Institutions — 8 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-05-08
Quebec — Committees
(Onze heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Ferland) : Alors, à
l'ordre! À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum...
Le Président (M. Ferland) : À l'ordre,
s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie
de leurs téléphones
cellulaires.
Le mandat de
la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 17,
Loi modifiant le Code des professions en matière de justice
disciplinaire.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Claveau (Dubuc) remplace M. Cardin (Sherbrooke); Mme Richard (Duplessis) remplace M. Leclair (Beauharnois); M.
Bergman (D'Arcy-McGee) remplace M. Marsan (Robert-Baldwin); et Mme
St-Laurent (Montmorency) remplace M. Duchesneau (Saint-Jérôme).
Président (M. Ferland) :
Merci, Mme la secrétaire. Hier, nous avons poursuivi l'étude de l'article 1 du projet de loi et de l'amendement
que le ministre y avait présenté. De plus, le député de D'Arcy-McGee avait
également présenté un amendement à cet article. M.
le député de D'Arcy-McGee, la parole est donc à vous.
Bergman : Merci, M. le
Président. Ce n'est pas sur l'amendement, sur
le débat d'hier soir. Ce matin, mon attention a été portée à un tweet.Et je ne suis pas
exactement au courant des tweets, mais il y a un tweet par le Conseil
interprofessionnel du Québec demandant si on va poursuivre notre obstruction de
ce projet de loi, et apparemment ce tweet était retweeté
par un membre du cabinet du ministre.
Je dois vous dire que, quand j'ai été nommé le
porte-parole de l'opposition officielle en matière du Code des professions, j'ai toujours dit que je vais
travailler, dans ce dossier, dans une manière très professionnelle. C'est un
dossier professionnel, ce n'est pas un dossier,
en fait, politique. Je dois vous dire aussi,
M. le Président, que, dès le premier moment
que j'ai rencontré le ministre à un colloque du Conseil interprofessionnel du
Québec, je lui ai mentionné qu'il aurait
ma coopération professionnelle pour le projet de loi n° 17, et il a accepté ces propos, et j'ai dit ça à
quelques reprises dans le micro, que je
vais donner ma coopération à ce projet de loi;
et en Chambre, sur l'adoption du principe, j'ai indiqué mon accord au principe.
Maintenant, M.
le Président, on a eu un débat, en commission
parlementaire, devant cette commission parlementaire, sur l'article 1 de ce projet de loi, et les questions qu'on a soulevées, en ce qui concerne l'article 1
du projet de loi n° 17,
sont soulevées... on parle... le Conseil interprofessionnel, même eux,
dans leur mémoire, c'est eux qui ont
dit que le nouvel
article 59.1.1 proposé présente une
difficulté réelle en regard de la spécificité du droit
professionnel. Alors, je ne comprends pas leurs
propos de ce matin.
Le but de mon intervention, M. le Président… À mon avis, j'ai
toujours accepté que le Conseil interprofessionnel du Québec, comme l'office des professionnels...
sont des organisations qui sont non partisanes, très professionnelles,
et ça, c'est une des raisons que notre système professionnel ici, au Québec,
est tellement bien accepté non seulement au Québec,
mais à travers le monde. Et je suis un peu déçu de voir ces tweets ce matin, et
je demanderais à M. le ministre de rappeler
le Conseil interprofessionnel du Québec à l'ordre en ce qui concerne leurs
propos qui sont vraiment partisans et mal
placés.Et je vous assure, M. le Président, que, nous, de ce
côté de la Chambre, nous sommes ici dans une manière professionnelle
seulement pour essayer d'aider, pour bonifier
le projet de loi, qui est bien rédigé, on a beaucoup
de confiance dans les personnes qui ont rédigé le projet de loi,
beaucoup de confiance en M. le président de l'Office des professions, mais
certainement on peut essayer de bonifier le projet de loi. C'est ce qu'on fait
par nos débats ici, en commission parlementaire.
Alors, moi,
je demanderais, personnellement, que M. le ministre rappelle le Conseil
interprofessionnel à l'ordre et leur rappelle de leur mission, qui est très, très importante. Ils représentent
44 ordres professionnels et plus de
340 000 professionnels.
Et je pense,
M. le Président, que mon collègue le député de
Fabre veut ajouter quelques mots à mon intervention.
Président (M. Ferland) :
Est-ce que le ministre... Je vais laisser le
ministre réagir, avant,
à vos propos, parce que moi, comme président, je n'ai, bien entendu,
reçu aucun courriel ou lu aucun tweet sur ce que vous
venez de me mentionner.Mais, M. le
ministre, je vous laisse la parole et après je
vais aller au député de Fabre.
M. St-Arnaud : Quelques secondes, M. le Président. Moi, je n'ai pas vu ça, là — on vient de me le dire il y a quelques minutes — parce
que je ne suis ni sur Facebook ni sur Twitter depuis que je suis
ministre de la Justice. Je pense que ce n'est
pas l'endroit pour un ministre de la Justice que d'être sur Facebook ou
sur Twitter . En tout cas, c'est la décision que j'ai prise en septembre dernier.
Cela
dit, évidemment, je ne suis pas responsable non plus de ce qui s'écrit sur Twitter
par des organismes ou des citoyens,
si ce n'est, évidemment, là… Je prends note
que le député de D'Arcy-McGee me signale, là, qu'un membre de mon personnel aurait
retweeté ce tweet. Alors, j'en
prends note et je vais voir à ce que ça ne se reproduise
pas dans ce dossier, parce qu'il
s'agit effectivement d'un dossier qui est non
partisan, je pense.
Et, de nos discussions
depuis hier soir, là, je pense qu'on va cheminer assez positivement sur l'article 1 et ensuite
sur les autres articles. Et je pense que, comme on l'a fait pour le projet de
loi n° 22 au cours des dernières séances ou les derniers jours
des dernières semaines, quant au projet de loi n° 17, on devrait être
en mesure de faire un travail de collaboration entre les différents
parlementaires pour aboutir à un texte qui va nous satisfaire, comme nous
satisfait le projet de loi n° 22,
dont nous avons terminé l'étude
article par
article
hier.
Alors,
je prends note des commentaires du député de D'Arcy-McGee.Quant à la personne qui relève de moi,
je vais voir à ce que ça ne se reproduise plus. Parce que je pense que sur ce
dossier-ci, ce n'est pas un dossier où on doit faire preuve de partisanerie; on se l'est dit dès le début, on veut le meilleur
projet de loi n° 17 possible. On sait qu'il s'inspire en bonne
partie du projet de loi n° 79,
déposé par mon prédécesseur, alors je pense qu'on veut tous améliorer notre
système de justice disciplinaire pour qu'il soit plus efficace, plus rapide, qu'on
n'ait plus ces délais qu'on voit dans un
certain nombre de dossiers. Et je pense qu'on a trouvé une bonne solution qui s'inspire
de celle qu'avait trouvée mon prédécesseur, et donc ce n'est pas un
dossier qui est partisan, et je vais m'assurer que ça ne le soit pas.
Mais évidemment je ne
peux pas contrôler tous les messages qui peuvent... parce qu'il y a des gens
qui nous écoutent, je présume — enfin, je le constate, hein, nous en
avons une preuve — et
je ne peux pas contrôler les commentaires
qui sont émis sur Twitter par les gens qui nous écoutent. Mais je peux
dire à tous ceux qui nous écoutent,
cependant, que, dans ce dossier, c'est vrai
que le député de D'Arcy-McGee a toujours fait preuve... a toujours eu en tête d'améliorer le projet de loi n° 17 de la
meilleure façon possible et d'une manière non partisane. Alors, je pense
que ce n'est pas un dossier où on veut faire du millage politique. On veut
améliorer notre système de justice disciplinaire le plus rapidement possible. Mais je pense que ce projet de loi là, avec
les amendements qu'on mettra de l'avant de part et d'autre, devrait solutionner une
bonne
partie du problème.
Alors,
voilà, M. le Président. Je pense que, ceci étant dit, on peut revenir à l'article 1.
Le Président (M.
Ferland) : Merci. Merci, M. le ministre. Le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Très, très rapidement, parce que je souhaite, moi aussi, qu'on
puisse se consacrer à nos travaux importants, mais
je tiens à m'inscrire sur ce sujet, et je
prends acte des commentaires du ministre. Et
je ne remets pas du tout en question... Il n'a jamais été de notre intention de
tenir le ministre responsable pour ce qui s'écrit sur Twitter ou les commentaires que les gens à l'extérieur de
la commission peuvent faire. Ceci dit, et c'est le point, et c'est la raison pour laquelle je souhaite prendre la parole, c'est
que, pour ma part, et dans le même esprit de mon collègue de D'Arcy-McGee,
que le Conseil interprofessionnel du Québec diffuse une information qui ne correspond pas à la
réalité des travaux alors que
nous entreprenons nos travaux sur un
article qui… On
a fait référence au projet de loi n° 79, mais l'article 1 du projet de loi, c'est une nouvelle proposition législative, et il y avait des
difficultés que le Conseil interprofessionnel du Québec avait ciblées.
Vous
savez, M. le Président, là, depuis que je suis membre de la Commission
des institutions, puis avec mes collègues,
on fait notre travail consciencieusement puis on
prend le temps de bien faire, on ne le fera pas à la sauvette. Alors, je pense qu'il faut envoyer un message
clair. Et j'espère que le Conseil interprofessionnel du Québec nous
écoute et qu'ils
vont réagir, parce que cette attitude m'apparaît tout à fait déplacée et
non conforme à l'objectif que nous poursuivons tous, d'une justice… d'un système professionnel de qualité.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : Merci, M. le député de Fabre. Effectivement, vous avez entièrement raison de part et d'autre. Je pense que des choses comme ça,
malheureusement, on ne peut... ce qui est à l'extérieur
de la salle ici… Moi comme
président, mon devoir est de m'assurer à ce que ça se fasse dans l'ordre et
dans l'intérêt des gens que nous représentons, c'est-à-dire…
Quand nous avons le... pas le devoir, mais nous avons le privilège, vous
savez, d'être assis ici et de faire en sorte
de modifier, d'adopter de nouveaux projets de loi ou d'en
modifier certains, c'est une grande responsabilité. Alors, moi,
je peux vous le dire, et à ceux qui nous écoutent — parce
que, vous voyez, ils sont quand même nombreux — que le travail qui se fait ici de la part de chacun des parlementaires… et moi, comme
président, je peux vous dire que ce travail-là est fait de façon harmonieuse, respectueuse, et ça se fait dans l'intérêt
des Québécois et des Québécoises.
Alors, si, à l'extérieur,
malheureusement, et surtout ceux qui représentent certains organismes ou qui en font partie… je demanderais un peu,
aussi, de collaboration et de retenue à ce
niveau-là. Parce que, déjà, c'est très difficile, le travail que vous faites ici et que l'on fait ici. Très difficile, le travail qu'on fait.
Alors, je demanderais à ceux qui ont des responsabilités, également, à l'extérieur
de cette enceinte de considérer les propos que vous venez de dire, autant du
côté du ministre que du côté de l'opposition
officielle.
Alors,
sur ce, je crois que la parole était au... Je retourne au ministre, là, pour
voir...
St-Arnaud : Ce que je
comprends, M. le Président, c'est que vous n'avez rien sur la table, là. Vous
n'avez pas d'amendement du tout à l'article 1.
Le Président (M.
Ferland) : Bien, présentement, là, je suis dans le néandertal total.
M. St-Arnaud : Vous avez votre café
puis...
Le Président (M. Ferland) : J'avais
mon café. Je suis très heureux ce matin. Ça va très
bien. Il fait beau.
M. St-Arnaud : Bon. Alors, excellent.
Président (M. Ferland) : J'ai
même vu des bourgeons sortir des arbres aujourd'hui,
ce matin. C'est très, très... C'est des bonnes nouvelles.
M. St-Arnaud : Dans le comté d'Ungava?
Le Président (M. Ferland) : Même
dans le Grand Nord.
Le Président (M. Ferland) : Parce que vous savez que... Mais je ne peux pas
faire de publicité ici aujourd'hui, mais on en fera après. Alors, allez-y, M. le
ministre.
St-Arnaud : Bon, bien, M. le
Président, en fait, si ça convient, j'irais peut-être avec l'amendement à
59.1.1. Est-ce que ça pourrait aller? Je ne le sais pas, je pense que le député
veut intervenir.
Président (M. Ferland) :
Bien, je vais... Parce que, quand on avait quitté, il y avait le député de D'Arcy-McGee, qui avait... Je veux peut-être laisser la parole
au député de D'Arcy-McGee pour...
Bergman : Est-ce qu'il n'y
avait pas un amendement, qui a été déposé hier par le
ministre, qui doit être retiré maintenant,
sur l'article 1? Est-ce que... Je pense
que c'est sur la table maintenant. Alors, pour nos bons travaux, est-ce
qu'on doit le retirer, cet amendement?
St-Arnaud : Bien, c'est ce
que je croyais. Mais, M. le Président, j'avais... Donc, il y avait un amendement
sur la table.
Le Président (M. Ferland) : Oui. Oui, par contre, mais on en était là. Ce que j'ai
compris, c'est que vous avez aussi la possibilité
soit de le retirer et d'en déposer un nouveau...
St-Arnaud : O.K. Alors, M.
le Président, à la lumière des discussions que nous avons eues depuis hier
soir, je vais retirer l'amendement que j'avais
proposé. C'est ça. J'étais sous l'impression qu'on avait quand même un
amendement sur la table, là, donc je le retire avec le consentement de tous, M.
le Président.
Président (M. Ferland) :
Alors, merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a consentement pour que le
ministre retire son amendement? Alors, il y a consentement.
St-Arnaud : Et, suite aux
discussions que nous avons eues, j'en redéposerais un nouveau à l'article 1,
donc qui serait le suivant...
Le Président (M. Ferland) : ...M. le
ministre. Avant, il y avait le député, je crois, de D'Arcy-McGee, qui avait
aussi déposé... ou, si je me trompe… je pense qu'il n'avait pas été déposé
officiellement.
M. Bergman : …donné un avis qu'on va
déposer, mais on va attendre.
Président (M. Ferland) :
O.K. Vous aviez pris les devants et déjà vous aviez prévu de... O.K., mais ça
n'avait pas été fait de façon officielle.
Le Président (M. Ferland) : C'est ce
que je comprends. Alors, M. le ministre, à vous la parole.
St-Arnaud : C'est ce que je
comprends également, M. le Président. Le député l'avait distribué, là,
pour discussion.
Alors donc, j'arriverais, suite aux discussions
que nous avons eues, avec un nouvel amendement à l'article 1, qui serait le
suivant :
Modifier l'article 59.1.1, proposé par l'article
1 du projet de loi :
1° par la suppression de «, dans l'exercice de
sa profession»;
par le remplacement, dans le paragraphe 1°, de «, du trafic d'influence ou de
la fraude» par «ou du trafic d'influence».
Alors, c'est l'amendement
que je propose, là, qui, je pense, là, nous permettrait d'avancer, M. le
Président.
