Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 2 November 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2016-11-02
Quebec — Committees
Mme Soucy : M. le
Président, juste... puis corrigez-moi
si je fais erreur, là, mais, question de règlement,
on n'est pas supposés de suivre
article par article? Parce que, l'expropriation, on en parle un peu plus loin, à l'article,
il me semble, 55.
Le Président
(M. Pagé) : Oui, mais, écoutez...
Mme Soucy : Parce qu'on peut les passer tous, tu sais? Moi
aussi, je vais en choisir un, article, pour parler. C'est juste qu'à
un moment donné c'est comme compliqué
à suivre, tu sais? Nous, si on a un amendement à proposer, puis lui, il en parle dans l'article 1, mais ça n'a
aucun rapport avec l'article 1, on va le voir à l'article 55, si on a
bien lu notre projet de loi, on sait que ça se retrouve à l'article 55,
donc on n'est pas inquiets, on sait qu'on va y arriver à un moment donné. Habituellement, ça
fonctionne comme ça, du moins.
Président (M. Pagé) :
Bien, bien amicalement, lorsqu'un député dépose un amendement,
il a tout le loisir d'utiliser les
arguments et tout son temps qui lui est dévolu pour convaincre l'ensemble des
collègues du bien-fondé de l'amendement
qu'il vient de déposer, et c'est à l'ensemble
des collègues et des gens qui nous écoutent d'apprécier les propos et le travail qui est fait de la part de
chacun des parlementaires. Alors, tant que nous sommes bien à l'intérieur
du projet de loi qui nous concerne, je ne vois pas de problème à ce que le
député de Berthier continue son intervention. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Merci, M. le Président, d'ainsi continuer à faire vivre nos coutumes ici, en ce
Parlement. C'est bien apprécié.
Donc,
M. le Président, l'article... l'introduction de cet amendement-là, «droit
à la propriété immobilier»... Et, comme
je l'ai dit il y a quelques instants, je sais qu'on va en parler dans le
projet de loi, un peu plus loin, ça, j'en suis fort conscient, mais j'ai fait une promesse, hier, que j'étais pour lire le
projet de loi durant la nuit. Chose faite, la nuit est passée, et j'en ai pris connaissance, et je sais
très bien qu'on va en discuter, mais il n'y a rien qui nous empêche de
tourner une pierre maintenant et de la retourner plus tard. Et ce qui
aura été dit ou ce que j'aurai pu dire, ce que je dirai maintenant,
assurément, je ne pense pas le répéter nécessairement lorsqu'on arrivera à ce
point-là.
Mais je
voulais quand même... parce que c'est très important, parce que le projet de
loi va amener, je pense, M. le Président, une autre façon, je dirais, de voir le
droit à l'expropriation. Parce qu'on sait, M. le Président... Puis, pour le
bénéfice de ceux qui nous écoutent, juste
dire à quel point le droit à l'expropriation, et le droit à la propriété
privée, a évolué dans l'histoire, non pas récente, mais fort lointaine.
On pourrait même remonter au Moyen Âge, finalement, pour en expliquer pourquoi aujourd'hui, comme société, on
voit le droit à l'expropriation d'une façon... le droit à la propriété
privée d'une façon qui est la nôtre aujourd'hui.
Je veux juste vous dire, M. le Président, et
c'est intéressant, là, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de
1789,
article 17, j'invite le ministre, si ça lui sied, là... je vais lui
en faire la lecture... bien, je vais en faire la lecture à tout le monde, bien
sûr, mais, si le ministre veut porter une attention particulière, c'est
intéressant.
L'article 17, donc, de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, se lit comme
suit : «La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est
lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment,
et sous la condition d'une juste et préalable indemnité.»
Et je sais qu'on va en parler plus loin, M. le
Président, du droit à l'expropriation tel qu'édicté... pas édicté, mais, à tout
le moins, écrit dans le projet de loi, mais j'aimerais ça entendre le ministre.
Parce qu'on parle d'utilité publique, on
parle de nécessité publique, et je n'irai pas tellement loin, du fait qu'on va
en parler, mais j'aimerais quand même
immédiatement avoir une idée de la définition qu'a le ministre du droit à
l'expropriation pour une utilité publique ou pour une nécessité publique. En fait, j'aimerais ça le savoir
maintenant parce que je pense que ça va nous permettre de mettre la
table pour éventuellement en discuter plus à fond plus loin dans le projet de
loi, et ça permettrait à tout le monde de bien comprendre la vision qu'a le
ministre de la nécessité.
Parce qu'hier on en a parlé brièvement, et le
ministre nous a dit que l'expropriation ne se ferait... — et là je n'ai pas les termes exacts, alors vous m'en excuserez, je vais vous dire
comment je l'ai compris hier — le ministre semble nous dire qu'il y aura possibilité
d'expropriation. Et, toute la mécanique entourant cela, on le verra plus loin,
mais, moi, pour le moment, là, ce que
j'aimerais savoir de la part du ministre, vu qu'on l'a abordé hier
brièvement : Qu'est-ce que c'est
pour lui, M. le Président, d'autoriser une expropriation pour la nécessité publique
ou pour l'utilité publique? C'est tout ce que je demande à ce stade-ci,
M. le Président. Moi, ça me permettrait de pouvoir me préparer davantage pour
lorsque nous arriverons finalement à l'étude de l'article dont il sera question
de l'expropriation.
Le Président (M. Pagé) :
Merci, M. le député de Berthier.
Villeneuve : Dans ce sens, j'espère que ça va satisfaire la
députée de Saint-Hyacinthe quant à mon propos, qui ne se veut pas complètement, là, j'allais dire, déjanté, à ce
stade-ci, loin de là, là. Je veux juste avoir cette précision-là.
Le Président (M. Pagé) :
D'accord. Merci, M. le député de Berthier. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Arcand : Bien, vous
savez, il y a bien des façons d'interpréter l'intérêt public. Mais, moi, une
chose est certaine, c'est que, dans
notre esprit, encore une fois, il y a tout un processus qui peut être discuté
sur ces questions-là, mais je pense que
l'intérêt public... Par exemple, si vous avez, je dirais, l'électricité qui
doit arriver dans un village, par exemple, et ça devient quelque chose de très important, à ce moment-là probablement que
l'intérêt public commande dans ce cas-là que nous puissions exproprier une
partie de ce territoire-là. On le fait
parfois dans le cas d'Hydro-Québec, entre autres. Mais je vois mal comment un forage pourrait... pour le
bénéfice d'un propriétaire ou, enfin, d'un entrepreneur privé, je vois
mal comment ça pourrait justifier l'intérêt public.
Président (M. Pagé) : M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui, merci, M. le Président. Je veux bien comprendre. Parce que, si on le met
dans le projet de loi, c'est parce
qu'on considère que, s'il y a hydrocarbures sur une propriété et que la
démonstration en est faite par une entreprise, il faudrait que
l'entreprise fasse une démonstration très, très, très claire qu'il y a là un
gisement important. Et le ministre, le
gouvernement aurait à ce moment-là à trancher sur est-ce que c'est d'intérêt
public d'aller chercher les hydrocarbures
qui sont sous ce terrain-là. Alors donc, c'est toute la notion de... Parce
qu'on parle d'électricité, c'est une chose,
mais c'est toute la notion d'énergie. Est-ce que cette énergie-là latente, qui
se trouve sous terre, serait d'intérêt public?
M. Arcand :
Écoutez, je ne peux pas juger cas par cas, c'est sûr. Mais, à partir du moment
où vous avez des hydrocarbures disponibles un peu partout, quand on parle
d'intervention, on parle vraiment, là, de cas exceptionnels. D'abord, il n'y en a pas eu depuis 150 ans,
d'une part, d'expropriation pour des cas d'hydrocarbures, en partant, là,
on s'entend là-dessus, il n'y en a pas eu. Alors, il peut y avoir des besoins
x, par exemple un pipeline de gaz naturel qui fonctionne
avec un hôpital, par exemple, ça pourrait être un cas, O.K.?, un hôpital, un
aqueduc, des lignes électriques, des choses
comme ça. Mais ça prend vraiment une définition très claire que c'est dans
l'intérêt public. Et ça, bien, écoutez, le gouvernement sera en mesure de juger via les différentes approches qui
sont faites à ce niveau-là. Mais je ne peux pas le faire cas par cas,
là, de façon claire, mais je vous donne des exemples de choses qui se sont
passées auparavant, où le gouvernement peut procéder dans un cadre d'intérêt
public.
Le Président
(M. Pagé) : M. le député.
M. Villeneuve :
Bien, plus précisément, moi, je parle de ressources, d'hydrocarbures qui se
trouveraient sous terre, là. Je
comprends qu'on... Puis je ne veux pas embarquer là-dedans, on en parlera plus
loin, là, est-ce qu'on peut permettre effectivement
qu'un pipeline passe sur un territoire puis procéder par expropriation... je
vous parle au niveau fédéral, ça, c'est
une autre histoire, là, mais pour alimenter, comme vous le dites, un hôpital,
comme le ministre l'a dit, un hôpital. Mais,
dans le cadre des hydrocarbures comme tels, là, est-ce que les hydrocarbures,
dans le fond, pourraient être évalués, être...
Est-ce que le gouvernement pourrait en venir à dire : Bien, les... Parce
que c'est ça, le coeur du projet de loi aussi, là, c'est d'avoir accès à un territoire sous lequel se
trouve une énergie, entre autres, ici, hydrocarbures. Est-ce que ça veut
dire que... Ce que je comprends du ministre,
ou ce que je ne comprends pas du ministre, c'est... Est-ce que les
hydrocarbures seraient d'intérêt public?
Est-ce que l'exploitation des hydrocarbures serait d'intérêt public dans la mesure où le Québec a d'énormes... — d'«énormes» — a beaucoup d'alternatives, le thermique, le
solaire, l'éolien, l'hydroélectricité? Alors, est-ce que... Parce que
moi, je pense que c'est important d'avoir une réponse à cette question-là.
M. Arcand : Dans la loi, aussi, le ministre
peut décider que ce n'est pas accessible aussi, je veux dire, on peut décider que l'intérêt privé d'un
producteur peut faire en sorte que ce n'est pas d'intérêt public. Maintenant,
encore une fois, chaque cas est différent, mais je vous donne des
exemples de ce qui s'est passé auparavant, et donc on ne peut pas... je ne peux pas vous donner un exemple cas par cas. Si,
demain matin, comme ça s'est produit aux États-Unis, à un moment donné, il y avait
des problématiques mondiales de livraison ou de choses comme ça, peut-être
que, là, ça pourrait changer la donne, et là on est dans une hypothèse complètement,
à mon avis, lointaine.
Le Président
(M. Pagé) : Oui, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
J'essaie de comprendre les propos, puis il me corrigera... les propos du ministre,
puis il me corrigera, M. le Président, si je me trompe. Ce que j'en décode, certains éléments de ce que me
dit le ministre, c'est qu'il pourrait, dans un cas où il y
aurait urgence, insuffisance d'énergie... — on a des hivers au Québec, là — insuffisance
d'énergie pour toutes sortes de raisons que je n'ose pas imaginer, là, et là le
gouvernement pourrait, dans un scénario catastrophe, dire : Écoutez, il y
a une urgence nationale, on permettrait l'exploitation des hydrocarbures sous
terre.
M. Arcand : Je
comprends, mais c'est un cas très
hautement hypothétique, là, qui n'a rien à voir avec la réalité des
150 dernières années.
M. Villeneuve : O.K. Donc, est-ce
que je dois en conclure que les
chances que le gouvernement... à partir du projet de loi qu'on a devant nous,
les chances que le gouvernement reconnaisse le droit à une expropriation pour un
gisement sous terre... un droit
d'expropriation pour un gisement sous terre, est-ce que je dois comprendre
que le gouvernement et le projet de loi qu'on a devant nous
feraient en sorte que d'appeler l'intérêt public pour pouvoir procéder serait pratiquement
nul?
M. Arcand :
Ultraminime.
M. Villeneuve :
O.K. M. le Président, moi, ça me va pour le moment, puis on aura l'occasion
plus tard d'en discuter, là, dans le projet de loi, d'ailleurs, qui va nous
appeler à le regarder de plus près. Merci.
Le Président
(M. Pagé) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Juste une intervention là-dessus, parce qu'effectivement on en reparlera à
l'article 55, mais je pense que, les citoyens, ce n'est pas par hasard
qu'ils sont inquiets. M. le Président, quand M. le ministre dit : Bah! Hypothétique,
hypothétique... Voilà à peine six ans, la mine Malartic a exproprié quelqu'un
parce qu'il ne voulait pas se tasser.
Ça fait que ce n'est pas une hypothèse. Et faites-moi pas accroire qu'une mine
d'or à faible teneur, c'est une urgence nationale. Alors, à mon sens, je pense que, quand on va aborder ces
questions-là, on va se parler des vraies affaires, on va retourner dans l'histoire, puis on va s'assurer
surtout que nos concitoyens soient protégés adéquatement. Parce que, des
fois, intérêt public semble mélangé avec l'intérêt privé. C'est tout ce que je
voulais dire.
Le Président
(M. Pagé) : C'est bon. J'ai l'impression, M. le ministre,
que vous souhaitez...
Mme Massé :
Ah! d'ailleurs, une petite anecdote, il s'appelle Ken Massé.
Président (M. Pagé) : Oui, oui, je pense que ça a été
largement médiatisé, effectivement. Alors, j'ai comme l'impression que
M. le ministre souhaiterait réagir. M. le ministre.
M. Arcand :
Écoutez, je ne vais pas réagir longtemps, mais simplement pour vous dire,
encore une fois, que le cas de
Malartic est un bel exemple, est un bel exemple où on n'avait pas de loi
moderne sur les mines à ce moment-là. Et, parce qu'on n'a pas de loi moderne sur les hydrocarbures, bien, il y a ce
genre de choses là qui se produisent. Je ne crois pas que la mine Malartic pourrait exister aujourd'hui avec ce
que nous avons en termes de
Loi sur les mines, et ça serait la même
chose au niveau des hydrocarbures. Alors, moi, je pense qu'on a tout intérêt à
trouver un encadrement sur ces questions-là.
Le Président
(M. Pagé) : Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
Que le droit d'expropriation soit dans une perspective d'intérêt public, je
pense que notre petit cours historique 101 ce matin nous rappelle que ça
date de longtemps, ce n'est pas de 2010, ce n'est pas de la réforme... — de la réforme! — disons des modifications à la
Loi sur les
mines, dernièrement. Ça date de longtemps que c'est supposé, ce pouvoir
de délocaliser les gens de leurs propriétés, donc communément appelé
exproprier... que ce pouvoir-là ne doit pas être à autre chose qu'au service
public.
Mais
je ne veux pas m'arrêter, j'ai d'autres amendements plus directs sur ça. Je
veux juste qu'on se mette tout le monde en mode de regarder les choses
et non pas les rêver, là.
Président (M. Pagé) : Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres commentaires, d'autres questions sur l'amendement
proposé par le député de Richelieu? Je n'en vois pas... Oui, M. le ministre, oui,
allez-y.
