House Proceedings — 9 October 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-10-09
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante et une
minutes)
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Bon
mercredi matin, chers collègues. Je vous invite, s'il vous plaît, à bien
vouloir vous asseoir.
Nous en
sommes à la rubrique Déclarations de députés. Et, ce matin, la première
déclaration sera à Mme la députée de Laporte.
Mme Poulet : Alors,
bonjour, M. le Président. Je souligne le 40e anniversaire de la Maison de
la famille Parentr'aide, un organisme
qui s'est donné comme mission d'offrir notamment des formations, des espaces
d'échange, des ateliers où parents et enfants réalisent des activités
ensemble, ce qui leur permet de resserrer les liens familiaux.
La Parentr'aide accompagne des familles qui ont
besoin de soutien pour améliorer leur qualité de vie, car, pour certaines, l'absence de proches pour les aider et
leur situation sociale font qu'ils sont parfois à bout de souffle et dépourvus
de moyens. L'organisme touche de nombreuses
familles, créant un réseau de solidarité et de soutien au sein de notre
communauté grâce à une approche axée sur l'entraide et le partage
d'expériences.
Je félicite tous ceux et celles qui ont
contribué à cette belle aventure, les membres du conseil d'administration,
passés et présents, membres du personnel, bénévoles. Je salue votre engagement
à continuer de bâtir un avenir radieux pour nos familles. Bon
40e anniversaire!
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Laporte. Et maintenant nous allons poursuivre avec
la déclaration de Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Alors, je tiens à souligner aujourd'hui avec grande fierté le 50e...
les 50 ans de dévouement et de service exceptionnels de l'Association pour
aînés résidant à Laval, l'APARL.
Cet organisme communautaire joue un rôle
essentiel dans ma région, à Laval, en offrant aux personnes âgées de
50 ans et plus un lieu d'intégration sociale, des services adaptés ainsi
que des ressources indispensables pour briser l'isolement et favoriser le
maintien à domicile.
Depuis un demi-siècle, l'APARL a su se démarquer
par son engagement à améliorer la qualité de vie des aînés de Laval. Que ce soient les cours, les ateliers
culinaires, le prêt de tablettes électroniques, le transport pour faire
l'épicerie, le service d'écoute, tout est pensé pour faciliter la vie
des aînés.
Alors, moi, je souhaite féliciter Julie et toute
son équipe de l'APARL pour ces 50 ans de service précieux et d'implication
continue. Vous êtes vraiment un pilier pour notre communauté. Merci à vous.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée des Mille-Îles. Et maintenant nous allons poursuivre avec M. le
député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M. le Président,
demain, j'aurai l'honneur d'exercer un privilège, le mien, celui de député, de
décerner la Médaille du député de l'Assemblée nationale à une infatigable
bénévole de Saint-Jean-sur-Richelieu, Mme Lise Poissant, qui a reçu un
hommage particulier du conseil municipal, il y a deux ans, pour ses 50 ans
de bons et loyaux services à la communauté,
comme le rapportait, à l'époque, notre hebdo régional, Le Canada français ,
de qui j'ai emprunté le qualificatif «d'infatigable», et pour cause,
parce que ça a commencé lorsqu'elle a fondé l'Association sportive Notre-Dame-de-Lourdes, son quartier, où
elle a été brigadière scolaire pendant 30 ans, 15 ans avec
Parent-Secours, 12 ans dans des maisons de soins palliatifs. Et
c'est sans parler de sa présidence des dames auxiliaires de la Légion royale
canadienne, ce qui n'est pas peu dire dans une ville garnison comme la nôtre.
Bref, une grande bénévole et une leader qui, comme elle le dit elle-même, quand
elle commence quelque chose, il faut qu'elle le finisse.
Merci,
Lise Poissant, pour ce service à ta communauté et merci pour toutes ces vies
que tu as si positivement améliorées et réconfortées. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Saint-Jean. Et je
rappelle à l'ensemble des collègues que la déclaration, c'est une minute.
Maintenant, je vais
céder la parole à M. le député de Laurier-Dorion pour sa déclaration.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je veux souligner la Semaine
québécoise du traumatisme craniocérébral, qui aura lieu du 15 au
21 octobre.
cette occasion, plusieurs activités se dérouleront à travers le Québec pour
promouvoir des actions de prévention et
pour sensibiliser le public à la réalité souvent méconnue des milliers de
Québécoises et Québécois qui vivent avec les conséquences d'un
traumatisme craniocérébral.
je tiens également à féliciter et à souligner le travail des organismes membres
du Regroupement des associations des personnes traumatisées
craniocérébrales du Québec, aussi appelée Connexion TCC.QC, qui oeuvre chaque
jour à l'amélioration des conditions de vie de ces personnes et de leurs familles.
J'invite donc mes
collègues ainsi que nos concitoyens et concitoyennes à apprendre davantage à
propos du traumatisme craniocérébral en
participant aux nombreuses activités organisées à travers le Québec. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Laurier-Dorion. Et
nous poursuivons maintenant avec la déclaration de Mme la députée de Verchères.
Mme Roy
(Verchères) : Merci, M. le Président. Je souhaite souligner le
30e anniversaire de la fondation du centre d'hébergement de Contrecoeur,
qui offre un environnement de soins et de soutien d'une qualité remarquable à
ses résidents.
Cet anniversaire est
non seulement un moment de se rappeler le chemin parcouru, mais aussi un moment
pour remercier tous ceux qui, par leur travail et leur engagement, ont fait du
centre d'hébergement de Contrecoeur un lieu de vie chaleureux et sécurisant.
Je tiens également à
rendre hommage à M. Fernand Léveillée, qui, depuis 10 ans, occupe le
rôle de président de la fondation avec un dévouement exceptionnel. Son travail
s'inscrit dans la continuité de ceux qui l'ont précédé, comme Denise Proulx, Robert Berthiaume et Claude Chrétien, qui ont
chacun laissé leur marque dans la mission de cet établissement.
Je souhaite longue
vie à la fondation. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Verchères. Et
nous poursuivons maintenant avec la déclaration de M. le député de Viau.
M. Benjamin : Merci, M. le Président.
Je salue la présence parmi nous de M. Charles Létourneau, vice-président
de l'Ordre des administrateurs agréés du Québec.
Fondé
en 1954 sous le nom de Corporation des administrateurs professionnels, l'Ordre
des administrateurs agréés du Québec célèbre cette année ses 70 ans
d'existence.
C'est
en 1973 que l'Office des professions reconnaîtra que l'administration est une
profession. Se vouant d'abord à la
défense des intérêts de ses membres et à la promotion de la profession
d'administrateur, la mission de l'ordre inclut un volet de protection
des intérêts du public.
Aujourd'hui, l'Ordre
des administrateurs agréés du Québec est une grande organisation regroupant
plus de 2 000 membres qui sont partout sur le territoire québécois.
L'ordre fait évoluer, encadre et fait la promotion de la profession d'administrateur
agréé au Québec.
salue Louis Carrier, président de l'ordre, Nathalie Parent, directrice
générale, ainsi que l'ensemble des membres de l'Ordre des
administrateurs agréés du Québec.
Bonne fête aux
administratrices et administrateurs agréés du Québec!
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Viau. Et,
M. Létourneau, je vous souhaite bienvenue dans votre Assemblée
nationale.
Et nous poursuivons
maintenant avec la déclaration de Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je dédie cette déclaration à
40 ans d'implication pour le club social Les Vieux Loups, de
Rivière-du-Loup.
À chaque année,
l'organisme remet plus de 20 000 $ en dons dans notre communauté.
Leur grande fierté, c'est d'avoir installé des défibrillateurs dans plusieurs
infrastructures sportives de Rivière-du-Loup.
Pour célébrer ses
40 ans d'implication, le club social présentera une
partie de hockey
impliquant les anciens Canadiens de Montréal le 19 octobre à
Rivière-du-Loup, donc toute la population y est évidemment conviée.
Ayant comme raison
d'être la contribution à l'économie sociale pour le mieux-être de la
communauté, Les Vieux Loups font une réelle différence dans la vie de nos
organismes et de nos citoyens depuis maintenant 40 ans.
À tous les anciens et
à tous les membres actuels, à son président, M. Laval Briand, ainsi qu'à
tous les bénévoles impliqués, merci du fond du coeur pour votre engagement et
pour votre dévouement. Au nom de tous les Louperivois et Louperivoises, bon
40e! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Nous poursuivons maintenant cette rubrique avec la déclaration de M. le député
des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci, M. le Président. Depuis maintenant 50 ans, l'Association des
personnes handicapées des Îles-de-la-Madeleine, l'APHI, offre son soutien aux
personnes vivant avec un handicap et à leurs proches.
Ce n'est pas banal,
un demi-siècle d'entraide, d'activités, d'animation et de services à des
centaines de personnes de l'archipel. L'impact de l'organisme est concret, il
est visible dans notre milieu.
50 ans, c'est le
temps des bilans. C'est aussi une occasion de se projeter dans l'avenir, ce que
font le conseil d'administration et la directrice, Carole Poirier, notamment
avec un projet de centre de répit, dont les proches aidants et les familles
pourront bientôt bénéficier.
Par ailleurs, en
novembre, l'APHI va tenir son deuxième tapis rouge, un gala de reconnaissance pour
honorer les gens qui font une différence pour le mieux-être, l'inclusion et
l'acceptation des personnes vivant avec un handicap.
Au nom des citoyens,
de mes concitoyens insulaires, j'offre toute ma gratitude et mes plus sincères
félicitations à l'Association des personnes handicapées des
Îles-de-la-Madeleine pour 50 ans de service aux usagers, aux familles et à
la communauté.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine. Maintenant, pour la prochaine déclaration, nous allons
entendre M. le député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : M.
le Président, j'aimerais profiter d'octobre, mois national de la
sensibilisation à l'emploi des
personnes en situation de handicap, pour souligner le travail d'un pionnier
dans le domaine, M. Martin Belley.
y a 50 ans, M. Belley était directeur général du centre d'étude et de
développement d'ateliers protégés, CEDAP, qui permettait à des personnes en situation de handicap de recevoir des
services et d'accomplir des tâches dans différents domaines, notamment en horticulture et en
ébénisterie. Avec la création de CEDAP, on permettait désormais aux stagiaires
de recevoir le soutien nécessaire à leur développement psychosocial et à leur
intégration au travail.
Le CEDAP n'existe
plus, maintenant, mais le travail de tous ces gens de coeur a laissé un héritage
de taille. Je pense notamment à la Chaîne de travail adaptée, CTA, qui a
bénéficié de l'expertise de M. Belley dans ses années de démarrage et qui,
aujourd'hui, est reconnue comme la plus grande entreprise adaptée au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
terminant, M. le Président, je remercie les différents intervenants dans le
domaine. Et je reconnais l'importance des travailleurs en situation de
handicap, ils sont essentiels. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Lac-Saint-Jean. Maintenant, pour la prochaine
déclaration, nous allons céder la parole à Mme la députée de Saint-François.
Mme Hébert :
M. le Président, je tiens à saluer Marco Leclerc, qui est ici, dans nos
tribunes, à qui j'ai remis la Médaille de la députée le 13 septembre
dernier.
Après
avoir fait carrière au baseball jusqu'en 1982, Marco Leclerc s'est tourné vers
la balle molle comme joueur, entraîneur et organisateur de tournois.
Son bénévolat a pris
alors son élan, en lien avec les terrains de balle et les concessions de restos-bars.
Entraîneur
de son fils, M. Leclerc a joint l'Association du baseball mineur de
Fleurimont et s'est impliqué pendant 15 ans dans le Tournoi provincial
pee-wee de Fleurimont sanctionné par Baseball Québec.
Durant
la même période, il s'investissait aussi dans différents comités de la
Classique Pif, le plus prestigieux tournoi de balle donnée en Amérique
du Nord, qu'il préside depuis 2006.
Fleurimont a fait
naître un autre événement majeur, multiculturel, qui vient de fêter son
27e anniversaire, le Festival des traditions du monde, dont il fait la
promotion depuis plus de 16 ans.
Heureux
bénévole depuis 40 ans, M. Leclerc, vous avez fait grandir votre
communauté, contribué à faire connaître et rayonner ses richesses. Bravo!
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Saint-François. Et, M. Leclerc, je vous
souhaite bienvenue à votre Assemblée nationale.
Maintenant, pour la
prochaine déclaration, je cède la parole à Mme la députée de Labelle.
Mme Jeannotte :
Merci, M. le Président. À la fin septembre, à la petite municipalité
d'Huberdeau, nous avons honoré la mémoire de M. Frédéric Back, un homme
inspirant dont l'oeuvre a été oscarisée deux fois.
M. Back aurait
eu 100 ans le 8 avril dernier. Eh bien, maître de l'animation et
artiste engagé, il nous a tous marqués pour son humanisme et son engagement
avant-gardiste envers l'environnement. Qui ne se souvient pas de L'Homme qui plantait des arbres , ce chef-d'oeuvre d'animation cinématographique
qui nous a tous inspirés à planter des arbres et à nous soucier de notre
environnement?
tiens à féliciter les gens d'Huberdeau, et en particulier M. Gilles
St-Amand, qui ont eu l'idée de commémorer cet anniversaire dans le cadre
des Journées de la culture.
cette occasion, ils ont annoncé la création d'un comité pour organiser un
nouveau festival de films d'animation en l'honneur de M. Back.
Merci, M. Back.
Vous continuerez d'inspirer notre mémoire collective.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Labelle. Et
maintenant nous allons conclure notre rubrique avec M. le député de Mégantic.
M. Jacques :
Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je veux souligner l'aboutissement de
deux beaux projets dans la circonscription de
Mégantic. D'abord, Station Mont-Sainte-Cécile, dans Le Granit, puis Vélos
Eldorado, à Chartierville, dans le Haut-Saint-François, deux initiatives
qui favorisent le développement du plein air quatre saisons en région.
Avec une altitude de
presque 900 mètres et un fort dénivelé, le mont Sainte-Cécile offrira un
grand terrain de jeu pour les amoureux du
vélo de montagne et du ski de randonnée alpine. Ce développement touristique
écoresponsable offrira également quelques unités d'hébergement.
