House Proceedings — 19 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
2016-05-19
Quebec — Debates (Hansard)
Au nom de l'opposition officielle, j'offre mes
condoléances à la famille et aux proches de Mme Lacroix.
En terminant,
j'invite le milieu du journalisme sportif, qui demeure très majoritairement
masculin, à s'engager davantage vers la parité. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci beaucoup, Mme la
députée. Et maintenant
je me tourne vers M. le député de Côte-du-Sud pour sa déclaration d'aujourd'hui.
M. Morin : Mme la Présidente,
aujourd'hui, je tiens à souligner l'engagement de nombreux bénévoles de l'Ambulance Saint-Jean de Montmagny qui, au cours
des 72 dernières années, ont permis à l'organisme d'offrir des services
de qualité aux citoyens et citoyennes de Montmagny. Votre engagement, votre
dévouement ainsi que votre grande générosité
ont permis à l'organisme de s'ancrer profondément dans son milieu et de devenir
un incontournable de chaque événement. Je ne peux qu'admirer le travail
que vous avez fait au cours de ces nombreuses années.
Je tiens également
à souligner l'implication et le dévouement de Mme Nicole Deladurantaye,
surintendante de l'organisation depuis 22 ans. Nicole, tu as entrepris cette
aventure avec beaucoup de courage et beaucoup de détermination,
tu y as mis tout ton
coeur et tu as insufflé à tous ceux et celles que tu as côtoyés ta passion et
ton énergie débordante. À tous les bénévoles et surtout à toi, ma chère
Nicole, merci du fond du coeur.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Côte-du-Sud. Et maintenant au tour de Mme la députée de Repentigny de
faire son message.
Lavallée : Merci, Mme la Présidente. L'événement Peinture en éveil, organisé par le
Conseil des arts de Legardeur,
célébrait cette année son 15e anniversaire. Pour l'occasion,
48 artistes triés sur le volet avaient la chance de faire valoir
leurs créations en présentant des oeuvres variées regroupant plusieurs médiums
en lien avec la peinture.
Depuis ses toutes
premières expositions, Peinture en éveil a su séduire le public avec le
concours de plusieurs centaines d'artistes,
pour la plupart originaires de la région, qui parviennent, par leur habileté, à
inventer des mondes par le maniement inspiré de leurs pinceaux.
Conseil des arts de Legardeur est reconnu depuis 2013 pour sa contribution à
faire de la ville de Repentigny un
milieu de vie unique. Il rassemble depuis 38 ans des dizaines d'artistes
professionnels, amateurs et débutants, toutes disciplines confondues,
priorisant la peinture comme moyen d'expression. Je tiens à féliciter
l'organisme et lui souhaite de poursuivre son cheminement d'ambassadeur
de l'art visuel dans la région. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée
de Repentigny. Et maintenant au tour de Mme la députée de Soulanges pour
sa déclaration d'aujourd'hui.
Charlebois : Alors, merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui,
je tiens à souligner le travail de deux groupes de troisième
année du primaire de l'école Saint-Vincent—Césaire, dans la région de la Montérégie. Je les
salue, d'ailleurs, puisque, vous savez, Mme la Présidente, ils nous écoutent en
direct en ce moment. 55 élèves ont participé au projet entrepreneurial
Bubulle, qui consiste à fabriquer leur propre savon nettoyant, Mme la Présidente.
L'idée est venue suite à une discussion au sujet d'un manque de produits nettoyants dans leurs classes.
Ils ont donc décidé de fabriquer un savon doux pour eux et pour
l'environnement.
cours de ce projet, les élèves ont développé des qualités entrepreneuriales
telles que la motivation au sens des responsabilités,
la persévérance, l'esprit d'équipe et bien sûr la débrouillardise. Les élèves
ont participé à toutes les étapes de la production et ont pu intégrer
plusieurs notions d'apprentissage scolaire lors de ce projet.
Suite
à ce projet, ils ont fait des bouteilles à toutes les mamans d'élèves de
troisième année pour la fête des Mères et,
de plus, ils vont faire d'autres bouteilles de savon, Mme la Présidente, pour
toutes les classes de l'école, en prévision du grand nettoyage. J'ai aussi ma
bouteille, comme vous pouvez le voir. Merci et bravo aux élèves et aux
professeurs qui ont eu cette initiative!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, Mme la
députée de Soulanges. M. le ministre de l'Environnement avait l'air à
trouver que c'était une très belle initiative.
Alors, maintenant,
pour la prochaine déclaration, je vais céder la parole à M. le député de
Saint-Jean.
Turcotte : Merci, Mme la Présidente. C'est avec grand
plaisir que je souligne aujourd'hui l'ambitieux projet Portraits d'une ville, qui se déroulera, tout au
long de la période estivale, dans le cadre des fêtes du 350e anniversaire
de Saint-Jean-sur-Richelieu, et ce,
dans tous les quartiers de la ville. Ce projet original a pour objectif de
prendre en photo le portrait de
chacun des citoyens de Saint-Jean-sur-Richelieu, représentant donc entre
60 000 et 80 000 photographies, en moins de cinq mois. C'est une façon unique pour
les instigateurs de contribuer aux fêtes du 350e en persévérant à la fois le
passé et surtout le passage et la présence actuelle des citoyens et citoyennes
à un moment important de notre histoire. Portraits d'une ville, aussi, offre une compensation environnementale,
par la plantation d'arbres, pour créer une union entre le patrimoine
humain et naturel.
tiens donc à souligner le travail de l'équipe de photographes, dirigée par
Martin Clairmont, pour sa participation
aux célébrations de la ville. Votre projet
créera un fort sentiment d'appartenance à Saint-Jean-sur-Richelieu et un bel
esprit collectif. Bravo à vous tous! Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Et, toujours à
la rubrique des déclarations de députés, je cède la parole à M. le député de Nelligan.
Coiteux : Oui. Merci, Mme la Présidente. Je souhaite souligner la Semaine de la police
qui se poursuit jusqu'au 21 mai sur le thème Avec vous au quotidien .
Lors de cette semaine thématique, les corps
policiers profitent de l'occasion
pour sensibiliser la population
à différents enjeux qui touchent les citoyens. Des activités à cet effet sont organisées un peu partout au Québec. En plus de favoriser
le rapprochement et le lien de confiance entre les citoyens
et les différents corps policiers,
ces activités permettent à la population de démystifier le
rôle essentiel des agents de la paix et d'en apprendre davantage
sur les défis auxquels ils font face dans le cadre de leurs fonctions. J'invite
toute la population à consulter le site Internet du ministère
de la Sécurité publique afin de connaître les activités qui sont proposées.
J'en
profite, Mme la Présidente, pour ajouter que la Journée de reconnaissance
policière, qui a lieu chaque année lors
de la Semaine de la police, s'est déroulée le lundi 16 mai dernier. Au
cours de cette journée, j'ai d'ailleurs eu l'honneur de remettre des médailles à des policiers, mais aussi à des citoyens
s'étant distingués par leurs actions héroïques, lors de la cérémonie de
décoration et citations policières à l'École nationale de police du Québec. Un
défilé et une cérémonie commémorative à la mémoire des policiers et policières
décédés en service ont suivi cette remise de médaille.
Enfin,
Mme la Présidente, je tiens à rappeler l'immense respect que je
porte à l'égard de tous les policiers et de toutes les policières du Québec.
Ils exercent un métier comportant de grands risques, et c'est en même temps un métier qui requiert un dévouement exceptionnel. Et, pour cela,
je tiens à les remercier. Bonne semaine de la police à tous!
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci. Merci, M. le député de Nelligan. Et maintenant je cède
la parole à M. le député de Viau pour sa déclaration.
Heurtel : Merci, Mme la Présidente. L'Organisation
des Nations unies a décrété le 22 mai comme étant la Journée internationale de la diversité biologique.
Cette année, cette journée spéciale sera soulignée à travers le monde
sous le thème Intégrer la biodiversité pour le maintien des populations et
de leurs moyens de subsistance .
diversité biologique est le fondement de la vie sous toutes ses formes. La
nature nous fournit tous les jours des
services essentiels. Nous profitons, au Québec, d'une nature généreuse, d'une
grande diversité d'espèces végétales et animales et d'une variété d'écosystèmes
extrêmement précieux pour notre bien-être collectif et individuel.
C'est pourquoi
j'invite mes collègues de l'Assemblée nationale ainsi que les Québécoises et
les Québécois à intégrer la protection de la
diversité biologique dans leur quotidien ainsi que leurs activités
professionnelles. Nous devons agir
tous ensemble afin de préserver ces ressources pour les générations futures.
Ensemble, faisons-le pour eux. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci. Merci, M. le député
de Viau. Et maintenant je cède la parole à M. le député de
Matane-Matapédia.
Bérubé : Mme la Présidente, aujourd'hui, je tiens à
souligner l'implication et le dévouement extraordinaire auprès des
enfants dont a fait preuve Mme Johanne Toutant tout au long de sa carrière
d'orthophoniste au CLSC de Matane.
Reconnue par ses
pairs comme étant une référence en orthophonie de première ligne,
Mme Toutant a oeuvré activement pour
que les enfants ayant des troubles de langage puissent bénéficier d'un service
dès leur plus bas âge. Faisant ses
débuts à Matane en 1981, cette orthophoniste dévouée a, entre autres, créé une
clinique de prévention pour la clientèle à risque qui a permis au CLSC
d'être reconnu pour ses pratiques exemplaires. Tout au long de sa carrière,
c'est plus de 2 000 enfants et
familles qui ont pu bénéficier de son soutien et de son expertise. Soucieuse de
transmettre son savoir et excellente communicatrice, elle a également
accueilli et formé plus d'une soixantaine d'étudiantes et d'étudiants
stagiaires.
Johanne,
je tiens à vous remercier pour le précieux héritage que vous laissez aux
membres de votre profession et à l'ensemble
des intervenants qui veillent au bon développement de nos enfants. En ce début
de retraite grandement méritée, je vous offre mes meilleurs voeux.
Félicitations pour cette remarquable carrière! Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Matane-Matapédia.
Ceci met fin à la
rubrique des déclarations de députés. Et je suspends les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à
9 h 52)
Le Président : Mmes, MM. les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Je n'ai pas dit d'autre chose, j'ai dit
merci. Ça, je pense, c'est de bon augure.
J'ai le
plaisir de souligner la présence dans nos tribunes du président de la
délégation du Parlement européen pour les
relations avec le Canada, M. Bernd Kölmel, à l'occasion
d'une visite de travail. Il est accompagné d'une délégation de députés
du Parlement européen.
En me
retournant la tête comme il faut, j'aperçois l'ancien député de
Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, qui est avec nous. On le salue.
Et il y a
les membres du quartet tunisien aussi pour le dialogue national qui sont... le
quartet a été récipiendaire du prix
Nobel de la paix : M. Houcine Abassi, M. Abdessatar Ben Moussa,
Mme Ouided Bouchamaoui. Ils sont accompagnés de l'ambassadeur de la
Tunisie au Canada, M. Riadh Essid.
Je les avais déjà nommés mardi dernier, mais ils
ont trouvé ça tellement bon ici qu'ils sont revenus. Ils sont revenus. Alors, comme c'est bien ici, évidemment,
contrairement à d'autres places, je ne veux pas voir personne se battre.
Alors... régler le problème. Ne vous touchez pas! Contrôlez-vous, tout le monde!
Ceci étant dit, nous poursuivons les
affaires courantes. Aujourd'hui...
Le Président : M. le
leader.
Le Président : Ah! très bien,
bon. Alors, M. le chef de l'opposition, ça va bien?
Le Président : Bon, parfait.
Alors, nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclaration ministérielle
ni de présentation de projet de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
des Finances.
Leitão : Merci, M. le Président. Alors, c'est avec un grand honneur
que je dépose des propositions d'amendements que j'entends soumettre aux
membres de la Commission des finances publiques lors de l'étude détaillée du
projet de loi n° 87, Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles
dans les organismes publics.
Le Président : Alors, ce
document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, je dépose la réponse du gouvernement aux pétitions présentées par le député de Chambly le 5 avril, par les députés de
Deux-Montagnes et de Labelle le 14 avril, par le député de
Lévis le 20 avril et par la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques
le 21 avril 2016.
Je dépose également
la réponse à la question inscrite au feuilleton le 16 mars 2016 par le député de
Chambly. Merci.
Le Président :
Ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions
ni de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Le Président : J'ai
dit : Il n'y a pas de réponses orales ou de...
Président : Ce n'est
pas à moi que le «pardon» s'adressait? J'étais pour le répéter. Non, ça va?
O.K. C'est bon. Parfait!
Alors, je
vous avise qu'après la période de questions et réponses orales seront tenus
deux votes reportés, le premier sur la
motion de la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques débattue hier aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition et le second sur la
motion de M. le ministre des
Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports
proposant que le projet de loi n° 76, Loi
modifiant principalement l'organisation de la gouvernance du transport
collectif dans la région métropolitaine de Montréal, soit adoptée.
Nous en
sommes donc maintenant à la période de questions et de réponses orales.
Je cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui. Merci, M. le Président. Hier, le premier ministre nous a dit
que c'est en prenant son déjeuner qu'il a appris que le député de Marguerite-Bourgeoys
s'inquiétait de graves irrégularités au ministère des Transports.
