Culture and Education — 2 July 2014 (41st Legislature, 1st Session)

CCE 2014-07-02

Quebec — Committees

Culture and Education — 2 July 2014 (41st Legislature, 1st Session)

CCE 2014-07-02

Quebec — Committees

L'action du ministère ne s'arrête pas là. Le

ministère accorde aussi un soutien aux réseaux de recherche par l'intermédiaire des fonds de recherche. Je suis

très enthousiaste de travailler avec les fonds de Société et culture, Santé,

de même que Nature et technologies, ainsi

qu'avec la communauté de chercheurs et d'étudiants chercheurs pour augmenter

la visibilité de ces équipes ici comme à l'étranger.

Le Québec a

su se positionner comme un joueur important dans le domaine de la recherche.

D'ailleurs, la recherche fondamentale est réalisée en grande

partie dans

nos établissements d'enseignement supérieur. C'est là que les futurs chercheurs sont formés. En recherche, notre

réputation n'est plus à faire. Un grand nombre d'entreprises et de chercheurs

ont élu domicile au Québec, et ce, dans

plusieurs secteurs de pointe, par exemple, en oncologie, en neurologie et en

génomique. C'est grâce à leur

savoir-faire et à leur expertise de haut niveau que le Québec est devenu un

pilier dans le secteur des sciences

de la vie, non seulement en Amérique du Nord, mais aussi dans le monde.

L'expertise de nos chercheurs dans ce domaine est reconnue. De plus, mon

ministère maintiendra des liens constants avec le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Exportation afin de s'assurer

que la recherche et l'innovation demeurent fortement associées et que le Québec puisse continuer de briller à

l'étranger. Je suis donc très fier de réaliser ces mandats en collaboration

avec nos différents partenaires.

Dès son

entrée en fonction, le gouvernement dont je fais

partie a conclu à la nécessité

d'une gestion rigoureuse des

dépenses, et le réseau de l'éducation doit aussi prendre des mesures

appropriées en ce sens. Cette gestion rigoureuse est nécessaire. Tous doivent faire des efforts. En éducation, nous

travaillons étroitement avec nos partenaires pour atteindre cet objectif sans affecter les services aux

clientèles. L'éducation est une priorité et doit le demeurer. Il s'agit

probablement du premier déterminant

de la santé de la population. En effet, les recherches prouvent que, plus les

gens sont éduqués, plus ils sont en santé.

Leurs conditions de vie s'en voient améliorées. Les investissements en

éducation sont donc payants à long

terme puisqu'on agit en prévention. De plus, la persévérance et la réussite

dans les études contribuent à l'élévation du niveau général d'éducation de la société, en plus de répondre à la

demande de formation du marché du travail. La qualité de l'enseignement

supérieur est un élément clé pour garantir le développement du Québec.

Aussi, les

études supérieures sont considérées comme l'un des moyens les plus efficaces

pour favoriser l'égalité des chances.

La diversité de l'offre de formation, l'encadrement offert aux étudiantes et

étudiants, les ressources mises à leur disposition et les sommes investies en

recherche permettent à une majorité d'obtenir un diplôme postsecondaire.

À preuve, depuis 1990, la proportion des Québécoises et Québécois de 25 à 44

ans ayant obtenu un diplôme d'études postsecondaires,

incluant un diplôme universitaire, a été en forte progression. Elle est passée

de 43,3 % en 1990 à 75,1 % en 2013. Voilà un signe de la santé de

notre système d'éducation.

conclusion, Mme la Présidente, je crois que vous aurez compris que j'ai le

privilège de me trouver à la tête d'un

ministère qui joue un rôle fondamental dans l'accomplissement d'une mission qui

l'est tout autant. Le savoir constitue le moyen le plus sûr de

développer notre société, notre culture et notre économie. Il faut continuer

d'innover, de faire rayonner et de faire

évoluer le savoir au Québec, et le ministère que je dirige compte y contribuer

au premier plan. Merci, Mme la Présidente.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Merci, M. le ministre. J'invite maintenant la porte-parole de l'opposition

officielle et députée de Joliette à faire des remarques préliminaires, pour un

maximum de 10 minutes.

Hivon :

Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Heureuse de vous retrouver. Bien sûr,

je veux à mon tour saluer le ministre

et sa sous-ministre en titre, sous-ministre associée, toute l'équipe toujours très impressionnante du ministère, qui

l'accompagne et, bien sûr, sa directrice de cabinet et l'équipe de son cabinet.

Je veux aussi saluer le porte-parole de la deuxième opposition, le député, donc,

de Chambly, sa collègue d'Iberville et mes collègues, bien sûr,

du parti ministériel, donc. Et je suis assistée, pour ma part, accompagnée de

Jean-Philippe Rochette, qui est recherchiste, entre autres, pour les

dossiers d'éducation et d'enseignement supérieur.

C'est vraiment

un plaisir pour moi et un honneur de pouvoir être responsable, pour l'opposition officielle, des dossiers

de l'enseignement supérieur. Comme j'ai fait... comme j'ai dit lors de l'étude

des crédits de la culture, j'aurais pu rester

sans problème de l'autre côté de la Chambre, donc, au gouvernement, avec tout autant de bonheur. Mais le bon côté des choses, c'est que je n'ai pas eu le temps de

perdre mes réflexes d'opposition, donc je devrais encore être capable de poser des questions après ce 18 mois de passage au gouvernement. Mais, comme pour le ministre, c'est un changement pour moi puisque je passe plus du domaine des services sociaux et de la santé à celui de

l'enseignement supérieur, mais c'est un domaine qui me passionne et que

je suis vraiment heureuse de pouvoir porter.

Bien sûr,

aujourd'hui, ça va être l'occasion de poser beaucoup de questions parce qu'en

ce moment dans le milieu, à la suite du budget qui a été déposé au début

du mois de juin, il y a énormément de questions, il y a énormément aussi d'inquiétudes de différents ordres, autant dans le

domaine de l'enseignement au niveau collégial, au niveau universitaire, mais bien sûr aussi dans celui de la recherche.

Donc, ça va être le moment, aujourd'hui, l'occasion pour avoir des réponses

à ces questions, parce que c'est un domaine

qui est fondamental. Le ministre y faisait référence : l'éducation

supérieure, c'est

un moyen pour non seulement, individuellement, pouvoir avoir accès au savoir,

avoir accès à une vie et à des conditions

de vie de qualité, mais c'est aussi, pour une collectivité, un moyen de se

positionner comme une nation avancée, une

nation du savoir et une nation qui est capable de tirer son épingle du jeu,

bien sûr, en termes de recherche, d'innovation, mais, plus généralement,

de qualité de vie et d'avancements sociaux et scientifiques.

Donc, je ne m'attarderai pas plus longtemps,

voulant garder un maximum de temps pour les échanges avec le ministre. Je vous

remercie, Mme la Présidente.

Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la députée. J'invite

maintenant le porte-parole du deuxième groupe de l'opposition à faire ses remarques préliminaires, pour un maximum de

sept minutes. M. le député, la parole est à vous.

Roberge : Merci, Mme la Présidente. Alors, je vous salue et je vous

remercie de votre travail. Je veux aussi saluer, évidemment, M. le ministre, toute son équipe qui l'accompagne,

qui vont nous permettre d'avoir les réponses les plus pertinentes possible à nos questions, donc, l'équipe du cabinet et

toute l'équipe du gouvernement. Je veux saluer ma collègue de l'opposition, ainsi qu'évidemment mes

collègues du gouvernement, qui, je le sais, vont nous aider à faire la

lumière sur le réseau de l'enseignement universitaire, l'enseignement

supérieur, sciences et recherche.

Depuis

peut-être 20 ans, 30 ans, 40 ans même, il y a une augmentation notable de la

qualité et de l'accessibilité à

l'enseignement supérieur au Québec. Qu'on soit dans l'opposition ou au

gouvernement, je pense qu'il faut le noter. Le Québec a été en nette, nette progression par rapport à ce qu'on vivait

avant les années 60 et 70. Ça nous a permis de prendre notre place sur la place mondiale, de devenir

compétitifs. Il faut s'assurer de maintenir cette progression-là parce que

c'est ce qui nous permet à la fois

d'établir des partenariats avec nos acteurs mondiaux et aussi d'être

compétitifs avec tout ce qui se passe

ailleurs dans le monde. Il ne faut jamais l'oublier, hein, nous sommes

partenaires, mais aussi en compétition avec tous ces États et toutes ces

économies qui nous entourent.

Je veux souligner que la création et le

développement de nos cégeps, les collèges d'enseignement général et d'enseignement professionnel, aussi — on oublie d'où vient le mot cégep — qui ont assuré la formation en région — c'est extrêmement important — et

qui se sont transformés aussi pour devenir, des fois, des pôles de recherche,

des centres d'excellence. Et je souligne aussi

l'apport des CTT, là, des centres de transfert technologique. Ça, c'est un ajout qui s'est fait aux cégeps.

Dernièrement, il y a notre réseau universitaire

aussi qui s'est développé et, je le rappelle — parce que je vais y revenir — notre

réseau universitaire qui est à la fois privé et public, avec

nos institutions réellement publiques : le réseau UQ et les

autres écoles, là, comme l'ENAP, l'ETS, et je ne les nommerai pas toutes... Mais

il y a aussi notre réseau privé d'universités,

que j'appellerais privé-public, parce

qu'il ne faut jamais

oublier qu'une bonne

partie du financement de nos universités privées vient des fonds gouvernementaux, ce qui

amène une responsabilité, pour le

ministre, d'encadrer ces dépenses-là

et cette administration-là, et une responsabilité pour les universités, en

termes évidemment de bonne gestion et

de reddition de comptes. Toutes ces institutions-là nous tirent vers le haut,

mais nous devons être vigilants pour assurer qu'on continue de s'améliorer, d'être toujours plus efficaces et de

maintenir un bon équilibre entre la formation professionnelle, qui prépare directement pour le marché du travail,

et la recherche, qui nous permet d'avoir peut-être un coup d'avance sur

ceux qui sont en compétition avec nous.

Je m'arrête ici pour me garder un maximum de

temps pour des questions. Je vous remercie beaucoup.

Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le député. Alors, on va

passer au bloc d'échange. On va passer la parole du côté de l'opposition

officielle. Alors, Mme la députée de Joliette, la parole est à vous.

Hivon : Merci

beaucoup, Mme la Présidente. Premier sujet. Pour rassurer, dans un premier

temps, peut-être, les étudiants à la suite,

donc, de ce qu'on a vécu au cours des dernières années... Le ministre n'a pas

perdu de temps après sa

nomination : il a donné des entrevues, il a pris toutes sortes de

décisions. On va y revenir. Mais, dans une entrevue à La Presse , le 27 avril, il a dit, et

je cite : «On ne veut pas rejouer dans le film de l'affrontement avec les

étudiants. On veut travailler en collaboration.» C'est fort apprécié.

«Eux aussi doivent être conscients qu'on ne peut avoir un bon système

d'éducation si ceux qui peuvent contribuer ne le font pas. Je ne peux pas faire

de prédiction pour les 10 prochaines années, mais, actuellement, on vise

l'indexation.»

Vous aurez compris, Mme la Présidente, que le

«actuellement» a suscité quelques questionnements. Et donc, aujourd'hui, c'est l'occasion pour le ministre de

nous dire, d'entrée de jeu, s'il s'engage, pour l'entièreté du mandat, à ce

qu'il n'y ait pas de hausse plus importante

que l'indexation qui a été retenue à la suite du Sommet sur l'enseignement.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) :

Merci, Mme la Présidente. Comme la députée a fait mention, on n'a

pas l'intention de rejouer dans le

même film. À court terme... je dirais même : À moyen terme, on ne voit pas

d'augmentation très marquée au niveau des frais étudiants. On va continuer à en avoir,

excepté que personne ne peut prédire l'avenir dans deux, trois ou quatre ans. Et puis c'est là-dessus

que je veux quand même être prudent. Ce qui ne veut pas dire qu'on veut

le faire, mais il faut se garder également

des marges de manoeuvre. Et, même, la députée sait parfaitement que, sous son gouvernement, il y a eu du questionnement

et puis il y a eu également des mesures qui avaient... qui seront prises. Donc,

on ne peut pas prédire l'avenir, mais, actuellement, il n'y a pas

d'intention d'augmenter de façon marquée les frais scolaires.

Également, Mme la

Présidente, j'ai contacté et j'ai rencontré la majorité des représentants des

étudiants; certains en personne, d'autres

ont préféré le faire par téléphone, ce que... j'ai respecté leur volonté. Et

puis je leur ai dit nos intentions :

c'est de vraiment renforcer l'enseignement supérieur, également voir à protéger

les étudiants contre des frais trop... une augmentation des frais trop

élevée. Au niveau également des prêts étudiants et des bourses, je pense que le

système qui a été mis en place convient à ce

qu'ils ont besoin pour le moment. Et puis, également, j'ai l'intention de

travailler en collaboration avec eux

autres. Donc, advenant le cas qu'il y aurait des changements de position

gouvernementale, on va les informer.

Mme la Présidente, je tiens à le dire : C'est difficile de toujours dire

qu'est-ce qu'il va y avoir dans 10 ou 15 ans, et ça serait

irresponsable de la part d'un gouvernement de commencer à donner ses

orientations pour, même, quatre, cinq ou six

ans. Et, même au cours du présent mandat, on a été clairs : On veut

respecter la capacité de payer des contribuables. On veut également limiter les coûts au niveau des

différentes institutions. Et également on veut protéger notre éducation.

Donc, c'est avec ces paramètres-là qu'on va

décider comment vont fonctionner les augmentations au niveau des frais des

universités et des cégeps. Mais, pour moi,

comme ministre, ce qui est bien important, c'est de, surtout, préserver l'accès

de nos étudiants aux institutions supérieures.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Mme la députée.

