Transportation and the Environment — 11 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2019-04-11
Quebec — Committees
(Quinze
heures une minute)
La Présidente (Mme Grondin) : Bonjour. Je constate le quorum, et donc je
déclare la séance de la Commission des transports
et de l'environnement ouverte. Je
demande à toutes les personnes dans la salle, s'il vous plaît, de bien
fermer la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission est
réunie aujourd'hui afin de procéder à des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur le projet de loi n° 17, Loi concernant le
transport rémunéré de personnes par automobile.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Montpetit (Maurice-Richard) est remplacée par
M. Kelley (Jacques-Cartier).
La Présidente (Mme Grondin) : Aujourd'hui, nous allons avoir deux groupes
témoins. Donc, nous allons entendre l'Association des mandataires en
vérification mécanique du Québec ainsi que l'Union des transports adaptés et
collectifs du Québec.
souhaite donc la bienvenue aux représentants de l'Association des mandataires
en vérification mécanique du Québec.
Messieurs, je vous rappelle que vous avez 10 minutes pour votre exposé.
Puis par la suite nous échangerons avec les membres de la commission. Je
vous invite à vous présenter. La parole est à vous.
M. Jalbert
(Richard) : Oui. Bonjour. Mon nom, c'est Richard Jalbert. Je suis
le trésorier de l'Association des mandataires
en vérification mécanique du Québec et mandataire de la Société de l'assurance
automobile, qui inspecte les véhicules lourds et légers à Sherbrooke.
M. Lafleur
(Frédéric) : Bonjour. Frédéric Lafleur, président de l'Association des
mandataires et également mandataire dans la région de Valleyfield, Vaudreuil et
Saint-Eustache.
M. Bavota (Joseph) : Mme la Présidente, bonjour. Mon nom, c'est Joseph
Bavota. Je suis directeur général de l'Association des mandataires en
vérification mécanique du Québec.
Alors,
merci, Mme la Présidente, et je veux mentionner M. le ministre, et les députés,
et l'opposition aussi, pour être formel
un peu, de remercier de l'occasion d'avoir de participer et de donner notre
point de vue en ce qui concerne la loi n° 17.
ce qui concerne l'association, peut-être juste brièvement, parce que des gens
vont le souligner, vont dire : C'est quoi, l'association?, c'est un regroupement de gens qui ont le mandat de
la Société de l'assurance automobile, c'est le privé, et notre association regroupe des gens qui ont
effectivement l'inspection mécanique à faire pour les véhicules légers
et les véhicules lourds. On est en opération
depuis 30 ans, ça va être notre 30e année en opération. En rapport
avec les inspections mécaniques, nos
membres ont effectué, pour juste vous donner une idée, pas loin de... au-dessus
de 2 millions d'inspections. En
moyenne, c'est 100 000, 150 000 inspections qui sont effectuées
par nos membres. Évidemment, il y a une expertise. Je suis très
privilégié aussi d'avoir mes confrères qui ont une expérience inouïe en
fonction de la matière.
ce qui concerne l'association, en lisant la loi comme telle, qu'est-ce qui nous
concerne aujourd'hui, pour nous, évidemment,
c'est la question des inspections mécaniques. Pour nous, en lisant les options
en fonction de futures lois, et ceux qui vont faire le covoiturage,
entre autres, les gens d'Uber, ou des taxis, ou peu importe, les gens qui vont
avoir l'autorité de le faire, on considère
qu'en rapport avec les inspections mécaniques c'est un recul majeur. D'ailleurs, je ne mettrais
pas le punch, mais c'est un recul majeur de 30 ans. On l'a vu dès le
départ avec le projet pilote, on l'a vu en fonction de ce qu'on appelle des certificats de vérification
mécanique bidon qui étaient faits à l'époque. On a réussi à faire changer certains
éléments au niveau des composants pour s'assurer qu'il y ait des inspections
des véhicules.
