Transportation and the Environment — 3 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CTE 2019-10-03
Quebec — Committees
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. M. Reid (Beauharnois) sera remplacé par M. Bachand
(Richmond) et Mme Montpetit (Maurice-Richard), par M. Kelley
(Jacques-Cartier).
Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, lors de l'ajournement des travaux, le 1er octobre dernier, les
discussions portaient sur le premier alinéa de l'article 78 du projet
de loi. Y a-t-il d'autres interventions concernant cet alinéa? Mme la députée
de Mercier.
Ghazal : C'est ça, la
dernière fois qu'on était en commission, je posais des questions sur le premier
alinéa de l'article 78
et je posais la question sur le rapport des activités que le système
de transport, le répondant devait fournir. Et je sais que ce que le ministre avait dit, c'est que ces informations-là étaient contenues à l'article 80, par
exemple, que ça contenait, selon ce qui est écrit à l'article 80,
les lieux d'origine et de destination de courses effectuées par le chauffeur.
Il m'avait dit le nombre de courses, départ, arrivée.
Quelles autres informations
sont contenues et doivent être fournies dans le rapport des activités? Parce
que là je n'ai pas comme une liste exhaustive. Il y a quelque chose qui est
mentionné à l'article 80. Est-ce que c'est juste ça? Il y a le lieu d'origine et de destination, mais
là, finalement, il y a le numéro de course. Quoi d'autre? Parce que j'ai
comme... juste pour savoir, toute la liste des informations qui doivent être
contenues dans le rapport d'activité plus spécifiquement.
Bonnardel :
Alors, Mme la Présidente, donnez-moi deux petites secondes que je sorte un document
que je cherche. Ce ne sera pas très long.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : On va suspendre quelques secondes.
(Suspension de la séance à
11 h 42)
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, M. le ministre.
Bonnardel :
Oui. Donc, comme je l'ai déjà mentionné la dernière fois qu'on s'est rencontré
en commission, il y a des rapports, donc,
qui sont remis de façon trimestrielle et des informations, donc, qui sont demandées, bon, marque, modèle, l'année, kilométrage
des automobiles, les évaluations, comme j'avais mentionné, réalisées par les
clients, le nombre de partenaires chauffeurs, la nature des antécédents
judiciaires, ça va de soi. Et voilà, grosso modo.
Donc,
on pourra définir les informations additionnelles, si besoin est. Encore une
fois, comme je l'ai mentionné, pour bonifier l'offre de transport sur le
réseau, que ce soit montréalais ou ailleurs au Québec, tout dépend ce que
décideront les répondants dans le futur en termes de modèle d'affaires
qu'ils voudront développer.
Mme Ghazal : Puis est-ce qu'il va y
avoir moyen aussi peut-être... parce que là vous avez nommé les points, je pense, qui sont mentionnés dans le projet
pilote, mais est-ce qu'il va y avoir aussi, comme je le disais, ce qui se
passait à la ville de Montréal, pour permettre aux
sociétés de transport de mieux gérer et coordonner leur mobilité, notamment l'intermodalité pour voir, par exemple, s'il y a
des endroits où il y a beaucoup, beaucoup d'appels, que ce soit de taxi, d'Uber
ou de Lyft, ou n'importe où? Peut-être que là il y a les moyens d'améliorer
leur offre de transport public. Ça, c'est des informations
importantes qui vont leur permettre de faire en sorte que le transport public
va être beaucoup plus efficace. Donc, ce sont des informations qu'ils
ont en ce moment et qu'ils exigent.
Mais là, avec le projet de loi, est-ce que ces
informations... vous dites : Si, par exemple, les nouveaux joueurs le souhaitent, mais est-ce qu'il n'y a pas
moyen... puis même les nouveaux joueurs nous l'ont dit en commission qu'ils
étaient prêts, si le gouvernement le
demandait, si c'était une exigence, d'ouvrir leur livre, tout en s'assurant de
respecter la confidentialité.
Est-ce que ce
serait possible que, dans le rapport d'activité, ce ne soit pas trimestriel?
Parce que trimestriel, c'est beaucoup trop espacé, alors que, comme je
le mentionnais, les données ouvertes que le bureau du transport de Montréal recevait, c'est aux cinq secondes, là. Donc, ils
avaient les informations en temps réel, et ça, ça vaut de l'or. Avec le
contexte puis toutes les technologies
qui nous le permettent, au lieu d'avoir juste un rapport d'activité au
trimestre, qui ne sera pas très
aidant pour améliorer l'efficacité de transport en commun... puisque
l'objectif, puis ça aussi, la ministre le reconnaît, c'est d'arrêter
l'auto solo, d'améliorer le transport en commun, et tout ça.
Est-ce qu'il n'y a pas moyen d'obliger que ces
données-là soient transmises... parce que, là, c'est transmis à la commission,
donc peut-être, oui, transmises à la commission, mais même aussi aux sociétés
de transport.
Bonnardel :
On évaluera ce qui pourra être transmis aux sociétés de transport par
règlement. Je l'ai mentionné aussi,
les lieux d'origine, destination, à l'article 80... Je le disais en début
de semaine, les répondants seront tenus de nous envoyer, donc, l'origine,
destination. Et toute information qui sera importante pour la suite des choses,
nous l'aurons dans le futur règlement, qui définira encore une fois les
informations additionnelles que pourront bénéficier... qu'on pourra avoir, au bénéfice, pardon, donc, des sociétés de
transport qui pourraient en faire la demande, du bureau de taxi, du MTQ.
On mettra tout en oeuvre pour être capable, encore une fois, d'avoir et de
bonifier une offre de services pour tous les Montréalais et tous les Québécois.
Ghazal : J'avais d'autres questions, notamment l'information aux
sociétés de transport, mais comme je suis responsable de plusieurs dossiers en
même temps, notamment le dossier du verre, est-ce que c'est possible juste de
suspendre cet article-là ou, si on en
parle, en tout cas, à l'article 80? Parce que, moi, il faut que j'aille
faire une intervention au salon bleu maintenant.
Bonnardel : On va
en parler, Mme la Présidente, à l'article 80, de toute façon.
Ghazal : O.K. Donc, on en parle à l'article 80. Donc, n'arrivez pas trop vite à l'article 80.
Est-ce que c'est possible d'attendre d'arriver là ou
de le suspendre?
M. Barrette : On peut-u suspendre maintenant
quelques instants, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme St-Pierre) : O.K.
Alors, nous allons suspendre quelques instants. Il y a une demande de suspension.
(Suspension de la séance à 11 h 46)
Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, nous reprenons nos travaux. Nous sommes au premier alinéa
de l'article 78. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires
sur le premier alinéa de l'article 78?
Barrette : Pas sur le
premier... Ah! bien, j'ai toujours le même commentaire,
Mme la Présidente. Je ne peux pas faire autrement que de le faire.
Puisque le ministre choisit de tout mettre par règlement, je ne peux pas, moi,
passer outre le fait qu'à un moment donné ça existe-tu, les projets de loi, là?
Si on fait des projets de loi pour juste dire qu'il va y avoir des règlements, on devrait laisser faire les projets de loi.
Projet de loi untel, trois points de suspension, tel sujet sera géré par règlement. Voici les sujets qu'on va
traiter. On devrait déposer une table des matières et dire, par sujets, que
ça va être géré par règlement. Je n'ai pas d'autre commentaire, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme St-Pierre) : D'accord. Alors, nous allons passer au
deuxième alinéa de l'article 78. Est-ce qu'il y a des commentaires?
M. Barrette : Au deuxième alinéa,
non.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, nous allons passer au premier paragraphe de l'article 78.
Barrette : Alors, l'article 26, l'article 22, c'est tout le
monde qui est responsable de ceci et de cela, là. On s'entend, là, c'est
ça? C'est ça.
Présidente (Mme St-Pierre) : Deuxième paragraphe de l'article 78?
M. Barrette :
Rien à ajouter.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Il n'y a pas de commentaire?
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors là, je vais au troisième alinéa...
Une voix :
Non, au dernier alinéa.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : ...dernier alinéa de l'article 78.
M. Barrette :
Je n'ai pas de commentaire.
Présidente (Mme St-Pierre) : Donc, s'il n'y a pas d'autre commentaire,
je vais mettre aux voix l'article 78. Est-ce que l'article 78
est adopté?
Bonnardel :
Adopté.
M. Barrette :
Sur division.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le ministre, veuillez lire l'article 79, s'il
vous plaît.
Bonnardel : Oui,
article 79 : «Dans les cas mentionnés
aux paragraphes suivants, le répondant d'un système de transport doit,
sans délai, transmettre à la commission les renseignements et les documents qui
y sont visés :
«1° le
changement des coordonnées de son établissement au Québec : ses nouvelles
coordonnées;
«2° le
changement de son nom, de celui qu'il utilise au Québec ou de celui du système
dont il est le répondant : le nouveau nom;
«3° une
modification ou le remplacement d'un accessoire visé au paragraphe 1° du
premier alinéa de l'article 50 : la description de
l'accessoire ainsi modifié ou remplacé, comprenant sa reproduction;
«4° un
changement dans la liste des personnes visées au paragraphe 2° du premier
alinéa de l'article 26 : une liste à jour ainsi que l'un ou l'autre du
certificat d'absence d'antécédent judiciaire ou de la liste des antécédents
judiciaires délivré par un corps de
police en vertu de l'article 13 concernant les personnes ajoutées à la
liste, de même que leur curriculum vitae.»
Commentaires :
L'article 79 prévoit l'obligation faite au répondant de fournir à la
commission les renseignements relatifs à tout changement, à ses coordonnées, à
son nom, à un accessoire nécessaire à l'identification des automobiles
inscrites auprès de lui ou dans la liste de ses administrateurs et dirigeants.
Présidente (Mme St-Pierre) : Merci, M. le ministre. Alors, est-ce
qu'il y a des commentaires sur le premier alinéa de l'article 79?
Barrette : Oui, c'est une question. Alors, j'ai une question
philosophique, là. On comprend que, pour le ministre, là, c'est bien
important que bien des choses soient gérées par règlement.
Maintenant, pour ce
qui est de la transmission de certaines données à la Commission des transports,
pourquoi ce n'est pas tout changement à
n'importe quoi que... pourquoi 79 ce n'est pas : Tout document, tout
simplement, là, dès qu'il y a un
changement, sont transmis à la commission immédiatement? Parce que là, là, ce
n'est pas tous les documents, c'est juste ce qui est à 1°, 2°, 3°, 4°.
Pourquoi, là, ce n'est pas un
article qui dit, là : Regardez, là, vous
avez fait une demande, là, vous avez été
autorisé, et vous êtes autorisé en fonction de telle responsabilité, et ainsi
de suite? Alors, pourquoi, là, ce qui
est nécessaire à l'autorisation et au fonctionnement du système où il y a un
répondant, pourquoi ce n'est pas un
article qui dit : Quand il y a
un changement, vous avez l'obligation, sans délai, de nous faire part de ça?
Bonnardel : J'aimerais ça poser une question au député qui
parle... Quels changements qui pourraient être...
Barrette : C'est parce que c'est à nous autres de poser les questions,
là. Je veux bien, là, mais... Je vais répondre par la contre-question.
Pourquoi il y a des changements qu'il faut puis des changements qu'il ne faut
pas? Ne serait-il pas plus simple de
dire : Les documents qui sont liés à l'autorisation et au fonctionnement
dudit système, dès qu'il y a un changement, on doit en informer la
commission?
Bonnardel :
Mme la Présidente, je l'ai déjà mentionné dans les articles auparavant, s'il y
a changement du modèle d'affaires d'un futur
répondant, il y a nécessairement, donc, une nouvelle demande qui est faite. Là,
on est pas mal plus dans les changements administratifs que la
structure.
Barrette : C'est exactement, Mme la Présidente, ce à quoi je fais
référence. J'avais compris qu'à 79 on était dans un changement administratif. Alors, pourquoi, dans... Il n'y a pas
de question, là. C'est évident que, dans le changement de modèle d'affaires et ainsi de suite, bien,
c'est sûr qu'il faut le faire, mais dans les changements administratifs, là, il
faut faire la preuve d'un certain
nombre d'éléments pour pouvoir avoir une autorisation. Il faut une analyse de
dossier, il faut que la commission, à
la lumière de toute la documentation qui est fournie, puisse faire une
appréciation adéquate et donner son
imprimatur, faire un jugement au sens hautement général du terme et autoriser.
C'est une espèce d'appréciation qualitative et aussi normative.
Pourquoi,
pour ça, on ne dit pas : Pour l'ensemble de cette oeuvre-là
administrative, s'il y a un changement, sans délai, vous devez nous transmettre
un avis qui le définit, et ainsi de suite?
Bonnardel : Parce
que nous avons décidé d'énumérer ces quatre paragraphes, Mme la Présidente.
Barrette : Bien, ça, j'ai compris, là, que... J'espère que c'est parce
que nous avons décidé. Ça, c'est clair. Il pourrait me répondre
aussi : C'est parce que ça a été tapé à dactylo, là. Je comprends, là,
mais...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
...député, quand même.
M. Barrette : Bien, c'est parce que,
Mme la Présidente, parce qu'on a décidé ça de même... Moi, je demande pourquoi
qu'on a décidé ça puis qu'on a enlevé les autres. Réponse : parce qu'on a
décidé ça de même. Vous savez, Mme la Présidente, vous savez que j'ai une
expression que j'utilise beaucoup...
La Présidente (Mme St-Pierre) : Gardons
une atmosphère...
M. Barrette : ...parce que c'est de
même.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Gardons une atmosphère cordiale.
M. Barrette : L'atmosphère et
correcte, elle est cordiale. M. le ministre, est-ce que...
Bonnardel :
Vous savez, Mme la Présidente, si j'avais amené un point plus large, on
m'aurait dit : je ne suis pas
assez précis. Là, je suis précis, puis on me dit : Bien, soit plus large.
Bien, ça va être comme ça. C'est les quatre points des quatre
paragraphes qu'on a marqués.
Barrette : Mme la Présidente, c'est très rare que je dis que le
ministre est trop large. Ce n'est pas arrivé souvent. On n'arrête pas de
demander des questions... Non, par contre, ça arrive souvent qu'on dit que tout
est trop dans les règlements. Ça, c'est une autre affaire. Ça, c'est
clair que ça, c'est clair que c'est... Mais là je pose une question bien simple, là. Pourquoi on n'a pas dit : L'ensemble
de l'oeuvre. N'y a-t-il pas un risque d'omettre un certain nombre de choses?
Bonnardel :
Alors, je l'ai répété, Mme la Présidente, ce qui est administratif et ce qui
est la structure d'affaires, qui doit changer, donc une nouvelle
autorisation devrait être faite par le répondant.
M. Barrette :
O.K. Mme la Présidente, on va aller à 26. Alors, à 26, là, Mme la Présidente,
là, on a un certain nombre de choses,
là, qui sont obligatoires, entre autres la suffisance des ressources humaines
et matérielles pour faire la surveillance, la répression, la prévention.
Toutes des choses qui sont tout à
fait correctes à mettre dans le projet de loi, tout à fait correctes. On l'a adopté, ça, cet article-là, sur division, je le concède,
mais quand même. Je n'ai pas, moi, contesté le fait qu'on devait
mettre ça là.
