Culture and Education — 26 June 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2014-06-26
Quebec — Committees
Aussi, je remercie le
ministre des Finances, M. Carlos Leitão, ainsi que le président du Conseil
du trésor, M. Martin Coiteux, qui, en
dépit d'un contexte difficile, ont démontré que le développement culturel
occupe une place primordiale dans les réalisations futures du
gouvernement. J'en veux pour preuve le fait que le budget 2014‑2015 fait état d'une croissance de
l'ordre de 1 % pour les sommes consacrées à la culture. De façon générale,
le budget du ministère de la Culture
et des Communications est en augmentation depuis l'année 2003. Dans l'état
actuel des finances publiques, ce sont d'excellentes nouvelles.
J'ajouterai que le
gouvernement conserve une perspective inspirée qui tient compte du fait que la
culture est, pour le Québec, une
illustration éclatante de son savoir-faire, de sa créativité et de son esprit
d'innovation. Ce sont des avantages
déterminants, notamment sur la scène internationale. C'est
d'ailleurs pour cette raison que le premier ministre nous a enjointes, ma collègue la ministre des
Relations internationales et moi-même, à faire en sorte que la culture
soit de toutes les missions internationales du gouvernement. En conséquence,
mes premiers contacts avec nos partenaires étrangers vont dans le sens d'une
active complicité culturelle. Ainsi, le 19 juin dernier, j'ai pris part à une
rencontre réunissant à Québec
20 ambassadeurs et représentants des pays membres de l'Union européenne en
poste à Ottawa. Ce fut l'occasion de
les entretenir de notre dynamisme cultuel et de leur rappeler que le Québec a
joué un rôle majeur quant au respect
de la diversité culturelle dans l'Accord
économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne. Chaque année, nous constatons que le rayonnement international du Québec ne cesse d'augmenter, et
la culture joue un rôle essentiel à
cet égard. C'est pourquoi je vais accorder un
soin tout particulier à cette question dans les prochaines années.
Cela
dit, d'autres missions ministérielles feront l'objet d'une attention toute
particulière de ma part. Je veux prendre un moment pour vous en toucher
un mot. Mme la Présidente, je suis très heureuse que le premier ministre et moi
partagions la conviction que le développement culturel au Québec, c'est aussi celui de tout le Québec. Cela signifie que nous allons être présents dans toutes les
régions, de la Gaspésie à l'Outaouais, des Appalaches aux vastes régions
du Nord. Nous avons, pour ce faire, des
programmes de partenariat en développement culturel qui constituent de
puissants outils d'épanouissement des arts,
des lettres et de la culture pour l'ensemble de notre territoire. Nous allons
mettre à profit les réussites du passé à cet égard pour améliorer le
cadre des accords avec les villes et les régions du Québec. Les partenariats
que nous leur proposerons leur donneront de nouveaux atouts, des
responsabilités étendues, ainsi que des moyens
pour stimuler la vitalité culturelle, économique et démocratique de leurs
communautés, tout en misant sur les services et la participation auprès
des citoyennes et des citoyens.
Mme la Présidente,
parmi les chantiers d'envergure qui nous attendent, il en est un qui fera date
dans l'histoire :
je fais allusion à la mise à jour de la politique culturelle gouvernementale du
Québec. Il s'agit d'une entreprise majeure qui sera effectuée en gardant
à l'esprit que cette excellente politique que nous devons à ma prédécesseure, Mme Liza Frulla, a fait énormément progresser
nos arts, nos lettres, nos institutions, nos industries et expertises
culturelles. Toutefois, après plus de 20 ans de mise en oeuvre, il est
nécessaire de l'actualiser. La nouvelle politique devra être en phase avec son temps et faire du développement
culturel une dimension intégrée à tous les aspects de la vie en société : politique, démocratique, social et
environnemental. Bien entendu, cette politique prendra la mesure de la
révolution numérique en cours, car la culture
est, pour ainsi dire, aux premières loges des grands bouleversements liés aux
nouvelles technologies. Nous devons mieux
comprendre ces phénomènes et surtout faire en sorte que notre culture tire
avantage des extraordinaires possibilités liées aux nouveaux environnements.
C'est dans cette perspective que nous allons procéder
à la mise en oeuvre de la Stratégie culturelle numérique du Québec. Celle-ci aura pour principal objectif de
hisser le Québec parmi les chefs de file dans l'espace numérique
mondial. Pour y arriver, nous allons cibler
des investissements en infrastructures, et user des nouveaux outils à notre
disposition pour encourager le talent, l'expertise et la formation, et donner
un nouvel élan à l'expression artistique tout en faisant en sorte que les
oeuvres et les produits québécois occupent davantage l'espace numérique.
Des projets en lien
avec la Stratégie culturelle numérique sont déjà bien enclenchés. Je prends
pour exemple La Fabrique culturelle de
Télé-Québec. Cette plateforme a été lancée avec l'aide de nombreux partenaires,
institutions et créateurs pour tirer le meilleur des médias numériques. Elle
offre un espace interactif novateur au public, aux artistes émergents de toutes
disciplines culturelles, aux acteurs de la culture de toutes les régions, aux
créateurs de contenu Web, aux passionnés de
culture de partout qui nous invite à lire, à aller au cinéma, à fréquenter les
musées, les théâtres et les salles de spectacles, bref, à participer à
la culture vivante.
Nous voulons, en
somme, que les nouvelles possibilités liées au numérique soient autant de voies
d'accès à la culture pour tous. C'est là un aspect très important, Mme la Présidente,
car l'avenir de la culture repose aussi sur notre capacité à accélérer
nos initiatives de développement des publics. Plus que jamais, nous devons
permettre à nos artistes et à nos écrivains
de rejoindre les citoyennes et les citoyens jusque dans tous les coins du
Québec. Plus que jamais, nous devons
encourager une stimulante diversité dans l'offre culturelle. Plus que jamais,
nous devons faire battre en retraite ce
phénomène d'exclusion culturelle qui fait que trop de nos concitoyens n'ont pas la chance d'expérimenter un lien vivant.
Je crois profondément
que la culture est appelée à être le sésame qui ouvre à toutes les portes de la
société du savoir. Elle sera un facteur
d'épanouissement personnel par l'éducation aux arts, par l'accès aux idées qui
élèvent la pensée ou tout simplement
par la pratique artistique qui fait du bien et donne confiance en soi. Elle
sera le tremplin avec lequel nous allons
collectivement accomplir notre destinée, riches de notre différence, de notre
créativité, du talent de nos créateurs, du formidable potentiel des jeunes de la relève, et elle continuera d'être
le ferment d'une identité fière et forte, celle d'un Québec sans peur et
sans complexe confiant en l'avenir.
Je suis maintenant
prête, Mme la Présidente, à procéder, en compagnie de mes distingués collègues,
à l'étude des crédits du ministère de la Culture et des Communications pour
l'exercice financier 2014‑2015.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci beaucoup,
Mme la ministre. J'invite maintenant la
porte-parole de l'opposition officielle à faire ses remarques préliminaires
pour un maximum de sept minutes.
Hivon : Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Alors, je vous salue. Je salue, bien sûr, la ministre, et toute son
imposante et impressionnante équipe, et ma collègue de la deuxième opposition,
et bien sûr tous mes collègues ministériels.
Je dois vous dire que je suis heureuse de mes
fonctions de porte-parole de l'opposition en matière de culture. J'aurais pu rester au gouvernement, j'aurais été
effectivement très heureuse, mais, vous voyez, la beauté des choses, c'est qu'après
18 mois à peine je n'ai pas perdu tous mes
réflexes d'opposition. Donc, j'imagine que ça devrait bien aller ce
matin pour poser des questions. Et, bien, je suis heureuse d'avoir cette
opportunité, évidemment, de poser des questions sur un enjeu qui est
fondamental, qui est plus qu'un enjeu, je pense, qui est une partie, bien sûr,
de qui nous sommes collectivement, la culture, la culture québécoise, qui doit
avoir toute la place qui doit lui revenir, bien entendu.
Je suis
heureuse d'avoir cette opportunité-là parce qu'évidemment, depuis le dépôt du
budget, il y a énormément d'inquiétude
dans le milieu culturel, je dirais, dans l'ensemble des milieux de la culture;
plus que de l'inquiétude, je pense, du
désarroi. On le voit encore ce matin avec la sortie des musées d'État qui se
disent exaspérés. Ce n'est pas rien. C'est une première, une telle sortie publique.
Alors, bien sûr, il y a beaucoup de questions,
parce que, dans le budget, à
part les 2 millions pour les tournées et à
part la reconduction de la stratégie
numérique qu'on avait annoncée il y a quelques
mois, mais qui elle-même fait l'objet d'une
diminution de budget de 40 millions, il n'y a à peu près aucun secteur du
milieu culturel qui est épargné. Donc, la production culturelle, bien
sûr, on va en reparler, avec les coupes de 20 % dans les crédits d'impôt,
l'édition, le livre, les arts médiatiques, les musées, le conservatoire, la
SODEC. Donc, écoutez, ce n'est pas rien, je
pense, ce qu'on est en train de vivre.
On a vu
plusieurs acteurs définir ce budget comme un budget catastrophe. Le collègue de
la ministre, le collègue... le député...
le ministre des Finances nous a dit que c'était exagéré de parler de
catastrophe, mais, depuis qu'il nous a dit ça, les épithètes de catastrophe continuent à se multiplier dans le milieu,
et ce n'est pas à tous les jours qu'on voit ça. Donc, je pense qu'effectivement le terme est bien choisi.
Il faut comprendre, bien sûr... et la ministre le sait, je n'en doute pas,
mais que, lorsque la culture représente
moins de 1 % de l'ensemble du budget du Québec, on ne peut pas penser
qu'on va faire des coupes et que ça
n'aura aucun effet quand chaque dollar compte et que, là, on voit les millions
et les millions de coupes qui s'annoncent. C'est une déstructuration
complète qui nous guette. Alors, oui, beaucoup d'inquiétude.
Et je dois
vous dire qu'au-delà des coupes en elles-mêmes et des décisions du budget en
elles-mêmes, moi, ce qui m'inquiète,
c'est qu'il semble y avoir un manque de sensibilité du gouvernement pour la
culture, j'en veux pour preuve les moments
forts d'un nouveau gouvernement :
l'assermentation des ministres. Alors, je suis allée voir, bien sûr, le
mandat qui avait été confié à la ministre de
la Culture par le premier ministre au mois d'avril. Eh bien, il n'y a rien de
concret sur la culture. On dit : «Au fil des années, notre formation [...] a
fait beaucoup pour [permettre à nos créateurs] de s'exprimer et de
rayonner. Nous continuerons à bâtir sur ces fondations[...]. La culture du
Québec se vit, s'affirme partout, dans nos grandes villes autant que dans nos
régions. Vous veillerez donc à ce qu'elle s'exprime, soit vue, entendue, connue
partout chez nous.» C'est très bien, mais je n'ai pas vu là-dedans cette vision
dont nous parlait la ministre dans ses remarques introductives et je pense que
c'est inquiétant.
Même chose
quand on est arrivés au moment du discours inaugural. La seule référence à la
culture est pour dire qu'on va
s'assurer que les artistes du Québec vont pouvoir faire
partie des missions à
l'étranger. C'est très bien, mais je pense
que c'est un peu court quand on connaît toute l'importance du secteur culturel
pour le Québec. Bien sûr, la ministre m'a beaucoup rassurée quand je
l'ai entendue, dans sa première entrevue, dire qu'elle allait être une battante
de la culture, qu'elle allait se battre pour chaque sou, que ce n'est pas vrai
que la culture allait écoper dans cette ronde de compressions qui s'annonçait. Or, quelques semaines à peine plus tard,
on a le budget, et c'est la déception, c'est le désarroi, c'est la
consternation dans le milieu de la culture de voir toutes ces compressions qui
s'accumulent.
Donc,
j'espère qu'aujourd'hui la ministre va avoir l'occasion de rassurer les
différents acteurs du milieu culturel, qui sont, oui, très inquiets,
très inquiets pour leur avenir, très inquiets pour leurs secteurs, que ce
soient les musées, la production culturelle,
les arts médiatiques, le conservatoire, le livre. Tout le monde, à peu près,
est inquiet en ce moment dans le milieu. Et je pense qu'il va falloir
que la ministre nous donne des réponses très claires, très rassurantes par
rapport à l'avenir.
Parce qu'en
terminant je veux simplement dire que la culture, la ministre le sait, j'en
suis convaincue, mais c'est fondamental en soi, c'est fondamental en soi
et ça devrait déjà, en soi, parce que c'est si important pour un peuple de défendre vigoureusement sa culture, être suffisant
pour mettre ce secteur-là à l'abri des coupes comme ce qu'on voit en ce moment. Mais c'est aussi, si ce n'est pas suffisant
pour convaincre le gouvernement, une force économique, de développement économique, d'éducation formidable.
C'est plus de 130 000, selon les derniers chiffres que j'ai,
emplois qui sont liés au secteur culturel.
Ça, c'est plus que le secteur primaire. Donc, beaucoup, beaucoup plus que
beaucoup d'autres secteurs d'activité
dans notre société. Alors, les retombées économiques sont formidables. Le
rayonnement est extraordinaire, sans
compter tout ce que ça représente pour l'éducation et pour l'avenir de, bien
sûr, notre nation. Parce que le Québec est quand même une société
francophone dans une mer anglophone. On ne peut pas faire abstraction de cette
réalité-là. Il faut se battre, oui, comme la ministre l'a dit, et je vais
toujours être à ses côtés et une grande collaboratrice quand elle va se battre pour la culture. Mais là je
pense que les signaux alarmants s'accumulent, et aujourd'hui ça va être
très important d'avoir des réponses à nos questions et surtout de rassurer le
milieu. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. J'invite maintenant la porte-parole du deuxième groupe de
l'opposition à faire des remarques préliminaires pour un maximum de cinq
minutes.
Mme Samson : Merci, Mme la Présidente. Tout d'abord,
je tiens à vous dire que je suis très heureuse d'être ici ce matin pour cette étude des crédits. Je voudrais saluer tous les gens présents
dans la salle, certains que je connais mieux que d'autres, car l'étude
des crédits est une extraordinaire occasion pour nous d'exercer notre travail
de parlementaires. C'est un exercice qui est exigeant pour tout le monde, le
temps de préparation est important pour tout le monde.
Je salue d'abord la ministre, députée d'Outremont,
et je la remercie à l'avance pour sa collaboration et sa transparence durant
les travaux que nous amorçons. Ayant oeuvré moi-même depuis 40 ans dans le
domaine des communications et de la culture, je suis certaine que je partage
avec la ministre le souci de la défense de la culture québécoise. Je tiens également
à saluer ma collègue de l'opposition, de Joliette, et la personne qui
l'accompagne, ainsi que ma collègue députée de Repentigny.