Pour
nous, qu'est-ce qui est important,
c'est les usagers. Quand on parle de sécurité routière, on parle de
sécurité des usagers. Je le dirais d'une
façon très claire, on ne transporte pas des bananes, c'est des gens qui
transportent des gens. Alors, pour
nous, c'est essentiel qu'il y ait une sécurité sur nos routes. La prévention,
c'est la fonction des mandataires : être capables de s'assurer que
le véhicule, une fois qu'il est inspecté, soit en ordre, et qu'il soit
revérifié s'il ne l'est pas, et qu'il a 48 heures
pour s'assurer que le véhicule est en ordre pour être capable de continuer ses
fonctions. C'est sûr qu'on a des outils, on a le contrôle routier, on a les corps policiers, mais on a le réseau
des mandataires. Et, si on parle de 30 ans, on parle de... ça ne nous rajeunit pas, mais ça dit qu'il y a eu
une réussite au niveau des statistiques, si on regarde les statistiques en
rapport avec des accidents sur la route :
de 2000, à l'époque, à 300 aujourd'hui au niveau des décès. On ne parle
pas des gens qui sont nécessairement légumes, si on veut, à partir d'un
accident. Ça, on n'en parle pas, mais il y en a beaucoup.
c'est évident que les exemples qu'on va vous donner aujourd'hui sont clairs. On
a l'expérience, on a vécu beaucoup d'histoires d'horreur en fonction de
l'état des véhicules. Alors, on insiste, puis on exige, puis on demande aussi
d'être compréhensif en rapport avec les besoins des usagers. Il faut qu'ils
soient protégés. S'ils ne sont pas protégés... Et, pour le faire, on demande évidemment que des inspections soient remises,
comme ce l'était avant le projet Uber, c'est-à-dire des inspections biannuelles. C'est notre objectif.
On considère que c'est essentiel de s'assurer au minimum que les
véhicules sont en bon ordre lors de leurs
covoiturages ou lors de transports des personnes. Et ça implique des étudiants,
ça implique des enfants, ça implique
beaucoup de monde qui utilise le covoiturage, que ce soit Amigo Express, qui...
D'ailleurs, il y a eu un accident en
2016, là, une mademoiselle qui est décédée, qui a pris cette compagnie-là, peu
importe, et les freins... C'était un
véhicule qui était de trois ans. Il n'était pas minoune, là, comme on dit, là,
c'était un véhicule de deux, trois ans. Les freins étaient usés, il n'y a pas eu d'inspection de faite. C'est ça
qu'on veut éviter, on veut éviter des accidents dans l'avenir, c'est
notre job. Alors, je laisse la parole à M. Jalbert pour continuer.
M. Jalbert
(Richard) : Bonjour, Mme la
Présidente. Je me présente encore : Richard Jalbert. Je suis le
trésorier de l'ASMAVERMEQ, qui est
l'Association des mandataires en vérification mécanique, depuis maintenant
19 ans. Je suis aussi un
mandataire en vérification mécanique de la Société de l'assurance automobile,
qui inspecte des véhicules lourds et des véhicules légers depuis
31 ans. Donc, j'en ai vu, des horreurs, ça m'empêche parfois de dormir le
soir.
Je suis
aussi, de formation, un évaluateur d'assurance. Un évaluateur d'assurance,
c'est en dommages matériels de véhicule.
Donc, quand on inspecte un véhicule, tu vois, tu es comme... il y a le
remorqueur qui passe, les soins, les ambulanciers, ainsi de suite, puis là, après ça, c'est nous qui
rentrons. Là, des véhicules avec du sang, avec encore des morceaux de
peau, des cheveux dans le véhicule, moi, ça vient me chercher. Et puis j'en ai
vu beaucoup, c'est relié directement à une défectuosité mécanique qui n'est
jamais compilée dans les statistiques.
Aujourd'hui,
j'aimerais vous sensibiliser au danger et du côté négatif de la loi n° 17 telle qu'elle est écrite. Cette loi retire l'inspection mécanique obligatoire des véhicules légers
faisant du transport de personnes rémunéré. Cette loi change la classe des permis de conduire, donc l'expérience
des chauffeurs va être diminuée. Aussi, cette loi change la... enlève
l'examen médical pour le chauffeur. Donc,
quelqu'un qui a une crise de coeur au volant ou il a un problème de santé, la
vue, peu importe, on enlève ça. Moi, je ne l'ai pas vu dans le projet de
loi.
