Health and Social Services — 3 June 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
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28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
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27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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Journal des débats de la Commission de la santé et des services sociaux
Version préliminaire
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 3 juin 2025
Vol. 47 N° 97
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 103, Loi visant principalement à réglementer les sites de consommation supervisée afin
de favoriser une cohabitation harmonieuse avec la communauté
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h 30
19 h
19 h 30
20 h
Journal des débats
10 h (version non révisée)
(Dix heures trois minutes)
Le Président (M. Provençal)
: Alors, bon matin à tous. Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de la santé et des
services sociaux ouverte. La commission est réunie afin de procéder aux
consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi no 103,
Loi visant principalement à réglementer les sites de consommation supervisée
afin de favoriser une cohabitation harmonieuse avec la communauté.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
emplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Abou-Khalil (Fabre) est remplacée par Mme Boivin-Roy
(Anjou-Louis-Riel); Mme Caron (La Pinière) par Prass (D'arcy-McGee); et M.
Arseneau (Îles-de-la-Madeleine), par Mme Gentilcore (Terrebonne).
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Nous débuterons ce
matin par les remarques préliminaires puis nous entendrons les témoins suivants :
l'Association des intervenants en dépendance du Québec et la Ville de Québec.
J'invite maintenant le ministre
responsable des Services sociaux à faire ses remarques préliminaires. M. le
ministre, vous disposez de six minutes. Je vous donne la parole.
M. Carmant : Merci beaucoup, M.
le Président. Je suis très heureux d'être de retour ici aujourd'hui pour ce
projet de loi qui témoigne de notre volonté de mieux préparer l'implantation
des sites de consommation supervisée au Québec, notamment à l'égard de leur
emplacement.
Tout d'abord, j'aimerais vous saluer, M.
le Président, ainsi que les équipes ici, mes collègues de la banquette
gouvernementale, les collègues des oppositions qui sont également avec nous
aujourd'hui, ainsi que les représentants et représentantes des différents
groupes aujourd'hui et demain.
Alors, ce projet de loi modifie diverses
lois, notamment en matière de services de garde éducatifs, d'enseignement
privé, d'instruction publique et de santé et services sociaux, afin de
favoriser une cohabitation harmonieuse entre les sites de consommation supervisée
et les communautés dans lesquelles ils se trouvent. On cherche ainsi à établir
un équilibre juste et durable entre la nécessité des services de consommation
supervisée sécuritaires, encadrés par les bonnes pratiques professionnelles, et
les préoccupations bien réelles exprimées par des citoyens, notamment en ce qui
concerne l'exposition des mineurs fréquentant les écoles et les garderies à
proximité, à des événements et des situations pouvant affecter leur santé et
leur sécurité. De cette manière, on pourra renforcer le sentiment de sécurité
des citoyens et une meilleure compréhension du rôle des services de
consommation supervisés comme étant un lieu pour rejoindre les personnes là où
elles se trouvent et leur offrir des soins, et ce, tout en favorisant une
cohabitation harmonieuse dans la communauté.
Les modifications apportées par ce projet
de loi, comme je le soulignais tantôt, permettront de renforcer le rôle stratégique
des sites de consommation supervisée. Il faut le dire très clairement :
Les sites de consommation supervisée sauvent des vies. Ils permettent d'éviter
des surdoses mortelles, ils créent un lien précieux entre des personnes
marginalisées et notre réseau de la santé et des services sociaux, et mon
objectif est qu'ils offrent une porte d'entrée vers le traitement des
dépendances et des maladies chroniques.
Je rappelle qu'au cours des dernières
années le nombre de sites de consommation supervisée a considérablement
augmenté au Québec, passant de quatre, en 2020, à 14 en 2024. Et j'insiste, il
va falloir en implanter d'autres, surtout au niveau de l'inhalation supervisée,
dans les prochaines années pour continuer de répondre à cette urgence...
M. Carmant : …de santé
publique. Notre gouvernement reconnaît leur pleine importance et c'est
justement pour cela qu'il faut tenir compte des préoccupations légitimes des
communautés locales pour préserver leur développement.
Ces dernières années, plusieurs de nos
compatriotes… et je pense aux parents, commerçants, élus municipaux qui nous
ont interpelés, particulièrement en raison de la proximité de certains sites de
consommation supervisés avec des écoles, des garderies et d'autres lieux
fréquentés par des enfants. Ce qu'on note, c'est que… c'est ce besoin pour la
population de préserver la confiance et la sécurité de leur quartier. On est
capable de tenir compte de cet enjeu, tout en poursuivant les efforts… les
efforts d'implantation des sites de consommation supervisés.
Ce projet de loi est donc un… représente
une solution équilibrée. Il instaure un régime d'autorisation claire, sous la
supervision du ministre, pour encadrer l'installation des sites de consommation
supervisés. Cette autorisation reposera sur une analyse rigoureuse de Santé
Québec, mais aussi précédée par une consultation auprès du ministre de
l'Éducation, de la Famille ainsi que les municipalités concernées.
Le régime prévoit l'interdiction
d'autoriser un site qui se situerait à moins de 150 mètres d'une école,
d'un centre de la petite enfance ou d'une garderie. Ces autorisations seront
valables pour une période de quatre ans, avec des modalités claires de suivi,
de renouvellement ou de révocation. En plus, il est possible d'adjoindre aux
autorisations d'autres conditions qui pourraient mettre l'accent sur des
éléments de sécurité, propreté et tranquillité dans les environs immédiats.
Pour qu'il ne puisse pas y avoir de
rupture de services, il est également prévu des dispositions transitoires afin
que tous les organismes offrant actuellement des services de consommation
supervisés soient réputés titulaires d'une autorisation pour quatre ans au
moment de la sanction de la loi. Cela permettra d'intégrer progressivement ces
organismes dans le nouveau cadre réglementaire, sans interruption des services
pour les bénéficiaires. Ce projet de loi témoigne aussi d'une volonté forte de
mettre en place une trajectoire de soins plus coordonnée qui ne laisse personne
de côté. En plus de donner accès à des lieux sécuritaires pour l'usage de
substances, on veut qu'ils deviennent des portes d'entrée vers un traitement
rapide et adapté pour celles et ceux qui le souhaitent, une occasion
d'encourager l'adhésion volontaire aux soins et services chez les personnes
réfractaires à recevoir de l'aide, une occasion d'offrir des soins et des
services spécialisés sur place et une démarche visant la rétention dans les
soins lorsque cela est nécessaire.
Et ce n'est qu'avec la mobilisation de
tous les partenaires qu'on va pouvoir réussir. C'est d'ailleurs pour cela que
je salue l'intégration à ce projet de loi de l'élaboration d'un plan de
cohabitation, lequel témoignera de la collaboration intersectorielle requise
avec tous les partenaires avant le dépôt du projet. La crise de surdoses est
une réelle… une réalité douloureuse et elle affecte autant les personnes qui en
sont victimes que celles qui les entourent. Elle bouleverse des vies, crée de
la peur, du rejet, de la stigmatisation et parfois de l'incompréhension. On
parle de plus de 50 personnes décédées par mois pour le compte de
l'année 2024, selon les données de l'INSPQ. Derrière ces chiffres, ce sont
des vies, des familles et des drames qui sont tout à fait évitables. Les
actions que nous posons maintenant permettront de maintenir ces services, de
s'assurer que le déploiement des sites de consommation supervisés se fasse dans
un cadre respectueux, sécuritaire et socialement acceptable. Évidemment, je
suis plus qu'ouvert à entendre les commentaires et suggestions afin d'améliorer
le projet de loi que je vous propose et je remercie les représentantes et
représentants des groupes invités d'être parmi nous aujourd'hui. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le ministre. Alors, je vais maintenant
inviter la porte-parole de l'opposition officielle et députée de D'Arcy-McGee à
faire ses remarques préliminaires pour une durée de trois minutes
36 secondes. Je vous cède la parole.
• (10 h 10) •
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Également, je voudrais d'entrée de jeu remercier toutes les équipes,
tous les collègues, tous les organismes qui ont déposé des mémoires, qui vont
faire
partie des consultations. Votre expertise, vos connaissances vont
alimenter justement nos travaux par la suite.
Donc, on se trouve aujourd'hui dans le
cadre du projet de loi intitulé Loi visant principalement à réglementer les
sites de consommation supervisés afin de favoriser une cohabitation harmonieuse
avec la communauté. On se comprend que dans les dernières années, l'enjeu de
l'itinérance a explosé au Québec. La crise des opioïdes a explosé au Québec. Et
là, on essaie... Le gouvernement essaie de faire un petit peu de rattrapage.
On se comprend qu'il y a des éléments, par
exemple une absence de logements adéquats destinés aux personnes en situation
d'itinérance ou en situation de toxicomanie qui sont disponibles et que, s'il y
avait une meilleure disponibilité de ces services, on n'aurait peut-être pas à
devoir adresser l'enjeu avec ce projet de loi de la façon dont on le fait.
C'est notre responsabilité d'étudier ce
projet de loi, d'essayer de le bonifier compte tenu de ce que nous allons entendre
et ce qui va nous être exposé. Toute la question de cohabitation en est une qui
se discute davantage dans les dernières années. Et on voit l'absence de la
présence du gouvernement par des programmes, par des… par du financement pour
aider les organismes…
Mme Prass : ...organismes et
des communautés, justement, à avoir un dialogue qui ferait en sorte qu'ils
pourraient arriver à une situation de cohabitation harmonieuse, justement.
Donc, remettre la responsabilité uniquement sur les organismes communautaires,
je pense, est un élément très problématique avec ce projet de loi, que nous
pourrons discuter lors de l'étude détaillée.
En fin de compte, on est là pour la
sécurité de tous ceux qui sont concernés, autant nos tout-petits, autant nos
familles, autant les personnes avec des enjeux de dépendances, qui, eux aussi,
sont les enfants d'individus. Donc, ce n'est pas pour défendre une réalité plus
qu'une autre, c'est vraiment pour faire le portrait de la situation et voir
comment on peut tous... parce qu'on a tous un rôle à jouer dans cette
réalité-là, comment on peut tous venir ensemble et collaborer pour justement
s'assurer que nous sommes dans une société où nous avons tous un sentiment de
sécurité et que chacun, indépendamment de... néanmoins de ses vulnérabilités
soit pris en considération et se sente dans une société où ils sont soutenus,
et que les moyens sont là pour, justement, voir cette réalité.
Donc on a hâte d'entendre ce que les
groupes ont à dire. On a hâte de commencer les travaux, parce qu'il y a
beaucoup d'éléments qui devront être bonifiés dans le projet de loi, et nous
espérons, et nous attendons que le ministre soit ouvert, justement, à ces
discussions-là pour que, comme j'ai dit, on puisse bonifier le projet de loi au
bénéfice de tout le monde. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Alors, je vais
maintenant céder la parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition et
député de Saint-Henri-Sainte-Anne pour ses remarques préliminaires.
1 min 12 s
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, bonjour au ministre, bonjour aux collègues
députés, bonjour aussi au groupe qui commence, l'AIDQ et la coalition
aujourd'hui, là, qui vient nous parler, projet de loi important, M. le
Président. On va l'étudier avec grande ouverture, mais qui arrive dans un
contexte particulièrement difficile. Un contexte où les surdoses,
malheureusement, explosent au Québec. Les chiffres de 2023, 459 décès par
surdose et de janvier à septembre 2024, 485 surdoses mortelles
malheureusement, donc en hausse de 33 %. Ce qui nous démontre que, oui, il
y a des questions à évaluer, il y a des questions à étudier, mais il ne faut
certainement pas limiter et complexifier l'accès aux services.
Les organismes en surdose, dépendance et
ceux qui opèrent des SCS sont des gens qui sauvent des vies au quotidien. Je
les ai visités la plupart. Ils me disent pour certains qu'ils renversent des
surdoses à tous les jours, donc à tous les jours. On est très, très
reconnaissants du travail qu'ils et elles font sur le terrain. Il va évidemment
y avoir des enjeux de financement, des enjeux de responsabilisation sur à qui
revient les objectifs de cohabitation. On va en parler. C'est tout le temps que
j'avais, M. le Président, mais évidemment, on va travailler très fort dans
l'étude du projet de loi. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Je vous remercie beaucoup, M. le député. J'invite
maintenant la députée de Terrebonne à… Ça va?
Mme Gentilcore : …ça va.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va?
Mme Gentilcore : Oui, merci.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, Mme la députée. Alors, étant donné qu'on a
terminé le volet des remarques préliminaires, je vais débuter les auditions, ce
qui me permet maintenant de saluer et de souhaiter la bienvenue à l'Association
des intervenants en dépendance du Québec, qui sont représentés par la
directrice générale et trois partenaires présents pour les échanges. Alors,
vous avez 10 minutes pour votre présentation et par la suite, on procédera
aux échanges. Je vous cède immédiatement la parole.
Mme Vadlamudy (Sandhia) :
Alors, M. le Président, membres de la commission, à
titre de directrice de
l'AIDQ je vous remercie de nous donner la parole aujourd'hui. Je suis en
compagnie de trois collègues, Rémi Pelletier, représentant des personnes qui
font usage de drogues, Simon-Xavier Perreault, qui représente les services de
consommation supervisés que nous nommerons SCS et Pénélope Boudreault,
représentante des services de santé.
Ainsi, notre groupe, avec l'AIDQ, porte la
voix de 30 organismes et acteurs engagés en santé publique. On le sait, le
Québec traverse une crise de surdoses et le manque de ressources et de
logements. Dans cette lutte, les SCS sont reconnus comme essentiels pour sauver
des vies et améliorer les environnements. La jurisprudence et un tout récent
rapport du coroner Julie Kim Godin sont sans équivoque là-dessus.
