House Proceedings — 27 May 2015 (41st Legislature, 1st Session)
2015-05-27
Quebec — Debates (Hansard)
J'ai même une
petite anecdote à vous confier à ce sujet. Lorsque je suis allé visiter
Mme Désy, à notre grande surprise, nous avons découvert qu'elle
avait été l'une de mes enseignantes au niveau primaire. Ce fut une très belle
rencontre.
Pour tous vos
accomplissements, votre passé, votre présent et votre futur, vous méritez
amplement d'être célébrés et reconnus. Profitez des petits moments de bonheur
que vous offre la vie. J'en profite une fois de plus pour leur souhaiter un
joyeux anniversaire. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, M. le député, je vous remercie. Et, pour la prochaine
déclaration, je cède la parole à M. le député de Groulx.
Surprenant : Mme la Présidente, une belle entreprise familiale de chez nous célèbre cette année son
60e anniversaire, Jardin Dion. Alors, je félicite chacun des membres de
la famille Dion pour leurs succès et précieux dévouement des six dernières
décennies.
Je désire
profiter de l'occasion qui s'offre à moi pour particulièrement souligner
l'excellent travail de M. Serge Dion. Cet homme de valeur et d'exception est reconnu par la communauté pour
ses très nombreuses implications, tant économiques que sociales, depuis plus d'un quart de siècle
dans la MRC. Je rappelle que Serge Dion a été reconnu Personnalité de l'année de la CCITB en 2005. En soutenant diverses causes
qui lui tiennent particulièrement à coeur, telles que l'entrepreneuriat,
la relève d'affaires et en culture, les
aînés, les jeunes, les plus démunis, ce grand Québécois a toujours su se
démarquer, ce qui fait de Serge Dion un exemple à suivre.
Alors, mon
collègue député de Blainville, M. Laframboise, et moi remercions
M. Serge Dion pour son remarquable engagement. Nous sommes fiers de
sa participation active dans notre communauté, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Et, pour nous
présenter sa déclaration d'aujourd'hui, je cède la parole à Mme la
députée de Richmond.
Vallières :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est quelques jours après leurs
célébrations mais avec beaucoup de
sincérité que j'invite aujourd'hui mes collègues de l'Assemblée nationale à se
joindre à moi pour souligner le 80e anniversaire du Cercle de la
bonne entente de St-Camille.
Le Cercle de la bonne entente est une
association de femmes qui participent activement au dynamisme de la communauté camilloise. Le Cercle de la bonne
entente constitue un partenaire pour la réalisation, entre autres, d'actions
en lien avec la Municipalité amie des aînés,
l'adaptation de l'offre culturelle, le développement d'un service d'entraide et
d'écoute de même que l'offre
d'ateliers et de conférences concernant les saines habitudes de vie et
également la sécurité des aînés.
En terminant,
Mme la Présidente, permettez-moi de saluer Mme Claire Royer, responsable,
ainsi que les membres de l'organisme. Un bon 80e anniversaire,
mesdames, et merci de contribuer à la vitalité de la vie à Saint-Camille!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée.
Et, pour la prochaine déclaration, c'est au tour de M. le député de
Matane-Matapédia.
Bérubé : Mme la Présidente,
aujourd'hui, je désire souligner le travail de deux jeunes entrepreneurs
originaires de Matane qui oeuvrent maintenant dans le milieu des
affaires de la région de Québec.
Il y a un
mois, au terme de La Foire des entrepreneurs de Québec, MM. Luc Tremblay
et Jacob Gagnon se sont vu décerner
la bourse Créateurs d'entreprise de la Chambre de commerce de Québec et le Prix
du public pour la mise sur pied de
l'entreprise GoSoumissions.com. Les cofondateurs de l'entreprise ont développé
une plateforme Web offrant aux utilisateurs
la possibilité d'obtenir des soumissions de trois entreprises afin de faire
exécuter différents travaux d'entretien, de rénovation ou de construction.
Depuis un an, GoSoumissions.com a permis la réalisation de 250 projets de
rénovation représentant plus de 1,5 million. L'entreprise est maintenant
en pleine expansion et offre depuis peu de temps ses services aux villes
de Laval et de Montréal.
Je tiens à
offrir toutes mes félicitations à Luc et Jacob, deux hommes d'affaires à
l'avenir très prometteur. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député. Toujours à la rubrique des déclarations de députés, je cède la parole à M. le député de
Maskinongé.
M. Plante :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, aujourd'hui, j'aimerais féliciter
Mlle Léonie Dupuis, jeune femme de
18 ans native de Saint-Alexis-des-Monts, qui s'est illustrée aux
États-Unis en se méritant la prestigieuse bourse d'études John C. Pace de l'université West Florida. Cette bourse
de plus de 100 000 $ américains est basée sur les performances académiques de l'étudiant tout au
cours de ses études secondaires. En plus des résultats scolaires, un essai
littéraire et une entrevue sont pris en compte.
Léonie
vit dans l'État de la Floride depuis neuf ans, mais sa passion et ses efforts
scolaires ont débuté à Saint-Alexis-des-Monts grâce à la passion de ses
enseignants, qui l'ont toujours encouragée à faire mieux.
dois souligner, Mme la Présidente, que seulement 100 étudiants aux États-Unis
sont invités à participer aux différents
tests pour se mériter cette bourse. Grâce à cette bourse, Léonie pourra
demeurer concentrée sur ses études et éventuellement
elle fréquentera l'école de médecine de l'université de Stanford en Californie.
Bon succès, Léonie, on est fiers de toi! Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Et maintenant,
pour sa déclaration d'aujourd'hui, je cède la parole a Mme la députée de
Mille-Îles.
Charbonneau : Merci, Mme la Présidente. Je veux souligner la
Semaine L'Amitié n'a pas d'âge, qui se déroule
du 25 au 31 mai 2015. Organisée par l'Association L'Amitié n'a pas d'âge,
cette semaine donne lieu chaque année à une multitude d'activités à travers le Québec, qui ont pour objectif de
jeter des ponts entre les générations et de mieux se connaître. Cette
année, la 28e édition sera tenue sous le thème Générations complices,
communauté engagée .
Depuis
20 ans, l'association développe de nouvelles solidarités
intergénérationnelles dans les milieux de vie des aînés et des jeunes. Elle sensibilise la
population à l'importance des rapprochements intergénérationnels et contribue
de façon importante à l'évolution d'une société inclusive pour tous les
âges.
Aussi,
je tiens à exprimer ma reconnaissance envers tous les organismes qui
s'investissent en ce sens et qui font de cette semaine un grand succès.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Et maintenant je me tourne
vers M. le député de Huntingdon.
M. Billette : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Il me fait plaisir aujourd'hui de
souligner le travail exceptionnel du
Club Optimiste d'Ormstown et de souhaiter à tous ses membres et bénévoles un
excellent 25e anniversaire de fondation. J'aimerais aussi féliciter
M. Bernard Guérin, un des membres fondateurs et président actuel de
l'organisme.
Depuis 25 ans,
le Club Optimiste joue un rôle très actif dans la communauté, en s'impliquant
et s'engageant auprès de nos jeunes. Il
organise des activités sportives, des sorties culturelles et des projets à
saveur éducative, en plus d'apporter toute sorte d'aide aux jeunes.
Jour
après jour, les membres se dévouent auprès de nos jeunes afin de stimuler et de
les encourager à donner le meilleur d'eux-mêmes. Ils s'impliquent avec
une énergie incomparable en ne ménageant pas leurs efforts.
tous les membres et bénévoles du Club Optimiste depuis 25 ans, je vous
remercie chaleureusement pour la qualité de votre implication et pour votre grande générosité. Votre engagement
est remarquable et c'est une fierté pour moi de savoir que notre communauté a pu et peut toujours bénéficier et compter
sur des gens et des personnes aussi exceptionnels. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Huntingdon. Et maintenant, pour sa déclaration d'aujourd'hui, je cède la
parole à M. le député d'Abitibi-Ouest.
Gendron : Mme la
présidente, aujourd'hui je veux signaler... ce n'est pas vrai, souligner la
brillante performance de M. Dylan
Perron, auteur-compositeur-interprète originaire de La Motte, qui remportait,
le 11 mai dernier, la 19e édition — écoutez bien ça — des Francouvertes, concours visant à faire
connaître la relève musicale francophone et à favoriser l'émergence
d'artistes et de groupes de tous les genres musicaux.
Pour Dylan et
le groupe Élixir de Gumbo — ça, c'est la terre brune de l'Abitibi — ce prix représente une étape importante alors que plusieurs artistes de renom
ont remporté le prestigieux concours. Dylan s'intéresse depuis toujours
à la musique des différents styles.
Multi-instrumentiste, il manie aussi bien la guitare, la mandoline que le
banjo. En 2012, il lance son premier
album, Hamérricana , et nous fait découvrir un musicien hors pair,
engagé, patriote passionné et fier de ses racines.
À
titre de
député d'Abitibi-Ouest, je félicite chaleureusement Dylan pour cette victoire
pleinement méritée. Je souhaite à ce
jeune bourré de talent de continuer sa prodigieuse carrière. On est tous et
toutes fiers de toi, Dylan. Bravo!
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci beaucoup, M. le député.
Ceci met fin à la rubrique des déclarations de
députés, et je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 57)
Le Président : Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci.
J'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, du consul général
de la République portugaise à Montréal,
M. José Eduardo Bleck Guedes de
Sousa, à l'occasion de sa visite de poste. Maintenant,
vous pouvez vous asseoir.
Alors, nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y
a pas de déclarations ministérielles ni présentation
de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose la réponse du gouvernement à la pétition présentée par le député de Côte-du-Sud le 14 avril 2015
de même que les réponses du gouvernement aux questions inscrites au
feuilleton : le 23 avril 2015, par
le député de Rosemont et adressée à la ministre déléguée à la
Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique; le 7 mai 2015, par le député de
Borduas et adressée à la ministre de
l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion; et celle du
13 mai 2015, par le député de Groulx et adressée au ministre des
Transports.
Le Président : Alors, ces
documents sont déposés.
Pour ma part, je dépose le rapport du Vérificateur
général du Québec à l'Assemblée nationale pour l'année 2015‑2016,
intitulé Vérification de l'optimisation des ressources — Printemps
2015 , accompagné d'un document de présentation.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Labelle.
M. Pagé :
Merci, M. le Président. Alors, aujourd'hui, M. le Président, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
1 048 pétitionnaires.
Désignation : citoyennes et citoyens du
Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que l'accord du 5 mai 2006 à l'UNESCO, entre les gouvernements du Canada
et du Québec, reconnaît que la
spécificité du Québec, fondée sur sa langue française et sur sa culture unique,
l'amène à jouer un rôle particulier au niveau international;
«Considérant que cet
accord déterminant dans l'histoire de nos deux nations atteste ainsi
qu'aujourd'hui nous écrivons une page de notre histoire, puisque ce qui n'était
qu'une coexistence implicite devient donc une coopération explicite;
«Considérant que le
Québec, seule nation francophone d'Amérique du Nord, est considéré expressément
par l'Organisation des Nations unies — l'ONU — comme étant d'ores et déjà, a priori et à
part entière, un État fédéré non souverain;
«Considérant
que le Québec est déjà clairement reconnu par l'UNESCO comme une nation à
l'histoire, à la culture et à l'héritage distincts;
«Considérant
que le Québec est la seule nation non souveraine au monde qui n'est toujours
pas accréditée par l'une des fédérations sportives internationales;
«Donc, l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
Québécoises et Québécois, demandons aujourd'hui au gouvernement du Québec
d'appuyer formellement les demandes
d'accréditation des fédérations sportives québécoises auprès de leurs instances
internationales respectives, ainsi que la mise sur pied d'une équipe
Québec et sa participation aux tournois internationaux dans chaque discipline sportive dans laquelle le Québec excelle — et Dieu sait qu'elle excelle à plusieurs
endroits — afin que
nos équipes du Québec puissent, de ce
fait, nous représenter à tous les championnats majeurs, compétitifs ou amicaux,
continentaux ou mondiaux.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : L'extrait
de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition déposée à l'Assemblée nationale, signée par 4 981 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
coûts de notre système de santé sont en croissance;
«Considérant
que le mandat des directions de santé
publique se distingue de celui des autres directions des agences de
santé et de services sociaux de par la prestation de services à la population;
«Considérant
que chaque dollar investi en
prévention permet d'économiser en moyenne 5,60 $ en soins de santé
évitables, en sauvant des coûts liés au traitement des maladies;
«Considérant
que seulement 2 % du budget en
santé est actuellement consacré à la santé publique, alors que les
experts recommandent d'y investir un minimum de 5 % du budget;
«Considérant
que le premier ministre s'est engagé à mettre [de l'avant la prévention] lors
de son discours inaugural;
«Considérant
que le gouvernement doit agir de manière responsable en adoptant une
perspective temporelle qui dépasse le cadre d'un mandat de quatre ans;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, citoyens et citoyennes du Québec, demandons à ce que le
gouvernement du Québec reconnaisse le
rôle et l'importance des actions de santé publique pour la santé des Québécois
et Québécoises et agisse en conséquence. Nous demandons au gouvernement d'annuler les coupures de 30 %
annoncées, à l'automne 2014, dans les budgets des directions régionales
de santé publique.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Le Président :
L'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes
maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole à Mme la leader adjointe de l'opposition.
Maltais :
Merci, M. le Président. Dans La Presse de ce matin, le père
de l'un des 10 jeunes qui a tenté de joindre les terroristes de l'État
islamique nous parle et nous dit ceci : «"Ma fille est une victime
d'Adil Charkaoui. Il met la haine dans les coeurs des jeunes. On vit bien ici![...]"
s'emporte le père, d'un ton où perce une grande douleur.
professeur Jocelyn Bélanger [en rajoute :] "Une des sources
d'influence qui a été documentée, c'est le centre islamique de l'est de
Montréal. Est-ce que c'est la source? On ne sait pas. Mais est-ce qu'il y a
lieu de s'inquiéter? Probablement."»