Hivon : Je ne vous cacherai pas, Mme la Présidente, que je

suis très étonnée, voire inquiète, de la réponse qui nous est fournie par le ministre ce matin. J'imagine qu'il va en

être de même des associations étudiantes. Je comprends donc que

son «actuellement» veut dire essentiellement qu'il y a

un engagement pour cette année, évidemment, qui va de soi, à ne pas avoir une augmentation plus grande que l'indexation, mais que, pour l'année deux, l'année

trois, l'année quatre de l'actuel

mandat du gouvernement libéral, contrairement à une foule d'autres domaines où

on a des engagements sur une période

de quatre ans, il n'y a pas d'engagement, donc, du gouvernement, de respecter

cette mesure-phare, qui a fait suite au chantier, de ne pas augmenter

plus que l'indexation les frais de scolarité des étudiants à l'université.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Bien, Mme la Présidente, je

comprends que le rôle de l'opposition, c'est de créer une certaine incertitude, mais j'ai été clair dans mon

propos : on n'a pas d'intention d'augmenter. Ce qui va arriver dans deux,

trois ou quatre ans, on ne peut pas le

prédire. Et ça va être de même dans tous les domaines, parce que, vous savez,

au niveau budgétaire, il y a eu quand

même des éléments importants qui ont été révélés lors de la dernière mise à

jour, où il y a un déficit, là, qui

s'en allait vers cinq à six milliards, qu'on est en train de ramener. On

n'a pas l'intention de le faire sur

le dos des étudiants. Mais, comme ministre, je ne peux pas prendre l'engagement

du gouvernement de savoir comment ça va

être dans deux, trois ou quatre ans, mais il n'y a pas d'intention

gouvernementale d'aller au-delà de l'augmentation du coût de la vie, sauf qu'on verra les conditions

budgétaires du gouvernement au cours des prochaines années. Mais notre intention, surtout, c'est de préserver

l'accessibilité des services au niveau des étudiants et de préserver les

admissions au niveau des étudiants.

sais que les oppositions peuvent créer un certain doute, mais, pour moi, dans

ma tête, il n'y a pas de doute, on va être un gouvernement responsable.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Merci. Mme la députée.

Hivon :

Ce n'est pas que l'opposition veut créer de l'incertitude, c'est que c'est le

rôle du ministre de rassurer par rapport à

certaines grandes orientations. Et aujourd'hui il a une magnifique occasion de

rassurer et de dire, conformément, je

dirais, à ce qu'il a dit dans ses remarques préliminaires, que l'accès aux

études, c'est très important, que les

études supérieures, c'est fondamental pour une nation comme le Québec. Donc,

oui, il a cette occasion-là, et malheureusement je note qu'il n'y a pas d'engagement pour un mandat. Je ne lui parle pas

de 10, 15, 20 ans. Bien que je pense que la solution de l'indexation, qui a été retenue, est une

solution qui est très juste et qui a le bon côté de la prévisibilité... Et

c'est tout ce que je lui demande ce

matin, de s'engager pour l'actuel mandat, mais je comprends qu'il n'y a pas de

tel engagement.

vais donc passer à un autre sujet dans la rubrique des décisions annoncées

rapidement par le ministre à la suite de

son assermentation comme ministre de l'Éducation et de l'Enseignement

supérieur. Donc, Mme la Présidente, le ministre a donc été nommé, assermenté le 23 avril et, dès le 25 avril, il donnait

une entrevue dans laquelle il annonçait l'abandon, donc la mise de côté du cours d'histoire au cégep.

Donc, je dois vous dire qu'encore une fois on a été assez étonnés de cette annonce. Étonnés parce que ça apparaissait

pour le moins rapide qu'en l'espace de 48 heures le ministre, à travers tout ce que comporte l'arrivée en poste dans un

nouveau ministère, il ait déjà eu l'occasion, donc, de se faire une tête sur la

pertinence du cours d'histoire au niveau

collégial. Et, d'autant plus, nous avons été d'autant plus surpris que les

raisons que le ministre a évoquées,

c'est de dire que, si le nouveau cours devait voir le jour, ce sera avec un

contenu plus neutre, et il n'y aura

pas de teinte politique. L'objectif, c'est qu'il y ait une bonne formation,

mais ça va être une formation plus objective.

Je dois vous dire que ça nous a surpris parce que, oui, il y a des gens qui ont

émis des questions par rapport au moment de l'entrée en vigueur du

cours, il y en a qui ont dit qu'il faudrait revoir plus largement la formation,

donc, générale. Mais le contenu du cours, ce

n'est pas quelque chose qui a été remis en cause, d'autant plus que, lorsqu'on

est au niveau collégial, ce n'est pas

comme lorsqu'on est au niveau secondaire, il n'y a pas un manuel uniforme qui

vient donner le détail du cours.

Donc, j'aimerais que le ministre

m'explique comment il a réussi, dans un premier temps, à se faire une tête, en

un temps d'à peine deux jours, sur la

pertinence du cours d'histoire, et, deuxièmement, comment il peut avoir évoqué

le contenu du cours qui n'existe pas à ma connaissance.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. D'abord, pour le

délai, bien, même quand j'étais dans l'opposition, je lisais les journaux à

chaque jour puis j'ai lu également tous les commentaires par rapport à ce cours

d'histoire là, qui venaient de tous les

horizons. Et je suis un peu étonné de la question parce que tout le monde, sauf

quelques professeurs d'histoire,

était opposé, tout le monde sauf les professeurs d'histoire du cégep et le ministre

de l'éducation supérieure du moment. Et, pour nous, définitivement, c'était

pratiquement une commande politique d'obliger un cours d'histoire au cégep.

C'est aussi simple que ça.

qui, en passant, n'est pas le même raisonnement qu'au secondaire. Au

secondaire, j'ai approuvé le cours qui va être donné, je suis d'accord avec la démarche, sauf que le cours n'était pas

prêt à être mis en place pour l'automne. Et ça, encore là, la majorité des gens le reconnaissaient, que c'était mieux

d'attendre une année pour être certain de ne pas rater cette réforme au

niveau du cours d'histoire.

pour le cégep, là, tous les intervenants, la fédération des professeurs,

les directions des cégeps, tout le

monde disait que ça ne faisait aucun

sens de mettre un cours obligatoire d'histoire. Ça enlevait, en plus de ça, un

des deux seuls cours facultatifs. Ça

mettait même en péril les formations des différentes techniques tout simplement parce qu'eux autres

ils font un cours complémentaire dans leur formation privilégiée pour être

capable d'avoir les compétences.

suis très étonné parce que ça a fait l'unanimité ou à peu près, et personne ne

veut du cours d'histoire obligatoire au cégep, et ça, ça a été reconnu

par tout le monde.

La question

politique, je veux la toucher parce qu'on sentait vraiment, dans ce

dossier-là — puis

je n'ai pas besoin d'avoir été longtemps en

place, ça avait été décrit dans les journaux, dont Le Devoir , La Presse ,

Le Soleil — qu'il y avait beaucoup

d'opposants au cours obligatoire — je ne parle pas d'un cours facultatif, du

cours obligatoire qui devait avoir lieu

au cégep — tout

simplement parce que ça ne faisait pas de sens. Donc, on sentait vraiment qu'il

y avait une commande, là, de la part du ministre, que j'ai annulée très

rapidement.

Et, je tiens à le

dire, il n'y aura pas de cours d'histoire obligatoire au cégep, parce que je

les ai rencontrés, les intervenants, qui

m'ont confirmé que ça a été une excellente décision. Donc, on n'avait pas à

attendre pour prendre cette décision-là.

Par contre, il peut y avoir un cours facultatif au cégep, puis on va juste

s'assurer que le cours respecte l'objectivité

de l'histoire, comme on s'est assurés que le cours respectait l'objectivité de

l'histoire au niveau du secondaire.

je tiens à le dire, Mme la Présidente, je suis très satisfait du cours

d'histoire qui va se mettre en place au cours de l'année 2015‑2016. Et présentement nos gens travaillent sur le

contenu pour s'assurer que, quand ça va être mis en place, ça va être bien mis en place, et ce ne sera

pas une réforme précipitée dans un objectif de, justement, qu'il y ait un côté

politique à l'histoire du Québec. Pour moi,

Mme la Présidente, je me suis assuré qu'il y aura un côté objectif, et, quel

que soit le parti, on ne pourra pas critiquer le cours d'histoire, tant

au niveau du secondaire qu'au niveau du cégep.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Mme la députée.

Hivon : Oui. Merci, Mme la Présidente. Encore une fois, je

trouve la réponse du ministre complètement fascinante. Il est en train de nous dire qu'un cours d'histoire, c'est

une décision politique — un cours d'histoire — alors que je pense que c'est fondamental, pour toute nation qui se respecte,

d'avoir des cours d'histoire, de connaître son histoire. Et je pense qu'avec la maturité qu'on a au cégep

c'est certainement une bonne chose de pouvoir poursuivre les apprentissages

du secondaire en pouvant approfondir l'histoire.

là où je suis complètement en désaccord avec le ministre... Je l'ai reconnu

d'entrée de jeu, que, oui, il y a eu des questionnements par rapport au moment de l'entrée en vigueur, il y a eu

des questionnements par rapport à la formation générale, est-ce qu'on

devrait revoir l'ensemble de la formation générale, mais pas sur la question de

savoir si c'était pertinent d'avoir un cours

d'histoire ou non au secondaire... au cégep. En fait, ce que le ministre est en

train de me dire : c'est lui qui

fait l'aveu que c'est une décision idéologique, comme si l'histoire ne pouvait

pas être quelque chose de valorisé, qu'importent

les allégeances politiques, dans une société comme la société québécoise. C'est

comme si tout ce qui est lié à l'identité,

à l'histoire... donc ce sont des questions qui relèvent uniquement du Parti

québécois. Le Parti libéral ne peut pas trouver que c'est une bonne idée d'avoir un cours d'histoire au cégep

pour que les étudiants québécois connaissent leur histoire.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Bien, Mme la Présidente, c'est moi qui est

fasciné. Il y a à peu près juste le Parti québécois

et quelques profs d'histoire qui étaient d'accord avec l'obligation d'avoir un

cours d'histoire. Tous les autres intervenants,

y compris les professeurs, les associations étudiantes, les directions de

cégep... s'il y a quelque chose qui faisait

quasi l'unanimité dans la société, c'était cette obligation d'avoir un cours

d'histoire. On est d'accord pour qu'il y en ait un, cours d'histoire au cégep, mais facultatif. Et l'autre élément qui

est important, c'est que les gens nous disaient que ça nuirait à leur formation générale, et, pour les

techniques, ça les empêchait même peut-être de compléter en trois ans leur

formation parce qu'ils allaient chercher ce

cours-là, justement ce cours complémentaire, pour compléter leur formation

technique.

Moi, Mme la Présidente, je suis

fasciné de voir qu'un parti décide de mettre obligatoire un cours d'histoire au

cégep. On y croit, dans l'histoire. On va

compléter au secondaire, on va le rendre facultatif au cégep, mais pas le

rendre obligatoire.

D'ailleurs,

je suis très surpris qu'elle est fascinée parce que, quand on lit les journaux,

là, ça faisait quasi l'unanimité, sauf

quelques lettres de profs d'histoire du cégep, que je respecte, qu'eux autres

le voulaient obligatoire, mais même les autres profs n'étaient pas d'accord avec ça. Ça fait que là je pense que, si elle était plus

fascinée, là, je pense que c'est moi

qui est plus fasciné que la députée, parce

qu'honnêtement, s'il y a quelque chose qui était une décision facile à prendre

et qui a été saluée par la majorité des intervenants, c'est celle-là.

Également,

je suis d'accord avec la députée : oui, il faut faire une révision du

programme général, ce qu'on va regarder

au cours de la prochaine année, parce que le cours date déjà de... le programme

général date déjà de plusieurs... peut-être

de plus d'une vingtaine d'années. On devrait essayer de revoir, voir s'il n'y

aurait pas moyen de l'améliorer. On va le travailler en collaboration,

mais personne ne nous a dit qu'on devait rendre obligatoire un cours

d'histoire.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Mme la députée.

Hivon : Je veux juste porter à l'attention du ministre que,

justement, il y a eu un changement qui a fait en sorte, lors de la dernière réforme, qu'il y ait maintenant deux cours

d'histoire, d'anglais obligatoires... Alors, c'est très bien, mais moi, je pense qu'il n'y a rien qui soit

scandaleux à penser que les étudiants du collégial puissent avoir un cours

d'histoire obligatoire si on a décidé que,

pour parfaire la formation en anglais du secondaire, il fallait mettre deux

cours d'anglais au collégial. Je

m'explique mal pourquoi le ministre est si outré et dit que c'était une

commande politique de venir dire qu'au Québec il va y avoir un cours

d'histoire au niveau collégial.

Mais

j'ai entendu que, pour lui, c'était une fin de non-recevoir, et j'aimerais donc

savoir quel est son échéancier pour

la révision, donc, de la formation générale. Est-ce que c'est un chantier qu'il

entreprend et, si oui, avec quel échéancier?

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente.

D'abord, là, je suis encore un peu étonné qu'on me dise que ça devait être obligatoire, parce que presque

tous les intervenants, et je le rappelle, presque tous les intervenants du

réseau de l'éducation, des cégeps, s'étaient

opposés à l'obligation d'un cours d'histoire. Donc, je ne sais pas comment

on peut interpréter ça quand presque tout le

monde fait l'unanimité contre une décision qui avait été prise très rapidement,

je pense, dans un objectif que... le

ministre de l'époque devra en répondre lui-même. Mais, pour moi, c'était clair

que c'était une décision qui devait être renversée rapidement.

Pour ce qu'il s'agit

de la révision, on attend le rapport Demers, et, oui, on va regarder. Et on n'a

pas à donner d'échéancier aujourd'hui; au

cours de la prochaine année, on va prendre position par rapport à ce que

devrait être la révision du programme

général au niveau du cégep. De plus, donc, à ce moment-là, on établira les

échéanciers en gouvernement responsable.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Mme la députée.

Hivon : Sur le sujet du rapport Demers, qui devait donc...

sur la formation au niveau collégial, qui devait donc être déposée au mois de juin, est-ce que le ministre peut nous dire

s'il a reçu le rapport et, si oui, s'il entend le rendre public à brève

échéance?

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Oui, il devrait être déposé

dans les prochains jours; je pense, c'est autour du 7 juillet. Donc, on va être pratiquement à l'intérieur des

échéanciers, et puis, en temps et lieu, comme tout rapport, on va le rendre

disponible publiquement, dans un but de transparence. C'est un rapport, ça va

nous faire plaisir de rendre disponible.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Mme la députée.

Hivon : Est-ce que le ministre peut nous donner un

échéancier, un horizon, pour le moment où le rapport va être rendu

public?

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. Je

vais en prendre connaissance, mais, comme la députée me connaît, généralement, j'essaie de les rendre

disponibles le plus rapidement possible pour éviter de l'impatience des

gens qui veulent le lire.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Mme la députée.

Hivon :

Merci. Donc, j'espère que cette impatience va pouvoir être comblée.

