Transportation and the Environment — 27 August 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2019-08-27
Quebec — Committees
Afin de statuer sur
la recevabilité d'un amendement, la présidence doit tenir compte de l'ensemble
des critères prévus par le Règlement
de l'Assemblée nationale et la jurisprudence. Ces règles de base sont notamment codifiées aux
articles 197 et 244 du règlement, qui
prévoient que les amendements doivent se rapporter à l'objet du projet de loi
et être conformes à son esprit et à
la fin qu'il vise. Au surplus, selon l'article 192 du règlement, seul un
ministre peut présenter un amendement
ayant des incidences financières. De plus, un amendement ne doit pas introduire
un nouveau principe, comme le
souligne le président Claude Trudel dans une décision rendue en 1988,
décision 197/7. Le mot «principe» possède plusieurs synonymes, soit
objet, objectif, sujet, but, fin, finalité et intention du législateur.
chapitre XX, dans la
section I du projet de loi, il est question d'une
redevance. L'amendement du député de La Pinière vise à assurer une
compensation juste et équitable des propriétaires de permis de taxi en accord
avec la
Loi sur l'expropriation.
Puisque,
dans le projet de loi actuel, il n'est nullement question de compensation ou
d'expropriation, mais bien d'une redevance
qui sera versée au Fonds des réseaux de transport terrestre, l'amendement
proposé par le député de La Pinière introduit un nouveau principe.
En effet, cela ne constitue pas une simple modalité à l'un des principes du
projet de loi.
ailleurs, le fait que le sujet concerné par l'amendement ait été abordé sur la
place publique comme étant une mesure qui servirait à indemniser les
détenteurs de permis actuels n'est pas un facteur que doit considérer la
présidence lorsqu'elle statue sur la
recevabilité d'un amendement. La présidence doit s'en tenir à analyser
l'amendement en fonction du projet de loi à l'étude. En conséquence, je
déclare l'amendement irrecevable.
Enfin,
la question de la recevabilité ayant été déterminée à la lumière du principe du
projet de loi, la présidence n'a pas à se prononcer à l'égard de la
question de l'initiative financière de la couronne.
Je vous remercie de
votre attention.
Alors,
puisque, maintenant, nous devrions continuer... revenir à l'article 1,
mais je vous demanderais peut-être de suspendre quelques instants pour
permettre au député de La Pinière de venir se joindre à nous.
(Suspension de la séance à 9 h 38)
Présidente (Mme St-Pierre) : Bon, alors, nous allons reprendre
les travaux. Maintenant, je vais faire une mise au point avant de reprendre les travaux officiellement. Je rappelle à
tous les membres de la commission que la commission parlementaire doit commencer à 9 h 30.
Donc, on a attendu quelques minutes, on a laissé un petit délai, mais sachez
que, par respect pour tous les députés, il faut que les commissions
parlementaires commencent à l'heure.
Donc, M. le
ministre, s'il vous plaît, voulez-vous nous rafraîchir la mémoire et lire
l'amendement à l'article 1 que vous avez proposé lors de la
séance précédente?
M. Bonnardel :
Oui. Alors, Mme la Présidente.
L'article 1, donc, du projet de loi :
Insérer, dans le deuxième alinéa et après «favoriser», «l'accès des
personnes handicapées au transport par automobile, y compris celui offert avec
une automobile adaptée, de même que».
Donc, le
texte, tel qu'amendé, parce qu'on a
accepté un amendement de la députée de Québec solidaire, se lit comme suit : «La présente loi a pour objet la
surveillance et le contrôle du transport rémunéré de personnes par automobile
afin d'assurer la sécurité des passagers et
la transparence du prix des courses, et ce, dans une perspective de développement
durable et de diminution de l'empreinte carbone ainsi que d'équité entre :
«1° les
différentes manières d'organiser ce transport, qu'il soit ou non offert dans le
cadre d'un système de transport;
«2° les différents moyens employés pour répartir
les demandes de course, par application mobile ou autrement;
«3° les
différents modes selon lesquels ce transport peut être offert, notamment
lorsqu'il s'agit de transport par taxi, de covoiturage ou de transport
collectif.
«De plus,
elle vise à favoriser l'accès des personnes handicapées au transport par
automobile, y compris celui offert avec une automobile adaptée, de même
que l'émergence de moyens technologiques et de modes de mobilité.»
Présidente (Mme St-Pierre) : Merci, M. le ministre. Alors, est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'amendement proposé? Il n'y a pas de
commentaires? Donc, il n'y a aucun commentaire. Est-ce que l'amendement est
adopté?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Attendez un petit peu.
M. Arseneau : Est-ce qu'on peut
répéter l'amendement, juste pour être...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Pardon? Est-ce que l'amendement a été distribué?
Présidente (Mme St-Pierre) : Ah! il avait été distribué à la
dernière... mais vous ne le l'avez pas. O.K. Alors, on va se laisser une petite chance de revenir. Allez
la reporter à M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Voulez-vous qu'on suspende?
Alors, nous allons suspendre quelques instants
pour permettre au député des Îles-de-la-Madeleine de prendre connaissance de
l'amendement.
(Suspension de la séance à 9 h 43)
Présidente (Mme St-Pierre) : Alors, on va reprendre nos travaux.
Alors, nous allons reprendre nos travaux. On va essayer de faire ça de façon la plus ordonnée possible. M. le
ministre, merci d'avoir permis qu'on puisse permettre au député des
Îles-de-la-Madeleine de prendre connaissance de l'amendement.
Il y a eu un vote avant que vous preniez connaissance
de l'amendement. Est-ce qu'il y a consentement pour redemander s'il y a des commentaires ou si on... Aviez-vous des commentaires? Non? Parfait. Alors donc, l'amendement est adopté. Voilà. On
continue.
M. le ministre, je pense que vous devez passer à la lecture de l'article 1
tel qu'amendé. Ça avait déjà été fait. Donc, on est rendu à l'article 2.
Une voix : Il faut voter l'article 1.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Oui, il faut voter l'article 1. Alors, est-ce que l'article 1 est adopté?
Des voix : Sur division.
Présidente (Mme St-Pierre) : Donc, l'article 2.
M. Bonnardel :
Alors, l'article 2, Mme la Présidente, se lit comme suit :
Société de l'assurance automobile du Québec, la Commission des transports du
Québec et les personnes chargées de
vérifier l'application de la présente loi, dans les fonctions et pouvoirs
qu'elle leur attribue respectivement, surveillent et contrôlent le
transport rémunéré de personnes par automobile.»
Donc,
l'article 2 du projet de loi annonce, de
manière introductive, que la Société
de l'assurance automobile du Québec et la Commission des transports du Québec auront notamment
la charge de surveiller et de contrôler le transport rémunéré de
personnes par automobile, et ce, selon les fonctions et pouvoirs que proposent
de leur confier les dispositions à venir du projet de loi.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Commentaires? M. le député de La Pinière.
M. Barrette : Oui, j'ai un commentaire. De la manière que
c'est écrit, là, cet article-là, on comprend que le rôle des municipalités vient de disparaître au complet. Le ministre
nous dit que le projet de loi, dans son commentaire, il nous dit que,
de manière introductive, puis je le comprends, puis c'est vrai, c'est
introductif... à l'état de fait qui va exister lorsque le projet de loi va être adopté, s'il est adopté.
On ne sait jamais, peut-être qu'il ne sera pas adopté. On ne sait jamais
tout ce qui peut se passer pendant une session parlementaire.
Alors,
le pouvoir actuel, bien, le pouvoir, les responsabilités qui existent
actuellement dans les municipalités, mettons Montréal, ça fait que ça,
tout ça, c'est aboli, là, ça va disparaître, là, il faut que ce soit clair, là.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : M. le ministre.
Bonnardel :
M. le député, allez à la page... au
chapitre XVIII, bien,
l'article 194, 194, la «délégation a un organisme et compétence de la
Ville de Montréal».
Barrette : Alors, moi, je suis content que votre collègue vous
fasse... vous indique là où il y a cette référence-là, que j'avais lue. Alors, est-ce qu'il n'y a pas là
une contradiction ou... En tout cas, dans les textes de loi, les premiers
articles ont préséance sur les autres. En tout cas, s'ils n'ont pas préséance,
ils viennent indiquer un certain nombre d'intentions gouvernementales. Ce que je ne comprends pas, je pense que le ministre
voit où je veux en venir, là, ce n'est pas une question de... comment
dirais-je? Ce n'est pas une question de vouloir jouer sur les mots, mais ici, à
2, on affirme d'une façon formelle que la
responsabilité ultime revient à la SAAQ, à la Commission des transports du
Québec, et c'est relativement... il n'y aurait pas lieu ici d'avoir un
amendement qui ne prévoit pas simplement des personnes chargées, mais des
organisations en plus?
Moi,
mon enjeu à moi, là, je comprends que 194, ça peut le faire, mais là 194, vous
conviendrez... je comprends, mais c'est
parce que c'est des «peut», c'est des «peut». Alors là, 2 vient exclure de ce
champ-là d'application d'une éventuelle loi l'autorité formelle des municipalités. Elles ne sont pas là. Ça les
exclut, là, c'est terminé. Mais, quand on arrive à 194, c'est «peut».
Donc, techniquement, je pourrais dire : Ça ne pourrait jamais arriver.
M. Bonnardel :
M. le député, on donne, donc, aux articles 194 jusqu'à 198, la
possibilité, donc, de...
M. Bonnardel :
Bien, c'est dans la loi, ce sera dans la loi, c'est de déléguer aux organismes
énumérés si tu es sous une municipalité, une communauté métropolitaine, une
régie intermunicipale, une société de transport en commun et même l'ARTM.
M. Barrette :
Oui, mais ce sont des «peut», alors que 2, là, 2, s'il advenait qu'on
l'amendait, on l'amenderait dans le sens
de dire, sans les nommer, mais de dire que ces gens-là... Là, c'est clair que,
de la manière que le projet de loi est construit, il est possible que d'autres organismes, là, ici,
on parle de personnes, on ne parle même pas d'organismes, là, on parle
de personnes, que ça se peut, alors que, moi, en ce qui me concerne, ces
gens-là, c'est un peu décevant de constater qu'ils pourraient être exclus du champ d'application de la loi. C'est le sens
des mots. C'est le sens des mots, là. Quand bien même il y a 194, 195, et ainsi de suite, à la fin, le
gouvernement a l'autorité de dire : Légalement, vous, les organisations
municipales, vous êtes en dehors du stade.
Vous n'avez pas un mot à dire, c'est nous qui décidons. Parce qu'à la fin c'est
ça, là, 2. 2, ça dit : Le
gouvernement, par sa loi... puis ça ne dit même pas si c'est le gouvernement ou
le ministre, là, mais ça dit ça comme ça.
Alors,
moi, je comprends, là, que c'est un
article introductif. C'est exactement mon
point. Ça introduit le fait que le gouvernement a le pouvoir d'exclure
les organisations municipales de ce mandat-là de surveillance. Ça ne garantit
pas qu'elles vont jouer un rôle, parce que c'est un «peut» et non un «doit».
M. Bonnardel : Mais, Mme
la Présidente, «les personnes», en
termes juridiques, «les personnes» impliquent les personnes morales, qui peuvent être la ville de Montréal,
peuvent être les agents de la paix, contrôleurs routiers, policiers qui
vont appliquer, donc, la présente loi. C'est ce que ça dit, là. C'est pour ça
qu'on l'indique par «les personnes chargées». Si vous voulez un avis juridique,
là, de la définition de «personne chargée», je peux vous le donner.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, monsieur, vous allez décliner votre nom et votre titre, s'il vous plaît.
M. Lessard
(Martin) : Oui. Bonjour. Martin Lessard, je suis avocat à la Direction
des affaires juridiques du ministère des Transports.
Oui, donc,
bon, on parlait de la définition de «personne chargée de l'application de la
loi». Bien, à l'article 2, bien, évidemment,
les personnes chargées, les municipalités, notamment, sont des personnes morales, là, de droit public, là.
Donc, nécessairement, on avait prévu, là, qu'elles étaient visées par l'article 2.
Et donc, effectivement, pour ce qui
est des dispositions spécifiques, les
délégations de pouvoirs, là, c'est l'article 194 de la loi qui s'applique,
puis le deuxième alinéa de 194 concerne spécifiquement la ville de Montréal, et donc les pouvoirs leur sont
délégués, là, de par la loi, par l'alinéa deux de
l'article 194. Pour les autres cas, bien là, effectivement, ça va être une
délégation qui va être faite par le gouvernement, là, pour les autres
municipalités.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, je prends les paroles du légiste au mot. Alors, il
dit lui-même que c'est «peut». Alors
là, c'est «peut». Alors, ça veut dire que, de fait, là, l'article 2,
formellement, «peut» tient. On prend le même mot, ne pas déléguer de
pouvoirs, mettons, à la ville de Montréal.
M. Lessard
(Martin) : Bien, j'ajouterais juste une chose. Ça reprend, dans le
fond... Ce principe-là, ça reprend, là, ce qu'il y avait dans la loi actuelle de la
loi sur le taxi. Donc,
effectivement, la loi actuelle déléguait, là, à la ville de Montréal, de
par la loi, des pouvoirs, mais pas aux autres municipalités. Donc, c'est le
même principe, là, qui est repris là.
M. Barrette :
Moi, Mme la Présidente, là, je comprends très bien, là. Mais, s'il y a une
chose que je ne ferai pas souvent,
mais je vais le faire de temps en temps, je ne vais pas référer jamais à la loi
actuelle comme étant un argument validant la position d'un article,
parce qu'on vient défaire le régime actuel. Dans les faits, là, le projet de
loi, il est fait pour défaire le régime
actuel. Il est fait... Je vois, Mme la Présidente, que le légiste fait non de
la tête. Bien, c'est plate, mais c'est oui
dans les faits, là. Le légiste, il va reprendre la parole, il va dire :
Bien non, là, on ne fait qu'adapter le registre actuel. Moi, ce que je dis et ce que je constate, et je pense
que tous les observateurs, incluant la
partie ministérielle, admettent, c'est
que l'industrie actuelle du taxi, elle ne
sera plus la même après, là. On ne peut pas utiliser, à mon avis, l'argument
de : C'était comme ça avant, donc c'est correct après.
Alors, avant,
c'était comme intrinsèque, implicite, il y avait une histoire qui faisait en
sorte que les municipalités et autres
organisations de ce type-là avaient un pouvoir, oui, qui leur était conféré.
Mais là, dans un nouvel environnement, un
nouvel environnement, là, qui est assez lourd de conséquences... Je pense qu'on
en a assez parlé. Ceux qui sont venus nous faire part de leurs doléances
en consultations publiques ne sont pas venus nous dire que c'étaient des
changements mineurs. Je pense qu'ils sont
venus nous dire, au contraire, que c'était plus qu'une transformation majeure,
c'était la disparition d'un univers
au profit d'un autre univers. Et là, à 2, moi, je regarde ça, là, et 2, c'est
introductif, je comprends très bien ce qu'on me dit, mais il n'en reste
pas moins que ce n'est certainement pas affirmatif, ni à 2, ni à 194, ni à 195,
que les municipalités, notamment les grandes villes, notamment
la région de Montréal, vont être impliquées là-dedans. Là, je
sais qu'on va me répondre : Bien, c'est sûr
qu'ils vont l'être. Oui, mais, si c'est sûr qu'ils vont l'être,
qu'on l'écrive dans la loi.
M. Lessard
(Martin) : Je rajoute juste
une chose, là, peut-être vraiment reprendre le deuxième alinéa de l'article 194.