Le projet de loi n° 103 met les SCS
en péril, notamment en imposant un régime d'autorisation très complexe. Et
Simon-Xavier nous en parlera davantage. Le projet de loi transfère la responsabilité
de la cohabitation sociale sur les épaules des organismes, alors qu'elle
devrait être…
Mme Vadlamudy (Sandhia) :
…partagé. Il y a d'ailleurs plusieurs exemples probants, dont celui de PACT de
rue, à Montréal, en ce moment même. Nous estimons que les dispositions prévues
par le projet de loi sont contre-productives, stigmatisantes envers les
personnes qui consomment des substances ou vivent en situation d'itinérance,
Rémi pourra nous en parler, inefficaces quant aux causes profondes de la crise et
inéquitables entre les SCS communautaires et des SCS sous l'égide de Santé
Québec.
Ainsi, nous recommandons d'emblée au
gouvernement de retirer le projet de loi n° 103 et de mener avec les
parties prenantes une réelle consultation. Et, bien que l'approche législative
ne nous convienne pas, nous estimons tout de même essentiel de porter à
l'attention du gouvernement les angles morts et les risques de ce projet de
loi.
Et là-dessus je cède la parole à Rémi.
M. Pelletier (Rémi) : Merci,
bonjour. Je m'appelle Rémi Pelletier. Je travaille à l'AQPSUD. Par le passé,
j'ai été à la fois militant, consommateur et même conseiller municipal, dans
l'ordre et dans le désordre. Aujourd'hui, il est probable qu'au sein même de
cette salle des jeunes ici, vos parents, vos frères, vos sœurs ou vos enfants
utilisent les SCS. Certains ont probablement été sauvés. Si on leur retire cet
accès, il va sans dire que c'est délibérément que toutes ces personnes se
voient placées en situation de risque plus élevé. Imaginez l'impact que ça aura
sur les gens que vous aimez.
Premièrement, le p.l. n° 103
imposera plusieurs changements irréalistes dans la vie des consommateurs. Eux,
qui sont généralement déjà mal vus dans la société, devront s'adapter à de
nouvelles conditions d'accès aux soins. Imaginons un instant qu'un SCS se
retrouve aux abords d'un parc industriel plutôt que dans Hochelaga-Maisonneuve,
pas d'école, pas de garderie. En fait, pour y accéder, il y a deux arrêts de
bus aller-retour. Les jours passent, madame X fait deux heures de bus tous les
jours pour aller consommer. Elle est vue dans ce parc par tous les employés qui
y travaillent. Vous pensez qu'elle ne serait pas stigmatisée, vous? Le fait que
les SCS soient situés dans des endroits passants lui donne un anonymat nécessaire
dont elle a… qu'elle a perdu dans ce parc. Au final, madame X retourne
consommer dans la rue, à 150 mètres d'une garderie, là où se trouvait
précédemment un SCS. Pire encore, elle n'a plus accès à du matériel stérile.
Elle risque donc de contracter une STS et même de mourir d'une surdose.
Alentour, plus personne n'est formé pour l'aider.
C'est à ça que nous expose le p.l. n° 103. Pourquoi la prémisse du p.l. n° 103
est une fausse réalité, une «fake news», à savoir que les SCS nuisent au
développement des enfants? Aucune donnée probante ne va dans ce sens. En
adoptant le p.l. n° 103, le gouvernement légitimise
ces idéologies infondées et contribue à la stigmatisation et à l'isolement des
personnes qui consomment. Au lieu de projets de loi qui marginalise les
personnes qui consomment, les stigmatisent et les isolent, on devrait plutôt
prendre leur avis. La manière de faire est évidente. Il faut traiter avec les
OBNL qui leur dispensent les services qu'ils choisissent d'utiliser, dont ceux
des organismes parés pour.
En conclusion, le gouvernement a
l'obligation de veiller à ce que toutes les lois relevant de sa compétence
respectent et défendent les droits de tous les membres de la communauté. Ils
sont protégés par les chartes québécoise et canadienne des droits et libertés.
Les valeurs personnelles, les intérêts économiques et les sentiments de confort
personnel ne peuvent jamais l'emporter sur cette obligation légale, éthique et
humaine. C'est chaque Québécois qui a un ou des proches qui consomment qui est
concerné. Je vous rappelle que l'article 7 de la Charte canadienne des droits
et libertés, selon laquelle chaque personne a droit à la vie et à la santé… et
cela inclut les personnes utilisatrices de drogues. Merci. Je vais céder la…
• (10 h 20) •
M. Perreault (Simon-Xavier) : Salutations
à tous, à toutes. Je me présente, Simon-Xavier Perreault, coordonnateur de
L'Interzone et sortant à la maîtrise en psychoéducation.
Aujourd'hui, nous faisons face à une crise
de santé publique sans précédent. Partout au Québec, les surdoses sont en
hausse, 645 morts en 2024, plus de 30 % d'augmentation, et pourtant, dans
les sites de consommation supervisée, on ne recense aucune surdose mortelle.
C'est, selon moi, la meilleure statistique, la plus belle. C'est une donnée
fondamentale, chaque intervention permet non seulement de sauver des vies, mais
aussi de désengorger nos urgences, de réduire les coûts d'hospitalisation. Ce
sont des économies pour notre système de santé, mais surtout ce sont des
personnes qui restent en vie.
Comme il est mentionné dans le mémoire de
la coalition, les SCS sont déjà soumis à un processus long et coûteux afin
d'obtenir une exemption à la loi fédérale. Les organismes qui offrent ce type
de service sont désormais… devront désormais fournir un deuxième ensemble de
documents, avec les exigences équivalentes au gouvernement du Québec. Selon…
2022, le milieu et l'approche communautaire sont des piliers, des fondements
dans l'opération des sites de consommation supervisée. Encore une fois, le
public sous-estime la charge qu'il lui demande à travers cette masse
bureaucratique…
M. Perreault (Simon-Xavier) :
...ne sont pas seulement des lieux de prévention, ce sont aussi des portes
d'entrée vers la réaffiliation sociale et les soins, notamment pour les
personnes les plus vulnérables souvent en rupture avec les institutions. En
offrant des espaces sécuritaires autant physiquement, socialement et même
judiciairement, ces lieux permettent de retisser des liens, de reconstruire la
confiance et de redonner accès aux services publics. Ils jouent également un
rôle clé dans la réduction de la criminalité et la judiciarisation.
Là où on implante un SCS, la gestion
collaborative de l'espace public contribue à une cohabitation plus harmonieuse
avec le voisinage. On observe moins de consommation visible, moins de seringues
dans les rues et une meilleure qualité de vie pour tous. Et surtout,
l'efficacité des SCS est documentée. On pense à... et al. dans une revue de 22
études, qui concluent que les sites de consommation supervisés réduisent les
risques de surdoses et de décès, augmentent l'accès aux soins et limitent la
criminalité dans le voisinage. On pense à Marshall et al. 2011, qui démontrent
que l'ouverture d'Insite à Vancouver entraîne une baisse significative des
décès par surdoses. On pense à Potier et al. 2014, qui soulignent également
leur rôle dans la réduction des ITSS et l'amélioration de l'accès aux services
sociaux.
Alors, oui, les SCS sont efficaces. C'est
même la prémisse de mon essai qui porte sur les interventions en sites de
consommation supervisée. Au-delà des chiffres, il est essentiel de documenter
davantage les interventions concrètes qui s'y déroulent, de valoriser
l'expertise développée sur le terrain et de soutenir le déploiement à l'échelle
provinciale. Merci.
Mme Vadlamudy (Sandhia) :
Donc, pour conclure, le projet de loi n° 103 suscite,
vous l'avez entendu, de vives préoccupations. Plutôt que d'améliorer la
situation, son application va l'aggraver en contraignant les personnes en
situation de vulnérabilité à consommer dans des environnements non
sécuritaires, au détriment de leur santé, de leur sécurité et surtout de la
cohabitation sociale, en imposant un fardeau supplémentaire et inégal aux
organismes communautaires, de surcroît.
Nous constatons que plusieurs dispositions
du projet de loi semblent en contradiction avec les orientations
gouvernementales, notamment avec la Stratégie nationale de prévention des
surdoses, qui, elle, privilégie des approches basées sur la réduction des
risques et des méfaits et la concertation avec le milieu communautaire.
Les SCS sont des services de santé à part
entière reconnus dans les orientations nationales et protégés dans la
jurisprudence canadienne. Ils ne peuvent être traités comme des exceptions à
réglementer, par suspicion ou par crainte. Le gouvernement a le devoir de les
reconnaître explicitement comme des services de santé essentiels en leur
assurant un cadre réglementaire stable fondé sur les données probantes en santé
publique et les principes de réduction des risques et des méfaits. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, M. le ministre, nous allons initier immédiatement
la période d'échange. Alors, vous avez la parole pour
16 min 30 s.
M. Carmant : Bien, merci
beaucoup pour cet échange. Je pense que, sur le fond, on dit la même chose,
c'est-à-dire que les centres de consommation supervisés sont importants, il
nous en faut d'autres à travers le Québec. L'enjeu, maintenant, c'est pour...
Avec le projet de loi actuel, on impacte deux des centres existants, puis
maintenant l'enjeu, ça va être surtout, pour les prochains qu'on veut ouvrir,
où est-ce qu'on va les situer.
Le seul commentaire avec lequel je n'étais
pas d'accord, c'est qu'on dit que ça n'a pas d'impact sur les enfants. Mais y a
beaucoup de données probantes qui montrent que le stress parental influe sur le
développement des enfants. Donc, un parent stressé, quelle que soit la raison,
ça impacte le développement de ses enfants. Ça, c'est... je suis neuropédiatre,
là, de carrière, donc, ça, je pense qu'il n'y a aucun doute là dessus.
Maintenant, la question c'est vraiment comment faire pour s'assurer que ça se
fasse de façon harmonieuse.
Moi, ce que j'ai constaté... Moi, j'ai été
impliqué dans l'ouverture d'un seul de ces sites-là, là, puis ce que j'ai
remarqué, c'est que la cohabitation n'était pas préparée en amont. Et ce qu'on
veut s'assurer, avec ce projet de loi, c'est que cette cohabitation se fasse
lors du dépôt du projet. Donc, c'est pour ça que, contrairement à dire qu'on on
met le fardeau à l'organisme, nous, on veut que ça se fasse en collaboration
avec...
M. Carmant : ...qui va être
Santé Québec, avec l'organisme communautaire, et que les ressources vous soient
données pour faire... pour s'assurer que les choses se passent bien.
Maintenant, ce que j'aimerais savoir,
c'est comment vous... comment... comment vous exprimeriez ça dans vos mots pour
s'assurer que ça se passe le mieux possible?
Mme Boudreault (Pénélope) : Bien,
je pense que, comme on disait tout à l'heure, il faut s'asseoir avec les
organismes puis avec les personnes qui consomment. Puis on est aussi sensibles
à la réalité des parents qui sont inquiets. Ça fait que c'est tous ensemble
qu'on doit réfléchir à ça. Parce qu'il y a déjà un système qui est extrêmement
complexe, puis je comprends, vous parlez de cohabitation qui va être une
affaire de tous, mais c'est quand même les organismes qui, dans leur mission,
vont développer un site de consommation supervisée, par exemple. Et là ils vont
devoir aller vers... chercher des ressources, chercher des personnes qui vont
les aider à développer un plan de cohabitation ou développer des corridors de
services, parce qu'on parle aussi d'avoir accès dans le système de santé. Ça
fait que, quand on parle de fardeau qui est remis sur le dos des organisations
communautaires, c'est ça qu'on veut dire, parce que, dans la réalité,
l'organisme communautaire se développe. Il doit se chercher un secteur parce
que c'est difficile aussi de trouver un endroit où se localiser. Que tu aies un
site de consommation supervisée ou pas, c'est déjà extrêmement complexe
d'offrir des services à cette population-là qui vit dans les rues puis dans nos
secteurs où il y a des écoles, des garderies et des CPE. Donc, c'est juste de
rajouter un fardeau sur une réalité...
Puis les parents sont inquiets. Moi, je
suis infirmière, j'ai travaillé à Sainte-Justine, j'ai deux enfants, je suis
dans le milieu de la rue à Médecins du Monde depuis 20 ans. On comprend
cette inquiétude-là. Les parents sont inquiets tout le temps, à propos de tout.
Ce n'est pas nécessairement à cause des projets de consommation supervisée. La
drogue est présente dans les écoles, est présente dans d'autres milieux. Est-ce
que c'est vraiment la solution de réglementer sur un service qui sauve des
vies, qui est un milieu d'accès à un milieu de la santé puis à un «step-up»
pour les personnes qui consomment parce qu'elles sont entourées de personnes
qui sont spécialisées, avec plusieurs spécialités, des intervenants, des pairs,
des personnes qui consomment elles-mêmes, des infirmières, des intervenants,
des travailleurs de rue. Il y a des personnes qui se déplacent, du système de
la santé, des infirmières de proximité. Il y a des médecins, il y a des IPS qui
viennent dans ces milieux-là. C'est un milieu de santé dans le communautaire.
M. Carmant : Mais on va
rester sur la cohabitation, c'est... Ce qui est arrivé, cependant, c'est que,
quand j'ai demandé à certains... à des organismes de rehausser la cohabitation,
on m'a dit : Ce n'est pas de mon ressort. Ça fait que je peux comprendre,
mais c'est du ressort de qui, dans ce contexte-là? J'ai fait la même remarque à
la Santé publique. Ils m'ont dit également : Ce n'est pas de mon ressort.
Donc, ce qu'on vient, ici, je pense,
faire, c'est, en passant par le mécanisme qui est établi ici, s'assurer que
toutes les parties prenantes jouent un rôle dans ce phénomène de cohabitation.
