Labour and the Economy — 18 April 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2018-04-18
Quebec — Committees
(Onze heures quatorze minutes)
Président (M. Laframboise) : Je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 152, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine du
travail afin principalement de donner suite à certaines recommandations
de la Commission Charbonneau.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Villeneuve (Berthier) remplace M. LeBel (Rimouski) et M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière) remplace M. Lamontagne (Johnson).
Président (M. Laframboise) : Merci. Lors de la suspension de nos travaux, nous étions rendus à l'étude de
l'article 15 du projet de loi. M. le député de Beauharnois, la parole est
à vous.
M. Leclair : C'est à mon tour?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui.
M. Leclair : Merci,
M. le Président. Bienvenue avec nous.
Bien entendu, hier, on était sur l'article 15.
On avait un paquet de questionnements
parce que le bloc dont on parle ici, M. le Président, il
faut bien se rappeler où est-ce qu'on en
était hier soir, là, on parle de R-20. On parle du placement syndical, qu'il
fut un temps qu'on a éliminé le placement syndical. On a des nouvelles
procédures pour les entrepreneurs qui se cherchent des travailleurs qui ont une
carte de compétence. Et hier je demandais
humblement à la ministre de m'expliquer... Comme on veut modifier
certaines règles... «d'intimidation
ou de menace susceptible de contraindre un employeur à prendre [des décisions] à l'égard
de la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction».
Donc, on est directement reliés à ça.
Hier, la ministre,
elle me faisait des commentaires en disant : Bien, je ne sais pas où est-ce
que vous allez, M. le député,
mais on n'est pas vraiment dans le placement syndical. Bien, malheureusement, j'ai répété à la ministre que, oui, on est directement là, puis tout ce bloc-là touche à ça. Donc, je
posais la question à la ministre : Bien, si on ne comprend pas où est-ce qu'on est rendus avec le placement
syndical, comment ça fonctionne actuellement, bien, j'ai de ma misère à concevoir les modifications qu'on peut y
apporter. Alors, je vais demander à la ministre : Bien, où est-ce qu'on s'en va exactement avec ce... Commençons par l'article 15, mais
on peut même regarder l'ensemble du bloc. Mais je suis prêt à le regarder
article par article. On est
dans l'article par
article par blocs. Mais je veux juste me faire une tête
pour voir où est-ce qu'on s'en va.
Alors, c'est ça
qui était la question hier. On a manqué de temps. On était peut-être
fatigués, mais là on reprend ce matin, voir comment ça va, si ça va mieux, mais
je pense que ça va bien. Moi, ça va bien. En tout cas, j'espère
que tout le monde va bien parce que le but, c'est de bien
comprendre, de bien analyser le projet
de loi pour atteindre les buts,
vraiment, qu'on veut atteindre.
Et je n'ai pas de doute que, derrière la vision
ou les pensées des gens qui travaillent avec la ministre dans le ministère... bien, qu'ils ont une belle vision, mais il faudrait quand même
que nous, les législateurs, on la comprenne, parce qu'on a eu la chance d'entendre plusieurs
groupes face à tout ça, puis, c'était assez unanime, les groupes
disaient : Qu'est-ce qu'on vient faire à toucher R-20, alors qu'on
n'a pas été consultés? On aurait peut-être des demandes dans R-20.
Alors là, on
se retrouve avec le projet de loi tel qu'il est inscrit, tel qu'on le débat, après
d'avoir entendu tous les groupes. Je
suis encore convaincu que, si on voudrait toucher... Puis j'ai fait ces revendications-là lors de mon introduction, de dire : Si on veut toucher
aux problématiques autres que des recommandations de personnes, face à la commission
Charbonneau, qui placent de l'argent au noir, qui tentent de frauder, si on rentre spécifiquement soit dans la CSST, soit dans
R-20, bien, assoyons-nous à une table avec les gens, puis ouvrons le livre,
puis réglons les problématiques des deux côtés.
Alors, que je
sois entendu ou non, c'est ma position, c'est ce que je pense. Si on veut
toucher à R-20, d'après moi, on n'est
pas tout à fait à la bonne table. Là, on l'a dans la gorge, il
faut travailler avec. Mais là il faut aller plus loin que ça, là. Si on est dans R-20, mais, au minimum, si on parle
des articles touchant le placement syndical, qui n'existe plus, qui a pris une autre forme, bien, expliquez-moi-le pour
que je puisse au moins suivre... comme qu'on n'a pas eu la possibilité d'avoir des débats avec les groupes sur ces articles-là, particulièrement sur le placement syndical tel qu'il est aujourd'hui.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Bien, je suis bien contente de retrouver le très
sympathique député de Beauharnois et notre collègue
de Chutes-de-la-Chaudière. Effectivement, on est peut-être plus reposés aujourd'hui. Alors, je suis très, très, très disposée à démarrer nos travaux sur des bases très, très
positives.
En fait,
l'article 15, M. le Président, on en a abondamment parlé hier, puis c'est vrai
que c'est des concepts qui ne sont
pas nécessairement simples pour des personnes qui, pour vous et
comme pour moi, ne sommes pas touchées dans notre quotidienneté par tous ces principes-là, ces concepts-là, ce
milieu de travail là qu'est le milieu de la construction.
Actuellement, il faut comprendre qu'il est interdit à quiconque d'imposer à un
employeur l'embauche d'un travailleur
de la construction. Ce que nous, on vient faire ici aujourd'hui... Puis il faut
toujours se mettre dans le contexte aussi, M.
le Président, que, même si ces
articles-là ne sont pas nécessairement une demande de la commissaire Charbonneau, nous
sommes quand même dans la mouvance des travaux que la commissaire Charbonneau a tenus, qui a donné lieu à un rapport en 2015. Ce qu'on veut faire, M. le Président, c'est de venir préciser parce que la Commission de la construction du
Québec en a besoin, de ces
précisions. Alors, on ne va pas qu'imposer. On va venir aussi ajouter les
notions de menace, on va venir aussi
ajouter la notion d'intimidation, et, je continue, pas seulement
dans l'embauche de personnel, mais aussi dans tout le droit de gérance, et ça, c'est nouveau, d'un employeur dans
le domaine de la construction. Ça veut dire que tu ne pourras pas faire de
l'intimidation. Tu ne pourras pas faire de menace en vue, par exemple, de venir jouer dans le droit
de gérance de l'employeur concernant, par
exemple, un congédiement, des mesures
disciplinaires, un licenciement, un
déplacement. Alors, on n'est plus uniquement circonscrits à la notion
d'embauche, mais on élargit, donc, à d'autres situations qui peuvent
survenir. Essentiellement, c'est ça.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois, il vous reste 1 min 15 s.
M. Leclair : Eh bien, on va rédiger un amendement.
Est-ce qu'il y avait eu un amendement à l'article 15?
Bon, ça va être un sous-amendement ou ça va être un amendement parce que
le sous-amendement a été accepté, hein?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui, oui, c'est un amendement. C'est ça.
M. Leclair : Donc, on va rédiger un amendement
parce que, lorsque je regarde le... parce qu'on va finir par en parler,
de l'article 15. On a fait un paquet d'états d'âme hier. On n'a pas eu
toutes, toutes les réponses encore face au fonctionnement exact, comment ça fonctionne, le placement.
Encore aujourd'hui, là, on dit qu'il n'y a plus de placement
syndical, mais quelqu'un
qui veut travailler, qui a ses cartes de compétence, qui est inscrit à la CCQ,
ça marche comment? On ne l'a pas
encore su. On l'a demandé hier. On le redemande ce matin. Puis c'est correct si
on trouve qu'il y a juste moi qui a le goût de le savoir. Moi,
je pense que c'est la pierre angulaire de cet article-là ici.
Le Président (M. Laframboise) :
20 secondes.
M. Leclair : 20
secondes? Bien, on va déposer...
Le Président (M. Laframboise) :
L'amendement?
M. Leclair : Bon, on va
déposer notre amendement, là, on va finir de le rédiger, s'il y a consentement,
Le Président (M. Laframboise) :
Bon, je vais suspendre. Je vais suspendre quelques instants, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 11 h 22)
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois, je vous permets de lire votre amendement et donner
les explications, s'il vous plaît.
M. Leclair : Merci,
M. le Président. Alors, un amendement à l'article 15. Modifier
l'article 15 du projet de loi par l'ajout, à la fin du premier
paragraphe, des mots «...ne s'applique pas rétroactivement».
m'explique. Bien, ici, on est dans un contexte, là, qu'on change les règles. On
applique les nouvelles règles. Il y a des montants qui peuvent être changés
aussi par la suite. Alors, moi, je veux bien m'assurer qu'ici, si on applique
une nouvelle règle... Parce que, si je
comprends bien, dans l'article 15, on dit qu'on va... On rajoute... Bien,
quand on dit l'article 101, donc
ça vise aussi l'employeur et le travailleur. Donc, moi, je veux faire certain que, dans notre bloc où est-ce qu'on s'en va, que, si on change des règles, on met des
nouvelles règles, ça va s'appliquer à la mise en oeuvre du projet de
loi. On n'arrivera pas avec quelqu'un
qui a quelque chose... qui dit : Bien, moi, là, j'ai été menacé,
là, la semaine passée... Puis nous, on rédige le projet de loi, exemple, au
mois de mai, mois d'avril, puis il dit : Bien, moi, la semaine passée,
voilà deux semaines, j'avais de l'intimidation, et tout, puis là voici
les nouvelles règles qui s'appliquent à moi.
Alors, je
veux m'assurer qu'on ne parle pas de rétroactivité puis qu'on lève un tollé
parce qu'on n'a pas parlé de rétroactivité
dans toutes nos démarches depuis le début. Donc, hier, on était sur un autre
article, aussi, qu'on disait : Dans le futur, si quelqu'un dénonce une situation, donc un lanceur d'alerte,
puis on dit qu'on le protège, à partir d'aujourd'hui, on le protège face... hier, on disait, aux normes
du travail. On les verra plus tard, là. On dit que, dans d'autres articles,
on va nous expliquer à quelle hauteur qu'on
le protégera monétairement sur un certain ordre. Bien, moi, je veux savoir
est-ce qu'on parle de rétroactivité. La
plupart du temps, on ne parle pas de rétroactivité dans un projet de loi. Ici,
on ne l'a pas spécifié. Là, on commence le bloc ici avec d'autres
nouvelles règles.
Donc,
je veux apporter la notion de rétroactivité, savoir où est-ce qu'on se
positionne face à tout le projet de loi, là, l'ensemble de l'oeuvre. Alors, c'est pour ça que j'apporte ça ici. Si la
ministre... Si c'est mal placé, là... Nous, on a fait ça sur le «fly». Excusez l'anglicisme. Mais, si ça va
ailleurs, ça ne me dérange pas non plus. C'est juste que ça soit clair, pour tout le monde qui nous écoute, sur les
intentions aussi du législateur, à savoir qu'est-ce qu'on va en faire, de ça,
la rétroactivité.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je vais, d'entrée de jeu, rassurer le
député que toutes les lois au Québec ne comportent pas de notion de
rétroactivité, à moins que la loi rétroagisse, ce qui n'est pas le cas au
moment où on se parle. Et, devant la pièce législative qu'on a devant soi, ce
n'est pas de ça dont il est question.
vous vous référez à l'article 28, M. le Président, il est clairement dit
que les articles au projet de loi entrent en vigueur au moment de la sanction de la loi. Je n'ai pas le texte devant
moi, là. À l'entrée en vigueur... bon : «Les dispositions de la présente loi entreront en vigueur à la date
ou aux dates fixées par le gouvernement...» Alors, il est clairement dit
ici qu'il n'y a pas de rétroactivité. On le sous-entend. Toutes les lois du
Québec sous-entendent qu'il n'y ait pas de rétroactivité.
Alors,
je pense que ça tombe sous le sens, là, qu'on n'alourdisse pas le texte avec
l'amendement proposé par le collègue,
compte tenu du fait que c'est toujours le cas qu'il n'y ait pas de
rétroactivité, que l'article 28 existe et qu'il n'est pas spécifié, effectivement, qu'il y ait de la
rétroactivité. On n'a pas besoin de l'indiquer. Le projet de loi, l'article
n'est pas rétroactif.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Bien, ça me rassure parce qu'effectivement c'est le sens qu'on fait
toujours des projets de loi, mais on n'en a jamais parlé. Je veux être certain
parce qu'il y a quand même un paquet de brèches, là, qu'on vient modifier
des choses existantes. R-20 était déjà
existant, là. Donc, si quelqu'un dit : Moi, j'applique R-20 tel qu'il a
toujours été, puis là, aujourd'hui,
il a été modifié suite au projet de loi. Donc, les modifications qu'on apporte
ici... La ministre me rassure en disant :
On ne voit absolument rien, dans ce projet de loi là, qui pourrait apporter une
rétroactivité, alors sinon ça serait spécifié
quelque part. J'imagine, elle nous le spécifierait. Alors, moi, ça me rassure
si la ministre et les juristes nous disent : Bien, on n'a pas besoin de le spécifier parce que,
si on le spécifie, on vient peut-être prétendre que les autres le seraient...
Mais le côté légal ou juridique de ça,
est-ce qu'on a à le spécifier ou ne pas le spécifier? On le prend ou, sinon, si
on le spécifie, on crée quelque chose qu'on... C'est un précédent?
J'aimerais juste entendre les juristes là-dessus, là, voir...
Le Président
(M. Laframboise) : Est-ce que vous permettez?
Mme Vien :
Hugues, voulez-vous répondre?
Président (M. Laframboise) : Oui, vous devez vous identifier. Je
vais demander, si vous êtes d'accord, juste de vous identifier. Allez-y.
M. Melançon
(Hugues) : Oui. Alors, Hugues Melançon. Je suis directeur des affaires
juridiques, Travail, Emploi et Solidarité sociale.
Alors,
effectivement, comme disait Mme la ministre, c'est un principe général du droit
qu'une loi n'a pas d'effet rétroactif,
à moins que la loi ou le législateur l'ait clairement spécifié dans la loi.
Donc, de faire un amendement précis qui
signifierait que telle disposition n'a pas d'effet rétroactif soulèverait la
question : Quid des autres dispositions qu'il ne mentionne pas?
Donc,
il faut que la rétroactivité, dans une loi, soit clairement prévue dans la loi.
Et ici l'article 28 prévoit que les dispositions vont entrer en vigueur à une date fixée par le gouvernement
à l'avenir. Et donc l'article 113.2 ici ne pourrait pas avoir
d'effet rétroactif.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Bien, merci des précisions, M. le Président. Écoutez, je suis loin
d'être un juriste, là. Bien entendu, on
a la chance de légiférer, mais on ne se considère pas comme des juristes. Donc,
si je comprends bien, on dit : 100 % des cas, on ne le spécifie pas. Donc, tout ce qu'on met de nouveau dans
un projet de loi n'est pas rétroactif, sauf, si on veut qu'il le soit,
on va spécifier que c'est rétroactif. C'est ma compréhension juridique, là, du
moment.
