House Proceedings — 18 November 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-11-18
Quebec — Debates (Hansard)
Je félicite
donc l'ensemble Emie R Roussel Trio pour leur travail artistique et je souhaite
que leur musique voyage toujours plus loin. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Rimouski. Mme la
députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci, M. le Président. Alors, dimanche dernier, j'ai eu la chance de participer à la
14e édition du déjeuner-bénéfice
organisé par la Fondation de l'Hôpital Sainte-Anne-de-Beaupré. Cet événement accueille chaque année de plus en plus de donateurs motivés ayant à
coeur l'amélioration de la qualité des soins tout en préservant la qualité
de vie des résidents.
Et cette édition fut exceptionnelle. Depuis un
peu plus d'un an, l'objectif ambitieux de leur campagne de financement de 1 million de dollars est de
réaménager une unité de soins palliatifs afin de créer un environnement
chaleureux et serein pour les
malades. Ces transformations seront accompagnées d'une bonification des
services de soins à domicile pour celles et ceux désirant rester le plus
longtemps possible dans le confort de leur foyer ainsi que d'une formation
adéquate des bénévoles et du personnel soignant.
Le travail exemplaire du
président de la fondation, M. Martin Roy, a d'ailleurs été honoré lors du
15e Gala Reconnaissance de la
Côte-de-Beaupré il y a deux semaines. Nommé bénévole de l'année, M. Roy et
son équipe contribuent de manière
significative au bien-être de la communauté, et, pour cela, je tiens à les
remercier pour leur implication. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré. M. le député de
Johnson, à vous la parole.
M. Lamontagne : M. le Président, le
31 octobre dernier, la qualité de la langue française du journaliste Alain Bérubé a été soulignée au gala des Grands
Prix des hebdos. Originaire de Matane,
M. Bérubé est depuis trois ans journaliste à La Pensée de Bagot ,
dans ma circonscription, et collaborateur au Courrier de Saint-Hyacinthe .
L'an dernier, l'excellence de son travail avait
aussi été remarquée par Hebdos Québec. Le jury lui avait alors décerné un prix et deux mentions spéciales, dont
celle de la qualité langagière. Sans contredit, son brio contribue au succès
de La Pensée de Bagot , qui a été finaliste pour la qualité du français
au cours des deux dernières années.
Très présent
dans son milieu, toujours à l'affût, M. Bérubé est reconnu pour son
dynamisme, son application et la passion
du métier qu'il exerce avec professionnalisme depuis 23 ans. Grâce à lui,
les communautés qui le lisent peuvent compter
sur une presse indépendante de haut niveau. Je lui offre mes sincères
félicitations et lui souhaite le meilleur des succès dans la poursuite
de sa vie personnelle et professionnelle.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Johnson. Et apparemment c'est le frère de notre collègue député de
Matane-Matapédia. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Laval-des-Rapides.
Polo : Merci beaucoup, M. le Président. Le 4 novembre dernier, la
ministre responsable des Aînés a remis le prix Hommage Aînés 2015 à
Mme Lise Guindon, présidente de la Maison des grands-parents de Laval,
organisme dans ma circonscription de
Laval-des-Rapides. Mme Guindon a contribué de manière remarquable et
bénévole à la mise en place de
différentes activités et de projets de cet organisme, et ce, depuis 2009. Je salue donc ce prix qui lui revient
avec mérite et la félicite, ainsi que les
membres de la Maison des grands-parents de Laval, pour leur travail formidable.
Le prix
Hommage Aînés vise à reconnaître l'apport des personnes qui oeuvrent
bénévolement pour le mieux-être des
personnes aînées de leur communauté et qui favorisent la participation accrue à
la société. La sélection des lauréates et lauréats est assurée par la
table de concertation des aînés de chacune des régions respectives, et je
félicite à nouveau Mme Guindon pour cet important prix. Merci beaucoup, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de Laval-des-Rapides. Je cède la parole maintenant à M. le député de Mont-Royal.
Arcand : Merci, M.
le Président. Il me fait plaisir de souligner en cette Chambre l'extraordinaire
travail accompli par tous les employés et
bénévoles du Centre Gold qui est
situé dans ma circonscription et dont la croissance des services a été très importante au cours des
dernières années. Cet organisme s'est donné comme mission l'élaboration de services, la recherche, le transfert de
connaissances, la prestation de programmes à l'appui d'enfants et d'adultes
atteints de troubles du spectre de l'autisme et de déficience
développementale.
J'ai eu la
chance de visiter leur établissement l'été dernier et je suis fier de témoigner
que j'ai vu là beaucoup de passion,
de dévouement et des impacts très positifs dans la vie de leur clientèle. Les
éducateurs et thérapeutes amènent les
enfants et les adultes à développer leurs capacités et à progresser afin de
leur permettre d'avoir une meilleure qualité de vie. Les résultats sont étonnants et leurs thérapies sont reconnues
mondialement. L'organisme se démarque par son expertise, ses succès, son
offre de services et son leadership...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
En terminant.
Arcand : ... et,
pour toutes ces raisons, encore une fois, toutes nos félicitations!
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Mont-Royal. M. le député de
Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le Président, le service de Transport adapté et
collectif — TAC — de La Mitis fête cette année son 30e anniversaire. C'est suite aux différentes
demandes du milieu et à de longues démarches de la part des membres d'un
comité de transport spécialement formé pour piloter ce projet que la mise en
place d'un service de transport adapté fit son apparition à Mont-Joli en 1985.
En 2005, au service de transport adapté s'ajouta un volet de transport
collectif intra et inter-MRC.
Aujourd'hui,
Le TAC de La Mitis effectue plus de 65 000 déplacements et compte plus de
2 600 usagers. Je tiens à souligner la contribution particulière
des initiateurs de ce projet, soit M. Mario Rodrigue, Mme Johanne Deschênes, M.
Louis-Zénon Levesque, Mme Claudette Landry, M. Ghislain Fiola et M. Gilles
Lavoie.
Enfin,
je ne veux pas passer sous silence le travail de l'équipe actuelle du TAC,
dirigée par Mme Sonia Simard, et de
l'implication de la MRC de La Mitis et de son directeur, M. Marcel Moreau, qui
travaillent activement au maintien d'un service de transport de qualité
et qui en assurent son développement. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de
Matane-Matapédia. M. le député de Maskinongé, à vous la parole.
Plante : Merci beaucoup, M. le Président. Donc, quel bonheur, ce
matin, de pouvoir souligner le 350e anniversaire de fondation de la ville de Louiseville. Vous me permettrez, M. le
Président, de féliciter le comité organisateur sous la présidence de
Mme Doris Scott. Toute l'année, la ville a bourdonné d'activités
diversifiées pour toute la population.
La seigneurie de la
Rivière-du-Loup a été fondée en 1665. Cela fait donc de Louiseville une des
plus vieilles villes au Canada. M. le Président, le nom de la ville de
Louiseville a été octroyé en 1879 en l'honneur de la princesse Louise Caroline Alberta, fille de la reine
Victoria et épouse du marquis de Lorne, alors gouverneur général du Canada.
Depuis sa fondation, la ville n'a cessé de grandir, et elle a été surnommée
«hôtesse de la Mauricie».
M. le Président, je
veux remercier le conseil municipal, les bénévoles et les commanditaires de
l'événement, qui ont permis d'avoir des activités qui rayonnent à travers toute
la Mauricie et même le Québec.
terminant, M. le Président, j'invite toute la population à venir participer
aux grandes festivités qui auront lieu le 19 décembre prochain pour
fêter un 350e en grand. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Maskinongé.
Enfin, la parole est à M. le député d'Abitibi-Ouest pour sa déclaration.
Gendron : Alors, M. le Président, merci. En octobre dernier, lors de la remise des prix Hommage au
civisme, Mme Heather Macmillan,
d'Amos, recevait la médaille du civisme en reconnaissance de sa bravoure et du
sang-froid dont elle a fait preuve.
effet, le 3 février 2014, Mme Macmillan a sauvé la vie d'une
fillette, et ce, au péril de sa propre vie. Au moment où elle s'apprêtait à traverser la rue avec deux
petites soeurs, la brigade scolaire s'aperçoit qu'une voiture fonce droit sur
elles. Elle crie aux fillettes de reculer. La plus âgée le fait, mais la plus
jeune reste figée à ses côtés. Mme Macmillan pousse la petite écolière vers le trottoir juste avant d'être heurtée,
elle, de plein fouet. Alors que la petite est saine et sauve,
Mme Macmillan prend la route vers l'hôpital avec deux vertèbres dorsales
fracturées.
titre de député d'Abitibi-Ouest, je salue avec émotion et fierté la conduite
exemplaire de Mme Macmillan. Son geste héroïque témoigne de son
courage et nous inspire. Merci, madame, vous êtes un modèle.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député d'Abitibi-Ouest,
pour cette déclaration.
Cela met un terme à
la rubrique Déclarations de députés, et je suspends les travaux de l'Assemblée quelques
instants.
(Suspension de la séance à
9 h 50)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
J'ai le plaisir de
souligner la présence dans nos tribunes de l'ambassadeur de la République du
Sénégal, Son Excellence M. Ousmane Paye, à l'occasion de sa visite officielle.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose la réponse du
gouvernement aux pétitions présentées par le député de Lévis le 20 octobre et par la députée de
Pointe-aux-Trembles le 3 novembre 2015. Je dépose également la réponse du
gouvernement à la question inscrite au feuilleton le 20 octobre 2015 par le
député de Rosemont.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés.
À la rubrique Dépôt de rapports de commission, M.
le président de la Commission de l'économie et du travail et député de
Bertrand.
Cousineau : Oui. M. le Président, je dépose le rapport de la
Commission de l'économie et du travail qui, les 11, 16 et 17 novembre
2015, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 57, Loi modifiant
la
Loi sur les régimes complémentaires de
retraite principalement quant au financement des régimes de retraite à
prestations déterminées. La commission a adopté le projet de loi avec
des amendements.
Le Président :
Alors, le dépôt est fait.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : Oui. Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 14 661
pétitionnaires. Désignation : citoyennes et citoyens du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que l'éducation des enfants est un investissement dans l'avenir du Québec,
puisqu'elle bénéficie à l'ensemble de ses citoyennes et citoyens;
«Considérant
que l'accès à une instruction publique de qualité est un droit fondamental pour
chacun des élèves fréquentant les écoles primaires et secondaires
publiques du Québec;
«Considérant
que la recherche de l'équité dans l'accès à une instruction publique de qualité
doit être maintenue au Québec, en adaptant les services aux besoins
réels de tous les enfants;
«Considérant
que les compressions budgétaires imposées par le gouvernement du Québec aux
commissions scolaires entraîneront une diminution de la qualité des
services éducatifs, limitant ainsi le potentiel de la jeunesse québécoise;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, citoyens et citoyennes du Québec, demandons à l'Assemblée nationale
de reconnaître l'instruction publique comme un service essentiel et
d'investir les sommes nécessaires afin de favoriser l'accès à une éducation
publique inclusive et de qualité à tous les élèves.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant Mme la députée
de Repentigny.
Mme Lavallée : Merci, M. le
Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 93 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant les inconvénients engendrés par la
fumée secondaire, par exemple les yeux qui piquent ou la difficulté de
respirer;
«Considérant qu'il faut donner un exemple de
bonnes habitudes de vie à nos jeunes;
«Considérant que la lutte contre le tabagisme
est une question de santé publique;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'adopter un règlement qui
interdit de fumer dans les parcs et les espaces verts publics.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de
droit ou de privilège.
Nous en
sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et j'invite
M. le chef de l'opposition officielle à poser la première question.
M. Péladeau : Merci, M. le Président.
Le hasard a encore frappé notre duo de médecins qui mène le Québec. Encore 400 millions de dollars de plus aux
médecins pendant que c'est la ligne dure pour tous les autres employés de
l'État. On avait mal compté, mais ce
n'est pas grave, car de l'argent, quand c'est pour les médecins, il y en a tout
le temps. Le gouvernement libéral a
fait augmenter de 134 % l'enveloppe de rémunération des médecins, et, ce
matin, nous apprenons que ça monte
tellement vite qu'on en avait oublié quelques centaines de millions qu'a
retracées le Vérificateur général. Ça tombe mal, M. le Président, parce
qu'au même moment le président du Conseil du trésor nous dit qu'il n'a pas les moyens d'offrir l'inflation aux infirmières, aux
enseignants, aux préposés aux bénéficiaires et aux autres employés de l'État. Juste avec ce 400 millions, nous
pourrions donner 1 % de plus à tous les autres employés de l'État. Grâce
au travail du Vérificateur général, on vient peut-être de régler les
conventions collectives, M. le Président.
Or, ma
question au premier ministre, M. le Président, est simple : Lui qui est
médecin ne trouve-t-il pas indécent d'avoir
offert 134 % à ses confrères depuis son passage comme ministre de la Santé
contre 5,3 % pour cinq ans pour les autres employés de l'État?
Le Président : M. le...
Président : S'il vous plaît! M. le député de Louis-Hébert. M.
le député de Louis-Hébert, ça vous intéresserait d'écouter le premier
ministre? Oui?
Le Président : Je pense que
oui. M. le premier ministre.
Couillard : ...le hurlement
peut être une technique de débat politique, mais ce n'est pas celle que nous,
on veut prendre, M. le Président.
Je dirais
que, malheureusement pour mon collègue, sa question était essentiellement sans
objet parce que la façon dont il
l'amène occulte, M. le Président, l'aspect le plus incroyablement oublié par
mon collègue de la situation, il s'agit de sommes déboursées pour des services donnés aux patients. Alors, la
bonne nouvelle de ce matin, c'est que les médecins ont vu encore plus de patients que ce qui était
prévu, qu'ils ont eu des soins, des consultations, des traitements, et on les
a rémunérés pour ces soins. Alors, à moins
qu'il veuille qu'on défasse les traitements obtenus par les patients pour ces
sommes, je vois difficilement quel est le
bien-fondé de sa question et même la raison de sa préoccupation. Il devrait, au
contraire, saluer le fait que, sous notre
gouvernement surtout, l'accès aux soins médicaux s'est amélioré, les médecins
travaillent plus, voient plus de patients. Bonne nouvelle, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le chef de
l'opposition.