Ça n'a aucun sens, M. le Président, parce qu'il
y a une chose qui est sûre, c'est que les faits ont été exposés clairement : des contrats de gré à gré donnés
à des ex-employés du ministère, des vérificateurs placés directement sous
l'autorité des gens qu'ils doivent
surveiller, des situations d'intimidation, des situations de menaces, des
employés écartés de leurs fonctions
pour avoir dénoncé à l'UPAC, une double... même une quintuple comptabilité pour
masquer des extras, des rapports qui
ont été modifiés. Puis, à la Commission de l'administration publique, hier, la
sous-ministre est venue nous dire que tout allait bien, qu'il n'y avait
aucun problème, mais elle a surtout déposé un rapport substantiellement
différent de celui que le premier ministre a déposé ici, en cette Chambre,
hier.
C'est
absolument grave. Je comprends que le premier ministre a agi ce matin, mais il
est trop tard, la confiance du public
est profondément affectée. Pourquoi faut-il que le premier ministre attende
toujours un scandale médiatique avant d'agir?
Comment se fait-il que le premier ministre ait
attendu trois semaines après la lettre du député de Marguerite-Bourgeoys avant
de poser des gestes?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Bien, M. le
Président, la réponse est dans la question et le préambule du collègue.
Effectivement, c'est hier matin que j'ai pris connaissance de ces
éléments-là, parce qu'ils ont été rendus publics.
Cependant, je
vais répéter encore une fois ce qui a été fait. Sur le plan administratif, déjà
des resserrements des processus étaient
en cours. On a notifié l'UPAC afin qu'elle participe et qu'elle augmente, même,
ses activités. La Vérificatrice générale a confirmé qu'elle viendrait
étudier les processus administratifs.
Maintenant, je suis d'accord avec lui quant au
sérieux de tout ça. On ne sous-estime pas cette situation, au contraire. C'est
la raison pour laquelle, justement, afin de rétablir la confiance des citoyens
envers les institutions démocratiques, les
organismes publics, ce matin, on a annoncé que la sous-ministre qui a témoigné
hier quittait ses fonctions. Un
nouveau sous-ministre sera nommé aujourd'hui. Nous avons également annoncé
qu'un bureau de l'inspecteur général, similaire
à ce qui existe à Montréal, sera créé dans le ministère des Transports. C'est
une réflexion qui était présente déjà depuis
quelques semaines et qui s'est accélérée, M. le Président. Et on aura,
j'espère, la collaboration des collègues de cette Chambre pour créer
cette importante fonction. Et également mon collègue le ministre des Transports
a fait des annonces qui touchent son cabinet ministériel.
Maintenant, je voudrais quand même gentiment
dire à mon collègue que c'est clair qu'il y a une situation chronique au ministère des Transports, donc, par
définition, qui existait lorsqu'il était lui-même ministre, alors je pense
qu'il doit faire un peu attention dans les
reproches qu'il nous adresse. Je suggère que, plutôt que de se lancer dans ce
genre de remarques réciproques, on
travaille ensemble à créer le bureau de l'inspecteur général, favoriser l'accès
à l'information de l'UPAC et bien sûr
l'accès à l'information, qui va de soi, de la Vérificatrice générale. Mais
c'est justement dans l'esprit du rétablissement de la confiance des citoyens
envers les institutions que les décisions de ce matin ont été communiquées,
M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui, M. le Président. Le premier ministre nous
répète qu'il n'a pas été informé de la situation avant son petit-déjeuner d'hier matin. C'est inacceptable, M. le
Président, c'est inacceptable parce que son chef de cabinet, le chef de cabinet du premier ministre, avait
rencontré le député de Marguerite-Bourgeoys après que celui-ci ait envoyé une
lettre au ministre des Transports. Ça fait trois semaines de ça, puis
son chef de cabinet... C'est quand même des faits majeurs qui sont dans la lettre du député de Marguerite-Bourgeoys.
Pendant trois semaines, son chef de cabinet ne lui a rien dit.
Est-ce que le PM
commence à avoir des doutes...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Il est clair, M. le Président, que le flot de l'information doit
s'améliorer, on a toujours des améliorations à faire dans les
organisations.
Maintenant,
M. le Président, je voudrais quand même indiquer un détail qui n'a rien
d'anodin, un élément qui n'a rien
d'anodin, c'est que... Je vais établir les faits. D'abord, la lettre de notre
collègue a été envoyée le 27, il a rencontré mon chef de cabinet le 28. Celui-ci a immédiatement transmis la lettre
au secrétaire général du gouvernement pour action immédiate. Il y a eu donc immédiatement
accentuation des contacts avec l'UPAC pour collaborer à leurs travaux, il y a
eu accélération des travaux qui
étaient déjà en cours pour créer le bureau de l'inspecteur général au ministère
des Transports et, bien sûr, resserrement des méthodes, des processus
administratifs.
Donc, ce qui est
important, c'est qu'une action a été prise dès le début.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : Il faut aller plus loin, M. le Président. Encore une fois, je fais
appel à la collaboration de toute l'Assemblée, notamment pour créer le
bureau...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui, mais c'est plus grave que ça, M. le
Président. Moi, j'aurais des doutes sur mon entourage, si j'étais à sa place, parce que, pendant trois
semaines, il a été tenu dans l'ignorance par son chef de cabinet. Puis en plus
hier, hier, il a déposé un mauvais rapport,
le mauvais rapport, parce qu'à la Commission de l'administration publique la
sous-ministre en a déposé un autre.
Pourtant, le ministre des Transports nous disait hier matin : C'est juste
pour des questions nominatives.
Finalement, on a appris, à la Commission de l'administration publique... La
sous-ministre disait : C'est parce qu'on a eu des problèmes avec
Word, là, en pesant sur le piton de l'imprimante. C'est inacceptable, M. le
Président.
Comment il peut
tolérer ça?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, justement, il faudrait rappeler quand même
qu'hier il y a une question qui a été posée qui laissait entendre qu'il y a des
pages qui étaient manquantes dans le document, alors qu'il s'agissait tout
simplement d'un processus informatique de
pagination. Il faut quand même rester raisonnable, M. le Président, dans ce
qu'on dit.
Maintenant,
ce qui a été mentionné également lors de l'audience de la commission d'hier, et
je veux y référer, c'est qu'un
ensemble de documents seraient déposés. Ils vont tous être déposés. On n'a
absolument rien à cacher là-dedans, au
contraire.
La société du Québec a intérêt que toute la lumière soit faite, sur
le plan administratif, sur le plan policier, et surtout que des mesures soient accentuées pour rétablir la situation
au ministère des Transports du Québec, rétablir la confiance de la
population envers cette importante
partie de notre gouvernement, de notre
société.
Le Président :
En terminant.
M. Couillard : C'est pour ça que la création, à mon avis, du bureau de l'inspecteur
général est très importante.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Gaudreault : Oui. On dirait qu'il y a juste le premier ministre
qui ne voit pas la gravité de la situation, parce que le député de Chomedey, là, qui est juste en
arrière, hier il a dit à la CAP : «...je suis troublé[...]. Il y a des
mots qui ont été changés [dans le] rapport...»
Le député de Trois-Rivières, le vice-président de la CAP, il a dit après la
commission : «On a eu des
réponses qui ne sont pas à la satisfaction des élus.» Puis, pendant ce
temps-là, le chef de cabinet du premier ministre a gardé de
l'information pour lui pendant trois semaines.
Est-ce que le premier ministre considère que son
chef de cabinet peut demeurer en poste encore longtemps, M. le Président? Est-ce
qu'il va le démettre de ses fonctions?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président, mon chef de cabinet fait un excellent travail dans un grand nombre de
dossiers excessivement critiques pour le gouvernement du Québec, pour la
société du Québec.
Et, pour
reparler de ce qu'il a mentionné au sujet de la sous-ministre, elle a
annoncé... ou nous avons annoncé son retrait de sa fonction ce matin.
Alors, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu de conséquences. Les actions sont
prises. Il fallait les prendre. Elles sont prises. On va continuer à aller de
l'avant et on va surtout continuer à renforcer ce ministère qui, de toute
évidence, M. le Président, a encore besoin d'une attention très
particulière, et ce sera le cas au cours des prochaines années.
Le Président : Principale, M.
le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, le premier ministre a déclaré qu'il avait appris hier matin que son
ex-ministre des Transports
s'inquiétait de graves irrégularités dans la gestion des contrats au sein de
son propre ministère. Pourtant, le
premier ministre, on l'a dit, a aussi déclaré que son directeur de cabinet a
rencontré le député de Marguerite-Bourgeoys le 28 avril, donc le lendemain de l'envoi de la lettre du député de
Marguerite-Bourgeoys à son successeur ministre des Transports. Ça veut donc dire, M. le Président,
que le directeur de cabinet du premier ministre, ayant pris connaissance
d'allégations sérieuses d'irrégularités au
ministère des Transports, le plus gros donneur d'ouvrage au Québec, a retenu
cette information du premier ministre pendant trois semaines. Et là on vient
d'apprendre que le secrétaire général du gouvernement
a également été informé de la lettre, du contenu de la lettre, au moment où
celle-ci a été envoyée au ministre des Transports.
M. le
Président, est-ce que le premier ministre trouve ça normal que son directeur de
cabinet ne l'ait pas informé de la situation qui prévalait au ministère
des Transports pendant plusieurs semaines?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Le premier ministre a eu l'occasion de répondre à la
question précédemment en indiquant qu'une fois que le directeur de cabinet a eu l'information, on ait procédé dans
le mode action vers le secrétaire général pour que des mesures soient prises. Il y a eu des mesures
prises de manière administrative au sein du ministère d'une part, mais
il nous a aussi informés que la réflexion
concernant l'organisation d'une supervision accrue sous la forme d'un BIG, pour
reprendre l'expression connue, tout le monde
sait à quoi on fait référence, au sein même du ministère allait... a été
accélérée à telle enseigne qu'une
pièce législative pourra donc être émise et, comme on le souhaite tous, qu'elle
puisse être adoptée par cette
Assemblée. Donc, de prétendre que rien n'a été fait est évidemment le contraire
de la réalité et contraire à ce que le
premier ministre nous a donné comme information. À partir de là, je veux bien
prendre une autre question, mais celle-là, de toute évidence, était
écrite avant la réponse du premier ministre.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, on aura noté que le premier ministre ne se lève pas pour défendre ni
son directeur de cabinet, Jean-Louis Dufresne, ni son secrétaire
général, Roberto Iglesias.
Je repose la
question. Ça fait trois semaines qu'ils sont au courant, et le secrétaire
général et le directeur de cabinet du
premier ministre, ça fait trois semaines qu'ils savent le contenu de la lettre,
ça fait trois semaines qu'ils sont au courant des graves irrégularités sur la gestion des contrats au ministère des
Transports et ça fait trois semaines qu'ils tiennent le premier ministre dans
l'ignorance. Est-ce que le premier ministre trouve ça normal d'avoir été tenu
dans l'ignorance pendant toutes ces semaines?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, notre ami le leader dit que le
premier ministre ne se lève pas. Je crois constater que le chef de l'opposition non plus ne se lève
pas, et peut-être qu'on pourrait lui poser les mêmes questions :
Trouve-t-il ça normal que, pendant un
an et demi où il était dans cette fonction, il n'y a eu aucun constat qui a été
fait, aucunes mesures qui ont été faites? Il ne s'est même jamais aperçu
de ce qui se passait, n'a pas alerté personne à cet égard.
Je veux dire, on peut bien toujours se poser
cette question-là, mais, voici, M. le Président, le fait est qu'on est capables d'aller dans des mesures proactives, de
poser des changements pour s'assurer, ensemble, pour l'avenir, que les choses soient bien faites. Alors, moi, à savoir
qui savait quoi puis est-ce qu'ils sont meilleurs que les autres, essayons donc
de travailler à l'avenir...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : ...M. le
Président.
Le Président : Deuxième complémentaire,
M. le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, le projet de loi n° 68 pour créer une agence des transports,
c'est lui qu'il l'a déposé, là, celui
qui est à ma droite, c'est l'ancien ministre. Réduction marquée du nombre des
extras également pendant qu'on était là, M. le Président. On n'a pas de
leçons à recevoir.
Maintenant,
on n'a toujours pas de réponse à la question, M. le Président. Il faut que le
premier ministre se lève pour
défendre, à tout le moins, le secrétaire général du gouvernement, M. Iglesias,
et son chef de cabinet, M. Dufresne. Les deux l'ont tenu dans l'ignorance pendant trois semaines. Est-ce qu'il
trouve ça normal qu'on lui ait caché la vérité pendant toutes ces
semaines? Est-ce qu'il va se lever, M. le Président?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : M. le Président, encore une fois, je veux bien qu'on
me raconte la version qu'on veut nous raconter, l'histoire, elle se déroule comment? Le premier ministre l'a exposée non
seulement avec une grande transparence, les documents ont été déposés,
mais, ce matin, il nous dit comment le processus s'est fait. Le chef de cabinet
du premier ministre est allé vers le
secrétaire général de manière à ce que nous puissions, dans l'administration du
ministère, avoir des procédés qui soient conformes, qui tiennent compte
notamment des constats que le prédécesseur du ministre des Transports avait faits, des suivis qui soient
faits en fonction de la nouvelle réalité qui se présentait parce qu'une
personne n'y était plus. Alors,
forcément, lorsque la réflexion se fait sur une unité d'analyse de ce qui se
passe à l'intérieur pour remplacer la dame par un...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : ...il y a bien
là quelque chose qui s'est passé.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Merci,
M. le Président. On apprend ce matin que la démission de Mme Trudel, une
ancienne agente de l'UPAC, est directement
liée au blocage du MTQ et aussi au désintérêt du nouveau cabinet pour ces
questions, je dirais, de bon fonctionnement au sein du MTQ. Confirmant les
soupçons de l'ancien ministre député de Marguerite-Bourgeoys
et ancien policier, elle révèle que pas moins de 35 employés du MTQ ont reçu au
moins 70 contrats octroyés de gré à gré. Il semblerait qu'il y ait aussi eu du
fractionnement. Le ministre des Transports actuel approuve-t-il cette
pratique de recourir à d'ex-employés de gré à gré? Est-ce qu'il s'engage à
mettre fin à cette pratique?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : Merci, M. le Président. D'abord, par souci de transparence, on a parlé de la
démission de Mme Trudel, j'aimerais déposer la lettre de démission pour
qu'elle soit disponible à tout le monde, que nous ayons tous la même information.
