Institutions — 26 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2016-05-26
Quebec — Committees
rappelle que ce projet de loi s'est fait par consensus lors des rencontres
du comité consultatif du Directeur
général des élections du Québec. Le Directeur général des élections, son équipe
a contribué efficacement à nos travaux, entre autres lors de la présentation en
consultations particulières il y a quelques jours, le 24 mai. Les faits
saillants de sa présentation, c'était
confirmer que la prescription pénale qui passe à sept ans au lieu de cinq ans
va l'aider, la prescription pénale à sept ans lui permet aussi de maintenir
l'exemplarité de la loi, et qu'un délai plus long serait difficilement
applicable. Il explique aussi que la
récupération des contributions versées illégalement à un parti politique passe par la suppression de l'alinéa
trois de l'article 100 de la Loi électorale, ça passe par la
suppression de l'alinéa trois de l'article 100 de la Loi électorale.
faut se rappeler que c'était en 2010 que le gouvernement à l'époque, un gouvernement libéral, avait modifié la Loi
électorale et adopté une loi concernant le financement politique des partis
politiques, le projet de loi n° 118, et qu'à ce moment-là il y a eu
un délai de prescription de cinq ans en matière civile qui avait été introduit
à l'article 100 pour qu'une
contribution faite contrairement à la loi n'ait pas à être remise au DGEQ
lorsque cinq ans se sont écoulés depuis la contribution. Il faut se rappeler que cette disposition avait été
acceptée parce que le Directeur général des élections de l'époque souhaitait cette modification. Le
Directeur général des élections avait souhaité cette modification à partir de
2006, et ça a été incorporé à la loi en
2010. La citation du Directeur général des élections de 2010, je cite :
«Si vous me permettez, la raison
qu'on avait pour le retour de ces contributions-là, c'est pour ne pas
permettre, finalement, de fragiliser la situation financière des partis politiques. On se disait, je
pense, avec raison, là, qu'au-delà de cinq ans on ne devrait pas pouvoir
réclamer ou exiger le remboursement des contributions qui auraient été faites
illégalement il y a huit ans, 10 ans. Alors,
c'est la limite qu'on avait prévue pour s'assurer, finalement, que les partis
politiques, et plus précisément ceux qui sont en poste dans ces partis politiques, ne soient pas préjudiciés par
des gestes posés il y a plus de cinq ans par d'autres.» Fin de citation. Quand, aujourd'hui, on supprime
l'alinéa trois, ceci équivaut à agir comme si la modification demandée
en 2010 n'avait jamais existé.
Directeur général des élections nous demande également des pouvoirs
supplémentaires, et je vous confirme que le Secrétariat de l'accès à
l'information et de la réforme des institutions démocratiques complète ce matin
même la préparation des amendements, que je
déposerai prochainement et qui répondent aux demandes du Directeur général
des élections. Il nous a aussi dit que, de janvier 2012 à février 2016 ou mars
2016, il y a eu 809 constats d'infraction.
Nous avons aussi
entendu deux chercheurs, MM. François Gélineau et Éric Montigny, de la Chaire
de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires. Je prends l'occasion
de leur dire merci de s'être... de s'avoir présentés sur très, très court
délai. Ils ont été appelés la semaine dernière et ils étaient ici le
24 mai. Merci de vos interventions.
Alors, l'étude
détaillée démontrera que le projet de loi n° 101 répond à plusieurs recommandations
de la commission Charbonneau et va encore beaucoup plus loin que ce que la commission
Charbonneau avait demandé. Je rappelle
qu'une recommandation visant à s'assurer de la tenue d'auditions
statutaires du Directeur général des
élections en commission parlementaire est déjà réalisée par l'engagement de la Commission des institutions, dans son procès-verbal
de la séance du 1er février 2016, à
convoquer annuellement le Directeur
général des élections du Québec, conformément à l'article 294.1 du
règlement de l'Assemblée nationale. Ceci était une des 10 recommandations
de la commission Charbonneau.
rappelle aussi que deux recommandations ont été unanimement rejetées par le
comité consultatif, et le comité consultatif
est composé des représentants de tous les partis représentés à l'Assemblée
nationale. D'abord, le fait d'inscrire dans
le rapport annuel de financement ou le rapport de dépenses électorales le nom
des bénévoles détenant une expertise particulière
a été rejeté par le comité, car cela compliquerait le recrutement et la
participation de ce type de bénévole, sans lutter efficacement contre le
faux bénévolat. Il faut se rappeler qu'une des recommandations qui a été
adoptée, qui se retrouve dans le projet de
loi, c'est que tout bénévolat doit être volontaire, sans contrepartie et sans
considération. Et aussi, comme j'ai
mentionné plus haut, les parties ont statué en faveur du maintien des élus au
sein du comité consultatif, sans que cela
enlève la possibilité au Directeur général des élections de se constituer un
comité de sages, un comité aviseur, et il nous a confirmé qu'en effet
c'est quelque chose qu'il est déjà en train de faire.
Je suis très, très
heureuse de voir à quel point nous sommes capables, comme parlementaires,
ensemble de nous élever au-dessus de la
partisanerie et d'éviter les joutes politiques pour atteindre un but commun. Et
ce but commun, c'est de moderniser la Loi électorale et assainir le
financement politique. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, Mme la ministre, de votre présentation, de vos
remarques préliminaires. M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville :
Merci, M. le Président. Salutations à vous, content de vous retrouver.
Salutations aux collègues, Mme la ministre. Salutations également au
Directeur général des élections et à l'équipe qui l'accompagne.
Si mes informations
sont exactes, M. le Président, ce serait l'anniversaire de la ministre
aujourd'hui.
Mme de
Santis : Non, dimanche.
M. Drainville :
C'est dimanche. Alors, mes informations sont inexactes. Mais, comme on ne sera
pas là dimanche, on pourrait quand même lui souhaiter un joyeux
anniversaire, quelques jours avant, mais on est, hein...
Le Président (M.
Bernier) : ...M. le député. C'est de mise, c'est de mise.
M. Drainville :
...c'est pour marquer l'esprit de collaboration de...
Le Président (M. Bernier) : Et c'est
son premier projet de loi.
M. Drainville :
C'est vrai?
Mme de Santis : Non, c'est mon
deuxième.
Le Président (M. Bernier) :
Deuxième? C'est votre deuxième?
Mme de Santis : Mais première fois
que je fais un
article par article. Merci beaucoup pour les souhaits.
Le Président (M. Bernier) : Bon
anniversaire à l'avance!
Drainville : Et
alors, M. le Président, pour prendre le relais, donc, de la ministre et sur le
fond et sur la forme, d'abord, sur la forme, effectivement, les travaux
qui ont marqué, je dirais, les préparatifs à cette commission ont effectivement
été imprégnés, je dirais, d'un esprit de coopération et une volonté de
travailler ensemble pour que le projet de
loi puisse non seulement faire consensus, mais qu'il puisse être adopté d'ici
la fin de la session. Jusqu'à maintenant, tout fonctionne comme prévu, M. le Président. Et nous, de l'opposition officielle, on souhaite
très certainement que ce projet de loi chemine correctement. On va faire notre travail, M.
le Président, de législateurs,
donc on va poser les questions qui sont de notre responsabilité de
poser.
Maintenant, c'est tout à fait exact, comme l'a
dit la ministre, que les dispositions qui nous sont soumises par le projet
de loi n° 101 ont fait l'objet
d'un consensus au terme d'une discussion au comité consultatif du Directeur général des élections. Je ne
reprendrai pas, comment dire, chacune des propositions, mais, je pense,
M. le Président, pour les gens qui nous écoutent, il faut
se rappeler que ces propositions, ces articles de loi sont pour l'essentiel une
réponse aux recommandations de la commission
Charbonneau. Lorsque
le rapport de la commission a été déposé, M. le Président, nous avions
signifié notre intention de collaborer à l'adoption et à la mise en oeuvre, donc, de ces recommandations, et nous avons tenu parole, M. le
Président. Nous souhaitons effectivement que ces dispositions, ces recommandations
soient adoptées, parce qu'on pense, M.
le Président, que leur adoption
va contribuer à, je dirais, réparer le lien de confiance entre les citoyens et la classe politique. L'adoption
de ce projet de loi, M. le
Président, va améliorer, j'en ai la
conviction sincère, le cadre démocratique, la Loi électorale au Québec.
Je pense que nous faisons notre devoir, M. le
Président, lorsque nous décidons tous ensemble de nous donner la main et de travailler à bonifier l'encadrement
électoral au Québec quand on parle, par exemple, du travail
bénévole, de s'assurer que c'est bel et bien du travail bénévole, sans
compensation, sans contrepartie; quand on prévoit donner au Directeur général des élections plus d'information pour bien faire son travail de contrôle, de
supervision de la Loi électorale en
fournissant le nom de l'employeur sur la fiche de financement, la fiche, donc, que le donateur doit remplir et signer; quand
on propose de plafonner les cautionnements et les prêts à 25 000 $
pour les candidats ou les candidates afin... bien, afin de s'assurer, M. le
Président, qu'on reste dans la limite du raisonnable — je
vous rappelle qu'auparavant il n'y avait pas
de tel plafond; quand on s'assure qu'il y aura dorénavant une obligation légale
de suivre une formation, que ce soit pour les représentants des partis
ou pour les agents officiels; quand on s'assure que le chef ou la chef d'un
parti politique signe les rapports
financiers pour s'en porter garant, pour s'en porter responsable; quand on fait
passer... quand on allonge le délai
de prescription — là-dessus,
on aura un débat, je pense que c'est là-dessus qu'on aura probablement
nos débats les plus nourris. L'important, M.
le Président, c'est qu'on améliore la situation. On n'ira peut-être pas aussi
loin qu'on le souhaiterait sur la question du délai de prescription en matière
pénale, mais on va quand même, je pense, au terme
de nos discussions, aller plus loin que le cinq ans présent. M. le Président,
vous l'aurez entendu dans la bouche de la ministre, on va aussi éliminer le délai de prescription pour la
récupération des sommes, pour la récupération, donc, des dons illégaux dont les partis auraient pu bénéficier.
Quand on va, M. le Président, voter cet
article qui va faire en sorte que
le Directeur général des élections va dorénavant produire un rapport annuel sur
l'application des règles de financement.
Sur toutes ces questions-là, M. le Président,
sous tous ces aspects, ça va être une amélioration par rapport à la situation présente. Et, oui, je l'ai dit lors du
débat sur le principe, c'est dans la foulée d'un certain nombre de projets
de loi qui ont été adoptés ces dernières
années. J'en ai parrainé quelques-uns, d'autres avaient été adoptés à la fin du
gouvernement de... enfin, celui qui
avait été élu en 2008, 2008‑2012, donc il y avait un certain nombre de projets
de loi, vers la fin de ce gouvernement,
qui avaient été adoptés et qui ont contribué aussi, M. le Président, à assainir
la Loi électorale, à assainir le cadre démocratique.
Alors, ce qu'on espère, M. le Président, et je
pense que c'est une volonté qui est partagée par tout le monde autour de cette table, ce
qu'on espère, c'est que les citoyens qui nous écoutent vont voir dans le travail que
nous avons accompli, vont voir dans
le contenu de ce projet de loi, qui fait consensus
pour l'essentiel, un geste, une volonté, une loi qui va envoyer un signal clair sur la volonté de la
classe politique, tous partis politiques confondus, de continuer à
travailler pour assainir les moeurs électorales,
continuer à assainir, je dirais, l'exercice de la démocratie au Québec, se
donner un certain nombre de mesures,
un certain nombre de balises qui, nous l'espérons, M. le Président, vont
convaincre nos concitoyens, qui, pour
plusieurs d'entre eux, sont malheureusement fort sceptiques là-dessus, mais les
convaincre que nous sommes tous et toutes engagés à faire du Québec une
démocratie modèle, M. le Président.
Ça n'efface pas les
excès du passé, ça n'efface pas les erreurs du passé, M. le Président, mais ce
qui est important, c'est que nous tirions
les leçons de ce qui s'est passé au cours des années précédentes et qu'on
décide ensemble de poser un certain
nombre de gestes qui, nous l'espérons, vont faire en sorte que les citoyens, au
terme de l'exercice, vont se dire : Bien, c'est un pas dans la bonne direction, c'est un
pas dans la bonne direction et ça me redonne peut-être un petit peu
confiance dans mes institutions et dans ceux et celles qui les incarnent,
c'est-à-dire nous, les députés.
Alors,
voilà l'esprit qui nous anime, M. le Président. Alors, nous allons procéder,
dans les minutes qui suivent, à l'étude
article par article. Et, si nos travaux sont marqués de la même bonne volonté,
du même esprit de coopération que nous
avons pu observer jusqu'à maintenant, je n'ai aucun doute, M. le Président, que
vous présiderez à des travaux qui se dérouleront bien, dans le respect
des uns et des autres, et que dans un temps raisonnable nous pourrons nous
féliciter d'avoir adopté en commission ce projet de loi pour qu'il puisse
procéder en Chambre avec les différents votes et une adoption finale avant que
nous partions, le 10 juin prochain — le 10 juin, n'est-ce
pas? — ...
Le Président (M.
Bernier) : 10 juin, c'est exactement ça.
M. Drainville :
...pour la dernière étape de notre travail de parlementaires avant les vacances
de l'été. Merci.
Président (M. Bernier) : Merci. D'abord, effectivement, c'est
un privilège, d'avoir à présider cette commission sur la loi n° 100
qui concerne la démocratie au Québec.
M. le député de
Deux-Montagnes, avez-vous des choses à nous dire? La parole est à vous.
M. Charette :
Merci, M. le Président. À mon tour d'y aller des salutations d'usage. Notre
collègue de Marie-Victorin nous annonçait le
bel événement qui aura lieu ce dimanche. Donc, nos meilleurs voeux également à
la ministre, à tous ses collègues qui l'accompagnent également, au
collègue de Marie-Victorin. Vous me permettrez de saluer tout particulièrement mon collègue de Borduas, qui a
été de toutes les étapes de l'étude et même des rencontres
préparatoires, donc un secours bien, bien
précieux, et ma collègue, également, de Sainte-Marie—Saint-Jacques, et enfin les collègues... en
fait, non, les représentants du Directeur général des élections; bref, tous les
interlocuteurs qui auront à jouer un rôle déterminant
au cours des prochains jours, des prochaines semaines au niveau de l'étude
article par
article de ce projet de loi.