Nous sommes
ici ce matin pour l'étude des crédits budgétaires. C'est un processus
nécessaire qui vise à s'assurer de la gestion
responsable des fonds publics, surtout dans le contexte actuel où les déficits
se suivent d'année en année. On veut aussi s'assurer de la pertinence des
objectifs fixés et surtout de leur atteinte.
Cela dit, Mme la Présidente, notre temps de parole est limité. J'aimerais pouvoir reporter les
minutes restantes pour poser des questions à la ministre. Pendant mon
intervention, j'ai l'intention de poser des questions courtes et claires pour
lesquelles je m'attends à recevoir des réponses concises qui vont directement
au but. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup. Alors, je suis maintenant
prête à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle, alors,
pour un bloc d'échange pour à peu près 20 minutes. Alors, la parole est à
vous, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Alors, avant de
poursuivre, je veux simplement aussi présenter mon collaborateur, qui est
M. Christian Robitaille, de l'équipe de recherche de l'opposition
officielle.
Donc, sans grande surprise, je vais débuter en
abordant toute la question des coupes de 20 % dans les crédits d'impôt, des coupes paramétriques, donc, qui
touchent tous les crédits d'impôt et pour lesquelles, malheureusement,
le gouvernement n'a pas eu la sagesse d'exclure
le milieu de la culture. Donc, ça veut dire des coupes pour la
production cinématographique et télévisuelle, ça veut dire pour les services de
production cinématographique, pour le doublage de films, pour la production d'enregistrements sonores, pour la
production de spectacles, pour l'édition de livres, pour la production d'événements
multimédias. Donc, ça commence à faire beaucoup. Et évidemment, comme je
faisais référence dans mes remarques,
on voit, depuis cette annonce, une mobilisation de l'ensemble du milieu, bien
sûr, qui est touché, qui a fait une
sortie, d'ailleurs, conjointe, tous les partenaires, que ce soient les
artistes, les diffuseurs, les producteurs, les réalisateurs, les gens,
bien sûr, les artisans du milieu.
Ce que je veux savoir de la ministre : Le ministre des Finances nous a dit que,
non, il n'y avait pas eu d'étude d'impact
d'effectuée avant d'annoncer cette décision dans le budget, est-ce que la
ministre nous confirme qu'effectivement il n'y a pas eu d'étude d'impact
ou si elle, elle en a fait?
La Présidente (Mme Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David (Outremont) :
Alors, merci beaucoup. Je remercie ma collègue. Je voudrais préciser que moi aussi,
je suis... je pense que... On va pouvoir faire un travail sérieux, non
seulement ce matin, mais un travail pour les prochaines années, avec deux
collègues, entre autres, dont l'expertise n'est plus à démontrer sur la
question de la culture et...
Mme Samson, Mme Hivon, et je pense qu'on peut travailler en toute
collégialité. Je pense que — excusez,
il ne faut pas mettre les noms — la députée de Joliette a amplement montré
sa capacité et sa compétence à rassembler. Donc, je pense que nous pourrons
faire ensemble un bon bout de chemin, et la députée de...
Mme David
(Outremont) : ...Iberville — excusez-moi, je vais m'habituer à prononcer
les noms des comtés — a
aussi une expertise considérable. Alors, je me sens privilégiée d'avoir de
telles porte-parole en matière de culture.
Oui, il a coulé
beaucoup d'encre depuis la question des crédits d'impôt qui, je le répète,
sont, oui, en effet, comme ma collègue de Joliette le dit bien, des coupures ou
des... une mesure paramétrique, c'est-à-dire une mesure appliquée à de nombreux secteurs. On parle beaucoup du secteur
audiovisuel, cinéma, télévision, mais il y a des mesures... il y a des coupures de 20 % dans beaucoup
d'autres domaines aussi, donc, paramétriques comme étant, tel que le
ministre des Finances l'a bien dit, une
mesure immédiate pour un budget, un budget, si certains ont employé le mot de catastrophique pour ces
coupures-là, j'oserais employer le mot de catastrophique pour le budget que nous a légué... ou le déficit que
nous a légué nos prédécesseurs. Donc, à
déficit catastrophique, peut-être qu'il fallait des mesures un peu immédiates
pour essayer, déjà, d'enrayer l'hémorragie du
déficit budgétaire.
Cela dit, cela étant
donc quelques semaines après l'arrivée au pouvoir, nous avons déposé un budget
avec crédits, ce qui est déjà une
avancée formidable par rapport au précédent budget qui avait été déposé.
Et nous avons, à ce moment-là,
donc, exercé cette coupure paramétrique, avec la
précision... il est extrêmement important, je pense, de le dire et le redire pour nos collègues,
comme dit ma collègue de l'opposition, de Joliette, devant de nombreux invités très, très, très intéressés, évidemment, par toute cette question-là,
qui sont d'ailleurs pour la plupart invités par la collègue de... qui sont invités par les collègues
de l'opposition.
Donc,
ces coupures-là de 20 % vont être vues, comme l'a dit mon collègue du
ministre des Finances, au cas par cas, un
par un. Et c'est à ce point important que j'ai dit — et j'ai
travaillé très, très, très fort avec le ministère et les collègues — et je l'ai
dit publiquement, mes collègues le savent, autant de l'opposition que du parti
au pouvoir, donc, que nous allions
travailler très, très fort pour regarder et pour dire aux gens qui sont
inquiets : Bien, écoutez, venez vous expliquer. Et j'ai
le plaisir de vous annoncer : Je vais le... J'ai
le plaisir de vous annoncer qu'effectivement il y
aura une rencontre. J'avais annoncé qu'il y aurait, dès le mois de juillet, une rencontre, et c'est chose faite. Il
y aura donc une rencontre entre le sous-ministre des Finances, le sous-ministre
adjoint aux Finances et les associations du milieu culturel afin d'expliquer ce
qui sera attendu de la commission de la fiscalité. Par exemple, le processus
d'audition et toute autre question
préparatoire en vue de cette commission, la
date provisoire est le 3 juillet. Cette rencontre sera privée. Ça confirme l'écoute de mon gouvernement face aux
préoccupations exprimées par le milieu culturel, et
je remercie à l'avance le ministre des Finances d'avoir répondu avec diligence à ma demande.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la
ministre. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Donc, je comprends
que la ministre confirme qu'il n'y a pas eu d'étude d'impact. Or,
simplement lui dire que le milieu, donc, qui s'est
mobilisé, dit qu'il
serait important d'agir et d'informer le
gouvernement des conséquences immédiates de
cette décision de coupes de 20 % dans la production culturelle, dans les
crédits d'impôt pour la production
culturelle. Ce sont, et c'est eux qui parlent,
des milliers d'emplois qui seront affectés à court et moyen terme si le
gouvernement persiste dans la voie des coupes. Donc,
pas d'étude d'impact.
ce que je trouve très ironique, c'est que, là, on nous annonce une rencontre — je pense que c'est
effectivement la moindre des choses parce que
je pense qu'on est
face à une crise — pour
le 3 juillet, mais ce que ça veut dire, c'est
qu'il n'y a pas eu non plus, comme le
ministre des Finances aussi l'a dit, de consultations
avant auprès du milieu, ce qui nous aurait évité ce qu'on vit en ce moment avec l'effet déstructurant à
très court terme qui peut se vivre, et toute
l'inquiétude, et les impacts aussi à court,
moyen et long terme d'une telle décision.
Donc,
ce qui m'étonne aussi, puis la ministre va peut-être pouvoir nous éclairer, c'est que cette commission sur la fiscalité, elle est là d'abord et avant tout pour
identifier le reste des coupes, le reste des compressions qui doivent
venir, le 600 millions, si je ne m'abuse, qui n'est
pas encore identifié. Et là la ministre, ce qu'elle
nous dit, c'est qu'en
fait on va... On annonce des coupes dans le
budget, et ces coupes-là, à moins que je me
trompe, elles sont effectives, et là on
va aller consulter après. Puis là la
ministre, dans une sortie très remarquée, évidemment, elle a invité le milieu à
se battre. Elle dit que... en fait, à
se mobiliser et à aller faire des présentations devant la commission, donc en
se désolidarisant un peu du milieu, mais en les invitant à se mobiliser
puis en disant : Bien, allez devant cette
commission-là dire pourquoi ça n'a pas de sens. Il me semble que ça aurait été pas
mal plus productif de les consulter avant pour éviter cette décision-là,
qui est effective. Donc, j'aimerais que la ministre me dise est-ce que la
commission sur la fiscalité va avoir comme objectif d'annuler des
décisions du budget actuel.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
David (Outremont) : Oui. Alors,
beaucoup, beaucoup de contenu dans cette question, et je remercie, donc,
ma collègue de Joliette de me donner, comme ça, plusieurs éléments.
voudrais refaire la précision que j'ai faite
en Chambre face à une question qui était un peu sur le même sujet et
avec les mêmes éléments. Donc, effectivement, non seulement, moi, j'oserais
dire, tout le gouvernement, le ministre des
Finances, même le premier ministre invite les gens qui sont concernés, les secteurs qui sont concernés par
l'ensemble de la commission de la fiscalité
à s'exprimer et à venir à la commission de la fiscalité, qui a été formée... Et
je le répète, le mandat de la
commission, c'est : identifier les ajustements possibles au régime fiscal
de manière à favoriser la croissance économique
par des investissements et le travail, tout en assurant une redistribution
équitable de la richesse collective.
Il y a effectivement
des consultations qui vont être menées, et, quand ma collègue de Joliette
dit : J'ai invité les gens à se battre,
la réponse que j'ai donnée, c'est : Se battre, c'est déjà bien commencé,
de la part du milieu. Je n'ai pas
dit : Battez-vous. J'ai dit : Se battre, c'est déjà bien commencé, de
la part du milieu. Autrement dit, les gens sont inquiets, les gens se
manifestent et vont continuer à se manifester.
texte a été modifié, je le répète, mais j'ose le ressortir encore une fois. Non
seulement ce n'était pas exactement ce
que j'avais dit, à ce point que Le Devoir a modifié, après la mise
en ligne, et j'ai la nouvelle version. Donc, je répète que non... Ce
n'est pas que je ne dis pas au milieu : Taisez-vous, ne vous inquiétez
pas, etc., le milieu a le droit de s'inquiéter, a le droit de venir témoigner à
la commission. Et non seulement ça, j'ai obtenu cette rencontre avec le sous-ministre des Finances le 3 juillet, où nous
invitons les milieux à venir — en priorité par rapport, j'oserais dire, à
bien d'autres milieux — à
venir entendre comment les choses vont se passer.
Alors, je voudrais
aussi répéter que le budget... le déficit auquel nous avons fait face est quand
même assez gigantesque, de
3,1 milliards de dollars. Je répète donc qu'il fallait prendre des
mesures, du côté du ministère des Finances et du président du Conseil du
trésor, qui sont des mesures qui ont été donc déposées dans le budget du mois
de juin.
Je répéterai à ma
collègue qu'il a été dit, bien clairement, qu'il y avait jusqu'au 31 août pour
soumettre les demandes à la SODEC, entre
autres, et qu'il y aura une flexibilité importante, donc, au moins jusqu'au 31
août. C'est gagné, et la SODEC regardera, avec une grande flexibilité,
les demandes par rapport aux différentes productions.
Donc, si on
parle de mesure d'impact, comme ma collègue me le demande, ça a été quantifié
pour la première année. Je dirais
qu'elles sont de 1,9 million de dollars. On est loin des 85 millions
auxquels ma collègue fait référence. On
parle de moins de 2 millions de dollars, pour
l'année 2014‑2015, d'effet de ces 20 % là. Si on pense que, jusqu'au 31
août, les demandes déposées seront
exemptes de cette coupure de 20 %, je pense que la commission de révision
de la fiscalité aura le temps de
faire son travail. Les milieux auront le temps de venir déposer leurs mémoires,
de venir expliquer. Et le ministre des Finances a bien dit : Les
mesures sont examinées une à une. Elles pourront être diminuées, maintenues, voire même augmentées dans certains cas. Donc,
évidemment, je suis très, très, très satisfaite d'avoir obtenu une
rencontre pour le milieu culturel, le 3
juillet, avec le sous-ministre des Finances, qui pourra, donc, leur donner tous
les renseignements nécessaires pour bien se préparer.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. La députée de Joliette.
Hivon :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je note la satisfaction de la ministre à avoir
obtenu une rencontre avec le
sous-ministre des Finances. Je pense que les attentes à son endroit, je le dis
en tout respect, sont pas mal plus grandes que d'obtenir une rencontre. Je ne minimise pas ce qui pourrait
ressortir, j'espère que cette rencontre va être productive, mais je pense que les attentes du milieu sont pas
mal plus élevées, surtout après que la ministre ait fait cette
déclaration, en tout début de mandat, qu'elle allait se battre pour chaque sou,
et qu'elle allait être une battante et que la culture n'allait pas être mise de
côté et être sacrifiée dans la ronde des compressions.
Et je pense que ce que le milieu, j'ai bien
compris ses précisions sur le
titre de la fameuse entrevue avec Le Devoir ,
mais ce qu'elle dit quand même, c'est qu'elle demande au milieu de se... en
fait, elle invite le milieu à se mobiliser.
Elle leur dit qu'eux ont commencé à se battre et, en gros, que c'est bien. Mais
ce que le milieu souhaite, c'est que
la ministre se batte pour eux, c'est que la ministre soit conséquente avec la
déclaration qu'elle a faite en tout début de mandat, et que, oui, elle
obtienne une rencontre, mais surtout, qu'elle obtienne des résultats.
Je comprends que je n'ai pas eu de réponse à ma
question à savoir si cette commission-là sur la fiscalité allait servir à
renverser des décisions du budget, ce qui ne m'était pas apparu clair dans le
mandat, je n'en ai pas eu non plus sur les études d'impact, mais le chiffre de
85 millions, il est le chiffre pour les coupes qui sont annoncées pour les
trois prochaines années. Donc, oui, ce n'est pas pour l'année prochaine, mais
c'est le chiffre qui est là pour les trois prochaines années. Donc, je ne sais pas si la ministre remet en cause ce chiffre pour l'ensemble
des années qui sont concernées, mais c'est le chiffre qui ressort des documents
de son propre gouvernement.