À ma question de jeudi dernier sur cet individu
et cette organisation, la ministre de la Justice s'est tue et la ministre de la Sécurité publique nous a répété de
ne pas s'inquiéter puisque les policiers attendaient les jeunes à l'aéroport,
qu'ils avaient le mandat de les empêcher de partir.
Qu'est-ce que
le gouvernement attend pour agir dans le cas du centre culturel islamique de
l'est de Montréal et d'Adil Charkaoui? Quand est-ce qu'on va faire de la
prévention au Québec?
Le Président : Mme la ministre
de la Sécurité publique.
Thériault : Oui. M. le Président, je pense que c'est important
de rappeler que les perquisitions ont eu lieu, hier, dans les maisons où les jeunes ont tenté de quitter. M. le
Président, il y a présentement des enquêtes qui sont en cours. La
semaine passée, j'ai eu l'occasion de dire à ma collègue que la question du
radicalisme est une question qui est infiniment plus complexe que ce qu'elle
peut laisser entendre ici, en Chambre.
J'ai lu
l'article, moi aussi, je comprends ce père de famille, M. le Président, mais ce
que je peux vous dire, c'est que les forces policières sont présentement
en train de faire des enquêtes, M. le Président. Ma responsabilité comme ministre de la Sécurité publique, ce n'est pas de
me substituer aux enquêteurs, ce n'est pas de me mêler aux enquêtes. Et vous comprendrez bien que je n'utiliserai pas
l'Assemblée nationale non plus comme forum pour faire un débat qui
mérite d'être traité de manière beaucoup plus large.
J'ai eu
l'occasion également de dire à la collègue qu'il y aura une réponse
gouvernementale, que nous sommes préoccupés
par cette situation-là, que ce sont des nouveaux phénomènes. Mais les questions
sont beaucoup plus complexes. Il y aura des réponses de tous les
ministres ici qui sont impliqués dans le dossier de la radicalisation, M. le
Président.
Le Président : En terminant.
Thériault : Il ne faudrait pas simplifier cette question qui
est beaucoup plus complexe que ce que laisse entendre la députée.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais :
Chaque jeune Québécois qui tente de joindre l'organisation État islamique est
endoctriné, représente une victoire pour les marchands de haine, et ça
représente à chaque fois une grande défaite pour le Québec. Que nous propose la ministre jusqu'ici? Écoutez-la, et
c'est le genre de réponse qu'elle nous a donnée jeudi dernier : La police,
la police, les forces policières, on va attendre les jeunes, on va les
empêcher de partir.
Ce n'est pas
de ça dont on parle, c'est de cesser l'endoctrinement à la source, c'est
d'avoir de la prévention. Nous, on a fait une proposition : un
observateur sur l'intégrisme. Qu'est-ce qu'elle nous propose?
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Thériault : M. le Président, regardez, elle a beau citer mes
propos, là, moi, je vais me permettre d'en citer d'autres. Brian Myles, 24 mai, L'Actualité : «Alors que les
médias assemblent au compte-gouttes les informations disponibles sur ces
jeunes, la députée péquiste [de Taschereau] a déjà toutes les réponses.
«[...]Avant
de faire un procès d'intention en bonne et due forme[...], il faudrait un fardeau de preuve un peu plus sérieux.
«[...]Le
chemin qui mène à la radicalisation est complexe. La période de questions à l'Assemblée nationale est un bien mauvais forum pour mener une
nécessaire réflexion à ce sujet», M. le Président.
Les questions
sont complexes, M. le Président. On ne transformera pas l'Assemblée nationale en enquêteur ou en procès d'intention, M. le
Président. Mais je peux rassurer la population : on travaille sur ces questions, et le gouvernement aura l'occasion bientôt d'annoncer ce que nous
allons faire, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taschereau.
Maltais : Ce qu'on demande à la ministre,
c'est justement de ne pas regarder ça d'un seul oeil trop
simpliste, seulement avoir les forces policières à l'oeuvre pour
empêcher les jeunes de partir. C'est ça qu'elle nous répond constamment. Nous, ce qu'on lui dit, c'est qu'il
faut aller en prévention. On offre une structure, l'observateur sur
l'intégrisme, qui
agira justement en prévention. On veut offrir autre chose aux
parents qu'appeler la police. En plus, il
y a un endroit qui est ciblé.
Quand est-ce qu'elle va agir pour empêcher la radicalisation de nos jeunes?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Thériault : M. le Président, ce qu'il faut comprendre, c'est
qu'il y a déjà un observatoire du radicalisme qui existe au Québec, il y a déjà des chaires de recherche. Il y a eu un
forum pas plus tard que jeudi passé à Laval, où les spécialistes étaient réunis, M. le Président. On
travaille en étroite collaboration. Présentement, la prévention, on en fait,
M. le Président. Et les actions du
gouvernement, ce que nous aurons l'occasion de déposer au cours des prochaines
journées, sinon au cours des
prochaines semaines, M. le Président, en feront foi. Mais je ne peux pas... je
ne veux pas simplifier la question
comme la députée le fait. J'ai été à l'international, je vois ce qui se fait
ailleurs, on s'inspire des meilleures pratiques. On veut faire de la
prévention, on en fait sur le terrain, M. le Président, et on aura l'occasion
de faire nos annonces...
Le Président :
En terminant.
Mme Thériault :
...mais il ne faut surtout pas politiser ce débat-là de la manière dont elle le
fait.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Depuis qu'il est en poste, le ministre de l'Éducation poursuit la voie des
coupures libérales aux services aux élèves.
Partout au Québec, on assiste au même impact des décisions du ministre sur les
élèves : coupes dans l'aide aux
devoirs, coupes dans les petits-déjeuners, moins d'orthopédagogues et
d'enseignants-ressources pour aider nos enfants, augmentation du nombre d'élèves par classe, coupes dans les
services de garde, fermeture de classes pour enfants en difficulté, coupes dans les organismes qui
luttent pour la persévérance scolaire. Par la manière dont il traite le
primaire et le secondaire, le
gouvernement libéral met à risque la réussite scolaire de nos enfants. Ce n'est
pas pour rien qu'une majorité de Québécois constatent que l'éducation
n'est pas une priorité pour ce gouvernement.
Est-ce
que le ministre réalise l'impact sur les élèves des coupures qu'il impose en
éducation? Va-t-il cesser ces coupures qui mettent à risque la réussite
scolaire de nos enfants au Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Je remercie beaucoup ma collègue, encore une fois, pour sa
question. Peut-être se rendre compte où est-ce que nous en sommes aujourd'hui. Il y a plusieurs annonces qui
sont faites en prévision de compressions
dont on ne connaît pas encore — même
dans les commissions scolaires — exactement la tournure. Nous sommes en discussion, les discussions progressent avec les commissions scolaires, en ce
moment, sur la réglementation budgétaire que nous allons adopter, là, avec elles au cours des prochaines semaines. Nous visons
deux objectifs — donc,
je veux corriger légèrement ma collègue à ce sujet — cette
année dans nos règles budgétaires : tout
d'abord, maintenir les services aux
élèves. C'est pourquoi nous allons renforcer cette année la reddition de
comptes de certaines mesures très précises, notamment les milieux défavorisés, l'aide individualisée, la
lecture à l'école, le soutien aux actions visant la lutte à l'intimidation.
C'est dans la proposition sur laquelle nous discutons, et je pense que
ça va assez bien.
Deuxièmement,
nous voulons — ça nous a été demandé — assurer une certaine souplesse pour les
commissions scolaires afin qu'elles
puissent faire les efforts demandés cette année. Le nombre de mesures a été
réduit. Nous avons un souci de cibler davantage les efforts et de
laisser une place au paramétrique.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger :
Il faudrait que le ministre aille dans le Québec, M. le Président. Partout au
Québec, la réussite scolaire de nos enfants
est mise à mal par ce gouvernement : coupures dans les services aux élèves
en Outaouais, augmentation de la
taille des classes en Mauricie, fermeture des classes spécialisées à Laval,
suppression des professionnels sur la Côte-Nord. D'ailleurs, où sont les
députés libéraux pour défendre nos élèves?
Est-ce
que le ministre va cesser d'austériser le milieu de l'éducation? Va-t-il cesser
de mettre à risque tous nos enfants au Québec?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
M. Blais :
La priorité du gouvernement en ce moment, hein, c'est de passer, hein, la
période que nous avons à traverser, qui est une période plus difficile, en
protégeant les enfants, en protégeant leur droit, là, au maximum de ressources
possible. C'est pourquoi, hein, je ne peux pas reprendre les amalgames qui ont
été faits dans différentes annonces. Il y a
des annonces qui sont de nature administrative qui sont trop précoces, d'autres
qui... hein, qui pourront être faites
éventuellement. Mais ce qui est important, là, c'est de voir, là, les règles
budgétaires que nous nous sommes données :
la priorité aux services aux élèves, on demande aux commissions scolaires, et
c'est dans les règles budgétaires, de protéger les services aux collègues, renforcer
la reddition de comptes, hein, renforcer la reddition de comptes lorsque des
mesures très précises...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Léger : M. le Président, le ministre parle de règles budgétaires lorsqu'on
parle de réussite de nos élèves, de l'impact
sur la réussite scolaire de nos enfants. Hier, j'ai questionné le ministre, d'ailleurs,
à savoir pourquoi son gouvernement
coupait toute l'aide à la lutte au décrochage scolaire au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Il a indiqué que le CREPAS a un rôle important, mais visiblement le ministre
n'était pas au courant des coupures qui l'affectent.
Peut-il nous dire aujourd'hui
s'il va rétablir entièrement le financement du CREPAS? Il a eu 24 heures
pour y penser, alors on aimerait une réponse aujourd'hui.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Blais :
Encore une fois, je remercie ma collègue, là, ça me permet tellement d'apporter
des précisions, alors qu'hier il me manquait
un certain nombre d'informations par rapport au CREPAS. Donc,
je suis allé chercher ces informations.
faut comprendre que le financement du CREPAS n'est pas lié au ministère de l'Éducation ou très peu; il est lié surtout à des financements
qui viennent de la région. Je ne veux pas intervenir sur les choix...
Président : S'il vous plaît! La question a été posée dans
l'ordre, on va entendre... La question a été posée dans l'ordre...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Il m'est arrivé, il n'y a pas très longtemps, de
vous avoir félicité pour avoir identifié... C'était un de nos collègues
qui prenait la parole. Je vous demanderais de faire la même chose lorsque c'est
l'opposition officielle.
Le Président :
Bien, c'est debout que je suis et en train de dire à l'opposition officielle...
Le Président :
Pardon?
Le Président :
Assoyez-vous, là. D'abord, je voudrais entendre la conclusion de la réponse du
ministre.
Blais : Donc, des financements régionaux, je ne les commenterai pas
ici aujourd'hui, mais il y a des financements
aussi du ministère de l'Éducation. Ça tombe bien, cette demande du CREPAS, là,
au niveau... au ministère de l'Éducation est à l'examen en ce moment. Quand
il y aura des réponses à donner, on les donnera, ici ou ailleurs.
Le Président :
Principale, M. le député de Marie-Victorin.
Drainville : M. le
Président, Hydro-Québec dépense 1 milliard pour construire une ligne de transport dont
le besoin n'a pas été démontré. Hydro-Québec installe des compteurs intelligents sur des maisons qui vont être
démolies. Hydro-Québec charge 67 millions
pour des frais de relève, alors qu'il n'y en a plus, de relève, avec les
compteurs intelligents. Puis, comme si ce
n'était pas assez, Hydro-Québec charge des taux d'intérêt usuraires de
14,4 % par année, 14,4 %
par année, aux Québécois qui ne sont pas capables de payer leur facture
d'Hydro, M. le Président. On parle de mères
et de pères de famille qui sont accotés là, qui étouffent, qui ont besoin
d'air, qui ne sont pas capables d'arriver, puis Hydro leur charge
14,4 % de taux d'intérêt parce qu'ils ne sont pas capables de payer leur
facture.
Est-ce que le
ministre trouve ça normal, des taux d'intérêt usuraires de 14,4 % chargés
par Hydro aux familles du Québec qui ont du trouble à arriver?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Arcand : M. le Président,
comme vous le savez sans doute, ces taux-là sont évalués par la Régie de
l'énergie. Et vous savez que ces
taux-là, quand on les compare à ce qui se fait et quand on compare à la
difficulté qu'il y a, souvent, de faire de la collection, ces taux-là
sont des taux qui sont généralement admis dans les affaires de façon générale.
M. le
Président, à l'époque où le député de Saint-Jérôme était président du conseil
d'administration, il ne voyait aucun
problème à ce type d'activité, M. le Président. Il ne voyait aucune difficulté,
il trouvait ça normal. Je pense que le
député de Marie-Victorin devrait lui parler pour qu'ils réussissent, à un
moment donné, à s'entendre sur ces questions-là parce que ce que dit le député de Marie-Victorin est en complète
contradiction avec ce qu'a fait le député de Saint-Jérôme, M. le
Président.
Le Président : M. le député
de Marie-Victorin, en complémentaire.
M. Drainville : M. le
Président...
Le Président : S'il vous
plaît!
M. Drainville : M. le
Président, les banques chargent aux entreprises un taux préférentiel de moins
de 3 %, Revenu Québec charge 6 % pour les créances d'impôt impayé,
puis Hydro-Québec charge 14,4 %.
Vous devriez avoir honte de défendre un taux
comme celui-là. Allez-vous le corriger? Allez-vous corriger ce taux-là, qui est
indécent?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
Le Président : S'il vous
plaît!