Quand on parle de la ville de Montréal,
la délégation, elle est de plein droit de par la loi, là. Ce n'est pas le
gouvernement qui va décider de déléguer, là.
Dans le fond, on dit : «La ville de Montréal a, pour l'ensemble du
territoire de l'agglomération de Montréal,
compétence pour exercer les pouvoirs qui peuvent être délégués...» Donc, tous
les pouvoirs qui sont prévus au premier alinéa de 194, ils sont délégués
de plein droit, de par la loi, à la ville de Montréal.
M. Barrette : Oui, je suis d'accord avec ça, Mme la Présidente. Ils le sont si le gouvernement ou le ministre, là, j'accepte la nuance que le légiste...
Me Lessard...
M. Lessard (Martin) : C'est ça.
M. Barrette : Je m'excuse, là, parce
qu'on va...
M. Lessard (Martin) : Non, ça
va. On va apprendre à se connaître. On va se connaître.
M. Barrette :
Quand on va arriver à l'article 75, là, ça va être parfait. Alors, Me
Lessard, là, nous dit que le deuxième alinéa
nous dit que c'est de plein... Bien oui, je suis d'accord, c'est ça que ça dit,
mais ça commence par «peut». Il y a une condition avant, là. C'est
«peut». Le deuxième alinéa va s'appliquer si le premier alinéa l'est.
M. Lessard (Martin) : Bien,
non, non, non. Pas du tout, là. Le premier...
M. Barrette : Ah! bien là, là, Mme la Présidente, là, c'est sûr
qu'on traite à l'avance d'un article, là, mais je veux bien faire cette
entorse-là. Je ne la referai pas, mais...
M. Lessard
(Martin) : Dans le fond, l'article,
je peux... c'est que le premier alinéa dit quels pouvoirs peuvent être
délégués à une municipalité.
M. Barrette : Oui, c'est ce que
je dis.
M. Lessard
(Martin) : Donc, par le gouvernement, c'est le premier alinéa. Et le deuxième alinéa dit : Tous
ces pouvoirs-là à la ville de Montréal,
le législateur lui-même les délègue d'emblée à la ville de Montréal.
Donc, c'est tous les pouvoirs qui
sont mentionnés au premier alinéa. Donc, même si le gouvernement n'a délégué aucun de ces pouvoirs-là à une quelconque municipalité, il n'en demeure pas moins que la ville de Montréal, une fois que la loi est en
vigueur, elle a tous les pouvoirs qui sont mentionnés au premier
alinéa de 194, sans que le gouvernement n'ait quelconque chose à faire. Donc, c'est
ça, l'effet de 194. Et, comme je dis, ça reprend l'esprit de l'article, je ne
l'ai pas par coeur, là, mais 13 ou quelque chose...
M. Barrette : On y reviendra,
là. C'est un projet de loi qui est complexe, Mme la Présidente...
M. Lessard (Martin) : Non,
mais, c'est important, là, de bien comprendre.
M. Barrette : Justement, là...
M. Lessard (Martin) : Je comprends.
Vos interrogations sont importantes.
M. Barrette : Oui, oui, merci. J'apprécie le commentaire. Je ne les fais pas comme ça, par hasard, là. Il n'en reste pas moins, là... Et je reprends les propos de Me Lessard.
Me Lessard nous dit : Ne vous inquiétez pas, parce qu'au deuxième alinéa ils les ont tous, les pouvoirs. Mais moi, je
réponds : Oui, mais c'est parce que le deuxième alinéa, il suit le
premier. Le premier doit s'exercer avant que le deuxième s'exerce.
Alors, le
premier, c'est «peut», et je ferais remarquer à Me Lessard que le deuxième
alinéa... Je vais le lire : «La ville de Montréal a, pour l'ensemble du territoire de l'agglomération de
Montréal, compétence pour exercer les pouvoirs qui peuvent être délégués
à un tel organisme. Elle peut aussi les...» C'est tout des «peut».
Alors, le
premier alinéa, c'est un «peut», le deuxième alinéa, c'est un «peut». Pour
arriver au deux, il y a la condition du
«peut» en premier, puis, quand on arrive dans le deuxième, c'est un «peut».
Mais là c'est parce que ça fait pas mal de «peut». Je pourrais aller jusqu'à dire que je n'en peux plus, mais je ne
le ferai pas. Alors là, d'où mon interrogation initiale. C'est
introductif. Moi, je suis bien d'accord que c'est introductif, mais c'est une
introduction faible.
Présidente (Mme St-Pierre) : Voulez-vous qu'on suspende quelques
instants? O.K.
Alors, monsieur... maître.
M. Lessard (Martin) : Oui.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Bon, alors, je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 59)
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Monsieur... allez-y.
M. Lessard
(Martin) : Oui. Mon cher collègue
Me Paquin me faisait remarquer, là, aussi un autre
article
qui est important à prendre en considération, c'est 202 du projet de loi,
qui modifie — donc,
ça, c'est la charte de la ville de Montréal — donc, qui vient modifier l'article 274,
là, de l'annexe C de la charte, là, pour venir dire que la ville, donc,
de Montréal exerce tous les pouvoirs pouvant
être délégués à un organisme en vertu de 194. Donc, elle affirme, là, qu'elle
exerce tous les pouvoirs qui peuvent être
délégués en vertu de 194, là, de la Loi concernant le transport rémunéré de
personnes par automobile et a pleine autorité sur l'organisme visé à
220.1, qui est... C'est le BTM, c'est ça.
M. Barrette : Alors, Mme la
Présidente, je comprends que maître...
M. Lessard (Martin) : Paquin.
M. Barrette : Paquin? Paquet?
M. Lessard (Martin) : Paquin,
Mathieu Paquin, oui.
M. Barrette : Alors, Me Lessard a consulté Me Paquin. Alors, ça
fait deux instances juridiques. Ce n'est pas parce qu'on le conjugue à
un autre temps que ce n'est pas «pouvoir», là. C'est la même affaire.
Alors, la
ville exerce tous les pouvoirs pouvant être délégués à un organisme en vertu de l'article 194. Le «peut» de 2 est suivi par un «peut» de 194, et comme un
«peut» de 195, et se retrouve avec un «pouvant» de 202. On est dans le «peut», là, on n'est pas dans le «doit». Alors,
sur le plan purement technique de l'introduction, là, alors, moi, je vous invite à, tu sais... Je ne vous invite à rien du tout, en
fait. Continuez, c'est très bien comme ça. Mais là on est dans le «peut»,
là. Il n'y a rien qui dit que la ville de
Montréal ni même la ville de Québec, là, pas juste la ville de
Montréal, l'agglomération
métropolitaine de Montréal... Moi, ça me...
Puis je reviens à ce que
je disais, Mme la députée... Mme la Présidente, pardon, la députée aussi, là,
mais... la députée aussi. Alors, Mme la
Présidente, je reviens à ce que je disais. On a une
loi sur le taxi. Là, ce
n'est plus une
loi sur le taxi, on ne peut pas se référer à ça, là. Là,
c'est une loi, là... ce n'est tellement plus l'univers du taxi dans l'esprit du
gouvernement que c'est l'esprit du transport
rémunéré. Et moi, là, n'importe quoi, là, qui n'aura pas assez de pouvoir
pour observer, réglementer, ramener dans le
droit chemin des organisations du genre de... on ne les nommera pas, mais du
genre de celles qui rentrent au Québec
actuellement et qui font qu'on est rendu là, moi, ça me fatigue. Puis il va y
en avoir d'autres affaires qui vont me fatiguer dans le projet de loi.
Alors là, on
est dans du «peut», puis je n'ai pas de garantie qu'à la fin, ne serait-ce que
pour l'agglomération de Montréal, où
est la moitié du Québec... Puis ça devrait être pour tout. Moi, en ce qui me
concerne, ça devrait être partout, là.
Tout le monde... Les villes devraient avoir leur mot à dire sur leur territoire
à chaque fois; là, c'est des «peut». La seule chose que je voie de spécifique pour Montréal là-dedans, là, c'est
qu'une loi qui devrait être la même pour tout le monde il y a des articles potentiels pour Montréal. Ça,
c'est vrai. Mais ça demeure potentiel. Il n'y a pas de règle qui est
universelle. J'ai de la misère... Bien, universelle. Il n'y a pas de règle qui
s'applique formellement sur tout le territoire.
Alors, je
relis 2 : «La Société de l'assurance automobile du Québec, la Commission
des transports du Québec et les personnes
chargées...» Là, on aurait pu dire : «...et les municipalités ont la
responsabilité de vérifier l'application de la présente loi.» Moi, je pose la question : Pourquoi on
ne met pas ça? Est-ce qu'on va avoir un régime à plusieurs vitesses?
Pourquoi on ne met pas, là, dans 2, les municipalités ipso... de facto, là?
M. Bonnardel : M.
le député, on lisait à l'article 194...
M. Bonnardel :
...que le gouvernement peut déléguer aux organismes énumérés. La ville de
Montréal a, pour l'ensemble du territoire,
compétence pour exercer les pouvoirs, et elle-même peut aussi déléguer à
l'ARTM, si elle le souhaite, «dans la mesure où elles concluent une
entente à cette fin par laquelle la ville renonce à exercer cette compétence».
Je pense
qu'on est assez clair dans la façon dont on veut le faire. Il n'y a pas de...
On ne travaille pas en catimini, là, pour
imposer quelque chose. On va, dans l'ensemble, sur ce qui existait déjà,
surtout pour Montréal, encore une fois. On l'a mentionné, la compétence de la ville, le BTM, et tout ça, c'est
important pour nous. Alors, je pense, de la façon qu'on l'a écrit et de la possibilité, donc, encore une fois, de déléguer
aux organismes énumérés, je pense qu'on le mentionne bien, tu sais,
c'est... pour nous, c'est de travailler avec les compétences requises pour
chacune des entités, là.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, je vais
reprendre mon argument puis, si ça continue, je vais quand même probablement proposer un amendement,
là. Ici, là, on devance. J'ai accepté, là, qu'on aille... Normalement,
on est à l'article par article, là, on l'avait convenu, là. Je pense
qu'on l'avait convenu. Si on ne l'a pas convenu, il va falloir... bon. Alors
là, là, on sort de notre protocole. Je veux
bien sortir de notre protocole d'étude
détaillée, là, mais, quand on arrive
à 194, là, on n'est pas du tout... on
est dans le
Chapitre XVIII. Le
Chapitre XVIII, c'est sûr, ça traite
de Montréal. Et là, là, II, là, lui, là, c'est le début du projet de loi. Ça ne peut pas
être plus le début, plus le début de ça, c'est I. Alors, à II, là, qui
introduit tout le reste, c'est tous des «peut». Et alors, revenons à II,
c'est «peut». 194 sert à illustrer mon propos. C'est correct.
Alors, moi,
si je reviens à II, je constate que c'est «peut» et que, donc, potentiellement,
les municipalités, incluant Montréal... puis je ne dis pas
que le ministre... je ne prête pas d'intention à personne, je dis
simplement, là, qu'on est dans le «peut», et, quand on me dit...
M. Barrette : Bien oui, oui, oui. Non, je m'excuse. C'est vrai, il n'y a
pas de «peut» dans II, c'est vrai, ce n'est pas un «peut», mais c'est implicite, parce que «dans les fonctions
et pouvoirs qu'elle leur attribue respectivement».
Alors, ça ne veut pas dire qu'il va en avoir. Puis, quand on veut
répondre à cette question-là, oui, là on va à 194, puis c'est tous des «peut».
Le fait de ne
pas avoir nommé les villes, là, la personne chargée, c'est juste des personnes
au sens que je vais qualifier général
du terme, mais, s'il est général, ça veut dire qu'il y en a qui vont être
désignées puis il y en a qui ne le seront pas.
Demain matin, là, il pourrait ne plus y avoir,
légalement, de bureaux de taxi à Montréal, par exemple. Alors, quand on prend l'argumentaire de : La loi
était de même avant la loi du taxi, oui, mais c'est parce que ce n'est plus
une loi de taxi. Il n'y en a plus, de loi de taxi, là, il n'y en a plus. Là, il
y a une nouvelle loi, là. Tout tombe.
M. Bonnardel :
...pourquoi j'obligerais une municipalité si elle ne le souhaite pas? Pourquoi
je les obligerais?
M. Barrette :
Bien, c'est parce que moi, là, je prends souvent l'argument du ministre. Le
ministre nous dit souvent : Écoutez,
là, il faut faire cette loi-là parce que cette loi-là nous amène dans cinq ans,
dans 10 ans. Moi, j'ai même dit au ministre, sur son
argument : On ne verra pas ça là, là. Le ministre me répond : Oui, on
va le voir bientôt. Savez-vous qu'est-ce qu'on va voir bientôt? Puis je prends
les propos du ministre, on va voir des véhicules autonomes.
Si, dans cinq
ans, là, sur cette loi-là, il y a des véhicules autonomes, là, moi, je soumets
au ministre que toutes les municipalités vont avoir certainement un rôle
à jouer dans l'état raisonnablement prévisible de ça. Ça, c'est les mots du ministre. Je prends juste ses mots. Alors,
quand il me pose la question : Pourquoi je mettrais ça là-dedans?, bien,
de la façon aussi futurologique que le ministre a utilisé son argumentaire à
date, moi, là, je suis à Rouyn-Noranda, là. Bien, à Rouyn-Noranda, là, si jamais arrivent, là, des
voitures autonomes, que bien du monde vont craindre, d'autres vont être contentes, bien, j'aimerais ça, moi, avoir un
pouvoir de réglementation ou de surveillance de ça, un ou l'autre ou un et
l'autre.
Alors, moi, de me demander pourquoi, je veux
bien, là, mais je pense que c'est plus à la
partie ministérielle de justifier
son affaire.
M. Bonnardel :
Bien, M. le député, vous parlez d'autonomie municipale. Pour moi, c'est
important, mais vous ne vous imaginez
pas, demain matin, si le véhicule autonome était
partie prenante de notre
réseau routier, dans cinq ans, qu'on ne
va pas encadrer tout ça par l'entremise du ministère des Transports et de
travailler avec les municipalités? On ne laissera pas pleins pouvoirs à la municipalité. En tout
cas, je vois mal comment on pourrait dire : Vous, là, vous ne pouvez pas
accepter de véhicule autonome sur votre territoire. Si on a travaillé dans un
ensemble québécois, je pense que ça va de soi.
Alors, je le
répète, pourquoi vous souhaitez que, dans cet article, j'oblige, j'oblige les
municipalités? Je ne souhaite pas les
obliger. Elles peuvent participer avec nous. On donne les pleins pouvoirs à
Montréal, comme avant, et, pour le reste, bien, comme je vous l'ai mentionné, à l'article 194, on définit les
personnes chargées. Ce sont des contrôleurs routiers aussi, des agents
de la paix, des policiers, tout ça, plus les personnes morales, les
municipalités.
Mais je ne
vois pas en quoi, demain matin, je devrais obliger les municipalités à être
partie prenante de cette loi quand il
y a déjà des organismes, il y a déjà des... je le mentionne, la SAAQ, la
Commission des transports, le BTM, et autres, qui feront de la
surveillance pour s'assurer des règles qui doivent être respectées.
