CAT — 8 May 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2019-05-08
Quebec — Committees
(Onze
heures trente-cinq minutes)
Présidente (Mme Dansereau) : Je déclare la séance de la Commission
de l'aménagement du territoire
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi
n° 16, loi visant principalement l'encadrement des
inspections en bâtiment et de la copropriété divise, le remplacement et la domination de la Régie du logement et l'amélioration de ses
règles de fonctionnement et modifiant la
Loi sur la Société d'habitation du
Québec et diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal.
M. le
secrétaire, y a-t-il des remplacements ?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue) est remplacée par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); Mme Perry Mélançon (Gaspé) est remplacée par M. LeBel
(Rimouski).
Présidente (Mme Dansereau) : Merci. Nous allons entendre, cet avant-midi, l'Association des
propriétaires du Québec et l'Association professionnelle des courtiers
immobiliers du Québec.
Je demanderais un consentement
parce qu'on commence comme six minutes... donc, s'il faut retrancher les six
minutes pour finir à 13 heure, parce qu'on m'informe qu'il y a un caucus
ici qui se tient à 13 heures.
Mme Thériault :
...retirer six minutes?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bien, qu'on va partager dans...
Mme Thériault :
Bien, on peut donner le consentement pour continuer au-delà de 13 heures.
Présidente (Mme Dansereau) : Bien, c'est parce que, si je demande
le consentement, je... Bon, je vais demander le consentement pour
poursuivre jusqu'à 13 h 6.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bien... non, mais lui, il ne donne pas
consentement, ça fait qu'on fait quoi?
Une voix :
Il n'y a pas consentement, alors...
La Présidente
(Mme Dansereau) : Ça fait qu'il n'y a pas consentement, ça fait
qu'on va diviser...
Mme Thériault :
Je comprends, Mme la Présidente, mais on n'a déjà pas beaucoup de temps pour
poser des questions, c'est le gouvernement qui en a plus.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Je suis d'accord.
Mme Thériault : Je comprends que mon collègue aussi, il a juste deux
minutes et quelques. Si on commence à retirer six minutes, ça veut dire que de
deux minutes et quelques, on va passer en bas d'une minute, c'est plate en
maudit.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bien, c'est parce qu'il n'y a pas consentement,
ça fait que...
Une voix :
On devrait commencer tout de suite.
Présidente (Mme Dansereau) : O.K., merci. Donc, je souhaite la
bienvenue à l'Association des propriétaires du Québec. Je vous rappelle
que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la
période d'échange avec les membres de la
commission. Je vous invite donc à présenter puis à commencer votre exposé... à
vous présenter.
M. Messier (Martin A.) : Mme la Présidente, merci. Mme la ministre, Mmes
et MM. les députés, merci. On va contribuer, en parlant un petit
peu plus vite, à votre gain de temps. Mon nom est Martin Messier...
La Présidente
(Mme Dansereau) : ...vous avez 10 minutes, ça, c'est correct.
M. Messier (Martin A.) : Donc, mon nom est Martin Messier, je suis
président de l'Association des propriétaires du Québec, également avocat de formation. Je suis accompagné de
Me Annie Lapointe, qui est notaire, et de Me Robert Soucy, qui est avocat, qui pratique en droit du logement,
qui est également président du Comité de liaison entre le Barreau de Montréal
et la Régie du logement et qui, à un moment dans sa pratique, a été régisseur à
la Régie du logement.
L'APQ,
Mme la Présidente, c'est 17 000 membres, 17 000 membres,
300 000 logements, de petits propriétaires, de grands propriétaires, de petits propriétaires
qu'on a la mission d'accompagner au quotidien, donc, dans l'offre de services
qu'on leur adresse, on s'assure qu'ils sont
accompagnés dans l'ensemble du processus, donc, du début à la fin dans leurs
questionnements, dans le stress que génère
parfois la détention d'un immeuble en propriété et les débats qui peuvent se
retrouver devant la Régie du logement.
Donc,
sans plus tarder, on va débuter avec Me Soucy, où on va traiter de la
portion logement. Me Lapointe adressera quelques mots par la suite sur la
section copropriété, qui touche de
plus en plus de propriétaires investisseurs, de copropriétés à des fins
de location. Donc, Me Soucy.
M. Soucy (Robert) : Bonjour. Bonjour, Mme la Présidente, Mme la
ministre, les membres du Parlement. Écoutez, nous sommes heureux de venir ici pour discuter du projet de loi. Nous
apprécions le projet de loi, nous sommes là, ici, pour l'appuyer, là, dans la très grande majorité des
dispositions, sauf qu'on a quelques remarques, quelques bémols à apporter
qu'on aimerait discuter et soumettre ici à
la commission. D'abord, si on regarde notre mémoire, on a 14 points, là, où on
est d'accord, mais je ne parlerai pas
des points qu'on est d'accord, je vais aller immédiatement aux points où on a
certaines réserves.
premier point, je crois que c'est à
la page 3, là, de notre mémoire, c'est le dépôt après la notification. C'est
qu'on doit... la preuve de la
notification avec une liste des pièces, ça doit être déposé dans les 30 jours
suivant l'introduction de la demande,
sinon la demande qui est faite devient périmée, puis le tribunal ferme le
dossier. Il faut penser que parfois il
y a beaucoup de gens qui ne sont pas représentés par avocat, il y a beaucoup
de gens qui, à la Régie du logement, se présentent seuls, ils ne sont pas familiers avec les délais.
Donc, nous, ce qu'on suggère, bien, c'est qu'avant de fermer le dossier le
tribunal envoie un avis incomplet avant la
fermeture du dossier pour aviser la
partie
que son dossier est incomplet, qu'il va être fermé. Et, encore là, on peut
suggérer aussi que, lorsque le dossier est fermé après 30 jours, la possibilité
de réouvrir le dossier... 30 jours de
la fermeture si la
partie dépose les preuves manquantes, donc corrige son
défaut. Ça, c'est la première remarque qu'on aimerait apporter à votre
attention.
L'autre remarque,
c'est la procédure sur dossier sans audition, c'est l'article 83 du projet,
c'est l'article 60 de la Loi de la Régie.
Notre inquiétude, c'est les demandes de non-paiement de loyer et de résiliation
de bail. On le sait que les demandes de non-paiement de loyer et de résiliation
de bail, ça représente, bon an, mal an, entre 40 000 et 60 000
demandes à la Régie du logement.
Donc, ça demande beaucoup d'énergie de la part de la régie, il faut réserver
des locaux, réserver, traiter les dossiers, puis ainsi de suite. Nous,
on s'attendait à ce que le greffier spécial qui entend ces causes-là, d'office,
il entende les causes sur dossier parce que
maintenant la demande est présumée faite sous serment. Donc, avec le dépôt des
pièces, le greffier, en l'absence d'une
partie, devrait être capable, à notre avis, de rendre jugement sur le dépôt des
pièces. Le problème, c'est
qu'aujourd'hui on déplace beaucoup de gens, on demande aux propriétaires de se
rendre, parfois il y a des retards
lors des auditions, des retards qui peuvent aller de 40 minutes à
50 minutes, même à 1 h 15 min, des fois
1 h 30 min, le
propriétaire se déplace, il attend durant 1 h 30 min, puis là il
arrive, il passe devant le juge, ça prend à peu près deux minutes pour faire l'audition. Donc, c'est très frustrant,
là, pour le contribuable, pour l'usager, là, que ce soit le propriétaire ou le
locataire, là.
Mais
ce qu'on doit demander, c'est que peut-être qu'automatiquement on puisse
entendre les dossiers sur dossier. Parce
que la façon que le projet de loi est rédigé, l'article 60 de la
Loi sur la
Régie, on dit «si les parties le demandent ou y consentent», on peut présumer que, si les parties le demandent, ça
prend les deux parties, puis, si elles y consentent, bien, ça prend le consentement du locataire. Un
locataire qui est non payeur, des fois ce n'est pas facile d'avoir la
collaboration de quelqu'un pour avoir
le consentement pour procéder sur dossier, donc on prétend qu'on pourrait
demander à une personne de produire
une défense écrite. Dans tous les autres cas, ça serait sur le dossier
immédiatement, la
partie n'a pas besoin de se présenter. Si on prévoit une défense écrite au locataire, bien, à ce
moment-là, il y aura convocation du propriétaire, du locataire, puis il
y aura une preuve qui sera faite devant le tribunal, mais on pense que plus que
80 % à 85 % des causes seraient
sur dossier, à notre humble avis, et ça pourrait accélérer le processus, et
libérer aussi beaucoup de régisseurs, de cours, et ainsi de suite, et
faire des économies.
problème n° 3 qu'on veut traiter avec vous, c'est le témoignage du médecin
et du policier, du pompier puis des autres
inspecteurs en vertu d'une loi. On pense, nous autres, que les témoignages de
médecin, ça représente suffisamment d'importance
pour qu'on puisse convoquer le médecin. C'est sûr que, si le médecin, il
transmet un rapport suffisamment détaillé,
on n'aura pas besoin du témoignage du médecin, mais on peut penser aussi que
certains médecins vont faire des rapports un petit peu abrégés ou des
billets de complaisance, et là on voudrait avoir le droit de convoquer le
médecin, malgré que la loi prétend que le
rapport tient lieu de témoignage.
Donc, on devrait permettre à une partie, avec des motifs légitimes, de demander la présence soit du
pompier, ou soit du policier, ou soit du médecin, et là le tribunal déterminera
les circonstances puis les conditions
dans lesquelles on va accepter que le témoin vienne témoigner. Donc, on
voudrait, là, qu'il y ait au moins une ouverture là-dessus, on pourrait
exiger la présence physique.
dernier point qu'on voudrait aussi discuter avec vous, l'assistance par un
tiers de confiance,
article 90 du projet de
loi, là, qui est l'article
74 de la Loi de la Régie. On prétend, là, que «si son âge [et] si son état de
santé le requiert», on trouve ça très, très
large, on n'a pas d'encadrement, on ne sait pas c'est quoi, une personne...
si on réfère à l'âge de la personne, son état de santé, on ne sait rien de ça. Et la question,
c'est qu'une personne peut être représentée par avocat, une personne
peut être aussi représentée par une personne physique, un parent, un allié ou un ami, on a déjà ça
dans la loi. Et là maintenant on ajoute un «tiers de confiance». On voudrait
que, tout d'abord, on précise que ce tiers de confiance là ne doit
pas être rémunéré, il ne doit pas... ce service-là doit être gratuit parce qu'on
craint qu'il y ait des gens que... dans le marché,
développent des petites entreprises, puis il pourrait y avoir de l'exploitation
aussi des personnes âgées. Donc, on a une méfiance
par rapport à ça, et donc apporter des précisions pour bien
encadrer ça. Et aussi il faut s'assurer que le tiers de confiance, il est là pour assister la personne
âgée, mais c'est la personne âgée qui doit rendre le témoignage
et non pas la personne qui interfère dans le processus, dans le
déroulement de l'audience.
Je vous remercie de
m'avoir entendu puis je vais céder la parole à Me Lapointe.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Il vous reste une minute, madame.
Mme Lapointe (Annie) : O.K. Bonjour. Donc, en fait, ça va être très, très
rapide. Pour ce qui est des modifications proposées au Code civil du Québec en matière de copropriété
divise, l'APQ est en accord avec la plupart des modifications qui sont proposées. On était un petit peu préoccupés par rapport aux coûts additionnels que ça va engendrer pour
les syndicats, les copropriétaires. Toutefois,
globalement, on croit que ça constitue des bonnes pratiques, que c'est, dans
l'ensemble, souhaitable qu'elles soient
mises en place. Par contre, on va attendre avec impatience la réglementation du
gouvernement qui pourra préciser
certaines modalités de plusieurs de ces obligations-là, comme il est mentionné,
là, que ce sera fait dans le projet de loi.
Puis également, pour
terminer, on demande au gouvernement de définir avec plus de précision quels
sont les renseignements concernant
l'immeuble et le syndicat qui sont de nature à permettre à un acheteur de
donner un consentement éclairé et que le syndicat aura l'obligation de
le divulguer, là, en vertu du projet de loi. Voilà, merci.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci. Pile dans le temps. Je vous remercie.
M. Messier (Martin A.) : Mme la Présidente, si vous le permettez,
10 secondes. Simplement parce qu'on n'en a pas traité, mais évidemment, dans notre mémoire, vous
pourrez lire qu'on est conscients qu'il faut commencer à quelque part, mais que, dans le monde locatif, il y a deux
grands absents d'une réforme à venir : le dépôt de garantie puis les taux
sur les travaux majeurs.
La Présidente
(Mme Dansereau) : O.K. Merci pour votre exposé. Nous allons
maintenant débuter la période d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous,
vous disposez de 14 minutes.
Mme Laforest :
Bon, alors, bonjour à vous, je suis très heureuse de vous revoir aujourd'hui.
On a eu, d'ailleurs, des rencontres ensemble. Bonjour à mes collègues,
on se revoit encore.
Alors, je suis très,
très heureuse de voir, quand même, que vous êtes en faveur du projet de loi,
bien entendu, et je suis d'autant plus
satisfaite de votre accueil, comment je pourrais dire, tout à fait délicat par
rapport à certains autres groupes, si
je peux dire, qui se manifestent plus... qui sont plus mitigés par rapport au
projet de loi, mais en même temps qui sont tout à fait d'accord. Alors,
je remercie votre accueil et votre bonne négociation pour le projet de
loi n° 16.
Tantôt,
quand... Quand on s'est rencontrés, d'ailleurs, puis c'est ce point-là que
j'aimerais discuter avec vous, vous avez
mentionné, à la fin de vos déclarations, que vous vouliez parler des dépôts
garantis. Quand on s'est rencontrés, on a discuté aussi également des
dépôts garantis. C'est certain que, si je peux dire, si on ajoute ça dans le
projet de loi, moi, j'aimerais ça vous
entendre parce qu'il y a beaucoup de discussions au ministère, des discussions
positives, des discussions moins
positives, puis c'est quand même un point d'interrogation chez nous. Là, vous
dites que vous avez manqué de temps pour discuter du dépôt garanti,
alors j'aimerais ça vous entendre parce que c'est quand même un point qu'on a
discuté, d'ailleurs, dans les journées
précédentes, avec les autres partis, puis j'aimerais ça que vous me donniez les
bons arguments, si vous voulez qu'on
exige les dépôts garantis. Ça fait que ça, c'est vraiment un point important pour moi de vous entendre. Puis j'ai
d'autres questions aussi, là, je vais y aller par la suite, mais on peut
commencer par ce point-là, si vous voulez.
La Présidente
(Mme Dansereau) : La parole est à vous, M. le président. La
parole est à vous.