Alors, je

continue dans mon horizon chronologique. Donc, le 25 avril, le ministre, deux

jours après son entrée en fonction, décide d'abandonner. Il avait dit, à

l'époque, de le reporter... Parce que je rappelle que ce que plusieurs disaient, c'était... questionnaient

la faisabilité de pouvoir le mettre en place rapidement mais non pas le

bien-fondé d'un cours en lui-même. Et

donc, quatre jours plus tard, là, c'est au tour des chaires sur l'identité, la

langue et l'histoire d'être, donc, retirées de l'agenda du ministre, ces

chaires qui faisaient partie, donc, de la Politique nationale de recherche et d'innovation, qui a été saluée très largement,

évidemment reçue avec beaucoup, beaucoup d'intérêt par l'ensemble de la communauté scientifique. Et donc, encore une fois,

de manière plutôt surprenante et, je dirais, de manière plutôt précipitée,

moins d'une semaine après être entré en

poste, encore une fois quelque chose, donc, qui avait trait à l'histoire et à

la langue, donc aux études

québécoises, est mis de côté, de manière très rapide, par le ministre, de

manière tout à fait isolée. Un seul élément

de la politique, donc, dans son entièreté est ciblé et mis de côté. Alors, vous

pouvez évidemment comprendre, Mme la Présidente, qu'encore une fois ça

nous a donné l'impression qu'il s'agissait là de décisions idéologiques.

Donc, comme

le ministre l'a dit, que, pour ce gouvernement, tout ce qui est relié, donc, à

l'histoire, à la langue, ce ne sont

pas de vraies affaires, c'est son expression lui-même, donc, qu'il a

utilisée lorsqu'il a fait cette annonce. Mais, contrairement à lui, moi, je pense que ce sont de vraies affaires et je

pense que la recherche, donc, en matière d'études québécoises et en matière d'identité pour la nation québécoise, ce sont

certainement des affaires importantes. Nous sommes étudiés de par le monde, et, ici même, au Québec,

on n'accepterait pas de se doter de chaire de recherche dans le domaine.

D'ailleurs, c'est une décision qui a été décriée, là, par tout un collectif de

professeurs de différents domaines.

Parce que,

vous savez, Mme la Présidente, les premières décisions qui sont prises par un

ministre à son arrivée en fonction,

ça donne un enlignement, ça donne une teinte. Et là les premières décisions,

c'est quoi? C'est : on met de côté

le cours d'histoire; deuxième décision : on met de côté les chaires de

recherche en études québécoises sur la langue et l'histoire.

Donc, j'aimerais savoir ce qui, pour le

ministre, ne sont pas de vraies affaires : Est-ce que c'est la recherche? Est-ce que c'est la recherche en matière d'études

québécoises ou si c'est la langue et l'histoire? Donc, je veux comprendre

sa motivation d'agir aussi rapidement.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre, vous avez une minute pour répondre à la question.

Bolduc

(Jean-Talon) :

Oui, puis je suis très content de répondre. Si j'ai pris cette décision-là,

c'est pour combattre l'idéologie...

Bolduc

(Jean-Talon) : Puis peut-être qu'elle devrait poser des

questions à mon prédécesseur, qui était dans son parti, qui prenait des drôles de décisions au niveau idéologie. On

dirait qu'il avait juste une obsession dans la tête, ce n'était pas

l'éducation, c'était comment faire que le Québec se sépare. C'était ça,

l'orientation qu'on avait.

Au niveau des

chaires, moi, je crois beaucoup dans l'identité québécoise. Je crois beaucoup

également au niveau de la langue. Je

crois beaucoup au niveau du social. Et j'en ai fait mention à plusieurs

reprises lorsque j'ai rencontré les chercheurs :

On n'amènera pas d'idéologie dans la recherche au Québec puis on n'orientera

pas la recherche au Québec sur des

sujets qui plaisent au ministre et qui, dans le fond, c'est juste pour faire

ses avancées politiques. Et je tiens à le dire publiquement : Ça

coûtait 3 millions de dollars sur une décision qui était tout simplement...

qui était subjective. Et moi, je pense que,

si on est pour faire de la recherche au niveau de l'identité québécoise, au

niveau de la langue, à tous les

niveaux, au niveau social, on va la faire comme il faut puis on va dire :

C'est surtout aux chercheurs, prendre leurs décisions. Et je peux vous dire que j'ai été... même, j'ai rencontré des

gens d'universités qui étaient contents que j'annule parce qu'ils ne savaient pas trop quoi faire avec

cette affaire-là. C'est une vraie affaire, mais pas de la façon dont ça avait

été travaillé. Et je tiens à le dire :

Mon rôle, c'était de combattre l'idéologie puis de remettre un peu

d'objectivité dans le système d'enseignement supérieur.

Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Alors, on va passer du côté

ministériel, et je passe la parole au député de Papineau.

M. Iracà :

Oui. Merci, Mme le Présidente. Alors, je profite de l'occasion pour saluer tous

mes collègues, M. le ministre, avec

tous les fonctionnaires qui l'accompagnent, les gens du cabinet, tous mes

collègues ici, autour de la table, Mme

la Présidente. Il me fait plaisir d'être ici, encore une fois en commission

parlementaire, pour les études de crédits en éducation.

Puis je

profite de l'occasion pour souligner le fait que ça me fait plaisir d'être ici

le lendemain de la veille de la fête

du Canada. Moi, je viens de l'Outaouais et j'ai eu la chance d'être sur les

berges, hier, en face du parlement canadien, avec plusieurs Québécois qui étaient sur place, où il y avait de

magnifiques feux d'artifice, comme à chaque année, pour souligner la fête de notre beau et grand pays, le

Canada. Il y avait toutes sortes de monde, hein, des gens qui parlaient toutes sortes de langues, qui venaient de toutes

sortes de cultures. Alors, c'était beau de voir ça. Je profite de l'occasion

pour le mentionner. Puis je l'avais

mentionné à la commission sur la santé : nous, on a la chance, en

Outaouais, de traverser à Ottawa, en

marchant le pont. Il n'y a pas de douanier, ça ne prend pas de passeport. C'est

le même pays, c'est superplaisant, et

on peut aller là, puis rencontrer les gens, puis se faire servir même en

français à Ottawa, ce qui est vraiment extraordinaire, je tiens à le souligner. Puis j'invite les gens à

venir en Outaouais visiter... tous les Québécois, visiter cette magnifique

région de l'Outaouais, où je pense qu'on a

une ouverture sur le monde qui serait enviable peut-être dans d'autres pays.

Alors, je suis très fier, moi, d'être

Québécois. Et je peux vous dire, pour faire un petit peu référence à ce que

disait ma collègue d'en face, que les

jeunes... j'ai rencontré plusieurs jeunes, hier, sur les berges, à Ottawa, ils

connaissent leur histoire. Ils connaissent leur histoire; ils savent d'où ils viennent puis ils

sont très fiers d'habiter au Québec et au Canada. Ça, je peux vous le

dire.

Mais,

changement d'à-propos, je vais revenir sur le cours d'histoire éventuellement,

mais là c'est une question au niveau

plus régional, en lien avec les préoccupations du ministre — parce que je sais qu'il vient d'une région,

donc ça va l'interpeller — concernant le campus de Drummondville. Le

gouvernement et le ministre ont toujours accordé une grande importance à une desserte universitaire

près des milieux de vie des étudiants. Le réseau des Universités du Québec

a d'ailleurs contribué énormément à

augmenter la desserte universitaire sur le territoire québécois; pensons à

l'UQAR à Rimouski et son pavillon

satellite à Lévis; l'UQAC à Chicoutimi et sa formation à Sept-Îles; l'UQAT, qui

couvre la région de

l'Abitibi-Témiscamingue. Pour les régions, la capacité d'offrir de la formation

universitaire permet souvent de maintenir et d'accroître le taux de

rétention des jeunes, en plus de combler un besoin en main-d'oeuvre.

L'une des régions connaissant un accroissement

important de sa population est celle de Drummondville. Un projet de campus satellite de l'Université du

Québec à Trois-Rivières est actuellement en étude. Il y a déjà de la formation

universitaire offerte au cégep de

Drummondville, mais la situation ne peut pas être maintenue. M. le ministre, comment vous positionnez-vous en lien avec

ce projet? Ce serait la question.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Merci. M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. Peut-être un mot, le député a fait mention, là, du campus

de Sept-Îles avec l'Université

du Québec à Chicoutimi. Avant-hier,

j'étais à Sept-Îles lorsque nous avons fait une pelletée de terre pour un nouveau pavillon du cégep. Mais, en même temps, juste à côté, on a un nouveau pavillon qui se construit avec la compagnie Alouette, un beau partenariat

privé-public dans lequel on va pouvoir donner des formations

universitaires. Et

puis on voit que notre système permet à toutes les régions d'avoir des cours universitaires, soit par téléformation ou encore par des gens qui vont aller

sur place, et on encourage ça, on veut que notre population soit développée,

mais également qu'ils reçoivent le plus possible, près où ils demeurent, toute la formation

qui leur est nécessaire, et ça, je

pense, c'est une belle initiative.

Puis le fait que vous ayez parlé de l'Université

du Québec de Chicoutimi à Sept-Îles,

il faut le souligner, et également,

comme de fait, l'Université du Québec

à Rimouski, avec le pavillon à Lévis,

et on en a plusieurs comme ça

qu'on espère qu'on va développer au cours des années pour permettre aux régions

d'avoir une formation universitaire... Juste vous donner un autre exemple, toute la question

du D.E.C.-bac, où est-ce que nos infirmières qui ont fait leurs cours au cégep peuvent par la suite suivre

leur formation universitaire

dans leur région, par différentes formules. Je pense que c'est ce qu'il

faut encourager.

Pour Drummondville, il faut d'abord faire un

état de situation, que la population de Drummondville est en croissance, et

c'est un des endroits également qui ont le moins accès à l'éducation

supérieure. Je me suis permis de rencontrer

tant l'Université du Québec à Trois-Rivières, les représentants, et également

les gens de la ville pour leur dire que

j'étais quand même favorable à un pavillon au niveau de Drummondville, sauf

qu'il y a des fils à attacher, des fils au niveau du nombre d'étudiants, au niveau du financement, l'entente avec

la ville. Donc, ce sont ces éléments-là qui font qu'actuellement on ne peut pas procéder à court terme, mais, je tiens à

le dire, mais qu'on ait tout attaché ces fils-là, on a l'intention de pouvoir

avoir un pavillon de l'Université du Québec de Trois-Rivières à Drummondville.

Il y a la question également de

l'état de situation financière de l'Université du Québec à Trois-Rivières, sur

lequel nous avons du questionnement. C'est

un dossier important, mais c'est un dossier dans lequel on doit être

responsables, et on ne bâclera pas le dossier, on va prendre le temps de

l'attacher comme il faut, s'assurer que tout soit correct.

En éducation

comme dans tous les domaines, si on veut procéder de façon précipitée, souvent

on prend des mauvaises décisions ou,

si on prend la bonne décision, elle n'est pas bien appliquée et ça peut se

révéler un échec. On veut que ce soit

un succès et, pour que ce soit un succès, il faut vraiment s'assurer que toutes

les conditions gagnantes soient présentes, quitte à retarder un peu

l'entrée... le début du projet.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le député de Papineau. Ah! non?

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Oui? Alors, on va passer la parole au député de Sherbrooke.

M. Fortin

(Sherbrooke) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. À mon tour, je

voudrais saluer le ministre, son

équipe, les collègues du parti ministériel, les collègues des oppositions. Mme

la Présidente, je voudrais profiter de cet exercice d'étude des crédits qui, en fait, est un exercice de reddition

de comptes, on peut le dire, pour aborder la question des redditions de comptes des universités. Et,

dans le contexte dans lequel on se retrouve présentement, Mme la Présidente,

je pense que c'est nécessaire de pouvoir

aborder ce sujet-là parce qu'il y a une volonté, il y a une volonté de la population

que l'appareil gouvernemental, que les

organismes publics fassent preuve d'une plus grande transparence, et puis tout

ça arrive dans un contexte où

plusieurs intervenants, voire les médias aussi, soulèvent des questions sur la

gestion des fonds publics par différents organismes gouvernementaux, par

le gouvernement également, et tout ça dans un contexte où il y a une rareté,

hein, on doit le dire, au niveau des ressources, au niveau des finances

publiques.

On connaît la

situation budgétaire du Québec, mais c'est certain que, pour ce qui est de la

question des redditions de comptes,

les universités, il y a toujours plusieurs questions connexes qui sont

soulevées, et d'ailleurs il en a été largement question au sommet de l'enseignement supérieur. On est pleinement

conscients que les universités ont une autonomie en matière de gestion,

mais, en même temps, en même temps, Mme la Présidente, il y a une importante

partie de leur financement

qui provient des fonds publics. Et je pense qu'à cet égard-là les Québécois et

nous, en tant que gestionnaires de

fonds publics, on a le droit d'avoir certaines réponses, et c'est pourquoi il

est important que nos établissements universitaires doivent rendre des comptes de

manière, je dirais, correcte et fassent des redditions de comptes de qualité.

Mais les universités, de leur part, c'est

souvent pour elles un exercice qui est exigeant, qui est long, et demandent à

ce que l'exercice soit simplifié.

Mais, je pense, et, comme je le disais, c'est important de pouvoir préserver

une reddition de comptes de qualité.

Alors, en ce

sens-là, Mme la Présidente, je voudrais savoir, de la part du ministre, s'il

a l'intention d'acquiescer, d'intervenir

dans le dossier de la reddition de comptes des universités. Si oui, quelles

seront les caractéristiques qu'il va attribuer

à cette reddition de comptes là? Et est-ce qu'il aurait un message particulier

à livrer aux recteurs et aux universités sur ce sujet-là?

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Merci. M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) :

Merci, Mme la Présidente. D'abord, le message que je veux livrer aux

recteurs, c'est qu'on va faire un

travail en collaboration, mais il y a des principes qu'on doit respecter. Le

premier principe : lorsque le gouvernement

investit de l'argent dans une institution, quelle que soit l'institution, il

est en droit de recevoir une reddition de

comptes pour s'assurer que l'argent soit bien utilisé et soit utilisé également

aux fins auxquelles il est dédié, dont, entre autres, dans le cas des universités, à l'enseignement. Et je ramène la

priorité, là, c'est la qualité de l'enseignement pour les étudiants. Donc, pour moi, là, c'est un élément

important. Puis on établit la base : dès qu'on met un dollar, on est en droit de savoir qu'est-ce qu'on

fait avec le dollar.

J'ai

rencontré les recteurs et les responsables de toutes les universités du Québec,

que ce soient les universités à Montréal,

à Québec, les Universités du Québec, et tous m'ont dit que c'était une

reddition de comptes très compliquée, qui

ne donnait pas nécessairement les résultats attendus. Et évidemment qu'au cours

des années s'étaient développées plusieurs

enveloppes, et le fait d'avoir ciblé certains investissements dans certaines

enveloppes fait qu'ils ne peuvent pas faire

les bons choix pour les étudiants. Puis je tiens à répéter, Mme la

Présidente : Pour moi, la priorité, ça demeure la formation des

étudiants et des étudiantes et autant en termes de qualité qu'en termes

d'accessibilité.