Péladeau : M. le Président, les médecins en ont tellement eu, des
400 millions, qu'ils ne se rendent plus compte quand le ministre de la Santé leur en donne un de
plus. Aujourd'hui, les employés de l'État ont mis beaucoup d'eau dans
leur vin, ils ont posé un geste significatif pour en arriver à un règlement
négocié.
Est-ce
que le premier ministre pense qu'il serait raisonnable d'accorder ces
400 millions pour nous diriger vers un règlement négocié plutôt que
vers ses collègues médecins?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : C'est très curieux, M. le Président, le ton et la façon d'aborder la
question qu'a mon collègue. Pour
information, je lui dirais d'abord que je n'ai pas traité de patient depuis
mars 2003, alors je ne comprends pas le lien qu'il fait entre le fait
que j'ai une formation médicale et cette question-là. Moi, ce que je veux,
c'est que les patients, M. le Président, les
patients du Québec soient bien traités, mieux traités, plus rapidement traités,
et je lui répète, M. le Président, je
lui répète que c'est une bonne nouvelle de savoir que les médecins ont vu
encore plus de patients, ont donné encore plus de soins à la population
du Québec.
Maintenant,
pour ce qui est des négociations du secteur public, ce n'est pas lui,
heureusement pour le Québec, qui va les faire parce qu'on connaît ses
méthodes en relations de travail, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Péladeau : Merci, M. le Président. Le premier ministre a haussé de
134 % l'enveloppe de rémunération des médecins, c'est six fois plus
que l'inflation depuis les 10 dernières années. Pendant ce temps-là, les
enseignants et les infirmières vous demandent de ne pas faire reculer leurs
conditions de travail.
Est-ce que le premier
ministre peut minimalement s'engager à ne pas appauvrir les employés de l'État?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Évidemment, M. le Président, plusieurs mois en lock-out, ça a tendance
à appauvrir le monde, effectivement,
aussi. Maintenant, je voudrais lui faire remarquer que, dans ce qui est
actuellement sur la table — et
on ne fera pas la négociation ici — il n'y a pas d'appauvrissement, il n'y
a plus aucune année de gel de
rémunération. Il y a la préservation des effets d'échelons pour les
jeunes fonctionnaires et également les augmentations à chaque année, y compris
pour l'année en cours. Alors, ce qu'il dit ne s'applique pas, M. le Président. Il
n'y a pas d'appauvrissement, il y a, au contraire,
une progression de la rémunération qui correspond à la capacité de payer du
Québec, et je crois bien, et j'espère bien, j'espère bien qu'on aura une
entente négociée, M. le Président.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
M. Péladeau :
Merci, M. le Président. Quand vient le temps de couper, le président du Conseil
du trésor sait comment compter. Mais, quand vient le temps de réformer l'aide
sociale pour s'attaquer aux plus vulnérables, le gouvernement compte
froidement. Mais, quand on parle des médecins, la solution est systématiquement
de leur donner plus d'argent. Pourquoi aucun
employé de l'État ne mériterait ne serait-ce qu'une fraction de ce qui est
consenti aux médecins?
Le Président :
M. le...
Le Président :
S'il vous plaît!
Des voix :
Ha, ha, ha!
Le Président :
Il n'y a rien de drôle. M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, je
pense que cet échange va rester dans l'anthologie des débats, ici, de cette Assemblée clairement, là. Mais je vais quand même
lui rappeler encore une fois — puis je pense qu'il m'entend — il a sa question... Pour le chef de l'opposition, c'est particulier, là, il a
des questions écrites puis des réponses écrites, puis des questions d'avance pour... quelle que soit la
réponse, il faut parler de ça à la prochaine question. Je lui ai dit, M. le
Président, je lui expliqué puis je
vais lui réexpliquer encore que cette somme correspond à des services donnés à
la population du Québec pour des services médicaux.
M. Couillard : Salaire? Ils ne
savent même pas, M. le Président, que les médecins ne sont pas des salariés.
C'est incroyable. C'est incroyable...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Couillard : C'est incroyable,
l'ignorance de ce côté-là de la Chambre. Maintenant...
Le Président : M. le député
de Sanguinet!
M. Couillard : Maintenant, M. le
Président, je vais quand même rassurer la population...
Couillard : Je ne veux pas
crier aussi fort que le chef de l'opposition, qui hurle ses questions ici, dans
cette Assemblée.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : Nous, on...
Le Président : S'il vous
plaît! Principale, M. le député de Bourget.
M. Kotto :
M. le Président, je réitère que nous sommes favorables à l'accueil des réfugiés
syriens, mais nous devons cependant
nous assurer que ce soit un accueil réussi. En parlant de l'objectif de Justin
Trudeau, qui obligerait le Québec à accueillir
5 750 réfugiés syriens d'ici la fin de l'année, la ministre de
l'Immigration affirmait avant-hier, et je la cite : «...je vais
être franche, je crois que c'est impossible de procéder à cet accueil d'ici la
fin de l'année, et les gens le savent.»
Je présume
que la ministre s'appuyait sur des éléments concrets pour faire une telle
déclaration, étant donné qu'elle est
en première ligne dans ce dossier. Or, hier, son premier ministre l'a taclée en
affirmant que le Canada et le Québec peuvent
l'année. Bref, la ministre est clairement en contradiction avec son
premier ministre.
Alors,
peut-on savoir les nouvelles informations qu'elle détient depuis lundi pour
passer de l'impossible au possible?
Le Président : Mme la
ministre de l'Immigration.
Mme Weil : Oui. Hier, M. le Président, nous avons discuté,
débattu d'une motion qui parlait d'un accueil qu'on souhaitait un accueil ordonné, organisé et que ça
devrait se faire dans les délais nécessaires par cette opération. Mais je veux assurer
ici les membres dans cette Chambre que le gouvernement du Québec, qui s'est
engagé le 7 septembre à accueillir 3 650 réfugiés ici, au Québec...
que tous, tous les services sont en place, la vérification a été faite à tous
les niveaux, donc les villes de destination
pour les personnes qui sont parrainées par l'État, donc prises en charge par
l'État, les services de santé, les
services sociaux, les services d'éducation, les villes, au point de vue du logement, tout
est en place, et que les villes de
destination sont déjà décidées. Et je vous dirais aussi que les
13 villes, qui sont des villes bien organisées et qui ont une grande expérience en matière d'accueil, nous
disent : Oui, nous sommes présents et nous voulons jouer un rôle
pour organiser cet accueil. Je parlais du 3 650.
Pour
ce qui est du plan gouvernemental
fédéral, nous attendons leur plan et nous allons pouvoir évaluer, donc...
Le Président : En terminant.
Mme Weil : ...si ce plan est
réalisable dans le temps pour... Et je veux répéter...
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé :
M. le Président, le ministre de la Sécurité publique a déclaré que la cible
d'accueil est irréaliste. Son ministère
coordonne une cellule de crise interministérielle en place depuis deux mois. Est-ce
qu'il peut rendre publiques des analyses sur lesquelles il se base pour
dire que c'est irréaliste?
Le Président : M. le ministre
de la Sécurité publique.
M. Moreau :
Bon, l'opposition peut toujours essayer de danser sur ce sujet-là, ce qui est
clair pour nous — et
le premier ministre l'a répété hier, la
ministre de l'Immigration l'a répété, la ministre des Relations internationales
l'a répété — ce que nous voulons faire, c'est de nous
assurer que les choses soient faites correctement et, en ce qui a trait à
la sécurité publique, de nous assurer que
les standards canadiens, que les experts internationaux reconnaissent comme
étant les plus hauts standards de
sécurité au monde, soient appliqués, de sorte que les réfugiés qui seront reçus
ici, au Québec, par la générosité du peuple québécois soient des gens
qui ne présentent aucun risque pour la sécurité
Alors, on
peut faire les questions qu'on veut, on peut essayer de jouer avec les mots. Ce
que les gens doivent retenir, c'est essentiellement ceci : nous ne
ferons aucun compromis sur...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le
Président, on ne va pas jouer avec les mots, on va utiliser les siens, il dit
que l'objectif est irréaliste. À peine deux
heures plus tard, on le retrouve à côté du premier ministre qui le contredit.
Est-ce qu'il
peut nous partager les informations qu'il a obtenues lors de cet intervalle? Il
me semble que ça serait le bon moment.
Lui qui, manifestement, semble en charge de l'opération, il était excédé tout à
l'heure en scrum. Est-ce qu'à nous il peut donner les réponses demandées
par le public du Québec?
Le Président : M. le ministre
de la Sécurité publique.
M. Moreau :
Pour mes états d'esprit pendant les scrums, j'ai expliqué que, quand tout le
monde hurle en même temps et qu'on
n'entend pas les questions, c'est difficile de répondre. Alors, c'est ça, tout
simplement, c'est d'ordonner les choses. Ne vous inquiétez pas pour mon
état d'esprit, je m'en charge, je n'ai aucune difficulté avec ça.
Sur la façon
de faire les choses, il faut bien faire les choses, et nous allons le faire, à
la Sécurité publique. J'ai des discussions avec les autorités fédérales,
j'aurai des rencontres avec les autorités fédérales, et, au fur et à mesure que
ces gens-là passeront à travers les étapes
de sécurité, nous nous assurerons, au Québec, que la sécurité des Québécois
n'est pas compromise.
Le Président : Principale, M.
le député de Saint-Jean.
Turcotte : Depuis le dépôt du
projet de loi n° 70, c'est la confusion la plus complète dans les
explications fournies par le gouvernement libéral sur cette réforme de
l'aide sociale. Le ministre de la Solidarité sociale a, tout d'abord, reconnu que des gens de Montréal
pourraient devoir aller travailler à Québec, sous peine de voir leurs
prestations coupées. Or, dès le lendemain, le premier ministre a été
interpelé sur la même question, et il dit : On ne veut pas faire déménager personne. Cependant, hier, le ministre
de la Solidarité a reconfirmé sa volonté de forcer des gens de Montréal à accepter un emploi à Québec tout en disant que
personne n'aurait à déménager. M. le Président, c'est n'importe quoi.
Est-ce que le
ministre peut arrêter de dire n'importe quoi et de confirmer quelle est la
distance qu'il juge convenable avant que quelqu'un soit coupé sur son
chèque d'aide sociale?
Président : Chut, chut, chut! S'il vous plaît! Il n'y a rien
qu'une personne qui a le droit de parole ici, c'est M. le ministre de
l'Emploi.
Hamad :
Merci, M. le Président. Je répète encore, M. le Président : C'est triste
de voir les questions de l'opposition, mais enfin. M. le Président, la loi...
Hamad :
C'est le président de Québecor qui parle, M. le Président. Alors là, on
revient... O.K.
Le Président :
Là, j'aimerais ça, vous entendre répondre, s'il vous plaît.
Le Président :
Répondez-moi à moi.
Le Président :
Je m'excuse. M. le leader de l'opposition.
M. Drainville :
Le chef de l'opposition officielle, c'est comme ça qu'il s'appelle. C'est ça,
son titre, c'est le chef de l'opposition officielle.
Le Président :
Vous avez raison. M. le ministre de l'Emploi, veuillez nous répondre sur la
question.
Hamad : M. le Président, l'objectif du projet de loi, c'est
deux objectifs importants. Le premier, c'est l'adéquation entre la formation et les besoins de main-d'oeuvre.
Le deuxième objectif — et ça, c'est important — c'est aider les jeunes qui rentrent à l'aide sociale de trouver leur
dignité, de leur donner les moyens de retourner aux études ou trouver un emploi.
Ça, c'est un objectif important, M. le
Président. Est-ce qu'ici, dans l'Assemblée, quelqu'un peut accepter qu'il y a
6 000 jeunes par année qui
rentrent à l'aide sociale qui sont issus d'une famille à l'aide sociale? Si
vous l'acceptez, vous continuez à poser des questions sur d'autres
choses.
Deuxièmement,
M. le Président, il y a plus de 8 000 jeunes qui sont âgés de
29 ans et moins qui sont à l'aide sociale à chaque année, qui sont aptes pour travailler, qui n'ont pas de
problème de toxicomanie, n'ont pas de problème de violence. Ce n'est pas une femme monoparentale, ce n'est pas
des aidants naturels, c'est des gens qui sont prêts pour aller sur le
marché du travail.
Le Président :
En terminant.
Hamad :
Est-il acceptable de laisser tomber ces gens-là?
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : M. le Président, le gouvernement a aboli le
programme Alternative jeunesse, qui aidait les jeunes à retourner sur le marché du travail. Quand on parle
de dignité, forcer des gens de Montréal à aller à Québec pour un emploi,
des gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean
à aller à Québec, des gens de la Gaspésie à aller à Québec, est-ce qu'on parle vraiment de la dignité de ces gens-là? Est-ce
qu'on parle vraiment de la dignité de ces familles? Qu'est-ce qui va arriver à
ces jeunes? Qu'est-ce qui va arriver à leur famille, à leur entourage?
Est-ce que le
ministre peut confirmer quelle est la distance convenable avant qu'un chèque
soit coupé?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Hamad : M. le Président, la dignité, c'est prendre le jeune,
l'accompagner, l'aider, donner la formation nécessaire, trouver un emploi avec lui. C'est ça, la dignité. La
dignité, c'est de ne pas laisser tomber nos jeunes derrière nous. C'est notre plus grande richesse. La
dignité, c'est briser le cercle vicieux de l'aide sociale. C'est ça, la
dignité. La dignité, c'est ne pas laisser tomber nos jeunes et ne pas
accepter de laisser tomber sans aucun effort.
