Transportation and the Environment — 10 November 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2020-11-10
Quebec — Committees
Donc, sans surprise, le premier axe de la
réforme concerne la sécurité lors de la conduite d'un véhicule hors route. C'est l'enjeu numéro un pour moi. L'une des
mesures-phares qui lui est associée est sans contredit l'exigence de détenir un permis de conduire valide afin de
pouvoir circuler en sentier sur les terres publiques ou sur les terres
privées d'une municipalité. Cette mesure est centrale. Elle permet de s'assurer
d'une formation minimale des conducteurs, notamment pour la compréhension de la
signalisation, et elle donne plus de poids aux sanctions qui pourront désormais
avoir un impact réel et plus important que par le passé. En effet, elles
pourront être attachées au permis de conduire, celui-là même qui permet de
circuler non seulement en véhicule hors route, mais également sur le chemin
public avec son véhicule routier.
Par ailleurs, afin de renforcer la sécurité des
conducteurs de véhicules hors route et celle des personnes qu'ils croisent, les dispositions du Code de la sécurité
routière encadrant la conduite avec les capacités affaiblies par
l'alcool ou la drogue s'appliqueront désormais aussi dans les sentiers. La
conduite d'un VHR avec les capacités affaiblies par l'alcool ou la drogue
pourra se solder par une amende et à l'application de sanctions pénales et
administratives, en particulier la suspension et la révocation de permis.
Ainsi, il
incombera au locateur de véhicule hors route de s'assurer que le conducteur ait
18 ans et qu'il soit titulaire d'un
permis de conduire lui permettant de conduire au Québec. Il sera de sa
responsabilité de le faire bénéficier d'une formation lui permettant de
bien comprendre le fonctionnement de son véhicule et les règles de sécurité à
respecter.
La Présidente (Mme
Grondin) : Je vous invite à rapprocher votre micro.
Bonnardel :
Bien oui, Mme la Présidente. Désolé, il était parti par là. De plus, si cette
location mène à l'utilisation des services
d'un guide d'excursion, celui-ci devra avoir terminé avec succès une formation
reconnue par la ministre du Tourisme. Chaque guide devra avoir été formé
en fonction de l'une de ces formations. Il s'agit là, nous semble-t-il, une garantie minimale que nous
devions offrir aux touristes étrangers qui viennent découvrir le Québec en VHR.
Le deuxième axe du projet de loi vise à établir
une meilleure cohabitation entre les amateurs de VHR et les autres utilisateurs
du territoire. L'objectif de cette recherche d'une position équilibrée est
d'assurer la pérennité de la pratique récréative, des retombées qui en
découlent, tout en tenant compte du respect des milieux naturels et de
l'acceptabilité sociale.
Dorénavant, le conducteur d'un véhicule hors
route et ses passagers devront éviter d'accomplir tout acte de nature à
perturber la quiétude qui règne dans un milieu naturel, à déranger le
comportement des animaux sauvages, à nuire à
l'écoulement des eaux ou aux interactions entre les animaux, les végétaux et
leur habitat. Sur les terres publiques, des zones plus fragiles ou
sensibles pourront être délimitées. La circulation hors piste pourra y être
interdite. Les systèmes antipollution devront être maintenus en bon état de
fonctionnement.
Comme vous le
savez, le 1er janvier 2021, prendra fin ce qu'on a appelé le régime
de l'immunité contre les recours en vigueur depuis près de 20 ans.
Il est important pour nous de prévoir cette après-immunité de manière à y
rétablir le droit des citoyens à profiter pleinement de leur bien tout en
garantissant le droit aux amateurs de véhicules hors route de pratiquer leur
activité lorsqu'ils le font en respectant les lois en vigueur. Ainsi, la
nouvelle mouture de la loi stipule plus clairement que les conducteurs ont l'obligation
d'éviter toute vitesse excessive et tout comportement susceptible de générer
des inconvénients qu'ils seraient en mesure d'éviter pour les milieux avoisinants.
contrepartie de cette conduite responsable, les voisins de sentiers légalement
aménagés seront, pour leur part, tenus de tolérer les inconvénients
résultant de la circulation de véhicules qui respectent les normes législatives
et réglementaires applicables. Les mesures proposées éviteront de permettre que
soient considérées comme un abus de voisinage
les caractéristiques intrinsèques des VHR, s'ils circulent dans le respect de
la loi et des règlements applicables.
Par exemple, le calcul des distances
séparatrices minimales entre les sentiers et les habitations a été précisé. Les
normes que les sentiers devront respecter sont donc ainsi plus clairement
définies et expliquées. Comme certains sentiers structurants pour les déplacements
interrégionaux sont exploités de longue date, leur présence sera confortée par
une présomption de conformité d'aménagement. Cette présomption sera clairement
établie par un ensemble de cartes représentant le réseau de sentiers composant
finalement l'ossature de notre produit touristique.
De plus, il est impossible de parler
d'acceptabilité sociale sans évoquer les particularités des communautés
autochtones par rapport à l'utilisation des VHR. L'actualisation de la loi
offre ainsi l'occasion d'établir un véritable dialogue avec les communautés. Le
projet de loi prévoit ainsi la possibilité de conclure des ententes qui
mettront fin à une logique mur à mur de la loi actuelle. Ces ententes
permettront de considérer les particularités des communautés autochtones sur
leurs territoires tout en continuant d'assurer la sécurité de toute la
population.
Enfin, le troisième axe de cette réforme porte
sur l'actualisation des mesures de contrôle et d'application de la loi. Les
mesures que nous proposons doivent avoir la force de leur ambition, c'est
pourquoi nous avons souhaité renforcer les pouvoirs des personnes appliquant la
loi, mais aussi le financement de ces mesures. Ainsi, la loi portera plus
généralement sur l'ensemble des véhicules hors route, sans limites de poids ou
de taille, comme c'était le cas auparavant.
Cela permettrait à certains véhicules d'échapper à tout contrôle. Cette vision
plus englobante s'appliquerait aussi aux véhicules d'entretien.
Il était aussi important, dans la délimitation
du champ d'application de la loi, de bien définir les exclusions liées
notamment aux VHR utilisés dans le cadre d'un travail. Je pense ici notamment
au monde agricole, qui a ses contraintes et qui, majoritairement, ne sera pas
visé par la
Loi sur les véhicules hors route.
Dans la loi
actuellement en vigueur, la responsabilité des conducteurs de moins de
16 ans était également soumise à
un certain flou. Dans le projet de loi n° 71, la circulation des
personnes de moins de 18 ans non titulaires d'un permis de conduire et d'un certificat de formation sera
limitée aux terres privées, sous la responsabilité et la surveillance des
parents, de la personne qui en a la garde ou à celle d'un membre de la famille.
Par ailleurs, les jeunes conducteurs de moins de
16 ans, s'ils circulent exclusivement sur une terre privée, ailleurs que
sur un sentier, donc, seront clairement exclus des mesures de la loi. De
16 à 18 ans, ils pourront néanmoins se doter d'un permis de conduire et
suivre une formation additionnelle qui leur permettra d'utiliser un VHR en
dehors des terres privées, de la même manière que les adultes.
Enfin, nous avons souhaité renforcer le contrôle
de l'application de la loi. Ainsi, des dispositions viendront clarifier,
délimiter plus clairement les pouvoirs des agents de la paix et des agents de
surveillance de sentiers. Cette bonification des pouvoirs confiés aux agents de
surveillance de sentiers favorisera, selon nous, l'adoption de comportements
sécuritaires par les utilisateurs de véhicules hors route. Mais le renforcement
du pouvoir de contrôle doit aller de pair avec un refinancement des efforts
déployés pour assurer la sécurité des usagers. Or, ce n'est pas un secret que
le milieu des véhicules hors route bénéficie de peu de revenus, depuis des
années, notamment liés à leur entretien et à la réfection des infrastructures.
De fait, le réseau québécois ne tient que parce qu'il est géré et entretenu par
des bénévoles qui passent des milliers d'heures à s'en occuper.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. le ministre, je dois...
Bonnardel : J'ai
terminé. Bien, j'avais terminé.
La Présidente (Mme
Grondin) : Parfait.
Bonnardel :
Alors, Mme la Présidente, je suis très heureux de déposer cette loi... et très
hâte d'entendre et de travailler avec mes collègues de l'opposition.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. J'invite maintenant le porte-parole
de l'opposition officielle en matière de transport, le député de Mont-Royal—Outremont, à faire ses remarques préliminaires. M. le député,
vous disposez de quatre minutes.
Arcand : Combien?
La Présidente (Mme
Grondin) : Quatre minutes.
Arcand :
Quatre minutes. Alors, merci beaucoup, Mme la Présidente. Essentiellement,
ce que... Je salue d'abord, premièrement, évidemment, les intervenants, aujourd'hui, les représentants de la Fédération québécoise des clubs de quads, qui sont ici. Bonne journée à tout le monde, M. le ministre, les représentants de l'opposition
officielle, également.
J'ajouterai simplement que nous avons voté en
faveur du principe du projet de
loi sur les véhicules hors route. Comme l'a dit
le ministre, on est d'accord sur une chose, en commençant, c'est qu'il était
temps que ce projet de loi se fasse, particulièrement... Je pense que la
population a particulièrement été touchée lors du décès des touristes français,
au mois de février dernier. Donc, il est clair qu'un encadrement était
nécessaire à ce niveau-là.
Moi, je parlerais essentiellement de trois
choses importantes dans ce dossier-là. La première chose, c'est, évidemment,
l'efficacité. On va poser des questions, comme opposition officielle, sur
l'efficacité de ce projet de loi, parce
qu'évidemment c'est une chose de faire un projet de loi, c'est parfois une
autre chose de l'appliquer correctement. Alors, c'est sûr qu'il y aura
certainement des questions à ce niveau-là.
Le deuxième élément, c'est sur la précision.
Bien sûr, on ne peut pas tout couvrir, dans un projet de loi, mais il y a beaucoup de choses qui vont être faites par
règlement pour la suite des choses. Donc, on voudra avoir en commission
parlementaire, quand même... avoir, de la part du ministre, quand même, une
certaine... une plus grande précision, je dirais, sur les orientations qu'il
veut apporter.
Et je vous dirais également que le troisième
élément, pour moi, qui est important aussi, c'est une question de justice. Il y a des amendes, pas mal, dans ce
projet de loi, il faut juste que les amendes soient justes dans... Et on
pourra demander, à ce moment-ci, au ministre, là, qu'est-ce qui les a guidés,
au ministère des Transports, à ce niveau-là.
Alors, ce sont les éléments qui, pour nous, sont
importants. On va discuter aussi, bien sûr, des différents véhicules. Parce que, même si je ne suis pas un adepte
de la motoneige et des VTT non plus, je dois dire qu'il y a beaucoup,
maintenant, de types de VTT, puis, dans les commentaires des citoyens
jusqu'ici, ce qu'on a compris, c'est que la loi ne couvrait pas nécessairement
tous les types de véhicules. Alors, je pense qu'on va vouloir, de ce côté-là,
avoir des précisions.
Il y a évidemment l'enjeu qui touche les
communautés autochtones. Je dirais, également, en ce qui concerne les
communautés autochtones, ce qu'il est important de voir, c'est surtout là où
les communautés autochtones et les municipalités autour vivent un peu en
cohabitation. Alors, la question va être comment on va gérer ces éléments-là.
Et, bien sûr, sur la question de la présence policière, c'est un élément
également qui, pour nous, sera aussi un élément important. Il y a également des
sentiers de motoneige dans des milieux plus urbains, comme par exemple à Laval.
Alors, on verra. Je sais que ma collègue de Laval risque de venir poser des
questions également en ce sens-là. Et toutes les questions qui vont toucher
également la formation, les guides, comment est-ce qu'on va former les guides,
comment les gens vont gérer ces éléments-là, ce qu'on fait au niveau du
tourisme, par exemple. Ce sont des questions qui sont très pertinentes.
Et je terminerai simplement, donc, en disant que
nous sommes ici dans un climat de collaboration avec le ministre pour essayer
de faire la meilleure loi possible dans les circonstances. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le député. J'invite maintenant la
porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière des transports, la
députée de Mercier, à faire ses remarques préliminaires. Mme la députée, vous
avez une minute.
Mme Ghazal : Merci, Mme la Présidente.
Salutations aux membres de la commission, M. le ministre, notre invité de la
Fédération québécoise des clubs quads.
Bien, c'est la même chose, en fait, tous les
objectifs qui ont été énoncés par le ministre, notamment pour réduire les
accidents... 10 000 accidents, ce n'est pas rien, c'est vraiment...
Tout le monde est d'accord avec ça, ça, c'est sûr, il y a des améliorations à
apporter de ce côté-là.
Moi, je veux remercier le ministre d'avoir tenu
parole de mettre fin à cette politique des moratoires à perpétuité. D'ailleurs,
c'était une des conditions qu'on avait placées, à Québec solidaire, lors de
l'adoption du projet de loi n° 54, de
reconduire le moratoire jusqu'à ce qu'un nouveau cadre législatif soit mis sur
pied, et c'est ce que le ministre a
fait. Parce que le problème, c'était vraiment que ça empêchait, à répétition,
tout citoyen d'avoir des recours juridiques contre ceux qui ne
respectaient pas les règles, et ça, c'était insoutenable, il fallait que ça
cesse, et on y arrive.
va aussi s'assurer que, dans le cadre législatif, ça va permettre un équilibre
des droits qui soit juste et équitable. Et on va travailler dans un
esprit de collaboration, M. le ministre. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci. Je sais que c'est très court,
une minute. Donc, j'invite maintenant le porte-parole du troisième groupe
d'opposition en matière de transport, le député des Îles-de-la-Madeleine à
faire ses remarques préliminaires. Vous aussi, M. le député, vous disposez
d'une grosse minute.
Arseneau : Merci, Mme la Présidente. Alors, on a également accueilli favorablement le dépôt de ce
projet de loi. Les questions de sécurité qui sont au coeur du projet de loi, bien, ça nous rejoint, évidemment, de baliser les limites de vitesse, la
formation, tout l'aspect mécanique de ces véhicules hors route, la question des
permis ou de la conduite en état d'ébriété, je pense qu'il y a plusieurs
éléments sur lesquels on sera tous d'accord.
On a une préoccupation concernant l'utilisation des véhicules hors route pour des fins
utilitaires, par opposition à des fins récréatives ou touristiques. Je
représente une région éloignée, plusieurs de mes collègues également ont des préoccupations à cet égard-là, dans tout le Québec, des régions... Et ces véhicules-là sont
largement utilisés par l'ensemble des familles, souvent. Alors, on va
avoir des préoccupations à cet égard-là, et toute la question de la
cohabitation des utilisateurs.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le député. Je suis désolée de vous couper.
Donc, je souhaite maintenant la bienvenue au représentant
de la Fédération québécoise des clubs de quads, M. Danny Gagnon. Donc, je vous
rappelle, M. Gagnon, que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, et
par la suite nous allons procéder aux échanges avec les différents membres de
la commission. Je vous invite toutefois à vous présenter avant de débuter votre
exposé.
M. Gagnon (Danny) : Bonjour.
Bonjour. Danny Gagnon, directeur général de la Fédération québécoise des clubs
quads. Chers membres de la commission, c'est avec grand plaisir que nous vous
présentons les commentaires de notre fédération
concernant le projet de loi n° 71 sur la réforme de l'encadrement des véhicules
hors route présentée dans la législature actuelle par M. Bonnardel, ministre
des Transports.
