Labour and the Economy — 28 September 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2016-09-28
Quebec — Committees
Bref, je
raconte ça, un, pour lui rendre hommage puis, deux, pour dire que c'est
toujours bon de rencontrer ces gens-là
qui, souvent, nous brassent un peu la cabane, brassent un peu les choses. Mais
il faut les rencontrer parce que c'est des
gens qui travaillent sur le terrain, qui rencontrent les personnes, qui
connaissent les situations, et c'est toujours très enrichissant d'entendre ces groupes-là. Je dis ça
parce que je pense que ça aurait été bien de rencontrer, là, la
coalition, le groupe, là, qui nous proposait... Comment qu'ils s'appelaient,
donc, la coalition?
Une voix : Objectif dignité.
M. LeBel :
Objectif dignité, qui nous proposait aussi des alternatives au projet de loi du
ministre. Bref, je la salue.
Je reviens à mon amendement, l'amendement qui se
lit comme suit : «Les participants pourront en tout temps demander une
révision de leur plan d'intégration sans avoir à subir de sanction.» Je demande
de rajouter ça après le deuxième alinéa de l'article 83.1 de
l'article 28.
On a amené cet amendement-là à la suite d'une
affirmation qui est dans le mémoire du comité consultatif du ministre, là, le comité consultatif sur la loi de
la lutte à la pauvreté et l'exclusion sociale, je le rappelle, un comité qui
est reconnu par la loi, qui est reconnu par
le ministère, un comité qui travaille au sein même du ministère, avec du
personnel qui ont fait les recherches, avec des personnes sur le comité qui sont
issues de plusieurs secteurs de la société.
Et ce
comité-là, qui est un comité qui est bien ancré dans la réalité, nous dit dans
son mémoire, et je vais lire, que «les
participantes et [les] participants au programme Objectif emploi ne pourront
pas non plus déposer de demande de révision
quant au plan d'intégration en emploi qui leur sera proposé ni faire appel au
Tribunal administratif. Il semble par ailleurs
que ces personnes seront tout au plus consultées quant au contenu de ce plan;
elles n'auront pas nécessairement à être
d'accord. Par contre, les décisions concernant les pénalités seraient
révisables. Il y aura également la possibilité de faire appel en dehors
du processus normal de révision.»
pense que cette déclaration ou cette affirmation du comité est assez... C'est
troublant, assez pour qu'on essaie de
voir si on ne peut pas améliorer le projet de loi pour s'assurer que les
personnes qui participent au programme du ministre soient capables, là... qu'on les respecte puis
qu'ils soient capables de demander des révisions. À mon avis, ça n'a pas
de sens que ces personnes sont, comme le dit
le comité, tout au plus consultées quant au contenu du plan qu'on leur
impose, qu'ils n'ont pas nécessairement à
être d'accord. Je pense que c'est gros, et il faut trouver une façon, dans le
projet de loi, de l'améliorer et de donner des garanties ou donner des
possibilités aux personnes qui demandent de l'aide sociale de pouvoir
minimalement demander qu'on revoie le plan d'intégration qu'on leur impose.
Le ministre,
l'autre jour, disait qu'il fallait trouver une façon de les attacher. Moi, je
pense qu'il ne faut pas. Ce n'est pas
en attachant les gens qu'on va les amener à s'intégrer. Le processus
d'intégration, il faut que ça soit quelque chose qui soit consensuel, que la personne accepte d'y participer sans
avoir l'impression qu'elle est obligée ou qu'elle est... pas obligée, ce n'est pas le bon mot, mais
qu'elle n'a pas son mot à dire, tu sais, qu'elle doit absolument prendre
ce qu'on lui donne de faire.
Puis je
rappelle, là, on parle de gens qui sont souvent... qui peuvent être dans des
petites municipalités, en région, où on
leur imposerait un plan d'intégration qui leur demande de se déplacer dans la
ville la plus proche. Ça pourrait être... Si je prends des gens de chez nous, ça peut être quelqu'un qui est, je ne
sais pas, moi, à Saint-Marcellin ou je ne sais pas trop où puis qu'il soit obligé de s'intégrer dans un
plan qui se passe à Rimouski, Matane ou Rivière-du-Loup. Puis la
personne serait obligée d'y participer,
sinon elle aurait des sanctions. Je trouve que c'est comme... Il faut trouver
au moins, dans le projet de loi, une
façon pour la personne de pouvoir donner son... affirmer son désaccord si le plan qu'on lui impose n'est pas
conforme à sa situation, en tout cas.