M. le Président, la dignité aussi,
c'est faire l'effort pour améliorer cette situation. Ce que nous demandons, ce
que les Québécois disent : On est prêts à être généreux...
Le Président :
En terminant.
Hamad :
...nous sommes généreux, mais on veut aussi que le jeune fasse un effort.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Nous n'avons toujours pas de réponse sur la
distance convenable, je vais m'essayer sur une autre question que j'ai
posée hier et que je n'ai toujours pas eu de réponse.
Le ministre veut
s'occuper de la dignité. Qu'arrivera-t-il à une femme que son conjoint n'a pas
accepté un emploi à temps partiel à Québec
lorsqu'elle habite à Montréal, ou à Chicoutimi, ou ailleurs? Le ministre parle
de dignité. Qu'arrivera-t-il à cette femme? Est-ce qu'elle sera coupée?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Hamad : M. le Président, il y a 17 000 personnes qui
arrivent à l'aide sociale. C'est 17 000 cas différents, et nous allons les traiter cas par cas. L'objectif
à la fin, là, c'est d'abord voir la situation du jeune qui arrive. S'il a
besoin d'accompagnement, s'il a besoin de la confiance en soi, il y a des
organismes communautaires qui sont prêts à travailler avec nous pour donner l'aide. Si le jeune, M. le
Président, il a besoin d'une formation additionnelle qui peut le qualifier
pour donner plus de chances à trouver un
emploi, nous serons là pour donner cette formation-là. Si le jeune, M. le
Président, cherche un emploi, on va l'aider à trouver un emploi. Et en
plus, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
Hamad :
...nous allons donner plus d'argent pour l'encourager à faire l'effort.
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, les attentats de Paris ont généré de nouvelles craintes chez nos citoyens.
On voyait, dans un sondage hier de
TVA, que 73 % des Québécois
craignent un attentat terroriste ici. Donc, M. le Président, une des
meilleures façons de rassurer les Québécois, c'est de mettre en place
rapidement des mécanismes pour lutter contre l'intégrisme
religieux. C'est exactement ce que la CAQ proposait en février dernier. La
réalité, c'est qu'actuellement au Québec
on n'est pas prêts à lutter activement contre l'intégrisme religieux. On
reconnaît que, dans le projet de loi n° 59, il y a certains éléments pertinents, puis on va les appuyer, mais le
projet de loi n° 59 ne va pas assez loin, il faut être capable de mettre des sanctions suffisantes pour contrer l'intégrisme
religieux. Il y a une proposition très claire que la CAQ a faite,
j'aimerais avoir l'opinion du premier ministre.
Est-ce
que le premier ministre est d'accord pour permettre au Tribunal des droits de
la personne de dissoudre les corporations religieuses où sont tenus des
discours intégristes ou radicaux?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, c'est une bonne chose que notre collègue s'exprime en
disant qu'il va soutenir une bonne
partie du projet de loi n° 59. C'est toujours un bon départ. Puis on aura
de bonnes discussions, j'en suis certain, entre la ministre et eux en commission parlementaire, mais je dirais
qu'il y a un principe, cependant, qui doit nous guider, et c'est ce principe qui nous différencie des
barbares qui ont attaqué la démocratie au cours des derniers jours, c'est le
respect des droits des gens, le respect des
lois également. Alors, tout ça doit se faire dans l'équilibre. Il faut se
garder des amalgames. Il est clair
qu'il existe dans les amendements également qu'a présentés la ministre des
dispositions qui vont généralement
dans le sens de ce que réclame le collègue. Mais prenons garde, d'une part, aux
amalgames. Prenons garde à toute
modification législative qui, clairement, identifie et pointe une communauté
plus que les autres parce qu'elle est destinée
à l'échec devant les tribunaux, cette disposition-là. Restons équilibrés,
restons respectueux des communautés, restons avant tout concentrés sur
la sécurité des gens. Et, avant tout, c'est ce qu'il faut faire, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, la France, depuis dimanche, évalue
la possibilité de dissoudre les mosquées où sont tenus des discours radicaux. C'est exactement ce que propose la CAQ
depuis le mois de février, de donner au Tribunal des droits de la
personne la permission de dissoudre des corporations religieuses qui tiennent des
discours radicaux.
Est-ce que le premier
ministre, oui ou non, est d'accord avec cette proposition de la CAQ?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : On est prêts à discuter toute proposition, M. le Président, dans le
respect de nos lois et de nos chartes des droits.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, je comprends que le premier ministre ne veuille pas nommer le
problème, mais il y a actuellement au Québec
des imams qui tiennent des discours radicaux. Il pourrait en parler,
d'ailleurs, avec Fatima Houda-Pepin, il pourrait peut-être apprendre un
peu.
le Président, je répète ma question, elle est très claire : Est-ce que le
premier ministre est prêt à accepter des amendements au projet de
loi n° 59 pour permettre de dissoudre des corporations...
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, c'est un débat qui pourrait avoir lieu,
mais je répète qu'on lui a envoyé une proposition d'amendement de la motion et
je vais la lire :
«Qu'elle
demande à l'Assemblée nationale d'étudier le projet de loi n° 59 en
recherchant les meilleures dispositions, dans le respect des chartes des droits et libertés, visant précisément à
lutter contre l'intégrisme religieux et à prévenir la radicalisation.»
le Président, moi, je crois dans la nécessité de lutter de façon impitoyable
contre la barbarie et le terrorisme, et
il faut que notre pays fasse
partie de la coalition internationale qui fait ça.
Je crois que notre pays doit démontrer ses valeurs profondes de démocratie et de respect des droits. Nous sommes un
État de droit, c'est ce à quoi les adversaires de la liberté s'opposent, M. le Président. Ne leur donnons pas la
moindre victoire qui leur montrerait qu'ils sont capables de nous
influencer dans l'autre direction...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...mais ayons toutes les discussions possibles dans le
respect des lois, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui. Merci, M. le Président. Hier, le
ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale a complètement évité ma
question sur le critère de la distance absent de sa réforme de l'aide sociale.
Nous sommes tous d'accord ici pour sortir
nos jeunes de la pauvreté, personne ne remet ce bel objectif noble en question.
Mais rien ne justifie d'exclure du
projet de loi n° 70 le critère de la distance, rien ne justifie
d'obliger une personne à faire 100 kilomètres pour aller
travailler.
vous rappelle ici, M. le Président, que, le 8 juin 2012, le Parti libéral,
son parti, a déposé une motion demandant au gouvernement fédéral de renoncer à sa réforme de l'assurance-emploi,
justement, pour éviter que des travailleurs au chômage soient forcés de faire une heure de route pour aller travailler.
Aujourd'hui, la réforme du ministre risque de faire exactement ce que
son parti dénonçait en 2012.
Est-ce
qu'il peut être cohérent avec la motion de 2012 et s'engager à définir
clairement le critère de distance dans son projet de loi?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Hamad : Je suis très heureux, M. le Président, de voir que
la CAQ a enfin clarifié sa position et très heureux de voir que la CAQ appuie le projet de loi. Ils
ont des questions, je suis très heureux de voir qu'ils ont des questions. On va
avoir une commission parlementaire, d'ailleurs, pour discuter de ces
questions-là.
Maintenant,
je vais répondre quand même, M. le Président. C'est qu'il faut comprendre le
principe, M. le Président, c'est qu'au Québec, au Québec...
Le Président :
S'il vous plaît!
Hamad : ...au Québec, M. le Président... D'ici cinq ans, le
Québec a besoin de 1,3 million de personnes pour remplir des emplois au Québec, soit les départs à
la retraite soit des nouveaux emplois. M. le Président, nous avons un défi démographique majeur au Québec et, en même
temps, nous sommes une société généreuse qui va donner la dignité à des gens.
Alors, nous comprenons tous ici le besoin essentiel et important
de ne pas laisser tomber nos jeunes à l'aide sociale, mais plutôt leur donner la dignité et les aider à trouver un
emploi.
La société les attend. Dans un contexte où nous avons des emplois disponibles, c'est encore plus
facile, encourager les jeunes à l'aide sociale d'aller trouver un emploi.
Nous avons une situation idéale pour aider les jeunes et, surtout, ne pas les
confiner...
Le Président :
En terminant.
Hamad :
...comme le PQ veut faire, les confiner à l'aide sociale.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Oui, M. le Président. Le Parti libéral est très dur à suivre. Un, il dénonçait avec vigueur
les effets de la réforme de l'assurance-emploi qui obligeait les citoyens
au chômage à accepter un travail à une heure de route de chez eux. Deux, il fait adopter une motion unanime à l'Assemblée nationale pour dénoncer cette situation. Et, trois, aujourd'hui, il arrive avec une réforme de l'aide sociale qui risque de faire
encore pire. Alors, qu'attend le ministre pour rectifier son erreur?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Hamad : M. le Président, par expérience, un projet de loi,
il est là pour être bonifié par tout le monde. Alors, si l'opposition a des bonnes idées, on va les
travailler. Mais, aujourd'hui, ce que je sens un petit peu de la CAQ, un peu
de «ramolliment» de la position. Ils acceptent un petit peu la position...
Des voix :
Ha, ha, ha!
Hamad :
M. le Président...
Des voix :
Ha, ha, ha!
Hamad :
M. le Président, je vais vous le dire, ma langue maternelle, ce n'est pas le
français. Et je vous le garantis que ce n'est pas ma dernière fois que je vais
faire des erreurs en français, M. le Président. Je force, mais, que
voulez-vous, je fais des erreurs. Alors, je reviens, je reviens. Alors...
Le Président :
En terminant.
Hamad :
Au moins, je...
Le Président :
Je vais vous donner une chance.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger :
Oui. Merci, M. le Président. Ce que je comprends du ministre
libéral d'aujourd'hui, version 2015, c'est qu'il n'est pas d'accord avec le ministre version 2012. Une
heure de transport, c'est adéquat selon lui aujourd'hui.
Alors, ce qu'on veut ici,
c'est de la clarté. Une heure de transport sans voiture, c'est complètement
différent à Montréal qu'au Lac-Saint-Jean. Je répète, c'est très différent. Alors,
le ministre doit définir clairement aujourd'hui, dans son projet de loi, ce
qu'il va faire au niveau de la distance quand on parle de distance d'un emploi
convenable. Va-t-il le faire?
Le Président : M. le ministre
de l'Emploi.
Hamad :
M. le Président, notre objectif, ce n'est pas faire déménager le monde. Notre
objectif, c'est donner la dignité à
ceux et celles qui en ont besoin. Notre objectif, M. le Président, dans un
contexte... On a le contexte idéal, nous avons des emplois disponibles.
Hier, mon
collègue le député de Beauce-Sud — Beauce-Sud, oui — il parlait de besoins de main-d'oeuvre dans
sa région, M. le Président. Ça, c'est un cas
dans sa région, mais il y en a partout, dans toutes les régions du Québec, où nous avons besoin de main-d'oeuvre...
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe de l'opposition.
Bonnardel : ...article 79. Le ministre doit donner une réponse claire. Depuis
48 heures, on lui a donné beaucoup
de chances, même l'opposition officielle, mon collègue, depuis hier. Donc, est-ce qu'il peut clarifier sa pensée, nous dire
s'il pense que 20, 30, 40 kilomètres, c'est adéquat pour faire travailler
ces gens?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
M. Fournier :
...je considère que sa pensée est très claire, il l'exprime très clairement. En
tout cas, moi, j'ai tout compris, M. le Président.
Le Président : Bien, c'est
très bon. C'est très bon que vous ayez compris.
Ceci étant
dit, comme vous le savez, je ne peux pas exiger le degré de précision que vous
aimeriez avoir dans la réponse du ministre. M. le ministre, veuillez
terminer, s'il vous plaît.
Hamad :
Alors, ce que nous voulons, M. le Président, c'est de ne pas laisser tomber les
6 200 jeunes qui sont
issus d'une famille de l'aide sociale qui demandent l'aide sociale. C'est
inacceptable, M. le Président. Au moins...
Le Président : En terminant.
Hamad : ...qu'on
reconnaisse ces faits-là.
Le Président : Principale, M.
le député de Labelle.
M. Pagé : Merci,
M. le Président. Ce matin, sous le
titre Suffit les destructions dans les CPE , parents, artistes, économistes, partenaires du réseau, chercheurs et
sociologues dénoncent les coupes à blanc, les coupes à blanc dans les
centres de la petite enfance. Des figures éminentes comme Gérard Bouchard, Fred
Pellerin, Dominic Champagne, Laure Waridel,
Dany Turcotte, Claude Béland et des centaines de signataires accusent le gouvernement, et je cite, de sabrer «sans
vergogne dans un réseau éducatif reconnu à travers le monde». Ils se demandent
si votre souhait le plus cher n'est pas de le faire mourir de leur belle
mort. C'est grave, M. le Président.
Après s'être
placée en position de rupture totale avec son réseau, c'est maintenant
la société civile qui monte aux barricades. Ils s'opposent aux décisions insensées
de ce gouvernement et à son plan de démantèlement du réseau des
centres de la petite enfance.
La ministre
réalise-t-elle qu'elle commet une erreur magistrale? Que répond-elle aux
centaines de signataires qui défendent les centres...
Le Président : Mme la ministre
de la Famille.
Charbonneau : M. le
Président, j'ai fait comme mon
collègue ce matin, j'ai lu la lettre qui venait d'un seul réseau, le réseau des CPE. J'en rajoute un peu en
disant «l'AQCPE» puisque la ministre qui se lève devant vous, M. le Président, c'est la ministre des Familles, c'est
celle qui fait en sorte que le gouvernement prend des décisions pour s'ajuster aux demandes
des familles du Québec, pas d'un réseau, mais des familles.