Donc, moi, ma
question, c'est : Si la ministre ne semble pas à l'aise — je ferais cette affirmation-là — avec cette décision des coupes de 20 %... Parce qu'on ne sait pas, elle, c'est
quoi, sa position. Peut-être qu'elle peut nous le dire. Mais, si elle est en train de nous dire qu'on va
regarder tout ça, moi, je lui ferais une suggestion : Est-ce que la
ministre peut suspendre... avec son collègue, est-ce qu'ils peuvent s'entendre
pour suspendre, dès maintenant, cette décision-là des coupes de 20 % dans
le secteur de la production culturelle? On évite la catastrophe, on évite
l'impact déstructurant, démobilisant et,
comme ça, on se donne le temps de regarder tout ça. Puisqu'elle nous dit que la
commission de la fiscalité va regarder tout ça, on se donne le temps de
regarder tout ça d'ici l'automne et, après, il y a une décision plus avisée qui
est prise.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, encore une fois, merci beaucoup pour la question
très féconde qui me donne toutes sortes d'éléments que je veux
absolument aborder parce que, vraiment, la porte est grande ouverte, alors, allons-y, allons-y pour la bataille sur la
culture, alors on va se batailler. Non seulement on va se batailler, mais j'ai
obtenu quand même — quand même —110 millions de dollars, 110 millions de dollars pour une stratégie culturelle
numérique. Je ne suis pas sûre que nos
prédécesseurs, qui avaient annoncé cette stratégie culturelle, oui,
à 150 millions... C'est
tellement facile d'annoncer
150 millions quand on ne met pas de crédits qui vont avec. Le vrai test,
c'est au moment des crédits, et ma collègue
le sait très, très bien qu'il faut aller négocier avec les Finances, qu'il faut
aller négocier avec le Trésor. 110 millions de dollars pour mettre le Québec sur la mappemonde, pour mettre le
Québec sur le Web, pour donner accès, c'est une nouvelle extraordinaire.
Qui demandait... Quand je suis allée rencontrer, quelques jours après ma
nomination, les deux C.A., CALQ et SODEC,
ils m'ont dit : S'il y a une chose, Mme la ministre, une chose que nous
voulons que vous priorisiez, c'est la Stratégie culturelle numérique. Et
il y avait des diffuseurs, il y avait des producteurs, il y avait les écrivains, il y avait tout le milieu CALQ et SODEC,
ils sont derrière vous, ça touche à peu près toute la culture. 110 millions, moi, je considère... Je ne sais
pas si ma collègue le considère un bon coup, mais moi, j'oserais croire
que c'est un excellent coup pour les 10 prochaines années.
Je vais aussi
rajouter, puisqu'on parle de régions, et on parle de se battre pour la
culture : S'il y a des clientèles pour lesquelles je vais me
battre, et là-dessus je suis en parfait accord avec mon prédécesseur, le député
de... Bourget?
Mme David
(Outremont) : ...Bourget, mon prédécesseur à la Culture, je suis en
parfait accord avec ce qu'il disait par rapport à sa priorité en
culture. Il disait : Je veux être le ministre de tous les créateurs. Et je
sais de quoi je parle : mon prédécesseur était lui-même un artiste, on
pourrait dire, du milieu de la culture. Vous savez, il n'y a pas que des créateurs
riches, il y a des créateurs qui vivent vraiment à peu près d'amour, de culture
et d'eau fraîche. Alors, ces créateurs-là,
je veux aussi — et ces
créatrices — être la
ministre de tous ces créateurs. Pour cela, ce que ça veut dire, c'est
maintenir des budgets au CALQ et à la SODEC, ce que nous avons fait. Nous avons
augmenté de 1 % le portefeuille culture,
communications. Nous avons accordé 2,3 millions à la SODEC, qui nous a
remerciés, d'ailleurs. Pour pouvoir faire quoi?
Pour que nos artistes, nos créateurs, qui n'ont pas toujours beaucoup de sous,
je le répète, puissent aller à l'international.
Et ça fait depuis 2007... donc même sous le précédent gouvernement, ils n'ont
jamais eu l'argent récurrent pour
pouvoir aller à l'étranger. C'était une de leurs demandes. L'ADISQ a publié un
communiqué et ils ont remercié la ministre
de la Culture en disant : «L'ADISQ tient à remercier sincèrement la
ministre de la Culture et des Communications [...] des efforts qu'elle a
déployés — Ah!
bien là, je suis contente, c'est le milieu qui me remercie de mes efforts, donc j'ai dû me battre quelque part — pour réussir à doter enfin — enfin — d'un budget accru, de façon
permanente, deux programmes de la SODEC qui jouent un rôle essentiel dans
l'accessibilité des spectacles d'artistes québécois de la chanson dans toutes
les régions...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci...
Mme David (Outremont) : ...et dans
le rayonnement de ces artistes dans le monde.»
La Présidente (Mme Rotiroti) :
En terminant, Mme la ministre. Merci. La députée de Joliette, il vous reste à
peu près trois minutes.
Hivon : Oui, merci. Alors, je reviens sur les crédits d'impôt. Je l'ai soulignée d'entrée de
jeu, évidemment, la question
de la stratégie numérique, mais je reviens sur la question
des crédits d'impôt. Si la ministre se réjouit d'une sortie qui note l'augmentation pour les tournées, j'imagine qu'elle prend acte
aussi des sorties qui sont moins enthousiastes des autres partenaires du milieu de la culture,
concernant notamment la question de la coupe de 20 % dans les crédits d'impôt de la production culturelle. Donc, j'espère qu'elle va leur donner autant
de résonnance. Et donc je reviens avec ma question, parce que je dois dire qu'on n'a pas eu de réponse
à savoir s'il y avait eu des études d'impact, mais on comprend qu'il n'y
en a pas eu, pas de consultation, on comprend qu'il n'y en a pas eu.
On ne sait pas c'est quoi, la position
personnelle de la ministre sur cette coupe-là paramétrique de 20 % dans les crédits d'impôt dans le secteur culturel.
Donc, ce que j'aimerais avoir comme réponse, c'est : Est-ce qu'elle
accepte notre proposition, donc, de
suspendre, avec son collègue des Finances, l'application de la mesure des
coupes de 20 % dans les crédits
d'impôt, en attendant, donc, que les représentations puissent être faites à la
commission de la fiscalité? Puisque tout semble se jouer dans cette
commission-là, donc, est-ce qu'elle accepte ma proposition de suspendre
l'application de la mesure?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Rapidement, la ministre, il vous reste une minute pour répondre à la question
de...
Mme David (Outremont) : Et
inquiétez-vous pas, je pense que je vais être capable tout à fait de me mettre dans ce temps d'une minute. Écoutez, je
répète : Jusqu'au 31 août... On va faire un petit calendrier,
là : jusqu'au 31 août, il
n'y a donc pas d'application du 20 % de coupures de crédits d'impôt. Après
ça, la commission, pour laquelle, je répète, j'ai obtenu une rencontre et, pour l'instant, c'est la seule rencontre
qui est annoncée, quel que soit le secteur gouvernemental, alors permettez-moi aussi d'être plutôt fière de
ce résultat, qu'on soit déjà au travail... et la commission, je le répète à
tout le monde et à ma collègue, évidemment, de Joliette, remettra son rapport
au mois de décembre, donc va travailler à une vitesse
importante. Et, au mois de décembre, on va être encore en 2014, donc je répète
que... Une étude de marché, nous savons combien ça pourrait coûter cette
année, c'est moins de 2 millions, les impacts de ça. Alors, la commission,
qui va terminer ses travaux en décembre, aura eu l'occasion d'entendre tous les
partenaires du milieu culturel.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Alors, on
est prêts à passer au côté ministériel. Je suis prête à reconnaître
comme intervenant M. le député de Sherbrooke. La parole est à vous.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Tout
d'abord, j'aimerais vous saluer,
saluer la ministre, les collègues du parti ministériel, les collègues également
des oppositions, tous les gens qui accompagnent la ministre. Et, Mme
la Présidente, vous me permettrez une
petite parenthèse pour adresser une salutation particulière à la directrice de cabinet de la ministre,
Isabelle Melançon, qui célèbre son anniversaire aujourd'hui. Alors, imaginez
comment elle est chanceuse de débuter sa
journée d'anniversaire avec quatre heures d'étude de crédits avec nous.
J'imagine que ça remplit son coeur de bonheur, et on est tout aussi
heureux de l'avoir avec nous ce matin.
Et je dois
vous dire, Mme la Présidente, que je suis très heureux de prendre la parole,
dans cette étude de crédits, à
titre
d'adjoint parlementaire de la ministre
de la Culture et des Communications. Et
je suis très, très heureux d'avoir obtenu cette nomination-là de la part du premier ministre, c'est pour
moi un grand privilège de travailler avec une ministre d'une aussi
grande rigueur, qui connaît ses dossiers et qui fait preuve de leadership. J'en
prends à
titre d'exemple : vendredi dernier, j'ai eu l'occasion de
représenter la ministre à l'inauguration de la Maison Drouin, à l'île
d'Orléans, où était d'ailleurs présent le député de Montmorency. Et, là-bas,
j'ai rencontré des gens, dont des fonctionnaires et également des intervenants du milieu culturel de l'île d'Orléans qui
étaient très heureux de la nomination de la ministre, qui m'ont dit que c'était une dame de culture qui
incarnait bien son ministère. Alors, pour faire un peu écho à la députée
de Joliette, le monde culturel québécois
n'est pas à feu et à sang. Je pense que les gens sont très heureux de pouvoir
travailler avec la ministre et il en est de même pour moi.
Je pense que c'est une ministre qui va laisser
sa marque et notamment par les projets qu'elle va piloter, notamment au niveau des infrastructures, les
infrastructures culturelles, autant sur le plan de l'immobilier que du
numérique, et c'est
sur cette question-là que j'aimerais amener la ministre, dans un premier temps,
sur les infrastructures immobilières. J'aurai l'occasion de revenir, un
petit peu plus tard, sur les infrastructures numériques.
Je pense que
tout le monde ici, Mme la Présidente, doit convenir qu'il est très,
très important d'avoir des infrastructures
culturelles de qualité, et on en a au Québec. Et je pense qu'on peut être très
fiers, à
titre d'exemple, du réseau de bibliothèques que nous avons à travers le Québec, 1 200 bibliothèques... près de
1 200 bibliothèques, à travers le Québec, qui sont quand
même la porte d'entrée pour la
culture et en particulier pour nos jeunes. Alors, on doit se réjouir
de ça et on doit continuer à soutenir ce
type de projets là. Et je suis convaincu que l'ensemble des parlementaires, ici, ont des projets également qu'ils souhaitent concrétiser
dans leurs circonscriptions, des projets de nature culturelle. Moi, je peux vous dire qu'à Sherbrooke on en a, et j'en ai
déjà parlé avec la ministre et on va évidemment mettre toutes les énergies pour pouvoir les concrétiser dans le cadre de notre mandat. Évidemment, on a un projet de salle de diffusion, à Sherbrooke,
pour les enfants, alors... qui est une infrastructure qui est très souhaitée dans notre milieu, qui est très attendue. Et,
pour être père de deux jeunes enfants et
pour avoir assisté à des spectacles dans des salles de diffusion
conventionnelles, je peux vous dire que d'avoir une salle de théâtre
adaptée pour les enfants, c'est vraiment une nécessité.
Et on a un autre projet également qui est très
important, c'est le centre d'archives pour le Séminaire et le diocèse de Sherbrooke, question de pouvoir préserver notre patrimoine, qui est
très, très important, qui est une
partie très importante de notre
histoire collective et qui est également un projet important pour nos
intervenants à Sherbrooke. J'ai eu
l'occasion de rencontrer notre évêque la semaine dernière, Mgr Cyr, qui m'a
parlé de l'importance de ce projet-là, tout en me faisant visiter
l'archevêché, qui fait sa grande fierté, qui, pour lui, est le plus beau à
travers le Canada. Effectivement, c'est un très, très bel édifice qu'on veut
préserver et qui est maintenant un attrait touristique pour notre
circonscription.
Alors, je
pense qu'il y a des projets, à travers le Québec et dans toutes les
circonscriptions, des projets qui nécessitent
l'attention de la ministre, du gouvernement. Et je crois, Mme la Présidente,
que c'est très important, lorsque la ministre
donne son accord à des projets, que ce soit fait de manière apolitique, que les
projets soient évalués en fonction de leur
qualité et de leur pertinence. Et j'ai la profonde conviction que c'est ces
principes-là qui vont guider la ministre dans l'octroi des projets
qu'elle fera au cours de son mandat.
Évidemment, on est aussi ici, aujourd'hui, Mme
la Présidente, pour étudier les crédits 2013‑2014, donc les crédits du gouvernement qui nous a précédés, le
gouvernement du Parti québécois, et il y a des projets de nature
culturelle qui ont reçu des ententes de principe en 2013‑2014. Et j'aimerais,
dans un premier temps, que la ministre puisse nous en faire état.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député de Sherbrooke. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, merci beaucoup, cher collègue. Je n'osais pas,
moi, souligner l'anniversaire de
notre très bien-aimée Isabelle, mais, 40 ans, ça se fête quand même, et puis ça
pourrait se fêter ailleurs qu'à faire des études de crédits. Alors, je la remercie infiniment. Il restera quelques
heures dans la journée pour célébrer après. Mais elle est une directrice de cabinet exceptionnelle, et
la SODEC en sait quelque chose, certainement aussi, où elle oeuvrait
avant.
Alors,
écoutez, pour revenir, donc, à votre question, effectivement, nous regardons
les crédits 2013‑2014 du Plan québécois des infrastructures et je pense
que ce sont des montants extrêmement importants. Parce que, comme vous avez si bien dit, on parle de régions, on parle de
municipalités, on parle de très petites villes, de moyennes villes, de
grandes villes : je vois ici Percé,
Val-David — je
souris à ce nom-là — Port-Cartier,
Rouyn-Noranda, Forestville, et c'est vraiment... Saint-Paul, à Joliette,
tiens, Saint-Joachim, Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Paspébiac, Chandler, Sept-Îles,
et évidemment, comme mon collègue l'a dit, pour chaque comté, ça peut être
très, très, très important.
Maintenant,
je serai, en 2014‑2015, certainement la ministre des bons projets
d'infrastructures et non pas la ministre qui pourra donner des projets. Je laisserai travailler les
fonctionnaires, je vais regarder tout ce qui était à l'étude, nous reprenons les dossiers. Ce qui est quand même un
peu frappant, je dirais, c'est qu'il y a un nombre assez spectaculaire
peinturé bleu, on pourrait dire, peinturé comtés du précédent gouvernement et,
alors que, bon, il y a quand même... je m'aperçois, on me donne des chiffres,
là, 72 % de ces ententes ou de ces études qui étaient dans des comtés du
Parti québécois, qui avait un peu plus que
43 % des sièges, donc 72 % de projets pour 43 % des sièges.
