Transportation and the Environment — 8 June 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2021-06-08
Quebec — Committees
M. Dufour :
On est toujours dans la situation de l'aspect des refuges... du refuge
faunique, d'une situation de refuge faunique. Donc, l'amendement qu'on avait
amené, qui avait été accepté, c'est qu'on rajoutait à... au lieu d'être «le gouvernement
peut prévoir par règlement», «le gouvernement peut, si cela est nécessaire,
prévoir par règlement». Et là, justement, c'étaient les activités, là, particulières
comme, exemple, faire un sentier pour permettre l'observation d'oiseaux, par
exemple, qui vient altérer quand même, en partie, le refuge faunique mais qui
permet, par exemple, d'améliorer
l'observation des oiseaux migrateurs, par exemple. On parlait aussi... tout
l'aspect scientifique, recherche scientifique. Donc, quelqu'un qui a
accès à un refuge faunique puis qui a à faire des recherches scientifiques
particulières peut altérer un peu le territoire du refuge faunique. Donc, ça
permettait, avec ça, si cela est nécessaire, de permettre, justement, cette
situation-là.
À la toute fin de
toute cette dynamique-là, il y avait trois picots, entre autres, mais, au-delà
des trois picots, il y avait, à la fin...
qui disait : «Malgré le premier alinéa, le gouvernement peut, par
règlement, autoriser, aux conditions qu'il détermine...» Donc là, au
bout de la ligne, la question était : Est-ce que ça, ça ne vient pas
détruire ce qu'on vient de faire comme amendement, ou qu'est-ce qu'il en est
exactement? Puis là c'est sûr qu'il était rendu tard dans la... bien, pas tard
dans la journée, mais on était rendus un vendredi, après plusieurs journées,
donc c'est pour ça qu'on arrive au lien, aujourd'hui, de laisser la situation.
Et là on était vraiment sur l'aspect de droit acquis. Donc, à ce moment-là,
c'est pour ça que je laisserais la parole au légiste et à la sous-ministre de
la Faune, pour expliquer le libellé, en fin de compte, de cet aspect
réglementaire là.
Présidente (Mme St-Pierre) : Donc, il y a consentement. Alors, comme
nous commençons la journée, vous devez... vous déclinez vos noms et vos
titres. Ensuite, vous pouvez prendre la parole. Mme la sous-ministre adjointe.
Mme Paquette
(Élise) : Oui. Merci. Bonjour. Élise Paquette, sous-ministre associée
à la Faune et aux Parcs par intérim. Merci.
Donc, pour revenir... comme le mentionnait le
ministre, là, on revient... 122.3, dans le fond, c'est ce qu'on appelle une
interdiction générale. Donc, 122.3...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Madame, mettez-vous près de votre micro parce qu'on ne sera pas capables de
vous entendre.
Mme Paquette (Élise) : Je m'excuse.
Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Merci.
Mme Paquette (Élise) : Donc, 122.3
vient préciser, dans le fond, les activités, là, qui ne doivent pas être
réalisées. On dit : «Nul ne peut, dans un refuge faunique ou dans un
territoire mis en réserve en vue d'y établir un refuge faunique, réaliser les
activités suivantes», là on parle d'aménagement forestier, de tout ce qu'on appelle,
dans le fond, des activités commerciales, que ce soient les hydrocarbures,
gazoducs, bon. Toutes ces activités-là sont donc clairement nommées, et il
précise qu'elles sont interdites.
Ensuite, si on va, dans le fond, au paragraphe 6°,
on dit : «Toute autre activité susceptible de nuire à la conservation de
la faune, à l'exception de celles prévues par règlement.» Ça fait que, là, on
dit : Il y en a qui peuvent être prévu par règlement, le ministre vient de
les expliquer. Donc, ça, c'est des exceptions qui existent déjà dans la loi
actuelle, puis elles sont plus... c'est mieux expliqué, je dirais.
Ensuite, là on arrive vraiment au paragraphe
«malgré le premier alinéa», ça fait que, là, on est rendus... «Malgré le
premier alinéa», on vient dire que «le gouvernement — O.K.? — peut,
par règlement — donc
règlement du gouvernement — autoriser,
aux conditions qu'il détermine, toute activité réalisée dans l'exercice d'un
droit consenti». Un droit consenti, souvent,
on appelle ça un droit acquis. Donc, on comprend que quelqu'un
qui avait des droits acquis sur ce territoire-là
pourrait les faire autoriser, là, pour de l'exploitation ou quoi que ce soit, à
la condition qu'il y ait une décision du Conseil des ministres puis que
ça soit vraiment par décision... règlement du gouvernement.
Donc, c'est ça que ça vient dire. Ça fait que
c'est la façon dont est construit, là, l'article, puis il faut vraiment le lire
en séquentiel.
Puis je ne sais pas si notre avocat peut donner
d'autres explications, si ce n'est pas suffisant, là, ou compléter. Gabriel.
La Présidente (Mme St-Pierre) : S'il
vous plaît, déclinez votre nom et votre titre.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Gabriel Tremblay-Parent, avocat au ministère de la Justice du Québec.
Je pense que les explications de la sous-ministre
associée sont claires. En fait, peut-être juste revenir sur le dernier alinéa,
là, le «malgré le premier». En fait, on est vraiment dans une exception, là, à
l'interdiction générale, une exception qui ne vise, comme l'indiquait la sous-ministre
associée, que les droits acquis. Donc, si on n'a pas de droit acquis, on ne peut pas se voir autoriser par le gouvernement l'exercice d'un droit, là, d'exploitation commerciale de ressources
naturelles. Donc, c'est vraiment de remettre entre les mains du gouvernement,
là, une décision de voir si, dans un refuge, on autorise, là, des droits acquis
qui auraient été consentis avant la mise en réserve.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. J'apprécie la remise en place d'où on est rendus et
ce pour quoi, aujourd'hui, on commence avec 122.3. Et, puisqu'on commençait
avec un amendement, parce qu'on n'avait pas adopté encore l'amendement qui
avait été déposé, on avait dit : On va... Si vous vous souvenez, en clin
d'oeil, je vous dirais, vous avez dit :
Bien, on va l'adopter avant de partir, puis je vous ai dit : Il reste
huit minutes, je pense qu'on va juste en parler. Puis on s'est
dit : Bien, effectivement, le temps était trop serré vendredi, là, pour
aller jusqu'au bout de l'amendement.
Je reviens avec mes propos de la semaine passée,
puisque, dans ma compréhension... Puis, encore une fois, Mme la Présidente, je rappelle à mes collègues que
je ne suis pas légiste, je n'ai pas cette qualité, et, de ce fait, bien,
quand je lis un article, je le lis avec la
compréhension que je suis capable de lui donner puis avec les explications que
j'entends.
Le début de 123... 122.3 donne clairement ce
pour quoi le ministre peut s'arrêter et dire non : «Nul ne peut, dans un refuge faunique». Il va un peu plus loin
puis il dit : «Ou dans un territoire mis en réserve». Donc, j'ai
deux conditions, j'ai un refuge reconnu ou j'ai un refuge qui est à l'aube
d'être reconnu mais qui est mis en réserve pour en faire une analyse, aller un
peu plus loin, puis s'assurer que je pose un geste correct comme ministre puis
je le déclare territoire faunique.
Les six premiers picots, qui vont avec le
123... le 122.3, donnent ce à quoi j'ai le droit ou je n'ai pas le droit de
faire sur le territoire reconnu. Jusque-là, ça va bien, c'est clair, pour moi,
il n'y a pas de souci.
Quand j'arrive à 6°, bien là, on dit :
«Toute autre activité susceptible de nuire à la conservation de la faune». Puis
là, bien, ma collègue avait soulevé le fait que, si je veux faire un chemin, si
je veux faire une plateforme pour observation, il va falloir que je fasse une construction,
il va falloir que je m'introduis dans le refuge faunique, et l'amendement du
ministre va dans cette perspective où je peux poser des gestes.
Où je commence à avoir des
tics, c'est quand j'arrive au «gouvernement peut prévoir par règlement». Et là,
nécessairement, Mme la Présidente, où je me suis arrêtée, c'est qu'il y a deux
autres lois qui prévoient que, si j'ai un claim minier, si j'ai un claim sur un
territoire, j'ai des droits. J'ai acheté ce claim, que je l'aie acheté à un
prix ridicule ou que je l'aie acheté à un prix fort payé, j'ai un claim. Est-ce
qu'un claim, c'est un droit acquis? Pour moi, non, parce qu'un claim, ça a
vraiment une perspective de recherche pour aller chercher des terres
précieuses, pour aller voir s'il y a quelque chose qui se passe en dessous. Ce
n'est pas la même chose que quelqu'un qui dit : J'ai un droit acquis pour
aller à la rivière ou j'ai un droit acquis pour une descente de bateau. Ce
n'est pas la même chose. Mais c'est là où je m'arrête en me disant : Bien,
c'est clair que, rendu à «le gouvernement peut prévoir par règlement», il faut
que je sois clair, précis et honnête dans mes intentions. De ce fait, le
gouvernement peut mettre une réserve de cinq ans sur un territoire puis il
peut aussi faire en sorte que je le refais par la suite.
Quand j'ai un claim, Mme la Présidente, si je
n'ai pas pu faire un exercice de recherche ou d'investissement après un certain temps, je le perds. Je le perds
parce que je n'ai pas utilisé ce à quoi j'ai pris ce claim-là. Et le gouvernement
juge, et j'en conviens, qu'après un certain temps, bien... tu sais, ça ne peut
pas durer ad vitam aeternam si tu ne t'en sers pas. Par contre, si... à partir
du moment où j'ai une loi qui dit : Pendant cinq ans, tu n'as pas le
droit d'y toucher, puis je peux renouveler ce cinq ans-là après cinq ans,
bien, c'est le gouvernement qui m'empêche d'aller voir ce que j'ai comme claim ou c'est quoi... qu'est-ce qu'il
y a sous cette terre-là, si je veux prendre une carotte, si je veux
voir...
Puis croyez-moi, Mme la Présidente, je ne veux
pas nécessairement que les refuges fauniques tombent au nom d'un claim. Je veux
juste une justice pour les uns et pour les autres. C'est-à-dire, le gouvernement
décrète une protection, j'en conviens, mais, si j'ai un claim, il faut que je
sois honnête et que je dise : Bien, ce claim-là a un coût, et je vais te
racheter ton claim. Puis, comme ça, mon refuge faunique va être clair et
précis.
Le dernier alinéa dit : «Malgré [les
premières alinéas], le gouvernement peut, par règlement, autoriser, aux
conditions qu'il détermine». J'en conviens, jusque-là, c'est le gouvernement,
mais après ça on me dit que tous les ministres peuvent faire... poser des
gestes, tous les gens peuvent le dire. Et «...en réserve en vue d'y établir un
refuge faunique sur le territoire visé ou d'un tel droit lorsqu'il est
renouvelé ou modifié», pour moi, le dernier alinéa devrait être, un, un
article
en soi et, deux, dire ce qu'il dit, c'est-à-dire : si tu as un claim, si
tu as un droit acquis, je peux te l'enlever comme je peux te donner une
permission. Mais je ne peux pas garder le dernier alinéa dans 122.3, le dernier
alinéa défait tout le reste de l'article.
Donc, je ne sais pas comment conseiller le ministre,
là. Puis je comprends qu'en ce moment on le regarde sur un oeil de légiste,
mais le dernier alinéa vient défaire le 122.3. Puis je vous dirais... Puis on
n'est pas rendus à 122.5, mais, à 122.5, j'aurai autant de questions. Parce
que, «le ministre détermine, par un arrêt publié dans la Gazette officielle »...
À chaque 122, je retrouve quelque chose qui touche, de près ou de loin, le
principe des claims.
Puis là je lève un drapeau jaune : mais, à
Laval, M. le ministre... ou Mme la Présidente, il n'y en a pas, de claim, mais
chez vous, il y en a un peu. Puis la volonté, comme je vous dis, ce n'est pas
de protéger, un, c'est de faire en sorte que
les uns et les autres y trouvent leur place pour que le gouvernement reste ce
qu'il doit être, c'est-à-dire un bon père de famille et équitable avec
tous les joueurs. Tu veux protéger un terrain, parfait, tu veux t'assurer que
les choses se fassent bien, parfait, mais, si tu as un droit acquis ou si tu as
un claim, puis je veux te l'enlever, je dois être... je dois jouer
correctement. J'allais utiliser un anglicisme.
Puis, la semaine passée, je me suis permis de
rappeler l'île Anticosti. Le gouvernement précédent a payé 98,5 millions
de dollars pour s'assurer, Mme la Présidente, qu'il n'y a pas de claim
puis qu'il n'y a pas personne qui peut aller
creuser sur cette île-là. Pourquoi? Bien, parce que ses babines ont suivi ses
bottines, puis il a dit : Savez-vous quoi, vous n'avez pas le droit
d'y toucher, je la protège.
Alors, moi, je veux juste m'assurer que,
dans 122, avec toute sa déclinaison, on va s'assurer de la justice entre
les uns et les autres.
M. Dufour : Oui. Donc, c'est sûr et
certain, je pense, vous touchez à différents points, là. Un claim, c'est un
droit, je pense, vous l'avez bien dit, là. Ça, vous avez raison.
Je laisserais peut-être le légiste confirmer un
peu l'aspect légal et la manière que c'est écrit, en bout de ligne. Parce que
je comprends que, vous, ce que vous amenez, c'est... ce que vous aimeriez
avoir, c'est une clarté dans la dynamique de ce qui est écrit là, alors que ça,
ça semble être plus large, sans dire ce que ça doit dire. C'est bien ça, hein?
Donc, je laisserais le légiste un peu nous expliquer le fondement derrière ça,
puis, s'il faut, regarder peut-être pour faire un libellé différent.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : En
fait, le troisième alinéa n'a pas d'ambiguïté sur la portée... en fait,
sur les activités qui peuvent être réalisées, dans le sens que, si on a un
claim au moment de la mise en réserve, c'est le gouvernement qui va décider si
on peut le faire ou pas. Donc, il n'y a pas de zone grise, là, sur qu'est-ce
qu'on va pouvoir réaliser, c'est le gouvernement qui décide puis qui va en
fixer les conditions.
Un claim, en
principe, là, si je m'attarde, là, à l'article, à la
Loi sur les mines, en
fait, le claim est d'une durée de deux
ans, qui est renouvelable. Donc, tu sais, c'est possible, là, c'est
l'article 61, là, de la
Loi sur les mines, qui prévoit la durée.
Donc, évidemment, ce sera à la personne de voir si elle souhaite le renouveler
ou si elle abandonne son claim.