Le Président (M. Ferland) : Merci, M. le ministre. Et l'amendement a été déjà
distribué. Alors, M. le ministre, si vous n'avez pas d'autres
commentaires, j'irais du côté de...
St-Arnaud : Non, M. le Président. Non, je n'en ai pas.
Le Président (M. Ferland) : Oui, ça va. Du côté de l'opposition officielle,
le député de D'Arcy-McGee, est-ce que vous avez des commentaires
là-dessus?
M. Bergman :
J'avais juste une question pour ma compréhension. Et il y avait une suggestion
d'une autre voie pour aller avec le même
effet, et on a regardé les deux voies. La voie qu'on a proposée, c'était la
même, mais dans une autre voie pour ajouter un alinéa à l'article 59.2.
Juste pour comprendre
le raisonnement du ministre pour faire l'amendement à l'article 59.1.1, pour
comprendre les raisons, pour ceux qui ont suivi nos travaux d'hier soir,
qui ont vu la proposition qu'on a faite, que franchement,
avec votre amendement, ça a le même effet, mais c'est la place dans les
articles qui doit être… qu'on doit avoir une compréhension.
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
M. St-Arnaud : Effectivement, M. le Président, l'amendement que je propose prévoit de
modifier l'article 59.1.1. L'autre
possibilité, ça aurait été d'ajouter un alinéa à 59.2. Alors, il y avait les
deux hypothèses, et, après consultation avec les gens de l'office, ils m'ont dit qu'ils privilégiaient plutôt un
article 59.1.1 plutôt qu'un deuxième alinéa de 59.2. Et je laisserais
peut-être la parole au président de l'office, M. Dutrisac, le soin d'expliquer,
là, de façon plus technique, pourquoi, du côté de l'Office des professions, on
privilégie 59.1.1 à un deuxième alinéa de 59.2.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, étant donné qu'on a une nouvelle journée, je vais
vous redemander de vous présenter ainsi que votre titre.
M. Dutrisac (Jean
Paul) : Oui, M. le Président. Jean Paul Dutrisac, président
de l'Office des professions.
Alors, pourquoi, l'office,
on privilégie de placer un nouvel
article 59.1.1 à la suite du 59.1 et non pas
comme deuxième alinéa de 59.2, c'est que
déjà, dans le Code des professions, en 1994, le législateur avait décidé de
placer un
article qui parlait de...
qui venait qualifier et constituer des actes dérogatoires. Déjà, ils l'ont
placé à 59.1, et là on vient ajouter un
article au même effet, pour des
actes différents évidemment, mais au même effet, comme quoi on vient constituer d'autres actes dérogatoires. Donc, dans
la logique de l'écriture du Code des professions, il est plus logique de
le placer tout de suite après un premier
article où on constitue des actes
dérogatoires plutôt que dans l'article de portée générale qui est 59.2. Si l'article 59.1 avait été déjà à la suite de
59.2, il aurait été normal de le mettre comme deuxième alinéa ou
troisième alinéa, à ce moment-là, à 59.2.
Maintenant, on a
entendu aussi, en commission, lors des auditions, plusieurs des ordres
professionnels qui sont venus dire que, dans
la logique de l'écriture globale, il serait peut-être mieux de changer la place
de 59.1 puis de le mettreaprès 59.2,
et celui qu'on constitue pourrait aussi s'ajouter. Et ça, M. le Président, on
va le regarder dans nos travaux pour
le projet de loi omnibus et possiblement qu'on pourra reconfigurer ça dans le
projet de loi omnibus à ce moment-là.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. Dutrisac. Alors, M. le député D'Arcy-McGee.
M. Bergman :
Juste une question sur la rédaction, le français, mais, excusez-moi, peut-être
que c'est mon… malcompréhension, mais pour
que je le comprends. Si on regarde dans le 59.1 maintenant, qui existe dans le
Code des professions, vous avez les
mots «constitue un acte dérogatoire à la dignité de sa profession» et, dans le
nouvel... 59.1.1, vous avez «constituent également des actes
dérogatoires». Dans un cas, vous avez ça dans le singulier et, dans le
deuxième... dans l'ajout dans le projet de loi n° 17, vous avez ça dans le
pluriel. Est-ce qu'il y a une raison pour ce type de rédaction? Juste pour ma
compréhension et... juste pour ma compréhension.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, merci, M. le député de D'Arcy-McGee. M. le ministre.
St-Arnaud : M. le Président, je ne sais pas si le président de l'office
peut répondre à la question.
M. Dutrisac (Jean
Paul) : Bien, en fait, ce qu'on me dit...
Le Président (M.
Ferland) : Alors, M. Dutrisac, allez-y. Allez-y.
M. Dutrisac (Jean
Paul) : Excusez, M. le Président. Ce qu'on dit, c'est que les deux
peuvent s'écrire. Donc, effectivement, là, dans celui qu'on propose aujourd'hui,
on parle des actes parce qu'il y a plusieurs actes, il y a la collusion, il y a
la corruption, la malversation, l'abus, mais les deux peuvent s'écrire.
Président (M. Ferland) : M. le député, est-ce que ça va?
M. Bergman :
Ça va pour moi.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, il y avait... j'ai cru... Non. Alors, la députée de
Montmorency.
Mme St-Laurent : Est-ce que, M. le ministre... Je vais attendre. Est-ce que, M. le
ministre, vous avez pensé à ce que j'avais dit hier par rapport... dans
l'exercice de la profession plutôt... lorsqu'ils ont un lien avec la
profession?
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
M. St-Arnaud :
Là, M. le Président, c'est que là on a tout enlevé. On a enlevé les deux
hypothèses, ce qui fait que maintenant on ne fait plus de lien avec l'exercice
de la profession, ou dans l'exercice de la profession, ou dans sa profession,
là. On a enlevé tous ces éléments-là avec l'amendement qu'on vient de faire à
59.1.1.
St-Laurent : Mais vous ne croyez pas ça dangereux? Parce que ça
élargit pas mal, là...
M. St-Arnaud : Bien, c'est large, mais pour un certain type de crime particulièrement grave,
qui, à mon sens... puis c'est ça qui
m'a amené à donner raison à l'opposition sur cette question-là : c'est
difficile de faire de la collusion, ou de la corruption, ou de l'abus de
confiance dans un contexte autre qu'un contexte lié à une profession. C'est
pour ça que je pense qu'il n'y a pas trop de danger.
je voyais le danger, c'est si on ajoutait la fraude. Là, c'était plus
compliqué. Mais, à partir du moment où on limite le tout à la collusion,
la corruption, la malversation, l'abus de confiance, le trafic d'influence,
alors je pense qu'on peut, à ce moment-là, l'élargir.
fait, c'est ma conclusion, et qui est une forme aussi, là, pour essayer de
trouver un terrain d'entente, parce qu'il y a des points de vue très
intéressants qui ont été émis des deux côtés de la table. Et je pense que là on
a trouvé un libellé qui, oui, l'élargit plus
pour ces cas-là, mais c'est vraiment ces cas-là qu'on veut viser, qui peuvent
difficilement, là… il y a peut-être des cas si on réfléchissait longtemps, mais
qui peuvent difficilement être commis à l'extérieur de l'exercice d'une profession, à l'extérieur... qui peuvent difficilement
être commis autrement qu'en lien avec l'exercice d'une profession.
St-Laurent : Comme le démarchage, par exemple.
St-Arnaud : Oui, mais, dans ce cas-ci, si ça rentre dans... le lien ou
l'exercice ne sera pas nécessaire. Dès qu'on va commettre un acte dérogatoire
écrit, on va passer directement par, j'allais dire, la voie rapide de
59.1.1.
St-Laurent : Parfait.
Le Président (M.
Ferland) : Ça va, Mme la députée de Montmorency?
St-Laurent : Ça va. Ça va.
Le Président (M.
Ferland) : M. le député de Fabre.
M. Ouimet (Fabre) : Merci, M. le Président. En fait, simplement pour — on en a parlé hier, les autres journées — pour
revenir sur cette question-là, et peut-être, j'espère que ça va ajouter un
éclairage complémentaire, la notion...
le lien est toujours implicite, parce qu'à la base le conseil de discipline
doit se prononcer sur un acte dérogatoire
à l'honneur et à la dignité de la profession. Alors, c'est un élément qui fait
partie du débat, même si ce n'est pas écrit.
la raison pour laquelle nous avons suggéré de ne pas l'écrire, c'est qu'on
voulait que le Code des professions affirme
clairement que la collusion, la corruption, la malversation, l'abus de
confiance et le trafic d'influence sont des comportements qui sont contraires à l'honneur et la dignité des
professionnels du Québec et qu'on ne devrait pas risquer de restreindre
cet énoncé avec des débats sur y a-t-il un lien ou pas avec l'exercice de
la profession, qui, de toute façon, vont
avoir lieu devant le conseil de discipline. Alors, voilà pourquoi nous sommes d'accord
avec l'amendement proposé par le ministre.
Le Président (M. Ferland) : Merci, M. le député de Fabre, pour ces
éclaircissements. C'est toujours important pour les personnes qui nous
écoutent. M. le ministre.
M. St-Arnaud : Bien, pour conclure, c'est important aussi de dire que la collusion,
elle est déjà visée par 59.2, là, hein? Je pense que, pour les gens qui
nous écoutent, là, ce n'est pas parce qu'on ajoute 59.1.1, là, que, tout à coup, là, pour les causes qui sont...
Je ne veux pas me mêler de ce qui se passe présentement devant nos
cours, mais c'est important de dire que la collusion, elle est déjà visée par
59.1.
Président (M. Ferland) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres...
St-Arnaud : Elle l'était et elle continue de l'être.
Le Président (M. Ferland) : Et voilà. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
S'il n'y a pas d'autres interventions, alors nous allons procéder à la
mise aux voix. C'est un amendement, hein? Est-ce que l'amendement à l'article
1, 59.1.1, est adopté?
Le Président (M. Ferland) : Alors, l'article 1, 59.1.1... pas l'article 1,
mais 59.1.1 est adopté. Alors, maintenant, M. le ministre, la parole est
à vous. J'imagine que... Oui, le député de D'Arcy-McGee, allez-y.
M. Bergman :
Oui. Vous avez adopté l'amendement, et on adopte le 59.1.1, tel qu'amendé, n'est-ce
pas?
M. St-Arnaud : Tel qu'amendé.
Président (M. Ferland) : Oui, oui, oui. Excusez. Ah oui! Je n'ai
pas...
M. Bergman :
Est-ce que j'ai manqué...
Le Président (M.
Ferland) : Oui, oui, vous avez raison. Il faut que je revienne à
59.1.1, tel qu'amendé. Vous avez raison.
Le Président (M.
Ferland) : O.K. À ce moment-là, avant de l'appeler aux voix… C'est
parce qu'on est à l'article 1, hein? C'est
ça qu'on va adopter, là, la prochaine étape. Est-ce qu'il y a des
interventions ou des commentaires sur l'article en question? Ça va?
Alors, à ce
moment-là, s'il n'y a pas d'autres interventions, nous allons procéder à la
mise aux voix. Est-ce que l'article 1, 59.1.1... l'article 1, tel qu'amendé,
est adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Excusez. Alors, l'article 1 est adopté. Ça va très bien.
Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
St-Arnaud : Oui, M. le Président. Alors, je vais y aller en lisant
seulement une
partie de l'article 2, donc jusqu'à 115.1, là. On arrêtera après
115.1.
Alors, M. le
Président, donc le début de l'article 2 se lit comme suit :
Ce code est modifié
par le remplacement de l'intitulé de la sous-section 1 de la
section VII du
chapitre IV par ce qui suit :
«1. Bureau des
présidents des conseils de discipline.
«115.1. Le Bureau des
présidents des conseils de discipline est constitué au sein de l'office.
Bureau est composé d'au plus 15 présidents de conseil de discipline, dont un
président en chef et un président en chef adjoint.»
Alors, M. le
Président, je vais proposer, comme j'ai eu l'occasion déjà de le mentionner à l'opposition
il y a quelques semaines, parce que nous
leur avons transmis nos amendements… il est proposé, M. le Président, de
modifier l'article, donc, 115.1 proposé par
l'article 2 du projet de loi, par le remplacement, dans le deuxième alinéa, de
«15» par «20». Alors, c'est aussi simple que ça, M. le Président. Il est
proposé, donc, d'augmenter le nombre maximum de présidents de conseil de
discipline de 15 à 20. Cette modification est liée à la proposition, qui va
venir par la suite, de supprimer la
possibilité de nommer des présidents à temps partiel, permettant ainsi un
meilleur contrôle sur l'ensemble des présidents.
Alors, en deux mots,
M. le Président, quand on a réfléchi, suite aux consultations particulières,
moi, j'avais une préoccupation... La base de
notre réforme, c'est d'avoir un bureau des présidents des conseils de
discipline, d'avoir des présidents à
temps plein, avec l'équivalent d'un juge en chef qui est un président en chef
puis l'équivalent d'un juge en chef
adjoint qui est un président en chef adjoint, donc pour assurer que ce bureau
fonctionne de manière efficace. Mais, dans
la première version du projet de loi n° 17, on avait proposé des
présidents à temps partiel, et là je trouvais que l'ajout de présidents
à temps partiel venait un peu à l'encontre du principe général d'avoir des
présidents à temps plein.
Alors,
ce que je propose, c'est qu'on ait plus de présidents, donc qu'on donne la
possibilité au gouvernement d'en nommer jusqu'à 20, ce qui permettra au
gouvernement d'ajuster en fonction du volume des causes, mais donc de se donner
plus de marge, mais d'abolir, on le verra plus tard dans d'autres amendements
que je proposerai, d'abolir les présidents à temps partiel. Voilà le but de l'amendement,
M. le Président.
Président (M. Ferland) : Alors, l'amendement avait été distribué, je
crois, hein? Est-ce que... Oui? Il avait été...
St-Arnaud : Oui, M. le Président. Oui. C'est ça.
Le Président (M. Ferland) : Ça avait été déposé au préalable. Donc, l'amendement
est déposé. Alors, à ce moment-là, est-ce qu'il y a des commentaires du
côté de l'opposition officielle? Le député de D'Arcy-McGee.
M. Bergman : Oui, M. le Président, mais je me demande comment on va travailler, car
l'article 115.1, tel que rédigé
dans le projet de loi n° 17, on a quelques questions, certainement.
Alors, le ministre va couvrir l'amendement plus l'article présenté.
Alors, est-ce que ça va pour vous si on retourne le projet de loi n° 17 à
l'article 2, le 115.1, et on le regarde alinéa par alinéa? J'ai des
questions. Ou...
Le Président (M.
Ferland) : Moi, c'est ce que j'avais compris. Ultérieurement...
M. St-Arnaud : C'est pour ça que j'ai lu seulement 115.1, là, parce que je ne voulais
pas aller sur 115.2, mais... parce que, là, on en...
Le Président (M. Ferland) : Mais on va y aller un après l'autre, donc, comme
le député... Moi, c'est ce que j'avais compris. Donc, allons-y, mettons,
alinéa par alinéa. C'est ça que vous proposez?
M. Bergman :
Le seul amendement que je vois ici, c'est l'amendement en ce qui concerne le
nombre de présidents, n'est-ce pas? De 15 à 20...