Mme Vadlamudy (Sandhia) : Je
pense que ça fait
partie de notre message essentiel, de dire que cette
cohabitation concerne l'ensemble des parties prenantes, pas seulement les
groupes communautaires, qui en font déjà beaucoup à travers leurs missions et
qui vont tous les jours au-delà de leurs missions.
Maintenant, pourquoi il y a... Parfois,
vous entendez certainement des réponses, de dire : Ce n'est pas de notre
ressort? C'est parce qu'il y a un grand manque de moyens. Il manque de
ressources, il manque de moyens, il manque de plans rassembleurs de tous ces
acteurs dans la communauté. Et le projet de loi qui a été déposé n'annonce pas
de moyen non plus qui vient du gouvernement pour soutenir ces démarches en
amont et après, en continu, parce que c'est la clé.
• (10 h 30) •
M. Carmant : Bien, on
s'entend là-dessus, mais une règle que vous ne connaissez pas, c'est que, dans
un projet de loi, on ne peut pas mettre de règle financière, mais le passage
par Santé Québec pour le déploiement passe... doit s'assurer implicitement que
le financement soit inclus pour cette mission-là, vous comprenez?
Mme Vadlamudy (Sandhia) : Je
l'entends bien. Pour l'instant, nous ne sommes pas rassurés parce que, par
exemple, en ce moment, on est dans une situation où la Stratégie nationale de
prévention des surdoses n'est pas confirmée auprès des groupes communautaires.
On attend encore les sommes et on est obligé de mettre des projets qui sont
structurants pour lutter contre les surdoses dans chacune des régions du
Québec, et on doit mettre ces projets-là en attente de confirmation de
financement, qui devrait arriver au milieu de l'automne. Ça, c'est un non-sens
et ça fait
partie des inquiétudes, quand on ne voit pas ce soutien-là...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme Vadlamudy (Sandhia) : …transparaître
à travers une initiative qui est déposée par le gouvernement. On a aussi des
groupes communautaires qui sont porteurs déjà de la SCS et qui attendent la
confirmation de leur financement… d'un financement qui avait été confirmé il y
a deux ans et qui n'est toujours pas reçu pour cette année, un financement qui
devrait être structurant pour les SCS à Montréal.
M. Carmant : Il y a eu une
transition. Il y a eu une transition peut-être un peu difficile l'an dernier, là,
j'en conviens, puis on a eu plusieurs échanges là-dessus, mais on me souffle à
l'oreille justement que les lettres vont être rendues d'ici la fin de l'été et
que, comme je vous l'ai dit lors de nos échanges précédents, les sommes vont s'y
rendre. Donc, je pense que… Il faut que vous compreniez que l'intention du
passage via Santé Québec, c'est un… c'est plus dans l'intention de s'assurer
que toutes ces mesures de cohabitation soient couvertes.
Une autre chose dont je ne sais pas si
vous êtes au courant, là, mais j'ai tenu quelques rencontres avant… avant le
projet de loi, là, sur une base personnelle de ministre, là, où on a discuté de
développer une trajectoire de soins pour la toxicomanie parce que mon
observation sur le terrain, c'est qu'il y a beaucoup de silos. Il y a ceux qui
travaillent très fort dans la réduction des méfaits, il y a ceux qui
travaillent dans le traitement des surdoses avec de la toxicomanie, mais la
relation entre les deux n'est pas très fluide… entre ces deux groupes-là n'est
pas très fluide. Et je me suis assis avec quelques-uns d'entre vous qui sont
dans la salle ici pour amorcer les discussions, et j'avais demandé au ministère
de continuer ces discussions-là. On me dit que les lettres devraient arriver
sous peu, mais on va créer un comité pour développer les trajectoires de
toxicomanie, et le premier projet pilote va être à Montréal, et on veut
continuer à vous impliquer là-dedans.
Donc, je comprends que les discussions n'ont
pas été faites de façon soutenue en amont du dépôt du projet de loi, mais on
compte bien les continuer, là, puis ça, ça va être important aussi. Et je pense…
et je pense que j'aimerais que vous me parliez peut-être de votre rôle dans ces
discussions-là puis comment vous voyez votre apport à ces comités-là… à ce
comité-là.
Mme Vadlamudy (Sandhia) :
Bien, notre rôle, on le voit comme étant très proactif, et je pense que c'est
un rôle qu'on a mis de l'avant auprès de vous, auprès du gouvernement, dans les…
certainement de façon intensive, au cours de la dernière année, dernière année
et demie. Les discussions sur cette trajectoire, oui, on a entendu parler de
ces discussions. Certains en ont été
partie prenante, mais les discussions se
sont arrêtées en janvier dernier, et depuis on n'a pas eu de nouvelles, bien qu'on
a tenté de recevoir des nouvelles à plusieurs reprises.
On a également communiqué avec vous, comme
coalition, en janvier pour vous offrir de travailler en collaboration pour
cerner le rôle qu'on peut jouer à l'intérieur de de cet… de tous ces enjeux
liés aux crises et de ce mouvement au niveau gouvernemental qui affecte les
groupes, parce que non seulement il y a la stratégie de prévention des surdoses
qui inquiète, mais il y a également des coupures, au niveau de Montréal, de 24 %
de l'enveloppe de prévention ITSS qui affecte actuellement les groupes. Donc,
il y a énormément de préoccupations sur les moyens à disposition pour pouvoir
contribuer à la hauteur de ce que voudraient faire les groupes.
M. Carmant : D'accord. Et donc
ça, ça va être un processus, là… Comme je vous dis, les lettres devraient
arriver sous peu puis le comité devrait être actif également dans les
prochaines semaines, au plus tard au début de l'automne. Donc, ça, ça va être
quelque chose d'important aussi.
Bon, une chose sur laquelle aussi je suis
très sensible, là, c'est… Vous mentionnez la complexité de l'autorisation.
Pouvez-vous m'en dire un peu plus, là, actuellement, comment ça se fait et puis…
parce que le but n'est pas nécessairement de complexifier… le but est d'avoir
un filtre.
M. Perreault (Simon-Xavier) :
En fait, on a fait déjà une demande fédérale avec toutes les autorisations qui
vont être similaires, probablement, à celles demandées par Santé Québec. Donc,
on vient tout simplement doubler la charge de travail des organismes qui
tiennent un site de consommation supervisée, déjà qu'ils sont débordés. Et je
me permettrais aussi de revenir quelques minutes plus tôt…
M. Perreault (Simon-Xavier) : ...vous
avez dit qu'un site de... les sites de consommation supervisée en place vont
être peu impactés par le projet de loi, mais je tiens à dire qu'à Québec nous
sommes le seul site de consommation supervisée d'interzones. On déborde. Et on
espère avoir un deuxième site de consommation supervisée. Cependant, un projet
de loi comme celui-là vient nuire à la mise en place d'un deuxième site et
vient mettre un clou, peut-être, dans le cercueil de notre espoir d'avoir un...
de cesser de déborder.
Et, en fait, je reviendrais aussi quelques
minutes plus tôt : Est-ce que... est-ce que vous vous engagez, en fait,
à... qu'il y ait un financement octroyé pour la cohabitation? Est-ce que Santé
Québec s'engage à ça?
M. Carmant : C'est un peu atypique,
là, d'habitude, on ne me pose pas des questions. Mais j'ai clairement mentionné
que le but de passer par Santé Québec est de s'assurer que le financement
octroyé soit adéquat. L'intention est claire, là, l'intention est vraiment
claire, ça ne peut pas être plus clair que ça. Puis l'autre chose qui est
importante aussi de mentionner... bien, d'ailleurs, pour Maison Benoît Labre,
pour ne pas la nommer, on a sorti du financement additionnel, un, pour
l'organisme, et, deux, pour un autre organisme qui effectue les patrouilles
quand l'organisme lui-même ne voulait pas le faire. Tu sais, c'est... Donc, on
est rendus là puis on pense que c'est nécessaire de soutenir ces
initiatives-là. Puis pour la Capitale-Nationale, oui, on travaille sur un autre
site, et ne perdez pas espoir, s'il vous plaît. C'est très important de
continuer à développer ces sites-là, puis je l'ai dit d'entrée de jeu aussi.
Mme Boudreault (Pénélope) : Je...
Est-ce que je peux me permettre...
M. Perreault (Simon-Xavier) :
Oui, allez-y.
Mme Boudreault (Pénélope) :
...de rajouter sur le comment... bien, le fardeau, mais aussi, comment on peut
travailler avec vous. Je pense que la question est extrêmement bonne, puis
c'est ce qu'on est en train de faire ici. Les groupes se sont tous mobilisés,
et tout le monde va venir, de Montréal, ou de Québec, ou d'autres régions, pour
vous rencontrer, pour parler avec vous. Ce qu'on vous demande, c'est : En
quoi le projet de loi va faciliter ces discussions-là? On a une expertise, on
peut répondre à plusieurs questions sur ce qu'on vit sur le terrain, ce que...
les personnes elles-mêmes qui consomment, qui ont cette expérience-là. Est-ce
qu'il y a eu ces moments-là, pour que nous, on puisse s'asseoir avec vous puis
partager notre expertise?
Il y a plusieurs problématiques dans le
projet de loi actuel. Le fait que les... Vous dites que ça affecte peut-être
seulement deux sites. En fait, nous, à Médecins du Monde, on s'est fait
demander : Pourriez-vous le faire, parce qu'il manque beaucoup de sites, vous
pourriez, dans votre... dans votre motorisé, le faire? Mais nous, on se remet
en question, parce qu'avec un... ce qui plane au-dessus de nos têtes est-ce
que, dans quatre ans, ça pourrait... est-ce que, s'il y a des plaintes de
certains citoyens... Qu'est-ce qui va faire que, dans quatre ans, on pourrait
se le faire enlever? Ça fait que tout le fait, autour, que ça peut être
révocable, ça concerne tous les organismes, pas seulement les deux qui sont à
moins de 150 mètres. Ça fait que ça, c'est vraiment inquiétant pour les
groupes.
• (10 h 40) •
M. Carmant : L'autre versant
de la médaille, parce qu'il y a toujours un autre versant, c'est
qu'actuellement, à cause de l'inquiétude générale dans la population on n'est
même pas capables d'ouvrir de l'hébergement pour personnes en... tu sais, qui
sont prêtes à sortir de l'itinérance, puis... Donc, il faut venir sécuriser la
population que les choses vont être faites de façon ordonnée, pour s'assurer
que, quand on... quand quelque chose ouvre, bien, il n'y a pas... il n'y a plus
d'enjeu, et les règles sont claires pour tout le monde.
Puis je vous ai entendus, là, je vous
entends bien que vous trouvez que c'est trop strict. C'est pour ça qu'on passe
par le processus de la commission parlementaire. Et moi, je suis quelqu'un de
très à l'écoute. On va s'assurer de... que tout ce qui est fardeau excessif,
là, soit allégé le plus possible. Mais je pense qu'on a... ça répond également
à un besoin de la population, pour s'assurer qu'on puisse développer des sites
de consommation supervisée, mais également de l'hébergement. Parce
qu'actuellement, le... mon besoin principal, c'est de développer du logement de
transition et du logement supervisé, et c'est moi qui me dois... qui doit me
déplacer, avec les organismes communautaires, dans les communautés, pour les
rassurer, là. Tu sais, je suis allé à Rosemont, je suis allé à Ahuntsic, je
suis allé à Montréal, partout, là, il faut que le ministre soit là. Ça n'a pas
de bon sens. Il faut qu'il y ait des règles claires qui vont rassurer la
population et qui vont être tenues dans tous les projets. Comme ça, les choses
vont se faire beaucoup plus facilement, selon moi. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Je vais maintenant céder la parole à
la députée de D'Arcy-McGee, pour 9 min 54 s.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Je sais que toute la question...
Mme Prass : ...la
cohabitation vous rejoint également. Ce n'est pas une question des parents qui
sont concernés et vous qui n'êtes pas concernés. Le ministre dit que dans le
passé, par exemple, la maison Benoît Labre, qui est l'organisme, n'a pas voulu
faire les mesures de... rehausser les mesures de cohabitation, mais tel que
mentionné, il n'y avait pas de budget additionnel pour qu'ils le font. Déjà,
c'est beaucoup du financement par projet pour laisser les CSES et tout l'argent
que vous avez doit évidemment aller à la mission de ce que vous faites qui est
d'aider les gens. Donc, une de vos recommandations, puis on vient de l'évoquer
à un certain point, c'est qu'il y ait un financement justement pas seulement
pour les mesures de cohabitation, mais également, ça tombe dans la même
catégorie, les mesures d'atténuation, parce que ça se peut que vous ayez fait
du travail en amont. Une fois que vous ouvrez, vous voyez que ça ne répond pas
nécessairement à la réalité. Et il faut rajouter les mesures qui vont... les
mesures qui vont être en place, mais vous avez besoin des moyens pour le faire.
Avez-vous une idée, à une moyenne, ça demanderait combien d'argent, sans qu'il
y ait de fonds additionnels qui vous soient octroyés? Est-ce que c'est un
10 % de votre financement, un 5 %, un 15 % que vous... que les
organismes, les CSES auraient à dédier pour les mesures de cohabitation et
d'atténuation?
Mme Vadlamudy (Sandhia) :
Moi, je ne parlerais pas de budget en ce moment parce que je pense que ce n'est
pas réaliste de commencer à émettre un chiffre en ce moment et surtout pas de
l'accorder complètement au groupe communautaire qui est responsable du SCS.
Donc c'est une démarche que l'on pense importante d'être faite de manière
concertée, à l'intérieur d'un plan qui implique une multitude d'acteurs et qui
est porté par l'ensemble de ces acteurs également. Donc je... De mon côté, je
pense que mettre un chiffre n'est pas une bonne idée en ce moment. Est-ce que
tu veux ajouter quelque chose?