À Chartierville,
Vélos Eldorado, situé sur la frontière canado-américaine, offrira, pour sa
part, des pistes de vélo de montagne exceptionnelles, des sentiers pédestres et
du ski hors-piste au coeur des Appalaches.
Deux projets qui ont
été développés grâce à la vision et à la ténacité des gens de chez nous. Je
veux leur dire bravo. Et je vous invite à venir en profiter. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Mégantic. Et cela
met fin à la rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 55)
La Présidente :
Bonjour, tout le monde. Nous
avons beaucoup d'invités, aujourd'hui. Et plusieurs d'entre vous, bien,
vous le savez, le parlement du Québec, c'est votre maison. Bienvenue.
Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Vous
l'avez probablement remarqué. J'ai le plaisir, aujourd'hui, de souligner, à
l'occasion du 30e anniversaire du Cercle des ex-parlementaires de
l'Assemblée nationale du Québec, la présence dans les tribunes des
ex-parlementaires, dont les membres du conseil d'administration, sous la
présidence de M. Normand Jutras. 30 ans, ça se fête.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui. Bonjour, Mme la Présidente. Je vous demanderais
d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
Présidente : À l'article a du feuilleton, Mme la ministre responsable
de l'Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor présente
le projet de loi n° 77, Loi modifiant principalement des lois instituant des
régimes de retraite du secteur public. Mme la ministre.
Mme LeBel : Merci,
Mme la Présidente. Alors, je suis fière de présenter aujourd'hui le projet de
loi n° 77, qui est la Loi modifiant principalement des lois instituant des
régimes de retraite du secteur public.
Ce projet de loi
modifie la
Loi sur le régime de retraite de certains enseignants et la
Loi sur
le régime de retraite du personnel employé du gouvernement et des organismes
publics afin de permettre à une personne employée de participer au régime de
retraite jusqu'au 30 décembre de l'année au cours de laquelle elle atteint
l'âge de 71 ans.
Le projet de loi
modifie par ailleurs la
Loi sur le régime de retraite du personnel employé du gouvernement
et des organismes publics afin de permettre la prolongation des ententes de
mise à la retraite de façon progressive.
Le projet de loi
préserve le principe de souveraineté parlementaire en reconduisant les
dispositions dérogatoires prévues par la
Loi sur le régime de retraite de
certains enseignants, par la
Loi sur le régime de retraite du personnel employé du gouvernement et des organismes publics,
par la
Loi sur le régime de retraite des enseignants, par la
Loi sur le
régime de retraite des fonctionnaires et par la
Loi sur le régime de retraite
du personnel d'encadrement.
Le projet de loi
précise qu'une bonification des prestations liées à des crédits de rente
obtenus en vertu du régime de retraite du personnel employé du gouvernement et
des organismes publics est applicable à l'égard de crédits de rente liés à la
participation antérieure à un régime complémentaire de retraite.
Merci, Mme la
Présidente.
Présidente : Et je reconnais le leader de l'opposition officielle,
oui.
M. Derraji : Mme
la Présidente, nous allons prendre connaissance du projet de loi, et on se
réserve le droit, bien évidemment, de demander des consultations particulières.
Présidente : Est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie du projet de
loi?
La Présidente :
Adopté.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre de la Culture et des Communications.
M. Lacombe : Merci, Mme la
Présidente. Permettez-moi de déposer les rapports annuels 2023‑2024 du Musée
d'art contemporain de Montréal et de la Société de la Place des Arts de
Montréal. Merci.
Présidente : Ces documents sont déposés. Maintenant, M. le ministre
responsable des Infrastructures.
M. Julien : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport annuel 2023‑2024
de la Société québécoise des infrastructures. Merci.
Présidente : Ce document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, Mme la Présidente, je dépose les réponses aux
questions inscrites au feuilleton le 30 mai 2024 par la députée de La
Pinière et le 10 septembre 2024 par le député de Laurier-Dorion. Merci.
La Présidente :
Ces documents sont déposés.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, M. le président de la Commission des institutions
et député de Richmond.
M. Bachand : Merci beaucoup, Mme la Présidente. C'est avec
plaisir que je dépose le rapport de la Commission des institutions qui,
les 2 et 8 octobre 2024, a tenu des auditions publiques dans le cadre de
consultations particulières sur le projet de loi n° 72,
Loi protégeant les consommateurs contre les pratiques commerciales abusives et
offrant une meilleure transparence en matière de prix et de crédit. Merci.
Présidente : Ce rapport est déposé.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous
en sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales,
et, pour ce faire, je cède la parole, en question principale, au chef de
l'opposition officielle.
M. Tanguay : Mme
la Présidente, la saine gestion des finances publiques est au coeur des
préoccupations du Parti libéral du Québec. Hier, autre gaspillage caquiste, qui
trouve ça bien drôle, hier, quand on a fait la démonstration qu'il s'est
gaspillé près de 50 millions de dollars dans le programme Offensive
formation en construction. Ça, c'est à peu
près 3 000 personnes, Mme la Présidente, qui, pendant un peu plus de
20 semaines, ont reçu 750 $ par semaine dans leurs poches puis qui, aujourd'hui, à terme de
leur formation non complétée, ne travaillent pas, Mme la Présidente, dans
l'industrie de la construction. Près de 50 millions gaspillés. C'est ça,
la CAQ. Ça rit moins.
On poursuit. PARAF,
PRATIC, 294 millions de dollars, pas de reddition de comptes, on ne sait
pas ce que ça a donné. Notre collègue de
Bourassa-Sauvé questionnait la ministre de l'Emploi, le 23 avril
dernier : Donc, ce que vous êtes en train de nous dire, c'est qu'on
ne saura jamais si le programme PARAF a fonctionné. Réponse de la
ministre : C'est ça, exactement. Les
données qu'on n'a pas, c'est notamment ceux pour le PARAF, qui s'est terminé en
2021. On n'a pas non plus les résultats de suivi pour les premières
années de la mise en oeuvre du PRATIC, qui a été lancé en 2021.
Bref,
offensive construction, près de 50 millions gaspillés, PARAF, PRATIC,
294 millions, on ne sait pas si ça marche. C'est ça, la mauvaise
gestion caquiste. C'est pour ça que le collègue de Saint-Jérôme a claqué la
porte.
La CAQ gaspille, nous
endette. On n'a plus les moyens de se payer la CAQ.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, on s'attend, dans les prochaines années, à un boom
économique. Entre autres, chez Hydro-Québec, on prévoit 150 milliards de
projets, 150 milliards. On veut doubler la capacité offerte par
Hydro-Québec. Et encore la semaine dernière j'ai rencontré plusieurs
entreprises françaises qui veulent investir au Québec, mais malheureusement on n'a pas l'électricité qui est
disponible. Donc, il y aura beaucoup de projets, entre autres rehausser
la capacité des centrales hydroélectriques, ajouter beaucoup de projets
d'éolien dans toutes les régions du Québec,
et, pour ça, Mme la Présidente, Hydro-Québec prévoit avoir besoin de
35 000 travailleurs de plus entre autres en construction.
Donc, qu'est-ce qu'on a fait, Mme la Présidente?
On a mis en place des cours accélérés où on paie des étudiants pour venir étudier en construction. Et, pour
l'instant, 40 % des diplômés ont leur certificat de la CCQ. Et, Mme la
Présidente, il y a des formations qui ne sont pas
terminées, donc il faut être prudent avant de faire des évaluations sur les
résultats. Les formations ont lieu actuellement.
La Présidente :
Première complémentaire.
M. Tanguay : Mme
la Présidente, je peux-tu dire ça, qu'en tout respect le premier ministre ne
connaît pas du tout le dossier? Je peux-tu
dire ça, que le programme, il est sur deux ans, quatre cohortes, janvier puis
l'automne, que la cohorte qui est terminée, elle est terminée, c'est
fini? Janvier, aujourd'hui, c'est fini. C'est 3 000 qui ont mis 750 $
dans leurs poches pendant plus de
20 semaines. Ça, c'est 50 millions «gone with the wind», en pure
perte, Mme la Présidente. C'est du gaspillage dont il est question.
Là, le premier
ministre, il est en train de s'épivarder puis de créer 153 milliards pour
payer le gaspillage. On peut-tu le ramener sur terre? Va-t-il, pour les deux
ans qu'il lui reste, arrêter de gaspiller?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bon,
on a vu 15 années libérales où... 15 années libérales où l'économie
du Québec performait moins bien que celle du reste du Canada. Depuis six ans,
Mme la Présidente, la croissance économique par habitant est plus forte au Québec que dans le reste du Canada,
les salaires augmentent plus vite au Québec que dans le reste du Canada,
le revenu après impôt augmente plus vite au Québec que dans le reste du Canada.
On n'a jamais vu ça dans les années libérales. Donc, avant de critiquer notre
approche...
Présidente : En terminant.
M. Legault : ...qui
est flexible, qui est agile, je pense qu'ils devraient regarder le résultat.
Présidente : Deuxième...
Présidente : Un peu de silence, je vous prie, je vous entendais
beaucoup. Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Regardez les résultats. 7 milliards de
surplus, puis on est dans le trou de 11 milliards, Mme la Présidente. Il parle d'être agile, d'être
flexible. Il est bien agile puis il est bien flexible sur le gaspillage. Les
Kings de Los Angeles,
7 millions, bye-bye! 90 000 lentilles
dont les ophtalmologistes ne voulaient même
pas, Mme la Présidente, 6 millions,
bye-bye! Panier bleu, notre Amazon québécois, fermé, 22 millions, bye-bye!
Fiasco SAAQclic, plus de 41 millions en temps supplémentaire puis
en gardiens de sécurité, bye-bye!
Le premier ministre
peut-tu dire bye-bye...
Présidente : La réponse du...
Présidente : Un peu de silence. La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui.
Je comprends qu'il y a une course à la chefferie puis il y a comme un concours
pour celui qui va parler le plus fort. Mme
la Présidente, les résultats sont là, depuis six ans. Je voyais un reportage,
je pense c'est hier ou avant-hier, à Radio-Canada, sur la filière
batterie. Mme la Présidente, prenons juste le parc industriel de Bécancour, je
vois un député, là, qui n'est pas loin de là... un ancien, pardon, et c'était
un parc industriel qui était vide, pendant les 15 années libérales. Maintenant, il est plein, Mme la Présidente. Donc,
on crée des emplois payants, puis l'économie va mieux que celle du reste
du Canada. C'est ça, le résultat.
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : À la place du premier
ministre, à matin, je ne parlerais pas de plein puis de vide, parce que les
coffres étaient pleins en 2018, puis là ils sont vides, aujourd'hui. Je ne
parlerais pas de plein puis de vide. Qu'il lâche le parc industriel puis qu'il revienne à Québec.
Puis je veux lui citer des sources, témoins de l'entourage du premier ministre.
Le 23 septembre...
Présidente : Attendez, attendez, M. le chef. Vous êtes trop
bruyants, à droite, je vous entends trop. J'aimerais que le... M.
leader, c'est beau, je suis en train de gérer.
La Présidente : M. le leader, n'en
rajoutez pas.
Présidente : Silence! J'aimerais entendre la question. Et
uniquement le chef a le droit de parole. 14 secondes.
Tanguay : Source : Véronique Prince, de l'entourage du
premier ministre : «Fini les annonces tant qu'elles ne sont pas
ficelées. C'est fini, l'époque où l'argent n'était pas un problème.» Les
conseillers du PM qualifient la situation de nouvelle réalité.
Pour ces deux ans qui restent, confirme-t-il les
sources de Véronique Prince?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Mme la Présidente, ça
fait toujours
partie des décisions, depuis six ans, de bien gérer les finances publiques. Le ministre des Finances, la présidente
du Conseil du trésor font un travail extraordinaire. Mme la Présidente, Mme
la Présidente, on a réussi à baisser les impôts, on a réussi à augmenter les
budgets de l'Éducation et de la Santé de 50 %. C'est pas mal différent que
quand on compare avec les coupures qu'on voyait, Mme la Présidente, dans les services quand on avait le gouvernement libéral.
Donc, Mme la Présidente, oui, on a fait des choix, puis on va revenir à
l'équilibre budgétaire sur cinq ans.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Pontiac.
M. Fortin : Mme la Présidente, le parti qui se dit le parti des
régions, le parti de l'économie, bien, il vient de présenter sa réforme du
monde minier, et, dans les régions minières du Québec, les réactions pour le
gouvernement sont dévastatrices.
La Conférence des préfets de
l'Abitibi-Témiscamingue a qualifié le projet de loi ainsi : «Nous risquons
non seulement de freiner les
investissements, mais aussi de compromettre le dynamisme de la région. Cette
approche constitue un recul significatif pour notre région. Le projet de
loi pourrait compromettre ou rendre caduques des entreprises qui veulent
développer le secteur minier en restreignant leur capacité de découvrir de
nouveaux gisements essentiels à l'industrie
et à l'avenir économique du Québec», Mme la Présidente. Ça, ce n'est pas
l'industrie minière, ce n'est pas le Parti libéral qui le dit, ce sont
les élus municipaux en Abitibi-Témiscamingue.
Comment un
parti qui se prétend le gouvernement des régions peut présenter un projet de
loi qui viendrait stopper le dynamisme de l'Abitibi-Témiscamingue?
La Présidente : La réponse de la
ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
Mme Blanchette Vézina : Merci, Mme
la Présidente. Je suis contente de pouvoir me lever pour parler du projet de
loi sur les mines, un projet de loi qui
est important, qui était attendu, attendu par tous les partenaires du secteur
depuis deux ans, Mme la Présidente, que je suis en poste, mais depuis plus
longtemps.