Et ce qu'ils

m'ont dit également, que ça devenait même un peu tatillonneux de toujours avoir

à répondre pour chacun des dollars,

alors qu'on pourrait avoir une enveloppe globale, avoir une reddition de

comptes qui est beaucoup plus

flexible, beaucoup plus simple, mais également qui atteindrait les objectifs

beaucoup plus facilement, dont, entre autres,

le service direct à l'étudiant. Et c'est là-dessus que je me suis engagé de

faire un travail avec eux autres, en collaboration,

pour essayer d'éliminer cette muraille entre chacune des enveloppes pour s'assurer

qu'on soit capables d'en avoir plus pour notre argent.

Qu'est-ce que

ça amène, le fait que ça fonctionne comme ça? C'est que ça prend des gens qui

font de la reddition de comptes, donc

il faut engager des gens au niveau administratif. Et je crois qu'actuellement

le message est très clair, on veut

diminuer les coûts administratifs. Si on veut diminuer les coûts

administratifs, il faut peut-être diminuer la façon dont on demande la

reddition de comptes. Également, il faut peut-être s'entendre, c'est quoi qu'on

veut avoir comme reddition de

comptes, et également on la veut transparente, c'est-à-dire que ça soit

accessible à l'information. Donc, pour nous,

c'est important de faire ce travail-là avec les universités. Et également il y

avait un rapport sur le financement des universités avec lequel on va travailler et puis pour s'assurer qu'ils

aient une enveloppe adéquate pour être capable de répondre à leur

mission.

Donc, le

message que je fais, c'est d'abord un message de collaboration. Naturellement,

c'est un travail également qu'on va faire en toute transparence avec les

étudiants, qui sont les premiers receveurs des services au niveau des universités. Et le message que je fais aux

étudiants, c'est qu'on veut préserver la qualité de leur enseignement. On veut

s'assurer qu'il y a une évolution au niveau

de l'enseignement supérieur, de façon à ce qu'on puisse respecter les demandes

de notre société. Mais également, comme j'ai

mentionné il y a quelques minutes, on veut respecter également le principe

qu'il doit y avoir une bonne accessibilité

autant des gens qui vivent près des universités que les gens qui sont à

l'extérieur des universités. Et c'est

pour ça qu'il faut tenir compte de tout l'ensemble du dossier, dont, entre

autres, les coûts, les subventions qui

sont données, c'est quoi, les montants également qu'on demande aux étudiants.

Puis ça, je tiens à le répéter, on veut limiter les augmentations au

niveau des frais de scolarité.

Et y a-t-il

d'autres façons qu'on peut rendre encore plus facile l'accessibilité? Tantôt,

on parlait d'avoir des cours à

proximité d'où on demeure, c'est un bel exemple. Plutôt que de venir rester à

Québec pour avoir des formations pour les gens de Sept-Îles, s'ils

peuvent les avoir localement, bien, c'est une façon aussi de diminuer les

coûts. Donc, c'est l'ensemble du dossier qui

doit être revu, mais on va le faire ensemble, avec un mot qui est extrêmement

important pour nous, qui est le mot «collaboration».

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Merci. Alors, M. le député de Papineau.

M. Iracà : Oui. Merci, Mme la

Présidente. Alors, au risque de paraître chauvin, je vais encore parler de l'Outaouais. J'ai une question concernant la

Faculté de médecine de l'Université du Québec en Outaouais. C'est un dossier

qui nous tient beaucoup à coeur, les cinq

députés de la région, parce que nous sommes limitrophes avec l'Ontario et il y

a plusieurs services qui se donnent

en Ontario. Et il y a une faculté, évidemment, de médecine en Ontario, donc ce

qui n'est pas notre cas sur notre côté de la rivière.

Mais il y a

eu des belles réussites dans les dernières années, notamment

une entente avec l'Université McGill,

qui fait en sorte qu'on a pu offrir deux

années d'université pour les étudiants. Il nous manque encore deux autres

années pour

compléter le baccalauréat, faire

en sorte que nos jeunes puissent être

formés chez nous, en médecine, et qu'ils puissent demeurer dans la région. Toutes les statistiques le prouvent : lorsqu'un étudiant fait ses études dans une région, bien, à

plus de 80 %, il y demeure après, notamment par

l'entremise des stages, et tout ça, qui fait en sorte... bien, il s'adapte à un

milieu de vie, il s'adapte à un milieu de

travail, il se fait des amis et... bien, il demeure dans la région où il a été

formé. Donc, c'est un dossier qui nous tient très à coeur.

Il y a eu

beaucoup de progrès dans les dernières années, il y a de plus en plus de

médecins qui viennent s'établir chez nous, mais il nous manque encore un pas à

franchir. Il manque de médecins, par exemple, au CLSC de Saint-André-Avellin,

à l'hôpital de Buckingham, à l'hôpital de

Gatineau, à l'hôpital de Hull. Ça s'en vient, mais la région vit une situation

quand même précaire au niveau de son pouvoir d'attraction et de

rétention de son effectif médical.

La présence

limitrophe de l'Ontario, j'en ai parlé, n'est pas étrangère à la situation. Par

le passé, afin de permettre à des

régions de former leurs médecins et de les maintenir, les jeunes, en région, le

gouvernement a été de l'avant avec deux

projets de campus satellites pour la formation de médecine. En 2005,

l'Université de Montréal délocalisait sa formation en médecine à l'Université du Québec à

Trois-Rivières et, en 2006, c'est l'Université de Sherbrooke qui délocalisait

sa formation en médecine à

l'Université de Chicoutimi. L'Agence de la santé et des services sociaux de

l'Outaouais a initié un projet de

délocalisation de la Faculté de médecine de l'Université McGill, que je parlais

tantôt, en Outaouais, qui est une belle réussite, mais il n'est pas

encore tout à fait terminé, par exemple.

Ce projet obtient l'appui de plusieurs acteurs

régionaux; la députation de la région de l'Outaouais a fait de l'éducation l'enjeu numéro un lors des dernières

semaines. Je sais que le ministre est venu souvent en Outaouais et qu'il

apprécie beaucoup la région de l'Outaouais.

Je pensais au début que c'était juste pour voir ses collègues, mais ce n'est

pas ça du tout, c'est parce qu'il trouve ça

beau, l'Outaouais. Donc, je suis bien content, là, mais il connaît quand même

la réalité de l'Outaouais, surtout

dans son ancienne vie à

titre de ministre de la Santé. Mais, en éducation,

c'est un projet quand même où on peut faire un parallèle, là, quand on

parle d'une université de médecine, on peut faire un parallèle facilement avec

le ministère de la Santé et de l'Éducation, qui doivent travailler en

collaboration dans ce dossier-là.

Alors, ma

question : Est-ce que le ministre, si vous pouvez... vous avez été, dans

une autre vie, ministre de la Santé et

des Services sociaux, vous êtes à même de comprendre la situation particulière

dans laquelle se retrouve la région de l'Outaouais. Quelle importance

accordez-vous au projet d'une faculté de médecine dans la région de

l'Outaouais?

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Je vais faire une réponse très

courte puis une plus longue : C'est essentiel et incontournable, et

on va le réaliser. Ça, c'était la réponse courte.

La réponse un peu plus longue : Au niveau

du recrutement des médecins, 90 % des gens qui sont formés localement vont demeurer dans la région, que ce

soit vrai pour Lanaudière, où on a mis en place deux unités de médecine de famille, autant au nord qu'au sud. C'est vrai

en Abitibi-Témiscamingue, c'est vrai au Saguenay—Lac-Saint-Jean et ça va être également vrai

en Outaouais.

Au niveau de

l'historique, la première faculté qui a été mise en place, c'est le premier

ministre actuel qui l'a mise en place lorsqu'il était ministre de la

Santé, c'est à Saguenay, une entente avec Sherbrooke, dans laquelle moi, j'ai également participé, parce qu'à la suite le campus

de Saguenay s'est extensionné vers Alma, où j'étais un des médecins professeurs à l'Université de Sherbrooke pour

former des résidents. Donc, il y a une entente entre Saguenay et Alma pour

former leurs médecins au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Et, à un moment donné, on a décidé

d'extensionner : plutôt que donner

juste l'unité de médecine de famille, on donne maintenant le cours au complet à

Saguenay. Ça veut dire que, depuis la

première année de médecine jusqu'à la fin de la résidence en médecine de

famille, on peut avoir notre formation locale. Ce que ça permet : d'abord, ça permet aux gens localement de rester

là, ça permet à des gens de l'extérieur de la région de venir faire leur

formation en région et souvent ils trouvent la région tellement belle qu'ils

décident de rester.

Ça a été

tellement un bon succès que ça a été demandé à Trois-Rivières, où,

Trois-Rivières, compte tenu qu'ils avaient

de la difficulté à garder leurs gens localement pour toute la Mauricie et le

Centre-du-Québec, ont développé une Faculté

de médecine, qui, là... et, encore là, le cours de première à cinquième année

de médecine avec possibilité de faire la

médecine de famille. Et, juste en passant, la deuxième année que le cours a été

donné là, ils ont réussi... c'est-à-dire ils ont eu les meilleurs

résultats, au Canada, pour une Faculté de médecine. On va bâtir sur ces succès.

La troisième place dans laquelle on pourrait

avoir une faculté de médecine, c'est l'Outaouais avec McGill, et McGill est prête à avoir des postes de résidence

de médecine de famille et la formation au

niveau des étudiants qui pourrait

se faire dans l'Outaouais. Il nous reste,

encore là, quelques fils à attacher, mais je peux vous dire qu'au cours des prochains mois nous avons l'intention d'avoir des positions

finales et s'organiser pour que, progressivement, on puisse donner la formation en Outaouais au niveau de la faculté de

médecine. Ça, ça veut dire : Depuis la première année de la médecine

jusqu'à la fin de la médecine familiale. Si quelqu'un veut faire une

spécialité, à ce moment-là il doit aller dans une université, comme on le fait

actuellement, où est-ce qu'il y a de la formation en spécialité.

Pourquoi c'est important? C'est l'argument que

j'ai apporté au début : D'abord, ça fait connaître les régions; deuxièmement, si on veut avoir un bon taux de

rétention, il faut les former localement; troisièmement, au niveau économique,

c'est la création d'emplois et le

développement du savoir dans des régions. Donc, pour la région de l'Outaouais,

la région de Saguenay, la région de

Trois-Rivières, ça nous permet d'avoir des professeurs, ça nous permet

également d'avoir des gens qui font du support; donc, au niveau

économique, ça devient important.

Pour la

région de l'Outaouais, il y a un élément supplémentaire, c'est la proximité de

l'Ontario. Et, tant au niveau des

autres sciences, des autres formations avec l'Université du Québec en Outaouais

et qu'au niveau de la médecine, c'est important

que, si on veut compétitionner — utilisons le bon mot — compétitionner avec l'Ontario, il faut que

les formations se

donnent localement. Pourquoi? Parce que sinon les gens vont aller chercher leur

formation de l'autre côté, avec tout le développement du savoir qui se

fait de l'autre côté et la création des emplois qui se fait de l'autre côté, et

également, lorsqu'ils ont connu un autre

endroit sur lequel ils ont été formés, si je dis qu'il y a 90 % des gens

qui restent localement où ils ont été

formés, c'est vrai également pour l'Ontario, pas parce qu'ils sont meilleurs,

tout simplement parce que les gens

sont formés là. Donc, si on veut rapatrier notre population puis nos services

du côté de l'Outaouais, il faut que tous les services soient développés du côté de l'Outaouais. Et on l'a dit

également au niveau de la formation générale à l'université : On veut qu'on donne le plus possible de services en

Outaouais, justement pour pouvoir être capable de garder notre

population localement et les former localement.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Il vous reste une minute.

M. Iracà : Une minute?

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Si vous voulez faire...

M. Iracà :

Alors, oui. Alors, bien, écoutez, Mme la Présidente, les propos du ministre me

rassurent. Je pense que c'est

rassurant pour les gens de l'Outaouais. Alors, il y a des fils qui restent à

attacher puis il y a des choses qui restent à régler, mais on peut quand même, d'ores et déjà, penser

qu'éventuellement, là, à moyent et long terme, on aura une faculté de médecine, là, permanente en Outaouais, ce qui

est une bonne nouvelle parce que Gatineau, au niveau des statistiques, est

une des villes qui se développe le plus au Canada. Il y a eu le plus haut taux

de construction de résidences neuves pendant

plusieurs années, donc c'est un service qui va être apprécié par les citoyens

de la grande région de l'Outaouais pour qu'ils puissent avoir la facilité de se

trouver un médecin et, en ayant une faculté de médecine, je pense que ça va

venir contribuer à cette réalisation-là, du

fait que les gens vont pouvoir avoir un médecin de famille à proximité, dans

leur région. Alors, c'est d'une bonne nouvelle. Merci, Mme la

Présidente.

Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le député. Alors, on va

passer au prochain bloc, au deuxième groupe de l'opposition. Et je passe

la parole au député de Chambly.

M. Roberge : Merci, Mme la

Présidente. Je peux savoir, j'ai un bloc de quelle durée, en ce moment?

La Présidente (Mme Rotiroti) :

À peu près 21 minutes.

Roberge : 21 minutes. Je vous remercie beaucoup. Mme la

Présidente, le 27 juin dernier, dans une entrevue au Devoir , la ministre des Relations

internationales et de la Francophonie confirmait qu'il y allait avoir une

rupture d'une entente historique

France-Québec. La hausse des droits de frais de scolarité des étudiants

français n'était pas négociable, nous

annonçait-elle. Selon ce que la ministre a dit, les frais de scolarité des

étudiants français allaient s'aligner sur ceux des étudiants canadiens, au lieu des étudiants québécois, et seraient

donc implantés très, très bientôt, à partir de l'année scolaire 2015‑2016. La mesure, par contre, ne

s'appliquerait pas aux étudiants déjà inscrits mais seulement, donc, aux

nouveaux. Également, la ministre affirmait

qu'un certain nombre d'étudiants pourraient faire l'objet d'une exemption;

on parle d'environ un millier. Donc, il y a

à peu près 18 000 étudiants français au Québec, donc il y en aurait à peu

près 1 000 choisis et 17 000, là, qui allaient subir cette

hausse.

