Labour and the Economy — 19 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2016-04-19
Quebec — Committees
(Quinze
heures trente-cinq minutes)
Président (M. Cousineau) : Alors, à l'ordre, s'il vous
plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de terminer l'étude du volet Économie des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Science et Innovation pour l'exercice financier 2016-2017.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Girard (Trois-Rivières) remplace M. St-Denis
(Argenteuil).
Président (M. Cousineau) : Merci. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux, le 14 avril
dernier, le groupe parlementaire formant le gouvernement avait débuté un
bloc d'échange de 20 minutes. Il reste donc 10 minutes à ce bloc.
Avant
de céder la parole à un représentant du parti ministériel, j'aimerais vous
demander un consentement pour prolonger
nos travaux jusqu'à 18 h 30, puisque nous avons
30 minutes de retard. Consentement? Consentement, Mme la ministre? Ça va? Alors donc, je cède la parole... Évidemment,
s'il y a des gens qui doivent partir à 18 heures,
bien, vous le ferez, mais on a quand même,
là, du travail à faire, puis il y a un consentement que j'ai reçu, donc nous allons
poursuivre jusqu'à 18 h 30.
du parti ministériel prend la parole, s'il vous plaît? Il reste
10 minutes. Oui, Mme la députée de Fabre, je
crois.
Mme Sauvé :
Merci, M. le Président. Alors, la dernière fois, la semaine dernière,
j'ai utilisé le temps qui m'était alloué
pour parler... commencer à parler de l'économie sociale, mais c'est à ce point un secteur important
que je pense que ça mérite une deuxième intervention, alors je
vais poursuivre en vous parlant, cette fois-ci, de l'économie
sociale un peu dans son histoire et aussi les différents types d'organismes
qu'on y retrouve.
Il faut partir de
1900... Tout le monde connaît bien l'histoire d'Alphonse Desjardins. Tout le
monde connaît peut-être un peu moins bien aussi l'histoire du YMCA, en
1905, qui était un OBNL, et qui ont été les premiers au Québec à
offrir aux ouvriers une formation après les heures de travail. Il y a
bien des exemples qu'on pourrait donner, mais tous ces exemples sont les premières étapes qui ont
mené à l'inscription du domaine de l'économie sociale. Ce sont des initiatives
communautaires qui s'inscrivaient, évidemment, en lien avec les réalités vécues
par les citoyens et auront permis l'émergence
de nouvelles pratiques au Québec. Évidemment, je ne pourrai pas être exhaustive à nommer tous
les secteurs qu'occupent les entreprises d'économie sociale, mais je
vais en nommer suffisamment pour témoigner un peu de la vitalité du secteur. Alors, il
faut parler, bien sûr,
des maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence, les centres de femmes, les organismes aussi qui viennent
en aide, en soutien aux personnes aînées; l'habitation, évidemment.
faut nommer les coopératives
agricoles, forestières, les OBNL également dans le domaine culturel, loisirs et tourisme.
Bref, une vitalité de secteurs qui fait
partie du rayonnement qu'elles ont.
Quant
à l'histoire du Chantier de l'économie sociale, qui a vu le jour en avril 1999, je pense
que c'est important de le nommer comme pilier de ce grand secteur et
porteur de la vision de l'économie sociale. Alors, précédant la création du Chantier de l'économie sociale, il y a
eu tout un groupe de travail sur
l'économie, M. le Président, qui s'était mis en place, en mars 1996, et qui a travaillé en préparation au Sommet de
l'économie et de l'emploi. Les travaux ont été à ce point éloquents que, finalement, il fallait
constituer une structure socioéconomique, qui est devenue le Chantier de
l'économie sociale au Québec. Alors,
un petit survol juste pour ramener un peu, là, la vitalité du secteur et
l'historique lié au chantier.
veux également souligner, parce que c'est important, c'est un événement qui
fera
partie de notre agenda du début
de l'automne... je veux absolument nommer un événement qui s'en vient, qui est
le Forum mondial de l'économie sociale
et solidaire, qui aura lieu, donc, à Montréal, donc c'est exceptionnel, ça se
passera du 7 au 9 septembre prochain. Et c'est une association internationale qui existe depuis 2013, qui
réunit les gouvernements locaux, les acteurs de la société civile voués à l'essor de l'économie sociale et
solidaire. Donc, il y a à peu près 2 000 participants qui sont
attendus. Et, bien sûr, les
coorganisateurs du forum sont la ville de Montréal et le Chantier de l'économie
sociale. Ça se passera au Palais des
congrès, donc un événement qui devrait permettre la collaboration entre les
gouvernements locaux et les acteurs de l'économie sociale pour le
développement, entre autres, des villes.
Donc,
un portrait, un événement. J'arrive tranquillement vers l'annonce qui a eu
lieu, donc, très récemment, qui avait
lieu en mars dernier, le 4 mars, où la ministre a annoncé un premier appel
de projets sur le Programme d'immobilisation d'entrepreneuriat collectif, un autre acronyme, le PIEC, avec une
confirmation de 20 millions de
dollars sur un horizon de cinq ans.
Alors, je veux vous parler de cette annonce-là, qui s'inscrit, encore une fois, dans le premier objectif du plan d'action gouvernemental, qui
est de soutenir les organismes d'économie sociale.
Évidemment,
il y a eu une réaction favorable à cette annonce, un premier 2 millions pour la première année, et entre
autres M. Aussant, directeur du
Chantier de l'économie sociale, a dit quelque
chose, un extrait que je veux
mentionner, qui est fort intéressant, il a dit ceci : «...l'expansion
du secteur de l'économie sociale [est] soutenue par de nombreux entrepreneurs qui ont intégré la notion d'impact
social dans leurs projets et investissements.» Alors, il voulait témoigner de l'évolution
ou de la présence, de la conscientisation des entreprises de plus en plus
grande au niveau de l'impact à s'engager
socialement. Je pense très sincèrement et personnellement que le Chantier de l'économie sociale a joué un
rôle, ainsi que les actions gouvernementales, mais je trouvais
intéressant que le directeur du chantier le souligne.
Alors, le
fameux PIEC, ce programme qui a permis un premier appel de projets, c'est vraiment un élément-phare du plan d'action. Comme je l'ai nommé, il souhaite
favoriser le développement des entreprises d'économie sociale, stimuler
la vitalité des territoires, accroître la qualité de leur environnement. Alors,
évidemment, ça s'adresse aux entreprises d'économie
sociale. L'appel des projets s'est clos le 31 mars dernier. Et, si j'y
vais sur une ligne un peu opérationnelle, si vous me le permettez, M. le Président, l'admissibilité de ces
projets-là, il fallait que ça fasse
partie d'un plan d'expansion, développement d'offre de services, maintien des
activités, et, de plus, l'entreprise d'économie sociale qui soumettait un
projet devait regarder à son développement
entrepreneurial et l'accomplissement de sa mission collective. Trois volets
ont été retenus pour le déploiement de ces
projets : rénovation — donc, évidemment, amélioration, réfection, restauration — construction, construction et recyclage
évidemment, et acquisition de bâtiments nouveaux pour assurer, donc, la
desserte des biens et des services.
Alors, au
moment où on se parle, les projets ont été déposés, il y a une analyse qui va
se faire. Qui va faire cette analyse-là?
Alors, ce sont les directions régionales du ministère de l'Économie qui vont
travailler à l'analyse, et la sélection finale des projets va être faite par le comité national de sélection,
donc des représentants du ministère, d'Investissement Québec, en lien avec les priorités gouvernementales.
Alors, je le mentionnais tantôt, premier appel de projets, 2 millions.
20 millions, donc... Alors donc, ça se déclinera jusqu'en 2019.
La question à
la ministre, c'est... Je voulais vous entendre, Mme la ministre, sur votre
vision de collaboration avec le Chantier de l'économie sociale afin
d'effectivement stimuler, consolider un peu le secteur.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre.
Anglade : Alors, merci. Merci à ma collègue de Fabre de la question.
Il est évident que la collaboration avec
le Chantier de l'économie sociale est importante et même prioritaire, surtout
dans la perspective où on se dit qu'au point
de vue gouvernemental on a décidé d'investir de manière importante dans
l'économie sociale. Et peut-être revenir en arrière pour dire les raisons qui ont poussé le gouvernement à
investir dans l'économie sociale. Je le disais préalablement, il n'y a pas de développement économique sans développement
social. Il est donc impératif de trouver les moyens, de trouver des
pistes de solution entre le développement économique et le développement
social.
Vous savez,
un des grands enjeux que l'on a, et ça, ce n'est pas un enjeu qui est
québécois, c'est un enjeu qui est mondial, c'est évidemment la
croissance des inégalités qui existent. Or, dans une société comme la nôtre, où
on a pu constater que l'écart entre les
riches et les pauvres à travers le Canada est le plus faible au Québec, ça
vient notamment du fait qu'on a pu,
au fil des années, vraiment concilier ces deux volets de développement
économique et de développement social.
Lorsqu'on
parle du Chantier de l'économie sociale, il y a une expertise qui s'est
développée à travers les années, vous
avez énuméré plusieurs des actions qui ont été prises depuis les
20 dernières années dans ce domaine-là, au point tel où le forum auquel vous faisiez référence, qui va
avoir lieu en septembre, voit le jour au Québec parce que notre expertise
a été reconnue au niveau international. Et
même, quand les différentes personnes à l'extérieur du Canada se déplacent ici,
elles constatent les avancées qui ont été
faites. Alors, nous allons poursuivre dans le développement de l'économie
sociale mais avec des gestes tangibles dans les prochaines années.
Merci, M. le Président.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. Alors, pour
les 22 prochaines minutes, je cède la parole au député de Sanguinet,
porte-parole de l'opposition officielle en matière de commission... en matière
d'économie.
Therrien : Merci,
M. le Président. Alors, je salue tout le monde, Mme la ministre et l'équipe, les gens de la
partie
ministérielle, le député de Johnson. Alors, je vous salue tous.
Écoutez, par
rapport à Hydrocarbures Anticosti, depuis que ça a été créé, Ressources Québec
a changé trois fois la présidence. Je
voudrais savoir en gros, là, c'est quoi, les motifs qui ont fait en sorte qu'on
a changé trois fois la présidence d'Hydrocarbures Anticosti? Y a-tu une
raison particulière? Est-ce qu'on peut avoir de l'information là-dessus?
Président (M. Cousineau) : Avant de répondre, un instant, ça me
prend un consentement pour permettre à M. Dumas
et M. Côté de pouvoir répondre. Est-ce que j'ai un consentement de la part
des parlementaires? Consentement. Alors, votre nom puis votre titre,
monsieur.
M. Côté
(Pierre Gabriel) : Oui, bonjour. Pierre Gabriel Côté,
président-directeur général d'Investissement Québec.
Moi, depuis que je suis là, il n'y a
pas eu vraiment de changement, mais il n'y a pas eu de raison spéciale qui m'a
été évoquée pourquoi il y a eu des changements dans le passé.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Est-ce qu'il y a d'autres ressources parmi vous
qui pourraient nous expliquer pourquoi il y a eu trois fois des
changements à la tête d'Hydrocarbures, qui seraient de Ressources Québec ou...
Je vous demande ça...
Le Président (M.
Cousineau) : Mme la ministre.
Anglade : Juste pour clarifier, juste pour clarifier la question,
quand on parle des changements, c'est des changements de quelle année à
quelle année?
Therrien : Bien, depuis 2014, là, trois fois on a changé la présidence du conseil d'administration
d'Hydrocarbures Anticosti.
Mme Anglade :
Le président du conseil d'administration.
Therrien :
Oui, c'est ça.
Mme Anglade :
Qu'il ait changé trois fois depuis 2014, voilà.
Therrien : C'est ça. Y a-tu quelqu'un... Peut-être,
monsieur, vous ne le savez pas, mais y a-tu quelqu'un dans vos collègues qui pourrait nous expliquer, là?
Parce que ça suscite un certain questionnement de la part des intervenants.
Le Président (M.
Cousineau) : M. Côté.
M. Côté (Pierre
Gabriel) : Moi, depuis mon arrivée, il y a eu un changement,
effectivement, à cause de la maladie, on a
changé le président du conseil, et on a quelqu'un qui est en intérim
actuellement. Mais, avant ça, je dois dire que je ne suis pas au
courant.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Donc...
Mme Anglade :
Excusez-moi. Est-ce que vous voulez qu'on aille chercher plus d'informations?
On a dit un changement à cause de maladie au
cours de la dernière année, c'est pour ça qu'il y a un intérim présentement.
Est-ce que vous voulez qu'on aille
chercher des informations sur avant l'arrivée en poste de Pierre Gabriel Côté?
C'est ça, la question?
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Sanguinet, est-ce que ça...
Therrien : Bien,
disons que... Honnêtement, je suis un peu étonné du fait que je n'aie pas de
réponse à cette question-là. Parce que les bruits que j'entends sont à
l'effet que ça a ralenti un peu, là, le processus, là, qui serait... Là, il y
en a qui disent non, mais moi,
j'aimerais savoir pourquoi ça fait trois fois qu'on le change en dedans
de deux ans, là.
Le Président (M.
Cousineau) : Mme la ministre.
Anglade : Bien, juste
comprendre aussi la question. Est-ce
qu'il s'agit... Quand on dit «ralentir le processus», est-ce que vous
parlez d'Anticosti spécifiquement, des investissements?
Anglade : Parce que là-dessus je pense que je pourrais céder la parole
à M. Pierre Gabriel Côté, qui pourra répondre à la question qu'il n'y a pas vraiment eu de ralentissement lié à la présidence du conseil. Alors, je recède
la parole à Pierre Gabriel Côté.
Le Président (M.
Cousineau) : C'est moi qui transfère les paroles, Mme la
ministre.
Mme Anglade :
Ah! Excusez-moi, M. le Président.
Le Président (M.
Cousineau) : Il n'y a pas de dommage. M. Côté.
Côté (Pierre Gabriel) : Oui.
Peut-être pour ajouter à la réponse de tout à l'heure : avant mon arrivée, il n'y a pas eu de
changement à la présidence du conseil d'administration de Ressources Québec. Il
y en a eu un récemment, comme je vous ai dit, pour cause de maladie.
Il n'y a pas eu de
ralentissement dans la gestion du projet Anticosti pour quelque raison que ce
soit. À ma connaissance, depuis mon arrivée, ça suit son cours. C'est un
partenariat qui fait l'objet d'une entente qui a été mise en place avant mon arrivée mais qui, depuis que je
suis là, se déroule bien. On est en gestion active au niveau des contrats, et ça se poursuit comme prévu.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Sanguinet.
Therrien : Bien, c'est parce qu'il y a une contradiction avec ce que j'ai entendu au préalable,
mais, bon, je ne peux pas inventer des réponses, là.
Par rapport à
la rentabilité économique du projet d'Anticosti, souvent le premier ministre...