Alors,
admettons, là, que dans une société X, là, pendant une période y, il y a un
remaniement du personnel et ça fait en
sorte que la demanderesse, là, n'est plus capable de remplir vraiment
ses obligations. Et la commission ne va pas se mettre, à toutes les deux semaines, à faire des vérifications auprès
desdites sociétés pour voir si elles sont en mesure de
remplir leurs obligations.
Alors,
c'est... 26 oblige, hein, puis je l'ai critiqué, ça. J'ai critiqué le fait que
c'était clair dans la finalité, mais imprécis dans les barèmes, les paramètres.
Ça prend quoi? Le ministre m'a répondu, comme il le fait
régulièrement : Ce n'est pas de nous
ingérer dans le travail de la commission, la commission a la compétence pour faire cette évaluation-là. O.K.
C'est correct, fin de la discussion,
parfait. Je ne dis pas «parfait». Quand je dis «parfait», c'est parce qu'on passe à autre chose, là. Ne
prenez pas ce qualificatif-là comme étant... ce commentaire-là comme étant un
compliment.
Alors donc...
mais la finalité de ce qui a été écrit à 26, 1°, a et b, on en convient tout le
monde, bon, puis on sait qu'on n'a pas des autorisations à toutes les deux
minutes, là, hein? Il n'y a pas d'obligation de reconduction d'une autorisation,
comme une immatriculation, là, à tous les
deux ans, trois ans, quatre ans. À moins que j'aie mal compris, il n'y a pas
Bon, alors
là, Mme la Présidente, là, s'il y a des changements, là, au nombre de personnes
et ainsi de suite, je pense qu'on va vouloir le savoir. Alors là, je comprends
qu'à 4°, on y fait référence. Maintenant, il est possible qu'ailleurs, là, si on revenait sur tous les articles
précédents, on trouve des choses qu'il y aurait un impact, d'où la nécessité, à
mon sens, de dire que tout ce qu'il y a comme changement, bien on est
obligé de le faire, d'en aviser la commission.
J'ai pris un
exemple favorable au ministre. Alors là, je ne veux pas regarder les
78 autres articles pour en trouver un qui manque à mon sens. Alors,
je repose la question. Pourquoi ce n'est pas l'ensemble de l'oeuvre?
M. Bonnardel :
Parce que, dans le paragraphe 4°, Mme la Présidente, quatrième
paragraphe... au deuxième paragraphe, donc,
du premier alinéa de l'article 26, on demande... tout changement
d'administrateur ou de dirigeant, s'il y a lieu, on informe la commission. Vous
comprendrez que dans une entreprise, des changements d'administrateur, ce n'est
pas fréquent. Ça peut arriver. Ça n'arrive
pas une fois par mois, d'habitude. Donc, pour nous, il est juste important d'obtenir
ces informations, s'il y a lieu. Je ne vois pas en quoi c'est
problématique de demander ça au futur répondant.
M. Barrette :
O.K. Alors, je vais le reprendre. Je vais le reprendre dans le bon sens. On
n'est pas au quatrième alinéa, on
s'entend, là, je le sais, mais, au premier alinéa, je pense que me me sens
autorisé à parler du quatrième parce que je...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Le quatrième, c'est un paragraphe puis...
M. Barrette : Vous avez raison,
Mme la Présidente, là, je fais un lapsus, là.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
C'est correct. Tout le monde comprend.
M. Barrette : Tout le monde
comprend. Alors, le quatrième paragraphe, là, quand il parle de 26, on parle du
deuxième. O.K.? Ça, c'est les antécédents, les administrateurs, et ainsi de
suite.
Moi, je prends l'exemple, là, des ressources qui
sont à 1°. Puis là, à 1°, là, ça se peut-u, ça, que ça change? Ça se peut-u que, dans la vie de la compagnie, là, ça
change et que 1°, ça ne soit pas... on se retrouve dans une situation pendant
deux ans de temps, là, parce que, parce que, parce que, et que la compagnie,
là, parce qu'elle est dans une situation où elle
n'est plus vraiment capable de faire ça, il est possible que le répondant se
dise : Aïe! ces obligations-là,
là, ça me pèse, et puis on va slaquer là-dessus, on va faire des économies,
ou peu importe la raison.
Il n'y a
pas l'obligation, là, 1°. On a mis 2° parce que
2°, bon, 2°, ça a une certaine lourdeur, là, je dirais, là, mais on n'a pas mis 1°, par exemple. Donc, quand on
doit fournir 1°... alors, moi, mon point, il est là, là. Alors, quand le ministre me dit : Bien, c'est parce
qu'on a décidé ça, O.K., bien, pourquoi vous n'avez pas pris 1°, qui est tout
aussi important?
Moi, je reprends 1°, là, à 26, 1°. Là, je peux
prendre le 26, 1°, Mme la Présidente, c'est mon argument pour le premier alinéa. À 26, là, j'ai critiqué le fait qu'on demandait
bien des choses qui étaient correctes à demander, mais on ne statuait pas sur ce qui devait au moins être les
grandes lignes de ce qui devait être en place. C'est conceptuel, hein, c'est un
concept. Construisez-moi une maison avec trois chambres à coucher et deux
salles de bain. Je peux vous dire que, si vous donnez ça à un entrepreneur,
vous allez peut-être être surpris de la facture, avec raison. C'est un concept
qu'on a demandé. À la fin, ça va coûter cher ou pas cher. Si ça ne coûte
pas cher, vous allez peut-être être malheureuse de votre choix.
Mme la Présidente, là, je regarde ça, là, alors,
26, c'est quelque chose qui est ouvert comme concept, laissé à l'appréciation
de la Commission des transports, et on ne le met pas dans l'obligation de
transmettre des informations lorsqu'il y a
un changement. Or, à 26, 1°, bien, ce sont les éléments qui sont quasiment
névralgiques, là, pour le fonctionnement en termes de surveillance, et de prévention, et de répression qu'on
souhaite voir. N'y a-t-il pas là, Mme la Présidente, le ministre pourra
nous répondre, une incongruité?
Bonnardel :
Pas du tout, Mme la Présidente. On n'a pas à mettre le paragraphe 1°. On n'a
pas à demander à chaque fois s'il y avait, donc, à l'article 26, la
suffisance des ressources humaines. Vous imaginez, là, s'il y a
10 employés de plus du jour au
lendemain parce qu'on besoin de plus d'employés, ou il y en a cinq, un mois
suivant, de moins. Il va-tu falloir chaque fois demander au répondant
d'informer la CTQ d'un changement du nombre d'employés de la société? Non, ça
ne tient pas la route.
Alors, pour nous, il est important d'avoir les
administrateurs, les dirigeants, je pense que ça va de soi, s'il y a des changements importants de ce côté. Pour ce qui
est des opérations en bonne et due forme, on laisse le répondant faire le travail et nécessairement de démontrer qu'il a
les ressources initialement avant d'obtenir son autorisation pour avoir son
accréditation.
Barrette : Moi, je n'en reviens pas, Mme la Présidente, là, parce que
là le ministre, ce qu'il vient de nous dire, là, c'est qu'il est plus important de savoir le nom et le nombre
d'administrateurs que le nom et le nombre de personnes qui sont
affectées à la surveillance, prévention, répression.
Moi, je vais
vous dire une chose, Mme la Présidente, dépendamment de la situation économique
de tout le monde, de tout
entrepreneur, il y a malheureusement des moments où, pour des raisons de
rentabilité, on va restructurer ou, encore même, diminuer, faire le choix de diminuer certaines activités pour
faire en sorte que l'équilibre financier de la compagnie demeure. Il est possible que, quand on est dans
une compagnie dont le coeur de compagnie est de faire du transport, on
puisse rogner, hein, rogner, puis des fois rogner pas mal fort sur ce qui n'est
pas le transport, notamment la surveillance, la
prévention et la répression, hein? Ça, c'est pas mal plus, un, plus lourd de
conséquences que le dirigeant. Et vous savez quoi? C'est le dirigeant
qui va décider ça.
Alors, le
ministre nous dit, lui : Il faut qu'on m'informe s'il y a un changement
dans la direction. C'est bien plus important
que ce qui est sous sa direction, mais le dirigeant peut très bien, dans une
situation particulière, rogner là-dessus, et ça s'est déjà vu dans
plusieurs domaines. Ça s'est déjà vu là-dedans. Et comme la commission ne fait
pas, à ma connaissance, des inspections
périodiques, bien, s'il n'y a pas d'obligation de divulguer, bien, il est
possible d'avoir une situation qui
devienne problématique si on la savait, et, si on la savait, on interviendrait.
Je ne ferai pas la métaphore de l'annonce de Réno-Dépôt, là, mais ça
revient à ça.
Bonnardel :
Mme la Présidente, l'article 33 démontre et dit, encore une fois, que la
commission, pour faire droit à la
demande, doit recevoir toutes les informations, dont les ressources humaines et
matérielles, avant d'accréditer. C'est déjà mentionné dans la loi. C'est
déjà mentionné dans la loi et à 39 aussi.
Alors, je ne vois pas
en quoi aujourd'hui, là, on a un débat sur pourquoi on n'a pas ajouté, donc, le
premier paragraphe de l'article 26 à
l'article 79. Alors, pour nous, comme c'est écrit, c'est bien écrit, et on
répond, encore une fois, aux demandes que nous souhaiterions avoir pour
les futurs répondants.
M. Barrette :
Mme la Présidente, c'est vraiment extraordinaire, ici, l'échange qu'on a. Pour
me dire que mon intervention n'est pas
pertinente, l'intervention qui est sur un
article qui traite d'un changement
pendant les opérations qui arrivent
après l'autorisation, on me répond que je n'ai pas besoin de parler de ça, ce
n'est pas pertinent puisqu'avant
l'autorisation on a demandé une liste de ceci et de cela.
présente un article, 79, là, qui, pour certains éléments, exige qu'il y ait une
transmission d'information, s'il y a un
changement pendant les opérations, donc après l'autorisation, puis on me
répond avec l'obligation d'avant les opérations. Bien, voyons donc!
Voyons donc!
Bonnardel : Mme la Présidente, à l'article 39, tout «changement à un système de transport,
incluant aux activités de son
répondant ou, le cas échéant, à celles des fournisseurs dont il retient les
services, ne peut être effectué sans obtenir au préalable de la
commission le remplacement de son autorisation pour une nouvelle autorisation,
dans les cas suivants:
le changement est incompatible avec l'autorisation délivrée». C'est l'article
33. Alors, je pense que j'ai répondu aux inquiétudes du député.
Barrette : Non, parce que,
Mme la Présidente, si c'est
ça, la réponse, ça veut dire que 79 n'a aucune utilité, il y a 39.
Présidente (Mme St-Pierre) :
Là, pour m'éclairer, excusez-moi, est-ce
que vous êtes toujours
au premier alinéa?
M. Barrette :
Certainement, Mme la Présidente. On est encore dans le premier alinéa, c'est
certain.
Bonnardel : On
parle des changements administratifs à 79, Mme la Présidente. S'il y a
tout changement dans le modèle d'affaires de la société, l'article 39
s'applique, et la société, le répondant devra faire une nouvelle demande.
M. Barrette :
Mme la Présidente, est-ce que le ministre peut me dire en quoi 79 n'est pas
inclus dans 39?
Bonnardel : Mme la Présidente, je l'ai répété, 79, ce sont des changements administratifs. C'est ce
que nous avons indiqué dans les quatre paragraphes qui sont là.
Barrette : Mme la Présidente, ma question, elle est très,
très, très simple. Moi, quand je
regarde 79, là, puis je prends
l'argument du ministre, auquel je ne souscris pas, si je prends
l'argument du ministre, là, 39 comprend 79. Donc, 79 est inutile,
on le retire.
Bonnardel :
Ce n'est pas ça qu'on a dit. Ce n'est pas parce qu'il y a des changements de
coordonnées, ou d'établissement, ou administratifs qu'on fait une nouvelle
demande, là.
Barrette : Bien, Mme la Présidente, le ministre me dit : Bien, regardez, M. le député de La Pinière, vous avez juste à regarder à 39. 39 dit que, s'il y a
un changement, là, incluant ceci, cela, bien, il faut aller même jusqu'à
une nouvelle autorisation. C'est ça que ça dit. Puis là le ministre me dit
lui-même : Bien oui, à 39, 1°, «le changement est incompatible avec
l'autorisation délivrée», et l'autorisation, c'est 33. 33, il y a tout.
Alors,
si 33 a tout et puis que 39, ça amène à tout changement qui amène à une
nouvelle autorisation, bien, 79 est dans 39, qui est dans tout. Alors,
79 ne sert à rien.
Bonnardel :
Je me suis expliqué, Mme la Présidente.
Barrette : Bien, je me suis expliqué... C'est parce que je n'ai pas eu
d'explication à la question simple : Est-ce que 79 est dans 39?
J'entends
des voix, Mme la Présidente, et les voix que j'entends disent que 79, c'est
plus précis. Dons, si 79 est plus précis, par les voix que j'entends, ça
veut dire que 79 est dans 39, donc 79 ne sert à rien.
Bonnardel : Je me suis expliqué, là, depuis 15 minutes,
Mme la Présidente, sur le besoin, à 79, des articles qui concernent
l'administration de la société et les autres articles qui concernent la
structure d'affaires, le modèle d'affaires.
Barrette : Alors, si je comprends bien, Mme la Présidente, le ministre
a senti la nécessité, dans sa loi, de préciser les changements d'administrateurs, mais n'a pas précisé tout ce qui
touche à la prévention, à la répression et à la surveillance. C'est
étonnant. Est-ce que le ministre comprend mon étonnement?
Bonnardel : J'ai
mentionné, Mme la Présidente, aux différents articles 33 et 39, en termes de
surveillance, réprimandes, administration, s'il y avait changement, que la
société devait faire une nouvelle demande.
M. Barrette :
Oui, mais, Mme la Présidente, s'il y a des changements dans les
administrateurs, il n'y aura pas besoin de faire une nouvelle demande?
Bonnardel :
Exactement.
M. Barrette : Voilà. Alors donc,
peut-être que, là, l'article 79 sert à déterminer simplement les éléments à propos desquels, s'il y a un changement, il n'y
aura pas de nouvelle demande, mais ça ne dit pas ça non plus. Il n'y a pas
de référence à une nouvelle ou pas de
nouvelle demande dans 79. Ça fait que, là, on revient encore à l'argument
précédent, 79 est dans le 39, 39 traite de 33 au complet, puis 79 ne
sert à rien.
Bonnardel : Mme la
Présidente, le député semble vouloir plus de lourdeur administrative.
M. Barrette : Pas du tout.
Bonnardel : Ce
n'est pas ce que je veux.
Barrette : Mme la Présidente, je ne souhaite pas plus de lourdeur, au
contraire. Je souhaite que le projet de loi soit cohérent le plus
possible. Là, je note une incohérence et je la débats.
Bonnardel : Il n'y
a aucune incohérence, Mme la Présidente.
M. Barrette : Bien oui, Mme la
Présidente. Si on met de l'importance comme on l'a fait à 26, qui se retrouve dans 33, qui est traité par 39 puis 79, bien, à un
moment donné, là, si la surveillance, la prévention et la répression, ce sont
des valeurs ou des éléments secondaires, dans l'esprit du ministre, au
fonctionnement d'un système, bien, il peut le dire. Peut-être qu'il peut dire
que c'est pour ça que ce n'est pas dans 79.
Bonnardel : Je n'ai
pas d'autre intervention, Mme la Présidente.
M. Barrette : Moi non plus, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme St-Pierre) : Donc, il n'y a pas d'autre intervention sur le premier alinéa?