Arcand : M. le Président, je
serais curieux de savoir ce que Vidéotron, Québecor Média... l'ensemble de ces
entreprises-là, de quelle façon ils chargent lorsque les clients sont en
retard. Non seulement ça, M. le Président, dans l'entreprise qu'est Vidéotron,
entre autres, comme les entreprises de câble, on demande aux clients, en plus,
de payer d'avance, avant que le service soit fait, M. le Président. Voilà la
réalité.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : M. le
Président...
Le Président : C'était parti
pour être un beau mercredi matin. M. le député de Marie-Victorin, en deuxième
complémentaire.
Drainville : M. le
Président, ils égorgent le monde puis
ils sont heureux de ça, hein? 14 %
d'intérêt, là, c'est encore plus
scandaleux quand on lit le rapport du Vérificateur général de ce matin. Vous
avez liquidé 80 millions d'actifs à
Gentilly, vous avez vendu ça pour 75 000 $. Alors, vous augmentez les
taux d'intérêt, vous chargez des taux d'intérêt usuraires de Shylock sur
les Québécois puis, pendant ce temps-là, vous dilapidez leurs actifs.
Président : S'il vous plaît! Shylock est certainement...
Shylock est un personnage important de Shakespeare, mais est certainement mal avisé de se présenter
ici, à l'Assemblée nationale. Et, sans passer par Hamlet, je vous demanderais, M. le député de Marie-Victorin,
peut-être... pas peut-être, de retirer votre mot, Shylock, certainement.
M. Drainville :
Sherlock? M. le Président...
Président : Là, je comprends que votre connaissance de la
littérature anglaise, de Shakespeare à Conan Doyle, est importante, mais l'un... On va laisser faire
les... Je veux juste vous demander de retirer votre propos. M. le ministre de...
Arcand :
M. le Président, il y avait quand même beaucoup de bruit, je dois vous dire que
je n'ai pas entendu la question du
député. Mais je dois vous dire, M. le Président, que, si on continue sur ces
questions-là... Je dois vous dire que
le député de Marie-Victorin me parle de quoi, 14 %? On vient de me donner
l'information, dans le cas de Vidéotron, quand les clients sont en
retard, c'est 19,56 %, M. le Président.
Arcand :
Alors, M. le Président...
Le Président :
Arrête, arrête, arrête!
Arcand :
Alors, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
Arcand :
...à toutes les années, les activités d'Hydro-Québec sont révisées et...
Le Président :
Principale, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Le Président :
S'il vous plaît!
Président : M. le député de Matapédia. Oui, je le sais, je vous
reconnais, j'entends votre voix, mais celle que je voudrais entendre,
c'est celle du chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : Oui. M. le Président, Radio-Canada nous apprenait
hier que le ministère de l'Éducation a reçu en janvier dernier un rapport d'experts qui montre que c'est possible de
faire les compressions qui sont demandées par le gouvernement sans
couper dans les services et sans augmenter les taxes scolaires.
Hier,
je demandais au ministre de l'Éducation s'il allait laisser la commission
scolaire des Premières-Seigneuries augmenter
les taxes scolaires de 10 % après les avoir augmentées de 33 % au
cours des deux dernières années. M. le Président, je vous cite sa réponse parce que c'est quand même
incroyable, le ministre de l'Éducation dit : «...on doit augmenter les
taxes aux Grandes-Seigneuries parce qu'il y
a un enjeu de récupération. [...]Si on ne le fait pas, les enfants de Chauveau
[...] auront accès à des ressources moindres
que les autres enfants du Québec.» Et il ajoute, M. le Président : «C'est
une commission scolaire qui est très bien gérée...»
le Président, selon le rapport qu'il a en sa possession, il y a des économies à
faire à la commission scolaire des
Premières-Seigneuries de 36 millions de dollars. Le ministre demande de
faire des compressions de 8 millions de dollars.
Donc,
est-ce qu'il va changer sa réponse d'hier? Est-ce qu'il est toujours d'accord
pour cautionner sur trois ans des augmentations de 43 % de taxe
scolaire dans Chauveau?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Merci beaucoup. Merci beaucoup pour la question. Un excellent
rapport, effectivement, là, qui met la
table, je pense, pour des discussions, là, assez intéressantes, là, sur
l'avenir des commissions scolaires et sur leur gestion. Je conseille notamment à ma collègue la députée de
Pointe-aux-Trembles de le lire. Maintenant, il est disponible sur le site Internet du ministère de l'Éducation. On voit
bien, il y a des enjeux pour différentes commissions scolaires en termes
de gains d'efficience. Il faut faire
attention aux 36 millions parce que, là, il y a des cumuls sur plusieurs années.
Donc, hein, c'est une étude
économétrique sur un certain nombre d'années, donc le chiffre que présente mon
collègue est probablement un résultat agrégé.
Donc,
pour revenir, bien sûr, à la partielle dans Chauveau, parce que finalement on
parle d'une étude économétrique et on
arrive aujourd'hui avec une partielle dans Chauveau, la situation est assez
simple, notre point de vue, du point de vue de l'évolution des taxes
scolaires, elles devraient évoluer au rythme, disons, du coût de la vie, là, au
cours des prochaines années. C'est tout à
fait normal. Cependant, c'est une année particulière, c'est la fin d'un cycle
de péréquation, et je maintiens mon
point de vue, bien sûr, qu'il y a des efforts à faire dans les commissions
scolaires. La recherche le montre. La recherche ne dit pas exactement
quand, comment, etc...
Le Président :
En terminant.
Blais : ...les résultats sont très agrégés. Il y a des efforts, mais
il y a aussi une possibilité de péréquation pour Chauveau.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, le ministre de l'Éducation fait des
phrases, là, hein, beaucoup d'excuses, beaucoup de promesses, mais la
réalité, c'est que, pendant qu'il n'agit pas, ce sont les Québécois qui paient.
L'année passée, en moyenne des commissions
scolaires, 10 % d'augmentation. Cette année, ça risque d'être encore
10 % d'augmentation de taxe scolaire.
Est-ce
que le ministre va appliquer le rapport? Est-ce qu'il va faire preuve d'un peu
de courage ou s'il va continuer de manquer d'ambition puis...
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Alors, je comprends
que le rapport est peut-être disponible depuis peu, là, puis que mon collègue
n'a pas eu le temps de le lire
encore. Il n'y a pas d'enjeu d'appliquer le rapport. C'est une étude qui montre
qu'il y a des gains d'efficience. L'étude ne dit pas comment y arriver, mais
l'étude indique bien qu'il y a des gains d'efficience en comparant
l'ensemble des commissions scolaires.
Maintenant, il faut
aller vers les solutions, hein, possibles. Les solutions ne sont pas du tout
évoquées dans le rapport. C'est un travail à
venir. Ce travail sera fait lors d'une révision que nous allons faire de la
gouvernance des commissions scolaires au cours des prochains mois.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, moi, j'ai eu le rapport ce matin puis je l'ai lu. Le ministre
l'a eu en janvier, hein? Donc, depuis qu'il est ministre, il l'a, le
rapport, dans ses mains, il ne l'a pas lu.
M. le Président,
est-ce que le ministre sait quoi, un choc tarifaire? 43 % d'augmentation
de taxe scolaire sur trois ans. Peut-être
que le ministre des Finances est capable de lui expliquer c'est quoi, un choc
tarifaire. Est-ce que le ministre va arrêter de piger toujours plus dans
la poche des contribuables pour moins de services?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
Blais : Ça doit vraiment aller mal dans la partielle dans Chauveau,
là, parce que, hein, on saute vraiment, il me semble, d'un sujet à l'autre, là. Il faut faire bien attention, il y a
un enjeu en ce moment, l'évolution des taxes scolaires. Ce que nous souhaitons cette année, c'est une
évolution normale de 1,5 %. Ça a été le cas dans certaines commissions
scolaires l'année dernière.
Cependant, je
l'explique, je comprends qu'on ne veut pas le saisir, de l'autre côté. Et je
comprends pourquoi on ne veut pas le
saisir, mais il y a un enjeu de péréquation, il y a eu un congé fiscal
implicite qui a été accordé pendant un certain nombre d'années, et
maintenant ce congé fiscal doit se terminer, et certaines commissions scolaires...
Le Président :
En terminant.
Blais : ...certaines d'entre elles ont droit à mettre fin à cette
péréquation et à assurer que les enfants auront les mêmes...
Le Président : Principale,
Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : M. le Président, la semaine dernière,
10 jeunes Montréalais qui voulaient rejoindre des groupes terroristes en Syrie ont été arrêtés à
l'aéroport. Ce matin dans la presse, c'est un véritable cri du coeur que
lance le père d'une des jeunes femmes de ce
groupe arrêté par la GRC juste avant de décoller. Ce que nous dit ce père
de famille, c'est le gros bon sens que tous
les Québécois voient. Ce père accuse ceux qui endoctrinent ces jeunes. Ils ont
tous fréquenté le même centre communautaire
islamique où oeuvre Adil Charkaoui, et ce n'est pas le fait du hasard. Ce
père dit, et je le cite : «Ils
manipulent les jeunes de 16, 17, 18 et 19 ans. Ils leur mettent des idées
noires dans la tête. Ils sèment la haine.»
gouvernement doit agir contre ces agents de radicalisation. Ça fait plus d'un
an qu'il a promis un plan, et son projet
de loi ne sera pas adopté avant Dieu sait quand. Alors, on fait quoi
entre-temps pour empêcher ces enfants de partir?
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Mme Thériault : Oui. M. le
Président, je comprends que la question de la députée, c'est une question qui
est vraiment d'actualité. C'est correct
qu'elle la pose, mais j'aurais pensé que, puisque la collègue de Taschereau a
posé la même question, elle aurait au
moins écouté la réponse que j'ai donnée, M. le Président. Et, je vais répéter
la même chose, les questions de radicalisation, M. le Président, sont
infiniment plus complexes que ce que la députée laisse entendre, M. le Président, et, contrairement à ce qu'elle
dit... O.K. La littérature est là. Je pense que, quand elle fait sa revue de
presse, là, elle devrait aussi
regarder Le mirage de la simplicité : «Il importe de comprendre les
motivations de ces jeunes, pour la
plupart nés ici de parents immigrants, ayant grandi avec un pied dans la
culture québécoise et l'autre dans celle de leurs origines...» On dit aussi un peu plus loin dans
l'article : «Le phénomène d'endoctrinement auquel on assiste incite tous
les établissements d'enseignement à la
vigilance. [...]Le principal défi consiste à détecter [les] signes de
radicalisation sans tomber dans le profilage et l'exclusion.»
M. le
Président, regardez, là, les questions sont plus complexes, je ne changerai pas
ma réponse. Le gouvernement...
Le Président : En terminant.
Thériault : ...aura l'occasion de déposer son plan et ses
projets de loi au cours des prochaines semaines, M. le Président, et
c'est aussi simple que ça.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : On entend souvent la ministre répéter qu'on
demande aux parents, on demande aux citoyens
de dénoncer les jeunes qui se radicalisent, mais on attend toujours une action
de sa part. La lutte à l'intégrisme religieux
était une priorité pour le premier ministre il y a 13 mois, je vous le
rappelle. Dans le dernier budget, 4 millions de dollars sont investis sur trois ans pour créer
un plan d'action pour le dépistage et la prévention de la radicalisation. De
toute évidence, les 10 jeunes qui
voulaient partir n'ont pas été dépistés par Québec. À quoi servent donc ces
4 millions?
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Thériault : M. le Président, c'est des raccourcis simplistes,
voyons donc, elle le sait. Le Service de police de la ville de Montréal
travaille avec la Sûreté du Québec et la GRC. L'équipe intégrée, là, ceux qui
ont empêché les jeunes de partir, là, c'est
eux autres, Mme la députée... c'est eux autres, M. le Président. Bien, je
m'excuse, là, de dire qu'on ne fait rien, ce n'est pas vrai. Le plan
d'action va s'en venir, l'argent va servir aux bonnes choses.
Mais elle
fournit une réponse simple à une problématique qui est infiniment beaucoup plus
complexe et elle ne peut pas s'improviser en spécialiste de la question,
M. le Président, parce que ça fait la une des journaux aujourd'hui.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) :
M. le Président, le temps joue, il est très important. Combien d'autres jeunes
vont vouloir prendre l'avion d'ici
septembre? Le gouvernement fédéral a agi. Oui, les policiers agissent. Oui, la
ville de Montréal a agi plus vite,
plus vite que le gouvernement du Québec. Nous vous avons fait des propositions
pour contrer le discours des agents
de radicalisation, vous les avez rejetées. C'est pourtant ça, le problème,
l'endoctrinement. Allez-vous agir contre l'endoctrinement?
Le Président : Mme la
ministre de la Sécurité publique.
Thériault : M. le Président, c'est tellement facile de tomber
dans ce jeu-là. Je ne le ferai pas, M. le Président. Je l'ai dit, je le
redis, les ministres concernés sont en train de travailler ensemble. Au cours
des prochains jours, des prochaines semaines, il y aura une réponse claire.
La députée
simplifie une question qui est beaucoup plus complexe que ce qu'elle peut
laisser entendre. Est-ce qu'elle a
parlé avec les spécialistes? Est-ce qu'elle était là jeudi passé, lorsqu'il y a
eu ce forum sur la radicalisation? Non. L'adjoint parlementaire, le député de
Chomedey, lui, y était. Il a côtoyé les chercheurs, il a côtoyé les
spécialistes. M. le Président, elle
peut prétendre qu'on ne fait rien.
Moi, je peux vous dire que ce n'est pas vrai, on n'a pas les bras croisés.
Le Président : En terminant.
Mme Thériault : À preuve, on
s'occupe de nos jeunes. Ils ne sont pas partis, ceux-là, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Berthier...
Le Président : J'ai
l'impression que j'ai une crise d'enthousiasme. Mme la députée de Taillon, en
principale.