Puis, pour ce qui
est, bien, du caractère de l'indemnité ou des conséquences, bien, elles sont
imprévisibles du moment que la décision du gouvernement d'autoriser ou pas la
réalisation d'une activité de recherche minière... on ne connaît pas encore la
décision du gouvernement par rapport à ça, là. Donc, ce n'est pas... Il y a eu,
il y a quelques années, là, une loi qui venait interdire, à
titre d'exemple,
l'exploitation gazière dans le fleuve, là, donc pas le golfe, mais le fleuve,
et puis, à ce moment-là, la décision était prise déjà. Là, la décision n'est
pas prise. Ce sera au gouvernement de pondérer les
avantages et inconvénients dans un refuge ou un autre, en tout cas c'est comme
ça que l'article est rédigé. Et donc les conséquences pour l'un ou pour l'autre
sont claires, c'est le gouvernement qui les détermine, mais on ne connaît pas
encore la portée, parce qu'on ne sait pas où vont être les refuges, et puis on
ne le sait pas, les droits qui vont être sur ces refuges-là en question.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Je suis heureuse que notre légiste revienne aux lois
des mines en expliquant l'article 61.
Je vais vous lire
l'article 82 de la Loi des mines.
L'article dit : «Le ministre peut
ordonner la [cession] des travaux, s'il le juge nécessaire, pour permettre
l'utilisation du territoire à des fins d'utilité publique.
«Dans
ce cas, il suspend, sous certaines conditions — pas avec règlement, mais sous certaines conditions — la
période de validité du claim.»
Ça se termine en
disant : «Après une période de six mois, lorsque le ministre considère que
la [cession] des travaux doit être maintenue, il met fin au claim et verse une
indemnité correspondant aux sommes dépensées pour tous les travaux effectués,
sur dépôt des rapports de ces travaux.»
Donc, j'ai une loi,
la
Loi sur les mines, qui me dit qu'après six mois ma relation avec le gouvernement,
elle peut changer parce que le gouvernement a déterminé que j'étais dans un
endroit où il veut le protéger. Je comprends la loi, je comprends ce principe
de l'article 82.
Par contre, là j'ai
une autre loi qui arrive puis qui dit : Pendant cinq ans, je peux mettre
une réserve sur un endroit. Puis je sais que le cinq ans était là avant, on me
l'a expliqué la semaine passée, puis que ce n'est pas quelque chose de nouveau,
mais le cinq ans d'avant ne touchait pas aux droits acquis et aux claims.
Alors là, quelle loi
prend... puis c'est peut-être plus le légiste qui peut me répondre, mais quelle
loi prend le dessus sur l'autre, c'est-tu le six mois des lois des mines qui
prend le dessus quand mon ministre... quand le ministre Faune, Forêts, Parcs...
ou...
Comme, en fin de
semaine, je parlais de cette loi-là, puis quelqu'un m'a dit : Oui, mais ça
pourrait être le gouvernement prochain, ou le prochain gouvernement, ou un
autre gouvernement pourrait déterminer que Faune, Forêts, Parcs, ça n'existe plus, qu'on a juste Faune, ou on a juste
Forêts, Parcs puis on donne les Parcs à l'Environnement. On avait un
débat sur le
titre des ministères, puis ça a été très enrichissant parce que ça
provoque toutes sortes de discussions. Mais, le ministre qui sera assis dans la
chaise, qu'est-ce que le ministre qui s'occupe des mines va lui dire? Aïe,
attends, minute, là, moi, j'ai une réglementation qui dit qu'après six mois, si
je détermine que la personne ne peut pas, je dois compenser, puis toi, tu as
une règle qui dit, maintenant avec le 88, que, si c'est un claim ou si c'est un
droit acquis, bien, je peux t'empêcher de faire des travaux. Alors, lequel sort
le chéquier, là, c'est-tu le ministre des Faunes, Forêts, Parcs pour payer les
claims, ou c'est le ministre de l'Énergie, qui est responsable des terres publiques,
ou c'est le ministre de l'Environnement, qui est aussi responsable de pouvoir
faire l'acquisition des terres, c'est les villes, qui disent : Bon, bien
là, je n'ai pas le choix, il va falloir que je...
Je veux savoir, dans
le fond, comment ça se passe pour s'assurer... Puis je suis toujours sur un
principe d'équité entre celui qui a des claims, celui qui a un droit acquis
puis le gouvernement qui veut poser le bon geste pour protéger l'environnement.
Je veux trouver cet équilibre-là.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Bien, comme je vous avais expliqué la semaine dernière, en
fait, le régime minier est conçu... Quand on parle, là, de la correspondance
avec d'autres lois, là, on parle, mettons, de la
Loi sur la qualité de
l'environnement pour ce qui est d'un BAPE ou d'une autorisation du ministre de
l'Environnement, ça peut être la même chose en vertu de la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune, là, à l'égard des habitats
fauniques, une section, là, qui viendra après celle des refuges. C'est qu'on
obtient le droit puis on voit si on est en mesure de le réaliser par la suite.
Et puis il peut y avoir des conditions environnementales, dépendamment de la
progression du projet qui... ou de nouvelles autorisations qui vont devoir être
obtenues.
Donc, quelqu'un qui a
un claim doit s'attendre à avoir, au fur et à mesure, certaines autorisations.
Dans ce cas-là, bien, c'est sûr que la mise en réserve est tributaire d'une
consultation du ministre responsable des Ressources naturelles. Donc, c'est sûr
que la décision gouvernementale va se prendre en fonction de ces
consultations-là avec le ministre des
Ressources naturelles, évidemment le ministre des Forêts, de la Faune et des
Parcs, là, qui est l'instigateur, là, de la mise en réserve, le cas échéant.
Donc, c'est une
décision, ultimement, gouvernementale de voir comment on veut créer un refuge à
un endroit où il pourrait y avoir des droits
acquis et puis qui va déterminer, bien, à quelles conditions le droit... on
peut permettre la mise en oeuvre d'un
droit acquis, ça va être quoi,
l'impact pour la conservation de la faune et la protection de son
habitat.
Donc, la décision,
ultimement, comme je l'expliquais, là, au troisième alinéa, revient au gouvernement.
Et puis tous les enjeux — vous
parlez, là, de concilier les intérêts de l'un et de l'autre — bien,
évidemment ils seront pris en considération,
là, lors de la consultation préalable puis lors des discussions, là, qui mènent
à la création du refuge.
Charbonneau :
J'apprécie l'explication comme à chaque fois. Par contre, je dois vous avouer
que je garde mon malaise que le troisième alinéa devrait être un
article en
soi, qui devrait être débattu pour sa qualité d'intervention auprès des
différentes personnes qui auraient un droit acquis ou un claim. Parce qu'il
vient... Bien, encore une fois... puis je le sais, qu'on peut défaire
exactement ce que je vais vous dire, là, mais il vient défaire l'article 122.3. D'autant plus que, quand
j'arrive avec «le gouvernement peut prévoir par règlement», mes trois
conditions viennent couvrir, encore une fois, là, un aspect de ce que le gouvernement
peut faire par règlement.
Ma volonté, elle est toute
simple. Puis, malgré le fait que le légiste m'explique que c'est là que ça va
puis c'est là que ça devrait être écrit, je vous dis, Mme la Présidente, pour
moi, ce n'est pas clair. Puis, en ce moment, la question qui va se poser dans
certaines régions du Québec, c'est : Est-ce que ça vaut la peine de
continuer à avoir des façons de faire avec le gouvernement du Québec ou avec le
Québec quand je suis mieux d'aller investir ailleurs, parce qu'ailleurs non
seulement je suis respecté, mais les conditions sont claires, si j'ai quelque
chose à faire... ou comment je veux faire les choses?
Donc, moi, je le lance un peu dans la cour du
ministre parce que je ne vais pas faire de proposition de retirer le troisième
alinéa. Ce que je dis, c'est que le troisième alinéa devrait être lui-même un
article 122 je ne sais pas quoi, parce que ça peut être décliné, là...
faire décliner tous les autres chiffres. Mais c'est une intervention qui se
fait par règlement, qui se fait par l'ensemble des ministres, qui se fait par
la publication de la mise en réserve. Je crois sincèrement que, pour être
clairs avec nos partenaires au niveau du Québec, ceux qui veulent investir,
ceux qui veulent investiguer les terres du Québec pour ses produits
exceptionnels, si on veut continuer à être capables de faire concurrence à la
Chine mais en même temps respecter nos terres publiques à nous, il faut qu'on
soit clairs. Puis, en ce moment, je sens que j'ai trois lois qui se font un peu
la leçon, celle des mines, celle de l'environnement et celle de 88, qui est
devant moi puis qui vient faire et défaire certains articles des autres lois.
Donc, encore une fois, je le lance dans la cour
du ministre. Moi, j'essaie juste de trouver le juste milieu, parce que cette
loi-là, un coup adoptée, elle va se mettre en place, puis il va falloir faire
face à la musique de ce qu'on a décidé. Ça fait que je ne sais pas si le
ministre est très à l'aise avec cet article-là. S'il l'est, bien, je nous souhaite bonne chance pour la continuité, parce
que, pour moi, malgré... le premier alinéa vient défaire l'article
122.3. Quant à le défaire, on est aussi bien de le mettre dans un
article qui
va lui ressembler puis qui va dire : Bien, après 122.3, il y aura 122.4,
où là le gouvernement peut par règlement autoriser.
Malgré que je respecte
l'opinion des légistes qui disent : Ça va là, d'après moi, ça prendrait
plus sa place... ça parlerait plus et ça viendrait circonscrire un geste clair
que le gouvernement peut faire, c'est-à-dire un claim et un droit acquis, c'est
une chose puis ça a sa place dans un
article comme tel pour pouvoir déterminer
les choses correctement.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires relativement à l'amendement?
M. Dufour : Peut-être juste un petit
commentaire.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le ministre.
M. Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Peut-être juste un petit commentaire. On parle... Je comprends le
point que vous amenez, mais on... Des refuges fauniques, là, il n'y en a pas
100 000, premièrement, au Québec, puis c'est des endroits qu'on pourrait
dire très exclusifs. Au bout de la ligne, la... le projet de loi, lui, ce qu'il
sert à faire... C'est qu'autrefois il n'y avait pas de mise en réserve. Jusqu'à
aujourd'hui, il n'y a pas de mise en réserve, donc, pour un refuge faunique, O.K.?
Charbonneau :
O.K., O.K. Parce qu'il y a des mises en réserve, mais pas pour des refuges.
M. Dufour : Oui, mais pas pour des
refuges fauniques. Puis, au fil du temps, ce qui peut arriver, lorsqu'on
commence à sentir qu'on a un refuge faunique potentiel, bon, pouf!, pouf!,
pouf!, on claime rapidement sans savoir s'il y a quelque chose. Donc, cette
dynamique-là, l'idée du projet de loi en arrière de ça, c'est d'au moins
protéger ces espaces spéciaux ou particuliers qui existent puis de s'assurer
qu'on va faire les bonnes actions.
Puis, comme on l'a dit, la mise en réserve, elle
sert à quoi? La mise en réserve, normalement, elle sert à quantifier, soit par
arpentage, soit par délimitation de terrain, soit par secteur sectoriel,
vraiment où est-ce que la faune va se retrouver en
partie prenante sur son
élément, là. Ça fait que c'est à ça que ça sert.
Mais c'est des petits espaces très spécifiques.
Actuellement, au ministère, là, on n'a pas 200 projets de refuge faunique,
là, en marche, là. Donc, je pense qu'il faut juste... Je comprends le point que
vous amenez, qui est intéressant dans la dynamique, l'approche que vous amenez aujourd'hui,
là, c'est quand même intéressant, ce que vous amenez là, mais il faut juste
faire la part des choses, bon, tu sais? C'est pour ça que je dis : Des
refuges fauniques, là, il n'y en a pas beaucoup, puis le peu qu'on a, souvent ça
va être sur des îles, ça va être en... des espaces très définis, qu'on ne veut
pas plus avoir de claims là-dessus, tel quel, là. Donc, on est pris avec une
situation, aujourd'hui au Québec, dans un
cas comme ça, on n'est pas pris avec neuf cas. Nos huit autres... nos huit,
neuf autres... nos huit, neuf refuges fauniques qu'on a vont assez bien,
tout ça, donc, mais c'est juste pour essayer d'éviter qu'il arrive des éléments
comme ça.
Donc, c'est un peu le travail qu'on fait
présentement pour essayer de se donner, justement, une ligne directrice de
protection, le temps qu'on puisse établir si ce secteur-là est vraiment un
secteur intéressant à développer sous le
vocable «refuge faunique». Puis je pense que c'est ça qui est la dynamique
derrière l'action. Puis ce n'est pas une action qui est contre les
mines, ce n'est pas une action qui est contre les droits acquis. Je pense que,
comme la légiste l'a expliqué, ça permet
quand même à celui qui a un droit acquis... Oui, ça pourrait arriver qu'on le
compense, comme vous nous avez expliqué la semaine dernière, lorsque le
premier ministre Couillard a déterminé qu'on remboursait au... qu'il y a
presque... écoutez, comment?
Charbonneau :
98,5 millions.
M. Dufour :
98,5 millions qu'il a compensés. Donc, je pense qu'on est un petit peu
dans le même dossier, dans le sens qu'on n'a pas 15 000 claims, là.
On a une situation particulière, mais le restant, nos neuf refuges fauniques
vont quand même bien, puis c'est de trouver le moyen de maintenir cette qualité-là
pour des espaces qui sont quand même spécifiques. Donc, c'est un peu ça qui est
la dynamique.
On a revérifié, nous, avec le légiste, la
structure d'écriture, comment que c'était écrit, parce que, comme je vous l'ai
dit la semaine passée, au même principe, je ne m'improviserai pas avocat, je
n'ai pas mes cours d'avocat, etc., ça fait qu'à un moment donné je me
dis : Il faut faire confiance à ceux qui écrivent les choses puis qui ont
les habiletés pour les écrire. Donc, c'est un peu là qu'on en est au bout de la
ligne.
Présidente (Mme St-Pierre) :
O.K. Alors, Mme la députée d'Abitibi... c'est-à-dire Rouyn-Noranda—Témiscamingue a demandé la parole. Mme la
députée.
Lessard-Therrien : Merci, Mme la Présidente. Je partage la grande
région de l'Abitibi-Témiscamingue avec M. le ministre, il ne faudrait
pas le détrôner trop vite.
Moi, je vous écoute, M. le ministre, puis j'ai
quand même une question. Vous ne l'aimerez pas, mais j'aimerais ça que vous lui
répondiez. Il y a comme un éléphant dans la pièce, pour moi, en ce moment. On a
vu l'obstruction que le ministère a faite
dans le dossier des aires protégées. J'aimerais ça savoir qu'est-ce qui
garantit que, cette fois-ci, le ministre a une réelle volonté d'établir,
de concrétiser ces refuges fauniques là. Est-ce que c'est juste parce que ce
sont des petits territoires?
M. Dufour : Bien, vous amenez un
point qui est les aires protégées. Premièrement, pour arriver à votre question,
les aires protégées, quand vous dites «on a vu», on a vu quoi? Les
83 aires protégées, pour l'instant, qui sont toujours dans les
feuilletons, qui sont toujours en travail, à ce que je sache, elles n'ont pas
été effacées de la mappe comme vous semblez
vouloir le dire. On en a même... on a même... je pense qu'il y a
même des annonces qui sont prévues, là, prochainement, même cette
semaine, par mon collègue ministre de l'Environnement, sur des dossiers, justement,
qu'on travaillait conjointement.
