House Proceedings — 30 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
2023-05-30
Quebec — Debates (Hansard)
(Treize heures quarante minutes)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon
mardi. Vous pouvez vous asseoir.
Nous débutons
nos travaux aux affaires courantes, à la rubrique des déclarations de députés,
et je cède la parole à M. le député de Masson.
M. Lemay : Mme
la Présidente, avant de débuter, permettez-moi de souligner la présence avec
nous du maire de Terrebonne, Mathieu
Traversy, de Céline Durand et d'Andrée Schatskoff, de la corporation du 350e,
ainsi que Véronik Gravel, aux communications.
Alors, depuis
sa fondation, il y a maintenant 350 ans, Terrebonne a toujours su préserver
son charme unique et son caractère
distinctif, son patrimoine et ses traditions. D'ailleurs, qui ne connaît pas le
Vieux-Terrebonne, un endroit de prédilection pour le tourisme, avec
l'île des Moulins, sa villégiature distinctive, son accueil chaleureux et ses
nombreux rassemblements? Et Terrebonne est
bien plus qu'une ville, c'est un foyer dynamique qui est rempli de gens
passionnés et engagés qui travaillent
ensemble pour améliorer notre communauté. C'est grâce à cet esprit de
collaboration et de dévouement que Terrebonne a pu se développer au fil
des ans.
Et je vous
invite donc à festoyer avec nous aux quatre coins de la ville toute l'année. Et
au menu vous y trouverez des spectacles, des dégustations, de nombreuses
occasions de fête.
Alors, sur ce, Mme la Présidente, je souhaite un
bon 350e à la ville de Terrebonne.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant,
je cède la parole à M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je souhaite souligner l'apport très important de Jo-Anne
Fraser à l'enseignement de la musique.
Mme Fraser
prendra sa retraite après plus de 37 ans d'enseignement au cégep
Saint-Laurent, un enseignement de... d'éducation dans ma circonscription,
et, pour chaque concert, elle considérait que c'était un moment unique.
Après des
études en piano classique à Montréal, Mme Fraser quitte pour Genève, où elle
étudie la rythmique et l'improvisation
musicales. Elle y obtiendra sa licence d'enseignement en 1985. Elle recevra
même un prix d'État de Genève ainsi que le prix Marguerite-Croptier pour
souligner l'excellence de sa pédagogie.
À son retour
au Québec, elle enseigne tant aux jeunes du primaire qu'aux maîtres pianistes
de l'UQAM. Elle a fait sa marque en
enseignant au cégep Saint-Laurent, où elle s'est impliquée dans de multiples
projets : ateliers d'opéra, élèves en chant classique, ateliers de
création et de danse.
Je souhaite saluer sa belle carrière et qu'en
choeur nous lui disions merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, M. le député. Nous poursuivons avec M. le député de
Nicolet-Bécancour.
M. Martel : Mme
la Présidente, la présence de médias d'information forts et bien enracinés joue
un rôle primordial dans une région
rurale comme celle de Nicolet-Bécancour. C'est la raison pour laquelle je veux
aujourd'hui rendre hommage à M. Stéphane Lévesque, de
Saint-Léonard-d'Aston, qui a décidé, en 2018, de lancer chez nous une nouvelle
télévision communautaire appelée Télé-Coeur.
Ex-enseignant
et journaliste, Stéphane Lévesque s'est investi à fond de train dans cette télé
conçue par et pour les citoyens de la circonscription de
Nicolet-Bécancour. Télé-Coeur diffuse aujourd'hui une programmation entièrement
consacrée à notre circonscription et s'affirme de plus en plus comme une source
incontournable d'information.
Je tiens à saluer la détermination de
Stéphane Lévesque et à le remercier, au nom de tous mes concitoyens, pour
son engagement à faire vivre cette
télévision communautaire, un atout de plus pour assurer la qualité de vie et le
sentiment d'appartenance de nos citoyens. Merci, Stéphane.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Je vous remercie, M. le député. Nous poursuivons
avec M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente.
La semaine dernière, j'ai visité une classe de quatrième année de l'école
Saint-Paul Apôtre pour discuter de l'avenir
du Québec avec les élèves. Ils et elles m'ont fait part de leurs inquiétudes en
lien avec l'inclusion, l'intimidation, le
coût de la vie et, en tête de liste, l'environnement. Voici quelques-unes des
idées qu'ils et elles m'ont partagées.
Alors,
à la place d'acheter de la viande, on pourrait acheter plus de tofu. Avoir plus
d'autopartage, beaucoup plus de
compost. Mettre partout dans les villes beaucoup d'abreuvoirs pour les pauvres
et les personnes qui ont chaud. Aider les
gens qui sont de d'autres pays et qui ne peuvent pas venir ici. Construire des
maisons végétales, des maisons écologiques. Rajouter plus de services pour les
élèves qui en ont besoin pour les devoirs. Baisser le prix de la nourriture. Faire
de petits jardins pour les personnes sans abri, pour qu'elles puissent
planter des graines et se faire de quoi manger.
Alors, voilà un
extrait de ce qu'elles m'ont confié et ce qu'ils m'ont confié. Merci aux élèves
de la classe de Mme Karelle. Puissent leurs idées être entendues et
inspirer nos délibérations pour la suite du monde.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Je suis prête maintenant à céder la parole à Mme la députée
de Labelle.
Mme Jeannotte : Aujourd'hui, j'aimerais
rendre hommage au Dr Luc Laurin et à son épouse Diane Lafontaine pour
leur contribution exceptionnelle à la santé collective et à la qualité de vie
de la population des Hautes-Laurentides.
Fondateur
du Centre PromoSanté de Ferme-Neuve en 2004, le Dr Laurin et son épouse ont eu
l'idée de créer ce lieu unique qui a
pour mission de sensibiliser la population à l'importance des saines habitudes
de vie afin de prévenir les maladies cardiovasculaires.
Leader
incontesté, le Dr Laurin a su mobiliser plusieurs partenaires et membres de sa
communauté pour mettre en place des programmes de réadaptation et de
prévention des maladies cardiovasculaires. Innovateur et visionnaire, le Dr Laurin est constamment à la recherche de
nouvelles initiatives pour améliorer la santé et la qualité de vie de sa
communauté. Tout récemment, le Centre
PromoSanté s'est allié à l'Institut de cardiologie de Montréal, qui vise à
examiner les liens entre la santé cardiovasculaire, les saines habitudes
de vie et la prévention des troubles cognitifs.
Pour
toutes ces raisons, je tiens à remercier chaleureusement le Dr Laurin et toute
l'équipe du Centre PromoSanté, des gens inspirants qui ont à coeur la
santé de leurs concitoyens. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Nous poursuivons avec Mme la députée de
Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Cette semaine, jusqu'au 4 juin, se
déroule la Semaine québécoise des services de garde éducatifs à l'enfance.
C'est une semaine
pour souligner l'importance de la qualité des services de tous les milieux de
garde, les CPE, garderies et milieux familiaux,
ainsi que le rôle essentiel qu'ils jouent dans le développement de nos enfants
et la place qu'ils occupent dans la vie des parents.
départ pour la grande aventure est le thème de la semaine et signifie le
début d'une étape importante du parcours éducatif et au développement de
nos tout-petits.
Cette
semaine est aussi l'occasion de souligner et de reconnaître le travail
exceptionnel et fondamental de tous les membres du personnel qui accompagnent nos enfants dans nos services de
garde éducatifs à l'enfance. Et je tiens à remercier et à saluer aujourd'hui tout le réseau de services
de garde éducatifs à l'enfance pour leur dévouement sans limites. Ils sont
au coeur de notre société et sont essentiels au soutien de nos familles du
Québec. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. M. le député de Chauveau, la
parole est à vous.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Juin est le mois de la sensibilisation à la
sclérose latérale amyotrophique. Je
profite de ce moment pour rendre hommage à mon ami, ex-animateur de radio,
Mario Hudon, que je salue, d'ailleurs, dans les tribunes. Mario est
accompagné de sa femme, Nancy Bérubé.
Mario
est atteint de cette maladie depuis décembre 2020 et il est affecté par la
forme spinale de celle-ci. Avec quelques personnes atteintes de la SLA, Mario a eu accès au médicament Albrioza.
Grâce à ce traitement, la progression de la maladie est ralentie. Il souhaite de tout coeur que
d'autres personnes puissent également avoir accès à ce médicament. Mario n'est
pas un gérant d'estrade, car il est impliqué
au sein de la SLA, où il continue à se battre pour lui et surtout pour ceux qui
souffrent et souffriront de cette terrible maladie.
Mario, tu as toute
mon admiration pour tout ce que tu as fait, ce que tu fais et tu feras. Bon
courage, mon ami!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je cède la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, Mme la Présidente.
De par notre
situation insulaire, aux Îles-de-la-Madeleine, nous devons redoubler d'efforts
pour s'assurer d'une alimentation saine et surtout locale, développer notre
autonomie alimentaire.
Depuis
maintenant 30 ans, l'organisme Le Bon Goût frais des Îles-de-la-Madeleine
contribue à cet effort de façon exemplaire.
Par la concertation, la représentation, la promotion et l'innovation, Le Bon
Goût frais assure non seulement la croissance
de notre secteur bioalimentaire, mais il offre également aux Madeliniennes et
aux Madelinots ainsi qu'aux visiteurs l'occasion
de profiter d'une panoplie de produits locaux. C'est grâce aux producteurs
membres et à l'équipe du Bon Goût frais
des Îles que nous pouvons apercevoir un peu partout sur les tablettes des
produits de chez nous, cultivés, élaborés ou transformés grâce au
terroir unique et au savoir-faire des insulaires.
défi 100 % local, maintenant présent dans la plupart des régions du
Québec, a été lancé, il est né aux Îles-de-la-Madeleine, lancé par Le
Bon Goût frais des Îles.
Alors,
je tiens à féliciter tous les membres du Bon Goût frais, à leur témoigner la
reconnaissance de notre communauté pour la contribution à la relance et
au succès du secteur bioalimentaire. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Mme la députée de Prévost, la
parole est à vous.
Mme Bélanger :
Mme la Présidente, dans ma belle circonscription de la ville de Prévost, cette
dernière célèbre cette année le 50e anniversaire de sa fusion avec les
municipalités de Shawbridge et Lesage. La fusion a permis à ces trois municipalités de devenir un milieu de
vie attrayant et dynamique pour les jeunes, les familles et les aînés.
Depuis le
28 janvier, de nombreux événements ont été planifiés et se dérouleront
jusqu'à la fin de l'année 2023 pour
souligner cet important anniversaire, notamment la mise en place d'un musée
virtuel, la plantation d'un arbre du 50e et le lancement d'une bière à
l'effigie de l'événement.
J'en
profite pour saluer le maire de Prévost, M. Paul Germain, ainsi que son
équipe, qui travaillent très fort pour assurer une belle qualité de vie
aux citoyennes et aux citoyens de la municipalité.
Joyeux 50e à tous les
Prévostois et Prévostoises! Bon 50e! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Maintenant, Mme la députée de Repentigny.
Mme Déry :
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, je veux souligner aujourd'hui les 10 ans d'existence de
l'organisme lanaudois DIDA, Défi Intégration Développement Accompagnement.
Alors,
la directrice de l'organisme, Véronique Gaudet, est avec nous aujourd'hui. Il y
a des bénévoles également, des
usagers qui sont avec nous dans les tribunes. Je vous remercie infiniment pour
votre présence. Je salue aussi, par ailleurs, l'équipe de comté qui les
accompagne aujourd'hui à l'Assemblée nationale.
Alors, issu du besoin criant de
trouver une alternative au dernier plateau de travail du fameux Centre de réadaptation
La Myriade, dans Lanaudière, l'organisme est
créé par des parents qui ont des enfants de plus de 21 ans qui présentent
une déficience intellectuelle, des
jeunes adultes qui ont besoin d'être stimulés à travers des activités qu'ils
sont capables de faire. Et DIDA leur
offre justement de nouveaux défis par l'entremise de formations et de travaux
divers, structurés pour tenir compte de leurs besoins particuliers.
Avec
le temps, l'organisme est devenu une référence dans le sud de Lanaudière, avec
le programme qu'il développe pour
aider les adultes avec des déficiences à acquérir, justement, diverses
habiletés et compétences sociales et professionnelles.
suis personnellement allée faire un tour. J'ai été impressionnée non seulement
par le personnel, mais aussi par ces
gens-là que vous voyez en haut, des usagers très heureux de pouvoir être là
tous les jours et de contribuer. Alors, merci beaucoup pour vos travaux,
votre don de soi. Bravo et longue vie à DIDA!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Je vous rappelle que vous avez une minute pour faire vos
déclarations de députés. S'il vous plaît, veuillez respecter ce temps.
Alors, Mme la députée
de Verchères.
Mme Roy (Verchères) : Merci,
Mme la Présidente. Je veux profiter de l'occasion pour souligner le
10e anniversaire de L'ensemble
vocal Expressio, de Contrecoeur, un ensemble composé de 38 choristes de
tous âges ayant en commun l'amour des mots, de la musique et du chant
choral.
tiens à féliciter Éric Bernier, fondateur et chef de choeur, qui a assuré la
pérennité, la vitalité de cette remarquable organisation. J'en profite pour le remercier, puisqu'après 10 ans
de dévouement et d'engagement M. Bernier a annoncé qu'il passait le
flambeau. La meilleure des chances pour la suite, M. Bernier.
souhaite un joyeux anniversaire aux chanteurs, aux administrateurs et au chef.
Je tiens à souligner l'apport de Réjeanne
Ménard, Anne-Marie Bertrand, Karine Richard, Marie-Andrée Handfield, Liette Cyr
et Suzanne Doiron, qui sont membres d'Expressio depuis ses tout débuts.
Bravo et longue vie à
L'ensemble vocal Expressio de Contrecoeur! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à notre dernière intervenante,
Mme la députée de Brome-Missisquoi.
Mme Charest : Merci, Mme la Présidente.
Le 27 novembre 2022, pour la première fois en 109 ans, le Canada
mettait finalement la main sur la fameuse coupe Davis.