Lamarre : Merci, M. le Président. Dans le dossier de la procréation assistée, le ministre
a fait plusieurs reculs à la suite
des représentations des experts et à
la suite de nos questions. Il a reculé sur le 42 ans, sur les trois ans de
relations sexuelles et sur les éléments
relevant des lignes directrices de traitement. Mais le coeur de ce projet de
loi, c'est le choix arbitraire du
ministre de ne plus couvrir la fécondation in vitro par l'assurance
maladie, de la désassurer du régime public.
Les écarts et les dérives qu'on veut corriger ne viennent pourtant pas des
patients, mais de l'absence de balises et de mécanismes de contrôle mis en place par son prédécesseur, Yves
Bolduc. Le ministre fait payer aux couples infertiles les oublis et le laxisme libéral. Le gros bon
sens, ce serait que le ministre permette à tous les couples infertiles d'avoir
accès à un premier cycle de la fécondation in vitro.
Le ministre peut-il reculer à nouveau et laisser
le premier cycle de fécondation in vitro assuré?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, les commissions parlementaires servent,
évidemment, à recevoir les critiques et les opinions d'experts et des personnes concernées par le sujet qui est
étudié en commission parlementaire. Et je suis très fier, dans les deux cas où j'ai participé à des
commissions parlementaires, d'avoir apporté des amendements suite aux commentaires et suggestions qui ont été faits et
par le public et par les experts, et je pense sincèrement que c'est à ça que
ça sert. Je doute que le même exercice a été fait dans le même esprit dans
l'opposition.
Ceci dit, ça
me permet de préciser certains termes. Un recul, M. le Président, là, je vais
vous donner des exemples de ce que
sont des reculs. C'est, par exemple, le député de Rosemont, qui, lui, décide de
se lancer dans une course et de reculer
après un mois dans sa course. C'est, par exemple, le député de Rosemont, qui
devait participer à une commission parlementaire sur ce qu'il a appelé
lui-même un éléphant, mais il s'est retiré. C'est, par...
M. Barrette : Oui, mais c'est ça, un
recul, M. le Président.
Président : M. le leader de l'opposition.
Bédard :
Je tiens à rappeler à mes collègues...
Le Président :
S'il vous plaît! M. le leader de l'opposition.
Bédard :
Article 79. Je tiens à rappeler à notre
collègue qu'on parle de procréation assistée. Les familles qui nous
écoutent, je pense qu'elles ont droit au respect, M. le...
Le Président :
M. le ministre, veuillez continuer sur la question. On continue.
Barrette : M. le Président, je suis clairement sur la question parce
que, dans le préambule de la députée, elle met en doute ma capacité
d'amener à bien une position que je défends.
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
Or, la position que je défends prend en considération, par définition,
l'opinion des gens.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Le ministre prive des couples de l'espoir de fonder une
famille. Il est vraiment déconnecté des Québécois. De son point de vue de ministre et de radiologiste, avancer
10 000 $ pour un traitement, c'est bien peu, mais, pour les couples infertiles, c'est un obstacle
insurmontable, hors de prix, et, pour plusieurs personnes, ça veut dire ne
jamais avoir d'enfant.
lui tends la main, il lui reste un pas à franchir. Est-ce que le ministre peut
maintenant assurer le premier cycle de fécondation in vitro pour
les couples infertiles?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, nous avons changé de thème, nous sommes
maintenant dans le thème de la morale. Mais,
dans le thème de la morale d'un politicien, je pense qu'en fait
partie aussi
l'obligation de ne pas faire miroiter des choses inatteignables et non financées, comme l'a fait l'opposition
officielle avec le programme d'assurance autonomie, qui n'était pas
financé ni finançable, M. le Président, comme il est tout à fait immoral de
présenter des budgets sans crédits, comme il
est immoral, M. le Président, de dire à la population qu'il y a une situation
déficitaire probable, laquelle pourrait
entraîner une atteinte aux services. Actuellement, on a la responsabilité, M.
le Président, de faire en sorte qu'on dépense les taxes et les impôts
des citoyens correctement...
Le Président :
En terminant.
Barrette : ...et de faire des choix qui sont les fameuses vraies
affaires, ce qu'on a fait dans le domaine de la...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Nous avons demandé
au Commissaire à la santé et au bien-être d'évaluer le programme
de la procréation assistée et de
faire des recommandations pour en diminuer les coûts. Jamais
dans son rapport le commissaire n'a même suggéré de ne plus couvrir la
fécondation in vitro. C'est donc un choix personnel que fait le ministre.
Est-ce que le ministre
peut s'engager ce matin à maintenir, assurer au moins le premier cycle de
fécondation in vitro pour les couples infertiles du Québec?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, j'invite la députée de Taillon à relire le rapport du Commissaire à la santé et
au bien-être, qui dit clairement que
c'est tout à fait légitime pour le gouvernement de décider
jusqu'où et si, oui ou non, il va couvrir
publiquement ledit régime. Il a parlé d'acceptabilité sociale, il a parlé de
fait accompli, mais il renvoie à la responsabilité gouvernementale de
déterminer ce pour quoi il paie, le gouvernement.
Alors, ça m'étonne d'entendre ça de la députée
de Taillon, M. le Président, parce qu'elle est la conseillère du chef actuel de
l'opposition, qui, lui, nous a dit qu'il allait s'attaquer à la nature même du
panier de services. Mais on comprend. Comme
elle, elle est architecte du néant, puisque le chef de l'opposition, dans son
programme, n'a pas rien en santé...
Le Président : M. le leader
de l'opposition.
Bédard : Je pourrais invoquer l'article 35,
l'article 2, je pourrais invoquer l'article 79. On parle de
procréation assistée, et il y a
des gens qui nous écoutent, il y a une commission
parlementaire qui porte là-dessus. Je
pense que ces gens-là ont le droit au respect, M. le Président.
Président : Il reste
une seconde, mais avant, c'est ça, je voudrais vous demander d'éviter d'avoir
des propos blessants les uns à l'égard des autres. M. le ministre.
M. Barrette : M. le Président, je
viens de recevoir trois questions qui ne sont que des intentions prêtées, là.
Le Président : M. le député
de Mercier, en principale.
M. Khadir : M. le Président, j'attends d'autre chose comme réponse que des
fanfaronnades dignes de la cour du roi
Pétaud. Je pose la question au ministre
de la Santé. Le gouvernement a lancé un appel d'offres à des architectes pour aménager
l'Hôtel-Dieu de Montréal pour y relocaliser des organismes publics du secteur
de la santé tels que l'Institut national de santé publique, l'INESSS, l'École
de santé publique de l'Université de Montréal et d'autres organismes. L'Hôtel-Dieu, pourtant, est un legs patrimonial et
social des soeurs hospitalières, qui insistent pour maintenir des services
directs à la population. Des organismes du milieu tels que le SECHUM, l'Atelier
habitation Montréal, Solidarité Grand Plateau
et le CDEC ont présenté un projet d'excellence au ministre pour dédier les
espaces non réclamés à la satisfaction des
besoins de Montréal, notamment en chirurgie d'un jour. Les
salles d'opération ont été rénovées récemment au coût de
50 millions de dollars.
Je demande au ministre s'il va inclure ces
installations dans le pôle d'excellence pour diminuer la liste des
22 000 personnes en attente pour la chirurgie d'un jour.
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, je soumets au député de Mercier que sa
question est probablement un peu prématurée,
mais pertinente parce qu'effectivement, dans quelques années, nous aurons à
disposer d'installations excédentaires dans notre réseau, compte tenu du
déménagement qui fera en sorte que les opérations hospitalières qui se
produisent actuellement à l'Hôtel-Dieu
seront transférées dans un nouveau bâtiment. Actuellement, un exercice est en
train d'être fait pour, justement,
déterminer ce que nous ferons avec ces édifices excédentaires, tant du côté de
l'Université McGill que de l'Université de Montréal, et toutes les avenues sont
considérées, comme les avenues qui sont évoquées par le député de
Mercier.
Mais, au
moment où on se parle, nous en sommes à compléter cette réflexion, et aucune
décision n'est prise. Mais je prends bonne note des suggestions qu'il
nous fait, qui, d'ailleurs, ont déjà été considérées, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : Je suis agréablement surpris par le
fond et par la forme. Ça tombe bien, les besoins de la population en termes d'accessibilité aux services de santé et
la chirurgie ne sont pas à démontrer, je crois. Il en va de même pour les
besoins criants en logements sociaux. Alors,
si l'Hôtel-Dieu perd sa vocation d'hôpital communautaire, les besoins en
matière de stationnement vont nécessairement
diminuer. Il est estimé qu'il est possible de développer sur ces terrains de
stationnement des logements pour familles comportant 158 unités.
Alors, le gouvernement, est-ce qu'il peut
s'engager à réserver ces terrains pour du logement social?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : Bien, M. le Président,
je vais m'engager le plus loin que je peux faire en cette Chambre à cette date-ci dans l'évolution de ce dossier. Je vais
m'engager à poursuivre la réflexion qui est en cours et ne vais certainement
pas m'engager à une finalité ni pour l'édifice, qui, dans la première
question, devait avoir une mission manifestement hospitalière, ni dans le stationnement,
qui, là, se transforme en vision plutôt communautaire.
Et je ne conteste pas la pertinence d'amener ça
sur la table, mais, à cette étape-ci de l'évolution du dossier, M. le Président, je ne pense pas que qui que ce
soit dans cette Chambre et/ou qui nous écoute via les ondes s'attende à ce
que je prenne une décision ici séance tenante. Mais, encore une fois, je prends
note des suggestions...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...du député de
Mercier. Un jour, une conclusion apparaîtra.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : M. le Président,
je rappelle que des installations pour... des installations d'excellence pour
des chirurgies d'un jour sont parfaitement compatibles avec l'idée de pôles d'excellence
pour ce qui est de l'Hôtel-Dieu.
Maintenant,
comme le ministère souhaite rassembler des organismes publics et parapublics en
santé sur le site de l'Hôtel-Dieu,
qu'est-ce que le ministère compte faire de l'immense bâtisse qui est située
actuellement au 3725 de la rue Saint-Denis, qui abritait la défunte
agence de santé et services sociaux?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette : M. le Président, vous
comprendrez, évidemment, que je compte faire la même chose avec les bâtiments de l'ancienne agence, l'inclure dans la
réflexion qui est en train d'être faite, puisque les bâtiments de la défunte
agence rentrent dans la catégorie que je
viens de décrire et qui se nomme «les bâtiments excédentaires». Et, comme je
l'ai dit il y a quelques minutes, il y a des
bâtiments excédentaires au moment où on se parle à cause de la loi n° 10
et des déménagements des grands
centres universitaires dans toutes les villes du Québec, à toutes fins utiles,
M. le Président. Et la réflexion
génère donc une certaine complexité qui demande un certain temps pour se
conclure, et elle se conclura, j'espère,
à la satisfaction de toutes et tous, et particulièrement sous l'angle
budgétaire. Et nous y reviendrons sans aucun doute, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Chambly.
Roberge : M. le Président, ce matin le rapport du Vérificateur général
dresse un portrait accablant de la gestion de l'Université du Québec à Trois-Rivières et vient confirmer les pires
craintes soulevées par notre formation politique depuis plusieurs mois. On mentionne : mauvaise gestion de la
rectrice, problème d'attribution de contrats au campus de Drummondville, situation qui se détériore
dangereusement au point de vue financier, et même d'un président de C.A. qui
n'a pas la légitimité pour occuper le poste. À la page 35 du rapport, on
trouve même un blâme sévère au ministère de l'Enseignement
supérieur, qui a fait preuve de laxisme et qui a fermé les yeux même après
avoir été alerté à de nombreuses reprises, notamment par nous.
On a un
gouvernement qui a choisi de ne rien faire, qui a choisi d'être spectateur, et
ça nous a menés là où on est. Mais aujourd'hui le gouvernement doit agir
enfin.
Le ministre nous confirme-t-il qu'il démettra
sans délai la rectrice et le président du C.A. et qu'ils n'auront aucun boni à
la contre-performance, aucune indemnité de départ?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Merci beaucoup pour la question. Effectivement, c'est un
rapport important, c'est un rapport qui était très attendu par beaucoup de nos collègues ici, je pense à tous nos
collègues, là, de la région de Trois-Rivières qui sont inquiets et qui se sont inquiétés, là, à plusieurs
reprises, de la situation, là, à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Le
rapport dresse une situation, là, inquiétante.
Nous
allons agir très prochainement dans ce dossier. Nous devons faire encore un
certain nombre de vérifications, mais
je peux consoler mon collègue aussi, mais tous mes collègues de la région de
Trois-Rivières, là, qui se sont montrés, là, préoccupés par la situation à plusieurs reprises cette année, que
nous allons agir très, très rapidement dans ce dossier.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Chambly.
M. Roberge : M. le Président, on
parle de gaspillage de fonds publics, on parle de mauvaise administration dans une institution extrêmement importante, on
parle d'une université, l'UQTR, c'est un pôle important, régional. Et le gouvernement a laissé la situation pourrir,
puis ça a l'air que ça va pourrir encore un petit peu, là, hein, il va y avoir
de la mousse, puis, pas de problème, ça va durer, ça va durer.
Il est
préoccupé, il est inquiet, mais quand agira-t-il? Est-ce qu'on paie un
gouvernement pour être préoccupé? On paie un gouvernement pour agir.
Quand est-ce qu'il va mettre l'université en tutelle?
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : J'aime beaucoup mon collègue de la CAQ. En général, quand il
pose des questions, c'est bien informé, c'est quelqu'un qui lit ses
dossiers, essaie de faire évoluer... Je l'apprécie beaucoup, mais il n'est pas
à son meilleur, malheureusement, quand il s'enthousiasme ou quand il fait des
amalgames, et ça, bien sûr, je le regrette.
Je lui
dis : Nous avons reçu ce rapport ce matin. Ce rapport tire des conclusions
importantes. Il veut que j'annonce aujourd'hui... que je me lève
aujourd'hui pour faire une annonce. Je ne ferai pas cette annonce
immédiatement. J'ai quelques vérifications à faire. Mais, très rapidement, bien
sûr, compte tenu, hein, compte tenu...