Mme Boudreault (Pénélope) :
...à ajouter que je suis d'accord complètement avec Sandhia. Ce n'est pas une
question de chiffre, c'est une question aussi de volonté. C'est l'affaire de
tous de travailler en cohabitation. Ça inclut les citoyens, ça inclut le
gouvernement. Tout à l'heure on parlait de sentiment de sécurité dans la
population. C'est un peu un «statement», excusez l'anglais, fort du
gouvernement, et de la population, et de la société de dire : On veut
prendre soin de ces personnes-là qui consomme, ça fait que travaillons
ensemble. Ce n'est pas nécessairement en... Parce qu'il n'y aura jamais assez
d'argent pour convaincre des gens de travailler ensemble puis de réfléchir
ensemble.
Mme Vadlamudy (Sandhia) :
Oui. Et ce travail doit être fait de manière, de manière unique, dans chaque
milieu également. Un élément important aussi à retenir pour effectuer une
démarche qui soit cohérente avec le milieu, c'est de ne pas faire une approche
qui convient à tous, parce qu'il n'y a pas un milieu qui est pareil. Dans un
certain milieu, 150 mètres à côté d'une garderie, il est possible que ça
ne cause pas d'enjeux, mais il faut prendre le temps d'en prendre la mesure,
d'en discuter et de voir avec l'ensemble des parties prenantes qu'est-ce qui
fait sens pour ces personnes-là en fonction de la configuration et de
l'existence des services dans le milieu où s'implante ou existe le SCS. Et ça,
le milieu communautaire le fait depuis longtemps, mais en partenariat avec les
autres organisations de sa communauté.
Mme Prass : ...que tout
le monde a un rôle à jouer. Il faut que tout le monde soit impliqué. Par
exemple, l'idée d'avoir, dans le cadre des mesures de cohabitation, l'idée
d'avoir par exemple un comité de bon voisinage, mais qui est permanent, qui
rejoint la police, l'organisme, les gens dans la communauté, est-ce que c'est
quelque chose que vous pensez?
Mme Vadlamudy (Sandhia) :
C'est une avenue fort pertinente, mais il faut faire attention à ce que ce
comité-là ne soit pas l'unique et seule responsabilité du groupe communautaire
à avoir à coordonner et mobiliser parce qu'il est une
partie prenante
importante. Donc, d'avoir un comité qui se rencontre. Mais qui a aussi une
coordination qui soit un... qui ait une certaine neutralité dans cette
coordination-là, c'est un facteur important dans le succès de ce type de
démarche.
Mme Prass : Et, entre
autres, vous recommandez de jumeler la demande avec la demande qui est faite
auprès du fédéral pour ne pas faire du dédoublement. Quels sont les éléments
qui sont demandés au niveau fédéral? Et est ce qu'il y a des éléments de
cohabitation également qui vous sont...
Mme Prass : ...dans le cas de
ces demandes.
Des voix : ...
Mme Vadlamudy (Sandhia) : O.K.
Non, il n'y a pas d'éléments de cohabitation sociale demandés dans la demande
fédérale. Par contre, cette demande au fédéral comporte tous les éléments
budgétaires, les éléments de concertation avec le milieu, avec les instances de
santé, tous les règlements qui sont imposés pour les opérations de la salle de
consommation supervisée. Donc, c'est une démarche qui est assez colossale à
mener et la démarche qui serait en ajout au niveau provincial pour obtenir le
permis ne semble pas être collée avec cette démarche-là. Et c'est-à-dire que de
mener une démarche, c'est suffisant. Donc, on a tous les éléments à travers
l'obtention de cette exemption pour que... pour qu'on soit rassuré sur la
qualité du service qui va être offert. Et dans la... le... dans les éléments de
permis qui sont nommés dans le projet de loi, on va aussi en consultation de
plusieurs ministères. Ça, ça ouvre la porte aussi à toute une durée, hein, et à
se dire : Bon, mais, O.K., mais tout ça, toute cette démarche-là, combien
de temps elle va durer dans le temps et de quelle manière le groupe va être
capable, en fait, de soutenir les travaux pendant toutes ces consultations?
Mme Prass : Et justement
vous, vous parlez, entre autres, de la création d'un fonds d'appui provincial
et un soutien financier pour cibler des organismes. Pouvons-nous nous donner
une idée, justement, des besoins qui ne sont pas... auxquels... bien, les
besoins qui combleraient... ce que ce fonds comblerait? Parce qu'on comprend,
c'est souvent par là un projet, on comprend que l'argent à la mission n'est
jamais à la hauteur des besoins. Donc, quels sont les éléments, justement, que
ce fonds pourrait couvrir qui présentement ne vous sont pas accordés?
M. Perreault (Simon-Xavier) : En
fait, dans un VCS, en fait, il y a plusieurs facteurs. Le facteur principal, en
fait, c'est la sécurité d'un site de consommation supervisée. C'est
probablement le schème et la valeur qu'on doit préconiser et mettre de l'avant.
Donc, mise en place de locaux sécuritaires accessibles pour les gens qui
utilisent les services, de la façon qu'ils les utilisent, et pour les personnes
qui y travaillent. Donc, premier élément, je crois que ce serait vraiment au
niveau de la sécurité. Je passerais la parole. Je n'ai rien d'autre à ajouter à
ce niveau-là.
Mme Boudreault (Pénélope) : Bien,
je sais qu'il faut s'adapter, ça fait qu'il faut déjà que l'espace soit adapté,
là, parce qu'on ne peut pas juste dire : ah, il y a une salle ici, puis on
va consommer dans cette salle-là. Il y a des systèmes de ventilation, il y a
des autorisations, il y a des assurances. Je sais qu'avec Benoît Labre ça avait
été extrêmement difficile de juste faire assurer la bâtisse à cause de ce
site-là. Ça fait que c'est beaucoup, là... Même pas au niveau gouvernemental,
au niveau des demandes, il y a plusieurs autres documentations, administration
à faire.
• (10 h 50) •
Puis, comme on le mentionne dans la
mémoire, bien, un site de consommation supervisée, c'est un espace de soins, il
y a des intervenants, ça fait que là, il faut payer les intervenants, il peut y
avoir des travailleurs de rue parce qu'il y a de l'espace à l'extérieur, ce
n'est pas seulement le site, toute la proximité, aller vers les gens, aller les
rejoindre. On travaille avec des pairs, des personnes qui ont un savoir
expérientiel, ce n'est pas des bénévoles, c'est des personnes qu'on embauche
pour leur savoir, pour leur expertise, pour leurs compétences. Ça fait que
soutenir tout le réseau des personnes qui travaillent autour, parce que ce
n'est pas... elles n'ont pas un
titre d'infirmière ou de médecin, mais c'est
des gens qui font de la santé à tous les jours en étant là, assis à prendre un
café avec quelqu'un qui vient consommer, en étant une oreille attentive pour
quand ils viennent s'asseoir puis ils ont passé une journée difficile. Ça fait
que toutes ces personnes là, ça fait que, pour moi, le font, c'est de payer
pour tout ça. Puis on a une équipe aussi.
Et rédiger ces demandes-là, ça prend
beaucoup de temps, ça prend des gens qui ont des compétences en finances, ça
prend... On n'a pas tout ça dans les organismes. Souvent, vous allez rentrer
dans un organisme, puis le directeur, c'est lui qui fait les communications, il
fait la reddition de comptes, il fait le... puis l'intervenant, il nettoie les
toilettes, il va servir le café, il va... C'est ça, les organismes
communautaires au Québec, là. Ils sont sous financés puis c'est des gens qui en
font beaucoup plus que ce qu'on peut réaliser dans le système de santé, pour
avoir travaillé, moi-même comme infirmière dans le système de santé. Ça fait
que ce fonds-là servirait à soutenir une mission qui est extrêmement large...
Le Président (M. Provençal)
: ...Alors, je vais maintenant céder la
parole au député de Saint-Henri Sainte-Anne pour trois minutes
18 secondes.
M. Cliche-Rivard : Merci, M.
le Président. D'abord, je vous remercie pour votre mémoire, votre présentation,
puis merci au quotidien aussi du travail que vous faites. Vous sauvez des vies,
tous et toutes, puis on est extrêmement reconnaissants. Je pense que c'est le
plus de ressources... en fait, le fait qu'il y ait plus de ressources qui va
améliorer la cohabitation sociale puis pas le contraire. Donc, pour nous, vous
êtes la solution, la clé et non pas le contraire. Donc, je voulais le préciser.
À l'article 15, le ministre parle
depuis tout à l'heure, là, que ça impacte deux organismes, mais, finalement, ça
impacte tous les organismes, incluant les organismes en situation d'itinérance.
C'est vrai, le 150 mètres, mais l'ensemble du régime d'autorisation, puis
on le verra par règlement plus tard dans l'étude du projet de loi, pourra aussi
concentrer l'ensemble des ressources en itinérance. Donc, ce n'est pas
seulement l'affaire que de deux organismes à 150 mètres, là, c'est
l'ensemble du tissu social de cohabitation, en fait, d'itinérance et de
consommation supervisée qui est visé par ledit projet de loi. Je voulais quand
même le réitérer puis le placer. C'est assez important.
La cohabitation, je pense que c'est le
nœud de l'affaire, puis la cohabitation, c'est l'affaire de tous. Et là il y a
un rôle disproportionné du communautaire dans la version actuelle du projet de
loi, c'est ce que je vois. 667.4, la cohabitation, il faut le relire, vous
devez déposer... vous devrez déposer un plan de cohabitation détaillant les
mesures qu'ils entendent prendre pour mitiger les inconvénients. Donc là, il
n'y a pas de mention de la police, il n'y a pas de mention de la santé
publique, il n'y a pas de mention de ceux et celles qui ramassent les déchets,
des pouvoirs municipaux, il n'y a pas de mention de la ville, là. Il y a une
mention de votre obligation.
Et vous, un peu plus tard, 667... je n'ai pas
les... 14, ou 15, ou 16, vous, vous pouvez perdre votre autorisation si votre
plan de mitigation, qui par ailleurs concerne des éléments pour lesquels vous
n'avez pas de pouvoir directement corrélé, pour lesquels vous ne pouvez pas
agir... si vous appelez les services pour du nettoyage puis qui ne viennent
pas, si vous appelez la police puis elle ne vient pas, je veux dire, vous allez
être responsable et l'unique responsable d'une perte d'autorisation.
Donc, elles sont où, les obligations,
selon vous, dans le projet de loi, des autres partenaires? Parce que le
ministre dit : On fait ça en partenariat, on fait ça en... collectivement.
Mais moi, je vois seulement des obligations fondées envers les organismes
communautaires. Est-ce que je me trompe? Est-ce que vous avez la même lecture
que moi?
Mme Vadlamudy (Sandhia) : Nous,
on a eu la même lecture, et je pense que le mémoire qui a été déposé traduit
bien cette lecture-là. On a besoin de ressentir que cette responsabilité-là,
elle est partagée et qu'il y a une reconnaissance du travail qui est fait à
tous les jours par les groupes, une reconnaissance qui n'est pas associée aussi
avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête de ces organisations-là, qui
peuvent perdre leur permis pour ne pas avoir répondu à une responsabilité qui
est impossible à porter pour une seule organisation, que même la société
entière, avec toutes les parties prenantes, n'arrive pas à porter en ce moment.
Donc, c'est irréaliste de faire porter tout ça à un groupe communautaire pour
pouvoir opérer un service de santé.
M. Cliche-Rivard : Bien, on
va y veiller. Puis j'entends le ministre vouloir collaborer là-dessus. Je pense
que le ministre en est conscient aussi, que les obligations de
collectivisation, puis d'harmonisation, puis de cohabitation sociale... Vous,
vous donnez un service. Vous, vous nous permettez d'y arriver, mais vous ne
pouvez pas y arriver seul. Ce serait impossible. Et on doit vraiment voir, ici,
une responsabilisation, une coresponsabilisation de cet enjeu-là dans
l'article 667.4.
Le Président (M. Provençal)
: ...M. le député. Je vais maintenant
céder la parole à la députée de Terrebonne pour conclure de premier échange.
Alors, je vous cède la parole, Mme.
Mme Gentilcore : Merci, merci
beaucoup d'être ici. Toujours agréable d'échanger avec vous. Deux petits
points. Puis le premier, évidemment, la paperasse, tout ce qui administratif,
ça me préoccupe énormément parce qu'on l'entend tellement sur le terrain. Là,
de devoir remettre à chaque quatre ans ces documents-là, qu'est-ce que ça
représente pour vous? Quatre ans, est-ce que vous avez été consultés pour cette
durée-là? Comment vous voyez ça? Est-ce que vous, vous jugiez nécessaire, dans
quelque mesure que ce soit, justement, de périodiquement revenir là-dessus?
Puis comment vous entrevoyez ça?
Mme Vadlamudy (Sandhia) : On
juge que ce n'est pas du tout nécessaire en ce sens où il y a déjà toute une
démarche d'exemption pour repérer un SCS, et cette démarche-là s'opère avec
Santé Canada et réunit l'ensemble des éléments qui sont importants pour pouvoir
opérer un SCS de manière à la fois sécuritaire et cohérente.
Le faire aux quatre ans, c'est doubler
encore la charge parce qu'avec Santé Canada, je le répète, toute cette
démarche-là a déjà lieu. Et là non seulement on vient doubler cette charge-là,
mais en plus on la colle avec un renouvellement potentiel de permis, donc... et
ce permis-là peut être révoqué après, suite à une plainte qui peut venir de
n'importe quelle instance, là...
Mme Vadlamudy (Sandhia) : ...ce
qu'on lit dans le... dans le projet de loi, c'est que la plainte peut venir
d'une personne. Et, si elle n'est pas réglée en 10 jours, le permis peut
être révoqué.
Mme Gentilcore : ...
