House Proceedings — 21 September 2017 (41st Legislature, 1st Session)
2017-09-21
Quebec — Debates (Hansard)
André Lepage
utilisait son franc-parler pour faire avancer ses dossiers mais surtout pour
faire entendre la voix des gens qu'il représentait. En mon nom et en celui des
citoyens de la circonscription de René-Lévesque, je tiens à souligner la carrière et la personne qu'était André Lepage,
mari, père, grand-père, homme engagé et maire de la magnifique municipalité
de Pointe-aux-Outardes. Maryse, Guylaine, Francis...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député.
Maintenant, je me tourne vers M. le député de Pontiac pour sa
déclaration d'aujourd'hui.
M. Fortin
(Pontiac) : Merci, Mme la Présidente. Chaque année, début de
septembre, la municipalité de Shawville — population, 1 587 — se fait hôte à des dizaines de milliers de
visiteurs dans le cadre de la foire agricole de Shawville.
And, year after year, for the last 161
years, this event has been put on from start to finish by volunteers : the
tractor pulls, the
4-H Steer Auction, the Horse Show, ran by volunteers; the cattle exhibits, the
gates, the music shows, ran by volunteers;
the Agricultural Awareness Tent, the Demolition Derby, the Holstein Show, ran
by volunteers. And, without a doubt,
the amazing work of the Shawville Fair board is reflected in the pride that, as
Pontiackers, we all have in this great event.
congratulations to Sara Knox and to her amazing team for the 2017 edition! We
know you're already hard at work to prepare for the
2018 Shawville Fair.
On espère vous y voir,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Je vous remercie de cette invitation, M. le député de
Pontiac. Maintenant, je vais céder la parole à Mme la députée
d'Iberville.
Mme Samson :
Merci, Mme la Présidente. Je tiens à souligner aujourd'hui un anniversaire
important pour la démocratie et les
communications au Canada et au Québec, soit le centenaire de La Presse
canadienne . Cette agence de presse a
été créée en 1917, au moment de la Première Guerre mondiale, et elle tient
informés depuis 100 ans les citoyens sur tous les enjeux importants de
la scène internationale, nationale et provinciale. La devise de la PC, comme on
l'appelle communément, est Respectée,
pertinente et fiable , comme en font foi les dizaines de récompenses que
l'agence a reçues au fil des années.
D'ailleurs, plusieurs députés dans cette enceinte ont soit oeuvré à La
Presse canadienne ou ont utilisé les milliers de dépêches pour
livrer leurs nouvelles à leurs lecteurs, leurs auditeurs et leurs téléspectateurs.
Finalement, Mme la
Présidente, je tiens à saluer les trois journalistes de La Presse canadienne
qui informent tous les jours les citoyens
du Québec de ce qui se passe à l'Assemblée nationale : Jocelyne Richer,
Patrice Bergeron et Caroline Plante. Sans eux, comme le dit la devise du
Washington Post , la démocratie meurt dans l'obscurité.
Alors, joyeux
anniversaire à la PC et longue vie à elle! Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée d'Iberville.
Maintenant, au tour de Mme la députée de Vaudreuil de faire sa
déclaration.
Nichols : Merci, Mme la Présidente. Alors, le 3 septembre dernier se
tenait la sixième édition du Festival de
la SOUPE, qui signifie symbole d'ouverture et d'union des peuples. Il s'agit
d'un important rassemblement interculturel et intergénérationnel autour d'un thème particulier : la soupe.
C'est plus de 25 équipes, professionnels et amateurs, qui compétitionnent et font déguster leurs soupes aux
nombreux visiteurs, goûteurs et festivaliers, le tout dans le but de se voir décerner la convoitée Louche d'or. Des félicitations
sont de mise pour les gagnants, soit Le Groupe Maurice, pour la Louche
d'or chez les pros, et aux étudiants du collège Bourget, pour la Louche d'or
chez les amateurs.
Compliments
au comité organisateur et aux 82 bénévoles, qui font de cette activité un
succès mais qui surtout, par leur initiative, contribuent à améliorer la
connaissance et le partage des différentes cultures dans notre collectivité.
C'est un rendez-vous pour la septième édition le 2 septembre 2018.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée.
Maintenant, toujours à la rubrique des déclarations de députés, je cède
la parole à M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, Mme la Présidente. Je veux aujourd'hui souligner le
100e anniversaire de l'école
Saint-Marc. L'école Saint-Marc a été fondée en 1910 dans un village qui
s'appelait alors Rosemont, par Mme Meehan, qui accueillait les enfants
de ses voisins dans sa cuisine pour les instruire. Et il a fallu attendre 1917
pour que l'école Saint-Marc ouvre
officiellement ses portes dans ce qui est aujourd'hui l'arrondissement Rosemont—La Petite-Patrie, à Montréal. Cette école célèbre donc cette année son 100e anniversaire,
100 ans d'instruction publique, de rêves d'enfant et de vie de communauté. C'est donc une petite école de
rang qui est devenue une école primaire supérieure accueillant les filles
jusqu'à la 12e année, pour finalement
devenir une école primaire digne du système public mixte de la Révolution
tranquille.
Certaines
choses n'ont pas changé, malgré 100 ans d'histoire, notamment la qualité et le
dévouement du personnel enseignant et
les liens avec la communauté. Alors, aujourd'hui, je veux saluer, bien sûr, les
enfants qui, aujourd'hui, fréquentent l'école Saint-Marc, les parents
qui soutiennent ces enfants-là et, bien sûr, toute la communauté, qui, autour
de l'école Saint-Marc, fait de celle-ci un pilier de Rosemont—La
Petite-Patrie. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député de Gouin. Et je reconnais M. le député de Maskinongé et je vous
cède la parole.
Plante : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, ce matin, je suis
fier de souligner une initiative d'une enseignante de ma
circonscription.
L'école
primaire Belle-Vallée, située à Saint-Justin,
compte, parmi son personnel, Mme Chantale Savard, comme l'appellent affectueusement parents et élèves, Mme
Chantale. Elle a eu l'idée de se doter de peluches mange-tracas et de les
utiliser dans sa classe dans un cadre pédagogique. Le concept est de permettre aux enfants
d'exprimer leurs émotions et d'apprendre
à mieux les identifier. Le constat a été fait qu'une fois les tracas libérés
les enfants sont dans une bien meilleure position afin d'apprendre. D'ailleurs, l'initiative de Mme Chantale a
été un tel succès que d'autres écoles ont adopté cette pratique.
Mme Chantale,
tous admirent votre travail et vous remercient pour votre dévouement exemplaire
pour la réussite de nos élèves. Merci
de faire la différence dans le quotidien de notre relève. Merci beaucoup, Mme
Chantale. Je tenais à vous le souligner. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Maskinongé, et je cède la parole à Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais reconnaître en cette
Chambre le travail incroyable de MM.
Luc Lemire et Jean-Claude Guindon, tous deux conseillers de la municipalité
d'Oka depuis 29 et 26 ans respectivement. Ces messieurs prendront leur
retraite cette année.
C'est un fait
exceptionnel d'avoir siégé aussi longtemps pour représenter leurs citoyens. Ce
l'est d'autant plus lorsque l'on est
impliqués activement à façonner le visage d'Oka pour autant d'années. Quand on
s'investit au mieux-être de ses concitoyens comme l'ont fait MM. Lemire et Guindon,
c'est démontrer ses convictions envers le tissu social de sa région et
l'importance de l'implication citoyenne.
Messieurs,
vous êtes un exemple probant de détermination et de don de soi. J'aimerais
donc, au nom des citoyens d'Oka et en mon nom personnel, vous remercier
et vous féliciter pour toutes ces années passées à développer notre communauté.
Merci, M. Lemire. Merci, M. Guindon. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée de Mirabel,
et je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Gatineau.
Mme Vallée : Merci,
Mme la Présidente. Alors, je suis
heureuse de transmettre mes cordiales salutations et mes meilleurs voeux à tous les membres du Club de
l'âge d'or Les Porteurs de bonheur à l'occasion du 40e anniversaire de leur fondation. Je désire rendre un hommage tout
spécial à ces aînés, qui, depuis 1977, ont su perpétuer des belles valeurs
de solidarité, de respect et cette joie vive qui règne au sein du club.
Comptant 163 membres, Les Porteurs de bonheur
occupent une place très importante dans la communauté de Lac-Cayamant. Lieu privilégié d'échange, le club
permet à tous ses membres de socialiser et d'échanger tout en promouvant
la pratique d'activités qui font ressortir
les bienfaits que procure une vie active et brise l'isolement de nos aînés en
milieu rural. Le club a su inscrire
son histoire dans le cheminement exemplaire des regroupements d'aînés. Il
continue d'enrichir la vie communautaire et culturelle dans La
Vallée-de-la-Gatineau.
Et je tiens finalement
à souligner l'apport exceptionnel de la 10e et actuelle présidente, Mme Ginette
Gravelle, véritable dynamo, de M. Réginald Boileau, Mme Leona Matthews,
tous deux membres fondateurs et toujours aussi impliqués dans leur milieu.
Félicitations! Meilleurs voeux de succès dans les années à venir! Merci.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Merci, Mme la députée. Maintenant, pour clore cette rubrique de déclarations de
députés, je cède la parole à Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Mme la
Présidente, savez-vous que, 110 ans
après le premier effondrement du pont de Québec, cette tragédie
est toujours gravée dans l'esprit des citoyens et des citoyennes de la ville?
Le pont de Québec
devait constituer la huitième merveille du monde. Il devenait la première
structure de ce genre et même le plus
long au monde. Il était l'avenir de l'économie de la région de Québec. Les travailleurs du
chantier pouvaient être fiers de participer à ce projet.
Malheureusement, le 29 août 1907, la chute de la gigantesque structure d'acier entraîne
la mort de 76 personnes. 33 Mohawks
de la communauté de Kahnawake y perdent la vie aussi, on ne l'a
jamais assez souligné. Neuf ans plus tard, une
partie de la structure tombe encore, 16 autres
personnes y perdent la vie. Hier soir, il
y avait même une messe, encore
une fois, pour souligner cet événement
historique et difficile, mais savez-vous quoi? Ne serait-il pas la meilleure
manière d'honorer la mémoire des
travailleurs que de revitaliser ce monument national, en un mot, le repeindre,
en refaire un objet de fierté? Il ne faudrait pas qu'il tombe une
troisième fois avant qu'on le revampe. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci beaucoup, Mme la députée de Taschereau.
Ceci met fin à la rubrique de déclarations de
députés, et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 53)
Le Président : Mesdames
messieurs, nous allons prendre quelques minutes de réflexion cette fois-ci.
Merci. Veuillez vous asseoir.
Le Président : Oui, vous
faites bien... Non, vous faites bien, non.
Président : Oui,
voilà. J'ai entendu un petit bébé faire un petit grognement. Je voudrais tout simplement dire à la mère : Ne vous
en faites pas. Ce n'est pas grave. Ici, c'est la maison de la population,
des mères puis des bébés aussi. Ça nous fait plaisir.
Et j'ai aussi
le plaisir de souligner la présence, dans nos tribunes, de la présidente de la Commission
des affaires constitutionnelles du Parlement européen, Mme Danuta Maria
Hübner, accompagnée d'une délégation de parlementaires du
Parlement européen. Bienvenue à l'Assemblée!
J'ai également
le plaisir de souligner la présence de M. Pierre Curzi, l'ancien député de
Borduas. Rebienvenue. Rebienvenue.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y
a pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la ministre
de la Justice.
Mme Vallée : Alors, M.
le Président, je dépose aujourd'hui le plan stratégique 2017-2021
de la Commission des services
juridiques, le 45e rapport annuel de gestion 2016-2017 de la
Commission des services juridiques, le rapport annuel 2016-2017 du Fonds d'aide aux recours collectifs,
le rapport annuel 2016-2017 du Conseil interprofessionnel du Québec, le
rapport d'activité 2016-2017 du Registre des lobbyistes, le rapport annuel
de gestion 2016-2017 de l'Office de la protection du consommateur
et finalement le rapport annuel de gestion 2016-2017 de la Société
québécoise d'information juridique, mieux connue sous le nom de SOQUIJ.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés. M. le ministre des Transports.
M. Lessard :
M. le Président, je dépose aujourd'hui le plan stratégique 2017-2020 du
ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification
des transports.
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Mme Charlebois :
...rapport annuel de gestion 2016-2017 de l'Institut national de santé
publique du Québec et le rapport annuel de gestion 2016-2017 de l'Office
des personnes handicapées du Québec.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Merci, M. le Président. Je dépose la réponse du gouvernement aux pétitions
présentées par le député de Lac-Saint-Jean le 16 mai 2017.
Le Président : Ce document
est déposé.
Et, pour ma
part, je dépose la lettre que j'ai reçue hier de Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques dans laquelle elle m'informe du moment où sa formation politique souhaite se
prévaloir du droit qui est octroyé aux députés indépendants pour les
interpellations.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions.
Et, au dépôt
des pétitions, d'abord, avant de céder la parole à un premier député, je
vous informe que j'ai reçu une demande
de la part du député de Sanguinet afin de reporter au 26 septembre 2017
la présentation de sa pétition dont la date limite de présentation est aujourd'hui.
Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt? Merci.