Le Président
(M. Laframboise) : Est-ce que vous retirez votre amendement, M.
le député de Beauharnois?
M. Leclair : Bien, on me passe des mémos en me disant qu'il
paraîtrait qu'il y a des décisions rendues... qui n'est pas tout à fait ce qu'on me dit. Puis moi, je ne
veux pas commencer à m'obstiner. Si tout le monde est d'accord, on sortira
les libellés un jour
si on veut s'obstiner. Le sens du projet de loi, on dit qu'il n'y a pas de
rétroaction. S'il y aura rétroaction, on
l'inscrira. Ça fait que je ne veux pas aller faire un débat, de sortir tout.
Hier, j'en ai sorti un, puis ça a l'air que ce n'était pas le bon, je
n'ai pas gagné mon point, hein, sorti C-14, ça fait que... Mais, bref, moi, ça
me va. On peut retirer mon amendement.
Président (M. Laframboise) : Donc, j'ai besoin du consentement
pour retirer l'amendement. Consentement? Donc, l'amendement est retiré.
Il vous restait 14 secondes, monsieur, sur l'article 15 tel qu'amendé.
M. Leclair : Bien, en 14 secondes, je réitérerais juste mon
intention de comprendre encore comment fonctionne... lorsqu'un travailleur, un menuisier veut
travailler dans le domaine qu'il est reconnu. Je n'ai pas encore eu de réponse
à ça, mais je n'ai plus de temps.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre, commentaires?
Mme Vien : Non, aucun
commentaire.
Président (M. Laframboise) : Ça va. D'autres questions,
commentaires? M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
C'est beau. Merci, M. le Président. Sur le même sujet, là, même si l'amendement
a été retiré, lorsqu'on dit, à
l'article 28, là, peut-être... même si je ne suis pas de... on n'étudie
pas actuellement cet article-là, lorsqu'on dit que la loi va entrer en vigueur selon les dates du
gouvernement, vous prévoyez quoi, là? C'est-u lorsqu'ils... ou lorsque le
règlement...
Mme Vien : À la
sanction.
M. Picard :
Non, mais c'est parce que, lorsque c'est à la sanction, c'est indiqué dans le
texte : À la date de sanction. Là, on précise autre chose. On
dit : À la date que le gouvernement va décider.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Merci. Donc,
c'est une date ultérieure par décret. Alors, c'est ce qu'on me dit.
M. Picard : Est-ce que
vous avez en tête...
Mme Vien : Le plus
rapidement possible, là. Non, je n'ai pas de date. Pour être précise, je n'ai
pas de date.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
Merci. Je remercie la ministre pour la réponse. Au niveau de... Là, si on va à
l'article 15, je voulais juste
savoir, lorsqu'il y a des infractions qui sont commises par un employé, est-ce
que cette infraction-là va apparaître dans
le carnet de référence lorsqu'un employeur ou un... Ce n'est pas public, à la
CCQ, là. Ça peut être public par le DPCP si c'est passé en cour. C'est ma compréhension. Mais un employeur qui
arrive et qui dit : Moi, j'ai besoin d'employés, ce n'est pas une donnée qu'il va avoir accès,
dire : Lui, cette personne-là, elle a eu des problèmes avec la CCQ. C'est
le but de ma question, simplement.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Je n'ai pas
la réponse, mais je peux aller la chercher si vous me donnez quelques secondes.
Le Président (M. Laframboise) :
Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 44)
Le Président (M. Laframboise) :
Réouverture. Mme la ministre.
Mme Vien :
Oui. Alors, oui, on m'indique qu'au carnet de référence, M. le député, il n'y
sera pas inscrit, effectivement, si un
employé ou quelqu'un qu'on veut embaucher a été condamné pour des faits et
gestes reliés à des menaces ou de l'intimidation. Ça ne sera pas au carnet de référence. Par
ailleurs, s'il devait être condamné, bien, vous comme moi, on sait très bien
que le DPCP le rend public parce que la justice est publique au Québec.
M. Picard :
Exact, O.K.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Chutes-de-la-Chaudière, ça va?
M. Picard : C'est
correct, oui, c'est bien. Merci.
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, est-ce que l'article 15, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Laframboise) :
Adopté.
Article 16, Mme la ministre, la lecture, s'il vous plaît.
Mme Vien :
Oui, avec plaisir. Excusez-moi, c'est un nouvel article, M. le Président. Oui,
nous aurons aussi un amendement. C'est un nouvel
article pour la
loi R-20, la
loi sur la construction.
Alors : Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 113.2, du suivant :
«113.3.
Commet une infraction et est passible d'une amende de 1 120 $ à 11 202 $ quiconque exige ou
impose le paiement de salaires ou d'avantages non déclarés au rapport
mensuel visé au paragraphe b du premier alinéa de l'article 82, effectue
ou reçoit un tel paiement, y participe ou incite une personne à en effectuer
un.»
Le Président (M. Laframboise) :
Des commentaires?
Mme Vien :
Bien, je peux donner la petite note explicative si vous voulez. Le projet
propose l'insertion dans la loi R-20 d'une nouvelle disposition
pénale interdisant le paiement de salaires ou d'avantages non déclarés ou
encore l'acceptation d'un tel paiement.
L'article 113.3
interdira également d'exiger ou d'imposer un tel paiement, d'y participer
ou d'inciter une personne à en effectuer un.
En fait,
essentiellement, ici, ce qu'on vient faire, M. le Président, à
l'article 16, c'est qu'on vient viser et la
partie patronale et la part d'un travailleur de la
construction qui seraient tentés de vouloir payer ou qui seraient tentés de
vouloir accepter un paiement qui ne
figure pas au rapport mensuel de l'employeur, donc le nombre d'heures
travaillées, etc., et qui pourrait être aussi payé en nature. Alors,
c'est un aspect qui n'était pas prévu actuellement à R-20.
Le Président (M. Laframboise) :
Vous avez un amendement, Mme la ministre?
Mme Vien : Absolument.
J'aurais dû commencer par ça avant de donner l'explication.
Alors, l'article 16 : Remplacer
l'article 16 par le suivant :
16. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 113.2, du suivant :
«113.3.
Commet une infraction et est passible d'une amende de 1 137 $ à 11 370 $
quiconque exige ou impose le paiement
de salaires ou d'avantages non déclarés au rapport mensuel visé au paragraphe b
du premier alinéa de l'article 82 ou
de tout autre avantage non prévu par une convention collective, effectue ou
reçoit un tel paiement, y participe ou incite une personne à en
effectuer un.»
Alors, désolée
pour l'imbroglio. Ça ne change rien pour l'explication que je vous ai donnée.
Alors, voici l'amendement.
Le Président (M. Laframboise) :
Des questions? M. le député de Beauharnois, sur l'amendement.
M. Leclair :
Sur l'amendement, ça ne changeait pas grand-chose à la fin. Bien, j'irais sur
l'amendement. La question des montants, sur quoi qu'on s'est basés pour
changer les seuils?
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Excusez, M.
le député, j'étais distraite.
M. Leclair : Bien, je
répète, Mme la ministre.
Mme Vien : Oui, allez-y.
M. Leclair :
Sur l'amendement, sur quelle base, sur qu'est-ce qu'on s'est basés pour
augmenter les seuils, là, le plus bas
ou autant le plus haut? C'est un calcul qui vient d'où? Est-ce que c'est
aléatoire? Est-ce que c'est un pourcentage?
Mme Vien : Le fait qu'on
ait augmenté le...
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Oui, excusez.
Là, le fait qu'on ait augmenté les amendes?
Mme Vien :
L'amendement ajuste également les amendes prévues de manière à les rendre
compatibles avec l'indexation automatique prévue à l'article 122.1 de la
loi et publiée en décembre 2017. Vous savez, on a eu un petit élément
là-dessus hier et postérieurement à la présentation du projet de loi.
M. Leclair : Bien,
j'irais avec une question...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Excusez, M. le Président. J'irais avec la
question : Bien, si, par habitude, c'est prévu quelque part qu'il y a une indexation, pourquoi on a à le
spécifier? Ce serait une question, là. Je me demande... Tu sais, si, à chaque
fois, on dit que les amendements qu'il y a
dans R-20, ou les amendes qu'il y a dans tout projet de loi, c'est prévu qu'ils
soient indexés suite... on fait un relais
soit à 82 ou... mais pourquoi on a à le spécifier? Pourquoi on change les
montants?
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : ...Me
Melançon peut répondre?
Le Président (M. Laframboise) :
Est-ce que j'ai la permission? Ça va, Me Melançon, prenez la parole.
M. Melançon
(Hugues) : En fait, la raison est essentiellement technique, M. le
Président. C'est qu'au moment où le
projet de loi a été présenté le 15 novembre les amendes qui figurent dans le
texte du projet de loi présenté étaient celles préalables à l'indexation. Et donc aujourd'hui, en présentant
l'amendement, le projet de loi doit refléter le montant des amendes telles qu'elles existent aujourd'hui.
Au 1er décembre, ces amendes-là ont été indexées automatiquement. Il y a
eu une publication de ces amendes-là. Et
donc on doit aujourd'hui refléter le texte actuel du projet de loi. Donc, les
amendes que vous voyez ici dans l'amendement sont les amendes existantes
de la loi actuelle.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : O.K. Bien, je pense que je comprends
l'explication. Donc, s'il y a d'autres amendes ailleurs, qui paraît dans le projet de loi, ce n'est peut-être pas
le montant réel vu qu'on n'y retouche pas. Mais, si on le retouchait, on
profiterait pour les actualiser avec les
indexations qui ont été sorties, publiques, dans le passé à chaque année, même
si ça fait 15 ans qu'on n'y a pas touché. Je comprends bien. Merci de
l'explication.
Juste pour bien comprendre, là, à l'amendement,
ici, on vient spécifier... La ministre nous spécifiait, dans son explication... On s'assure, pour les deux parties...
Mais, à 113.2, je croyais comprendre qu'on touchait les deux parties parce que, dans le deuxième alinéa, on venait
faire référence à l'article 101 qui... dans R-20, 101 nous explique bien,
là : impose des mesures
disciplinaires à un salarié, diminue sa charge de travail, rétrograde, blabla.
On touchait au salarié puis on touche
aussi au travailleur qui veut... ou au représentant d'une association qui
voudrait venir faire de l'intimidation.
Alors, moi,
dans ma perception des choses, je comprenais qu'à l'article 15, à 113.2,
on couvrait l'ensemble de l'oeuvre.
Alors, je voudrais juste comprendre pourquoi, à 16, on vient encore dire que,
là, c'est juste pour équilibrer. Moi, je
pensais qu'à 115 on touchait à tout ça vu qu'on rajoutait justement
l'article 101, la référence... bien, pas qu'on la rajoute, mais
qu'on y fait référence.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien :
En fait, 113.2, M. le Président, s'intéresse beaucoup au droit de gérance de
l'employeur. À 113.3, on est dans
autre chose. À moins que je ne comprenne pas bien, là, mais on est dans le
salaire ou dans les avantages qui sont
payés à un employé ou qui sont... oui, c'est ça, et qui ne figurent pas sur le
rapport mensuel de l'employeur. C'est autant
de l'autoriser, ce paiement-là, donc, si vous êtes un employeur, ou c'est autant
de l'accepter si vous êtes un employé. Si
vous voulez offrir ça ou si vous l'acceptez et que ça ne figure pas au rapport
mensuel, il y a infraction. C'est de ça dont on parle à 113.3.
113.2, on était dans autre chose, là, que
quelqu'un qui fait de l'intimidation auprès d'un employeur pour le contraindre de ne pas congédier, de ne pas
déplacer, de ne pas mettre des mesures disciplinaires ou de congédier, etc.
Donc, on est vraiment dans le droit de gérance. On est dans un autre
domaine ici.
Me Melançon, est-ce que l'explication est
correcte?
Le Président (M. Laframboise) :
Me Melançon, s'il vous plaît.
M. Melançon (Hugues) : Moi, je
n'ai rien à ajouter.
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Bien, peut-être parce que, dans l'article
précédent, là, qu'on fait le lien avec l'article 101, qu'on a défilé quelques exemples de l'article 101,
puis on finit par trois petits points à la fin, donc c'est peut-être parce
qu'il nous manque des données là-dedans.
Mais moi, je croyais que c'était... Quand on dit : On impose des mesures
disciplinaires à
un salarié, diminue sa charge de travail, le rétrograde, donc, le rétrograde,
indirectement, touche à son salaire. Puis là il y avait trois petits
points.
Ça fait que je me disais : On s'est
exemptés de mettre tout l'article 101. Puis, dans ma tête à moi, ça
touchait évidemment le salaire, une personne
qui ne respecte pas, justement, la réglementation, dire : Tu es payé temps
et demi, on ne t'envoie pas au chalet
à la place en fin de semaine pour compenser. Ce que je comprends, c'est que la
ministre dit : Qu'est-ce qui est plus salarial? On y touche plus
à 113.3. Donc, juste une question de compréhension. Dans l'article 101,
on ne parle pas de salaire, là, même si on n'a pas tout l'article, ou peut-être
c'est tout l'article, là, mais ça finit par trois petits points.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Oui. Je
comprends ce que vous me dites. Je le comprends. Mais la façon que les articles
arrivent dans R-20, là, c'est peut-être
ça qui est un peu mélangeant, là. À 113.2, on va vraiment parler d'un sujet en
particulier, puis, à 113.3, on ouvre
un autre sujet. L'autre sujet, 113.3, on parle des demandes de paiements ou des
paiements faits à des employés qui ne
figurent pas, là, au rapport mensuel. Donc, c'est tout le travail au noir, que
tu sois payé au noir en argent ou que tu sois payé au noir en nature. Ça
n'a rien à voir avec 113.2. Il n'y a pas de lien entre les deux, là. Je
comprends que, bon, le fait qu'il y ait 113, 113.1, 113.2, on peut penser qu'il
y a un lien entre... mais c'est...
Mme Vien : C'est
ça. On est dans des infractions
pénales, effectivement. Donc, c'est une en arrière de l'autre, là,
mais il n'y a pas de rapport entre les deux.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci, M. le
Président. Donc, ici, tranquillement, j'allume, là, donc, à 113.3, on
arriverait à un employeur puis on dit :
Là, tu nous sors ton rapport mensuel. On le vérifie puis on dit : Aïe! Là,
là, tu n'as pas déclaré, ou tu as mal
déclaré, ou... en tout cas, de bonne foi ou de mauvaise fois ou voulu ou non
voulu, si jamais les avantages qui ont été non déclarés dans ton rapport, on a des preuves pour dire
que ce n'est pas correct, c'est le contraire de ce qui s'est passé, voici les peines qui peuvent être
attribuées. C'est bien ça que je comprends dans 113.2? C'est vraiment
juste visé par le rapport que la personne — mensuel — elle
a à faire à la CCQ, j'imagine, ce rapport-là?
