Culture and Education — 29 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CCE 2013-10-29
Quebec — Committees
Alors, lors de l'ajournement des travaux, le
10 octobre dernier, nous en étions à l'étude d'un amendement à l'article 153. Je voudrais, rapidement, faire
un petit rappel que la décision avait été prise de suspendre
temporairement l'étude des articles
concernant la
Loi sur l'Institut de tourisme et d'hôtellerie, donc 142 à 150,
c'est ça, et d'étudier les articles correspondants à la
Loi sur l'institut
national des mines, donc l'article 151 jusqu'à l'article 158.
Nous en sommes à l'article 153 et nous en
étions à un amendement qui avait été déposé par le député de Mont-Royal. Y
a-t-il d'autres interventions sur cet amendement?
M. Moreau :
M. le Président, question
de directive. Avant que nous n'abordions les amendements ou quelque autre disposition
du projet de loi, vous n'êtes pas sans savoir que la présidence vient de rendre
une décision sur une question de
directive que j'ai soulevée lors de la séance du 24 octobre 2013 à la
rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Dans cette
décision, M. le Président, la présidence indique ceci — et je cite — à la page 2 : «Je tiens à
rappeler que les députés peuvent exercer
leur travail parlementaire comme bon leur semble. Un Parlement fonctionne selon
des règles de procédure qui assurent un équilibre démocratique dans le cadre
des délibérations. En vertu de ces règles, le gouvernement a un pouvoir d'initiative
important, et les députés disposent des outils nécessaires pour contrôler et
étudier les mesures proposées par le gouvernement.
«Les procédures parlementaires et les temps de
parole qui en découlent peuvent être utilisés en toute liberté par les députés
à chacune des étapes de l'étude d'un projet de loi.
«[...]Dans
les circonstances…» La présidence ajoute : «Il appartient à chaque membre
de l'Assemblée d'assumer ses déclarations et les jugements qu'il porte
sur le travail de ses collègues.»
Mais elle tient à rappeler l'importance de l'indépendance
du travail de député et indiquer que la présidence n'hésitera pas à intervenir.
Dans le
présent débat, le ministre n'est pas sans savoir qu'il a prononcé des paroles,
lors de la dernière séance de cette
commission, qui laissaient entendre… émis un communiqué et suscité des
communiqués, d'ailleurs, qui laissaient entendre que l'opposition officielle faisait un blocage systématique sur
l'adoption du projet de loi. Il n'est pas sans savoir non plus que les
propos qu'il a tenus à l'occasion de cette séance ont totalement miné l'atmosphère
de travail qui doit être normalement l'atmosphère requise en commission
parlementaire pour permettre l'étude
article par
article d'un projet de loi.
Il n'est pas
sans savoir non plus que son projet de loi comporte environ 200 articles et
que, sur les 200 articles, vous indiquiez
en remarques d'ouverture, M. le Président, que nous étions à un amendement à
l'article 153. Il y a eu 20 heures de
commission parlementaire. La semaine dernière, le gouvernement, le leader du
gouvernement, a choisi de ne pas
rappeler en étude en commission parlementaire
article par
article le projet de
loi n° 45, privant les parlementaires de 15 heures additionnelles
de débat.
Il est tout à fait
inacceptable pour l'opposition officielle de voir les qualificatifs… d'entendre
les qualificatifs utilisés par le ministre pour
traiter de l'avancement de nos travaux. Et, après la décision qui a été rendue
par la présidence, qui indique clairement la liberté dont jouissent les
parlementaires… Et encore aurait-il fallu qu'il y ait abus à cet égard-là pour que l'on puisse, même à distance,
cautionner les propos du ministre, ministre qui appartient à une
formation politique
qui aime bien utiliser l'expression «régime», qui appartient à un régime qui a
fait en sorte que nous avons passé, notamment dans l'ancienne
législature, 200 heures en commission parlementaire sur le projet de loi
n° 14 sur les mines. On est à moins de
1/10 du temps passé… alors qu'il n'appartenait pas encore au régime,
probablement, mais on est à 1/10 du temps passé par sa collègue dans une
étude
article par article, et alors que, sur le projet de
loi sur les mines, on
n'a pas atteint le cap des 20 articles.
J'ai
offert au ministre, il y a quelques minutes à peine, en Chambre la possibilité pour lui de rétablir le climat qui avait prévalu en commission parlementaire alors que l'étude
article par
article se déroulait, selon moi, sur non seulement un ton qui était normal, mais
à un rythme qui est tout à fait acceptable, ce qu'il a refusé de faire. Je me
suis entretenu avec le leader du gouvernement après la décision pour lui
indiquer quelle était la position de l'opposition officielle.
Je rappelle également
à ceux qui nous écoutent — et
le ministre n'est pas sans le savoir — que l'opposition officielle a
voté en faveur du principe du projet de loi et que le vote, à l'étape du
principe du projet de loi, est une étape préalable et sine qua non à l'étude d'un
projet de loi
article par
article dans une commission parlementaire. L'opposition officielle a adopté une attitude de collaboration à laquelle… Le ministre,
par impatience, peut-être par manque d'expérience parlementaire, je
n'en sais rien, a trouvé le moyen de, lui-même, mettre des bâtons dans les
roues de l'étude de son propre projet de loi.
M. Moreau :
Non, je n'ai pas terminé, M. le Président.
M. Moreau :
C'est quoi?
Pelletier (Saint-Hyacinthe) : …on prête des intentions au ministre, qui n'a jamais eu ces intentions-là. Puis, monsieur n'a jamais
siégé ici non plus, ça fait que…
M. Moreau :
Est-ce qu'il peut attendre qu'on ait terminé?
Le Président (M.
Reid) : M. le député de Châteauguay, je vous inviterais à la
prudence. Vous êtes dans une demande de directive, et je vous écoute.
M. Moreau :
Je suis éminemment…
Président (M. Reid) : Je vous écoute.
M. Moreau : Je suis éminemment prudent, M. le Président, n'ayez crainte, et je n'ai pas besoin du rappel à l'ordre du
député de Saint-Hyacinthe. Et, si c'est fait dans l'intention de faire
arrêter la démonstration que je suis en train de vous faire, je signale tout
de suite au député de Saint-Hyacinthe qu'il va avoir beaucoup de temps pour le
faire.
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :
…des intentions, alors je rappelle encore une fois l'article 35. Je n'ai pasl'intention… je ne veux pas arrêter la
discussion, mais je veux qu'on passe au vif du sujet. On est ici aujourd'hui
pour étudier le projet de loi n° 45, on n'est pas ici pour entendre un
sermon sur… de par l'opposition. Merci.
Le Président (M. Reid) :
Bien, vous avez raison qu'on est ici pour… le mandat de la commission est
d'étudier le projet de loi n° 45, mais
j'ai une demande de… j'ai une question de règlement… en fait, de directive, et
je vais l'écouter.
M. Moreau : Voilà.
Et je sais que ce genre de situation là n'est pas souhaitable dans une
commission qui doit pouvoir étudier de façon sérieuse un projet de loi,
et c'est ce que nous faisions.
Alors, je donne encore une fois
l'opportunité au ministre de faire ce qu'il doit faire. Il est le premier
responsable, le premier responsable de la
bonne marche des travaux dans cette commission. La présidence doit certainement
appliquer la réglementation, mais un ministre qui porte un projet de loi est le
premier responsable de l'attitude des parlementaires en commission parlementaire. S'il souhaite que nous puissions
progresser… Puis je regardais, M. le Président, puis je ne l'ai pas soulevé à la suite de la décision de la présidence…
On est allés voir sur le site du parti, sur le site Web du Parti québécois, où, encore là, avec des étampes et une
publicité, là, on dit que le Parti libéral du Québec veut bloquer l'étude
du projet de loi n° 45. Ce n'est pas de cette façon-là… Et, je vois le
ministre qui sourit, moi, je ne trouve pas ça drôle du tout. Vraiment, je vous
le dis, je ne trouve pas ça drôle.
Président (M. Reid) : Adressez-vous à la présidence.
Duchesne : M. le Président…
M. Moreau :
Je m'adresse à la présidence, mais en m'adressant à la présidence…
M. Duchesne : M. le
Président, point d'ordre, M. le Président.
Président (M. Reid) : Allez-y.
Moreau : Bien, on est dans une question de directive, M. le
Président…
M. Duchesne : Bien
là, il ne faudrait pas présumer, il ne faudrait pas présumer du fait que je
puisse avoir un visage souriant que ça engage autre chose que ma bonne
humeur.
Président (M. Reid) : Merci, M. le ministre. M. le député,
continuez.
M. Moreau : Sur sa
bonne humeur et pour conserver la bonne humeur, justement, et l'atmosphère
propice aux travaux… Le ministre est
vraiment de très bonne humeur. Parce que je suis capable de m'adresser à la
présidence, mais de regarder son attitude, et l'attitude du ministre,
autant dans le dit que dans le non-dit, est importante pour permettre l'évolution
correcte de l'étude d'un projet de loi en commission parlementaire.
Alors,
je lui offre donc une autre opportunité, M. le Président, et ma question de
directive est la suivante : Est-il
possible que le ministre prenne quelques minutes en début de travaux, avant que
nous ne poursuivions l'étude
article par article, et qu'il indique au
meilleur de sa capacité quelle est véritablement l'attitude qu'il entend
prendre avec l'opposition officielle et
qu'il reconsidère les déclarations qu'il a faites en commission parlementaire
la semaine dernière avant que nous ne continuions à examiner
article par
article le projet de loi n° 45?
Président (M. Reid) : Merci, M. le député. Je dois vous dire que le règlement et son application montrent que l'article 45 ne s'applique
qu'aux propos qui ont été tenus dans les fonctions parlementaires et, donc, que je ne peux pas invoquer
le règlement. Par
contre, la seule chose que je peux
faire, c'est faire ce que la
présidente de l'Assemblée a fait quelques instants. Si le ministre a l'intention
de faire quelque chose, je pense qu'on peut demander un consentement. Sinon, il faut revenir au mandat de la commission,
qui est celui d'étudier le projet de loi n° 45. Alors, M. le ministre,
c'est…
Duchesne : Bien, M. le Président, le leader de l'opposition
officielle a déjà demandé une… par sa question de directive à la
présidence, a déjà posé sa question, il y a eu une décision de la présidence,
et, bien, je respecte cette décision, et
j'espère maintenant qu'on va pouvoir recommencer à débattre du projet de loi
parce que je pense que c'est une question
qui, dans la population, ne soulève pas de questionnements. Ce qui nous
soulèvera des questionnements, c'est
de se lancer dans une durée qui est plutôt inhabituelle selon les traditions
parlementaires. Et ça, c'est une observation qui me semble factuelle.
Le Président (M.
Reid) : …un débat sur cette question. Je voulais simplement
entendre la question de directive et trouver une formule en imitant, en fait,
de ce que la… en m'inspirant de ce qui s'est fait au salon bleu, et je dois
donc conclure que…
M. Moreau :
M. le Président…
Le Président (M.
Reid) : Oui.
M. Moreau :
…sur la question de directive, le ministre vient de faire une déclaration qui,
s'il l'avait faite dans les termes qu'il l'a
faite, aurait été bien différente en termes de conséquences sur les travaux et
l'atmosphère de la commission. Il le sait très bien, et je sens qu'aujourd'hui
son attitude est beaucoup plus collaboratrice qu'elle ne l'était lorsqu'il a
fait sa déclaration la semaine dernière.
qu'on lui demande essentiellement, là, c'est un pas, un pas additionnel qu'il
est capable faire. Je sais que le ministre
maîtrise bien la langue. Je sais que le ministre est très conscient de
l'importance de son projet de loi. Je sais que le ministre est conscient d'avoir profondément,
profondément choqué l'opposition officielle en utilisant les qualificatifsqu'il a utilisés et qui étaient tout à fait
inutiles et inappropriés dans les circonstances. Alors, je lui demande
simplement de faire le bon geste, celui qui s'impose, pour que nous puissions
continuer à avoir une atmosphère — et je pèse tous les mots que j'utilise — pour que nous puissions continuer à avoir
une atmosphère de collaboration qui nous permettrait de poursuivre
adéquatement l'étude du projet de loi n° 45. Il y a un geste, il y a un
petit pas. Ce n'est pas très difficile, M. le Président, je pense que le
ministre devrait le franchir.
Le Président (M.
Reid) : Alors, merci. Comme président de cette commission, je
pense que mon rôle est de m'assurer que nous débattions le plus rapidement
possible et donner la parole à tout le monde sur le projet de loi et sur les
articles du projet de loi.
Ceci étant dit, j'ai
réagi à la question tout à l'heure. Je n'ai pas vu de réponse dans le sens que
vous vouliez, je pense, et donc, à ce moment-là, je pense qu'il faudrait passer
à l'étude
article par article.
M. Tanguay :
Est-ce que je peux avoir la parole?
Président (M. Reid) : Bien, écoutez, ce que je voudrais juste
vous dire, là, d'être prudents, tout le monde, parce que je ne voudrais
qu'on fasse un débat là-dessus, parce que l'objectif et le mandat de la
commission ce soir dans sa réunion, c'est de travailler sur le projet de loi
article par article.
Alors, je vous laisse la parole, mais je vous demande d'être prudent sur
ce dont on parle.
Tanguay : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. On dit que la
prudence est la mère de toutes les vertus, alors je tenterai d'être
vertueux dans les prochaines minutes. J'ai eu l'occasion de participer dès le
début comme membre en règle de la CCE, la
Commission culture et éducation, de participer au débat sur l'adoption du
projet de loi n° 45, qui vise à créer le ministère et qui n'est pas
une tâche aussi anodine, aussi expéditive… Et je n'en veux pas pour argument
les 208 articles qui sont nécessaires pour l'opération, mais je me rappelle de
vives conversations, et dans le sens le plus constructif et positif du terme.