Alors, nous allons commencer avec M. le député
de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le
Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 587 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
qu'à la suite de l'adoption de la Loi modifiant le Code criminel — combats concertés — en 2013 par le fédéral, la pratique de cinq sports de combat amateurs au Québec est
devenue illégale, bien que tolérée dans la majorité des villes;
«Considérant
que le kickboxing et le "low kick" sont régis par la Corporation de
kick boxing amateur du Québec et
disciplines associées, qui a sanctionné 3 440 combats de 1988 à 2017
et généré des champions de niveau mondial tels que Jean-Yves Thériault,
Darrell Henegan, Jersey Long, Benoît Ladouceur et Alexis Mompert;
«Considérant
que le jiu-jitsu et les arts martiaux mixtes sont régis par la Fédération
québécoise de boxe mixte amateur, qui a sanctionné
4 200 combats de 2001 à 2017 et généré des champions de niveau
mondial tels que Georges St-Pierre, Jonathan
Goulet, Patrick Côté, John Makdessi, Steeve Vigneault, David Loiseau, Rory
MacDonald, Aiemann Zahabi, Ivan Menjivar, Johnny Zemouli et Corinne
Laframboise;
«Considérant
que le Muay Thai est régi par le Conseil de Muay Thai du Québec, qui a
sanctionné 800 combats de 2003 à
2017 et généré des champions de niveau mondial tels que Philippe Allaire,
Olivier Langlois Ross, Alain Sylvestre, Franck Le Naveaux, Tricia
Gaucher, Yohan Gendreau et Othmane Sedki;
«Considérant
que ces fédérations sportives ont régi et sanctionné ces sports depuis toutes
ces années, en limitant la gravité des blessures;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de légaliser ces sports de
combat et de reconnaître ces fédérations pour la réussite et la sécurité
de milliers d'athlètes.»
Et je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. Et je souhaite évidemment
que les leaders n'aient pas tout à fait l'intention rapidement de faire
partie d'une ou l'autre de ces fédérations.
Le Président : Merci. Alors,
j'inviterais maintenant M. le député de Saint-Jean à prendre la parole.
Turcotte :
Merci, M. le Président.
Turcotte : Merci, M. le Président. J'aimerais, avant de déposer la pétition, saluer
la présence de Stéphanie Cloutier, instigatrice
de la pétition, des gens du Regroupement trisomie 21, de l'AQIS, ainsi que
les 50 parents et 20 bébés et enfants qui sont présents ici et
dans d'autres salles du parlement pour le dépôt de cette pétition.
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 4 285 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le gouvernement a procédé au cours des dernières années à des compressions budgétaires et à de nombreuses coupures de services en
déficience intellectuelle;
«Considérant que les
personnes vivant avec une déficience intellectuelle et leur famille subissent
depuis trop longtemps les préjudices découlant de ces coupures de
services, notamment des listes d'attente interminables, un nombre
d'heures d'intervention insuffisant et des critères d'éligibilité resserrés;
«Considérant
que cette diminution des services a un impact négatif énorme sur la qualité de
vie, sur les perspectives d'avenir et sur l'intégration à l'école et en société
des personnes ayant une déficience intellectuelle;
«Considérant que le gouvernement
a annoncé, le 21 mars 2017, qu'il octroyait une somme de plus de 150 millions
de dollars dans la volonté
d'améliorer significativement les services destinés aux personnes ayant un
trouble du spectre de l'autisme;
«Considérant
que les 37 000 personnes
vivant avec une déficience intellectuelle doivent elles aussi composer avec
des services qui sont nettement insuffisants;
«Considérant
que toutes les personnes en situation de handicap, qu'elles aient un trouble du
spectre de l'autisme ou une déficience intellectuelle, ont le droit de bénéficier
de services convenables du gouvernement, sans discrimination. Il en va
d'une question fondamentale d'égalité de traitement;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec de procéder à un
rehaussement significatif du budget octroyé
en déficience intellectuelle de
manière à ce que tous puissent
recevoir des services répondant à leurs besoins.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant M. le député de
Rimouski.
M. LeBel :
Merci, M. le Président. C'est l'impact du vieillissement.
Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 14 134 pétitionnaires,
dont je pourrais rajouter un millier de pétitionnaires par papier.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le Québec est une [...] sociétés
qui vieillit le plus vite au monde et que cela ne constitue pas un problème,
mais un défi collectif;
«Considérant
qu'il y a vraisemblablement une absence de vision globale quant aux différents
enjeux touchant les aînés dans les décisions du gouvernement;
«Considérant que la
situation démographique du Québec n'est pas l'affaire d'un seul ministère;
«Considérant qu'il
est de notre devoir de donner une réelle voix aux aînés et d'aborder en
profondeur leurs conditions socioéconomiques;
«Considérant qu'il
est temps que les différents acteurs de la société conviennent ensemble d'un
réel bilan des conditions de vie des aînés au Québec et s'engagent dans des
pistes d'action;
«Considérant que le
gouvernement n'a pas tenu une telle réflexion depuis maintenant 10 ans;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au premier ministre et à la ministre responsable des
Aînés et de la Lutte contre l'intimidation de tenir des états généraux
sur les conditions de vie des personnes aînées au Québec et de s'engager à ce que cette consultation ne soit pas uniquement
en ligne, mais d'organiser un réel exercice qui mobilisera les aînés et leurs représentants, les experts, les
municipalités, les milieux économiques, les syndicats, les intervenants en
santé, en éducation et les autres partenaires de la société civile.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Vous me permettrez de saluer les initiateurs de
la pétition, qui sont dans les tribunes aujourd'hui avec nous.
Alors,
je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
4 683 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que la ville de Mont-Saint-Hilaire doit procéder à la
densification urbaine selon le Plan métropolitain d'aménagement et de
développement, le PMAD;
«Considérant
que le mont Saint-Hilaire, territoire protégé par l'UNESCO, est situé dans la
ville de Mont-Saint-Hilaire;
«Considérant que
toute augmentation de la densité contribuera à aggraver les problèmes de
circulation et de pollution atmosphérique qui affecteront la santé et la
qualité de vie des citoyens;
«Considérant
l'impact positif de la nature, des parcs et des espaces verts urbains sur la
santé et ses déterminants;
«Considérant que la
densification urbaine peut perturber l'écosystème du mont Saint-Hilaire;
«Considérant
que le caractère champêtre, agricole et la présence des vergers aux abords du
mont Saint-Hilaire, carte postale de la ville, risquent d'être détruits
par la densification;
«Considérant
que la zone identifiée par les Assises sur la protection et la mise en valeur
des collines montérégiennes pour le mont Saint-Hilaire n'est pas
protégée dans le PMAD;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«Que
le mont Saint-Hilaire soit protégé selon la
Loi sur le patrimoine culturel du
Québec à
titre d'arrondissement historique
et naturel afin de favoriser la sauvegarde et la mise en valeur de ses éléments
les plus représentatifs dans le but d'assurer
un mode d'intervention axé sur une perspective d'un réel développement durable,
à léguer aux générations futures;
«Que
des mesures soient prises pour permettre qu'une dérogation au PMAD soit
accordée à Mont-Saint-Hilaire visant à protéger le pourtour de la
montagne dans le respect du patrimoine naturel, visuel et bâti actuel.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai
reçu de la part de M. le député de Saint-Jean une demande de dépôt d'une pétition qui est non
conforme. Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt? Consentement.
M. le député de Saint-Jean, nous vous écoutons.
Turcotte :
Merci, M. le Président. C'est la pétition papier qui vient avec la précédente
pétition.
Donc,
je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
108 pétitionnaires qui s'ajoutent au 4 000 quelques signatures
de tantôt. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que le gouvernement a procédé au cours des dernières années à des compressions
budgétaires et à de nombreuses coupures de services en déficience
intellectuelle;
«Considérant que les
personnes vivant avec une déficience intellectuelle et leur famille subissent
depuis trop longtemps les préjudices
découlant de ces coupures de services, notamment des listes d'attente
interminables, un nombre d'heures d'intervention insuffisant et des
critères d'éligibilité resserrés;
«Considérant
que cette diminution des services a un impact négatif énorme sur la qualité de
vie, sur les perspectives d'avenir et sur l'intégration à l'école et en
société des personnes ayant une déficience intellectuelle;
«Considérant
que le gouvernement a annoncé, le 21 mars 2017, qu'il octroyait une
somme de plus 150 millions de dollars
dans la volonté d'améliorer significativement les services destinés aux
personnes ayant un trouble du spectre de l'autisme;
«Considérant
que les 37 000 personnes vivant avec une déficience intellectuelle
doivent elles aussi composer avec des services qui sont nettement
insuffisants;
«Considérant
que toutes les personnes en situation de handicap, qu'elles aient un trouble du
spectre de l'autisme ou une déficience intellectuelle, ont le droit de
bénéficier de services convenables du gouvernement, sans discrimination.
Il en va d'une question fondamentale d'égalité de traitement;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de procéder à un rehaussement significatif
du budget octroyé en déficience
intellectuelle de manière à ce que tous puissent recevoir des services
répondant à leurs besoins.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition, M. le Président.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé...
Président : Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions
ni d'interventions portant sur une question de droit ou de privilège.
Nous en sommes donc rendus à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole à M. le chef de
l'opposition officielle.
M. Lisée :
M. le Président, nous aurons l'honneur de recevoir dans cette enceinte sous peu
la première ministre de l'Ontario.
Alors, je veux profiter de sa présence pour inviter le premier ministre à
s'inspirer de bonnes pratiques qui viennent de l'Ontario, notamment en santé. Et la décision du gouvernement
ontarien de donner de l'autonomie aux infirmières est tellement
importante qu'il y a certaines de nos infirmières qui décident de travailler en
Ontario.
C'est le cas de Mme Manon Lacroix, qui a eu son
diplôme en 2003. Elle habite Rouyn-Noranda, mais fait 45 minutes de transport par jour pour aller travailler dans une
clinique d'infirmières en Ontario. Je la cite : « Je ne travaillerai
jamais au Québec. Le modèle ontarien est extraordinaire, [il] me permet de
faire réellement une différence dans ma communauté
grâce à un modèle de clinique sans médecin. Ce modèle n'est pas possible au
Québec.» On sait que le ministre de la Santé s'est battu contre la
clinique SABSA, à Québec, pendant des mois et des mois.
Et elle dit,
Mme Lacroix, qu'«au Québec, le diagnostic appartient au médecin. C'est une
barrière qu'il faudrait faire tomber.» En Ontario, il y en a 25, de ces
cliniques d'infirmières autonomes.
Pourquoi le
premier ministre du Québec n'accepte-t-il pas qu'en Ontario ils ont une bonne
solution? Et pourquoi refuse-t-il de l'appliquer au Québec?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je suis très heureux de voir mon collègue s'inspirer des bonnes pratiques dans
le reste du Canada, ce qui témoigne de son attachement à ce grand pays, qui est
pour nous une source à la fois de collaborations et d'exemples.
Mais, sur la question spécifique...
M. Couillard : Bon, O.K., je peux
taquiner un peu, quand même. On est entre amis ici, là.
Sur la
question spécifique qui est traitée, je suis celui qui, lors d'un précédent
mandat, a donné le règlement sur le début,
enfin, de pratique des infirmières praticiennes spécialisées au Québec. On sait
que ça a été retardé, on le disait, je le disais moi-même à l'époque, pour des raisons, je le dirais clairement,
essentiellement corporatistes. Ça a été long pour le Québec de monter
dans ce train-là. Mais on y est, dans ce train-là, maintenant.
D'ailleurs,
le Québec a annoncé, notre gouvernement a annoncé qu'on allait former
2 000 infirmières praticiennes spécialisées de plus au cours des prochaines années. Je pense que... Mon
collègue me dit que c'est en 2024 qu'est l'horizon de mise en place totale. Parce qu'il faut non
seulement les former, mais ce qui manquait jusqu'à maintenant, c'est que
ces infirmières qui terminaient leur
formation n'avaient pas la certitude d'obtenir un poste rémunéré dans le réseau
de santé, ce que nous avons corrigé
avec ces 2 000 «superinfirmières» — ouvrez les guillemets, fermez les
guillemets — qui
auront, bien sûr, accès à un poste rémunéré dans le réseau de santé.
Je suis
d'accord avec mon collègue qu'on peut encore faire beaucoup mieux et aller plus
loin. Je pense qu'autant que possible il faut le faire en concertation
avec les autres professions de la santé, notamment la profession médicale, sur lesquels, on s'entendra, on n'hésite pas à
appuyer une pression importante. Je pense que notre collègue en est l'image
même depuis le début de notre mandat. Et on va continuer de faire cette
pression parce que c'est dans l'intérêt des patients.
Ceci dit, il
faut faire également attention de ne pas fragmenter les soins de santé de
première ligne. Il faut que tout le monde travaille ensemble. Ce n'est
pas les médecins d'un côté de la clôture...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...puis les infirmières de l'autre côté de la
clôture. C'est tout le monde ensemble au profit du patient.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
On n'est tellement pas dans ce train-là que les infirmières formées récemment
prennent le train pour l'Ontario.
Alors, on est très loin d'être là. Même chose pour les vaccins et les
pharmaciens. En Ontario, les pharmaciens peuvent donner des vaccins, et une étude démontre que, là où les vaccins
sont donnés par les pharmaciens, il y a davantage de citoyens qui ont le vaccin contre la grippe,
alors que c'est un frein à la santé publique que de refuser de donner plus
d'actes cliniques aux pharmaciens.
Qu'attend le premier ministre pour faire comme
en Ontario?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Tout d'abord, on a non seulement permis, mais négocié avec les
pharmaciens pour qu'ils puissent poser
les actes auprès de la clientèle, parce que ceci est une alternative de première
ligne qui est importante. Moi aussi, je
suis d'accord avec ça. Il faut continuer à faire pression constante, puis, si
on est tous d'accord là-dessus, ça va marcher encore mieux. Parce que je ne vois pas la valeur ajoutée du fait que ce
soit un médecin qui s'occupe d'une vaccination. Franchement, là, pour la
personne qui est vaccinée, en termes de conseil de santé publique, en termes
d'efficacité de la méthode, c'est quelque
chose qui peut très bien être fait par une infirmière, qu'elle soit même praticienne
ou non, avec un entraînement
spécifique et une éducation qui lui permet de transmettre l'enseignement au
patient. On est d'accord là-dessus.
Maintenant, au cours
des années, on a réussi finalement, à force de persévérance, à faire des
brèches...
Le Président :
En terminant.