Non? Alors, nous allons passer au premier paragraphe.
M. Barrette : Alors, le premier paragraphe, on parle ici des
changements de coordonnées. C'est sûr que, je pense, c'est une
bonne idée de l'obliger. On est bien d'accord avec ça, mais il me semble que la
surveillance, la prévention et la répression, c'est tout aussi important, mais
ce n'est pas là. Alors, on ne peut pas s'obstiner là-dessus.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Pas d'autre commentaire sur le premier paragraphe?
M. Barrette : Oui, une question.
Est-ce que ça va demander une nouvelle autorisation ou non?
M. Bonnardel : Justement,
ce que le député semble vouloir...
M. Barrette : J'entends des
voix, Mme la Présidente, j'aime ça.
M. Bonnardel :
...semble vouloir, c'est plus, plus, plus de lourdeur. Est-ce qu'il est en
train de nous dire qu'il faudrait demander
une nouvelle autorisation parce
qu'on change d'adresse ou de
coordonnées? Non. Alors, on informe la commission, c'est tout.
M. Barrette : Non. Je ne suis
pas en train de dire ça du tout, Mme la Présidente. Je ne suis pas en train de
dire ça du tout, du tout, du tout. Ce n'est
pas ça que je dis. Ce n'est pas ça que je dis du tout. Ce n'est pas moi qui ai
parlé de nouvelle autorisation, c'est le ministre, Mme la Présidente, en
nous renvoyant à 39. Moi, je n'ai pas parlé de 39, j'ai parlé de 26. Alors,
c'est sûr, Mme la Présidente, que, si le ministre me renvoie à des articles qui
me permettent de faire un débat, je ne peux pas faire autrement que le faire. Alors,
il faut faire attention dans un renvoi.
Mais là je comprends qu'ici, là, le ministre nous dit que 79 sert aussi à ne pas générer de
nouvelle autorisation, même si ce n'est pas écrit dedans. C'est
vrai, là, que ce n'est pas écrit dedans. C'est tout, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Donc, il n'y a pas d'autre commentaire sur le premier alinéa?
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Est-ce qu'il y a des commentaires sur le deuxième alinéa?
La Présidente
(Mme St-Pierre) : Troisième alinéa?
M. Barrette : Bon, là, le ministre, là... parce que
je n'ai toujours pas eu, là, le sens de ces mots-là, là. À chaque
fois que je le vois, j'oublie de poser la question.
Quand le ministre
dit, dans son texte... puis là peut-être que c'est les juristes qui vont me répondre, là.
Je vais lire le troisième... paragraphe?
Présidente (Mme St-Pierre) : Paragraphe, oui, c'est moi qui ai fait l'erreur, c'est...
J'ai dit alinéa, mais c'est paragraphe. Excusez-moi.
M. Barrette : Mais vous savez, Mme
la Présidente, on se comprend.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Oui. J'espère.
M. Barrette : Je ne veux surtout
pas qu'on prenne du temps, là, en ne se comprenant pas.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
O.K., parfait.
Barrette : Alors, le
troisième paragraphe, une modification... On doit aviser, là, sans délai. «Une modification ou le remplacement d'un accessoire visé au paragraphe
1° du premier alinéa de l'article 50 — alors c'est l'accessoire, là, qui identifie le véhicule, on se comprend,
oui — la
description de l'accessoire ainsi modifié ou remplacé comprenant sa
reproduction.»
Quand on dit «comprenant sa reproduction»,
qu'est-ce qu'on veut dire exactement? Quelle est la portée de la reproduction au sens légal du terme? Là, je
comprends, là, il ne faut pas... Je vais m'aider moi-même puis je vais aider le
ministre à bien consommer le temps. J'ai
compris qu'on parlait de l'accessoire, O.K., puis qu'il va y avoir des
caractéristiques x. Alors, cet accessoire-là, quand on dit «comprenant
sa reproduction», là, on parle de quoi légalement, exactement?
M. Bonnardel : La
portée du paragraphe 3°, Mme la Présidente, est que, s'il y a tout changement
du côté d'un répondant...
M. Barrette : Je savais qu'il
allait me dire ça.
M. Bonnardel :
...le répondant, l'accessoire sera nécessairement modifié. On veut voir ce
qu'aura l'air l'accessoire qui sera remplacé ou installé sur le
véhicule.
M. Barrette :
Mme la Présidente, ce n'est pas la question que je pose, là. D'entrée de jeu,
là, j'ai dit... Écoutez, là, Mme la
Présidente, je l'ai dit comme ça. Ça fait plusieurs fois qu'on voit ce bout de
texte là, puis j'oublie toujours de poser la question.
Là, on le
revoit, j'ai donc une opportunité de poser la question et je la pose. Qu'est-ce
que ça veut dire en droit, une phrase
comme ça, «comprenant sa reproduction»? Est-ce qu'on définit ce qu'est une
reproduction? Est-ce qu'il y a une modalité de reproduction? Est-ce
qu'il y a un nombre de reproductions? C'est quoi, la portée de ça?
M. Bonnardel :
Mme la Présidente, c'est l'accessoire qui sera nécessairement fourni à la
commission qui va autoriser ce nouvel
accessoire. Quand on parle de sa reproduction, il n'y a pas de définition
légale. Sa reproduction, c'est le décalque
ou l'élément qui va être envoyé sur un document ou sur un papier à la
commission pour définir, bien, «voici
la reproduction de l'accessoire comme tel».
Barrette : O.K. Je
suis un peu confus. Est-ce que le ministre pourrait nous donner un exemple
graphique, pas une affaire... je comprends qu'il ne l'a pas sur place, là, mais
quelque chose de plus clair? Moi, quand j'ai écouté le ministre,
Mme la Présidente, là, j'ai comme compris que c'était comme... Ça,
ça révèle ma génération. Là, le ministre, c'est comme
s'il parlait d'un papier carbone, dans les anciens formulaires, où il y a
cinq copies carbone. C'est-u de ça qu'on parle? On parle de quoi exactement,
là? Avez-vous compris, vous autres?
Bonnardel : ...être reproduite sur un papier, hein, qui va
définir l'accessoire pour que la commission prenne acte du document, de
sa reproduction sur un papier ou même sur un courriel, même sur un courriel,
possible.
Barrette : Ah! O.K. Je
n'ai vraiment pas... Je vois que les collègues du ministre
semblent avoir compris une chose que je n'ai pas comprise. J'en suis
heureux.
La Présidente (Mme St-Pierre) : M.
le député de Masson, vous voulez intervenir?
Lemay : ...on lit le premier
alinéa de l'article 79, ça dit qu'on
doit transmettre à la commission les renseignements et les documents qui sont visés, puis après ça, au
troisième paragraphe, on dit : «la description de l'accessoire — donc, ça, c'est une description
écrite — ainsi
[que] comprenant sa reproduction», en voulant dire l'image dudit
accessoire.
M. Barrette : Ah! c'est
drôle, hein, parce que moi, la raison pour laquelle... le député de Masson,
hein, c'est ça?
Barrette : Il va être content puisqu'il me permet d'engager un débat
additionnel. Alors, nous allons y aller. Alors, Mme la Présidente, là, moi, la raison pour laquelle... Puis je vais
répéter, là, ce n'est pas la première fois qu'on voit ces trois mots-là ensemble dans le projet de loi.
Alors, je saisis l'occasion parce que j'ai oublié de le faire ailleurs. Je le
fais aujourd'hui parce que moi, là,
«comprenant sa reproduction», ça fait référence au fait de ce que l'on voit
actuellement sur le terrain.
Alors,
le ministre nous dit souvent : Bien, voyons donc! Il ne faut pas changer
ça parce que tout va bien. Bien, on ne
va quand même pas faire quelque chose de différent, tout va bien, tout est
correct. Il nous dit ça souvent. Moi, je vois, là, je l'ai vu à plusieurs reprises, des photocopies
de l'accessoire d'Uber scotchées ailleurs dans l'automobile. Moi, là, ça, ça
s'appelle comprenant la reproduction.
Vous
autres, vous pensez en papier carbone pour l'image. Moi, je pense différemment.
Et, si moi, je pense différemment du député de Masson, ça se peut que
dans la population ça soit différent et, à ce moment-là, ça devient nécessaire
d'avoir une précision juridique de que c'est que ça veut dire «comprenant sa
reproduction». C'est juste ça. C'est simple.
Alors,
moi, je l'ai vue. Je l'ai vue, la photocopie, «tapée» sur la fenêtre du
passager. Ça, là, ce n'est pas la petite plaque de plastique avec le logo d'Uber, là, ce n'est pas la
reproduction copyright d'U-b... avec la bonne calligraphie. Pas de ça
qu'on parle. Peut-être qu'on parle de ça, d'où ma question : On parle de
quoi? C'est tout. Moi, là, je peux vous dire une chose, là, je peux faire de la
reproduction de la fleur de lys du drapeau du Québec. Alors, on parle de quoi exactement, là? C'est une photocopie? C'est quoi,
les standards? C'est ci, c'est ça? «Comprenant sa reproduction», est-ce
que, juridiquement, on peut m'expliquer ce que ça veut dire? Je suis tout ouïe.
Bonnardel :
Alors, je répète ce que j'ai déjà dit, Mme la Présidente, l'accessoire sera
défini par règlement. L'accessoire devra
être visible pour le client, pour le chauffeur et il devra être visible aussi
pour les agents de la paix, les policiers, nécessairement, et les
représentants de la SAAQ, qui font les inspections des véhicules-taxis et du
transport rémunéré de personnes.
Barrette : Mais, Mme la Présidente, je n'ai pas posé cette
question-là. Est-ce que vous m'avez entendu dire : Qu'est-ce qu'il va y avoir dans le règlement? Je
n'ai pas entendu dire ça. Je comprends, là, qu'il va y avoir un règlement qui
va dire... je ne le sais pas, là,
probablement que ça va dire : Ça doit être une... on va l'appeler comment,
là, l'accessoire doit être rigide,
dans un matériau x, de telle couleur, avec le logo de la compagnie, tel que
défini. Il va y avoir ce genre de choses là dans le règlement.
Reproduction, ça va
être quoi? Bien là, je vais aller au bout de l'affaire, là. Est-ce que moi, je
peux prendre une feuille de papier, un
crayon feutre, écrire «Uber», le «taper» sur la fenêtre, en faire une photocopie
puis dire : Bien, voici, c'est moi.
Bonnardel :
Mme la Présidente, on ne peut pas prétendre ce que sera l'accessoire. Là, il
essaie de prendre des cas de figure, le député, là...
M. Barrette :
Ce n'est pas ça que je dis.
Bonnardel : ...puis de s'imaginer. Là, je lui dis une chose,
on va le définir par règlement, cet accessoire. Là, il ne peut pas prétendre qu'il va arriver ça
demain parce qu'il voit ça aujourd'hui. Alors, je lui dis encore une fois,
l'accessoire sera défini par
règlement. Il devra être visible pour le client, il devra être visible pour les
agents de la paix, je le répète une autre fois. Et il ne peut pas
prétendre ce que sera l'accessoire de demain pour les futurs répondants.
Barrette : Mme la Présidente, c'est sûr que je ne peux pas prétendre,
parce que, le ministre l'a dit lui-même, tout va être défini, un jour, dans un règlement. Alors, c'est sûr que je
ne peux pas prétendre. Je veux dire, le projet de loi est un projet de loi de règlement. Alors, je ne
prétends rien, je pose une question. C'est quoi, la portée juridique des trois
mots qu'on revoit à plusieurs reprises dans son projet de loi,
«comprenant sa reproduction»?
Alors, on a deux
lectures, là. Il y a la lecture du député de Masson, que je comprends. Puis je
vais aller loin, Mme la Présidente, je vais aller très loin. Je pense que le
député de Masson comprend ma lecture. Je n'ai pas dit qu'il était d'accord. J'ai dit simplement qu'on peut
lire le texte des deux manières. Et je demande au ministre, qui a une armée
de juristes avec lui, de me permettre de savoir quelle est la portée juridique
de «comprenant sa reproduction».
Bonnardel : Alors, Mme la Présidente, une dernière
intervention là-dessus. Le député, sa première prétention, c'est de
s'imaginer qu'on pourrait falsifier ou faire des photocopies sur ce qui existe
déjà, parce que...
M. Barrette :
Mme la Présidente, on me prête des intentions.
Bonnardel :
...ce qui existe déjà aujourd'hui, c'est son projet pilote. C'est son projet
pilote.
M. Barrette : 35.6°. Mme la
Présidente, 35.6°, question de règlement.
Bonnardel : Alors, je lui dis, il ne peut pas prétendre de
ce que sera l'accessoire de demain.
Barrette : Mme la Présidente, question de règlement. 35.6°, on me
prête des intentions. Je n'annonce pas que quelqu'un va falsifier. Je n'annonce pas rien. Je demande de comprendre.
Je demande une explication, puis on ne l'a pas. Ça serait tellement plus
simple qu'un des juristes qui accompagnent le ministre nous dise : En
droit, «comprenant la reproduction», ça veut dire telle affaire. M. le député
de La Pinière, voici, je vous donne un exemple. Ça prendrait environ 45 secondes
puis ça serait terminé.
C'est
quoi, le problème, là? Mme la Présidente, je pense que le ministre a le droit
de s'autofilibuster, mais je lui dis, là, moi, je suis convaincu, puis
je vais exagérer, qu'en 1 min 30 s un juriste va pouvoir
m'expliquer ça.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le député de Masson.
Lemay : Là, le député de La Pinière nous disait qu'on lui prêtait
des intentions et là il est en train de prêter des intentions au
ministre.
M. Barrette :
Mme la Présidente, loin de moi. Je ne pense pas, là.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Gardons l'atmosphère calme.
M. Barrette :
Bien, l'atmosphère est excellente, Mme la Présidente. Moi, je vous le dis, là.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Oui, alors, M. le ministre.
Bonnardel : Mme la Présidente, il n'y a rien d'autre à dire,
là. Je sais que le député a l'imagination fertile depuis les
70 dernières heures.
Présidente (Mme St-Pierre) : Bon, là, vous lui prêtez des... c'est à
votre tour de prêter des intentions à l'autre.
Bonnardel :
Bien, c'est ça pareil. C'est ça pareil.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Alors, chacun a fait son petit mea culpa, là, puis on...
Bonnardel :
Alors, il a le droit de faire les interventions qu'il souhaite. Moi, je lui
réponds encore une fois, entre ce que lui
peut prétendre, et il ne peut pas le faire, d'un futur accessoire... et ce qui
explique aussi, donc, la reproduction, sur un papier, du futur
accessoire que la commission recevra.
M. Barrette :
Ah! donc là, il va y avoir des standards de reproduction pour envoyer à la
commission. C'est ça que ça veut dire. Mme
la Présidente, est-ce qu'il y aurait consentement, de la part du ministre, à ce
que le juriste de son choix, on ne met pas de pression, vienne nous
expliquer ça? Alors, c'est soit la vision Masson ou la vision La Pinière.
Laquelle est la bonne?
Barrette : Il n'a pas le droit de parole. On peut le faire par main
levée. Un, c'est Masson; deux, c'est La Pinière.
Présidente (Mme St-Pierre) : Bon, M. le député de La Pinière...
M. le ministre, vous avez une demande de permettre à un de vos avocats
de venir s'exprimer. Vous acceptez ou vous n'acceptez pas?
Bonnardel :
Non, pas du tout.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Vous n'acceptez pas, d'accord. Parfait.