On travaille pour développer la filière des
minéraux critiques et stratégiques, notamment, dans un contexte où on a une volonté de faire de nos régions... de
continuer de développer nos régions de manière économique, mais de trouver
cet équilibre avec les municipalités, avec les communautés locales, Mme la
Présidente. C'est dans ce sens-là qu'on a fait
des consultations, il y a un an, et que je m'étais engagée à revoir la
Loi sur
les mines pour avoir une meilleure harmonisation des usages. Et ce qu'on a déposé, dans le projet de loi, c'est une
approche qui est équilibrée et qui permettra le développement
économique, parce que c'est notre volonté de continuer le développement
économique mais tout en ayant des mesures qui permettent d'avoir une meilleure
écoute et une meilleure approche avec les communautés locales, notamment la fin des claims en terres privées, mais avec la possibilité
pour les MRC, comme l'Abitibi, qui souhaiteraient poursuivre comme c'est le cas
actuellement, de pouvoir dire : Bien, on va continuer comme c'est le cas actuellement.
Alors,
moi, je serai prête à en débattre avec le collègue, le collègue de Pontiac,
s'il veut bien qu'on avance dans le projet de loi.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : La
ministre répète sans cesse qu'elle a un équilibre, avec son projet de loi, mais
l'équilibre qu'elle a atteint, Mme la Présidente, c'est qu'elle a réussi
à faire en sorte que tout le monde est contre son projet de loi. Les
explorateurs miniers l'ont qualifié de dévastateur. La Fédération des chambres
de commerce a dit que le gouvernement rate
complètement sa cible. L'Abitibi au quasi complet est contre. Le seul allié
qu'elle a trouvé, c'est Québec
solidaire, qui voulait
nationaliser 50 % plus un des mines.
C'est vraiment
l'allié que vous voulez, ça?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Mme la Présidente, dans les consultations particulières,
plusieurs autres partenaires sont venus dire
que ça prend une réforme, que plusieurs mesures dans la loi sont très
intéressantes et que ça prenait des actions concrètes, considérant la
spéculation qui se fait en ce moment sur les claims, la pression qui est mise
sur les municipalités et sur les citoyens.
Alors, il était
important de ramener la communication entre le milieu... l'industrie minière et
les communautés locales, d'avoir une
meilleure harmonisation. On l'a dit et on le répète, nous, on souhaite avoir
des projets miniers, mais des projets miniers qui ont de l'acceptabilité
sociale. Dans le projet de loi, des très bonnes mesures, saluées par tous, le
BAPE pour les projets miniers, Bureau d'audiences publiques sur l'environnement.
Alors, on dirait que
mon collègue le député de Pontiac...
Présidente : En terminant.
Mme Blanchette
Vézina : ...semble juste entendre ce qu'il veut entendre.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Fortin : Il y a des préoccupations
légitimes par rapport aux mines, Mme la Présidente, c'est vrai, mais, en
Abitibi, là, il y a une collaboration qui est déjà harmonieuse, puis la
ministre, elle jette ça par la fenêtre en faisant du mur-à-mur. C'est un abandon complet de l'Abitibi-Témiscamingue. Les
élus des régions minières, ils devraient avoir honte de se présenter devant leurs électeurs avec un
projet de loi comme celui-là. Ils ont dit aux gens de l'Abitibi-Témiscamingue
que c'est un parti économique. C'était de la fausse représentation. Comment ils
peuvent justifier ça à l'Abitibi?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Blanchette
Vézina : Mme la Présidente, c'est tout sauf du mur-à-mur. La mesure
dont fait mention mon collègue député de
Pontiac, on pourra en débattre lorsqu'on avancera dans le projet de loi.
Malheureusement, la volonté, du côté de l'opposition libérale, ne semble pas
être présente, alors que l'ensemble des partenaires souhaitent une réforme
du régime minier. Et c'est ce qu'on fait,
Mme la Présidente. On a des mesures qui sont équilibrées. Et il me fera plaisir
d'en débattre avec mon collègue s'il souhaite qu'on finisse par avancer.
Mme la Présidente,
les mesures qui sont dans le projet de loi permettent aux municipalités de...
puis là je vais être bien claire, là,
permettent aux municipalités qui souhaitent poursuivre le développement minier
de le faire facilement, en envoyant, par la MRC, un avis, et ils vont
pouvoir poursuivre les travaux qui vont se faire en terres privées...
Présidente : En terminant.
Mme Blanchette
Vézina : ...et ça me fera plaisir...
La Présidente :
Et c'est terminé. Attention à
certains propos, M. le député. En question principale, je reconnais la
députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bonjour, Mme la Présidente. On va rester en
région. Vous savez, on a fait le cas des Forges de Sorel. Par la suite,
on est allés se promener au Saguenay, avec la First Phosphate, qui, elle aussi,
c'est une entreprise qui a besoin de blocs d'énergie pour pouvoir faire son
développement. Bien là, maintenant, on va aller dans l'Est du Québec.
Cascades, je pense
que ministre de la Santé, il est d'accord avec moi pour dire que c'est un
fleuron québécois. Bien, on pouvait entendre
à CIEL-FM M. Michel Lagacé, président de l'Alliance de l'énergie de l'Est,
qui est très inquiet du manque
d'électricité qui peut freiner les ambitions d'entreprises locales comme
Cascades. Il disait la chose suivante : «On est conscients qu'on
est en quasi-urgence énergétique actuellement. Les gens regardent le
354 mégawatts réservé pour Northvolt en
se disant : On peut-tu l'utiliser ailleurs?» Tout le monde est d'accord
avec cet argument-là. Même le Québec inc., incluant même Northvolt,
dit : On peut libérer des blocs d'énergie.
Qu'est-ce que le
gouvernement attend pour répondre aux emplois en région?
Présidente : La réponse de la ministre de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie.
Mme Fréchette :
Oui, Mme la Présidente. Alors,
bien, c'est une discussion, un sujet dont on a beaucoup discuté, ces
dernières semaines, et notre approche est très claire, à savoir qu'il faut à la
fois travailler à décarboner l'économie et à la fois travailler aussi à
développer l'économie du Québec dans des nouveaux créneaux.
Alors, dans le contexte
où on se trouve à l'heure actuelle, c'est sûr qu'il y a une moins grande
disponibilité de blocs d'énergie, et, par
conséquent, on s'est donné des critères, critères qui sont accessibles en
ligne, pour faire en sorte de nous assurer que les blocs énergétiques et
les projets qui vont aller de l'avant répondent à l'ensemble des critères, à
savoir à la fois le développement économique, la création d'emplois bien
rémunérés pour les Québécois, à la fois le développement, également, social et
le respect des principes environnementaux. Donc, c'est l'ensemble des critères
qui nous guident dans les choix qui sont faits pour les demandes de blocs
énergétiques de plus de cinq mégawatts.
Dans le contexte
actuel, il nous faut choisir, parce qu'on a réussi à attirer énormément de
projets. Et ça fait en sorte qu'on a la capacité, maintenant, de choisir les
projets qui sont les plus porteurs...
Présidente : En terminant.
Fréchette : ...sur la base de ces critères que je viens de vous
énumérer.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Rizqy : Mme
la Présidente, le premier critère, au Parti libéral du Québec, ça s'appelle Maîtres
chez nous . Quand vous nous dites : Des emplois pour plein de
personnes, je vous invite à lire la décision du Tribunal administratif que ma collègue de Bourassa a déposée. C'est pour
les Coréens. Il faut parler coréen pour travailler au Québec, maintenant.
Mme la Présidente, je
vous parle de fleurons québécois qui, eux, on leur dit non parce que le
gouvernement préfère dire oui aux
Américains, aux Suédois, puis aux Chinois, puis aux Coréens. Là, à un moment
donné, pouvez-vous comprendre une seule chose : Québec d'abord?
Présidente : La réponse de la ministre.
Fréchette : Bien, je suis contente d'entendre ça, «Québec d'abord», de
la députée, parce que, quand elle nous parle des Forges de Sorel, elle nous
parle d'une entreprise qui est de propriété européenne. Alors, voilà, je pense
qu'il y a comme convergence de vues avec nous. Et la preuve étant, c'est
qu'elle nous est revenue, lors de sa première intervention
sur ce sujet-là, en disant : Bien, l'important, c'est que Les Forges de
Sorel embauchent des Québécois, et, par conséquent, il faut les aider,
parce que ça va donner du travail aux Québécois. Bien, exactement. Alors, que
l'on aide une entreprise qui est à propriété
étrangère ou québécoise, il n'en demeure pas moins que les emplois qui sont
créés sont des emplois pour lesquels
les Québécois vont pouvoir travailler, avec des salaires bien rémunérés, dans
des créneaux d'avenir.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Rizqy : ...85 ans que les forges existent au Québec. Vous
avez un chauffeur, allez vous promener. Au Saguenay, First Phosphate, c'est une entreprise québécoise.
Cascades, son collègue était vice-président là-bas. C'est très québécois,
chez Cascades.
à un moment donné, c'est très simple. Tout le Québec inc. est d'accord, les
maires sortent pour que les blocs d'énergie
soient alloués. Northvolt elle-même a dit sur la place publique qu'ils sont
prêts à les distribuer dès maintenant, en attendant, parce qu'ils ne
sont pas prêts. Écoutez, même le caucus caquiste veulent des blocs d'énergie
dans leurs régions.
Pourquoi que le
gouvernement refuse?
Présidente : La réponse de la ministre.
Fréchette : Oui, Mme la Présidente. Alors, bien, j'ai l'impression
qu'on veut aller trop vite, parce qu'en fait il y a des projets d'entreprises
qui vont requérir des blocs d'énergie pour lesquels l'échéancier, le calendrier
n'est pas encore défini. Je sais que la députée de Saint-Laurent aimerait que
ce soit le cas puis qu'on connaisse déjà, par exemple,
ce dont Northvolt a besoin dès l'année prochaine et dans les deux prochaines
années. Ce n'est pas le cas. On attend de voir leur nouvel échéancier. Et
ça, ça va nous permettre d'orienter les blocs d'énergie envers Northvolt ou
d'autres entreprises, s'il y a possibilité de se faire. Mais encore faut-il
avoir le portrait complet de l'échéancier avant de pouvoir décider s'il y a
réallocation ou pas.
Présidente : En terminant.
Fréchette : Nous, on va aider la création d'emplois dans des secteurs
stratégiques.
Présidente : En question principale, je reconnais le député de
Nelligan.
M. Derraji : Merci,
Mme la Présidente. Écoutez, Mme la Présidente, la ministre vient de céder à la
pression populaire, vient de céder à la pression de l'équipe du journal Le
Devoir , l'équipe d'enquête, et elle vient de déclarer publiquement que le
document que j'ai caviardé ne le sera plus, et elle va le publier. Bravo!
Bravo, Mme la ministre, vous avez pris la
bonne décision! C'est la bonne décision, au nom des familles endeuillées, de
finalement dévoiler l'avis.
Mais ce qui
m'intéresse, Mme la Présidente, ce n'est pas qu'elle le dévoile. Elle est
responsable de la sécurité routière. C'est elle qui est responsable sur le
bilan routier.
Aujourd'hui, elle
fait face à une question très importante : Est-ce qu'elle préfère le statu
quo ou elle préfère sauver des vies? C'est
ça, la question que les familles endeuillées se posent aujourd'hui. Elle est
très simple. Elle a le droit de dire : C'est une décision
politique, je reste sur le statu quo, ou bien : On va arrêter les
95 morts par année.
La Présidente :
La réponse de la ministre...
La Présidente :
Silence, je vous prie. La réponse de la ministre des Transports et de la
Mobilité durable.
Guilbault : Oui. Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Bien, effectivement... Puis je vais prendre le temps de replacer l'entièreté des éléments que j'ai
placés en mêlée de presse, juste avant d'arriver ici. Et j'ai dit
qu'effectivement, comme je l'ai expliqué hier, les demandes d'accès à
l'information à la Société de l'assurance automobile du Québec sont gérées par
la Société de l'assurance automobile du Québec. Je ne m'en mêle pas, raison
pour laquelle je n'étais pas au courant que ce document-là existait. Je n'étais
pas au courant qu'il y avait eu une demande d'accès et je n'étais pas au courant de la réponse à la demande d'accès
jusqu'à ce que le député nous montre le document, la semaine dernière.
Ceci étant, il y a
eu, hier, un
article où on en avait des bribes ou, en tout cas, l'essentiel du
contenu. Il y a un autre
article ce matin, d'ailleurs, où on fait état de
l'opinion d'Éduc'alcool, qui est opposé au 0,05.
Mais donc, compte
tenu de ça, on a dit à la SAAQ : Réévaluez, si vous jugez que ça respecte
la loi, de rendre le document public, compte tenu qu'il y a beaucoup de
discussions collectives à ce sujet-là actuellement, si vous jugez que ça respecte la loi, et non pas à la demande de
la ministre, expresse, mais bien si vous jugez que ça respecte la loi, moi,
je suis tout à fait à l'aise qu'on le rende public. Et ça a été rendu public.
Si ce n'est pas déjà le cas, ça le sera dans les prochaines minutes sur le site Internet. Donc, tout le monde peut le
consulter. Mais, Mme la Présidente, la décision, elle a été prise, on a
été très clairs, on a déjà un régime qui est extrêmement sévère en matière de
conduite avec les facultés affaiblies.
Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : On a fait un projet de loi pour faire avancer la sécurité
routière. On en fait déjà beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Derraji : Mme
la Présidente, je ne sais pas si elle a lu le dossier d'enquête du journal Le
Devoir , il n'y a plus de contrôles routiers. Vous ne pouvez pas
continuer à dire la même chose, Mme la Présidente.
Elle a dit... Elle vient de dire qu'elle l'a lu
la semaine dernière. Je vais répéter ma question. Les familles endeuillées,
aujourd'hui, elles veulent savoir est-ce que, oui ou non, elle partage la
conclusion de l'étude. Elle est responsable
de la SAAQ, elle ne peut pas dire : C'est leur décision. C'est sa décision,
c'est elle qui est ministre. Est-ce qu'elle partage que c'est une mesure
porteuse?