Il faut

savoir que les étudiants français comptent pour environ 37 % de tous les

étudiants étrangers inscrits, toutes provenances

confondues. Donc, c'est beaucoup de monde que cette mesure-là va toucher. Et on

sait qu'entre 2003 et 2012 le nombre

d'étudiants français inscrits a été en hausse de presque 110 %. Donc,

c'est une clientèle très, très importante pour nos universités.

J'imagine qu'avant de prendre une telle décision

sur une entente internationale, sur un nombre aussi grand d'étudiants universitaires, le gouvernement a

réalisé une étude exhaustive et sérieuse pour savoir, évidemment, quel serait

l'impact d'une hausse des frais de scolarité

de 180 % pour les étudiants français. J'imagine qu'il est au courant du

taux d'étudiants français qui vont décider de venir malgré tout ou qui

vont renoncer à venir étudier au Québec. Et donc, Mme la Présidente, je

demanderais au ministre de déposer cette étude qui a certainement éclairé sa

décision.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. Ce n'est pas une

étude exhaustive que ça prenait, c'est du gros bon sens, la première

chose, puis de regarder le dossier comme il faut, dans les détails.

Pour débuter,

les Français ont appris, dans le budget du Parti québécois, que les frais de

scolarité des Français qui venaient étudier ici, malgré une entente

directement France-Québec... qu'ils avaient une augmentation extrêmement substantielle. Donc, en termes de communication,

il y a eu comme un manque. Il y a eu, comme de fait, un événement politique où en France ça a réagi beaucoup parce

qu'il y avait une entente signée qui datait d'environ 30 ans dans laquelle

le Québec avait décidé tout simplement

d'agir de façon unilatérale, sans même en parler avec les Français. Donc, c'est

le premier élément, là. Il y a eu un bris de quelque chose dans nos relations

internationales avec la France.

Par contre,

quand on regarde le dossier, historiquement les étudiants français qui viennent

ici, au Québec, payaient la même tarification que les étudiants

québécois. Et, quand on regarde qu'est-ce qui se faisait avec d'autres pays et

même au niveau canadien, les étudiants canadiens, l'Ontario, l'Alberta,

payaient le double des étudiants français qui venaient ici, et ceux qui venaient de d'autres

pays payaient des frais qui sont considérés des frais en relation avec le coût

de formation, qui étaient autour de 15 000 $ à 16 000 $.

Donc,

à partir du moment qu'il y a eu le premier budget, avant qu'on arrive au gouvernement,

qui disait que les tarifs allaient

être augmentés de façon significative sans négociation, on s'est rendu compte

qu'on ne pouvait pas agir de façon

unilatérale, sans discuter avec le gouvernement français. Donc, il y a eu des

discussions qui ont été entreprises avec le gouvernement français, et, tous, on s'entend, en date d'aujourd'hui,

qu'il y a une révision à faire au niveau des tarifs qui vont être

demandés aux étudiants français.

ne veux pas aller dans le détail, parce que c'est une entente qui devra être

signée plus tard. Et, comme de fait, ma

collègue a laissé savoir certains éléments. Premier élément, c'est qu'il va y

avoir une augmentation assez significative qui devrait être autour du

montant qui est chargé aux étudiants canadiens qui viennent étudier au Québec

des autres provinces. Deuxièmement, comme de

fait, ceux qui sont déjà ici, qui ont commencé leur formation au Québec, ce

serait illogique de commencer à leur

dire : On va vous augmenter de façon significative, alors qu'on s'était engagés

que vous puissiez avoir votre

formation ici au Québec. Et ça avait également des conséquences pour les gens

qui venaient pour faire des projets

de recherche, parce que ceux qui viennent faire des projets de recherche

amènent de l'argent avec eux autres, tout

simplement parce qu'ils vont chercher des subventions, et là ça pouvait même

mettre à risque certains de nos projets de recherche. Donc, il y a une clause grand-père qui va s'appliquer, qui

est tout à fait correct, pour respecter notre parole. Par contre, il va y avoir une nouvelle entente

avec la France pour s'assurer que le tarif demeure raisonnable, parce que ça a

des implications aussi au niveau de nos universités. Entre autres, les

universités du Québec à Rimouski, à Chicoutimi ont plusieurs étudiants

qui viennent de la France, et, si ça nous amène une diminution marquée au

niveau du nombre d'étudiants, bien ça peut mettre en péril certaines

formations.

Donc,

il y a cet équilibre-là qu'on est en train de rechercher. À la fin, c'est juste

lorsqu'on va l'avoir mis en place qu'on va voir les conséquences. Mais

on s'est assurés de préserver le nombre d'étudiants qui puissent venir dans nos

universités, pour s'assurer qu'on puisse

continuer nos formations; deuxièmement, respecter notre parole par rapport à

ceux qui sont déjà en place; troisièmement,

avoir une augmentation qui est raisonnable, qui est une règle de justice aussi

avec les autres provinces, de façon à ce que

ce soient à peu près les mêmes montants qui vont être cherchés dans les autres

provinces; et, quatrièmement, qui, pour

nous, est très important, c'est aussi d'avoir une entente avec la France qu'eux

vont accepter et que, nous autres également, ça va faire notre affaire.

Donc,

c'est tous ces éléments-là qui sont des éléments de gros bon sens. Et, juste

pour vous dire, ce n'est pas une question

de faire encore plus d'études, parce que, quand on parle avec les gens, une

fois qu'on a pris les décisions, on pense

qu'on va être capables d'avoir presque autant de médecins qui vont... d'étudiants

qui viennent de la France. On pense

également que ça va être acceptable, l'augmentation. Mais surtout ce ne sera

pas comme ça a été fait alors qu'ils apprennent ça dans un budget puis

que ça sort dans les nouvelles en France sans que personne n'ait été averti; on

va discuter et négocier avec eux autres pour

avoir une entente qui va être viable à long terme. Et également il y a une

révision qui va être faite au niveau

des autres pays, parce qu'il y a des ententes qui sont signées avec différents

pays, et ça, c'est des ententes, également, qui vont devoir être mises à

jour.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Merci, M. le ministre. M. le député de Chambly.

Roberge : Oui. Bon, donc, vous avez parlé du gouvernement précédent,

mais vous n'êtes pas liés par ça, je veux dire, on l'a vu dans le

budget. Vous faites votre budget; vous devez assumer vos décisions.

Donc,

vous décidez de hausser les frais de

scolarité des étudiants français qui viennent ici. Je vais vous dire : Je

ne saurais pas quels seraient les

impacts là-dessus, je ne peux pas me positionner pour ou contre.

J'aimerais avoir toutes les informations pour savoir si on pourrait être d'accord

avec cette hausse-là ou plutôt la dénoncer. Et j'espérais avoir des informations, mais vous avez dit, et je vous cite : On va prendre la décision

puis on verra les conséquences. Il me

semble que c'est quelque chose comme de l'improvisation. Vous avez dit que le gouvernement précédent a annoncé qu'il reniait cette entente-là, puis du même souffle vous dites : Bien, nous, on

fait pareil et puis on va renier cette entente-là. On verra ce que ça

donnera, on s'ajustera ensuite. Il me semble que, quand on parle d'un réseau

aussi important que le réseau universitaire, il faut... C'est la base, là, on

parle de recherche. Il faut faire une recherche avant d'agir.

Donc,

je comprends que vous n'avez pas d'idée sur combien d'étudiants vont continuer

de venir. En ce moment, il y en a 18 000,

là. Donc, combien d'étudiants vont continuer de venir ou combien d'étudiants

vont trouver, finalement, que c'est

une moins bonne idée de venir étudier au Québec, considérant la décision que

vous avez prise? Donc, on verra ensuite. S'il faut reculer, bien

j'imagine que vous reculerez.

Mais

c'est quand même quelque chose qu'il faut considérer, considérant la pénurie de

main-d'oeuvre formée qu'on a au

Québec et instruite. En ce moment, le Québec fait des pieds et des mains pour

attirer des immigrants formés, instruits, prêts à intégrer le marché du travail. Or, quand des gens quittent la

France pour venir étudier ici, ce sont des étudiants étrangers, ce sont des immigrants potentiels — je dis bien «potentiels» — qui pourraient être très intéressants au

Québec. Et on sait que certains

tombent en amour avec certainement l'Outaouais mais aussi le reste du Québec et

décident de vivre ici. Ce sont des immigrants qui peuvent s'intégrer

facilement, puisqu'ils partagent une langue commune, une culture commune. Et j'aimerais donc savoir peut-être... On

n'a pas eu certaines informations, mais il y en a peut-être d'autres

qu'on pourrait obtenir.

Est-ce que le

ministre pourrait nous dire actuellement, maintenant, quel est le taux de

rétention des étudiants français? Donc, ces

étudiants qui viennent vivre ici, combien choisissent de s'établir ici? Parce

que c'est une donnée très importante quand on prend la décision.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Oui, merci, Mme la Présidente.

Un, ce n'est pas un... Juste pour rassurer le député, là, il n'y a aucune improvisation dans ce dossier.

Il y a eu des réflexions, il y a eu des chiffres qui ont été émis, il y a eu

des scénarios, mais c'est irréaliste de

penser qu'on va faire une prédiction qui va être sûre ou certaine à 100 %.

Donc, on s'est fait différents

scénarios en fonction de l'augmentation du nombre de personnes qui pourraient

venir puis c'est quoi, l'impact au

niveau des différents programmes. Toutes ces réflexions ont été faites, puis on

ne veut pas engager un autre consultant à 1 million de dollars pour

nous dire des choses qui sont évidentes au niveau du gros bon sens.

Premièrement, je pense, ce que tout le monde

reconnaissait, c'est qu'au niveau de la France c'est un tarif très avantageux, c'est-à-dire le même tarif qu'au

Québec, puis il y avait une injustice par rapport également aux autres

provinces. Ça, c'est le premier élément.

Deuxième élément dans l'équation, c'est qu'on

leur donnait accès à nos meilleures universités, tandis qu'eux autres on avait accès aux universités plus publiques

et générales, mais on n'avait pas accès à leurs meilleures universités. Donc, également, ça va faire

partie de l'équation,

où ils doivent nous donner accès à leurs meilleures universités et non pas à des universités, je vous dirais, qui sont

plus publiques. Mais, entre autres, on parle de HEC Paris. Bien, on n'avait

pas accès avec les tarifs qui avaient été

négociés auparavant. Donc, ce sont des éléments aussi qui vont venir... qui ont

fait

partie de la discussion.

Pour ce qu'il

s'agit du nombre... Et on est d'accord, on veut qu'il y ait des gens qui

viennent étudier ici, mais il y a une

question de justice. Il ne faut pas non plus que les Québécois paient pour que

des Français viennent étudier au Québec. Il y a un prix ajusté qui

devait avoir lieu, c'est aussi simple que ça dans notre tête à nous autres. Et,

dans la campagne électorale, également, on

avait fait mention qu'il y avait... il devait y avoir des ajustements et que ça

devait être renégocié. Et j'insiste

là-dessus, c'est quand même renégocier et non pas une décision unilatérale du

Québec, parce que ça fait

partie d'une entente qui existait depuis

30 ans.

Pour ce qu'il

s'agit du nombre des gens qui demeurent ici après, ça varie entre 30 % et

36 %, selon une étude de CIRANO. Donc, c'est environ 30 % des

gens qui vont demeurer au Québec après, et c'est une main-d'oeuvre qu'on apprécie énormément. C'est une main-d'oeuvre qui a

un cours universitaire. C'est une main-d'oeuvre également qui parfois fait

partie de nos projets de recherche, ce sont

des chercheurs, là, qui sont reconnus. Donc, pour nous, c'est un avantage.

Mais encore

là je tiens à le dire : Ce n'est pas parce qu'il y a 30 % à 36 %

des gens qui restent ici qu'il ne faut pas

se permettre de renégocier une entente qui date de 30 ans puis qui

démontrait certains éléments d'injustice. Ce que je déplore, ce n'est pas qu'on ait décidé de le

renégocier, c'est qu'ils l'aient appris dans les journaux en voyant le budget

alors qu'il n'y avait pas eu de négociation ou de discussion au préalable avec

le gouvernement français.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Merci. M. le député de Chambly.

Roberge : Je vous remercie de nous avoir fourni cette information-là. Donc, de 30 % à 36 % des étudiants

français qui viennent étudier ici choisissent de s'établir au Québec. À

première vue, je trouve ça énorme. C'était une excellente nouvelle pour le Québec.

Et nous découvrirons tous ensemble

combien d'étudiants décident de venir étudier ici après la décision, et j'espère qu'au moins, parmi ceux qui vont

continuer de venir étudier ici, 30 % à 36 % vont rester.

Je formule

une autre question pour le ministre, Mme la

Présidente. J'aimerais savoir si on

est au courant de la variation, c'est-à-dire quel est le pourcentage d'étudiants du premier cycle qui décident de

s'établir ici et le pourcentage

d'étudiants des cycles supérieurs qui

décident de s'établir ici, puisque c'est des profils de main-d'oeuvre différents, et donc, dans un contexte de planification de main-d'oeuvre...

Est-ce qu'on a cette donnée-là un peu plus fine?

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Mme la Présidente, mon équipe me dit qu'on n'a pas cette donnée-là. Puis, si on l'avait,

on vous la transmettrait, mais... On peut faire une petite recherche, là, mais,

selon nous, on n'a pas cette donnée-là.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Parfait. M. le député de Chambly.

Roberge : Merci. La

recherche est une mission fondamentale des universités, est évidemment essentielle

pour l'avancement des connaissances du Québec et de l'humanité, mais aussi, évidemment, pour faire de la recherche appliquée, soutenir nos entreprises, faire des partenariats avec nos entreprises et donc favoriser l'innovation et la

compétitivité du Québec sur la scène nord-américaine et internationale.

Avec un

budget de 167 millions dédié à la PNRI, la Politique nationale de

recherche et d'innovation, on est en deçà de ce qu'il y avait avant, on

passe de 179 millions à 167 millions pour ce qui était avant... on

appelait ça la Stratégie québécoise de

recherche et d'innovation. On est passé à la PNRI, donc il y a une

modification, mais, moi, ce que je retiens, c'est qu'il y a une baisse

de financement pour la recherche et l'innovation.

J'aimerais

savoir : Comment le gouvernement compte, avec cette baisse de financement

là, soutenir les étudiants-chercheurs, qui sont évidemment l'élément

central de notre recherche scientifique et de l'innovation au Québec?