M. Arcand : M. le
Président, je pense qu'à ce stade-ci
j'aimerais, avec l'accord de tous, qu'on fasse juste une courte
suspension, si les gens sont d'accord.
Le Président
(M. Pagé) : Oui. Alors, il y a consentement, alors on va
suspendre pour un court moment. D'accord. Merci.
(Suspension de la séance à
11 h 36)
Président (M. Pagé) : Alors, à l'ordre, chers collègues! Alors, nous avons suspendu un
court moment pour éventuellement apporter certaines modifications.
Alors, M. le député de Richelieu, je vous écoute.
M. Rochon : Oui, M. le Président. Bien, c'est une... appelons ça une réécriture,
là, qui ne change rien au fond de l'amendement.
Le Président
(M. Pagé) : Bon. M. le député de Richelieu...
M. Rochon :
Je retire l'amendement que j'avais présenté...
Le Président
(M. Pagé) : ...vous demandez un consentement pour qu'on
puisse retirer l'amendement.
M. Rochon :
Oui. Eh que vous avez donc les bons mots!
Le Président
(M. Pagé) : Est-ce que j'ai le consentement pour que l'on
retire la première proposition d'amendement déposée hier soir? Alors, le consentement est
accepté. Donc, je pense que maintenant vous avez un nouvel amendement qui va
remplacer celui d'hier soir. Alors, on vous écoute, on vous écoute.
M. Rochon :
Oui. Alors, tous consentant au retrait de l'amendement antérieur, voici le
nouvel amendement que je soumets à la commission :
l'article 1 de la
Loi sur les hydrocarbures, tel qu'amendé, dont l'édiction est proposée par l'article 23 du projet
de loi, insérer, dans le premier alinéa, après «et ce», les mots «dans le
respect du droit de propriété immobilière et». Voilà. «Voilà» n'est pas
dans le texte, là. Ça finit à «et», mon amendement.
Président (M. Pagé) : Alors, souhaitez-vous... ou quelqu'un souhaiterait peut-être expliquer la teneur,
là, du changement ou... Oui, peut-être...
M. Rochon : Bien, écoutez, M. le Président, l'explication
sur le fond est déjà faite. Pour ce
qui est du changement dans la forme, oui, effectivement, moi, je
serais... je consentirais à ce que nous entendions...
Le Président (M. Pagé) :
Je comprends que la meilleure personne pour nous expliquer tout cela serait une
personne avocate, autour de la table. Alors, madame, veuillez vous nommer, s'il
vous plaît.
Mme Giguère (Isabelle)
Bonjour.
Le Président (M. Pagé) :
Est-ce que j'ai le consentement pour que madame puisse prendre la parole?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Pagé) :
Parfait. Alors, consentement. Allez-y.
Mme Giguère (Isabelle)
Isabelle Giguère, avocate au ministère des Ressources naturelles.
Alors, à mon avis,
il est préférable d'introduire la notion de propriété immobilière à cet
endroit-là plutôt que dans l'énumération
de «la sécurité des personnes, la protection de l'environnement, la récupération optimale», considérant que, là, on est dans les droits plus
collectifs et que le droit de propriété est un droit individuel.
Le Président (M. Pagé) :
Alors, voilà. Vous en êtes satisfait, M. le député de Richelieu?
M. Rochon : Ça ne peut pas être
plus clair, et vous comprenez très bien que j'ai immédiatement souscrit à cette opinion légale, M. le Président, comme tous
souscriront, j'imagine, à l'adoption... mais je ne veux pas présumer, à
l'adoption de mon amendement.
Président (M. Pagé) : C'est ce que nous verrons très bientôt. M. le député de Berthier,
sur l'amendement.
M. Villeneuve : Oui, merci, M. le Président. Juste revenir sur les propos de la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques, tantôt, qui disait, bon... en tout cas,
on veut éviter, effectivement, qu'on soit menottés lorsqu'on arrivera à l'article
où il sera question du droit à l'expropriation. Parce que j'écoutais la
juriste, et loin de moi de remettre en question ce qu'elle vient de nous
dire, mais elle a omis de préciser, lorsqu'elle a expliqué ce pour quoi le gouvernement
nous proposait une réécriture... elle a omis de préciser, en faisant lecture de...
«La présente loi a pour objet de régir le développement et la mise
en valeur des hydrocarbures tout en assurant la sécurité des personnes», et là
elle n'a pas prononcé «et des biens».
Je veux juste m'assurer, parce que «et des biens»... Non, mais c'est important
parce qu'on... Qui dit propriété parle
de biens. Là on est vraiment... c'est vraiment le coeur. Alors, je veux juste
m'assurer que c'est tout simplement... Parce
que je ne veux pas non plus qu'on se retrouve dans une situation où la
réécriture fait en sorte qu'on vient de séparer les deux éléments l'un
de l'autre.
Le Président (M. Pagé) :
Oui. Mme Giguère.
Mme Giguère (Isabelle)
Effectivement, c'est un lapsus, j'ai lu trop vite. Votre amendement ne
modifiait absolument pas le reste de l'article.
M. Villeneuve : O.K.
C'est beau.
Mme Giguère (Isabelle)
Ça se lira toujours : La sécurité des personnes et des biens, la
récupération, la protection.
M. Villeneuve : Oui,
d'accord. Ma crainte n'était pas là, ma crainte est plutôt au niveau de
m'assurer que... justement, vous parlez de
lapsus, là, m'assurer qu'il n'y aura pas un menottage quelconque qui va faire
en sorte... Mais enfin on verra ça plus loin, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Pagé) :
C'est un lapsus ou une omission?
Mme Giguère (Isabelle)
Une omission, pardon.
Le Président (M. Pagé) :
Voilà.
Le Président (M. Pagé) :
Différent. Alors, est-ce qu'il y a d'autres propos, commentaires, questions sur
le nouvel amendement qui vient d'être déposé par le député de Richelieu? Ça va
pour tout le monde? Donc, on va en disposer. Est-ce que l'amendement est adopté?
Le Président (M. Pagé) :
Adopté. D'accord. Alors, à partir de ce moment-ci, nous avons un nouvel
article 1 deux fois amendé. Alors, à ce
moment-ci, est-ce qu'il y a de nouveaux commentaires, de nouvelles questions,
de nouvelles propositions sur l'article 1 tel qu'amendé? Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
je vous écoute.
Mme Massé :
Oui, M. le Président. J'aurais un amendement à apporter à l'article 1 de
la
Loi sur les hydrocarbures. Donc,
après le mot «objet...» Attendez un peu. Ah! j'ai perdu ma page. Après le mot
«objet» au début... ah! j'ai perdu... insérer «de réaffirmer la
propriété publique des hydrocarbures du sous-sol québécois».
Président (M. Pagé) : D'accord. Alors, le temps qu'on
fasse des photocopies pour tout le monde et qu'on analyse la
recevabilité, nous allons suspendre un court moment.
(Suspension de la séance à 11 h 46)
Président (M. Pagé) : Alors, je vous remercie, chers collègues. Nous reprenons nos travaux avec
l'amendement qui vient d'être déposé par la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques, avec, je pense, une toute petite modification. Et là on va le relire pour être bien certains qu'il
n'y ait pas de confusion. Je vous demanderais de relire votre proposition d'amendement,
s'il vous plaît.
Mme Massé : Absolument. Alors, à l'article 1 de la
Loi sur
les hydrocarbures, c'est d'insérer ce qui suit après les mots «pour objet», donc d'insérer «de réaffirmer
la propriété publique des hydrocarbures du sous-sol québécois et», le
restant de la phrase. Est-ce que vous voulez que je le lise?
Le Président (M. Pagé) :
Juste à ce moment-ci, je vais juste vous dire, pour être certain que tout est
fait très correctement, mais c'est ce que l'on souhaite tous :
Après «à l'article 1», il faudra ajouter «tel qu'amendé». À ce moment-ci, il
faudra toujours le présenter de cette façon-ci. Alors, on s'entend, tout le
monde, avec le consentement, que... nous présumons que ces deux mots font
partie de votre proposition, d'accord?
Mme Massé : Vous présumez bien.
Le Président (M. Pagé) :
Alors, nous y allons et on vous écoute maintenant sur l'amendement.
Mme Massé : Oui. Alors, merci, M. le Président. En
fait, ça ne fait pas longtemps que je suis élue comme députée, deux ans et demi, quelques commissions
parlementaires que je fais, et une des choses que j'ai commencé à
comprendre, c'est le rôle de l'article 1 dans un projet de loi. C'est sûr
que, dans le cas du projet de loi n° 106, qui est particulier, considérant qu'il y a quatre principes, où
commence l'article 1... Mais là on s'entend qu'il est question de la Loi
sur les hydrocarbures et que nous sommes à l'article 1.
Ce que j'ai compris aussi, après l'avoir entendu
dire de différents ministres, différents juristes, etc., c'est que l'article 1 insuffle un peu le sens, et c'est
important d'y voir apparaître, de façon tantôt pédagogique, tantôt aussi
pour encadrer, de voir apparaître donc l'esprit de ce que nous souhaitons dans
cette loi-là.
Alors, vous
savez, et à quelques reprises on se taquine avec ça, c'est sûr que, si c'était
Québec solidaire qui était au gouvernement,
ce n'est pas le type de loi qu'on verrait apparaître, définitivement pas, pour
toutes sortes... toutes les raisons que
vous connaissez, je pense que je les exprime, et mes collègues ainsi, assez
bien. Ceci étant dit, ce n'est pas le cas pour le moment, et donc on
travaille avec ce que nous avons là.
Alors, ce pour quoi j'ai souhaité réaffirmer, à
cette étape-ci, que la propriété... que les hydrocarbures sont la propriété... sont de propriété publique, c'est que
je pense que, parfois dans notre volonté de... en tout cas, dans le fait
de vouloir permettre de la création d'emplois, encadrer les affaires, etc., on
oublie que l'ensemble du sous-sol québécois appartient
aux Québécois et Québécoises et non pas aux compagnies privées. Alors donc,
quand je dis qu'on semble oublier ça,
je pense que, dans notre rhétorique
parfois, il nous arrive de faire comme si le sous-sol ou son contenu
appartenait à l'entreprise
privée. Et, à tout le moins, si nous en avons cette conscience et que tout le monde est d'accord que, bien
sûr, le sous-sol québécois
appartient aux Québécois et Québécoises, les gens de l'entreprise pétrolière et
gazière, eux, agissent plutôt comme si le sous-sol leur appartenait.
Et là ce
n'est pas dans mes rêves ou dans mes pensées que je vois ça... — je
m'excuse, tous les auditeurs, surtout la personne qui fait le son, pour mon rhume, vous allez être pris à
m'entendre encore et encore tousser.
Alors donc, je disais que, si nous ici, les parlementaires, c'est d'une évidence que le
sous-sol appartient aux Québécois et Québécoises, il en est complètement autre chose pour les gens des
pétrolières et gazières, qui prennent un peu pour acquis que, ce qu'il y
a en dessous du sol, bien, c'est de leur droit, leur bon droit de pouvoir
l'exploiter.
En fait, ils
le prennent... ils ont une attitude, et on a quelques exemples, ne serait-ce
qu'à la rencontre de lundi qui vient
de passer, où M. le ministre était présent, cette attitude où, dans le fond,
c'est comme si le permis... Parce que c'est ça, un claim, là, un claim, ce n'est pas un droit, un
claim, c'est un permis, comme mon permis de conduire, là, un
permis : je réponds à des exigences,
j'ai un permis. Alors donc, l'attitude des gazières et pétrolières qui
envoient, à travers toutes sortes de
petites phrases, de petits échanges fort intéressants... qui nous laissent
entendre que le sous-sol leur appartient.
Alors, je me
suis dit : Bon, puisque le ministre semble répéter, à plusieurs reprises,
que ce projet de loi là ne fait pas à
100 % l'affaire, si on peut dire, des pétrolières et des gazières, qu'il y
a même des choses avec lesquelles... ça les dérange, ça les heurte, bien, je me dis que ça pourrait être intéressant
qu'on leur rappelle, dans le cadre de ce projet de loi là, de façon très pédagogique, que, oui, ils ont
un permis, mais que, fondamentalement, le sous-sol, d'ailleurs comme la forêt au Québec, là, je veux dire, ça
appartient... en fait, c'est de propriété publique. Alors, je me disais que
d'insérer, à cette étape-ci, puisqu'on en est à l'article 1...
Et, si vous
avez vu où je positionne cette affirmation, c'est dès le départ. Vous allez me
dire : Bien oui, mais c'est une
évidence, Mme Massé. Bien, si c'est une évidence, ça ne devrait vraiment
pas nous déranger de l'inclure, si réellement c'est une évidence. Parce que, si on ne l'inclut pas, bien, on va avoir
peut-être de la difficulté à se comprendre par la suite. Oh!
certainement pas vous et moi, parce que nous savons ici que, collectivement,
ces terres-là, son sous-sol, nous appartiennent.
Mais je pense que ça enverrait un signal très fort à cette filière de
l'industrie, les pétrolières et les gazières, qui, eux, se sentent
extrêmement légitimes de penser que ce qu'il y a en dessous du sol leur
appartient.
Alors, je
vais vous donner quelques exemples. Je n'y étais pas, à cette rencontre, le
ministre pourra peut-être nous donner
d'autres exemples, mais il y a des gens qui étaient là, qui nous ont informés
de comment ça s'était passé. Alors, par
exemple, il y a
des compagnies actives actuellement dans le Bas-Saint-Laurent, comme Junex, Squatex, Pétrolympic, qui, essentiellement, quand parlent des hydrocarbures, quand parlent
de leurs projets, quand ils font leur pitch de vente... Excusez-moi
l'anglicisme, mais je pense qu'on se comprend bien ici, puis là je n'ai pas dit
«torvice», là...
Massé : Ah! je ne l'ai pas
répété, moi. Donc, le pitch va tout orienter sur : bien oui, mais ce qu'il y a en dessous, c'est du pétrole conventionnel, pour, après ça, quelques années
après, nous dire : Bien non, dans
le fond, pour avoir accès à ça, il y a potentiellement du
forage qu'il faut faire parce
qu'on le sait, on imagine, là, qu'en dessous il y a du conventionnel. Donc, on va faire de la
fracturation hydraulique, il faudrait faire de la fracturation pour y arriver,
alors qu'on sait qu'au Québec, en matière de
fracturation hydraulique, hein, nos postures sont assez claires depuis
quelques années.
Alors, comment
se fait-il que ces gens-là sentent qu'ils peuvent nous dire comme ça,
clairement, en sachant que le
sous-sol du Québec est très largement, beaucoup plus en schiste, ce qu'on peut
y retirer, beaucoup plus de schiste que de façon conventionnelle, bien, dire : Bien non, nous, ce qu'on a
en dessous de ça, c'est du gaz conventionnel, laissez-nous aller l'explorer, puis on va vous le
démontrer? Puis là on l'explore puis on dit : Oh! mais non, par exemple,
peut-être que, si on veut l'extraire de
façon optimale — qu'il me
semble qui est exactement dans la phrase de cet
article 1 — bien,
il faut utiliser d'autres techniques. Bien,
à un moment donné, le peuple québécois peut dire : Bien, non, stop, c'est
assez, le sous-sol nous appartient collectivement, et nous pouvons décider ce
que nous voulons et ne voulons pas en faire.
