Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 12 November 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2019-11-12
Quebec — Committees
Président (M. Lemay) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Et, M.
le député de Laval-des-Rapides, vous avez quelque chose à nous dire.
M. Polo : Merci beaucoup, M. le
Président. Je tiens à remercier M. le ministre, mes collègues ici présents, d'avoir bien généreusement proposé une pause pour reprendre les travaux à
11 heures. Donc, je vous remercie, M. le ministre, les
collègues également.
Ceci dit, M. le Président, vous me permettrez quand
même de faire un petit clin d'oeil au
ministre, de souligner la victoire des Carabins
contre le Rouge et Or dimanche après-midi.
M. Polo : Non, en effet. En
effet, j'ai même proposé à mon équipe... Parce que, M. le ministre est au
courant, deux de mes employés sont des
anciens Carabins, du soccer, mais la boutique des Carabins était à court de
foulards des Carabins. Mais, d'ici la
fin des travaux du p.l. n° 34,
soyez certains que je vais lui faire un beau petit cadeau des Carabins au ministre. Merci beaucoup, M. le Président.
Président (M. Lemay) : Une belle attention, ça, M. le député de
Laval-des-Rapides. Alors, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur le sous-amendement?
M. Polo : Je proposerais...
Oui, je prendrais la parole, M. le ministre. Combien de temps sur...
19 minutes?
Le Président (M. Lemay) : Oui,
environ.
M. Polo : 19 minutes? Parfait. Alors, M. le Président, nous avons, après plusieurs échanges jeudi dernier, proposé un sous-amendement qui amène... Je pense qu'il était, de consentement, là, avec plusieurs échanges avec le ministre, de son avis, aussi intéressant d'amener... Nous
amenions notamment l'aspect de l'avis de la Régie de l'énergie quant à la révision du multiplicateur, et nous avons, entre
autres, proposé que ça se fasse 60 jours avant le 1er avril 2020.
Je sais que
le ministre aurait préféré ou aurait souhaité — je ne veux pas lui prêter des intentions, mais ça
a fait
partie de nos échanges, de mémoire — qu'on conserve la
période de 120 jours au minimum. Nous avons eu plusieurs échanges à
ce niveau-là. Mais j'ai tenu, à
travers cet amendement-là, à ramener ça à 60 jours avant le
30 mars ou, en fait, le 1er avril 2020, notamment parce que le
ministre a utilisé un exemple dans lequel il a parlé de 60 jours. Je suis
conscient que le libellé précédent
pouvait laisser une marge tellement grande que l'avis de la régie aurait pu être
déposé la veille du 1er avril 2020. Et, en effet, réalistement
parlant, c'est irréaliste de penser que la régie peut déposer un avis auprès du
ministère et que le ministre peut en prendre connaissance et peut
l'appliquer dans un délai qui est irraisonnable à ce niveau-là.
Ceci dit,
j'ai ramené ça à 60 jours, proposé de le ramener à 60 jours. Et
première question que j'aurais pour le ministre, c'est :
Est-ce qu'un délai de 60 jours, selon les effectifs, selon les ressources
du ministère, selon les procédures actuelles, selon les échanges internes entre, bien sûr,
le ministère, et également Hydro-Québec, et également, là, au-delà
de la centaine de clients, là, 120, 140 clients du tarif L, selon le
ministre, c'est raisonnable?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Oui, merci, M. le
Président. Écoutez, comme on a mentionné, il y avait trois aspects par rapport
au délai.
En termes
techniques, pour l'application à
l'intérieur des grilles tarifaires, il n'y a
pas d'enjeu, là, par rapport à 60 jours, par rapport au temps d'analyse non plus. Je pense bien que l'avis, là,
pour le ministère, là, qu'il soit reçu 60 jours précédant le
1er avril, il n'y a pas d'enjeu.
Il y avait la
notion d'utilité. Naturellement, on parle de 161 clients, là, qui sont au tarif
L. Alors, c'était dans l'objectif, puisque
l'ensemble de la clientèle saura, là, dès septembre, l'augmentation, et ce sera
le taux d'inflation, le cas échéant où le
projet de loi a été adopté, mais ça encore, ça se gère. Donc, c'était juste une
question d'utilité, là, par rapport au délai, pour pouvoir annoncer le
plus rapidement possible à la clientèle quel sera le taux applicable, le cas
échéant.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Parfait. M. le
ministre, j'aimerais savoir — bon, vous parlez de
161 clients — quelle
est la méthode usuelle utilisée pour échanger, communiquer ou informer les
161 clients, là, du tarif L, juste peut-être pour notre information,
savoir comment cette communication-là se fait.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Alors, puisque ce sera une indexation, il y aura
un avis écrit qui sera transmis à l'ensemble de la clientèle.
M. Polo : Parfait, avis écrit,
on parle, j'imagine, de communication standard, là, par la poste. Est-ce que
c'est déjà actuellement le cas? Est-ce que c'est déjà actuellement la façon de... Parce que, bon, on sait que l'indexation existe déjà au niveau du tarif L par rapport... En fait, une
partie du multiplicateur existe déjà. Est-ce que c'est la méthode usuelle
actuellement utilisée?
M. Julien :
Actuellement, c'est via la cause tarifaire, donc c'est au moment, en fin de
compte, de la décision qu'elle est connue par l'ensemble de la
clientèle.
M. Polo :
Parfait. M. le ministre... M. le Président, en fait, quand on revient à l'avis
de la Régie de l'énergie... Pour nous,
c'est important d'introduire ce concept-là d'avis de la Régie de l'énergie. Je
sais que, pour le ministre, c'était important de ne pas refaire l'exercice de la cause tarifaire ou du dossier
tarifaire annuel, mais ici on parle bien d'un avis. J'aimerais, pour mon information personnelle, je sais qu'il y
a certaines informations, là, qui sont disponibles, qu'il élabore un peu
plus sur les différents types d'avis que la régie... peut-être inviter soit un
membre de son équipe, là, à élaborer un peu plus sur les types d'avis que la
régie a émis au cours des dernières années.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Oui. M. le Président, comme mentionné la semaine dernière, on va voir ces
éléments-là à l'article 5. Naturellement, là, sans rentrer dans le détail
de l'article 5, puisque ce sera à ce moment-là que sera discuté... mais l'avis,
le cas échéant, ça sera, en réalité, comme lorsque le ministre le requiert sur
toute question en matière énergétique. Alors, à l'article 5, on
pourra voir, en réalité, comment fonctionnent ces demandes-là.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Polo : Parfait. Et, dans le
cas présent, donc, on a bien spécifié, là... Je veux juste faire de nouveau la
lecture, M. le Président, là :
«Déterminé par le gouvernement au 1er avril 2020 et par la suite tous les
cinq ans, après avoir obtenu [...] la
Régie de l'énergie» remplacé par les mots — attendez : «déterminés par le
gouvernement au 1er avril 2021 et tous les ans par la suite. Le
gouvernement doit au préalable obtenir un avis de la Régie [...] sur les taux
applicables».
Est-ce que,
sur les taux... Quand on parle d'avis, M. le Président, on parle... Comme mon
collègue de Jacques-Cartier l'a
mentionné, l'avis peut également s'appliquer notamment en période d'inflation,
mais également en période de déflation, de là le multiplicateur qui était supérieur à un, pour assurer, là, que
la fourchette ou, en fait, là, l'écart se maintienne entre le taux qui serait appliqué aux différents autres
tarifs versus le taux qui serait appliqué au tarif L. Je veux juste analyser
ici... au niveau du taux applicable, est-ce qu'il y a quelque chose dans
la législature qui doit stipuler qu'il y a une certaine fourchette qui doit être maintenue? Est-ce qu'on
doit maintenir une certaine fourchette, un certain écart, ou il n'y a rien
qui, actuellement, encadre l'avis de la régie par rapport au taux applicable au
tarif L?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, la régie, en cause tarifaire, souhaitait en réalité maintenir un écart
pour assurer la compétitivité. Naturellement,
le fait que le tarif L ne progressait pas à la même vitesse que les autres
tarifs en termes d'indexation annuelle... Donc, ça sera à la régie, en
réalité, de faire une suggestion sur le taux applicable à tous égards.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député? Parfait. M. le député de D'Arcy-McGee,
la parole est à vous.
M. Birnbaum :
Merci, M. le Président. M. le ministre, membres du côté ministériel, collègues,
j'aimerais essayer d'établir où nous
sommes rendus sur quelques-uns des éléments clés de notre sous-amendement. Nous
avons une bonne discussion jusqu'à date.
Dans un premier
temps, nous tentons à apporter une précision qui a été, de toute évidence,
nécessaire lors de nos discussions d'un
amendement proposé par le côté ministériel, et je veux valider si on est sur la
bonne piste. Quand nous parlons de faire les changements tels que notés
dans le sous-amendement et qu'on propose, dans les premiers mots de notre... la phrase qu'on change, «déterminés par
le gouvernement au 1er avril 2021», on s'est entendus, il me semble, que
c'est ça qui reflète la réalité de l'échéancier, compte tenu de ce qui
est devant nous dans le projet de loi. Est-ce que, M. le Président, le ministre peut confirmer que nous sommes sur la bonne voie quand on parle de l'échéancier à partir du 1er avril 2021?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Puisque la première année qui est prévue au projet de loi, c'est un gel tarifaire, le moment opportun est, à tout le
moins, avant le 1er avril 2021.
Le Président (M. Lemay) :
M. le député.
M. Birnbaum :
Merci. Et le multiplicateur qu'on consent de retirer, si j'ai bien compris le ministre,
aurait été établi sur une lecture des derniers six ans, et avec, en quelque
part... de l'avis de la régie.
Deux
questions. Est-ce
que j'ai bien raison que ce facteur a
été conçu et établi selon l'analyse de la régie? Si c'est ça, comment ça s'est manifesté? Est-ce que c'était un avis formel, ou c'étaient,
bon, les consultations routinières, quoi, de l'équipe du ministre et du ministère avec la régie, ou y
avait-il un avis, sur le parcours de ces six ans, émis par la régie pour
conseiller le ministre d'établir ce facteur de... ce multiplicateur de
0,65?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui, comme mentionné précédemment, M. le Président, lors des six dernières
causes tarifaires, la régie a précisé une
croissance du tarif L spécifique. A contrario, en réalité, ils avaient aussi
spécifié, pour l'ensemble des autres clientèles, une croissance. Donc,
cet écart-là a été observé sur les six dernières années puisque c'est seulement
dans les six dernières années qu'il a été
appliqué. Alors, le 0,65, comme on le stipule, la hausse, pour les cinq
dernières années, pour le tarif L, a
été de 6,6 %, pour les autres
tarifs, de 10,1 %. Donc, le 0,65 a été fixé sur base historique puisque, naturellement, selon le projet de loi, après cinq ans, on retourne en cause tarifaire.
Donc, c'était de maintenir le même rythme de croissance comparatif dans les
deux tarifs.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Birnbaum :
Oui, M. le Président, j'essaie d'établir et de comprendre le rôle qu'il aurait
joué dans ces délibérations de la régie. M. le Président, est-ce que le ministre peut préciser s'il y avait des entretiens soit
formels, avec un avis formel, ou des
entretiens avec la régie, ou c'était le fruit de l'analyse conjointe ou
l'analyse de la régie des derniers six ans qui a facilité, qui a fait en
sorte que ce facteur de 0,65 a été saisi et implanté?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Alors, la proposition du taux de 0,65,
je le réitère, comme la fonction, en réalité, d'appliquer, sur la période des cinq prochaines années, c'est-à-dire, un gel plus quatre ans à l'inflation, c'est pour maintenir la
compétitivité et l'attractivité du
tarif L, et ça a été fondé, en réalité, sur l'historique des six dernières
années, qui montre, en fin de compte, la différenciation des taux, pour, après
ça, se reporter à la cause tarifaire, qui sera après cinq ans.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
Birnbaum : M. le Président, nos discussions sur l'article 2, sur l'article 1, je
me permets de le dire, avec la volonté du ministre... touché et
continuent de toucher au rôle de la régie. Et, bon, je ne vais pas citer le ministre
précisément, mais, à plusieurs
reprises, à notre satisfaction... Nous avons toujours des questions.
À notre satisfaction, on entend du ministre que le rôle de la régie, essentiel, pour la
compréhension ou l'implication des partenaires, des consommateurs, qu'ils soient des particuliers ou industriels,
pour assurer la transparence et pour éviter aucune possibilité des accusations d'avantages déloyaux, je crois qu'on le dit comme ça,
sur le plan international... Le ministre dit et maintient que le rôle de
la régie reste central, et intègre, et important.
Là, ça fait à trois
reprises que je pose des questions, dans une instance très spécifique, sur le
rôle de la régie. Dans les trois réponses du ministre, et je dois respecter ses
réponses, mais je vais essayer une autre fois, le mot «régie» n'a pas été
prononcé ce matin. Alors, M. le Président, avec le petit temps qu'il me reste, est-ce
que je peux inviter le ministre de répondre à mes questions? Où se situait la
régie dans les délibérations qui ont fait en sorte qu'on a établi un facteur
de 0,65? Il me semble que c'est une question assez claire et importante. Merci.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Oui, merci,
M. le Président. Comme mentionné
précédemment, le 0,65 résulte, en fin
de compte, des résultats des six dernières années, quand on
regarde l'évolution du tarif L et des autres tarifs, pour maintenir
la compétitivité et l'attractivité du tarif L. Et, naturellement, ce que
propose le projet de loi n° 34, c'est d'augmenter les tarifs, après un gel la première année, quatre ans à
l'inflation. Alors, le 0,65 est le prorata des six dernières années. La proposition du sous-amendement amené par mon collègue de Laval-des-Rapides souhaite obtenir l'avis de la régie sur ce taux, et c'est ce que
nous discutons actuellement.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Bon, j'avais compris que mes 90 secondes étaient écoulées. Je tiens juste
à noter, avec les quelques secondes qui me
restent, que le ministre a lu notre sous-amendement à plusieurs
reprises et il peut comprendre que j'ai
raison quand je dis qu'on tient à préciser un rôle spécifique en tout ce qui a
trait au tarif L avec notre sous-amendement.
Et j'essayais, avec mes questions, de
comprendre où le ministre se situait sur cet aspect-là. Je prends... Si
j'ai bien compris, le ministre est à l'aise pour poursuivre nos travaux
là-dessus, parce que je crois que j'entends qu'il est plutôt favorable aux trois éléments clés de notre sous-amendement,
y compris le rôle de la régie, et j'attends avec impatience pour voir si j'ai
raison. Merci.
Président (M. Lemay) : Merci, M. le député. M. le ministre?