Québécois Félix Auger-Aliassime a été le fer de lance de l'équipe dans le
tournoi final. Il a remporté trois matchs en simple et un en double pour
sceller la victoire finale contre l'Australie. Grâce à Félix et à ses
coéquipiers, Gabriel Diallo, Alexis
Galarneau, Denis Shapovalov, Vasek Pospisil et le capitaine Frank Dancevic, le
Canada a terminé au premier rang, parmi 140 autres pays représentés, à ce
qui est la plus importante compétition sportive annuelle par équipe. Cette
victoire représente le fruit de plusieurs années de travail pour Tennis
Canada et Tennis Québec.
bons résultats de nos athlètes se multiplient sur la scène internationale, et
la participation augmente constamment, surtout
auprès des jeunes. Je salue d'ailleurs la présence parmi nous, dans les
tribunes, de Gabriel Diallo ainsi que des membres du personnel de Tennis
Québec et de Tennis Canada. Et je vous dis un gros bravo.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Cela met fin à la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
13 h 56)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Vous êtes nombreux et nombreuses.
Bienvenue chez vous. Mmes, MM. les députés, messieurs dames, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
J'ai le
plaisir de souligner, dans les tribunes, la présence du consul général de la
République arabe d'Égypte à Montréal, M. Mohamed Naguib Hussein Fakhry,
à l'occasion de sa visite de prise de poste.
J'ai également
le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de Mme Martine
Ouellet, ancienne députée de Vachon, et également, également, de
M. Mathieu Traversy, ancien député de Terrebonne.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, bonjour, Mme la Présidente. Je vous demande
d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
Présidente : À l'article a du feuilleton, M. le ministre
des Finances présente le projet de loi n° 27, Loi modifiant la
Loi sur les impôts, la Loi
sur la taxe de vente du Québec et d'autres dispositions. M. le ministre.
M. Girard
(Groulx) : Merci, Mme la Présidente. Ce projet de loi vise à
donner suite à des mesures annoncées dans divers bulletins d'information
publiés par le ministère des Finances en 2021, en 2022 et en 2023.
Dans le but
d'introduire ou de modifier des mesures propres au Québec, le projet de loi
modifie la
Loi sur les impôts et la Loi concernant les paramètres
sectoriels de certaines mesures fiscales afin, notamment :
1˚ de
bonifier le crédit d'impôt remboursable pour le soutien aux aînés et d'abolir
le crédit d'impôt remboursable pour les activités des aînés;
2˚ d'élargir
l'admissibilité à la déduction additionnelle pour les frais de transport des
petites et moyennes entreprises éloignées et au mécanisme d'étalement du
revenu des producteurs forestiers;
3˚ de
reconduire les crédits d'impôt remboursables visant à encourager la création de
nouvelles sociétés de services financiers.
Le projet de loi modifie également la Loi
constituant Capital régional et coopératif Desjardins afin que certains investissements faits pour accroître l'offre de
logements abordables soient reconnus pour l'application de la norme
d'investissement qui y est prévue.
De plus, le
projet de loi modifie la Loi concernant l'impôt sur le tabac afin d'augmenter
les taux de la taxe spécifique sur les produits du tabac.
En outre, le
projet de loi modifie la
Loi sur la Régie de l'assurance maladie du Québec afin
de hausser le montant des exemptions
servant au calcul de la prime exigible d'une personne assujettie au régime
public d'assurance médicaments.
Par ailleurs,
le projet de loi modifie notamment la
Loi sur les impôts et la
Loi sur la taxe
de vente du Québec afin d'y apporter
des modifications semblables à celles qui ont été apportées à la Loi de l'impôt
sur le revenu et à la
Loi sur la taxe d'accise par des projets de loi
fédéraux sanctionnés en 2022. Ces modifications concernent, entre autres :
1˚ le compte d'épargne libre d'impôt pour
l'achat d'une première propriété;
2˚ le crédit d'impôt pour l'achat d'une première
habitation;
3˚ la revente précipitée de biens immobiliers
résidentiels;
4˚ l'admissibilité à la déduction accordée pour
les petites entreprises;
5˚ le calcul
du revenu des assureurs à la suite de l'adoption des normes internationales
d'information financière sur les contrats d'assurance — IFRS 17.
Enfin, le projet de loi apporte des
modifications à caractère technique, de concordance et de terminologie. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente : Oui, je reconnais M.
le leader de l'opposition officielle.
Derraji : Mme la Présidente, nous prendrons connaissance de
ce projet de loi et nous demandons au gouvernement de tenir des
consultations particulières. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : M. le leader du
gouvernement.
Jolin-Barrette : Mme la Présidente, ce projet de loi met en oeuvre
ce qui a déjà été annoncé. Donc, comme à l'habitude, Mme la Présidente, c'est un projet de loi qui fait suite aux
mesures fiscales déjà annoncées, pour l'information du collègue.
La Présidente : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
La Présidente : Adopté.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
de la Justice.
Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente, permettez-moi de déposer
le rapport du Conseil de la magistrature quant à la mise en oeuvre du Programme de perfectionnement sur les
réalités relatives à la violence sexuelle et à la violence conjugale du
30 novembre 2021 au 31 décembre 2022. Merci.
La Présidente : Ce document et
déposé. Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Déry : Mme la Présidente, je dépose aujourd'hui le
rapport annuel 2021-2022 de l'Université du Québec et des
établissements du réseau. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente : Ce document
est déposé. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, Mme la
Présidente, je dépose la réponse du
gouvernement à la pétition déposée en Chambre le 19 avril 2023 par
la députée de Mercier.
La Présidente : Ce document est
déposé.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le député de Jonquière, président de la
séance et membre de la Commission de l'aménagement du territoire.
M. Gagnon : Oui. Bonjour, Mme la
Présidente. Je dépose le rapport de la Commission de l'aménagement du territoire qui, les 11, 23, 24, 25 et 30 mai
2023, a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 16,
Loi modifiant la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme et d'autres dispositions. La Commission a adopté
le texte du projet de loi avec des amendements.
Présidente : Ce rapport est déposé. M. le président de la
Commission de la culture et de l'éducation et député de Pontiac.
M. Fortin : Oui. Mme la Présidente, je vais devoir revenir un peu plus
tard. Je vous remercie.
Présidente : D'accord. Nous poursuivons. Dépôt de rapports de commissions.
Mme la présidente de la Commission de l'économie et du travail et
députée de Mirabel.
Mme D'Amours : Mme
la Présidente, je dépose le rapport de la Commission de l'économie et du
travail qui, les 10 et 25 mai 2023, a procédé à l'étude détaillée
du projet de loi n° 19,
Loi sur l'encadrement du travail des enfants. La
Commission a adopté le texte du projet de loi avec un amendement. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente : Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Cliche-Rivard : Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait
d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
21 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le Québec a la responsabilité de défendre les droits de la personne et de
promouvoir les valeurs démocratiques à l'échelle mondiale;
«Considérant que la majorité des Tunisiens
établis au Canada vivent au Québec;
«Considérant que l'instauration
d'une démocratie en Tunisie constitue une lueur d'espoir dans le monde
arabo-musulman;
«Considérant
que, depuis le 25 juillet 2021, le président Kaïs Saïed a entamé un coup
de force par la suspension du Parlement et la dissolution de toutes les
institutions démocratiques indépendantes;
«Considérant
que les actions du président Kaïs Saïed ont sapé la démocratie naissante, la
protection des droits de l'homme, la liberté d'expression et
l'indépendance du pouvoir judiciaire;
«Considérant
que des journalistes, des parlementaires et des personnalités [publiques] ont
été emprisonnés pour s'être opposés au coup de force du président; et
«Considérant
que des civils ont été poursuivis devant des tribunaux militaires et qu'au
moins 12 d'entre eux ont été jugés pour avoir exercé leur droit à la
liberté d'expression;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
demander au président Kaïs Saïed de rétablir le Conseil supérieur de la
magistrature, récemment dissout afin de protéger les juges de toute
destitution arbitraire;
«D'encourager
le retour au dialogue national tant souhaité par les différentes forces et
acteurs politiques et civils afin de [soutenir] le pays [dans sa] crise
politique;
soutenir les Tunisiens dans leurs efforts pour maintenir les gains durement
acquis en matière de droits de la personne et de démocratie.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Alors, nous revenons
à la rubrique Dépôt de rapports de commissions. M. le député de Pontiac.
Fortin : Oui. Merci, Mme la Présidente.
Prise 2. Je dépose le rapport de la Commission de la culture et de l'éducation relativement au mandat d'initiative
portant sur les révélations de violence lors des initiations dans le milieu du
hockey junior et la possible situation dans d'autres sports. Dans le cadre de
ce mandat, la commission a procédé à des consultations
particulières et tenu des auditions publiques les 22 février ainsi que les
21, 22 et 23 mars 2023. De plus, la commission s'est réunie en séance de travail les 16 et 23 février
et les 15 et 30 mars, le 20 avril et les 10 et 24 mai 2023
relativement à ce mandat. Le rapport contient 23 recommandations. Merci,
Mme la Présidente.
Présidente : Ce rapport est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Les cinq années
caquistes sont marquées par des promesses brisées et des échecs. La plus retentissante de ces promesses brisées,
bien évidemment, c'est le troisième lien, qui est passé d'un troisième
lien autoroutier à un troisième lien autosaboté.
Autre
signe d'un gouvernement brouillon et pas fiable, Mme la Présidente,
rappelons-nous, à la même époque de la promesse,
main sur le coeur, du troisième lien autoroutier, en août 2018, le premier
ministre disait ce qui suit : «Quand on me dit que le plus grand défi économique est la pénurie d'employés, je
ne suis pas d'accord.» Fin de la citation. Il a refusé, Mme la
Présidente, de reconnaître la crise évidente dès 2018. Il a refusé de la
reconnaître pendant trois ans. Et le gouvernement
caquiste est arrivé, trois ans plus tard, à une opération main-d'oeuvre, une
stratégie, en novembre 2021. C'était essentiellement deux programmes. PRATIC, Programme pour la
requalification et l'accompagnement en technologies de l'information et des communications, on n'a
toujours pas de résultat, savoir ce que ça a donné. Le PARAF, Programme d'aide
à la relance par l'augmentation de la
formation, la ministre a dit, il y a plus d'un mois : L'exercice de
reddition de comptes est terminé. On attend toujours les résultats.
Bien,
les résultats, Mme la Présidente, après le cinq ans caquiste, on les voit.
La pénurie de main-d'oeuvre, le nombre de postes vacants a plus que
doublé, passant de 118 000 à 232 000.
Que vaut la parole du
premier ministre?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, la bonne nouvelle pour le
chef de l'opposition officielle, c'est que, quand on va revenir à l'automne, il n'aura pas besoin de
mettre ses notes à jour, il va pouvoir garder le cinq ans, puis ce sera vrai
cette fois-là.
la Présidente, on a vu en fin de semaine un Parti libéral qui n'était pas sûr
d'être nationaliste, comme il n'est pas
sûr de ce qu'il veut sur le troisième lien, comme il n'est pas sûr non plus de
ce qu'il veut faire en économie. Je ne sais pas si le projet ÉCO, pour mettre 100 milliards dans l'hydrogène
vert, pour nationaliser l'hydrogène vert, c'est toujours le programme
économique du Parti libéral.
Maintenant,
Mme la Présidente, ce qu'on dit puis ce qu'on fait, c'est qu'on a eu, hier, une
journée mémorable, on a annoncé la
naissance d'une nouvelle industrie, la filière batterie, qui va permettre de
créer des emplois mieux payés. Parce que
ce que ne comprend pas le Parti libéral, c'est que notre défi, actuellement,
maintenant qu'on est au plein-emploi, c'est de réduire notre écart de salaire avec nos voisins, ce qu'on a réussi à
faire, depuis quatre ans et demi, on a réussi à réduire notre écart de
salaire avec nos voisins. Puis on va continuer de le faire avec des projets
comme la filière batterie.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Parfait, Mme la Présidente. Le premier ministre
vient de dire qu'il est le chantre de réduction des écarts entre Québec et Ontario. Qu'en est-il du
salaire des professeurs? Quand est-ce qu'il va régler ça? Quand est-ce qu'il
va faire en sorte que les professeurs
puissent avoir le même salaire que celles et ceux, toutes comparaisons faites,
de l'Ontario?
Alors,
Mme la Présidente, en éducation, ça aura pris 2023 pour entendre le ministre
dire : Un grand défi de rareté de
main-d'oeuvre. Ce qu'il a proposé, de faire revenir les professeurs à la
retraite, ça a été jugé mal ficelé, flou. C'est ça, la CAQ.
Pourquoi
devrions-nous croire le...
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, je rappelle au chef de
l'opposition officielle que le syndicat très militant de la FAE a dit, lors de la dernière négociation de
convention collective, que c'était historique, parce que c'était la première
fois où on augmentait les salaires de certains groupes d'employés. On a
augmenté, entre autres, Mme la Présidente, les salaires des enseignants de 15 % à 18 %, pour ramener l'écart
Québec-Ontario au même que celui pour les autres professionnels. Donc,
très fier de ça, Mme la Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Mme
la Présidente, on va continuer de citer la FAE. La FAE, Mélanie Hubert,
présidente de la Fédération autonome de
l'enseignement, a dit que le gouvernement, et je la cite, «s'y prend mal». Fin
de la citation. Quand vous avez un gouvernement qui est brouillon, Mme la
Présidente, qui n'a pas de solution réfléchie et qui fait en sorte de régler un problème de façon pérenne, bien, c'est
ça que ça donne, c'est mal ficelé, c'est flou, c'est brouillon. Pendant ce
temps-là, Mme la Présidente, les enjeux sont
nombreux, sont majeurs, en éducation. On ne parle pas de réussite scolaire.
Manque de professeurs. Encore une fois, les belles paroles, les belles
promesses.
Pourquoi devrions-nous
croire...
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, si j'étais à la place du
Parti libéral, je me garderais une petite gêne quand vous parlez de flou, de
parler de brouillon. Quand on ne sait même pas si on est nationaliste, là, on
part de très, très loin.
Maintenant,
Mme la Présidente, on est actuellement en négociation, donc ce n'est pas
surprenant que les syndicats fassent
des sorties puis en demandent plus. Maintenant, ce qui est nouveau, par contre,
c'est que le Parti libéral essaie de faire compétition à Québec
solidaire pour être le porte-parole des syndicats.