Nous avons eu l'occasion,
M. le Président, à l'intérieur de la vingtaine d'heures de débat, et qui,
souvent, se partageaient très bien, 50-50…
Il y avait là des arguments — et je me rappelle, et je regarde du coin de
l'oeil le député de la deuxième
opposition, de La Prairie — où nous avions eu l'occasion d'aller,
tantôt, chercher des missions qui étaient dévolues au ministre sur la Loi du ministère du Développement
économique, de l'Innovation et de l'Exportation, dont un pan entier, mais pas tout, est repris pour fonder
le nouveau projet de loi n° 45, ainsi que des missions, des objectifs de
la
Loi sur le ministère de l'Éducation, du
Loisir et du Sport. Et il s'agissait là — et c'est ce qu'ont annoncé le
gouvernement et le ministre —d'une toute nouvelle philosophie qui, évidemment,
amène des débats, des débats de fond, et nous avons eu l'occasion, de
part et d'autre, M. le Président, d'y aller de suggestions et d'amendements, et
plusieurs heures ont été consacrées à cette importante mission.
ce que vient de mentionner le ministre, autrement dit, qu'il n'était pas dans
son intention, et j'en prends très bonne
note, et la bonne foi se présumera toujours, surtout entre parlementaires… mais
qu'il ne faisait, lors de ses propos du 10 octobre dernier, que constater une situation où une vingtaine
d'heures avaient été utilisées à ce projet de loi, encore une fois nous sommes rendus à l'article 153, et il y
en a 208, nous allons selon un bon train, un bon rythme, mais force nous
est de constater… Et je cite le communiqué
de presse émis le 10 octobre dernier par le ministre. Et, je le cite, il s'agit
d'une citation : «De toute évidence,
les libéraux et les caquistes se livrent à [...] [un] filibuster en règle…» Fin
de la citation.
Président (M. Reid) : M. le député de LaFontaine, est-ce que je
pourrais vous demander de conclure assez rapidement pour qu'on puisse,
effectivement, passer au mandat de la commission?
Tanguay : Bien, M. le Président, je… Puis, je le dis, vous
m'excuserez la remarque et vous ne la prendrez pas mal, mais, moi, comme élu, comme député de
LaFontaine, quand on remet en question… Et qu'on nous le dise, et que l'on
fasse amende raisonnable et honorable si ce n'est pas le cas, mais, quand on
remet en question mon travail de député…
Moi, c'est ma façon d'être député, M. le Président, et on remet carrément en
question mon comportement, mon agissement et également de la façon dont
je représente mes commettants et mes commettantes. Alors, je pense, M. le Président,
à moins que vous me référiez à une jurisprudence non équivoque, qu'il est
important pour moi de faire état d'une situation qui m'a personnellement
touché, M. le Président. Puis, moi, quand je rentre dans mon comté puis qu'on
risque de faire écho à ces commentaires-là… Parce qu'évidemment la CSN, la FTQ
et un autre syndicat ont fait écho de ces
commentaires-là. Et, je n'oserais, M. le Président, faire un lien causal entre
la sortie du ministre et trois
communiqués de presse de centrales syndicales le même jour, je pense qu'il n'a
pas créé ces trois communiqués-là. Moi, je pense qu'il est important
pour moi de prendre la parole là-dessus.
Le Président (M.
Reid) : M. le député de LaFontaine, il s'agit d'une question de
directive, et je vais vous demander d'en arriver à la question de directive. Et
je comprends qu'il y a des choses que vous avez envie de dire, mais il faut
trouver le bon véhicule. Et là, si c'est une question de directive, je vous
demanderais de me demander quelle directive vous voulez que le président vous
donne.
M. Tanguay :
Bien, M. le Président, la directive est la suivante. Dans un climat où un
projet de loi allait bon train, 153 articles
sur 208, une vingtaine d'heures de débat sur un projet de loi — et le ministre doit se rendre
justice — qui
n'est pas anodin — c'est
un projet de loi qui est fondateur de son ministère et d'une nouvelle approche,
et il a raison de dire que ce n'est pas anodin — moi, je pense que
c'est important pour nous de savoir dans quel climat, sous quel qualificatif
allons-nous poursuivre notre bon travail parce que nous considérons que notre
travail est un travail de bonification. Et je pense que la directive est à l'effet
de savoir — et
l'invitation est faite au ministre — comment allons-nous
poursuivre ce bon travail là sans se faire accuser de filibuster.
vous me permettrez de conclure, M. le Président, à une citation du ministre du
14 novembre dernier, quand il disait,
et je le cite : «Nous, on est dans la politique de discussion, la
politique du dialogue. Nous sommes un gouvernement à l'écoute.» Alors, c'est
important — 14
novembre 2012 — M.
le Président, de tous s'inscrire là-dedans. Et je suis persuadé que le ministre n'avait pas l'intention — et je conclus là-dessus — de remettre en question notre travail,
même si ce sont les mots qui ont été utilisés, et je pense qu'il a une belle
occasion de faire amende honorable.
Président (M. Reid) : Merci, M. le député de LaFontaine.
Écoutez, je voudrais bien répondre là-dessus très simplement parce que la directive que vous me
demandez, c'est une directive qui a été l'objet d'une décision du
président de l'Assemblée nationale, alors je
n'aurai pas d'autre décision que celle-là. Mais, étant donné que je vous ai
permis une question de directive, je voulais savoir si le député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques
avait aussi une question de directive ou si vous voulez réagir…
Breton : En fait, c'est
en lien avec…
Président (M. Reid) : …auquel cas, j'aimerais qu'on le fasse rapidement.
Breton :
Ça va être très court, je ne suis pas du genre à m'éterniser, là. Moi, justement,
je voudrais qu'on continue sur le projet de loi n° 45, mais je dois vous
avouer que je suis, pour le moins, estomaqué, considérant que j'ai fait l'objet d'une commission parlementaire moi-même parce
qu'on remettait en question
mes paroles, moi-même. Ça fait que je dois vous avouer que je trouve le
tout parfaitement surréaliste.
fois cela dit, une fois cela dit, j'aimerais ça qu'on procède, justement,
à l'étude
article par
article maintenant.
Président (M. Reid) :
Alors, nous allons procéder. Ce n'était pas une question de directive, mais
vous aviez un commentaire à faire.
M. Moreau :
M. le Président…
Le Président (M.
Reid) : Oui. Vous avez des commentaires à faire aussi? Parce qu'il
faut faire attention…
M. Moreau :
Non, ce n'est pas sur des commentaires…
Le Président (M.
Reid) : …si on commence à faire des commentaires de part et
d'autre, comme président, je dois…
M. Duchesne :
…j'aimerais pouvoir intervenir à ce moment-ci, là.
Président (M. Reid) : Oui, je vais vous entendre tout de suite
après l'intervention qui vient d'être demandée. Ce ne sera pas long.
Duchesne : M. le Président, il me semble que, là, on est en
train… vous me corrigerez si je suis dans l'erreur, mais on refait le débat sur la décision de la
présidence. La présidence a rendu une décision et nous appelle à procéder
aux travaux parlementaires. Alors, je ne sais pas, là, il me semble qu'on
refait le débat sur la décision de la présidence, et moi, je demande au parti de l'opposition officielle, à l'opposition
officielle, de s'engager dans la discussion sur ce qui nous amène ici, c'est-à-dire
l'étude du projet de loi n° 45.
Moreau : …la remarque
du ministre, M. le
Président, il ne peut pas réécrire la
décision de la présidence. Vous non
plus, d'ailleurs, mais lui ne peut pas la réécrire. Je la cite, la
décision de la présidence : «…les députés peuvent exercer leur travail — de — parlementaire comme bon leur semble — comme
bon leur semble. Un Parlement fonctionne selon des règles de procédure qui assurent un équilibre démocratique dans le
cadre des délibérations. En vertu de ces règles, le gouvernement a un pouvoir d'initiative
important, et les députés disposent des outils nécessaires pour contrôler et
étudier les mesures proposées par le gouvernement.
«Les procédures parlementaires
et les temps de parole qui en découlent peuvent être utilisés en toute liberté — en
toute liberté — par
les députés à chacune des étapes de l'étude d'un projet de loi.»
Quand
on souhaite, M. le Président, bloquer l'étude d'un projet de loi, on vote contre son principe au départ. Ce n'est pas ce que l'opposition
officielle a fait. Et je rappellerai, juste avant que vous…
Le Président (M.
Reid) : Rapidement, M. le député.
Moreau : Je vais terminer, oui. Le président de la Commission
des institutions, hein, le président de la Commission des institutions, le 8
mai 2013 — et
je vais déposer la lettre — indique
ce qui suit. Et là la question de directive,
c'est : Est-ce qu'il y a des
directives ou un fonctionnement différent à la Commission des institutions d'à
cette commission-ci, M. le Président? «Il a
été porté — et je
cite — à notre
attention que le Conseil interprofessionnel du Québec, par le biais de son compte officiel sur le réseau
social Twitter, a tenu les propos suivants en lien avec les travaux de
la Commission des institutions à l'occasion
de l'étude détaillée du projet de loi n° 17, Loi modifiant le Code des
professions en matière de justice disciplinaire.»
le compte Twitter se lit ainsi : Reprise de commission
parlementaire. Projet de loi n° 17 sur la justice disciplinaire. Le Parti
libéral du Québec poursuivra-t-il son obstruction?
Je reprends la lettre, le président de
la Commission des institutions écrit ceci : «Permettez-moi par la présente
de vous aviser qu'il est inadmissible que de
tels propos partisans soient tenus par un organisme qui devait faire preuve
de neutralité politique. Cette intervention
déplacée pourrait nuire au déroulement constructif des travaux de la
commission.»
C'est
le député d'Ungava qui a rendu cette décision, M. le Président, et les propos
que l'on reproche ici, sur le compte Twitter ,
sont exactement les mêmes que les propos qu'a tenus le ministre dans sa
conférence de presse et dans son communiqué de presse.
Comment pouvez-vous
me dire en directive, M. le Président, que des propos qui seraient
inadmissibles par la présidence dans la Commission des institutions seraient, par
ailleurs, admissibles dans cette commission? Là, il me semble y avoir une petite incohérence, et je vous demanderais de
m'éclairer sur ce point. Et je dépose copie de la lettre du président de
la Commission des institutions, datée du 8 mai 2013.
Président (M. Reid) :
Alors, sur cette question, on m'a dit que c'est les membres de la commission qui ont demandé au président d'écrire une
lettre, ce qui n'est pas le cas ici. Et je voudrais, ici, clairement dire que
le règlement numéro… auquel on a référé, là, à quelques reprises… Bien, le n° 41
dit que la décision d'un président de l'Assemblée
ne peut pas être discutée. Ça, on l'a dit déjà, ça a été décidé, je me
conforme à cette décision. J'ai une demande de directive et, en résultat à
la demande de directive, je pense qu'il est… enfin, ce qu'il faut faire, c'est
de passer à l'étude
article par
article. C'est le mandat de la commission, et je ne pense pas que les
règlements me permettent d'arrêter cette étude-là ou de l'empêcher.
rappelez-vous que le rôle d'un président, même un président de séance, c'est de
s'assurer que les parlementaires puissent
faire leur travail de parlementaire en assurant que tous les parlementaires qui
veulent prendre la parole puissent le faire.
Alors, j'ai été assez large jusqu'à un certain point, on avait des questions de
directive. À ce stade-ci, je pense qu'il faut passer à l'étude
article par
article et je vais demander encore une
fois, comme je l'ai fait au début : Y a-t-il un membre de la
commission qui a une intervention à faire sur l'amendement sur l'article…
M. Moreau : M. le Président…
Le Président (M. Reid) : Je
vous demanderais de…
M. Moreau : ...avant que vous
n'alliez plus loin…
Le Président (M. Reid) :
Laissez-moi terminer, s'il vous plaît, M. le député.
Président (M. Reid) : Ce que j'étais en train de dire, c'est
qu'on est rendus à l'article 153, comme je l'ai dit, on est en train d'étudier
un amendement, et ma prochaine demande, c'est : Est-ce que quelqu'un a une
intervention sur cet amendement? M. le député.
M. Moreau :
Vous avez indiqué dans la remarque que vous venez de faire qu'il y avait une
distinction entre la lettre du député
d'Ungava et la situation actuelle. Or, le député de Mont-Royal a écrit à la
présidente de cette commission pour lui demander de donner suite aux
demandes qu'il avait. Il a écrit une lettre, exactement comme dans le cas de la
situation du député d'Ungava.
Le Président (M. Reid) : Je
ne veux pas m'attarder indéfiniment, mais ce qu'on m'a dit là-dessus, c'est que
c'est la commission elle-même qui a demandé,
donc, comme commission de faire cette lettre, et non pas un membre de la
commission. Alors…
M. Moreau : Quelle différence
y a-t-il, M. le Président…
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :
…débat actuel, là…
M. Moreau : M. le Président…
Le Président (M. Reid) :
Bien, écoutez…
M. Moreau : M. le Président…
Le Président (M. Reid) : Oui.
Allez-y vite, rapidement.
M. Moreau :
Quelle différence y a-t-il entre les mêmes propos tenus à la Commission des
institutions que ceux qui ont été tenus dans cette commission? Et pour
quelle raison les mêmes propos seraient traités différemment dans la Commission
des institutions de la façon dont ils sont traités dans cette commission? Ça,
là, il y a une difficulté, là.
Président (M. Reid) : Bien, si c'est une directive que vous me
demandez, moi, je considère que le président n'a pas à s'ingérer, que, comme président, je n'ai pas à m'ingérer dans ce
qui se passe à l'extérieur. Et, à l'heure actuelle, ce que j'ai comme règlement, comme décisions qui ont
déjà été prises m'indique qu'on est rendus à l'étape de passer à l'étude
article par article.
M. Moreau : M. le Président,
je vous réitère, et je complète là-dessus…
Moreau : Bien, c'est parce que c'est le président qui la donne,
là. M. le Président, je…
Le Président (M.
Reid) : Oui, mais justement…
M. Moreau :
M. le Président… M. le Président...
M. Moreau :
Pardon? Pardon?
Le Président (M.
Reid) : Écoutez, s'il vous plaît…
Moreau : M. le Président, je viens d'entendre le député de
Sainte-Marie—Saint-Jacques
blasphémer devant la commission.
Le Président (M.
Reid) : Excusez-moi…
Moreau : Il vient de blasphémer pour avoir la parole. C'est une
attitude que l'opposition officielle n'acceptera pas. Il va retirer ses propos puis il va s'excuser. Il n'y a personne
qui va blasphémer après l'opposition officielle ici, on est…
Président (M. Reid) : Alors, je suspends. Je suspends les
débats. Je suspends les débats pour quelques instants, le temps que ça
refroidisse un peu, là.
(Suspension de la séance à 16
h 13)
Président (M. Reid) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous allons reprendre les travaux. J'aimerais
vous dire tout de suite que, pendant cette période-là, on a eu le temps
de réfléchir un peu. Et je tiens à ce que cette commission fonctionne
normalement, même s'il y a des enjeux et des opinions qui sont importantes et
divergentes, peut-être. Et, pour ce faire,
je vais, d'une part, évidemment, me tenir plus près du mandat de la commission,
mais aussi plus près de notre règlement, et je vais accepter, donc, des interventions sur
le projet de loi ou des interventions de règlement,
mais en faisant en sorte que ces interventions-là soient d'abord
accompagnées d'un numéro d'article et que...
je peux vous lire l'article 40 de notre règlement, qui dit :
«Remarques lors d'un rappel au règlement — parce
que c'est ce dont il s'agit, une question de directive, c'est un rappel au règlement :
Le président peut autoriser quelques remarques à l'occasion d'un rappel au règlement.