On se doit de faire en sorte d'avoir une pérennité dans ce réseau. On fait en sorte que le réseau
est sécuritaire, on fait en sorte que
des professionnels, tous les jours, accueillent les enfants de
ces familles qui leur lèguent, pour la journée, leurs enfants. M. le Président, la semaine passée, mon collègue s'est levé pour
dire qu'il y avait de la place dans le réseau. Nos familles trouvent des services, et le service
doit s'ajuster aux familles, et c'est sur ça que je travaille à tous les jours.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Labelle.
Pagé : Ce ne sont pas
les familles qui ont demandé l'augmentation des tarifs jusqu'à 174 %, ce ne sont pas
les familles qui ont demandé de couper
jusqu'à 100 millions dans le réseau de services de garde, ce ne sont
pas les familles qui ont demandé de
reporter les places. Tout indique que la ministre, comme ses
prédécesseurs, veut favoriser ses amis des garderies privées. C'est
clair.
Quand va-t-elle
cesser le démantèlement des centres de la petite enfance?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau :
M. le Président, le réseau au Québec appartient aux familles, il n'appartient
pas au Parti québécois, il n'appartient pas à une philosophie sectaire
d'un réseau qui doit donner des services. Le milieu familial nous a
demandé d'avoir de la flexibilité, les parents du Québec nous ont demandé
d'avoir des places.
Québécois mettent en ce moment plus de 2,4 milliards de dollars dans un système et dans un réseau qui se veut de qualité, diversifié. Vous savez, M. le Président, il y a aussi un milieu familial qui donne des services
exceptionnels. Oui, il y a
un réseau de services de garderie privés subventionnés, d'ailleurs, que le Parti québécois a aidé fortement...
Le Président :
En terminant.
Charbonneau :
...à développer, je vous le rappelle.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Labelle.
Pagé : M. le Président, les faits parlent d'eux-mêmes, les gens ne sont pas dupes. Peut-elle
s'engager ce matin à cesser la
destruction du réseau éducatif des centres de la petite enfance? Peut-elle
s'engager ce matin à protéger l'avenir des enfants plutôt que
l'idéologie du président du Conseil du trésor?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Charbonneau : M. le Président, tous les jours, le ministère de la Famille s'occupe des enfants du Québec.
D'ailleurs, il a assis ensemble l'ensemble
des partenaires pour leur faire parler de pédagogie, de financement et de
façons où on peut trouver plus de
flexibilité à même le réseau qu'on a. Ça peut inquiéter mon collègue qu'on
parle aussi des CPE, mais on parle à
l'ensemble du réseau, et ce qu'on veut, c'est un réseau fort, sécuritaire et professionnel
pour les familles du Québec.
Le Président :
Principale, M. le député de Sanguinet.
Therrien : M. le Président, l'effet libéral se poursuit dans le secteur minier. Sous la plume de
Julien Arsenault, on apprenait... Le
Devoir , La Presse hier : Les investissements miniers ont chuté de 35 % en 2014 — Les
minières devraient investir encore moins en 2015 . Dans l'article, il
mentionne que la chute sera de 8 % cette année.
Sur le terrain, d'un
côté, fermeture de mines, M. le Président : Mines Wabush, perte de 100
emplois; mine du lac Brome à Fermont, perte
de 500 emplois; Québec Lithium
en Abitibi, perte de 200 emplois; mine du Mont-Wright à Fermont, fermeture, encore une fois. D'un autre
côté, des abandons et des reports, ça fait mal, M. le Président :
BlackRock à Chibougamau, Niobec au Saguenay, report du projet de la Mine
Arnaud.
Écoutez, M. le
Président, ma question est simple : Est-ce que le ministre de l'Économie
peut nous expliquer pourquoi il est incapable de freiner la chute de l'activité
minière? Et qu'il ne me parle pas du Plan Nord, parce que, visiblement, ce
n'est pas la solution.
Le Président :
M. le ministre des Mines.
Blanchette : Merci, M. le Président. Écoutez, il y a un contexte
mondial qui explique tout ça, et je l'expliquerais en trois bonnes
raisons.
Il y a une
baisse de prix des métaux et des minéraux sur l'ensemble de la planète, il faut
bien le constater. Ce n'est pas une
situation facile pour faire des investissements. L'autre chose, c'est qu'il y a
un ralentissement de l'ensemble de l'économie
mondiale, également, que ce soit en Europe, ou en Asie, ou même aux États-Unis.
Ce ralentissement-là a des effets sur
la demande des ressources naturelles. Un troisième argument qui a influencé les
investissements — si vous
voulez que je le dépose, je pourrais
très bien le déposer — c'est qu'il y a eu 18 mois de gouvernement du Parti québécois
qui a fait fuir les investissements, et ça, c'est important à
mentionner.
M. Blanchette : Je suis prêt à le
déposer, l'article, M. le Président, au besoin, si jamais c'est demandé.
Par ailleurs,
j'apprenais la semaine dernière à Toronto que, dans le cercle des financiers,
pour nos projets miniers, il était
question qu'enfin, au Québec, il y avait un cadre réglementaire clair, stable
et prévisible, ce qui est tout à fait à notre honneur. Et...
Le Président : En terminant.
M. Blanchette : Oui, c'est ça. Je
reviendrai pour...
Le Président : Mais avez-vous
demandé le dépôt?
Président : Est-ce que vous avez demandé le dépôt de votre
document? Est-ce qu'il y a un consentement pour le dépôt? Consentement.
Mme la députée de Duplessis, en complémentaire.
Richard : Merci, M. le
Président. Je veux juste rappeler au Parti libéral, au gouvernement libéral
que, le Plan Nord, c'est eux. Ça
devait être le créateur d'emplois, ça devait être le sauveur de l'économie.
Fort de constater que ce n'est pas le résultat. Puis ce n'est pas parce
qu'ils n'en ont pas parlé, M. le Président, du Plan Nord, on en a soupé.
Vous faites
quoi maintenant, à court terme, pour que le monde chez nous, sur la Côte-Nord,
et ailleurs au Québec, ils conservent
leurs emplois? Parlez-moi pas de 18 mois de pouvoir comme si on avait eu
une incidence sur les marchés mondiaux. Vous étiez les sauveurs, bien
sauvez les gens du Québec qui perdent leurs emplois.
Président : Bon, on se calme, tout le monde. M. le
ministre, c'est à vous la parole puis
vous êtes le seul à l'avoir dans cette Chambre.
Blanchette : Écoutez, je
remercie pratiquement la députée de cette offre-là. Oui, le plan mort, qui a
été la...
M. Blanchette : ...pendant 18 mois,
c'est ce que vous en avez fait.
Maintenant,
au Québec, on tente de faire une relance, oui, avec des
projets d'infrastructure. On parle de GNL, on parle d'études
d'opportunité d'une troisième voie, on parle d'un désenclavement du port de Sept-Îles,
on parle d'infrastructures de communication et de transport.
C'est important
à mentionner, voilà deux semaines, il
y a une délégation de 14 ambassadeurs
et consuls menée par mon collègue ministre
des Affaires autochtones, le ministre
des Relations internationales et le
député d'Ungava, et c'était
14 ambassadeurs de l'Europe principalement qui ont fait le tour de la région du
Nord-du-Québec. C'est important
de faire ça.
Le Président : En terminant.
Le Président : C'est assez?
Bon. M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : M. le Président, les exportations de minerais et de concentrés de fer ont chuté de 21 % en 2015. Ce que ça veut dire, c'est des pertes d'emploi pour les gens de la
Côte-Nord et des autres régions. La population s'est fait promettre des
centaines d'emplois, et, au lieu d'additionner, présentement, en Côte-Nord, on
soustrait.
Maintenant
qu'on a démontré que le Plan Nord ne fonctionne pas, qu'est-ce que le
gouvernement va faire à court terme pour créer richesse et prospérité en
Côte-Nord?
Le Président : M. le ministre
délégué aux Mines.
Blanchette : M. le Président, il y a une diversification des métaux et
des minéraux, en termes d'exploitation au
Québec — vous
devriez le savoir — dans votre
région, notamment sur l'apatite, notamment sur le nickel, le diamant, le lithium, le graphite et les terres rares. Il y
a plusieurs projets sur la Côte-Nord. Il y en a dans le Nord-du-Québec, il y en
a en Abitibi-Témiscamingue. Tous ces
projets-là, il faut qu'ils lèvent. Il faut qu'ils fassent des montages
financiers. Ils sont en train de le faire.
Les projets
vont assurément être exploités lorsque le montage sera complété, et,
honnêtement, les projets comme Stornoway,
comme Arianne Phosphate, comme Mine Arnaud, on souhaite tous qu'ils démarrent,
et, dans le cas de Québec Lithium, qu'il redémarre, on y travaille.
Maintenant, ça va se faire...
Le Président : En terminant.
M. Blanchette : ...lorsque la
conjoncture le permettra et que ces projets-là seront financés.
Le Président : Principale, M.
le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Depuis l'adoption
de la loi n° 20 la semaine dernière, c'est le drame pour de très nombreux
parents qui souhaitent fonder une famille grâce au traitement de procréation
assistée. Le gouvernement met fin à la couverture
publique des traitements de fécondation in vitro mais a prévu un délai de
six mois pour permettre à celles qui avaient commencé des traitements de
bénéficier du programme.
Or, j'ai reçu
des dizaines de courriels et d'appels de parents en détresse qui se font dire
par des cliniques que le délai de six
mois de s'applique pas à eux, qu'ils devront payer tous les traitements et tous
les médicaments. Ce sont de véritables
drames humains.
Malgré le début des démarches médicales, on leur dit qu'ils ont
acheté leurs médicaments une journée
trop tard pour être remboursés. La facture est salée, entre 4 000 $, 6 000 $ juste pour les
médicaments. Bref, c'est un coupon de
caisse qui va décider de l'avenir de leur projet parental. La transition est
ratée, les parents tombent dans la faille du système.
Est-ce que le
ministre de la Santé est conscient du problème et va-t-il intervenir dès
maintenant pour rassurer ces familles?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, il va de soi qu'à partir du moment où on met en application une loi il y a
des règles qu'il faut suivre, et nul ne peut être au-dessus des lois, et
moi y compris.
Évidemment, dans cette réglementation-là, il y a
une date butoir, il y a une date de coupure qui est réelle, mais nous avons prévu, comme le député de
Lévis l'a bien dit, de faire en
sorte que les gens, aux conditions
qui sont décrites dans le règlement, dans la loi, puissent continuer à avoir
une couverture complète de leurs frais de procréation médicalement assistée lorsque la procédure est entamée.
Maintenant, il y a effectivement une date de coupure, et nous avons des
ressources auxquelles les cliniques
peuvent s'adresser pour avoir des précisions si c'est nécessaire, et ça a été
nécessaire dans bien des cas. Et bien
des gens se sont fait dire que, oui, la couverture allait continuer à la
condition de, le «de» étant principalement la prescription et l'achat de
médicaments.
Alors, on est
tout à fait prêts à faire en sorte de donner les informations nécessaires, mais
dans le contexte de la loi, qui,
encore une fois, M. le Président, prévoit une contribution gouvernementale
dégressive jusqu'à concurrence de 80 % des coûts, qui sont
substantiels, et c'est la raison pour laquelle on se rend jusqu'à 80 %...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette : ...de façon à appuyer
les gens qui auront accès à la procédure avec l'appui gouvernemental.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président,
la réalité, c'est que des parents se sentent abandonnés par le système. Ils
sont même invités — et
le ministre vient d'en parler — à téléphoner à une ligne info-citoyen du
gouvernement où les fonctionnaires ne savent
même pas ce qu'est la loi n° 20. Ils sont ensuite redirigés vers une boîte
vocale au ministère de la Santé. Plusieurs ne reçoivent pas de retour
d'appel.
Le ministre a
mal planifié la transition. Plusieurs députés de cette Chambre ont reçu des
appels de détresse également.
Une dame m'écrit dans un courriel — et je
pose la question au ministre : Pourquoi le gouvernement vient-il
chambouler nos vies comme ça?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, on ne refera pas la commission
parlementaire ici. Et les raisons pour lesquelles nous allons dans cette direction-là ont été
clairement indiquées. Ceci dit, la réalité demeure ce qu'elle est. Nous avons
des gens qui sont disposés à répondre aux
questions et y répondre. Et, la question qui vient d'être soulevée par le
député de Lévis, il y a une réponse à
ça, et je pense qu'elle a été donnée. Mais, dans les faits, M. le Président,
là, nous contribuons de façon
significative, financièrement, au maintien et à l'appui de ces services-là,
mais, oui, de façon variable, en fonction des revenus des citoyens.
Je pense que nous prenons la décision
responsable quant à notre situation budgétaire.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Prenons un
cas — les
drames humains sont nombreux : le 12 novembre, une clinique hésite
avant de facturer une patiente qui a
entrepris des démarches. Le 16, elle
subit une ponction. Le 17, un ovule est stimulé, mais elle reçoit un appel 15 minutes plus tard pour se faire dire
qu'elle doit payer 6 000 $
si elle veut se le faire transplanter. Une
autre femme, la prescription d'un médecin est avant l'entrée en vigueur de la
loi, mais elle n'a pas encore acheté ses médicaments. On lui refuse le
remboursement.
Est-ce que le
ministre s'engage à traiter individuellement tous les cas complexes qui tombent
dans les failles du système?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, le député de Lévis considère que des cas
tombent au travers des failles du système. Les failles, elles ne sont
pas là, les choses sont très claires.
Maintenant, il
est possible — il est
possible — que des
cliniques n'aient pas appliqué ou eu ou acquis les informations nécessaires pour prendre la bonne
décision. C'est leur responsabilité. En ce qui nous concerne, les choses
sont très claires. Et, depuis la semaine
dernière, nous répondons systématiquement aux demandes et aux questions qui
nous sont posées, tant de la part des
patients que des cliniques, mais, non, les règles ne sont pas obscures, elles
sont claires...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...et, oui, nous
continuons à appuyer financièrement les familles qui ont accès...