Présidente : Troisième complémentaire.
Tanguay : Bien, si les paroles des syndicats s'expliquent
dans un contexte de négociation, quand est-ce que le premier ministre,
lui, va sortir du contexte de négociation puis qu'il va agir pour tous les
Québécoises et Québécois? Le bilan de la CAQ, il dit
que nous, on devrait se garder une
gêne; il devrait se garder une gêne. Les écoles sont plus vétustes qu'il y a
cinq ans. Les jeunes décrochent, les profs décrochent. Il a promis des places
en services de garde, c'est la crise sans
précédent, 69 000 jeunes qui sont inscrits sur la liste d'attente. Liste
d'attente en chirurgie, ça a augmenté. Ça ne devrait pas être appelé la
Coalition avenir Québec mais la coalition attente Québec, Mme la Présidente.
La Présidente : Pas de commentaire
après les questions. M. le premier ministre.
Legault : Mme la Présidente, une farce n'attend pas l'autre,
avec le chef de l'opposition officielle. La réalité, Mme la Présidente, c'est que le gouvernement de la CAQ a doublé les budgets pour la
rénovation des écoles. Doublé. Pas augmenté de 10 % ou 20 %,
doublé.
Maintenant,
on est en train de livrer les places en garderie, ce que le gouvernement
libéral n'a pas fait pendant 15 ans. 15 ans qu'on a subi ça,
Mme la Présidente. Ça a fait beaucoup de dégâts à réparer.
La Présidente : En question
principale, je reconnais la députée de Saint-Laurent.
Rizqy : La façon de la CAQ de réparer les soi-disant
dégâts, c'est d'augmenter le nombre de décrocheurs au Québec, d'augmenter le nombre d'écoles vétustes,
d'augmenter la liste d'enfants en attente d'une place en CPE. C'est ça,
leur façon de réparer, en cinq ans.
Mme la
Présidente, accepteriez-vous, vous, de vous faire opérer par un chirurgien qui
n'est pas légalement qualifié? Accepteriez-vous
une perfusion par une infirmière qui n'est pas légalement qualifiée? Est-ce que
vous engageriez, vous, Mme la Présidente, un électricien qui n'a pas ses
cartes? Non, hein?
Alors, pourquoi qu'on tolère d'avoir
30 000 enseignants non légalement qualifiés? Pour reprendre
l'expression consacrée par le premier ministre, ce n'est pas gênant?
La Présidente : La réponse du ministre
de l'Éducation.
M. Drainville : J'étais trop
enthousiaste de répondre, Mme la Présidente.
Alors, les
non légalement qualifiés, bien, c'est justement ce pourquoi nous proposons une
voie rapide de 30 crédits, au
lieu d'une maîtrise de 60 crédits, programme de 30 crédits qui sera
offert à partir de septembre par la TELUQ, et évidemment on souhaite que d'autres universités le fassent, ce qui va
faire en sorte, donc, que les profs non légalement qualifiés, avec un bac, des profs qui sont déjà dans les
classes, vont pouvoir, au terme de ce 30 crédits, Mme la Présidente,
obtenir leurs brevets.
Et là la
question que je me pose : Est-ce que le Parti libéral est d'accord
avec la création de ce 30 crédits? Parce que je ne crois pas avoir entendu la députée de
Saint-Laurent sur cet aspect de nos propositions. Est-ce qu'elle est d'accord
avec la création d'un programme de 30 crédits pour les non légalement
qualifiés? Il y a déjà plusieurs centaines d'inscriptions à la TELUQ
pour septembre prochain. J'attends avec impatience la réponse de la députée de
Saint-Laurent.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Rizqy : ...attente Québec, on
attend toujours, hein? Alors, avec leurs 800...
Présidente : Vous allez m'excuser. Ici, vous savez très bien
qu'on s'interpelle par notre nom, avec nos titres, et on ne dénature pas les titres et les noms de
qui que ce soit. Si vous parlez d'un parti, nommez-le tel qu'il est, je vous en
prie. On poursuit.
Rizqy : Mme la Présidente, avec les 800, environ, qui vont
être acceptés à la maîtrise qualifiante, ça va prendre 37 ans et
demi pour qualifier les 30 000 non légalement qualifiés. C'est sûr
que ça va être un petit peu long.
Nous, on
aimerait ça que le gouvernement, lorsqu'on leur dit que votre lubie des
maternelles quatre ans ne répond pas aux besoins... Quand ça fait cinq
ans qu'on vous dit que l'enjeu numéro un, c'est la pénurie d'enseignants,
pourquoi qu'aujourd'hui vous ne dites pas que vous êtes cinq ans en retard?
La Présidente : La réponse du ministre
de l'Éducation.
Drainville : Alors, je n'ai pas entendu de réponse de la part du Parti
libéral sur le programme de 30 crédits. Le
programme de 30 crédits, Mme la Présidente, est-ce qu'ils sont pour ou ils
sont contre? Parce que, là, on propose d'en créer un à partir de septembre prochain. On va régulariser, normaliser
tout ça avec le projet de loi n° 23. D'ailleurs, j'ai bien hâte de voir si on pourra compter sur la
collaboration du Parti libéral, parce que le projet de loi n° 23, Mme la
Présidente, vise à réparer certains
des pots cassés pendant les 15 ans où le Parti libéral s'est occupé de
l'éducation au Québec. Donc, on a
bien hâte de voir sur 23. Mais, sur le 30 crédits qui va nous permettre de
qualifier des non légalement qualifiés, est-ce qu'elle est pour ou
est-ce qu'elle est contre le programme...
Présidente : En terminant.
Drainville : ...de 30 crédits, Mme la Présidente?
Présidente : Deuxième complémentaire. On ne s'interpelle pas des deux
côtés de la Chambre. La deuxième complémentaire, monsieur... Allez-y.
M. Tanguay : Mme la Présidente, la preuve est faite. La CAQ ont
nié dès 2018 la pénurie de main-d'oeuvre. Ça se répercute aujourd'hui dans l'enseignement. Ça leur a pris trois ans pour
arriver avec des programmes qui aujourd'hui ne donnent pas de résultats. Ils se réveillent, imaginez-vous donc, Mme la
Présidente, après cinq ans, comme la marmotte qui sort de son trou. Et le premier ministre disait en
novembre 2021 : «...les services qu'on appelle essentiels, ça veut
dire les enseignants», c'est ça qu'on va... «dans l'année [on va être] capable
de répondre à tous les besoins». Belles paroles!
Que vaut la parole du
premier ministre?
Présidente : La réponse du premier ministre.
La Présidente :
Bon, je suis debout. On revient
au calme. Et ça prend beaucoup de sens de l'autodérision, aujourd'hui.
Alors, on va écouter la réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, le Parti libéral est en train de nous dire que, le 1er octobre 2018, la marmotte
est sortie, et il manquait tout à coup 30 000 enseignants qui
n'étaient pas qualifiés, tout à coup, le 1er octobre 2018.
la Présidente, on est en train de réparer 15 années libérales. On a
augmenté le salaire des enseignants de 15 % à 18 %. On a mis un incitatif de
5 000 $ par année pour les étudiants dans les facultés d'éducation.
On est en train de regarder pour des formations courtes. Contrairement
aux 15 années libérales, nous, on agit, Mme la Présidente.
La Présidente :
Pas de commentaire après la
réponse. En question principale. Il y a une seule personne qui a le
droit de parole ici, c'est le député de Pontiac. On l'écoute.
M. Fortin : Merci,
Mme la Présidente. Juste en Estrie, juste pour les infirmières, juste au cours
du mois prochain, c'est entre
5 000 et 8 000 quarts de travail qui vont être vacants, au point
où les soignantes nous disent que le bloc opératoire ne passera pas l'été. À Drummondville, c'est la santé
mentale, la protection de la jeunesse qui est en train d'être vidée de ses ressources. À Matane, il y a bris de service
répétés en obstétrique. Ça, c'est sans compter des bris de service répétés et
quasi permanents aux urgences à
Fortierville, à Coaticook et à l'obstétrique chez nous, dans le Pontiac. Et là
je ne vous parle même pas des bris de service répétés partout au Québec
en services préhospitaliers.
la Présidente, ce qui était anecdotique, là, est rendu normal, puis ce qui
était normal, bien, c'est rendu quotidien. Le ministre de la Santé échoue à donner des solutions aux Québécois, à
offrir des services de base, puis il voudrait qu'on accepte, que les Québécois
acceptent que c'est à cause de la pandémie, que c'est comme ça partout puis qu'il
n'a pas le choix. Ce qu'on ne peut pas accepter, c'est qu'il accepte de
passer tout l'été la tête dans le sable, sans aucune solution à court terme.
Est-ce qu'il va
arriver avec une solution précise pour donner des soins aux Québécois cet été?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Dubé : Bien, Mme la Présidente, ce que je trouve vraiment
intéressant, aujourd'hui, c'est le changement de façon de poser la question du député de Pontiac. Il y a plusieurs semaines,
ce qu'il me disait, c'est qu'on n'agissait pas, puis là il me dit qu'on agit, mais on ne fait pas les bonnes choses.
Alors, j'ai hâte de voir c'est quoi, la troisième série de questions
qu'on aura dans quelques jours.
Mais ce que
j'aimerais lui dire, c'est que, par exemple, lorsqu'on a dit, au
Centre-du-Québec, qu'on suivait la convention
collective, que la P.D.G. avait été innovante en disant : Il faut trouver
des solutions, il faut trouver des solutions pour diminuer le TSO, s'assurer que le plus de gens contribuent, le plus
d'employés contribuent à la pénurie de main-d'oeuvre, donc d'essayer de faire un partage des heures
défavorable, ça, ce n'était pas une bonne solution, ce n'était pas acceptable.
C'est drôle, mais ça semble fonctionner.
Puis là j'entends qu'on ne prend pas de solutions. Alors, il va falloir, à un
moment donné, que le Parti libéral se
dise : Oui, vous avez des solutions, peut-être qui ne font pas notre
affaire, mais, les Québécois, ce
qu'ils nous demandent, Mme la Présidente, c'est très simple, c'est d'agir, de
trouver des solutions. C'est ce qu'on fait en Mauricie—Centre-du-Québec,
c'est ce qu'on fait un peu partout.
je pourrais parler de l'Estrie, mais je vais manquer un peu de temps. J'y
reviendrai, Mme la Présidente, parce que notre objectif, c'est de
réussir...
Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...puis
c'est de penser aux patients, pas au Parti libéral.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : Il
va falloir que je trouve d'autres comparaisons, Mme la Présidente. Je lui dis
qu'il a la tête dans le sable; lui, il entend : Vous agissez. Il y
a quelque chose qui ne marche pas là-dedans, Mme la Présidente.
Mais
il y a une chose qu'il fait, c'est qu'il dépose un projet de loi mammouth, une
grosse réforme de gouvernance, mais tous les groupes qui viennent en
commission parlementaire lui disent : Il n'y a rien, là-dedans, pour le
patient, il n'y a rien, là-dedans, pour le
manque de personnel. Pendant ce temps-là, là, on a 10 000 personnels
qui quittent le réseau par année.
Pendant ce temps-là, on a des médecins de famille âgés qui pourraient prendre
leur retraite à cause de son projet de loi. Puis, pendant ce temps-là,
on a des patients qui ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin.
Présidente : M. le ministre de la Santé.
M. Dubé : J'ai
très hâte, dans les prochains mois, de pouvoir citer le député de Pontiac qui
dit que le projet de loi n° 15 ne pense
pas aux patients. Il y a plusieurs gens qui sont venus en commission
parlementaire, puis j'ai à témoin ici plusieurs
députés qui sont avec moi, de dire : Écoutez, la gestion de proximité,
l'employeur unique, la question de faire une flexibilité, par exemple, pour que nos employés puissent se mobiliser,
être capables d'être plus mobiles... Est-ce que le Parti libéral, avec son représentant, nous dit que
tout ce qu'on a entendu qui était positif, lors des commissions parlementaires,
n'existe plus? Mme la Présidente, moi, ce
que j'ai entendu, c'est que les gens nous disent : Écoutez, le statu quo,
il n'est pas possible...
Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...prenez des actions, prenez des actions. Des
fois, il y a des changements qui sont difficiles à accepter, mais on va
continuer à le faire.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Ce
n'est pas moi qui le dis, M. le ministre, c'est les groupes qui sont venus en
commission parlementaire. L'Assemblée
des premières nations est venue en commission, et, quand on leur a
demandé : Est-ce que vous voyez des améliorations pour les
patients, pour votre communauté?, ils nous ont dit clairement non.
Mais
regardez ce qui se passe en Estrie. Il y a sept hauts dirigeants de votre
réseau qui ont quitté, au cours des dernières semaines, en disant : Ce sont des décisions centralisées, sans
concertation avec les équipes médicales, qui vont à l'encontre de mes responsabilités, qu'on est incapables de
donner les soins à la population. Mais il y a une chose qu'ils ont comprise,
en Estrie, c'est que c'était un avant-goût de Santé Québec.
Présidente : On s'adresse à la présidence.
Présidente : M. le ministre, attendez que je vous nomme. On ne
vous entend pas quand je suis debout. M. le ministre, la parole est à
vous.
M. Dubé : Merci. Mais, je vous le
dis, j'avais tellement hâte. Je m'excuse.
Alors, écoutez, deux choses. Les autochtones qui
sont venus la semaine passée en commission parlementaire, ils nous ont dit : On aimerait ça avoir accès
au DSQ. On a dit : Très bonne idée. Ils n'ont pas dit : Ce n'est pas
bon. Ils ont dit : Voici ce qu'on aurait besoin. Puis on a dit que
le projet était bonifiable.
Ce qu'on fait
en Estrie, les changements qui sont demandés par, encore une fois, le P.D.G., à
qui j'ai donné mon appui, c'est des
changements de culture, c'est des changements importants. Est-ce qu'il est
normal que quelques personnes dans
son équipe disent : Moi, je ne suis pas à l'aise avec ces changements-là?
Bien, on en trouve d'autres. On trouve d'autres personnes qui vont être
ouvertes aux changements. C'est ça, la gestion du changement, Mme la
Présidente.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : Alors, mettons les
contextes correctement, s'il vous plaît. Merci.
