Public Finance — 11 February 2026 (43rd Legislature, 2nd Session)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
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31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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Journal des débats de la Commission des finances publiques
Version préliminaire
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 11 février 2026
Vol. 48 N° 24
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 5, Loi visant à accélérer l’octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et d’envergure nationale
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures vingt-deux minutes)
Le Président (M. Laframboise) : Bonjour
à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
finances publiques ouverte. Je vous souhaite la bienvenue. La Commission est
réunie afin de poursuivre les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi numéro cinq, Loi visant à accélérer l'octroi des
autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale. M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. St-Louis (Joliette) est remplacé par Mme Lachance
(Bellechasse), Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont), par Mme Dufour
(Mille-Îles).
Le Président (M. Laframboise) : Merci,
M. le secrétaire. Ce matin, nous entendrons les organismes suivants : l'Assemblée
des Premières Nations Québec Labrador et l'Association des biologistes du
Québec. Je souhaite donc la bienvenue aux représentants de l'Association des
Premières Nations Québec Labrador. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à commencer
votre...
Le Président (M. Laframboise) :
...votre exposé.
Merci.
M. Verreault-Paul (Francis) :
M. le Président, si vous me permettez, avant de commencer mon exposé,
j'aimerais quand même faire une rectification importante. Ça fait deux fois en
deux semaines que je me présente ici, et les deux fois, on nous a appelés une
association. Je pense que ce serait important de bien noter qu'on n'est pas une
association, on est une assemblée, et l'Assemblée des Premières Nations
Québec-Labrador est élue par des gouvernements des Premières Nations. Donc,
s'il vous plaît, j'aimerais, une fois pour toutes, rectifier ce tir, parce que
M. le ministre, la semaine dernière, nous dira que c'est un lapsus, mais ce
n'est pas un lapsus. Donc, merci de prendre note.
Le Président (M. Laframboise) :
Désolé, j'ai mal lu. C'est l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador.
Merci.
M. Verreault-Paul (Francis) : Merci.
Merci beaucoup, M. le Président. Kwe... M. le Président, MM, Mmes, les députés,
M. le ministre, je suis aussi accompagné par Me Sylviane René et
Me Flavie Routhier, avocate de l'Institut du développement durable des
Premières Nations Québec-Labrador. Notre présence aujourd'hui doit être
comprise comme un geste de respect et de bonne foi envers les travaux de cette
commission. Il ne s'agit pas toutefois d'un exercice de consultation que
devrait l'être avec les gouvernements des Premières Nations. La commission doit
reconnaître et respecter l'autonomie ainsi que la souveraineté propre à chacune
des Premières Nations. Il est important de reconnaître que les gouvernements
des Premières Nations ne sont pas de simples parties prenantes, mais ils sont
détenteurs de droits ancestraux et du
titre ancestral.
Ce que nous recherchons est simple et
essentiel. Premièrement, un développement véritablement respectueux qui établit
un équilibre réel entre la croissance économique, la pérennité de nos
territoires, la protection de la biodiversité et la préservation de nos modes
de vie. Ensuite, une réconciliation législative ambitieuse, une transformation
législative en profondeur afin de renouveler la relation entre le gouvernement
provincial et les gouvernements des Premières Nations, sur la base du respect
des droits, de la coopération et du partenariat. Il faut d'abord et avant tout
reconnaître la place légitime qui revient aux Premières Nations lorsque nous
parlons notamment du développement sur le territoire. Ensuite, il faut se
donner l'espace et les opportunités nécessaires afin de mettre en œuvre cette
approche de gouvernement à gouvernement.
Ainsi, notre présence aujourd'hui ne peut
pas être considérée comme étant pleine et entière dans le processus, elle est
dans le respect de votre institution, mais nous nous attendons à ce qu'il y ait
un retour mutuel, car ce projet de loi nous affectera directement. Cette
réconciliation législative est indispensable pour mettre fin aux obstacles,
répondre aux défis propres à nos nations et fondée sur nos droits inaliénables.
Je dois le dire, il y a d'énormes interrogations et préoccupations par ce qui
est présenté dans le projet de loi n° 5.
Ce projet de loi vise à accélérer
l'autorisation de projets dits prioritaires et d'envergure nationale. Axé
uniquement sur l'accélération des projets du Québec, il crée un déséquilibre
majeur au détriment de la protection des territoires, de la biodiversité et de
nos modes de vie. Il est important de souligner que le projet de loi n° 5 s'inscrit dans un contexte marqué par la
multiplication des réformes législatives, pensons notamment au PL n° 1 et au PL n° 97. Ces réformes
exercent chacune une pression importante sur nos droits, nos territoires et la
biodiversité. De façon individuelle, chacun de ces projets de loi pose un
problème. Une fois placé dans une perspective de l'ensemble, on voit bien que
les effets ne s'additionnent pas, ils se multiplient, et ce cumule vient
alourdir encore plus les pressions déjà très fortes sur nos territoires. Le
projet de loi n° 5 s'inscrit dans cette même logique
d'accélération et vient assurément accentuer ces incertitudes.
Entre autres, le projet de loi n° 5 permet d'exempter certains projets d'exigences
environnementales ou d'en assouplir l'application, et ce, pour une durée
indéterminée. Concrètement, cela pourrait avoir effet d'autoriser la
réalisation de projets qui ne respectent pas les normes environnementales
actuellement en vigueur. Laisser avancer des travaux préparatoires sans
autorisation, c'est comme creuser dans le cœur même de nos territoires à
l'aveugle. On risque d'y laisser des cicatrices irréversibles sans savoir si le
projet verra le jour. Il peut s'agir de lieux de transmission culturelle, de
sites de chasse, de pêche et de cueillette ainsi que de l'habitat d'espèces
vitales à nos nations, dont le caribou. Avec le projet de loi n° 5,
le gouvernement du Québec laisse ainsi croire que protéger nos territoires est
une option, pas une obligation. Pour nos nations, protéger le territoire est
indissociable de nos droits, de nos modes de vie et nos façons de décider.
C'est ce qui nous mène au deuxième enjeu majeur soulevé par le projet de loi.
Celui-ci privilégie une approche
unilatérale et descendante avant même que nous ayons une véritable occasion
d'influencer l'orientation et le processus décisionnel. Cette approche va à
l'encontre de toute forme de réconciliation législative. Celle-ci suppose
l'adoption de lois qui renforcent une relation authentique de gouvernement à
gouvernement, fondée sur les droits, le partenariat...
M. Verreault-Paul (Francis) : ...partenariat
et la coexistence. Le projet de loi n° 5 marque également un recul par
rapport au changement de paradigme amorcé ces dernières années avec la mise en
œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples
autochtones, désormais intégrée au droit canadien et applicable au Québec. La
Déclaration ne crée pas de nouveaux droits, elle reconnaît des droits inhérents
et établis des normes minimales. Elle consacre notre droit à
l'autodétermination et oblige les États à obtenir notre consentement libre,
préalable et éclairé avant d'aller de l'avant avec tout projet visant l'auteur
ou nos ressources. Le projet de loi cinq est en clair contradiction avec ces
objectifs.
Dans les faits, le projet de loi limite de
façon importante la capacité des Premières Nations d'influencer les décisions
clés liées au développement. Les Premières Nations ne sont pas consultées lors
de l'étape de désignation de projet, alors même qu'une fois le projet désigné,
la capacité réelle du gouvernement de refuser sa mise en œuvre devient
extrêmement limitée. Le regroupement de plusieurs autorisations en une seule a
pour effet de réduire le nombre de moments où l'obligation de consulter serait
normalement déclenchée. Il est irréaliste de croire que les mécanismes proposés
sont conformes aux obligations constitutionnelles. Autrement dit, le projet de
loi n° 5 traite nos intérêts et nos droits comme
étant optionnel dans la mise en œuvre de projets dits d'envergure nationale. En
s'appuyant sur une démarche décisionnelle unilatérale, le projet de loi risque
de répéter les erreurs du plassé... du passé, plutôt que de contribuer à une
relation renouvelée fondée sur le respect mutuel de gouvernement à
gouvernement, pour ne pas me répéter. Il écope... Il incombe au gouvernement du
Québec d'utiliser son pouvoir législatif pour reconnaître et faciliter
l'exercice des droits ancestraux et pour mettre en place des mécanismes
favorisant une véritable réconciliation législative.
• (11 h 30) •
Pour conclure, le projet de loi s'inspire
largement de la loi fédérale C-5 et de la loi n° 5 de
l'Ontario, deux régimes législatifs actuellement contestés devant les
tribunals... les tribunaux par plusieurs Premières Nations en Ontario. Ces
contestations démontrent les risques juridiques importants associés à ce type
d'approche. Il promet des autorisations plus rapides, mais il reproduit
essentiellement les mêmes erreurs. Dans ce contexte, nous exprimons notre
solidarité envers nos frères et sœurs engagés dans ces contestations
judiciaires et réitérons notre ferme opposition à l'adoption du projet de loi.
Les Premières Nations soutiennent le développement économique, mais celui-ci
doit respecter de manière équilibrée nos terres non cédées et nos droits
inhérents. Le projet de loi n° 5 ne répond pas à ces
impératifs. Aller de l'avant avec un tel projet risque de créer encore plus
d'incertitude, autant pour les Premières Nations que pour le Québec et pour les
promoteurs.
Ce projet de loi représente un choix, un
choix entre deux voies. La première voie est celle de la réconciliation
législative. Une approche fondée, encore une fois, sur une relation de
gouvernement à gouvernement. Lorsque la co-construction devient harmonieuse
plutôt que hiérarchique, les projets ne ralentissent pas, ils gagnent en
cohérence, en légitimité et en pérennité sociale. L'expérience démontre
d'ailleurs que lorsque les Premières Nations sont impliquées dès le débart...
dès le départ, comme partenaires à part entière, les décisions sont plus
claires, les conflits diminuent et les projets avancent avec plus de rapidité
et de stabilité, parce qu'il repose sur des bases construites ensemble et non
imposées. La seconde voie est celle de la judiciarisation, voie que le
gouvernement semble vouloir emprunter. Mais permettez-moi de rappeler ceci :
les Premières Nations défendent leurs droits devant les tribunaux depuis des
décennies. Nous avons gagné et nous... et, en toute humilité, je pense que nous
continuerons de gagner. Mais ce n'est pas la voie qu'on veut privilégier.
En terminant, j'en appelle à vous, M. le
ministre. Reconnaissez que le projet de loi n° 5 constitue une voie de
division à un moment où nos peuples ont besoin d'unité. Choisissons un meilleur
chemin, un chemin qui honore notre Constitution, nos engagements découlant de la
DNDPA et notre avenir partagé.Tshinashkumitnau. Merci beaucoup, tout le monde.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
chef Verreault-Paul pour votre exposé. Nous allons maintenant commencer la
période d'échange. M. le ministre, la parole est à vous pour 16 minutes
30 secondes.
M. Girard (Groulx) : Bien,
merci, M. le Président. Merci, grand chef, pour la présentation. Merci pour le
mémoire qui, dans sa profondeur, là, nous démontre tout le sérieux de votre
démarche. De notre côté, nous avons amorcé un dialogue avant le dépôt du projet
de loi. Alors, j'ai rencontré les Innus de la Côte-Nord, les Cris, les Mohawks
et l'Assemblée...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Girard (Groulx) : ...oui,
exactement. Donc, c'est certain que nous avons vu ce qu'il s'est passé avec C-5
le projet de loi n° 5, et notre
approche est différente, notamment parce qu'on arrive après. Alors, je pense qu'on
a des objectifs communs, c'est-à-dire, étant donné les défis économiques en
raison du contexte que nous connaissons tous, bien, tout le monde veut...
toutes les juridictions au Canada veulent accélérer la réalisation de projets
majeurs et stratégiques. Mais c'est certain qu'en Ontario puis au Canada, on se
donne des pouvoirs de type bazooka puis on ne les définit pas. Dans notre cas,
on dit que, lorsqu'il y a des... quand on va utiliser des pouvoirs
extraordinaires, c'est parce qu'il y aura des situations exceptionnelles, puis
on définit dans quel champ d'action ces pouvoirs exceptionnels là, de l'article 23,
pourraient être utilisés.
Alors, j'ai évidemment entendu la demande
fondamentale, là, de la réconciliation législative. Malheureusement, dans mon
cas, en tant que ministre des Finances, porteur de ce projet de loi là, je
pense que ce que vous demandez va bien au-delà de mon champ de juridiction, mes
responsabilités au gouvernement. Mais je l'entends, je le constate, je le lis.
Et, pour tous ceux qui nous écoutent, là, c'est
certain qu'il faut éviter les raccourcis où on pense que la raison que les
projets ne se réalisent pas au Québec... parce qu'on parle de projets majeurs,
stratégiques où il y a une compétition internationale pour avoir ces projets-là,
là. On n'est pas les seuls qui ont des projets miniers, énergétiques, de
transport, de manufacturiers innovants, tout le monde se bat pour ça sur la
planète, M. le Président, puis on n'est pas les seuls qui ont ces objectifs-là,
mais on a des atouts au Québec. Mais là où je veux mettre tout le monde en
garde, c'est que c'est certain que si on fait des raccourcis, bien, on
penserait que c'est les règles environnementales puis les obligations de
consultation avec les Premières Nations qui ralentissent les projets. Or, ce n'est
pas ça, M. le Président.