M. Couillard :
...dans ce qui était un mur et on va continuer.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
J'aimerais croire le premier ministre, mais, quand j'ai proposé au ministre de
la Santé un amendement dans son
projet de
loi sur les médicaments pour permettre aux pharmaciens d'en faire
davantage, il a dit non. Alors, son gouvernement a dit non à des amendements
pour faire ça. Je lui donne un autre exemple. Sur l'éducation, le gouvernement
ontarien offre gratuitement, à chaque rentrée scolaire, le matériel scolaire à
chaque enfant.
lieu de donner 900 millions de plus en rémunération des médecins d'ici
quatre ans, est-ce qu'il pourrait prendre une
partie pour faire ce que
fait l'Ontario et ce que le PQ propose?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, on aura l'occasion... on a déjà eu l'occasion et on
aura l'occasion de constater collectivement
au Québec qu'il existe des fruits tangibles à l'atteinte de l'équilibre
budgétaire et au dégagement de marges de
manoeuvre, particulièrement en éducation, ce qui est déjà fait et qui va
continuer d'être fait, particulièrement également sur le fardeau fiscal des citoyens, sujet sur
lequel l'opposition officielle s'exprime très rarement. Mais nous croyons qu'il
faut continuer, continuer à le diminuer.
Maintenant,
si on compare l'Ontario et le Québec en termes de performance scolaire, il faut
également avoir un regard plus large.
Récemment, moi, je lisais dans les journaux ontariens une grande préoccupation
quant aux résultats des élèves
ontariens en mathématiques. Or, les résultats
du Québec, dans le même système public, dans le même système d'éducation...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...en mathématiques et en sciences, dépassent la plupart
des pays de l'OCDE.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Je pense qu'on serait capables d'avoir des bons
résultats en mathématiques avec du matériel scolaire gratuit. Je pense
que c'est possible.
Maintenant,
une autre chose qu'en Ontario ils réussissent à faire et pas nous.
Imaginez-vous donc que, lorsque l'Ontario investit des milliards en
transport public, ils réclament 25 % d'achat local. Achat local! Eux, ils
veulent des emplois locaux en Ontario.
Qu'est-ce que le
premier ministre va dire à la première ministre ontarienne pour lui dire
qu'elle a tort?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Un petit raccourci quand même. Bien, oui, on veut 25 % là où ça s'applique. Là où ça s'applique.
Puis là, bien sûr, on fait une allusion plus
ou moins subtile au projet du REM, qui est géré par la Caisse de dépôt, dont
j'espère qu'il ne veut pas remettre en cause
l'indépendance, ce qui aurait des conséquences très graves sur les finances
publiques du Québec et sur la cote de crédit de la...
Couillard : Ah oui! C'est
vrai, ils sont pour l'indépendance, dans le fond. C'est vrai, c'est vrai. Même
si ça va nuire à tous les citoyens du Québec, ce n'est pas grave, ils
sont pour, M. le Président.
M. Couillard : Bien, écoutez,
pardonnez-le-moi, c'est ce que je crois, c'est mon opinion. C'est mon opinion.
Alors, effectivement, il faut insister qu'on
aille à la limite de ce qui est possible, compte tenu des accords internationaux,
compte tenu de l'Accord de commerce intérieur canadien également qui entre en
vigueur.
Il y a bien sûr, de notre part...
Le Président : En terminant.
Couillard : ...l'intention
d'aller dans cette direction, mais attention de ne pas mélanger le cas de la
Caisse de dépôt au reste.
Le Président : Principale, M.
le chef de l'opposition.
M. Lisée : Qu'est-ce qui se
passe en Catalogne? Un peuple fier, ami du Québec, dont l'Espagne franquiste voulait la disparition, l'interdiction de la
langue, de la culture et de l'histoire, avait réussi, il y a une dizaine
d'années, à négocier son autonomie à l'intérieur de l'Espagne et en
était satisfaite.
La justice
espagnole lui a enlevé son autonomie. La Catalogne a essayé de la renégocier
sans succès. Elle a dit : Puisque c'est comme ça, nous allons
demander aux électeurs le mandat d'organiser une consultation sur notre avenir
politique. Les électeurs ont donné ce mandat. Les élus sont en train
d'organiser ce référendum pour le 1er octobre.
Mais, depuis
quelques jours, 700 maires sont menacés d'être arrêtés, la police a
confisqué 1 million de bulletins de vote, les sites Internet sont
bloqués, 14 hauts représentants élus et des hauts fonctionnaires ont été
arrêtés.
Il ne suffit pas de dire que c'est une situation
interne. Les démocrates doivent se lever aujourd'hui pour dire à
l'Espagne : Respectez le processus démocratique en Catalogne.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je dirais bien sûr qu'en général, dans cette Chambre, il faut — et ce n'est pas un reproche que je fais à mon collègue — qu'on pèse nos mots lorsqu'on parle de
questions internationales et de
relations avec d'autres gouvernements, de sorte que je vais dire quelques mots qui représentent la position de notre gouvernement sur cette question.
Alors, je
commencerais par dire que nous connaissons tous les liens d'amitié profonds qui
unissent le Québec et la
Catalogne, d'accord, aussi notre amitié avec l'Espagne, qui n'est plus
l'Espagne franquiste, qui est un grand pays d'Europe
démocratique, ami du Canada et du Québec. Nous aussi sommes préoccupés par les événements récemment... récents, notamment l'arrestation d'élus
municipaux, et d'autres également ailleurs dans le monde sont préoccupés par
ça. Il ne nous appartient pas, bien
sûr, de nous ingérer dans les débats politiques qui ont cours en Espagne. Nous
souhaitons que la Catalogne et
l'Espagne reprennent le dialogue politique et démocratique, seule manière de
résoudre les tensions qui les éloignent.
Bien sûr,
toute comparaison est risquée, mais il s'agit ici de quoi? Il s'agit de
concilier un sentiment national fort et l'appartenance à un plus grand ensemble qui accepte et comprend
l'expression de ce sentiment. Nous avons acquis au Québec l'expérience
de cette conciliation délicate. Nous offrons à la Catalogne et à l'Espagne
toute notre amitié et, si jugé utile, de partager avec elle cette expérience.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Je dois vous avouer, M. le Président, que je suis très déçu des mots utilisés
par le premier ministre. Il est
préoccupé. Il ne s'agit pas d'être préoccupé, il s'agit de condamner une
tentative d'un État démocratique d'empêcher la démocratie. J'aimerais
qu'il aille plus loin que d'être préoccupé.
Peut-il demander à l'Espagne de respecter le
droit des Catalans de tenir une consultation? Ils feront ce qu'ils voudront
avec après. Peut-il demander à l'Espagne de respecter le droit des Catalans de
tenir une consultation?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : C'est une
question politique dont l'issue doit être politique, M. le Président, avant
tout. Mais on est sur le terrain de
l'autodétermination des peuples, c'est ce dont nous parlons ici, actuellement. Mais
le collègue devrait être prudent
quant à l'interprétation qu'on pourrait donner ici même, au Québec, de la
notion de l'autodétermination des peuples.
Que se
produirait-il donc, compte tenu qu'on a une relation de nation à nation avec
les Premières Nations, dans le cadre
de la séparation du Québec de la fédération canadienne, si l'ensemble des
Premières Nations, au moins la moitié du
Québec, décidaient d'exercer leur autodétermination et ne pas suivre le Québec
séparé? Quelle serait la position du Parti québécois?
Donc, il faut
être prudent avant de commenter ce qui se passe dans d'autres pays. C'est des
cadres politiques, des cadres légaux qui sont différents.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : Je crois qu'on doit
tous s'entendre sur le fait que l'Espagne est un pays démocratique.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Le premier ministre s'enfonce, il s'enfonce. Au lieu de dire : Le droit à
l'autodétermination au Québec a été
respecté en 1980 et en 1995, et il doit être respecté en Catalogne, sans dire
s'il est pour ou contre, il dit : Écoutez, je ne suis même pas sûr que ça s'applique au Québec, compte tenu des
autochtones. Mais il vient de faire reculer la position traditionnelle
de son propre parti sur l'intégrité territoriale du Québec en cas d'indépendance,
je n'en reviens pas.
Alors,
j'espère que le chef de la CAQ, qui, hier, était aussi en dessous de tout en
parlant de négociations en Espagne qui n'existent pas, va au
moins...
Président : Peut-être,
votre voeu sera-t-il entendu, M. le chef
de l'opposition. Nous allons entendre
la réponse du premier ministre, et ensuite je céderai la parole au chef
du deuxième groupe d'opposition.
Couillard : Qui, M. le Président, demande mon aide et dit : Défends-moi, défends-moi. Oui, bien sûr,
parce qu'on doit tous s'exprimer, et on connaît son évolution
positive, mais pas tout à fait complète encore dans l'adhésion au
fédéralisme canadien.
Ce que je
voudrais dire, M. le Président, sur cette question, il ne s'agit pas du tout de
recul, mais d'une évidence. Il y aura cet après-midi, durant le discours de Mme Wynne, le grand chef
des Hurons-Wendat ici. Voilà une question très concrète. En fait, je
dirais très simplement, M. le Président, que la seule façon, la seule façon de
garantir l'intégrité territoriale du Québec, c'est l'appartenance à la
fédération canadienne.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
Le Président : Le retour de
votre question, c'est après deux questions de l'opposition. Alors, M. le chef
du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, la consommation de
cannabis a des effets dévastateurs sur la réussite des jeunes dans nos écoles. Pire, il y a
des jeunes qui consomment du cannabis qui développent des maladies mentales
comme la schizophrénie. C'est démontré, la croissance du cerveau, le développement
du cerveau, entre 18 et 21 ans, n'est pas complété.
À mon avis, si on légalisait la consommation du cannabis
entre 18 et 21 ans, on enverrait un signal aux jeunes que ce n'est pas si dangereux que ça consommer du
cannabis entre 18 et 21 ans. M. le
Président, le premier ministre est médecin. Il y a des parents qui sont inquiets.
Est-ce qu'aujourd'hui il peut rassurer les
parents? Est-ce qu'il peut nous assurer qu'au Québec l'âge légal pour
acheter du cannabis, ce sera 21 ans, oui ou non?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
ce n'est pas aujourd'hui que nous commenterons nos orientations, mais bientôt.
Ça ne peut pas être bien longtemps à partir d'aujourd'hui parce qu'on connaît
la date butoir et le moment où il faut présenter et adopter — j'espère,
de façon unanime, on verra bien — un projet de loi cadre ici sur cette question.
C'est clair qu'il va falloir se prononcer là-dessus,
mais je dirais qu'il faudrait peut-être amener mon collègue à élargir sa réflexion. L'alcool, ce n'est pas bon
pour le développement du cerveau non plus, pas bon du tout, du tout, du
tout, et on sait qu'il y a
des abus d'alcool parmi notre jeunesse également. Alors, il
faut qu'il soit conséquent. L'un
n'est pas banal, pas plus que
l'autre, et on ne veut pas banaliser le cannabis, certainement pas, mais il faut avoir une vision un peu plus large.
Deuxièmement, est-ce qu'il pense sérieusement, sérieusement qu'il va empêcher de quelque façon les jeunes de
18 à 21 ans de fumer du pot? Allo, la
Terre! Je pense qu'ils en fument déjà, puis ils vont continuer
à en fumer. Au contraire, ce qu'on
veut faire, c'est empêcher le crime
organisé puis le marché noir de
profiter de la situation. Il ne va pas assez loin dans sa
réflexion.
Troisièmement, on est les voisins de l'Ontario, qui vient de fixer l'âge à 19 ans. Qu'est-ce qui va arriver sur les ponts sur la rivière Outaouais si les âges sont
très différents entre les deux provinces le samedi soir? Il ira faire la
police, je suppose, s'assurer que les Ontariens, les jeunes Ontariens ne
viennent pas au Québec.
Alors, ayons
un peu plus de largeur de vision. Moi, je suis d'accord qu'on ait un dialogue.
D'ailleurs, il y aura un projet de
loi, donc commission parlementaire, donc débat, donc échange. Et je souhaite,
encore une fois, qu'on s'unisse sur
la destination pour adopter ce projet de loi à l'unanimité. Mais il faut se
garder de conclusions, encore une fois, parfois attrayantes au premier
regard, mais qui s'avèrent simplistes à l'exercice.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le premier ministre vient comparer la consommation d'alcool
avec la consommation de cannabis.
Pourtant, il est médecin, il sait très bien, la consommation de cannabis, ça
peut amener des maladies mentales. M.
le Président, ce n'est pas responsable. Tous les spécialistes le disent, c'est
prouvé. On ne peut pas laisser les jeunes consommer ou, en tout cas,
banaliser la consommation entre 18 et 21 ans.
Qu'est-ce qu'il attend pour prendre...
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Ce qui est
clair, M. le Président, c'est que la proposition qu'on va présenter à
l'Assemblée nationale, il y aura
débat, sera très claire et appuyée sur les arguments véritables plutôt
qu'apparents. Je pense que, là, il faut le répéter. Mais je vais répéter ma question. S'il est
conséquent avec sa position, il doit nous présenter un programme de répression
majeur pour empêcher la consommation de
cannabis chez les jeunes de 18 à 21 ans, qui sont, en passant, des
adultes, des adultes au Québec et qui
sont, bien sûr, visés, de toute façon, par la légalisation qui va avoir lieu,
qu'il le veuille ou non, à partir du
1er juillet prochain. Alors, ayons plutôt une attitude proactive ici,
ayons un débat constructif, regardons l'ensemble de la situation...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...mais ce n'est pas
aujourd'hui qu'on va commenter le contenu de notre projet de loi.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, oui, il faut en faire plus pour qu'il y ait moins de
consommation de cannabis dans nos
écoles. Les médecins psychiatres disent : Ça amène des déficits
d'attention, déficits de mémoire, ça augmente les risques de psychose de 40 %. Ce n'est pas juste des
impressions, là, c'est des preuves scientifiques, tous les spécialistes le
disent.
