CAT — 18 November 2014 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2014-11-18
Quebec — Committees
Et le document
qui va être distribué, M. le député de Sanguinet, c'est l'exemple que nous
avons pris de l'application de l'article 18.1. C'est un exemple que
nous avons pris sur le régime de retraite de la ville de Laval, qui comporte un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept,
huit, neuf... neuf groupes, qui comporte neuf groupes et dont un seul
est pleinement capitalisé, tous les autres étant capitalisés sous le seuil de
80 %, donc ce qui mène à une capitalisation globale de 68,7 %.
Ce que je
peux faire faire, c'est distribuer le document. Prenez le temps de le regarder.
S'il y avait des questions sur ces points-là, on pourra y revenir au
début de la session de 15 heures, et ça vous donnera le temps de regarder
les raisons pour lesquelles... Alors, la fiche comporte l'hypothèse, l'approche
globale de 18 et 18.1, quelles seraient les conséquences d'une approche par
catégories et la recommandation de la régie. Alors, on va distribuer le document.
Le Président (M. Auger) : ...distribuer
pour les collègues, oui, tout à fait.
M. Moreau : On va distribuer
le document pour les collègues et pour vous-même, M. le Président.
Président (M. Auger) : Tout à fait.
Moreau : O.K. Et puis on pourra en débattre, là, à la reprise,
à 15 heures. Je pense que ça fait le tour de ce que nous avions
comme engagements, à moins que je fasse erreur.
Le Président (M.
Auger) : Merci, M. le ministre.
M. Moreau :
Et, si c'est une erreur, elle est involontaire.
Le Président (M.
Auger) : Donc, on reviendrait à l'amendement introduisant l'article
18.1.
Therrien :
Oui. Bien, écoutez, on avait...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet, oui.
Therrien : Merci, M. le Président. Je souhaite la bonne
journée à tout le monde, vous compris, M. le Président. Écoutez, on
avait demandé d'y aller, là, tu sais, alinéa par alinéa pour qu'on soit
capables de défricher ça avec une intelligence sûre, certaine.
Therrien : Bien, minimale, oui. Alors, on était rendus au
premier... on avait parlé du premier alinéa. Je pense qu'on était encore
là, on parlait beaucoup des dates, à savoir...
M. Moreau :
Est-ce qu'on avait disposé du sous-amendement? Je ne me rappelle pas.
Therrien :
On l'avait juste suspendu en attendant les...
M. Moreau :
O.K. Parfait. O.K.
Therrien : On en reparlera peut-être à 15 heures suite à
votre exemple. On le regardera, nous, puis on reviendra après-midi,
comme vous l'avez suggéré. Nous, ça fait notre affaire.
Donc,
si on revient, là, où est-ce qu'on était rendus... C'est toujours un peu
difficile de se remettre dedans, là. Mais, bon, on avait discuté des dates, là, à savoir est-ce qu'on avait le
choix des dates et, en résumé, on avait... On avait-u le choix des... On
n'avait pas le choix des dates, hein?
Therrien :
C'est ça, on n'avait pas le choix des dates. Il fallait faire, le
31 décembre 2014, une autre évaluation
actuarielle et... Mais rappelez-moi, là, rappelez-moi, si on décidait, mettons...
Comme là, si on décidait là, là... Non,
ça ne marchera pas parce que ça commence, la négociation, l'année prochaine. Et
donc, automatiquement, il y avait une évaluation...
M. Moreau :
C'est ça, on a deux situations. Les deux situations de report au... En fait, on
doit commencer la négociation au plus tard
le 1er janvier 2015. C'est ce qu'on a vu à l'article 18. Tout
simplement pour se remettre dedans, puis ça va me faire du bien, moi
aussi...
Therrien :
Oui, c'est ça parce que, là, je me rappelle qu'on avait avancé beaucoup
là-dessus, on avait...
Moreau : Principe général, c'est 18 qui est adopté. Alors, tout
le monde commence le 1er février 2015. Puis on est réputé avoir
commencé le 1er février 2015 si la procédure d'avis n'est pas donnée.
Essentiellement, c'est ça.
Therrien :
Ça, c'était correct. Oui, oui, oui.
M. Moreau :
Donc, tous les régimes doivent commencer la restructuration. La négociation est
réputée commencer au 1er février 2015, mais on a introduit 18.1, sur
lequel on débat présentement, qui dit : Si, au moment de l'évaluation actuarielle, on réalise que le
régime est pleinement capitalisé ou qu'il est capitalisé à 80 % et plus et
qu'il rencontre une des conditions, c'est-à-dire qu'on a amorcé la
restructuration par une... Parce qu'on retrouve une des conditions qui se retrouvent dans la restructuration imposée par le
projet de loi n° 3, là on a une option qui nous permet de reporter
au 1er janvier 2016 le début des négociations.
Et, si on reporte au
1er janvier 2016 le début des négociations, on a vu la semaine dernière
que l'article 51, que l'on va voir plus tard, nous dit qu'aux fins des
négociations prévues à 18.1, donc les négociations reportées au 1er janvier 2016, «l'évaluation actuarielle
de référence est celle préparée avec les données arrêtées au 31 décembre 2014». Donc, ce ne sera plus l'évaluation
actuarielle du 31 décembre 2013, l'évaluation actuarielle du 31, 2013 servant à
établir s'il y a un déclencheur du mécanisme de report de 18.1.
Et on avait eu un questionnement à
savoir est-ce que, 51, on pourrait prévoir que ça va être une autre date
que le 31 décembre 2014? Et on avait conclu
que non, puisqu'on souhaitait que les données arrêtées au 31 décembre
2014 soient celles qui sont les plus près
possible pour le début de la négociation, qui, à ce moment-là, est au 1er
janvier 2016. Je pense que ça résume...
Therrien : On était rendus là. Je me rappelle, on était dans
ce chemin-là. Peut-être juste... Question, comme ça, que je me pose, puis je n'ai pas les capacités, là, de répondre à
cette question-là. Peut-être, demander à vos collègues très rapidement... Je ne sais pas si vous allez
oser faire une prédiction de ce genre-là, mais, si on regarde le 31
décembre 2013 comparativement au 31 décembre 2014, à partir de ce qu'on est capable
de sentir sur les marchés, là, depuis le 1er janvier, est-ce que vous
considérez... Et là je sais que ça demeure dans le...
M. Moreau :
Embryonnaire.
Therrien :
Oui, c'est ça. Est-ce que vous pensez qu'il y aura une amélioration de la
capitalisation si on regarde le 31, 2014, comparativement à 31 décembre 2013,
la façon que se comportent les marchés actuellement?
Moreau : Alors, on me dit : Il y a eu des bons rendements
au premier semestre, ça a planté cet été, puis là, bien, il reste deux
mois avant de voir l'évaluation du dernier semestre. Alors, ce que l'on a quand
on regarde ces fluctuations-là, mais encore là sur une base très embryonnaire,
c'est qu'il y a une légère amélioration.
Therrien :
Oui, c'est ça.
M. Moreau :
Je pense, c'est surtout ça que vous...
Therrien :
Oui, parce que le premier semestre était quand même bon, je pense que c'était
de l'ordre de 7 %, 8 % de
rendement, là, pour... bien, en tout cas, les fonds indiciels, là. Et puis là
il y a eu une chute au mois d'octobre, mais la plupart des bourses ont
récupéré les pertes. C'est sûr qu'ils n'ont pas fait de gains nets, mais ils
ont quand même récupéré la plupart des
pertes, à
part l'indice de Toronto, je pense, qui tire encore un peu de la
patte. Et donc, à partir de ce moment-là, vous considérez qu'il y a des
chances que la capitalisation s'améliore en regardant, là...
M. Moreau :
À date, sur la base de ce qu'on a, on constate une légère amélioration.
Therrien :
C'est ce que j'avais aussi, en tout cas, remarqué, là. Mais, comme je vous dis,
moi, je ne suis pas actuaire, là, je ne suis
peut-être pas prêt à faire un lien aussi robuste entre ce qui se passe dans
l'actualité économique puis la réalité des régimes de retraite, là.
M. Moreau :
Et, comme c'est fluctuant, ce qu'on m'indique, c'est que, si, par exemple,
novembre, décembre donnaient les mêmes
caractéristiques que le milieu de l'année, là, cette légère embellie pourrait
être, et ce qu'on ne souhaite pas... Et l'inverse, si novembre, décembre
amenaient de bons rendements, bien là il pourrait y avoir une amélioration
additionnelle.
Therrien :
O.K. Bien, écoutez, moi, j'aurais pas mal terminé, là, pour le premier alinéa.
C'est sûr que, là, il va falloir qu'on
reparle après-midi du sous-amendement, puis, à partir de l'exemple, on
clarifiera tout ça. Je ne sais pas si mes collègues ont quelque chose...
M. Moreau :
Oui, parce que le sous-amendement ne touche que le premier alinéa, hein?
Therrien : Oui, c'est ça, exactement, puis les autres, là...
De toute façon, les autres, je pense qu'ils sont plus simples, là. Ça fait qu'on ira... Moi, pour le premier
alinéa, je pense que j'aurais terminé. Je ne sais pas si les collègues
voulaient poser des questions là-dessus.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Beauharnois.
Leclair : Merci, M. le Président. Alors, à mon tour de saluer
tous les collègues autour de la table pour cette commission, ainsi que
les gens qui vous entourent, M. le Président, et ainsi que les gens qui nous
écoutent.
reviendrais, bien entendu, premier alinéa, le 18.1. On avait discuté en long et
en large à la fin de notre dernière journée... Je me souviens des
discussions qu'on avait avec le ministre, là, on parlait, là, des dates
d'obligation d'un rapport de... une
évaluation, là, des régimes de retraite. On parlait de 2013, 2015 et 2017, tout
dépendant, là, de quel groupe on
parle, et tout ça. On avait parlé de prix que ça coûtait, une évaluation
actuarielle. Puis, pour les gens qui débutent en janvier 2015, on parlait des extensions possibles. Alors, on disait, ni
plus ni moins, là, 18 mois. Donc, les gens qui vont avoir, tel que l'article 18 le précise, un début
de négociation en 2015 avec des possibles extensions si demandé... Et le
ministre nous expliquait : Ce n'est pas
d'une rigidité absolue. On comprend que, si on est à la fin d'une négo, bien,
on va tenter d'arrondir les coins, là, pour s'assurer que l'entente se
poursuive si on est sur une voie d'entente.
Puis après ça on parlait, ici, à 18.1,
si on commence à négocier, on décide de reporter en 2016, donc on nous
apporte plus ou moins 18 mois plus tard, donc
en juin 2017. Je me souviens, je questionnais le ministre à savoir... On donne
la possibilité aux retraités de regarder
l'évaluation actuarielle qu'on est obligé de faire au 31 décembre 2013. Donc, à
partir de là, on va partager les déficits
puis on dit : On va exiger, en 2015, si je me souviens bien, en 2014 ou
2015, là... Je pense que l'évaluation actuarielle va être en 2015, puis
là ils vont pouvoir prendre la mieux des deux pour savoir si on rétablit
l'indexation aux retraités.
Alors,
si je ne m'abuse, c'est là qu'on en était. Alors, je veux juste que le ministre...
Je vais attendre pour avoir son attention. Alors, on en était à peu près
là, M. le ministre, puis là ma réaction ou mon questionnement, je disais au ministre : Comme il va y avoir eu plus ou moins deux évaluations actuarielles,
donc une en fin janvier, là, qu'on attend, là, quasiment tout le monde...
Ils sont en train de la faire ou, pour plusieurs déjà, c'est déjà rentré à la Régie
des rentes. Puis là, après ça, on leur
dit : En 2015, on va refaire quand même un autre portrait avec une autre
évaluation actuarielle, puis celle-là va bénéficier encore plus... Ou en
tout cas «bénéficier», ce n'est pas le bon terme, là, mais elle va être utilisée par les gens à leur retraite pour voir
exactement, l'indexation, où est-ce qu'elle arrête, où est-ce qu'elle
reprend ou si elle arrête, ou si elle
continue. Donc, eux, ils ont deux options, les retraités. Puis c'est correct,
je n'ai rien contre ça. On dit :
Une évaluation actuarielle 2013, une en 2015. La mieux des deux, bien, on se
base là-dessus, puis les sanctions, là, qu'il y a de prévues dans le
projet de loi s'appliquent.
Dans le cas du futur
des actifs, le projet de loi nous dit à l'article 18 : Bien là, ceux qui
veulent commencer à négocier pour voir
comment qu'ils vont amoindrir ou comment ils vont payer leurs dettes futures,
soit par étirer d'un an ou deux le temps de prendre une retraite, soit
par cotisation jusqu'à un maximum prévu tel qu'on a vu, eux, ils prennent la photo 2013 ou prennent la photo — laissez-moi regarder mes dates — 2017... Bien, dans le fond, ça va être 2016,
que l'évaluation actuarielle va sortir en 2017...
M. Leclair :
En 2016, ils vont faire l'évaluation ou elle va être faite en 2015, puis on va
la recevoir en 2016?
M. Moreau :
Est-ce que je peux...
M. Leclair :
Je suis un petit peu mêlé dans mes... J'ai fait un paquet de barbots, M. le
ministre.
M. Moreau :
O.K. Est-ce que je peux vous suggérer les notes suivantes?
M. Leclair :
Oui, laissez-vous aller, M. le ministre.
M. Moreau :
Regardez bien ça. Alors, on recommence sur les évaluations actuarielles. 2013
pour tout le monde. 2013 pour tout le monde pour évaluer
quand il doit y avoir une restructuration. O.K.? En 2013, de deux
choses l'une, ou je suis dans une condition
de l'article 18 puis je commence à restructurer ou je suis dans une condition
de 18.1 puis j'ai un report. Alors, première évaluation actuarielle
obligatoire pour tous, 2013.
Deuxième
évaluation actuarielle, 2014. Pour qui? Pour ceux qui n'auront pas eu à
restructurer immédiatement selon les
données de l'évaluation actuarielle de 2013 parce qu'il y a un report,
comme on le voit à 18.1, il y a un report au 1er janvier 2016. Donc, eux
devront avoir une évaluation en 2014 parce qu'ils ont eu ouverture au report de
18.1. Ça, c'est prévu à l'article 51.
Troisième
évaluation actuarielle, 2015, pour les groupes où il y aura des retraités afin d'évaluer si 2013 ou
2015 permet de maintenir l'indexation automatique des retraités. Troisième
évaluation actuarielle, 2016, pour ceux qui ont restructuré en 2013. Parce que
le cycle est de trois ans, donc ils atteignent le cycle de trois ans. Et
dernière évaluation actuarielle ou, en fait,
la suite du cycle, 2018, pour ceux qui auront fait une évaluation actuarielle
complète en 2015 au bénéfice des retraités, mais de l'ensemble des
participants du régime. O.K.?
Alors, ça ne veut pas
dire, ça, que, pour un régime donné, ils vont avoir une évaluation actuarielle
en 2013, 2014, 2015, 2016, 2018, mais le
potentiel d'évaluation actuarielle, c'est 2013, 2014, 2015, 2016 et 2018 selon
la situation que l'on contemple. Est-ce que vous me suivez?
M. Moreau :
Je peux le refaire, là.
M. Leclair :
Non, il y aurait juste le 2018, j'aimerais que vous me rappeliez, là...
Moreau : Bien,
regarde, alors, c'est toujours un cycle de trois ans. Si, en 2013, je me rends
compte que mon régime est sous-capitalisé puis que les retraités
pourraient se voir suspendre l'indexation automatique, là je dis : J'ai un
intérêt à en faire une à 2015. Alors, quand j'en aurai fait une en 2015, ce
sera une évaluation actuarielle complète. Le prochain cycle après 2015, trois
ans plus tard, c'est 2018. O.K.?
M. Leclair :
Qui, elle, ne leur donne pas d'autres options, là, 2018, il devient à la
normale, là.