Parfait. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le député de
Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley :
Merci, M. le Président. La semaine dernière, le ministre a eu un échange avec
la députée de Mercier sur
l'interfinancement. Je pense que la députée de Mercier a écoulé tout son temps,
mais j'ai trouvé que l'échange était très, très intéressant. Puis on sait
que la Régie de l'énergie ne doit pas modifier les tarifs en ayant pour le but
de modifier l'interfinancement, mais je veux juste savoir si le ministre
respectera les niveaux actuels d'interfinancement.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, la régie, qui est le seul, en réalité, organisme à fixer les tarifs ou à
pouvoir modifier les tarifs, a l'obligation,
en fin de compte, quand elle le fait, de considérer l'interfinancement. Donc,
c'est une décision qui appartient à la régie de modifier ou de créer de
nouveaux tarifs dans cette perspective-là.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Kelley :
Et, juste pour bien comprendre, la régie, pour l'interfinancement, va faire des
analyses, va rendre tout ça public pour le
public, pour bien comprendre pourquoi la régie a pris une décision concernant
la modification de certains tarifs.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, je réitère, M. le Président, que la régie, dans son
article 52, ne
peut modifier les tarifs d'une catégorie de consommateurs afin d'atténuer
l'interfinancement. Naturellement, quand on regarde l'historique, en fin de compte, sur l'évolution du tarif L et
l'évolution des autres tarifs, il y a eu une distinction qui a été apportée, et
la régie se comporte selon sa loi
pour respecter la notion d'interfinancement. Alors, pour nous, il y a... Puis
c'est le rôle de la régie de faire ce
travail-là. Et spécifiquement, M. le Président, naturellement, l'amendement
qu'on apporte précise, en réalité, qu'elle doit tenir compte de la
notion d'interfinancement, bien que sa loi le précise également.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
C'est correct, c'est tout pour moi, M. le Président. Merci.
Président (M. Lemay) : Pas de problème. Donc, s'il n'y a pas
d'autre intervention sur le sous-amendement... M. le député de
Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, merci, M. le Président. Moi, je vais être favorable à cette proposition de sous-amendement.
Une question que j'ai quand on... Dans le sous-amendement, quand le député de Laval-des-Rapides
nous dit : «Le gouvernement doit au préalable obtenir un avis de la Régie de l'énergie sur les taux applicables», c'est parfait. «La régie doit donner
cet avis au moins 60 jours avant la date où les taux doivent être
déterminés par le gouvernement.» Moi, je veux savoir comment ça serait public,
ça. Comment on va rendre public cet avis? Est-ce que c'est juste à l'intérieur
de l'appareil gouvernemental ou ce sera public?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Oui. M. le
Président, on a eu cette discussion-là la semaine dernière avec ma collègue de Mercier.
Naturellement, on se référait naturellement à la loi de l'accès à l'information, qui fait en sorte que ces avis-là sont publics. Naturellement, la discussion est allée... oui, mais c'est s'il y a
une demande. Et, naturellement, actuellement, les avis sont rendus publics. Donc, c'est la discussion qu'on a eue. Puis, pour nous,
ça serait bien que ces avis-là soient maintenus publics.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault : Mais ils sont
publics après demande en vertu de la loi de l'accès à l'information?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Actuellement, les
avis sont publiés sur le site. Alors, c'est la pratique qu'on observe à la Régie
de l'énergie. Naturellement, on souhaite que ces avis-là, le cas échéant, si on acceptait cette notion-là d'avis, soient rendus publics.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault : Ça veut dire que... Si le sous-amendement du député de Laval-des-Rapides est adopté, ça signifie que... Quand on dit : «La régie doit donner cet avis au moins
60 jours avant la date où les taux doivent être déterminés par le gouvernement», ça veut dire que l'avis de la régie... à partir du moment où,
60 jours avant la date, la régie transmet son avis au gouvernement,
c'est versé directement sur le site Web de la régie. C'est ce que je comprends?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Alors là, en termes de mécanique, naturellement, le dépôt 60 jours avant
vise à permettre également au ministère... Puis c'est le délai, en réalité,
qu'on veut... On voulait un délai raisonnable pour pouvoir faire l'analyse.
Puisque c'est une recommandation a
posteriori de cette analyse-là, naturellement, avant le 1er avril, ça
serait important que cet avis-là soit rendu public.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Je veux juste être sûr de bien comprendre. Avant le 1er avril... Donc, le
gouvernement doit le déterminer le 1er avril, mais là l'avis arrive
60 jours avant. On se comprend? 60 jours avant, ça nous met le...
M. Julien : Fin février.
M. Gaudreault :
...oui, fin février, et on doit... et là ça serait, à ce moment-là, versé sur
le site de la régie, c'est ça, à la fin février, en même temps, ou il y
a un délai? C'est ça que je veux savoir.
M. Julien :
Bien, à mon avis, ça prendrait le temps de l'analyse, là, de l'avis, parce que
c'est une recommandation. Naturellement, l'avis qui est demandé ici,
avec les précisions de l'amendement et du sous-amendement, comprend des notions d'interfinancement également, donc une
prise de connaissance de l'avis, qui est une recommandation. Naturellement,
on souhaiterait qu'il soit rendu public avant la modification des tarifs.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, O.K. Donc, le gouvernement reçoit l'avis, et là il se garde un moment pour
l'analyser, et, une fois qu'il est analysé, il est public.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Alors, encore là, l'analyse, une prise de décision, et on souhaite que l'avis
soit rendu public. Naturellement, le
moment qu'il serait rendu public, à l'heure actuelle, on pense que ce serait a
posteriori de l'analyse, mais on souhaite que cet avis-là soit
disponible au public en toute transparence.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Gaudreault :
Est-ce qu'on ne devrait pas déterminer le délai d'analyse? Parce qu'un
gouvernement pourrait dire : Ah!
on va dire qu'on l'analyse pendant 59 jours puis, la dernière journée, on
rend publique l'analyse, puis c'est le jour où le gouvernement fixe son taux, là. Alors, il me semble qu'il faudrait
quand même avoir un certain délai juste et raisonnable en termes de transparence, surtout que le gouvernement parle beaucoup de
prévisibilité pour les entreprises. Moi, je suis bien d'accord avec ça. Mais, si on veut de la prévisibilité, il faut que
les entreprises soient un peu informées à l'avance de ce qui se passe et
des avis de la régie, d'autant plus que c'est public puis c'est de
l'information qui est importante.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Naturellement, M. le Président, je ne suis pas
propriétaire du sous-amendement qu'on a sous les yeux. Alors, je le regarde... On avait des propositions
de 120 jours pour donner suffisamment... puis on mentionnait, là... On l'a
mentionné dans la première question tout à
l'heure, alors le 60 jours nous permet... Ce n'est pas une contrainte pour
modifier, en réalité, le fonctionnement de la tarification, la
mécanique.
Alors, ça, ce n'est pas une contrainte non plus
pour donner le temps de faire l'analyse, mais essentiellement il y a trois éléments. L'utilité de cet avis-là est
également pour être, le plus rapidement possible... pouvoir informer les gens auxquels ça s'applique. Alors, pour nous, on est
en mesure de le faire dans des délais raisonnables, et l'avis sera rendu public
suite à l'analyse.
Maintenant, aujourd'hui, de venir dire : Ça
va être 45 jours avant la date, 30 jours, 15 jours, je ne suis
pas en mesure de venir donner cette
précision-là à l'heure actuelle. Mais on est capables, avec le délai de
60 jours qui est proposé au sous-amendement, de faire à la fois
l'analyse, de modifier, le cas échéant, le tarif qui sera implanté et
d'informer la clientèle. Naturellement, si
le délai était plus grand, on pourrait informer la clientèle plus rapidement, et
on aurait la marge de manoeuvre également pour le rendre public pas plus
rapidement, mais plus avant du mois d'avril.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de Jonquière.
M. Gaudreault : Dans l'esprit
du ministre, pour une analyse d'un tel avis, c'est quoi, un délai raisonnable?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Encore là, M. le Président, il est bien précisé
ici que c'est 60 jours avant, et, dépendant de la teneur de l'avis et de ses compositions, je ne peux pas
présumer qu'est-ce qui sera inscrit a priori de l'avis émis par la régie. Il y
a des éléments, en réalité, qui sont
notés dans l'amendement par rapport à des obligations qu'on souhaite que la
régie prenne acte, mais un délai raisonnable, là, probablement, ça
dépendrait de la teneur même de l'avis.
M. Gaudreault : Mais,
présentement, la régie remet déjà des avis au gouvernement.
M. Julien : Oui, M. le Président, mais, encore là, les avis
qui sont émis, il y a des avis qui contiennent 200 pages, il y a
des avis qui en contiennent beaucoup moins. Donc, je ne peux pas présumer, à
l'heure actuelle, à la demande du sous-amendement,
quelle sera la teneur de l'avis, quelle sera, en réalité, l'exhaustivité, les
éléments regardés. Alors, pour nous,
ça va être fait de manière très diligente et le plus rapidement possible,
puisqu'on a le même intérêt, c'est de pouvoir, en termes utiles... et
également pouvoir informer la clientèle du taux qui sera appliqué.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Gaudreault : Oui. Bien, je comprends que, des fois, il y a des
avis de 10 pages puis, d'autres fois, il y a des avis de
200 pages, mais il doit bien y avoir une moyenne à peu près d'analyses,
là, que le gouvernement connaît dans ses
chiffres. Est-ce que, de façon générale, bon an mal an, on est plus dans un
deux semaines d'analyse ou on est plus dans un mois d'analyse? Je veux dire, la
régie existe depuis 20 ans. Alors, il doit bien y avoir un délai moyen
d'analyse des avis de la régie, là,
que le gouvernement connaît ou est capable d'estimer, au moins, avec quelques
jours de plus ou de moins.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Alors, M. le Président, certains avis, en
réalité, ont été analysés en 48 heures, d'autres avis peuvent être analysés en un mois et demi. Comme je le réitère,
ça dépend du contenu de l'avis, et ça, ça appartiendrait, le cas échéant
où on acceptait le sous-amendement, à la
régie. Donc, pour nous, ça va être fait de manière diligente dès la réception
de l'avis et le plus rapidement
possible, mais une moyenne... On ne calcule pas de moyenne là-dessus, mais on
sait que, des fois, ça peut prendre 48 heures, puis, des fois, ça
peut prendre un mois et demi.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Gaudreault : Oui, je comprends que ce n'est pas non plus
nécessairement relié au nombre de pages. Des fois, il peut y avoir un avis de 10 pages qui a
beaucoup plus de contenu délicat, et sensible, et complexe qu'un avis de
200 pages. Je comprends ça. Mais vous comprenez, M. le Président,
que moi, je veux juste essayer de baliser un peu l'espèce de discrétionnaire
qui est entre les mains du gouvernement dans un souci de transparence, parce
que c'est facile, pour un gouvernement ou un ministre...
Puis je ne vise pas le ministre actuel, parce qu'on fait de la législation pour
le long terme, je vise un éventuel
ministre qui pourrait dire : Regarde,
on va dire qu'on l'analyse longtemps, longtemps, longtemps puis on
va le dévoiler, notre... on va demander de dévoiler ou de rendre public l'avis
l'avant-veille du moment où on fixe le taux. Pour moi, ce ne serait pas
une pratique qui serait acceptable.
Alors,
moi, ma question, c'est : Comment on peut essayer de baliser un peu
la discrétion, le pouvoir discrétionnaire du gouvernement quant à l'analyse des avis? Quand on met un délai
pour recevoir l'avis, bien, il faudrait... Tu sais, il faudrait dire quelque chose comme : La régie doit donner cet avis au moins
60 jours avant la date où les taux doivent être déterminés par le
gouvernement et le rendre public, je ne sais pas, moi, dans un délai de
45 jours, mettons, ou dans un délai de 30 jours. Donc, de baliser ça. Parce que, pour moi, c'est un
pouvoir discrétionnaire, entre les mains du gouvernement, qui risque d'être
abusif éventuellement.
à la limite, on pourrait même dire : Ou les taux doivent être déterminés
par le gouvernement et le rendre public selon un délai fixé par règlement. Puis
là on pourrait peut-être, éventuellement... le gouvernement, au moins par
règlement, il pourrait déterminer, quand c'est un avis de telle nature, c'est
deux semaines, quand c'est un avis de telle autre
nature, c'est un mois pour le rendre public, peu importe. On n'est peut-être
pas obligé d'aller aussi dans le détail dans la loi, mais moi, j'essaie
de voir un peu les balises, là, pour rendre cette chose publique.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui, M. le Président. Écoutez, on n'a pas intérêt, en réalité, à fixer le taux,
de le retarder, bien au contraire. Quand je
mentionnais les enjeux par rapport aux 60 jours, qui étaient inscrits ici,
je les mentionnais sur trois aspects. Je réitère que l'aspect technique,
c'est-à-dire l'application d'un tarif, 60 jours, il n'y a pas d'enjeu.
Pour ce qui est, en réalité, du temps
d'analyse, on pense qu'en 60 jours on va avoir le temps de faire
l'analyse. Et le troisième aspect, la notion d'utilité pour le
consommateur qui est touché, bien là, je disais : Peut-être, en réalité,
que le délai est plus restrictif. Naturellement, c'est marqué : Minimum
60 jours avant. Peut-être que la régie va le déposer 120 jours avant,
Puis nous,
l'intérêt... je ne vois pas l'intérêt qu'on aurait d'arriver au 1er avril
moins un pour divulguer le taux applicable,
là. Nous, l'intérêt, c'est quand même... Puis on le mentionne, le projet de loi
n° 34 vise la prévisibilité. On a tout intérêt à ce que les consommateurs
touchés aient l'information le plus rapidement possible. On regarde le
sous-amendement, on dit : C'est
faisable. Et c'est là-dessus qu'on travaille actuellement, sur le
sous-amendement proposé par mon collègue de Laval-des-Rapides. Mais on
n'a pas d'intérêt à retarder l'avis et la décision.
Le Président
(M. Lemay) : Merci pour cette précision. M. le député de
Jonquière, la parole est à vous.
M. Gaudreault :
Oui. Je comprends le ministre qui dit qu'il n'a pas d'intérêt à retarder de
rendre public l'avis. Lui, il ne l'a pas,
cet intérêt, là, mais peut-être qu'un jour un de ses successeurs aura cet
intérêt. Moi, c'est ce que j'essaie de
baliser, là, pour le futur. Si, au moins, il nous disait ce qui lui apparaît
raisonnable de façon générale, dans un souci de prévisibilité puis de transparence, ça nous donnerait au moins des
balises qui resteraient inscrites, là, au moins dans nos échanges, ici,
pour éventuellement être capables de... c'est ça, de se donner un cadre avant
de rendre public.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui, M. le Président. Je réitère que c'est un sous-amendement, qui est amené
par mon collègue de Laval-des-Rapides, avec
une précision de date de 60 jours. Et, moi, ce que je peux dire,
c'est : Dès qu'on aura l'avis, on va
trimer très rapidement pour en faire l'analyse pour, justement... Quand on
parle d'intérêt, ce n'est pas un intérêt personnel. Je crois que l'intérêt, c'est d'être en mesure de
donner aux consommateurs touchés l'information le plus rapidement possible.