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Oui. C'est un rapport mensuel que l'employeur... vous me corrigerez, là, mais que l'employeur
envoie à la CCQ. Puis la CCQ, c'est
comme ça, à chaque année, qu'elle peut nous dire : Bon, il y a eu tant
d'heures qui ont été travaillées, tant de millions d'heures qui ont été
travaillées dans l'industrie de la construction. Alors, c'est ça, puis ça
comprend les paies de vacances, là, tout le normatif, je présume, là, les
vacances...
M. Leclair : O.K., alors
qu'à...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois.
Mme Vien : On dit : heures, salaire, congés,
cotisations diverses, là. Tout ça est contenu dans le rapport mensuel de
l'employeur.
Le Président (M. Laframboise) :
O.K. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : C'est bien. Bien, ça m'éclaire, bien entendu, M.
le Président. Mais, dans ma tête à moi, ce rapport mensuel là est le même que 113.2. Je m'explique.
Si, à 113.2... Parce que tantôt on a dit, là : À 113.2, on va s'assurer de
viser la personne qui tente de falsifier, la
personne, même, qui accepterait de monnayer ces heures-là pour toute autre
chose. J'imagine que, pour prouver
ça, il faut le prouver par le rapport. J'imagine, à 113.2, si on dit :
Quelqu'un, là, a accepté, au lieu,
exemple, de faire ses semaines pleines, une fin de semaine au chalet, mais,
pour prouver ça, on va prendre le rapport mensuel pour dire :
Regarde, là, ça ne marche pas, ton affaire, là.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien :
M. le député, 113.2, on est dans complètement autre chose, là, dans
complètement autre chose. On est dans une situation où on use
d'intimidation, de menaces. Moi, Dominique, je dis à Guy, là : Tel gars,
là, tu vas le reprendre, ou tel gars ou
telle fille, là, des mesures disciplinaires, tu ne lui en accorderas pas, puis
tu vas le reprendre, puis... Là, 113.2, c'est ça, O.K.?
113.3, on est
complètement dans autre chose, là, où on vient dire : On ne veut pas de
travail au noir, puis, en plus... le
travail au noir, c'est-à-dire payé en dessous de la table, puis on ne veut pas
non plus qu'il y ait du paiement en nature, là. C'est la séquence dans laquelle tout ça arrive, M. le député, peut-être,
qui vous mêle, là, mais c'est parce qu'on est dans le
chapitre des infractions, là, puis c'est une en
arrière de l'autre. Ça fait que, là, 113.2, c'est une affaire, 113.3, c'en est
une autre. Est-ce que j'ai raison, Me Melançon? Si je n'ai pas raison, on va
rectifier tout de suite.
M. Melançon (Hugues) : C'est ma
compréhension, Mme la ministre, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Je vais essayer de donner un petit exemple, là,
pour tenter de me faire une image. L'employeur, on se fait un deal ensemble, on est bien chums. Ça
fait que, là, il me dit : Là, là, tu as travaillé 60 heures cette
semaine, je t'en déclare 40, l'autre
20 heures, je te paie 25 games de bowling. Nous, on s'entend les
deux, là. Ça fait que les deux, on est croches. En tout cas, on ne suit
pas les règles qui nous sont dites.
Donc, à
partir de là, là, on dit qu'à 113.2, là... la ministre, elle me dit :
C'est de l'intimidation et tout. Sauf que 113.2, le deuxième paragraphe, il nous lie à l'article 101, qu'on
n'a pas le droit de changer la nature de tout ce qui est prévu, là, dans les négociations dans les conventions
collectives. Mais, si on revient juste à 113.3 avec mon exemple, on dit à la
personne : On a des preuves que la personne... je ne sais pas, moi, il a
été filmé, je ne sais pas comment est-ce qu'ils réussissent à prouver ça, je laisse la job aux enquêteurs. Mais il
dit : Il l'a fait, son 60 heures, puis il a juste été rémunéré
40 heures? Il y a un collègue de
travail qui dit : Comment ça que, lui, il est rémunéré 40 heures, il
joue 20 games de bowling, puis
moi, j'ai travaillé à la pluie? Puis moi, je suis payé, ça fait qu'on suit les
normes; pourquoi que lui, il ne les suit pas?
Là, on va faire sortir le rapport mensuel,
j'imagine, puis il va dire : Bien, non, lui, j'ai vraiment bien déclaré 40 heures. Puis les enquêteurs trouvent
l'affaire, puis il dit : Bien non, il en a travaillé 60. Il était avec Jos
Bine, puis on a les preuves ici. Tout
ce rapport mensuel là, là, à l'autre
article les articles précédents, on a
dit : Même la personne qui accepte va être en faute.
travailleur même, il l'accepte, lui. Ici, par rapport au rapport mensuel, je
comprends que le rapport mensuel, il est au donneur d'ouvrage, mais ici, si on
se fie juste à ça, la personne qui fait de la collusion avec son boss, il ne
sera pas touché? On va le reprendre juste à 113?
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Je vais
laisser une...
M. Leclair : À 113.2. D'après
moi, 113.2 via 101, là. C'est ma compréhension.
Mme Vien : Me Melançon.
Le Président (M. Laframboise) :
Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : Peut-être pour revenir sur l'article 113.2, là, M. le
Président, la référence à l'article 101 qui est prévue était là uniquement parce que l'article 101 comporte
déjà des exemples d'exercice du droit de gérance de l'employeur.
Donc, si vous
vous référez à l'article 101, au deuxième alinéa, qui est une infraction
en matière de liberté syndicale, là, donc, les sous-paragraphes a et
b... pardon, les paragraphes a et b donnent des exemples de droit de gérance,
donc refuser d'embaucher, licencier ou
menacer de licencier une personne, imposer une mesure disciplinaire, diminuer
sa charge de travail, rétrograder, refuser l'avancement auquel il aurait
droit.
Et donc tout
ce que l'article 113.2 dit, c'est que constitue une décision à l'égard de
la gestion de la main-d'oeuvre tout acte visé au deuxième alinéa de
l'article 101. Donc, c'est un renvoi, tout simplement, aux définitions qui
sont à l'article 101. Donc,
l'article 113.2 comporte cette référence-là, tout simplement pour donner
des exemples de ce que c'est que
l'exercice du droit de gérance. Donc, 113.2 vise des actes d'intimidation qui
viseraient à forcer un employeur à exercer son droit de gérance d'une
manière ou d'une autre.
Comme disait
Mme la ministre, 113.3 vise quelque chose de complètement différent,
c'est-à-dire des stratagèmes de
paiement au noir ou de paiement non déclaré. Donc, il n'est pas question de
menaces ou d'intimidation, à 113.3, il est question d'imposition d'un stratagème ou d'une méthode de paiement qui
n'est pas permise, soit par le règlement sur le rapport mensuel ou par
une convention collective.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : O.K. Bien, regardez, c'est très technique, là, je
l'avoue. Une personne qui, suite à 113.3, là... on dit à l'employeur : On a vu ton stratagème, blabla,
voici l'amende possible, puis on laisse les enquêteurs, ou la CCQ, ou le DPCP,
je pense, qui va mettre cette amende-là, ils
vont juger de la hauteur, là, entre la marge qu'ils ont. Un coup qu'ils ont eu
leur amende... je donne un chiffre
aléatoire, 5 000 $ d'amende, parce que, dans ton rapport mensuel, ça
ne balance pas... par le fait même,
il y a une personne qui a accepté ça. Peut-être pas dans tous les cas, mais
reprenons le cas que je vous citais
tantôt, le gars, lui, il a accepté les 20 games de bowling... ce
n'est pas le meilleur exemple, mais, bref, c'est visuel. Si on s'en est aperçu dans le rapport, est-ce qu'il y
a un lien? Cette personne-là, là, on va revenir à 113.2 pour lui dire :
Mais toi, tu as accepté ça, ou on
dit : Bien, tu es chanceux, on l'a pogné face au rapport, donc toi, tu
n'es pas blâmé à l'autre.
Je ne sais
pas si vous comprenez. On ne réussit pas à serrer tout le monde si on s'aperçoit juste au rapport mensuel.
Président (M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien : C'est parce que 113.2, ça suppose une menace ou
une intimidation. 113.3, on n'est pas là-dedans. C'est
sûr que, si on lui dit : Tu vas
accepter ça, puis sinon c'est comme ça, puis dire... alors que 113.3,
c'est : tu reçois ou tu donnes en dehors de ce qui est inscrit au
rapport mensuel de l'employeur. C'est ça qu'on vise ici, là.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Ce n'est vraiment
pas clair pour moi, parce que la ministre a dit : 113.2, là, on vise
menace et intimidation. On fait
référence à l'article 101, qui dit : «[A] pour effet de
porter atteinte à [une] liberté syndicale...» Donc, des représentations,
le salaire qui va avec, qui est normé... C'est-u moi qui comprends mal, là?
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre. Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : Pour préciser, la
référence à l'article 101, qu'on retrouve à 113.2, c'est une
référence seulement au deuxième alinéa de l'article 101.
Donc, à la
partie de l'article 101, où on décrit — excusez, je vais m'y référer — où on décrit ce que sont les gestes de droit
de gérance visés, le refus d'embauche, le licenciement, la menace de licenciement, les mesures disciplinaires, la
diminution de la charge de travail, la rétrogradation, le refus d'avancement.
La référence à l'article 101 ne vise
qu'à reprendre ces définitions-là et à dire : Pour les fins de
l'application 113.2, ces actes-là constituent des gestes du droit
de gérance d'un employeur.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
On ne vient pas appliquer des amendes si ça, ça se passe.
Le Président
(M. Laframboise) : Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : Non, la
contravention à l'article 101 elle-même est visée par une autre disposition pénale. Ici, c'est une disposition pénale qui vise les actes de menace ou d'intimidation qui auraient pour
effet de contraindre un employeur à poser des gestes comme ceux que je
vous ai décrits.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : C'est-u dans un futur
article qu'on va toucher
que, si une personne accepte, puis si les deux sont de connivence, les deux sont à côté de
la track, là, les deux vont avoir une amende, les deux vont avoir une pénalité,
vont avoir une tape sur les doigts
ou... moi, j'étais certain que c'était là, ici, à 113.2, vu qu'on faisait
référence à l'article 101. Ça fait que je me disais : O.K.
C'est ici qu'on vient régler avec une amende. Ils jugeront de la hauteur de
l'amende lorsqu'ils seront nommés coupables.
C'est pour ça que je ne vois pas le lien, mais là peut-être
que je suis complètement dans
le champ, là. C'est ailleurs qu'on va le voir.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre. Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : Les atteintes à
la liberté syndicale prévues à l'article 101 comportent déjà une
infraction pénale. Vous la retrouvez à l'article 119 de la loi.
Le Président
(M. Laframboise) : Ce n'est pas des amendements de la loi, là.
M. Melançon
(Hugues) : ...c'est dans la loi actuelle. Excusez-moi. Donc, c'est dans la loi
actuelle, à l'article 119 :
«Quiconque contrevient aux articles 101 à 102 commet une infraction et est
passible d'une amende de...» Donc, ces comportements-là sont déjà pénalisés.
M. Leclair : O.K. On ne vient pas les changer face à la commission
Charbonneau? On ne dit pas qu'une personne qui se fait pincer au noir...
parce que je pensais que c'est ça qu'on vise, là. On dit aux gens : Vous
êtes bien mieux de marcher droit, là, parce que...
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
M. Leclair :
113.3, là, je suis d'accord, avec le rapport mensuel, on touche à l'employeur...
Mme Vien :
Et à l'employé. C'est bien indiqué «effectue ou reçoit un tel paiement». Celui
qui l'effectue, normalement, c'est l'employeur. Celui qui le reçoit,
normalement, c'est le travailleur.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Oui, merci,
M. le Président. Je vous salue et je
salue les membres de la commission, heureux de me joindre à vous pour cette importante
commission. Je veux juste comprendre... ce que je saisis, c'est que, oui, effectivement, c'est la personne qui l'inscrit dans les livres et la personne qui
reçoit. S'il n'y a pas eu de service, s'il n'y a pas eu de travail effectué, donc elle devrait dénoncer le fait qu'elle reçoit
une rémunération. C'est ce que je comprends?
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Vien : En fait, ce qu'on vient dire ici, c'est... on vient
effectivement viser des gens qui toucheraient des sous qui ne figurent pas au rapport mensuel de l'employeur
ou en nature, alors... ou, s'il y avait des arrangements, par exemple, autres que ce qui est déjà prévu à l'intérieur des
conventions collectives, là. Peut-être que Me Melançon peut spécifier
davantage, là.
Le Président
(M. Laframboise) : Me Melançon.
Mme Vien :
Vous avez compris la question, Me Melançon, du député de Berthier?
M. Melançon
(Hugues) : Oui, tout à fait, j'ai compris la question. En fait, je
vais répondre en me référant au texte, là.
Donc, on vise plusieurs comportements possibles, donc effectuer le paiement,
recevoir le paiement, participer ou inciter une personne à en effectuer
un. Donc, tous ces comportements, tous ces gestes-là sont...
M. Melançon
(Hugues) : C'est ça, sont visés par l'infraction.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Bien, ça répond bien à mon interrogation et... c'est parce que je faisais
référence au commentaire de la
ministre tantôt. Effectivement, ça inclut la personne qui... parce qu'il y a
une personne à quelque part qui autorise à ce que les éléments soient
inscrits au rapport de la CCQ et il y a quelqu'un qui les reçoit. Et, si la
personne n'a pas effectué ou n'a pas reconnu avoir effectué des heures ou des travaux
et reçoit un montant ou un chèque qui est inscrit évidemment au rapport de la CCQ, cette personne-là est aussi
possiblement, là, en infraction. Voilà, c'est ce que je comprends de...
entre autres.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
M. Villeneuve :
Je comprends qu'il y a d'autres éléments, là.
Mme Vien :
Oui, c'est ça.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Je pense que, si je me fie à ce que j'ai entendu, là, c'est beaucoup de
détails. Mais je reviens à l'applicabilité
de ça, puis sans donner vos trucs d'enquêteur, là, je ne voudrais pas que tout
le monde donne ses trucs ici, mais
comment ça s'applique? Exemple, on a le rapport mensuel, puis là, bien, par x,
y preuve... Le travailleur, lui, quel est son mode de défense de dire : Non, non... Parce que, là, ici, on
implique les deux. Ça fait que, par le rapport, vous dites : Nous, avec nos enquêtes... puis, comme je
vous le dis, je ne sais pas comment vous enquêtez, mais vous avez une
certaine preuve. Est-ce que le travailleur a un moyen de défense, de
dire : Non, non, il ne m'a jamais payé, il ne m'a jamais... Comment ça
s'applique dans la vraie vie, ça?
sais que c'est technique, là, mais les gens, est-ce que... bien, ma question
serait : C'est quoi, le recours? Lorsqu'on dit : Le rapport mensuel,
là, nous prouve ça, on regarde... Pour nous, on dit que ce n'est pas correct,
ce que vous avez déclaré. Mais dans
la vraie vie, là, le travailleur, lui, il dit : Non, non, ce n'est pas de
même que ça a marché pantoute. C'est quoi son recours à lui, au
travailleur, de venir... tu sais, l'applicabilité de ce nouveau 113.3 là,
est-ce que c'est prévu que...
