Labour and the Economy — 19 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2016-04-19
Quebec — Committees
(Quinze
heures trente-cinq minutes)
Président (M. Cousineau) : Alors, à l'ordre, s'il vous
plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs
appareils électroniques.
La commission est
réunie afin de terminer l'étude du volet Économie des crédits budgétaires du
portefeuille Économie, Science et Innovation pour l'exercice financier 2016-2017.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Girard (Trois-Rivières) remplace M. St-Denis
(Argenteuil).
Président (M. Cousineau) : Merci. Alors, lors de l'ajournement de nos travaux, le 14 avril
dernier, le groupe parlementaire formant le gouvernement avait débuté un
bloc d'échange de 20 minutes. Il reste donc 10 minutes à ce bloc.
Avant
de céder la parole à un représentant du parti ministériel, j'aimerais vous
demander un consentement pour prolonger
nos travaux jusqu'à 18 h 30, puisque nous avons
30 minutes de retard. Consentement? Consentement, Mme la ministre? Ça va? Alors donc, je cède la parole... Évidemment,
s'il y a des gens qui doivent partir à 18 heures,
bien, vous le ferez, mais on a quand même,
là, du travail à faire, puis il y a un consentement que j'ai reçu, donc nous allons
poursuivre jusqu'à 18 h 30.
du parti ministériel prend la parole, s'il vous plaît? Il reste
10 minutes. Oui, Mme la députée de Fabre, je
crois.
Mme Sauvé :
Merci, M. le Président. Alors, la dernière fois, la semaine dernière,
j'ai utilisé le temps qui m'était alloué
pour parler... commencer à parler de l'économie sociale, mais c'est à ce point un secteur important
que je pense que ça mérite une deuxième intervention, alors je
vais poursuivre en vous parlant, cette fois-ci, de l'économie
sociale un peu dans son histoire et aussi les différents types d'organismes
qu'on y retrouve.
Il faut partir de
1900... Tout le monde connaît bien l'histoire d'Alphonse Desjardins. Tout le
monde connaît peut-être un peu moins bien aussi l'histoire du YMCA, en
1905, qui était un OBNL, et qui ont été les premiers au Québec à
offrir aux ouvriers une formation après les heures de travail. Il y a
bien des exemples qu'on pourrait donner, mais tous ces exemples sont les premières étapes qui ont
mené à l'inscription du domaine de l'économie sociale. Ce sont des initiatives
communautaires qui s'inscrivaient, évidemment, en lien avec les réalités vécues
par les citoyens et auront permis l'émergence
de nouvelles pratiques au Québec. Évidemment, je ne pourrai pas être exhaustive à nommer tous
les secteurs qu'occupent les entreprises d'économie sociale, mais je
vais en nommer suffisamment pour témoigner un peu de la vitalité du secteur. Alors, il
faut parler, bien sûr,
des maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence, les centres de femmes, les organismes aussi qui viennent
en aide, en soutien aux personnes aînées; l'habitation, évidemment.
faut nommer les coopératives
agricoles, forestières, les OBNL également dans le domaine culturel, loisirs et tourisme.
Bref, une vitalité de secteurs qui fait
partie du rayonnement qu'elles ont.
Quant
à l'histoire du Chantier de l'économie sociale, qui a vu le jour en avril 1999, je pense
que c'est important de le nommer comme pilier de ce grand secteur et
porteur de la vision de l'économie sociale. Alors, précédant la création du Chantier de l'économie sociale, il y a
eu tout un groupe de travail sur
l'économie, M. le Président, qui s'était mis en place, en mars 1996, et qui a travaillé en préparation au Sommet de
l'économie et de l'emploi. Les travaux ont été à ce point éloquents que, finalement, il fallait
constituer une structure socioéconomique, qui est devenue le Chantier de
l'économie sociale au Québec. Alors,
un petit survol juste pour ramener un peu, là, la vitalité du secteur et
l'historique lié au chantier.