Alors, c'est dans l'intérêt, en réalité, là,
face à cet avis-là puis une décision subséquente. Alors, naturellement, quand
on regarde l'amendement, on dit que c'est faisable.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Que c'est faisable de...
M. Julien :
C'est-à-dire que le délai de 60 jours...
M. Gaudreault :
Est faisable.
M. Julien :
...est faisable pour appliquer le tarif, faire l'analyse et informer avant la
date les consommateurs.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Gaudreault :
Ça va aller pour l'instant, M. le Président.
Président (M. Lemay) : Très bien.
Donc, s'il n'y a pas d'autre
intervention... M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Merci
beaucoup, M. le Président. En 2017, M. le Président, là, la Régie
de l'énergie a émis un avis sur
les mesures susceptibles d'améliorer les
pratiques tarifaires dans le domaine de l'électricité et du gaz naturel, Perspectives 2030 . Dans le document en question qui retient mon
attention, là, on parle notamment, là, que, sur le volet électricité de cet
avis-là, il y avait trois éléments... ou trois thèmes d'intérêt particulier, notamment
structures et options tarifaires,
compétitivité mondiale des prix payés par les clients industriels, donc de là
mon lien, on parle de clients industriels, ici, et intégration de nouvelles technologies et leur incidence sur le
partage des coûts et sur les tarifs. Vous êtes familier avec ce
document-là, M. le ministre?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Polo :
Avec l'avis de la régie de 2017?
M. Julien :
Bien, spécifiquement, on a l'avis entre les mains. J'entends la question de mon
collègue.
M. Polo : Bien, ma question pour lui, et un peu pour faire
du pouce sur ce que mon collègue de Jonquière a mentionné...
Lors de cet avis-là, la régie avait procédé à faire sept jours d'audiences. La
régie a également reçu, là, au-delà d'une quinzaine de mémoires et de présentations. Et,
notamment, la régie avait retenu cinq experts dans chaque thème différent, thématique différente. Notamment, là,
la tarification de l'électricité, on parle de M. Pineau, M. Pineau
qu'on a essayé d'inviter également
ici, là, parce que, bon, lui, il a une expertise, avec
M. Langlois-Bertrand, sur le balisage des structures et options
tarifaires des distributeurs d'électricité; également, M. Gabriel
Desmarais, un témoin expert représentant Econoler, Balisage sur la
compétitivité des tarifs d'électricité dans certains secteurs industriels et
pistes de solution ; et M. González,
de l'Université Laval, pour l'intégration des nouvelles technologies en
énergie. Ça, c'étaient les trois thèmes retenus par la régie, là, pour préparer le volet, si on peut dire,
électricité destinée aux clients industriels, là, dans son avis.
Est-ce
que, dans la mesure où la régie procède, là, à une révision annuelle, procède à
consulter, là, les différentes organisations...
Parce que certaines d'entre elles sont venues ici, là, en commission, M. le
Président, que ce soit, par exemple, l'association...
le Regroupement des organismes environnementaux en énergie, bien sûr, l'AQCIE,
également l'AQPER, l'Association
québécoise de production d'énergie renouvelable. Est-ce que, dans la mesure où
un avis comme ça est produit annuellement... Le ministre comprend qu'il ne
s'agit pas d'un dossier tarifaire, comprend qu'il ne s'agit pas d'une cause tarifaire comme telle, mais c'est quand même
un exercice complet, hein, et il y a toute une démarche diligente qui est effectuée, là, par la régie, là, pour
consulter ces différents intervenants. Non seulement il y a la période
d'audience, dans le cas présent, là,
comme je l'ai mentionné, qui a duré sept jours, là, mais il y a toute une
période aussi où on annonce qu'on va
procéder, là, à des consultations. Bien sûr, c'est à la discrétion du ministre
par la suite, là, de l'analyser, lui et son équipe, d'analyser, là,
l'avis qui sera produit, là, par Hydro-Québec.
Ma question pour lui
est plus d'ordre général. Dans un contexte de compétitivité mondiale où le
Québec essaie continuellement d'attirer des
nouvelles entreprises, des nouvelles industries — on a vu une annonce gouvernementale, là,
la semaine dernière, de la réouverture d'une
entreprise, là, à Lebel-sur-Quévillon, parce qu'on parle de clients
industriels, le tarif L,
notamment — jusqu'à
quel point on peut élargir ces audiences-là? Jusqu'à quel point on peut
permettre, justement, de tenir compte
non seulement des avis d'organisations qui sont dans le secteur ici, au Québec,
mais tenir compte, justement, des
aspects de compétitivité internationale, que ce soient nos voisins, là, comme
l'Ontario, le Nord-Est américain ou ailleurs? Jusqu'à quel point le ministre considère important que cet avis-là non
seulement se fasse sur une base annuelle, mais qu'on puisse l'élargir, peut-être inviter, là, des
experts internationaux, des regroupements internationaux pour s'assurer que le multiplicateur
dans ce cas-ci ou le tarif L, ultimement, qui est offert aux clients, aux 161 clients,
là, d'Hydro-Québec est le plus compétitif possible?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Oui. Alors, M. le Président, alors, l'amendement et le sous-amendement proposé par mon collègue de Laval-des-Rapides
visent justement à permettre de distinguer le tarif L avec un taux
applicable et une demande d'avis à la régie.
Alors, naturellement, si... le
cas échéant où le sous-amendement et l'amendement étaient
acceptés, c'est l'avis de la régie
qu'on va discuter, à l'article 5, sur son fonctionnement, et ça sera à la
régie d'émettre un avis. Naturellement, on a mentionné à l'intérieur de l'amendement et du sous-amendement ce qu'elle
devait regarder. Alors, il y a la notion d'attractivité, de compétitivité et d'interfinancement. Alors, c'est ce
qui est proposé par mon collègue de Laval-des-Rapides en termes de
sous-amendement puis c'est la discussion qu'on a aujourd'hui.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Polo :
Je comprends que le ministre et moi, nous nous entendons sur le fond, et je
suis bien content d'entendre ça, M.
le Président. Ceci dit, ma question est plus d'ordre général. Et je sais que,
depuis le début, là, de l'étude
article par
article du projet de loi
n° 34, M. le Président, le ministre nous renvoie constamment soit à
l'article 4, soit à l'annexe I, soit à l'article 5 dans ce cas-ci. Mais je suis d'avis... en fait,
je lui pose vraiment une question plus d'ordre général sur l'avis de la régie, on parle de 2017, mais également sur
l'importance de maintenir un taux qui soit compétitif et de quelle façon,
justement, nous pouvons, grâce à l'étude de ce projet de loi, grâce à la
présentation de ce sous-amendement-là, nous assurer que la régie puisse élargir, si on peut dire, sa consultation,
ses audiences pour s'assurer qu'ultimement, au-delà des différents intervenants qui ont l'habitude de
contribuer à l'exercice, nous pouvons nous assurer que, dans l'avis qui est
émis annuellement, nous allons maintenir cet aspect de compétitivité.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Où est-ce qu'il est, l'amendement? On l'a-tu, le «wording» de l'amendement
exact?
M. Julien :
Alors, oui, on mentionne dans l'amendement : «Lorsqu'elle donne son avis,
la régie doit notamment tenir compte du principe d'interfinancement
entre les tarifs et du maintien de la compétitivité du tarif L.» Donc, c'est l'amendement. Et il y a un sous-amendement qui
précise, en réalité, une périodicité et qui précise également d'autres éléments.
Alors, naturellement, c'est l'amendement et
le sous-amendement qui le mentionnent clairement. Et la régie émettra un avis,
le cas échéant, si on acceptait l'amendement et le sous-amendement.
Le Président (M. Lemay) : Très
bien. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Parfait. Effectivement, la régie va émettre un avis basé sur les consultations,
basé sur des audiences, basé sur l'opinion ou, en fait, les
recommandations des différents intervenants à ce niveau-là, au niveau des...
avec un délai raisonnable de 60 jours.
Je vais
revenir sur un angle abordé par mon collègue de Jonquière. J'ai proposé ici,
dans le cas présent, là... Puis je répète, M. le Président, on s'entend sur le
fond, on s'entend que... Moi, je suis bien content de voir... Et je remercie le
ministre, mais également les collègues, d'avoir eu cette ouverture de
réintroduire la participation de la régie dans la détermination non pas du
tarif, ultimement, mais du multiplicateur qui permettra de définir le... de
déterminer le tarif L, notamment.
Ceci dit, au
début, le ministre, si on peut dire, était très ouvert à l'idée, là, qu'on
garde un délai de 120 jours. J'ai proposé, ici, à travers ce
sous-amendement-là, de le ramener peut-être à 60 jours, je tiens à le
préciser, basé sur un exemple que le
ministre a évoqué dans une de ses
interventions. Mais est-ce que, justement, dans une question liée aux ressources, liée au temps nécessaire, liée aux ressources humaines, qui interviendront, là, le cas échéant, 60 jours, là... Je
commence à me questionner à savoir si
60 jours est peut-être un délai trop long, compte tenu des réponses ou
des explications qu'il a données à
mon collègue de Jonquière, qui évoquait peut-être, là, sur... est-ce
que peut-être un délai de 30 jours, 45 jours, etc.,
est-ce que... Il a lui-même évoqué, M. le Président, le ministre a
lui-même évoqué que, dans le cas de certains avis, ils peuvent être considérés à l'intérieur d'un délai de 48 heures ou,
dans d'autres cas, ils peuvent être considérés à l'intérieur d'un délai
de 30 jours. Est-ce qu'il peut nous donner quelques exemples, là, en ce
sens-là?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Donc, je veux juste
comprendre, quand... Je veux juste préciser sa question. Mon collègue de Laval-des-Rapides
pense que le délai de 60 jours est trop long. Est-ce que c'est ça que j'ai
compris?
M. Polo : Bien, en fait, M. le Président, ce que je
veux dire par là, c'est... Je veux revenir sur les paroles du ministre,
lorsqu'il a répondu à mon collègue de Jonquière
en lui disant que, dans certains cas, un avis peut être reçu par le ministère ou
de la part de la Régie de l'énergie et que des fois les avis peuvent être analysés
sur une période de 48 heures ou des fois peuvent être analysés sur une période un petit peu plus longue. À quoi
faisait-il référence ou dans quel cas... ou quel cas d'exemple spécifique faisait-il référence pour parler d'un
délai de 48 heures ou pour parler d'un délai un peu plus long?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Alors, je réitère, M. le Président, qu'on ne peut
pas présumer du contenu et de la teneur de l'avis qui sera donné et de
sa complexité ou de sa simplicité. À
titre d'exemple, l' Avis sur les mesures
susceptibles d'améliorer les pratiques tarifaires dans le domaine de
l'électricité et du gaz naturel — Perspectives 2030 ,
un peu plus... entre trois et quatre semaines
d'analyse, là, pour ce document-là, qui, somme toute, est assez étoffé, et pour
d'autres cas de figure.
Alors, aujourd'hui, on amène un sous-amendement qui demande qu'un avis soit soumis pour analyse,
recommandations, analyse et
décisions. Alors, pour nous, bon, le délai de 60 jours qui est apporté par
mon collègue de Laval-des-Rapides... Je réitère qu'il y a trois aspects quand
on regarde ce délai-là. L'analyse, bon, le ministère va être capable de faire l'analyse et de prendre une décision dans ces
délais-là. La mécanique, ça va être applicable, là, sans enjeu de temps. Et,
naturellement, le choix de mon collègue de Laval-des-Rapides de proposer 60 jours, c'est de l'utilité
pour les consommateurs en termes
d'est-ce qu'on est, le plus tôt possible, capable de fournir la décision et
l'information par rapport au taux applicable.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Polo : Parfait. Est-ce que le ministre
considère que le ministère devrait, à
ce moment-là, avoir un délai qui lui
permettrait, là, de donner des directives
internes, avoir un délai, si on peut dire, maximum pour donner suite ou
répondre à l'avis de la Régie de l'énergie?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : M. le
Président, encore là, on ne peut pas
présumer de la teneur de la vie. Et je vais souhaiter que mon ministère
soit à la tâche dès la réception de l'avis, de manière diligente, avec les
efforts nécessaires, pour que ce soit fait de manière la
plus rapide possible. Mais aujourd'hui, ne connaissant pas la teneur de la vie, bien, je
ne peux pas dire ça va prendre
combien de temps, mais, quand on regarde 60 jours, ça va être fait dans
les temps par rapport à ça. Il n'y a pas d'enjeu.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Polo : Parfait. Dans le cas présent, on fait référence à
un avis, là, de 2017, M. le Président, un avis de 120 pages, hein, le document est de 120 pages actuellement. J'estime ou j'imagine que, dans le cas d'un avis annuel, pour déterminer
le taux qui serait utilisé par le gouvernement, on parle... j'estime que ce ne serait pas un examen... surtout quand
on parle d'un exercice annuel, ça ne
serait pas un document aussi long. Ceci dit, comment compare-t-il... Bien, en
fait, moi, j'estime que, dans le cas
d'un avis annuel, on parle d'un document qui serait peut-être un peu moins costaud. À ce moment-là, je pense... et
j'aimerais savoir qu'est-ce qu'en pense le ministre, peut-être, de donner
suite, le fait que l'avis serait remis, maximum...
ou, en fait, au minimum 60 jours avant la date du 1er avril 2021,
peut-être, à ce moment-là, de donner suite ou, à tout de moins, une réponse suite à l'avis sur un délai de
30 jours de dépôt ou de présentation de l'avis par la Régie de
l'énergie. Qu'en pense le ministre?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
M. le Président, je ne peux pas présumer de la teneur de l'avis. Alors, je
réitère que, dès qu'on aura reçu
l'avis... Et ça ne veut pas dire qu'on va le recevoir 60 jours avant, de
manière précise, alors, c'est la limite inférieure auquel on donne à la
régie pour émettre son avis, puis on va le faire de manière diligente.