La Présidente : En question
principale, je reconnais la députée de Notre-Dame-de-Grâce. La parole est à vous.
McGraw : Merci, Mme la Présidente. Il y a trois mois, j'ai
lancé des discussions dans mon comté sur les enjeux clés à
Notre-Dame-de-Grâce, dont la crise du logement. J'ai été à la rencontre des
citoyens, des experts et des groupes
communautaires. Non seulement il y a un manque criant de logement social, le
peu qui existe est négligé ou même barricadé.
Vendredi
dernier, j'ai invité ma collègue porte-parole en habitation pour venir voir la
situation sur le terrain. On est
allées voir Projet Chance, un logement qui, depuis 2019, a dû fermer ses portes
à des femmes monoparentales alors qu'elles complétaient leurs études.
Quatre ans plus tard, il n'y a toujours rien qui a été fait. La détresse est
énorme. Ces femmes cherchent à avoir...
pouvoir compter sur un logement qui leur permet d'élever leurs enfants avec
dignité et d'intégrer le marché du travail.
Ces femmes de courage interpellent la ministre
de l'Habitation aujourd'hui. Elle leur répond quoi?
La Présidente : La réponse de la
ministre responsable de l'Habitation.
Duranceau : Oui, merci, Mme la Présidente. Écoutez, il n'y a
jamais eu autant de logements en construction, en matière de logement social et abordable, qu'en ce moment. Sous les
libéraux, écoutez, les annonces s'accumulaient, les logements ne sortaient pas. Là, nous, on
s'occupe... C'était long, hein, l'attente. Alors, nous, on s'occupe de les
faire sortir.
Alors, je
réponds que c'est des situations qui sont difficiles pour ces femmes-là, mais
qu'on est là pour que les choses avancent,
que les logements sortent de terre. Et on suit précisément les logements pour
femmes, on les suit de manière bien spécifique,
parce que ça revêt des besoins bien particuliers, et on veut s'assurer de
répondre aux besoins de ces femmes-là. Alors, on est dans l'action, Mme
la Présidente.
Et j'en
profite, puisqu'on parle de l'arrondissement Côte-des-Neiges, pour souligner
l'annonce qu'on a faite hier, là,
d'un groupe d'action, d'un groupe d'accélération pour développer tout le
secteur de l'hippodrome, et ce sera donc encore plus de logements disponibles pour les Montréalais, et, justement, avoir
un impact réel et tangible pour régler la crise du logement, Mme la
Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire, la députée de Mille-Îles.
Dufour : Mme la Présidente, sérieusement, toujours mettre
le dos, là, sur... toujours mettre sur le dos des libéraux ses propres
inactions, bien, je vais vous dire, ça commence à sembler comme un... à
ressembler à un disque rayé, surtout
qu'on l'a déjà fait, le débat, avec la ministre. Puis, comme elle semble avoir
oublié les chiffres, bien, je vais lui rappeler qu'en termes de rénovations il n'y en a jamais eu si peu que sous son
gouvernement, des rénovations de logements sociaux vétustes.
Alors, est-ce que la ministre va enfin débloquer
les fonds pour les femmes qui attendent un logement dans le Projet Chance?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Duranceau : Oui, bonjour, madame... Excusez-moi. Je m'excuse.
Rebonjour, Mme la Présidente.
Donc,
les fonds, ils sont débloqués, là. Le programme, là, est en place, pour le
financement des... la rénovation ou la
reconstruction de logements sociaux, et les sommes ont déjà en
partie été...
pour les années passées, ont déjà en
partie été distribuées à travers
différents décrets. Et maintenant le programme de rénovation est en place.
Effectivement,
là, ma collègue du Parti libéral réfère toujours à un tableau mais qui ne tient
pas compte des nouvelles... de la nouvelle entente Canada-Québec en
matière de financement de logements sociaux.
Présidente : En terminant.
Duranceau : Alors, les montants sont à la hausse, Mme la Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Dufour : Mme la Présidente, on parle de femmes
monoparentales laissées à elles-mêmes. Ma collègue a lancé un cri du
coeur. Elle m'a invitée dans son comté, j'ai vu la détresse des femmes, sur
leurs visages, qui sont sans logement. En
pleine crise de main-d'oeuvre, elles voudraient travailler, retourner sur le
marché du travail, mais elles ne peuvent pas le faire, présentement.
Elles ont besoin de retourner aux études.
Est-ce
que le gouvernement va se ressaisir et prendre l'enjeu au sérieux? Il s'agit de
femmes qui veulent contribuer à la création de richesse du Québec, mais
malheureusement le gouvernement les laisse tomber.
Présidente : La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau :
Oui, merci, Mme la Présidente.
Écoutez, je sympathise puis j'entends le cri du coeur. Puis c'est pour ça qu'on veut que les choses ne traînent
plus, puis que les logements se construisent, puis qu'ils soient disponibles
pour la population du Québec qui en a besoin, en particulier les femmes
dont on parle.
Alors,
c'est ce à quoi je m'attaque chaque jour, Mme la Présidente. On a des montants
importants qui ont encore été
attribués à la construction de logement social et abordable. On a des sommes,
dans le cadre du budget, qui ont été allouées pour des aides à la personne, on parle de 350 millions de dollars.
Alors, on est là en construction, aide pour la brique, puis en aide à la
personne à travers nos différents programmes, Mme la Présidente...
Présidente : En terminant.
Duranceau : ...et on sera là pour aider ces femmes-là.
Présidente : En question principale, je reconnais le chef du deuxième
groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la
Présidente. En immigration, la CAQ se comporte comme l'éléphant dans un magasin de porcelaine. C'est
18 000 dossiers jetés à la poubelle, c'est la réforme catastrophique
du Programme de l'expérience
québécoise, c'est des milliers d'immigrants francophones qui ont abandonné leur
rêve de s'installer ici, au Québec. En campagne,
la CAQ a multiplié les déclarations infondées et, en fait, franchement
blessantes : Les immigrants, ils ne parlent pas français, ils ne partagent pas nos valeurs, ils ne travaillent pas,
disait le ministre du Travail. Suicidaire, violence, Louisiane, disait
le premier ministre.
Maintenant,
le premier ministre constate que sa politique en immigration est un échec.
Maintenant, il est d'accord avec
Québec solidaire, il veut augmenter les seuils, sauf que le mal est fait, la
confiance est brisée. Moi, je ne compte plus les Québécois, les Québécoises
issues de l'immigration qui m'arrêtent dans la rue pour me dire qu'ils ne se
sentent pas les bienvenus au Québec à
cause des propos, à cause des décisions du premier ministre. On ne compte plus,
au Québec, les immigrants
francophones qualifiés qui choisissent l'Ontario, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick
parce qu'ils ne se sentent plus les
bienvenus au Québec. Si le premier ministre veut que l'immigration francophone
revienne, il doit envoyer un message clair.
Est-ce
qu'il va s'excuser pour la réforme bâclée du Programme de l'expérience québécoise? Est-ce qu'il va s'excuser pour
ses propos durant la campagne? En fait, est-ce qu'il va s'excuser pour ses cinq
ans de mauvaise gestion en immigration?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente, une chose qui est sûre,
c'est que la CAQ, contrairement à Québec solidaire, puis peut-être contrairement au Parti libéral, on
est un parti nationaliste, puis c'est important pour nous d'assurer l'avenir
du français au Québec. Et ce que j'ai dit en
campagne électorale, c'est que c'était important d'arrêter le déclin du
français. Puis ce qu'on a annoncé la
semaine dernière avec la ministre de l'Immigration, c'est de dire qu'à l'avenir
les immigrants économiques devront
parler français. On ne sait toujours pas si Québec solidaire est d'accord ou
non avec ça. Il est d'accord avec ça? Super! Au moins, on vient de
marquer un point.
Maintenant,
Mme la Présidente, parlons du PEQ, parlons du PEQ. On dit : À l'époque, le
PEQ des libéraux, on pouvait venir
faire une formation de quelques mois puis avoir un passe-droit gratuit, c'était
un bar ouvert. Donc, l'ancien ministre de l'Éducation... de
l'Immigration a mis ça à jour. Puis la nouvelle ministre de l'Immigration dit
maintenant : Le PEQ va juste
s'appliquer aux étudiants qui viennent dans nos cégeps et nos universités
francophones. Et je pense que Québec solidaire n'est pas d'accord avec
ça. En tout cas, il aura l'occasion de nous le dire, là.
Présidente : Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Le premier ministre et sa
ministre de l'Immigration se sont rendu compte des dommages causés par
la réforme du précédent ministre de l'Immigration. Le premier ministre n'a pas
de leçons à donner à personne. Qu'est-ce que
les immigrants et les immigrantes francophones, francophones nous disent? Le
Québec, c'est trop compliqué, évitez le Québec. Le Québec ferme ses
portes, mais le Canada a les bras ouverts.
fier nationaliste, est-ce que le premier ministre est fier d'envoyer les
immigrants francophones vers le Canada?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, avant la réforme de l'ancien
ministre de l'Immigration, le PEQ, qui avait été mis en place par le
Parti libéral, ouvrait la porte à un bar ouvert où il y avait des formations de
quelques mois, où des étudiants pouvaient
venir étudier ici sans même avoir l'intention de travailler dans le secteur où
ils étudiaient, mais ils voulaient avoir le cheminement rapide.
Maintenant,
je répète ma question : Est-ce que c'est vrai que Québec solidaire est
contre le fait que le nouveau PEQ s'applique seulement aux étudiants
dans les cégeps et les universités francophones ou s'ils vont continuer de
défendre...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...le
multiculturalisme?
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Le premier ministre devrait
ranger les gros mots parce qu'il défend aujourd'hui, là, grosso modo, la
proposition que faisait ma formation politique lors de la campagne électorale.
Et pendant ce temps-là, lui, qu'est-ce qu'il faisait, en campagne, Mme la Présidente? C'est s'époumoner sur le fait
que c'était irresponsable comme cible d'immigration.
Aujourd'hui,
la réalité l'a rattrapé, la réalité le frappe en pleine face, il n'a pas le
choix de rétropédaler et de défaire la réforme catastrophique de
l'ancien ministre de l'Immigration. Est-ce qu'il va s'excuser d'avoir brisé des
vies puis, aujourd'hui, de se rendre compte...
Présidente : M. le premier... Oui. Je suis debout. Monsieur... Je vous
écoute brièvement, M. le leader.
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente, le
chef du deuxième groupe d'opposition prête des propos qui sont blessants,
qui sont erronés, au premier ministre. Et il
pourrait hausser son niveau de langage, hein? On dit «visage», on ne dit pas
«face», notamment, aussi. Alors...
Présidente : Je suis debout. Je suis... je suis levée.
Présidente : M. le leader du gouvernement, M. le leader du
gouvernement, M. le leader du gouvernement...
La Présidente : M. le
leader du gouvernement, c'est beau. Attention aux propos, vous prêtez des
intentions aussi. Mesurez vos propos. Les gens vous écoutent et vous
regardent. M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, je pense que tous ceux qui
nous écoutent actuellement viennent d'avoir la démonstration, là... À deux reprises le chef de Québec solidaire a
refusé de dire qu'il était d'accord avec le nouveau PEQ qui est proposé, qui s'applique seulement aux
étudiants qui viennent dans les cégeps et les universités francophones. Ça
vient confirmer que, pour Québec solidaire, ça ne les intéresse pas, l'avenir
du français.
Présidente : En question principale, je reconnais le député...
Présidente : Je vous
en prie, M. le chef du deuxième groupe! Je reconnais, en question principale,
le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
La parole est...
M. Cliche-Rivard : Mme la Présidente, il y a
un peu plus de six mois, le premier ministre qualifiait de suicidaire la proposition de Québec solidaire d'augmenter les
seuils. C'était 50 000, pas une personne de plus. Or, la semaine dernière,
volte-face complète du gouvernement — on
commence à être habitués — le
ministre de l'Immigration nous présente... la ministre de l'Immigration nous présente un scénario à
70 000 personnes immigrantes et possiblement même plus. Donc, le nouveau plan de la CAQ vise essentiellement,
maintenant, à accueillir entre 60 000 et 80 000 résidents
permanents par année, le nouveau plan
de la CAQ vise maintenant... mise maintenant sur le rétablissement du Programme
de l'expérience québécoise, après le
fiasco de 2020. Le nouveau plan de la CAQ, en fin de compte, il ressemble
maintenant drôlement au plan proposé par Québec solidaire.
Est-ce
que la ministre peut nous expliquer à quoi ont servi toutes les déclarations
blessantes et la réforme charcutée du
PEQ si le gouvernement était essentiellement pour adopter le plan de Québec
solidaire en immigration au bout du compte?
Présidente : La réponse de la ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration.
Mme Fréchette :
Oui, merci, Mme la Présidente.
Alors, bien, le député de Saint-Henri—Sainte-Anne semble oublier qu'il y aura
une consultation parlementaire en cours d'automne et que, dans le but de tenir
cette consultation, on soumet à proposition
deux scénarios : un premier scénario qui est celui du statu quo, à savoir
le maintien du nombre d'admissions annuel
en immigration à 50 000 $... — 50 000 $! — 50 000 immigrants, pardon, donc ce
scénario-là est une des propositions que nous soumettons à consultation
pour l'automne prochain, et un second scénario est mis de l'avant parce qu'on a
complètement revu les règles, les règles de
nos programmes d'immigration économique, et, par conséquent, si jamais il advenait que nous augmentions le nombre
d'admissions annuel pour l'immigration, eh bien, on se trouverait à avoir des
gens qui viendraient grossir les
rangs de la communauté francophone au Québec, puisqu'il y aura dorénavant des
exigences de connaissance du français
pour la totalité des programmes d'immigration économique. Donc, c'est un plus
pour le fait français pour lequel nous agissons. Et, voilà, nous soumettons
deux scénarios à l'exercice démocratique qu'on tiendra cet automne.
Présidente : Première complémentaire.