M. Moreau :
Non, mais c'est parce qu'ils sont en cycle de trois ans, et on a rompu le cycle
de trois ans en raison du régime spécial que l'on fait pour les retraités. Parce
que rappelons-nous que, si en 2013 ou en 2015 les retraités ne sont pas... si, en 2013, par exemple, les retraités ont
un déficit qui amènerait la suspension de l'indexation, s'il y a une
bonification du marché qui annule ce déficit selon l'évaluation faite en 2015,
ils conservent leur indexation automatique, et c'est la raison pour laquelle on
brise le cycle de trois ans.
M. Leclair : Parfait. Je vous
suis, M. le ministre.
M. Leclair : Oui, ça replace
mes barbots, j'en ai fait d'autres sur l'autre feuille. J'ai juste transporté
mes barbots. Donc, je commence à me
replacer. Donc, sur ce, indirectement... Puis je ne pense pas que c'est
l'intention voulue, mais la fenêtre que je vois d'ouverte, qui est
correcte, la logique en arrière de ça, de 2013, c'est tout le monde, puis on donne la possibilité de revoir
l'indexation pour les retraités en 2015 avec une possibilité de dire :
Bien, ça va vous coûter une évaluation actuarielle,
mais on vous donne quand même la possibilité de regarder si c'est avantageux
pour vous.
M. Moreau : Avec un gros
avantage potentiel.
M. Leclair : Exact. Puis en
plus on parle même de dire une possibilité, peut-être, de regarder la rétro de
ça. Mais ça, ce n'est pas encore terminé,
mais bref... Donc, il y a un bel avantage, puis c'est correct, puis je pense
que c'est avantageux pour tout le monde. Mais, dans le cas du futur, là on parle des gens qui, eux... là, qui
vont arriver, là, dans notre fenêtre ouverte de 18.1, qui disent :
Oui, on regarde ça dans notre groupe, là, nous autres, on pourrait reporter si
on veut, puis c'est quasiment jouer à la loto ou à la roulette russe, là, parce
qu'on est sur le bord...
M. Moreau : C'est-à-dire que
ce que vous donnez comme exemple, c'est que, là, à l'évaluation actuarielle de 2013, la première qui s'impose à tous, ils sont
dans un des cas prévus soit au premier ou au deuxième paragraphe du premier alinéa de 18.1, c'est-à-dire
ou ils sont pleinement capitalisés ou ils sont capitalisés à 80 % et plus
et ils ont une condition qu'ils remplissent. Exemple, ils ont un fonds de
stabilisation. Là, ils sont là, là.
M. Leclair : Eux autres, ils
sont là.
M. Moreau :
Alors là, eux ont le choix de dire : Moi, je reporte la négociation en vue
de la restructuration d'un an ou je le fais tout de suite.
M. Leclair :
Exact. Donc, eux, la base qu'ils ont pour prendre cette décision-là, c'est
2013. L'évaluation qu'ils viennent de
déposer, ils suivent le projet de loi, puis ils disent : J'ai une fenêtre
ouverte. On jase entre nous, les gens du régime, on dit : Oui, on a peut-être un avantage à attendre, par
exemple. On aurait peut-être un avantage à commencer à négocier en 2016, que les fonds se soient replacés
puis... au lieu de tout de suite dire : On repousse d'un an, la
retraite, et tout. Parce que ça va être ça,
le but, là, de l'exercice, ça va être comment qu'on va capitaliser ou replacer
le régime pour la suite des choses. C'est ça, l'avantage ou le
désavantage de repousser au 1er janvier.
M. Moreau :
Non. Bien, c'est-à-dire que l'avantage ou le désavantage de repousser, c'est le
fait de maintenir leur entente en cours. Parce que, quand j'arrive à la
situation où, à l'évaluation du 31 décembre, ou je suis pleinement capitalisé ou capitalisé à 80 % avec une
condition de restructuration, là je peux... je maintiens le respect des
ententes en cours. Alors, non seulement je retarde la négociation au
1er janvier 2016, mais je permets que la prise d'effet de la négociation entreprise au 1er janvier 2016 commence à l'expiration
de ma convention collective. Alors, théoriquement, je pourrais aller jusqu'en
2018. C'est là l'intérêt.
Alors, ils disent : Nous, on a une
convention en vigueur qui se termine en 2018. À l'évaluation actuarielle du 31 décembre 2013, je réalise que je suis dans
une des conditions de report. Alors là, ce que j'ai à faire, c'est de
dire : Je restructure tout de suite ou encore je maintiens ma
convention jusqu'à son expiration puis je négocierai à compter du
1er janvier 2016 pour que les conditions négociées à ce moment-là entrent
en vigueur à l'expiration de la convention collective. Et donc, là, il y a un
intérêt qui est autre que strictement le régime, là, ça peut être l'intérêt de
ce qui a été négocié dans la dernière
convention collective et qui, selon l'évaluation que le syndicat pourra faire à ce moment-là... quelles sont leurs capacités de maintenir ces
conditions-là ou pas. Tu sais, s'ils disent : Bon, bien là, on est à
risque de perdre telle ou telle condition qui est dans la convention
collective parce que ce n'est plus le goût du jour puis ce n'est plus
l'alignement, mais j'ai la possibilité de prolonger cette situation-là jusqu'en
2018, ils vont peut-être vouloir faire ça.
M. Leclair : O.K. Donc, ces
gens-là, dans un exemple aussi concret que vous donnez, autre que de ne pas vouloir briser les contrats, qui serait la
logique, de dire : Bon, bien, nous, on ne veut pas le briser, le contrat,
on vient d'avoir une entente, elle finit, exemple, en 2016, en avril...
M. Moreau :
Je vous donne une statistique que nous avons sur la base de ce qu'on a, là,
dans les... Puis ce n'est pas l'évaluation actuarielle au 31 décembre 2013, là, mais il y a
une date d'expiration de l'entente, là, au 31 décembre 2020 pour un
régime capitalisé entre 80 % et 100 %. Alors, eux autres, là, si
l'évaluation actuarielle du 31 décembre 2013
maintient leur capitalisation, eux autres, ils disent : Regarde, là, moi,
quand je vais commencer à négocier, non seulement
je peux reporter d'un an le début de la négociation, mais je maintiens
l'entente en cours jusqu'au 31 décembre 2020. Ils ont peut-être un
avantage à faire ça davantage que de dire : C'est une condition du marché
sur... Parce que, de toute façon, ils sont bien capitalisés, là, ils sont ou à
100 % ou...
M. Leclair :
...une seule...
M. Moreau :
Là, il y en a une seule... Bien, 2019, il y en a deux selon les données qu'on
a. 2018, il y en a cinq... six... non, une minute, c'est cumulatif, sept, huit.
Il y en a huit en 2018. Attendez, il n'y en a pas huit qui sont capitalisés... ah oui! à plus de 100 %. Oui,
il y en a huit qui sont entre 80 % et 100 %. 2017, il y en a six,
dont un au-delà de 100 %. Puis, 2016, 31 décembre 2016, il y
en a huit, neuf, 10.
Alors
donc, vous voyez que ça touche une quarantaine, peut-être, de régimes, là,
«rough». Ou le nombre total de régimes pouvant reporter, là, selon
l'évaluation qu'on a, il y en a qui terminent au 31 décembre 2014, là,
mais total, ça serait à peu près une
cinquantaine de régimes qui sont, sur la base des anciennes données que nous
avons, entre 80 % et/ou au-delà... entre 80 % et 100 % et
qui rencontrent un critère ou au-delà de 100 %. Alors, on parle de...
Therrien :
Combien au-dessus de 100 %?
Moreau : À plus de 100 %, deux et sept, neuf. Neuf
au-dessus de 100 %, puis 41 entre 80 % et 100 % et qui
rencontrent un critère. Alors, ce dont on parle, là, à 18.1, là, ça s'ouvre à
50 régimes sur 172.
M. Leclair :
Et autre que le fait de briser le contrat, qui, pour moi, est énorme, mais...
M. Moreau :
Là, dans ce cas-là, là, il n'y aurait pas de bris de contrat, là, c'est...
M. Leclair :
Exact. En tout cas, là, eux autres, ils prennent la porte à 18.1.
M. Moreau :
À moins qu'ils ne le choisissent.
M. Leclair :
Exact, si eux autres en conviennent par négo de dire : On ouvre la porte.
Mais ces gens-là ne pourraient pas, avec l'étude actuarielle de 2016...
M. Moreau :
Ils vont en avoir une deuxième en 2016.
Leclair : Exact, ils vont en avoir une deuxième en 2016.
Exemple, l'étude actuarielle leur dit qu'ils sont mieux ou bien, bien
pires, ça n'aura pas vraiment un impact autre que ça leur a laissé le temps de
négocier.
Moreau : Mais eux,
là, ils n'auront pas une évaluation actuarielle en 2016. Ceux qui vont avoir
une évaluation actuarielle en 2016, c'est ceux qui, en 2013, se
disent : Vous devez restructurer. Alors, ils ont leur évaluation 2013, le cycle de trois ans arrive en 2016. Ceux qui, en
2013, n'ont pas l'obligation de restructurer peuvent reporter d'un an.
Là, ils auront une autre évaluation en 2014. O.K.? Celui qui a celle de 2013
puis qui dit : Moi, je dois restructurer, il va avoir une autre évaluation actuarielle en 2016 parce que les évaluations actuarielles arrivent par cycle de trois ans. Alors, dans l'hypothèse que vous soulevez, c'est ou 2013,
puis je restructure, ou 2014 parce que j'ai reporté la restructuration
en 2016 avec prise d'effet à l'expiration des ententes.
Leclair : Donc, lorsqu'on
parle de 2014 et de 2016, de possibilité de... Tantôt, quand qu'on a parti d'entrée
de jeu, 2014, est-ce qu'on dit : C'est l'évaluation actuarielle qui est applicable
pour 2015, elle est reçue en 2014? Parce que 2014-2015...
Moreau : Ce que je vous ai donné comme date, c'est tout le
temps la date de l'évaluation actuarielle. Elle va être disponible plus
tard. Elle donne le portrait au 31 décembre 2013. Elle donne...
M. Leclair :
O.K. Toutes ces dates-là, c'est 31 décembre?
M. Moreau :
C'est la date du portrait, exact. Alors, elle donne le portrait au
31 décembre 2013, elle donne le portrait au
31 décembre 2014.
Leclair : Donc, le retraité, c'est le 31 décembre 2015 qu'il peut avoir la possibilité de reprendre le portrait avant de voir l'indexation.
M. Moreau : C'est ça. Lui, il a deux «shots» :
31 décembre 2013, 31 décembre 2015. Puis là, selon le moins
pire des deux scénarios, il pourrait maintenir son indexation automatique ou
encore n'avoir à assumer, en suspension d'indexation, que le plus faible des
déficits constatés par l'évaluation de 2013 et celle de 2015.
Leclair : Exact. Sauf
que, là, de cette vision-là, le retraité, il a comme deux options, alors que
l'actif, lui...
M. Moreau :
Il a deux options aussi. L'actif, lui, il peut dire : Si, au
31 décembre 2013, je suis dans un des 50 régimes dont je vous ai parlé,
moi, je peux attendre, demander une évaluation actuarielle en 2014 aux fins de
la négociation de 2016. Lui, il n'a pas d'option de prendre le meilleur des deux, là,
il dit : Moi, je retarde puis j'estime que maintenir les ententes en
vigueur, c'est un avantage qui fait que j'accepte l'option qui m'est donnée de
reporter la négociation en 2016 avec une évaluation actuarielle de 2014.
M. Leclair :
C'est un peu là mon...
M. Moreau :
Vous suivez, hein? Si jamais je m'enfarge dans le labour, vous me le dites.
Leclair : Exactement
sur cette lignée-là, M. le ministre, là les actifs, eux, pour, d'après moi, la raison
première, prendront la décision de ne pas briser le contrat. Puis la porte est
ouverte avec 18.1, dans un des cas, là, dans les 50, ils disent : Nous, on va reporter en 2016. Je pense, ça va...
ça ne brisera pas le contrat, on ne sera pas dans... On va respecter ce qu'on s'est entendu. Puis les deux parties
semblent être sur cette lignée-là, et l'avantage, d'après leurs chiffres...
Mais ils arrivent en 2016, là, puis ça plante. Donc, eux n'auront pas... peut-être,
pourraient dire : Bien, avoir su, en 2013 on aurait pris l'évaluation puis on aurait été un peu mieux, on était à 100 % dans le temps. Tandis que le retraité,
lui, il l'a, cette petite fenêtre de deux ans là.
M. Moreau :
Pourquoi est-ce qu'on la donne aux retraités? On la donne aux retraités parce
qu'on veut faire l'illustration que la
situation des retraités est exceptionnelle, que c'est une situation de dernier
recours et un rétablissement prioritaire.
M. Leclair :
Exemple — on
va dans les «si», là, M. le ministre — dans les 50, il y en a
plusieurs, là, qui ont la porte ouverte des retraités avec l'indexation. Eux
voient ça, là. En 2013, ils sautent leur tour, ils pitchent un 0,25 $, disent : Ah! on prend la porte, là, on s'en
va à 2016. En 2015, pouf! ils voient les chiffres changer parce que, là, il y a
une évaluation actuarielle qui se fait pour nos retraités de nos groupes pour
voir, l'indexation, comment est-ce qu'elle s'applique parce qu'ils sont à
88 %.
M. Moreau :
Non, mais, par exemple, si vous avez en 2013 quelqu'un qui est dans le groupe
des 50, il n'est pas totalement capitalisé, quand est-ce que je suspends pour
les retraités? Il pourrait y avoir une suspension pour les retraités, alors...
M. Moreau :
C'est ça. Alors là, j'aurais avantage à avoir une évaluation actuarielle en
2015 pour voir si la sous-capitalisation de 2013 est corrigée, pour ne pas
faire perdre l'indexation automatique aux retraités.
Le Président (M.
Auger) : Juste un instant, M. le député de... juste pour un petit
rappel, vous avez encore une minute, 1 min 30 s concernant
l'amendement, là, à votre disposition.
M. Leclair :
Je vais revenir plus tard.
Le Président (M. Auger) :
Ça va, M. le député de Beauharnois?
M. Leclair :
Bien, c'est juste pour tenter de finir pour ne pas qu'on reprenne toute la
discussion. C'est que j'imagine un groupe
qui est dans les 50 en ce moment, ça fait qu'il cadre dans la porte ouverte de
repousser la négo en 2016. Puis on va dire qu'on prend un exemple des
50, il y en a un groupe là-dedans qui est à 88 % en capitalisation. Donc, il rentre dans la porte qu'on lui ouvre avec
une autre des conditions, mais il y a une possibilité d'indexation ou de
désindexation pour leurs retraités dans leur groupe. Donc, eux,
automatiquement, les retraités, eux autres, lèvent le drapeau puis ils disent : N'oubliez pas, là, en 2015, on revient,
nous, on ne veut pas la perdre, l'indexation. Puis, en 2015, les
chiffres changent énormément. Je ne sais pas qu'est-ce qu'il va avoir arrivé,
là, mais Barack, là... bien, peut-être M. Couillard,
là, mais mettons que Barack fait quelque chose de bien, bien intéressant. Donc,
à partir de là, on voit les chiffres
en 2015... Eux, là, la porte, ils l'ont déjà choisie en 2014, d'aller la
repousser à 2016... Là, je vois le président qui me regarde, il va dire : Dépêche-toi de finir parce qu'il ne te
reste plus grand temps. Donc, ils ont utilisé la porte 2016, ils voient
les chiffres en 2015, ils exigent pour leurs retraités... ils voient qu'il est
défavorable pour eux... Je ne sais pas s'il
y aurait une possibilité, là... Parce que tu viens de payer une évaluation
actuarielle peut-être aux alentours de 100 000 $, alors je me demande s'il n'y a pas quelque chose
qu'on peut faire, là, une demi-porte ouverte ou... pour ceux qui
auront...
Alors,
c'est à peu près tout le temps que j'avais. Je regarde tout le monde, ils
m'applaudissent. Ça a l'air que j'ai fini sur la seconde près. Merci
beaucoup, M. le Président, je reviendrai plus tard.
Le Président (M. Auger) : C'est
excellent. M. le ministre.