Le Président : Principale,
Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
Merci, M. le Président. Alors que le gouvernement libéral prétend mettre à
l'emploi les gens sur l'aide sociale, il fait exactement le contraire
sur le terrain.
À Saint-Hubert, il y a une
extraordinaire entreprise d'économie sociale qui travaille à l'insertion des
personnes handicapées. L'entreprise s'appelle Certex et oeuvre dans la
récupération et le recyclage des vêtements. Elle emploie 160 personnes, dont 75 % avec des
limitations. Or, Emploi-Québec a décidé de couper la subvention salariale du Programme de subventions aux entreprises adaptées pour
Certex. Résultat : Certex est obligée de procéder à un licenciement
collectif, d'ici le début décembre,
touchant 75 employés, dont 20 employés lourdement handicapés. Ces
personnes ne pourront pas se retrouver un emploi qui leur assure
autonomie, dignité et fierté. C'est urgent, M. le Président.
Est-ce que
le ministre responsable de l'Emploi, qui vient tout juste de dire que son objectif,
c'est la dignité, peut être conséquent et annuler ces coupures pour
assurer le maintien des 75 emplois en économie sociale chez Certex?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Hamad : M. le Président, la députée m'en a parlé, il y a à peu près
une semaine, de cette situation-là, et j'ai répondu très positivement,
je lui ai dit qu'on va la regarder, la situation, et j'ai demandé au ministère
de regarder la situation actuellement, de voir. En passant, ça fait juste deux jours qu'on s'est parlé de ça,
et nous sommes en train de regarder.
D'abord,
je veux saluer ces personnes-là, qui veulent faire l'effort, qui vont aller
faire un effort pour améliorer leur situation, et je veux saluer aussi l'organisation
qui travaille très fort pour supporter ces personnes en situation de pauvreté. Mais ils ont un objectif.
Pour moi, ces gens-là, c'est un modèle, M. le Président, c'est exactement
le modèle qu'on veut demander à des
jeunes qui sont aptes pour travailler, qui n'ont pas de contraintes, qui n'ont
pas de problème de violence. On demande à ces gens-là de faire exactement
comme les gens dont la députée parle, M. le Président.
Elle,
elle vient de faire la démonstration que nous sommes à la bonne place, parce
que, si on veut demander aux jeunes
de faire l'effort pendant qu'on voit des personnes en situation
de pauvreté avec des contraintes sévères... Ils se lèvent le matin puis ils font l'effort. Pour moi, c'est
un exemple important. J'apprécie ce qu'ils font, nous sommes fiers
d'eux. Ce qu'on veut...
Le Président :
En terminant.
Hamad :
...prendre ce modèle-là puis l'appliquer à nos jeunes.
Le Président :
Complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : M. le Président, le ministre aime tellement ce modèle qu'il les coupe. 75 personnes risquent
de perdre leurs emplois. La
conséquence, c'est que ces 75 personnes là se retrouveront à l'aide sociale. Le
ministre veut sortir les gens de l'aide sociale, veut les sortir de la pauvreté. Qu'il règle
le dossier! Ça fait une semaine que ma collègue a posé des questions au
cabinet. Qu'il s'en occupe! Il veut s'occuper de la dignité; c'est un bon
exemple.
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
Hamad : M. le Président, tout ce qu'ils veulent dire, c'est des mauvaises nouvelles, même si on
n'a pas de mauvaise nouvelle. On a eu
la demande. Elle m'en a parlé. J'ai dit je m'en occuperai. On est en train de
s'en occuper, M. le Président. On s'en occupe. Alors, je pense, par
respect...
Hamad : ...par
respect des gens qui essaient de... on est en mode de solution, voir si on peut
faire quelque chose pour l'organisation.
Mais je reviens au
point important, c'est le client. Le client, là, c'est la personne en situation
de pauvreté. Ces gens-là ont des contraintes
sévères, M. le Président, ils ne sont pas chanceux, mais les autres, ils
font l'effort pour améliorer leur
condition. Moi, ils ont toute mon admiration. On veut appliquer ce modèle-là à
nos jeunes qui n'ont pas de contraintes qui sont prêts pour aller
travailler. On veut aussi qu'ils fassent la même...
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis, mais je
crois comprendre qu'il y a une demande de consentement, au préalable. M.
le leader adjoint du gouvernement?
Sklavounos : Effectivement. Merci, M. le Président. Nous avons eu des échanges avec l'opposition, et je sollicite votre
consentement afin de vous permettre de donner un avis de commission — c'est
pour la Commission des Finances publiques — afin de ne pas faire attendre indûment les
gens qui attendent pour témoigner devant les membres de la commission.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, y a-t-il consentement pour
permettre au leader adjoint de donner avis sur les travaux d'une
commission à ce moment-ci? M. le leader...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Consentement. Alors, veuillez...
Sklavounos :
En fait, c'est votre avis, M. le Président, que vous devez donner à la CFP. Je demande
le consentement pour vous permettre...
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, je vous avise
donc que la Commission des finances publiques poursuivra les consultations particulières dans le cadre du mandat
d'initiative sur le phénomène du recours aux paradis fiscaux dès
maintenant jusqu'à 13 heures, à la salle du Conseil législatif.
Alors, à la rubrique des motions sans préavis,
je cède la parole à Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : Merci beaucoup, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : ...qui doivent quitter l'enceinte
de l'Assemblée nationale de le faire en silence, s'il vous plaît. Alors,
Mme la députée de Taillon.
Lamarre : M. le Président, je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Lévis
et la députée de Sainte-Marie—Sainte-Anne,
la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale demande au ministre
de la Santé et des Services sociaux de rendre publique, immédiatement, l'entente conclue avec la Fédération des médecins
spécialistes du Québec suspendant l'application du projet de loi
n° 20.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci, Mme la députée de Taillon. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Sklavounos : ...«dès que possible». Ça n'a pas été accepté.
Alors, il n'y pas de consentement à «immédiatement». On a offert «de la
divulguer dès que possible».
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Donc, toujours à la rubrique des motions sans préavis, Mme la députée de
Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Merci beaucoup, M. le Président. Je demande
le consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec la
députée de Taschereau :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse la nécessité de mieux lutter contre
l'intégrisme religieux et la radicalisation des personnes;
«Qu'elle
demande au gouvernement de modifier en profondeur l'objectif du projet de loi
n° 59 pour en faire un projet de loi contre l'intégrisme religieux
et prévenant la radicalisation.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, Mme la députée de Montarville. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Il n'y a pas de consentement. Nous nous dirigeons maintenant du côté
gouvernemental, et je crois que M. le ministre de l'Économie, de l'Innovation
et des Exportations souhaite présenter une autre motion sans préavis. M. le
ministre.
Daoust : Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin
de présenter la motion suivante conjointement
avec la ministre de la Culture et des Communications, avec le député de Sanguinet,
la députée d'Iberville et la députée de Gouin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la plus haute distinction gouvernementale en
culture et en science, les Prix du Québec;
«Qu'elle salue les récipiendaires
des Prix du Québec qui sont des hommes et des femmes qui ont grandement
contribué à l'enrichissement
individuel et collectif de la société québécoise de même qu'au rayonnement du
Québec à travers le monde.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Merci, M. le ministre.
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Drainville :
Consentement sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, est-ce que cette motion est
adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. Mme la députée Gouin, vous
avez une motion sans préavis. À vous la parole.
David (Gouin) : Excusez-moi, M. le Président, j'étais encore sous le
choc du «sans débat» pour féliciter nos récipiendaires des Prix du
Québec. Alors, je trouve ça désolant.
le Président, je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la
motion suivante conjointement avec le député de Verchères :
«Que l'Assemblée
nationale...»
Vice-Président (M. Ouimet) : Juste un instant, Mme la
députée de Gouin. Mme la députée de Gouin, un instant. J'ai un appel au règlement de
la part du leader de l'opposition officielle.
M. Drainville : M. le
Président, si la députée
de Gouin veut savoir les raisons pour lesquelles on n'a
pas donné notre consentement au débat, j'apprécierais qu'elle me pose la question.
Je lui donnerai l'explication à ce
moment-là. Ce n'est pas nécessaire de commenter sur les raisons pour lesquelles on
refuse notre consentement à un débat. Qu'on règle ça entre nous.
Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Sur la question de règlement, M. le leader
adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Juste
également indiquer que le gouvernement aurait également
souhaité un débat sur cette motion.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, je pense qu'on va en rester là. Mme la députée de Gouin,
sur le texte de votre motion sans préavis.
David (Gouin) : Je demande
le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le député de Verchères :
«Que l'Assemblée
nationale presse le gouvernement du Québec de prendre acte du jugement rendu le
30 janvier 2015 par la Cour suprême du Canada
qui vient réinterpréter le droit d'association, le droit de négociation et le droit de grève;
«Que
l'Assemblée nationale rappelle au président du Conseil du trésor que ce jugement pourrait avoir comme conséquence de rendre
anticonstitutionnelle une loi spéciale qui viendrait décréter les conditions de
travail des [travailleuses et travailleurs] du secteur public.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de
Gouin. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de consentement. Y a-t-il la présentation
de d'autres motions sans préavis à ce moment-ci? Et ça nécessite le
concours des membres de l'Assemblée. M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : M. le Président, je sollicite le consentement
afin de présenter une deuxième motion. Celle-ci porte sur le projet de
loi n° 76 pour la tenue de consultations particulières.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, y a-t-il consentement pour
déroger à l'article 84.1 pour permettre... Oui. Consentement. Veuillez
poursuivre, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui. Merci, M. le Président. Je fais motion, conformément à l'article 146 du
règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que la Commission des
transports et de l'environnement, dans le cadre de l'étude du projet de loi
n° 76, Loi modifiant l'organisation et
la gouvernance du transport collectif dans la région métropolitaine de
Montréal, procède à des consultations
particulières et tienne des auditions publiques les 25 et 26 novembre
2015, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
«Qu'à cette
fin, qu'elle entende les organismes suivants : l'Association québécoise du
transport intermunicipal et municipal, l'Union des transports adaptés et
collectifs du Québec, la Fédération des transporteurs par autobus, la
Communauté métropolitaine de Montréal, l'Alliance des regroupements des usagers
du transport adapté du Québec, l'organisme
Transit, alliance pour le financement des transports collectifs au Québec,
l'organisme Transport 2000, la Chambre
de commerce du Montréal métropolitain, la Caisse de dépôt de placement du
Québec, la ville de Saint-Jérôme, la Société
de transport de Montréal, la ville de Bois-des-Fillion, la ville de Longueuil,
la ville de Laval, la ville de Saint-Bruno;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires,
répartie de la manière suivante :
6 minutes au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 3 minutes 30 secondes au groupe parlementaire
formant l'opposition officielle et 2 minutes 30 secondes
au deuxième groupe d'opposition;
«Que la durée
maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et l'échange
avec les membres de la commission soit d'une durée maximale de 50 minutes
partagées ainsi : 25 minutes pour le groupe parlementaire formant
le gouvernement,
15 minutes 30 secondes pour l'opposition officielle et
10 minutes pour le deuxième groupe d'opposition; et
«Que le ministre des Transports soit membre de
ladite commission pour la durée du mandat.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, M. le leader adjoint
du gouvernement. Cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Adopté.
Nous en sommes
à la rubrique des Avis touchant les travaux des commissions, et, M. le leader
adjoint du gouvernement, je vous cède la parole à nouveau.
Sklavounos :
Merci, à nouveau, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission de
la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi n° 44, Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de l'agriculture, des pêcheries,
de l'énergie et des ressources naturelles poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 54,
Loi visant l'amélioration de la situation juridique de l'animal, aujourd'hui,
de 15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous.
Pour ma part,
je vous avise que la Commission de l'administration publique se réunira
aujourd'hui à la salle des Premiers-Ministres
de l'édifice Pamphile-Le May en séance de travail, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, afin de
préparer l'audition du ministère du Conseil exécutif sur sa gestion
administrative et ses engagements financiers; en séance publique, de 15 heures à 18 heures, afin d'entendre le
ministère du Conseil exécutif; et en séance de travail, de
18 heures à 18 h 30, afin de statuer sur les observations, et
les conclusions, et les recommandations à la suite de cette audition.
Je vous avise également que la Commission des
institutions se réunira en séance de travail aujourd'hui, de 15 heures à 16 heures, à la salle RC.161
de l'hôtel du Parlement. L'objet de cette séance est de déterminer les
observations, conclusions et
recommandations de la commission à la suite de l'audition du Commissaire à la
lutte contre la corruption et de la Directrice des poursuites
criminelles et pénales.
Passons
maintenant à la rubrique des Renseignements sur les travaux de l'Assemblée. M.
leader de la deuxième opposition.
Bonnardel :
Oui. M. le Président, si vous permettez, pour l'élément d'information pour le
leader adjoint du gouvernement, il
vient d'appeler le projet de loi... bien, il a appelé les consultations
particulières pour le projet de loi n° 76.
C'est un
projet de loi qui a à peu près 120 articles, et les organismes,
municipalités, sur la loi qui est l'organisation de la gouvernance du transport collectif dans la région métropolitaine
de Montréal, auront à peine une semaine pour se préparer. Ce n'est pas la première fois que le gouvernement agit
rapidement, un peu pour déstabiliser ces organismes, dans une certaine
mesure. Donc, je veux lui faire part de ces inquiétudes de la part de certains
organismes qui voient, dans un contexte très, très, très difficile, là, puis une certaine rapidité à laquelle le gouvernement veut opérer d'ici à la fin de la session... de
donner quand même quelques jours de plus, si possible, pour préparer ces
mémoires dans le cadre de ce projet de loi important de la part du ministre
des Transports.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, la question est bien reçue. M. le
leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, M. le Président. Alors, le gouvernement agit à chaque cas afin de permettre aux projets de
loi d'avancer rondement. Je ne peux
pas accepter le qualificatif que c'est dans le but de déstabiliser qui que ce
soit. Le gouvernement veut avoir des consultations, veut donner l'occasion aux gens de s'exprimer
pleinement sur ce projet de loi.