M. Barrette : Là, Mme la
Présidente, là, on est dans la contradiction dans les termes. Alors, dans les
dernières minutes, le ministre nous a dit
qu'il n'y a pas de problème parce qu'à 194 on peut leur donner la
responsabilité, et là il ne voit pas pourquoi on aurait à leur donner la
responsabilité à tout le monde. Bien, moi, ce que je dis, ce n'est pas compliqué, qu'on fasse un amendement qui dise
quelque chose du genre : Ipso facto, elles ont toutes la possibilité
d'assumer cette responsabilité-là. Si elles
le désirent, elles le laissent aux autres. Ce n'est pas la même chose que de
pouvoir leur donner la responsabilité. Ça, c'est l'«opting in»,
l'«opting out».
actuellement, là, c'est un «opting in» au choix du gouvernement, alors que,
normalement, ça devrait être un «opting out», à mon avis, au choix de la
municipalité.
M. Bonnardel :
Je n'ai pas l'intention d'aller plus loin pour cet
article ni de l'amender. Je
pense qu'on est assez clair. On
n'oblige personne. On donne encore une fois les pouvoirs à Montréal, comme je
l'avais déjà mentionné, comme on l'avait
mentionné au BTM quand on les a reçus ici. Donc, on délègue un organisme, je
pense qu'on explique bien ce qui peut
être possible aux municipalités, aux communautés métropolitaines, aux régies intermunicipales,
aux sociétés de transport, à l'ARTM.
Je pense que c'est assez clair. Et là-dessus, pour moi, d'obliger les
municipalités à être
partie prenante, je ne vois pas en quoi je devrais
aller là pour les obliger à être
partie prenante quand il y a déjà, encore une
fois, des entités qui sont responsables... qui seront responsables d'appliquer
la loi.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, comme je l'ai dit, il n‘y a même pas, je pense,
45 secondes, je ne propose pas
de les rendre obligatoires, de les obliger. Ce que je dis simplement, c'est
que, de fait, elles devraient avoir le droit et elles pourraient avoir la possibilité de ne pas exercer ce droit-là. Ce
n'est pas le même chemin législatif, légal. C'est un chemin différent. C'est le principe que je pense
que tout le monde comprend. C'est de l'«opting in» ou de l'«opting out».
Ça, ça veut
dire que c'est sûr que ça enlève au gouvernement la possibilité de décider qui
va l'avoir, la responsabilité, et qui ne l'aura pas. Et ça enlève un certain...
c'est sûr que, du côté gouvernemental, ça peut créer un malaise. Mais il y a
quand même quelque chose, on fait une nouvelle loi pour un nouvel univers pour
le futur. Alors, qui nous dit qu'il n'y aura
pas un tel, et tel, et tel nouveau cas de figure? On transforme une industrie,
là, on ne fait pas juste la transformer, là, c'est un nouvel état de
fait. Alors, moi, je regarde ça, puis il me semble que c'est utile.
Alors, Mme la
Présidente, suite à nos échanges, je pense qu'il y aurait lieu de suspendre
quelques instants nos travaux pour que nous rédigions l'amendement que
je souhaite déposer conséquemment aux conversations qu'on vient d'avoir.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 13)
Présidente (Mme St-Pierre) : Alors, nous allons reprendre nos travaux, s'il vous plaît. M. le député de La
Pinière, je vous invite à lire l'amendement que vous proposez à l'article 2.
M. Barrette : Alors, l'amendement
se lit ainsi, Mme la Présidente :
L'article 2 du projet de loi est modifié
par :
1° le
remplacement des mots «les personnes» par les mots «les autorités municipales
ou supramunicipales sont»;
2° et
l'ajout, à la fin, de «Une autorité municipale ou supramunicipales peut
choisir, pour une période déterminée de renoncer à cette
responsabilité.»
Alors, ce que
ça dit, essentiellement, Mme la
Présidente, c'est un renversement de
la procédure qui est dans l'esprit du
projet de loi... non, je m'excuse, qui est dans l'esprit de l'article 2,
qui, lui, parle des responsabilités de ceux et celles... et là je parle des organisations qui ont la responsabilité de
surveillance. Alors, ce que ça dit contrairement à précédemment, ce
n'est pas la société... la SAAQ — je vais juste prendre mon cahier — obligatoirement,
et la Commission des transports obligatoirement,
et peut-être les autres. Alors, ce que ça dit, ça dit : À la case départ,
obligatoirement, la SAAQ, la Commission des transports du Québec, les autorités municipales et supramunicipales.
Et, s'il advenait, pour toutes sortes de raisons, par exemple, une municipalité est trop petite puis
elle n'a pas vraiment de cette activité-là, qu'elle ne veut pas participer à
ça, elle n'y participe pas, c'est son choix, et la responsabilité revient à
l'autre.
Alors, ça couvre tous les cas de figure d'aujourd'hui et du futur. Parce que le futur, là, s'il y a une chose qu'on
ne connaît jamais, c'est le futur et, s'il y a
une chose qu'on connaît encore moins, c'est le futur dans ce nouvel environnement-là.
Moi, je ne vois qu'une série de potentiels problèmes devant nous. Maintenant,
on n'est pas nécessairement d'accord là-dessus, mais l'amendement que je
propose est le résultat direct des conversations qu'on vient d'avoir.
Le ministre
va me dire : Je ne vois pas pourquoi je ferais ça. Bien, moi, je lui dis : Il ne
voit pas pourquoi non plus qu'il
ne le fera pas. Alors, ça, c'est un amendement que je pourrais qualifier de préventif, qui ne
mène à rien d'additionnel comme
fardeau à qui que ce soit mais, qui
vient inclure dans la loi la possibilité ipso facto, pour une autorité
municipale ou supramunicipale, d'assumer, dépendamment de l'évolution
des circonstances, cette responsabilité-là.
Je vais aller
plus loin, Mme la Présidente. Si on considère que Montréal
a besoin... Puis là, quand j'écoute le ministre, c'est sûr que ça va arriver. C'est marqué «peut», là, mais il dit lui-même : Bien, regardez, c'était déjà comme ça, ils vont l'avoir. Bien, si c'était si évident que ça, ça serait écrit dans la loi
que Montréal, dans sa globalité, l'aurait. Mais non,
même ça, ce n'est pas là. Alors, même ça, ce
n'est pas là. C'est ça qui est un
petit peu bizarre dans le
raisonnement. Bien oui, ils vont l'avoir,
mais c'est un «peut», mais, bien oui, ils vont l'avoir, mais pourquoi
ce n'est pas dans la loi? Alors, moi, ce que je dis, c'est que, bien oui, tout le monde va l'avoir qui pense qu'il y
a lieu... il a raison de l'exercer
pour toutes sortes de raisons. Si la municipalité ou l'autorité soit régionale... supramunicipale, pardon, ne la veut
pas, bien, elle ne l'a pas. Mais une chose qui est certaine dans l'article 2, là, il y a deux organisations publiques qui ont obligatoirement cette responsabilité-là, et
c'est la Société de l'assurance automobile
du Québec et la Commission des transports du Québec. Après, c'est
des «peut», ça ne change rien au
raisonnement. Moi, je dis : Tout le monde peut, s'il le souhaite. C'est
sur leur territoire. S'ils ne le veulent pas, ils ne l'ont pas, et, comme dans tous les cas de figure, ça revient aux
deux entités que j'ai mentionnées précédemment. Et, si c'est si évident
que ça que Montréal va l'avoir, bien, Montréal va l'avoir ipso facto.
Alors, ça, ça
couvre tous les cas de figure dans le futur en termes de responsabilité, de
surveillance, puis je ne vois pas
pourquoi le ministre serait inconfortable avec ça. Je ne le vois pas. Je
demande au ministre, là, à ce moment-ci, de nous expliquer pourquoi il
est inconfortable avec ça.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le ministre.
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, c'est assez simple. On l'a expliqué tantôt jusqu'à quel
point, dans le terme juridique qui est «les
personnes chargées», que ce terme était inclusif. Alors, le député me demande
de remplacer le mot «personnes» par
«les autorités municipales ou supramunicipales». Les personnes chargées, ça
inclut aussi, je l'ai dit tantôt, les
contrôleurs routiers, les agents de la paix, les policiers. Alors, si j'abolis
ou j'enlève le mot «personnes», bien, ces personnes nommées inclusivement, donc, dans la définition
des avocats, bien, ça ne peut pas fonctionner. Et je le répète encore
une fois, là, les autorités municipales, à
l'article 194, auront le choix. Et l'ARTM, on la définit comment, là, dans
«municipales ou supramunicipales»?
Alors, ça ne
peut pas fonctionner, Mme la Présidente. Puis, je le répète, je pense qu'on l'a
bien écrit dans l'article 194 : «La ville de Montréal a, pour l'ensemble du territoire de
l'agglomération[...], compétence pour exercer les pouvoirs», comme elle le faisait avant par l'entremise du BTM. Elle
peut le déléguer aussi, en tout ou en partie, à l'Autorité régionale de
transport métropolitain. Alors, ça ne peut
pas... on ne peut pas accepter l'amendement, parce qu'encore une fois le terme
ou... d'amener juste les autorités
municipales ou supramunicipales va enlever la définition que je vous ai donnée
tantôt dans l'ensemble des personnes chargées, qui inclut donc les
contrôleurs routiers, agents de la paix, policiers. Voilà.
M. Barrette :
Mme la Présidente, le ministre me dit que j'utilise un mauvais terme. À
l'article 32, là, de la
loi sur le
taxi, au un, deux, trois, quatrième alinéa, c'est écrit tel quel : «Le
gouvernement peut par décret déléguer à toute autorité municipale ou supramunicipale qu'il indique
l'exercice des pouvoirs prévus [à certains articles].» C'est des termes de
la loi existante. Alors, sur l'argument, Mme
la Présidente, que le terme n'est pas un bon terme, bien non, c'est parce que
le terme, c'est le terme qu'on a pris de la loi actuelle, bon, déjà là,
en partant.
Alors,
deuxièmement, le ministre nous dit : Oui, mais il y a des personnes, là,
il prend des agents de la... Oui, mais c'est
parce qu'eux autres sont sous l'autorité de son ministère, de la SAAQ, hein?
Ceux qui font, là, la surveillance sur les autoroutes, là, ils sont sous leur autorité à eux autres. Ce n'est pas
un argument. Moi, tout ce que... Je le répète, Mme la Présidente, là, le ministre me répond par la
bande, par la bande, en termes d'argumentaire, à une proposition que je
fais qui est identique à la sienne, avec une
exception. Moi, c'est une question d'«opting out», alors que, lui, ce n'est
même pas un «opting in». Lui,
c'est : Je leur propose, parce que c'est ça, le sens du «peut», puis je
leur propose, puis ils ne sont même pas obligés d'accepter.
Alors, moi,
ce que je dis simplement, c'est la même chose, sauf que, dans la loi, puisque 2
a une force, une valeur introductive,
elle vient annoncer un nouveau régime, parce que c'est un nouveau régime, par
une nouvelle loi qui vient balayer tout
le reste du revers de la main, ça, c'est clair, c'est bien établi, bien, je dis
simplement : O.K., dans ce nouveau régime là, tout le monde aura la
responsabilité, à moins qu'ils décident de ne pas la prendre et de la laisser
au précédent.
Alors, dans
la hiérarchie des responsabilités, il y a, en haut, le ministère. On s'entend,
là, le ministère veut qu'il y ait de la surveillance, c'est ça qui est
essentiellement l'article 1 et 2, surtout le 2. Alors, après le ministère,
là, c'est délégué à la
Société de l'assurance automobile. En même temps, si on avait affaire à un
organigramme, là, ça serait à côté ou en dessous, mais probablement à côté, il y aurait la Commission des
transports du Québec. Et là, après ça, on descendrait d'un étage, et là, l'étage d'en dessous, c'est les
personnes chargées. Là, les personnes chargées, là, ce sont les personnes qui
peuvent être chargées. Le ministre nous a
donné l'exemple de 194, qui est Montréal. C'est exactement ça que ça dit. Et
moi, je le dis, là, dans la
hiérarchie, ministère, SAAQ, CTQ, j'inclus les municipalités et autorités
supramunicipales et je leur donne le loisir de ne pas le prendre.
Alors, ce n'est pas la même dynamique. Encore
une fois, c'est l'«opting in», l'«opting out», et, pardonnez-moi, là, je ne voudrais surtout pas que le député
des Îles-de-la-Madeleine s'en offusque, mais, dans la population
générale, tout le monde sait c'est quoi, ça. Pour des fins de clarté de la
discussion, là, j'utilise quatre mots dans deux locutions anglaises. Alors, c'est ça, la réalité. Alors,
c'est le même esprit que ce que le ministre a déposé, mais avec une
dynamique légèrement différente. Pourquoi? Pour faire face à toutes les
éventuelles situations.
Moi, là, je
regarde ça, là, puis je reprends les propos du ministre juste pour faire,
encore une fois, la même futurologie que
le ministre a faite, hein? Le ministre... non, mais c'est vrai, là. Je vois le
chef de cabinet du ministre sourire. Mais c'est parce que ce n'est pas moi qui ai utilisé à outrance... puis je ne dis
pas ça méchamment, «à outrance», je dis «outrance» en termes de volumétrie. Le ministre a souvent,
souvent, souvent fait référence au véhicule autonome. J'ai même dit, moi,
en introduction à ce projet de loi ci, que
j'ai qualifié du plus injuste que j'ai vu, et pour les raisons... et j'ai
expliqué les raisons pour lesquelles
c'est injuste. Je suis allé aussi loin que de dire, et j'y crois, que
l'industrie du taxi, elle... pas du taxi, je m'excuse, l'industrie d'Uber et de Lyft, c'est quasiment une
industrie à part, ça là, là, eux autres, là, c'est un modèle d'affaires
qui est basé, à long terme, sur des profits
générés par le véhicule autonome, qui n'aura plus de coût de chauffeur. Eux
autres vivent un intermédiaire, et,
dans cet intermédiaire-là, ce sont les chauffeurs et les propriétaires de taxi
qui sont financièrement et personnellement lésés. Ils le sont. Puis ils
le sont d'autant plus que le gouvernement ne les compense par à la hauteur appropriée et, en plus, ne suis même pas la
procédure normale pour établir la compensation, qui est établie
arbitrairement par le ministre et son
équipe. Peut-être par le Conseil du trésor, mais c'est arbitraire, ce n'est pas
le résultat d'une procédure en bonne
et due forme. Il y aura peut-être un procès à cause de ça. Il y aura peut-être
aussi des manifestations entre temps, et on peut le comprendre.
Alors, dans
cet univers-là, là, futurologique, où un jour il y aura des voitures autonomes,
bien, peut-être, moi, là, que la
ville de Sherbrooke va dire : À Sherbrooke, là, c'est le royaume des
côtes. Puis, dans le royaume des côtes, là, ça serait peut-être une
bonne idée qu'on puisse avoir notre mot à dire en termes de surveillance et/ou
de réglementation. Peut-être que ça pourrait être ça. Dans le royaume des
côtes, là, ça glisse, les rues sont croches parfois, et ainsi de suite.
Une ville bien gérée, à Sherbrooke.
Bien, peut-être qu'eux autres... puis je prends eux comme exemple,
là, je ne leur ai pas parlé. Je
pourrais prendre d'autres exemples où les gens pourraient dire : Bien,
regardez, là, chez nous, c'est un cas particulier.
Alors, moi,
je prends un exemple qui s'applique très bien à l'article 2,
et à 194, et n'importe quel autre article,
qui montre qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Alors, ça ne change rien dans
l'esprit hiérarchique des responsabilités de l'article 2
et du projet de loi n° 17. Ça ne change rien. La seule chose que ça
change, c'est qu'on n'a pas besoin, après, de changer la loi ou de venir gosser au gouvernement — je ne sais pas si c'est un anglicisme, mais,
en français, c'est utilisé vraiment beaucoup — pour
avoir une responsabilité que d'autres pourraient ne pas leur donner.