Il y a toutes sortes de raisons pour quoi
les projets sont lents à se réaliser au Québec. Et, lorsque les projets
prennent trop de temps, bien, les promoteurs vont voir ailleurs. Et là où il y
a plus de certitude et moins de temps, les rendements sont meilleurs et les
projets tombent ailleurs. Et ça, ce n'est pas dans l'intérêt supérieur du
Québec de personne. Parce que nous sommes en compétition.
Alors, moi, je veux revenir directement à
l'aspect des consultations. Vous, vous êtes ici, vous avez une expertise, vous
savez ce que vous voulez. Est-ce que vous pouvez nous dire simplement,
clairement, qu'est-ce que, pour vous, c'est un processus de consultation qui
serait respectueux, honorable et qui fonctionnerait?
M. Verreault-Paul (Francis) : Merci,
M. le ministre. Vous avez touché plusieurs points. Je vais me permettre de
tenter de les aborder. Dans un premier temps, vous avez mentionné que vous n'avez
pas les... ce n'est pas dans votre juridiction, l'aspect de réconciliation
législatif. En fait, c'est tout à fait le contraire. Je m'explique.
La réconciliation législative, c'est de
faire en sorte que... Il y a trois voies. Il y a les litiges, il y a la
négociation, où il y a la reconnaissance de gouvernement à gouvernement, où est
ce qu'on se donne... on se donnera un espace légitime, comme je l'ai mentionné,
afin d'avoir ces discussions et de bâtir ensemble sur la suite. Et, force est d'admettre
que, ce qu'il se passe à l'Assemblée nationale, en termes législatifs, a des
impacts sur nos territoires, sur nos droits, sur nos langues, sur nos cultures.
Donc, en ce sens, et spécifiquement dans le cas présent, lorsqu'on parle du
projet de loi n° 5, ici, vous avez tout à fait, je
crois, la force nécessaire ou la juridiction nécessaire de mettre en... de nous
donner cet espace-là pour...
M. Verreault-Paul (Francis) : ...pour
rectifier le tir par rapport à... au niveau du projet de loi. Donc, notre
message aujourd'hui se veut dans ce sens-là.
Puis, si je peux me permettre de prendre
un pas de recul, nous étions exactement, comme vous le savez, dans la même
salle, la semaine dernière, concernant le projet de loi constitutionnelle. Et
ça ravive de vifs souvenirs, mais, ceci dit, c'est difficile, M. le ministre,
actuellement, dans la position que nous sommes... Et j'ai eu la chance de
pouvoir être ici la semaine passée, livrer un message par rapport au projet de
loi constitutionnelle, et ce qui se passe avec le projet de loi ici, n° 5...
Je ne peux pas les... pour moi, ils sont associés ensemble, je ne peux pas
les... dissocier et faire en sorte que... de les prendre en silo. J'y vois
beaucoup, beaucoup d'aspects en commun dans qu'est-ce qui est proposé avec le
projet de loi constitutionnelle.
Donc, c'est pourquoi que j'ai mentionné
dans la note d'introduction que je trouve ça dommage que, qu'on se retrouve un
peu dans cette situation-là, mais je dois dire, M. le ministre, que je crois en
votre... sincèrement en votre bonne foi et votre bonne volonté de vouloir
travailler ensemble. Et vous avez fait mention, quand on s'était... qu'on avait
tenté de faire les choses un peu différemment, là, comme M. le ministre
Lafrenière le mentionne, on a eu une discussion quelques jours avant le dépôt
du projet de loi, et, bien sûr, ça a été une discussion... Donc, vous nous avez
comme donné l'avis qu'il y avait ce projet de loi qui allait être déposé, sans,
bien sûr, avoir cet espace nécessaire pour tenter de coconstruire ensemble sur
le projet de loi qui est proposé.
• (11 h 40) •
Donc, ce qui est dans... Pour revenir à
votre question, et avant d'y revenir spécifiquement, je veux quand même livrer
un message dans le sens que nous aussi, on se présente dans une posture où
est-ce qu'on veut trouver des solutions puis on est réellement sincères dans
cet aspect de coexistence, puis de bâtir le Québec de demain ensemble. Il faut
se donner les espaces et les outils nécessaires pour le faire. Et je pense
avoir entendu à plusieurs reprises votre gouvernement mentionner qu'en affaires
une des choses la plus importante, c'est la prévisibilité. Bien, moi, je viens
porter... je ne sais pas si c'est le bon terme, mais une certaine mise en
garde, parce qu'on a vu ce qui s'est passé avec les autres projets de loi du
même type, et ça apporte plutôt une imprévisibilité. Puis, de ce que je pense,
ce qui va arriver si on continue dans cette voie-là, bien... ça va être les
promoteurs des projets qui vont payer, parce que s'il n'y a pas la consultation
en bonne et due forme, et surtout, la consultation ne fait pas seulement
référence à avoir une discussion et de cocher la case, ça fait référence... Si
on se... si on se réfère à la déclaration, notamment des Nations-Unies, ça fait
référence à l'aspect d'accommodation et de consentement libre, préalable et
éclairé. Donc, voilà l'importance de bâtir ensemble ce processus-là dès le
départ.
Et, lorsqu'on prend un peu plus
connaissance du projet de loi, bien, on voit l'aspect d'autorisation, de
désignation, et ensuite arrive, dans un mélange avec plein d'autres joueurs,
l'aspect de consultation avec les communautés autochtones. On s'entend que le
projet va déjà être bien en place avant même qu'il y ait quelconque consultation
avec les Premières Nations.
Et autre aspect, vous dites que l'ensemble
des juridictions, toutes les juridictions, donc, des autres provinces,
territoires, incluant le gouvernement fédéral, avancent dans ce sens-là parce
qu'il y a une course importante. Bien, je dois vous... je dois vous mentionner
un aspect par rapport à une juridiction qui ne prend pas cette voie-là, c'est
celle du Manitoba... Celle du Manitoba, avec le premier ministre, M. Wab Kinew,
qui l'a mentionné, que, pour lui... je vais le dire en anglais, «consultation
before legislation», donc consultation avant de légiférer... et de s'assurer
ensemble, avec les Premières Nations, de bâtir le futur ensemble et de se
donner l'approche nécessaire. Et il fait le pari qu'il va arriver à ses fins
avant même les juridictions qui se donneront en place des processus de loi qui
risquent de compromettre cette relation de gouvernement à gouvernement et cet
aspect de consultation...
M. Verreault-Paul (Francis) : ...de
consultation, notamment, qui est extrêmement importante. Donc, non, ce n'est
pas vrai, que c'est toutes les juridictions, et ce n'est pas parce qu'en tout
cas, à ma connaissance aussi, j'entends... Bien sûr, je suis l'actualité et
j'entends souvent la CAQ dire qu'on n'est pas obligés de s'inspirer des autres
juridictions, mais ici on nous sert l'argument que tout le monde le fait, donc
on va peut-être le faire. Mais je dis ça, tout ceci en respect, en tout
respect. Je veux juste mentionner qu'on arrive dans cet espace ici présent,
comme j'ai mentionné, on vient vous livrer un message, on vient pouvoir avoir
la chance d'échanger avec vous, mais on est bien conscients aussi, M. le
ministre, que, lorsqu'on... une fois qu'on passe ici, je veux dire, vous
retournez, les parlementaires, puis vous faites les modifications, s'il y a
lieu, mais il n'y a plus cette... cette relation entre nous, ces échanges où
est-ce qu'on vous donne l'espace nécessaire. Donc, quand vous... quand vous me
demandez c'est quoi, la consultation, bien, c'est ce à quoi je fais référence.
M. Girard (Groulx) : OK. Mais
d'abord il y a eu aussi un briefing technique et puis il y a... grand chef, il
y a... il y a deux chefs, là, il y a deux sujets que je veux aborder, ça fait
que je vous dis, en tout respect, si votre réponse peut être plus courte pour
que je puisse avoir le temps de faire mon deuxième point, et puis il nous reste
quatre minutes 31. OK. Dans ce qui est proposé actuellement, là, avant la
désignation, le promoteur aura des discussions avec, notamment, les Premières
Nations et des parties prenantes, puisque vous ne voulez pas être appelées une
partie prenante, donc il y aura des discussions. Ensuite, entre la désignation
et l'autorisation, il y aura un échéancier public qui sera communiqué par le gouvernement
qui inclura des consultations formelles. Alors, c'est ce que nous, on propose.
Maintenant, je ne vous demande pas d'encenser notre processus, je vous
demande : Vous, qu'est-ce que vous voulez comme processus?
M. Verreault-Paul (Francis) : Bien,
si on se... on revient à l'aspect du projet de loi, ce qui est... ce qui est
partagé, il n'y a... il n'y a pas d'obligation du gouvernement de se donner
l'aspect, notamment, de consultation. Je fais référence à des temps de verbes
qui sont utilisés, on pourra me rappeler les articles si nécessaire, mais «peut
promouvoir les intérêts des Premières Nations», «peut». Donc, ça... ça donne
tout l'espace nécessaire au gouvernement et au ministre de prendre toutes les
décisions, donc, de façon, en quelque sorte, unilatérale sans se donner
l'obligation concrète et ferme de consultation.
M. Girard
(Groulx) :
mais... Respectueusement, je ne suis pas totalement d'accord, mais on va
continuer à se parler après, pendant de la façon qui vous convient. Mais, à
l'article trois, on le dit, là : «La présente loi s'interprète de manière
compatible avec l'obligation de consulter les communautés autochtones.» Et
puis, je vous le dis, nous, ce qu'on a prévu, c'est que ça va être entre la
désignation puis l'autorisation.
Maintenant, il me reste deux minutes,
grand chef, j'aimerais aborder un autre aspect, l'aspect de la participation
économique des Premières Nations, et on a... on a deux types de véhicules, là,
on a les redevances puis on a les prises de participation avec de l'équité pour
ceux qui ont de l'argent puis peut-être des prêts qui viennent du gouvernement
pour les nations qui ont moins d'argent pour leur permettre d'avoir de
l'équité. J'aimerais vous entendre là-dessus, sur la participation économique
des Premières Nations dans les projets. Qu'est-ce que vous en pensez? Qu'est-ce
que vous nous recommandez?
M. Verreault-Paul (Francis) : Oui.
Bien, pour moi, définitivement qu'ici ça fait en quelque sorte référence à la
réconciliation économique. Et j'ai toujours été très transparent par rapport à
ceci, je pense que c'est un levier extrêmement intéressant autant pour les
gouvernements que la société civile, que les gouvernements des Premières
Nations et l'ensemble des Premières Nations. Donc, c'est définitivement une
voie que l'on doit continuer à privilégier. Mais ceci dit, M. le ministre, il
faut aussi se donner l'espace nécessaire, parce que, pour moi, l'aspect
économique n'est pas le premier élément dans l'équation. Avant de se rendre à
discuter sur tel projet, quels seront les bénéfices économiques, il faut
s'assurer de donner de l'espace aux Premières Nations de pouvoir prendre une
décision...
M. Verreault-Paul (Francis) : ...éclairé
et d'y consentir. De là l'importance du processus avant. Et pour moi, je vous
le rementionne, l'approche est tellement importante et elle fait tellement une
différence dans cette relation, pour bâtir une confiance, pour donner aussi le
temps nécessaire aux gouvernances internes des Premières Nations, de faire leurs
processus internes aussi avec les membres de leurs populations. Donc, il ne
faut vraiment pas négliger cet aspect-là. Puis on aurait tout à gagner si cet
espace-là était était donné, et de façon de façon légitime, aux Premières
Nations.
Donc, directement, à votre question,
définitivement, que c'est un très, très beau levier pour les Premières Nations,
mais il faut aussi s'attarder, avant de se rendre à cet aspect, sur les
discussions économiques.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. M. le...
M. Girard (Groulx) : J'aurais
besoin d'une finale.
Le Président (M. Laframboise) :
Non, vous ne pouvez pas, M. le ministre.
M. Girard (Groulx) : Êtes-vous
sérieux?
Le Président (M. Laframboise) :
Oui. Non, bien, je...
M. Girard (Groulx) : Bon,
bien, vous êtes le président.
Le Président (M. Laframboise) : Oui,
c'est ça. M. le député de Marguerite-Bourgeoys, pour
10 min 24 s.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Peut-être que le ministre peut me la souffler rapidement, puis je
vais... je vais en prendre considération pour le demander, mais mon... Merci
pour votre présentation. Je pense que ce que vous dites, c'est : Dans le
fond, ici, on n'a pas eu le respect d'avoir une conversation préalable avant
l'écriture du projet de loi n° 5, si je comprends bien. Vous auriez aimé
pouvoir en faire partie, de l'écriture du projet de loi n° 5,
probablement. Je pense que ce qui arrive, c'est que c'est peut-être un réflexe
institutionnel qui a été exercé encore une fois sur le sujet.
Moi, ce que j'aimerais comprendre de votre
part, là, c'est comment, avec les mêmes erreurs qui semblent avoir été répétées
de par le passé, bien, en fait, de par le passé récent, même à Ottawa, même en
Ontario... comment corriger ces erreurs-là pour la suite des choses. J'ai
seulement 10 minutes, donc, si on peut... rapidement pouvoir avoir une réponse.
• (11 h 50) •
M. Verreault-Paul (Francis) : Oui,
merci. Bien, je pense qu'on aurait tout à bâtir, là, à coconstruire, en quelque
sorte, sur l'aspect législatif, ici, dans lequel on se retrouve aujourd'hui.