Ça fait que l'amendement est un peu pour ça, essayer de voir est-ce qu'on est capables... parce que, l'autre
jour, je posais des questions, on me disait : Non, effectivement, comme le
dit le comité, il ne peut pas y avoir de demande de révision ni faire appel au tribunal administratif, mais il y a une autre
façon... Je pense qu'il faudrait... peut-être, on pourrait y revenir, sur cette façon-là de faire qui
pourrait être disponible pour les personnes qui demandent de l'aide sociale,
mais il faudrait préciser cette façon-là.
Il faudrait
aussi s'assurer que la personne qui... L'autre question que je me posais, c'est
s'assurer que la personne qui demande
de l'aide sociale, qui n'est pas d'accord avec son plan puis qui demande une
révision selon la méthode que le
ministre va nous définir un peu mieux tantôt, probablement... Est-ce que,
pendant cette révision-là, qui pourrait durer un mois, on me disait, est-ce que, dans ce mois-là, la personne pourrait
avoir à subir des sanctions? Là, je pense que ça n'a pas de sens. Si c'est un droit de demander une
révision, bien, dans la période où la demande de révision est faite, il ne
devrait pas y avoir de sanctions qui s'imposent, si c'est un droit.
L'autre
élément que je disais, c'est... Le ministre nous a déposé un tableau où on
explique tout le processus de son programme. C'est que quelqu'un qui
embarque dans la machine, qui embarque dans un plan, il y a différentes étapes,
là. Il y avait des cases, là. À partir de la
case 5, la personne choisissait de s'embarquer dans un plan. Après ça,
bien, tu as différentes étapes. Est-ce que la personne pourrait renoncer
ou remettre en question son plan après l'étape 1, après l'étape 2, après l'étape 3? Est-ce qu'il
y a quelque chose qui pourrait... ou on pourrait permettre à la personne de
dire : Non, regarde, là, ça fait au moins 15 jours, 30 jours que je
participe au programme puis ça ne va pas pour moi. Est-ce que je pourrais remettre en question le programme? Si
oui, est-ce que la personne serait comme sanctionnée? Est-ce qu'il y a
un délai ou est-ce qu'il y a un processus où
on peut permettre à la personne de remettre en question le plan qu'on lui a
proposé et d'en exiger un autre, un nouveau qui est plus conforme à ses
besoins?
Ça fait que,
dans le fond, c'est un peu ça, la proposition. C'est que, vraiment, à la
lecture du mémoire du comité, on s'aperçoit
qu'il y a un trou, là, dans la possibilité pour les personnes de remettre en
question le plan qu'on leur impose. Il y a un trou dans la loi ou il y a
des informations qu'on n'a pas. Je sais que le ministre, là, depuis la dernière
fois, il a sûrement travaillé avec son monde, là. Lui aussi confirmait qu'il y
avait peut-être quelque chose à corriger.
Est-ce que
cet amendement-là pourrait permettre de corriger l'élément que je propose?
Est-ce que l'amendement pourrait permettre cette correction-là? Est-ce
que c'est là que ça va, l'amendement, ou si c'est ailleurs dans le projet de
loi, je ne le sais pas. On est prêts à travailler ensemble pour trouver une
solution.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Rimouski. M. le ministre, voulez-vous réagir à
l'amendement du député?
M. Blais :
Oui. Donc, j'ai déjà dit que, dans cette discussion-là, de façon libre, là,
qu'effectivement ce serait un peu odieux, quelqu'un qui demande une
révision quelconque, là, qu'il ait à subir une réduction. Encore faut-il
travailler correctement.