La Fédération québécoise des clubs quads est un organisme
sans but lucratif qui a pour but de développer et promouvoir la pratique sécuritaire de l'activité quad et d'en faire la
promotion touristique. Le fondement de notre activité se trouve dans le
dévouement de milliers de bénévoles pour assurer le respect de la loi, de la
pratique sécuritaire de l'activité du quad.
La FQCQ compte, et en est fière, sur la
collaboration de 1 016 agents de surveillance de sentiers répartis en
trois catégories, soit les agents de surveillance de sentiers de club, les
agents spécialisés et les agents provinciaux, les deux derniers groupes étant
formés par l'École nationale de police. Ce sont ces bénévoles qui patrouillent
un réseau de sentiers de 30 000 kilomètres. De plus, la FQCQ peut
compter sur près de 1 566 travailleurs bénévoles dévoués à
leur activité, oeuvrant à l'entretien et à l'installation de la signalisation
sur l'ensemble du réseau de sentiers.
Tout a commencé en 1985, lorsque des bénévoles
se sont alliés à des voisins dans le but d'aménager un sentier dans leur
localité et d'encadrer la pratique quad dans leur localité, un peu partout au
Québec, et ce, même... le dépôt de la première version de la
Loi sur les
véhicules hors route. Pour eux, il fallait agir tout de suite pour protéger
l'environnement et limiter les impacts sur les citoyens.
La solution : aménager des sentiers
sécuritaires, qui diminueraient les impacts sur l'environnement tout en respectant les normes d'aménagement, le principe,
pour assurer la pérennité de la pratique du quad en harmonie avec les
citoyens, étant de regrouper les utilisateurs à l'intérieur d'un réseau de
sentiers dédié et encadré par notre fédération.
Les clubs de la fédération ont comme mission
d'encadrer, d'assurer la sécurité de 404 000 véhicules hors route de type quad en circulation sur le
territoire du Québec. En 2020, pratiquement personne ne peut circuler en
quad sans passer dans nos sentiers,
exception faite, bien entendu, de nos agriculteurs qui contribuent grandement à
l'activité en autorisant des droits de
passage à nos clubs. La pratique de l'activité connaît actuellement une
progression annuelle constante.
Maintenant, entrons dans le vif du sujet. Le
projet de loi n° 71 se veut une réforme dans l'encadrement de la pratique
des véhicules hors route. Dans l'ensemble, la fédération est satisfaite. Nous
avons tout de même quelques suggestions à faire afin de bonifier ce projet et
de contribuer à l'amélioration de la sécurité en fonction de notre expertise
sur la pratique actuelle.
Il y avait... on a l'article 4.9. Nous
recommandons de ramener l'âge minimum de conduite à 14 ans, avec
obligation d'avoir suivi la formation de conduite et obtenu un certificat
d'aptitude. Ces jeunes ont déjà un permis de cyclomoteur délivré par la Société
de l'assurance automobile du Québec. Nous croyons indispensable d'avoir la
possibilité de leur inculquer la bonne pratique et la bonne technique de
conduite d'un véhicule hors route dès cet âge, auquel ils
sont très réceptifs. Nous croyons de plus qu'il n'est pas réaliste de compter
sur la surveillance constante d'un adulte lorsqu'ils ont atteint cet âge. Nous
considérons toutefois qu'il est nécessaire de préciser que le type de véhicule
soit adapté à leur âge. La FQCQ recommande que cet
article porte sur les jeunes
de moins de 14 ans puisque cela représente ce qui correspond le mieux à la
réalité.
L'article 15. L'administration de la
fédération est satisfaite de l'article 13 et 14. Toutefois, nous croyons
que l'article 15 devrait faire l'objet de précisions pour y intégrer
l'obligation d'un promoteur d'obtenir un engagement écrit et signé de la part des participants financiers potentiels à un projet. Ce type d'engagement est parfois
pris à notre insu par des tiers qui devraient avoir la transparence pour
nous de... pour ne pas dire la décence de nous consulter avant d'engager des
fonds. Ces fonds sont... dédiés à d'autres projets et... notre organisme,
auxquels il faudra renoncer.
De plus,
notre fédération souhaiterait être consultée dans l'analyse des demandes de
programmes d'infrastructure Faune et MTQ. Notre organisme est déjà
sous-financé par les programmes d'aide, ce qui implique que nous... qu'au
moins, bien que moins nantis... et disposons de moins de ressources financières
que certains autres organismes qui n'opèrent que trois mois par année,
seulement 25 % de nos opérations.
L'article 16. Nous sommes satisfaits que le
permis de conduire soit obligatoire et que le CSR soit applicable aux sentiers.
Nous tenons à souligner que les jeunes de 14 ans peuvent obtenir un tel
permis. Nous aurions d'ailleurs aimé voir le retour de l'autorisation de
conduite pour ces jeunes, conditionnellement, bien entendu, à l'obtention d'un
certificat de formation.
L'article 21.
Notre seul commentaire est que nous réitérons notre recommandation, tel
qu'indiqué à l'article 4.9 du présent règlement... de la présente
loi, c'est-à-dire.
L'article 24. L'obligation de détenir un
certificat de guide touristique hors route est une excellente décision.
Toutefois, cet
article suscite beaucoup de questionnements chez nos clubs
fédérés qui organisent occasionnellement des activités guidées avec leurs
membres. Par exemple, lors de jamborees ou de randonnées, l'imposition d'une
formation, alors qu'ils ne font rien d'autre que de promouvoir, d'encadrer
l'activité, les inquiète au plus haut point. C'est pourquoi nous aimerions que
le terme «guide» soit remplacé par «guide touristique» ou «guide d'entreprise
de forfaits touristiques».
Le programme d'assurance. Ceci nous amène au
constat d'une problématique persistante. Tous les ans, notre fédération
collabore avec l'AMF afin d'ajuster le mode d'achat des droits d'accès de nos
sentiers. Le processus de distribution a constamment évolué afin de répondre
aux demandes de l'AMF, principalement en ce qui a trait au libre choix.
Différentes approches ont été préconisées au fil du temps, et nous avons
procédé aux ajustements requis à chacune des occasions.
Malheureusement, dans le contexte de ces
ajustements visant à faciliter davantage la résiliation des polices, nos agents
de surveillance constatent, depuis deux ans, une recrudescence importante du
taux de délinquance relative à l'absence d'assurance de responsabilité civile.
En effet, avec l'arrivée de la technologie Internet, devant la facilité
déconcertante de se procurer un droit d'accès sans assurance, il nous est de
plus en plus difficile de vérifier la validité des certificats d'assurance,
d'autant plus que nos bénévoles et employés ne sont pas formés pour le faire.
C'est sans compter sur le temps nécessaire et les coûts administratifs
importants associés à notre opération quotidienne pour satisfaire les exigences
sans cesse grandissantes de l'AMF.
Bref, nous sommes convaincus que la façon
actuelle de faire aura, à court terme, un impact négatif important sur notre
programme et qu'elle entraînera, à terme, une importante érosion de l'adhésion
et son corollaire, une augmentation substantielle des primes engagées dans une
telle spirale. Notre programme est menacé de disparaître, ce qui nous replacera
dans le contexte déplorable des années 90, caractérisé par le taux de
délinquance exorbitant et des primes d'assurance que nos clubs ont... en mesure
de supporter.
L'article 42. La demande d'une autorisation
écrite du ministre pour la tenue de certains événements a suscité beaucoup de
questionnements de la part de nos clubs. Il faut savoir que ceux-ci ont déjà
l'autorisation de circuler, et ils ont des sentiers. Ils se questionnent à
savoir s'ils devront dorénavant demander une telle autorisation au ministre
pour la tenue de leurs activités de collecte de fonds ou caritatives comme les
rallyes poker, les journées d'essai de véhicules, en collaboration avec les
concessionnaires, et dans d'autres activités de club. Il s'agit de randonnées
et non d'activités de performance. Pouvez-vous éclaircir ce point?
L'article 54. Les véhicules de type
autoquad suscitent un intérêt grandissant, et certains modèles ont déjà atteint
le poids de 852 kilos. C'est pourquoi nous vous demandons de porter le
poids maximum à 950 kilos. Nous vous demandons de remplacer la mesure de
1,62 mètre, pour une largeur maximum de 1,67, soit 66 pouces de
largeur hors tout, excluant les rétroviseurs. Cela cadrera davantage avec la
réalité actuelle du marché.
La puissance de ces véhicules devrait aussi être
réglementée en maximum de chevaux-vapeur, plutôt qu'en nombre de cc, qui, pour
sa part, est beaucoup... laisse beaucoup de latitude pour l'augmentation de la
force moteur. Cette industrie de haute technologie est très compétitive pour
augmenter sa part de marché.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. Gagnon, il vous reste à peine
45 secondes.
M. Gagnon (Danny) : Ayoye! Je ne me
rendrai pas à la fin, M.. M. le ministre, nous vous demandons que tous les
sentiers sur terres publiques et faisant
partie du réseau structurant soient
associés d'une autorisation de tarification. Il en va de la survie des clubs en
région qui ont besoin de la contribution de nombreux utilisateurs de sentiers
pour pouvoir les maintenir en bon état et sécuritaires pour tous. Nous n'en
pouvons plus de dépendre du pouvoir et de la timidité des fonctionnaires du
ministère concerné qui font traîner ces dossiers et demandes des clubs depuis
plusieurs années et qui, en conséquence, ne respectent pas les consignes de
leur centrale. On va arrêter là.
Présidente (Mme Grondin) : Merci. Parfait. Bien, vous allez
pouvoir répondre à certaines questions, M. Gagnon. Donc, merci pour votre
exposé. On va commencer la période d'échange. M. le ministre, la parole est à
vous. Vous avez 16 min 30 s.
Bonnardel : Merci, Mme
la Présidente. Bonjour, M. Gagnon. J'espère que vous allez bien.
M. Gagnon (Danny) : Oui, oui.
Bonjour.
Bonnardel : Très déçu de ne pas vous avoir ici avec nous, là,
mais vous comprenez la situation, je l'espère. Je suis accompagné de mes
collègues, mon adjoint parlementaire, le député de Beauharnois et le député de Bourget,
qui sont avec moi. Donc, je vais vous poser quelques questions, puis mes collègues
aussi vont prendre la balle au bond pour évaluer votre mémoire.
Premièrement, merci de l'avoir préparé
rapidement. Je sais que vous avez eu un court laps de temps, là. Pour ceux qui
vont nous déposer leurs mémoires d'ici à demain, là, ce fut quand même assez
rapide.
Et ma
première question, c'est votre recommandation de ramener l'âge de conduire de 16 à 14 ans.
Vous n'êtes pas sans savoir... Puis
je vais vous demander pourquoi vous voulez retourner là. Vous le savez, pour
moi, c'est important, la sécurité. Je
vous ai... j'ai mentionné en préambule puis souvent dans les entrevues qu'il y
a eu trop de décès, trop d'accidentés graves, d'accidentés légers, et la
part de ces accidents pour les jeunes... Parce que vous vous souvenez qu'avant,
si je ne me trompe pas, c'est 2006, le 14 ans était là. Vous vous en
souvenez. Puis, en 2006, on a monté ça à 16 ans. Mais de... je ne
veux pas me tromper, de 2011 à 2016, la proportion de ces décès, accidentés,
était de 5,6 % pour les motoneiges puis de 11,2 % pour les VTTV.
Donc, c'était non négligeable, quand même, de voir qu'une grande proportion de
ces jeunes faisait
partie des statistiques.
Puis vous avez dit tantôt, là : Bien, à
14 ans, on a un permis de cyclomoteur. Vous n'avez pas tort. J'ai eu un
cyclomoteur et j'ai eu des motoneiges, j'ai eu des VTT. Puis, pour moi, un
cyclomoteur, c'est le fun, c'est la liberté. On a 14 ans, on part, on
apprend à conduire un petit peu. Puis il y a un monde de différence entre être
sur un cyclomoteur puis d'embarquer sur une motoneige.
Puis, vous le
savez, oui, à 14 ans, c'est sûr qu'on essaie de ne pas donner la bombe à
notre enfant. Puis je vais nommer le modèle Tundra de Bombardier qui est
un petit 250, mais il reste quand même que c'est des motoneiges qui sont
lourdes, qui avancent peut-être un peu moins vite que celles qu'on pourrait
connaître, là, avec des cc ou chevaux-vapeur x. VTT, même chose, un enfant
de 14 ans qui tombe sur le côté, qui chavire...
Je trouve ça un peu particulier, votre demande,
puis c'est pour ça que je veux juste comprendre. Pour vous, est-ce que c'est
parce qu'on souhaite amener plus de gens à aimer le sport à partir de
14 ans?
Vous le savez, j'ai déjà acheté, moi aussi, des
petites motoneiges électriques, petits VTT à mon garçon, puis, bon, on lui apprend à conduire un peu là-dessus.
C'est pour ça, un petit peu, là, que je suis un peu curieux de savoir.
Puis j'ai été un peu surpris, un petit peu,
de voir pourquoi vous souhaitiez ramener ça à un si bas âge, surtout dans les
circonstances où les statistiques,
malheureusement, démontrent qu'il y a quand même une proportion non
négligeable de jeunes qui ont des accidents.
La Présidente (Mme
Grondin) : M. Gagnon.
M. Gagnon (Danny) : Bien, je salue
votre question, M. le ministre. Effectivement, on a déjà eu les jeunes de
14 ans avant. Ce n'était pas une clientèle problématique puis c'était une
clientèle, vraiment, de formation. Par contre, ce qu'on constate,
malheureusement, là, c'est que les accidents avec des véhicules hors route
concernant des jeunes, O.K., se produisent
avec des véhicules d'adulte, donc des véhicules beaucoup trop lourds pour ces
jeunes-là. C'est pour ça qu'on demande de ramener ça à 14 ans avec
un véhicule conçu pour leur âge, avec une cylindrée limitée pour leur âge
aussi. Donc, de cette façon-là, on s'assure de la sécurité puis on s'assure de
la relève de l'activité pour le futur.
Mais il ne faut pas oublier que les accidents,
actuellement, qu'on a avec des jeunes, ce sont tous... Puis même l'industrie au complet a fait une campagne de
sécurité là-dessus pour dire : Blâmez pas Jacques, là, qu'il s'appelait,
blâmez pas Jacques, pour signifier aux utilisateurs et aux gens qu'un enfant
sur un véhicule d'adulte ce n'est vraiment pas sécuritaire. Donc, c'est pour ça
qu'on demande que ça soit avec des véhicules adaptés.
Puis c'est sûr que, mon fils ou mon petit-fils,
à trois, quatre ans, s'il conduit un véhicule électrique ou que s'il a un VTT en bas âge, je vais m'asseoir sur le
balcon, je vais le surveiller, même, je vais essayer d'être sur le
terrain avec. Mais, à 14 ans, là, je n'irai plus m'asseoir sur la galerie,
là. Ça fait que c'est pour ça qu'on dit : assurer la relève de l'activité
et assurer la venue de nouveaux bénévoles aussi. C'est pour ça qu'on demande
cet âge-là, le retour de cet âge-là, parce que ce n'était pas une clientèle qui
était problématique à l'époque.
Bonnardel : Oui, je
vous écoute, je vous suis, là, mais vous ne pensez pas... Puis je connais un
peu plus la marque Bombardier, là, puis, en tout respect pour ceux qui aiment
Arctic Cat, Polaris et les autres, là, mais, à 14 ans, les véhicules d'entrée, là, pour Bombardier...