Puis, bien que j'aie une très jeune expérience de mon côté, en tant que
politicien, j'ai vu plusieurs processus législatifs, puis, une fois que le
projet de loi est, en quelque sorte, dans la machine, c'est extrêmement
difficile de pouvoir y faire venir des modifications, en quelque sorte, des
amendements concrets dans... pour la suite des choses. Donc, ceci dit, on
est ici aujourd'hui puis, tu sais, il y a... il y a un aspect qui, pour moi,
est indéniable. Lorsqu'il y a un projet de loi aussi important qui... qui va se
produire sur les territoires, territoire égale Premières Nations, là, c'est un
aspect indéniable. Donc, on doit le faire ensemble. Puis là, bien, encore une
fois, je ne veux pas être négatif, bien au contraire, je veux apporter un
aspect qu'il y a une solution, c'est la réconciliation législative. Donc,
à partir de maintenant, sachant que le projet de loi est ici, sur la table,
c'est quel espace qu'on peut se donner pour rectifier des situations? Puis
c'était, en quelque sorte, une mise en garde que je donnais, également, parce
que les... parce qu'on le voit, les provinces ou le gouvernement fédéral qui a
adopté cette approche-là, ils sont... ils sont devant les tribunaux. Donc,
c'est simplement une mise en garde, et c'est... Tu sais, d'aller devant les
tribunaux de... presque de façon systématique, ou, peu importe, là, mais ce
n'est pas une façon de bâtir des relations, on le sait tous, là, on est un
contre l'autre devant les tribunaux.
M. Beauchemin : Oui, je
comprends. Bien, en fait, je vous entends, je pense que, dans le fond, de
message, c'est qu'on va aller devant les tribunaux avec ce projet de loi là, si
je comprends bien. Mais ma question, c'est... vous savez, vous parlez de
réconciliation, puis, ici, on parle d'un projet de loi qui est... bien, ici, au
gouvernement, on parle d'un projet de loi qui est celui, là, de trouver une
façon d'accélérer l'exécution de projets d'intérêts nationaux. Ça fait que
c'est comme... Votre perspective, je l'entends, je me demande si ça ne devrait
pas être plutôt dans un contexte où est-ce que, justement, il y a un engagement
de la part du gouvernement d'avancer dans la réconciliation et de faire ça de
façon totalement isolée. Puis, parallèlement à ça, il y a ce projet de loi là
qui, lui... bien, l'idée, l'objectif, là, c'est de justement accélérer
l'exécution des projets.
Donc, c'est deux choses qui... humblement,
je ne vois pas, qui peuvent être mises dans le même contexte. C'est deux
sujets...
M. Beauchemin : ...je vous
entends, je vous comprends puis je pense que le forum approprié aurait
peut-être été avec le ministère autre que le ministère des Finances, mais, bon,
je comprends où est-ce que... où est-ce que vous êtes en ce moment.
Avez-vous des exemples à nous proposer où
ça s'est bien fait de par le passé, où est-ce qu'il y a eu la réconciliation
puis il y a des projets qui en ont découlé de façon très optimale par la suite?
M. Verreault-Paul (Francis) : Je
veux juste... oui, merci, juste mentionner... Tu sais, je ne dis pas que, de
façon systématique, dans le cas présent, on va... on va se trouver devant les
tribunaux. Je fais... Je dis qu'il y a une mise en garde, puis, la suite des
choses, on verra lorsque le processus sera terminé, mais... mais je vois des
drapeaux rouges dans qu'est-ce qui est présenté actuellement. Et, dans
qu'est-ce qui est aussi présenté, on pourra en débattre, M. le ministre, pour
moi, je n'ai pas... de notre côté, on n'a pas tout à fait la même analyse de
l'aspect, notamment, de consultation, de consentement avec les Premières
Nations, parce qu'on le voit plus loin dans le projet de loi, sur d'autres
aspects, où est-ce que ça semble être négligé.
Donc, oui, il y a... il y a des exemples,
il y a eu notamment des exemples au niveau fédéral où est-ce que des Premières
Nations ont travaillé conjointement avec le gouvernement pour... pour coécrire,
en quelque sorte, une loi ensemble, et on y voit que... on y voit les bénéfices
de le faire ainsi.
M. Beauchemin : OK. C'est...
C'est... Donc, vous êtes d'accord, là, que, sans ce genre de consultation,
automatiquement, là, il va y avoir de la résistance qui va s'installer, là,
dans... dans le processus. Mais est-ce que je me trompe en disant aussi que...
en vous écoutant, là, il y a quand même une lueur d'espoir que, dans le
processus, justement, là, pour en arriver à la détermination d'un projet x qui
pourrait être éventuellement, là, présenté à l'intérieur de ça, il y aurait la
possibilité de pouvoir, justement, s'asseoir, comprendre les ramifications?
Est-ce que vous le voyez, ce potentiel-là, ou...
M. Verreault-Paul (Francis) : Il
y a une lueur d'espoir parce que j'aime toujours voir le verre à moitié plein.
Donc, je pense que, bien sûr, il y aurait des... beaucoup... plusieurs éléments
à rectifier. Puis j'essaie... j'essaie toujours de voir les choses
positivement. Donc, il y a des projets qui, oui, pourraient... si les Premières
Nations adhèrent, pourraient aussi... l'ensemble... autant les Premières
Nations que la société québécoise puissent en bénéficier. Mais moi, je parle du
processus qui est en amont de ceci, il faut donner l'espace nécessaire aux
Premières Nations et non pas les acculer au pied du mur et de mettre une
pression pour qu'ils prennent une décision à quelque chose qui est un peu déjà
entièrement engagé, en quelque sorte. Puis je pense qu'un des éléments que
j'avais mentionnés à M. le ministre lorsqu'on s'était... on avait discuté...
j'ai dit : J'espère qu'on va apprendre du processus de C-5, parce que,
justement, on a vu toutes les sorties, les... une certaine levée de boucliers.
Puis, en plus, il y a tout l'aspect judiciaire qui est en cours. Donc,
sincèrement, pour moi, c'est la... c'est la définition même d'une
imprévisibilité pour l'ensemble des promoteurs qui voudront bâtir un projet.
Moi, je trouve qu'on met à risque les promoteurs ici.
M. Beauchemin : Tantôt, vous
parliez du terme... du verbe «peut» versus l'obligation de. J'imagine, c'est de
ça spécifiquement que vous parlez, là, ici?
M. Verreault-Paul (Francis) : Bien
oui, notamment. C'est... Tu sais, on se donne... on ne se donne pas
l'obligation. On pourrait revenir, là, sur l'ensemble des articles, mais,
clairement, un article... lorsqu'on parle de promouvoir les intérêts des
Premières Nations, juste avant c'est «peut», et donc c'est seulement un choix.
M. Beauchemin : Donc, si on
avait à... si on avait à proposer des amendements où est-ce qu'on changerait le
verbe, ça pourrait être quelque chose qui pourrait être satisfaisant pour...
M. Verreault-Paul (Francis) : C'est
une des choses.
M. Beauchemin : D'accord.
Lesquelles autres sont les choses qui résistent en ce moment, de votre perspective?
Parce que vous avez fait la... vous avez dit : Il y a plusieurs éléments
qui bloquent. Lesquels?
M. Verreault-Paul (Francis) : Oui.
Bien, je pense que c'est vraiment, là, dans... dans cette approche, comme je
mentionne, tu sais, je sais qu'on se répète ici, mais dans cet aspect de
consultation où est-ce que nous, on retrouve... les gouvernements des Premières
Nations, dans le processus qui est proposé, se retrouvent très loin dans...
dans le processus, notamment lorsque je regarde au niveau de l'autorisation,
l'interlocuteur unique avec les promoteurs, c'est le ministre ou la ministre
des Finances, et, par la suite, il y a une consultation. Puis ça, on est déjà
dans la deuxième phase, après la désignation. Donc, déjà, on est très...
M. Verreault-Paul (Francis) : ...loin
dans le processus, on s'entend tous. Donc, de là l'approche dès le départ,
c'est la définition de «dès le départ» pour moi.
M. Beauchemin : D'être
inclus, donc, dans la consultation dès le départ, d'accord. Je vais céder la
parole à ma collègue, si elle a une question.
Le Président (M. Laframboise) : Mme
la députée de Mille-Îles pour 1 min 12 s.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. D'abord, je veux vous remercier d'être présent et de revenir, projet
de loi après projet de loi. Moi, c'est le quatrième projet de loi où je vous
entends dire exactement la même chose, que vous souhaitez de la
co-construction. Vous l'avez fait sur le projet de
loi sur les mines, le projet
de
loi sur les forêts, le projet de loi en environnement, l'an dernier, et
aujourd'hui la même chose, puis vous l'avez probablement dit dans d'autres
projets de loi où je n'étais pas... je n'ai pas assisté. Donc, je ne comprends
pas qu'on soit encore aujourd'hui dans la même situation. À chaque fois, le
ministre vous demande : Qu'est-ce qu'on aurait dû faire? Comment on
devrait vous consulter? Et vous répétez la même chose. Je vous trouve patients,
je vous remercie de venir le redire, je pense qu'il faut que l'approche, de ce
que j'entends, l'approche doit complètement changer quand on parle... puis on
lit l'article 3, où ça dit «la présente loi s'interprète de manière compatible
avec l'obligation de consulter les communautés autochtones». Qui prétend ça? Ce
n'est pas vous, certainement, donc, et, par la suite, on lit que les
communautés sont consultées lorsque les circonstances le requièrent. Ce n'est
pas supposé d'être... disons, au choix, du gouvernement, c'est supposé d'être
une obligation. Donc, je voulais vous l'exprimer.
Le Président (M. Laframboise) : C'est
tout le temps que nous avons. Vous n'aurez pas le temps de répondre. Donc,
monsieur le... Verdun. Mme la députée de Verdun, pour 3 min 28 s.
• (12 heures) •
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je remercie l'Assemblée des Premières Nations du Québec et
Labrador et le grand chef pour votre présentation. J'ai deux questions dans un
peu de temps. Ma première, c'est juste pour faire le lien avec la conversation
sur la consultation. Il y a quand même un principe international, là, qui parle
du consentement préalable libre et éclairé. Est-ce que vous sentez que ce qu'on
a dans le projet de loi respecte la Déclaration des Nations unies des droits
des peuples autochtones?
M. Verreault-Paul (Francis) : De
façon directe, non. Et puis juste rapidement, revenir sur le commentaire
précédent en termes de patience, bien, je vous remercie, mais c'est parce que
j'y crois vraiment, à cette approche. Je tiens à le préciser à tout le monde.
C'est vraiment, je crois, la vision, à tout le moins, certainement la mienne et
des Premières Nations, de... ce processus de coexistence. Je veux dire, c'est
indéniable, on est sur ce territoire tout le monde ensemble. Et les
gouvernements des Premières Nations ont un statut qui est protégé par la Loi
constitutionnelle du Canada, notamment. Donc, on doit se mettre en... om doit
mettre en œuvre cette approche de gouvernement à gouvernement et non pas
seulement dans les aspects, notamment, économiques ou de consultation. C'est
beaucoup plus profond que ça. Et si on reconnaîtrait entièrement la Déclaration
des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, bien, j'aimerais bien
ça la voir, la voir apparaître de façon intégrale à l'intérieur du projet de
loi. Et je tiens à rappeler, il y a 192 pays, au niveau international, qui...
qui y ont adhéré et... Mais on entend dernièrement des... diverses messages, et
pour moi, c'est une désinformation, ça dit que l'AD.... représente un droit de
veto aux Premières Nations. Bien, ce n'est totalement pas le cas, dans un
premier temps. Dans un deuxième temps, est-ce qu'on... J'essaie de prendre un
pas de recul, donc le fait que les gouvernements ont... ça veut dire que le
fait qu'on laisse les gouvernements en place avoir le droit de veto sans
considérer les Premières Nations, c'est correct.
Mme Zaga Mendez : Merci pour
votre réponse, j'ai une deuxième très rapide. Avez-vous une crainte en ce qui
concerne décisions arbitraires ou des commandes politiques? Vous venez de vivre
une situation concernant un appel qui a tout changé pour une entreprise comme
Domtar. Est-ce que vous craignez qu'on va choisir ces cinq projets basés sur,
justement, des commandes politiques, et pas sur est-ce que le territoire en a
besoin?
M. Verreault-Paul (Francis) : C'est
définitivement une préoccupation. Puis je ne peux que m'inspirer de d'autres
projets de loi qui sont dans la même lignée, actuellement, notamment C5. Je
dois vous dire que nous, les Premières Nations, il y a eu une liste de projet
qui a été discutée avec les différents gouvernements provinciaux, territoriaux,
et en aucun moment les Premières Nations ont été mises au fait de ces
discussions-là. On a appris, comme tout le monde, à travers les médias, quels
étaient les projets...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Verreault-Paul (Francis) : ...qui
étaient d'intérêt national. C'est de cette façon-là qu'on a appris. Donc, je
pense que, oui, ça reste définitivement une crainte. Et, déjà, on a déjà un
gros pas de recul lorsque ces projets-là ont déjà été discutés entre les
gouvernements. Donc, j'espère que cette approche ne sera pas répétée ici
avec... avec...
Le Président (M. Laframboise) : Merci.
Merci beaucoup. Maintenant, merci, Mme la députée de Verdun, M. le député de
Jean-Talon, pour deux minutes 38 secondes.
M. Paradis : Avant d'arriver
ici aujourd'hui pour faire... pour participer à ces consultations
particulières, est-ce que vous avez été consultés sur la préparation de ce
projet de loi n° 5?