Et évidemment c'est un projet
de loi qui est dans l'air depuis
assez longtemps, les gens comprennent et, je pense,
pourront prendre position adéquatement afin de formuler et préciser leur pensée
sur le sujet.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le leader adjoint du gouvernement.
S'il
n'y a pas d'autre question à cette rubrique-ci, la période des affaires
courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du
jour. Je vais céder la parole à nouveau à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Article 5, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : À l'article 5 du feuilleton, l'Assemblée
reprend le débat ajourné le 17 novembre 2015
sur l'adoption du principe du projet
de loi n° 59, Loi édictant la Loi concernant la
prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours
incitant à la violence et apportant diverses modifications législatives pour
renforcer la protection des personnes.
Alors,
je suis prêt à céder la parole à un prochain intervenant et je cède la parole à
Mme la ministre de la Justice et Procureur général de la province.
Vallée : Alors, M. le Président, en fait, je suis heureuse de
pouvoir répliquer un petit peu à tout ce que nous avons pu entendre
depuis que nous échangeons sur le principe du projet de loi n° 59.
Dans un premier
temps, je pense qu'il est impératif de rappeler que c'est un projet de loi qui
s'inscrit d'abord et avant tout dans le plan de lutte contre la radicalisation
qui a été déposé en juin dernier. Pourquoi un tel plan? Bien, M. le Président, la radicalisation, elle occupe
une préoccupation de première importance. Elle envoie malheureusement un
ensemble... elle renvoie, plutôt, à un
ensemble de gestes, des gestes qualifiés d'extrêmes ou des gestes qui découlent
d'une interprétation plus littérale des
principes d'un système, qu'il soit politique, religieux, culturel ou
économique. M. le Président, on n'a
qu'à penser à un certain nombre d'événements qui sont survenus au Québec l'an
dernier, des événements tragiques, des
événements qui nous rappellent que le Québec n'est pas immunisé contre des
personnes radicalisées. Pensons aussi aux jeunes qui ont quitté le
Québec l'hiver dernier pour rejoindre des groupes islamistes.
radicalisation, elle peut être renforcée aussi par des préjugés, la discrimination,
par le racisme, des phénomènes qu'il
faut combattre avec fermeté. Et les préjugés et la discrimination, M. le
Président, ils briment les droits et libertés de la personne auxquels la
société québécoise est attachée.
radicalisation, M. le Président, comporte des risques pour la sécurité et la
santé des personnes, des risques qui portent atteinte notamment à
l'ordre public et aux droits fondamentaux. Est-ce que la tenue de propos
haineux ou de propos incitant à la violence
peut s'inscrire dans un processus qui mène à la radicalisation? Oui, M. le
Président, nous en sommes certains.
Est-ce qu'il y a lieu de proscrire des comportements qui sont basés sur des
motifs de discrimination interdits à l'article 10 de la charte
québécoise, comme l'intimidation scolaire? Oui, M. le Président, je le crois.
Il y a une action
gouvernementale qui a été réclamée dans ce sens dans le cadre de la
consultation publique sur la lutte contre l'intimidation en 2014. La crainte de
l'autre, le rejet des différences font reculer le Québec, et c'est pourquoi nous nous devons de rejeter les atteintes
aux valeurs de respect, d'ouverture et d'inclusion qui sont les nôtres. Le Québec ne peut accepter des comportements qui
compromettent la sécurité et la dignité des personnes. Le projet de loi n° 59 s'inscrit donc dans cette
volonté de défendre et de promouvoir les droits et les libertés fondamentales
tout en assurant la sécurité des
Québécois. L'objectif est donc de protéger les citoyens les plus vulnérables
contre une forme de discours discriminatoire qui a, malheureusement
souvent pour effet d'isoler les personnes qui en sont victimes.
Ceci
étant, ce projet de loi ne vise pas — et ça, c'est important de le rappeler, de le
répéter — ce
projet de loi ne vise
pas à sanctionner les membres d'une communauté religieuse particulière, mais toute personne qui
tient ou qui diffuse un discours
haineux ou incitant à la violence, et ce, dans un souci de respect des valeurs démocratiques, de l'ordre public, du
bien-être général des citoyens et des citoyennes.
Tel que je
l'ai mentionné précédemment, nous avons abordé les consultations avec une
grande ouverture et nous avons été à
l'écoute. Vous savez, M. le Président, j'entends un écho de l'autre côté de la Chambre,
le père de la charte des valeurs qui m'interpelle de façon peu
subtile...
Mme Vallée : ...et qui me
parle d'atteinte à la liberté d'expression...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Juste un instant. J'entends cette voix-là. J'entends cet écho-là venant de M. le leader de l'opposition officielle. Alors,
vous connaissez la règle, hein? Une seule personne a la parole, et c'est la
ministre de la Justice. Alors, veuillez poursuivre, Mme la ministre.
Mme Vallée :
M. le Président, la Cour suprême a été très claire. Et notre collègue,
malheureusement, n'était pas là lorsque nous avons pris parole à maintes
occasions, parce qu'il était occupé à d'autres fonctions au sein de cette Assemblée. J'ai amplement cité l'affaire Whatcott,
l'affaire Whatcott par laquelle la Cour suprême nous indiquait que la
liberté d'expression avait certaines limites, certaines limites dans des
contextes vraiment particuliers.
D'ailleurs,
je pense qu'il est bon de rappeler que, le 24 septembre dernier, dans un
article tiré de La Presse , un
article sous la plume d'Hugo Pilon-Larose, nous avions une déclaration
de Me Julius Grey qui disait : «Il y a certes des limites à la liberté d'expression, mais ces
limites ont été statuées par la Cour suprême.» Bien, c'est justement ça. Le
projet de loi n° 59, M. le
Président, s'inscrit justement dans ces limites, dans ces paramètres qui nous
ont été enseignés par la Cour suprême. Parce que nous, de ce côté-ci de
la Chambre, M. le Président, nous respectons les enseignements de la Cour
suprême.
Alors, M. le
Président, je tiens à vous réitérer que nous avons été à l'écoute lors de ces
consultations. De nombreux groupes se
sont présentés en commission parlementaire et ont fait valoir des
représentations, ont analysé le projet de loi, nous ont fait part de suggestions, de recommandations pour bonifier le
projet de loi. Parce que c'est la base du processus parlementaire, des consultations, des
commentaires, des recommandations, de l'écoute, de l'analyse et par la suite un
travail, qui, je l'espère, sera tenu
très prochainement, par lequel et à travers lequel nous pourrons, ensemble,
avec les collègues parlementaires, bonifier ce projet de loi à la
lumière des échanges que nous avons eus lors des consultations.
Donc, il y aura des propositions, M. le
Président, d'amendement, oui. Ces propositions d'amendement seront déposées lors de l'étude
article par article. Et
je vous en ferai part avant de clore nos travaux, parce qu'hier notre collègue
de Québec solidaire nous indiquait son
ouverture peut-être à voter en faveur du principe sous réserve d'un certain
nombre de motifs. Et je tiens à faire
part à l'ensemble des parlementaires qui peut-être, peut-être, jonglent avec
l'idée de voter peut-être,
malheureusement, contre ce principe... je tiens à les inciter à revoir
peut-être le tout, puisque nous apporterons des amendements. Et je suis persuadée, parce que... je suis persuadée
que nous aurons de la part des collègues aussi des propositions d'amendement, que je m'engage à
analyser de façon rigoureuse avec les équipes du ministère de la Justice.
Mais je
tiens, M. le Président, quand même à vous indiquer que j'aurais... j'ai de la
difficulté, lorsque j'écoute, de
l'autre côté de la Chambre, tout ce qui a pu se dire sur le projet de loi
n° 59, la désinformation aussi, peut-être, qu'on a faite à cet
égard...
Mme Vallée : ...j'ai de la
difficulté à comprendre...
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Oui. Juste un instant, Mme la ministre. J'ai un rappel au règlement?
Maltais :
J'ai rarement vu des parlementaires faire de la désinformation ici, ça n'aurait
pas été permis par règlement. Alors, la ministre ne peut pas dire ça.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Je crois que la ministre a pleinement le droit d'interpréter le sujet comme elle le voit, et on vient d'imputer des motifs à la ministre.
Je vais demander à notre collègue leader adjointe de les retirer, là. «La
désinformation», ça ne se dit pas, ça, ici.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Mme la leader adjointe.
Maltais : Je ne comprends pas, là. À nous, on nous a prêté
des intentions en disant que nous faisions de la désinformation, et, de
l'autre côté, ça revient contre nous.
M. le Président, ce serait tellement plus simple qu'on revienne à un langage familier,
parlementaire, qui ne prête pas d'intention. On serait
tous d'accord là-dessus. Commençons par la ministre de la Justice.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, la règle :
n'imputons pas de motifs indignes à quiconque, et les choses vont bien
se dérouler. Voilà. Poursuivez, Mme la ministre.
Mme Vallée :
...bien honnêtement, le terme n'était peut-être pas à propos, mais disons que
l'interprétation qui a pu être donnée
au projet de loi n° 59 par certains collègues qui ont pris parole n'est
peut-être pas la bonne, dans ce sens que
nous avons des différentes interprétations. Puis moi, je vous dirais, de mon
côté, j'ai de la difficulté à comprendre comment, de quelle façon, ici, dans cette enceinte, on pourrait, au nom
de la liberté d'expression, défendre la tenue de propos extrêmes, des propos qui sont tels, par
exemple, que de dire que des personnes sont des créatures horribles qui ne devraient pas avoir le droit de vivre ou
qualifier certaines personnes de parasites ou encore de mal à l'état pur, en
raison d'un critère, d'une particularité qui est protégé par
l'article 10 de la charte. Parce que c'est ça dont il s'agit.
le projet de loi, évidemment, il n'a pas pour objet d'interdire l'expression
d'idées offensantes, d'interdire les propos
satiriques. Il n'y a pas... Ce projet de loi ne vise pas à empêcher de
critiquer, même de la façon la plus virulente, une religion ou une pratique religieuse. Ce n'est pas l'objectif du
projet de loi. Le projet de loi a pour objectif d'interdire la tenue et la diffusion de propos extrêmes, de
propos qui exposent un groupe de personnes à l'aversion, par exemple, à la détestation. Et, pour moi, je serais très, très
étonnée, très étonnée que, du côté de l'opposition, on accepte que de tels
propos soient tenus, parce que je connais
l'ouverture de nos collègues et je serais étonnée. Donc, manifestement, il y a
peut-être une interprétation ou une compréhension du projet de loi et de la
portée du projet de loi qui n'est pas claire.
Alors, vous savez, M. le Président, l'expression
d'opinions publiques, elle contribue à la démocratie, elle contribue à l'échange d'opinions, puis que des opinions ne
soient pas homogènes, c'est la beauté de la démocratie. Par contre, des propos haineux, bien, ça, ça va à l'encontre,
justement, de toute forme d'échange et d'échange dans un contexte démocratique, parce que ces propos haineux, ils empêchent
le dialogue. Ces propos haineux là, ils rendent difficile, ils rendent impossible pour les membres d'un groupe
vulnérable de réagir avant même l'échange d'idées. Alors, c'est pour ça que la Cour suprême a considéré que
l'interdiction de tenir un discours haineux, c'est justifié dans une société
libre et démocratique. Une interdiction telle que celle-là n'est pas
contraire à la charte québécoise et à la charte canadienne puisqu'elle
s'inscrit à l'intérieur de paramètres définis par la cour.
Pour ce qui est de
l'atteinte à la liberté d'expression, M. le Président, c'est important de
mentionner que la commission des droits de la personne et de la jeunesse a
comme mission de veiller au respect des principes qui sont énoncés à la charte québécoise, y compris la
liberté d'expression. Et c'est pour ça que la commission et le Tribunal des
droits de la personne, par la suite, devront
pondérer ce droit à la liberté d'expression et la restriction visant les
discours interdits. On ne pouvait trouver meilleur forum pour voir à
assurer cet équilibre. C'est un rôle de pondération qui est actuellement assumé par la commission et le
Tribunal des droits de la personne, notamment à l'égard de l'interdiction
de la diffamation qui est fondée sur un
motif de discrimination. Donc, l'interdiction de discours haineux et de
discours incitant à la violence basés
un sur motif de discrimination, c'est un prolongement d'un rôle qui est
actuellement joué par la commission
des droits de la personne et de la jeunesse, c'est le prolongement d'un rôle
qui est actuellement joué par le
Tribunal des droits de la personne.
le Tribunal des droits de la personne, ce n'est pas un nouveau tribunal, M. le Président. On semblait dire : On crée
un nouveau tribunal. Ce n'est pas un nouveau tribunal. D'ailleurs,
le 23 octobre dernier, on a souligné les 25 ans du Tribunal des droits de la personne. C'est un tribunal d'expérience, c'est un
tribunal qui a forgé, au fil de ce quart de siècle, une jurisprudence
évolutive, une jurisprudence en matière de droits de la personne qui est fort
intéressante.
Alors, je reviens aux
amendements, M. le Président, parce que je regarde le temps filer. M. le
Président, pour dissiper toute forme d'ambiguïté quant à ce qu'est ou ce que
n'est pas un discours haineux, et même si le concept est bien connu par la jurisprudence, même si le
concept a été défini dans les arrêts Whatcott, même si le concept a été défini
dans les arrêts Taylor, je pense que, ne serait-ce que par un souci
pédagogique, un souci de compréhension, il serait important d'inclure dans le projet de loi une définition claire, une définition détaillée de ce que constitue le
discours haineux.
Je pense
qu'il serait peut-être aussi opportun que des modifications soient apportées au
titre et aux attendus du projet de loi pour clarifier les circonstances dans lesquelles ce projet de loi s'inscrit, c'est-à-dire la lutte à la radicalisation.