M. Moreau : Non, bien, en
réalité, je ne fais que réitérer le fait qu'on a établi le mécanisme de
l'indexation automatique et la protection de l'indexation automatique a
contrario à l'article 12 du projet de loi en ce qui a trait aux retraités.
M. Moreau :
Alors, c'est ça, le régime qu'on a prévu pour les retraités, c'est ce qu'on a
vu à l'article 12. Lorsque l'indexation automatique des rentes des
retraités a été suspendue... Alors, où est-ce qu'on décide le mécanisme de
suspension?
M. Moreau :
O.K. Alors, c'est ça, nécessairement le premier alinéa de l'article 12
indique qu'on ne peut décider de la
suspension de l'indexation automatique des retraités tant et aussi longtemps
qu'on n'a pas établi les données actuarielles au 31 décembre 2015.
Ça, c'est le premier alinéa.
Donc, dans
l'exemple que vous soulignez, là, nos 50 régimes, il y en a 41 qui sont
potentiellement des régimes où il y
aurait suspension automatique de l'indexation des retraités, et là on devrait,
dans le cas de ces 41 régimes là, faire un portrait au 31 décembre
2015 pour voir si la suspension de l'indexation automatique s'appliquerait à
eux.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien : Oui.
Juste une seconde pour... Vu que c'est dans le vif du sujet, étant donné que
vous êtes extrêmement productifs dans les documents puis que ça nous aide à
avancer, là...
M. Moreau : Je prends ça
comme un compliment qui est adressé...
Therrien : Non,
mais c'est vrai, je veux dire, ça nous aide beaucoup, oui, évidemment.
M. Moreau : Non, mais, sérieusement, aux gens de la régie. Parce que les gens qui nous écoutent
ne le savent pas, mais, quand ici ça arrête, eux, ils continuent, hein?
Therrien :
Oui, c'est ça, exactement. Moi, je proposerais peut-être, pour faire un peu de
pouce sur ce que le député de Beauharnois nous mentionne, là : Y
a-tu moyen de faire un petit calendrier, là — je pense que ça pourrait être assez simple, là — des cas d'espèce, je veux dire, l'évaluation
en 2013, 2014, 2015, ainsi de suite? Je pense que ça pourrait régler le
problème. Vous l'avez?
M. Moreau : Je l'ai fait, là.
Therrien : Bon.
O.K. Bon, écoutez, pouvez-vous juste...
M. Leclair : Moi aussi, j'ai
des barbots...
M. Moreau : Bien, moi, ce
n'est pas des barbots, c'est bien...
M. Leclair : ...je vois ça de
loin, je n'ai pas mes lunettes.
Therrien : Mais, en
tout cas, je ne sais pas, on peut-u obtenir ça, peut-être revenir à
15 heures avec quelque chose qui nous
permettrait, là, de bien, bien saisir les tenants et les aboutissants, là, par
rapport aux dates? C'est juste ça que j'avais à demander.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Oui, merci. Juste, M. le Président... Parce que
l'exemple que vous nous avez donné de la ville de Laval, là, c'est très
explicatif, là. Moi, quant à moi, là, ça me va.
M. Moreau : Vous parlez de la
fiche d'information?
Laframboise : Oui, la fiche d'information. La seule question que
j'aurais par rapport à cette fiche-là : Là, vous nous dites que
c'est les chiffres officiels au 31 décembre 2013, c'est les bons chiffres
que vous avez?
Moreau : Oui. Bien, dans ce cas-là, c'est les chiffres de
l'évaluation actuarielle du 31 décembre 2013.
Laframboise : Parfait.
Moreau : O.K. C'est une compilation faite à partir des chiffres
réels, c'est ce qu'on m'indique. Ça va?
Laframboise : Parfait. Merci beaucoup.
Président (M. Auger) : M. le député de Berthier.
Villeneuve : Oui, merci. Bonjour, M. le Président. Bonjour,
tout le monde. Dans la même veine que le député de Beauharnois, je veux juste
comprendre, quelqu'un qui tomberait à sa retraite en 2016, et son groupe aurait
pris... ou 2015, et son groupe aurait pris l'article 18.1, donc l'aurait...
il ne pourrait pas revenir...
M. Moreau : Non,
non. S'il prenait sa retraite... Je vous arrête tout de suite parce qu'il faut
faire attention, le... On l'a expliqué, là, on est retraité de fait ou
on est retraité de droit.
Villeneuve : Je me rappelle de l'explication, tout à fait. Tout
à fait.
Moreau : Alors, votre exemple, il ne serait pas un retraité.
Villeneuve : Parfait. Bien, disons qu'il prend sa retraite dans
trois ans ou quatre ans, et le groupe aurait choisi,
finalement, là, de reporter avec l'article 18.1, là... En fait, ma
question est simple, c'est : Pourquoi on ne permet pas... Puis
c'est correct... Le député de Beauharnois l'a bien dit, c'est tout à fait
correct, on permet aux retraités de pouvoir choisir entre deux mondes. Et ça,
c'est...
Moreau : Oui, en plus de l'évaluation.
Villeneuve : Tout à fait. Tout à fait. C'est très bien, c'est
même très, très, très bien. Et pourquoi on ne peut pas aller aussi loin
avec les autres groupes qui pourraient décider d'utiliser le 18.1, et,
lorsqu'ils constateraient, là, l'évaluation actuarielle qui serait bonne ou...
mettons, c'est plutôt sur le côté dévastateur, si elle était dévastatrice,
l'évaluation actuarielle, ne pourraient pas choisir, eux aussi, entre les deux
mondes? C'est un peu ça... J'aimerais ça, comprendre pourquoi on ne peut pas
permettre cela.
Moreau : Bien, c'est parce que, je dirais, la pensée ou la
philosophie derrière la procédure est différente selon que l'on s'adresse aux retraités ou aux actifs. Si
on s'adresse aux actifs, le système général du projet de loi prévoit
qu'on veut restructurer un régime qui a
besoin de l'être, et on dit : On fait comme deux catégories. Et c'était un
peu la suggestion, d'ailleurs, du
député de Blainville de dire : Regardez, si vous avez un régime qui est
capitalisé à 100 %, bon, bien, on n'a pas besoin d'avoir le pied sur l'accélérateur autant, puis, à la
Coalition avenir Québec, nous, on voit qu'il peut y avoir aussi des cas où on n'est pas pleinement
capitalisé... On est d'accord avec le fait qu'un régime en santé, c'est un
régime capitalisé à 100 % — je ne veux pas vous mettre les mots dans
la bouche — mais
le niveau d'accélération peut être moindre si je suis dans telle catégorie.
Dans les amendements
qu'on a déposés au mois d'octobre, c'est ce qu'on reconnaît, c'est-à-dire qu'on
dit : Si vous êtes entre 80 % et 100 %... Si vous êtes au-delà
de 100 %, on peut attendre parce que vous avez une bonne capitalisation, puis on peut reporter dans le
temps, puis ça ne nous impose pas d'aller à l'encontre de conventions
signées. Si vous êtes entre 80 % et
100 %, on va vous donner un break aussi si vous avez montré une conscience
à la nécessité de restructurer parce que vous avez déjà, dans une
entente antérieure, un des mécanismes de restructuration prévus par le projet de loi. On donne souvent comme exemple le fonds de stabilisation que certains
régimes ont parce qu'ils ont
pris conscience du fait que j'ai besoin de me mettre à l'abri des fluctuations
du marché. Donc, on dit : Vous autres aussi, là, on va vous mettre dans la même catégorie que ceux qui sont
pleinement capitalisés en disant : Vous allez devoir vous
restructurer parce que la pérennité du régime n'est assurée que par une pleine
restructuration, mais il y a moins... ou il
y a une moins grande urgence d'agir — ça serait la bonne expression — et donc, en conséquence, on vous permet
de reporter et de maintenir la convention que vous avez signée.
Mais,
à partir du moment où vous décidez de reporter, c'est le portrait du report
qu'on va regarder comme étant l'élément
qui va nous imposer la mesure de la restructuration. Alors, dans le fond, c'est
un mécanisme qui va vers l'avenir, alors
que le mécanisme qui s'adresse aux retraités, c'est un mécanisme ponctuel qui
va n'exister qu'une seule fois parce que rappelons-nous que c'est
l'article 12 où on dit : Les déficits subséquents, là, les retraités,
ils ne les prennent plus, ça devient la responsabilité de l'organisme
municipal. On dit : «Tout nouveau déficit imputable aux retraités au 31 décembre
2013 et constaté dans une évaluation actuarielle postérieure au
31 décembre 2015, est à la charge de l'organisme municipal.» Alors, ce que
l'on fait pour les retraités, c'est une situation où on les fait participer de
façon ponctuelle à un déficit mesuré, puis
ce sera le seul effort qu'on va leur demander. Et, quand le régime va redevenir
en santé financière, on va rétablir
l'indexation, on va établir une indexation ponctuelle semblable à ce qui
existait dans le régime avant, mais elle ne sera plus automatique.
Alors, c'est pour ça qu'on
contemple deux situations qui sont complètement différentes. Et d'ailleurs
toute l'architecture du projet de loi est faite en disant : On fait une
ligne entre les participants actifs et les retraités. Et les obligations des
retraités sont traitées d'une façon, puis les obligations des actifs sont traitées
d'une autre. Et les obligations des retraités sont traitées de telle sorte que
c'est un traitement exceptionnel, le moins invasif possible et le plus limité
dans le temps possible. Voilà.
M. Villeneuve : Donc, si on
permettait, exemple, à ceux qui se prévalaient de 18.1, si on leur permettait
de choisir le moindre des deux, il y aurait
une
part importante de leur choix qui serait imputable aux municipalités, à la
limite. C'est ce que je comprends, entre autres.
M. Moreau : Oui, aussi,
aussi.
Villeneuve : Donc, c'est, j'allais dire, un disjoncteur qui est
prévu pour éviter ça. Bien, écoutez, c'est parce que je me... Donnons
l'exemple d'un groupe qui peut se permettre 18.1, qui répond aux deux critères,
c'est-à-dire 80 % plus un des quatre critères établis...
M. Moreau : Ou qui sont à
100 %.
Villeneuve : En passant, les critères, là, bien naïvement, ma
question : Pourquoi on a le choix de quatre critères? C'est
subjectif? C'est objectif? Sur quelle base ça a été établi de dire : Bien,
c'est un des quatre ou...
M. Moreau : Ce sont les
critères de restructuration prévus par la loi.
M. Villeneuve : Mais pourquoi
un, deux? Je veux juste... question.
M. Moreau : Bien, parce qu'on
a dit : On veut donner la chance aux groupes qui ont pris conscience de l'importance de restructurer avant même que le
projet de loi ne soit déposé. On dit : Ces gens-là, là, regarde, un, ils
ont une capitalisation qui est quand même
importante, même s'ils n'ont pas atteint 100 %, et ils ont une conscience
qu'ils doivent travailler eux-mêmes à la restructuration de leur régime, puis
ils n'ont pas attendu la loi pour le faire. Ça fait que, là, on dit : Bon, bien, c'est des gens qui montrent un éveil,
là, plus important et qui ont un niveau de capitalisation qui, somme toute, les met moins à risque que
d'autres. Et donc on a dit : Regardons quels sont les critères. Alors,
ceux qui sont... soit qu'ils vont avoir
partagé à parts égales les cotisations d'exercice ou des déficits éventuels du
service courant, soit qu'ils vont
avoir mis sur pied un fonds de stabilisation alimenté par une cotisation, soit
qu'ils vont plafonner la cotisation d'exercice
à un taux maximal de 18 % ou de 20 %, dans le cas des policiers et
des pompiers, par rapport à la masse salariale.
Et il y en a
beaucoup qui sont déjà, on l'a vu, là... Je ne sais pas si vous étiez avec
nous, parce que je pense qu'on était dans les auditions, là, mais en
tout cas... Ou même la statistique est revenue pendant le débat
article par
article, la majorité des régimes qui doivent avoir un taux de capitalisation de
18 % sont à 18 % ou moins, et la majorité des régimes qui doivent avoir un taux de capitalisation de 20 % ou
moins ont un taux de 20 % ou moins. Et donc ceux qui sont au-delà
de ce que le député de Sanguinet appelle le plafond, là —je pense
que ça devient l'expression consacrée dans nos discussions —ce n'est
pas la majorité. C'est à peu près au milieu, là, mais ce n'est pas la majorité.
M. Villeneuve : Imaginons un
groupe qui... Bon, j'essaie toujours de me mettre à la place des gens qui vont
avoir à faire un choix. C'est clair, ils vont avoir à faire un choix qui est
basé d'abord sur des faits, donc l'évaluation actuarielle 2013, mais qui,
évidemment, ne peuvent pas savoir ce qui va se passer plus tard. Ils vont
devoir faire le choix de soit choisir 2013 ou de reporter. Imaginons un groupe
dont il y a plusieurs personnes qui vont prendre leur retraite dans cinq ans et
que les chiffres sont bons en 2013. Je pose la question à des actuaires :
Vous conseilleriez quoi à ce groupe-là?
M. Moreau : Mais ça ne
changera rien parce qu'aux fins de la loi ils ne vont pas être réputés être
retraités.
M. Moreau :
Ça ne changera rien parce qu'aux fins de la loi on dit : On est retraité
au 12 juin 2014 ou on ne l'est pas. Alors, c'est comme la grossesse, on
ne peut pas être à moitié enceinte, on est enceinte...
M. Villeneuve : Ou on ne
l'est pas.
M. Moreau : ...ou on ne l'est
pas.
M. Villeneuve : C'est bon. O.K.
Bien...
M. Villeneuve : On va
continuer...
M. Villeneuve : Non. Une
autre question, oui, tout à fait.
Une voix : Deuxième mot.
M. Moreau : Oui, oui, c'est
ça. C'est ça.
Villeneuve : Tantôt,
je donnais l'exemple que le fait de pouvoir se prévaloir du meilleur des deux
mondes, pour les participants actifs, ça
pourrait entraîner des conséquences, évidemment, pour les municipalités si on le
faisait. Imaginons qu'on le fait quand même. Oui, on sait qu'il pourrait y avoir des conséquences pour les municipalités. Ça serait quoi, les
autres impacts qu'il pourrait y avoir? Au niveau financier, j'entends, là.
M. Moreau : Vous voulez dire sur
le choix qui est fait?
M. Villeneuve : Oui. Si on
leur laissait le choix, là, ce serait quoi, les impacts que ça pourrait amener?
M. Moreau : Moi, je vais vous dire très sincèrement, j'ai l'impression que le choix... Je ne veux pas que ça ait
l'air d'une accusation, là, mais je fais le raisonnement, en ayant entendu les
groupes, particulièrement représentant les associations syndicales, moi, d'après moi, ils vont faire le
choix de reporter pour maintenir leur convention parce que, pour eux, c'est un
principe idéologique de dire : Le respect des conventions signées... Moi,
d'après moi, à partir du moment où ils peuvent
maintenir leur convention, je pense que logiquement... À moins que l'association syndicale dise : On a tellement eu une mauvaise convention qu'on fait le choix de restructurer tout de
suite, mais... Bien, c'est pour ça qu'on lie la conséquence du report au
maintien de la convention. Puis d'ailleurs c'est ce que tout le monde nous a
crié par la tête, là. Je le dis gentiment, là.
Villeneuve : Mon
collègue de Beauharnois, qui n'a plus de temps, me glisse une question à
l'oreille, M. le
ministre : Si la convention, elle est ouverte, elle est ouverte pour tous,
et pas seulement les retraités?
M. Moreau : C'est-à-dire que, là, vous faites... Il y a
deux éléments différents là-dedans.
Il y a, un, le régime, puis les retraités. Les retraités, on leur a fait
un régime à part. On dit : Faites une évaluation en 2013, faites-en
une en 2015. Si vous ne passez pas le test de 2013, vous avez un
avantage à passer le test de 2015. Si, en 2013, je rends compte que, les retraités, il n'y a rien qui les touche,
ils n'auront pas besoin de l'évaluation en 2015 parce
qu'ils ont passé le test, puis
leur indexation est maintenue à... indexation automatique, qui est maintenant
interdite pour tout le monde à l'avenir. Eux
autres, ils ont comme une clause grand-père, ils passent «free». O.K.?