C'est dans neuf mois que ça va être légalisé.
Est-ce qu'il peut nous donner, lui, ce qu'il en pense?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : M. le Président, comme on dit souvent, tout le
monde a droit à son opinion, mais tout le monde n'a pas le droit à ses faits. Ce qui arrive si on regarde les exemples
où la consommation a été légalisée, on ne peut pas dire qu'il y a eu une
tendance nette à l'augmentation de la consommation, notamment chez les jeunes.
Pourquoi? Parce qu'ils
ont déjà accès très largement à la substance. Curieusement et paradoxalement,
c'est les gens de notre âge dont la consommation augmente après la
légalisation.
Alors, soyons prudents, fixons notre regard sur
les faits plutôt que sur les impressions. Mais aujourd'hui il va rencontrer
Mme Wynne, il pourra lui faire remarquer qu'à son avis elle manque de
jugement en ayant proposé 19 ans comme âge de consommation.
Le Président : Principale, M.
le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, en légalisant le cannabis, le
gouvernement fédéral va mettre de la pression sur les finances des provinces, car elles devront assumer de nouvelles
dépenses dans les domaines de la santé, de la sécurité publique et de la
prévention.
La semaine
dernière, en présentant son plan pour l'encadrement du cannabis, la CAQ a
proposé que le gouvernement fédéral
cède son champ fiscal au Québec afin de lui permettre d'acquitter les coûts
sociaux. Nous estimons qu'Ottawa doit
dédommager les provinces à la suite de sa décision de légaliser la marijuana.
Les dépenses sont à Québec, pas à Ottawa.
Comme la
première ministre de l'Ontario est présente aujourd'hui, Mme Wynne, le
premier ministre a une occasion unique
de faire front commun avec l'Ontario et les autres provinces canadiennes afin
d'exiger d'Ottawa que le fédéral cède son assiette fiscale.
M. le
Président, est-ce que le premier ministre peut s'engager à mettre en place un
front commun avec l'Ontario et les autres provinces canadiennes pour
obtenir le champ fiscal du fédéral?
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation.
Mme Charlebois :
Bon, M. le Président, il est clair que ce projet de loi là qui viendra va
certainement nous permettre de mettre
plusieurs éléments sur la table. Et, oui, il faut réfléchir avant de déposer un
projet de loi cadre, et il faut le faire avec beaucoup, beaucoup, beaucoup
de rigueur.
Ceci étant
dit, depuis le début... Probablement que mon collègue ne m'a pas entendue,
mais, depuis le début que le projet de loi fédéral a été déposé, on a
dit — et
je l'ai dit personnellement, et le premier ministre aussi — que
nous voulons que le gouvernement fédéral
nous fournisse le soutien financier nécessaire aux provinces pour que nous
puissions assumer nos responsabilités additionnelles. Ce que nous
voulons, c'est notre juste part.
21 avril dernier, M. le Président, dans une lettre ouverte, j'ai fait part
publiquement de nos préoccupations au gouvernement
fédéral. Il a probablement manqué l'article de journal. À ce moment-ci, ce que
nous rappelons au gouvernement
fédéral, effectivement, c'est que c'est les provinces qui devront agir en
matière de santé et prévention. On
devra outiller les parents, intervenir en milieu scolaire, intervenir en prévention en milieu de travail, intervenir en sécurité routière...
Le Président : En terminant.
Charlebois :
...former les policiers, soutenir les municipalités, réglementer la
distribution et la vente.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le
Président, c'est assez simple, ce que je demande au gouvernement libéral :
Allez-vous exiger de la part du
gouvernement fédéral qu'il cède son champ fiscal pour les conséquences
attribuables à la légalisation du cannabis?
Les dépenses vont être à Québec, elles ne seront pas à Ottawa. Le fédéral
menace d'imposer une taxe d'accise, d'imposer
sa taxe de produits et services, la TPS, sur le cannabis. Est-ce que vous allez
demander au gouvernement fédéral...
Aujourd'hui,
vous avez une représentante du gouvernement, vous avez la première ministre de
l'Ontario qui est présente. Allez-vous faire des démarches avec
l'Ontario, avec les autres provinces canadiennes?
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois :
Alors, pour poursuivre, la liste que je vous ai faite, M. le Président, ce
n'est pas une liste qui est
exhaustive. Ce qu'il faut que sachent les collègues en cette Chambre, notamment
le collègue de la deuxième opposition, c'est que, oui, il y a eu une rencontre
fédérale-provinciale des ministres des Finances en juin dernier, et les
ministres des Finances ont dit qu'ils
voulaient que nous ayons, toutes les provinces, notre juste part. Au mois de
juillet, au Conseil de la fédération
des premiers ministres de toutes les provinces et territoires, les premiers
ministres ont demandé à ce que les ressources appropriées pour appuyer
la légalisation du cannabis soient au rendez-vous. Ça veut dire, justement,
faire beaucoup plus de prévention, etc.
Si le
collègue avait assisté à toutes les consultations, comme l'a fait le député de
Labelle et moi-même, il aurait probablement...
Le Président : En terminant.
Charlebois :
...entendu ça dans la bouche des citoyens tout au long des consultations.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : M. le
Président, c'est simple, ce que je demande à la ministre, ce que je demande au
gouvernement : Est-ce que les revenus du cannabis vont tomber au
Québec et non pas à Ottawa? Il y a des dépenses importantes en santé, en prévention, en sécurité publique, dans les
écoles. Comment est-ce qu'on va faire pour financer ça? Les dépenses sont à Québec, pas à Ottawa.
Est-ce que vous allez agir? Est-ce que vous allez faire un front commun avec les autres provinces canadiennes pour aller
chercher l'argent? Allez-vous le faire? On ne l'entend pas aujourd'hui,
on n'a pas de réponse concrète. Faites-le au nom de la santé de la population
québécoise, vous devez agir.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : La réponse, c'est : Oui, M. le Président, on reconnaît
tous que les mesures sont dans les provinces. Il demande si on va faire un front commun? Ma collègue l'a dit, elle a
participé à tant et tant de réunions, mon collègue des Finances aussi. L'ensemble des provinces et
territoires sommes dans un front commun pour que nous ayons la juste part. Je vous invite dans ce front commun. Venez
avec nous dans le front commun qui demande une juste part. Si vous dites oui à ça, relevez-vous puis dites : Oui, on
sera encore plus forts. Mais, si vous décidez de rejeter ce front commun,
vous affaiblissez le Québec, vous
affaiblissez nos demandes. Il y en a un, front commun, allez-vous vous y
joindre ou le briser?
Le Président : Principale, M.
le député de La Peltrie.
Caire :
Merci, M. le Président.
Malgré de nombreuses recommandations, Jacques
Duchesneau, la commission Charbonneau,
la Vérificatrice générale, le commissaire à l'UPAC, malgré le fait qu'au
gouvernement on nous dit : On reçoit
des milliers de C.V. d'ingénieurs, là, ça rentre à pleines portes, 10 ans d'expérience et plus, malgré tout ça, on a confié le poste de certificateur indépendant du chantier Turcot à un consultant
externe. Comme si ce n'était pas assez, comme si, en soi, ce n'était pas une erreur majeure, parmi tous ceux qui
étaient disponibles, on a choisi le partenaire de collusion chez S.M. de
Michel Lalonde avéré à la commission Charbonneau.
Comment le gouvernement du Québec peut-il expliquer cette double erreur? Comment
peut-il expliquer ce nouveau fiasco au MTQ?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Lessard : Pour les certificateurs engagés par le ministère des Transports, je tiens à rappeler à mon collègue qu'ils ont quand même reçu les
autorisations de l'AMF, qui doivent émettre les autorisations de probité pour
chacun des organismes qui ont fait
l'objet de cet appel d'offres, aussi de cette embauche pour la certification. Immédiatement que ça a été porté à notre connaissance, nous avons demandé de relever la personne qui avait été identifiée; deuxièmement, de redemander à l'AMF de revoir les habilitations pour les entreprises
qui étaient toujours existantes ou qui ont été nommées dans les arrestations qui ont fait cours hier. Et,
pour s'assurer qu'on a un service de probité, il n'y a pas seulement
une seule entreprise
qui fait la certification, mais toutes les entreprises sont importantes
pour s'assurer que les Québécois en ont pour leur argent.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, j'ai le verbatim de la commission Charbonneau où Michel
Lalonde identifie clairement Dany Moreau comme un de ses partenaires de
collusion chez S.M. J'ai aussi cette excellente déclaration du député de
Marguerite-Bourgeoys, alors qu'il était ministre des Transports, qui nous dit
qu'on va l'engager comme certificateur indépendant. Ne venez pas me dire que
vous ne le saviez pas.
Comment vous pouvez
expliquer un fiasco aussi total?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Lessard : ...beau s'ériger en roi et maître, hein, et en
certificateur lui-même, on s'est doté d'une procédure, on s'est doté d'un organisme de certification qui est
l'AMF. Ils ont procédé à leur vérification, on a obtenu la certification.
Et, lorsqu'il y a un défaut ou lorsqu'il y a
d'autres prétentions à cet égard, nous l'avons relevé immédiatement pour
s'assurer du service de probité. Ils
sont mis en concurrence, ils travaillent avec d'autres firmes pour s'assurer
qu'ensemble on en ait pour notre argent. Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, je ne doute pas qu'il y ait des procédures, mais, par contre,
pour le jugement, on repassera. Il me semble
que ça ne prend pas une tête à Papineau pour comprendre qu'un gars qui a été
mentionné comme un partenaire de collusion de Michel Lalonde, tu ne le
nommes pas certificateur indépendant.
Qu'est-ce que c'est
que le ministre des Transports ne comprend pas là-dedans?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Lessard :
...l'Assemblée nationale qu'on va régler ça. On a voté des lois pour faire en
sorte qu'il y ait des organismes qui
vérifient la probité de l'ensemble des professionnels. Lorsqu'ils reçoivent cette approbation-là,
j'espère que c'est ça qu'on va
respecter. S'il y a un défaut, séance tenante, on doit les relever,
ce qui a été fait sur-le-champ. Plus, on
a demandé à l'AMF de revoir la probité de l'ensemble des organismes, qu'ils
s'assurent de la certification pour le chantier Turcot.
Le Président :
Principale, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
...M. le Président, le Parti libéral nous a habitués à de beaux slogans sur l'environnement
et le développement durable sans avoir de plan solide pour effectuer le
virage vert dont le Québec a besoin, un Québec qui sort du
pétrole, qui mise sur les énergies propres et renouvelables, la transformation
de ses industries et la rénovation écologique.
Le vernis environnementaliste du premier
ministre, qui disait : «Le
pétrole d'un autre siècle», craque, M.
le Président. Son gouvernement d'un autre siècle se cachait derrière les règlements
publiés dans la Gazette officielle hier qu'on nous refusait de voir pendant
le projet de loi n° 106. Le gouvernement va permettre sans discernement la
fracturation hydraulique. Les forages
pétroliers pourront même se faire à un jet de pierre de nos écoles, de nos
quartiers, de nos parcs nationaux, à
175 mètres de nos maisons, à 60 mètres des aires protégées. C'est
dans les règlements. Les forages pourront même avoir lieu en
plein coeur du Lac-Saint-Jean...
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. D'abord, je commencerais par dire : Évitons les élans
vers le catastrophisme. Nous sommes
devant un projet de règlement. Ce projet de règlement fait l'objet présentement d'une période de 45 jours de commentaires, la population
va s'exprimer. Il reste du travail à faire sur ce règlement-là.
Attendons le produit final avant de parler d'apocalypse pétrolière au Québec.
Ensuite, M. le Président, comprenons qu'il ne faut pas voir ce projet de règlement dans un
silo. Nous avons adopté la plus importante réforme de la
Loi sur la
qualité de l'environnement avec l'appui du Parti québécois la session
dernière, qui crée une catégorie
de projets à risques élevés, et tous les projets d'hydrocarbures, de pétrole au
Québec seront assujettis au BAPE.
Nous avons adopté également avec l'appui du Parti québécois une
loi sur la
conservation des milieux humides...
Le Président :
En terminant.
Heurtel : ...qui, pour la
première fois au Québec, instaure le régime le plus sévère en Amérique du Nord.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. Écoutez,
M. le Président, un projet de règlement, hein, juste un
petit brouillon, là, un «draft» de
269 pages. Ça, c'est un «draft», c'est un projet de règlement.
La vérité, là, c'est que le gouvernement libéral donne le Québec à vendre aux compagnies pétrolières et gazières.
Ça, c'est la vérité que nous avons devant nous, M. le Président, et le premier ministre est même d'accord pour
que, dans son propre comté, des compagnies viennent forer.
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : M. le Président, dans l'histoire récente du Québec, il n'y
a qu'un seul gouvernement qui a littéralement
vendu les intérêts des Québécoises et des Québécois sur un projet de gaz de schiste,
et ça, c'est le gouvernement du Parti québécois à Anticosti, et ça nous a coûté
plus de 100 millions de dollars.
Le Président : M. le leader
de l'opposition.
Bérubé : M. le
Président, question de règlement pour corriger une inexactitude. C'est le gouvernement Charest qui a vendu les titres
bien avant, il devrait le savoir.
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement, veuillez continuer.
M. Heurtel : M. le Président, le leader de l'opposition sait
très bien que le contrat a été signé par le gouvernement précédent, dont il faisait
partie comme ministre,
et donc, nous, au contraire... C'est qui qui a mis la hache dans le projet
d'Anticosti? Le gouvernement libéral. C'est
qui qui a traîné TransCanada devant les tribunaux pour se soumettre à la Loi
sur la qualité de l'environnement?
Le Président : En terminant.
M. Heurtel : C'est un gouvernement
libéral, M. le Président.