Maintenant,
si mon collègue de Laval-des-Rapides a à proposer un temps... Écoutez, moi, je
pense que l'analyse doit être faite de manière responsable, et, dépendant de la
teneur de l'avis... Et, comme mentionnait notre collègue de Jonquière, il est bien vrai qu'un avis de
15 pages peut prendre beaucoup plus de temps à analyser, dépendant de sa teneur,
qu'un avis de 100 pages. Donc, oui, il
y a l'épaisseur du document puis il y a surtout le contenu, est-ce qu'il est
complexe. Alors, je ne peux pas présumer aujourd'hui.
que je peux dire c'est : On pense qu'en 60 jours, quand on regarde
l'historique, le ministère aura l'occasion de faire l'analyse, et on
aura l'occasion de faire une recommandation à la lumière, en fin de compte...
prendre une décision à la lumière des recommandations de la régie.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Polo :
Merci. M. le Président, j'aimerais savoir si... En utilisant l'exemple de
l'avis de 2017, quand la régie rend un
avis, un avis qui, dans ce cas-ci, serait destiné au ministre et au ministère,
mais précisément au ministre, dans quel délai l'avis en question est
rendu public?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Actuellement, l'avis est rendu public sur le site de la régie, mais je pense
qu'il n'y a pas de délai prescrit.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Polo :
En effet. Donc, s'il n'y a pas de délai prescrit, on présume, on peut présumer
que le ministre peut se garder le... en fait, recevoir l'avis et décider du
moment où l'avis est publié par le ministère.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Actuellement, il n'y a pas de délai prescrit. J'entends les préoccupations de
mon collègue de Laval-des-Rapides, qui ont
été mentionnées également par ma collègue de Mercier, par mon collègue de
Jonquière. Et nous, on dit :
Bien non, on a intérêt à ce que cet avis-là soit rendu public. Actuellement, il
n'y a pas de contrainte, à l'intérieur, en fin de compte, de la loi de la régie, sur des délais de rendre public. Et
elle se gouverne, actuellement, et elle rend publics ses décisions et ses avis sur son site Internet.
Alors, nous, on dit : Quand la décision sera prise, on pense que ces
avis-là doivent être rendus publics.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Polo :
En effet. Donc, à partir du moment que l'avis est rendu public, c'est là où
j'essaie de jauger ou, en fait, de
déterminer quel est un délai raisonnable de réponse face à un avis de la régie,
M. le Président. C'est là que peut-être le ministre peut nous aider, là.
parle d'un avis, en 2017, d'un avis d'à peu près 120 pages, plusieurs mois
de travail, en fait, c'est au-delà de sept
jours d'audiences. Quel est un délai raisonnable selon lui? Quel est un délai
raisonnable pour que le ministère puisse, à ce moment-là, donner
réponse, ou donner suite, ou, en fait, donner une réponse suite à l'avis de la
Régie de l'énergie? C'est ça que j'aimerais savoir de la part du ministre.
Bon, il nous dit, il nous explique que, dans son
cas, c'est difficile d'anticiper selon la longueur ou, en fait, la lourdeur du
document ou de l'avis qui sera déposé par la régie. J'aimerais lui demander,
là. Dans un cas d'un exercice annuel, on ne s'attend pas à avoir un document de 120 pages.
Qu'est-ce qui serait un délai raisonnable pour donner suite ou donner
une réponse à un avis de la régie?
Le Président
(M. Lemay) : Merci. M. le ministre.
M. Julien :
Encore là, M. le Président, mon collègue de Laval-des-Rapides me demande de
prendre position sur quelque chose, en réalité, qu'on ne connaît pas,
c'est-à-dire la teneur de l'avis, la complexité de l'avis. Comme on mentionnait tout à l'heure, certains avis peuvent
prendre 48 heures à analyser, d'autres peuvent prendre un mois et demi.
Mais je vous dirais bien honnêtement, M. le
Président, qu'un délai de 30 jours, là, nous paraît, à tous égards, à
n'importe quel avis, tant en termes d'analyse, de prise de décision, là, on
mettra les bouchées doubles, s'il le faut... est hypercomplexe.
Quand
on regarde la proposition de 60 jours, actuellement, on dit : C'est
jouable, on va être capables, en réalité, de faire l'ensemble des éléments.
Puis le choix qui est fait dans le sous-amendement, pourquoi 60 jours, bon, bien, c'est un
choix, en réalité, de mon collègue.
Mais nous, on dit : C'est jouable, puis, aussitôt qu'on va être saisi de
l'avis, on va faire l'analyse le plus promptement possible.
Et on ne voit pas
comment on pourrait ne pas y arriver en 30 jours parce qu'à terme, en
réalité, on travaillera, le cas échéant, dépendant
de la complexité. Alors, si on dit : Bien, 30 jours, peut-être, oui,
sûrement, 30 jours, on serait en mesure de le faire. Mais je
comprends difficilement c'est quoi, la crainte, parce que la décision doit être
prise avant le 1er avril, ça, c'est certain.
Le Président
(M. Lemay) : Très bien. Merci, M. le ministre. Donc, ceci
complète cette période d'échange. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Donc, finalement, le ministre vient de dire qu'un délai raisonnable d'analyse
du rapport... de l'avis, c'est 30 jours.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Non, ce n'est pas ce que j'ai dit, M. le Président. C'est : Dépendant de
l'avis, de sa complexité, le délai peut
être plus ou moins long. Mais on pense qu'un avis complexe, lourd, nécessitant
beaucoup de travail, à terme, on est prêts à s'engager, nous, de faire
cette analyse-là dans un délai de 30 jours. Mais peut-être que ça va
prendre cinq jours, peut-être, ça va prendre trois jours.
M. Gaudreault :
Oui, oui. Le 30 jours est max, là.
M. Julien :
On pense qu'avec un effort de 30 jours on ne voit pas... De toute façon,
on ne voit pas comment on ne pourrait pas l'analyser, si on pense que le
60 jours est adéquat, dans une période de 30 jours, pour permettre,
justement, la mécanique subséquente.
Le Président
(M. Lemay) : Député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Donc, O.K., ça donne une idée. En tout cas, moi, je comprends qu'on ne
peut pas sous-amender un
sous-amendement, là, mais moi, je l'aurais inscrit, là, tu sais, de rendre
public au plus tard 30 jours après l'avoir remis au gouvernement. Moi, je l'aurais inscrit dans
l'amendement. Je ne sais pas trop comment le ministre va se situer par rapport
au sous-amendement proposé par le député,
là, de Laval-des-Rapides. Parce que moi, j'aimerais ça savoir clairement ce
que pense le ministre de la portion du sous-amendement
qui dit : «d'obtenir...», c'est-à-dire : «Déterminés par le
gouvernement au 1er avril 2021 et tous les ans par la suite», alors que le
ministre, lui, dans sa proposition d'origine, c'est : «...1er avril
2020 et par la suite tous les cinq ans...»
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Il faut bien comprendre ici que l'intention... Je ne veux pas prêter
d'intentions. Donc, les discussions qu'on
a eues par rapport à cet amendement-là et ce sous-amendement-là, c'est de
mentionner : Non, ce n'est pas une cause tarifaire, ici, on veut avoir un avis, un avis de la régie. Pour
l'instant, on discute du sous-amendement qui est sur base annuelle par rapport
au taux applicable au tarif L. Et, pour nous, quand on regarde, en fin de
compte, la suggestion, à tous les ans, d'avoir un avis sur le taux
applicable, on regarde ça attentivement, on ne trouve pas, en réalité, que
c'est une cause tarifaire, là, puis c'est
bien l'intention puis ce qui a été mentionné par mon collègue de Laval-des-Rapides.
On veut donner une prévisibilité. C'est par l'inflation qu'on le donne, sur les
tarifs généraux. Et naturellement, ici, sur le tarif L, on était sur
base historique et on suggère... il est suggéré, par le sous-amendement,
d'avoir un avis de la régie spécifique sur le taux et il est suggéré, par le
sous-amendement, tous les ans par la suite.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Gaudreault :
Oui, mais est-ce que le ministre est favorable à cet avis annuel?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Bien, c'est la première fois qu'on en discute à l'intérieur du sous-amendement,
et je serais curieux de comprendre toute la valeur ajoutée qu'y voit mon
collègue de Laval-des-Rapides qu'il soit fait sur une base annuelle, pour
prendre une décision adéquate sur le sous-amendement.
Le Président (M. Lemay) : Très
bien. M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. Bien, c'est sûr que, moi, à première vue, là, ça m'apparaît très
intéressant de le faire à tous les ans, parce que c'est une question de
transparence puis une question de prévisibilité aussi.
M. Gaudreault : Ah! c'est
terminé? O.K. Merci.
Le Président (M. Lemay) : Bien
sûr.
Donc, bien, je vous remercie pour votre
collaboration et je suspends les travaux.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Le Président (M. Lemay) :
Alors, bonjour à tous. Nous reprenons vos travaux.
Je vous rappelle que la commission est réunie
afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 34, la Loi visant
à simplifier le processus d'établissement des tarifs de distribution
d'électricité.
Merci de bien vouloir éteindre la sonnerie de
vos appareils électroniques.
Et, lors de
notre suspension de nos travaux, nous en étions toujours à l'étude du
sous-amendement présenté par le
député de Laval-des-Rapides, sous-amendement à l'article n° 2, vient amender l'amendement proposé par le ministre. Donc,
est-ce qu'on a d'autres interventions sur le sous-amendement?
Très bien.
Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention à ce moment-ci, nous allons mettre le
sous-amendement aux voix. Est-ce que le sous-amendement est adopté?
Mme Ghazal : Attendez. Je viens d'arriver. Juste une seconde.
Excusez-moi, parce que je n'étais pas là ce matin. J'arrive.
J'avais encore des commentaires à faire.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée de Mercier, vous voulez...
Le Président (M. Lemay) :
Allez-y. Mme la députée de Mercier, la parole est à vous sur le
sous-amendement.
Mme Ghazal : Très bien. C'est ça, je n'étais pas ici ce matin,
mais je m'en rappelle, de... sous-amendement, quand j'avais commencé la discussion avec le ministre
par rapport au fait que «la régie doit donner cet avis au moins
60 jours...» O.K. Je me
rappelle, on a eu beaucoup, beaucoup de discussions sur : Est-ce que
l'avis va être rendu public?, et on parlait beaucoup de la
loi sur l'accès à l'information, mais si, légalement, il
faut qu'il soit rendu public. Même
si, oui, c'est dans la pratique, c'est dans la tradition, c'est dans la
pratique de la régie de mettre ses avis et les décisions sur son site Internet, est-ce que, légalement
ou... Est-ce que le ministre aurait peut-être l'intention aussi, dans le projet
de loi, de faire en sorte que, légalement,
ça devienne une obligation pour la régie que l'avis soit public?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Alors, à la question : Est-ce que, légalement, il y a l'obligation?, la réponse est non. La pratique est à
l'effet que l'avis est publié, et on aime bien cette pratique-là.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Mais, si le ministre
aime bien cette pratique-là, puis nous aussi... Parce qu'un des reproches, le ministre est au courant, là, un des reproches
qu'on fait à son projet de loi, c'est qu'il va enlever de la transparence par
rapport à la fixation des tarifs d'Hydro-Québec
puisque la régie ne pourra plus faire cet exercice public à tous les cinq ans.
Et là, ici, avec cet amendement-là et le
sous-amendement qui vient amender un amendement du ministre, donc, il est... le
ministre veut donner un droit de regard à la
régie sur les taux des tarifs L. Donc, s'il veut permettre à la régie de faire
ça et de le faire annuellement, donc,
peut-être qu'une bonne pratique ne devrait pas juste être aimée, mais devrait
être mise... devrait être même imposée. Parce qu'on ne sait jamais,
peut-être que cette pratique, après, à la longue, elle pourrait être délaissée pour x, y raison. Si la régie, par
exemple, ne va rendre des décisions qu'aux cinq ans, bien, peut-être qu'elle va
moins publier, cette pratique-là va être délaissée au travers du temps.
Donc,
pourquoi, si c'est une bonne pratique qu'on aime bien, pourquoi ne pas la
rendre obligatoire, comme ça a déjà été
fait, justement, dans un des articles — je vais le retrouver, là, tantôt — pour les avis rendus par la régie sur les
hydrocarbures, si je m'en rappelle bien?
Donc, le législateur avait trouvé que c'était important que, pour les avis sur
les hydrocarbures, je vais le
trouver, que c'était une bonne chose de l'ajouter dans la loi. Mais on pourrait
dire que les avis pour les taux applicables sur le tarif L, ça aussi, il
faudrait que ça devienne quelque chose qui soit imposé par la loi.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Écoutez, moi, je me réfère au sous-amendement sous discussion. Ça fait
22 ans que la pratique est à l'effet
que les avis sont rendus publics par la régie. On pense que c'est une bonne
pratique. Et elle rend publics ses avis, donc, on trouve que c'est une
bonne idée.
Mme Ghazal :
Et pourquoi ne pas la rendre obligatoire?
M. Julien :
Bien, M. le Président, en réalité, c'est une pratique qui appartient à la
régie, avec son indépendance. Mais, si
ma collègue a une suggestion à faire, qu'elle le fasse. Nous, on trouve que
c'est une bonne pratique que la régie, de manière indépendante, elle rende public. Elle le fait de
manière diligente, alors c'est... On trouve que c'est une bonne idée de rendre
publics les avis.
Le Président
(M. Lemay) : Mme la députée.
Mme Ghazal :
O.K. Donc, je sais que le ministre va nous soumettre les amendements au fur et
à mesure et non pas nous les donner maintenant, parce que peut-être que...
dans la liste d'amendements qui sont déjà préparés, peut-être qu'il y a un
article ou un amendement qui vient modifier la
loi sur la régie pour rendre ces
avis-là publics.
Est-ce
que c'est le cas ou c'est quelque chose qu'on va apprendre une fois que
l'amendement va être soumis? Juste pour
savoir. Quand il me dit qu'il trouve que c'est une bonne idée, est-ce que
c'est... J'essaie de décoder. Est-ce que c'est un message pour dire : Bien, moi, je trouve que
c'est une bonne idée, donc, oui, il faudrait bien qu'il y ait un amendement
qui le rende obligatoire, c'est une bonne chose?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Moi, M. le Président, qu'est-ce que je trouve qui est une bonne idée, c'est que
la régie rende publics ses avis, comme elle
le fait depuis 22 ans, de manière totalement indépendante. Donc, je
l'invite à poursuivre, en réalité, dans cette pratique-là. Puis ce ne
sera pas aux cinq ans, là. Parce que, tantôt, ma collègue de Mercier
disait : Oui, mais aux cinq ans,
peut-être qu'ils vont perdre l'habitude. La régie émet des avis pas aux cinq
ans, là. Donc, non, non, on trouve que c'est une bonne pratique que la régie,
qui se gouverne par elle-même, publie et rende publics ses décisions et ses
avis, le cas échéant.
Le Président
(M. Lemay) : Merci. Mme la députée.
Mme Ghazal :
Donc, si je lis, par exemple, la
Loi sur la Régie de l'énergie,
l'article 18, le deuxième alinéa : «En outre, toute décision
rendue par la régie en vertu de l'article 59 doit être publiée à la Gazette
officielle du Québec .»
M. Julien :
...c'est lequel, ça?
Mme Ghazal : Donc, ça, c'est l'article... le sous-amendement, c'est l'article 22.0.1.1. Donc, si, par exemple, à cet article-là, on dit : «En outre, toute décision
rendue par la régie en vertu de l'article 22.0.1.1 doit être publiée dans
la Gazette du Québec» , c'est quelque chose avec lequel le ministre
serait d'accord?