Bon. S'ils n'ont pas passé le test de 2013, là ils ont une chance de dire : En 2015, j'essaie
une autre fois parce que, je pense, l'amélioration du marché va
faire en sorte que je vais pouvoir maintenir mon indexation automatique.
Ça, c'est fini, ça. Ça, c'est le régime des retraités.
Pour le cas de 18.1, ce qu'on regarde, c'est les
participants actifs qui, eux, disent : Moi, je veux retarder la restructuration. Et ma compréhension du lien d'une
convention collective, c'est qu'elle ne s'applique pas aux
retraités, ils sont sortis de l'unité d'accréditation. Donc, si je décide de prolonger la convention collective, elle ne
s'appliquera qu'aux actifs de facto parce que même mes retraités qui
n'en sont pas au sens de la loi n'auront plus à fournir de prestation de travail. Alors, eux, ils vont être éliminés de
la convention collective dans les faits, ils sont chez eux. Bien, ils sont
chez eux... ils sont chez eux ou ils sont ailleurs, mais...
M. Moreau : C'est ça. Ils
seront où ils voudront, la retraite permet cette liberté.
M. Villeneuve : Meilleure
réponse. C'est bon, ça.
M. Moreau : Voilà! Voilà!
Voilà!
M. Villeneuve : Oui, oui, tout
à fait. On va leur laisser le choix.
M. Moreau : Ils n'ont pas à
rendre de comptes à l'employeur de l'endroit où ils se trouvent.
M. Villeneuve : Ça va pour
moi, M. le Président.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Moi, je vais
revenir, M. le ministre, sur l'exemple que vous nous avez déposé, la fiche d'information pour Laval, on va prendre le temps. Parce qu'on
s'était dit qu'on va revenir en après-midi, mais moi, j'aimerais ça, qu'on prenne le temps de bien la comprendre parce qu'honnêtement moi, ça m'éclaire grandement. Parce que, bon, le tableau 1 nous donne le régime de retraite de la ville de
Laval : les policiers, 203 millions d'actif, 301 de passif. Donc,
ils ont 98 millions de déficit. Le taux de capitalisation, à 67,4 %.
Et là, si on les prend tous, les pompiers sont capitalisés à 58 %; les employés de bureau, 41 %; les cadres,
61 %; les professionnels, 52 %; les officiers de
direction : police, 52 %, incendie
45 %; les cols bleus, 73 %; puis la CRE, 100 %. Bon, c'est le
seul qui est... Donc, dans le fond...
M. Moreau : ...puis ce n'est
pas un vieux régime, là, on le voit, là.
Laframboise : C'est ça. C'est ça. Donc là, pratiquement tous les
régimes, sauf la CRE, sont en bas de 80 %, là. Donc, donnez-nous,
là, le portrait...
M. Moreau :
Grandement, là, quand on regarde la moyenne en bas, au global, là, ils sont
capitalisés à 68,7 %.
M. Laframboise : Donc, c'est un
régime qu'on peut... Tu sais, là, il faut faire de quoi, là.
M. Moreau : Vite, là, ça
commence à presser.
Laframboise : Non, non. C'est ça. C'est ça. Puis là, si vous nous
donnez l'exemple de 18.1, allez-y, là, ce que ça peut faire, là. Donc,
inévitablement, eux, ils ne peuvent pas... ils doivent se servir de...
M. Moreau : Bien là, eux
autres, ils n'ont pas ouverture à 18.1, là, ils sont dans 18 carré. Et 18,
c'est : On commence à restructurer tout
de suite. Alors, 18, c'est le principe général qui s'applique à tout le monde.
La ville devrait envoyer un avis au plus tard le 15 janvier 2015 avec un
préavis de huit jours ou d'au plus 15 jours de la date où les représentants
seront prêts à rencontrer l'association. Puis, si la ville ne le faisait pas,
bien, la négociation est réputée commencer le 1er février 2015.
Alors que, si
je pouvais disloquer le régime par groupes, bien là, peut-être que la CRE
dirait : Bien, moi, là, je suis dans une situation de 18.1 puis je
vais retarder ça au 1er janvier 2016. Mais on voit très bien que, dans...
M. Moreau : Voyons donc!
M. Villeneuve : 2016, pas
sûr...
M. Villeneuve : ...étant
donné que les CRE vont peut-être...
M. Moreau :
Ah! en 2016? Ah! bien, ils ne seront plus CRE, là, ils seront je ne sais pas
quoi. Mais, peu importe, mettons que — faisons exception à ça,
là — ils
reporteraient, eux, à 2016. On voit que 'ensemble des groupes dans le régime
est dans une situation qui nécessite une intervention immédiate.
M. Laframboise : Et là vous
dites : Si je pouvais disloquer... Ça veut dire qu'on ne peut pas
disloquer...
M. Moreau :
Non. Ça veut dire que nous, ce qu'on fait, on... l'interprétation que l'on
donne à 18, 18.1 et 51, c'est une approche globale pour la
restructuration de ce régime-là, qui comporte neuf groupes. Ce qui m'apparaît
vraiment être logique, là. Quand on a un exemple de facto, on voit qu'il y a
une logique à ça.
M. Laframboise : Et là, si on
continue sur Laval... Parce que je sais que M. le maire avait demandé plus de
souplesse, là, mais, nous, ce qu'on veut, c'est qu'ils atteignent l'objectif.
La souplesse que vous pouvez avoir, c'est...
M. Moreau : On peut être
souples. Mais là tu dis : Regardez, moi, je veux bien ne pas tout casser,
mais le feu est pris dans la maison, là, les
pompiers vont rentrer, là. C'est bien de valeur, je le sais qu'il y a la
vaisselle à ma tante Maria, mais je pense qu'elle va y passer.
M. Laframboise : Puis, dans le fond,
même ce que vous aviez donné comme avec l'âge ou quoi que ce soit, ça aura peu
d'impact, là, dans...
M. Moreau : Non. Bien, pas à
ces niveaux-là. D'ailleurs, on le voit, là, il y a vraiment quelque chose qui
est étonnant, de voir... Parce qu'à Laval
c'est une ville, là, qui a été... En termes de gestion, quand on regarde la
santé financière de la ville, hein,
Laval, c'est une ville qui a une très bonne santé financière. On l'évoquait,
là, des surplus accumulés de 117 millions.
Encore cette année, ils s'enlignent vers des surplus. Alors, c'est une ville
qui, en termes d'administration, comme entité municipale, elle a une
bonne gestion. Mais là on regarde le régime, puis on dit : Mon Dieu! C'est
parmi, je dirais... je m'étire peut-être
le cou, là, vous me corrigerez, mais, dans les grandes villes, c'est probablement une des situations que j'ai
vues qui est la plus inquiétante en termes de ratio de capitalisation.
M. Laframboise : Et
faisons du macro avec le projet de loi n° 3, là, on n'oblige pas la ville...
Tu sais, il va y avoir un étalement
dans le temps, et tout ça — c'est le principe de la loi — pour sa part à payer ou des choses comme ça,
là, comment, là... faites juste nous...
M. Moreau :
Elle, elle va payer des annuités pour le 50 % du déficit qu'on lui aura
imputé. Elle va faire des annuités sur 15
ans, et, sur la base d'un amendement qui, je ne me souviens plus, appartient...
dont la paternité appartient à qui, si les améliorations au régime
vont accélérer...
M. Moreau :
C'est vous autres. Alors, sur la base de l'amendement que vous avez apporté,
les améliorations au régime vont bénéficier à un remboursement plus rapide de
cette période de 15 ans. Et le passif, pour 50 %, sera attribué aux
salariés.
Laframboise : Et les salariés, eux, la façon, c'est... il faut régler
ça...
Moreau : Bien, en fait, ils ont plusieurs éléments. Ça peut
être une augmentation des cotisations, ça peut être une réorganisation du régime où, par exemple, on
va abandonner un avantage qui est consenti par le régime et dont on va
évaluer la valeur et on va dire : Bien, voici, ça a un effet de
rétablissement.
L'élément le plus
contraignant sur un régime, c'est l'indexation parce que le poids de
l'indexation... pas l'indexation qui est
perçue immédiatement, mais le poids de l'indexation à verser sur la vie d'un
régime est un élément qui est
important, puis c'est ce qui fait dire à certains que, le jour où on fait une
concession sur l'indexation automatique d'un régime, on vient de régler
une bonne
partie des situations difficiles.
Laframboise : Et Laval, là, rafraîchissez-moi... Je sais que Montréal
et Québec sont pleinement indexées, mais est-ce que Laval a...
M. Moreau :
Je ne le sais pas. Laval est-u pleinement indexée? Je ne pense pas que Laval
soit pleinement indexée, je pense qu'ils
sont... Non. Mon souvenir... Bien, on va faire la recherche puis on va vous
donner la réponse exacte. Mon
souvenir, c'est que ce n'est pas une clause de pleine indexation à Laval.
D'ailleurs, je pense que le maire, quand il était venu en commission
parlementaire, avait évoqué ce fait. Mais on va vous le trouver.
Laframboise : Donc, ça, ça veut dire que, si on peut récupérer moins
sur l'indexation, donc il va falloir qu'ils s'assoient pour regarder
leur régime et dire : Bon, ou on augmente notre cotisation ou bien...
M. Moreau :
Ça ne marche pas, là.
Laframboise : ...les bénéfices du régime, on les réduit.
Laframboise : Là, ça pourrait dire qu'on travaille puis on prend la
retraite moins vite, un petit peu plus...
M. Moreau :
On prend la retraite plus tard, il y a des éléments du régime qui sont
abandonnés. Par exemple, s'il y avait des
rentes au conjoint survivant... Je ne le sais pas, là, mais, s'il y avait des
rentes au conjoint survivant qui ne sont pas versées ou qui ne sont pas
visées par l'acception de la loi, ils pourraient dire : Bien, j'abandonne
ça. Voici quel est l'élément de valeur de ça, et je rétablis le capital du
régime.
Laframboise : Ça, ils ont un an pour s'entendre là-dessus.
Moreau : Ils ont un an pour négocier ça. Si, à l'expiration d'un
délai de 12 mois, les négociations vont bon train, mais ils ne se sont pas entendus, ils peuvent demander une
première extension de trois mois. Ils peuvent demander une deuxième
extension de trois mois à l'expiration de la première puis, après ça, ils
peuvent aller en arbitrage.
Laframboise : Merci.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Merci, M. le Président. J'aurais une question à poser. Je ne pensais plus en
avoir, mais j'en aurais une petite, là.
Parce que, si on reporte la négociation, le cas des retraités va s'exacerber,
là, ceux qui sont considérés comme actifs, mais qui ont pris leur
retraite, mettons, les gens...
M. Moreau :
Les retraités de fait, mais pas reconnus par la loi.
Therrien : Bien, c'est ça, c'est que... Oui, exactement.
Juste savoir comment on va faire pour aller chercher les montants qu'ils devront supporter par rapport
au déficit, ces gens-là. Parce que tu ne peux pas toucher à... Comment
on va faire pour... on va toucher à leur rente de base ou...
M. Moreau : Non, on ne peut
pas toucher à leur rente de base.
Therrien : C'est
ça. Bien, c'est pour ça que je vous pose la question.
M. Moreau : On ne peut pas
toucher à la rente de base, elle est...
Therrien :
Mettons, moi, là, j'ai pris ma retraite à la fin de 2014, vous évaluez en 2014,
vous négociez en 2016. Si, à la fin de 2016, je me retrouve avec un
«bill», moi, ça fait deux ans que je suis à la retraite...
Therrien : Bien,
mettons qu'on est...
M. Moreau : Ça va être dans
le régime.
Therrien : Mettons
qu'on est dans une situation de déficit.
M. Moreau : Ce qu'on m'explique, c'est que non, on n'ira pas
chercher, là... De toute façon, l'objectif n'est pas d'aller chercher dans les poches
des...
Therrien : Non,
moi, je vous demande ça, savoir...
M. Moreau : Non, non, non. Parce
que vous dites...
Therrien : Tu sais,
j'essaie de m'imaginer, puis...
M. Moreau : Oui, oui. Alors,
dans le...
Therrien : Moi,
j'essaie surtout de comprendre, là.
M. Moreau : Oui, oui. C'est
bien, et puis c'est une bonne question. Dans le cadre de la négociation de la convention
collective, on m'indique qu'il est d'usage de négocier des dispositions
transitoires qui vont toucher les personnes
dans les situations décrites, là, c'est-à-dire des gens qui sont
des retraités dans les faits, mais considérés comme des actifs. Alors, ils vont être considérés comme
des actifs aux fins de la négociation de la convention
collective, puis on va évaluer quel est le montant — comme
s'ils étaient des actifs — quel
est le montant de concession que devra consentir le régime, puis on va appliquer ce montant-là en les
considérant comme des actifs au sens du régime. Et donc une disposition
transitoire pourrait prévoir cette situation-là en disant : Pour la part
des actifs qui sont, dans les faits, des retraités, voici comment va s'appliquer la récupération aux fins du régime de
retraite. Mais on me dit que c'est plus une écriture comptable, dans les
faits, qu'une récupération dans l'actif individuel de ceux qui sont visés par
la mesure.
Therrien : Oh boy! O.K.
C'est-u normal que je ne comprenne pas très bien?
M. Moreau : Peut-être que
c'est moi qui l'explique mal? Ce qu'on va faire...
Therrien : Mettons,
là, on va prendre un exemple, on va...
M. Moreau : Il y a six
personnes qui sont...
Therrien :
Oui. Bien, mettons, là, moi, je suis retraité depuis la fin 2014. On évalue,
fin 2014. On négocie. Ça nous ramène
à fin 2017 pour arriver, dire : Regardez, voici les déficits et voici
comment on les règle. Moi, je me retrouve, là, à avoir un déficit que
j'ai à rembourser, mettons, de 10 000 $ pour faire un chiffre rond,
là. On se retrouve...
M. Moreau : Vous êtes le seul
dans cette situation-là...
Therrien : Oui,
oui, c'est ça, exactement.
M. Moreau :
...puis on dit : Votre participation au rétablissement du régime, c'est
10 000 $, dépendamment si c'est le déficit passé ou...
Therrien :
Bien, c'est le déficit passé, c'est mon déficit passé que je dois supporter.
Therrien : Puis là
la question est de savoir comment je fais pour rembourser. Vous me dites qu'il
y a des dispositions transitoires. Puis, moi, vous me dites ça, puis moi, là,
je panique, là, je dis : Qu'est-ce c'est ça? Comment je fais pour
rembourser ça?
M. Moreau : Alors, ces
situations-là, ce qu'on m'explique, c'est que c'est prévu dans les dispositions
de négociation qu'on appelle les dispositions transitoires, où on dit... Prenons
l'exemple où il y a un passif à assumer, individuel,
d'une personne qui, dans les faits, est un retraité, mais qui est considéré
comme un actif, puis je reprends votre exemple,
c'est 10 000 $. Les parties pourraient dire dans une négociation,
dans une clause transitoire : Ce 10 000 $ là est assumé par l'association de travailleurs ou est
partagé entre les travailleurs puis l'employeur ou... Mais il n'y aura
pas d'effet sur l'individu, ça va être un
effet sur la valeur ou l'impact économique sur le régime, puis là les parties
décideront. Parce qu'il ne risque pas d'en avoir des milliers, là, de gens
comme ça. Ça sera négocié entre les parties ou partagé entre les parties.
Therrien :
Parce qu'en quelque part... Écoute, là, je ne me rappelle plus, là, quel
article où on avait dit qu'on ne touchait pas aux rentes de base...
M. Moreau : ...la rente de
base et la rente du conjoint survivant.
Therrien : C'est
ça. Puis la rente du conjoint survivant, un coup que tu es à la retraite...
M. Moreau : C'est gelé.
Therrien : ...c'est
gelé. C'est pour ça que, là, quand je vous... J'essayais d'imaginer comment
faire pour rembourser si on ne peut pas toucher à la rente de base, puis
ainsi de suite. Je ne le sais pas si... Moi, je vais vous dire, M. le
ministre, là, je me fais poser des questions...
