Labour and the Economy — 1 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2016-11-01
Quebec — Committees
Mme Maltais
(Chantal) : Oui. Si on parle
de famille ici, c'est dans le cas où, par exemple, il y aurait une personne
qui est primodemandeur qui arrive à l'aide
sociale, son conjoint est réitérant, a déjà été à l'aide sociale. Ce qu'on veut
dire ici, c'est que
les deux personnes vont être dirigées vers Objectif emploi. Alors, c'est pour
ça qu'on utilise le terme «famille».
Et cet article-là amène l'effet non cumulatif. Tu ne peux pas être à l'aide en même temps qu'être à Objectif emploi. Donc, la famille serait dirigée au
niveau d'Objectif emploi.
M. Turcotte : Donc, ce que je comprends, M. le Président, c'est que l'enfant d'un tel couple, ça ne change rien à sa situation.
Mme Maltais
(Chantal) : L'enfant est mineur ou est majeur?
M. Turcotte :
L'enfant majeur...
Mme Maltais
(Chantal) : L'enfant majeur
s'en irait à Objectif emploi comme individu, même si ses parents... Si ses parents étaient des gens à l'aide sociale
déjà, il arrive à Objectif emploi. Si c'est sa première demande, il va rentrer
à Objectif emploi. Il n'est pas en famille.
Le Président
(M. Poëti) : ...député.
M. Turcotte : Oui, ça répond bien. Quand on dit «si l'adulte ou
un membre adulte de la famille est admissible au Programme de solidarité sociale», dans ce cas-ci, si un des deux
membres du couple est prestataire de la solidarité sociale,
automatiquement, l'autre ne peut pas aller à Objectif emploi. Il est exclu.
O.K.?
M. Blais : Peut-être pour aider le collègue, là, moi, si ma
compréhension est bonne ici, c'est simplement parce qu'en
créant un nouveau programme, ce que nous faisons avec Objectif emploi, on doit
s'assurer que les cumuls qu'on a
interdits dans certains cas, parce qu'on avait déjà deux programmes, le
Programme d'aide sociale et le Programme de solidarité sociale, bien, cette règle de cumul là, on puisse aussi... de
non-cumul, pardon, on puisse aussi l'appliquer, là, aux participants à Objectif emploi. Moi, je pense
que c'est le seul motif, là, pour lequel cet article-là, là, a été présenté.
Ça ne change rien à des pratiques que nous
avons en ce moment, par
rapport aux personnes qui sont à
l'aide sociale ou à la solidarité sociale, mais cette pratique-là, nous voulons
l'étendre aussi, là, aux participants à Objectif emploi.
Le Président (M. Poëti) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix de l'article 22. Est-ce que l'article 22 est adopté?
Une voix : Une voix : Sur division.
Le Président
(M. Poëti) : Sur division. Nous allons passer maintenant à l'article 23.
M. le ministre.
M. Blais : Alors, je vais lire l'article,
M. le Président :
L'article 49 de cette loi est modifié par l'ajout, à
la fin, de l'alinéa suivant :
«Le premier alinéa ne
s'applique pas à l'adulte seul ou à la famille qui bénéficie d'une prestation
en vertu du programme Objectif emploi.»
Alors, l'article, tel
que modifié, se lirait ainsi :
ministre peut accorder une prestation à un adulte seul ou à une famille qui
n'est pas admissible au programme pour
un motif autre que celui prévu au paragraphe 1° de l'article 27 ou qui,
bien qu'étant admissible, n'aurait pas droit à cette prestation s'il
estime que, sans cette prestation, cet adulte ou les membres de cette famille
seraient dans une situation qui risquerait de compromettre leur santé ou leur
sécurité ou de les amener au dénuement total.
«Le premier alinéa ne
s'applique pas à l'adulte seul ou à la famille qui bénéficie d'une prestation
en vertu du Programme objectif emploi.»
Alors,
mon commentaire.
L'article 49 confère au ministre le pouvoir d'accorder
une prestation d'aide sociale malgré l'inadmissibilité au programme
d'aide sociale ou malgré l'absence de droit à des prestations ou droit à une
pleine prestation. Le ministre peut utiliser
ce pouvoir discrétionnaire s'il estime que, sans cette prestation, l'adulte
seul ou les membres adultes de la
famille seraient dans une situation qui risquerait de compromettre leur santé,
leur sécurité ou de les amener au
dénouement total. On a déjà parlé de ça ici. Je pense que tous les députés ont
une idée que ça existe à l'aide sociale, un pouvoir discrétionnaire,
dans des cas, là, disons, bien sûr, bien définis.
modification proposée par le projet de loi précise que ce pouvoir
discrétionnaire ne pourrait pas s'appliquer à une personne qui bénéficie
d'une prestation en vertu du programme Objectif emploi.
Je vous rappelle que nous avons déjà adopté
le nouvel
article 83.8.1, qui crée un pouvoir discrétionnaire
équivalent pour Objectif emploi. Donc, ici, ce n'est pas du tout de
ne pas reconnaître un pouvoir discrétionnaire dans le cas des participants à Objectif emploi, mais nous l'avons
déjà fait dans un autre article. Donc, à notre avis, c'est un simple
article
de concordance.
Le Président
(M. Poëti) : Merci, M. le ministre. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Si je comprends bien, si je comprends le premier alinéa
de l'article 49, tel que
modifié, donc, cet
article prévoit un pouvoir discrétionnaire au ministre
d'accepter de verser une prestation d'aide sociale, même si une personne n'est pas admissible, pour une raison ou
une autre, à l'aide sociale. Dans la loi actuelle, là, l'article 49,
c'est ce qu'il prévoit. C'est ce que je comprends.
M. Blais :
Oui. Il faut comprendre que... je suppose, là, je ne suis pas sur le terrain,
mais je suppose que ça s'applique
notamment quand il manque des pièces à un dossier, hein, des pièces justificatives
à un dossier, mais que la personne, visiblement, est dans une situation
de dénuement. Donc, il faut trouver une solution à court terme.
M. Turcotte :
Dans ce cas-ci, si une personne, pour les mêmes motifs... ou dans la même
situation, plutôt, que je devrais
utiliser comme terme, dans la même situation, se présente à son centre local
d'emploi, avec cet article, l'article 49 tel que modifié, qu'est-ce
qui va lui arriver?
M. Blais : Je m'excuse, on me
parlait, là.
M. Turcotte :
Si la personne qui vit la même situation à l'heure actuelle, quelqu'un
qui... le ministre dit : Il nous manque,
mettons, des pièces
justificatives, ou qu'effectivement pour une raison, effectivement, elle est à
risque, là, du dénuement total, ou ça
peut avoir un impact sur sa santé ou sa sécurité, à l'heure actuelle, le
ministre pourrait lui donner l'aide sociale, même si, dans les critères
prévus par la loi et les règlements, elle n'y aurait pas droit. C'est ce que je
comprends.
Si, actuellement, cette personne-là, qui n'a
jamais été à l'aide sociale, donc qui serait un primodemandeur, se présente au centre local d'emploi dans la même
situation qu'à l'heure actuelle et soit qu'elle n'a pas les pièces
justificatives nécessaires ou, pour les mêmes raisons, qu'elle serait
admissible, discrétionnairement parlant, à l'aide sociale, là, qu'est-ce qui va lui arriver si elle est
primodemandeur? Elle va recevoir l'aide sociale à la discrétion du ministre ou
elle n'aura plus rien?
M. Blais :
Donc, peut-être, on me corrigera là-dessus, là, ça peut être un peu pointu,
quand on dit qu'on utilise le pouvoir
discrétionnaire devant une personne qui est en situation de dénuement, ça ne
veut pas dire qu'on lui reconnaît le droit à l'aide sociale, hein, ce
n'est pas... hein, parce qu'il peut y avoir des... On me disait tout à l'heure
à l'oreille qu'il y a des gens qui se
présentent avec un actif qui est trop... un actif, disons, immobilier, je
suppose que c'est le cas le plus
fréquent, qui est trop important, le dénuement au niveau de sa disponibilité
financière est total, mais, bon, l'actif, elle n'a pas pu en disposer. Alors, à ce moment-là, on trouve une
solution, disons, de façon temporaire, je suppose, pour normaliser sa
situation.
Donc, ce qui
va arriver avec Objectif emploi, c'est ce qui vous intéresse, c'est exactement
les mêmes droits, hein? Donc, il n'y
a pas de perte de privilèges, si c'est votre préoccupation, pour ceux qui vont
arriver à Objectif emploi. Encore une fois, on ne pourra pas encore
décider qu'ils sont bien dans Objectif emploi parce que, visiblement, les
critères administratifs ne sont pas encore
rencontrés, mais la situation de dénuement est là, puis il faut la reconnaître,
il faut trouver une façon de l'aider temporairement.
M. Turcotte :
Donc, M. le Président, j'essaie de comprendre. Je vais tenter de peut-être
mieux m'exprimer. À l'heure actuelle,
une personne qui est à risque d'être confrontée, là, au dénuement total ou pour
sa santé et sa sécurité, on lui
reconnaît le droit, temporairement, là, je n'ai pas de problème, j'ai tout
compris ça, là, temporairement, elle peut avoir droit pour un mois, deux mois, peut-être, à une prestation d'aide
sociale, donc un chèque de dépannage, si on peut dire. Là, quelqu'un qui est primodemandeur, donc qui n'a jamais été à
l'aide sociale, théoriquement, cette personne-là ne serait pas prestataire de l'aide sociale avec le
nouveau projet de loi, elle serait prestataire d'Objectif emploi. Donc, il lui
arrive quoi à cette personne-là? Elle n'a
plus aucune aide parce qu'elle n'a jamais été à l'aide sociale ou elle va avoir
quand même droit à l'aide sociale temporairement?
M. Blais :
Je vais laisser la parole à la sous-ministre Maltais, mais, juste avant, il
faut éviter de... C'est juste une question
de terminologie, là. Quand on reconnaît, là, une situation de dénuement, on ne
dit pas que la personne a le droit à l'aide
sociale. Au contraire, si elle y avait le droit, le problème ne serait pas là.
Mais elle a droit à une aide, à un montant forfaitaire qui peut être livré. Peut-être que la sous-ministre Maltais
peut expliquer comment ça fonctionne dans la situation actuelle, puis
comment ça pourrait fonctionner sous Objectif emploi.
Le Président (M. Poëti) : Mme
la sous-ministre.
Mme Maltais
(Chantal) : Oui. Alors, la façon que ça fonctionne présentement, c'est
l'article 49. Alors, quelqu'un qui
est admissible ou... Bon, comme le dit bien le ministre, la majorité des
raisons pour lesquelles on utilise le pouvoir discrétionnaire, c'est la situation exprimée. C'est-à-dire une personne
a un bien excédentaire qui fait que sa prestation est diminuée et elle a besoin, d'une façon temporaire,
qu'on l'aide. Donc, on utilise le pouvoir discrétionnaire pour combler.
Au niveau d'Objectif emploi, ce qui va arriver,
par exemple, la personne arrive à l'aide sociale, elle fait sa demande, il faut vérifier son admissibilité.
Alors, dépendamment de... On fait l'analyse de la même manière qu'on le ferait
pour quelqu'un qui rentre à l'aide sociale.
Si elle a, par exemple, une résidence de 500 000 $, elle ne rentre
pas à l'aide sociale parce qu'avec le
calcul habituel elle n'a pas le droit à l'aide sociale. Elle ne rentre pas. Il
y a certaines personnes qui vont avoir une valeur juste un petit peu élevée ou ils ont un
montant excédentaire dans leur compte de banque comme avoir liquide. Elle est quand même admissible.
Elle rentre à l'aide sociale, elle est dirigée, elle est primodemandeur, elle
est dirigée vers Objectif emploi. On se
rappelle que, lorsqu'on a approuvé l'article 83.5, les avoirs liquides ne
seront plus pris en compte par la
suite. Alors, la personne va voir sa pleine prestation. On n'aura pas besoin du
pouvoir discrétionnaire, il n'y aura pas de retranchement au niveau de
sa prestation.
Il peut quand même y
arriver des situations où on aura besoin, dans le cadre d'Objectif emploi, du
recours au pouvoir discrétionnaire, mais ils
sont très peu nombreux parce qu'on a fait une analyse de l'ensemble des
situations, c'est toutes des
situations qui ne se produiront pas dans Objectif emploi parce que c'est des
choses qu'on ne prendra pas en compte.
Puis, comme je vous dis, la majeure, c'est les biens et les avoirs liquides.
C'est des raisons pour lesquelles les gens
demandent d'avoir le pouvoir discrétionnaire. Les situations qu'on pourrait
voir : quelqu'un brise ses lunettes, il en a besoin pour aller à sa formation. On pourra
l'utiliser, le pouvoir discrétionnaire, à ce moment-là. Vous allez voir que les
exemples sont... sans être farfelus, ces des
choses... Vous allez dire : Mais ça n'arrive pas souvent. Elle perd son
chèque, il y a...
Mme Maltais (Chantal) : Oui, ça va arriver, il y a des gens qui perdent
leur chèque. Il n'y a pas de raison qu'ils restent sans somme. Alors, à ce moment-là, on pourrait utiliser le
pouvoir discrétionnaire de 83.8.1 et non l'article
L'article 49 est pour les gens à l'aide
sociale. 83.8.1 est pour les gens à Objectif emploi, pour les situations qui
peuvent s'appliquer.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Moi, j'ai bien compris qu'on parle de deux pouvoirs discrétionnaires
différents. Dans 49, on parle d'un pouvoir discrétionnaire pour une aide
pour une personne qui n'est pas à l'aide sociale.
Mme Maltais
(Chantal) : Qui n'est pas admissible...
M. Turcotte :
C'est ça.
Mme Maltais
(Chantal) : ...parce qu'elle a des biens excédentaires ou des choses
comme ça.
M. Turcotte :
Ça, là, M. le Président, j'ai tout compris ça, là. On peut répéter, mais ça,
j'ai compris ça. Mais, moi, ce que je
dis, là, c'est que 49, c'est un pouvoir discrétionnaire d'aider momentanément
une personne dans sa vie, qui n'est pas admissible, soit... On va prendre
l'exemple de la maison à 500 000 $. Bon, il arrive... La maison, elle
peut bien l'avoir à 500 000 $, mais elle ne la vendra pas dans
ce mois-ci, là. Bon, donc, je peux comprendre ça. Mais l'autre pouvoir discrétionnaire qui est prévu à l'article 83.8.1,
là, qui sera renuméroté dans la loi, là, ça, c'est un pouvoir discrétionnaire
pour allouer un montant pour quelqu'un qui
est déjà à Objectif emploi et qui, pour une raison comme... perd son chèque,
les lunettes, etc. C'est deux choses
différentes, là. Donc, ce qui fait en sorte qu'une personne qui est déjà à
Objectif emploi... Et il y a le même
parallèle à l'aide sociale. Quelqu'un qui ne pourrait pas prendre sa prestation
de base pour assumer une dépense qui
est excessive parce que c'est, bon, les lunettes qui sont brisées, comme vous
dites, ou elle a perdu son chèque du
mois, bien, c'est sûr que, là, elle est à risque, là, le logement, etc., la
nourriture. Donc, ça, c'est une chose. C'est quelqu'un qui est déjà dans
le système, appelons ça comme ça.
ce qu'on parle, c'est quelqu'un qui ne l'est pas. Moi, ma question : Il va
arriver quoi avec quelqu'un qui n'a jamais été à l'aide sociale? Donc,
théoriquement, cette personne-là serait dirigée vers Objectif emploi.