M. Messier (Martin A.) : Excellent. Donc, sur le dépôt de
garantie, Mme la ministre, pour nous, c'est important de sensibiliser les
locataires. Et évidemment on est conscients que c'est assez lourd parce qu'il faut démarrer un système
qui n'existe pas. On est à peu près
la seule juridiction en Amérique du
Nord, là, qui ne permet pas, d'une
façon ou d'une autre, un dépôt de garantie. Et il y a vraiment un impact
chez les propriétaires, mais aussi chez les locataires, je dirais, Mme la Présidente — je
m'excuse, je me suis adressé à vous directement. Donc, Mme
la Présidente, la situation
fait en sorte que les locataires qui
négligent leurs obligations vont abandonner le logement dans un état qui est
très souvent inadéquat, ils vont
briser des choses, retirer les choses. Et là le nouveau locataire, lui, qui
arrive dans cet environnement-là, déménage, c'est supposé être une situation heureuse, on vient dans un nouveau milieu de vie,
il retrouve un logement parfois totalement
infect. Et il y a vraiment
un effet de conséquence parce que les gens arrivent dans cette situation-là
puis ils se disent : Moi, j'ai
reçu le logement dans cet état-là, pourquoi est-ce que je ferais le ménage
avant de repartir? Pourquoi je laisserais le logement? Et il y a vraiment un effet où, en n'ayant pas la possibilité d'avoir un dépôt de garantie, on encourage les gens à laisser le logement en
mauvais état. Et ça a un effet croisé parce que,
si on réussit à avoir un budget d'opération
qui nous permet de faire des travaux
et que, là, on les dirige vers de la réparation des gens qui ont saccagé le
logement, bien, on nuit également à l'ensemble de l'immeuble, à
l'ensemble des locataires.
Donc, pour nous, le dépôt de garantie, c'est la
sensibilisation, c'est la concrétisation de l'obligation de laisser le logement
en bon état parce que l'alternative, elle n'est pas simple, elle est
pratiquement impossible à vivre. Et il faut d'abord... Notre locataire s'en va, s'il a laissé le logement comme ça, il ne
nous dit pas où il s'en va, il faut le retrouver, ensuite il faut introduire une demande à la Régie du
logement, donc on se retrouve aux prises avec les délais. Il y a une audience
qui doit être tenue, on a des délais d'un an
et demi et parfois deux ans sur ce type d'audience là, et c'est extrêmement
décourageant pour les propriétaires.
Et donc nous, on pense que, par la mise en place d'un dépôt de garantie, on
vient, en sensibilisant les gens, éviter toute cette séquence-là
d'inconvénients.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest :
Oui. Puis, juste au niveau de la gestion des dépôts, des dépôts de garantie,
avez-vous prévu de quelle manière que vous pourriez gérer cette
situation-là, ces dépôts? Avez-vous une idée?
M. Messier
(Martin A.) : On y a
réfléchi. Évidemment, comme il y a plusieurs juridictions qui le font, on a des
exemples d'un peu partout. Il y a la
possibilité de déposer dans un compte en fidéicommis. Il n'y a pas de solution
magique, honnêtement. Il y a quand
même un fardeau à gérer cette situation-là. Donc, il y a le compte en
fidéicommis, où les intérêts peuvent
servir à l'administration du fonds, l'administration des demandes. Il y a nos
voisins américains qui ont déterminé, eux,
que l'argent était détenu par le propriétaire, mais qu'à partir du moment où le
locataire disait qu'il avait droit à son dépôt, que le propriétaire disait non,
on saisissait un comité locataires-propriétaires qui décidait, sur une grille
d'analyse très, très formelle... un
peu comme ce qu'on peut retrouver chez certains locateurs à long terme
d'assurance automobile, là, un poêle
qui est laissé dans un état inconvenable, mais c'est un frais, par exemple, de
25 $, une brûlure ou une égratignure sur un tapis qui est de la grandeur d'une carte de crédit, pour faire le
parallèle avec les véhicules automobiles, c'est tarifé. Donc, on tarifait pour venir simplifier
l'administration de la preuve ou l'administration des dommages, et, pour eux,
bien, ça fonctionne très bien.
Donc, oui, il
y a des exemples un petit peu partout comme ça qui... Et il faut viser deux
choses, je pense, Mme la Présidente,
il faut viser un système simple où on va éviter les abus de part et d'autre
parce qu'il ne faudrait pas se retrouver avec des propriétaires qui retiendraient indûment le dépôt. Donc, il
faut que ça soit simple mais efficace, évitons les abus.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest : D'accord. Au niveau de la visioconférence, on
avait discuté ensemble également, puis je ne sais pas comment vous voyez ça,
vous. Est-ce que vous êtes... Parce qu'on parle aussi d'accompagnement, tantôt
vous parliez des frais de gratuité au
niveau des personnes qui accompagnent les personnes aînées ou les personnes
ayant besoin d'assistance. C'est
certain que la gratuité, c'est quand même préconisé, bien entendu, pour ne pas
qu'il y ait d'abus. Mais, ceci étant dit, la visioconférence, comment
vous voyez ça? Vous êtes positif également pour ça?
M. Messier
(Martin A.) : Tout à fait.
Dans la plupart des cas, Mme la Présidente, la visioconférence, pour nous,
je pense que d'utiliser les moyens technologiques qui sont à notre disposition,
c'est une excellente nouvelle. D'ailleurs, si
le projet de loi se concrétise, on prévoit mettre à la disposition de nos membres des salles de visioconférence et se
débrouiller pour qu'il y en ait dans plusieurs
villes. Il faudra voir quels seront les paramètres de l'infrastructure qui sera déterminée, là, pour
garantir quand même la qualité audio-vidéo, mais on est en 2019, là,
il faut se débrouiller avec les moyens du jour. Et je pense que, pour plusieurs
dossiers, c'est salutaire. On pense à des régions plus éloignées où on pourrait
avoir des décideurs qui siègent à distance avec des parties qui
pourraient être représentées par des avocats. Actuellement, ça complexifie le dossier et la nature des frais.
Donc, oui pour la visioconférence, on va se débrouiller pour mettre les moyens
technologiques en place à la disposition des membres.
Mme Laforest : D'accord. Puis
moi, j'ai une dernière question, après je vais passer la parole à mes
collègues. Au niveau du rapport du médecin,
moi, je trouve ça... j'ai quand même une question parce que, je me dis, c'est
quand même difficile se trouver un
médecin aujourd'hui, il y en a qui n'en ont même pas. Puis, si vous demandez la
présence du médecin dans une cause, est-ce que vous trouvez que ça
risque de retarder, justement, le processus?
M. Messier (Martin
A.) : Bien, en fait, ça pourrait, Mme la Présidente, retarder
le processus, mais ce n'est définitivement pas le but. Le but, c'est de
s'assurer que le tribunal ait à sa disposition la preuve complète qu'il doit faire. Et on le sait, parfois on voit des billets
de médecin qui sont déposés où ça dit : Madame ne peut pas vivre dans son
logement, mais il manque de choses autour de
ça. Nos médecins, contrairement à ce qu'on peut voir, par exemple, dans d'autres rapports d'experts comme les ingénieurs
ou les gens de la ville, où c'est minuté, détaillé, ne sont pas nécessairement
outillés à formuler des rapports où les
conclusions sont très détaillées. Donc, on pourrait penser — c'est ce que mon collègue disait — qu'un médecin qui nous fournit un tel
rapport, on ne demandera pas la présence du médecin. Évidemment, quelqu'un
qui le demanderait sans que cela soit nécessaire devrait être soumis aux frais
qui sont requis pour ce déplacement-là.
Mme Laforest : Mais est-ce que
c'est quand même fréquent, des billets de médecin?
M. Messier (Martin A.) : C'est très
fréquent, Mme la Présidente, c'est très fréquent.
M. Messier
(Martin A.) : Et la seule chose, c'est...
Mme Laforest :
Avec plus ou moins de bonnes informations, c'est quand même fréquent?
M. Soucy (Robert) : C'est quasiment la coutume, là. C'est que,
malheureusement, aujourd'hui, si quelqu'un veut déposer un rapport de médecin, la
partie adverse peut s'opposer parce
que ça se trouve à être du ouï-dire, on rapporte les paroles de quelqu'un devant le tribunal. Puis ce
qui arrive, c'est que les médecins, ils se présentent très, très, très rarement
devant la cour, ça, c'est un fait. Mais on
voit ça parce qu'aujourd'hui il y a beaucoup de causes concernant l'humidité
dans les logements, puis les problèmes respiratoires, puis ainsi de suite.
Donc, c'est là surtout qu'interviennent les médecins, et on a besoin un peu plus d'éclairage, là, sur leurs
billets qu'ils font parce qu'on a besoin des questions, de savoir est-ce que
ça fait longtemps que vous traitez cette personne-là, quel examen que vous avez
passé, pourquoi vous dites telle chose parce
que des fois c'est un peu laconique, puis ils tirent des conclusions qu'on ne
sait pas où est-ce qu'ils prennent les éléments pour tirer ces
conclusions-là.
Mme Laforest :
C'est bon. Merci beaucoup.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Je cède la parole au député de Beauce-Nord.
M. Provençal :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, je vais me référer à votre document,
point 6, qui fait référence à un
nouvel article, l'article 56.2, dans le projet de loi, qui introduit
l'obligation de déposer une preuve de notification au défendeur dans les 30 jours du dépôt de la
demande, sauf dans certains cas, bien entendu. Et, quand je lis ça, là, vous
semblez être soit sceptiques ou, en tout cas, vous envisagez des difficultés
dans l'application de cette mesure-là. Pourriez-vous me donner plus d'explications,
s'il vous plaît?
M. Messier (Martin A.) : Bien, en fait, Mme la Présidente, cette mesure-là
va demander pour plusieurs propriétaires une organisation de travail,
une organisation de documents qui n'est pas toujours simplement à leur portée,
donc ça va demander une éducation. Il va également falloir voir de quelle façon
on va les transmettre. Évidemment, on va les accompagner dans ça, mais notre
inquiétude est quant au fait que le dossier soit fermé sans rappel. On a
beaucoup, Mme la Présidente, de très petits
propriétaires qui ont peu de moyens administratifs et qui vont avoir de la
difficulté. Je suis convaincu que le
tribunal du logement va informer les gens du processus, mais il va quand même y
avoir des situations où ces documents-là ne seront pas produits et où un
rappel administratif, selon nous, est pertinent.
Présidente (Mme Dansereau) : Est-ce que vous avez d'autres
questions? Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Laforest :
Oui, certain, j'ai plein de questions. En fait...
La Présidente
(Mme Dansereau) : Il reste 2 min 30 s.
Mme Laforest :
Oui, je vais y aller rapidement. Votre point à la fin, vous parliez des travaux
majeurs, j'aimerais ça vous entendre
par rapport, justement, à l'augmentation du prix du loyer. Est-ce que je peux
vous entendre par rapport à ça?
M. Messier (Martin A.) : Oui, certainement, Mme la Présidente. Sur les
travaux majeurs, pour nous, actuellement, la méthode est périmée. La méthode prévoit que, dans l'attribution du montant d'augmentation de loyer à chaque année, on utilise les certificats de dépôt à terme sur cinq
ans des institutions financières, ce qui nous donnait, l'année dernière... et on
ajoute 1 %, ce qui nous donnait du 2,7 %. Évidemment, quand on dit ça
à un propriétaire, d'abord, s'il a de l'argent dans son tiroir puis qu'il n'est pas obligé de le financer,
ce n'est déjà pas beaucoup, et là je prends de l'argent qui traîne dans un
tiroir ou dans un compte qui ne rapporte rien. Mais, dès qu'il y a des enjeux
financiers, et c'est le cas, Mme la Présidente, où il faut financer ces montants-là, puis là je dis à quelqu'un :
Tu vas emprunter, puis on va te donner 2,7 % de rendement pour refaire un toit, par exemple, mais le toit va
être largement fini avant qu'il ait eu le temps de penser essayer de récupérer
son argent.
fait quoi, Mme la Présidente? Ça fait des propriétaires qui se retrouvent dans
des situations guet-apens. On appelle ça des immeubles culs-de-sac,
c'est un immeuble dans lequel je suis rendu en bout de piste, je n'ai plus rien
à faire avec parce que le fil des années,
les taux qui sont actuellement permis mènent le propriétaire à ne pas être en
mesure d'aller chercher de financement. Moi, j'ai vu des cas, Mme la
Présidente, où on dit au propriétaire : Monsieur, vous êtes... Dans le cas
que j'ai en tête, c'est un professeur d'école, on lui a dit : Monsieur,
même avec vos revenus, je n'ai pas les moyens de vous financer. Votre immeuble,
avec les loyers, commande un prêt que vous avez déjà, je ne peux pas vous refinancer, c'est fini. Alors, qu'est-ce qu'on
fait? Bien, on essaie de tenir l'immeuble le plus longtemps possible, et puis
il finit par devoir ne plus être
utilisable, donc c'est... et c'est cet espoir-là qu'on doit donner au marché de
pouvoir entretenir nos immeubles.
on est rendus à une étape importante où, si on prend l'exemple de la ville de
Montréal hier, qui annonçait la fin du
mazout sur son territoire, ça représente des dépenses importantes : pour
un 20 logements, on avait une soumission de près de 120 000 $ pour faire ces travaux-là. Alors, quand
je le mets dans la machine à 2,7 %, là, j'ai un propriétaire qui est en
crise de nerfs devant moi. Il faut qu'il y ait quelque chose qui soit fait. Il
faut mettre nos immeubles au goût du jour, il faut les rendre efficaces énergétiquement pour notre planète, de
façon sécuritaire... les normes de sécurité incendie, mais il faut
permettre aux propriétaires de respirer dans tout ça, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Merci. Je vais maintenant céder la parole à la
porte-parole de l'opposition officielle. Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel,
vous disposez de 9 min 20 s.
Mme Thériault :
Merci, Mme la Présidente. M. Massé, Me Soucy, Me Lapointe,
bienvenue en commission parlementaire.
Excusez ma voix. Je vais essayer d'être précise sur mes questions, vous laisser
du temps, je vais peut-être en poser plusieurs en rafale.
Je me suis sentie
fortement interpelée, tout à l'heure, lorsque vous avez parlé des médecins, de
la présence des médecins en audience. Vous savez que ma collègue qui est à ma
gauche est avocate, et c'est bien évident qu'à chaque fois qu'on parle de papiers médicaux, de dossiers médicaux, il y a toujours
les questions de protection de vie privée qui soulèvent de grands
questionnements, et je suis consciente que vos formations de juriste aussi
doivent certainement vous interpeler par rapport à ça. Par contre,
je me suis comme dit : Bien, peut-être qu'il y
a quand même des solutions. Vous
savez, moi, je considère que ce que vous demandez, c'est logique, O.K.,
c'est une certaine logique. Tu ne peux pas te fier, juste avec un papier du médecin, que c'est
correct, là, O.K., ça ne marche pas. Si les institutions du Québec comme la Société
d'assurance automobile du Québec ou la CSST, on donnait juste des papiers, ça ne
marche pas, puis que madame a besoin de
se reposer, je ne pense pas que ça serait correct. Ça fait que, techniquement, ces deux organismes gouvernementaux là ont des
formulaires déjà préremplis avec des questions déjà d'établies qui, aussi,
confirment la confidentialité des données, et je me rends compte qu'à la Régie du logement il n'y a
pas de ce type de formulaire là. Je ne crois pas que ça existe à la
Régie du logement, un formulaire type, O.K.