Président (M. Lemay) :
Oui, Mme la députée, en vous rappelant que vous citez l'article 2,
et ce sera traité après avoir traité le sous-amendement. Donc, M. le
ministre, si vous voulez répondre, vous pouvez y aller.
M. Julien : Alors, ce qui est mentionné à l'article 18,
c'est les décisions, ce n'est pas ce qui se rapporte, en réalité, aux
avis. Alors, c'est quand même des éléments qui sont différents.
Le Président
(M. Lemay) : Mme la députée.
Mme Ghazal : Mais c'est ça. Ici, on a parlé «toute décision».
Ce n'est pas écrit : «Toutes les décisions doivent être rendues publiques», parce que, des discussions
qu'on a eues, moi, je n'ai pas fait une recherche exhaustive, mais peut-être le ministre peut me corriger si
je me trompe, il n'y a pas d'article nulle part qui dit : «Toutes les
décisions rendues par la régie doivent être publiques.»
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, on mentionnait la dernière fois, chère collègue de Mercier... à ma
collègue de Mercier, excusez-moi, que la loi
d'accès à l'information, c'est un outil mais que, les avis qui sont émis par
la régie, la pratique est qu'ils les rendent publics, et on encourage
cette pratique.
Mme Ghazal : Donc, dans la loi, ce n'est pas écrit : «Toutes
les décisions». Je veux juste qu'on me confirme parce que moi, je n'ai pas fait
une recherche exhaustive de tout ça. Mais peut-être le ministre peut me
tromper, si, oui on non... est-ce que, dans la loi, c'est...
Mme Ghazal : Non. Qu'est-ce que
j'ai dit?
M. Julien : «Le ministre peut
me tromper.» J'essaie de ne pas vous tromper.
Mme Ghazal : Non, ce n'est pas
que je voulais dire. Je veux dire, peut-être que le ministre peut me corriger, peut-être,
ou me détromper, je ne sais pas trop.
Mme Ghazal : Moi, je peux me tromper, le ministre peut
corriger, je ne sais plus comment dire. Donc, ce que je veux dire, c'est que je
veux vraiment... Moi, je n'ai pas la réponse si oui ou non parce que je n'ai
pas fait cette recherche, mais je
suis certaine que les spécialistes qui connaissent toutes les lois par rapport à cette question-là, ici, qui sont autour du ministre,
connaissent la réponse. Il n'y a pas d'article qui dit «toute décision»...
Puis là je ne
parle pas d'avis. Je sais que ce n'est pas l'avis, mais c'est juste pour la
suite, là. Je sais qu'on est sur l'avis qui est dans le sous-amendement
de l'article 2, mais c'est quand même important.
Donc, il n'y
a pas d'article qui dit : «Toute décision rendue par la
régie doit être rendue publique.» Moi, j'imagine que non parce que, sinon, pourquoi est-ce qu'à l'alinéa deux de l'article 18
le législateur avait trouvé important de dire que «toute décision rendue
en vertu de l'article 59 doit être rendue publique»? C'est probablement
parce que toutes les décisions ne peuvent
pas être rendues publiques. Donc, cet article-là n'existe pas. Juste être sûre
que je ne me trompe pas. Cet article-là n'existe pas, qui dit que «toutes
les décisions doivent être rendues publiques»?
Le Président (M. Lemay) :
Alors, M. le ministre, si vous voulez préciser.
M. Julien : Bien, écoutez, ma
collègue de Mercier me pose une question qui est assez imprécise, donc je vais peut-être
reformuler. Un avis n'est pas une décision, et il n'y a rien, dans le cadre
légal, qui oblige la régie à rendre l'avis public, mais, en pratique,
elle le fait.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : En fait, moi, ce que j'essaie de faire, c'est...
dans la réflexion à laquelle j'essaie de nous amener tous les deux puis les membres de la commission,
c'est que je sais qu'une décision ce n'est pas un avis, mais le législateur a
trouvé important de dire : «En outre, toute décision rendue par la
régie en vertu de l'article 59 — qui touche un sujet particulier — doit être [rendue publique].» Mais pourquoi elle
l'écrit pour ce sujet-là? Probablement parce que, pour tous les autres sujets, ce
n'est pas un automatisme. Dans la même logique, moi, je me dis : Ça
devrait être un automatisme, c'est-à-dire que ça devrait être obligatoire dans la loi,
comme ça, on est sûrs, sauf, par
exemple, on peut dire les critères
qui font que ça ne devrait pas l'être.
De la même
façon qu'ici on parle d'un avis on pourrait dire, bien, pour que l'avis soit
public : «Tout avis rendu par la
régie en vertu de l'article 22.0.1.1 devrait être rendu public.» C'est quelque chose envers lequel le ministre serait ouvert, vu qu'il aime la
pratique, de rendre ça obligatoire de cette façon-là?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Alors, les articles
dont fait mention ma collègue, comme l'article 18 et, après ça, l'article 59,
l'obligation de publier à la Gazette officielle , c'est vraiment par
rapport à l'article 59, par rapport aux gaz, tandis que l'article 18,
c'est pour l'ensemble des causes tarifaires. Et nous, en réalité, on
redit, M. le Président, que la pratique par rapport aux avis, c'est de les rendre publics et que, cette
pratique-là, on y adhère. Maintenant, si ma collègue souhaite contraindre la régie, qui est un organisme
indépendant, en l'obligeant... Il n'y
a pas d'obligation, mais il y a
une pratique reconnue.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : O.K. Il y a une pratique reconnue que le ministre
apprécie, je vais peut-être réfléchir un peu plus par rapport à ce sujet-là, mais ici, dans le sous-amendement, il y a l'élément : «Par les mots "déterminés
[...] tous les ans par la suite"». Je suis désolée, je ne sais pas
si la discussion a eu lieu. Est-ce que ça, le ministre est d'accord avec ça?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Alors, on n'a pas
encore eu de discussion sur la volonté de mon collègue de Laval-des-Rapides, à l'intérieur de son sous-amendement, de préciser à
tous les ans. Naturellement, à partir du moment où qu'on comprendra, en
fin de compte, la nature de l'objectif visé, bien, on pourra l'apprécier. Pour
l'instant, c'est inscrit «tous les ans par la suite», mais, si vous souhaitez qu'on la mette aux voix
immédiatement, on verra comment qu'on gérera cette situation-là.
Mais on n'a pas eu l'occasion de
discuter de cette notion-là par la volonté de la personne qui a proposé le sous-amendement, ce qu'elle visait comme valeur ajoutée.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : On n'a pas eu
l'occasion d'en discuter par la volonté de la personne qui l'a amené?
M. Polo : C'est moi, ça.
Mme Ghazal : Oui, oui, ça, je
comprends, mais j'essaie de comprendre ça veut dire quoi. Mais est-ce que le ministre,
lui, il est d'accord avec ça? Parce
que je ne suis pas... Je ne sais pas,
dans les discussions, il est d'accord avec ce sous-amendement-là? Il va voter pour?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Alors, on votera au
moment et au...
Mme Ghazal : Ah! c'est une
surprise! O.K.
M. Julien : C'est-à-dire qu'on n'a pas fini les discussions. Si vous nous
dites que les discussions sont terminées, passons au vote.
Alors, sur certains éléments, on a eu l'occasion
d'en discuter de manière assez large et de manière assez longue. Maintenant, j'aimerais bien qu'on m'exprime la
valeur ajoutée de faire l'exercice annuellement pour fixer le taux qui va
avoir été fixé par un avis somme toute assez
robuste, qu'une recommandation va venir puis une décision gouvernementale.
Alors, pour
l'instant, je garde mes états d'âme par rapport à ce que j'en pense, mais c'est
inscrit tel quel dans le sous-amendement.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Moi, je trouve que
c'est une bonne chose que ça soit fait à tous les ans, parce que je sais que l'objectif... dans le sens que l'objectif du
gouvernement de faire en sorte que, pour le tarif L, ça ne soit pas
100 % de l'inflation qui soit
imposée, c'est pour l'attractivité et la compétitivité des entreprises. C'est
ce que je me rappelle, que c'était ça, la volonté, que ça ne soit pas
100 %.
Puis il y a
toute la question aussi de l'interfinancement qui... moi, j'avais une
préoccupation, puis que le ministre aussi
partageait, puis mes collègues, sur la question de l'interfinancement, que, vu
que le tarif L, lui, il ne va pas évoluer à la même vitesse que pour, par exemple, les autres tarifs généraux, et
domestiques, et tout ça, bien, peut-être que ça pourra avoir un impact
ou pas.
Donc, pour
s'assurer que tous ces éléments-là, à travers le temps, soient... puis toutes
ces préoccupations-là, que ça soit
l'attractivité, la compétitivité des entreprises plus l'interfinancement, plus
tout ça, que la régie doit s'assurer que ça ne soit pas touché — je le sais, que, selon l'article... je pense, c'est 59 de la loi
sur la régie qui dit qu'elle ne peut pas toucher, mais la réalité, c'est que ça
a été quand même modifié — bien, pour s'assurer de tout ça, la régie, ça serait bien qu'elle
le fasse, cet exercice-là, une fois par année.
Donc, ce sont les éléments que j'amène au
ministre et les arguments qui font que, oui, ça serait bien que ça soit regardé
et que le ministre demande un avis à la régie sur le taux pour les tarifs L
annuellement pour s'assurer que, s'il y a des choses qui se modifient, bien,
qu'on ne soit pas pris toujours avec le même pourcentage.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Mais il n'y avait
pas de question.
Le Président (M. Lemay) : Pas
de problème. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur le sous-amendement?
Mme Ghazal : Mais non, mais
c'est parce que...
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée, la parole est à vous.
Mme Ghazal : O.K. Moi, je...
Parce que le ministre disait que le collègue qui a apporté ça, il n'a pas voulu
en rajouter, il n'en a pas amené. Mais moi, je vous en ai amené. J'ai amené au
ministre pour quelles raisons ça serait une bonne chose
que ce soit à tous les ans et, bien, je vais répéter ce que je vais dire, là...
ce que j'ai dit, et je voulais juste savoir qu'est-ce qu'en pensait le
ministre.
M. Julien : Je trouve que vous
avez un bon argumentaire pour amener ça à tous les ans.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée.
Mme Ghazal : Bien, pourquoi le
ministre, il veut maintenir le...
Mme Ghazal : Le suspense?
Merci, cher collègue, de me souffler... Pourquoi est-ce qu'il veut maintenir le
suspense et pas juste nous dire... Comme ça,
je vais épargner ma salive pour d'autres sujets, parce que j'en ai plein
d'autres, sujets, pour l'amendement à l'article 2 du ministre. Pourquoi il ne nous
dit pas tout de suite s'il est d'accord
ou pas? Parce que, s'il dit : Oui, oui, je
suis d'accord, je vais arrêter d'essayer de le convaincre, puisqu'il est d'accord.
M. Julien : Bien, c'est un sous-amendement,
en fin de compte, je pense, qui est éclairé, qui comprend certaines notions comme la périodicité de l'avis. Il y a le
délai de 60 jours qu'on a eu l'occasion de discuter a priori, qui, même, par la discussion avec le député de
Jonquière, faisait en sorte... Bon, on souhaiterait que ça
soit rendu public plus rapidement.
Toutefois, bien, il y a un délai prescrit, là,
par la proposition du sous-amendement, qu'on ne peut pas vraiment rendre plus rapidement.
Après ça, on a demandé de prendre position ou de dire que l'analyse va être
faite au maximum 30 jours. Alors, c'est
tous ces éléments-là, dans le sous-amendement... et c'est un sous-amendement, là, qu'on...
On a amené, nous, en fin de compte, un amendement, puis, ici, il y a des
précisions, dans le sous-amendement, qui nous apparaissent éclairées.
Mme Ghazal : ...d'accord avec le sous-amendement, parce
que, moi, c'est ma deuxième commission,
puis, d'habitude, le ministre, il dit, tu sais : Pour telle raison,
vous allez être contre ou, pour telle raison, vous allez être pour. C'est rare qu'il dise qu'ils vont être pour, mais
il le dit d'entrée... Ça fait que, comme ça, on essaie de discuter puis de se
convaincre, parce que peut-être qu'il y a eu des discussions auxquelles
je n'ai pas participé. Donc, je ne suis pas au courant. Donc, c'est pour ça que je pose la question de façon, peut-être,
qui a l'air un peu naïve, mais je la pose vraiment au ministre pour savoir s'il est d'accord ou pas. Moi,
je ne suis pas au courant s'il y a eu d'autres discussions avant.
M. Julien : Habituellement, quand on est contre, on le
signifie assez rapidement, même d'entrée de jeu. Naturellement, si on a
terminé les discussions, on serait prêts à mettre ça aux voix, là, le sous-amendement.
Mme Ghazal : O.K. Donc, je
traduis : Le ministre est pour le sous-amendement. Très bien, merci.
Président (M. Lemay) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur le sous-amendement? S'il n'y a
pas d'autre intervention, je serais
prêt à le mettre aux voix. Est-ce que le sous-amendement proposé par le
député de Laval-des-Rapides
est adopté?
M. Polo : Par appel nominal,
monsieur...
Le Président (M. Lemay) : Par
appel nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Oui. M. Polo
(Laval-des-Rapides)?
La Secrétaire :
Mme Montpetit (Maurice-Richard)?
La Secrétaire :
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
La Secrétaire :
M. Julien (Charlesbourg)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
Secrétaire : M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
La Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Pour.
La Secrétaire :
M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
Et M. Lemay (Masson)?
Président (M. Lemay) :
Abstention. Le sous-amendement est adopté. Donc, nous revenons à l'amendement tel qu'amendé, c'est ça, Mme
la secrétaire? D'accord. Donc, est-ce
qu'on a des interventions sur l'amendement proposé par le ministre, tel qu'amendé?
M. Polo :
Peut-être juste préciser...
Le Président
(M. Lemay) : Oui, une précision sur le temps de parole de l'amendement.
M. le député de Laval-des-Rapides, il vous reste environ 45 secondes.
M. Polo : O.K. Bien, en fait, pour l'ensemble des collègues des
oppositions, c'est ça que je vous demande comme précision, M. le
Président.
Le Président
(M. Lemay) : Ça dépend, là, du collègue, là.
M. Polo :
Bien, commencez, là, à tour de rôle.
Le Président
(M. Lemay) : Ma collègue de Mercier, il ne lui reste plus de
temps.
M. Polo :
Le collègue de Jacques-Cartier?
Le Président
(M. Lemay) : De Jacques-Cartier, il lui reste tout son temps.
M. Polo :
La collègue de Maurice-Richard?
Le Président
(M. Lemay) : Vous en avez, des questions, M. le député.
M. Polo :
Non, non, mais...
Le Président
(M. Lemay) : Il ne reste plus de temps.