Le Président (M. Poëti) : Qui va répondre? Est-ce que c'est Me Melançon? Si
vous le désirez, là, c'est vous que je voyais.
Des voix :
Consentement.
Le Président
(M. Poëti) : Consentement. Alors, Me Melançon, à vous la parole.
M. Melançon
(Hugues) : Hugues Melançon, avocat aux affaires juridiques. Donc, tout
va dépendre de son admissibilité. Au moment
où elle arrive, à partir du moment où elle n'est pas admissible à l'aide
sociale, donc, elle peut tenter de
faire une demande en vertu de l'article 49, puisque l'article 49 vise des
personnes qui ne sont pas admissibles à
l'aide sociale. On a vu tantôt que, dès qu'une personne, via le calcul
d'admissibilité, est admissible à l'aide, si elle est primodemandeur, elle sera dirigée vers Objectif
emploi. À partir du moment où son admissibilité est établie, et donc qu'elle
entre à Objectif emploi, le pouvoir discrétionnaire auquel elle a droit, c'est
celui de 83.8.1. C'est ça qui est la distinction entre les deux, c'est l'admissibilité. Donc, dès que la personne est
déclarée admissible, le pouvoir discrétionnaire qu'elle peut invoquer,
c'est celui qu'on a adopté dans le cadre du
chapitre V.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : De
ce que je comprends, c'est que, peu importe le cas de figure d'une personne qui
n'a jamais été à l'aide sociale, toutes les
raisons qui feraient en sorte que cette personne-là ne serait pas admissible à
Objectif emploi ont
été étudiées, et l'analyse qui est faite, c'est : Objectif emploi, ça ne
pose pas problème, donc cette personne-là pourrait avoir une aide. Exemple, elle a des actifs plus
élevés que ce qu'elle a droit, donc elle pourrait quand même avoir Objectif
emploi.
Mais,
moi, ce qu'on m'avait dit et ce que j'avais compris lorsqu'on avait étudié un
article précédent, c'est que la personne,
pour l'admissibilité, on tenait compte quand même d'un certain nombre de
facteurs. Donc, moi, ma crainte, c'est
qu'il y a des gens... Je crois que les actifs, on tenait compte quand même à
l'admissibilité. Donc, si la personne a des actifs plus grands, même si elle arrive à Objectif emploi, qu'est-ce qui
va lui arriver? Parce que, si elle a trop d'actifs, elle ne sera pas admissible, et, si elle n'est pas
admissible, mais qu'elle est primodemandeur, donc elle ne sera... le premier
article ne s'applique pas à elle.
Mme Maltais
(Chantal) :
L'article 49
s'applique. C'est-à-dire que la personne qui arrive, comme vous dites,
elle a une résidence dont la valeur est
excédentaire qui ne la rend pas admissible à l'aide sociale, on utilise
l'article 49. Elle n'est pas
entrée à Objectif emploi, elle est à l'aide sociale, elle fait sa demande
d'admissibilité. C'est l'article 49 qui va s'appliquer tel qu'il s'applique
aujourd'hui. La personne nous dit que, bon, je ne sais pas, moi, elle va vendre
sa maison. Alors, en attendant, on va
l'aider en vertu de l'article 49. Lorsqu'elle est admissible à Objectif
emploi, c'est 83.8.1 qui va s'appliquer. Mais le 49 va s'appliquer de la
même manière tant et aussi longtemps que la décision de son admissibilité, elle n'est pas prise. Alors, la
même personne qui a la même maison, il va lui arriver la même chose avec
l'article 49.
M. Turcotte :
M. le Président.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
J'essaie de lire, là, le deuxième alinéa : «Le premier alinéa ne
s'applique pas à l'adulte seul ou à la famille qui bénéficie d'une prestation
en vertu du Programme objectif emploi.» Si la personne bénéficie d'une
prestation du programme Objectif
emploi, c'est parce qu'elle aurait été admissible à l'aide sociale. Donc,
pourquoi faire le lien? Si la
personne n'est pas admissible à l'aide sociale, comme il est prévu dans le
premier alinéa, ça sert à quoi d'ajouter ça?
M. Melançon
(Hugues) : En fait, c'est pour un peu boucher un trou possible qu'une
personne... Ça revient un peu à
l'article qu'on a adopté précédemment, qui... pour une introduction de cumul,
en fait, pour éviter qu'une personne, par
exemple, qui aurait vu sa prestation réduite en vertu d'Objectif emploi fasse
une demande en vertu de l'article 49. Si l'article 49 ne spécifie pas qu'on ne peut pas faire le cumul entre
le pouvoir discrétionnaire d'un programme et de l'autre, les personnes pourraient être tentées de
dire : Bien, moi, je n'en ai pas assez avec mon aide d'Objectif emploi, je
fais une demande en vertu du pouvoir
discrétionnaire. Donc, l'amendement... pas l'amendement, mais la modification
ici fait en sorte que le seul pouvoir
discrétionnaire auquel la personne peut recourir, c'est celui qu'on a adopté en
vertu du chapitre.
M. Turcotte :
M. le Président, de ce que je comprends, une personne qui est à Objectif
emploi, là, le cas de figure qui nous est présenté, une personne qui est
à Objectif emploi, qui, en vertu du régime des sanctions possibles, serait, mettons, amputée, là, de pratiquement 50 % de sa prestation, pourrait dire, puis
c'est le risque qui pourrait arriver : Bien, je vais tenter d'avoir le discrétionnaire du
ministre parce que je ne suis pas admissible à l'aide sociale. Donc, je
pourrais tenter de me prévaloir de ça. C'est le risque qu'on veut ne pas
qui se produise.
M. Melançon
(Hugues) : Alors, effectivement parce que, quand on lit
l'article 49, l'article 49, dans le moment, ne s'applique pas seulement aux personnes qui ne
sont pas admissibles, mais également... non... C'est ça. Si vous lisez la première ligne de
l'article 49 : «Le ministre peut accorder une prestation à un adulte
seul ou à une famille qui n'est pas admissible au programme [...] ou
qui, bien qu'étant admissible, n'aurait pas droit à cette prestation...» Et
donc on voyait une possibilité, du moins, là, sur le plan technique, là, ou sur
le plan du libellé, qu'une personne puisse être amenée à recourir au pouvoir de l'article 49. Donc, ici, en
ajoutant le deuxième alinéa, on s'assure que le seul pouvoir
discrétionnaire qui est invoqué, c'est celui qu'on planifie en vertu du
chapitre V.
M. Turcotte :
M. le Président, j'essaie de suivre, là, parce que, la dernière séance, le
ministre a dit : On ne veut pas complexifier la loi puis on ne veut
pas écrire pour ne rien dire, le principe que nous connaissons en commission parlementaire. Mais là j'ai de la misère à
comprendre l'utilité d'ajouter ça dans le sens où, à l'article précédent que
nous venons d'adopter, on mentionne...
Justement, l'argument du ministre était : On ne peut pas avoir un cumul de
prestations. Donc, si on le prévoit à
l'article... bien, 47 modifié, là, par l'article 22 du projet de loi,
pourquoi revenir avec une nouvelle formulation
à l'article 49, tel que modifié par l'article 23 du projet de loi,
qui, au fond, revient au même, là, qui dit que la personne ne peut pas
avoir un cumul de deux prestations? Dans le cas avec le «ou qui, bien
[qu'était] admissible, n'aurait pas droit à
cette prestation», bien, ça, ce bout-là, en tout cas, il est éliminé, là, par
l'article 47 parce que quelqu'un qui est à Objectif emploi ne peut
pas avoir de l'aide sociale, et vice et versa.
Donc, ça, selon moi,
ce risque-là est... cette brèche-là était colmatée par l'article précédent. Du
moins, c'est l'argument qu'on nous a servi
pour qu'on adopte l'article précédent. Et là, dans le cas où on nous dit :
Bien, si la personne est à Objectif
emploi, mais qu'elle est sanctionnée et que... donc elle ne serait pas admissible,
que, là, on puisse se prévaloir de
ça, je peux comprendre, mais, en même temps, il me semble que l'article
précédent était clair sur cette question-là parce que, bien que... La personne pourrait quand même
se prévaloir du pouvoir discrétionnaire du ministre, de l'autre aspect.
Donc, je ne sais pas, j'essaie de voir l'utilité d'ajouter ça.
M. Blais :
Deux choses. Tout d'abord, bon, avant de parler de l'utilité, il faut
comprendre que, dans l'article précédent,
effectivement, on voulait éviter un cumul. Mais c'est surtout... au-delà de ça,
là, au niveau de sa structure même, c'est
que, comme on crée un nouveau programme, il faut s'assurer de savoir quels sont
les droits qu'on veut accorder ou quelles
sont les obligations, par exemple, de ne pas faire de cumul, hein, qu'on veut
aussi rappeler. Moi, ma compréhension, hein,
c'est qu'il est nécessaire, cet article-là, pour qu'on reconnaisse le même
droit d'accès au pouvoir discrétionnaire du ministre que ce qu'on fait
pour les autres participants à l'aide sociale.
Si vous me
dites, puis je ne suis pas certain que vous voulez me dire ça tout de suite,
mais, si vous me dites : Il me semble
qu'on a déjà le niveau de protection, on n'a pas besoin de cet article-là, il
est excessif, la sous-ministre nous a déjà expliqué que, compte tenu des
droits particuliers qu'on accorde, au niveau des actifs et du maintien des
actifs, aux participants à Objectif emploi,
les situations qu'ils ont évaluées sont rares où ça pourrait se produire. Mais
on voudrait le conserver parce que,
dans le domaine du pouvoir discrétionnaire, il faut quand même... je pense que
les réalités humaines sont complexes, puis on peut parfois oublier
quelque chose.
Mais, si vous
voulez défendre que cet article-là n'est pas nécessaire, que les gens ont la
même protection avec l'article
précédent, on peut le regarder, mais moi, je vous conseille... je vois un petit
peu, là, opiner de la tête nos juristes, qu'il serait préférable, c'est une raison de protection d'accès à ce
droit, à ce pouvoir discrétionnaire là, qu'on le reconnaisse aussi
explicitement dans la loi pour les participants ou ceux qui se présentent à
Objectif emploi.
Le Président (M. Poëti) : Mme
la députée de Gouin. Si c'était possible, par alternance, M. le député. Merci.
Mme David (Gouin) : Merci, M.
le Président. Bonjour à tous et à toutes.
Moi, j'essaie
de comprendre. Sur le fond, là, le premier alinéa que je viens de lire, ma
compréhension très simple, en mots
concrets, c'est : Il y a des situations de dénuement total où le ministre
peut exercer un pouvoir discrétionnaire et aider une personne. C'est ça?
La sous-ministre me fait signe que oui. Alors, si on dit que ce premier alinéa
ne s'applique pas à un adulte seul ou une
famille qui bénéficie d'une prestation en vertu du programme Objectif emploi,
moi, ce que je comprends très simplement, c'est qu'une personne qui
bénéficie du programme Objectif emploi et qui, par exemple, effectivement,
serait coupée de la moitié de son chèque ne pourra d'aucune façon invoquer une
situation de dénuement total pour faire
appel au pouvoir discrétionnaire du ministre. Est-ce que c'est ça? Est-ce que
j'ai bien compris?
M. Blais :
Non, c'est-à-dire que... on s'excuse parce que... La personne peut toujours
recourir à 83.8.1. À vrai dire, puis
on a encore vérifié, là, l'interprétation, clairement, là, moi... On pourrait
se rallier à la position du député de Saint-Jean.
Il n'est peut-être pas nécessaire compte tenu de ce qu'on a déjà adopté. Notre
évaluation, c'est qu'en le faisant explicitement
on crée, l'expression n'est pas de moi, mais une certitude juridique par
rapport à ce pouvoir-là, on enlève toute
ambiguïté. Si vous avez l'impression qu'on a déjà réglé ça auparavant, là, par
83.8.1, on peut le laisser tomber, mais, vraiment, je ne vois pas
pourquoi on ne l'ajouterait pas. Je laisse ça à votre réflexion.
Mme David (Gouin) : Juste pour
essayer de continuer mon idée, M. le Président...
Le Président (M. Poëti) : Oui,
oui, allez-y, Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : ...parce que c'est peut-être moi qui ne comprends pas bien,
là, ça se peut, mais je vais juste être
concrète, puis parfois c'est quand on est concret qu'on voit si on se comprend
ou non. Une personne primodemandeur participe
au programme Objectif emploi, pour un certain nombre de raisons, a des
manquements, finalement, de manquement en
manquement, est coupée de la moitié de son chèque. Bon, cette personne-là, qui
est coupée de la moitié de son chèque, à
un moment donné est vraiment en situation de dénuement total, du genre... bien
là... Puis je sais bien que vous pourriez me dire : Bien, elle a
juste à retourner... mais, bon, la vie n'est pas si simple que ça.
Alors, elle
est vraiment dans une situation de dénuement et, si on ne l'aide pas
minimalement, disons, là, elle est chassée
de son loyer, et là elle se retrouve dans une situation d'itinérance. Moi,
j'appelle ça du dénuement total. Est-ce que, oui ou non, que ça soit écrit de n'importe quelle façon, là, cette
personne-là peut faire... je ne veux pas écrire le mot «appel» parce que ça, ça réfère à toute une autre
procédure, est-ce qu'elle peut demander à rencontrer un agent d'aide sociale, faire état de son dénuement total et
dire : Écoutez, là, je n'ai plus rien, je n'ai vraiment plus rien, je ne
peux même pas payer mon loyer, je suis mise à la rue, pouvez-vous
m'aider? Est-ce que c'est possible ou non?
M. Blais : Alors, la réponse,
c'est oui.
Mme David
(Gouin) :
Malgré — M. le Président, je m'adresse au ministre — l'article 23 sur lequel on est en train de discuter et qui dit que le premier alinéa
de l'article 49 ne s'applique pas à un adulte qui bénéficie d'une prestation
en vertu d'Objectif emploi? Vous ne trouvez pas ça un petit peu contradictoire?
M. Blais :
C'est qu'on est dans deux domaines différents, là, on ne parle pas exactement
de la même chose, là. Donc, encore
une fois, pour nous, là, c'est simplement de revenir à rendre explicite que le
pouvoir discrétionnaire doit aussi
s'appliquer à ces personnes-là. On crée un nouveau programme, on voulait rendre
explicite que ce pouvoir discrétionnaire peut aussi s'appliquer à ces
personnes-là.
Le Président (M. Poëti) :
Merci, M. le ministre. Alors, M. le député de Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Merci, M. le Président. M. le ministre, j'aurais une question précise.
Généralement, dans les projets de loi... dans ce cas-ci, quand on parle
du ministre, on parle du ministère, mais, dans ce cas-ci, strictement cet article-là, est-ce qu'on parle du ministre en tant que vous actuellement comme
ministre ou on parle encore du ministère? Parce qu'on parle d'un pouvoir
discrétionnaire, c'est très différent, là.
M. Blais :
Je pense que votre question, c'est de comprendre un petit peu comment c'est
fait, comment ça s'applique et qui, dans les opérations, font
l'évaluation. C'est ça, votre question, hein?