Elles doivent se limiter à l'article invoqué et au point soulevé.»
Et l'article 41 dit
que la décision du président n'est pas discutée.
Donc, nous allons procéder,
et je vais donc demander s'il y a des interventions sur le projet de loi. Est-ce
que quelqu'un veut prendre la parole?
M. Moreau :
…question de règlement, M. le Président.
Le Président (M.
Reid) : C'est une question...
M. Moreau :
Je regrette infiniment...
Le Président (M.
Reid) : C'est une question de règlement?
M. Moreau :
Question de règlement. Vous voulez le numéro de l'article?
Le Président (M.
Reid) : C'est ça, bien oui.
Moreau : Je vais
passer l'examen, c'est le paragraphe 8° de
l'article 35 puis le paragraphe 7° de l'article 35. Écoutez, il y a un éléphant dans le milieu de la
place ici, là. La raison pour laquelle vous avez suspendu les travaux
tantôt, c'est parce que vous avez un député
du Parti québécois, le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui a blasphémé en pleine commission parlementaire. Je ne sais pas
trop si le blasphème vous était adressé à vous ou nous était adressé à
nous. Peu importe à qui il était adressé,
c'est tout à fait inacceptable, on est ici dans un Parlement, on est dans une
commission parlementaire. Puis là l'étape
suivante, c'est quoi, on va traverser la table puis on va commencer à se taper
sur le nez pour savoir qui a la parole?
règlement existe pour une raison, M. le Président, c'est pour être respecté,
pour qu'il y ait un décorum à l'Assemblée
nationale, et nous n'accepterons pas, jamais, d'être associés à des travaux…
Indépendamment des numéros d'articles,
là, on n'acceptera jamais d'être associés à des travaux qui dérapent dans des
conditions semblables à celles du député
de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Peut-être que les propos n'ont pas été captés au micro, là, mais tout le
monde ici l'a entendu. Puis on a eu des
propos semblables qui ont été tenus à l'Assemblée nationale en dehors du micro,
puis il y a des gens qui sont rentrés honorablement en faisant la seule
chose qu'ils devaient faire dans les circonstances, c'est de présenter des excuses, et je n'accepterai pas, et
l'opposition officielle n'acceptera pas rien de moins, rien de moins,
dans ce cas-là, que, un, il retire ses
paroles, deux, qu'il présente ses excuses. Rien de moins. C'est une question de
décorum, c'est une question de
crédibilité, puis c'est une question d'être à la hauteur des mandats qui nous
sont confiés par la population.
ça, là, je suis assez étonné, très sincèrement, M. le Président, qu'on veuille
reprendre les travaux béatement sans
poser de question puis en disant : Bien là, vous allez, quand vous
invoquez le règlement, là, nous dire en vertu de quel paragraphe vous intervenez. Très sincèrement, je
trouve que c'est infantilisant et que ça ne tient pas compte d'aucune
façon de ce qui s'est passé et de ce qui a conduit au dérapage qu'on a eu avant
la suspension des travaux de la commission.
Président (M. Reid) : M. le député de Châteauguay, si vous avez
le droit de parole, c'est parce qu'on a un règlement qui le permet. Et nous suivons ce règlement, et ce
règlement-là nous aide à avoir des débats qui sont respectueux.
Maintenant, sur le
point de règlement que vous avez soulevé, je dois vous dire que je n'ai pas
entendu les propos que vous mentionnez, et,
donc, le règlement et ma fonction ne me permettent pas de donner suite. Sauf
que, si le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques veut prendre la
parole, je vais lui donner la parole.
Breton :
M. le Président, je retire mes paroles et je m'excuse.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le député de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Maintenant, je vais prendre la prochaine…
Breton :
Voilà. Si on peut procéder…
Président (M. Reid) : Merci. Je vais prendre la prochaine
intervention sur… Donc, nous sommes à l'étude de l'article 153. Et il y a un amendement qui a été déposé par le député de
Mont-Royal, et cet amendement est en discussion. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui veut intervenir sur cet amendement avant
que nous l'adoptions ou que nous votions sur l'amendement? M. le député
de Mont-Royal.
Arcand :
Oui, M. le Président. Nous voulions discuter encore une fois de la question de
l'Institut des mines. L'amendement était le
suivant, on parlait, M. le Président, de la deuxième phrase du deuxième alinéa
de l'article 153 qui était modifiée
par le fait que l'avis de l'institut doit contenir des recommandations. Alors,
c'était l'objectif qui était recherché,
M. le Président, par cet amendement, et il faudrait que le ministre nous
explique pourquoi cet amendement-là n'est
pas acceptable à ses yeux. Il me semble que c'est clair, surtout qu'il y avait
dans le texte modifié, M. le Président, un texte qui disait : «L'avis de l'institut peut contenir des
recommandations.» Alors, nous, on pense que ça doit contenir des recommandations. Normalement, quand on donne un
avis, c'est pour avoir des recommandations. Alors, essentiellement, c'est
Président (M. Reid) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur cet amendement? Oui.
St-Pierre :
Combien il nous reste de temps sur l'amendement?
Président (M. Reid) : …je l'ai vu tantôt, vous l'aviez. Il
reste du temps, hein, sur l'amendement, quand même. Est-ce que vous
voulez prendre la parole, Mme la députée?
St-Pierre : Oui. Bien, c'est ça, je voudrais savoir… C'est
parce que, quand on a laissé, on a laissé en plein débat sur cet
amendement, mais ça faisait un petit bout de temps, là, que nous débattions.
Alors, je voulais savoir combien de temps il peut rester sur cet amendement.
Le Président (M.
Reid) : Sur l'amendement, Mme la députée, il vous reste 2 min
40 s.
St-Pierre :
Huit minutes?
Le Président (M.
Reid) : 2 min 40 s.
St-Pierre :
Deux minutes. Donc, c'est tout ce qu'il reste sur l'amendement pour notre…
Le Président (M.
Reid) : Pour vous.
St-Pierre :
Pour moi. O.K.
Le Président (M.
Reid) : Pour vous. Oui, c'est ça.
St-Pierre : Bien, enfin, j'irai très, très rapidement. Le
ministre a mentionné que cette loi
sur l'institut des mines avait été adoptée
par l'ancien gouvernement, ce qui est bien qu'il le dise parce que
semble-t-il que, dans son esprit, l'ancien gouvernement ne faisait pas nécessairement
les choses à la hauteur de ce que le Parti québécois prétend.
Ce que je peux dire,
c'est que, «doit», je pense que ça vient bonifier, je pense que c'est un pas
dans la bonne direction. Et, puisque le ministre veut avoir un ministère… En
fait, il aura un ministère tout neuf. Il est dans un ministère qui est quand même
un ministère important,
on le reconnaît. On reconnaît que ce ministère-là
a quand même besoin d'avoir certaines coudées franches, et je pense
qu'en mettant le mot «doit» plutôt que «peut», bien, on force un peu la
note, évidemment, à l'institut et, en même temps, on force l'institut à vraiment
pousser davantage ses recherches et ses
travaux. Et je pense que c'est une bonne chose parce que
«doit», ça peut toujours dire… Bien, on n'était pas obligés de faire des recommandations, on fait l'avis sans recommandation. Moi, des avis sans recommandation, je n'ai pas vu ça très, très
souvent. C'est vrai que je n'ai pas tout lu ce qui s'est fait comme avis comme
parlementaire, comme ex-journaliste correspondante
à la colline Parlementaire, mais, la plupart du temps, ce que je comprends,
c'est qu'un avis doit avoir des recommandations. Et, dans ce cas-là, ce
sont des recommandations qui pourront faire en sorte que… La question qui
touche les mines et toute la question de la formation concernant les mines,
bien, il me semble que ça peut être assez intéressant d'avoir «doit».
Président (M. Reid) :
Merci, Mme la députée de l'Acadie.
Est-ce que… Oui, M. le député de Mont-Royal.
Arcand :
Écoutez, M. le Président, moi, lorsque je regarde cet article-là, il m'apparaît
clair que… surtout que, dans les
commentaires que le gouvernement nous a donnés à ce niveau-là, on dit
essentiellement que l'article avait pour objet de modifier un
article sur la
Loi sur l'Institut national des
mines afin de créer l'obligation de cet institut de donner son avis. Alors, c'est le texte même, là, qui est dans
les commentaires, dans les cahiers qui nous ont été déposés. À partir du
moment où on crée l'obligation de donner un avis, entre un avis puis une
recommandation… En tout cas, ça se ressemble
pas mal. Et, donc, je pense que la population a soif d'avoir quand même à
l'intérieur de ça des éléments qui font
en sorte qu'on a besoin d'avoir des recommandations précises. Lorsqu'on décide
d'avoir, justement, un… on fait appel
à des gens, c'est pour avoir des recommandations, ce n'est pas juste pour avoir
une… C'est une opinion que l'on demande
dans la plupart des cas. À moins que le ministre nous dise que lui, il a besoin
d'avis généraux sur des choses, normalement
n'importe quel avis qui est demandé doit contenir — à notre avis, en tout cas — des points de recommandation qui sont
majeurs.
Alors, c'est un peu
dans ce sens-là qu'on a déposé, M. le Président, cet amendement à l'article
153. Et que le ministre nous explique exactement pourquoi cela n'est pas
possible, il me semble que, dans les circonstances, c'est quelque chose qui est
raisonnable.
Président (M. Reid) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a
d'autres commentaires sur cet amendement? On va passer au vote sur l'amendement…
Non.
Arcand :
M. le Président…
Le Président (M.
Reid) : Pardon?
Arcand :
…je veux juste que le ministre nous réexplique un peu s'il est d'accord ou pas
avec cet amendement et pourquoi.
Le Président (M.
Reid) : M. le ministre, est-ce que vous souhaitez prendre la
parole?
Duchesne : De façon très courte parce qu'on en a débattu déjà
pendant plusieurs heures. Mais je dirais que, déjà dans la mission de l'organisme, de l'Institut national des mines,
l'institut peut émettre des recommandations ou des avis fondés. Et on
dit «peut contenir des recommandations» parce que, dans le type de mandat qu'il
a, cet institut, il a, par exemple, des
activités de veille, des activités où il doit estimer les besoins de formation
et qui n'engagent pas obligatoirementà
des recommandations. Alors, d'indiquer «doit», comme si, à chaque fois, il
devait y avoir des recommandations, c'est restrictif et ça ne représente pas le mandat et la mission d'origine de
l'Institut national des mines, qui ont été définis, je vous le rappelle,
par une loi quand même très récente par le précédent gouvernement.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. Oui, M. le député de
Châteauguay.
M. Moreau : Sur le dernier commentaire
du ministre, là, strictement en rédaction juridique, le mot
«doit» n'est pas un verbe qui est restrictif. Au contraire, c'est un verbe qui
est attributif d'une discrétion et d'une juridiction, qui est plus large encore
que le simple fait d'avoir la possibilité de le faire. Ça, c'est l'abécédaire de la
rédaction législative. Alors, si l'institut
estime qu'il n'a pas à émettre de recommandations, il peut simplement, dans l'avis qu'il donne, parce que c'est le texte...
Alors,
l'institut doit donner son avis. Est-ce que le ministre estime que
l'utilisation du mot «doit» dans la première phrase est une restriction
qui est faite à l'institut? S'il nous dit que le mot «doit» est restrictif, je
comprends que l'analyse
qu'en fait le ministre, c'est qu'à partir du moment où on parle du pouvoir d'avis de l'institut on aurait
restreint la juridiction de l'institut dans la possibilité qu'il a d'émettre ou
non un avis. Ce n'est pas du tout ça. Alors, on utilise le mot «doit» au début de l'article
7 pour donner la juridiction à l'institut d'émettre un avis. Pourquoi
n'utilise-t-on pas le même verbe dans la dernière phrase pour lui
permettre de faire des recommandations? S'il estimait qu'il n'a aucune recommandation
à faire, la recommandation pourrait très bien porter sur le fait de dire :
Dans les circonstances et compte tenu de la nature du mandat particulier que
nous exerçons dans le contexte de la loi, je n'ai pas à émettre de recommandations.
Alors, il n'y a
pas d'incompatibilité entre le fait que l'intervention de l'institut, à
certains égards, ne porte pas à des recommandations et qu'à certains
autres égards elle porte sur des recommandations. Et l'explication que vient de
nous fournir le ministre
est incompatible avec l'utilisation d'un verbe différent dans la question relative
aux avis de l'institut. Alors, sur cette question, la cohérence voudrait
que, si l'institut doit donner son avis sur toute question relative aux domaines — au pluriel, c'est l'ensemble des domaines
dans lesquels il veut intervenir — ou matières de sa compétence qui lui
est soumise par le ministre ou par le ministre de l'Enseignement supérieur, de
la Recherche, de la Science et de la Technologie,
pourquoi le restreindrions-nous dans la capacité qu'il a d'émettre des
recommandations, d'autant que, dans le contexte, si le ministre ne lui
soumet pas la question ou s'il ne veut pas avoir les recommandations de l'institut
parce qu'il y a l'utilisation du mot «doit», il a juste à ne pas lui poser la
question? La façon dont vous rédigez l'article, c'est exactement dans ce sens-là.
Le Président (M. Reid) : Merci,
M. le député de Châteauguay. M. le député de Saint-Hyacinthe voudrait prendre
la parole.
Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Oui. Merci, M. le Président. Bien, moi, quand je lis la définition du mot
«doit» comme tel, ça devient une obligation
de le faire, et je pense qu'on ne peut pas se soustraire à l'obligation quand on le met dans un projet de loi. D'ailleurs, les juristes qui ont écrit la
Loi sur les mines
l'ont bien dit dans le texte actuel : «L'institut doit donner au ministre
son avis sur toute question...» lui soumet relativement aux domaines ou
matières de sa... «Il peut en outre
accompagner l'avis de ses recommandations.» Alors, si, dans le texte actuel, il y a
quelques années, on a jugé bon que
c'était ça, la vraie définition, la bonne définition, je ne vois pas pourquoi
qu'on vient contredire dans le nouveau texte ce qui était déjà là pour
la
Loi sur les mines. Alors, c'est un petit peu un débat de... Je pense, moi, qu'il
ne faut pas étirer non plus, dire que «doit», ça ne veut pas rien dire. «Doit»,
c'est une obligation pour moi, puis c'est une obligation au sens légal aussi.