Le Président : En terminant.
M. Blais : ...que nous attendions
tous ce rapport-là, nous allons agir.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Chambly.
M. Roberge : M. le Président, le
ministre nous dit qu'il a des vérifications à faire, qu'il est inquiet. Bien,
la Vérificatrice générale, elle les a
faites, les vérifications, c'est fait, les conclusions sont là : il y a eu
du gaspillage épouvantable de fonds
publics dans une institution primordiale,
une institution qu'il faut sauver. Là, sa réputation est mise à
mal, c'est le temps d'agir, là. Go!
Allons-y. Et c'est comme si ce n'était pas important. Mais le gouvernement doit agir. Il doit mettre l'institution en tutelle et
démettre...
Le Président : M. le ministre
de l'Éducation.
Blais : Merci, M. le Président. Donc, nous allons agir très, très
rapidement dans ce dossier. Et, quand j'écoute mes collègues de la CAQ,
je me rappelle un de mes anciens collègues dont on aimait dire : Rien
n'est simple, tout est compliqué. Avec eux, rien n'est compliqué, tout est
simple.
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, nous en sommes maintenant à la rubrique des motions sans préavis.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un peu de silence, s'il vous
plaît! Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation, nous allons céder...
je vais céder la parole à Mme la députée de Montarville.
Mme Roy
(Montarville) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je demande le consentement pour déposer
la motion suivante conjointement avec la députée de Pointe-aux-Trembles et le
député de Mercier :
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte des propos de l'ancien ministre de
l'Éducation, Yves Bolduc, qui a déclaré en juin 2014 que le
gouvernement allait d'ici un an régler la question des écoles privées
religieuses illégales;
«Qu'elle demande au
gouvernement d'agir dès maintenant pour contrer ce phénomène; et
«Qu'elle réitère que tous les enfants du Québec
doivent fréquenter des écoles qui respectent le programme pédagogique.» Merci.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci. Merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? On me dit qu'il n'y a
pas de consentement. Alors, nous allons passer à la prochaine motion sans
préavis, et je suis prête à céder la parole...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Un peu de silence, s'il vous plaît!
Je vais céder la parole à M. le député de Maskinongé.
M. Plante : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, je sollicite aujourd'hui le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, le député de
Nicolet-Bécancour et la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques :
«Que
l'Assemblée nationale presse le gouvernement fédéral d'emboîter le pas au
gouvernement du Québec pour indemniser les victimes de la pyrrhotite
dans la région de la Mauricie, comme il l'a fait en 2001 pour indemniser les
victimes de la pyrite.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci. Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint.
Sklavounos : Mme la
Présidente, nous proposons l'adoption sans débat.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Très bien. Alors, est-ce que cette...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Oui, Mme la leader de l'opposition.
Maltais :
Simplement pour dire que je croyais qu'il y aurait un débat, ce qui aurait
permis de rappeler que nous aussi, comme gouvernement, avons agi et
investi en cette matière.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Très bien. Merci.
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant, nous allons
passer à la prochaine motion sans préavis, et je cède la parole à Mme la
députée de Taschereau et leader adjointe du gouvernement.
Maltais :
Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter
la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale réitère son appui au
travail de la Commission de la représentation électorale;
«Qu'elle
exprime son opposition à l'ajout d'un critère de délimitation à la carte
électorale qui comptabiliserait des personnes n'ayant pas le droit de
vote au Québec.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos : Pas de
consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de consentement. Et, pour la prochaine motion sans préavis, je cède la parole à M.
le député de Mercier.
M. Khadir : Mme la Présidente, je présente la motion... je demande le
consentement de la Chambre pour débattre, en fait, d'une motion que je
souhaiterais obtenir le consentement de tous les députés :
«Que l'Assemblée nationale rappelle l'importance de permettre un débat démocratique sur les ententes internationales signées par le Québec, particulièrement les traités commerciaux qui réduisent la souveraineté économique
et politique du Québec;
«Que
l'Assemblée nationale déplore la demande d'approbation rapide, sans
débat démocratique, de 20 accords internationaux négociés et signés par
le gouvernement [du] Canada;
«Qu'elle
rappelle que ces accords commerciaux sont signés notamment avec la Colombie où
56 journalistes ont été assassinés depuis 15 ans, avec le
Honduras où le gouvernement démocratiquement élu a été renversé par un coup d'État [militaire] en 2009 et avec le
Liechtenstein, qui apparaît encore [aujourd'hui] sur la liste des paradis
fiscaux non-coopératifs de l'OCDE;
«Que l'Assemblée
nationale presse le gouvernement du Québec, dans ses relations internationales,
d'avoir comme priorités le respect des droits humains, la protection de la
liberté de la presse et de la démocratie et la lutte [à] l'évasion fiscale.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député de Mercier. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Alors, on me dit qu'il n'y a pas de consentement.
Alors, nous allons passer à la rubrique des avis
touchant les travaux des commissions, et je vais céder la parole à M. le
leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Merci, Mme la Présidente. Alors, j'avise cette
Assemblée que la Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi
n° 20, Loi édictant la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de
procréation assistée, aujourd'hui, de midi à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de
l'économie et du travail, quant à elle, poursuivra l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi n° 42, Loi regroupant
la Commission de l'équité salariale, la Commission des normes du travail et la
Commission de la santé et de la
sécurité du travail et instituant le Tribunal administratif du travail,
aujourd'hui, de midi à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des finances publiques entreprendra, quant à elle, l'étude détaillée
à l'égard du projet de loi n° 38, Loi
visant à permettre la réalisation d'infrastructures par la Caisse de dépôt et
placement du Québec, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, à la salle du Conseil législatif. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le leader adjoint du
gouvernement. Pour ma part, je vous avise
que la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des
ressources naturelles se réunira en séance de travail aujourd'hui, de
15 heures à 16 h 30, à la salle RC.171 de l'hôtel du Parlement.
Et l'objet de cette séance est de préparer
le rapport portant sur l'examen des orientations, des activités et de la
gestion administrative de la Commission de la protection du territoire
agricole du Québec.
vous avise également que la Commission des relations avec les citoyens se
réunira en séance de travail demain, jeudi
28 mai 2015, de 7 h 30 à 8 h 30, à la salle 3.31 de l'hôtel du Parlement. Et l'objet de cette
séance est de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un mandat d'initiative portant sur
la condition de vie des femmes autochtones.
Maintenant,
nous allons passer à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Alors, vous
voulez avoir la parole, M. le leader adjoint? Allez-y.
Caire :
Merci, Mme la Présidente. Je voudrais savoir, de la part du gouvernement...
J'ai déposé en cette Chambre une question
écrite, le 17 mars dernier, qui s'adressait au ministre de l'Éducation.
Or, plus de deux mois après que j'ai déposé cette question-là, il n'y a
toujours pas de réponse de la part du ministre de l'Éducation.
question était fort simple, elle visait à savoir s'il y avait des démarches qui
étaient entreprises pour récupérer les
sommes qui avaient été versées aux cadres qui avaient été embauchés
illégalement à l'UQAM. Je ne comprends pas pourquoi ça prend deux mois pour répondre à une question qui est somme
toute assez simple, Mme la Présidente. Alors, est-ce que le leader
adjoint du gouvernement pourrait fournir une réponse à ça?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Très bien. Alors, M. le leader adjoint du
gouvernement.
Sklavounos : Oui, merci, Mme la Présidente. Tout ce que je
peux dire à mon collègue, c'est que nous poursuivrons notre travail de répondre avec diligence à toutes les
questions, y compris la question adressée par le député de
La Peltrie.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : M. le leader adjoint du deuxième groupe
d'opposition.
Caire :
Oui. Mme la Présidente, est-ce que le leader adjoint peut nous donner un ordre
de grandeur? Parce que «nous
répondrons», est-ce que c'est la semaine prochaine, avant la fin de la session,
à la prochaine session, à la fin du mandat?
Vous savez, Mme la Présidente, je
pense que et vous serez d'accord avec moi pour dire que c'est un outil qui est
important pour les parlementaires, les
questions écrites, et elles doivent être traitées avec le même sérieux que les
questions orales. Et donc je pense
que le gouvernement devrait au minimum nous donner un ordre de grandeur dans
les délais pour répondre à une question.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci. M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Oui, Mme la Présidente. C'est parce que les questions sont importantes et parce
que nous prenons ces questions très au sérieux que nous prenons le temps de
colliger les informations pour bien répondre à ces questions qui nous sont adressées. Alors, ce que je peux dire au
collègue, c'est : Dès que possible, il aura réponse à sa question.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup.
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour, et je vais céder la parole à M. le leader adjoint
du gouvernement.
Sklavounos : Oui, Mme la Présidente. Auriez-vous l'amabilité
d'appeler l'article 14 de notre feuilleton, s'il vous plaît?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui. Alors, à l'article 14 du feuilleton,
l'Assemblée prend en considération le
rapport de la Commission de l'économie et du travail sur le projet de loi
n° 43, Loi favorisant l'information sur la dangerosité des produits
présents en milieu de travail et modifiant la
Loi sur la santé et la sécurité
du travail.
Alors,
sans plus tarder, je vais céder la parole à M. le ministre du Travail, de
l'Emploi et de la Solidarité sociale.
Hamad : Merci, Mme la Présidente. Alors, nous sommes
aujourd'hui à une nouvelle étape dans le cheminement législatif et parlementaire du projet de loi
n° 43, la Loi favorisant l'information sur la dangerosité des produits
présents en milieu de travail et modifiant la
Loi sur la santé et la
sécurité du travail.
je vais profiter de l'occasion, Mme la Présidente, permettez, de remercier mes
collègues à l'opposition officielle pour
leur excellente collaboration, particulièrement le député de Beauharnois, qui a
donné une excellente collaboration, Mme
la Présidente, et avec célérité, d'ailleurs. Et j'espère que le député de
Beauharnois va prendre ça comme une habitude, et je n'en doute pas.
Alors donc, nous avons réussi à travailler très rapidement.
aussi je dois remercier la députée de Repentigny, aussi, qui a travaillé dans
ce dossier-là avec nous aussi, et pour sa collaboration pour faire
adopter ce projet de loi le plus rapidement possible. Donc, je veux en même
temps, Mme la Présidente, remercier l'équipe
de légistes de la Commission de la santé et de la sécurité et bien sûr l'équipe
qui nous a accompagnés pour aider nos collègues et nous à bien comprendre
l'enjeu.
Alors, je
rappelle : L'enjeu, c'est une harmonisation de la réglementation sur les
matières dangereuses ou les produits
dangereux. En fait, c'est une harmonisation au niveau mondial. Actuellement,
les Nations unies ont mis en place une
norme internationale, et le Canada, nous avons notre ancienne norme, on
l'appelait la SIMDUT, et donc il fallait qu'on s'harmonise avec le Canada et au niveau international, donc les
appellations au niveau l'étiquetage, au niveau la gestion de matières
dangereuses et au niveau la gestion de l'ensemble des éléments.
L'objectif,
évidemment, en premier, c'est protéger les travailleurs, c'est aider les
employeurs à gérer le stock, si on peut
dire, l'inventaire des produits dangereux, et aussi avoir l'harmonisation qui
permet, par exemple, si on importe un produit de l'international, à avoir le
même standard d'étiquetage pour les produits à travers le monde. Donc, c'est
une question de sécurité : sécurité pour les citoyens, sécurité
pour les travailleurs et pour les entreprises.
Alors,
je ne vais pas être plus long que ça, Mme la Présidente, je pense qu'on a eu le
temps de débattre toutes les questions.
Mais je dois remercier encore l'opposition, puis je lui dis : C'est une
très bonne habitude à prendre, c'est très apprécié, et merci pour la
collaboration.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le ministre. Je vais
maintenant céder la parole à M. le député de Beauharnois.
M. Leclair : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Alors, à mon tour de saluer le ministre et son équipe pour avoir travaillé, je pense, très sérieusement dans
ce projet de loi là. Bien entendu, nous ne serons pas les seuls à porter le mérite
de ce projet de loi là, Mme la Présidente.
que le spécifiait le ministre, c'est un projet de loi qui, déjà plusieurs
années, fait suite à des demandes internationales
pour, justement, tout le côté étiquetage des produits dangereux, que ce soit
pancanadien, et aussi en Europe, et aux États-Unis, qu'on ait un
affichage qui soit harmonisé.
Alors, le projet de
loi était quelque peu technique, mais, pour le commun des mortels, le but
premier — tout
cet affichage-là est chapeauté par la CSST,
qui, bien entendu, a des mandats très, très importants face aux travailleurs
québécois — est de s'assurer, bien entendu, de faire
beaucoup de prévention pour limiter ou, du moins, diminuer, ou... dans
nos souhaits, qu'il n'y ait jamais d'accident de travail. C'est ce que tout le
monde souhaite, incluant la CSST.
Mais,
bien entendu, au-delà de faire de la prévention avec les employeurs et les
travailleurs, c'est aussi, parfois, d'harmoniser
nos lois à un niveau et... à une échelle beaucoup plus grande que juste le
Québec. Et, bien entendu, dans ce cas-ci,
le projet de loi n° 43 va s'assurer d'un étiquetage uniforme pour la
grande majeure... la majeure
partie des pays industrialisés qui vont
s'échanger des produits.
ministre nous l'expliquait aussi, et son équipe, lors des rencontres
techniques : Tout ce qui est import et export vont trouver un affichage unique. Donc, il n'y
aura pas de délai, les produits vont pouvoir être utilisés dès leur arrivée,
et pas de réétiquetage. Pour le commun des
mortels qui nous écoute, peut-être que, ces enjeux-là, on les voit moins, mais
c'est une importance économique aussi, ce projet de loi là.