M. Cliche-Rivard : La ministre nous dit
aujourd'hui vouloir viser 100 % d'immigration francophone. Certes, c'est
louable, mais cela arrive dans la cinquième
année du mandat seulement. Notons que jamais, en cinq ans, le gouvernement n'a
jugé bon de modifier la grille de
pondération pour accorder plus de points au français. En fait, encore
aujourd'hui, c'est la grille des libéraux qui demeure en vigueur. Elle
n'a jamais été modifiée.
le français était si prioritaire, la ministre peut-elle nous expliquer pourquoi
cette modification-là arrive seulement cinq ans après leur prise de
pouvoir?
Présidente : Mme la ministre.
Fréchette : Oui, Mme la Présidente. Bien, je suis contente que le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne
s'intéresse à ce point au fait français,
parce que ses fascicules qu'en anglais durant la campagne électorale ne
reflétaient pas cet intérêt marqué pour le fait français.
Maintenant, en ce qui a trait au délai qu'il y aura avant d'atteindre
une immigration économique presque entièrement francophone, en fait, elle sera
atteinte dès l'année 2026, cette hausse maximale qu'on va aller chercher,
à savoir 96 % de nos immigrants économiques connaîtront le français dès
2026. Donc, le plan se rend jusqu'en 2027, et il faut voir que ça prend
un certain temps avant d'écouler les inventaires...
La Présidente : En terminant.
Fréchette : ...des gens sont déjà dans les systèmes et qui ne
répondent pas aux nouvelles règles qu'on va mettre en place.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Cliche-Rivard : Mme la Présidente, je vous rassure, aucun doute
sur l'importance du français pour moi. Mais je constate qu'on est rendus
là, j'en suis un peu surpris.
La ministre
devrait lire le grand
titre de La Presse : Évitez le Québec .
L'immigration francophone explose partout dans les provinces canadiennes. C'est évidemment une réponse malheureuse aux
réformes caquistes depuis 2018. Ce genre de une, Mme la Présidente, ça
m'attriste beaucoup.
Si le
français était prioritaire, à la CAQ, pourquoi avoir mis autant de bâtons dans
les roues d'immigrants francophones, au point tel où ils se font dire
maintenant d'éviter le Québec?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Fréchette : Oui, Mme la Présidente. Alors, notre engagement
envers le fait français est inégalé. C'est une première dans l'histoire du Québec que d'avoir l'ensemble de nos
programmes d'immigration économique qui requièrent la connaissance du français. On en est très fiers.
Ça va représenter un virage, un virage dans lequel on s'engage avec la
certitude d'atteindre les objectifs qu'on a mis de l'avant.
Par ailleurs,
je souligne aussi qu'on a doublé les budgets en matière de francisation depuis
l'arrivée au pouvoir de notre formation politique. En soi, c'est un
investissement considérable. Et on s'engage, avec Francisation Québec, que
j'ai présenté hier avec mon collègue à la Langue française, à franciser
l'ensemble des personnes qui requerront un accompagnement pour l'apprentissage
du français au Québec...
La Présidente : En terminant.
Mme Fréchette : ...qu'ils soient
immigrants ou non. Merci.
Présidente : En question principale, je reconnais le chef du
troisième groupe d'opposition. La parole est à vous.
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, ce ne sera pas la première fois
que le gouvernement revient sur sa parole,
mais il faudra désormais rajouter à la longue liste de 180 degrés
électoraux de la CAQ la question de l'immigration. En 2018, c'était 40 000, puis l'année
suivante ce n'était plus le cas. En 2022, c'était suicidaire d'en prendre plus
que 50 000. Or, aujourd'hui,
huit mois plus tard, on nous dit que c'est 60 000, mais, en réalité, c'est
plutôt 70 000, parce qu'on a manipulé la méthode de calcul, comme
l'a démontré le journaliste Romain Schué...
Présidente : Ici, je vous demanderais de ne pas utiliser ce
terme et de le retirer, il est non parlementaire, le verbe que vous avez
utilisé.
St-Pierre Plamondon : ...modifiée, comme l'a démontré le journaliste
Romain Schué. On a dépassé les seuils des libéraux et, de l'aveu de mes
collègues de Québec solidaire, on est en fait désormais à la même position que
Québec solidaire, du côté du gouvernement.
Le plus
spectaculaire dans ce revirement, c'est le changement de discours sur la
pénurie de main-d'oeuvre. La ministre de
l'Immigration nous a dit qu'il fallait hausser les seuils pour lutter contre la
pénurie de main-d'oeuvre, exactement comme l'affirme le patronat. Or, dans un rapport commandé par son ministère et
écrit par l'économiste Pierre Fortin, cette idée-là, elle est carrément contredite. Je vous en cite un
extrait : «...l'idée [...] que l'immigration peut résoudre les pénuries
parce qu'elle accroît la population
en âge de travailler n'est rien d'autre qu'un gros sophisme de composition;
cette idée est basée sur une logique
incomplète qui "oublie" de tenir compte que l'immigration finit par
faire augmenter la demande de main-d'oeuvre...»
question au premier ministre : Sur l'immigration et la pénurie de
main-d'oeuvre, avec qui est-il d'accord? L'économiste Pierre Fortin ou sa
ministre de l'Immigration?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, il faut rétablir les
faits. Puis je sais que le chef du troisième groupe d'opposition sait
que ce qu'il vient de dire, ce n'est pas tout à fait ce qui s'est passé.
2018,
la CAQ a proposé de passer temporairement de 50 000 à 40 000 et
d'ensuite augmenter, revenir à 50 000. C'est exactement ce qu'on a
fait. Donc, ce qu'il vient de dire, ce n'est pas exact.
Maintenant,
ce qu'on a dit, en 2022, c'est qu'il fallait rester à 50 000 pour protéger
le français. Par contre, contrairement
à ce qu'il vient de dire, on a appris que le gouvernement fédéral était prêt à
nous laisser augmenter seulement l'immigration économique, qu'on veut
maintenant 100 % francophone, sans augmenter la réunification familiale
et les réfugiés, qui sont contrôlés par
Ottawa. C'est un changement important. Il n'y a toujours pas de garantie, mais
on nous assure qu'Ottawa est très
ouvert à ce qu'on augmente seulement l'immigration économique, donc seulement
des immigrants qui parlent français.
Donc,
moi, j'aimerais ça savoir. Est-ce que le PQ veut 50 000, statu quo, ou
60 000 plus le PEQ, avec toute l'augmentation, seulement des
francophones? J'aimerais ça que le PQ se commette pour une fois.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : ...Mme la Présidente, que
je n'ai pas de réponse à ma question sur les conclusions du rapport de Pierre Fortin, qu'il a commandé. Il y
en a qui se sont prononcés, par exemple, notamment le Conseil du patronat,
qui publiait Une réponse percutante de
Québec en droite ligne avec nos recommandations . On y apprend qu'en fait
neuf des 10 recommandations du patronat sont adoptées, désormais, par le
gouvernement.
Selon
lui, est-ce un hasard si la politique d'immigration de la CAQ est applaudie en
grande pompe par le patronat?
Présidente : M. le premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, on présente actuellement deux
scénarios. Dans le premier scénario, on passerait de 50 % de francophones,
qu'on avait à l'époque du gouvernement du Parti québécois, à 70 %.
Dans le deuxième scénario, on
passerait de 50 % de francophones, dans le temps du gouvernement du Parti québécois, à 75 %, avec un gouvernement de la CAQ. Donc, moi, je trouve que c'est une avancée puis je trouve que...
Je serais gêné si j'étais à la place du Parti québécois.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Bien, je constate qu'il
n'y a rien de ce qui est dit ici qui tient avec ce qui a été dit en campagne électorale. Et, juste pour vous illustrer
à quel point le revirement est spectaculaire, il disait à Dominique Anglade,
il y a deux ans : «La cheffe de
l'opposition officielle défend Karl Blackburn, et donc le Conseil du patronat.
Nous, on défend les Québécois.»
Est-ce
qu'il peut reconnaître qu'aujourd'hui les rôles sont inversés et c'est lui qui
défend le patronat? Est-ce qu'il peut reconnaître qu'il est désormais
d'accord avec les libéraux de l'époque?
La Présidente :
M. le premier ministre.
M. Legault : Mme
la Présidente, ce qu'on dit, dans le scénario n° 2,
c'est que toute l'augmentation, de 50 000 à 60 000, 65 000, 70 000, ce seraient tous des
francophones. Comment le PQ peut être contre ça? Comment il peut être contre
ça, à part de vouloir faire de la petite politique?
La Présidente :
Attention, M. le premier ministre!
Oui, je reconnais M. le député de Matane-Matapédia, j'imagine, pour
un rappel au règlement. Lequel?
M. Bérubé : Mme la Présidente, pouvez-vous indiquer au premier
ministre et doyen de cette Assemblée qu'il retire ses paroles?
Présidente : On ne...
Présidente : Voilà. C'est retiré. C'est fait. Merci. En question
principale...
La Présidente :
Messieurs, mesdames! En question
principale, je reconnais la députée de Verdun. La parole est à vous,
juste à vous.
Mme Zaga Mendez : Merci, Mme la Présidente.
Hier, on apprenait dans La Presse que le ministère des Forêts planifie des coupes forestières dans
des aires protégées dûment constituées dans la région de la rivière Mistassibi,
du Lac-Saint-Jean. Juste pour que ce soit clair, si c'est bien le cas, ce serait
illégal.
le sait, que, depuis qu'on a séparé la Faune et les Forêts, on a deux
ministères en tension constante. On ne peut pas, d'un côté, nous dire qu'on va protéger 35 % du territoire et
la biodiversité, incluant l'habitat du caribou, et, de l'autre, planifier des coupes forestières dans des aires
protégées. En plus, on apprend que le ministère des Forêts n'est pas tout à
fait un exemple de transparence. Il refuse de répondre aux demandes des
journalistes.
Moi,
je crois dans la bonne foi de la ministre des Forêts, alors je vais lui poser
une question très claire et je m'attends à une réponse claire : Est-ce que des autorisations de coupe ont
été accordées dans les aires protégées au nord du Lac-Saint-Jean, dans
la région de la rivière Mistassibi, oui ou non?
Présidente : La réponse de la ministre responsable des Ressources
naturelles et des Forêts.
Mme Blanchette Vézina : Mme la Présidente, je
suis contente d'entendre la députée de Verdun mentionner qu'elle considère que
je fais preuve de bonne foi. Puis je veux la rassurer puis je tiens à rassurer
tout le monde ici, le ministère des Ressources naturelles, des Forêts ne
planifie pas de coupes dans des aires protégées qui sont enregistrées au
registre.
Ceci
étant, pour protéger l'habitat dans certains territoires, il peut y avoir de
l'aménagement forestier qui soit fait, mais, je vous rassure, mon
collègue et moi, à l'Environnement, en fait, les mesures et les coupes qui
seraient planifiées le seraient en cohérence
avec les mesures que l'Environnement met en place. Mme la Présidente, on a une
loi sur l'aménagement durable des
forêts qui protège le territoire et qui s'assure de ne pas faire de coupes dans
les territoires qui sont enregistrés au registre.
Ceci
étant, on est dans une société de droit. Il y a des droits qui sont accordés. Lorsque
c'est des projets d'aires protégées, on
ne peut pas retirer des droits comme ça, Mme la Présidente, ce serait d'être...
je serais reprochée d'être une ministre trop interventionniste que de retirer des droits lorsqu'il y a des projets
d'aires protégées. Mais mon collègue et moi, on travaille en collaboration
ensemble. Lorsque les cartes et les aires protégées sont désignées comme étant
protégées, nous, on fait les ajustements, le ministère fait les
ajustements...
Présidente : En terminant.
Mme Blanchette Vézina : ...et on est en cohérence
avec tout cela, au ministère des
Ressources naturelles et des Forêts.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Zaga Mendez : ...Mme la Présidente, je
ne suis pas 100 % rassurée, je vais reposer ma question pour ce cas
particulier. On est devant un cas dans une
aire protégée qui est reconnue par la loi. Si la ministre veut être cohérente,
j'aimerais qu'elle nous dise ici est-ce que, oui ou non, il va y avoir
des coupes dans les aires protégées de Mistassibi.
Présidente : La ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
Mme Blanchette Vézina : Mme
la Présidente, je le répète, lorsqu'il y a une aire protégée qui est inscrite
au registre, les coupes ne sont pas faites. Sauf qu'il peut y avoir de
l'aménagement qui soit fait pour protéger un habitat. S'il y a,
par exemple, des épidémies d'insectes, comme la tordeuse de
bourgeons d'épinette, on veut s'assurer que l'habitat demeure vivant. Donc, il peut y avoir des aménagements
forestiers qui sont faits. Mais, encore une fois je le répète, c'est en
cohérence avec les mesures qui sont
prises par Environnement. Et nous, on suit ces recommandations-là pour
s'assurer que, sur le terrain, les
coupes, s'il y a des coupes, elles sont faites pour protéger l'habitat. Donc,
je tiens à vous rassurer. Mais, encore une fois, lorsqu'il y a des
projets d'aires protégées, il faut s'assurer d'avoir... de respecter notre État
de droit...
La Présidente : En
terminant.
Mme Blanchette Vézina : ...puis de
ne pas retirer des territoires sur la foi de projets.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Je vais faire la même chose
que Mme la ministre, je vais me tourner vers le ministre de
l'Environnement pour qu'aujourd'hui il se lève puis qu'il s'engage.
Est-ce qu'il
va y avoir des coupes, oui ou non, dans la région de Mistassibi? Est-ce que le
ministre de l'Environnement peut nous
confirmer que ces aires sont bel et bien protégées. Et, dans le cas où le
ministère des Forêts s'apprête à autoriser des coupes, va-t-il mettre à
l'amende le ministre des Forêts... la ministre des Forêts?
Présidente : La réponse du ministre de l'Environnement et de la
Lutte aux changements climatiques. La parole est à vous.
Charette : Merci, Mme la Présidente. En fait, je fais miens
l'ensemble des propos de ma collègue. On travaille ces dossiers-là en étroite collaboration. Et la
loi est très claire, la réglementation est également très claire, il n'y a pas
de coupe industrielle dans une aire protégée qui est inscrite au registre.
Cependant, il peut y avoir des aménagements de faits selon la réalité de certaines espèces ou de
certains habitats. Mais il ne faut pas non plus confondre un projet d'aire
protégée avec une aire protégée qui est inscrite au registre. Une aire protégée
qui est en projet ne bénéficie pas de protection comme c'est le cas des inscriptions au registre, et
c'est bien tant mieux, parce qu'il y a des projets qui couvrent l'ensemble du
territoire du Québec, et on ne veut pas se priver de cette possibilité
forestière ou encore au niveau...