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. Seulement que, pour

corriger les chiffres, il n'y a pas de diminution,

on a une augmentation de 12,9 %. Parce que vous êtes, vous, sur les prédictions

que le Parti québécois avait faites, qu'il, de toute façon, n'aurait pas

été capable de respecter parce qu'on s'en allait vers un déficit de

6 milliards. Et,

si on veut avoir une rigueur budgétaire, il faut prendre les vrais chiffres et

la vraie augmentation. En 2013‑2014, le montant était de 147 813 000 $ pour la recherche, et, en

2014‑2015, c'est 166 878 000 $, ce qui donne une augmentation

de 12,9 %, ce qui, dans le contexte

actuel budgétaire... J'espère que les gens de la Coalition avenir Québec vont

être d'accord que, quand on donne

12,9 % sur un budget qui s'en allait vers un déficit de 6 milliards

de dollars, c'est une bonne décision et qu'aussi chacun doit contribuer

au retour à l'équilibre budgétaire. Mais l'augmentation, c'est 12,9 %.

Juste

pour vous dire, toutes les prédictions du précédent budget, elles ne tiennent

plus la route, tout simplement parce

qu'on s'en allait vers un déficit de 6 milliards. Et même le gouvernement

aurait été obligé de faire des ajustements, à moins d'être irresponsable au point de dire qu'il va accepter que le

Québec ait un déficit de 6 milliards de dollars avec une décote possible... et pas seulement possible,

à ce niveau-là, ce serait une décote certaine. Donc, je pense qu'on est très fiers d'avoir protégé les budgets au niveau

de la recherche. Et, je tiens à le dire, si on avait plus d'argent, on en

mettrait plus, mais là il y a une contribution que chacun doit faire au

retour à l'équilibre budgétaire.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le député de Chambly.

Roberge : Merci. La question de l'accessibilité aux études supérieures

est évidemment centrale. Peu importe la

qualité des études supérieures, il faut évidemment que ça soit accessible pour

que les étudiants et le Québec en entier puissent en profiter. Pour nous, à la Coalition avenir Québec, il est

évidemment primordial de soutenir nos jeunes dès la prématernelle, au primaire, au secondaire, au

cégep, à l'université afin que tous ceux qui ont le goût et les capacités de

poursuivre des études supérieures puissent le faire.

ne faut pas négliger l'impact de l'aide financière aux études. L'aide

financière, évidemment, incite les jeunes à poursuivre des études et contribue à leur persévérance dans ces

études-là, parce que, quand on est jeune et qu'on voit notre

dette augmenter, des fois on peut remettre en question nos choix d'études.

Donc, l'aide financière est essentielle.

Mais

par contre, évidemment, les ressources sont limitées, on en est conscients.

Chaque dollar investi doit être le plus

efficace possible. Donc, Mme la Présidente, je demande : Quels ajustements

le ministre a-t-il l'intention d'apporter à l'aide financière afin

d'encore mieux soutenir nos étudiants et de leur permettre de réduire leur

endettement?

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. Le

portrait général, Mme la Présidente, d'abord, c'est que c'est sûr qu'il y a eu une renégociation avec les

étudiants, et on pense que le régime actuel est quand même mieux que ce qu'il y avait auparavant. L'objectif, c'est

l'accessibilité et d'éviter également l'endettement lorsque la personne,

l'étudiant, arrive sur le marché du travail.

régime actuel, ce que j'en connais, est beaucoup plus avantageux que ce qu'il y

avait auparavant, suite à des ajustements

autant par le Parti québécois que nous, on avait recommandés à l'époque. Donc,

je vous dirais que, pour le moment,

je n'ai pas l'intention de le revoir, ce qui ne veut pas dire qu'au cours des

prochains mois... qu'il n'y aura pas une réflexion là-dessus, mais, à ce moment-ci, il n'y a pas d'intention de

revoir la question des prêts et des bourses au niveau des étudiants.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le député de Chambly.

Roberge : Le choix du gouvernement précédent de réduire le crédit

d'impôt pour frais de scolarité de 20 % à 8 % a été décrié, je pense, par ceux qui n'avaient peut-être pas

compris la mesure, parce que ça a permis de dégager des sommes permettant de

bonifier l'aide financière aux études directement pour les étudiants.

121 000 étudiants ont reçu en

moyenne 190 $ à 200 $ de bourse, pas de prêt mais de bourse de plus

par année. En plus, 50 000 autres ont vu leurs bourses augmenter d'environ

1 400 $ — ça,

c'est beaucoup — grâce à

la hausse du seuil de contribution parentale. Donc, on voit qu'il y a eu deux voies prometteuses,

là : la baisse du crédit d'impôt pour frais de scolarité, qui est une

mesure à coût nul parce qu'il s'agit

de réduire le crédit d'impôt pour augmenter les bourses, et l'augmentation de

la contribution parentale. Donc, je pense que ce sont deux pistes

prometteuses.

Est-ce

que le gouvernement, peut-être pas cette année mais dans les années

subséquentes, a l'intention de pousser plus

loin ces deux voies prometteuses là, l'augmentation du seuil de contribution

parentale et la baisse du crédit d'impôt pour frais de scolarité?

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. Je

pense que c'est une réflexion qu'on va faire, là, mais je ne peux pas donner les orientations qu'il va y

avoir dans les prochaines années. Il y a un régime qui a été créé, mis en

place par le Parti québécois qui, comme de

fait... Je pense qu'il y a des gens qui ont vu qu'il y avait certaines

problématiques qu'ils n'avaient pas

perçues au début. Mais c'est une réflexion qu'on va faire au cours des

prochains mois, et, s'il y a des ajustements à faire, on aura l'occasion

d'en rediscuter.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le député de Chambly, il vous reste deux minutes

dans le bloc.

M. Roberge :

Est-ce que c'est possible de les reporter?

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Oui, si vous voulez.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Oui.

M. Roberge :

Merci beaucoup.

Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Alors, on va passer du côté

ministériel, et je reconnais le député d'Ungava. La parole est à vous.

Boucher : Alors, bon matin, Mme la Présidente. Bon matin, M. le

ministre. Je vous salue et puis de même que l'équipe ministérielle qui vous accompagne, après avoir profité

d'une petite journée de repos bien méritée... quoique, dans votre cas,

probablement que ça a été plus une journée à se préparer à cette journée

d'aujourd'hui.

Donc,

je vais faire un petit peu écho, là, à mon collègue d'à côté, ici, qui n'arrête

pas de vanter les mérites et les beautés,

pour ne pas dire les splendeurs de l'Outaouais pour vous parler un petit peu du

Nunavik, du comté d'Ungava. Malheureusement,

moi, je n'ai pas eu la chance d'aller dans mon comté, ni dans le sud de mon

comté ni dans le nord de mon comté,

hier, parce que, pour aller dans le sud, c'est minimum 12 heures de voiture

aller-retour, et, pour aller dans le nord,

bien c'est un voyage en avion qui va coûter aux alentours de 3 500 $,

4 000 $. Donc, dépenser 4 000 $ pour aller coucher chez moi, ça fait cher un petit peu, là.

Je pense que je serais mieux de prendre la suite présidentielle du plus bel

hôtel, puis je pense que ça serait moins cher que ça.

C'est

sûr que, comme mon collègue disait tout à l'heure, le Canada est beaucoup

célébré dans le Nord. J'ai eu l'occasion...

D'habitude, il y a de magnifiques feux d'artifice, le 1er au soir, qu'ils font

au-dessus du tarmac de l'aéroport, et

puis j'ai eu l'occasion de les voir mais par Facebook , j'ai des amis qui

m'ont envoyé ça. Donc, j'ai eu l'occasion, là, de célébrer un peu avec

eux autres, même si je n'étais pas présent dans le comté comme tel.

parlait tout à l'heure — juste une petite réflexion avant d'aller vers ma question — des cours d'histoire au secondaire. Je sais que, bon, les cours d'histoire

ont beaucoup changé depuis mon époque, qui malheureusement est un petit peu lointaine. Et puis à l'époque le cours

d'histoire se limitait un peu à une série de dates apprises par coeur où on

vantait le courage et la détermination de

nos explorateurs qui ont exploré les Grands Lacs, le Mississippi et les

montagnes Rocheuses, affrontant les

dangereux Amérindiens qu'il y avait partout. Par chance, il y avait les gentils Hurons qui nous aidaient, mais, juste à entendre le mot

«Iroquois», tout le monde frissonnait dans la classe. Alors, j'espère que

les nouveaux cours d'histoire qui

seront mis de l'avant sauront redonner la place qui leur revient aux populations

des Premières Nations et puis pas simplement

présenter ça dans un contexte où les premiers découvreurs arrivaient,

découvraient un territoire sauvage, habité de primitifs, mais plutôt un territoire

qui était géopolitiquement développé pas de la manière dont on entend,

avec des zones protégées et des échanges commerciaux qu'il y avait entre les

peuples. Et ces peuples-là étaient très intéressés

à faire des échanges commerciaux avec les nouveaux arrivants, puis c'est un

petit peu comme ça, là, que les choses se sont développées. Donc,

j'espère que ces gens-là seront remis en contexte dans l'histoire et auront la

place qu'ils méritent dans l'histoire.

D'ailleurs,

pour une petite anecdote, j'ai un ami qui habite Povungnituk, qui est un Inuk,

qui est âgé de près de 70 ans. Donc,

c'est un homme d'un certain âge, mais qui n'est pas si âgé que ça. Il me disait

dernièrement que la première fois de

sa vie où il a vu un homme blanc il avait neuf ans, il était âgé de neuf ans.

Donc, dans l'histoire de l'humanité, que le premier contact avec l'homme blanc remonte à 61 ans, je pense qu'on

est... tu sais, on est loin de parler, là, de la colonie puis de la

découverte du Canada par Jacques Cartier, mais, je veux dire, c'est toute une

mise en situation.

Je vais vous parler

plus précisément, M. le ministre, du domaine de la pharmacie. Je sais que, bon,

vous êtes vous-même médecin, vous avez

vous-même été ministre de la Santé dans une autre époque, et puis c'est un

domaine que vous connaissez bien. De

plus en plus, bon, on parle de problèmes d'engorgement au niveau de la santé.

Il s'agit d'avoir le malheur, entre

guillemets, de devoir aller passer un certain temps dans les salles d'urgence

pour réaliser comment les gens qui

sont là font un travail incroyable et puis comment ces gens-là peuvent être

dédiés, autant le personnel d'accueil que

les infirmières, que le personnel des médecins, et puis aussi comment certains

cas pourraient être gérés autrement. Puis

c'est un petit peu ce qui s'en vient avec la pharmacie, où des pharmaciens

auront l'occasion, là, de prescrire certains médicaments dans un domaine... dans des circonstances bien précises. Et

puis je pense que c'est une bonne chose. Ça va permettre d'utiliser ces

professionnels-là à leur pleine capacité.

puis c'est sûr que, bon, les pharmaciens se divisent un peu en deux

groupes : les pharmaciens d'institution, qui travaillent dans les hôpitaux, etc., et les

pharmaciens qui travaillent en officine, dans les pharmacies de détail, qui

sont souvent, bon, des femmes et des

hommes d'affaires avisés, aguerris, mais qui peuvent faire beaucoup plus que

vendre du papier de toilette en bas

du prix coûtant, bien des fois. Donc, les pharmaciens qui travaillent en

officine sont accompagnés aussi, bon,

de toute une équipe, là, de techniciens qui travaillent au laboratoire avec

eux, puis souvent, bien, ces gens-là étaient

des gens plus ou moins formés ou que le pharmacien engageait parmi son réseau

de contacts, d'amis, puis formait lui-même.

Avec ce qui s'en vient du côté, là, des nouveaux actes que les pharmaciens vont

être en mesure de prodiguer et de

faire auprès des patients, bien je pense que ça va mettre une certaine pression

et puis ça va demander plus de ce personnel-là de soutien que simplement compter des comprimés, là, puis les encapsuler

dans une petite bouteille, puis que le pharmacien soit chargé de vérifier ça. De plus en plus de

pharmacies, on voit ça, ont souvent des genres de petits cabinets de consultation, de petites salles privées, là, tout

près du laboratoire où un patient peut aller les voir puis dire : Bien là,

écoutez, là, moi, j'ai tel problème,

j'ai tel symptôme. Mon médecin m'a changé de médicament. Or, depuis ce

temps-là, j'ai tel ou tel effet secondaire ou j'ai telle chose que je...

bon, je ne sentais pas ça avant, maintenant j'ai ça, c'est-u normal?, etc.

Donc, comme

je disais tout à l'heure, le pharmacien est de plus en plus appelé, là, à jouer

un rôle de professionnel de la santé

de première ligne, facilement accessible, parce que, bon, on sait que les

médecins sont souvent débordés de travail, font de l'urgence, font du bureau, et

puis doivent se ménager une vie personnelle au travers de ça aussi, parce

que ce ne sont pas que des machines à voir des patients puis à prescrire des

médicaments, ils ont aussi une vie personnelle, une vie familiale à ménager au travers de tout ça. Donc,

souvent, plutôt que de se ramasser à l'urgence parce qu'on a un symptôme

qui nous inquiète ou se ramasser à l'urgence

parce que le petit dernier, là, fait une fièvre et puis...

ce sera un bon réflexe à développer, de se diriger vers la pharmacie.

Dans ce contexte-là, le ministre de la Santé et

des Services sociaux a adressé une demande au ministère de l'Enseignement

supérieur, de la Recherche et de la Science et au ministère de l'Éducation, du

Loisir et du Sport, le 31 janvier 2014,

à l'effet que des travaux soient entamés sur la révision du diplôme d'études

professionnelles en assistance technique

en pharmacie et sur la création d'un nouveau programme d'études de niveau

technique dans ce domaine. Le M trois

S, MSSS — je n'ose

pas nommer le nombre de S, j'ai toujours peur d'en couper ou d'en rajouter, je vais appeler ça le M trois S — indique

que la complexité de la pratique pharmaceutique ainsi que les nouvelles responsabilités qui seront déléguées aux

médecins et aux pharmaciens par la mise

en oeuvre éventuelle de la loi n° 41, que

vous connaissez sûrement fort bien, mettent en évidence la nécessité de

libérer les pharmaciens de différentes tâches techniques et administratives. Les pharmaciens devraient ainsi

être en mesure de répondre davantage aux besoins de la population

en se concentrant sur des soins et

des services pharmaceutiques à offrir vraiment dans le domaine médical et amener un support

à tout l'appareil, là, de soins de santé. M. le ministre, j'aimerais vous entendre sur ce sujet et connaître votre position.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) :

Merci, Mme la Présidente. Bien, le député a fait mention de quelques éléments.

J'aimerais ça y répondre avant de répondre à la dernière question.