M. Verreault-Paul (Francis) : Non,
j'ai eu une discussion avec M. le ministre peut-être une dizaine de jours avant
le dépôt du projet de loi. Comme j'ai mentionné, c'était une discussion
concernant le fait qu'il allait y avoir un dépôt du projet de loi Q-5 qui
s'en venait, mais, tu sais, pas dans le détail de celui-ci. Je n'ai absolument
rien vu. Donc, c'était plus un avis et une discussion. Et je tiens à demander
une question à tous : Est-ce qu'une rencontre... puis je ne dis pas c'est
ça que vous avez fait, M. le ministre, loin de là, mais est-ce qu'une rencontre
égale une consultation? J'espère que non.
M. Paradis : Bien, je n'ai
aucune prétention de répondre à votre question, mais moi, je veux saluer
d'abord les questions sincères qui vous sont posées aujourd'hui par le ministre
parce qu'on voit qu'il cherche à faire la bonne chose. Ce que vous nous
rappelez, par contre, c'est que l'obligation de consultation des Premières
Nations va au-delà d'une participation à des consultations particulières,
c'est-à-dire que, si un projet comme celui-là... vous nous appelez à avoir le
réflexe territoire. On parle de développement de projets qui vont affecter,
donc, les droits des Premières Nations, mais vous nous dites : On aurait
pu le coconstruire ensemble. Parce que vous nous dites : On n'est pas en
train de dire non à tout ce qu'il y a là-dedans, on dit : On veut
participer, puis on peut être une force qui va propulser ces projets-là. Est-ce
que je comprends bien votre message?
M. Verreault-Paul (Francis) : Totalement.
On se donnerait les bons outils en place pour s'assurer qu'il y ait cette
reconnaissance de gouvernement à gouvernement et non pas de mettre en quelque
sorte les Premières Nations sous pression lorsque... lorsque les choses sont
déjà décidées, en fait, là. Puis je suis d'accord, je le réitère, moi, je crois
en la bonne foi et la bonne volonté du ministre pour trouver des solutions
contrairement à... contrairement à d'autres.
M. Paradis : Donc, en
attendant, par contre, vous nous... vous nous appelez à faire de la
réconciliation législative, c'est-à-dire à renforcer la relation de ce
projet-là avec les Premières Nations pour que ça fonctionne.
M. Verreault-Paul (Francis) : Je
ne sais pas combien de temps j'ai, je vais essayer d'être rapide, mais la...
Comme j'ai mentionné d'entrée de jeu, pour moi, c'est très difficile à ce
stade-ci de dissocier ce qui se passe avec le projet de loi constitutionnelle
et ce qui se passe ici. Je veux dire, pour nous, c'est ça qui va être très,
très difficile à réconcilier.
Le Président (M. Laframboise) : Merci.
Merci beaucoup, M. le député de Jean-Talon. Merci, chef Verreault-Paul, le chef
de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, pour la contribution aux
travaux de la commission.
Je suspends les travaux quelques instants
afin de permettre aux prochains témoins de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 06)
(Reprise à 12 h 11)
Le Président (M. Laframboise) : Je
souhaite maintenant la bienvenue aux représentants de l'Association des
biologistes du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour
votre exposé, puis nous procéderons à la période d'échange avec les membres de
la commission. Je vous invite donc à vous présenter et à commencer votre
exposé. Merci.
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Oui.
Bonjour. Mon nom est Bernice Chabot-Giguère, directrice générale de
l'Association des biologistes du Québec, et je suis accompagnée aujourd'hui par
ma collègue Amélie Goulet, vice-présidente de l'association.
Donc, M. le Président, M. le secrétaire,
M. le ministre Girard, Mmes et MM. les députés et membres de la commission,
bonjour. Je vous remercie de nous donner l'occasion de nous exprimer
aujourd'hui dans le cadre des consultations publiques portant sur le projet de
loi n° 5 visant à accélérer la réalisation de projets prioritaires et
d'envergure nationale. Nous prenons la parole aujourd'hui au nom de
l'Association des biologistes du Québec, une association professionnelle fondée
en 1974, qui représente, depuis plus de 50 ans, plus de 1 200 biologistes
oeuvrant dans l'ensemble des secteurs d'activité au Québec, que ce soit au sein
de la fonction publique, parapublique, du milieu privé, des organismes environnementaux
et des institutions académiques. Depuis plusieurs décennies, l'ABQ
travaille activement à promouvoir et à valoriser la profession de biologiste
tout en portant une préoccupation constante : celle de mieux protéger le
public lorsque sont en cause des enjeux de santé, d'environnement, d'étude
d'impact, de biodiversité et de gestion des contaminants. Notre mission ne se
limite pas à la valorisation de la profession, elle consiste aussi à agir comme
une voix experte, indépendante et crédible en matière de biodiversité et de
saine gestion des écosystèmes. C'est à ce
titre précis que nous participons
aujourd'hui aux travaux qui nous occupent. Au gouvernement du Québec, la
contribution des biologistes est particulièrement structurante. Les biologistes
y sont intégrés comme corps d'emploi reconnu et oeuvrent dans des domaines
directement liés aux responsabilités de l'État : environnement, lutte
contre les changements climatiques, faune, ressources naturelles, agriculture,
santé, transports et autres organismes spécialisés.
Sur le terrain, les biologistes planifient
et réalisent des études environnementales, évaluent les impacts de projets
d'infrastructures, contribuent à la gestion d'habitat, produisent des
recommandations réglementaires et appuient l'élaboration de politiques de
conservation, de plans de rétablissement des espèces menacées, de normes de
qualité environnementale et de stratégies d'adaptation...
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : ...notre
travail est un levier incontournable pour concilier développement, protection
du vivant et acceptabilité sociale. C'est précisément parce que les biologistes
occupent cette place au carrefour entre la rigueur scientifique et l'intérêt
public que le projet de loi n° 5 retient fortement notre attention.
De manière générale, l'ABQ comprend et
reconnaît la volonté de l'État de réduire certains délais, d'éviter les
doublons administratifs et de soutenir une mise en œuvre plus efficace de
projets d'envergure. Accélérer des projets stratégiques peut être légitime et
souhaitable. Notre intention n'est pas de nier cet objectif, il est plutôt
d'aider les parlementaires à identifier les risques scientifiques et
procéduraux que le projet de loi n° 5, dans sa forme actuelle, pourrait
entraîner pour l'intégrité du patrimoine naturel et sur la réussite même des
projets qu'il vise à accélérer. Tel qu'il est formulé, ce projet de loi est
susceptible d'affaiblir la place effective de l'expertise scientifique dans les
décisions publiques en réduisant le poids des mécanismes de contrôle
environnemental, en élargissant le recours à des pouvoirs d'exception et en
privilégiant une logique d'accélération insuffisamment balisée. Il risque de
comprimer le temps, la portée, la profondeur des analyses scientifiques
nécessaires à une prise de décision éclairée.
Notre analyse du projet de loi commence
donc par la prémisse même du projet de loi : l'architecture décisionnelle
reconfigurée, qui confère au ministre des Finances des pouvoirs d'exception et
de centralisation des décisions. Dans la gouvernance des grands projets, la
manière dont les décisions sont prises est tout aussi importante que les
décisions elles-mêmes. Un processus équilibré est le meilleur garant de
résultats durables. En conférant un rôle central et prépondérant au ministre
des Finances, désigné comme point de contact principal et responsable des
arbitrages nécessaires, le projet de loi crée ce que nous qualifions de biais
institutionnel important. Il ne s'agit pas ici de remettre en question la
légitimité du ministère des Finances dans l'évaluation des retombées
économiques des projets, l'enjeu survient plutôt lorsque ce ministère devient
également le garant de l'atteinte des objectifs globaux du projet, incluant
ceux touchant à l'environnement. Cette architecture crée un biais où
l'expertise scientifique portée par le ministère de l'Environnement risque
d'être reléguée à un rôle consultatif, alors que les arbitrages finaux seront
effectués ailleurs. En matière environnementale, ce sont pourtant ces
arbitrages qui déterminent le niveau de risque que la société accepte de
prendre. Or, le risque environnemental n'est pas une perception subjective,
c'est une réalité mesurable, fondée sur la science, qui exige indépendance,
temps et transparence. En confiant l'arbitrage final à un ministère à vocation
économique, le projet de loi ouvre la porte à ce que le niveau de risque toléré
ne soit plus déterminé par la science, mais par la volonté de réaliser un
projet à tout prix.
Cette centralisation décisionnelle trouve
son aboutissement dans le mécanisme d'autorisation unique délivré par le
Conseil des ministres. Sur le plan administratif, l'idée peut sembler
séduisante. Sur le plan biologique et écologique, elle est hautement
problématique. Les grands projets d'infrastructures ne sont pas des blocs
monolithiques, ce sont des assemblages de composantes distinctes, chacune ayant
des impacts spécifiques, localisés et parfois critiques : traversées de
cours d'eau, atteintes à des milieux humides, perturbations d'habitats fauniques,
exploitation de carrières ou de sablières. Une autorisation unique risque de
masquer la complexité des impacts souvent cumulatifs, voire synergiques, de
réduire la finesse de l'analyse et de limiter la capacité des citoyens et des
communautés locales à faire valoir des enjeux qui touchent directement leurs
milieux de vie.
Une autre disposition du projet de loi qui
soulève des inquiétudes majeures pour nous est l'exclusion des travaux
préparatoires des mécanismes d'évaluation environnementale. Du point de vue du
principe de précaution, cette exclusion est difficilement justifiable. Le
projet de loi prévoit explicitement que les travaux préparatoires pris seuls ne
sont pas assujettis aux mécanismes d'évaluation environnementale. Loin d'être
mineures, ces activités, comme le déboisement, le drainage de milieux humides,
la construction de chemins d'accès ou même des opérations de dynamitage peuvent
causer des impacts significatifs et potentiellement irréversibles avant même
que l'acceptabilité globale du projet ne soit confirmée. Cette approche inverse
la logique même de la prévention, elle autorise les atteintes dans un milieu
naturel et crée une situation de fait accompli. Une fois que des millions de
dollars sont investis et que le territoire est déjà modifié, une pression indue
s'exerce en faveur de l'approbation finale du projet, peu importe ce que
révèlent les analyses environnementales subséquentes.
Nous sommes également préoccupés par le
pouvoir exceptionnel permettant au gouvernement de modifier ou d'adapter
l'application de certaines lois et de règlements environnementaux sur la base
d'une notion subjective. Ces enjeux ne sont pas théoriques. Lorsqu'on affaiblit
les garde-fous, on ne gagne pas seulement du temps, mais on transfère du
risque. Et ce risque, tôt ou tard, peut se matérialiser sous forme de perte de
biodiversité, de milieux fragilisés, de tensions sociales, de coûts de
mitigation plus élevés ou d'interventions correctrices qui arrivent souvent
trop tard. Au-delà des enjeux environnementaux, il s'agit aussi de risques
économiques et financiers. Les milieux naturels constituent des actifs
productifs du territoire québécois et ils leur fournissent des services
écosystémiques essentiels. Leur dégradation entraîne une dépréciation durable
du capital naturel du Québec, se traduisant par des coûts publics récurrents
qui seront assumés à moyen et à long terme par la collectivité.
Le Québec a besoin de projets
stratégiques, oui, mais, dans une société démocratique telle que la nôtre, nous
avons aussi obtenu, souvent difficilement, des gains collectifs pour protéger
notre environnement, notre santé et nos valeurs : des règles, des cadres,
des mécanismes de transparence et de participation qui existent précisément
pour éviter que l'urgence du moment ne l'emporte sur l'intérêt public à long
terme. Ces acquis ne sont pas des détails de procédure, ils sont une condition
de la confiance envers notre système politique et de la cohésion sociale.
Alors, comment peut-on réellement accélérer les...
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : ...Selon
nous, le véritable goulot d'étranglement n'est pas l'évaluation
environnementale, mais une conception de projet qui ignore les enjeux
environnementals en amont. Depuis des décennies, la méthode est la même, les
concepteurs élaborent un projet quasi immuable, analysé par des biologistes
seulement en fin de planification, souvent lors des dites demandes
d'autorisation. S'ensuit alors une négociation pénible composée de nombreux
allers-retours où nos experts doivent expliquer qu'un tracé est impossible ou
encore qu'un remblai entraînera une destruction de milieux irremplaçables. Il
est alors souvent trop tard dans le processus pour prendre en compte ces
enjeux, sans affecter drastiquement l'échéancier et les coûts. Dans ce type de
situations trop fréquemment rencontrées, les honoraires et les dépenses déjà
engagés avant la prise en compte des enjeux environnementaux conduisent alors à
privilégier des ajustements minimaux visant uniquement à rendre le projet
relativement acceptable sur le plan environnemental plutôt qu'à rechercher des
solutions optimisées dès le départ qui permettraient de concilier plus
efficacement la performance environnementale, la viabilité économique et la
qualité globale du projet. La solution que propose l'ABQ est donc une
réfutation directe de cette approche désuète, elle consiste à intégrer
systématiquement les biologistes et autres experts en environnement, dès les
toutes premières phases de la conception d'un projet, que nous ne soyons plus
des évaluateurs en fin de parcours, mais des partenaires de conception au début
du processus. Investir dans la capacité de l'État, intégrer les biologistes et
autres experts dès les phases préliminaires de conception, et maintenir un
cadre juridique clair et prévisible constituent à long terme des stratégies
beaucoup plus efficaces pour accélérer les projets tout en réduisant les
risques, les litiges et les coûts. C'est pourquoi nous lançons un appel direct
aux membres de cette commission. Nous ne recommandons... Nos recommandations,
pardon, ne sont pas des obstacles, elles sont des conditions de succès pour que
les grands projets du Québec soient des réussites économiques, sociales et
environnementales. Nous vous invitons notamment à considérer les amendements
suivants : instaurer une réelle co-gouvernance formelle et contraignante
pour garantir que l'expertise scientifique ait un poids égal aux impératifs
économiques dans les décisions finales, interdire le fractionnement des projets
et assujettir tous les travaux préparatoires en milieu naturel à une évaluation
environnementale rigoureuse et renforcer l'expertise biologique interne de
l'État, car la véritable accélération passe par une plus grande capacité
d'analyse de l'État et une meilleure utilisation de ces experts dans les étapes
préliminaires des projets.