à ce niveau, la présence des représentants du Directeur général des élections
est particulièrement appréciée, on se
sentira épaulés lorsque les questions les concerneront, parce qu'ultimement, le
collègue de Marie-Victorin l'a mentionné, la ministre dans un premier temps également, c'est un devoir que nous
avons que de parvenir à adopter une loi dans les meilleurs délais possible. Et, pour donner suite aux recommandations de
la commission Charbonneau, les délais sont les nôtres. En même temps, ce sera difficile de procéder sur certains articles
tant que les amendements de la ministre ne seront pas déposés, mais on a l'assurance, à ce
niveau-là, que ça ne saurait tarder également. Donc, avec les amendements
en main, on pourra procéder sur les articles qui actuellement demeurent à être
précisés.
Au niveau des étapes
précédentes, autant au niveau du principe qu'au niveau des consultations, on a
eu, au nom de la Coalition avenir Québec, à aborder ou à préciser certaines
expectatives, certains questionnements qui sont encore les nôtres, mais, avec l'esprit de collaboration qui a prévalu au
cours des dernières... des étapes précédentes, plutôt, on peut être confiants, à ce moment-ci, d'arriver
à un résultat qui soit intéressant. Et
je le disais aux étapes précédentes, mais c'est important de se le rappeler, de l'avoir en tête, la population
nous observe, dans un cas comme celui-ci, parce que les attentes, elles sont élevées. Il y a
eu une commission Charbonneau qui effectivement a fait état de
différentes problématiques, et à nous, maintenant, de les corriger.
le collègue de Marie-Victorin disait que le projet de loi n'avait pas lieu
ou n'avait pas pour but de pardonner les fautes du passé. C'est bien exact, et ça aussi, il faut se le répéter, très, très
certainement. Et on va même espérer que le projet de loi nous permette de faciliter le travail notamment du Directeur général des élections pour que les fautes commises par le passé ne restent pas impunies et qu'on
puisse ultimement récupérer les sommes qui ont pu être amassées de façon
illicite par une formation politique, et peu importe laquelle, et s'assurer que
les individus derrière ces actions-là puissent aussi avoir à répondre de leurs
actes.
Donc, pour le moment,
je limiterai mes propos ainsi, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci beaucoup, M. le
député de Deux-Montagnes. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
avez-vous des remarques à nous faire?
Mme Massé :
Oui, j'en aurais quelques-unes, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Bien, allez-y, allez-y. La parole est à vous.
Mme Massé :
Alors, bonjour, tout le monde. Mme la ministre, vous avez été d'une efficacité,
vous nous l'aviez dit. Il est là, on le
voit. Bonjour, les gens du DGE, les gens qui nous accompagnent. Bonne fête, en
passant! Mais je vous le répéterai la semaine prochaine.
Mme Massé : Écoutez, en fait, oui,
on a devant nous un projet de loi qui représente le consensus qu'il y a eu
entre les partis, les quatre partis présents à l'Assemblée nationale,
concernant comment on peut faire pour faire en sorte de boucher des trous, des trous qui ont été
trop longtemps présents dans nos lois et qui ont permis à des gens qui
ont des mauvaises intentions de jouer de
leur influence avec du financement qui n'était pas la façon dont le Québec
avait décidé de voir le financement des partis politiques dans les
30 dernières années.
M. le Président, alors, oui, je veux juste être
certaine... Je ne serai pas là pour faire obstruction. Je redis que ça représente le consensus, je pense qu'on doit
aller de l'avant. Ceci étant dit, je ne peux pas passer sous silence un
des éléments, qui m'apparaît ne pas contribuer adéquatement à notre démocratie,
c'est le fait que le comité consultatif demeure toujours composé exclusivement
des partis politiques représentés à l'Assemblée nationale. Et ce que ça a comme
impact, c'est qu'il y a une multitude d'autres partis politiques... Et je viens
de prendre connaissance, M. le Président, de
la lettre que vous avez déposée, des partis politiques dits émergents. Certains
d'entre nous, parfois, disons «des
petits partis politiques» : il n'y a pas de petit parti politique, chaque
parti politique est une expression d'une volonté populaire. Alors, ces partis émergents, à Québec solidaire, bien sûr,
comme nous-mêmes étions un parti émergent, on a tenté de faire en sorte, et mes collègues s'en
souviendront... Lorsqu'il a été temps de parler de financement des partis
politiques, Québec solidaire a toujours eu
la préoccupation que les partis politiques puissent, peu importe leur grandeur,
être en mesure de se financer. Même préoccupation lorsqu'on a décidé de
mettre un plafond pour les prêts personnels, c'était notre préoccupation, parce que les partis politiques
émergents ne sont pas ceux qui réussissent à aller cogner à la porte de
la banque et d'avoir aisément des
prêts — et j'en
sais quelque chose, j'ai été RO plusieurs années. Et là je vois que
quelques partis politiques dûment inscrits
au DGE nous ont signifié, aux membres de la commission, en fait, leur désaccord
mais, je dirais, sûrement leur grande
préoccupation au fait que, dans le projet de loi que nous allons adopter là,
nous n'avons pas cru bon, collectivement — et je prends la
partie
de mon blâme à moi, je suis capable de faire ça — de les consulter.
Mais, pour moi, ce que ça soulève
principalement, c'est tout le défi que la Loi électorale, à travers, bien sûr, l'institution qu'est le DGEQ, est une loi qui est
prise au piège parce que, dans les faits, elle est adoptée au Parlement.
Alors, oui, on la travaille en consensus le
plus possible, et je réitère que ce qui est là, c'est le plus loin qu'on a pu
aller dans le consensus, mais, par la
lettre que je viens de lire, des collègues qui ont d'autres partis politiques
ici, au Québec, dûment reconnus
nous remettent à la figure le défi qu'aura le Directeur général des élections de s'assurer, de s'assurer...
Parce que si nous, les parlementaires, nous les oublions, M. le DGE, vous ne
pouvez pas les oublier.
Alors donc, je nous souhaite une bonne étude. Je
ne pourrai malheureusement pas être là de façon constante, il y a beaucoup de projets de loi qui roulent
actuellement, mais soyez assurés que, si vous avez besoin... Vous savez
les points que nous avons défendus durant
nos échanges. Si vous sentez que je peux être utile et pertinente, je ferai
comme d'habitude des miracles pour être ici et ailleurs en même temps. Merci,
M. le Président.
Président (M. Bernier) : Vous savez, Mme la députée, tous les députés
sont utiles et pertinents dans leurs commentaires et dans les travaux
auxquels ils participent. Donc, merci de votre participation.
Est-ce qu'il y a d'autres collègues qui veulent
faire des remarques préliminaires? Non? Bon. C'est bien.
Donc, s'il
n'y a pas de motion préliminaire, nous allons immédiatement débuter l'étude
article par article. Vous le savez
comme c'est prévu, on fonctionne
article par article. Et, de consentement, s'il
y a lieu, parce que vous avez déjà annoncé certains amendements, on peut
suspendre des articles et revenir par la suite pour être capables d'apporter
les amendements que vous avez déjà annoncés.
Donc, sans plus tarder, on va débuter avec la
première, donc l'article 1. Mme la ministre.
Mme de Santis :
Alors, l'article 1 : La Loi électorale (chapitre E-3.3) est modifiée
par l'insertion, après l'article 45, du suivant :
«45.1. Le
représentant officiel et le délégué doivent, dans un délai de 30 jours
suivant leur nomination, suivre une formation concernant les règles de
financement politique donnée par le Directeur général des élections.
«En outre, le représentant officiel et le
délégué doivent suivre toute formation complémentaire donnée par le Directeur
général des élections afin de mettre à jour leurs connaissances.
«Le Directeur général des élections détermine,
par directive, les autres modalités liées à ces formations.»
Alors, les
commentaires à cet article. La recommandation 41 de la commission
Charbonneau était la suivante : «Rendre
obligatoire la formation sur les règles de financement politique préparée par
le Directeur général des élections du Québec pour les représentants
officiels et les agents officiels des partis politiques, de leurs instances et
des candidats indépendants.»
La recommandation
de la commission Charbonneau a été élargie aux délégués des représentants
officiels, puisqu'ils assument les
mêmes fonctions. Tel que le recommandait le Directeur général des élections
dans son rapport sur la mise en oeuvre
de la réforme des lois électorales 2014, deux formations distinctes ont été
prévues. Le nouvel
article 45.1, introduit par l'article 1, du projet de loi prévoit une formation sur les
règles de financement politique pour les représentants officiels et les
délégués, et le nouvel
article 408.1, introduit plus tard à
l'article 17, prévoit une formation sur le contrôle des dépenses
électorales pour les agents officiels et les adjoints.
Il y a eu
unanimité au comité consultatif du 20 avril 2016 au sujet de la
recommandation 41 de la commission Charbonneau. Merci, M. le
Président.
Président (M. Bernier) :
Merci beaucoup de votre présentation. M. le député de Marie-Victorin.
Commentaires, questions?
M. Drainville : Oui, bien, écoutez, M. le
Président, l'article
est passablement explicite. Dans le
fond, ce que l'on souhaite, c'est... Avec une loi électorale, M. le Président, qui, reconnaissons-le, est de
plus en plus complexe, ça
oblige nos représentants officiels, comment dire, à s'approprier les mises à
jour, à s'approprier un texte de loi qui est exigeant, M. le Président, c'est
exigeant de bien maîtriser la Loi électorale.
Alors,
le Directeur général des élections nous aura bien expliqué, lors de nos travaux en comité consultatif, que, pour lui, la notion de formation, la notion de
mise à jour, elle est très importante. Il est disposé à mettre à la disposition
de nos représentants et représentantes officielles la formation, les séances de formation dont nos gens ont
besoin, justement, pour bien faire leur travail.
Alors, je pense que
c'est une disposition bien de son temps, M. le Président. Au fur et à mesure où
on rentre dans un monde de complexité, il
faut s'ajuster, il faut s'assurer que la transmission des connaissances se fasse bien. Le Directeur
général des élections veut jouer ce
rôle-là. Alors, je pense que c'est une excellente idée que nous
procédions avec cet ajout à la Loi électorale, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci beaucoup. M. le
député de Deux-Montagnes. Pas de commentaire? Ça
Donc, est-ce que l'article 1
est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté.
Article 2. Mme la ministre.
de Santis :
L'article 2 :
L'article 65 de la Loi électorale est modifié par l'ajout,
à la fin du premier alinéa, des phrases
suivantes : «Les nom, adresse et numéro de téléphone de l'agent officiel
des partis autorisés et des candidats et, le cas échéant, de ses
adjoints, doivent également figurer aux registres. De plus, les registres
doivent mentionner si les personnes assujetties à l'article 45.1 ou à
l'article 408.1 ont suivi ou non la formation prévue au premier alinéa de
ces articles.»
Alors, commentaires.
La recommandation 41 de la commission Charbonneau se lit comme suit :
«Rendre obligatoire la formation sur les
règles de financement politique préparée par le Directeur général des élections
du Québec pour les représentants officiels et les agents officiels des partis[...],
de leurs instances et des candidats indépendants.»
Alors, il a été
convenu à l'unanimité, lors du comité consultatif du 27 avril 2016, que le
Directeur général des élections rende public le fait que les formations prévues
aux articles 45.1, pour les représentants officiels et délégués, et 408.1, pour l'agent officiel et adjoint, de la
Loi électorale, ont été suivies ou non. Cette modification prévoit que
les registres des entités autorisées devront dorénavant contenir cette
information. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Marie-Victorin.
M. Drainville :
Oui. Je vois dans les commentaires : «Il a été convenu à l'unanimité, lors
du comité consultatif[...], que le DGE rende
public le fait que les formations prévues aux articles 45.1 — représentant officiel et délégué — et 408.1 — agent officiel et adjoint — de la Loi électorale ont été suivies ou non.
Cette modification prévoit que les
registres des entités autorisées devront dorénavant contenir cette
information.» Rappelez-nous, Mme la ministre, est-ce que le registre
avec les noms pour chacune des entités autorisées est un document public?
Le Président (M.
Bernier) : Mme la ministre.
M. Drainville :
Actuellement, est-ce qu'il est public?
Mme de
Santis : Alors, c'est...
Le Président (M.
Bernier) : Mme la ministre, oui.
Mme de
Santis : Ça a un caractère public, mais ce n'est pas sur l'Internet, O.K.?
M. Drainville : Donc, par
exemple, pour un journaliste qui
souhaiterait le savoir, ce serait possible pour lui ou pour elle
d'appeler le Directeur général des élections et d'avoir la liste de tous les
représentants officiels d'un parti politique XYZ?
Le Président (M.
Bernier) : Mme la ministre.
Mme de
Santis : Je vais... Est-ce que je pourrais demander...
Le Président (M.
Bernier) : Oui, vous...
de Santis : ...pour que ce
soit plus clair et la réponse soit plus immédiate, au lieu qu'on me siffle les
renseignements dans... O.K.? Alors, est-ce que peut-être M. le Directeur
général des élections peut répondre?
Président (M. Bernier) : M. Reid. M. Pierre Reid, Directeur général des élections, oui, la parole est à vous.
Reid (Pierre) : M. le Président, effectivement, sur le site Web du DGE, ce qui est disponible,
c'est les nom et prénom et la
fonction de la personne, mais, si nous avions une demande pour obtenir la liste
complète, effectivement, ça pourrait être transmis, là, donc, avec
les informations qui figurent dans le présent article.
Drainville : Donc, actuellement,
sur le site Internet du DGE, c'est possible de trouver le nom du
représentant ou de la représentante officielle pour toutes les entités
reconnues par le DGE. C'est bien ça?
M. Reid (Pierre) : Oui, c'est ça.
Drainville : O.K. Et
donc ce que je comprends de la disposition qui est introduite par le projet de
loi, c'est que vous allez créer un registre, avec lequel, dans le fond,
vous allez pouvoir identifier les représentants et représentantes officiels ainsi que les agents — parce qu'on y viendra un peu plus tard — et les agents et les agentes officiels,
ainsi que leurs adjoints, qui ont suivi la formation. Il y aura un
registre que vous créerez, qui identifiera qui sont les agents et représentants
qui ont suivi la formation, mais ce registre-là ne sera pas sur le site
Internet.
Est-ce qu'il sera par contre disponible, par
exemple, pour les médias?
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Oui, le registre
sera disponible. Et ce que nous indiquerons dans le registre, ce sera
d'indiquer si les personnes concernées ont suivi ou non la formation.
Drainville : O.K.
Dans le fond, le registre existe déjà, un registre des représentants... Là, je
vais arrêter de tout mettre au féminin tout le temps parce que ça
devient lourd, là. Prenez pour acquis, les gens, que, quand je parle des représentants, je parle des représentants et des
représentantes. Alors, il y a un registre des représentants, il y a un
registre des agents, également, officiels qui existe déjà. Dans le fond, ce que
vous allez faire... Non?
M. Reid
(Pierre) : Juste une
précision : Pour celui des agents officiels, il n'existe pas présentement,
nous avons seulement celui des représentants officiels. Donc, avec la
modification, se trouvent à être ajoutés les noms des agents officiels des
partis autorisés.