Il y a des éléments, par contre, dans ces
83 réserves... dans ces aires protégées là, qu'on a discutés, qu'on n'est
pas en désaccord, qu'on est pour, mais moi, quand il y a des préfets, quand il
y a des maires, pas simplement des industriels, là, quand il y a d'autres
individus qui m'interpellent, bien, je pense que je n'ai pas le choix de les
écouter puis de prendre le temps de réanalyser certaines choses, puis ce n'est
pas pour discréditer les autres gouvernements, chaque gouvernement, je pense,
essaie de faire le mieux. Moi, je ne connais pas personne qui se lance en politique puis qui dit : Tiens, on va démolir des
choses, puis on ne respectera pas rien, puis des choses comme ça. Par
contre, quand on se fait interpeler
puis qu'il y a des gens qui me disent : Bien, les consultations en 2012, là, on n'a pas eu
le droit au chapitre, on n'a pas été écoutés, là, à un moment donné, moi, je pense, comme ministre, comme responsable, je dois m'arrêter puis
écouter ces gens-là, puis de regarder comment qu'on fait pour arriver à des
situations.
Prenons le cas de l'île d'Anticosti, qui a été
un travail très grandement travaillé par le Parti libéral du Québec. Quand on est arrivés en poste... puis je
comprends qu'on fait de la politique à un moment donné, mais on s'est
fait accuser qu'on ne voulait pas protéger l'île d'Anticosti, qu'on ne voulait
pas que le dossier s'en aille à l'UNESCO. Aucunement. Par contre, on avait des
situations... Ça m'a permis justement de discuter avec le maire Pineault, de
l'endroit, pour bien comprendre sa philosophie sur la foresterie, la protection
des animaux, là-bas, comment qu'on était capable d'arriver à un juste milieu,
puis c'est ça qu'on a travaillé.
Puis c'est sûr que, si on fait juste écouter un
reportage qui nous met en porte-à-faux, que ce soit notre parti avec le parti
précédent ou quoi que ce soit, bien, on a de l'air des gens qui ne veulent pas
coopérer ou qui ne veulent pas suivre la tangente que l'autre parti a faite.
Pourtant, on est en train d'arriver dans un juste milieu avec le dossier de
l'île d'Anticosti, on a été en mesure de l'amener au fédéral, le proposer à
l'UNESCO. Ça n'a pas été le projet qui a été retenu, il y avait un projet, je
pense que c'est au Yukon, là, qu'on m'a dit, qui devait passer avant. Celui-là,
c'est le prochain qui va passer, selon les règles.
Ça fait quà 'un moment donné je comprends qu'on
fait de la politique puis je comprends qu'on veut nous faire porter le chapeau
du méchant, le loup, mais, à ce que je sache, je continue à discuter avec des
gens qui sont dans l'environnement de rivière Péribonka, je continue à discuter
avec des gens du secteur de l'Outaouais, parce que, justement, on s'est fait
présenter des choses par les différents élus de la région, là-bas, qui nous ont
dit : Écoutez, les aires protégées...
Possiblement que mon collègue ministre de l'Environnement va annoncer des
belles nouvelles, justement, pour le secteur de l'Outaouais, qui sont
dans les 83 aires qui, présentement, sont mises sur la voie d'évitement
pour tout de suite mais que ça ne veut pas dire qu'elles sont effacées.
Donc, il y a des choses qui se font
positivement, mais je comprends que vous pouvez avoir vos réserves, puis vous avez le droit. Je veux dire, je ne suis pas
là pour enlever la perception que vous avez, mais les refuges fauniques,
dans le cas du projet de loi qui nous concerne aujourd'hui ou qu'on discute
depuis quelques semaines, les refuges fauniques, ce ne sont pas... Oui, c'est
un fait, ce ne sont pas des grands espaces, c'est des espaces qui sont plus
petits, qui ont des valeurs estimées comme non négligeables, qui doivent être
bien définis, bien réglementés. Donc, c'est pour ça qu'on arrive avec l'aspect
des refuges fauniques.
Puis la mise en réserve, on ne se le cachera
pas, elle est faite pour quoi, elle est faite pour éviter, justement, que,
pendant qu'on met la mise en réserve cinq ans, bien... que cet espace-là ne
soit pas bafoué rapidement. Donc, on essaie de faire en sorte que l'espace...
Ça va nous donner du temps, aux gens de chez nous, du ministère de la Forêt, de
la Faune et des Parcs, pour bien analyser.
Ce qu'on m'expliquait,
entre autres, une des grandes préoccupations et... c'est souvent l'arpentage du
terrain, la circonférence à délimiter qui devient assez pointilleuse. Donc,
c'est à ça que ça sert, la mise en réserve, au bout de la ligne de... la
dynamique du cinq ans, pour justement que toutes les actions qui vont être
prises... bien, d'arriver puis de dire, bon : Pouf! On a un vrai secteur
de refuge faunique à bien établir puis à orienter.
Puis je regarde, moi, dans les aires... si je
reviens sur l'aspect des aires protégées, quand... On a décidé de prendre
Manouane-Manicouagan, pourquoi? Parce qu'il y a un corridor de grandes masses
de caribous. Parce qu'on le voit, là, de créer des aires caribous que pour des
populations isolées, bien, on a plein d'autres problèmes qui arrivent en ligne,
mais, quand on a la chance de protéger un secteur qui peut avoir une certaine
valeur pour les aires protégées, pour le caribou, pour différentes facettes, bien,
je pense qu'on y a été, puis ça a été quelque chose d'intéressant de mettre en
place.
Je ne suis pas là pour vous enlever votre
perception. Si c'est ça, votre perception, je la... je ne la comprends pas,
mais j'accepte que c'est celle-là que vous avez, mais, moi, l'objectif derrière
le projet de loi n° 88, c'est qu'on arrive... Et il y avait des éléments,
on l'a dit, la gouvernance des zecs, les refuges fauniques, il y avait des
éléments comme ça, bien tangibles, qu'on voulait vraiment améliorer, puis, comme
on ouvre la loi à peu près une fois aux 10, 12, 15 ans, donc, c'était ça
qui était l'objectif derrière ça, mais ça... C'est là qu'on en est aujourd'hui,
là, puis je ne peux pas vous sécuriser davantage, là.
Mme Lessard-Therrien :
...en fait qu'il n'y a eu aucun blocage de votre part dans le refus des
83 aires protégées?
M. Dufour : Bien, quand vous
parlez de blocage, moi, un blocage, c'est quelque chose qu'on ferme, un mur,
là, on l'a vu, là, avec le hockey, dernièrement, là, le Canadien, c'est un
blocage qu'il fait, l'autre équipe ne peut pas marquer de but, puis ils sont
éliminés, donc. Mais, dans le cas présent, je vous l'ai dit puis je l'ai répété
plusieurs fois, jamais vous n'avez vu une entrevue où est-ce que j'ai dit que
les 83 aires protégées ont été tout simplement éliminées du scénario. Les
83 aires, on est encore en train d'en discuter, ça se travaille encore, il
y a encore des discussions au ministère. Il y a des enjeux forestiers, il y a
des enjeux économiques, il y a des enjeux de société au niveau des gens qui
veulent avoir plus d'espace d'accueil pour aller faire de la marche en forêt,
pour aller faire des activités en forêt. C'est tout ça qu'on doit regarder.
J'en suis même rendu à demander à des secteurs
de dire, bon, O.K., c'est quoi, la valeur d'un secteur, mettons, de
160 000 mètres cubes de forêt au niveau des feuillus, versus de
l'épinette, c'est quoi, la valeur de ça, pour être capable d'avoir un peu,
comment dire, une vision globale. C'est ça qui est l'objectif derrière tout ça.
Mais jamais vous n'allez me faire dire que j'ai dit... Puis c'est correct, il y
en a, il y a des gens d'opinion qui écrivent des lettres puis qui envoient ça,
mais, moi, de mon côté, comme je vous le dis, mon objectif, c'est de faire un
beau projet de loi qui est utile à la société puis qui vient répondre à des
problématiques, parce qu'on est avec une loi qui n'a pas été modernisée dans
les dernières années. C'est là qu'on en est.
Mme Lessard-Therrien :
Et, quand vous dites, là, que ces projets d'aires protégées là ne sont pas
éliminés, là, quand il y a de la
coupe forestière dans ces aires protégées là, projetées, ça a un impact, quand
même, là. Je veux dire, la forêt,
vous l'avez dit vous-même, ça repousse, mais ça prend des décennies pour
retrouver des écosystèmes qui ont de l'allure.
En fin de semaine, là, moi, j'étais sur la
rivière Péribonka. J'ai vu le potentiel de cette rivière-là pour toutes sortes
de raisons, notamment récréotouristiques, là, mais ça fait aussi
partie de
l'habitat du caribou forestier. C'est une forêt qui est centenaire. Et là il y
a des coupes, là, dans les prochaines semaines, là, il va y avoir de la
machinerie dans cette forêt-là pour aller couper les arbres. Vous allez faire
quoi après? C'est quoi, le potentiel de faire une aire protégée après, une fois
que la «skideuse» est passée? Vous le savez de quoi que ça a l'air, une forêt
qui a été coupée, là. À hauteur d'homme, là, c'est un désastre, là. Pour les
forestières, des fois, ce n'est pas grand-chose, là, mais, à hauteur d'homme et
de femme, c'est un désastre. Ça fait que moi, je veux bien entendre que vous
dites : Les projets d'aires protégées ne sont pas éliminés, mais qu'est-ce
qui va rester à protéger?
Puis le parallèle que je fais avec les refuges
fauniques, c'est que vous insistez beaucoup sur la petitesse des refuges fauniques. Je comprends que, peut-être,
pour des tortues ou pour des amphibiens, ça va être des plus petits
espaces, mais, pour le gros gibier, là,
comme le caribou forestier, qu'est-ce qu'on va leur offrir en termes de refuges
fauniques? Est-ce qu'il faut s'attendre à ce que ces espèces-là soient
discréditées parce qu'elles ont plus grand de territoire?
Puis, une dernière chose aussi que j'aimerais
vous dire, vous dites que vous écoutez beaucoup, oui, les forestières, mais
aussi les élus, puis tout ça. Bon, je comprends, là, ces gens-là ont aussi un
rôle à faire, les élus municipaux, mais c'est qui qui va faire du lobby pour la
faune? C'est le rôle de qui, ça, faire le lobby pour la faune? Est-ce que vous
ne pensez pas qu'en tant que ministre responsable de la Faune, ce n'est pas votre
rôle à vous de vous assurer que nos espèces fauniques vont être préservées?
M. Dufour : Bien, je pense qu'il y a
plusieurs... C'est parce qu'il y a plusieurs actions. On dirait qu'on aime ça,
mettre notre ministère en porte-à-faux, on dirait, entre l'industriel et la
faune. Il y a plein d'actions qu'on fait positivement, avec Canards illimités,
par exemple, avec différents groupes, l'éco-corridor, présentement, dans le secteur de... pas de l'Estrie, mais un petit peu
plus au sud, là, ce qu'on appelait dans le temps les Cantons-de-l'Est. Il
y a plein d'actions comme ça qui sont faites, mais c'est drôle, hein, on aime
souvent prendre le ministère puis le mettre en porte-à-faux, on dirait,
industrie versus autre utilisateur, on va dire, pas simplement la faune, autre
utilisateur.
Écoutez, je vous l'ai dit, moi, l'objectif
derrière le projet de loi, c'est d'arriver à quelque chose d'intéressant pour
nos refuges fauniques. Nos refuges fauniques, ils n'avaient pas de cette
protection-là de cinq ans de mise en réserve. Donc, c'est
ça que... on arrive avec ça aujourd'hui. Là, vous m'arrivez comme si on serait
dans une période de questions sur les aires protégées, sur les enjeux du
ministère. On n'est pas à la place aujourd'hui, je pense, pour discuter de ces
enjeux-là, on est à la place de discuter est-ce qu'on est intéressés à mettre...
à ce que le gouvernement puisse se doter
d'une règle qui met en réserve les refuges
fauniques pour cinq ans, pour préparer un 10e refuge faunique,
par exemple. C'est ça qui est la question aujourd'hui, mais on pourrait s'asseoir puis en discuter sur
les autres facettes que vous m'amenez
aujourd'hui, mais c'est parce que vous amenez un
débat, à l'intérieur d'un projet de
loi, qui n'est pas là.
Mais, si je
prenais le temps de tout vous montrer les actions qu'on fait pour la faune,
bien, vous seriez peut-être
surprise de voir quand même des actions qu'on pose qui sont intéressantes. Est-ce
qu'elles sont toutes dans le même environnement que qu'est-ce que vous voulez
entendre? Peut-être pas, mais je pense qu'il y a des actions qu'on fait qui sont positives, mais on a l'air à vouloir
souvent mettre le ministère en compétition entre l'industriel et les
usagers, donc c'est un peu... dans lequel on vit notre quotidien au niveau du
ministère.
Mme Lessard-Therrien : Bien, Mme la
Présidente, je pense que c'était quand même une bonne opportunité de
questionner le ministre puis je pense que c'est tout à fait en lien. On a
besoin d'être rassurés sur qu'est-ce que ça veut dire, les refuges fauniques.
On est en train de prendre des décisions, aujourd'hui, qui sont importantes, je
pense.
Mme Lessard-Therrien : Puis c'est important
de savoir le poids de ces décisions-là puis la compréhension que le ministre a
de la prise de ces décisions-là.
Je demeure, somme toute, préoccupée. J'ai hâte
de voir comment le ministère va piloter ces prochains refuges fauniques là puis
est-ce qu'on va pouvoir protéger des grandes superficies de territoire qui
méritent d'être protégées pour la survie de nos espèces même s'ils sont plus
grands puis qu'ils empiètent sur la possibilité forestière du Québec. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Il
vous reste quelques minutes à votre intervention.
Charbonneau :
Alors, je ferai rapidement, Mme la Présidente. Je soulève le même éléphant que
ma collègue, puisque ce qui nous fait
titiller, c'est l'aspect que les 83... Et, vous avez raison, vos chaussures
sont fort inconfortables, puisque vous devez protéger deux trucs qui
sont... deux choses qui sont quelquefois en contradiction, c'est-à-dire la protection de la faune... mais je vous rejoins sur
le principe forestier, puisque ce sont des villages complets qui
dépendent d'une façon de faire, et vous avez l'obligation de trouver la meilleure
réponse, et ce n'est pas toujours confortable.
Par contre, il reste que le troisième alinéa,
pour moi, reste flou. Et il n'y a rien que vous voulez faire qui reste flou, je
pense que votre volonté, c'est d'être clair, précis, et, à un moment donné, il
va falloir aussi dire, à quelque part, où on retrouve la compensation
monétaire, si jamais le ministère décide de quelque chose.