Alors, en réponse maintenant à la question de la
députée, les pratiques actuelles, qui prévalent actuellement au ministère du
Transport, ce sont des questions qu'on se pose et qu'on se pose depuis un
certain moment. J'y suis relativement
nouveau, mais il y a déjà des gestes qui ont été posés. J'ai été sensibilisé
par mon collègue, et il me l'a fourni par
écrit il y a peu de temps, et on a déjà pris quand même cinq mesures qui sont
importantes depuis ce temps-là, M. le Président,
la première étant bien sûr le fait qu'on a fait parvenir... Dès que nous
l'avons reçue, on a fait parvenir à l'UPAC une clé USB dans laquelle on avait toute la documentation et notamment
sur les points qui ont été soulevés
par ma collègue députée de Vachon. Les documents ont été envoyés à l'UPAC, et ces
documents-là, si, à l'intérieur de l'étude qu'en fera l'UPAC...
Le Président : En terminant.
M. Daoust : ...on trouvait que
c'était répréhensible... Je continuerai, M. le Président.
Président : Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt du document que le ministre
voulait déposer? Consentement. Dépôt.
Mme la députée de Vachon, en première
complémentaire.
Ouellet : Oui. En fait, on
n'a reçu aucune réponse du ministre actuel des Transports, M. le Président, et on est dans un dossier extrêmement important, là. Et le ministre
des Transports se lève pour nous répéter ce qu'il a déjà dit hier, là.
On a
demandé : Est-ce qu'il approuve cette pratique à recourir à des contrats
de gré à gré? Est-ce qu'il s'engage à
mettre fin à cette pratique? Mme Trudel a dénombré pas moins de 35
employés représentant au moins 70 contrats octroyés de gré à gré.
Est-ce qu'il s'engage à mettre fin à cette pratique?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : On comprendra tous, M. le Président, que, si les contrats de
gré à gré n'existaient pas, Mme Trudel n'aurait pas eu d'emploi au
ministère. Elle avait un contrat de gré à gré.
Maintenant,
reprenons où nous en étions. Ce que je disais, c'est qu'il faut regarder le
problème dans son ensemble, il ne
faut pas le regarder de façon ponctuelle. Je comprends la préoccupation de ma
collègue députée de Vachon, mais il faut le regarder dans son ensemble. Il y a
plus d'un point qui a été soulevé. Et qu'est-ce qu'on a fait hier? On a demandé
au Vérificateur général, qui est l'outil normal pour intervenir dans ces
cas-là, on a demandé au Vérificateur général... la Vérificatrice générale de se pencher sur le dossier. C'est notre premier
ministre qui l'a fait, qui a dit : Écoutez, j'invite la
Vérificatrice générale à venir dans ce dossier-là...
Le Président : En terminant.
Daoust : ...et on a eu la réponse à la Commission de l'administration
publique hier à l'effet qu'il viendrait.
Le Président : Deuxième
complémentaire...
Président : S'il vous plaît! C'est un peu bruyant. Deuxième complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : M. le Président, en l'absence de réponse du ministre, est-ce
que je comprends qu'il trouve ça
normal, en banalisant la situation? Là, je parlais des ex-employés. Il
banalise en mélangeant tout.
Est-ce que je comprends qu'il trouve ça normal que
d'ex-employés du MTQ reçoivent des contrats qu'il semblerait qui soient fractionnés pour être capables d'aller
en dessous des niveaux d'approbation? Et j'aimerais ça qu'il fasse une vérification aussi à l'intérieur de son ministère,
parce qu'hier la sous-ministre nous a mentionné n'avoir signé aucun de ces
contrats de gré à gré et ne pas avoir été au courant de ces pratiques. Qui les
a signés?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Vous savez, M. le Président, je pense qu'avec
6 500 employés, je serais surpris que tous les employés contractuels soient embauchés spécifiquement par
la sous-ministre, elle ne ferait que ça. Il y a un ensemble de personnes
qui s'occupent de la gestion des ressources
humaines. Le contrat de gré à gré, à mon avis, est une position à laquelle on
doit recourir de façon... de manière... en
exception. Et je ne suis pas persuadé que, lorsque vous avez formé le gouvernement,
vous n'avez jamais donné de contrats de gré à gré. Ça arrive. Il y a des
moments où on a besoin d'intervenir de façon ponctuelle
et de façon rapide, et ces personnes-là, qui sont des personnes expérimentées,
peuvent être appelées en renfort aux équipes normales. Ça ne doit pas
être une pratique normale si les personnes ont quitté...
Le Président : En terminant.
M. Daoust : ...elles ont pris une
retraite. Mais, de façon ponctuelle, oui, ça peut se produire.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le premier ministre et moi, on a une définition, une
conception très différente de ce qu'est
la bonne gestion puis le leadership, on le voit dans tous les dossiers. Prenez
l'éducation, là, à part de changer le ministre
de l'Éducation, qu'est-ce que veut faire le premier ministre? Qu'est-ce qu'il
veut faire avec les élections scolaires? Qu'est-ce qu'il veut faire avec
les prématernelles quatre ans? Il n'a aucune idée.
M. le
Président, on a atteint le comble, là, avec le dossier des transports. On
apprend qu'il y avait des irrégularités graves aux Transports. Là, ce qu'on comprend, c'est qu'en deux ans le
premier ministre ne semble pas s'être assis avec son ministre pour discuter des grands problèmes, des grands défis. Hier,
il nous disait : J'ai totalement confiance en la sous-ministre des Transports. Je ne sais pas s'il
la connaissait, là, mais aujourd'hui il la démet. Et on apprend, donc, que
son directeur de cabinet était au courant
depuis au moins trois semaines de graves irrégularités et il accepte que son
directeur de cabinet ne l'ait pas informé.
M. le
Président, est-ce qu'on a un premier ministre qui est un touriste, un
observateur? Quand va-t-il commencer à
s'intéresser à ce qui se passe au ministère des Transports? C'est le plus grand
donneur d'ouvrage au Québec. Donc, quand le premier ministre va-t-il
s'intéresser à ce qui se passe au ministère des Transports?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je m'intéresse à tout ce qui se passe au Québec également. Et je pense qu'il y
avait plusieurs préambules dans sa question, comme d'habitude.
Je veux lui
rappeler que c'est ce gouvernement, ce premier ministre qui a rétabli
l'équilibre budgétaire auquel il s'était
engagé et qu'il n'aurait jamais réalisé. C'est ce gouvernement, ce premier
ministre qui a fait beaucoup d'investissements
dans les secteurs publics dès que l'équilibre budgétaire a été rétabli. C'est
ce gouvernement, ce ministre de
l'Éducation qui a annoncé les changements d'orientation fondamentaux qui
répondent aux données probantes et qui ont été, encore une fois hier, je crois, salués par 14 experts du réseau de
l'éducation. Je ne me souviens pas que 14 experts de quelque réseau que
ce soit aient salué les idées de la CAQ, M. le Président.
Maintenant,
ceci dit, je vais quand même répéter les choses. J'ai rencontré toutes les
personnes qui ont occupé le poste de
ministre des Transports au sujet de plusieurs projets, au sujet de politiques
publiques. Jamais le ministre des Transports
précédent ne s'est assis avec moi pour me parler de ces éléments-là. Je
voudrais quand même être bien clair là-dessus.
La première fois où il a, M. le Président, communiqué avec mon bureau, c'est le
28, le lendemain de sa lettre au
ministre actuel. Et j'ai indiqué par la suite qu'il y avait eu une action
immédiate qui avait été posée avec le secrétaire général du
gouvernement.
Alors, je
veux bien qu'on se fasse du capital politique, tout le monde, sur la situation,
mais il faut quand même rétablir les faits, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault : M. le Président,
on voit plus que jamais, cette semaine, le style de gestion du premier
ministre. Il tolère, il observe, il est nonchalant.
M. le Président, est-ce
qu'il accepte que son directeur de cabinet ne l'ait pas avisé pendant trois
semaines d'irrégularités graves au ministère
des Transports? Est-ce qu'il peut nous dire, là... Est-ce qu'il a toujours
confiance en son directeur de cabinet?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : M. le Président,
je vais quand même rappeler qu'il y a des actions qui ont été prises. Si aucune
action n'avait été prise, on serait dans une situation très différente. Mais,
dès la rencontre avec le ministre précédent, le député de Marguerite-Bourgeoys,
dès que la lettre a été vue par mon chef de cabinet, immédiatement, le
secrétaire général du gouvernement a été
notifié. Je l'ai dit tantôt, je le reconnais, que l'information doit mieux
circuler. On va s'en occuper, elle va mieux circuler.
Mais ce qui
était important pour les citoyens qui nous écoutent, c'est que les actions
nécessaires soient prises. C'était
l'action à poser à ce moment-là, avec les informations disponibles à ce
moment-là, qui était de mobiliser l'ensemble de l'appareil public au plus haut niveau, de façon à ce que les
processus soient resserrés, de façon à ce que la Vérificatrice générale
s'implique...
Le Président : En terminant.
M. Couillard : ...de façon à ce
qu'on accélère le travail sur l'inspecteur général aux Transports.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, le premier ministre vient de nous dire qu'il y a trois
semaines son secrétaire général a été
avisé. Mais ça n'a pas l'air de le déranger que lui, il n'ait pas été mis au
courant des irrégularités. Quel manque de leadership!
Est-ce qu'on
a un premier ministre ou si on a un touriste, un observateur qui ne s'intéresse
pas, M. le Président, à ce qui se
passe, des milliards qui sont dépensés au ministère des Transports? Quand
va-t-on avoir un peu de leadership?
Le Président : Je vous
préviens encore une fois, les propos blessants ne sont pas absolument nécessaires
ici. M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, je ne m'en formalise pas, on a pris l'habitude de ça avec le chef de
la deuxième opposition.
Maintenant,
M. le Président, je vais répéter que c'est le leadership du gouvernement, de tout le gouvernement,
de toute notre équipe qui, pour la première
fois depuis très longtemps, présente aux Québécois un horizon de
gestion saine des finances publiques,
de réinvestissement dans les services publics essentiels comme l'éducation,
de création d'emplois dans le secteur
privé. C'est un changement fondamental, M. le Président, du paradigme
de création d'emplois : 77 300 emplois créés dans les entreprises dans le secteur privé alors que la création
d'emplois dans le secteur privé était paralysée. Les projets du ministère des Transports sont
très importants, ils doivent être réglés et gérés de la façon la plus optimale
possible. Mon collègue hier a indiqué — et
je pense que le ministre... le collègue, n'écoutait pas — qu'au
net il y a eu des économies dans les projets du ministère des Transports.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : Alors, c'est-u grâce
au gouvernement, ça? Peut-être qu'on pourrait le dire aussi.
Le Président : Principale, M.
le député de Granby.
Bonnardel : M. le
Président, d'autres révélations troublantes ce matin. On apprend que le bureau
de la sous-ministre Savoie a tout fait pour empêcher Annie Trudel de faire son
travail. Mme Trudel a écrit dans sa lettre de démission : «J'ai dû affronter de multiples résistances, tout au
long des 18 mois de mon mandat, particulièrement en ce qui [concerne le] partage d'informations», et le bureau de la sous-ministre préfère me garder le plus loin possible de leurs
activités — on pourrait dire du sabotage — et
la lettre est datée du 4 avril. Trois semaines plus tard, c'est l'ancien ministre des Transports qui lui envoie une lettre alarmante
sur la gestion interne du MTQ, et 45 jours plus tard, le PM l'aurait
appris entre deux bouchées de céréales en lisant l'article du
journaliste Louis Lacroix.
M. le premier ministre, si votre ministre ne vous a pas
informé, votre ministre a manqué de jugement, de leadership et de responsabilité
ministérielle.
Le Président :
On se rappelle encore que le règlement dit qu'on s'adresse au président. M. le
ministre des Transports.
Daoust : Oui, M. le Président, écoutez, Mme Trudel a été
effectivement au ministère des Transports, mais d'une façon un petit peu ambivalente parce que, comprenez, elle avait
été recrutée de gré à gré par le ministère et était assise au cabinet, ce qui est une situation un
petit peu inhabituelle. Alors, ce que nous avons fait, et très rapidement,
lorsque j'ai été nommé, a été de
m'assurer que Mme Trudel retournait du côté où elle était payée. Elle
était payée par l'appareil gouvernemental, par la machine, alors elle
devait retourner avec la machine.
Maintenant,
d'avoir accès à de l'information... Le mandat qui lui est confié, ne nous
trompons pas, en bout de ligne, il
émane de la sous-ministre, alors, la sous-ministre, qui était sa grande
patronne hiérarchique. Que la collaboration entre les deux ne soit pas
parfaite, c'est possible, mais rappelons-nous une chose : il y a
6 500 employés au ministère des Transports,
et ces 6 500 personnes là n'ont pas nécessairement la parfaite relation
avec l'appareil. D'aller fouiller partout, d'aller poser des questions partout, ce n'est pas anormal, mais en même
temps ça ne veut pas dire qu'on va lui donner
toutes les permissions. Alors, que...
Le Président :
En terminant.
M. Daoust :
...la sous-ministre et elle ne se soient pas parfaitement entendues, c'est possible.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, le premier ministre réalise-t-il la gravité de la situation?