Je ne sais pas si vous, Mme la
ministre, vous l'avez déjà mentionné, je ne voudrais pas vous mettre des mots
dans la bouche, peut-être que vous ne
l'avez pas mentionné, mais le premier ministre, il disait que ce ne serait pas
rentable économiquement, Anticosti. Et ici j'ai une étude
environnementale stratégique propre à Anticosti, Évaluation financière,
évaluation des retombées économiques et
scénarios possibles de développement de l'exploitation d'hydrocarbures , c'est fait par le ministère des Finances, et, à la page 25, je vais vous lire
le début, là, on parle de rentabilité financière, à la page 25, puis je vais vous lire juste
quelques lignes, là : «Sur la base des connaissances actuelles, les
résultats du modèle financier montrent que l'exploitation des hydrocarbures
de l'île d'Anticosti pourrait présenter un potentiel commercial.
probabilité que le projet soit
rentable est estimée entre 80 % et 86 %, selon l'option de transport
de gaz naturel analysé.»
Alors...
Bien, je peux continuer : «Le taux de rendement interne moyen de
l'exploitation des hydrocarbures de l'île
d'Anticosti est estimé entre 11,5 % et 11,7 %, selon l'option de
transport analysée, ce qui est supérieur au taux de rendement nominal de
10 % généralement recherché par l'industrie.»
Ma question est la suivante : Qui a raison,
le premier ministre ou les fonctionnaires de Finances, Québec?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre.
Anglade : Bien, il est
évident que, dans le cadre d'Anticosti, avec le cours des matières premières...
Vous savez comme moi que c'est ce qui
est venu faire en sorte que les gens pensent qu'il est de moins en moins
rentable d'aller avec Anticosti.
Mais, cela
dit, revenons à l'entente qui a été signée par la première ministre de l'époque, Mme Marois. Ce qu'on a dit, c'est qu'on allait poursuivre l'entente qui avait été établie avec
les différents partenaires. Pour 2016, ce qui est prévu, c'est qu'il
y ait trois fracturations qui nous
permettent d'aller réellement évaluer le plein potentiel, et suite à ça il y aura
des discussions, et on pourra mieux évaluer la situation.
La réalité,
c'est que tous les documents que l'on a sont des documents
qui sont prospectifs, dans la mesure où on ne peut pas confirmer de manière certaine les quantités qui sont dans
nos propres gisements, dans nos propres sols. C'est la raison pour laquelle nous devons procéder à un
certain nombre de fracturations, à partir du moment où nous aurons, évidemment, les autorisations du ministère de l'Environnement, et ça, ça va dépendre encore
du ministère de l'Environnement. Donc, je pense qu'en 10 ans... Qu'un projet
est moins rentable à cause de la chute du prix des matières premières, il me
semble que cette affirmation est totalement légitime dans le contexte qui nous
intéresse.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Sanguinet.
Therrien : Bien, écoutez, c'est parce que j'ai lu ce document-là,
qui est très bien fait, très intéressant, et j'ai entendu le ministre des Ressources
naturelles et le premier ministre dire que ce n'était pas rentable. Moi, je veux
savoir sur quoi ils se basent, en sachant que le ministère a fait des
études. Je peux comprendre, là, ce que vous m'expliquez, mais ça ne répond pas à ma question.
Préalablement, je voudrais savoir sur quoi le ministre des Ressources
naturelles puis le premier ministre — puis vous êtes ministre de l'Économie, vous
devriez être capable de me répondre à ça — ils
se sont basés pour dire que ce n'était pas rentable, alors que j'ai un document
ici, très bien fignolé, qui me dit... Ça a été fait en octobre 2015, là, le baril n'était pas à
150 $, là, en octobre 2015. Alors, moi, je vous demande :
Qu'est-ce qui peut expliquer que le ministre
des Ressources naturelles et le premier ministre nous disent que ce n'est pas
rentable, alors que ce document-là
nous dit que c'est probablement rentable entre 80 % et 86 %? Je le
sais, que c'est des projections, on
s'entend très bien là-dessus, mais, je veux dire, c'est des fonctionnaires
quand même chevronnés qui ont fait une étude comme ça, qui est de grande qualité. Alors, moi, je veux savoir sur quoi
ils se sont basés pour dire que ce n'était pas rentable.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre.
Anglade : Bien, écoutez, je ne peux que répéter ce que j'ai dit au
préalable. Je comprends très bien qu'il y a des fonctionnaires qui sont
chevronnés qui se sont penchés là-dessus et qui ont fait une étude par rapport
à ça, mais, encore une fois, pourquoi
pensons-nous que nous devrions faire des fracturations hydrauliques aujourd'hui
pour poursuivre la connaissance que
l'on a du terrain, pour savoir si réellement... Il n'y a personne qui à
100 % peut garantir, aujourd'hui, ce
que l'on a aujourd'hui à Anticosti, personne. La réalité, c'est que nous devons
poursuivre un contrat et nous assurer qu'il
existe réellement des options, et c'est pour ça que nous allons faire respecter
le contrat, nous allons aller de l'avant, à partir du moment où nous aurons, encore une fois, les autorisations du
ministère de l'Environnement pour procéder. Je ne peux pas répondre plus que ça sur cette question
de rentabilité là, outre que le fait que, vous savez comme moi, les prix
des matières premières, qui varient, ont une influence
sur la rentabilité de tout projet, ce que l'on constate d'ailleurs à Anticosti mais également dans d'autres projets.
Donc, il est évident que ça a une influence sur la rentabilité du projet à
terme.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Alors, ce que je peux comprendre, c'est que, quand le premier ministre puis le
ministre des Ressources naturelles nous disent que ce n'est pas
rentable, ils se basent sur du vent ou à peu près rien. Et moi, j'ai davantage confiance aux gens qui vous
accompagnent, qui, parmi ceux-là, ont travaillé sur ce document-là, ce
dossier-là, pour nous dire qu'il y avait une rentabilité possible sur ce
projet-là.
Ceci étant
dit, on est d'accord pour dire que les mouvements des matières premières, c'est
cyclique, ils appellent ça des
supercycles, je conviens de ça, absolument, sauf qu'on ne va pas renoncer à vie
à des mines de quelque sorte, comme, entre autres, de fer, parce que tu
as des fluctuations.
Alors, moi,
écoutez, moi, là-dessus, je peux comprendre que vous n'avez aucune réponse à me
donner, c'est ce que je peux conclure. Je passerais à une autre
question.
Vous avez des
travaux prévus au contrat et vous avez des certificats d'autorisation. Moi,
j'aimerais savoir, là, la liste des travaux prévus et qu'est-ce qui peut
se faire avec ou sans les certificats d'autorisation qui sont en attente.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre.
Anglade : Alors, lorsque l'on donne une réponse qui ne convient pas au
député de Sanguinet, il le confirme puis
il dit : On n'a aucune réponse. Ce n'est pas qu'on n'a aucune réponse, je
vous ai fourni une réponse, quand je vous ai répondu à la question d'Anticosti, pour vous dire que, peu importe la
manière dont vous regardez la situation, nous allons aller de l'avant avec l'entente qui a été signée
pour déterminer la qualité des gisements puis voir pour la suite des choses.
Mme Anglade : Maintenant, pour
effectuer... Vous allez pouvoir répondre à la...
Président (M. Cousineau) : Vous avez un point de règlement,
monsieur... Un instant, Mme la ministre. Vous avez un point de
règlement, M. le député?
Therrien :
C'est parce que je lui pose une question, elle me répond autre chose, donc,
pour moi, je n'ai pas de réponse, c'est tout. Elle me dit : Oui,
mais on va aller jusqu'au bout avec... Je comprends, mais ce n'est pas ça, ma
question. Ma question, c'est : Comment se fait-il que... Sur quoi se sont
basés le premier ministre et le ministre des Ressources
naturelles pour dire que ce n'était pas rentable? C'est ma question. Je n'ai
pas eu de réponse, vous me parlez du
contrat que vous allez respecter. Heureusement que vous allez le respecter, ça
me sécurise, là, mais moi, je n'ai pas de réponse.
Puis,
écoutez, c'est comme ça, j'en conclus ça, que je n'ai pas de réponse, là, je
veux dire, c'est tout. On peut parler de d'autre chose, là, ça ne me
dérange pas...
Le Président (M. Cousineau) :
Bon. Donc, sur l'autre question, Mme la ministre. Allez-y, Mme la ministre.
Anglade : Bien, écoutez, ce n'est pas une question de règlement, là,
je comprends que ce n'était pas une question de règlement. Vous avez
posé une question par rapport aux travaux qui doivent être effectués. Il y a
toute la planification qui se poursuit, mais, pour aller de l'avant avec les
trois puits de fracturation, il nous faut avoir une autorisation au niveau environnemental, on ne peut pas aller de l'avant
sans qu'il y ait cette autorisation-là. Et ça, il n'y a pas d'autres
travaux qui peuvent avoir lieu, à
part la planification autour des projets.
Le Président (M. Cousineau) :
Un complément de réponse, M. Côté?
M. Côté (Pierre Gabriel) : Oui.
Le Président (M. Cousineau) :
Rapidement.
M. Côté (Pierre Gabriel) : Je peux
ajouter rapidement qu'on gère l'avancement des travaux avec un comité technique du conseil d'administration, qui se
réunit régulièrement pour planifier les travaux. Donc, tout ça suit son cours
comme prévu. Et, lorsque le temps sera venu
de faire connaître la planification pour l'été qui s'en vient, bien, on le
fera, mais c'est en train de se faire actuellement.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Sanguinet.
Therrien :
La demande pour la certification a été faite en mi-février, je pense, c'était
censé tomber pour mai. Est-ce qu'il y
a des... Est-ce que ça respecterait cet échéancier-là, selon la connaissance
que vous avez de ce dossier-là?
Le Président (M. Cousineau) :
M. Côté.
Côté (Pierre Gabriel) : Oui, je n'ai pas d'indication contraire que ça
va suivre son cours à ce stade-ci.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Le premier ministre parlait des études hydrologiques
comme étant extrêmement importantes. On sait qu'elles ont été déposées, mais on n'a pas pris connaissance encore
de ces études-là. Alors, est-ce qu'on peut avoir de l'information là-dessus? Ou, si on n'a pas
d'information, pourquoi on ne l'a pas obtenue encore? Parce que, semble-t-il,
selon le premier ministre, c'est un test
absolu, ces études hydrologiques là. Alors, si on les a... Est-ce qu'on va être
capables d'obtenir des informations sur ces tests-là?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme la ministre.
Mme Anglade :
En fait, c'est une question à poser au ministère de l'Environnement, c'est le
ministère de l'Environnement qui dispose de ces études-là.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Environnement. O.K. Il y aurait une lettre
d'intention signée par le premier ministre Charest et Pétrolia le
29 août 2012. Est-ce que c'est exact?
Le Président (M.
Cousineau) : Qui va répondre à cette question-là, Mme la
ministre ou M. Côté?
Mme Anglade :
Une lettre d'intention...
Therrien : Comme quoi ils pouvaient aller de l'avant avec la
prospection sur l'île d'Anticosti. Est-ce que ça existe, cette lettre-là
entre le gouvernement libéral et...
Mme Anglade :
Bien, écoutez, je vais demander aux gens de vérifier puis de me revenir avec la
réponse. Moi, ce que je sais, c'est qu'il y
a eu un contrat qui été signé sous l'ancien gouvernement avec la première
ministre Marois, c'est ce contrat-là
que nous sommes en train d'exécuter parce qu'il a été signé par la première
ministre du Québec de l'époque.
Maintenant,
s'il y a eu une lettre d'intention envoyée... Écoutez, on peut vérifier, vous
répondre à votre question. Ceci
étant, je pense que ça ne change pas le cours des choses, hein, ça ne change
pas le cours des choses dans la mesure où nous avons un contrat dûment
signé par l'ancienne première ministre du Québec.
Le Président (M.
Cousineau) : Un complément de réponse, M. Côté, pour le
député?
Côté (Pierre Gabriel) : Écoutez, mon équipe me dit que la lettre
d'intention en tout cas que nous, on est au courant, c'est venu d'IQ auprès de l'entreprise et ça a été signé par un
des exécutifs d'Investissement Québec à ce moment-là. C'est la seule
lettre pour laquelle notre équipe est au courant.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Ça se serait fait...
M. Polo :
M. le Président...
Le Président (M.
Cousineau) : Oui. Un instant.
M. Polo :
J'ai une question de pertinence, parce que...
Le Président (M.
Cousineau) : Ah! ça se passe très bien.
Therrien :
Non, c'est quoi, ça, la question de pertinence?
Le Président (M.
Cousineau) : Un instant.
Polo : ...de pertinence parce que ça se passe sur les crédits de la
Stratégie numérique, et là on parle de Pétrolia. Je pense que j'inviterais mon collègue de Sanguinet à participer à l'étude des crédits au niveau...
volet Mines, à ce moment-là.
Président (M. Cousineau) : Mais, avec tout le respect... M.
le député de Laval-des-Rapides, premièrement, ce n'est pas une question de règlement. Deuxièmement, l'économie, science et
innovation, on est en plein là-dedans. Le député de Sanguinet peut poser ses questions. C'est très large, c'est
très large. On peut même poser des questions sur le prix d'un crayon qui
a été dépensé au niveau du ministère. Alors, c'est très large. Allez-y, M. le
député.
Therrien : Si je
devais intervenir à chaque fois sur la pertinence des propos de mon collègue,
là...
Président (M. Cousineau) : ...on n'ouvre pas de débat. On
n'ouvre pas de débat là-dessus.
Therrien :
...de Laval-des-Rapides, vous n'êtes pas un exemple à suivre.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député, on n'ouvre pas de débat.
Therrien :
Merci, M. le Président. Écoutez, les commentaires de la ministre, là, de dire
que ce n'est pas important... Moi, je pose
des questions. C'est moi qui pose des questions, puis j'aime avoir des
réponses. Si je pose des questions,
c'est que je juge ça important. Alors donc, j'espère avoir des réponses, tout
simplement. Si je pose des questions, c'est parce que je trouve ça
important, O.K.? Bon.
Alors,
la lettre a été signée par Investissement Québec. Est-ce que c'était sous le
règne du Parti libéral du Québec, avant l'élection du Parti québécois,
en 2012?
Le Président (M.
Cousineau) : M. Côté.
Côté (Pierre Gabriel) : Ça s'est fait en août 2012 de notre part,
donc... Vous me le direz, je n'ai pas suivi...
Therrien :
Non, non, c'est ça. Vous avez passé le test. Qu'est-ce que...
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Sanguinet.
Therrien :
Merci, M. le Président. Qu'est-ce que disait cette lettre-là d'intention?
Côté (Pierre Gabriel) :
C'était une intention, proprement dite, de participer au projet, mais il n'y avait aucun détail. L'entente finale a été signée en 2014, donc ce qui
avait été comme initié comme proposition au départ a été complètement différent dans l'entente qui est maintenant en place, mais
c'était une intention, comme on le fait souvent.
Therrien : Est-ce qu'on peut dire que la porte aurait été ouverte par le Parti libéral à l'époque? Parce que, quand tu as une lettre d'intention, ça
veut dire que tu as l'intention d'aller dans un sens, non?