Quand, par
exemple, le... Et je les comprends, c'est des entreprises privées, bon, des
entreprises... Il y a-tu une chose
qu'on peut se dire ici? Actuellement, au Québec, là, c'est qu'en matière
d'entreprises gazières et pétrolières c'est des entreprises juniors qu'on a puis, je dirais même plus, c'est des
entreprises de papier, c'est sur papier. Elles existent parce qu'on met de l'argent dedans. Elles peuvent
réaliser des choses parce que notre argent collectif est investi dans
ces projets-là. Ah! je dis «nous», «nous» avec, et on se le redisait hier,
Ressources Québec, avec le fonds qui a été créé au niveau des hydrocarbures — qui va changer bientôt mais qui, quand même,
a déjà, je crois, investi des sous et pourra continuer à le faire — à
travers notre Caisse de dépôt, à travers Investissement Québec. On investit de
l'argent dans les hydrocarbures fossiles souvent pour permettre à ces
compagnies-là de garder la tête au-dessus de l'eau, pour que leurs actionnaires continuent à investir de
l'argent, et ces gens-là voudraient nous dire comment gérer notre sous-sol?
Bien, ils ne peuvent pas. Ils ne peuvent pas. Pourquoi? Bien, parce que le
sous-sol est public, ça nous appartient.
Alors, c'est sûr
que, quand on entendait, lundi, notamment que Questerre, hein, qui est
l'opérateur de Repsol, qui dit clairement
qu'il voit une viabilité économique de l'exploitation des gaz de schiste dans
la vallée du Saint-Laurent... je ne sais
pas où ils étaient en 2010, 2011, là. Je pense que, dans la vallée du
Saint-Laurent, on a été clairs. Je pense que le peuple québécois est clair, et le peuple québécois est
clair parce qu'il sait que ce sous-sol-là leur appartient. Oui, la
préoccupation de l'amendement qu'on vient
d'adopter est importante, et j'en suis, mais, pour moi, le fait d'insérer cette
réaffirmation de la propriété publique des
hydrocarbures, de réaffirmer le caractère... que les hydrocarbures qui sont
dans le sous-sol québécois sont de propriété publique, eh bien, ça
serait pour moi une façon d'envoyer des messages clairs à l'industrie que nous
sommes légitimes, comme peuple québécois, de mettre des balises, et, je dirais
même, de mettre des holà, puisqu'à tout le
moins, dans ma perspective à moi, la souveraineté, elle est essentiellement et devrait être essentiellement populaire, et c'est un endroit comme un autre de
pouvoir le réaffirmer.
terminerais en disant que l'importance, pour nous, de réaffirmer cette réalité que la
propriété des hydrocarbures est
publique, c'est que... ce que je me rends compte, en fait, c'est comme si on
n'était pas sortis tout à fait de l'ère Duplessis, et je ne l'utilise pas comme fantôme, parce que,
comme peuple, on s'en est sorti, comme peuple, on s'est élevé au-dessus de... bien, pas toujours,
ce n'est pas linéaire, etc., mais globalement je
pense qu'aujourd'hui le peuple québécois
ne souhaite plus du tout voir ses
ressources naturelles vendues au moins offrant. Et on le sait, comment le
système économique est
organisé pour faire en sorte que, par exemple, quand on fait une révision de la
Loi sur les mines, bien, on l'édulcore tellement qu'en bout de ligne les redevances payées par les
minières nous rapportent moins que les permis de chasse et pêche payés par les Québécois et Québécoises. C'est complètement fou, ça, c'est complètement
fou, et c'est pourquoi je pense qu'à
tout moment il faut être capable de rappeler que l'économie, elle a sa place,
elle a une place, mais elle doit avoir une place qu'on lui donne, elle
ne peut pas mener.
Vous ne
trouvez pas ça drôle, vous autres, que toutes les gazières et pétrolières,
actuellement, qui sont en action, et, je dirais même, les minières, à
certains égards, qui sont en action, mais restons au niveau des gazières et
pétrolières, puisqu'on est au niveau du
projet de loi n° 106, sont essentiellement là où il y a des taux de
chômage élevés? Vous ne faites pas de
lien? En tout cas, moi, j'en fais, des liens, j'en fais, des liens, parce que
comment, pour une population, dire non à des hypothétiques jobs qui pourraient arriver alors que tu es dans un taux
de chômage élevé? Je dis «hypothétique». Des fois, c'est très concret, mais des fois c'est
hypothétique. Et pourquoi? Bien, pour faire de l'exportation, même pas pour
une deuxième ou troisième transformation.
Je trouve ça problématique, et une des façons, à
mon sens — et
je vais terminer là-dessus — de
rappeler... de mettre au pas l'entreprise privée des gazières et des
pétrolières... Puisque le ministre a dit qu'il était prêt à ce que son projet de loi encadre, que son projet de loi
dérange les pétrolières et gazières — au fur et à mesure, il va nous le dire,
là, où ça les dérange, il doit le savoir
déjà — bien,
moi, je serais... pour la population du Québec, et, dans ce cas-là, pas
pour les gazières et pétrolières, pour la population du Québec, il me semble
que, de façon pédagogique, mais aussi de façon à orienter notre compréhension
et la compréhension des juristes qui auront inévitablement à analyser et à
faire passer à cette loi le test de vérité,
bien, d'insérer, après les mots «pour objet», «de réaffirmer la propriété
publique des hydrocarbures du sous-sol québécois» m'apparaît juste
tomber sous le sens.
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre, souhaitez-vous réagir?
Arcand : Écoutez, M. le
Président, sur cette question-là, d'abord, il a toujours été clair que l'État
est propriétaire du sous-sol. Si
l'État n'était pas propriétaire du sous-sol, si c'était l'entreprise privée qui
était propriétaire du sous-sol, bien,
à ce moment-là, pourquoi l'entreprise privée devrait payer des redevances?
S'ils paient des redevances, c'est parce que c'est nous qui sommes propriétaires du sous-sol. Même chose :
Pourquoi ils auraient besoin de demander un permis si le terrain est à eux, s'ils sont propriétaires à la
fois du terrain et du sous-sol? Donc, le seul fait d'avoir ça, c'est déjà un
élément qui démontre hors de tout doute que ce sous-sol appartient à l'État.
Maintenant,
ce que la députée propose, je ne peux pas être en désaccord avec
ça. La seule chose, M. le
Président, c'est qu'on le retrouve exactement
à l'article 2. À l'article 2, c'est clairement
indiqué : «Les hydrocarbures, les réservoirs souterrains et la
saumure font
partie du domaine de l'État.» Ça ne peut pas être plus clair que
ça. C'est un
article qui énonce la règle générale de la propriété des hydrocarbures, des
réservoirs souterrains, etc. Alors, c'est le même principe que l'on retrouve déjà, M. le Président, dans la
Loi sur les mines. Alors, on est tous les deux d'accord, c'est juste
qu'elle veut le mettre dans le 1, moi, je dis qu'il est déjà dans
l'article 2. C'est exactement la même chose.
Président (M. Pagé) : Je vous remercie, M. le ministre. Mme la
députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Massé : Bien, je le vois bien au niveau de l'article 2,
effectivement. Est-ce que l'article 2 a le même effet dans l'analyse de la tête des juristes? Moi, je
vous le dis, hein, c'est comme... Moi, je réitère ce que j'entends ici
depuis que je suis présente en commission parlementaire. Est-ce que
l'article 2 joue, en termes d'orientation, le même objectif que
l'article 1? Je ne le sais pas. Je ne suis pas capable de trancher.
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : Bien, écoutez, M. le
Président, d'abord, les quatre premiers articles que nous voyons ici, ce
sont des articles qu'on appelle des
dispositions générales, et je vous dirais même que d'avoir un
article
spécifique qui implique que l'État
est propriétaire du sous-sol, à ce moment-là, ça rend encore ça plus fort, plus
important. Donc, moi personnellement, si
on veut renforcer, et c'est l'opinion de notre conseillère juridique, si on
veut renforcer cet élément-là, vous êtes mieux de le mettre très
spécifiquement dans un
article comme l'article 2, qui va le déterminer de
façon évidente, et non pas l'intégrer dans un projet de... dans un
article 1 dans lequel il y a déjà beaucoup de choses.
Le Président (M. Pagé) :
Merci, M. le ministre. Alors, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Bien, écoutez, je
pense que l'idée d'isoler le thème, si ça le rend plus fort, c'est ce que je
comprends de notre juriste, eh bien, qu'il en soit ainsi.
Le Président (M. Pagé) :
Est-ce que je comprends par vos propos que vous souhaitez retirer l'amendement?
Est-ce que c'est ce que vous demandez?
Mme Massé : Bien, pas pour le
moment, parce que j'ai un de mes collègues qui voulait intervenir là-dessus,
alors je vais...
Président (M. Pagé) :
Non? O.K. Oui, effectivement, il y avait deux personnes qui avaient levé la
main pour intervenir sur le sujet.
Mme Massé : C'est ça, je vais les
laisser intervenir puis...
Le Président (M. Pagé) : Dans
un premier temps, M. le député de Richelieu.
Rochon : Oui. Merci, pour l'éclairage, là, que le ministre jette sur
nos délibérations. J'avais envie, avant qu'il ne jette cet éclairage — et je vais succomber à cette envie sans être
long — de dire
que j'accueillais fort bien l'amendement proposé par ma collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques de réaffirmer, en effet, la
propriété publique des hydrocarbures du
sous-sol québécois. J'avais envie de dire que j'aime bien que nous procédions à
ce rappel aux pétrolières, aux gazières, mais aussi à ce rappel aux
Québécois.
Et ça m'a
fait penser, cet amendement, à un texte de Félix Leclerc, peut-être que vous le
connaissez, là, je sais que certains
collègues aimeront davantage que d'autres, mais c'est Tu te lèveras tôt .
Est-ce que vous vous souvenez, M. le Président,
de cette chanson où Leclerc nous invite à nous lever tôt, à mettre notre capot
puis aller dehors pour faire le tour de ce qui est à nous, hein? Puis là il fait une énumération pour que nous
soyons fiers de ce qui est à nous, écoutez, Mme la députée de Saint-Hyacinthe : la terre, la mer
porteuse d'îles, la forêt, l'or dessous le sol. C'est de ça qu'on parle,
c'est de ça qu'on parle, un poète l'a repris, un grand poète québécois, pour,
effectivement, nous conduire à être fiers de ça. Et je suis distrait par les
réflexions, qui me dérangent autant que m'étonnent...
Le Président (M. Pagé) :
Restez concentré.
Rochon : Je vais essayer de
rester concentré. Alors, ça permet, quand on fait le tour de ce qui est à nous,
de réaliser la richesse de notre territoire.
Ça permet aussi de réaliser le
pouvoir que nous pouvons avoir, si nous l'exerçons, sur notre territoire, et quiconque siège ici devrait être intéressé à
ça, le pouvoir qu'on peut exercer sur notre territoire, et il est
important de réaliser le pouvoir que l'État québécois a aussi sur son territoire
et ses richesses.
Bon, alors,
le ministre nous fait donc remarquer que référence est faite
au deuxième
article de la propriété publique des hydrocarbures du
sous-sol québécois — pas
exprimé de la même façon mais avec le même effet — nous fait la remarque
que c'est probablement même plus fort, mieux isolé dans un
article plus spécifique,
qui est quand même le second
article du projet
de loi. Moi, je me rends tout à fait, là, à cette analyse, mais je trouvais
important, et il n'y a pas lieu d'en
ricaner, je trouvais important que nous réalisions tous, et le fassions
réaliser à celles et ceux qui nous écoutent, les ressources naturelles extraordinaires de ce pays québécois, l'importance
de les préserver. Ce n'est jamais inutile de le faire, c'est pédagogique
de le faire, je pense.
Le Président (M. Pagé) : Je
vous remercie. Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, toujours sur l'amendement.
Massé : En fait, en
réfléchissant, non, je ne vais pas le retirer et je vais expliquer pourquoi. En
fait, quand je regarde l'article...
Le Président (M. Pagé) :
Juste pour votre information, il vous reste moins de deux minutes.
Massé : Merci. Quand je
regarde le deuxième article, on parle du domaine de l'État. Je ne doute pas
que, pour les juristes, ça veut dire quelque chose de très spécifique, etc. Le
commun des mortels, quand tu parles de propriété publique, sait exactement de quoi tu parles. Alors, si le ministre me
dit, et il me semble que c'est ce qu'il m'a dit, que l'esprit de mon amendement, réaffirmer la
propriété publique des hydrocarbures du sous-sol québécois, est un esprit
qu'il reconnaissait au premier article,
bien, il me semble que ça serait pédagogique. Non, mais est-ce que j'ai bien
compris, M. le ministre, que vous me dites que cet esprit-là, il est dans
l'article 1, à votre... bien, dans l'article 2, mais ça va dans le
sens de...
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : C'est dans
l'article 2 et, deuxièmement, c'est conforme avec les autres lois qu'on a
au Québec, dont la
Loi sur les mines.
Donc, il y a une conformité, dans les textes qui sont devant nous, qui se doit
d'être expliquée. Je peux peut-être demander à Mme Giguère de
réexpliquer, mais ce sont les termes tout à fait usuels pour bien décrire ce
qu'on veut décrire.
Le Président (M. Pagé) : Mme
Giguère.
Mme Giguère (Isabelle) : Alors, le
«domaine de l'État» est un terme reconnu, ça vise la propriété de l'État. Notamment, les terres du domaine de l'État, ce
sont toutes les terres publiques dont l'État est propriétaire. Donc, le
terme «domaine de l'État» est un terme tout à fait reconnu, utilisé et approprié.
Mme Massé : Juridiquement...
Mme Giguère
(Isabelle)
: Juridiquement, oui, oui, toujours.
Mme Massé : ...c'est ça, alors que
moi, je parlais pédagogiquement. Alors, c'est probablement là qu'on se rejoint
moins.
Président (M. Pagé) :
O.K. Alors, nous continuons à nous instruire, tout le monde. M. le député de Berthier.
Villeneuve : Bien, je
voudrais avoir plus de précisions. «Domaine de l'État», là, on ne parle pas de
la surface, on parle du sous-sol, donc tout le sous-sol est du domaine
de l'État? C'est ma question.
Le Président (M. Pagé) : Mme
Giguère.
Mme Giguère (Isabelle)
: C'est-à-dire
que ce qu'on prévoit, c'est que ce sont les substances minérales,
l'article 2 dit que ce sont les substances minérales. Le Code civil dit
que le propriétaire du dessus est propriétaire du fonds, mais nous, par la Loi
sur les mines et la
Loi sur les hydrocarbures, on vient dire que les substances
minérales, dans la
Loi sur les mines, et les
hydrocarbures, dans la
Loi sur les hydrocarbures, appartiennent à l'État, de
façon à ce que le gouvernement puisse encadrer ces activités-là et aller
chercher les redevances.
Villeneuve : Clairement,
ma question est claire, elle est simple : Le domaine privé n'est
propriétaire que de la surface en partie, et tout ce qui est sous-sol
est du domaine de l'État?