St-Arnaud : C'est le seul que je propose, effectivement.
Le Président (M.
Ferland) : ...pour l'instant. C'est ça?
M. Bergman : Ma première question, M. le Président, à M. le ministre, c'est à l'article 115.1,
le premier alinéa. «Le Bureau des
présidents des conseils de discipline est constitué au sein de l'office.» Il y
avait quelques représentations qui
ont été faites à nous, et je n'ai pas les réponses, mais je peux comprendre les
questions qui ont été soulevées, en fait, par, entre autres, le Barreau et l'Ordre des ingénieurs, qui ont soumis la
question de préserver en tout temps l'indépendance du Bureau des
présidents des conseils de discipline dans l'exercice des fonctions des
personnes qui les composent. Et il y avait une appréhension que ce bureau des
présidents des conseils de discipline est constitué au sein de l'office et il y avait une demande qu'on ajoute un alinéa à
115.1 disant que l'office doit prendre les mesures visant à préserver en
tout temps l'indépendance du bureau dans l'exercice des fonctions des
présidents qui le composent.
Alors, je me demande
si on a une jurisprudence, un commentaire de l'office, un commentaire du
ministre en ce qui concerne l'indépendance
du Bureau des présidents des conseils de discipline et pourquoi ce bureau a été
constitué au sein de l'office. C'était quoi,
la nécessité de prendre cette chance pour une problématique en ce qui concerne
l'indépendance du Bureau des présidents des conseils de discipline?
Le Président (M.
Ferland) : Alors, merci, M. le député. La question est posée. M. le
ministre.
M. St-Arnaud : Oui, M. le Président. C'est une très bonne question. Effectivement, il
y a certains qui, notamment l'Ordre des comptables professionnels agréés
du Québec, qui nous ont parlé de ça. Ce qu'on me dit, c'est qu'étant donné… Ce qu'on me dit, c'est qu'il n'est pas
nécessaire d'avoir, donc, cette disposition précise, puisqu'il s'agit ici
d'une fonction juridictionnelle et donc que, me dit-on, ce serait inutile de le
prévoir car cela va de soi, M. le Président, qu'il y a une indépendance entre l'office
et le Bureau des présidents des conseils de discipline, qui exerce une fonction
juridictionnelle.
m'indique également que, si on prévoyait une telle disposition dans la loi, l'Office
des professions pourrait, lors d'une contestation, se faire demander
quelles mesures il a prises. Dans le cas du Commissaire aux plaintes concernant les mécanismes de
reconnaissance des compétences professionnelles, une telle mention a été
prévue dans la loi, à l'article 16.20 du
code, car le Commissaire aux plaintes concernant les mécanismes de
reconnaissance des compétences
professionnelles n'exerce pas une fonction juridictionnelle. Donc, on l'a prévu
à 16.20 parce qu'il n'exerce pas une fonction juridictionnelle.
Et ce qu'on me dit,
effectivement, c'est que la jurisprudence prévoit déjà ou exige déjà cette
indépendance. L'indépendance, elle va de soi, elle est exigée, elle est dans la
jurisprudence. Et donc, ce qu'on me dit, c'est que ce serait inutile, dans ce
cas-ci, de le mettre noir sur blanc dans la loi, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Bergman :
Pour quelle raison est-ce que le Bureau des présidents est constitué au sein de
l'office? Est-ce que ce ne serait pas possible de construire un bureau des
présidents indépendant de l'office et pas au sein de l'office?
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
St-Arnaud : Bien, je présume
qu'il y a des raisons, M. le Président, des raisons de coûts en quelque part,
là, et d'espace. Plutôt que de créer, là, un
tout autre... de le mettre complètement parallèle, avec tout ce que ça
veut dire en termes administratifs, ma compréhension, c'est pour ça qu'on l'intègre
à l'intérieur d'une structure qui existe déjà.
Cela dit, il est très clair, et c'est confirmé
par la jurisprudence, que le Bureau des présidents des conseils de discipline va être totalement indépendant de l'office
puisque de la jurisprudence le prévoit déjà. Ce qui ne veut pas dire qu'au
plan administratif, là, c'est-à-dire en termes de papier, de crayons, de photocopieurs,
là, il n'y ait pas certains échanges, mais
qu'il n'y en ait absolument pas dans le cadre de l'exercice de la fonction
juridictionnelle des présidents des conseils de discipline.
Président (M. Ferland) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires du côté de
M. le député de D'Arcy-McGee?
M. Bergman : Je veux... Oui, M. le
Président. Quelles mesures seront prises par le président de l'Office des
professions pour assurer l'indépendance du Bureau des présidents? Je comprends
ce côté administratif, certainement, et
certainement, en ce qui concerne les coûts, on peut sauver les coûts. Mais
quelles mesures concrètes, et pour rassurer ceux qui suivent nos travaux et pour rassurer le public, et la
protection du public, et certainement les ordres professionnels, quelles
mesures est-ce que vous entendez prendre, que vous allez prendre, dès l'adoption
de ce projet de loi?
M. St-Arnaud : M. le Président,
ça...
Le Président (M. Ferland) : Allez-y,
M. le ministre.
St-Arnaud : Ça tombe bien,
on a le président de l'office. Alors, je vais lui demander de répondre s'il a
réfléchi à cette question.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
M. Dutrisac, la parole est à vous.
Dutrisac (Jean Paul) : Oui,
merci, M. le Président. Donc, comme le disait le ministre, c'est le Bureau
des présidents de conseils de discipline, c'est une institution qui a une
obligation d'indépendance par la jurisprudence, par sa fonction juridictionnelle, par sa fonction aussi de président de
tribunal administratif ou quasi judiciaire. Donc, déjà, cette
indépendance-là est garantie.
Au niveau de l'office, évidemment, c'est... Il y
a un président en chef qui va aussi être autonome dans les fonctions que la loi lui donne. On va voir plus
tard, à l'article 115.7, que la loi lui donne certaines fonctions. Donc, il
est indépendant dans cette fonction-là et c'est... Le seul lien, en fait, entre
le Bureau des présidents de conseils de discipline
et l'office, c'est un lien administratif. Donc, c'est des locaux, c'est des
budgets, parce que c'est l'Office des professions…
c'est à même le budget de l'Office des professions que le budget... que le
Bureau des présidents de conseils de discipline vont fonctionner aussi.
Donc, il y aura un lien administratif, bien
évidemment, mais toute l'indépendance est là. Déjà, le projet de loi propose aussi, on va le voir plus tard, propose
aussi des mesures qui viennent concrétiser cette indépendance-là, parce
que le président en chef va devoir, selon les dispositions du projet de loi, si
elles sont adoptées, le président en chef doit faire rapport directement au
ministre et non pas à l'Office des professions ou au président de l'office. Il
doit faire rapport… il doit présenter
annuellement son plan de travail et faire rapport directement au ministre.
Donc, c'est des mesures, déjà, qui sont prévues dans le code, qui
assurent l'indépendance au bureau.
Donc, l'office
n'aura pas à s'immiscer dans les dossiers. L'office n'aura pas à dire comment
les présidents doivent traiter leurs dossiers, etc. Il y a un président
en chef qui, lui, va avoir des fonctions qui lui sont accordées par le Code des
professions, et l'office a un lien uniquement administratif avec le Bureau des
présidents de conseils de discipline.
Le Président (M. Ferland) : Merci,
M. Dutrisac.
M. Bergman : M. le Président... M.
Dutrisac, est-ce qu'il y a des possibilités d'un conflit entre l'Office des
professions et le président en chef du Bureau des présidents des conseils de
discipline pour la raison qu'ils sont au sein de l'office? Est-ce qu'il y a
possibilité de conflit? Je ne parle pas du côté administratif, certainement.
Le Président (M. Ferland) : M.
Dutrisac.
Dutrisac (Jean Paul) : Bien,
moi, je n'en vois pas, là. Vous me parlez de possibilité, bon, on n'est
jamais sûrs de rien à 100 %, mais je ne
vois pas quelle sorte de conflit il pourrait y avoir entre le bureau du
président de conseil de discipline,
le président en chef et l'Office des professions, d'autant plus qu'on ne sera
pas… physiquement, on ne sera pas nécessairement dans les mêmes locaux
parce que le Bureau des présidents de conseils de discipline va être basé à Montréal, alors que le siège social de l'office
est basé à Québec. Mais je ne vois pas nécessairement, là, de conflit comme tel.
C'est sûr que cette loi-là, si elle est adoptée,
le but de la loi, c'est d'augmenter la célérité dans le traitement des dossiers, etc. Ça fait que c'est sûr que, si l'objectif
n'est pas atteint, bien, c'est sûr que l'office, à ce moment-là, va être
un peu préoccupé par ça. Mais les ordres sont préoccupés par ça aussi, et le
ministre sera très certainement préoccupé par ça aussi. Mais ça n'amènera pas
de conflit.
Président (M. Ferland) : M.
le député de D'Arcy-McGee. Parce que j'avais la députée d'Acadie après, mais…
M. Bergman : M. le Président, est-ce
qu'on peut suspendre pour quelques instants?
Le Président (M. Ferland) : J'ai le
consentement?
Le Président (M. Ferland) : Alors,
on suspend pour quelques minutes.
(Suspension de la séance à 12 h 26)
Président (M. Ferland) :
Alors, nous reprenons les travaux et la parole était au député de D'Arcy-McGee.
M. Bergman : Encore en ce qui
concerne l'article 115.1, c'est le deuxième alinéa, on a commencé avec «d'au plus 15 présidents». Il y avait des
suggestions, je pense, cette fois-ci par la Chambre des notaires, qu'on ne
limite pas le nombre de présidents à 15, mais
on laisse le numéro au gré du gouvernement, et finalement il y avait l'amendement
de changer le numéro de 15 à 20. Alors, j'aimerais
avoir le raisonnement du ministre pour faire le changement de 15à 20, mais plutôt aussi de nous dire le nombre des
causes qui sont devant le conseil de discipline à chaque année. Est-ce
qu'on a un tableau? Et je pense qu'on a vu un tableau, peut-être, dans le
briefing technique, mais est-ce qu'on peut savoir, à ce moment-ci, le nombre de causes qui sont devant, à ce moment-ci, le
conseil de discipline? Et est-ce que vous avez ce nombre par ordre
professionnel?
Et ma
deuxième question : Est-ce que, si vous nommez 20 présidents, vous allez…
ou est-ce que le président en chef va désigner quelques présidents, pour
quelques ordres, en quasi-permanence?
Mais j'aimerais
voir ce tableau, ordre par ordre, et le total, pour voir le ratio entre 15 et
le total, et 20… entre le total...
Est-ce que c'est 20? Est-ce que c'est 25? Est-ce que ça doit être 18? Un
raisonnement pourquoi vous avez choisi le numéro 20, M. le ministre.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : Au départ, il
était... Présentement, il y en a 11 ou 12, présidents de conseil de...
St-Arnaud : 12? 12
présidents de conseils de discipline. Le projet de loi disait : Le bureau
soit composé d'au plus 15, hein? C'est «au plus», donc on n'en nommera
pas nécessairement 15. Et il était prévu que, s'il y avait des problèmes, à un moment donné, il y a une
augmentation des dossiers pour un ordre particulier, ou tout ça, il
était prévu de pouvoir avoir des présidents à temps partiel.
Mais, personnellement, je trouvais, M. le
Président, que, comme on est en train de constituer un bureau des présidents des conseils de discipline avec des
présidents à temps plein, qui se consacrent à temps plein à cet exercice
de président des conseils de
discipline — hein, c'est
vraiment central — pour,
justement, avec un juge en chef — un
juge en chef — un
président en chef et un président en chef adjoint qui vont s'assurer, là, que
les présidents des conseils de discipline
rendent justice rapidement, dans des délais rapides, soient à leur affaire — en
fait, c'est l'objectif qui est derrière le projet de loi — m'est
venue l'idée... nous est venue l'idée d'enlever les présidents à temps partiel.
Donc, il faut que tous les présidents soient à temps plein.
Maintenant,
en faisant ça, certains ont dit : Oui, mais là, M. le ministre, si vous
abolissez les présidents à temps partiel,
peut-être qu'on va manquer... si jamais on a un accroissement des plaintes ou
des dossiers, peut-être qu'on va être... à ce moment-là, on va manquer de présidents de conseil de discipline.
Alors, d'où l'idée de dire : On abolit les présidents à temps partiel,
parce que c'est contraire à l'idée de base du projet de loi, mais on va se
donner une marge plus grande avec le 20,
mais c'est «au plus 20». Alors, on va probablement, dans un premier temps, en
nommer une douzaine, là, comme c'est le cas présentement, puis après ça
on va évaluer comment ça fonctionne, puis est-ce qu'on doit en nommer deux
autres ou trois autres, et on se garde une marge.
L'autre hypothèse, ça aurait été de dire :
On ne met pas de chiffre du tout, mais je pense que les autorités du gouvernement, les autorités dans d'autres... je
pense, entre autres, à nos amis du Trésor, M. le Président, je ne suis
pas sûr qu'ils seraient contents… comme ça,
on se donne... nommez-en, nommez-en comme vous voulez, là. Alors, c'est
pour ça que la loi prévoit un maximum, que, dans mon intention, si l'amendement
est adopté, et que le bureau est composé d'au plus 20 présidents de conseil de
discipline, il n'est pas dans notre intention... en tout cas, dans mon
intention d'en nommer 20 la première année,
là. On va nommer un certain nombre de présidents de conseil de discipline et on
va s'ajuster par la suite, on verra si le nombre de dossiers nécessite qu'on en
ait 12… qu'on en ait 13, 14, 15, mais on se donne une marge jusqu'à 20, au cas
où... on parlait de certains ordres où il y aurait peut-être un nombre de
dossiers qui va être beaucoup plus grand que par les années passées.
Quant
aux chiffres exacts, la question précise du député, je ne sais pas si le
président de l'office peut répondre : Est-ce qu'on a les
statistiques? Est-ce qu'on pourrait les fournir au député?
Le Président (M. Ferland) :
M. Dutrisac, la parole est à vous.
Dutrisac (Jean Paul) : Oui,
M. le Président. En fait, le nombre de dossiers, annuellement, à peu près, va
varier entre 350 et 400 dossiers, selon les
chiffres qu'on a actuellement. Maintenant, pour ce qui est de chacun des
ordres, ça, on n'a pas ça ici avec nous, là, mais c'est possible d'aller
chercher ces informations-là et éventuellement le fournir à la commission.
Président (M. Ferland) :
Merci, M. Dutrisac. Il y avait la députée de l'Acadie ou... oui, O.K., on
reviendra à D'Arcy-McGee après. La députée d'Acadie.
St-Pierre : Merci, M. le
Président. Lorsque j'ai lu le projet de loi et qu'on est arrivés à la
composition du bureau… Je n'ai pas la
réponse à ma question et je ne sais pas comment on pourrait arriver à une
solution. Il y a toute la question de
la parité qui m'est apparue quelque chose d'assez important, puisque, dans plusieurs
conseils d'administration de sociétés
d'État — ce
n'est pas une société d'État, je comprends — on a une loi qui a été mise en place, et on
parle, évidemment, de parité ou de zone de parité, là, dans les milieux.