Donc, voici ce que je lance, encore une fois,
dans votre cour : je crois que le troisième alinéa devrait être un
article
qui se rattache à 122, mais, étant lui-même, on enlève le «malgré le premier
alinéa» et on commence par «le gouvernement peut, par règlement, autoriser, aux
conditions qu'il détermine». Et, à ce moment-là, on vient d'enlever l'aspect
flou d'un alinéa qui est perdu dans un
article puis lui donner la place qui lui
revient pour dire que le gouvernement peut, par règlement, autoriser aux
conditions qu'il détermine. Je n'enlève pas mon inquiétude, je fais juste faire
en sorte que ma loi, la loi qu'on s'apprête à adopter, est plus claire et plus
précise par rapport à un
article qui, noyé dans le 122.3, devient un peu plus
flou que s'il avait sa place à lui tout seul. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Vous
avez terminé votre intervention?
Charbonneau :
Bien, je ne sais pas c'était quoi, mon nombre de minutes, alors j'essaie de
maximiser mon temps de parole.
La Présidente (Mme St-Pierre) : O.K.
Alors donc, il n'y a pas d'autres commentaires? S'il n'y a pas d'autre
commentaire, nous allons passer à la mise aux voix. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Veuillez
répondre pour, contre ou abstention. M. Dufour (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Contre.
La Secrétaire : Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Mme Lessard-Therrien : Contre.
La Secrétaire : Et Mme St-Pierre
(Acadie)?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Alors, l'amendement est adopté. Maintenant, est-ce qu'il y a
d'autres commentaires à l'article 122.3?
La Présidente (Mme St-Pierre) : Je
fais erreur?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
C'est l'ensemble des articles, donc je devrais dire plutôt : Est-ce qu'il
y a d'autres commentaires sur 122.3 à 122.6? C'est exactement ça? O.K.
Charbonneau :
...122.4, 122.5?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Bien, c'est parce que Mme la secrétaire m'a expliqué que vous aviez convenu
d'entendre... de discuter de ce bloc d'articles là en bloc, alors...
On va suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 10 h 50)
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, on reprend les travaux. Vous êtes convenus, la semaine dernière, de
traiter en bloc les articles 122.3 à 126.6 proposés à l'article 59,
de même que l'article 108 et l'amendement proposé par le ministre à cet
article. Donc, ma question était, avant que nous suspendions : Y a-t-il
d'autres commentaires à cette portion que vous avez décidé de discuter en un
seul bloc? Voilà. Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. La complexité, quand on en prend trop ou on en prend
large, ça fait qu'il faut toujours se remettre un peu dans nos trucs. Mme la
Présidente, je sais compter, ça fait que je le sais, que, quand je ne suis pas
d'accord à quelque chose ou quand je ne propose rien, sous papier, ou
amendement, ou sous-amendement, ça ne passera pas. Je sais compter. En
politique, c'est une première des règles, il faut savoir compter. Par contre,
je garde cette pensée-là qu'il y a un aspect flou, dans la loi, en ce moment.
Ceci dit, je vais faire un commentaire sur
122.4. 122.4 dit : «...ne peut circuler dans un refuge faunique ou sur
tout territoire mis en réserve en vue d'y établir un refuge faunique, à
l'exception des personnes, des catégories de personnes ou des véhicules
autorisés, aux conditions déterminées par un règlement du gouvernement.» Est-ce
qu'à ce moment-ci je suis en lien avec la
Loi sur les véhicules hors route ou est-ce que ça ne touche pas pantoute cette
loi-là puis ça ne vient pas ni contredire, ni permettre, ni faire
référence? Encore une fois, je suis toujours dans ma volonté d'avoir une loi
qui parle aux gens puis qui parle à tous ceux qui ont affaire avec le principe
de refuge faunique ou de mise en réserve. Quand c'est l'hiver, quand c'est
l'été, j'ai des endroits, au Québec, où je peux faire du «fat bike», du VTT, je
peux aller en quatre-roues, il y a des conditions qui sont permises puis il y a
des façons de faire qui sont permises. Ça se retrouve dans une autre loi, sur
laquelle j'ai eu le privilège de travailler avec le ministre des Transports,
mais là on n'y fait pas référence. Je comprends que, dans la loi que j'ai
devant moi, on n'aime pas beaucoup les références aux autres lois, mais il y a
des fois où on parle aux gens et il faut que ça soit clair, la référence qu'on
fait. Donc, est-ce que 122.4 a un lien proche, loin, devrait faire référence ou
pas au principe de la loi qui a été adoptée par le ministère des Transports...
par l'Assemblée nationale pour les véhicules hors route?
M. Dufour : Bien, c'est sûr et
certain, quand on prend... La difficulté de prendre cet article-là, 59,
article
par article, c'est que ça devient un petit peu, à un moment donné,
requestionnable, justement, comme vous le faites, là, à chacune des
interventions. Mais, à la base, là, c'est que l'activité, comme on le dit, qui
pourrait être permise, par exemple, c'est pour quelqu'un qui pourrait promener
son chien, ça pourrait être pour quelqu'un avec un bicycle, là, qui passe là
pour... qui ne viendra pas endommager le refuge faunique, par exemple. Donc, c'est
des éléments très, très, très pointus, puis, moi, ce que la sous-ministre à la
Faune... puis elle pourra prendre, peut-être, la parole pour compléter, mais ce
n'est vraiment pas en lien avec, comme vous dites, là, un quatre-roues, ou
bien, donc, une motoneige, ou quoi que ce soit, ce n'est vraiment pas ça qui
est orienté derrière ça. C'est vraiment de petits éléments pour ne pas nuire au
refuge faunique en soi. Je laisserais la sous-ministre à la Faune... si vous
voulez bien, compléter.
Mme Paquette (Élise) :
Mme la Présidente, dans le fond, ce que ça vient préciser, c'est comme de
pouvoir circonscrire une interdiction de circuler en dehors des zones prévues, également,
parce qu'il y a des endroits, comme on sait, c'est des endroits de
conservation, donc il y a des périodes, il y a des endroits, donc. C'était déjà
dans notre loi actuelle, donc, on vient le... on l'ajoute à la suite, si je
peux dire, mais c'était déjà là. Et c'est très important, dans un refuge, de
pouvoir dire quel type de circulation peut être fait, sous quelles conditions,
etc.
Mme Charbonneau :
Nécessairement, j'imagine que la réponse est non, mais je vais poser la question
d'une autre façon : N'y a-t-il pas lieu de faire référence à cette loi
qu'on a adoptée, qui veut que, l'été dans un refuge faunique, ça se peut que je ne puisse pas passer, mais, un coup que j'ai
une couverture de neige suffisamment
intéressante, ça relie des territoires de motoneige, ça fait en sorte que je
peux passer parce que ça ne vient pas handicaper mon refuge puis ça ne vient
pas faire autre chose que permettre à une circulation plus fluide ou plus
facile?
Je vous donne un exemple. Dans la loi qui régit l'agriculture,
les agriculteurs peuvent faire des ententes pour l'hiver, pour permettre des
motoneiges de passer sur leurs territoires. Ça ne veut pas dire que, l'été, les
gens peuvent y passer comme ils veulent, parce que le territoire est protégé,
mais, l'hiver, il y a des ententes qui sont faites. C'est régi par une volonté très claire de dire,
bon : À une telle période de l'année, il y a ça, à l'autre période de
l'année, il y a ça. Et, de ce fait, quand on a adopté la
Loi sur les
véhicules hors route, ou VTT, bien, on ne parlait pas des gens qui promenaient
leurs chiens, nécessairement, là, on parlait vraiment de gens qui utilisaient
des véhicules pour se déplacer de façon récréative. Et, quelquefois, la nature
fait que je peux, c'est-à-dire que, si j'ai une couverture de neige, je peux, mais, si je n'ai plus de neige,
bien là, il faut que je protège ma faune
puis je ne peux pas utiliser le parcours.
Je vais aller même plus loin, je vais être assez
effrontée pour le dire, des fois ça fait des chemins pour que les animaux
puissent passer d'un territoire à un autre, puisque le parcours est plus
facile. Donc, si une femelle met bas à un
endroit, elle prend le même parcours. Et j'ai des gens qui m'ont dit :
Quand je passe en skidoo, je croise des traces, je vois des pas. Et, de
ce fait, bien, quelquefois ça devient même aidant pour le milieu de vie de
certains animaux qui sont plus... on appelle ça des gros gibiers, dans notre
loi actuelle, je crois.
Donc, si on ne cite pas la
loi sur la
circulation des véhicules hors route... Je crois bien sincèrement que, là, je
parle à une clientèle qui pourrait avoir un regard une sur l'autre. Donc, je
réitère ma volonté d'avoir une loi claire, une loi qui parle des autres lois, parce
que, là, on passe par-dessus les mines avec un survol extraordinaire, mais là,
les véhicules hors route, à 122.4, je pense qu'ils ont peut-être une place à
prendre, là, par rapport à la volonté que le ministre du Transport avait
d'optimiser puis de régulariser des gestes qui se posaient déjà dans certains
milieux.
M. Dufour : Bien, il faut juste
faire attention parce que, comme vous le mentionnez, les refuges... un refuge
faunique, là, il y a quand même... c'est quand même des éléments que c'est le gouvernement
qui gère, hein? Donc, tu peux avoir besoin peut-être, tu sais, d'une motoneige
l'hiver pour te rendre à un endroit précis, mais, par l'aspect réglementaire,
c'est là qu'il va être déterminé. C'est peut-être un peu le raisonnement
derrière le fait pourquoi qu'on ne fait pas référence automatiquement à la Loi
des véhicules hors route qui a été adoptée, là, avec mon collègue Bonnardel.
Mais je laisserais peut-être le légiste
peut-être vous compléter l'explication technique par rapport à ça, pourquoi
qu'on y va sur une définition réglementaire de types de véhicules à tel moment
ou telle occasion. Je laisserais le légiste prendre la parole.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Effectivement, comme l'indique le ministre, là, on a une autre interdiction
générale, dans le sens qu'on a un milieu qui a pour objectif, là, premier la
conservation et la protection de la faune et de son habitat. Donc, le
gouvernement peut autoriser la circulation de certains types de véhicules, mais
ce sera dans un règlement du gouvernement que pourrait être autorisé, à
titre
d'exemple, un véhicule visé par la
Loi sur les véhicules hors route ou une
automobile qui pourrait être également définie dans une autre loi. Mais, pour
l'instant, on est dans une habilitation réglementaire, donc on ne pourrait pas
venir énumérer tous les types de véhicules parce qu'éventuellement, bien, dans
la suite des choses, il pourrait y avoir des nouveaux types, des nouvelles
catégories, peut-être que les définitions dans d'autres lois pourraient être
modifiées.
Donc, puisqu'on est dans une habilitation
réglementaire, ce ne serait pas approprié, là, de venir préciser, là, tous les
types de véhicules qui pourraient se voir autorisés. En fait, le ministre...
pas le ministre, je veux dire, le gouvernement a la capacité d'autoriser
certains types de véhicules et pourra venir définir ces types de véhicules là
par voie réglementaire. Et puis, dans certaines situations, ça pourrait
effectivement être tout à fait pertinent, là, de viser des catégories de
véhicules, là, définies dans d'autres lois.
Charbonneau :
Merci. Je regarde 122.3, où je vois le mot «règlement» plusieurs fois. J'arrive
à 124, je suis à «règlement» encore. Je vais arriver à 122.5, là c'est «le
ministre détermine, par arrêt». Je comprends quand le légiste m'explique qu'une
loi, ça parle et ça ne devrait pas parler pour ne rien dire. Par contre, je
réitère le fait... puis je vous dirais, là, je ne m'adresse plus au légiste,
parce que je comprends votre objectif à vous, je m'adresse plus au ministre, parce
que je crois qu'une loi, il faut que ça parle à tout le monde aussi. Il faut
que cette loi-là soit capable... un peu comme dans des articles précédents,
puisse dire : Vous pouvez aussi faire référence à la
loi sur. Et, un petit
peu plus tôt, dans d'autres articles auparavant, on faisait référence à la loi
sur l'aménagement du territoire, on a fait référence au ministre de l'Énergie.
Je comprends qu'on ne
veut pas répéter puis qu'on ne veut pas mettre de l'information pour en mettre,
mais je crois sincèrement que, si je regarde la loi en ce moment, de la façon
qu'elle est déclinée à 122.4, bien, je ne le sais même
pas, qu'il y a une loi qui fait que je peux passer sur un territoire ou pas.
C'est clair que, si j'ai un skidoo puis je fais ce sport-là, je vais
m'informer, mais je vais m'informer sur la
Loi sur les véhicules hors route et
non sur la
loi sur la protection faunique.
Et je reviens aux
propos du ministre, parce qu'ils sont importants, un refuge faunique, ce n'est
pas un territoire qui est toujours très
grand. Mais le petit bout que j'arrive à conserver, là... puis ma collègue le
disait, là, il y a 83 territoires
qui sont reconnus comme acceptés socialement, je pense que... la journée que le
ministre décrète qu'il y a un petit bout qui va être faunique puis qu'il
faut que je le protège, je pense qu'il faut être clair sur ce que je peux faire
avec, ce que je ne peux pas faire avec, puis à quel moment, puis qu'il y a
d'autres lois qui viennent intervenir sur ce petit bout de terrain là puis la Loi
sur les véhicules hors route. Mais je comprends quand vous me dites : Il
peut y avoir accès par un véhicule reconnu par le ministère des Faunes, un
skidoo qui passe pour aller enlever quelque chose qui fait obstruction ou qui
pourrait avoir une intervention sur la faune comme telle, je comprends, mais il
y a d'autres aspects qui sont quelquefois... qui font quelquefois qu'on reste
un peu flou dans cet aspect de pouvoir avoir accès à un territoire ou pas.
Ça fait que c'était
mon intervention sur 124... 122.4, Mme la Présidente, mais j'ai compris. Puis
vous n'étiez pas là la semaine passée, quand je l'ai répété à plusieurs
reprises, mais je vais choisir où je vais déchirer ma chemise. 122.4, ça n'en
sera pas un. Mais ma volonté reste toujours la même, M. le ministre, puis je
veux vous rassurer, c'est de faire une loi claire qui parle à tout le monde.
Merci.
Dufour : Bien, dans ce que
vous amenez, il y a quand même quelque
chose qui est important, je pense,
de...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le ministre, attendez un petit peu.
M. Dufour :
Oh! excusez. Excusez.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée, vous ne pouvez pas mentionner l'absence
d'un membre... un parlementaire.
Charbonneau :
Ah! ce n'est pas fait de mauvaise foi, Mme la Présidente, je m'en excuse.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Non, je sais que vous êtes de bonne foi, mais...
Charbonneau :
Je m'en excuse.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : ...des fois, il y a des circonstances.
Charbonneau :
Oui. Oui, oui, tout à fait.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Merci.