M. Schneeberger :
Pourquoi je vous demande ça, parce qu'advenant un cas particulier qui retontit
ici, à l'Assemblée nationale, moi, je
vous demande ça pour savoir si vous, dans cet article-là, vous perdez un
certain pouvoir qu'actuellement vous avez ou on parle vraiment d'un
pouvoir qui est attribué au ministère, c'est-à-dire à la machine
administrative.
M. Blais :
Votre question, c'est : Si on ne l'adoptait pas, cet article-là, est-ce
qu'on aurait une diminution de nos pouvoirs?
M. Schneeberger :
De votre pouvoir à vous en tant que ministre.
M. Blais :
Non, non, non. On veut simplement s'assurer que ce droit-là à recourir au
pouvoir discrétionnaire soit reconnu, là, pour ces personnes-là.
M. Schneeberger :
Alors, ici, quand on parle du pouvoir discrétionnaire du ministre, on parle du
ministère, on parle de la machine, pas du ministre lui-même.
M. Blais :
Bien, nécessairement, c'est ceux qui appliquent la loi, donc, bien sûr, c'est
les fonctionnaires qui ont à l'appliquer à tous les jours.
M. Schneeberger :
Alors, il y aurait un cas x qui retontit parce que le ministère a jugé que ça
ne s'appliquait pas, vous, comme ministre, vous auriez le pouvoir
d'inverser la décision malgré cet article.
M. Blais :
La sous-ministre peut peut-être... Mme Maltais peut expliquer, là, comment
ça se passe à ce moment-là.
Mme Maltais
(Chantal) : O.K. On pourra revenir plus tard pour voir... Si on change
une décision qui est déjà prise dans
le cadre, par exemple, du réexamen d'une décision ou la révision, ça va être
des articles qu'on va voir plus tard. Là, on est juste dans un pouvoir
discrétionnaire, c'est-à-dire un montant pour aider les personnes compte tenu
de leur situation particulière. Alors, ce
n'est pas une décision qui est renversée, mais bien une aide qui est attribuée
compte tenu de la situation de la personne.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député.
M. Schneeberger :
En tout cas, pour une fois, là, je suis vraiment avec l'opposition. Je
comprends mal un peu le... l'opposition
officielle et Mme la députée de Gouin. Je comprends mal cet article, pour
quelle raison on vient faire une exception
pour Objectif emploi, parce que, je veux dire, dans les grandes généralités, ce
n'est pas un
article qu'on devrait se
servir, puis, de toute manière, s'il arrive quelque chose, le ministre
lui-même, avec ses pouvoirs, pourrait intervenir de toute manière. En
tout cas, je comprends mal la question, l'exception dans cette règle-là.
Le Président
(M. Poëti) : Mme la sous-ministre.
Mme Maltais
(Chantal) : Oui. O.K., peut-être juste se rappeler qu'on a adopté
83.8.1, qui donne ces pouvoirs-là dans
le cadre d'Objectif emploi. Et ici on vient faire la correction dans l'article
49. C'est tout simplement de dire qu'on a déjà adopté un
article qui vient donner ces pouvoirs-là dans le cadre
du programme. On ne voulait juste pas qu'il y ait deux mentions. Alors,
c'est pour ça. Mais c'est pour ça qu'on dit : On pourrait toujours le
retirer, mais on trouve que la loi est plus
claire de le mettre comme ça. Mais on en est là parce que 88.3.1 vient, dans
les situations similaires à 49, donner un pouvoir discrétionnaire au
ministre. Alors, on l'a déjà adopté, là.
M. Schneeberger :
Dans le fond, vous enlevez cet article-là parce qu'il est déjà inscrit à un
autre article.
Mme Maltais
(Chantal) : Exactement.
M. Schneeberger :
C'est presque de la concordance.
Mme Maltais (Chantal) :
C'est de la concordance.
M. Schneeberger :
O.K.
M. Blais : Pour nous, M. le
Président...
M. Schneeberger :
C'est...
Le Président (M. Poëti) : Oui,
un instant, s'il vous plaît! Juste pour qu'on puisse s'entendre, on va laisser
le ministre pouvoir répondre à la question du député de Drummond et on pourra
reprendre. Excusez, monsieur.
M. Blais :
Pour nous, là, c'est de la concordance pure, là, hein, pour nous, hein? Et on
privilégierait de l'adopter pour cette raison-là.
Schneeberger :
O.K. Bien, M. le Président, pour moi, c'est beaucoup plus clair en parlant de
concordance, c'est-à-dire qu'il est
déjà à un autre... on ne le mentionnera pas deux fois, puis c'est correct, on
n'a pas besoin de souligner deux fois
la même chose. Ça, c'est plus clair. Moi, ce que je ne voulais pas à la base,
c'est d'enlever un certain pouvoir discrétionnaire
au ministre lui-même parce que, là, des fois, on le voit, là, il y a... des
fois, on demande des questions à l'Assemblée
nationale, puis c'est sûr que l'opposition... c'est peut-être plaisant pour
l'opposition de taper sur le ministre, mais
la réalité, dans ce cas-ci, on parle de personnes qui sont problématiques. Alors, tu sais, ce n'est pas le
but ici. Moi, je n'ai pas été en politique
pour faire de la politique sur le dos des démunis, surtout pas. Alors, c'est
vraiment bien pour moi de comprendre la priorité, et, si on m'aurait dit que le ministre
s'enlève un pouvoir, à ce moment-là, j'aurais été vraiment contre cet article. Merci.
Le Président (M. Poëti) : Merci,
M. le député. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Là, j'essaie de suivre, là, puis là je ne suis
plus pantoute. J'ai de la difficulté à comprendre. En tout cas, là, on nous a
déposé un amendement qui n'était pas dans le projet de loi et on nous dit que l'article que nous étudions actuellement, qui, lui, est dans le projet
de loi, c'est de la concordance avec
un amendement qui n'était pas encore connu avant le dépôt du projet de loi. Là, c'est parce que,
là, je ne sais pas jusqu'à quel point qu'on embarque dans quelque chose qu'on ne veut pas embarquer, là.
M. Blais : ...M. le Président?
Le Président (M. Poëti) : Oui, M.
le ministre.
M. Blais : ...les choses au sérieux, là. Effectivement, notre collègue a raison de dire : On a apporté un amendement. Donc, à 83.8.1, là, on a apporté un amendement. Aujourd'hui, c'est de la concordance, hein? Donc, on peut le dire comme ça, je pense, de facto, c'était de la concordance aujourd'hui. À l'époque, ce n'était pas dans le projet de loi. Donc, c'est
pour ça que... Encore une fois, pour nous,
c'est préférable. Le projet de loi a évolué, on a apporté un amendement.
On pense que ça ne nuit pas de le
laisser, au contraire, mais, bon, si c'est problématique vraiment,
là, on peut passer à un autre article.
Le Président (M. Poëti) : M. le
député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Moi, M.
le Président, je crois que cet
article-là pose problème parce que moi, je ne vois du tout de la concordance là-dedans en fonction de l'explication qu'on m'a servie, du moins, à trois reprises, là, sous différents
titres et, je pourrais dire, qualités
aussi, là, selon l'évolution de la réflexion. Moi, ce que j'ai posé comme
question précédemment, c'est qu'à
l'article 83.8.1 on parle d'une aide... non, un pouvoir discrétionnaire pour le
ministre d'aider. Puis là je vais le lire, là : «Le ministre
peut accorder à un participant — donc c'est quelqu'un qui est déjà à Objectif
emploi — ou à sa famille une aide financière
exceptionnelle s'il estime que, sans cette aide :
«1° soit la réalisation du plan d'intégration en
emploi de ce participant serait compromise;
«2° soit
ce participant ou [un] membres de sa famille seraient dans une situation
qui risquerait de compromettre leur santé ou leur sécurité ou de les
amener au dénuement total.»
Donc, ça,
c'est quelqu'un qui est déjà dans le parcours, dans le programme, et, pour une
raison, l'exemple qu'on nous a donné, bon, ses lunettes sont brisées, ça coûte
cher, faire faire des nouvelles lunettes, elle a perdu son chèque... Donc, ça, c'est toutes des raisons d'une personne qui
est déjà dans le programme puis qui pourrait avoir une aide au terme «exceptionnel», une aide financière
exceptionnelle. Bon, ça, ça va. On nous a dit qu'il y avait la même chose à
l'aide sociale actuellement. On n'a pas de problème avec ça.
Là, lorsqu'on
arrive à l'article 23, qui modifie l'article 49 de la loi, on nous dit :
«Le ministre peut accorder une prestation à un adulte
seul ou une famille qui n'est pas admissible au programme pour un motif autre
que celui prévu au paragraphe
1° de l'article 27 ou qui, bien qu'étant admissible, n'aurait pas droit à
cette prestation s'il estime que, sans cette
prestation, cet adulte ou les membres de cette famille seraient dans une situation
qui risquerait de compromettre leur santé,
leur sécurité ou [...] les amener au dénuement total.» Là, on ajoute qu'au fond
le premier alinéa ne s'applique pas à un adulte seul ou à une famille
qui bénéficie d'une prestation en vertu du programme Objectif emploi.
Il y a deux volets à l'article 49. Comme Me
Melançon nous a expliqué, il y a : le ministre peut accorder une prestation à un adulte ou à une famille qui n'est
pas admissible au programme pour un motif autre, bon, ou qui, bien qu'il
est admissible, n'aurait pas droit à cette
prestation. Pour la deuxième partie, on a déjà adopté un
article précédent qui
empêche le cumul des prestations. Donc, ça, c'est le... moi, selon moi, c'est
le problème le plus grave dans le sens que quelqu'un pourrait se ramasser avec deux prestations, dont une, mettons,
à Objectif emploi, sanctionnée, et de vouloir se prévaloir d'une aide
exceptionnelle, donc d'une allocation spéciale. Ça, c'est la personne qui est
déjà au programme Objectif emploi qui pourrait avoir le cumul, mais, ça, si
la personne, admettons que soit qu'elle a été sanctionnée ou soit que... il
y a cet
article
qui vient l'aider pour que cette personne-là ne se retrouve pas dans la misère,
dans le dénuement total.
L'autre
aspect, s'il y a une personne qui n'est pas admissible... Et là moi, j'ai une crainte. J'ai une crainte
qu'une personne qui n'est pas
admissible... parce que, là, on parle de l'aide sociale parce que c'est...
l'article 49, quand on parle... au
programme... Le titre, là, dans la loi, actuel,
section I, c'est :
«Programmes d'aide financière,
Chapitre I, Programme d'aide sociale.» Donc, c'est vraiment à l'aide
sociale. Donc, quelqu'un qui n'est pas admissible à l'aide sociale, bien, si la
personne bénéficie d'une prestation en vertu
du programme Objectif emploi, bien, elle ne pourrait pas... mais ça, on le
sait déjà parce qu'on l'a dit : Si elle a déjà une prestation, elle ne
peut pas en avoir une autre.
Donc,
moi, je crois que... Le ministre n'a pas accepté d'ajouter cinq mots, là, pour
dire que la personne ne serait pas informée avant parce qu'il ne voulait pas parler
pour ne rien dire, mais moi, je crois qu'on ajoute une phrase assez
longue qui est, selon moi, inutile et qui pourrait, à la rigueur, brimer des
possibilités d'une personne qui serait dans le dénuement total, là, puis qui ne pourrait pas être aidée parce qu'elle
était éligible à... elle pourrait être dirigée vers Objectif emploi,
mais que, dans les faits, elle ne pourrait pas. Donc, moi, je crois que...
M. Blais :
Bien, écoutez, M. le Président, là, on voit bien le noeud. Je pense que le
collègue, le député de Saint-Jean craint
qu'on puisse faire perdre un droit, hein? Alors, ce n'est pas notre intention.
Alors, on va essayer de travailler encore là-dessus parce que, si c'était simplement de dire : Bon, évitons
d'ajouter des choses pour ajouter des choses, je serais le premier à l'appuyer. Nous, on n'a pas cette
interprétation-là, bien au contraire, que la rédaction actuelle puisse enlever
un droit. Alors, c'est pour ça que c'est
important d'avoir la discussion actuelle, là, pas pour nous-mêmes, mais pour
ceux qui pourraient éventuellement, là, perdre ce droit-là.
Je ne sais pas si on
peut demander l'appui de maître... un peu d'aide de Me Melançon là-dessus.
Le Président
(M. Poëti) : Parfait, M. le ministre. Me Melançon.
M. Melançon
(Hugues) : Écoutez, la
personne qui n'est pas admissible à l'aide sociale, par définition, ne peut
pas être dirigée vers Objectif emploi. Donc,
la situation que je croyais que vous évoquiez, c'était la situation
où une personne pourrait être inadmissible à l'aide sociale et à
Objectif emploi. Cette situation ne peut pas se produire parce que c'est l'admissibilité à l'aide sociale qui fait en sorte
qu'une personne est dirigée vers Objectif emploi. Donc, une personne qui
n'est pas admissible à l'aide sociale peut
recourir ou peut demander au ministre d'exercer son pouvoir discrétionnaire en vertu de
l'article 49 en tout temps. Si, par ailleurs, elle est
dirigée vers Objectif emploi, elle devient une prestataire du programme Objectif emploi et, dans ce cas-là, elle
peut s'adresser au ministre via le pouvoir discrétionnaire qu'on a introduit
via l'amendement de 83.8.1.
Le Président
(M. Poëti) : Parfait, Me Melançon.
M. Turcotte :
M. le Président, je veux juste conclure ma...
Le Président
(M. Poëti) : Conclure, ensuite ce sera le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Turcotte : Donc, je comprends que cet article-là
est inutile dans ce cas-là parce que, si la personne est déjà au programme Objectif emploi,
donc elle n'est pas admissible à l'aide sociale, donc ça ne s'applique pas, le
début du premier alinéa de l'article
49, et, si elle est admissible, mais là, dans ce cas-là, on a déjà l'article
précédent qui dit qu'on ne peut pas avoir un cumul des prestations.
Donc, moi, selon moi, c'est inutile, cet article-là.
Le Président
(M. Poëti) : Parfait. Est-ce que...
M. Blais :
Si le problème est posé autrement, là, M. le Président, si c'est inutile, on
l'a déjà dit, on peut le regarder, et, si on s'entend sur le fait, là, que le
problème n'est pas une perte de droit, hein, mais qu'il est peut-être superfétatoire, là, on est prêts à le regarder
pour voir si d'autres collègues ont quelque
chose à dire là-dessus.
Je vais consulter pendant ce temps-là.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député de Drummond—Bois-Francs voudrait s'exprimer.
M. Schneeberger : Oui, merci, M. le Président. Je remarque
ce matin que le député de Saint-Jean est vite sur ses patins parce que
je n'avais pas fait le lien. C'est vrai que, par la suite, l'article
qu'on parlait, le 83.8.1, a été amené par la suite, c'est-à-dire que l'article 23 ici dont on parle était déjà
inscrit. Moi, je vous... Bien, en tout cas, là, c'est parce que
le ministre est en discussion, peut-être suspendre parce que j'aimerais
ça lui poser la question, là.
Le Président (M. Poëti) : Bon, bien, juste une petite seconde. Juste aux
fins de la question, voulez-vous qu'on suspende quelques minutes, M. le
ministre?
M. Blais :
Je pense que oui. On va régler la question avec les collègues, puis ensuite...