Lors
des consultations, M. le Président, plusieurs intervenants se sont dits outillés pour agir dans
l'éventualité où un discours haineux
ou incitant à la violence serait tenu. Certains nous ont dit qu'il pourrait
être souhaitable que, dans certaines situations,
les personnes dénoncées soient plutôt référées à une ressource plus appropriée,
pensons, par exemple, à la
direction de la protection de la jeunesse, pensons, par exemple, au Curateur
public lorsqu'il s'agit de personnes présentant
des problèmes de santé mentale, pensons, par exemple, aux autorités
scolaires qui ont un encadrement et qui ont manifesté cet intérêt de pouvoir
intervenir aussi.
Alors,
j'entends proposer un amendement, M. le
Président, afin que la commission des droits de la personne et de la jeunesse puisse référer la personne dénoncée à
une ressource appropriée à sa situation, et donc... afin que la personne
puisse être encadrée. Dans toute cette question, je dois avouer, M. le
Président, que la question des mineurs et des problématiques qu'un jeune peut
vivre m'a interpellée.
Il pourrait aussi
être envisagé, M. le Président, de prévoir que les tribunaux des droits de la
personne, au lieu d'imposer systématiquement une sanction pécuniaire — ce
qui n'est pas une sanction pénale par ailleurs, et ça, c'est important de le mentionner — puissent avoir à sa disposition des mesures
de redressement, par exemple, telle l'admission de la violation d'un droit, et donc permettre des mesures de réparation
qui ne sont pas exclusivement le versement d'une sanction pécuniaire.
le Président, je pense qu'à l'unanimité il a été... la constitution de la liste
a fait l'objet de plusieurs critiques. Je
l'ai mentionné et j'ai été à l'écoute. Je proposerai donc un amendement afin de
retirer cette obligation, compte tenu, notamment,
de l'accessibilité des jugements qui existent via les banques de données.
Puisque les jugements, les décisions du
Tribunal des droits de la personne sont déjà de nature publique, sont déjà
accessibles à travers les banques de données constituées par le tribunal, par SOQUIJ notamment, par les différents
organismes, nous convenons de retirer la liste. Je crois que cette question a été notamment abordée
par notre collègue de Montarville, qui avait soumis certaines préoccupations
quant à la constitution de la liste dans ses échanges, je me souviendrai,
notamment avec le maire de Montréal. Alors,
je pense qu'il serait à propos de retirer la constitution de la liste. Elle
pouvait être utile à différentes fins, mais, compte tenu des
commentaires, je suis disposée à déposer cet engagement.
Pour ce qui
est de la prévention, M. le Président, c'est important de noter que le projet
de loi convient expressément d'un
rôle qui est confié à la Commission des droits de la personne.
L'article 17 du projet de loi prévoit que la commission va assurer un rôle de
prévention et d'éducation en matière de lutte contre les discours haineux
incitant à la violence. Alors, je pense que c'est important de le
mentionner.
Alors, M. le
Président, j'entends travailler en collaboration avec les parlementaires pour
bonifier, le cas échéant, le projet
de loi qui est sous étude, qui est un projet de loi important pour la société.
J'estime que les amendements que nous entendons proposer et dont je
viens de citer les grandes lignes répondent, pour la plupart, aux commentaires
qui ont été formulés lors des consultations.
Évidemment, évidemment, M. le Président, je serai à l'écoute. Est-ce qu'il y
aura lieu de travailler et de définir d'autres termes? Je suis ouverte,
parce que, M. le Président, on mentionnait la semaine dernière que je n'avais
pas été à l'écoute, et c'est très mal me connaître.
Alors, M. le
Président, je nous invite tous, en cette Assemblée, à voter en faveur du principe du projet de loi n° 59. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, Mme la
ministre de la Justice et Procureur général. M. le leader de
l'opposition officielle.
Drainville :
Article 213, M. le Président. Est-ce que la ministre accepterait de
prendre une question en vertu de 213?
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, vous avez le
loisir, Mme la ministre, pour une courte question, une courte réponse.
Mme Vallée : M. le Président,
on en prendra plusieurs lors de l'étude détaillée du projet de loi. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, le principe du
projet de loi n° 59, Loi édictant la Loi concernant la prévention de la lutte contre les discours
haineux et les discours incitant à la violence et apportant diverses
modifications législatives pour renforcer la protection des personnes,
est-il adopté?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Madame...
Une voix : ...par appel
nominal, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, vote par appel nominal. M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Je
vous demanderais de reporter le vote aux affaires courantes de demain, M. le
Président, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, conformément aux
dispositions de notre règlement, le vote sera reporté à demain.
Pour la suite des choses, M. le leader adjoint
du gouvernement.
Sklavounos :
Article 9, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : À l'article 9 du feuilleton,
Mme la ministre du Tourisme propose l'adoption du principe du projet de
loi n° 67, Loi visant principalement à améliorer l'encadrement de
l'hébergement touristique. Alors, je suis
prêt à céder la parole à une première intervenante et je cède cette parole à
Mme la ministre du Tourisme.
Mme Vien :
Eh bien, merci beaucoup, M. le Président. Évidemment, je suis très contente de
prendre la parole en cette Chambre ce
matin pour vous parler du projet de loi n° 67. Nous en sommes maintenant à
l'adoption du principe. C'est mon deuxième projet de loi, M. le
Président. Alors, je suis très fière de ça.
Alors, le projet de loi n° 67, c'est la Loi
visant principalement à améliorer l'encadrement de l'hébergement touristique,
et on dit ceci, dans le projet de loi:
«Ce projet de loi modifie la
Loi sur les
établissements d'hébergement touristique afin de définir la notion de touriste, de préciser les cas où le ministre du
Tourisme peut, ou doit, refuser de délivrer une attestation de classification,
la suspendre ou l'annuler et de permettre au
ministre de déléguer ses responsabilités liées à la suspension et à
l'annulation d'une telle attestation.
projet de loi modifie également cette loi pour y prévoir des dispositions en
matière d'enquête et en réviser le régime pénal.
«[Et]
le projet de loi modifie en outre la
Loi sur le ministère du Tourisme afin
notamment de permettre au ministre de
confier certaines de ses fonctions à un organisme reconnu ou à un
[regroupement] de tels organismes et de permettre au ministre de déterminer les fins auxquelles
certaines sommes versées aux associations touristiques régionales doivent
servir.»
M. le Président, on est très contents parce que le
projet de loi n° 67 a reçu un bon accueil, que ce soit des médias ou encore des parlementaires. Et vous allez me
permettre également de remercier dès maintenant les députés de l'opposition
officielle, le député de Bertrand qui a fait
un travail formidable durant cette consultation que nous avons tenue en commission parlementaire, donc des consultations
publiques. Il y a 16 groupes qui ont été rencontrés. Également, M. le
Président, je m'en voudrais de ne pas saluer le député de Nicolet-Bécancour,
qui a aussi travaillé très, très fort, qui a posé d'excellentes questions, qui
a émis également des opinions qui, très certainement, nous apporteront un
éclairage nouveau durant... au cours des
prochains travaux qui seront... lors de l'étude
article par
article du projet
de loi; également le député de Drummond—Bois-Francs qui a travaillé avec
nous durant ces consultations.
Alors,
de quoi il est question ici, M. le Président? C'est un projet de loi qui a été
déposé le 22 octobre dernier. Comme
vous pouvez voir, les choses vont assez rondement merci, on en est à l'adoption
du principe. Et essentiellement ce
que vient dire ce projet de loi, M. le Président, c'est : Dans le contexte
actuel où il y a de l'hébergement illégal — vous le savez, à Montréal, il y en a beaucoup, il y en a à la grandeur du
Québec mais en particulier dans les grands centres — comment
on peut faire pour améliorer les choses, comment on peut amener des nouvelles
dispositions législatives notamment pour
bien améliorer la situation, la logique en arrière de notre intervention étant
de dire : On n'est pas ici pour
embarrasser, si vous voulez, le citoyen qui peut louer sa maison, son chalet,
son condo un deux semaines, trois semaines par année, on n'est pas du
tout là-dedans?
Nous,
ce qu'on souhaite, c'est que ces personnes-là qui louent et qui ne sont pas des
hôteliers, qui ne sont pas des gîtes
ou d'autres établissements touristiques tels que nous les connaissons, mais qui
font de l'hébergement touristique et
sur une base illégale et dans une logique de commerce, donc une logique
commerciale... nous, ce qu'on dit : Bien, écoutez, il faut que tout le monde joue sur la même patinoire. Et c'est essentiellement ce que vient dire une
partie du projet de loi.
Alors,
évidemment, ce projet
de loi, en fonction de ce que viennent dire les dispositions sur l'hébergement touristique, franchement réjouit le monde
hôtelier. Les trois grandes associations hôtelières du Québec sont venues nous
dire, notamment en commission parlementaire,
à quel point elles étaient heureuses de ce projet de loi là. Il faut dire aussi
qu'on a travaillé un an et demi sur ce
projet de loi, en consultations et en discussions, en rencontrant l'essentiel
des groupes, au Québec, qui font dans le tourisme et en particulier dans
l'hôtellerie pour en arriver avec une pièce législative qui, franchement,
suscite presque l'unanimité.
que vient dire exactement, M. le Président, le projet de loi, notamment sur
l'hébergement illégal? En fait, ce que
nous, on vient faire, c'est d'ajouter une définition, qui n'existe pas, sur le
touriste et en y ajoutant une portion sur le tourisme d'affaires. Donc,
c'est tout à fait nouveau.
Également,
M. le Président, on vient donner des pouvoirs d'inspection, on vient donner
aussi des pouvoirs d'enquête. À qui
exactement? Les pouvoirs d'inspection seront délégués chez nos mandataires qui
font la classification actuellement
et à partir de laquelle classification nous émettons ou nous n'émettons pas une attestation de classification. Donc, ces gens-là ont déjà des gens sur le terrain, ils sont au nombre de
18... de 16, actuellement. Nous allons donc utiliser ces forces
vives sur le milieu pour en faire des inspecteurs. On va leur déléguer des
pouvoirs d'inspection. Alors, les trois
mandataires — Camping
Québec, la Corporation de l'industrie
touristique du Québec et les pourvoiries... l'association des pourvoiries du Québec — sont tout à fait d'accord avec notre
enlignement. Évidemment, on les a consultés avant, ils sont d'accord. Et, comme ces gens-là sont déjà
sur le terrain et que ces trois mandataires font déjà du travail pour nous
dans une logique d'autofinancement, on
comprendra qu'également ces nouvelles responsabilités s'inscrivent à
l'intérieur de cette logique d'autofinancement.
De la même façon, on
veut donner des pouvoirs d'enquête supplémentaires, ce qui n'existe pas
actuellement. Actuellement, il n'y a que
deux inspecteurs au ministère du Tourisme, nous en ferons des enquêteurs.
Alors, voilà donc une force de
frappe, si vous voulez, mais je le dis gentiment, là. Sur le terrain, on va
passer de deux à 18 inspecteurs, et deux d'entre eux auront également des pouvoirs d'enquête, ce qui
n'existe pas actuellement. Également, M. le Président, on vient augmenter les amendes de façon
substantielle. Ce sera beaucoup plus sévère et, souhaitons-le, dissuasif pour
toute personne qui voudrait se lancer dans l'hébergement illégal.
Également,
on va venir alléger la procédure de demande d'attestation pour opérer un
hébergement touristique. Actuellement, c'est le demandeur qui doit faire
un certain nombre de gestes, notamment d'aller voir la municipalité pour voir si effectivement l'endroit où il veut
faire de l'hébergement touristique est conforme aux usages. Alors, ce que
nous proposons, nous, c'est de demander au
ministère du Tourisme de faire cette démarche. Cette démarche sera simple.
Nous recevrons donc cette demande
d'attestation, par exemple, de vous, M. le Président, et, nous, ce que nous
ferons, c'est que nous enverrons une
lettre à la municipalité concernée lui demandant de nous répondre si
effectivement cette personne est, n'est pas autorisée à opérer un
hébergement touristique dans le secteur visé. Alors donc, si au bout de 45 jours la municipalité n'aura pas répondu,
nous comprendrons à ce moment-là qu'effectivement il n'est pas permis... il
est permis, donc, de procéder. Et, si, a contrario, effectivement, il n'est pas
permis, la municipalité va se manifester.
Nous avons reçu la Fédération québécoise des municipalités,
M. le Président, en commission parlementaire, lors
des auditions, et effectivement son président, M. Lehoux, se disait tout à fait à l'aise avec cette nouvelle façon de procéder. D'ailleurs, nous
avons aussi sondé les reins et les coeurs de l'UMQ, des deux grandes villes du Québec
également que sont Québec et Montréal.
Aussi,
M. le Président, ce que je souhaite dire sur cette question
d'hébergement illégal, c'est que plusieurs personnes ont fait des liens rapides en parlant des
plateformes collaboratives les plus populaires, la plus populaire étant Airbnb.
Je souhaite réitérer ici ce que j'ai
dit en commission parlementaire, qu'Airbnb, HomeAway, ou les autres associations,
ou plateformes collaboratives, elles ne sont pas illégales. Elles ne
sont pas illégales. Vous devez les apparenter ou vous devez les voir comme si c'étaient des lieux d'affichage. De la même
façon — et
je dois cette expression à quelqu'un dans mon entourage, je n'ai pas le «copyright» de cette expression-là,
passez-moi l'expression — mais,
de la même façon, quand vous allez
dans une épicerie, vous avez souvent un babillard à l'entrée, hein, on cherche
une gardienne, on a des trucs à vendre
ou un logement à louer, puis vous avez des petits numéros de téléphone, puis
vous décrochez le numéro de téléphone, puis
vous faites ce que vous avez à faire avec ça. C'est la même chose. Là où c'est
embêtant, c'est quand les gens s'affichent sur ces plateformes-là, là ou
ailleurs, ça peut être dans Le Journal de Montréal , ça peut être
dans Le Soleil, et que, là, on devrait avoir une attestation et
qu'on n'en a pas. C'est là où le bât blesse et c'est là-dessus qu'on veut
intervenir, M. le Président.