Mme Giguère (Isabelle)
: Les
hydrocarbures qui sont contenus dans le sous-sol, oui.
Villeneuve : Donc,
quand on parle du domaine de l'État, on parle de toute la superficie du Québec
sous terre?
Mme Giguère (Isabelle)
: De
tous les hydrocarbures partout sur le territoire du Québec.
M. Villeneuve : ...sont du
domaine de l'État...
Mme Giguère (Isabelle)
: Oui,
ils sont publics.
M. Villeneuve : Même lorsque
c'est en surface, même si, en surface, c'est du domaine privé?
Mme Giguère (Isabelle)
: Oui,
c'est à ça que sert l'article 2, c'est pour ça qu'on le pose.
M. Villeneuve : Parfait.
C'était ma clarification à la question.
Président (M. Pagé) :
Alors, merci, Mme Giguère, d'éclairer nos lanternes et de bien nous instruire.
Je pense que c'est fort pertinent.
Alors, à ce
moment-ci, est-ce qu'il y a d'autres commentaires, d'autres demandes de prise
de parole ou questions sur
l'amendement de Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui n'a pas retiré son amendement,
je vous le fais remarquer? Est-ce qu'il y a d'autres commentaires? Oui?
Non, ça va. Donc, on va en disposer.
Le Président (M. Pagé) :
Alors, on demande par appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Oui. Alors,
M. Arcand (Mont-Royal)?
Arcand : Contre.
La Secrétaire : M. Bourgeois
(Abitibi-Est)?
La Secrétaire : M. Morin
(Côte-du-Sud)?
La Secrétaire : M. Giguère
(Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Simard
(Dubuc)?
La Secrétaire : M. Busque
(Beauce-Sud)?
La Secrétaire : M. Rochon
(Richelieu)?
La Secrétaire : M. Villeneuve
(Berthier)?
La Secrétaire : Mme Soucy
(Saint-Hyacinthe)?
La Secrétaire : M. Pagé
(Labelle)?
Le Président (M. Pagé) :
Abstention. Alors, je comprends que l'amendement est rejeté.
Donc, nous revenons à l'article 1 tel
qu'amendé à deux occasions. Donc, à ce moment-ci, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires, prises de parole, questions sur l'article 1 tel qu'amendé?
Je ne vois aucun... Oui, M. le député de Richelieu, allez-y, on vous écoute.
M. Rochon : Oui, M.
le Président. Je n'allais pas
décevoir le ministre. Alors, à l'article 1... Tout le monde sait que je fais de
l'ironie, là, ceux qui nous écoutent, parce que, si on ne perçoit pas ça dans
mon ton, ça va...
Le Président (M. Pagé) : ...M.
le député de Richelieu.
M. Rochon : Parfait, M. le
Président. Alors : À l'article 1 de la
Loi sur les
hydrocarbures — j'arrive
avec un amendement — dont
l'édiction est proposée par l'article 23 du projet de loi, insérer ce qui
suit après les mots «la protection de l'environnement» :
«, la reconnaissance des compétences des
municipalités en matière d'aménagement du territoire».
Président (M. Pagé) :
Alors, on va suspendre un court moment, le temps de faire des photocopies et
distribuer à l'ensemble des collègues, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 12 h 22)
Président (M. Pagé) :
Alors, collègues, nous allons reprendre nos travaux. Juste avant de suspendre,
le collègue de Richelieu venait... le député de Richelieu venait de nous déposer un nouvel amendement.
Alors, nous allons l'écouter pour nous faire part de la teneur de cet amendement.
M. le député de Richelieu, s'il vous plaît.
Rochon : Oui, merci, M. le Président. Alors, je vais tenter une lecture de l'article 1,
déjà amendé deux fois, incorporant ce nouvel amendement.
Alors :
«La présente loi a pour objet de régir le développement et la mise en
valeur des hydrocarbures en milieu
terrestre et hydrique tout en assurant la sécurité des personnes et des biens,
la protection de l'environnement — arrive mon amendement — la
reconnaissance des compétences des municipalités en matière d'aménagement du territoire — et suite du texte, là — et la récupération optimale de la ressource,
et ce, dans le respect du droit de propriété immobilière et en
conformité avec les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre
établies par le gouvernement.»
Et il y a cet
autre alinéa qui s'ajoute, là, dont nous avons parlé plus tôt, à savoir — il faudrait que je m'habitue à
l'avoir sous les yeux — :
«Aux fins de la présente loi, un milieu terrestre comprend un milieu humide.»
Voilà.
Le Président (M. Pagé) : On
va vous en faire une photocopie, M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Bien, oui, ça va me prendre une photocopie. Donc, ce qui s'ajouterait en vertu du dernier amendement que nous
soumettons à la commission, c'est une reconnaissance des compétences des
municipalités en matière d'aménagement du territoire. Alors, je préviens les
objections, tout de suite je les préviens parce que je commence à connaître le ministre. Il me parlera peut-être de
l'alourdissement de l'article 1 par ce texte-là, il me dira, sans doute...
je ne lui prête pas d'intentions parce qu'il
va pouvoir tantôt préciser sa pensée, là, il va probablement me dire
qu'ailleurs dans le projet de loi on va retrouver,
là, des articles traitant de cette question de compétences des municipalités en
matière d'aménagement du territoire.
Mais
je tiens quand même à ce que ce soit mentionné dès l'article fondateur du
projet de loi, parce que, bien que le ministre ait proposé quelques
amendements depuis son accouchement de la version initiale du projet de loi, il
a dit lui-même : La Fédération québécoise des municipalités, son président
particulièrement, continue d'en être déçu, du projet
de loi. Et je présente aussi cet amendement dans le contexte où son
gouvernement, le gouvernement du ministre, insiste beaucoup, insiste beaucoup, plus, d'ailleurs, dans son discours
que dans ses gestes, sur l'importance de l'autonomie municipale, que son collègue des Affaires
municipales aime appeler, là, la gouvernance de proximité. Alors, il me
semble que, dans ce contexte dont je viens
de faire état, l'inscription dès l'article fondateur de «la reconnaissance des
compétences des municipalités en matière d'aménagement du territoire» serait
remplie de bon sens.
vais faire état de quelques recommandations, M. le Président, de la Fédération
québécoise des municipalités relativement
aux compétences municipales, quelques recommandations contenues à son mémoire,
juste pour vous faire réaliser
l'importance que les municipalités, représentées par la FQM, aussi par l'UMQ,
on a aussi entendu la ville de Gaspé en
commission, en tout cas on a reçu son mémoire... l'importance que tous ces
acteurs municipaux mettent dans la volonté reconnue par le gouvernement
de leur rôle, hein?
Alors, la FQM
recommande notamment : «Que le gouvernement du Québec amende le projet de
loi sur les hydrocarbures afin de partager
certaines de ses responsabilités avec ses partenaires municipaux, notamment la
soustraction par la MRC de certains
territoires incompatibles avec l'activité des hydrocarbures», voilà un exemple.
Autres exemples : «Que le
gouvernement du Québec oblige le titulaire d'une licence d'exploration, de
production ou de stockage d'aviser la MRC
de l'obtention de sa licence ou de l'exécution de travaux au moins
30 jours suivant son inscription au registre public des droits réels et immobiliers relatifs aux
hydrocarbures ou avant le début des travaux; que le gouvernement du Québec responsabilise en premier lieu
les industries de la filière hydrocarbure pour traiter les eaux usées issues
d'un forage combiné à la fracturation hydraulique, autorise les municipalités
sollicitées à traiter ses eaux usées, à déterminer les conditions de leur
acceptation; que le gouvernement du Québec exige l'adoption d'une entente
préalable entre les municipalités et/ou le
ministère des Transports et les entreprises de la filière hydrocarbure, pour
déterminer les conditions d'utilisation
des routes municipales ainsi que les compensations requises pour le maintien ou
la remise en état du réseau routier;
que le gouvernement du Québec soutienne financièrement la formation des
pompiers des municipalités locales et les équipements spécialisés pour
les interventions d'urgence.» Et je pourrais vous faire état, ici, de plein
d'autres recommandations qui vont dans le sens de l'affirmation des compétences
des municipalités.
Alors,
voilà mon plaidoyer, que je crois bien branché sur la volonté, si elle est
réelle, du gouvernement du Québec d'accorder aux municipalités le
pouvoir qu'elles méritent d'avoir sur leur territoire, la volonté
gouvernementale d'en faire de
véritables — expression
du ministre des Affaires municipales lui-même — gouvernements de proximité, hein, les
mieux placées pour décider ce qui se passe
chez elles, de l'avis du ministre des Affaires municipales. Alors, il me
semble, encore une fois, présenter à la commission un amendement qui va
parfaitement dans ce sens.
Président (M. Pagé) : Je vous remercie, M. le député de
Richelieu. Est-ce que M. le ministre souhaiterait réagir au plaidoyer du
comité de... du député de Richelieu?
Arcand :
Vous savez, dans ce dossier-là, nous sommes allés aussi loin que nous pouvions.
Et, encore une fois, on s'attaque à l'article 1, alors qu'il y a de
nombreux articles... Dans le cas des orientations gouvernementales en orientation du territoire,
article 130.1, les
possibilités pour les municipalités de déterminer des territoires
incompatibles;
article 202.1, modification à la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme afin de permettre aux MRC de déterminer les territoires incompatibles dans leur schéma d'aménagement;
article 202.2, modification à la
Loi sur l'aménagement pour les rendre conformes aux orientations, la modification
du schéma d'aménagement est assujettie à l'avis favorable du ministre des Ressources naturelles quant au respect des
orientations gouvernementales aux fins de l'établissement des
territoires incompatibles à l'exploration, la production et le stockage
d'hydrocarbures; et enfin, à l'article 265.1, également, continuation de
la soustraction à l'activité minière dans les périmètres urbanisés suivant
l'adoption des OGAT.
Alors,
vous avez tous les articles, donc les municipalités... Et ça, j'oublie de
parler évidemment des avis que les producteurs...
que ceux qui vont... que les entreprises pétrolières doivent informer les
municipalités, les comités de suivi... auxquels elles doivent
participer. Alors, je pense que, dans toutes les juridictions que nous avons
regardées, et celle qui était la plus
avancée, c'est celle de la Colombie-Britannique, quand on a regardé les
juridictions canadiennes... Parce qu'évidemment on a à se comparer
surtout avec ce qui se fait déjà au Canada, mais on a regardé aussi la France, l'Allemagne, la Pennsylvanie, l'État de New York,
etc., et, dans toutes les juridictions, je peux vous assurer qu'aucune
ne va aussi loin que nous par rapport à la
consultation et à l'implication des municipalités. Je peux également vous dire
que j'ai même discuté avec des ministres au
Canada et qui n'en sont pas revenus de voir jusqu'à quel point on allait là,
parce que, pour eux, ce n'est jamais un enjeu au niveau des
municipalités. Alors, voilà.
Le Président (M.
Pagé) : Alors, M. le député de Richelieu.
M. Rochon :
Bon, alors, je suis ému que les collègues ministres des autres provinces
canadiennes trouvent que le Québec va loin. Cette émotion passée — vous
voyez qu'elle passe très rapidement, M. le Président — est-ce
que l'amendement que nous soumettons à
l'article 1, à savoir «la reconnaissance des compétences des municipalités
en matière d'aménagement du territoire», est-ce que cet énoncé se
retrouverait contredit par l'un des articles que vient de nous citer le
ministre?
Président (M. Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
Ce n'est pas de la contradiction. C'est simplement qu'à un moment donné, sur
l'article 1, on aborde beaucoup de sujets, puis nous, on ne voyait
pas la nécessité d'aborder tous les sujets qui se retrouvent dans les
200 quelques articles.
Le Président (M.
Pagé) : M. le député de Richelieu. Dans les 269.
M. Rochon :
Oui, j'entends fort bien ce que le ministre me dit là. Il remarquera que notre
énoncé sur la reconnaissance des compétences des municipalités n'est pas très
long. Il ne couvre pas le sujet, il énonce un grand principe, sans plus, et
c'est ensuite que le détail s'aligne, dans les articles subséquents du projet
de loi.
Je répondrai ainsi,
M. le Président, à l'objection que je viens de lui entendre énoncer : Je
sais fort bien que le premier
article d'un
projet de loi ne peut pas... en tout cas ne va pas, dans ce cas-ci, constituer
le seul, hein, et s'étendre sur 200 pages. Là, c'est un court
paragraphe, là, l'article 1, pour l'instant, auquel on ajoute un second
alinéa.
Bon,
je ne crois pas que nous assistions à un alourdissement bien grave du texte. Au
contraire, je pense que nous suggérons
ici d'ajouter un principe important, à notre point de vue, incontournable, et
qui devrait bien être incontournable pour
un gouvernement qui met autant d'efforts, après avoir dépouillé les localités
de leurs outils de développement et de leurs
centres de décision, à dire que ces localités, ce sont des gouvernements
importants de proximité. C'est une façon de réaffirmer l'importance de
ces gouvernements de proximité. C'est une occasion de le réaffirmer que cet
amendement que nous soumettons, qui tient en peu de mots et qui sera explicité,
décliné au cours des articles qui suivront l'article fondateur du projet de
loi.
Le Président (M.
Pagé) : Merci, M. le député de Richelieu. M. le ministre.
Arcand :
Rien à ajouter.
Le Président (M.
Pagé) : Pas d'autres commentaires? M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui, merci, M. le Président. M. le Président, est-ce que le ministre peut me
dire, sur les 21 recommandations qui ont été déposées à la commission, qui
ont été écrites par la Fédération québécoise des municipalités, qui représente plus de 1 100 municipalités au
Québec, sur les 21... Parce que, tantôt, le ministre a dit, et j'ai noté la phrase : «Aussi loin que nous
puissions ou que nous pouvions». Et c'est ce qu'il a dit, là, que le projet de
loi qu'on a devant nous actuellement, c'est le plus loin qu'il pouvait
aller. Sur les 21 recommandations, combien d'entre elles ont été acceptées
par le gouvernement du Québec ou par son ministère?
Le Président (M.
Pagé) : M. le ministre.
Arcand :
...le calcul, mais je pourrai vous donner une indication, si on m'en laisse le
temps. Il n'y a pas de problème.
M. Villeneuve :
Oui, en parlant...
Président (M. Pagé) : De toute façon, dans 20 minutes,
nous allons suspendre pour l'heure du dîner, donc on aura certainement l'occasion
de revenir avec la réponse, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui. Bien, M. le Président, ça m'amène... ça me fait penser en même temps, hier
j'avais demandé — évidemment, ce n'était qu'une demande,
là — si on
pouvait nous fournir un tableau comparatif de la loi avant et après, là. Je
n'ai pas...
M. Arcand :
...sur les hydrocarbures.