Côté (Pierre Gabriel) : Moi,
je suis Investissement Québec, je n'ai pas à savoir si c'était le cas ou non,
là, mais, chez nous, pour la prospection d'investissement, bien, on a
signé une lettre d'intention comme société d'État.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui. Je rappellerais peut-être ici un point
d'ordre, là. Les fonctionnaires qui accompagnent la ministre peuvent répondre à
des questions administratives. Lorsqu'on parle de questions politiques, bien là, c'est au politique de répondre. Alors, il faut
faire bien attention. Des questions d'ordre administratif,
des questions d'ordre financier, là,
à ce moment-là, les fonctionnaires peuvent répondre, mais, la ministre, c'est
au niveau politique. Ça va, M. le député de Sanguinet?
Therrien : Bien, moi, je vais vous dire, je lance la
rondelle dans cette direction-là, ils peuvent s'amuser avec autant
qu'ils veulent, puis le «slap shot» peut venir de n'importe où.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, oui, mais il y a quand même des balises à
respecter.
Therrien : Bien, moi, je n'ai pas de problème avec ça, c'est
à eux de gérer ce que je leur pose comme questions. Qui était président
d'Investissement Québec à l'époque?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme la ministre, pouvez-vous répondre à cette
question?
Anglade : C'était Jacques Daoust, si je ne m'abuse. C'était Jacques
Daoust. Puis, peut-être pour clarifier pour
le député de Sanguinet, tout à l'heure, quand j'essayais de... Tout à l'heure,
vous aviez des questions, et j'ai dit : J'essaie de comprendre la pertinence, pour essayer de
comprendre où vous vouliez en venir, pour pouvoir mieux répondre à vos questions, hein? Alors, ce n'est pas une histoire
de vous poser des questions, puis on y répond. Je comprends très bien qu'il faille qu'on réponde à vos questions, mais
j'essaie juste de voir comment est-ce que je peux mieux arriver à répondre
à votre question à terme puis de comprendre
l'objectif, surtout si c'est un objectif politique, surtout dans l'optique où
on essaie d'informer les Québécois sur l'objectif que vous souhaitez
atteindre.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. M. le député
de Sanguinet... En passant, on ne peut pas nommer un ministre ou un député qui est à l'Assemblée nationale par son
nom de famille, il faut le nommer par son titre.
Mme Anglade :
Ah! c'est à cause de...
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, ce n'est pas grave.
Mme Anglade : Excusez-moi. Alors, ce
serait le député de Verdun à ce moment-là? C'est ce que vous...
Le Président (M.
Cousineau) : Ou son
titre comme ministre, aussi.
Therrien : Le
ministre du Transport.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Sanguinet.
Mme Anglade : Oui, alors l'actuel
député de Verdun.
Therrien :
Écoutez, ça va. De toute façon, là, j'ai posé une question, j'ai eu ma réponse.
Donc, je suis très content, je suis
ici pour ça. Quand vous dites qu'il faut informer les Québécois, bien, c'est
justement pourquoi je pose ce genre
de question. C'est que j'essaie de lutter contre une certaine désinformation
qu'on a eue depuis un petit bout de temps sur ce dossier-là. Mes
questions sont en lien avec cette démystification-là, tout simplement.
Question par
rapport à Anticosti, les pertes boursières de Ressources Québec, suite aux
déclarations du premier ministre,
entre autres Pétrolia, c'est évalué à combien à peu près? Avez-vous une idée,
comme, tu sais, les paroles du premier ministre,
comment elles ont affecté la capitalisation boursière des entreprises qui sont
impliquées dans cette exploitation éventuelle d'Anticosti?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre, est-ce que vous...
Anglade : Bien, je pourrai céder la parole à mon collègue, mais je
pense que, clairement, le premier ministre s'est exprimé à ce sujet à un certain nombre de reprises, et la question
que vous soulevez a été clarifiée dans la mesure où on a clairement spécifié que nous allons poursuivre, respecter
l'engagement du contrat et procéder dans la mesure où nous allons avoir
les analyses du ministère de l'Environnement.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Sanguinet.
Therrien : Oui, je comprends très bien, mais... Écoutez,
je comprends très bien, mais vous êtes une femme d'affaires...
vous étiez une femme d'affaires, là vous êtes en politique, je ne pense pas que
vous êtes en affaires, mais vous savez à
quel point la confiance des investisseurs est fragile puis est importante
pour une économie comme la nôtre. Entre le moment des propos de notre premier ministre puis le
moment où vous avez justement eu cette rétractation-là pour dire : On va respecter, là... il y a
un délai, là, puis ça a affecté la confiance des investisseurs. Moi-même, écoutez,
là, je ne suis pas ministre,
là, j'ai rencontré des investisseurs, j'ai rencontré des gens qui m'en ont
parlé, qui m'ont dit : Comment tu
peux investir dans une économie où tu vois le premier ministre renier éventuellement ou dire qu'il va renier sa signature?
Ça fait que c'est sûr que ça a eu des impacts sur la capitalisation boursière des entreprises
qui sont impliquées, alors que le premier ministre ne voulait même pas, au départ, les rencontrer. Vous n'avez pas
d'estimation ou d'évaluation sur la chute des actions en pourcentage? Honnêtement, j'aimerais savoir, là, quels ont été les dommages causés par les
entreprises qui ont été impliquées dans ce dossier-là. Et là on ne comptabilise
pas les problèmes liés, justement, à la perte de confiance que des investisseurs potentiels ont pu avoir en
investissant au Québec et qui ont finalement dû reculer à
cause de cette incertitude. Et moi, je vous
le dis, j'en ai entendu, des gens, qui m'ont dit ça. Alors, je n'exagère pas,
Vous savez
que, dans certains pays en voie de développement, on fait tout pour faire en sorte que les
investisseurs aient confiance au gouvernement, aux établissements gouvernementaux, et ici on arrive dans une situation
où on crée une incertitude de ce calibre-là.
Alors, est-ce que je pourrais avoir une idée sur
la perte boursière qui a accompagné ces propos malheureux?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre, en 1 min 30 s.
Anglade : Bien, alors, on y
reviendra dans le prochain segment pour qu'on puisse répondre plus longuement, mais pour vous dire que bien malin celui qui sait lire le cours des
actions de toutes sortes de compagnies dans un contexte bien défini, hein, et peu importe la femme
d'affaires ou l'homme d'affaires que l'on est, ça nécessite d'avoir une question un peu plus spécifique.
Donc, est-ce qu'on pourrait avoir, quand vous parlez de variations, si vous voulez avoir
une réponse à votre question, de quelle période à quelle période? Parce que
moi, je peux regarder un cours d'une action puis émettre des hypothèses,
je peux très bien le faire si c'est quelque chose qui vous semble pertinent. Cela dit, j'aimerais savoir de quelle
période dont on parle et de quelle
compagnie dont on parle également. Parce
qu'on dit les compagnies, le cours du
marché, c'est de quelles compagnies, de quelle période à quelle période?
Merci.
Le Président (M. Cousineau) :
D'accord, Mme la ministre. Il reste une minute, monsieur.
Therrien : Oui, de
toute façon, au pire... Bon, écoutez,
ça, c'est une prévision ex post. En économie, il n'y
a rien de plus facile qu'une
prévision ex post. Quand je vous demande quelle est la chute boursière, là,
c'est une chute qui a déjà eu lieu. Ça
fait que, là, je ne parle pas de
prévision, là. Puis là je vous parle du 4 décembre, si ça peut vous faire
plaisir, du 4 décembre jusqu'au
moment où vous avez dit... vous avez officialisé l'idée que vous alliez
respecter le contrat. Je ne me
rappelle pas de la date exacte, là, mettons, c'est en fin mars que vous...
Donc, ce n'est pas compliqué, ça, là. Je
pense qu'on peut s'entendre pour dire que tout le monde est capable
d'évaluer le cours boursier qui a déjà eu lieu.
Le Président (M.
Cousineau) : Ça termine le bloc. Vous pourrez répondre au
prochain bloc de l'opposition officielle. Maintenant, je dois passer la parole à un représentant du parti ministériel. Je crois comprendre que c'est M. le député de... un instant...
Une voix : Trois-Rivières.
Président (M. Cousineau) : Trois-Rivières. M. le député de
Trois-Rivières, à vous la parole pour les 19 prochaines minutes.
M. Girard : Merci beaucoup, M. le
Président. Donc, nous sommes ici pour parler d'économie. Le député de Sanguinet tantôt parlait d'un dossier où il y
avait peut-être eu de la désinformation. Au niveau économique, bien, je pense,
c'est important de donner la bonne information à la population qui nous écoute,
et j'aimerais pouvoir discuter avec la ministre
du Développement économique du Québec depuis les deux dernières années, entre
autres ce qui a été mis en place au
niveau du budget. Malheureusement, on se fait souvent dire que le gouvernement
n'a pas de politique économique. Par contre, je voudrais qu'on discute
de certains points.
Entre autres,
j'aimerais débuter par le Baromètre des affaires de la FCEI. Le Baromètre des
affaires de la FCEI est un indicateur
qui nous donne le niveau de confiance des entrepreneurs par rapport à
l'économie, et, lors du dernier baromètre
de la FCEI, j'aimerais souligner que le Québec arrive la deuxième meilleure
province au Canada. Je lis une petite
partie du baromètre de la FCEI : «Le niveau d'optimisme des propriétaires de
PME du Québec est resté plutôt fort ce
mois-ci. L'indice est descendu d'un point, alors qu'au Canada c'est descendu de
beaucoup plus, mais il demeure au deuxième
rang du classement, juste derrière la Nouvelle-Écosse. Les plans d'embauche à
court terme se sont renforcés : 34 %
des propriétaires d'entreprises comptent augmenter leurs effectifs contre
seulement 3 % qui prévoient les réduire. Par ailleurs, ils sont
52 % à penser que la performance de leur entreprise est bonne, ce qui est
un sommet à l'échelle nationale.» Donc, le Québec est premier de classe.
Également, au
niveau de la création d'emplois, le Québec est le deuxième meilleur créateur
d'emplois au Canada dans la dernière
année, et des emplois dans le privé. C'est, M. le Président, ce qui nous donne
de la richesse, qui va créer de la
richesse, créer des emplois dans le secteur privé. Donc, des bonnes nouvelles
pour l'ensemble des Québécois, des bonnes nouvelles pour notre économie
au Québec.
Pourquoi on
en est là? Pourquoi on a des bonnes nouvelles? Bien, je crois sincèrement que
les deux derniers budgets du
gouvernement, qui ont été des budgets équilibrés, ce que l'on n'avait pas vu
depuis belle lurette, nous permettent de pouvoir regarder l'avenir avec
beaucoup d'optimisme. Ces budgets équilibrés comportent de nombreuses mesures,
des mesures économiques extrêmement
importantes pour nos PME, nos PME, soit dit en passant, qui sont situées dans
les régions du Québec. Ce sont eux
qui nous permettent de pouvoir se développer et de créer des emplois en région,
et on sait que l'économie du Québec passe maintenant par le
développement de nos PME.
Je vais
dicter certaines mesures que l'on a vues : entre autres, la réduction
générale du taux d'imposition de 8 % à 4 % pour les PME du secteur primaire et pour les PME
manufacturières; déductions additionnelles pour le coût de transport des
PME manufacturières qui sont éloignées des grands centres, une belle mesure
pour aider les régions du Québec; également,
soutien à l'innovation et à l'exportation, avec Créativité Québec entre autres,
150 millions pour permettre de pouvoir
continuer à innover dans nos PME; la bonification de l'enveloppe d'Export
Québec, aider nos PME à exporter, c'est
ce qui nous crée de la richesse, c'est ce qui va nous amener de l'argent au
niveau du Québec; réduction de la cotisation au Fonds des services de santé, on sait que nos PME ont ce qu'on appelle
la taxe sur la masse salariale, si on veut donner de l'oxygène à nos
PME, leur permettre de se développer, leur permettre de créer des emplois,
c'est important de diminuer cette fameuse taxe salariale qu'ils ont à payer, et
c'est ce que l'on fait, qu'on a mis en place dès le dernier budget; déductions additionnelles pour les coûts
de transport des PME manufacturières; crédit d'impôt pour les activités de recherche; plusieurs mesures,
145 millions, entre autres, pour l'efficacité énergétique des PME. C'est
ce qui fait que les résultats, avec
le rapport de la FCEI... C'est ce qui fait que notre création d'emplois est
parmi les meilleures au Canada. Donc, ce sont des belles mesures qui ont
permis à nos PME de pouvoir continuer à se développer.
On entend
de plus en plus parler à l'international que le Québec est une province qui est
innovante. On a des produits qui sont
de qualité. Les entreprises à l'externe qui achètent les produits de chez nous
sont satisfaites, sont fières. Je vais prendre
l'exemple d'une entreprise de chez nous, Hardy Filtration, qui est une petite
PME à Trois-Rivières qui fabrique des
filtres pour filtrer l'air dans les bâtisses commerciales, et cette entreprise
a récemment... Il y a deux semaines, j'étais à l'entreprise, et ils m'ont présenté leur dernier contrat qu'ils ont
signé à Dubai. C'est un contrat qui était rédigé en arabe. Donc, une petite PME de Trois-Rivières qui exporte
à Dubai depuis quelques semaines, une entreprise qui fonctionnait sur un quart de jour seulement au niveau de la
fabrication, depuis quelques semaines un quart de jour et un quart de soir, une entreprise qui avait une trentaine d'employés,
qui est maintenant à 75 employés et qui est toujours en processus d'embauche.
Des exemples
comme ceux-là, on en a beaucoup. Malheureusement, on ne parle que des
entreprises qui vivent des
fermetures, on ne parle que des problématiques de certaines entreprises au
Québec. Mais, nos histoires à succès, nos belles PME, nos belles entreprises qui performent, malheureusement on
n'en parle pas. Et on en a. On en a dans les régions et on en a dans toutes les régions du Québec.
Donc, je pense que c'est important de parler de ce qui a été mis en place,
de ce qui a été fait.
Également, ce
qui est important pour nos PME et nos entreprises, c'est d'avoir des
liquidités, c'est d'être capables d'avoir
de l'argent, de l'argent pour innover, de l'argent pour exporter. Donc, on
continue à travailler au niveau du gouvernement
avec, exemple, les fonds de capital de risque, donc le crédit d'impôt pour les
fonds fiscalisés qui sont Fonds de
solidarité FTQ, le Fondaction au CSN, Capital régional et coopératif Desjardins
qui donne un bon coup de main aussi au niveau de l'innovation. On parle du Fonds
Teralys, dans lequel le gouvernement continue d'investir pour donner des
capitaux, permettre d'avoir du capital de risque pour nos entreprises.
Bien sûr, le
processus d'allègement réglementaire qui se poursuit à l'heure actuelle pour
continuer d'aider nos PME à pouvoir avoir le plus de temps possible pour
travailler dans leurs entreprises et non pas être prises avec de la paperasse et toutes sortes de documents à remplir
pour le gouvernement. Donc, l'allègement réglementaire leur permet de se
consacrer à 100 % à la fabrication, à la vente, à l'exportation, à la
croissance de l'entreprise.