Alors, moi, là, je ne change rien à l'argumentaire
du ministre. Je ne fais que l'approcher, sa problématique, dans un angle
différent, celui de l'«opting out». Et je
n'ai pas entendu, de la part du ministre, un argument contre. Je lui passe la
parole.
Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce que vous avez un commentaire,
M. le ministre? D'autres commentaires, M. le député?
M. Barrette : Oui, j'en ai...
Est-ce que j'ai compris que le ministre n'avait pas de commentaire?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Il a dit au micro qu'il n'avait pas de commentaire.
Barrette : Ah! hier dans une rencontre où j'avais été cordialement
invité avec les propriétaires de taxi, j'avais prédit — c'est
déjà arrivé, il est 10 h 40, là — qu'on allait arriver rapidement à : Je
n'ai plus de commentaire. Bien, ce n'est pas un débat, ça, je n'ai plus
de commentaire.
Je n'ai pas
entendu... Puis là, après ça, Mme la Présidente, ça m'oblige à reprendre mon
argumentaire. Et là je sens la pulsion, du côté ministériel, de me
dire : Ah! vous filibustez. Bien non! C'est parce que moi, j'ai...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. le député de La Pinière, vous ne pouvez pas prêter des intentions.
M. Barrette : Ah! je n'ai pas
prêté d'intention, Mme la Présidente, j'ai parlé de pulsion.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Bien...
M. Barrette : «Pulsion», ce
n'est pas une intention.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Continuez donc.
M. Barrette : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je la sens, mais ça ne va pas... la pulsion ne va pas s'exprimer
tout de suite. La pulsion ne va pas s'exprimer tout de suite, Mme la
Présidente. Ça va venir.
Alors, moi, là, je débats
et je débats d'un point qui est simple. Je n'ai pas de contre-argumentaire et
je m'attends à avoir un contre-argumentaire.
Et là on va me reprocher de le refaire. Je n'ai pas le choix. Je veux dire, un
débat, c'est un débat. On échange des
points de vue puis on échange quelque chose qui se... Les débats
parlementaires, Mme la Présidente, vous n'allez pas me reprocher de les
qualifier de contradictoires.
Vous savez,
Mme la Présidente, en 2014, quand nous avons été élus et avons formé le
gouvernement, c'était mon premier
séjour au salon bleu. Et quand on arrive, au début d'un gouvernement, le
lieutenant-gouverneur fait un discours. Je pense que vous vous rappelez de ça. Et une des choses qu'il a dites,
bien, une des premières choses qu'il a dites, il a dit : Notre
parlementarisme, c'est un... le salon bleu est un lieu de débats
contradictoires. Pas contradictoires pour s'obstiner pour s'obstiner, c'est juste que du débat, comme je l'ai toujours
dit, naît soit la vérité, soit un compromis raisonnable. Encore faut-il
qu'on oppose des arguments sur le même sujet.
Alors, moi,
quand je dis au ministre que je suis,
de par mon amendement, exactement, exactement, dans le même esprit que lui, avec un bémol, juste un, qui est
que moi, je suis dans un «opting out», lui, il n'est pas dans un «opting
in», lui, il est : Je décide. Je ne
donne pas l'option à l'organisation de faire
partie de ceux qui surveillent. Je
dis dans la loi : Vous pouvez
implicitement, là, parenthèse... si ça vous tente. C'est ça que ça veut dire
«peut». Ça ne veut pas dire qu'ils vont l'avoir automatiquement. Et là on me répond : Oui, mais c'est déjà dans la
loi. Oui, bien oui, mais, je veux dire, qui me dit, là, que ça... Si
c'est déjà dans la loi, gardons la loi telle qu'elle est. Mais on la change, la
loi, on change le régime au complet.
Alors là,
moi, je vais exactement dans le même sens que le ministre. Le ministre, dans un
premier temps, me dit : Ces termes-là,
ce n'est pas des termes qui
fonctionnent dans la loi. Je lui fais la démonstration en citant un exemple de
la loi en vigueur actuellement où ces
mots-là, «municipal» et «supramunicipal», est exercé, identifié, appliqué.
Puis, bien, en passant, Mme la Présidente,
dans la loi actuelle, les termes «autorité»... voyons, «municipale»
et «supramunicipale»
apparaissent 26 fois.
Alors, vous
voyez, là, on est dans un débat. On m'oppose un argument qui, à sa face même,
là, ne tient pas la route. Alors, on
me dit : Le terme n'est pas bon, je fais la démonstration qu'il est déjà
là, il est là 26 fois, et là, après ça, il faudrait arrêter le
débat, parce que, là, je n'ai plus rien à dire. Bien, ce n'est pas un débat,
ça, Mme la Présidente, et ça, je trouve ça malheureux.
Alors, je le
redis, je n'ai pas entendu d'argument pratique selon lequel ou sur la base
duquel ou desquels ce que je propose
vient vraiment poser un problème dans l'application du corpus législatif. Je
n'ai rien entendu de ça et, madame, par collégialité, je vais redonner la parole au ministre pour qu'il puisse
peut-être, après réflexion, nous donner un argument qui traite de mon
argument.
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, un court commentaire. Je l'ai mentionné tantôt, la
SAAQ, et la Commission des
transports, et le BTM à Montréal continueront de faire le travail de contrôle
de cette loi, encore une fois. Les municipalités auront la possibilité aussi de participer. Si la ville de... Je vais
donner l'exemple de Sherbrooke. Si la ville de Sherbrooke veut créer
demain matin un bureau de taxi de Sherbrooke, bien, ce sera à elle de le
définir ou de le préparer avec nous. Est-ce qu'elle souhaitera investir des
sommes? Ça sera à eux de le faire.
Maintenant,
est-ce qu'on va leur permettre de réglementer pour contrecarrer le projet de
loi? J'abolis les territoires d'agglomération.
Je n'aurai pas deux villes limitrophes où un taxi partirait d'une ville X pour
se rendre à l'autre ville, puis qu'il
y ait un règlement différent, et que ça empêche, donc, d'aller de l'avant avec
le projet de loi comme on souhaite l'adopter. Encore une fois, c'est
pour ça que l'amendement que le député dépose ne sera pas accepté par nous.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, si le ministre le consent, est-ce que je pourrais
poser une question au légiste, à Me Lessard, qui l'accompagne?
Présidente (Mme St-Pierre) : Est-ce qu'il y a consentement pour
demander à M. Lessard de prendre la parole?
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, qu'il me la pose, la question, je verrai si...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Il n'y a pas de consentement, M. le député.
M. Barrette :
Bien, Mme la Présidente, c'est parce que la question que j'aurais à poser à Me
Lessard, qui, lui, est un légiste,
elle est très simple : Est-ce que l'amendement que je propose pose un
problème législatif, un problème légal? Là, à ce moment-là, ça nous
permettrait de le regarder non pas dans l'angle... je ne sais pas quel angle le
ministre prend vraiment, mais, sur le plan
légal, moi, j'aimerais ça, moi, qu'on m'explique, là, exactement le problème
que ça pose. Le ministre, il ne me le dit pas, donc je ne peux pas
contre-argumenter.
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, le député veut plus être restrictif dans ses demandes, dans
ses façons de faire avec les
municipalités. Je l'ai déjà dit, on n'ira pas là. On n'ira pas là, alors je
n'irai pas plus loin dans ce que j'ai déjà dit depuis 20 minutes,
30 minutes, avec les discussions du député.
M. Barrette : Mais, Mme
la Présidente, j'aimerais, à ce moment-là, que le ministre m'explique en quoi je suis plus restrictif. Ce n'est pas mon intention, je vous le
dis tout de suite, là. Je n'ai aucune intention d'être plus
restrictif, aucune. Alors là... Bien,
en tout cas, au sens général du terme, on s'entend, là. Il y a peut-être
des éléments pour lesquels ce sera nécessaire, mais, dans le cadre de l'article 2,
non, je ne suis pas restrictif. Puis je suis surpris de l'argument du ministre,
parce que c'est la première qu'il sort ça,
là. Là, je vois qu'il y a une consultation active, là, avec ses collègues. Il semble que
les arguments jaillissent de la gauche, de la droite et de l'arrière.
M. Bonnardel : M. le
député, qui a déjà été
ministre, le sait très, très bien, hein, que les collègues peuvent
parler, peaufiner, peaufiner une réponse,
regarder si ça va dans l'intérêt du projet
de loi d'accepter ou non un amendement.
Je l'ai déjà mentionné, on n'acceptera pas cet amendement, parce qu'on ne
sera pas, comme il le souhaite... notre terme à nous, notre «personnes
chargées», est plus inclusif.
Alors,
je le répète, je ne vois pas en quoi adopter son amendement, demain matin ou
là, présentement, améliorerait le projet de loi. Ce qu'on a mis là donne la possibilité aux municipalités d'accepter ou non. Alors, on ne les obligera
pas à aller de l'avant si elles ne le
souhaitent pas. Puis, dans les circonstances, je pense qu'on le définit bien
dans les termes que le projet de loi a été écrit.
M. Barrette : Alors, Mme
la Présidente, je vais reprendre exactement
le raisonnement du ministre, qu'il vient de poser là. On ne les obligera pas. Bien, je viens d'expliquer, avec moult
explications — pléonasme,
on se comprend, là — en
quoi ça ne les oblige pas, ça ne les oblige
pas. Non seulement ça ne les oblige pas, je mets même une
phrase qui dit qu'ils peuvent ne pas
prendre la responsabilité. C'est ça qu'il vient de nous dire. Et, Mme la Présidente, je peux vous dire une chose, je ne vois pas... je ne reproche pas au
ministre de consulter pendant qu'on prend la parole. Voyons donc! C'est
tout à fait normal. C'est juste que le
ministre m'a dit, juste avant que je fasse mon commentaire, qu'il ne voulait
pas que je parle à Me Lessard puis que c'était à lui de poser les
questions. Bien, Me Lessard pourrait nous expliquer juridiquement, c'est une
question simple : Est-ce que ça pose un problème d'application de la loi?
Le ministre ne veut pas.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Monsieur...
M. Bonnardel :
...plus restrictif, et notre terme utilisé est plus inclusif. Voilà.
M. Barrette :
Bien, Mme la Présidente...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : M. le député, c'est la prérogative du ministre
de refuser que... quant à ses...
M. Barrette :
Mais, Mme la Présidente, j'imagine que c'est ma prérogative de poser des
questions.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Oui, c'est votre prérogative de poser des
questions.
M. Barrette :
Merci. Alors, je vais continuer à poser la même question. Est-ce que le
ministre peut nous dire qu'est-ce qu'il veut dire par : C'est plus
restrictif?
M. Bonnardel :
Je l'ai expliqué, Mme la Présidente. Ça fait 22 minutes qu'on discute de
ce terme ou de la façon que le député veut amender l'article 2.
M. Barrette :
Mme la Présidente, je n'ai pas entendu une seule explication qui démontrait le
caractère restrictif de ma proposition. Il n'y a pas plus ouvert que la
proposition que je viens de faire.
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, le député, peut-être, n'accepte pas la réponse que je lui
donne, ce n'est peut-être pas ça qu'il aime
entendre, mais je lui ai donné des réponses à ce que lui souhaiterait voir
adopter, ce qui n'aura pas lieu.
M. Barrette : Mme la Présidente, j'accepte sa réponse. Vous
savez, moi, je suis magnanime, j'adore les conversations, mais encore faut-il que ce soit sur le sujet et
que ça réponde soit à une interrogation, soit à une critique, et là je n'ai
pas de réponse, Mme la Présidente. Alors, je
suis un peu étonné de la position du ministre, qui n'a pas l'ouverture pour
bonifier son projet de loi. Alors, encore une fois, où est la restriction?
M. Bonnardel :
Je n'ai plus de commentaire, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Vous n'avez pas de commentaire? M. le
député.
M. Barrette :
Pas de commentaire. Alors, si je comprends bien, Mme la Présidente, un
amendement qui, dans les faits, donne
la possibilité à toutes les organisations d'assumer ses responsabilités sur son
territoire, lequel amendement permet à
une telle organisation, municipale ou supramunicipale, de s'en délester,
seconde... un, dès son édiction, ça, c'est restrictif. Alors, à la fin, ça veut dire que c'est le
ministre qui va décider qui a ce pouvoir-là ou non, et une organisation
municipale ou supramunicipale devra frapper
à la porte du ministre d'un gouvernement, alors ce ne sera peut-être pas
nécessairement le leur, et là ça nous
amène dans une autre dynamique pour un avenir qu'on peut qualifier, aujourd'hui
dans cet environnement-là, de totalement incertain. Ça, c'est clair.
C'est totalement incertain.
Alors,
moi, j'ai offert au ministre un amendement qui lui permettait d'offrir à
l'univers le plus important, le plus près du citoyen, là, le
municipal...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Il vous reste 30 secondes.
M. Barrette : ...oui,
et le supramunicipal... Je vous remercie, parce que, Mme la Présidente, je vais
l'utiliser jusqu'à la dernière, et vous pourrez me l'indiquer à ce
moment-là, là...
La Présidente
(Mme St-Pierre) : C'est votre droit.
M. Barrette :
N'est-ce pas? Alors, je l'offrais au ministre, cette possibilité-là, et le
ministre ne la prend pas. Alors, ça
augure bien pour le reste du projet de loi. Mais, Mme la Présidente, ce n'est
pas grave. On fera des propositions tout au long du projet de loi, et
nos propositions seront constructives pour bonifier le projet de loi. Libre au
ministre de choisir d'accepter ou non de bonifier son projet de loi. Je
constate actuellement que, pour l'article 2, il a refusé.
Présidente (Mme St-Pierre) : C'est terminé. Alors, monsieur...
Nous allons passer maintenant au vote. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'amendement? Non? Donc, est-ce que
nous pouvons procéder au vote sur l'amendement? Est-ce que l'amendement
est accepté?
M. Bonnardel :
Rejeté.
M. Barrette :
Sur division, rejeté. On l'accepte, nous autres, là.
Présidente (Mme St-Pierre) : D'accord. L'amendement est rejeté.
On va passer maintenant... on va poursuivre les discussions sur
l'article 2. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 2?
Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, moi, c'est pour l'article 2.
Bien, premièrement, je suis très,
très contente qu'on ait mis dans le premier
article toute la question de la
Politique de la mobilité durable, parce qu'un des arguments qui nous
inquiétait beaucoup aussi, par rapport au projet de loi n° 17,
il y en a beaucoup, mais un des principaux,
ce qu'on a vu ailleurs, c'est la multiplication du nombre de voitures sur les
routes, ce qui va exactement à l'encontre de la Politique de mobilité
durable. Et, à l'article 2, donc, ce que j'aimerais, ça serait d'ajouter, à la
fin de l'article, un amendement qui dirait de... «notamment en établissant un nombre maximal d'automobiles selon
la région administrative».
Là, je sais qu'il y a
eu aussi une abolition des agglomérations qui est arrivée... Oui, pardon?
Présidente (Mme St-Pierre) : ...avant de continuer l'explication
de votre amendement, est-ce que vous pouvez nous fournir le texte pour
que nous puissions le distribuer à vos collègues?
Mme Ghazal :
Oui. O.K. Très bien.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Alors, continuez.
Mme Ghazal :
Oui. Donc, dans le projet de loi, le gouvernement, il est...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Excusez-moi, on va suspendre quelques instants
pour permettre la distribution de...