Juste
que vous me suiviez dans mon cheminement, quand tu vas voir le médecin pour un
accident de travail, CSST, ou à la suite d'un accident d'auto, Société
d'assurance automobile, ils ont des formulaires préremplis déjà, à remplir pour dire : Telle affaire, telle affaire,
oui, il y a une colonne cervicale, ci,
ça, c'est arrivé dans tel contexte. Il y a
des questions précises déjà qui sont
posées pour être capables d'enclencher le dossier à la Société d'assurance automobile ou à la CSST. Bien, pourquoi on ne pourrait pas peut-être déterminer par règlement de faire un formulaire préétabli
que, lorsqu'il y a quelqu'un qui
invoque une clause médicale, il n'y ait pas un formulaire de disponible à la
régie qui soit rempli, qui pourrait toucher les questions de
confidentialité de dossiers médicaux puis le respect de la vie privée, mais
qu'on pourrait avoir un complément
d'information avec des questions précises qui pourraient dire : Oui,
effectivement, à cause de telle raison... Il me semble que, peut-être, c'est quelque chose qu'on devrait peut-être
regarder. Puis je le dis bien amicalement, écoutez, je n'ai jamais pensé à ça, sauf que je vous
entendais parler puis je me disais : Bien, c'est sûr qu'il y a une
certaine problématique qu'un médecin dise oui ou non avec un petit
papier, tu sais, ce n'est pas un billet d'absence pour motiver l'absence d'un enfant à l'école, hein, on est dans
une autre catégorie complètement, il s'agit de faire casser un bail. Ça fait que
c'est sûr qu'il y a certaines questions qu'on pourrait peut-être
essayer de regarder avec la régie. Vous pensez quoi de cette idée-là, M.
le président?
M. Messier (Martin A.) : Bien, écoutez, Mme la
Présidente, d'emblée, j'ai toujours
un esprit d'ouverture face à une nouvelle proposition. C'est le cas, ça
mériterait qu'on le regarde.
questions qui me viennent à l'esprit dès maintenant,
c'est d'abord... Évidemment, le formulaire, il y a plusieurs situations
qui peuvent se produire, c'est peut-être plus difficile de prévoir un formulaire adapté,
puis évidemment la personne qui remplit le formulaire peut plus ou moins
détailler, donc c'est... Puis notre système judiciaire... puis je sais que c'est lourd, mais notre système judiciaire, pour
administrer la meilleure preuve possible, demande souvent une preuve contradictoire. Il faut poser des questions
à quelqu'un pour avoir la version, donc c'est... Sûrement
que, par contre, que ce soit
un formulaire... puis je pense que l'idée d'un formulaire ou d'un guide aux
parties qui pourrait être remis au médecin en disant : Écoutez, si on a ces éléments-là, il y a
des bonnes chances qu'on ne vous convoque pas, il y a peut-être,
à ce moment-là, une motivation
supplémentaire, il y a certainement un travail de réflexion à faire autour de
Mme Thériault : O.K. Je
lance l'idée comme ça, là, je n'ai absolument aucune idée si c'est faisable, sauf... C'est
parce que je comprends que de convoquer un médecin à la Régie du logement, ça
doit être pas mal plus difficile que de faire remplir un formulaire, puis on a besoin de nos médecins dans les
cliniques pour être capables de donner des prescriptions, donc je pense
que c'est un peu normal.
Vous
dites, dans votre mémoire : «L'Association des propriétaires [...] est favorable
à la plupart des modifications[...]. Autant
pour les propriétaires que les locataires...» Par contre, vous parlez de
l'enjeu du délai qui est un irritant majeur qui interpelle à plusieurs reprises le Protecteur du citoyen. Hier, on avait
Mme Bourque qui était ici, avec la CORPIQ, qui nous a parlé de son cas. Elle est en cour aujourd'hui, je lui souhaite la plus sincère des chances, ça va prendre presque
deux ans avant d'avoir statué sur la
cause. Je pense qu'on a tous compris qu'il y avait une espèce
d'histoire d'horreur qui se jouait, puis
je suis convaincue qu'il y en a de tous les côtés, autant les locataires que
les propriétaires. Il y a des propriétaires qui ne sont pas toujours
fins puis qui abusent du pauvre monde, mais il y a aussi l'inverse, c'est vrai,
malheureusement, dans notre réalité.
Donc, c'est
sûr que je pense que ce que la ministre vise avec ce qu'on a devant nous, c'est de
réduire les délais le plus possible.
Est-ce que vous êtes confiants que, dans les propositions qui sont déposées
à toutes les étapes possibles, on va vraiment arriver à réduire des délais? Et, si votre
réponse est «oui, peut-être, mais», voulez-vous m'expliquer, s'il y a un «mais», qu'est-ce qu'il manque
pour enlever encore plus de délais?
M. Messier
(Martin A.) : Bien, en fait,
Mme la Présidente, oui, on est confiants que le projet de loi va très loin pour faire
améliorer les choses, améliorer les délais. Évidemment, ça va dépendre
ensuite du nombre de ressources disponibles parce qu'évidemment on a de très beaux principes sur la gestion de
l'instance, et c'est tout à fait rafraîchissant pour un propriétaire d'entendre ça, un cas comme celui
qu'on soulevait, où au lieu d'attendre d'audience en audience, on pourrait
avoir un membre du tribunal qui décide de la
structure de l'audience, qui convient d'un processus qui lie les parties.
Ça se fait dans les autres tribunaux,
et je pense que c'est tout à fait rafraîchissant, mais il faut avoir suffisamment de ressources pour
être en mesure d'administrer ces dossiers-là qui sont, disons-le... c'est des
dossiers qui sont lourds, il y a plusieurs éléments à
régler, donc il faut avoir suffisamment de ressources. Donc, s'il y avait un «mais», Mme la Présidente, ce serait celui-là. Mais en termes de principe, là, la gestion
de l'instance, on accueille ça de façon extrêmement favorable.
Mme Thériault : Parfait. Je comprends que vous êtes au même endroit que la CORPIQ aussi
par rapport à ce qui est
déposé. C'est bien, c'est bon, ça va augmenter l'efficacité de la régie, mais
ça ne règle pas le fond des problèmes par
rapport à, justement, les réparations que les édifices ont de besoin
parce qu'il n'y a aucun programme. Puis c'est sûr que, quand le parc immobilier, il est vieillissant,
qu'il n'a pas été entretenu, bien, on fait face à des grosses, grosses,
grosses, très grosses dépenses, donc on comprend qu'un programme
de subvention éventuel ou une manière d'aider les propriétaires
serait intéressant aussi au niveau du parc locatif.
Dans votre
mémoire, vous dites aussi, à la page 6, que vous êtes en faveur de la
conciliation comme mode de résolution des
différends. Hier, la CORPIQ est venue nous dire : En autant que ce ne soit
pas le régisseur qui fasse la conciliation, parce qu'il pourrait essayer de faire la conciliation,
puis après ça il se ramasse devant le même groupe encore. Est-ce que vous
partagez ce point de vue là, que ça devrait être des personnes différentes des
régisseurs?
M. Messier
(Martin A.) : Bien, tout à fait. Je pense que c'est déjà prévu, en fait, au projet de loi que ce ne soit
pas la même personne. Et j'ai eu l'occasion d'expérimenter avec des
clients des dossiers de conciliation, Mme
la Présidente, et je peux vous dire
que ça a été une expérience extrêmement favorable. Je ne suis pas d'un naturel toujours conciliant,
je dois l'avouer, mais j'ai eu vraiment de bonnes expériences où des
parties qui, avant la conciliation, ne pouvaient tout simplement pas entrer en échange et qui se sont fait une accolade en
sortant de l'audience avec... et ça a été, dans la plupart des dossiers,
une excellente chose de favoriser la communication et permettre... donc je
pense que c'est une excellente nouvelle qu'on mette l'accent sur la
conciliation.
Mme Thériault : Vous avez évoqué, dans votre mémoire, aussi les aspects qui touchent à
la copropriété divise par rapport
à une augmentation potentielle de coûts. Mais on comprend tous qu'à
partir du moment où c'est nos bâtisses, là, si on ne le fait pas puis qu'on
repousse, qu'on repousse, qu'on repousse, on va se ramasser dans le marché du
condo de la même manière que le
marché locatif est présentement, avec zéro rénovations de faites et avec des
immeubles qui ne valent plus rien.
J'entends que
vous êtes préoccupés un peu par le carnet d'entretien qui, par la mise à jour...
parce qu'il faut la mettre à jour aux
cinq ans, peut-être que, si on étalait sur sept ans ou un peu plus tard, qu'on
étirait un peu plus, est-ce que ça ferait votre bonheur pour éviter
d'avoir un impact financier trop important sur les copropriétaires?
M. Messier
(Martin A.) : Mme la
Présidente, je vous dirais qu'effectivement le carnet d'entretien et des
rénovations qu'on doit apporter à un
immeuble détenu en copropriété, c'est absolument essentiel, mais qu'évidemment
ça comporte des coûts qui sont pas nécessairement budgétés. Et on a des gens
qui ont accédé à la propriété en achetant un immeuble en condo, et ce n'est pas toujours facile pour eux.
Il y a des gens qui sont déjà aux prises... Mais il faut faire attention. Je
pense que ça pourrait être une grille ou un délai qui varie selon l'année de
construction de l'immeuble pour nous permettre de ne pas placer des immeubles qui sont déjà dans une
situation difficile de les poursuivre parce qu'on a des choses... puis déjà je
parlais avec des syndicats de copropriété qui ont à vivre avec l'interprétation
que font les assureurs de 1074.2 du Code civil...
La Présidente (Mme Dansereau) :
M. le président, je dois vous couper.
M. Messier (Martin
A.) : Ah! désolé, j'étais parti.
Présidente (Mme Dansereau) : Je cède maintenant la parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition. M. le député de Laurier-Dorion, vous
disposez de 2 min 20 s.
M. Fontecilla : Merci, Mme
la Présidente. Bonjour, merci d'être
ici. Écoutez, je vous entendais être favorable à la procédure de conciliation,
là. Vous l'avez même dit, la grande majorité des cas à la régie, c'est les cas
de non-paiement de loyer. Est-ce que
vous pensez que la procédure de conciliation devrait surtout s'appliquer à...
utiliser la mesure de conciliation afin de trouver une entente de
paiement entre locataire et locateur?
M. Messier
(Martin A.) : En fait, les
cas de conciliation sont normalement des cas qui sont plus lourds, qui impliquent
beaucoup plus de choses, que ce soit du bruit, les conditions du logement, de
l'humidité. Quand c'est une situation de non-paiement
de loyer, c'est un peu simple parce
que je ne peux pas établir de séance
de négociation. Il faudrait que j'aie la possibilité d'étaler mes taxes, mes impôts, mon
hypothèque en même temps parce que le propriétaire est souvent coincé entre le revenu et l'obligation de payer, et donc,
pour le loyer, il y a plusieurs propriétaires qui vont le faire
d'emblée. Donc, si un locataire
dit : J'ai des difficultés, notre but, ce n'est pas d'évincer les gens,
là, c'est d'essayer de les garder en place. Mais en situation de non-paiement de loyer, il y a
urgence, il faut que le propriétaire reçoive ses sommes parce que
c'est lui qui avoir un avis de la banque. Donc, ce n'est peut-être
pas l'endroit pour la médiation, à moins qu'il y ait un ensemble de
choses qui justifient... je ne sais pas, un
locataire qui ne paie pas son loyer parce
qu'il y a un ensemble de situations, là ça le justifie, mais en
médiation, normalement, c'est des cas beaucoup plus lourds.
M. Fontecilla : Donc, est-ce
que vous pensez que les ententes de paiement devraient se faire devant la
régie?
M. Messier
(Martin A.) : Bien,
normalement, la position du... déjà les délais sont assez longs pour les
propriétaires, bon, moins longs qu'à
plusieurs endroits dans le monde, mais assez longs. Donc, si on fait une
demande à la Régie du logement, actuellement, il faut attendre que le
loyer... en résiliation du bail, il faut que j'attende trois semaines. Je vais
avoir une audience quatre à huit semaines plus tard, je vais avoir ma décision
deux semaines plus tard qui, elle, va prévoir entre 10 et 30 jours. Donc, vous voyez, il y a un processus déjà qui
prend plusieurs mois. Et, si vraiment quelqu'un a une difficulté
temporaire et un intérêt pour offrir ou négocier, selon nous, il a amplement le
temps de le faire dans cette période-là.
M. Fontecilla :
Et concernant la question de l'accompagnement ou l'assistance, vous demandez à
ce que ce soit resserré comme définition?
La Présidente (Mme Dansereau) :
Merci. Je m'excuse, je dois maintenant céder la parole au porte-parole du
troisième groupe de l'opposition. M. le député de Rimouski, vous disposez de
2 min 20 s.
M. LeBel :
Merci. Bonjour. Vous, si vous aviez à aller devant le tribunal en audience,
est-ce que vous aimeriez mieux être là en direct avec le juge ou y aller
par visioconférence, si vous avez le choix?
M. Messier
(Martin A.) : Ça dépend des
situations. Je vous dirais qu'il y a des situations qui parfois sont assez simples, et puis je prends des exemples où, par
exemple, en fixation de loyer aussi, je suis en mesure de transmettre les
documents, parce que des fois ça peut
être assez volumineux, je n'ai pas du tout besoin d'être là. En non-paiement de
loyer, je n'ai pas du tout besoin d'être là.
M. LeBel : Est-ce que c'est
mieux en direct ou en visio?
M. Messier (Martin
A.) : Souvent, ce serait mieux en visio pour les parties, en
fait, oui.
M. LeBel : Ce serait mieux en
visio qu'avoir le juge devant vous qui peut voir les gens, qui peut entendre
les personnes?
M. Messier
(Martin A.) : Pour les cas
simples, oui. Pour les cas compliqués, je
pense qu'il y a... puis le projet de loi le prévoit, là, que je juge peut décider de convoquer les parties. Il y a
des cas compliqués où il faut évaluer la crédibilité des témoins, voir un peu leurs réactions, et à ce moment-là, bien, évidemment, comme je suis peut-être un peu
plus âgé, j'aime bien la présence physique, dans ces cas-là.
M. LeBel : Bien, moi, ça m'intéresse, là, mais je suis content d'avoir votre opinion là-dessus.
Parce que, là, les régions éloignées, on a l'air à vouloir les
visioconférencier, là, ça fait que je ne suis pas à l'aise avec ça. Déjà que je
ne suis pas à l'aise avec le concept «régions éloignées», je ne suis pas plus à
l'aise avec le concept «régions conférenciées».