Président (M. Poëti) : Bien sûr. Alors, on va suspendre les
travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
10 h 50)
Le Président (M. Poëti) : Alors, nous allons reprendre nos travaux après
ces discussions qui, je l'espère, ont été constructives. Alors, M. le
ministre.
M. Blais :
Je pense que c'est le député de Saint-Jean qui va parler le premier, M. le
Président.
Le Président
(M. Poëti) : ...la période de questions. Alors, M. le député
de Saint-Jean, la parole est à vous.
M. Turcotte : Oui. M. le
Président, je vais préparer un
libellé d'amendement pour retirer l'article 23 du projet de loi.
Le Président (M. Poëti) : Parfait. Alors, nous allons suspendre quelques
instants, le temps que le libellé soit écrit et transmis à l'ensemble
des parlementaires.
(Suspension de la séance à
11 h 2)
Le Président (M. Poëti) :
M. le ministre, vous allez déposer un amendement. La parole est à vous.
M. Blais : Oui, c'est un amendement qui est bien
simple. Suite aux discussions que l'on a eues avec les collègues, là, on va proposer de supprimer l'article
23 du projet de loi. Je vous explique un peu, en tout cas,
notre point de vue, M. le
Président, notre collègue député de Saint-Jean pourra ajouter.
notre point de vue, ce qui est important, je le dis au micro,
là, c'est important que les personnes qui seront à Objectif
emploi ne puissent pas considérer qu'elles ont deux pouvoirs discrétionnaires,
peuvent recourir à deux pouvoirs discrétionnaires
distincts et puis aller à l'un et à l'autre. C'était vraiment
ça, l'intention qu'il y avait dans cet
article 23. Cependant, bon, on l'a déjà reconnu ici, là, ce
pouvoir discrétionnaire, il est important pour nous, il a déjà été ajouté, là, antérieurement.
Donc, déjà, on a dit que les situations de dénuement total — ça va
peut-être intéresser la députée de Gouin — curieusement,
les situations de dénuement total qu'on a examinées sous Objectif
emploi risquent d'être plus rares
qu'à l'aide sociale, compte
tenu qu'on donne un certain nombre de privilèges au niveau de la protection du
montant de base, hein, donc, mais,
malgré tout, il y avait certains cas qui ont été étudiés, qui peuvent se
présenter, ils sont moins nombreux.
On voulait avoir une bretelle avec la
ceinture, mais je pense qu'on peut le retirer, là, sans trop d'inconvénients.
Le Président
(M. Poëti) : Parfait. Alors, le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Regardez, mais moi, dans mes travaux, avant de venir...
article par article,
j'en avais déjà préparé, un amendement
sur l'article 23, mais ça, c'était avant l'amendement, le dépôt de l'amendement du 83.8.1, justement, quand on disait
qu'une... Dans le fond, on enlevait les mots «ne s'applique pas» à
«s'applique également». Là, ce que je vois par les discussions, c'est qu'avec l'amendement amené par le ministre
on a assoupli un peu la loi elle-même, initiale, mais je veux quand même m'assurer qu'il n'y aura pas justement
de problème où est-ce qu'on peut faire des recours, là, au niveau judiciaire pour aller chercher les deux
points, tu sais, parce qu'à un moment
donné c'est des coûts, là, puis je ne veux
pas créer des attentes non plus aux personnes. Ça fait que ça, je veux m'en
assurer. Je sais que le ministre vient de le dire, le ministre l'a dit, c'est correct, mais on sait qu'il y a
toujours, des fois, des avocats qui aiment ça, travailler bien fort, là, pour aller chercher des points. Alors, je ne
voudrais pas créer de fausses attentes au niveau des premiers demandeurs.
Si on m'assure que ça ne se fera pas, il n'y
a pas de problème parce qu'à la base moi aussi, je voulais... Dans
le fond, on a enlevé l'article. Alors, je vais être en faveur de
l'amendement du ministre.
Le Président (M. Poëti) : Parfait. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Sinon, nous allons procéder à la mise aux voix.
M. le ministre.
M. Blais :
...rassurer le collègue, M. le Président, là, ce qu'on me dit, là, c'est
qu'on peut gérer le risque avec simplement
une directive au niveau, là, de la fonction publique, là. Donc, ça devrait...
On va pouvoir éclaircir ça facilement.
Le Président (M. Poëti) : Merci. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'amendement pour l'article 26, qui a trait à... 23, pardon, au
projet de loi, qui serait supprimé. Est-ce que nous sommes en faveur?
Le Président (M. Poëti) : Adopté. Merci. Donc, l'amendement de l'article 23
est adopté. Donc, nous revenons à l'article 23. Donc, il est supprimé.
On revient à 20, à l'article 20.
Le Président (M. Poëti) :
Exactement, M. le ministre.
M. Blais : Alors, j'en fais la lecture, M. le Président.
L'article 22 de la loi... Je ne suis pas au bon endroit,
là... 20 de la loi... Excusez-moi.
Le Président
(M. Poëti) : M. le ministre.
Blais : Alors, M. le Président :
L'article 22 de la
Loi sur l'aide aux personnes et
aux familles (chapitre A-13.1.1) est modifié par l'ajout, à la fin, de
l'alinéa suivant :
durée de la période de cohabitation minimale d'un an prévue au paragraphe 3° du
premier alinéa peut être augmentée par règlement, dans les cas et aux
conditions qui y sont prévus.»
«1° les personnes
liées par un mariage ou une union civile qui cohabitent;
les personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui cohabitent [...] qui sont
les parents d'un même enfant, sauf si elles démontrent que leur
cohabitation est temporaire et résulte de circonstances exceptionnelles liées à
un problème grave de santé de l'une d'elles ou d'un de leurs enfants;
les personnes majeures, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent
maritalement et qui, à un moment
donné, ont cohabité pendant une période d'au moins un an.
«Ces
personnes continuent d'être des conjoints ou, aux fins du paragraphe
3° du premier alinéa, sont présumées avoir continué de cohabiter
malgré l'absence temporaire de l'une d'elles.
durée de la période de cohabitation minimale d'un an prévue au paragraphe
3° du premier alinéa peut être
augmentée par règlement, dans les cas et aux conditions qui y sont prévus.»
L'article 22 définit
qui sont les conjoints au sens de la loi.
Le paragraphe 3° du premier alinéa de
cet
article considère notamment comme des conjoints les personnes majeures de
sexe différent ou de même sexe qui vivent maritalement et qui ont cohabité
pendant une période d'au moins un an. La modification proposée permettrait au gouvernement
d'augmenter cette période dans certains cas. La période de cohabitation
minimale, donc, serait augmentée dans
les cas où un adulte participant à
Objectif emploi vit maritalement avec un adulte non participant de manière à faire en sorte
qu'ils ne deviennent pas une famille au cours de la participation à Objectif
emploi. Cette solution est avantageuse pour les deux adultes, en plus de
faciliter l'administration du programme Objectif emploi.
Alors, on a déjà vu,
M. le Président, que l'aide sociale s'adresse à des ménages. Ces ménages
peuvent être constitués d'une seule personne
ou d'un plus grand nombre de personnes, conjoints et enfants. Donc, c'est à la
fois une question de gestion, c'est
de la façon dont les chèques sont distribués, la façon dont les montants sont
alloués, là, tiennent compte, là, du fait que vous êtes en ménage ou
pas. Alors, l'enjeu, c'était de savoir : Mais qu'est-ce qu'on fait si une personne est à Objectif emploi et l'autre personne
n'est pas à Objectif emploi? Bien, c'est de permettre, là, quand même
que les allocations supplémentaires qui sont prévues, là, puissent être
accordées, là, pendant cette période de temps.
Le Président (M. Poëti) : Merci,
M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? S'il
n'y a pas de... Une intervention
du député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Donc, je
comprends que cet article-là,
c'est pour tout le monde à l'aide
sociale ou... bien, pour les gens à l'aide
sociale et éventuellement à Objectif emploi ou uniquement pour les gens à l'aide sociale ou uniquement à Objectif emploi?
M. Blais :
C'est uniquement à Objectif emploi.
M. Turcotte : O.K. Pourquoi le ministre, dans le cas des gens à Objectif emploi,
changerait, au fond, la durée de la période de cohabitation pour les
gens d'Objectif emploi et pas pour l'aide sociale?
M. Blais : Essentiellement, c'est pour des raisons de simplification administrative. Autant on ne veut pas tenir
compte de l'évolution de certains actifs
pendant la période d'allocation pour faciliter un petit peu cette période-là,
là, sous Objectif emploi, autant on
ne veut pas tenir compte de changements, donc de modifications, du fait que
vous habitez avec quelqu'un ou
n'habitez plus avec quelqu'un après 12 mois, qui pourraient avoir un
impact, si je comprends bien, un impact négatif, là, puis qui pourraient diminuer votre allocation, là, d'aide à
Objectif emploi, ce qui fait que la personne, malgré ces changements-là — on en a évoqué un certain nombre, mais
malgré celui qui est lié au statut marital — va toujours s'assurer de conserver le
montant le plus important, là, qui pourrait lui être accordé, sans coupure.
M. Turcotte :
M. le Président?
Le Président (M. Poëti) : Oui,
M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Oui, merci. J'essaie de comprendre quand le ministre nous dit que c'est
uniquement pour les gens d'Objectif
emploi parce que j'essaie de voir... Bon, premièrement, l'article 22, bien
entendu, ne parle pas d'Objectif emploi parce que c'est l'article 22 de la loi actuelle. Et là, dans la
modification, dans... bien, pas l'amendement, mais dans l'article 20
du projet de loi... n'est pas spécifié pour
les gens d'Objectif emploi, et l'article 22 est dans le
chapitre II
de la loi, et le
chapitre II,
c'est les «Dispositions communes» et,
section I, «Définitions». Donc, ma
lecture, c'est que ça s'adresse aux différents
programmes de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles. Ça fait que
j'essaie de comprendre pourquoi que ça s'adresse juste à Objectif
emploi, et ce n'est pas mentionné nulle part, là.
M. Blais :
Bien, c'est mentionné dans le... c'est repris dans le règlement. Je vais le déposer,
mais je vais le lire auparavant pour
gagner du temps, là. Donc, l'intention réglementaire pour l'article 20 se
lit comme suit : «La période de cohabitation
minimale serait augmentée — là, vous savez, après ça, on considère qu'il y a... vous vivez maritalement,
et là, bien sûr, il y a une diminution,
nécessairement, il y a une diminution de votre montant à l'aide sociale, donc
cette période-là — dans le cas où un adulte participant à
Objectif emploi vit maritalement avec un adulte non participant, de manière à
faire en sorte qu'ils ne deviennent pas une famille au cours de la
participation à Objectif emploi.» Donc, pendant toute cette période-là, ils ne deviennent pas une famille, donc
ils ne voient pas une diminution de leur chèque. Je vais le déposer.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, ce que je comprends...
M. Blais :
Je m'excuse...
M. Turcotte :
Ah! il n'y a pas de problème.
Blais : ...juste pour
illustrer, là, alors, ce qu'on me dit, là, ici, donc, deux personnes seules,
bien, ça pourrait être deux fois 623 $, 1 246 $, que vous recevez.
Quand vous êtes considérés, après le un an, comme couple, c'est 965 $.
Donc, à deux, vous perdez quand même 281 $. Ce n'est pas négligeable.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député.
M. Turcotte : Donc, ce que je comprends de l'intention
réglementaire qui découle de cet article-là, c'est pour les personnes qui ne sont pas encore considérées
comme un couple selon la loi, mais que, durant le parcours d'Objectif emploi, donc durant le 12 mois et,
éventuellement, la période supplémentaire, de ce que je comprends aussi de la
part du ministre... Donc, si la
personne, son programme est sur 18 mois, ou 20 mois, ou
24 mois... Donc si la personne est considérée dans le... Ça risque plus d'arriver dans le
premier 12 mois, là, parce que c'est «d'au moins un an», là, qui était prévu
dans la loi. Donc, dans le premier
12 mois, si la personne devient considérée comme un couple, il n'y aurait
pas un recalcul de la prestation de
base, dans ce cas-ci, d'Objectif emploi, sachant que l'intention réglementaire
du ministre ferait en sorte qu'on ne tiendrait pas compte de ce
changement sur l'aspect marital des choses. C'est ce que je comprends?
M. Blais : Oui, tout à fait. C'est une forme bien partielle
et incomplète, mais c'est une forme d'individualisation, hein, d'Objectif emploi pour une période de temps
donnée et avec, bien sûr, une composante de ménage qui est donnée, c'est-à-dire
une personne qui est à l'aide sociale et puis une personne qui est à Objectif
emploi.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
M. le Président, à ce moment-là, on parle ici vraiment de deux personnes
qui sont sur les programmes d'aide sociale,
étant donné que, si quelqu'un travaille et l'autre personne n'aurait pas... ne
serait déjà pas accessible au programme Objectif
emploi.
M. Blais : Mais peut-être pour être plus précis, il y a
une personne qui est à Objectif emploi, hein, pour être plus précis, là, parce que... une personne à
Objectif emploi et l'autre à l'aide sociale ou les deux à Objectif emploi. Ça
pourrait être le cas aussi. Les deux à Objectif emploi, ce ne serait pas
la même chose, bien sûr.
M. Schneeberger : O.K., ça m'amène justement... Des fois, on voit ça
dans les médias. Notamment, il y a quelques semaines,
là, ça ne fait pas très longtemps, deux cousins, une femme et un homme qui sont
cousins, que, là, l'aide sociale leur
réclame des montants parce que l'aide sociale juge qu'ils sont en couple, alors
qu'eux autres disent qu'ils sont des cousins.
C'est quoi, la procédure? Là, je sais qu'on sort un petit peu du sujet, mais
c'est quand même important parce
qu'on est proche, là... Quelle est la
procédure? Parce que, dans la vie normale, je veux dire, deux personnes peuvent
vivre en colocation puis, je veux dire, ça ne cause pas une
problématique au niveau fiscal, là.
M. Blais :
...un certain nombre de critères. Je peux demander à la sous-ministre Maltais
de vous les présenter, là, si vous voulez.
M. Schneeberger :
O.K.
Mme Maltais (Chantal) :
Je vais essayer d'y répondre du mieux que je peux, là, mais la vie maritale
s'appuie sur trois critères : la
cohabitation de 12 mois, le secours mutuel, l'entraide économique et,
facultativement, la commune renommée, c'est-à-dire la réputation de vie
commune. Alors, naturellement, ça demande quand même, je dirais, des procédures quand même assez complexes pour bien
connaître la situation de ces gens-là. C'est pour ça que, dans le cadre
d'Objectif emploi, comme on a toujours un objectif de simplification et comme
on peut, dans le cadre du projet, par règlement...
de venir donner une période plus longue à cette cohabitation-là, on souhaite le
faire. Donc, des gens qui, soit... au début, quand ils rentrent à
Objectif emploi, ils peuvent peut-être cohabiter depuis 10 mois, mais ça
se peut que la cohabitation débute pendant
qu'ils sont à Objectif emploi. Tu rencontres quelqu'un, alors cette
situation-là ne sera pas prise en
compte. Donc, même les revenus du conjoint ne seraient pas pris en compte.