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Alors, merci, M. le Président, de votre patience. Alors, nous avons des gens de
la Commission de la construction du
Québec ici, qui éclairent nos lanternes. Alors, ce qu'on me dit, c'est
que — j'espère
répondre à la question du député de Beauharnois — c'est qu'à partir du moment où c'est à la
connaissance de la CCQ que des événements de l'ordre... comme c'est énoncé à 113.3, alors évidemment il y a une
enquête, il y a une vérification qui se fait, il y a une enquête qui
s'échafaude, et puis les gens sont rencontrés, et évidemment, si une personne
dénonce qu'elle est obligée de recevoir des
paiements qui ne figurent pas au rapport mensuel de l'employeur, c'est une
chose, mais, si elle ne le dénonce pas et elle continue de le recevoir
puis que... ça sera à l'appréciation, à ce moment-là, du contexte par le
vérificateur, l'enquêteur de la CCQ. Alors, voilà.
Président (M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Juste pour... Merci, M. le Président. Donc, si on dit qu'on va se rendre un
jour à 113.3, vérifier le rapport mensuel pour regarder ses écrits, là, qu'il y a
dedans, la plupart du temps, on dit que c'est un travailleur qui va falloir qu'il
se plaigne? La majeure
partie des cas, là, lorsqu'on dit, là, qu'on va se
rendre à vérifier, là, des avantages non déclarés au rapport mensuel, là, dans 113.3, est-ce qu'on dit que la
majeure
partie du temps, c'est un travailleur qui fait la plainte?
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Alors, non, ce n'est pas nécessairement que des employés. On m'indique que les
dénonciations ou les informations
portées à la connaissance de la CCQ sont de diverses sources. Donc, ça peut
effectivement être un employé, ça
peut être un employeur aussi qui serait contraint d'accepter ce que peut lui
demander un employé. Ça peut être aussi quelqu'un qui fait
partie de la
concurrence, alors ça peut venir de différentes sources.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : O.K. C'est juste parce que c'est un nouvel article, je comprends très
bien, sauf qu'on a entendu, quand que
les gens ont venu, dire : Bien, l'employé, il ne peut pas vraiment aller
se battre ou challenger son employeur, il va perdre sa job. Si c'est de même, il n'y a personne qui a de sécurité
d'emploi, là. On l'a entendu dans plein, plein de cas.
Alors,
en demandant si ces rapports-là sont vérifiés suite à des plaintes seulement,
si les plaintes viennent à 90 % des
employés, bien, d'après moi, il ne doit pas y avoir eu... Bien, ça, c'est une
nouvelle... c'est complètement un nouvel article, Mme la ministre, mais est-ce qu'on sait combien qu'il y a eu de
plaintes face à des rapports mensuels? Dans une année, là, on est-u à
50, 100?
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Alors, évidemment, il y a une protection de l'employé qui décide de dénoncer
une situation, de la porter à la connaissance de la CCQ.
M. Leclair :
Surtout aujourd'hui, parce qu'il va être protégé par les normes, alors qu'avant
il ne l'était pas.
Mme Vien :
Oui, puis on en a largement parlé hier, hein, vous vous en souvenez. Et à la
question : Est-ce qu'il y a beaucoup de cas? Est-ce qu'il y a
beaucoup de cas?
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. Merci de votre patience. Alors, on
m'informe que la Commission de la
construction du Québec fait 40 000 inspections, visites de chantier
annuellement. Alors, évidemment, ça
fait
partie aussi d'une des sources, là... Quand l'inspecteur se déplace, il va
sur les chantiers. Alors, 40 000 visites, ça commence à faire
du monde qui sont vus, ça.
au moment où on se parle, là, selon les chiffres de la CCQ, c'est environ
1 400 plaintes qui sont formulées et touchant des salaires, donc des salaires qui ne sont pas payés, des
salaires qui auraient dû peut-être être payés à temps double, qui le
sont à temps et demi. Bon, vous avez toute la nomenclature que vous pouvez
imaginer, là.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Ce qui vient, par le fait même, rejoindre un peu la commission
Charbonneau quand on dit : Bien, il y a des acteurs qui ne peuvent pas
soumissionner, parce que, si eux autres jouent cette partie-là à réussir à
payer les gens pas au bon taux, donc
la compétitivité, elle n'est plus égale, donc... Mais, dites-moi, avant qu'on
rajoute 113.3, quels outils avait la
CCQ pour claquer ces gens-là? Il y avait sûrement des dispositions autres qui
disaient : Si vous êtes fraudeur dans vos rapports mensuels...
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien : Alors, réponse
à la question du député de Beauharnois, il existe déjà à la loi, sauf erreur,
c'est à 122.4, une infraction qui est
déjà liée à la transmission de faux et également... demande à des employés...
O.K., alors il peut arriver aussi à
la CCQ de demander à des employés de fournir leurs feuilles de temps. Là, la
mécanique, M. le député, je ne l'ai pas, là, comment qu'il peut
transmettre ça, mais... de questionner, donc, un employé sur ses heures de
temps, et des vérifications peuvent être
faites par la CCQ, à savoir s'il y a concordance entre, effectivement, le
rapport mensuel et les heures. Alors, c'est ce qui existe actuellement
pour faire des vérifications.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Donc, la notion de pénalité, et tout, ça, c'est-u
un fait nouveau? Avant ça, là, dans les... on disait qu'on pouvait le
vérifier.
Mme Vien :
C'est du pénal, c'est du pénal. Actuellement, la transmission de faux, c'est du
pénal, donc il y a des infractions. Je ne les connais pas par coeur, là.
M. Leclair : Il y avait déjà des infractions prévues, avec des
montants, j'imagine, la personne qui se fait prendre à...
Mme Vien : Oui,
sûrement.
M. Leclair : Puis la dernière
question, pour conclure...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois, allez-y.
M. Leclair : La question qui tue : Pourquoi qu'on a
besoin d'ajouter ça si ça existait? C'est-u parce qu'on veut venir
peaufiner que les deux parties peuvent être amendées ou...
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien :
Oui, merci, M. le Président. En fait, on vient viser les deux parties, on vient
aussi ajouter toute la notion de
paiement en nature, là, je vous le rappelle, là, qui n'existait pas au moment
où on se parle. C'est beaucoup plus clair, beaucoup plus précis.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Chutes-de-la-Chaudière, des commentaires?
M. Picard :
Seulement une interrogation qui peut paraître peut-être banale, là, mais, dans
la fameuse déclaration, un employeur qui donne, je ne sais pas, un
50 $ comme cadeau de Noël à ses employés, ce n'est pas prévu dans la convention, il faut-u qu'il le mette dans le
rapport pour ne pas être pénalisé, là? Parce que ça arrive, hein, des gens qui
donnent un petit cadeau à Noël, un bonus, là.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Bien là, j'aurais envie de vous dire qu'on peut
encore avoir du coeur au Québec, là, mais, tu sais... Je ne sais pas... Non, la CCQ, elle ne va pas
jusque-là, là, honnêtement, parce que ce n'est clairement
pas de la rémunération, c'est...
là, c'est la civile qui parle, là. Il me semble que, si tout est conforme, tout
est correct puis que l'employeur décide d'inviter... en tout cas, je n'irai pas là, mais d'inviter ses employés au
restaurant ou de démontrer son appréciation... non, je ne sais pas, là, peut-être
que je ne suis pas correcte, là.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : Je comprends puis je suis d'accord avec la ministre,
mais sauf que le texte dit «tout [...] avantage non prévu par une convention collective». Si
l'employeur dit : Je te donne 100 $ pour cadeau de Noël, il faut qu'il
le déclare, parce que, s'il passe un
inspecteur... je ne sais pas, ou est-ce qu'il faut prévoir ça quelque part, dire... un amendement que je
laisserais à vos légistes le soin de faire, parce que je ne sais pas comment le
libeller, depuis tantôt que j'y pense, là... Mais, en
tout cas, chose certaine, le verbatim
de nos échanges va être là pour l'application de la loi, en espérant qu'il va
être appliqué correctement. C'est tout, M. le Président, pour moi.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. Mme la ministre, ça va?
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Je ne sais pas si, côté... les juristes, comment
qu'ils voient ça, mais, si on dit «quiconque exige ou impose le paiement
ou tout paiement», tu sais, de quelque forme que ce soit, justement, pour ceux
qui travaillent, qui ne sont pas encadrés
par une association, une association... Comme le fait que mon collègue
dit, si on dit : Lui, on le paie en
pinottes, puis c'est... Parce que j'imagine que ces rapports mensuels là, les
bases de paiement sont avec les références de la CCQ, les ententes qu'il
y a, là, globales, dire : Un
employé est payé tel taux, temps et demi, convention collective, et tout, là, des
associations. Est-ce que tout le monde est couvert, dans le milieu de la
construction, par une association? Si la réponse, c'est oui, il ne se
casse même pas la tête.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Pardon. La loi R-20, donc, ça couvre les employés de la construction, hein, et
les associations dont on a parlé hier, les associations pour...
Mme Vien :
...représentation sectorielle, merci beaucoup. Et donc ça couvre ces personnes-là,
ça ne couvre pas vous et moi.
M. Leclair :
...partie d'une association.
Mme Vien :
Oui, mais ce n'est pas obligé.
Mme Vien :
Ils sont obligés? Ils sont obligés, c'est ça.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Donc, ça règle ce problème-là. Dernier petit...
suite à une décision rendue, là, par le DPCP, les recours que l'employeur a ou le travailleur a à ça, est-ce
que c'est des recours standard, de dire : On peut en appeler de la
décision du côté légal?
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre. Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : Donc, M. le Président, comme il s'agit d'une infraction pénale, effectivement, une fois que le Directeur des poursuites criminelles et pénales juge qu'il
y a assez de preuves pour aller de
l'avant, le procès aura lieu devant la Cour du Québec. Et là l'employeur
ou l'employé accusé a des moyens de défense du droit commun, c'est-à-dire de prouver qu'il a fait preuve de diligence ou de bonne foi. Donc, il
proposait un moyen de défense. Si, par
ailleurs, il est condamné, bien, effectivement, il y a des droits d'appel, mais encore faut-il
qu'il ait été condamné avant.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Ça me va.
Président (M. Laframboise) : Ça va, M. le député de Berthier? M. le
député de Chutes-de-la-Chaudière, ça va?
Est-ce que l'amendement à l'article 16 est adopté?
Le Président (M. Laframboise) :
Est-ce que l'article 16... discussion sur l'article 16 tel qu'amendé?
Le Président
(M. Laframboise) : Non, mais on a adopté l'amendement.
M. Leclair :
C'est supposé être nous autres qui jasent, de temps en temps, qui disent :
adopté, adopté.
Président (M. Laframboise) : On a adopté l'amendement. Là, je suis sur l'article 16 tel
qu'amendé. Est-ce que j'ai des commentaires sur l'article 16 tel
qu'amendé? Ça va? Est-ce que l'article 16, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président
(M. Laframboise) : Merci. Article... compte tenu qu'on est dans
le bloc 3,
article 18, Mme la ministre, nous le lire, s'il vous plaît.
Mme Vien : Oui, M.
le Président. Ce ne sera pas long, je
vais me retrouver. Alors, vous aurez compris qu'on a un amendement
parce qu'on les a déposés hier. Alors, l'article 18 : Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 118, du suivant :
«118.1.
L'association de salariés, le représentant d'une telle association ou le
salarié qui tient une réunion de salariés sur les lieux du travail sans le consentement de l'employeur ou qui
ordonne, encourage ou appuie la tenue d'une telle réunion commet une infraction et est passible, pour chaque
jour ou
partie de jour que dure l'infraction, d'une amende de 7 842 $
à 78 411 $ dans le cas d'une
association ou d'un représentant, et d'une amende de 1 120 $ à
11 202 $ dans le cas d'un salarié.»
Le Président (M. Laframboise) :
Mais vous avez un amendement, Mme la ministre.
Mme Vien : Voilà, monsieur, puis vous allez voir, ça va
être assez simple. L'amendement, à l'article 18, donc, c'est de retirer l'article 18.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. Questions, commentaires sur l'amendement?
Mme Vien : Écoutez, M.
le Président, c'est...
Le Président (M. Laframboise) :
Ah! le commentaire, Mme la ministre. Allez-y.
Mme Vien : Bien, pour faire ça simple, on va faire ça court,
là, je pense qu'on a écouté, tout le monde, les commentaires, les groupes qui sont venus nous
rencontrer, et on a senti donc qu'il était opportun de devoir retirer cet article-là. On me dit que, de toute façon, de mémoire, il y a déjà une disposition... Me Melançon, qui... voilà, oui, qui déjà concerne des réunions qui ne seraient pas tenues avec le consentement de
l'employeur. Alors, on venait alourdir inutilement et on venait créer de
l'inconfort chez nos groupes.
M. Leclair :
Bien, M. le Président, si je peux juste ajouter un mot à l'amendement de
l'article 18, bien, bien entendu, je
suis bien content de voir que la ministre a bien entendu, parce que je me
souviens d'avoir posé des questions à des groupes plus patronaux qui ont venu, puis ils ont
dit : Bien, c'est large, et blabla, puis je ne refais pas tout le débat
qu'on a fait. Mais c'est surtout le fait de bien comprendre, et je pense
que c'est le fait ici de dire qu'on reconnaît que nos comités paritaires, qui travaillent à différentes
instances, qui ont venus plaider, que les groupes ont venus saluer, de dire
que, depuis que ces comités
paritaires là sont en place... je ne vous dis pas que c'est la perfection sur
la planète terre, mais que beaucoup,
beaucoup de problèmes se sont dégagés ou se sont...
Donc, ici, on
vient renforcer le fait de dire que les deux côtés de la table, là, autant
le patronal, autant le côté des associations syndicales, ont vraiment place à la
discussion. Puis, en venant reconnaître puis en venant légiférer... ou en
enlevant l'article 18, bien, on
vient reconnaître que les deux côtés ont leur place, que ce n'est pas juste sur les
comités paritaires, c'est dans la vie de tous les jours.