Maintenant, on reconnaît plus la notion de zone de parité 40-60 ou 60-40.
Et je comprends, comme les présidents viennent…
ou présidentes — j'imagine
que, dans le projet de loi, le féminin est
inclus dans le... lorsqu'on parle de présidents — on ne peut pas contrôler comment les
associations, les ordres eux-mêmes
nomment leurs présidents ou présidentes. Alors, ce serait difficile d'arriver à
une parité dans ce bureau-là, mais est-ce qu'il n'y a pas moyen de
trouver une façon d'avoir une volonté de faire en sorte que le public soit
aussi assuré qu'il y ait une certaine forme de parité de personnes qui siègent
sur ce bureau?
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
Mme St-Pierre : Et j'ai juste une
autre petite question.
Le Président (M. Ferland) : Oui. Oh!
Excusez.
Mme St-Pierre : Quand on parle d'«au plus 20», est-ce qu'il faut
mettre un minimum ou si c'est entendu, c'est sous-entendu que le
minimum, c'est 12 ou... C'est ça qu'on comprend?
M. St-Arnaud : Non, il n'y a pas
vraiment de minimum. On sait que la pratique, présentement, nécessite à peu près 11 ou 12 présidents, mais, comme on
abolit les présidents à temps partiel et comme on ne sait pas exactement
le volume qu'on aura de dossiers, peut-être que, je ne sais pas, tout à coup,
il y aura une avalanche, je ne sais pas — je prends un ordre, j'avais le goût de nommer un ordre, mais je vais faire
attention — il y a
une avalanche de dossiers dans un ordre particulier, mais là on pourra
décider qu'on ajoute quelques présidents.
Juste une
chose, une précision : les présidents sont nommés par le Conseil des
ministres, pas par les ordres, hein? Donc,
les présidents sont nommés par les... Et moi, je me suis engagé, M. le
Président, à ce que, dans le règlement, parce qu'il y a un règlement qui va accompagner la loi, qui va prévoir la
procédure, et on a une première version qu'on a transmise à l'opposition
au début de nos travaux… moi, je me suis engagé à ce que ce soit écrit noir sur
blanc que la parité hommes-femmes soit un élément important dans le règlement,
comme ça l'est dans le règlement qui a été adopté
en janvier 2012 pour le processus de sélection des juges. Et c'est un élément
important quand on fait des... Quand le ministre de la Justice fait des
recommandations au Conseil des ministres pour des postes de juge, il doit tenir
compte de cet élément-là.
Et les comités de sélection, avec la nouvelle
procédure, là, qui a été adoptée en janvier 2012, les comités de sélection qui doivent recommander trois noms pour
chaque poste de juge, dans leurs rapports doivent spécifiquement dire… s'ils
recommandent trois hommes, ils doivent donner des raisons. Alors, ils doivent
en tenir compte puis en faire état dans le rapport.
Alors, ce qui
fait que, dans les 22 premières nominations de juges que le Conseil des
ministres a faites, il y avait 11
hommes et 11 femmes. Là, ça s'est un petit peu détérioré, là, sur 30, on
est rendus à 17-13 — mais
ça va s'améliorer sous peu, je n'en doute pas — 17 hommes,
13 femmes. Mais, l'objectif de la parité, pour
moi, c'est important, et il faudra que ça soit un élément qui soit dans le
règlement de la procédure de nomination des présidents de conseil de
discipline. Je ne sais pas si ça répond aux questions.
Le Président (M. Ferland) : La
députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre : Est-ce que vous
dites que c'est dans la réglementation sur la nomination des juges?
M. St-Arnaud : Pour les juges, oui.
Mme St-Pierre : Bon. Comment c'est
libellé, de mémoire?
M. St-Arnaud :
De mémoire, c'est : Le comité de sélection doit tenir compte de la parité
hommes-femmes, doit tenir compte également
des communautés culturelles, doit... Je ne sais pas exactement comment c'est
libellé, je pense qu'on ne l'a pas ici.
Mme St-Pierre : Mais à ce moment-là c'est moins contraignant que
ce que nous avons dans la loi qui dit que les sociétés d'État doivent avoir atteint la... ils devaient atteindre la
parité en 2011 et ils ont atteint la parité en 2011. C'est moins contraignant, parce que vous dites «doivent tenir
compte», bien là ils peuvent dire : Bien, oui, on a tenu compte, mais
ce n'est pas la personne qu'on va retenir.
St-Arnaud : C'est moins
contraignant, c'est vrai. Évidemment, là, bon, on nomme des juges. Mais, par
contre, vous savez que, dans le cas des juges, le ministre de la Justice doit
faire un rapport une fois par année et, dans son rapport, il doit faire état de combien il a nommé d'hommes, combien de
femmes, combien de personnes en provenance des communautés culturelles
en fonction des... Donc, il doit faire rapport, puis évidemment, après ça, s'il
a nommé 80 % d'hommes et 20 % de femmes, bien — ou l'inverse,
là — il
risque de... Mais c'est vrai que c'est moins contraignant,
vous avez raison, que... Mais par contre — et ça, je pense qu'on pourrait aussi
éventuellement… dans le règlement — moi,
je suis assez ouvert à ça, de prévoir que le ministre fasse rapport sur les
nominations qu'il a faites et est-ce qu'il a tenu compte de certains
critères, comme je dois le faire pour les juges.
Le Président (M. Ferland) : Mme la
députée d'Acadie.
St-Pierre : Oui. M. le
Président, je me demande si le fait de... Je comprends l'intention du ministre
puis je vous remercie de cette intention-là, mais, puisque c'est dans un...
vous en parlez dans un règlement, pourquoi ne pas le mettre directement dans la loi? Comme ça, vous enverriez un message
assez puissant et assez fort de cette volonté-là du gouvernement d'y
aller avec une zone de parité, parce que, je vous répète, la zone de parité, c'est
quelque chose qui est accepté, là, dans le
milieu qui s'intéresse à la condition féminine. 60-40, 40-60, zone de parité, c'est
accepté. Je ne sais pas si c'est accepté
en termes juridiques, mais c'est accepté en termes sociologiques. Et, quand on
voit que le nombre de femmes augmente de plus en plus au sein des ordres
professionnels, les médecins, les avocats, c'est... le nombre de femmes est même plus élevé, je pense, que le
50 %, il me semble que vous pourriez, avec les rédacteurs, peut-être
arriver, puisqu'on est dans la... «Le bureau
est composé d'au plus», on pourrait peut-être y ajouter une notion de parité
hommes-femmes, et ça serait un très beau message que vous pourriez envoyer aux
Québécoises.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
St-Arnaud : Bien, M. le
Président, je n'ai pas de problème à l'envoyer, mais je pense que c'est... on
est plus dans... Je ne suis pas
certain que ça doit être dans la loi. Moi, je peux l'envoyer, le message, puis,
je vous le dis, je veux qu'on l'inscrive
dans le règlement, mais on est plus dans la mécanique de la procédure de
sélection. Je pense que ça a davantage
sa place dans le règlement que dans la loi. Mais je peux dire ici, au micro, M.
le Président, que je souhaite que, dans
le règlement, il y ait... Parce que je l'ai dit plusieurs fois lorsqu'on a fait
les consultations particulières : Le nouveau règlement sur la procédure de nomination des juges
qui a été adopté par l'ancien gouvernement en janvier 2012, c'est
un bon règlement. Encore une fois, aujourd'hui,
je vais lancer des fleurs à mon prédécesseur, mais c'est un bon
règlement et il fonctionne bien. Et je pense que ceux qui connaissent…
M. St-Arnaud : J'en ai manqué
un bout de l'autre côté, M. le Président, mais c'est un...
St-Arnaud : Non, non, mais
il faut dire les... Quand c'est bon, M. le Président, il faut le dire. Et je
pense qu'on a établi un bon... Et moi, j'ai dit en commission, au niveau
des consultations particulières... D'ailleurs, le député de Fabre, qui connaît bien la communauté juridique,
certainement va... Il connaît sûrement plusieurs des 30 personnes qu'on
a nommées juges depuis huit mois, et je suis
sûr qu'il pourrait confirmer que ce sont d'excellentes nominations, mais
qui sont vraiment faites en fonction d'un
nouveau règlement où, notamment, les appartenances politiques ne sont
absolument pas considérées, ni par le comité de sélection, ni par le
ministre dans sa recommandation, ni par le Conseil des ministres.
Mais ce que je veux dire, c'est que moi, ce que
j'ai dit très clairement que je voulais qu'on s'inspire dans le règlement, qu'on...
je voulais qu'on s'inspire du règlement sur la nomination des juges dans le
règlement qu'on élaborera. Voilà.
Président (M. Ferland) :
Merci, M. le ministre. Alors, allons voir de quelle façon les fleurs ont été
accueillies l'autre côté. Députée de l'Acadie.
Mme St-Pierre : Ici, il y a une
excellente lettre qui a été signée par un ancien bâtonnier qui se nomme M. Gilles Ouimet. Il dit : «Je suis d'avis
que ces commentaires sont applicables au…» En disant : «En effet, le
Barreau du Québec s'interroge sur le fait que, sur un total de 14 présidents et
[présidentes] suppléants, il n'y a qu'une seule femme. Avant les nominations de novembre 2003, on
comptait huit femmes et un total de 16 présidents et [présidentes]. Au sein de la profession, la proportion de femmes s'élève
maintenant à 47 %[...], depuis 20 ans, les femmes comptent en
moyenne pour 60 % des finissants à l'École du Barreau.»
M. St-Arnaud : ...l'ancien gouvernement,
St-Pierre : C'est l'ancien
gouvernement. Mais, voyez-vous, il y avait aussi une ministre de la
Condition féminine, dans l'ancien gouvernement, qui a amené l'ancien
gouvernement à faire un excellent règlement pour...
St-Arnaud : Mais
effectivement il est très bon. Puis moi, je peux m'assurer... je peux
dire : C'est une préoccupation que j'ai, que j'ai à chaque fois que
je propose, au Conseil des ministres, des nominations
pour des postes de juge.Je souhaite que,
dans le règlement, on s'inspire de ça, on s'inspire du règlement, parce qu'il
est bon, le règlement sur la nomination des juges.
Est-ce qu'on
peut s'en inspirer pour le nouveau... le règlement qui va viser à nommer des
présidents de
conseils de discipline? Moi, je pense que oui. Je peux m'engager auprès
de la députée à ce que cet élément-là soit là et… parce que j'y crois. Et de toute façon c'est rendu,
vous le savez — probablement
que la députée, qui a été membre du Conseil exécutif, le sait — on
surveille ça de très près. Et probablement,
comme elle le faisait à l'époque, l'actuelle ministre de la Condition féminine, régulièrement, parce qu'on a
les pourcentages pour chacun des organismes… Je
ne sais pas si c'est la députée qui
avait inséré ça dans les cahiers de nomination du Conseil des ministres, mais,
à chaque fois qu'on fait des nominations, les pourcentages bougent,
puis, quand quelqu'un arrive au Conseil des ministres avec six hommes pour six postes, je pense que la ministre de la
Condition féminine lui tape sur les doigts. Il y a vraiment, là-dessus,
là, je pense que c'est... je ne révèle pas
de secret en disant ça, mais la ministre à la Condition féminine fait son
travail dans le gouvernement, comme
elle le faisait dans le précédent. Et moi, je pense que c'est une préoccupation
qu'on doit avoir, mais je ne pense
pas que c'est dans la loi qu'on doit mettre ça, je pense, c'est plus dans le
règlement que ça a sa place.
Mme St-Pierre : Alors, je vais juste
conclure en disant...
Le Président (M. Ferland) : Allez-y.
Mme St-Pierre : ...que c'était le
premier ministre lui-même qui avait fait introduire ces pourcentages dans les
nominations. Au moment où on faisait les nominations, il voulait voir où on en
était rendus dans notre parité hommes-femmes, et je l'accompagnais dans cette
tâche.
M. St-Arnaud : C'est toujours là et
c'est regardé avec attention.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
M. le député de D'Arcy-McGee.
Bergman : J'ai quelques
questions sur la même veine de ces questions de Mme la députée de l'Acadie.
Le Barreau a fait un rappel non seulement de
la parité hommes-femmes, mais représentation des groupes minoritaires,
les communautés culturelles, communautés ethniques. Alors, certainement ça serait meilleur
si c'est dans le projet de loi, mais est-ce qu'on peut avoir l'assurance
du ministre que, dans la nomination des présidents, il va être tenu compte non
seulement — et
c'est vraiment tellement important — de la parité hommes-femmes,
mais aussi des groupes minoritaires et certainement de la communauté anglophone
pour l'efficacité du processus?
Le Président (M. Ferland) : M. le ministre.
St-Arnaud : Bien, M. le Président, comme je dis, là, dans le
règlement, dans le règlement de la nomination des juges, là, il est déjà prévu certaines
dispositions, et mon intention, c'est de m'inspirer du règlement, du règlement
qui concerne la nomination des juges, donc de m'en inspirer presque mot à mot sur cette question.
Le Président (M. Ferland) : Merci,
monsieur. D'autres commentaires?
M. Bergman : Oui. Est-ce que le
président de l'office peut nous dire... Il a
mentionné qu'il y a à peu près 350 à 400
dossiers devant... Est-ce que c'est 350 ou 400
dossiers toujours devant… ou c'est 350 à 400 pendant
l'année?
deuxièmement, le temps moyen pour
régler le dossier, du moment que le dossier entre au conseil de
discipline et à la fin du dossier, c'est
quoi, le temps moyen pour un dossier de cette
nature? Et est-ce que c'est toujours 350 dossiers à 400 qui sont devant
le conseil de discipline ou est-ce que c'est à l'année?
Le Président (M. Ferland) : M. Dutrisac.
M. Dutrisac (Jean
Paul) : Oui. M. le Président, moi, je n'ai pas les chiffres, là, comme
je vous, dis, là, ce matin. Je ne peux pas, donc... Je pourrais, là, apporter, là, les
informations au député et à la commission, là, lors d'une prochaine...
Il faut les comptabiliser. Donc, le temps moyen, il n'y
a pas, honnêtement… du temps moyen, on n'a pas calculé. Il y a des dossiers qui peuvent aller rapidement, il y a d'autres
dossiers — et on l'a
vu dans les médias — qui peuvent prendre des années. Alors, ça, on n'a pas
comptabilisé ça encore, mais on pourrait tenter de le faire et apporter
l'information, là, à la commission.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, monsieur...
M. Bergman :
La raison pour ma question, juste pour faire un
jugement raisonnable : on n'a pas toute l'information que vous avez, M. le président.C'est que, si
on prend, disons, 400 dossiers, si on a 12 présidents,
et, parmi les 12, il y a le président
en chef et le président chef adjoint, il y a à peu près 10 présidents qui
agissent sur 400 dossiers, ça veut
dire que chaque président, si vous avez 12 présidents, va avoir à peu près 40
dossiers à régler. Alors, juste, il serait intéressant pour comprendre
le temps moyen pour régler les dossiers.