Parce qu'il y a des gens qui savent que je suis porte-parole de l'opposition officielle sur le projet de loi n° 3, puis,
évidemment, ils me posent des questions, puis il y a des...
M. Moreau : Il va y en avoir de
plus en plus.
Therrien : Oui.
Puis ils me posent des questions, puis ça ressemble un peu à ça, tu sais,
genre : Moi, je suis actif, là...
M. Moreau : Moi, je suis dans
telle situation.
Therrien : ...mais je prends ma retraite, là, à la fin
décembre, là, qu'est-ce qui va
arriver, je vais me retrouver avec un
«bill»? Ça fait que les dispositions transitoires, ça serait la même chose, M.
le ministre, par rapport à ces gens-là. Ceux, tu sais, qui avaient décidé de prendre leur retraite, qui ne
l'avait pas annoncé avant le 12 juin, puis ils ne l'avaient pas
prise non plus avant le 12 juin...
Moi, j'ai un cas d'espèce, là. Je ne vous dirai
pas son nom, évidemment, là, mais il m'a dit : Moi, là, écoutez, là, j'hésitais de prendre ma retraite au
1er juin puis je me suis dit :
Ah! je vais attendre un petit peu plus loin, puis, boum! le projet de loi
est arrivé, puis là il dit : Moi, je vais me retrouver avec un montant à
payer. Je voulais prendre ma retraite là, mais là je vais-tu avoir les moyens
de rembourser ça?
M. Moreau : Je pense que
cette personne-là n'a pas à être inquiète.
Therrien : Et donc,
à travers les dispositions transitoires, vous dites que ces personnes-là seront...
M. Moreau : Pas les
dispositions transitoires du projet de loi, à travers les négociations qui vont
avoir lieu.
Therrien : C'est
ça, dans les conventions collectives.
M. Moreau : Entre la municipalité et les représentants du régime, les
travailleurs, il y aura ce qu'on
appelle, ce qu'on m'explique être des dispositions transitoires de
négociation, qui fait en sorte que ces cas uniques...
Therrien : Des cas
d'espèce, là.
M. Moreau :
...ces cas d'espèce là sont pris en compte et, j'imagine, répartis ou
pourraient être répartis entre la charge que devra supporter l'employeur
et la charge que doit supporter l'association.
Je cherche l'élément lié à la protection de la rente, la disposition
qu'on a adoptée puis qui dit que la rente est protégée.
M. Moreau :
14? Alors, c'est 14. «Les rentes versées aux retraités au 31 décembre 2013, à
leur conjoint survivant ou à tout autre bénéficiaire prévu au régime de
retraite ne peuvent être réduites.»
Therrien : C'est
ça. On l'avait vu, ça.
M. Moreau :
Alors, il ne peut pas y avoir une négociation indépendamment du fait... parce
que, lui, sa rente, elle est payée,
là, indépendamment de la situation dans laquelle on est, qui touche aux rentes
des retraités ou au conjoint survivant.
«Il en est de
même des rentes auxquelles auront droit les conjoints et autres bénéficiaires
des retraités au 31 décembre 2013.» C'est le troisième alinéa de
l'article 14, que nous avons adopté.
Therrien :
O.K. En résumé, vous dites qu'il y a des dispositions transitoires qui nous
permettent, justement...
M. Moreau :
Qu'il y aura dans les négociations ce qu'on appelle des clauses transitoires
qui tiennent compte, par exemple, du cas que vous évoquiez ou d'autres
cas, là, que l'on ne prévoit pas nécessairement, mais on dit : Bon, bien, comment on adresse cette... — «adresser», c'est un anglicisme — comment est-ce qu'on règle cette situation-là?
Therrien : Et puis
donc, dans ces dispositions transitoires là, est-ce que ça sera prévu dans la
négociation à l'intérieur du cadre du projet de loi? Ça veut dire que
l'arbitre, est-ce qu'il... Ce n'est pas prévu du tout?
M. Moreau :
Le projet de loi ne régit pas les négociations, c'est le régime de négociation
qui existe entre les parties. On n'a
pas voulu... Bien, il n'y a pas lieu non plus de mettre des dispositions
spécifiques pour les négociations dans ce cas-là autres que les structurer dans le temps. C'est-à-dire que le
projet de loi n° 3, à l'égard des négociations, ce qu'il fait essentiellement, c'est qu'il les limite dans le
temps parce qu'on dit : On souhaite que la négociation amène un
résultat. Et c'est pour ça qu'on a fixé la
date de départ. Le député de Beauharnois le mentionnait dans une de ses
interventions, on dit : La négociation est réputée commencer le...
Quelle date, le...
M. Moreau :
1er février 2015, c'est le 18. Et donc, là, on calcule la période de 12 mois
pour la négo, trois mois additionnels une fois, trois mois additionnels
deux fois, six mois d'arbitrage, et une décision qui s'ensuit. Alors, la date
de départ des négos est prévue à 18...
Therrien : C'est
six mois de conciliation, puis le reste à la fin de l'arbitrage.
M. Moreau :
Non, c'est l'arbitrage. À l'expiration de la négociation, un arbitre est nommé
pour régler le différend si aucune
entente n'a été transmise, mais on peut recourir à la conciliation pendant les
négociations, pas pendant l'arbitrage.
Therrien : Non,
non, non, c'est ça. C'est que ton six mois supplémentaires, c'est avec un
conciliateur.
M. Moreau : O.K. C'est ça...
Bien, c'est-à-dire que non, à tout moment du...
Therrien : Pas
obligé?
M. Moreau : À tout moment.
Therrien : O.K. À
tout moment. Ah! bien, ça, ça m'avait échappé.
M. Moreau : À tout moment...
Therrien : À tout
moment, tu peux appeler un conciliateur. O.K.
M. Moreau : Exact. On
pourrait appeler un conciliateur... Si les relations sont extrêmement...
Therrien : Payé par
le ministre.
M. Moreau : ...sont
extrêmement mauvaises...
Therrien : Non, je
le sais.
Leclair : ...discrétionnaire.
Therrien :
Le discrétionnaire du ministre. Ha, ha, ha!
M. Moreau :
Payé sur le discrétionnaire du ministre, oui, mais le ministre de tutelle,
c'est le ministre de l'Emploi et de la Solidarité.
Therrien :
On va lui apprendre tantôt.
M. Leclair :
D'après moi, ça va aller juste...
M. Moreau :
Oui. «Les parties assument à parts égales les honoraires et les frais du
conciliateur.»
Une voix :
...pour l'arbitre.
Une voix :
...pour l'arbitre...
Moreau : Oui. Alors, la conciliation, si les relations sont
mauvaises puis qu'ils pensent que la conciliation peut être utile au
départ même, ils peuvent le faire dès que la négociation commence.
Therrien : Bien, ça, c'est un exemple... La question que je
vous ai posée, honnêtement, je ne comprenais pas trop puis je me sentais un peu nono de poser la question.
Puis je m'aperçois que ce n'est pas nono parce que, quand vous
vous retournez vers vos spécialistes, je vois que ce n'est pas nono. Tu sais,
ça fait trois mois, je commence à faire des liens comme ça.
Moreau : Oui. Puis non seulement ça, mais, à force de jouer dedans, même, à un moment donné, tu te dis : Oui, c'est l'explication que je donne, là,
woup! un instant, je veux me rassurer que c'est le bon alignement, Ce n'est pas
simple.
Therrien :
Bien, moi, je vais y aller encore une fois de...
M. Moreau :
Ah! l'approche Châteauguay...
Therrien :
En toute amitié. Non, mais, sérieusement, ici on a un bel exemple que le fait
de toucher à nos déficits passés, ça rend le
projet de loi extrêmement compliqué, une chatte en perdrait ses chatons,
là. Mais ça vient nous montrer ça, hein, des questions comme ça.
M. Moreau :
Il y a pire que ça, moi, je trouve, il y a la loi de l'impôt.
Therrien :
Ah! bien là...
M. Moreau :
Vous demanderez au député de Rousseau à côté.
M. Marceau :
C'est vrai.
Therrien :
Il dit : C'est vrai.
M. Moreau :
Ça, là, écoute, non seulement le chat perd ses petits, mais il ne revient plus jamais.
Therrien :
Il se retrouve avec les petits des autres.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Therrien :
Ah! bien, en tout cas, moi, je ne sais pas si on peut... je ne sais s'il y en a
qui auraient des questions par
rapport au premier alinéa. Moi, je
tomberais au deuxième... bien, au premier paragraphe, là. Je ne suis
pas encore habitué, là, quand il y a un chiffre, c'est un paragraphe, là?
Le Président (M.
Auger) : Oui, monsieur...
Therrien :
Juste...
Président (M. Auger) : Mais
je veux quand même... je veux juste... Vous me permettez de faire un
rappel, peut-être, que j'ai fait la
semaine passée par rapport... pour être sûr que tout le monde comprenne bien.
L'article 245 stipule que,
pour chaque paragraphe, pour chaque alinéa, pour chaque amendement, pour chaque
sous-amendement, chaque intervenant a droit à 20 minutes. Et là je vous rappelle que nous sommes sur
un amendement, donc chacun des parlementaires a droit à 20
minutes, mais vous pourriez apporter des sous-amendements. Juste pour
être sûr parce que, là...
Therrien : En toute
amitié...
Le Président (M. Auger) : Oui, oui, M.
le député de Sanguinet.
Therrien : ...je
voulais juste vous rappeler que pourquoi je vous avais demandé ça au départ,
c'était juste pour essayer de mieux
comprendre la... puis que je le savais, ça, qu'on avait juste 20 minutes au
complet. Ce n'est pas ça, le but. Le
but, c'est parce qu'il y en a un, en tout cas, un article, là,
on s'est promenés, là, à un moment
donné, on était tout... je trouvais qu'on était tout mélangés. Ça
fait que d'y aller de façon organisée comme ça, quand ça s'applique,
ce n'est pas une question
de temps, là, c'est juste : Moi, je veux y aller, débouler logiquement,
là, tu sais, dire : Regarde, en premier,
on peut-u s'entendre sur les dates, ainsi
de suite, puis après on le déboule?
Mais je le sais que j'ai 20 minutes au complet. Mais, je vous dis, le
but, ce n'est pas ça, là. C'est juste, je veux comprendre comme du monde, tu
sais.
Le Président (M. Auger) : Aucun problème,
et c'est très louable, mais je voulais quand même apporter...
Therrien : Non,
non, vous faites bien.
Président (M. Auger) : ...pour
être certain que tout le monde comprenne, puis également les gens qui
nous suivent à la télévision, les centaines de milliers de téléspectateurs.
Therrien : Oui, oui. Mais vous faites bien de me le
rappeler, mais c'est une des rares choses que je me rappelle. Alors,
merci, M. le Président.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Sanguinet.
Therrien : Oui. Bien, écoutez, par rapport au premier paragraphe, «le régime est pleinement capitalisé tel
que constaté dans l'évaluation actuarielle...»
M. Moreau : Ça, c'est les...
M. Moreau : Paragraphes 1° et
2°, c'est les conditions d'ouverture au report.
Therrien : Oui. C'est
ça. C'est ça.
M. Moreau : Alors, tu as 100 %
ou plus.
Therrien :
1°, c'est ça, on peut-u... Ça, des fois, quand on voit une quenouille, quelque
chose comme ça qui est capable de plier au vent...
M. Marceau : Un roseau.
Therrien :
...un roseau, des fois, on teste, voir si ça plie un peu. Je teste le ministre.
Est-ce que ça peut plier un peu ou il n'y a rien à faire?
Therrien : Oui. On
peut-u descendre à 95 %?
M. Moreau : Bien, je trouve
que c'est d'une grande souplesse. Ça fait un éventail, il y en a qui sont...
Therrien : Dit le
chêne.
Des voix : Ha, ha, ha!
Therrien : Non,
mais c'est parce qu'honnêtement je serais prêt... Puis je ne ferai pas un long
discours là-dessus, là, j'aurais été, en
tout cas, prêt à concevoir qu'on pouvait descendre un peu, peut-être à
95 %, parce qu'il n'y a pas beaucoup de régimes qui ont 100 %
et plus. Vous avez dit qu'il y en avait neuf...
M. Moreau : Il y en a une
dizaine.
Therrien : En tout cas, neuf, 10, là. Non, mais je
disais : Y a-tu moyen de rendre ça un peu plus accessible avec...
Tu sais, je n'aurais pas exagéré, j'aurais dit 95 %. Mais, si vous avez...
M. Moreau : ...ça, on a fait...
Therrien :
Si vous êtes fermé, honnêtement, là, je ne commencerai pas à écrire un
sous-amendement. Bien, je ne serai pas prêt à faire un sous-amendement,
mais voir, il y a-tu...
M. Moreau :
Non, mais regardez, l'ouverture, vous ne devez pas la voir au premier
paragraphe, vous devez la voir au deuxième paragraphe, où, là, on a plongé
à 80 % en disant...
Therrien : Bon,
bien, allons à... O.K. Bon, écoutez, je faisais une très petite tentative. Moi,
c'est sûr que plus vous amenez
d'assouplissements dans le projet de loi, plus on permet la négociation, mieux
c'est, mais là-dessus, déjà, vous avez franchi un pas.
M. Moreau : C'est le
désavantage d'avoir produit des amendements rapidement, M. le Président. On ne
se rappelle plus... Bien, je ne chicane pas
le député de Sanguinet, je constate une chose. Souvent, quand on négocie,
quelle que soit la situation, ce qui a fait l'objet d'une concession dans le
temps est pris pour acquis, puis là on dit : Bon. O.K. Maintenant, tu me
donnes quoi de plus? Mais je le sais que ce n'est pas ça.
Therrien : Non, pas
du tout.
M. Moreau : Non, non, non,
mais je...
Therrien : Non,
mais remarquez que...
M. Moreau : Puis je ne
reproche pas ça.
Therrien : ...remarquez
que j'ai salué le fait que le chêne...
M. Moreau : Pas branlé.
Therrien : ...a brandi une feuille, bon. Non, mais ce que je
veux dire, c'est que... Oui, je me rappelle très bien que c'est un
assouplissement que vous avez apporté, mais je voulais savoir... Il y avait une rigidité, puis, bon, écoutez,
on ne commencera pas à... Je vois qu'il y a
une rigidité, puis on va passer à autre chose, là. Mais je ne sais pas si
d'autres personnes avaient une question.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Berthier avait...
Therrien : Ah!
bien, allez-y, M. le député.
M. Villeneuve : Je ne veux
pas non plus...
Therrien : Non,
allez-y.
Villeneuve : ...aller à l'encontre du fonctionnement de la
commission, mais, concernant l'alinéa... tantôt, là, le cas d'espèce que le député de Sanguinet a apporté,
je veux juste me rassurer puis peut-être rassurer aussi la personne qui semble avoir posé la question. Tantôt, le ministre
a dit qu'il y aurait négociation, et ce serait l'association et
l'employeur qui régleraient la dette totale? Est-ce que...
M. Moreau : Non, non, non. Ce
que je dis, c'est que ça...
M. Villeneuve : Je veux juste
savoir s'il y a une possibilité que...
M. Moreau : Ça peut être ça,
mais c'est...
Villeneuve : Oui. Mais il peut aussi avoir à assumer la
totalité du déficit, le... Même si c'est un cas d'espèce, ça pourrait
être ça aussi.
M. Moreau :
Je serais très étonné qu'une association syndicale et que l'employeur créent
une situation où, dans un cas
d'espèce semblable, on dise : Bon, on va envoyer le chèque... pas le
chèque, mais on va envoyer la facture aux retraités. Si la question, c'est : Est-ce que c'est
possible?, la réponse est : Possible. Est-ce que c'est probable? La
réponse est non.
Moi, je pense
que c'est une valeur liée à l'exercice d'un droit dans le régime. Moi, je pense
que les employeurs et les... J'ai
entendu autant d'associations syndicales que de villes venir dire : Vous
savez, on aime ça aussi, avoir des bonnes relations de travail. Je pense que ça va dans le
sens des bonnes relations de travail. On fait confiance aux gens là-dessus,
là. Ou un individu serait piégé en
disant : Wow! Moi, je suis entre le mois de juin puis la négociation, puis
ils considèrent ça comme étant, pour moi, un endettement personnel, je
serais très étonné.