Corrigez-moi, là, mais, que je me souvienne, encore aujourd'hui, le
petit modèle Tundra, là, c'est une machine qui pèse 450, presque
500 livres. 14 ans, tout dépend comment tu grandis, quelle grosseur que tu as, ça reste, pour moi, une
machine d'adulte quand même, parce
qu'il y a un monde de différence entre
une machine d'enfant... Puis là on ne pourrait même pas aller dans les sentiers
avec. C'est pour ça que j'ai de la misère à voir, là, que présentement...
Dans ce que les compagnies proposent à ces jeunes, je ne pense pas qu'il y a
une motoneige, selon moi, qui est... puis encore moins, selon moi, de VTT,
qui, pour la plupart, sont aussi hauts qu'une motoneige.
En tout cas, je prends
votre point comme analyse. Mais, vous savez, votre réflexion, j'ai la même pour
le permis de moto puis je me questionne,
avec la SAAQ, en me disant : Pour moi, c'est indéniable qu'un jeune de 16,
17 ans, 18 ans qui va chercher son permis de moto puis qui embarque directement
sur un GSX 1100, un Ninja 1000 qui a 175 chevaux-vapeur, ça ne
marche pas, ça ne marche pas, là. Il doit y avoir une progression. J'en
conviens, que vous êtes un peu sur cet angle. Mais on va devoir l'évaluer
fortement, là, pour être capable de voir quelle sorte de marché, quelles sortes
de machines les concessionnaires puis les compagnies proposent. Corrigez-moi,
là, si je suis dans le champ, là, mais...
M. Gagnon (Danny) : C'est sûr que le
quad et la motoneige, c'est deux véhicules vraiment différents. Je suis
content de voir que vous connaissiez bien votre marché, parce que vous
connaissiez les motos, puis tout ça. Mais l'industrie, là, peut offrir facilement
des véhicules de 250 cc à des poids très convenables pour des jeunes
utilisateurs, là. Tu sais, il y a déjà eu, dans le passé, des véhicules de 200,
250 cc qui pourraient permettre la randonnée pour des jeunes, des
véhicules qui sont beaucoup plus petits, qui sont mieux adaptés à leur âge.
Donc, l'industrie a un vaste choix, c'est juste d'ouvrir la porte au niveau de
la loi, puis je pense que le marché va s'ajuster puis les fabricants vont
s'ajuster. Bombardier a déjà un véhicule VTT... a déjà eu un véhicule VTT de
200 cc, là, qui était le Rally, qui était un véhicule léger adapté pour
des jeunes.
Bonnardel : Bien,
j'ai deux autres questions pour vous, avant de passer la parole à mon
collègue, à mon adjoint.
L'article 24, vous parlez que le terme «guide»
soit remplacé par «guide touristique» ou «guide d'entreprise». Vous voyez un
problème dans la sémantique ou la définition, juste, de «guide»?
M. Gagnon (Danny) : Oui, parce que
j'ai des clubs, là, qui m'ont envoyé des grands sémantiques en disant... avec
les définitions du dictionnaire sur le mot «guide», puis ça les inquiète beaucoup.
Parce qu'eux, quand on fait des événements au travers le Québec, souvent, les randonnées
sont guidées pour éviter aux gens de se perdre, puis avoir une journée agréable. Mais on parle de l'ordre de 50, 60,
80 personnes dans des activités courantes de club, là, puis qui sont encadrées par des agents de
surveillance de sentier. Donc, ça, c'est vraiment une inquiétude de la part
des clubs, de dire : Aïe! il va-tu falloir qu'on ait une formation pour
faire des activités à l'interne au niveau de nos clubs? Donc, c'est vraiment un
élément qui est assez important pour les clubs, là, beaucoup de questionnements
là-dessus.
Bonnardel :
Dernière question, M. Gagnon. À l'article 54, vous souhaitez qu'on amène
ou qu'on porte le poids maximal des véhicules hors route à 950 kilos, la
largeur maximale de ces machines à 1,67. Expliquez-moi pourquoi. Est-ce que
c'est parce que les concessionnaires ou les compagnies font de plus grosses
machines ou plus fortes, puis c'est là que
vous voulez suivre le marché? Est-ce qu'on n'endommagera pas plus le réseau, si
c'est comme ça, les ponts, les petits viaducs que nous faisons? Encore
une fois, corrigez-moi.
M. Gagnon
(Danny) : C'est ça. C'est
sûr que... Premièrement, les véhicules, là, les manufacturiers, malheureusement, ont respecté la règle de
64 pouces, mais ce qui arrive, c'est que, de la façon que c'est écrit, les
véhicules, ils ne mesurent pas 64 pouces, les véhicules, ils mesurent 65
et 66. Si on prend la carrosserie...
Bonnardel : Quand
vous dites 64, 65, c'est les VTT ou c'est les... Ce n'est pas les motoneiges,
M. Gagnon (Danny) : Non, les
autoquads...
Bonnardel : Les
autos, c'est ça.
M. Gagnon (Danny) : Les côte à côte,
O.K.? Puis ils veulent... Ça fait que, là, tu sais, comme là, il y a un
fabricant, Yamaha, qui vient d'introduire un nouveau véhicule. Bon, il mesure
64 pouces. Mais, quand on le met au sol, il mesure 66 parce que le
ballonnement des pneus l'amène à 66. Ce n'est pas... ça fait que... Puis ça,
là, c'est une réalité dans le marché, ça
fait depuis 2014 que des véhicules de ce type-là, où des problématiques
liées aux suspensions, liées aux pneus... sont sur le terrain déjà, là.
Les clubs, ils les ont déjà. Donc, si on les amène...
Moi, j'ai une
résolution de mon conseil
d'administration pour les amener à
66 pouces maximum, sans tolérance. Puis on va aviser tous
nos gens, là, que, tout ce qui excède 66 pouces, il va y avoir un constat,
là. On veut vraiment que le marché s'adapte
à ça. Et on a eu des discussions avec l'ensemble des fabricants aussi à ce niveau-là, et la tendance mondiale sur la fabrication de ces véhicules-là
est de 65 pouces.
Bonnardel : O.K.
Puis dernière question. Vous voulez qu'on réglemente par chevaux-vapeur au lieu
d'un nombre maximal de cylindrées. C'est une nouvelle approche, ça?
M. Gagnon (Danny) : Oui. Bien, c'est
une nouvelle approche... ce n'est pas la première fois qu'on le demande, là. On l'a demandé dans plusieurs
mémoires, là, ça n'a jamais été retenu. Mais, vous savez, on est dans
une industrie de haute technologie, là. Les moteurs de VTT, aujourd'hui, puis
les moteurs de motoneiges quatre temps, là, c'est des moteurs de
formule 1 au niveau de la technologie, là. C'est des moteurs très avancés
en technologie. Et, 1 000 cc, là, on est déjà rendu à 185 forces
de moteur dans des côte à côte. Donc, à un moment donné, il faut arrêter. Puis
1 000 cc... Les formules 1, ils ont 1 500 et ils ont
900 forces de moteur. Ça fait que 1 000 cc, là, dans une industrie de haute technologie comme celle-ci, là, on ne
vient pas limiter la puissance des moteurs, on vient limiter la cylindrée, mais
on continue à être en hausse de performance pour ces types de véhicules là.
Bonnardel :
M. Gagnon, je vais laisser la parole à mon adjoint. Merci.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. le ministre. Donc, le député de
Beauharnois. M. le député, il reste 4 min 50 s.
Reid :
Merci, Mme la Présidente. M. Gagnon, bonjour. Merci d'être là en virtuel. Écoutez, moi,
j'aimerais vous entendre, à la
section III,
article 25, où vous parlez d'un programme d'assurance menacé, où vous parlez de libre choix,
puis vous dites : «...depuis deux ans, [il y a] recrudescence importante
du taux de délinquance relativement à l'absence d'assurance de responsabilité
civile.» Et là vous dites que le programme est menacé. Je ne suis pas familier
avec votre industrie puis j'aimerais un petit peu plus de détails à ce
niveau-là. Qu'est-ce que vous entendez par ce qui est écrit dans ce paragraphe-là?
M. Gagnon (Danny) : Bien, c'est
qu'on veut... puis ce qu'on demande, là, vraiment, là... L'élément clé, là,
c'est que présentement l'AMF nous demande de laisser le libre choix, donc on
laisse le libre choix, les gens, ils l'achètent, puis on rembourse, s'ils
sont... s'ils fournissent une preuve d'assurance, on les rembourse, on leur
rembourse 42 $. On a négocié un programme avantageux pour l'ensemble des
membres du Québec, et ça aussi, ça contribue,
quant tu as... Plus qu'on a de membres d'assurés avec l'assureur, avec le programme,
bien, ça contribue à payer la prime d'assurance, aussi, des clubs. Donc,
vraiment, ça redonne 500 000 $, environ, dans le milieu.
Et là, bien, avec le... Ce qu'on demande, nous,
c'est que, lorsqu'un assureur... lorsqu'un utilisateur cancelle sa police d'assurance, on demande que la compagnie
d'assurance de cet assuré-là nous avise que l'assurance n'est pas
valide, nous avise que l'assurance n'est pas valide, de façon à vraiment maintenir
l'avantage du programme en place puis maintenir le support aux clubs que ce
programme-là amène.
Parce que,
là, avec le libre choix, on a de plus en plus de résiliations. Tu sais,
motoneiges, dans le temps, il y avait comme 3 000 résiliations
par année; je pense qu'ils sont rendus à 10 000, 15 000. Nous, on est
à 10 000, 15 000, aussi, de
résiliations. Donc, à un moment donné, l'assureur va dire : Non, non, on revient à
l'ancienne formule, puis là, bien,
les clubs vont repayer de l'assurance, puis ça va leur coûter entre
500 000 $ et 600 000 $, 700 000 $. Ça fait
qu'on...
M. Reid : Mais, à
travers ça, vous dites qu'il y a une délinquance, en fait, au niveau de l'absence
d'assurance responsabilité civile, c'est-à-dire qu'ils ne s'assurent pas,
carrément?
M. Gagnon (Danny) : Oui. Il y
en a qui ne s'assurent pas, carrément, là. La recrudescence, elle est là de
plus en plus. Puis aussi, bien, vu qu'on n'est pas formés, on reçoit des
papiers qu'il y a n'importe quoi, là. Tu sais, quand les gens demandent la
résiliation de leur police, bien, ça, c'est directement avec l'assureur, ce
n'est pas nous qui faisons le remboursement. Mais ça amène une augmentation de
gens qui circulent en sentier sans être assurés.
M. Reid :
Parfait, merci. Je vais céder la parole à mon collègue.
La Présidente
(Mme Grondin) : ...nous poursuivons avec le député de
Bourget. M. le député, il reste deux minutes.
M. Campeau : Bonjour, M. Gagnon.
Dans le même ordre d'idées, qu'est-ce que vous faites, qu'est-ce que votre
association fait pour les délinquants? Est-ce qu'il y a moyen de les dénoncer?
Est-ce qu'il y a moyen de les arrêter sur place? Est-ce qu'il y a quelque chose
que vous pouvez faire?
M. Gagnon
(Danny) : Présentement, on a
des agents de surveillance de sentiers, on a deux catégories
d'agents de surveillance qui sont formés par l'École nationale de police, donc
qui sont habilités à appliquer la loi. Puis on salue la décision de permettre à
ces agents-là de vérifier le permis de conduire. Donc, on est capables
d'émettre des constats et on est capables aussi de... Puis on a une entente de partenariat
avec la Sûreté du Québec. Au lieu que les constats soient directement émis
journalièrement, on a un délégué dans chacun des postes du Québec, à la Sûreté,
qui va émettre les constats pour nous dès qu'on remet notre rapport.
M. Campeau : Autre question, très
générale, c'est : Est-ce que vous avez des craintes que... ou, en fait,
que ce soit pour, en faveur ou contre, là, par rapport au tourisme? Ce projet
de loi là, voyez-vous que ça va aider le tourisme, nuire au tourisme ou...
Comment vous voyez ça?
M. Gagnon
(Danny) : Bien, ça peut
aider le tourisme parce que ça va les sécuriser. Parce que, vous savez,
être un guide de montagne, en Europe, là,
c'est quasiment un an d'études, là. Ça fait qu'être un guide de motoneige,
ce n'est pas bien, bien d'études, ou
un guide de quad, ce n'est pas beaucoup d'études, c'est : Regarde, le gaz est là, le
brake est là.
Ça fait que c'est sûr que nous, on va... Moi, d'ailleurs,
je vais siéger sur ce comité-là. Nous, ce qu'on va préconiser, c'est une légère
formation de conduite, pour bien comprendre le comportement des véhicules, et
aussi un léger encadrement sur la loi, expliquer la loi, sur des détails qui ne
sont pas nécessairement expliqués aux touristes. Moi, j'ai déjà été guide touristique, ça fait que je le sais. Et
aussi aider les guides à faire de la gestion de groupe. Parce que tu as
beau être guide, là, s'il y en a un qui a payé 4 000 $ pour faire son
voyage de motoneige puis qui a décidé de dépasser le guide, là, tu es dans le
trouble. Ça fait que ça, c'est des éléments qu'il faut améliorer au niveau de
la formation des guides, de la gestion des groupes.
La Présidente (Mme
Grondin) : Merci, M. Gagnon. Nous allons poursuivre les
échanges avec l'opposition officielle. M. le député de Mont-Royal—Outremont, vous avez 11 minutes.
Arcand : Merci, Mme
la Présidente. Bonjour, M. Gagnon, c'est un grand plaisir de vous recevoir aujourd'hui. Vous dites, dans votre document, que vous avez 404 000 véhicules, qu'il y a
404 000 véhicules hors route de type quad en circulation. Si
on regarde l'état actuel, il y a combien de... à votre avis, chez... il n'y a
probablement pas de statistique précise, là, mais des jeunes de 14 à 16 ans qui en utilisent, est-ce que
c'est un grand nombre, actuellement, d'après ce que vous savez?
M. Gagnon (Danny) : Bien, actuellement...
Ah! il n'y a pas vraiment de statistique, mais à l'époque, là, quand on était... on donnait à des jeunes de
14 ans, on donnait aux alentours de 4 000 cours de conduite par
année à des jeunes de 14 ans,
là. Là, maintenant, on donne... ce n'est plus des jeunes de
14 ans, là, maintenant, ce qu'on donne comme formation, c'est des adultes qui conduisent un
quad modifié pour transporter un passager, on en donne 2 500 par
année.
Mais c'est sûr que les jeunes, là, ils les
utilisent pareil, les VTT. Allez dans les campings, allez partout, l'été, vous
allez les voir circuler. Ils circulent pas de casque, ils n'ont jamais été
sensibilisés à la sécurité de ces véhicules-là, ils n'ont pas de connaissances
sur le comportement des véhicules. Vous savez, un véhicule hors route, là,
quand on freine, là, avec un VTT, là, il faut freiner avec les roues droites.
On ne peut pas freiner avec le guidon tourné. Ça, c'est des techniques qu'on
met en scène, on leur fait pratiquer en formation de conduite. C'est des
éléments qui contribuent à améliorer la
sécurité. Parce que, dès qu'on freine... freinage d'urgence avec le guidon
tourné, on capote. Donc, c'est toutes des... ça contribue à
l'amélioration de développer des réflexes naturels.