M. Dufour :
D'accord. Ce qu'il est important de préciser, c'est que... Mettons, on est dans
une période où, exemple, il y a une nidification, au niveau des oiseaux, dans
ce refuge faunique là. Donc, ça peut être des périodes de temps x qui va
déterminer qu'il n'y a aucune circulation, par exemple. Donc, tu peux passer là
avec ton bicycle normalement, mais, là, de telle date à telle date, tu ne peux
pas. Ça fait que la dynamique dans le refuge faunique peut être de cette
façon-là.
la sous-ministre à la Faune me présentait tantôt... exemple, dans
le refuge faunique, celui de Deux-Montagnes, qui est un refuge faunique
privé, elle avait un petit peu comme le détail, là, d'éléments, là. Je pense
que ça serait intéressant peut-être qu'elle en fasse la lecture pour démontrer
un peu quel genre de délimitation ou de détermination qu'on fait avec un refuge
faunique.
Mme Paquette
(Élise) : Mme la Présidente...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la sous-ministre adjointe.
Mme Paquette
(Élise) : Oui, merci. Alors, comme on le mentionnait, par exemple,
pour le refuge des Deux-Montagnes, il y a un règlement qui est spécifique à ce
refuge-là, et il est mentionné : «Toute personne peut accéder, circuler ou
se livrer à une activité quelconque dans le refuge faunique à la condition
d'utiliser un corridor, un sentier, une plate-forme d'observation ou une
passerelle, indiqués à cette fin.
«La personne qui
accède au refuge faunique accompagnée d'un animal domestique doit le garder en
laisse.»
Et puis :
«Malgré ce premier alinéa, la personne qui, dans l'exercice de ses fonctions,
agit pour des fins de recherche scientifique, d'inspection, de protection, de
surveillance ou d'entretien, peut accéder, circuler ou se livrer à une activité
quelconque à tout endroit dans le refuge faunique.»
Donc, c'est vraiment
balisé serré, si je peux dire.
Charbonneau : Mme
la Présidente, j'apprécie l'explication, puis ça me fait un peu plus
comprendre, par l'exemple que vous faites, que chaque refuge faunique a sa réglementation.
C'est ça que je comprends. Donc, dans 122.3, il y a les conditions dans lesquelles le ministre
peut déterminer un refuge faunique, puis ça, c'est les conditions pour
lesquelles je peux faire soit un cas de réserve ou un refuge faunique. Après
ça, il y a tous les gestes que je ne peux pas poser, les gestes que je peux
poser.
Faites juste m'indiquer, pour le plaisir de m'y
retrouver, dans quel
article je retrouve que chaque refuge faunique a sa propre
réglementation, juste... Parce que moi, j'ai l'impression que je ne l'ai pas vu
encore, mais peut-être que je l'ai loupé, là, dans... depuis qu'on en
parle, là, de l'endroit où je peux retrouver spécifiquement... Puis,
si ce n'est pas dans 59, ce sera ailleurs,
là, je veux juste l'entendre, où je
peux comprendre, comme citoyen, comme gouvernement local, comme députée
ou même comme organisme, que le refuge faunique est protégé par une
réglementation qui lui appartient. Ce qui fait en sorte que, bon, comme vous le
disiez, Mme la sous-ministre, c'est intéressant de savoir que, tu sais, des
fois ça va être pour une forme de véhicule, des fois ça va être pour une forme de geste à poser. Au moins, ça va me donner un
aperçu d'où je peux faire référence sur le principe de protéger le
refuge faunique par la réglementation qui est déterminée pour cet endroit-là.
Parce que le
ministre disait plus tôt : On en a neuf, refuges fauniques. J'imagine
qu'on a neuf réglementations différentes pour chacun, une pour chacun
des refuges fauniques, puis, normalement, je devrais avoir un
article de loi
qui dit que toute personne doit faire référence à la réglementation qui régit
ledit refuge faunique, là. Encore une fois, je ne suis pas légiste, je ne
l'écrirais pas correctement, probablement, mais où je le trouve, mon
article
qui détermine la réglementation pour chacun des refuges fauniques?
Une voix :
Vous pouvez y aller.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
en fait, l'article 122.3 indique, là, que des activités peuvent être autorisées, là. Le deuxième alinéa, là, dont on a
discuté passablement, bien, on dit que le gouvernement peut
autoriser dans un refuge faunique. Donc, tu
sais, c'est clair que ça permet de prévoir une réglementation pour un ou pour
l'autre aux conditions qu'il détermine. Puis vous verrez plus tard, là, quand
on sera rendus à l'article 122.7, d'ailleurs, que le ministre s'oblige à
publier sur son site Internet, d'ailleurs, un portrait, là, suite aux
différents règlements qui sont pris, de qu'est-ce qu'il est possible de faire
dans chacun des refuges fauniques et puis de toujours mettre ça à jour, là,
dans un délai raisonnable, là, suite à une modification réglementaire, là, pour
que ce soit clair pour chacun des utilisateurs, là, du refuge.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le ministre.
M. Dufour : C'est ça, c'était pour
compléter avec le 122.7, là, qui dit, là : «Le ministre indique, pour
chacun d'eux, les activités qui peuvent y être réalisées et les conditions
auxquelles elles peuvent l'être et les personnes, les catégories de personnes
et les véhicules qui sont autorisés à circuler.»
Charbonneau : Donc, dans 122.4, je dis que le ministre
peut empêcher une circulation puis, dans 122.7, je dis que le ministre peut déterminer, par
certaines conditions et réglementations, une circulation. Je comprends bien ou...
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien,
en fait, 122.4, tu sais, ça mentionne vraiment que, tu sais, ce n'est pas... je
dirais qu'on précise que le ministre peut l'autoriser dans un refuge faunique.
Donc, évidemment, ça indique que ça peut être prévu de façon différente de l'un
à l'autre, là. On n'est pas obligé de mentionner, disons, puis c'est le cas à
l'heure actuelle, là... à l'article 125, là, on donne une capacité de
permettre la circulation dans l'un ou l'autre, là. On n'a pas besoin de
mentionner dans la disposition que ça peut varier, je dirais, d'un refuge à
l'autre. Puis c'est la même chose pour les conditions, parce que, sinon, on se
retrouve dans une rédaction qu'on voyait antérieurement, là, dans des dispositions
où on venait prévoir toutes les situations où la réglementation pouvait varier.
Et puis, à ce moment-là, bien, on oublie, des fois, certaines variations. Donc,
il faut vraiment interpréter, là, les articles 122.3 et 122.4 comme
permettant de varier, là, d'un refuge à un autre, là, donc. Puis 122.7, c'est
plutôt le reflet.
Donc, pour que le tout soit bien compris, là,
par l'utilisateur, le ministre s'oblige, là, à vraiment faire un portrait de ce
qui est autorisé puis de ce qui est interdit, là, au niveau de la circulation
et puis des activités dans chacun des refuges fauniques.
Charbonneau :
Merci.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce que je peux passer... Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, vous avez demandé la parole?
Mme Lessard-Therrien : Oui, juste,
petite question à 122.4, dans le fond : «Nul ne peut circuler dans un
refuge faunique ou sur un territoire mis en réserve en vue d'y établir[...] — blabla — à
l'exception des personnes, catégories de personnes, des véhicules autorisés,
aux conditions déterminées par un règlement du gouvernement», on comprend que
le règlement va déterminer qui peut ou les catégories de personnes qui peuvent
circuler. Moi, je voulais savoir, ceux qui ne font pas
partie de ces
conditions-là qui sont pris en faute dans un territoire faunique, dans un
refuge faunique, ils s'exposent à quoi.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Il y a consentement.
Paquette (Élise) : ...sont
après vérifier pour donner la... il n'y a pas une amende spécifique, là, selon
moi, là, en tout cas... Oui?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
...171.2, là, modifié par 82 de la loi.
Mme Paquette (Élise) : O.K., là,
vous avez la réponse. C'est-tu correct?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce que ça va pour la réponse?
Mme Lessard-Therrien : Donc, c'est
une amende. Est-ce qu'on sait elle est chiffrée à combien?
M. Dufour : Moi, ce que je lis à
l'article 82, Mme la Présidente, c'est, pour une première
infraction : «Dans le cas d'une
personne physique, d'une amende d'au moins 1 000 $ et d'au plus
25 000 $ et, en cas de récidive dans les cinq ans, d'une amende d'au moins 3 000 $
et d'au plus 75 000 $; dans les autres cas, d'une amende d'au moins
2 000 $ et d'au plus
50 000 $ et, en cas de récidive dans les cinq ans, une amende d'au
moins 6 000 $ et d'au plus 150 000 $.»
Lessard-Therrien : C'est quand même des amendes qui sont assez
élevées, là. Je rejoins un peu la députée de Mille-Îles, là, sur comment
on va faire savoir aux gens que cette portion de territoire là, c'est un refuge
faunique.
Moi, je suis quelqu'un qui aime beaucoup aller
dans le bois. Tu sais, des fois, ce n'est pas par mauvaise intention que ça se
peut qu'on se retrouve dans un endroit où on ne devrait pas être. Puis, malgré
que je sois députée à l'Assemblée nationale, je ne suis pas abonnée
nécessairement à la Gazette puis je ne la lis pas toujours. Ça fait que,
si jamais un citoyen devait être pris en défaut dans un refuge faunique alors
qu'il y a... puis là on sait que nul n'est censé ignorer la loi, là, mais,
quand même, tu vas faire une promenade avec ton chien, tu te retrouves là où tu
ne devrais pas être, amende de 1 000 $, ça peut apparaître assez
drastique, là.
Ça fait que, je ne sais pas, est-ce qu'il est
prévu de passer par nos journaux locaux, tiens, pour faire valoir
l'information? On sait que nos médias locaux ont besoin de soutien. Est-ce
qu'il y a d'autres éléments qui sont prévus pour faire connaître l'information
à la population, autres que par la Gazette ?
M. Dufour : Un peu comme la
structure pour la pêche, la chasse, c'est toujours le site Internet du ministère
qui est le vocable. Est-ce qu'il faudrait plus de publicité? Peut-être, hein,
honnêtement, là, c'est de voir un peu comment qu'on pourrait peut-être mettre
ça en place avec un libellé publicitaire, là, vraiment. Mais techniquement, à
chaque fois qu'on se fait interpeler au niveau de la faune, au niveau d'actions
fauniques, là, la référence, c'est de les envoyer sur le site Internet du
ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs. Donc, refuge faunique, chasse,
pêche, les différents lacs, les périodes de pêche, etc., c'est toujours la même
dynamique, là, qui est mise en place.
Mme Lessard-Therrien : Quand même,
je pense que d'annoncer la concrétisation d'un refuge faunique, hein, ça
pourrait vous permettre de vous faire de la bonne presse, en plus, M. le
ministre. Donc, je pense, vous avez tout intérêt à le faire connaître des
communautés là où elles prennent lieu, notamment pour qu'on ne se retrouve pas...
que les citoyens ne se retrouvent pas dans des situations fâcheuses, là, ne
sachant pas qu'ils ne devraient pas se trouver là, là, par exemple.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
Charbonneau : Un
tout petit, Mme la Présidente, pour dire au ministre : Vous savez, où
j'habite, à Laval, juste en avant de l'immeuble où j'habite, il y a une
pancarte qui dit que, si je suis stationnée là puis je ne devrais pas l'être,
je vais être «towée» et que ce geste-là sera à mes frais parce que je n'avais
pas le droit de me stationner. Est-il possible d'imaginer que le ministère
puisse faire un avis un peu comme on fait des fois devant certains endroits où on dit qu'on n'a pas le droit
non plus de jeter des vidanges? Parce que, comme ma collègue l'a dit, bien, tout le monde n'est pas nécessairement
abonné à certains registres, et il y a certains endroits que,
malheureusement, il n'y a même plus de journaux locaux tellement que ça ne va
pas bien pour eux. Donc, y a-t-il moyen d'imaginer que vous pourriez avoir une
petite pancarte qui fait référence aux citoyens pour dire, bien : Allez...
soit allez voir sur le site du ministère, ou nul ne peut ici entraver un droit
de passage, ou quelque chose?
Je ne sais
pas, j'essaie de voir comment on peut être plus clairs pour les citoyens,
puisque, comme vous le disiez plus
tôt, c'est des petits territoires, puis quelquefois c'est une décision qui se
prend, là, pour ne protéger qu'un espace donné. Donc, surtout si j'ai fait une mise en réserve où, après toutes les
démarches, on a réussi à décréter un refuge faunique, y a-t-il quelque chose qui identifie les lieux ou je tombe par hasard dans un refuge faunique, je
ne le sais pas du tout?
M. Dufour : C'est sûr que l'exemple
que vous montrez, dans ce cas-ci c'est, on le disait la semaine passée,
Éco-Nature, hein, qui est comme un peu responsable. Donc, l'organisme prend
sous sa charge un peu de... s'ils ont à mettre un panneau d'information ou quoi
que ce soit. Sur les neuf, par contre, ce n'est pas tous le cas, là, ce n'est
pas toujours un organisme
qui est en charge, ça peut être une municipalité aussi. Donc, c'est sûr et
certain, quand il y en a que c'est les municipalités ou organismes,
c'est un peu comme à eux de prendre en charge la dynamique, sinon c'est au
gouvernement. Il faudrait voir, là, avec la sous-ministre à la Faune s'il y a
des actions concrètes qui sont posées à cet effet-là.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mme
la sous-ministre.
Mme Paquette (Élise) : Oui, merci.
Effectivement, il y a des situations qui sont variables. Comme on le dit, des
fois, quand il y a un organisme qui est responsable, bien, il va le faire, il
va informer le public, les citoyens. Il y a également,
des fois, des ententes aussi avec le ministère des Transports pour indiquer,
bon, le refuge, là, des situations comme celles-là. Mais c'est sûr que
l'exemple aussi qu'on donnait, là, de mettre sur notre site Internet le plus
d'informations possible, ça, ça va apporter beaucoup de clarté. Donc, oui,
c'est un objectif qu'on partage.
Charbonneau : Dernière
question par rapport à l'identification, parce que le refuge du parc de la Rivière-des-Mille-Îles, là, c'est intéressant,
mais il y a aussi... à Laval, il y a un organisme qui a regroupé tous les
boisés, là, qui s'appelle CANOPÉE, où ils se donnent l'obligation, un peu comme
vous le dites, là, de bien identifier puis de dire, bien : Ne pilez pas là
parce qu'il y a des fleurs, au printemps, qui sortent, puis ils font des zones
protégées dans certains sentiers.
Mais est-ce qu'il y a un endroit qui donne, je
vais dire, l'obligation... puis peut-être que ce n'est pas le bon terme, mais
qui donne l'obligation aux organismes, aux villes ou à la personne responsable
dudit territoire de bien l'identifier? Parce que je comprends quand on
dit : Sur le site Internet, on veut bien le spécifier. Puis ça, le
service, au niveau d'un ministère, sur Internet, c'est superimportant. Mais
tous n'ont pas le premier réflexe de dire : Je vais aller vérifier. Puis,
dans un des boisés... en tout cas, celui qui est plus chez nous, à Mille-Îles,
là, le boisé Papineau, bien, il y a une track de train, puis les gens ne sont
pas sûrs si la track de train, elle appartient au CN, si c'est protégé en bas
ou... Ils ne savent même pas qu'ils n'ont pas le droit de la traverser puis ils
la traversent pareil.