L'autre
affaire, c'est le dépôt garanti. Pour les personnes qui vivent sous le seuil de
la pauvreté, qui ont déjà de la
difficulté à arriver puis à se trouver des logements convenables, est-ce que
vous pensez que l'arrivée d'un dépôt garanti va aider à l'accès au
logement de ces personnes-là?
M. Messier (Martin
A.) : Bien, effectivement, ça fait partie, Mme la Présidente,
d'une préoccupation. Il faut arriver avec
une méthode qui permettra... et on avait discuté, dans le passé, même d'un
dépôt progressif où il y aurait une somme mensuelle qui s'accroît jusqu'à un
objectif visé. Bien, évidemment, il faut qu'il y ait une solution pour les gens
qui ont peu de moyens pour que, si on
démarre la roue, il faut la démarrer d'une façon à ne pas écraser personne, Mme
la Présidente.
M. LeBel :
Hier, la CORPIQ disait : Peut-être que ce serait à l'État de payer le
dépôt garanti. Pensez-vous que c'est une façon de voir?
M. Messier (Martin
A.) : Ça pourrait être une possibilité à explorer, mais je
pense qu'il y a moyen d'aménager avec
différentes solutions, notamment un dépôt graduel, une somme. Et puis, quand on
parle de dépôt de garantie, là, je ne suis
pas obligé d'avoir six mois de loyer dans le compte de banque. Dès qu'il y a
une somme nominale qui permet aux gens d'avoir un intérêt... désolé.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Je vous remercie.
M. Messier (Martin A.) : Je suis
facile à partir comme ça.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Je vous remercie de votre contribution aux
travaux de la commission.
suspends les travaux pour quelques instants. On va permettre au prochain groupe
de prendre place. Merci à vous.
(Suspension de la séance à
12 h 17)
La Présidente
(Mme Dansereau) : Nous reprenons nos travaux. Je souhaite la
bienvenue à l'Association professionnelle
des courtiers immobiliers du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, puis
nous procéderons à la période d'échange avec les membres de la commission. Je
vous invite donc à vous présenter puis à commencer votre exposé.
Mme Bégin
(Nathalie) : Mme la Présidente, Mme la ministre, Mmes
et MM. les députés, au nom de l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, j'aimerais vous
remercier de nous offrir l'opportunité de nous exprimer aujourd'hui lors des consultations particulières.
Je me présente, je suis Nathalie Bégin, présidente du conseil d'administration
de l'association, ma collègue, Anouk Vidal,
qui est vice-présidente du conseil d'administration, et Mme Martine
Bélanger, qui est notre directeur général du bureau de Québec.
L'Association
professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, c'est une association à
but non lucratif qui a été formée le
1er janvier de cette année à la suite d'une fusion des chambres immobilières du
Grand Montréal, de Québec et des Laurentides. On représente aujourd'hui plus de
12 000 membres à travers la province de Québec et 740 agences immobilières, soit plus de 90 % de tous les
courtiers immobiliers de la province de Québec. L'Association professionnelle
des courtiers est responsable de promouvoir
et de défendre les intérêts en tenant compte des enjeux auxquels est exposée
la profession du courtage immobilier et des
diverses réalités professionnelles et régionales de ses membres. Nous
contribuons aussi à la mise en place des mesures favorisant l'accès à la
propriété.
L'association a deux
filiales. On a la Société Centris, qui offre une gamme complète de solutions et
d'outils technologiques pour les courtiers immobiliers et ses membres, et on a
également le site centris.ca, que beaucoup d'entre vous connaissent, et qui est le site en immobilier le plus vu à travers
le Québec. On a également la deuxième filiale, qui est le Collège de
l'immobilier du Québec, qui accueille les futurs professionnels en courtage
immobilier.
Les premières
dispositions législatives sur la copropriété divise au Québec ont vu le jour il
y a plus de 50 ans, et la réalité de
l'immobilier a considérablement évolué depuis, alors que le droit s'est vu peu
modifié, voire inchangé. Le projet de loi répond donc à l'évolution que
connaît le parc immobilier du Québec et aux réclamations des acteurs du milieu. L'inspection en bâtiment et la gestion de
la copropriété sont des activités qui sont primordiales pour la santé de
l'industrie immobilière et ont une incidence importante sur les activités
professionnelles des courtiers immobiliers qui sont membres de notre association. L'association appuie donc avec
enthousiasme la mise en place d'un encadrement qui est adapté de ses
activités et inscrit ses commentaires dans cette perspective. L'encadrement de
l'inspection en bâtiment est au coeur des
préoccupations de l'association professionnelle et de ses membres. Elle est primordiale,
puisqu'elle permet à toutes les
parties, soit les courtiers immobiliers, les acheteurs et les vendeurs, de
réaliser une transaction de façon éclairée, avec la meilleure connaissance possible de l'état de l'immeuble qu'ils
convoitent. Nous considérons celle-ci problématique dans sa forme actuelle en raison du manque
d'uniformité dans les compétences et l'expertise des inspecteurs et de
l'inconstance des rapports d'inspection.
projet de loi n° 16 introduit plusieurs amendements à la
Loi sur le
bâtiment afin d'offrir une première tentative d'encadrement des
inspecteurs. Actuellement, lors de fautes de la part d'un inspecteur en
bâtiment, c'est généralement, malheureusement,
l'acheteur qui en subit les conséquences. L'inspection est une
partie intégrante
du processus de vente d'une
propriété, c'est donc essentiel qu'une décision aussi importante soit basée sur
une inspection de qualité fournissant des
informations justes, vérifiables et comparables. Nous croyons que les
modifications proposées par le gouvernement sont un premier pas dans la bonne direction, mais nous croyons qu'il est
possible d'aller plus loin pour assurer un service de qualité aux
acheteurs et aux vendeurs.
Premièrement,
l'association considère que les inspecteurs en bâtiment devront répondre à
certaines exigences pour pouvoir
exercer leurs fonctions. Celles-ci devraient avoir pour principal objectif de
protéger les clients, en plus d'amener une
uniformisation des pratiques. Nous recommandons au gouvernement de s'inspirer
des exigences de la Loi du courtage immobilier au Québec pour la
recommandation d'un inspecteur en bâtiment.
plus, l'association recommande aussi une formation uniforme et obligatoire qui
permettrait d'assurer un certain standard dans l'exercice de la profession.
La formation déjà offerte par certains établissements, déjà reconnue par le ministère de l'Éducation, pourrait servir de base
pour l'élaboration de critères de formation. Cette formation serait accompagnée d'un examen uniforme à travers les
différents programmes d'études existants à travers la province, et la réussite de cet examen serait obligatoire pour
l'obtention d'un certificat. Finalement, il faudrait assurer la formation
continue des inspecteurs, notamment en fonction de l'évolution fréquente
du code du bâtiment.
En plus de rendre le rapport d'inspection
obligatoire, on croit que la standardisation s'impose au niveau du contenu et
de la forme de celui-ci. Notre expérience nous démontre que le rapport final a
tendance à varier grandement en fonction de l'inspecteur
et des firmes. Et la mise en place de normes de rédaction et d'un contenu pour
les rapports d'inspection permettra d'uniformiser les services rendus tant aux
acheteurs et aux vendeurs québécois.
Contrairement
à certaines autres organisations, nous ne plaidons pas pour l'inspection
obligatoire, mais souhaitons vivement un standard de compétences chez les
inspecteurs. Toutefois, nous ne sommes pas en désaccord avec le fait de rendre l'inspection obligatoire pour les bâtiments
qui seraient construits... de plus de 20 ou 25 ans. Et, si le gouvernement
venait à rendre obligatoire l'inspection
préachat, nous souhaitons que certains types d'acheteurs puissent être
exemptés, c'est-à-dire, par exemple,
ceux qui devraient construire des propriétés et qui prévoient déjà à l'avance
de rénover pour plus de 50 % de
l'immeuble ou pour des compagnies qui font souvent l'acquisition de propriétés,
qui ont déjà de l'expertise en construction, etc., elles ne devraient
pas être obligées, à ce moment-là, de se soustraire à cette obligation.
Une lacune du
projet de loi est certainement le manque de précisions quant au processus des
plaintes et de contestation auprès de
la Régie du bâtiment. On demande donc au gouvernement de s'assurer que celle-ci
mette en place un processus formel et
simple pour le dépôt des plaintes et des contestations par les consommateurs,
en plus d'un processus d'enquête efficace pour garantir un suivi
efficient.
Maintenant, concernant l'encadrement des
copropriétés, c'est impossible de nier la popularité grandissante des copropriétés au Québec, qui représentent 24 %
des ventes en 2018 au niveau de l'association et 50 % des parts de marché
dans la grande région de Montréal. Ce nouvel
encadrement là va donner non seulement une valeur ajoutée aux yeux des
acheteurs, mais va permettre également aux courtiers de remplir plus
efficacement leur devoir de vérification.
transparence quant à la consignation des documents rayonne dans le projet de
loi, et les mesures qui s'y rattachent sont
très bien accueillies par l'association. Comme la vérification diligente est le
devoir premier des courtiers immobiliers, un resserrement des règles en matière de documentation est plus que
bienvenu. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il peut être ardu d'obtenir les documents nécessaires de la
part des syndicats de copropriété pour fins de transaction et de déterminer
la justesse, surtout, de l'information
reçue. C'est aussi difficile d'obtenir ces mêmes documents de certains
gestionnaires de copropriété, puisque
souvent ils ne travaillent pas nécessairement à temps plein sur la gestion d'un
seul immeuble. Ça peut considérablement ralentir les processus d'achat
ou de vente, surtout dans un marché immobilier aussi effervescent que ce que l'on vit actuellement au Québec. De plus,
la non-consignation standardisée des documents peut mettre la transaction
immobilière à risque d'échouer lorsque les
courtiers effectuent leurs activités avec des données erronées et ainsi
agissent involontairement à l'encontre des intérêts de la protection de
leurs clients.
Donc, un canal de communication efficace entre
les courtiers et les conseils d'administration, c'est une source d'assurance pour les clients sur l'état de la
gestion de la copropriété tant au niveau de l'immeuble que du syndicat. On
croit toutefois qu'il est possible de faire plus et mieux en instaurant
un registre commun obligatoire et standardisé pour toute documentation relative aux copropriétés et leur
gestion. Ce type de registre là qui pourrait se trouver sur une plateforme
numérique, par exemple, serait facilement accessible, devrait permettre aux
copropriétaires, aux courtiers immobiliers, les promettants-acquéreurs et les notaires d'accéder à l'information en
temps réel. Son coût d'implantation devrait être aussi modique en plus
d'assurer la sécurité des informations, et la délivrance de ces informations
devrait même être systématique.
Concernant l'obligation de mettre en place un
carnet d'entretien produit dans le projet de loi, actuellement les informations sur l'entretien d'un immeuble peuvent
être difficiles à obtenir, et la tenue du carnet peut varier considérablement,
surtout dans les petites copropriétés. Notre
association soutient entièrement l'initiative servant à rendre plus accessible
et juste l'information capitale pour la gestion de l'immeuble. Il est
particulièrement important pour les courtiers immobiliers d'avoir accès
à ce type d'information pour faire connaître à leurs clients les dépenses
associées à la propriété. Nous recommandons aussi au gouvernement d'uniformiser
au maximum la forme, le contenu et les modalités de cette liste.
L'association
souhaite aussi saluer l'obligation de l'étude de fonds de prévoyance avancée
dans le présent projet de loi et on
encourage fortement le gouvernement à mettre en place un standard d'étude de
prévoyance qui permettrait au public et aux acteurs du milieu de pouvoir
analyser facilement la situation financière d'une copropriété. Nous croyons aussi qu'il est important pour les gouvernements
de statuer sur les professionnels qui pourront s'acquitter de cette tâche-là.
Il est essentiel que ceux-ci possèdent les
connaissances et l'expertise nécessaire, autant du côté financier que de la
gestion des propriétés, pour effectuer cette étude-là. Nous recommandons donc
de baliser la certification des professionnels responsables des études
de fonds de prévoyance afin de s'assurer de leur compétence et de la justesse
de l'information.
Nous pensons
que des mesures visant à rendre obligatoire la formation pour les administrateurs
et les gestionnaires de copropriété
devraient se trouver dans le projet de loi. Un lien efficace entre les
courtiers et les administrateurs ainsi que l'accessibilité aux documents
de copropriété sont des éléments primordiaux aux activités de courtage. En
obligeant les administrateurs bénévoles de
copropriété à suivre une formation de base, on pourrait les responsabiliser
quant à leurs rôles, leurs obligations et les différentes actions
légales et administratives.
Tout comme le Regroupement des gestionnaires en
copropriété du Québec, nous recommandons une formation simple, rapide et qui peut s'effectuer à distance. Pour ce qui est des
gestionnaires de copropriété, le caractère professionnel de leur rôle les distingue des administrateurs, et
c'est pourquoi on croit que des mesures distinctes devraient leur être
imposées. Nous proposons que les
gestionnaires de copropriété soient encadrés au même
titre que les inspecteurs
en bâtiment par un organisme désigné par le gouvernement à l'instar
d'autres provinces canadiennes. Merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Je vous remercie, Mme la présidente,
pour votre exposé. Nous allons maintenant débuter la période d'échange.
Mme la ministre, la parole est à vous, vous disposez de 15 minutes.
Mme Laforest :
D'accord. Alors, bonjour. Bienvenue,
hein, je suis très heureuse de vous rencontrer. On a parlé beaucoup
de vous dans le projet de loi, évidemment, avec des causes que les acheteurs ont vécues,
des causes que ça a été très positif, et aussi ça a été négatif après
certains achats.
J'ai une question,
simplement parce
que vous plaidez pour que
l'inspection ne soit pas obligatoire,
puis j'aimerais vous entendre. Parce qu'étant donné que, justement, on a
tellement entendu de causes et de cas qui ont été difficiles à traiter,
je voudrais vous entendre là-dessus, je ne comprends pas pour quoi vous
plaidez.
Mme Bégin
(Nathalie) : En fait, ce qu'on dit, c'est que, si le gouvernement veut
le faire, on mettrait des restrictions, dans le sens qu'il y a des groupes d'acheteurs qui, sincèrement, n'en
ont pas besoin, et on en a beaucoup, de ça, principalement dans la grande région de Montréal. Ça fait que, si
le gouvernement voudrait le rendre obligatoire au niveau de l'inspection,
comme on a dit dans notre rapport, dans le mémoire, on n'est pas contre, mais
par contre il faudrait faire des exceptions parce
qu'il y a beaucoup, beaucoup de compagnies, d'entrepreneurs, de spécialistes de
la construction qui sont acquéreurs de
propriétés puis de leur imposer une surcharge additionnelle au niveau de
l'achat, de l'inspection... ils sont eux-mêmes des professionnels dans
le domaine, c'est plus à ce niveau-là.