Donc,
nous avons travaillé au projet de loi n° 43 avec tout le sérieux que ça
mérite, incluant l'équipe du ministre qui nous a très bien répondu à nos questions, qui, parfois, sont très
techniques, mais le but était de s'assurer, dans tous les cas... puis on a été rassurés des réponses, mais le but
n'était pas de diminuer, loin de là, les restrictions que nous avons face
à l'étiquetage de nos produits dangereux,
mais bien plus s'harmoniser. Mais parfois, lorsqu'on écrit, on ne veut surtout
pas échapper des mots, des phrases,
pour s'assurer que la sécurité des travailleurs, autant du côté employeur que
du travailleur, soit respectée, puis ça nous a été confirmé tout au long
du projet de loi, Mme la Présidente.
Alors, bien entendu,
ce projet de loi là sera accepté. Et il est déjà attendu par les gens du monde
industriel qui font surtout de l'import et
de l'export. Il nous fera plaisir d'appuyer ce projet-là. Je remercie la
coopération du ministre, puis on va
tenter de travailler toujours constructivement, l'opposition officielle, avec
la
partie gouvernementale, lorsque c'est possible. Mais, à ce jour, ça
va très bien. Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Beauharnois.
Et maintenant, pour son intervention, je cède la parole à M. le député
de Blainville.
M. Laframboise : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Il me fait plaisir de prendre
la parole au nom de ma formation
politique sur le projet de loi n° 43. Évidemment, j'étais présent en
commission parlementaire, ce dossier a été défendu par ma collègue d'Arthabaska. Et, vous savez, c'est un projet de
loi — il est
quand même assez volumineux — de 26 pages, mais c'est un
projet de concordance. C'est-à-dire que l'objectif, c'est que... Les produits
dangereux ont un étiquetage. Et maintenant
ce que souhaite le gouvernement du Québec, avec notre appui, c'est qu'on
s'ajuste à l'étiquetage international. C'est-à-dire que les produits
dangereux qui sont utilisés dans nos entreprises devront être sujets à un étiquetage qui est, partout à travers le monde, le
même pour que, peu importe la langue, Mme la Présidente, ce soit l'image
qui soit plus importante. Donc, l'étiquette,
maintenant, sur des produits dangereux sera le même partout à travers la
planète, et c'est cet objectif-là.
Donc, ce n'est pas
pour rien que, dans les notes explicatives du projet de loi, le projet de loi
prévoit enfin des dispositions de
concordance et de nature transitoire notamment
en permettant aux employeurs, jusqu'au 1er décembre 2018, de
posséder aussi sur un lieu de travail des produits dont l'étiquetage est
conforme à l'ancien cadre réglementaire.
Donc,
c'était important pour nous, pour les entrepreneurs qui nous écoutent, Mme la
Présidente, de comprendre que les
entreprises qui utilisent des produits dangereux, qui avaient... qui ont ces
produits-là puis que ce n'est pas des produits qu'on consomme régulièrement, donc qui sont là, c'était important de
comprendre qu'ils pouvaient les utiliser encore et qu'il y avait quand même une période de
transition, et c'est jusqu'au 1er décembre 2018. Donc, les entreprises
pourront utiliser les contenants
qu'ils avaient, de produits dangereux, sous l'ancien étiquetage jusqu'au
1er décembre 2018. Et ces normes
transitoires là leur permettront... Après le 1er décembre 2018, par
contre, ils devront apposer les bonnes étiquettes, ils pourront
conserver le contenant, mais ils pourront quand même apposer la bonne étiquette
pour être capables de continuer d'utiliser les produits.
Donc,
c'était important, pour notre formation politique, de s'assurer qu'il n'y ait
pas une dépense supplémentaire. Donc,
évidemment, les nouveaux produits qui seront achetés par les entreprises auront
l'étiquetage international, et les produits
qu'ils utilisent dans leurs entreprises sous l'ancien étiquetage seront valides
jusqu'au 1er décembre 2018. Et, encore une fois, après ça, ils pourront se procurer l'étiquette et
l'apposer sur le contenant pour continuer de l'utiliser de façon à ce
que les entreprises n'aient pas de dépenses supplémentaires.
Donc,
encore une fois, Mme la Présidente, c'est dans un souci de collaboration que la
Coalition avenir Québec a participé à
cette discussion sur le projet de loi n° 33, et nous donnons notre appui
au gouvernement sur cette législation. Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci. Merci, M. le député
de Blainville. Je crois que le ministre du Travail voudrait intervenir.
Hamad :
Mme la Présidente, pour ne pas faire une erreur, j'ai parlé de la députée de
Repentigny, mais bien sûr je dois remercier le député de Blainville, qui a
travaillé très fort aussi. Il a posé de très bonnes questions : les
préoccupations sur les coûts, sur l'industrie, sur la sécurité aussi.
Alors, je vais profiter de l'occasion de lui dire un merci aussi.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, très bien.
Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, le rapport de la Commission de l'économie
et du travail portant sur le projet
de loi n° 43, Loi favorisant l'information sur la dangerosité des produits
présents en milieu de travail et modifiant la
Loi sur la santé et la
sécurité du travail, est-il adopté?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos :
Merci, Mme la Présidente.
Article 13, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 13 du feuilleton, l'Assemblée prend en
considération le rapport de la Commission de l'économie et du travail sur le projet
de loi n° 37, Loi confirmant l'assujettissement des projets de cimenterie et de terminal maritime sur
le territoire de la Municipalité de Port-Daniel—Gascons au seul régime d'autorisation de l'article 22 de la
Loi sur
la qualité de l'environnement, ainsi
que les amendements transmis en vertu de l'article 252
du règlement par M. le député de Borduas.
amendements nos 4,
5 et 7 transmis par le député de Borduas et qui ont pour objet de modifier l'article
1 du projet de loi sont déclarés recevables. Par contre,
les amendements nos 1,
2 et 3 modifiant l'article 1 du projet
de loi de même que l'amendement n° 6
modifiant l'article 2 du projet
de loi sont déclarés irrecevables
puisqu'ils nient ou contredisent le
principe du projet de loi, soit l'assujettissement des projets de
cimenterie et de terminal maritime
sur le territoire de la Municipalité de Port-Daniel—Gascons au
seul régime d'autorisation prévu à l'article 22 de la
Loi sur la qualité
de l'environnement malgré toute décision d'un tribunal rendue après la date de
présentation du projet de loi.
Alors, y a-t-il des
interventions sur ce rapport ainsi que sur ces amendements? M. le ministre, allez-y.
Daoust : Alors, je suis...
D'abord, je veux souligner la présence de deux collègues des oppositions...
trois collègues, en fait, des
oppositions qui ont été fort présents : le député de Bonaventure, le député de Gaspé aussi qu'on a vu présent, qui semble être du même avis que nous. Je souligne
aussi la présence du député de Borduas, bien sûr, très tenace dans ce dossier-là,
qui, je pense, ne partage pas notre opinion mais que je respecte tout au moins.
Il a bien débattu sa cause.
Mais je suis heureux aujourd'hui,
madame, de constater les progrès qui ont été accomplis dans le processus législatif pour le projet de loi n° 37.
C'est la loi qui confirme
l'assujettissement des projets de cimenterie et de terminal maritime sur le territoire de la municipalité de
Port-Gascons au seul régime d'autorisation de l'article 22 de la
Loi sur
la qualité de l'environnement. Nous en sommes maintenant à la prise en
considération du rapport de la Commission
parlementaire de l'économie et du travail qui a procédé à
l'étude
article par
article du projet
de loi, projet de la cimenterie
McInnis à Port-Daniel—Gascons.
C'est
un projet important pour la région de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine. C'est un projet de
1,1 milliard de dollars qui
créera des emplois dans une région qui en a fort besoin. En effet,
200 emplois directs par année seront créés par la mise en service de la cimenterie, dont 170 emplois dans la
cimenterie elle-même. En effet, 200 emplois directs par année
seront créés par la mise en service...
le gouvernement a choisi de donner son soutien à ce projet. Son montage
financier, son plan d'affaires sont solides.
L'appui financier du gouvernement comprend un prêt de 250 millions de
dollars ainsi qu'une prise de participation de 100 millions de
dollars. C'est un bel exemple où le gouvernement devient partenaire d'une
entreprise pour que les Québécois retirent leur part des profits.
Plusieurs
inquiétudes environnementales ont été soulevées. Deux groupes environnementaux
ont même présenté une requête à la Cour supérieure, conjointement avec
Lafarge, une entreprise oeuvrant dans le même secteur, afin de demander l'annulation du certificat d'autorisation
délivré le 3 juin 2014 par le ministre du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte contre les
changements climatiques et qui permet à Ciment McInnis de réaliser certains de ses travaux de construction de la cimenterie.
Toutefois, les deux groupes environnementaux se sont désistés de la poursuite.
McInnis a
convenu de former un sous-comité environnemental auquel participent notamment
le Centre québécois du droit de
l'environnement, le Conseil régional de l'environnement de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, Nature Québec et le ministère du Développement durable, de
l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques. Ce sous-comité
permettra notamment le
suivi des gaz à effets de serre, les GES, émis par la cimenterie et de ses
efforts de réduction, ainsi que les suivis de la conformité de Ciment
McInnis aux normes environnementales.
Je tiens à
souligner que la cimenterie de Port-Daniel—Gascons utilisera des technologies de fabrication
les plus modernes dans l'industrie
mondiale du ciment, ce qui permettra de se conformer aux nouvelles normes environnementales
américaines. La formation d'un sous-comité environnemental permettra d'assurer
la réalisation de ce projet dans les meilleures
conditions. Au fond, il ne faut pas mettre en opposition le développement
économique et la lutte aux changements climatiques. Le marché du carbone
devrait, à terme, encourager la cimenterie de Port-Daniel—Gascons et
les autres entreprises québécoises à améliorer leur bilan environnemental.
Ce projet de
loi permet donc de réaffirmer l'état du droit, selon lequel les certificats
d'autorisation déjà délivrés par le
ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux
changements climatiques... Il permet d'assurer
la poursuite d'un projet économique majeur pour la région de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine et pour tout le Québec. La réalisation du projet signifie
également des revenus évalués à 247 millions de dollars sur 10 ans pour le
gouvernement et le maintien de la confiance
des investisseurs envers le gouvernement du Québec. Le projet permettra également d'augmenter les exportations du Québec,
puisqu'une
partie de la production de la cimenterie sera exportée. Les retombées économiques régionales du projet ont
commencé à se faire sentir. Le projet aidera la région à diversifier son
économie, actuellement orientée sur la transformation alimentaire et
forestière.
La mise en
production de la cimenterie est prévue pour 2016. Mme la Présidente, la Gaspésie
a besoin de ce projet, et, comme
parlementaires, nous ne pouvons pas l'en priver. Je souhaite donc, Mme la
Présidente, que cette Assemblée adopte
le rapport de la Commission de l'économie et du travail pour que le projet de
cimenterie à Port-Daniel—Gascons puisse
se poursuivre et que la région Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine et tout le Québec puissent
profiter des retombées. Je vous remercie, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci, M. le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des
Exportations. Et, pour la prochaine intervention, je vais céder la parole à M.
le député de Bonaventure.
M. Roy :
Merci, Mme la Présidente. Je tiens à saluer le ministre pour la collaboration
que nous avons eue dans ce dossier.
Nous étions d'accord. Je tiens à saluer le député de Gaspé, mon collègue, ainsi
que le député de Borduas, qui est intervenu
de manière habile mais, comme le disait le ministre, avec un argumentaire avec
lequel nous n'étions pas tout à fait d'accord.
Donc, au
risque de répéter, je vais quand même ramener certains éléments du
dossier : plus grand projet industriel de l'histoire de la Gaspésie, et c'est un projet qui a atteint un niveau
d'acceptabilité sociale de 85 %, Mme la Présidente. Et le travail d'un député, c'est d'appuyer et
d'accompagner les rêves et les espoirs d'une population, et ce n'est pas aller
contre son monde, ce qui est très clair, et
c'est ce que le Parti québécois a fait au début, lorsqu'il a soutenu et donné
le feu vert pour la mise en chantier
du projet de Ciment McInnis de Port-Daniel. En termes d'emplois, on parle de
plus 2 000 emplois partout au
Québec pour la construction des pièces qui ne se font pas directement sur
place, 600 emplois directement sur le
site pendant la phase de construction et on parle de centaines d'emplois
directs et indirects pendant l'exploitation,
par la suite. Une réduction de 20 % des gaz à effet de serre par tonne de
ciment, et ce, avec une usine qui va
élever les standards de l'industrie partout en Amérique du Nord. Une entreprise
qui voit d'un bon oeil aussi l'utilisation de la biomasse, qui peut en quelque sorte permettre des débouchés pour
l'industrie forestière, qui parle de procédés de captage de CO 2 ,
participation au marché du carbone.
Mme la Présidente, j'aimerais ramener ça sur un
angle plus... je ne dirais pas «personnel», mais très régional. Nous, en Gaspésie, on essaie toujours de nous
faire accroire que nous vivons aux crochets de l'ensemble du Québec, que
nous nécessitons des investissements
inimaginables. Bien, j'aimerais vous rappeler que nous, on perd quelque chose
de fondamental : on perd nos
enfants, qui nous quittent pour aller se faire instruire en ville avec notre
argent aussi, parce que nous payons
les loyers, les frais de scolarité, etc. Et nous avons droit, en Gaspésie,
d'avoir des emplois et un tissu social, culturel et économique pour ramener nos enfants. C'est notre priorité et
c'est ce que nous nous engageons à faire à tous les jours.
Donc, le
projet de Ciment McInnis, c'est une lueur d'espoir pour les familles. C'est un
projet qui donne un signal positif,
avec une des usines les plus performantes au monde, où pour une fois on va
reconnaître, à un endroit comme chez nous, qu'il va y avoir des
innovations, au niveau technologique, tout à fait phénoménales. Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie de cette
intervention, M. le député. Et maintenant je vais céder la parole à M.
le député de Borduas pour sa réplique.