Donc, quelquefois, il y a des identifications
qui sont importantes puis qui ne peuvent pas juste se rattacher à un site
Internet. Donc, dans la responsabilité de reconnaître un refuge ou une réserve,
est-ce qu'il y a un passage où j'oblige ou je responsabilise l'organisme, la
ville ou les gens qui se préoccupent du milieu d'une identification quelconque,
pour s'assurer que le citoyen, rapidement, là, facilement, il met les pieds sur
le refuge, puis là il sait où est-ce qu'il est, puis il prend conscience des
gestes qu'il a le droit ou pas le droit de poser?
M. Dufour : Il y a deux actions qui
existent, là, que je connais, là, c'est... on a les fameuses pancartes, là, du
MTQ, là, qui... un peu comme des sites touristiques, là, refuges fauniques qui
sont identifiés dans certains endroits. Et, pour ce qui est des pancartes à
l'entrée, je sais qu'il y en a certains qui les ont, mais je ne pourrais pas
garantir présentement que les neuf refuges ont vraiment l'information telle que
vous le mentionnez.
Je pense que c'est des... Autant ce que la
députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue
disait tantôt, pour publiciser un peu les refuges fauniques, ce que vous
mentionnez là, bien, c'est des éléments qu'il faudrait, oui, s'attarder de
façon réglementaire par la suite pour s'assurer justement qu'il y ait une
uniformité au niveau des actions pour que les gens reconnaissent que, quand je
suis à tel endroit, bien, je suis dans un secteur, par exemple, particulier
pour les oiseaux ou quoi que ce soit. Donc, ça pourrait être très intéressant.
Donc, moi, c'est sûr que je... en même temps qu'on fait un projet de loi, on
prend des notes.
Charbonneau : La
loi, Mme la Présidente, habituellement, elle essaie d'être la plus claire
possible. Donc, j'apprécie que vous preniez des notes. Puis on pourra
peut-être, avant la fin de 122 ou l'article 59, regarder s'il n'y a pas
lieu de le citer à quelque part dans les responsabilités par rapport aux
refuges fauniques.
Charbonneau : Ça
arrive. Pour votre sécurité, fermez le son de votre...
Charbonneau :
Donc, je le dis parce que je crois qu'à l'article 59, qui couvre de 122 à
122.7, il y a peut-être lieu, à quelque part, de se dire qui devrait être
responsable ou comment on devrait être responsable de l'identification d'un
refuge faunique, en espérant que... Là, on en a neuf, qui sait, peut-être
qu'éventuellement on en aura plus que ça et qu'ils seront bien identifiés.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Donc, s'il n'y a pas d'autre
commentaire aux articles 122 à... 122.3 à 122.6 proposés à
l'article 59, l'article 108 et l'amendement proposé par le ministre à
l'article 108... Il n'y a pas d'autres commentaires?
Charbonneau :
Mme la Présidente, je sais que vous allez me trouver tannante, mais je me suis
arrêtée à 122.4 en me disant : On va faire une discussion
là-dessus. Là, je glisserais doucement à 122.5 pour être sûre qu'on suive le...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Bon. Moi, j'ai...
Charbonneau : Mais
je comprends...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Moi,
vous gérez comme vous voulez...
Charbonneau : Tout
à fait.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
...mais c'est parce qu'on m'avait dit que vous traitiez la chose en bloc.
Charbonneau : Oui,
tout à fait.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Mais
vous y allez à votre rythme. On est là pour présider.
Charbonneau : Vous
avez raison de me le rappeler, c'est juste que, dans ma tête, je me
disais : On va conclure 122.4. C'est peut-être moi aussi, là, que... dans
la perception des choses.
«122.5. Le ministre détermine, par un arrêt
publié dans la Gazette officielle du Québec , la période, les secteurs,
les endroits [et] les activités [qui] peuvent être réalisées en vertu de [...]
122.3 et ceux où les personnes, les catégories de personnes [et] les véhicules
sont autorisés à y circuler en vertu de l'article 122.4.»
L'utilité de 122.5... puisque, dans chacun des
articles, on identifie l'utilité de l'article, 122.3, on l'identifie bien,
122.4, on l'identifie bien. Et là on ne mentionne pas le reste de
l'article 59, c'est-à-dire 126.6, 126.7 et 126.8. Donc, pourquoi 122.5 s'arrête
aux deux premiers articles, c'est-à-dire 122.3 et 122.4?
M. Dufour : Bien, c'est vraiment de
permettre au ministre de déterminer où et quand pourront être réalisées les
activités et la circulation autorisée dans un refuge faunique en vertu des
articles 122.3, 122.4. Donc, on n'a pas besoin d'aller à 122.6, dans ce
cas-là. Ça fait qu'encore là l'objectif de l'inscrire dans la loi, c'est de
permettre au ministère de veiller à la conservation de la faune, de son
habitat, avec plus d'efficacité, notamment au gré du changement des saisons,
entre autres s'il y a des mises bas ou quoi que ce soit. Donc, il y a des
moments où est-ce que c'est mieux de ne pas avoir du monde qui circule. Et ça,
l'objectif derrière tout ça, c'est de sans avoir, à chaque fois, à passer par
une modification réglementaire. Parce que, sans ça, si on ne le met pas dans la
loi, puis le légiste pourra me corriger, s'il le faut, ou confirmer, mais, si
on ne le met pas dans la loi, c'est qu'il faut au préalable, 45 jours avant
l'édiction du règlement... puis le mettre dans la chose... dans la loi. Donc,
en le faisant... en le cannant dans la loi, tu n'as plus besoin de faire ces
aspects-là réglementaires. C'est un allègement... on pourrait dire,
presque : C'est une forme d'allègement réglementaire pour faciliter et non
à chaque fois de revenir, signature d'un ministre, un règlement, etc.
Charbonneau : Par
contre, si je me souviens bien, le principe d'un règlement, c'est d'avoir
justement une consultation un peu à l'interne. Peut-être que je me trompe, ou
vous me corrigez, là, il n'y a pas de souci, mais habituellement, quand un
ministre ou quand le gouvernement décide de changer un règlement, il y a un
principe de consultation. Ça s'en va en consultations, je crois que c'est 15 ou
40 jours, je ne me souviens pas du nombre déterminé, là. Puis après ça ça
revient, le ministre concerné prend acte des retours de consultations. Puis des
fois ça ne change rien, il n'y a personne
qui a consulté pour savoir qu'est-ce qui avait changé dans le règlement, donc
il n'y a pas de changement.
Mais, si on
dit : «Le ministre détermine, par un arrêté publié en Gazette
officielle », là je n'ai plus de consultations. Là, c'est canné,
comme vous dites.
M. Dufour : C'est directement dans
la Gazette .
Charbonneau : Je
reprends vos mots, là, c'est canné, c'est fait.
Charbonneau :
Tout ce que je fais, c'est dire : Oyez, oyez! Voici ce qui va être fait à
partir de maintenant. Je n'ai pas de consultations.
Est-ce qu'à ce moment-ci, quand un refuge...
Quand il y a une réglementation ou quand quelque chose qui... se détermine de
façon différente, vous parlez au refuge, vous parlez aux gens responsables du
refuge? Parce que, là, là je ne leur parle pas, là, le terme est bête, mais je
décrète.
Charbonneau :
Donc, c'est... pour moi, il n'y a pas de discussion.
M. Dufour : Je pourrais laisser la
sous-ministre à la Faune... C'est peut-être des éléments que c'est vraiment la
Faune qui voulait avoir comme situations pour pouvoir procéder.
Paquette (Élise) : ...d'être capable d'agir dans des situations. Les
exemples qu'on donne : une saison de nidification, c'est important d'agir
rapidement pour protéger. Donc, on est toujours dans les objectifs, là, d'un
refuge faunique, d'assurer la conservation et la protection et de pouvoir avoir
ce moyen-là qui est d'avoir plus d'agilité, là. Je pourrais regarder aussi les
autres exemples que j'avais. Des fois, aussi, c'est parce que ça nécessite un
entretien ponctuel d'une infrastructure puis...
C'est difficile de
tout, tout, tout prévoir à l'avance, là, la moindre des situations. Donc, je
pense que c'est un moyen qui va nous permettre de mieux atteindre les objectifs
de conservation.
Charbonneau :
Merci. Mon seul questionnement, là, puis je pense que ça revient aussi à 122.6,
c'est plus la communication qui peut exister
entre le ministère et les refuges. Vous le disiez, M. le ministre, auparavant,
il y a quelques organismes, hein, qui s'occupent d'un de nos neuf, si je
prends le principe de Laval, là, pour le parc de la Rivière-des-Mille-Îles.
Donc, rassurez-moi,
M. le ministre. Il n'y a rien que je vais changer dans votre projet de loi à ce
moment-ci, mais rassurez-moi puis dites-moi qu'au niveau du ministère il y a
des gens qui prennent contact avec les gens qui s'occupent des refuges, les
organismes s'il y a une réglementation qui change ou s'il y a quelque chose que
vous changez de façon unilatérale, parce que c'est un peu ce que 125 vient
dire, là, c'est : Je le dis, tu le fais, puis il n'y a pas de discussion.
Il y a quand même une discussion qui se passe avec les différents refuges pour
s'assurer que ce que vous vous apprêtez à arrêter dans la Gazette officielle ,
c'est faisable, c'est acceptable, l'organisme peut bien manoeuvrer parmi cet
aspect-là.
Puis sachez que, des
fois, je pose des questions pas parce que je ne sais pas la réponse, mais parce
qu'il faut que les gens l'entendent.
M. Dufour :
Il y a actuellement... bien, c'est sûr que le principe du projet de loi, lui,
il n'est pas... ce n'est pas adopté, là, je veux dire, ce n'est pas encore en
marche, mais il y a toujours, oui, des discussions qui se font entre les gens
de la Faune avec nos gens des refuges fauniques, ou les organismes, ou, encore
là, des municipalités qui ont à gérer les refuges fauniques.
Charbonneau :
122.6... la différence entre 122.5 puis 122.6, juste pour que je m'y retrouve
un peu? Parce que j'ai l'impression qu'on parle de la même situation, mais
cette fois-ci on la nomme : «Lorsque le ministre l'estime nécessaire et
urgent afin d'éviter [...] limiter...» L'explication que j'ai reçue pour 122.5
me semblait être contenue dans 122.6. Donc, je veux juste savoir si on répète. Il
y a sûrement une raison pour laquelle je n'ai pas... La seule chose que je
vois, c'est pour une période d'un an, là, mais il y a peut-être plus.
Donc, 122.5 et 122.6,
pour moi, disent la même chose. Probablement que je ne l'ai pas dans le mille,
donc je serais prête à entendre peut-être...
M. Dufour :
Le 122.6, on pourrait qualifier ça de situation extrême. Donc, mettons qu'on arriverait
à... quand il y avait eu la crise du verglas, par exemple, donc là on était
dans une situation extrême. Donc, le 122.6 viendrait faire office dans cette
dynamique-là. Mais, sinon, c'est vraiment davantage le 122.5 qui serait plus
souvent, comment dire, interpelé que le 122.6.
Charbonneau : Donc, au bout, ils ne disent pas la même
chose, là. C'est juste la situation qui change le...
M. Dufour :
C'est la situation extrême. Ça peut... conditions climatiques, là, qu'il
arriverait une catastrophe. Ça peut être aussi une maladie qui pourrait être
détectée chez un animal qui est dans ce refuge-là, en particulier. Donc, ça
peut être à peu près les deux éléments majeurs, là, comme... moi, qui m'avaient
été présentés, là.
Charbonneau :
Et les deux se font par... de la même façon, là.
M. Dufour :
À peu... Oui, c'est ça, oui.
Charbonneau :
Je pensais qu'on aurait pu regrouper les deux articles pour n'en faire qu'un pour
dire que, quand une situation l'estime... on l'estime nécessaire ou urgente,
c'est par la Gazette officielle qu'on décrète qu'il y a des gestes qui
se posent. J'imagine qu'on va me répondre que, si le légiste l'a écrit en deux articles,
c'est parce que c'était nécessaire.
M. Dufour :
C'était nécessaire, oui, absolument.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Pour 122.6... je m'arrête tout le temps pour voir si,
du côté de ma collègue, il y a des soucis
par rapport à l'article comme tel, mais je ne la vois pas sourciller, donc je
me rassure.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Bien, elle me fait signe lorsqu'elle veut prendre la
parole. Je surveille les droits de parole.
Charbonneau : Oui, oui, tout à fait. Mais je ne le
vois pas dans vos yeux, Mme la
Présidente. Ça fait
que c'est pour ça que je me retourne comme ça, pour être sûre que je reste toujours
très polie avec les gestes que je pose.
va, pour 122.6, Mme la Présidente. À 122.7, c'est la...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Bien là, c'est parce que...
Charbonneau :
On arrête à 122.6, hein? C'est ça?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui, et ça va inclure... Le bloc inclut
l'article 108 plus l'amendement proposé par le ministre à
l'article 108. Alors, s'il n'y a pas... si vous avez des commentaires à
faire, il faut les faire maintenant parce que tout ça va procéder en bloc, là.
Charbonneau :
Tout à fait.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Madame...
Charbonneau :
Est-ce qu'on revient sur 122.7 ou on revient après?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Après. Une fois qu'on aura disposé de ce bloc-là, on
retourne à 122.7.
Charbonneau :
D'accord.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Lessard-Therrien : Bien,
moi, j'aimerais revenir à 122.1. Est-ce
que c'est le bon moment pour le
faire?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : À 122.1?
Lessard-Therrien : 122.1.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui. Je pense que vous pouvez le faire, parce qu'on est
toujours dans le cadre de l'article 59.
Lessard-Therrien : C'est ça. Oui. Alors, moi... Ça a été soulevé, là,
au moment où on a eu... où on a entendu les groupes, que la question autochtone
était plus ou moins là, dans le projet de loi. Donc, moi, je voulais voir... En
fait, là je dis 122.1, là, mais à quel endroit est-ce qu'on va impliquer les
communautés autochtones dans la question des refuges fauniques?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le ministre.
M. Dufour :
Bien, je laisserais la sous-ministre à la Faune répondre, mais d'office, le
refuge faunique, là, comme je l'ai dit tantôt, c'est vraiment une situation où
ce qu'on a une particularité spécifique à la nature, là, ou à la faune, donc
c'est vraiment défini.
Donc, c'est sûr et
certain que le milieu autochtone, il n'y a pas de trouble, là, s'il identifie quelque
chose, qu'il pense qu'il y a quelque chose qui a une valeur, un secteur bien
précis, mais, je veux dire, ça se fait en partenariat avec la sous-ministre à
la Faune et son équipe, là. Je laisserais la sous-ministre vous répondre.