Mme Laforest :
Si eux sont professionnels dans le domaine, est-ce que, là, on ne parle pas d'un
conflit d'intérêts? Est-ce qu'on ne parle pas des entrepreneurs qui sont
en même temps inspecteurs? Expliquez-moi, voir.
Mme Bégin
(Nathalie) : Oui, bien, c'est parce qu'en fait la personne qui achète,
souvent, au niveau de l'immobilier, qui
va décider d'acquérir des maisons qui ont besoin de beaucoup de rénovations,
qui vont changer le statut de l'immeuble... Même, par exemple, ça se voit
beaucoup dans la grande région de Montréal, les gens vont acheter un triplex
pour pouvoir éventuellement le transformer
en copropriété, et là, à ce moment-là, la personne qui va acheter va tout
changer au complet de la maison. Donc, lui, dans ses prévisions, quand il
achète, l'inspection en bâtiment, de toute façon, n'est vraiment pas nécessaire parce qu'il va tout enlever. C'est pour
ça qu'on disait : soit un ratio de 50 % et plus qui pourrait être
modifiable, mais en même temps, si on
change le statut de l'immeuble, si la personne qui achète foncièrement est pour
tout stripper au niveau de la maison,
l'inspection n'a rien à voir là-dedans parce que c'est des gens qui sont dans
le domaine, qui vont investir et qui ont les moyens financiers pour
pouvoir faire les travaux, et c'est déjà prévu lors de l'achat.
Mme Laforest :
O.K. O.K., parce que ça... ça me questionne quand même. Moi, au niveau des
questions, j'aimerais ça laisser du temps à mes collègues, bien entendu. Je
suis quand même... je suis très heureuse de voir que vous êtes en faveur du projet de loi. Puis je vous écoute, vous
avez l'air très, très, très efficace, très rapide, alors vous devez être
heureuse que le projet de loi soit
arrivé rapidement comme ça. Je vous en remercie beaucoup, merci de l'appui,
puis je vais laisser la parole à mes collègues.
La Présidente
(Mme Dansereau) : O.K. J'inviterais la députée de Labelle.
Mme Jeannotte :
Merci, Mme la Présidente. Tout d'abord, je tiens à souligner la qualité du
mémoire. Vraiment, c'est vraiment
incroyable, les recommandations, vous avez été en profondeur, c'est très, très,
très intéressant. Juste pour aider peut-être la ministre, avant d'aller
plus loin dans la... moi, j'aimerais parler du fonds de prévoyance, mais juste vous réentendre sur l'explication que vous avez
donnée. Dans le fond, là, ce que je comprends de l'explication que vous avez donnée à la ministre, c'est que l'inspecteur
en bâtiment, là, ce n'est pas pertinent pour certaines choses, c'est ça que
vous dites, dans le fond, puis ça va être de la paperasse pour rien. C'est ça
que vous dites, dans le fond.
Mme Bégin
(Nathalie) : Mme la Présidente, encore une fois, pour préciser
vraiment, c'est que l'inspection en bâtiment, on n'est pas contre de la rendre obligatoire, mais il y a des catégories
d'acheteurs assez nombreux qui, volontairement, n'ont pas besoin parce qu'eux-mêmes sont des
spécialistes dans le domaine et ils achètent dans une volonté de vouloir
changer le statut, d'investir des
gros montants. Alors, pour lui, le rapport d'inspection... il sait déjà ce
qu'il a à faire dans l'immeuble.
Mme Jeannotte :
Puis par ailleurs le projet de loi n° 16 prévoit que
le vendeur doit remettre au promettant-acheteur l'attestation sur l'état des
finances du syndicat et sur l'état de l'immeuble et que le promettant-acheteur
peut demander au syndicat de lui fournir avec
diligence les renseignements concernant l'immeuble et le syndicat. Tant que
toutes les copropriétés n'auront pas
d'étude de fonds de prévoyance, il est possible que l'attestation sur l'état
des finances du syndicat et l'état de
l'immeuble ne reflète pas la réalité. Le cas échéant, et je pense que vous avez
donné des exemples là-dessus, est-ce qu'il
n'y aurait pas lieu de prévoir des mesures transitoires relativement à
l'application de ces dispositions? Qu'est-ce que vous en pensez?
Mme Bégin
(Nathalie) : Mme la Présidente, effectivement, ça pourrait être une
porte de sortie, effectivement, de pouvoir le faire, pour répondre à
votre question, ce serait un enjeu intéressant.
Mme Jeannotte :
Bien, vous n'avez pas d'exemple concret là-dessus?
Mme Bégin
(Nathalie) : Bien, écoutez, c'est sûr et certain que, quand on impose
des mesures, que c'est très rapide, ça
a des conséquences, souvent, dépendamment du type de propriété et du type de
vendeur, un peu comme nos collègues précédents
ont mentionné à certains niveaux sur un autre sujet. Alors, des mesures
transitoires pour être sûr et certain, une... quelque chose d'intéressant pour,
justement, ne pas coincer les gens qui vont peut-être avoir de la misère,
justement, à faire ce qu'ils ont à faire.
Mme Jeannotte :
D'accord. Ça va.
Présidente (Mme Dansereau) : Il reste encore 10 minutes.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui, je vous donne la parole.
M. Thouin :
Donc, bien, bonjour. En fait, c'est en lien avec vos recommandations 4, 5, 6,
7, le projet de loi prévoit une période de
transition de trois ans pour permettre aux
syndicats de copropriété d'obtenir une étude de fonds de
prévoyance et le carnet d'entretien. Il
prévoit également que les copropriétés auront 10 ans pour
s'assurer de bien capitaliser et que les sommes qui sont nécessaires
dans le fonds de prévoyance, là, seront suffisantes.
question : Est-ce
que, selon vous, ces périodes de
transition sont convenables, selon ce que vous connaissez, là, du marché? Est-ce qu'elles devraient être plus longues, plus courtes, selon ce que vous voyez, évidemment,
là, du marché? Qu'est-ce que vous pensez de ça, les deux périodes de
transition, là?
Mme Bégin
(Nathalie) : En fait, il y en a
jamais, d'idéal pour les gens, Mme la
Présidente, parce que,
dans certaines catégories, il y aura toujours des gens qui vont dire que ce
n'est pas assez long, puis il y aura toujours des gens qui vont dire que c'est
trop. Alors, c'est sûr et certain que ceux qui vont avoir plus de difficultés,
c'est les plus petites copropriétés. Au
niveau du courtage immobilier — je suis moi-même courtier sur le
terrain — c'est
certain que les petites copropriétés, présentement,
puis c'est pour ça qu'on salue le projet, ça va les aider à mieux s'encadrer.
Mais ça va être encore difficile parce
que, souvent, ils n'ont pas beaucoup de moyens, le désir d'implication n'est
pas là, d'où la recommandation qu'on a faite au niveau de la formation
pour pouvoir conscientiser les gens au niveau de la copropriété, à leur
implication, leurs obligations légales, etc.
Ça fait que les délais, pour répondre à votre question, selon l'association, ça
pourrait être un délai qui est acceptable, mais on va avoir quand même,
sur le terrain, des difficultés, puis ça, je vous le confirme.
M. Thouin :
Sans être parfaits, les délais seraient acceptables, selon vous, dans les deux
cas.
Mme Bégin
(Nathalie) : Il faut partir à quelque part.
M. Thouin :
part là. Merci, c'est gentil.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Je cède la parole au député de Beauce-Nord.
M. Provençal :
Mme la ministre aurait peut-être une question.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Mme la ministre, est-ce que...
Mme Laforest :
O.K., bien, moi, j'ai une question, en fait. Au niveau de la qualification des
inspecteurs en bâtiment, d'après vous, pour ceux qui n'ont pas la
formation, pour ceux qui ne voudraient pas faire la formation, au niveau de la
reconnaissance des acquis, comment vous percevez ça?
Mme Bégin
(Nathalie) : Oui, Mme la Présidente, en fait, ça, c'est le plus gros
point qu'on est très inquiets. En fait,
je vous dirais que, pour nous, là, on l'a mentionné dans le mémoire, ça serait
essentiel que ceux qui sont déjà sur le terrain, présentement, qui ne sont pas membres d'un ordre professionnel
déjà, comme l'Ordre des ingénieurs, l'Ordre des architectes, qui ont ont déjà, présentement, vraiment, des
qualifications et des plans par rapport à ça, que ceux qui ne se sont pas là, qu'il y aurait une mise à niveau
obligatoire pour les gens de terrain, présentement, et un examen pour vérifier
parce que, justement, c'est la
problématique qu'on a présentement, je vais être très honnête, pour être
courtier sur le terrain, ce n'est pas avec l'Ordre des ingénieurs ou avec les
ingénieurs ou les architectes, c'est les autres. Alors, c'est là qu'il faudrait
vraiment qu'il y ait un resserrement au niveau du projet de loi et les encadrements
soient là.
Mme Laforest :
O.K. Il doit me rester un peu de temps aussi?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Oui, il vous reste sept minutes.
Mme Laforest :
J'ai une autre question à savoir... Parce que, dans le projet de loi, c'est
certain qu'on s'est posé la question
à savoir si on obligeait l'inspection du bâtiment avant achat, puis on se
disait : On n'a jamais assez d'inspecteurs formés au Québec pour obliger ça. Est-ce que vous êtes d'accord aussi
avec ça? Puis, d'après votre pratique, si on avait obligé ça tout de
suite en partant, on doit obliger l'inspection, la réception aurait été
laquelle?
Mme Bégin
(Nathalie) : Bien, Mme la Présidente, juste dans les moments où on
sait... Au niveau du domaine de l'immobilier, présentement, là, c'est le gros,
gros temps, là, alors tous les courtiers sont très, très, très occupés, et présentement c'est extrêmement difficile, même
sans avoir l'inspection obligatoire, d'avoir parfois un inspecteur en bâtiment
pour venir inspecter nos maisons. Souvent,
nos acheteurs qui font affaire avec un inspecteur, il n'est pas disponible, ça
fait déjà des délais, ça fait que c'est déjà une problématique. Ça fait que,
moi, c'est sûr que j'ai une inquiétude par rapport à ça, pour comment on va gérer ça, parce qu'il y a...
c'est certain que, selon moi, présentement, à l'heure actuelle, il n'y a pas assez
d'inspecteurs pour répondre à la demande si on rend ça obligatoire.
Mme Laforest :
O.K. Je peux poser une autre question?
La Présidente
(Mme Dansereau) : Bien oui, vous avez encore six minutes.
Mme Laforest :
Au niveau, justement, du carnet d'entretien, j'aimerais ça vous entendre par
rapport à la grandeur des copropriétés ou le nombre de copropriétés.
Est-ce que vous voudriez que le carnet d'entretien soit uniforme?
Mme Bégin
(Nathalie) : Mme la Présidente, bien, uniforme dans son contenu, oui,
parce qu'en fait... puis je vais vous donner la raison, c'est très simple. Tous
les documents qu'on reçoit, présentement, comme courtiers immobiliers, où on doit faire la vérification, naturellement le
courtier doit l'analyser, mais, quand on le présente à l'acheteur, il doit être
en mesure de le comprendre aussi. Puis ça,
c'est une des problématiques qu'on a, présentement, parce que vu que
l'information n'est pas uniforme d'un à l'autre, c'est très difficile pour nos
clients de pouvoir s'y retrouver là-dedans, puis ce n'est pas tout le
monde, naturellement, qui a le même niveau de compréhension. Alors, c'est pour
ça qu'on demandait ça.
niveau du carnet comme tel, est-ce qu'on irait de toutes les catégories au
niveau des petites copropriétés? C'est un
peu ça, votre question? Bien, écoutez, c'est sûr et certain que, pour nous,
idéalement, s'il l'avait partout, on serait très heureux comme association parce que, que ça soit une petite copropriété
ou une mégacopropriété de 50, 100 unités, les acheteurs veulent quand même savoir ce qu'il y a à
faire sur la propriété, alors donc c'est toujours une inquiétude. D'ailleurs,
quand il y a une transaction puis que nos membres font une transaction, nos
membres courtiers avec un client, une des premières
questions, c'est : Va-t-il y avoir des dépenses à venir dans le futur?
Combien ça va coûter? Et est-ce que ça va avoir un impact sur une future cotisation spéciale qui peut venir
complètement débalancer le budget mensuel d'une famille? Alors, donc,
c'est sûr, que ça soit petit ou grand, pour nos membres, eux, ça serait idéal
d'en avoir un. Là où est-ce qu'on
s'entend, c'est peut-être
les délais qui pourraient être différents, la petite copropriété pourrait peut-être
ne pas avoir un délai de cinq ans pour pouvoir le mettre à jour parce qu'il y a moins de travaux ou des choses comme ça peut-être,
mais le contenu ou l'information, que ça soit petit ou grand, l'acheteur
veut l'avoir, la même information.
Mme Laforest :
O.K., dernière question vite, vite, vite, si j'ai le temps.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Non, vous avez encore quatre minutes.
Mme Laforest : Oui? Ah mon Dieu! Je vais prendre mon temps! Non.
Quand on va, admettons, obliger l'inspection obligatoire, quand l'inspection va être obligatoire, en fait,
croyez-vous qu'il va y avoir plusieurs courtiers immobiliers qui
pourraient être inspecteurs en même temps? Est-ce que vous avez pensé qu'il y
aurait conflit d'intérêts? Est-ce qu'un courtier immobilier pourrait être
inspecteur en bâtiment en même temps?
Mme Bégin
(Nathalie) : Mme la Présidente, je vous répondrais que non et, comme
présidente d'association, je vais me lever très, très haut si cette pratique-là
commence parce que, selon moi, il y a conflit d'intérêts total à ce niveau-là.
Alors, donc... et, dans notre milieu,
présentement, je vous dirais que je n'en vois pas vraiment qui font les deux.
C'est vraiment deux choses
différentes, puis souvent ils choisissent un ou l'autre. Alors, ce n'est pas
une pratique, présentement, et ça n'en deviendra pas une.
Mme Laforest :
Mais on a des entrepreneurs qui sont aussi inspecteurs, à ce moment-là, ça fait
que c'est pour ça qu'il faut faire attention
au niveau des conflits d'intérêts. C'est pour ça que je voulais savoir votre...
Ça fait que vous n'avez aucune crainte avec cette...
Mme Bégin
(Nathalie) : Non, Mme la Présidente.
Mme Laforest :
Mme la présidente, merci.
Présidente (Mme Dansereau) : Vous avez encore
2 min 44 s. Je peux céder la parole à la députée de Labelle,
allez-y.
Mme Jeannotte :
Je voulais juste, s'il vous plaît, vous réentendre sur l'organisme, là.
«Mandater un organisme pour l'encadrement des gestionnaires de copropriétés»,
je voulais vous réentendre là-dessus. Comment vous le percevez, ça?