Le Président (M.
Ferland) : M. Dutrisac, allez-y.
M. Dutrisac (Jean Paul) : Bien, en fait, comme je vous dis, je vais
tenter... on va tenter, chez nous, à l'office, d'obtenir ces données-là.
Il faut comprendre que les dossiers peuvent
être très différents d'un à l'autre. Il y a
des dossiers qui requièrent moins de temps au conseil de discipline, parce qu'il y a moins de jours d'audience ou moins de requêtes interlocutoires, etc. Donc,
il n'y a pas un dossier qui est semblable, là. Donc, peut-être que ça va
être difficile de croiser les chiffres, là, pour... Mais on va essayer quand
même d'apporter le plus d'informations
possible.
Le Président (M.
Ferland) : Merci. Mais il y avait la députée de Montmorency.
Mme St-Laurent : Oui. Ce que monsieur dit, en fait, ce que mon collègue dit, c'est que, du moment de la plainte
jusqu'au résultat final, le délai moyen... Il y a quelque chose qui est
extrêmement important, moi, qui m'importe beaucoup : le nombre de jours d'audience moyen, les personnes qui sont là. Parce que j'ai vu, à la CAQ...
à la TAQ, au Tribunal administratif du Québec — et je suis restée
surprise — c'est
qu'ils siègent trois jours et demi, deux fois
par mois. Quand on voit qu'en Cour supérieure c'est trois semaines pleines et
une semaine de délibéré, et dans les autres cours aussi,
et même dans les tribunaux internationaux…
fait que ce serait très important d'avoir la moyenne... d'avoir les jours d'audience
avec une moyenne pour ne pas avoir, comme à la TAQ, trois jours et demi
par semaine ou trois jours par semaine, deux
fois par mois. Ça, je trouve ça
insensé.Et
on voit les dossiers qui s'accumulent là-bas, à ce tribunal-là, en plus. Donc,
ça serait extrêmement important d'avoir ces chiffres-là.
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
M. St-Arnaud : Oui, M. le Président. Est-ce qu'on va être capables de regarder ce qu'on
est capables d'amener à la commission dans les
prochaines séances?
M. St-Arnaud : Et je les déposerai, M. le Président, à la commission.
Le Président (M. Ferland) : Merci, M. le ministre. D'autres commentaires?
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires du côté de l'opposition? Il n'y a pas d'autre commentaire. Alors, s'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 115.1 est
adopté?
Le Président (M. Ferland) : Alors, 115.1, tel qu'amendé,
est adopté. Maintenant, M. le ministre, la parole est à vous.
St-Arnaud : Alors, M. le Président, on est rendus à 115.2. Alors, le
lis.
Le Président (M.
Ferland) : M. le député...
St-Arnaud : Oui, c'est ce que je comprends, c'est qu'on va revenir à
la fin.
Le Président (M.
Ferland) : Oui. Ah! Pour l'article,
vous voulez dire?
St-Arnaud : Oui, c'est ça, on va revenir à
la toute fin.
Président (M. Ferland) : Ah
oui! Non, on va voter l'article à la fin seulement. Oui, oui, oui. Bien, c'est
ce que vous aviez demandé, d'y aller par
paragraphe. On reviendra à l'adoption de l'article à la fin. Donc, M. le
ministre, 115.2.
M. St-Arnaud : Alors, 115.2, M. le Président, tel qu'il se
lit au projet de loi n° 17, se lit comme suit :
«115.2. Les présidents sont nommés par le
gouvernement, pour un mandat fixe d'au plus cinq ans, parmi les personnes
déclarées aptes suivant la procédure de sélection qu'il établit par règlement.
Les présidents exercent leurs fonctions à temps plein.
gouvernement peut aussi nommer, pour un mandat fixe d'au plus cinq ans, des
présidents à temps partiel lorsque la bonne expédition des affaires du bureau
le requiert.
«La procédure
de sélection ne s'applique pas au président dont le
mandat est renouvelé.»
Et, M. le Président, un peu comme je l'ai laissé
entrevoir dans mes propos tantôt, j'ai un amendement
à proposer à l'article 115.2, qui vise à
modifier l'article 115.2 proposé par l'article 2 du projet de
loi par la suppression du deuxième alinéa.
On aura
compris, M. le Président, comme je l'ai dit tantôt, qu'on supprime ici la
possibilité de nommer des présidents à temps
partiel. Il apparaît, en effet, préférable d'avoir uniquement des présidents
exerçant leurs fonctions à temps plein afin d'obtenir une meilleure
gestion des activités par le président en chef.
Alors, c'est
un peu ce que je disais tantôt, M. le Président. En augmentant à 20 le nombre
de présidents, à au plus 20, on peut
éliminer les présidents à temps partiel, qui
apparaissaient de manière un peu particulière au projet de loi n° 17, là,
qui vise à ce qu'on ait des présidents à temps plein puis qui travaillent sous
l'autorité du président en chef et du
président en chef adjoint. Alors, l'idée, c'est d'éliminer les présidents à
temps partiel, mais, comme on a
augmenté le nombre de présidents de conseils
de discipline à temps plein qu'on peut nommer, on règle,
pour ainsi dire, le problème.
Président (M. Ferland) :
Merci, M. le ministre. Alors, est-ce qu'il y a des commentaires sur... Je crois
que l'amendement avait déjà été distribué, hein, tout le monde... Oui, O.K. La députée d'Acadie.
St-Pierre : Sur la question
des mandats, ça dit : «un mandat d'au plus
cinq ans». Est-ce que c'est des mandats
qui... Est-ce qu'il y a un nombre de mandats
maximum ou est-ce que c'est un mandat, puis après ça
il... c'est-à-dire, il peut être renouvelable, mais est-ce qu'il y a un
certain nombre de mandats? Je fais encore référence aux sociétés d'État, ça ne
peut pas être plus de deux mandats.
Le Président (M. Ferland) : Alors, M. le ministre, le temps d'une réponse avant de
suspendre pour l'heure du midi.
St-Arnaud : Ma
compréhension, c'est qu'il n'y a pas de limite dans le nombre de mandats, donc
les mandats peuvent être renouvelés plus que... En fait, il peut y avoir plus que deux
mandats de cinq ans. On me dit que c'est un peu pour garder l'expertise,
là, parce qu'on a vraiment une expertise particulière. Et, si on a un président
de conseil de discipline qui est bon, bien,
on peut le garder, c'est quand même des mandats de cinq ans, là, mais,
quand on en a des bons,
on pourrait les garder 15 ans ou même 20 ans. Je ne sais pas si
20 ans… c'est peut-être un peu trop parce qu'on
ne les nommera quand même pas à 25 ans ou à 30 ans, là, enfin, probablement pas. Mais, voilà, c'est l'explication.
Président (M. Ferland) :
Alors, merci, monsieur. Peut-être un dernier commentaire rapide avant... parce
qu'il y a des gens qui vont... Et je vais vous demander d'apporter vos
documents, parce que la salle est occupée
après. Alors, M. le député de D'Arcy-McGee.
Bergman : J'ai des
commentaires sur le 115.2, mais est-ce que je peux suggérer qu'on adopte
l'amendement à 115.2 avant qu'on suspende?
Le Président (M. Ferland) : Oui,
oui, il n'y a pas de problème. S'il n'y a pas d'autre
commentaire, oui, oui, effectivement. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce
que l'amendement à 115.2 est adopté?
Le Président (M. Ferland) : Alors,
adopté. Donc, 115.2, tel qu'amendé, est adopté.
Le Président (M. Ferland) : Non, l'amendement, c'est ça, oui.
M. Bergman : J'ai des commentaires
sur 115.2, mais j'ai suggéré qu'on adopte l'amendement.
Le Président (M. Ferland) : Bon, c'est
ça, oui, oui.
M. Bergman : Ça va, M. le ministre?
Le Président (M. Ferland) : Mais là
on n'a pas le temps, je m'excuse.
M. Bergman :
Non, mais j'avais des questions sur le 115.2.
Président (M. Ferland) :
Mais là je vais vous demander de garder vos questions pour
après la période de dîner.
Donc, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
Président (M. Ferland) : À l'ordre,
s'il vous plaît! À l'ordre! La commission reprend ses travaux. Je
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Je vous
rappelle que le mandat de la commission est de poursuivre l'étude détaillée du
projet de loi n° 17, Loi modifiant le Code des professions en
matière de justice disciplinaire.
Nous
sommes... Avant d'aller à l'article, j'avais à vous demander le consentement.
Est-ce qu'il y a consentement afin
que la députée de Notre-Dame-de-Grâce remplace le député de
Marguerite-Bourgeoys pour la
partie de la séance? Ça me prend le
consentement.
Président (M. Ferland) : Il
y a consentement. Alors, nous en étions rendus à l'étude de l'article
115.2 amendé, qui avait été adopté. Mais il y avait, je crois, le député de D'Arcy-McGee
qui avait des commentaires sur 115.2, je pense.
M. Bergman : Oui. Le 115.2 n'était
pas adopté?
Le Président (M. Ferland) : Non, l'amendement.
M. Bergman : Alors, on a fait l'amendement,
oui. Exactement.
Le Président (M. Ferland) : L'amendement
a été adopté. C'est ce que j'ai mentionné.
Bergman : Oui, merci, M. le Président.
La question que j'avais… On a demandé des questions sur les dossiers devant les comités de discipline, les conseils de
discipline, et je me demande si c'est trop tôt pour avoir ces réponses,
ou on va les avoir la session de demain.
M. Dutrisac (Jean Paul) : C'est trop
tôt...
M. Bergman : Suite à la question que
j'ai demandée... ma collègue a demandée.
M. Dutrisac (Jean Paul) : C'est trop
tôt pour cet après-midi.
M. Bergman : J'ai entendu que vous
allez nous donner ça après le dîner, mais peut-être...
Dutrisac (Jean Paul) : Non,
j'ai dit à une autre séance. C'est trop tôt pour cet après-midi, mais on pourra
vous le remettre demain. Mais je peux déjà
confirmer, j'ai quand même pu confirmer que le chiffre que j'ai donné ce
matin au niveau du nombre de dossiers. Dans les cinq dernières années, la
moyenne, c'est à peu près 340 dossiers qui sont traités par les conseils de
discipline des 44 ordres, en moyenne.
Le Président (M. Ferland) : Ça va,
monsieur? Alors, il y avait la députée de Montmorency.
Mme St-Laurent : Oui, sur ma demande
également de ce matin pour le temps d'audience et de la moyenne, évidemment, ça, ça va nous aider quand même pour
les membres qu'on va nommer. À 12, est-ce que ça va être assez
présentement? Parce qu'il faut savoir combien d'heures parce que... Je donnais
l'exemple de la TAQ... bien, pas de la
CAQ, là, de la TAQ, du tribunal administratif, où ça siégeait tellement peu par
personne. Combien de temps à peu près vous prévoyez nous remettre ça?
Le Président (M. Ferland) : M.
Dutrisac.
Dutrisac (Jean Paul) : On va
essayer de vous remettre ça le plus rapidement possible. On va essayer
pour demain matin. Si ce n'est pas possible, ça va être à la prochaine séance.
Maintenant,
déjà, il faut faire un peu attention quand on veut... On va vous donner les
chiffres, mais il faut comparer des
pommes avec des pommes. Là, actuellement, les présidents de conseils de
discipline, ce sont des avocats qui siègent, mais ils sont à temps partiel. Donc, des fois, au niveau des délais, ça
peut être différent de quand on va avoir un bureau de présidents des conseils de discipline,
où les présidents vont être à temps plein. Donc, il va falloir faire
peut-être attention quand on va interpréter ces chiffres-là.
St-Laurent : Oui, mais ça va
nous donner une idée. Ça va nous donner une idée, quand même, de combien
de jours d'audience à l'année, combien de personnes ça prendra. Parfait.
Président (M. Ferland) :
Alors, merci. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur le 115.2, dont
l'amendement avait été adopté? M. le député de D'Arcy-McGee.
Bergman : C'est une question
que j'ai demandée avant notre étude
article par article, et je me demande,
la référence à l'article 115.2, M. le ministre,
le règlement en question pour la procédure de sélection des présidents, est-ce
que ce règlement est maintenant en forme
finale et est-ce qu'on peut le voir? Car, vraiment, c'est à la base de ce
projet de loi. On a demandé ce règlement, M.
le Président, depuis qu'on a commencé à étudier ce projet de loi, quand on a
reçu les groupes en consultation. Alors,
beaucoup de semaines ont passé depuis qu'on a demandé cette question. Je me
demande pourquoi il y a un délai de nous produire un projet de règlement qui
est vraiment à la base de ce projet de loi et à la base de cet
article 115.2.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : En fait, M. le
Président, comme le député le sait, là, moi, je n'ai rien à cacher dans ce dossier-là.
On a remis aux membres de la commission, là, la version telle qu'on l'avait du
règlement relativement au processus de
nomination. Et évidemment, là, après ça, le règlement suit son cours de
consultation, c'est-à-dire que ce qu'on
me dit, c'est comme un règlement habituel de l'office, c'est-à-dire qu'on
consulte les ordres, on consulte le conseil interprofessionnel.
Éventuellement,
l'office arrive avec un projet de règlement qui est approuvé par le
gouvernement, qui est envoyé à la Gazette
officielle , c'est bien ça, pour le 45 jours habituel. Il y a un 45 jours de
consultation, et, après ça, on revient avec le règlement final. Et en fin de course, c'est un règlement du
gouvernement, mais la consultation est faite,
dans un premier temps, par l'office. Et moi, ce qu'on me dit, c'est que, la
consultation, elle n'est... Il y a un premier projet, mais la consultation n'a pas été faite encore auprès des ordres
ou des conseils interprofessionnels. Et éventuellement, suite à cette consultation-là, on va proposer au
gouvernement d'adopter un règlement qui sera publié à la Gazette
officielle , où il y aura une consultation de 45 jours où tout le monde
pourra réintervenir. Éventuellement, il y aura un règlement final qui sera
publié à la Gazette officielle . Mais je peux demander aux gens de l'office
de retravailler le règlement, mais ça va rester quand même une version
préliminaire, qui, par la suite, devra faire l'objet de tout le processus
réglementaire habituel.
Le Président (M. Ferland) : M. le
député de D'Arcy-McGee.
Bergman : Est-ce qu'on a un
estimé du temps que ça va prendre? Et, certainement, on ne sera pas ici
pour des semaines sur ce projet de loi.
Alors, est-ce que ça veut dire que le projet de loi sera éventuellement, si
l'Assemblée nationale le veut, adopté sans qu'on ait vu ce règlement, M. le
ministre?
St-Arnaud : Mais vous allez
avoir... En tout cas, on va retravailler le projet de règlement, mais c'est
vrai que ça va être une version qui va demeurer quand même... parce que,
ce qu'on me dit, c'est qu'on ne consulte pas le Conseil interprofessionnel ou
les ordres avant que la loi soit adoptée. On adopte la loi, et là, il y a un
règlement. La consultation se fait par la suite, une fois que la loi est
adoptée.