Le démarrage
d'entreprise, ça demande beaucoup
de temps. La croissance, la gestion de la croissance de l'entreprise également
demande beaucoup de temps à nos entrepreneurs. Lorsque l'on a des
petites entreprises au Québec, c'est souvent l'entrepreneur qui fait toute la paperasse. Les entreprises de 10,
15 employés, c'est souvent l'entrepreneur lui-même qui est pris avec toute cette poutine administrative,
donc l'allègement réglementaire permet également de donner de l'oxygène à nos PME.
Donc,
j'aimerais que la ministre nous parle un petit peu de ce qui a été
mis en place, des mesures des derniers budgets
et comment ces mesures-là ont un impact positif sur nos PME, comment ces
différentes mesures là vont permettre de pouvoir continuer à faire
croître nos PME, pouvoir continuer à faire croître l'emploi dans chacune des
régions du Québec, l'exportation. On peut
rajouter à ça, bon, l'effet du taux de change qui nous aide au niveau de
l'exportation, des choses comme ça,
mais comment toutes les mesures économiques nous permettent de pouvoir vraiment
développer nos PME et développer notre économie au Québec à l'heure
actuelle?
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le député de
Trois-Rivières. Alors, Mme la ministre de l'Économie.
Mme Anglade : Merci, M. le
Président. Alors, avant de répondre, j'aimerais quand même saluer le député de Trois-Rivières parce que c'est quand même
quelqu'un qui a été très actif dans la dernière année pour les PME et notamment
a reçu le prix Coupe-paperasse or en 2016.
Alors, lorsqu'il s'adresse à nous, on sait qu'il y a une crédibilité dans le
secteur, et je le remercie pour son intervention.
Alors, les
PME, il est évident que le coeur de notre économie, 95 % des 210 000
et quelques entreprises que nous avons
au Québec sont des PME, donc c'est visiblement quelque chose qui est
extrêmement important lorsqu'il s'agit de penser à la prospérité puis à la croissance de nos PME. Dans les
différents budgets, il y a eu des mesures très claires qui ont ciblé les PME et qui ont été saluées notamment
par plusieurs organisations, notamment la FCEI dont on parlait un peu plus tôt. On n'a qu'à penser, par exemple,
dans le plus récent budget, à la réduction au niveau de la masse salariale
en réduisant la taxe sur la masse salariale
avec le fonds santé. Ça a un impact direct sur les entreprises et ça permet aux
entreprises de donner... ça leur permet
d'avoir un peu plus d'air. Un peu plus d'air pourquoi? Pour investir, au bout
du compte.
Également,
dans des secteurs clés comme les technologies, parce que nous voulons que les
entreprises, nos PME investissent en matière technologique, il y a des
différents crédits d'impôt qui ont été mis de l'avant pour faciliter ce
travail-là. D'autre part, nous sommes, comme on le dit souvent, une économie
d'exportation. Sur un PIB avoisinant 300 milliards,
on a certainement 25 % de ça qui est lié directement aux exportations et
donc, des mesures additionnelles qui
ont été incluses dans ce budget, on parle de 32 millions de dollars,
32,5 millions de dollars qui ont été attribués cette année pour l'exportation, pour qu'on les
accompagne davantage. Parce que, lorsque l'on parle à nos entreprises, ce
qu'elles nous disent d'abord, c'est
que cet accompagnement est très important pour elles. Donc, beaucoup de mesures
qui ont été mises de l'avant.
L'autre élément qui est très important, c'est
l'élément des ressources humaines. On est confrontés à un enjeu démographique extrêmement important aujourd'hui.
On n'a qu'à regarder... Depuis que je suis jeune qu'on parle de courbes démographiques et que ça va se transformer, que,
vous allez voir, il va y avoir moins de personnes sur le marché du travail
et puis... C'est toujours une menace qui
plane, et qui plane, et qui plane. Mais maintenant, aujourd'hui, elle est bien
réelle et elle est bien tangible. Si,
dans les années 2000, on avait 40 000 personnes, bon an, mal an,
qui entraient dans l'âge... travailler dans la population active, donc,
mettons, le 15-65 ans, la réalité, aujourd'hui, elle est tout autre, et on
voit qu'il y a une décroissance dans cette
population-là, et elle décroît à un rythme d'environ 5 000, grosso modo,
par année.
Donc, ça a
des incidences extrêmement importantes, parce qu'on a besoin, justement, de main-d'oeuvre,
et souvent la capacité de croître est
intimement liée à la qualité de la main-d'oeuvre, d'où la nécessité pour nous
d'investir dans des formations et
l'adéquation travail et formation pour nous assurer que les personnes ont
toutes les ressources nécessaires. Ce
qui m'emballe quand même, je dois le dire, hier j'étais au Conseil du patronat,
et j'étais en compagnie de gens qui ont
été félicités pour l'oeuvre de leur vie, mais également avec de jeunes
entrepreneurs, et, si je reprends le propos des jeunes entrepreneurs, ils disaient... En fait, depuis les dernières
années, je vous dirais, les six dernières années, ils constatent un progrès
remarquable dans la capacité des gens d'entreprendre. Ça se
reflète dans le sondage de la FCEI mais également dans la volonté de
ces jeunes-là de se dire : On a un environnement qui fait en
sorte qu'on a plus envie d'entreprendre aujourd'hui.
Maintenant, je ne dis pas que tout est parfait et qu'il n'y a pas d'autres mesures à ajouter. Mais, quand on a des jeunes entrepreneurs qui sont reconnus par leurs
pairs, reconnus par les plus seniors également qui nous disent qu'il n'y a pas eu un meilleur
moment pour investir qu'aujourd'hui quand tu es entrepreneur, ça témoigne du
fait qu'on a investi dans des ressources, dans des... l'argent dans des
ressources, dans l'accompagnement qui leur permet de croître.
Moi, je vous
dirais que, pour les PME, je vois, pour les plus jeunes en tout cas, deux enjeux importants, le premier : savoir que, lorsque l'on se part en entreprise, on ne part pas en entreprise pour
desservir le Québec, on part en entreprise pour desservir le monde. Il faut avoir une vision globale du monde pour
pouvoir vraiment avoir une perspective, surtout lorsque l'on parle d'une société du numérique,
dans un premier temps. Dans un deuxième temps, je pense aussi qu'on doit faire appel à des gens qui sont plus
expérimentés pour partager ce savoir-là et, au-delà du mentorat, je pense qu'il
y a des éléments que l'on pourrait
mettre de l'avant qui feraient en sorte qu'il y aurait plus de liens entre les
générations qui ont réussi et qui veulent s'investir avec des jeunes
entreprises.
Finalement,
j'aimerais peut-être souligner une initiative qui a été mise de l'avant, le
CTEQ, donc le Centre de transfert des entreprises du Québec, qui a été
mis en place au mois de décembre 2015. Et ce que l'on constate, c'est qu'il y a des gens qui veulent reprendre des
entreprises et il y a des gens qui veulent en céder, également. Il faut trouver
un moyen de faire le meilleur arrimage et le
meilleur maillage au Québec entre ces deux groupes d'individus. Nous en avons besoin au Québec. C'est plus de 115 000
personnes qui vont prendre leur retraite comme chef d'entreprise dans
les prochaines années, et il nous faut créer cette relève, et justement le CTEQ
vient répondre à ce besoin-là.
Donc,
je remercie le député de Trois-Rivières pour la question qu'il m'a soumise, et nous
voyons qu'il y a des actions,
qui sont très concrètes, qui ont été mises de l'avant pour justement
soutenir les PME et dans toutes les régions du Québec. Merci.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. Un autre intervenant ou M. le député de Trois-Rivières encore
une fois? M. le député de Trois-Rivières, cinq minutes.
M. Girard :
Merci, M. le Président. La ministre m'enlève les mots de la bouche avec le
CTEQ, le Centre de transfert d'entreprises du Québec. Effectivement, nous avons
un défi, un défi démographique, c'est que nous avons plusieurs de nos entrepreneurs
qui arrivent très près de la retraite. Donc, si nous voulons garder nos entreprises
ici, au Québec, si nous voulons
garder la profitabilité et garder les emplois ici, ça nous prend de la relève,
et souvent la relève n'est pas dans la famille. Donc, on doit travailler
avec des cédants et des repreneurs, les mettre en contact, travailler ensemble, et c'est ce que le CTEQ fait pour
pouvoir faire vraiment une bonne association entre les entreprises qui sont
disponibles et nos jeunes entrepreneurs. On sait que les jeunes veulent de plus en plus entreprendre, donc il faut les aider à trouver des occasions
d'affaires, les aider à trouver des entreprises qui sont disponibles pour
pouvoir continuer à les développer.
la ministre, pour ceci, ensuite, quand on fait un transfert d'entreprise ou
qu'on fait un démarrage d'entreprise, souvent
on entend parler du financement, la difficulté de trouver du financement.
J'aimerais que vous puissiez m'entretenir un petit peu sur les différentes sources de financement. Bien sûr, on
sait que nous avons Investissement Québec qui est disponible. Bon, il y a le Fonds de développement
économique. Il y a
des acteurs régionaux. On a des Femmessor dans les régions, on a des développeurs économiques, on a toutes sortes de
sources de financement. On a différents partenaires, j'en parlais tout à l'heure, que ce soit Capital régional et coopératif Desjardins, que ce soit Fonds de solidarité FTQ,
que ce soit le Fondaction CSN. Donc,
on a des partenaires économiques, Amorchem, entre autres, qui est disponible,
InnovExport. On a de l'argent un petit peu partout.
Comment
on fait pour vraiment travailler tout ça ensemble? Et avons-nous suffisamment
de possibilités au Québec pour
aider nos entrepreneurs à démarrer et à faire croître les entreprises?
Et est-ce qu'on a suffisamment de partenaires au niveau financement?
Le Président (M.
Cousineau) : Mme la ministre.
Mme Anglade :
Bien, je vais répondre à une
partie de la question et après ça je vais céder la
parole à mon collègue d'Investissement Québec.
réponse à la question par rapport à l'argent : je pense que nous avons de l'argent
de disponible aujourd'hui. Je pense
que ce qui est très important, puis c'est le mot sur lequel j'insiste beaucoup,
c'est toujours le mot de cohérence dans les actions que nous posons, cohérence dans les
différents types de financement que nous avons et nous assurer aussi que les entrepreneurs se sentent épaulés, se sentent
accompagnés. Il nous faut donc être extrêmement présents sur le terrain, et, vous avez
raison, on a besoin de mobiliser les différents groupes qui interviennent.
Alors,
on a, à différents niveaux... C'est sûr que ce sont des petits montants quand
on parle, peut-être, de la caisse de... Quand on parle de la Caisse
de dépôt, pardon, ce sont des gros
montants. Ils sont moins impliqués dans les petites transactions, mais ils sont quand même
impliqués et présents au Québec de manière importante. Investissement Québec, les
différents fonds que nous avons au niveau du Fonds de développement économique également, qui viennent renforcer cet écosystème-là.
Alors,
ce qu'il faut faire, c'est nous assurer de la grande cohérence à travers tout
ça. Et, la semaine dernière, lorsque
je présentais les plans d'Investissement Québec avec M. Côté, qui est ici, le
plan du ministère et également le plan du CRIQ,
c'était justement de montrer qu'il y avait une cohérence d'action dans les
gestes qui étaient posés. Et ce que j'entends faire dans les prochains mois, c'est de m'assurer de renforcer cette
cohérence-là mais en élargissant le bassin de personnes impliquées pour
qu'on ait une réelle mobilisation autour du développement économique au Québec.
Si je peux me
permettre, j'aimerais aussi que Pierre Gabriel Côté puisse intervenir sur cette
question.
Le Président (M.
Cousineau) : Bien sûr, madame. Alors, M. Côté, pour deux
minutes.
Côté (Pierre Gabriel) : Oui. Pour ajouter, la cohérence dont parle la
ministre, c'est de travailler en partenaire dans l'écosystème financier, et on a développé, je vous dirais, dans les
12 derniers mois, beaucoup de façons de faire avec nos partenaires pour investir dans des montages
financiers où IQ s'inscrit souvent en amont des montages pour ajouter sa
valeur, qui est celle d'être beaucoup plus patient au niveau du capital.
S'il
y a quelque chose qui nous différencie des autres acteurs financiers, c'est
qu'on est toujours dans le très long terme,
avec un niveau de risque augmenté, et, lorsqu'on prend une part de risque
additionnel, souvent c'est la clé qui va faire que les montages fonctionnent. Et ça se reflète beaucoup dans nos
chiffres que c'est le cas. Parce que le niveau de risque n'est pas
comparable à nos partenaires, mais, 80 % des interventions qu'on fait, on
le fait avec des partenaires. Lorsqu'on le
fait seul, c'est que souvent personne d'autre ne veut le faire parce qu'il
s'agit d'un enjeu qui est beaucoup plus difficilement réglable dans une
situation qui est plus difficile. Sinon, on veut le faire avec des partenaires.
Et peut-être
ajouter, au niveau du capital de risque, on gagne à faire connaître un peu ce
qu'on fait en capital de risque.
Parce que, oui, on le fait beaucoup à travers des fonds, au-delà de
70 fonds dans lesquels on investit tout près de 100 millions de
dollars par année. Et la saveur de cet argent-là, lorsqu'il est rendu chez
l'entrepreneur, bien, il a pris la saveur
d'Anges Québec, de Teralys et d'autres fonds, mais c'est des capitaux qui
viennent d'Investissement Québec. Et on commence à faire de plus en plus des
interventions directes. On l'a fait dans les 12 derniers mois pour ajouter
à l'offre dans l'écosystème
financier, mais, somme toute, on ne l'a pas fait seul non plus. Donc, on en a
fait avec la Caisse de dépôt et on en a fait aussi avec d'autres
partenaires.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. Côté. Alors, pour les
prochaines 23 minutes, je passerai la parole au deuxième groupe
d'opposition. M. le député de Johnson.
M. Lamontagne : Merci, M. le
Président. Bonjour, Mme la ministre. C'est un plaisir d'être avec vous.
Mme la
ministre, quand on dépose un plan, c'est parce qu'on veut pointer dans une
direction. Alors, on a fait un certain constat d'une situation, et après
ça on a une certaine vision par rapport à ce qu'on veut faire à partir de cette
situation-là, puis on a un certain nombre
d'énoncés puis de moyens pour atteindre les objectifs. Puis ça fait trois plans
que ce gouvernement-là dépose. C'est votre
premier plan à vous, auquel vous participez, avec le budget du 17 mars,
mais c'est le troisième plan. Puis,
comme je vous disais la semaine passée, moi, la direction dans laquelle ça
pointe, à savoir une croissance très faible pour le Québec pour les cinq
années à venir, si on se compare avec nos autres partenaires canadiens puis avec l'ensemble nord-américain, ce
qu'on en retient, sans aller dans les virgules et tout ça, c'est qu'on va
faire moins bien qu'ailleurs. Ça, moi, ça m'inquiète.