C'est pour ça qu'on vient faire une extension,
de la même manière qu'on le fait pour les avoirs liquides, les biens, autant
pour la vie maritale, dans le cadre d'une
cohabitation. Compte tenu que, dans notre loi, il y a des précisions sur la
durée, dans le cadre du règlement, on va venir faire une extension pour permettre que, dans la période maximale
de 24 mois, il n'y ait pas de changement dans le cadre de cette
durée-là.
M. Schneeberger :
Tout le... Oui, c'est ça, au maximum, c'est 24 mois, étant donné que le
programme peut se poursuivre jusqu'à 24 mois.
Mme Maltais
(Chantal) : Les gens qui, dans le cadre... soit qu'ils l'étaient dès
le début, on pourrait... ça veut dire
que peut-être que, dans le calcul, on pourrait aller jusqu'à trois ans, là, pour
permettre que des gens qui cohabitent, par
exemple, depuis 11 mois, on soit sûr qu'il n'y ait pas de changement dans
leur situation maritale pendant la période qu'ils sont à Objectif emploi. Alors, comme le disait le ministre, ils
vont rester avec des montants individuels, et, quelle que soit la
situation du conjoint, elle sera prise en compte individuellement.
M. Schneeberger :
Bon, ça va pour moi.
Le Président (M. Poëti) : Merci, M. le député. Si vous me permettez,
on a subitement une assistance qui va suivre nos travaux. M. le ministre, je voulais vous les présenter, ce sont
des gens du Regroupement des jeunes chambres de commerce, qui sont avec nous. Actuellement, nous sommes à
l'étude du projet de loi
article par article, du projet de loi n° 70 sur
la solidarité sociale.
Alors, M. le
ministre, la parole est à vous.
M. Blais :
Merci. Alors, je les salue, bien sûr. Bienvenue à nos travaux.
Peut-être
une petite réflexion, en passant, sur cet article-là. On a souvent des échanges
ou on a eu des échanges à un autre
moment sur ce que pourrait être un revenu minimum garanti. Un revenu minimum
garanti ne peut pas être une grosse aide sociale parce que l'aide sociale a toutes
sortes de défauts, hein, qui fait que c'est un programme du XXe siècle
plus qu'un programme du XXIe siècle. Et ce genre de chose là, c'est-à-dire une
individualisation, même si c'est très embryonnaire
comme démarche, bien, il faut nécessairement tester un peu ces modèles-là, et
Objectif emploi nous permet de les
tester pour voir évidemment comment les comportements vont se réaliser, pour
voir si ça favorise ou non la sortie de l'aide sociale.
Le Président (M. Poëti) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Le député de Saint-Jean, la parole est à vous.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Ce que je comprends, c'est... Bon, le ministre
nous dit dans ses intentions réglementaires :
Ça s'adresse vraiment aux participants d'Objectif emploi. Il nous dit que c'est
un pas dans l'individualisation des
prestations, du moins pour les participants d'Objectif emploi. Est-ce que le
ministre a l'intention de faire le pas suivant pour les gens qui sont au
programme d'aide sociale?
M. Blais :
Non. Je viens de mentionner qu'on voulait faire ça, puis c'est un, disons, bon
groupe pour le faire, pour étudier...
On aura l'occasion... On a déjà mentionné qu'on voulait faire une évaluation du
programme dans deux ans et plus tard,
ensuite, dans cinq ans. C'est le genre de chose qu'il faut regarder. Il y a
plusieurs personnes qui pensent que l'individualisation
est une mauvaise chose et que ça causerait... ça enfermerait davantage les gens
à l'aide sociale. On peut penser que ça peut avoir un effet contraire.
Le Président (M. Poëti) : Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de l'article 20.
Est-ce que l'article 20 est adopté?
Une voix :
Sur division.
Le Président (M. Poëti) : Adopté sur division. Nous allons procéder
maintenant à l'article 32. M. le ministre.
M. Blais :
J'y arrive, M. le Président, j'y arrive. Alors, M. le Président, cet
article...
L'article 131, maintenant, de cette loi est modifié :
1° par l'insertion, après
le paragraphe 7°, du suivant :
«7.1°
augmenter, dans les cas et aux conditions qui y sont prévus, la durée de la
période de cohabitation minimale d'un an prévue au paragraphe 3° du
premier alinéa de l'article 22;»; ensuite
2° par l'insertion, dans le paragraphe 16° et
après «dans quels cas», de «une déclaration complète ou».
Alors, l'article 131, tel que modifié,
maintenant se lirait :
«Pour l'application du
titre I, le gouvernement
peut, par règlement :
«7.1°
augmenter, dans les cas et aux conditions qui y sont prévus, la durée de la
période de cohabitation minimale d'un an prévue au paragraphe 3° du
premier alinéa de l'article 22;
«16° prévoir,
pour l'application du deuxième alinéa de l'article 36, dans quel cas une
déclaration complète ou une déclaration abrégée doit être produite au
ministre.»
Alors,
l'article 131 de la loi regroupe les sujets sur lesquels le gouvernement peut
faire des règlements concernant les
dispositions du
titre I de la loi. La modification proposée ici est de
concordance avec celles proposées aux articles 26 et 36 de la loi.
Président (M. Poëti) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le
député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Donc, au fond, c'est un peu comme l'article
que nous avions étudié, qui regroupe tous les articles qui mentionnent les pouvoirs du ministre
par règlement. Donc, au fond, c'est un
article qui vient, si on
peut dire, en lien avec l'article que nous venons d'adopter. C'est ce
que je comprends?
M. Blais : Oui, on a la même
compréhension. On est faits pour s'entendre.
M. Turcotte :
Rendu à ce stade-ci, c'est moins problématique qu'au début, disons ça.
Le Président (M. Poëti) :
J'allais le souligner, mais vous pouvez continuer.
M. Turcotte : Je veux juste... Pour le deuxième paragraphe, par l'insertion, dans le paragraphe 16° et après «dans quels
cas», de «une déclaration complète ou», on parle de quoi exactement?
M. Blais : Alors, ça, c'est le fameux formulaire, très bien
connu, dont on a parlé il y a bien longtemps, si je me souviens bien, le fameux SR-0007
qui oblige toutes les personnes à l'aide sociale, sauf les personnes à la
solidarité sociale — donc,
oui, c'est ça, exactement, les personnes à l'aide sociale — à chaque mois, de faire
une déclaration sur des changements possibles à leur situation.
Bon, il est
un peu calqué sur l'assurance-emploi, hein, et puis on se rappelle que cette déclaration-là, elle est aussi problématique. Beaucoup de gens oublient, font une erreur, ont un
changement, appellent pour dire : Écoutez, je ne veux pas... ne coupez pas mon
chèque, c'est une erreur, c'est un oubli. Donc, ça occasionnait beaucoup de
gestion de cas particuliers, c'était lourd à gérer. On pense qu'on peut s'en
passer, hein, de ça, mais, en même temps, il faut rappeler toujours
aux personnes qu'elles ont une obligation de déclarer leur situation quand leur situation
évolue, mais elles ne sont plus obligées
de le faire, disons, à chaque mois, comme c'est le cas en ce moment. Donc, neuf fois sur 10, me dit-on, ils n'ont aucun changement à déclarer, mais parfois ils oublient de
faire leur déclaration, ils ne la font pas à temps, et là ça occasionne
des retards pour eux. Alors, suite à des discussions et compte tenu qu'on ouvrait la Loi de l'aide
sociale, pour parler comme ça, on s'est dit : Bon, on va le
faire pour toutes les personnes à l'aide
sociale, mais on va le faire aussi
pour les gens à Objectif emploi, on va être obligés de le faire.
Le Président (M. Poëti) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Donc, je
comprends que, pour le deuxième paragraphe
de l'article 32, ça s'applique à l'ensemble
des prestataires d'aide sociale et d'Objectif emploi, mais, dans le cas du premier, ça
s'applique uniquement à Objectif
emploi parce que, dans le règlement...
bien, dans l'intention réglementaire,
il est spécifié que c'est pour Objectif emploi. Mais il se pourrait que, par intention réglementaire future, le ministre
ou le Conseil des ministres pourrait décider d'élargir à l'ensemble des gens. C'est le règlement qui...
l'intention réglementaire qui balise Objectif emploi, mais il pourrait y avoir
un choix gouvernemental dans ce cas-là, là, de... ministériel.
M. Blais : Oui, là, il est pas
mal élargi, là, maintenant, là, déjà, mais, effectivement, oui.
M. Turcotte :
C'est ça, mais le deuxième paragraphe, c'est clair dans la loi que ça
s'applique aux gens à l'aide sociale et à Objectif emploi.
Président (M. Poëti) :
Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de
l'article 32. Est-ce que l'article 32 est adopté?
Une voix : Sur division.
Président (M. Poëti) :
Parfait. Alors, nous allons mettre fin à nos travaux, compte tenu de l'heure,
et reprendre nos travaux cet après-midi.
(Suspension de la séance à 11 h 29)
Président (M. Poëti) :
Si vous êtes d'accord, M. le
ministre, on pourrait débuter
bientôt. Oui. Alors, à l'ordre! Nous
allons reprendre nos travaux. Bienvenue à tous. Nous avions, en terminant, pour
tout le monde, adopté l'article 29. Donc, nous allons maintenant
aller à l'article 30. 29 a été adopté, c'est ça?
Le Président (M. Poëti) : Je
m'excuse, on a adopté 32, on va à 29. Excusez-moi, M. le ministre. Donc, nous
reprenons nos travaux. La parole est à vous, M. le ministre.
M. Blais : Alors, M.
le Président, donc c'est l'article
sur le principe de solidarité des débiteurs, là. Tout simplement, pour qu'on comprenne ce qu'on veut faire, encore une fois, le principe de solidarité des débiteurs existe à l'aide sociale, on veut simplement le
transposer et le rendre aussi actif, là, à l'intérieur d'Objectif emploi.
Je le lis maintenant :
L'article 89 de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, «de dernier recours» par «prévu au
chapitre I, II [...] V [et] du
titre II».
L'article 89 tel que modifié maintenant :
«Les conjoints sont tenus solidairement au remboursement d'un montant
recouvrable en vertu des articles 86, 87 ou 88 et accordé en vertu d'un
programme d'aide financière prévu au
chapitre I, II [...] V [et au]
titre II, que ce montant ait été accordé à
titre
d'adulte seul ou de famille comprenant un ou deux adultes.
«Toutefois,
n'est pas tenu au remboursement le conjoint d'une personne à qui une prestation
a été accordée et qui démontre ne pas avoir reçu l'avis prévu par
l'article 97 ou que la réclamation a pour motif l'acte ou l'omission de
l'autre conjoint et qu'il ne pouvait raisonnablement connaître ce motif.
«De même,
n'est pas tenu au remboursement le conjoint qui démontre qu'il a été dans
l'impossibilité de déclarer sa situation réelle en raison de la violence
de son conjoint à son égard ou à l'égard d'un enfant à sa charge.
«Dans les cas
visés aux deuxième et troisième alinéas, seul l'autre conjoint est débiteur de
la totalité de la dette.»
Cet
article
est situé dans le
chapitre de la loi consacré au recouvrement des montants
qu'un prestataire est tenu de
rembourser au ministre. Il prévoit la règle de la solidarité des conjoints, ce
qui signifie que chaque conjoint pourra être séparément contraint pour la totalité de l'obligation et que l'exécution
par l'un d'eux a pour effet de libérer l'autre. La modification proposée vise à appliquer la règle de
la solidarité au terme du programme Objectif emploi, comme c'est le cas
pour les programmes d'aide financière de dernier recours.
Alors, M. le
Président, je vais prendre des questions, bien entendu, mais encore une fois,
ici, ce qu'on me dit, là, c'est qu'on
est exactement dans le même type de libellé, d'intention aussi, qu'il y a en ce
moment, déjà, dans la Loi de l'aide sociale. Donc, on la transpose à
Objectif emploi.
Le Président (M. Poëti) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des interventions à l'article? Le
député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Peut-être, pour mieux comprendre, est-ce que le
ministre peut nous donner un exemple.
M. Blais :
Oui. Bien, écoutez, s'il y a une réclamation à faire... Ce type de réclamation,
je pense qu'il doit arriver souvent,
là. La sous-ministre pourra m'aider, mais c'est souvent dans les cas où on ne
divulgue pas qu'on est conjoints de
fait depuis un certain temps. Donc, les personnes, à ce moment-là, sont
solidaires de la dette qui est reconnue, là, et le jour où les deux paient ou le jour où un des deux
paie, ils sont aussi solidaires, là, de ce remboursement-là, ils sont libérés
en même temps.
Le Président (M. Poëti) : M. le
député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Mais, M. le Président, on a adopté un
article tantôt... bien, c'est sûr, on
tient compte des intentions réglementaires,
mais, dans les intentions réglementaires, qui disaient, au fond, qu'en cours de
parcours le changement de situation
maritale n'a pas d'impact sur l'allocation, donc, il n'y a pas de recalcul. Ça
fait que, là, dans ce cas-ci, il faudrait que ce soit avant que la
personne soit entrée à Objectif emploi, donc à l'aide sociale. Donc, ça aurait
été une fausse déclaration, initialement?
Président (M. Poëti) : M. le ministre.
M. Blais :
M. le Président, je vais laisser la parole à la sous-ministre Maltais.
Le Président
(M. Poëti) : Mme la sous-ministre, toujours sur le même
consentement.
Mme Maltais
(Chantal) : En complément de
ce que dit le ministre, c'est toute situation où il y a
une dette envers le ministère,
un revenu de travail qui n'a pas été déclaré, des biens qui n'ont pas été
déclarés, qui amènent qu'il y a une prestation
qui a été versée en trop. Alors, les conjoints sont solidaires au niveau du paiement de la dette. Alors, c'est tous les montants dus. Ils
peuvent avoir été contractés avant.
Le Président
(M. Poëti) : Merci. M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
J'essaie de comprendre l'amendement... bien, pas l'amendement, là, mais ce que
modifie l'article 29. C'est, au
fond d'ajouter... c'est de remplacer «de dernier recours», donc, parlant de
l'aide financière de dernier recours... Donc, à l'époque, l'article 89... Bien, l'article 89 de la loi
actuelle ne couvre que l'aide financière de dernier recours, donc l'aide
sociale, et là par... et donc la solidarité sociale, c'est ce que je comprends?
O.K. Et là, au fond, en ajoutant «chapitre I,
II ou V du
titre II», c'est les différents programmes, donc l'aide
sociale, solidarité sociale et Objectif emploi. Est-ce que c'est bien ça?
Le Président (M. Poëti) : Alors, est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix de l'article 29. Est-ce que l'article 29 est adopté?
Une voix : Une voix : Sur division.
Le Président
(M. Poëti) : Sur division. Merci. Nous procédons maintenant à
l'article 30. M. le ministre.
M. Blais : Je
crois, M. le Président, que ça sera
plutôt l'article 29.1,
tout simplement parce que j'ai l'intention, si vous le permettez, bien
entendu, d'introduire par amendement le programme déclarants volontaires.
Le Président (M. Poëti) : Alors, sans problème. Si vous voulez déposer
l'amendement, nous allons... Est-ce que vous avez des copies? Nous
allons suspendre quelques minutes, le temps de distribuer les copies.
(Suspension de la séance à
15 h 18)
L'amendement proposé permettra d'établir un programme en vertu duquel un prestataire pourra divulguer
une situation de non-conformité le concernant. Les règles
d'admissibilité à ce programme seront déterminées par le ministre. Une personne qui y sera admissible pourra
bénéficier de certains allégements par
rapport aux conséquences normalement
associées à une fausse déclaration. Ces
allégements seront prévus par des modifications ultérieures au Règlement sur l'aide aux
personnes et aux familles.