4 avril, lettre de démission d'Annie
Trudel; 27 avril, lettre de l'ancien ministre des Transports;
17 mai, Louis Lacroix informe le ministre qu'il va écrire
un article; et hier, le 18 mai, le premier ministre apprend la
nouvelle par les journalistes en prenant son café. Tout ça pendant que son cabinet était informé depuis
des semaines. Peut-il le reconnaître, il le savait depuis des semaines, il n'a
rien fait?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Écoutez, encore une fois, il faut bien comprendre que
l'information qui m'a été transmise le 27 avril, encore une fois, nous avons réagi rapidement. Le chef de cabinet du
premier ministre a réagi rapidement. Le secrétaire du Conseil exécutif a réagi rapidement. Toute
présomption qu'il aurait pu y avoir des gestes, des actes de nature criminelle,
on fait quoi? On les a transmis à l'UPAC, et la machine a travaillé, à ce
moment-là, à corriger cette situation-là.
Personnellement,
j'ai rencontré la sous-ministre et je lui ai dit : Écoutez, ce qui est
contenu dans cette lettre-là me préoccupe,
j'aimerais que vous me fassiez un rapport pour me dire à quoi je dois m'en
tenir avec ça. Si ces choses-là ont eu
lieu, on a corrigé ça comment? On a besoin de transparence dans tout ça.
C'était il n'y a pas très longtemps, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Granby.
Bonnardel : M. le Président, ça n'a aucun sens. Le chef de
cabinet du premier ministre était informé, il veut nous faire croire qu'il a reçu l'information
seulement hier matin en prenant son petit café. La lettre d'Annie Trudel, c'est écrit noir sur blanc : «C'est un secret de
Polichinelle que plusieurs membres de la direction du MTQ souhaitent
ardemment mon départ.» M. le premier ministre, êtes-vous atteint du
syndrome Gérald Tremblay : Je ne le savais pas?
Président : M. le...
on n'est pas ici pour... On a déjà entendu dire qu'il y avait beaucoup
de médecins dans la place. Je vais vous demander de retirer vos propos. De
toute façon, ils ne sont pas nécessaires parce que...
Le Président :
Je vous demande une chose...
Président : Je vous disais, tout à l'heure, deux choses. La
première... Premièrement... Premier...
Président : Non, non,
premièrement, vous allez vous asseoir. Premièrement, vous allez vous asseoir. Bon. Deuxièmement,
dans ce cas-là... Deuxièmement, je le disais tout à
l'heure — puis ça s'applique pour tout le monde — on
va avoir un niveau, d'abord,
de civilité ici quand on va se parler. On va faire ça, premièrement. Deuxièmement, on va essayer
d'éviter de se blesser les uns, les autres. Et, troisièmement, il faut aussi,
comme vous le savez, dans notre règlement,
prendre la parole d'une des personnes qui vous a donné une réponse. Le reste,
c'est à vous la parole.
Bonnardel : M. le Président, le salissage, c'est acceptable, puis Gérald Tremblay, ce ne
l'est plus. On a-tu une poignée dans le dos, coudon, M. le premier
ministre?
Le Président :
Vous comprenez très bien ce que je veux dire, M. le député de Granby, c'est...
Président : Très bien. Très bien. En fait, ce que je cherche à éviter de faire, ce n'est pas si
compliqué que ça, là, j'essaie...
Président : J'ai une
chose que je veux dire, c'est que, quand on utilise n'importe quel terme...
Puis les termes, que ce soit celui
que vous avez mentionné, que j'ai entendu, là... effectivement, c'est un terme
qui ne doit pas être traité ici, qui
ne doit pas être traité ici. Ce que je vous demande, je vous demande ceci, là,
je vous demande d'avoir un respect pour
les uns et les autres. Je vous demande de continuer votre question, vous êtes
capable de l'élaborer sans utiliser de termes qui sont blessants.
Bonnardel : ...le premier ministre peut reconnaître qu'il le savait depuis des semaines, et il n'a rien fait?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : Vous venez
juste, juste de dire qu'il faut prendre la parole des députés, vous venez juste
de le dire. Le premier ministre a répondu à cette question-là à l'opposition officielle, sur
la façon dont ça s'est produit, alors... Le leader de la deuxième opposition ne veut pas accepter la réponse, il ne veut pas
appliquer le règlement, il ne veut pas suivre le règlement. C'est son affaire, mais, normalement, on devrait être
en mesure de l'appliquer puis d'avoir des débats courtois où on exprime
quelles sont les idées. Dans ce cas-là, à cette question-là, la réponse a été
donnée.
Lorsque
le chef de cabinet du premier
ministre eu le document et l'a su, il
l'a transmis au secrétaire général pour faire le suivi à l'égard des préoccupations qu'il y avait là-dedans, suivi
qui a eu lieu, qui amène, entre
autres, un dépôt éventuel d'un
projet de loi, M. le Président. Alors, ce n'est pas comme s'il n'y avait rien
de fait.
Le Président :
Principale, M. le leader de l'opposition.
M. Drainville : On doit comprendre de la non-réponse du premier ministre de tout à l'heure que le directeur de cabinet du premier ministre et le
secrétaire général du gouvernement n'auraient rien fait comme changements au ministère des Transports du Québec si le
scandale n'avait pas été dévoilé par un journaliste, Louis Lacroix, et par le
député de Marguerite-Bourgeoys lui-même.
Maintenant,
ce qu'on comprend également, M. le Président, et ce qu'on sait, c'est que
l'enquêteure Annie Trudel, embauchée
par l'ex-ministre des Transports, a découvert plusieurs irrégularités dans la
gestion du ministère des Transports, elle a produit également plusieurs
documents.
Hier,
le ministre des Transports a déclaré ceci : «On a colligé tous [ces]
documents qui [ont] été trouvés dans tout ça [...] et immédiatement on a
transmis tout ça à l'UPAC.»
M. le Président, est-ce
que le ministre des Transports peut nous dire ce qu'il y avait de si explosif
et de si problématique dans ces documents pour qu'il décide de les transférer
immédiatement à l'UPAC?
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : Alors, simplement, M. le Président, lorsque nous recevons
d'une personne qui avait la responsabilité de faire des enquêtes des informations qui émanent de son enquête, il
n'est pas anormal de penser que ça peut intéresser des enquêteurs pour
aller plus loin.
Rappelons-nous,
dans ce contexte-là, que nous nous inscrivions et que je m'inscrivais, comme
nouveau ministre des Transports, dans
la continuité de ce qu'avait fait mon collègue. Et la continuité, pour moi,
c'était de dire : Si nous en sommes...
Et rappelez-vous que le mot «criminel» était évoqué à l'intérieur de la lettre
de mon collègue. Le mot «criminel», pour
moi, il s'appelle UPAC. Alors, dans le doute, ce que j'ai fait, c'est que j'ai
pris l'ensemble de l'information — je n'ai pas essayé d'en cacher — j'ai pris l'ensemble de l'information qui
nous avait été transmise et je l'ai relayée à l'UPAC, qui a pleine compétence pour ce genre d'enquête
là, n'étant pas, de formation, un policier, et ce n'était pas mon mandat.
Ce que je voulais, M. le Président, par
souci de transparence, c'était m'assurer que, s'il y avait le moindre doute, on
pouvait l'éclaircir à travers ce que je qualifie d'être l'autorité
compétente.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
Drainville : Alors,
M. le Président, le ministre juge nécessaire d'envoyer le dossier d'enquête
d'Annie Trudel à l'UPAC parce qu'il
juge que c'est explosif, mais il ne juge pas nécessaire et utile d'en informer
le premier ministre. Le dossier
d'enquête d'Annie Trudel est suffisamment important, suffisamment sérieux par
son contenu pour être transféré à l'UPAC, mais il n'est pas suffisamment
sérieux pour en informer le...
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : Alors, M. le Président, la lettre de mon collègue, je répète,
où je m'inscrivais dans la continuité de son action, la lettre me disait : Écoute, regarde ça parce que voici un
point qui est préoccupant, en voici un autre. Il y a une personne qui a fait enquête, Mme Trudel a fait
enquête. Au même moment, je reçois la clé USB dans laquelle l'ensemble
des documents qui lui ont servi à faire ses enquêtes sont colligés.
Qu'est-ce que
je fais dans un cas comme celui-là? Je ne présume pas de la culpabilité, mais
je veux m'assurer, par transparence,
que, s'il y a quelque chose à trouver dans ça, les personnes qui sont
compétentes pour le trouver le feront, et, dans mon livre à moi, ça
s'appelle l'UPAC.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
Drainville : M. le
Président, il ne répond pas à la question, là. Elle est pourtant simple :
Pourquoi le ministre des Transports
n'a pas informé le premier ministre de ce que contenait le dossier d'enquête
sur son propre ministère? Le dossier
était assez explosif pour être transmis à l'UPAC, mais pas assez explosif pour
en informer le premier ministre. Pourquoi?
On veut
savoir pourquoi vous avez décidé de transférer le dossier à l'UPAC, mais vous
avez jugé bon de ne pas informer votre premier ministre sur le contenu
de ce dossier.
Le Président : M. le ministre
des Transports.
Daoust : Oui, M. le Président. D'abord, là, vous présumez de la
culpabilité des gens dans tout ça, ce qui n'est pas du tout mon lot. Ce que je fais, j'ai dit : Écoutez, voici un
ensemble de documents, voici une enquête qui a été faite et voici tous
les documents afférents à cette enquête-là. Ça nous est remis littéralement en
liasse, mais à travers une clé USB, et qu'est-ce qu'on fait avec ça? On
dit : Écoutez, on va le remettre à des gens qui connaissent ça. Eux sont capables de l'analyser. Et, s'il y a la moindre
préoccupation de malversation ou de gestes qui auraient pu être criminels, bon,
ils seront en mesure, eux, de porter
les accusations. C'est, dans notre société, l'UPAC, la structure compétente pour évaluer ça.
Alors, ce que j'ai fait, tout
simplement, c'est de suivre la ligne
que l'on doit normalement
suivre.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Vachon.
Mme Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Il y a
un gros, gros, gros problème de transparence. Le premier
ministre, hier, qui a déposé un rapport, lui-même
qui dit qu'il veut de la transparence, nous a remis ici, au salon bleu, un rapport
du MTQ dont les pages 5, 6, 7 et 8 sont
manquantes sur 14 pages. Le ministre a invoqué des informations nominatives
pour expliquer les pages manquantes. Or,
hier, la sous-ministre nous expliquait, contrairement au ministre,
que c'était plutôt un problème
de pagination. C'est la faute de la photocopieuse, M. le Président. Oui, oui, sans rire, elle nous a dit que c'était la faute de la photocopieuse, comme si aujourd'hui, avec Word, la pagination n'était pas automatique. Essayez de
faire enlever des numéros de page avec Word. C'est pas mal compliqué, je peux
vous le dire, M. le Président.
Elle nous
dépose une deuxième version en se faisant rassurante. «C'est exactement
le même texte», clame-t-elle. La
vérité toute simple, M. le Président, c'est que la deuxième version a été manipulée, ce
ne sont pas les mêmes recommandations.
Où sont les
quatre pages manquantes? Qu'est-ce
qu'il y a dans ces pages-là que le ministre
ne veut pas qu'on sache?
Daoust : Oui, M. le Président. Écoutez, hier, l'information qu'on m'avait donnée, c'était que c'était un problème de pagination, et il s'avère que
c'est un problème d'imprimante. Maintenant, je comprends qu'au salon bleu ce
sont...
Le Président : S'il vous
plaît!
Daoust : Nous discutons
collectivement de grandes choses, dont la qualité des imprimantes. Mais
reconnaissons une chose fort simplement, c'est que... Est-ce que le
contenu, justement, est bon? Et, si le contenu n'est pas le même, eh bien, on
va trouver lequel est le bon. Mais, par souci de transparence — et je
veux le répéter de façon importante, M. le Président — la
chose qu'il est important de se rappeler, M. le Président, c'est qu'hier on
s'est hâtés de fournir l'information pour être les plus transparents possible. S'il y a
un ajustement à faire à l'intérieur de ça, ça
va nous faire plaisir de le faire. Ce matin, sans qu'on nous
l'ait demandé, on a déposé la lettre de démission de Mme Crête. On veut
être transparents, on dépose les documents, et on les a déposés hier, M. le
Président.
Le Président : S'il vous
plaît! Première complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : M. le Président, c'est insultant. C'est de la transparence de pacotille, ce dont il nous parle. On a deux rapports, deux rapports avec pas les mêmes recommandations. Il y a eu de la manipulation entre les deux versions,
puis on veut nous faire croire que les
quatre pages, c'était juste un problème de pagination. Word, ça pagine automatiquement.
Ce n'est pas croyable, là, ce qu'on nous
conte, en face. On nous prend vraiment pour des valises, là, de nous conter des
histoires comme ça, parce que je ne peux pas utiliser d'autres mots ici, en
Chambre, M. le Président.
Qu'est-ce que c'est qu'il y a dans ces quatre
pages-là que le ministre ne veut pas qu'on sache? Ou peut-être que lui-même
n'est pas au courant parce que...
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Daoust : Oui. Alors, M. le
Président, vous savez, là, ma collègue semble être bien au fait de Word, elle a
sûrement une compétence que pas tout le
monde possède. Ce n'est pas tout le monde qui est nécessairement un expert
en Word, mais...
Le Président : En tout cas...
Le Président : M. le ministre,
c'est à vous la parole.