Mme Paquette
(Élise) : Oui, effectivement. Bien, c'est exactement ça, c'est qu'il y
a des processus à l'intérieur des
ministères, là, que... à l'étape de la création, par exemple, d'un refuge, on
l'a dit tantôt, il y a différentes consultations. Bien sûr, les
communautés autochtones devront être consultées si elles sont concernées, là,
par ce territoire-là, et puis comme on consulte d'autres personnes, que ce soit
la municipalité ou les autres acteurs, là, sur le territoire. Donc, c'est les
règles habituelles, je dirais, qui s'appliquent.
Mme Lessard-Therrien :
Tu sais, une fois qu'il va être mis en place, le refuge faunique, qui va en...
c'est le ministère qui va en avoir la gestion?
M. Dufour :
C'est ça qu'on disait tantôt, là, il peut y avoir... Sur les neuf, on a...
comme on disait tantôt, au niveau de Laval, au niveau de Mille-Îles, c'est un
organisme qui s'appelle Éco-Nature qui est, comment dire, le porte-étendard de
ce refuge faunique là. Il est possible que ce soit une municipalité puis ça
serait possible aussi que ça soit une communauté autochtone. Donc, il y a
toutes ces possibilités-là qui existent, là. Mais présentement, dans les neuf
que nous avons, à ma connaissance, là... à moins que je me trompe, mais il n'y
a pas de communauté autochtone qui est gestionnaire d'un refuge faunique
actuellement, là. Et, sinon, c'est le gouvernement.
Mme Lessard-Therrien :
Puis est-ce qu'on pourrait l'écrire dans le projet de loi, que le ministre
peut, par entente, déléguer à toute communauté autochtone la gestion d'un
refuge faunique, par exemple?
M. Dufour : On va regarder avec
le légiste. M. le légiste.
Mme Lessard-Therrien : Si vous me voyez venir, en fait, je déposerais un
amendement qui irait en ce sens-là, Mme la Présidente.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Est-ce...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce que vous voulez répondre, M. le juriste?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Oui. C'est ça, je me demandais si on était... on attendait l'amendement, là, ou
si je devais répondre. Mais en fait, tu sais, je pense qu'on n'a pas besoin de
venir préciser. Tu sais, l'article 127, là, précise le rôle, là, qui peut...
de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, là, que c'est
possible de confier, tu sais, par contrat, l'organisation d'activités ou
l'encadrement, la gestion courante, là, d'un refuge faunique. Et puis, bien, ce
n'est pas nécessaire, là, de venir préciser la nature de l'organisme ou de
l'association comme telle, là. Le ministre peut le faire à une communauté
autochtone. Je dirais que c'est la même chose pour un autre type, là, de territoire
structuré qui serait sous la responsabilité du ministre, là.
Mme Lessard-Therrien : Mais est-ce
que vous ne trouvez pas que, dans un contexte de dialogue de nation à nation,
ça ne pourrait pas être intéressant de l'écrire nommément, qu'il peut y avoir
une délégation de la gestion des refuges fauniques par les communautés
autochtones, qui ne sont quand même pas sur le même... au même niveau qu'un
OBNL quelconque, là?
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
Ce n'est pas à moi de répondre à cette question-là, qui n'est pas juridique,
là. Je suis désolé.
Mme Lessard-Therrien :
Bien, Mme la Présidente, j'aimerais déposer mon amendement peut-être
officiellement, puis on pourra en débattre.
Présidente (Mme St-Pierre) : Alors, nous allons suspendre pour
que vous puissiez déposer votre amendement, Mme la députée.
(Suspension de la séance à 11 h 42)
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Nous allons procéder à la... si vous avez
terminé la discussion, nous allons procéder pour l'article 122.3 à 122.6
plus l'article 108 et l'amendement proposé par M. le ministre. Donc,
est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur cette portion-là? Comme il n'y a pas
d'autre commentaire sur cette portion-là, nous allons passer à l'appel... au
vote par appel nominal de l'amendement à l'article 108. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire : Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Mme Lessard-Therrien : Contre.
La Secrétaire : Et Mme St-Pierre
(Acadie)?
Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Donc, l'amendement est accepté. Nous allons maintenant procéder par appel nominal au
vote sur l'article 108 tel qu'amendé.
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire : Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Mme Lessard-Therrien : Pour.
La Secrétaire : Et Mme St-Pierre
(Acadie)?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Abstention. Donc, l'article 108, tel qu'amendé, est adopté. Maintenant, Mme
la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
vous avez un amendement à apporter à l'article, je pense, 122.1. C'est cela?
Mme Lessard-Therrien : Oui.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, si vous voulez bien lire votre amendement. Il est sur Greffier, pour
ceux et celles qui veulent le consulter.
Mme Lessard-Therrien : Alors,
ajouter, à la fin de l'article 122.1 qui est introduit par
l'article 59 du projet de loi, l'alinéa suivant :
«Le ministre peut, par entente, déléguer à toute
communauté autochtone la gestion d'un refuge faunique.»
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Commentaires? Est-ce que vous voulez commenter votre amendement?
Mme Lessard-Therrien : Bien,
écoutez, je l'ai fait un peu plus tôt, là, avant que je présente l'amendement.
L'idée, c'est dans un contexte de dialogue de nation à nation. Je pense que de
vraiment nommer les communautés autochtones dans ce projet de loi là... je
pense que c'était important. M. le ministre a lui-même dit que, parfois,
il y a des refuges fauniques qui sont gérés par des tiers, là, si je peux dire.
En même temps, je pense que les communautés autochtones ne sont pas
nécessairement sur le même pied qu'un OBNL quelconque. Donc, de pouvoir les
nommer, je pense que c'est important.
Je pense que, dans un contexte aussi où on a des
refuges fauniques qui seraient établis sur des portions de territoire qui sont
un peu plus isolées mais qui sont à proximité de communautés autochtones, qui
ont une fine connaissance du territoire, ce serait tout à fait logique et même
souhaitable qu'on puisse leur donner l'opportunité de pouvoir gérer ce refuge
faunique.
Donc, j'ai bien hâte d'entendre les commentaires
du ministre. Merci.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le ministre.
M. Dufour : Oui. Bien, dans
l'article du projet de loi, là... pas du projet de loi mais de la loi actuelle,
c'est l'article 127 qui fait plus référence à cet aspect-là. Puis, comme
on l'a mentionné, là, une nation autochtone pourrait se voir être responsable
d'un refuge faunique, là. Donc, on est totalement en accord avec cette
situation-là, là. Ce n'est pas quelque chose qui est... qu'on ne trouve pas...
qui n'est pas louable, là.
Et, l'article 127, ce qu'elle définit,
c'est que... «peut, s'il le juge à propos et aux conditions qu'il détermine,
procéder à des améliorations ou des constructions dans un refuge faunique ou
autoriser, aux conditions qu'il détermine par contrat, la personne,
l'association ou l'organisme intéressé à y procéder». En bout de ligne, la dimension légale de retrouver les communautés
autochtones, c'est un peu dans cet article-là qu'on... c'est là qu'on le
voit.
Mais je
laisserais, si vous voulez bien, le légiste vous expliquer peut-être, au niveau
légal, la notion et je laisserais aussi la sous-ministre de la Faune...
pour peut-être déterminer, justement, le rôle exact, là, d'une communauté qui
gère ou un organisme qui gère un refuge faunique.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Il
ne reste qu'une minute avant la pause du lunch. Est-ce que vous voulez
commencer votre explication, s'il y a consentement pour poursuivre après, ou si
vous voulez attendre cet après-midi avant de poursuivre la discussion?
Pouvez-vous commencer? Vous avez 50 secondes.
Mme Paquette (Élise) : Oui. Je peux
y aller très rapidement. Dans le fond, ce qui est important de préciser, c'est que la délégation qui se fait, c'est la
délégation de gestion des activités qui se réalisent dans le refuge faunique,
parce que le refuge faunique appartient au
ministère, au gouvernement. Donc, effectivement, la communauté ou
l'organisme peut tout simplement avoir la délégation de gestion d'activités qui
vont se réaliser dans le refuge. C'est la nuance que je voulais apporter. Il
n'y a pas... il ne devient pas le gestionnaire du refuge mais des activités qui
s'y retrouvent.
Présidente (Mme St-Pierre) : Donc, compte tenu de l'heure, je suspends
les travaux. Alors, je vous souhaite un bon repas, et à cet après-midi.
(Suspension de la séance à 12
heures)
Présidente (Mme Grondin) : Donc, votre attention, s'il vous
plaît! La Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux. Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet de loi n° 88, Loi modifiant la Loi
sur la conservation et la mise en valeur de la faune et d'autres dispositions
législatives.
Cet avant-midi, la
discussion portait sur un amendement de la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue
visant à modifier l'article 122.1 proposé à l'article 59. Y a-t-il
des interventions sur cet amendement? M. le ministre.
M. Dufour :
Mme la Présidente, on avait mentionné, justement, en terminant, tantôt, là, que
ça serait la sous-ministre... il restait une minute, là, la sous-ministre avait
commencé à prendre la parole, donc on poursuivrait avec la sous-ministre à la
Faune pour continuer les explications par rapport à l'amendement.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Allez-y, Mme Paquette.
Mme Paquette
(Élise) : Bonjour, Mme la Présidente. Est-ce que je dois me renommer
ou...
Présidente (Mme Grondin) : ...
Mme Paquette
(Élise) : Non, c'est correct. Merci. Alors, comme j'avais commencé à
l'expliquer, la petite précision,
c'est : dans le fond, on délègue des activités qui se réalisent dans
le refuge, mais on ne délègue pas la gestion du refuge faunique.
Deuxième point, peut-être
vous informer que, dans la loi actuelle, à l'article 127, il est déjà
prévu que le ministre peut autoriser, aux conditions qu'il détermine, là, par
contrat, la personne, l'association ou l'organisme intéressé à y procéder.
Donc, c'est un pouvoir qui existe déjà. Et puis je peux faire compléter la
réponse par notre avocat également, qui expliquerait pourquoi ça serait mieux
de ne pas l'ajouter, puisqu'il est déjà là.
Présidente (Mme Grondin) : Parfait. Est-ce que ça va, M. le
ministre?
Présidente (Mme Grondin) : Donc, Me Tremblay-Paquette...
Parent, pardon.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : C'est exact. En fait, l'article 127, là, comme
l'explique la sous-ministre associée, vient déjà prévoir, là, la possibilité de
confier l'organisation d'activités à l'intérieur d'un refuge faunique. C'est
plus précisément le deuxième alinéa, là, qui concerne les activités, mais le
premier alinéa permet aussi, là, de confier la gestion de construction, là, de
bâtiment pour l'organisation de ces activités-là. Il faut faire attention
aussi, là, parce qu'il y a toujours une
possibilité, du moment qu'on peut confier la gestion d'un territoire ou d'un
programme, là, en vertu de la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de
la faune, mais ça pourrait être en vertu d'une autre loi.
Quand
on parle d'un organisme, d'une association ou d'une personne, bien, évidemment,
ça inclut une association, un
organisme, là, qui serait composé, en tout ou en partie, là, d'autochtones.
Donc, en le précisant, bien, c'est comme si, dans certains cas, on
venait dire que ce n'est pas toujours possible ou qu'il y a certaines modalités
ou certains cas où c'est possible et
d'autres, non. Donc, je pense que c'est clair, là, que, quand le législateur
accorde la possibilité de confier à une association ou à un organisme...
que ça peut être un organisme autochtone ou une association autochtone.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, maître. Monsieur... Y a-t-il
d'autres interventions? Mme la députée de Mille-Îles.
Charbonneau :
Merci, Mme la Présidente. Je vous soumets mon inquiétude, puis probablement que
vous pourrez me rassurer : quand on parle de la communauté autochtone, du
moins, je crois, comme ma collègue veut les citer, je ne sais pas s'ils se
retrouvent dans «personne», dans «association» ou dans «organisme», puisqu'à chaque fois qu'on parle de la communauté on se dit
tout le temps qu'on veut parler de nation à nation. Le gouvernement, par
respect, d'ailleurs, a nommé un ministre qui est responsable de la communauté,
du moins dans la relation avec le gouvernement.
Est-ce
que, de façon législative... peut-être, je poserais ma question comme
suit : Est-ce que, de façon législative, la communauté ou les gens
qui la représentent se retrouvent dans «personne», «association» ou
«organisme», ou s'il n'y a pas lieu de s'arrêter, maintenant, pour vraiment nommer...
puis j'ai l'impression que c'était l'intention de ma collègue, de nommer la
communauté autochtone, tout simplement.
Parce
que, comme je le rappelle, la volonté, c'est vouloir parler d'une nation à une
autre, la volonté, c'est de vouloir mettre en place une relation dynamique et
changer cette perspective-là que c'est juste une organisation ou c'est juste un organisme. La communauté
autochtone, elle a sa couleur, elle a sa façon de faire, et je crois
sincèrement qu'il y a une volonté de partenariat entre le gouvernement actuel
et la communauté.
Donc, je me demandais
si, de façon législative, le principe de la communauté autochtone, je le mets
dans la rubrique... je ne dirais pas
«personne», parce que ce n'est pas une personne, mais est-ce que, d'après la
législation que nous avons, c'est une association ou un organisme, ou ça
peut avoir un
titre différent qui fait que, par respect puis par
reconnaissance, il y a quelque chose de différent qui apparaît?
M. Dufour :
Je laisserais le légiste... là, on est vraiment dans l'aspect légal, là.
Charbonneau :
Oui, tout à fait, tout à fait.
Dufour : On est vraiment
dans l'aspect légal de la chose, donc je laisserais le légiste poursuivre
l'explication qu'il avait entamée tantôt.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, allez-y,
Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Il pourrait être pertinent dans un cas où on aurait un
régime comme à 24.1, 24.2, dérogatoire, donc, qui déroge au principe général,
parce qu'on a besoin d'avoir un régime spécifique aux communautés autochtones.
À ce moment-là, ça pourrait être tout à fait pertinent d'indiquer que le
ministre peut confier, dans un cas particulier, à une communauté autochtone ou
un groupe autochtone certaines responsabilités, mais, dans ce cas-là, il peut
le faire à un organisme, là. Pour moi, la notion d'organisme vise clairement,
là, un organisme, une communauté comme telle, une municipalité, à
titre
d'exemple.
Et puis, donc, dans
ce cas-là, puisqu'il n'y a pas de régime particulier à l'organisme autochtone,
je dirais que ce ne serait pas une bonne pratique, au niveau de la rédaction,
de venir spécifier ce type, cette catégorie d'organisme là en particulier,
alors qu'il n'y a pas de... le législateur ne souhaite pas prévoir un régime
spécifique à son égard.
Charbonneau :
Merci pour la réponse.
Présidente (Mme Grondin) : Ça va, Mme la députée? Y a-t-il
d'autres interventions sur l'amendement? Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Lessard-Therrien : Donc, je comprends qu'on ne l'intègre pas à
l'article de loi, c'est-à-dire de nommer expressément les communautés autochtones?