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, Mme la Présidente, la sécurité routière, on en a
fait une priorité. Une des premières choses que j'ai faites, quand je suis
devenue ministre des Transports, c'est de faire le Plan d'action en sécurité
routière, dans lequel il y a une foule de
mesures qui s'ajoutent à ce qui avait déjà été fait cumulativement au fil des
ans, notamment en matière de modalités qui encadrent la conduite avec
les facultés affaiblies. On a des avancées majeures, dont un
article du projet
de loi qui amenait l'interdiction d'alcool pour les personnes qui ont un
nouveau permis de classe 6 pour les motocyclistes. On a le régime le plus
sévère, Mme la Présidente, au Canada. Je ne sais pas pourquoi le député ne comprend pas ça. Ce n'est pas pour rien que ses
propres collègues ne l'ont jamais adopté, le 0,05, c'est parce qu'eux aussi
trouvent qu'on a déjà un régime sévère et qu'on est déjà extrêmement
proactifs...
La Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : ...en matière de sécurité routière, au Québec.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Derraji : Mme la Présidente,
elle a choisi d'être dans le même rang que le Yukon. C'est son choix. Aujourd'hui,
je parle au nom d'Antoine Bittar et de Daniel Fortin. Les deux, ils ont perdu
leurs enfants, ils veulent savoir. La
mesure, elle est porteuse, c'est la conclusion de la SAAQ. Toutes les autres
provinces sont allées de l'avant avec cette mesure. Même vos collègues
caquistes... Le leader parlait de trois. Je peux lui dire, il y a une dizaine.
Est-ce que vous allez leur donner le droit de
voter librement demain?
La Présidente : M. le leader, vous
vous adressez à la présidence. La réponse de la ministre.
Mme Guilbault : Bien, Mme la Présidente, là, parlons un peu du Parti libéral, qui a été
là 15 ans. 2010, Sam Hamad, ministre
libéral des Transports : «Suite à nos analyses, actuellement, et suite à
nos consultations que nous avons effectuées auprès des citoyens et des organismes, nous avons décidé de retirer le
0,05.» Ministre libéral des Transports en 2010. 2018, notre ami le député de Pontiac, libéral, qui est
assis en face de moi, 2018, qu'est-ce qu'il a dit, Alcool au volant :
le 0,05 suggéré à la Justice,
mais rejeté aux Transports :
«Le ministère québécois de la Justice voit d'un bon oeil l'idée d'imposer
des sanctions aux automobilistes dès que l'alcoolémie atteint 0,05, mesure qu'a
rejetée» le député libéral de Pontiac, qui ne regarde pas, en ce moment, mais
qui sait très bien qu'il l'a rejetée, à son époque.
La Présidente : En terminant.
Mme Guilbault : Alors, s'ils en font une obsession, est-ce que leurs
candidats à la chefferie sont prêts à...
Présidente : C'est terminé. Et c'est trop bruyant. C'est trop
bruyant. Je vous entends. C'est trop bruyant, on retrouve le silence.
J'aimerais maintenant entendre, en question
principale, le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci,
Mme la Présidente. Hier, j'ai parlé au nom des centaines de milliers de
Montréalais qui ont besoin du métro
chaque matin pour se rendre au travail, et le premier ministre, il n'a même pas
daigné me répondre. Aïe! c'est 800 000 déplacements par jour,
le métro de Montréal, c'est plus que n'importe quelle autoroute au Québec. C'est 100 fois plus que le troisième lien
imaginaire du premier ministre. Mais, quand il y a des stations de métro qui
ferment par manque d'entretien, il ne montre aucun intérêt pour les
usagers du métro. Il ne prend aucune responsabilité pour sa décision de
définancer l'entretien du transport collectif. Il ne pose aucun geste pour
rectifier la situation. Puis je vais vous
dire pourquoi, Mme la Présidente : parce que, pendant que les poutres du
métro s'effritent, là, bien, le premier ministre, il a la tête ailleurs,
il rêve à son troisième lien à 10 milliards de dollars.
Mais j'aimerais ça, ce matin, qu'il regarde la
caméra et qu'il dise aux Montréalais, aux Montréalaises que le métro, là, c'est
la plus grande infrastructure de transport au Québec, bien, que c'est important
pour lui puis qu'il va s'en occuper parce
qu'il est le premier ministre de tous les Québécois, de toutes les Québécoises,
y compris le monde de Montréal. J'aimerais
ça qu'il prenne sa part de responsabilité pour entretenir le transport en
commun à Montréal puis partout au Québec.
Est-ce qu'il va le faire?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, quand on parle de transport collectif, le financement vient
de trois sources : première source, la ville, dans ce cas-ci la
ville de Montréal; deuxième source, le gouvernement du Québec; troisième
source, le gouvernement fédéral. Quand on regarde, Mme la Présidente,
l'évolution de la contribution du gouvernement du Québec, depuis 2018, on voit,
là, en rouge, c'étaient les libéraux, on finançait 9 milliards. On est
maintenant rendus à 13 milliards.
Bon, évidemment, il y a des discussions qui ont
lieu avec la ville de Montréal à savoir quelle part devrait être pour le maintien d'actif et quelle part devrait
être pour le développement, entre autres le prolongement de la ligne bleue.
Et, en bout de ligne, c'est la ville de
Montréal qui gère son transport collectif, comme les autres grandes villes au
Québec.
Donc, Mme la
Présidente, on finance d'une façon record le transport collectif, je comprends
que Québec solidaire trouve que ce n'est jamais assez, mais, Mme la
Présidente, je pense qu'on fait un effort, donc il faut aussi que la
ville de Montréal et le gouvernement fédéral fassent leur part.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Là, Mme la
Présidente, là, ça suffit, de tordre les chiffres pour fuir ses responsabilités.
Si on tient compte de l'inflation, la CAQ a
coupé dans l'entretien du transport collectif. Ils sont prêts à mettre
10 milliards pour un pont où il va y avoir 9 000 voitures
par jour, mais ils ne veulent pas en faire plus pour le métro de Montréal, où
il y a 800 000 déplacements chaque jour de la semaine?
Comment le premier ministre peut justifier ça?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien,
Mme la Présidente, nous, on n'est pas, à la CAQ, dogmatiques. Il faut investir,
Mme la Présidente, dans le transport collectif, mais on pense qu'il faut
aussi investir dans le transport routier, parce que, si on veut, tantôt, des
autos électriques, des camions électriques, il va falloir avoir des routes.
Maintenant, parlons du transport collectif. On
ne tord pas les chiffres, on dit : Les libéraux mettaient 9 milliards, on met 13 milliards.
Maintenant, encore une fois, ça se sépare en deux, le 13 milliards, il y a
une
partie en maintien d'actif puis il
y a une
partie en développement de nouveaux projets. Puis évidemment c'est fait
avec la ville de Montréal, dans ce cas-ci, qui fait ses choix.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Le gouvernement
du Québec aussi peut faire ses choix, et j'ai une proposition concrète pour lui.
On met 13 milliards de dollars pour électrifier des autobus, qui
représentent 0,4 % de nos gaz à effet de serre, 13 milliards pour 0,4 %. Je ne demande pas au premier ministre
d'être un écologiste modèle, juste d'être un bon comptable. Est-ce qu'il reconnaît avec moi que cet argent-là serait
mieux utilisé pour entretenir le transport collectif, à commencer par le métro
de Montréal?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, j'aurai tout
entendu, Mme la Présidente. Québec solidaire qui est contre l'électrification des transports, qui dit : Arrêtez de mettre
de l'argent pour électrifier les autobus, arrêtez d'électrifier les transports.
Je n'en reviens pas. J'ai bien de la misère à suivre Québec solidaire.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Un enfant sur cinq, au Québec, a faim durant sa journée d'école. Ça, c'est plus de
300 000 enfants. Personne au Québec n'accepte cette réalité, et la
population québécoise veut qu'on agisse. La preuve, il y a un sondage de
Léger qui dit que 67 % des Québécois sont d'accord pour qu'on serve des
lunchs à l'école pour les enfants. Même les gens qui n'ont pas d'enfants sont
d'accord avec ça, parce que c'est un investissement pour toute la société.
La première étape, c'est d'aller chercher notre
argent, 200 millions de dollars du fédéral, pour l'alimentation scolaire,
je répète, ça, c'est notre argent, l'argent de tous les Québécois, puis il faut
le rapatrier sans aucune condition. Il faut le faire rapidement parce que les
élections fédérales sont imminentes, il ne faut pas qu'on perde cet argent-là.
Est-ce que le ministre de l'Éducation est
d'accord pour qu'on fasse, tout le monde ensemble, front commun pour aller
chercher les 200 millions de dollars à Ottawa?
La Présidente : La réponse du
ministre de l'Éducation.
M. Drainville : Bien,
Mme la Présidente, il y a des discussions avec le gouvernement fédéral. Ils ont
annoncé un programme d'aide alimentaire. Alors, évidemment, on va discuter puis
on va essayer, surtout, de s'entendre avec eux.
Je pense qu'il y a déjà beaucoup de très bonnes
mesures qui fonctionnent très bien, actuellement, dans nos écoles québécoises.
Je rappelle qu'on a augmenté de 25 à 65 millions le programme d'aide
alimentaire dans les écoles québécoises. Et je pense que la dernière chose que Québec
solidaire et cette Chambre veulent, c'est qu'on aille faire du chevauchement,
qu'on aille dédoubler ce qui existe déjà. Alors, il faut s'assurer que les
éventuelles sommes d'argent qu'on obtiendra
du fédéral viennent s'intégrer, viennent s'ajouter d'une manière intelligente
et efficace au programme qui existe déjà et qui nous a permis, donc,
d'augmenter de beaucoup le nombre d'élèves qui sont nourris quotidiennement,
que ce soit le matin ou le midi, notamment avec le Club des petits déjeuners ou
avec la cantine.
Alors, on travaille là-dessus, Mme la
Présidente. Je pense qu'il y a moyen de s'entendre...
La Présidente : En terminant.
M. Drainville : ...mais faisons
les choses intelligemment.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ghazal : Bien, Mme la
Présidente, je suis vraiment ravie d'entendre que le ministre de l'Éducation est
d'accord avec le principe d'aller chercher
cet argent-là puis qu'il y ait du travail qui est fait. Ce n'est pas le son de
cloche qu'on avait il y a trois semaines de la part du premier ministre.
Maintenant, ça va être important, là, parce que
la statistique qui heurte beaucoup les Québécois puis tout le monde ici, c'est de régler le problème du un
enfant sur cinq qui ne mange pas à sa faim. Donc, cet argent-là, il faut qu'on
s'en serve pour régler cette situation-là, pour que les enfants puissent manger
à leur faim, pour améliorer le programme...
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Drainville : Mme la
Présidente, je pense que j'ai été clair, hein, il y a une volonté de s'entendre
avec le gouvernement fédéral, mais il faut faire les choses pour que l'argent
qui soit investi ne vienne pas dédoubler ce qui se fait
déjà. Et donc, si on est capables de partir sur cette base-là, je pense qu'il y
a matière à dialogue et, franchement, de notre côté, on l'espère, matière à
entente.
Maintenant, Mme la
Présidente, il faut parler de l'aide alimentaire, mais il faut élargir la
question, également, à l'aide aux familles,
parce que l'aide alimentaire, c'est important, mais il ne faut pas oublier les
autres mesures qui ont été mises de
l'avant pour venir en aide aux familles. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler,
Mme la Présidente, je ferai une liste exhaustive...
Présidente : En terminant.
M. Drainville :
...dans la dernière réponse.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal :
On veut que le programme soit efficace, puis ce qui est important, c'est
que plus jamais un enfant n'aille à l'école le ventre vide. Et, pour ça, ça
prend des investissements, puis après ça on peut travailler en collaboration
ensemble sur la façon de gérer ce programme-là. Bien sûr, il n'y a personne qui
veut un dédoublement, mais c'est important que le travail que vous êtes en
train de faire pour aller le chercher, cet argent-là d'Ottawa, serve à améliorer l'alimentation scolaire dans les
écoles, parce qu'un enfant sur cinq qui a faim, ça, on ne peut pas accepter ça.
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Drainville :
Mme la Présidente, parmi les aides aux familles, là, que nous avons
apportées, là, on a limité à 3 % l'augmentation des tarifs gouvernementaux,
on a réduit les taxes scolaires, on a aboli la taxe famille des libéraux, un tarif unique pour les services de garde,
300 $ gratuits pour les projets particuliers, 300 $ de livres
nouveaux par enseignant à la rentrée scolaire, plus d'argent pour la
culture à l'école, etc.
L'autre
chose qu'il faut dire, Mme la Présidente, dans les quelques secondes qu'il me
reste : Il ne faut pas oublier les parents, dans cette équation-là. Les
premiers responsables de l'éducation et de l'alimentation des enfants, ce sont
les parents. Et donc il faut trouver un équilibre là-dedans. Il ne faut pas
déresponsabiliser les parents...
Présidente : En terminant.
M. Drainville :
...il faut que les parents soient des partenaires dans cette initiative
collective.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Jean-Talon.
M. Paradis :
Mme la Présidente, le gouvernement avait promis de freiner le déclin du
français. On se souvient des paroles du
premier ministre : survie de la nation, risque de louisianisation du
Québec. Le gouvernement n'avait pas de mots assez forts pour décrire
notre avenir si le Québec n'est pas en mesure de franciser, franciser,
franciser. On nous promettait des mesures jamais vues auparavant.
On est servis :
en coupant dans la francisation des immigrants, les classes ferment, et on met
des enseignants au chômage. Les budgets ont
été coupés dans les centres de services scolaires. En Estrie, dans Lanaudière,
en Montérégie, partout, l'offre a été
réduite à presque rien. Et là on apprend qu'à Québec, dans notre capitale
nationale, il est devenu impossible de s'inscrire à un cours de
francisation de niveau 1. Les centres de francisation sont fermés aux
nouveaux élèves.
n'y a pas six mois, le gouvernement disait que son plan est audacieux.
Aujourd'hui, ce qu'on voit, ce sont des coupes qui nous font reculer.
Est-ce
que le ministre de l'Immigration, de
la Francisation et de l'Intégration
peut nous expliquer comment il compte franciser sans offrir de cours de
francisation?
Présidente : La réponse du ministre de l'Immigration, de la
Francisation et de l'Intégration.
M. Roberge : Merci bien, Mme la
Présidente. Je suis content d'avoir la question du collègue, parce que,
écoutez, si je lis les comptes Twitter, les comptes X de mes collègues
puis certains articles, on a l'impression que c'est grosses coupures en
francisation, on francise de moins en moins, les gens n'apprendront pas la
langue.