M. Polo :
O.K., et D'Arcy-McGee?
Le Président
(M. Lemay) : Environ huit minutes.
M. Polo :
Parfait. Je vais laisser...
Président (M. Lemay) : Non. S'il n'y a pas d'intervention sur l'amendement
tel qu'amendé, je serais prêt à mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement
est adopté? Par appel nominal.
La Secrétaire :
Donc, M. Julien (Charlesbourg)?
La Secrétaire :
Mme Grondin (Argenteuil)?
La Secrétaire :
M. Campeau (Bourget)?
La Secrétaire :
M. Allaire (Maskinongé)?
La Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Pour.
La Secrétaire :
M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice)?
La Secrétaire :
M. Polo (Laval-des-Rapides)?
La Secrétaire :
Mme Montpetit (Maurice-Richard)?
Mme Montpetit :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley :
Abstention.
La Secrétaire :
Mme Ghazal (Mercier)?
La Secrétaire :
M. Lemay (Masson)?
Le Président
(M. Lemay) : Abstention.
La Secrétaire :
C'est adopté.
Le Président
(M. Lemay) : Donc, l'amendement est adopté. Alors, nous revenons
à l'article 2 tel qu'amendé.
M. Polo :
...M. le Président, avoir une copie telle qu'amendée, parce qu'il y a eu
plusieurs documents, plusieurs amendements,
sous-amendements retirés, etc. Peut-être juste prendre le temps de nous le
donner, là, parce qu'honnêtement moi, j'ai devant moi le
sous-amendement, j'ai devant moi l'article original, mais je sais qu'il a
changé.
Président (M. Lemay) : Donc, je comprends qu'il y a une demande
pour avoir une nouvelle copie de l'article 2 tel qu'amendé et je dois
demander le consentement au ministre s'il veut soumettre une copie de
l'article 2 tel qu'amendé. C'est une demande... Vous pouvez dire
«consentement» ou «pas de consentement».
M. Julien :
Écoutez, je ne connais pas les pratiques, moi, là, mais, si on peut avoir une
meilleure lecture avec les éléments
amendés, là... Mais il y a un sous-amendement qui vient de mon collègue puis un
amendement qui vient de ce côté-ci. Donc, la pratique, c'est qu'ici on s'occupe de produire les
éléments qui viennent intégrer les sous-amendements et les amendements?
Président (M. Lemay) : Mais c'est une demande exceptionnelle. Je
ne sais pas, mais, je veux dire, c'est une demande légitime. Si vous
consentez puis que votre légiste veut le remettre en forme... Allez-y.
M. Polo : C'est à la secrétaire
de la commission, M. le Président... Je veux dire, tous les documents sont
soumis électroniquement. C'est juste...
Président (M. Lemay) : C'est pour ça qu'en fait, après discussion
avec notre... On m'indique que le
secrétariat ne fait pas ce genre de requête là habituellement, M. le député,
puisque l'amendement et le sous-amendement ont été fournis et lus. J'imagine...
Je n'ai pas d'autre réponse à vous fournir, M. le député.
M. Polo : Même avec
consentement? Parce que...
Le Président (M. Lemay) : Bien,
c'est pour ça que je demande s'il y a consentement, mais on peut...
M. Polo : Il y a consentement,
mais...
M. Julien : Bien oui, on
consent. Donc, on va faire préparer ça.
Président (M. Lemay) : Parfait. Donc, est-ce que, M. le député,
vous voulez poursuivre avec des questions sur l'article 2 tel
qu'amendé en attendant qu'on fasse la distribution?
M. Polo : Oui, parfait, on va
poursuivre. Oui, vas-y, vas-y, vas-y.
Le Président (M. Lemay) : Mme
la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
M. le Président, je pense que la demande de mon collègue, elle est quand même
assez simple, là. Puis
le ministre l'a évoqué, là, c'est juste pour faciliter les échanges, les
travaux, qu'on ait tous la même lecture... Est-ce qu'il est possible de demander... Je ne sais pas
si c'est exceptionnel. À ma connaissance, généralement, c'est le secrétariat
qui s'en occupe. Si ce n'est pas le cas,
est-ce qu'exceptionnellement il pourrait être préparé, ce document, pour qu'on
puisse continuer par la suite, mais
qu'on attende... qu'on suspende quelques secondes, le temps de l'avoir avant de
continuer les échanges?
Le Président (M. Lemay) :
Est-ce qu'il y a consentement pour qu'on suspende quelques instants?
M. Julien : Consentement.
Mme Montpetit :
15 secondes.
Le Président (M. Lemay) :
Parfait. Donc, nous suspendons les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 15
h 38
Le Président (M. Lemay) :
Alors, nous reprenons nos travaux.
Nous revenons
à l'article 2 tel
qu'amendé, et je suis prêt à recevoir
des commentaires sur l'article 2
tel qu'amendé, soit la
partie 22.0.1.1. Donc, il n'y a aucun temps de
parole qui a été utilisé à date sur l'article 2, donc vous avez
tout votre temps. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président, et merci à l'équipe du ministre et au
secrétariat également pour votre collaboration, M. le Président. Bien,
comme vous le savez, là, quand on a débuté, là, l'article 2, dès le
départ, le ministre nous a présenté un
premier amendement. Donc là, nous revenons au texte amendé, mais également nous
revenons à nos temps de parole originaux, auxquels nous avons droit sur
le débat d'un article.
article-là, M. le Président, selon moi, va permettre, entre autres, d'aborder
en long et en large, même si c'est... Ici,
on a passé beaucoup de temps à
discuter du tarif L, mais, d'entrée
de jeu, l'article 2,
au paragraphe 22.0.1.1, d'entrée de jeu, il aborde la question des tarifs et, bien sûr,
la question de l'indexation. Le ministre et moi avons eu l'occasion d'échanger plusieurs
fois sur son interprétation du pourquoi l'indexation était utile, nécessaire, pourquoi
l'indexation permettrait, entre autres, d'épargner tous les acteurs, en
premier lieu Hydro-Québec, le gouvernement, le ministère, les différents
intervenants, les experts, la régie.
Donc, selon lui... Et, en fait, je ne fais aucune... je ne fais aucune
présomption ici, là. Je reprends
l'argumentaire du ministre, qu'il nous répète depuis des mois, qui est basé sur
l'argumentaire ou, en fait, l'un de ses argumentaires
principaux qui est la simplification du processus. Et son extrême
simplification, qui est le résultat
final de cette démarche-là, résulte en l'utilisation de l'indice des prix à la
consommation pour l'utiliser comme point de référence pour toute hausse
annuelle, au-delà de la première année, qui est un gel des tarifs.
La base de son argumentaire, c'est qu'après cinq
ans... après quatre ans d'indexation et après cinq ans de la... selon le projet
de loi, bien, la Régie de l'énergie serait, à ce moment-là, mandatée de faire
une cause tarifaire, exercer ce qu'elle
effectue actuellement sur une base annuelle, serait mandatée pour faire une
cause tarifaire afin de déterminer la hausse
raisonnable à l'année 5, donc en prévision de l'année 6. Et par la
suite, ce que j'en comprends, c'est que le mécanisme d'indexation serait
repris à partir de ce moment-là. Est-ce que je comprends bien, M. le ministre?
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre.
M. Polo :
M. le Président, M. le ministre.
M. Julien :
Oui, merci, M. le Président. Donc, effectivement, après le gel de 2020 et des
années d'inflation pour quatre ans, à la cinquième année, cause
tarifaire, et après ça on refait le cycle sur cinq ans.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Polo : Parfait. Donc, l'objectif ici, c'est, comme
le ministre le mentionne, l'objectif derrière cet article,
c'est, selon lui... ou, en fait, la conséquence de cet article, c'est de
s'épargner 10 à 15 millions de dollars en coûts associés à l'exercice
annuel de la Régie de l'énergie. 1 800 questions, c'est bien ça, M.
le ministre? 1 800...
M. Julien :
On n'est pas à 300 près.
M. Polo :
1 500 questions, des dizaines, des centaines d'heures d'audiences, et tout
ça pour huit mois de travaux, en
termes d'utilisation des effectifs du ministère, et de la régie, et des
différents intervenants, bien sûr, au niveau de la... d'Hydro-Québec et
des différents participants.
première... si on peut dire, ma première interrogation à ce niveau-là, M. le
Président... Et je la répète encore parce que le ministre a l'occasion de répéter son interprétation, en fait, son
argumentaire sur la pertinence de ce projet de loi là. Moi, au-delà de l'aspect de la simplification...
Parce qu'il faut aussi qu'il y ait un aspect de pertinence, M. le Président, O.K.?
Et on se le fait... on se le fait, ici,
rappeler à l'occasion par les collègues dans nos échanges. Moi, ce que j'essaie
de trouver, honnêtement :
Comment justifier, sur la base de la pertinence, comment justifier que nous
laissons tomber un mécanisme sur une
base annuelle pour le faire aux cinq ans? Un mécanisme qui a pour objectif de
déterminer le juste prix, un exercice qui,
oui, je concède, à travers les années, est devenu un exercice qui est sûrement
long, exhaustif, je dirais, plutôt que long, exhaustif, qui est pour
certains peut-être éreintant, pour certains pourrait être déterminé comme étant
coûteux sur...
vous analysez le 10 à 15 millions sous l'angle relatif, je serais le
premier à vous dire qu'il est excessivement moins coûteux que de ne pas faire l'exercice comme tel
sur une base annuelle. Mais là où j'ai de la misère, M. le Président, c'est,
quand on regarde la composition des prix à la consommation, de quelle façon la
composition de l'indice des prix à la consommation... les différents éléments
qui servent à déterminer la hausse de l'inflation sur une base annuelle, quel est l'élément de pertinence, quels sont les
différents éléments à l'intérieur de l'indice des prix à la consommation qui
sont corrélés avec l'exercice de la régie, avec les différents intrants
que la régie utilise pour déterminer le juste prix, pour déterminer quel est ce juste prix en fonction des
coûts, des coûts annuels, ou la croissance des coûts annuels en termes de
transport, en termes de distribution, en termes des différents effectifs, aussi
des coûts associés peut-être aux différents projets d'Hydro-Québec. Donc, c'est
là où j'ai plusieurs questions avec le ministre, puis je pense que...
sais que le ministre, depuis le début de nos échanges sur l'étude
article par
article, il dit : Ah! j'ai hâte d'arriver là, j'ai hâte de pouvoir
échanger. Puis, parfait, je pense que c'est le moment propice à
l'article 2 pour justement échanger sur
la conception, et la pertinence, et surtout la corrélation de l'inflation de l'indice
des prix à consommation versus le juste prix, qui, traditionnellement, depuis au-delà d'une vingtaine d'années,
était déterminé par la Régie de l'énergie, par l'exercice d'une cause tarifaire, par... sur une base
annuelle, il faut bien le préciser, sur une base annuelle, et qui prend en
considération la contribution et la participation de différents
intervenants, en premier lieu, les clients, mais également les experts.
Jeudi dernier, par
exemple, la Régie de l'énergie a rendu une décision, une décision rendue en
fonction d'une demande d'une société qui est
régie par la Régie de l'énergie, qui n'est pas dans le domaine de
l'électricité, qui est dans le domaine
du gaz naturel et qui avait, entre autres, proposé une basse de tarifs, mais
après un exercice complet de la Régie
de l'énergie. Et la baisse en question était supérieure à celle demandée
par la société en question. Donc, je commencerais par là, je commencerais par là, peut-être demander au ministre de m'expliquer puis
d'aller plus loin, d'aller plus loin que l'argumentaire qu'il nous a habitués, là, depuis les dernières semaines,
les derniers mois, qui est basé sur la simplification, parce que cette
partie-là, on l'a bien comprise. On peut ne pas être d'accord, mais on l'a bien
comprise. M. le ministre.
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Oui. Merci, M. le Président. Écoutez, ça fait déjà quelques mois qu'on discute
de ça. L'indice des prix à la consommation
et, naturellement, la progression de l'IPC, utilisé, d'ailleurs, par
le dernier gouvernement, là, quand il est venu faire un décret de préoccupation sur les tarifs d'électricité, est un indice
évolutif, en réalité, qu'on peut qualifier de prévisible. Je réitère ici, avec le tableau, la corrélation
historique. On a fait aussi l'exercice, M. le Président, pour les
40 dernières années, avec la
corrélation historique sur une base de long terme entre le taux d'inflation
qu'on souhaite utiliser dans le projet
de loi n° 34
et la hausse tarifaire moyenne. Naturellement, on observe également que l'inflation,
l'IPC, a une valeur ajoutée, c'est-à-dire une plus grande linéarité par
rapport aux hausses tarifaires du passé. Quand on a eu 4,3 %, en 2014, c'était plus de trois fois l'inflation,
2,9 % en 2015, c'était près de trois fois l'inflation, et, sur la longue
période, on observe l'inflation.
Quand mon collègue
de Laval-des-Rapides mentionne les frais, notre argumentaire n'a jamais
été bâti autour des frais de 15 millions. Naturellement, comme gouvernement, on pense que 15 millions, ce n'est pas
rien sur base annuelle, mais la
simplification vise à dire : Sur une période, on augmente la périodicité
et on va assurer à la clientèle, après le gel tarifaire, une hausse à l'inflation, comme on fait dans plein de tarifications au gouvernement. Naturellement, a posteriori, après cinq ans, il y aura
une cause tarifaire faite par la régie.
Alors, c'est
là toute la pertinence. C'est d'offrir de la prévisibilité connue par les
consommateurs. Et je réitère que le
compte d'écart, qui, depuis des semaines, on en discute, que les partis d'opposition
ont dit : Oui, mais donnez l'argent du compte d'écart, on ne peut
pas libérer le compte d'écart avec le mode tarifaire actuel.
Alors,
l'indexation, ça va être prévisible, ça va être connu. Ça démontre clairement
que, sur 40 ans, on ne s'est pas trompés.
Et naturellement, après cinq ans, on aura une cause tarifaire, et
ça va nous permettre également, M. le
Président, de retourner, sur la
première facturation, plus de 500 millions à la clientèle.
Et on réitère
aussi que l'autre élément important du projet
de loi n° 34,
primordial du projet de loi n° 34, c'est que le système tarifaire actuel ne
favorise pas l'efficience et la réduction des coûts par la société d'État Hydro-Québec. Le système actuel fait en sorte que l'ensemble des coûts
sont cumulés par Hydro-Québec. On lui accorde 8,2 % de rendement par-dessus, et les revenus doivent être, après ça,
appareillés au même niveau, d'où l'augmentation tarifaire. Nous autres, on dit : Non, c'est terminé, ça. Terminé.
Vous allez connaître vos revenus, ça va être à l'inflation, et, s'il vous plaît, maintenant, travaillez vos coûts de manière efficiente. C'est
un changement dans les paradigmes mêmes de la gestion d'Hydro-Québec.