(Suspension de la séance à
10 h 51)
Présidente (Mme St-Pierre) : Donc, des copies de l'amendement ont
été distribuées. Mme la députée de Mercier, veuillez poursuivre, s'il
vous plaît.
Mme Ghazal :
Très bien. Donc, ce qui est important ici, j'introduis la notion de «région
administrative». Ce ne sont pas des
agglomérations, parce que, là, le projet de loi amène une abolition totale de
toutes les agglomérations, il y en a une seule, c'est le Québec, là. Et puis un des arguments du gouvernement,
c'était justement d'éviter le transport à vide, c'est-à-dire qu'il y a des gens qui changent d'agglomération,
puis après ça... pour amener quelqu'un, là, un taxi, puis après ça il ne
peut pas prendre un appel sur l'agglomération, il n'a pas le droit, donc il
faut qu'il reviennent à vide. Donc, ça, c'est un des arguments pour réduire notamment les gaz à effet de serre, d'avoir des
véhicules à vide, c'était un des arguments principaux du ministre.
Mais
le problème, c'est qu'en ne limitant pas le nombre de voitures... puis on n'a
pas besoin, je veux dire, d'attendre que
ça arrive. Ça va arriver aussi au Québec, il va y en avoir beaucoup plus,
puisque, comme je dis souvent, toutes sortes de personnes, ça... Parce
qu'on déprofessionnalise le métier de chauffeur de taxi. Toutes sortes de
personnes pourraient faire ça, par exemple, le
dimanche parce qu'ils s'ennuient ou parce que ça donne un salaire d'appoint.
Ça, c'est sûr, c'est un fait que ça
va arriver. Et ailleurs, par exemple, dans le monde, comme à New York, eux
autres, ils ont vécu ça où est-ce qu'ils
ont vu le nombre de taxis... de voitures être multiplié, tellement que la ville
de New York a été obligée de reculer quand ils ont fait une déréglementation comme celle qu'on s'apprête à faire au
Québec, qu'ils ont reculé puis ils ont dit : Bien, il va falloir
qu'on ait comme des permis ou des autorisations pour justement limiter le
nombre de voitures.
Donc,
c'est important de comprendre que ce n'est pas de remettre les agglomérations,
c'est plus comme les... en fait, les
chauffeurs de taxi le demandent, mais c'est plus un compromis qu'on amène ici
en limitant le nombre, parce qu'une des... ce que les gens qui sont venus en
commission nous ont dit, c'est qu'en région, si on ouvre à tout le monde, il y
a des endroits qui sont beaucoup plus isolés dans des rangs, en région, des
personnes aînées qui ont besoin... c'est leur seul moyen de transport parce qu'il n'y a pas d'autobus, il n'y a pas aucun
moyen de transport. Bien, c'est sûr qu'il y a un peu moins d'argent à
faire là. Donc, en ouvrant à tout le monde, il n'y aurait plus, à moins d'avoir
une grandeur d'âme, il n'y aurait plus de
raison pour quelqu'un de dire : Bien, je vais aller dans ces endroits-là,
plus éloignés, faire du Uber, ou faire
un taxi traditionnel, ou peu importe, parce que ça ne sera pas rentable. Alors,
ces endroits-là vont être délaissés. Les services à ces personnes-là vont être délaissés, et les endroits où il y
a beaucoup plus d'argent à faire, beaucoup plus de profits, bien, tout le monde va aller là, surtout
quand on pense à des événements ou, par exemple, à des endroits où il y
a plus de chauffeurs de taxi.
Et, comme l'étude
d'impact de l'abolition... l'étude d'impact qui a été faite par le gouvernement,
qui n'est pas une étude d'impact très
exhaustive, bien, ne nous dit pas c'est quoi, l'impact de l'abolition des
agglomérations, bien, on peut se fier
sur ce qui s'est passé ailleurs puis sur les risques, donc, c'est pour ça que
c'est vraiment un compromis. O.K., vous voulez abolir? Parfait, abolissons des
agglomérations. Mais est-ce qu'on
peut, par exemple, avoir un nombre maximal de voitures pour éviter la
multiplication du nombre de voitures, puis ça irait à l'encontre de la
Politique de la mobilité durable, dont on a
parlé à l'article 1. Le ministre a trouvé que c'était... le gouvernement a
trouvé que c'était assez important de
le maintenir, mais ce n'est pas juste une politique, ce n'est pas juste des
voeux pieux, il faut aussi que ça veuille dire quelque chose. Bien, comment est-ce que, dans le projet de loi, ça peut
vouloir dire quelque chose? C'est là que j'amène la limitation du nombre
de voitures maximal par région administrative pour contrôler ça.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : M. le ministre.
M. Bonnardel :
Merci, Mme la Présidente. Mme la députée souhaiterait qu'on établisse un nombre
maximal d'automobiles selon la région
administrative. Présentement, il y a 732 municipalités au Québec qui ne
sont pas desservies par les taxis,
qui pourraient, mais qui ne le sont pas. Sur les 329 territoires
d'agglomération, devinez qu'il y a seulement 26 % de ces territoires où il y a 100 % du nombre de
permis utilisés. Je répète, sur 329 territoires d'agglomération, il y en a
seulement 85. On est allé chercher le nombre
de permis x qui peuvent être utilisés, 85 %, 26 %. Alors, tous les
autres, donc le reste, 74 %, on
est à soit 50 %, 60 %, 70 %, 72 %, ou pas du tout, ou
moins, ou moins que ça. Alors, vous comprenez que, dans les conditions présentement, les quotas que nous connaissons
aujourd'hui, bien, les chiffres que je vous donne expliquent bien que ça
ne fonctionne pas.
Alors,
dans les circonstances, on est capable encore une fois aujourd'hui d'avoir une
concurrence additionnelle pour répondre
aux besoins puis à la demande de certains dans les différentes municipalités
qui souhaiteraient obtenir un service mais qui ne l'ont pas.
Alors,
je répète, il y a 732 municipalités au Québec qui pourraient obtenir un
service, qui ne l'ont pas, puis, de l'autre côté, sur les 329 agglomérations, on a seulement 26 % qui ont
atteint leur quota complet. Tout le reste, demain matin, il pourrait y avoir d'autres personnes qui
décident : Moi, j'aimerais ça obtenir le permis. C'est pour ça que la
problématique qui a été créée, dans une certaine
mesure, je vais le dire comme ça, depuis les 30, 40, 50 dernières années,
là, ne répond pas à la demande, au souhait que certains voudraient avoir
en termes de de services.
Mme Ghazal :
On s'entend sur le problème, le constat, c'est-à-dire qu'il y a des
municipalités qui n'arrivent pas à avoir de service. Ça, on s'entend
là-dessus, des gens sont venus nous le dire. Mais la solution à ça, ce n'est
certainement pas le projet de loi que vous amenez, ce n'est certainement pas
ça, parce que moi, je vois que ça va empirer la situation. C'est-à-dire qu'on
ouvre la concurrence, mais la concurrence, c'est pour des gens qui veulent
rentrer, ce n'est pas pour... Leur objectif
ce n'est pas d'offrir des services, c'est de faire de l'argent, de faire de
l'argent, donc, en augmentant ça. Les
municipalités ou les endroits dans les municipalités qui sont beaucoup moins
bien desservis, je ne vois pas comment est-ce que qu'ils vont l'être
plus.
peut peut-être espérer, puis dire : La loi de l'offre et la demande va
peut-être faire les choses, mais elle ne le fera pas, parce que ça ne sera pas plus profitable d'opérer dans ces
endroits-là qui sont déjà mal desservis. Donc, il va avoir, encore une
fois, des endroits, des...
Parce
que ce qu'on dit, ce n'est pas de réduire le nombre actuel. Ce n'est pas ça que
je dis. Dans la proposition, ce n'est
pas de réduire le nombre actuel. Ça, c'est vrai, vous avez raison, ça créerait
un problème. C'est d'établir un nombre maximal d'automobiles, donc,
dépendamment des régions, en fonction du nombre d'habitants, là, de citoyens
dans les différentes régions et des besoins.
On peut augmenter beaucoup plus, vous mettez un chiffre beaucoup plus élevé,
mais, par exemple, on ne veut pas se
retrouver dans les grandes régions urbaines, comme, par exemple, à Montréal,
où, là, tout le monde va là parce que tout l'argent est là, puis après
ça les autres régions, bien, seront encore moins bien desservies.
donc, même mon amendement, en ce moment, ne règle même pas le problème de
comment est-ce qu'on va régler les
régions moins bien desservies, ne le règle pas, mais, au moins, vient limiter
le fait que tout le monde va se garrocher dans les grandes villes, là où l'argent est à faire, parce que c'est la loi
de l'offre et la demande. C'est sur ça que vous vous basez, mais la loi de l'offre et la demande va faire en
sorte que les gens vont aller là où la demande est, et la demande, elle
n'est pas dans les régions, dans les
municipalités que vous avez nommées, qui sont moins bien desservies. Elle n'est
pas là. La demande est dans les
grandes régions urbaines, où il y a déjà énormément de trafic. Donc, on vient encore ajouter encore
plus de trafic, plus de voitures. Ce n'est pas moi qui le dis, ça s'est
avéré ailleurs.
aurait été le fun qu'une étude soit faite pour dire, en ouvrant comme ça totalement
un libre marché total, ça serait quoi,
l'impact réel, et est-ce que ça réglerait le problème sur lequel on s'entend,
le problème des municipalités beaucoup moins bien desservies. Il faudrait voir quelles sont les causes qu'elles
sont actuellement moins bien desservies et est-ce que d'ouvrir comme ça, totalement, va venir le régler. Moi, je ne pense pas du tout
que ça va le régler. Au contraire, ça va l'empirer.
Donc, mon point ne vient même pas
régler ce problème-là, il vient limiter le trafic déjà existant. Puis ce qu'on
veut, c'est que les gens dans les milieux
urbains prennent le transport en commun, prennent les voitures, prennent le
futur REM, et non pas prennent le taxi ou... le taxi ou plutôt le
transport... bien, les Uber et Lyft de ce monde, qui, eux autres, sont prêts, là. Ça je vous le dis, là, je ne sais pas
si vous allez tomber en bas de votre chaise, c'est sûr qu'ils vont faire du
dumping, c'est sûr qu'ils vont mettre les
prix à terre, parce que leur objectif, c'est d'être seul sur le marché,
comme ce qu'ils ont fait ailleurs. Donc, il va en avoir de plus en plus.
Puis,
j'aimerais que vous répondiez comment est-ce
que votre projet de loi permet de régler et de mieux desservir, autre que la réponse... donnez-moi une autre réponse que la loi de
l'offre et de la demande qui, par magie, va tout régler puis va desservir les personnes aînées qui sont
les moins bien desservies dans un rang, qui n'ont pas besoin de transport
adapté, mais qui ont besoin quand même
de taxis parce qu'elles ne sont pas
desservies autrement, et il n'y a pas de transport en commun. Comment est-ce que votre projet de loi va
régler ce problème que vous annoncez? Parce que moi, je ne dis pas de réduire, je dis d'établir un nombre maximal
pour venir régler le problème dans les... pour ne pas augmenter le trafic
dans les régions urbaines.
La Présidente
(Mme St-Pierre) : M. le ministre.
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, Mme la députée, je le répète, oui, l'offre et la demande
fera le travail dans les grandes
régions administratives où il y a un bassin. Maintenant, posez la question aux
propriétaires de permis, aux chauffeurs de taxi. Sur 329 agglomérations, il y en a 140 où il y a un permis
ou moins, dont 97 où il y en a 0. Pourquoi ils ne vont pas là? Parce qu'à temps plein ils se disent
nécessairement : Ce n'est peut-être pas assez payant. C'est la seule,
seule, seule raison que je peux
m'imaginer. Quand tu es un entrepreneur, dans une certaine mesure, tu te
dis : Si je reste là à temps plein, la demande n'est peut-être pas
assez forte.
En abolissant les
territoires d'agglomération, en permettant à un chauffeur de faire du temps
partiel et de travailler dans différentes
municipalités qui pourraient être limitrophes, bien, c'est l'option qu'on leur
donne aujourd'hui avec cette loi. Alors, à quelque part, on veut donner
un service sur l'ensemble du territoire. Aujourd'hui, je le répète, là, il y a
42 %, près de la moitié, où il y a seulement un permis ou moins.
Alors,
la problématique, je vous l'expose. Et, avec les changements qu'on apporte, on
sera capable de répondre de ces...
Bon, est-ce que ce sera parfait à 100 % partout? Assurément que non. Il y
aura des ajustements peut-être à faire. Mais, encore une fois, l'offre et la demande... Bien, nécessairement, les gens
pourront s'adapter selon les besoins. Mais, moi, ce que je veux aussi, c'est de répondre à ces
statistiques qui sont désolantes pour une grande
partie des... en tout cas, ou
sinon la totalité des 732 municipalités que je vous ai dites tantôt, qui
ne sont même pas desservies.
Mme Ghazal :
Vous savez comme on pourrait discuter longtemps : Moi, je pense que...
intuitivement, je pense que ça va...
la loi de l'offre et de la demande va desservir ces gens. En ce moment, je ne
me rappelle pas le chiffre que vous m'avez
dit, 26 % des municipalités ou, en tout cas, je ne me rappelle pas
exactement, qui ne sont pas desservies. Mais votre projet de loi, est-ce que vous êtes capables de
chiffrer? Est-ce qu'il y a une étude que vous avez quelque part qui a été
faite d'impact, parce que, là, celle qui est
publique, elle ne le dit pas, qui va pouvoir augmenter ce pourcentage très
faible? Est-ce que vous êtes capable
de me donner ce chiffre-là au lieu de dire : Je pense, je crois que ça va
augmenter. Mais ça va augmenter de
combien? Si ce n'est pas 100 %, ça au moins vous le dites, que ça ne sera
pas 100 %, mais ça va être de combien de plus, ces endroits qui
sont mal desservis?
ce moment, on est dans le noir, dans le flou total, puis on y va selon ce qu'on
pense, ce que vous, vous pensez. Mais
est-ce qu'il y a une étude d'impact qui nous dit comment est-ce que ce
problème-là, sur lequel on s'entend, va être réglé, de combien pour cent que ça va augmenter? Est-ce qu'on est
capable de le chiffrer? Parce que c'est possible de faire ces études-là
puis d'avoir ces données-là. Est-ce que vous l'avez fait?
M. Bonnardel :
Premièrement, Mme la députée, suite à l'adoption de la loi, les différents
joueurs sur le marché ont la
possibilité, là, un an plus tard, d'aller sur n'importe quel marché du
territoire québécois. Mon défi, c'est de répondre aux besoins et à la demande de certains qui se
disent : Moi, je suis orphelin. On n'en a pas du tout, du tout, du tout.
Est-ce qu'à court terme on sera capable de répondre à 100 %? Je le
souhaite, je le souhaite. Mais, de l'autre côté, vous posez la question en vous
disant : il pourrait y avoir plus, plus, plus d'autos demain matin parce
que les nouveaux joueurs technologiques, les Eva, les Lyft, les Uber, seront
présents.
Je vous pose la
question que j'ai déjà posée aux chauffeurs de taxi quand je les ai
rencontrés : Présentement à Montréal, Uber est présent. Uber est présent à
Québec. Qu'est-ce qui empêche d'avoir 5 000 chauffeurs de taxi de
plus à Montréal? Il n'y en a pas 5 000 de plus. Les chauffeurs de taxi
sont présents sur l'île, ont ce territoire... pas territoire, mais, oui, territoire à eux comme tel, et héler un
taxi, c'est ce qu'on connaît, c'est ce qu'on va continuer d'avoir demain
matin. Présentement à Montréal, il pourrait
très, très bien y avoir 5 000 chauffeurs de plus. Il n'y en a pas
5 000 de plus, parce que l'offre et la demande ne permet pas avoir
5 000 chauffeurs de plus sur le territoire.