Le Président (M. Reid) : Merci,
M. le député de Saint-Hyacinthe. M. le député de Montarville.
M. Le Bouyonnec : La Prairie,
monsieur…
Le Président (M. Reid) : Non,
pas Montarville, excusez. La Prairie, pardon.
M. Le
Bouyonnec : Oui.
J'aimerais simplement remettre en contexte que ce débat au sujet de l'article
153 est un petit peu à la lumière aussi de ce qui s'est produit lors
du dépôt du projet de loi n° 43, là, sur la modification du régime minier. Et ce qui avait été souligné par notre groupe parlementaire était à l'effet que le gouvernement aurait eu avantage à davantage, justement, prendre avis de
scientifiques et de gens qui auraient pu contribuer davantage à une meilleure
rédaction de ce projet de loi. Je vous rappellerais, M. le
Président, qu'il y a
des groupes comme l'Ordre des géologues, par exemple, ou l'association des explorateurs qui ont vraiment décrié ce projet de loi comme étant un projet de loi qui, même au niveau de la science, faisait fi réellement du fonctionnement
réel de nos entreprises et de la prospection minière au Québec.
Un exemple de
ça, c'était d'exiger, par exemple, au niveau nucléaire, avant de faire des forages,
d'avoir des tests hydrogéologiques afin d'étudier la forme de la nappe
phréatique, lesquels tests hydrogéologiques exigent de faire des trous. Donc,
on demande la permission de faire des trous et, pour ce faire, on doit faire
des trous. C'est ce genre de situation que
l'on pense… Et l'autre exemple flagrant, ça a été de demander aux sociétés
d'exploration de dévoiler, pour une période
de 12 mois, toute la planification de leurs travaux d'exploration, alors que
n'importe quel géologue, des chaires en géologie vous diraient : Ils ne le savent pas 12 mois d'avance, ça
dépend un peu de ce qu'ils trouvent, et, en fonction de ce qu'ils
trouvent, ils ajustent.
Alors, on
trouve que le ministère de l'Enseignement supérieur a accès à des ressources
importantes, à travers le réseau universitaire, de gens dont la
compétence est reconnue au niveau mondial. Et le ministre, et le gouvernement, à travers le ministre, a accès à ces
ressources-là. Il serait quand même rassurant pour la population que, lorsqu'on
pense, par exemple, modifier un régime
minier, comme ce qu'on tente de faire avec le projet de loi n° 43, que le
ministre décide, effectivement, de se
retourner vers l'Institut des mines, de demander un avis et que l'Institut des
mines ait, effectivement, une
obligation d'émettre des recommandations. Ce serait donc quelque chose qu'on
aurait qui ajouterait au débat, qui permettrait
d'éclairer le législateur, d'éclairer la population, et on aurait le sentiment
que des erreurs flagrantes comme celles qui ont été commises dans le
p.l. n° 43 pourraient être évitées.
vous remarquez, M. le Président, qu'à plusieurs moments autant l'opposition
officielle que nous, nous sommes intervenus
pour tenter de voir comment le ministre et le ministère peuvent jouer un rôle
de développement économique plus
senti en utilisant l'ensemble des ressources du réseau pour avoir un impact sur
l'économie réel. Et, on voit là encore une fois un exemple, à travers
cet
article concernant l'Institut des mines, de la sous-utilisation de nos
ressources intellectuelles à l'intérieur même du périmètre des ressources du
ministère, ce qui fait qu'on est… on le répète, on est favorables à cet amendement visant à modifier le
«peut» par «doit contenir des recommandations si un avis est demandé par
le ministre».
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le député de La Prairie. Je passe
maintenant la parole au ministre.
Duchesne : Oui. J'essaie juste d'expliquer pour la
population — il y en
a certains qui nous écoutent, il y en a d'autres qui sont plutôt actifs
sur les réseaux sociaux qui suivent les débats parlementaires — que
nous sommes en train d'étudier le projet de
loi qui va consacrer l'existence du ministère de l'Enseignement supérieur, de
la Recherche, de la Science et de la Technologie et que nous en sommes à
la huitième heure de la discussion sur l'Institut national des mines. Je demande aux gens de ne pas être surpris.
Il semble que l'opposition officielle ait décidé de faire une analyse
très précise de la Loi de l'Institut national des mines, qui est la leur, ça a
été adopté par le précédent gouvernement.
Alors,
quand il y a une loi constitutive d'un ministère comme ce nouveau ministère, il
y a beaucoup d'articles de concordance parce que ça a un impact sur
certaines lois autres, et nous en sommes là. Or, par un étrange contexte, nous
en sommes à la huitième heure où nous tentons de redéfinir des articles de
l'Institut national des mines, M. le Président,
alors que nous tentons… nous espérons, nous souhaitons, nous allons persister à
vouloir débattre de la création du ministère de l'Enseignement
supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie.
suis cependant disponible pour continuer à argumenter sur est-ce que, dans
l'article, nous devons utiliser le mot «doit» ou le mot «peut» ou est-ce
que nous devons garder le mot «peut» et le mot «doit» et je demande à ceux qui nous écoutent de bien être conscients qu'au-delà
de ces débats de mots et de sémantique on tente, ici, de faire adopter
une loi qui va consacrer l'existence du ministère de l'Enseignement supérieur,
de la Recherche, de la Science et de la Technologie, ce qui est l'objectif et
le but visé.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. Je passe maintenant la parole au
député de Mont-Royal.
Arcand :
Merci, M. le Président. Bien, je dirais là-dessus suite aux propos du ministre…
je dirais la chose suivante, c'est
que, s'il y avait une telle urgence, pourquoi, la semaine dernière, nous
n'avons pas siégé en commission parlementaire?
J'ai beaucoup de difficultés à ce niveau-là par rapport aux propos du ministre.
Moi, je tiens à répéter à ceux qui nous écoutent qu'à propos de cet
amendement-là ça fait plusieurs amendements que l'on dépose, qu'on a déposés et sur lesquels le deuxième groupe d'opposition
est en accord avec nous, et ce, sans qu'il y ait eu de concertation
entre les deux groupes. Et là nous déposons des choses qui nous permettent, à
notre avis, d'être plus efficaces, et, lorsque je regarde, M. le Président, les
citations du ministre de l'an dernier, par exemple, à l'époque, il a dit :
Pour ce qui est du désir des gens de discuter, on va essayer, nous… On change
de régime, nous allons cesser l'affrontement, favoriser le dialogue. Nous
voulons qu'il y a ait vraiment une grande démocratie, on va continuer à écouter
et à consulter.
a présenté, M. le Président, de nombreux amendements, des amendements
qui ne mettaient pas du tout, du tout en
cause l'existence du nouveau ministère, et on s'est refusé à plusieurs reprises… et ce,
alors que nous et le deuxième groupe d'opposition, nous étions d'accord
avec certains des amendements, comme c'est le cas aujourd'hui au niveau de l'article 153. Nous nous sommes heurtés depuis le début à
un refus, je dirais, obstiné du ministre. Alors, si le ministre, aujourd'hui, est rendu à la huitième heure, comme il dit, sur cet article-là, je pense
qu'il doit en porter la responsabilité parce
que c'est lui qui, par ses refus, par
une certaine intransigeance de sa part sur des amendements qui m'apparaissent
quand même relativement bénins et qui n'ont pas d'impact significatif sur
l'existence même du ministère, c'est lui qui continue de faire en sorte
que ces débats-là se prolongent et sont source de discussion qui, à ses yeux,
est une discussion qui n'en finit plus. Alors,
je lui fais appel encore une fois pour qu'il essaie, dans la mesure du
possible… Je pense qu'on ne parle pas, à ce stade-ci, M. le Président, de problème fondamental au
niveau de la vision du ministère,
je pense qu'on parle de détails qui sont quand même techniques, mais
qui ont leur importance. La population est très suspecte, M. le Président, sur une
chose, elle voit le nombre effarant d'organismes qui ont été créés, et cette population
a l'impression que ces organismes
sont souvent des organismes dont l'utilité peut être souvent remise que question,
et je pense que c'est notre rôle comme parlementaires,
dans le cadre de projets de loi, de s'assurer que ces organismes fassent le
meilleur travail possible, M. le Président, et que ces organismes puissent
aussi, si vous me permettez l'expression, se mouiller dans bien des domaines.
Lorsque
le ministre, par
exemple, demande des avis, je pense
que le ministre devrait… on devrait être en mesure d'avoir, à ce stade-ci, des recommandations formelles. Le ministre a toujours la liberté d'accepter ou de ne pas
accepter ces recommandations, mais je pense
que, lorsqu'on demande à des experts, à des gens qui ont la connaissance, qui doivent guider le ministre dans sa décision… Il m'apparaît
très évident, M. le Président, que, si on décide d'aller dans cette direction-là, il me semble que la moindre des choses,
c'est de véritablement y aller avec des recommandations.
Lorsque j'appelle des experts, que ce soit
un comptable, un bureau d'avocats… Moi, j'ai toujours demandé des recommandations,
j'ai dit : Écoutez,
il y a telle cause, j'ai besoin d'un avis, j'ai besoin d'avoir une recommandation formelle suite à l'avis que vous
me donnez. Quels sont les éléments pour une cause, contre une cause? Lorsque je
demande à un bureau decomptables, M. le Président, de me donner une opinion, par
exemple, sur des questions
de nature financière, est-ce que j'ai
le droit à tel crédit d'impôt, est-ce que j'ai le droit à ci… je dois avoir une
recommandation, je ne peux pas juste… il doit me
dire : Écoutez, procédez de telle façon, vous allez pouvoir réussir.
Alors,
il me semble qu'on peut exiger de nos institutions publiques un peu la même chose, c'est-à-dire qu'on doit exiger de pouvoir
être en mesure de nous donner des informations qui sont véridiques et une opinion franche et
honnête. Encore une fois, ça n'enlève absolument, M. le Président, aucun
pouvoir au ministre à ce niveau-là, le ministre est tout à fait libre d'en
tenir compte ou de ne pas en tenir compte, mais, au moins, il a sur la table un
avis qui est clair et des principes de recommandation.
Je fais appel au sens démocratique du ministre,
que, pour ces amendements qui sont des amendements qui sont relativement,
je dirais, des amendements mineurs dans le texte du projet de loi… Je dis que
le ministre devrait, à ce moment-là, tenir compte, à tout le moins, des avis de l'opposition, des avis unanimes de l'opposition, parce
que, justement, ces amendements
permettraient, à ce moment-là, peut-être de rétablir un climat, qui, on peut le dire,
depuis les dernières heures, n'a pas
été tellement présent à
l'intérieur de cette commission.
Alors, c'est en ce sens-là que je demande donc au ministre
de faire preuve de flexibilité. Il me semble que ça ne change absolument
rien au sens et à l'article de ce projet de loi, je ne vois pas pourquoi
on devrait nous refuser cet élément-là. Et, essentiellement, c'est ce que je demande au ministre.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le député de Mont-Royal. Est-ce qu'il y a une
autre intervention sur cet amendement?
M. Duchesne :
Oui, M. le Président, peut-être…
Le Président (M.
Reid) : M. le ministre.
Duchesne : Oui, rapidement, M. le Président, peut-être de bien
expliquer… Peut-être qu'au début… Je peux comprendre, là, que le député de Mont-Royal n'ait pas le souvenir du
début des discussions, là, on en est à la 31e heure de discussion. Mais, dès les premières heures — et là il y avait un autre porte-parole qui
s'occupait des questions en matière d'enseignement
supérieur, qui était le député de Laurier-Dorion — nous avons, avec lui et avec la seconde
opposition, accepté des amendements, et pas
n'importe lesquels, M. le Président, des amendements liés à la mission du
ministre et à certains aspects liés à son action. En fait, c'étaient les
articles liés à la mission et au fonctionnement du ministère. Et, à ce jour, M. le Président, le décompte est, il me
semble… il y a peut-être… on en a peut-être oublié un ou deux, mais il y a 12, 12 amendements qui ont été adoptés,
dont plusieurs donnaient suite à des demandes formulées par l'opposition.
Alors, vous voyez que la flexibilité, elle est là.
le député de Mont-Royal me citait — en fait, je pense, c'était en novembre
2012 — quand je
parlais de dialogue, d'écoute et de
consultation, nous l'avons fait à ce moment-là pour préparer un sommet de
l'enseignement supérieur qui a mis
fin à la crise étudiante dont on a hérité du précédent gouvernement. Et nous
avons continué à écouter, à dialoguer, à consulter, ce qui nous a amenés
à déposer, au nom de notre ministère, de ce ministère qu'on va consacrer, je l'espère,
bientôt, déposer une politique nationale de
la recherche et de l'innovation qui a été saluée par tous, et je pense que et
le milieu de la recherche et le milieu de l'innovation, du côté des
entrepreneurs, vont peut-être se questionner à savoir comment se fait-il que l'existence
même du ministère n'est pas encore consacrée.
Le Président (M.
Reid) : …M. le ministre. Je vois que j'ai encore des
interventions. M. le député de LaFontaine, votre temps est écoulé.
Président (M. Reid) : Non, vous n'avez pas la parole, votre
temps est écoulé parce que vous avez été remplacé le député, qui a
écoulé tout votre temps. Donc, vous n'avez pas le droit de parole.
M. Tanguay :
Ah! O.K. Qui était la députée ou le député?
Le Président (M.
Reid) : Le député de Mont-Royal, qui, maintenant, parle sur le
temps de la députée qu'il remplace aujourd'hui.
M. Tanguay :
Je ne comprends pas, là.
Le Président (M.
Reid) : Mais le règlement fait en sorte que votre temps est
écoulé pour cet amendement.
Tanguay : O.K. Juste pour ma gouverne, pour bien comprendre, je
suis membre de cette commission et je n'ai pas encore parlé sur l'article
153, je veux juste comprendre, là…
Président (M. Reid) : Mais vous avez été remplacé par le député
de Mont-Royal, qui, lui, a pris tout votre temps, et, maintenant, il
prend le temps de la personne qu'il remplace, qui est la députée de Mille-Îles.
Tanguay : O.K. Parfait. Parce que c'est le député de
Mont-Royal, M. le Président, je ne lui en ferai pas grief.
Le Président (M.
Reid) : Merci. Merci.
Arcand : M. le Président, il n'est pas possible pour
moi de céder mon temps au député de LaFontaine, alors je vais tenter de
répondre. Donc, il me reste combien de temps, M. le Président?