C'est ce que je comprends?
M. Dufour :
Bien, si on regarde, là, un peu ce que vient de dire le légiste, là, une
disposition particulière, précise, là, c'est ce que nous expliquait le légiste
en 24.1, 24.2, disposition propre aux communautés autochtones, à ce moment-là,
ça s'inscrit. Dans le cas présent, étant donné que c'est un élément qui se retrouve,
en potentiel, pour d'autres types de... ce qu'on pourrait dire, d'organismes,
et etc., c'est pour ça qu'il n'est pas inscrit tel quel. Donc, ce n'est pas une
mesure propre aux autochtones, la dynamique de faire un refuge faunique. Et je
laisserais peut-être le légiste compléter, peut-être, l'explication que je
viens de donner.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Bien, pour moi, là, ça reprend, là,
essentiellement, ce que je viens d'expliquer, là, à la commission.
Présidente (Mme Grondin) : ...
Lessard-Therrien : Merci, Mme la Présidente. Mettons l'amendement aux voix,
puis le ministre pourra se prononcer en bonne et due forme.
La Présidente (Mme Grondin) : Il n'y a pas d'autres interventions sur cet
amendement? Ça va? Je vais donc procéder à la mise aux voix de
l'amendement à l'article 122.1. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Lessard-Therrien : Pour.
La Secrétaire :
M. Dufour (Abitibi-Est)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Campeau (Bourget)?
Secrétaire : Pour les membres de l'opposition officielle,
Mme Charbonneau (Mille-Îles)?
Charbonneau :
Pour.
La Secrétaire :
Et Mme Grondin (Argenteuil)?
Présidente (Mme Grondin) : Abstention. Donc, l'amendement
proposé à l'article 122.1 est rejeté. Nous poursuivons avec les articles
avant... Oui, Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Lessard-Therrien : Oui. Bien, si on ne peut pas inscrire nulle
part la
possibilité, là, que les communautés autochtones puissent gérer les
refuges fauniques, est-ce qu'il y a possibilité que ce soit inscrit qu'elles
doivent être consultées avant d'établir un refuge faunique, au même
titre que
le ministre doit consulter le ministre responsable des Ressources naturelles?
«Après avoir consulté le ministre responsable des ressources naturelles, le
ministre peut mettre en réserve des terres
du domaine de l'État». Est-ce qu'il n'y aurait pas lieu de consulter également
les communautés autochtones pour qu'elles puissent faire
partie du processus?
Je vous pose la question.
Présidente (Mme Grondin) : M. le
ministre.
M. Dufour :
Pour signer d'innombrables lettres, au ministère... Que ce soit en foresterie,
que ce soit en faune, normalement, il y a toujours une consultation qui est
demandée. Encore là, ce n'est pas précisément juste en fonction de refuges
fauniques, mais c'est en fonction de différentes actions qui sont prises au ministère.
Donc, j'ai une panoplie de lettres, normalement, que j'ai, comme ministre, à signer et que j'envoie à chacune de ces communautés-là,
aux chefs, là, directement, c'est adressé aux chefs. Mais je pourrais laisser la sous-ministre à la Faune peut-être faire un complément d'information. Mais
j'ai, normalement, plusieurs démarches où est-ce que je dois les consulter. Ils
ont toujours un délai de temps de réponse, normalement, à nous revenir, puis
là, s'il n'y a pas de réponse, bien là, il y a... on procède, mettons. Mais je
vais laisser la sous-ministre à la Faune compléter.
La Présidente
(Mme Grondin) : Mme Paquette.
Mme Paquette
(Élise) : Oui, merci, Mme la Présidente. Effectivement, comme on l'a
expliqué, les étapes de consultation sont intégrées. Habituellement, c'est
notre direction régionale qui va consulter les partenaires sur le territoire.
On peut mentionner aussi les municipalités, les MRC, les communautés
autochtones. Donc, avant d'établir le refuge, toutes ces personnes-là ou ces
organismes-là, je devrais dire, vont être consultés.
Mme Lessard-Therrien :
...Mme la Présidente, sur la nécessité d'avoir un dialogue de nation à nation.
Dans une perspective de ce dialogue-là de
nation à nation, vous consultez le ministre responsable des Ressources
naturelles, parce que c'est comme lui qui
s'occupe des terres du domaine de l'État et le territoire non cédé, aussi, des
communautés autochtones. Donc, si on était cohérents avec cette philosophie-là,
il me semble qu'on pourrait tout simplement ajouter, après avoir consulté le
ministre responsable des Ressources naturelles et les communautés autochtones
visées par le territoire, là, bien, que le ministre peut mettre en réserve des
terres du domaine de l'État. C'est vraiment de venir... C'est peut-être
symbolique, parce que vous le faites déjà avec vos lettres, mais ce n'est quand
même pas rien de l'inscrire dans le projet de loi. C'est un geste significatif
que moi, je vous invite à poser, de l'écrire, puis de s'assurer que nos Premières
Nations font partie... en fait, que les Premières Nations font
partie de la
démarche pour les refuges fauniques.
Dufour : C'est sûr qu'on est
dans l'aspect légal. Je laisserais le légiste répondre à la question que vous
amenez.
Présidente (Mme Grondin) : Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent
(Gabriel) : Peut-être me répéter la question, s'il vous plaît?
Présidente (Mme Grondin) : Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Lessard-Therrien : Je pense que la question vient plus du ministre
lui-même, là. Moi, je réitère à savoir est-ce que c'est possible, dans une
perspective d'un dialogue de nation à nation, d'ajouter...
Dans le fond, je
déposais l'amendement qui serait : Le premier alinéa de
l'article 122, introduit par l'article 59 du projet de loi, est
modifié par l'insertion entre «ressources naturelles,» et «le ministre peut
mettre en réserve» de «et la communauté autochtone concernée,».
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Je ne peux pas répondre à cette question-là,
c'est une question d'orientation, là. Je suis désolé.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, vous souhaitez déposer un
amendement?
Lessard-Therrien : Je déposerais un amendement, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous allons suspendre les travaux.
(Suspension de la séance à 15 h 37)
Présidente (Mme Grondin) :
Donc, nous reprenons nos travaux. Mme
la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
vous proposez un amendement à l'article 122.1. Donc, je vous invite à en
faire la lecture, s'il vous plaît.
Mme Lessard-Therrien : Oui.
Alors, le premier alinéa de
l'article 122.1, introduit par l'article 59 du projet de loi, est
modifié par l'insertion entre «ressources naturelles,» et «le ministre peut
mettre en réserve» de «et la communauté autochtone concernée,».
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce que vous souhaitez en
discuter un peu?
Lessard-Therrien : Bien, en
fait, j'aimerais entendre, là, peut-être, bien, les commentaires du ministre.
Moi, je réitère qu'au-delà du législateur il y a ici l'opportunité de poser un
geste politique fort dans la reconnaissance
de notre dialogue de nation à nation avec les communautés autochtones.
Moi, je veux savoir si le ministre est prêt à poser ce geste-là.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le ministre.
Dufour : Bien, moi,
premièrement, ce que je pourrais dire, je pense que le processus
qu'on a au ministère, il est très intéressant. Puis ce n'est pas
simplement, là, de dire : Je veux que le ministre pose un élément fort. À
la base, là, les Premières Nations sont très
bien reconnues au niveau du ministère, parce qu'on a des communications
régulières, comme je l'ai dit tantôt, avec eux. On sait l'importance qu'ils ont
auprès de l'environnement, de la nature, donc il n'y a jamais une action, là, qui se fait unilatérale, sans les
consulter. Donc, avant d'essayer de, simplement, faire un clip média, là, je pense que c'est important de
préciser que les Premières Nations sont très bien reconnues au sein du
ministère.
Deuxième élément qui est important aussi
là-dedans — je
laisserai le légiste, peut-être, compléter, mais il a pris le temps de faire un
téléphone, je pense, qui était très, très intéressant — on
parle de la
Loi sur la conservation et la
mise en valeur de la faune, qui est, oui, en lien avec le milieu autochtone,
mais qui est aussi en lien avec l'ensemble des Québécois, Québécoises,
au niveau du Québec. Donc, lorsqu'on fait une loi, bien, on essaie de la faire
le plus possible en généralité, pour
l'ensemble. Et, comme on a un processus de consultation avec les communautés
autochtones, bien, je pense qu'on a quelque
chose d'intéressant qui est là. Je
comprends que vous voulez faire quelque chose qui peut, peut-être, avoir
une certaine valeur, mais moi, je pense qu'à un moment donné il faut regarder
aussi, lorsqu'on fait un projet de loi, toute la structure du projet de loi,
l'environnement du projet de loi, les conséquences des actions qu'on pose
là-dedans.
Puis, à ma connaissance, les démarches que nous
avons actuellement avec les communautés sont très intéressantes. Je veux dire,
une communauté peut nous interpeler, une communauté peut avoir le droit de
faire la gestion d'une réserve... d'un refuge faunique. On vient de faire une
entente avec la communauté algonquine sur le dossier de la réserve faunique de
La Vérendrye dans un esprit de partenariat puis de volonté de maintenir un
cheptel en santé, malgré que les statistiques de nos biologistes nous
démontrent que le cheptel n'était pas en danger. Mais par contre on avait une
situation, je pense, qu'il fallait se l'adresser. On a des ententes avec les
communautés cries, on a des ententes avec les Naskapis, on a des ententes avec
les Innus. À un moment donné, je pense que toutes ces ententes-là démontrent le
bon vouloir qu'on a comme gouvernement. Je veux dire, ce n'est pas comme juste
arriver puis dire : On enchâsse quelque
chose dans une loi. Selon moi, les modalités de fonctionnement que l'on a sont
adéquates.
Puis, quand il y a des affaires qui vont au-delà
de nos potentiels... Prenons le parc Saint-Bruno, où il y a l'ancien champ de
tir fédéral qui est là présentement. Il faut passer par le fédéral pour avoir
le droit de... Parce que ça fait plusieurs années, même, qu'on réclame ce
secteur-là pour pouvoir agrandir le parc de Saint-Bruno, mais le fédéral, de
par ses normes, doit proposer les installations, même, aux communautés
autochtones avant de nous l'octroyer, au Québec.
Donc, je pense que les structures sont là pour,
justement, bien considérer les communautés autochtones, dans la démarche d'un
bien-vivre ensemble, avec l'ensemble des gens qui composent un territoire, qui
est le territoire du Québec. Je laisserais le légiste, peut-être, compléter mon
information.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, Me Tremblay-Parent.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : C'est
certain que, sur le plan juridique, l'obligation, là, constitutionnelle de
consulter les communautés autochtones, là, quand elles sont impactées par un
projet, là, comme la création d'un refuge
faunique ou tout autre territoire structuré, là, va s'appliquer, là. Donc,
c'est sûr qu'il y a vraiment une obligation, là,
du ministère de faire des consultations, évidemment, quand il y a un impact
direct sur une communauté. Donc, à ce titre-là, une modification, là, ne
viendrait pas accentuer ou atténuer, là, cette obligation constitutionnelle,
là, du gouvernement du Québec.
La Présidente (Mme
Grondin) : Mme la députée de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Mme Lessard-Therrien : Oui, merci,
Mme la Présidente. Bien, moi, j'aurais besoin de savoir qu'est-ce que ça vous
coûte de l'ajouter, cette consultation-là auprès des communautés autochtones
concernées.
M. Dufour : ...elle est marquée. Lorsqu'on
parle qu'on fait des actions avec des organismes, avec des groupes, ça l'est,
indiqué. C'est la dynamique qui est mise en place, puis c'est tout le processus
total de nos actions qu'on fait. Puis, comme je le dis, ce n'est pas simplement
faunique, là. Lorsqu'on fait une situation de foresterie dans certains secteurs
bien précis, il faut contacter les communautés autochtones. On a des lettres
qu'on envoie aux chefs. Je veux dire, ça fait tout
partie du processus.
Mme Lessard-Therrien : Donc, je
ne comprends pas pourquoi ça vous coûterait de juste l'inscrire, pour le poser,
ce geste politique là, je ne comprends pas pourquoi. Tu sais, comme il y a déjà
une démarche, bien, juste de la dire. Tiens, on l'enchâsse dans la loi, là,
pour montrer à quel point c'est important pour nous. Je ne vois pas qu'est-ce
qu'il vous en coûte.
M. Dufour : Bien, comme je vous
dis, moi, l'aspect légal... Moi, ce qu'on me dit, au niveau législatif, c'est
qu'on me dit que la manière que c'est inscrit, c'est la méthodologie de
fonctionnement qui est bonne et qu'on doit... et qu'il faut respecter.
Mme Lessard-Therrien : Bien, d'abord,
pourquoi, quelques lignes plus bas, à 122.2, quand on dit : «Le ministre
ne peut établir un refuge faunique sur un terrain privé que si une entente avec
son propriétaire, y compris une municipalité ou une communauté métropolitaine,
a été préalablement conclue à cet effet»... pourquoi est-ce que, dans ce
cas-ci, on prend la peine de préciser ou, en tout cas, de nommer des instances particulières
mais que, plus haut, on ne pourrait pas le faire pour les communautés
autochtones?
M. Dufour : Je laisserais le légiste
répondre à cette question-là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, Me Parent-Tremblay.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) : Tremblay-Parent.
La Présidente
(Mme Grondin) : Oui, désolée, maître.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
C'est confondant, là, j'en conviens avec vous.
La Présidente
(Mme Grondin) : Vous avez tout à fait raison. Merci de me
reprendre encore une fois.
M. Tremblay-Parent (Gabriel) :
C'est les noms composés, là. En fait, bien, comme j'expliquais, là, sur le plan
juridique, c'est sûr que de venir le prévoir à un endroit spécifique dans la
loi, c'est à risque parce que c'est comme de
dire si, ailleurs, dans d'autres contextes, cette obligation-là
serait moindre ou de moindre importance,
alors que, comme je l'expliquais, il y a un
principe général de consultation, là,
qui s'applique aux actions gouvernementales, là, qui ont un impact sur certaines communautés
autochtones. Il faut évidemment qu'elles soient consultées. Donc,
évidemment, il y a toute une jurisprudence, là, de la Cour suprême sur la
portée de ça. Mais ce ne serait pas possible de venir, de toute façon,
déterminer la portée spécifique puis venir le préciser, là, dans un long article,
là. Donc, je pense que venir le prévoir dans la
section des refuges fauniques,
ce serait à risque, et puis c'est clair que, d'un point de vue juridique, là,
il y a une obligation générale de consulter, là.
Mme Lessard-Therrien : Mais
c'est peut-être moi qui ne comprends pas très bien, là, ou pas très vite, mais pourquoi est-ce
qu'on peut le préciser, plus bas,
qu'on peut préciser la municipalité
ou la communauté métropolitaine? Ça n'en crée pas un, là, un précédent,
aussi?
M. Dufour : ...techniquement,
tu ne feras pas un refuge faunique dans une communauté autochtone, puis, si on
en fait un dans une communauté autochtone, c'est parce que la c