Écoutez,
M. le Président, je vais demander à la sous-ministre Maltais d'expliquer un peu ce programme-là, et je ferai ensuite un commentaire,
là, sur les raisons pour lesquelles
nous avons profité de l'occasion où on ouvre la loi pour ajouter, je pense,
cet élément-là, qui est un élément très positif à l'intérieur du programme
d'aide sociale.
Le Président (M. Poëti) : Merci,
M. le ministre. Alors, la parole est à vous, Mme la sous-ministre.
Mme Maltais
(Chantal) : Alors, présentement, quelqu'un qui fait une fausse déclaration a certaines
règles qui s'appliquent, c'est-à-dire qu'il y a des frais qui sont assumés, qui sont chargés à la
personne. C'est les frais de recouvrement. Il y a des frais aussi d'intérêts. Le montant qui est
réclamé est de 112 $ par mois
pour une fausse déclaration. Ils perdent aussi l'exemption pour le
revenu de travail, qui est de 200 $ ou de 300 $, si c'est un ménage.
Ce qu'on
souhaite par ce nouveau programme, c'est d'inciter les individus à divulguer
par eux-mêmes, volontairement, une
information qu'ils ne nous auraient pas donnée, par exemple, un revenu de
travail. Ils travaillent depuis deux
mois, ils ne l'ont pas dit, volontairement, ils viennent nous présenter leur
situation. À ce moment-là, il y aurait des allégements qu'on leur offrirait dans le cadre de ce programme-là,
c'est-à-dire qu'au lieu de 112 $ on demanderait que ce soit un
paiement de 56 $ par mois. Il n'y aurait pas de frais de recouvrement, il
n'y aurait pas de frais d'intérêts de chargés, ils conserveraient l'exemption
pour le revenu de travail.
Principalement, c'est ça pour le moment. Le
programme est en construction. On comprend que ce n'est pas réglementé, c'est
un cadre normatif qui serait sur Internet dès que le programme serait en
vigueur.
Le Président (M. Poëti) :
Merci, Mme la sous-ministre. M. le ministre.
M. Blais :
Si vous permettez, je voulais ajouter un peu... Je pense que tous les députés
ont rencontré dans leur vie, dans
leur circonscription, des personnes à l'aide sociale qui se retrouvaient dans
des situations d'endettement liées à
des... bon, liées, bien sûr, à des cas de non-divulgation, de peut-être de
fraude, etc. Bon, et puis on sait très bien qu'à partir d'un certain seuil les montants sont tels et les
conditions, hein, pour rembourser ce montant-là, surtout, sont telles... Vous
vous rendez compte qu'on enlève même
l'exemption, donc, pour pouvoir aller chercher un revenu d'emploi, donc, c'est
vraiment, là... On nuit à la personne dans sa capacité de s'en sortir.
Il faut
commencer à trouver des solutions à ce problème-là, qui est un problème
important à l'aide sociale et qui a
deux conséquences. La première conséquence, c'est que les gens n'ont plus aucun
intérêt à quitter l'aide sociale parce que,
s'ils quittent l'aide sociale, les pénalités vont être encore plus importantes
parce que le recouvrement lors d'un revenu de travail aussi va être important. Puis la deuxième conséquence, qui
est la plus sérieuse, c'est que ça fait vivre énormément d'anxiété à
beaucoup de personnes.
Je ne pense
pas qu'on a encore la solution parfaite, hein? Il faut travailler sur cet
enjeu-là, pour moi, c'est très, très
important, si on veut favoriser la sortie de l'aide sociale puis si on veut
aussi faire en sorte que les gens soient moins pénalisés qu'aujourd'hui. Mais c'est un début, de permettre aux gens de
se déclarer eux-mêmes. Et, sincèrement, pour le gouvernement, le gouvernement ne perd pas vraiment d'argent parce que
c'est comme si on se payait nous-mêmes, hein, dans tout ça, là. On rallongeait la période où les gens sont
bénéficiaires de l'aide sociale parce que, de toute façon, sortir du
statut d'assisté social faisait en sorte que les pénalités étaient encore plus
importantes lorsqu'ils avaient un emploi.
Donc, je veux dire que c'est un problème sérieux, c'est en
partie une solution
partielle, il y a d'autres choses sur lesquelles on pourrait travailler
éventuellement.
Le Président (M. Poëti) :
Peut-être par alternance, la députée de Gouin, M. le député, ou... Pardon?
Le Président (M. Poëti) : Bien
oui, on vient de commencer, là.
Le Président (M. Poëti) : O.K.
pas de problème, alors après. Allez-y, M. le député.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Est-ce que le ministre peut nous présenter ses
intentions réglementaires sur ce programme?
M. Blais :
Au sens formel, ce n'est pas un règlement, donc ça va être plutôt dans les
procédures que l'on se donne, les procédures administratives que l'on se
donne, à moins que je ne me trompe, là.
M. Blais : Ah oui? Bon, alors,
peut-être... quelqu'un va répondre partiellement à la question.
Président (M. Poëti) :
Alors, il faudrait le consentement et vous présenter. Est-ce qu'il y a
consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président
(M. Poëti) : Consentement. Si vous voulez vous présenter, puis la
parole est à vous.
M. Ferland
(Pierre) : Oui. Merci, M. le Président. Pierre Ferland, je suis à la Direction
des affaires juridiques du ministère.
Comme le disent le ministre et la sous-ministre, il y a beaucoup d'éléments du
programme qui seront normés. Une fois
qu'une personne sera reconnue en fonction de ces normes, va être reconnue
déclarant volontaire, elle va bénéficier de certains allégements, des
allégements réglementaires. Il y en a quatre pour lesquels il va y avoir des
modifications réglementaires, c'est-à-dire le paiement de frais, le paiement
d'intérêts, le montant de la récupération à même l'aide à chaque mois et le maintien ou pas des exemptions de revenus de
travail. Donc, la personne va pouvoir bénéficier de ces quatre éléments
qui vont devoir faire l'objet de modifications au règlement.
Le Président (M. Poëti) :
Merci. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Au
règlement de la cause ou au règlement qui applique la loi?
M. Ferland
(Pierre) : C'est au Règlement sur l'aide aux personnes et aux
familles. Alors, dans le Règlement sur l'aide aux personnes et aux
familles actuellement, on dit, par exemple, que, si vous avez fait une fausse
déclaration, il y a des intérêts à payer, et, dans ce cas-là, la modification
prévoirait que, si vous êtes reconnu déclarant volontaire, il n'y aura pas
d'intérêt à payer sur votre réclamation.
M. Turcotte :
Donc, si je comprends bien, M. le Président, donc, si la personne déclare par
elle-même une fraude, là, mais qui
n'est pas... en tout cas, on met ça entre guillemets, sa situation est
régulière, elle n'aurait pas d'intérêt à payer, de frais d'intérêts, c'est ce que je comprends, ou ça dépend des cas?
Puis les autres éléments, là, par rapport aux frais de recouvrement puis
à la perte d'exemption, c'est au cas par cas ou selon la gravité? Comment c'est
évalué?
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
Le Président (M. Poëti) :
Parfait.
Mme Maltais
(Chantal) : Comme je disais,
on est en train de construire le cadre normatif. Ce qui est prévu, c'est que ça s'adresse à
tous les gens qui n'ont jamais fait de fausse déclaration. Alors, c'est une
première autodéclaration, volontairement, qu'ils nous appellent puis nous
disent : Bon, moi, je travaille depuis... ou je vis maritalement avec quelqu'un depuis tant de temps, ça aurait affecté
ma prestation, il y a des corrections à apporter. Alors, à ce moment-là,
comme elle l'a fait d'elle-même, elle aurait
les avantages qu'on vient de mentionner, comme on l'applique pour les gens
que c'est juste une omission, là.
Le Président (M. Poëti) :
Merci. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Donc, je comprends que c'est pour les primofraudeurs. Donc, au fond, ce que je
comprends, une personne qui est à sa première offense, on peut supposer que
c'est souvent soit par oubli ou ça peut être en fonction de ce que le ministre a mentionné précédemment :
sur le formulaire, la personne, bon, n'ayant pas complété ce formulaire-là
ou son changement de statut, soit par oubli,
ou soit par inadvertance, ou ça peut être aussi intentionnel, mais la personne
vit mal avec ça puis décide d'avouer, si on
peut dire. Il y aurait un certain nombre, là, d'éléments par rapport, bon, entre
autres, aux frais d'intérêts, le recouvrement, la perte d'exemption de
travail... Mais sûrement la perte d'exemption de travail, ça dépend aussi de la faute. Si c'est par rapport à un
changement de situation maritale ou autre... Donc, c'est en fonction du
cas de la personne. C'est ce que je comprends.
Mme Maltais
(Chantal) : Non, pas nécessairement. En ce moment, dès que quelqu'un a
une dette suite à une fausse déclaration, l'exemption de 200 $ ou
de 300 $, ils la perdent. Alors, ce qu'on souhaite, c'est qu'ils puissent
la conserver, maintenant, pour les gens qui seraient dans le programme de
divulgation volontaire.
M. Turcotte :
Mais la personne aurait quand même à rembourser une
partie de sa dette.
Mme Maltais
(Chantal) : Oui, sauf que le versement, le retranchement qu'on va
faire au montant de sa prestation ne serait pas de 112 $, mais de
56 $.
M. Turcotte :
O.K. Ça va.
Le Président (M. Poëti) : Ça
va? Mme la députée de Gouin, la parole est à vous.
Mme David
(Gouin) : Oui. Merci, M. le Président. J'essaie de comprendre
pourquoi — c'est
juste une question, là — on ne peut pas avoir d'intention
réglementaire puisque, dans le deuxième alinéa, c'est écrit : «...selon ce qui est prévu par
règlement.»? Est-ce que c'est parce que vous êtes en train de l'écrire ou...
C'est ça?
M. Blais : C'est ça. En ce moment, ce que l'on vous
demande, là, c'est des modifications à la Loi de l'aide sociale pour permettre ce principe-là.
M. Blais : Oui, pour nous permettre d'élaborer le programme,
là. Ici, on me dit... on a des éléments, là, mais, disons, je ne voudrais pas les présenter comme j'ai
présenté d'autres intentions réglementaires, comme quelque chose d'assez robuste, là. Mais, si vous voulez, je peux vous les lire, là, pour vous donner un petit peu un exemple de ce à quoi on pense, à
titre d'illustration seulement.
Bon, les
allégements réglementaires qui pourraient être envisagés sont les
suivants : non-application des frais de recouvrement et d'intérêts — et
ces frais-là, si vous avez déjà travaillé avec une personne qui est prise dans
cette situation-là, si vous avez déjà vu les chiffres, ces
frais-là, en ce moment, sont assez importants — non-application des montants majorés pour le remboursement d'un montant recouvrable, 112 $
par mois pour une première fausse déclaration et 224 $ par mois dans un cas de récidive, maintien des exemptions
de revenu de travail, 100 $, 200 $ ou 300 $, selon la
situation du ménage.
C'est ce type
de proposition là que l'on regarde. Bien sûr, il faut aller un petit peu plus
loin, faire des examens, là, de ce
que ça pourrait donner. Il faut qu'il y ait un incitant à se déclarer
volontairement. Mais, pour beaucoup de personnes, on le sait, c'est une source d'anxiété, quelle que
soit la raison pour laquelle... Et les cas les plus importants financièrement,
mais les plus lourds à porter, c'est les cas
de vie maritale non déclarée, en tout cas, moi, ce que j'ai vu, là,
personnellement. Et là, bon, bien, ça
permet peut-être aux gens de se sortir d'une espèce de spirale de... d'un
piège, là, de l'aide sociale.
Mme David (Gouin) : M. le
Président.
Le Président (M. Poëti) : Oui.
Allez-y, madame.
Mme David (Gouin) : Donc là, on
parle de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles, on n'est pas dans le
programme Objectif emploi. Autrement dit, ça couvre l'ensemble des
prestataires, qu'ils soient à l'aide sociale, à la solidarité sociale ou à Objectif emploi. On me fait oui de la tête,
alors je conclus que la réponse est oui. Tout à l'heure dans votre brève discussion avec le député de
Saint-Jean, est-ce que je comprenais que tout ce que vous êtes en train de développer est applicable une seule fois pour une
personne, en fait, dont ce serait la première situation de ce qui est appelé
dans le texte une fausse déclaration?
M. Blais : Voulez-vous
répondre?
Le Président (M. Poëti) : Mme
la sous-ministre.
Mme Maltais
(Chantal) : Oui. Disons que ce n'est pas définitif. C'est sûr que
notre première intention, c'est cette première
déclaration là, mais ce n'est pas exclu que, dans d'autres situations... C'est
pour ça que, le ministre le dit bien, on
est en train de réfléchir et d'analyser pour prendre les bonnes décisions, mais
notre intention n'est pas fermée pour que ce soit réouvert
ultérieurement, dans des cas particuliers.
Le Président (M. Poëti) :
Merci. Mme la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Merci. Bien, à ce moment-là, je vais, s'il y a moyen,
essayer d'influencer un peu le ministre quand même et plaider pour le fait qu'on ne devrait pas se limiter à une
seule fois dans la vie d'une personne à l'aide sociale.
Le ministre
convenait lui-même tout à l'heure que ce qu'on appelle des fausses
déclarations, en fait, sont souvent, pas
toujours, mais souvent le fait de personnes qui ou bien n'ont pas exactement
saisi qu'ils devaient absolument déclarer quelque chose, ou bien qui, évidemment, par crainte de perdre le peu
d'argent qu'ils ont, ont préféré s'abstenir, ou bien ont fait une erreur dans leur déclaration. Et ça, ça
peut toucher toutes sortes de situations. La question de la vie maritale
en est une, mais il peut certainement y en avoir d'autres.
Moi, je
trouverais ça un peu limitatif, disons, le fait de dire... Dans une vie, là, tu
sais, une personne peut être à l'aide
sociale, en sortir, travailler, malchance, plusieurs années plus tard, revient
à l'aide sociale. Ce n'est pas ce qu'elle désirait dans la vie, mais elle vit en région, l'usine a fermé, bon,
elle a 45 ans. Je ne voudrais pas qu'on se dise : Bien, plus
jamais. Il me semble que c'est un peu sévère. Je vois dans l'amendement qui est
sur la table une ouverture, par rapport à la situation actuelle, à essayer
d'aider des gens en difficulté. Il me semble qu'il ne faudrait pas limiter
cette ouverture à une seule fois et que ça
vaudrait la peine de l'essayer puis, bon,
dans quelques années, il y a toujours moyen d'évaluer
la situation puis de voir si ça a causé des problèmes
imprévus. Mais, bref, je suggère donc fortement que ce que le ministre est en train de
préparer avec tout son personnel soit applicable plus d'une fois.
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
M. Blais : Alors donc, je remercie la collègue pour son
commentaire, sa demande aussi, là. Je comprends qu'elle trouve la proposition intéressante puis qu'elle
pourrait même être améliorée. Si elle veut une modification à la loi, si elle
veut l'inscrire dans la loi, je ne la
suivrai pas, cependant, pas pour le moment. C'est trop tôt. On doit
faire des évaluations.