Puis, vous
savez, au Québec — malheureusement,
c'est le Québec, là — les
jeunes de 10 ans, ils conduisent des tracteurs sur les fermes, ils
conduisent tout. Ça fait que, nous, ce qu'on veut, c'est améliorer le bilan de
sécurité sur les jeunes. C'est pour ça qu'on
demande que ce soit avec un véhicule adapté, parce que les accidents sur les
jeunes, c'est avec des véhicules d'adultes, qui ne sont pas conformes,
en lien avec le poids du jeune puis le poids du véhicule. Parce que les
véhicules tout-terrain qui sont munis de pneus à basse pression, le
comportement du conducteur est pour 80 % de la stabilité du véhicule.
Donc, c'est très, très important d'avoir une bonne formation puis de connaître
les déplacements de poids sur le véhicule afin d'influencer le comportement.
Arcand : O.K.
Est-ce que je vous cite correctement en disant que... Ce que je comprends de ce
que vous nous dites, c'est que, compte tenu que les deux causes
principales, c'est toujours la vitesse puis c'est l'alcool, que ce n'est pas nécessairement le problème majeur, de 14
à 16 ans, que ça peut... que c'est souvent plus... des jeunes qui
sont plus âgés, disons, qui... c'est plus entre 16 et 24, probablement, que les
accidents se font plus. Est-ce que c'est un peu ça qui est derrière votre
pensée actuellement?
M. Gagnon (Danny) : ...il y a très,
très peu d'accidents avec des jeunes, là, de moins de... de 14 ans, là, il
y a très peu d'accidents. Malheureusement,
quand il y en a un, on en entend parler plus parce que c'est vraiment un
jeune, puis tout, un jeune, là. Mais il y en a peu, là, d'accidents, avec des
jeunes, là. Si vous prenez les statistiques, ce n'est pas à cet âge-là qu'il y a des accidents. Les statistiques démontrent
très clairement que c'est en haut de 25 ans et plus, là, puis c'est
surtout vitesse, et alcool, et non-port des équipements obligatoires, là, dans
le cas des VTT, beaucoup le non-port des équipements obligatoires, les gens,
ils circulent sans porter de casque, tu sais?
Arcand : O.K. Mais
je vois que le ministre n'est pas nécessairement prêt à, nécessairement,
changer actuellement cela. On verra, lors de l'étude du projet de loi en
détail. Mais est-ce qu'il y a une recommandation supplémentaire que vous feriez? Admettons que, demain matin, on
dit : Écoutez, on laisse aux jeunes de 14 ans, est-ce qu'il y
a un encadrement supplémentaire que vous suggérez?
M. Gagnon (Danny) : On pourrait
mettre un encadrement supplémentaire au niveau des agents de surveillance de
club, tout ça. Puis, bien, les jeunes, peut-être aussi l'obligation de circuler
avec un adulte, là, tu sais, circuler avec un adulte, là, de façon à ce que
l'activité se pratique en famille mais se pratique de façon sécuritaire, avec
des jeunes de 14 ans, dans un réseau de sentiers encadré, où on a prévu
les courbes, on a signalisé les courbes, les pentes, donc vraiment de quoi de
plus sécuritaire.
Arcand : Donc, si
je vous comprends bien, en fait, s'il y avait quelqu'un qui accompagnait,
finalement, ce jeune-là, c'est ça? C'est un peu ce que vous nous dites
actuellement?
M. Gagnon (Danny) : Oui. Un
accompagnateur adulte.
Arcand :
Parfait. Merci. Sur la question de l'assurance, je veux juste que vous me
réexpliquiez un peu l'enjeu. Vous dites que les gens n'ont pas beaucoup... en
fait, il y a beaucoup de gens qui n'ont pas d'assurance sur la responsabilité civile, entre autres. Est-ce que c'est ça qui
est le principal problème? Est-ce que vous verriez que ce soit quelque chose
d'obligatoire? Ou comment vous...
M. Gagnon
(Danny) : ...obligatoire au niveau de la loi, mais bien des gens
disent : Ah! c'est un véhicule hors route. Il y a eu aussi beaucoup de
désinformation, là, au niveau des assureurs. Il y a des assureurs et des gens
d'assurance qui informaient... Déjà, j'ai déjà vu, moi, même au cabinet du
ministre, un courtier d'assurance dire au ministre : Bien, les VTT, ils
n'ont pas besoin d'être assurés, ils sont assurés avec le cabanon. Non, non,
les VTT, ce n'est pas assuré avec le cabanon, là, ça prend une police
d'assurance responsabilité civile. Ça fait qu'il y a beaucoup de gens que leur
véhicule de VTT, il n'est pas assuré.
Puis nous, dans le
cadre du programme, le droit d'accès est obligatoire à l'achat du droit
d'accès. Donc, les gens, ils l'achètent puis ils le paient, au coût de
42 $, mais ils le résilient, il y a la possibilité de le résilier, donc,
puis c'est superfacile à résilier, là, ça se fait en ligne. Donc, vraiment, ce
qu'on demandait, nous autres, c'est que... dans les règles de l'AMF, c'est que,
oui, vous voulez avoir le libre choix, on est d'accord avec ça, mais, dès
qu'une personne résilie ou résilie sa police d'assurance, on veut être avisés.
Ce qui n'est pas le cas, là, de tous les assureurs. On voudrait que l'ensemble
des assureurs avisent, nous avisent que tel client a résilié sa police
d'assurance ou est arrivé sa date de fin, il n'a pas renouvelé, de façon à
limiter la délinquance au niveau de l'assurance.
Arcand :
O.K. La question aussi, c'est... vous parlez des agents de surveillance, là on
parle, évidemment, d'amendes qui vont être plus importantes. Vous parlez des
agents de surveillance, vous parlez des trois catégories, là, qui
existent, les agents spécialisés, les agents de surveillance. Par rapport à la situation
actuelle que l'on vit, et si on prend pour acquis qu'éventuellement ce projet
de loi là risque d'être adopté dans les semaines qui viennent, est-ce que ça
change la vie des agents de surveillance de façon importante? Vous ne semblez
pas réclamer plus de pouvoirs de la part des agents de surveillance, vous...
Est-ce que ça complique un peu la vie? Est-ce que ça leur donne des outils?
Comment vous évaluez ces éléments-là? Est-ce que vous prenez pour acquis qu'il
y a à peu près juste les agents de la Sûreté du Québec ou, enfin, les gens...
les policiers vont être en mesure de donner les amendes comme telles? Est-ce
que vous voyez beaucoup de différences par rapport à ce qui existe
actuellement?
M. Gagnon
(Danny) : Bien, nous, on a comme peut-être prévu le coup, là, parce que,
voilà deux ans, on a fait une réforme
sur les agents, on a fait une étude sur le profil des agents. Donc, vraiment,
la catégorie 1, qui est l'agent de club, c'est une
personne qui va être plus dédiée à la sécurité des utilisateurs, indiquer les
défauts de signalisation, les trous dans le sentier, être un ambassadeur de son
club, informer les gens. Ça, c'est la catégorie des clubs.
Et les agents
spécialisés, c'est des agents qui sont formés pour l'application de la
Loi sur
les véhicules hors route. Donc, eux, ils sont formés par l'École nationale de police. On a créé un
partenariat avec l'École nationale de police. Parce qu'avant ça tu
allais suivre ton cours d'agent de surveillance de sentiers puis tu étais
accepté. Maintenant, avec l'École nationale de police, pour les
deux catégories... bien, les catégories 2 et 3, bien, si le gars, il
ne passe pas l'examen de l'École nationale de police, il ne devient pas agent
de surveillance de sentiers.
Puis les gens qui
s'inscrivent à la formation spécialisée ou provinciaux, ce sont des gens qui
ont un profil psychologique ou un profil d'application de la loi, donc on est...
Puis, avant ce dernier projet de loi là, ils n'avaient pas le droit de demander
un permis de conduire, donc ils n'avaient pas le droit d'avoir une
identification formelle des contrevenants. Maintenant, avec le nouveau projet
de loi, ce qui change leur vie, c'est qu'ils ont accès au permis de conduire,
donc ils vont être capables d'émettre... de faire émettre des constats.
Et l'autre élément
aussi qui est important, c'est... Nous, on encadre un réseau de sentiers. Des
fois, on voit un délinquant, à côté du sentier ou dans un champ où... — on a
des problématiques un peu partout au Québec — on ne pouvait pas intervenir,
on n'avait pas le droit d'intervenir. Donc, ça, c'était une problématique
importante. Parce que, des fois, on a des
propriétaires terriens qui nous disent : Bien là, moi, j'ai de la
délinquance sur ma propriété, mais pas dans le sentier, elle est ailleurs sur ma ferme, elle est ailleurs, sur mon...
tu sais, ils vont à ma cabane à sucre ou ils vont ça. Puis on ne pouvait pas y aller, avant. Ça fait que ça, pour les agents provinciaux, c'est un
changement important parce
qu'on va pouvoir contribuer à aider nos cédants de droits de passage à encadrer
mieux les délinquants puis à intervenir.
M. Arcand : Est-ce
que vous pensez que ça va
prendre plus de monde, éventuellement, pour faire régner l'ordre une fois que le projet
de loi sera adopté?
M. Gagnon
(Danny) : Bien, éventuellement, ça va prendre...
Présidente (Mme Grondin) : M. Gagnon, je vous invite à
répondre, il vous reste à peine 30 secondes.
M. Gagnon
(Danny) : Effectivement, éventuellement, ça va prendre plus d'agents.
Mais la formation est continuelle. Là, présentement, on est un petit peu arrêtés à cause de la... ralentis à cause de la
COVID, là, mais, vraiment, oui, on va avoir plus d'agents. Puis il y a
plus d'agents qui sont intéressés à l'application de la loi aussi.
M. Arcand :
J'ai peut-être le temps, vite. La fédération des motoneiges demande une largeur
de 1,28 mètre. BRP ont la même position
que vous, ils disent 1,68 mètre. Est-ce
qu'il faudrait préciser, dans le projet de loi, les types de véhicule ou dans un futur règlement? En tout cas, est-ce
que vous voyez ça d'une façon positive?
M. Gagnon (Danny) : Oui, c'est
positif. Puis il faut préciser dans le type de véhicule.
Présidente (Mme Grondin) : Merci beaucoup,
M. Gagnon. Merci beaucoup. Donc, nous poursuivons les échanges avec la deuxième
opposition. Mme la députée de Mercier, vous avez 2 min 45 s.
Mme Ghazal : Merci, Mme
la Présidente. Merci beaucoup, monsieur, pour votre présentation. J'aimerais que vous
m'expliquiez un peu mieux, à l'article 15, ce que vous dites dans votre mémoire,
parce que je ne connais pas très bien ça. Vous dites qu'il faudrait qu'il y ait une modification à cet article-là, qu'il y ait des précisions pour y
intégrer l'obligation du promoteur d'obtenir un engagement
écrit et signé. Puis vous dites que ce type d'engagement est parfois
pris à votre insu par des tiers qui devraient avoir la transparence, pour ne
pas dire la décence, de vous consulter avant d'engager vos fonds. Peut-être
m'expliquer par un exemple concret, c'est quoi, la problématique qui est là.
M. Gagnon (Danny) : Bien, je
vais vous donner un exemple. C'est que les clubs de quad ou les clubs de
motoneige, les municipalités, les MRC peuvent faire des demandes d'aide
financière au programme du ministère des Transports, le programme MTQ faune infrastructures, et ils
doivent, quand ils déposent leur projet, déposer un montage financier. Ça
fait que, là, ils ne nous appellent pas puis ils disent : O.K. La fédération
des clubs quads, elle va mettre 25 000 $, tu sais?
Puis là, justement, tout récemment, j'ai ville
de Forestville qui ont été accordés pour un projet de 500 000 $. Moi,
je ne suis pas au courant. J'ai une rencontre avec la mairesse, elle dit :
Là, vous autres, les quads, il faut que vous potez 50 000 $. Dans ça,
on a mis votre montant à 50 000 $. Les deux clubs de motoneige,
ils mettent 25 000 $, puis, vous, vous devez mettre
50 000 $. Donc, moi, là, je ne suis pas au courant, donc, puis là,
bien, quand j'arrive à mon C.A. avec ça, il dit : Là, crime, on n'est pas
pour passer pour des tatas. Ça fait qu'on va le mettre, le 50 000 $, mais là, crime, on est pris à supprimer des projets dédiés pour la fédération pour supporter nos clubs. Puis ça,
c'est de même dans tous les cas, là,
que ça soit un club de motoneige qui fasse une demande de subvention sur ce
programme-là... il met une cote et, s'il décide que le club met
20 000 $, ils mettent 20 000 $ pour le quad puis ils ne
nous en parlent jamais. À un moment donné, ça ne marche pas, là.
Mme Ghazal : Mais vous finissez
par payer quand même? C'est ce que je comprends.
M. Gagnon (Danny) : On finit
par payer, mais on n'a pas d'argent pour payer. Ça fait qu'on paie, là, mais on
affecte d'autres projets, là, tu sais?
Mme Ghazal : O.K. Donc, vous voulez que ça soit mieux précisé
dans la loi. Je ne sais pas si j'ai le temps pour une...
La Présidente
(Mme Grondin) : Il reste 30 secondes.
Mme Ghazal : O.K. Puis je
voulais savoir, est-ce qu'il y a comme des cas où c'est possible... Est-ce que,
par exemple, vous auriez une ouverture pour que, dans ce type de sentier là, il
y ait des endroits où des piétons peuvent traverser, parce qu'en ce moment
c'est totalement interdit, totalement, et de baisser la vitesse pour
permettre... pour toutes sortes de raisons que je n'aurai pas le temps d'expliquer,
que des piétons puissent traverser puis qu'on abaisse la vitesse? Est-ce que
c'est quelque chose pour laquelle vous auriez une ouverture ou vous, vous
voulez que ce soit interdit totalement, à jamais?
M. Gagnon (Danny) : Non, non,
nous, on n'a jamais voulu que ça soit interdit...
La Présidente
(Mme Grondin) : M. Gagnon, je suis désolée, on doit
passer à la troisième... au troisième groupe d'opposition, pardon. M. le député
des Îles-de-la-Madeleine, vous avez 2 min 45 s.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. Gagnon. Très intéressant, votre présentation. Je
ne rentrerai pas avec vous, là, sur les détails des cylindrés et puis de la
puissance des machines, ce n'est pas mon domaine d'expertise, c'est, à
l'évidence, le vôtre. Je voudrais parler de l'âge. Dans votre mémoire, à la
page 3, vous parlez de ramener l'âge minimum de conduite à 14 ans,
mais vous référez à l'article 4.9, là, page 7 du projet de loi, où,
en fait, on dit que, sur des terres privées, le règlement ne s'applique pas.
Donc, ce n'est pas ce à quoi vous faites référence, vous faites vraiment
référence à l'âge minimum, à l'article 16 qui dit que c'est 16 ans
avec un permis de conduire? C'est bien ça que vous voulez?
M. Gagnon (Danny) : C'est ça.
M. Arseneau : Vous voulez
permettre aux jeunes de 14 ans de circuler sur les sentiers?
M. Gagnon (Danny) : Oui.
Exactement. C'est ça.
M. Arseneau : C'est bien ça. Et
le type de formation... parce que vous avez un argumentaire qui me semble fondé
à l'effet que les bonnes pratiques, les bonnes techniques de conduite peuvent
être inculquées aux plus jeunes et être durables dans le temps, là, il vaut
mieux apprendre avec les bonnes façons de faire. Est-ce que vous avez déjà ce
type de formation là qui est donnée? Et puis en quoi ça consiste, si c'est le
cas?