M. Villeneuve :
Non, non, mais la différence que fait la loi actuelle versus ce que fera...
comme différence marquée, là. Mais ce
n'est pas grave, moi, j'ai eu les réponses hier, je les ai notées, mais
j'aurais aimé ça qu'on puisse déposer cette réponse-là de façon très
claire sur un tableau, à la commission, pour que les gens qui nous écoutent
puissent voir les différences. Mais c'était
une demande que j'ai faite hier. Remarquez, je ne pense pas que le ministre ait
signé un document comme quoi qu'il
s'engageait à acquiescer à cette
demande-là, mais, si jamais, en bon joueur, il voulait le faire, ça
serait apprécié, je pense, pour les gens qui nous écoutent et qui suivent nos
travaux. Et, concernant effectivement les 21 recommandations, oui, si on
peut avoir un petit peu... un peu plus en détail quelles sont finalement les
réponses du gouvernement par rapport à cela.
Par ailleurs, pour
revenir à ce que mon collègue disait tantôt, au niveau de l'article 1,
vous savez, c'est un choix politique, aussi.
Le ministre, il dit : Je ne peux pas tout mettre dans l'article 1
pour toutes sortes de raisons. Mais ça aurait pu être... parce qu'on
procède aussi, par moments dans certaines lois, de façon différente, ça aurait
pu être par des considérants. Parce que, ce
qu'apporte mon collègue comme amendement, je pense que c'est un amendement
qui est hautement intéressant, parce que,
là, ce qu'on dit, c'est : «La reconnaissance des compétences des
municipalités en matière d'aménagement du territoire».
ne vous referai pas le discours d'hier, que je vous ai fait concernant
justement le fait que les municipalités ont des schémas d'aménagement, et auxquels ils travaillent tellement fort
pendant tant d'années, et auxquels ils sont astreints, au départ, aux
orientations ministérielles, qui ne sont pas toujours évidentes pour des
municipalités qui aimeraient se développer, là, mais... je ne vous referai pas
le discours en entier, là, d'hier, par rapport à ça. Mais, en quelque part, lorsqu'on parle de partenariat, M. le Président,
parce que le gouvernement emploie souvent ce terme-là en disant que les municipalités sont des partenaires, c'est clair
que... De la façon dont elles ont été traitées depuis maintes années par
le gouvernement libéral, je ne suis pas sûr que le terme «partenaire» est
toujours le bon terme à employer en termes de relations
entre le gouvernement et les municipalités du Québec ou les municipalités régionales
de comté, dites les MRC, pas certain
que le terme «partenaire» soit encore le bon terme à employer parce qu'on le
sait, plus souvent qu'autrement, les municipalités
se retrouvent devant des décisions qui sont prises au-dessus de leurs têtes et
ils doivent finalement vivre avec et les appliquer.
On pourrait épiloguer là-dessus, M. le
Président, pendant des heures, ne serait-ce qu'au niveau de toutes les nouvelles charges que les municipalités ont ou
reçoivent du gouvernement et qu'ils doivent souvent mettre en place,
qu'ils doivent non seulement les mettre en
place, mais aussi assurer un suivi
pour respecter effectivement les lois qui sont votées ici. Et ce n'est pas toujours
avec les argents nécessaires pour y arriver, M. le Président, vous le savez
comme moi, vous avez une... vous habitez une région qui est durement
touchée, tout comme beaucoup des régions du Québec sont touchées actuellement. Pensons tout simplement, M. le
Président, là, aux 300 millions de dollars qui ont été coupés aux municipalités du Québec. C'est des sommes considérables. Donc, toutes ces nouvelles charges que les municipalités
doivent prendre sur leurs épaules, et
sans les argents, souvent, pour pouvoir les accomplir, il faut
faire des tours de force incroyables pour arriver à respecter l'ensemble des nouvelles
charges qui nous sont envoyées au
niveau des municipalités. Et parlez-en aux maires des
municipalités, je ne
pense pas qu'ils contredisent mes
propos ce matin, ils vivent à tous les jours cette situation-là.
Donc, quand on parle de partenariat, quand on
parle que le gouvernement veut être un partenaire avec les municipalités, eh bien, je
pense que, si telle est la... si cela
a un sens pour le gouvernement actuel, que les municipalités seraient partenaires avec le gouvernement, bien, l'amendement de mon collègue viendrait, d'une certaine façon,
assurément, poser une pierre qui irait dans ce sens-là, donc, la reconnaissance des compétences des municipalités en matière d'aménagement du territoire.
Alors, on jugera, M. le Président, à la réponse du ministre concernant les
demandes de la FQM, les
21 recommandations, on jugera plus tard de comment ils ont acquiescé ou
comment ils ont tenté, finalement, de répondre à ces demandes-là des
municipalités.
Par ailleurs, il faut aussi retenir que — on en
a parlé hier — on
a des organismes comme l'UPA aussi, M. le Président...
En fait, quand je regarde le projet de loi, là, je me dis : Coudon, il me
semble que ça fait beaucoup d'oppositions pour un projet de loi, il me
semble qu'il y a beaucoup de monde qui sont contre ce projet de loi là ou, à
tout le moins, beaucoup de personnes qui s'attendent à avoir des réponses
beaucoup plus claires, à avoir pas seulement
des règlements qui vont suivre plus
tard, mais aussi s'assurer que, quand on obtient des réponses, M. le Président, ces réponses-là soient très claires et qu'elles ne soient pas
assujetties à une subjectivité ultérieure. Parce que c'est un peu ça, tantôt on
parlait du droit à l'expropriation du privé
versus les propriétés privées, donc d'une entreprise versus des
propriétés privées, ce n'est pas clair,
ce bout-là. On aura l'occasion d'en discuter plus tard dans le projet de loi, mais donc toute cette subjectivité-là ne peut pas... on ne peut
pas laisser place à cela dans un projet de loi d'une importance comme celui-là.
Alors, M. le Président, on va attendre la réponse de la
partie gouvernementale concernant les
recommandations qui ont été faites par la Fédération québécoise des municipalités et on pourra, ultérieurement, là, revenir et
juger du travail qui a été fait par
le gouvernement pour justement répondre aux inquiétudes du monde municipal,
notamment par le mémoire qui a été déposé par la
FQM.
Le Président (M. Pagé) : Merci,
M. le député de Berthier. M. le ministre, souhaitez-vous réagir? Ça va. Oui, M.
le député de Richelieu, toujours sur l'amendement.
M. Rochon : Oui. Moi, là, je vais
trouver ça... je vais vous le dire comme je le pense, M. le Président, je vais trouver ça bien ordinaire si le gouvernement ne souscrit pas à cet amendement. Puis je
pense qu'il y a des gens qui
vont trouver ça bien plus ordinaire que moi,
ce sont les maires et mairesses, les préfets et préfètes. Ils vont finir par
conclure que la belle expression «gouvernance de proximité», «gouvernement de
proximité», c'est peut-être bien une blague, ça.
Écoutez, il y a des municipalités, là, sur le territoire
desquelles vont se réaliser des projets d'exploration, de production puis de
stockage d'hydrocarbures, des municipalités où résident des propriétaires puis
des locataires, des municipalités où ce sera peut-être source de conflits
et de tensions entre les résidents, où des projets constitueront peut-être
un obstacle majeur au développement et à l'aménagement du territoire. Les communautés,
elles souhaitent pouvoir s'assurer de leur développement pérenne. Si elles représentent, là, ce partenaire incontournable pour
le gouvernement, il me semble qu'il
faut que ce soit dit dès le premier
article de la
Loi sur les hydrocarbures, écrit noir sur
blanc, comme quelque chose, là, de sacré, de sacré, M. le Président.
Le ministre
ne veut pas, parce que ça alourdit le texte, parce qu'il va en être question ailleurs. Non, là,
ça ne marche pas. Premier
article : municipalités. Il faut que ce
soit clair qu'on tient compte des municipalités. Il faut que ce soit clair qu'elles auront leur mot à dire. Il faut que
ce soit clair qu'elles auront les pouvoirs. Il faut que ce soit clair qu'on
leur reconnaît des compétences. Il faut que
ce le soit dès le début, dès le premier article, pas rendu à l'article 130
puis quelque... non, non, non.
Écoutez, là, ce n'est pas un rôle muet, là, que nos maires et mairesses, nos
préfets et préfètes veulent avoir, là, c'est
un rôle d'acteurs et d'actrices principaux. Les acteurs et les acteurs
principaux, à la fin d'un film, ils se trouvent pas mal au début du générique. Bien, ce serait le fun
que, dans le projet de loi, ils se retrouvent à l'article 1, pas à
l'article 130. Ou on est sérieux ou on ne l'est pas.
Alors,
moi, je pense qu'il y a là un test pour le gouvernement sur son niveau de
sérieux. S'il estime que les municipalités sont ses partenaires majeurs,
qu'elles sont les premières qui doivent décider de ce qui se passe sur leur territoire, bien, que ce soit inscrit dès le
premier article. Pas dans le détail, ça, je comprends, je comprends, j'achète
ça, pas dans le détail. Ça va se décliner
dans le détail tout au long du projet
de loi. Mais le principe, lui,
article 1.
Je n'ai pas d'autre argument à développer, M. le Président.
Président (M. Pagé) :
Ça va. M. le ministre, est-ce que vous souhaitez réagir? Ça va? M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Oui. Bien, écoutez, je ne peux pas faire autrement que d'intervenir après mon collègue,
parce que je pense qu'il amène un point majeur, important. On parle de
partenaires, on parle de gens qui vont devoir subir, vivre et être redevables devant leurs concitoyens.
C'est ça, la réalité, là. Les élus, là, lorsqu'ils vont arriver à
l'assemblée du conseil le lundi, là, hein, bien, c'est eux qui vont répondre,
ce n'est pas le ministre qui va être là assis en avant, là, à répondre à ça, là, puis qu'est-ce qui arrive, pourquoi que... Ah! bien,
écoutez, vous savez, le gouvernement a voté une loi, puis là, bien, on
est pris avec ça, puis... C'est ça, la réalité des élus municipaux.
Quand
on parle de démocratie directe, là, je peux vous dire une chose, M. le
Président, ici, à l'Assemblée nationale, quand qu'on parle d'un projet, on dit : Bien, probablement que ça
va se faire dans deux ans, si tout va bien. Dans le monde municipal, là, dans le monde municipal, là, moi,
là, un citoyen qui m'appelait puis qui me disait : M. Villeneuve, il y
a un trou en avant de chez nous, dans la
chaussée, là, si je lui répondais : Je m'en occupe, puis ce n'était pas
fait dans la journée, je peux vous dire une chose, le lendemain, il
débarquait au bureau. C'est comme ça que ça fonctionne dans le monde municipal. Alors, ces gens-là, ils vivent ça au
quotidien. Puis c'est extraordinaire, le travail qu'ils font. Moi, je veux
bien faire comprendre aux gens ici que les
gens jugeront du travail que j'ai fait comme maire, mais je peux vous dire une
chose, je suis à même et vous êtes tous à même ici de juger du travail que vos
maires font dans vos municipalités, maires et mairesses,
et les élus, les membres du conseil municipal. Ça, c'est de la démocratie
directe, puis ça, c'est être au bâton tous les jours.
Alors, quand arrive
un projet de loi qui va avoir une incidence importante... Rappelez-vous
2009-2010, sur la rive sud, comment ça a
brassé, comment les maires, les mairesses, les élus se sont retrouvés, M. le
Président, totalement démunis par rapport
à des actions qui se faisaient sur leur territoire et qui l'apprenaient par un
citoyen qui, à un moment donné,
téléphonait en disant : Coudon, c'est quoi, cette bibitte-là qui est en
train de forer dans la cour du voisin? C'est carrément ça qu'ils ont
vécu, et ils ne veulent surtout pas revivre ça, M. le Président. Puis je pense
qu'il faut tirer des leçons du passé, c'est la moindre des choses, hein, je
pense que c'est la grande sagesse, hein, qui nous enseigne cela.
Alors,
moi, je ne peux pas faire abstraction du commentaire de mon collègue
qu'effectivement... Parce que, dans l'article 1,
on va parler de régir le développement et la mise en valeur des hydrocarbures.
Ah! ça, c'est clair, c'est le projet de loi, c'est un cadre pour régir les hydrocarbures, donc il s'y trouve, à
l'article 1, ce qui est quand même normal un peu, vu le
titre du
chapitre IV, là. Puis on parle d'assurer la sécurité des personnes et des
biens, protection de l'environnement, récupération optimale de la ressource.
Juste pour être certain, la protection de l'environnement, on parle de milieu
terrestre et hydrique, là, ça a été un amendement qui a été accepté et qui se
retrouve dans l'article 1. Récupération optimale de la ressource, ah! ça,
c'est important, là, oh là là! La récupération optimale de la ressource, là,
ça, il faut le mettre dans l'article 1,
ça, c'est sûr, sûr, sûr. Il ne faut pas échapper... il ne faut pas rien laisser
sur la table, M. le Président, il faut partir avec le magot au complet,
là, il n'est pas question de ne laisser rien pour les générations futures. Il
faut tout ramasser.
là, ça, c'est dans l'article 1. C'est un choix politique que le ministre,
il fait. Je l'ai dit tantôt, on pourrait y aller avec des considérants, ça se fait couramment dans les lois. Et c'est
assez extraordinaire parce que, quand on y va avec des considérants, ça nous permet effectivement de
camper davantage la situation, de reconnaître davantage nos partenaires.
Mais ce n'est pas ça qu'on retrouve, là. Là,
on dit : Bon, les municipalités, dans le fond, bah, tu sais, aux quatre
ans, ça va changer, ils ne seront plus là, puis ceux qui auront subi la
foudre des électeurs, bien, il y en aura d'autres qui vont les remplacer, et
puis...
Mais tout ce qu'on
dit ici, là, M. le Président, ce matin, là, c'est qu'on considère, nous, qu'on
doit inscrire dans l'article 1, là, le
fait qu'il y a des élus au Québec, là... Ils sont 8 000, je pense, un peu
plus de 8 000, là, élus municipaux qui, jour après jour, travaillent pour leur population, font un travail
extraordinaire. Tout ce qu'on demande, là... et j'aime bien le mot «reconnaissance», là, parce que c'est
une reconnaissance au niveau des compétences municipales, mais c'est aussi une reconnaissance, ça serait aussi une
reconnaissance au niveau du travail qui est fait par les élus municipaux
au Québec, alors reconnaissance des compétences des municipalités en matière
d'aménagement du territoire.
Puis
ça ne change rien au projet de loi. Ah! bien, c'est sûr que l'article... On va
revoir ça, pas à l'article 1, M. le Président,
on va revoir ça à l'article 202.1, 202.2, 205.1. Ah! là, on va parler des
municipalités, on va en parler, puis on va en parler comme si c'était quelque chose, là, de plus ou moins important.
Mais de récupérer la moindre goutte d'huile, ou de pétrole, ou de gaz, ah! là il ne faut rien laisser
sur la table, ça, c'est important dans l'article 1, il faut le noter.
Donc, on va récupérer de façon optimale la ressource.
Bon,
écoutez, M. le Président, je pense qu'on ne demande pas mer et monde, là,
on ne demande pas mer et monde. Et je
veux juste dire aux collègues ici, de la
partie gouvernementale, et à M. le ministre de ne pas viser le messager que je suis. C'est un message que je porte, et, ce message-là, je pense
qu'il résonne présentement dans
nos... j'allais dire dans nos campagnes — il y a une chanson
là-dessus d'ailleurs — alors,
ça résonne. Et imaginez comment ça résonnerait si le monde municipal se retrouvait considéré, reconnu, et pas à
l'article 202.5 ou je ne sais plus trop à quel
article dans le
projet de loi, là, mais vraiment à l'article 1, mon collègue parlait de
l'article fondateur.