veux également souligner, parce que c'est important, c'est un événement qui
fera
partie de notre agenda du début
de l'automne... je veux absolument nommer un événement qui s'en vient, qui est
le Forum mondial de l'économie sociale
et solidaire, qui aura lieu, donc, à Montréal, donc c'est exceptionnel, ça se
passera du 7 au 9 septembre prochain. Et c'est une association internationale qui existe depuis 2013, qui
réunit les gouvernements locaux, les acteurs de la société civile voués à l'essor de l'économie sociale et
solidaire. Donc, il y a à peu près 2 000 participants qui sont
attendus. Et, bien sûr, les
coorganisateurs du forum sont la ville de Montréal et le Chantier de l'économie
sociale. Ça se passera au Palais des
congrès, donc un événement qui devrait permettre la collaboration entre les
gouvernements locaux et les acteurs de l'économie sociale pour le
développement, entre autres, des villes.
Donc,
un portrait, un événement. J'arrive tranquillement vers l'annonce qui a eu
lieu, donc, très récemment, qui avait
lieu en mars dernier, le 4 mars, où la ministre a annoncé un premier appel
de projets sur le Programme d'immobilisation d'entrepreneuriat collectif, un autre acronyme, le PIEC, avec une
confirmation de 20 millions de
dollars sur un horizon de cinq ans.
Alors, je veux vous parler de cette annonce-là, qui s'inscrit, encore une fois, dans le premier objectif du plan d'action gouvernemental, qui
est de soutenir les organismes d'économie sociale.
Évidemment,
il y a eu une réaction favorable à cette annonce, un premier 2 millions pour la première année, et entre
autres M. Aussant, directeur du
Chantier de l'économie sociale, a dit quelque
chose, un extrait que je veux
mentionner, qui est fort intéressant, il a dit ceci : «...l'expansion
du secteur de l'économie sociale [est] soutenue par de nombreux entrepreneurs qui ont intégré la notion d'impact
social dans leurs projets et investissements.» Alors, il voulait témoigner de l'évolution
ou de la présence, de la conscientisation des entreprises de plus en plus
grande au niveau de l'impact à s'engager
socialement. Je pense très sincèrement et personnellement que le Chantier de l'économie sociale a joué un
rôle, ainsi que les actions gouvernementales, mais je trouvais
intéressant que le directeur du chantier le souligne.
Alors, le
fameux PIEC, ce programme qui a permis un premier appel de projets, c'est vraiment un élément-phare du plan d'action. Comme je l'ai nommé, il souhaite
favoriser le développement des entreprises d'économie sociale, stimuler
la vitalité des territoires, accroître la qualité de leur environnement. Alors,
évidemment, ça s'adresse aux entreprises d'économie
sociale. L'appel des projets s'est clos le 31 mars dernier. Et, si j'y
vais sur une ligne un peu opérationnelle, si vous me le permettez, M. le Président, l'admissibilité de ces
projets-là, il fallait que ça fasse
partie d'un plan d'expansion, développement d'offre de services, maintien des
activités, et, de plus, l'entreprise d'économie sociale qui soumettait un
projet devait regarder à son développement
entrepreneurial et l'accomplissement de sa mission collective. Trois volets
ont été retenus pour le déploiement de ces
projets : rénovation — donc, évidemment, amélioration, réfection, restauration — construction, construction et recyclage
évidemment, et acquisition de bâtiments nouveaux pour assurer, donc, la
desserte des biens et des services.
Alors, au
moment où on se parle, les projets ont été déposés, il y a une analyse qui va
se faire. Qui va faire cette analyse-là?
Alors, ce sont les directions régionales du ministère de l'Économie qui vont
travailler à l'analyse, et la sélection finale des projets va être faite par le comité national de sélection,
donc des représentants du ministère, d'Investissement Québec, en lien avec les priorités gouvernementales.
Alors, je le mentionnais tantôt, premier appel de projets, 2 millions.
20 millions, donc... Alors donc, ça se déclinera jusqu'en 2019.