M. Gagnon
(Danny) : O.K. Bien, déjà,
on a déjà ce type de formation là. Nous, on est certifiés par l'American
Safety Institute. Donc, on a eu des instructeurs qui ont été en Californie
suivre leur formation. Ça comprend, à partir du
début, le démarrage, la connaissance des équipements, comment aborder les
virages, les freinages d'urgence, comment aborder les pentes, comment
faire un... mettons qu'on est dans un... si on était dans un pit de sable,
comment faire un virage en U de façon à ce que ça soit sécuritaire, ou
comment... s'il n'y a pas possibilité de faire aucun virage, de comment s'en
sortir de façon sécuritaire sans mettre notre vie en danger puis sans risque.
M. Arseneau : Est-ce que c'est
une formation qui est de longue durée?
M. Gagnon (Danny) : Ça dure
huit heures.
M. Arseneau : Huit heures?
M. Gagnon (Danny) : Ça dure une
journée.
M. Arseneau : D'accord. Une petite... Est-ce que vous êtes en mesure
de faire une comparaison avec la réalité, la conduite des véhicules hors
route à l'extérieur du Québec, ailleurs au Canada?
M. Gagnon (Danny) : Bien, ailleurs
au Canada, c'est comme «free-lance», là, c'est 12 ans, six ans, c'est...
l'âge est beaucoup plus bas que tout le Canada au complet, là. Nouveau-Brunswick,
c'est 12 ans, en Ontario, c'est 12 ans, en Alberta, c'est six ans. On
est les seuls à 16 ans, là, dans tout le Canada.
M. Arseneau : Puis est-ce qu'à
votre connaissance il y a davantage d'accidents ailleurs?
M. Gagnon (Danny) : Je n'ai pas
de statistique sur les accidents ailleurs. Par contre, je sais qu'il y a
plusieurs années, en Alberta, ils ont fait une étude sur les jeunes qui avaient
suivi une formation, pour les suivre dans le temps, avec la Santé publique,
pour voir s'il y avait des accidents, puis le taux d'accidents était
pratiquement...
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci, M.. Merci beaucoup, M. Gagnon.
Donc, je vous remercie pour la contribution à nos travaux.
Je suspends quelques instants afin de permettre aux
représentants de la fédération des clubs de motoneiges du Québec de prendre
place. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 05
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, bonjour. Nous reprenons nos travaux.
Je souhaite maintenant la bienvenue aux
représentants de la fédération des clubs de motoneiges du Québec. Je vous
rappelle, Mme et M., que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, et
par la suite nous allons procéder à la période d'échange avec les membres de la
commission. Je vous invite à vous présenter, chacun d'entre vous. Merci.
Allez-y, la parole est à vous.
Mme Krim (Nacéra) : Bonjour.
Nacéra Krim, de la fédération des clubs de motoneiges.
M. Garneau (Michel) : Bonjour.
Michel Garneau, de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec.
La Présidente
(Mme Grondin) : ...commencer.
Mme Krim (Nacéra) : Merci. M.
le ministre des Transports, Mme la Présidente, chers parlementaires de la commission,
nous souhaitons tout d'abord vous remercier de nous accorder l'opportunité de
nous exprimer lors de ces consultations particulières de ce projet de loi.
Notre fédération est très honorée d'avoir participé à l'élaboration de la
refonte de la loi VHR au même
titre que de nombreux partenaires que vous avez
consultés.
Nous accueillons donc très favorablement ce projet
de loi dans sa globalité. À cet effet, permettez-nous de partager avec vous
quelques recommandations.
M. Garneau (Michel) : Sécurité
des utilisateurs, recommandation 1 : nous vous recommandons de
retirer le mot «concessionnaire» à la fin du premier paragraphe du premier
alinéa de l'article 4 du projet. Le fait que les concessionnaires puissent
se soustraire des exigences de la nouvelle loi, lors d'une démonstration ou
d'un essai, est problématique, pour nous. Plus
précisément, cela ouvre la porte à des pratiques qui pourraient s'avérer
dangereuses. Les démonstrations et essais doivent se faire en plein respect de
l'encadrement légal prévu.
Recommandation 2 : nous vous
recommandons de statuer la largeur maximale d'une motoneige afin qu'elle soit
limitée à 1,28 mètre. Dans le premier paragraphe du premier alinéa de
l'article 54, on indique que «la largeur maximale
d'un véhicule hors route ne doit pas excéder 1,62 mètre», une mesure qui
est nettement supérieure à la limite actuelle de 1,28 mètre. Nos
sentiers sont aménagés en fonction de la limite actuelle. La possibilité de
permettre la circulation de véhicules d'une largeur nettement supérieure...
(panne de son) ...pour les utilisateurs de nos sentiers.
Recommandation 3 : nous vous
recommandons de statuer que la largeur maximale d'un véhicule d'entretien soit
haussée légèrement à 3,7 mètres. Actuellement, certains de nos clubs
utilisent des grattes d'une largeur de 12 pieds ou 3,66 mètres et la
modification proposée permettrait d'accueillir nos équipements actuels.
Recommandation 4 : nous vous
recommandons de faire des «snowbikes» une catégorie unique de VHR. Dans le projet de loi actuel, aucune précision
quant aux classifications des types de véhicules n'est élaborée. Ceci
soulève une préoccupation, pour nous, en raison d'un type de véhicule
communément connu sous le nom «snowbike». Conçus principalement pour une
utilisation hors-piste, leurs caractéristiques de conduite font en sorte qu'ils
ne sont pas compatibles au partage des sentiers avec des motoneiges.
Aujourd'hui, puisque ceux-ci sont immatriculés en tant que motos, nous pouvons leur refuser l'accès aux sentiers. Toutefois, si
un fabricant réussissait à en faire homologuer un en tant que motoneige,
nous perdrions la possibilité de les interdire.
Mme Krim (Nacéra) :
Recommandation 5 : nous recommandons de mettre en place un règlement
qui permettrait de limiter le type de
véhicules circulant sur les sentiers de motoneige localisés dans les emprises
des chemins multiusages.
L'article 67 de ce projet de loi spécifie que «sur les terres publiques,
la circulation des VHR est permise, sous réserve des conditions et
restrictions imposées» par un ensemble de lois. L'objet de cette recommandation
est basé sur la
Loi sur l'aménagement durable du territoire forestier. Plus
précisément, le premier alinéa de l'article 42 a pour effet de permettre
la circulation de tout type de véhicule sur les chemins multiusages.
L'article 42 se poursuit avec l'alinéa
suivant, qui indique que «le ministre peut, pour des raisons d'intérêt public, restreindre, aux conditions qu'il
détermine, l'accès à un chemin multiusage ou en interdire l'accès». À cet
effet, à des fins de sécurité, nous
souhaiterions que le gouvernement mette en place un règlement qui permettrait
de limiter le type de véhicule circulant sur les sentiers localisés dans
l'emprise des chemins multiusages en dehors de la chaussée.
Nos sentiers
sont aménagés, comme l'a rappelé mon collègue, en fonction de pouvoir
accueillir deux motoneiges circulant en sens inverse. La possibilité de
nous y... que nous y retrouvions un véhicule d'une largeur supérieure ou encore
aux caractéristiques de conduite dramatiques différentes met la sécurité de
tous les utilisateurs en danger. Une collision
entre une motoneige et un véhicule de largeur et de poids nettement supérieurs
pourrait facilement être fatale pour les motoneigistes.
Sécurité du réseau. Les sentiers demeurent
actuellement l'endroit le plus sécuritaire pour la pratique de la motoneige. Il faut donc être en mesure de pouvoir
continuer à offrir un réseau de sentiers qui est sécuritairement
aménagé, signalisé et entretenu. Il faut ainsi prévoir un niveau de financement
adéquat pour son entretien et son maintien.
Recommandation 6 : nous recommandons
que seuls les programmes d'aide financière visant l'assistance des clubs
d'utilisateurs de véhicules hors route, le développement et l'entretien des
infrastructures pour ces véhicules ou la protection de la faune et des habitats
fauniques soient financés par le FARR, et ce, dans les proportions actuelles.
Recommandation 7 : nous
recommandons que les programmes d'aide financière à l'abandon des
véhicules hors route non performants sur le
plan environnemental ou encourageant le remplacement à l'acquisition de
véhicules plus performants sur le plan environnemental soient financés par le
fonds électrique et de changements climatiques.
Recommandation 8 : nous recommandons
que les deux programmes nommés aux troisième et quatrième paragraphes du premier
alinéa de l'article 15 devraient être financés par une majoration sur la
ponction faite sur les droits perçus sur l'immatriculation des VHR. Nous
appuyons les deux programmes cités ci-dessus. Toutefois, pour des raisons indiquées précédemment, le financement
de ceci ne doit pas compromettre les investissements
sur le réseau. Une majoration sur la ponction permettrait de financer
lesdits programmes.
Enfin, pour revenir brièvement à la
problématique liée au premier alinéa de l'article 42 de la LADTF, l'accès
universel à un chemin multiusage empêche les clubs de tarifer les utilisateurs
des sentiers qui s'y retrouvent. Rappelons
que les coûts d'aménagement et d'entretien de ces sentiers représentent des
dépenses majeures pour les clubs en question, le tout sans en retirer un
bénéfice financier. En outre, dans de nombreux cas, si l'entretien de certains chemins forestiers historiquement non déneigés
n'était pas assuré par... (panne de
son) ...l'accès pour les autres
utilisateurs... (panne de son) ...impossible.
Alors qu'un important travail a été fait par le
MFFP, ces deux dernières années, afin de permettre de tarifer sur certains
chemins multiusages en fonction de leur classe, nous comptons toujours plus de
2 500 kilomètres de sentiers sur lesquels nous ne pouvons pas tarifer
les motoneigistes qui les utilisent.
M. Garneau (Michel) :
Recommandation 9 : nous recommandons que la prochaine LVHR fournisse tous
les outils nécessaires à nos agents de surveillance et aux agents de la paix
afin d'assurer que les systèmes d'échappement modifiés puissent être éliminés
de nos sentiers.
La sécurité à
long terme de notre réseau comporte des éléments non monétaires. Nous parlons
ici de la préservation des droits de passage, qui sont accordés par des
propriétaires fonciers généreux, lesdites permissions nous permettant d'y
aménager des sentiers. Avec plus de 16 000 kilomètres de sentiers
situés sur des terres privées, le maintien de ces droits de passage est un élément
critique à sa pérennité ainsi qu'à notre industrie.
Depuis
de nombreuses années, la rétention et l'obtention des droits de passage sont de
plus en plus problématiques, et ce, en grande
partie dû à la nuisance
causée par les niveaux sonores excessifs produits par certaines motoneiges. La
source du problème est l'utilisation de systèmes d'échappement modifiés.
Ceux-ci n'ayant pas à respecter des normes sonores, comme c'est le cas avec les
systèmes d'origine, sont bruyants à un tel point qu'ils briment la qualité de vie des propriétaires fonciers et autres
riverains. Il faudra donc prévoir la mise en place d'un encadrement légal
qui est à la fois efficace et simple à
utiliser. En absence d'une résolution positive de cet enjeu, la pérennité à
long terme de notre réseau est vouée
à l'échec. Tout aussi important, la qualité de vie et la quiétude des citoyens
continueront à être brimées.
Sécurité de l'environnement. La sécurité de
l'environnement est un autre enjeu crucial. Dans les faits, la superbe opportunité
d'interagir de façon intime et personnelle avec l'environnement motive bon
nombre de motoneigistes à pratiquer ce loisir. Il va de soi que la préservation
de notre faune et flore est l'un des éléments que nous aimerions voir renforcir
davantage.
La Présidente (Mme Grondin) : Je vous invite... M. Garneau, je vous invite
à terminer. Il vous reste 30 secondes.
M. Garneau
(Michel) : Nous recommandons
que la sanction liée à la contravention du premier... du deuxième alinéa
de l'article 47 soit augmentée. Et enfin, notre... Deux autres. Nous
recommandons que les sanctions pénales monétaires
que l'on retrouve dans le projet de
loi, notamment dans les
articles 111 à 113, soient transférées au règlement.
Et la toute
dernière : nous recommandons que l'expression «qu'elle porte les plaques
d'immatriculation valides de ce lieu» soit retirée du quatrième paragraphe
du premier alinéa de l'article 14 du Règlement sur l'immatriculation des
véhicules routiers. Merci.
La Présidente
(Mme Grondin) : Merci. Merci beaucoup, Mme Krim,
M. Garneau. Nous allons amorcer la période d'échange avec le ministre. M.
le ministre.
M. Bonnardel :
Bonjour. Merci, Mme la Présidente. Bonjour à vous deux. Merci d'être là. Vous
avez fait ça de façon très concise. Je commencerais par... Encore une fois, je
suis accompagné de mes collègues, je vais leur laisser la parole aussi, là, mon
adjoint parlementaire et le député de Bourget.
Mon premier point, puis un qui m'interpelle énormément,
c'est le bruit excessif. Quand je dis «bruit excessif», c'est tuyau
d'échappement. J'ai été très souvent en sentier, j'ai vu beaucoup de motoneiges
et de VTT qui ont des tuyaux d'échappement modifiés. Ici, cela apporte beaucoup,
beaucoup, beaucoup de problèmes pour ceux qui habitent proche, que ce soit
quand on est couché à 10 h 30 le soir, puis on entend quelqu'un
arriver à trois kilomètres parce que le tuyau d'échappement est modifié. Bien,
la nuisance, là, le principal problème, selon moi, c'est ça.
Vous dites, dans votre recommandation 9 :
«...[fournit] tous les outils nécessaires [aux] agents de surveillance». Je
pense que vous avez vu, dans la loi, que je souhaitais que nous soyons le plus
sévères possible. On a augmenté les amendes. On donne la possibilité à l'agent
de la paix, en vertu de l'article 63, d'exiger que le véhicule soit
conduit dans un endroit convenable et retenu aux frais du propriétaire jusqu'à...
la situation ait été corrigée. On donne des
amendes aux réparateurs qui contreviennent à l'article 63, des
amendes, comme je le mentionnais, donc, au propriétaire, au conducteur
qui contrevient à l'article 63.
Est-ce que je n'en fais pas assez, selon vous,
là, ou... Quand vous dites «fournir tous les outils», je pense que je vais
assez loin, parce que, pour moi, ça reste le principal fléau dans nos sentiers,
au Québec, tuyau d'échappement modifié, que ce soit ceux qui les vendent en
magasin ou ceux qui les commandent sur Internet puis qui les installent
eux-mêmes. Il faut mettre fin à ça, le plus possible, en tout cas. Donc, est-ce
que j'oublie quelque chose?
M. Garneau (Michel) : Dans un
premier temps, nous souhaitons vous remercier pour votre conscientisation de la
problématique. C'est beau de voir quelqu'un qui reconnaît l'ampleur du problème.
C'est certain que c'est un enjeu sérieux pour nous.
Pour répondre à votre question, on a discuté de
la chose avec des gens... de nos patrouilleurs, de nos agents de surveillance,
et il y a une certaine inquiétude au niveau de l'application de la loi. Là, je
ne suis pas un juriste, nous ne sommes pas des juristes. Toutefois, on a
certaines craintes qui nous ont été exprimées au niveau de l'application de la
loi, en ce sens de faire coller les infractions en cour.