M. Daoust : Je reprends où j'étais rendu, M. le Président. Je répète qu'hier, par souci
de transparence, on s'est hâtés de
déposer des documents. Il était quand même relativement tôt, et toutes les
personnes qui sont familières avec Word
n'étaient pas nécessairement là. Mais, les pages manquantes, je pense qu'elles
ne sont pas manquantes. Voilà. Alors, je veux bien en écrire, là, mais
il ne manque pas de pages à l'intérieur du document, c'est...
Le Président :
En terminant.
Daoust : Je n'ai pas d'autre possibilité, là, je ne peux pas les
inventer puis je ne les écrirai pas aujourd'hui.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Vachon.
Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. Hier, on ne savait
pas qui croire entre le ministre et la sous-ministre. Aujourd'hui, on ne sait pas qui croire entre la
version d'hier du ministre et la version d'aujourd'hui. Il me semble qu'on
est censé dire la vérité ici, en cette Chambre, M. le Président, et là j'ai un
gros problème.
Est-ce
que le ministre est au courant de ce qu'il y a dans ces quatre pages-là? Parce
qu'il y a quatre pages qui ont été
subtilisées de la première version, et ça, c'est extrêmement inquiétant. Le
ministère se doit de fournir l'information aux parlementaires. Ce qui
est en train de se passer, ce n'est pas normal.
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Daoust : Alors, il n'y a pas de pages cachées, M. le Président. C'est
aussi simple que ça, il n'y a pas de pages qui sont cachées. Le dossier du quatre «pas de pages», c'est aussi
simple que ça, elles n'existent pas dans le moment, vous essayez de
trouver un document qui n'existe pas. Par souci de transparence... Et
rappelons-nous qu'en fin de session, hier...
en fin de période des questions, nous avons déposé trois pages qui étaient
manquantes à la fin par souci de transparence encore une fois. Je ne peux quand même pas en inventer, du texte. Ce que
je vous dis, c'est que tout ce qu'on a essayé de faire depuis le début, c'est de fournir la documentation, et même de
façon proactive. C'est ce qu'on a fait, on le fait de façon proactive.
Je n'ai rien à cacher dans tout ça, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, les efforts d'Annie Trudel pour
aviser le ministère des Transports de ses inquiétudes datent du 23 février, c'est ce qui est écrit
dans sa lettre. Résultat des courses : le chef de cabinet du ministre des
Transports était au courant, le
ministre des Transports était au courant, le chef de cabinet du premier
ministre était au courant, on sait maintenant
que le secrétaire général du gouvernement était, lui aussi, au courant. Le seul
qui ne l'était pas, c'est le premier ministre.
Alors là, ça nous laisse face à deux possibilités : soit tous ces gens-là
lui manquent de loyauté en lui
cachant des informations aussi cruciales, soit ils ont reçu la consigne de ne rien lui dire parce que
ce que je ne sais pas, ça ne me fait pas mal.
question, elle est très simple au premier
ministre, M. le Président : Est-ce
que son ministre des Transports, est-ce que son chef de cabinet, est-ce
que son secrétaire général lui ont manqué de loyauté?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Fournier : J'ai eu l'occasion
de répondre à cette question-là. Il y
a trois semaines, le chef de cabinet
du premier ministre
a eu les informations et, suite à ces informations, il en a saisi le
secrétaire général du gouvernement. Des actions ont été entreprises au niveau de resserrement de mécanismes
administratifs au sein du ministère et l'accélération de la réflexion concernant la supervision des actions au
niveau du ministère des Transports,
M. le Président, qui deviennent maintenant,
là, l'annonce qu'il y aura un projet de loi qui permettra d'avoir un BIG, à
défaut de l'appeler différemment, là, M.
le Président, qui va superviser les actions au ministère des Transports dans la
foulée, dans la suite des initiatives que le prédécesseur aux Transports du ministre actuel avait entreprises. Donc,
dans cette continuité de s'assurer que l'ensemble de l'oeuvre au niveau du ministère des Transports
est conforme à nos règles, évidemment, dans l'ordre criminel et pénal, mais
aussi dans les règles au niveau administratif, il y a donc ces mesures-là qui
ont été prises.
Alors,
à partir du moment où on veut prétendre que rien n'a été fait, je comprends qu'on peut faire ce genre de
questionnement. Mais, à partir du moment où la réponse vient qu'il y a des
gestes qui ont été posés, je ne vois plus l'essence de cette question.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, le leader du gouvernement peut bien murmurer des réponses
évasives, la question, elle est fort simple. Le chef de cabinet du
premier ministre était au courant, son secrétaire général était au courant, le ministre des Transports était au courant. Tous ces
gens-là ne lui ont rien dit. C'est dans l'article de Louis Lacroix, en prenant
son café, que le premier ministre l'a appris.
Est-ce que, pour lui, c'est un manque de loyauté
de lui avoir caché des informations aussi vitales?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Les informations... Et je m'excuse de murmurer, M.
le Président. Vous savez, je n'aime
pas lever le ton, ce n'est pas mon genre, M. le Président.
M. Fournier : J'offre la
réponse avec un sourire quand même, avec un sourire. Ce qui s'est passé dans
cette question-là, M. le Président, lorsque les informations ont été obtenues, à chaque fois des actions ont
été prises. Notamment, des
actions ont été prises lorsque les informations qui pouvaient concerner l'UPAC ont été données, lorsqu'il
y a eu des informations qui ont été obtenues sur ce qu'on pouvait faire à l'intérieur même du ministère au niveau administratif, comment on revoyait la supervision pour s'assurer
des contrôles, notamment en matière administrative. Il y a
plein de questions qui ont été soulevées tantôt sur les contrats, et
autres, bien, justement, c'est la volonté...
Le Président : En terminant.
M. Fournier : Le prédécesseur
avait soulevé de nombreuses préoccupations, et on veut leur donner suite.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : On va y
aller sous un autre angle, M. le Président. Comptabilité créative pour cacher
des extras, fractionnement de contrats pour
donner des extras de gré à gré, intimidation, menaces envers des vérificateurs
du MTQ, avec un ministre des Transports qui se bute à une sous-ministre
qui ne veut pas qu'on fasse le ménage.
Est-ce que le premier ministre peut se lever et
nous dire si c'est le genre d'information dont il aimerait avoir connaissance,
oui ou non?
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Encore faut-il rappeler, si mon collègue le faisait
correctement, il soulèverait que ce sont là des préoccupations et des
questionnements. Ce n'est pas une liste d'accusations avec des gens qui en sont
coupables, des questionnements à cet égard et des bons mécanismes qui
permettent de répondre à ces questionnements. Or, il s'avère que, devant la réception du questionnement, ce qui a été mis de
l'avant, c'est des actions pour pouvoir y répondre. Alors, je m'étonne que notre collègue dise :
Là, j'imagine qu'il n'y a eu rien de fait, donc vous vous en foutez. Au
contraire, des actions ont été prises
dans la foulée de ce que le prédécesseur avait fait, l'action étant continue
pour s'assurer que le ministère des Transports fasse les choses
correctement. Je pense que c'est ce que les citoyens veulent.
Le Président : Principale,
Mme la députée de Vachon.
Ouellet :
Oui. Merci, M. le Président. Après 24 heures, on pose des questions sur un
rapport, rapport qui confirme les
soupçons de l'ex-ministre et aussi policier, rapport qui est confirmé par les
analyses de Mme Trudel, ancienne agente de l'UPAC, rapport qui a
été retenu par les gens du ministère pendant plus d'un an, qui ne l'ont pas
remis à l'ex-ministre, ils l'ont retenu. Et
là on nous dépose un rapport où il manque des pages, on nous dépose une
deuxième version manipulée. On sait qu'hier le ministre ne nous a pas
dit la vérité concernant la première version.
Président : De toute façon, je fais juste vous dire — et, vous le savez, Mme la députée — voilà des termes qu'on ne peut pas
utiliser ici, il faut prendre la parole du député. Je vous demanderais de
corriger votre question.
Ouellet :
Le ministre est incapable de nous dire ce qui manque dans les quatre pages de
la première version, je vous dis, rapport qui a été retenu pendant plus
d'un an pour ne pas le remettre à l'ex-ministre.
Est-ce que le ministre peut faire en sorte de
déposer les quatre pages manquantes? Quelle va être la bonne version? On ne
peut plus savoir qui dit la vérité, M. le Président.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : Je vais répondre à la question. Je pourrais invoquer
le règlement, mais... pas le règlement, M. le Président, je vais répondre à la question. Selon le règlement, 35.6°,
normalement on doit prendre la parole du député et du ministre. La parole du ministre, M. le Président,
est de dire que les quatre pages, elles n'existent pas. Alors, on continue
de dire : Mais qu'est-ce qu'il y a dans
des pages inexistantes? Qu'est-ce qu'il y a dans des pages blanches sur
lesquelles il n'y a jamais eu
d'écrits? Comment on peut répondre
autrement à l'opposition que ce qu'il y a dans des pages blanches,
c'est du blanc? C'est ça qu'il y a dans les pages blanches.
Le Président : ...met fin à
la période des questions et de réponses orales.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous en sommes maintenant à la rubrique des votes reportés. Et, tel qu'annoncé précédemment, nous allons maintenant
procéder au vote reporté de la motion de Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques débattue hier aux affaires inscrites par les députés de l'opposition, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que, en 2016, seul un
salaire horaire de 15 $ ou plus permet aux personnes salariées à temps
plein d'obtenir un revenu viable;
«Que l'Assemblée nationale s'engage à adopter
d'ici la fin de la présente législature une
loi sur le salaire minimum à 15 $
de l'heure qui établira les critères pour son augmentation annuelle.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : J'aimerais maintenant un peu
plus de silence, puisque
nous allons passer au vote, et j'invite... Que les députés en faveur de
cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire
adjointe : Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques).
M. Gaudreault (Jonquière), M. Drainville (Marie-Victorin), M.
Marceau (Rousseau), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles), Mme Lamarre
(Taillon), M. Traversy (Terrebonne), M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais
(Taschereau), M. Leclair (Beauharnois), Mme
Richard (Duplessis), M. Lelièvre (Gaspé), M. Bergeron (Verchères), Mme Hivon
(Joliette), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Lisée (Rosemont), M. Pagé
(Labelle), Mme Jean (Chicoutimi), M. Villeneuve (Berthier), Mme Ouellet
(Vachon), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Kotto (Bourget), M. Rochon (Richelieu.
Mme David (Gouin),
M. Khadir (Mercier).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Maintenant, que les députés contre cette motion veuillent bien se lever.
La Secrétaire
adjointe : M. Couillard (Roberval)...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oup! Pardon. Un instant! Un instant! On me fait
signe ici...
La Secrétaire
adjointe : Mme Roy (Arthabaska).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : ...Mme la députée d'Arthabaska.
Alors, que les
députés contre cette motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjointe : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Paradis (Brome-Missisquoi), M.
Blais (Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Hamad (Louis-Hébert), M.
Coiteux (Nelligan), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Huot
(Vanier-Les Rivières), Mme Vallée (Gatineau), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Barrette (La Pinière), M.
Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Heurtel (Viau), M. Arcand (Mont-Royal), Mme Charlebois (Soulanges),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
Mme Vien (Bellechasse), M. Billette
(Huntingdon), M. Daoust (Verdun), M. Reid (Orford), Mme Nichols (Vaudreuil), M.
Morin (Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), Mme de Santis
(Bourassa-Sauvé), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), Mme Ménard (Laporte), M. Sklavounos (Laurier-Dorion), Mme
Boulet (Laviolette), M. Ouellette (Chomedey), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), M. Carrière (Chapleau), M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys), M. Girard (Trois-Rivières), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc (Mégantic), M. Tanguay
(LaFontaine), M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Drolet (Jean-Lesage), M.
Rousselle (Vimont), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Fortin (Pontiac), M. Habel
(Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie), Mme
Montpetit (Crémazie), M. Plante (Maskinongé), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. St-Denis
(Argenteuil), M. Busque (Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre).
Legault (L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie), M.
Charette (Deux-Montagnes), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge
(Chambly), M. Laframboise (Blainville),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs),
Mme D'Amours (Mirabel), M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Surprenant (Groulx), Mme Soucy
(Saint-Hyacinthe), M. Spénard (Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis), M.
Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M. Jolin-Barrette (Borduas).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il des abstentions?
M. Fournier :
...des abstentions, Mme la Présidente, mais je crois détecter, l'autre côté
d'une porte fermée qui s'ouvre, que
la députée de Chauveau voudrait peut-être se joindre à nous pour exprimer son
vote, si on le permettait, en cette Assemblée.
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, très bien. Y a-t-il consentement pour permettre à
Mme la députée de Chauveau de voter? Oui. Alors, allez-y.
Secrétaire adjointe : Mme Tremblay (Chauveau).
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, y a-t-il des abstentions? Alors, pour le résultat
du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 28
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, la motion est rejetée. Nous allons également
procéder au vote reporté sur la
motion de M. le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de
l'Électrification des transports proposant le projet de loi n° 76, loi modifiant principalement l'organisation
et la gouvernance du transport collectif dans la région métropolitaine
de Montréal... soit adopté.
que les députés en faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjointe : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Paradis (Brome-Missisquoi), M.
Blais (Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Hamad (Louis-Hébert), M.
Coiteux (Nelligan), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Huot (Vanier-Les Rivières), Mme Vallée (Gatineau), M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac), M. Barrette
(La Pinière), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Heurtel (Viau), M. Arcand
(Mont-Royal), Mme Charlebois (Soulanges), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
Mme Vien (Bellechasse), M. Billette (Huntingdon),
M. Daoust (Verdun), M. Reid (Orford), Mme Nichols (Vaudreuil), M. Morin
(Côte-du-Sud), M. Bernier
(Montmorency), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
Mme Ménard (Laporte), M. Sklavounos
(Laurier-Dorion), Mme Boulet (Laviolette), M. Ouellette (Chomedey), Mme
Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
M. Carrière (Chapleau), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M. Girard
(Trois-Rivières), M. Iracà (Papineau), M.