Mme la Présidente, ce n'est pas exact, ce n'est
pas ça qui se passe sur le terrain. Francisation Québec, c'est une grande
avancée pour le Québec. C'est un guichet unique qui francise avec l'aide de
trois partenaires, les centres de services scolaires, les
organismes communautaires et Francisation Québec, qui, lui-même, embauche ses
propres professeurs. Et, quand un cours se
termine, il n'est pas automatiquement renouvelé dans chacun des réseaux, parce
que c'est Francisation Québec qui joue le rôle de tour de contrôle et
qui réouvre des fois dans le même réseau une autre classe, des fois dans un
autre réseau.
L'an
passé, pareille date, première semaine d'octobre, il y avait, dans les centres
de services scolaires, 15 488 élèves. Cette année, première semaine
d'octobre, dans les centres de services scolaires :
23 000 élèves. 14 000, 23 000, augmentation de
50 %. Conclusion de ma collègue : Quelles coupures?
Présidente : En terminant.
M. Roberge :
Ça ne marche pas, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire.
M. Paradis :
Le gouvernement dit que la situation est critique, et là ce sont les
intervenants en francisation à Québec qui disent que la situation est critique à
cause des coupes du gouvernement. Je leur ai parlé, là, dans les derniers
jours, ils sont catastrophés.
Alors, c'est quoi,
cette intention-là, là, avec Francisation Québec? L'intention, c'est de couper
des budgets sur ce qui fonctionne déjà en francisation, de fermer des classes
qui fonctionnent déjà pour attendre, on ne sait où ni quand, le relais de
Francisation Québec, un autre brassage de structures, faire une chose, dire le
contraire?
Qu'est-ce qu'on
répond aux étudiants qui veulent être francisés aujourd'hui à Québec?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Roberge :
Bien, on leur répond : Inscrivez-vous à Francisation Québec, vous
allez être admis, vous allez être pris en charge, on va vous diriger vers votre
cours. Il est faux de penser que les gens qui veulent suivre des cours de
francisation vont cogner à la porte d'un centre de francisation. Prenez des
notes, tout le monde, ça fait quasiment deux ans que ce n'est plus de même.
D'accord? On appelle à Francisation Québec, on s'inscrit et on se fait assigner
une classe, un prof, un cours. Parfois c'est dans un centre de services
scolaire. Il y en a 50 % de plus cette année que l'an passé, notez ça.
Parfois c'est à Francisation Québec, parfois c'est chez un autre partenaire.
Quand on augmente de 50 % les cours en un an...
Présidente : En terminant.
M. Roberge :
...c'est tout sauf une coupure. S'il vous plaît, un peu de bonne foi.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Paradis :
Le ministre continue à me parler de structures, de budgets, tout ça. Les
gens le disent, les classes sont fermées, là, elles sont fermées. Il n'y a pas
de nouvel étudiant qui va pouvoir s'inscrire à des cours de francisation à
Québec. C'est ça, la situation, actuellement, sur le terrain.
Alors, moi, je repose
la question au ministre. Outre de parler de structures puis de budgets
généralement, c'est ça, la situation, les
élèves ne peuvent pas avoir accès aux cours. Qu'est-ce qu'il leur répond? Ils
veulent se franciser, ils n'ont pas accès aux cours, ils sont fermés.
C'est ça, la situation, demain, là.
Présidente : La réponse du ministre.
M. Roberge : Mme la Présidente, mon collègue
ne regarde que la
partie centres de services scolaires, juste à Québec, puis se concentre à un endroit où un cours n'est
pas renouvelé, mais, lorsqu'un cours n'est pas renouvelé à un endroit, il est
ouvert ailleurs.
Mme la Présidente, on
francise plus cette année que l'an passé. Les budgets augmentent, le nombre de
classes augmente, le nombre d'élèves
augmente. Mais à l'impossible nul n'est tenu. On ne peut pas répondre à une
demande qui est infinie, alimentée par la perte de contrôle total du
gouvernement fédéral sur l'immigration temporaire. C'est ça qui augmente la liste d'attente, ce n'est pas de
supposées coupures du gouvernement. Alors, s'il vous plaît, Ottawa, je vais le
dire en anglais...
La Présidente : En terminant.
M. Roberge : ...«enough
is enough» pour les temporaires. S'il vous plaît, comprenez le message.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Il y a trois ans, le
ministre de l'Environnement a créé un comité aviseur sur les changements
climatiques. Dans le temps, l'objectif, c'était guider l'action du gouvernement.
Mais là nous avons un grave problème, des scientifiques renommés quittent le
navire : Pierre-Olivier Pineau, l'année passée, et tout récemment
Catherine Potvin et Catherine Montmorency. On parle d'experts renommés qui
claquent la porte parce que, malgré leurs recommandations, la CAQ ne fait pas
assez pour lutter contre les changements climatiques, et je les cite : «Le
gouvernement fait n'importe quoi, parce que les élus savent très bien qu'ils ne
seront plus en poste.» Ce ne sont pas mes
mots, ce sont les mots d'une experte qui dénonce l'inaction de la CAQ. Je me
demande à quoi sert, donc, un comité consultatif si la CAQ n'écoute pas
leurs recommandations.
Ma question
est donc pour le ministre de l'Environnement : Qu'est-ce qu'il va advenir
de son Comité consultatif si les scientifiques n'arrêtent pas de démissionner?
Présidente : La réponse du ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
M. Charette : Merci,
Mme la Présidente. Merci à la collègue pour la question. Puis c'est l'occasion
de rectifier, peut-être, certaines informations. Tous ne démissionnent pas. On
parle de deux membres du comité qui ont convenu de ne pas renouveler leur
mandat, mandat qui arrivait à échéance au cours des prochaines semaines. Ce que
ça veut dire, c'est qu'il y en a 11
sur 13 qui sont en poste et qui font un excellent travail. D'ailleurs, si on
regarde, au cours des dernières années, le comité a produit plusieurs rapports, et plusieurs des recommandations
qui étaient contenues dans ces rapports-là ont pris la forme de mesures
concrètes dans les plans de mise en oeuvre qui ont suivi.
Ce qu'il faut
rappeler aussi, c'est un comité qui est complètement indépendant, ce n'est pas
le gouvernement du Québec qui dicte
les travaux et les sujets qui doivent être priorisés. Donc, si les deux
collègues qui quittent, manifestement avec certaines doléances, n'ont
pas réussi à imposer leurs propres thématiques auprès de leurs confrères et consoeurs,
ce n'est pas la responsabilité du gouvernement du Québec, c'est elles qui n'ont
pas réussi à faire valoir leur agenda. Et il faut savoir que plusieurs des
recommandations qu'elles évoquent ces derniers jours ne faisaient même pas
partie des rapports...
La Présidente : En terminant.
M. Charette : ...et certaines
de ces recommandations ont été rejetées par l'ensemble des formations...
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Zaga Mendez : Mme la
Présidente, les scientifiques ne sont pas parties avec une lettre de
félicitations au ministre. Je les cite : «Le Québec n'est pas sur la voie
de la décarbonation. La réduction des émissions du Québec, elle est presque nulle. Les actions qu'on pose ne
réussissent pas à juguler le problème. Ce comité, c'est un comité bidon.»
Quand les scientifiques écrivent ça en partant, là, ce n'est pas un refus de
renouveler, c'est une démission puis un grave problème.
Est-ce que le ministre peut admettre qu'il manque
de l'écoute envers son propre comité aviseur?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Charette : Encore une fois,
c'est un comité qui est complètement indépendant. Ce sont les membres du comité
qui déterminent l'objet de leur prochain rapport, de leur prochain sujet
d'étude. Si les deux membres qui ont convenu de ne pas renouveler leur mandat
n'ont pas réussi à imposer les thèmes qui leur sont chers auprès de leurs confrères et de leurs consoeurs, ce n'est
certainement pas de la faute du ministère
de l'Environnement ou du gouvernement
du Québec. Il y a des propositions qui sont
légitimes, mais qui ne reçoivent pas l'accueil nécessaire pour aller de
l'avant. Le Parti libéral, Québec solidaire se sont notamment prononcés contre... et le Parti
québécois contre la taxe kilométrique.
La Présidente : En terminant.
M. Charette :
Donc, ce n'est pas parce qu'une idée est lancée qu'elle est forcément
applicable.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Zaga Mendez : Mme la
ministre... Mme la Présidente, pardon, les scientifiques claquent la porte
parce qu'ils ne sont pas capables de défendre un bilan médiocre en matière de
lutte aux changements climatiques de la part de
la CAQ, parce que qu'est-ce qu'on a comme bilan, c'est un plan de lutte aux
changements climatiques qui est incomplet, qui est insuffisant, qui a
été déposé au milieu de l'été, comme ça personne n'en entend parler. On rate
nos cibles de réduction, c'est écrit noir sur blanc.
Je répète : À quoi ça sert d'avoir en place
un comité des experts si la CAQ demeure dans l'inaction?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Charette : La collègue a
certainement manqué plusieurs entrevues intéressantes, dont celle du président du comité consultatif, qui dit, au contraire, c'est
un comité qui a sa pertinence, c'est un comité qui travaille à améliorer ses
pratiques. Mais, encore là, ce sont des questions de régie interne. Et on a
11 membres sur 13 qui sont mobilisés et qui continuent à faire le travail.
Et, pour ce
qui est des deux postes à combler, je rappelle à la collègue la procédure, ce
n'est pas le gouvernement qui les nomme, c'est le Scientifique en chef,
avec le président du comité consultatif, qui vont suggérer des noms dans les
prochaines semaines, donc deux postes qui seront comblés avec des personnes
certainement très mobilisées et très motivées à continuer le travail...
La Présidente : En terminant.
M. Charette : ...du comité scientifique en question. Donc, nous
saluons les propos, mais ce n'est pas non plus un...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, Mme la
Présidente. Alors, en septembre 2020, le ministre de l'Environnement nous promettait une grande révolution dans les demandes
d'autorisation environnementale. Il nous promettait qu'en réallouant les
ressources, bien, le nouveau régime allait réduire de façon significative les
délais d'autorisation sans pour autant affecter les exigences
environnementales.
Mais, quatre ans plus tard, force est de
constater que les résultats ne sont pas là. Les chiffres sont assez clairs, Mme la Présidente : en 2019, ça prenait
283 jours pour obtenir une réponse du ministère, et aujourd'hui, hein,
quatre ans plus tard, c'est un
gros... une grosse avancée d'une journée, hein, on a gagné une journée, 282 jours. Un
seul jour. Ça, c'est l'exploit du ministre.
À Laval, on
peut parler... c'est exceptionnel, là, 19 mois. Ça, c'est énorme. En
revanche, Northvolt, lui, a eu un... vraiment, là, le tapis royal, trois
mois seulement.
Alors, je pose la question : Est-ce qu'on
aurait vu ces délais-là si Northvolt avait été à Laval, 19 mois?
Présidente : La réponse du ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. La dernière intervention de la collègue, il y a deux semaines,
m'avait surpris, je relevais les contradictions de ses questions, mais je dois
vous avouer que je suis tout aussi surpris ce matin. La modification à la
Loi sur la qualité de l'environnement qui permet
cette réforme-là, c'est le Parti libéral qui l'a adoptée en 2018. Donc,
de les voir s'étonner aujourd'hui m'étonne à mon tour.
Mais, ceci dit, elle était nécessaire, cette
réforme-là. Il n'y avait pas eu de modification depuis 1972, depuis une cinquantaine d'années que la loi n'avait pas
été modifiée. Ce que l'on a fait, il y a trois ans maintenant, c'est de revoir
les projets selon leur impact au niveau de
l'environnement. Si les délais... Encore une fois, il faut faire attention pour
ne pas trafiquer les chiffres, mais,
si les chiffres ne semblent pas avoir bougé, c'est qu'on a soustrait de la
procédure d'autorisation ministérielle des milliers de projets qui
maintenant prennent quelques jours avant d'être autorisés parce qu'ils ont très
peu, sinon pas du tout d'impact au niveau de
l'environnement. Donc, les projets qui restent sont ceux qui ont des impacts
majeurs et qui nécessitent des temps d'évaluation plus grands. Mais ce qu'il
faut noter de cette réforme-là, c'est qu'il y a plusieurs milliers de projets qui,
aujourd'hui, peuvent passer en déclaration de conformité, ce qui vient
accélérer les procédures d'évaluation.
La Présidente : Voilà. Cela met fin
à la période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y a pas de votes reportés, nous
allons passer à la motion... à la rubrique, pardon, Motions sans préavis — ma
dyslexie, désolée — et,
pour ce faire, je cède la place au deuxième vice-président. Merci pour votre
attention. Bonne fin de journée, tout le monde.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, bon mercredi
matin, chers collègues. À la rubrique Motions sans préavis, je suis
maintenant prêt à reconnaître un membre formant l'opposition officielle, et ce
sera M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la
députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que
l'industrie minière en Abitibi-Témiscamingue est une source de richesse et de fierté pour l'ensemble des
Québécois, avec des retombées de 3,3 milliards de dollars en
activités économiques, ce qui représente près du tiers de toutes les
retombées de l'industrie minière québécoise;
«Qu'elle rappelle que cette industrie s'appuie
sur l'expertise et les compétences des travailleurs de l'Abitibi-Témiscamingue
et que 24 % de tous les emplois dans la région y sont directement reliés;
«Qu'elle prenne acte des inquiétudes évoquées
lors des consultations particulières sur le projet de loi 63 selon lesquelles, dans sa forme actuelle, le projet de
loi nuira à l'industrie minière et au développement économique de la région
de l'Abitibi-Témiscamingue et du Québec;
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement caquiste de réviser de façon importante son projet
de loi afin d'éviter de nuire à l'économie de l'Abitibi-Témiscamingue et
de nos communautés minières partout au Québec.»
Je vous remercie, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : ...
Le Vice-Président (M. Lévesque) :
Il n'y a pas de consentement.