Puis je
réitère encore ma demande une autre fois à la ministre, de dire : Bien,
continuons dans cette veine-là. Le comité
paritaire a un début de travail, pour ne pas dire la moitié, ou le trois
quarts, ou 80 % du travail de
fait face à des accidents de travail
et la CSST. Donc, j'invite la ministre à continuer dans ce sens-là, de faire
travailler les comités paritaires. Puis
surtout, lorsque l'ouvrage est fait, bien, donnons une réponse à ces comités
paritaires là. Parce qu'en ce moment on en a une, grande étude, qui est
tablettée, excusez le terme, mais qui est quelque part, qui n'est pas rapportée
encore, là, à la législation.
Puis ici, on
vient justement... Quant à moi, c'est ma manière d'exprimer ça, en faisant le
retrait de l'article 18, c'est
de dire que les deux côtés de la table auront toujours leur mot à dire. Puis
avoir fait le contraire, on aurait venu créer justement... ça aurait été
disproportionné sur un chantier. Parce que les chantiers, ce n'est pas comme
dans une usine. Ils se déplacent tout
le temps. Donc, les gens ont besoin de savoir c'est quoi, les règles. On avait
des gens qui venaient nous dire, sur
un autre projet de loi : Les normes du travail changent, le monsieur, ou
l'employeur travaille avec un vieux code, il a été changé, ça fait trois
fois.
Donc, je
pense que c'est important que les gens, la représentation syndicale, la représentation
patronale, qu'ils disent : Aïe!
Écoutez, on vient de changer les règles. Donc, ces gens-là sont là pour
informer, pas juste pour mettre des bâtons
dans les roues, mais pour faire suivre le flot de toutes les nouvelles
décisions qui peuvent se prendre à tous les niveaux, que ce soit au niveau de la CCQ, que ce soit au
niveau patronal, que ce soit au niveau des associations. Bien, moi, je pense
que c'est sage de dire que les gens ont place à discussion, même sur un
chantier.
Ça a sa
limite, puis je pense que la limite, la ministre l'a bien exprimée. Ce n'est
pas de là à dire qu'on va faire une rencontre syndicale sur un chantier
pour retarder de l'emploi. Bien, je pense que, si quelqu'un fait ça, bien là,
on tombe dans l'intimidation et on tombe dans
tout ce qu'on est en train de mettre en place pour dire : C'est ça qu'on
ne veut plus à l'avenir. Mais, je
pense qu'il y a une grande marge, en disant : On va aller inspecter les
lieux, on va regarder son travail sécuritairement, puis le fait de dire
qu'à chaque fois qu'on fait ça on juge ça comme de l'intimidation.
Alors, je salue la ministre d'avoir retiré
l'article 18 et de faire confiance aux deux parties. Et ce n'est pas méchant de voir des représentants des travailleurs
ou des représentants des employeurs, vice versa, sur le même chantier, discuter ensemble et rendre compte des faits tels
qu'ils sont pour les corriger s'il y a lieu. Alors, merci, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre, commentaires?
Mme Vien : Oui, j'en ai.
Ce ne sera pas très long.
Mme Vien :
Alors, merci beaucoup.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien :
Merci de votre patience. Donc, merci, je suis bien contente d'entendre ça. Je
pense... Puis là, de toute façon, on
a tous compris la même chose, l'enjeu, dans ce dossier-là, ce n'était pas la
réunion, hein? C'était le ralentissement de chantier. Alors, ce que
nous, on vous propose — vous
devez l'avoir dans votre bloc, MM. les députés et Mme la députée — c'est de faire en sorte que, pour grèves ou,
encore, ralentissements illégaux de chantiers, que l'on puisse venir
augmenter les amendes, qui sont franchement assez basses, merci, et pas très
dissuasives de mon point de vue.
Alors, moi, j'avais un amendement, M. le
Président. Là, je suis...
Mme Vien :
Oui? Alors, O.K. Bien, en tout cas, je vous en informe, d'accord? Parce que
vous l'avez dans votre... Vous avez vu ça, hein? O.K. Alors, c'est beau.
Je n'irai pas plus loin à ce moment-là.
Le Président (M. Laframboise) :
Parfait. Commentaires sur l'article 18? M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Moi, j'aurais un amendement que j'aimerais
introduire. Vu qu'on a retiré l'article 18, là, j'apporterais...
Le Président (M. Laframboise) :
Mais ce n'est pas... Excusez-moi, on ne l'a pas retiré encore, là.
M. Leclair : O.K. Non, je n'ai
pas de commentaire.
Le Président
(M. Laframboise) : Là,
on parle encore sur l'amendement sur l'article 18. Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire,
s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce
que l'amendement supprimant l'article 18 est adopté?
Président (M. Laframboise) : Donc, l'article 18 est supprimé. Donc, on arrive maintenant
au bloc... Toujours dans notre
bloc 3, Mme la ministre, l'article 20.
Mme Vien : C'est
ça, M. le Président, c'est que
j'ai, à l'article... On a le... Mais c'est ça, ce n'est pas à l'article 18,
Président (M. Laframboise) : Vous auriez à remplacer... Je vais suspendre. Voulez-vous que je
suspende un petit peu?
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, on va suspendre. Parfait.
(Suspension de la séance à 12 h 36)
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Le Président (M. Laframboise) :
Vous avez un nouvel amendement à nous proposer.
Mme Vien : Oui, tout
à fait, M. le Président, donc, à l'intérieur de ce bloc n° 3. Alors, on vient de
comprendre que nous avons retiré l'article 18, ou je ne sais pas si
l'amendement a été accepté...
Mme Vien : Tout est
beau. Alors, voici, l'article 13.1 dit ceci : Insérer, après
l'article 13, le suivant :
13.1.
L'article 113 de cette loi est
modifié par le remplacement de «57 $ à 199 $» par «199 $ à
965 $».
Le Président (M. Laframboise) :
Commentaires?
Mme Vien : Non, c'est
assez... J'ai fait mes commentaires tout à l'heure.
Président (M. Laframboise) : C'est bon. Questions? M. le député
de Beauharnois.
M. Leclair : Oui, une petite question simple, M.
le Président. On nous expliquait tantôt
qu'il y avait une indexation qui était automatique sur tout, ça fait que j'imagine qu'il fut un temps
que ce 57 $ là qui existait... C'était-u une amende de 10 $,
elle a augmenté puis elle est indexée? Parce qu'à 10 $ vous étiez dans...
Mme Vien :
On était «blood».
M. Leclair :
Vous étiez «blood», hein? Je trouve ça, oui.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Je ne sais pas. Quelqu'un peut venir à mon secours?
M. Leclair :
Non, mais c'est parce que...
Mme Vien :
Non, mais vous avez peut-être raison.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : C'en était quasiment un gag, parce que je me dis : Si toutes les
amendes... Parce que tantôt j'ai cru comprendre
ça, toutes les amendes étaient
indexées au coût de la vie ou, en tout cas, à un taux qu'on dit, puis ça
devient public, alors je ne sais pas
ça fait combien d'années que ça existe, mais j'imagine qu'on n'était pas très
sérieux sur les amendes si on disait que...
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre, commentaires?
Mme Vien :
C'est sûr que... je ne sais pas, mais c'est probablement en bas de l'inflation,
qui est souvent aux alentours de 1,5 %, 1,8 %,
2 %, maximum, alors ça ne monte pas très vite, là. Bien, on cherche la
réponse, mais je comprends que ce n'est pas... Me Melançon.
Le Président
(M. Laframboise) : Me Melançon, allez-y.
M. Melançon
(Hugues) : On a une réponse partielle, en fait, à
l'article 122.1, qui est la mécanique d'indexation de la loi R-20, donc, qui est la formule
d'indexation. Elle est prévue et donc elle est appliquée depuis 2011. Alors,
pour avoir la réponse à : Quelle
était l'amende initiale?, il faudrait retourner à la version de la loi
antérieurement à l'indexation de
2011. On pourrait vous la retrouver, là, mais c'est... Donc, c'est seulement
depuis 2011 que les amendes sont indexées. Pour avoir la réponse, il
faudrait aller à la version de 2010 de...
M. Leclair :
Non, c'est bien.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
C'était par curiosité. Parce que je voyais que c'était vraiment... c'était
quand même bas. Puis expliquez-moi, Mme la
ministre, normalement, lorsqu'on dit qu'une personne peut avoir cette
sanction-là, là, la nouvelle sanction
de 199 $ à 965 $, ça s'applique comment, là? C'est par jour, par
heure, par minute, par «one shot»? Qu'est-ce qu'on visait par ça, là, de
57 $ à 199 $? Parce que, si c'est à la seconde, là, je vais vous dire
de ne pas trop l'indexer.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
C'est par jour ou
partie de jour, donc des avant-midi, des après-midi, des
soirées.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Non, j'ai eu ma réponse. Que je sois d'accord ou pas d'accord...
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Merci, M. le Président. Donc, ce n'est pas tellement loin, 2011. On comprend
que ça fait juste sept ans. À
l'époque, ils sont partis avec le 57 $ ou à peu près, là. Si on calcule
les indexations, on est arrivés aujourd'hui à 57 $, mais... Où je veux en venir, finalement, c'est qu'on passe de
57 $ à 199 $, donc le maximum qui était, qui est présentement, deviendrait le minimum, et, par
contre, le maximum, lui, il est drôlement salé, là. Je veux juste savoir sur
quelles bases on en est arrivés à proposer 965 $, sur quels critères on a
établi ce chiffre-là. Est-ce que c'est de façon purement aléatoire, on a joué au bingo, là, puis a tiré un chiffre, ou
si on s'est vraiment basé sur des paramètres précis ou des exemples?
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Alors, merci beaucoup, M. le Président. On me dit que les critères sont puisés
à partir de l'article 120, là, Me
Melançon va pouvoir mieux vous expliquer ça, et que c'est à partir, là, des
amendes générales que prévoit la loi. Alors, Me Melançon, si vous pouvez
donner un complément.
Le Président (M. Laframboise) :
Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : Donc, effectivement, l'article 120 de la loi prévoit
l'amende pour toute contravention à
la loi qui n'est pas autrement prévue dans une autre infraction, ce qu'on
appelle l'amende générale, là. Donc, si vous allez à l'article 120, paragraphe a, l'amende qui est prévue
actuellement est celle sur laquelle on s'est basés pour proposer
l'amende de l'article 113, à l'article 13.1.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : ...le
montant de 965 $ qui est prévu, c'est ce que vous me dites?
M. Melançon (Hugues) :
...maximum, dans le cas d'une contravention à la disposition générale. Donc, on
a reproduit cette fourchette d'amendes là.
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Merci,
M. le Président. Pour ma gouverne, ça fonctionne comment? Tantôt, on parlait de
l'avant-midi, après-midi, soirée, quart de
nuit, etc. Mais, pour ma gouverne, ça fonctionne comment? On débute, lors d'une
infraction, il y a une amende de... il y aurait une amende
débutant de 199 $... En fait, ma question, c'est : Est-ce qu'il y a une modulation, une adéquation entre l'infraction, le degré
d'infraction, la gravité de l'infraction ou si c'est tout simplement la première amende, c'est 199 $; s'il y a
récidive, bien là, on atteint le plafond de 965 $? Ou comment... Je veux
juste pour comprendre la mécanique.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre.
Mme Vien :
Vous avez raison, M. le Président, de parler de gravité, hein, alors, qui peut être graduée, là. Alors,
on parle de gravité objective. Peut-être que Me Melançon pourrait préciser
davantage.
Le Président (M. Laframboise) :
Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : En fait, la
réponse en droit, c'est que, lorsqu'une fourchette d'amendes est proposée,
c'est toujours à la discrétion du
juge d'imposer l'amende. Évidemment, le juge se base sur des critères. Ce qu'on dit,
c'est qu'en pratique, normalement, c'est plutôt l'amende minimale qui est prononcée, mais que certains
facteurs aggravants peuvent venir
changer l'amende à la hausse. Donc, ça peut être des facteurs aggravants du
geste qui est posé, ça peut être le
fait qu'une personne ait déjà été condamnée plusieurs fois pour ce fait. Mais
c'est toujours une discrétion judiciaire d'imposer une amende.
M. Villeneuve : Toujours
dans le domaine pénal, bien sûr, et...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Merci, M.
le Président. Toujours, évidemment, dans le domaine pénal. Parce
qu'on comprend qu'on parle du domaine
pénal ici, là, puis le juge, donc, pourra à sa discrétion, comme vous le dites
si bien, voir s'il y a une récidive
et si elle est plus qu'une fois, deux fois, trois fois, donc il pourra juger.
Mais maximum de 965 $, puis on reste dans le domaine pénal. O.K.,
moi, ça me va, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Ça va? D'autres commentaires? M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Bien là, comme que je ne suis pas juriste puis je ne connais pas toutes les
relations de travail de la construction,
j'ai été lire 113, puis là, dans 113, ce n'est pas si clair que ça, là. Bien,
c'est sûrement clair pour des gens, mais
je vais me le faire expliquer. Là, on dit que «s'il s'agit d'un employeur,
d'une association, d'un membre du bureau ou d'un représentant d'une association, d'une amende de
7 960 $ à 79 587 $ pour chaque jour ou
partie de jour
pendant lequel cette grève, ce
lock-out ou ce ralentissement existe et dans tous autres cas, d'une amende de
57 $ à 199 $». Donc, c'est celle-ci qu'on parle. C'est quel,
«tous autres cas»?
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la ministre... Me Melançon.
Mme Vien : Oui, oui,
c'est ça, c'est une personne physique...
Président (M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
...ce n'est pas une association. Me Melançon, c'est ça, hein?
Le Président
(M. Laframboise) : Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : Bien, ce serait toute personne physique ou morale qui ne
répond pas à la description d'être un
employeur, une association, un membre du bureau ou un représentant d'une
association. Donc, ici, un salarié qui
ne répondrait pas à la notion de membre du bureau ou représentant une
association serait passible de l'amende de 199 $ à 965 $.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci, M. le Président. Donc, l'interprétation de ça, c'est : de
57 $ à 199 $ touche l'individu parce qu'il ne fait pas
partie de l'explication en haut. Puis est-ce qu'on
prévoit une amende pour un gouvernement qui pose une loi spéciale? Non,
c'est une joke, Mme la ministre.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui, vous avez... Votre nom m'échappe, désolé, monsieur...
M. Melançon
(Hugues) : Me Melançon.
M. Villeneuve :
Me Melançon, voilà. Vous avez précisé, oui, l'individu, «personne», mais vous
avez aussi mentionné «personne
morale». Juste peut-être élaborer davantage sur «personne morale». Aux yeux du
règlement qu'on regarde présentement ou de la loi qu'on regarde, vous
entendez quoi?
Le Président
(M. Laframboise) : Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : Je n'ai pas d'exemple à donner. Tout ce que je dis, dans le
fond, c'est qu'en droit, quand on dit «dans
tous autres cas», il faut se référer à tout cas qui n'est pas visé par
l'énumération. Donc, l'exemple que je vois, moi, c'est une personne physique
qui ne répond pas à la définition de «représentant» ou de «membre du bureau».