Donc, demain matin,
c'est faux de s'imaginer que, parce que la loi sera adoptée, que soudainement
il y aura explosion du nombre de chauffeurs.
L'offre et la demande, les gens vont s'ajuster, là. Ils vont s'ajuster selon
les besoins des journées dans la semaine, des spectacles le soir.
Regardez
Québec. Plus bel exemple, regardez Québec, jusqu'à quel point ça peut être
difficile lors des spectacles. Tout
le monde le dit, ça a été écrit maintes, et maintes, et maintes fois. Les taxis
qui ne pouvaient pas partir pour aller aider leurs collègues au Centre Vidéotron pourront le faire maintenant. Pour
certains, ce n'est peut-être pas correct, mais, à quelque part, on pense à qui quand on fait ça? On pense à
l'usager, on pense au client, au citoyen qui fait une demande et qui est
mal desservi quelquefois.
Mme Ghazal : Je ne
comprends pas. Vous dites que l'offre et la demande... En ce moment, il n'y a
pas une explosion, mais c'est parce
que jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à la veille du dépôt du projet de loi, il y
avait une barrière à l'entrée, qui sont les permis. Donc, c'est clair qu'il y avait une barrière, c'est pour ça
qu'il n'y a pas eu une explosion. Mais, après l'adoption du projet de loi, s'il est adopté tel quel, là,
c'est différent. Ce n'est pas les mêmes conditions. Vous ne pouvez pas
dire : Voici ce qui va arriver dans le futur, basé sur le passé. Le
passé, ce ne sont plus les mêmes conditions. Il y avait des permis, il y avait
une barrière à l'entrée.
Mais
là je voudrais...on est allé comme un peu à un autre sujet. Je voudrais revenir
à mon amendement. Ce qu'on dit c'est,
à la fin, d'ajouter : «notamment en établissant un nombre maximal
d'automobiles selon la région administrative». Et l'objectif de ça, là, je suis en train de parler
des milieux urbains où, en ce moment, il y a déjà beaucoup de trafic
automobile, et tout ça. Puis un des enjeux
les plus fondamentaux aujourd'hui, de notre siècle, puis même votre
gouvernement aussi, c'est toute la question des transports, qui est
émettrice de gaz à effet de serre.
Dans
l'article 1, on a accepté de dire : Il ne faut pas que ce projet de
loi aille à l'encontre de la Politique de la mobilité
durable. Mais, moi, ce que je suis en train de dire, oubliez les endroits
ruraux, là, en ce moment, mon amendement, c'est plus pour limiter ce qui va arriver dans des villes comme New
York. Je ne compare pas Montréal à New York, mais, disons, Montréal, c'est la ville qui se compare le
plus, au Québec, à New York, New York ou d'autres villes où est-ce qu'il
y a eu une multiplication du nombre de
voitures et que ça faisait concurrence au... ça fait concurrence au transport
en commun. C'est exactement le
contraire de ce vers quoi on veut aller. On veut que les gens aillent vers
toutes sortes de transport. Le taxi en
ferait
partie ou le transport par automobile, ça, ça en fait partie, mais c'est
un cocktail. C'est pour ça qu'il y a le REM, c'est pour ça qu'on veut
prolonger la ligne bleue, etc. Donc, mon amendement vise à régler ce
problème-là, pas celui des municipalités qui
sont mal desservies, ça c'est autre chose. On va avoir d'autres endroits dans
le projet de loi pour en discuter.
Maintenant,
le... c'est vraiment le problème. Est-ce que vous êtes d'accord avec moi quand
je vous dis que ce projet de loi,
avec ce projet de loi, il va arriver la même chose que ce qui est arrivé
ailleurs, dans d'autres villes urbaines densément peuplées, où est-ce
que qu'il va y avoir une multiplication du nombre de voitures, beaucoup plus,
et que ça va faire concurrence à d'autres
modes de transport, et que ça ne réglera pas le trafic, et que ça ira à
l'encontre de la Politique de la mobilité
durable? Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, au moins, qu'il va en avoir
beaucoup plus qu'actuellement dans les milieux urbains, vu que, là, il
n'y aura plus de barrière à l'entrée?
Avant,
il y avait une barrière. C'est pour ça qu'il n'y avait pas d'explosion, même si
Uber était présent. En ce moment, il
n'y en aura plus, de barrière. Donc, ce ne sont plus les mêmes conditions. Et,
encore une fois, je suis obligée de me fier à votre intuition, puis à ce que vous croyez, puis la logique, puis ce qui
se passe ailleurs, parce qu'on n'a pas de chiffres et d'étude d'impact qui dit : Voici les
conséquences. Je ne l'ai pas, donc je suis obligée d'aller en me basant sur ce
qui s'est fait ailleurs. Puis je vous pose la question à vous :
Est-ce que vous faites le même constat que moi?
M. Bonnardel :
Mme la députée, il y a un cas pratique présentement au Québec, c'est celui
d'Uber à Québec ou à Montréal. Uber
est là depuis 2014. C'est la question que j'ai posée maintes et maintes fois
aux chauffeurs. Présentement, si la
demande était si élevée, il pourrait y avoir 6 000,
7 000 chauffeurs additionnels. Eva vient d'arriver sur le marché.
Est-ce qu'il y en a 1 000 de plus? Non.
Puis ça, c'est pratique, présentement, là. Et la SAAQ a démontré une chose. Il
y a un seul endroit au Québec où il y a moins de véhicules immatriculés,
moins de véhicules immatriculés au Québec. C'est où? À Montréal.
Alors,
je le répète, il y a un cas pratique qui existe présentement au Québec, là.
C'est depuis 2014. Et, si la demande était
si élevée, là, si l'explosion ou le phénomène futur, là, parce que, demain, la
loi est adoptée puis que, soudainement, il apparaît
10 000 véhicules de plus... Non.
Mme Ghazal :
Mais on ne dit pas que c'est... Là, je trouve ça dommage, parce que j'aurais
aimé qu'il y ait une étude d'impact,
et non pas selon vous, ce que vous dites : Bien, jusqu'à maintenant, il
n'y en a pas eu d'explosion, donc je crois qu'après le projet de loi il n'y en aura pas. Parce qu'avant, aussi, on
ne savait pas trop. Avec le projet pilote qui a été mis en place par les libéraux, qui a ouvert la porte à un
seul joueur, Uber, puis aujourd'hui vous êtes en train de compléter le
travail qui avait été commencé, bien, avec
ce projet pilote, il y avait toujours une instabilité, on ne savait pas trop
qu'est-ce qui allait arriver. Et
maintenant, il y a moins d'instabilité, on le sait, c'est clair, ça va être le
«free-for-all», tout le monde va pouvoir entrer sur le marché. Donc,
cette condition-là n'existait pas avant.
Donc
là, j'y vais, il faut que je vous croie sur parole. Je vais dire ma question
autrement : Est-ce que vous... Vous pouvez ne pas me dire : Oui, voici l'étude, mais est-ce qu'il y a
eu une étude, au moins oui ou non, est-ce qu'il y a eu une étude d'impact qui dit : Voici, avec les
nouvelles conditions, avec notre projet de loi, voici le nombre de voitures
qu'on estime, selon différents scénarios, de plus de voitures en milieu
urbain? Parce que moi, je ne peux me fier que sur ce que des spécialistes en transport nous disent sur des
réalités qui ont... ce qui se passe ailleurs dans le monde. Je ne peux me
fier que là-dessus. Je ne suis pas au
gouvernement, je ne peux pas commander cette étude. Vous, est-ce que vous
l'avez commandée? Puis, si vous ne
voulez pas la rendre publique, c'est correct, mais est-ce que vous l'avez
commandée? Est-ce que vous êtes capable de prouver ce que vous êtes en
train de me dire maintenant, basé sur une étude d'impact réelle? Parce que
c'est quelque chose qui se fait. C'est une
étude qu'on peut demander selon différents scénarios : Voici combien de
voitures, dans le pire scénario et dans le meilleur scénario, avec les
nouvelles conditions de votre projet de loi. Est-ce qu'elle existe? Est-ce que
vous l'avez fait? Est-ce que vous avez demandé ça?
M. Bonnardel :
Mme la députée, depuis 2014, le projet pilote d'Uber est en place. Donc, les
chiffres de ce projet pilote, on les voit. On les voit. On voit ce qui
est fait. La demande...
Mme Ghazal : Donc, la réponse,
c'est non?
M. Bonnardel :
On voit le nombre de courses, hein, on voit le nombre de courses aussi qui va
en augmentant, autant pour les
technologies que pour les taxis hélés. Je vous ai mentionné le 50 millions
de courses. Je vous le répète, en plus. Si cela avait un impact sur le nombre de véhicules immatriculés, il y
aurait une explosion à Montréal ou il y en aurait quelque 1 000 de plus si cela était le cas. Le seul
endroit au Québec où il y a moins de véhicules immatriculés, c'est Montréal.
Alors, il n'y a pas plus de véhicules à Montréal depuis cinq ans parce qu'Eva
est présent depuis quelques mois ou Uber est présent depuis cinq ans. Il y a
moins de véhicules.
Mme Ghazal :
Donc, vous me dites : Demain, il n'y en aura pas, une explosion,
après-demain, il n'y en aura pas, dans
10 ans, il n'y en aura pas. Vous, vous y croyez dur comme fer. Ma
question, c'est : Est-ce que vous avez fait une étude pour prouver
ce que vous dites? Est-ce que vous en avez... oui ou non? Vous dites que non.
M. Bonnardel :
Bien, il y a un cas pratique, Mme la députée, je vous l'expose.
Mme Ghazal : Vous regardez le
passé.
M. Bonnardel :
Bien, le passé, c'est ce que j'ai devant moi. Demain matin, la loi est adoptée,
il n'y aura pas... il n'y a pas
300 000 citoyens de plus à Montréal qui vont faire : Tiens, la
loi est adoptée, je fais une demande de taxi additionnel. Bien, l'offre est là, la demande est là, les gens
vont s'adapter. Puis, à quelque part, je vous le répète, la SAAQ, les
chiffres ont été démontrés, il y a un seul
endroit au Québec où il y a moins de véhicules immatriculés, c'est Montréal.
Pas par beaucoup.
Mme Ghazal : Immatriculés
normal, vous voulez dire...
M. Bonnardel :
Immatriculés.
Mme Ghazal : ...par exemple, la
jeune génération qui n'a pas de permis, et tout ça.
M. Bonnardel :
Oui. Alors, on voit déjà le changement, là, de comportement des plus jeunes,
peut-être.
Mme Ghazal : Ça fait qu'ils
vont prendre plus d'Uber, puis là il va y avoir des gens qui vont...
M. Bonnardel :
Bien, pourquoi? Pourquoi ils prendraient juste plus Uber?
Mme Ghazal : Uber, je dis Uber,
ou Lyft, ou Eva, ou tous les nouveaux joueurs.
M. Bonnardel : Et
les sociétés de taxi. Pourquoi ils ne prendraient pas les sociétés de taxi?
Mme Ghazal :
Mais, vous, votre chiffre de 50 millions, vous dites actuellement
50 millions, 40 millions, ça, cette proportion-là, selon vous, avec votre projet de loi, ça
ne va pas bouger ou ça va bouger?
M. Bonnardel : Je
souhaite que ça augmente.
Mme Ghazal : En fait, vous
souhaitez. Mais est-ce que vous avez fait... Donc, vous, vous le faites
selon... c'est-à-dire, vous y allez selon ce
que vous avez envie qu'il arrive. Mais il n'y a... ça n'aurait pas été possible
de demander si ces proportions-là
vont changer selon différents scénarios en demandant une étude. Ça, vous n'avez
pas trouvé que c'était pertinent,
quand vous venez bouleverser une industrie totalement, vous n'avez pas trouvé
que c'était pertinent de faire une étude scientifique basée sur des
faits, sur des scénarios. Vous n'avez pas trouvé que c'était pertinent puis
vous, vous souhaitez que cette proportion-là reste et que les chauffeurs de
taxi, bien, puissent s'en sortir gagnants. C'est un souhait.
Mais est-ce
que vous avez des faits puis des données qui pourraient faire en sorte que
votre souhait soit avéré dans le futur
ou vous y allez avec votre boule de cristal puis vous dites : Je le
souhaite et j'espère que ça va marcher? Parce que, vous, peut-être vous êtes un optimiste dans la vie, mais
les chauffeurs de taxi, ceux qui nous écoutent en ce moment, les
travailleurs de cette industrie-là, ce n'est pas ça que j'entends. Ce n'est pas
ça que j'entends. Ils le savent, pour eux, c'est un fait, rassurez-les, pour eux, c'est un fait, quand je
prends le taxi, je les prends très souvent aussi, depuis que je suis élue, je
les prends encore plus souvent, et ils me le
disent : C'est un fait, il n'y en aura pas. On ne peut pas être aussi
nombreux. C'est clair qu'il va y
avoir du monde, il va y avoir du dumping de la part des nouveaux joueurs pour
casser les prix. C'est ce qu'ils font ailleurs.
Nous, notre avenir n'est pas assuré. Oui, vous le souhaitez, mais est-ce que
vous pouvez le prouver, ça, que ça va changer
ces proportions-là? On ne veut pas avoir vos souhaits, on veut avoir des
données. Puis, je ne veux pas je ne veux pas que vous me répétiez les mêmes lignes que tantôt. Est-ce que vous avez
regardé ce qui s'est passé ailleurs, par exemple à New York, qu'eux, ils ont changé, ils ont ouvert
totalement puis que, là, ils sont obligés de reculer en arrière? Qu'est-ce
que vous pensez de ça? On ne peut pas comparer ou est-ce qu'on peut comparer?
M. Bonnardel :
Mme la députée, on protège l'industrie. Héler un taxi comme on le connaît, un
taxi comme on le connaît,
traditionnel, va continuer d'opérer, là. Les taxis traditionnels font
40 millions de courses. Demain matin, là, les citoyens montréalais, québécois, un peu partout,
ceux qui connaissent l'industrie puis qui ont besoin, bien, ce service
sera encore disponible avec de l'allègement
fiscal en premier lieu, réglementaire dans une certaine mesure, mais pour
protéger l'usager avant toute chose. Mais on a cinq ans
devant nous de projet pilote, qui aurait pu nous exposer vos craintes, qui
aurait pu, à savoir que, bon, l'industrie, avec un nombre de quotas x à
Montréal a un nombre de permis x, versus l'arrivée d'un grand joueur, versus
l'arrivée d'un start-up qui s'appelle Eva, on aurait pu avoir un chamboulement
complet de l'offre. Ça n'a pas été le cas.
Mme Ghazal :
Ce projet de loi, et je ne sais pas c'est quand la dernière fois vous avez
parlé pas avec les représentants, mais avec des chauffeurs de taxi, là, ceux
qui vivent, qui mettent du... c'est-à-dire, qui élèvent leurs familles avec ce
travail-là, le projet de loi a bouleversé leur vie, peut-être pas dans les
régions plus éloignées, mais, à Montréal,
c'est juste une évidence. Ils le voient. Avant, ils travaillaient un nombre
d'heures raisonnable. Ce n'est pas un travail
facile. Aujourd'hui, il faut qu'ils fassent énormément plus d'heures, et ils le
savent. Ils vivent avec cette réalité-là depuis 2014, justement, et même avant, quand ils étaient là dans
l'illégalité, parce qu'eux ils s'en foutent quand c'est dans l'illégalité, un peu comme Airbnb. Toutes ces
compagnies d'économie de partage modernes, jeunes, cool, eux autres, ils
s'en foutent, des projets de loi. Ils s'en foutent, des lois et règlements qui
sont mis par les pays.