Bolduc (Mégantic), M. Tanguay (LaFontaine), M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf),
M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Drolet (Jean-Lesage), M.
Rousselle (Vimont), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Fortin (Pontiac), M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy
(Saint-François), M. Merlini (La Prairie), Mme Montpetit (Crémazie), M.
Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. St-Denis (Argenteuil), Mme
Tremblay (Chauveau), M. Busque (Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre).
M. Gaudreault (Jonquière), M.
Drainville (Marie-Victorin), M. Marceau (Rousseau), M. Bérubé
(Matane-Matapédia), Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), Mme Léger
(Pointe-aux-Trembles), Mme Lamarre (Taillon), M. Traversy (Terrebonne), M. LeBel (Rimouski), Mme Maltais
(Taschereau), M. Leclair (Beauharnois), Mme Richard (Duplessis), M. Lelièvre (Gaspé), M. Bergeron (Verchères), Mme
Hivon (Joliette), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Lisée (Rosemont), M. Pagé (Labelle), Mme
Jean (Chicoutimi), M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier), Mme
Ouellet (Vachon), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Kotto (Bourget), M.
Rochon (Richelieu).
Mme David (Gouin), M. Khadir
(Mercier), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), Mme Roy (Arthabaska).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Et y a-t-il des députés contre
cette motion?
La Secrétaire adjointe :
M. Legault (L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy
(Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge (Chambly), M. Laframboise
(Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme D'Amours
(Mirabel), M. Lemay (Masson), Mme Lavallée
(Repentigny), M. Surprenant (Groulx), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Spénard
(Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M.
Jolin-Barrette (Borduas).
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Y a-t-il des abstentions? Alors, pour le résultat du
vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 88
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : En conséquence, le projet de loi n° 76 est adopté.
Maintenant,
nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation de ces motions sans préavis, je
suis maintenant prête à reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition.
Et je cède la parole à M. le député de La Peltrie.
Caire : Ce ne sera
pas long, Mme la Présidente. Alors, Mme
la Présidente, je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement avec le député de Pointe-aux-Trembles :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle l'importance de la
responsabilité ministérielle et réitère que l'ensemble des hauts dirigeants de l'administration publique doivent répondre aux demandes formulées et respecter les choix
faits par les membres du Conseil exécutif.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député. Y
a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Je suis maintenant
prête à reconnaître un membre formant le gouvernement. Et je cède la
parole à M. le premier ministre.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oh! pardon, je suis désolée. Ce n'est pas
M. le premier ministre, excusez-moi. Je cède la parole à Mme la ministre
de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion.
Weil : Merci, Mme la Présidente. Je sollicite l'appui de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rende hommage aux membres du quartet tunisien du dialogue
national, prix Nobel de la paix 2015;
«Qu'elle
souligne le travail de ce regroupement de quatre organisations aux positions
politiques divergentes qui s'est démarqué par son rôle décisif dans la
construction d'une démocratie pluraliste;
«Qu'elle
appuie la Tunisie pour ses mesures et efforts soutenus en faveur de l'État de
droit et de la démocratie;
«Qu'elle exprime sa solidarité avec la Tunisie
et son peuple.»
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la ministre. Alors, y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Sklavounos :
Effectivement, Mme la Présidente, il y a consentement, des interventions
d'environ deux, trois minutes, à commencer
par la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, qui est
l'auteure de la motion, suivie de la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve, le député de Deux-Montagnes et finalement M.
le député de Mercier.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Alors,
sans plus tarder, je vous cède la parole, Mme la ministre.
Weil : Merci, Mme la Présidente. J'ai l'immense privilège de
m'adresser en cette Chambre en présence des dirigeants des quatre organisations de la société civile tunisienne
qui forment le quartet du dialogue national en Tunisie. Leurs efforts
pour la réconciliation, la paix et la démocratie ont suscité l'admiration et
ont été récompensés par le prix Nobel de la
paix en 2015. Comme l'a décrit un quotidien local, c'est une couronne
internationale sur la tête de la Tunisie.
Alors
qu'en 2013 la Tunisie traversait une grave crise politique, l'idée de lancer un
dialogue national est arrivée à
temps. Cette initiative de ces organisations de la société civile tunisienne a
permis de dénouer l'impasse et d'établir un rapport constructif entre les différents protagonistes. Les parrains du
dialogue national ont poursuivi leurs objectifs avec courage et détermination. Les résultats de ce
dialogue sont probants, soit l'écriture d'une Constitution qui garantit une
gouvernance démocratique en Tunisie, prouvant
que la transition vers la démocratie peut être pacifique. Dans cette atmosphère, la société tunisienne a démontré une
grande maturité. Les tentatives de déstabilisation du pays ont heureusement
échoué. La volonté de dialoguer a triomphé.
Je termine sur les
paroles du poète tunisien Abou el Kacem Chebbi, qui sont toujours
d'actualité :
«Lorsqu'un jour le
peuple veut vivre,
Force est pour le
destin, de répondre,
Force est pour les
ténèbres de se dissiper,
Force est pour les
chaînes de se briser.»
Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la
ministre. Maintenant, je vais céder la parole à Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci, Mme la Présidente. Notre Assemblée
nationale a l'insigne honneur
d'accueillir aujourd'hui des lauréats du prix Nobel de la paix. Il s'agit
en soi d'un moment exceptionnel. Ce moment est d'autant plus exceptionnel
que ces quatre personnes représentent des
valeurs et portent un message auquel nous, parlementaires, devons être particulièrement
attentifs.
quartet pour le dialogue national tunisien représente l'Union générale
tunisienne du travail, l'organisation
patronale UTICA, l'Ordre national des
avocats et la Ligue tunisienne des droits de l'homme. Leur idée est aussi
simple que le défi était
immense : faire primer le dialogue pour garantir la démocratie,
partant du principe que la démocratie assure à son
tour la paix. Cette réussite extraordinaire de mettre, autour d'une même table, des forces
s'opposant aussi radicalement restera
comme l'élément décisif qui fait de la Tunisie un modèle depuis les
bouleversements de 2011. Les défis restent immenses, et nos hôtes le savent mieux que quiconque. La barbarie frappe
aveuglément, comme ce fut le cas au Musée du Bardo, à Tunis ou à Sousse.
jeunesse, dont la détresse avait été le déclencheur des événements de 2011, a
plus que jamais besoin de croire en un avenir meilleur. Mais nous ne pouvons qu'avoir confiance en la
Tunisie, un pays fier au potentiel extraordinaire
et qui constitue désormais, en particulier
grâce aux personnes exceptionnelles que nous accueillons aujourd'hui, un exemple aux yeux du monde.
nation québécoise doit réitérer son soutien et sa solidarité
envers la nation tunisienne et sa société civile. Je tiens également à profiter de cette occasion pour saluer toutes
les Québécoises et tous les Québécois d'origine tunisienne
qui participent à la vitalité du Québec sans jamais perdre de vue, je le sais,
leur attachement à leurs racines.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée. Maintenant, je vais
céder la parole à M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Merci, Mme la Présidente. La vie politique est parsemée de symboles. Le peuple québécois
accueille dans sa maison aujourd'hui les membres du quartet tunisien du
dialogue national.
saisis l'occasion pour les saluer, à mon tour, en mon nom, mais également
au nom de la formation politique : M. Abassi, M. Moussa, Mme Bouchamaoui,
accompagnés bien sûr de l'ambassadeur de la République tunisienne au Canada, M. Essid. Je dis «symbole», car pour nous c'est un
symbole fort que d'accueillir le quartet ici, à l'hôtel du Parlement, et plus spécifiquement au salon bleu, le haut
lieu de la démocratie québécoise.
La présence de nos distingués invités
est un rappel pour nous que la démocratie se mérite, qu'il s'agit d'un combat
que l'on gagne de longue haleine, non
sans sacrifice, qu'elle est une construction fragile qui se bâtit pierre par
pierre et surtout que nous n'avons pas le luxe de prendre pour acquise. De la même façon, je suis certain que l'exercice
concret de notre démocratie en ces murs, malgré ses travers et les ajustements nécessaires que nous devrions y apporter
encore, constituera une source d'inspiration pour eux aussi.
invités nous enseignent que les idées, le progrès et la paix naissent d'abord
du dialogue. Voici des gens qui, devant
la menace de la guerre, là où d'autres auraient décidé d'opposer plus de
guerres, ont décidé de prôner le dialogue et d'opposer la paix. Le sommet vers la démocratie est sinueux, souvent
dangereux. Le quartet a décidé de montrer la voie, et ils ont choisi de le faire par la parole et par
les idées. Ce sont là, au final, les armes les plus puissantes dont nous
disposons. Gardons près de nous cette précieuse leçon.
Leur voyage, bien
qu'il ne soit et ne sera jamais terminé, a trouvé désormais un sentier plus
paisible. C'est un accomplissement
remarquable. La démocratie semblait pourtant bien loin pour le peuple tunisien
il y a cinq ans à peine; aujourd'hui, ils y touchent; demain, ils
l'embrasseront.
Quels
pas de géant, en cinq ans, ce peuple fier a-t-il pu accomplir! Quel courage
a-t-il pu démontrer! Inspirons-nous de
leur présence, à ce titre, comme les millions d'autres qu'ils ont déjà inspirés
et qu'ils inspireront encore. Célébrons, aujourd'hui, ensemble,
Québécois et Tunisiens, cette valeur, qui nous est si précieuse, la démocratie.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Deux-Montagnes. Et la dernière intervention. Je cède la
parole à M. le député de Mercier.
Khadir : Merci, Mme la Présidente. Le destin du printemps arabe a été à la fois
tragique mais aussi grandiose.
présence de Mme Bouchamaoui, la présence de M. Abassi, de M. Moussa et de M. Mahfoudh, donc le quartet des prix
Nobel de la paix, là, de l'initiative du dialogue tunisien, au sein de l'Assemblée nationale est un témoignage du succès d'une des manifestations du printemps
arabe, qui a pris naissance, si vous vous le rappelez, on se le rappellera tous
ensemble, en 2011, au départ, en Tunisie.
Leur présence nous rappelle que, dans
le fond, la bataille de la démocratie
est souvent coûteuse pour les peuples
qui s'y engagent. Ça a été le cas de plusieurs peuples dans le monde arabe. On sait ce qui
est arrivé à la Lybie, on sait ce qui est
arrivé à la Syrie. Mais heureusement il y a des exemples et des processus
qui ont abouti à des conquêtes, à des
victoires démocratiques. Et nos quatre invités, qui nous font l'honneur
de leur visite aujourd'hui, ont été à l'initiative d'un des succès. Mais cette
initiative et ce succès reposent d'abord par le sacrifice de milliers de femmes et d'hommes qui ont pris la rue à la fin de 2010
et en 2011. Et c'est tout à l'honneur de l'Assemblée nationale d'avoir
été un des premiers Parlements au monde à avoir accordé son appui et sa solidarité
avec le peuple tunisien.
vous rappelle que nous avons été unanimes en février 2011, dès la reprise des
travaux ici, à souligner la démocratie...
enfin, le mouvement en Tunisie dans une
motion unanime que j'ai présentée et à laquelle étaient associés plusieurs
des membres de l'Assemblée, dont l'actuelle ministre des
Relations internationales et ma collègue
d'Arthabaska. Nous avons dit : «Que l'Assemblée
nationale appelle à l'établissement d'une démocratie durable en Tunisie qui, comme membre de l'Organisation internationale de la Francophonie, doit adhérer aux principes
de consolidation de la paix, de promotion de la culture démocratique et de protection et de respect des droits
humains.» C'est exactement ce que s'est employé à faire avec succès
le quartet, qui nous fait l'honneur de sa présence.
rappellerai que j'étais présent à leur présentation, à leur conférence, lundi
soir et je me rappelle des propos très éclairants
de M. Abassi, qui, à la fin de cette conférence, nous a rappelé à quel point
les processus démocratiques sont, malgré
tout, encore fragiles et que pour leur consolidation la communauté
internationale, notamment nous autres, on était appelés à appuyer toutes les initiatives qui
apportent la paix aux foyers de conflit, notamment en Palestine, ce qui
explique pourquoi, aujourd'hui même, nous allons avoir une motion unanime ici,
en Chambre, pour pousser à la reconnaissance des droits du peuple
palestinien et du droit du peuple israélien à vivre en paix. Merci beaucoup.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député de Mercier. Et est-ce
que cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Maintenant, pour la
prochaine motion sans préavis, je vais reconnaître M. le chef de
l'opposition officielle.
Gaudreault : Oui. Alors, Mme la Présidente, je sollicite le
consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le premier ministre, le chef du
deuxième groupe d'opposition et la députée de Gouin, la motion
suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la Journée nationale des patriotes, qui se
tiendra le 23 mai prochain sous le thème La mémoire des patriotes ;
«Qu'elle
souligne l'importance de la lutte menée par les patriotes de 1837-1838 pour la
reconnaissance de notre nation, pour sa liberté politique et son
émancipation, et pour l'établissement d'un gouvernement démocratique;
«Qu'elle rappelle la nécessité de garder vivante
la mémoire des femmes et des hommes patriotes.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le chef de
l'opposition officielle. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Sklavounos :
Oui, Mme la Présidente, il y a consentement pour le débat, des interventions
d'environ trois minutes, à commencer
par le chef de l'opposition officielle; le chef du deuxième groupe
d'opposition, par la suite; la députée de Gouin; et finalement par notre
premier ministre.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. M. le chef
de l'opposition officielle, la parole est à vous.