Je dois aussi dire que,
sur le plan politique, ce n'est pas tous nos citoyens qui sont en faveur du
principe de déclarant volontaire, que ce
soit là, ou que ce soit à l'impôt, ou que ce soit ailleurs.
Moi, je suis prêt à porter ça sur mes épaules,
et à présenter aux citoyens que c'est une bonne chose, hein, ce principe de
déclarant volontaire, et qu'on doit le développer.
Mais je ne veux pas non plus, là, disons, tout de suite mettre sur mes
épaules, disons, trop de choses tant qu'on n'a pas vu l'ensemble, là, du programme et comment il peut fonctionner.
Mais je suis prêt vraiment à défendre ça parce que je pense que c'est un principe qui se défend
bien du point de vue de la sortie de l'aide sociale. Ce qu'on veut,
c'est qu'on ne veut pas piéger
personne à l'aide sociale. On veut les aider, mais on veut qu'ils puissent s'en
sortir un jour ou l'autre.
Alors, j'ai
entendu la collègue. Bien sûr, on va y réfléchir. Je n'ai pas du tout
d'objection. Mais je veux être prudent parce
qu'on a encore des choses à évaluer de notre côté. Même au niveau légal, il
faut regarder un certain nombre de choses.
Le Président (M. Poëti) : Mme
la députée de Gouin.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Je comprends très, très bien ce que
dit le ministre. Et, travaillant sur cette question de l'aide sociale depuis,
ma foi, je ne sais pas, là, quelques années, en tout cas, j'ai eu très souvent
l'occasion d'entendre et de lire les millions
de préjugés qu'il y a à l'égard des personnes à l'aide sociale. Donc, je
comprends très bien que... je suis
bien placée pour comprendre que, politiquement, quand on défend les gens à
l'aide sociale, il y a parfois un
prix à payer. Mais je pense qu'on a aussi des principes et je pense qu'on peut
donc appliquer nos principes.
Je soumets
aussi que, quand des gens se sont soustraits à l'impôt pour des sommes qui,
parfois, sont tout à fait extraordinaires...
Ça, ce sont les cas dont on entend parler dans les médias, bien entendu. On ne
parle pas, tu sais, de gens qui se
sont soustraits à l'impôt puis qui devaient payer une couple de 100 $, là.
Ce n'est pas de ça qu'on parle en général. On parle de gens qui ont des revenus spectaculaires et qui se sont organisés,
avec de l'évitement fiscal ou, pire encore, des paradis fiscaux, pour vraiment échapper à l'impôt. Puis là, ensuite, on
dit : Bien, si vous êtes déclarant volontaire, là, bien, dans le fond,
vous rembourserez juste une
partie de ce que vous devez. Et, curieusement, M.
le Président, je suis obligée de dire au ministre que, tout en
comprenant cette démarche du déclarant volontaire puis en me disant :
L'État québécois ou canadien préfère
retrouver une
partie de ces impôts-là que de ne pas les retrouver du tout, je
trouve scandaleux que des millionnaires échappent à l'impôt. Ça, je n'ai
pas de problème à le dire.
Quand on
parle de gens qui ont 623 $ par mois, je me permets de dire que je ne suis
pas d'accord avec la fraude lorsque c'est une fraude. Ça, je l'ai dit
bien des fois, mais je le répète juste au cas, là. Il faut être bien clair sur
ces choses-là. Mais le ministre l'a dit, je
le pense moi aussi, c'est ce que les groupes nous disent, la plupart du temps,
ce n'est pas de la fraude, ça n'est
pas intensionnel : Je veux vraiment frauder l'aide sociale. C'est bien
plus des malentendus, de l'incompréhension,
des retards, des formulaires mal compris, mal remplis, etc. Alors, moi, je
pense qu'il y a moyen, avec les
citoyennes et citoyens du Québec, de faire la différence, là, premièrement
entre les millionnaires et les gens à l'aide sociale et, parmi les gens à l'aide sociale, le faible taux de gens qui
fraudent vraiment, par rapport aux gens qui ont échappé quelque chose,
là, puis qui n'ont pas correctement rempli une déclaration.
Mais je suis
au moins contente de voir que le ministre a de l'ouverture pour considérer la
réflexion que je lui fais à l'effet que ça ne soit pas une seule fois, mais que
ce soit... Bon, il me dit que ce ne sera pas dans la loi. Ça peut toujours
se faire par règlement. Ça, j'ai bien
compris ça depuis que je suis ici. Donc, je salue le fait qu'il y ait de
l'ouverture de ce côté.
Le Président (M. Poëti) : Est-ce
qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement de l'article 29.1?
M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte : Merci,
M. le Président. Bien, profiter de l'occasion
pour rappeler au ministre un point qui nous paraît assez important sur les sanctions du programme
Objectif emploi, sachant qu'elles sont calquées du montant des sanctions pour quelqu'un qui, actuellement, fraude à l'aide sociale. Donc, si le ministre considère qu'effectivement elles sont trop élevées pour
les personnes qui fraudent, là, pour la première fois, puis, dans l'intention,
là, qui est très louable, du ministre, là, de nous dire : Bon, au lieu d'être 112 $, ce serait 56 $ par mois qu'on
pourrait aller rechercher, suggestion fortement
insistante de ma part, même si on est opposés aux sanctions, je crois que le
ministre aurait tout le loisir de faire une réflexion, en complémentarité avec ce nouvel amendement là qu'il
nous propose, de la hauteur des sanctions pour des gens qui sont à Objectif
emploi pour qu'il y ait un certain arrimage qui se fasse, pour faire en sorte qu'ils
ne soient pas les mêmes... que les gens à Objectif emploi soient
finalement, en bout de ligne, plus sanctionnés ou pénalisés que quelqu'un qui a
fraudé l'aide sociale.
Donc, je ne
sais pas si le ministre a une opinion là-dessus, mais il nous avait dit qu'il
n'était pas fermé à ce genre de
discussion là éventuellement avec ses collègues... et en réflexion parce qu'il
ne souhaitait pas maintenir... son objectif n'était pas d'être fermé face à des changements qui pourraient rendre le
projet de loi avec une plus grande acceptabilité sociale, disons ça comme ça. Donc, dans ce cas-ci, c'est une forte
suggestion que nous lui faisons, même si, je le rappelle, M. le Président, pour être sûr que ce soit clair,
au ministre... que nous sommes opposés aux sanctions. Peut-être que... Je pense
que c'était clair, mais je veux juste qu'il le sache encore, nous sommes
opposés aux sanctions du programme Objectif emploi.
Il faut que
les gens à Objectif emploi soient... Il ne faudrait pas qu'on se retrouve dans
une situation que les gens à Objectif
emploi soient moins pénalisés... que les gens qui ont fraudé à l'aide sociale
soient moins pénalisés que quelqu'un qui
est à Objectif emploi, pour une raison qui lui appartient, très personnelle,
puis on en a fait une nomenclature, à un certain moment, pour des raisons qu'elle ne peut pas se présenter à une
formation ou autres. Ce n'est pas parce qu'elle a fraudé, ce n'est pas parce qu'elle a fait une fausse
déclaration, c'est parce qu'il est arrivé, à un moment, quelque chose dans sa
vie qui a fait en
sorte qu'elle ne puisse pas être présente, là, à cette formation, ou à cinq
rencontres, ou peu importe, là. Donc, je crois que le ministre comprend
ce que je veux dire, mais je l'invite à réfléchir sur cette question.
Le Président (M. Poëti) : M. le
ministre.
M. Blais :
M. le Président, il faut bien comprendre qu'on est dans des univers différents.
Première chose, on ne sait pas si ce
programme-là va fonctionner, on ne sait pas s'il y aura des déclarants
volontaires ou pas. S'il n'y en a pas ou
s'il y en a peu, bien, tous les autres vont rester avec les pénalités, là, au
niveau que l'on connaît déjà. Donc, on espère que ça va fonctionner.
L'autre
chose, c'est que l'utilisation des pénalités dans le cas d'Objectif emploi, on
en a parlé souvent, c'est pour, disons,
élever un effet dissuasif, dire aux gens : Écoutez, là, on en fait
beaucoup pour vous, vous êtes capables de faire quelque chose aussi de votre côté, faire un effort, hein? Donc, il y a
un enjeu de réciprocité. Dans le cas des pénalités que l'on retrouve pour les fraudes, bon, il y a aussi
un effet dissuasif, on leur dit : Écoutez, si jamais vous faites une
fraude, il va falloir que vous nous remboursiez.
Mais le
problème, c'est le dernier élément, c'est la capacité ou l'incapacité, dans
certains cas, de remboursement. Objectif emploi veut faire en sorte
d'augmenter le taux de sortie à l'aide sociale, qui est trop élevé au Québec.
Le programme de déclarant volontaire a aussi
comme objectif d'augmenter le taux de sortie en s'attaquant à un groupe très
particulier, là, qui ont constitué, là, une
dette importante à l'endroit de l'État. Donc, c'est des choses extrêmement, extrêmement
différentes.
Le Président (M. Poëti) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Rimouski.
LeBel : Bien, moi, c'est pour saluer l'ouverture du ministre, là, puis
l'idée de se servir de ce qu'on est en train de faire pour corriger des situations que tout le monde peut voir, puis,
bon, je pense, c'est une belle façon de faire. Mais, je me demandais, dans l'actualité aujourd'hui, on
parlait d'un cas d'une jeune qui a la trisomie, qui... vous avez vu. C'est
des cas qui sont arrivés dans le passé. J'ai
déjà réglé des cas comme ça avec votre ancien collègue. Bon, je sais que ça se
règle assez vite quand on voit que ça... il n'y a
pas de logique. Est-ce qu'on ne pourrait pas profiter... Est-ce qu'il y aurait moyen de profiter de
ce qu'on est en train de faire pour corriger ce genre de situation
là aussi, pour ne pas que des choses comme ça arrivent où on vient
pénaliser des gens qui... Ça n'a pas de sens, là.
M. Blais : Bien, dans
le fond, si c'est quelqu'un
qui a... Ils ont interprété à la lettre la notion de salaire. Et donc le
salaire de 1 $ de cette jeune fille, là, ce salaire-là n'était pas considéré
comme un salaire comme tel. Donc, il aurait fallu que ce soit déclaré.
Donc, c'est clair que c'est quelqu'un qui a... peut-être même pas mal
intentionné, à la limite, là, mais qui
était... une vision très, très stricte, là, de... Donc, je pense qu'on va
regarder si on peut améliorer, là, le... C'est un règlement, je pense, ça, au niveau du niveau du salaire, de
dire : Le salaire ne doit pas excéder tel montant ou le salaire doit être pris en considération puis doit être plus
de 200 $, par exemple, pour une personne. On va voir si on pourrait, dans
le règlement, là, modifier cette formule-là parce que c'est assez terrible, ce
qui est arrivé.
Ce qui est terrible, c'est que tout va vers le
fait qu'on puisse permettre aux gens d'aller chercher des revenus supplémentaires sans être trop pénalisés, hein, ce
qui est la grande limite du programme d'aide sociale actuel, même pour
les personnes qui sont handicapées, hein, parce qu'elles peuvent aller chercher
un salaire. Celui-là est bien modeste. Il y
en a d'autres qui vont chercher quand même des salaires un peu plus
intéressants. Et là ça ne va pas du tout. Ce type de situation là est poussé à l'extrême et ne va
pas du tout dans la vision que l'on a, là, de rendre possible davantage le
cumul du salaire et d'un transfert d'un
soutien de revenus. Donc, on va regarder si, au niveau des règlements, on
pourrait améliorer, là, la notion, là... pour que ce genre de situation,
qui est un peu bête, là, ne se reproduise plus.
Le Président
(M. Poëti) : Merci, M.
le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement
de l'article 29.1? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons mettre aux voix. Est-ce que
l'amendement 29.1 est adopté?
Président (M. Poëti) :
Adopté. Donc, l'article 29.1 est adopté. Alors, nous nous déplacerions
vers l'article 30. M. le ministre.
M. Blais :
Alors, peut-être pas, M. le Président, peut-être pas. Si les collègues, là,
bien sûr, sont toujours disponibles et
ouverts comme ils l'ont été depuis le... depuis, quoi, un an, maintenant ou
presque qu'on se fréquente dans cette commission parlementaire, je
voudrais introduire par amendement l'article 34.1, si ça vous convient.
Le Président (M. Poëti) : Bien
sûr, M. le ministre, c'est pour ça que je posais la question.
M. Blais : Alors, 34.1...
Le Président (M. Poëti) : Si on
voulait les distribuer, s'il vous plaît.
M. Blais : Je pense qu'il est
déjà... Oui?
Le Président
(M. Poëti) : Oui, c'est ça, je vais le faire distribuer.
M. Blais : D'accord. Je vais
peut-être attendre un peu que tout le monde l'ait, oui.
Président (M. Poëti) :
Juste le temps que tout le monde l'ait, oui, c'est ça. Alors, vous pouvez faire
la lecture, M. le ministre.
M. Blais : Alors,
article 34.1,
article 134 de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles. Le projet
de loi est modifié par l'insertion,
après l'article 34, du suivant :
L'article 134 de cette loi est
modifié par l'ajout, à la fin, du paragraphe suivant :
«10° déterminer,
pour l'application de [...] 106.1, les règles assouplies applicables à un
déclarant volontaire.»
Cet amendement en est un de concordance, compte tenu de
l'ajout du nouvel
article 106.1 à la
Loi sur l'aide aux personnes
et aux familles.
Article 134 de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux
familles après amendement :
«Pour l'application
du
Chapitre II du
titre III, le gouvernement peut, par
règlement :
«10° déterminer,
pour l'application de [...] 106.1, les règles assouplies applicables à un
déclarant volontaire.»
Donc, c'est pour nous permettre, c'est pour nous donner
l'habilitation nécessaire pour développer, là, ou bien des règlements ou bien simplement des modalités, là,
administratives, là, pour développer le programme déclarant volontaire.
Le Président
(M. Poëti) : Merci, M. le ministre. Interventions? M. le député
de Saint-Jean.
M. Turcotte : Merci, M. le
Président. Je comprends que le ministre nous dit que le programme n'est pas
tout à fait ficelé, si on peut dire
ça ainsi, sachant que, de ce que j'ai compris, du moins, le gouvernement tient
à adopter son projet de loi assez
rapidement pour qu'il soit appliqué assez rapidement. Je comprends qu'un
certain nombre d'articles du projet de
loi... les intentions réglementaires doivent en découler pour être appliquées,
etc. Je comprends aussi que les intentions réglementaires, du moins jusqu'à maintenant, semblaient être assez
avancées du côté du ministre parce qu'il a même été capable de nous en remettre des copies. Tantôt, le
ministre nous disait, par rapport à cet ajout, que, bon, la réflexion n'était
peut-être pas tout à fait terminée, que les intentions réglementaires n'étaient
pas assez attachées pour, bon, nous remettre des copies. Il a quand même
eu...
M. Turcotte :
...oui, mais je m'en allais dire la gentillesse, mais ça peut être la même
chose, donc, de nous en donner quand même quelques bribes, hein, pour
nous clarifier un peu ses intentions.