Mme Vadlamudy (Sandhia) : Une
très grande incertitude. Et c'est de... c'est à partir notamment de cette
incertitude que l'ensemble des groupes qui portent des SCS sont affectés par ce
projet de loi. Parce qu'ils sont inquiets de se dire : Comment on va... on
va renouveler le permis, avec quelles ressources et de quelle manière on va
être exposés à des plaintes qui pourraient faire en sorte que le permis soit
révoqué?
Mme Gentilcore : Avez-vous
pensé à des outils qui vous permettraient d'assurer un certain suivi auprès du
ministère, c'est-à-dire de rendre des comptes, d'une certaine façon, mais de
manière peut-être plus étendue, sans devoir remettre en jeu votre permis à
chaque quatre ans? Est-ce que c'est déjà en place même?
Mme Vadlamudy (Sandhia) : Les
outils sont bien en place. Il y a des redditions de comptes qui sont très
détaillées, en continu, entre les groupes et le ministère. Et je pense que tout
est là déjà pour pouvoir avoir un bon suivi. L'important, c'est de le faire en
collaboration.
Mme Gentilcore : Puis, est-ce
que vous trouvez qu'en ce moment, dans le projet de loi, c'est bien encadré, ce
que vous auriez à remettre aux quatre ans? Est-ce que vous trouvez que c'est
clair? Est-ce que vous avez des craintes par rapport à l'ouverture, là, qu'il y
a dans cet article-là?
Mme Boudreault (Pénélope) : Bien,
on est extrêmement inquiets, parce que, non, ce n'est pas clair, qu'est-ce qui
va être demandé, qu'est-ce qui peut faire qu'un permis peut être révoqué. Puis
j'ai juste envie de rappeler que ça impacte les organismes qui sont... en ce
moment, qui le font déjà, mais ça a un impact majeur sur les organismes qui
pourraient penser. Ça fait que, d'un côté, on dit : Il faut en ouvrir
davantage, on est conscients, c'est la crise des surdoses, c'est des milieux
importants, ça sauve des vies, il faut en ouvrir davantage, mais clairement,
les organismes ne se lanceront pas dans des démarches comme ça, qui sont
fastidieuses. Pour se faire dire ou risquer de se faire dire aux quatre
ans : Bien, finalement, vous ne pouvez plus opérer.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée, c'est... le temps est
écoulé. Alors, je remercie l'Association des intervenants en dépendance du
Québec pour leur participation à nos travaux et surtout la contribution que
vous y apportez.
Sur ce, je suspends les travaux pour
permettre au prochain groupe de prendre place. Merci beaucoup de vous être
déplacés.
(Suspension de la séance à 10 h 58)
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11 h (version non révisée)
(Reprise à 11 h 03)
Le Président (M. Provençal)
: Alors nous reprenons nos travaux.
Nous recevons maintenant la ville de Québec et le maire de Québec, M. Bruno
Marchand ainsi que des membres qui vont l'accompagner. Alors, M. Marchand, vous
avez 10 minutes pour votre présentation, et par la suite nous poursuivons
les échanges. À vous la parole.
M. Marchand (Bruno) : Merci
beaucoup, M. le Président. Content de vous revoir, M. le ministre également. Merci
de nous accueillir. Députés et membres du Parlement, on est contents d'être ici
avec vous et de prendre ce temps-là. Merci à vous de prendre le temps.
Alors, d'entrée de jeu, pour nous, ce qu'il
est important de dire, c'est qu'on comprend l'intention qui guide le projet de
loi. On comprend également tout ce qui explique la réflexion menant à sa
rédaction, on y souscrit, à ces préoccupations-là, et effectivement il y a
matière à, certainement, y réfléchir.
Puis vous n'êtes pas sans savoir, à Québec
comme ailleurs au Québec, c'est, nous dirons, deux grandes problématiques qui
nous concernent : entre 2020 et 2023, c'est 116 décès par surdose, qu'on
a vécus; et comme L'Interzone vous l'a dit, c'est en augmentation, à la fois
les services, mais aussi cette malheureuse réalité-là est en augmentation. Et
on est conscients des défis que représentent à la fois traiter, soutenir,
guérir et en même temps cohabiter. Je n'ai pas besoin de vous parler d'itinérance
davantage. Vous savez l'explosion de l'itinérance, c'est le cas à Québec
également. On attendra le prochain décompte pour statuer, mais tous les
intervenants terrain nous disent qu'il y a augmentation.
Toutefois, ce qui nous surprend et ce à
quoi nous sommes assez convaincus, c'est que le moyen choisi, pour nous, n'est
pas le bon, le moyen choisi dans le projet de loi. Et je fais référence à
quelques éléments, puis on pourra en discuter avec vous, notamment sur la
question du 150 mètres. Alors, je comprends le contexte politique dans
lequel s'inscrit le 150 mètres, un projet de loi qui est venu d'un autre
parti, toute la situation à Montréal. En même temps, à mes yeux... et si ma
compréhension est infidèle, vous me direz, M. le ministre, mais elle soustrait
le ministre à tout pouvoir d'agilité, à tout pouvoir d'agilité et à toute
capacité de discernement.
Et je vous donne des exemples qui sont
théoriques, mais qui pourraient arriver à Québec et pour lesquels le 150 mètres
devient assez fictif. On pourrait avoir, d'un côté et l'autre de la rivière
Saint-Charles, deux entités, deux institutions qui s'excluraient mutuellement
parce qu'elles seraient à 150 mètres de distance, mais au final, à des
kilomètres pour se rejoindre l'une et l'autre. On pourrait avoir, à travers... Et
encore là, c'est théorique, mais ce n'est pas théorique... arbitraire ou utopique,
on pourrait avoir, avec la falaise qui garnit Québec de sa Haute-Ville et de sa
Basse-Ville... avoir des éléments très proches l'un de l'autre, mais être à
très grande distance parce que séparés par une barrière naturelle...
M. Marchand (Bruno) : ...je
vous parle des barrières naturelles, mais on pourrait parler des autres
obstacles, on pourrait parler de boulevards et d'autoroutes qui font que
parfois ces quartiers-là sont divisés et, de manière proximale, peuvent être
sous le 150 mètres, mais finissent par avoir des distances qui peuvent être
énormément plus grandes parce que séparées par des barrières qui font en sorte
que des quartiers ont des difficultés à communiquer entre eux par ces
barrières-là. Je... Et je ne vous parle pas... et la mairesse de Gatineau,
lorsque je serai de retour avec elle, pourra en parler cet après-midi, mais
d'endroits où le 150 mètres n'est pas respecté présentement au Québec, il y a
un exemple probant à Gatineau, qui ne créent pas de problème.
Alors, le 150 mètres, je comprends la
volonté, M. le ministre, de dire : Il faut statuer quelque part, mais je
pense qu'on a besoin d'avoir, dans les mains d'un ministre, un discernement et
un pouvoir de tenir compte à la fois de topographie de barrières naturelles, de
barrières qui ont été érigées par l'humain et aussi de contextes et de
circonstances qui font qu'à travers cette intention qui guide le projet de loi
on ne se met pas des barrières qui vont faire en sorte que, dans les villes et
dans leur densité, on arrive à des impossibles, ou on arrive à corriger des
situations qui ne méritent pas d'être corrigées, ou on arrive à avoir un remède
qui est beaucoup plus grand que le problème. Ça, pour nous, c'est un enjeu à la
lecture du projet de loi.
On ne comprend pas pourquoi, dans ce
projet de loi là, on amène la question de l'itinérance et de ce qui pourrait,
et je vais dire «pourrait» au conditionnel, nous amener dans une situation
similaire. C'est un projet de loi qui vise la question des sites de
consommation supervisée. Cette question de l'itinérance, qui vient dans des
articles un peu après, nous semble amener de façon concomitante deux
problématiques qui ont des enjeux de cohabitation mais qui sont totalement,
plus souvent qu'autrement, divisées, séparées ou qui tiennent compte de
d'autres réalités, et pas les mêmes.
Alors, je comprends, sans mauvaise
intention... je ne le présume nullement qu'il y ait de mauvaises intentions,
mais on a voulu inclure la question de l'itinérance là-dedans, mais on se
retrouve avec faire un amalgame pour lequel il y a des enjeux de cohabitation,
c'est vrai, mais pour lequel ils sont totalement différents. Alors, oui,
l'enjeu de cohabitation est réel dans les deux cas, mais pour lequel on a des
enjeux, des problématiques, des défis qui sont complètement différents. Et je
ne pense pas qu'on envoie un bon message politique en les jumelant, les deux.
Je ne pense pas qu'on envoie un bon message politique sur tous les efforts qui
sont faits en itinérance pour expliquer que c'est une problématique complexe
qui ne vient pas seulement de quelques enjeux faciles à identifier mais qui est
beaucoup plus complexe. Et je pense que... je pense qu'on fait erreur là aussi.
Dans mes deux derniers éléments, M. le
Président, après ça, je... on pourra conclure... La question de la réciproque
par rapport à l'implantation de services scolaires, d'écoles, garderies versus
la réglementation qui est présupposée dans le projet de loi qui est à l'étude
présentement fait en sorte que... et, encore là, je vais être théorique, mais
on connaît, par historique, comment... comment se font les choses, qu'est-ce
qui va arriver quand on va avoir besoin d'écoles dans un quartier, devant les
grands besoins d'une population, et qu'on va dire : Non, vous ne pouvez
pas vous installer, si c'était le cas, parce qu'à 150 mètres du lieu
d'installation choisi il y a empêchement? Bien, nécessairement, ce qui va
arriver, c'est qu'on va dire à un centre de consommation supervisée :
Bien, tu dois te déplacer, parce que c'est beaucoup plus facile déplacer un
centre que de déplacer une école pour laquelle on a déjà de la misère à trouver
des lieux dans certains quartiers. On va toujours avoir le réflexe facile de
dire : Quel est le moindre mal? Et ça va être le centre qu'on va déplacer,
et on va recréer des problèmes parce qu'on veut répondre à des normes. Alors,
est-ce que l'inverse, dans le projet de loi, fera pour ainsi dire créer ce que
j'amène ici? Nous, on pense qu'il y a un risque. Après ça, vous pourrez
clarifier et me dire que j'ai... on a peut-être la mauvaise lecture.
• (11 h 10) •
Sur la question du plan de cohabitation,
les intervenants précédents en ont parlé, mais je pense qu'ils sont justes. Un
milieu... Un groupe communautaire va difficilement pouvoir coordonner avec les
services policiers, avec le CIUSSS, avec la ville de dire : Bien, voici,
j'arrive à établir un plan de communication... un plan de cohabitation. Et on
comprend son importance. Moi, je souscris à son importance, et que vous ameniez
cette idée-là, je pense, c'est nécessaire, mais je pense que c'est très
difficile pour un groupe communautaire, pour y avoir oeuvré, de dire :
Bien, maintenant, je vais... Ce n'est pas ce que le projet de loi dit, mais, si
on veut déposer un plan qui a du sens, il faut avoir des alliés partenaires qui
vont y collaborer. Ça se pourrait qu'un service policier dise : On n'a pas
le temps de le faire, on n'a pas le temps de contribuer avec vous, on y... on
le verra en temps et lieu, et ça va placer le milieu communautaire dans une
réciprocité de trouver les façons d'écrire un plan de cohabitation... au-delà
des ressources manquantes, et vous en avez parlé tantôt, j'étais content de
vous entendre, ça place le milieu communautaire face à des obligations pour
lesquelles il n'a pas les moyens. Je ne parle pas juste de moyens financiers,
mais moyens de dire à des partenaires : Bien, il faut travailler ensemble
et il faut que vous m'aidiez dans mon plan de cohabitation pour que je puisse
convaincre le ministre qu'il y a un bon plan de cohabitation.
Alors, on souscrit à l'idée, on souscrit à
l'idée que ça prend un plan de cohabitation. Et je suis d'accord avec vous...
M. Marchand (Bruno) : …M. le
ministre, ce que vous disiez tantôt, c'est que si on ne se soucie pas de la
cohabitation, on va avoir d'autres problèmes et d'autres problèmes qui vont
traiter avec inhumanité des gens pour lesquels on a besoin d'amener de
l'humanité. Vous avez tout à fait raison.
Maintenant, je pense qu'il y a des choses
à revoir dans le plan de cohabitation si on veut arriver à l'objectif. Et je
termine en disant sur… et c'est la première recommandation de notre rapport, de
notre mémoire, vous nous soustrayez, en matière de zonage municipal, des
pouvoirs du projet de loi. Pour nous, ce n'est pas de bon augure, au sens de
cette capacité qu'on a de collaborer, on a besoin que le zonage municipal ne
soit pas mis en… mis en deuxième zone ou en quelque chose qui est… qui est
beaucoup moins important et auquel le projet de loi peut dire : Bien, on
peut faire fi du zonage municipal. Le zonage municipal est construit justement
pour faire… créer des villes en fonction des différents besoins. Présentement,
le projet de loi, ce qu'il dit, c'est : Bien, le zonage municipal, on ne
s'en soucie pas. Nous, et vous l'avez vu dans notre première recommandation, on
a besoin que le zonage municipal reste un outil que le projet loi considère et
qui n'est pas… j'ai envie de dire, mis de côté par le projet de loi, ça nous
semblerait assez problématique, à la fois pour les villes, à la fois pour
l'autonomie municipale, mais à la fois pour la capacité de construire les
villes dans une prévision à long terme et avec des zonages municipaux qui
doivent tenir compte de ces enjeux-là.
Et là, vous me direz : Oui, mais
est-ce qu'on ne développera pas une espèce de pas dans ma cour où on ne pourra
le faire nulle part, si le zonage municipal ne le permet pas, et que les villes
veulent le transformer. Bien, nous, ce qu'on vous propose, c'est dans le cas…
et la ville de Québec a ça, mais dans le cas où on irait vers ces types de
modalités là, bien, c'est de le soustraire à des processus référendaires, parce
qu'on sait qu'en processus référendaire, c'est très difficile de faire passer
ce type d'organisation là, mais au moins ne pas soustraire au zonage municipal.