La question à
la ministre, c'est... Je voulais vous entendre, Mme la ministre, sur votre
vision de collaboration avec le Chantier de l'économie sociale afin
d'effectivement stimuler, consolider un peu le secteur.
Le Président (M. Cousineau) :
Mme la ministre.
Anglade : Alors, merci. Merci à ma collègue de Fabre de la question.
Il est évident que la collaboration avec
le Chantier de l'économie sociale est importante et même prioritaire, surtout
dans la perspective où on se dit qu'au point
de vue gouvernemental on a décidé d'investir de manière importante dans
l'économie sociale. Et peut-être revenir en arrière pour dire les raisons qui ont poussé le gouvernement à
investir dans l'économie sociale. Je le disais préalablement, il n'y a pas de développement économique sans développement
social. Il est donc impératif de trouver les moyens, de trouver des
pistes de solution entre le développement économique et le développement
social.
Vous savez,
un des grands enjeux que l'on a, et ça, ce n'est pas un enjeu qui est
québécois, c'est un enjeu qui est mondial, c'est évidemment la
croissance des inégalités qui existent. Or, dans une société comme la nôtre, où
on a pu constater que l'écart entre les
riches et les pauvres à travers le Canada est le plus faible au Québec, ça
vient notamment du fait qu'on a pu,
au fil des années, vraiment concilier ces deux volets de développement
économique et de développement social.
Lorsqu'on
parle du Chantier de l'économie sociale, il y a une expertise qui s'est
développée à travers les années, vous
avez énuméré plusieurs des actions qui ont été prises depuis les
20 dernières années dans ce domaine-là, au point tel où le forum auquel vous faisiez référence, qui va
avoir lieu en septembre, voit le jour au Québec parce que notre expertise
a été reconnue au niveau international. Et
même, quand les différentes personnes à l'extérieur du Canada se déplacent ici,
elles constatent les avancées qui ont été
faites. Alors, nous allons poursuivre dans le développement de l'économie
sociale mais avec des gestes tangibles dans les prochaines années.
Merci, M. le Président.
Président (M. Cousineau) : Merci, Mme la ministre. Alors, pour
les 22 prochaines minutes, je cède la parole au député de Sanguinet,
porte-parole de l'opposition officielle en matière de commission... en matière
d'économie.
Therrien : Merci,
M. le Président. Alors, je salue tout le monde, Mme la ministre et l'équipe, les gens de la
partie
ministérielle, le député de Johnson. Alors, je vous salue tous.
Écoutez, par
rapport à Hydrocarbures Anticosti, depuis que ça a été créé, Ressources Québec
a changé trois fois la présidence. Je
voudrais savoir en gros, là, c'est quoi, les motifs qui ont fait en sorte qu'on
a changé trois fois la présidence d'Hydrocarbures Anticosti? Y a-tu une
raison particulière? Est-ce qu'on peut avoir de l'information là-dessus?
Président (M. Cousineau) : Avant de répondre, un instant, ça me
prend un consentement pour permettre à M. Dumas
et M. Côté de pouvoir répondre. Est-ce que j'ai un consentement de la part
des parlementaires? Consentement. Alors, votre nom puis votre titre,
monsieur.
M. Côté
(Pierre Gabriel) : Oui, bonjour. Pierre Gabriel Côté,
président-directeur général d'Investissement Québec.
Moi, depuis que je suis là, il n'y a
pas eu vraiment de changement, mais il n'y a pas eu de raison spéciale qui m'a
été évoquée pourquoi il y a eu des changements dans le passé.
Le Président (M.
Cousineau) : M. le député de Sanguinet.
Therrien : Est-ce qu'il y a d'autres ressources parmi vous
qui pourraient nous expliquer pourquoi il y a eu trois fois des
changements à la tête d'Hydrocarbures, qui seraient de Ressources Québec ou...
Je vous demande ça...
Le Président (M.
Cousineau) : Mme la ministre.
Anglade : Juste pour clarifier, juste pour clarifier la question,
quand on parle des changements, c'est des chang