Deux choses,
deux préoccupations du collègue, là. Bon, si on avançait, là, à 83.3, là, on
voit qu'effectivement, là, le
ministre peut modifier tout plan, là, afin de tenir compte d'un changement dans
la situation d'un participant susceptible, là. Ça, c'est une
partie des
préoccupations, qui sont légitimes, qu'il a. La situation peut changer, la situation
maritale, la situation d'études ou autres, et, à ce moment-là, c'est nécessaire
de pouvoir changer un plan. Donc, le plan n'est pas figé, il est en mouvement. Ça fait
partie de nos principes. Et ça, c'est
assez important pour tenir compte, là, de la réalité.
Le type de
proposition qu'il fait, si on voulait y travailler, là, ça devrait être fait,
selon ce que j'entends derrière moi, là,
à 108 davantage. Moi, je suis prêt à ce qu'on le regarde quand on sera rendus
là. J'aurai, à ce moment-là, peut-être une suggestion à faire, au lieu de parler de révision, qui est un terme
peut-être pas assez précis, là, pour... on parle, à l'aide sociale, de
réexamen administratif, pour cette portion-là, du moins, là, de ce qui peut
être attendu. Donc, on pourra éventuellement, quand on sera rendus là, là,
examiner cette question.
Président (M. Cousineau) : Merci, M. le ministre.
M. le député de Rimouski. Bien, avant, je vais aller par
alternance. Est-ce qu'il y a d'autres... Ça va? M. le député de Richelieu.
M. Rochon : M. le Président, je viens encore d'entendre,
nous venons encore d'entendre, le ministre dire : Si on avançait. Ça m'interpelle parce que j'ai suggéré à
plus d'une reprise au ministre, M. le Président, et puis à la
commission plus largement une voie
empruntable, tout à fait autorisée par la commission pour précisément avancer,
et c'est celle de suspendre l'examen de l'article en cours.
Je fais une
fois de plus cette demande car, comme lui, je souhaite avancer, je souhaite que
nous puissions apporter les
améliorations que nous pourrons... qu'il acceptera que nous apportions au
projet de loi. Mon collègue de Rimouski vient d'en suggérer une, à laquelle le ministre m'a semblé se dire ouvert.
Voilà une démonstration éloquente que nous pourrions avancer si nous
cessions d'examiner, pour le moment, en tout cas, cet
article sur lequel,
visiblement, nous avons trop de divergences.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le député de Richelieu. M. le ministre.
M. Blais : Bien, je comprends
bien, on a eu l'occasion d'en parler souvent, de la méthode, entre autres, là,
en question, mais l'article en question,
c'est quand même celui qui fait naître puis qui exprime, hein, le programme
Objectif emploi, qui l'explique aussi. Donc, il faut savoir de quoi on parle,
je pense, avant d'aller aux autres articles.
C'est pour ça qu'on maintient, là, toujours
cette conviction. Je pense qu'on a, quoi, 60 heures sur cet article-là, M. le Président. Je ne sais pas, on
pourrait calculer, vous et moi ensemble. C'est beaucoup de temps. Je l'ai dit,
je pense, que je compte sur mes
collègues pour améliorer le projet de loi. On l'a beaucoup amélioré jusqu'ici,
je pense, en travaillant ensemble, parfois en ne travaillant pas
ensemble. Mais je pense qu'on pourrait procéder puis regarder ensuite les
autres articles.
Le Président (M. Cousineau) :
Merci, M. le ministre. Oui, M. le député de Richelieu.
M. Rochon : À notre dernière séance, de mémoire, je
demandais, et ça a amusé quelques collègues... j'ai emprunté un drôle de chemin pour revenir à cette demande de
suspendre l'examen de l'article qui pose problème. J'ai demandé au ministre quel philosophe, partant du
philosophe qu'il est lui-même, de celui qui a enseigné la
philosophie, quel philosophe pouvait
bien lui inspirer cette posture d'un homme qui dit vouloir avancer et refuse la
voie qui le permette, d'avancer. Il m'a,
à ce moment-là, cité Descartes et Machiavel. Machiavel. Oui, Machiavel, sur son
visage le plus favorable, évidemment.
J'ai, étant
un homme curieux, décidé d'aller sur Wikipédia, sachant que, comme professeur,
il le permettait à ses élèves, pour en apprendre moi-même un peu plus
sur Machiavel. Rassurez-vous, M. le Président, je ne passerai pas cinq minutes là-dess