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! Deuxième complémentaire, M. le député de
Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier : M. le Président, on
connaît le potentiel pétrolier et gazier au Lac-Saint-Jean depuis des années. Maintenant, il y a des permis qui ont été donnés,
entre autres à Métabetchouan, à Mashteuiatsh, à Roberval, dans le comté du premier ministre. M. le Président, nous, au
Lac-Saint-Jean, on n'en veut pas, d'exploitation du pétrole. Maintenant,
il y a le ministre responsable de la région
du Saguenay—Lac-Saint-Jean
qui vient d'adopter un règlement et qui ouvre clairement la porte à
l'exploitation.
Est-ce que le premier ministre, le ministre
responsable, peut nous donner...
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
Heurtel : M. le Président, on est vraiment dans les faits alternatifs.
Le règlement n'est pas adopté. Le règlement n'a pas été adopté. Pourquoi le député insiste à dire qu'il y a eu un
règlement d'adopté? Il n'a pas été adopté. Ce qui a été adopté, par exemple, en 2014, c'est le Règlement
sur le prélèvement des eaux et leur protection, qui prévoit, pour les sources d'eau potable souterraines et de surface, des
protections parmi les plus sévères en Amérique du Nord, allant de 500 mètres
à 15 kilomètres, M. le Président. Nous, on a pris nos
responsabilités.
Et d'ailleurs pourquoi les municipalités ont été
prises à adopter des règlements comme Restigouche en 2013? C'est parce que le gouvernement du Parti québécois
refusait d'adopter un tel règlement. Nous, on a pris nos responsabilités,
et la science est derrière nous...
Le Président : En terminant.
M. Heurtel : ...confirmant que c'est, encore aujourd'hui, un des règlements les plus
sévères en Amérique du Nord...
Le Président :
Principale, M. le député de Gouin.
Le Président :
La personne, là, qui a le droit de parole dans cette Chambre, ici, là, c'est le
député de Gouin. M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci.
Merci, M. le Président. Nous avons, dans cette Chambre, beaucoup
de débats, et, à Québec solidaire, nous avons des différends importants
avec le premier ministre. Par
contre, je pensais vraiment... et c'est peut-être de la naïveté de ma part, mais
je pensais qu'on s'entendait au moins sur une chose : l'importance du respect des droits fondamentaux et de
la démocratie ici, au Québec, comme ailleurs. Je pensais vraiment qu'on
s'entendait là-dessus.
Alors,
je vais poser une question très simple à notre premier ministre : Le
premier ministre approuve-t-il les gestes antidémocratiques du
gouvernement espagnol qui visent à empêcher la tenue d'un référendum en
Catalogne?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Je vais commencer, M. le
Président, à dire que nous sommes
plus que préoccupés, au-delà de ça, par les incidents teintés de violence, les
arrestations d'élus municipaux. Il n'y a personne qui banalise la situation.
On est dans une situation où un grand pays démocratique, l'Espagne, un
ami du Québec, la Catalogne, sont dans un conflit politique. Et la façon de
dénouer un conflit politique, c'est par le dialogue démocratique et les échanges politiques, c'est clair.
Maintenant,
la question que j'ai posée au chef de l'opposition officielle s'applique directement au collègue qui
vient de me questionner. Lui aussi est un
séparatiste. Donc, que fera-t-il du droit d'autodétermination? Que fera-t-il du
droit d'autodétermination des
Premières Nations? Comment va-t-il garantir le territoire du Québec?
Par des forces armées? Ça, c'est l'armée québécoise du chef de
l'opposition, mais peut-être que lui a d'autres solutions en tête.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : ...ce que les
nations autochtones du Québec demandent, M. le Président, c'est qu'on
reconnaisse aussi leur droit à l'autodétermination, et je fais
partie
d'une formation politique qui le reconnaît.
Ceci étant dit, je
suis content d'entendre le premier ministre, qui disait être indifférent, il y
a quelques heures, dire maintenant qu'il est préoccupé par la situation en
Catalogne.
Maintenant qu'il dit être préoccupé, est-ce qu'il est prêt à
signer, avec toutes les formations politiques de cette Chambre, une lettre adressée au gouvernement
espagnol, qui signalerait le fait que nous sommes préoccupés par la situation?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Je pense que le premier ministre a été assez clair, M. le
Président, nous sommes préoccupés parce que nous réprouvons le chemin des arrestations et de la judiciarisation.
Les chemins que nous choisissons, nous, sont ceux de la discussion, ceux de la compréhension. C'est
ceux-là, ces chemins-là, qui devraient être entrepris. Et il faut quand même toujours être prudent dans les comparaisons
entre une situation et une autre. Du côté du Québec et du Canada, notre droit à l'autodétermination est reconnu par toutes
les parties. Dans le cas de l'Espagne, ce n'est pas le cas. Celui qui est
pour la tenue d'un référendum là-bas est
pour la séparation, celui contre la tenue du référendum est contre la
séparation, alors qu'ici, au Québec,
ceux qui sont contre la séparation sont pour le référendum. C'est deux
situations différentes...
Le Président :
En terminant.
M. Fournier :
...et essayer de les mêler peut être dangereux. Je nous...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Je suis désolé de devoir rappeler en cette Chambre
qu'il y a en Catalogne une mobilisation large de la société civile pour défendre la tenue du référendum
lui-même, au-delà des positions partisanes sur l'indépendance.
Serions-nous
capables ici de faire la même chose, de s'entendre sur l'importance du droit à
l'autodétermination, sans
nécessairement prendre parti pour ou contre l'indépendance de la Catalogne?
Moi, je suis sûr que le premier ministre, puisqu'il reconnaît le droit à l'autodétermination du Québec, est
capable de faire la même chose avec un peuple dont il a lui-même dit que
nous étions des amis.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Je constate que notre collègue ne partage pas mon point de
vue à l'effet qu'il y a une différence fondamentale
dans la reconnaissance du droit à l'autodétermination, qui existe au Canada, et
qui n'existe pas en Espagne, et qui amène des conséquences, surtout
quand on a nommé des nuances.
Il nous
répond : Non, puisqu'il y a une vaste manifestation d'appui à ce choix
démocratique de faire un référendum. Ce
que le premier ministre répond : Très bien, alors, si, dans le
Nord-du-Québec, les Premières Nations avaient aussi cette manifestation large, qu'arriverait-il? L'Espagne
dit : Nous sommes indivisibles. Jacques Parizeau disait : Le Québec
séparé serait indivisible.
Alors, quelle
est la conséquence? Soyons prudents dans les nuances. Cela peut comporter des
conséquences. Je nous invite à des nuances.
Le Président : Principale, M.
le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, tout le monde sait que la rentrée scolaire,
ça coûte cher, ça coûte trop cher aux parents, aux familles. C'est pour ça qu'un gouvernement de la CAQ va donner
100 $ par élève aux écoles pour qu'elles achètent et fournissent
les fournitures scolaires aux élèves, aux familles. Mais ce n'est pas ce qui se
passe en ce moment, vraisemblablement pas.
Je vais vous
lire l'extrait d'un rapport de la commission des droits de la personne et de la
jeunesse à propos des frais chargés
par les commissions scolaires aux parents, page 76 : «...plusieurs
pratiques et frais illégaux ou non conformes ont été identifiés relativement au matériel, documents et fournitures
scolaires[...]. [...]il devient impératif pour les commissions scolaires
qui imposent de tels frais de les abolir immédiatement et de mettre fin aux
pratiques illégales exercées par certaines d'entre elles.»
M. le
Président, je vais déposer ce rapport, qui date de 2007. C'est assez
incroyable, rien n'a changé depuis 2007, depuis 10 ans.
Comment le
ministre peut-il justifier l'immobilisme de son gouvernement face aux
commissions scolaires qui chargent des frais illégaux?
Le Président : Est-ce qu'il y
a consentement pour le dépôt? Consentement. M. le ministre de l'Éducation.
Proulx : Merci, M. le
Président. D'abord, deux choses. Il faut distinguer ce qu'a dit le collègue
dans sa question. Il a parlé des
frais scolaires, mais il a aussi parlé des effets scolaires. La proposition
qu'il fait comme parti politique touche les effets scolaires, mais ne touche pas les frais scolaires. Ce n'est
pas la même chose de dire aux gens : Plutôt que d'investir dans des services, on va vous donner de l'argent pour acheter des cahiers, des
crayons ou on va l'offrir aux écoles pour qu'eux l'achètent en lieu et
place des parents.
L'enjeu des
effets scolaires, je pense qu'on en a déjà discuté ensemble ici ou ailleurs. Il y a actuellement un recours, M. le Président, qui vise des commissions scolaires, et,
dans ce contexte-là, je serai très prudent à cet égard. Ce qu'on a fait comme choix, nous, M. le Président, ce n'est pas de donner de l'argent aux écoles pour acheter les crayons
et les cahiers. Ce qu'on a fait comme
choix, c'est d'investir des sommes importantes, 1,8 milliard de dollars sur cinq ans, pour donner des ressources aux enfants, aux élèves, aux
adultes pour qu'ils puissent apprendre et réussir. Ça, c'est le choix qu'on a
fait.
En ce qui touche les frais, M. le Président, ce
n'est pas vrai qu'il n'y a rien qui a été fait; le ministère a déjà produit des guides et des balises. Il y a
des vérifications qui se font au fil du temps. Il y a des frais nouveaux qui
apparaissent d'année en année. Il n'y a pas d'uniformité...
Le Président : En terminant.
Proulx : ...mais il n'y a pas de récurrence non plus. Il y a des expériences
différentes à chaque fois.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Chambly.
M. Roberge :
...être prudent. C'est tellement prudent qu'il ne fait rien en ayant peur de
faire une erreur. Mais c'est ça, l'erreur,
c'est de ne rien faire, c'est de laisser les commissions scolaires facturer,
surfacturer des frais qui sont non conformes,
des frais qui sont illégaux. Écoutez, c'est un rapport de la Commission des
droits de la personne et des droits de
la jeunesse qui le dit, et ça continue d'année en année. On est en septembre,
on vient de vivre une rentrée scolaire, et il y a encore des frais
illégaux qui ont été chargés. Pourquoi ne faites-vous rien?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Bien, M. le Président, je n'ai pas l'intention d'expliquer ça plus longuement
que je l'ai déjà fait, mais je vais le faire
une autre fois. Le collègue ne doit pas confondre le recours judiciaire pour
des effets scolaires et les frais — certains ont qualifié d'accessoires — qui ont été discutés et pour lesquels il y a
des réflexions sérieuses à faire, et des mises en garde à faire, et des
rappels à l'ordre à faire. Ce n'est pas la même chose.
Alors,
la première, ce serait une erreur de commenter puis de jouer dans le film des
procédures judiciaires, je ne le ferai pas. S'il veut le faire, ça
l'engagera, lui.
l'égard des frais, je l'ai déjà dit, M. le Président, deux choses. La première,
c'est que ce n'est pas vrai que tout est gratuit. Il y a des frais et il
y a possibilité pour les institutions de facturer certaines choses aux parents.
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
Mais il faut respecter la loi, et ce n'est pas un bar ouvert, et il y a
plusieurs scénarios...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, comme à son habitude, le ministre nous dit
qu'il y a des enjeux, des préoccupations, qu'il écoute, qu'il comprend, mais il se passe quoi au bout du compte
pour les parents, là? La facture est-elle moins grosse parce qu'il est préoccupé, parce qu'il y a un
enjeu, parce qu'il va faire un forum, une consultation, une politique? Dans les
faits, ça ne change rien.
Mouvement Desjardins estime qu'à la rentrée la facture aux parents est
d'environ 700 $, en croissance depuis des années. Ça serait
peut-être le temps de bouger.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Proulx :
Oui, M. le Président, ce qui aurait été intéressant, c'est que le collègue, au
lieu de dire : Voici ce qui ne
fonctionne pas, fasse ce qu'il ne fait jamais, c'est-à-dire nous donner une
solution, nous donner sa proposition. Parce que rappeler à l'ordre la
commission scolaire...
M. Proulx :
...non, mais, M. le Président, rappeler à l'ordre...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le ministre.
Le Président :
Savez-vous, là, j'ai un problème.
Le Président :
Je ne l'ai pas entendu. S'il vous plaît!
Président : Oui, je le sais. Je veux vous ramener ça aussi. M.
le ministre.
M. Proulx :
Je m'en excuse, M. le Président. Ce que je disais à cet effet-là, c'est :
Il a raison, là. On peut les appeler, on peut leur écrire, il y en a,
des balises, et elles ne sont pas respectées. Alors, il y a un geste
supplémentaire à poser. La
Loi sur
l'instruction publique définit, mais clairement, pas suffisamment, ce qui doit
et ce qui ne doit pas être facturé. Alors,
il y a des gestes à poser. Mais lui, il aimerait ça régler ça aujourd'hui dans
son bureau. C'est un parlement, ici. On ne peut pas faire comme il le
fait...
Le Président :
En terminant.
M. Proulx :
...chez lui, à la maison.
Le Président :
Principale, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
Depuis 2014, les témoignages se multiplient concernant des coupures de service
en déficience intellectuelle, M. le
Président, une cinquantaine de parents, une vingtaine d'enfants sont ici
aujourd'hui. Ils ont fait plusieurs heures de route pour être ici pour
dénoncer ces coupures grâce à l'outil qu'on a, la pétition.
pétition est claire, M. le Président, les listes d'attente doivent être
raccourcies, le nombre d'heures d'intervention doit être augmenté, les critères d'éligibilité de ces interventions
doivent être élargis. Ces dizaines de milliers de personnes au Québec
qui vivent avec une déficience intellectuelle, M. le Président... on doit avoir
des services humains.
Est-ce
que la ministre s'engage aujourd'hui à rehausser le financement des services en
déficience intellectuelle dans toutes les régions du Québec?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : D'abord, M. le Président, permettez-moi de
saluer les familles qui sont ici avec leurs enfants. Je sais très bien... bien,
je sais... en fait, je ne peux pas vivre à leur place ce qu'ils vivent, mais je
comprends très bien leur situation.
que je veux vous dire, M. le Président, c'est que nous travaillons sans relâche
à bonifier nos services, mais je veux vous dire que, dans mon ministère,
on est là pour toutes les personnes qui sont en situation de vulnérabilité, notamment les personnes handicapées et leurs
familles. Cela étant dit, on a fait beaucoup à travers les années, les budgets
sont passés, là, de 2007‑2008 de 437 millions à près de 1 milliard de
dollars en ce moment qui sont dévolus pour la déficience intellectuelle et le
trouble du spectre de l'autisme.