Bonnardel :
Le débat a été fait déjà, là.
M. Barrette :
Le débat a été fait, puis on n'a pas eu de réponse.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Bon, M. le député, est-ce que vous voulez continuer sur
le paragraphe 3°?
M. Barrette :
Alors, oui, je vais poser la question, là, à ce moment-là, au ministre. Est-ce
qu'on peut faire une photocopie de l'accessoire et l'afficher dans un véhicule?
Bonnardel : Mme la Présidente, le député ne peut pas
prétendre de quoi sera fait l'accessoire futur. Et encore une fois, à
53, une photocopie, c'est non.
Barrette : Pardon? Je n'ai pas entendu.
Bonnardel :
J'ai dit qu'à l'article 53 c'était non.
M. Barrette :
Pardon? À l'article...
Bonnardel :
J'ai dit qu'à l'article 53 c'était non, à la question.
Barrette : C'est non? Bon, O.K. Alors, «comprenant sa reproduction»,
la reproduction s'applique dans quelles circonstances?
Bonnardel :
Les circonstances, Mme la Présidente... les documents administratifs de
l'article 79.
M. Barrette :
Mme la Présidente, je n'ai pas d'autre commentaire puisque le ministre ne veut
pas donner les précisions. C'est phénoménal.
Présidente (Mme St-Pierre) : Donc, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur le paragraphe 3° de l'article 78?
Barrette : Mme la Présidente, est-ce que vous pourriez indiquer que
tout un chacun ne peut pas prendre la parole selon son propre désir
autour de cette table?
Présidente (Mme St-Pierre) : Bien non, mais quand le député de Masson
a demandé la parole, je lui ai donné la parole.
M. Barrette :
Oui, mais pas tout le temps, là. Il parle, il parle, il parle.
Présidente (Mme St-Pierre) : Bien, il parle. Il a le droit de parler à
ses collègues. Bon, alors... tout en
faisant en sorte que ça ne dérange pas les autres collègues,
et le ministre, et le
député de La Pinière, M. le député de Masson.
Donc, on va aller au paragraphe
4° de l'article 79. Est-ce qu'il y a des commentaires? Pas de commentaire
sur le paragraphe 4° de l'article 79, donc nous allons procéder à
l'adoption. Est-ce que l'article 79 est adopté?
M. Barrette :
Sur division.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : M. le ministre, veuillez, s'il vous plaît, lire l'article
Bonnardel :
Donc, l'article 80 : «Le répondant d'un système de transport transmet à la
commission et au ministre, dans la forme et
selon la teneur et la périodicité de ce que ce dernier détermine par règlement,
les renseignements concernant les lieux d'origine et de destination des
courses effectuées par les chauffeurs inscrits auprès de lui.»
L'article 80
proposé prévoit la transmission par un répondant des renseignements relatifs
aux lieux d'origine et de destination des courses qu'effectuent ses chauffeurs
à la Commission des transports du Québec, au ministre des Transports, le tout
conformément à un règlement pris par le ministre.
M. Barrette :
Alors, Mme la Présidente, nous avons un amendement.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : D'accord. Est-ce qu'il est prêt?
M. Barrette :
Il a été transmis au secrétariat. Est-ce que... Ce ne sera pas long.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, nous allons suspendre...
M. Barrette :
Un instant, ce ne sera pas long, là.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : ...pour distribuer l'amendement.
(Suspension de la séance à
12 h 27)
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Donc, nous reprenons les travaux, s'il vous plaît. M. le
député de La Pinière, veuillez lire votre amendement.
Barrette : Oui. Mme la Présidente, je vais le lire en relisant l'article qui serait amendé par notre amendement. Alors, l'article, là, 80, qui est, pour moi, un
article fondamental,
aussi fondamental que le projet de
loi lui-même, à mon sens...
L'article se lit initialement comme suit :
«Le répondant d'un système de transport transmet à
la commission et au ministre — on pourrait même changer ça, "et au ministre" — dans la forme et selon la teneur et la
périodicité que ce dernier détermine par règlement, les renseignements
concernant les lieux d'origine et de destination des courses effectuées par les
chauffeurs inscrits auprès de lui.»
Le ministre a voulu... c'est clair puis c'est correct,
vouloir être informé de l'évolution de cette situation-là. Il a souhaité,
dans son
article 80, que et la commission
et lui soient informés de données évolutives sur l'utilisation des systèmes. Et ça, Mme la Présidente, je suis
bien d'accord avec ça, pas de problème avec ça. Le projet de loi du ministre,
et le ministre l'a dit à plusieurs reprises,
a aussi comme finalité de faire en sorte qu'il y ait une offre de service qui
soit optimale et que, le plus possible, on abandonne l'auto solo. On est
confortables avec ça. Qu'est-ce qu'il y a?
Présidente (Mme St-Pierre) : M. le député, avant de poursuivre...
logiquement, là, puisque c'est un alinéa que vous ajoutez, il arriverait
comme en deuxième. Il arriverait en deuxième à l'article 80. Alors...
M. Barrette : C'est correct.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
C'est correct? Donc, le premier alinéa est...
M. Barrette : Ah! O.K. Me
laissez-vous, avec consentement...
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Bien, peut-être qu'il y aurait un consentement pour qu'on procède sur votre
amendement, mais logiquement, il va arriver...
M. Barrette : Oui, il va arriver
après. Je le sais.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Il
va arriver après le début de l'article 80.
M. Barrette : Tout à fait, mais les
deux vont ensemble, vous allez voir.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Ça
va? O.K.
M. Barrette : ...s'il y a
consentement pour qu'on puisse finir mon affaire, là.
Alors, le
ministre, dans son premier alinéa... Vous avez raison, Mme la Présidente, mon
amendement va devenir un deuxième
alinéa. Le premier alinéa, il dit ça. Il dit : Moi, là, comme ministre,
là, je souhaite que, dans le nouveau système, là, avec cette loi-là, les informations des lieux d'origine,
destination, ça soit transmis et au ministère, au ministre, et à la commission. Parfait, on est d'accord avec ça. Le
projet de loi a aussi comme objectif de faire en sorte qu'on prenne moins
l'auto puis qu'il y ait une offre de service adéquate. On est d'accord avec une
partie de ça.
Et, par
contre, le ministre dit souvent, il l'a dit, puis il est d'accord avec ça, puis
on est d'accord, nous aussi, avec ça : La gestion et la coordination de la
mobilité va se faire de plus en plus, sur un territoire donné, par des
organisations qui détiennent la donnée
pertinente de la mobilité des individus dans la mesure permise par nos lois qui
protègent les renseignements de la vie privée des gens. O.K.?
Alors, si on
prend l'article 80 tel qu'écrit dans son premier alinéa, il manque
simplement un bout. Le premier alinéa, il
est plus bureaucratique. Il permet de faire des analyses rétrospectives qui ont
un certain degré de précision mais qui n'est pas optimal parce que la
donnée la plus optimale pour faire les analyses, c'est la donnée en temps réel.
À l'heure,
Mme la Présidente, où se développent partout, et particulièrement au Québec,
des applications, aujourd'hui, algorithmiques
d'intelligence artificielle, s'il y a un domaine où ça s'applique, là, c'est
bien la mobilité. S'il y a une place, là,
un secteur, là, où les données sont simples... c'est simple, ces données, là...
qui peuvent se mettre dans des bases de données, qui peuvent être traitées de façon algorithmique que sont les
intelligences artificielles, bien, c'est ça. Et si on veut s'assurer, là, qu'on ait un grand, grand, grand succès en
gestion de la mobilité, tel que le ministre le souhaite, il faut que les
autorités, là, qui soient en place, là où il y en a... Il n'y aura pas ça à
Senneterre. Il y a ça à Montréal, au sens large du terme. Il va y avoir ça, un jour, à Québec, au sens large du terme. Il
faut ces autorités-là... puis peut-être qu'il y en aura à Trois-Rivières puis
Sherbrooke, là, mais il faut que ces autorités-là puissent disposer de la
donnée la plus précise et en temps réel possible.
Alors, nous,
on regarde ça... et ça, ce n'est pas juste moi qui le dis, là. Nous, on regarde
ça parce que les gens qui sont venus
en consultation ont dit ça. Et quand on leur a parlé en consultation publique
et quand on leur a reparlé en dehors des
caméras, c'est leur bataille. Eux autres, là, ce n'est pas une question de
guerre, de bataille, de ci puis de ça, c'est le nerf de leur guerre à
eux, avoir cette information-là pour coordonner la mobilité.
La mobilité,
ce n'est pas juste le taxi, ce n'est pas juste Uber et compagnie, ce n'est pas,
aujourd'hui, vraiment, les trottinettes,
de toute façon, ça ne s'applique pas à ça, ce n'est pas juste non plus les
autobus, ce n'est pas juste le métro, c'est tout ça ensemble. Et tout ça
ensemble, bien, si l'autorité, là, qui fait cette gestion-là, qui peut aller
aussi loin que de faire sa recherche, dispose de ça... on vient de mettre
en place quelque chose dans la loi. La loi sert à ça, au jour un, à obliger les gens de le faire, parce que
technologiquement ils peuvent le
faire, et ils vont toujours dire non. Ils vont toujours dire non, sauf
qu'on les a consultés. Et ils nous ont dit que, si c'est ça qu'on demande, pas
plus, ils vont dire oui.
Alors là, sur l'argument de la vie
privée, regardez, on limite, nous autres, là, là, l'obligation à transmettre à
cette autorité-là. On peut la nommer
différemment, là, pas de problème à ce qu'on réécrive notre argument, là. On
demande à ce qu'on transmette à cette
autorité-là, qui reçoit déjà en ligne ses propres données, transport adapté,
métro, autobus et ainsi de suite,
cette donnée-là pour qu'aujourd'hui ils puissent se coordonner et qu'ils, pour
aujourd'hui et pour le futur, puissent chercher, chercher dans le sens
recherche du terme, bref, qu'ils puissent s'améliorer avec le temps, empêcher
quelque joueur que ce soit d'arriver en se
disant : Ah! moi, je ne peux pas, ma technologie, elle ne me le permet
pas. Non, non, non. Regarde bien, là,
ta donnée de géolocalisation, elle est émise et elle est reçue en quelque part.
Là, on va te demander de l'émettre et
de nous permettre de la recevoir. Ça, ça se fait, là. Ce sont des protocoles de
transmission de données. Il n'y a aucun obstacle à ça.
contre, on peut choisir aujourd'hui d'en faire une obligation, et c'est ce que
l'amendement propose. Alors, le premier
alinéa de l'article, s'il était amendé, c'est correct, là. Le premier alinéa,
là, ce sont des statistiques, c'est des rapports et ainsi de suite, alors que mon amendement vient amener un élément
empirique. Empirique, ça veut dire en ligne, ça veut dire maintenant, ça veut dire une valeur très,
très, très ajoutée en ampleur à l'article du... au premier alinéa du ministre,
qu'on conserve, là. Il est correct,
cet alinéa-là, mais il ne va juste pas assez loin. Et nous, on considère qu'il
doit aller un pas de plus, et c'est
ce que demandent ces grandes organisations là. Il y en a juste une au Québec,
une grande organisation, mais c'est la
moitié du Québec. Puis un jour il va en avoir une, j'en suis convaincu, dans la
région de la Capitale-Nationale. Un jour, là, quand le ministre aura la
joie d'inaugurer son troisième lien, qu'il souhaite inaugurer un jour avec
joie, bien, peut-être qu'il va y avoir du...
bien, s'il souhaite l'inaugurer, je pense que ça va être avec joie. Alors, il y
aura peut-être du transport en commun
là-dedans puis peut-être que, dans la Capitale-Nationale, il y aura une entité
qui va faire cette gestion-là. Puis, s'il
y avait quelqu'un dans ce domaine-là qui m'écoutait à Québec en ce moment, là,
il dirait : Certainement qu'on veut ça.
Maintenant,
l'usage de toutes les compagnies, à date, ça a été ça à chaque fois. On leur a parlé :
Aïe! minute, là, c'est de la vie
privée. Oui, mais là on ne vous demande pas la vie privée, là. On ne vous
demande pas le nom, on ne vous demande pas ci, on ne vous demande pas
ça. On vous demande la géolocalisation du véhicule en temps réel. Alors, la géolocalisation en temps réel, on a
automatiquement le point de départ et le point d'arrivée, et ça, là, bien, pour
une gestion de la mobilité, c'est quelque chose de spectaculaire. Le ministre
nous dit que son projet de loi, c'est un projet de loi du futur, hein? C'est pour les 40, 50, 60 prochaines
années. Bien, la technologie, là, c'est clair que, dans les prochaines années,
plus on les nourrit en données
réelles et plus elle va être performante, plus la société va en bénéficier. Je
vois difficilement comment on peut dire non à un amendement comme ça
dans l'esprit du projet de loi du ministre.
M. Bonnardel :
Alors, Mme la Présidente, on a eu plusieurs discussions quand on a eu à
recevoir différents organismes, la STM et autres, Uber, Lyft, Eva et, oui, la
gestion et les éléments d'origine, destination sont des éléments importants à
savoir. C'est pour ça qu'on l'indique à l'article 80.
L'intention du
député, c'est de l'avoir en temps réel. Bien, on aura ces informations en
différé, selon la périodicité, pour être
capable d'évaluer, que ce soit dans les documents que nous souhaiterions
recevoir aux 14 jours, aux 30 jours,
aux 45 jours, tout dépend de ce qu'on décidera par règlement... bien, ces
informations, nous les aurons. Nous les aurons. Et si, dans le futur, on avait une opportunité d'améliorer puis
que les informations soient encore plus pertinentes pour ce qui est de l'origine, destination et du
transport de ces véhicules, et de les mettre en combinaison avec le transport
en commun, le REM et tout autre, on le fera. On le fera par règlement.
Alors,
oui, il y a un règlement qui va définir, encore une fois, la périodicité, donc,
de ces renseignements, mais les lieux
d'origine et de destination de ces courses, nous les aurons. C'est ce que nous
discutons à l'article 80. Mais on n'ira pas à demander en temps
réel, en temps réel, ces informations.
M. Barrette :
Une simple question, Mme la Présidente. Pourquoi? C'est-u parce qu'Eva a de la misère avec sa
technologie? Moi, je peux vous dire une
affaire, Mme la Présidente, là, on n'a pas contacté Eva, on a contacté Uber,
on a contacté Lyft. Ils peuvent le faire, ils n'ont aucune objection,
aucune, zéro. Je vous le dis, là, je peux vous montrer nos courriels, ils n'ont aucune objection. Ils sont
prêts aujourd'hui à sortir et dire : Oui, on est capable de le
faire puis on va le faire. Ils sont capables, là, il n'y a pas
d'objection du bord de la compagnie. Je n'ai pas parlé à Eva. Je ne sais pas si
le ministre a des contacts chez Eva, mais peut-être qu'eux autres, avec leur chaîne de blocs, c'est
un problème. Je ne vois pas pourquoi ce serait un problème.