Parce que, là...
M. Villeneuve :
Parce que tantôt...
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
...ajouté «personne morale», et c'est là que ça m'a sonné des cloches parce
qu'on...
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Allez-y. Non, non, allez-y.
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre... Pour Me Melaçon, ça va?
M. Melançon
(Hugues) : Par exemple, on pourrait penser à une entreprise cliente,
qui n'est pas un employeur, puis, par
certaines actions, encouragerait un ralentissement de travail ou un lock-out.
Là, je n'ai pas d'exemple précis, mais,
en théorie, il est possible qu'une personne morale ne répondrait pas à
l'énumération là et donc qu'on ne puisse pas lui imposer des pénalités.
On est en matière pénale. L'interprétation des dispositions pénales, c'est une
interprétation restrictive. Donc, il faut
être capable de faire fitter, si vous voulez, des personnes avec les
définitions qui sont là, sinon l'amende supérieure ne pourrait pas
s'appliquer.
Le Président
(M. Laframboise) : M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Bien, souvent, l'explication nous amène plus de
confusion, pas parce qu'elle n'est pas bien faite, là, au contraire, elle est très bien
faite, mais elle amène plus de confusion parce que j'ai de la difficulté
à voir comment une personne morale pourrait être accusée, dans ce cas-ci,
au pénal. Ce serait, en tout cas, un cas de figure qui me semble assez
improbable, mais, bon...
Le Président
(M. Laframboise) : Mme la ministre.
Mme Vien : Il n'y
a pas beaucoup, nécessairement, de cas de figure, effectivement, là. Mais c'est une tierce
partie qui s'acoquine peut-être... ce n'est pas nécessairement le... excusez-moi, le mot, là,
mais avec une des deux parties, avec, en fait, pour donner un cas de
figure, l'employeur pour...
Une voix :
Pour encourager le lock-out.
Mme Vien :
Oui, pour encourager le lock-out ou pour encourager une grève illégale. C'est
ça? C'est de ça qu'on parle?
M. Villeneuve : Parce
que ce que j'avais compris...
Le Président (M. Laframboise) :
M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Oui.
C'est parce que ce que j'avais compris, moi, M. le Président, c'est qu'on
parlait d'une personne physique. Lorsqu'on
parle d'une personne morale, bien, inévitablement, si on veut vraiment pouvoir
imposer l'amende, il va falloir qu'on trouve l'individu ou les individus
qui auraient participé à ce genre d'activité là.
Mais, enfin,
écoutez, je ne veux pas compliquer les choses, là, mais pour moi c'est assez
abstrait de pouvoir... Qu'un juge
puisse condamner une personne morale, j'ai beaucoup de difficultés à comprendre
parce que, dans le fond, on s'adresse
à la personne. Donc, à l'intérieur de la personne morale, il faut être capable
d'extraire finalement les individus qui auraient participé ou qui
pourraient participer, voilà. J'espère que je n'ai pas mélangé plus que j'ai
aidé.
Président (M. Laframboise) : Ça va? Pas d'autre commentaires?
Donc, l'article 13.1... s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Est-ce que l'amendement introduisant le nouvel
article 13.1 est
adopté?
Le Président (M. Laframboise) :
Donc, le nouvel
article 13.1 est adopté.
M. Leclair : M. le Président?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui. M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Je suis un peu dans la même position que la
ministre. J'avais un
article que je voulais mettre à 18.1 mais qui fitterait quasiment, là... après avoir
passé au travers, ça irait quasiment à 16.1, là. C'est un amendement d'un
nouvel article.
Président (M. Laframboise) : Bon, je vais suspendre, si vous
voulez, puis vous pourrez parler pour savoir si on peut l'introduire, si
ça vous va.
M. Leclair : Ou bien je peux le déposer, puis la ministre
va... Parce qu'il ne reste pas grand temps, puis on vient de toucher ce
sujet-là, ça fait que je voudrais que ça reste en mémoire, mais...
Président (M. Laframboise) : Donc, vous avez un amendement à nous
déposer qui serait un
article 16.1, c'est ça?
M. Leclair : Oui. Bien là, je
peux l'appeler 13.1, 18.1, 18...
Président (M. Laframboise) : Vous ne pouvez pas l'appeler 13.1
parce qu'on a adopté, là, mais ça pourrait être 13.2, par exemple, hein?
C'est ça?
Une voix : C'est bien ça.
Le Président (M. Laframboise) :
Ça pourrait être 13.2.
M. Leclair : Bon, alors on va l'appeler 13.2, mettons. Bien,
on va en discuter. Là, c'est parce qu'on a touché à ce sujet-là, puis je
ne suis pas convaincu qu'on l'a comblé, puis je voulais le mettre à un autre
article.
Le Président (M. Laframboise) :
Bon, ça fait que vous pouvez le lire.
M. Leclair : O.K. Bon, je vais le lire. Cette loi modifie...
après l'article 13.3... excuse, 113.3, dont on vient de parler, là,
précédemment :
«113.4.
[Comme] une infraction [...] est passible [à] une amende — on a pris les mêmes montants — de 1 220 $ à
11 202 $ quiconque exige, impose, offre, tente d'exiger, d'imposer ou
d'offrir à un salarié, des conditions de travail inférieures à celles prévues par la loi, ses règlements ou une
convention collective, en contrepartie de son embauche, ou incite un salarié à éluder l'application de la
loi, de ses règlements ou d'une convention collective dans le cadre de son emploi.»
Donc, c'est
un peu suite à tantôt, quand on disait : On veut toucher aux deux côtés,
là, à l'employeur et à l'employé. Mais
là on vient dire que c'est spécifique aussi. On spécifie que, si l'employeur
veut offrir moins que les règles... C'est dans ce sens-là. Si vous me
répondez que c'est déjà prévu, je le retirerai, là, mais on l'avait prévu,
de...
Président (M. Laframboise) : Sauf que je vais suspendre. Donc,
vous la déposez, nous on va regarder la recevabilité, et puis tout ça, puis
après ça remettre des copies.
(Suspension de la séance à
12 h 55)
Président (M. Laframboise) : Donc, M. le député de Beauharnois, donc, vos explications sur votre amendement, l'article 13.2.
M. Leclair : Bien, bien entendu, M. le
Président, je veux juste m'assurer
de, là, parce que c'est très complexe et il y
a tellement de détails dans le projet de loi. Je veux juste m'assurer. Ici, on dépose un amendement
pour dire que, si jamais
un employeur veut exiger ou tenter d'exiger... Parce que je sais que, tantôt,
on a couvert pas mal. Mais là on parlait tout dépendant si c'était un rapport,
si c'est l'article 113. Donc, je veux m'assurer qu'on couvre
aussi... Si un employeur est mal
intentionné, je veux m'assurer que, lui aussi, il est couvert dans les amendes
puis que lui aussi, il peut avoir des sanctions face à ça. Peut-être la ministre
va me répondre : Regarde, on le couvre, parce qu'il y a tellement d'articles qui se faufilent puis qui
s'entrecroisent. Alors, je veux juste m'assurer de. Sinon, on retirera
l'amendement si on l'a couvert. Sinon on discutera de l'amendement.
Président (M. Laframboise) : Donc, tel qu'entendu...
Commentaires, Mme la ministre? Ou on va attendre?
Mme Vien :
Bien, oui. Oui, bien, effectivement, on accueille l'amendement. Les gens qui
m'accompagnent, on prendra l'heure du lunch pour le regarder. Puis on
revient à 15 heures de toute façon. Puis, si effectivement il y a suffisamment de matière à l'intérieur de ce que
nous proposons, on va vous en faire la nomenclature de ce qui vient couvrir
ce que vous souhaitez couvrir avec votre amendement. Ça vous va?
Le Président
(M. Laframboise) : Donc, ça va. Je vous remercie.
Compte tenu de
l'heure, la commission ajourne ses travaux sine die.
(Suspension de la séance à
12 h 59)
Président (M. Schneeberger) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'économie et du travail reprend ses travaux.
Je vous rappelle que
le mandat de la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 152, Loi modifiant diverses dispositions
législatives concernant le domaine du travail afin principalement de donner
suite à certaines recommandations de la Commission Charbonneau.
Alors, je vous
demande de bien vouloir fermer vos téléphones et sonneries de vos appareils
électroniques.
Lors
de la suspension, ce matin, nous en étions... M. le député de Beauharnois avait
déposé un amendement. Alors, je pense que vous aviez lu l'article.
Alors, député de Beauharnois, la parole est à vous.
M. Leclair : Bien, vous voyez, des fois on prend une petite pause, M. le Président,
puis on change complètement, on passe
du blanc au noir. Donc, j'aimerais retirer l'amendement que j'ai déposé avant
qu'on aille dîner. Oui, oui. Et j'ai
eu des menaces, là, puis je suis sur le nerf.
M. Leclair : Mais pour être plus sérieux, M. le Président, c'est qu'on va en déposer un autre, avec l'aide des gens du ministère.
Ils nous ont concocté... ils nous ont aidés à faire un amendement qui
comblerait notre demande, puis on demandera des précisions. Alors, je
retirerais le premier amendement, et j'aurai l'honneur d'en déposer un
deuxième.
Le Président (M.
Schneeberger) : O.K., alors, en accord pour le retrait?
M. Leclair :
S'il y a consentement, bien entendu.
Président (M. Schneeberger) :
Oui. Consentement? Parfait. Alors, si l'article 13.2
est retiré, je vous invite à lire votre nouvel amendement.
M. Leclair :
Est-ce que vous voulez que je le partage pendant qu'on...
Président (M. Schneeberger) :
Oui, on va suspendre deux minutes, le temps qu'on distribue l'amendement.
(Suspension de la séance à
15 h 11)
Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Alors, M. le député de Beauharnois, je vous invite à lire l'amendement puis à faire les
explications par la suite.
M. Leclair : Merci, M. le Président. Alors, l'amendement se lirait
ainsi :
L'article 16.1 : Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 113.3, du suivant :
«113.4.
Commet une infraction et est passible d'une amende de 1 137 $ à 11 370 $ quiconque offre,
exige ou impose à un salarié, en contrepartie de son embauche, des
conditions de travail inférieures à celles prévues par une loi, un règlement ou
une convention collective.»
Alors,
M. le Président, ce qu'on voulait couvrir, et on se demandait s'il était bien
couvert, bien, c'est le fait que plusieurs
groupes nous ont dit que, malheureusement, il y a des employeurs qui offraient
des faveurs plus ou moins dans les règles de l'art. Donc, cet amendement-là a
pour but aussi de couvrir ces aspects-là. Donc tantôt, précédemment, dans
d'autres articles, on disait : La
personne qui donne du travail au noir est coupable, la personne qui l'accepte
est coupable, puis on ne voyait pas où est-ce que vraiment un entrepreneur
était vraiment ciblé pour ses causes à lui. Donc, suite à notre premier amendement déposé, bien, les gens du
ministère nous ont suggéré de le réécrire parce qu'ils nous ont dit que dans le
premier amendement, il y avait d'autres causes, d'autres articles qui visaient
certains aspects de notre premier amendement. Donc, si on pourrait avoir l'explication au micro, là, des articles 118, 120, 122 qui venaient combler, là, le manque
de différence qu'on a dans le deuxième amendement...
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui, Mme la ministre.
Mme Vien :
Bien, avec plaisir. Comme c'est un travail collégial, tout ça, vous avez bien
positionné la question. Alors, tout
simplement, Me Melançon, peut-être nous donner davantage d'explications
sur le 118, 120, ce que ces articles-là, là, font et ce que prévoit déjà
la loi, par exemple, pour l'incitation à déroger aux règles et aux lois.
M. Melançon
(Hugues) : Tout à fait. Or, oui, donc, dans l'amendement initial, il
était question de tentative d'exiger, d'imposer
ou d'offrir et il était également question d'incitation à éluder les
dispositions d'une convention collective. Donc, j'attire votre attention
sur l'article 118 de la loi R-20 qui prévoit déjà que «quiconque
tente de commettre une des infractions
prévues dans la présente loi, ou aide, ou incite quelqu'un à commettre ou
tenter de commettre une telle infraction commet [lui-même cette propre]
infraction». Et donc en prévoyant une nouvelle infraction à
l'article 113.4, toute tentative de la
commettre ou toute incitation à la commettre devient automatiquement, via
l'article 118, une infraction en soi, d'où le fait que ça ne soit
pas nécessaire de référer à la tentative ou à l'incitation dans l'infraction
elle-même.
Le Président
(M. Schneeberger) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Oui. Juste par rapport à 118, c'est bien expliqué, et je comprends très bien.
La référence via le montant, si on fait cette fraude-là, cette
infraction-là, on réfère à où?
M. Melançon
(Hugues) : Oui. Donc, si vous allez à la toute fin de l'article, on
dit... on pourrait le lire, il n'est pas très long : «Quiconque tente de
commettre une des infractions prévues dans la présente loi, ou aide, ou incite
quelqu'un à commettre ou tenter de commettre une telle infraction commet une
infraction et est passible de la peine prévue pour une telle infraction.»
qui fait que si, via 118, une personne est accusée de tentative, il sera
assujetti à la même peine que l'infraction principale qu'il tentait de commettre, donc la même peine que celle
prévue à l'article 113.4 dans le cas qui nous intéresse.
Le Président
(M. Schneeberger) : M. le député de Beauharnois.
M. Leclair :
Puis on n'a pas besoin de le spécifier là.
M. Melançon
(Hugues) : C'est l'article 118 qui le spécifie lui-même.
M. Leclair :
O.K. Ça me va si, pour les légistes, c'est clair.
Le Président
(M. Schneeberger) : M. le député de Chutes-de-la-Chaudière, vous
avez une question.
M. Picard :
Merci, M. le Président. Donc, si je comprends bien, on vient ici... c'est un
genre de clause orphelin, qu'on
s'assure qu'il n'y aura pas de conditions inférieures aux autres. Vous voyez où
je veux aller, Mme la ministre. Mais, oui, je veux vous entendre
là-dessus si vous êtes prête.
Président (M. Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Oui. Bien, en fait, c'est ça, c'est l'amendement du Parti québécois, de
l'opposition.
M. Picard :
Vous travaillez ensemble. C'est ça que j'ai compris surtout, moi.
Mme Vien :
Oui. En fait, ce qu'on vient prévoir et qui, de ce que j'ai compris, n'était
pas là avant de déposer l'amendement, c'est
tout ce qui est en... c'est tout ce qui précède l'embauche. Alors, tout ce qui
peut être dit, promis qui est en
dehors de la voie légale pour éventuellement une embauche, alors, c'est ça
qu'on vient prévoir là, là. On ne vient pas prévoir une clause orphelin
ou pas parce que toute personne qui est engagée normalement l'est en fonction
des conventions collectives, l'est en fonction des règlements ou, bon, là, où
sont prévues les conditions de travail. Alors, il n'y a pas à... j'ai de la
misère à raccrocher ce que vous dites, à ce que nous avons devant soi, là.