J'aimerais ça, en tout cas, dans le
prochain plan d'investissement... Plan québécois des infrastructures, que nous
regardions au mérite des projets et non
pas au mérite des circonscriptions. Alors, nous regarderons ça, les
fonctionnaires sont d'une grande, grande compétence pour regarder tout ça. Nous regardons donc les
différents projets et nous évaluerons au mérite et aux besoins
particuliers à partir de l'avis de nos excellents fonctionnaires.
La Présidente (Mme
Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Sherbrooke.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Bien, je pense que ce que la ministre nous a donné
comme réponse, c'est quand même assez
étonnant, Mme la Présidente. 72 % des ententes de principe qui ont été
conclues par le gouvernement précédent l'ont été dans des
circonscriptions alors représentées par le Parti québécois, qui avait environ,
comme la ministre l'a dit, un petit peu plus de 40 % de représentation à
l'Assemblée nationale, donc 54 sièges sur 125.
Et, loin de
moi... Et je ne veux surtout pas imputer des motifs, Mme la Présidente, au
gouvernement précédent, mais le moins
qu'on puisse dire, c'est que la perception qui s'en dégage n'est pas très
favorable, et je pense que les gens qui nous écoutent auront le même
réflexe que nous. Alors, comme c'est important de pouvoir préserver la
confiance du public dans nos institutions,
dans l'Administration gouvernementale, est-ce que la ministre va revoir
l'ensemble des ententes de principe qui ont été conclues par le
gouvernement précédent?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, c'est clair que nous allons regarder les projets
afin qu'ils collent vraiment, vraiment
à la réalité des différentes communautés qui expriment des besoins. Nous allons
vouloir répondre aux besoins des différentes communautés, et ce, je
dirais, à des fins non partisanes. 72 % de projets dans des comtés,
disons, d'orientation plus péquiste, versus
7 % pour le PLQ, disons que ça fait une différence assez spectaculaire.
Et, je tiens à le répéter, je voudrais que la culture soit pour tous,
que la culture soit au mérite des besoins des communautés, et nous
travaillerons en ce sens.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. M. le député de Sherbrooke.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Oui. Je remercie beaucoup la ministre de sa réponse.
J'aimerais maintenant lui parler de
la Stratégie culturelle numérique. Lors de mon précédent préambule, je disais à
quel point c'était important qu'on puisse se doter d'infrastructures de qualité; bien, il en va de même pour les
infrastructures numériques. Je pense que les Québécois, dans toutes les régions du Québec, devraient
pouvoir s'en prévaloir et, en ce sens-là, moi, je me réjouis, Mme la
Présidente, de l'annonce qui a été faite par
notre collègue le ministre des Finances, le député de Robert-Baldwin, dans son
dernier budget, 110 millions pour la
mise en oeuvre de la Stratégie culturelle numérique du Québec.
110 millions de vrais dollars, Mme
la Présidente, alors, ce qui nous différencie du gouvernement précédent. Et je
voudrais savoir, de la part de la ministre : Dans cette enveloppe de 110 millions là, ça
sera quoi, la proportion qui ira pour des projets d'infrastructure numérique?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, merci, cher collègue. Écoutez, il est facile, je
pense, à donner la différence entre
le 100 millions qui est vraiment pour les infrastructures numériques et
10 millions pour le fonctionnement sur trois ans. Alors, écoutez, il faut comprendre que, de
l'infrastructure numérique — et là on est de notre temps, je dirais, ce
n'est pas comme du béton, construire une école, un hôpital — c'est
quand même dans ce qu'on appelle le Plan québécois des infrastructures. C'est très intéressant parce que ça pourra donner accès
à de l'argent, à des fonds, à des enveloppes pour de l'infrastructure numérique dans tous les domaines,
et 100 millions, c'est quand même beaucoup d'argent, qui
permettront à tout notre réseau culturel...
que ce soit les musées, les livres,
le spectacle, le cinéma, la vidéo, ça
va pouvoir permettre à tous
les diffuseurs, à la plateforme Web de Télé-Québec... On a parlé de la fabrique
culturelle, le portail des libraires, pretnumérique.ca , qui permet l'accès à des livres numériques par
l'entremise des bibliothèques publiques, le répertoire du patrimoine culturel dans le souci de diffusion des biens patrimoniaux protégés... Il faut
en parler, du patrimoine, je suis extrêmement honorée que ce soit au ministère
de la Culture. Une offre diversifiée en cinéma d'auteur dans toutes les régions du Québec, et ça, c'est important,
quand on dit qu'on veut protéger les artisans de la culture, qui n'ont pas
toujours les moyens et qui voudraient bien
qu'on regarde leurs films aussi partout au Québec, et ça, c'est un moyen.
Et ça, c'est quelque chose de très important et qui aide des créateurs, des créateurs d'ici à
pouvoir diffuser leurs films, leur cinéma d'auteur partout au Québec. C'est ça, aussi, la Stratégie culturelle
numérique, c'est non seulement de donner l'accès aux créateurs partout au
Québec, mais c'est de donner l'accès, partout au Québec, aux créateurs de
partout. Et donc, ça, on peut rire de ces petits argents, de tournées en
région, et tout, moi, je ne ris pas, je trouve que ce sont des argents extrêmement
bien investis qui permettent à nos créateurs de pouvoir diffuser, évidemment
avoir accès à l'offre du réseau muséal
québécois partout sur le territoire, et probablement qu'on aura l'occasion de
reparler des musées, mais la Stratégie culturelle numérique leur offrira
aussi la possibilité de pouvoir s'inscrire dans cette mouvance.
Nous avons
aussi rencontré les gens de l'ADISQ, qui nous demandaient vraiment, vraiment
beaucoup d'avoir des sous, de ce côté-là, pour pouvoir justement
dire : Vous savez, l'infrastructure numérique, ça peut être des gens qui viennent au travail le matin et qui travaillent,
comme on voit dans les films, sur Google et Yahoo et ces
entreprises, ils viennent créer des architectures numériques, et des
architectures numériques, ça fait
partie de la Stratégie culturelle numérique. Pour faire quoi? Pour faire, entre
autres... par exemple, faire en sorte que vous, moi, n'importe qui
veuille acheter le dernier disque d'un
chanteur québécois, d'une chanteuse québécoise et qui va sur un célèbre YouTube
de ce monde ou iTunes et, comme par
hasard, parce que nous avons investi et que nous nous sommes très, très bien
positionnés dans ces immenses plateformes mondiales, que notre auteur, que
notre chanteur arrive, comme ça, tout de suite... Vous savez, la guerre des affichages, qui arrive en premier, en
deuxième, en troisième, ce n'est pas des farces, c'est ça, maintenant,
la concurrence mondiale. Et, si on veut que toute la production musicale
extraordinaire de nos artistes soit présente partout au monde, il faut investir
dans la Stratégie culturelle numérique.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Je suis
prête... Le député d'Ungava, la parole est à vous.
Boucher : Alors, bon matin, Mme la Présidente. Mme la ministre, ça me
fait plaisir de vous voir. Bienvenue, ce matin, bienvenue à votre équipe aussi.
Et puis je voudrais juste vous corriger, Mme la ministre, je pense que
vous avez fait une erreur : ça ne se peut pas que votre adjointe ait 40
ans, là, c'est sûrement beaucoup moins que ça.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Boucher : O.K. Donc, vous savez,
bon, au Québec, il est important que le gouvernement, comme société, puisse aider et puis donner accès à ses créateurs.
Pourtant, on sait que, dans les années passées, l'aide à la tournée
était souvent incertaine et même non récurrente, puis on
sait qu'afin de permettre la circulation des spectacles de musique à l'échelle
du territoire du Québec, l'aide à la tournée est essentielle.
Le Québec est
grand, je peux vous en confirmer la chose parce que, bon, 55 % du Québec,
c'est moi tout seul qui l'ai, donc je peux vous dire que c'est vraiment
grand. Puis j'insiste sur le fait qu'il est important que les Québécois,
incluant ceux qui vivent en dehors des grands centres, puissent avoir accès aux
artistes émergents autant qu'à ceux qui sont déjà bien établis.
Parce que,
vous savez, bon, avec la stratégie du Plan Nord, on arrive à dire : Bon,
bien, écoutez, là, il faut amener des
nouvelles familles à Chibougamau, à Chapais, à Lebel-sur-Quévillon. Mais vivre
dans un milieu, un milieu de vie, ce n'est
pas seulement des rues puis des magasins puis des maisons, c'est aussi un
milieu où est-ce qu'il y a moyen d'avoir accès à la culture, voir des
spectacles, puis avoir une vie intéressante, et puis passer un moment qui est
satisfaisant. Sans votre aide puis sans
l'aide gouvernementale, la population de mon comté ne pourra pas vraiment
espérer avoir accès à la culture autrement que par la télévision ou par
l'Internet. Donc, sans l'aide, par exemple, comment l'auditorium de La Porte-du-Nord, à Chibougamau, pourrait diffuser
des spectacles de qualité puis avec une programmation diversifiée pour
tous les goûts?
Il y a aussi, bon, dans mon comté — je
disais, tantôt, à la blague que j'avais plus que la moitié du Québec à moi tout seul — il y a la culture crie et la culture inuite,
deux cultures qui sont uniques au monde, je dirais, et puis qui sont
méconnues, qui méritent autant d'être connues que la culture plus
traditionnelle, si on veut, québécoise. On sait qu'à Montréal il y a un bouillon
de culture très riche, qu'on parle en art visuel, l'imprimé, des auteurs, la
musique, le théâtre, etc., c'est la même
chose du côté de Québec. Et puis ça, ça mérite d'être connu puis d'être reconnu
aussi partout sur le territoire, comme je disais.
Au Nord, vous
avez des artistes, bon, comme Etua Snowball, par exemple, avec son groupe de
musique, Sinuupa, qui n'a absolument
rien à envier à personne, qui est d'une qualité exceptionnelle. Etua, qui a son
propre studio d'enregistrement dans
sa maison puis qui enregistre ses disques lui-même puis d'une qualité... bon.
Cette culture-là mérite aussi d'être
diffusée au Sud, hein? Ce n'est pas juste dire : Bon, bien, nous, au Nord,
on est des bons spectateurs puis on aimerait
avoir accès à la culture du Sud, c'est le mélange de tout ça. Vous avez
Elisapie Isaac, par exemple, de Salluit, qui, elle, n'a plus besoin de
présentation et puis qui mérite d'être connue mondialement, pas juste seulement
au Québec.
Il y a quelques années, vous avez eu l'Orchestre
symphonique de Montréal, avec Kent Nagano, qui était venu donner un spectacle à Kuujjuaq, où il y avait
vraiment eu quelque chose d'exceptionnel. Puis je me considérais comme
un des privilégiés d'avoir assisté à ce spectacle d'un soir, où il y avait une
oeuvre musicale présentée, accompagnée de chants
de gorge. C'est un spectacle qui pourrait facilement, bon, être à la Maison
symphonique de Montréal, puis tenir l'affiche,
puis faire bénéficier le public des grandes villes de cette chose-là, puis les
ouvrir à quelque chose qui, souvent, est méconnu, si ce n'est pas
carrément inconnu.
C'est la même chose du côté de
Lebel-sur-Quévillon. J'étais à Lebel-sur-Quévillon en fin de semaine, une belle communauté qui est isolée au Nord. C'est à
peu près deux heures de route dans toutes les directions pour quitter
Lebel. Donc, il faut que ces gens-là puissent avoir accès à la culture.
Vous savez aussi que, bon, nos artistes sont
notre fierté. On a toujours un petit sourire en coin quand on voit le Cirque du Soleil réussir à l'extérieur, un de
nos chanteurs, un Xavier Dolan qui est couronné à Cannes, même si on ne
le connaît pas puis que... Moi, je suis de
Kuujjuaq. Quand même, c'est... Tout ça, ça rejaillit sur nous puis ça nous fait
bomber le torse un petit peu, hein? Donc, c'est important que ces gens-là aient
l'appui aussi. Puis c'est une carte de visite inestimable pour le Québec, ça
met le Québec sur la mappe.
Donc, moi, je
voudrais savoir, Mme la Présidente, puis je voudrais demander à la ministre ce
qu'elle entend faire au cours de la
prochaine année pour soutenir l'accessibilité de nos artistes sur tout le
territoire, notamment dans ma région, puis, du même souffle, comment
elle compte soutenir le rayonnement de nos artistes à l'extérieur du Québec.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Si vous me permettez, Mme la ministre, il ne reste plus de temps dans votre bloc pour répondre à la question, ça fait qu'on va
passer au groupe de deuxième opposition, puis, en revenant, si vous voulez, le député d'Ungava pourrait juste,
peut-être, reposer la question pour que la ministre ait du temps pour la
réponse. Ça vous convient? Merci. Alors, la parole est à vous, Mme la députée
d'Iberville.
Samson : Merci beaucoup. Alors, la première question sera assez
rapide, j'aurais besoin de trois chiffres, s'il vous plaît. Afin de bien comprendre l'évolution des dépenses de l'État
et de bien assurer un suivi, j'aimerais que vous me fournissiez un... pardon, j'aimerais, Mme la
Présidente, que la ministre me fournisse le total des dépenses
consolidées de son ministère pour 2012‑2013,
pour l'ensemble de son ministère, les dépenses consolidées probables pour
2013‑2014, donc la projection de clôture pour l'exercice 2013‑2014, et les
dépenses consolidées prévues pour 2014‑2015.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Écoutez, les
chiffres... Puisqu'à question exacte réponse exacte, vous me
donnerez deux secondes pour donner les réponses les plus exactes possible.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Est-ce que vous voulez poser une autre question pendant que...
Présidente (Mme Rotiroti) : Exact. Allez-y.
Mme Samson :
...et, pendant que les gens vont vous...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : ...font la recherche.
Mme Samson :
O.K. Non, c'est bon, c'est bon.
Mme David
(Outremont) : Au niveau de 2013, 646 millions de dépenses; dépenses
probables, 2013‑2014, 662 millions; dépenses budget 2014‑2015, 666 millions, ce
qui confirme l'augmentation du 1 %.
David (Outremont) : Je pourrais vous ajouter dans ça qu'évidemment ça
inclut — et j'en
parlerai plus si on me pose la
question — toute la
question du service de la dette, auquel j'ai fait référence, qui mange
25 %, j'oserais dire, du budget.
Mme David
(Outremont) : Pardon?
Mme Samson :
Je sais que vous avez beaucoup d'hypothèques, oui.
Mme David
(Outremont) : Mais c'est parce qu'on a eu des magnifiques projets
depuis quelques années.
Mme Samson :
Oui, mais vous avez beaucoup d'hypothèques.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Vous vous adressez à la présidence, hein, Mme la
députée d'Iberville, s'il vous plaît.