J'entends
la préoccupation de mon collègue le député de Saint-Jean. Je veux juste vous
dire qu'on a ajouté aussi 69 millions,
le ministre de la Santé l'a annoncé, pour des services de soins à domicile. Il
y a une diversité de services qui sont
disponibles. Est-ce que nous pouvons faire mieux? Toujours, M. le Président.
Tous les services sont perfectibles dans l'ensemble des réalités du
gouvernement.
Ceci
étant dit, vous vous rappellerez qu'au printemps dernier nous avons annoncé
29 millions... Je vais revenir à la prochaine.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on va procéder aux motions sans
préavis. Et, en fonction de nos règles et
de l'ordre de présentation, je cède la parole à un membre du deuxième groupe de
l'opposition, et il s'agit du député de Borduas. M. le député de
Borduas, pour...
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! M. le député de
Borduas, pour la présentation de votre motion sans préavis.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion
suivante conjointement avec le député
de Labelle, la députée de Vachon, le député de Groulx, le député de Mercier et
ainsi que le député de Gaspé :
«Que l'Assemblée nationale constate
que les dépenses encourues quant à la décision fédérale de légaliser la vente
et la possession de cannabis seront assumées par les gouvernements provinciaux;
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement du Québec de faire front commun avec les autres provinces canadiennes dans le but d'obtenir du gouvernement
fédéral la pleine gestion du champ fiscal reliée à la vente [de] cannabis
une pleine compensation financière pour les coûts engendrés par la
légalisation.»
Vice-Président (M. Gendron) :
M. le leader adjoint du gouvernement, y
a-t-il consentement? Il n'y a
pas de consentement.
Un membre du
groupe formant le gouvernement. Je
cède maintenant la parole à M. le ministre de l'Éducation, du
Loisir et du Sport et ministre de la Famille pour la présentation de sa motion
sans préavis. À vous.
Proulx : Oui. Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement
de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Lac-Saint-Jean, le député de
Chambly, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, le député de Laurier-Dorion,
le député de Groulx et la députée de Vachon :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée internationale de l'alphabétisation
qui avait lieu le 8 septembre [dernier] et qui, chaque année, est une
occasion de réitérer l'importance que nous devons accorder à la littératie;
«Qu'elle rappelle que l'éducation est un
continuum tout au long de la vie, de la petite enfance à l'âge adulte;
«Qu'enfin,
elle souligne le courage et la détermination des gens qui s'engagent dans une
démarche d'alphabétisation et reconnaisse le rôle des organismes qui
oeuvrent en matière de lutte à l'analphabétisme.»
Merci, Mme la Présidente.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le leader adjoint du gouvernement, y a-t-il consentement pour débattre
de cette motion?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) : La motion étant adoptée, nous passons à
la prochaine présentation de la motion sans
préavis, et je fais appel à un membre du groupe formant l'opposition
officielle, M. le député de Rousseau, pour la présentation de votre
motion.
Marceau : Merci, M. le Président. Alors, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec
le député de Borduas, le député de Gouin, le député
de Gaspé, la députée de Vachon, le député de Groulx... c'est ça,
la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale constate la désuétude
et l'inutilité de la fonction de lieutenant-gouverneur.»
Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il consensus pour débattre de
cette motion? Il n'y a pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît, là, elle est passée. Elle est passée, puis c'est réglé.
Alors, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
pour la présentation de sa motion.
Massé : Merci, M. le Président. J'aimerais demander le consentement de
la Chambre pour débattre de la motion suivante conjointement avec le
député de Verchères et la députée de Vachon :
«Que
l'Assemblée nationale, à l'instar du Secrétariat général de l'ONU et du
Haut-commissariat des réfugiés, dénonce
le fait que l'ONU et ses partenaires ne sont toujours pas autorisés par le
gouvernement du Myanmar à se rendre dans
certaines zones de l'État de Rakhine où se poursuivent les opérations de
sécurité, alors même que les réfugiés de la minorité des Rohingyas fuient la violence au Myanmar à un rythme
effréné, et leur nombre, évalué à plus de 412 000, ne cesse
d'augmenter;
«Que l'Assemblée nationale rappelle que le
respect des droits des minorités doit être au coeur de tout projet démocratique
respectueux des droits de la personne.»
Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion, M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, la motion étant adoptée, nous
avons terminé les motions sans préavis.
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, un instant, s'il vous plaît. Oui,
je veux vous entendre, M. le député de Mercier.
M. Khadir : ...situation très grave que subit le peuple rohingya,
est-ce que c'est possible que la présidence envoie cette motion
directement au gouvernement birman?
Vice-Président (M. Gendron) : Si c'est le voeu de l'Assemblée, ça
semble le cas, il n'y a pas de problème, puisqu'elle a été adoptée sans
débat. Alors, oui, la présidence s'assurera de l'expédier au... qui de droit.
Nous
en sommes maintenant — un instant — aux avis touchant les travaux des
commissions, et je cède la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
Tanguay : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, j'avise cette
Assemblée que la Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 62, Loi favorisant le respect de la
neutralité religieuse de l'État et
visant notamment à encadrer les demandes d'accommodements religieux dans
certains organismes, aujourd'hui, de 11 h 45
à 13 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que le mardi 26 septembre 2017, de
10 heures à midi, à la salle du Conseil législatif.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci, M. le leader du gouvernement.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît, parce que les travaux ne sont pas
terminés.
Pour
ma part, je vous avise que la Commission
de l'économie et du travail se
réunira mardi le 26 septembre 2017, à la salle des Premiers-Ministres de
l'édifice Pamphile-Le May, en séance de travail, de 9 heures à 10
heures, afin de préparer les auditions des
trois fonds de recherche du Québec, et également en auditions publiques, de 10 heures à 12 heures,
afin d'entendre le Fonds de recherche Québec — Nature
et technologique sur ses
orientations, ses activités et sa gestion administrative.
vous avise également que la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources naturelles se
réunira en auditions publiques le mardi 26 septembre 2017, de 10 heures à midi,
à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin d'entendre la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec
sur ses orientations, ses activités et sa gestion administrative.
a-t-il des demandes de renseignements sur les travaux? Oui, M. le leader
adjoint, pour les renseignements sur les travaux, à vous.
M. Rochon :
Merci, M. le Président. Alors, encore aujourd'hui, M. le Président, le
gouvernement n'appelle qu'une seule étude détaillée en commission. S'il
ne veut pas appeler ses projets de loi, pourquoi n'appelle-t-il pas ceux des oppositions, comme il l'avait fait en juin 2015?
D'ailleurs, le projet de loi n° 895, Loi modifiant le Code civil dans le
but de permettre à toute personne
domiciliée au Québec d'obtenir une modification de la mention du sexe figurant
sur son acte de naissance, déposé par
ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, a reçu une recommandation favorable du
Barreau du Québec. Je dépose, si vous l'autorisez, cette lettre d'appui.
Vice-Président (M. Gendron) : Un instant! Un instant! Y a-t-il
consentement pour le dépôt de cette pièce, qui était un avis du Barreau
du Québec? Oui, il y a consentement. Alors, vous pouvez le déposer. Poursuivez.
M. Rochon : Ma
question au leader adjoint du gouvernement : Pourquoi ne pas appeler ce
projet de loi qui a notamment l'appui du Barreau du Québec, comme le démontre
cette lettre?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci. M. le leader adjoint du
gouvernement. M. le leader adjoint du gouvernement, pour la réponse.
M. Tanguay : Oui, M. le
Président. Très brièvement, en vertu des articles 97 et suivants de notre
règlement, l'opposition peut elle-même
initier le débat sur tout projet de loi. Alors, pourquoi ne l'appelle-t-il pas
lui-même, M. le Président?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, c'est la réponse. Est-ce qu'il y
a d'autres questions? Ça va? Est-ce que c'est une autre question sur les
travaux?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, à vous, M. le leader de l'opposition.
Bérubé : Je profite
de la présence du ministre de la Sécurité publique pour demander des
précisions. Le projet de loi n° 107,
Loi visant à accroître la compétence et l'indépendance du commissaire à la
lutte contre la corruption et du Bureau
des enquêtes indépendantes ainsi que le pouvoir du directeur des poursuites
criminelles et pénales d'accorder certains
avantages à des témoins collaborateurs, a été déposé quand? Le 8 juin 2016. Le
menu législatif est anémique en ce début
de session. Je peux vous en témoigner. Pourquoi le gouvernement n'en
profite-t-il pas pour appeler cet important projet de loi? Nous sommes
prêts à débattre maintenant de l'avenir notamment de l'Unité permanente
anticorruption.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : M. le
Président, le projet de loi n° 107 — c'est bien celui-là auquel il fait
référence — relève
de la Commission des institutions,
qui actuellement — je viens
de faire l'avis des commissions — siège sur le 62, et en ce sens-là il est important de voir que la commission est à
pied d'oeuvre. Et heureux de voir encore une fois que l'opposition offre sa
pleine collaboration, le cas échéant, lorsqu'il s'agira du 107, M. le
Président. Mais il faut tenir compte du fait que la CI travaille déjà sur le
62. Alors, on va y aller étape par étape.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il d'autres questions sur les travaux? Il n'y en a pas.
Je vous avise que l'interpellation prévue pour
vendredi le 29 septembre 2017 portera sur le sujet suivant : Le manque de leadership du gouvernement libéral dans
la Capitale-Nationale. Mme la députée de Taschereau s'adressera alors à
M. le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale.
La période des affaires courantes étant
terminée, on va maintenant procéder aux affaires du jour, et je cède à nouveau
la parole à M. le leader adjoint du gouvernement. À vous.
M. Tanguay : Oui. Merci, M.
le Président. Je vous prierais d'appeler l'article 25, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Gendron) : À l'article 25 du feuilleton
d'aujourd'hui, c'est M. le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire qui propose l'adoption du
projet de loi n° 121, Loi augmentant l'autonomie et les pouvoirs de la Ville de Montréal, métropole
du Québec. M. le ministre, à vous la parole pour vos interventions, si
c'est le cas. M. le ministre, à vous.
Coiteux : Oui. Merci. Merci beaucoup, M. le Président. C'est évidemment
avec énormément de satisfaction que
je nous vois arriver à ce stade-ci, où on propose l'adoption du projet de loi
n° 121. D'ailleurs, je remercie tous les collègues, là, qui ont travaillé en commission avec nous. Je remercie
tous les groupes, évidemment, qui nous ont fait part de leurs recommandations et suggestions, et ça a
donné lieu à une bonification du projet de loi dont nous avons discuté lors de la prise en considération hier du rapport
de la commission. Et je remercie évidemment le président de la Commission
de l'aménagement du territoire pour son
travail. Mais on arrive à ce moment, qui est un moment très heureux pour tous,
je crois, pour l'ensemble des Québécois, pas seulement pour les
Montréalais.
Il faut
rappeler le fil conducteur qui nous a amenés à ce jour, aujourd'hui, là. Le
premier ministre du Québec, lors de
son discours inaugural, a dit que nous allions mettre un terme à une relation
avec les municipalités historiquement basée sur le paternalisme et la caractérisation des
municipalités non pas comme étant des gouvernements de proximité, mais des
créatures. Et c'est ce qui nous a amenés à
nous engager dans ce qu'on a appelé la trilogie de l'autonomie municipale, dont
la troisième pièce est proposée pour adoption aujourd'hui.
Nous
avons déjà adopté un projet de loi donnant à Québec des pouvoirs spécifiques en
tant que capitale nationale des
Québécois. Nous avons donné des
pouvoirs étendus, la plus grande décentralisation vers les municipalités de l'histoire du Québec, nous
avons donné des pouvoirs étendus aux municipalités par le biais du projet de loi n° 122. Et aujourd'hui, en ce moment où on considère l'adoption
du projet de loi n° 121, nous proposons aussi de reconnaître la
spécificité de Montréal et de donner à Montréal les pouvoirs dont elle a
besoin, non seulement pour assurer son développement économique, d'aller encore
plus loin dans son modèle d'inclusion de tous ses citoyens,
d'inclusion sociale de tous ses citoyens et d'être capable de prendre des décisions de
manière autonome. Nous allons plus loin avec Montréal pour le bénéfice de ses citoyens puis pour le bénéfice
de l'ensemble des Québécois. Alors, on arrive au bout de cette trilogie de
l'autonomie municipale, une trilogie capable de reconnaître qu'il y a des
spécificités dans certaines villes, et en particulier dans notre capitale nationale
et notre métropole.
Évidemment, dans le
cas du projet de loi n° 121, le projet de loi n° 121 vient aussi
rendre possibles, par des dispositions législatives spécifiques, des engagements réciproques que Montréal
et le gouvernement ont pris l'un vis-à-vis de l'autre, notamment dans le
cadre d'une entente qui a été signée le 8 décembre 2016 qui prévoyait des
gestes importants de décentralisation et d'autonomie pour Montréal. Et aussi ça
vient instituer également, dans nos pratiques et dans notre loi, le principe du Réflexe Montréal, c'est-à-dire de
tenir compte des spécificités de Montréal lorsque nous considérons des
changements législatifs, des règlements, des politiques.