Le Président
(M. Schneeberger) : M. le député des Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
Merci. Mais j'aurais une autre question, là. Pourquoi on indique des conditions
de travail inférieures? Pourquoi on
ne dit pas des conditions de travail différentes? Parce que ça se pourrait que
quelqu'un... j'essaie de... il me semble
que, «différentes», là, on prévoit... c'est parce que je pense que vous êtes
partie, en tête, avec le travail au noir, mais il peut avoir d'autres mécanismes. En tout cas, j'essaie de voir
là, parce qu'il me semble qu'on couvrirait le tout, là.
Le Président
(M. Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Vien :
En fait, ce qu'on m'explique ici, ce qu'on cherche à prévenir finalement, c'est instinctivement, puis je reprends les mots de
Me Melançon, que souvent ce qu'on veut prévenir, c'est qu'il n'y ait pas
de conditions inférieures à ce qui
est offert normalement dans les conditions de travail régies, légales des
conventions collectives. Alors, je suis embêté de vous répondre, là, M.
le Président.
Le Président (M.
Schneeberger) : Maître... Non, ça va? M. le député de
Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard :
Mais, M. le Président, si vous permettez, c'est parce que je comprends le
principe, là, qu'on ne veut pas que
ça soit inférieur aux conditions de travail des contrats qui sont prévues dans
les conventions, mais j'ai compris aussi
qu'on ne veut pas que ça soit plus que qu'est-ce qui a été négocié dans les
conventions collectives. Donc, pour moi, en tout cas, si on mettait des conditions de travail «différentes», on
couvrirait les deux facettes, là. Ça ne vous enlèverait pas de... La facette
des conditions inférieures est couverte en disant «différentes», là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Moi, j'aimerais ça peut-être prendre une ou deux petites minutes, M. le
Président. Oui, on va suspendre quelques minutes, puis on va...
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Alors, nous allons suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à
15 h 21)
Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous reprenons les travaux. Je pense que la ministre a une réponse à la
question du député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : J'ai mal entendu, M. le Président, c'est bruyant
un peu dans la salle, hein, on a de la difficulté à vous entendre.
Le Président (M.
Schneeberger) : Oui. Nous reprenons les travaux.
M. Picard :
C'est toujours aussi bruyant.
Le Président (M.
Schneeberger) : Alors, Mme la ministre.
Mme Vien : Merci beaucoup, M. le
Président. Alors, je vais suggérer au
député de Chutes-de-la-Chaudière qu'on laisse
le libellé tel qu'il est parce que ce qu'on m'explique, ce qui est recherché
ici, c'est de faire en sorte qu'on puisse venir corriger un comportement qui pourrait être
nocif, donc, pour un futur employé, de lui donner un salaire inférieur. Alors, ce qui est observé dans les comportements
qu'on souhaite réguler, si vous voulez, c'est rarement de donner un salaire à
la hausse, mais bien de donner un salaire à la baisse.
Alors,
partant de ça, M. le Président, je suggérerais qu'on le laisse de la sorte, de
la façon qu'il est libellé, et, de le mettre, «des conditions de travail
inférieures». On vient vraiment être beaucoup plus précis par rapport à l'objectif
recherché que si, par exemple, on y allait uniquement avec des conditions différentes. Alors, pour ces
raisons, s'il y avait besoin peut-être
de donner davantage d'éclairage là-dessus, je pourrais demander aux collègues,
mais...
D'ailleurs,
on me mentionnait également que, dans la
Loi sur les normes du travail,
il y avait aussi un libellé qui était écrit de cette façon-ci, c'est à l'article 140.5°
de la
Loi sur les normes du travail, où on ne peut pas donner des conditions de travail inférieures. Alors,
je vous y réfère, si vous avez besoin de regarder plus avant.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : Merci, M. le
Président. J'entends bien le commentaire de la ministre, mais je comprends que,
là, actuellement, on travaille... en tout cas, l'esprit de l'amendement, c'est pour les gens qui travailleraient au noir. Donc, habituellement, ils travaillent à un taux horaire ou fixe plus bas que qu'est-ce qui est prévu à la convention
collective. Mais ce que je décode, si
on accepte ça seulement avec le mot «inférieur», ça veut dire qu'un employeur
qui rencontre un employé, qui dit : Moi, je veux absolument t'avoir, je
vais te donner 10 $ de plus par semaine ou 50 $ de plus par semaine. Ça va être légal, mais il va être
contraire à la convention quand même. Donc, peut-être, le terme «différent»
n'est pas le bon. Je vous suggérerais
peut-être en amendement de dire «inférieures ou supérieures aux conventions
collectives». Parce que, là, je
comprends qu'on corrige s'il ne respecte pas la convention collective vers le
bas, mais, si un employeur donne plus, il ne respecte pas la convention
collective plus.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Vien :
Si vous voulez faire un amendement, M. le député, vous pouvez le faire, mais je
pense que c'est assez peu courant
qu'il y ait... Je cherche un peu les yeux des gens du ministère, mais je pense
que c'est assez peu courant, là, qu'on aille au-delà de la convention
collective, de ce qui a été... de ce qui est prévu. C'est bien ça?
Mme Vien : Ah! C'est ça,
il n'y a pas de... Oui, c'est ça.
M. Picard : ...certain qu'il n'y a pas de plainte,
mais sauf que c'est comme si on vient dire aux employeurs et aux employés qui acceptent ce genre de deal là,
s'il existe, c'est que ce n'est pas légal, mais ce n'est pas grave. Parce que ça
peut... Surtout avec la pénurie de travailleurs que nous allons vivre, que nous vivons de plus en plus il y a des employeurs qui vont peut-être dire... Bien, c'est parce que,
là, je donne l'exemple d'un taux horaire ou d'un taux hebdomadaire, mais
ça pourrait être un bonus. Tantôt, on avait
un
article de loi qu'on disait : Bien là, ils n'ont pas
le droit d'avoir d'autres avantages.
Mais c'est un peu qu'est-ce qu'on fait là. Si un employeur dit : Moi, je veux absolument
que tu travailles pour moi, je vais
te donner ça en plus, il ne respecte pas la convention. Je pense qu'on... Puis
ça ne coûterait pas grand... ça ne coûte rien. S'il n'y a pas de situations
qui sont couvertes, elle sera là quand même.
Le Président (M. Schneeberger) :
Mme la ministre.
Mme Vien : Oui. Merci,
M. le Président. Alors, je référerais
aussi le député à l'article 120 de la loi R-20. Bon, on en a parlé à quelques reprises, là, où on dit
ceci : «Quiconque viole une prescription de la présente loi ou d'un règlement adopté sous [...] autorité, ou encore une prescription», etc., bon, encourt des... est une
infraction et encourt des amendes, là,
ça couvre effectivement. Et c'est une infraction de nature générale qui
couvrirait, justement, si on allait au-delà du salaire prescrit.
Ici, on veut
vraiment marquer le pas avec des conditions de travail inférieures, alors qu'on
sait très bien que, quand il y a dérogation, c'est plutôt à la baisse
qu'à la hausse.
Le Président (M. Schneeberger) :
Député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : Donc, je
comprends que l'article 120 s'appliquerait, mais on veut mettre...
M. Picard : ...l'emphase
là-dessus. Mais moi, je pense qu'on devrait profiter du fait qu'on ouvre la
loi, parce qu'avec la pénurie de travail, la
situation qui peut sembler hypothétique... Mais ça arrive que des employeurs
aient des employés...
qui veulent avoir absolument des employés ou... soit des nouveaux ou soit
des... des gens qui disent : Moi, je quitte, là, pour telle, telle
raison. Regarde, je vais te donner quelque chose de plus. Puis là on ne
respecte pas les conventions collectives selon moi.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, Mme la ministre. Souhaitez-vous suspendre? Oui?
Nous allons suspendre quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 33)
Président (M. Schneeberger) : Alors, nous reprenons nos travaux. Mme la ministre, je pense que
vous avez une réponse.
Mme Vien : Oui, M.
le Président. Alors, pas parce que
je suis entêtée, je suggère encore
une fois à la commission de garder le libellé tel qu'il est. Je suis entourée, bien sûr,
de spécialistes, et ce qu'on me
suggère, c'est effectivement de pointer
là vers où on peut trouver un comportement observé qui est nocif, pour
reprendre le terme de notre sous-ministre, donc avant l'embauche, parce
que c'est ça, le caractère pervers que l'on retrouve.
Maintenant,
ce qu'on me dit, c'est effectivement, s'il devait y avoir embauche à des
conditions, pour reprendre votre
terme, différentes, donc supérieures, à ce moment-là, après l'embauche, il y a
toujours les mécanismes normaux qu'on
connaît, soit 120 avec le cadre général d'infraction, avec des inspections de
la Commission de la construction du Québec,
la vérification du... je ne me souviens jamais, là, du carnet, du registre
mensuel... du rapport mensuel des employeurs pour effectivement faire
les vérifications nécessaires et agir dans ce sens-là.
Mais
vraiment, prima facie, là, à sa face même, ce qu'on veut vérifier, si c'est
vraiment avant : Est-ce que, oui ou
non, il y a promesse d'embauche à des conditions inférieures? Et c'est ce que
vise l'amendement ici, l'amendement du Parti québécois, hein, de
l'opposition officielle, que je vous rappelle.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Leclair : Moi, ma lecture de mon amendement, ce que j'en
comprends, que j'ai écrit en pattes de mouche, lorsqu'on dit «inférieures à celles prévues par une loi, [par] un
règlement ou une convention collective»... Je reviens, on a eu cette discussion-là un ou deux articles
précédemment... précédents, puis on a dit : Bien, tous les groupes,
lorsqu'on parle ici de pénal ou de
conditions, c'est des groupes qui ont une... ils font
partie d'une association,
donc ils sont régis à 100 % par une convention collective.
Donc, si on
dit «aucune condition de travail inférieure aux conventions
collectives», par le fait même,
une convention collective ne te
donne pas une marge de salaire ou une marge de conditions. Voici tes
conditions, c'est écrit noir sur
blanc, c'est négocié, et tout, donc il
n'y a pas de plus, il n'y a
pas de moins. Donc, moi, je pense que, vu qu'on parle de groupes qui font
partie à
100 % des grandes associations, bien, moi, je pense qu'on le couvre en
disant qu'on suit les règlements ou une convention
collective. On n'a pas vraiment
de marge de manoeuvre, je
pense. Ça fait que je pense
que c'est un bon amendement que j'ai sorti.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci, député de Beauharnois. Est-ce qu'il y a d'autres interventions, commentaires?
Député de Chaudière.
M. Picard :
M. le Président, ça sera inscrit que, là, on le fait parce qu'on veut couvrir
vraiment ce point précis là et, dans
quelques années, on verra si j'avais
raison ou non. Ce n'est pas plus grave que ça, mais le débat a été fait et
c'est enregistré. Merci beaucoup.
Président (M. Schneeberger) : Parfait. Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, est-ce que l'amendement introduisant un nouvel
article 6.1 est adopté?
Le Président (M. Schneeberger) :
16.1, c'est ça.
Mme Vien : J'ai compris
6.1. Oui, oui, adopté, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
16.1, parfait, est adopté? Adopté?
Président (M. Schneeberger) : Parfait. Alors, je pense que nous en sommes maintenant à l'article
n° 20. C'est bien ça?
Mme Vien :
C'est en plein ça. Alors, ici, M. le Président, l'article 20 se réfère à
la loi R-20. Il n'y a pas d'amendement,
et ça donne suite à une recommandation de la commissaire de la commission
Charbonneau. Alors, je le lis?
Le Président
(M. Schneeberger) : Allez-y.
Mme Vien :
L'article 119.11 de cette loi est modifié :
par le remplacement de «113.2, 115, 119, 119.0.1» par «113.1, 113.2, 115, 119,
119.0.1, 119.0.3, 119.0.5».
Alors, l'article 119.11
énonce une série d'infraction à la loi R-20...
Une voix :
Il y avait un deuxièmement.
Mme Vien :
Il y avait... Oh! excusez-moi. Excusez-moi.
par l'insertion, après «représentative», de «ou à être membre du conseil
d'administration de la commission ou d'un comité formé en application de
la présente loi,».
Désolée.
Alors, explications :
L'article 119.11 énonce une série d'infractions à la loi R-20 pour lesquelles une
condamnation rend une personne inhabile à
diriger ou à représenter une association patronale ou syndicale pendant les
cinq années suivant le prononcé de la sentence. Afin de mieux lutter contre
l'intimidation, le second volet de la recommandation 18
de la commission Charbonneau proposait d'ajouter deux infractions à l'énumération
actuelle, soit nuance... menace et/ou
intimidation susceptible de provoquer une entrave, un ralentissement ou un
arrêt des travaux sur un chantier
et — bien là,
on comprend qu'on l'a changé — et entrave aux services du service de
référence de la main-d'oeuvre administrée par la CCQ.
Le projet de loi
propose de suivre cette recommandation. Il ajoute également à la liste
d'infractions le fait d'exercer des
représailles contre une personne au motif qu'elle a communiqué de bonne foi un
renseignement à la CCQ ou qu'elle a collaboré à une enquête, une
vérification ou encore un contrôle de la CCQ.
Enfin,
le projet de loi propose que l'inhabileté vise non seulement la direction et la
représentation d'une association, mais
également la capacité à siéger au conseil d'administration de la Commission de
la construction du Québec ou encore à un comité formé en vertu de la loi
R-20, donc les différents comités qui émanent de la CCQ. Voilà, M. le
Président.
Président (M. Schneeberger) : Merci, Mme la ministre, pour vos
explications. Est-ce qu'il y a des interventions pour l'article
n° 20? M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Effectivement, M. le Président. Bien, le but premier de cet
article-là... Je comprends, là, qu'on veut répondre à la commission Charbonneau. Je vais attendre que la ministre
me regarde, parce qu'elle va me demander de répéter.
comprends qu'on répond à la commission Charbonneau. Le but ici visé, c'est de
dire... parce qu'encore là, là, je reviens
avec le principe de rétroaction, là. Le but ici, on dit qu'il y a des gens qui,
dans un futur, ne pourront plus siéger à certaines commissions s'ils
rentrent dans les règles, là, telles que prescrites. Est-ce que le but visé,
c'est de dire qu'il y a des gens, en ce
moment, qui vont perdre leurs emplois ou c'est dans le futur? On dit :
Voici la nouvelle règle, dans le
futur, si vous avez telle ou telle condamnation, vous ne pourrez plus appliquer
sur ces postes administratifs là.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Bien, sauf erreur... si je comprends bien votre question, c'est à partir de
l'adoption de la loi. C'est ça, hein?
M. Leclair : Exact. O.K., exactement, mais tantôt on avait la même discussion sur la
rétroaction pour les autres articles.