En conclusion, l'Association des
biologistes du Québec ne s'oppose pas à l'objectif d'accélération poursuivi par
le projet de loi n° 5, elle affirme toutefois que la rapidité
d'approbation ne doit jamais devenir un indicateur de succès en soi. La
véritable réussite d'un projet d'envergure nationale se mesure à sa durabilité,
à sa solidité scientifique et à sa capacité à préserver le patrimoine naturel
au bénéfice des générations actuelles et futures. Sur ce, je vous remercie pour
votre attention.
• (12 h 20) •
Le Président (M. Laframboise) : Je
vous remercie, Mme Goulet, pour votre exposé. Nous allons maintenant
commencer la période d'échange, monsieur...
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : C'était
Chabot-Giguère.
Le Président (M. Laframboise) : Ah,
c'est Mme Chabot-Giguère. Excusez-moi. Donc, merci. Donc, M. le ministre,
vous avez une période de 15 min 30 s. La parole est à vous.
M. Girard (Groulx) : Merci,
M. le Président. Merci pour la présentation, le mémoire, les recommandations,
tout ceci est grandement apprécié et pertinent. Mais je ne peux pas m'empêcher
de vous poser une question synthèse, là, puis je... on m'en voudra peut-être de
sursimplifier, là, mais le projet de loi vise à accélérer l'octroi des
autorisations requises pour la réalisation des projets prioritaires et
d'envergure nationale. Est-ce que vous êtes formellement contre le projet de
loi ou vous supportez le projet de loi et vous faites des recommandations
d'amélioration?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
je pense que la... le mémoire parle pour lui-même puis notre exposé qu'on de le
dire, on n'est pas opposé au projet ou à l'objectif d'accélération du présent
projet de loi. Toutefois, on émet certaines réserves qui se traduisent
d'ailleurs en des recommandations. On en a sept, là, à notre mémoire puis on
espère qu'on aura l'occasion de... de les survoler, mais des... des
recommandations qu'on juge aussi qui sont pragmatiques, qui essaient de
rejoindre les objectifs, mais tout en préservant certains cadres puis rôles
prépondérants, là, des experts, notamment au sein des autres ministères clés.
M. Girard (Groulx) : Mais je
vous remercie beaucoup pour la... la précision. Peut-être, par le choix de...
de ce que vous avez présenté, j'avais l'impression que vous étiez contre, mais
là je comprends que vous supportez les... à tout le moins les objectifs puis
vous avez des recommandations précises et formelles.
Je suis... deux... Là, ce n'est pas
vraiment une question, c'est un commentaire, M. le Président, j'ai le droit de
faire ça.
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Merci.
Bien, je suis plus ou moins d'accords qu'on... qu'on diminue l'expertise
scientifique, mais, en tout cas, ce n'est certainement pas notre intention ni
l'esprit. Puis, au contraire, je pense que la science peut nous aider à aller
plus vite aussi, là. On fait beaucoup de... de papiers puis d'aller-retour, et
certainement la science pourrait nous aider...
M. Girard (Groulx) : ...alors,
il n'y a... d'aucune façon le ministère des Finances a l'intention de moins
recourir à l'expertise scientifique qui est disponible et certainement celle
que vous possédez. Puis je suis, par contre, d'accord avec vous que, moi, je
n'impute pas aux évaluations environnementales, pas plus que j'imputais aux
consultations avec les Premières Nations le fait que les projets ne se font
pas. Mais je constate que les projets ne se font pas et que présentement, dans
la compétition internationale pour les grands projets, parce qu'il n'y a pas
juste le Québec, là, qui a des mines, là. C'est malheureux, là, mais il faut
être conscients, là, que les projets énergétiques, miniers, de manufacturiers
innovants, ce n'est pas juste le Québec qui a d'expertise là-dedans. Alors,
c'est pour ça qu'on prend, qu'on se donne des pouvoirs extraordinaires.
Alors, moi, ma question, et peut-être que
le mémoire... mais je sens dans vos remarques que vous soulignez peut-être un
manque de ressources au ministère de l'Environnement. Alors, je vous questionne
sur : Combien de ressources avons-nous besoin? Ou selon votre expertise,
qu'est-ce qui nous manque?
Mme Chabot-Giguère
(Bernice) : Bien, écoutez, nous, c'est sûr qu'on estime que le ministère
de l'Environnement a subi des coupes importantes, là, dans les dernières années
qui affectent directement, là, la capacité de certains analystes et d'autres
experts, là, de travailler dans des délais qui sont jugés effectivement
raisonnables. Par ailleurs, sans vouloir nous avancer sur un nombre, c'est
certain que renforcir les capacités de l'État devrait être égal au moins au
degré ou à l'ampleur des projets, et donc, des efforts qui devront être
consentis dans leur réalisation. Je pense que je pourrais répondre de cette
façon.
M. Girard (Groulx) : Mais
hier on a eu une
partie prenante, je vais dire ça comme ça, qui nous
disait : Bien, il n'y a pas assez d'inspecteurs, ça n'a pas de bon sens,
le gouvernement du Québec à diminuer le nombre d'inspecteurs. Est-ce que vous,
les ressources, c'est les inspecteurs ou pas du tout, là?
Mme Chabot-Giguère
(Bernice) : Bien, il y a principalement des analystes et des
inspecteurs, mais je sentais ma collègue...
Mme Goulet (Amélie) : Ce
n'est pas nécessairement... c'est tous les fonctionnaires qui vont travailler à
l'analyse des dossiers pour accepter les dossiers environnementaux, les
autorisations environnementales. Actuellement, on ressent un déficit. Les
autorisations étaient, avant les mises à pied qu'on a connues dans la dernière
année... les projets n'allaient pas assez vite, il y a eu des mises à pied.
Donc, on juge qu'on est déjà dans un déficit. Il faudrait pallier à ça. Puis,
si on veut aller de l'avant avec un tel projet de loi, selon nous, il faut
encore augmenter la capacité de l'État à livrer ces analyses-là dans les temps
souhaités.
Mme Chabot-Giguère
(Bernice) : Puis je... Pardon.
M. Girard (Groulx) : Allez-y.
Mme Chabot-Giguère
(Bernice) : Puis bien, pour compléter aussi, une analyse qu'on avait
par ailleurs, c'était que là en ce moment, les projets, donc, dits normaux, ont
de la difficulté eux-mêmes à aller de l'avant puis, donc, dans une...
considérant l'ampleur des projets qui pourraient survenir, parce qu'il y avait
un risque aussi de venir cannibaliser, donc, déjà des ressources qui sont
insuffisantes au sein des ministères clés pour effectuer puis permettre à ces
grands projets-là d'aller de l'avant, tout en permettant aussi à tous ces
autres projets-là dits normaux de pouvoir avancer également. Donc, voilà.
M. Girard (Groulx) : Mais,
pour les gens qui nous écoutent, là, est-ce qu'on parle de dizaines de
personnes, dont une majorité de biologistes, ou de centaines de milliers? Moi,
j'aimerais ça, je voudrais quantifier, là, parce que, par exemple, je reviens à
hier, je m'excuse, mais on a une certaine cohérence dans nos discussions, mais
hier, on parlait de 100 personnes, alors 100 personnes, à
100 000 $ par année, ça ressemble à un sous-investissement de
10 millions. Mais je veux savoir, vous, vous estimez qu'il manque combien
de personnes pour que le ministère puisse rapidement donner une expertise
scientifique adéquate?
Mme Chabot-Giguère
(Bernice) : Bien, c'est une bonne question. Je suis contente qu'elle
nous soit adressée, mais je pense que je la renverrais au ministère de
l'Environnement pour pouvoir vous guider plus adéquatement là-dessus. Mais par
exemple, si je peux citer un exemple de situation qui est vécu en ce moment
puis qui touche aussi directement, là, un des articles de votre projet de loi,
c'est la réalisation des plans régionals des milieux humides et hydriques, là,
qu'on appelle communément les PRMHH, donc, en ce moment, c'est présenté comme
étant un rempart à la réalisation des travaux préparatoires, mais on sait qu'il
y a certaines MRC qui n'arrivent même pas à faire un PRMHH parce que les
ressources ne sont pas disponibles. Donc, ça pointe ici certains enjeux
stratégiques, aussi techniques qui font en sorte que certaines des dispositions
du projet de loi sont...
M. Girard (Groulx) : ...vous
m'excuserez, là, mais il y a trop d'acronymes au gouvernement du Québec, là,
c'est quoi, un PRMH?
Mme Goulet (Amélie) : Les
plans... les plans régionaux... Est-ce que je parle? Les plans régionaux des
milieux humides et hydriques, de protection des milieux humides et hydriques.
M. Girard (Groulx) : Merci.
Puis, là, ma collègue me regarde avec des yeux qui veulent dire qu'elle le
savait, que vous, vous le saviez, moi, je ne le savais pas, mais...
Une voix : ...
M. Girard (Groulx) : Merci.
OK, voilà. Mais... c'est bon, on a de l'expertise autour de la table. Merci
beaucoup, moi, ça compléterait mes questions. Je passerais la parole à ma
collègue, M. le Président.
Le Président (M. Laframboise) :
Mme la députée de Bellechasse, pour 7 min 45 s.
Mme Lachance : Merci.
Bonjour, mesdames, merci de votre temps et de votre mémoire. Je veux peut-être
revenir aussi sur la question, parce qu'on parle, dans ce projet de loi là, de
projets quand même d'exception, de grands projets, ce qui est quand même
différent des projets qu'on a souvent traités, entre autres choses, au
ministère de l'Environnement, et vous nous avez vraiment parlé de besoins très
spécifiques au niveau de l'environnement. On n'a pas identifié le nombre de
postes clés, vous mentionnez qu'il y a eu une perte de postes. C'est à peu près
l'équivalent de 4 %, là, grosso modo, peut-être un peu moins, mais encore?
Est-ce qu'avant cette année-là, on avait déjà des enjeux, est-ce que vous
saviez qu'il y avait déjà des enjeux pour nos entrepreneurs?
Mme Goulet (Amélie) : Bien
c'est... c'est ce que je mentionnais tantôt. Donc effectivement, les délais
avant les mises à pied de...
Mme Lachance : Combien ça
prend de temps? Comment ça prenait du temps, obtenir un...
Mme Goulet (Amélie) : Pour un
projet normal, je vous dirais qu'on évalue généralement entre un an et demi du
moment... au moment du dépôt. Donc, la phase d'acceptabilité a été passée, qui
est aussi un certain délai, mais un an et demi minimum, ça peut aller aux aléas
des... des négociations puis de... des modifications, optimisations du projet
plus long. Oui? Puis... pour certains grands projets qui sont plus en étude
d'impact, le processus peut-être encore plus long.
Mme Lachance : Quand on dit
plus long...
Mme Goulet (Amélie) : Deux,
trois ans.
Mme Lachance : Deux trois
ans. Puis la phase d'acceptation, vous l'évalueriez à combien?
Mme Goulet (Amélie) : Je ne
suis pas certaine de saisir...
Mme Lachance : La prémisse
avant de...
Mme Goulet (Amélie) : ...du
dossier, la conformité du dossier, oui, c'est généralement entre deux et trois
mois.
• (12 h 30) •
Mme Lachance : OK, donc ça
fait environ un an, un an et demi pour analyser un projet puis arriver à
prendre une décision s'il est valable ou non valable. Est ce qu'on a des
données, parce que vous êtes... vous avez des équipes de scientifiques,
j'imagine que c'est ce que vous fouillez beaucoup. Est-ce que vous avez des
données sur le nombre de projets acceptés et refusés?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
on... pas avec nous. Si c'est quelque chose qui intéresse la commission, on
pourrait vous revenir avec ça. Mais où j'aimerais aussi pointer dans la
lourdeur de la situation actuelle au niveau des évaluations environnementales,
puis je l'ai évoqué dans mon allocution, bien, c'est le fait que les
biologistes arrivent en fin de parcours, donc, le projet est déjà tellement avancé
et ficelé, là, on nous le présente, et là on doit vous dire, par exemple :
Si tu m'avais consulté plus tôt, j'aurais pu te dire que ça, c'était faisable
ou que ça, ce n'était pas faisable. Et là, c'est des nombreux allers-retours
qui arrivent, justement, entre le promoteur, le ministère et les équipes de
scientifiques, et oui, comme... n'importe qui, c'est des maux de tête, mais
c'est des maux de tête qui se vivent des deux côtés puis qui pourraient être
prévenus si jamais on avait, c'est ça, cette réflexion-là, de considérer,
impliquer davantage, en amont, l'expertise scientifique dans la réalisation,
dans la.... pas dans la réalisation, pardon, dans la conception des projets.