Gaudreault : Oui, Mme la Présidente. C'est un honneur de prendre la
parole aujourd'hui afin de souligner la Journée nationale des patriotes,
dont le thème cette année est La mémoire des patriotes .
Il y a 180
ans, des hommes et des femmes patriotes se sont soulevés courageusement pour
défendre des principes d'égalité, de justice et pour un gouvernement
plus démocratique. Devant l'écrasante loi du plus fort et le poids d'une apparente fatalité, ces femmes et ces hommes
avaient pour eux leur bravoure, leur résilience, l'amour de la liberté et leur
foi en un avenir meilleur.
Plusieurs
y ont laissé leur vie, mais plus nombreux sont celles et ceux qui ont survécu,
et plus nombreux encore, à travers le
temps, sont celles et ceux qui ont perpétué les valeurs pour lesquelles les
patriotes sont tombés. Pour plusieurs, le
récit des patriotes se termine par une défaite, mais, si nous sommes ici aujourd'hui à l'Assemblée nationale, dans un lieu qui incarne la démocratie, si nous vivons en français,
si nous formons une nation moderne, prospère et ouverte, c'est parce qu'au
fond ces hommes et ces femmes patriotes ont remporté une victoire. Il ne faut
jamais oublier, nous avons un devoir de mémoire à faire encore une fois.
Les valeurs
que les patriotes ont courageusement défendues sont plus vivantes et plus
pertinentes que jamais. À cet égard,
Mme la Présidente, vous me permettrez de rappeler que notre formation
politique, le Parti québécois, considère l'apprentissage de notre histoire nationale comme l'un des fondements du
cursus scolaire. L'histoire nous inspire, elle nous enseigne à faire des choix, elle contribue à former des citoyennes
et des citoyens éclairés. L'histoire nous rappelle qu'une nation se construit jour après jour au fil
des choix qu'elle fait. Mais la mémoire des patriotes, c'est beaucoup plus
qu'un
chapitre dans un manuel d'histoire,
même si cela est bien important, c'est le récit bien concret de femmes et
d'hommes qui ont choisi la liberté au mépris du rapport de force et
parfois au prix de leur vie, et, parce que ce choix courageux, fait il y a 180 ans, a contribué à bâtir notre nation,
nous disons merci aux patriotes et nous leur promettons de ne jamais les
oublier. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le chef
de l'opposition officielle. Je vais maintenant céder la parole à M. le
chef du deuxième groupe de l'opposition.
M. Legault :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, lundi prochain, on fêtera la Journée
nationale des patriotes. C'est une occasion en or de réfléchir à une
période qui est particulièrement marquante dans notre histoire.
Les patriotes
ont représenté, à leur époque, un désir très fort de défendre nos droits, nos
libertés comme nation, et il leur a
fallu beaucoup de courage, beaucoup de détermination. Chacun des patriotes peut
nous inspirer aujourd'hui. Louis-Joseph
Papineau était un chef charismatique, je dirais, idéaliste. Étienne Parent
était plus pragmatique, un modéré. Mais il faut quand même se dire que
plusieurs des patriotes ont payé très cher leur engagement dans les rébellions
de 1837-1838. Je pense notamment au chevalier
de Lorimier, qui a été condamné à la peine de mort. Et les patriotes regroupaient des personnalités très différentes,
mais, malgré leurs différences, ils étaient tous d'accord pour obtenir plus de
pouvoirs pour le Bas-Canada. Ce qu'ils
voulaient d'abord et avant tout, c'est de faire avancer leur peuple, leur
nation. Ils voulaient qu'ils se prennent en main autant sur le plan
constitutionnel que sur le plan économique.
Donc, ils ont
droit aujourd'hui à notre reconnaissance, notre gratitude. Les patriotes
appartiennent à notre histoire, ils
ont contribué fortement à forger notre identité. Tous les Québécois, peu
importent leurs convictions, peuvent aujourd'hui s'inspirer des
patriotes.
La devise du
Québec, c'est Je me souviens . C'est une belle occasion de la mettre en
pratique, parce qu'un peuple sans
histoire est un peuple sans identité. Je souhaite à tous les Québécois et à
toutes les Québécoises une très belle Journée nationale des patriotes.
Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le chef
du deuxième groupe d'opposition. Maintenant, je cède la parole à Mme la
députée de Gouin.
David (Gouin) : Merci, Mme la Présidente. À l'instar de mes collègues,
je pense que la Journée nationale des
patriotes, c'est effectivement une journée où on a un devoir de mémoire, c'est
une occasion en or de se rappeler cet épisode à la fois tragique mais
aussi extrêmement important dans l'histoire du peuple québécois.
l'a dit, des centaines de patriotes ont été arrêtés, plusieurs ont été
déportés, certains ont été pendus, je pense qu'il faut se le rappeler, donc des gens qui courageusement ont décidé
de diverses façons... y compris de façon démocratique, et même eux ont dû s'exiler, donc des gens qui se
sont battus pour la démocratie. Au fond, qu'est-ce qu'ils voulaient, les
patriotes? Ils voulaient sortir de
l'archaïsme et de l'absolutisme des institutions britanniques imposées après la
Conquête. C'était ça, leur but. Ils
voulaient les modifier, ces institutions, pour que le pouvoir soit réellement
élu par des députés élus au suffrage
universel, ce qui à l'époque, Mme la Présidente, n'incluait pas les femmes. Les
patriotes dénonçaient le pouvoir disproportionné des notables, une
culture de la corruption érigée en système et la soumission au pouvoir
politique et économique étranger. Il y a peut-être des leçons à en tirer pour
aujourd'hui.
rappelle aussi qu'un des enjeux, et c'est pour ça que beaucoup de paysans
participaient à la révolte des patriotes, c'étaient les terres, l'accaparement des terres, dans ce cas-ci, par des
colons américains, avec permission de la couronne britannique, pendant que les paysans canadiens-français
ne réussissaient plus à obtenir des terres cultivables. Alors, c'est
quand même intéressant de se rappeler tout ça. Une facette peut-être un peu
plus méconnue, c'est l'attachement des patriotes
pour des pratiques démocratiques vivantes, donc toutes les assemblées
populaires qu'ils organisaient, par exemple, et l'idée que c'est le
pouvoir du peuple qui doit être exercé. Il me semble que ça pourrait aussi
inspirer des réflexions aujourd'hui, par
exemple, sur l'implantation d'un mode de scrutin plus démocratique et plus
proportionnel. Enfin, cette lutte des patriotes, je dirais, longtemps plus
tard, et la visite extraordinaire, en cette Chambre, de nos amis du quartet tunisien,
toutes ces luttes-là, ça doit nous donner du courage.
l'époque, le peuple canadien-français a pu penser qu'il avait perdu la
bataille. Il y avait certains chefs qui avaient été emprisonnés; d'autres, tués. Mais, n'empêche, bien des années plus
tard, le Québec s'assume, le Québec s'épanouit. Cette terre de francophones et d'autres personnes en Amérique du Nord,
sur cette terre, on continue de parler français. On a une économie, on a
des institutions démocratiques très perfectibles, mais on en a.
Donc,
l'important à retenir là-dedans, c'est qu'une lutte peut peut-être apporter ou
ne pas apporter les éléments qu'on
espère sur le coup, mais l'histoire se charge très souvent de donner raison aux
gens courageux qui se sont battus au péril même de leur vie. Merci, Mme
la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, Mme la députée de
Gouin. Maintenant, je vais céder la parole à M. le premier ministre.
Couillard : Merci, Mme la Présidente. Oui, la journée des patriotes
vise à souligner les événements du printemps
1837, une période qui a certes marqué notre histoire. En fait, on peut dire que
la rébellion menée alors a largement contribué à façonner le Québec tel
qu'il est aujourd'hui.
gens courageux se sont battus pour revendiquer que le pouvoir soit transféré
vers le peuple et non pas concentré entre
les mains d'une élite. Ils réclamaient une démocratie représentative — obtenue quelques années plus tard. Et notre
exercice annuel d'exercice de révision des
crédits est un héritage direct de cette rébellion, il faut le réaliser. C'était
une des revendications principales, le contrôle budgétaire par les élus
de la population.
Plusieurs, bien sûr,
ont perdu la vie lors de cette rébellion. On a parlé des exécutions capitales
qu'il y a eu à Montréal, des exils, dont les
exils en Australie. Je me souviens d'avoir lu que plusieurs de ces patriotes,
du moins ceux qui n'ont pas été
exécutés, certainement, ont été exilés, mais en Australie plus spécifiquement.
On voit, à l'époque, le long voyage
et l'éloignement que ça devait représenter. Des centaines d'assemblées
populaires ont été tenues pour obtenir le plus de gens possible, le plus de participation possible autour de ce désir
de justice, de liberté et du droit de chacun de conserver sa culture. Et il
faut souligner que cette assemblée, ces assemblées, cette union des forces
s'est faite avec des gens de toutes conditions,
de toutes origines, parlant le français, oui, mais également l'anglais, des
Irlandais, des Écossais qui se sont ralliés à ce mouvement-là en
l'honneur de la démocratie représentative.
faut également rappeler, Mme la Présidente, qu'il y a eu une alliance
historique entre la rébellion du Bas-Canada et celle, presque simultanée, du Haut-Canada, avec William Lyon
Mackenzie, qui montre qu'on est capable, dans un pays, sur un continent, de s'allier en vertu de
principes partagés, au-delà des questions d'origine. Et je crois que c'est
également un héritage important de cette période. Il y a eu également,
on le sait, des exécutions capitales dans le Haut-Canada.
revendications des patriotes, on le sait, ne dataient pas du printemps 1837.
Elles reposent sur les Quatre-vingt-douze
Résolutions, adoptées le
21 février 1834 à la Chambre d'assemblée, qui réclamaient des réformes
politiques et sociales. La Chambre de l'assemblée, il faut le répéter,
souhaitait bénéficier des mêmes pouvoirs que le Parlement colonial à Westminster. Ces résolutions, qui ont été
rejetées par le Colonial Office, c'est ce qui a conduit à la rébellion et à l'histoire qu'on connaît. Il est
important de se rappeler les sacrifices faits par les patriotes, des gens
déterminés à se battre pour qu'une
véritable démocratie soit instaurée. Elle le fut quelques années plus tard.
C'est un des plus beaux épisodes de
notre pays : l'alliance entre Baldwin et La Fontaine — Baldwin, de Toronto, La Fontaine, du Bas-Saint-Laurent — qui se
sont présentés dans le comté de l'autre pour montrer ce que j'exprimais tantôt,
la capacité de s'unir autour de principes démocratiques, qui ont légué,
en 1849, la démocratie représentative au pays.
Donc, près de
180 ans après cette rébellion, les
Québécois et Québécoises vivent dans
une société démocratique. Une journée comme celle des patriotes nous permet de nous rappeler que
des gens se sont battus, ont risqué et perdu la vie pour
défendre nos droits, et, oui, notre culture, et la société telle que nous
l'avons aujourd'hui. Ils ont donné leur vie. D'ailleurs, si on va visiter certaines régions comme
Saint-Eustache, on voit encore les impacts de balles sur les façades des églises, et c'est toujours
émouvant de le voir et de se souvenir de cet héritage. On nous parle parfois
des rouges, mais les rouges, les premiers rouges, ce furent les rouges
de Papineau à l'époque de la rébellion des patriotes.
J'invite donc la population
du Québec à profiter de cette belle journée pour se souvenir de cette histoire fascinante, qui a marqué le Québec — à
notre honneur, Mme la
Présidente — et souhaiter, comme mes collègues, une très
belle fête des Patriotes à tous les Québécois. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le premier ministre.
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Maintenant,
toujours à la rubrique des motions sans préavis, je vais
céder la parole à M. le député de Mercier.
M. Khadir : Merci,
Mme la Présidente. Mme la Présidente, à l'occasion de la Semaine de commémoration de la
Nakba, je demande le consentement de la Chambre pour présenter la motion
suivante conjointement avec la députée d'Hochelaga-Maisonneuve :
«Que
l'Assemblée nationale souligne son
attachement au processus de paix au Moyen-Orient
en accordant son appui à l'appel
lancé par le quartet du dialogue national tunisien à la cérémonie de la remise du prix Nobel
d'accélérer l'élimination des points chauds à travers le monde, en
particulier en résolvant le conflit israélo-palestinien;
«Que
l'Assemblée nationale réaffirme le soutien indéfectible du Québec à
une solution négociée qui reflète la volonté des peuples de Palestine et
d'Israël de vivre en paix dans leur État respectif à l'intérieur de frontières
sûres et reconnues.» Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le député. Y
a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Alors,
maintenant, nous en sommes à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions, et je vais céder la parole à M. le leader
adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Merci, Mme la Présidente. J'avise cette Assemblée que la Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi n° 59, Loi
édictant la Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours
haineux et les discours incitant à la
violence et apportant diverses modifications législatives pour renforcer la
protection des personnes, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
Cette
même commission entreprendra les consultations particulières à l'égard du projet
de loi n° 101, Loi donnant suite aux recommandations de la Commission Charbonneau en matière de
financement politique, le mardi
24 mai 2016, de 10 heures à 11 h 45, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission de la santé et des services
sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 81, Loi visant à réduire le coût de certains
médicaments couverts par le régime général d'assurance médicaments en permettant
le recours à une procédure d'appel d'offres, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à midi, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de l'économie et du travail, quant
à elle, poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 75,
Loi sur la restructuration des
régimes de retraite à prestations déterminées du secteur universitaire et
modifiant diverses
dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 heures, à la salle du Conseil législatif;
Commission de l'aménagement du
territoire poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 83, Loi modifiant diverses dispositions
législatives en matière municipale concernant notamment le financement
politique, le mardi 24 mai 2016, de 10 heures à midi, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine; et finalement
Commission des transports et de
l'environnement entreprendra les consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 100,
Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant principalement les
services de transport par taxi, le mardi 24 mai 2016, de
10 heures à 11 h 45, à la salle du Conseil législatif. Merci,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, merci, M. le leader adjoint du gouvernement.