Samson : Deuxième question,
et ce sera un commentaire suivi d'une question, et ça va toucher le crédit
d'impôt. Je serai brève. Je l'ai déjà dit
lors de la période de la question : À mon avis, la coupure du crédit
d'impôt pour la production de services, et là on ne m'accusera pas de ma
vie antérieure, puisque je ne suis pas issue du milieu de la production de
services... mais que, d'un point de vue purement comptable, elle ne faisait pas
de sens, cette coupure-là, là. On coupe plus
de revenus potentiels à l'État qu'on coupe de dépenses de mesures fiscales. Les
chiffres le démontrent à partir du bureau de la statistique du Québec,
celle-là ne fait pas de sens.
En ce qui concerne le
crédit d'impôt à la production, il est évident que, si on «grand-périse» les productions en cours et celles qui vont
être produites jusqu'au 31 août, que les impacts à court terme ne seront pas
majeurs, mais les impacts les plus
importants vont être l'an prochain, puisque cette coupure-là, du crédit
d'impôt, bien sûr, il y a quelqu'un
qui devra ramasser la facture quelque part. À moins que la ministre puisse nous
confirmer qu'entre autres Télé-Québec
sera dotée, l'an prochain, d'un budget supérieur pour assumer ce manque à
gagner là dans ses budgets, quelqu'un
va devoir ramasser la facture, et probablement que le phénomène auquel on va
assister plutôt, ça va être une
croissance phénoménale du volume de... une décroissance du volume total de
production au Québec, donc des pertes
d'emploi importantes, mais une croissance importante de la production dite
«nonunion» — permettez-moi le terme anglais — c'est-à-dire
de production qui sera faite non... pas sous l'ombrelle de la
loi sur le statut
de l'artiste. Et là ça va toucher non seulement le nombre d'emplois, mais le filet
social des artistes, c'est-à-dire leur régime d'assurance, leur régime de retraite, et c'est là que la planche
va retrousser, vraisemblablement, c'est là que l'impact va être le plus important.
j'aimerais savoir de la ministre, dans son ministère, quelles sont les
ressources dont elle dispose pour
gérer, justement, les applications et tout ce qui découle de la loi du statut
de l'artiste. Et est-ce que ces budgets prévoient une croissance des coûts à
cet effet-là, compte tenu de ce que je viens d'expliquer, des problèmes qui
vont résulter dans le filet social des artistes et du volume de pression qui va
être ressenti?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
David (Outremont) : Je
remercie ma collègue d'Iberville, qui connaît quand même assez bien le
milieu. Elle dit quand même
qu'elle ne se sent pas, donc, en conflit
d'intérêts puisqu'elle n'était pas nécessairement directement
de ce secteur-là. Écoutez, je suis désolée
d'avoir à vous répondre un petit peu... les éléments que j'ai donnés à votre
collègue de Joliette, c'est-à-dire que vous faites une démonstration...
D'ailleurs, la CAQ a quand même à coeur les finances du Québec, je pense que
c'est clair et ça a été dit, et que, si, bon, on suivait le programme stricto
sensu de la CAQ, je ne sais pas si on n'en serait pas dans des coupures
autrement plus sévères et graves dans tous, tous, tous les domaines de la société. Donc, on est dans des coupures,
effectivement, qui vont avoir, je dirais, jusqu'au 31 août, une sorte de...
ma collègue parlait de moratoire, là, je
dirais de non-application jusqu'au 31 août. Et après ça n'oublions pas... Et,
je répète, le premier
ministre lui-même, en Chambre — je pense, vous y étiez, je ne me souviens plus, je m'excuse, chère collègue — il
a invité votre chef de parti, chef de la deuxième opposition, à venir donner ses
propositions à la commission sur la fiscalité.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Oui.
Bernier : ...article 81. La députée peut être insatisfaite de la
réponse, mais il reste que c'est quand même très large comme possibilité
de réponse dans le cadre de l'étude des crédits. Donc, ceci en vertu de
l'article 81.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Oui. Mais l'article 81 dit aussi que ça n'appartient pas à la présidence d'apprécier la
qualité des questions et des réponses. Alors, c'est évident que vous
avez fait un préambule qui a duré plus que quatre minutes. J'imagine que la ministre
va arriver à répondre précisément à votre question.
Mme Samson :
...je centre ma question pour qu'on soit plus clairs?
Présidente (Mme Rotiroti) : Non, je pense que vous étiez très claire, Mme la députée d'Iberville. Alors, je vais laisser quelques minutes à
la ministre pour répondre à votre question.
David (Outremont) : Alors, écoutez,
la question portait effectivement sur les crédits
d'impôt, la question portait sur les conséquences, entre autres, sur le
statut des artistes. Je pense qu'on saute un certain nombre d'étapes, et j'étais en train de dire les prochaines étapes.
Donc, commission de la fiscalité, possibilité pour tous les gens qui se
sentent préoccupés — et
je sens très bien que ma collègue d'Iberville est préoccupée par cette
question-là et qu'elle a une certaine connaissance en la matière — donc,
à venir proposer toute façon d'améliorer la question de la fiscalité, alors que
ça soit la fiscalité en culture ou la fiscalité dans d'autres domaines...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la députée d'Iberville.
Samson : ...répéter ma question : De quelles ressources dispose
le ministère pour gérer toutes les questions liées à la loi du statut de
l'artiste actuellement? Et quelles sont les ressources prévues, anticipées?
Autrement dit, je veux savoir quelles sont
les ressources dont le ministère dispose actuellement pour gérer toutes les
questions liées à la loi du statut de
l'artiste. Et est-ce que le ministère a vu venir la croissance de problèmes qui
vont être générés par les impacts de la coupure du crédit d'impôt?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
David (Outremont) : Alors, parmi les faits saillants qui sont
directement en réponse à la question, à l'automne 2013, le ministère a
mis en place un plan d'accompagnement visant à faciliter les échanges en vue de la conclusion d'ententes dans le secteur
des arts visuels et de la littérature. Il y a même eu embauche d'un médiateur professionnel qui s'appelle Me
Jean Marois. À l'automne 2013, il y a eu aussi l'ANEL, l'Association nationale des éditeurs de livres, qui a refusé de
participer à ce plan d'accompagnement, mais qui a accepté de rencontrer l'UNEQ, l'Union des écrivaines et écrivains, en
présence du ministère pour faire un état de situation. En novembre 2013, signature d'une première entente entre le RAAV,
Regroupement des artistes en arts visuels du Québec, et l'Association des galeries d'art contemporain. Février 2014, début des négociations
entre le RAAV et le Regroupement des
centres d'artistes autogérés. Avril 2014, donc récemment, début des
négociations entre le RAAV et la Société des
musées québécois. Juin, donc très, très récemment, le RAAV et la SMQ finalisent
une trousse de contrat type commune.
Donc, le ministère
poursuit donc la mise en oeuvre d'une démarche concrète visant à permettre la
conclusion d'ententes entre les associations
d'artistes et de diffuseurs dans les secteurs des arts visuels et la
littérature, incluant le théâtre,
contribuant ainsi à l'amélioration de la condition socioéconomique des
artistes. Alors, il n'y a aucune coupure prévue pour accompagner le
milieu à ce stade.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. La députée d'Iberville.
Samson : ...pour une troisième fois. Quelles sont les ressources dont
dispose le ministère pour gérer toutes les questions liées à la loi du
statut de l'artiste?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Je répète qu'il n'y a pas eu de coupure prévue pour
accompagner le milieu, qu'il y a beaucoup de démarches qui se font avec le
milieu. Alors, peut-être que ma collègue pourrait préciser sa question. Parce
que, là, il y a un rapport entre le crédit d'impôt, les gens... je répète, il
va y avoir 1,9 million qu'il y aurait en 2014‑2015.
Il y aura une commission sur la fiscalité. Nous allons attendre les réponses de
la commission de la fiscalité avant de dire : Est-ce qu'il faut
aller de tel côté ou de tel côté?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la députée d'Iberville.
Samson : Mme la Présidente, là, force m'est de constater, là, que la
ministre ne maîtrise pas totalement les impacts qui vont découler des
gestes qui ont été posés dans le dernier budget, de toute évidence. Il y a une
loi dont elle est responsable, qui est la
loi du statut de l'artiste, et ma question est très simple : De quelles
ressources dispose le ministère pour gérer les questions découlant de la
loi du statut de l'artiste?
M. Bernier : Question de règlement.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, M. le député de Montmorency.
Bernier :
Article 35 :
on ne peut pas inculquer des motifs à un député ou à un ministre. On pose une question, c'est correct,
mais on ne peut pas inculquer.
Article 35.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Alors, allez-y directement à votre question, Mme la députée, puis...
Mme Samson : ...financières et
humaines dispose le ministère pour gérer les questions découlant de la loi du
statut de l'artiste?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David (Outremont) : Alors, à question
claire, réponse aussi claire. Nous disposons de deux ressources équivalents
temps plein, équivalents temps plein, sur les deux lois sur le statut de
l'artiste. Il n'y a eu aucune coupure de ce côté-là,
et nous allons accompagner les artistes dans tout ce qui a trait à l'application de la
loi sur le statut de l'artiste.
Je répéterai encore une fois qu'il faut peut-être attendre la question de l'automne, la commission
de la fiscalité pour voir ce qui va
arriver et le lien que fait ma collègue entre la
loi sur le statut de l'artiste, où on
continue le travail avec les ressources du ministère — qu'il
y avait, qu'il y aura encore — et la question des crédits d'impôt.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson : Je vais passer à une
autre question et je reviens sur le numérique. Si j'ai bien compris les remarques ou la réponse de la ministre
à un de ses collègues tantôt, le 100 millions prévu dans le budget des infrastructures
du Québec pourra servir à financer des tournées d'artistes
et des positionnements sur l'Internet ainsi que la toile... moi, je l'appelle la toile culturelle, mais ça s'appelle La
Fabrique culturelle . Est-ce que la ministre peut nous expliquer un peu plus en détail ou nous donner un
plan pour le déploiement du 100 millions dans plus de détails?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Merci, chère collègue,
de me poser la question. Ça me donne l'occasion de préciser un certain nombre de choses.
La tournée, c'est une tournée physique, là, on se comprend, c'est de la tournée de créateurs, de chanteurs, de producteurs
qui s'en vont, comme le député
d'Ungava l'a dit, aussi loin qu'Iqaluit, bon, etc. Ça, ce n'est pas
nécessairement prévu par la Stratégie culturelle numérique, là. On se comprend que, dans Stratégie culturelle numérique, il y a
le mot «numérique». Alors, est-ce qu'il y aurait des aspects de
promotion? Il y a toujours des aspects
numériques maintenant, mais ça ne va pas financer, comme tel, les tournées en
région pour prendre un autobus puis transporter le matériel. Ça, on l'a
dit et redit, nous avons mis de l'argent, 5,8 millions, pour les tournées régionales et internationales. Ça, ça
va être la
partie de l'enveloppe qui va aider les gens, les créateurs,
les équipes de production, à pouvoir faire de la tournée régionale, nationale
et internationale.
Par contre,
dans votre question, il y a aussi : Qu'est-ce qui va pouvoir être couvert?
Et c'est sûr que la stratégie culturelle
va aider à la diffusion en ligne — ça, c'est très, très clair — de performances, de créations artistiques,
et ça va donc donner accès à l'offre
culturelle en région. Je reprends, mais je ne veux pas répondre tout de suite à
mon collègue d'Ungava, mais
l'extraordinaire concert de Kent Nagano avec les chants de gorge à Iqaluit, je
crois que ça se passait ou... aurait
normalement, avec sa stratégie culturelle, pu être diffusé et regardé par
l'ensemble de la population du Québec.
Ceci étant,
nous venons de confirmer, il n'y a même pas un mois maintenant, le budget de la
Stratégie culturelle numérique. Nous
sommes en plein développement de cette stratégie, et j'ai dit aux partenaires
et je dis à tous les partenaires du
milieu culturel et à ceux qui s'y intéressent — et je vous remercie de vous y
intéresser — que la
stratégie pourra être déployée et étudiée, elle est en plein
développement, et, dès l'automne, nous pourrons vous donner tous les détails
sur cette stratégie culturelle.
Par contre, je
tiens à rajouter... Et je suis contente, parce que, si vous avez plus... vous
demandez plus de détails, ça me fera
un immense plaisir de vous présenter ma collègue Michèle Fortin,
présidente-directrice générale de Télé-Québec, à qui nous avons octroyé cette année, en plus de la Stratégie culturelle
numérique, 1 million de dollars pour continuer le développement de
sa plateforme numérique, La Fabrique culturelle . Alors, j'aimerais
beaucoup, et je ne sais pas si c'est
pertinent à ce stade-ci que Mme Fortin puisse présenter vers où s'en va cette Fabrique culturelle , qui est vraiment une initiative extraordinaire en termes
de numérique...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, Mme la députée.
Samson : Je m'excuse, j'aime
toujours entendre Mme Fortin, mais je préférerais
pouvoir utiliser le reste des périodes de questions qu'il me reste pour
des questions.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
C'est libre à vous, allez-y.
Mme Samson : Merci beaucoup. Donc,
je prends pour acquis qu'on pourra prendre connaissance du plan de déploiement
du 100 millions de la stratégie numérique à l'automne.
Mme David (Outremont) : Exactement.
Mme Samson : Merci. Mme la
Présidente, j'aimerais que la ministre nous parle un peu de TV5. À partir du moment où TV5 détient maintenant ce qu'on appelle
le 91H, le statut 91H qui est octroyé par le CRTC, et que, donc, TV5 recevra dorénavant des redevances de
câblodistribution qui seront imposées à tous les consommateurs, est-ce que la
ministre prévoit changer les crédits que le ministère accordait
traditionnellement à TV5 compte tenu de la situation financière différente de
TV5 depuis qu'elle a obtenu le statut 91H du CRTC?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David (Outremont) : Écoutez, TV5
Monde est une institution importante que j'ai eu moi-même l'occasion d'écouter à peu près de partout dans le
monde. C'est une branche de l'OIF, c'est une branche importante, c'est une initiative mondiale de la francophonie. Il y a
TV5 Québec-Canada, il y a TV5 Monde, mais, pour l'instant, nous restons
aux mêmes investissements que nous avons eus, que nous avons toujours eus,
c'est-à-dire 4,8 millions à TV5 Monde et 1,3 million à TV5
Québec-Canada.
Ceci dit, on
siège au conseil d'administration, Radio-Canada aussi y siège, et il y a
des réunions de prévues, c'est même la sous-ministre qui...
Mme David (Outremont) : Pardon?
Mme David (Outremont) : ...qui est
en novembre 2014, me précise-t-elle.