Mme Lachance : Est-ce
qu'on... là-dedans, la conception des projets, donc, dans la conception des
projets. Donc, ça veut dire que... parce que vous avez... vous avez mentionné,
je ne sais pas si j'ai vu ça ou pas, ou entendu, que le ministère était
dorénavant considéré comme un consultant. Quand vous parlez dans la conception
des projets, moi, ça m'amène à vous dire, donc, c'est un rôle de consultant
qu'on souhaite mettre de l'avant. Parce que si une équipe est mise à
partie
dans la réalisation d'un projet, d'office, elle n'est plus juge, elle devient
consultante et elle amène des suggestions pour : voici ce que vous
pourriez faire. Est-ce que c'est exact?
Mme Goulet (Amélie) : Je vais
te laisser y aller.
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
je ne pense pas que c'est... je ne pense pas que c'est tout à fait exact. Je
pense que ce que j'ai énoncé est un reflet réel de la situation qui est vécue
présentement dans les autorisations environnementales, sine qua non, qu'elles
soient de grande envergure ou pas. Et en fait, je vous renverrais sur notre
première recommandation, de l'instauration de la cogouvernance formelle et
contraignante, justement parce que nous, ce qu'on analyse du projet de loi,
puis ce qu'on semble voir, c'est, justement, le rôle du ministère de
l'Environnement qui est réduit à celui de consultant, puis ça fragilise, donc,
la protection de l'environnement et que, par l'intégration...
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12 h 30 (version non révisé
e) Mme Chabot-Giguère (Bernice) : ...en
amont du rôle du ministère de l'Environnement et de ses spécialistes, on s'assure
aussi d'avoir le bon professionnel au bon moment. Donc, je pense que ça, ça
peut faire écho aussi parmi les membres de la commission.
Mme Lachance : Je veux juste
vous... revenir... Ah! C'est fini?
Le Président (M. Laframboise) : Mme
la députée de Bellechasse, c'est que Mme... votre collègue de Charlevoix—Côte-de-Beaupré...
Mme Lachance : Ah!
excusez-moi, je n'avais pas vu, je n'avais pas vu...
Le Président (M. Laframboise) : Mme
la députée de Charlevoix Côte-de-Beaupré, pour trois minutes.
Mme Bourassa : Bien, on est
un peu dans la même lignée, mais avec les évaluations environnementales spécifiques
plus en travaux préparatoires, est-ce que vous êtes capables d'estimer combien
de temps ça rallongerait? Est-ce que... Parce que, là, c'est plus de
consultations, c'est plus de paperasse, c'est plus de...
Mme Goulet (Amélie) : Je veux
bien comprendre si on incluait les travaux préparatoires dans l'évaluation...
Mme Bourassa : Si vous étiez
impliqués dès le départ avec les travaux préparatoires.
Mme Goulet (Amélie) : Oui,
effectivement, je pense que ça raccourcirait les délais. Je vous parlais de
négociation, tantôt, dans la phase d'analyse, donc il y a beaucoup d'allers-retours.
Le ministère de l'Environnement va demander d'optimiser le projet au promoteur,
le projet va être modifié, les impacts vont être réévalués, vont demander des
engagements. Je pense que cette phase-là, si on arrivait avec un projet un
petit peu mieux ficelé, comme le propose notamment le nouveau règlement sur la
PEIE, le processus d'évaluation... le nouveau processus d'étude d'impact,
finalement, donc arriver avec un projet un petit peu plus ficelé, permettrait
effectivement de réduire les délais, ça, c'est certain, mais ça ne soustrait
pas la grande nécessité à l'État de devoir augmenter sa capacité.
Mme Bourassa : ...concrètement,
combien de temps est-ce que ça ajouterait? Parce que, là, vous semblez dire :
On va...
Mme Goulet (Amélie) : Bien, ce
n'est pas quelque chose qu'on a analysé, non.
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : ...ça
n'ajoute pas du temps, on prévient, on est dans la prévisibilité du projet puis
de ce qui s'en vient.
Mme Bourassa : ...
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien
là, c'est peut-être là où on ne se rejoint pas, sur cet aspect-là où, pour
nous, ça ajoute à la prévisibilité du projet, parce que, là, on s'assure qu'il n'y
aura pas des atteintes irréversibles, par exemple, à des milieux sensibles, on
est capables de vous prévenir de ces situations-là et, conséquemment... Nous, le
temps qu'on investit en amont, c'est de la précaution et c'est, donc, de la
prévisibilité pour le bien de l'avancement, là, du projet d'envergure, quel qu'il
soit.
Mme Bourassa : Donc, si je
suis les recommandations que vous faites, ce ne serait pas nécessairement que pour
ce projet de loi là, mais dans une... également dans d'autres projets.
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
c'est sûr que, de façon générale... bénéfique à tous les projets.
Mme Bourassa : Et, à ce que
je comprends, les normes demeurent intactes, les normes au niveau
environnemental ne changent pas, donc, c'est le processus qui est simplifié. Comment
est-ce qu'on pourrait dire qu'il y a plus de risques si les normes restent les
mêmes?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
en ce moment, ce qu'on a cru comprendre, à la lecture du projet de loi, c'est
qu'il y avait moyen, là, d'adapter ou de modifier un certain jeu de règles et
de lois en ce moment. Donc, à cet état-là, je pense qu'on ne se rejoint pas sur...
quand on dit que les normes restent les mêmes, mais elles pourraient donc changer,
c'est ce qu'on comprend.
Le Président (M. Laframboise) : Merci.
Merci beaucoup, Mme. C'est tout le temps que vous aviez, Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
M. le député de Marguerite-Bourgeoys, pour 11 min 37 s.
M. Beauchemin : Merci, M. le
Président. Merci, mesdames, pour votre présentation. Je vais prendre une
partie
du temps du Parti libéral du Québec puis, après ça, je vais en donner une
partie à ma collègue. Ça fait que moi, j'essaie de comprendre ce que vous disiez
tantôt, là, au niveau du processus en tant que tel. Si je vous entends bien,
là, on souhaiterait être considérés initialement dans la consultation, dans l'élaboration
du projet initial. Si je comprends bien, c'est ça?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Si
je peux reformuler, c'est que, de ce que nous, on a lu puis de ce qu'on a
entendu, beaucoup des intervenants depuis hier, dans la commission, c'est que l'enjeu
semblait... ou, en tout cas, un irritant majeur était les évaluations
environnementales. Puis, à leur défense, c'est ça qu'on vous dit, c'est que
souvent l'architecture, même, le processus même de ces évaluations
environnementales là faisait en sorte que l'intervention des experts, des
scientifiques, des biologistes, arrivait trop loin dans le parcours et créait ces
nombreux va-et-vient là qui étaient pénibles pour toutes les parties. Donc, c'est
à cet égard-là qu'on précisait ça, mais, d'ailleurs, tu sais, on a une
procédure qui est améliorée, en tout cas, on a une modernisation de la PEIE qui
vient d'être déposée par votre collègue à l'Environnement. Puis, à cet égard, tu
sais, on souhaiterait peut-être aussi donner la chance à cette nouvelle
procédure d'évaluation pour pouvoir aller de l'avant.
M. Beauchemin : C'est quoi, une
PEIE?
Mme Goulet (Amélie) : ...processus
d'évaluation des impacts environnementaux
M. Beauchemin : OK. D'accord.
Excusez. Continuez.
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
voilà. Non, mais ça complétait. Donc, tu sais, il y a déjà ce mécanisme-là qui
a été... cette modernisation-là, qui est sur la table. Puis on aimerait, donc,
lui donner la chance de pouvoir démontrer qu'elle est en mesure d'accélérer les
processus d'évaluation environnementale et donc ne pas avoir recours à d'autres
mécanismes qui sont prévus en ce moment par le projet de loi n° 5.
M. Beauchemin : Ça fait que,
juste pour que je comprenne, ce que vous proposez, là, OK, c'est quelque chose
qui va donc...
M. Beauchemin : ...éliminer,
là, l'aller-retour que vous mentionnez, qui arrivait lorsqu'on faisait juste la
consultation avec les biologistes plus tard dans le processus. Donc, on
économiserait du temps ici, c'est ça que vous dites?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
ce n'est pas nous qui le proposons, là, ça, c'est... c'est l'initiative du
ministère de l'Environnement, c'est sa modernisation de ce règlement-là, mais
on...
M. Beauchemin : Oui. Mais
êtes-vous d'accord avec ça?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
dans son ensemble... ce n'est pas le sujet de la présente commission, mais on y
voit, c'est certain, des améliorations. On n'est pas contre la vertu.
Nous-mêmes, nos professionnels le nomment, qu'il y a des lenteurs dans le...
dans le processus. Puis il y a certains aspects de ce... de cette...
modernisation, pardon, qui sont bienvenus. Et, conséquemment, l'urgence qui
semble se dégager... tu sais, de se doter de certains pouvoirs discrétionnaires
à travers le projet de loi n° 5 nous semble contraire à cette... déjà, à cette
avancée du ministère de l'Environnement de faire des efforts pour améliorer, de
son côté et de celui du promoteur, les délais, là, pour les autorisations
environnementales.
M. Beauchemin : Puis il n'y a
aucun doublon, là, qui se fait dans cette histoire-là. Donc, la première étape
qu'on... que vous venez de décrire, elle pourrait se faire de façon préalable,
puis il n'y a pas de... il n'y aurait pas une redondance, une deuxième version
de ça? Comme, en d'autres mots, là, on mesure un milieu x, là, puis on quantifie
les risques scientifiques pour le milieu x, puis là, bien, il y a du temps qui
s'écoule parce qu'automatiquement il va falloir refaire ces mêmes évaluations
là un an plus tard, lorsque le projet va être rendu à une autre étape dans son
autorisation?
• (12 h 40) •
Mme Goulet (Amélie) : Ça ne
devrait pas.
Mme Chabot-Giguère (Bernice) :
Bien...
Mme Goulet (Amélie) : Ce
n'est pas notre compréhension.
M. Beauchemin : Non?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) :
C'est ça. De ce que semble proposer la PEEIE, la nouvelle mouture, là, dans sa
modernisation, c'est justement d'avoir, par exemple, un meilleur accompagnement
des promoteurs en amont, justement par des équipes de scientifiques puis de
biologistes qui pourraient les aider à déposer des demandes d'autorisation qui
seront recevables. On élimine donc une
partie du flou puis de ces processus-là,
qui ne sont peut-être pas familiers pour des promoteurs, on les accompagne
là-dedans. Ça fait que, tu sais, là, tu sais, on parle de la PEEIE, mais il y a
certains de ces... de ces points-là qui sont abordés, qui sont traités par
cette modernisation-là. Et donc, c'est ça, on se dit : Bien, donnons la
chance au coureur de faire la démonstration.
Puis, bien, par ailleurs, il y a aussi, tu
sais, la LACPI, là, qui a été aussi adoptée, là, dans le cadre, là, de la... de
la COVID, qui visait essentiellement aussi, là, des objectifs de...
Mme Goulet (Amélie) :
D'accélérer les projets d'infrastructures.
Mme Chabot-Giguère (Bernice) :
...d'accélérer les projets d'infrastructures, mais sans déroger au cadre
réglementaire actuel. On comprend que cette règle... cette loi-là, là, n'est
plus en vigueur, mais, tu sais, on serait curieux de voir aussi pourquoi ce
n'est pas une avenue qui a été adoptée par le gouvernement actuel dans cette...
dans ce souhait d'accélérer les grands projets d'infrastructures. Est-ce qu'il
y a des données qui... qui sont sorties de cet effort-là de la LACPI duquel on
pourrait se...
M. Beauchemin : Très bonne
question. En étude détaillée, on va s'assurer de poser cette question-là pour
avoir la réponse, effectivement. D'emblée, je comprends les circonstances
dans lesquelles on se retrouve, là, au Québec. De façon globale, en Amérique du
Nord, là, on doit compétitionner pour avoir accès à le développement économique
de notre territoire. Puis, évidemment, avec ça vient des réalités qu'on a ici,
au Québec, par rapport à d'autres.
Moi, j'essaie de comprendre, de votre
perspective à vous... Vous parliez des risques, là, évidemment, là, qui sont
scientifiques, vous parliez des risques qui sont transférés en agissant
comme... comme le gouvernement suggère de le faire. Moi, j'essaie de
comprendre, de votre perspective à vous, comment pouvez-vous voir une
amélioration en temps d'exécution. Parce que vous parliez, un projet normal, un
an et demi, grosso modo, 18 mois. Et on le sait, qu'au sud de la frontière ça
peut être trois mois, des fois... des fois même moins, là, OK? J'aimerais ça
essayer de comprendre comment qu'on peut essayer d'avoir un genre
d'optimisation du processus. Quelle est votre perspective à savoir quelles
étapes ou quelles sont les ressources nécessaires qu'on doit avoir pour
pouvoir, justement, accélérer le processus, de votre perspective à vous?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
déjà, tu sais, on va... on va rappeler, donc, la présence de la PEEIE, qui est
déjà un mécanisme. Un deuxième... une deuxième façon aussi, là, d'optimiser les
délais, bien, je le rappelle, c'est cette... ce renforcement-là nécessaire des
capacités de l'État au niveau des ministères clés et stratégiques, parce qu'en
ce moment, oui, il y a des inspecteurs, des analystes mais aussi d'autres
fonctionnaires qui sont dédiés à l'analyse de ces dossiers-là, puis il y a des
MRC, il y a des régions qui n'ont même pas d'analyste. Donc, tu sais, il faut
renflouer, là, nécessairement les capacités de l'État pour se doter des
ressources nécessaires et aussi de l'expertise au sein même du gouvernement,
c'est important de la nourrir et de la cultiver. Donc, à cet égard-là, c'est
deux mécanismes très concrets, pragmatiques, mais qui permettraient de...