C'est certain que, nous, dans le fond, ce qu'on
vous demande, on vous fait confiance, hein, vous avez déjà fait un bon bout de
chemin pour nous, on veut juste s'assurer que tous les angles vont avoir été
étudiés pour s'assurer qu'on va détenir les outils nécessaires. On veut
absolument se débarrasser de ces systèmes-là, ça ne donne pas une bonne image à
l'activité, ça nuit à la quiétude des gens. Nous, on veut être des citoyens
responsables. Donc, ce qu'on vous demande, c'est de... le vieux truc du
menuisier, de mesurer deux fois et de couper une fois afin de s'assurer qu'on
va avoir les bonnes mesures et que toutes les charges qui vont être appliquées
vont coller en cour. On ne veut pas laisser de porte de sortie à ces gens-là.
D'ailleurs, j'aimerais préciser aussi qu'il
faudrait retirer du Règlement de la motoneige certains articles de loi qui donnent, justement, comme c'est là, des portes
de sortie en douceur pour certains motoneigistes. Avec la loi actuelle, on émet des charges, sous l'article 6, et malheureusement le Bureau des
infractions choisit, eux, d'émettre des constats selon, là, si je ne me m'abuse pas... je pense, c'est l'article 45
du Règlement sur la motoneige, donc l'amende passe de
275 $ à 125 $. On fait plus ou moins rire de nous. Donc, on veut
s'assurer, nous, que cette brèche-là va disparaître. On veut vraiment que ces
gens-là paient. On ne veut plus avoir d'échappements modifiés dans nos
sentiers.
M. Bonnardel :
Bien, je suis content de vous l'entendre dire. Merci des précisions. Vous
pouvez être certains que l'équipe du ministère a pris bonne note de vos
recommandations.
Je vais faire un
petit peu de pouce, là, on parle de tuyaux d'échappement : votre
recommandation 4, les «snowbikes». J'ai connu, dans les sentiers, les
Snow-Hawk d'AD Boivin. J'ai déjà roulé avec... bien, roulé, j'ai déjà, oui,
fait de la motoneige avec ces Snow-Hawk, puis on recule, là, voilà bien des
années, mais ces machines... Puis là je fais
un petit clin d'oeil à Patrick Trahan, M. Trahan qui m'a envoyé... qui
nous a envoyé un mémoire, qui demande lui aussi de reconnaître les
Snow-Hawk. Mais un Snow-Hawk, à la base, là, c'est un motocross — vous
me corrigerez à chaque fois, là — puis un motocross, ça ne circule pas dans
les sentiers. La plupart du temps, les motocross, tuyaux d'échappement sont
modifiés parce que c'est des machines de course.
Vous ne voyez pas,
là, une incongruité là-dedans, là, de permettre les «snowbikes», puis d'avoir
un permis spécifique, puis de leur permettre
de rouler? Parce qu'en sentier un «snowbike», corrigez-moi, mais ça ne peut pas
rouler parce que la neige est aplatie. Il faut rouler en hors sentier, en tout cas, la
plupart du temps, là. Les plus habiles, peut-être, vont le faire en sentier,
mais en hors sentier, c'est plus le fun. Est-ce que j'ai tort?
M. Garneau
(Michel) : Si vous me permettez. Nous, on demande justement de ne pas
les avoir en sentier. Comme vous, j'ai essayé le Snow-Hawk, j'ai écrit des
articles sur le véhicule, je le connais très bien, et justement c'est à cause
de la dynamique de conduite. Comme vous savez, c'est un véhicule qui doit
pencher pour prendre les virages, ce qui ouvre à la possibilité de dérapage, ce
qui fait en sorte que le véhicule peut déborder dans la trace de la motoneige.
C'est un véhicule qui est conçu, à la base, pour faire du hors-piste. C'est
pourquoi ce véhicule-là est très populaire, entre autres, dans l'Ouest
canadien, dans l'Ouest américain. Nous, on ne s'oppose pas à l'utilisation de
ces véhicules-là, on veut juste ne pas les avoir dans nos sentiers.
Actuellement, les
véhicules qui sont des «snowbikes», c'est comme vous dites, c'est soit des
motocross ou des motos d'enduro de compétition. Souvent, dans le cas des
motocross, ils n'ont pas à respecter des normes sonores, hein, ça, on s'entend là-dessus.
Mais, mis à
part cet aspect-là, c'est certain que c'est un véhicule que la
popularité est en hausse, ces temps-ci, et
notre crainte, c'est que, si on les permet dans les sentiers, je pense, ça ne
serait pas exagéré de dire qu'on va être envahis, et là ça risque
d'amener toute une foule de problèmes et pas juste pour les motoneigistes, mais
également pour les utilisateurs de Snow-Hawk.
Donc,
ces gens-là, je ne veux pas être plate, là, mais, à un moment donné, là, s'ils
sont assez nombreux, qu'ils se prennent en main, puis qu'ils se
développent un réseau de sentiers, et puis ils pourront s'amuser, là, du matin
au soir.
M. Bonnardel :
O.K. Je termine juste en vous disant que présentement vous avez le pouvoir de
les exclure des sentiers, ces Snow-Hawk.
M. Garneau
(Michel) : Comme c'est là, oui, parce que c'est des véhicules qui sont
immatriculés comme des motos. Là, je peux vous dire que, dans le passé, il y a quelques
années passées, le fabricant Arctic Cat avait commencé à développer un
«snowbike» en vue de le faire homologuer pour l'utilisation des sentiers.
Finalement, ils ont lâché le morceau. Notre crainte à nous, c'est que, si un
fabricant choisissait de compléter le travail qui a été débuté par Arctic Cat
et que ce véhicule-là soit homologué, à ce moment-là, on n'aurait plus cette
portion-là. Avec le libellé de la loi, tel
qu'il existe actuellement, on aurait l'obligation de les accepter
dans nos sentiers, chose qui ne serait pas souhaitable du point de vue
sécurité.
M. Bonnardel :
O.K. Merci.
M. Garneau
(Michel) : Donc, advenant le cas qu'il y ait des véhicules qui vont se
faire homologuer, on veut une catégorie distincte.
M. Bonnardel :
O.K. Merci. Je passe la parole à mon adjoint parlementaire, le député de...
Présidente (Mme Grondin) : M. le
député de Beauharnois, il reste 5 min 30 s.
M. Reid :
Mme la Présidente, merci beaucoup. Bonjour à vous deux. Merci d'être là en mode
virtuel. Ce n'est pas évident pour nous non plus, mais merci d'être là.
Écoutez, rapidement,
il est question de la fin d'immunité, dans le projet de loi, qui prévoit
différentes mesures qui vont contribuer à favoriser, comme vous le savez, une
cohabitation harmonieuse entre la pratique récréative des VHR, et avec les
activités des autres usagers du territoire, ainsi qu'avec les voisins des
sentiers légalement aménagés.
Bon,
il y a eu plusieurs histoires dans le passé. On entend, par les journaux, il y
a eu des problèmes, ainsi de suite. Mais, selon vous, là, ces
mesures-là, est-ce qu'elles vont être efficaces et est-ce qu'elles vont
permettre d'éviter des recours excessifs? Est-ce qu'on peut... Vous avez
entendu, oui?
La Présidente
(Mme Grondin) : Avez-vous bien entendu la question?
M. Garneau
(Michel) : Non. Malheureusement, non. Pouvez-vous répéter, s'il vous
plaît?
M. Reid : En fait... D'accord, merci beaucoup. C'est sur la fin de l'immunité. Je voulais vous entendre là-dessus,
en fait, avec ce qui est proposé. Puis, selon vous, les mesures proposées
vont-elles être efficaces et permettront-elles d'éviter des recours excessifs?
La Présidente
(Mme Grondin) : Vous n'entendez pas bien la question?
M. Garneau (Michel) :
Malheureusement, on ne vous a pas plus entendu.
M. Reid : Je vais
vous envoyer un texto.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Reid : Est-ce
qu'il y a un problème de son?
La Présidente
(Mme Grondin) : Est-ce que... M. le député de Beauharnois...
M. Garneau (Michel) : Pas en
conduisant, par exemple.
La Présidente
(Mme Grondin) : ...voulez-vous... est-ce que vous
souhaitez que, peut-être, je...
M. Reid : Peut-être,
allez-y, oui.
La Présidente (Mme Grondin) :
Donc, votre question était...
M. Reid : C'est
sur l'immunité.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, c'est sur l'immunité. Est-ce
que vous, vous m'entendez lorsque je
parle?
M. Garneau (Michel) : Oui.
La Présidente (Mme Grondin) : Oui? Donc, le député de Beauharnois vous posait une question sur l'immunité.
M. Reid : Est-ce
que les mesures vont être efficaces?
La Présidente
(Mme Grondin) : Est-ce que les
mesures, selon vous, vont être efficaces...
M. Reid : Et vont
éviter des recours excessifs.
La Présidente
(Mme Grondin) : ...et vont peut-être éviter des recours
excessifs?
M. Garneau (Michel) : Suite à
notre analyse des solutions proposées, on croit que ça devrait nous permettre
de maintenir la pérennité de notre réseau. L'autre chose qu'il faut comprendre
aussi, c'est que le domaine de la motoneige
a beaucoup évolué, hein, les motoneiges qui circulaient en
2004 n'existent plus aujourd'hui. Les motoneiges modernes sont beaucoup
plus silencieuses, beaucoup moins polluantes, émettent beaucoup moins d'odeurs.
Donc, forcément, la raison même, si on veut,
pour... les problèmes de nuisance ont largement été réglés sur le plan technologique.
Donc, l'autre élément, c'est qu'on voit, comme
on a eu... suite à la discussion avec le ministre, que toutes les mesures vont être prises pour enlever les gens,
les délinquants qui choisissent de rajouter... de tourner le fer dans la
plaie, si on veut, avec les échappements modifiés. Donc, dans l'ensemble de
tout, nous croyons que les protections qui sont offertes dans le projet de loi
vont nous suffire. Donc, merci pour ça, en passant.
La Présidente (Mme Grondin) : Il reste trois minutes. M. le député de
Bourget, vous avez sûrement des questions?
M. Campeau : J'en ai tout le
temps.
La Présidente
(Mme Grondin) : Donc, je vous invite...
M. Campeau : Bonjour à vous
deux. Dans votre première recommandation, vous parlez de retirer le mot
«concessionnaire». Je pense comprendre, là, mais j'aimerais ça avoir un exemple
de ce que ça va faire, selon vous, s'il vous plaît.
M. Garneau
(Michel) : Bien, si on regarde, avec l'application du mot
«concessionnaire», ça soustrait les concessionnaires
de la
Loi sur les véhicules hors route. En d'autres mots, pour revenir, entre
autres, aux «snowbikes», hein, il y a des concessionnaires qui vendent des «snowbikes». Avec le libellé qui existe actuellement, malgré le fait que ces véhicules-là ne sont pas permis dans le
sentier, le fait qu'une démonstration organisée par un concessionnaire soit
soustraite de la loi, ça ouvre la porte à l'utilisation de ces véhicules-là
dans nos sentiers. Donc, c'est quelque chose qu'on ne souhaite pas.
L'autre chose, c'est
que, s'il y a des véhicules qui sont modifiés, bien... Dans le fond, toutes les
contraintes, tout l'encadrement qui est
prévu dans la loi, justement, pour rendre la pratique sécuritaire sont
suspendus par l'ajout de ce mot-là.
Donc, nous, ce qu'on veut... on n'est pas contre les essais, on n'est pas
contre les démonstrations, on veut
que tout se fasse conforme à la loi. Nous,
on a à coeur la sécurité de nos membres et des utilisateurs des sentiers et on
croit que la meilleure façon d'y arriver, c'est que tout le monde qui va
emprunter les sentiers respecte l'encadrement légal.
M. Campeau :
Ce qui veut dire qu'il y a des gens qui pourraient choisir d'utiliser cette
faille-là pour... de façon abusive et trop fréquemment à ce moment-là, si je
comprends bien?
M. Garneau
(Michel) : Vous avez tout compris, vous avez tout compris.
M. Campeau :
O.K. Recommandation 9...
Présidente (Mme Grondin) : 1 min 30 s, M. le
député.
Campeau : ... — merci — d'avoir
tous les outils nécessaires pour les agents de surveillance.
Bizarrement, les deux présentations
qu'on a eues ce matin, il n'y a personne qui nous parle de vitesse. Est-ce que vous
comptez insister sur la baisse de vitesse aussi?
M. Garneau
(Michel) : Bien, actuellement, à toutes fins pratiques, la limite de
vitesse dans les sentiers du Québec est déjà 70 kilomètres à l'heure. On
avait seulement deux clubs, au Québec, qui avaient choisi d'exercer, si on
veut, l'option de mettre des panneaux de 90. Donc, à toutes fins pratiques, la
limite est déjà 70 au Québec. Donc, on ne s'objecte pas à la chose.
M. Campeau :
C'est la preuve que je ne connais pas beaucoup la motoneige. Mais, entre le
panneau qui dit 70 et la vérité, je crois comprendre qu'il y avait pas mal de
délinquants par rapport à la limite maximale.
M. Garneau
(Michel) : Il y en a, tout comme sur les routes puis partout ailleurs,
hein, les gens... On parle de limite de 100 kilomètres à l'heure sur
l'autoroute, puis je vous lance un défi de rouler à cette vitesse-là, voir
combien de temps avant que vous vous fassiez dépasser.
M. Campeau :
Je me fais dépasser tout le temps, là, je vous... je suis d'accord avec vous
là-dessus.
Présidente (Mme Grondin) : Il reste 10 secondes à peine.
M. Campeau :
Bon, bien, merci bien de votre présentation.
M. Garneau
(Michel) : Merci à vous.
Présidente (Mme Grondin) : Merci, M. le député. M. Garneau,
Mme Krim, nous allons poursuivre les échanges avec l'opposition officielle.
M. le député d'Outremont—Mont-Royal...
Mont-Royal—Outremont, un
ou l'autre, Mont-Royal—Outremont, donc,
11 minutes.
Arcand :
Merci infiniment, Mme la Présidente. Bienvenue, M. Garneau, Mme Krim.
Merci pour votre présentation. Juste revenir
un peu sur la question des concessionnaires. J'essaie de comprendre ce que les
concessionnaires font exactement. Il me semble qu'ils ont une responsabilité
d'avoir... de faire des tests avec de futurs acheteurs. Pouvez-vous m'expliquer
un peu plus en détail la problématique de ça?
M. Garneau
(Michel) : Bien, comme je vous ai dit, un des exemples, c'est la
question des «snowbikes», par exemple, hein?
C'est des véhicules, la popularité est en hausse. Actuellement, avec
l'encadrement légal, ils n'ont pas le droit
de circuler dans le sentier. Toutefois, en faisant une exception pour les
démonstrations et les essais aux concessionnaires, ça veut dire qu'un concessionnaire qui vend ces
véhicules-là, grâce à cette porte de sortie là, si on peut l'appeler
ainsi, peut mener des excursions, des essais à certains clients, sur les
sentiers de motoneige, de «snowbikes». On a d'autres instances qui nous ont été
partagées par nos patrouilleurs où il y a des concessionnaires qui utilisent
des motoneiges sous guise d'essais qui sont, dans le fond, des locations
cachées. Donc, c'est toutes des situations...