Drainville : O.K.
Donc, le projet de loi, pas juste cet article-là, là, mais le projet de loi,
dans le fond, ce qu'il fait, c'est
qu'il prend le registre officiel du DGE pour les représentants officiels puis
il ajoute une case formation ou pas, là, hein, a reçu sa formation, on coche ou on ne coche pas, dépendamment s'ils
l'ont suivie ou pas, et on créé aussi, en vertu du projet de loi, un nouveau registre dans lequel il y aura
les noms des agents officiels, en période électorale, hein,
nécessairement, et on aura pour chacun des agents officiels une indication
quant à savoir s'ils ont subi la formation... ou s'ils ont, plutôt, suivi la
formation ou pas.
Le Président (M. Bernier) :
Mme la ministre, vous voulez prendre la parole?
Mme de Santis : Oui, bien, si le
Directeur général des élections veut répondre à la question... Ensuite, j'ai un
commentaire.
Président (M. Bernier) : D'accord. M. Reid. Mais, quand
vous me faites signe, je me dois de vous donner la parole à vous en
premier, Mme la ministre. Oui, M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Effectivement, ce
sera... En fait, on aura un registre, dans lequel vous retrouverez les
noms des représentants officiels, et à côté de chaque nom il y aura une
indication si la formation requise a été suivie ou non.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Mme la ministre.
Mme de
Santis : J'aimerais rappeler qu'on avait décidé qu'il n'y aurait pas
une sanction formelle si la formation n'était
pas suivie, mais on voulait quand même
mettre de la pression pour qu'on suive la formation et on a décidé
que de rendre cela public, entre guillemets, pourrait être un incitatif assez
important pour que les formations soient suivies.
J'aimerais
poser aussi... au Directeur général
des élections : Est-ce que la
loi sur l'accès à l'information
s'applique aux renseignements personnels, que vous pouvez ou ne pouvez pas
rendre publics, dans ce cas-ci?
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Oui. En vertu de
la Loi électorale, l'article 126, tout est accessible, là, comme
renseignements personnels. Et, les exceptions, il y a certaines exceptions que
prévoit l'article 126.
Mais, dans ce
cas-ci, si on parle du registre, si les gens demandent accès à la liste des
agents officiels, des représentants, cette liste-là pourra être rendue
accessible.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Marie-Victorin, avez-vous un...
M. Drainville : Alors, je veux juste... Pour que ce
soit clair, là, j'imagine, M. le Directeur général des élections, que vous allez donner aux personnes à qui vous
offrez ces formations... Par exemple, en période électorale, on s'entend
que, bon, là, avec les élections à date
fixe, c'est plus facile de prévoir, mais ce n'est pas toujours évident de trouver
un agent officiel, là. Pour être passé par là déjà quatre fois, là,
mettons que les gens qui sont prêts à être agents officiels, ils ne courent pas les rues, parce que c'est un travail
très exigeant, on le sait tous, alors ça se peut qu'on trouve l'agent
officiel pas mal à la limite du déclenchement, là. Puis on sait qu'on en a
besoin d'un pour pouvoir faire imprimer les pancartes notamment, parce qu'il
faut que sur les pancartes ce soit écrit : Autorisé par l'agent officiel
de... Bon. Alors, le temps pour que la personne puisse suivre cette
formation-là, on n'aura peut-être pas une grande fenêtre de temps, là.
Alors,
comment est-ce que vous allez gérer ça, vous? Mettons, là, qu'on se retrouve
dans une situation, là — c'est hypothétique,
mais je suis certain que ça va arriver — où, mettons, pour les fins de
la discussion, tu trouves ton agent officiel
le jour du déclenchement, là, le jour de l'émission des brefs, là, tu as
finalement trouvé ta personne, puis il faut aller à l'imprimerie rapidement, bon, on veut poser nos pancartes, etc.
Vous n'empêcherez pas l'agent officiel de devenir l'agent officiel puis que son nom soit donné à
l'imprimeur, par exemple, parce qu'il n'a pas suivi sa formation, mais
vous allez souhaiter que cette personne-là
suive sa formation le plus rapidement possible. Alors, comment est-ce que vous
allez gérer ça? Est-ce que vous allez, je ne
sais pas, moi, vous dire : Bien, il faudrait idéalement que chaque agent
officiel ait suivi sa formation avant
qu'on arrive à mi-chemin de la campagne électorale, mettons, puis, au-delà de
ce 50 %, là, de campagne électorale, bien, au-delà de ça, je vais
aller inscrire au registre que l'agent officiel de Bernard Drainville, candidat, n'a pas suivi sa formation? Comment...
Vous comprenez ce que je veux dire. À partir de quand est-ce que ça
devient un délai, mettons, déraisonnable, qui justifie que vous alliez au
registre puis que vous indiquiez que l'agent officiel
ou l'agente officielle n'a pas subi sa formation et pourrait donc
éventuellement faire l'objet d'un papier par un journaliste qui
déciderait d'écrire là-dessus?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid (Pierre) : Bien, effectivement, nous allons inscrire au registre le suivi de la
formation lorsque la personne l'aura complétée,
mais je dois quand même préciser que cette formation va être disponible, là,
sur notre site Web. C'est une formation
qui se voudra conviviale, facilement accessible, et, écoutez, ça va être d'une
durée, là, on peut penser... d'une durée peut-être d'une heure,
1 h 30 min et accessible tous les jours, 24 heures sur 24.
Mais,
comme vous le dites, avec les élections à date fixe, c'est sûr que ça va
probablement faciliter aussi cette formation
de... Mais c'est sûr qu'au niveau du registre... Et puis, la loi, on dit bien
que, pour les agents officiels, c'est dans les 10 jours qui suivent leur nomination, donc c'est un délai plus
restreint que pour les représentants officiels. Mais à votre question à
savoir... nous allons inscrire «formation suivie» une fois que la personne
l'aura complétée.
M. Drainville :
...c'est comme ça que vous allez fonctionner.
M. Reid
(Pierre) : Oui, parce qu'on est en mesure de savoir...
M. Drainville :
Il va y avoir une case vide, mettons, là, mettons, pour les fins de la
discussion, là, on verra quelle forme
graphique ça prendra, là, mais il y aura, mettons, pour les fins de la
discussion, une case vide, et, quand la personne aura suivi sa formation, vous allez aller le cocher. Comme ça, ce sera
possible de savoir, si quelqu'un vous pose la question...
Parce
que le registre avec les cases cochées, ce ne sera pas sur le site Internet,
hein, c'est ce qu'on comprend, là.
M. Reid
(Pierre) : Ça va être sur le site Internet
M. Drainville :
Ça va être sur le site Internet?
M. Reid
(Pierre) : Oui.
M. Drainville :
Ça va être rendu public sur le site...
M. Reid
(Pierre) : Oui.
M. Drainville :
O.K. Très bien.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va?
M. Drainville :
Oui, merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Peut-être une question par curiosité. Vous savez, depuis
2012, la Coalition avenir Québec a retenu le principe d'un seul agent officiel pour l'ensemble de ses candidats et
candidates. Avec l'expérience, avec l'usage, dans quelle mesure cette voie-là a pu simplifier vos travaux?
Est-ce qu'ultimement, si chaque formation politique... Et elle est bien libre, chaque formation est bien libre de retenir
à voie ou l'avenue qui lui semble la plus indiquée. Mais est-ce que
c'est facilitant pour vous d'avoir une seule formation... un seul agent
officiel par parti politique?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : M. le Président,
bien, je vous dirais que... En fait, c'est une règle de régie interne. Je
pense que, pour nous... je vous dirais que
ça ne fait pas de différence, en autant que les agents officiels répondent aux
exigences de la loi. Donc, je pense que ça vous appartient, aux partis
politiques, de déterminer la façon qui est la plus appropriée pour vous, mais,
pour nous, ça ne fait pas de différence.
Président (M. Bernier) : Merci. M. le député de Deux-Montagnes.
Ça va? Oui, monsieur... M. le député de Borduas. Excusez-moi.
Jolin-Barrette : Merci, M.
le Président. À mon tour de vous saluer. Je vais souhaiter également un
joyeux anniversaire à Mme la ministre.
On l'a dit
d'entrée de jeu, durant les travaux du comité consultatif, on a décidé de ne
pas imposer de sanction aux représentants
officiels et aux agents officiels qui ne suivaient pas la formation, qui se
trouvaient en contravention, puis de dire :
Bien, écoutez, le fait que ce soit public, bien, ça va mettre de la pression.
Il pourrait peut-être y avoir des reportages, supposons, au Parti libéral ou au Parti québécois : Bon, bien, il y
a 50 agents officiels qui n'ont pas suivi leur formation.
Le député de
Deux-Montagnes le mentionnait à juste titre, cette difficulté-là, pour nous, ça
ne se pose pas, au niveau de notre
formation politique, mais je voudrais entendre la ministre sur les efforts qui
vont être effectués par sa formation politique, à savoir: Est-ce que les
partis vont mettre de l'avant les efforts nécessaires pour que leurs agents
officiels et leurs représentants officiels suivent cette formation-là dans les
délais? Parce qu'on fait un choix ici de dire : On ne pénalisera pas les
individus qui décident de s'impliquer dans les partis politiques, de faire du
bénévolat, de devenir agents officiels, tout
ça, mais il y a quand même une responsabilité pour les formations politiques de
bien encadrer leurs bénévoles puis de déployer leurs ressources pour
s'assurer qu'ils respectent la loi.
Le Président (M. Bernier) :
Mme la ministre.
Mme de
Santis : Je suis ministre, maintenant, je ne suis pas responsable du
parti politique, sauf que je peux vous assurer
que le Parti libéral du Québec a entrepris de prendre les mesures nécessaires
pour s'assurer que les représentants officiels
et les agents officiels suivent les cours, et le nécessaire va être fait pour
que les cours ou les formations soient suivis.
Je ne peux pas vous dire exactement qu'est-ce que c'est aujourd'hui, je ne peux
pas parler pour le Parti libéral du Québec. Je parle en tant que
ministre, aujourd'hui, il y a une différence à faire. Vous posez une question
au parti politique.
Président (M. Bernier) : Je vais juste, en complément, Mme la
ministre, vous donner l'information : En 2012, ça s'est produit, il y avait de la formation
donnée par le Parti libéral du Québec aux gens qui étaient impliqués au
niveau de la campagne électorale, il y avait déjà une formation de prévue.
Mme de
Santis : Je peux vous dire qu'en 2012 et aussi en 2014, dans mon
comté, la personne qui était responsable a suivi la formation que le parti avait offerte lui-même. Aujourd'hui,
on parle d'une formation qui va être offerte par le Directeur général des élections, et je crois qu'au
minimum on va mettre les mêmes efforts qu'on a mis en 2012 et 2014 pour
s'assurer que cela soit fait.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député.
Jolin-Barrette : Oui, M. le
Président. Je suis content de l'entendre, mais, vous savez, c'est un souci
qu'on a aussi de façon à ce que... On
modifie la loi, on décide de ne pas imposer de sanction aux bénévoles, mais les
partis politiques ont une responsabilité en ce sens-là, puis il faut en
être très conscients, aujourd'hui, quand on décide d'adopter une disposition
législative comme ça où est-ce qu'on préserve nos bénévoles, mais, d'un autre
côté, lorsqu'on fait de la politique, on a une responsabilité.
Le Président (M. Bernier) :
Bien. Mme la ministre, avez-vous d'autres commentaires sur ça? Non? Ça va?
Mme de
Santis : Sauf que je me demande, ceux qui aident les candidats au
niveau de chaque comté... Parce que, s'il
y a seulement un agent officiel, au niveau local, cet agent officiel doit
s'occuper de 125 candidats et 125 comtés. Est-ce que vous allez former quelqu'un, vous, au niveau du comté, pour aider le candidat au niveau local? C'est beau de
dire : Je n'en ai qu'un. Moi, je crois que c'est nos responsabilités,
chacun, de s'assurer que les personnes qui devraient suivre cette formation le fassent. Et peut-être,
dans votre cas, vous pouvez même penser à ceux qui ne sont pas officiellement
agents, officiels, mais qui sont là, à côté des candidats, pour les accompagner
au moment des élections.
Le Président (M. Bernier) :
Ça va, M. le député de Borduas?
M. Jolin-Barrette : Bien, peut-être
simplement rajouter qu'on apprécie le souci d'organisation pour notre formation
politique de la ministre. Si elle veut nous donner un coup de main, on est toujours
ouverts.
Le Président (M. Bernier) :
Merci.
de Santis : On travaille ensemble.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. D'autres questions sur l'article 2? Oui,
M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : Merci. Merci,
M. le Président. Juste pour être bien
clair, là... Parce qu'on voit qu'il y a quand même des informations
nominatives au registre, là, quand on voit les noms, les adresses, les numéros
de téléphone. Alors, comment vous allez
faire ça? Vous avez un registre dans lequel vous avez le nom, l'adresse, le
numéro de téléphone des agents
officiels, bon, des candidats puis des représentants officiels, hein, c'est ce
que vous aurez aux termes de la loi. Alors, ça, ce registre-là avec les informations
nominatives, il n'est pas public, là, ce registre-là, là, hein?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : M. le Président, oui, ce registre est public.
M. Drainville :
Avec les numéros de téléphone personnels des gens?
M. Reid
(Pierre) : Oui. En vertu de la loi, c'est des...
L'article 126 prévoit
que les renseignements qui sont contenus
dans les rapports et documents prescrits par, bon, la loi ont
un caractère public, sauf la liste... Il y a des exceptions qui sont
prévues à 126, et il n'y a pas d'exception pour ces informations au registre.
Le Président (M.
Bernier) : Mme la ministre, vous voulez ajouter des informations?
de Santis : Pour le
représentant officiel, on donne déjà ces renseignements. Alors, maintenant, on ajoute l'agent officiel, mais les renseignements que vous mentionnez là, adresse, etc., sont déjà
donnés pour les représentants officiels. Et donc on les met sur le même
pied...
Mme de
Santis : ...d'égalité, O.K.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député de Marie-Victorin.
M. Drainville : Et donc toute cette information-là, actuellement, avec l'information nominative, les numéros de téléphone, et
tout ça, est-ce que c'est déjà sur Internet?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid. Il faut le dire. Je comprends votre
signe de tête, mais, pour fins d'enregistrement, il faut le dire.
M. Reid (Pierre) : M. le Président, en fait, ce qu'il y a sur notre site Web, c'est
le nom et prénom de la personne, du
représentant officiel, parce qu'actuellement il y a seulement
le représentant officiel, et sa fonction, sur le site Web.
M. Drainville : O.K. Ça, ça va rester comme ça... ou est-ce que
vous allez ajouter sur Internet les informations nominales?