Puis ce que
j'aimerais voir dans un plan, moi, c'est voir qu'en quelque part, à un moment
donné, il y a un virement qui se
fait, puis, à un moment donné, on vient qu'on fait à peu près aussi bien
qu'ailleurs, puis, à un moment donné, si on est vraiment bons, bien, on fait mieux qu'ailleurs. Puis ça, je ne vois
pas ça dans ce qui nous est soumis par le gouvernement, puis c'est dans
son troisième budget.
Puis, en lien
avec ça, j'aimerais ça encore revenir à mon ami M. Côté, d'Investissement
Québec. Quand je regarde, là, les
trois dernières années, le financement autorisé pour Investissement Québec puis
je regarde les prévisions pour les trois
prochaines années... Tu sais, l'an passé, je vous avais demandé... j'ai
dit : Bon, écoutez, là, on s'aperçoit qu'avec 1 milliard on crée à peu près tant d'emplois,
à peu près tant d'interventions. Si on vous donnait 1 milliard de plus...
Puis là vous m'aviez répondu : M. le député, ce n'est pas l'argent
qui manque, c'est les projets, O.K.?
Moi, quand je
regarde, en 2012-2013, il y avait un financement autorisé à Investissement
Québec de 1 060 000 000 $;
2013-2014, 1 milliard; 2014-2015, 935 millions. La dernière année,
vous m'avez dit : Là, ce n'est pas sorti encore, mais ça devrait être à peu près comme l'année passée. Puis
là on regarde, 2016-2017, 967 millions; 2017-2018, 1 020 000 000 $; 2018-2019,
1 060 000 000 $. Moi, quand je regarde ça, là, avec tous
ces plans-là qu'on va avoir faits pendant
toutes ces années-là, en 2018-2019 j'ai encore le même financement d'autorisé,
d'Investissement Québec, que j'avais
en 2012-2013. Moi, j'aimerais ça que vous m'expliquiez en quelques minutes, là,
le même nombre de minutes que je
viens de prendre, tu sais, comment on arrive pour qu'à chaque année on ait
seulement... bien, pas seulement, on s'entend que c'est beaucoup d'argent, mais qu'on ait 1 milliard, grosso
modo, qu'on a de financement autorisé. Vous me dites que ce n'est pas l'argent qui manque, que c'est les
projets. On a des plans pour générer de l'action, de l'activité, puis, je veux
dire, en 2018-2019, je vais être à la même place que j'étais en 2012-2013. Je
ne comprends pas ça.
Le Président (M. Cousineau) :
Alors, M. Côté, pour répondre au voeu du député, vous avez trois minutes.
M. Côté
(Pierre Gabriel) : Oui, oui, d'accord. Dans le plan stratégique que
vous avez devant vous, c'est un plan qui
opérationnalise beaucoup plus Investissement Québec dans le démarchage de
projet. Je réitère mon commentaire de l'année
dernière, on disait qu'à quelque part, dans l'écosystème québécois, il est bien
nourri au niveau capital. Nous, on fait
une tranche d'investissement qui est dans le plus risqué, et, de ce fait, notre
rôle est de plus en plus de débusquer, de mettre... d'aller chercher, d'aller faire du démarchage de projet pour
être capable non seulement d'amener des interventions de notre part,
d'Investissement Québec, mais aussi de mes partenaires financiers.
Je le
mentionnais tantôt, on a une cible qui est quand même remarquable dans notre
plan cette année, c'est qu'on va
faire 80 % de nos interventions et plus avec des partenaires financiers.
Pourquoi? Parce que le flot de capitaux, souvent, va dépendre du fait que je peux jouer un rôle pour
prendre une prise de participation en deuxième rang ou en troisième rang dans
un prêt, qui fait qu'avec des partenaires financiers qui prennent moins de
risques en premier rang, bien, moi, je vais être capable de conclure une
transaction.
Je ne peux
pas me substituer, dans l'hypothèse où je mettrais 1 milliard de plus...
Et c'est certainement des choses qu'on
regarde à tous les ans, de demander du capital-actions additionnel au
gouvernement, le cas échéant où on verrait l'opportunité de déployer du capital additionnel, mais il faut prendre
en considération qu'on a des partenaires financiers, qui seraient les premiers à se dire qu'on prend
leur place. Nous, on doit être ceux qui déclenchent, qui incitent, qui font en
sorte qu'on vienne
ajouter de la valeur à des transactions qui autrement n'arriveraient pas, et,
pour ça, bon an, mal an, 1 milliard par année...
Là aussi, il
faut mesurer le succès, M. le député... c'est dans le levier qu'on a au niveau
des projets. En 2014-2015, vous vous
souviendrez que nos interventions de 934 millions avaient généré pour
6,8 milliards de projets. Si vous faites le ratio versus interventions et génération de projets, on a eu une très
belle année. Cette année, ça s'enligne encore très bien. Le levier qu'on donne à nos interventions,
c'est vraiment la clé, et la mesure, qui, pour nous, nous satisfait le plus.
Avec 1 $ investi d'Investissement
Québec, un levier de 5 $ sur le financement d'un projet parce que je l'ai
fait avec un fonds fiscalisé, parce
que je l'ai fait avec la BDC, parce que je l'ai fait avec une banque, toujours
en prenant des risques additionnels,
parce que mes sûretés sont souvent moins bonnes, bien, c'est là qu'est la clé
du succès pour Investissement Québec.
Sinon, bien,
je prends la place de gens que je bousculerais dans l'écosystème, qui seraient
les premiers à dire que je joue un peu sur leur patinoire. Parce que les
projets, pour moi, là où la clé est, réside dans notre succès, c'est de les débusquer et de les amener. Et vous savez quoi?
Souvent, on se dit que nous, on est ceux qui vont amener des projets qui
vont devenir, probablement, s'ils sont bien
ficelés et ne demandent pas d'intervention au niveau du risque élevé, des
clients pour mes partenaires dans l'écosystème. Donc, ça explique le
raisonnement au niveau de notre milliard. Merci.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Johnson.
Lamontagne : Je comprends ce que vous me dites au niveau du levier.
L'histoire de la patinoire, ça, honnêtement,
je l'achète moins, dans le sens que, si vous en créez, de l'action, puis vous
en créez, des affaires, bien, ils vont
trouver le moyen de suivre la parade. Sinon, ils n'ont pas d'affaire dans la
parade, O.K.? Vous n'avez pas à vous retenir
puis à mettre les «brakes» pour vous assurer que tout le monde a sa part, ce
n'est pas de même que ça marche, surtout avec la croissance qu'on a au
Québec.
Qu'est-ce qui
ferait... Qu'est-ce qu'il faudrait qu'il arrive, mettons, pour que, dans trois
ans, vous êtes encore là, puis moi,
je suis encore là, puis là ce n'est pas 1 milliard qu'on a
d'Investissement Québec, là, mais c'est 1,5 milliard, c'est 1,7 milliard qu'on a de financement
autorisé puis qu'on a réussi à «leverager» avec tous les autres partenaires?
Ça, ça veut dire que, là, on aurait
fait accélérer... Quand le ministre des Finances parle d'accélération, lui, il
parle de passer de 0,1 % à 0,3 % d'augmentation, mais, si on
veut que ça marche au Québec dans quelques années puis on ait du fun, 0,1 % puis 0,3 % par année, ça ne marche
pas, 3 %, 4 % d'investissement, d'augmentation d'investissement, ça
ne marche pas. Ça serait-u possible
qu'on soit ensemble dans trois ans puis que ce n'est pas 1 milliard qu'on
aurait, de capital autorisé, mais c'est 1,5 milliard? Puis, pour y
arriver, c'est quoi que ça prendrait?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre... ou M. Côté.
M. Côté
(Pierre Gabriel) : Si je peux me permettre peut-être de complémenter
ma réponse au niveau de l'aspect risque
qui nous appartient comme étant une zone dans laquelle on doit opérer, la moyenne
des institutions de financement au Québec, au niveau des provisions pour
perte — puis je
m'excuse, c'est un peu technique, là, mais ça permet de comprendre — c'est... bien, des institutions financières,
je vous dirais, qui ne sont pas dans la zone d'Investissement Québec, les autres, ça se tient à peu près entre
0,5 % et 3 %. Moi, chez nous, la provision pour perte moyenne, c'est
à peu près de 11 % par année. Donc, je ne suis pas une institution
financière qui est normale.
L'autre
chose, c'est que le rendement sur mes capitaux propres aussi, qui est une
mesure... Puis je vous invite à lire un
peu ce qu'on a mis dans le plan. Chez nous, à 2 %, 3 %, on est...
bien, on n'a pas perdu d'argent, mais on en a fait un petit peu. Mes partenaires financiers, que ce soit
la caisse, les fonds fiscalisés, visent le plafond, là, au niveau des
rendements financiers, alors que moi,
je vise une génération d'économie par la génération de projets pour amener ces
gens-là à pouvoir investir.
Et quelque
chose que je veux ajouter peut-être avant de passer la parole à Mme la
ministre, c'est les investissements privés.
Oui, on peut compenser en
partie les investissements privés par des moyens qui
font en sorte qu'on stimule des investissements, puis on a le
portefeuille pour le faire, mais, dans les trois dernières années, 2013, 2014
et 2015, c'est moins 8 %, moins
10 % et moins 2 % d'investissement privé au total au Québec, c'est le
reflet un peu de ce qui se passe un
peu au Canada. Et nous, on doit travailler dans l'écosystème pour stimuler les
investissements privés, mais, pour les compenser
au complet, je pense qu'on parle de chiffres qui ne seraient même pas... qu'il
manquerait de zéros, là, pour faire la substitution.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre, un complément de réponse.
Anglade : Oui. Alors, j'aimerais réagir parce que je pense qu'il y a
une prémisse qui est un peu erronée. On
pense qu'on devrait mettre 1 milliard puis 1,5 milliard, peut-être
2 milliards à terme. La réalité, c'est qu'il n'y a pas un projet qui a du sens pour l'intérêt des Québécois
qu'on ne fait pas aujourd'hui, il n'y en a pas un. S'il y a un projet qui
arrive sur mon bureau, puis on se dit :
Écoute, on devrait faire ce projet-là, personne ne dit : Est-ce qu'on
manque d'argent? Ce n'est pas ça, la
question qui se pose. La réalité, c'est que, si, dans trois ans, on revient
puis on avait Investissement Québec
qui vient me voir puis me dire : Bien, nous, on a tellement de projets,
là, on n'a pas d'argent pour financer, puis ce sont tous des excellents
projets, il va falloir qu'on trouve les moyens de financer ça pour que ça ait
du sens.
Alors, ce que
je veux dire par là, c'est qu'on a besoin d'aller trouver les projets qui
existent, d'où l'importance de
poursuivre le virage client entamé par Investissement Québec, d'où l'importance
pour eux d'aller sur le terrain puis d'être collés aux pulsations des entrepreneurs,
pulsations des entreprises pour être capables d'investir dans des projets,
dans des projets qui rapportent.
Puis
l'autre élément qui est important, c'est que... On parle d'investissement
privé. Comme gouvernement, on ne peut pas se substituer à
l'investissement privé, mais ce qu'on peut faire, c'est donner une impulsion,
c'est donner une direction, et c'est justement
ce que l'on fait avec le plan qui est proposé. On a besoin de créer cette
mobilisation avec qui? Avec les
acteurs économiques. Donc, ça commence dans notre cour, mais après ça ça
s'étend. Et c'est exactement le plan de match que nous avons pour les
prochains mois.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Johnson.
Lamontagne : ...M. le Président, merci. Pendant que vous parliez de
provisions pour perte, j'aurais une question pour vous, Mme la ministre. Dans
le budget qui vient d'être déposé, à la page 84, on parle, le
programme 2, Économie, Science et
Innovation : «Interventions relatives au Fonds du développement
économique», on a quatre catégories d'intervention,
puis on s'aperçoit qu'on a, quand ils disent «ventilation par supercatégories»,
là, des créances douteuses et autres
provisions qu'on est rendu à 152 millions. Sur une période de deux ans, on
a pris... C'est comme si on prenait 50 millions
de dollars par année de créances douteuses dans ce poste-là. Je serais curieux de
savoir qu'est-ce qu'il en est. En une minute, si c'est possible.
Le Président (M.
Cousineau) : Mme la ministre.
Anglade : Bien, en fait, spécifiquement parlant, sur la question que vous posez, lorsqu'on regarde les mandats
gouvernementaux et les autres programmes, il y a une augmentation d'environ 50 millions,
c'est à ça que vous faites référence, hein, de 50 millions...
Lamontagne : ...50 millions cette année.
Mme Anglade :
Oui. Alors, il y a différents projets sur lesquels... Je peux... Il y a cinq
projets...
Anglade : Alors, il y a
cinq projets... Oui, bien, en fait, juste pour qu'on clarifie une chose,
lorsqu'on décide d'approuver un projet et que l'on met... et que l'on
décide de faire un prêt, peu importe, qu'on fait un prêt à terme, on s'assure toujours d'avoir une créance par rapport à ça au niveau budgétaire, pour s'assurer de pouvoir rencontrer les objectifs
budgétaires au cas où il y aurait des pertes. Donc, ça s'accumule au fur et à
mesure.
dans ce cas-ci, on a cinq projets qui ont été présentés, puis je ne sais pas si
on peut déposer... C'est ça qu'on peut déposer ici directement?
Lamontagne : Bien, je ne veux pas qu'elle me les énumère. Je les
consulterai, puis, si après ça...
Le Président (M.
Cousineau) : Il n'y a pas de problème.
Mme Anglade :
Bien, c'est ça, je pense qu'il y a une page au complet qui les présente. À ce
moment-là...
Lamontagne : Puis c'est expliqué...
Le Président (M.
Cousineau) : Excusez, excusez. Vous voulez la déposer, Mme la
ministre, la page?
Anglade : Bien, je peux la
déposer. Je ne pense pas qu'il y ait de problème à ce que je le dépose, hein? Non,
c'est ça, je voulais juste vérifier qu'il n'y a pas de...
Le Président (M.
Cousineau) : Parce que ça devient public si c'est déposé.
Mme Anglade :
Ça devient public si c'est déposé.
Le Président (M.
Cousineau) : Est-ce que c'est votre intention?
Mme Anglade :
Ça ne pose pas de problème? Non, non, ça ne pose pas de problème.
Président (M. Cousineau) : Pas de problème? Bon, d'accord. Alors, continuez à répondre, et puis on
pourra déposer après.
Mme Anglade : Bien, en fait, je
pense que ce que souhaiterait le député de Johnson, c'est le consulter pour
pouvoir revenir sur cette question-ci, pour pouvoir répondre à sa question.
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, pas de problème. Alors, ça va comme ça, Mme
la ministre. On va... Oui, on va en faire des copies pour les membres de la commission.
Continuez, M. le député de Johnson.