Mme Bégin
(Nathalie) : Écoutez, on n'a pas fait de recommandation sur qui ou
quoi devrait encadrer, mais, selon nous,
il y a une grosse problématique au niveau des gestionnaires en copropriété,
présentement, parce qu'on le vit comme nos
membres sur le terrain, que ça soit au niveau de la demande d'information, du
temps qui est consacré, de la documentation, il n'y a aucun encadrement au niveau des gestionnaires, et on vit la
même chose qu'avec les inspecteurs dans cette catégorie-là. Et on sait que les gestionnaires en copropriété,
souvent, vont gérer des fonds énormes au niveau de certains syndicats, pas
d'encadrement, on ne sait pas c'est qui qui est en arrière de ça, et souvent
nos clients, quand ils vont acheter une propriété,
bien, ça va être un des facteurs, ils vont vouloir savoir la solvabilité de la
compagnie. Ils vont déposer leur argent tous les mois, ils ne savent pas trop, et il n'y a rien là-dessus, alors
c'est pour ça. Mais on n'a pas fait de recommandation sur qui, mais par
contre il faudrait que ça soit fait. Ça, ça serait essentiel.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Encore 1 min 30 s.
Mme Laforest :
Avez-vous d'autres questions? Moi, ça répond vraiment à mes questions.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Le député de Beauce-Nord, peut-être, qui m'avait demandé la parole.
M. Provençal : Oui. Quand on
regarde votre recommandation n° 5, là, «modifier l'article 1068.2 en
ajoutant "avec diligence et à des coûts raisonnables" et rendre
systématique la délivrance des informations», pourriez-vous juste élaborer une
petite affaire, s'il vous plaît?
Mme Bégin
(Nathalie) : Bien, oui, bien sûr. En fait, c'est que, présentement, on
vit, dans notre domaine, des écarts de
coûts incroyables au niveau des demandes d'information, et ce niveau-là doit
être certainement réglé. Il n'y a rien là-dessus, présentement, alors, d'une copropriété à l'autre,
au niveau des coûts, c'est pour ça qu'on a marqué «d'une façon diligente
et raisonnable» sans mettre de coûts
nécessairement. Je sais qu'il y a d'autres organismes qui ont fait des
recommandations, mais il faudrait statuer par rapport à ça parce que,
malheureusement, parfois, tant l'information est difficile à avoir, tant les
compagnies de gestion ou même les syndicats vont charger des montants
exorbitants pour obtenir l'information qui leur est due, en fait. Alors, je
pense que, pour ne pas prendre les gens en otages, malheureusement, ça serait
bien qu'il y ait un montant qui soit établi
par rapport à ça ou du moins, éventuellement, de limiter les frais par rapport
à ça au niveau de la copropriété.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la présidente. Je cède
maintenant la parole au porte-parole de l'opposition officielle. Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel,
vous disposez de 10 minutes.
Mme Thériault : Merci,
Mme la Présidente. Bienvenue en commission parlementaire, plaisir de vous
revoir. Effectivement, votre mémoire est très, très bien élaboré, vous avez
beaucoup de recommandations. Mme la présidente, Mme Bégin, vous savez, autant l'encadrement des inspecteurs en
bâtiment que de revoir les règles qui régissent la copropriété ainsi que le carnet d'entretien, essentiellement,
visent une chose : protéger l'acheteur de maison, le consommateur dans...
Tout le monde sait qu'au Québec le parc
immobilier ne tombe pas presque en ruines, mais demande beaucoup d'amour, donc, nécessairement, un investissement d'argent, puis que l'investissement le plus important pour une petite famille, notamment,
c'est d'acheter une maison ou d'acheter un
condo qui... Souvent, la copropriété est le premier achat, puisque ça demande
une mise de fonds beaucoup
plus basse. Ça fait que c'est évident que le carnet d'entretien, oui, ça peut
coûter de l'argent pour l'élaborer, par
contre le contenu, il est aussi
drôlement important parce que c'est ce qui va faire si on va se
ramasser avec des surprises ou pas, on est capables de voir s'il y a des
choses, des dépenses qui sont anticipées.
Moi, je suis
propriétaire de deux copropriétés. J'en ai une qui est gérée avec une compagnie
de gestionnaires très professionnels, zéro cotisation, tout est fait
dans les règles de l'art, avec un ascenseur et un garage souterrain, donc on a des frais de copropriété beaucoup
plus élevés, mais savez-vous quoi, numéro un, zéro cotisation
spéciale. L'autre est gérée par un
syndicat de bénévoles qui font du mieux qu'ils peuvent, on est à peu près
40 dedans, on a tout refait, ce n'est pas compliqué, là, on a une étude
de fonds de prévoyance qui a été faite correctement, selon les règles de l'art,
puis malgré tout ça, on des cotisations
spéciales, puis on en a eu pour le toit. Mais là tout est fait, là, je vous
dis, on finit les fenêtres puis on a fait les balcons, on a fait les
portes-patio, on a fait le toit, on a fait la brique, tout est fait, ça fait
qu'il n'y a pas de danger pour la personne
qui va l'acheter parce qu'on a payé, et c'est vraiment fait selon les règles
de l'art. Par contre, comme Me Joli-Coeur
le disait hier, et je voyais votre réponse à la question de la ministre
par rapport à la formation, l'encadrement au niveau
des gestionnaires dans le projet de
loi, il y a... tout ce qui était
avant dans le 401 pour la formation des gestionnaires n'est
pas là. Qu'en pensez-vous?
Mme Bégin
(Nathalie) : Bien, comme je
mentionnais, c'est sûr et certain qu'au
niveau des gestionnaires c'est
souvent la problématique d'un immeuble à l'autre, où on se retrouve avec des compagnies très professionnelles
et, à l'inverse, avec d'autres compagnies où on n'a aucune information,
aucune collaboration. Et c'est un travail qui... Je dirais que voilà plusieurs
années — moi,
ça fait longtemps que je fais de l'immobilier, ça fait plus de 20
ans — ça
n'existait pas, comme le mot «inspecteur» n'existait pas. Il y a plein
de choses qui sont arrivées. Mais là c'est là, c'est dans une réalité, et malheureusement il y a beaucoup de gens qui s'improvisent gestionnaires, présentement. Alors donc, c'est pour ça que nous, nous croyons, l'association, que ce serait important d'encadrer cette
section-là dans la loi parce que justement, souvent il va se passer des situations où
ils vont prendre les syndicats ou les copropriétés en otages dans des
situations vraiment très tristes que nous-mêmes,
on a vécues sur le terrain, où ils sont partis avec la caisse ou qu'il est
arrivé des situations vraiment déplorables et qui mettent en péril, dans le fond, tout l'argent qui avait été accumulé par un syndicat durant de
nombreuses années, alors c'est essentiel.
Mme Thériault : Parfait.
Je vous entends, j'espère que la ministre entend aussi parce que moi aussi,
comme... tu sais... C'est sûr qu'à partir du
moment où on demande de faire les études de fonds de prévoyance, il va y avoir
des sommes d'argent beaucoup
plus substantielles que ce qu'il y a présentement, également, parce qu'on va être obligés de mettre de
l'argent de côté, on n'aura pas le choix, c'est pour le bien... Je comprends
que le propriétaire actuel, il peut trouver ça un peu désagréable, mais la journée qu'il va vendre, il va être bien
heureux de pouvoir dire que son fonds de prévoyance est bien rempli puis que les réparations, elles ont
bien été faites parce que ça va lui donner un avantage certain à vendre puis,
en même temps, bien, on ne passera pas un citron au prochain propriétaire qui
va acheter.
Et je suis
convaincue que, vous, dans votre travail de courtier, ça va être beaucoup
plus facile. Moi, je sais que mon notaire,
à moi, il avait une check-list, là, où on disait : T'as-tu ça? T'as-tu ça?
T'as-tu ça? Bien, je pense qu'avec le carnet d'entretien,
je pense, avec ce qu'on a mis dans la loi, on est en train de mettre la
ceinture, les bretelles. Il manque-tu quelque
chose, selon vous, qu'on devrait demander à ajouter au niveau
des copropriétés pour s'assurer que toute l'information soit là,
transparente et limpide?
Mme Bégin
(Nathalie) : Bien, en fait,
je vous dirais que, dans toutes les recommandations qu'on a faites, pas mal tout est là. Et l'idée là-dedans, c'est surtout de
rendre l'information disponible. Et c'est là, la problématique majeure qu'on a dans l'industrie,
présentement, et malheureusement c'est triste, mais il y a des acheteurs... puis
on a un milieu effervescent énorme, présentement, au
niveau de l'immobilier, et il y a
des propriétaires qui doivent... ils ont vendu leur propriété, doivent
se racheter une propriété, ils vont perdre l'achat de la maison, du condo parce
qu'on n'est pas capables d'obtenir les documents puis qu'ils veulent acheter de façon diligente
et protéger leurs acquis, puis on ne peut pas obtenir l'information, donc on va être obligés de laisser tomber la vente, s'en aller
ailleurs. Et on vit des situations — parce que je suis dirigeante d'agence
aussi — incroyables,
présentement, souvent à cause de cette disponibilité de l'information qui ne l'est pas. Alors, je vous dirais que c'est assez important
d'arriver à quelque chose à ce niveau-là.
Mme Thériault : Je vous remercie de votre franchise. De toute façon, je pense que,
quand on n'est pas capable d'avoir les documents, ça devrait allumer une grosse, grosse, grosse
lumière sur l'état de la copropriété, et des problèmes, et des surprises qui risquent de suivre aussi. Si
on n'a pas de collaboration du syndicat avant d'avoir acheté le condo,
imaginez après. Donc, je pense que c'est peut-être un bien pour un mal,
mais ça ne règle pas le problème.
Au niveau de l'inspection des bâtiments, j'ai
entendu vos demandes par rapport au fait de si on l'oblige ou si on ne l'oblige pas. Je comprends que, quand tu
achètes une bâtisse, puis que tu la strippes, puis que tu recommences, ce
n'est pas le même niveau. Moi, je sais qu'on voulait l'obliger, mais on voulait
aussi prévoir des exceptions. Exemple, si je
vends ma maison à mon fils, on ne lui fera pas faire une inspection en
bâtiment. Je suis capable de lui dire ce qui ne va pas aussi, puis il va
savoir ce qu'il doit réparer. Donc, il était question de prévoir aussi une
liste d'exceptions.
Outre la personne
ou le groupe d'investisseurs qui achète, quelles autres exceptions vous devriez
voir si la ministre décidait d'aller de l'avant avec l'imposition de
l'inspection de bâtiment, puis je vais le répéter, dans le but de protéger
l'investissement de la petite famille qui s'achète une maison,
pour qu'elle ne fasse pas face à... pour qu'elle ne soit pas dans l'état de
faire face à des dépenses imprévues, qu'on n'a pas vues, qu'on aurait dû voir
lors de l'inspection? Parce que
c'est ce que l'inspection obligatoire vise,
protéger l'investissement. Mais il y a des cas d'exception, j'en conviens.
Outre la famille et ce que vous nous avez mentionné, quels cas devraient
être dans les exceptions?
Mme Bégin
(Nathalie) : Alors, Mme la députée, Mme la Présidente, en fait, la
raison pour laquelle on a donné seulement ces deux points-là... Puis je vais
reprendre votre exemple, Mme la députée, concernant la petite famille, le père
qui vend à sa fille. Comme courtier
immobilier sur le terrain, je recommanderais quand même l'inspection parce que,
même si c'est la maison de ton père... L'inspection a deux buts, hein, c'est de
protéger, dans le fond, l'acheteur, et savoir ce qu'il va avoir à faire comme dépenses sur la propriété,
puis ce n'est pas nécessairement de trouver des problématiques sur l'immeuble, alors... et souvent... Donc, c'est pour ça qu'on
ne l'a pas mis dans cette liste d'exceptions là parce qu'à quelque part, comme
acheteur et comme courtier immobilier, de le suggérer pareil... Je suggérerais,
moi, à la fille qui achète la maison de son
père, même si elle a habité là 25 ans, de l'inspecter quand même pour budgéter
dans le futur. Ça fait que c'est pour ça que les raisons pour lesquelles
on a mis, dans le mémoire, les deux exceptions, il y a vraiment une raison
financière en arrière de ça. C'est comme des gens qui veulent, dans le fond, se
partir un petit parc immobilier, qui ont des sous, qui connaissent la
construction, alors donc, ces gens-là, on les a mis vraiment dans une catégorie
à part. Mais on n'est pas allés ailleurs au
niveau de ça parce qu'on pense que l'inspection, pour les autres catégories,
c'est un must, dans le fond, pour pouvoir acheter en toute quiétude et
d'avoir une prévision des dépenses futures au niveau de l'immeuble.
Mme Thériault : O.K. Par contre, présentement, dans
notre droit, c'est possible de ne pas avoir de taxe de bienvenue quand il y a un transfert entre conjoints, ou
d'avoir le frais de dossier sans repayer la taxe de bienvenue, ou entre
familles, donc je pense que c'est
quand même aussi au point de vue financier. C'est sûr que, s'il y a des
incitatifs du gouvernement puis qu'il y a certaines dépenses qui peuvent
compter sur un crédit d'impôt, comme c'est le cas présentement grâce à une mesure qui avait été faite par notre
gouvernement, l'inspection en bâtiment, les frais de notaire, les déménagements,
les certificats de localisation, tu sais, il
y a beaucoup de paperasses qui vont venir. Si on oblige le certificat de
localisation, alors qu'il n'y a rien
qui bouge des fois en dedans de 10 ans, encore moins sur une copropriété, bien,
pourquoi on ne pourrait pas faire en sorte d'avoir quelque chose qui va
vraiment protéger l'acheteur, dont une inspection?
Mme Bégin (Nathalie) : Oui.
Mme Thériault : Donc, c'est pour ça que moi, je me
dis, bien, c'est sûr que, oui, il faut faire de la mise à niveau, oui,
il y a de la reconnaissance des acquis.
Je suis au
même endroit que vous par rapport aux conflits d'intérêts. Je pense... que ce
soit la Régie du bâtiment qui s'en
occupe, je trouve que c'est correct d'avoir une espèce de formule hybride pour
venir compléter le triangle. Vous savez que les électriciens et les
plombiers, c'est à part, ce n'est pas dans les ordres professionnels, les
inspecteurs en bâtiment permettent de
compléter. Que ce soit sous l'égide de la régie, je trouve que c'est une bonne
idée. Honnêtement, je trouve que
c'est... on ne peut pas aller ailleurs non plus pour l'inspecteur des
bâtiments. Par contre, je pense que la ministre devrait certainement prendre en
considération... sur les différentes technicalités de la mise à niveau de la
formation pour être capables de faire un minimum de reconnaissance des
acquis parce que, sinon, on ne pourra pas avoir d'inspecteurs en bâtiment. Mais je trouve
particulier aussi des fois d'entendre... particulièrement sur la Rive-Sud de
Montréal, il y a un poste de radio
qui fait la promotion pour une formation d'inspecteur en bâtiment avec une
très, très petite quantité d'heures. Moi, ça me... Oui, je vous le dis, là, j'ai entendu ça, puis ça dérange un peu
la législatrice en moi alors qu'on essaie de faire en sorte que les gens
ne peuvent pas s'improviser.