Le Président (M. Lemay) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Merci
beaucoup, M. le Président. M. le Président, moi, je retiens ou... en fait, ce sur quoi je
reviens, c'est la corrélation, pas
tant du tableau, parce que, M. le
Président, je peux, à ce moment-là, revenir sur le passé et faire l'interprétation
que je souhaite. On peut faire dire aux chiffres ce qu'on veut, malgré qu'il y a
aussi l'adage qui dit : Les chiffres ne mentent pas. Mais, si je ne me
trompe pas, M. le Président, je
pense que le ministre
est comptable de formation. Et, si... Et vous connaissez aussi l'adage qu'on
peut faire de la comptabilité créative, une interprétation créative des chiffres,
O.K.?
Et, dans le cas du tableau, c'est pour ça que, le tableau, je lui accorde plus
ou moins de l'importance, M. le
Président, parce
que, si on se base sur le passé pour
déterminer l'avenir... et c'est l'argumentaire du ministre,
c'est l'argumentaire de dire :
Changeons de cap. Ça a été l'argument
utilisé, ça a été l'expression utilisée vendredi, lors de la motion
d'interpellation : Changeons de
cap. C'est un changement de cap, nous utilisons. Ça veut dire que le ministre
présume ou assume que, pour l'avenir,
Hydro-Québec fera ou développera différents projets qui vont, à ce moment-là,
impacter, de façon importante ou pas, s'il y a absence de projet,
importante ou pas la détermination des tarifs.
Maintenant,
ce gouvernement s'est clairement opposé notamment à un projet de développement
d'éolien, O.K., dès le début du gouvernement. C'est sa prérogative, c'est son
droit, O.K.? Alors, il y a aussi une expression économique : Ceteris paribus, toutes choses étant égales par
ailleurs. Si, actuellement, le gouvernement n'a aucun projet d'envergure du
genre éolien puisqu'il s'est clairement prononcé sur le projet d'Apuiat, en
quoi le contexte actuel, en quoi le contexte actuel permettrait de justifier qu'une hausse des tarifs
moyenne sur les 15 dernières années pourrait s'appliquer dans les années
à venir? En quoi?
Ma question
est légitime parce que les quatre dernières années font la démonstration qu'il
n'y a pas eu de hausse importante des tarifs, d'abord, et qu'on est même
en droit d'espérer, compte tenu de la gestion des différents projets, on est à
même en droit d'espérer d'avoir non seulement un gel, mais peut-être même une
baisse.
Alors, moi, ce que j'ai apporté comme argument...
vous étiez présent vendredi, lorsqu'on a participé à la motion
d'interpellation, M. le Président, si nous utilisons la formule du ministre,
qui est de dire : En considérant le gel pour l'année 2020 plus une augmentation à l'inflation pour les quatre
années suivantes, en utilisant la moyenne de hausse de l'inflation des
15 dernières années, qui, selon lui, représente autour de 1,7 %,
1,8 %, là, disons-le comme ça, ou même peut-être
2 %, O.K., bien, selon lui, c'est déjà moins haut, moins élevé, moins
important que les hausses subies au cours des 15 dernières années,
voilà l'argument du ministre...
Maintenant,
lors de la mise à jour économique de jeudi dernier, le ministre des Finances a
déposé une mise à jour économique
dans laquelle il anticipe, et ça fait
partie de sa prévision économique, il
anticipe qu'au cours des deux prochaines années l'inflation augmentera de
2,2 %. À 2,2 %, même à 70 % du 2,2 % d'inflation, c'est
près du double sinon le triple de la moyenne des hausses, si on peut
dire, déterminées par la Régie de l'énergie au cours des quatre dernières
années.
Alors, ma
question pour le ministre : Quelle est la corrélation? Clairement, si on
se base sur les prévisions de la hausse
de l'inflation au cours des prochaines années, il n'y a pas de corrélation. Il
n'y a pas de corrélation. Le seul impact prévisible, c'est qu'en utilisant le
calcul, en utilisant la formule du ministre proposée par le projet de loi
n° 34, c'est garanti, à ce
moment-là, que les Québécois vont finir par payer plus cher. Alors que
l'exercice annuel de la Régie de l'énergie, qui est basé sur «s'assurer que les tarifs et
autres conditions applicables à la prestation du service sont justes et
raisonnables», alors, en quoi
l'utilisation de l'inflation comme point de référence est juste et raisonnable?
Et là je vous parle de la
Loi sur la
Régie de l'énergie, à l'article 49, au point n° 7.
En quoi l'utilisation de l'inflation comme point de référence est juste et
raisonnable?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Alors, ce qui est défini comme juste et
raisonnable, c'est le processus de tarification qui est prévu par la loi. La fixation des taux justes et
raisonnables implique un équilibre entre les intérêts de l'investisseur et ceux
du consommateur, comme on l'a déjà
discuté, je pense que c'est la semaine dernière ou il y a deux semaines, M. le Président. Naturellement, mon collègue
de Laval-des-Rapides dit : Sur base historique, ce n'est pas ce
que l'avenir nous réserve. Pourtant, Hydro-Québec
a clairement mentionné que sa demande tarifaire aurait été un peu au-dessus de
2 % cette année, le cas échéant.
Ce qu'on comprend également, c'est que, quand on
regarde l'ensemble des coûts, par exemple la volonté de faire l'électrification
et la transition énergétique sur l'île de Montréal, qui va amener des
investissements parce que... par exemple,
si on veut que les immeubles au mazout ou certains immeubles, en réalité, au
gaz naturel soient à l'électrification, éventuellement vont rentrer dans la cause tarifaire, le cas échéant.
Alors, nous, qu'est-ce qu'on donne comme assurance, c'est que, l'an
prochain, ça va être un gel puis, après ça, ça va être à l'inflation.
régie va arriver dans cinq ans : Sur cette période-là, là, ça aurait été
70 % de l'inflation. Et là la
régie va arriver à terme, va regarder l'état de situation puis va venir
faire une cause tarifaire. Quand on parle de simplification, c'est :
Donnons-nous une période plus longue, parce qu'on l'a regardé sur 15 ans,
on l'a regardé sur 40 ans, on l'a même regardé,
ça a de l'air, jusqu'en 1963, corrélation, inflation, hausse tarifaire toujours
maintenue. Et là on nous dit : Non, mais ce n'est plus comme ça que ça va
être dans le futur. C'est de même depuis 1963, mais, l'an prochain, ça adonnait
que ce n'était plus de même.
Nous,
on dit : Écoutez, là, l'an prochain, c'est un gel, après ça, c'est
l'inflation, et, dans cinq ans, cause tarifaire de la régie. On augmente la
périodicité, on simplifie le processus, on donne de la prévisibilité puis on
retourne 500 millions à la clientèle. C'est ça, le projet de loi
n° 34. C'est tout.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député.
M. Polo :
M. le Président, le ministre nous dit : C'est très simple, on retourne
500 millions. J'en conviens. De toute façon, le 500 millions était dans un compte d'écart, comme lui-même
se plaît à nous le rappeler. C'était prévu. C'était déjà prévu que le 500 millions allait être
remboursé, de toute façon, sur une période de trois à cinq ans. Alors, on va s'entendre
que c'est toujours mieux de recevoir l'argent en avance que plutôt sur une
période de trois à cinq ans.
Ceci
dit, ceci dit, le ministre nous dit : Ah! il nous prend une période
spécifique, et autre. Moi, ce que je lui dis, c'est qu'actuellement, le
gouvernement s'est prononcé, il n'y a aucun projet d'envergure, aucun projet
d'envergure.
Maintenant,
la gestion des coûts se fait... on l'a démontré, au cours des quatre dernières
années, sans projet d'envergure, Hydro-Québec... malgré le fait qu'Hydro-Québec
demande des hausses au-delà de 1,5 %, même des fois près de 2 %, la
Régie de l'énergie a reconnu, année après année, que la hausse moyenne était
soit entre 0,5 %, 0,7 % ou 0,9 %, en deçà du 1 %,
O.K.?
Alors,
je demande de nouveau au ministre : Comment définit-il, comment
explique-t-il qu'en utilisant l'inflation comme point de référence pour l'année 2, 3, 4 et 5... comment
explique-t-il, comment réussit-il à démontrer la pertinence que
l'inflation comme point de référence permettra d'arriver à un juste prix et
raisonnable?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Alors, je peux relire la définition de juste prix. Alors, juste prix :
«Processus de tarification prévu par la
loi — c'est-à-dire
la fixation de taux justes et raisonnables. Implique un équilibre entre les
intérêts de l'investisseur et ceux du consommateur.»
Maintenant,
retournons en arrière, M. le Président.
Retournons en arrière. L'exemple, là, du juste prix mentionné par cause tarifaire... Puis on nous dit toujours
ça, hein? Le fameux juste prix déterminé par cause tarifaire. 2014, je reviens
à 2014, toujours une année que j'aime
bien mentionner, 4,3 %
d'augmentation. Mais après ça il y a un mécanisme d'écart de rendement qui
vient dire : Aïe! En 2014, l'écart de rendement, plus de 100 millions
d'écart de rendement. Le fameux juste
prix. Alors là, il y a des gens qui ont posé 1 500 questions. Ils ont
passé huit mois à analyser ça, virer ça à l'endroit, virer ça à l'envers, regarder en dessous, au-dessus pour
être sûr d'avoir ce que mon collègue qualifie de juste prix. Puis on se
trompe du simple au double par rapport à ce qui se réalise vraiment.
Alors,
nous, on pense que, sur une période de 60 mois, la régie va pouvoir faire
un travail adéquat par cause tarifaire, mais, dans l'intervalle, là, on va appliquer l'inflation, qui a été
beaucoup plus linéaire que ce fameux juste prix en dents de scie et qui, à chaque fois, ne frappait pas
«bull's-eye», mais frappait du simple au double, qui a occasionné des écarts
de rendement pas à la marge du tout.
Puis
on réitère, si le gouvernement précédent avait fait le choix qu'on fait
aujourd'hui, en excluant le gel tarifaire puis le retour de 500 millions,
juste de dire quand ils sont arrivés au pouvoir, en 2003 : Ça va être
l'inflation sur les tarifs, c'est
2,4 milliards de moins que la clientèle aurait payé. Probablement que
certains experts, à l'époque, auraient dit : Non, non, mais le juste prix, s'il vous plaît. Oui, les
mêmes experts auraient dit ça à l'époque, mais ça aurait été tellement
judicieux qu'ils le fassent, comme
gouvernement, tellement judicieux pour faire économiser 2,4 milliards à
l'ensemble de la clientèle, pour transférer le risque à Hydro-Québec.
Maintenant,
je vais expliquer une autre fois, une fois supplémentaire, M. le Président, le
fameux 500 millions du compte d'écart,
parce que mon collègue dit : Oui, mais on l'aurait eu dans deux, trois
ans. Ce n'est pas si simple que ça, M.
le Président, je le réitère. Le compte d'écart, c'est un compte de provisions
qu'Hydro-Québec doit maintenir dans ses livres pour faire face à des éventualités. Et, bon an, mal an, il doit
continuer d'avoir un 500 millions qui, à terme, ne serait jamais
libéré parce que c'est une obligation de la cause tarifaire et de la
tarification actuelle.
Alors,
mon collègue de Laval-des-Rapides, lui, il prétend dire : Oui, mais il
aurait été retourné dans deux, trois ans. En même temps qu'il y aurait eu des sommes de retournées, en même temps
il y aurait eu des sommes de cotisées. Au net, zéro dans les poches.
Alors,
oui, c'est un compte d'écart qui... une
partie retourne année après année et
qui est reconstitué. Alors, je reçois dans
la poche de droite puis je dépose dans la poche de gauche comme clientèle.
Alors, quand est-ce que je l'obtiens, déjà? Jamais. Jamais. Je reçois, je donne, je reçois, je donne. Je fais juste
passer, moi. Je suis un passeur. On change le mode de tarification, on
abolit le compte d'écart, on retourne le 500 millions.
je pense que cet exemple-là, là... Là, j'essaie de le figurer le mieux
possible. Ça appartient... Oui. Non, mais, en même temps qu'on le redonne, tu dois recotiser au compte d'écart
parce qu'il y aura toujours un compte d'écart qui sera dans les coffres d'Hydro-Québec. Donc, s'il est
dans les coffres d'Hydro-Québec, il n'est pas dans les poches de la clientèle.
Pour moi, c'est simple comme ça. Je pense l'avoir bien figuré, M. le Président.
Merci.
Le Président
(M. Lemay) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président. Je concède que le compte d'écart n'est jamais
complètement vidé, et c'est pour ça qu'il y
avait même une loi qui a été adoptée pour proposer que ce soit la moitié du
compte d'écart qui soit, à ce moment-là, retournée et qu'annuellement
l'exercice soit effectué. Donc, ce n'est pas comme si on parle de 100,
on vide 50, puis, l'année d'après, on
vide 50, puis on se retrouve à zéro. En effet, la situation actuelle fait que
le compte d'écart est renfloué en
cours d'année, et c'est la raison pour laquelle, à partir de 2017, la
Vérificatrice générale l'a mentionné, le mécanisme de remboursement
était... commençait à être mis en application.
Ceci dit, M. le
Président, je répète ma question parce qu'elle est fondamentale. Elle est
fondamentale dans la situation où, si vous proposez un projet de loi à
travers... dans lequel vous incluez une formule, un nouveau mécanisme pour
déterminer la hausse des tarifs sur une base annuelle, vous devez... Vous avez
la responsabilité... La seule chose responsable, c'est de venir expliquer en
quoi le nouveau mécanisme basé sur l'inflation, la hausse de l'inflation... en quoi la hausse de l'inflation est corrélée en fonction de la hausse des coûts à
l'intérieur d'Hydro-Québec, et comment cette hausse-là, en fonction des coûts de l'inflation, sert à déterminer la nouvelle formule qui
permettra de déterminer le coût juste ou le tarif... le prix juste et
raisonnable.
la façon de... Je serais très attentif d'écouter le ministre
pour m'expliquer en quoi les différents intrants, en quoi les différentes
valeurs, en quoi les différentes composantes qui, actuellement, permettent à la régie de déterminer le juste prix, le prix juste
et raisonnable, en quoi on retrouve cela dans la définition même de
l'inflation, au-delà du simple fait qu'il
fait un rappel historique basé sur l'inflation et que, selon lui, les deux
formules se chevauchent sur une période de 15 ans, O.K.?
Moi,
je pourrais faire de même puis lui dire : Regardez, sur les quatre
dernières années, là, il n'y a aucune corrélation, M. le Président, O.K.? Il n'y
a aucune corrélation. Je viens de
vous faire un beau graphique, O.K.? Puis je l'ai pris sur une période de quatre ans, M. le Président. Bon, vous savez quoi, je me donne le droit, comme gouvernement élu par la population,
gouvernement majoritaire, de pouvoir décider que ma période de quatre ans est juste
et raisonnable, qu'elle est représentative
et qu'au cours des quatre dernières années, bien, compte tenu que la hausse de l'inflation a été du double, sinon du triple,
bien, selon moi, cette période-là est justifiée. C'est un tableau didactique,
ça, M. le Président. Ça passe?