Je m'arrête là-dessus, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup, M. le maire. Alors, M. le ministre, vous
débutez cet échange avec les représentants de la ville de Québec.
M. Carmant : Bien, beaucoup,
M. le Maire, pour vos commentaires, à votre équipe également qui vous
accompagne. Bien, restons justement sur cette notion de zonage. Une des raisons
pourquoi c'est introduit dans le projet de loi, c'est que, pour donner comme
exemple la maison Benoît Labre, moi, j'ai été avisé de son ouverture quand tout
était déjà créé. Et on m'a dit que le zonage le permettait. Donc, nous, ce
qu'on essaie de mettre en place, c'est un moyen de s'assurer que les instances
soient avisées de la création d'un centre de consommation supervisée et que… et
que… et les instances municipales et les instances du Québec soient... en
soient avisées et que ça ne puisse pas se faire comme… sans que personne ne le
sache.
M. Marchand (Bruno) : C'est
ce qu'on comprend. Puis, si vous me permettez, M. le Président, j'aurais dû
faire ça bien avant. Je suis accompagné de ma précieuse collègue Marie-Pierre
Boucher, qui est membre de l'exécutif, qui travaille sur les dossiers,
notamment de l'itinérance. Je suis accompagné du directeur des affaires
juridiques, monsieur… Me Serge Giasson, sa collègue madame… est derrière ici,
et Sylvie Roy, directrice
section de l'intervention communautaire. J'aurais dû
faire ça, bien avant, je m'en excuse.
Pour répondre à votre question, je pense
que vous pourriez dire… le projet de loi pourrait prévoir, puis c'est la
dernière ligne de notre page quatre, « comme condition de délivrance d'une
autorisation par le ministre, l'attestation par la municipalité sur le
territoire de laquelle elle se situe dans un local visé par la demande de
conformité du projet à sa réglementation ». Vous avez des moyens de dire à
un groupe qui fait la demande : En avez-vous fait la demande à la ville?
Est-ce que vous respectez l'ensemble des règlements nécessaires? Faites-m'en la
démonstration ou obtenez par la ville un appui sous quelque forme que ce soit
qui vous permet dans votre analyse de dire : Ah! Je vois que ça respecte
le zonage, mais ça respecte aussi cette ville dans laquelle on veut s'implanter
ou dans laquelle on veut ajouter des services. Il y a des moyens autrement que
de rendre le zonage municipal caduc. De un, vous, êtes informés et, deux, de le
tenir en considération quand vous émettez votre autorisation.
M. Carmant : D'accord. L'autre
point… bien, je… le point du 150 mètres et des barrières physiques. C'est
bien… C'est bien compris. Puis ce qui est important pour nous, c'est vraiment
la proximité physique, là, dans… entre les... entre les deux… entre les sites.
Maintenant, pour ce qui est des ressources en itinérance, comme vous le savez,
je pense, déjà, on est en train de développer des ressources qui sont
spécialisées en santé mentale et en toxicomanie. Je pense que ça va être
important de le spécifier pour expliquer pourquoi on inclut ces ressources-là
dans le projet de loi. Mais je pense que c'est important aussi de dire que les
citoyens nous mentionnent leur inquiétude...
M. Carmant : ...quiétude. Puis
je pense que L'Interzone, par exemple, c'est une ressource qui est fondamentale
à Québec, qui est 30 fois plus utilisée que les autres ressources au
Québec, là, c'est des 10 000 personnes par trimestre, là, versus
1 000 dans... pour plusieurs autres régions, mais, quand même, ça a un
impact sur les gens du quartier. Moi, je les ai rencontrés. Je pense qu'il faut
s'assurer que cette cohabitation soit harmonieuse.
M. Marchand (Bruno) : Nous
sommes tout à fait d'accord. Mais si on attend... Je vais vous donner un
exemple tiré de l'itinérance sur la question des maisons modulaires qu'on
installe dans le secteur est de la ville. Alors, les gens, ils ont déjà
l'itinérance présente dans leur quartier, et on est un peu excentrés, et on
l'installe là, pas pour amener des itinérants, des personnes itinérantes du
centre-ville, mais on l'installe là parce qu'il y a des réels besoins de gens
qui maintenant vivent l'itinérance dans ces secteurs là de l'est de la ville.
L'itinérance a beau être présente, si on n'avait pas accéléré les choses, on se
serait fait dire non, parce que les inquiétudes sont légitimes, vous avez tout
à fait raison de le dire. Et si on... on ne peut pas dire aux
inquiétudes : Mais vous n'avez pas raison d'être inquiets puis c'est
une... vous êtes juste des citoyens qui ne considérer pas les autres. Faire ça,
c'est très grave. C'est très, très grave. Ça fait que votre préoccupation qui
est sincère parce que je vous connais, elle est nécessaire. Si on ne travaille
pas la cohabitation, si on ne travaille pas avec les gens, c'est vrai qu'on va
avoir plus de problèmes que moins.
Maintenant, ce qui est difficile à placer,
puis c'est ce qu'on vit au quotidien, puis Marie-Pierre tu pourrais ajouter, ce
qui est difficile à placer, c'est le curseur entre avoir l'unanimité, puis je
ne dis pas que c'est ce que vous souhaitez, là, pas du tout, je fais juste dire
entre des citoyens qui veulent s'objecter, et peu importe ce qui arrivera, ils
vont vouloir s'objecter, on a eu à Québec des gens, il y avait un lieu pour
diabétiques, pour aider les personnes diabétiques à s'implanter, une petite
maison, puis les gens se plaignaient qu'ils avaient trouvé des aiguilles
partout, on est loin d'un centre de consommation supervisée, là. Imaginez
comment les gens... parfois la peur peut gagner et faire en sorte qu'à travers
des arguments qui sont partagés dans la population, on finit par dire :
Non, on ne veut pas ça. Bien, il y a des choses comme ça, qu'on est obligé
d'écouter les peurs, d'entendre, de discuter, de dialoguer, d'expliquer, d'être
pédagogue, mais, au final, on n'aura pas l'unanimité.
C'est la même chose. Alors, vous me dites
L'Interzone, avec... puis ces défis et avec ces grands résultats, vous avez
raison. Mais on ne peut pas s'en aller dans le champ où il n'y a personne
autour, parce que si on est loin des clientèles et des personnes qu'on veut
servir, bien, ils n'y iront pas, ils n'y iront tout simplement pas. Les axes de
désir en matière de transport, que ce soit collectif, vélo, auto, et autres,
sont des indicateurs pour nous dire qu'est-ce que les citoyens veulent. Puis on
le sait que quand on force un chemin alors que les axes de désir sont ailleurs,
mais les gens n'y vont même pas, même si le chemin est à 50 ou 100 mètres
à côté. C'est la même chose dans le cas des grandes problématiques humaines. On
aurait beau trouver le lieu idéal loin de tout, si on n'est pas proche d'où les
problématiques se vivent, il sera inutilisé. Alors, oui, L'Interzone, il est
dans un secteur où les personnes qui en ont besoin le fréquentent. Oui, ça
crée... et ce n'est pas parfait, ça crée parfois des conditions de cohabitation
qui méritent d'être toujours réfléchies, discutées et débattues pour améliorer
les choses. Si on attend le moment parfait, puis ce n'est parce que vous dites,
mais si on attendait de convaincre tout le monde, on n'en aurait jamais. Puis
L'Interzone n'aurait jamais vu le jour.
Si vous permettez. Veux-tu rajouter?
M. Carmant : Oui. Vas-y,
vas-y, vas-y.
Mme Boucher (Marie-Pierre) : En
fait, si L'Interzone n'existait pas, probablement que les gens continueraient à
s'injecter probablement dans le parc de l'école des Berges, probablement dans
un secteur un petit peu... où il y a des enfants quand même, mais ils ne
seraient pas accompagnés. Le parc n'est pas un lieu de soins, la cour d'école
non plus, mais les besoins sont présents. Donc, quand on vit les enjeux de
cohabitation, c'est souvent aussi parce que les besoins sont grandissants, et
pas répondus à la hauteur des besoins, et non à cause que ce n'est pas à la
bonne place. Donc, je pense qu'il est plus là, l'enjeu, là.
• (11 h 20) •
M. Carmant : Puis je vous
entends à propos de la hauteur des besoins, parce que le... ce qui entraîne les
situations, encore une fois, c'est les gens à l'extérieur de L'Interzone. Mais,
encore une fois, ça a pris une visite de ma part pour dire aux... à l'établissement,
le CIUSSS, mais il faudrait peut-être développer des services pour ces gens qui
font la file dehors.
M. Marchand (Bruno) : C'est
vrai.
M. Carmant : Alors, ce que le
projet de... tu sais, l'intention derrière le projet de loi, c'est de s'assurer
que tout ça soit pensé en amont et que les citoyens savent que, quand quelque
chose s'implante dans leur quartier, ça a été bien réfléchi et bien fait.
Donc...
Mme Boucher (Marie-Pierre) : Mais
la responsabilité, elle est partagée sur la cohabitation, il y a les organismes
communautaires qu'ils le travaillent, mais nous, de la façon qu'on le
travaille, c'est autant avec le CIUSSS, avec les services de police, avec
l'équipe de la...
Mme Boucher (Marie-Pierre) :
...donc c'est ce volet-là qui est très, très, très important au niveau de la
cohabitation, plutôt que le laisser reposer sur les seules épaules d'un
organisme communautaire.
Et ce n'est pas à tous les quatre ans non
plus qu'il faut le réviser. C'est une cohabitation qui doit être vue en continu
avec les acteurs sur place. Donc, vous avez tout à fait raison de l'importance
de travailler cette cohabitation-là, et elle est au centre, en fait, de nos
préoccupations quand on travaille avec les... avec notre milieu, mais ça doit
être une responsabilité qui est partagée.
M. Carmant : Oui, puis je
suis d'accord. Puis, en fait, moi, à ma lecture du projet de loi, je ne sentais
pas que toute la pression était sur les organismes communautaires, là, mais je
l'ai bien entendu, puis on va venir corriger ça, là. Il n'y a pas de... J'en
suis bien conscient. Puis le rôle de la Santé publique là-dedans est
fondamental parce que la Santé publique a tous les pouvoirs pour organiser les
services aux alentours. Donc, ça, c'est clair pour moi.
Dernier petit point, peut-être, c'était la
collaboration, justement, que vous aviez avec la Santé publique, et puis dans
la gestion de l'interzone, puis comment on pourrait améliorer ces
partenariats-là.
Mme Boucher (Marie-Pierre) :
Bien, on a de très bonnes relations, en fait, avec... avec la Santé publique
pour... pour s'assurer, justement, d'identifier les enjeux puis de venir...
venir le travailler. C'est certain qu'on a, tu sais, on a davantage de besoins,
les besoins sont grandissants. Je pense qu'on a plus davantage besoin de
multiplier les sites pour pouvoir venir répondre aux besoins que de grandir un
site en soi. Donc... Mais les besoins sont toujours grandissants, et il faut y
répondre, parce qu'effectivement, après ça, c'est les enjeux de cohabitation
qu'on vit tous, là.
M. Carmant : O.K. Puis, en
tout cas, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais on travaille sur un
projet, là, pour un autre site, parce que le groupe précédent n'était pas
certain, mais je tiens à vous le dire. Puis une des choses qu'on essaie aussi,
qui est intrinsèque au projet de loi puis que les gens semblent... ne
mentionnent pas, c'est qu'on privilégie aussi certains modèles où il y a une
collaboration intrinsèque, là, entre le réseau de la santé puis les organismes
communautaires. Nous, on a un bel exemple et un bel exemple à Montréal, où...
avec Dopamine, où c'est dans un CLSC que les locaux sont partagés. Vous,
comment voyez ça, cette collaboration-là entre le réseau de la santé et les
organismes communautaires?
Mme Boucher (Marie-Pierre) :
En fait, c'est majeur. C'est important. Puis on a la chance, à Québec, d'avoir
d'excellentes relations, réseau de la santé, organismes communautaires, ville.
En fait, tous les acteurs travaillent conjointement pour arriver à répondre aux
besoins. C'est vraiment une des forces de l'écosystème de Québec. Puis il faut
continuer à le tisser, il faut continuer à le préserver, à le travailler, mais
c'est majeur, en fait, pour pouvoir autant implanter que de s'assurer de la
survie et du bon fonctionnement de ces... de ces services-là, et, en même
temps, bien, pour... pour entendre les besoins des citoyens qui peuvent vivre
les impacts, des fois, là, de ce qui se passe aussi, là.
M. Carmant : Parfait. Une des
choses qui est importante aussi pour nous, c'est de développer les trajectoires
de soins. Puis j'ai lu, dans votre mémoire, que vous aviez hâte que les
services en toxicomanie se développent. Mais je pense que, déjà, avec ce qu'on
a fait au niveau de l'ouverture de Lauberivière, là, des lits PRISM, on a déjà
un plus... une plus-value. Vous, est-ce que vous avez vu un impact ou...
Comment vous voyez ça, cette ouverture-là, là, de lits pour les personnes en situation
d'itinérance avec problèmes de toxicomanie puis santé mentale?