Le Président (M.
Reid) : Sept minutes.
Arcand :
Ah! il me reste sept minutes, M. le Président. Moi, je…
Le Président (M.
Reid) : Allez-y, monsieur…
Arcand :
Oui. Alors, écoutez, M. le Président, je… Vous savez, on discute d'un article,
il parle d'amendements qui ont été faits. Ce sont des amendements qui
ont peut-être été acceptés, mais il y a beaucoup d'amendements qui ont été refusés. Je pense qu'il y a un nombre
supérieur d'amendements qui ont été refusés de ce côté-là. Je n'entrerai
pas, M. le Président, sur des débats de
nature politique, je sais que le ministre aime beaucoup plus faire de la
politique au sens partisan du terme. Mais il est clair que la politique
nationale d'innovation du ministre n'a aucune base budgétaire actuellement, et, donc, il est clair que tous ceux
qui sont très heureux de voir certaines sommes d'argent se profiler…
Bien, il sera intéressant de voir si ces sommes d'argent là seront au
rendez-vous, M. le Président, puisque cette politique va jusqu'en 2019. Donc,
ça donne, évidemment… Et, comme par hasard, M. le Président, il y a très peu d'argent
en début de mandat, et, donc, on promet pour l'avenir.
Ceci étant dit, M. le
Président, je dirais la chose suivante au ministre par rapport à cette espèce
de crise qu'il prétend avoir réglée. Il a possiblement réglé pour l'instant le
cas des manifestations dans les rues, mais, pour avoir parlé, M. le Président, aux gens des cégeps et aux gens des universités,
il est très clair que la crise de financement
au niveau des universités est loin d'être réglée, M. le Président. C'est
une crise qui se perdure, c'est une crise qui s'amplifie, et, au moment où on
se parle, M. le Président, la situation est telle que…
M. Roy :
M. le Président,
article 211, la pertinence.
Président (M. Reid) : Oui. En fait, M. le député, je vous
demanderais de circonscrire un petit peu. J'ai laissé, de part et d'autre, faire des interventions qui ne
sont pas toujours tout à fait sur l'amendement, qui sont un peu
périphériques, mais j'aimerais qu'on revienne à l'amendement le plus tôt
possible.
Moreau : Sur la question de règlement, M. le Président, vous
venez, justement, de dire que vous avez donné une latitude. La latitude…
Le Président (M.
Reid) : Mais, M. le député…
M. Moreau :
Le député de Saint-Hyacinthe…
Le Président (M.
Reid) : M. le député, je l'ai donnée, la latitude, de part et d'autre
à deux reprises…
M. Moreau :
Oui. Non, mais là on est rendus à d'autres…
Président (M. Reid) : Oui, mais, de part et d'autre, il y a quand même
un bout qui est fait. Donc, je demande au député de continuer, mais de
peut-être se ramener le plus rapidement possible plus près de l'amendement.
Arcand :
M. le Président, vous ne pouvez pas quand même…
Duchesne : M. le Président, j'ai entendu le député de
Mont-Royal dire — et je cite — que je prétends avoir mis fin à la
crise étudiante. J'aimerais qu'il m'explique…
M. Moreau :
À quel article…
Président (M. Reid) : M. le ministre, je m'excuse, je vous
arrête tout de suite parce que j'ai dit dès le début de la reprise des
travaux que j'allais me tenir beaucoup plus près du règlement. Si vous avez une
intervention d'ordre réglementaire, je vous demande le numéro de l'article et
un bref commentaire.
M. Duchesne :
Oui. Bien, écoutez, je…
M. Moreau :
C'est quoi, le numéro de l'article?
M. Duchesne :
C'est l'article 35, M. le Président. Alors, est-ce que j'ai la parole, M. le
Président, ou c'est le vis-à-vis, qui se comporte de façon tout à fait
arrogante, qui a la parole?
M. Moreau :
Ah! question de règlement, M. le Président.
Le Président (M. Reid) :
…non, personne n'a la parole actuellement. Personne n'a la parole, là. Je l'ai
donnée au ministre, et là il commence à y avoir encore des difficultés à ce que
nous nous entendions. Je vais entendre M. le ministre,
qui prendra le temps de nous dire quel est le règlement et quelle
partie du
règlement il s'agit. Il a le droit de faire un rappel au règlement, et
je vais l'écouter, mais il faut que ce soit bref.
Duchesne : Oui. Alors, M. le Président, le député de Mont-Royal
dit que je prétends avoir réglé… il dit que je… c'est une prétention que d'avoir réglé la crise étudiante.
J'aimerais qu'il m'explique, est-ce qu'il y avait une crise étudiante en
2012?
M. Moreau :
Ce n'est pas une question de règlement.
Le Président (M.
Reid) : Je ne pense pas que ce soit une question de règlement,
M. le ministre.
M. Moreau :
J'ai une question…
Président (M. Reid) : Monsieur, vous n'avez pas la parole
encore. Je ne pense pas que ce soit une question de règlement, M. le
ministre. Alors, je vais demander à ce qu'on passe à une autre intervention. M.
le député de Châteauguay, vous avez une intervention?
Moreau : Question de règlement, oui. Juste avant de faire une
question de règlement qui n'en était pas une, le ministre m'a imputé une
attitude qui n'est absolument pas la mienne, qui reflète peut-être la sienne,
mais qui ne reflète pas la mienne.
Le Président (M.
Reid) : C'est en vertu de quel règlement, votre intervention?
Moreau : En vertu de l'article 35, il ne peut pas imputer des
motifs indignes. Paragraphe 6°,
article 35. Alors, il a qualifié mon attitude en utilisant un propos qui
est contraire à notre règlement. Alors, je vous demande, M. le
Président, de demander au ministre de retirer… et de cesser de faire de la
projection.
Président (M. Reid) : Alors, M. le ministre, je vais vous
demander d'être prudent et de faire attention — et
tout le monde — au langage. Nous voulons essayer de garder
une possibilité de discuter sur le mandat de la commission, et je vais laisser la parole… Parce que M. le député
de Mont-Royal était bien parti sur sa lancée, et je voudrais qu'il
continue, tout en ayant la remarque… en tenant en tête la remarque que j'ai
faite.
Arcand :
C'est parce que, M. le Président, je tiens, encore une fois, à rappeler que
c'est le ministre qui a parlé de sa politique
nationale de recherche et d'innovation. Vous n'allez pas me reprocher de
répondre à certains des propos du ministre.
Même si je comprends très bien que mon rôle, c'est de parler de l'article et
d'aller en détail au niveau de l'article, mais il me semble qu'il est
important, quand même, que je puisse répondre aux propos du ministre en ce
sens-là. Et mon seul propos était de
terminer, M. le Président, en disant que la crise de financement, actuellement,
des universités, elle est toujours
présente. Elle est toujours présente parce que ce que l'on voit
actuellement — et la
population devrait également être très consciente de la
problématique — c'est
que les universités, qui ont de plus en plus de difficultés, qui ont des
problèmes de financement… Et je dirais au ministre, en plus, qu'ils ont des
problèmes d'infrastructures. Probablement, le plus gros défi des prochaines
années pour les universités, c'est non seulement d'avoir des budgets
acceptables, mais c'est d'avoir des infrastructures de qualité.
Comme vous le savez, M.
le Président, la technologie change rapidement…
Duchesne : …M. le Président, la pertinence. Nous sommes en train de discuter de l'amendement qui se lit ainsi : «L'avis de l'institut doit contenir des recommandations»,
et on parle de l'Institut national des mines.
Président (M. Reid) : M. le ministre, je vous soulignerai néanmoins que j'ai été, jusqu'à
un certain point, assez ouvert à ce qu'on s'éloigne un petit peu, en
périphérie de l'article, et je vais laisser le député terminer parce que vous
avez aussi profité de cette liberté.
Arcand : Alors, M.
le Président, on voit encore une fois
que le ministre, dans un projet
de
loi sur lequel… Nous le répétons, nous avons accepté le principe
de ce projet de loi. Le principe du projet de loi, il a été
accepté. On avait certaines
réticences, compte tenu des questions économiques qu'on n'y retrouvait pas dans la
mission de ce projet de loi, mais, finalement, le mot «économique», au grand
dam du ministre, semble, au moins, y figurer dans une certaine
mesure.
Duchesne : M. le Président,
article 35, le député de Mont-Royal m'impute des
motifs. Il semble dire que le mot «économique», je le crains.
M. Moreau :
Ça va bien, hein? Ça va bien, M. le Président.
Le Président (M.
Reid) : Bien, écoutez, je pense que j'avais demandé votre collaboration
à tous. Je ne pense pas qu'il s'agisse ici d'un motif indigne, c'est mon…
Duchesne : …M. le Président.
Le Président (M.
Reid) : C'est mon jugement. Et, comme président, je dois
prendre des décisions…
Duchesne : M. le
Président, il vient de dire qu'au grand dam, au grand dam, on a inclus le mot
«économique».
Le Président (M.
Reid) : Mais, M. le ministre, il s'agit d'opinion, et c'est…
M. Duchesne :
Sur quoi se base-t-il pour dire cette chose-là?
Président (M. Reid) :
Je vous demande votre collaboration à tous, ce n'est pas un rôle facile. Je suis
votre collègue, et j'ai le rôle malheureusement pas facile de pouvoir faire
en sorte que la commission
avance, et, donc, je prends les
meilleures décisions que je puisse prendre. Dans le cas présent, je vais demander
au député de conclure. Il semblait conclure actuellement, là.
Arcand :
Oui, M. le Président, je vais conclure. Mais je dirai simplement que c'est une
opinion. C'est une opinion qui était
partagée, d'ailleurs, par le député de Laurier-Dorion, qui m'a dit
que seulement un effort énorme qui a été fait, et de nombreuses heures
de discussion, et surtout une unanimité de l'opposition ont fait en sorte qu'on
a pu inscrire ces changements au sein du projet de loi. Nous nous retrouvons aujourd'hui avec exactement la même chose. Nous avons un amendement
à un article, nous avons un amendement qui est partagé par
les deux oppositions. Normalement, lorsqu'un amendement, M. le Président,
est partagé par les deux oppositions, un, le ministre doit en tenir compte de façon
encore plus importante, nous croyons. Nous croyons que ça a quand même
un poids politique important, et il devrait en tenir compte, surtout que ce n'est pas un changement majeur de
vision, de direction du ministère, c'est une imputabilité, pour nous, qui est
supérieure. C'est une amélioration, à notre avis, au texte du projet de loi.
donc, M. le Président, en ce sens-là, je reviens à la question
principale, je demande encore une fois au ministre de faire preuve d'un
minimum de flexibilité, d'accepter notre amendement, cet amendement qui est
pour nous quelque chose auquel on tient. Ça fait… À plusieurs reprises, nous avons voulu essayer de rendre nos institutions imputables, et donc, en ce
sens-là, je pense que c'est un amendement qui est tout à fait conforme. Alors que la population demande, M. le Président,
beaucoup plus d'efficacité, beaucoup plus de gestion, beaucoup
plus d'implication de la part de nos institutions, il me semble qu'un
article
comme ça dans le projet de loi reflète, justement, cette préoccupation des citoyens.
Alors,
M. le Président, je voudrais que… J'ai plusieurs
citations du ministre, lorsqu'il dit, par
exemple, qu'il va étudier, qu'il va continuer à réfléchir, qu'il va
continuer à écouter et à consulter, qu'il favorise le dialogue. Il avait
reproché au gouvernement une politique de division. Eh bien, lui, il a
dit : Nous sommes dans la politique de discussion, de l'ouverture et du dialogue. Bien, M. le Président, malheureusement, ce n'est pas ce que l'on voit aujourd'hui, et c'est sur ce petit détail que
nous voyons, M. le Président, que le
ministre s'entête, je pense, pour des considérations qui ne changent pas
profondément, M. le Président, la nature
même de cet
article 153 qui est devant nous et qui est très important pour
les gens, M. le Président, du Nord québécois en particulier.
Parce
que, s'il doit y avoir, M. le Président, une croissance, une croissance au
Québec dans les prochaines années, n'importe
quelle personne qui nous écoute va comprendre… Et je pense que le plus bel exemple que l'on a, c'est l'exemple de Terre-Neuve, qui était probablement la province qui
était sinon la dernière, parmi les dernières au point de vue du produit
intérieur brut par habitant, et, à partir du moment où elle a commencé à
exploiter les mines, les hydrocarbures, et ainsi
de suite… Eh bien, aujourd'hui, Terre-Neuve ne reçoit plus de
péréquation de la part du gouvernement fédéral parce qu'elle est maintenant une province riche. Alors,
nous, on pense que l'Institut des mines peut jouer un rôle majeur dans
le développement, doit se mouiller, faire des recommandations, et je termine
simplement en demandant une dernière fois au ministre de nous écouter là-dessus.
Président (M. Reid) :
On a un peu de temps. Est-ce qu'il y a d'autres interventions… Oui, pardon, il y avait une demande du député de La Prairie.
Le Président (M.
Reid) : Oui, allez-y, vous avez une priorité, une alternance, si
vous voulez.
M. Duchesne :
Merci, M. le Président. Alors, l'amendement…
Le Bouyonnec :
Excusez-moi. Parce que j'ai l'impression que ça fait plusieurs
fois que vous m'oubliez, alors je veux savoir, dans l'ordre d'intervention,
c'est à quel moment que vous me donnez la parole.
Le Président (M.
Reid) : En fait, par alternance. Le ministre, et, après ça, c'est
vous.
M. Duchesne :
Alors, l'amendement en question sur l'Institut national des mines, dans le
cadre, je vous le rappelle, d'un projet de loi qui tente de consacrer l'existence du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la
Science et de la Technologie. Et, en cette neuvième heure de débat sur l'Institut
national des mines, l'amendement dit :
«L'avis de l'institut doit contenir des recommandations.» Ce que l'opposition
officielle nous dit actuellement, c'est qu'il faut changer «peut» par
«doit».
Alors,
si nous ajoutons «doit», l'institut aurait donc toujours à inclure une
recommandation. Par contre, si l'avis qu'on
demande porte… Et, ça arrive dans le cadre des travaux de l'institut sur des
perspectives d'emploi, les métiers en demandent,
bien sûr toujours dans le domaine minier. Ce sont des avis qui ne portent pas
de recommandation. Alors, la formulation selon laquelle nous utilisons
«peut», hein, «l'avis de l'institut peut contenir des recommandations», est
tout à fait recommandée, appropriée, et c'est la plus souple, c'est la plus
souple des formulations.