Alors, je
suis maintenant prêt à reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition,
et ce sera M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter
la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale réaffirme que le financement de l'entretien des
infrastructures de transport collectif est une responsabilité partagée
entre le gouvernement fédéral, québécois et les municipalités;
«Qu'elle
demande au gouvernement du Québec d'évaluer la possibilité de rediriger une
partie des sommes prévues pour
l'électrification du transport collectif afin d'accroître ses investissements
en maintien des actifs du transport collectif.»
Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Il n'y
a pas de consentement, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Il
n'y a pas de consentement.
Alors, je suis maintenant prêt à reconnaître un
membre du troisième groupe d'opposition, et je cède la parole à M. le député de
Matane-Matapédia.
M. Bérubé : M. le Président, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de Pontiac, la députée de Verdun et la députée de
Vaudreuil, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale constate que la situation de l'industrie forestière exige
la révision urgente du régime forestier actuellement en vigueur;
«Qu'elle rappelle que la ministre des Ressources
naturelles et des Forêts a mené des consultations en ce sens avec les acteurs
du milieu en début d'année;
«Qu'elle prenne acte des difficultés qui se sont
développée au sein de l'industrie [dans] la même période, difficultés qui
pourraient se conclure par la perte de plusieurs milliers d'emplois en région;
«Qu'elle constate que l'industrie forestière est
d'une importance capitale pour un très grand nombre de régions du Québec;
«[Enfin] qu'elle presse le gouvernement
d'élaborer un nouveau régime forestier avant la fin de l'année 2024.»
Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour
débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Il n'y a pas de consentement.
suis maintenant prêt à reconnaître un membre du gouvernement et je cède la
parole à M. le ministre de la Culture et des Communications.
M. Lacombe : Merci, M. le Président. Je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député de Jean-Lesage et celui de Matane-Matapédia :
«Que l'Assemblée nationale
affirme que la création d'un musée national de l'histoire du Québec permet de
rassembler et d'inclure tous les Québécois;
«Qu'elle souligne
l'importance de faire connaître et de faire rayonner l'histoire de la seule
nation francophone en Amérique du Nord;
«Qu'enfin,
elle reconnaisse que le nécessaire récit national dont sera animé le musée est
rassembleur plutôt que divisif.»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, il y a un
consentement rassembleur, sans débat, M. le Président. Je vous demanderais
un vote électronique, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
le vote électronique est demandé. Mmes et MM. les députés, je vous
demanderais, s'il vous plaît, de bien vouloir enregistrer votre vote dès
maintenant.
Le vote est
maintenant terminé. Pour le résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 107
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : La motion est adoptée.
Alors, nous en sommes
maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. Puisqu'il y
a une belle ambiance, mesdames et messieurs, je vous invite à vouloir quitter
le salon bleu en silence et à poursuivre vos discussions
personnelles à l'extérieur. Salon bleu! Salon rouge, pardonnez-moi, c'est
l'habitude. Alors, M. le leader adjoint du gouvernement, je veux vous
entendre.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, M. le Président. Moi aussi, je veux que
vous m'entendiez.
donc j'avise cette Assemblée que la Commission des institutions va entreprendre
l'étude détaillée du projet de loi n° 67, la Loi modifiant le Code des professions pour la
modernisation du système professionnel et visant l'élargissement de certaines pratiques professionnelles dans le
domaine de la santé et des services sociaux, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Pauline-Marois;
La Commission des
transports et de l'environnement va poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 61, la Loi édictant la
Loi sur
Mobilité Infra Québec et modifiant certaines dispositions relatives au
transport collectif, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 16 h 30 à
18 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de
l'économie et du travail va poursuivre les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi n° 71, la Loi
visant à améliorer l'accompagnement des personnes et à simplifier le régime
d'assistance sociale, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux
des commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures à
18 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission de l'agriculture, de l'énergie et des pêcheries va poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 63, Loi modifiant la
Loi sur les mines et d'autres dispositions, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Marie-Claire Kirkland.
Vice-Président (M. Lévesque) : Pour ma part, je vous avise que la Commission de
la culture et de l'éducation se réunira en séance de travail le
jeudi 10 octobre 2024, de 8 heures à 8 h 30, à la
salle Pauline-Marois, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse
d'un mandat d'initiative portant sur la distribution des fonds publics et des
revenus dans les industries culturelles du Québec.
vous avise également que la Commission des finances publiques se réunira en
séance de travail le jeudi 10 octobre 2024, de 8 heures à
8 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland, afin de statuer sur la
possibilité que la commission se saisisse des pétitions concernant la demande
visant à ce que la Caisse de dépôt et placement du Québec se départe de ses
investissements associés à des violations du droit international.
À la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, alors, je vous informe
qu'aujourd'hui, au bureau de Son Honneur la lieutenante-gouverneure, il y aura
sanction des projets de loi suivants : le projet de loi n° 62, Loi
visant principalement à diversifier les stratégies d'acquisition des organismes
publics et à leur offrir davantage d'agilité dans la réalisation de leurs
projets d'infrastructure, à 11 h 30, et le projet de loi n° 68, Loi
visant principalement à réduire la charge administrative des médecins, à
16 heures.
La période des
affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires
du jour. Et je cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement pour
savoir avec quoi nous débutons nos travaux aujourd'hui.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M.
le Président. Et donc, aujourd'hui, nous allons commencer en appelant
l'article 10 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, à l'article 10 du feuilleton, l'Assemblée
prend en considération le rapport de la Commission de la culture et de
l'éducation sur le projet de loi n° 64, Loi instituant le Musée national
de l'histoire du Québec.
Alors,
je suis prêt à reconnaître le premier intervenant, et ce sera M. le ministre de la Culture et des Communications. M. le
ministre, la parole est à vous.
M. Lacombe : Merci
beaucoup, M. le Président, de me donner l'opportunité, donc, de m'exprimer, à
cette étape-ci, dans le processus d'adoption du projet de loi qui va instituer
le Musée national de l'histoire du Québec. Et je serai bref, aujourd'hui,
j'aurai l'occasion, à la prochaine étape, d'être un peu plus long et de vous
livrer peut-être un peu plus le fond de ma pensée sur ce projet qui sera,
évidemment, un projet porteur pour la nation québécoise. Mais j'ai envie,
d'abord, de commencer en vous disant que c'est un projet sur lequel on a
travaillé très fort avec les équipes, notamment, du ministère de la Culture,
depuis déjà plusieurs mois, et je veux quand même les remercier, parce que je
sais à quel point ils ont travaillé fort. Et vous dire aussi que les
discussions que nous avons eues lors de l'étude détaillée, notamment avec nos
collègues de l'opposition, notre collègue la députée de Robert-Baldwin mais
aussi le député de Jean-Lesage, ont été des discussions qui ont été fécondes,
et ça a influencé, notamment, le projet de loi dans la forme actuelle. Et je
pense que c'est une étape qui était nécessaire, qui nous a permis de peaufiner
le projet de
loi sur quelques aspects très précis, parce que c'est un projet de
loi qui n'est pas très long non plus, 13 articles seulement, même s'il est
porteur, et je suis convaincu qu'aujourd'hui le projet de loi, il est meilleur
qu'au moment où je l'ai déposé. Je suis convaincu que les modifications que
nous y avons faites en font un projet rassembleur, je le dis sans partisanerie,
parce qu'il va rassembler tout le monde, tous ceux qui font
partie de la nation
québécoise, c'est-à-dire les Québécois, peu importent leurs origines, qui sont
établis ici et qui participent avec nous à ce projet de nation, bien sûr en
collaboration avec les nations autochtones, donc les Premières Nations et les
Inuits, qui auront leur place, évidemment, dans le récit national québécois,
parce que, sans leur concours, évidemment, la nation québécoise, aujourd'hui,
n'existerait pas.
Je suis donc confiant
que cette semaine les travaux vont se poursuivre, ils vont se poursuivre avec
la même diligence que celle que nous observons dans tout le parcours du projet
de loi depuis le début, et que, malgré peut-être les réticences qui ont été
exprimées au départ, parce qu'il y en a eu, on l'a vu dans la revue de presse,
que malgré ces réticences, bien, on pourra, je reviens avec ce terme, se
rassembler autour du projet de Musée national de l'histoire du Québec, parce que le Québec est une nation, le
Québec est une grande nation, le Québec est la seule nation francophone en
Amérique du Nord, et, à ce titre-là, il
mérite amplement ce projet de musée national qui sera dédié à son histoire,
l'histoire de la nation québécoise.
C'est le legs que nous souhaitons offrir aux générations futures avec la
création de ce musée. Donc, merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le ministre de la
Culture et des Communications. Maintenant, y a-t-il d'autres interventions? Je
reconnais Mme la députée de Robert-Baldwin.
Mme Garceau :
Merci beaucoup, M. le Président.
Merci beaucoup également, M. le ministre, pour vos affirmations que ce
nouveau musée, la création de ce nouveau Musée national de l'histoire du
Québec, sera un musée rassembleur, un musée,
évidemment, comme vous l'avez mentionné, qui... où chaque Québécois, chaque
Québécoise va s'y retrouver. Ça, je crois que c'est très, très
important, et c'était souligné par plusieurs groupes.
Et donc j'aimerais
tout d'abord, M. le Président, en ce qui a trait à la prise en considération du
projet de loi... Comme le ministre l'a
mentionné, il n'y avait pas beaucoup d'articles, on avait 13 articles,
cinq articles de concordance. Et vraiment l'article qui était au coeur
de ce projet de loi, c'était l'article 2 qui venait modifier... où on est
en train d'intégrer un nouvel
article à la
Loi sur les musées nationaux, c'est
l'article 24.2 qui définit les fonctions du nouveau Musée national de
l'histoire du Québec.
création... Je veux juste... Donnez-moi juste un instant, je n'ai pas de... O.K.
Là, ça marche. Désolée, M. le Président, là, c'est... mon écran ne
voulait pas.
donc cette disposition législative a pris... On a eu de bons échanges, si je
peux dire, qui résultent évidemment des consultations particulières que
nous avons eues avec plusieurs groupes, plusieurs personnes, des acteurs dans
le milieu, si je peux dire, muséal du Québec, de bons échanges constructifs sur
des enjeux sensibles. Et puis je crois qu'il y avait certainement un consensus
lié à l'apport inestimable des Premières Nations et des Inuits dans ce projet
de loi, je vais y revenir. Mais j'ai remercié le ministre, lors de l'étude
détaillée, pour cette ouverture qui, je trouvais, était très, très importante,
et qu'on est arrivés, séance tenante, à la première journée de l'étude
détaillée, avec un
article amendé avec cette précision de la part des Premières
Nations et les Inuits en termes de l'histoire du Québec.
ne faut pas... il ne faut pas oublier que la création... Puis je crois que
c'est important, M. le Président, à revenir un peu du pourquoi, pourquoi
est-ce qu'on est en train de créer un nouveau musée national. Oui, un musée qui
va faire rayonner, comme le ministre voulait, l'histoire de la nation
québécoise, mais c'est aussi l'histoire du Québec dans son ensemble. Et il ne
faut pas oublier qu'au début, lorsqu'on a annoncé la création de ce nouveau
musée, on l'a annoncée sur les cendres des Espaces bleus, le grand projet du
gouvernement caquiste, un projet, malheureusement... Et ma collègue la députée
de Mont-Royal—Outremont
était porte-parole à ce moment-là, lorsqu'on parlait du projet des Espaces
bleus, et, avec beaucoup d'enthousiasme, on parlait de 17 Espaces bleus
dans toutes les régions du Québec, avec un Espace
bleu Québec, maison mère, avec un estimé de coût d'environ 259 millions de
dollars. Mais on a vu, quelques années plus tard, que malheureusement
c'était un projet mal ficelé. Et on était arrivés... au bout du compte,
259 millions de dollars en 2021 étaient
rendus à 1 milliard de dollars au début de l'année 2024. Et
c'est pour cette raison qu'on a mis fin, évidemment, à ce projet de
loi... aux Espaces bleus.
Mais
qu'est-ce qui a été intéressant dans tout ça, M. le Président, c'est que, lors
de l'annonce des Espaces bleus, en 2021, la Société des musées du Québec
était préoccupée, était préoccupée par concurrence potentielle liée avec les
musées régionaux déjà en place, et évidemment qui étaient sous-financés, et qui
avaient des problèmes, surtout depuis la pandémie, et à juste titre, et
malheureusement continuaient à être sous-financés. Et donc ce n'était pas un
projet demandé par le milieu. Mais, six semaines suite à l'annonce qu'on
mettait fin au projet des Espaces bleus, le gouvernement est arrivé avec la
grande annonce de la création du Musée national de l'histoire du Québec, mais
avec des coûts encore estimés à
92 millions. Ça fait qu'on revient avec un montant, c'est un estimé. On ne
sait pas... Est-ce que c'est
simplement pour... ça va être les coûts associés à rénover un bâtiment
patrimonial qui date des années 1800? Ça prend des sous pour rénover ce
genre de bâtiment là. Le 92 millions n'a pas été ventilé, on n'a pas eu
connaissance des détails liés à ça.
donc, oui, on a reçu... Évidemment, il y a eu le dépôt du projet de loi. Il y a
de l'enthousiasme derrière ce projet, quand même un projet d'envergure, de
fierté pour le Québec, sauf qu'on est dans un contexte économique fragile.
On a un déficit record de 11 milliards de dollars et on nous revient
avec, encore une fois, un estimé de quand même un montant important. Mais
est-ce que ce montant-là, qu'on a donné un estimé de 92 millions... est-ce
qu'on va le dépasser d'ici un an, d'ici l'ouverture du musée? On parle
d'ouverture au printemps 2026, et j'ai été très claire avec M. le ministre lors de l'étude détaillée, et on ne
veut pas se retrouver dans un espace bleu 2.0, que ce soit là, aux crédits
au printemps 2025, ou un peu
plus tard, où ce n'est plus un estimé de 92 millions, mais on a largement
dépassé cet estimé-là. C'est sûr et certain que ça préoccupe, ça me
préoccupe énormément, et je n'en doute pas, que ça préoccupe également beaucoup
de Québécois et de Québécoises, compte tenu du contexte économique.