La Présidente : En terminant.
M. Charette : ...d'exploitation des
autres ressources naturelles.
La Présidente : En question
principale, je reconnais le député de l'Acadie.
Morin : Merci, Mme la Présidente. Depuis 40 ans, les
nations innues sont en train de négocier un traité, celui de Petapan, avec le gouvernement. Lors de la
dernière campagne électorale, le premier ministre avait pris l'engagement
public, solennel, de conclure
l'entente avant le 31 mars 2023, ce qui n'a pas été fait. Encore une fois,
la CAQ ne respecte pas ses promesses. On peut se poser la
question : Que vaut la parole du premier ministre?
Pire, le
gouvernement dit avoir besoin de temps pour négocier, prendre encore plus de
temps. Depuis des semaines, c'est silence radio du côté gouvernemental.
Les chefs et
les élus de trois nations innues sont dans les tribunes, et je les salue.
Cependant, ils aimeraient savoir quand Québec va véritablement négocier,
quand Québec va être prêt à conclure ce traité.
Quel est le véritable échéancier du gouvernement
dans cette négociation?
La Présidente : M. le ministre
responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit.
Lafrenière : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Je salue à
mon tour les trois chefs innus qui sont ici avec nous, alors les chefs
Tettaut, Dufour, Dominique. «Kuei, kuei.» Très heureux de vous voir.
Mme la
Présidente, on travaille sur cette entente, qui est importante, on la veut
gagnante pour tous. Vous savez, je vous donne un exemple, ce qu'on veut
combiner, Mme la Présidente, c'est des demandes de volumes de bois
supplémentaires et la conservation du caribou. C'est important.
Là, mon collègue a raison, aujourd'hui, c'est de
nous dire que 43 ans, c'est trop long, puis ça, on est d'accord. D'ailleurs, le premier ministre a accepté le défi
des trois chefs, de dire : En six mois, allons de l'avant. On ne peut pas
nous reprocher, aujourd'hui, d'être
ambitieux. On ne peut pas nous reprocher, aujourd'hui, de vouloir faire plus
que ce qui a été fait dans le passé, Mme la Présidente. On est un
gouvernement qui est responsable, qui est organisé.
Vous savez,
bien que la majorité des gens soient d'accord avec Petapan, il y en a qui sont
en désaccord. Il y a des communautés
autochtones qui me demandent de ne pas signer Petapan. Alors, Mme la
Présidente, il faut écouter tout le monde,
il faut les rassurer. C'est vrai qu'il faut faire de la pédagogie. Mais j'ai
comme l'impression d'entendre un pompier pyromane, aujourd'hui, qui me dit : Ça a pris 43 ans, nous,
les libéraux, on a été là pendant 22 ans, alors, vous, votre six mois, à la CAQ, là, c'est
beaucoup trop long. Mme la Présidente, je comprends les chefs d'être tannés,
d'être exaspérés, ça a été beaucoup trop long dans le passé. On veut
faire les choses comme il faut...
La Présidente : En terminant.
M. Lafrenière : ...et, sur le bord
du fil d'arrivée, ce n'est pas le temps d'arrêter, Mme la Présidente.
La Présidente : Cela met fin à la
période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y
a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis.
Et, pour ce faire, je cède la place à la première vice-présidente de
l'Assemblée nationale. Où est notre première vice-présidente?
On va suspendre un court instant.
(Suspension de la séance à 15 heures)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
nous poursuivons nos travaux.
À la rubrique
des motions sans préavis, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du
troisième groupe d'opposition. M. le député de Matane-Matapédia, la parole
est à vous.
Bérubé : Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec la députée de
Saint-Laurent, la députée de Mercier et la députée de Vaudreuil, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale s'inquiète des effets néfastes de l'utilisation du
téléphone cellulaire en classe sur la concentration et la motivation des
élèves;
«Qu'elle
prenne acte que différentes juridictions ont adopté des mesures restrictives
quant à l'utilisation du cellulaire dans
les établissements d'éducation et que l'on observe généralement que ces mesures
entraînent des effets positifs sur la socialisation des élèves et aident
à la diminution de l'intimidation sur les réseaux sociaux;
«Qu'elle
demande au ministre de l'Éducation d'encadrer l'utilisation du téléphone
cellulaire en classe aux niveaux primaire et secondaire, et ce en
prévision de la rentrée scolaire 2023‑2024.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous remercie, M. le député. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? M. le leader du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Pas de
consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous remercie. Comme il n'y a pas de
consentement, nous allons poursuivre. Je suis prête à reconnaître un
membre formant le gouvernement. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement
de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé, le
député de Jean-Lesage, le chef du troisième groupe d'opposition et la
députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale souligne la nécessité
de poursuivre la défense des intérêts de la nation québécoise;
«Qu'elle
réitère l'importance de protéger la seule langue commune et officielle du
Québec, le français, au sein d'un continent majoritairement anglophone;
«Qu'elle
rappelle que le Québec est maître chez lui et dénonce toute volonté de céder
les pouvoirs du Québec au gouvernement fédéral;
«Qu'enfin,
elle affirme que le nationalisme québécois n'est pas un concept divisif, mais
plutôt un concept rassembleur qui permet de renforcer notre identité
nationale.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint.
M. Lévesque (Chapleau) : Mme la
Présidente, il y a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Il y a une demande de vote par appel nominal. M.
le leader du deuxième groupe d'opposition.
Alors, que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Jolin-Barrette (Borduas),
Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Girard (Groulx), M. Bonnardel (Granby), Mme LeBel (Champlain), M. Roberge (Chambly), M. Boulet
(Trois-Rivières), Mme D'Amours (Mirabel), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Proulx
(Berthier), M. Charette (Deux-Montagnes), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Lecours
(Les Plaines), Mme Biron (Chutes-de-la-Chaudière), Mme Roy
(Verchères), M. Julien (Charlesbourg), M. Drainville (Lévis),
M. Carmant (Taillon), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre
(Arthabaska), M. Dubé (La Prairie), Mme Bélanger
(Prévost), M. Lamontagne (Johnson), Mme Hébert (Saint-François),
M. Émond (Richelieu), Mme Blanchette Vézina (Rimouski),
M. Lacombe (Papineau), Mme Champagne Jourdain (Duplessis),
Mme Laforest (Chicoutimi),
M. Lévesque (Chapleau), Mme Duranceau (Bertrand), Mme Déry
(Repentigny), M. Lafrenière (Vachon), M. Skeete (Sainte-Rose), M. Simard (Montmorency),
M. Allaire (Maskinongé), Mme Grondin (Argenteuil), M. Provençal (Beauce-Nord), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Jacques (Mégantic), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard
(Soulanges), M. Reid (Beauharnois), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Bachand (Richmond), M. Caron (Portneuf), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Sainte-Croix (Gaspé), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel),
M. Bussière (Gatineau), M. Lamothe (Ungava), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Poulin (Beauce-Sud), M. Lemay (Masson),
Mme Abou-Khalil (Fabre), M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Dorismond (Marie-Victorin), M. Montigny
(René-Lévesque), Mme Bourassa
(Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Mallette (Huntingdon),
Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Blouin
(Bonaventure), Mme Haytayan (Laval-des-Rapides), M. Tremblay (Dubuc),
Mme Bogemans (Iberville), M. Thouin (Rousseau), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Tremblay (Hull),
Mme Schmaltz (Vimont),
Mme Guillemette (Roberval), Mme Poulet (Laporte), M. Gagnon
(Jonquière), M. St-Louis (Joliette), Mme Gendron
(Châteauguay), M. Rivest (Côte-du-Sud).
M. Tanguay (LaFontaine), M. Derraji (Nelligan),
Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin (Pontiac),
Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), Mme Dufour (Mille-Îles), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin),
Mme Rizqy (Saint-Laurent), Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass (D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan
Olivier (Chomedey), Mme Caron (La Pinière), M. Morin
(Acadie), Mme Cadet (Bourassa-Sauvé), M. Ciccone (Marquette).
M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), M. Zanetti (Jean-Lesage), Mme Ghazal (Mercier),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne),
Mme Zaga Mendez (Verdun), M. Grandmont (Taschereau).
M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin), M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Que
les députés contre cette motion veuillent bien se lever. Y a-t-il des
abstentions? Mme la secrétaire générale, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 114
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors, cette motion est adoptée. Donc, nous allons
poursuivre avec un membre du groupe formant l'opposition officielle. M.
le député de l'Acadie, la parole est à vous.
Morin : Mme la Présidente, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, le chef du troisième groupe d'opposition et la députée de
Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que des négociations sont en cours entre les
gouvernements du Québec [...] du
Canada et le Regroupement Petapan, qui rassemble les premières nations innues
de Mashteuiatsh, d'Essipit et de Nutashkuan;
«Qu'elle constate que malgré l'engagement
exprimé par le premier ministre de conclure une entente avant le 31 mars
2023, les négociations ne sont toujours pas complétées entre les nations innues
et le gouvernement du Québec;
«Qu'enfin, en
reconnaissance de l'importance de conclure une telle entente, elle demande au
gouvernement du Québec de poursuivre les négociations accélérées afin de
parvenir à un accord dans les plus brefs délais.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, Mme la Présidente, il y a consentement, sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Vote par appel nominal,
s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
nous avons une demande d'appel par vote nominal.
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Tanguay (LaFontaine),
M. Derraji (Nelligan), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin (Pontiac), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), Mme Dufour
(Mille-Îles), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin),
Mme Rizqy (Saint-Laurent), Mme McGraw
(Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass (D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan Olivier
(Chomedey), Mme Caron (La Pinière), M. Morin (Acadie),
Mme Cadet (Bourassa-Sauvé), M. Ciccone (Marquette).
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme Fréchette (Sanguinet), M. Dufour (Abitibi-Est),
M. Girard (Groulx), M. Bonnardel (Granby), Mme LeBel
(Champlain), M. Roberge (Chambly), M. Boulet (Trois-Rivières), Mme D'Amours (Mirabel),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Proulx (Berthier),
M. Charette (Deux-Montagnes), Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles),
M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Lecours (Les Plaines),
Mme Biron (Chutes-de-la-Chaudière), Mme Roy (Verchères),
M. Julien (Charlesbourg), M. Drainville (Lévis), M. Carmant
(Taillon), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie), Mme Bélanger (Prévost), M. Lamontagne
(Johnson), Mme Hébert (Saint-François), M. Émond (Richelieu),
Mme Blanchette Vézina (Rimouski),
M. Lacombe (Papineau), Mme Champagne Jourdain (Duplessis),
Mme Laforest (Chicoutimi), M. Lévesque (Chapleau),
Mme Duranceau (Bertrand), Mme Déry (Repentigny), M. Lafrenière
(Vachon), M. Skeete (Sainte-Rose), M. Simard (Montmorency),
M. Allaire (Maskinongé), Mme Grondin (Argenteuil), M. Provençal
(Beauce-Nord), Mme Lachance (Bellechasse), M. Jacques (Mégantic),
Mme Boutin (Jean-Talon), M. Bélanger (Orford), Mme Picard (Soulanges), M. Reid (Beauharnois),
Mme Jeannotte (Labelle), M. Bachand (Richmond), M. Caron
(Portneuf), Mme Blais (Abitibi-Ouest), M. Sainte-Croix (Gaspé),
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice), M. Asselin
(Vanier-Les Rivières), Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel), M. Bussière (Gatineau),
M. Lamothe (Ungava), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Lemay (Masson), Mme Abou-Khalil (Fabre), M. Bernard
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorismond (Marie-Victorin), M. Montigny (René-Lévesque),
Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Mallette (Huntingdon), Mme Dionne
(Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Blouin (Bonaventure),
Mme Haytayan (Laval-des-Rapides),
M. Tremblay (Dubuc), Mme Bogemans (Iberville), M. Thouin
(Rousseau), M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Tremblay (Hull),
Mme Schmaltz (Vimont), Mme Guillemette (Roberval), Mme Poulet
(Laporte), M. Gagnon (Jonquière), M. St-Louis (Joliette),
Mme Gendron (Châteauguay), M. Rivest (Côte-du-Sud).
M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Marissal (Rosemont), M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), M. Zanetti (Jean-Lesage), Mme Ghazal (Mercier),
Mme Labrie (Sherbrooke), M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne),
Mme Zaga Mendez (Verdun), M. Grandmont (Taschereau).
M. St-Pierre Plamondon (Camille-Laurin), M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. Arseneau (Îles-de-la-Madeleine).
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Que les députés qui sont contre cette motion
veuillent bien se lever. Y a-t-il des abstentions? Mme la secrétaire
générale, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 114
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
cette motion est adoptée. M. le leader de l'opposition officielle.
Derraji : Je vous demanderais, s'il vous plaît, Mme la
Présidente, d'envoyer copie de cette motion au Regroupement Petapan et
aux groupes... premières nations innues de Mashteuiatsh, d'Essipit et de Nutashkuan.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Ce
sera fait. Merci, M. le leader.
Maintenant,
je suis prête à reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition. Ce sera
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Merci, Mme la
Présidente. Je demande le consentement de cette Assemblée pour présenter la
motion suivante conjointement avec le ministre responsable des Services
sociaux, le député de Pontiac, le député des Îles-de-la-Madeleine et la députée
de Vaudreuil — ils
sont tous là :
«Que
l'Assemblée prenne acte que dans plusieurs régions du Québec, les décès liés à
des surdoses sont en augmentation;
«Qu'elle
souligne l'importance des sites de consommation supervisés comme approche de
réduction des méfaits;
«Qu'elle prenne acte de l'augmentation des
interventions dans les sites de consommation supervisée dont les cinq sites en
opération en 2022 ont reçu près de 50 000 visites et ont fait environ
500 interventions d'urgence;
«Qu'elle
souligne l'importance de consolider les services actuels de sites de
consommation supervisée, incluant l'analyse
de substances, l'accompagnement à la consommation, la sensibilisation aux
drogues et la distribution de matériel;
«Qu'elle
souligne que le gouvernement du Québec investira 36,9 millions
supplémentaires sur cinq ans afin de soutenir des mesures de prévention
des surdoses, un financement découlant du budget 2023‑2024; et
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale reconnaisse que les sites de consommation supervisés
préviennent les surdoses et sauvent des vies.»