Alors là, là, on
parle ici dans l'intérêt de la société, là. On ne parle pas, là, dans une
espèce de patente d'analyse statistique rétrospective d'un rapport biannuel,
là. Ce n'est pas de ça qu'on parle, là. On parle de l'opérationnel au quotidien. Les gens qui font cette gestion-là, là,
leur meilleure nourriture, entre guillemets, là, de gestion, c'est la donnée
en temps réel. Il n'y a personne, Mme la Présidente, qui peut arriver ici, là, aujourd'hui,
là, sur ce sujet-là, et arriver sérieusement,
et nous dire que la donnée rétrospective, c'est bien en masse. Je ne dis pas
que c'est mauvais, mais que c'est bien
en masse. Il n'y a personne qui peut arriver ici, qui a une expertise de quoi
que ce soit dans la gestion de la mobilité et de la donnée, qui ne va pas nous dire que la meilleure, meilleure,
meilleure manière, c'est de l'avoir en ligne. Il n'y a personne qui va
dire le contraire de ça.
Alors,
moi, je n'ai pas entendu du ministre un seul argument, un seul argument, là, argument,
pour dire que ce n'est pas bon, que
ce n'est pas meilleur, alors que tous les experts sont venus ici nous dire que
c'était meilleur. Tous les... Bien, il
y en a juste une. Tous les gens de cette organisation-là sont venus ici nous dire : Battez-vous pour ça
parce que c'est vraiment de ça qu'on a de besoin.
Alors,
est-ce que le ministre peut nous dire une seule raison, un argument, un
argument, sujet, verbe, complément autre que «je vais le mettre par règlement»,
pourquoi il est contre cet argument-là... amendement-là? Juste un.
Bonnardel :
Mme la Présidente, le député prétend que certaines sociétés sont d'accord. Je
vous demanderais de déposer ces courriels.
Barrette : Non, je ne déposerai pas mes courriels, Mme la Présidente,
parce que je ne les ai pas avec moi. Alors...
Bonnardel :
Alors, je lui demanderais, cet après-midi, de venir déposer ces courriels.
M. Barrette :
Mme la Présidente, je vais prendre ça en différé pour voir si j'ai l'obligation
de faire ça. Mais une chose qui est
certaine, Mme la différence... la Présidente, la différence, la réalité, Mme la
Présidente — vous
faites la différence, faites-vous en
pas — la
réalité, là, c'est que ça, c'est faisable. Alors, pourquoi le ministre nous
dit-il non à ça? Une raison, juste une.
Bonnardel :
Parce que nous aurons ces informations, Mme la Présidente. C'est ce que nous
demandons à l'article 80.
M. Barrette :
Absolument pas, Mme la Présidente.
Bonnardel : Nous aurons ces informations d'origine,
destination. Ce que le député souhaite, c'est que, partout au Québec, incluant
les chauffeurs de taxi à l'extérieur de Montréal, ce soit en temps réel. C'est
ce qu'il dit. Est-ce qu'un jour on s'y rendra? Assurément, peut-être. Et
s'il y a lieu, si l'opportunité est là, nous le ferons par règlement.
Maintenant,
ici, aujourd'hui, ces informations importantes d'origine, destination, nous le
demandons spécifiquement et ce sera
fait aux 30 jours, aux 45 jours, aux 15 jours, aux 60. On va le
définir, parce qu'il est immensément important, puis je l'ai mentionné maintes et maintes fois, que ces
sociétés de transport, le REM, l'ARTM, Mobilité Montréal, tout le monde soit capable de bonifier, encore une fois, l'offre
selon la demande. Alors, on le fait, là. On le fait. On ne va juste pas aussi
loin que le député de La Pinière le souhaiterait, en 2020. Voilà.
Barrette : Mme la Présidente, le ministre devrait corriger sa phrase.
Il ne va pas aussi loin que ceux qui sont venus nous ont demandé. Il choisit de dire non à une demande qui vient
de ces organisations-là. On ne parle pas d'entreprises privées, là, on parle d'organisations publiques
qui nous disent l'avantage qu'il y aurait si elles détenaient cette
information-là. On ne parle pas de secret d'État, là, on ne parle pas de
modèle d'affaires, on ne parle pas de chiffre d'affaires. On parle simplement de données qui peuvent, elles, même à
la limite, dans la loi, ou un règlement... puisque le ministre peut tout
mettre dans son règlement, incluant une loi,
bien, c'est tout, il protégera la donnée s'il considère que ça doit être
protégé.
Mais
pour le gestionnaire de la mobilité, le coordonnateur de la mobilité, le fait
d'avoir ces données-là en réel, c'est clair
qu'il y a un avantage. Un, c'est technologiquement faisable; deux, c'est un
avantage; trois, elles le demandent. Je n'ai pas entendu un seul argument. L'argument de nous dire : Ah! on va
mettre dans un règlement l'obligation de nous envoyer ces données-là à tous les x semaines ou mois...
Oui, mais qu'est-ce qu'il va y avoir dedans? Origine, destination, heure, et
ainsi de suite, on ne le sait pas. On ne le sait pas, c'est par
règlement.
Alors, à la question,
à l'argument qui... Et je reprends l'argument de ceux qui sont venus ici nous
parler de ça, déposer un mémoire, nous dire
que, pour eux et elles, la meilleure solution, c'est ça, et elle est faisable.
Je n'ai pas entendu un seul argument
pour faire le contraire, aucun. Et, Mme la Présidente, je vais vous dire une
chose, là, puis tout le monde le sait, ça, à partir du moment où cet
amendement-là est dans la loi, on ne revient pas en arrière. Le ministre, là,
pellete par en avant. Un jour, si on
pense que c'est utile, on le mettra dans un règlement, puis en même temps — et là je vais prêter des intentions
au ministre — j'espère
bien que personne ne va le demander, comme ça, je n'aurai pas ce trouble-là.
Alors, essentiellement, là, ça ressemble à
ça. Le ministre a la possibilité de le faire aujourd'hui. Je n'ai pas entendu
un seul argument, argument, pour ne pas le faire.
y en aurait un, Mme la Présidente, qui serait valable : la technologie.
Ils sont capables. L'industrie est capable de le faire. Alors, le récepteur,
là, l'entité qui fait la gestion et la coordination de la mobilité est capable
de le recevoir. Alors, l'émetteur, le
récepteur, ils peuvent se parler, c'est faisable. On ne le fait pas. Alors,
elle est où, la raison? Il est où, l'argument? C'est la meilleure,
meilleure, meilleure façon de gérer ça. Il n'y a pas de problème technologique
en soi qui n'est pas solvable. Ça se fait,
puis on décide de ne pas le faire. Pourquoi? Juste un seul argument. Là, le
ministre va me répondre : Bien, en temps et lieu, là, si ça nous
tente, on verra bien dans le futur, dans 10 ans, dans 20 ans.
Pourquoi ne pas
saisir cette opportunité-là pour le Québec, pour la moitié du Québec qui
actuellement est dans un territoire gérable
et géré, au moment où on se parle? Imaginez, là, pour nous, la visibilité que
ça peut nous donner, au Québec, comme
succès, hein? On parle constamment de telle, telle ville, tel pays, toujours
dans les pays scandinaves. Pourquoi ne
pas saisir cette opportunité-là? On a l'opportunité technologique, là, d'avoir
une donnée qui peut faire du Québec une fenêtre, là, hein, pour le monde. Venez au Québec, là, nous autres, on a
fait plus que tous vous autres, ailleurs. On l'a fait puis, à un moment
donné, nous autres, on s'est assis autour d'une table, là, puis on n'a pas pris
en considération telle compagnie, telle
objection, tel ceci, tel cela. Nous, au Québec, à un moment donné, on a décidé,
là, pour la mobilité, de donner un coup. On a passé une loi puis on a
dit à tout le monde : vous avez un modèle d'affaires, là, vous êtes des organisations à but lucratif ou non, pas de problème
avec ça, ça ne nous regarde pas, mais, par contre, la gestion de la mobilité,
ça nous regarde, et, comme représentants de
la société, gouvernement, on a décidé de faire un pas en avant puis on a
pris... Tiens, à la limite, là, je
vais peut-être empiéter dans la pensée du ministre. On a pris un risque. On a
pris un risque de se faire chicaner
juridiquement, mais on est allés jusqu'au bout puis regardez ce qu'on a fait
avec ça aujourd'hui, dans 10 ans, dans
cinq ans. Alors, pourquoi le ministre ne veut même pas prendre le risque d'être
un grand succès à l'échelle internationale? Il n'y a personne, à ma
connaissance... peut-être qu'il y en a, mais qui a ça.
Alors,
pourquoi le ministre, là, s'empêche de prendre ce risque de succès là? Sur
quelles bases philosophiques, juridiques,
politiques il refuse ça? Il ne peut pas la prendre, Mme la Présidente, sa
décision, sur une base technologique, ça se fait. Ça se fait. Alors, encore une
fois, Mme la Présidente, est-ce que le ministre peut nous donner une seule raison
pour laquelle il refuse un amendement aussi simple et fructueux que celui-là?
Bonnardel :
Parce que, Mme la Présidente, ce que le député souhaite, nous le faisons. Nous
le faisons. Les données, les renseignements
importants d'origine, destination, de l'heure, ce sera inclus dans le
règlement. Ces informations que les sociétés nous ont demandées, ils les
recevront. Ils les recevront. Ils les auront en main pour qu'on soit capable d'évaluer, que ce soient l'ARTM, Mobilité
Montréal, sociétés de transport, Laval, Longueuil, Montréal, ils les auront. On
n'aura aucun intérêt à cacher ces informations. On doit encore faire mieux
selon la demande et ajuster notre offre de transport
en commun, je l'ai répété mille fois, de réduire le nombre d'automobiles sur la
route, d'inciter les gens à utiliser le
transport en commun. On aura des opportunités incroyables dans le futur avec le
REM, les phases additionnelles que la CDPQ Infra est en train de
préparer, les tramways qu'on souhaite bâtir partout, de Gatineau à Québec, à Montréal.
Alors,
ces informations, ils les auront. La seule différence, ce ne sera
pas en temps réel. Et, si l'opportunité nous amène partout au Québec, partout au Québec, pour toutes les sociétés
de taxi, pas juste Montréal non plus, là, partout au Québec, et des
futurs répondants, nous le ferons. Mais présentement, ces informations ou ce
que le député de La Pinière souhaite, nous les aurons et nous les
partagerons. Voilà.
Barrette : Mme la Présidente, nous les partagerons, hein? Ça non plus, ce n'est pas dans le projet de loi. Alors, le ministre,
là, il nous refuse... Puis quand je prends l'argument du ministre,
là : Faites-vous-en pas, Mme la
Présidente, là, ceux qui gèrent le REM vont avoir cette donnée-là
en ligne, ils vont tout avoir pour le REM. Faites-vous-en pas, Mme la Présidente, pour un tramway à Québec,
la société de transport de Québec va avoir sa donnée de tramway. Si jamais il y avait
un tramway à Lévis, bien, à Lévis ils vont avoir leurs données, mais ils n'en
parleront pas à Québec. Alors, ce que le ministre... ce à quoi il nous
invite, le ministre, c'est de la rétrospective, toujours
de la rétrospective. Voyons donc! Ça, là, ce n'est jamais aussi bon que du en
direct, pour toutes sortes de raisons. Ça, c'est clair, clair, clair.
Alors, le ministre
nous dit, là, essentiellement, là... Il faudrait qu'il parle à son collègue ministre
délégué à la Transformation numérique, qui actuellement travaille justement
pour briser ça. Son collègue, là, à la Transformation numérique, il essaie de briser ça, des bases de données, là, qui sont
séparées, qui ne sont pas du même format, hein, dont les données ne sont pas acquises de la même manière, à propos desquelles on est obligés de faire des mariages qui sont
souvent dysfonctionnels parce qu'il n'y a pas de cohérence dans la
gestion de la donnée.
Nous, ce qu'on
propose, là, simplement, c'est que, quand il y a une entité, là, qui reçoit ça
et qu'on établit qu'il va y avoir une obligation
de le transmettre, ça oblige la mise en place de protocoles de transmission de
données qui font en sorte qu'au bout
de la ligne la donnée est cohérente, cohérente au sens informatique du terme. C'est ça qu'on propose, pas de la rétrospective qui va venir d'une donnée
d'un, d'une donnée de l'autre, puis tata, tata, tata. Puis au bout de la ligne,
moi, je le sais par expérience, là, c'est
moins performant, c'est plus lourd. Bien oui, ça peut faire des analyses un an
plus tard, mais c'est ça, l'affaire.
Alors, nous, on propose quelque chose de
performant, on propose une opportunité pour le Québec, et le gouvernement
refuse cette opportunité-là. Moi, c'est ça, Mme la Présidente, là, qui
m'estomaque le plus. C'est une opportunité pour le Québec. On va les
mettre... les Yoshua Bengio du Québec, là, on va les mettre là-dessus, puis ils
vont être bien contents. L'ARTM, par
exemple, va être bien contente, elle, d'embarquer là-dedans. Le Bureau de taxi
va être bien content d'embarquer là-dedans. Tous les acteurs de ce
domaine-là vont être bien contents d'embarquer là-dedans.
seule personne qui n'est pas contente de ça aujourd'hui, c'est le ministre.
Pourquoi la CAQ ne peut pas prendre un
instant, puis faire des téléphones, puis dire : Écoutez, le député de
La Pinière m'a dit que ça pourrait être une opportunité pour le Québec de
rayonner sur la planète. On serait les premiers, hein? Ça se peut-u qu'il ait
raison? Puis là peut-être qu'il pourrait me... Tiens, j'ai une idée. Il
pourrait aller voir son collègue, lui téléphoner, de l'Économie, hein, il
pourrait lui demander ça, là : Ça se
peut-u, là... Pierre, là, appelle tes contacts. Ça se peut-u que ça, là, ça
soit une opportunité pour nous autres?
Ça ne nous coûte rien, Pierre. Pierre, ça ne nous coûte rien, zéro. C'est juste
un texte dans la loi, puis ceux qui sont là, là, ils vont le recevoir, là, puis ils savent quoi faire avec. Ça se
peut-u qu'une tierce
partie industrielle du Québec qui viendrait se joindre à ça puisse faire du développement
économique? Ça se peut-u que des gens dans le département de sociologie de
toutes les universités du Québec puissent dire : Wo! En faisant ça de
telle manière, on vient de créer telle solution, éviter tel problème? Ça
se peut-u que ça, dans un univers où on n'arrête pas de parler de changements
climatiques, où on...
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Il vous reste encore une minute, M. le député.
M. Barrette :
Oui, je le sais, là, puis je la prends, ma minute. Alors, Mme la Présidente, ça
se peut-u, là, qu'en quelque
part il y ait des gens qui se lèvent puis qui
disent : Dans l'environnement d'aujourd'hui, là, on doit passer par ce genre de décisions là pour faire la bataille
qui doit être faite? Ça se peut-u que quelqu'un voie un bénéfice que le
ministre ne voit pas? Moi, je suggère
au ministre de suspendre 80, là, puis d'aller faire des téléphones, puis de
revenir, puis d'adopter l'amendement.
Mme la Présidente, c'est, à mon avis, là, complètement inacceptable, et je pèse
mon mot, j'en aurais utilisé un non parlementaire, qu'on n'aille pas de
l'avant avec ça. Il y a des choses que le ministre ne nous dit pas.
La Présidente (Mme
St-Pierre) : Merci. Donc, Mme la députée de Mercier, vous avez demandé
la parole.