Alors, moi,
ce que je peux faire de plus, là, par rapport à ce que j'ai fait jusqu'à
maintenant, c'est qu'on voit s'il y a
des retouches encore d'ici la semaine prochaine puis qu'on vous remette une
autre version qui sera encore plus avancée.
Mais je pense, M. le Président, que ça va être difficile d'aller plus loin que
ça, parce que, la consultation, elle va se faire après que la loi... La
consultation auprès du conseil et des ordres va se faire après l'adoption de la
loi.
Et, comme je
vous dis, après ça, ça va faire l'objet de tout le processus habituel, avec la
consultation de 45 jours où tout le monde pourra encore se prononcer.
Mais moi, je réitère, là, les orientations générales sur le règlement, en tout cas pour celui-là. C'est qu'on s'inspire le plus
possible du règlement sur la procédure de sélection des juges. En tout
cas, c'est comme ça que j'ai demandé aux
gens de l'office de travailler. Je peux m'engager à donner la version la plus
avancée que j'aurai avant la fin de nos travaux sur le projet de loi
n° 17, mais ça ne sera pas la version finale du règlement, là.
Président (M. Ferland) :
Alors, merci, M. le ministre. Je veux juste, là-dessus, vous dire qu'il est
d'ordre que les règlements qui accompagnent, peu importe le projet de loi, on
peut difficilement les faire adopter ou les préparer tant que la loi n'est pas adoptée, parce qu'il peut y avoir... Et on est
en analyse détaillée, donc vous pouvez proposer plein d'amendements.
Donc, la loi peut être modifiée de fond en comble, et le règlement risquerait
de ne pas refléter le projet de loi. Donc, M. le député de D'Arcy-McGee.
Bergman : Alors, je sais qu'on
a discuté de cette question sur un autre article. Est-ce que je peux
comprendre, M. le ministre, que, dans le
règlement, il y aurait une proposition pour favoriser la diversité de la
présence sur les conseils de discipline et il y a une référence à la Loi
sur la gouvernance des sociétés d'État, la question de parité entre femmes et hommes au sein des conseils d'administration des sociétés d'État
pour cette parité au bureau du président du conseil de discipline? Et est-ce que vous allez tenir compte du fait qu'il y
aurait des représentants des membres des communautés culturelles et des membres des communautés
anglophones? Est-ce qu'on va trouver cette référence dans le règlement,
M. le ministre?
St-Arnaud : En fait, je
présume... Moi, je peux m'engager à ce que ça soit le plus près possible du
règlement sur la procédure de sélection des
juges. La procédure de sélection des juges parle de la parité hommes-femmes, et
là je le dis de mémoire, là, et parle
des communautés culturelles. Le règlement sur la nomination des juges ne fait
pas de référence spécifique à la communauté anglophone, là. Alors, c'est
là que j'ai peut-être une distinction, là. Je ne veux pas... Je veux qu'on s'inspire
du règlement sur la nomination des juges, et le règlement sur la nomination des
juges parle que le gouvernement doit, dans
les nominations, tenir compte de la parité hommes-femmes et de la présence des
communautés culturelles.
J'hésite à
aller plus loin que ça en termes de... J'hésite à aller plus loin que ce que le
règlement prévoit pour la procédure de sélection des juges, là. Je le
dis avec égard pour la communauté anglophone, là, qui sera certainement... Il
ne s'agit pas d'exclure des représentants de la communauté anglophone. Je pense
qu'il y aura certainement des candidats...
il y aura certainement de très bons candidats originaires de la communauté
anglophone, et ça fera
partie du portrait global que le ministre aura à
évaluer pour avoir un bureau des présidents de conseils de discipline qui soit
représentatif, qui soit représentatif du Québec, finalement, et qui tienne
compte de la parité hommes-femmes et qui soit représentatif du Québec.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
merci, M. le ministre. M. le député de Fabre.
Le Président (M. Ferland) : Ah!
Excusez.
Bergman : Juste si on peut
avoir une confirmation de vous, M. le ministre, que ce serait représentatif de
la population du Québec, la composition.
St-Arnaud : Bien, j'hésite à
aller trop loin dans le détail, là, mais ce que je vous dis, c'est... Je veux
que le règlement se rapproche le plus
possible du règlement sur la procédure de sélection des juges, qui prévoit
spécifiquement parité hommes-femmes et
représentants issus des communautés culturelles, là. Je pense, c'est l'expression
qui est utilisée.
Le règlement
aussi prévoit que le ministre doit faire rapport une fois par année sur qui il
a nommé dans la dernière année.
Alors, j'invite les gens... C'est une autre suggestion que je fais vers ma
droite et vers l'arrière, je pense qu'on pourrait aussi prévoir que le
ministre dépose… fait un rapport, une fois par année, des nominations qui ont
été faites par le gouvernement comme
présidents des conseils de discipline, en faisant état, comme on le fait pour
les juges, il y a combien d'hommes,
il y a combien de femmes, il y en a combien qui sont issus des communautés
culturelles. Et ça permet d'avoir un portrait, puis, si c'est
critiquable, bien là, le ministre est obligé de le rendre... Ça fait un élément
de plus qui fait en sorte que le ministre doit s'en tenir à une
représentativité du Québec, là.
Le Président (M. Ferland) : Merci,
M. le ministre. Le député de Fabre? Le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le
Président. En fait, je veux simplement... Je ne veux pas en rajouter, là,
j'ai pris connaissance... J'écoute les
commentaires du ministre. Simplement ajouter mon point de vue particulièrement
au niveau de la représentation au niveau des présidents anglophones, qui
maîtrisent la langue anglaise. C'est une
préoccupation, c'est un problème pratique, au Barreau, je peux vous le dire,
là, où on avait quand même un certain nombre de dossiers en matière
disciplinaire, et ça prend des présidents capables de mener des auditions en
anglais. Et donc la préoccupation soulevée par le député de D'Arcy-McGee est
tout à fait appropriée.
Et je
prends... On vous entend, M. le ministre, et j'espère que ça se traduira dans
le processus de sélection parce que ça
fait
partie de la qualité de la justice ça aussi. Et donc il faut que les
conseils de discipline soient en mesure d'administrer des dossiers et d'entendre des... Et c'est vrai,
là, on y pense du côté du professionnel, mais ça s'applique aussi pour
les victimes qui témoignent devant les
conseils de discipline ou quand c'est leur dossier qui se retrouve en
discipline contre le professionnel. Bien, il faut que les conseils
soient capables de les entendre, et les victimes ont droit aussi à cette écoute
dans leur langue, en anglais. Donc, c'est important que les conseils aient
cette aptitude.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
St-Arnaud : Bien, M. le
Président, cette préoccupation est la mienne, et je peux comprendre que c'est
aussi la préoccupation de l'Office des professions parce qu'effectivement c'est
important. C'est très important. Voilà.
Le Président (M. Ferland) : Il y a d'autres
commentaires?
Bergman : ...cette question,
M. le Président. M. le ministre, quelle sorte d'obligation est-ce que je peux
entendre que... je comprends vos mots, mais est-ce qu'il y a une manière pour
être certains que ça se passe? Et mon collègue de Fabre a soulevé des points qui sont tellement
importants. Et on parle de protection du public, on parle de justice
ici, et je ne doute pas de votre bonne foi, M. le ministre, mais, certainement,
il y a des manières pour avoir une certitude en relation avec cette question,
M. le ministre.
St-Arnaud : On réfléchit, M.
le Président, à haute voix. Vous savez comment ça fonctionne pour les
juges dans le district de Montréal ou dans certains districts, dans l'Outaouais,
certains districts où il y a un pourcentage d'anglophones, là, qui...
M. St-Arnaud : La Gaspésie,
effectivement. Sur les concours pour sélectionner des juges, on indique que la connaissance de l'anglais est nécessaire, là, et
alors c'est pour ça que je ne veux pas m'engager à l'exiger pour tous
les postes. Et là je comprends qu'on va
avoir des présidents de conseil de discipline qui vont servir à travers tout le
Québec, mais c'est sûr qu'on ne nommera pas... C'est sûr qu'il va falloir qu'il
y ait un bon nombre de présidents de conseil de discipline qui aient une
connaissance de la langue anglaise, là, parce que...
Et le
président de l'Office des professions me dit que, notamment le Barreau, là, a
souvent fait des représentations à cet
effet-là, que ça pouvait poser de sérieux problèmes. Alors, je ne veux pas m'engager
à ce que tous les présidents de conseils
de discipline soient parfaitement bilingues. Et là c'est plus compliqué, parce
que, dans le cas des juges, on est capables
de le répartir territorialement puis donc de l'imposer comme critère dans
certains concours, et critère dont les comités
de sélection tiennent compte. Mais, dans le cas présent, pour les présidents de
conseil de discipline, comme ils risquent d'être appelés à siéger un peu
partout au Québec, c'est ce que...
St-Arnaud : Beaucoup plus à
Montréal. Mais c'est sûr que, ce que je peux dire au député, c'est que c'est une préoccupation. Il faudra voir comment
on peut en tenir compte. Mais c'est sûr que c'est une préoccupation. Il faut que les présidents de conseils de discipline,
en tout cas un bon nombre d'entre eux, aient une maîtrise de la
langue anglaise, là. Maintenant, pas
nécessairement la totalité, ça restera à évaluer, M. le Président. Mais c'est
sûr qu'il n'y aura pas... c'est sûr que c'est un élément important dont
il devra être tenu compte.
Le Président (M. Ferland) : Merci,
M. le ministre. D'autres commentaires?
Bergman : Oui. M. le
Président, l'article 115.2, le troisième alinéa, avant qu'on… le deuxième
alinéa dit : «La procédure de sélection ne s'applique pas au
président dont le mandat est renouvelé.»
Alors, je me
demande, M. le Président, M. le ministre, quand un mandat doit être renouvelé,
comment est-ce que vous entendez pour
requalifier ce président qui est en office? Et vous allez avoir des règlements
pour les qualifications, les règlements qui seront mis à jour, mais,
comme vous dites, on ne voit pas le règlement maintenant. Mais certainement il
y a des présidents qui sont en office maintenant, et je n'ai aucun doute sur
leurs qualifications. Mais, si le nouveau règlement
que vous allez déposer aurait des conditions très spécifiques, comment est-ce
qu'on peut être assurés que ces présidents vont remplir les critères
dans le règlement? Car vous dites ici, dans l'article : «La procédure de
sélection ne s'applique pas au président
dont le mandat est renouvelé.» Alors, je ne comprends pas comment vous allez
agir à la fin du mandat des présidents qui sont en office maintenant.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
St-Arnaud : En fait, M. le
Président, c'est une bonne question. Le président en chef devra faire une
évaluation de chacun des présidents. D'ailleurs,
je pense qu'il y a un article, à 115.7, «7° d'évaluer périodiquement les
connaissances et les habiletés des présidents dans l'exercice de leurs
fonctions ainsi que leur contribution à l'atteinte des objectifs visés par la
présente section». C'est à 115.7, là, le dernier, le 7°.
Donc, il y a une évaluation périodique qui va
être faite des présidents et il y aura aussi rapport qui sera fait au ministre,
et ça fera
partie des éléments qui seront considérés. Pour ma compréhension, c'est
que ça fera
partie des éléments qui seront
considérés pour le renouvellement des présidents des conseils de discipline,
mais ils ne seront pas soumis de nouveau à la procédure de sélection.
Ce que je
comprends, un peu ce qu'on se disait ce matin avec la députée de l'Acadie, si
on en a des bons, je ne pense pas qu'on va les tasser, là. Ils vont être
renouvelés. Mais voilà.
Bergman : M. le Président,
M. le ministre, je me demande si cet alinéa est vraiment bien rédigé, car il
me semble que vous liez les mains du
gouvernement, le président en chef, en disant que la procédure de sélection ne
s'applique pas. Alors, si un président qui
est en office n'a pas toutes les qualifications que vous demandez en vertu du
règlement que vous allez déposer, il semble
qu'il y a une contradiction. Il semble que le paragraphe en question, l'alinéa
en question pourrait avoir été rédigé
dans une manière, dans une... peut-être pourrait être bonifié. Je n'ai pas de
suggestion, mais il semble qu'il y a quelque chose, dans cet alinéa, qui
manque.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud :
Dans le 7°? Parlez-vous du 7°?
M. Bergman : Dans le 115.2...
M. St-Arnaud : Dans 115.2.
M. Bergman : ...le troisième alinéa,
dans le projet de loi n° 17, qui lit que «la procédure de sélection
ne s'applique pas au président dont le mandat est renouvelé». Mais il n'y a
aucune référence au... Si la procédure de sélection ne s'applique pas, ça veut
dire que les balises dans le règlement ne s'appliquent pas au président dont le
mandat est renouvelé.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : On me dit, M. le
Président, qu'on s'est inspiré notamment, là, de la
loi sur la Commission d'accès à l'information, qui, à son
article 105, prévoit que «la procédure de sélection visée à l'article 104.1 — de
ladite loi — ne s'applique pas au membre dont le mandat est
renouvelé». Alors, à la Commission d'accès, il y a une procédure de sélection, et je ne sais pas comment on évalue
le travail effectué par les commissaires, mais on indique, à l'article 5 :
«La procédure de sélection visée à l'article 104.1 ne s'applique pas au
membre dont le mandat est renouvelé.»
compréhension, c'est que le Secrétariat aux emplois supérieurs, là, a des
réserves sur le fait d'aller plus loin que ça dans la loi, parce que, si on allait plus loin que ça, ça pourrait
effectivement, là, devenir presque des nominations à vie. Alors, il faut quand même que le gouvernement ait
la possibilité de... C'est des mandats fixes de cinq ans. Il faut que le
gouvernement ait la possibilité de décider s'il renouvelle ou pas le mandat d'un
président au terme de cinq ans. Je pense que
présentement c'était trois ans, hein? C'était-u trois ans? C'était trois ans.
Alors, quand même, là, on fait en sorte que c'est des mandats, maintenant, de cinq ans, donc quand même plus
longs, mais on laisse une liberté au Conseil des ministres, au
gouvernement de renouveler ou pas. Quels seront les critères pour renouveler?
Ce que je comprends, c'est que ce ne sera
pas la procédure de sélection traditionnelle, mais il y aura d'autres éléments
qui seront à la disposition du gouvernement et du ministre qui fait la
recommandation, notamment le rapport qui sera fait par le président en chef, qui, lui, aura comme mandat, si
on adopte l'article 115.7, 7°, tel que rédigé, «d'évaluer périodiquement
les connaissances et les habiletés [de ces] présidents dans l'exercice de leurs
fonctions ainsi que leur contribution à l'atteinte des objectifs visés par la
présente section».
Et, dans le
rapport, si je me rappelle bien, que le président doit aussi faire au ministre,
bien il doit faire tout un rapport au ministre sur le fonctionnement de
son bureau, et c'est à partir de ces éléments-là, de ces évaluations que le gouvernement aura la décision de renouveler ou
pas, ayant à l'esprit que, si on a un président qui est très efficace,
qui est très compétent, qui a livré et qui livre ses décisions dans les délais…
Parce que c'est une des préoccupations qu'on a présentement, là, il y en a qui ne livrent pas dans les délais. En tout
cas, il y en a au moins... je dois faire attention à ce que je dis, mais… Alors, si on a un président qui est
compétent, qui a une expertise, qu'il l'a développée pendant cinq ans, qui est évalué très positivement par le président
en chef, bien je présume que le gouvernement sera intéressé à le renouveler. Mais en mettre plus que ça, me dit-on,
ce serait lier d'une manière trop importante la discrétion gouvernementale.