Lamontagne : Parfait. Je vais faire un petit peu de coq-à-l'âne, parce
que j'ai M. Côté qui est ici avec Mme
la ministre, ce soir on est supposés
parler d'exportations, on va en parler là un petit peu. Bien, ce soir,
c'est le
titre de notre commission, Exportations et Innovation.
Moi,
j'aurais une question, ça m'intrigue. Quand Investissement Québec, qui est notre grand démarcheur un peu partout dans le monde pour nous amener des investissements ici, nous dit, mettons : On a rencontré 900 sociétés
à l'extérieur en 2013-2014,
ciblées ou recommandées pour leur intérêt envers le Québec, l'an passé ça a été
1 000 sociétés, ça fait qu'on s'aperçoit qu'on est très actifs pour chercher à susciter des propositions ou l'intérêt des gens. Exportations, je comprends que ce n'est pas le dossier d'Investissement Québec, que c'est Export Québec ou c'est le ministère
qui fait ça. Rapidement, quel lien qu'il y a
entre le ministère puis Investissement
Québec, mettons, qui pourrait aider au niveau
des exportations? Rapidement.
Le Président (M.
Cousineau) : M. Côté. Rapidement.
Côté (Pierre Gabriel) : Oui.
Je vais me permettre de répondre parce que, cette réflexion-là, on l'a eue dans
les derniers mois, puis effectivement autant on veut travailler en attraction,
maintenant on veut utiliser notre réseau, parce
que, quand même, on a un réseau extrêmement bien nourri, on a 17 bureaux
en région, on en a 12 à l'international, pour que le réseau travaille aussi en amont. Donc, on ne veut pas se
substituer à d'autres acteurs qui font aussi, comme le ministère, du
travail pour aider les entrepreneurs à exporter, mais, là où il y a des liens,
où on peut faire aussi avec notre réseau
régional, en région, avec un démarcheur qui serait à Londres ou à Paris, bien,
on va le faire, alors que le réflexe n'était
pas là avant. Maintenant, on veut que ce soit un réflexe, chez nous, qui soit
aiguisé pour référencer ces dossiers-là, pour qu'on puisse faire le lien. Parce qu'on a le réseau, il s'agissait
juste de pouvoir en tourner la direction pour nos clients au moment venu. Donc, on peut enrichir encore
l'offre au niveau des services d'exportation avec ce qu'on a déjà comme
réseau au Québec et à l'extérieur.
Lamontagne : Bien, moi, je suis surpris d'apprendre qu'avant
maintenant on ne faisait pas ça.
Mais,
si je peux renchérir, moi, quand j'entends, mettons, que, l'an passé, il y a
50 projets qui ont été «closés» mais
qu'on a sollicité 900 firmes, bien, c'est quand même 850 firmes à qui
on pourrait vendre des choses à l'extérieur du Québec. Je comprends qu'on a des bureaux à l'extérieur du Québec.
Est-ce qu'on a des vitrines à l'extérieur du Québec qui nous permettent de mettre en valeur ce qu'on a
à vendre? Parce que les efforts que vous faites pour recruter des gens, je veux dire, c'est comme un câble, ça, là, ça
peut aller dans les deux sens. Puis c'est le même effort, hein? Ça veut dire
qu'on a... Dans les deux dernières années,
là, on a 1 900 sociétés, puis là-dessus on en a «closé» à peu près
120 ou 140, selon vos derniers
rapports. Ça veut dire qu'on a quand même 1 700 sociétés qui potentiellement
pourraient bénéficier des produits du Québec, qu'on a. On est-u équipés
pour pousser vers ces entreprises-là les produits du Québec?
Puis
comment on est équipés dans nos 17... Au-delà de parler, on a-tu des
«showcases» un peu, dans nos bureaux à
l'extérieur, qu'on est capable, à un moment donné, de faire un peu une
démonstration de ce qu'on a, de tout ce qu'on a à offrir, des produits
qu'on a à exporter?
Le Président (M.
Cousineau) : Oui, M. Côté.
Côté (Pierre Gabriel) : Comme je vous l'ai dit, ce réflexe-là, il
était déjà là, mais on veut l'aiguiser beaucoup plus parce que le réseau
nous offre une formidable opportunité de le faire. Et la plupart de nos bureaux
aussi, il faut ajouter, sont dans la
délégation du Québec, donc cette vitrine-là avec Export Québec,
elle est déjà... Parce
qu'on est déjà souvent dans la même... donc, on
partage souvent des vitrines lors d'expositions dans les créneaux
manufacturiers, biotechs, aéronautique,
etc., où on participe avec nos collègues du ministère
des Relations internationales, et
aussi dans les missions qu'on fait
avec le ministère de l'Économie. Donc, on ne manque jamais une opportunité
d'aller au-devant des clients potentiels et en amont et en aval, au
niveau de notre réseau, je vous... mais on va être encore meilleurs.
Le Président (M.
Cousineau) : D'accord. Je crois que la...
Lamontagne : ...prochain
rapport. Ça fait qu'on pourrait avoir de quoi qui parle de ça
un petit peu, parler de notre performance à ce niveau-là...
Président (M. Cousineau) : M. le député de Johnson, je crois... M. le député de Johnson,
je crois que la ministre
a un complément de réponse à vous donner aussi.
Anglade : Bien, en fait, c'était sur la question des investissements
directs étrangers, parce que vous avez fait
le lien entre exportations... un lien très pertinent entre exportations et
investissements directs étrangers, mais je pense que l'autre élément qu'on veut regarder également, c'est comment coordonner
les efforts entre... de la prospection au niveau des différents
organismes qui s'occupent de la prospection pour le Québec. On a Québec
International qui en fait, on a Montréal
International qui en fait. Il faut qu'on ait une force de frappe encore plus
grande pour pouvoir contacter des entreprises à l'étranger.
Donc, il y a aussi une volonté, à ce
niveau-là, de consolider les efforts que l'on a pour miser sur les
investissements directs étrangers,
donc ce volet-là est tout aussi important. Je comprends le volet exportations
puis le lien entre les deux, entre
exportations et investissements directs étrangers, mais, même au niveau des
investissements directs étrangers, il y a une volonté de notre part de
consolider les efforts.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. M. le député
de Johnson, il vous reste quatre minutes.
Lamontagne : Quatre minutes. On va aller dans votre annonce de la
semaine passée, là, le 500 millions pour le manufacturier innovant,
puis on va se garder le 847 millions pour ce soir. C'est correct? Parce
que ça doit être deux montants différents,
je présume. 500 millions, ça doit être en plus du 847 millions. Oui,
c'est ça? C'est une question que je vous pose. C'était de du nouvel
argent, c'était...
Mme Anglade :
Là, quand vous parlez de 847 millions, non, c'est dans le budget au
complet...
Lamontagne : C'est dans le budget, vous avez 847 millions, là,
pour accélérer l'innovation et...
Mme Anglade :
...c'est pour le budget au complet.
Le Président (M.
Cousineau) : Faites attention pour ne pas parler en même temps,
s'il vous plaît.
Lamontagne : C'est bon. Investissement Québec, dans votre plan
stratégique, on a un montant de 275 millions qui est une cible, on
dit : «Valeur annuelle des montants de financement autorisés pour les
projets issus du secteur manufacturier»,
bon, 275 millions. C'est comparé à quoi avant? Avant, qu'est-ce qu'il en
était? Maintenant, c'est notre cible. Quelle sorte de cible on avait
avant?
Le Président (M.
Cousineau) : M. Côté.
Côté (Pierre Gabriel) : Bon an, mal an, c'était entre 200 et
250 millions par année, donc c'est une moyenne qui se situe entre les deux chiffres. On veut
bonifier ça comme un minimum annuellement et, de ça, on veut segmenter beaucoup plus le manufacturier innovant, donc le
cibler beaucoup plus, sans dénigrer le reste du manufacturier, au contraire,
mais le plan de match, c'est de s'assurer
qu'on adresse une situation qui... Vous l'avez vu un peu dans le plan au niveau
des statistiques de dépenses en
matériel, des investissements pour les nouveaux... les systèmes manufacturiers
innovants, etc., qui sont en déclin,
et surtout notre position concurrentielle au niveau de notre manufacturier par
rapport à des joueurs qu'on a comparés
dans notre plan, là, qui, je pense, nous font sursauter. Il faut absolument
adresser ça en segmentant une
partie de nos investissements, en ciblant
le manufacturier innovant.
Donc, l'argent neuf,
dans ça, le gouvernement a à peu près 75 millions, par année, de plus dans
le secteur et...
Lamontagne : Ça, c'est dans votre milliard?
Côté (Pierre Gabriel) : Ça, c'est dans mon milliard, et puis on parle
uniquement de mes fonds propres. Donc, quand
on fait la sommation de tout ça, il faut ajouter aussi ce que le ministère fait
au niveau du Fonds de développement économique
pour trouver à la fin, dans l'équation, le 500 millions qu'on cible, en
additionnant les deux sur trois ans, il faut mettre ça sur trois ans au
niveau du manufacturier innovant.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Johnson.
1 min 30 s.
Lamontagne : Oui, O.K. Alors, dans le 500 millions que vous avez
annoncé la semaine passée avec Mme la ministre,
là, il y a quelle portion qui était attribuable à Investissement Québec puis au
Fonds de développement économique? C'est le 500 millions total?
M. Côté (Pierre
Gabriel) : Fonds propres, 225 millions.
Lamontagne : Sur trois ans.
M. Côté (Pierre
Gabriel) : «Yes.» Absolument, oui.
Lamontagne : Ça fait 75 millions par année. Ça, c'est du nouvel
argent?
Côté (Pierre Gabriel) : Oui. Dans le manufacturier innovant, c'est du
nouvel argent ciblé directement pour ce secteur-là.
Lamontagne : Puis ça en sus du milliard, ou bien c'est à l'intérieur
du milliard qui était dans le budget?
M. Côté
(Pierre Gabriel) : C'est à l'intérieur du milliard, à l'intérieur du
milliard, mais il est ciblé au niveau de la tarte directement...
M. Lamontagne : O.K. Ça
veut dire qu'on avait un 75 millions avant, on l'a pris, on ne sait pas
trop où est-ce qu'il était ou ce qu'il faisait, puis là on s'est
dit : Maintenant, on va l'appeler «manufacturier innovant».
Côté (Pierre Gabriel) : Il était ciblé dans des secteurs différents,
là, mais on veut le ramener directement... Et on va en faire une
reddition de comptes, bien entendu, dans notre... à la fin de l'année.
Lamontagne : ...faites attention à ce que vous dites...
M. Côté (Pierre
Gabriel) : Non, non, mais c'est...
Président (M. Cousineau) : Attention pour ne pas parler en
même temps, c'est difficile pour l'enregistrement.
Côté (Pierre Gabriel) :
Pardon. Oui, il va y avoir une reddition
de comptes qui va être faite au niveau des fonds propres et aussi avec
mes collègues du ministère au
niveau du FDE, pour le succès du déploiement des interventions.
Président (M. Cousineau) : Merci. Merci, M. le député de
Johnson, ça termine le temps qui était alloué à votre bloc. Je passerais maintenant la parole... Je suis
prêt à reconnaître un député du parti ministériel. M. le député de
Jean-Lesage, vous avez 19 minutes.
M. Drolet :
Merci beaucoup, M. le Président. Je suis très heureux d'intervenir aujourd'hui,
M. le Président. Salutations à toute l'équipe de la ministre et, naturellement,
à mes collègues.
Écoutez,
pour parler... en fait pour revenir aux entreprises manufacturières, qui sont
un point très important pour l'économie
et qui embauchent, naturellement, plusieurs milliers d'emplois dans toutes les
régions du Québec, et on n'en parle
pas assez souvent, les régions du Québec, effectivement, en tant qu'adjoint
parlementaire, naturellement, aux PME, j'ai
régulièrement le plaisir de rencontrer des dirigeants d'entreprises innovantes
et aussi à l'exportation et de pouvoir constater
le talent, le talent de ces entreprises-là, M. le Président, et la créativité
de nos dirigeants québécois. Alors, je pense que tout n'est pas noir,
loin de là, et on a au contraire plusieurs, plusieurs belles choses à venir
dans ce sens.
Étant un ancien
administrateur, justement, de la Chambre de commerce de Québec, j'ai eu la
chance aussi de rencontrer, dans mon passé,
des entreprises, que ce soit dans le parc technologique de Québec, que ce soit
dans les parcs industriels, à quel point, M. le Président, que l'on peut
constater... plusieurs entreprises innovantes et avec un grand potentiel, naturellement, pour tout l'ensemble de
leur oeuvre. Et c'est ça qui est malheureux, souvent on est un petit peu...
on voit ce qui se passe dans les journaux,
on voit les difficultés, mais on ne voit pas la beauté des choses qui sont,
souvent, à la portée, naturellement,
de ces entreprises-là, qui fait en sorte... qui nous font rayonner. Et il faut
être impliqué, il faut avoir été là pour, justement, le constater.
autre message que je tiens à passer : La ministre parlait tout à l'heure
de jeunes qu'elle a pu voir et à quel point... Justement, voilà une quinzaine de jours, c'était la remise des Fidéides
ici, à la Chambre de commerce de Québec, et à quel point... 700 personnes qui étaient reconnues, en fait, pouvoir
être reconnues... naturellement, toutes ont été reconnues, plusieurs, là, de beaux lauréats, mais à quel
point il y avait une stimulation, à quel point c'était le fun de voir... Même
que j'étais très surpris de voir des
entreprises qui y participaient et que je ne connaissais pas, dans la région de
la Capitale-Nationale, et qui nous
font voir qu'il y a des beaux jeunes pour, naturellement, l'avenir, puis qui
fait en sorte qu'on n'a pas à se casser la tête sur ce côté-là. Avec des possibilités, il y a naturellement des
gens qui vont en prendre connaissance et puis aller plus loin.
collègue a parlé souvent aussi, dans son ancienne vie, par rapport,
naturellement, à tout ce qu'on a fait pour la réglementation, pour les
aider, c'est ce qu'on entend le plus souvent parler. Alors, ça aussi, c'est une
chose qui est majeure pour ces
entreprises-là, peu importe, manufacturières ou autres. Ces gens-là n'ont pas
le temps de s'enfarger dans la
paperasse et dans tout ce qu'il peut y avoir de réglementation, qui souvent est
un inconvénient à leur progression. Alors, ça aussi, c'est une
préoccupation que...
Mais
par contre, pour les entreprises manufacturières, depuis le tournant des
années 2000, le secteur a aussi, au Québec, été soumis à plusieurs perturbations outre la volatilité de
notre dollar, qui est quand même important, la récession qu'il a pu y avoir et la reprise économique
mondiale hésitante — il faut
quand même le constater aussi, ce n'est pas juste nous qui avons certaines difficultés, hein, on
voit à quel point la compétitivité à l'extérieur aussi est importante — l'entrée de marchés extérieurs, que ce soit la Chine, qui est quand même un
joueur très important, le conflit du bois d'oeuvre aussi, qui a touché énormément l'économie de nos régions,
et l'utilisation généralisée d'Internet et la montée des médias électroniques
qui ont entraîné un ajustement structurel majeur des industries des pâtes et
papiers et de l'impression. Alors, voilà, M.
le Président, le défi de nos entreprises. Mais plusieurs mesures ont été
annoncées dans le dernier budget, j'y reviendrai tout à l'heure, mais
ces entreprises manufacturières, avec le rôle de richesse et de créativité
d'emplois qu'elles ont, comme tel, dans toutes les régions du Québec, c'est
important.