Puis il faut
comprendre, l'autre élément dans tout ça, aussi, c'est, compte tenu le fait que
la personne n'est pas contrainte à la
Loi sur les véhicules hors
route, là, tu as toute la question de l'assurance qui entre en jeu
aussi, là. Donc, la personne qui circule
avec ces véhicules-là n'est pas requise à détenir une police d'assurance en
responsabilité civile. S'il y avait un accident, là, le motoneigiste, en
principe, lui, il a sa police d'assurance, la loi lui oblige, elle vient avec
son droit d'accès. Mais, s'il y a une collision, puis qu'il frappe quelqu'un
d'autre qui n'est pas assuré, cette personne-là va faire quoi?
Donc, encore là, c'est
toujours le principe qu'on fait des lois puis on bouche des trous pour le
2 % de la population qui ne savent pas respecter les règles, le grand bon
sens. Mais voilà qu'il y a une brèche, et on aimerait qu'elle soit colmatée.
Arcand : Le
concessionnaire, lui, il n'a pas une responsabilité dans tout ça? Si, demain
matin, il décide de vendre, il doit, j'imagine, quand même ne pas envoyer
n'importe qui n'importe où ou n'importe comment.
M. Garneau (Michel) : Il faut
comprendre qu'on ne parle pas de la majorité des concessionnaires, là, mais
c'est toujours... comme dans tous les autres aspects de la vie, il y a toujours
des gens qui abusent des choses et qui n'exercent pas nécessairement un bon
jugement. Et nous, on ne veut pas que nos membres soient exposés à ces
mauvaises décisions là.
Arcand : J'ai
entendu tout à l'heure la discussion sur les systèmes d'échappement modifiés,
j'ai même entendu le ministre de dire que c'est un des enjeux les plus
importants. Y a-tu des cas où un système d'échappement modifié peut se faire?
M. Garneau (Michel) : Regardez,
comme c'est là, toutes les motoneiges qui sont fabriquées...
Arcand : Ma
question, c'est : Pourquoi on n'interdit pas ça, tout simplement?
M. Garneau (Michel) : Bien, c'est justement.
Il y a un marché pour ça. Puis il faut comprendre qu'à la base il y a certains
de ces systèmes-là qui sont conçus pour des applications de compétition. Ça,
dans un circuit fermé, dans des circonstances de course, on ne s'oppose pas nécessairement
à ça. Ce qu'on ne veut pas, par exemple, c'est que Pierre, Jean, Jacques et tout
le monde roule avec ça en sentier,
puis que ça nous fasse perdre des droits de passage, et aussi que ça
vienne irriter les riverains. Nous, on veut coexister en paix avec ces gens-là,
c'est nos partenaires, c'est nos voisins, et on veut que la motoneige se fasse de
façon responsable, de sorte à ne pas brimer la qualité de vie des riverains. Puis malheureusement ces systèmes
d'échappement là sont conçus... ils ne respectent aucune norme sonore.
Donc, forcément, ils font des bruits... des niveaux sonores excessifs qui
viennent, par définition, brimer la quiétude des gens. Donc, on veut se
débarrasser de ça, on veut agir en bons citoyens.
Arcand : Donc, ce
que vous me dites, c'est : À moins d'être dans des compétitions très...
dans un endroit très ciblé, il n'y a aucune justification d'avoir des systèmes
d'échappement de ce type-là.
M. Garneau (Michel) : Tout à fait.
C'est exactement ce qu'on vous dit.
Arcand : Bon, bien,
merci, merci, c'est très clair. Dans votre document, il y a beaucoup de
demandes de budgets. Vous demandez d'avoir des budgets, il y a différents
endroits... Puis je ne veux pas entrer dans le détail, là, sur tel fonds, tel
programme, et ainsi de suite, mais, si j'avais à vous demander, peut-être... Parce
que, dans plusieurs de vos recommandations, vous demandez d'avoir des budgets supplémentaires,
et, si j'avais à vous demander de me cibler les trois priorités, pour
vous, en termes de budgets, qu'est-ce que vous réclameriez à ce niveau-là?
M. Garneau (Michel) : Pardonnez-moi,
la seule chose... On ne demande pas nécessairement de l'argent supplémentaire,
on veut s'assurer, dans un premier temps, de ne pas perdre l'argent qu'on a.
Les coûts d'entretien et d'aménagement de notre réseau sont très importants,
donc on veut s'assurer qu'on ne viendra pas piger dans cette enveloppe
budgétaire là pour fournir des fonds à d'autres programmes. Et là je vais
passer la parole à ma collègue, qui est plus futée, là, dans les chiffres, et
tout ça.
Mme Krim (Nacéra) : Je vous ramènerai, comme, deux toutes
petites informations. En 2018‑2019, on a investi plus de 27 millions dans le réseau, en termes de signalisation, entretien, réalisation d'infrastructures. L'année dernière, ça a
augmenté un petit peu plus, 29 millions. Et on avait fait... on a fait l'exercice de voir
combien ça nous coûterait si on veut garder et maintenir notre réseau à
un bon niveau sur le plan réglementaire, c'est-à-dire signalisation,
reconstruction d'infrastructures, etc. Ça nous coûterait, dans un horizon de
cinq ans, à peu près 40 millions. Et ça, ça servirait... Et ce qui
vient gonfler ça, surtout, c'est le fait que, comme je vous avais parlé tantôt,
des chemins multiusages. Il y a des chemins non classés, classe 1,
classe 2, les gens du MFFP savent... C'est eux qui ont mis ces
classifications. C'est le réseau stratégique. Si on devait sortir de ce
réseau-là, ça nous coûterait excessivement cher.
Pas seulement
ça. Si je prends, par exemple, aussi, la région de la Côte-Nord, par exemple,
il y a énormément de... Comme vous le savez, géographiquement, il y a
beaucoup de fleuves, beaucoup de cours d'eau qui nécessitent des
infrastructures très coûteuses, parce qu'elles sont larges. Et c'est des ponts
qui vont être longs pour enjamber, donc, les cours d'eau. Et ça aussi, ça coûte
excessivement cher. Ça, je vous parle de... À peu près, pour un seul club, le
club qui me vient à l'idée, le club... par exemple, Matagami, il y a trois ou
quatre rivières à traverser. Et ça, ça peut dépasser facilement les
2 millions. Donc, il y a des besoins au niveau du réseau.
On va vous, encore,
rappeler le fait qu'on gère 33 000 kilomètres,
33 000 kilomètres de sentiers et dans différents contextes, dans
différentes régions. Et les besoins se font ressentir, parce qu'on ne construit
pas une seule fois, et ça s'arrête là. On construit et on
met à jour les ponts pour des raisons d'intempéries, de vieillissement, disons.
Et donc les besoins se font ressentir régulièrement. Et nous, on veut garder le
réseau qui aurait... une référence au niveau international. Parce qu'il est
reconnu, à travers l'Amérique du Nord et même à travers l'Europe, comme étant
un réseau interconnecté bien signalé qui permet de découvrir le Québec d'une
manière... C'est un bel outil de promotion, je vous dirais, notre réseau de
motoneige.
M. Garneau
(Michel) : J'aimerais rajouter un élément, aussi, c'est que la saison
hivernale ne dure pas à l'année longue,
malgré ce que certaines personnes semblent penser, et les investissements qu'on
fait en infrastructures servent à d'autres groupes d'utilisateurs hors saison. Donc,
on parle des cyclistes, des randonnées pédestres, des clubs...
Puis il y a une
statistique, justement, il y a une étude qui avait été faite, en 2010, par
le conseil national des sentiers, qui démontrait qu'au Québec, si je n'abuse
pas, je crois que c'est... 42 % de tous les sentiers récréatifs sont
entretenus par la communauté motoneigiste. Quand on fait des ponts puis des
ponceaux, là, on les laisse hors saison à
d'autres utilisateurs. Ce n'est pas un investissement. Les investissements
qu'on demande ne servent pas uniquement à la communauté motoneigiste.
Arcand : J'essaie juste de comprendre vos craintes par
rapport à ce projet de loi. Quelles sont vos craintes de ne pas avoir
nécessairement le financement futur, là?
M. Garneau
(Michel) : C'est que, dans une enveloppe fixe... hein, le FORT, comme
c'est là, c'est une enveloppe fixe. Donc, c'est certain que, si on va piger
dedans pour d'autres programmes, forcément, les programmes qu'on a actuellement
vont être sous-financés. Donc, on n'est pas contre l'idée, entre autres, du
programme d'échange de véhicules. C'est une très belle initiative. Mais on a un
fonds, au gouvernement, qui est déjà prévu à ça, ce qui était anciennement le Fonds
vert, qui est maintenant le FECC. Donc, c'est déjà prévu à des utilisations
comme ça.
Et, pour ce qui est
des deux autres programmes, le troisième et quatrième paragraphe de
l'article 15, on ne s'oppose pas à ça,
mais, encore là, à ce moment-là, ça... l'argent qui est retenu sur la plaque
pour financer ultérieurement ces différents projets-là. Donc, en
d'autres mots, ne venez pas piger dans nos fonds d'opération actuels, mais
allez chercher de l'argent supplémentaire pour financer ces nouvelles
initiatives.
Présidente (Mme Grondin) : Merci beaucoup. Oui, donc, merci
beaucoup. Nous poursuivons nos échanges avec la députée de Mercier, deuxième
groupe d'opposition. Vous avez 2 min 45 s, Mme la députée.
Mme Ghazal :
Très bien. Merci, Mme la Présidente. Merci pour votre présentation. J'avais un
peu la même question que mon collègue :
Pourquoi est-ce que vous demandiez que l'argent soit pris du FECC?
Financer, mais là...
Mme Ghazal :
Est-ce que vous m'entendez? Est-ce que vous m'entendez? Ah! il ne répond pas.
Présidente (Mme Grondin) : Est-ce que vous entendez la députée
de Mercier?
M. Garneau
(Michel) : Non.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, en fait, la question
est : Pourquoi vous souhaitez prendre l'argent du Fonds d'électrification
et des changements climatiques pour...
Mme Ghazal : Oui, bien, en fait, bien, j'avais la même
question que mon collègue, vous y avez répondu partiellement.
Présidente (Mme Grondin) : Est-ce que vous l'entendez?
Mme Ghazal :
Non, non, ils ne m'entendent pas. Ils ne m'entendent pas, ils ne réagissent
pas.
La Présidente (Mme Grondin) : Donc, vous n'entendez pas la députée de Mercier?
Est-ce que vous souhaitez, Mme la députée, que je fasse le messager?
Mme Ghazal :
Bien oui, juste poser la même question, reposer la même question, oui.
Présidente (Mme Grondin) : Donc, la même question. Donc, Mme la
députée souhaiterait que vous expliquiez davantage pourquoi vous souhaitez que
le Fonds d'électrification et de changements climatiques soit le fonds nécessaire
pour...
Mme Ghazal :
Financer le programme de retrait.
Présidente (Mme Grondin) : ...financer le programme.
Mme Ghazal : De retrait.
M. Garneau
(Michel) : Si on retourne à la base, quand le Fonds vert avait été
lancé, en 2006, si je me souviens bien, ce programme-là était prévu, justement,
à des initiatives vertes, dont le rachat de véhicules. Je sais qu'en 2010
on avait eu des discussions avec des représentants du gouvernement, à l'époque,
qui nous avaient justement proposé cette possibilité-là comme une utilisation
des fonds. Donc, nous croyons que, puisqu'à la base le remplacement de
véhicules qui sont moins performants va avoir des bénéfices pour la société, au
niveau de rendre l'air plus propre et de réduire les gaz à effet de serre,
c'est vraiment des bénéfices sociétaux, donc... nous croyons qu'un fonds qui a
été prévu à ça, que ça serait plus ou moins logique qu'il serve précisément à
Mme Ghazal : Je suis juste curieuse
de savoir c'est combien, l'argent qui est donné.
La Présidente (Mme
Grondin) : Combien ça coûterait?
Mme Ghazal : Oui, c'est ça, c'est-à-dire...
La Présidente (Mme
Grondin) : Combien est estimé à un remplacement d'un véhicule, par
exemple?
Mme Ghazal : Oui, c'est ça, puis
l'argent qui est reçu, comme, en subvention. Tu sais, on connaît le crédit pour
les voitures électriques sur les routes normales, mais...
La Présidente (Mme
Grondin) : Est-ce que vous pourriez nous
donner plus d'information concernant l'aspect économique ou monétaire? Combien,
à l'heure actuelle...
Mme Krim (Nacéra) : On ne vous
entend plus.
La Présidente (Mme
Grondin) : Vous n'entendez plus?
M. Garneau (Michel) : C'est vraiment
le fun, ça.
Mme Ghazal : Mais nous, on vous
entend — c'est
ça qu'il ne sait pas, il faut qu'il fasse attention.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, vous ne nous entendez plus, donc on va
suspendre les travaux. Donc, est-ce que...
M. Garneau (Michel) : Vous pouvez
nous envoyer les questions par courriel, si vous le souhaitez, puis on peut
vous les répondre.
La Présidente (Mme
Grondin) : Non, mais ça... pour le moment, ça va aller. Il
restait deux minutes avec...
Mme Ghazal : ...mais je veux dire,
c'est... Il me reste deux minutes?
La Présidente (Mme
Grondin) : Mais je pense qu'ils...
Mme Ghazal : Mais ils n'entendent
plus, de toute façon.
La Présidente (Mme
Grondin) : Ils ne nous entendent plus, donc, ça ne donne rien.
Ghazal : L'intérêt,
c'est de le faire publiquement, ce n'est pas par courriel, là, ça... On pourra
le faire aussi, là.
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous sommes désolés, là, la communication est
difficile. Nous, on vous entend, mais vous, vous ne nous entendez pas.
Donc, je vais suspendre les travaux.
(Suspension de la séance à 11 h 48)
La Présidente (Mme
Grondin) : Donc, nous reprenons nos travaux. Nous poursuivons
avec la députée de Mercier. Il vous reste 1 min 16 s.
Mme Ghazal : Bien, écoutez, je vais
aller sur un autre sujet, rapidement. Nous, on a, à Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
où il y a un club de motoneigistes, là, donc, probablement, qui est membre de
votre fédération... qui nous a contactés pour dire qu'il faudrait qu'il y ait...
contrairement à ce qui est marqué à l'article 33 de la loi, qui interdit
tout passage autre qu'un véhicule hors route dans des sentiers déterminés à l'article 15,
etc.
Est-ce
que, par exemple, il y a des citoyens qui ont besoin de passer à pied parce que
c'est plus sécuritaire pour eux? Est-ce que ça, c'est quelque chose auquel vos
membres vous parlent et qui pourrait être changé dans la loi, pour permettre, par
exemple, de réduire la vitesse des véhicules qui circulent, pour permettre à
des piétons, sur des tronçons plus petits, de passer, puis garder les
multiusages et la sécurité de tout le monde? Est-ce que c'est quelque chose
auquel vous êtes familiers ou c'est la première fois que vous en...
Présidente (Mme Grondin) : ...secondes.
Mme Krim
(Nacéra) : Je pourrais vous répondre là-dessus. Effectivement, il y a
une signalisation qui pourrait être mise en place. Actuellement, la loi parle
de 30 kilomètres, quand il s'agit des zones résidentielles, et un maximum
de 70. Mais, dans certains cas...
Présidente (Mme Grondin) : Merci, Mme Krim.
Mme Krim
(Nacéra) : ...quand il y a des problèmes de sécurité des usagers...
La Présidente (Mme Grondin) : Merci beaucoup. On doit... Malheureusement, le
temps est écoulé pour la députée.