Président (M. Ferland) :
Merci, M. le ministre. Alors, j'ai cru un instant que vous parliez de moi, mais
je m'étais emporté un petit peu, quand vous
avez... président incompétent. Alors, M. le député de D'Arcy-McGee.
Après, je vais reconnaître la députée de Montmorency.
Bergman : M. le Président,
M. le ministre, est-ce que le gouvernement a l'intention de consulter les
ordres professionnels ou le Barreau en
nommant les présidents et en renouvelant le mandat des présidents? Est-ce qu'il
y aura une table de consultation avec les ordres professionnels?
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : Présentement, ce n'est
pas comme ça que j'entrevois les choses. J'entrevois les choses de la façon
suivante. Moi, je m'inspire beaucoup de la procédure que j'applique, là, depuis
huit mois sur la sélection des juges. J'aimerais
ça qu'on ait un règlement semblable, qu'on aille chercher les meilleurs,
que le comité de sélection nous fasse des propositions avec les meilleurs, et
non pas seulement ceux qui sont aptes à être nommés présidents de conseil de
discipline, mais qu'il nous fasse des propositions pour avoir les meilleurs,
que le ministre ait un choix. Parce qu'à un
moment il faut que la discrétion... la décision finale relève du ministre, qui
est l'élu démocratique. Mais moi, ce
que je souhaite, c'est que… Donc, je pense qu'il faut fonctionner comme les
juges. Pour les juges, on ne consulte pas le Barreau ou la Chambre des notaires.
On forme un comité, le comité fait des recommandations de trois noms pour chacun des postes à la Cour du Québec,
et, à partir de là, bien le ministre prend un des trois noms et le recommande
au Conseil des ministres. Moi, je pense qu'il faudrait... Mon intention, là, c'est
de fonctionner de la même façon, que le
règlement se rapproche le plus possible de celui qu'on a pour la
nomination des juges. L'objectif, c'est d'aller chercher les meilleures
personnes, les plus compétentes. Et je pense que, si on fait ça, là, on n'a pas
besoin de consulter.
Ce qui ne
veut pas dire, là, que... Je ne sais pas ce qui avait été prévu quant à la
composition du comité de sélection. Est-ce qu'on s'est avancé là-dessus?
Il y avait un représentant de l'office ou du Barreau? Je ne sais pas. Peut-être
que M. Dutrisac
peut compléter. Parce que vous savez, M. le Président, que, pour ce qui
est des juges, dorénavant, les comités sont
formés de cinq personnes. C'est présidé par un juge du tribunal concerné, un
juge en chef adjoint du tribunal concerné, il y a deux représentants du Barreau et il y a deux représentants du
public, qui sont nommés par l'Office des professions à même une banque de plusieurs centaines de noms qu'ils
ont. Alors, moi, je pense qu'il faut penser à quelque chose d'à peu près
semblable, là, quant à la procédure de sélection.
Mais je pense
qu'une fois que le comité a fait son rapport, là, je ne pense pas que, pour
répondre directement à la question du
député de D'Arcy-McGee, je ne pense pas qu'il faille reconsulter. On peut voir,
sur le comité… Je ne sais pas si vous aviez... Dans le premier projet,
ce qui avait été prévu, c'était présentement...
St-Arnaud : Ce n'est pas
final, là, mais le projet, le dernier projet que le député a eu entre les
mains, c'est un comité de trois personnes,
donc un membre choisi à partir d'une liste de trois personnes dressée par l'Office
des professions, donc c'est un peu un
représentant du public, un membre choisi dans une liste de trois personnes
dressée par le Conseil interprofessionnel,
puis un membre du Barreau du Québec choisi dans une liste de trois personnes
dressée par le Barreau. Alors, le
Barreau, indirectement, est impliqué parce qu'il nomme un des membres du
comité. Moi, je vois ça un petit peu de cette façon-là, mais je ne pense
pas qu'il faille consulter au-delà du processus de sélection.
Le Président (M. Ferland) : Merci,
M. le ministre. M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Bergman : Une dernière question
sur cet article, le lieu de résidence des présidents. On demande... On a entendu, dans les auditions, qu'on devrait faire l'objet
d'une certaine sensibilité. C'est quoi, le lieu de résidence, votre
intention, en ce qui concerne les présidents? Et est-ce que vous pouvez nous
donner les balises d'où ces causes sont entendues généralement? Les ordres
professionnels, leurs bureaux-chefs sont ici… à Montréal…
M. St-Arnaud : Les ordres
professionnels, beaucoup à Montréal.
M. Bergman : À Montréal. Alors,
est-ce que les causes sont entendues au lieu du bureau-chef de l'ordre en
question? Et c'est quoi, votre intention sur la question de lieu de résidence
des présidents que vous allez nommer, M. le ministre?
M. St-Arnaud : C'est une bonne
question. D'abord, on me dit que 41 des bureaux-chefs, sur les 44 ordres
professionnels, sont à Montréal. Alors, 41 sur 44. L'intention, dans la...
M. Bergman : Les autres trois
sont...
M. St-Arnaud : Ils doivent être à
Québec, les trois autres?
M. Dutrisac (Jean Paul) : Non. Il y
en a deux à Québec et un à Saint-Hyacinthe.
Une voix : Les vétérinaires.
M. St-Arnaud : Oui, c'est ça que j'allais
dire, c'est les vétérinaires. Alors, c'est dommage, le député de
Saint-Hyacinthe n'est pas là cet après-midi.
M. le
Président, honnêtement, je n'avais pas vraiment réfléchi à cette question. Ce
qu'on me dit, c'est que la plupart des
dossiers sont à Montréal et que donc le lieu de résidence des présidents, selon
le président de l'Office des professions, devrait être à Montréal pour
la quasi-totalité, pour ne pas dire la totalité des membres qui seraient
nommés. Ce qui n'empêche pas, évidemment, le
président de siéger en région lorsqu'il y a des dossiers en région. Est-ce qu'il
faudrait prévoir, sur 12, qu'il y en ait un
ou deux à Québec, là? Je ne sais pas. Mais honnêtement la réflexion n'est pas
rendue là.
Mais ce qu'on
me dit, c'est que la grande majorité des dossiers sont à Montréal. Les
bureaux-chefs des ordres, en
quasi-totalité, sont à Montréal. Évidemment, quand on crée le Bureau des
présidents de conseil de discipline, on veut créer une équipe, on veut avoir des gens qui travaillent ensemble,
qui sont autour de la même table, qui sont dans des lieux physiques qui
sont les mêmes, avec le président en chef et le président en chef adjoint, qui
forment une équipe, puis qui dirige, je
présume, là, qui réunit son équipe une fois par semaine, une fois par deux
semaines, pour voir où est-ce qu'on en est, puis qui répartit les
dossiers. Alors, c'est peut-être plus compliqué de penser d'en avoir ailleurs
qu'à Montréal. Je vois la députée de
Montmorency, qui est députée de la région de la Capitale-Nationale. Mais
honnêtement je n'ai pas... je ne me suis pas
rendu dans cette mécanique, à savoir est-ce qu'ils doivent tous être avec un
lieu à Montréal ou s'il faudrait
penser en avoir quelques-uns, un, ou deux, ou plus, là, ailleurs qu'à Montréal.
Honnêtement, je n'ai pas... je ne me suis pas… on ne s'est pas rendus
jusque-là dans la réflexion sur la mécanique de l'implantation du Bureau des
présidents des conseils de discipline.
Le Président (M. Ferland) : Merci,
monsieur...
M. Bergman : Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Ça, ce n'est
pas exact, M. le ministre. On parle de mandats de cinq ans renouvelables.
Ça, ça me fait penser aux tribunaux
administratifs, les mandats renouvelables, lorsqu'ils avaient leurs mandats
renouvelables. Et je pense que c'est un peu,
si je ne me trompe pas, la même procédure. La personne est nommée pour un
terme, et, par la suite, s'il y a
bonne conduite... Évidemment, il y a eu plein de réflexion par la suite. On
sait ce qui s'est passé. Je veux dire,
si la personne est nommée pour cinq ans et qu'elle remplit les conditions — c'est le président en chef qui est un
peu juge, comme on dit — à
ce moment-là, son mandat sera renouvelé. Je pense qu'il y a une présomption, au
départ, qu'il pourra être renouvelé. La
plupart peuvent être renouvelés, sauf circonstance exceptionnelle, moi, je le
lis dans ce sens-là, pour préserver quand même la continuité du
tribunal, et je trouve ça important.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
St-Arnaud : Oui, M. le
Président, c'est comme ça que je pense qu'il faut l'interpréter, là. Il y a une
présomption que... C'est-à-dire, il n'y a pas... C'est-à-dire qu'il y a une
discrétion qui demeure la discrétion du gouvernement du Québec, du Conseil des ministres, mais je pense qu'à un moment donné,
là, quand on a des présidents qui font bien leur travail, qui ont développé une expertise, qui vont l'avoir développée
pour plusieurs ordres professionnels, parce qu'ils vont pouvoir présider
des conseils de différents ordres, je pense qu'il n'y a personne, là, qui veut
que ça marche mal, là. Ça fait qu'il y a comme une... j'hésite à utiliser le
mot «présomption», là, mais disons qu'on peut envisager que les ministres, peu importe qui occupera la fonction,
vont tenir compte des évaluations, puis, dans la mesure où les évaluations nous démontrent que le président
du conseil fait bien son travail, bien je pense que ça va être un
élément important pour la suite des choses.
Mme St-Laurent : Je pense que c'est
une discrétion — on
peut l'interpréter comme ça — du ministre de la Justice, mais quand
même limitée...
M. St-Arnaud : Mais encadrée.
St-Laurent : ...avec les
critères qui sont là. Je pense, c'est bien encadré. Et, si une personne... Je n'ai pas lu plus loin, là, pour prévoir s'il y
avait des mécanismes, par exemple… Si, par exemple, le rapport est bon,
du président, à ce moment-là, du président
en chef, je pense que ça serait très difficile pour le ministre d'écarter le
candidat. Parce qu'on avait eu beaucoup de critiques pour les tribunaux
administratifs, tandis que là ce n'est pas un pouvoir entièrement discrétionnaire
au ministre de la Justice.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
Mme St-Laurent : C'est comme ça qu'on
peut l'interpréter?
Président (M. Ferland) : Ça
va? O.K. D'autres commentaires, Mme la députée de Montmorency? Il y
avait, sinon, le député de Fabre… J'avais vu une main levée tout à l'heure.
M. Ouimet (Fabre) : Oui, oui.
Le Président (M. Ferland) : Oui,
elle est toujours levée?
M. Ouimet (Fabre) : Ah! J'attendais…
C'est parce que...
Le Président (M. Ferland) : Non, c'est
à votre tour. Vous avez la parole, oui.
M. Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le
Président. Très rapidement, sur la question... Est-ce que l'office — là,
je n'ai pas en tête le reste du projet de loi — participe
dans l'évaluation des présidents? Est-ce qu'on prévoit un rapport dans l'évaluation
des présidents et si uniquement le président en chef... En tout cas, je mets ça
dans la machine à réflexion, que l'office
pourrait peut-être avoir à produire une évaluation. Bien, en fait, là, vous m'amenez
sur un autre terrain. Je ne voudrais pas m'avancer
trop sur la question de l'indépendance, mais, moi, l'indépendance... Tu sais, il y a l'indépendance des professionnels,
mais je ne voudrais pas qu'on parte une discussion sur le statut d'indépendance
des conseils de discipline, là, parce que c'est...
En tout cas, c'est un sujet chaud, mais je ne veux pas, je ne voudrais
pas aller là. Je voulais avancer dans notre
réflexion. Je lançais l'idée de l'input, d'une participation de l'office, mais
on pourra y revenir.
Dernier
point, rapidement, sur le comité de sélection. Je note que, le projet de
règlement que vous avez proposé, M. le
ministre, vous optez pour une mécanique où le Conseil interprofessionnel, le
Barreau vous soumettent trois noms, et c'est le ministre qui, par le
biais du conseil... Le secrétaire général associé, responsable des emplois supérieurs, à la demande du ministre forme le
comité et choisit ces trois personnes-là, alors que pour les juges on a
prévu que ce sont... Bien, d'une part, la Cour du Québec désigne un juge, le
Barreau désigne deux membres du Barreau, dont
un qui n'est pas plaideur, et l'Office des professions,
qui nomme deux... qui désigne deux... Donc, la mécanique est un peu différente. Je voulais juste attirer votre
attention sur ça, savoir s'il y avait une raison pour laquelle on avait
opté pour une mécanique différente. Voilà.
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
M. St-Arnaud : M. le Président, comme je vous dis, c'est une version préliminaire du
projet de règlement. Ce que je
souhaite, c'est que, d'ici à la fin de nos travaux, on soit en mesure de
peut-être retravailler ça en regardant
vraiment, là, ce qu'on peut faire pour s'inspirer davantage du règlement sur la
procédure de sélection des juges. Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. D'autres commentaires? Je pense qu'il
y avait le député de D'Arcy-McGee. Vous aviez un autre... Ça va?
M. Bergman :
Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Allez-y.
M. Bergman : Et je reviendrai, en ce qui concerne le règlement, à l'article… plus
tard. Mais, à l'article 115.2, vous
dites : «pour un mandat fixe d'au plus cinq ans». C'est quoi, votre vision
en ce qui concerne «d'au plus cinq
ans»? Est-ce que c'est un mandat de deux ans, trois ans, cinq ans? Mais, «d'au
plus», est-ce que ça veut dire que
vous pouvez nommer quelques présidents à un terme d'un an, un autre, deux?
Est-ce que ça serait uniforme? Est-ce que
vous allez décider de ce terme d'office à une date plus tard? Mais, je pense,
pour prudence et uniformité, que c'est meilleur d'avoir un terme fixe,
au lieu d'avoir «un mandat fixe d'au plus cinq ans».
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
M. St-Arnaud : Pardon, mais ma compréhension, c'est qu'évidemment ça va être des
mandats de cinq ans. Mais on laisse quand même une discrétion. Si quelqu'un
est prêt à renouveler mais dit : Moi, je prends ma retraite dans deux ans ou dans trois ans, je voudrais que vous
me donniez un mandat de trois ans ou de deux ans, qu'on ait la
possibilité de... J'ai vu passer récemment,
là, pour un organisme gouvernemental… La quasi-totalité était des mandats de
cinq ans, mais il y en avait deux ou
trois qui avaient des mandats... il y en avait même un d'un mandat d'un an,
puis il y en avait deux, un mandat de trois ans, puis tous les autres
avaient un mandat de cinq ans. Mais, si vous...