M. Reid (Pierre) : La seule information que nous allons rajouter, ça va être à l'égard de
la formation, la formation a été suivie ou non, au
regard du nom de la personne agent officiel ou représentant officiel.
M. Drainville : O.K. Mais par contre les informations nominatives dont on parle, qui sont au registre, qui n'est pas sur le site Internet, ces informations
nominatives sont publiques, donc, si un journaliste désirait les connaître, il
pourrait les obtenir, il pourrait obtenir
l'adresse et le numéro de téléphone de tous les représentants officiels, de
tous les agents officiels de tous les partis politiques. Exact?
M. Reid
(Pierre) : Exact.
M. Drainville :
O.K. Donc, on est en train de... bien, en tout cas, moi, je suis en train de me
démêler, là.
Donc,
pour le moment, sur le site Internet, on a le nom des représentants officiels
avec, évidemment, le comté, par exemple ou l'association
qu'ils représentent. Dorénavant, on aura sur le site Internet cette
information pour les représentants et
cette information pour les agents officiels et on saura lesquels
ont subi... ont suivi la formation ou pas — ça
va venir. Je vous suis jusqu'ici? Ça va?
Et par ailleurs il y
aura un registre accessible au public, qui n'est pas sur le site Internet, mais
qui contiendra les informations nominatives, adresse et numéro de téléphone, et pour les représentants
officiels et pour les agents officiels.
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
Drainville : Oui? Exact?
M. Reid
(Pierre) : Exact.
Le Président (M.
Bernier) : ...exact.
M. Drainville :
Merci.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va? D'autres questions au niveau de
l'article 2? Ça va? Est-ce que l'article 2 est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté.
Article 3. Mme la ministre.
Mme de
Santis :
L'article 88 de la Loi électorale est modifié :
1° par le
remplacement du paragraphe 1° du deuxième alinéa par le paragraphe
suivant :
le travail bénévole effectué personnellement et volontairement, les fruits d'un
tel travail et la fourniture d'un véhicule personnel à cette fin, pourvu
qu'ils soient sans compensation ni contrepartie; et
2° par l'insertion, dans le paragraphe 4° du
deuxième alinéa et après «consenti par un électeur», de «, conformément
aux articles 105 et 105.1,»; et
par la suppression, dans le paragraphe 4° du deuxième alinéa, de «, ainsi
qu'un cautionnement contracté par un électeur»; et
4° par l'insertion,
après le paragraphe 4° du deuxième alinéa, du paragraphe suivant :
«4.1° un
cautionnement contracté par un électeur conformément aux articles 105 et
105.1.»
Alors,
les commentaires. La recommandation 39 de la commission Charbonneau se lit
comme suit : «Préciser dans la Loi électorale que le travail
bénévole doit en tout temps être effectué personnellement, volontairement et
sans contrepartie.» À des fins de cohérence
avec les articles 90 et 95.1, l'expression «sans compensation» a été
ajoutée. Il y a eu unanimité au comité consultatif du 20 avril 2016
au sujet de la recommandation 39.
En plus, il y a la
recommandation 44 de la commission Charbonneau qui se lit comme
suit : «Renforcer les dispositions des
lois électorales relatives au financement politique au moyen de prêts et de
cautionnements en exigeant une déclaration
anti-prête-noms dans les actes d'emprunt et ceux de cautionnement auxquels
participe un électeur, en fixant un plafond aux prêts et cautionnements
de l'électeur au palier provincial et en réévaluant celui en vigueur au niveau municipal.» Alors, il y a des modifications de
concordance ici, à ce troisième article, qui visent à préciser que seuls
les emprunts et les cautionnements
respectant la déclaration anti-prête-noms et le plafond prévus aux
articles 105 et 105.1 ne sont pas considérés être des
contributions. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Marie-Victorin.
M. Drainville :
Alors, juste pour être clair, M. le Président, j'aimerais savoir du Directeur
général des élections... Puis encore
une fois je connais la réponse à la question que je vais vous poser, mais on
travaille aussi pour les gens qui nous écoutent.
Quand on parle de «sans compensation ni contrepartie», on ne parle pas, par
exemple, d'un remboursement de frais
de transport pour quelqu'un qui, par exemple, le jour du vote va chercher les
personnes qui souhaitent voter puis les amène au bureau de scrutin, là. Si quelqu'un qui est bénévole le jour du
vote se fait rembourser l'essence consommée pendant la journée, ce ne
sera pas considéré par le Directeur général des élections, aux fins de
l'application de la loi, comme une compensation ou une contrepartie.
Le Président (M.
Bernier) : Monsieur... Mme la ministre avant, oui.
de Santis : Oui, je pense que je peux quand même répondre à cette
question. Si on regarde la disposition, on dit que «la fourniture d'un véhicule personnel à cette fin» — on voit ça — n'est pas considérée une contribution.
O.K.? Alors, on retrouve ça exactement dans l'alinéa, la fourniture d'un
véhicule personnel.
S'il y a des dépenses
pour l'essence, ça, c'est une dépense électorale et devrait apparaître, comme
tel, dans le rapport des dépenses électorales. O.K.?
Alors,
ici, c'est clair que la fourniture d'un véhicule personnel n'est pas une contribution si c'est aux fins d'un travail bénévole. O.K.?
M. Drainville : Oui, O.K., mais par
contre vous ajoutez, Mme la ministre : Si effectivement le bénévole se fait rembourser son
essence, il faut que ce soit déclaré comme dépense électorale, à ce moment-là.
Mme de
Santis : Exactement.
M. Drainville :
Voilà.
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid, vous vouliez ajouter des informations?
Reid (Pierre) : M. le Président, juste préciser. Effectivement, comme
la ministre l'a présenté, si c'était remboursé
par le parti, il s'agit d'une dépense électorale, mais, si la dépense est
remboursée par un tiers, ça devient une contribution illégale, là.
M. Drainville :
Par exemple, l'employeur, mettons, l'employeur, si lui paie l'essence pour la
journée, là ça devient une contribution illégale.
M. Reid
(Pierre) : Illégale, la contribution, à ce moment-là, présumée de la
part de l'employeur.
M. Drainville :
Parce qu'il y a eu compensation au sens de la loi.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la ministre.
Mme de
Santis : Mais j'aimerais aussi ajouter que ça doit être un véhicule
personnel, ça ne peut pas être un véhicule
qui appartient à l'employeur. Alors, si c'est un véhicule qui appartient à
l'employeur, cela ne jouit pas de cette exception que ce n'est pas une contribution,
O.K.?
M. Drainville : Bien
sûr. C'est considéré, à ce moment-là... Un véhicule qui appartiendrait à une société, à une entreprise,
qui serait utilisé à cette fin par un bénévole, ce serait probablement
considéré comme une contribution illégale, à ce moment-là, non?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid (Pierre) :
Oui, il faudrait le considérer comme une contribution illégale de la part du
propriétaire du véhicule.
M. Drainville :
Autre question, M. le Président, autre question.
Le Président (M.
Bernier) : ...M. le député.
M. Drainville :
Les bénévoles qui travaillent pendant les journées de vote, ou encore les
journées d'élection, ou encore
pendant la campagne électorale et à qui l'association va payer le poulet,
mettons, sur l'heure du midi, ils font des appels puis on leur paie le repas, est-ce que ça, c'est considéré, au
sens de l'application de la loi, comme une compensation ou une
contrepartie dans la mesure où on déclare le poulet comme dépense, le poulet,
ou la pizza, ou peu importe, là?
M. Reid
(Pierre) : Ça devient une dépense électorale pour le parti.
M. Drainville :
Mais ce n'est pas considéré comme une contrepartie ou une compensation pour le
bénévole, c'est permis par la loi avec le nouvel
article de loi qu'on va voter,
M. Reid
(Pierre) : Oui, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Parfait, merci. M. le député.
M. Drainville :
Est-ce qu'il y a... Vous voyez un peu le sens de mes questions, là. Est-ce
qu'il y a des exemples que vous souhaitez porter à notre attention — parce
que ce serait le moment de le faire — où la ligne est mince,
mettons, entre une dépense électorale autorisée pour un bénévole et une
contrepartie ou une compensation interdite par la loi? Est-ce qu'il y a des exemples où vous dites, là : Oh! on est sur la
marge, des exemples peut-être que vous avez connus par le passé et à
propos desquels vous souhaiteriez nous sensibiliser, là?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : En fait, c'est peut-être une façon de... qui est peut-être
soit une zone grise ou qui est peut-être
plus difficile, c'est les professionnels. Les gens qui peuvent travailler la
journée, peut-être, du vote à
titre de conseillers juridiques, est-ce
qu'ils sont réellement bénévoles, alors qu'ils sont à l'emploi d'un bureau
d'avocats?
Il y a également...
Dans le fond, il y a la zone grise aussi par rapport à la personne qui
travaille à son propre compte, qui se
déclare... qui dit fournir un travail bénévole. Bon, je comprends qu'il est à
son propre compte, mais, la journée
où il offre son temps comme bénévole, ses services, est-ce qu'à ce moment-là il
ne se trouve pas à travailler? Il n'a pas de rétribution de la part du
parti, à moins que le parti le rétribue, mais c'est peut-être une zone grise
pour nous, actuellement, ce...
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
M. Drainville : Bien, si vous
permettez, M. le Président, pour le travailleur autonome, il faudrait que vous m'expliquiez, parce qu'en principe il n'a pas de
salaire, il n'est pas payé par personne, donc, dans mon esprit, à moins
que vous me fassiez la
démonstration contraire, c'est comme s'il prenait une journée de congé, là.
Donc, l'aspect contrepartie, l'aspect
rétribution, rémunération, je ne vois pas très bien d'où il pourrait venir... à
moins que le parti décide de rémunérer cette personne-là, mais, à ce
moment-là, ça devient une dépense électorale qui serait permise, j'imagine, si
elle est déclarée, hein?
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
M. Reid (Pierre) : Oui, exactement.
Drainville : Par
contre, je vois... Mais, si je comprends mal, n'hésitez pas à m'éclairer. Par
contre, je vois mieux le problème de
quelqu'un qui est à l'emploi, par exemple, d'un cabinet d'avocats, qui se met
en disponibilité cette journée-là pour être conseiller juridique auprès
d'un candidat ou d'une candidate et dont on ne sait pas si cette personne, elle
est rémunérée ce jour-là par le cabinet d'avocats.
Alors,
comment vous agissez, dans ce temps-là, présentement? Puis en quoi est-ce que
la disposition... La nouvelle disposition qu'on va adopter dans la loi,
en quoi est-ce que ça vous permettrait d'agir à l'avenir? Par exemple, sur la foi d'une plainte, est-ce que ça pourrait vous
amener à enquêter auprès du cabinet d'avocats dont le bénévole est
l'employé ou pour lequel le professionnel,
mettons, l'avocat travaille? Est-ce que ça pourrait vous amener à approcher ce
cabinet-là et vous assurer que cet avocat-là n'a pas été rémunéré le jour où il
était bénévole?
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : M. le Président,
juste préciser que la présente proposition ou disposition législative qui
est à l'étude ne change rien par rapport à...
C'est plus, dans le fond, un aspect pédagogique qui est ajouté dans le projet
de loi.
Mais, par
rapport à votre question, actuellement et antérieurement, il est certain que
nous avons fait ou nous ferons les
vérifications nécessaires. Et, comme je l'ai souligné lors de mon allocution,
lors des consultations particulières, lorsque les limites des dépenses électorales sont presque atteintes, on peut
avoir certaines questions à poser au regard du travail bénévole qui a pu
être offert par certaines personnes, appelons-les... certains experts. Et c'est
pour ça que, lors des consultations particulières, j'avais soulevé notre
préoccupation au regard du faux bénévolat, et ce que j'avais émis comme suggestion, c'était de peut-être demander
aux partis politiques et également aux candidats de dresser une liste de
certains bénévoles experts afin que nous puissions effectuer les vérifications
nécessaires en temps et lieu.
M. Drainville : Mais est-ce
que...
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Monsieur... Oui.
M. Drainville : M. le
Président. Est-ce que ça vous est arrivé de mener... Parce que, vous avez
raison, il y a déjà une disposition sur le
travail bénévole, hein, il y a déjà une disposition — c'est quel article? — hein, l'article 88 actuel dit : «Sont des contributions les dons
d'argent à une entité autorisée, les services qui lui sont rendus — les services qui lui sont rendus sont considérés comme des
contributions actuellement dans la loi — et les biens qui lui sont fournis à
titre gratuit à des fins politiques.
«Ne sont pas
des contributions — c'est
toujours l'article actuel, la loi actuelle — le travail bénévole, les fruits d'un
tel travail et la fourniture sans contrepartie d'un véhicule personnel à cette
fin.»
Donc, sont
des contributions les services juridiques, mettons, d'un avocat qui seraient
rendus à un parti ou à un candidat et qui lui sont fournis à
titre
gratuit, selon la loi actuelle.
Est-ce que ça
vous est arrivé, en vertu de l'article 88 de la loi, de vérifier puis
éventuellement d'enquêter, même de porter
des, comment dire... de déposer des avis d'infraction contre des professionnels
ou des experts, comme vous les appelez, qui auraient prêté leurs
services d'avocat — je
prends cet exemple-là parce que très souvent on a besoin de conseillers juridiques le jour du vote — donc vous auriez porté des constats
d'infraction contre des avocats qui, dans les faits, n'étaient pas
bénévoles parce qu'ils avaient été rémunérés par le cabinet d'avocats pour
lequel ils travaillaient? Est-ce que c'est
arrivé, ça, par le passé, que vous ayez porté des accusations, que vous ayez
déposé des constats d'infraction?
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
M. Reid (Pierre) : Selon les
informations qu'on me donne, M. le Président, on n'a pas émis de constat à cet
égard-là. Mais je tiens quand même à préciser que les vérifications ont été
faites dans le passé, et, dans certains cas, on
nous a refusé, dans le fond, de nous donner la liste, donc, de certains
bénévoles experts, étant donné qu'il
n'y a rien dans la loi qui exige aux partis politiques de nous fournir
une telle liste.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Drainville : O.K. Et est-ce
qu'en vertu de la loi qui nous est présentée... Avec la loi qu'on a
présentement sous les yeux, est-ce
que vous serez davantage outillés pour pouvoir demander, par exemple, à un
cabinet d'avocats : Est-ce que
cette personne-là était compensée monétairement le jour où elle a été
conseiller ou conseillère juridique pour tel ou tel candidat ou tel ou
tel parti politique?