M. Marchand (Bruno) : Je vais
laisser Marie-Pierre répondre spécifiquement, je vais y aller globalement, ce
avec quoi on était tout à fait d'accord. L'enjeu qu'on a globalement
présentement, puis vous le savez, c'est qu'on... il y a beaucoup d'efforts qui
est mis, plus qu'avant, plus de ressources, puis je l'ai toujours dit puis je
ne me gêne pas pour le dire, mais, puis ce n'est pas de votre faute, mais
jamais à la hauteur de la problématique qui, elle, augmente. Ça fait que, là,
Marie-Pierre va pouvoir répondre sur le volet spécifique de votre question,
mais, sur le volet global, le citoyen ne voit pas d'amélioration. Et ça, c'est
problématique parce que ça veut dire qu'il y a... la fatalité par rapport à
l'itinérance et aux autres problématiques, qu'elle soit concomitante ou non, la
fatalité augmente. Les gens nous disent : Il n'y a rien à faire, c'est
comme ça, puis on est pris avec quelque chose. Et vous savez à quel point j'en
suis profondément... je suis profondément opposé à cette idée de fatalité.
Puis, si j'ai... si j'ai un commentaire par rapport à ce projet de loi qui est
arrivé quand même assez rapidement, puis je m'adresse à tous les partis, c'est
que le citoyen a besoin de savoir que le gouvernement a décidé — et
le gouvernement et les futurs gouvernements ou pas futurs gouvernements, ce
n'est pas important, je ne fais pas de...
M. Marchand (Bruno) : ...sur
la prochaine élection. Je fais juste, d'une seule voix, de dire : Nous
allons, au Québec, atteindre l'itinérance zéro et se donner tous les moyens
pour le faire et d'arriver à mettre les ressources suffisantes, même dans un
contexte difficile. Présentement, vous avez fait énormément plus qu'avant. Mais
la problématique, contre votre gré, malgré vous, elle augmente, et on ne voit
pas globalement les gains. Et on a besoin d'atteindre ce point de bascule qui
va faire en sorte de donner des ailes à ceux qui y travaillent, de montrer les
effets, de montrer que la cohabitation s'améliore encore plus. Et, pour ça, on
a besoin d'un engagement multiparti pour dire : il est temps qu'on soit
ambitieux, puis qu'on s'engage, et qu'on engage le Québec. Ça prendra
15 ans, ça prendra 20 ans, peut-être, plus personne d'entre nous ne fera
de la politique, mais on aura été ceux qui auront dit : Ce n'est pas vrai
qu'on va attendre, ce n'est pas vrai qu'on va se dire : Bien, on fait des
choses, puis c'est vrai qu'on en fait, puis on en fait plus, M. le ministre,
vous êtes aux premières loges et vous en faites plus, mais il est temps qu'on
aille beaucoup plus loin que ça. Je me permets ce commentaire global mais on va
revenir à votre question.
Mme Boucher (Marie-Pierre) : Merci.
Concernant le projet PRISM, plus spécifiquement, il y a un impact positif. Ce
qu'on entend des organismes, particulièrement de l'Auberivière, là, qui est le
porteur finalement dans le milieu, c'est que ça a vraiment un impact spécifique
pour les personnes qui l'utilisent. Mais, comme... comme le maire le mentionne,
les besoins sont tellement grandissants qu'on le voit peu dans la rue, cet
impact-là. Pour l'organisme, comme tel, c'est important. C'est important parce
que les gens qui sont dans ces lits-là, c'est des gens de moins qui sont en
crise dans la rue. Donc, ça a un impact sur l'humain qui a ces services-là...
qui avaient besoin de ces services-là. Donc, chaque personne qui est sauvée,
chaque personne qui reçoit cette main tendue là, qui offre... qui reçoit le
service dont il a besoin, c'est une personne de moins qui est dans la rue.
C'est une personne... puis je vais revenir sur les sites d'injection
supervisée, donc c'est une personne de moins qui se retrouve à aller s'injecter
dans la rue dans des conditions qui sont... qui sont inadmissibles. Donc,
chaque personne, elle est importante parce que ça a un impact global. Pour le
citoyen qui le voit, qui regarde l'ensemble, il ne le voit pas encore.
M. Carmant : Puis comment on
peut accentuer en... justement en créant un site pour la toxicomanie? Est-ce
que... Est-ce que ce sera plus visible ou...
Mme Boucher (Marie-Pierre) : Bien,
chaque pièce de casse-tête est importante, je pense. Quand on arrive avec un
service, que ce soit PRISM ou que ce soit le projet dont vous parlez, c'est une
pièce de casse-tête qui vient contribuer à l'image globale du soutien social
qu'on veut... qu'on veut faire à notre communauté. L'enjeu qu'on vit, c'est que
notre casse-tête de 500 morceaux est rendu un casse-tête de
1 000 morceaux. Puis actuellement, il monte à 1 500 puis à
2 000 morceaux. Donc...
M. Marchand (Bruno) : Peut-être
10 000!
Mme Boucher (Marie-Pierre) : Oui.
C'est ça. Donc, chaque pièce, elle est importante parce qu'elle contribue à
venir créer ce tout-là. Mais il faut qu'on en mette assez pour diminuer le
nombre de pièces plutôt que de juste venir rajouter une à la fois.
M. Carmant : O.K. Juste pour
conclure, je dirais qu'on commence des mesures de prévention, là, qui, nous, on
pense, vont vraiment changer la donne, là, au niveau de la jeunesse, les
sorties carcérales et d'autres mesures qui vont vraiment diminuer le robinet,
là, que vous décrivez, là, qui sont la... qui tombent vers l'itinérance.
Mme Boucher (Marie-Pierre) : C'est
des... C'est des... C'est majeur comme...
M. Carmant : Merci à vous!
Mme Boucher (Marie-Pierre) : Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Alors, nous allons procéder
maintenant avec la députée de D'Arcy-McGee.
• (11 h 30) •
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Premièrement, je voudrais saluer votre implication, M. le maire, et
votre vision. Vous êtes à la tête du comité de l'UMQ pour l'itinérance et vous
avez été très vocal au cours des dernières années pour dire que nous avons tous
un rôle à jouer, justement.
Et, comme vous dites, oui, il y a de
l'augmentation au financement pour tout ce qui est question itinérance, mais on
ne voit pas les résultats. On ne voit pas qu'il y a une vision à long terme. Et
ce que ce que vous suggérez, entre autres, c'est que la ville puisse, avec les
terrains que vous aurez donnés, puisse faire la suggestion au ministre, au
gouvernement pour les emplacements. Quels sont les critères que la ville se
donne? Parce qu'évidemment vous êtes préoccupés par toutes les questions de
cohabitation également. Ça concerne tous vos citoyens. Et vous voulez justement
qu'il y a une vie harmonieuse dans la communauté. Donc, quels sont les critères
que la ville se donne justement pour octroyer ces zonages-là que vous...
ensuite vous suggérez au gouvernement, en prenant en compte toute la question
de la cohabitation?
M. Marchand (Bruno) : Marie-Pierre
va compléter ma réponse pour être plus spécifique. Mais la nature inhérente de
la politicienne ou du politicien municipal, c'est d'être à distance du pied du
citoyen. C'est le seul politicien ou politicienne qui est à distance de pied du
citoyen. Non pas que vous ne recevez pas vos volées de bois vert périodiques,
là. Ce que je veux dire, c'est que je... pour bien connaître la politique
municipale, cette réalité-là, elle incombe aux politiciens municipaux parce
qu'ils en entendre parler.
Alors, on va revenir sur la question des
critères, mais c'est impossible d'être un...
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11 h 30 (version non révisé
e) M. Marchand (Bruno) : ...politicien
municipal ou une politicienne municipale et de ne pas se soucier de ça, parce
qu'ils en entendent parler dans leurs conseils de quartier, ils en entendent
parler quand ils font l'épicerie, ils en entendent parler au bureau d'arrondissement,
ils en entendent parler au conseil de ville parce que les citoyens se
présentent. Et sur ces dossiers-là, ils se présentent fort.
Alors, à la ville, on va vous présenter qu'est
ce qu'on a mis en place. On travaille ça avec Santé publique et CIUSSS, mais ça
reste imparfait parce que ça suppose de l'agilité, parce qu'il n'y a pas un
territoire, il n'y a pas un quartier, il n'y a pas une rue pareille. Parce que
chaque fois, chaque fois, il y a une levée de boucliers, même avec des critères,
les citoyens ont une levée de boucliers.
Écoutez, il y a des endroits où, à Québec,
il y a des citoyens qui refusent qu'il y a une garderie à côté de chez eux
parce que ça fait du bruit. C'est arrivé, là, c'est un exemple réel, là, ce n'est
pas théorique, là. Il y a des citoyens qui ont refusé qu'il y ait une garderie,
là. On part de loin, dans certains cas.
Ça fait qu'on s'est mis des critères qu'on
garde en état d'agilité. Et la nature inhérente du politicien de proximité,
bien, c'est de faire en sorte d'être toujours à l'écoute et de nous ramener ces
éléments-là. Ça demeure imparfait, mais on a quand même une bonne base.
Marie-Pierre.
Mme Boucher (Marie-Pierre) : C'est
certain qu'on regarde le lieu-environnement... lieu-environnement. Dernièrement,
on a... bien, justement, M. le Maire parlait des modulaires... D'ailleurs, les
modulaires, on est à l'intérieur du... on a une garderie en dedans de 150 mètres,
mais on a fait le pari que la façon qu'on faisait l'implantation, le travail qu'on
a fait et la relation qu'on est allé établir avec les organismes du secteur...
on est allé rencontrer aussi le CPE pour voir comment on pouvait travailler
cette cohabitation-là. C'est une façon qui nous permet de... un, d'être en
amont, de planifier comme il faut le projet, même au niveau de l'implantation.
Des fois, juste l'implantation, la façon qu'on pose les infrastructures fait en
sorte que la zone tampon où les gens se retrouvent, ils ne sont pas
nécessairement dans un secteur où ils sont dans une cohabitation qui est plus
difficile.
Donc, on regarde le lieu-environnement, on
regarde la sécurité des locaux aussi parce qu'on utilise souvent des locaux qui
sont déjà existants. Donc, on veut s'assurer d'avoir un local qui répond aux
besoins. Des fois, ne serait-ce que comment la toilette, elle est installée,
là, pour pouvoir s'assurer que les gens y sont en sécurité, mais aussi que l'environnement
est en sécurité.
Tout à l'heure, je vous disais la zone
tampon, là, comment ce milieu de vie là permet d'accueillir des gens qui,
parfois, sont à l'extérieur aussi, c'est un des éléments qui est important. C'est
très, très simple, là, pour l'instant, les éléments que je vous nomme, mais on
y va vraiment du cas par cas parce qu'on veut s'adapter aussi au milieu.
Mme Prass : Et je suis
curieuse. Le travail que vous avez fait en amont, justement... Parce qu'on a...
j'ai parlé avec d'autres organismes, puis on dirait que c'est vraiment un
élément qui fait la différence, le travail qui se fait en amont. Est-ce que
vous l'avez fait tout seuls? L'avez-vous fait en concert avec la police? L'avez-vous
fait en concert avec les organismes communautaires? Quelle était l'équipe,
disons, que vous avez mise sur pied, justement, pour faire cette
sensibilisation auprès de la communauté?
Mme Boucher (Marie-Pierre) : On
l'a fait avec les organismes, on l'a fait avec les équipes de la ville, les
équipes avec... du réseau, avec le réseau de la santé. On a vraiment fait un
partenariat, jusqu'à faire la consultation publique où la ville était avec
aussi le réseau de la santé. Donc, on était ensemble pour venir répondre aux
questions des citoyens. On était ensemble, tu sais, puis je pense que c'est
vraiment le central de cette capacité de réponse aux besoins là, le travailler
ensemble.
Donc, quand on a une personne qui vient
questionner plus spécifiquement sur le type de service puis comment ça répond,
bien, le réseau de la santé est en mesure de venir répondre spécifiquement à
ces éléments-là qui sont plus spécifiques, qui sont plus du réseau de la santé.
Le milieu communautaire est capable de répondre sur sa capacité de gérer ce
lieu-là aussi. Puis, après, la ville, bien, pourquoi nous, on vient identifier
que c'est un lieu qui est correct pour venir implanter un type de service.
Donc, c'est cette collaboration-là qui nous permet vraiment de venir s'implanter.
Puis c'est aussi ce qui s'était passé dans
le travail pour le site à Québec, pour le site de consommation supervisée, il y
avait eu un gros travail en amont pour arriver avec l'implantation de ce
site-là. Ça a pris un certain temps avant qu'on vive les enjeux de
cohabitation, parce qu'au départ il n'y avait pas... il n'y avait pas d'enjeu,
il n'y avait pas d'enjeu de cohabitation. Quand le problème est devenu plus
grand, quand il y a eu davantage de personnes qui, finalement, n'avaient pas de
place à l'intérieur des services, c'est plus ça, l'enjeu qu'on a vécu, c'est le
manque de place à l'intérieur des services, et non le lieu et la façon que c'est
travaillé, parce qu'il y a eu un travail de concert, important avec le réseau
de la santé, avec la ville, puis avec les organismes communautaires.
Mme Prass : Et, dans cette
perspective-là, on a parlé avec le groupe tout à l'heure, la possibilité qu'il
y ait un financement pour les organismes communautaires, pour les mesures de
cohabitation, atténuation. Pensez-vous que les municipalités...
Mme Prass : …parce que le
travail que vous faites, des fois, c'est d'avoir une présence policière accrue
dans ces endroits-là. Pensez-vous qu'il serait utile qu'il y ait aussi un
programme de financement pour les municipalités dans cet esprit de cohabitation
M. Marchand (Bruno) : Oui,
mais oui, oui, oui, tout à fait, mais il n'y a pas de… Ce que je veux dire,
c'est… Il y a une
partie de ce qu'on fait pour laquelle on n'a pas besoin de
financement de plus. Il y a une
partie qui nous incombe, il y a une
partie qui
est dans notre champ de responsabilité, et c'est à nous de faire notre travail,
mais on a besoin de le faire de façon concertée. Mais il y a une autre
partie
qui n'est pas dans notre champ de compétence, pour laquelle, là, on a besoin
d'être soutenus.