Jolin-Barrette : Merci, Mme
la Présidente. Généralement, je commence toujours mes interventions, Mme la
Présidente, en disant que je suis heureux
d'intervenir dans cette Chambre et
puis que ça me fait toujours plaisir de prendre la parole. Malheureusement, cette fois-ci, Mme la Présidente, dans le
cadre de ce projet de loi et à l'étape où on est rendus, à l'étape de la prise en considération du rapport de
la commission, je dois vous dire que je ne suis pas heureux
d'intervenir à ce moment-ci, Mme la
Présidente, parce que j'aurais
souhaité, et pour plusieurs raisons, qu'on puisse en fait ne pas avoir à
voter sur ce projet de loi, et que le ministre le retire,
et qu'à tout le moins nous aurions pu tenir des consultations particulières avec différents groupes, et que les
collègues aient pu appuyer les motions que nous avons présentées, les
motions préliminaires pour entendre les différents groupes, parce que notre
position, Mme la Présidente, n'a jamais changé dans le présent dossier, et
c'est une position qui a été cohérente.
Et j'ai entendu mes collègues à de nombreuses
reprises dire que c'était un projet porteur pour la Gaspésie. Encore une fois, le député de Bonaventure, qui est un député qui représente très bien
les intérêts de ses citoyens et qui travaille dans l'intérêt de ses citoyens,
oublie de mentionner quelque chose, c'est que ce n'est pas une question
de droit, Mme la Présidente, d'avoir la cimenterie. Ce n'est pas ça qui est
contesté, Mme la Présidente, ce n'est pas cette chose-là. Bien entendu que les Gaspésiens ont droit à un développement économique régional porteur, bien entendu que les Gaspésiens ont droit d'avoir des emplois de
qualité à haute valeur ajoutée, bien sûr que les Gaspésiens ont droit de gagner
un salaire qui est important. Mme la Présidente, tout le débat que nous avons
fait ne porte pas sur cette question-là, le débat
porte plutôt sur le fait que les deux mêmes vieux partis, Mme la Présidente, ont
abandonné la Gaspésie pendant des années
et on tente, par un projet, de patcher, Mme la Présidente — vous me permettrez l'expression — l'absence de projet qui a été... bien, en fait, l'abandon que les
gouvernements successifs ont fait preuve envers la Gaspésie. Et le projet qui
est proposé n'est pas un projet à la
hauteur du financement d'argent public qui est investi dans le projet, n'aura
pas les retombées que les Gaspésiens
méritent, Mme la Présidente. Et là-dessus je veux être très clair, ce n'est pas
une question... Et mes collègues nous ont souvent accusés, notre
formation politique, de ne pas vouloir le développement économique de la Gaspésie. C'est totalement faux, Mme la
Présidente. Et nous l'avons dit au ministre et nous le supportons dans sa
décision d'amener des projets qui
pourraient être porteurs pour la Gaspésie, des projets régionaux, des projets
vers les petites et moyennes entreprises et même davantage de
l'industrie.
Mais ce qu'il
faut comprendre, Mme la Présidente, c'est que, dans le cadre de ce projet de
loi là, qui vise à protéger un
citoyen corporatif unique et à protéger le choix qui a été fait par le
précédent gouvernement de la 40e législature, c'est un projet où on investit 450 millions
d'argent public, hein, 350 millions de la part d'Investissement
Québec — 250 millions
en prêt, 100 millions en
capital-actions — 100 millions
en capital-actions également de la Caisse de dépôt et placement, sur un projet d'environ 1,1 milliard. Donc,
grosso modo, Mme la Présidente, c'est environ la moitié de l'enveloppe qui
constitue de l'argent public. Je ne peux pas
croire, Mme la Présidente, que le ministre n'a aucun autre projet où qu'il
pourrait favoriser des entreprises de
la Gaspésie, favoriser l'économie régionale, donner accès à ces capitaux-là aux
Gaspésiens, Mme la Présidente, parce
que, il ne faut pas se le cacher, ce n'est pas vrai que n'importe quelle autre
entreprise a accès à ces capitaux-là
présentement. Et c'est le travail du ministre de s'assurer que l'argent
descende en Gaspésie et qu'on puisse favoriser
des projets régionaux, des projets qui vont faire en sorte d'avoir davantage de
retombées économiques, de créer plus
que 200 emplois, Mme la Présidente, parce que, vous savez, on investit
450 millions pour 200 emplois permanents, à terme.
Je suis
d'accord avec le député de Bonaventure lorsqu'il dit que ça prend des emplois
de qualité. Malheureusement, on a
uniquement 200 emplois et pour 450 millions d'investissement. Mme la
Présidente, je suis convaincu, avec l'expertise du député de
Bonaventure, avec l'expertise du ministre, qu'on pourrait créer plus que
200 emplois avec 450 millions d'argent public, Mme la Présidente,
d'autant plus que notre formation politique a proposé plusieurs projets, Mme la
Présidente, des projets économiques pour le
Québec. On avait un plan, Mme la Présidente, le plan Saint-Laurent, avec
des zones d'innovation. Donc, Mme la
Présidente, le ministre, en commission parlementaire, me disait : Le
problème, ce n'est pas l'argent,
c'est un manque de projets. Je lui ai proposé de s'inspirer de notre plan économique
que nous avions pour le Québec parce que nous étions prêts, nous, le
7 avril dernier, avec un véritable plan pour l'économie, Mme la Présidente,
mais ce qu'on constate, c'est qu'on laisse la Gaspésie avec un seul projet et
il n'y a pas d'autres projets économiques qui seront porteurs pour la Gaspésie.
Et, Mme la
Présidente, il ne faut pas uniquement s'occuper de la Gaspésie une fois aux 15 ans, il faut s'en occuper à temps plein. Et je souhaite que, suite à l'adoption de ce projet de loi, qui est contre notre gré, Mme la Présidente, vous le savez, le ministre continue à travailler et débute de
travailler pour la Gaspésie pour créer des emplois de qualité.
Mme la Présidente, vous me permettrez de souligner, lors de l'étude détaillée du projet de loi, la présence et l'appui des
députés de ma formation politique qui m'ont accompagné lors de cette étude :
donc, d'abord, le député
de Blainville, le député
de Groulx et le député de
Masson, qui ont soulevé des arguments fort intéressants et, malheureusement, qui n'ont pas trouvé écho du
côté des banquettes ministérielles et des banquettes de la première opposition, mais par contre leurs propos
étaient cohérents et rigoureux, et je tiens à les remercier pour leur appui
dans cette étude détaillée du projet
de loi. Je tiens également à saluer
mes collègues de la première opposition — le député de Bonaventure ainsi que le député
de Gaspé — et ainsi que le ministre et les autres
collègues de la
partie ministérielle. Nous ne sommes pas en accord avec ce projet. Nous aurions aimé que la discussion
soit davantage proactive d'un côté et de l'autre. J'ai constaté que je tentais
de convaincre mes collègues avec une
certaine vigueur. Malheureusement, mes arguments n'ont pas trouvé appui. Et ce
que je déplore, Mme la Présidente, c'est
que, dans tout ce projet de loi n° 37, et avec le lancement du projet de
la cimenterie en 2014 de façon
concomitante avec les élections qui allaient mener à la formation de la
41e législature, on a véritablement constaté que le projet de
cimenterie, c'était un projet qui avait été lancé d'une façon concomitante avec
la campagne électorale et, devrait-on dire, électoraliste, aussi.
J'ai exposé aussi, Mme la Présidente, lors de la
commission que... et j'ai demandé cette question-là, Mme la Présidente, au ministre à savoir, s'il avait été
titulaire du ministère en 2014, au moment du lancement de la campagne électorale, ou même s'il avait été toujours
titulaire de son poste en tant que président d'Investissement Québec, s'il
aurait cautionné un tel projet avec
autant d'argent public. Malheureusement, on n'a pas eu de réponse, Mme la
Présidente, on a eu le silence, Mme
la Présidente, sur cette question. Et c'est un peu malheureux, parce que c'est
important de savoir est-ce que le ministre se retrouve dans une situation où il n'a pas le
choix d'aller de l'avant avec ce projet de cimenterie et est-ce que c'est la raison pour laquelle il
dépose ce projet de loi. Parce qu'on n'a pas eu d'explication, Mme la
Présidente, sur la véritable raison
du dépôt du projet de loi. Parce que, je vous le rappelle, puis je l'ai exposé
précédemment, le recours à un projet
de loi particulier, c'est une procédure qui est extrêmement rare dans notre
Parlement, Mme la Présidente. Au cours des dernières années, ce n'est
arrivé qu'à deux autres reprises.
Donc, ce qui
a filtré à la commission parlementaire, Mme la Présidente, c'est que le
ministre dit : Bien, pour des raisons
financières, je dois déposer un projet de loi. Je vous demande, Mme la
Présidente : Qu'est-ce qui force un ministre, pour des raisons financières, à déposer un projet
de loi particulier pour un seul citoyen corporatif? C'est extrêmement particulier. La seule personne généralement qui
dépose des projets de loi pour des raisons financières, ça va être le ministre
des Finances, qui a l'initiative. Et
d'ailleurs vous savez que les députés de l'opposition ne peuvent pas déposer de
projets de loi à l'Assemblée. Ils ne
seront pas recevables s'il y a des impacts financiers pour l'État québécois.
C'est une prérogative qui relève du gouvernement.
Ceci étant dit, je me demande véritablement
quelle est la raison qui force le ministre à venir, pour des raisons financières, amener un projet de loi pour la
cimenterie de Port-Daniel—Gascons. Ça
souligne un questionnement par rapport à l'entente, à l'entente entre
Investissement Québec, la Caisse de dépôt et la cimenterie, les partenaires
privés de la cimenterie. Et j'ai demandé au
ministre lors de l'étude détaillée — et je le redemande encore, Mme la
Présidente, en cette Chambre — que le gouvernement et le
ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations rendent publique
l'entente qui a été signée entre Investissement Québec, la Caisse de dépôt, et
la cimenterie McInnis, et les partenaires d'affaires. De quelle façon le
financement est effectué? Est-ce qu'il y a des clauses?
Qu'est-ce qui pousse le ministre à proposer un
tel projet de loi? Parce que, dans l'esprit du ministre, Mme la Présidente... Et les journalistes l'ont repris
dans les quotidiens et à la télévision également. Le ministre a fait une
déclaration à l'effet que le projet
ne constituait plus un projet environnemental et constituait uniquement un projet économique. Je ne partage pas du tout son avis, Mme la Présidente, mais peut-être peut-on déceler de cette réponse que c'est en
raison des pressions financières, les
pressions du marché, qu'il doit déposer un tel projet. Mais, si c'est une
contrainte de la part des marchés,
j'aimerais que le ministre nous le dise, parce que, Mme la Présidente, le ministre et le gouvernement disposent de privilèges parlementaires, et je ne voudrais pas que la législation que l'on adopte dans cette Chambre soit faite sous la dictée d'un
tiers, Mme la Présidente, parce que ça serait vraiment préoccupant si c'était
le cas.
Et là on n'a
aucune indication de la part du ministre. Tout ce qu'il nous dit, Mme la Présidente, c'est : Que je dois le
déposer, on me dit de le déposer, c'est la façon plus simple et la plus
efficace de protéger le projet de cimenterie. De quelle façon est-ce que tout ça s'est enclenché? Souvent, Mme la Présidente, j'entends le gouvernement de la 41e législature se targuer d'être le gouvernement de la transparence. À de multiples reprises, j'entends les ministres
du cabinet affirmer cela, et également
le premier ministre aussi. Et d'ailleurs le premier ministre maintenant diffuse son horaire. Mais, dans le concept
de la transparence, Mme la Présidente, c'est important de donner accès à tous
les renseignements et surtout lorsqu'on adopte une loi qui a une incidence
directe sur ces renseignements, parce que, vous savez, peut-être que la première opposition n'adopterait pas la même
position, Mme la Présidente, s'ils avaient accès à ces documents. Peut-être
que notre formation politique n'adopterait
pas la même position si nous avions accès à ces documents. Mais ce qui est
important, Mme la Présidente, c'est que les citoyens du Québec aient accès à
toute l'information. Et je veux savoir : Est-ce
que le ministre aussi a eu accès à ces informations, est-ce qu'il a eu accès à
l'entente, est-ce qu'il l'a vue? Parce que,
vous savez, Mme la Présidente, que le ministre dispose d'une grande expérience
dans le milieu financier, et je voudrais savoir : Est-ce que lui a eu l'accès à l'entente? Est-ce qu'il a pu
l'analyser? Mais, malheureusement, Mme la Présidente, on ne le sait pas, et ce serait tout à fait
légitime qu'une commission parlementaire se penche aussi sur le contenu de l'entente
pour savoir comment sont investis les deniers publics, parce que, il faut le
dire, Mme la Présidente, pour ce qui est du 350 millions,
250 millions en prêt, 100 millions en capital-actions, bien, c'est de
l'argent public, c'est dans les budgets d'Investissement Québec, Mme la Présidente, et Investissement Québec
relève du ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations.
Donc,
concrètement, Mme la Présidente, dans un souci de transparence, nous demandons
que l'entente d'Investissement Québec
au niveau de l'investissement soit rendue publique dans les meilleurs délais,
d'autant plus que le ministre n'a pas
répondu à nos questions sur ces éléments. Donc, c'est pour l'aspect économique,
Mme la Présidente, du projet de loi.