M. Villeneuve : Bien, ça
répond à ce que j'avais compris. Qu'est-ce qui arrive si on a un régime où il y
a 100 participants, il y en a 12... Et, en passant, la notion de... Parce que,
tantôt, j'avais posé un peu la question, mais j'ignorais la notion de retraité
actif. Alors là, maintenant, je comprends qu'il y a une notion de retraité
actif. Dans un cas où un régime, il y a 100...
M. Moreau : C'est que loi
crée une fiction où on dit : Une personne est retraitée à telle date.
Après cette date-là, même si, dans les
faits, elle prend sa retraite, elle n'est pas considérée être retraitée au sens
de la loi. Cette date-là, c'est le 12 juin 2014.
M. Villeneuve : O.K. Le cas
d'espèce qu'on vient d'entendre, bon, on comprend que ce n'est pas garanti à 100 %, il pourrait y avoir... Bon, on
comprend pour les relations, etc., les gens pourraient s'organiser avec... en
tout cas, trouver une façon d'arriver à satisfaire les différentes
parties. Dans un cas où il y aurait 100 participants à un régime comme celui du cas d'espèce dont on parle, là, où
est-ce qu'il y en aurait 12 qui prendraient... des retraités actifs,
j'imagine que la négociation serait tout autre.
M. Moreau : Bien,
c'est-à-dire qu'on prendrait en considération le fait qu'il y en a 12, puis
moi, je pense que ça milite pour un partage entre la municipalité puis
l'association syndicale. En tout cas, le raisonnement que je fais, c'est
celui-là.
M. Villeneuve : Mais les
retraités actifs pourraient avoir à assumer une
partie du montant.
M. Moreau : Techniquement,
c'est possible.
M. Villeneuve : O.K. Parfait.
M. Moreau : Techniquement,
c'est possible, mais, dans les faits...
M. Villeneuve : ...pas les
prestations, mais ils peuvent recevoir un compte pareil, là, on s'entend.
M. Moreau :
Non, mais le député de Beauharnois, je pense, a déjà négocié ce genre de
situation là où, lorsqu'on a un cas
d'espèce... Là, on évoque celui-là dans le cas du projet de loi n° 3,
mais, dans toute négociation, il peut arriver, à un moment donné, une
situation où un des travailleurs dans l'unité accréditée vit une situation qui
est tout à fait particulière, et, en
général, ma compréhension des choses... Moi, quand je représentais des
municipalités, c'est qu'il y avait des aménagements qui étaient faits
dans le cadre de la négociation. Comme, par exemple, quand on a les protocoles de retour au travail, hein, pendant la grève, il y
a eu des gestes qui ont été posés qui dépassent ce qui est acceptable,
il y a des griefs, il y a ci, il y a ça,
puis là, finalement, on s'entend sur la convention collective. Là, il y a un
autre élément qui commence, qui s'appelle le protocole de retour au
travail, puis là on dit : Bon, regarde, Gérard, là, il a peut-être passé droit au pont cette fois-là, mais ce serait
peut-être une bonne chose qu'on puisse passer l'éponge sur l'ardoise. Et j'ai
souvent vu des cas où ça s'est fait.
Alors, je
verrais un peu le même genre de situation parce qu'il est impossible, dans une
loi ou dans un règlement, de tout,
tout, tout prévoir les cas de figure de négociation. Et on sait pourquoi ça s'appelle une négociation, c'est
parce qu'à un moment donné on fait rentrer les cas difficiles à l'intérieur
d'une entente.
Villeneuve : J'imagine qu'on se base aussi sur la jurisprudence
dans certains cas, on regarde ce qui s'est fait par le passé.
M. Moreau : Comment on s'est
comporté dans le passé, etc. Puis il a dû y avoir des cas dans le passé où, sur
des régimes existants, il y a des retraités
qui ont vécu des situations particulières qu'on a réglées au fil du temps soit
au comité de retraite ou autrement. On pense que ça aussi, ça va prévaloir.
M. Villeneuve : O.K. Merci.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions concernant l'amendement introduisant 18.1? M. le député de
Sanguinet.
Therrien :
Merci, M. le Président. Étant donné qu'il y a beaucoup de cas d'espèce, M. le
Président, est-ce qu'il y aura des
règlements qui vont venir... Il va sûrement y avoir des règlements qui vont
venir après le dépôt de... bien, après le vote du projet de loi.
Therrien :
Il va y avoir sûrement des règlements qui vont venir pour essayer, justement,
de...
M. Moreau : C'est des
directives, hein?
Therrien : Des
directives, oui.
M. Moreau : Oui, on a...
Regardez à la fin du projet de loi, l'article 55 : La régie peut
émettre des directives techniques relativement à l'application de la présente
loi. Plus que des règlements.
Therrien : O.K. On
en reparlera à ce moment-là.
M. Moreau :
C'est parce qu'honnêtement ce qu'on... Bien, on le sait, là, en commission
parlementaire, qui que ce soit qui forme le gouvernement, lorsqu'il
arrive avec un projet de loi qui dit : Bon, bien, ça, ça va être prévu par
règlement, ça met un peu les parlementaires en beau fusil en disant : Bon,
bien, là, ça, c'est la loi, on en débat, puis le règlement, vous allez régler
ça parce que c'est une décision du Conseil des ministres qui ne passe pas au
débat des parlementaires. Alors, dans le cas
qui nous occupe, nous, ce qu'on a souhaité, c'est que le débat, on le fasse
ici, mais que, s'il y a des éléments, véritablement, de directive, qui
est l'interprétation à une question technique — puis vous avez abondamment
posé des questions qui relèvent d'éclaircissements techniques souvent lorsqu'on
parle des évaluations actuarielles ou du
niveau de capitalisation — ça, ce sera réglé par la régie, qui est l'arbitre impartial, qui
n'est pas parti pris pour l'association de salariés ou pour la
municipalité.
Therrien :
O.K. Dans le paragraphe 2°... Merci, M. le ministre. Dans l'alinéa 2°, là, vous
parlez que 80 % et plus de la
porte d'entrée... Ensuite, vous avez une entente parmi celles mentionnées...
bien, pas une disposition, une modalité telle que... une parmi celles
mentionnées.
Par rapport
au plafonnement, est-ce que ce 18 % et 20 % là, c'est vraiment déterminé
comme ça? Est-ce que c'est une erreur, un oubli ou c'est fait comme ça,
par rapport...
M. Moreau : ...amendé.
Therrien : 18.
Puis, bien, c'est parce que, là, vous n'avez pas les paramètres de... tu sais,
les facteurs de pondération, les...
M. Moreau : O.K. Dans le cas
qui nous occupe, on ne tient pas compte de la modulation.
Therrien : Puis
vous ne devriez pas en tenir compte?
M. Moreau : C'est que la
modulation dont on parle à l'article 5, elle va valoir pour l'avenir,
quand on va établir le calcul, là, alors
qu'au 31 décembre 2013... Là, à 18, on est au 31 décembre 2013 puis
on prend la photo, cling, et on dit à
ce moment-là : Voici où on se situe. Vous voyez, le calcul fait à 5.1 est
postérieur à ce qui se passe au 31. Alors, c'est pour ça qu'on n'a pas
tenu compte de la modulation dans les critères du deuxième alinéa de 18.1.
Therrien : Bien,
écoutez, je n'ai aucun problème avec ça, je le comprends très bien. La seule
chose, moi, quand j'ai vu ça au départ, puis la...
M. Moreau : On a-tu oublié...
Therrien : Parce
que ça, c'est un amendement que vous...
M. Moreau : Oui, 5.1, oui.
Therrien :
Oui, c'est un amendement, donc, que vous aviez déjà... Parce que je me suis
dit : Quand il l'a mis là, le
ministre ou son équipe, peu importe, bien, il tenait compte que c'est ce qu'on
exigeait à travers le projet de loi, donc on a juste référé les
exigences du projet de loi. Sauf que l'assouplissement qu'on a obtenu, je
pense, en 5.1, bien, je me suis dit, bien,
peut-être qu'ici on oublie qu'ils n'ont pas amené cet assouplissement dans ce
cas-là. Puis là vous me dites : Bien, c'est une photo. Bien, il n'y
aurait pas eu moyen de... Je vous pose la question, là, comme ça : Il y
aurait-u moyen de transférer...
M. Moreau :
Bien, c'est parce que, si on fait ça... Vous voyez qu'à 5.1 il va y avoir une
justification à apporter à la régie,
là. Tu sais, on va dire : Là, l'âge moyen est supérieur à 45 ans, la régie va probablement le voir. La majoration de pourcentage
pour tenir compte de la représentation
féminine puis le 0,25 point — ça, c'est vous autres — de pourcentage permis pour chaque tranche de 1 % de l'actif
qui excède la valeur des obligations, ça exigerait qu'il y ait un arbitrage
qui soit fait avant de savoir si on peut reporter ou pas.
Alors, on a pris la situation flat en
disant : Bien, c'est 18 %. Mais, encore là, je répète qu'avant même
la modulation ou l'assouplissement
qu'on a apporté à 5.1 on voit qu'il y a des régimes où on ne se posera même pas
la question, on n'aura pas la démonstration à faire parce que, déjà, sur
la base des informations qu'on a, la majorité d'entre eux sont à 18 % ou
la majorité d'entre eux sont à 20 % ou moins, respectent le plafond.
Therrien :
Est-ce que vous considérez que c'est la modalité qui est le plus facilement ou
le plus fréquemment franchie dans ces trois ou quatre possibilités là?
M. Moreau :
Il y a ça et le...
Therrien :
Le fonds de stabilisation
Moreau : Ça et le fonds de stabilisation, je dirais que c'est
les deux principaux parce que... Bien, même le partage 50-50, oui, ce
serait difficile...
Therrien :
Parce que, là, vous dites que c'est 50, hein, c'est 50 qui passent le test sur
M. Moreau :
C'est 50 qui passeraient le test de 18.1 sur 172.
Therrien :
Ce n'est quand même pas gros.
M. Moreau :
Bien, c'est parce que, dans les chiffres qu'on vous donne, là, ça ne veut pas
dire que c'est ceux qui sont... Ça ne veut
pas dire que c'est ceux qui sont capitalisés entre 80 % et 100 %, ça
veut dire que c'est ceux qui sont capitalisés entre 80 % et
100 % et qui rencontrent le critère.
Therrien :
Oui, oui, oui, exactement.
Moreau : Parce qu'il peut y en avoir plus que ça qui sont entre
80 % et 100 %, mais qui ne rencontrent pas un des critères de
Therrien : Non, mais c'est parce que je veux juste... Je me
rappelle de ce que vous m'aviez dit à l'époque, on était plus jeunes...
un peu plus jeunes...
M. Moreau :
On vieillit ensemble, hein, sur ce projet de loi là.
Therrien : C'est ça que je disais à mon ex. Non, mais,
écoutez, vous m'aviez dit, ça m'avait marqué, que la plupart des régimes
sont en bas de ce plafond-là, entre guillemets, là.
M. Moreau :
Oui. 18 % et...
Therrien :
Et 20 %, là.
Moreau : Oui. 18 % et 20 %, là. 18 %, c'est les
blancs et les bleus. Je ne me souviens pas des chiffres exacts, mais je sais que la majorité sont en bas. Et je me
souviens des chiffres pour les 18 % et... Pour le 20 %, il y a 22
régimes, puis il y en a 12 qui sont en bas
de 20 % puis, donc, 10 qui sont en haut de 20 %. Mais c'est là où est
le plus grand écart.
Therrien :
Ah oui?
M. Moreau :
Oui, parce que ceux qui ont le plus grand écart dans les régimes de 20 %,
c'est les pompiers et policiers. Et donc le plus grand écart, c'est les
policiers de Montréal, là, qui sont à...
Therrien : Puis ça, là, cet amendement-là, 18.1, ça avait
été demandé beaucoup en commission parlementaire, entre autres par la
ville de Montréal. Il y a plusieurs villes puis même des cols bleus qui
l'avaient demandé.
Moreau : En fait, 18.1 répond à des demandes qui ont été faites
en disant : Les ententes négociées récemment... On ne savait pas que le projet de loi s'en venait,
mais on a commencé vraiment à restructurer nos choses. Pouvez-vous
essayer de protéger les ententes négociées? Puis on l'a...
Therrien :
C'est incroyable ce qu'on peut faire avec la négociation, hein?
M. Moreau :
On l'a fait... Quoi? Comment?
Therrien :
C'est incroyable ce qu'on peut faire avec la négociation.
Moreau : Oui. Si on pouvait aussi régler les déficits passés,
ce serait tellement plus simple. Alors, je vais vous les donner, les
chiffres, là, pour ceux qui sont à... Ah! bien, voilà, «right on»...
Therrien :
J'aimerais tellement ça, avoir ces chiffres-là, moi. Je suis tellement...
M. Moreau : Bien, je vous les
ai donnés 22 fois. Et puis je dis 22 parce que c'est le total.
Therrien : C'est
quoi, ça, c'est les chiffres...
M. Moreau : Le plafond. Le
plafond.
Therrien :
Ah! O.K. O.K. Oui, mais c'est ça. Mais je vous vois tout le temps avec des
chiffres, puis nous autres, on n'en a jamais, ou à peu près. Je suis
comme jaloux, tu sais, c'est comme...
M. Moreau : Non, non, mais,
écoutez, c'est...
Therrien :
C'est comme un gars qui se promène, tu sais, en Corvette, puis moi, je suis
avec ma petite trottinette, là. À moins de me poigner la bretelle dans
votre miroir de char, je n'irai pas plus vite que vous, là.
M. Moreau :
Non, je n'ai pas d'ambition sur la Corvette, vraiment, là. Alors, les régimes à
20 %, il y en a 22 au total. Je
vous ai donné par coeur tantôt. Ceux qui sont en bas de 20 %, c'est 12.
Puis ceux qui sont en haut de 20 %, c'est 10. Et je ne me souvenais pas des chiffres pour le 18 %, alors là
je vous les donne. Il y a 126 régimes. Il y en a 66 qui sont en bas de
18 %, à 18 % ou moins, et 60 qui sont à plus de 18 %. Donc, la...
Therrien : ...majorité
à l'époque, puis je vois que vous aviez raison de le mentionner, oui. O.K.
M. Moreau :
Voilà. Alors, si je vous dis des choses qui sont inexactes, avec le nombre de
questions qu'on pose depuis le mois d'août, à un moment donné ça va
paraître, je pense.
Therrien : Oui,
oui. Bien, c'est sûr.
M. Moreau : Comment on
dit : Pour être un menteur, il faut avoir une saprée bonne mémoire?
Therrien : Oui, exact. Alors, bon, je ne sais pas si... Moi,
je continuerais peut-être, là... Je ne sais pas s'il y en a qui ont
des questions par rapport à cet aspect, là, le paragraphe 2°. Le député de Beauharnois...
M. Moreau : Le député de Rousseau puis le député de Beauharnois sont en train de s'engueuler l'un et l'autre.
M. Leclair : Bien, moi, je
n'ai plus de temps, j'essaie d'en emprunter.
M. Marceau : On est en train
de négocier.
M. Leclair : Il me donne sa
carte, mais il ne me donne pas son NIP. Ça ne donne rien.
M. Marceau : C'est soleil123.
Therrien : ...le député de Beauharnois, là, il est
«black-ballé», mais, je veux dire... Je ne sais pas s'il y en a qui
veulent rajouter quelque chose, mais moi, je suis prêt à poursuivre à l'autre
après.
M. Moreau : Le député de Beauharnois
est muselé.
M. Leclair : Oui, bâillonné.
M. Villeneuve : Avec consentement,
on peut tout faire.
M. Moreau : Oui, on peut même
le frapper.
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Président (M. Auger) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions? Une autre intervention, M. le député de
Rousseau?
Marceau : Le deuxième paragraphe du premier alinéa, le lien
avec 5.1, là, ce que vous avez dit, c'est que les dispositions qui sont prévues au deuxième alinéa
de 5.1 puis qui permettent d'envisager un plafond plus élevé... Vous dites : On ne pourrait pas les utiliser dans le
contexte de 18.1 parce que, dans 5.1, on prévoit, je ne sais pas, qu'une
démonstration doit être faite? C'est ce que j'ai...