Pour
ma part, je vous avise que la Commission des finances publiques se réunira en
séance publique aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures, à la
salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de poursuivre les consultations
particulières et auditions publiques dans le cadre du mandat d'initiative sur
le phénomène du recours aux paradis fiscaux.
Maintenant,
nous en sommes à la rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée,
et j'en profite pour vous informer
qu'il y aura sanction du projet de loi n° 76, Loi modifiant l'organisation
et la gouvernance du transport collectif
dans la région métropolitaine de Montréal, demain vendredi 20 mai, à
9 heures, au bureau de Son Honneur le lieutenant-gouverneur.
vous rappelle aussi que, lors de l'interpellation prévue pour demain vendredi
20 mai 2016, Mme la députée de Taillon
s'adressera à M. le ministre de la Santé et des Services sociaux sur le sujet
suivant : Bilan
désastreux du gouvernement libéral en matière de santé.
Je vous avise de plus que l'interpellation prévue pour
le vendredi 27 mai 2016 portera sur le sujet suivant : L'encadrement des services de covoiturage
commercial au Québec. M. le député de Groulx s'adressera alors à M. le ministre
des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des
transports.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour, et, pour connaître la nature des prochains travaux, je
cède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Sklavounos : Oui, Mme la Présidente, auriez-vous l'amabilité
d'appeler l'article 14 de notre feuilleton, s'il vous plaît?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, oui, très bien. À
l'article 14 du feuilleton, Mme la ministre responsable de l'Accès à l'information et de la Réforme des institutions
démocratiques propose l'adoption du principe du projet de loi n° 101, Loi donnant suite aux recommandations de
la Commission Charbonneau en matière de financement politique.
Mais,
avant de céder la parole à un premier intervenant, j'aimerais m'assurer qu'il y
a consentement afin que l'Assemblée puisse
procéder à l'adoption du principe de ce projet de loi même si la Commission des
institutions n'a pas encore déposé
son rapport sur le mandat que lui a confié l'Assemblée de tenir des
consultations particulières. Alors, est-ce qu'il y a consentement?
voix : Consentement.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Consentement. Alors, je peux maintenant céder la parole à Mme la ministre.
Mme de Santis : Mme la Présidente, chers
collègues députés et ministres, bonjour. Il me fait extrêmement plaisir d'être ici aujourd'hui avec vous
pour l'adoption du principe du projet de loi n° 101, Loi donnant suite aux
recommandations de la Commission Charbonneau en matière de financement
politique.
Lors du dépôt du rapport de la commission Charbonneau, le
24 novembre 2015, notre gouvernement s'est engagé à
agir rapidement pour donner suite aux recommandations. Dès mon arrivée en
poste, je me suis entendue avec le Directeur
général des élections du Québec pour qu'il convoque son comité consultatif dans
les plus brefs délais. Ce comité consultatif
est composé des représentants de chacun des partis présents à l'Assemblée
nationale, soit le Parti québécois, la
Coalition avenir Québec, Québec solidaire et évidemment le Parti libéral du
Québec en plus du Directeur général des élections et des membres des
équipes.
Il est intéressant de noter, d'ailleurs, que ce comité a
été créé en 1997 lors de l'adoption de la Loi régissant le financement des
partis politiques. On souhaitait, à l'époque, non seulement en faire un
véritable forum de discussion permettant
d'échanger au sujet de divers changements à la Loi électorale, profitant de
l'expérience et de l'expertise du Directeur général des élections ainsi
que du point de vue des représentants des partis non élus...
plus, à l'époque, on souhaitait une certaine continuité dans la vision
concernant le financement des partis politiques
sans être à la merci d'un changement de gouvernement. On peut certainement dire — et mon collègue le député de Marie-Victorin pourrait en témoigner — que le comité consultatif fonctionne et est utile, nos travaux sur le
présent projet de loi en font foi.
En plus, mon collègue le député de Marie-Victorin pourrait témoigner que lui-même a pu se bénéficier de ce forum d'échange lorsqu'il a déposé la Loi modifiant la
Loi électorale afin de réduire la limite des contributions par électeur, de
diminuer le plafond des dépenses électorales et de rehausser le financement
public des partis politiques du Québec. Ce projet de loi a été déposé le 6 novembre 2012 et a été adopté par
l'Assemblée nationale un mois plus tard, soit le 7 décembre 2012. C'est donc dire l'utilité des discussions du
comité consultatif, et je suis convaincue que nos échanges auront été
utiles pour le projet de loi dont on adopte le principe aujourd'hui.
projet de loi n° 101 propose de modifier la Loi électorale afin de mettre
en oeuvre les recommandations de la commission Charbonneau qui sont
principalement liées au financement politique. Vous comprenez pourquoi la recommandation 47 du rapport de la commission
Charbonneau de modifier la composition du comité consultatif pour qu'il ne comprenne plus de personne élue et d'y
ajouter des personnes indépendantes des partis politiques a été refusée.
Tous les partis et même le Directeur général
des élections ont statué en faveur du maintien des élus au sein de ce comité,
car ce forum de discussion, comme je vous ai
déjà expliqué, permet d'atteindre plus facilement l'unanimité ou le consensus
et permet un travail sain et efficace des
partis et du Directeur général des élections en vue de modifier la Loi
électorale.
plus, le directeur général a accepté qu'il n'y a absolument rien qui l'empêche
de se constituer un comité de sages.
Et rappelons-nous que le Directeur général des élections est indépendant. Il
est désigné par deux tiers des membres de l'Assemblée nationale et
pourra faire toutes les recommandations qu'il souhaite et à tout moment.
Le projet de loi
n° 101 prévoit plusieurs modifications significatives à Loi électorale qui
ont fait l'objet d'un consensus au sein du
comité consultatif. D'abord, le délai de prescription pour les poursuites
pénales passera de cinq à sept ans suivant la perpétration de l'infraction, et,
par concordance, le délai de conservation des documents passerait lui aussi de cinq à sept ans. Le Directeur général des
élections et la commission Charbonneau ont tous les deux recommandé que le délai de prescription soit porté à sept ans
de la perpétration de l'infraction dans différents... et le Directeur général
des élections l'a fait dans différents rapports et même lors de son témoignage
devant la commission.
moment de la connaissance n'a pas été pris en compte pour la modification
proposée à la Loi électorale car l'introduction de ce critère réduirait
le délai actuel. Le critère de la connaissance de l'infraction a été retiré de
la Loi électorale à la fin de 2010 car
l'exigence de faire la preuve de la date de la connaissance constitue un
fardeau de preuve difficile à rencontrer par le DGE, qui prend ses
propres poursuites. Un délai de prescription de sept ans permettra au Directeur général des élections d'étendre ses
vérifications et enquêtes à une plus longue période et de préparer une preuve
hors de tout doute raisonnable.
Mais,
prenez note, quant au remboursement des contributions illégales — c'est ça, le but — on fait des modifications à l'article 100 de la Loi électorale. Aujourd'hui,
l'article 100 de la Loi électorale prévoit un délai de cinq ans après lequel une contribution ou une
partie de
contribution faite contrairement à la Loi électorale n'a pas à être remise
au Directeur général des élections.
Nous
proposons de supprimer l'alinéa 3. En supprimant le troisième alinéa de
l'article 100, qui porte sur les recours civils, nous permettrions au Directeur général des élections de
récupérer les sommes lorsqu'il aurait pu préparer une preuve prépondérante puisqu'il n'y aura plus de prescription
pour le remboursement de ces sommes, autre que le délai usuel du Code civil, c'est-à-dire trois ans à partir de sa
connaissance. Donc, qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que, s'il y a eu
des contributions illégales en 1992 et que
c'est en 2016 que le directeur général a connaissance de cette contribution, le
Directeur général des élections aura
jusqu'en 2019 pour faire une demande de remboursement de son don illégal. Par
cette proposition, nous donnerions
plus de pouvoirs au Directeur général des élections que le simple devoir moral
qu'il devrait invoquer à la suite des
vérifications et enquêtes qu'il fait présentement à la demande des partis
politiques et dont le résultat sera
connu l'automne prochain. De plus, les contributions versées en contravention
avec la loi seraient dorénavant versées non pas au contributeur fautif, mais au ministre des Finances. Nous
allons ici au-delà des recommandations de la commission Charbonneau.
ailleurs, le travail bénévole pour une entité autorisée devrait être effectué
personnellement, volontairement, sans
compensation ni contrepartie. Les bénévoles des campagnes électorales
s'engageraient à ce que leurs contributions en temps et talent ne soient
pas faites en espérant une contrepartie, et ce, même lorsqu'ils agissent dans
leur domaine d'expertise professionnelle.
Quatrièmement,
la fiche de contribution du donateur devrait dorénavant contenir
l'identification de son employeur.
Cinquièmement,
les représentants officiels et les délégués auraient l'obligation de suivre une
formation préparée par le Directeur général des élections dans les
30 jours de leur nomination alors que les agents officiels et les adjoints
devraient suivre celle-ci dans les 10 jours de leur nomination.
Sixièmement, les
rapports financiers et les rapports des dépenses devraient être signés par le
chef du parti, le candidat, le député ou, le
cas échéant, le plus haut responsable désigné par l'instance autorisée de parti
et être accompagnés d'une déclaration concernant les règles relatives au
financement et aux dépenses électorales.
Septièmement,
les mêmes obligations sont prévues pour les rapports dans le cadre des
campagnes à la direction d'un parti.
Huitièmement,
les emprunts devraient prévoir une déclaration anti-prête-noms et les prêts et
les cautionnements consentis par un électeur à une ou plusieurs entités
autorisées seraient limités à un plafond de 25 000 $ afin d'éviter
des dons cachés. Notons que cette mesure propose de compléter le travail en
matière de prête-noms qui avait commencé avec le projet de loi n° 113,
c'est-à-dire la Loi anti-prête-noms en matière de contributions électorales,
adoptée en décembre 2010.
Neuvièmement, le Directeur général des élections
aurait le mandat de produire un rapport annuel plutôt que quinquennal — tel
que recommandé par la commission Charbonneau — sur l'application des règles
de financement de la Loi électorale et de la
Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités ainsi que sur l'opportunité de modifier ces
règles.
Dixièmement,
une infraction pénale serait émise à tout électeur faisant une fausse
déclaration au sujet d'un prêt ou d'un cautionnement, et cette infraction aurait le
caractère de manoeuvre électorale frauduleuse. La recommandation 48,
visant à s'assurer de la tenue d'auditions
statuaires du Directeur général des élections en commission parlementaire, est
déjà réalisée par l'engagement de la
Commission des institutions, dans son procès-verbal de la séance du
1er février 2016, à
convoquer annuellement le Directeur général des élections du Québec
conformément à l'article 294.1
du règlement de l'Assemblée nationale.
Enfin, il n'y a que deux recommandations qui ont
été unanimement rejetées par le comité consultatif. Les membres du comité ont souligné que le fait d'inscrire, dans le rapport annuel de financement ou le rapport des dépenses électorales, le nom des bénévoles détenant une
expertise particulière présenterait une embûche importante à leur recrutement.
Un membre du comité consultatif a même
mentionné l'exemple suivant : quand on formule une plateforme électorale,
chaque parti politique demande l'aide
d'experts ou de professeurs universitaires, etc., et ces mêmes personnes vont aider plusieurs
partis politiques. Et ce travail est fait sans contrepartie ou
considération. On voudrait, si cette recommandation...
soit adoptée... la recommandation de la commission Charbonneau soit adoptée, que ces personnes s'affichent publiquement
étant bénévoles d'un, deux, trois, quatre
partis différents. Ça va être vraiment une façon de ne pas encourager le bénévolat.
Quant à la composition du comité consultatif, je vous ai déjà expliqué, au début de ma présentation, pourquoi
on n'a pas retenu cette recommandation.
Tel que
mentionné plus tôt, le projet de loi
n° 101, s'il est adopté,
permettra d'aller plus loin que les recommandations de la commission Charbonneau, entre
autres en matière de récupération des
sommes qui seraient des contributions faites contrairement à la loi et sur la préparation d'un rapport annuel, par le Directeur général des
élections, au lieu d'un rapport
quinquennal.
Le travail de
collaboration se poursuivra avec les partis d'opposition
en matière d'éthique et aussi de
lobbyisme. Merci, M. le Président, et
merci aux collègues qui ont permis le dépôt rapide de ce projet de loi qui
repose, je le rappelle, sur un
consensus des partis. Je suis particulièrement fière du travail de
collaboration démontré par le député de Marie-Victorin, le député de Borduas, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques ainsi que les représentants de leurs
partis respectifs. Je remercie
évidemment, aussi, mes collègues du Parti libéral du Québec qui m'ont
accompagnée aux rencontres. Ce fut un
plaisir de voir toutes ces personnes rassemblées autour d'un but commun :
continuer dans la modernisation de la Loi électorale et l'assainissement
des financements publics... ou politiques, pardon.
Je souligne
aussi l'étroite collaboration du Directeur général des élections du Québec, qui
a travaillé en ayant à coeur que la
loi que nous déposons lui donne les pouvoirs réels et qu'ainsi les Québécois
seront rassurés qu'il va aussi loin que possible dans ses vérifications
et enquêtes. J'aimerais aussi remercier tous les membres du SAIRID qui ont
travaillé avec nous pour la réalisation de ce pr