Alors,
le projet de loi n° 121, on l'a souvent découpé de la manière suivante...
parce qu'évidemment il y a plusieurs articles,
ça renvoie à différentes dispositions, mais, dans le fond, ce qu'on cherche à
faire, c'est de donner à Montréal des outils
de développement économique — c'est une
partie très importante du projet
de loi n° 121, des outils de développement économique — mais
aussi il y a tout l'aspect du vivre à Montréal, hein, la qualité de vie des
Montréalais. Et, dans cette question
de la qualité de vie, le projet de loi n° 121 vient aussi donner à
Montréal des outils, notamment pour favoriser le logement social, abordable, familial. Il lui donne des outils pour
participer avec le gouvernement du Québec à l'accueil et à l'intégration des nouveaux arrivants sur son
territoire, les nouveaux arrivants qui proviennent de l'extérieur du pays,
donc un rôle en matière d'immigration, des questions de patrimoine, des
questions de culture. Donc, il y a toute cette question de comment améliorer la qualité de vie des Montréalais, d'en
faire un univers d'inclusion de tout le monde. C'est très important.
dans plusieurs sphères, le projet de loi n° 121, outre le fait qu'il donne
des outils de développement économique et
des outils pour mieux vivre à Montréal dans une perspective d'inclusion de
tous, donc d'inclusion sociale, d'inclusion des nouveaux arrivants,
bien, il donne aussi à Montréal davantage de latitude pour prendre ses
décisions elle-même, notamment de cesser de
prescrire, dans certains cas, quels types d'institutions doivent ou non exister
pour que Montréal soit capable d'en créer en fonction de ses besoins.
Alors,
c'est ça, le projet de loi n° 121. Je vais aller dans quelques exemples de
ce que ça veut dire concrètement, de
donner des outils de développement, donner des outils pour améliorer la qualité
de vie, donner des outils pour avoir plus d'autonomie en matière de
décisions.
va commencer par le développement économique. C'est une
partie majeure, là, du
projet de loi n° 121, les questions
de développement économique. Je ne citerai pas tout ce qu'on a convenu, lors de
l'étude en commission, en termes
d'articles, mais il y a des morceaux qui sont importants. L'un des morceaux les
plus importants... puis c'est très innovant,
M. le Président, cette chose-là. Vous savez que les villes, au Québec, ont des
limites assez sérieuses à leur capacité, par exemple, de procéder à des subventions pour attirer, par exemple,
des investissements sur leur territoire. Montréal est une grande métropole en concurrence avec des
grandes villes américaines, des grandes villes ailleurs dans le monde. Bien, le projet de loi n° 121 abolit, dans le
fond, ce plafond sur ce type d'aide qui pourrait être versée pour autant que ça
se fasse dans le cadre d'un partenariat innovant avec le gouvernement du
Québec, particulièrement en collaboration avec le ministère de l'Économie, de
la Science et de l'Innovation, pour qu'on puisse, gouvernement et Montréal,
arrimer nos actions plutôt que dupliquer nos actions, dans le meilleur
intérêt à la fois des Montréalais et des Québécois, pour s'assurer qu'effectivement ça permet à Montréal de
concurrencer des villes à l'international, et non pas d'autres villes au
Québec, que ça nous permet de travailler
ensemble dans le respect de nos obligations contractuelles internationales.
Alors, ça, c'est un aspect très, très, très important du projet de loi
n° 121.
On propose de donner
à la ville des outils en matière de développement des sociétés de développement
commercial, donc plus de capacité d'arrimer
une stratégie économique globale pour la ville avec les outils fort importants
que représentent ces sociétés de
développement commercial. On a donné à la ville la capacité, ce qui n'était pas
permis, par exemple, de pouvoir
dédommager, dédommager des commerçants qui auraient été affectés par des
travaux de longue durée, et on sait
jusqu'à quel point Montréal, dans son renouveau, a besoin et fait des travaux
importants. Non seulement on a donné
des outils qui permettent à Montréal de dédommager les commerçants qui ont subi
des inconvénients, parfois même des
dommages économiques sérieux, on peut même le faire, donc, c'est ce qui est
proposé par le projet de loi n° 121, rétroactivement, des travaux
qui ont été exercés depuis le 31 décembre 2015.
donne à Montréal aussi la capacité de choisir les heures d'ouverture de ses
commerces, de choisir les heures d'ouverture
des établissements comme les bars, par exemple. Et ça, c'est quelque chose
d'assez novateur aussi parce que, normalement,
le gouvernement voulait se réserver même ces décisions-là, alors que, dans une
grande métropole, on pense qu'ils
sont capables donc d'intégrer ça dans leur vision, non seulement du mieux-vivre
de tous, là, ensemble, dans les quartiers,
mais également pour mieux refléter le fait que Montréal est également une ville
de festivals, une ville festive, une ville, donc, qui doit intégrer
aussi ces aspects-là dans son développement.
Il y a des choses très importantes
dans le mieux-vivre à Montréal, donc vivre à Montréal, comment améliorer,
donc, le modèle d'inclusion sociale qui est
si caractéristique de Montréal. Alors, il y a des articles qui concernent des
pouvoirs que Montréal aura, qui vont faciliter un engagement que nous
avons pris réciproquement, c'est-à-dire de permettre à Montréal de développer son propre programme en matière d'habitations,
plutôt que ce soit la Société d'habitation du Québec qui impose à Montréal un programme qui aurait été
conçu mur à mur pour l'ensemble du Québec. Alors, ça aussi, c'est un
aspect extrêmement important.
y a également des pouvoirs accrus pour Montréal, notamment pour être capable
d'intervenir dans le marché immobilier,
dans certains cas, par un droit de préemption, de pouvoir saisir des immeubles
qui représenteraient un risque pour
la sécurité et la santé des citoyens. Donc, on donne à Montréal aussi la
capacité d'intervenir beaucoup plus efficacement pour améliorer la qualité
de son parc de logements, de ses immeubles, mieux se développer également de ce
côté-là.
permet à Montréal, dans le projet de loi n° 121, de disposer de pouvoirs
accrus pour administrer elle-même des
pouvoirs qui, autrement, auraient été exercés par le ministère de la Culture et
des Communications. Donc, on donne à Montréal également des leviers
d'intervention accrus en matière de culture et de patrimoine. Je ne vais pas
tout énoncer, hein, parce qu'il y en a beaucoup, il y en a beaucoup, mais développer,
donc, des outils de développement économique,
des outils d'intervention pour améliorer la qualité de vie des Montréalais dans
une perspective d'inclusion sociale, d'inclusion de tous, d'intégration
des nouveaux arrivants notamment.
Mais
il y a aussi des outils qui permettent à Montréal de prendre elle-même ses
décisions, notamment, puis c'est souvent une modernisation de sa gestion
même qui est proposée ici, mais j'aimerais quand même faire remarquer que certaines institutions, certaines commissions,
certaines commissions qui étaient prescrites, là, dans la loi, alors que les
autres villes avaient une latitude quant aux commissions dont ils souhaitaient
se doter, dans le cas de Montréal, c'était très prescriptible dans sa charte. Maintenant, on a donné à Montréal la
capacité d'en créer, parfois, dans l'évolution du temps, d'en abolir certaines ou de réorienter les
mandats à certaines. Donc, Montréal rapatrie, donc, cette capacité de décider
de ses propres institutions également. On lui donne aussi la capacité de se
doter d'une société qui va s'occuper des stationnements, et il y a d'autres
dispositions de cette nature.
n'en dirai pas plus sur cet important projet de loi, sinon pour dire que ça
vient apporter une pierre importante
à un
chapitre important de l'histoire du Québec, qui est celui de reconnaître pleinement
les villes du Québec non pas comme des
créatures de l'État qui doivent obéir au doigt et à l'oeil du gouvernement du Québec, non, des partenaires dans la livraison
des services aux citoyens, des partenaires que l'on doit respecter. C'est ce
qui nous a amenés à faire une grande
décentralisation de pouvoirs à l'égard de l'ensemble des municipalités, à proposer des façons très novatrices de procéder. Mais, en même temps, on ne l'a pas
fait dans un esprit mur à mur. On l'a fait en tenant compte des spécificités
de Québec, capitale
nationale, et des spécificités de Montréal,
métropole non pas des Montréalais seulement, mais métropole de l'ensemble des Québécois.
Alors,
aujourd'hui est un moment important, là, pour nous tous,
pas seulement pour les élus montréalais de cette Chambre. Je
pense que c'est un moment qui est important
pour tous les Québécois parce
que, quand les régions vont bien,
Montréal va bien, et, quand Montréal va bien, les régions également
vont bien. Et, lorsqu'on fait cet exercice de décentralisation qui n'est pas mur à mur et qui respecte les
spécificités de chacun et de nos grandes villes que sont la capitale et la
métropole, bien, c'est aussi un
projet mobilisateur pour l'ensemble des Québécois de développement
économique, de mieux vivre
dans nos villes et nos régions et dans une dynamisation de la démocratie
locale, parce que davantage de décisions se prennent plus près des citoyens, et
c'est ça qu'on propose de faire avec Montréal aujourd'hui, comme on l'a fait
avec l'ensemble des villes, comme on l'a fait avec Québec. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire. Et,
pour la prochaine intervention, je vais céder la parole à Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci, Mme la Présidente. Alors, vous me permettrez
d'intervenir au moment de l'adoption du projet de loi n° 121, loi
qui augmente l'autonomie et les pouvoirs de la ville de Montréal, la métropole
du Québec.
fierté de me tenir debout ici aujourd'hui, en cette Chambre, premièrement comme
Montréalaise directement, mais aussi
comme parlementaire qui a le privilège de pouvoir intervenir sur une pierre à
laquelle on ajoute à l'édifice de l'État
québécois... Parce que faire de Montréal... et la reconnaître comme métropole
est une chose, lui donner plus d'autonomie en est une autre, mais faire
en sorte que Montréal vienne bonifier et mettre à jour sa charte, c'est aussi,
pour moi, un privilège.
Vous
le savez, Mme la Présidente, dans une vie antérieure, j'étais là au moment de
l'écriture de la Charte de la Ville de Montréal, en 2000, et ça a été un
privilège aussi à cette époque de servir comme chef de cabinet aux affaires
municipales pour faire en sorte que cette loi de la Charte de la Ville de
Montréal représente le mieux les aspirations de la métropole. Il n'a jamais été
question pour les gouvernements de considérer effectivement les villes comme
des créatures de l'État. C'est notre
Constitution canadienne qui le fait. Au contraire, ici, au Québec, on a
toujours considéré les municipalités comme des partenaires, et c'est
pour ça qu'au fil des ans nous avons signé des pactes, des pactes fiscaux avec nos municipalités pour le reconnaître
justement, cet échange avec eux, et reconnaître leur autonomie, mais
dans un échange avec lequel... ce qui nous permet de faire avec eux un
véritable partenariat et d'établir des bases sur lesquelles on s'entend.
Alors, c'est un moment important, effectivement,
et le ministre l'a dit. Je veux souligner aussi le caractère de notre commission parlementaire. Nous avons tenu une
commission parlementaire, je dirais, un peu exemplaire, dans le sens où nous avons eu des discussions franches, des
discussions honnêtes, en tout respect, mais aussi en tout respect de ce qu'est
Montréal comme grande, grande, grande ville.
vous me permettrez, Mme la Présidente, de lire le préambule que le ministre a
présenté, pour lequel j'ai demandé une
petite modification, mais qui vient présenter qu'est-ce qu'on veut dire quand
on parle de Montréal comme métropole du Québec.
Alors, dorénavant,
dans la Charte de la Ville de Montréal, à l'article 1, on va y lire :
«Attendu
que le gouvernement entend instituer le "Réflexe Montréal", soit
l'ajout d'un "chapitre Montréal" dans toutes les politiques ayant un impact sur la métropole, ainsi que la
prise en considération dans l'élaboration des lois, des règlements, des programmes, des politiques ou des directives qui la concernent, des
spécificités de la ville de Montréal
relativement à son statut particulier de métropole, et qu'il entend la
consulter en temps utile à cette fin;
«Attendu
que la ville de Montréal dispose d'attributs économiques, sociaux et culturels qui lui confèrent le
statut de métropole du Québec
et lui permettent de jouer le rôle particulier qui lui échoit, à cet égard, sur le plan national et sur la scène internationale pour l'ensemble
de la collectivité québécoise;
«Attendu que la ville
de Montréal, avec près des deux tiers des entreprises exportatrices du Québec, quelque
60 organisations internationales, dont certaines onusiennes, et plus de 80 consulats étrangers,
est la deuxième ville consulaire en Amérique du Nord et le principal
carrefour des échanges internationaux du Québec;
«Attendu
que la ville de Montréal doit veiller à ce que des logements abordables,
sociaux [et] familiaux — c'est mon petit ajout, Mme la Présidente, vous vous en
doutez bien — et
de qualité soient accessibles à tous ses résidents, notamment les jeunes
familles, les ménages à revenu modeste et les nouveaux arrivants;
«Attendu
que la ville de Montréal, métropole cosmopolite et creuset des relations
interculturelles, relève des défis uniques au Québec en matière
d'accueil, d'intégration et de francisation de la population immigrante;
«Attendu
que de nombreux biens patrimoniaux sur le territoire de la ville de Montréal
témoignent de sa riche histoire et de son rôle déterminant dans le
développement passé, présent et à venir du Québec.»
Alors,
ce préambule, Mme la Présidente, va dorénavant être installé à l'intérieur de
la Charte de la Ville de Montréal pour
que quelqu'un qui ouvre le livre de la charte puisse voir l'ampleur de cette
ville. Et d'ailleurs on aura probablement à corriger éventuellement, parce qu'il y a 80 consulats étrangers, mais je
vous annonce que le consulat général de Pologne s'en vient s'installer la semaine prochaine à Montréal. Alors, j'en suis
très heureuse parce que c'est une communauté très présente dans mon
comté.