Moreau : ...dans ce dernier cas, le rapport prévu au...
Regardez dans 5.1, deuxième alinéa, au centre : «Dans ce dernier cas, le
rapport prévu au deuxième alinéa de l'article 3 doit justifier que cette
majoration est nécessaire en vue de permettre
le versement», blablabla. Pour les régimes dont le degré de capitalisation est
supérieur à 100 %, une majoration de 0,25 %.
Alors, où est-ce
qu'on voit aussi que la régie... c'est la régie qui va apprécier si on est dans
ces critères-là, là.
M. Marceau :
...vous poser ma question très simple...
Moreau : Parce qu'il y a comme... il y a une vérification qui
est faite par la régie, de dire : Les critères que vous réclamez et
qui amènent une augmentation du plafond de 18 % et de 20 %, qui sont
les critères de 5.1, il y a une évaluation qui se fait là-dessus. Alors là, ça
voudrait dire que, si on les transportait à l'article 18.1, au deuxième paragraphe du premier alinéa, on imposerait qu'une
évaluation soit faite à savoir s'il y a report ou pas. Alors là, la
question du report étant une question d'exception, on dit : On va s'en
remettre à des critères qui sont mesurables et que tout le monde va connaître,
là. Ou bien vous êtes dedans ou bien vous ne l'êtes pas. Est-ce que vous me
suivez?
Marceau : Bien, j'essaie, mais, dans le 5.1, dans le deuxième
alinéa de 5.1, on parle de l'évaluation qui est menée en vertu de l'article 3 puis, dans 18.1, on parle de l'évaluation
actuarielle qui est menée en vertu de l'article 3. Ça fait que, dans les deux
cas, on a une évaluation qui est menée en vertu de l'article 3. Dans un cas, on
va y appliquer un traitement a puis,
dans l'autre cas, on va y appliquer un traitement b, puis on va prendre des
décisions différentes. Regardez, on peut...
M. Moreau :
On ne prendra pas des décisions différentes, c'est-à-dire que ça va avoir un
impact différent.
Marceau : C'est ça, ça va avoir un impact différent. C'est ce
que je veux dire. Et puis, dans le cas de 5.1, bien, ça permet que, pour la suite des choses, les
plafonds soient supérieurs puis que, dans le cas de 18.1, ça ne permet pas
de relâcher la contrainte. Regardez,
peut-être qu'il y a d'autres arguments, mais j'ai de la misère à comprendre
l'argument administratif. Peut-être existe-t-il, là, mais j'ai de la misère.
M. Moreau : En fait, la réponse est plate, là, c'est de dire
que, sur la base de ce que l'on vous a donné comme information, les critères du 18 % et
20 % ne sont pas modulés pour tenir compte de l'assouplissement de
l'article 5 quand on est rendu au deuxième paragraphe de l'article 18.1.
Alors, la question que je pose — et je la pose tout fort aux gens de la régie — c'est dire : Est-ce que ça modifie de
façon substantielle le nombre de régimes qui pourraient reporter? Là, on
est à évaluer la question.
M. Marceau :
O.K. Préférez-vous qu'on attende la réponse pour procéder?
M. Moreau :
On est-tu capable d'avoir ça rapidement?
M. Moreau :
On va l'avoir cet après-midi.
M. Marceau :
O.K. Parfait. En fait, moi, c'est ma seule question.
Le Président (M.
Auger) : O.K. D'autres interventions concernant l'amendement?
M. Moreau :
Vous n'auriez pas pu passer votre tour.
M. Moreau :
...ils vont se rappeler de vous à l'heure du lunch. À quelle heure on finit?
Président (M. Auger) : Bien, de toute façon, l'amendement, en toute
amitié, je vous suggérerais, s'il n'y a pas d'autre intervention, de le
suspendre parce qu'on a déjà un sous-amendement qui est suspendu. Donc, on
pourrait passer à 19, là, s'il n'y avait pas d'autre intervention, là.
Therrien :
...je veux juste...
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Président (M. Auger) : Oui, nous terminons à midi.
Therrien :
Non, mais juste...
Therrien :
Je poursuis dans ma lecture. Vous dites que l'entente intervenue entre les
parties prend effet à l'échéance de la convention collective.
M. Moreau :
Là, vous êtes où, vous?
Therrien : Là, je suis à l'avant-dernier... je suis à
alinéa, là... avant-dernier alinéa, là. Tu sais, j'ai vraiment respecté,
là, ce que j'avais proposé, là. J'essaie, là. Je me débrouille bien.
Moreau : Non, mais c'est parce que vous êtes à l'alinéa
suivant. «L'entente intervenue entre les parties en application du
chapitre III prend effet à
l'échéance de la convention collective ou de toute autre entente qui prévoit le
régime à moins que les parties ne
conviennent qu'elle prend effet à une date antérieure.» C'est le respect des
ententes signées.
Therrien :
C'est ça, on respecte vraiment les ententes, là, de façon évidente. Ça veut
dire que, quand on commence à négocier le
1er janvier 2016 pour, mettons, jusqu'à un an et demi, au pire, si ça ne se négocie pas très bien, l'entente qu'on signe après un an et demi de négociation va s'appliquer
à partir de l'échéance de la convention
collective.
M. Moreau :
Oui, ce que je vous disais tantôt, là, il y en a jusqu'au 31 décembre 2020. Il
n'y en a pas beaucoup, là, il y en a une dans ce cas-là... Il y en a... Oui.
Therrien :
Ah! O.K. Même celle-là...
Therrien :
Ça veut dire que c'est à partir de 2020 qu'on a...
Moreau : Que les
nouvelles dispositions négociées en raison du report vont prendre effet à ce moment-là.
Therrien :
O.K. On respecte vraiment les contrats, là, de façon évidente dans ce cas-là.
M. Moreau : Oui. Le gros,
là, honnêtement — et
je ne vous regarde pas lorsque j'utilise cette expression — c'est 2018.
Therrien :
...je n'ai pas compris que le gros...
M. Therrien :
C'est de ça qu'il parlait, là. Quand il a dit 2018... J'ai-tu l'air de... O.K.
Le gros...
M. Moreau :
J'avais la tête dans mes feuilles, là, quand...
Therrien : O.K. Ça
va. Donc, ça tombe quand même assez bien parce que les négociations, généralement, vont être... C'est en 2017 qu'ils vont signer,
règle générale. Ça fait qu'ils...
Moreau : Ils le font
en 2016. Normalement, ils devraient... Mettons, ils ont 18 mois de
négos parce que ça va... ça va, puis ils ont... Alors, ils vont
arriver pour 2018. Ça fait que les cas, tu sais, où c'est véritablement problématique à partir du
moment où on reporte ne sont pas légion, là.
Therrien : O.K. Je ne sais pas s'il y en a qui auraient des
choses, là, des questions par rapport à cet alinéa-là. Je ne veux pas
qu'on... tu sais, aller trop vite.
Le Président (M. Auger) :
Troisième alinéa, des interventions?
M. Moreau :
Est-ce qu'il y a des gens qui ont des droits?
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Bien,
j'y vais avec le dernier : «...toute disposition...» O.K. Là, vous parlez
d'indexation des rentes des retraités, c'est
suspendu. Et ça, moi, j'aurais aimé, en tout cas, avoir cet après-midi, là...
Moi, ça ne me dérange pas d'aller à
l'article suivant, mais, en tout cas... Parce que ça, ici, on parle du calendrier
encore une fois, là, les dates puis tout ça, là, puis je vous avoue que
je suis un petit peu...
Moreau : Des études actuarielles.
Therrien :
Oui. Exactement, c'est ça, puis comment ça s'applique, puis dans quelles
circonstances qu'on... Ça, honnêtement,
j'aurais aimé ça... Vous avez déjà fait un dessin, hein, ce qui est quand même
un exploit d'un ministre, quand même, là...
M. Moreau :
J'ai des notes personnelles.
Therrien : Oui. Alors donc, on va se... Là, si jamais on a
quelqu'un à chicaner, s'il y a des erreurs, ça sera le ministre qui
écopera. C'est ce que je comprends.
M. Moreau :
Mais elles seront corrigées pendant l'heure du lunch sans que vous en soyez
informés.
Therrien : O.K. Ça va.
Bien, moi, honnêtement, ça aurait fait le tour pas mal de ce que je
voulais poser comme questions. Là, si
on résume, j'ai... Là, on va vérifier ce que vous nous avez donné pour les cas
d'espèce, on va regarder notre sous-amendement par
rapport à ça. Vous allez nous revenir
avec le 18 % et le 20 %, à
savoir si on y allait de façon à ce qu'on
respecte, là, les paramètres, les nouveaux paramètres qu'on a d'ajustement du
plafond que... si ça touche beaucoup de régimes. Vous allez nous fournir
le calendrier cet après-midi. On est pas mal dedans, là, je pense. Ça fait que...
Le Président (M.
Auger) : Donc, beaucoup d'activités sur l'heure du midi.
M. Moreau :
Sur l'heure du lunch. Beaucoup d'activités sur l'heure du lunch pour les gens
de la régie.
Le Président (M.
Auger) : Donc, ça vous va, M. le ministre, en termes de...
Le Président (M.
Auger) : Oui? Ça va?
Therrien :
Donc, j'ai fait un bon résumé? C'est ça, on peut...
Therrien :
Non, non, je parle... Bien, je parlais juste...
M. Moreau :
Non, vous avez même...
Le Président (M.
Auger) : Donc, la suite vers 15 heures?
M. Moreau :
Non, non, il a parlé de votre cas aussi.
M. Marceau :
Oui. O.K. Je n'écoutais pas, excusez.
Therrien :
Non, mais j'essaie de résumer...
M. Moreau :
Vous non plus...
M. Marceau :
...par le député de Beauharnois.
M. Moreau :
Vous non plus, vous ne l'écoutez... Ah non!
Therrien :
Si mon ex avait été comme ça, je serais encore marié aujourd'hui.
Le Président (M.
Auger) : La suite vers 15 heures.
Là-dessus, compte
tenu de l'heure, je vais suspendre les travaux.
(Suspension de la séance à
11 h 56)
Président (M. Auger) : Nous
allons reprendre nos travaux. Nous étions ce matin à l'amendement introduisant
l'article 18.1. M. le ministre.
M. Moreau :
Oui. Nous avions pris un certain nombre d'engagements que nous sommes en mesure
de remplir au moment de reprendre nos travaux. D'abord, le député de Sanguinet
nous a demandé la Ligne du temps des évaluations actuarielles à
produire dans le cadre du projet
de loi n° 3 . Alors, on a un tableau qui comporte trois
pages et qui indique, à partir...
Therrien : ...croquis,
ça a fait du chemin, hein?
M. Moreau : ...à partir de
mon croquis... Mais c'était la substantifique moelle.
Therrien : Oui,
oui, oui, je n'en doute pas.
M. Moreau : Et là on a comme épuré tout ça pour vous donner
tout ce qu'il y a. Alors, vous aurez les dates des évaluations
actuarielles, à quoi elles servent. Alors, 31 décembre 2013,
31 décembre 2014, 31 décembre 2015, 31 décembre 2016, 31 décembre 2017, 31 décembre
2018. Là, il ne s'agit pas de faire
peur au monde, il s'agit juste de dire... Parce qu'en réalité on a
repris les cycles de trois ans, compte tenu de la question qu'avait posée le
député de Beauharnois, qui faisait référence
à ses écritures qu'il avait de la difficulté à relire et, après laquelle
réponse, il a fait une autre série d'écritures qu'il aura encore de la
difficulté à relire cet après-midi ou demain.
M. Leclair : Non, non, elle
était très claire, celle-là, la deuxième...
M. Moreau : Deuxième coup,
c'était bon?
M. Leclair : Oui, oui,
deuxième version, c'est en lettres attachées.
M. Moreau : Alors, on va
déposer ça. Alors, le tableau 1, c'est les évaluations actuarielles à
produire pour l'ensemble des régimes de
retraite, alors tout le monde. Le tableau 2, deuxième page, c'est les
évaluations actuarielles à produire pour les régimes de retraite qui ne
peuvent pas reporter la restructuration, donc ceux qui ne sont pas dans le cas de 1° et 2° de 18... paragraphes 1° et 2° du
premier alinéa, 18.1. Et le tableau 3, les évaluations actuarielles à
produire pour l'ensemble des régimes de
retraite qui reportent la restructuration, parce que, là, le décalage se fait,
et on respecte le cycle de trois ans.
Est-ce qu'on a des copies pour tout le monde?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre, est-ce que ça sera un dépôt public ou un dépôt pour les collègues
seulement?
M. Moreau : Bien, on peut
faire un dépôt public. Ceux qui veulent en avoir des copies...
Therrien :
...ça a beau être assez simple, j'aurais quand même aimé en avoir une copie
quand ça sera prêt, là. On peut continuer puis...
Le Président (M. Auger) : Oui, on va
faire des copies, mais, effectivement, je vais les déposer quand même pour la
commission.
M. Moreau : On fait des
copies? Bon.
Therrien : C'est
tout simplement à
titre informatif, donc on peut continuer à jaser du projet de
loi puis...
M. Moreau :
O.K. Alors, ça, c'est le premier élément. Le deuxième élément, vous nous avez
posé la question... Je pense que c'est le député de Rousseau qui nous a
posé la question à savoir si... quoique, là, je ne suis pas sûr de la paternité
de la question.
Therrien : M.
Rousseau, oui.
M. Moreau : Je ne suis pas
sûr, non, à savoir s'il y avait des indexations à Laval. C'est vous qui
l'avez...
Therrien : Non, ça,
c'est M. Blainville. Ça, c'est M. Blainville.
Moreau : C'est M. le député de Blainville. Vous nous avez posé
la question à savoir s'il y avait des indexations dans les régimes de la
ville de Laval, pour laquelle nous vous avons déposé la fiche d'information ce
matin. Alors, l'information que j'ai, c'est
qu'il y avait, jusqu'en 2007, une forme d'indexation qui était partielle.
Depuis 2007, il n'y a plus d'indexation. Et, selon les groupes,
l'indexation varie donc, avant 2007, entre 0,18 % et 0,74 % selon les
groupes.
M. Laframboise : Parfait. O.K.
M. Moreau :
O.K.? Ça, c'est la deuxième information. La troisième information, on nous a
demandé — là,
c'est le député de Rousseau — si nous appliquions la modulation prévue à
l'article 5.1 au deuxième paragraphe du premier alinéa de
l'article 18.1 — tout
le monde suit? — s'il
y avait une augmentation du nombre de régimes. Parce qu'on avait évalué à...
Attendez un peu, je l'ai ici.
M. Moreau : Oui, à 50,
environ, mais on avait 40...
M. Moreau : À 50, donc 41
capitalisés entre 80 % et 100 % et qui rencontrent un des critères.
Un des critères, c'était le plafond à
18 %. Et donc la question, c'était : Est-ce que ça augmente le nombre
de régimes qui pourraient s'en
prévaloir si on apportait, donc, la même modulation qu'à l'article 5.1 au
deuxième paragraphe du premier alinéa de 18.1? La réponse, c'est : Oui, ça augmenterait d'un, deux, trois,
quatre, cinq, six, sept le nombre de régimes. Donc, au lieu d'en avoir
50, il y en aurait 57.
M. Moreau : Je pense que ça
fait le tour de ce que nous nous étions engagés à produire à 15 heures. Et
il y a toujours la question du calcul que le
député de Rousseau a donné à M. Jean et pour lequel nous aurons les
informations à la reprise de nos travaux, à 19 h 30.
Le Président (M. Auger) : Merci, M.
le ministre. M. le député de Sanguinet.
Therrien : Juste
pour...
M. Moreau :
Et je veux remercier, M. le Président, juste avant que le député de
Sanguinet... je veux remercier les gens de la régie, là, qui font
vraiment un travail exceptionnel à grande vitesse.
Le Président (M. Auger) : Merci. M.
le député.