Président (M. Bernier) : M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : En fait, la présente disposition ne répond pas à cette
préoccupation, et je vous dirais qu'actuellement,
même si on demandait la question, le bureau d'avocats pourrait ne pas nous
répondre. Je dois vous dire que je pense
que... En temps et lieu, je pense que, quand la ministre, comme elle nous l'a
mentionné tantôt, déposera des nouveaux...
des amendements concernant les nouveaux pouvoirs qui ont été requis par le
Directeur général des élections... nous estimons que nous aurons, à ce
moment-là, un outil qui va nous permettre d'assurer une meilleure vérification
au regard de cette problématique.
M. Drainville :
Bon, O.K.
M. Reid (Pierre) : Mais vous comprendrez, dans le fond, que les parties... Et probablement
que les parties l'ont déjà. La liste, à ce moment-là, de ce qu'on
appelle les bénévoles experts sera très utile.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
M. Drainville :
Ça va, M. le Président. Merci.
Le Président (M.
Bernier) : Ça va? M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. J'ai bien entendu les explications du Directeur général des
élections. J'aimerais connaître l'interprétation, la
partie
gouvernementale, de l'article 3 qui est inséré, la modification à
l'article 88, sur la question notamment des professionnels experts qui
contribuent, dans le fond, par leur expertise au moment de la journée du vote,
supposons.
Donc,
si on reprend le même exemple du député de Marie-Victorin, l'avocat junior qui
est libéré par son cabinet d'avocats,
qui va sur les lieux conseiller un parti politique, quelle est l'interprétation
de la
partie gouvernementale sur ce point? Est-ce que c'est considéré
comme du bénévolat?
Le Président (M.
Bernier) : Mme la ministre.
Mme de
Santis : D'abord, j'aimerais bien que les propos qu'on tient
aujourd'hui ne fassent pas peur à ceux qui
ont été bénévoles dans le passé et qui sont des avocats, qu'ils croient qu'à
partir d'aujourd'hui ils ne peuvent plus nous aider le jour des élections. Et, s'ils ne sont pas là pour nous aider,
ce n'est pas un parti qui va souffrir les conséquences de cela, c'est tous les partis. Alors, on veut
s'assurer qu'on ait toujours ces gens, qui sont très précieux pour ce qu'on
fait le jour des élections, pour avoir des
élections démocratiques et qui se font dans un environnement qui est paisible
et, bien, que tout se déroule correctement.
Maintenant,
je sais que la plupart des avocats juniors, ceux que je connais, sont payés sur
une base annuelle, ils ne sont pas
payés sur une base journalière. Et alors, s'ils prennent cette journée comme
une journée de vacances, je ne vois pas pourquoi demain le Directeur
général des élections pourrait constater une infraction quand il ne l'a pas
constatée dans le passé.
M. Jolin-Barrette : Mais la question, c'est plutôt dans le cadre, supposons, des grands
bureaux. Prenons l'exemple de
Montréal, dans les grands bureaux montréalais, où il y a des avocats salariés
qui ne sont pas associés, donc, dans le bureau, qui reçoivent un salaire annuel, supposons, disons,
60 000 $ par année, pour facturer, supposons,
2 000 heures par année pour le
cabinet d'avocats... Parce que généralement ça fonctionne comme ça dans un
cabinet d'avocats, il y a un salaire fixe avec un objectif de
facturation du nombre d'heures par année. On est d'accord sur ce point?
de Santis : Je ne sais pas,
moi, je ne connais... Dans mon bureau, dans ma vie antérieure, on n'avait
pas de, «you know», 2 000 heures
fixe, on disait qu'on souhaitait que les jeunes aient environ
1 600 heures par année, 1 650 heures. Mais, si c'est
le critère...
Jolin-Barrette : Bien...
de Santis : Vous avez
vous-même expliqué que, si la personne n'est pas là pour faire ses
10 heures de travail au jour x, elle va devoir les faire une
autre journée. Donc, c'est du bénévolat que cette personne fait.
M. Jolin-Barrette : Mais la question sous-jacente qui se pose, c'est que l'avocat qui
est junior, qui fait
partie d'une équipe
de professionnels chapeautée par un associé d'un bureau d'avocats dans un grand
bureau montréalais, supposons, cet avocat
junior là, il faut qu'il ait la liberté d'aller aider un parti politique
ou non de son propre chef et de son propre gré. Parce que ce qui est soulevé ici comme question, c'est le fait que
certains juniors appartenant à une équipe où il y a un associé qui les
chapeaute reçoit des directives d'un associé, et lui dit : Bien, aujourd'hui, tu vas aller aider tel parti, tu vas te retrouver dans tel pôle de scrutin pour donner des conseils juridiques.
Est-ce que c'est un engagement libre et volontaire de la part de l'avocat
junior d'aller aider un parti politique ou non?
Le Président (M. Bernier) : Mme
la ministre.
de Santis : Pour que ce soit
du bénévolat, il faut que ce soit volontaire; sans contrepartie, sans
considération mais volontaire. La personne va devoir d'elle-même décider si
elle veut ou elle ne veut pas être bénévole et offrir ses services ce jour-là.
Alors, si quelqu'un
dit à un junior... si l'associé dit à un junior : Vous allez travailler
pour ce parti ou l'autre parti le
jour des élections, ça, ce n'est pas du bénévolat. Ça, c'est du bénévolat qui
est faux, et c'est illégal. Alors, c'est de cette façon-là que je l'interprète,
mais ça, c'est autre chose que ce qu'on discutait tout à l'heure avec la
considération, la contrepartie, on parle ici
que la personne doit volontairement vouloir faire du bénévolat. Mais c'est sûr
que la personne va aussi dire à son
employeur : Aujourd'hui, je ne suis pas là, je suis ailleurs, O.K. Mais c'est son choix d'être ailleurs.
Président (M. Bernier) : Merci. D'autres questions? Avez-vous
des choses à ajouter, M. Reid? Non? Ça va? M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui, bien, vous
savez, moi, je trouve ça directement lié parce que, la structure de rémunération, pour le professionnel juriste qui
est rémunéré à l'année, il se retrouve dans une situation où il est libéré
de son travail, mais concrètement il demeure
rémunéré par son employeur la journée où il va travailler, le lundi des
élections.
Donc, je
comprends ce que la ministre nous dit à l'effet qu'il fait son libre choix
d'aller et d'être libéré par son employeur
et qu'il ne doit pas avoir de demande de la part... et de mot d'ordre du
cabinet, de dire : Vous allez aller aider tel parti. Ceci étant dit, il y a une réalité du fait que, s'il est
rémunéré pour aller faire ce travail, il y a une problématique. Et la
distinction, elle est difficile à faire.
Le Président (M. Bernier) :
Mme la ministre.
Jolin-Barrette : Parce que
ce qu'on souhaite, dans le fond, c'est que l'ensemble des individus qui
décident de s'impliquer en politique, de donner leur expertise le fassent à
titre gratuit et qu'il n'y ait pas de service professionnel qui soit donné en échange de l'implication d'un
professionnel dans le cadre d'une campagne électorale. Parce que c'est ça, l'objectif de la disposition, puis c'est
toute, là, la difficulté, parce qu'on l'a vu, ça s'est déjà passé au niveau
municipal, ça s'est passé au niveau
provincial, ça peut s'être passé au niveau fédéral aussi, où il y a certaines
firmes qui contribuent par leur expertise.
Le Président (M. Bernier) :
Mme la ministre.
Mme de Santis : D'abord, si un jeune
veut participer et être bénévole, ça doit être son choix. Si, pour cette journée-là, il n'y a pas une déduction de salaire,
c'est parce que la plupart du temps ces jeunes sont, comme vous l'avez déjà dit, rémunérés
sur un nombre d'heures de travail pendant l'année. Si le jeune décide de ne pas
travailler le lundi, mais il doit
faire ses heures quand même, il y
aura un autre moment que ces heures vont être faites. Il n'est pas payé à
l'heure, il est payé par année, et donc l'ensemble des heures vont s'accumuler
pendant les 365 jours.
J'espère que toute cette discussion ne va pas
faire peur aux jeunes, parce qu'on a besoin de leur implication. J'espère que vous ne suggérez pas ici que, pour ne
pas être harcelés, entre guillemets, d'avoir fait ce bénévolat,
simplement ils se retirent des contributions bénévoles que les jeunes peuvent
faire.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, M. le
Président, ce n'est pas ce que je souhaite. Je ne souhaite pas que les gens se désinvestissent de la politique, je souhaite que
tout le monde puisse participer. Mais ce qu'on expose présentement,
c'est de trouver une façon d'éviter toute contribution illégale et toute
contravention à la Loi électorale.
Le Président (M. Bernier) :
Mme la ministre.
Mme de
Santis : Très bien, très bien. Mais je crois que les modifications que
nous proposons à la Loi électorale vont
dans cette direction, parce qu'on dit clairement que le bénévolat doit être
volontaire, sans contrepartie, sans considération. C'est clair et c'est
pour tout le monde.
Et je peux
dire qu'on a déjà dans l'article 417 de la Loi électorale qu'une personne
peut fournir sans rémunération et
sans contrepartie ses services personnels et que ça, c'est du bénévolat. Ça
ressemble beaucoup à ce dont on vient de parler, sauf qu'on vient
renforcer à cette disposition-là.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Autre chose?
Jolin-Barrette : Oui. Mais
il y a tout de même, quand même, une problématique au niveau de la
structure de rémunération, parce que, vous
savez, pour quelqu'un qui n'exerce pas la profession, supposons, dans un
cabinet, bien, cette personne-là, si
elle veut s'absenter du travail, elle prend congé puis elle n'est pas rémunérée
cette journée-là. Et à la
Loi sur les
normes du travail, bien, elle fait sa semaine de travail, puis, si elle fait du
temps supplémentaire, elle est rémunérée... en vertu de la loi, elle
peut avoir une rémunération supplémentaire.
Donc, la question c'est véritablement de
s'assurer que, tous les professionnels qui vont participer à aider des
formations politiques, on réussisse véritablement à s'assurer que le travail
est fait à
titre gratuit.
Le Président (M.
Bernier) : Mme la ministre.
Mme de
Santis : Je suis d'accord, c'est un travail qui est fait gratuitement,
sans considération. Mais on n'est pas ici, aujourd'hui, sur un projet de
loi sur la structure de rémunération des jeunes par des bureaux d'avocats.
Jolin-Barrette : ...Mme la
ministre, par contre, lorsqu'on modifie la Loi électorale, c'est vraiment de
s'assurer que tous les mécanismes sont là,
pour éviter qu'il y ait des contraventions à la Loi électorale, et de donner les
outils au Directeur général des
élections pour que les... dans le cadre des professionnels qui contribuent...
Puis on doit valoriser leur contribution au débat démocratique aussi,
parce qu'ils bénéficient d'une expertise, puis, je pense, vous l'avez dit très bien. On doit s'assurer que les lois électorales
sont respectées, lors de la journée du vote, de façon à ce qu'il n'y ait
pas de contravention puis de façon à ce que, tous les candidats qui se
présentent aux élections... bien, que leurs droits puis que les droits des électeurs soient respectés, puis que, lorsqu'il y a
un imbroglio sur la liste électorale ou qu'un individu... bien, que chaque personne puisse voter selon les
règles dont on s'est dotés. Mais c'est toute cette question-là qu'on
doit aborder aussi, puis, je pense, c'est pertinent de l'aborder dans le cadre
de nos travaux.
Mme de Santis : Nous sommes d'accord
que la Loi électorale doit être respectée, alors ça va.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. D'autres questions?
M. Jolin-Barrette : Ça va aller.
Président (M. Bernier) : Ça va? Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, vous aviez une question?
Mme Massé : Oui. En fait, j'ai bien
compris que ce que mon collègue de Borduas soulève, c'est un enjeu vraiment
de fond sur toute la question du financement des partis
politiques, c'est-à-dire que les stratégies découvertes au fil des années avec la commission Charbonneau, de laquelle sont issues les recommandations qu'on a devant nous et qu'on essaie
d'avancer, c'est pour permettre en fait de faire en sorte que les partis politiques
soient indépendants, puissent agir leur rôle non pas, disons, poings et chevilles liés, parce que,
bon, tantôt c'étaient des stratégies de donation directe, tantôt des stratégies de prête-noms, et M. le Directeur général des élections nous dit que, sur la question
notamment des professionnels avocats les jours de vote, il y a une zone grise, j'ai entendu ça, il y a quelque chose là qui est compliqué. Ça fait que, dans ce sens-là, je comprends cette préoccupation-là. Et elle est, comment dire, toute particulière, parce qu'on n'a pas tous et toutes la même proximité avec ce type de grande
firme, hein, qui fait que ton boss arrive puis il te dit : Envoie! tu t'en
vas travailler aujourd'hui.
Je crois, M. le Président, qu'il y a de
l'éducation — et
c'est, il me semble, aussi le rôle du Directeur général des élections — de l'éducation autour de la question du libre consentement que doit avoir quelqu'un qui veut donner
son temps et veut soutenir une cause par son
implication politique, donc, qu'il soit avocat ou peu importe quoi. Je
veux dire, les gens au Québec
doivent savoir que s'impliquer dans un parti politique, s'impliquer pour
faire élire les gens auxquels on croit,
c'est une bonne idée. On veut soutenir ça, on veut encourager ça. On le
souhaite, ça. Et les témoignages de tous nos partis politiques, c'est de
dire : Bien, ce n'est pas facile, ce n'est pas toujours facile, et on ne
veut pas faire ce qui est nécessaire pour empêcher les gens de bonne foi de venir
soutenir nos formations politiques. L'enjeu, et c'est l'enjeu dans toutes les recommandations de la commission
Charbonneau, l'enjeu, c'est ce que je disais l'autre fois : les méchants.
C'est ceux et celles qui veulent toujours
contourner, à partir du moment où tu traces une ligne, pour être en mesure
d'atteindre les objectifs dont ils visent.
Alors, je
comprends les préoccupations. Puis, cet échange-là, on en a eu une
partie
durant nos échanges préalables, on
est encore là. Moi, je pense que ça fait vraiment foi d'une pédagogie
auprès des individus qui veulent s'impliquer comme militants, militantes au sein des formations
politiques et, je dirais, auprès de nous, parlementaires, et des futurs candidats et candidates
en élection. Qu'on en pose, des questions. Woups! Comment ça qu'il m'arrive comme ça un
avocat, moi? Je n'en connais pas,
d'avocat, hein? Comment ça se fait qu'il m'arrive, là? Il vient d'où? Je peux
poser des questions, moi. Je dois poser des questions, moi. C'est là la notion de cette imputabilité
collective que nous devons prendre, tant du point de vue, à mon sens, du bénévole comme tel que de notre
côté.