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : ...de
faire en sorte que les projets d'envergure seraient accélérés. On conserve une
analyse stratégique au sein de l'État puis on va de l'avant avec des délais qui
seront raccourcis parce qu'il y aura davantage d'épaule à la roue.
M. Beauchemin : Bien, c'est
drôle, je vous entends puis... puis je comprends. Moi, je suis la critique en
finance, ça fait que je suis de l'autre bord du ministre, puis j'essaie de
trouver toutes les failles pour pouvoir les critiquer en Chambre pour avoir du
plaisir à faire ça, mais, nonobstant ça, j'essaie de comprendre. Parce que la
taille de l'État a augmenté dans les dernières années et puis on dirait que
plus le temps avance, plus c'est long faire faire ces autorisations-là avec une
taille de l'état qui, elle aussi, a grossi. Donc, les ressources semblent avoir
été au rendez-vous là. Il y a un ajustement qui s'était fait récemment, là, à
cause d'une décote d'une agence de crédit, ou peu importe, mais on est quand
même rendu à un niveau maintenant où le nombre de projets qu'on a réguliers au
Québec semble suivre une certaine fréquence régulière, puis là on a de plus en
plus de temps à prendre avec une plus grande masse salariale qui est supposée
faire ça. Ça fait que j'essaie de comprendre. Selon vous, là, est-ce que c'est
parce qu'on n'a pas les outils? On a le personnel peut-être, mais est-ce qu'on
n'a pas les outils? Il y a-tu quelque chose de technologique qui devrait être
donné pour qu'on puisse améliorer la productivité?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
il y a certaines personnes qui pourraient vous dire qu'il y a des protocoles
standardisés déjà qui pourraient aider dans l'analyse des dossiers.
Présentement, c'est des... c'est des choses qu'on n'a pas puis qui pourraient
être, bon, rapidement mises sur pied, mais... ou, du moins, qui pourraient
servir dans un futur ultérieur à l'accélération de l'analyse de ces
dossiers-là.
Mme Goulet (Amélie) : Il y a
une... «il y a une solution», je ne dis pas que c'est une solution. On a un
dossier, nous, et c'est au... à l'Office des professions du Québec. Et, selon
nous aussi, la profession de biologiste était reconnue encadrée, les biologistes
seraient plus imputables puis les analyses prendraient potentiellement moins de
temps, parce que les analystes au ministère de l'Environnement prendraient
moins de temps à valider la méthodologie, s'assurer de la conformité des études
qu'ils reçoivent, et, en ce sens-là, deviendraient probablement plus efficaces,
alors que, présentement, à peu près n'importe qui peut déposer une étude. On ne
dit pas que seuls les biologistes peuvent le faire. Nous, c'est les
professionnels qu'on représente. Puis, selon nous, ça peut faire
partie de la
solution. Ce n'est pas la seule solution, c'est dans l'ensemble.
M. Beauchemin : Bien, en
fait, je vous entends parce que moi, ce que je comprends, c'est que, si,
effectivement, les biologistes sont impliqués de façon préalable, on est plus
facilement capables d'identifier les risques puis d'en discuter plus
facilement. Ça fait que je vois la valeur ajoutée, puis c'est un bon point,
puis, effectivement, une certification pourrait être... tout de suite, on
pourrait séparer les enfants des adultes, là, rapidement pour pouvoir faire
avancer les dossiers. Sur ce, je vais passer la parole à ma collègue.
Le Président (M. Laframboise) : Mme
la députée de Mille-Îles, pour une minute 38 secondes.
Mme Dufour : Merci. Ça va
être bref. Écoutez, il y a le séquençage qui a été mentionné hier à deux
reprises par des groupes. Je ne sais pas si vous écoutiez les travaux, mais
j'aimerais vous entendre sur l'impact, là, d'une analyse environnementale en
séquence, parce que ce qu'on nous disait, c'est que, dans le fond, il faut
qu'une analyse se termine avant qu'une autre commence et une à la suite comme
ça, il disait, s'il y en avait qui se faisaient en parallèle. Est-ce que vous
voyez ça, qu'il y aurait une possibilité peut-être d'accélérer le processus en
faisant certaines analyses en parallèle au niveau environnemental?
Mme Chabot-Giguère (Bernice) : Bien,
oui, là, je ne pense pas qu'on est contre ça. Effectivement, si c'est possible
de réaliser des analyses, ça veut dire qu'on ne les contourne pas, on les
réalise. Si on est capables de les réaliser, donc, en parallèle, c'est certain
qu'on peut sauver du temps là-dessus, mais, en ce moment-là, ça veut dire que
c'est deux équipes, tu sais, on va dédoubler. Donc, il faut s'assurer qu'on a
les capacités nécessaires pour pouvoir avoir ces équipes-là qui travailleront
en parallèle.
Mme Dufour : Parfait. Et,
pour ce qui est du Code des professions, bien, on s'en est déjà parlé, et il y
a eu... dans le projet de loi n° 81, malheureusement, ça l'a ouvert encore
plus de... d'autres... d'autres types d'expertises pour faire des analyses.
Donc, ce que vous avez décrit, je pense qu'on va le voir encore plus avec ce
projet de loi là, malheureusement. Merci.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
Merci beaucoup, Mme la députée de Mille-Îles. Mme la députée de Verdun, pour
trois minutes 53 secondes.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Merci beaucoup pour votre présentation. J'ai deux questions, mais
elles sont très, très similaires. La première, je vous entendais sur votre
travail en termes d'évaluation, est-ce que vous sentez qu'avec ce type de
projet là qui ouvre la voie justement à accélérer des projets les rôles des
biologistes au sein de nos institutions... pourrait être transformés en une
simple étape administrative qui arrive tard dans le processus plutôt que...
Mme Zaga Mendez : ...de
jouer votre rôle de chien de garde des... d'évaluations environnementales et la
protection de l'environnement.
Mme Chabot-Giguère
(Bernice) : Bien, tu sais, je pense que vous l'avez nommé, puis c'est
ce qu'on a aussi exprimé comme souhait dans cette commission, c'est de casser
avec cette tradition-là, de faire intervenir les experts, les scientifiques,
notamment, nous, les biologistes en fin de parcours, on pense qu'on est
vraiment des acteurs privilégiés pour pouvoir vous guider aussi dans la
réalisation de ces projets-là afin qu'ils se réalisent dans le respect des
normes environnementales, notamment.
Mme Zaga Mendez : Donc,
de vraiment... votre expertise en amont. À cet égard, peut-être de vous amener
dans le passé, on a vu dans les nouvelles des commandes politiques, la
politisation de l'environnement et des choses qui peuvent arriver à nos membres,
justement, de sentir cette pression soit pour aller plus vite ou pour changer
ou de ne pas jouer votre rôle dans l'intérêt public ou dans l'intérêt de
l'environnement. J'aimerais ça vous entendre un peu plus là-dessus. Comment ces
projets-là pourraient ouvrir la porte à ces types de... d'incident?
Mme Chabot-Giguère
(Bernice) : Bien, c'est sûr que, tu sais, nous, on a l'intérêt, la
saine gestion, tu sais, de nos écosystèmes puis de l'environnement, puis à cet
égard, donc, ce n'est pas en opposition à la réalisation de projets qui
pourraient être stratégiques, là, pour le Québec. Mais c'est certain que nous,
notre préoccupation, c'est toujours de s'assurer que ce soit réalisé si
c'est... milieux naturels, qu'on s'assure de faire des évaluations environnementales
rigoureuses, donc, de s'assurer que, s'il y a des cadres et des lois, qu'elles
ne... qu'elles ne soient pas, pardon, modifiées, même si on dit que c'est un
pouvoir exceptionnel pour des circonstances exceptionnelles. On introduit ici
de l'arbitraire qui pourrait ultimement porter atteinte, là, à des milieux puis
nous, c'est ça, c'est transférer du risque, c'est le capital naturel du Québec,
c'est pour nous tous. Et donc, avec ces grandes responsabilités-là, on doit
s'assurer que le projet de loi protège l'ensemble, là, des citoyens puis des
citoyennes, mais aussi permettre quand même, là, de faire un développement
stratégique puis économique du Québec, mais dans le respect des règles
environnementales.
• (12 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Et
vous parlez de, justement, de ces décisions arbitraires. Est-ce que... comment
vous avez vu la présence, justement, de ce type de pressions dans les dernières
années, sentez-vous qu'elle est plus pressante, moins pressante...
Mme Goulet (Amélie) : Bien,
je pense que vous en avez nommé une tantôt, avec le groupe précédent.
Mme Zaga Mendez : Sur...
par exemple, là, où il y a eu des évaluations peut-être faites par vos membres
ou autres fonctionnaires. Vous la sentez dans...
Mme Chabot-Giguère
(Bernice) : Ah! je ne peux pas dire... Bien moi, je ne veux pas parler
pour les autres puis les membres, là. Je pense que ça existe. Est-ce que c'est
monnaie courante? Je ne crois pas.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends. Bien, merci beaucoup de votre... de vos questions, bien de vos
réponses à nos questions.
Le Président (M. Laframboise) :
Merci. Merci, Mmes Chabot-Giguère et Goulet. Je vous remercie pour la
contribution de l'Association des biologistes du Québec aux travaux de la
commission.
La commission suspend ses travaux jusqu'à
15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 51)
Haut de la page
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 06)
Le Président (M. Laframboise) :
...la Commission des finances publiques reprend ses travaux.
Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la... la sonnerie des... de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 5, Loi visant
à accélérer l'octroi des autorisations requises pour la réalisation des projets
prioritaires et d'envergure nationale.
Cet après-midi, nous entendrons les
organismes suivants : le Conseil du patronat du Québec, le Centre
québécois du droit de l'environnement, l'Union des producteurs agricoles et
l'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec.
Donc, je souhaite maintenant la bienvenue
aux représentantes du Conseil du patronat du Québec. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la
période d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter et à commencer votre exposé. Merci.
Mme Llambías Meunier
(Michelle) : Merci, monsieur le président.
Donc, Michelle Llambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du
Conseil du patronat du Québec. Je suis accompagné de ma collègue Norma. Norma.
Mme Kozhaya
(Norma) : Bonjour! Norma Kozhaya,
vice-présidente à la recherche et économiste en chef au Conseil du patronat.
Mme Llambías Meunier
(Michelle) : Alors, Monsieur le président, monsieur le ministre
des Finances, Mmes et MM. les membres de la commission, merci de nous
accueillir aujourd'hui pour nous permettre de partager nos commentaires sur le
projet de loi n° 5.
D'entrée de jeu, je veux être très claire,
le CPQ accueille favorablement l'objectif de ce projet de loi. Depuis des
nombreuses années, on alerte sur les délais, la complexité, la fragmentation
des processus d'autorisation au Québec. Puis, ce qu'on entend continuellement,
c'est à quel point ces lourdeurs constituent aujourd'hui un frein à
l'investissement, à la compétitivité puis à la capacité du Québec de
concrétiser ses ambitions économiques, énergétiques et industrielles. Vous le
savez comme nous, on évolue dans un contexte économique et géopolitique qui est
hors du commun : les chaînes d'approvisionnement se redessinent, la
concurrence entre les... entre les juridictions s'intensifie, puis chaque État
cherche désormais à renforcer sa résilience économique.
Dans ce contexte-là, l'agilité
réglementaire devient un facteur, un levier qui est hautement stratégique, et
qu'on ne peut négliger. Sans surprise, le Québec n'est pas le seul à agir sur
cet aspect et sur une volonté d'accélérer le déploiement de certains projets
phares. D'autres gouvernements...
Mme Llambías Meunier
(Michelle) : ...a récemment adopté des lois qui visent à
accélérer la réalisation de projets structurants. Ce projet de loi n° 5 s'inscrit donc dans une tendance qui est bien plus
large, celle d'États qui reconnaissent que des délais excessifs peuvent
définitivement compromettre des projets qui sont jugés essentiels à l'intérêt
collectif. Le diagnostic qui est posé par le gouvernement est juste et rejoint
donc les propos du CPQ sur plusieurs aspects, celui que, malgré ses nombreux
atouts, le Québec fait face à un obstacle qui est maintenant structurel. La
multiplication des intervenants, la complexité des processus, puis parfois même
la duplication... en fait, même souvent la duplication entraîne des délais qui
nuisent à la concrétisation des projets, que ce soient des projets publics
comme privés. Ça mine la confiance des investisseurs puis ça affaiblit
évidemment notre position concurrentielle. Alors, concrètement, le CPQ voit
positivement plusieurs éléments du projet de loi n° 5,
mais je vais m'arrêter seulement sur quelques-uns dans le cadre de mon message
avec vous cet après-midi. D'abord, l'idée d'une autorisation gouvernementale
unique, capable de permettre... pardon, capable de remplacer plusieurs permis
et autorisations, représente une avancée qui est importante. Ça répond à une
demande de longue date du milieu des affaires, celle de limiter les redondances
et les contradictions potentielles entre les ministères et les organismes puis
d'alléger le fardeau réglementaire associé aux différents projets.
Ensuite, la possibilité d'autoriser
certains travaux préparatoires avant la délivrance finale de l'autorisation est
un levier concret pour accélérer les projets, sans pour autant... puis c'est
important de le souligner, sans pour autant suspendre les analyses
réglementaires qui sont nécessaires.