Et c'est une
problématique aussi que vous avez probablement déjà vue, puis la ministre a dû
être sensibilisée à ça, les maisons
dans lesquelles on fait pousser du pot. Il y a plusieurs milliers de maisons,
on n'est pas capables de les identifier, mais les inspections pourraient
les détecter.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole au porte-parole du deuxième groupe d'opposition.
M. le député de Laurier-Dorion, vous disposez de
2 min 30 s.
M. Fontecilla :
Merci, Mme la Présidente. Bonjour. Merci d'être ici. Je reviendrais sur la
question des inspections. Écoutez, je
suis un néophyte, mais, pour vous, une inspection d'un petit bâtiment d'une
dizaine d'unités de condominium, est-ce que c'est la même inspection que pour
un gros édifice de 100, 200, 300, 20
étages? Et, si ce n'est pas la même
chose, parce que je vous vois... est-ce qu'il ne faudrait pas
imposer différents types de certification des inspecteurs, là, selon le type du
bâtiment dans lequel il travaille?
Mme Bégin (Nathalie) : M. le
député, Mme la Présidente, bien, en fait, au niveau, présentement, du courtage immobilier, l'acheteur qui achète une propriété...
une copropriété, sur les formulaires obligatoires de notre régulateur, dans la
clause d'inspection, il y a deux options, soit de faire une visite de
seulement... dans le fond, d'inspecter juste la
partie privative, son appartement, ou de faire l'entièreté
du bâtiment. Il y a comme deux cases, et l'acheteur doit décider. Naturellement, ça a un impact au niveau du coût et
de la grandeur de la copropriété parce que, si on parle d'un immeuble de
400 unités, ça coûte... vraiment, il n'y a personne qui fait ça, en fait,
il n'y a pas un acheteur qui va le faire, ça coûterait des coûts astronomiques, d'où la raison, dans le
fond, d'avoir un bon carnet d'entretien, d'avoir des inspections régulières
qui est faite par la copropriété au niveau
du bâtiment. Mais normalement, dans l'industrie, en grande majorité, à part
pour les très petites unités, là, de
la grandeur de deux, trois unités qui, là, ils vont faire une inspection du
bâtiment parce que ça équivaut à peu près à la grandeur d'une petite
maison à revenus, duplex, triplex, donc l'inspecteur va avoir un prix, en fait, qui est raisonnable, alors là, ils vont le
faire. Ça fait que, donc, c'est sûr qu'au niveau du gouvernement, si jamais il
décide d'imposer, je pense qu'il va falloir quand même regarder ça parce que ce
n'est pas le même prix, ce n'est pas la même chose non plus. Puis il y a quand même des inspections obligatoires
au niveau des gros édifices, présentement, donc l'inspecteur n'a pas besoin de
repasser par-dessus ça à chaque fois qu'il y a la vente, nécessairement, d'une
unité. Ça fait qu'il faudrait absolument que le gouvernement regarde cet
aspect-là, ça, c'est certain.
M. Fontecilla :
Concernant, toujours, les inspections, là, vous souhaitez exempter certains
types d'acheteurs, là, du devoir
d'inspection, là, mais qu'est-ce qui garantit que l'acheteur va effectivement
transformer l'unité que... le bâtiment qu'il
achète, qu'il va faire ce qu'il a dit de faire, là? Est-ce que ça ne pourrait
pas être utilisé comme une voie d'échappatoire pour ne pas payer une
inspection?
Présidente (Mme Dansereau) : Je vous remercie, le temps est
écoulé. Je cède maintenant la parole au troisième groupe d'opposition.
M. le député de Rimouski, vous disposez de 2 min 30 s.
M. LeBel :
Merci. Bonjour. Les premiers mois que j'ai été élu, en 2014, j'ai rencontré un
couple dans mon coin qui m'a parlé de
la mérule pleureuse, un champignon toxique qui s'installe dans le vide
sanitaire. Je suis arrivé au Parlement, j'ai discuté de ça avec des gens, personne ne connaissait ça, personne
ne connaissait ça. Moi non plus, je dois vous dire, mais personne ne connaissait ce phénomène-là, ça
fait qu'on s'est mis à documenter tout ça. Mais c'est parce qu'il y a des
impacts, là, tu paies l'hypothèque, puis la seule façon de te débarrasser de
ça, tu démolis ta maison, puis il y a des problèmes de santé, c'est très
gros. Personne ne connaissait ça, des pétitions, tout ça. Et la première, je le
dis, c'est la députée d'Anjou—Louis-Riel, alors ministre, qui a reconnu qui se
passait quelque chose là et qui a mis en place un programme. Et je dois dire, les inspecteurs ne connaissaient
pas ça non plus, ils ne savaient pas comment ça fonctionnait. Et puis ça
peut être en dormance une centaine d'années,
cette patente-là. Moi, cette expérience-là que j'ai vécue plaide, à mon avis,
pour l'inspection obligatoire. À votre avis?
Mme Bégin (Nathalie) : Merci
pour la question. Disons qu'au niveau de la mérule pleureuse, je vous dirais qu'un bon inspecteur en bâtiment connaît ça, en
fait, parce que même la majorité des courtiers immobiliers, dans les formations
qu'on va faire, on est au courant de la
mérule pleureuse. On n'en voit pas souvent, par contre, je vous dirais que
c'est une rareté, et, quand on en
voit, on sort en courant, là, parce que le seul moyen de l'enlever, c'est
mettre le feu dans la maison, alors
ce n'est pas nécessairement intéressant. Mais ce n'est pas une problématique
qui est répandue. Disons qu'il y en a beaucoup d'autres qui sont davantage
répandues au niveau des problématiques. Mais de là à mettre, donc, obligatoire...
Et, comme je vous dis, on n'est pas contre de mettre obligatoire, mais avec une
liste d'exceptions. Je vous dirais que l'entrepreneur,
comme tel, qui va visiter... Et ceux qui visitent nos propriétés de nos membres
et qui sont dans le domaine... parce
que, tantôt, il y avait une question de monsieur, on le sait rapidement, là,
parce que, premièrement, quand il rencontre le courtier immobilier puis qu'il fait affaire avec nous, un acheteur
qui achète pour changer le statut d'une maison, ou stripper, ou rénover, souvent ça fait plusieurs transactions
qu'il va faire avec, il a un langage différent, il va lui-même s'identifier.
Puis, quand on visite, ce n'est pas les
mêmes critères de sélection au niveau de la propriété, ça fait qu'on les
identifie très bien. Ça fait que, donc, la liste d'exceptions, pour nous, les deux cas qu'on
a mis, on pense que c'est approprié parce que ça va être une étape de plus dans l'étape. Souvent, ils
vont acheter des reprises de finance, des maisons très peu chères qui vont
mettre des prix, des fois, très, très bas et qui vont mettre des gros travaux,
les maisons de cannabis, et tout.
Présidente (Mme Dansereau) : Merci, Mme la présidente. Je vous
remercie pour votre contribution à nos travaux.
La commission suspend
ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Présidente (Mme Dansereau) : Bon, bonjour, tout le monde. Bienvenue, Mme la ministre, MM. et Mmes
les députés, distingués invités. La Commission de l'aménagement du territoire reprend
ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électriques.
Nous
poursuivons les consultations particulières et auditions publiques sur le
projet de loi n° 16, visant principalement l'encadrement
des inspections en bâtiment et de la copropriété divise, le remplacement de la
dénomination de la Régie du logement et l'amélioration de ses règles de fonctionnement et modifiant
la
Loi sur la Société d'habitation du Québec et diverses dispositions
législatives concernant le domaine municipal.
Nous entendrons cet après-midi la ville de Montréal, la
Chambre des notaires du Québec et le Regroupement des
comités de logement et associations de locataires du Québec.
Donc, je souhaite la bienvenue à la ville de Montréal. Je
vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, puis nous procéderons à la
période d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter puis à commencer votre exposé, messieurs.
M. Rochette (Jean) : Merci, Mme la Présidente. Mme
la ministre, Mmes et MM. les
députés, mesdames et messieurs, je suis Jean Rochette, adjoint au directeur des
relations de travail de la ville. Je suis accompagné, à ma droite, de Me Valérie Korozs, du
contentieux de la ville, à ma gauche, de M. Jean-Yan Gagnon, le directeur
des relations de travail, plus loin,
M. Olivier Roberge, chef de
section à la Direction de la rémunération, et finalement M. Jean Therrien, à la
direction des affaires gouvernementales et municipales.
Alors, sans plus tarder, je vais vous faire un résumé du
mémoire qui a été transmis hier et... voilà, sans plus tarder. Alors, par son mémoire, la ville de
Montréal souhaite tout particulièrement saluer la volonté du gouvernement de
confirmer l'intention de l'Assemblée
nationale lors de l'adoption de la loi n° 15 par les articles 129 et 146
du présent projet de loi. En adoptant la loi n° 15, cette intention
était d'assujettir les régimes de retraite des policiers de la ville comme tous
les autres régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal. La fraternité a elle-même compris que ces
régimes de retraite étaient visés par le projet de loi n° 3 lors de
ses représentations devant cette même commission.
Changeant toutefois sa lecture de la loi en avril 2015, la
fraternité s'est adressée à la ville, affirmant que les régimes de retraite des policiers n'y
étaient pas assujettis et lui demandant sa position à cet égard. En juin, la
ville lui a répondu qu'après vérification auprès du ministère des
Affaires municipales et de l'Habitation de même qu'auprès de Retraite Québec le
gouvernement considérait que la loi était
applicable. À la suite de cette réponse de la ville, la fraternité a déposé en
Cour supérieure une requête demandant qu'il soit déclaré que les
régimes de retraite des policiers n'étaient pas assujettis à la loi, requête qui a été rejetée par la Cour supérieure,
mais accueillie par la Cour d'appel, dont le jugement est actuellement en
appel devant la Cour suprême du Canada, qui a accordé l'autorisation d'en
appeler à la fin du mois de mars dernier.
noeud du problème réside dans l'interprétation à donner aux mots «établi par un
organisme municipal» dans le premier
alinéa de l'article 1 de la loi. Ces mots sont susceptibles de deux
interprétations : l'une prend appui sur l'un des sens possibles du texte, alors que l'autre est, de
toute évidence, supportée par l'historique parlementaire du projet de loi.
Le juge de la Cour supérieure a appliqué ce
qu'on appelle la méthode d'interprétation législative bien établie, qui veut
qu'une disposition s'interprète eu égard à son contexte global. Pour lui, le
mot «établir» incluait «mettre en oeuvre» et «mettre en application». La majorité des juges de la Cour
d'appel ont reproché au juge de la Cour supérieure de ne pas avoir traité du
fait que la loi porte atteinte aux droits acquis et qu'en raison de la
présomption de respect de ces droits le législateur devait s'exprimer clairement. Elle s'est prononcée sans
s'intéresser d'aucune manière à l'historique parlementaire. La Cour d'appel a
déclaré ceci au paragraphe 100 : «Dans le présent cas, il est clair et
incontestable que le texte de la loi en cause ne peut soutenir l'interprétation que lui donnent la ville
et la Procureur général du Québec. Si erreur il y a, il appartient alors à
l'État de la corriger et non aux tribunaux de faire cette besogne au
service du gouvernement.» Pour sa part, le juge dissident de la Cour d'appel aurait rejeté l'appel de la
fraternité pour les mêmes motifs que le juge de la Cour supérieure. Pour lui,
le fait que la ville soit impliquée dans la
gestion des régimes et doive approuver les règlements de ceux-ci était
suffisant pour conclure que la ville
les a établis. Quant à la présomption de respect des droits acquis, le juge
dissident a affirmé qu'il était évident que le législateur entendait les
bouleverser.
Suite au dépôt du
projet de loi n° 3, la fraternité a présenté un
mémoire à cette commission. Elle a demandé d'exclure
les deux régimes du champ d'application de la loi, et je cite les extraits
suivants : «...la fraternité réclame que les régimes de retraite, dont celui des policiers de Montréal, qui ne
sont pas en situation de déficits ou dont la santé financière est saine,
soient purement et simplement exclus de l'application du projet de loi n° 3.»
Par contre, la politique qui a donné
lieu à la loi n° 15 voulait toutefois qu'elle s'applique à tous les
régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal, quelle que soit leur santé financière. Alors,
lors de l'étude
article par article, le ministre Moreau, à l'époque, a affirmé
ce qui suit, et je cite : «Le champ d'application fait en sorte que la loi
va s'appliquer à tous les régimes
parce que tous les régimes, même ceux qui sont en santé financière, doivent
voir à ce que leur pérennité soit
assurée. [...]Alors, si on veut [...] assurer la pérennité de tous les régimes
du secteur municipal à prestations déterminées, on doit utiliser l'expression dans le contexte du champ d'application.»
Et par la suite, en réponse à une question de savoir s'il était prévu si on pouvait en arriver à un
moment donné à une situation où on pourrait exclure un ou l'autre des régimes,
M. Moreau a répondu comme ceci :
«La réponse à ça, c'est non. Mais l'effort de restructuration, dans les cas des
régimes qui sont correctement capitalisés et qui sont surcapitalisés,
l'effort n'en est que moins grand. C'est ce que l'on dit.»
Maintenant,
si la ville a obtenu l'autorisation d'en appeler à la Cour suprême du Canada,
le sort de son appel et, partant, de
sa participation financière dans son plus important régime de retraite reste
incertain, alors que l'intention du législateur
était, de toute évidence, d'inclure les régimes de retraite des policiers de la
ville dans la loi. Quoi qu'il en soit, pour
autant qu'il se soit agi d'une erreur de rédaction de la loi qu'il appartient
au législateur de corriger, selon la majorité de la Cour d'appel, comme
je l'ai lu, la légitimité de la modification projetée ne peut pas être mise en
doute d'aucune manière. Je réfère ici, vous
savez, à l'arrêt rendu en 2013 par la Cour suprême dans l'affaire qu'on appelle
Canada Bread. Il est important de
vous dire que c'est une affaire qui provient du Québec, dans laquelle la Régie
des rentes et le Procureur général
étaient impliqués, et qui concernait des décisions de la régie sur la
terminaison de régimes de retraite dans l'entreprise. La régie a considéré que des articles des régimes
étaient incompatibles avec la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite. Ces décisions ont été confirmées par le
TAQ puis par la Cour supérieure, mais, encore une fois, la Cour d'appel a rendu
un jugement contraire.