Parce que
ce que je comprends et qui n'est pas facile... Et, dans ce sens-là, si on
arrivait à trouver... Moi, je ne connais rien dans les bureaux
d'avocats, mais ce que je sais, c'est qu'il y a des gens ici, autour de la
table, qui ont plus de pratique que moi dans ce sens-là. Mais, s'il nous était
possible de trouver une façon, ce serait intéressant de pouvoir y arriver. Il me semble que nous n'y sommes pas encore arrivés,
mais qu'il faut reconnaître que ce problème-là est là. Et on parle surtout de ce bénévole expert là parce qu'on en a tous et toutes besoin au moment de l'élection, et donc il y
a quelque chose là en commun, là, qu'on a.
Alors,
comment éviter ça? M. le Président, je suis désolée, je n'ai pas de solution. Je
trouve que mon collègue pointe une
vraie question, qu'on en est conscients, je pense, qu'on
n'arrive pas... Puis moi, je pense que le seul moyen que je nous vois, collectivement, c'est de l'éducation, expliquer, etc., rappeler aux grandes entreprises qu'ils n'ont pas
le droit de faire ça, hein, et finalement, bien, nous, nos formations politiques,
nous-mêmes, agir au moment où ça vient en posant des questions, en soulevant
des questions et peut-être en disant : Vous savez, cette pratique-là, on
ne l'accepte plus, c'est fini.
Le Président (M. Bernier) : Ça
va? Commentaires, Mme la ministre?
Mme de Santis : J'aimerais simplement répéter que le
bénévolat doit être volontiers et que, si quelqu'un force un autre à donner des services, cette personne
enfreint la Loi électorale.
Est-ce que
cette personne, M. le Directeur
général des élections, pourrait être sanctionnée en vertu de la loi, si
quelqu'un force un autre à travailler pour un parti politique contre ses...
M. Reid
(Pierre) : M. le Président...
Le Président (M.
Bernier) : Oui, allez-y, monsieur...
M. Reid
(Pierre) : Effectivement, oui.
Mme de
Santis : O.K. Et quelle est la sanction?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
de Santis : Et il y a
une sanction, n'est-ce pas? Et alors, si un jeune se voit forcé par son
employeur d'aller travailler pour un parti ou un autre le jour des
élections parce qu'on a besoin d'avocats chez ce parti, l'employeur serait
sanctionné en vertu de la loi.
M. Reid
(Pierre) : Effectivement.
Mme de
Santis : O.K., parfait.
Le Président (M.
Bernier) : Très bien. Donc, sur l'article 3, est-ce qu'il y a d'autres
questions? Oui.
Mme Massé :
En fait, juste un commentaire, juste pour qu'on voie, qu'on accepte
collectivement que c'est compliqué. Moi, je pense,
si on ne reconnaît pas ça collectivement, on va avoir un problème. C'est qu'en
plus, même s'il n'est pas forcé...
S'il est forcé, on s'entend, ça ne va pas bien. S'il est consentant, bien, le
problème est entier. Pourquoi? Bien, parce que, si je comprends ce qu'explique mon collègue de Borduas, il va
être quand même payé, et c'est donc une dépense électorale
non déclarée. Voyez-vous, c'est complexe, c'est complexe, il faut le
reconnaître.
moi, je pense que, comme partis politiques, on se dit
tous, là, qu'on veut faire le ménage, on veut ci, on veut ça; bien, prenons notre responsabilité réellement,
profondément. Et, puisque nous savons de jeunes avocats à l'intérieur des cabinets que, oui, ça fait
partie de la pratique, pouvons-nous, nous
ici, autour de la table, dire : Bien, à partir de maintenant, ça ne se fera plus, ça ne se fera plus parce qu'on ne veut plus que ça se fasse, on ne veut plus que ça se produise?
Moi, je pense, c'est à peu près le seul bout de pouvoir qu'on a. Sinon, bien,
je ne vois pas quelle piste.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la ministre, ça va? Est-ce que l'article 3
est adopté?
Le Président (M.
Bernier) : Adopté. Donc, je vous remercie de votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, où
elle poursuivra son mandat.
Mme de Santis :
Est-ce qu'on peut laisser nos...
Le Président (M.
Bernier) : Vous pouvez laisser...
(Suspension de la séance à 12
h 58)
Le Président (M.
Bernier) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des
institutions reprend ses travaux.
Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 101, Loi donnant suite aux recommandations de la Commission Charbonneau
en matière de financement politique.
Avant
la suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous en étions à
l'article 4. Et, Mme la ministre, si vous voulez bien nous le présenter et
nous en donner les commentaires.
de Santis : Merci, M. le Président. Alors, l'article 4 du projet de loi :
L'article 95.1 de cette loi est modifié par l'insertion,
dans le deuxième alinéa et après «de son domicile,», de «le nom de son
employeur,».
commentaires sont les suivants. La recommandation 42 de la commission Charbonneau se lit
comme suit : «Exiger que la fiche de contribution utilisée par les
partis politiques et les candidats provinciaux comporte le nom de l'employeur
du contributeur au moment de sa contribution, comme c'est le cas au niveau
municipal.»
Alors, cet
article exige que le nom de l'employeur soit présent sur la fiche de
contribution. Il y a eu unanimité au comité consultatif du 20 avril
2016 au sujet de la recommandation 42. Merci, M. le Président.
Président (M. Bernier) : Merci, Mme la ministre. M. le député
de Marie-Victorin.
M. Drainville :
Oui, merci, M. le Président. Je veux juste comprendre. Si la personne qui donne
à un parti politique ne met pas le nom de son employeur sur la fiche,
qu'est-ce qui arrive avec le don?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : C'est rejeté parce que... Oui, à ce moment-là, si ce n'est
pas inscrit, il est rejeté.
M. Drainville :
O.K. Puis, si la personne n'a pas d'employeur, donc, elle ne sent pas le besoin
de mettre le nom d'un employeur?
M. Reid
(Pierre) : Bien, à ce moment-là, ça va être indiqué «sans employeur»,
si elle est...
M. Drainville :
Donc, il va y avoir deux cases, il va y avoir : Est-ce que vous avez un
emploi? Oui. Quel est le nom de votre employeur? Et là il y aura une ligne
à côté. C'est ça?
M. Reid (Pierre) : ...employeur ou, dans le fond, d'indiquer si... dans le fond, de
préciser, si cette personne n'a pas d'employeur, «sans employeur». C'est
ça, l'information qu'elle nous donnera, qui sera donnée.
M. Drainville :
Est-ce qu'à votre avis ce serait souhaitable de le préciser dans la loi?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid? Mme Fiset?
M. Reid (Pierre) : Non, parce que vous allez avoir la situation
où la personne, c'est sûr, est sans employeur, la personne... Vous allez
avoir des personnes retraitées aussi, naturellement, qui n'ont pas d'employeur.
Le travailleur autonome, il n'a pas de... en
fait, il est à son propre compte. Non, pour nous, je pense
qu'on n'aurait pas besoin de
préciser, là, davantage, à notre avis.
Le Président (M.
Bernier) : Vous voulez ajouter, Mme la ministre?
Mme de
Santis : Si le besoin existerait, ça se ferait par directive au lieu
de mettre cela dans la loi.
M. Drainville :
Vous voulez dire par règlement?
de Santis : Parce qu'on précise les modalités de ce qu'on va retrouver
dans cette fiche de contribution, et alors c'est là qu'on mettrait ces
demandes-là.
M. Drainville :
O.K. Puis il arrive quoi si vous découvrez, par exemple, que la personne n'a
pas écrit le... a donné une fausse information? Mettons que ce n'est pas
son véritable employeur. Est-ce qu'à ce moment-là c'est suffisant pour que le
don soit déclaré illégal?
s'il est déclaré illégal, est-ce que c'est le donateur qui est... le parti
politique, mettons, qui doit rembourser le donateur ou est-ce que le don
est versé, à ce moment-là, au trésor public?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Bien, en fait, si la vérification nous permet de constater
qu'il ne s'agissait pas du bon employeur au moment du versement, mais que la
somme a déjà été versée ou encaissée par le parti, naturellement ça deviendrait... on pourrait la considérer comme une
contribution non conforme à la loi, donc, qu'on pourrait récupérer, mais
qui ne serait pas retournée au donateur.
Je fais une
réserve :
Sous réserve des modifications qui seraient apportées à
l'article 100.
Le Président (M.
Bernier) :
Sous réserve de l'adoption de la loi. C'est bien. M.
le député.
M. Drainville : On comprend que vous, vous souhaitiez que le nom
de l'employeur apparaisse sur la fiche, non?
M. Reid (Pierre) : Non. En fait, c'est une recommandation qui vient de la commission Charbonneau,
parce qu'en vertu de la Loi électorale l'article... je ne sais pas, c'est... l'article prévoit le type de renseignements qui doivent apparaître sur
la fiche de contribution, et c'est un notamment, donc on peut toujours
ajouter, demander une information additionnelle
sur les fiches de contribution. Et ça avait été voulu à l'époque par le législateur,
de ne pas restreindre et de laisser
au Directeur général des élections le soin d'apprécier au moment
opportun, d'ajouter peut-être une information additionnelle sur les
fiches de contribution. Et c'est pour cette raison que le nom de l'employeur
peut être obtenu.
M. Drainville : Mais vous
n'avez jamais, dans quelque rapport que ce soit, quelque communication, quelque
intervention, déclaration, souhaité... Vous n'avez jamais demandé que la fiche
soit amendée pour...
M. Reid (Pierre) :
Pas à ma connaissance, non.
M. Drainville : Ah non?
M. Drainville : Mais vous
êtes...
M. Reid (Pierre) : En fait...
Le Président (M. Bernier) :
Oui, allez-y, allez-y. Poursuivez l'échange.
M. Reid
(Pierre) : Si je me souviens
de la recommandation de la commission Charbonneau, c'est qu'on prétendait, dans les explications, que le nom de... en fait de
la part de l'Agence de revenu, que c'était, je pense, un délai
d'attente, là, qui en fait pouvait causer
des difficultés au Directeur
général des élections, mais, moi, mes
équipes ont dit que ça n'a jamais été
un motif, là, ou une complication pour nous, d'obtenir le nom des employeurs.
D'autant plus que le nom qui peut être inscrit
sur la fiche de contribution peut ne pas correspondre, là, à l'employeur. Par exemple, la personne pourrait donner le nom de son employeur, mais, dans nos vérifications, on va peut-être
retrouver le nom exact en faisant nos vérifications puis en obtenant les
informations de l'Agence du revenu. Parce que des fois les gens peuvent
répondre par un acronyme, là, mais
l'acronyme, ça peut ne pas nous dire grand-chose, et, à ce moment-là, c'est
dans des vérifications, dans le cadre de notre entente avec l'Agence du revenu, qu'on va préciser le nom de
l'employeur et vérifier effectivement si, au moment de la contribution... quel
était l'employeur du donateur.
M. Drainville : Mais, depuis
2013, ça existe au municipal, n'est-ce pas?
M. Reid
(Pierre) : Oui, au municipal,
c'est inscrit dans la loi, parce que le Directeur général des élections, en
fait, ne reçoit pas... les contributions au
niveau municipal ne sont pas versées au Directeur général des élections. Tout
ce qu'on reçoit, c'est la fiche de
contribution, qui est transmise au Directeur général des élections dans un...
là, je pense, c'est...
Une voix : Trois mois.
M. Reid (Pierre) : ...trois mois
après la contribution. C'est pour ça qu'il avait été exigé d'indiquer le nom de
l'employeur.
M. Drainville : Mais, si on
voulait résumer, on serait quand même... Est-ce que vous seriez d'accord avec l'affirmation que de connaître le nom de
l'employeur sur la fiche de contribution peut vous aider à détecter un
système de prête-noms, mettons, ou, comment
dire, un pattern, là, je dirais, un, comment dire... bien, oui, un système, là?
Si vous voyez, à un moment donné,
qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'employés d'une même entreprise qui
n'ont jamais donné, puis tout d'un
coup, une année, on se retrouve avec 40, 50, 60, 70 personnes qui
soudainement se mettent toutes à donner
100 $ au même parti, mettons, vous pourriez détecter, grâce à
l'information sur l'employeur... ça pourrait vous aider à détecter un comportement ou un arrangement,
mettons, qui pourrait ressembler étrangement à une tentative d'installer
un système de prête-noms au sein, par exemple, d'une même entreprise.
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
M. Reid (Pierre) : Ça pourrait être
un indicateur de risque, pour nous, à ce moment-là. Dans la réception des contributions, on s'aperçoit que peut-être à une
période donnée il y a beaucoup de contributions qui sont versées et que
les donateurs sont à l'emploi d'un même employeur, ce serait un indicateur de
risque.
Mais c'est
sûr que... Moi, je pense que de l'indiquer, ça ne nuit pas. Ça, je ne pense pas
que ça va... C'est un ajout qui peut être utile, effectivement.
M. Drainville : Donc, vous
l'avez déjà demandé, mais vous n'êtes pas débordant d'enthousiasme de l'avoir.
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
M. Reid (Pierre) : C'est parce qu'on...
Drainville : Je me
serais attendu à ce que vous soyez plutôt content de l'avoir, mais je ne sens
pas cette joie transpirer dans vos propos.
M. Reid
(Pierre) : Je suis quand
même modéré peut-être, là, dans mon... peut-être une personnalité ou un
caractère modéré. Non, mais je peux avoir de l'enthousiasme pour d'autres
sujets, là.
Mais, dans ce cas-ci, le nom de
l'employeur, M. le Président, c'est que, dans le fond, il y a différents
indicateurs de... indices de risque. Et, si on prend le travail qui a été fait
au niveau du financement sectoriel dans quatre secteurs d'activité et, je dois dire, grâce à l'entente conclue avec l'Agence du
revenu, ça nous a permis, comment je pourrais dire, là, d'identifier le
financement sectoriel et, à partir de là, de voir les endroits où il y avait un
risque de financement sectoriel illégal.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Ça va?
M. Drainville :
Oui. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Bernier) : M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Dans la même veine, lorsque vous recevez une fiche qui
serait adaptée à cette nouvelle législation, quelles sont les entrées de données que vous faites au niveau
informatique? Est-ce que tous les détails de la fiche seront saisis, y
compris le nom de l'employeur?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Oui. Bien, en fait, tout va être saisi, là... Dans le fond,
le nom de l'employeur, quand on l'obtient, effectivement, il est inscrit, il
est saisi, puis ça fait
partie de nos données.
Charette : Ultimement, ça permet une banque de... une base de données
qui peut être utilisée, et le tri ou le filtre pourrait se faire par nom
d'employeur?
M. Reid (Pierre) :
Effectivement.
Charette : Et, pour reprendre un petit peu le questionnement de mon
collègue de Marie-Victorin, au niveau de l'employeur, s'il n'y a pas d'indication supplémentaire, ça peut être
une case, effectivement, un petit peu confondante à compléter. La personne qui est travailleur
autonome, vous l'avez mentionné rapidement, elle coche «sans employeur»?