Premièrement, hier, pour la fête du Canada, je n'étais pas en vacances, moi non plus, mais

j'étais à Kegaska, sur la Basse-Côte-Nord, où j'ai inauguré la nouvelle route 138. Et j'ai eu l'occasion, avant-hier, d'être au cégep de Sept-Îles, mais

le soir on est arrivés à Kegaska, puis j'ai eu l'occasion de manger avec les

maires de la Basse-Côte-Nord, des gens très sympathiques, très dévoués

qui vivent une situation très particulière, entre autres au niveau de l'accessibilité

du territoire. Puis ça, je tiens à le dire,

cette nouvelle route là de 44 kilomètres permet d'avoir une communication

routière entre Natashquan

et Kegaska, et notre objectif à long

terme, c'est vraiment

de désenclaver complètement la Basse-Côte-Nord. Mais

c'est un défi tant au niveau de la construction qu'au niveau financier, mais je

suis certain que, comme gouvernement,

on va finir par le terminer. Ça va prendre plusieurs années, mais on va le

faire.

Puis vous

parliez de l'histoire du Canada. En discutant avec les maires, ce qu'ils nous

disent, c'est que, l'arrivée de Jacques Cartier, il a planté la croix à

Gaspé, mais il avait passé avant deux mois à Blanc-Sablon, donc la région de Blanc-Sablon a été vraiment la première région

qui a été explorée par Jacques Cartier. Je ne sais pas si c'est une erreur

ou pas, il n'a pas planté la croix là. Ça fait

qu'il l'a plantée à Gaspé, ça fait qu'on a toujours l'impression que

Jacques Cartier est arrivé à Gaspé, mais en passant par Blanc-Sablon.

Également,

j'ai eu l'occasion de manger dans l'Auberge Brion, qui est à

Kegaska, une communauté de 138 personnes tissée très serrée, et je peux vous dire que c'est une des meilleures

tables que j'ai vues au Québec. Entre autres, le crabe qui sortait de

l'eau, là, on a réussi à le manger.

Mais il faut

rendre hommage à ces gens-là qui occupent le territoire, parce que,

s'il n'y avait pas eu de personnes, des Québécois qui étaient sur le territoire de la Côte-Nord,

possiblement, lorsqu'il y a eu le jugement pour savoir où était la

frontière entre le Labrador, Terre-Neuve et

le Québec, ça aurait été peut-être encore plus à

l'ouest, ce qui aurait été très mauvais

pour le Québec. Donc, c'est pour ça que c'est important de

développer la Basse-Côte-Nord puis de rendre à ces 6 000

personnes-là qui habitent le territoire leur dû par rapport à leur

développement économique et social.

Également,

vous nous parliez du Grand Nord, entre autres à Kuujjuaq, où j'ai mangé un des

meilleurs civets de viande sauvage

que je pense qu'on peut manger sur la terre, c'est bien dans le Grand Nord,

donc, à Kuujjuaq. Et je peux vous

dire que, pour nous, le développement, également, du Grand Nord, autant du côté

de la communauté inuite que de la communauté

crie, est une priorité, d'où un dossier comme vous nous apportez, qui est par

rapport aux assistants en pharmacie,

est important, parce que,

lorsqu'on s'éloigne des grands centres, parfois on n'a pas

accès aux professionnels, mais on a accès

à des gens qui vont supporter les professionnels et puis qui vont faire un

travail... sans dire «équivalent», mais qui, lorsque c'est travaillé en collaboration,

peuvent faire un travail pour donner une accessibilité aux services.

Le dossier de

la pharmacie, c'est un dossier que je connais bien. Dans un premier temps, la loi a été passée pour que les pharmaciens puissent poser plusieurs

actes. Il y a des négociations qui sont en cours pour savoir la façon dont ils

vont être rémunérés, mais, lorsque

les pharmaciens vont pouvoir faire plusieurs autres actes, à ce moment-là, il est

important, pour eux, qu'ils se dégagent

de certains actes qui sont plus mécaniques, dont, entre autres, la distribution

des médicaments, également mettre, comme vous disiez, les comprimés dans les

bocaux, servir les patients. Ce qui est important, c'est que l'acte professionnel soit préservé pour s'assurer de la qualité,

mais il y a une

partie du travail du pharmacien qui peut être

déléguée à d'autres personnes. Ces

personnes-là, pour pouvoir faire des actes encore plus, j'appellerais, à valeur

ajoutée, donc des actes plus professionnels,

à ce moment-là, ils doivent avoir une formation

qui doit être améliorée, d'où l'objectif

de revoir le programme de formation

des assistants techniques. Et ça, il

y a un comité qui est en cours actuellement, qui, au cours des prochains mois, va nous remettre un rapport de façon

à s'assurer d'abord la qualité du service professionnel

en pharmacie, tant par l'assistant technique

que par le pharmacien, permettre également aux pharmaciens de dégager et de pouvoir

déléguer plus de tâches à leurs assistants-pharmaciens, qui, eux, vont être

formés pour les faire.

Donc, dans la

chaîne de valeurs pour la qualité des soins, c'est une valeur vraiment

améliorée. C'est une valeur ajoutée que le pharmacien puisse se

consacrer à son acte professionnel et, à ce moment-là, va pouvoir donner plus

de conseils puis va

pouvoir également, dans certains cas, offrir des médicaments aux

patients sans qu'ils aient nécessairement

besoin de voir un médecin. On parle des infections urinaires,

certaines infections qui peuvent être traitées, je vous dirais, de façon un peu plus commune. Et, en même

temps, ce qui est intéressant, c'est que ça va dégager du temps médecin,

qui eux vont pouvoir voir plus de patients

ou, encore là, faire des valeurs ajoutées au niveau des soins médicaux qu'ils

vont pouvoir offrir. Donc, c'est un comité qui va se faire.

L'autre

élément que je voudrais apporter, c'est que tous ces actes professionnels,

actuellement, il faut les regarder dans

une perspective que, lorsqu'ils doivent être faits dans des territoires

éloignés, il faut qu'on soit capables de s'organiser, soit par la télémédecine, la télépharmacie, être

capable qu'il y ait des gens qui sont situés à d'autres endroits qu'où est le

patient. Ce que je veux dire par là, c'est

que, si vous avez un pharmacien qui est capable de donner un acte, de faire un

acte professionnel de haute qualité,

mais il n'est pas nécessairement dans l'endroit où est le patient, à ce

moment-là, il faut qu'on soit

capables de se le permettre pour des territoires, justement, comme la

Basse-Côte-Nord, le Grand Nord ou des endroits un peu plus éloignés des

grands centres.

Donc,

pour nous, c'est une orientation, tout en préservant la qualité des soins, être

capable de délocaliser le service et d'utiliser les services des

professionnels avec justesse.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Merci, M. le ministre. M. le député d'Ungava.

Boucher : Pour continuer un petit peu dans la même veine — là je vois le temps qui file, je vais

essayer d'être bref — on sait que, bon, le Québec est un lieu de

haut savoir, de recherche dans plusieurs domaines, et puis c'est le cas particulièrement dans le domaine de la

biotechnologie. On sait que dernièrement se déroulait, dans le sud de la

Californie, un congrès, un symposium

BIO, et puis on sait que ce sont des emplois qui sont éventuellement, comme je

disais tantôt, de haut savoir, des emplois qui permettent d'attirer des

chercheurs de hauts revenus.

Moi, j'aimerais savoir...

Afin d'accroître l'importance du secteur de la recherche au Québec, il est

primordial d'établir des partenariats

internationaux. La recherche s'est rapidement adaptée à la mondialisation. Dans

ce contexte, le Québec a beaucoup à

offrir au nouveau milieu de recherche. Nous n'avons qu'à penser qu'aux services

de recherche du CHUM, par exemple, du CUSM ou de Sainte-Justine, dans la

région de Montréal, qui place la métropole dans une situation plus qu'attrayante en matière de partenariats internationaux.

Le fait que le Québec est un système de santé avec un seul agent payeur et que tout le monde est dans

le même système est aussi un atout. Notre capacité de faire de la recherche

aussi bien en français qu'en anglais nous

place aussi avec un avantage majeur. La qualité de nos chercheurs se démarque,

démarque le Québec des autres pays, comme

l'Inde, la Chine et le Brésil, qui sont des pays émergents, mais qui n'ont

pas encore atteint une masse critique de chercheurs.

Alors,

j'aimerais savoir, M. le ministre... Je sais que vous arrivez tout juste du

congrès BIO. Dans un premier temps, pouvez-vous

nous parler de cet événement? Et enfin pouvez-vous nous indiquer les gains

potentiels que le Québec retirera de la présence à un tel événement?

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, Mme la Présidente. Oui, bien, la

semaine dernière, j'ai été quatre jours au congrès

BIO, qui était à San Diego, un congrès très intense. C'est le plus gros congrès

au monde des sciences de la vie. Plus

de 13 000 personnes venant de tous les pays du monde et également toutes

les provinces du Canada sont présentes. Et ces gens-là, ce qu'ils font, c'est qu'ils font des communications,

ils font des contacts, et également c'est à cet endroit-là qu'on peut rencontrer des gens soit au niveau des

investissements, au niveau du développement de nouveaux produits ou au

niveau des ententes que le Québec peut faire pour le développement de la

recherche.

J'ai été accompagné

par M. Rémi Quirion, qui est notre directeur scientifique en chef, et puis je

vais vous avouer qu'on a fait des contacts

de façon très appropriée. Et également on a mis en contact nos entreprises

québécoises avec différents

chercheurs dans le monde, et également il y a eu des chercheurs du Québec qui

se sont mis en contact avec des entreprises au niveau mondial.

Pourquoi

le Québec doit être présent, comme d'ailleurs

toutes les autres provinces le sont? Tout

simplement, c'est l'endroit où on a la plus grande concentration de

différents intervenants au niveau de la recherche pour nous permettre soit de favoriser la recherche fondamentale ou encore les produits que l'on développe, d'être capable soit de la

commercialiser ou de les faire

avancer. Et je rappellerai qu'au Québec un des endroits où on se démarque dans le monde

entier, c'est dans la recherche, tant

au niveau des sciences de la vie que dans les autres types

de recherche. Ce sont des emplois à valeur très ajoutée, donc des emplois très élevés. Il y a beaucoup

d'argent qui vient non pas du Québec mais de fonds subventionnaires mondiaux. On parle de NIH, on parle des fonds canadiens.

On parle également des fonds de l'Europe, où on participe à des recherches internationales dans

lesquelles les gens investissent de l'argent au Québec pour développer des

emplois au Québec.

Et tantôt le député de Chambly en a fait mention : la recherche est tellement

importante au Québec qu'il faut être capable de bien la

développer.

des valeurs qu'on peut vendre à

l'extérieur également,

puis, avec nos équipes, on s'est entendu que, lorsque des gens viendraient

au Québec, on leur ferait visiter, c'est tout simplement les nouveaux centres de recherche qu'on est en train de développer avec le CHUM, qui,

lui, est ouvert. D'ailleurs, M. Jacques Turgeon était là, le nouveau directeur

général du CHUM et qui était le directeur du

centre de recherche du CHUM. Au niveau également du CUSM, qui est, pour nous, un élément extrêmement important qui va

ouvrir à l'automne, puis il y a un nouveau centre de recherche qui est en train de se développer à Sainte-Justine, et

également on en a un à l'Hôpital général juif, sans compter les centres de

recherche de Maisonneuve-Rosemont,

Sacré-Coeur, également des gens de Québec avec le CHU de Québec, et il y avait

également des gens de l'Institut de santé mentale de Québec...

Donc,

tous ces gens-là étaient réunis pour une seule raison : développer la

recherche, mais surtout faire connaître la recherche du Québec à

l'extérieur du monde et aller voir, faire des contacts au niveau des autres

partenaires qu'on pourrait avoir dans le

monde de façon à développer notre industrie. Et, lorsqu'on parle de contacts,

j'ai mis en relation entre autres les

gens du conseil québécois du développement du médicament avec des gens de l'Alberta,

de la Colombie-Britannique. Et, vous

savez, le CQDM, qui est le conseil québécois du médicament, est reconnu au

Canada comme étant un organisme vraiment unique qui permet de développer

le médicament. Entre autres, lors de la fermeture du centre de recherche d'AstraZeneca, il a été mis en place un nouvel

institut, qui est un institut pour développer le médicament, et il y a plus

d'emplois maintenant qu'il y en avait à l'époque d'AstraZeneca.

Donc, c'est notre politique qu'on a au niveau de

la recherche. C'est notre politique qu'on a au niveau du développement du savoir. Et plus que ça, non

seulement il faut faire de la recherche puis développer du savoir, il faut voir

comment on peut utiliser cette nouvelle

connaissance pour être capable de commercialiser, créer des emplois et surtout

offrir à toute la population des meilleurs

soins et des meilleurs traitements. Donc, BIO est l'endroit privilégié pour ça,

et, quel que soit le gouvernement, le Québec est toujours bien représenté. Et

c'est important qu'on y soit représenté, tant au niveau du développement économique, au niveau de l'éducation et de la

recherche et également au niveau de la santé parce que c'est un endroit où est-ce qu'il y a vraiment

une convergence de tous ces gens-là pour être capable de développer mieux

notre industrie ici, au Québec.

Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le ministre. Alors, le

bloc est terminé. On va passer au prochain bloc de l'opposition

officielle. Alors, Mme la députée de Joliette, la parole est à vous.

Hivon :

Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, oui, j'ai marqué mon étonnement

tout à l'heure par rapport aux premières décisions qui ont été prises

par le ministre, qui étaient en lien, d'une part, avec le cours d'histoire et, d'autre part, avec les chaires de

recherche sur la langue et sur l'histoire, sur les études québécoises, parce

que, oui, ça a donné un signal comme quoi la

recherche en ce qui concerne les études québécoises ou l'identité québécoise

serait mise de côté avec le gouvernement,

avec le nouveau gouvernement. Et, oui, c'est inquiétant parce que l'ensemble

de la recherche est importante. La recherche en santé, c'est fondamental.

D'ailleurs, dans la Politique nationale de la recherche

et de l'innovation, évidemment, il y a des domaines qui sont priorisés, des

domaines stratégiques en matière d'entrepreneuriat

scientifique, d'innovation industrielle, l'aérospatiale, le bioalimentaire, les

soins de santé, les biotechnologies, et j'en passe.

Mais je ne

pense pas qu'il faut mettre de côté la recherche sur l'identité québécoise, et

puis il n'y a pas juste moi qui le dis. Comme je le mentionnais tout à l'heure,

là, il y a eu tout un collectif de professeurs qui ont interpellé le ministre

en disant que les études québécoises, ce

sont une vraie affaire. Et ils ont dit qu'ils voyaient, donc, dans cette

décision du ministre une

insensibilité, voire un mépris de la recherche, en particulier en ce qui

concerne les études québécoises. Et puis il y a le sociologue Joseph Yvon Thériault, qui est un Acadien, qui n'est

pas quelqu'un de coloré, qui a dit que, si ce n'est pas le gouvernement du Québec qui voit à la

promotion des études québécoises, personne d'autre ne va le faire. Et je rappelle le paradoxe qu'on est étudiés partout dans le

monde et qu'ici, au Québec, on aurait peur de s'étudier nous-mêmes,

sous prétexte que tout cela, l'histoire au cégep ou les chaires de

recherche, ce serait de la politique.