On a dit : Le projet de loi ne vise absolument rien de rétroactif. Là, on
a eu des questionnements, j'ai envoyé des questionnements à quelques juristes de votre ministère ou des gens qui
vous entourent, puis ils ont dit : Non, dans les cas que vous
m'expliquez, la rétroaction, si elle n'est pas inscrite, ce n'est pas
rétroactif. Vous m'avez convaincu de ça.
Ici,
je veux juste m'assurer, si on dit que, dans un futur, des personnes qui auront
un dossier x, y, là, qui rentreront dans
ce que l'on stipule ici, bien, on ne dit pas qu'ils vont perdre leur job demain
matin, mais on dit que le prochain qui va revenir sur ces postes-là,
s'il veut appliquer... Est-ce que c'est bien ça que je comprends?
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Est-ce que vous me permettez? Je vais juste m'en assurer.
M. Leclair :
Oui, oui. Ça mérite réflexion.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Oui. Alors, ça discute encore à l'arrière.
M. Leclair : On suscite le
débat, Mme la ministre.
Mme Vien : Oui. Ce n'est pas de la rétroactivité telle que
vous l'entendez et ce n'est pas de la rétroactivité telle que vous l'avez soulevé un peu plus tôt aujourd'hui. On va prendre un cas de figure : Vous avez, il y a deux ans, eu
une condamnation en vertu des infractions...
Mme Vien : M. le
Président, je pense... c'est vrai que ça placote pas mal.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'on pourrait baisser le son, s'il vous plaît, en arrière? Merci.
Mme Vien : Vous avez eu une condamnation, admettons, il y a
deux ans. Je prends... texto, là, l'exemple qu'on m'a
donné. La loi entre en vigueur. Vous souhaitez diriger ou représenter une association patronale ou syndicale; vous ne pourrez pas le faire pour les
trois prochaines années.
M. Leclair : Il y a deux ans, j'ai eu une sanction. Donc, ici,
on dit qu'on est inhabile à siéger pendant cinq ans. Donc, ça
s'applique. Donc, il y a une rétroaction sur les conséquences, mais pas sur l'application.
Mme Vien : C'est ça.
Oui, allez-y. Allez-y, Maître...
Le Président (M. Schneeberger) :
Melançon.
Mme Vien : Melançon,
merci.
M. Melançon
(Hugues) : En fait,
antérieurement, votre question sur la rétroactivité portait sur une nouvelle
infraction à la loi. La question
était : Est-ce que je pourrai être condamné pour cette nouvelle
infraction là pour un comportement que
j'aurais eu il y a deux ans ou trois ans? La réponse est non puisque c'est une
nouvelle infraction. L'infraction s'applique au moment où la loi
s'applique. Donc, on ne peut pas revenir en arrière pour condamner une personne
pour un acte posé avant l'entrée en vigueur de l'infraction. Ça aurait
été de la rétroactivité.
Ici, on parle
plutôt d'effet immédiat de la loi. Donc, à partir du moment où la loi
s'applique, elle accorde, dans le
futur, des effets... elle attache des effets dans le futur à un événement
passé. Donc, la personne a été condamnée, il y a deux ans, pour une
infraction à l'article 113.1, par exemple.
L'article entre en vigueur, l'article 119.1,
et on dit que la personne est inhabile
pendant les cinq ans qui suivent le prononcé de la sentence. Donc, on va
regarder sa condamnation antérieure
et on va lui attacher des effets dans l'avenir, c'est-à-dire une inhabilité,
ici, d'une durée de trois ans, cinq ans moins deux ans.
M. Leclair : Alors, c'est quoi, votre liste de noms que vous
voulez jeter dehors? Vous devez le savoir, à l'heure qu'on se parle,
avec un
article comme ça?
Mme Vien : Bien là, vous
me...
M. Leclair : Bien, c'est sûr et
certain.
Mme Vien :
Moi, en tout cas, vous me prêtez des intentions que je n'ai pas, honnêtement, là, puis, je veux dire, je suis un peu sidérée de cette
question-là. Moi, je n'ai pas...
M. Leclair : Bien c'est clair
et net...
Mme Vien : ...d'agenda
caché là-dedans, là, pas du tout, là.
Mme Vien : C'est ça, on
est dans le suivi de Charbonneau là-dedans, là, je veux dire...
M. Leclair : Je suis d'accord,
mais ça a des conséquences, là.
Mme Vien : M. le député,
là... Non, je n'apprécie pas la question, là, honnêtement, là, vraiment pas,
M. Leclair : Bien, elle est
banale et elle est réelle, la question. Il y a...
Mme Vien : C'est non, il
n'y a pas de liste. Il n'y a pas de liste. Bien, en tout cas, moi, je n'ai pas
de liste.
M. Leclair : Bien, c'est sûr que vous savez les personnes
qui siègent, là, il n'y a pas... il n'y en a pas 100 000, là, qui siègent sur ces conseils-là, là. Il y a peut-être
30 personnes, 40 personnes. Ces 40 personnes,
combien vont être affectées par ça?
Mme Vien :
M. le député, ce n'est pas juste le conseil de la CCQ, le conseil
d'administration ou ses comités, là, c'est
tous les postes de représentants, de D.G. d'associations patronales,
syndicales, là, c'est ça, là. Puis honnêtement, là, non, il n'y a pas de
liste, là, puis on ne va pas mettre personne dehors, comme vous dites, là.
M. Leclair : Bien là, on va mettre des personnes dehors, par
exemple. Qu'on le veuille ou non, on va mettre des personnes dehors, là. Si vous prétendez que non...
on risque de mettre des personnes dehors. Ça a cette portée-là, en tout cas, parce que ça a une rétroaction, là, parce
que... On vient de l'expliquer. S'il y a des personnes, dans tout ça, qui ont
eu une peine dans le passé, bien,
aujourd'hui, on dit : Bien là, ça se peut que tu perdes ta job pour un an,
deux, trois, quatre, là, tout dépendant de la sanction qu'ils ont eue,
si c'est ça qu'on vise.
Mme Vien :
Je ne sais même pas le nombre de personnes que ça viserait, si ça en vise. Ça
fait que je ne peux pas répondre par l'affirmative à votre question.
M. Leclair : Bien, c'est la seule inquiétude que j'ai. Moi, ça ne me dérange pas qu'on dit : On met
des balises. Puis c'est correct, ça
peut avoir tout son sens. Mais où est-ce que j'ai un problème, c'est de
dire : Bien, on s'en va avec ça, M.
le Président, aucun problème, il y a 12 personnes qui perdent leurs jobs
demain. Une, deux, trois personnes, je n'ai aucune idée, moi, qu'est-ce que ça vise. Mais, si on met ça, ça a une
portée, et je pense qu'il faut être conscient de la portée que ça peut avoir. Si c'est le but qu'on
recherche, il n'y a pas de problème, ça a le mérite d'être clair, mais moi, je ne
suis pas convaincu que c'est le but
qu'on recherche. C'est qu'on dit : On veut assainir l'institution, les moeurs, et je suis surpris qu'on prenne ça comme un autre article,
là. Les autres articles, là, si quelqu'un fait autre que le règlement, il a une amende
et tout. Là, quelqu'un perd sa job, là.
Moi, je ne
trouve pas ça banal comme article. Si vous trouvez ça banal, moi, je ne le
trouve pas banal. Tant mieux si ça ne
touche à personne, puis je le souhaite que ça ne touche à personne,
mais la portée de cet article-là, M.
le Président, va faire perdre des
maisons, des vies, là. Il y a quelqu'un qui va perdre sa job, là. Je ne le souhaite pas
puis j'espère que c'est zéro, mais j'aimerais ça qu'on me le confirme
que c'est zéro. Je dormirais peut-être mieux ce soir.
Les autres
articles, on dit qu'on passe de 57 $ à 199 $. So what? On n'arrache
pas une dent à personne avec ça. Mais
ici, là, ce n'est pas à prendre avec un grain de sel, là. On fait perdre peut-être
l'emploi du monde si on est convaincu que
non ou si on donne un temps de présomption. Moi, je trouve que ce n'est pas
banal. Moi, je trouve que ce n'est pas banal du tout. C'est dans ce
sens-là, là.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la ministre.
Mme Vien : M. le
Président, en tout cas, je pense que le député, il s'exprime mal, certainement, là, pour nous
prêter des intentions de vouloir mettre des
gens dehors, là. Ce n'est pas ça, mais pas du tout, là, mais, à un moment donné, il faut la tirer, la ligne. On tire une ligne.
Puis deuxième des affaires, c'est une recommandation
de Charbonneau. Je comprends, peut-être que vous ne trouvez pas ça important,
Charbonneau, là, mais c'est Charbonneau pareil.
M. Leclair : Mais on est dans
R-20, Mme la ministre.
Mme Vien :
Qu'on soit dans R-20, qu'on soit dans la RBQ ou qu'on soit dans n'importe
quelle loi que vous voulez, nous, on
a un rapport qui s'appelle le rapport Charbonneau, en 2015. On est rendu en
2018, on veut le faire atterrir, on veut donner suite aux recommandations,
on essaie de le faire de la façon la plus intelligente possible.
Les personnes
qui sont ciblées, ce sont des personnes qui ont fait des menaces, qui ont fait
de l'intimidation ou qui ont entravé
les activités du service de référence de la main-d'oeuvre, là, le carnet de
référence dont on parlait hier.
M. Leclair : Il n'existe plus,
ça a l'air. Vous m'avez dit qu'il n'existait plus, hier.
Mme Vien :
Le carnet de référence existe encore. C'est sûr qu'il existe encore. Alors, je
ne comprends pas votre émoi par rapport à ça, votre objection par
rapport à ça. On se l'explique mal, là. Mais nous, on fait le suivi d'une recommandation de la commissaire Charbonneau. On
ajoute deux infractions à ça, où on dit : Bien, si vous répondez à ces
critères-là, vous êtes inhabile à siéger
pour cinq ans, à votre association patronale puis à votre association
syndicale. Point, «period». Je n'ai pas d'autre chose à ajouter, M. le
Président.
Président (M. Schneeberger) : Parfait, Mme la ministre. Est-ce qu'il y
a d'autres interventions? Député de Beauharnois.
M. Leclair : Bien, Mme la ministre, ça fait 10 ans que je
siège ici, à l'Assemblée nationale. J'en ai fait un puis un autre, projet de loi. J'ai eu du plaisir dans
tous mes projets de loi, je n'ai jamais, jamais, jamais, et je ne pensais pas passer un
article d'un projet de loi qui
ferait perdre la job à quelqu'un, jamais. Je n'ai jamais fait ça, jamais fait ça en 10 ans.
Puis vous me
dites, là : Je ne sais pas où est-ce que vous prenez vos exemples,
M. le député... Je n'ai jamais fait ça, dans aucune loi que j'ai faite. J'en ai fait une
puis une autre. Ici, c'est le cas, là, si on accepte ça, là, il y a peut-être,
je dis bien peut-être,
parce que ça a de l'air qu'on ne le sait pas, s'il y a du monde... Il y a-tu quelqu'un
qui va perdre sa job? Si vous me
jurez qu'il n'y a personne qui perd sa job, on va les mettre, les barrières
puis les clôtures hautes, puis on va dire : Regardez bien, là, on va les exempter,
s'il y en a un ou deux qui perd sa job, mais, dans le futur, voici
l'avertissement à l'article,
blablabla. Là, je vais être d'accord. Mais moi, demain matin, je ne ferai pas
perdre la job à quelqu'un ici parce que je suis un législateur puis je dis : Bien, la commission
Charbonneau s'est fait un beau spectacle à la télé, là, puis elle nous a envoyé des recommandations, elle nous
soumet, nous, législateurs, de légiférer dessus, mais au-delà de perdre
des jobs... On ne parle pas des criminels, là, cour pénale,
intimidation, pas quelqu'un qui a tué quelqu'un, là.
J'ai
bien, bien, bien de la misère avec ça, M.
le Président. Je vous le dis, là, si
la ministre, elle, elle trouve que je m'emballe, je m'emporte, bien, je vais m'emballer,
je vais m'emporter. Je n'ai jamais fait perdre la job à personne, dans ma vie, je n'ai pas le goût de commencer cet
après-midi. Ça fait que trouvons une manière d'atterrir ça. Puis tant mieux
si je suis encore une fois dans le champ
puis que personne ne perd sa job. Tant mieux, puis qu'on porte juste un avis ou
un avertissement aux suivants qui
s'en viennent, bien, je vais dire : On a fait notre job puis on avise les
gens. Dans le futur, faites attention.
n'est pas ça que je lis ici, là. Le risque est là. Venons mettre quelque chose, une balise qui dit qu'il n'y
a pas personne qui va perdre sa job si on signe cet article-là.
Je ne vous parle pas d'un criminel, là, qui a tué, là. Je ne veux pas protéger un criminel, là. On dit : Quelqu'un
qui a été jugé d'intimidation. À quel niveau d'intimidation? Je te vole ta
gomme, si tu ne me donnes pas ma gomme, c'est de l'intimidation, j'ai été jugé,
je peux perdre mon poste, ma job.
Le Président (M.
Schneeberger) : Merci, M. le député de...
M. Leclair : C'est de même que je le comprends. Peut-être que je ne le
comprends pas bien. Expliquez-moi-le.
Président (M. Schneeberger) :
O.K. Merci, M. le député de Beauharnois. Réponse à ça, Mme la ministre, ou
sinon on va aller au député de Chutes-de-la-Chaudière. Auriez-vous une...
Mme Vien :
Non, je n'ai pas de question, mais...
Le Président (M.
Schneeberger) : Réponse?
Mme Vien : ...un
petit peu sans voix, là. En tout cas, nous autres, on ne défendra pas les intimidateurs, ça, c'est sûr.
L'autre affaire, la CCQ m'assure qu'au moment où on se parle, si la loi était adoptée
aujourd'hui, là, il n'y a pas personne qui perd sa job. L'information vient de
la CCQ. Ça fait que...
Le Président (M.
Schneeberger) : Député de Chutes-de-la-Chaudière.
M. Picard : Merci,
M. le Président. Moi aussi, je suis
contre les intimidateurs, on s'entend, là, mais est-ce que... Dans les recommandations de la commission
Charbonneau, est-ce qu'on prévoyait aussi une application aussi pointue ou c'était le grand principe que maintenant, là, on veut qu'il y ait
des sanctions importantes? C'est juste ça que je veux savoir, parce
que j'ai fait une lecture rapide, là,
puis je ne le trouve pas, là, mais... Parce
que c'est quand même
spécial, là, que... Mais c'est ça
que je voudrais valider. Si la commissaire... la commission Charbonneau, c'est
la recommandation, mais est-ce que vous l'avez appliquée de
façon restrictive, très large ou telle quelle? Je ne sais pas.
Le Président (M.
Schneeberger) : Mme la ministre.
Mme Vien : M. le
député, j'