Puis moi, je tends la main au ministre, ça
pourrait aller très vite si on y allait avec des considérants aussi. On
pourrait faire...
L'article 1 deviendrait des considérants, et je vous
garantis que ça pourrait se faire très rapidement. Et c'est une belle façon de faire, parce que ça
vient camper, de un, les enjeux, ça vient aussi... ça fait acte de
reconnaissance par rapport à ceux qui vont vivre avec ça demain matin, là. Oui,
il y a les propriétaires terriens, M. le Président, oui, il y a les gens qui habitent le territoire, qui y
travaillent sur l'ensemble du Québec, mais il y a aussi, bien sûr, je le
disais tantôt, tout le monde municipal, nos
élus, qui oeuvrent jour après jour et qui essaient de se dépatouiller le plus
possible, le mieux possible avec ce que le gouvernement leur envoie dans leur
cour régulièrement.
Juste dire,
et je terminerai là-dessus, M. le Président : Quand on demande aux élus
municipaux... en fait, c'est plus que
demander, quand on force les élus municipaux... Et c'est correct, remarquez,
j'avoue que c'est correct, parce que d'avoir des schémas d'aménagement et de développement... donc, des schémas,
c'est important d'avoir ça. C'est important parce qu'un schéma de développement et d'aménagement, ça
permet justement de pouvoir bien gérer le territoire, de pouvoir s'assurer qu'on respecte des principes de base de
qualité de vie, d'utilisation des ressources du territoire, de comment
on développe, ne serait-ce que par les
routes, M. le Président, ne serait-ce que de la façon dont on aménage le
développement, l'habitation. Alors, oui, ça prend effectivement des schémas
d'aménagement. Mais, quand on se rend compte que les schémas d'aménagement sont
souvent... Il y a des grands pans, finalement, des schémas d'aménagement qui
nous échappent, comme élus municipaux, parce qu'on a l'obligation de respecter
des orientations gouvernementales.
Puis je ne
suis pas tout à fait contre, parce que les orientations gouvernementales, elles
ont souvent l'avantage d'avoir une cohérence sur l'ensemble du
territoire, ce qui n'est pas mauvais en soi, ce qui est même très bien. Il
faut, à un moment donné, être capable de
voir le territoire dans son ensemble puis qu'il se développe harmonieusement
bien. Et là-dessus je fais un clin d'oeil à
mes collègues de la
partie gouvernementale, la Commission de la protection du
territoire agricole, c'est ça, son mandat,
c'est d'avoir une vision globale du territoire pour pouvoir justement bien
appliquer la loi qui est celle que
l'Assemblée nationale a votée. Et je sais qu'on a eu de grands débats avec les
libéraux là-dessus, qui voulaient dézoner
à peu près toutes les basses terres du Saint-Laurent, là, il a fallu les
ramener un peu à la réalité pour leur dire qu'on ne peut pas fonctionner
comme ça. Il y a eu des propositions qui ont été faites par les libéraux, M. le
Président, en commission parlementaire, qui
faisaient en sorte que ça brisait cette cohésion-là essentielle au
développement du territoire pour que
la commission puisse faire son travail comme il faut. Le schéma d'aménagement,
c'est un peu la même chose.
Je vois le député
de Beauce-Sud qui veut intervenir, M. le Président. Non? O.K. Alors donc, M. le
Président, j'invite le ministre à y songer. Je pense qu'on devrait
arrêter pour une pause du dîner, il reste cinq secondes. Alors, j'invite le
ministre à y songer, ce serait une belle reconnaissance à faire à nos élus
municipaux, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Pagé) :
Alors, compte tenu de l'heure, effectivement, il est 13 heures pile, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures, et nous nous retrouvons
ici même, à la salle La Fontaine. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Pagé) :
Alors, à l'ordre, tout le monde! Nous allons reprendre nos travaux. Je vous
rappelle, pour les gens qui nous écoutent,
que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée
du projet de loi n° 106, Loi
concernant la mise en oeuvre de la Politique énergétique 2030 et modifiant
diverses dispositions législatives.
Lors de la
suspension de nos travaux, nous en étions à discuter de l'amendement déposé par le député de
Richelieu portant sur l'article 1, donc, de la
Loi sur les hydrocarbures. Y
a-t-il d'autres interventions sur cet amendement? Oui, M. le député de Richelieu,
je vous écoute.
M. Rochon : Oui. Je vais y revenir
très rapidement, M. le Président, et ensuite je pense bien que nous souhaiterons entendre le ministre,
dont la pensée a peut-être évolué pendant la pause du repas. Je rappelle,
donc, que mon amendement visait à
intégrer à l'article 1 de la
Loi sur les hydrocarbures la reconnaissance
des compétences des municipalités en matière d'aménagement du
territoire. J'ai fait, vous vous en souviendrez, là, tout un plaidoyer, insistant particulièrement sur ce partenaire
incontournable que les municipalités constituent, sur ce — et là j'emploie une expression du ministre des Affaires municipales
lui-même — gouvernement
de proximité qu'elles constituent, auquel on veut donner — «on», le
gouvernement — une plus
grande autonomie, et ça, on est bien d'accord, nous, la plus grande autonomie aux municipalités. Alors, je soumettais
que c'était un beau moment pour passer de la parole aux actes, ou, en tout cas, de la parole à l'écrit, à l'article
fondateur de la
Loi sur les hydrocarbures, parce qu'effectivement nous y
parlons des municipalités, là, à ce
chapitre IV du projet de loi. Même,
nous en parlons dans le cadre d'articles beaucoup plus éloignés, là :
l'article 130, 202, 265.1. Il me semble qu'il faut que ça s'inscrive, la
compétence des municipalités, la reconnaissance
de leurs compétences en matière d'aménagement du territoire, dès le premier
article. Voilà, je n'allongerai pas davantage le discours. Je pense que
le ministre m'avait compris et sait exactement où je m'en vais.
Le Président (M. Pagé) : Ça
va? Merci, M. le député de Richelieu. M. le ministre.
M. Arcand : Bien, j'entends ce que le député me dit et
j'espère également que, pendant le caucus de sa formation, sa
pensée a pu évoluer aussi.
Disons que, de
façon générale, j'ai eu l'occasion d'expliquer tout à l'heure pourquoi les orientations
gouvernementales en matière de territoire et le rôle que nous avons par rapport aux municipalités ont quand
même été très largement définis. Et,
quand on discute de cette situation-là, on s'aperçoit, d'une part, qu'il y a
eu des rencontres avec les deux organismes, et parfois, comme le disait le député, des communiqués
ne suivent pas nécessairement, parce que, dans des organisations, il y
a des gens un peu plus extrêmes qui
tentent d'influencer parfois la rédaction finale de communiqués. Mais, une chose est certaine, comme vous le savez
sans doute, nous avons eu des rencontres avec à la fois la Fédération
québécoise des municipalités et des discussions avec l'Union des municipalités du Québec, et évidemment elles ont, les deux organisations ont très
bien compris que nous avions fait des avancées importantes, avancées importantes
qui se retrouvent non seulement dans la
Loi sur les hydrocarbures, mais qui
vont se retrouver également dans les relations avec les municipalités.
Comme j'ai eu
l'occasion de le dire, le rôle des municipalités est extrêmement plus grand maintenant qu'il ne
l'était auparavant. La seule chose que les municipalités n'ont pas et n'auront pas non plus, c'est un droit de veto sur l'ensemble des activités. Nous croyons que c'est une activité
qui relève du gouvernement du Québec pour l'ensemble de son territoire. Et je vous rappelle que, si on regarde la situation,
ces articles-là, les 130, 202, 202.1, 202.2, 265.1, sont tous des
articles qui traitent des modifications à la
Loi d'aménagement et d'urbanisme afin de permettre justement aux MRC de
pouvoir, entre autres, déterminer les territoires incompatibles. On a ça au
niveau du schéma d'aménagement. Les entreprises pétrolières et gazières ne
peuvent pas s'aventurer sur un territoire sans au moins — je
pense que c'est 30 jours à l'avance — aviser les municipalités. Ils doivent... Les
pétrolières et gazières, dans un cas où ils obtiennent des permis, se
doivent, encore une fois, d'avoir un comité de suivi dans lequel les
municipalités sont
partie prenante. Alors, comme vous le savez, c'est un
encadrement qui est très, très serré à ce niveau-là, et donc, à mon avis, on le
retrouve dans les principaux articles.
Le Président (M. Pagé) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Est-ce que le ministre fait la lecture que la
reconnaissance des compétences des municipalités en matière d'aménagement
du territoire, texte de ce que nous souhaitons voir inséré, là, pour amender
l'article 1, aurait l'effet d'un droit de veto sur les projets, sur
l'exploration et l'exploitation?
Le Président (M. Pagé) :
M. le ministre.
Arcand : Je pense
que j'ai eu l'occasion de vous expliquer, puis, quand on sera rendus à
l'article, je vous l'expliquerai davantage,
mais nous avons fait... pris l'engagement qu'il y aurait justement une OGAT sur
l'organisation, l'aménagement du territoire
et que nous allons le faire de façon spécifique pour les hydrocarbures, comme
il s'en est fait pour les mines.
Alors, nous allons maintenir cet engagement-là, et, quand on sera rendus à cet
article-là, je peux simplement vous dire qu'on aura l'occasion de
débattre de cette question-là.
Et je
comprends que ce que vous demandez aujourd'hui, c'est pratiquement de...
c'était presque de ne pas faire rien
en milieu marin, rien en territoire agricole, rien dans un périmètre urbain. À
un moment donné, il faut quand même avoir
un minimum de marge de manoeuvre. Puis je pense que cet équilibre-là entre
l'encadrement qui est recherché et une certaine
facilité, il faut toujours aussi voir de quelle façon on peut... Il
faut quand même être attirant si on
veut avoir au moins un investisseur
potentiel. Je pense que, si on réussit... Et je pense que ce projet de loi atteint très bien son équilibre.
Le Président (M. Pagé) : M.
le député de Richelieu.
M. Rochon : Oui, M. le Président. Je
reviens à ma question, parce que le ministre n'y a pas répondu. En fait, si j'ai demandé au ministre si sa lecture de notre
amendement était que cet amendement procurerait aux municipalités un droit de veto sur les projets, si je lui ai
demandé ça, c'est qu'en réaction à cet amendement, lors de sa première
intervention de la séance, tantôt, il a dit aux membres de cette
commission : La seule chose que nous n'accorderons pas aux municipalités,
c'est un droit de veto. C'est pour ça que je lui demande cette question, que je
lui pose cette question. Est-ce qu'il fait
la lecture que d'accepter notre amendement aurait pour effet de donner un droit
de veto aux municipalités, et est-ce pour ce motif qu'il rejette
l'amendement que nous avons soumis pour examen à la commission?
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : Disons que
ce que nous soumet le député... Il faut étudier les implications juridiques du
texte qui est proposé. Et, encore une fois, quand on regarde les dispositions générales que l'on retrouve, je peux
vous dire que, déjà, nous avons accepté d'en ajouter et on ne peut pas, encore
une fois... Puis on a expliqué à la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques que, sur la question, par exemple... Parce qu'on voulait que, dans l'article 1, on retrouve
«les terres de l'État» de façon...
il fallait confirmer que les terres de l'État qui étaient publiques étaient une
propriété publique, et non pas... n'appartenaient pas à du privé. On a
expliqué qu'il y avait des articles plus loin qui définissaient très bien... Et
le problème qu'on a à ce stade-ci, c'est que ce n'est pas la question que l'article...
c'est que l'article, de
toute façon, et les dispositions vont se retrouver plus tard. Sinon,
on va faire un projet de
loi sur un article, de la façon dont on a
commencé pour l'instant.
Le Président (M. Pagé) : M.
le député de Richelieu.
Rochon : D'accord. Alors, ce
n'est donc pas pour la portée... ce n'est pas une crainte sur la portée de
l'amendement qui motive le ministre à
rejeter cet amendement-là, c'est plutôt pour le motif de ne pas alourdir
l'article fondateur de
la loi qu'il ne souhaite pas que la reconnaissance des compétences des
municipalités en matière d'aménagement
du territoire s'y retrouve, et donc il n'achète pas, à l'évidence, mon
argumentaire à moi, qui se base sur l'importance
de reconnaître les municipalités comme des actrices de premier plan sur leur
territoire. Vous le reconnaissez plus tard. Non, je comprends très bien.
Je ne veux pas sous-entendre que vous ne le reconnaissez pas plus tard. C'est
qu'il me semble, à moi, que ce serait
logique, opportun de le reconnaître d'emblée dans l'article 1. Voilà. J'ai
terminé, M. le Président.
Le Président (M. Pagé) : Ça
va? M. le ministre.
Arcand : Ça va. Je
n'ai pas d'autre chose à rajouter.
Le Président (M. Pagé) : Pas
d'autres commentaires? Oui, M. le député de Berthier.
Villeneuve : Merci, M. le Président. Ce matin, je faisais allusion au fait qu'on peut
très bien... C'est un choix politique que d'inscrire un
article 1,
comme ça, fondateur, mais il y a d'autres façons de faire, notamment avec des
considérants. Juste rappeler au ministre que son propre gouvernement a adopté...
A été adoptée, je vous dirais, par l'Assemblée nationale, la Loi pour assurer l'occupation et la vitalité des territoires, et ça
commençait par des considérants. Et
on retrouve parmi ces considérants-là notamment celui-ci, donc : «Considérant que la
nouvelle...» Attendez un petit
peu que je le retrouve. «Considérant que les élus municipaux sont des
intervenants majeurs et incontournables en matière d'occupation et de vitalité
des territoires». Bon, je
comprends que, depuis ce temps-là, il
y a eu un virement important de la part du gouvernement libéral quant à
la reconnaissance d'un partenaire avec les municipalités. J'en ai fait une
petite démonstration ce matin avec les
coupures qui ont eu lieu. Je pourrais continuer la liste — j'ai fait une petite recherche tantôt
et je me suis aperçu que la liste était
longue — pour
montrer, dans le fond, le refus du ministre, M. le Président, donc,
d'inscrire l'amendement de mon collègue, à savoir «la connaissance des
compétences...» «La reconnaissance des compétences
des municipalités en matière d'aménagement du territoire» s'inscrit dans ce changement
de cap de la part du gouvernement, finalement, de considérer non pas les
municipalités comme des partenaires, mais, j'allais dire, comme des vassaux,
c'est un peu ça, ou, à tout le moins, des exécutants.
La preuve,
j'en ai donné quelques-unes ce matin, juste vous en donner quelques autres,
rappelons-nous, il y a eu une réduction du budget total consacré au
développement local des régions, on parle de réduction de 55 %, donc de 180 millions au niveau régional. Et là, quand
on parle de développement local et régional, vous savez comme moi, et
tous les députés le savent ici, on a
carrément mis fin aux CLD, d'une certaine façon, on a mis la hache dans les
CLD, M. le Président. Bien sûr, des municipalités qui sont peut-être
plus fortes sur le plan du développement peuvent...