Alors, je ne
vois pas pourquoi on enlèverait de la souplesse à cet
article de la loi, qui a
d'ailleurs été adopté par le précédent gouvernement il n'y a pas très
longtemps.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. M. le député de La Prairie.
M. Le Bouyonnec : Oui. À mon
tour, je rappelle au ministre, pour qu'il puisse donner un peu de leste sur cet
amendement-là, qui, je le rappelle, là, ne
remet pas du tout en question la création du ministère, non plus qu'il ne
vienne saper l'autorité du ministre… Je
rappellerais au ministre qu'effectivement il y a eu des discussions sur des
amendements au début de cette commission parlementaire. Les deux groupes d'opposition
ont fait des efforts par moments pour se synchroniser. Ce n'est pas
nécessairement toujours facile, et puis on a pu réussir.
Pour notre
part, on croit qu'à partir du moment… Et je pense qu'il faut prendre acte que
le gouvernement est un gouvernement minoritaire. À partir du moment où,
en commission parlementaire, des ajouts, des bonifications sont proposés, si M. le ministre, vous nous reprochez
de perdre du temps dans cette commission parlementaire, honnêtement, je trouve que vous pourriez vous adresser le reproche
à vous-même parce que ce mot, il ne change rien fondamentalement, mais
il adresse une préoccupation, je pense, du citoyen, des parlementaires au
moment… Vous nous parliez de votre politique d'innovation, je pense qu'il y a
eu cinq ou six nouveaux organismes qui ont été créés, donc le même débat, éventuellement nous allons l'avoir. Et, je sais
que vous avez sûrement des ambitions importantes pour votre ministère,
il y a des pièces législatives qui nous attendent, entre autres peut-être sur
le Conseil national des universités. Alors, moi, j'aimerais qu'on évite d'avoir
ces pertes de temps, que vous puissiez faire preuve d'un peu de souplesse.
La même
question de l'avis, on l'a eue… Combien d'heures — Mme la secrétaire pourrait nous le
dire — avons-nous perdues pour tenter d'avoir une
réintroduction de l'avis demandé au ministère des Finances et de l'Économie lors de la création d'un centre collégial de
transfert technologique, qui est… À mon sens, ce n'est que le gros bon
sens, et, pourtant, nous avons perdu encore des heures. Ce n'était pas un grand
compromis de la part du gouvernement que d'accepter
que, lorsque la création d'un centre collégial de transfert technologique… un
avis soit demandé au ministère des Finances et de l'Économie.
Et aussi,
pour l'institut, M. le ministre, vous disiez : On parle ici de la loi
créant le ministère, on n'est pas ici pour refaire, bon, l'Institut
national des mines. Bien, l'Institut national des mines, c'est quand même une
organisation sous la responsabilité du
ministre, et là on a une occasion unique de la responsabiliser, hein, parce
qu'on lui donne un certain pouvoir, on l'oblige à avoir des
recommandations lors d'avis demandés. On l'oblige, entre guillemets, à une
certaine rigueur, elle devient davantage redevable. Dans le souci de la
transparence, moi, je n'y vois que du plus. C'est une reconnaissance aussi à leur autorité morale, à leur expertise. Ça va les
motiver éventuellement. Si j'étais à votre place, M. le ministre, je n'y
verrais que des points positifs. Donc, je m'explique mal pourquoi vous refusez
ces amendements supportés par les deux oppositions et qu'en même temps vous
nous reprochez de perdre du temps.
Et ce que
nous faisons ici, c'est important pour la suite des choses. Les prochains
articles et les prochains projets de loi
que vous allez nous soumettre bientôt, j'imagine, avec moult nouveaux
organismes… Je pense que j'en ai compté, M. le Président, six ou sept — je ne le sais pas, j'ai perdu le compte,
hein, des nouveaux organismes créés lors de l'annonce de la politique d'innovation — donc on a du travail devant nous. Alors,
encore une fois, je pense que le ministre, là, pourrait faire preuve de grande ouverture d'esprit, de
magnanimité. Il a là une occasion
exceptionnelle de faire avancer la commission à l'article suivant en acceptant
l'amendement proposé par l'opposition officielle et
supporté par la deuxième
opposition.
Président (M. Reid) : Merci, M. le député de La Prairie.
Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre de la commission qui veut prendre la
parole? M. le ministre.
Duchesne : M. le Président, peut-être juste préciser que le
député de La Prairie… Et je note bien, en passant, que oui,
effectivement, la CAQ est collée sur les libéraux en ce qui concerne cette commission.
On l'a noté. On l'a noté, M. le Président.
En ce qui concerne… Il a parlé d'un avis à demander au ministère des Finances lorsqu'il
s'agissait d'évaluer ou de donner,
d'accorder un nouveau CCTT, et il est vrai que nous avons parlé plusieurs
heures, de généreuses heures à ce sujet.
C'est que l'amendement de l'opposition — de
la CAQ, je crois, ou des libéraux, je ne me souviens plus — disait :
Il faut aller demander un avis au ministère des Finances, alors que, quand on
connaît les CCTT, il y en a qui ont un mandat
économique, il y en a d'autres qui ont un mandat d'innovation sociale, il y en
a d'autres qui ont un mandat lié à l'environnement, il faut donc aller
voir le ministère concerné. C'est tout simplement… et il ne fallait pas
préciser seulement le ministère des
Finances. Et on a dû discuter des heures là-dessus, mais on y est arrivés, M.
le Président. Puis, je suis confiant, on va y arriver pour la suite, et
je pense qu'en cette neuvième heure de débat, éventuellement, nous irons
au-delà de l'Institut national des mines.
j'entends le leader de l'opposition, je ne sais pas, il semble s'adresser à moi
en même temps. Alors, pour ce qui est de la PNRI, la Politique nationale
de la recherche et de l'innovation, qui a été présentée le 16 octobre dernier,
il semble dire qu'il y a une création de beaucoup de nouveaux organismes. Je
veux juste lui dire que c'est tout le contraire,
on a annoncé que nous allions fédérer l'ensemble des organisations liées à la
rechercher et que, pour favoriser l'accès aux PME qui veulent se lancer dans
l'innovation, il y aura une porte, un bureau, une plateforme Internet. Ça a
été salué par les gens de l'industrie, par
la Chambre de commerce de Montréal, par le Conseil du patronat. Merci, M. le
Président.
Le Président (M.
Reid) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? M. le député de Châteauguay.
Moreau : Je pense que quiconque suit nos travaux, M. le
Président, se rend bien compte, et rapidement, de l'attitude du ministre
sur un amendement qui est, d'une part, sérieux, qui est expliqué avec moult
détails autant par le député de
La Prairie, qui appartient à une autre formation politique que la nôtre…
Puis le ministre aime bien faire de la politique
en disant : La CAQ et les libéraux sont au même endroit, ce qui n'avance
strictement à rien dans le contexte du projet de loi actuel.
qu'est-ce que c'est, le texte dont on discute, puis qui justifierait le
ministre d'essayer de faire de la politique sur un élément comme ça s'il l'avait lu? Et il sait lui-même qu'il s'est
conservé… Lui et le ministre de l'Éducation conservent, en vertu de cet
article-là, l'ensemble de la discrétion pour d'adresser ou non à l'institut.
Clairement. Clairement. Pas une question de
politique à savoir si on avance ou si on n'avance pas un projet de loi. Il peut
nous rappeler l'heure aux cinq
minutes : Ça fait 8 h 15 min, ça fait 8 h 10 min, ça
fait 8 h 30 min, ça fait 8 h 20 min qu'on en discute. Ce
n'est pas ça. Est-ce que c'est ça,
une attitude constructive de quelqu'un qui porte un projet de loi, j'imagine,
qu'il estime sérieux et qu'il veut voir avancer? Est-ce que c'est ça, l'attitude
constructive à laquelle référait le ministre lorsque…
M. Duchesne :
…M. le Président, l'article 35.
Le Président (M.
Reid) : Excusez-moi…
Duchesne : Il connaît bien les règles parlementaires, je crois,
mon vis-à-vis. Il m'impute des motifs, il dit que je n'ai pas une
attitude constructive.
Le Président (M.
Reid) : Quel numéro de l'article 35 parce que…
M. Duchesne :
Article 35, paragraphe 6 o : «Imputer des motifs indignes à un
député ou refuser d'accepter sa parole.» Il
dit que je n'ai pas une attitude constructive. Je vous rappelle, M. le
Président, qu'historiquement, lorsqu'il s'agit d'un projet de loi visant à créer un ministère ça dure, dans nos
traditions parlementaires, entre 40 minutes et sept heures. Je vous demande d'écouter, M. le leader de
l'opposition officielle, je vous écoute quand vous parlez, sincèrement.
Sincèrement.
Le Président (M.
Reid) : S'il vous plaît, adressez-vous au président, tout le
monde.
M. Duchesne :
Alors, je rappelle que, dans les traditions parlementaires — il
faut le dire aux gens qui nous écoutent, là, qui peuvent se questionner sur ce
qui se passe — dans
nos traditions parlementaires, lorsqu'il y a eu historiquement… Et, je pourrai dresser la liste tout à l'heure si ce
n'est pas assez clair, lorsqu'il s'agit de discuter de la création d'un
ministère, historiquement ça a duré de 40 minutes à sept heures, M. le
Président.
M. Tanguay :
... rappel au règlement.
Président (M. Reid) : Bien, écoutez, j'écoute une question de
règlement, laissez-moi une chance, là. Et ça devrait être assez bref.
Duchesne : Alors, je crois que je suis très collaborateur et
que je suis constructif parce que ça fait 31 heures. Alors, d'essayer d'imputer des motifs indignes en
disant que je n'ai pas une attitude constructive me semble difficilement
démontrable dans les circonstances actuelles, M. le Président.
Président (M. Reid) : Je ne pense pas, M. le ministre, que
c'est ce qu'on entend par «motifs indignes», là, ce type d'opinion. Et
je ne vais pas répondre là-dessus, mais je vais demander, comme toujours, d'être
prudent dans la façon dont on parle de nos dossiers.
Moreau : ...je comprends que vous avez disposé de sa question
de règlement qui n'en était pas une et qu'il n'y a pas d'imputation de
motifs indignes, c'est ce que je comprends de votre décision.
Alors,
justement, si le ministre écoutait, ce qu'il nous reproche de ne pas faire, si
le ministre écoutait, conformément à
ce qu'il disait lui-même... C'est ses propres paroles, là, je le cite :
«M. le Président, il est toujours bien de réfléchir quand on occupe une
fonction de ministre — c'est
un peu ce qu'il fait — et
on va continuer. On va continuer à réfléchir et, surtout, on va continuer à écouter et à consulter.» Ce n'est pas ça
qu'il fait, là, il nous rappelle l'heure aux cinq minutes.
Sur une question
fondamentale qui est dans son projet de loi et à laquelle il ne répond pas, il
s'est conservé et il conserve au ministre de
l'Éducation dans le texte du projet de loi toute la discrétion nécessaire, M.
le Président. S'il ne veut pas les
avoir, les recommandations de l'institut, là, il a simplement à ne pas
soumettre de questions. C'est ce que dit le texte de la loi.
va le lire ensemble : «L'institut doit donner son avis…» Alors là, ce
serait une obligation pour l'institut de donner un avis. Encore faut-il que la question lui soit posée. Voici ce
que dit la suite du texte : «…sur toute question relative aux
domaines ou matières de sa compétence qui lui est soumise par le ministre ou
par le ministre de l'Enseignement supérieur,
de la Recherche, de la Science et de la Technologie.» On ne peut pas demander
d'avoir plus de discrétion que ça, là. Si le ministre ne pose pas de
question… S'il ne veut pas avoir l'avis, il ne pose pas de question, un.
Et la phrase
suivante : «L'avis de l'institut peut contenir des recommandations.» Ce
que le député de La Prairie dit, ce
que le député de Mont-Royal dit d'une façon constructive, quoi qu'en pense le
ministre — très
sincèrement, quoi qu'en pense le ministre — c'est dire :
Écoutez, il y a une question d'équilibre là-dedans, et pour quelle raison
est-ce que le ministre pourrait, lui, poser
une question puis faire en sorte qu'il n'y ait pas de recommandation par un
institut qui est un organisme neutre
et impartial et qui, par sa nature même, est composé de scientifiques qui
peuvent avoir desrecommandations à
formuler? Il nous dit : Bien, écoutez, si on mettait «doit» là, il y a des
matières qui relèvent de l'institut qui
ne se portent pas à des recommandations. Le législateur ne parle pas pour ne
rien dire, M. le Président, et, quand il utilise le mot «doit», ça ne veut pas dire que l'institut a l'obligation
de formuler des recommandations sur une matière qui ne relève pas d'une
recommandation possible.
Alors, quand
le ministre adopte cette attitude, qu'il nous rappelle l'heure puis le nombre
de temps écoulé sur un projet de loi
plutôt que de parler du fond du débat, qu'est-ce qu'il fait? Quand le ministre
essaie de faire un lien entre une opposition
et l'autre, très sincèrement, de façon absolument futile, qu'est-ce qu'il fait?
Est-ce qu'il discute du fond du dossier?
Est-ce qu'il est conforme à ce qui est normalement l'attitude d'une personne
qui occupe une fonction de ministre?
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :
M. le Président, j'aimerais savoir...
Le Président (M. Reid) : Oui,
M. le député de Saint-Hyacinthe.
Pelletier (Saint-Hyacinthe) : Donnez-moi la définition de
l'article 35, quand on dit : On prête des intentions à quelqu'un. Alors, moi, bien, ça fait plusieurs
commissions que je siège, on m'a déjà interpellé pour me dire : Tu n'as
pas le droit de prêter des intentions à
quelqu'un selon l'article. Et là on entend des intentions prêtées au ministre
depuis à peu près le début de cette
séance, et on nous dit : Ça n'a pas d'impact, ce n'est pas important.
Bien, j'aimerais savoir, que vous me dites, là, c'est quoi pour vous, l'interprétation,
quand on prête des intentions.
Président (M. Reid) : Il faut faire attention, M. le député de
Saint-Hyacinthe, le règlement dit «imputer des motifs indignes». Ce n'est
pas juste des intentions, là, c'est des motifs indignes. Donc, il y a des
intentions indignes. Le mot «indigne» est
clair là-dedans. Et j'ai pris une décision, et je ne veux pas la discuter ici.
Et, si on n'est pas d'accord, il y a
des rappels, j'imagine. Mais j'ai pris une décision là-dessus et, pour
l'instant, je n'ai pas entendu de motifs indignes. J'ai entendu des opinions et un débat, et je laisse
courir le débat parce qu'il y a un temps de parole auquel a droit le
député de Châteauguay. M. le député.