Nous sommes
ici en prévention, nous ne sommes pas ici pour... On veut prévenir les
accidents. La prévention, c'est ça
qui est notre but, donc. Puis retirer les inspections mécaniques sur ce type de
véhicules devient automatiquement... Les véhicules, c'est des véhicules qui vont devenir automatiquement des
véhicules commerciaux, et nous voyons mal que le ministère des Transports ne se préoccupe pas de ça. Je ne sais pas c'est
quoi qui arriverait si jamais on annoncerait à la population le retrait obligatoire des inspections
périodiques obligatoires sur les avions, les métros, les trains, les
bateaux, les navires, les autobus, les
élévateurs et d'autres moyens de transport public. Depuis quand c'est payant,
réduire la sécurité?
La CNESST dépense des millions pour visiter des
entreprises, pour nous obliger à mettre des gardes sur des machines d'outils et d'autres appareils. On nous
oblige à remplacer des sièges pour enfants aux 10 ans, même s'ils
sont neufs. On fait plein de choses, mais,
on dirait, lorsqu'il s'agit du monde de l'automobile, rien de tout ça ne tient
plus. Aucune inspection annuelle
obligatoire sur l'ensemble des véhicules légers qui transportent des personnes
va avoir des conséquences graves sur la sécurité des usagers. Un décès
sur les routes demeure évidemment un décès de trop.
Pour le bien
de l'exercice, moi et mon collègue, M. Lafleur, on a sorti des
statistiques de nos centres d'inspection, qui est le centre de Sherbrooke, de Vaudreuil et Valleyfield, puis, sur
les inspections de taxis, ça représente 50 % des taxis, même avec une inspection obligatoire, qui ne sont
pas conformes. 50 %. Et puis, au niveau des majeurs, on a 6 %.
Merci. Je vais laisser la parole à M. Lafleur.
M. Lafleur (Frédéric) :
Bonjour. Je me présente aujourd'hui au nom de nos membres de l'Association des mandataires en vérification mécanique. Notre
inquiétude est claire : la sécurité des citoyens. Les impacts de cette
nouvelle
loi sur la sécurité routière... est
importante. Les 30 dernières années, le réseau de mandataires ont effectué
des inspections des véhicules-taxis
et de transport de personnes rémunéré. Ces vérifications ont sauvé, grâce aux
défectuosités constatées, des accidents et des vies.
Le gouvernement se doit d'avoir un règlement qui
oblige deux inspections mécaniques annuellement, chez les mandataires, dans le transport de personnes
rémunéré. Vous comprenez que nous sommes ici en prévention, pour vous
mettre en garde contre le résultat et
surtout les dangers de ne pas exiger aux véhicules de transport de personnes
les deux inspections mécaniques obligatoires. Nos statistiques le
démontrent, comme M. Jalbert l'a dit. J'ose imaginer le portrait de l'état
mécanique de ces véhicules sans l'inspection de la SAAQ obligatoire. N'attendez
pas qu'il y ait des décès ou de graves blessures corporelles causées par des
véhicules mal entretenus. Exigez les deux inspections mécaniques obligatoires
de la SAAQ pour le transport de personnes rémunéré.
Présidente (Mme Grondin) : Terminé? Merci beaucoup. On va amorcer la période d'échange. M. le
ministre, la parole est à vous.
M. Bonnardel :
Merci. Merci, Mme la Présidente. Bienvenue, messieurs. Juste avant de
commencer, là, je vous ai bien
entendus, là. J'ai bien lu votre communiqué aussi, où vous dites qu'on met fin
aux inspections annuelles, aux inspections annuelles...
Une voix : Obligatoires.
M. Bonnardel :
...obligatoires. Je vais vous lire l'article de loi, là. Les articles 19
et les articles 69. On va prendre un exemple pour un répondant :
«Une automobile est autorisée par la société
lorsque son propriétaire lui transmet une demande d'autorisation recevable et
que les conditions suivantes sont remplies :
«1° L'automobile — point 1° :
«
a) est un véhicule de promenade au sens de
l'article 4 du Code de la sécurité routière;
«
b) n'est pas munie d'un antidémarreur
éthylométrique[...]; et
«
c) si le
kilométrage indiqué à son odomètre ou