J'aimerais
intervenir sur un autre point qui est aussi un peu... qui a fait la manchette,
à
titre d'exemple Bombardier qui a
fait tant la manchette... C'est vrai que, si on n'avait pas fait ça, on se
serait fait critiquer de ne pas l'avoir fait, il y a toujours un petit peu un sens inverse quand on est
à l'opposition, mais, quand on regarde l'importance que ça a eue et que ça a encore, il y a peut-être des nouvelles à
venir très intéressantes, mais ne serait-ce que de penser aux
40 000 emplois qui y sont
directement associés dans l'aérospatiale... Et cela vient de toutes les régions
du Québec, M. le Président. D'ailleurs, mon collègue me parlait justement ce matin d'une entreprise de son
comté, qu'il pourra peut-être parler tout à l'heure, qui a une pièce
importante, de qualité, qui fait en sorte que les avions peuvent profiter de ce
talent-là québécois.
Alors, je
pense qu'on a des belles choses, il faut voir positif. Je pense que la ministre
est en mesure, avec l'annonce qu'elle a faite de son plan... Alors, moi...
Puis, dans la mise à jour économique
parue en décembre 2014, M. le Président, il y avait déjà des belles choses
qui ont été annoncées pour appuyer les PME
manufacturières : la réduction de la cotisation au Fonds des services de
santé pour les PME des secteurs
primaire et manufacturier, la bonification de la déduction additionnelle pour
les coûts de transport des PME manufacturières, la bonification des taux
de crédit d'impôt pour les activités de recherche en partenariat et
145 millions pour soutenir l'efficacité énergétique des PME, dont les PME
manufacturières.
Alors,
ma question à la ministre : Pour 2015-2016, Mme la ministre, le gouvernement
a annoncé diverses mesures pour
accroître, naturellement, la compétitivité et l'accès au financement des PME,
M. Côté en parlait tantôt, notamment dans le secteur manufacturier.
Alors, j'aimerais un petit peu vous entendre là-dessus.
Le Président (M.
Poëti) : Mme la ministre, la parole est à vous.
Anglade : Quand on parle du secteur manufacturier, au Québec, on parle
de 14 % du PIB. Si on considère que
ça a une incidence également sur le secteur des services... Parce que, sur
chaque emploi créé dans le secteur manufacturier, on crée un demi-emploi dans le secteur des
services, ça peut correspondre, en fait, quand on fait la somme, à 20 % du
PIB au total. Donc, c'est un secteur qui est
significatif. Et il est d'autant plus significatif qu'on parle de
450 000 emplois au total au Québec, on parle de
10 000 entreprises, qui sont largement des PME, hein, il faut
s'entendre que ce sont largement des PME.
lorsque l'on fait la comparaison avec d'autres sociétés qui se comparent
allègrement à la nôtre, on constate que
celles qui ont investi dans du manufacturier innovant arrivent à tirer
davantage leur épingle du jeu à terme, d'autant plus que l'on parle de secteur manufacturier de production, de
fabrication ancré dans les communautés, hein, c'est moins... beaucoup plus, en fait, que même des services. Même
si, d'un point de vue PIB, les services occupent une place prépondérante aujourd'hui, on sait que, si on ne
mise pas suffisamment sur le secteur manufacturier, à terme, c'est un effritement, et aussi le fait qu'on n'ait pas
investi dans différents secteurs en même temps. Donc, pour nous, le
manufacturier innovant est capital, et il est capital dans différents
secteurs.
Lorsqu'on
parle de capital manufacturier innovant, on a souvent tendance à parler de la
vieille économie puis de la nouvelle
économie. C'est une expression que je n'affectionne pas particulièrement, parce
que je ne pense pas qu'on a deux
économies en parallèle, je pense qu'on a une seule économie et que cette
économie-là est en train de se transformer, peu importent les secteurs dans lesquels on évolue. On n'a qu'à penser
au secteur du bois, par exemple, qui occupe un gros morceau,
40 000 travailleurs dans le domaine de la foresterie, mais, même dans
le domaine de la foresterie, qui peut
sembler être un secteur plus traditionnel, on a des innovations vraiment
pertinentes qui font en sorte qu'on est capable de faire des biens manufacturiers innovants ici. Même chose dans le
secteur des métaux. Une première transformation de nos mines, c'est
considéré comme du manufacturier innovant.
Alors,
le message qu'a voulu envoyer le gouvernement la semaine dernière en présentant
des plans intégrés à la fois
d'Investissement Québec, du ministère et du CRIQ, c'est de dire :
Vraiment, on va miser sur le manufacturier innovant, et au lieu de se dire : On va juste dire...
on va mettre plus d'argent, on va réfléchir à la manière dont on dépense
l'argent et on va s'assurer de
l'orienter là où sont les priorités gouvernementales. Si on fait les chiffres
de manière globale, c'est près de
1,4 milliard qui a été investi dans les trois dernières années. Comme le
faisait remarquer le député de Johnson, ce n'est pas nécessairement des sommes additionnelles qui vont être
mises de l'avant. Cela dit, c'est 500 millions que l'on dépensait dans des secteurs qui étaient moins
innovants, où, là, on veut faire un virage et on veut réellement investir
dans de l'innovation.
message est clair, c'est qu'à terme il faut absolument que nos entreprises se
modernisent, il faut absolument qu'elles
s'automatisent, il faut absolument qu'on pense aux nouvelles technologies. Et
ce n'est pas une vue de l'esprit que
d'encourager les entreprises à le faire, parce qu'on ne peut pas être dans une
société du savoir comme dans laquelle on
est ou on prétend l'être sans vouloir mettre l'épaule à la roue. La réalité,
c'est qu'il y avait eu des opportunités d'investissement par le passé qui n'ont
pas été toutes saisies, et là on doit vraiment opérer un virage beaucoup plus
significatif.
Donc, le
manufacturier innovant, on le constate dans les secteurs clés également pour
l'exportation, parce qu'évidemment, lorsque
vous regardez les exportations, on en parlera un peu plus tard, mais 80 %
des exportations... plus de 80 %
des exportations que nous faisons sont des exportations dans le domaine de
l'aérospatiale. Donc, c'est pour ça, par exemple, que, lorsque l'on parle de manufacturier innovant de manière
générale, il est également très pertinent de parler de manière spécifique
de certains secteurs.
parlais du bois. Permettez-moi de dire deux mots sur l'aérospatiale, parce que
c'est exactement ça. L'aérospatiale, il
y aura une stratégie de l'aérospatiale qui sera déposée dans les prochains
mois. Et l'aérospatiale, c'est exactement ça, dans la mesure où on investit dans des produits de pointe, des produits
de pointe que l'on exporte également, donc qui créent énormément de
richesse pour le Québec. Et donc avoir une stratégie bien claire
sur comment on va produire, quelles sont
les attentes que l'on a par rapport au secteur, dans quel domaine précis en
termes de pièces que nous voulons produire ici, qui sont les joueurs
internationaux que l'on aimerait attirer, de quelle manière on veut
internationaliser nos PME. Parce qu'une grande question que nous avons par
rapport à l'action de la croissance économique, c'est l'internationalisation de nos PME. Donc, pour ce secteur en particulier,
on va avoir des mesures claires et spécifiques pour le manufacturier innovant. Mais ça se décline
également dans d'autres secteurs. Et c'est ça, la beauté, en fait, d'investir
dans ce domaine-là en particulier, c'est que ça peut se décliner dans
toutes les régions du Québec, et tout le monde peut y trouver son compte, tout
le monde doit y trouver son compte.
L'industrie
des services n'est pas en reste, puisque l'industrie des services, au fil des
années, a su démontrer que l'approche des crédits d'impôt a réellement
permis à une industrie d'émerger. Notamment quand on pense aux films d'animation ou bien aux
jeux vidéo, on voit à quel point cette industrie-là a pu bénéficier du contexte
favorable des crédits d'impôt. Et
donc il y a différentes mesures qui ont été mises de l'avant qui ont été... que
les entreprises se sont appropriées, dont
elles bénéficient. Et, nous, ce que nous voulons, c'est poursuivre en cette
veine. Et puis on pourra parler, dans un autre contexte, de la stratégie du numérique. Mais, encore une fois, le
message gouvernemental est très clair par rapport au manufacturier
innovant. Merci.
Le Président (M. Poëti) :
Merci. M. le député, la parole est à vous.
M. Girard :
Merci, M. le Président. Mme la ministre, je voudrais, dans un premier temps,
vous féliciter, féliciter pour
l'annonce de la semaine dernière en collaboration avec le P.D.G.
d'Investissement Québec. Une belle annonce qui a été faite et qui démontre la collaboration entre le ministère et
Investissement Québec, qui démontre un partenariat pour travailler ensemble, travailler avec le
manufacturier innovant, travailler à exporter, travailler à faire connaître ce
que l'on fait de bien au Québec. Donc, je voulais vous en féliciter.
Et je vais
faire un petit peu de pouce sur ce que vous avez mentionné tout à l'heure. Le
manufacturier est un peu la base de
l'écosystème économique, c'est-à-dire que l'on fabrique des produits qui vont
être vendus à l'étranger, ce qui nous
apporte des capitaux supplémentaires. Ces capitaux-là vont nous permettre de
faire rouler notre économie. C'est-à-dire les gens vont acheter des voitures, donc on va faire vivre le détaillant
de voitures, on va aller à l'épicerie, on va aller au restaurant, on va aller au cinéma, etc. Mais, si
on veut amener de l'argent neuf, c'est par les exportations et par le
manufacturier qu'on va vendre à l'extérieur.
Donc, c'est la base de l'écosystème et c'est doublement important de pouvoir le
soutenir.
J'aimerais
apporter à l'attention de la commission un
article du 13 avril dernier, Des
investissements majeurs à venir à
Bécancour : «La haute
direction d'Olin a réitéré sa confiance dans les installations d'Olin Produits Chloralcalis — des produits
de chlore — dans le
parc industriel et portuaire de Bécancour en débloquant des budgets importants
pour la mise à niveau de l'usine.»
Au même
moment où la compagnie va cesser la production de chlore à l'usine d'Henderson
au Nevada et qu'elle va diminuer sa
production à Freeport au Texas en raison de la compétition qui provient de la
Chine et de la Russie, Olin va effectuer
des investissements importants à Bécancour pour, premièrement, améliorer le
rendement de l'usine. Deuxièmement, ces
investissements vont permettre de consolider 150 emplois à l'usine de
Bécancour, qui sont des emplois, soit dit en passant, qui sont très bien rémunérés, et ces investissements vont faire,
en quelque sorte... c'est un vote de confiance pour l'usine, et va faire
en sorte que l'usine va pouvoir encore être opérationnelle pendant plusieurs
années.
Olin a pris en considération l'excellence du
travail qui se fait aux installations de Bécancour. Nous sommes innovants, nous sommes des gens qui sont
performants. Olin consolide ainsi le
positionnement de son usine et Olin mentionne qu'ils vont approvisionner des clients dans un rayon de 500 miles,
soit le Québec, les provinces voisines, également le nord-est des États-Unis. Donc, on mentionne
que d'autres projets sont également sur la table, éventuellement, et ça ouvre
la porte à d'autres opportunités.
Malheureusement, on parle souvent d'entreprises qui ont, dans les derniers mois, dernières
années, été achetées à l'étranger,
des investisseurs américains qui ont mis la main sur une entreprise
du Québec, des investisseurs ontariens qui ont pris le contrôle d'une entreprise
au Québec. Mais on a des histoires à succès qui sont extrêmement intéressantes pour le Québec, où c'est le Québec qui amène de la
production chez nous, qui prend de la production qui se fait à l'étranger et
qui l'amène chez nous. Donc, on a beaucoup
de belles histoires comme celles-là. Malheureusement on n'en parle pas assez souvent.
J'aimerais
vous entendre, Mme la ministre, sur... avons-nous d'autres histoires comme
celle-là? Est-ce qu'on a des entreprises qui s'installent chez nous? On entend souvent
parler de ceux qui s'en vont, mais moi, j'en connais plusieurs...
Et je
pense que, pour les gens, ce serait important
de parler de ces belles entreprises qui s'en viennent chez nous, de ce que l'on a pu attirer chez nous dans les dernières
années, les types d'entreprises dans les secteurs d'activité, les emplois que
l'on a créés dans des secteurs innovants. Il s'est passé quoi, à l'inverse,
pour le Québec dans les dernières années?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre.
Mme Anglade : Alors, merci de la question. D'abord,
je vais répondre en parlant brièvement des acquisitions. Parce qu'hier... il faut
croire que l'événement auquel j'assistais m'a particulièrement inspirée, mais
on a de belles histoires au Québec.
Quand on
prend, par exemple, le Groupe Deschênes, le Groupe Deschênes qui
avait parti une petite entreprise
de tuyaux à chauffage dans l'est de Montréal,
sur la rue Notre-Dame, et on est rendu maintenant à la troisième génération où il y a eu
des... de père en fils, en fait, dans ce cas-ci c'est de père en fils. Ils ont
réussi à transmettre finalement le leadership,
le savoir-faire, la vision également de l'entreprise, et ça a donné des résultats extrêmement tangibles. Et donc nous avons
plusieurs entreprises comme celle-là — parce que beaucoup de nos entreprises sont des entreprises familiales,
évidemment — qui
arrivent à transmettre ça à leurs enfants.
Et donc on a
un défi de transmettre l'entreprise.
Et ce que l'on a facilité dans le
dernier budget, c'est justement
la transmission d'une entreprise
à quelqu'un de la famille. Parce qu'avant il y avait des règles qui étaient plus exigeantes et qui faisaient en sorte que ça devenait presque
plus rentable de le donner... de le vendre à l'étranger que de le laisser à l'intérieur même de la famille. Donc, on a enlevé
ces barrières-là justement pour faciliter ce genre de transfert. Donc, ce
sont des initiatives qu'il va falloir que l'on poursuive.
Maintenant, vous parlez d'un sujet qui est fort
important, c'est celui des compagnies étrangères qui viennent s'installer ici. Il y en a plusieurs qui sont
installées depuis longtemps, au point où on pense finalement qu'elles font
partie de notre
écosystème et que ça fait
partie de la fibre québécoise, jusqu'à un certain
point. On n'a qu'à penser à un Pratt & Whitney,
on n'a qu'à penser à un Ericsson, on n'a qu'à penser à un Ubisoft, qui a plus
d'employés ici qu'il n'en a ailleurs
dans le monde. Ce sont des gens qui sont venus s'implanter ici, qui ont pu
croître ici et qui maintenant représentent des sièges sociaux — pas sièges sociaux à proprement parler, mais des centres
décisionnels mondiaux, qualifions-les de cette manière-là — très importants ici dans des domaines très spécifiques. Et là on a
en effet de belles histoires et de belles réussites.