Ghazal : Oui, merci, Mme la Présidente. Je sais qu'on ne peut pas prêter des intentions,
mais je ne sais pas si on a le droit
de prêter des intentions positives, dans le sens que moi, je regarde le
ministre depuis tantôt puis j'ai comme l'impression qu'il trouve que c'est totalement
logique, qu'est-ce qu'on propose, puis que c'est vraiment logique aujourd'hui, surtout quand il parle beaucoup du projet
de loi n° 17, dès le début, que
c'était un projet de loi de la modernité, qu'il fallait arrêter de se coller à un vieux système
du passé, qui n'a pas changé depuis les 40 dernières années. Et la
modernité, ce n'est pas juste une
application technologique sur un téléphone, là, pour appeler pour avoir un service de transport. C'est aussi des villes modernes comme, par exemple, la ville
de Montréal, le Bureau de taxi de Montréal qui est venu ici puis qui nous
a dit : Nous, on a développé une
technologie, une plateforme de données ouvertes, et non seulement on l'a
développée, mais on veut qu'elle puisse
être partagée partout au Québec. On est prêt à la rendre ouverte totalement. Ça
aussi, c'est de la modernité.
Puis vous
savez, là, ça fait un bout de temps, là, l'article 1, ça fait un bout de
temps qu'on parle... qu'on est dans l'étude
du projet de loi, donc peut-être qu'on l'a oublié, ça fait que je vais
rafraîchir la mémoire à tout le monde ici. On avait voté un amendement, et tout le monde ici était d'accord que la
mobilité durable ne soit pas juste un souhait, juste une politique, mais que... dans l'article, on avait
dit qu'il fallait qu'on respecte aussi que le projet de loi n'aille pas à
l'encontre de cette politique-là,
n'aille pas à l'encontre des efforts de réduction de gaz à effet de serre. Ce
n'était pas formulé comme ça, mais ça
disait pas mal la même chose, et que c'était très, très important, cette
politique-là, qu'elle soit appliquée puis que le projet de loi n'aille pas à l'encontre. Si on veut être cohérent,
ça ici, ce qui est proposé dans cet amendement-là, de rendre disponible en temps réel, ce que ça permet,
c'est une autre mesure de rendre ce souhait-là du ministre... qu'on n'aille
pas à l'encontre la mobilité durable, que ce soit une réelle mesure.
Moi, j'ai
proposé plusieurs amendements pour que ce principe-là ne soit pas uniquement un
principe, mais que ce soit réellement applicable, par exemple, sur la
question de l'électrification, que la flotte des véhicules des transporteurs soit, en grande majorité, électrique ou hybride,
de ne pas faire un recul avec qu'est-ce que l'industrie du taxi a fait comme
efforts pour rendre sa flotte hybride. Ça,
ça a été refusé parce que c'était perçu par le ministre comme une contrainte.
Mais, par exemple, il est d'accord
avec les principes. Il est d'accord avec le fait qu'il faut réduire l'auto
solo, qu'il faut électrifier les
transports, etc. Mais il n'y a aucune mesure, en ce moment, dans le projet de
loi, qui nous permet de le faire, au contraire. En ce moment, si on laisse le projet de loi tel quel puis que nos
amendements ne sont pas acceptés ni cet amendement-là du projet de loi n° 80, à date, si on garde ça
comme ça jusqu'à la fin, ce souhait-là du ministre, ce principe de mobilité
durable de rendre plus efficaces les
transports collectifs, de les rendre plus attrayants, qu'ils soient présents,
eh bien, en ce moment, il n'y a
aucune mesure dans ce projet de loi qui nous garantit ça. Même on a beaucoup de
risques d'aller à l'encontre de la politique,
d'aller à l'encontre de la réduction des gaz à effet de serre, d'aller à
l'encontre de l'électrification des transports.
Et à chaque
fois qu'on prend une mesure après l'autre, un article... un amendement après
l'autre, ils sont tout le temps, tout le temps refusés, je commence à me
demander, je veux dire, quand est-ce que ça va être accepté, quand est-ce que réellement ces principes-là, sur lesquels le
ministre nous répète : Oui, il faut contrer l'auto solo, oui, il faut que
les gens prennent leur transport en commun, qu'ils délaissent leur
voiture, qu'ils ne s'achètent pas une deuxième voiture, qu'ils gardent une... Mais, pour ça, ça ne peut pas être
seulement fait par des souhaits, puis des beaux principes, puis des belles
politiques, il faut qu'il y ait des mesures.
Il y a des gens, des sociétés de transport, il y a la ville de Montréal qui nous
a dit : Je l'ai, moi, en ce
moment, je veux que ce soit attrayant. Je veux que le transport par taxi... que
ça me permette de le rendre le plus efficace, que ça n'aille pas en concurrence
avec les autobus, le métro, le transport collectif. Et j'ai un outil qui existe
en ce moment, et on est sur notre lancée pour être une ville moderne, et il ne
faut pas aller à l'encontre. Et là, ici, cet amendement-là, c'est exactement ce
qu'il propose au ministre, de rendre ces données de géolocalisation possibles.
Moi, je n'ai
pas de courriel de personne, ni d'Uber, ni de Lyft, ni de personne, mais je
comprends la logique. La logique, c'est que c'est en ce moment et la
cohérence. En ce moment, c'est possible, technologiquement, de rendre ces données-là. Ils nous l'ont dit même en
commission... Si on vous l'exigeait, allez-vous accepter? Et la grande majorité
Uber, Lyft et même aussi avec Téo
Taxi, si on respecte la confidentialité, oui, on va voir aussi comment ça va
être demandé. On peut le faire, et ça
va aider les sociétés de transport et ça va aider tout le monde à rendre le
transport par personnes et aussi le transport collectif efficace.
La Présidente (Mme St-Pierre) : Je
dois vous interrompre ici pour la pause repas. Alors, bon appétit à vous tous
et à vous toutes. On se revoit à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
La Présidente (Mme St-Pierre) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre nos travaux. Lorsque nous avons fait l'ajournement, la parole était à
la députée de Mercier relativement à l'amendement du député de La Pinière.
Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, on discutait de l'amendement à
l'article 80, d'ajouter un alinéa
pour rendre disponibles en temps réel, c'est ça qui est le plus important, en
temps réel, les données de géolocalisation des voitures, là, des
répondants.
Et un des
aspects importants sur lequel je parlais, c'était toute la question de mieux
coordonner la mobilité dans une ville, une grande ville comme Montréal qui, en
ce moment, le fait et qui est prête aussi de rendre sa plateforme et le registre, là, des... la plateforme, là, qu'elle
utilise pour les données ouvertes disponible partout au Québec. Et il y a aussi
tous les répondants ou ce qu'on appelle les
nouveaux joueurs. Les taxis le font déjà, mais les nouveaux joueurs à Montréal
et aussi partout, ça serait possible pour eux de rendre ces données-là
disponibles.
donc il n'y a aucune raison pour laquelle cet amendement-là serait refusé
puisque c'est possible, c'est déjà appliqué
à certains endroits et que c'est fondamental si on veut que la mobilité durable
ne soit pas juste un principe, mais qu'elle
soit réellement appliquée puis qu'on donne les outils à des villes, des grandes
villes comme Montréal, de mieux gérer efficacement le transport
collectif, le transport en commun.
Moi,
ce que j'aimerais savoir, si le ministre continue à refuser de rendre ces
données-là... de les rendre disponibles mais que ça soit obligatoire, de quelle façon est-ce qu'il va aider une
ville comme Montréal puisqu'en ayant ces nouveaux joueurs, qui ne seront pas connectés à sa
plateforme actuelle, ça va avoir un impact négatif sur la mobilité dans la
ville. Donc, de quelle façon, s'il refuse cet amendement-là, il est prêt
à les aider?
M. Bonnardel :
Comment, Mme la Présidente, la députée peut prétendre que cela aura un impact
négatif? Présentement, la demande est
importante, l'offre n'était pas adéquate, et de nouveaux joueurs sont sur le
marché dans le cadre d'un projet
pilote. Ces nouveaux joueurs auront l'obligation, parce que nous leur
demanderons des renseignements additionnels
concernant leur lieu... les courses, les lieux d'origine et de destination. Ça
ne sera pas en temps réel, mais ces informations seront importantes à
partager avec toutes les sociétés qui nous en ont fait la demande, comme on les
a entendues voilà quelques mois déjà.
Donc,
ces informations qui sont pertinentes seront partagées pour mieux comprendre
les courses, d'origine, destination,
mieux comprendre la demande sur l'île de Montréal mais partout au Québec aussi.
Là, on parle de Montréal, là, mais ce que les oppositions me demandent,
c'est partout au Québec.
Est-ce
qu'on peut l'appliquer à court terme? Assurément non. Est-ce qu'on aura
l'opportunité de le faire dans le futur?
Assurément oui, parce que c'est par règlement qu'on va être capable de le
définir et d'amener, encore une fois, donc, des dispositions intéressantes pour les sociétés de transport, pour le
gouvernement, de bien mesurer jusqu'à quel point on étend une offre additionnelle dans le cadre d'un
projet de loi qui va répondre, donc, à des besoins importants de la part de la
clientèle.
Mme Ghazal :
Donc, ce que j'entends le ministre dire, c'est qu'il n'est pas fermé à ce que
ça devienne obligatoire un jour.
M. Bonnardel :
Il est très probable... Il se peut que, dans quelques années, on décide de le
faire, parce que la technologie, les taxis dans leur ensemble nous permettra de
le faire pour être capable d'avoir une vue d'ensemble.
Maintenant,
présentement, nous aurons la possibilité... et nous le ferons. Nous le ferons,
là. On le mentionne, les lieux
d'origine et de destination des courses, c'est un moment important que les
sociétés auront en différé, là, pas six mois plus tard, qu'on va déterminer, là, par sa périodicité. Est-ce que ce
que ce sera aux 15 jours, ce sera au mois? On aura ces
informations, on les partagera avec les sociétés concernées pour améliorer
l'offre selon la demande dans les différents secteurs
des villes et d'être capable de répondre
à la PMD d'offrir quatre moyens de transport à 70 % de la population partout sur le territoire québécois.
Ghazal : Vous dites que ce va être disponible, puis c'est ça, ça va
l'être en différé, mais l'information fondamentale,
pour ceux qui sont venus nous parler en commission, ils ont dit, c'est que ça
soit en temps réel. C'est ça qui leur
permet d'offrir un meilleur service de mobilité, que ça soit pour les taxis ou
les transports collectifs dans la ville, et ça, c'est fondamental. Le Bureau du taxi de Montréal nous l'ont dit qu'eux
c'est fondamental pour eux que ça soit en temps réel pour pouvoir
s'ajuster rapidement, parce que les clients qui, eux, prennent, par exemple, le
taxi, ou qui prennent le transport en
commun... puis là ils trouvent que c'est mieux de prendre, par exemple, je ne
sais pas, moi, je va dire, un Uber et
tout ça parce que ça répond mieux à leurs besoins. Mais si l'information... ça
serait trop tard si elle arrive six mois plus tard ou, vous avez dit, c'est aux deux ans... bien, ça va être
défini par règlement, on ne le sait pas à quelle fréquence. S'ils vont l'avoir au trimestriel, s'ils vont l'avoir
en différé, c'est difficile, pour eux, de mieux gérer la mobilité pour répondre
aux besoins de la clientèle. Vous avez beaucoup, beaucoup parlé puis insisté
sur la clientèle, le client qui reçoit le service. Il faut que ça soit de bonne qualité et tout ça,
et ces informations-là permettent à la ville de Montréal d'offrir ce service-là
pour qu'ils soient efficaces.
un point très, très important, c'est qu'on ne veut pas que... on veut que les
gens, puis ça, vous aussi, vous le dites puis vous le répétez souvent, on veut que les gens prennent le transport
collectif, le transport en commun et que peut-être, le dernier mile, ils vont prendre transport par
taxi ou un véhicule, là de transport rémunéré par véhicule. Excusez-moi, mais
ce que je veux dire, c'est : si on veut donner les outils à la ville, aux
trois... en différé, d'avoir ces données-là en différé, eh bien, ça ne les aide
pas en ce moment.
Moi,
ce que je veux savoir, c'est... supposons, vous refusez cet amendement-là, mais
qu'est-ce que vous mettez à la place
autre que seulement : par règlement, ça va être défini, à quelle
fréquence, ces données-là... en fait, c'est la commission qui va les avoir, mais nous, ce qu'on dit, c'est
que ça va être... c'est important que cette information-là soit donnée aux
sociétés de transport. Donc, de
quelle façon est-ce que vous allez les aider pour qu'ils aient ces
informations-là autre que seulement par différé?
Bonnardel : Bien, je vous l'ai mentionné, Mme la députée,
ces informations qui seront soumises à la commission ou au ministre, gouvernement, pourront être
transmises à des sociétés qui en feront la demande. Parce que, pour nous, ce
n'est pas de garder ces informations... puis
oui, ça sera important de les avoir, mais ce n'est pas nous, là... Le ministère
des Transports, on supporte les sociétés pour développer l'offre sur le
terrain.
Alors, que
ces informations arrivent 15 jours après, 30 jours après, vous le
savez très, très bien, là, ce n'est pas en claquant des doigts qu'on modifie un trajet, parce que soudainement on a
l'impression que, d'un point a au point b, il y a plus de
personnes, du lundi au vendredi, qui partent de là. Ça prend un peu de temps à
modifier ces trajets ou de mettre des trajets additionnels pour ce qui
est des autobus. Puis là on parle de Montréal. On peut parler de n'importe où
ailleurs.
Donc, ces
infos, on les aura, on les partagera, on informera et on va participer avec ces
sociétés, encore une fois. C'est le
défi qu'on a, dans notre politique de mobilité durable, de donner plus
d'offres, plus de choix aux citoyens et de délaisser l'automobile si le citoyen le peut. Alors, c'est le défi qu'on
va avoir, c'est le défi qu'on se donne avec l'article 80.
Ghazal : Mais ça va rester un défi. C'est... parce que, hein, on va
donner les informations. Si ça prend du temps de modifier le trajet puis de rendre les trajets plus efficaces,
et tout ça, pour les sociétés, ça fait qu'imaginez, s'ils ont
l'information en différé, ça va prendre encore plus de temps.
J'ai envie de reposer la question. Pour quelle
raison, pour quelle... Non, mais c'est vrai, il y a des gens qui le font déjà. Le Bureau de taxi de Montréal, ils sont
venus, ils nous l'ont dit, nos taxis, en ce moment, les 4 400 à Montréal,
sont connectés. Nous avons une
plateforme, c'est déjà utilisé. Ça nous permet d'être plus efficaces, ça nous
permet de réduire nos gaz à effet de
serre parce qu'on va s'assurer qu'il y ait moins... de réduire les voyages à
vide. Ce n'est pas le projet de loi qui a fait en sorte que les gens ont
dit : Oui, il va falloir qu'on réduise les voyages à vide, donc il
faudrait détruire les agglomérations. C'est ce que le projet de loi dit en ce
moment.
Ghazal : Donc, ce qui est important... Est-ce que le ministre veut
répondre? Est-ce que le ministre... parce que votre micro est ouvert, puis je vous ai entendu dire quelque chose.
Est-ce que vous voulez faire un commentaire sur ce que je suis en train
de dire maintenant?
Bonnardel :
Oui, oui. Je vous répète encore une fois... À Montréal, ils ont créé, oui,
cette plateforme. Ailleurs au Québec,
elle n'existe pas. Elle ne pourra pas
exister à moyen terme parce
qu'Internet n'existe pas dans toutes les régions du Québec présentement.
Deuxièmement,
les lieux d'origine et de destination des courses, on les demandera, on les
aura et on les partagera avec les
sociétés. Vous êtes bien consciente, Mme la députée, qu'une société de
transport comme Montréal, du jour au lendemain,
n'est pas capable de modifier ses trajets ou d'ajouter des trajets en claquant
des doigts, juste parce que vous avez en temps réel l'origine,
destination des courses. C'est faux de prétendre que ça peut...