Alors, ma réponse n'est pas celle
traditionnelle de dire : Oui, on veut plus d'argent en tout temps pour
tout. Ça ne se peut pas, ça n'arrivera pas puis, selon moi, c'est une mauvaise
demande de faire ainsi. Donc, on va s'occuper… on va continuer de s'occuper de
sécurité publique. C'est notre responsabilité. Ça fait
partie de notre devoir.
On va s'occuper de l'entretien, de la voirie. On va s'occuper, avec des
partenaires… Vous voyez, on a mis des programmes en place présentement pour
soutenir les commerçants dans des contextes difficiles. Ça fait
partie de notre
travail, puis certains… Dans certains cas, on le fait avec le gouvernement du
Québec parce qu'on obtient des sommes, mais le gouvernement du Québec doit se
concentrer sur la portion qui est vraiment la sienne dans son champ de
compétence santé et services sociaux, puis ce n'est pas à moi de faire quelque
apprentissage que ce soit en cette matière pour venir là puis faire en sorte
qu'on ait les moyens nécessaires, «on» n'étant pas la ville, «on» étant le
collectif, pour qu'on ait les moyens nécessaires pour que ça se passe.
Le ministre a raison, puis je pense que
tout le monde l'est, d'être préoccupé de cohabitation. Si on ne se préoccupait
pas de cohabitation, on va mal desservir d'en dedans les personnes souffrant de
différentes problématiques. Pourquoi? Parce qu'il va se créer de la haine, il
va se créer de la division puis il va y avoir des attentes qu'on rentre avec
des tags puis qu'on amène le monde dans des champs, loin de tout, loin de tout,
et ça ne sera jamais la bonne réponse. Attendre à un problème, ça ne sera
jamais la bonne réponse, mais, pour le faire, il y a des rôles que le
gouvernement et les services de la santé doivent jouer pour être cohérents avec
le milieu communautaire et le milieu municipal pour qu'on joue tous notre rôle.
Mme Prass : Et vous avez…
Excusez-moi. On a parlé tantôt de… que les mesures de cohabitation, plans de
cohabitation, ça ne peut pas être quelque chose qui est présenté au début, on
travaille, puis ensuite ça se perd de… Évidemment, les municipalités sont des
partenaires premières dans cette réalité-là. Et est-ce que vous serez ouverts à
l'idée que, justement, il y ait un rôle du municipal pour qu'il y ait une
conversation ou un dialogue continu avec les différents partenaires dans
l'esprit de, justement, maintenir cette cohabitation qui… Comme vous l'avez
mentionné, d'un jour à l'autre, il y a une augmentation du nombre de personnes
desservies. Donc là, ça pourrait créer des enjeux. Donc, justement, d'avoir ce
comité ou ce groupe en continu pour pouvoir répondre aux différentes réalités
qui pourraient apparaître…
M. Marchand (Bruno) : Absolument,
c'est ce qu'on fait déjà, et, absolument, la relation de confiance ne doit pas
attendre que le champ soit rempli de mauvaises herbes pour qu'on décide de se
demander qu'est-ce qu'on fait pour enlever les mauvaises herbes. Il est trop…
Il est souvent trop tard, parce que la relation de confiance s'effrite. Donc,
cette relation continue dont vous parlez, elle est absolument nécessaire et
elle évite d'amplifier les problèmes qui prennent, plus tard, beaucoup plus de
temps à régler, et pour lesquels on a perdu des relations de confiance
importantes, et qui sont difficiles à regagner, donc, cette nécessité-là de le
faire en continu…
Il y a des choses qui ne sont pas
prévisibles quand on implante ce type de service là. On travaille avec des
humains puis on suppose des mouvements humains qui nous semblent, à travers nos
expériences, possibles, puis on s'aperçoit qu'exactement ce que le ministre a
dit, c'est que, maintenant, on se retrouve avec des gens devant le centre, puis
là il y a des choses qui se passent. Il faut être capable de réagir en continu,
et ça suppose cette relation de confiance, mais cette communication et ce
respect pas des responsabilités des autres, mais cette imputabilité de ces
responsabilités. Dans ces groupes-là, souvent, ce qui arrive, c'est que c'est
la faute de l'autre, tout type de table de concertation, et, à partir du moment
où c'est la faute de l'autre, on n'arrive à rien.
Mme Prass : Merci beaucoup.
• (11 h 40) •
Le Président (M. Provençal)
: Je vais maintenant céder la parole au député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci pour votre mémoire, pour votre présentation.
Je vais aller rapidement.
On est dans une dualité, là, puis vous en
parliez tantôt, entre les responsabilités de la ville, aussi ceux du
communautaire, aussi ceux de la santé publique, du ministre. Le communautaire,
tout à l'heure, nous disait : Oui, mais on ne peut pas supporter à nous
seuls le plan de cohabitation. Puis il nous disait : Moi, j'ai parlé avec
des organismes sur le terrain, moi, quand j'appelle la police, bien, pour gérer
une situation, ce n'est pas toujours qu'elle vient. Ils n'ont pas un contrôle
sur la force policière. Quand il y a eu des déchets, du débordement, puis que
j'appelle, bien, les travaux publics pour venir ramasser, des fois, ils ne
viennent pas.
Donc, il y a un enjeu de
responsabilisation de la ville. Là, le projet de loi tel quel, quand même, met
la seule responsabilité, de la manière que je le lis puis que les organismes
communautaires le lisaient, sur le communautaire d'assurer le respect du plan
de cohabitation. Là, on ne veut pas nécessairement non plus ne responsabiliser
que les villes. Sur le plan de cohab aussi, il y a le rôle de Québec…
M. Cliche-Rivard : ...bref,
dans la disposition législative ou dans votre vision, vous disiez chacun avoir
son carré de sable. Là, le carré de sable semble limité aux organismes. Est-ce
qu'il y a un meilleur balancement? Et à quel point est-ce que la ville pourrait
ou voudrait être impliquée dans le plan de cohabitation de manière aussi...
paraître contraignante, là, mais à quel point il y aurait un rôle législatif
puis d'application de la coresponsabilité de la médication sociale?
M. Marchand (Bruno) : Moi,
j'ai la même perception, même si le ministre nous dit que ce n'était pas
l'intention, et je le crois... j'ai la même perception que présentement on fait
reposer sur le milieu communautaire une responsabilité qu'il n'est pas capable,
pas par ses compétences, mais par son incapacité et ses rôles, il est incapable
d'assumer. Et donc ça veut dire que ça pourrait bien aller, dans certains cas,
s'il y a déjà des collaborations au préalable, mais, dans d'autres cas où il
n'y a pas ces collaborations-là, on ne sera pas capables de présenter un plan
de cohabitation qui va être crédible et sérieux parce que les vrais partenaires
autour ne seront pas... ou seront un peu en porte à faux. Ça, c'est la première
chose. Et ça pourrait être une façon pour certaines... certains endroits sur
cette terre, au Québec, de dire : Bien, pour ne pas en vouloir, on a juste
à ne pas collaborer au plan de cohabitation, ils n'auront jamais un plan de
cohabitation crédible. Donc, ça peut être une façon de «not in my backyard»,
là, «pas dans ma cour», pour dire : Regarde, on a juste à ne pas
collaborer, le ministre va bien voir que le plan de cohabitation ne tient pas
la route et ne pourra pas donner son aval.
Donc, comment on force les gens — dans
certains cas, il faut les forcer — à travailler ensemble? Nous, comme
ville, on assume parfaitement de jouer nos rôles. Alors, on a un rôle, et nos
responsabilités sont claires, et on doit le jouer, mais on a besoin de... Et
comme ville, je pense qu'on assume un bon rôle de leadership, et ça fait une
différence. On a besoin d'avoir cette capacité à dire : O.K., comment on
rallie les acteurs? Alors, si je m'extirpe de Québec... Parce que présentement,
Québec n'aurait pas besoin d'arbitre, on est capables de s'arbitrer. Peut-être
qu'il y a des municipalités qui auraient besoin qu'un ministre puisse
dire : Bien, vous allez devoir travailler ensemble parce que vous, là,
vous êtes... c'est complètement le bordel, c'est un foutoir et vous n'êtes pas
capables de travailler ensemble. Mais, si je parle juste pour Québec
aujourd'hui, puisque j'en suis le représentant, on n'a pas besoin d'avoir un
arbitre ou une pression, on a déjà cette réalité-là qui va bien et pour
laquelle on trouve des solutions. Mais ça ne peut pas juste être le
communautaire, ça ne peut pas juste être la ville, mais la ville doit jouer son
rôle.
M. Cliche-Rivard : ...d'un
deuxième site? Vous êtes...
M. Marchand (Bruno) : Oui,
oui, tout à fait, tout à fait.
M. Cliche-Rivard : Puis
est-ce que ce projet de loi le facilite ou non?
M. Marchand (Bruno) : C'est
une très bonne question. Je ne le sais pas. As-tu une réponse?
Mme Boucher (Marie-Pierre) :
Oui. En fait, c'est qu'il y a un volet qui ne nous appartient plus dans
l'identification du lieu où, on pense, ce serait la meilleure place. La ville
est probablement... en fait, pas probablement, la ville, on est les mieux
placés pour connaître notre territoire et savoir où sont les besoins, avec le
milieu communautaire, avec le réseau de la santé, ils sont où, les besoins.
Parce que l'idée, c'est de venir implanter un service où les besoins sont.
Donc, ils sont où, les besoins? Où on pense est le mieux?
Et on l'a prouvé à travers les expériences
qu'on a mises en place ici, à Québec, pour être capables de montrer, puis
d'identifier, et de créer le meilleur lieu, et assurer cette cohabitation-là
qui n'est pas toujours facile, là, on en convient. Puis on le sait que les
citoyens nous le nomment, que ce n'est pas toujours facile. Mais on a cette
sensibilité-là aussi de maintenir cette relation et ce dialogue-là avec le
citoyen, sachant très bien que ce n'est pas toujours facile. Donc, on pense,
actuellement, que ça pourrait même ralentir, si on n'a pas le pouvoir de le
travailler entre nous, parce que ça va se travailler sur un autre palier.
Puis je pense aussi qu'il y a un volet
dans ce qu'on a fait comme proposition. Quand M. le Maire dit «pas dans ma
cour», bien, pas dans ma cour, ça peut être pas dans ma ville aussi, hein?
Donc, mettons, à la grandeur Capitale-Nationale, ce type de besoins là peuvent
être aussi dans d'autres villes de la Capitale-Nationale puis venir... s'il y a
une obligation d'intégrer aux grilles de zonage, pour d'autres municipalités.
Parce que ça fait
partie des propositions qu'on a faites, aussi, dans le
mémoire, que ce soit même une obligation pour les municipalités d'identifier
des lieux où ce type de service là pourrait être offert. Puis je dis «à hauteur
de municipalités», mais ça peut être à hauteur de MRC aussi, là, donc, que
chacun vienne de répondre aux besoins de sa communauté aussi.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Terrebonne, vous allez compléter cet échange.
Mme Gentilcore : Oui. Merci
beaucoup. J'aimerais continuer là-dessus parce que c'est un sujet qui
m'intéresse. Donc, vous étiez au courant qu'il y avait ce projet-là qui était
en développement du côté du... Est-ce qu'on vous a consultés déjà, justement,
par rapport aux emplacements potentiels, et tout ça, ou, en vue de la loi qui
va être mise en application, déjà, vous êtes écartés de ce processus-là?
Comment ça se passe, à date, dans ce projet-là?
Mme Boucher (Marie-Pierre) :
Bien, on n'est pas écartés, il n'y a pas... pour l'instant, on ne sent pas
qu'on est mis de côté.
Mme Gentilcore : Non, non, très
bien. Donc, vous avez été consultés par rapport à ce projet-là, vous avez déjà
des endroits qui ont été prédéterminés, peut-être potentiels, pour installer...
M. Marchand (Bruno) : C'est
un travail qui se fait le CIUSSS, c'est un travail qui se fait avec les
autorités de santé publique.
Mme Gentilcore : O.K. Donc, ça
avance. Donc, ça avance. Donc, la seule crainte, de votre côté, c'est que
peut-être que ce projet de loi là pourrait retarder un peu le développement des
travaux, alors que c'est une urgence, quand même, pour la ville Québec?
M. Marchand (Bruno) : À voir.
Mme Gentilcore : À voir, à
voir.
M. Marchand (Bruno) : Oui.
Mme Gentilcore : Est-ce qu'il
y a des éléments dans ce projet...
Mme Gentilcore : ...ce projet
de loi là que vous conserveriez ou vous, vous... Comme, le groupe précédent a
demandé de retirer le projet de loi. C'est quoi, votre vision par rapport à ça?
Est-ce qu'il y a des trucs dans le projet de loi que vous, vous conserveriez?
M. Marchand (Bruno) : Bien,
il y a beaucoup de trucs. Notre mémoire... Notre mémoire ne dit pas : Il
ne faut prendre le projet de loi puis le mettre à la poubelle. Notre mémoire
dit : Bien, on doit faire attention à la question du zonage municipal. On
pense qu'il y a quelque chose qui est pernicieux là-dedans, qui
est... puis qui... pour laquelle, je pense, qu'il y a une tendance qui est
plutôt inverse à ne pas subordonner le municipale à une façon de le voir comme
étant un petit enfant d'école à qui on dit quoi faire, comment le faire. Donc,
notre première recommandation, c'est ça. Il y a du zonage, il peut y avoir des
modifications, comme vient de le préciser ma collègue, mais ça, c'est
important. La question du 150 mètres, pour moi, c'est... Je comprends, je
comprends l'étiquette politique qu'on a besoin d'avoir quand on veut agir
fortement, quand on veut...
Mme Gentilcore : L'image
mentale pour les gens.
M. Marchand (Bruno) : Oui,
c'est important, ça, parce que les gens ne sont pas dans le fin d