J'ai dit
d'entrée de jeu, Mme la Présidente, que je n'étais pas heureux d'intervenir à
cette étape-ci du projet de loi, parce que notamment j'ai proposé, lors des
motions préliminaires qu'il est possible de faire au début de la commission
parlementaire, hein... Parce que c'est
vraiment le moment pour faire les motions préliminaires. Je l'ai d'ailleurs
rappelé au député de Louis-Hébert,
hier, qui semblait perplexe à cet effet-là. Mais tout ça pour dire, Mme la
Présidente, que nous avons déposé, du
côté de notre formation politique, sept motions préliminaires visant à entendre
certains groupes ou certains individus
qui auraient pu venir renseigner les parlementaires dans le cadre de l'étude du
projet de loi. Ce qu'il faut dire, Mme
la Présidente, et je vous ramène un petit peu en arrière, c'est que, dès le
dépôt du projet de loi, le bureau du leader du deuxième groupe d'opposition, le député de Granby, a communiqué avec
le bureau du leader du gouvernement, le député de Saint-Laurent. Notre formation politique a transmis une liste de
groupes que nous souhaitions entendre en prévision de l'étude du projet de loi. Malheureusement, je
dois vous le rappeler, Mme la Présidente, que nous n'avons pas eu de
retour, et finalement on s'est fait dire qu'il n'y aurait pas de consultation.
Parmi ces
groupes, Mme la Présidente, il y avait le Centre québécois du droit de
l'environnement; Environnement Vert-Plus;
Greenpeace; la Coalition Écovigilance Baie-des-Chaleurs; Équiterre; le Réseau
québécois des groupes écologistes; le Centre de l'environnement; le
Secrétariat des organismes environnementaux du Québec; la Fondation
David-Suzuki; Nature
Québec; la SNAP-Québec — la Société pour la nature et les parcs du Canada; Attention
FragÎles; ENvironnement JEUnesse; Les Citoyens au courant; l'Association
québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique; le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement
du Québec; le Fonds mondial pour la nature; le Fonds d'action québécois pour le développement durable; le Conseil patronal
de l'environnement du Québec; l'Observatoire de la consommation responsable de l'Université du Québec à Montréal;
l'Alliance pour une économie verte au Québec; la Chaire en éco-conseil
de l'Université du Québec à Chicoutimi; le Centre québécois du développement
durable.
Vous
constatez, Mme la Présidente, qu'il
y a une dizaine de groupes que nous
souhaitions entendre, et nous étions ouverts
également, Mme la
Présidente, à entendre les différents
intervenants aussi du milieu, les élus locaux, les partenaires économiques, tout ça. Nous aurions apprécié avoir
l'opportunité de tenir des consultations
particulières pour entendre les groupes, pour savoir ce qu'ils avaient à
dire. Malheureusement, on a essuyé un refus de la part du gouvernement, Mme la Présidente. Et vous savez que,
généralement, les groupes parlementaires s'entendent pour tenir des
consultations. La députée de Taschereau, à l'époque où elle était, il
n'y a pas si longtemps, leader de la première opposition, se lève pratiquement à chacun des projets de loi pour
requérir des consultations particulières. Dans ce cas-ci, je constate que la
première opposition est complètement muette
à cet effet et a également voté contre toutes les motions préliminaires que
nous avons proposées pour convoquer les
différents groupes. Et, vous savez, Mme la Présidente, durant la
commission parlementaire, au moment
où on débattait des motions préliminaires... D'ailleurs, je dois vous dire, Mme
la Présidente, que débattre d'une
motion préliminaire lorsque vous êtes le seul intervenant, avec mes collègues
de la deuxième opposition, à intervenir... Bien nous, on ne débat pas
souvent ensemble, on est pas mal en accord sur nos propos. Puis ce qui est intéressant, Mme la Présidente, dans le cadre d'un
débat, d'un forum, c'est lorsque l'ensemble des groupes parlementaires participent, parce qu'on sait davantage ce que les
autres partis pensent, et aussi ça permet d'analyser aussi leur raisonnement.
Malheureusement, on n'a pas eu cette
chance-là parce que les autres parlementaires étaient cois et ne s'exprimaient
pas sur nos motions préliminaires,
Mme la Présidente. Bon, deux choses. Peut-être parce que les
collègues parlementaires étaient en
accord avec nos arguments. Dans ce sens, ils auraient dû voter en faveur. Peut-être
aussi que c'est la ligne de parti qui
a fait en sorte qu'ils n'ont pas appuyé nos motions préliminaires, mais ça, Mme
la Présidente, on ne le saura pas.
Ceci étant dit, Mme la Présidente, nous avons
déposé sept motions préliminaires visant à entendre différents intervenants, différents groupes. Je vous l'ai dit
tout à l'heure, bon, dans l'historique du dossier, à partir du moment où
le leader du gouvernement n'a pas accepté de
convoquer des auditions particulières, nous, c'était notre devoir de déposer
des motions préliminaires, Mme la Présidente, pour s'assurer que les gens
soient entendus parce que... Et je donnais l'exemple,
dans le cadre de la commission sur le projet de loi n° 32, avec le
ministre de l'Environnement, Mme la Présidente, que, dans le cadre de ce
projet de loi là, la position du ministre avait évolué suite à la consultation
des différents groupes qui sont venus
nous rencontrer. Et je pense que — et
on l'a vu un peu hier aussi au projet de loi n° 42, Mme la Présidente — on
réfère souvent à ce que les groupes viennent
nous dire lorsqu'on travaille sur la législation, lorsqu'on étudie les articles
de la loi qui est proposée par le ministre. Et même parfois, Mme la Présidente,
le ministre lui-même va déposer des amendements
en fonction de ce que les groupes qui sont venus nous parler en commission
parlementaire... en fonction de leurs
recommandations, de ce qu'ils nous ont dit. Donc, on se prive, Mme la
Présidente, comme on a fait dans le cadre du projet de loi n° 37, d'un éclairage, hein, d'une
bonification que les différents intervenants que nous aurions pu entendre
seraient venus nous donner comme informations. Donc, Mme la Présidente, je
pense que c'est important.
Ça arrive
rarement aussi que, depuis que la législature a commencé ici, depuis le mois de
mai 2014... Que nous ne convoquions pas de groupes en auditions
particulières, ça arrive assez rarement. La majeure
partie du temps, nous convoquons des groupes pour les entendre et
surtout pour nous guider, pour nous faire réfléchir aussi, parce que, vous
savez, la pensée des gens, Mme la
Présidente, peut évoluer. Et heureusement qu'elle peut évoluer, la pensée des
gens, Mme la Présidente, parce que
vous savez qu'un des bons exemples, Mme la Présidente... nous avons souligné le
75e anniversaire du droit des femmes
récemment, et c'est la démonstration que la société évolue, mais c'est en
consultant les gens, en écoutant les gens et en faisant preuve de
réflexion qu'on peut faire des progrès.
Donc, je pense
que, dans le cadre du projet de loi n° 37, dans le cadre du projet de
la cimenterie, bien les parlementaires
auraient pu faire du progrès au niveau de leur position, de leur réflexion par
rapport à ce projet, qui, je vous le rappelle, Mme la Présidente, est le
projet le plus polluant de l'histoire du Québec, hein, qui est mis en place, 2 millions de tonnes... environ
2 millions de tonnes de gaz à effet de serre qui vont être émises par
année, entre 1 760 000 et 1 830 000,
pour être plus précis, selon les
chiffres anticipés, Mme la Présidente. Mais, selon cet estimé, ça demeure quand
même, au moment de sa mise en service, en
2016, le projet... bien, en fait, l'industrie qui va émettre le plus de
contaminants au niveau des gaz à
effet de serre dans l'atmosphère en supplantant les alumineries qui existent...
ou les autres cimenteries et les raffineries de pétrole que nous avons
au Québec, Mme la Présidente.
Et ça, ce
n'est pas négligeable du tout, Mme la Présidente, pas négligeable du tout,
surtout lorsqu'on considère que le
gouvernement et la première opposition, Mme la Présidente, bombent le torse,
chacun de leur côté, pour dire : Nous défendons l'environnement davantage que vous. Mais là, ici, on a un bel
exemple, Mme la Présidente, que ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai, parce que les deux vieux partis ont toujours la
même réaction : ils parlent, ils parlent, ils parlent, puis, quand vient le temps d'agir pour protéger les
intérêts des Québécois, d'agir en tant que fiduciaires de l'environnement — puis c'est le rôle du ministre de l'Environnement, Mme la Présidente — bien on constate qu'ils sont absents et
qu'ils ne prennent pas en compte les principes de développement durable.
Et ce que
nous demandions, Mme la Présidente, dans le projet de loi, c'était que le
projet de cimenterie soit assujetti à
une évaluation indépendante du Bureau d'audiences publiques en environnement.
Même M. Guilbeault, d'Équiterre, l'a
souligné. L'idée, ce n'est pas d'être contre le projet de cimenterie, Mme la
Présidente, c'est véritablement que la loi québécoise en matière environnementale s'applique. La
Loi sur la qualité
de l'environnement prévoit un régime particulier dans le cadre d'une cimenterie, dans le cadre de la
section IV.1 de la
Loi sur la qualité de l'environnement, donc c'est un régime d'autorisation qui est particulier. Et
tout ce qu'on demande, de ce côté-ci de la Chambre, Mme la Présidente, c'est que les lois québécoises s'appliquent à tous
de la même façon. Donc, il s'agit d'une question d'égalité devant la loi.
Et il y a un élément intéressant que je
voudrais porter à votre attention, Mme la Présidente. Lors de l'étude des
crédits, j'ai posé une question au ministre de l'Environnement à l'effet
que, si un projet de cimenterie... le même projet de cimenterie était débuté en 2015, Mme la Présidente, selon les mêmes
paramètres, est-ce que ce projet de cimenterie serait assujetti à une
évaluation effectuée par le BAPE, et la réponse du ministre, Mme la Présidente,
a été de lire la loi applicable ainsi que les règlements. Donc, sa réponse veut
tout dire, Mme la Présidente.
Et on
comprend qu'il y ait un certain malaise du côté du ministre de l'Environnement,
Mme la Présidente. On comprend que le projet de loi n° 37 sur la
cimenterie est déposé par le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, donc un ministre économique qui a
une vocation économique... un ministère, pardon. Je crois que, le ministre,
aussi c'est son expertise au niveau
économique. Par contre, le projet de loi n° 37 intervient directement sur
une loi qui est administrée par le
ministre de l'Environnement, dont le ministre de l'Environnement est
responsable, c'est la
Loi sur la qualité
de l'environnement. Généralement, Mme la Présidente, lorsqu'une loi relève d'un
ministère, en l'occurrence le ministère
de l'Environnement, c'est le ministre titulaire qui dépose les projets de loi
qui viennent affecter cette loi. Dans ce
cas-ci, ce qu'on vient dire dans le projet de loi, c'est que c'est uniquement
le régime de l'article 22 de la
Loi sur la qualité de l'environnement qui va s'appliquer et que,
malgré toute décision rendue par un tribunal qui viendrait assujettir la
cimenterie à un autre type de régime d'autorisation, bien la décision ne
serait pas valide et valable.
Je vais y revenir, sur l'aspect
juridique, Mme la Présidente, du dossier. Mais ce qu'il faut se rappeler, Mme
la Présidente, c'est que le projet de loi
n° 37 n'est pas déposé par le ministre de l'Environnement, mais plutôt par
son collègue de l'Économie. C'est assez particulier.
Vous
savez, les différentes commissions, présentement, les parlementaires, Mme la
Présidente, étudient juste l'autre côté
des portes, au salon rouge, le projet de loi n° 20. Qui est le ministre
qui présente le projet de loi n° 20? Le ministre de la Santé. Pourquoi? Parce que ça touche la
santé. Le projet de loi n° 42 est présentement à l'étude, Mme la
Présidente, ça touche les relations
de travail, le Tribunal du travail, le Tribunal administratif du travail créé.
Ça touche également la Commission des
normes du travail, la Commission de la santé et de la sécurité du travail, ça
touche la Commission de l'équité
salariale. Qui dépose le projet de loi, Mme la Présidente, et qui pilote le
projet de loi? C'est le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Donc, vous voyez, généralement,
c'est pas mal toujours le ministre qui est responsable de la loi, qui
pilote.
On constate
qu'il y a un certain malaise du côté gouvernemental, à savoir : Pourquoi
ce n'est pas le ministre de l'Environnement
qui pilote le projet de loi n° 37, qui vient créer une situation
particulière pour le régime d'autorisation applicable à cette cimenterie? Ce sont des questions que j'ai posées au
ministre, Mme la Présidente. Malheureusement, on n'a pas eu de réponse non plus. Mais je tiens à revenir, Mme la Présidente, sur les
motions préliminaires que nous avons déposées
lors de la commission. Et je vous rappelle que c'était fondamental
d'entendre les groupes, et cette collusion entre la première opposition
et le parti ministériel dans le cadre de leur décision de ne pas appuyer...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Excusez, je... Oui, allez-y, M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : J'ai
entendu un terme qui n'est pas parlementaire, que je n'ai pas besoin de
répéter, mais le collègue, je suis convaincu, formation de juriste, il le
connaît. Je lui demanderais de le retirer, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, on va laisser M. le député retirer son propos.
M. Jolin-Barrette : ...je comprends
que le terme peut être proscrit...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, vous le retirez? Vous pourriez le retirer? Très bien, merci.
Vous pouvez poursuivre.
Jolin-Barrette : Ce qu'il
faut comprendre dans l'emploi du terme utilisé, Mme la Présidente, bien que je
l'aie retiré, c'est qu'il y a une
communauté d'esprit entre la première opposition et le parti ministériel qui... Et je crois que le
terme qualifiait adéquatement les positions
exprimées par les partis, parce que vous savez que, lorsque cette communauté
d'esprit est si présente sur un aspect si
fondamental que la défense de l'environnement, je pense que c'est important
que les citoyens québécois sachent de quelle façon se comportent les
partis à l'Assemblée nationale, Mme la Présidente.
Ceci étant
dit, au niveau des motions préliminaires, Mme la Présidente, que nous avons présentées, nous en avons présenté sept, Mme la Présidente, sept, de
façon à ce qu'on puisse entendre les groupes. Bon, vous savez que, Mme la Présidente, nous n'avons pas eu d'appui pour entendre les
différents individus ou l