députés de
l'opposition qui sont ici présents. Vous savez, à l'issue des consultations que
nous amorçons aujourd'hui, il va y avoir des conclusions qui vont émaner. Puis
cette proposition, bien, elle devra être approuvée par le Conseil des ministres
avant sa présentation à la convention des Nations unies sur les changements climatiques de Paris en décembre 2015, tel
que M. le ministre l'a mentionné un peu plus tôt. Donc, ce n'est pas
définitif et c'est justement pour ça que nous tenons des consultations.
Vous
savez, la réduction des GES est impérative et elle ne peut pas se faire à coût
nul, certes, mais elle doit être opérée
de façon responsable sur tous les plans, notamment ceux économiques. Selon
l'étude d'impact microéconomique
sommaire qui a été réalisée par le
gouvernement et qui nous est présentée dans le guide sur la cible de réduction
des gaz à effet de serre, vous savez,
l'atteinte de cette cible de 37,5 % aura notamment pour effet d'augmenter
le prix du litre d'essence d'au moins
0,04 $, de réduire la richesse du Québec d'au moins 600 millions de
dollars et d'induire une perte de 2 800 emplois ou plus.
Donc, nous prenons
acte des défis relatifs aux changements climatiques et on reconnaît la
nécessité pour le Québec de se fixer une
cible ambitieuse de réduction des gaz de GES pour assurer un avenir propre,
sain et sécuritaire pour nos générations futures. Or, en contrepartie,
on croit que le gouvernement du Québec a été incapable d'atteindre sa cible de réduction de 6 % en 2012 par
rapport au niveau de 1990, il traîne la patte quant à l'atteinte de sa c