La personne qui est elle-même propriétaire
de son entreprise, est-ce qu'elle se dit employée de sa propre entreprise?
Comment permettre aux donateurs de compléter
cette fiche-là simplement sans risquer qu'il y ait d'erreur qui ultimement
pourrait amener à un retour de fiche ou à une annulation de contribution, là,
sans que la personne ait été de mauvaise foi, là, pour autant?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid (Pierre) : En fait, M. le Président, je dois vous préciser qu'on a quand même un
bulletin qui est adressé... en fait,
qui a pour but de prescrire, dans le fond, le contenu de la fiche, et la fiche
elle-même, à l'endos, au verso, a quand même des informations suffisantes pour être en mesure de bien remplir la
fiche de contribution. Donc, au regard des... Là, comme ce serait ajouter l'employeur, bien, je
pense que, dans le bulletin et également dans notre fiche, il y aura lieu
de préciser ce qui est attendu, là, quand on
va exiger le nom de l'employeur, mais, à défaut de l'employeur, bien, la
personne devra peut-être indiquer, bien, à
défaut d'employeur, c'est que je suis à mon propre compte, ou bien que je suis
retraité, ou que je n'ai pas d'employeur.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Ça va? M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui, merci. J'ai les mêmes questionnements par
rapport aux difficultés d'application. Supposons
qu'on fait face à quelqu'un qui a plusieurs employeurs. Prenons le cas ici,
supposons, de plusieurs collègues, prenons le cas d'un ancien collègue,
supposons, l'ancien député de Jean-Talon, qui était médecin et qui était député
à l'Assemblée nationale. À ce moment-là, lui, s'il contribue, supposons, au
Parti libéral, qu'est-ce qu'il écrit sur sa fiche de contribution?
M. Reid
(Pierre) : Bien, en fait, c'est ça, au moment de sa contribution, si
effectivement il a un employeur, il devrait...
M. Jolin-Barrette : Supposons qu'il est médecin, rémunéré par la RAMQ, il travaille dans
une clinique, et il est employé par les citoyens comme député de
l'Assemblée nationale.
Le Président (M.
Bernier) : Là, c'est fictif, parce que ce n'était pas comme ça
que ça fonctionnait.
Jolin-Barrette : Pardon?
Président (M. Bernier) : Je tiens à dire que c'est fictif,
parce que ce n'était pas comme ça que ça fonctionnait.
M. Jolin-Barrette : Supposons. Supposons, M. le Président. Vous
comprenez mon exemple, là, très bien, c'est pour bien illustrer. On
pourrait prendre d'autres collègues ici. J'ai pris quelqu'un qui n'était plus
élu pour...
Le Président (M.
Bernier) : Prenez un collègue, là, qui est député mais qui
enseigne dans une université.
Jolin-Barrette : Bon, prenons ce cas-là.
Le Président (M.
Bernier) : Prenons ce cas-là. Qu'est-ce qu'on écrit à ce moment-là?
M. Reid (Pierre) : En fait, nous, on comprend que l'employeur, pour le donateur, c'est
celui pour lequel il exerce un emploi
permanent, là, son principal emploi. Mais je dois vous dire qu'avec l'entente
avec l'Agence du revenu nous sommes en mesure d'obtenir les noms des
autres employeurs pour lesquels le contributeur pourrait travailler, là.
Jolin-Barrette : Mais, dans le souci d'avoir une contribution qui est
valide pour la fiche, ou même pour s'assurer,
pour les bénévoles, qu'ils vont bien remplir les fiches, ça va être difficile
pour ces bénévoles-là qui remplissent les fiches ou même pour quelqu'un
qui veut faire une contribution lui-même de répondre concrètement à la demande d'identifier son... Si c'est un salarié, ça ne
pose pas de problème. La majorité des gens, supposons, sont salariés, ils
n'ont qu'un seul employeur, qu'une seule rentrée d'argent. Mais, dès qu'on se
retrouve dans un modèle un peu différent...
Prenons
l'exemple... Extensionnons ça à l'économie collaborative avec Uber, supposons,
vous avez votre emploi régulier, mais
vous faites des revenus aussi avec Uber, supposons que le projet de loi n'est
pas adopté tel que la
partie gouvernementale le veut...
Le Président (M.
Bernier) : Et vous les déclarez.
Jolin-Barrette : ...c'est ça, et vous les déclarez. On se retrouve
dans une situation où il y a deux rentrées d'argent, il y a deux employeurs...
En fait, mon souci
est vraiment de m'assurer que, les fiches de contribution des gens qui vont
vouloir donner volontairement, ils ne se
retrouvent pas dans une situation où on risque de faire plus de paperasse, puis
que pour vous aussi ce soit beaucoup de travail de valider pour
s'assurer que la fiche est conforme.
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Oui, mais je pense que... Écoutez, comme on parle
d'indiquer dans la loi que la fiche de contribution
prévoit le nom de l'employeur, je pense qu'effectivement... Si la personne
pouvait avoir deux employeurs, bien,
à ce moment-là, est-ce qu'on ne devrait pas indiquer ces deux employeurs? Parce
que, là, on arrive avec des cas, des
situations — j'essaie
de voir — peut-être
exceptionnels, là, qu'une personne pouvait avoir quelqu'un qui travaille
la semaine et qui, la fin de semaine,
travaille pour un autre employeur ou travaille à son propre compte, là, mais
l'important, c'est de savoir qu'il a... s'il a un employeur dont c'est l'emploi
principal, bien, qu'il puisse l'indiquer sur sa fiche.
Mais,
comme je vous dis, je pense, on ne veut pas non plus que ce soit... C'est pour
ça, d'ailleurs, peut-être la raison pour
laquelle on ne l'a jamais recommandé, mais c'est que, dans le fond, le nom, la
loi nous permet déjà de préciser ou d'ajouter à la fiche de contribution
des informations qui peuvent nous apparaître utiles. Donc, moi, je pense que
déjà, d'indiquer le nom de l'employeur... je
pense que c'est peut-être difficile de préciser davantage sans complexifier.
Mais, comme je vous disais tantôt, je pense
qu'avec l'Agence du revenu, si on a des informations ou des indices de risque
par rapport à certains secteurs d'activité,
on est en mesure de vérifier ou d'obtenir des informations de la part de
l'Agence du revenu et de coupler les données.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
M. Jolin-Barrette : Mais, juste pour être clair, dans le fond, pour vous, ce n'est pas
nécessaire, là, qu'on adopte ce changement législatif là, pour exiger
d'avoir le nom de l'employeur?
M. Reid (Pierre) : En fait, il ne serait pas dans la loi, je pense qu'on ne s'en porterait
pas plus mal. Sauf qu'on a toujours la possibilité, si effectivement il
y avait un besoin, une nécessité de prévoir le nom de l'employeur ou autre
information qui serait utile pour l'application de la loi, que... En fait, la
Loi électorale nous le permet, là, parce que c'était notamment au regard des
informations qui sont décrites dans la Loi électorale à l'article 95.1.
M. Jolin-Barrette : Mais, dans le fond, si on fait le changement législatif, ça devient
obligatoire, puis les gens vont être
obligés de l'indiquer dans leurs fiches de contribution, tandis que ce que vous
nous dites, c'est qu'en vertu du libellé actuel de la législation, de la
loi, bien, vous avez tout le loisir vous-mêmes, si vous le jugez pertinent, de
l'exiger.
M. Reid
(Pierre) : Oui.
M. Jolin-Barrette : O.K. Sous-question : Est-ce que
le renseignement devient public? Si on indique le nom de
l'employeur sur la fiche, supposons, à chaque année, dans le rapport annuel,
là, les dons et les adresses des individus qui donnent aux partis politiques
sont rendus publics, est-ce que l'employeur aussi serait rendu public?
M. Reid (Pierre) :
Oui, parce que... Oui, en raison de l'article 126, qui ne
prévoit pas d'exception à cet égard-là.
M. Reid (Pierre) : Excusez.
M. Reid
(Pierre) : ...précis dans la
réponse. En fait, l'exception, on dit : «Les renseignements contenus dans les rapports et documents prescrits par [la loi]
ont un caractère public, sauf la liste des membres d'un parti autorisé visée à l'article 51.2 ainsi que les renseignements contenus dans la fiche de contribution visée à [...] 95.1, autres que
les prénom et nom du donateur,
l'adresse de son domicile et le montant de la contribution.» Donc là, s'il n'y
a pas d'autre modification, le nom de l'employeur, qui n'est pas prévu
dans la loi actuellement, ne serait pas public.
Le Président (M. Bernier) : Ça
n'apparaîtra pas.
Une voix : Ne serait pas
public.
M. Reid (Pierre) : Ne serait pas
public.
Jolin-Barrette : Et, dans
l'éventualité où un individu ne remplit pas le bon nom d'employeur sur la fiche
de contribution, les sanctions auxquelles il s'expose...
M. Reid (Pierre) : Il n'y en a pas.
M. Jolin-Barrette : Il n'y en a
aucune?
M. Jolin-Barrette : O.K. Je vous
remercie.
Président (M. Bernier) : Merci. M. le député de Deux-Montagnes, vous avez une question additionnelle?
Charette : Question
rapide. J'ai aussi de la difficulté à mesurer votre enthousiasme par rapport à cet
article qui est
proposé. Et, étant donné l'explication que vous avez donnée comme quoi
vous avez de toutes les façons la possibilité d'aller chercher cette information-là, si on avait à évaluer le
coût-bénéfice de cet article-là au projet
de loi n° 101, est-ce que c'est
dans l'intérêt autant du Directeur général des élections que dans l'intérêt du
public de le maintenir ou ce ne serait pas préférable de tout simplement
le retirer?
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Moi, je vous
dirais qu'on n'adopterait pas cette modification-là que, comme j'ai dit
tantôt, on ne s'en porterait pas plus mal, parce que, si effectivement on avait
un besoin d'ajouter cette information-là ou toute autre information à la fiche
de la contribution, l'article actuel, 95.1, nous le permet.
Peut-être
vous rappeler, si vous me le permettez, M. le Président, dans le rapport de la
commission Charbonneau, ce qui a amené la recommandation, on dit :
«Le nom de l'employeur des contributeurs que l'Agence du revenu [...] transmet
au [DGE] provient du relevé de revenus produit par les employeurs après la fin
d'une année fiscale. Cette information est disponible au Directeur général des
élections [...] plusieurs mois, voire plus d'un an après que les contributions ont été faites par les employés
concernés.» Et là on référait à une période débutant en 2006, on disait
que «les informations ont commencé à être
transmises [...] à l'automne 2012». C'est évident qu'elles ont commencé à
être transmises à l'automne 2012, parce que
l'entente a été signée en juin... en juillet 2012. C'était difficile qu'elles
puissent arriver avant.
Donc, c'est
pour ça que... Je comprends, dans le cadre de l'analyse faite par la
commission, avec les informations qu'ils
avaient, qu'ils aient pu en arriver à la justesse ou à l'opportunité de prévoir
une telle recommandation, mais, moi, pour avoir consulté mes équipes, on nous dit : Bon, c'est une
recommandation pour... On ne l'aurait pas recommandée et on ne la
recommanderait pas plus aujourd'hui.
Le Président (M. Bernier) :
Mme la ministre, vous voulez ajouter?
Mme de Santis : Est-ce qu'on
pourrait avoir une suspension, s'il vous plaît, pour quelques instants?
Le Président (M. Bernier) : Oui.
Mme de Santis : Merci beaucoup.
Président (M. Bernier) : De consentement?
Mme de
Santis : De consentement.
Le Président (M.
Bernier) : Je vais suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 24)
Le Président (M.
Bernier) : Nous reprenons nos travaux. Donc, nous étions à l'analyse
et la discussion sur l'article 4 du projet
de loi, qui se lit ainsi :
L'article 95.1 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le deuxième
alinéa et après «de son domicile,», de «le nom de son employeur,». Donc, Mme la
ministre.
de Santis : Je demande la
suspension de l'article 4 et qu'on procède à l'étude de l'article 5, s'il vous plaît.
Le Président (M. Bernier) : Avez-vous des informations additionnelles à
donner sur votre demande de suspension?
Mme de
Santis : On est en train de discuter parce que le Directeur général
des élections nous a soumis que l'entente
avec l'Agence du revenu fonctionne bien à date et que ce n'était pas une de ses
recommandations qu'on inclue le nom de l'employeur sur la fiche de contribution. On est en train
de repenser les arguments qui avaient été faits en faveur de l'inclure
sur la fiche de contribution. C'était une décision qui avait été prise
unanimement par les membres du comité consultatif, et il manque un membre du comité consultatif autour de la table présentement. Et donc nous croyons que c'est dans
l'intérêt de tout le monde qu'on suspende jusqu'à notre prochaine séance pour
continuer notre discussion sur l'article 4.
Le Président (M.
Bernier) : Est-ce qu'il y a consentement pour suspendre l'article 4?
Consentement. Donc, l'article 4 est suspendu.
L'article 5. Mme
la ministre.
Mme de
Santis :
L'article, alors, 5 :
L'article 100 de cette loi
est remplacé par le suivant :
«100.
Lorsqu'une contribution ou
partie de contribution a été faite contrairement à
la présente section, l'entité autorisée doit, dès que le fait est connu,
remettre au Directeur général des élections une telle contribution.
«Les sommes remises
doivent être versées au ministre des Finances.»
commentaires. Cet
article 5 va au-delà de ce qui a été demandé par la commission
Charbonneau, et il n'y a aucune des recommandations de la commission Charbonneau qui faisait allusion à
l'article 100 de la loi ou au remboursement de dons reçus illégalement par un parti politique. Alors, cet
article remplace l'actuel
article 100 de la Loi électorale afin que dorénavant l'ensemble des
contributions faites contrairement à la Loi électorale soient versées au ministre des Finances pour être déposées au fonds
consolidé. Actuellement, elles sont remises aux donateurs, sauf dans
certaines circonstances identifiées dans l'actuel
article 100.
Cette
modification donne suite à une demande du Directeur général des élections. À
son avis, cette modification permettrait
d'éviter que des sommes soient remises à des donateurs ayant servi de
prête-noms qui ont déjà été remboursés par un tiers et pour lesquels il
n'y aurait pas de reconnaissance de culpabilité parce que, par exemple, le
recours serait prescrit.
remplacement de l'article 100 fait également en sorte de supprimer
l'actuel troisième alinéa de cet article. Ainsi, le délai de cinq ans après lequel une contribution ou une
partie de
contribution faite contrairement à la Loi électorale n'a pas à être
remise au DGE est supprimé. Il y a eu unanimité au comité consultatif du
2 mai 2016 sur la question de la suppression
du délai concernant le retour des contributions faites contrairement à la Loi
électorale. Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Bernier) : Merci, Mme la ministre. M. le député de
Marie-Victorin.