Donc, juste avant de
poursuivre avec le député des Îles-de-la-Madeleine, j'ai besoin d'un
consentement pour qu'on puisse poursuivre, là, pour les trois minutes qui
nous restent à peu près, là. Est-ce qu'il y a consentement? Parfait. Donc, M.
le député des Îles-de-la-Madeleine, vous avez 2 min 45 s.
M. Arseneau :
Oui. Mais peut-être que vous pourriez terminer votre phrase, Mme, on vous a
interrompue, pour compléter la réponse peut-être, d'abord.
Mme Krim (Nacéra) : Merci. Effectivement, pour reprendre juste... on peut signaler à 10 kilomètres
à l'heure dans des cas très particuliers. Donc, oui, c'est possible.
Nous, ce qui nous importe, c'est la sécurité des usagers. Merci.
M. Arseneau :
Parfait. La sécurité des usagers, bien entendu. Et je pense aussi que, je
dirais, la réputation de la pratique de la motoneige vous tient à coeur, au
regard de plusieurs de vos recommandations. Je voudrais revenir sur la question
des systèmes d'échappement. Lorsque vous dites que vous voulez que les agents
aient de bons outils, est-ce que vous pensez à des outils légaux? À quoi
pensez-vous plus précisément?
M. Garneau
(Michel) : Ce qu'on veut, dans le fond, c'est la mise en place de
procédures qui vont nous permettre de retirer ces systèmes d'échappement là. On
ne veut pas se rendre à l'idée des sonomètres ou des choses comme ça.
L'article 6 que nous avons,
actuellement, dans la loi à VHR nous permet d'identifier les échappements
modifiés et de faire émettre des constats,
et généralement ceux-ci sont respectés en cour, et les chargent collent, comme
on dit, là.
Et notre crainte,
c'est que, justement, si on dévie trop de ça ou bien qu'on élabore différents
systèmes... c'est qu'après ça ça risque de boguer en cour, et on peut se
retrouver dans des situations où est-ce que, pour des raisons administratives, on
va être incapables de faire retirer ces systèmes d'échappement là. Nous ne
pouvons pas mettre assez d'emphase sur le danger que ceux-ci représentent pour
l'activité. C'est un fléau, et il faut absolument qu'on ait les moyens de s'en
débarrasser.
M. Arseneau :
Merci. Et, à l'heure actuelle, dans le texte, dans le libellé actuel du projet
de loi, vous n'avez pas ces garanties-là que vous cherchez?
M. Garneau
(Michel) : On n'est pas 100 % certains. On a discuté avec
différents corps policiers, avec différentes instances, et actuellement, comme je
vous dis, on n'est pas des juristes, donc je vous dirais qu'il y a une petite
incertitude qui plane concernant l'application. Donc, c'est pour ça qu'on
demande d'affiler vos crayons et de regarder davantage, d'assurer qu'il n'y ait
pas de brèche et qu'on va être capables de faire coller les infractions que
nous allons émettre.
Présidente (Mme Grondin) : Il vous reste 15 secondes.
M. Arseneau :
D'accord. Bien, je vous remercie beaucoup. Les 15 dernières secondes...
J'apprécie la recommandation 10, là, concernant l'augmentation des amendes
pour qui voudrait effrayer, pourchasser ou mutiler des animaux. J'aurais aimé vous demander si c'était une pratique
courante, mais je pense que vous n'avez pas le temps. Est-ce que c'est
une pratique courante? Oui? Non?
M. Garneau
(Michel) : Non, c'est vraiment à l'exception, mais on sait...
Présidente (Mme Grondin) : Merci. Merci beaucoup. Je suis
désolée de vous couper. On va suivre les règles. Donc, M. Garneau,
Mme Krim, merci beaucoup pour la contribution que vous apportez à nos
travaux.
Je suspends donc ces
travaux jusqu'aux affaires courantes. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 58)
La Présidente (Mme St-Pierre) : S'il
vous plaît! La Commission des transports et de l'environnement reprend ses
travaux. Je vous demande de bien vouloir éteindre la sonnerie de vos appareils
électroniques.
Nous
poursuivons les auditions publiques dans le cadre des consultations
particulières sur le projet de loi
n° 71, Loi
sur les véhicules hors route. Cet après-midi,
nous entendrons l'Union des
municipalités du Québec, Mathieu
Santerre et Bombardier Produits récréatifs.
Alors, nos
invités sont déjà en ligne. Donc, je souhaite la bienvenue aux représentants de l'Union des
municipalités. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes... je
pense que vous connaissiez bien la formule, vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, puis nous procéderons, comme à l'habitude, à la période
d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter ainsi que les personnes qui vous accompagnent et à procéder à votre
exposé. La parole est à vous.
M. Côté (Daniel) : Merci, Mme la
Présidente. Distingués membres de la commission. Merci beaucoup de recevoir les
commentaires de l'Union des municipalités du Québec. Je m'appelle Daniel Côté.
C'est en ma qualité de premier vice-président de l'union, mais aussi à
titre de
maire de Gaspé, que je prends la parole aujourd'hui devant vous. Je suis
accompagné du président du caucus des municipalités locales de l'UMQ et maire
de Saint-Dona, M. Joé Deslauriers, qui prendra aussi la parole.
D'abord, et au bénéfice des parlementaires,
j'aimerais rappeler que, depuis plus de 100 ans maintenant, l'UMQ
rassemble les gouvernements de proximité de toutes les régions du Québec afin de
mobiliser l'expertise municipale, accompagner les membres dans l'exercice de
leurs compétences et valoriser la démocratie municipale. Nos membres, qui
représentent plus de 85 % de la population et du territoire du Québec,
sont regroupés en caucus d'affinité : la municipalité de centralité, il y
a des cités régionales, comme chez nous, à Gaspé, il y a des grandes villes,
des municipalités de la métropole et également des municipalités locales, comme
c'est le cas pour Saint-Dona, mon collègue,
Joé, et quelques centaines de municipalités un peu partout, au Québec,
qui sont concernées directement par
ce projet de loi qui... Et ces municipalités-là vivent énormément
de l'apport économique des VHR, qui ont alimenté... Ces municipalités-là
ont alimenté le mémoire que nous avons déposé.
Donc, premier aspect de notre mémoire... Pardon,
je me suis fourvoyé, ce n'est pas là où j'étais rendu. Je voulais simplement,
d'abord, dire que l'UMQ accueille favorablement le projet de loi n° 71,
la
Loi sur les véhicules hors
route. C'est une pièce
législative qui répond à la plupart des préoccupations manifestées par l'UMQ en
ce qui concerne la modernisation de l'encadrement législatif des
véhicules hors route. Également, les modifications s'inscrivent en continuité
avec les orientations du cadre d'intervention en sécurité routière, qui fait
partie intégrante de la Politique de
mobilité durable. Enfin, le projet de loi maintient la capacité réglementaire
des municipalités pour agir sur le terrain, tout en clarifiant les règles pour une cohabitation harmonieuse entre
les utilisateurs du réseau de sentiers et les résidents avoisinants. Vous reconnaissez ainsi le principe
de subsidiarité et le rôle primaire des municipalités, acteurs de
premier plan sur le terrain, comme gouvernements de proximité.
Alors,
aujourd'hui, nous allons formuler quelques pistes de réflexion supplémentaires,
concernant la modernisation de la loi, en nous concentrant sur quatre
aspects, soit le dynamisme économique des régions, la consolidation du réseau,
les services d'urgence et la signalisation.
Donc, premier
aspect... Je m'occupe du premier aspect; mon collègue Joé prendra la relève
pour les trois autres aspects. Donc, le premier aspect, le dynamisme
économique des régions. Vous le savez, les activités liées aux véhicules hors
route sont très prisées par les Québécoises et les Québécois dans toutes les
régions du Québec. Elles contribuent
significativement au dynamisme économique de plusieurs communautés et stimulent
l'industrie touristique. Elles créent
des retombées importantes pour nos commerçants, hôteliers et restaurateurs. Je
pense notamment à l'industrie de la motoneige, qui génère à elle seule
des retombées économiques de près 3,3 milliards de dollars dans l'économie
du Québec chaque année.
Ces retombées-là sont importantes, surtout pour
des régions qui dépendent d'un ou de quelques secteurs d'activité. D'ailleurs,
de façon générale, après consultation auprès de plusieurs municipalités
rurales, dont celle du caucus présidé par mon collègue de Saint-Donat, la
cohabitation entre les activités de VHR et les autres usages sur le territoire
se fait de façon très harmonieuse, de nos jours. Ça n'a peut-être pas toujours
été le cas, historiquement, mais les machines sont de moins en moins bruyantes,
et la cohabitation se fait de mieux en mieux sur le territoire, pour ne pas
dire qu'on entend très, très peu de problèmes, de nos jours, sur cette
cohabitation-là.
Donc, aujourd'hui, le projet de loi, ce qu'on
comprend, c'est qu'il vient confirmer l'importance que jouent les VHR dans
l'économie des régions, en prévoyant plusieurs dispositions pour maintenir et
déployer le réseau de sentiers, notamment celles assurant que les propriétaires
de terrain sur lesquels passent ces sentiers-là ne puissent pas être visés par
des actions en justice pour un préjudice lié à la présidence... à la
présence — pardon — même
de ces sentiers-là. Donc, non seulement ça rassure les propriétaires, mais ça
protège également le réseau, qui est le nerf de la guerre pour continuer de
développer cet axe touristique là. Donc, tout ça, c'est une excellente
nouvelle. Et je cède la parole à M. Deslauriers pour la suite des choses.
M. Deslauriers
(Joé) : Alors, merci, cher collègue, M. Côté, maire de Gaspé.
Bonjour, Mme la Présidente, chers membres de la commission. Alors, à mon
tour, en tant que président du caucus des municipalités locales de l'union, je
salue également le dépôt du projet de loi n° 71.
Donc, le deuxième aspect, la consolidation du
réseau. Alors, l'UMQ salue la position faisant en sorte que les personnes
immatriculant leur VHR contribuent maintenant au Fonds des réseaux de transport
terrestre, communément appelé le FORT. L'UMQ considère qu'il est tout à fait
raisonnable de demander une contribution des utilisateurs de VHR pour favoriser
le développement et l'entretien du réseau de sentiers, mais aussi assurer une
qualité des infrastructures. Avec cette forme de redistribution, les clubs les
moins populeux, et qui détiennent moins de
ressources, et qui souvent détiennent
beaucoup de kilomètres de sentiers pourraient compter sur
une aide provenant de l'ensemble des personnes contribuant au FORT.
À cette fin, pour éviter des disparités
régionales, l'UMQ propose qu'un programme d'aide au maintien et au développement
de sentiers soit mis en place, soit bien financé... (panne de son) ...avec une
formule de redistribution liée directement à l'adhésion au club. Cependant...
(panne de son) ...dans la redistribution des sommes. On souhaite un partage
équitable, évidemment, entre le nombre... (panne de son) ...et aussi...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. Deslauriers. M. Deslauriers...
Deslauriers (Joé) :
...services d'urgence. À ce sujet, l'UMQ souhaite connaître l'étendue... (panne
de son) ...du présent projet...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
M. Deslauriers... Je pense qu'il ne m'entend pas.
M. Deslauriers (Joé) : Au sens du projet
de loi...
Présidente (Mme St-Pierre) :
M. Deslauriers, on a des petits ennuis de son. Je vais vous demander
d'arrêter un petit peu pour voir si on est capables de corriger ou peut-être
de votre côté, parce que le son coupe, puis c'est difficile.
M. Deslauriers (Joé) :
...m'entendez?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Dites donc quelque chose. Il ne m'entend pas?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Essayez encore. Et vous, M. Côté, est-ce que vous m'entendez?
M. Côté (Daniel) : Oui. Moi, je vous
entends très bien. Et vous, vous m'entendez bien également?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Attendez un petit peu, je vais demander. Qu'est-ce que vous proposez?
Voulez-vous qu'on continue avec M. Côté, puis on attend de voir si on est
capables de brancher comme il faut M. Deslauriers?
La Présidente (Mme St-Pierre) : O.K.
Pour qu'il puisse se reprendre? O.K. M. Côté, on a des difficultés avec le
son, pour votre collègue de Saint-Donat. Alors, si vous pouvez continuer, puis,
si on réussit à se rebrancher correctement, on pourra revenir à lui. D'accord?
M. Côté (Daniel) : Pas de problème,
j'ai son allocution sous les yeux.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Vous
avez bien des choses à dire, j'imagine.
M. Côté (Daniel) : En tout cas, j'ai
une
partie de son allocution sous les yeux. Donc, je vais y aller du mieux que
je peux.
Donc, nous étions au niveau de la redistribution
des ressources dans le programme FORT. Donc, on recommandait, en quelque
sorte... à cette fin, on disait : Pour éviter les disparités régionales,
l'UMQ propose un programme d'aide au maintien et au développement du réseau,
pour qu'il soit bien financé et qu'il soit stable, avec une formule de
redistribution liée directement à l'adhésion à un club.
Et là on tombait sur le troisième aspect, je
crois que nous étions rendus à peu près là, donc, sur la question des services
d'urgence. Donc, à ce sujet, au sujet des services d'urgence, l'UMQ souhaite
connaître l'étendue de l'article 60 du projet de loi en ce qui a trait
spécifiquement à la définition d'une fonction en matière de sécurité. Au sens
du projet de loi, est-ce qu'une personne utilisant un VHR dans le cadre d'une
intervention de service d'urgence en milieu isolé sera considérée en fonction...
Côté (Daniel) : ...est considérée comme une fonction en matière de
sécurité et pourra utiliser des gyrophares ou des feux clignotants? Par
exemple, est-ce qu'un pompier municipal ou est-ce qu'un sauveteur municipal en
milieu isolé pourrait utiliser les gyrophares et les feux clignotants au sens
de l'article 60 du projet de loi? C'est une question qu'on se posait parce
que ce n'était pas tout à fait clair dans le projet de loi.
Donc, c'est important pour nous de ne pas
oublier les particularités des services préhospitaliers d'urgence dans les
régions excentrées, dans les régions plus éloignées des grands centres urbains,
surtout pour des milieux qui sont peu ou pas
desservis par un réseau routier. Dans le cas, par exemple, de... C'est le cas,
par exemple, d'une grande
partie de la Gaspésie, de l'Abitibi, de la
Mauricie, de la Côte-Nord, même dans Lanaudière, chez mon ami Joé, qui, je pense, reprend... Son problème de son semble
peut-être résolu. Bref, dans l'immensité du territoire du Québec
forestier que l'on connaît, il y a une... en
fait, on veut s'assurer que nos pompiers, sauveteurs et autres intervenants
municipaux pourront aussi avoir les bénéfices de l'article 60.
Est-ce que, Joé, ça fonctionne bien maintenant?
M. Deslauriers (Joé) : Bien, moi,
est-ce que vous m'entendez bien?
M. Côté (Daniel) : Très bien. Donc,
tu pourrais peut-être poursuivre avec le quatrième volet du mémoire.
M. Deslauriers (Joé) : Bien oui,
bien oui, évidemment. Le quatrième, et non le moindre, qui est très, très, très
important, par rapport à la signalisation. Donc, désolé, problème technique.
Cet aspect me tient vraiment particulièrement à
coeur puisque des vies peuvent être sauvées. Alors, comme vous le savez, la
sécurité des personnes circulant sur les VHR et sur les routes est la première
préoccupation des municipalités... Attendez un petit peu. Bon, je reviens. En
ce moment — pardon — la
signalisation à l'approche des croisements de routes est