Donc,
le... C'est quoi... Moi, j'aimerais ça savoir... Moi, je le vois sur le
terrain. Je parle avec des gens qui le vivent quotidiennement. Eux, ils ont vu un impact d'Uber dans leurs revenus, et
là ils voient que ça va être encore pire. Ils l'ont vécu. Est-ce qu'il y a eu une... Quand on fait un projet
pilote, un, deux, trois, maintenant, c'est parce qu'à la fin il faut qu'il
y ait un résultat. Vous, le résultat, ça a
été le projet de loi n° 17. Mais est-ce qu'on peut voir l'étude qui montre
qu'est-ce que ça a donné, ce projet
de loi là? Je ne veux pas avoir vos paroles. Vous, vous dites : Il n'y a
pas eu d'explosion. Parfait, très bien. Il n'y a pas eu d'explosion de
nombre de voitures. Mais les revenus ont beaucoup... ont été réduits. Mais
j'aimerais avoir une étude d'impact qui dit : Voici le résultat de ces
trois années de projets pilotes.
Moi,
je n'ai rien d'autre que des paroles puis des lignes de communication de votre
part et, de l'autre côté, j'ai les chauffeurs
de taxi qui me disent leur réalité, comment est-ce qu'eux autres sont en train de la vivre. Je n'ai que
des... J'ai cette réalité-là puis,
vous, ce que vous me dites. Puis vous ne rassurez personne. Rassurez-nous, si
le futur va être beaucoup plus rose
pour les chauffeurs de taxi, qu'il n'en tient qu'à eux à se réveiller plus tôt
le matin puis à travailler encore plus fort pour faire encore plus d'argent puis concurrencer le géant Uber. Bien,
rassurez-nous. Mais moi, je n'ai pas de données, j'ai votre parole. Je peux vous dire : Je vous crois sur
parole, mais ce n'est pas ça que vit l'industrie du taxi. Après un projet pilote, il y a une étude qui a été
faite. Voici ce que ça a donné, c'est extraordinaire, il faut ouvrir encore
plus. Est-ce que vous l'avez, cette étude-là? Est-ce que vous pouvez la rendre
publique, vu qu'elle bouleverse la vie de tant de monde?
M. Bonnardel : Mme la
députée, je vous l'ai mentionné, le projet pilote se termine dans quelques semaines, sinon quelques mois. Les chiffres que je vous expose, ce sont les chiffres qui
sont devant moi. Quand on regarde le projet
pilote dans son ensemble depuis les cinq
dernières années, qui a été initialement accepté par le Parti libéral à l'époque, les chiffres que
je vous expose pour le nombre de véhicules immatriculés à Montréal, ce sont des chiffres de la SAAQ. Ce
n'est pas moi qui les ai inventés,
là, c'est les chiffres de la SAAQ. Alors, si, depuis cinq ans, il y avait eu
explosion du nombre de véhicules, on pourrait le voir, on pourrait le
quantifier. Ce n'est pas le cas.
Maintenant,
je l'ai mentionné maintes, et maintes, et maintes fois, on n'a pas préparé un
projet de loi pour anéantir l'industrie.
On ne s'est pas levés un matin, en se disant : Tiens, de quelle façon...
Bien oui, mais vous semblez dire à chaque fois que, demain, l'industrie n'existera plus. C'est faux. Le défi que
je me suis donné, qu'on se donne tous, c'est de rendre la vie meilleure à cette industrie le lendemain pour
réduire les impacts fiscaux, réglementaires dans une certaine mesure,
pour que ça soit plus simple, pour qu'un
chauffeur de taxi puisse partir d'un territoire à l'autre avec un client tout
le temps dans son véhicule, dans son véhicule, réduire l'auto solo. Je
pense que ça, vous êtes d'accord avec ça.
Alors,
à la fin, à la fin, les points qu'on apporte... puis je l'ai mentionné, là, je
ne suis pas fermé à tout. J'ai même accepté
un amendement, là, au premier article, de vous. Mais là vous me demandez, puis
on revient au principe même, vous me
demandez d'établir un nombre maximal d'automobiles selon la région
administrative. Je vous dis, c'est impossible. On ne peut pas faire ça.
On ne peut pas faire ça, il y a déjà trop d'exemples que je vous donne. Juste
en Montérégie, là, il y a 78 municipalités qui ne sont pas du tout
desservies. Voilà.
Mme Ghazal :
Il me reste une minute, je vais revenir sur le nombre maximal. C'est vraiment
pour rester dans l'esprit puis de
respecter l'esprit de la Politique de mobilité durable. C'est pour les milieux
urbains. Je ne parle pas des endroits mal desservis. Mon amendement ne vient pas régler ce problème-là, mais c'est
plus les endroits où il va y en avoir beaucoup plus, dans les milieux
urbains. C'est à ça que... l'amendement va venir régler, c'est ce problème-là.
Vous
vous dites qu'il n'y en aura pas bien plus en milieu urbain et vous demandez
que vous croie sur parole puis votre
bonne foi. Moi, je crois en votre bonne foi, mais je n'ai pas de chiffres pour
dire que ce qui est arrivé ailleurs n'arrivera pas ici, au Québec. Moi,
je n'ai pas ça en ce moment, puis vous n'avez par réussi à me convaincre, parce
que c'est par des paroles que vous me
convainquez, mais je n'ai pas de données. Comme tout gouvernement responsable,
il doit y avoir... il doit baser ses
projets de loi et ce qu'il ne dit pas sur sa bonne foi et ce qu'il croit qu'il
va arriver dans le futur, mais plus basé sur des données puis des chiffres. Et, en ce moment, vous basez ça sur
un seul chiffre, qui est la SAAQ, qui dit qu'il y a moins d'immatriculations, mais ça, c'est de façon
générale. Ça ne me parle pas uniquement de l'industrie, d'une industrie
du transport de personnes. C'est sûr qu'il y en a eu beaucoup plus.
Présidente (Mme St-Pierre) : Vous avez terminé votre portion.
Alors, M. le député de La Pinière, vous avez demandé la parole.
M. Barrette :
Alors, merci, Mme la Présidente. Bien amicalement, personnellement, je ne
l'aurais pas présenté, l'amendement,
ici. Le ministre aurait été en droit de dire que, là, on est dans un
article de
surveillance, qui amène... qui conditionne le reste du projet de loi, bon, mais
ça nous fait entrer dans ce débat-là, qui est un bon débat, là. Moi, je
souscris au débat, évidemment, de la
collègue, que j'aurais préféré faire à un
article qui y traite. Mais on est là,
là. Alors, je vais prendre le relais, parce que la collègue de...
Mercier, hein?
M. Barrette :
On était en vacances. Ma collègue de Mercier aborde quand même un point qui est
non seulement pertinent, mais qui soulève des questions auxquelles on
n'a pas de réponses.
Alors, je
vais reprendre un certain nombre de commentaires que le ministre a faits. Le ministre nous dit qu'il veut protéger l'industrie. Il n'y a personne, dans cette industrie-là actuellement, là,
qui se considère protégé. Et, si le ministre veut bien nous en parler,
là, est-ce que... et je ne veux pas qu'il me réponde à ma question, là, tout de
suite, parce qu'il va y en avoir... elle va
être intriquée à une autre question. S'il veut protéger l'industrie, le
ministre, est-ce qu'il peut nous donner un seul exemple d'un seul endroit où l'industrie traditionnelle du taxi
s'est sentie protégée par une libéralisation totale du marché du transport rémunéré de personnes? Juste
une place où les gens ont dit : Nous, qui étions dans l'industrie traditionnelle du taxi, là, on est tellement
contents des transformations parce qu'on est mieux après qu'avant. En fait,
je vais lui poser la question tout de suite,
juste une place. On aimerait bien ça, aller voir ce qui s'est passé dans la
place que je ne connais pas. Je pense
que, dans ceux qui sont ici, là, qui vivent de l'industrie du taxi, je ne pense
pas qu'ils en connaissent une. En tout cas, les gens de l'industrie du
taxi ne sont jamais venus nous voir : Faites attention, Dr Barrette,
dans vos interventions, parce que, vous savez, il y a une place où ça a été
fantastique. Alors... ou même neutre.
Alors, est-ce
qu'il y en a une, là, que le ministre peut nous indiquer? Comme ça, on va aller
le voir, là, puis ça va mener plus loin notre réflexion.
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre, avez-vous une réponse à formuler à
l'interrogation du député de La Pinière?
M. Bonnardel :
M. le député, on est assurément le premier endroit, le premier endroit qui va
protéger l'industrie du taxi comme on
la connaît, avec les règles que vous connaissez très, très bien. Ce n'est pas
n'importe qui qui pourra faire du taxi
demain matin, qui devra respecter les règles qu'on a écrites là :
l'industrie, formation, antécédents judiciaires, véhicule inspecté, et
tout autre.
Pendant 40,
50 ans, l'industrie a été ce monopole, dans une certaine mesure, qu'on connaît.
La concurrence est apparue. J'ai informé la députée des cinq dernières
années, avec les chiffres que j'ai sous la main. Demain matin, notre
traditionnel taxi, comme on le connaît, bien, ce sera le même taxi, le même
taxi avec des charges moindres, avec une compétition,
dans une certaine mesure, oui, que certains n'aiment pas. Mais je pense à une
personne, encore une fois, puis ça, c'est
la première chose que je vous ai dite quand j'ai déposé cette loi, c'est celui
qui nous écoute, le client, l'usager, qui, à la fin, pourra définir qui il choisit, par l'entremise de son téléphone ou
de héler le taxi qui est là devant lui, sur la rue, parce qu'il souhaite
prendre un taxi rapidement et qu'il n'a pas de temps pour attendre, là, trois,
quatre, cinq, six minutes parce qu'il utilise son téléphone intelligent.
Alors, je le
répète, je l'ai répété maintes, et maintes, et maintes fois avec les chiffres
que je vous expose aujourd'hui. Là,
on est à l'amendement de la députée de Québec solidaire. Je n'irai pas de
l'avant avec la demande d'établir un nombre maximal d'automobiles selon la région administrative, ça va à
l'encontre, ça va à l'encontre de ce que je vous expose depuis tantôt, autant dans votre région administrative
que partout ailleurs au Québec, avec les chiffres que je vous expose du
projet pilote qui existe présentement et du
nombre de véhicules immatriculés à Montréal. Puis je ne peux pas vous en dire
plus.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, j'ai posé une question extrêmement simple, et le
ministre avait le loisir tout aussi
simple de nous identifier... Après sa réflexion, je ne peux pas croire que le
ministre et son équipe n'ont pas fait un survol des régions
administratives du monde occidental où il y avait eu ces transformations-là et
qu'il n'a pas été capable de nous identifier
une seule place où, après qu'on ait libéralisé les règles, tel qu'on le fait au
Québec... où c'est mieux après qu'avant pour l'industrie du taxi. Je pense qu'il faut le noter, le ministre
n'est pas capable d'identifier un seul endroit dans le monde où la
libéralisation à la p.l. n° 17 a amélioré le sort des
artisans de l'industrie traditionnelle du taxi.
Le ministre nous dit que lui, là, il est le
premier au monde à faire quelque chose de ce genre-là. Bien, je lui répondrai, M. le Président, qu'il fait comme les
autres endroits. La libéralisation de cette activité-là amène une
diminution des standards, des normes
d'entrée. Et tous les gens qui sont venus nous voir en commission
parlementaire, tous les gens qui étaient
dans l'environnement des normes, là, ont dit : Vous baissez les normes. Est-ce que le ministre
accepte, au moins, le fait de dire que
son projet de loi diminue les normes, les contraintes à l'entrée
pour cette activité-là de transport rémunéré de personnes?
Le Président (M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Bonnardel :
Pas du tout.
M. Barrette : Ah bon! Alors, je veux dire, ce n'est pas le
moment, là, dans cette étape-ci, de faire le tour de ça. Je le ferai en temps et lieu. Alors, je pense qu'il est la seule et unique personne au
Québec qui considère qu'actuellement les normes ne sont pas diminuées, ne serait-ce que la
durée de formation, les inspections, le permis, et ainsi de suite. Ce
n'est pas une libéralisation absolue, mais c'est certainement une énorme
libéralisation par la baisse, la réduction des contraintes à l'entrée. Et même
ça, le ministre ne l'admet pas.
ministre nous dit régulièrement, il l'a encore il y a quelques instants, que,
demain matin, ça va aller mieux parce que
c'est le même taxi qu'avant. Oui, mais c'est parce que c'est le même taxi dans
un environnement économique et législatif, réglementaire, différent. Il ne peut pas arriver puis dire : C'est
la même affaire demain qu'avant-hier. Ce n'est pas la réalité. Ce n'est
pas la réalité.
qui m'amène à reposer la question, et corriger et le ministre et la collègue de
Mercier. Au Parti libéral... La CAQ ne
complète pas le travail du Parti libéral. Ce n'est pas ça que la CAQ fait. À la
CAQ, on fait quelque chose de nouveau. Je m'explique. Ça va m'amener à
la question que je vais poser.
Nous,
ce qu'on a choisi de faire, là, dans un nouvel environnement qui se
transformait, c'était de mettre en place un projet pilote pour faire un état de la situation, pour déterminer
quelles seraient, à la fin, les règles et conditions appropriées pour qu'à la fois les clients et à la fois les
artisans de l'industrie du taxi y trouvent leur compte correctement. Jamais
dans notre approche il n'a été question d'abolir les permis, jamais il n'a été
question, à toutes fins utiles, de mettre à zéro l'industrie traditionnelle
service de taxi. Alors, le projet pilote, il servait à ça. Et ça fait plusieurs
fois que le ministre nous dit : On voit
les chiffres, on voit ci, on voit ça. Parfait. Un projet pilote, ça ne mène pas
à un résultat, ça mène à une analyse
qui, elle, amène une conclusion et une publication des deux. Au moment où on se
parle, il n'y a pas ça puisque le projet pilote se termine le 13, 14,
12 octobre. 12, hein? 14, en tout cas, peu importe, là, dans cette
fourchette-là.
Alors,
le ministre serait-il disposé, comme on fait souvent dans des exercices
analytiques, particulièrement dans le monde académique, de nous dévoiler
ses résultats d'analyse préliminaire, tous les chiffres dont il dispose, tous
sans exception, pour qu'on puisse voir si ce sur quoi se base le ministre est
fondé? Pourquoi le ministre ne le fait-il pas?
Question :
Le ministre est-il prêt à nous faire part, pas simplement de sa conclusion ou
de ses impressions... c'est ce qu'il
fait dans l'étude détaillée constamment, c'est ce qu'il a fait dans les
consultations publiques. Le projet pilote, là, c'est une réflexion. Et là on n'a pas de rapport, on n'a
rien. On n'a pas d'étude, on n'a rien, on n'a absolument rien à propos
de ce sur quoi s'appuie le ministre. Est-ce
qu'il peut faire ça, s'engager, tiens, puis je vais être généreux, à, d'ici à
ce qu'on resiège, la semaine prochaine, le 3 septembre, à ce qu'il
nous fasse parvenir données, analyse et conclusion?