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, il y a
consentement, sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Cette motion est-elle adoptée?
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
nous avons une demande de... par appel nominal.
Les députés qui sont en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Secrétaire adjoint : M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve),
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques),
M. Marissal (Rosemont),
M. Fontecilla (Laurier-Dorion), M. Zanetti (Jean-Lesage),
Mme Ghazal (Mercier), Mme Labrie (Sherbrooke), M. Cliche-Rivard (Saint-Henri—Sainte-Anne), Mme Zaga Mendez (Verdun),
M. Grandmont (Taschereau).
Mme Guilbault
(Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme Fréchette
(Sanguinet), M. Dufour (Abitibi-Est), M. Girard (Groulx), M. Bonnardel
(Granby), Mme LeBel (Champlain), M. Roberge (Chambly), M. Boulet
(Trois-Rivières), Mme D'Amours (Mirabel), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Proulx (Berthier), M. Charette
(Deux-Montagnes), Mme Rouleau
(Pointe-aux-Trembles), M. Fitzgibbon (Terrebonne), Mme Lecours
(Les Plaines), Mme Biron (Chutes-de-la-Chaudière),
Mme Roy (Verchères), M. Julien (Charlesbourg), M. Carmant
(Taillon), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie), Mme Bélanger (Prévost), M. Lamontagne
(Johnson), Mme Hébert (Saint-François),
M. Émond (Richelieu), Mme Blanchette Vézina (Rimouski),
M. Lacombe (Papineau), Mme Champagne Jourdain (Duplessis),
Mme Laforest (Chicoutimi), M. Lévesque (Chapleau), M. Lafrenière
(Vachon), M. Skeete (Sainte-Rose), M. Simard (Montmorency),
M. Allaire (Maskinongé), Mme Grondin (Argenteuil), M. Provençal (Beauce-Nord), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Jacques (Mégantic), Mme Boutin (Jean-Talon), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard
(Soulanges), M. Reid (Beauharnois), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Bachand (Richmond), M. Caron (Portneuf), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Sainte-Croix (Gaspé), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières),
Mme Boivin Roy (Anjou—Louis-Riel),
M. Bussière (Gatineau), M. Lamothe (Ungava), Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac), M. Poulin
(Beauce-Sud), M. Lemay (Masson), Mme Abou-Khalil (Fabre),
M. Bernard (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
Mme Dorismond (Marie-Victorin), M. Montigny (René-Lévesque), Mme Bourassa (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
Mme Mallette (Huntingdon), Mme Dionne (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Blouin (Bonaventure), Mme Haytayan
(Laval-des-Rapides), M. Tremblay (Dubuc), Mme Bogemans (Iberville), M. Thouin (Rousseau), M. Girard
(Lac-Saint-Jean), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Tremblay (Hull),
Mme Schmaltz (Vimont), Mme Guillemette (Roberval),
Mme Poulet (Laporte), M. Gagnon (Jonquière), M. St-Louis
(Joliette), Mme Gendron (Châteauguay), M. Rivest (Côte-du-Sud).
M. Tanguay (LaFontaine), M. Derraji (Nelligan),
Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), M. Fortin (Pontiac), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), Mme Dufour (Mille-Îles), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Garceau (Robert-Baldwin),
Mme Rizqy (Saint-Laurent), Mme McGraw (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Prass (D'Arcy-McGee), Mme Lakhoyan
Olivier (Chomedey), Mme Caron (La Pinière), M. Morin
(Acadie), Mme Cadet (Bourassa-Sauvé), M. Ciccone (Marquette).
Mme Nichols
(Vaudreuil).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Que
les députés contre cette motion veuillent bien se lever. Y a-t-il des
abstentions? Mme la secrétaire générale, pour le résultat du vote.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : M.
le député des Îles-de-la-Madeleine.
Secrétaire adjoint : M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine).
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Mme la secrétaire générale, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 108
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Alors,
cette motion est adoptée. M. le leader du deuxième groupe d'opposition...
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Je vous demanderais de sortir en silence pour que je puisse entendre la voix
de M. le leader du deuxième groupe d'opposition. Allez-y, M. le leader.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente. Simplement envoyer copie
de cette motion à Dopamine, CACTUS, L'Anonyme,
Spectre de rue, Interzone, Direction de la santé publique de Montréal et Direction
de la santé publique de Québec. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Ce sera fait. Merci, M. le leader.
motion sans préavis ayant déjà été présentée par le groupe parlementaire
formant le gouvernement, je demande s'il y a consentement pour permettre
la lecture d'une motion sans préavis. Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix :
Consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Mme la Présidente, je fais motion, conformément à
l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que
la Commission des relations avec les citoyens procède à une consultation
générale sur le cahier de consultation intitulé La planification de
l'immigration au Québec pour la période 2024‑2027 et tienne des auditions publiques à compter du 12 septembre
2023;
«Que
les mémoires et les demandes d'intervention soient reçus au Service des
commissions au plus tard le 11 août 2023;
«Que
la commission tienne, de façon complémentaire, une consultation en ligne sur ce
document et que cette consultation en ligne prenne fin à la dernière
journée des auditions publiques;
«Que
la ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration soit
membre de ladite commission pour la durée du mandat.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Y
a-t-il le consentement pour débattre de cette motion? Donc, il y a consentement
pour débattre de cette motion.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Et donc sans débat. Cette motion est-elle adoptée?
Motion adoptée.
le... Les avis. Nous sommes maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux
des commissions, et je vous cède la parole, M. le leader adjoint.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, Mme la Présidente,
j'avise cette Assemblée que la Commission des institutions poursuivra
l'étude détaillée du projet de loi n° 24, la Loi donnant suite aux recommandations
du rapport du Comité consultatif indépendant
sur la révision de l'indemnité annuelle des membres de l'Assemblée nationale, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Commission des relations avec les citoyens poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 11, la Loi
modifiant la Loi concernant les soins de fin de vie et d'autres
dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
18 heures et de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Pauline-Marois;
Commission des transports et de l'environnement poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 20, la Loi
instituant le Fonds bleu et modifiant
d'autres dispositions, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 18 heures et de 19 h 30 à
21 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci. Donc, il n'y a pas d'avis de la
présidence.
Nous allons
maintenant passer à la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Donc,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement, pouvez-vous
nous indiquer la suite de nos travaux?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, Mme la Présidente,
avec grand plaisir. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 1 du feuilleton, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci.
Donc, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 25 mai 2023 sur l'adoption
du principe du projet de loi n° 15, Loi visant à rendre le système de
santé et de services sociaux plus efficace.
le député de Rosemont, je crois que vous vouliez poursuivre votre intervention.
Alors, je vous cède immédiatement la parole. Pour votre information,
vous avez utilisé 34 minutes 44 secondes de votre temps de parole.
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Oui, je
serai plus bref cette fois-ci que la dernière fois puisque j'ai couvert
quand même l'essentiel de ce que j'avais à dire à ce moment-ci.
principe, vous comprendrez que c'est le tout début de l'étude de ce mégaprojet
de loi, méga, j'entends, par le nombre d'articles. On l'a dit assez, le
projet de loi n° 15, c'est une méga-réforme de gouvernance. Ça fait
1 200 articles.
toute transparence, nous avons eu la première séance de breffage... je ne suis
pas sûr que c'est français, ça, mais de
breffage technique ce matin avec le ministre, son équipe. On commence demain
l'étude
article par article, ce qui est un peu curieux à dire pour un
article de 1 200 articles, mais
on va quand même néanmoins commencer si on veut vouloir finir un jour.
Alors, on commence ça demain.
en toute transparence, donc, de un, vous comprendrez qu'en deux semaines on ne
passera pas le projet de loi. Je suis heureux de voir que le ministre,
d'ailleurs, ne met pas la pression, qu'on va faire ça, en tout cas, jusqu'à
preuve du contraire, de façon
correcte et dans l'ordre, de façon ordonnée, en bonne intelligence, ce qu'on
est capables de faire ici malgré nos divergences.
En toute
transparence, aussi, et pour le bénéfice des collègues, il y aura une première
liasse, donc, de ce que je comprends, il y
aura une première... liasse, pardon, d'amendements déposée demain, une autre
liasse en septembre, ce qui nous
donnera probablement la période estivale pour continuer les consultations
informelles sur le projet de loi, la réflexion sur le projet de loi aussi.
Puis, bien, évidemment, puisqu'il n'y a qu'une façon de manger un mammouth,
c'est une bouchée à la fois, nous
avons subdivisé ce mammouth en 27 bouchées, je crois, ce qui fait quand
même des gros morceaux à chaque fois.
Alors,
la balle est en jeu. J'en suis heureux parce que ça va permettre quand même des
débats. Même si, à la fin, je suis
contre le principe de ce projet de loi là, je l'ai dit, je pense qu'il arrive
au mauvais moment, je pense que ce n'est pas la bonne cible, mais ça permet des
débats, puis c'est en grande
partie pour ça que j'ai été élu aussi ici,
défendre des idées, débattre puis, à la fin, bien, tenter d'améliorer le
projet de loi.
salue au passage, d'ailleurs, je l'ai déjà fait, mais je le redis, l'ouverture
maintes fois manifestée par le ministre à des amendements, à des améliorations
au projet de loi. Il l'a dit, d'ailleurs, tout à l'heure encore, en période des
questions, sur un point qui n'est pas
un détail mais un point précis du projet de loi, notamment la participation
pleine et entière des communautés autochtones, des Premières Nations à la saine
gestion de leurs propres renseignements personnels dans le domaine de
santé. Ce n'est pas simple, cette affaire-là, là. Dit de même, ça avait l'air
simple, là, mais ça ne l'est pas. Mais je
note et tout le monde a bien noté l'ouverture du ministre à essayer de lier les
communautés autochtones et leurs dispensaires, parce que c'est comme ça
qu'on appelle ça, au système de santé pour le reste de la population du Québec.
C'est une bonne chose que nous tentions de le faire.
que j'ai fait jeudi dernier... jeudi dernier, oui, en parlant du projet de loi n° 15,
j'avais coupé mon intervention essentiellement en trois points. Ce que
ça dit que ça fait, le projet de loi n° 15 — je n'y reviendrai pas
parce que je l'ai déjà dit — ce
que ça fait vraiment, selon moi, et j'y reviens dans une minute, et ce que ça devrait
faire aussi, selon moi, autrement dit, qu'est-ce qu'on devrait faire à
la place.
me restait un élément à traiter à la
section «ce que ça fait vraiment». Et je
le dis à regret, le projet de loi n° 15, on l'a vu dans les
consultations avec les groupes qu'on a vus, puis on en a vu trois douzaines, et
on le voit dans les rapports, dans les mémoires qu'on a reçus, parce
que, là, on en a reçu comme 115, mémoires, c'est phénoménal... D'ailleurs, je remercie les gens qui ont pris la peine de pondre
des mémoires aussi rapidement que ça dans un sujet aussi complexe que ça.
Ils n'ont pas eu beaucoup de temps. Certains groupes ont été très déçus de ne
pas être invités à venir défendre leurs mémoires
ici. Nous avions demandé d'ouvrir davantage les consultations, ça nous a été
refusé. Peu importe, les mémoires sont là. Je remercie les gens d'avoir
contribué à ce débat. Et ce qu'on a décelé à maintes reprises, dans les
interventions comme dans les
mémoires, qu'on est en train de finir d'analyser, c'est que le projet de loi
n° 15 est entouré d'un linceul de confusion. Il y a beaucoup de
confusion autour du projet de loi n° 15.
Pensez,
Mme la Présidente, moi, depuis que je suis tout petit, je m'intéresse beaucoup
aux oiseaux, je fais de l'ornithologie. Je
ne sais pas si je suis ornithologue, parce que je n'en fais pas profession,
mais j'aime les oiseaux, moi. Chacun ses
trucs. Puis, parfois, quand les jumelles ne sont pas adaptées, ça donne un
oiseau bizarre. Quand les deux binoculaires ne sont pas focus, là, on ne voit pas le même oiseau à droite puis à
gauche. J'ai l'impression que le projet de loi n° 15... que les
binoculaires sont souvent défocussés puis qu'on n'arrive pas à la même
conclusion puis au même but de ce que vise, par
exemple, tel
article ou tel article, selon qu'on parle aux groupes, selon qu'on
parle au ministre ou, même, selon qu'on parle à ses sous-ministres. Et, à maintes reprises, dans l'étude de ce
projet de loi, le ministre lui-même semblait étonné ou surpris d'apprendre certaines choses qui se
trouvent dans son propre projet de loi. Ce n'est pas de nature à me rassurer,
mais on va faire confiance, là, à la
suite des choses, puis on va essayer de démêler tout ça, et puis d'ajuster,
finalement, nos binocles pour être
capables de voir la même chose. Même, à la fin, si on n'aime pas ce qu'on voit,
au moins, qu'on s'entende qu'on voit la même affaire, ce serait déjà ça
de pris.
Parce
qu'il y a des groupes qui sont venus, là, puis je vais vous les nommer, là, je
vais vous en nommer quelques-uns. Dans les premières heures suivant le
dépôt du projet de loi, les CLSC et les gens qui gravitent autour ont tiré la
sonnette d'alarme en disant : Le projet
de loi est en train de nous assassiner, est en train de mettre fin,
définitivement, à la mission des CLSC. Et effectivement, quand on
regarde le projet de loi, la mission des CLSC disparaissait. Nous avons fait
une intervention ici, j'ai déposé une motion
du mercredi ici, on l'a débattue. Le ministre et le gouvernement nous a
dit : Non, vous n'avez pas
vraiment compris ou on n'a pas été très clairs — choisissez l'option que vous voulez — et,
non, on ne veut pas faire ça, au
contraire, on aime ça, les CLSC. Bon, alors pourquoi zigouiller les CLSC, si on
les aime tant que ça, dans un projet
de loi? Je n'ai pas trop compris, mais, bref, ça a l'air que ce n'est pas ça
qu'on veut faire. Première confusion.