Pendant
que la demande d'autorisation d'appel de la régie en Cour suprême était
pendante, le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale de l'époque,
M. Hamad, a déposé un projet de loi déclaratoire qui confirmait les
décisions de la régie. La Cour suprême a reconnu, dans cette affaire, le
pouvoir supérieur du législateur par rapport aux jugements des tribunaux. Je cite la Cour suprême, sous la plume
du juge Wagner, là, qui est le juge en chef actuellement : «Les lois
rétroactives attirent souvent la critique selon laquelle elles frustrent des
attentes légitimes. Le présent dossier traite des attentes liées à l'interprétation de certaines dispositions de la
Loi sur les régimes complémentaires de retraite du Québec. Il confirme que le
législateur peut contrecarrer ces attentes en adoptant des dispositions
déclaratoires, et que ces dispositions s'appliquent à toute instance non
encore tranchée au fond par un jugement définitif.»
Ensuite :
«Lorsque le législateur adopte une disposition déclaratoire à effet rétroactif,
il est présumé avoir mesuré la
nécessité de clarifier ainsi l'interprétation par rapport au bouleversement et
à l'iniquité pouvant résulter de sa rétroactivité. Les tribunaux doivent
donc faire preuve de déférence à l'endroit de cette décision du législateur.»
la cour a cité les propos du ministre Hamad lors des travaux en commission
parlementaire, et je cite : «Alors, cet amendement vise à contrer les effets du jugement que la Cour d'appel du
Québec a rendu[...]. Avec respect pour la cour, ce jugement repose sur une interprétation de la Loi
sur les régimes complémentaires de retraite qui va à l'encontre des objectifs
qu'elle vise.»
La Présidente
(Mme Dansereau) : Il vous reste une minute pour conclure.
Rochette (Jean) : Et par la suite la cour a clairement affirmé que
«le législateur intervient habituellement ainsi lorsqu'il veut corriger
une interprétation judiciaire qu'il estime erronée».
Advenant que l'appel
de la ville, qui est pendant actuellement, soit finalement rejeté par la Cour
suprême, la fraternité pourrait, en
l'absence de la modification législative, invoquer ce jugement à sa discrétion
pour exiger de remettre le régime de
retraite des policiers de la ville comme il était avant sa restructuration,
sans égard au cadre prévu par la loi. Par
contre, de leur côté, tous les autres régimes de retraite à prestations
déterminées du secteur municipal, et plus particulièrement ceux de la ville, demeureraient assujettis à ce
cadre pour assurer non seulement la santé financière, mais aussi la pérennité.
Présidente (Mme Dansereau) : Je vous remercie. Votre temps est
écoulé. Nous allons maintenant débuter la période d'échange. Mme la
ministre, la parole est à vous, vous disposez de 16 min 30 s.
Mme la ministre.
Mme Laforest :
Bon, alors, bonjour à vous tous. Bonjour, chers collègues, bonjour, chers
députés, et M. Rochette, M. Cara ou Cora?
Mme Laforest :
Me Cora, c'est vous?
Mme Korozs
(Valérie) : Me Korozs, Korozs.
Mme Laforest :
Ah! O.K., O.K. Alors, bonjour, bienvenue.
Mme Korozs
(Valérie) : Bonjour, merci.
Mme Laforest :
M. Gagnon.
M. Gagnon (Jean-Yan) : Bonjour.
Mme Laforest :
Bonjour, MM. Roberge et Therrien.
Mme Laforest :
Bon, alors, bonjour à vous tous. Je suis très, très heureuse de vous recevoir
cet après-midi, considérant la belle journée que j'ai eue hier et hier soir
aussi, avec les échanges que j'ai pu avoir avec les policiers de Montréal,
bien entendu. Et, ceci étant dit, c'est
certain que j'ai quelques questions à vous poser. Puis je vais répéter un petit
peu ce que j'ai dit hier, d'emblée, c'est
que, quand je suis arrivée en poste, c'est certain que tous les dossiers, pour,
justement, continuer le travail qui a
été fait par le passé... j'ai toujours dit ça, il ne faut pas briser le travail
qui a été fait par le passé, alors tous les dossiers qui avaient été
travaillés dans le passé, on a essayé de les continuer, bien entendu.
Alors, le dossier,
justement, du régime des retraites des policiers de Montréal était dans les
dossiers à étudier. Considérant que, là,
j'ai quand même constaté le régime de retraite à 25-75, et, oui, il y a eu une
augmentation de salaire, et j'ai vu tout le topo du dossier, moi,
j'aimerais vous entendre, honnêtement, par rapport aux conséquences qu'il y
aurait pour la ville de Montréal puis les
participants au régime de retraite si on attendait la conclusion... Je vais
tout de suite à la fin parce que
c'est ça, la question : Si on allait tout de suite à la conclusion
d'attendre le processus de la Cour suprême, ce serait quoi, les
conséquences?
Rochette
(Jean) : Si vous permettez, Mme la ministre, avant de parler de
conséquences, là, le simple fait d'attendre,
ça serait empirer la situation par
rapport à la Cour suprême. Je ne vois
pas l'utilité sociale de continuer un dossier alors que le gouvernement
et l'Assemblée nationale, je pense, conviennent de l'erreur.
Alors,
on procéderait à la Cour suprême, si la ville de Montréal et la Procureure générale du Québec gagnaient, bien, tant mieux, il n'y aura
pas besoin de changer la loi. Mais, écoutez, on ne le sait pas. Si c'est la
fraternité qui gagne, qu'est-ce que
le gouvernement va faire? Alors, c'est préférable, je pense, de
procéder immédiatement, vu qu'il s'agit d'une erreur qui mérite d'être
corrigée pour faire respecter l'intention véritable du législateur. Ceci étant
dit, pour ce qui est de l'impact financier,
on parle, évidemment, de plusieurs millions de dollars, là, et je vais
céder la parole à M. Olivier Roberge.
M. Roberge
(Olivier) : Au niveau de l'impact financier pour la ville, si on
regarde, il faut aller rétroactivement au
début de l'année 2014. Donc, c'est depuis 2014 que la loi n° 15 a un impact au niveau du financement des régimes de retraite, dont celui des policiers. Vu que ça a
été applicable, graduellement, au régime de retraite, on parle d'un montant de
73,6 millions pour les années 2014 à 2019 puis après ça,
annuellement, on parle d'un montant de 6,5 millions, donc,
annuellement, récurrent, donc une économie que la ville perdrait.
La Présidente
(Mme Dansereau) : Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. Puis, quand vous avez discuté, justement,
anciennement, avec le gouvernement, comment ça
s'est passé avec le régime de retraite de la fraternité des policiers de Montréal?
Votre position était la même. Comment vous
voyez le régime de retraite de la fraternité? Parce qu'eux disent que leur régime de retraite est différent puis n'est
pas assujetti à la même
réglementation. Comment vous voyez ça? Vos arguments pour dire que leur régime
de retraite serait, de ce qu'ils disent,
possiblement différent de tous les autres régimes de retraite parce que, si je
comprends, sur 154 régimes de
retraite, si je peux dire, il y en a 153 qui sont assujettis à la même
réglementation, sauf lui de la Fraternité des policiers. Alors,
selon vous, quand vous avez rencontré le gouvernement, votre position
était de dire que le régime de retraite de la fraternité des policiers de Montréal était assujetti au même régime de
retraite que tous les autres régimes de retraite, c'est bien ça?
Rochette (Jean) : Bien, le régime de retraite des policiers de la
ville de Montréal était, selon le projet de loi n° 3 qui est devenu
la loi n° 15, assujetti à ce cadre législatif qui a été décrété par cette
loi.
Maintenant,
le fait que le régime de retraite des policiers de Montréal ait une
particularité en ce sens qu'il est ancien, qu'il a été établi initialement par
l'Association de bienfaisance et de retraite, ensuite qu'il a fait l'objet de
plusieurs projets de loi au gré des années ne change strictement rien au
fait que c'est un régime de retraite établi par un organisme municipal, en l'occurrence la ville de Montréal.
Qu'il soit régi de cette manière, je dirais que c'est non pertinent. Les
régimes de retraite du secteur municipal, au nombre de 158, sont établis de
différentes manières par règlement, par entente, par convention collective. L'origine ou le mécanisme
d'établissement n'a rien à voir. Ce qui compte, c'est : Est-ce que c'est
établi au sens où on doit l'entendre par un
organisme municipal, c'est-à-dire est-ce que l'organisme municipal y participe
financièrement? Est-ce que l'organisme municipal y participe, à
l'administration? Est-ce que l'organisme municipal — et c'est le cas à Montréal — est appelé à approuver toute modification de
ce règlement-là? Il n'y a aucune modification du régime de retraite des policiers qui peut entrer en vigueur, selon sa
propre loi, d'ailleurs, constitutive, sans l'approbation du comité
exécutif. Alors, c'est un des 158 régimes à prestations indéterminées du
secteur municipal et c'est un, surtout, des
40 de ces régimes qui sont capitalisés à 100 % et plus. Alors, quand ils invoquent ce fait-là, je regrette,
mais, si l'Assemblée nationale ne
donnait pas suite au projet de loi ou aux deux articles qui nous concernent, on
se retrouverait avec les 40 capitalisés à 100 % et plus, surcapitalisés, sauf celui des policiers, avec
toutes les conséquences, je dirais, désastreuses pour la ville de Montréal.
Puis ces conséquences-là, c'est que ça serait le seul régime sorti du cadre prévu
par la loi n° 15 pour assurer non seulement
la santé financière, mais la pérennité du régime. Tu sais, on peut bien penser
aux retraites des retraités actuels, aux retraites des policiers
actuels, mais pensons, là, dans les décennies futures, à la retraite des
étudiants en techniques policières,
actuellement. C'était ça, l'exercice fondamental auquel le gouvernement s'est
livré à la suite de toutes les études qui ont été faites à partir du
rapport D'Amours.
L'autre
conséquence du projet de loi, c'est que ça permet de maintenir la
restructuration qui a été faite. Le régime de retraite des policiers a été
restructuré comme tous les autres et selon les paramètres de la loi. L'avantage
aussi, c'est que ça assure la
stabilité du renouvellement de la convention collective qui a été conclue en
2017, convention collective qui prenait
en compte la restructuration du régime de retraite. C'est la fraternité qui a
insisté pour qu'on négocie les deux en même
temps, et c'est un exercice global qui a été fait. Et la fraternité a pu, pour
compenser l'effet négatif de la restructuration en termes de coûts pour les participants... par des concessions de la
ville sur d'autres aspects de la rémunération, ce qui a réduit de beaucoup, de
beaucoup l'impact final de la loi pour la restructuration du régime de police
des policiers. Et je me rappelle
d'avoir lu dans les journaux, au mois de juin 2017, le communiqué de la
fraternité, les paroles de M. Francoeur, qui disait : C'est une excellente entente, c'est gagnant-gagnant.
Alors, je ne vois pas, là, l'à-propos du discours qui est tenu aujourd'hui. C'est plus un discours qui vise à
retourner en arrière, en 2014, pour questionner l'idée même du gouvernement
d'imposer ce cadre légal même à des régimes qui sont pleinement capitalisés.
Et finalement
ce qui s'est passé en vertu de la loi n° 15, l'importance que ça soit
maintenu, c'est pour assurer une équité
et une justice entre les travailleurs. Les travailleurs de Montréal qui ne sont
pas des policiers, eux, resteraient dans le cadre légal de la loi n° 15, mais les policiers de Montréal,
eux, ils seraient sortis. Tous les autres employés municipaux au Québec seraient assujettis aux mêmes
obligations de la loi n° 15, sauf les policiers de la ville de Montréal.
Et c'est toujours la même chose, si
au 31 décembre 2013 le fait était que le régime n'était pas en déficit,
qu'il était pleinement capitalisé, bien, c'était comme ça le 31 décembre 2013, mais qu'est-ce que ça va être
le 31 décembre 2023, 2030? Et dans le passé il y a eu des
variations assez spectaculaires, et M. Roberge peut vous en parler.
M. Roberge
(Olivier) : En effet, si on
regarde les résultats de l'évaluation actuarielle au 31 décembre 2006, le
régime de retraite des policiers étant sur
plus de 573 millions, donc, on parle d'un gros surplus, trois années plus
tard, au 31 décembre 2009, lors de l'évaluation actuarielle suivante,
suite à la crise financière de 2008, le régime de retraite se retrouve en déficit de 315 millions de
dollars. Donc, les régimes de retraite à prestations déterminées sont
extrêmement volatils. Les coûts de ces régimes-là sont volatils, et
c'est ce qui mettait la viabilité de ces régimes-là en danger.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui. Parce que
j'entendais tantôt... quand il y a eu la négociation collective, j'ai entendu
que c'était une bonne entente, les deux parties étaient satisfaites. Mais la
convention collective, en fait, elle satisfaisait les deux parties à ce
moment-là? Les deux parties étaient satisfaites de la négociation? C'est ce que
j'ai entendu.
Rochette (Jean) : Tout à
fait. Mais je vais céder la parole à
M. Jean-Yan Gagnon, qui a négocié directement
lui-même pour la ville.
Mme Laforest : D'accord.
M. Gagnon
(Jean-Yan) : Alors, bonjour,
Mme la ministre, Mmes,
MM. les députés. En fait, je
voudrais peut-être juste
préciser que, lors des négociations, effectivement, la Fraternité des policiers
demandait à la fois de négocier le renouvellement de la convention collective
ainsi que la restructuration du régime de retraite, tel que demandé par les dispositions de la loi n° 15. Le contexte de négociation a fait en sorte
que nous avons accepté de négocier en tenant compte de la convention
collective et de la loi n° 15 dans un contexte de rémunération
globale. C'est ce que nous avons fait.
Au cours des
négociations, la fraternité souhaitait maintenir le rang qu'elle avait avant le
processus de négociation
dans son positionnement en comparaison avec
les autres villes en termes de rémunération globale. Nous avons accepté de négocier sur cette base-là et d'arriver, finalement, à un renouvellement de convention
collective qui, pour répondre à votre
question, Mme la ministre, satisfaisait et satisfait toujours les deux parties,
qui incluait des dispositions à la fois sur le renouvellement de la convention
collective et qui permettait de restructurer le régime de retraite, tel que le
prévoit la loi n° 15.
Je pense que venir changer les dispositions ou de faire en sorte que la fraternité soit exclue de la loi n° 15
viendrait compromettre, dans le fond, les engagements dans lesquels les parties s'étaient aventurées au niveau du renouvellement de la convention collective.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Mme la ministre.
Mme Laforest : Merci beaucoup pour la réponse. Je vais laisser...
Louis-Charles... Je vais laisser un de mes collègues poser la question.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Le député de Labelle?
Mme Laforest : Rousseau, Rousseau.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Ah! Rousseau.
M. Thouin :
Alors, bonjour. Bonjour, tout le monde.
La Présidente (Mme Dansereau) :
...2 min 45 s.
La Présidente (Mme Dansereau) :
Oui.
M. Thouin : O.K., on va essayer de faire ça vite. Donc, vous
l'avez dit tantôt, les coûts pour la ville sont énormes advenant que la Cour suprême donnerait raison
à la fraternité. Mais, pour moi, le montant, ce n'est pas