Alors, les
avoir sur une périodicité de deux semaines, d'un mois, ça prend du temps à
changer ça. Ça prend du temps. On va
les partager. Nous les aurons, ces informations. C'est écrit dans la loi.
Est-ce qu'un jour on arrivera à la prétention que ça pourra nous aider parce que
les technologies, le 5K, le 6K va nous amener ailleurs? Assurément. Mais on
aura la possibilité par règlement d'aller
plus loin encore que ce que le 4K nous permet présentement au Québec. Alors, je
vous le dis en tout respect, c'est écrit dans la loi, là, origine, destination,
on va le demander, on va le partager puis on va améliorer l'offre si on
peut le faire.
Mme Ghazal : Mais en
ce moment c'est possible. Là, vous
dites que... et c'est fait, je veux
dire. Ce n'est pas partout au Québec, mais c'est fait dans une grande région, là, pas n'importe où. Il y a une grande population qui
habite là puis qui est desservie. La
moitié de la population au Québec qui est dans la... à Montréal. Donc, c'est
fait, c'est possible. Là, c'est seulement
une
partie des taxis, c'est-à-dire c'est seulement une
partie de ceux qui font
du transport rémunéré par personnes qui
sont connectés, c'est-à-dire les taxis actuels, mais que ce n'est pas exigé
pour les autres, ça ne sera... Tout l'avantage, tout le travail qui a été
fait sera perdu.
Mais si je
comprends bien les interventions du ministre, c'est comme si ce n'est pas
possible de le faire mur à mur partout.
Donc, on ne va pas l'exiger là où c'est déjà fait puis que c'est possible. Il
faut que ce soit mur à mur pour que vous acceptiez ça, ou de l'exiger puisque c'est fait, ou ça pourrait être...
vu que c'est fait maintenant dans certaines, par exemple, comme je
disais, à Montréal, on pourrait le rendre obligatoire à Montréal pour
commencer, phase un.
M. Bonnardel :
...une question de mur-à-mur. C'est juste qu'aujourd'hui, en 2020, les
informations que nous posséderons avec l'article 80, d'origine,
destination, on aura la possibilité de modéliser des données et d'évaluer avec
les sociétés de transport où on peut
aller six mois, un an plus tard, en modélisant, donc, les données que nous
aurons des sociétés, incluant le Bureau de taxi de Montréal.
Présentement, est-ce qu'il les partage avec ces sociétés, le Bureau de taxi?
Mme Ghazal : Ils sont ouverts.
M. Bonnardel :
Peut-être. Peut-être, mais présentement...
Mme Ghazal :
Ils l'ont écrit textuellement dans leur mémoire. Nous offrons ça à tout le
monde. Là, en ce moment, eux, ils
sont prêts à le faire. Là, en ce moment, c'est une opportunité, puis vous ne
voulez pas la saisir, qu'ils vous donnent.
M. Bonnardel :
Ce n'est pas une question de la saisir. Je vous le répète, en temps réel,
aujourd'hui, on ne peut pas changer,
en temps réel. Si vous me dites demain matin : En temps réel, on peut, en claquant
des doigts, changer les trajets puis modéliser le transport en commun à
Montréal, c'est faux.
Mme Ghazal : Ce n'est pas du
tout ce qu'on est en train de dire.
M. Bonnardel :
Je sais. Je comprends.
Mme Ghazal :
On ne dit pas : Il faut, en temps réel, changer les trajets. On est en
train de dire, parce que ça prend du
temps, justement, on a besoin de l'information en temps réel pour que, quand on
va changer les trajets puis les rendre les plus efficaces pour les citoyens, pour les gens qui prennent ces
transports-là, bien, que ça soit fait le plus rapidement possible, pas en temps réel. Mais on a besoin de
l'information en temps réel puis des données parce que c'est énorme. C'est
beaucoup d'information à traiter et
c'est ce qu'ils ont en ce moment. Et puis je n'arrive pas à comprendre pourquoi
vous refusez de l'exiger. Je veux dire, il y a un outil extraordinaire
qui est utilisé...
M. Bonnardel : On
ne refuse pas. On ne refuse pas.
Mme Ghazal : Mais pourquoi on
refuse...
M. Bonnardel :
On le demande et on va le demander. Les renseignements seront obligatoires, les
lieux d'origine et destination des courses, c'est écrit noir sur blanc.
Mme Ghazal : Mais ce n'est pas
en temps réel, parce que la valeur de l'information...
M. Bonnardel :
Mais ça ne sera pas en temps réel.
Mme Ghazal :
La valeur de ces informations augmente, et ça a encore une plus grande valeur
parce que c'est en temps réel.
Pourquoi d'abord ces technologies ont été développées pour que ça soit fait en
temps réel? C'est parce que ça a une
valeur. Sinon, on va dire : Bien, on n'a pas besoin de les développer, on
va attendre d'avoir l'information périodiquement, là, définie par
règlement.
M. Bonnardel :
On est très bien capable de
travailler en modélisant avec les informations que nous aurons et en les partageant avec les sociétés
pour faire un bon travail. On sera très,
très, très bien capables de le faire.
Si les technologies sont
encore plus avancées, à 6K, 7K, dans les trois, quatre, cinq, six, sept
prochaines années, on pourra l'évaluer, changer le règlement et d'être
capables d'aller en temps réel, s'il le faut, dans quelques années.
Ghazal : Dans quelques
années. C'est fou à quel point je ne sens pas que le ministre
est pressé que ça fonctionne bien,
alors qu'il a été très, très pressé de dire : Bien, on va ouvrir la porte
à tout le monde et on bouleverse toute une industrie pour...
parce que c'est une industrie qui n'a pas été modernisée depuis 40 ans.
Est-ce qu'on va encore attendre des années, et des années, et des années, puis, plus tard, dire : Bien, on a
manqué toute une opportunité qui s'offrait à nous de rendre ça obligatoire dès maintenant pour améliorer la
mobilité puis que la Politique de mobilité
durable ne soit pas uniquement un
voeu pieux écrit dans un premier
article ou
dans une politique mais que... Il n'y a aucune mesure, aucun outil
pour faire en sorte que cette mobilité durable, ces principes-là soient
effectifs dans la vraie vie, dans la réalité.
Bonnardel : Mme la
Présidente, je vais le répéter une dernière fois, nous aurons ces informations
que nous pourrons modéliser, dans le futur,
pour permettre aux sociétés de transport d'améliorer leur offre. Le seul but
et défi que nous avons, c'est ça, d'utiliser ces données pour être
capables de faire une modélisation sur un territoire x et se dire : Là, ça marche bien, là, ça ne fonctionne pas,
comment on y travaille? On les aura, ces données, puis on va les partager, puis
on va y travailler. Il n'y a personne qui va cacher ses données, là, on les
demande.
Alors, que
ces demandes arrivent, ou ces renseignements, à chaque 15 jours, à chaque 30 jours,
bien, c'est ce qu'on va définir par règlement
puis on va travailler avec les sociétés qui vont en faire la demande. Le but que j'ai
puis que vous avez, c'est que la Politique
de mobilité durable fonctionne, qu'on ait une offre de transport en
commun pour inciter les gens à laisser
leur auto à la maison. C'est ce que vous avez comme défi, c'est ce que j'ai
comme défi puis c'est ce que tout
le monde devrait avoir comme défi. Alors, ces informations, on va les avoir,
juste pas en temps réel.
Mme Ghazal : Mais ces informations
qu'on n'aura pas en temps réel n'aideront pas à...
Bonnardel :
Pourquoi?
Ghazal : Parce que ça va
prendre comme beaucoup, beaucoup de temps. Aujourd'hui, on parle... il y a
toute une tendance de données
ouvertes de toutes sortes, pas uniquement en mobilité. On parlait beaucoup
de la modernisation pour qu'on soit
plus modernes. Ce n'est pas juste d'avoir une application sur un téléphone, là,
pour appeler un taxi. Ce n'est pas juste ça, la modernité. Toute la question
des villes ouvertes et toute cette tendance-là...
Pourquoi
est-ce qu'on attendrait des années, alors que, là, c'est un outil de gestion
pour augmenter l'efficacité, pour inciter les gens, justement,
à garder leurs autos chez eux, à en avoir juste une, à réduire l'auto solo, à
réduire la congestion dont c'est
toute la société qui paie, etc.? Et là c'est un outil, pas des
rapports qui vont prendre du temps à être analysés, après ça, là, c'est donné à la commission, après ça, il faut que la commission
les distribue ou les envoie aux sociétés de transport. Parce que, dans l'amendement aussi, ce qui est
important, c'est de les transmettre à l'autorité responsable de la gestion et
de la coordination à la mobilité sur un territoire. Donc, les sociétés de
transport doivent les avoir, et non pas uniquement la commission... et
tout ce temps-là, administratif, de donner ces informations-là, importantes.
Et comme je vous dis, les
spécialistes, ceux qui vivent ça au quotidien, ceux qui veulent que ce soit le
plus efficace nous l'ont dit que le
fait que les données soient en temps réel, c'est important. Et les gens qui
peuvent les offrir, les nouveaux joueurs,
ils ont dit : Oui, nous sommes prêts. Les chauffeurs de taxi, les taxis,
eux, à Montréal, ils le font déjà. Ce n'est pas nouveau, il n'y a rien de nouveau sous le soleil pour eux. Donc, c'est
de le rendre obligatoire. Donc, tout le monde est prêt à faire ce
changement-là. Il y a juste le ministre qui n'est pas prêt et qui veut qu'on
attende encore quelques années.
Bonnardel : Ça pourrait prendre, Mme la Présidente, deux
ans, trois ans, peut-être, avant que la technologie soit encore plus forte, avant que la STM nous mette sur
la table un processus de paiement avec notre téléphone pour en arriver à avoir un service de paiement qui nous amènerait
à la trottinette, qui nous amènerait le Bixi, le taxi, le Uber, s'il le faut,
le train. On va y arriver. On va y arriver,
un jour, sûrement, mais à court terme, présentement, les données que nous
aurons, que nous demanderons, seront
partagées, seront partagées et nous permettront d'agir puis de modifier, encore
une fois, l'offre selon la demande. Alors, on le fera. On le fera parce
qu'on va l'avoir.
Ghazal : On va pouvoir avoir
l'offre et la demande en temps réel. Vous, vous dites : On va attendre
d'avoir ça périodiquement, puis on ne sait pas encore quel
périodiquement.
Vous
parlez des technologies et des obstacles, mais les gens sur le terrain
disent qu'il n'y a pas d'obstacle, que c'est possible, ces technologies-là, de commencer
à les utiliser. Il n'y a pas d'obstacle, mais vous en voyez partout, des
obstacles. Je ne comprends pas. J'ai envie de reposer la même question
que mon collègue de tout
à l'heure : Pourquoi?
Pour quelle raison? Parce que
c'est inutile? Non. Ça, vous ne dites pas que c'est inutile. Est-ce que
vous voyez l'utilité d'avoir les données en temps réel versus à une
fréquence déterminée?
M. Bonnardel :
À court terme, non.
M. Bonnardel : Parce
que... Je vous le répète, parce que
ces informations, nous les aurons. Nous les aurons, parce qu'on va le demander dans le règlement
puis on va le partager avec les sociétés parce qu'on aura assez de temps. Si, périodiquement ou de façon hebdomadaire, on
demande ces renseignements, bien, on pourra les évaluer avec les sociétés,
comme Montréal ou autre, pour être
capables d'évaluer puis de modifier l'offre selon la demande. Et ça, ça ne se
fait pas en claquant des doigts. Pas parce qu'on les a en temps réel
que, le lendemain matin, l'offre est modifiée. Donc...
Mme Ghazal : Je n'arrive juste pas à comprendre. À court
terme, on ne va pas l'imposer, mais plus tard, oui, on va être ouvert à le faire. Je ne comprends pas pourquoi, aujourd'hui, le ministre ne voit pas l'urgence de le faire tout de suite, puisqu'on est en train de discuter exactement
du sujet... puis d'attendre plus tard. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi
on ne peut pas le faire maintenant puis l'imposer, parce que ceux qui
connaissent les technologies, ceux qui sont experts là-dedans disent que...
nous, on l'a, puis on est prêts à la donner puis on est prêts à l'utiliser.
Bonnardel :
Je vous l'ai dit, madame...
Mme Ghazal :
En tout cas, au moins à Montréal, oui.
Bonnardel : Je
vous l'ai dit, on n'imposera pas cette donnée en temps réel partout au Québec, présentement. Puis on n'imposera pas juste à Montréal non plus, parce que les informations que nous pourrons obtenir seront faites de façon périodique,
selon les renseignements que nous souhaiterons avoir par règlement.
Mme Ghazal :
Mais les gens, ceux qui gèrent le transport, ceux qui sont sur le terrain, qui
vivent avec ces réalités-là puis qui veulent
que la mobilité ne soit pas juste un principe, la mobilité durable... une politique, mais que ça soit réel, eux nous
disent : Nous avons besoin... c'est un outil. Les données en temps réel
sont un outil fondamental et important pour offrir un service qui réponde aux
besoins maintenant, aujourd'hui, des citoyens.
Bonnardel :
...informations une semaine plus tard.
Mme Ghazal :
Donc là, vous êtes en train de définir la fréquence.
Bonnardel :
Non, je vous pose la question. Si vous obtenez ces informations une semaine
plus tard...
Mme Ghazal :
Mais ce n'est pas moi qui veux les obtenir. Moi, je ne gère pas de système de
transport.
Bonnardel :
...Mme la députée, je vous explique.
Mme Ghazal :
C'est les gens qui les gèrent en ce moment qui ont les informations à toutes les
cinq secondes. Je ne suis pas en train de
dire qu'à toutes les cinq secondes ils vont changer les trajets d'autobus, ce
n'est pas ça qu'on dit, mais ils vont pouvoir le faire rapidement, parce
que c'est un outil.
Bonnardel : Voilà.
J'ai assez expliqué mon point.
Mme Ghazal :
Mais est-ce qu'au moins il y a une ouverture pour, au moins, déterminer la
fréquence?
Bonnardel : Ça sera déterminé par règlement.
On va s'assurer, dans le règlement, d'avoir le plus d'informations possible, le plus d'informations possible, pour
être capables d'avoir des données probantes qui vont nous aider à modéliser
un modèle de transport dans le futur.
Ghazal : O.K.
Est-ce que c'est... J'aimerais suspendre, parce que j'aurais un sous-amendement
à proposer.
La Présidente (Mme St-Pierre) :
D'accord. Est-ce que vous voulez...
On va suspendre, le temps que vous puissiez le
rédiger et qu'on puisse le distribuer.
(Suspension de la séance à 15 h 24)
Présidente (Mme St-Pierre) :
S'il vous plaît! On va reprendre les travaux. Alors, Mme la députée de Mercier, veuillez, s'il
vous plaît, lire votre amendement.
Ghazal : Donc, mon amendement
se lit comme suit : Modifier l'amendement en ajoutant, après «disponibles», «là où
la technologie le permet,».