Alors, Montréal est en développement, Montréal est
une ville extraordinaire, où il fait bon vivre, mais effectivement ce projet de loi là vient conférer à Montréal de
nouveaux pouvoirs, nouveaux pouvoirs qui avaient par contre, Mme la Présidente — et là, ça, c'est toujours des choses qui
nous agacent, comme parlementaires — été entendus au préalable entre le gouvernement et le maire de Montréal dans
une entente qui a précédé nos débats. Alors, ça, vous savez, ça nous chatouille toujours, comme parlementaires, de se
sentir un peu pieds et mains liés par une entente gouvernementale qui
vient précéder les travaux parlementaires. Alors, l'entente Réflexe Montréal
dont on parle, Mme la Présidente, alors, cette
entente est venue préciser, entre
autres, des chantiers de travail,
mais aussi des nouveaux pouvoirs qui seraient donnés par la loi — alors,
comme législateurs, on était un peu mis devant le fait, parce que
le gouvernement avait décidé de conférer ces pouvoirs-là
au gouvernement... à la municipalité, à la ville de Montréal — alors,
entre autres, des pouvoirs en matière d'itinérance, des pouvoirs en matière
d'habitation, des pouvoirs en matière de patrimoine et des pouvoirs en matière
d'immigration. Mais, encore là, Mme la Présidente, aujourd'hui même, je ne peux
même pas vous parler des pouvoirs qui seront
dévolus à la ville en matière d'immigration, on ne le sait pas, parce que ça
doit faire
partie d'une entente. Alors, le cadre dans lequel nous avons
travaillé dans la loi n'est pas venu définir l'entente qui va avoir lieu entre
le gouvernement et la ville de Montréal. Alors, ça, ça reste encore assez flou
et inconnu.
même chose en matière d'itinérance. La ministre responsable du dossier de
l'itinérance va dorénavant siéger sur
un comité avec le maire, malgré toutes sortes d'autres instances qui existent
déjà à Montréal, et, encore là, on ne sait pas quelles seront les
responsabilités qui seront données dans le cadre de ces échanges.
matière de patrimoine, c'est la Loi du patrimoine qui va venir faire en sorte
que Montréal ait des compétences. Et
ça, il y avait quand même des bouts, dans la
Loi sur le patrimoine, qui avaient
déjà été déterminés et qu'on vient reconnaître dans la loi n° 121.
contre, en matière d'habitation, ça, on a été un petit peu
plus précis. Alors, on est venu introduire dans le projet de loi le fait
que Montréal aurait une entente avec la Société d'habitation du Québec afin que
les sommes dévolues à l'habitation pour Montréal, qui étaient auparavant
nommées par nombre d'unités... Alors, on sait qu'actuellement le gouvernement offre 3 000 unités de
logements sociaux par année à l'ensemble des Québécois. Il y avait une portion
de ça qui était dévolue en unités à la ville de Montréal. Dorénavant, on
ne parle plus d'unités, on va parler d'une somme d'argent, pour lequel des paramètres devront être identifiés. Et, encore
là, Mme la Présidente, moi, l'entente, je ne l'ai pas vue, on me dit
qu'elle est encore en négociation. Tout ce que je peux nous espérer, c'est que
l'argent soit destiné au logement social.
Avant,
les 3 000 unités de logement, dont la partie... il y avait au moins
un 1 200 destiné à Montréal, on faisait du logement social avec cet argent-là, social, familial. Là, je n'ai aucune
garantie, Mme la Présidente, qu'on va ne faire que du logement social avec cet argent-là. Le gouvernement
pourrait... La ville de Montréal pourrait décider... Parce qu'il y a le mot
«abordable» dans la petite phrase, la ville pourrait décider de ne faire que du
logement abordable, et, vous le savez comme
moi, le logement abordable, ce n'est pas nécessairement du logement social. Le
logement abordable, c'est du logement qui est bien au-dessus de la
fourchette de ce que peuvent payer les gens au niveau du logement social.
Alors, je mets en garde le ministre,
dans l'entente qu'il va signer avec la ville de Montréal, de s'assurer que
l'argent et les unités qui
représentaient le montant pour lequel il va dévoluer à la ville soient réservés
exclusivement à du logement social. S'il
veut trouver d'autres argents pour faire du logement abordable, tant mieux,
mais l'argent qui était dévolu au logement social à Montréal doit
continuer à être dévolu à du logement exclusivement social.
matière d'itinérance, sa collègue qui est juste derrière en a besoin, des
unités d'habitation pour l'itinérance. Moi,
je vais vous dire, dans Hochelaga-Maisonneuve, si on n'a plus d'argent pour
faire du logement communautaire pour itinérants
avec des services, il faut oublier ça, on va avoir encore plus de monde dans la
rue. Si je n'ai pas d'argent pour faire
du logement social pour les familles, des coops d'habitation avec des cinq et
demie, des six et demie, parce qu'on a encore
des grandes familles... Si on n'a pas ces unités-là, on oublie ça. Alors, il
faut préserver les unités, qui vont être dorénavant en argent, il faut préserver cette somme d'argent là pour
s'assurer que c'est du logement social que l'on fait.
je vous dirais en plus, Mme la Présidente, qu'actuellement l'ensemble du parc à
logements qui se développe à Montréal
est fait en collaboration avec les groupes de ressources techniques, et je veux
aussi m'assurer que les groupes de
ressources techniques seront mis à contribution. Ils sont les experts en la
matière, ils ont une expertise de développée, de travailler avec nos groupes communautaires. Moi, je regarde des
projets dans mon quartier. Que ce soit L'Avenue, qui vient de transformer une grosse piquerie en logement social pour des
jeunes sur le retour au marché du travail, bien, ce projet-là n'aurait pas pu se faire si on n'avait pas eu cette
collaboration du GRT Bâtir son quartier, de mon organisme L'Avenue et de l'ensemble des partenaires du
quartier, parce que c'est comme ça qu'on les monte, les projets. Et vous
le savez, on en a dans nos comtés, ils sont
importants, ils sont structurants. Cette piquerie-là qu'on a sortie de la rue
avec des jeunes qui maintenant
demeurent dans ces logements, dans ces 39 logements là, c'est des jeunes
qui sont retournés sur le marché de l'emploi, c'est des jeunes qui retournent
aux études. Ces jeunes-là qui demeurent dans Hochelaga-Maisonneuve sont devenus des jeunes qui participent à la vie
active et économique du quartier. Le logement social, il est structurant.
Alors,
je mets en garde le ministre. Vous savez, des fois, une bonne idée peut devenir
une très mauvaise réalisation. Je
nous mets en garde que le logement social doit garder son enveloppe, s'assurer
que justement on puisse faire du logement social pour les aînés, pour les familles, pour les personnes seules, que
ce soient des maisons d'hébergement pour femmes en difficulté mais aussi
des maisons d'hébergement pour hommes en difficulté.
ministre de la Santé a déposé un plan d'action en matière de santé et bien-être
des hommes. Il faut faire des maisons
d'hébergement pour hommes en difficulté. On vient d'avoir une tragédie, cette
semaine, un homme qui a décidé de
tuer sa conjointe et qui est parti avec son bébé, on a vécu une Alerte AMBER
tragique. Bien, cet homme-là, peut-être que, s'il y avait eu de l'hébergement pour lui de façon disponible, il
aurait pu faire appel à des services, il aurait pu être hébergé même
avec son petit garçon.
Alors, on l'a vu dans
le passé, et moi, je le vois de façon... J'ai trois maisons d'hébergement pour
hommes en difficulté dans Hochelaga-Maisonneuve, Mme la
Présidente, puis, je vais vous dire,
j'en prendrais trois autres parce que, les
hommes qui vont dans ces maisons-là, ça leur permet justement
d'évacuer leurs souffrances, d'avoir des conseils, d'avoir des gens qui
viennent à la rescousse de leur détresse, en tant que tel.
Alors,
Montréal particulièrement
a besoin de ressources, de ressources aussi efficaces qu'elles le sont
présentement, mais ces ressources-là
ne peuvent s'établir si on n'a pas l'argent du logement social. Alors, je fais
vraiment un cri du coeur au ministre.
Avant de signer l'entente de la SHQ avec la ville de Montréal, il faut
s'assurer de préserver le nombre d'unités pour le développement. Quant à
moi, on n'en a pas assez, mais au moins, le minimum qu'on a, il faut le garder.
vous me permettrez, Mme la Présidente, de faire une réplique à mon collègue de
la Coalition avenir Québec d'hier, le
député de Blainville, concernant l'inclusion. Je ne sais pas, il a une mauvaise
perception de l'inclusion, et je veux corriger quelque chose parce qu'il
a prononcé des mots qui ne sont pas la réalité.
Alors, l'inclusion,
Mme la Présidente, ça veut dire que, lorsqu'on construit un vaste projet, un
vaste projet immobilier, eh bien, il y a une
portion de contribution qui va au logement social. Ça ne veut pas dire que les
logements sociaux sont dans le projet, ça ne veut pas dire ça, puis en
général ce n'est jamais ça, sauf quelques exceptions.
Puis
moi, je vais lui parler d'un projet extraordinaire devant mon bureau, un
immense terrain avec un bâtiment patrimonial qui était la première
station électrique de Montréal, la station n° 1, et le projet
s'appelle maintenant Station n° 1.
Il y avait un promoteur, qui s'appelle Samcon, qui construit des condos partout
dans mon comté. Moi, chez nous, on
commence à en avoir un peu ras le bol de la construction des condos dans le
comté. On a réussi à convaincre ce
promoteur d'utiliser le bâtiment qui était là pour faire en sorte de construire
une coop de 75 habitations de logement pour personnes handicapées et pour des familles. C'est un projet qui
actuellement, Mme la Présidente, gagne des prix d'architecture partout
dans le monde, c'est extraordinaire de voir... Et ce promoteur, Samcon, a accepté
de construire aussi, c'est lui qui a
construit, qui a été le... qui a mis sa main-d'oeuvre à contribution. Et ça a
été même payant pour lui, Mme la
Présidente, parce que le fait de faire du logement social, ça a fait en sorte
que, certaines des infrastructures de son projet d'habitation privé, ça
lui a servi. Alors, on voit qu'il peut y avoir des avantages, des avantages.
Alors,
le portrait noir qu'a tracé mon collègue de la CAQ hier sur l'inclusion, bien,
ce n'est pas ça, la réalité, ce n'est pas ça du tout. Et je n'en ai pas
un, projet, dans Hochelaga-Maisonneuve, j'en ai trois, Mme la Présidente, il y
a trois projets dans lesquels on a fait de
l'inclusion, et on a réussi à faire du logement social avec du logement privé,
des condos privés. Et ce que ça a
fait, c'est des milieux de vie extraordinaires. On ne veut pas de la
ghettoïsation des gens démunis, on ne veut pas la ghettoïsation comme on
a fait dans les années 70, où on a fait des grands plans comme le plan Jeanne-Mance, et moi, j'ai un plan qui
s'appelle Boyce-Viau, où on mettait 300 familles pauvres ensemble puis on
les isolait dans un coin. On n'en veut plus,
de ça. On veut de l'inclusion, on veut faire en sorte que les gens demeurent
ensemble et partagent des valeurs communes.
Alors, je mets en garde mon collègue
de la CAQ sur les affirmations qu'il a faites. Ce n'est pas vrai, ce n'est pas
comme ça que ça se passe. Et ce qu'on a fait dans le projet de loi n° 122
précédemment, qui était une inspiration du projet
n° 121, qui finalement était une inspiration du projet de loi que
moi-même, j'avais déposé précédemment, eh bien, c'est de la réussite, et c'est ça, du vivre-ensemble, Mme la Présidente.
Et je me réjouis de l'adhésion du ministre des Affaires municipales à ce
projet de société là que nous avons, justement, réalisé et je l'en félicite.
J'ajouterais,
Mme la Présidente, que, dans la loi qui est actuellement devant nous, il y a
des avancées importantes. Il y a,
entre autres, le fait de pouvoir finalement exproprier des bâtiments. Alors, c'est
un pouvoir que se donne la ville... qu'on
donne à la ville de Montréal parce que, vous savez, il y a des bâtiments qui
sont laissés à l'abandon, des bâtiments qui deviennent dangereux pour la sécurité non pas juste des gens qui ne
restent plus là, mais la sécurité pour des gens autour. Un vieux bâtiment abandonné peut être facilement
squatté. Et ça, c'est une réalité
montréalaise, là. Les personnes qui sont itinérantes vont aller
s'abriter, l'hiver s'en vient, vont aller s'abriter dans des bâtiments qui sont
abandonnés.
Alors,
ce droit-là qu'on vient de donner à la ville
de Montréal d'exproprier des
bâtiments pour qui les propriétaires
ne font pas l'entretien, n'ont pas fait les
réparations nécessaires et... il y aura justement une espèce de façon de faire
qui va faire que ces bâtiments-là
vont être offerts, justement, aux organismes qui font du logement social. Ça,
c'est structurant, Mme la Présidente.
Au lieu de laisser des vieux bâtiments tout croches sur les rues, dangereux,
pour lesquels soit des jeunes ou des
personnes de tous âges vont aller habiter, le feu prend là-dedans, il y a des
gens qui en meurent, alors ça, ça vient faire avancer. Et c'est un droit qu'on vient de donner à Montréal qui, à
mon avis, va nous permettre de faire en sorte que certains immeubles qui sont abandonnés et qui
auraient eu besoin de beaucoup d'amour, bien, pourront être récupérés, faire du logement social là-dedans ou faire
d'autres projets d'habitation, mais ça vient structurer des coins, des coins de
quartier qui souvent sont laissés à
l'abandon par des propriétaires négligents. Ça va aussi permettre de faire en
sorte que, dans certains immeubles, on vienne faire en sorte que la
négligence du propriétaire sur ses locataires... Et il y en a, Mme la Présidente, il y en a, malheureusement. Et,
le propriétaire qui ne fait pas les rénovations nécessaires, des logements
pleins de moisissures, des logements
dangereux pour le feu, bien, on va pouvoir venir dire, au bout d'un certain
temps, à ce propriétaire-là négligent : Ça suffit, ça suffit!
Alors,
je pense que le pouvoir qu'on vient de donner à la ville de Montréal, il est
important, il est structurant. Il va po