Therrien : Oui. Moi
aussi, je les remercie parce que ça nous aide à gagner du temps puis comprendre
davantage, là, des aspects...
Therrien : Bien
oui. Bien oui, parce qu'on pourrait élaborer davantage là-dessus, mais on gagne
du temps. Je trouve qu'il y a
des gens qui réagissent drôlement. Oui, il doit y avoir quelque chose dans l'eau, M. le
Président. Je ne sais pas trop, mais... Ou
ils ont pris du Red Bull, et puis ils sont en feu. Alors donc... Non, juste
vous demander... Vous avez dit que
c'était de 50 à 57, est-ce que ça vous encourage à apporter des modifications ou... Honnêtement, là, si... C'est parce que... Je ne sais
pas, là, il faut que ce soit conséquent avec ce qu'on a déjà vu.
M. Moreau : Oui. Bon, très bien, c'est ça.
Alors, oui, j'ai demandé à ce qu'on fasse cette vérification-là, mais
on n'aurait pas d'objection à ce que la même modulation se fasse dans le cas du
deuxième paragraphe de l'article 18.
Therrien : Je vais
vous laisser le soin, à ce moment-là, peut-être de rédiger le sous-amendement
puis...
M. Moreau : Bien, c'était la
demande du député de Rousseau, hein?
M. Moreau : Oui? O.K. Oui,
oui, on pourrait faire... Oui, bien, quand on aura fini...
Therrien : Oui,
oui. C'est correct, oui, oui.
M. Moreau :
Parce que, là, on est déjà sur un sous-amendement encore, M. le Président?
Le Président (M. Auger) : Oui, tout
à fait.
M. Moreau :
Alors, quand on aura disposé... J'ai nettement l'impression qu'on s'en va vers
un retrait de votre sous-amendement, sans présumer de l'avenir.
M. Moreau : Et donc,
lorsqu'on aura franchi cette étape-là, on pourra en introduire un, donc, pour
plaire au député de Beauharnois et le faire mentir encore. Nous attribuerons la
paternité au député de Rousseau.
M. Leclair : Mon coeur ne
saigne pas fort, fort, là.
M. Moreau : Je le sais, vous
avez l'air à être pas mal étanche, il n'y a pas de fuites.
Le Président (M. Auger) : Alors, M.
le député de Sanguinet, sur l'amendement, bien sûr.
Therrien :
Non, mais je tiens, tout simplement, à féliciter le député de Rousseau pour son
sous-amendement. Et merci au ministre d'avoir acquiescé...
M. Moreau : Un instant, on
n'est pas rendus là.
Therrien : Non,
non, mais je suis un gars prévoyant.
M. Moreau : Vous anticipez.
Vous anticipez.
Therrien : Oui,
c'est ça, exactement. Alors, si vous voulez, après ces points d'ajustement, là,
par rapport au 18.1, on pourrait peut-être ouvrir le sous-amendement et
permettre au député de Beauharnois de prendre la parole éventuellement, mais
surtout de passer à travers l'exemple que vous avez donné tantôt. J'aurais
peut-être quelques petites questions.
Therrien :
Bien, par rapport à la ville de Laval, si on donnait le choix aux petits
groupes d'y aller, même si le gros groupe ne peut pas y aller, ainsi de
suite.
M. Moreau : Ah! oui. Oui.
Therrien : Bien,
d'abord, vraiment, je tiens à vous remercier parce que je sais que de produire
un document comme ça, ça ne doit pas être
évident, de trouver un exemple qui nous amène avec les demandes assez
précises qu'on vous avait faites, puis,
finalement, vous avez trouvé un cas d'espèce qui répondait, grosso modo, à nos
exigences, là. Est-ce que vous voulez le
présenter rapidement puis... Ou je ne sais pas comment vous voulez faire ça, vu
qu'on l'a déjà lu.
Le Président (M. Auger) : Là, on est
revenus sur le sous-amendement?
Therrien : Oui, là,
vous... Moi, ce que je propose...
Le Président (M. Auger) : Juste...
Oui.
Therrien :
Honnêtement, ce que je propose, c'est d'ouvrir le sous-amendement... réouvrir
le sous-amendement que j'avais déposé. Et, à
travers ça, on pourrait, rapidement, voir ce qui se passe là-dedans puis
évaluer si... Nous, on demande juste à être convaincus de retirer le
sous-amendement pour qu'on puisse...
Le Président (M. Auger) : O.K. Je
veux juste, avant, être sûr, là, concernant l'amendement, M. le député de
Blainville, ça vous va? Puis de revenir sur le sous-amendement du député de
Sanguinet, il y a consentement?
Le Président (M. Auger) : Il y a
consentement. Donc, M. le député de Sanguinet, nous y allons.
Therrien : O.K.
Bon. Rapidement, moi, ce que j'aimerais, honnêtement, M. le ministre, là,
c'est, en quelques minutes, là, que vous
parliez de l'approche globale en un et que vous parliez ensuite de l'approche
catégories des articles 18 et 18.1.
Moreau : Dans le document? Dans la fiche d'information?
Therrien :
Oui, oui, c'est ça. Parce que, vous, c'est sûr que vous prônez...
M. Moreau :
L'approche globale.
Therrien : ...l'approche globale. Parce que l'approche... Ce
que je vois, c'est que l'approche catégories, là, elle donne avantage,
dans ce cas-là, à seulement un groupe d'y aller.
Moreau : Puis, même dans ce cas-là, ça indique aussi que, sur
les neuf, il n'y en a seulement qu'un qui est à 100 %. On voit aussi que c'est vraisemblablement beaucoup plus
récent comme groupes que, par exemple, les policiers, les pompiers ou
les employés de bureau et... Un. Deux, on voit bien que ça ne rend pas
<359 compte
de la réalité. La réalité, c'est que chaque groupe est largement
sous-capitalisé, là. Le meilleur est à 73,4 %, c'est les cols bleus.
Alors, l'urgence de revoir le régime me
semble être présente ici. Le régime n'est pas capitalisé à 80 %, donc il
n'y a pas de report possible. Ce qui
est la base, hein? Donc, l'ensemble des catégories doivent débuter au plus tard
le 1er février 2015. C'est ce que prévoit l'article 18. Bien, pour faire
court, là, d'après moi, c'est le meilleur résumé que je puisse vous donner, là.
Therrien : Moi, je vais vous avouer, la seule chose qui m'a
titillé dans ce que j'ai lu, là, c'est par rapport à la deuxième page quand on parle de lourdeur
administrative. Regardez, quand on parle de lourdeur administrative, là,
on écrit à un moment donné : «Il faudra
modifier le projet de loi pour imposer aux villes la façon de procéder afin de
calculer les déficits appartenant aux autres groupes au 31 décembre
2014.» Mais ça, on l'avait...
M. Moreau :
Ça veut dire que, si on avait un autre exemple que celui de Laval...
M. Moreau :
Parce que, là, dans le cas de Laval, là, ils sont tous sous-capitalisés, sauf
une exception. Ce que je comprends, c'est
que, si vous aviez plusieurs groupes distincts qui ne se restructuraient pas en
même temps... Reprenons d'autres
chiffres, là. Mettons que, sur les neuf groupes à Laval, il y en a la moitié...
il y en a quatre qui peuvent entrer dans un report de restructuration, puis cinq qui ne peuvent pas. Là, vous
allez créer... Chaque groupe, si on y allait groupe par groupe, même un groupe qui peut se restructurer...
Rappelez-vous de la question que posait le député de Beauharnois, il
pourrait arriver qu'un groupe dise : Moi, oui, je peux me restructurer,
mais je vais le faire tout de suite plutôt que d'attendre. Moi, je vais attendre parce qu'en ce qui me concerne, moi,
ma convention collective, je préfère qu'elle se rende à échéance. Parce qu'ils n'ont pas nécessairement
des conventions collectives qui échoient en même temps. Alors, c'est un
peu la réponse que vous donnait M. Jean, c'est-à-dire que, quand on crée des
groupes, là, on multiplie le nombre de situations
possibles, et c'est la raison pour laquelle c'est un choix qui est fait de
dire : Bien, on conserve l'approche globale.
M. Moreau :
Non, je sais, mais c'est M. D'Astous. Mais M. Jean était là, sur ce fauteuil,
lorsque...
M. Moreau :
C'est le député...
M. Marceau :
Non, ce n'est pas M. Jean.
M. Moreau :
C'est le député de Beauharnois, à qui rien n'échappe.
Leclair : Je vous ai vu faire M. Jean, j'ai dit : Là, il y
a de la famille, il y a de la parenté, il y a quelque chose.
Therrien : Non, mais, quand... Là, dites-moi si je me
trompe, quand vous avez écrit ça, ce bout-là, nous, on avait demandé à... Je pense, l'amendement qu'on
avait mis... Au 5 ou au 3? Je ne me rappelle plus trop où est-ce qu'on
avait mis ça, là.
Therrien :
5, pour les comptabilités distinctes.
M. Moreau :
5.1, je pense.
Therrien :
Oui. Mais c'est qu'ici il y a une comptabilité distincte... Bien, dites-moi si
je me trompe. Avant, on proposait une
comptabilité distincte sous certaines conditions, hein, si la majorité le
désire. Vous me suivez?
M. Moreau : Je vous suis.
Therrien : Ici, vous dites : Le problème, c'est qu'on
est obligé de faire une comptabilité distincte complète, «all across the
board», comme diraient les gageurs de courses.
M. Moreau :
Rappelez-vous encore une fois que M. Jean était très hésitant à utiliser
l'expression «comptabilité distincte» parce que «comptabilité
distincte», pour la régie, là, c'est tout un mécanisme différent. Je pense que
c'était en argumentaire avec le député de Rousseau, là, que ces questions-là
avaient eu lieu, où il disait : Non, n'utilisez pas l'expression
«comptabilité distincte».
Therrien :
O.K. Mais on se comprend, là, écoutez. Donc là, ça se ferait de façon
systématique ou, comme vous dites, en langage de gageur de courses, «all
across the board».
M. Moreau : «All across the board, and they're off.»
Therrien :
That's it. Here they are. O.K.
M. Moreau :
Here they are. Ils sont ici.
Therrien :
Pour moi, on se tenait aux mêmes places. Alors donc, ça, ça me titillait un
peu. Écoutez, je ne sais pas si mes collègues auraient des questions.
Moi, ça m'irait, probablement, là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Moi, pour revenir, M. le ministre, à l'exemple de Laval,
tu sais, je vous disais, la dernière fois que je vous ai posé des
questions, je vous disais : On va regarder ça en termes macro, là, pour se
donner la façon de procéder, là. Parce que,
là, vous m'êtes revenu en disant : Bon, bien, là, l'indexation,
finalement, il n'y en a pas beaucoup, d'indexation.
M. Moreau : Il n'y en a pas
beaucoup parce que... En fait, il y en avait avant. Il y en avait jusqu'en
2007, et je comprends qu'après 2007 il n'y en a pas. Et, avant 2007, c'est très variable selon que c'est le personnel
de direction, qui, eux, jusqu'en 2007, étaient à 0,18 %, alors que
les pompiers étaient à 0,74 %. Est-ce que c'était pleinement indexé?
C'était indexation automatique? Non?
Une voix : C'est des clauses
très différentes.
M. Moreau : C'étaient des
clauses différentes, alors, qui pouvaient prévoir, par exemple, un pourcentage en
dessous de l'IPC.
Laframboise : Si on prend le
cas, exemple, des employés de bureau, là, qui, eux, ont un actif de 113 millions,
274 millions de passif, 161 millions de déficit, c'est important, là.
Je veux dire, par rapport...
M. Moreau : Mais les employés
de bureau, voyez-vous, il n'y avait aucune indexation.
M. Laframboise : Donc là, on ne
pourra pas récupérer rien chez les employés de bureau, là...
M. Moreau : Sur la base de
l'indexation.
M. Laframboise : ...sur la base de
l'indexation.
M. Moreau : Il va falloir
faire un réaménagement du régime.
M. Laframboise : Et là un
réaménagement très important, là.
M. Moreau : Bien, important... Dans le cas des employés de bureau, là, je ne
l'ai plus, cette fiche d'information. Dans le cas des employés de
bureau, oui, alors l'actif, 113 millions, et passif, il y a un déficit de
161 millions.
Laframboise : C'est ça. Donc
là, on risque d'avoir un régime qui va... C'est parce que nous, on se
dit : On n'est pas supposé de toucher à la...
M. Moreau : Ah! non, non, mais là c'est parce que
vous voulez... Si vous le défaites en groupes, ils sont... C'est un seul
régime, hein? C'est ça ou...
Une voix : Oui, c'est un seul
régime.
M. Moreau : C'est un seul
régime qui comporte tout le monde, là, c'est ça?
M. Moreau :
C'est un seul régime qui comporte tout le monde. Alors, le ratio de
capitalisation ici... Si vous prenez les
employés de bureau seuls, ils ont un ratio de capitalisation de 41,2 %,
mais la mutualisation les aide, le fait de les conserver en groupe les
monte à 68,7 %.
Laframboise : ...c'est que la négociation va avoir lieu en groupe.
Laframboise : C'est ça. C'est ce que nous dit...
M. Moreau :
La rédaction actuelle du projet de loi, c'est ce qu'elle prévoit, et d'avoir
une approche globale.
Laframboise : O.K. Puis, si
on prend une décision par rapport à réduire le régime, on réduit le régime
pour tout le monde.
M. Moreau :
C'est-à-dire que la valeur attribuée à ce que l'on modifiera dans le régime va
bénéficier à tous.
Laframboise : Mais je veux
dire, je parle de... Si la décision est prise de prolonger le nombre d'années
avant la retraite, ça va être pour tous les employés, pas...
M. Moreau :
Normalement, oui.
Laframboise : Ça va être tous les employés.
M. Moreau :
Oui. C'est ce que je comprends, oui.
Laframboise : O.K. O.K.
Mais, par contre, ça veut dire que les cols bleus vont subir davantage
par rapport aux employés de
bureau. Mais c'est ça, la...
M. Moreau :
L'effet du groupe, là.
Laframboise : Oui, oui.
M. Moreau :
Des fois, le groupe va m'avantager; des fois, le groupe va moins m'avantager.
Laframboise : O.K. Parfait.
Moreau : Mais je
pense qu'on avait convenu à la fin de la
semaine dernière qu'en général il va
y avoir un avantage à y aller par groupes.
Laframboise : Oui, oui. Non,
c'est juste pour... Parce qu'on a un exemple précis qui nous donne quand même...
Laframboise : Y avait-u quelque chose?
Le Président (M.
Auger) : Oui, c'est ça...
M. Moreau :
Non, non, c'était vraiment...
Le Président (M.
Auger) : Non, pas... O.K.
Laframboise : Non? O.K. C'est bon. Parfait.
M. Moreau :
...business interne.
Laframboise : O.K. C'est bon. Merci.
Le Président (M.
Auger) : Ça va, M. le député de Blainville?
M. Laframboise : Oui, oui.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions concernant le sous-amendement?
M. Leclair : Moi, j'irais...
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Beauharnois.
M. Leclair : J'ai racheté des
minutes, là, M. le Président?
Le Président (M. Auger) : Vous, vous
avez pas mal de minutes, là, M. le député de Beauharnois, sur le sous-amendement.
M. Leclair : Ah oui? Oui,
oui? Si large que ça? Ah! c'est bien. C'est juste... Je n'ai pas besoin de
savoir les minutes.
Le Président (M. Auger) :
20 minutes, est-ce que ça...
M. Leclair : Bien, si vous pouvez m'en donner plus, je vais le
prendre. Mais, si c'est juste 20, je vais prendre juste 20.
Président (M. Auger) : Étant
donné que je suis quelqu'un qui est «by the book» avec le règlement, donc
ça va être 20 minutes.
M. Leclair : O.K. Je vais
essayer de ne pas tout le prendre, monsieur...
M. Moreau : Vous n'êtes pas
obligé de tout prendre.
M. Leclair : Exact. Ça, j'ai
compris, de la manière qu'il m'avait fait signe, que c'était comme...
Le Président (M. Auger) : C'était un
maximum, hein?
M. Leclair : Mais je reviens, justeme