Le Président
(M. Lemay) : C'est une feuille blanche avec deux lignes plus ou
moins parallèles.
M. Polo : Bien, voilà, mais c'est... Honnêtement, il y a eu un énorme travail scientifique derrière ça, M. le Président.
Pourquoi
je vous dis ça, c'est parce que... Et, en plus de ça, le ministre,
il recule sur les 40 dernières années, etc. Et moi, je lui dis : Écoutez, il y a des facteurs qui, actuellement, si on regarde
vers l'avenir... Parce que le ministre peut faire... C'est son droit, il peut porter un jugement sur les décisions du précédent
gouvernement, mais moi, je regarde vers l'avenir et je
regarde sur des décisions annoncées, qui sont publiques, si on peut dire, sur
une vision qui a déjà été dévoilée.
Quand je vous parle, par
exemple, des projets éoliens, d'Apuiat, etc., le ministre et le premier
ministre se sont clairement exprimés sur ce genre de projet là. Ce qui les
intéresse, ce qui intéresse le ministre... Et je l'applaudis. Tant mieux. Je l'ai même félicité et je l'encourage notamment
à prospecter le plus possible les différents marchés nord-américains, du
Nord-Est et de nos voisins de l'Ontario,
pour essayer de signer des ententes et de conclure des ententes afin qu'on
puisse exporter le plus possible nos surplus d'électricité.
Ceci dit, M. le
Président, dans le contexte actuel, dans le contexte qu'on connaît, de la part
de ce gouvernement, de la part du ministre,
il n'y a aucun projet significatif, pas à ma connaissance. Le ministre s'est retiré du projet Apuiat. Le ministre
n'a pas fait aucune annonce, à savoir... Et, compte tenu des surplus en électricité,
le ministre n'a aucunement annoncé des
projets, que ce soit le nouveau barrage ou, par exemple, comme... Le gouvernement de la 40e législature avait même mis sur pied des projets
d'hydroliennes. Vous allez vous en rappeler, là. C'était peut-être juste avant
que vous et moi soyons membres, ici, de l'Assemblée nationale, mais il y avait
des projets d'hydroliennes à l'époque, des projets significatifs. Le présent gouvernement
n'a aucun projet en ce sens.
Moi, ce que
je lui demande... En fait, c'est une
interprétation que je fais de son
tableau, c'est que son exemple ne
tient pas la route si on regarde vers
l'avant. S'il souhaite utiliser un
graphique basé sur les 15 dernières années, il faudrait qu'il analyse les données
des 15 dernières années en retirant les mêmes projets qu'il dénonce aujourd'hui. Si sa méthode, son approche
est moindrement, si on peut dire, basée ou — je vais utiliser le terme ici — pertinente
en termes historiques ou en termes
scientifiques, il faudrait à ce moment-là qu'il compare des pommes avec des
pommes pour pouvoir justifier son argumentaire.
Alors, moi,
ce que je lui dis : Si vous regardez vers l'avant, vous n'avez aucun
projet significatif. Vous souhaitez avant tout... Si la base même de votre
vision gouvernementale face à l'énergie, avant tout, c'est de prospecter pour
vendre plutôt que de développer des projets significatifs ici, sur le
territoire québécois, parfait. Alors, à ce moment-là, en quoi l'inflation, en
quoi le 1,7 %, ou en quoi le 2 %, ou en quoi le 2,2 %, permet de
justifier que la hausse des coûts internes à
Hydro-Québec serait cohérente et qu'il y a là une totale
pertinence qui permet de justifier de laisser de côté l'exercice annuel
de la Régie de l'énergie pour déterminer, sur la base de l'inflation, la hausse
annuelle des tarifs?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien : Oui, merci, M. le Président. Le principe
même du projet de loi n° 34 est la simplification de la mécanique de
tarification. Alors, mon collègue parle de pertinence. Alors, on observe,
depuis plusieurs années, que non seulement c'était
au-dessus de l'inflation, mais, en plus, que les tarifs obtenus par le biais de
la cause tarifaire sur la base prévisionnelle ont montré des écarts qui,
souvent, étaient du simple au double par rapport à l'augmentation.
Ce que le projet de loi préconise, M. le Président... C'est vrai, sur base historique, ça a suivi
essentiellement l'inflation, un peu
au-dessus. On l'a regardé depuis 1963, depuis 40 ans, depuis 15 ans.
Mon collègue de Laval-des-Rapides reprend toujours
les quatre dernières années,
parce qu'on se souviendra que le gouvernement avait eu 4,3 % puis
2,9 % en 2014‑2015, tellement, en réalité, qu'il avait émis un décret
de préoccupation, mais qu'est-ce qui va se passer dans les cinq prochaines
années? Un gel, un 0 %, puis, après ça,
quatre ans l'inflation. Et, au terme de cette période-là, la régie va
regarder tout ce qui s'est passé dans ces cinq années-là pour venir
faire ce qu'on a appelé le «rebasing» à l'an cinq.
Hydro-Québec a mentionné que sa demande de cette
année aurait été un petit peu au-dessus de 2 %. C'est vrai que la régie n'accorde pas, en réalité, chaque
année ce qu'Hydro-Québec demande. Mais je réitère que, dans l'intervalle
de cinq ans, on aura 70 %
de l'inflation d'augmentation, et on veut juste amener une périodicité,
cinq ans, pour donner de la prévisibilité aux citoyens, par rapport
à l'inflation, ce qu'on fait sur plein de tarifs. Et, en plus, M. le Président,
sur base historique, cette hausse-là est
moindre que celle des cinq dernières années, est moindre que celle des
15 dernières années.
Alors, quand
on parle de simplification, j'essaie de voir, après ça, l'avantage pour la
clientèle, et il est clair. Puis le fameux juste prix, je pense qu'on ne l'a
jamais obtenu, le fameux juste prix, dans la définition que semble en donner mon
collègue de Laval-des-Rapides. Mais, dans
la définition qu'on a du juste prix, c'est toujours la même définition. Le
processus de tarification... fixation
des taux, juste et raisonnable, implique un équilibre entre les intérêts de
l'investisseur et ceux du consommateur. Le consommateur va connaître son
augmentation à l'inflation, va avoir un gel tarifaire en 2020, et le
rajustement, le cas échéant, sera après cinq ans.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député.
M. Polo : M. le
Président, vous allez vous rappeler,
j'ai cité ici, là, le plan stratégique 2016‑2020 d'Hydro-Québec, un plan stratégique dans lequel Hydro-Québec... L'un de ses trois objectifs principaux,
là, en début de document, c'était de battre l'inflation. C'était qu'ils se donnaient
comme objectif, dans ce document-là, ça, je peux vous le montrer, M. le
Président... En fait, l'un des quatre objectifs, à la page 5, si je ne me
trompe pas, là... à la page 3, c'était de limiter les hausses tarifaires
à un niveau inférieur ou égal à l'inflation, dans la mesure du possible, O.K?
Ça, c'est un des objectifs 2016‑2020.
Alors, le ministre se plaît à utiliser sa revue
historique des 15 dernières années, sinon les 40 dernières années.
Hydro-Québec est consciente... s'est donné comme objectif de battre
l'inflation, M. le Président, alors qu'aujourd'hui, à travers le projet de loi n° 34, à travers les explications
données par le ministre, lui, il souhaite leur donner uniquement pour
objectif, en fait, de leur imposer, d'imposer aux consommateurs en général...
de dire : Non, nous n'allons pas être plus exigeants envers la société
d'État, au contraire.
Parce que le ministre nous le rappelle, il
dit : Vous savez, le projet de loi n° 34 transfère le risque sur le
dos d'Hydro-Québec plutôt que de le faire
partager par l'ensemble des consommateurs. Mais en même temps ce qu'il ne dit
pas, c'est qu'il est de plus en plus
complaisant, à travers son projet de loi n° 34, envers la gestion du
monopole de la société d'État qu'est Hydro-Québec. Et ça, il ne le dit
pas, parce que c'est dans les...
C'est
Hydro-Québec eux-mêmes qui se sont donné comme objectif justement de battre
l'inflation, et ils en sont capables. Mais le ministre préfère laisser aller la
situation et dire à Hydro-Québec : Vous savez quoi, on va vous donner...
On va imposer une hausse tarifaire basée sur l'inflation, O.K.? On va vous
garantir des revenus garantis au cours des prochaines
années, indépendamment que vous soyez efficaces ou pas, indépendamment que vous
nous fassiez la démonstration, à
nous, les propriétaires d'Hydro-Québec... indépendamment de nous faire
l'exercice... on va vous garantir des revenus basés sur l'inflation.
Et, moi, ce
que je dis, c'est que c'est malheureux, M. le Président, c'est très malheureux
qu'en utilisant un tableau basé sur
15 ans... O.K., c'est arbitraire, ça fait... Ça lui permet de justifier
son argumentaire, M. le Président. Il justifie, à ce moment-là, sur la base de la simplification, de
laisser de côté un exercice qui, à la fin de la journée, était à l'avantage des
consommateurs.
Et là ce
n'est pas juste des présomptions basées sur mon imagination, M. le Président.
Les quatre dernières années le
démontrent. Sans le développement de projets significatifs, de projets
importants, chez Hydro-Québec, les quatre dernières années, M. le Président, ont démontré que les
Québécois pouvaient recevoir des hausses très faibles, pour ne pas dire presque
une hausse 0 %, des tarifs d'électricité sur une
base annuelle, presque un gel. Et, même, dans le cas de l'année 2017, il y
a eu un remboursement d'à peu près 43 millions de dollars grâce au
mécanisme de remboursement.
Donc,
aujourd'hui, à travers l'article 2, on est devant le constat qu'il n'y a
aucune démonstration que l'inflation est corrélée en fonction des mêmes intrants utilisés par la Régie de
l'énergie pour déterminer le juste prix. Et le ministre répète, répète, répète toujours le même message, toujours
les mêmes éléments qui justifient son argumentaire, l'histoire qu'il nous
raconte de A à Z, O.K., alors qu'il y a une question très précise. Et le
ministre se lève en Chambre ou en interpellation pour vous répondre, nous répondre qu'il souhaite adresser les questions
de contenu. Il souhaite adresser les questions de contenu. Et là on a
une question fondamentale ici, un contenu fondamental de son projet de loi.
S'il souhaite remplacer un exercice effectué
annuellement, sur la base d'intrants évalués par la Régie de l'énergie, peut-il nous nommer des intrants qui sont utilisés par la Régie de l'énergie, qui correspondent à ce qui est défini par l'indice des prix à la
consommation?
Le Président
(M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien : Alors, merci,
M. le Président. Je vais avoir l'occasion
de préciser certaines choses mentionnées par mon collègue de Laval-des-Rapides.
Effectivement, je
réitère qu'en 2014 il y a eu 4,3 % d'augmentation et, en 2015, 2,9 %.
Face à ces hausses successives, M. le
Président, on comprend que l'ancien gouvernement a fait un geste. Alors, mon
collègue rappelle... ça fait quelques
fois qu'il rappelle le plan stratégique d'Hydro-Québec qui a été déposé,
disant : Bien, Hydro-Québec s'est donné ce défi-là.
Alors,
il faut faire attention. Après s'être beurré deux années en ligne avec
4,3 %, 2,9 %, l'ancien gouvernement a déposé un décret, le décret 579-2015, au 30 juin 2015, et qui
mentionnait : «Concernant la forme, la teneur et la périodicité du plan stratégique d'Hydro-Québec.» Alors, décret
gouvernemental, décret de préoccupation, et qui mentionnait : «Les gains
d'efficience, sous forme de cibles annuelles d'évolution des charges
d'exploitation d'Hydro-Québec, notamment de façon à ce que l'évolution des tarifs d'électricité atteigne, au terme
de la période couverte par le plan stratégique, un rythme égal ou
inférieur à celui de l'inflation.»
Donc, c'est un décret
de préoccupation clair, que ce que l'ancien gouvernement a bien observé que...
4,3 % puis 2,9 % deux années en
ligne. Et, je le réitère, là, ces hausses-là, M. le Président, quand elles
arrivent, là, comme je dis souvent,
ça, c'est à vie plus 100 ans. Ce 4,3 % là, là, il va continuer de
manière perpétuelle en tarification. Il est là. Il est engrangé. Il fait
des petits sur les petits. 2,9 %, la même chose. Alors, ici, c'est ça que
ça prévoyait, alors un rapport à l'inflation,
par le décret gouvernemental, puis il disait : S'il vous plaît, inférieur
ou égal à l'inflation sur cette période-là. C'était la demande du
gouvernement.
Nous,
M. le Président, on fait mieux que ça. On donne une garantie que, sur la
période de cinq ans, ça va être inférieur à l'inflation, parce que, la première année, il y a un gel, puis après
ça, il y a quatre ans d'inflation. Ça représente 70 % de l'inflation. C'est une garantie, et, après cinq
ans, on retournera en cause tarifaire. Donc, c'est le principe de
prévisibilité. C'est le principe
d'être en mesure de retourner plus de 500 millions. Puis c'est le gel
tarifaire de 2020. C'est ça, le projet de loi n° 34.
Maintenant,
je le réitère, on ajoute une autre notion. Ce n'est pas coût plus 8,2 %.
Hydro-Québec a toute la latitude, après ça, pour être efficiente, parce que la
tarification n'est pas un coût plus. Ils connaissent leurs revenus. On leur
transfère le risque. La clientèle sait
exactement, elle, ce qu'elle va payer. Et, après cinq ans, au lieu que ce soit
aux 12 mois, on prend cinq ans,
et la cause tarifaire, avec le fameux prix juste, où on se trompe du simple au
double année après année, sera faite dans cinq ans.
Le Président
(M. Lemay) : M. le député de Laval-des-Rapides.
Président (M. Lemay) : Parfait. Donc, maintenant, je vais
reconnaître le député de D'Arcy-McGee pour son intervention.
M. Birnbaum :
Merci, M. le Président. Le ministre vient... Il a utilisé les mots... Bon, ce
n'est pas exact, mais j'aimerais mieux m'assurer que l'argent ne reste pas dans
les poches d'Hydro-Québec, mais que ce soit retourné aux contribuables. Il me semble que c'était le souhait
offert par le ministre. Je crois qu'il faut qu'il convienne avec moi, avec
nous que, là, on est à l'article 2. On retourne au noeud de l'affaire. Et
nous sommes invités à accompagner le ministre en établissant un plafond, mais
sans plancher. On parle d'un plafond sans plancher.
Et je veux
commencer... parce que, là, dans le projet de l'article devant nous, no