M. Moreau : Alors, vous avez
rendu votre décision, M. le Président. Encore une fois, il y avait un rappel au
règlement qui était inutile et qui n'en était pas un.
Le Président (M. Reid) :
Soyez prudent, M. le député de Châteauguay. Je pense….
M. Moreau : Bien, c'est votre
décision.
Président (M. Reid) : Non, mais soyez prudent, monsieur. Je
pense qu'ici il y a eu une question qui a été posée de bonne foi, et
nous allons continuer le débat sur la lancée que vous aviez. Je vous
demanderai…
M. Moreau :
Alors, justement… Alors, la question que je posais au moment où j'ai été
interrompu par le député de Saint-Hyacinthe, M. le Président, que vous
avez reconnu et duquel vous avez facilement disposé de son intervention, la question que je posais est la suivante :
Quand on veut avoir une attitude constructive, quand on veut avoir une
attitude qui correspond à ce qu'on doit
avoir lorsqu'on occupe une fonction de ministre — ce n'est pas nous qui le mettons dans
la gorge du ministre, c'est lui-même qui a
prononcé ces paroles-là le 1er novembre 2012 — quand on veut avoir une collaboration
sur un dossier dont le fond est quoi, au
fond… C'est de dire : Vous avez deux oppositions, on est dans une
situation de gouvernement minoritaire — il faut le faire, là — on
est dans une situation de gouvernement minoritaire qui devrait normalement
avoir une attitude de collaboration. Ce qui est proposé comme amendement est
éminemment pratique en disant : Le
ministre conserve, d'une part, une discrétion de soumettre ou non une question.
À contrepartie, l'institut a l'obligation
d'émettre des recommandations — évidemment, sur les matières qui se prêtent
à des recommandations — et c'est ce que vise l'utilisation du mot
«doit» dans la dernière phrase de l'article 7 en question.
Alors, quand
on voit ça, qu'est-ce que l'opposition fait? Elle dit : On crée une
situation puis, dans une législation… Et,
j'en ai fait quelques-unes, moi, je suis ici depuis 2003. Et, quand on fait une
législation, on s'assure, parce que le ministre n'est pas éternel dans sa fonction… La fonction de ministre, elle, elle
est perpétuelle. Les individus passent, mais lesfonctions restent. Et, quand on a une situation où on doit légiférer
pour établir une situation d'équilibre, quel est l'équilibre qu'on cherche à obtenir? C'est un équilibre qui
fait en sorte que, quel que soit l'individu qui occupera la fonction, le
public, dans la recherche ultime d'avoir l'heure juste sur une question qui
relève, dans le cas qui nous occupe, d'un institut qui estl'Institut des mines, aura l'opinion d'experts qui
n'ont pas un agenda politique. C'est ça qui est recherché par l'amendement.
Et ce que l'on devrait discuter puis
ce sur quoi on devrait entendre le ministre, c'est sur le fait de nous
dire : Bien, vous n'avez pas à
vous inquiéter, il y a un autre mécanisme qui existe, non, une recommandation…
Est-ce que le ministre a quelque
chose à craindre d'une recommandation de l'institut? Il pourrait nous le dire.
Est-ce que, par exemple, sur une question soumise par le ministre de l'Enseignement
supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, il y aurait une crainte qu'une recommandation aille
dans un sens opposé à celui qu'il souhaite dans le cadre de l'agenda politique que lui conduit. Parce qu'un ministre a
aussi un agenda politique. Ce qui n'est pas une attaque, là, il ne
faudrait pas voir dans le fait d'avoir un
agenda politique… de lui prêter des mauvaises intentions. Il y a des partis
politiques qui se présentent aux élections puis qui forment
éventuellement un gouvernement sur la base d'un agenda qu'ils ont soumis à la population. Ce n'est pas de prêter des motifs
indignes, ça, de dire que le ministre a un agenda politique. Alors,
est-ce qu'on ne devrait pas avoir un «check and balance», une espèce de
mécanisme de surveillance qui fait en sorte qu'en opposition à un
positionnement politique on ait un positionnement scientifique? C'est de ça
dont on parle lorsqu'on soumet l'amendement qu'a proposé le député de
Mont-Royal.
moi — et je le
dis d'emblée — je n'ai
pas participé à l'ensemble du débat sur le projet de loi. Et, quand je
vois aujourd'hui qu'en réplique à ce type de
proposition là, qui est une proposition sérieuse, qui est une proposition
supportée par une autre opposition, le
deuxième groupe d'opposition, qu'on se fait rappeler l'heure, très sincèrement
je pense que ce n'est pas compatible
avec les paroles que le ministre lui-même a proposées. Et, dans un contexte semblable,
M. le Président, moi, j'aimerais
entendre de la part du ministre quelles sont les oppositions de fond qu'il a à
créer une situation où il y aurait, en
opposition, et parfois probablement, et sans aucun doute en accord avec une
position politique sur un sujet donné dans ce domaine-là, un problème à
ce que l'institut émette une recommandation. C'est une question qui est
légitime, que les oppositions peuvent poser
dans un climat de collaboration puis
d'avance du projet de loi. Ce n'est pas vrai que, parce qu'on
est ministre un jour puis qu'on décide qu'un projet de loi est écrit de telle façon, on
passe ça à travers le Parlement comme
si c'était un détour obligé, puis : C'est bien dommage, on est obligés
d'entendre les oppositions. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, un
Parlement. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, une commission
parlementaire. Ce n'est pas parce qu'on dit : Bon, bien, là, ça fait huit
heures, on devrait être capables de prendre une décision.
Malheureusement,
les règles que l'on s'est données… Heureusement, M. le Président, les règles
que l'on s'est données, c'est de
contrer l'attitude qui serait une attitude dictatoriale, qui serait une
attitude qui dirait : Bien, voici, moi, je détiens paisiblement la
vérité et j'ai raison. C'est pour ça qu'on étudie
article par
article les
dispositions d'un projet de loi, c'est pour
ça qu'on vise à améliorer un projet de loi puis c'est pour ça que les
oppositions ont le droit incontestable de
déposer des amendements et d'en débattre. Mais, si l'attitude du ministre est
de choisir de nous rappeler l'heure plutôt que de nous dire quel est au fond le véritable problème… C'est quoi, le
problème avec le fait qu'il y ait une recommandation obligatoire? Bien, qu'il réponde à cette
question-là, puis on va passer à un autre débat. Il a le droit de nous
convaincre, il a le droit d'être en opposition avec les opinions qu'on émet, je
n'en disconviens pas, mais encore faudrait-il que, sur le fond, il nous dise
pourquoi.
Le ministre, M. le
Président — je
l'ai dit dans la première intervention que j'ai faite cet après-midi — est
la première personne qui donne le ton à une commission, première personne qui
donne le ton à une commission. Et, sur cette
question-là, il n'y a personne qui peut nous convaincre que l'amendement n'est
pas un amendement sérieux, que l'amendement n'amène pas un éclairage et
une proposition qui vient, justement, créer une situation d'équilibre, et j'aimerais entendre le ministre à savoir
qu'est-ce-ce qu'il craint dans cette situation d'équilibre, qu'est-ce qui
viendrait en contradiction avec la mission
de son ministère en créant cette situation d'équilibre, qu'est-ce qui viendrait
en contradiction avec, par exemple,
la mission du ministère de l'Éducation — parce que l'autre ministre qui est concerné
dans ce dossier-là, c'est le ministre de l'Éducation — plutôt
que de nous rappeler l'heure.
Alors,
je pense que j'ai encore du temps, je vais m'interrompre ici pour permettre au
ministre, compte tenu de l'heure, de répondre à la question. Et, s'il
réussit à nous convaincre, bien, on continuera le débat sur l'amendement, le
cas échéant.
Président (M. Reid) : Merci, M. le député de Châteauguay. M. le
ministre, souhaitez-vous prendre la parole?
M. Duchesne :
Oui. Je remercie le député de Châteauguay de me rappeler l'heure qu'il est.
Écoutez, la mission de l'Institut national des mines est claire :
conseiller le gouvernement du Québec dans la mise en oeuvre d'une offre de
formation d'avant-garde contribuant au développement du plein potentiel du
secteur minéral par des recommandations et des avis. C'est clairement dit. Ce
que souhaite faire l'opposition officielle, entraînant avec elle la CAQ, c'est d'obliger systématiquement
l'Institut national des mines à déposer des recommandations. Écoutez, elle
peut le faire quand c'est pertinent. Quand ce n'est pas pertinent, voulez-vous
me dire pourquoi qu'elle va déposer des recommandations,
M. le Président? La discrétion, elle n'est pas au ministre, elle est à
l'organisme autonome, indépendant.
Bien,
regardez, dans un des mandats, M. le Président, il faut qu'ils fassent une
veille stratégique, ils doivent évaluer l'état d'avancement des projets miniers en cours. Voulez-vous me dire
quelles recommandations ils peuvent faire? C'est une présentation
factuelle, c'est une veille, une veille stratégique. Ils doivent présenter
quelle est l'image publique de l'industrie
minérale, quelle est l'évolution des conditions d'affaires des entreprises du
secteur minéral. Alors, gardons la flexibilité à l'Institut national des
mines de faire des recommandations ou de présenter des avis. La discrétion,
elle n'appartient pas au ministre. La discrétion, M. le Président, elle
appartient à l'Institut national des mines. Voilà. Et elle peut faire des recommandations, et quand c'est pertinent, puis tout
ça. C'est l'idée, c'est l'origine et c'est bien indiqué dans le plan stratégique 2011-2016 de l'Institut
national des mines. Alors, je vois que l'heure nous amène peut-être à ce
que je termine. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Reid) :
Merci, M. le ministre. Compte tenu de l'heure, la commission suspend ses
travaux jusqu'à 19 h 30 dans cette même salle. Et, pour ceux qui
voudraient laisser leurs effets dans cette salle, la salle sera sécurisée.
(Suspension de la séance à 18 heures)
Présidente (Mme Vien) :
Alors, bonsoir, messieurs dames les parlementaires. Alors, nous allons
reprendre nos travaux. Je vous rappelle que
la commission est réunie ce soir afin de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi n° 45,
qui est la
Loi sur le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche,
de la Science et de la Technologie. Je vous rappelle d'éteindre, bien entendu,
tous vos appareils électroniques.
Et, lors de
la suspension des travaux cet après-midi, nous en étions à
l'étude de l'amendement à l'article 153. Alors, le temps étant écoulé — le
temps, finalement, alloué à l'opposition officielle étant écoulé — je
cède maintenant la parole au député de La Prairie. M. le député de La Prairie,
bonsoir. Vous avez 10 min 50 s à votre disposition sur l'amendement qui a été
déposé juste avant l'heure du souper. On vous écoute.
M. Le
Bouyonnec : Merci, Mme la Présidente. Alors, dans un grand geste d'ouverture envers le ministre,
je lui annonce tout de suite que je n'utiliserai pas le 10 min 50 s qu'il me reste, peut-être 50
secondes. Donc, j'imagine comme un geste
de bonne foi pour la suite des travaux… Peut-être, ça nous vaudra
davantage d'attention dans les articles suivants. Et, si je n'utilise pas tout
mon temps, Mme la Présidente, c'est parce que, simplement, tous les arguments
ont été répétés ad nauseam, je crois, ont été entendus par la
partie gouvernementale.
Donc, je m'en voudrais ici d'avoir l'air d'un perroquet
ou d'avoir l'air d'un prédicateur qui prêche dans le désert. Mais je rappelle
au ministre qu'il serait quand même intéressant qu'il puisse accepter cet amendement-là,
qui, selon moi, bonifie le projet de
loi. Donc, ma dernière
intervention, c'est que, M. le ministre, certains amendements ont été amenés à ce projet de loi là, celui-là est un amendement qui ne porte pas du tout préjudice ni à votre autorité ni à la constitution du ministère,
vous seriez, je crois, bien avisé de l'accueillir. Merci, Mme la
Présidente.
Présidente (Mme Vien) :
Merci beaucoup, alors, M.
le député de La Prairie. Alors, moi, je serais prête à mettre aux voix l'amendement qui
a été déposé avant le souper.
La Présidente (Mme Vien) : Le
6 octobre…
Présidente (Mme Vien) :
10 octobre. Déposé le 10 octobre, mais dont on a discuté avant l'heure du
souper. Alors donc, les personnes pour…
Une voix : …vote nominal?
La Présidente (Mme Vien) :
Vote nominal? Oui, certainement.
La Secrétaire : M. Arcand (Mont-Royal)?
La Secrétaire : Mme St-Pierre
(Acadie)?
St-Pierre : Pour.
La Secrétaire : M. Tanguay (LaFontaine)?
La Secrétaire : M.
Le Bouyonnec (La Prairie)?
M. Le Bouyonnec : En faveur.
La Secrétaire : M. Duchesne (Borduas)?
La Secrétaire :
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe)?
M. Pelletier (Saint-Hyacinthe) :
Contre.
La Secrétaire : M. Roy
(Bonaventure)?
La Secrétaire : M. Goyer
(Deux-Montagnes)?
La Secrétaire : M. Breton
(Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
Breton : Contre.
La Secrétaire : Mme Vien
(Bellechasse)?
La Présidente (Mme Vien) :
Pour.
La Secrétaire : 5 contre 5. L'amendement
est rejeté.
La Présidente (Mme Vien) :
Bien. Alors, nous allons donc revenir à l'article 153. Je cède la parole à…
Duchesne : Alors, Mme la Présidente, l'article 153 se lit comme
suit :
L'article 7 de cette loi est remplacé par le suivant :
L'institut doit donner son avis sur toute question relative aux domaines ou
matières de sa compétence qui lui est soumise
par le ministre ou par le ministre de l'Enseignement supérieur, de la
Recherche, de la Science et de la Technologie. L'avis de l'institut peut
contenir des recommandations.»
Cet article,
en fait, Mme la Présidente, a pour objet de modifier l'article 7 de l'Institut
national des mines, dont on parle
depuis environ huit heures, et qui, par concordance, l'amène à donner son avis, mais d'en informer aussi le ministre
de l'Enseignement supérieur parce qu'il y a maintenant deux ministres liés à la
question de l'éducation. En plus de la ministre de l'Éducation…
La Présidente (Mme Vien) :
Bien. Merci beaucoup, M. le ministre. M. le porte-parole.
Arcand : J'aurais
un amendement à déposer, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Vien) : Bien. Alors, le temps que les
formalités se déroulent, donc, pour faire les photocopies nécessaires de
l'amendement déposé par l'opposition officielle…
La Présidente (Mme Vien) :
…suspendre, oui, bien entendu, quelques instants.