Deuxième
confusion, dans les heures qui ont suivi, cette fois-ci, les sages-femmes, qui
ont agité le drapeau rouge en
disant : Woups! il y a un recul majeur pour la profession de sage-femme,
là-dedans, on retournerait sous l'égide et l'autorité des médecins, ce
contre quoi les sages-femmes se battent, au Québec, depuis 40 ans.
Évidemment, vous comprendrez qu'elles
n'étaient pas superenthousiastes à l'idée. Nouvelle intervention, intervention
des sages-femmes... de l'ordre, en tout cas, devant la Commission de la santé et des services sociaux. On nous
dit : Non, vous n'avez pas vraiment compris ou ce n'est pas vraiment ça qu'on voulait dire, ça ne
fait pas ça, le projet de loi n° 15. À ce jour subsiste néanmoins un doute,
dans l'esprit des sages-femmes, à savoir
quel sera réellement leur sort, une fois le projet de loi n° 15 adopté, si
nous ne l'amendons pas. Et je l'amenderai, donc, dans la mesure où il y
aura de la réceptibilité de la part du gouvernement.
vais aller plus vite, là, parce que, les groupes confusionnés, là, il y en a eu
un certain nombre, là, dans les derniers jours. Les pharmaciens d'établissement n'étaient pas sûrs d'avoir compris.
Les tables communautaires, les tables communautaires,
là... J'ai visité la Mauricie, hier, pas toute la Mauricie, là, mais une petite
partie de la Mauricie. Magnifique endroit,
d'ailleurs. Je n'étais pas très loin de chez vous, d'ailleurs, hier, j'aurais
dû aller vous visiter. Vous aviez une annonce spectaculaire, j'ai failli y aller. Bref, j'ai visité un magnifique
endroit, Nicolet, pour ne pas nommer l'endroit. Puis, les groupes
communautaires, en ce moment, on va se le dire, là, le diable est aux vaches,
parce qu'ils ne savent ce qui va se passer avec
le PSOC, ils sont inquiets. Ça a été dit, dans les consultations, avec le
projet de loi n° 15, le ministre, encore là, et ses sous-ministres nous ont dit : Non, non, non, ce n'est pas ça
que ça dit, le projet de loi n° 15, ou ce n'est pas ça
que vous avez compris, enfin, bref,
encore là, choisissez la version qui mène à la confusion, mais il y a
confusion. Puis là on ne parle pas d'une petite affaire, là, les groupes
communautaires, l'action communautaire au Québec, c'est déjà assez compliqué.
On leur a demandé plus que jamais pendant la pandémie. On attend depuis des
années une réelle politique d'action communautaire
nationale avec un financement pérein, avec des... une subvention et un
financement à la mission. Ce n'est pas le temps d'aller complexifier
encore un peu plus leurs affaires, ils sont déjà au bout de leur dernière cent.
Ils sont toujours en train de quêter de l'argent. Ils sont toujours à se
demander s'ils vont rouvrir la saison d'après.
Alors, si nous pouvions, là, très rapidement,
rassurer tout ce monde-là, parce que ce qu'ils ont compris, ce monde-là, c'est
que c'était une révision du PSOC, et ils ne savent plus dans quelle
partie de
case ils vont se retrouver dans le nouvel organigramme de la superstructure d'agence Santé Québec. Ce n'est pas
moi qui le dis, c'est des groupes qui sont venus. Puis les groupes que j'ai vus
hier à Nicolet, c'est exactement la même chose qu'ils m'ont dite, puis, dans
Rosemont, c'est la même affaire, puis
je m'en vais à Saint-Hyacinthe dans quelques jours, puis ça va être la même
affaire. Oui, madame, je m'en vais chez vous, dans Saint-Hyacinthe, ce
sera la même chose parce que c'est ça que les groupes disent.
usagers, les usagers aussi, ils voient toutes sortes de choses dans ce projet
de loi là. On nous dit : Non, non, non, faites-vous-en pas, vous serez représentés. Moi, je dis : Il paraît
qu'ici, là, il y a un dicton qui dit que le législateur ne parle pas pour ne
rien dire, ça fait que, s'il ne parle pas, c'est qu'il ne dit rien, hein?
Pourquoi ne pas mettre les choses très, très claires, clairement dans les projets de loi, si les usagers ne sont pas
représentés, si on fait disparaître quelques comités d'usagers ou de la
représentativité démocratique de base sur le terrain? C'est ça qu'ils ont
compris puis c'est ça que ça fait.
pourrais continuer, là, assez longtemps, là : l'Ordre des pharmaciens, les
cadres du réseau. Les cadres du réseau aussi voient toutes sortes de drapeaux
rouges quand ils regardent le projet de loi n° 15.
Ils n'ont pas compris la même chose que
le ministre. Encore là, le ministre s'est montré rassurant en disait :
Non, ce que vous voyez, ce n'est pas une perte de contrôle ou une perte
de pouvoir pour les cadres dans le réseau, bon.
Puis
il reste, à la fin, le débat des débats, là, le saint Graal des débats autour
du projet de loi n° 15 : Est-ce de la centralisation ou la décentralisation? Je vous
dirais que, si on avait deux plateaux de balance, là, puis qu'on mettait sur
une balance les tenants des gens qui disent que c'est de la
centralisation puis qu'on mettait de l'autre côté ceux et celles qui disent que c'est de la décentralisation, je
peux vous dire que ça pencherait très, très, très dangereusement du premier
côté de la balance, parce que c'est ça que les gens ont compris. Ça
aussi, il va falloir qu'on finisse par avoir l'heure juste là-dessus, qu'on ne
soit pas toujours à se poser des questions sur le sexe des anges avec ce projet
de loi là.
Alors, je
vais terminer là-dessus avec le dernier point, qui sera le plus bref, c'est ce
que ça aurait dû faire, ce que nous aurions souhaité que ça fasse et que
ça ne fait pas, le projet de loi n° 15. Ça a été
dit, ça a été redit, ça ne fait rien pour les soins de santé dans l'immédiat. Ça ne
fait rien pour l'attractivité du personnel, ça ne fait rien pour la rétention
du personnel. Ça a été dit, ça a été
redit, c'est une nouvelle structure, un nouveau brassage de structures, qui
arrive, malheureusement, après la
vague précédente, qui n'est même pas encore terminée, et je parle ici,
évidemment, de la réforme Barrette, le projet de loi n° 10, que les gens dans le réseau n'ont même pas
encore fini de digérer, dans le sens propre et figuré du terme, et on arrive maintenant avec une nouvelle
mégastructure, un nouveau mégabrassage de structures. Je ne crois pas que ce
soit le moment de le faire. Je ne crois pas que ça changera quoi que ce
soit à court terme, et nous avons besoin de solutions à court terme. Et le
ministre a dit lui-même, en cette Chambre, à une question du député de
Pontiac : Si ça donne des résultats, ce sera dans quatre, cinq ou six ans.
Je pense que le réseau n'a pas besoin d'un nouvel électrochoc dans ses structures. Le réseau n'a pas besoin de se faire
shaker les colonnes du temple, surtout pas par des «top guns» du privé. Je
pense que le réseau a besoin de solutions
réelles, réalistes, rapides pour attirer le monde... attirer le monde dans le
réseau de la santé et surtout les garder.
Alors, je
termine là-dessus, Mme la Présidente. Je vous remercie. Je vous promets que
nous aurons l'occasion d'en reparler pendant des mois et des mois, au
moins jusqu'à la fin de la session prochaine. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant,
nous poursuivons avec Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci,
Mme la Présidente. Il me fait plaisir de prendre la parole aujourd'hui dans le
cadre du débat entourant l'adoption du principe de la Loi visant à
rendre le système de santé et de services sociaux plus efficace, le p.l. n° 15.
Le
titre du
projet de loi est important, ici, il parle d'efficacité de notre système de
santé et de services sociaux. Ce serait
tellement facile de dire : Bien sûr qu'on est d'accord
avec le principe, mais encore faut-il qu'au-delà du
titre le contenu du projet
de loi nous laisse croire à une plus grande efficacité. Or, le projet de loi n° 15, dans sa forme actuelle, n'atteint pas la cible.
Avant de
m'impliquer dans ce projet de loi, j'avais un parti pris favorable, car le
statu quo, et les avis sont quasi unanimes
à cet effet, n'est pas une option. Mais nous ne pouvons pas être en accord avec
le principe, car le projet de loi n° 15, bien que très
volumineux, contient trop de lacunes, et nous sommes loin d'être convaincus
qu'il améliorera l'efficacité du système
et surtout qu'il améliorera la qualité des soins. C'est le patient qui est au
coeur de nos préoccupations et qui doit le demeurer en tout temps. Si je me pose la question : Est-ce qu'il
y a suffisamment d'éléments dans le projet de loi, dans sa forme
actuelle, qui appuient la thèse d'une amélioration des soins du patient?, eh
bien, la réponse est non.
Et je dirais
même que la... je dirais que la grande majorité des intervenants qu'on a
entendus lors des consultations avaient les mêmes réserves. Aucun groupe
ne nous a dit : Avec cette réforme, ce sera plus facile, et ce, à court
terme. Les intervenants se sont plutôt
montrés sceptiques, confus et incertains de l'impact du projet de
loi sur leurs
champs d'activité. On ne parle pas d'un projet de loi qui est simplement
perfectible, ce terme décrit mal l'ampleur de la tâche qu'il reste à
faire. Il y a beaucoup trop de zones
d'ombre, Mme la Présidente, pour qu'on puisse voter pour le principe. Ce n'est
pas de gaieté de coeur que je ne donne pas mon appui au gouvernement dans ce
dossier. Croyez-moi, je voulais y croire, pour le bien des patients.
Il s'agit
d'un énorme projet de loi qui revêt une grande importance. Il touche la santé
des Québécois, ce qu'il y a de plus
précieux. Je demeure très inquiète, à ce stade-ci, de l'avancement du dossier.
Les Québécois veulent voir des résultats. Ça se comprend, notre système
de santé ne fonctionne pas à la hauteur de ce qu'ils méritent. On n'a qu'à
penser aux difficultés qu'ont des milliers
de Québécois à avoir un médecin de famille, au temps d'attente dans nos
urgences, aux délais pour de nombreuses chirurgies, et j'en passe, Mme la
Présidente, il est difficile de faire pire qu'en ce moment, et tout cela
crée énormément de frustrations.
Malheureusement,
à la suite de ma lecture du projet de loi n° 15, et surtout après avoir
écouté les nombreux groupes, nous ne
voyons pas de solution concrète à ces enjeux. Nous sommes, au contraire,
inquiets que des médecins pourraient prendre leur retraite
prématurément. Ce serait tout un revers. Nous savons, en réalité, que les plus
grands défis de notre système, qui sont
responsables de la quasi-totalité des problèmes, sont le manque de travailleurs
dans le système — il
en manque, du monde, partout, Mme la Présidente — et
les conditions de travail. Quelle est notre stratégie de recrutement au Québec?
600 effectifs, c'est nettement insuffisant.
En d'autres mots, on ne saisit pas en quoi cette nouvelle structure va venir
changer quoi que ce soit pour le patient, en quoi elle aura un impact positif
sur la qualité des soins. Bien honnêtement, on parle plutôt d'une réforme de structures, de contrôle,
d'élimination de contrepoids, de gouvernance, etc., comme l'a déjà bien énoncé
mon collègue de Pontiac lors de son intervention.
J'ai écouté
avec attention les différents groupes et intervenants qui sont venus devant
nous durant les consultations, qui
ont duré six jours. On aurait pu continuer encore longtemps, car plusieurs
groupes ont souhaité intervenir mais n'ont pas pu. Plus de
100 mémoires ont été déposés. Il y a environ 55 groupes qui veulent
encore être entendus, c'est énorme. Avec
près de 60 % du budget qui va en santé, et à la lumière de tous les
problèmes dans le réseau, nous estimons qu'il vaille la peine de bien faire les choses. Plusieurs
intervenants nous ont même rapporté qu'ils se sentaient plutôt informés que
consultés quant à la mise en application du projet de loi n° 15.
D'autres ont rapporté qu'ils sentaient qu'ils avaient été oubliés, au
point où ils ont exprimé leur surprise de ne
pas en faire partie. Je remercie tous les groupes et intervenants pour la
qualité de leurs interventions et de leurs mémoires. Ce processus de
consultation était très important. Il fallait une vraie consultation
dans cet important dossier. D'ailleurs,
j'estime qu'on aurait dû prolonger la période de consultation sur un projet
aussi majeur touchant notre système de santé et de services sociaux.
Même
si nous ne pouvons appuyer le gouvernement à ce stade-ci, nous allons tout de
même travailler à améliorer le projet de loi n° 15 dans les prochains
mois, de façon constructive, dans l'intérêt commun des Québécois, car certains aspects du projet de loi n° 15 sont
intéressants, Mme la Présidente. Pensons, notamment, à l'employeur unique que
deviendrait Santé Québec et à la
simplification qui en découlerait en fusionnant des accréditations syndicales.
L'interdisciplinarité au coeur du
projet de loi a aussi été saluée, en autant que ça ne devienne pas trop lourd
comme façon de faire. Il faut prendre le
temps d'étudier les propositions soumises, considérer les multiples
préoccupations soulevées et s'assurer d'en tenir compte par le biais d'amendements qui seront déposés dans
le futur, j'ose le croire. J'implore le gouvernement de poser des gestes
en ce sens et de démontrer une réelle
écoute. Le ministre de la Santé semble avoir cette ouverture, il faut le
souligner. L'avenir nous le dira.
Je le
réitère, durant tout cet exercice, c'est le patient qui continuera d'être au
centre, au coeur de nos préoccupations en
tout temps. J'ai été à même de constater, durant les consultations
particulières, à quel point les groupes qui sont venus témoigner étaient
très inquiets du projet de loi. Et j'ajouterais même qu'il y avait un genre
d'écart important entre les prétentions du
ministre et la compréhension qu'en faisaient les groupes. C'est comme s'ils ne
parlaient pas du même texte de loi.
Les principaux
éléments sur lesquels des enjeux ont été identifiés sont les suivants, Mme la
Présidente, à mon sens. Toute la
notion de gouvernance clinique, incluant les pouvoirs mis entre les mains du
directeur