• (15 h 10) •
On salue également la centralisation des
démarches administratives, la désignation d'un interlocuteur gouvernemental
unique et l'établissement d'un échéancier qui est clair. Encore une fois, la
prévisibilité des délais est aussi importante que la réduction du nombre de
règles, on le répète régulièrement. Pour un promoteur, de savoir quand une
décision va être rendue, ça peut être déterminant.
Enfin, il est important de le rappeler,
les obligations en matière d'inspection, d'application de la loi puis de
consultation des communautés autochtones demeurent pleinement applicables. Le
projet de loi ne crée pas, selon nous, une voie de contournement, mais vise
vraiment une voie qui est plus efficace. Cela dit, cette accélération-là des
projets ou du déploiement des projets ne peut pas se faire à n'importe quel
prix. C'est pourquoi on pense que la réussite d'un projet de loi comme celui-ci
repose entièrement ou va reposer entièrement sur sa mise en œuvre.
Premièrement, l'efficacité, la rigueur et
la transparence doivent être au cœur du processus. Dans ce contexte-là, les
critères de désignation des projets sont une bonne base, mais nous apparaissent
trop larges. Le CPQ croit qu'il gagnerait à être précisé, entre autres en ce
qui concerne les retombées économiques, par exemple, en tenant compte du
renforcement des chaînes d'approvisionnement et de la capacité des projets à
faire bénéficier les entreprises québécoises, en particulier les PME.
En matière de transition énergétique, un
autre exemple, on estime également essentiel que l'analyse repose sur les
émissions de GES de l'ensemble du cycle de vie des projets. Donc, ce sont des
éléments qui ne sont pas détaillés dans les critères de sélection des projets,
mais c'est des exemples de clarifications qu'on devrait apporter. Accélérer ici
ne voudrait pas dire affaiblir les normes, ça veut dire mieux coordonner
l'action gouvernementale, clarifier les exigences puis éviter les dédoublements
inutiles.
Deuxièmement, la concertation avec les
municipalités et les communautés locales et autochtones est essentielle.
L'acceptabilité sociale ne peut pas être vue comme un irritant, c'est une
condition de réussite. Une consultation efficace en amont permet d'éviter des
blocages qui sont très coûteux en temps et en argent en aval.
Troisièmement, on insiste sur un point
crucial dans le mémoire : Le ministre devra disposer d'une équipe qui est
suffisamment outillée, expérimentée pour analyser les demandes, coordonner les
ministères puis assurer des suivis serrés. Sans cette capacité interne, même
les meilleures intentions vont se heurter à la réalité administrative.
Le projet de loi n° 5
met aussi en lumière un enjeu plus fondamental. Si un tel mécanisme est
nécessaire pour certains projets, c'est que le système actuel d'autorisation
est globalement défaillant. Aujourd'hui, même des projets qui n'ont pas
d'envergure nationale, mais qui sont stratégiques pour une région ou pour un
secteur, se heurtent à des délais déraisonnables. Dans certains cas, puis on
parle souvent du secteur minier, les processus peuvent s'étendre sur 10, voire
15 ans. Le CPQ est d'avis...
Mme Llambías Meunier
(Michelle) : ...CPQ est d'avis que les caractéristiques qui
sont mises de l'avant par le projet de loi, le guichet unique, un seul
interlocuteur, plus de prévisibilité, une meilleure coordination devraient
devenir la norme et non l'exception qui est réservée à quelques projets
désignés. On voit donc les projets d'envergure nationale comme des projets
pilotes, d'un point de vue de la façon dont on devrait les traiter de manière
générale. Les apprentissages tirés de leur mise en œuvre devraient absolument
servir à moderniser l'ensemble des processus d'autorisation au Québec. On doit documenter
ce qui fonctionne puis ce qui ne fonctionne pas puis en tirer des leçons.
Enfin, le CPQ souhaite attirer l'attention
de la commission sur l'importance de progresser vers l'approche un projet, une
évaluation. Trop souvent, des projets sont soumis à des évaluations
provinciales et fédérales en parallèle avec des consultations répétées. C'est
un dédoublement qui allonge des délais, qui augmentent les coûts puis qui
décourage les parties prenantes. On invite donc le gouvernement du Québec à
accélérer les discussions avec le gouvernement fédéral pour conclure des
ententes d'harmonisation ou de substitution des processus.
En conclusion, le projet de loi n°5 est bienvenu et nécessaire. Mais au-delà du PL 5, la
réduction du fardeau réglementaire, l'amélioration de la coordination
interministérielle puis la prévisibilité des délais vont demeurer des leviers
essentiels pour notre économie. On pense qu'accélérer les projets, c'est
possible sans compromettre la transparence ou la qualité des exigences environnementales
ou sociales. Bien fait, l'allègement réglementaire n'est pas un recul, on le
considère comme un gain d'efficacité au bénéfice de toute la société
québécoise. Je vous remercie de votre attention, puis Norma et moi serons
heureuses de répondre à vos questions.
Le Président (M. Laframboise) : Merci
beaucoup, Mme Llambías Meunier. Merci pour votre exposé, nous allons maintenant
commencer la période d'échange. M. le ministre, la parole est à vous pour 16
min 30 s.
M. Girard (Groulx) : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci pour votre présentation et... est-ce que le
mémoire est déjà déposé? Oui, alors merci pour le mémoire. Sachez que le
ministère et mon cabinet vont le lire avec attention. En toute franchise, pour
ma part, je vais me concentrer sur le résumé puisque je suis dans le budget.
Mais je vous remercie beaucoup pour la présentation. C'est certain que dans les
critères de désignation, là, il y a les retombées économiques majeures. Alors,
on parle de grands projets, ici. Puis j'ai avancé le chiffre de... le seuil de
1 milliard, ce n'est pas... ce n'est pas un seuil, là, qui sera inscrit
dans la loi, mais on parle de projets qui pourraient être de 2, 3, 4,
5 milliards. Et donc, c'est un... le critère de retombées économiques
majeures va être... va devoir être rencontré pour qu'on utilise les pouvoirs
exceptionnels. Une fois qu'on aura travaillé avec ces pouvoirs exceptionnels,
peut-être après deux projets, bien, on pourra voir si de telles mesures
pourraient s'appliquer à l'ensemble des projets, mais pour l'instant, ce n'est
pas notre intention. Pouvoirs exceptionnels pour des situations
extraordinaires. Vous... vous avez parlé d'un projet, une évaluation. Je
voulais savoir qu'est ce que vous pensez du concept un projet, une
consultation? Par exemple, si on regroupait des consultations en environnement
avec celles de la CPTAQ ou... est-ce que vous... Est-ce que... Parce qu'un
projet, une évaluation, on pense souvent au dédoublement fédéral-provincial,
puis tant que le projet est sur le territoire d'une seule province,
certainement, dans notre cas, on a l'intention que l'évaluation, ce soit
l'évaluation du Québec. Mais, dans le cas d'un projet, par exemple, qui
couvrirait deux provinces, bien là, peut-être que la seule évaluation serait
l'évaluation fédérale. Mais précisément, là, est ce que vous pensez qu'il y a
des gains à faire, au niveau de l'efficacité, aussi, au niveau d'un projet, une
consultation?
Mme Llambías Meunier
(Michelle) : Bien, je pense qu'il y a des
gains à faire dans la mesure où, d'un point de vue ne serait-ce
qu'administratif, dans les convocations, l'identification des parties
prenantes, la consultation, la tenue des rencontres elles-mêmes, il y a
certainement des gains à faire. Après, il faut s'assurer que ce n'est pas parce
qu'on a une seule consultation qu'on vient négliger certains groupes qu'on
aurait normalement consultés ou que cette consultation-là est réduite d'un
point de vue de la qualité, parce qu'on a seulement qu'une consultation, donc,
la qualité doit demeurer la même mais c'est sûr qu'il y a des gains dans la
mesure...
Mme Llambías Meunier
(Michelle) : ...il y a une économie
d'échelle d'un point de vue administratif. Je ne sais pas si, Norma, tu veux
compléter?
Mme Kozhaya
(Norma) : Absolument, oui. Du point de vue
du collectif, et du promoteur, et même de la population consultée, qui... des
fois, c'est un peu... ça porte à confusion, les multiplications de
consultations. Mais, effectivement, il faut s'assurer de consulter adéquatement,
donner un temps aussi adéquat et s'assurer de viser certaines parties.
Et, effectivement, pour rebondir sur
votre... un projet, une évaluation, on avait surtout en tête les... une entente
fédérale-provinciale, comme c'est déjà le cas en Colombie-Britannique, en
Ontario. Oui, tout à fait.
M. Girard (Groulx) : OK.
Bien, pour ma part, je... puis je vais en discuter avec les collègues de
l'opposition lors de l'étude du projet de loi, mais c'est certain qu'on veut
aussi se donner le pouvoir de regrouper les consultations.
Je ne peux pas m'empêcher, étant donné la
qualité de vos membres puis leur importance, de vous demander si vous en avez,
des projets d'importance stratégique en tête.
Mme Llambías Meunier
(Michelle) : Je ne m'avancerai pas aujourd'hui avec des... mais
j'aime la question. Je ne m'avancerai pas. On ne s'avancera pas sur des projets
potentiels, mais il y a certainement des projets qui pourraient être menés par
des entreprises québécoises qui auraient le potentiel de se qualifier, là, si
on pense à vos critères de sélection de projets.
M. Girard (Groulx) : OK. Et
vos membres ou... Selon votre expertise, qu'est-ce qui nous retarde le plus?
Parce que c'est clair qu'on est pas très bons dans l'autorisation des grands
projets, là. Est-ce que c'est l'absence d'infrastructures, les consultations
environnementales, les consultations des Premières Nations, le manque de
sérieux des promoteurs? Qu'est-ce qui nous nuit dans la réalisation de ces
projets-là?
• (15 h 20) •
Mme Llambías Meunier
(Michelle) : Bien, on l'a évoqué dans dans le mémoire, puis,
Norma, je t'inviterai s à bonifier certainement la réponse, mais ce qu'on
entend, là, beaucoup, c'est, encore une fois, l'imprévisibilité, le
dédoublement dans la réglementation. Puis, dans le secteur minier, on l'entend
constamment, là, entre le moment où il y a un gisement qui est découvert puis
le moment où on l'exploite, qu'on produit ça... il peut y avoir à peu près 15
ans. Tu sais, ce n'est pas normal que ce soit... que ça prenne ce temps-là.
Donc, c'est une combinaison de la
réglementation, les autorisations... l'obtention, là, des autorisations, des
permis, différents permis. On a un exemple ici, là, justement, pour un cas de
mines, là, une exploration minière, OK : quatre formulaires distincts,
trois consultations séparées, quatre documents d'autorisation officielle, les
quatre documents ont une date de début et de fin qui est différente. Puis tout
ça, là, c'est pour des autorisations d'exploration minière en période hivernale
qui ne nécessitent pas des grosses opérations d'exploration, là, on parle
d'aménager un sentier d'accès temporaire, de démanteler et de faire le
déplacement d'une foreuse légère sur chenilles. Tu sais, c'est juste pour
illustrer à quel point ça peut être la maison des fous, vraiment.
Puis je pense que, collectivement, on
n'avait pas eu une occasion comme celle qu'on a aujourd'hui de dire : On a
besoin de se dépêcher à réaliser des projets d'infrastructure parce qu'on est
dans un contexte économique et politique qui nécessite qu'on soit plus agile
puis plus compétitif aussi sur la scène aussi internationale. Et donc c'est
enfin une belle opportunité de repenser nos règles. Puis nous, quand on
parle... Puis vous disiez, au début, on parle de gros projets avec du gros
potentiel de retombées économiques, notre point, sur les projets... puis de les
voir comme des projets pilotes, c'est de voir, bien, est-ce que ce serait
l'occasion, s'il y a des choses qui fonctionnent bien dans l'allègement
réglementaire ou dans l'efficacité qu'on est capable de déployer ici... Est-ce
que ce ne serait pas l'occasion de prendre bonne note de ce qui fonctionne puis
de l'appliquer dans la durée à d'autres façons de faire?
M. Girard (Groulx) : D'accord.
Puis je sais que vous avez souligné l'importance d'avoir du personnel et des
ressources pour faire, dans le fond, un bureau de projets. Alors, on sait que
le gouvernement fédéral a approximativement 25 employés dans ce bureau de
projets et s'est aussi donné un pouvoir de dérogation quant aux salaires qui
sont payés dans ce bureau pour attirer des gens avec l'expertise du secteur
privé.
Alors, je vous dirais que nous, on y va
une étape à la fois, là. Là, aujourd'hui, c'est des consultations
particulières, il y aura l'étude détaillée, mais c'est certain qu'on ne pourra
pas faire ça sans avoir une équipe...
M. Girard (Groulx) : ...agile,
là, qui, avant d'avoir 25 personnes, va commencer par cinq. Alors, je
m'arrêterais là. Puis je ne m'avancerai pas non plus sur le... la capacité
d'avoir des dérogations pour attirer les gens du secteur privé, mais on va
commencer par regarder l'expertise qu'on a à l'intérieur du gouvernement.
Le Président (M. Laframboise) : Parfait.
Merci. Merci beaucoup, M. le ministre. Avant de poursuivre avec les
oppositions, y a-t-il consentement pour permettre au député de Taschereau de
remplacer le député de... la députée de Verdun?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Laframboise) :
Consentement. Donc, maintenant, nous allons passer la parole à Mme la dé