Et d'ailleurs
je dois dire qu'on est bien observés dans plusieurs grandes villes, dans
d'autres pays, dans le monde actuellement sur ce que nous faisons, et on
s'enorgueillit un peu quand même de dire — puis ça, ce sont tous les parlementaires — que je
pense que nous, on va arriver à une
solution qui va faire l'envie de bien du monde, M. le Président.
Également,
il y a aussi en prépublication actuellement le règlement sur... je n'ai pas le nom en tête, M. le Président, mais vous me pardonnerez, je
vais le dire en mes mots, le règlement sur l'hébergement touristique, là, dans lequel règlement
est précisé actuellement ce qu'est un hébergement touristique. On va venir apporter une précision. Actuellement, la façon de comprendre ce
qu'est un hébergement touristique, on le regarde sous l'angle de
l'occasionnalité. Je pense que le mot n'est pas au dictionnaire, mais tout
le monde comprend ce que je veux
dire : quand vous faites ça sur une base occasionnelle. On va venir
donner un coup de roue supplémentaire en disant : Voici ce qu'est l'hébergement
touristique au Québec dorénavant. Ce sera donc à partir du moment où vous le
faites sur une base régulière et si l'offre de cet hébergement touristique là
est affichée sur un lieu public.
Alors, ce que
je propose aux parlementaires aujourd'hui et ce qui n'est pas régulier ou habituel :
je travaillerai avec les collègues en
commission parlementaire, la prochaine étape étant l'article par article, avec le règlement et avec
la loi. Et j'avais fait ça à l'époque, du
temps que j'étais ministre des Services sociaux, M. le Président, où on avait
resserré les règles entourant les
résidences privées pour personnes aînées. J'avais donc les deux documents de
façon concomitante, et on travaillait
les deux en même temps. Alors, je pense que ce sera apprécié qu'on puisse
travailler ces deux notions-là.
Alors, le
règlement, actuellement, est en prépublication. Je me permets de faire une
petite annonce publicitaire. S'il y a des gens qui ont des commentaires
à nous formuler, à nous apporter sur cette question-là, évidemment, c'est
bienvenu, et c'est tout à fait dans le temps de le faire.
D'autre part,
à l'intérieur de ce projet de loi là, M. le Président, nous avons la permission
donnée à la ministre de confier certaines tâches de ses propres
fonctions à une organisation extérieure du ministère, comme elle le fait ou
comme le ministère le fait actuellement avec les ATR, c'est d'ailleurs le cas
actuellement. Ce que nous proposons, M. le
Président, c'est de devenir beaucoup plus performants dans la promotion de la
destination du Québec à l'étranger et hors
Québec aussi, dans le reste du Canada, parce qu'actuellement nous ne sommes pas
performants et nous n'atteignons pas
les performances, les cibles de performance que l'on s'est données comme
industrie en 2012, sous le leadership de la députée de Laporte, avec le plan de développement de l'industrie
touristique qui vient nous dire : De 2012 à 2020, ce que nous souhaitons, c'est d'augmenter... à chaque
année, d'avoir une croissance annuelle de 5 % de l'activité touristique au
Québec.
M. le
Président, actuellement, là, en 2012, on a atteint 3,5 %, en 2013, on a
diminué de 3,2 % puis, en 2014, on a augmenté de 3,1 %. Ça, ça veut dire qu'on n'atteint même pas, là, on
n'atteint même pas la moyenne de 4 % annuellement mondialement.
Alors, il y a un coup de barre à donner. Il y a un travail à faire parce que le
plan de développement de l'industrie
touristique dont s'est donné l'ensemble de l'industrie touristique, ça demeure
un bon plan, ça demeure la bible du
secteur touristique. Tout le monde y croit, et le 5 % qu'on s'était fixé,
franchement, là, il n'était pas sorti de nulle part, là. On s'était fiés, à l'époque, à ce qui était prévu
dans d'autres administrations puis on était pas mal dans les barèmes. Même
que d'autres administrations ailleurs au
Canada allaient même, de mémoire, jusqu'à 7 %. Alors, on était assez
raisonnables.
Il faut juste
revoir nos moyens, M. le Président, pour vendre la destination à l'étranger.
Parce qu'à ça se greffe une autre
problématique, c'est celle du déficit commercial touristique. Actuellement, il
y a plus d'argent qui sort qu'il en
rentre, 4,7 milliards de dollars. Il n'est pas question de blâmer les gens
qui vont dans le Sud. On est des nordiques, on aime ça aller dans le
Sud, c'est plaisant. La majorité des Québécois y vont. La question n'est pas
C'est comment
on fait davantage pour attirer des gens hors Québec chez nous, ici, sur notre
territoire? Nous, on fait le pari, M.
le Président, que, comme la grande majorité des provinces au Canada, dont le
profil touristique se compare assez bien à celui du Québec et aussi à la
tendance lourde ailleurs sur la planète, qu'effectivement la promotion de la destination touristique à l'étranger ne se fait
pas à partir d'un cadre gouvernemental ou d'un ministère, mais bien d'une
entité à l'extérieur. Alors, on fait ce
pari-là, M. le Président, et c'est quelque chose qui était demandé aussi depuis
assez longtemps par l'industrie également.
Ça va faire
en sorte, M. le Président, qu'il y a trois grandes associations au Québec qui
vont se fusionner, parce qu'il y a
une multiplication des organisations sur le territoire qui font du tourisme, et
nous, on dit : Il va falloir resserrer tout ça aussi, là. Alors, déjà, en partant, avec la création de cette
entité-là à qui on va confier la responsabilité d'être plus performant en ce qui a trait à la promotion hors
Québec, bien, ça va venir faire en sorte aussi qu'il y a trois associations
qui vont se saborder pour créer l'Alliance de l'industrie touristique. Et ça,
c'est de bon augure.
Je veux
rassurer tout le monde ici aujourd'hui, M. le Président, et vous-même, à
l'effet qu'effectivement nous allons
confier 13 millions de dollars actuellement dévolus au ministère du
Tourisme à cette entité pour faire de la promotion hors
Québec de la destination. Je veux, par ailleurs, vous assurer que nous serons
excessivement rigoureux et même sévères sur
la reddition de comptes et sur les cadres de gestion qui seront exigés de cette
nouvelle entité, pour faire en sorte qu'effectivement on montre patte
blanche, mais qu'aussi on ait des résultats attendus. Parce que c'est un gros morceau, là, ce qu'on fait, là. C'est quelque
chose de nouveau, c'est important, ce que nous sommes en train de faire avec
la création de l'alliance en lui confiant
aussi des deniers publics, parce qu'il y a 13 millions qui sont du
ministère qui s'en vont à l'alliance, M. le Président.
Mais il y a
10 millions aussi que les ATR partout au Québec vont mettre à l'intérieur
aussi de cette alliance-là, et nous
leur avons demandé également de lever, si vous voulez, passez-moi l'expression,
7 millions supplémentaires dans le
privé. Donc, de 13 millions que nous avions au départ pour faire de la promotion
de la destination hors Québec, nous en
aurons 30. Alors, c'est énormément, c'est beaucoup d'argent. C'est une
augmentation de 130 %, M. le Président. Alors, c'est vous dire la force de frappe. Mais on est
bien conscients qu'on confie de l'argent public à cette nouvelle entité et, en
commission parlementaire, que ce soit le député de Nicolet-Bécancour ou de
Bertrand, et moi-même, on a posé des questions
très serrées à ces trois organisations-là qui vont former l'alliance quant à
nos attentes en ce qui a trait au suivi de la dépense et à la reddition
de comptes, M. le Président.
Alors,
écoutez, je ne veux pas être plus longue que ça, vous dire qu'on est très
satisfaits, on est très contents. La revue
de presse, elle est dithyrambique sur le projet de loi n° 67. Les gens
sont contents, ils ont l'impression effectivement qu'on va donner un second souffle au secteur
touristique, qui est le troisième produit d'exportation au Québec. On se plaît
souvent à le dire, mais il a besoin un peu
d'oxygène. On a besoin de se recoller sur les objectifs du plan de
développement de l'industrie
touristique, mais, pour y arriver, à ce 5 % annuellement, pour créer
7 milliards de plus en retombées économiques
à terme en 2020, pour qu'on accueille 7 millions de visiteurs de plus en
2020, et qu'on crée 50 000 emplois supplémentaires en 2020, comme nous le commande le PDT, on n'a pas le
choix, M. le Président, ça prend un revirement majeur, et c'est ce que nous faisons, et c'est ce que nous continuerons
à faire lors des prochains travaux, c'est-à-dire l'étude
article par
article, qui devrait débuter très, très, très bientôt, peut-être même dans les
prochaines heures.
Alors, M. le
Président, je vous remercie. Je remercie encore une fois les oppositions pour
leur très bon travail, et les collègues aussi du côté ministériel qui
suivent les travaux avec beaucoup, beaucoup d'assiduité, avec beaucoup d'intérêt, aussi. On a des gens qui nous viennent
de partout au Québec et qui évidemment comptent des activités touristiques
dans leur comté. Et on peut se vanter, quand
on fait du tourisme, de dire que le tourisme, bien, il y en a partout au Québec
et que ça crée des emplois partout au Québec. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la ministre
du Tourisme, pour cette intervention. Je cède maintenant la parole à M.
le député de Bertrand.
Cousineau :
Bien, merci, M. le Président. À mon tour de parler sur le projet de loi
n° 67. Dans un premier temps,
permettez-moi de brosser un tableau de ce qu'est le ministère du Tourisme,
parce que je trouve important, pour les
gens qui nous écoutent, de connaître un peu les tenants et les aboutissants
avant d'entrer dans le vif du sujet du projet de loi n° 67.
La ministre du Tourisme nous présente un projet
de loi à deux volets touchant le domaine touristique au Québec. Il faut se rappeler que le tourisme au Québec, c'est le
troisième secteur d'exportation, un secteur d'activité qui génère des recettes de près de 13 milliards
de dollars annuellement, qui emploie quelque 345 000 Québécois et
Québécoises. Je parle évidemment des emplois directs et indirects dans
toutes les régions du Québec.
C'est 8,7 % de l'emploi québécois,
2 450 000 000 $ en retombées fiscales et parafiscales. 1 $
sur 5 $ est un excellent retour sur
l'investissement. Chaque dollar d'argent public investi en tourisme en génère
20, dont cinq qui retournent directement
dans les coffres de l'État, notamment pour financer les services publics en
particulier, évidemment la santé, l'éducation au premier chef.
L'AQIT,
l'Association québécoise de l'industrie touristique, précise, dans leur
mémoire, avec raison, et je cite : Les voyageurs étrangers,
avec une croissance des vols internationaux avoisinant 5 % au cours des dernières
années et des perspectives à long terme
entre 3 % et 4 % annuellement jusqu'en 2030... que «le tourisme
mondial a le vent dans les voiles».
Je vais faire référence souvent, durant mon
exposé d'une trentaine de minutes, M. le Président, aux différents mémoires que nous avons reçus, parce qu'évidemment
les gens ont été très constructifs lorsqu'ils nous ont déposé leurs
mémoires.
Le Québec
doit, M. le Président, s'inscrire dans cette mouvance mondiale touristique. La
promotion internationale en est la clé. Le projet de loi n° 67
s'inscrit dans cet esprit. Les travailleurs et les travailleuses du domaine
touristique oeuvrent dans plus de 32 000 entreprises, principalement
des PME à 85 %. Pourtant, la balance commerciale dans ce domaine est déficitaire, comme disait la ministre,
de 4,7 milliards de dollars. Il y a donc énormément de travail à faire
pour faire en sorte que le Québec se hisse dans le peloton de tête en ce qui a
trait à la promotion internationale et à la diversification de l'offre touristique.
M. le
Président, ce projet de loi est avant tout un projet de loi de l'industrie
touristique parce qu'il répond à de nombreuses
demandes répétées, depuis plusieurs années, par les acteurs de cet important
secteur d'activité économique. Il vient renforcir le PDIT, le Plan de
développement de l'industrie touristique 2012-2020.
L'AQIT
précise, en conclusion, dans son mémoire, que ce projet de loi, et je cite,
«répond aux demandes d'équité des
secteurs de l'hébergement touristique». En ce qui a trait au modèle d'affaires
proposé, l'AQIT poursuit en ces termes : «Véritable moteur de développement économique
régional, l'industrie touristique n'est pas un poste de dépenses pour le gouvernement. À ce titre, elle est prête à
apporter des améliorations à son mode de fonctionnement qui la [positionnent]
encore plus fermement dans la colonne des revenus de l'État.»
L'AQIT
précise, M. le Président, que «les entrepreneurs touristiques soutenus par les
intervenants de l'industrie sont
enthousiasmés par la mise en place d'un environnement d'affaires propice à
l'essor du tourisme à l'échelle du Québec. Il est maintenant souhaité
d'aller de l'avant dans la mise en oeuvre de cette réalité.»
Je précise ici, M. le
Président, que nous avons entendu en commission parlementaire les représentants
de 16 organismes, dont deux syndicats,
et reçu trois mémoires pour consultation. 17 groupes sur 19 sont en faveur du projet de
loi n° 67, comme le
précisait la ministre, avec certains amendements qui nous semblent
constructifs et deux mémoires qui sont contre ce projet de loi.
projet de loi n° 67 amène
des pistes de solution intéressantes, mais soulève aussi des questions
importantes, puisqu'il vise
l'hébergement illégal, les amendes liées aux infractions découlant de ce type
d'hébergement clandestin. De plus, le
projet de loi n° 67 propose une nouvelle forme de gouvernance en ce
qui a trait à la promotion internationale. Encore ici, des que