Et c'est donc la
raison que j'ai déposé... lors de l'étude détaillée, M. le Président, j'ai
déposé deux motions préliminaires,
deux motions préliminaires que je jugeais importantes avant de commencer
l'étude détaillée de ce projet. La première motion était pour obtenir
des documents du gouvernement permettant d'apporter un éclairage supplémentaire
à la commission dans l'exécution de son mandat, et je demandais précisément que
le ministère de la Culture et des Communications dépose à la commission les
analyses d'opportunité du projet de loi ainsi qu'une analyse d'impact sur les musées régionaux, et ce, dans les plus brefs
délais. Et c'est important, M. le Président, cette motion, parce que, comme
je l'ai mentionné, on ne peut pas faire fi,
là, du contexte économique dans lequel nous nous retrouvons, et on a déjà des
crises, évidemment, dans différents secteurs, malheureusement, que ce soit dans
le secteur de santé, d'éducation et aussi dans le domaine de la culture.
Il y a des sous-financements et il y a eu des manifestations, il y a eu des
lettres cosignées, et ça continue également. Et donc cette...
Et il y avait aussi tout
l'aspect, M. le Président... Et c'est surtout la Société des musées du Québec
qui a fait en sorte que, lorsque... qui est sortie avec un communiqué suite à
l'annonce que le gouvernement mettait fin au projet des Espaces bleus, parce
qu'on nous le rappelle, qu'il n'y avait pas eu de demande dans le milieu pour
avoir ces Espaces bleus, qui étaient pour
avoir possiblement... qui étaient un... pourraient avoir un impact sur les
musées régionaux. Il y avait une grande préoccupation par la société, et
je voulais juste citer, M. le Président, parce que ça faisait
partie de ma
motion préliminaire, un extrait de ce communiqué de la Société des musées du
Québec, qui mentionne : «Sans véritable ancrage sur le territoire, le
projet des Espaces bleus soulevait depuis ses débuts de nombreuses
préoccupations dans le milieu muséal, comme le rapportait la SMQ dans son
rapport annuel 2021-2022 : concurrence déloyale pour les musées de plusieurs régions, dédoublement potentiel des
rôles avec les musées régionaux existants et conséquences sur le financement
du réseau muséal actuel.
«Ne disposant d'aucune étude d'impact quant aux
enjeux financiers, de ressources humaines, de concurrence et de la
fréquentation, la communauté muséale du Québec est demeurée perplexe face à
l'arrivée de ce réseau parallèle. Se disant
à l'écoute du milieu culturel, le gouvernement Legault saura-t-il entendre les
appels de la communauté muséale?»
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Il
s'agit d'un petit rappel, Mme la députée. Vous savez qu'on ne peut pas nommer un député par son nom. Même si on cite un
document, on ne peut pas le faire. Donc, seulement nommer le
titre de la
personne. Je vous permets de continuer, s'il vous plaît.
Mme Garceau : Merci. Oui, bien,
c'était dans le communiqué. Désolée.
«Au Québec, les infrastructures de plusieurs
musées en région ont grandement besoin de mise à niveau et de consolidation.
Ces dernières atteignent parfois la fin d'un cycle de 40 à 50 ans
d'existence. Dans certaines régions, les musées n'arrivent plus à loger leurs
artéfacts et souhaitent la construction de réserves collectives pour conserver
leurs précieuses collections. D'autre part,
nombre de musées qui logent dans des bâtiments classés monuments historiques se
doivent de procéder à d'importants travaux
de restauration en raison de leur âge, et ce, à des coûts exorbitants. Le réseau
muséal actuel nécessite des investissements
majeurs afin de préserver notre patrimoine culturel, artistique et
scientifique, mais également afin que
les musées d'ici demeurent des lieux de connaissance et de savoir attractifs,
inclusifs et propices à l'émerveillement. La SMQ invite donc le
gouvernement à réaffecter les sommes excédentaires vers des projets
d'infrastructures muséales en cours ou en attente de financement.»
Et ça, M. le Président, c'était la grande
préoccupation des musées régionaux, qui voulaient évidemment que cette
enveloppe budgétaire qui était dédiée aux projets des Espaces bleus... que cet
argent-là soit réaffecté aux musées régionaux.
Cependant, on est arrivé avec l'annonce de la création du nouveau musée, avec
l'estimé de 92 millions de dollars.
Et donc j'avais fait valoir l'importance...
Est-ce qu'il y a eu... Depuis l'annonce du 4 mars, est-ce qu'il y a eu des
études concernant l'impact qu'un nouveau musée pourrait avoir sur, évidemment,
les musées régionaux? C'est quand même un musée d'envergure — deux
musées dans la ville de Québec — qui va faire en sorte que, surtout pour les touristes qui vont venir, peut-être qu'ils
vont se dire : Bien, on va rester... on va juste rester dans la ville de
Québec, parce qu'il y a deux musées, au lieu d'aller dans des régions.
Et ça, c'est quand même un argument très valable à faire valoir et à exprimer.
Et donc j'ai... Et il y avait également... Et
donc c'est important de voir est-ce qu'il y avait eu des études, des consultations. Je ne veux pas retourner dans le
temps avec la consultation de M. Arpin concernant le Musée de la
civilisation, mais c'était important, ces consultations-là, pour voir
qu'est-ce qu'on va mettre aussi dans le musée et est-ce que c'est approprié.
Donc, ceci
étant dit, la motion, malheureusement, a été rejetée, mais tout ce que je vais
dire... Et je tiens à préciser, M. le
Président, que j'espère qu'on ne se retrouve pas, dans un an, dans une
situation des Espaces bleus 2.0. Je veux que ce musée... que ce
soit réussi, qu'on aille... qu'on investisse de façon raisonnable, de façon
vigilante dans ce musée et qu'on ne dépasse pas largement le budget qui a été
annoncé par le gouvernement.
Je vais souligner aussi que je trouve... À ce
stade-ci, c'est important de savoir... d'avoir quand même des informations
concernant ce 92 millions de dollars là. Je crois qu'il y a quand
même un certain manque de transparence. Je
trouve que c'est préoccupant à ce stade-ci. Donc, j'espère qu'il n'y aura pas
de surprise, au printemps 2025, à ce sujet.
La deuxième motion préliminaire, qui a été
également rejetée par le gouvernement, mais je trouve qu'à ce stade-ci c'est très important de faire valoir les
motifs de cette motion... et la motion, la deuxième, qui faisait en sorte
qu'on voulait faire entendre le comité aviseur, M. le Président, dès que
possible. Il y a un comité aviseur qui a été annoncé, nous le savons,
lors de l'annonce, le 25 avril, par le premier ministre et le ministre de
la Culture et des Communications, qu'on était pour créer un nouveau musée. On a
annoncé également la nomination de deux membres sur un comité aviseur,
l'historien Éric Bédard et également Mme Jenny Thibault, qui est
directrice générale et artistique de la Société des arts technologiques. Pour
siéger sur ce comité, il y a aussi le directeur général du Musée de la
civilisation, parce qu'évidemment c'est le Musée de la civilisation avec ce
comité aviseur qui sont en train de faire la création de certains concepts, les orientations des équipes, avant
l'arrivée d'un comité scientifique qui va avoir comme responsabilité et comme
mandat de... le contenu, le mandat, là, le
volet historique numérique et évidemment les expositions, les thématiques, et
tout.
Donc, j'ai fait cette demande, j'ai présenté
cette demande, M. le Président, parce que, suite à une demande d'accès à
l'information, on a reçu des documents et des documents, malheureusement
certains documents avaient été caviardés, et on a vu également qu'il y avait eu
une analyse d'opinion publique qui avait été faite, tout dernièrement, le 30 août 2024, à l'effet que, sur
36 répondants... désolée, 86 répondants, il y avait environ 90 des
personnes qui sont revenues avec des
sentiments très négatifs, plutôt négatifs vis-à-vis le nouveau musée. Et là on
a vu également, parmi ces documents, que
le comité aviseur avait eu des rencontres préalablement, là, même avant que le
gouvernement annonce la fin du projet des Espaces
bleus. Le comité aviseur, concernant la création du nouveau Musée national d'histoire
du Québec, avait commencé ses rencontres le 19 février et donc même avant
l'annonce de la création et aussi le dépôt du projet de loi.
donc, là, de plus, il y a un document assez, si je peux dire, étoffé, avec
schéma à l'appui, avec, là, si je peux dire... on a prévu le grand... quelques
sections concernant le grand parcours de l'histoire du Québec, on avait des
expositions temporaires. Mais on
voit, là, des détails, possiblement liés aux thématiques, caviardés. Et on a
aussi un document étoffé qui, vraiment, démontre les grandes lignes, si je peux
dire, du fonctionnement interne du nouveau musée national du Québec avec des... de l'information concernant une
approche participative, la structure de consultation. On parlait également du
comité aviseur, le comité scientifique, qui devrait en faire partie.
Et donc j'avais
trouvé, à la lumière de tous ces documents-là... il me semble qu'on devrait
entendre les... le comité aviseur. Parce que
c'est sûr et certain qu'il y avait beaucoup de préoccupations, des groupes et
des personnes qui sont venus en consultations particulières,
avec comment est-ce qu'on va présenter l'histoire du Québec. Quel sera le
début? Est-ce qu'on commence avant l'arrivée de Cartier? Avec les peuples
autochtones? La nation québécoise, l'évolution?
À quel moment? Les gens avaient toutes sortes de questions liées à ça, incluant
le récit national, un récit plus pluriel.
On veut que ce soit rassembleur, on veut que ce soit inclusif, on veut que
l'histoire, la trame, la trame narrative de l'histoire du Québec, soit,
en soit, rassembleur, inclusif... inclusive, je devrais dire, comprenant toutes
les communautés qui ont contribué à son succès, les événements marquants, les
événements lumineux, les événements plus sombres. Il y a eu beaucoup d'échanges et des discussions à ce sujet-là, et aussi
avec le Conseil en éducation des Premières Nations, qui avait,
évidemment, une grande préoccupation, parce que le projet de loi, au début,
initialement, ne mentionnait pas, d'aucune façon, les contributions des Premières
Nations et des Inuits à l'histoire du Québec. Et donc, pour moi, c'est
important de voir... bien, semble-t-il que vous avez pas mal évolué. Vous êtes
avancés dans ce projet de loi là.
On avait aussi Mme
Bernier qui était venue, qui faisait
partie des consultations particulières,
qui avait dit : Bon, bien, les
expositions inaugurales sont déjà, là... on travaille là-dessus. On sait que
37... 37 à 40 membres personnel du Musée
de la civilisation qui sont dédiés,
au niveau du musée national, donc qui travaillent également sur les
expositions. Donc, quelles sont les thématiques? On est rendus où dans
ces expositions-là? Donc, je croyais qu'à ce stade-ci, compte tenu de nos
discussions, compte tenu des échanges qu'on avait eus avec les groupes, les
personnes qui sont venues en consultations particulières et leurs
préoccupations, je trouvais que c'était parfaitement à-propos de voir les
membres du comité aviseur venir en
commission parlementaire, mais malheureusement cette motion a été rejetée. Mais
je trouvais que c'était très important, M. le Président, de le
mentionner, parce que ça a fait partie, évidemment, de nos travaux, et, en tant qu'opposition officielle, c'est de
l'information qui, je croyais, était pertinente à l'étude détaillée de ce
projet de loi.
donc, comme j'ai mentionné, séance tenante on avait... M. le ministre nous a
présenté, avec la modification à
l'article 2 du projet de loi, qui faisait en sorte que... On l'avait
amendé, amendé... Je vais juste lire, évidemment, le texte initial des
fonctions, c'était «de faire connaître et de promouvoir l'histoire du Québec,
sa culture et son identité distincte ainsi
que de témoigner de l'évolution de la nation québécoise et de l'apport des
communautés qui ont façonné son parcours et son territoire». Et donc
l'article amendé, qui a été présenté séance tenante, la première journée de
l'étude détaillée : «de faire connaître et [de] faire rayonner l'histoire
de la nation québécoise, son évolution, sa culture et son identité distincte,
et de témoigner de l'apport des Premières Nations et des Inuit à son parcours».
Donc, nous avons commencé, M. le Président, l'étude détaillée sur cet article.
Et, évidemment, ça
vient rejoindre... Et c'est pour ça que j'avais remercié le ministre pour son
ouverture, parce que c'est sûr que les amendements sont venus, si je peux dire,
suite à plusieurs remarques des deux partis d'opposition au niveau de l'importance des contributions et de
l'apport des Premières Nations et des Inuits. Et, évidemment, il y avait un
consensus. Tous les groupes qui sont venus, qui ont déposé des mémoires, il y
avait un consensus sur... que cette contribution, même inestimable, doit faire
partie ou... faire
partie intégrante de l'histoire du Québec, et donc... Mais
on avait mentionné que qu'est-ce qui était regrettable dans tout ça... parce
que c'est sûr et certain que nous avions tous mentionné l'importance que ce
musée, de la création de ce nouveau musée, on voyait une opportunité charnière
de réconciliation, de coconstruction,
d'élaborer une collaboration avec les Premières Nations et les Inuits pour
venir bonifier, pour venir... de
s'assurer que leur histoire, qui fait
partie de notre histoire, soit présentée
de la façon qu'ils jugent nécessaire, et, évidemment, pertinente, et...
mais on n'a pas repris au complet la recommandation.
Puis je voulais, M.
le Président, juste lire la recommandation qui nous avait été présentée par le
Conseil en éducation des Premières Nations, mais aussi évidemment l'APNQL, et
c'était de reconnaître l'apport constitutif et cardinal des Premières Nations et des Inuits par leurs savoirs, leurs
langues et leurs cultures ainsi que leurs systèmes de gouvernance
distincts dans l'histoire, le territoire et la société contemporaine du Québec.
Et donc on a tenté,
moi et mon collègue de Jean-Lesage... Il me reste deux minutes? O.K., je vais
en avoir pour demain. Mais évidemment on a tenté de voir est-ce qu'on ne pourrait
pas ajouter un qualificatif avant le mot... l'apport significatif, ou l'apport inestimable, ou un apport important, mais,
non, on a eu rejet de ces demandes d'amendements par le gouvernement,
qui était quand même regrettable.