Alors, c'est
une question importante que vous soulevez là, parce que, vous savez, ça me
permet de faire un petit aparté sur l'importance de la francophonie
aussi. On n'est pas aux Relations internationales ici, mais on est quand même... votre question ouvre la porte sur le rôle
du Québec dans TV5 Québec-Canada, TV5 Monde, et je pense qu'il faut vraiment soutenir la langue française, et on
pourra peut-être en reparler dans une autre occasion lundi prochain,
soutenir la diversité des expressions culturelles. Donc, nous avons gardé
exactement le même soutien à TV5 maintenant. Alors, comment on veut travailler, quel contenu on veut y mettre? Est-ce qu'on
peut mieux s'insérer dans TV5 Québec-Canada, TV5 Monde? Ce sont des
crédits partagés, on le sait, avec les Relations internationales...
Mme David (Outremont) : Non, avec
les Relations internationales aussi.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la députée d'Iberville, il vous reste cinq minutes.
Mme Samson : Oui, très bien. Il me
reste cinq minutes?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui.
Mme Samson : Ah! Écoutez, je vais
aller fumer une cigarette. Allez-y! On va aller fumer une cigarette.
Mme Samson : Mme la Présidente, le
milieu des arts médiatiques craint, et l'a exprimé tout récemment, le transfert du programme Cinéma et vidéo, jusqu'ici
géré par le Conseil des arts et des lettres du Québec, à la SODEC, et
plus particulièrement à savoir si
l'enveloppe de 4,2 millions de dollars allait bel et bien suivre du
Conseil des arts et des lettres à la SODEC. Est-ce que la ministre peut
rassurer le milieu sur cette question?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
David (Outremont) : Alors, c'est bien qu'il vous reste
cinq minutes, ça nous permet d'aborder des sujets que j'aurais
voulu aborder parce qu'ils sont importants. Ils sont importants parce que nous
avons eu des exercices à faire en arrivant, d'ailleurs, au ministère, et ce qui nous a permis,
effectivement, d'aller à la connaissance de ces extraordinaires
créations, qui datent de 1992, que sont le CALQ et la SODEC — pour
ceux qui ne le sauraient pas, le Conseil des arts et des lettres du Québec et
la société... attendez... des entreprises culturelles, voilà.
Alors,
écoutez, ça fait un certain temps déjà que... Et je vous ai dit que j'avais
assisté à une rencontre historique il y a à peu près trois semaines, un
mois, un mois et demi, là, le temps passe vite, là, des deux conseils
d'administration ensemble. Ce n'est pas neutre et ce n'est pas banal que je
revienne là-dessus, parce que le fait qu'ils soient tous les deux ensemble est un signe historique qu'ils se
parlent, qu'ils veulent travailler ensemble et qu'ils ont des travaux
communs. Et, dans les travaux communs, qui
sont entamés depuis plusieurs mois, d'ailleurs, et depuis sous le précédent
gouvernement, ils ont regardé... et
la sous-ministre précédente, qui a précédé
Mme Barcelo, donc, avait mis ensemble un certain nombre de ressources
pour regarder, entre le ministère, le CALQ et à la SODEC, toute la question
d'optimisation des ressources et d'assurer
la complémentarité des interventions. Parce
que, vous le savez, CALQ, SODEC, au
fil des ans, il y a eu beaucoup, beaucoup de programmes
et dans l'un et dans l'autre. Et, avec raison, les deux organismes,
consensuellement, veulent s'asseoir
ensemble pour regarder leurs propres orientations, où ils en sont après plus de
20 ans, donc, d'existence. Les deux
sont dans des travaux très importants de regarder leurs programmes.
Et ça s'adonne bien, parce que nous serons, au niveau gouvernemental en
général, en révision de programmes.
Alors, c'est dans ce
cadre-là et suite à un autre groupe que la précédente sous-ministre, avec le
précédent ministre, d'ailleurs, de la Culture, avait demandé un rapport du Groupe de travail sur les enjeux du cinéma, qu'on connaît dans le milieu et qui s'appelle communément le GTEC. Il y a eu
des travaux effectivement d'amorcés pour essayer d'éviter les dédoublements. Je pense que c'est vraiment
la question très,
très importante et d'actualité, ne
surtout pas dédoubler des choses qui
pourraient nous permettre de garder exactement les mêmes montants de subvention, mais, en même temps, de ne pas dédoubler les
interventions.
Alors,
ils ont commencé l'exercice avec le ministère. Et je vous dis maintenant, à ce stade-ci, que
les rencontres se poursuivent. Les rencontres ne sont pas terminées.
L'esprit de collaboration est là. Et ils ont donc entamé ce travail. Et je demande vraiment aux trois organismes
de trouver les meilleures pistes d'atterrissage possible. Et, pour
l'instant, il n'est pas question d'enlever 4 millions aux créateurs, qui
étaient dans le programme du CALQ, et de dire : Vous ne les aurez plus. On
est sur une question de qui fait quoi et comment on va organiser les choses.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Il vous reste à peu près 40 secondes, Mme la députée.
Mme Samson :
C'est bon. Est-ce que la ministre peut nous donner une idée de l'échéancier? À
quel moment les organismes vont arriver avec
un plan et des programmes qui auront été revus, corrigés, et qui pourront être
transmis à la communauté des arts médiatiques?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Je dirais : Écoutez, on n'est pas en termes
d'années, certainement. On est en termes de quelques mois, peut-être même le
mois de septembre, on me dit. Donc, ça travaille. Les gens travaillent vraiment en pleine collaboration, et je suis
convaincue qu'ils vont être capables d'arriver à des propositions
intéressantes.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci.
Mme Samson :
...beaucoup.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Alors, on va passer du côté
ministériel. Est-ce que, le député d'Ungava, vous voulez reposer votre
question pour que... La ministre aura plus de temps pour vous répondre.
Boucher : C'est ça. C'est sûr que je vais vous faire grâce du
préambule, parce que je vais encore prendre tout le temps. Je m'excuse, hein? Quand je parle de mon
comté, je m'emporte. Puis, des fois, j'ai de la misère à me contenir. Je
pourrais vous en parler jusqu'à 1 heure, cet après-midi, puis je n'aurais pas
fini encore.
Alors,
dans mon préambule de la question, je vous disais... bon, pour faire voyager
les artistes, faire connaître la culture, autant nord-sud que sud-nord,
je voulais savoir, Mme la Présidente, auprès de la ministre, ce qu'elle entend faire, au cours de la prochaine année, pour
soutenir l'accessibilité de nos artistes sur le territoire, notamment dans ma
région, et puis, en même temps, comment elle compte soutenir le rayonnement de
nos artistes à l'extérieur du Québec.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci. Mme la ministre.
David (Outremont) : Alors, M. le député d'Ungava, quel plaisir de
répondre à cette question, parce que, écoutez,
vous rendez-vous compte où on est rendus par rapport à où on est partis en
1961, quand la création du ministère de la Culture était, écoutez-moi
bien, l'article 1 du programme du Parti libéral du Québec sous Jean Lesage? Qui
avait écrit le programme du Parti libéral du
Québec en 1960? Quelqu'un qui s'appelle Georges-Émile Lapalme et qui a convaincu évidemment ses collègues d'en faire l'article 1.
Ce n'est pas rien, ça! Il y a des gens, chez mes collègues de
l'opposition, qui savent de quoi on parle quand on parle d'article 1. Alors,
écoutez,
article 1 de la culture, c'est rêvé, je ne pouvais pas ne pas
souligner ça.
Imaginez qu'on est en 1961 et que le ministre qui est devenu
ministre de la Culture — quelle nouvelle! — Georges-Émile Lapalme, est obligé de convaincre ses collègues pour
l'achat d'un Riopelle à 4 000 $. Et le Conseil du trésor
trouve ça un petit peu cher, etc. Est-ce que ça vaut la peine? C'est qui, ça?
Ma voisine pourrait faire ça, des barbots de même.
Où est-ce
qu'on est 40 ans après, 50 ans après? On est en train de parler de culture
dans votre comté, en Ungava, après
50 ans où il y a eu pas moins... Et j'ai l'honneur de dire que je suis la
25e ministre de la Culture, il y en a eu 25. Et, depuis les 30 dernières années, mesdames, collègues de
l'opposition — parce
que je m'adresse aux femmes beaucoup — sur 30 ans de ministère de la
Culture, depuis 1985, il y a eu 28 ans de ministres féminines et il y a eu
deux ministres masculins, et j'ai nommé
Jacques Parizeau, pendant six mois, et, pendant 18 mois, Maka Kotto, donc
deux ans versus 28 ans. Donc, on
a fait énormément, énormément de progrès sur tous les plans, évidemment l'accès
des femmes, etc., mais aussi l'accès
à la culture partout en région. C'est phénoménal, en 50 ans, ce que le
Québec s'est développé en matière culturelle.
Et évidemment, avec le numérique qui est maintenant arrivé, imaginez la
multiplication des possibilités. Et le concert
dont vous parliez, et j'ai répondu un petit peu, ça aurait été... c'est
formidable avec les possibilités du numérique.
Maintenant, je veux souligner d'autres éléments
qui sont extraordinaires. Quand j'étais au lancement du dernier film de Denys Arcand, Le règne de la beauté , et il l'a
fait lors de... Mme Robert l'a fait aussi lors du dernier autre film, elle présente toujours l'initiative du
Wapikoni mobile. Wapikoni Mobile, c'est Manon Barbeau. C'est un
programme que nous supportons à hauteur de
80 000 $ par année. Ça fait des tournages extraordinaires, des courts
métrages. Ça met en scène tout ce que
les artistes de votre région, qui, on le répète... Vous dites que votre comté
est grand, deux fois et demie la France,
37e pays au monde si c'était un pays. Imaginez-vous la grandeur du
territoire que vous couvrez. Alors, la culture doit être présente aussi
dans ce territoire-là. On met 2,3 millions pour les tournées; oui, les
gens vont pouvoir y aller. Depuis 2007, le milieu demandait cette récurrence
des budgets, et ces budgets-là sont là.
J'étais, il y a quelques jours, dans un
symposium à Saint-Marc-sur-Richelieu sur les arts métissés, et là c'était
l'inverse. Et c'était non seulement extraordinaire, c'était émouvant d'avoir
les cultures allochtones et les cultures autochtones.
Alors, il y avait 11 communautés au nord du 49e parallèle — puis là vraiment, au nord, vous connaissez
ça beaucoup mieux que moi — jusqu'au 55e si je ne me trompe pas. Il y
avait vraiment beaucoup de monde, des artistes de partout qui étaient dans une immense tente avec
des artistes du Sud et qui partageaient sur leurs expériences, et
c'était vraiment... On a soupé ensemble, c'était vraiment une expérience formidable.
Et évidemment que le ministère de la Culture était le ministère qui avait
énormément aidé donc à la réalisation de ce symposium.
Donc, il se fait des choses extraordinaires, et
ce n'est certainement pas pour aller en diminuant, étant donné qu'avec le Plan
Nord que nous allons remettre...
Mme David
(Outremont) : Pardon? Ah! excusez. J'ai eu l'impression que quelqu'un
m'avait parlé. Alors, avec cette relance, nous allons être au
rendez-vous avec la culture partout.
J'oserais ajouter aussi, et ça, c'est très,
très, très frais, la signature pas plus tard qu'hier entre le premier ministre du Canada et le premier ministre du
Québec sur une entente énorme pour les municipalités, entente de
10 ans, vous lirez les journaux. Tous les
maires ont l'air absolument ravis. Et ça inclut, et le premier ministre du
Québec a tenu à le dire avec beaucoup de satisfaction... C'est un
premier ministre qui croit à la culture, qui en consomme lui-même beaucoup. Il a précisé dans cette annonce que la
culture allait être incluse dans les développements des municipalités,
des infrastructures. Quelle belle nouvelle pour vous, M. le député d'Ungava,
entre autres!
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Montmorency.
M. Bernier : Merci, Mme la
Présidente. Donc, permettez-moi de vous saluer, Mme la ministre, Mme la sous-ministre et... la sous-ministre et le
personnel du ministère de la Culture qui vous accompagne, saluer les
collègues et prendre quelques instants...
Tout à l'heure, vous avez souligné l'anniversaire d'une personne fort
importante qui est à vos côtés. C'est également l'anniversaire d'une
personne fort importante pour le Québec, c'est l'anniversaire du premier
ministre aujourd'hui. Donc, je désirais le souligner, c'est son anniversaire,
ça fait que je pense que c'est également important de le faire.
Je veux également juste apporter quelques
commentaires suite aux questions de l'opposition en ce qui regarde
les commissions. En ce
qui me concerne, en tant que président de la Commission des
finances publiques, j'ai donc eu à entendre
pendant plusieurs heures le président du Conseil du trésor et le ministre des
Finances, tous les deux pour une période d'environ 10 heures, donc
je pense avoir quand même assez bien compris que ces commissions vont faire l'objet d'études et d'analyses au niveau de la
commission des programmes, des programmes du gouvernement du Québec, et
que cette étude-là et le travail qui va être fait va permettre de savoir si les
programmes sont suffisamment financés, s'ils
sont encore utiles ou s'il y a lieu de les modifier. La même chose du côté de
la fiscalité, où il y aura des propositions de faites. L'un des objectifs de la commission de la fiscalité, c'est de
permettre au Québécois qui fait les efforts additionnels pour accroître
ses revenus qu'il lui en reste plus dans ses poches, c'est un des objectifs. Et
le résultat et le travail de ces commissions seront des recommandations, ils ne
viennent pas se substituer aux décisions du gouvernement. Ça a été clairement établi, ce sont des
recommandations, et c'est le gouvernement qui décide, qui va décider par
rapport aux recommandations qui seront faites. Je désirais, Mme la
Présidente, apporter cette précision. Je pense que ça a eu lieu de bien mettre
les choses en perspective.
désire également, Mme la Présidente, remercier le personnel du ministère de la
Culture. Moi, je suis député de Montmorency
depuis 2003 et j'ai eu à travailler en étroite collaboration avec le personnel
du ministère de la Culture, je vois
plusieurs personnes avec qui on a eu l'occasion de se rencontrer sur divers
sujets. Pourquoi? Parce que Montmorency, à ce moment-là, recoupait l'île d'Orléans et la Côte-de-Beaupré, et
c'est là que l'histoire a commencé, et c'est là où on retrouve le plus
grand nombre d'éléments au niveau de la culture du Québec. Et j'ai été témoin
des investissements qui ont été faits. Bien sûr, il a fallu travailler, il a
fallu démontrer chacun des dossiers.