Ma question,
M. le Président : Est-ce que le ministre croit... Au fond, quel est
l'échéancier par rapport à l'implantation
de ce programme-là, selon ce que le ministre voit et veut faire? Est-ce qu'il a
l'intention d'accélérer la réflexion, sachant que là, maintenant, l'ajout est
adopté dans le projet de loi, ou, pour pouvoir le faire en même temps
que le reste ou... Est-ce qu'il a un autre calendrier pour cet ajout?
M. Blais :
Je vais répondre une réponse un peu à la Normand, là. Donc, il est possible
qu'on puisse déposer l'ensemble réglementaire
qu'on a besoin pour mettre en place le programme au même moment que les
règlements pour le projet de loi,
mais je ne peux pas vous l'assurer en ce moment, c'est trop tôt pour vous
l'assurer. On se garde une petite marge de manoeuvre à ce niveau-là, il
y a encore des choses à évaluer.
Le Président (M. Poëti) : M. le
député.
M. Turcotte :
Est-ce que le ministre a une idée du nombre de personnes qui pourraient être
touchées par...
M. Blais :
On a une idée. Je pense qu'on a un certain nombre de chiffres là-dessus qu'on
pourrait vous donner. Là-dessus, je
pense que la sous-ministre Maltais m'a montré, tout à l'heure, quelques
chiffres sur les personnes... Je pense que
c'est 9 % des personnes à l'aide sociale aujourd'hui — c'est bien le chiffre que j'ai vu tout à
l'heure, 9 %? — qui
sont dans une situation, là, d'avoir un
remboursement, là, ou une diminution, là, de leurs prestations, probablement
lié à inexactitudes, fraudes ou des
choses comme ça. Alors, est-ce que tout ce 9 % là sont potentiellement des
candidats? Ça, c'est autre chose.
Le Président (M. Poëti) : Mme
la sous-ministre.
Mme Maltais
(Chantal) : Peut-être en information additionnelle, oui, c'est
9 % des gens qui ont une retenue. Il faut comprendre aussi que ce
programme-là va s'appliquer aussi aux ex-prestataires. C'est-à-dire que
quelqu'un qui a quitté l'aide sociale
pourrait aussi être touché. Et les gens qui ont une retenue de 112 $,
c'est-à-dire des gens qui ont fait une
fausse déclaration où la récidive n'est pas majoritaire là-dedans,
actuellement, là, dans les données que j'ai les plus récentes, à peu
près, là, un peu autour de 6 000 personnes qui ont une retenue de
112 $ suite à une fausse déclaration, alors
on évalue à peu près peut-être à 400 personnes. Mais je vous dis ça sous
toutes réserves, là. Il faut vraiment voir comment le programme va être accueilli, mais, en ce moment, on a estimé
à peu près à 400 personnes annuellement qui pourraient s'en prévaloir.
Président (M. Poëti) : Merci, Mme la sous-ministre. M. le député
de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Est-ce que ça empêche le ministre... parce qu'à l'heure
actuelle le ministre peut annuler une
dette d'une personne à l'aide sociale, de ce qu'on peut vivre au quotidien.
Est-ce que cet allégement-là dans
l'application, là, du remboursement de la dette va influencer le ministre dans
sa décision de, oui ou non, annuler une dette d'une personne? Parce que je peux comprendre que c'est moins
contraignant pour une personne de déclarer, mais, tout dépendant l'ampleur de la dette, de le rembourser
à 56 $ par mois plutôt que 112 $, ça va lui prendre encore plus de
temps avant de le rembourser.
M. Blais : Oui et non, parce que ça ne sera plus la
même dette, probablement, elle ne sera plus constituée de la même façon. Le problème aujourd'hui, c'est que cette dette-là, à partir d'un montant qui n'est pas très important,
elle se nourrit elle-même de ses
intérêts, et puis donc ce n'est pas la même chose. Il faut comprendre que
l'annulation d'une dette, là, c'est
assez rare. Ça se fait, c'est rare et c'est suite à des situations
très particulières, puis on peut les
nommer, de violence, donc des
personnes qui subi de la violence conjugale ou autre, mêlée, bien sûr, à une
détérioration, souvent, de l'état de santé
de ces personnes-là. Donc, on est dans des cas très pointus, précis. C'est
plutôt rare, alors qu'ici, on pourrait s'adresser à beaucoup plus de personnes. Et, bien sûr, l'un
ne s'oppose pas, là, à l'autre, là. Ils sont complémentaires. Une personne
pourrait toujours, à n'importe quel moment,
penser qu'elle mérite une annulation puis préparer un dossier, là, pour y
arriver.
Le Président (M. Poëti) : M. le député de Saint-Jean, ça répond à votre
question? Merci. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix de
l'amendement 34.1. Est-ce que l'amendement de l'article 34.1
est adopté?
Le Président
(M. Poëti) : Adopté. L'amendement de l'article 34.1 est
adopté.
Alors, M. le
ministre, est-ce que nous nous dirigeons vers 30 ou vous avez une autre
surprise?
M. Blais :
M. le Président, bien, ça va dépendre un peu des collègues. Vous vous rappelez
qu'on a eu une discussion, il y a fort
longtemps, je crois, là, sur l'abolition d'Alternative jeunesse, hein? Bon,
c'est un programme qui a été fermé en
2013 par le gouvernement précédent, mais il existe, il a encore une existence
juridique. Donc, on profite bien sûr de l'examen de la loi pour
l'abroger. Dans l'article 30, il y a une petite mention d'Alternative
jeunesse, je vous y prépare tout de suite. Alors, si vous voulez, on peut
attendre encore deux ou trois articles, je pense, un, deux, trois articles, puis ensuite on arrive à
Alternative jeunesse ou on peut le présenter, là... Donc, Alternative jeunesse
n'est pas en majeure du tout dans
l'article 30, mais il y a une petite mention. Donc, ne soyez pas surpris
si on le travaille. C'est parce qu'on sait de toute façon qu'on veut
abroger Alternative jeunesse. Ça dépendra de vous. On peut le sauter puis revenir plus tard. Moi, je pense que ça serait
mieux de procéder à l'article 30 tout de suite parce qu'on est encore dans
un enchaînement logique, là, par rapport au suivi de nos travaux.
Le Président
(M. Poëti) : Est-ce que les collègues...
M. Blais :
Alors, on y va avec l'article 30?
Le Président
(M. Poëti) : Oui, parfait.
M. Blais :
Alors, l'article 108 de cette loi est remplacé par le suivant...
Le Président
(M. Poëti) : Alors donc, on est avec l'article 30?
M. Blais :
Oui, oui, mais j'ai un amendement, bien sûr.
Le Président
(M. Poëti) : D'accord, est-ce que vous avez l'amendement?
M. Blais :
Oui, je pense que... il va être déposé.
Le Président (M. Poëti) : Parce qu'on aimerait pouvoir le faire distribuer
avant, s'il vous plaît, aux collègues.
Le Président (M. Poëti) : Alors, nous allons reprendre nos travaux. M. le
ministre, je vous laisse expliquer votre amendement.
M. Blais :
M. le Président, je vais lire l'article puis ensuite, bien sûr, l'amendement
que je viens de déposer.
L'article 108 de cette loi est remplacé par le
suivant :
«108. N'est pas
révisable :
«1° la décision
rendue par le ministre en vertu d'une disposition [de] IV du
titre II;
«2° la décision
rendue par le ministre en vertu d'une disposition du
chapitre V du
titre II, à l'exception de l'article 83.10.
«Toutefois,
la personne visée par une telle décision peut, par écrit, dans les
30 jours, en demander la reconsidération par une autorité
compétente au sein du ministère.»
L'amendement
que je dépose maintenant :
L'article 30 du projet de loi est remplacé
par le suivant :
L'article 108 de cette loi est remplacé par
le suivant :
«108. N'est pas
révisable la décision rendue en vertu :
«1° d'une disposition
du
chapitre IV du
titre II;
«2° d'une disposition
du
chapitre V du
titre II, à l'exception de l'article 83.5 ou des articles 83.10
à 83.12;
«3° du programme
prévu à l'article 106.1.
«La personne visée par une décision momentanée au
premier alinéa peut [toutefois], par écrit, dans les 30 jours, en demander la reconsidération par une autorité
compétente au sein du ministère, sauf s'il s'agit d'une décision rendue
en vertu de l'article 83.8.1.»
commentaire. Selon l'article 107 de la loi, toute personne visée par une
décision du ministre peut, en principe, en demander la révision. La
décision en révision peut elle-même faire l'objet d'une contestation devant le
Tribunal administratif du Québec.
L'article 108 de la loi crée une exception à ce principe pour certains
types de décisions qui, bien que non révisables, peuvent faire l'objet
d'une reconsidération par une autorité compétente au sein du ministère.
Selon l'amendement
proposé maintenant, en application de l'article 108, les décisions rendues
au terme du programme Objectif emploi ne seront pas révisables, mais sujettes à
cette reconsidération. On a déjà eu des échanges là-dessus. Trois exceptions sont cependant prévues : une décision
relative à l'attribution de la prestation d'Objectif emploi sera révisable, une décision ayant pour effet de
refuser de cesser de verser ou de réduire l'aide financière à la suite d'un
manquement sera révisable. La décision
rendue en vertu du pouvoir d'octroyer une aide financière exceptionnelle étant
de nature discrétionnaire, elle ne sera ni révisable ni sujette à reconsidération.
L'amendement
proposé précise en outre que la décision de reconnaître une personne comme
déclarant volontaire ou de révoquer une telle reconnaissance ferait elle
aussi l'objet de la reconsidération prévue à l'article 108.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député de Saint-Jean, la parole est à vous.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, juste pour comprendre, «d'une disposition du
chapitre IV du
titre II», ça, c'est les prestations d'Objectif
emploi, c'est la hauteur des prestations d'Objectif emploi?
M. Blais :
Peut-être, Me Melançon peut répondre.
Le Président
(M. Poëti) : Me Melançon, sur le même consentement.
M. Melançon
(Hugues) : Oui. Donc, la référence au
chapitre IV fait référence
aux programmes spécifiques qui sont
déjà établis en vertu de la
Loi sur l'aide aux personnes et aux familles. Si
vous regardez l'article 108 tel qu'il existe actuellement, c'est
déjà le cas : «Une décision rendue en vertu des chapitres III et IV
du
titre II n'est pas révisable...» Donc,
on ne fait que reconduire la règle actuelle que si c'est une décision rendue en
vertu des programmes spécifiques, donc le
chapitre IV du
titre II. Cette décision-là n'est pas révisable, mais reconsidérable.
Le Président
(M. Poëti) : M. le député.
M. Turcotte :
O.K. Donc, une décision sur l'ensemble des programmes d'aide de dernier recours
et Objectif emploi?
M. Melançon
(Hugues) : Objectif emploi est visé par le deuxième paragraphe. Quand
on fait référence au
chapitre V du
titre II, ça, c'est du
chapitre sur Objectif emploi. Donc, s'agissant
d'Objectif emploi, les décisions qui vont être révisables sont celles qui sont prises en vertu de
l'article 83.5. Ça, donc, c'est l'octroi de la prestation d'Objectif
emploi. Donc, toute décision relative
à l'octroi de la prestation sera révisable. Et les articles 83.10 à 83.12,
ce sont les réductions ou les refus
d'aide dont on a parlé tantôt, là, pour les personnes qui commettent un
manquement à une des obligations qui
sont dans ce chapitre. Ces décisions-là sont révisables, les autres pourront
faire l'objet d'une reconsidération par une autorité compétente. C'est
le réexamen administratif dont on a traité, là, lors des dernières séances.
M. Turcotte :
O.K. M. le Président, en ce cas-là, pour le premier paragraphe, juste pour
comprendre, on parle donc des autres programmes d'aide qu'Objectif
emploi, on parle d'au fond l'aide sociale puis la solidarité sociale.
M. Melançon
(Hugues) : Pas tout à fait, là, on y arrive. Quand on fait référence
au
chapitre IV, on fait référence, donc, aux articles 79 et suivants de la loi. Ce sont des programmes
spécifiques qui sont établis en vertu de la loi, qui sont des programmes
d'aide à l'extérieur des programmes d'aide sociale et de solidarité sociale.
M. Turcotte :
Donc, c'est là que je comprends qu'Alternative jeunesse arrive en ligne de
compte.
M. Melançon
(Hugues) : Effectivement, en supprimant la référence au
chapitre III, on indique la volonté du projet de loi d'abroger le
chapitre III de la loi, donc, qui fait référence au programme
d'Alternative jeunesse.
M. Turcotte : Peut-être plus sur le fond... Bien, je comprends aussi que
les gens qui se dénoncent eux-mêmes, c'est
le troisième paragraphe, là. Donc, juste pour comprendre, sur le fond, M. le Président, ces exceptions-là, donc, les gens
ne pourront pas demander une révision de la décision, mais ils vont pouvoir
aller... Le ministre, tantôt, a expliqué ça en faisant référence à une
conversation que nous avons eue là-dessus il y a de ça fort longtemps.
Là, juste pour être sûr qu'on se comprenne,
il amenait une nuance qu'il y avait quand
même une possibilité pour ces
gens-là, je ne dirais pas de
contester, là, mais d'avoir un changement de la décision en fonction de
certains droits. Donc, je veux juste comprendre de qu'est-ce qu'il est question
exactement.
M. Blais : Bien, je pense que ce que l'article, ici, là,
amène comme langage juridique, là, c'est qu'il y a des décisions qui sont révisables, et il y a
des décisions qui sont sujettes à reconsidération. Alors, je ne veux pas faire
d'erreur, mais ce qui est révisable, c'est un attribut du TAQ, c'est une
responsabilité du TAQ. Est-ce que je me trompe?
M. Blais : Ultimement, c'est vrai, oui. Donc, c'est quelque chose qui peut... une cause qui peut être portée devant le TAQ, alors que ce qui peut être sujet à
reconsidération, c'est un travail de nature administrative. Donc, il y a
des équipes qui peuvent... qui ont le
mandat et la responsabilité de réviser, là, une décision, et là on parle, je
pense, surtout des pénalités possibles, hein? C'est bien ça? Oui.
M. Melançon (Hugues) : Donc, effectivement,
vous voyez qu'il y a deux avenues de recours possible. Les décisions révisables sont celles qui, ultimement,
pourraient donner ouverture à un recours au Tribunal administratif du Québec. L'idée ici, c'est de conserver la symétrie entre ce qui existe déjà pour des
mesures et programmes d'Emploi-Québec.
Tout ce qui touche, par exemple, le plan
d'intégration en emploi ne sera pas révisable ni sujet à la reconsidération.
Comme on vous l'a expliqué lors des dernières séances, il y a une équipe
spécialisée, là, dans le recours en considération au ministère. Cette
décision-là, par contre, est finale, sans appel.
Pour ce qui
est des décisions révisables, les dispositions en matière de révision de la loi
vont s'appliquer, et une personne qui
n'est pas satisfaite de la décision en révision peut se pourvoir devant le
Tribunal administratif du Québec.
Le Président (M. Poëti) :
Merci. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Merci, M. le Président. Donc, la différence entre une décision qui est
révisable et reconsidérable, c'est, en bout de ligne, la finalité du
pouvoir de contester cette redécision-là, si on peut appeler ça ainsi.
M. Melançon
(Hugues) : Sur le plan juridique, c'est effectivement la distinction.
Sur le plan administratif, il y en a une
autre, comme on vous a expliqué plus tôt, c'est que ce n'est pas les mêmes
personnes au sein de l'appareil administratif qui prennent une décision
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