Le Président (M. Pagé) : M.
le député de Maskinongé.
M. Plante : Oui, merci, M. le
Président. Écoutez, je fais un appel au règlement...
M. Villeneuve : Ce sont des
faits.
M. Plante : ... au niveau de la
pertinence du collègue de Berthier.
Je comprends
bien qu'il essaie d'intenter ou de prêter des motifs au gouvernement, mais ce
qu'il est important de dire, c'est
qu'aujourd'hui on parle d'un projet de loi important, et, même s'il fait une
démonstration catégorique des articles de
journaux qu'il a lus dans les deux dernières années, je ne crois pas que ça
apporte à notre sujet d'aujourd'hui et je ne crois pas que ça apporte à
l'amendement présenté par les collègues du Parti québécois.
Le Président (M. Pagé) : M.
le député. Oui, M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Sur la question de
règlement, là, que soulève le collègue, nous sommes en train, là, de discuter, M. le Président, d'un amendement visant à
reconnaître les compétences des municipalités. Mon collègue de Berthier
parle des municipalités, c'est de ça qu'il parle, là.
Président (M. Pagé) : Bien, c'est bon. Je vous remercie, M. le
député de Richelieu. J'ai bien entendu votre demande, M. le député de Maskinongé.
On a eu sensiblement la même demande, d'autre part, ce matin. Et j'ai bien exprimé que, tant et aussi longtemps que nous
sommes à l'intérieur du projet de loi ou en périphérie, évidemment,
comme le veulent nos us et coutumes, nous
allons permettre au collègue d'argumenter. Évidemment, l'amendement parle de
municipalité, alors c'est au député
qui a la parole, je dirais, de présenter ses meilleurs arguments pour
convaincre les gens autour de cette table
et convaincre les gens également qui nous écoutent, et d'apprécier. Alors, je
lui demande de rester très bien dans le vif du sujet et de reprendre le
débat.
Mais là j'entends le député de Côte-du-Sud, qui
souhaite prendre la parole. M. le député de Côte-du-Sud...
M. Morin : Quelque instants,
M. le Président, tout simplement pour...
Le Président (M. Pagé) :
Question de règlement?
Le Président (M. Pagé) :
Question de?
M. Morin : Pour en venir à ce
que M. le député de Berthier a dit sur l'élimination des CLD, si je connais
bien nos MRC...
Le Président (M. Pagé) : Si
vous permettez, je vais lui laisser, dans ce cas-là, finir son intervention, et
ensuite vous pourrez revenir, avec plaisir, je vous prêterai la parole,
monsieur, merci, en tout respect.
M. Morin : Si j'ai encore le
goût.
Le Président (M. Pagé) : Oui,
oui, oui.
M. Villeneuve : C'est vous
qui distribuez le droit de parole, M. le Président, mais moi, je suis fin prêt
à entendre le député de Côte-du-Sud, si, à ce moment-ci...
Le Président (M. Pagé) :
Bien, si vous avez fini votre intervention, je vais...
Villeneuve : Ah non!
Je n'ai pas fini mon intervention, mais je pourrai relever la main après
l'intervention du député de Côte-du-Sud, mais je n'ai pas de problème avec ça. Question de politesse, moi, je n'ai pas
de problème, mais, vu que je suis plus vieux que lui, je vais parler le
premier. O.K., je continue, M. le Président.
M. le Président, juste dire que les chiffres que je donne ici, là, ce n'est pas dans
des articles de journaux, c'est dans le
budget que je les prends, dans un des budgets que le gouvernement libéral a déposés. Alors, je ne réfère même pas à un
article
ou des articles de journaux, là, je réfère au budget du gouvernement libéral.
Bon, ceci
étant clarifié, que les gens qui nous écoutent sachent que les chiffres que je
donne sont inscrits dans un des budgets
du gouvernement libéral, donc, on a vu des coupures, M. le Président, au niveau des CLD, qui ont fait très mal. Bien sûr, bien sûr, on pourrait se rapporter
à une autre époque. Rappelez-vous l'époque où il y avait des chasseurs
de têtes pour trouver des développeurs, vous
savez, les municipalités...
Parce que les CLD, bon, à une époque plus lointaine,
n'existaient pas, et c'étaient seulement des commissaires industriels, hein,
qu'on engageait. Les municipalités qui avaient
les moyens de le faire, évidemment, pouvaient le faire. Ceci étant dit, c'était une
minorité de municipalités qui avaient
les moyens de se payer ce genre de commissaire industriel là, parce que
c'est quand même des salaires relativement élevés. Et là on
a assisté à la création des CLD, qui ont permis justement un regroupement par
MRC pour...
Le Président (M. Pagé) : Il
vous reste 20 secondes, M. le député.
M. Villeneuve :
20 secondes. Ah là là! Bon, d'accord. Je pense qu'on va écouter le député
de Côte-du-Sud, finalement, là. Donc, M. le Président, tout ça pour
vous dire que je crois que le refus du gouvernement s'inscrit dans la tendance, depuis plusieurs
années, à savoir de ne pas reconnaître les municipalités comme étant des
partenaires à part entière.
Président (M. Pagé) :
Je vous remercie, M. le député de Berthier. C'est ce qui mettrait fin au temps dont
vous aviez de disponible pour argumenter sur
l'amendement du député
de Richelieu. M. le député de Côte-du-Sud, est-ce
que vous souhaitez prendre la parole?
M. Morin : Oui, M. le
Président, simplement pour ajuster le tir de mon collègue de Berthier. C'est
que les municipalités n'ont pas été obligées d'éliminer les CLD, parce qu'il y a plusieurs MRC qui ont gardé leurs
CLD. C'est tout simplement qu'ils ont
eu une approche différente avec des solutions différentes dans chacune des MRC.
Ce n'était pas mur à mur. Chacune des MRC a pris la décision soit de
garder leurs CLD ou de faire autrement, tout simplement.
Le Président (M. Pagé) : Je
vous remercie, M. le député de Côte-du-Sud. Est-ce qu'il y a d'autres demandes
d'intervention sur... Oui, M. le député de Richelieu?
Rochon : Très courte
intervention, M. le Président. Tout à l'heure, le ministre auquel... duquel je
disais qu'il avait peut-être réfléchi à notre amendement pendant la
période du dîner, souhaitait que j'aie pu faire de même, me référant à la participation du caucus de mon
parti. Or, il me semble que voilà un cas, il y en a plusieurs, cas comme
ça, qui se présentent durant notre vie de parlementaire, mais je trouve que
celui-là est un joli cas de question pour laquelle nous devrions pouvoir retirer notre chapeau partisan. Là, moi, ce n'est pas
le député du Parti québécois, là, qui arrive avec cet amendement. Ah!
oui, j'ai effectivement été élu sous cette bannière, mais je suis...
Le Président (M. Pagé) : Il
vous reste 20 secondes, M. le député.
M. Rochon : ...d'abord et avant tout
le député de Richelieu, et le maire de la capitale régionale, chez moi, est
inquiet de ce projet de loi, et il veut que sa municipalité, celle qu'il
dirige, ait un pouvoir sur ce qui s'ensuivra...
Président (M. Pagé) : C'est tout le temps dont vous disposiez.
Vous avez écoulé le temps à votre disposition et qui nous est permis en vertu
de l'article 245.
Président (M. Pagé) : Oui. Par contre, est-ce qu'il y a
d'autres personnes qui souhaiteraient intervenir sur l'amendement déposé
par le député de Richelieu? Non? Je ne vois et n'entend personne d'autre.
Président (M. Pagé) : Ce qui veut dire qu'il y a une demande
par appel nominal? Alors, Mme la secrétaire, s'il vous plaît, si vous
voulez appeler le vote.
La Secrétaire :
Oui. Alors, M. Rochon (Richelieu)?
La Secrétaire :
M. Villeneuve (Berthier)?
La Secrétaire :
M. Arcand (Mont-Royal)?
Arcand :
Contre.
La Secrétaire :
M. Morin (Côte-du-Sud)?
La Secrétaire :
M. Plante (Maskinongé)?
La Secrétaire :
M. Giguère (Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Simard (Dubuc)?
La Secrétaire :
Mme Soucy (Saint-Hyacinthe)?
La Secrétaire :
Et M. Pagé (Labelle)?
Le Président (M.
Pagé) : Abstention.
Alors,
l'amendement est rejeté. C'est ce qui nous permet, à ce moment-ci, de revenir à l'article 1 tel qu'amendé. Alors, à ce moment-ci, est-ce
qu'il y a d'autres demandes d'intervention? Oui, M. le député de Richelieu, je
vous écoute.
M. Rochon :
Oui, M. le Président. Alors, je veux soumettre pour examen un amendement qui va
nous amener sur un terrain intéressant, je pense :
l'article 1 de la
Loi sur les hydrocarbures... Je pense que vous
souhaitiez que je dise «amendé», à un moment donné? À l'article 1,
tel qu'amendé, bon, de la
Loi sur les hydrocarbures dont l'édiction...
Président (M. Pagé) : Finalement, non, on nous informe qu'on
peut utiliser les deux façons de faire. Alors, effectivement, on peut.
M. Rochon :
Ah! Je veux toujours me conformer. Alors, à l'article 1 de la
Loi sur les
hydrocarbures dont l'édiction est proposée
par l'article 23 du projet de loi, insérer ce qui suit après les mots «la
protection de l'environnement» :
«, la reconnaissance
des impacts propres aux différentes techniques d'exploration et d'exploitation
des hydrocarbures».
Président (M. Pagé) : Alors, je vous remercie.
On va suspendre un
court moment, le temps de faire des photocopies et de distribuer à tous les
collègues, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
15 h 30)
Président (M. Pagé) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Juste avant la suspension, le député de Richelieu venait de déposer un nouvel amendement. Alors, je lui laisse la parole pour qu'il puisse
expliquer le sens de son amendement.
M. Rochon :
Oui, et je vais procéder de la même façon que les autres fois, en relisant l'article
ainsi amendé, s'il advenait que l'amendement soit évidemment adopté.
Alors :
«La présente loi a pour objet de régir le développement et la mise en
valeur des hydrocarbures en milieu terrestre et hydrique tout en
assurant la sécurité des personnes et des biens, la protection de l'environnement — et là
j'ajouterais — la
reconnaissance des impacts propres aux différentes techniques d'exploration et
d'exploitation des hydrocarbures — pour
ensuite voir le reste du texte se poursuivre — et la récupération optimale de la ressource, et
ce, dans le respect du droit de propriété
immobilière et en conformité avec les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre établies
par le gouvernement.
«Aux fins de la
présente loi, un milieu terrestre comprend un milieu humide.»
Alors, pourquoi cet amendement?
Il pourrait sourire au ministre, qui nous croit opposés à tout, et il aime le répéter : Vous autres, vous êtes contre tout.
Alors, cet amendement vise à souligner que tous les types d'exploration
et d'exploitation n'ont pas les mêmes
impacts, hein, fracturation, stimulation, tout n'a pas le même impact sur l'environnement. Alors, il signale, cet amendement, cela, sachant que plus loin... enfin, j'espère,
sachant que plus loin, j'espère, dans le projet de loi, il y aura diverses dispositions pour encadrer les
différents types, différentes techniques, hein, visant l'exploration et l'exploitation. Le ministre nous parle abondamment
du cadre serré entourant, avec le p.l. n° 106, l'exploration et
l'exploitation des hydrocarbures. Alors, j'imagine que c'est un cadre qui varie
selon, comme je l'exprimais, les types d'exploration et d'exploitation, et un
bel exemple, c'est Haldimand, dont vous me parliez tout à l'heure. Pourquoi ce
projet-là suscite-t-il tant d'inquiétudes? Bien, c'est parce qu'il est près
d'une zone habitée, c'est parce qu'il y a de la stimulation chimique.
Alors,
tout projet n'entraîne pas la même opposition
comme, je le souhaite, tout projet ne suscitera pas exactement le même encadrement.
Je souhaite entendre le ministre là-dessus, M. le Président, s'il le désire, évidemment.
Le Président
(M. Pagé) : Oui. M. le ministre.
M. Arcand : Merci,
M. le Président. Écoutez,
je pense que cet article-là, encore
une fois, c'est un
article
qui nous apparaît inutile. C'est un
article qui est inutile pour la
raison suivante. C'est sûr qu'on reconnaît... évidemment, cet amendement,
on reconnaît qu'il peut y avoir des impacts, tout ce que l'on fait peut avoir
des impacts au départ, mais il est inutile
parce que, de
toute façon, dans notre projet de loi, lorsqu'il est question, évidemment,
d'exploitation d'hydrocarbures, évidemment, le BAPE va se pencher... Et
c'est le rôle du BAPE de reconnaître les impacts, d'analyser ces impacts. Et non seulement il y aura le Bureau d'audiences
publiques sur l'environnement qui va faire cette analyse-là, mais il y a
également la Régie de l'énergie qui va faire
cette analyse-là également. Donc, il y a deux organismes, déjà, qui, en
matière d'exploitation d'hydrocarbures, vont
le faire. On le retrouve dans le projet de loi. Alors, pour ces raisons, cet
amendement ne nous apparaît pas utile.
Le Président
(M. Pagé) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Richelieu.
M. Rochon : Petite nuance que je vais soumettre au ministre. Dans le cas de
Haldimand, auquel je référais tout à l'heure,
je ne crois pas qu'il y ait eu de Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement avant la phase d'exploration, qui, pourtant, requiert
une technique qui ne fait pas l'unanimité. Alors, je souhaite que le ministre
note que mon amendement comporte la notion d'exploration et d'exploitation des
hydrocarbures. Alors, je souhaiterais donc voir reconnaître les impacts propres aux différentes techniques à la fois
d'exploration et d'exploitation. Alors, j'explore cette voie auprès du
ministre, mais peut-être m'informera-t-il qu'à l'intérieur du projet de loi on
s'intéresse aux impacts propres non seulement à l'exploitation, mais à
l'exploration. C'est un bon moment pour nous donner ce renseignement, si c'est
le cas, en effet.
Le Président
(M. Pagé) : Merci, M. le député de Richelieu. M. le
ministre.
M. Arcand :
Bien, d'abord, premièrement, les impacts sur l'environnement, ce n'est pas
quand on explore, c'est quand on
exploite que vous pouvez avoir un impact sur l'environnement, d'abord et avant
tout. Les gouvernements, au fil du temps, ne sont jamais intervenus.
D'ailleurs, le plus bel exemple, c'est que le gouvernement Marois, dans le cas d'Anticosti, avait tenu une réunion secrète six
jours avant l'élection pour s'assurer justement qu'on pouvait explorer
et qu'il n'y aurait pas de BAPE. Et donc, à
partir du moment... Je ne sais pas pourquoi le député veut nous faire faire un
BAPE en matière
d'exploration, alors que le BAPE se fait lorsqu'une vraie production commence,
pas quand on explore. Ça a toujours
été reconnu par le passé. Et donc, M. le Président, il y a, de toute façon,
d'autres articles, avant même l'exploration, qui nous permettent de
pouvoir aviser, n'est-ce pas, les gens, les municipalités sur ces éléments-là.