Juste pour vous citer quelques cas, prenons
l'exemple de l'île d'Orléans. Nos gens, avant d'arriver à Québec, sont arrivés à l'île d'Orléans. Donc, les
principaux attraits qui ont été aidés par le ministère de la Culture, pensons,
bien sûr, à ce qu'on appelle La Fondation François-Lamy avec la maison des
aïeux, avec son jardin où plusieurs familles américaines, canadiennes pourront
retrouver leurs ancêtres au niveau des terres qu'on retrouve sur l'île
d'Orléans... Vous l'avez mentionné tout à
l'heure, le député de Sherbrooke, la Maison Drouin, qui est fort importante,
qui a été rénovée au cours des
dernières années. Et je veux saluer ici le président de la fondation qui vient
de terminer son mandat, M. Blouin, Alex Blouin, qui s'est investi grandement dans cette rénovation. Donc,
c'est la maison d'un agriculteur qui a été préservée dans son entité. On
n'est pas venus modifier cet élément pour en faire un bâtiment ancien avec des
rénovations modernes. Non, on a conservé l'aspect ancien du bâtiment tel qu'il
est, et je vous invite à le visiter, c'est magnifique. Il y a aussi le Manoir Mauvide-Genest, le seigneur de l'île, qui est
fort important et qui a été conservé, rénové, et qui était dans un état
assez difficile. Il y a le parc maritime, parce que c'était l'endroit où les
goélettes étaient bâties; l'Espace Félix-Leclerc,
les programmes d'aide au niveau des rénovations des maisons ancestrales de
l'île d'Orléans. Ce sont tous des investissements fort importants qui
ont été faits et qui se poursuivent, parce que plusieurs d'entre eux font l'objet
de subventions en ce qui regarde des programmes au niveau de leur
fonctionnement, et ça, je veux le mentionner. Je veux le mentionner, c'est
important.
Il y a aussi
la Côte-de-Beaupré, Côte-de-Beaupré
avec, si on passe par Boischatel, La Maison Vézina ou l'ancienne Maison Wolfe, encore une fois, qui a été rénovée
au complet. Et, si on va à Château-Richer, la même chose, le Moulin du
Petit-Pré.
Si on s'étend
au niveau de Charlevoix, auquel j'ai eu également
l'occasion de travailler, les nombreux musées qu'on y retrouve, les nombreux petits musées, vous avez mentionné, Mme la ministre, tout à l'heure, les investissements qui étaient requis par rapport au ministère de la Culture dans le maintien de ces musées. Effectivement, s'ils ne reçoivent pas la subvention,
malheureusement on est obligés de fermer. C'est ça, la réalité.
Donc, il faut poursuivre dans ce sens-là, et moi, je vous encourage à
travailler dans ce sens-là.
Et en passant, bien sûr, le Québec, on ne peut
pas s'empêcher de penser au niveau de nos bâtiments religieux. Combien
d'églises ont été rénovées et maintenues en état sur l'île d'Orléans? Je vous
invite encore une fois à aller les
visiter : la basilique de Sainte-Anne; à Beauport, l'église de La
Nativité. Ce sont tous des bâtiments que, si le ministère de la Culture
n'avait pas été présent, aujourd'hui ils seraient dans un état difficile, et
c'est important de le dire.
Vous l'avez
mentionné tout à l'heure, les gouvernements libéraux ont été des gouvernements
importants et ont toujours mis en évidence et ont toujours pris à coeur
la culture du Québec. Bien sûr, dans un état des finances actuel, chacun doit faire son effort, mais, Mme la
Présidente, moi, je veux vous sensibiliser à tous ces investissements
importants qui ont été faits et qui doivent se poursuivre pour être capable de
les maintenir dans nos régions du Québec. Donc, j'aimerais vous entendre par rapport à cette situation versus l'état
actuel des finances, versus ce qui a été annoncé. Je pense que ces gens-là sont en attente aussi, méritent
d'être informés sur ce qui s'en vient, donc j'aimerais vous entendre sur
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, parler patrimoine, c'est parler du
passé, mais c'est beaucoup parler de
l'avenir, parce que, quand on parle de préservation du patrimoine, ce n'est pas
juste de la préservation statique, il faut que ça soit une préservation
vivante. Et j'en parlais avec les gens du patrimoine culturel, le Conseil du
patrimoine culturel, d'ailleurs, qui m'a
demandé de se présenter à moi. Je suis allée les rencontrer avec un grand,
grand plaisir, tout en précisant à
quel point ils avaient leur autonomie et ils avaient... Il y a une qualité de
gens qui font
partie de ce conseil du patrimoine
et qui donc appliquent la nouvelle politique sur le patrimoine culturel adoptée
depuis 2012. Donc, le patrimoine est quelque chose d'extrêmement
important pas seulement au Québec, hein, partout, partout dans le monde, mais nous devons, nous devons nous préoccuper de notre
patrimoine. Le patrimoine est évidemment en lien très, très, très fort
avec la culture, donc, la culture.
Et je parlais de la création du ministère de la
Culture, mais, si on retourne 50, 100 ans en arrière, c'est les églises
beaucoup, beaucoup, le patrimoine, mais c'est aussi dans des lieux
exceptionnels comme nous sommes ici, à l'Assemblée nationale. Donc, il est
très, très clair que nous devons maintenir — et c'est maintenu — des
budgets pour le patrimoine, entre autres religieux. Ça, c'est 10 millions
par année pour faire le maintien, comme on dit, le maintien d'actif pour le...
C'est aussi la restauration puis, évidemment, le
recyclage des édifices religieux, mais il y a aussi le Fonds du patrimoine culturel québécois, qui est un fonds
qui est quand même important et qui, en fait, plus ou moins a cinq
volets, dans ce fonds du patrimoine, et
c'est important parce que ça veut dire qu'on prend ça très au sérieux. Il va y
avoir sur un prochain plan décennal,
donc, pas loin de 109 millions de dollars de dédiés au Fonds du patrimoine
culturel québécois, dont 30 millions en 2014‑2015. Alors, ce sont
des montants significatifs. Il y a beaucoup de projets, il y a pas loin de 586 projets qui sont annoncés depuis... en
fait qui ont été faits entre 2006 et le 31 mars 2014, pour
214 millions de dollars. Évidemment, dans les cinq volets, bien
c'est la protection des biens protégés par le gouvernement ou le ministère de la Culture, parce que nous protégeons nos biens, et ça, c'est extrêmement important. Il y a la mise en valeur des immeubles et des
sites d'intérêt patrimonial par les municipalités. Il y a la conservation et la
mise en valeur des oeuvres d'art intégrées à
l'architecture, parce que vous savez qu'on a une politique
de 1 % d'intégration d'oeuvres
d'art pour un certain nombre
d'édifices gouvernementaux. J'assistais même à la Commission de la construction
du Québec, où Mme Diane Lemieux, ex-ministre de la Culture
elle-même... qui n'est pas soumise à ce 1 % d'oeuvres architecturales,
mais qui a insisté pour mettre ce 1 % d'oeuvres d'architecturales, un
nouvel édifice sur Henri-Bourassa de la Commission de la construction du
Québec, une oeuvre absolument magnifique que je vous invite à aller voir. Et,
ces oeuvres-là, c'est beau de les mettre,
mais encore faut-il les entretenir, parce que, si elles sont toutes en train de
perdre, évidemment, de leur valeur,
ce n'est pas mieux. Il faut aussi renouveler les expositions permanentes des
institutions muséales, c'est important, ça aussi. Et finalement il faut
faire effectivement beaucoup d'études, de diffusion, de sensibilisation,
d'inventaires de mise en valeur du patrimoine culturel.
Donc, je dirais, c'est une responsabilité du
ministère de la Culture qui a une énorme importance, que nous ne négligerons pas. Vous dites qu'il ne faut pas
négliger la culture; le patrimoine fait
partie de la culture. Et, quand on
voyage, nous-mêmes, quand on va à l'île d'Orléans, quand on va sur la Côte-de-Beaupré,
dont vous parlez, quand on va n'importe où au Québec, on retrouve, je dirais,
une espèce de sentiment de fierté de dire : Il y a telle ou telle église,
il y a tel ou tel lieu patrimonial, et on est tellement contents de les voir en
bonne santé.
J'ai été à
Tadoussac aussi, j'ai l'impression que j'ai fait beaucoup de petits voyages
comme ça. J'étais à Tadoussac, au Festival de la chanson de Tadoussac,
il y a deux semaines, et il y a cette église de 1745 qui est remarquablement conservée et qui est sur le bord de l'eau, c'est
de toute beauté, et il y avait le centre de traite des fourrures juste à
côté. Mais ça, ça prend des sous, mais ce
sont des sous extrêmement bien investis parce qu'entre autres c'est du
patrimoine culturel et touristique. Parce que, là, on fait un heureux mélange,
convergence, j'oserais dire, de tourisme des baleines,
de tourisme du lieu extraordinaire du fjord du Saguenay et de tourisme
culturel, parce que c'est un festival de la chanson où j'ai assisté à un
spectacle inoubliable de Robert Charlebois dans une église. Donc, en même
temps, on avait tout ça, c'était absolument
magique. Mais ces moments magiques là, justement, ils sont là parce qu'on
préserve le patrimoine, parce qu'on
préserve les tournées en région, parce qu'on préserve les festivals partout en
région puis parce qu'on a un patrimoine visuel absolument, absolument
fabuleux.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. En quelques secondes, M. le député de Montmorency.
Bernier : Bien, je pense que vous l'avez bien mentionné. Le Québec,
sur le plan touristique, c'est important d'être capable de bien conserver ces éléments-là, parce que c'est un
élément où nos gens... On le fait, nous, quand on va à l'extérieur; bien, les gens qui viennent, ils
viennent ici également pour la même chose. Donc, on se doit de maintenir
ces investissements-là parce que, sur le plan économique, sur le plan
touristique, ça demeure un des éléments importants. Donc, quand on vient visiter... Vous avez parlé de sites, vous avez
parlé d'artistes, et le Québec s'est toujours vendu aussi à
l'international de par sa culture, mais ici on se doit de poursuivre nos
investissements dans ce patrimoine. Merci.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le député. On va passer
du côté de l'opposition officielle. Mme la députée de Joliette, la
parole est à vous.
Hivon :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je vais y aller avec des questions assez
brèves, donc j'apprécierais évidemment avoir des réponses assez brèves
aussi.
Je vais
poursuivre dans le sujet qu'a abordé ma collègue d'Iberville, donc, en lien
avec le transfert potentiel du programme
Cinéma et vidéo du conseil... donc du CALQ vers la SODEC. Je voudrais
simplement avoir des confirmations de la ministre. Donc, je comprends
que ce n'est pas de ce seul programme qu'on parle mais bien de l'ensemble des programmes pour voir lesquels vont rester au CALQ
versus lesquels pourraient être transférés à la SODEC, et vice versa.
Donc, est-ce que j'ai une confirmation à cet égard-là?
Par ailleurs, est-ce que, dans l'exercice qui
est en cours, les budgets... Est-ce qu'il y a un engagement que les budgets vont être maintenus? Parce que, tout à
l'heure, la ministre a dit : Pour l'instant, le 4 millions est là. Je
n'ai pas beaucoup aimé le «pour
l'instant». Donc, j'aimerais savoir : Est-ce qu'il y a un engagement ferme
qu'il n'y aura pas là une occasion ou un prétexte pour effectuer
d'autres coupes?
finalement, parce que je pense que les consultations avant plutôt qu'a
posteriori peuvent être une bonne idée, comme nous le démontre toute la question des coupes dans les crédits
d'impôt, est-ce que la ministre s'engage à consulter avant les
recommandations qui vont être faites le milieu des arts médiatiques?
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Mme la ministre, alors, il y
a trois questions dans sa question. Trois petites questions, oui.
Mme David (Outremont) : O.K. Alors,
la première, c'est : CALQ, SODEC, est-ce que c'est l'ensemble des
programmes ou seulement ce programme-là? Écoutez, les collègues CALQ et SODEC
sont là, ils pourront compléter s'ils
veulent, mais ils sont dans un travail actif de regarder l'ensemble de leurs
programmes et regarder à l'effet... Et c'est une efficience dont l'on doit se féliciter, de regarder qu'il n'y ait
pas de doublon de l'un par rapport à l'autre. Et, vous savez, je le
répète, depuis 22 ans que les deux entités existent, ils ont développé de
multiples programmes, ils en sont conscients
tous les deux. Le CALQ est en train de faire tout un plan stratégique avec
différents volets. Ils ajoutent des volets,
et c'est tout à leur honneur, de multidisciplinaire par exemple. Alors, oui, il
y a des remises sur la table de l'ensemble des programmes pour regarder : Est-ce que
c'est mieux que ce soit nous? Est-ce que c'est mieux que ce soient
d'autres? Alors, par exemple, les arts
multidisciplinaires comme la Tohu, bon, le CALQ va s'en occuper à partir de
maintenant. C'est tout à fait normal. Et, si
on était dans la stagnation complète, vous, probablement que vous seriez déçue,
de dire : Comment ça se fait qu'il n'y a jamais rien qui bouge,
qu'il n'y a pas... Vous ne vous posez aucune question sur les programmes en 2014? Alors, pour cette question-là,
effectivement, ils regardent mutuellement, et ensemble, et
réciproquement la question, évidemment, de leurs programmes.
Pour la
question du CALQ, on pourrait facilement dire que non seulement on n'a pas
coupé au CALQ, mais on a ajouté 1 million en crédits
supplémentaires pour le soutien à la création et à la diffusion hors Québec.
J'y reviens, c'est quand même 1 million
de plus pour soutenir dans le programme des tournées dans le domaine des arts
et des lettres, la politique
internationale, etc. Alors, il y a 1 million de plus. Et, sur l'ensemble,
bien là laissez-les travailler, laissons-nous travailler, le ministère
fait
partie de ces réflexions-là.
Je sais que la députée est toujours inquiète
quand on parle de coupes. Je rappellerai que, dans le précédent gouvernement, disons que, des coupes, il y en a eu
quand même plus qu'une. Et c'est sûr que le précédent gouvernement était tout aussi préoccupé, on pourrait dire, de
la situation financière, enfin on l'espère, même si le déficit était
extrêmement élevé. Alors, que nous ayons un
souci d'efficience, que nous ayons un souci de révision de programmes, je pense
que c'est bien le moins que l'on
puisse faire par rapport à la situation budgétaire extrêmement inquiétante. Et,
dans ce contexte-là, je le répète, je
suis encore très satisfaite de voir que ces deux organismes travaillent
ensemble, que nous avons pu assurer le budget des deux organismes et que
nous ayons pu même mettre 1 million de plus pour la tournée dans le CALQ
en particulier.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Par ailleurs, j'ai noté aux crédits une diminution de 2 millions à la
SODEC. Mais ma question, c'était vraiment :
Est-ce qu'il y a un engagement qu'il n'y aura pas, à travers cet exercice, de
coupe supplémentaire, de diminution des budgets au total, CALQ et SODEC,
donc des différents programmes qui sont examinés? Et la deuxième,
c'était : Va-t-il y avoir des consultations avec le milieu avant que les
recommandations ou que les actions soient prises, vous avez dit, à l'automne?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Écoutez, nous sortons d'un exercice budgétaire exigeant,
rigoureux, difficile. Nous essayons de travailler avec tous les partenaires
culturels en leur demandant de faire le maximum pour être, j'oserais dire, de bons citoyens qui travaillent avec nous,
ce qu'ils font d'ailleurs pour pouvoir faire face à la situation
budgétaire extrêmement, extrêmement fragile en ce moment. Je répéterai qu'en
2013‑2014 il y a eu une croissance des dépenses consolidées de 5,4 %. Alors, il y a quand même la révision des
programmes qui s'en vient. Et, je le répète, la révision des programmes
se fait à l'intérieur des programmes CALQ et SODEC, se fera, j'oserais dire, à
la grandeur du Québec, la révision des programmes, pour être plus efficace.