Alors, évidemment, je veux juste rappeler au ministre

que ça va sans doute, je dirais, indisposer un peu les professeurs de ces domaines-là parce

que c'est comme de dire que le ministre

peut venir décider de ce que les professeurs

de ces domaines vont venir enseigner et donc

manipuler l'enseignement et la recherche dans ces domaines-là, donc je pense que c'est surprenant. Et j'aimerais savoir

si le ministre, en fait, nous dit aujourd'hui que, sous son gouvernement,

toute la recherche en matière d'identité

québécoise, de langue et d'histoire, puisqu'il prétend que c'est une recherche

qui serait politique, va être, donc, mise de côté.

Le Président (M. Fortin, Sherbrooke) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Merci, M. le Président. Bien, je reprendrais

les mots de la ministre. La députée, elle dit : Le ministre veut s'impliquer puis il prendrait des

décisions politiques en annulant. La question qu'il faut se poser... si mon

prédécesseur n'avait pas pris une décision

politique en imposant, aux chercheurs, des chaires dans lesquelles même les

chercheurs ne savaient pas trop s'il y avait quelque chose à faire...

Deuxièmement, la recherche sociale est très

importante, je l'ai dit à plusieurs reprises, la recherche sociale au niveau de l'histoire, au niveau de la langue, au

niveau de l'identité québécoise, au niveau également de la philosophie, hein — je me suis prononcé souvent pour dire que

c'est important, au cégep, d'avoir les cours de philosophie parce que ça

permettait de développer la personne puis

d'avoir des gens qui vont développer leur pensée — c'est vrai dans tous ces domaines-là.

La question,

c'est : Pourquoi ça a été imposé par le ministre, alors qu'on peut laisser

les chercheurs faire des choix par rapport à leurs sujets de recherche?

Et, oui, il va y avoir de la recherche au niveau de l'identité québécoise. Oui,

il peut y avoir de la recherche au niveau de

la langue puis... et, oui, il peut y avoir de la recherche au niveau également

de la sociologie, au niveau également de nos

institutions gouvernementales. Toute cette recherche-là est disponible, mais

laissons les chercheurs déterminer leurs

sujets de recherche et non pas se les faire imposer par quatre chaires décidées

très rapidement par un ministre qui, d'emblée, nous, ce que nous avons perçu,

et je pense que c'était réel, avait une orientation politique.

Ça fait que

ce qu'elle dit que je fais, c'est mon prédécesseur qui l'a fait. Moi, j'ai tout

simplement annulé ça, et on va laisser les chercheurs déterminer le type

de recherche qu'ils veulent faire, et j'encourage tout type de recherche au Québec parce qu'il faut avoir du développement du savoir non

pas juste dans les sciences, pas juste dans l'industrie pharmaceutique, l'industrie des laboratoires, c'est important qu'on ait

une recherche au niveau de la pauvreté, des inégalités sociales, au niveau de l'identité québécoise,

également au niveau de l'immigration, au niveau des gens, comment on peut

mieux les intégrer, et toute cette recherche...

Et les chercheurs, je les ai rencontrés, et je leur ai dit que je voulais qu'on

en développe le plus possible.

Puis, pour

vous dire un exemple, il y a trois fonds de recherche, et j'ai demandé au

directeur de... scientifique en chef de dire qu'à l'avenir, plutôt que

de marquer la santé en premier, peut-être mettre le social en premier pour

avoir l'importance qu'on accorde au niveau

de la recherche sociale. Pour nous, c'est quelque chose de très important, et

on ne veut pas avoir de connotation politique dans la recherche au

Québec.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Merci. Mme la députée de Joliette.

Hivon :

Mme la Présidente, je soumettrais simplement qu'il n'y a pas de connotation

politique à marquer certaines

priorités dans une politique nationale qui a fait l'objet d'assises, de

discussions, d'ailleurs qui a été amorcée sous le précédent gouvernement libéral, continuée sous le gouvernement du

Parti québécois et qui, on espère bien sûr, va être continuée, parce que, si le ministre nous dit ça,

que, dès lors qu'on parlerait de chaires en langue, en histoire, en identité, on

serait dans le politique, pourquoi alors ce serait correct d'avoir des

priorités qui sont dans la politique et sur lesquelles je ne l'ai pas entendu dire un mot. Quand on parle

d'aérospatial, de biotechnologies, de santé, là, tout ça serait correct, ce

ne serait pas orienté du tout, mais, dès

lors qu'on serait en matière d'études québécoises, soudainement, ça deviendrait

orienté.

Mais j'aurais une question très spécifique. Il y

a eu un appel de propositions pour ces chaires-là, et j'aimerais savoir... je

ne sais pas si vous avez le chiffre de combien de projets avaient été soumis

pour les chaires de recherche.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Bien, un, c'était 3 millions de dollars

qui avaient été annoncés comme ça, là, assez rapidement, et ils n'ont

pas eu le temps de se rendre aux appels d'offres, et moi, j'ai rencontré

certains universitaires qui m'ont même dit

que, pour eux autres, ils ne savaient pas trop quoi faire avec le devis qui

avait été proposé. Donc, je dois vous

avouer, Mme la Présidente, que peut-être que la députée, elle, pense qu'il y

avait peut-être une connotation politique dans ma décision. Ce que je peux l'assurer, c'est qu'il n'y en a pas.

Mais je pense que les Québécois sont en mesure de juger que, lorsque ça avait été mis en place, il

faut vraiment se questionner sur l'intention du ministre de l'époque par

rapport à ces chaires.

Et puis je tiens à le dire et je le répète, Mme

la Présidente, oui, on veut de la recherche au niveau de l'identité québécoise, oui, on veut de la recherche au niveau

des inégalités au Québec,

oui, on veut de la recherche au

niveau de la pauvreté, mais laissons les chercheurs décider des

sujets de recherche et ne pas donner d'orientation politique dans des sujets aussi sensibles.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Mme la députée de Joliette.

Hivon : Donc, compte

tenu de... Je veux juste lui dire,

là : Je comprends qu'il me dit qu'il y a des professeurs qui lui ont dit qu'ils n'étaient pas d'accord, mais je lui soumets quand

même qu'il y en a une cinquantaine qui ont signé une lettre pour

l'interpeller, qui trouvaient sa décision désolante.

Simplement,

ma question, c'était de savoir... l'appel de propositions a été lancé à la fin

février, début du mois de mars, je crois. Je voulais savoir combien de

propositions ont été reçues en lien avec ces chaires de recherche.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Écoutez,

peut-être que la députée voudrait entendre le directeur scientifique

en chef pour donner cette réponse-là parce que c'est eux autres qui

avaient justement...

Hivon : Bien, je

veux juste avoir le chiffre, si, avant que vous l'annuliez, il y a eu le temps

d'en avoir.

Bolduc

(Jean-Talon) :

C'est qu'il n'y en avait aucune parce

que c'était trop tôt dans le processus, mais je pense que ça pourrait

être confirmé par le directeur scientifique en chef, qui a une certaine

crédibilité.

La Présidente (Mme Rotiroti) :

Ça prendrait le consentement pour écouter M. le directeur. Alors...

Hivon : Bien, très rapidement, je veux juste le

chiffre, à savoir s'il y en a qui ont été déposées avant que le ministre

annule les chaires.

Une voix : Il était encore

trop tôt dans le processus.

Hivon : O.K. Parfait. Et je veux juste savoir, puisque le ministre

nous dit qu'on ne peut pas choisir, dans une politique nationale, des sujets, donc, pour des chaires, est-ce qu'il va faire des représentations

auprès de ses homologues fédéraux

pour leur demander d'arrêter? Parce qu'on sait qu'il y a bon nombre de chaires

de recherche fédérales dans les universités sur

des sujets qui sont déterminés. Donc, est-ce qu'il va faire des représentations

auprès du gouvernement fédéral pour que cette pratique cesse?

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Dans le processus, il y a des

chaires canadiennes, mais, à ma connaissance, dans les processus, là, c'est plus au niveau canadien

qu'ils répondent à ces critères, mais, encore là, pour répondre à cette

question-là, moi, je pense, ça serait

bien de faire venir le directeur scientifique en chef du Québec pour nous

expliquer c'est quoi le processus, ou la députée préfère ne pas le

savoir.

Hivon : C'était une question au ministre, Mme la Présidente,

pour savoir si lui, puisqu'il a l'air d'avoir une position très claire, à savoir que le Québec ne

peut pas déterminer des sujets qui seraient privilégiés pour la recherche,

s'il allait faire la représentation auprès du fédéral.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : Non, je pense qu'on ne se

comprend pas sur la façon dont ça s'est fait. Dans un sujet particulier, on trouve que le processus avait été

comme un peu biaisé parce qu'il y avait une commande à ce niveau-là, mais, dans les autres domaines, c'est relativement

objectif. Et je tiens à le dire encore : S'il y a des gens qui arrivent

avec des sujets comme l'identité québécoise, ça peut être regardé, mais

pas dans l'esprit que ça avait été fait, où on sentait vraiment que c'était une commande politique. Et ça, je tiens à le

redire, c'était perçu comme ça dans beaucoup de milieux, et les Québécois sont en mesure de juger de la

façon dont ça avait été fait, pour savoir si, oui ou non, c'était une commande

politique.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Mme la députée.

Hivon : Effectivement, les Québécois sont en mesure de

juger, Mme la Présidente. Donc, je vais passer au sujet des investissements dans le milieu universitaire. Lorsque

l'actuel gouvernement était dans l'opposition, on parlait, de manière

répétée, de la nécessité, donc, de voir au financement des universités. Et,

lorsque le ministre est arrivé en poste — encore une fois, je pense que

c'est dans la première semaine, il était très, très actif — il a

dit, donc, que les représentations du milieu

universitaire étaient exagérées. Alors, j'aimerais savoir à combien le ministre

évalue le sous-financement, à l'heure actuelle, du réseau universitaire.

Bolduc

(Jean-Talon) : Bien, Mme la Présidente, ce que j'avais dit, c'est qu'il y avait

eu un chiffre qui avait été donné à

l'époque, qui était autour de 600 millions

de dollars, et j'avais dit également qu'il y avait

peut-être des travaux qui devaient être faits, mais c'est un chiffre qui me semblait un peu

élevé par rapport aux demandes. C'est tout à fait normal par rapport à une position de négociation.

Lorsque

je suis arrivé en poste également, on m'a fait part qu'au niveau des

universités que c'était très difficile, à ce moment-là, de savoir qu'est-ce qui arrivait au niveau du budget,

parce qu'on leur avait dit, quelques mois auparavant, qu'il y avait des montants qui devaient être

coupés puis qui étaient non récurrents. Et par la suite, puis aussi drôle que

ça puisse paraître, je pense que c'est quelques semaines après, le ministre est

revenu en leur disant : Vous savez, les montants non récurrents sont

devenus récurrents.

que j'ai constaté, c'est que les universités ne savaient plus quelle était leur base budgétaire,

tant en termes de récurrence et de non-récurrence, ce qui nous

oblige et ce qui nous a obligés à refaire le travail, à savoir qu'est-ce qui avait été promis par le précédent gouvernement, qui, de toute façon, n'était

plus capable de tenir cette promesse-là, versus quelle est la base réelle que les universités avaient au

niveau budgétaire. Et ce qu'on s'est entendus, c'est qu'on allait se donner

l'heure juste, et ce n'est pas tellement compliqué, c'est qu'on allait faire un

travail pour savoir c'était quoi, leur base budgétaire

actuelle et ne pas nécessairement tenir compte de tout ce qui s'était dit

auparavant. De plus, il devait y avoir un réinvestissement qu'eux autres

mêmes comprenaient que ça serait difficile à faire à la hauteur qui était

demandée.

Donc,

on a fait des travaux pour s'assurer

que, oui, il y aurait un certain réinvestissement, qui va être moins élevé que ce qui avait été promis dans le sommet. Et je

tiens à le répéter : Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, on s'en

allait vers un déficit de 6 milliards de dollars, ce qui nous demande, à

tous les secteurs, y compris l'université, l'éducation, de faire un effort. Et les universités, c'est

l'endroit où est-ce qu'on investit le plus en termes d'augmentation par rapport

à leur budget précédent, et on

reconnaît qu'il va manquer encore de l'argent au niveau des universités, mais,

par contre, l'effort qui est fait actuellement par le gouvernement est

très significatif.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Merci. Mme la députée de Joliette.

Hivon : Alors, est-ce que le ministre peut me dire à combien

il évalue, à l'heure actuelle, la nécessité du réinvestissement dans le

réseau universitaire?

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : On réinvestit, au niveau des universités, le

montant de 171,2 millions de dollars cette année, en crédits, ce

qui donne une augmentation, je crois, autour de 5,9 %...

Bolduc

(Jean-Talon) : 5,6 %, ce qui est, en passant, beaucoup

plus que la santé a eu ou que l'éducation primaire ou secondaire ont eu, et on

considère que, comme de fait, il y avait un sous-investissement au niveau des

universités, qu'on tente de corriger avec cette augmentation de 5,6 %.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Mme la députée.

Hivon :

Et à combien, de manière globale, le ministre évalue-t-il le sous-financement

des universités? Est-ce qu'il estime qu'avec cette injection-là, pour cette

année, cela répond à l'ensemble des besoins, qu'il n'y a plus sous-financement?

Ou, sinon, à combien il évalue le sous-financement?

La Présidente (Mme

Rotiroti) : M. le ministre.

Bolduc

(Jean-Talon) : C'est que, pour les

universités, c'est environ... c'est un manque de 215 millions, qui va

être réparti dans toutes les universités,

puis on réussit à reporter des montants d'environ 119 millions. Donc, il y

a une façon de faire qui va faire en

sorte que c'est environ 100 millions de dollars qui vont être en

sous-financement au niveau des universités.

La Présidente (Mme

Rotiroti) : Mme la députée.

Hivon : Donc, quand vous me dites : 100 millions,

vous voulez dire : Une fois les investissements qui sont prévus au

budget faits, il resterait un 100 millions de sous-financement, par

rapport au 600 millions qui est all

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCCE 2014-07-02
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions cce-41-1 journal-debats CCE-140702
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier0bf96df0336efe48c6db4c1b9284b6719b6f8c45

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