Le Président (M. Pagé) : M.
le député de Richelieu.
Rochon : Bon, M. le
Président, là, le ministre a dit vraiment quelque chose qui m'étonne. Il ne m'a
pas étonné en référant à Anticosti
parce que ça, c'est la méthode classique quand on n'a pas de réponse. Non, il
m'a étonné quand il a dit... il a
affirmé ça, là, ou j'ai mal entendu, j'espère avoir mal entendu, en tout cas,
moi, j'ai compris qu'à l'exploration il n'y avait pas d'impact sur l'environnement. Ah! il n'y a pas de forage à
l'exploration? Ça n'existe pas, ça, le forage à l'exploration, à la
phase d'exploration, jamais il n'y a de forage?
Et ma
deuxième remarque, M. le Président, c'est que l'amendement, là, que nous
soumettons à la commission pour examen,
lui, cet amendement-là ne réfère pas au BAPE. Moi, j'y ai référé parce que lui,
le ministre, y a référé dans son argumentaire
en disant : Oui, mais, le BAPE, justement, c'est à lui d'examiner ces
questions-là d'impacts propres aux techniques,
là, puis tout ça. Mon amendement n'y réfère pas. Je parle ici de la
reconnaissance des impacts propres aux différentes techniques
d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures, sans référence au BAPE.
Mais la première question, en tout cas,
c'est : il n'y a donc... il nous dit, le ministre : Pas d'impact en
phase exploratoire.
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : Bien,
écoutez, encore une fois, sur la phase d'exploitation, vous avez un BAPE, vous
avez la Régie de l'énergie. Ce que le député
semble vouloir suggérer, c'est qu'il y ait un troisième organisme pour pouvoir
faire une évaluation des impacts, qu'il y
ait donc cela. Moi, sur la question de l'exploration, avec le consentement, je
demanderais peut-être à notre expert, Pascal, qui connaît bien ça, les travaux
d'exploration, de pouvoir vous renseigner sur ça.
Le Président (M. Pagé) :
Est-ce que j'ai le consentement des collègues pour que M. Perron...
M. Rochon : Oui, bien sûr, M. le
Président.
Le Président (M. Pagé) :
Alors, veuillez vous nommer et vous pouvez y aller.
M. Perron (Pascal) : Bonjour. Pascal
Perron. Je suis conseiller à la Direction du bureau des hydrocarbures.
Alors, dans
le fond, à l'étape exploratoire, on peut reconnaître différentes activités qui
peuvent être menées, c'est des
activités de nature géologique, des activités de nature géophysique, des
activités de forage. Évidemment, dans le forage, il y a différentes opérations qui sont réalisées, on parle du forage en
tant que tel, on parle aussi des activités de complétion, on parle aussi du reconditionnement, on parle de
la fermeture. Chacune de ces étapes-là sont également découpées de façon
plus précise, notamment la mise en place des
tubages, la mise en place de la cimentation pour créer les coffrages. On
peut avoir des essais. On peut avoir un
paquet d'étapes qui sont réalisées, là, pour en arriver à déterminer s'il y a
un potentiel pour les hydrocarbures.
Alors, je
pense que ce qu'il faut comprendre, c'est que l'encadrement qui va découler des
dispositions de la
Loi sur les hydrocarbures va permettre d'encadrer de
façon optimale ces différentes étapes là ou activités là. Ce qu'il faut comprendre aussi, c'est qu'on est relativement
confortables avec... «relativement», c'est un mot faible, on est... Moi,
je suis confortable avec le résultat de ce qui a été donné au niveau de la
mitigation des risques qui doivent être pris en considération, notamment les
risques géologiques, la stabilité des sols, tous ces éléments-là.
Ensuite de
ça, il faut comprendre qu'au niveau du forage dans le shale il y a également
des certificats d'autorisation qui
sont émis en vertu de l'article 22 de la
Loi sur la qualité de
l'environnement. Les activités de fracturation hydraulique sont
également assujetties à des certificats d'autorisation de l'article 22.
Alors, ce sont des enjeux qui sont «mitigables»
par l'application de bonnes pratiques, un suivi et un contrôle rigoureux des
activités et puis une reddition de comptes renforcée, comme prévoit le faire la
réglementation. C'est ce que je pourrais dire à cette étape-ci.
Le Président (M. Pagé) : M.
le député de Richelieu.
Rochon : Bien, ça parfait notre éducation, et je dis «notre». Alors,
il faut comprendre qu'il y a, en effet, là, quelques risques associés. Il a même dit, il a lui-même utilisé
l'expression «risques», elle n'est pas de moi, monsieur a parlé de risques géologiques, il nous a parlé de
stabilité des sols. Il a d'ailleurs parlé aussi de fracturation hydraulique, il y en a en phase exploratoire. Tout ça — cela
dit, je vais quand même reprendre parfaitement sa pensée, complètement sa pensée — encadré par le projet de loi, un cadre prévu
qui le rassure relativement, a-t-il d'abord dit, ensuite le rassurait
complètement quelques secondes plus tard, mais ça, c'est correct, là.
Donc, on
prendrait en considération les impacts propres aux différentes techniques
d'exploration et d'exploitation des
hydrocarbures, puisqu'il y a, nous dit l'expert, un cadre. Pourquoi ne pas
l'énoncer, là? Puis j'aimerais ça qu'on me serve autre chose que la lourdeur du texte. Pourquoi ne pas l'énoncer
dans le premier article, premier
article où il est quand même question
de protection de l'environnement, sécurité des personnes? On a jugé que c'était
important. Dans la même
veine, est-ce que ce ne le serait pas, important, la reconnaissance des impacts
propres aux différentes techniques d'exploration et d'exploitation des
hydrocarbures?
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : Écoutez, M. le
Président, on le reconnaît de facto. Quand on fait de l'exploration, il y a
déjà une analyse qui est faite, il y
a un déjà un certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement. Alors,
à partir du moment où vous avez un
certificat du ministère de l'Environnement, vous avez déjà... Et Dieu sait que
l'exploration, ce n'est pas la même
chose que l'exploitation. Donc, l'exploration, vous avez déjà une autorisation
qui doit être émise par le ministère de l'Environnement, puis, quand on
en arrive après ça au niveau de l'exploitation, où là ça se fait à plus grande
échelle, à ce moment-là on fait un BAPE.
Alors, ce n'est pas compliqué, c'est comme ça, ce sont nos lois, c'est là que
sont nos règlements. Il est absolument inutile d'ajouter ça dans
l'article 1, cet élément-là, qui n'apporte absolument rien. Et, très
honnêtement, je sens actuellement, de plus en plus... Parce qu'on est rendus à,
quoi, au neuvième amendement?
Arcand : Neuvième
amendement. Très honnêtement, je pense qu'on essaie véritablement de retarder
l'étude de cet
article 1.
Le Président (M. Pagé) : M.
le député de Richelieu.
Rochon : Je crois qu'au
livre des règlements il y a un
article qu'on peut évoquer, hein, quand on prête
des intentions aux parlementaires. Alors, il vient, M. le ministre, de dire son
impression que nous retardons l'adoption du premier
article de la
Loi sur les hydrocarbures. Ce n'est pas ça, et, en fait, ce que
nous faisons... Et je l'ai dit, que c'est cette attitude qui nous guiderait tout au long de l'étude du projet de loi,
comme elle doit, il me semble, nous guider lors de l'étude de tout projet de loi présenté ici. Les
inquiétudes émises par nos concitoyens et concitoyennes dans nos
circonscriptions, par les organismes dans
nos circonscriptions, et moi, ma ville centre émet des inquiétudes, je vais
faire semblant que ça n'existe pas?
Je ne serais pas un député digne de ce nom si je faisais abstraction des
inquiétudes manifestées par le maire de la capitale de ma circonscription. C'est ça que je fais. Si on me dit que
faire ça, c'est retarder les travaux, là, de la commission, bien, j'ai
un mosus de problème, là, c'est assez grave.
Arcand : M. le
Président?
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : Écoutez, je vais lire l'article 22 de la Loi
sur la qualité de l'environnement pour le bénéfice de la population, ça prend un certificat, et ça se lit à peu près comme suit :
«...quiconque érige [...] modifie une construction, exécute des travaux, [exécute] des ouvrages,
entreprend [également] l'exercice d'une activité ou l'utilisation d'un procédé industriel ou augmente la production d'un bien ou
d'un service dans un cours d'eau à débit régulier ou intermittent, dans un lac, un étang, un marais, un marécage ou
une tourbière doit préalablement obtenir [...] un certificat d'autorisation [du ministère de
l'Environnement].
«La demande
d'autorisation doit inclure les plans et devis de construction [...] du projet
d'utilisation du procédé industriel
[...] d'augmentation de la production — etc. — doit contenir une description de la chose ou
de l'activité visée, indiquer sa
localisation précise [...] comprendre une évaluation détaillée conformément aux
règlements du gouvernement, de la
[qualité] ou de la concentration prévue de contaminants à être émis, déposés,
dégagés ou rejetés dans l'environnement par l'effet de l'activité
projetée.»
Et, quand on
parle du ministre de l'Environnement : «Le ministre [de l'Environnement]
peut également exiger du requérant
tout renseignement, toute recherche [...] toute étude supplémentaire dont il
estime avoir besoin pour connaître les conséquences du projet sur
l'environnement et juger de son acceptabilité...»
Donc, je
pense que ça fait l'objet d'un certificat d'autorisation en bonne et due forme.
Il me semble qu'on est assez bien encadrés à ce niveau-là.
Le Président (M. Pagé) : Je
vous remercie, M. le ministre, pour la réponse. M. le député de Richelieu.
Rochon : Moi, je ne fais que
faire remarquer aux membres de cette commission qu'il y a des principes qui valent la peine d'être inscrits à
l'article 1 du projet de loi et d'autres qui le méritent moins, c'est
tout, puis ça, à la fin, c'est le
gouvernement qui décide, qui dispose de nos suggestions sous forme
d'amendements, ce sont les règles parlementaires.
Moi, j'ai terminé, peut-être que d'autres
collègues...
Le Président (M. Pagé) : M.
le député de Berthier.
Villeneuve : Merci, M. le Président. Moi, j'ai entendu des
choses puis j'aimerais beaucoup que le ministre puisse les confirmer ou... Est-ce que c'était vraiment son intention
d'affirmer de telles choses, notamment qu'en phase d'exploration il n'y a aucun impact sur
l'environnement? Et, si le ministre le permet, moi, j'aimerais entendre M.
Perron sur cette
question. Est-ce qu'il est vrai que, dans tous les cas en phase d'exploration,
il n'y a aucun impact sur l'environnement?
Le Président (M. Pagé) : M.
le ministre.
Arcand : Quand vous respirez,
vous avez un impact sur l'environnement. Alors, si vous le prenez au
mot, je peux simplement vous dire qu'on peut
aller très loin. Ce que je dis encore une fois, c'est que l'impact est quand
même passablement moindre, et moindre au point, d'ailleurs, où on a jugé, dans
nos lois et nos règlements, qu'en matière d'exploration
on avait besoin d'un certificat d'autorisation du ministère, mais on n'avait
pas besoin d'un BAPE. Alors, voilà.
Le Président (M. Pagé) : M.
le député de Berthier.
Villeneuve : Je nous souhaite à tous de respirer le plus
longtemps possible. Mais, oui... Non, c'est important, parce que ce qu'a dit le ministre, M. le
Président... Et là il a fait une boutade hors contexte, mais il est le
ministre, il est le ministre quand
même, ce n'est pas rien, là, j'espère qu'il mesure, finalement... j'allais
dire, la stature ou le poste qu'il occupe présentement, et venant d'un ministre qui nous dit qu'en phase
d'exploration il n'y a aucun impact sur l'environnement. Il peut bien faire des boutades, mais, dans une
commission parlementaire... Et là je comprends que le ministre s'est
rattrapé, puis j'en suis fort aise, et j'en
suis fort heureux, parce que ce n'était pas acceptable, parce qu'effectivement
il y a des impacts en phase
exploratoire, et ces impacts-là en phase exploratoire peuvent être, de façon
mesurable, très importants. Et, encore là,
je pourrais demander... Si M. le ministre est d'accord, peut-être que M. Perron
pourrait nous citer des cas notamment au niveau des phases exploratoires sur la rive sud depuis... donc pour le
gaz... pour le pétrole... le gaz de schiste, pardon, qui, encore aujourd'hui, fuit, là. Donc, il y a des
conséquences qui peuvent être très, très importantes, sans compter que
peut-être qu'un jour on mesurera d'autres
choses, peut-être qu'un jour on mesurera une migration des divers produits qui
ont été utilisés par l'industrie pour justement stimuler, hein, pour stimuler
la roche, stimuler la... faire une réaction chimique qui fait en sorte qu'on fait dégager le gaz pour pouvoir le capter à sa
surface et mesurer ainsi la potentialité d'un puits.
Autre chose
que je veux relever, M. le Président, puis effectivement, là-dessus, je suis
d'accord avec mon collègue quand il
dit : Peut-être qu'il y a des éléments que l'on apporte qui sont aux yeux
du ministre peut-être moins pertinents que
d'autres. C'est intéressant, cette réflexion-là, parce que ça veut dire qu'il y
a des éléments qu'on a apportés qui, aux yeux du ministre, sont forts pertinents, mais ils n'ont pas été
acceptés, ils n'ont pas été acceptés par le ministre pour les mettre à
l'article 1. Et, quand on nous prête l'intention de vouloir gagner du
temps ou perdre du temps — c'est
selon, hein? — bien, je ferai remarquer que c'est plate en
maudit pour les municipalités du Québec de se faire dire ça, parce que, là, c'est un des éléments qui a été rejeté par la
partie gouvernementale, de tout simplement reconnaître l'importance des municipalités dans le développement de leur
territoire. Alors, ce n'est pas rien. Alors, moi, je souligne ça à grands
traits, M. le Président, parce que, comme je
le disais tantôt, il faut aussi être à même de mesurer l'importance du poste
qu'occupe le ministre.
Ceci étant
dit, j'ai cru comprendre que, selon le ministre, l'amendement qu'on vient de
déposer, à ses yeux, est inutile,
mais moi, je lui dirais ceci : Lorsqu'on lit... puis je ne le lirai pas,
là, mais, lorsqu'on lit l'ensemble de l'article 1 et qu'on parle de protection de l'environnement,
bien, je pense que ce n'est pas inutile de souligner qu'il doit y avoir
une reconnaissance des impacts notamment en
mode exploration et exploitation. Puis, si, M. le Président, le fait d'avoir
déposé cet amendement-là n'aura amené que la seule reconnaissance du ministre
que l'exploration a des conséquences sur l'environnement,
bien, je pense que, déjà là, mon collègue aura fait acte utile, je dirais, acte
fort utile, parce que ce n'est pas rien, ce qu'on vient d'entendre.
Alors, voilà,
M. le Président. Je pense que cet amendement-là, il serait tout à fait
pertinent qu'il puisse être inséré, tout
comme... Et puis, vous savez, souvent, entre nous, les parlementaires, on dit
souvent que, lorsqu'on dépose un premier amendement... et là on est rendus au neuvième, selon le ministre,
lorsqu'on dépos