Le Président
(M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Bonnardel :
M. le Président, j'écoute le député. C'est son projet pilote. C'est son
gouvernement qui a mis en place le
projet pilote. Puis je pourrais lui reposer la question que la députée de
Québec solidaire souhaite : Pourquoi, dans son projet pilote, il n'a pas établi lui-même un nombre
maximal d'automobiles selon les régions administratives? Pourquoi il ne
l'a pas fait? Il répond peut-être exactement
ce que je dis comme raisonnement en termes de véhicules, en termes de non-explosion
du nombre de véhicules à Montréal parce
qu'on aurait pu craindre, avec l'arrivée de nouveaux joueurs, qu'il y a un
problème.
Alors,
je le répète encore une fois. Pour
moi, protéger une industrie comme on la connaît, alléger tout ce qui est
la portion fiscale, c'est de remettre le
plus d'argent possible dans la poche du chauffeur de taxi pour que, le
lendemain, le chauffeur, là, qui a
son véhicule puisse continuer d'opérer et de faire plus de sous, bien, c'est le
défi que je me donne, c'est le défi
qu'on doit se donner. Pérenniser l'industrie, là, avec le million de courses
qu'eux font et qui augmentent, soit
dit en passant, bien, tant mieux, tant mieux. Et c'est là qu'on
va changer le comportement aussi des automobilistes,
peut-être, qui délaissent le
véhicule, qui se disent : Voici les options additionnelles que j'aurai à
Montréal avec le REM, avec les Bixi électriques, avec les trottinettes,
avec les taxis. C'est toutes ces options qui vont changer la politique de
mobilité durable.
Alors,
je vous répète la question : Vous avez créé ce projet pilote. Pourquoi
vous ne l'avez pas fait, vous, établir le nombre maximal d'automobiles selon la région administrative? Moi, je
vous donne des... j'expose les chiffres après cinq ans, là, je vous expose ce qui est factuel. Je vous
expose que le nombre de véhicules immatriculés, le seul endroit au Québec
où il y a eu une baisse, c'est à Montréal. Voilà.
Le Président
(M. Provençal)
: M. le député de
La Pinière.
M. Barrette : M. le
Président, dans la catégorie répondre
à côté de la question, une étoile dans le cahier du ministre. Bravo! Ce n'est pas ça que j'ai posé comme
question. Il ne peut pas me demander pourquoi je n'ai pas proposé ça,
c'est l'amendement de Québec solidaire. Alors, déjà là, on est dans le champ
gauche pas à peu près, on n'est même pas dans le stade.
au moment où on se parle, là, la situation, elle est d'une grande simplicité.
Il y a eu un projet pilote sous nous, qui s'est terminé après la dernière élection, qui a été reconduit sous eux,
et, comme tout projet pilote, ça doit amener à un recueil de données, de constat des données, une analyse,
une conclusion. C'est sous eux, ça, ce n'est pas sous nous. Alors
pourquoi... Nous, si on avait repris le
pouvoir, si on avait été au gouvernement, faites-vous-en pas, les conclusions
seraient déjà sorties, puis il n'y
aurait pas de projet de loi n° 17, et ça ne serait pas comme ça, et on
n'aurait pas aboli l'industrie traditionnelle du taxi.
Alors, je repose ma
question, à laquelle je n'ai même pas eu une approche de l'approche d'une
réponse de ma question. Est-ce que le ministre est prêt aujourd'hui, puisqu'il
voudrait même, à quelque part, que l'étude du projet de loi n° 17 soit conclue avant le 14, est-ce qu'il peut, parce qu'il
ne peut pas ne pas l'avoir maintenant, nous faire part de ce qu'il a
constaté, les données, les résultats de l'analyse et les conclusions qui
arrivent, là?
le projet pilote a été prolongé, là. Ce n'est pas nous qui l'avons prolongé,
c'est eux autres. Il y avait un constat. Et alors là, il le sait, le ministre, non seulement il le sait, il en
parle, mais il en parle sans que nous autres le sachions. Alors là, il y a une irrégularité, là. Alors, je repose ma
question : Est-ce que le ministre, d'ici mardi prochain, s'engage à nous
faire part, de façon au moins
sommaire, la plus détaillée possible, des
résultats du projet pilote? Oui ou non?
Le Président
(M. Provençal)
: M. le ministre.
M. Bonnardel :
M. le Président, le projet pilote n'est pas terminé. Ce n'est pas terminé. On
est à l'article 2, donc à l'amendement de la députée de Québec
solidaire, qui me demande un nombre maximal d'automobiles selon la région administrative. J'ai répondu pourquoi nous n'irons
pas de l'avant, pourquoi nous n'accepterons pas cet amendement. Voilà.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de La Pinière, j'ai le député des
Îles-de-la-Madeleine qui aimerait intervenir. Avec votre permission, je lui
céderais la parole pour favoriser le débat, s'il vous plaît.
M. Barrette : Je n'ai aucun
problème avec ça, M. le Président. Je garde évidemment mon temps déjà imparti.
Le Président (M. Provençal)
: Oui, effectivement. Alors, M. le député.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. En fait, je voulais m'inscrire pour quand le député de
La Pinière aurait terminé sa partie, sa présentation et son
questionnement, je voulais m'inscrire pour intervenir. Je peux le faire
maintenant si vous voulez favoriser effectivement la diversité des opinions,
quoique, sur cet élément-là, je pense qu'on s'entend.
Donc, c'est
intéressant de voir que l'amendement qui est proposé par ma collègue de Mercier
nous amène directement au coeur même
des enjeux qui sont débattus dans le projet de loi, même si, sur l'amendement
en tant que tel, il me semble que l'article 2 n'est peut-être pas
le meilleur endroit pour le glisser. Je souscris à l'amendement, mais je ne
suis pas certain de l'endroit où on pourrait le glisser.
Mais, par
contre, je suis intéressé à poursuivre la discussion sur le coeur de ce qui a
été amené par mes deux interlocuteurs
précédents, à savoir, sur le fondement même du projet de loi, le ministre
martèle à chaque question, comme réponse, le fait que le nombre de
voitures immatriculées dans la région de Montréal n'a pas augmenté, ce qui peut
être circonstanciel. On peut attribuer
toutes sortes de facteurs en lien avec ce phénomène-là. Mais, si je comprends
bien, là, ce serait le socle du
projet de loi n° 17 pour dire : Maintenant, il faut anéantir
l'industrie — j'utilise
le terme qu'il a utilisé tout à
l'heure — pour
revoir complètement le modèle tout simplement parce qu'il y a un projet pilote
qui est en cours, qui n'est pas encore complété, donc duquel on ne peut
pas véritablement, nous, les législateurs, tirer de conclusions. Et il faudrait
accélérer le pas vers l'adoption d'un
nouveau modèle qui, finalement... et repose strictement sur la libéralisation
et sur l'accès à, finalement, au plus grand nombre au transport et à
l'industrie. Et ça, moi, j'ai beaucoup de difficulté avec ça.
Je pense que,
si le ministre veut être cohérent en disant que le projet pilote n'est pas
complété, donc on ne peut pas en révéler la teneur... mais, à ce
moment-là, pourquoi devancer la conclusion du projet pilote et les analyses qui
devraient normalement en découler avant
d'aller de l'avant avec un projet de loi qui transforme l'industrie du tout au
tout? Moi, je ne peux pas concevoir qu'on met en place une période
d'expérimentation d'un nouveau modèle, et, avant même que cette expérimentation-là ne soit complétée et que des
conclusions peuvent être tirées, qu'on propose un nouveau modèle, et
qu'on propose un nouveau modèle à des
législateurs qui sont censés y adhérer sans savoir ce que le gouvernement sait
déjà mais refuse de révéler.
Alors, moi,
je pose la même question. À
part le fait qu'il y a moins de voitures
immatriculées, un peu moins de voitures
immatriculées à Montréal, là, est-ce qu'il y a d'autres éléments sur lesquels
on peut s'appuyer pour dire... pour, en fait, embrasser l'argument, là, du ministre à l'effet qu'entre hier et demain
le projet de loi va transformer de façon positive, pour les gens qui oeuvrent aujourd'hui dans l'industrie
du taxi, les choses? Sur quoi peut-on s'appuyer pour dire que
l'industrie va continuer d'opérer de façon
prospère, alors que, par ailleurs, comme le disait ma collègue de Mercier, les
seules choses sur lesquelles on peut
s'appuyer un peu, c'est les expériences vécues à l'étranger? Et à peu près partout,
à peu près à chaque jour dans les
médias, c'est plutôt les effets négatifs qui sont documentés. Évidemment, c'est
le propre de la presse de révéler les nouvelles qui sont habituellement
peu positives, mais c'est un autre débat.
Essentiellement,
je souscris aussi à ce questionnement, à savoir : Y a-t-il un endroit dans
le monde où ce type de libéralisation
là, la venue d'Uber, a donné quelque chose de positif à l'économie de l'État ou
du pays où on a transformé les choses
de cette façon-là? On peut voir un peu partout des articles qui disent le
contraire. Je n'ai jamais rien vu d'informations qui me permettraient de penser que le ministre a raison, mais on est
ouverts. On est ouverts à l'idée qu'il y ait un argumentaire, qu'il y ait un rapport et les premières analyses
préliminaires qui nous disent effectivement qu'il y a quelque chose
qu'on n'a pas compris, qu'il y a quelque
chose qu'on ne sait pas qui nous permettrait d'adhérer à l'idée que plus il va
y avoir de joueurs et moins il va y
avoir de règles, plus les gens et, en fait, tout le monde, y compris
l'industrie traditionnelle, vont être prospères, alors que les indications sont à l'effet contraire. On nous a fait des
démonstrations, un argumentaire à l'effet qu'à Montréal notamment, on prend cet exemple-là souvent, les
chauffeurs dans l'industrie du taxi traditionnel doivent travailler
beaucoup plus d'heures pour faire beaucoup moins d'argent. Je simplifie. En
quoi est-ce que ça va être différent demain matin?
J'aimerais le
début d'une réponse, là, chiffrée, appuyée, documentée qui me permette de
dire : Bien oui, on est tous pour
la tarte aux pommes, allons-y vivement. Le nombre de courses... D'ailleurs, on
se demande toujours d'où viennent ces chiffres-là.
Est-ce que ça fait
partie de l'analyse, là, de l'industrie du taxi? Parce que
c'est eux-mêmes qui posent la question. Les 40 millions de courses qui sont l'industrie du taxi,
50 millions, vous dites que ça va être maintenu puis vous semblez
laisser entendre que ça va même augmenter. Sur quoi reposent cette analyse et
cette affirmation, M. le ministre?
M. Bonnardel : Mme la
Présidente, trois députés, trois
questions à peu près similaires. Je ne peux pas répéter tout ce
que j'ai dit, mais desservir l'ensemble du territoire
québécois avec les multiples agglomérations où il n'y a
personne, personne, personne pour
desservir les citoyens, l'usager... J'entends vos commentaires. Protéger
l'industrie, c'est la première chose à laquelle
je me suis attaqué. Encore une fois, je le répète, on ne s'est pas levés un
matin en se disant : Tiens, de quelle façon on va mettre à mal l'industrie du taxi, là?
Comprenez-moi bien, là. On a quatre ans devant nous où on a pu voir de quelle
façon Eva, Uber pouvaient travailler sur le
marché avec l'industrie du taxi traditionnel comme on la connaît depuis 40,
50 ans.
On est une des seules administrations ou
provinces, je vais le dire ainsi, à mettre en place un régime où tout le monde
aura sa place, tout le monde aura sa place, où on va protéger l'industrie du
taxi comme on la connaît aujourd'hui. Il n'y
aura pas moins de règles, il n'y a
pas moins de règles. On va s'assurer de la sécurité de l'usager, du client,
avant toute chose. Puis ça, je l'ai mentionné maintes et maintes fois,
et ça va continuer comme ça.
Et, je le répète, on est à l'amendement de la députée
de Québec solidaire, qui me demande d'établir un nombre maximal d'automobiles selon la région administrative. Je vous ai donné
des chiffres, premièrement. Ce n'est pas parce que je vous ai dit que la SAAQ, soudainement dans la
dernière année, il y a une baisse du nombre d'immatriculations, que
c'était le socle de la loi, là, on s'entend, là. Ça fait un petit bout de temps
qu'on y travaille puis ce n'est pas... mais c'est une statistique quand même
intéressante qui démontre qu'il y a un changement de comportement pour une
majorité de Montréalais, qui se
disent : Bien, le véhicule, je n'en ai peut-être plus besoin, parce que
j'ai des services de transport, j'ai le taxi, j'ai la trottinette, j'ai
Bixi, et autres.
Alors, je le
mentionne encore une fois, on est à l'article 2, on est à l'amendement de la députée
de Québec solidaire. Je n'irai pas à l'encontre de ce que la loi peut
permettre pour, encore une fois, desservir l'ensemble du territoire.
Et je pense que les chiffres le
démontrent, avec ce qu'on a eu devant nous dans le projet pilote depuis les quatre dernières années, qu'il n'y a pas eu
d'explosion, comme certains pourraient le prétendre.
Alors, je
pense qu'on a trouvé des conditions gagnantes pour tout le monde, je le répète. Est-ce qu'il y
a des choses qui peuvent être
améliorées? Assurément, mais on n'ira pas contre le principe même de cette loi.
M. Arseneau :
M. le ministre, vous dites que
l'élément de la réduction du nombre de véhicules immatriculés à Montréal
n'est pas le socle du projet de loi
n° 17. Je suis content de vous
l'entendre dire, ça me rassure. Mais vous dites du même souffle que ce que vous avez devant vous,
suite au projet pilote, vous permet d'avancer, et d'aller de l'avant, et
de faire valoir que l'industrie va mieux se
porter demain qu'elle se porte aujourd'hui. Mais ce que vous avez devant vous, nous,
on ne l'a pas devant nous. C'est ça, le
problème. Le déficit de crédibilité du projet
de loi n° 17, c'est qu'il ne
repose pas sur des faits avérés ou
sur des analyses tirées du projet
pilote en question.
C'est ce qu'on vous demande depuis tout
à l'heure, c'est à savoir s'il y a,
dans vos tiroirs, des études qui auraient dû, j'imagine, être faites ou des expériences
tirées de ce qui a été fait ailleurs, dans d'autres marchés où on a
ouvert la porte aux multinationales et qui nous permettraient de penser qu'effectivement
la situation va s'améliorer.
La question
de l'amendement établissant le nombre maximal d'automobiles selon la région
administrative, j'imagine, c'est le
nombre d'automobiles, ce n'est pas pour empêcher la régie de l'assurance ou la
Société de l'assurance automobile de permettre aux gens de s'acheter une
voiture, là. On parle ici des véhicules automobiles qui font du taxi, qui font
du transport rémunéré de personnes, là.
Alors, moi,
j'aimerais savoir, en sous-question, là, si le nombre de voitures qui circulent
à Montréal et qui ont été immatriculées
dans la région de Montréal n'a pas augmenté, est-ce que le nombre de voitures
qui font du transport rémunéré de
personnes a augmenté, lui. Je le suppose. Je suppose que le nombre de personnes
qui s'adonnent au transport rémunéré de personnes, parce que c'est de ça
qu'il s'agit, il a sûrement augmenté.
Si la demande
a augmenté et que le nombre de personnes qui font du transport rémunéré de
personnes a augmenté puis, de la même
façon, les chauffeurs de taxi traditionnels nous disent que leurs revenus
ont baissé, il me semble qu'il y a une hypothèse
qu'on pourrait, à défaut d'avoir le projet pilote puis des conclusions
analytiques et intéressantes, là, pu