C'est sûr, M. le
Président, on est fiers du fait qu'on a amendé l'article 8 pour ajouter,
en tant que membres du C.A. de ce nouveau
musée, les Premières Nations, les Inuits et aussi un membre des experts en
géographie. On a eu un exposé extraordinaire au niveau du lien entre la
géographie et l'histoire. Ça fait
partie également... intimement lié, et
j'étais très contente de voir que le ministre était ouvert à cet amendement.
Et donc, M. le
Président, je vais en dire plus lors de l'adoption, demain de ce projet de loi,
mais, pour nous, qu'est-ce qui est important
est les affirmations du ministre, lors de notre dernière journée d'étude
détaillée, qui confirmait que, et comme il l'a mentionné aujourd'hui...
que tous les Québécois et toutes les Québécoises — je veux juste le... — peu
importent leurs origines, font
partie de cette nation québécoise. Je vous
remercie.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Robert-Baldwin.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Oui, je reconnais Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci,
M. le Président. Donc, à mon tour de prendre la parole. Je serai brève ce matin
au sujet de ce futur musée national
de l'histoire du Québec et, en fait, du projet de loi n° 64 qui institue
ce futur musée à l'étape de la prise en considération du rapport de la
commission.
Ma collègue la députée de Robert-Baldwin a fait
un excellent travail de faire état des discussions qui ont eu lieu, donc,
durant l'étude détaillée du projet de loi, des échanges, des préoccupations des
groupes, des acteurs du milieu qui ont été entendus, des amendements qui ont
été discutés, débattus, etc. Moi, mes propos ce matin seront d'ordre plus général étant donné que je n'étais pas
présente à l'étude détaillée, mais, comme... et, comme ancienne porte-parole,
donc, dans le dossier de culture et
communications, j'ai eu l'occasion d'échanger avec le ministre au sujet des
Espaces bleus, au sujet des musées dans mes deux premières années ou, en tout
cas, l'année et demie de mon mandat, et je veux juste qu'on mette une
chose au clair dès le début, pour nous, à l'opposition officielle, l'idée de
doter le Québec d'un nouveau musée d'histoire, mais bien sûr, bien sûr qu'on
est pour ça. On ne s'y opposerait jamais. L'idée d'avoir un musée dédié à la
nation, à notre histoire collective, c'est bien sûr que nous sommes d'accord.
Ça, c'est sur le fond, c'est sur l'idée, c'est
sur le projet qui est mis de l'avant et qui fait l'objet de l'étude
aujourd'hui. Mais afin de statuer et d'avoir une discussion plus complète sur
cette idée d'avoir un nouveau musée, dans la
ville de Québec, portant sur l'histoire du Québec, il faut reculer un petit
peu, il faut refaire la genèse et se demander comment et pourquoi nous
en sommes arrivés là. À chaque fois qu'il y a un projet qui est mis de l'avant,
il faut se demander non pas seulement si, sur le fond, ça a du sens, ça comble
un besoin, mais aussi la forme, le processus, la réflexion du gouvernement dans
le cadre de l'évolution de ce projet-là. Et je peux vous dire qu'à mon sens, au
niveau de la forme, le gouvernement a eu...
en tout cas, a fait preuve de beaucoup de lacunes. Puis là j'y vais vraiment
doucement, M. le Président.
Il faut se rappeler qu'en 2021, le premier
ministre du Québec, accompagné de sa ministre de la Culture, à l'époque, a annoncé en grande pompe qu'il allait y
avoir un nouveau réseau de 18 nouveaux musées, des Espaces bleus, une maison mère à Québec et 17 autres musées
régionaux dans les 17 régions administratives du Québec. Ça allait être,
M. le Président, le legs culturel du premier
ministre, nous allions en être très, très fiers, comme Québécois, de ces
nouveaux Espaces bleus. C'était une annonce, comme je vous dis, en
grande pompe.
Et il y avait même un... On aurait pensé que le
gouvernement, le premier ministre avaient... Donc, c'est à l'issue d'une réflexion importante, d'une planification
importante. Le premier ministre a même avancé des chiffres, il avait mentionné que tout ce réseau coûterait
approximativement 259 millions, que la maison mère, à Québec, coûterait
autour de — là,
j'y vais de mémoire — 50 millions,
et les 17 autres, à peu près la moitié du coût. Déjà, on faisait le calcul
mathématique, et ça ne fonctionnait pas, on
n'allait pas pouvoir réaliser ce projet-là, donc, de 18 espaces muséaux
pour 259 millions.
Moi, j'entre
en poste à l'automne de 2022, je prends connaissance des différents dossiers,
des différents projets en culture et communication, puis celui-là attire
tout de suite mon attention, je me dis : Aïe! C'est ambitieux, voyons voir
de quoi il s'agit, voyons voir où le gouvernement est rendu. Je m'y intéresse, je
lis ce qui a été écrit, ce que les groupes ont
fait valoir comme préoccupations, comme... quelles étaient leurs réflexions,
qu'est-ce que le milieu en pense, où en est rendu le gouvernement.
Écoutez, là, je vous épargne les détails, mais
pendant des mois et des mois, j'ai eu l'occasion de poser des questions, de faire des demandes d'accès à
l'information, j'ai posé des questions ici, en Chambre. Là, l'étude des crédits
est arrivée, j'ai échangé longuement
avec le ministre au sujet de l'évolution de ce projet d'Espaces bleu, et
finalement, au terme de longues
minutes d'échanges, le ministre me dit... bien, me dit que, premièrement, je
manquais d'ambition, qu'il fallait vraiment voir grand pour la culture
au Québec. Bon, j'ai dit : Bien sûr qu'il faut voir grand pour la culture
au Québec, je ne suis pas du tout en
désaccord avec ça, mais moi, ce que je veux savoir, c'est est-ce qu'on va être
capables de réaliser ces 18 projets là, où en sommes-nous rendus et
combien ça va coûter.
Et donc, à la fin de l'étude des crédits, on a
appris qu'avec 259 millions, qui était le budget qui avait été dégagé, on
allait pouvoir réaliser... que le ministère en avait assez pour réaliser les
quatre projets qui étaient entamés et que, pour le reste, ça restait à déterminer,
qu'il fallait donc se concentrer sur ces quatre projets-là en priorité, leur
accorder toute l'attention, tout le... tout
le soin et la minutie qui étaient nécessaires dans le cadre d'un projet aussi
important puis qu'on allait voir, on allait faire les choses dans
l'ordre, correctement.
Il y a eu d'autres échanges par la suite. Moi,
j'ai tenté toujours d'en savoir plus pour pouvoir informer la population, pour pouvoir faire... c'est mon rôle,
à l'opposition officielle, c'est notre rôle de faire ce suivi, de suivre
l'action gouvernementale, de s'assurer qu'il y ait une reddition de
comptes. Ce sont des fonds publics, après tout. Et puis, déjà, avec les
dépassements de coûts puis cette affirmation du ministre comme quoi il y en
avait assez pour quatre sur 18, avec le budget initial, bien, déjà, on
commençait à être inquiets. Il y avait des journalistes qui étaient inquiets
aussi.
Alors, on
suit le dossier, on continue avec nos demandes d'accès à l'information. On
n'apprend pas grand-chose. Les documents qu'on reçoit sont caviardés. Même pour
celui qui était plus avancé, le chantier à Québec, on recevait des documents complètement caviardés avec des
images... Il y avait vraiment... C'était très, très difficile à suivre. Bien,
on ne pouvait même pas imaginer de quoi ça aurait l'air. On était dans
l'obscurité totale.
Et donc j'ai
même... Je suis allée assez loin dans mes démarches parce que je voyais
vraiment qu'il semblait y avoir... Comment dire? Il semblait y avoir une
perte de vitesse, j'y vais doucement aussi, là, dans ce projet-là. Écoutez, je pense qu'on avait, finalement, raison de questionner, puis
se poser des questions, et de faire valoir évidemment les préoccupations sur le
terrain, parce que ce qui était dit sur le terrain, à juste titre,
c'était : Oubliez-nous pas, nous, les musées
régionaux existants, nous sommes là, nous luttons pour notre survie, à chaque
année, il faut se renouveler, il faut avoir des nouveaux projets, des
nouvelles expositions, on peine à y arriver, on est sous-financés, on remplit
déjà cette mission de rapporter, de faire
valoir, de promouvoir l'histoire de chacune des régions, attention à diluer
l'offre muséale au Québec, attention
de ne pas nuire à l'offre qui existe déjà, attention de ne pas... en période de
pénurie de main-d'oeuvre, où c'est difficile d'attirer et de retenir des
employés en région, attention de ne pas faire en sorte que, finalement, on
nuise énormément aux musées qui sont déjà en place au sortir de la pandémie,
etc.
Alors, c'était notre rôle de faire valoir ces
préoccupations-là et de s'assurer que le gouvernement ne commettait pas
d'erreur dans ce dossier-là. Comment ça s'est soldé, tout ça, M. le Président?
Ça s'est soldé par un abandon du projet des Espaces bleus, sans grande
surprise. Alors là, j'ai compris pourquoi il n'y avait pas, donc, d'information
disponible, pourquoi c'était si difficile de tirer les vers du nez du
gouvernement, comment c'est... comment ça se fait qu'il n'y avait pas vraiment d'information concrète et que ça
ne semblait pas avancer. Bien, ça n'avançait pas. Le gouvernement s'en
allait vers un abandon.
Une fois qu'on a dit ça, M. le Président, et
c'est là où j'arrive à faire le lien avec le Musée national de l'histoire du Québec, bien là, suite à l'abandon du projet
des Espaces bleus, de ce nouveau réseau, on était quand même pris avec quatre
chantiers entamés. Ce n'était pas clair à quel niveau d'avancement, mais celui
de Québec était, donc, clairement plus avancé, et il fallait lui donner une
nouvelle vocation. On ne pouvait pas revenir en arrière complètement.
Donc là, il fallait donc avoir ce nouveau projet
de Musée national de l'histoire du Québec. Et la première déclaration qui a été
faite publiquement, déjà, il y avait un faux pas dans le dossier, et ce n'est
pas moi qui l'a dit, ce sont les Premières
Nations et les Inuits qui ont dit : Mais, attention, nous, dans l'histoire
du Québec, on fait
partie intégrante... on en fait
partie intégrante, il ne faut pas nous exclure de la vocation
de ce nouveau musée qui va raconter, donc, l'histoire du Québec, l'histoire de
cette nation unique, la nation francophone la plus... pour laquelle il y a une
plus grande population dans toute
l'Amérique du Nord. Il a fallu, finalement, faire modifier le projet de loi
pour inscrire concrètement qu'on allait reconnaître l'apport constitutif
et cardinal des Premières Nations et des Inuits dans l'histoire, donc, du
Québec.
Et, voilà, M. le Président, je manque de temps
ce matin, je vais pouvoir me reprendre lors de l'adoption finale du projet de
loi. Donc, on n'est pas contre. Ce qu'on déplore le plus dans ce projet-là,
c'est le processus, c'est comment on a abouti là, et évidemment les
dépassements de coûts, qu'on va continuer de suivre. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Il n'y en a
pas.
Alors, le rapport de la Commission de la culture
et de l'éducation portant sur le projet de loi n° 64,
Loi instituant le Musée national de l'histoire du Québec, est-il adopté?
Adopté.
Pour la suite de nos travaux, M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir suspendre nos
travaux jusqu'à 15 heures, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, afin de permettre
le débat sur une affaire inscrite par les députés de l'opposition, cet
après-midi, les travaux sont suspendus jusqu'à 15 heures. Bon dîner à
tous.
(Suspension de la séance à 11 h 51)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon
après-midi. Vous pouvez vous asseoir.
Donc, nous
poursuivons nos travaux aux affaires inscrites par les députés de l'opposition.
Alors, à l'article 57 du feuilleton, aux affaires
inscrites par les députés de l'opposition, M. le leader de l'opposition
officielle présente la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte que la
Société de l'assurance automobile du Québec qualifie de "mesure
porteuse" l'instauration de sanctions administratives dès l'atteinte d'un
taux d'alcoolémie de 0,05;
«Qu'elle rappelle le consensus scientifique
grandissant au sujet de cette mesure;
«Qu'elle déclare que le seul objectif du
gouvernement devrait être celui de sauver des vies;
«Qu'enfin,
elle demande au gouvernement caquiste de prendre les dispositions nécessaires
afin que le projet de loi
n° 694, qui propose l'instauration de cette mesure, soit étudié et adopté
d'ici la fin de la présente session parlementaire.»
Je vous
informe que la répartition du temps de parole pour le débat restreint sur la
motion inscrite par M. le leader de l'opposition officielle s'effectuera comme
suit : 10 minutes sont réservées à l'auteur de la motion pour sa
réplique, 52 min 45 s
sont allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement,
28 min 38 s sont allouées au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 18 min 5 s sont allouées au deuxième groupe
d'opposition, 6 min 2 s sont allouées au troisième groupe
d'opposition et 1 min 30 s sont allouées à chacun des députés
indépendants. Dans le cadre de ce débat, le
temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes
parlementaires sera redistribué entre
les groupes parlementaires selon la proportion établie précédemment. Mis à
part
ces consignes, les interventions ne seront soumises à aucune limite de
temps. Enfin, je rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent
intervenir dans le cadre de ce débat, ils ont 10 minutes pour en aviser la
présidence.
Je cède immédiatement la parole à M. le leader
de l'opposition officielle.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Très heureux de prendre la parole aujourd'hui sur un sujet qui me
passionne, et que je le fais au nom des familles endeuillées. Et je tiens à
souligner la présence dans nos tribunes de deux personnes que j'admire, que je
respecte beaucoup, parce qu'ils mènent ce combat depuis plusieurs années, et je
ne peux pas passer sous silence la douleur
qu'ils ont quand ils voient leurs élus, les ministres et le premier ministre,
parler de cet enjeu. Nous, on a le
courage de le faire parce qu'on est payés pour le faire. On est payés pour
représenter la population. Ce que
j'ai en face de moi, deux pères de famille qui ont perdu un membre de leur
famill