Moi,
mon intention, évidemment, ce sera de nommer des gens pour cinq ans, là. On ne
nommera pas des gens pour trois ans,
pour deux ans, là, surtout que présentement c'est des mandats de trois ans, et
l'objectif, là, c'est vraiment... Si
c'était juste de moi, on irait peut-être même plus que cinq ans, mais on me dit
qu'aller au-delà de cinq ans, ça serait un peu excessif, compte tenu de
l'ensemble de nos lois. Mais mon idée, c'est de nommer des gens pour cinq ans,
mais de se garder une marge pour en nommer,
dans des situations particulières, pour un an ou deux ans. Quelqu'un est en
fin de carrière puis il dit : Bien moi, je suis prêt à faire un autre
mandat, mais pas plus que trois ans. C'est comme ça que j'interprète le projet
de loi.
Le Président (M. Ferland) : Merci, M. le ministre. D'autres commentaires? Il
n'y a pas d'autre commentaire? Donc, je
vais juste vous demander… Parce qu'on avait déterminé, là,
article par article,
mais est-ce que vous voulez les voter chaque
article ou vous attendez qu'on
vote l'article 2 dans son entièreté?
M. Bergman :
...l'article 2…
Le Président (M.
Ferland) : O.K. Donc, on va aller…
M. Bergman :
…pourvu qu'on fait ça
article par
article dans l'article 2.
Le Président (M. Ferland) : Non, bien, c'est parce que, dans certains cas, il
y en a qui préfèrent qu'on vote une à la fois, mais c'est d'accord. On
va aller maintenant à 115.3. Il n'y a pas d'amendement?
St-Arnaud : Non, mais, M. le Président, sur 115.3, j'ai dit à mon
collègue porte-parole de l'opposition officielle, ce matin, que je souhaiterais
qu'on suspende le 115.3, qu'on passe à 115.4. On pourra y revenir.
Le Président (M.
Ferland) : Est-ce que j'ai le consentement pour suspendre 115.3?
M. Bergman :
Oui, on suspend l'article 115.3.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, il y a consentement. Maintenant, M. le
ministre, 115.4, j'imagine?
St-Arnaud : 115.4, M. le
Président. Alors, 115.4, tel qu'il se lit dans le projet de loi
n° 17 : «Le gouvernement désigne, parmi les présidents à temps
plein, un président en chef et un président en chef adjoint.»
Alors, voilà, c'était le libellé de
115.4. Et l'amendement que je propose, qui va dans le sens de ce qu'on
disait tantôt, à savoir de ne plus avoir de président à temps partiel, fait en
sorte que je propose, M. le Président, comme amendement, de modifier l'article 115.4
proposé par l'article 2 du projet de loi par la suppression d'«à temps
plein».
Alors,
c'est une modification de concordance avec la suppression des présidents à
temps partiel. Donc, ce sera : «Le gouvernement désigne, parmi les
présidents, un président en chef et un président en chef adjoint.» Voilà.
Le Président (M. Ferland) : Merci, M. le ministre. Alors, l'amendement, je
pense qu'il a été déjà distribué à tout le monde. Alors, est-ce qu'il y
a des commentaires du côté de l'opposition officielle? La députée de l'Acadie.
St-Pierre : Moi, c'est juste une question de vocabulaire. Pourquoi on
appelle ça des présidents?
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre, pourquoi on appelle ça des présidents?
M. St-Arnaud : Parce qu'ils président les conseils de discipline. Les conseils de
discipline, c'est trois personnes : deux personnes qui originent de l'ordre professionnel concerné et un
président du conseil de discipline, qui préside et qui... Donc, c'est
pour ça qu'on l'appelle le président des conseils de discipline.
Le Président (M.
Ferland) : Est-ce que ça répond, Mme la députée de l'Acadie?
St-Pierre : Mais tous les membres du bureau sont des présidents ou
présidentes.
M. St-Arnaud : En fait, là, ce qu'on fait, c'est qu'on crée un bureau des présidents
des conseils de discipline où il y
aura 12 ou 15 personnes. Présentement, le projet de loi prévoit que ce
seront des avocats. Et ces gens-là vont présider tous les conseils de
discipline pour n'importe lequel des 44 ordres professionnels. Alors, si
les travailleurs sociaux... il y a des
dossiers au niveau de l'ordre des travailleurs sociaux, bien il y aura un des
présidents du Bureau des présidents de conseil
de discipline qui sera affecté par le président en chef pour aller présider ce
dossier-là avec deux travailleurs sociaux, qui forment, donc, le banc de trois personnes, et le président est le
président de ce conseil de discipline de trois membres.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. D'autres commentaires du côté de...
M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Bergman :
Dans l'article 115.4, vous avez la mention de président en chef et le président
en chef adjoint. Est-ce qu'il y aura des qualifications spécifiques indiquées
dans le règlement pour le choix du président en chef et le président en chef
adjoint?
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
M. St-Arnaud :
Vous me donnez quelques secondes, M. le Président?
Le Président (M.
Ferland) : Il n'y a pas de problème. Je vais suspendre quelques
secondes.
(Suspension de la séance à
15 h 53)
Le Président (M.
Ferland) : Alors, nous reprenons les travaux. La parole était à vous,
M. le ministre.
St-Arnaud : Alors, M. le Président, en fait, pour répondre à la
question, il n'est pas prévu, présentement,
de critère particulier. Parmi les présidents, le gouvernement désigne un
président en chef et un président en chef adjoint. Il n'est pas prévu de
critère particulier, si ce n'est qu'évidemment le gouvernement va tenir compte
de l'expérience de chacun, de leur capacité
à exercer cette charge-là, un peu comme on le fait pour les juges en chef ou
les juges en chef adjoints, par exemple, à
la Cour du Québec. C'est le gouvernement qui décide en fonction des
expériences, en fonction... Là, évidemment,
il y a seulement deux personnes, là, mais à la Cour du Québec il y a des juges
coordonnateurs, il y a des juges en chef adjoints. Tu commences comme juge
coordonnateur dans un district, puis après ça tu peux te retrouver juge en chef
adjoint, puis éventuellement juge en chef. Vous savez qu'on a une excellente
juge en chef à la Cour du Québec. Mais, pour répondre plus sérieusement à la
question, ça reste à la discrétion du gouvernement.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Bergman : M. le Président, est-ce qu'on peut prendre pour acquis que le
mandat du président qui sera choisi comme président en chef ou président
en chef adjoint sera pour un terme de cinq ans, que vous n'allez pas nommer
quelqu'un qui est président en chef, qui a un mandat d'un an ou deux ans?
M. St-Arnaud :
C'est ma compréhension. C'est ma compréhension, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) : D'autres
commentaires, M. le député de D'Arcy-McGee?
M. Bergman : Oui, dernière question,
est-ce que le président en chef ou le président en chef adjoint va faire l'audition
de certaines causes ou est-ce qu'il ne fait aucune audition de cause?
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : Ma compréhension, M.
le Président, c'est qu'il pourrait entendre des dossiers. On est quand même... On parle d'un bureau, là, de peut-être 12,
14 personnes, 15 personnes. Alors, macompréhension, c'est que bien sûr il aura un peu… il va avoir du
temps à consacrer à ses tâches administratives, mais ma compréhension, c'est qu'il pourrait aussi entendre
des dossiers, ce qui n'est pas nécessairement le cas des juges en chef
ou en chef adjoints à la Cour du Québec.
Président (M. Ferland) : Il
y a d'autres commentaires du côté de l'opposition officielle? Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire… Alors,
M. le ministre, étant donné qu'on a décidé de voter l'article à la fin
de l'analyse, alors on serait à l'article 115.6, M. le ministre.
M. St-Arnaud : 115.5, M. le
Président.
Président (M. Ferland) : Oh!
Excusez. Ah! Il y a un amendement à adopter. Excusez. On va aller
appeler nos voix. J'étais... Alors, s'il n'y
a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 115.4 est adopté?
Président (M. Ferland) :
Alors, l'article 115.4, tel qu'amendé, est... Non. L'amendement est
adopté. C'est vrai. Excusez. Alors, M. le ministre, nous sommes à
115.6. Ça devient compliqué, des fois…
M. St-Arnaud : 115.5, M. le
Président, 115.5.
Président (M. Ferland) :
115.5. Excusez. Ah bon, O.K. On est mercredi après-midi, tout s'explique, M. le
ministre.
Président (M. Ferland) :
Imaginez-vous demain, jeudi, ça va être l'enfer. M. le ministre, la parole
est à vous.
M. St-Arnaud : Vous avez des
problèmes un mercredi après-midi, vous?
Président (M. Ferland) : Pas
nécessairement. Ça va tellement bien que je me pose des questions. Il va
arriver quelque chose, c'est certain. Alors, M. le ministre, la parole est à
vous.
M. St-Arnaud : 115.5, M. le
Président, se lit comme suit :
«La procédure de sélection des présidents
prévoit notamment :
«1° la procédure à suivre pour se porter
candidat;
«2° la
formation d'un comité de sélection chargé d'évaluer l'aptitude des candidats et
de fournir un avis sur ceux-ci;
«3° les critères de sélection dont le comité
tient compte.
«Les membres d'un comité de sélection ne sont
pas rémunérés, sauf dans les cas, aux conditions et dans la mesure que peut
déterminer le gouvernement. Ils ont cependant droit au remboursement des
dépenses faites dans l'exercice de leurs
fonctions, aux conditions et dans la mesure que détermine le gouvernement.»
Voilà
l'article 115.5, M. le Président.
Président (M. Ferland) :
Merci, M. le ministre. Alors, je comprends qu'il n'y a pas d'amendement à
115.5. Est-ce qu'il y a des commentaires? La députée d'Acadie... de D'Arcy-McGee…
Mme St-Pierre : Moi, mes questions
portent sur différents aspects de la procédure. D'abord, la formation d'un comité de sélection chargé d'évaluer
l'aptitude des candidats. Cette formation du comité de sélection est faite par
qui?
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
M. St-Arnaud : En fait,
présentement, on travaille avec une version préliminaire du règlement. Il n'est
pas...
Mme St-Pierre :
Et tout ça va être déterminé par le règlement?
St-Arnaud : Par le règlement.
Mais, dans la version, là, que j'avais distribuée la semaine dernière ou il y a deux
semaines, dans la version initiale, ce qui était prévu à l'article 4, c'était
le secrétaire général associé
responsable des emplois supérieurs qui, à la demande du ministre de la Justice,
formait un comité de sélection dont il désignait le…
Mme St-Pierre : Je ne l'ai pas, ce
règlement-là.
M. St-Arnaud : Non, je ne sais pas
si... L'avez-vous, M. le député de D'Arcy-McGee? Vous l'avez?
Mme St-Pierre : C'est parce que...
Le Président (M. Ferland) : Oui,
députée de l'Acadie, allez-y, oui.
St-Pierre : Oui, M. le
ministre, c'est que ce matin, bon, on a parlé de la question de la parité. Vous
avez dit : On va se référer au
règlement. Ici aussi, on se réfère au règlement. Je comprends le rôle des
règlements puis je sais que c'est
beaucoup plus facile de changer un règlement que d'ouvrir une loi puis d'essayer
d'entrer différentes choses dans une loi, alors qu'un règlement, bien,
vous pouvez y aller comme bon vous semble. Et c'est plus facile pour un gouvernement
de présenter un règlement que de présenter une loi. Un règlement prévoit qu'il
y a une période de consultation, et, à la
fin de la période de consultation, vous décidez ou pas de faire les changements
selon les commentaires qui vous ont été faits, puis après ça, bien, ça
passe au Conseil des ministres. C'est pour ça que je pense que c'est bien
important d'avoir l'assurance que, la formation du comité de sélection, bien il
y ait une procédure très, très claire d'établie pour faire la formation du
comité de sélection.
L'autre question que j'ai, c'est le dernier
paragraphe : «Les membres d'un comité de sélection ne sont pas rémunérés, sauf dans les cas, aux conditions et
dans la mesure que peut déterminer le gouvernement.» Est-ce qu'il faut
encore se référer au règlement pour connaître les mesures que peut déterminer
le gouvernement?
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre.
St-Arnaud : On me dit que ça
serait par décret, lorsqu'on nomme le comité de sélection, qu'on pourrait,
si on le décide, déterminer les conditions
de rémunération, s'il y a lieu, parce que le principe général, c'est que les
membres du comité de sélection ne sont pas rémunérés.
St-Pierre : Mais dans quels
cas il y a les mesures que peut... les conditions dans lesquelles... C'est
parce que ce qui est un peu confondant, c'est
qu'on dit que les membres d'un comité de sélection ne sont pas rémunérés,
et, après ça, dans la même phrase, on dit : Bien, sauf certaines
exceptions, dans certains cas. Il me semble qu'on est rémunéré ou on n'est pas
rémunéré.
Une voix : C'est la formule
consacrée. Ils font tout le temps ça dans toutes les lois.
Mme St-Pierre : Oui, mais c'est
parce que...
Une voix : Dans toutes les lois, c'est…
Mme St-Pierre : Formule consacrée
peut-être, mais j'aimerais savoir dans quels cas on décide de rémunérer une
personne.
Le Président (M. Ferland) : M. le
ministre…
Mme St-Pierre : Est-ce que c'est
dans le cas où cette personne-là n'a plus de salaire parce qu'elle va agir
comme membre du comité de sélection? C'est simplement...
Le Président (M. Ferland) :
…suspendre quelques secondes.
(Suspension de la séance à 16 h 3)
Président (M. Ferland) :
Alors, nous reprenons les travaux. Alors, M. le ministre, vous aviez une
question d'adressée, alors à vous la parole.
St-Arnaud : Oui, M. le
Président, effectivement, c'est une très bonne question de la députée, là,
parce qu'on établit un principe puis
après ça on donne la possibilité de le contourner, là. C'est vrai que c'est un
petit peu particulier de lire ça
dans... Ce qu'on me dit, c'est que maintenant, au gouvernement du Québec,
depuis un certain nombre d'années, le principe, c'est que les membres de
ce genre de comité de sélection ne sont pas rémunérés, qu'on l'établit dans les
lois mais qu'on s'assure qu'on donne une discrétion au gouvernement pour sortir
du principe dans certains cas...
St-Arnaud : ... — excusez — pour sortir, dans certains cas. Par
exemple, ce qu'on me dit, c'est que, dans certains comités de... par exemple, dans les comités de sélection pour
les juges, le principe, ce serait que les membres du comité de sélection ne sont pas rémunérés. Mais il
est prévu qu'on les rémunère ou on leur donne un montant. Il y a des
conditions... Enfin, je dis ça sous réserve, là, parce qu'ils reçoivent... C'est
que les membres… Par exemple, ceux qui sont
nommés par l'Office des professions reçoivent une allocation de 100 $ par
demi-journée, ou quelque chose comme ça,
là. Il faudrait aller voir dans la... Mais le principe — semble-t-il
que maintenant on met ça dans toutes les lois — c'est : les membres d'un comité de
sélection ne sont pas rémunérés, mais on donne la discrétion au gouvernement, s'il
le juge à propos, de rémunérer.
Le Président (M. Ferland) : Alors,
merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a... Le député de D'Arcy-McGee.
Bergman : En ce qui concerne
l'article 115.5, vous dites,