M. Drainville :
Alors, M. le Président, c'est, comment dire, une disposition très importante du
projet de loi dont nous sommes
saisis, là, dans le fond, c'est la suppression du délai de prescription de cinq
ans, là. Ça veut donc dire que... Parce
que, pour les gens qui nous écoutent, il faut savoir, là, que
l'article 100 de la Loi électorale, actuellement, prévoit qu'une contribution illégale qui été faite il y a
plus de cinq ans ne doit pas être remise, ne doit pas être remboursée
par le parti qui l'a reçue. Alors là, dans les faits, ce qu'on fait, c'est
qu'on supprime la prescription de cinq ans.
Ça va donc permettre
au Directeur général des élections de retourner dans le passé bien au-delà de
cinq ans. Enfin, il n'y a plus de limite de
temps. La seule limite, ce sera la preuve, dans le fond, hein? Le seul... Ce
qui va vous limiter, dans le fond, c'est votre capacité à documenter une
éventuelle demande de remboursement, hein?
M. Reid (Pierre) : Oui, effectivement. Ce sera à nous d'établir une preuve qu'on dit
convaincante d'une contribution illégale.
M. Drainville : Vous utilisez le mot
«convaincante». Parfois, on entend le mot «prépondérante» aussi, preuve...
C'est la même chose, pour vous, «convaincante», «prépondérante»? Oui?
Le Président (M.
Bernier) : M. Reid.
M. Reid
(Pierre) : Oui.
M. Drainville :
Très bien. Alors donc, ça, c'est une avancée majeure. Ça, vous êtes content de
ça, là, ce n'est pas juste une
recommandation de la commission Charbonneau. Le fait que le délai de
prescription de cinq ans pour récupérer les dons illégaux soit levé,
soit éliminé, ça, le Directeur général des élections que vous êtes est heureux
de ça, là.
M. Reid
(Pierre) : Il est très heureux parce que, dans les semaines qui ont
suivi mon arrivée au bureau du Directeur
général des élections, quand j'ai lu cet
article 100... Qui, à mon avis,
me posait problème. Mais je dois vous dire qu'indépendamment de sa
rédaction il était certain que... À l'égard de la connaissance par le DGE de
contributions illégales, je dois vous dire
que j'allais quand même informer les partis politiques de contributions
illégales dont nous avions la preuve, mais, dans le fond, ce que... En
fait, le deuxième alinéa, c'est que les partis politiques ne sont pas tenus de rembourser, mais je dois vous dire que j'avais déjà quand même
avisé mes équipes que, si nous avions de la preuve à l'effet que des partis
politiques ont reçu des contributions illégales... J'avais pris les moyens nécessaires pour informer les
chefs de parti qu'ils ont entre les mains
des contributions illégales, mais je ne pouvais que les informer
et non pas les réclamer.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. M. le député.
M. Drainville :
Et là vous allez pouvoir faire quoi de différent?
M. Reid (Pierre) : Maintenant, bien, je vais pouvoir les réclamer. En fait, on
ne pourra pas m'opposer de refus, à moins de contester la preuve, là,
qui sera présentée, là, aux partis politiques.
M. Drainville :
Et cette preuve-là, elle pourrait être contestée comment?
M. Reid (Pierre) : Bien, en fait, ça va se dérouler dans un débat civil, à ce moment-là, il y aura... le parti
politique pourrait... Mais c'est sûr
qu'avant d'aller devant un tribunal il
y aurait des discussions avec le
parti. Nous serons en mesure de fournir les preuves nécessaires pour
convaincre le parti politique que des contributions ont été faites
illégalement.
M. Drainville :
Mais est-ce que vous allez... Quand vous allez informer le chef ou la chef,
mettons, qu'il y a eu... Pour les fins de la
discussion, là, mettons qu'il y a eu pour 50 000 $... vous avez identifié pour 50 000 $ de dons
illégaux, vous avez une preuve convaincante
que ces 50 000 $ là ont bel et bien été versés illégalement, vous en
informez formellement le chef de parti. Évidemment, la première réaction,
j'imagine, ça va être de dire : O.K., c'est quoi, vos preuves? Montrez-moi
vos preuves, les preuves que ces 50 000 $ là ont été versés
illégalement. Et là il arrive quoi? Comment
ça marche? Est-ce que vous déposez vos preuves, Me Fiset, pour dire au chef de
parti : Regarde, là, embarque-toi pas là-dedans, là, parce que tu
vas perdre, là, genre, ou... Comment ça marche?
Le Président (M.
Bernier) : Me Fiset.
Fiset (Lucie) : Merci. Donc, effectivement, on informe le parti
politique qu'on a matière à pouvoir réclamer les contributions illégales et puis, le cas échéant, si le parti
l'exige, on est capables de démontrer la preuve. Donc, c'est arrivé
déjà. On rencontre des représentants du parti et on leur démontre la preuve que
nous détenons pour appuyer la réclamation.
Maintenant,
si le parti refuse toujours de... ne pas rembourser, là, le montant que nous
réclamons, il y aura une possibilité,
à ce moment-ci, de pouvoir aller devant une cour de justice en matière civile,
donc d'entreprendre un recours, ce qu'on
appelle un recours innommé, parce que dans la loi, présentement, le recours
n'est pas encadré non plus, donc ce serait un recours qu'on entreprendrait avec... j'ai les anciennes dispositions
du Code de procédure civile, là, le 2.20.46, ce qu'on appelle un recours innommé, là, pour faire
appliquer l'article 100, pour aller récupérer les sommes, et devant un
juge, à ce moment-là, il y aura un débat judiciaire qui s'ensuivra.
M. Drainville :
O.K., mais le recours innommé doit se faire à l'intérieur des trois ans de la
connaissance. C'est ce qui est prévu au Code civil, n'est-ce pas?
Mme Fiset
(Lucie) : Oui.
M. Drainville :
Et donc vous ne procéderez pas par constat d'infraction, vous ne déposerez pas
un constat d'infraction qui pourrait être contesté, là, comme c'est le cas
présentement. Parce que ce que vous dites, c'est que la possibilité de réclamer des dons au-delà des cinq ans, ce n'est pas
encadré, présentement, vous ne pouvez pas émettre de constat
d'infraction pour cette infraction-là.
Fiset (Lucie) : Oui, il y a effectivement possibilité d'entreprendre
également un recours pénal, mais le recours
pénal, c'est une amende qui serait imposée, ça ne fait pas en sorte qu'on est
capable d'aller récupérer les sommes. Là,
j'avais cru comprendre votre questionnement sur la récupération des sommes en
tant que telles si un parti refuserait de verser les sommes. Donc, la récupération des sommes, c'est une chose,
c'est un recours civil aux fins de l'application de l'article 100, mais le législateur a
également prévu un recours pénal qui vient dire qu'il y a une infraction si la
contribution n'est pas retournée au Directeur général des élections.
M. Drainville :
O.K. Donc, dans ces cas-là... O.K. Mais ça, c'est intéressant pour les gens qui
nous écoutent parce que, dans le
fond, ce n'est pas parce que tu intentes un recours pénal... Tu émets un
constat d'infraction, il est contesté. Tu t'en vas au pénal, tu gagnes ta cause, tu peux gagner ta cause, imposer
l'amende, mais ça ne veut pas dire que tu récupères le don illégal.
Mme Fiset
(Lucie) : Voilà. Exactement.
M. Drainville : Voilà. Alors, la suppression du dernier alinéa de
100, ça vous permet de vous présenter devant une cour de justice au
civil et de plaider, à ce moment-là, la preuve que vous aurez.
Mme Fiset
(Lucie) : Et ce, peu importe le moment où la contribution aura été
versée.
M. Drainville :
Voilà.
Fiset (Lucie) : Parce que
nous étions limités. Nous avions également cette possibilité-là présentement, mais seulement pour les contributions où
le cinq ans n'était pas acquis.
M. Drainville : O.K.
Puis là, à ce moment-là, c'est un juge... C'est quoi, c'est la Cour du Québec, ça, à ce moment-là?
Mme Fiset (Lucie) :
Nous irions devant la Cour supérieure. Puisque c'est un recours, justement,
comme on appelle... un recours innommé,
donc, on irait devant le tribunal compétent, là, en toute matière, donc la Cour
supérieure.
M. Drainville :
Et là, à ce moment-là, c'est au juge
de décider si la preuve est suffisamment convaincante pour ordonner au parti le remboursement de la somme. Le juge pourrait,
j'imagine, dans certains cas, juger que, sur les 50 000 $, mettons, que vous avez identifiés, il y en a
25 000 $ pour lesquels la preuve est suffisamment convaincante pour ordonner au parti le remboursement, n'est-ce
pas?
Mme Fiset
(Lucie) : Tout à fait.
M. Drainville :
Et est-ce qu'en vertu de cette procédure-là, là... Je m'excuse, je ne suis pas
juriste, là, mais est-ce qu'il y a un droit
d'appel, ça? Une fois que tu as intenté une poursuite en vertu d'un... Comment
vous l'appelez?
Mme Fiset
(Lucie) : Un recours innommé.
M. Drainville :
Un recours innommé.
Mme Fiset
(Lucie) : C'est-à-dire que, dans le code, il n'y a pas un recours
spécifique de prévu pour ce genre de réclamation là.
M. Drainville :
Alors, mettons que le juge dit : Moi, je juge que le parti doit rembourser
25 000 $ des 50 000 $ qui sont réclamés par le DGE, est-ce que le parti qui veut contester ça,
cette décision-là, peut aller, à ce moment-là, en Cour d'appel? Juste...
Fiset (Lucie) : Bien, comme toute décision rendue en Cour supérieure,
il y aurait une possibilité d'aller à la Cour d'appel.
M. Drainville :
Tous les recours. O.K., O.K., très bien.
Mme Fiset
(Lucie) : Je ne peux pas vous répondre si c'est sur permission ou de
plein droit, là.
M. Drainville :
O.K. Donc, vous, Me Fiset, vous êtes très, très, très heureuse, là,
aujourd'hui, là.
Mme Fiset
(Lucie) : Je ne dirais pas très, très, très heureuse parce que, pour
l'instant, les demandes que nous faisons aux
partis politiques par le biais de la direction du financement des partis
politiques, les montants sont retournés. Donc, moi, je n'interviens
qu'en matière de recours judiciaire, là.
M. Drainville : Ils n'osent
pas aller devant le tribunal. Jusqu'à maintenant, quand vous vous êtes
présentée avec une preuve convaincante, vous avez été suffisamment convaincante
pour qu'ils vous remboursent l'argent.
Mme Fiset
(Lucie) : ...remboursé, oui.
M. Drainville : Et, si je me
rappelle bien, M. le Directeur général des élections, vous avez dit :
Quand j'aurai signifié à un chef de parti
que j'ai assez de preuves pour lui réclamer, mettons, 50 000 $, j'ai
l'intention de rendre public également ce document?
Le Président (M. Bernier) :
M. Reid.
M. Reid (Pierre) : Oui.
Effectivement, oui.
Drainville : O.K.,
mais comment ça... Parlez-nous de la séquence, là. Vous informez formellement
le chef d'un parti que vous avez
identifié, mettons, pour 50 000 $ de dons illégaux, vous entamez des
discussions avec le parti pour obtenir
le remboursement. À partir de quand vous rendez publique la lettre que vous
avez envoyée au chef de parti? Parce qu'on
s'entend que, dans la négociation, le jour où vous rendez publique la lettre,
puis je suis d'accord avec vous que c'est un document d'intérêt public, c'est une information d'intérêt public... on
s'entend que la négociation avec le chef de parti ou avec le parti vient de changer du tout au tout,
là, parce que, là, vous allez avoir probablement l'opinion publique
derrière vous. Alors, à partir de quand vous
utilisez l'arme, l'arme, d'une certaine façon, le... à partir de quand vous
vous donnez le rapport de force qui
vient avec le fait de dévoiler publiquement la lettre que vous avez envoyée au
chef de parti, lui réclamant une certaine somme d'argent?
M. Reid (Pierre) : Bien, j'entrevois
qu'à partir du jour où la lettre a été transmise... Je pense que, dans les prochains jours, le temps que le ou la chef de
parti reçoive la lettre, la demande... je pense qu'après ça je serais en
mesure de rendre publique la demande qui a été adressée, là, au chef ou à la
chef d'un parti politique.
Drainville : Donc, la
lettre va être rendue publique avant que vous commenciez les discussions pour
obtenir le remboursement des sommes.
M. Reid (Pierre) : Oui. Je...
M. Drainville : Pardon?
M. Reid (Pierre) : Oui, parce que
nous...
M. Drainville : Très bien.
M. Reid (Pierre) : Dans le fond,
c'est parce que nous aurons la preuve, à notre avis, la preuve convaincante que
nous détenons la preuve pour réclamer auprès d'un parti politique des sommes
qui ont été versées illégalement. Naturellement,
comme lorsqu'on émet un constat d'infraction, le constat d'infraction devient
public avant même que la décision ait été rendue.
M. Drainville : Comment vous
dites ça, là, le dernier bout?
M. Reid
(Pierre) : Au niveau pénal,
dans le fond, lorsqu'on émet un constat, le constat devient public, là, le
constat, oui, avant même qu'il y ait une décision finale.
M. Drainville : Oui, mais il
n'y en a pas, de constat, dans ce cas-ci.
M. Reid (Pierre) : Non, il n'y a pas
de constat, non. Je fais le parallèle entre les deux, là.
Drainville : O.K.
Alors, ce que vous dites, c'est que, quand il y a constat, il est public. Dans
ce cas-ci, la lettre, c'est normal qu'elle devienne publique, de la même
façon que le constat le devient lorsque vous l'émettez.
M. Reid (Pierre) : Oui, parce que,
je vous dirais, il y a peut-être une... il y a une question de transparence. Est-ce qu'après... Parce que, nous, c'est sûr que,
lorsqu'on va adresser la réclamation, c'est parce qu'on est vraiment
d'avis qu'il y a une preuve convaincante du
montant qui doit être remboursé. Si à la suite de discussions il y a des
informations du parti, bien, c'est sûr que...
Si effectivement c'est 50 000 $ qu'on réclamait, mais que finalement
on obtient 48 000 $, bien, effectivement
il y aura, dans le fond, un communiqué ou une déclaration publique de ma part
du résultat du remboursement des sommes réclamées.
M. Drainville : Vous allez le
rendre public, ça aussi?
M. Reid (Pierre) : Bien oui.
M. Drainville : O.K. Non,
mais ce n'est pas évident, ça là, là. C'est bien que vous en preniez la...
M. Reid (Pierre) :
Non, non, ma