Donc, c'est
un amendement... Je vois le ministre sourire, donc il y a de
l'espoir, oui. Parce que c'est vraiment le ministre,
dans le fond, qui m'a inspiré ce sous-amendement-là puisqu'il disait : C'est quelque chose qu'on va mettre
sur pied, oui, dans quelques années, ça va
être défini par règlement, etc., puis pourquoi, puis c'est quoi, les
obstacles. Moi, je lui demande pourquoi les gens qui sont venus ici étaient
prêts à les rendre disponibles. Les sociétés de transport
notamment, comme je parlais du bureau de transport de Montréal, eux,
sont en train de le faire. Et c'est comme de les arrêter dans leur élan que de ne pas... d'avoir des nouveaux
joueurs qui, eux, ne seront pas connectés à leurs technologies, donc... Et le
ministre disait : Bien, on ne peut pas
le faire partout, parce qu'il y a même des endroits où il n'y a même pas
Internet, etc.
Donc, c'est
pour ça que je lui dis «là où la technologie le permet», de le faire
aujourd'hui, parce que c'est pressant. La
Politique de mobilité durable, on ne veut pas qu'elle soit appliquée dans
quelques années. On a des objectifs à atteindre et on ne peut pas juste les atteindre en ayant des politiques, puis des
souhaits, puis des objectifs, puis toutes des cibles qu'on n'atteindra pas, qu'on ne va pas réussir. Il faut
qu'il y ait des réelles mesures, et ça, c'en est une que le ministre ne peut
vraiment pas refuser, puisqu'en ce moment, partout au Québec, que ce soient les
nouveaux joueurs, que ce soient les sociétés de transport, tout le monde est venu en commission puis a dit : Oui
aux données ouvertes, on est rendu là en 2019. Si on veut moderniser le transport rémunéré de
personnes, il faut qu'on le fasse totalement en utilisant les technologies qui
sont disponibles.
Donc, j'aimerais entendre le ministre sur ce
sous-amendement-là, cette main tendue.
Bonnardel :
Bien, Mme la Présidente, cela ne changera rien à mon analyse et au fait que je
refuserai l'amendement du Parti
libéral, celui de Québec solidaire. J'ai expliqué pourquoi. Ça me fait rire un
peu de voir cet amendement, quand on
a refusé tantôt une motion qui disait que nous souhaitions étendre l'Internet
partout au Québec. La députée comprend bien que ce défi est énorme. On
le fera. On le fera d'ici 2022.
Mais, avant
toute chose, je l'ai mentionné, les données importantes d'origine, destination
dont les oppositions me font mention
aujourd'hui, nous les aurons en main. Nous les aurons en main. On aura ces
informations que nous partagerons avec
qui de droit. Elles ne seront juste pas en temps réel. Ces infos, on va les
avoir. Est-ce qu'elles seront hebdomadaires, bimensuelles, mensuelles?
On va l'évaluer, mais on va s'assurer d'avoir ces informations qui seront importantes
dans l'avenir de la mobilité durable à
Montréal et ailleurs au Québec. Et, si un jour la technologie nous amène encore
plus loin, 6K, 7K, 8K, que ça prenne
trois, quatre, cinq ans, on ira peut-être là. On ira peut-être là, mais, pour
le moment, on n'a pas besoin d'y
être. Avec les informations et les renseignements que nous obtiendrons, on aura
assez d'informations pour faire évaluer, améliorer l'offre de transport
à court terme à Montréal ou ailleurs au Québec.
Ghazal : Donc, c'est à court terme ou dans cinq ans? Parce que quand
le ministre dit : Dans cinq ans, on va peut-être l'imposer puis l'obliger
une fois que partout, partout on va pouvoir le faire, ça, ce n'est pas à court
terme. Si on veut améliorer l'offre
de transport, si on veut améliorer le transport en commun, là, tu sais, dans
une grande ville, par exemple, comme
Montréal, cinq ans, c'est extrêmement long d'exiger ce genre d'information là.
Ça, ce n'est pas du court terme,
c'est du moyen terme, même du long terme. Du moyen terme, c'est trois ans.
Donc, ça sera exigé quand par règlement? À quelle fréquence?
C'est important de faire ça puis d'avoir ces
discussions-là maintenant de façon transparente, parce qu'il y a des
gens aussi qui trouvent que c'est extrêmement important pour eux parce que ça va venir affecter toute la mobilité
dans leur ville. Et eux, ils
attendent d'avoir un message et ils attendent de voir une volonté du ministre
de les aider et non pas de leur nuire
en ce moment pour gérer la mobilité. Parce qu'ils ne peuvent
pas juste avoir des objectifs, ils ont aussi besoin d'avoir des outils pour travailler, en ce moment, pour améliorer l'offre de transport, et ça, c'est un outil
extraordinaire pour eux, d'avoir les
données en temps réel et non pas des données qui vont venir un peu plus tard...
je ne sais même pas sous quelle forme
aussi là, alors que, là, c'est avec des plateformes technologiques. C'est ce
que ça prend pour les villes modernes, où on veut moderniser le transport rémunéré de
personnes par automobile. Ça aussi, c'est une façon pour eux... c'est une
demande qu'ils font.
Donc,
j'aimerais savoir qu'est-ce que le ministre leur répond quand eux disent que ce n'est pas
utile pour nous, ce n'est pas si utile pour nous d'avoir des informations comme
ça en différé, à une fréquence quelconque, qui ne nous aident pas alors qu'on avait le vent dans les voiles, et
là vous nous arrêtez là. C'est ça, le sens du sous-amendement
que j'amène. J'aimerais entendre qu'est-ce que le ministre leur répond
de...
Bonnardel : Ce que
je viens de vous répéter depuis à peu près 40 minutes déjà, ces
informations seront disponibles, que nous
les demanderons, que nous les partagerons avec les sociétés pour prendre acte,
encore une fois, de l'offre d'évaluer
la demande sur Montréal, partout au Québec. On va les avoir.
Tantôt, je parlais de K, là, c'est plus 5G, 6G, 7G dans le futur.
Est-ce qu'on sera là dans trois, quatre ans? Peut-être. Est-ce qu'on aura la
possibilité de modifier puis d'avoir en
temps réel cette possibilité? Peut-être. On n'en est pas là. On n'en est pas là
à court terme, mais on aura ces renseignements pour supporter les plateformes de société de transport, surtout à
Montréal, ailleurs au Québec, puis d'avoir, encore une fois, une offre additionnelle selon la demande des
différents secteurs de Montréal, Laval, la Montérégie ou ailleurs au Québec.
Ghazal : Vous dites qu'on n'en est pas là. Partout au Québec, on n'en
est pas là, mais, par exemple, à Montréal, on en est là. L'industrie du taxi est déjà là, puis elle a coopéré, puis
elle a participé à ça. Donc, on en est là et tout le monde est ouvert. Personne ne voit les obstacles
incroyables et le mur incroyable que le ministre voit. Donc, on n'en est pas là
partout, mais là où la technologie le
permet, en ce moment, puisque c'est déjà utilisé, c'est une super opportunité
d'aider les villes à améliorer
l'efficacité de leur transport pour justement réduire les gaz à effet de serre,
pour réduire l'auto... les voyages à
vide comme le ministre l'a mentionné beaucoup, à quel point c'était une
préoccupation importante pour lui, une préoccupation pour l'usager
d'avoir un transport efficace qui réponde à ses besoins.
Il y a une
technologie maintenant qui existe et qui est déjà utilisée. Nous, on demande à
ce qu'elle soit exigée pour tout le
monde, pas seulement pour une portion à la ville de Montréal. Donc, c'est
exactement le sens de l'amendement et du
sous-amendement aussi. C'est une question de cohérence avec cette politique de
mobilité durable. Ça ne peut pas juste être
des voeux pieux. Je le mentionne, moi aussi, je le répète depuis... pas juste
40 minutes, depuis le début du projet de loi, ça ne peut pas être uniquement des voeux pieux,
toute la question de la mobilité durable. Il va falloir, à un moment donné,
que le ministre montre et donne un message
clair que, oui, c'est sérieux, cette demande d'améliorer la mobilité dans les
villes, dans nos villes. C'est un des enjeux
les plus importants, la mobilité dans les villes. Il le sait encore, en tant
que ministre des Transports, encore plus que n'importe qui ici.
Mais
qu'est-ce que, dans ce projet de loi, il va accepter comme mesure qui va
permettre à cette politique-là de prendre effet pour vrai? Ça, c'est quelque chose d'extrêmement concret. C'est un
outil de gestion qui est demandé, que tout le monde est d'accord, tout
le monde est prêt. Il y a juste le ministre qui veut attendre encore cinq ans
et plus, alors qu'on a des objectifs à
pour dire : Ah! finalement, on a fait une erreur, on a augmenté la congestion dans la ville de Montréal et dans
les grandes villes. Et pourtant, on a les outils, on a la technologie pour y arriver. On le fait maintenant.
Et là vous leur coupez les ailes... c'est exactement l'expression qu'ils ont
utilisée. Vous nous coupez les ailes avec votre projet de loi.
Et là nous
ici, on arrive... moi, j'arrive avec un sous-amendement à cet amendement-là
pour dire, bien : Il faudrait changer
ce message qui est perçu en ce moment par ceux qui veulent que la mobilité
durable ne soit pas uniquement un voeu
pieux, mais réelle, puis qu'elle soit effective dans leur ville au lieu de
venir gâcher tous les efforts qu'ils ont faits pour atteindre les objectifs
imposés par le gouvernement du Québec, de leur dire : Vous allez avoir les
informations à une fréquence quelconque, que je ne peux pas vous définir
maintenant, mais que cette technologie-là, une fois qu'elle est possible
partout, puis qu'on va être rendus très, très loin, là, je vais être prêt, ça,
ce n'est pas les aider.
On n'a pas
besoin de faire du mur-à-mur partout. C'est exactement le sens du
sous-amendement, «là où la technologie le
permet». Et, en ce moment, il y a des endroits où c'est déjà fait. Donc, il
faudrait l'exiger à tout le monde. C'est une superbelle opportunité pour démontrer aussi... d'être un
exemple. Partout où est-ce qu'on a ouvert les portes, bien, qu'on ne l'a pas
fait n'importe comment puis qu'on a saisi cette opportunité pour être
réellement un endroit... que le Québec soit réellement arrivé... un endroit moderne, qui veut gérer ces
données-là de façon à répondre à notre défi, là, de mobilité, et de transport,
et de réduction des gaz à effet de serre.
Est-ce que le ministre voit qu'il est le seul à
voir des obstacles, le seul? Est-ce que le ministre peut reconnaître qu'il est
le seul à voir des obstacles, alors que tout le monde est prêt? C'est une
question.
M. Bonnardel :
Je ne prétends pas, Mme la Présidente, je l'ai mentionné maintes et maintes
fois... On parle de couper les ailes, on parle de gâcher... je ne vois
pas où la députée s'en va avec ça. J'ai toujours mentionné qu'on allait accompagner les sociétés de transport, leur donner
des outils, être capable de leur donner les informations pour améliorer leur offre selon la demande un peu partout sur les
différents secteurs. C'est ce qu'on va faire. C'est ces informations que
nous demanderons à l'article 80, que nous partagerons pour être
capables d'améliorer, encore une fois, l'offre sur le territoire québécois. Je
pense que je ne peux pas être plus clair que ça.
Alors,
l'offre sera améliorée avec les renseignements que nous partagerons, et on va
être capable d'atteindre les objectifs
de notre Politique de mobilité durable. Je ne reviendrai pas sur le débat du
nombre d'autos. À Montréal, vous le savez,
il y a moins de véhicules immatriculés à Montréal présentement, moins. Pas
beaucoup, mais moins, contrairement à
tout ce que vous avez dit depuis des mois et des mois, l'arrivée d'un joueur,
l'arrivée de l'autre joueur, c'est l'explosion. C'est faux, c'est faux.
Alors, je vous dis qu'on
va partager ces informations pour améliorer l'offre de services avec les
sociétés qui en feront la demande, parce
que, pour nous, ça va être important de partager ces informations puis d'avoir
une offre de services adéquate. On le
sait, les enjeux de transport sont immensément importants, immensément
importants. On n'a qu'à penser au REM
qui arrive, à la ligne de Deux-Montagnes, fermeture du tunnel Mont-Royal, les
tramways qu'on veut bâtir à Montréal, Longueuil, Québec, Gatineau. Les
défis sont énormes.
Alors, si
vous pensez deux petites secondes qu'on va garder ça pour nous, qu'on ne
les partagera pas, je m'excuse, là,
mais c'est essayer de prétendre, là, qu'on retourne en arrière. On ne retourne
pas en arrière, on regarde en avant. On regarde en avant puis, avec les
informations qu'on aura dans nos mains, là, on va être capable de prendre les
meilleures décisions possible.
Mme Ghazal :
Dans quelques années. Mais est-ce que le ministre est conscient que d'avoir des
données sur une base... une telle fréquence, ce n'est pas la même chose que
d'avoir les données en temps réel. Est-ce que ça, il le reconnaît, que ça
n'a pas la même valeur?
M. Bonnardel :
Pour moi, non, il n'y a pas de différence entre avoir l'information que j'aurai
dans mes mains à la fin d'une journée,
que je vais compiler sur sept jours, que je donnerai comme informations à une
société x, puis ces informations,
je les ai, là, que ce soit immédiatement ou... Dans mon document, là, j'ai ici
les informations, là, d'origine, destination, puis je serai capable de
modéliser avec les informations rapidement ce que j'ai à faire. Je serai
capable.
Ghazal : On est capable, mais la question de temps est fondamentale,
d'avoir... puis de l'avoir aussi sous une forme technologique et non
pas... je ne sais pas comment ça va être, sous quelle forme en plus que ces
données-là vont être données à la
commission. De les avoir avec cette technologie-là, c'est extrêmement important
parce que, comme je vous dis, cette
plateforme de données ouvertes que le Bureau de taxi de Montréal a et sur
lesquelles 4 400 taxis actuellement sont branchés, quand ils vont avoir d'autres personnes... Parce que là
vous dites qu'il n'y en aura pas tant que ça, on ne le sait pas, mais le
projet de loi, il n'est pas encore appliqué tel quel.
On ne sait
pas quels vont être ses effets une fois que le projet pilote... ça ne sera plus
le projet pilote qui va prendre
effet, mais plutôt le projet de loi. On ne le sait pas. On n'a même pas eu
d'étude d'impact pour pouvoir vraiment le déterminer. On se base sur ce qui
s'est passé ailleurs, et ça ne peut pas être uniquement l'immatriculation. Ça,
ce n'est pas parce qu'Uber est venu qu'il y a moins d'immatriculation ou que ça n'a
pas empiré. On ne le sait pas, qu'est-ce qui va... quelles sont les conséquences, quels sont les impacts puisqu'on
n'a pas fait une étude d'impact digne de ce nom. Donc, on ne peut pas le
prétendre.
Mais d'avoir
ces données-là en temps réel c'est une demande qui n'est pas faite par nous,
les groupes d'opposition, c'est fait
par les gens qui gèrent ça au quotidien, qui gèrent la mobilité au quotidien et
qui ont besoin d'outils. Et, en ce moment,
le ministre ne veut pas leur donner ces outils, parce qu'ils ont... ils vont
avoir 4 400 taxis qui sont branchés. Tous les autres qui vont s'ajouter, bien, ils ne le sauront pas, et ça va
leur prendre du temps à analyser, à regarder l'information. Est-ce que ces
sociétés de transport attendent de l'information, qu'elle leur soit transmise?
Alors que là, si on oblige que c'est
là où la technologie le permet, que ce soit utilisé puis qu'ils aient
l'information... parce que ces données en temps réel, ç