Et la question de l'ensemble de la masse
budgétaire est totalement indépendante de l'inquiétude qui a été manifestée. Et je vois que la députée de Joliette
lit bien les journaux et reprend la nouvelle de la veille, et donc ils
sont inquiets par rapport à ça. La réponse est claire : La question du
4,1 millions n'est pas une question que ces créateurs pour lesquels il y a une réflexion entre la CALQ
et la SODEC en ce moment... que ce 4 millions là s'appliquerait à
ces créateurs-là. Il n'en a jamais été question.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Je suis
heureuse d'entendre que, pour la ministre, c'est clair, mais je comprends qu'il
n'y a pas d'engagement de la ministre de maintenir les budgets, donc, des
programmes à travers l'exercice, donc on ne sait pas ce qu'il va advenir des différents budgets, des différents programmes
qui sont sous examen, et qu'il n'y a pas non plus d'engagement à tenir des consultations avec le
milieu. Je pense que ce serait une excellente idée de consulter le
milieu avant de prendre des décisions à cet égard-là.
Je vais
maintenant passer aux questions relatives aux musées, parce que, oui, je lis
effectivement mes journaux et j'écoute ce qui se passe, et, après, il y
a quelques semaines, une entrevue au Devoir de M. Côté, qui est
directeur du musée des civilisations... Ce
matin, ce sont les quatre directions des musées d'État qui donc se disent
exaspérées par Québec, par ce à quoi
ils font face en termes de coupes. Donc, c'est une autre sortie assez
exceptionnelle des quatre musées, une sortie commune.
Donc, dans un premier temps, j'aimerais que la
ministre me confirme les montants, donc, des coupes dans les budgets de fonctionnement. Musée de civilisation,
on parle de 944 000 $; Musée des beaux-arts de Montréal,
700 000 $; Musée national des
beaux-arts du Québec, 550 000 $; Musée d'art contemporain,
445 000 $. Donc, est-ce que la ministre confirme que ce sont les montants qui sont donc
coupés cette année dans les budgets de fonctionnement de nos musées?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, je vais revenir sur la question que la
ministre pose sur l'austérité. J'aimerais rappeler que, sous un précédent
gouvernement qu'elle a très, très bien connu, dont elle a fait partie, c'est même le ministre des Finances qui a fait son mea culpa, le
titre s'appelait Déficit zéro, en date du 30 novembre 2013, Nicolas Marceau fait son mea culpa , et le ministre Maka Kotto qui disait même :
Si j'avais su, j'aurais pas venu, étant donné les coupures qu'il devait faire au ministère de la Culture. Alors,
je pense que nous ne sommes pas... Je ne parle pas de 1922, je ne parle
pas de 1932. Je parle de 2013.
Alors, l'austérité et
la rigueur budgétaire à laquelle nous devons faire face est un résultat aussi
de la situation, évidemment, du Québec
actuellement. Et le premier ministre l'a dit, là, il y a le précédent
gouvernement, mais il y a une accumulation
aussi de situations qui font en sorte que le Québec doit être courageux dans
ses décisions, doit être visionnaire et doit prendre des mesures
importantes.
Alors, à la question,
évidemment, qui concerne les musées, écoutez, c'est vrai, c'est vrai que les
musées sont un joyau absolu du Québec. C'est vrai qu'il y a au-dessus de
480 musées au Québec et dans les régions. Il n'y a pas que les musées nationaux et le Musée des
beaux-arts, il y a aussi des musées régionaux, et, avec mes collègues qui
ont parlé des régions, je pense qu'ils
apprécient beaucoup, beaucoup qu'il y ait des musées aussi en région. Et nous
avons conservé les budgets...
Hivon :
...coupes pour les quatre musées d'État.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Oui. On va...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Oui, c'est ça qu'on fait, M. le député de
Montmorency. Oui, merci.
David (Outremont) : C'est vrai qu'on a demandé des efforts de
concertation et de collaboration entre les musées nationaux et le Musée des beaux-arts de Montréal. Tel que quoi? Tel
que qui? Tel que le rapport Corbo, demandé par le précédent gouvernement
sur l'avenir du réseau muséal... a demandé sur les institutions muséales. Ce
rapport, qu'on cite tant, que les collègues
des musées, avec raison, citent beaucoup, parce que c'est un rapport qui est
bien fait, ils le citent
partiellement en disant que, oui, M. Corbo demandait un réinvestissement
dans les musées, mais il demandait aussi des mesures d'efficience qu'on
a demandées aux musées et il recommandait beaucoup de choses. Il recommandait
la mise en place d'un réseau muséal plus
fort qui passe par la fédération, la fusion et l'intégration d'établissements
abordant les mêmes missions, un partage de
direction et de coordination du collectionnement, une rationalisation du
financement vers les établissements viables, en pages 89 et 90...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : En conclusion, Mme la ministre.
David (Outremont) : ...une fusion, une collaboration, à la
page 101, d'établissements afin de créer une muséologie cohérente, une mise en commun des
ressources provenant des musées, bibliothèques et centres d'archives, une redéfinition des missions de chaque établissement
muséal afin d'éviter les dédoublements.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : En conclusion, Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : En conclusion, ce que nous demandons et qui est très peu
dit par les musées, et c'est clair... et
nous avons demandé à M. Corbo, dont la crédibilité ne fait aucun doute, et
c'est le précédent gouvernement qui
l'a nommé à cette fonction, d'accompagner les musées dans des mesures
d'efficience, pas des coupures, des mesures d'efficience pour qu'ils puissent
travailler beaucoup plus ensemble, et ça ne sera que profitable, entre autres,
pour la mise en marché...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, madame...
Mme David
(Outremont) : Oui. C'est fini?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la ministre.
Hivon :
...Mme la Présidente. Alors...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Oui. Je demanderais la collaboration, parce que j'essaie de faire des questions
directes, donc j'aimerais avoir des réponses... Je comprends qu'elle peut
prendre un petit peu plus de temps, elle répond, mais je demanderais qu'on
reste sur le sujet.
Justement,
le rapport Corbo, c'était un tout, c'était une vision d'ensemble, et donc, oui,
plus d'efficience, mais un réinvestissement
dans les musées. Là, on est loin du réinvestissement, on est dans des
compressions de près de 3 millions dans nos musées d'État et, ce matin, on parle même de coupe à blanc dans
les musées. Moi, en tout cas, je n'ai jamais entendu ça.
Et juste des petits
exemples. Musée, donc, des beaux-arts de Montréal, on dit qu'on va devoir
couper dans les services éducatifs. Donc, la
culture, oui, ça sert à l'éducation, et on veut amener les jeunes vers la
culture. Ensuite, on dit : La
survie du Musée de la civilisation à Québec est compromise, dit le directeur.
On va fermer des journées d'ouverture d'une
partie des musées qui
relèvent du Musée de la civilisation. Ensuite, on dit que, pour le MAC, on va
fermer la médiathèque du musée. Donc, ce n'est
pas rien, ce qui est en train de se produire, et ça va, oui, complètement à
l'encontre des recommandations du rapport Corbo. On est loin des
réinvestissements, on est dans les coupes.
Alors, moi,
j'aimerais savoir... La ministre de la Culture, qui nous dit que tout le monde
doit faire son effort... Je veux
bien, mais la culture, ce n'est pas n'importe quoi, et ce n'est pas vrai qu'on
peut regarder ça de manière paramétrique. Et on a vu des investissements de plus de 20 millions pour les
minicentrales, pour repartir les minicentrales parce que c'est supposé
être une bonne chose. Pourquoi on ne pourrait pas voir que la culture, elle est
préservée?
Donc,
j'aimerais savoir ce que la ministre a à dire aux directions des musées d'État
qui, de ce que je comprends, n'ont
pas été rencontrées. Donc, encore une fois, est-ce qu'elle pourrait les
rencontrer? Et quelles solutions va-t-elle leur transmettre, lorsqu'elle
va les voir, par rapport à ces effets catastrophiques de ces dernières
compressions sur leur mission même?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David (Outremont) : Alors, je
commencerais en disant que non seulement je les ai rencontrés, non seulement je les ai rencontrés en personne, mais je
les ai tous rencontrés, et je vais nommer Mme Bondil, M. Brian Levitt,
M. Alexandre Taillefer, à qui j'ai encore parlé pendant une demi-heure hier,
John Zeppetelli, que je suis allée voir et rencontrer personnellement et qui
sont venus me voir à mon bureau. J'ai rencontré Margaret Delisle et Michel
Côté. J'ai rencontré Line Ouellet et j'ai parlé au téléphone à M. Pierre
Lassonde pendant au moins 20 minutes.
Alors, je
pense qu'en très peu de temps j'ai déjà non seulement pris contact... ce
n'était pas un téléphone dit de courtoisie,
comme on aime bien dire, c'étaient de vrais téléphones de contenu. À chacun,
j'ai dit la même chose. À chacun, j'ai
dit : Écoutez, nous travaillons avec vous, nous ne travaillons pas contre
vous. À preuve, il y a quand même un budget, en 2014‑2015, pour le Musée national des beaux-arts, de 15 millions
de dollars d'investissement du budget du Québec; le Musée d'art
contemporain, 9 millions; le Musée de la civilisation, 24 millions;
le Musée des beaux-arts de Montréal, 16 millions;
les institutions muséales, à travers le programme de PAFIM, 28 millions.
Alors, nous aidons leur service de la dette, et ça, c'est remarquable,
et j'aimerais que la députée de Joliette s'en souvienne toujours quand elle
pose les questions. Par exemple, au Musée
national des beaux-arts, il y a presque 1 million de plus en service de la
dette que nous assumons. Oui, il y a eu beaucoup de développement dans
les musées, c'est vrai, et nous en sommes très fiers, mais il faut aussi
assumer le service de la dette qui est passé de 21 % à 25 % en
quelques années.
Alors, au fonctionnement, nous avons demandé des
budgets... nous avons demandé qu'ils travaillent plus ensemble, qu'ils soient accompagnés par celui-là même qui a des idées,
qui a écrit ce rapport et qui va les aider à regarder comment on peut mieux travailler. À travers la
Stratégie culturelle numérique, il y aura aussi du positionnement, de la
mise en marché, du marketing, etc.
Donc, je crois, au contraire, que, dans les
circonstances actuelles, avec les budgets actuels, nous continuons à aider nos musées. Oui, le Musée des beaux-arts est passé de 11 à 33 éducateurs en très peu
de temps. Alors là, peut-être qu'ils vont devoir baisser de 33 à 26, mais je
rappellerais qu'ils sont passés de 11 à 33 tout récemment. Je
rappellerais aussi qu'il y a un projet extrêmement important, pour le Musée des
beaux-arts, d'agrandissement. Il y a une collection qui a été donnée par Michal et Renata Hornstein, qui vaut 75 millions, d'oeuvres d'art, et évidemment qu'on est d'accord pour construire une nouvelle salle qui accueillera
cette collection extraordinaire de maîtres anciens. Mais, pour décider que
ça n'aille pas ailleurs au monde, cette collection-là, il fallait que le gouvernement
du Québec accepte d'investir au Musée des beaux-arts pour construire une salle
additionnelle.
La même
chose, M. Lassonde, généreux mécène pour le Musée national des beaux-arts... Vous passez devant tous les
jours, ça va être un extraordinaire pavillon.
Alors, oui, on veut aider les musées au maximum
de notre compétence. On demande un effort qui est de 400 000 $ ou
500 000 $. Je répéterai, au Musée des beaux-arts, que, oui, il y a
une coupure de 717 000 $. Il y a un réinvestissement
récurrent, qui n'a jamais eu lieu, même pas sous votre précédent gouvernement,
de 500 000 $ par année au Musée des beaux-arts.
717 000 $ moins 500 000 $, ça fait 217 000 $ de
coupure sur un budget, au Musée des beaux-arts,
de 16 423 040 $. Je pense que tout le monde doit faire un
effort. Nous allons accompagner les musées. Il va y avoir une révision des programmes, et ça, je l'ai dit à
chacun des présidents de musée, des présidents de conseil
d'administration. La révision des programmes
comprendra aussi la révision de toute la question du réseau muséal. Si on peut
faire mieux...
Président (M. Bernier) : ...si la députée peut reposer une
autre question. Vous aurez l'occasion d'y revenir. Allez-y.
Hivon :
Oui, merci. Alors, sur ce thème, effectivement, il y a un paradoxe, hein? C'est
qu'en ce moment il y a un agrandissement au Musée des beaux-arts puis il
y a une coupe importante dans les budgets de fonctionnement. Donc, on investit dans l'immobilisation, mais on
désinvestit dans le fonctionnement. Donc, je ne sais pas trop comment ça
va arriver, mais, bon, j'imagine que la ministre va trouver des solutions d'ici
Deux
questions très précises. Donc, la ministre y a fait référence, cette volonté
qui apparaît dans les documents budgétaires
de regrouper les services administratifs des musées, donc est-ce que la
ministre peut nous dire ce qu'elle a en tête et quel est son échéancier? Et l'autre mesure... effectivement,
puisqu'il me reste peu de temps, question concrète : Est-ce que la mesure — parce que l'éducation et la culture,
évidemment, ça va de pair, je suis sûre que la ministre en est tout à fait consciente — qui avait annoncée, donc, l'année dernière,
comme quoi les adolescents, donc les 13-17 ans, pourraient fréquenter les musées pour 1 $, est-ce
qu'elle va être maintenue? Donc, échéancier pour le regroupement et la forme
du regroupement administratif, et, deux, la mesure du 1 $ pour les
adolescents, la fréquentation dans les musées.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Mme la ministre, il vous reste deux minutes pour répondre aux deux
questions de la députée de Joliette.
Mme David
(Outremont) : Alors, écoutez, je répète que le PQ a quand même fait un
certain nombre de compressions dans les
musées, et ils ne sont pas tout à