Un des enjeux que nous avons et sur lequel on
doit travailler particulièrement, c'est que chaque personne qui représente une entreprise étrangère ici est aussi
notre meilleur ambassadeur auprès de la société mère. Et il faut donc nous
assurer d'accompagner ce président ou cette
présidente de l'entreprise, qu'on appellera le président Québec ou le président
Canada, qu'on soit capables de l'accompagner
et de lui faire voir le... de s'assurer qu'il ait tous les outils en main pour
bien représenter le Québec auprès de
l'entreprise mère. Et là c'est un enjeu qui est fondamental pour la réussite et
le succès de cette entreprise dans sa capacité à attirer des projets
innovants et structurants pour l'économie québécoise.
Et je sais qu'il y a un signe d'une minute,
alors je dois... Je continuerai un peu plus tard, M. le Président.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. Il vous
restait quand même 45 secondes. Peut-être un mot supplémentaire?
Mme Anglade : Bien, écoutez,
oui, un mot supplémentaire. Il y avait, hier... C'était bien parce que c'était
un exemple de père en fille, qui s'est
transmis. Alors, il y avait la présidente et chef de la direction,
Mme Marie-Claude Houle, qui a
reçu un prix également pour l'entreprise EBC. Et c'est un autre exemple concret
de transfert à l'intérieur d'une même famille
qui a réussi. Et je pense que ce que nous devons faire, au Québec, c'est
multiplier ce type d'exemple de transfert là à terme pour l'ensemble des
entreprises du Québec, dans la mesure du possible, évidemment. Merci.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. Alors,
je passerais maintenant la parole au député de Sanguinet, porte-parole de l'opposition officielle en matière
d'économie, science et innovation. M. le député de Sanguinet, pour
22 minutes.
M. Therrien :
Merci, M. le Président. Alors, par rapport à la question — on avait terminé là-dessus — sur la perte de capitalisation des
entreprises qui étaient impliquées dans l'exploitation éventuelle d'Anticosti,
les dates, c'est du 4 décembre au 16 février.
C'est le 16 février que le premier ministre a finalement dit qu'il allait
respecter l'entente. Je ne sais pas
si éventuellement vous voulez sortir les chiffres, là, peut-être pas tout de
suite, là, éventuellement, tu sais, laisser le temps aux gens, là... Juste avoir une idée, là, en pourcentage, là,
de la diminution de la valeur des actions. Parce qu'entre autres il y a Bourque, là, qui est en Gaspésie,
qui aurait peut-être eu... qui aurait écopé un peu dans le projet, là, via la
chute des actions de Pétrolia.
Moi, je
voudrais vous entretenir, Mme la ministre, par rapport à Aveos. Il va falloir
que vous m'éclairiez. Pour vrai, là.
Parce que c'est sûr que j'ai déposé une pétition pour Aveos. Je suis impliqué
dans le dossier probablement, tu sais, par intérêt, comme vous l'êtes,
là, mais vous, vous avez une responsabilité davantage que la mienne, là.
C'est à peu
près 2 000 emplois, on s'entend là-dessus. La Cour d'appel, je pense
que c'est en novembre, a statué qu'Air
Canada devait réengager le nombre de personnes qui était prévu dans la loi, je
pense, de 1980... — là,
j'aurais dû faire mes devoirs, je
n'ai pas fait mes devoirs, bon, en tout cas — et que ces gens d'Aveos là étaient censés
retrouver le chemin du travail. Et on était censé obliger Air Canada de
respecter les conditions établies par la Cour d'appel.
Ce qu'on a
appris par la suite, c'est qu'il y aurait eu désir de votre côté — puis dites-moi si je me trompe, là — de ne
pas donner suite à cette poursuite-là, de la part de votre gouvernement. Est-ce
que je me trompe ou c'est ça? C'est là où est-ce qu'on en est par
rapport à ce jugement en Cour d'appel?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre.
Mme Anglade : Merci. Alors,
permettez-moi juste de faire un bref retour. Lorsque l'on parle des employés d'Aveos, vous dites près de 2 000, en fait je
pense que le chiffre... au total, c'était 1 800, mais, les employés qui
étaient directement affectés par Air
Canada, on parle de 1 200 personnes, juste pour clarifier les
chiffres, on parle de 1200 personnes. Ceci étant, c'est 1 200 personnes, c'est
1 200 travailleurs, c'est 1 200 familles. Alors, ce n'est
pas pour minimiser la situation, par ailleurs.
Revenons à un
contexte plus large qui est l'aérospatiale, parce que je ne pense pas qu'on
puisse dissocier Aveos de tout le
contexte de l'aérospatiale : 40 000 emplois, 200 PME et la
conviction profonde, tant au gouvernement que dans le milieu, que la croissance dans le secteur de
l'aérospatiale, qui, en passant, représente la plupart... une vaste portion de
nos exportations — en termes de chiffres, il arrive bien bon
premier — passe
par le succès de la série C. Et c'est dans cette optique-là, qui suit une logique de manufacturier
innovante... — donc
vous voyez qu'on a de la suite dans les idées — qui fait
en sorte qu'on a décidé d'investir dans Bombardier. Et, pour clarifier aussi
quand on parle d'investir, c'est qu'aujourd'hui les Québécois, collectivement, nous sommes propriétaires d'un avion à
49 %. La raison pour laquelle on l'a fait, c'est parce que c'est ce qui a garanti de manière la
plus certaine le fait que nous allons prospérer dans le domaine de
l'aérospatiale.
Dans ce
contexte-là, il y a Air Canada qui a proposé également d'acheter des Cseries.
Et, nous, ce que nous avons dit...
Parce qu'Air Canada a sur la table 45 avions... 45 commandes fermes
plus 30. Nous, ce que nous avons dit, c'est que, dans le cas où il y aurait une entente entre Air Canada et
Bombardier pour l'achat de Cseries, dans le cas où l'entreprise serait également intéressée et se commettrait à
investir dans le système de maintenance au Québec, donc ouvrir également un système de
maintenance pour la série C ici, qui créerait, à terme, 1 000 emplois...
Ce que nous disons, c'est que nous
pensons qu'il y a moyen d'avoir une entente avec Air Canada qui permettrait
justement la création de ce centre de maintenance là.
Maintenant,
nous n'avons pas retiré la poursuite. Nous sommes toujours devant les tribunaux,
je tiens à le préciser, nous sommes
toujours devant les tribunaux. Et, lorsque l'on jugera que ce sera dans
l'intérêt de l'ensemble des Québécois de retirer la poursuite, s'il devait y
avoir des commandes placées et s'il devait y avoir un investissement pour
un centre d'excellence, à ce moment-là nous considérerions la chose. C'est ce
que nous avons dit.
Le Président
(M. Cousineau) : M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Écoutez, dites-moi où est-ce que je me trompe dans mon raisonnement. Vous
avez... en tout cas, dans l'entente,
là, éventuellement, là, avec Air Canada, il y aurait un centre de maintenance
des CSeries. Ce centre-là verrait le
jour à peu près en 2025, dans ces eaux-là. Qu'est-ce qui se passe pour les
1 800? Parce que, là, vous parlez de 1 200, mais... en tout
cas, eux vont dire que c'est 1 800, là.
Mme Anglade :
C'est 1 200.
M. Therrien :
Oui, mais... En tout cas, c'est 1 800, là. J'avais vu la nomenclature.
M. Therrien :
Regardez, ce n'est pas grave, là. Mettez 1 200 si ça peut vous faire
plaisir, là. Qu'est-ce qui arrive aux
1 200 personnes jusqu'en 2025? Première question. Puis deuxième
question : Quand tu regardes en 2025, qu'on ait ce centre-là, est-ce que vous pensez qu'on serait
capables d'absorber 1 200 travailleurs au sein de ce centre-là? Ma
question est simple, je veux
dire : Jusqu'en 2025, qu'est-ce qu'on fait avec ces gens-là? Puis, en
2025, est-ce qu'on en a assez? Parce
qu'il y en a qui vont dire qu'eux ils vont revamper des avions, mais ils ne
changent pas nécessairement l'huile, tu sais? Pour changer l'huile, tu n'as pas besoin d'autant de monde que ça. Avec
les CSeries, là, disons que, quand tu l'achètes neuf, là, la maintenance
n'est quand même pas très, très importante, souhaitons-le, là.
Alors
donc, deux questions : Qu'est-ce qu'on fait avec ces gens-là jusqu'en
2025? Puis, à partir de 2025, c'est-u suffisant, mettons, pour 1 200?
Mais, comme je vous dis, là, 1 200, c'est parce que vous supposez qu'il y
a 600 personnes qui auront trouvé un travail dans le domaine de
l'aviation, mais ce n'est pas nécessairement le cas.
Le Président
(M. Cousineau) : Mme la ministre.
Mme Anglade :
Alors, dans les dernières années, le gouvernement a été actif dans le dossier
d'Aveos. Vous vous rappelez que c'est évidemment le gouvernement qui a
décidé d'aller en cour par rapport à ce dossier-là.
Quand
j'ai dit qu'il a été actif indépendamment de ce qui se passait avec le litige,
il y a eu quand même différentes initiatives
qui ont vu le jour. Notamment, il y a une aide de 7 millions de dollars
qui a été attribuée à AJW Technique pour la création de 214 emplois justement dans l'idée aussi que des postes
d'Aveos seraient... d'anciennes personnes de chez Aveos pourraient
occuper ces emplois-là. Également, 30,9 millions à Lockheed Martin
Canada pour la création de 220 emplois,
et une aide à Premier Aviation, à l'époque, pour 190 emplois. Donc,
il y a eu des initiatives, d'un point de vue gouvernemental, pour faire en sorte que les personnes, les
1 200 personnes... Parce qu'il s'agit bien de
1 200 personnes. Ce n'est
pas pour me faire plaisir, c'est parce que ce sont les faits. Il y a
1 200 personnes qui sont touchées par ça. C'est des
initiatives qui ont eu lieu.
Maintenant,
on s'entend tous pour dire que le litige en tant que tel ne crée pas d'emploi,
n'a pas créé un seul emploi dans les
dernières années, dans les derniers quatre ans. Pas un emploi n'a été créé.
Donc, ce que l'on dit, c'est qu'on pense qu'à terme on serait plus gagnants de créer un centre d'excellence sur
la CSeries et de s'assurer qu'il y ait des postes de qualité qui soient créés et maintenus que de
poursuivre au niveau du litige. Mais, là encore, ça sous-entend qu'il y ait des
commandes qui soient placées et, là encore,
ça sous-entend qu'il y ait effectivement la création du centre d'excellence.
Le Président
(M. Cousineau) : M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Bon, écoutez, moi, je pourrais vous demander : Est-ce que ces
conditions-là sont écrites avec... ou
vont être écrites avec Air Canada s'ils achètent finalement des CSeries?
Mais moi, honnêtement, je vous écoute puis je trouve ça bien, mais moi, je suis un employé d'Aveos, là, je ne suis pas
content d'entendre ça, là, parce que vous ne me donnez... vous ne me
sécurisez pas mon emploi, alors que la Cour d'appel oblige Air Canada à
m'engager. Vous ne m'engagez pas... vous n'engagez pas un processus dans lequel
je vais retourner au travail dans le domaine prescrit.
Le Président
(M. Cousineau) : Mme la ministre.
Mme Anglade :
Je veux juste clarifier quelque chose. Le jugement de la Cour d'appel est un
jugement qui est déclaratoire. Ce que
ça signifie, un jugement déclaratoire, c'est qu'ils sont... on reconnaît que la
manière d'interpréter la loi par le
gouvernement est exacte et que donc Air Canada avait des responsabilités.
Ceci ne force pas. Donc, ce n'est pas
un jugement exécutoire, ce qui veut dire que ça ne force pas Air Canada.
Il faudrait entamer davantage de poursuites pour le rendre exécutoire. C'est juste ce point-là que j'aimerais
clarifier. On est dans un jugement qui est déclaratoire.
Le Président
(M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Sanguinet.
M. Therrien :
Déclaratoire ou non,
Marc Garneau veut changer la loi qui oblige Air Canada à engager ces gens-là. Il veut changer la loi. Puis, dans la loi, c'est très clairement
écrit que ces gens-là... il n'y aura plus d'obligation d'Air Canada pour
engager ces gens-là. Est-ce que vous avez fait une représentation? Est-ce que
vous allez auprès du gouvernement fédéral pour défendre les employés d'Aveos?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre.
Mme Anglade :
De ce que je comprends, c'est que c'est le projet d'amendement du fédéral,
c'est pour l'avenir, hein, c'est ça?
Ce n'est pas pour le passé, c'est pour l'avenir, dans un premier temps. Mais,
dans un deuxième temps, j'ai également
dit que, nous, ce que nous souhaitions d'abord et avant tout, c'est d'avoir le
fédéral autour de la table pour garantir le succès de la CSeries. Ça a
été clairement le positionnement du gouvernement.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Aveos se sent menacée. Les employés d'Aveos se sentent menacés par le
changement de la loi par
M. Garneau, et vous considérez qu'ils ne sont pas impliqués par le
changement de la loi, c'est ce que vous me dites?
Mme Anglade : Non, j'ai dit que
la loi était pour l'avenir et pas pour le passé, donc... Le passé reste
toujours d'actualité, de un. Et, de deux, je
pense que ce que l'on demande au gouvernement fédéral, bien au-delà d'un
amendement, ce qu'on demande au gouvernement fédéral, c'est une
implication claire au niveau de l'aérospatiale, qui représente 40 000 emplois au Québec, le secteur
premier en recherche et développement, et surtout l'avenir du Québec. Alors,
c'est ce qu'on demande, d'abord et avant tout, au niveau du fédéral.
Le Président (M. Cousineau) :
M. le député de Sanguinet.
M. Therrien :
Vous avez mis 1,3 milliard dans la CSeries. Corrigez-moi si je me trompe,
il y a une entente là-dedans qui dit que,
pour les 20 prochaines années, la construction sera faite et aussi le
centre sera établi à Montréal ou, en tout cas, au Québec. C'est ça?
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre.
Mme Anglade : Là, vous voulez
dire pour le Cseries ou vous parlez d'Air Canada?
M. Therrien :
Oui. Non, CSeries. Là, j'ai changé de registre, là. Je parle du CSeries, votre
entente, là. Vous avez une entente avec CSeries qui... avec Bombardier
dans la société en commandite. Et, dans l'entente, vous dites : Nous
devons... Ils doivent respecter l'idée qu'on doit engager des gens et produire
ici. Est-ce que je me trompe?
Mme Anglade :
Sur cette question-ci spécifiquement... Parce qu'elle a rapport à Bombardier,
et l'entente qui existe entre Bombardier, c'est vraiment mon collègue
des Transports qui est responsable de ce dossier.
M. The