(Suspension de la séance à 19 h 41)
La Présidente (Mme Vien) :
Alors, nous reprenons nos travaux sur un amendement déposé par le député de Mont-Royal. Et, M. le député de Mont-Royal, alors chaque collègue a reçu copie de votre proposition d'amendement, si vous voulez
nous le lire et nous le commenter.
Arcand : Bien, Mme
la Présidente, merci infiniment. D'ailleurs, je vous salue bien humblement ce
soir. Et peut-être qu'une présence
féminine à la présidence dans ce monde entouré majoritairement d'hommes,
n'est-ce pas, puisque nous avons notre seule collègue féminine ici, dans
la députation, qui est là… Et, donc, peut-être que ça va aider, si on veut, à calmer les esprits après un après-midi
qui a été, pour le moins, difficile. Évidemment, ça va prendre, je
pense, également la collaboration du ministre sur ces éléments-là.
Donc, Mme la
Présidente, le but… Essentiellement, c'est que, suite aux propos que nous avons
faits cet après-midi, suite aux discussions également
que nous avons eues, suite à l'appui manifeste également du deuxième groupe d'opposition, le message,
de façon générale, que l'on passe au niveau de cet amendement est, dans un but
ultime, d'en arriver à un règlement et dans le but de donner toute la flexibilité
que le ministre demandait. Vous le savez, je suis
quelqu'un qui vient d'entreprises, et, donc, le mot «flexibilité» a une signification particulière pour moi. J'ai cru sentir de la part du ministre une inquiétude, je devrais dire, par
rapport au premier amendement que j'avais déposé. Alors, cette fois-ci, au niveau de l'amendement… se lit comme suit : «L'avis de l'institut doit contenir des
recommandations… » Moi, ça m'apparaît très
clair, mais j'ai rajouté le terme «de façon régulière». Alors là, ça ouvre une
autre porte au ministre. C'est dans
un effort pour essayer de trouver une solution à cette problématique que nous
avons depuis un certain temps.
je dirais la chose suivante au ministre : Je pense qu'on a toujours vu les
commissions parlementaires comme étant
un endroit où on se doit de faire la lumière… Ce ne sont pas mes mots, mais ce
sont les mots du leader parlementaire du gouvernement actuellement. Et,
donc, je souhaite ardemment que cette proposition qui est faite aujourd'hui est
une proposition qui va faire en sorte que le ministre ne transformera pas cette
proposition en débat partisan, qu'il n'accusera
pas la CAQ d'avoir le malheur d'être d'accord avec nous sur ces choses-là. Et
je lui dis simplement la chose suivante :
Je pense que, dans le débat, il est très important d'être respectueux. Non pas
respectueux par rapport à nous, parce
que nous formons l'opposition, mais respectueux peut-être pour certains de ses
collègues qui ont le devoir d'être ici ce soir et qui aimeraient peut-être,
eux aussi, tout comme nous d'ailleurs, éventuellement passer à autre chose.
Alors, je tends la main, donc, ce soir au
ministre dans le but de régler cet
article 153 de façon, je dirais, complète.
Alors, je laisse l'ouverture comme telle au ministre de pouvoir
justifier cet article-là, je lui laisse toute la flexibilité nécessaire et je
pense qu'il n'y a pas, à mon avis, beaucoup d'entraves actuellement à refuser
cet amendement-là que je présente aujourd'hui, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Vien) : M. le député, merci beaucoup. M. le ministre.
Duchesne : Oui. Écoutez, le respect fait
partie de mes valeurs,
puis je pense que, depuis le début de nos longs échanges, malgré des
séances longues, répétitives sur certains arguments, et tout, le respect a
toujours fait
partie de l'approche qu'on a,
là, je veux dire, et dont j'ai été… J'ai été l'expression la plus intègre
possible de ce respect dans les débats et les échanges, alors je suis
tout à fait d'accord avec vous là-dessus.
Pour ce qui est de l'amendement,
Mme la Présidente, je vais vous demander de statuer dessus parce qu'il me semble irrecevable, parce qu'il est… On a rejeté
tout à l'heure un amendement qui se lisait comme suit : «L'avis de
l'institut doit contenir des
recommandations», et là on reprend la même phrase : «L'avis de l'institut
doit contenir desrecommandations de
façon régulière.» Je ne suis pas sûr, mais je crois qu'il est irrecevable.
Alors, je vais peut-être vous entendre là-dessus, et on verra ensuite
comment on pourra avancer.
La Présidente (Mme
Vien) : M. le ministre, je vous remercie. On va suspendre… Oui,
M. le député de Mont-Royal.
Arcand :
Mme la Présidente, juste, peut-être, pour pouvoir expliquer rapidement, là,
c'est parce que, moi, j'ai toujours
compris que, lorsqu'on dit «de façon régulière», ça ouvre une porte au ministre
de recevoir autre chose qu'une recommandation. C'est l'interprétation
que je donne. Le ministre tenait absolument à faire une distinction entre des recommandations et des avis, je pense qu'en
ouvrant cette porte-là au niveau de dire «de façon régulière» ça veut
dire qu'il peut recevoir des avis. Alors,
Mme la Présidente, il tenait absolument à avoir des avis plutôt que des
recommandations. Nous, dans un effort, nous
avons dit : Écoutez, il faut que l'institut, dans la plupart des cas, se
mouille et en arrive à faire des recommandations. Alors, je lui ouvre la
porte, je pense, par cette recommandation en disant tout simplement :
Écoutez, ils doivent contenir des recommandations de façon régulière.
Il me semble que ce n'est
pas abusif. C'est une autre façon pour nous d'ouvrir la porte, d'avoir une
espèce d'ouverture par rapport aux préoccupations du ministre, et, en ce
sens-là, j'aurais bien de la difficulté, Mme la Présidente, à voir que le ministre, encore une fois, ait une
problématique par rapport à ça. Si le ministre a une problématique par
rapport à ça, bien, moi, Mme la Présidente, il va falloir qu'il me l'explique
et qu'il l'explique à mes collègues parce
que je trouve qu'on a déjà fait beaucoup de bouts de chemin par rapport à ça.
Nous avons ouvert, Mme la Présidente, de façon très claire, on a été
très flexibles, je dirais, et là on tente un dernier effort dans le but,
justement, Mme la Présidente, de pouvoir régler ce dossier-là, en tout cas, au
niveau de l'article 153.
fais donc appel à votre compréhension. J'ai eu l'occasion de m'exprimer
là-dessus, de pouvoir dire exactement et de façon très claire qu'est-ce
que cet
article représente, l'ouverture que j'en fais, et je crois, Mme la
Présidente, avec tout le respect que je vous dois, je crois que cet
article m'apparaît,
en tout cas, différent de l'autre qui était là et, donc, recevable, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Vien) : M. le ministre, compte tenu de la nuance apportée par
M. le député, les explications qu'il apporte, souhaitez-vous intervenir
là-dessus?
Duchesne : Non, non, mais je comprends ses interventions, mais
je crois sérieusement que l'amendement n'est pas recevable, il est formulé de la même façon. Avec une volonté de
nuancer à la fin, mais je ne suis pas sûr que ça a la portée voulue.
Alors, je pense qu'il n'est pas recevable. Mais je soumets ça à votre jugement.
La Présidente (Mme
Vien) : Vous allez me permettre, je vais suspendre quelques
instants. Merci.
(Suspension de la séance à 19 h 52)
(Reprise
à 19
Présidente (Mme Vien) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Un amendement a été déposé par l'opposition officielle,
par le député de Mont-Royal, amendement qui est jugé irrecevable par la
partie
ministérielle.
Et, de mon côté, je
dois juger, effectivement, s'il s'agit d'un amendement qui est recevable ou
non. Alors, évidemment, j'ai réfléchi, j'ai
consulté, j'ai lu également quelques décisions ici et je dois vous informer, M. le député, que je ne recevrai pas votre amendement.
Je vous demanderai, à ce moment-là, de peut-être préciser votre pensée davantage.
Il m'apparaît à moi, très sincèrement, qu'il y a une ligne très mince entre ce qui a
été présenté il y a quelques minutes et ce qui est présenté actuellement.
Selon le livre des décisions, il est indiqué qu'un amendement doit différer suffisamment
d'un précédent pour être recevable. Alors, c'est toujours embêtant...
Présidente (Mme Vien) :
… — si
vous permettez, M. le ministre — c'est toujours embêtant, ces décisions. C'est des situations
qui sont inconfortables. Je vous invite, dans votre grande expérience, à nous
proposer peut-être un amendement qui pourra être plus clair, peut-être porté
moins à ressembler à l'amendement précédent. Je vais...
M. Duchesne :
J'ai peut-être une proposition à faire...
La Présidente (Mme
Vien) : Oui.
M. Duchesne :
...si j'ai le consentement des oppositions, c'est de faire un amendement à l'article
153, et, la dernière phrase, qui se lit actuellement, là, ainsi : «L'avis
de l'institut peut contenir des recommandations», nous reviendrions au texte original, le texte actuel… enfin, le texte
original, où on pouvait lire : «Il peut en outre accompagner l'avis de ses recommandations.». Alors, on
pourrait dire : «L'avis de l'institut peut en outre contenir des recommandations.» Donc, ce qu'on ferait,
c'est qu'un mot serait ajouté après le «peut», «en outre», et là on revient de
façon plus rapprochée au texte et à la loi actuels.
La Présidente (Mme
Vien) : Merci beaucoup...
M. Duchesne :
C'est la proposition que je peux faire.
La Présidente (Mme
Vien) : Oui. O.K. Merci beaucoup. M. le ministre, merci. M. le
député, il y a donc une proposition qui est sur la table et...
Arcand :
Est-ce que je pourrais, peut-être, prendre deux minutes pour...
La Présidente (Mme
Vien) : Bien entendu. Bien entendu, je vous écoute.
Présidente (Mme Vien) : Ah! je pensais que vous vouliez ajouter
quelque chose. Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
20 h 1)
(Reprise à 20
Présidente (Mme Vien) :
Alors, nous sommes de retour pour l'étude du projet de loi n° 45 et
nous sommes toujours à l'article 153, sur lequel le ministre a déposé une proposition d'amendement. Et, M.
le député de Mont-Royal, vous aviez demandé une suspension,
alors on vous écoute maintenant.
Arcand : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Nous avons reçu l'amendement qui a été proposé par le ministre. Je dois
vous dire que cet article-là me semble toujours poser un certain nombre de
problèmes parce que, après le mot «peut», «en outre», j'essaie de voir
qu'est-ce que ça apporte au niveau du texte, Mme la Présidente, et je remarque que ce que ça apporte, ça ne change pas
grand-chose par rapport à l'article du départ. L'idée, Mme la
Présidente, c'est qu'il... nous avons demandé à ce que cet organisme-là ait une
obligation de résultat, de recommandation, de... Ça a toujours été ce que nous
avions en tête.
Lorsque
j'ai proposé l'amendement que vous avez déclaré irrecevable, l'idée, encore une
fois, derrière ça était de faire une espèce de contrepoids, si on veut,
au niveau de la volonté du ministre, qui voulait une ouverture complète et totale au niveau des avis, et nous qui voulions
que l'organisme en question fasse des recommandations de façon
régulière. Et c'était ça, l'objectif qui était demandé parce que nous croyons
qu'il y a une obligation de résultat à avoir et que, lorsque le ministre demande quelque chose,
normalement nous croyons fermement que c'est assez normal de demander à
ces organismes-là de se commettre. Je pense que c'est l'objectif qui est
recherché derrière ça.
ministre nous arrive avec cette contre-proposition, mais cette
contre-proposition, dans notre esprit, ne change pas grand-chose parce
qu'au lieu de dire «L'avis de l'institut peut contenir des recommandations» ça
dirait «L'avis de l'institut peut en outre contenir des recommandations».
Alors, dans les deux cas, il n'y a pas de volonté, si on veut, d'efficacité, si vous me permettez l'expression,
et nous croyons qu'il serait particulièrement utile à ce stade-ci… Même
si on veut donner au ministre le maximum de latitude, il est très important
qu'au niveau général qu'on sente quand même qu'il y ait cette
préoccupation-là d'obtenir de la part de l'institut vraiment un engagement plus
substantiel dans les choses qui sont demandées par le ministre. Et ça, on y
tenait. Je tiens à rappeler encore une fois au ministre que c'était la volonté
également exprimée par la deuxième opposition.
Nous
débattons depuis longtemps là-dessus, moi, je serais le premier à vouloir
passer à autre chose, sauf que je dois reconnaître, cependant, qu'à ce
stade-ci nous n'avons pas beaucoup de satisfaction par rapport au texte qui est
déposé aujourd'hui. Alors, j'ai consulté
certains de mes collègues, j'ai eu l'occasion de regarder ça et je serais prêt
à faire une contre-offre éventuellement. Peut-être que mes collègues
auront autre chose à dire sur l'amendement du ministre également, mais il m'apparaît clair qu'il faut essayer de trouver ce que
j'appellerais le juste équilibre dans ce cas, dans cette préoccupation
que nous avons en tant que parlementaires dans le but d'essayer de bonifier, n'est-ce
pas, ce projet de loi.
Alors,
nous sommes, je dirais, dans une phase… dans un os actuellement qu'il faut
essayer de régler d'une façon ou d'une autre, et, donc, Mme la
Présidente, je pense que c'est difficile pour moi actuellement de vraiment
accepter l'amendement du ministre pour la
simple et bonne raison qu'il ne donne rien, il ne me donne absolument... Moi,
j'avais un pas en avant, puis j'ai l'impression, très franchement, que le texte
qui est devant nous ne change absolument rien par rapport à ce qui existe dans
la version originale de l'article. Alors, pour ces raisons, je me vois
difficilement capable d'accepter l'amendement du ministre comme tel.
La Présidente (Mme
Vien) : Est-ce que j'ai senti que vous aviez une autre
proposition? Vous parliez d'une contre-proposition, est-ce que vous avez un
sous-amendement, monsieur...
Arcand :
Oui, j'avais éventuellement un sous-amendement dans le but de trouver un texte
qui va nous convenir à tous les deux. Je ne sais pas s'il y a des collègues qui
ont autre chose à dire là-dessus, mais, moi, c'était principalement mes
commentaires à ce stade-ci.
La Présidente (Mme
Vien) : Parfait. Merci, M. le député. M. le ministre, vous avez
une réaction?
M. Duchesne :
Oui, Mme la Présidente. Bien, écoutez, on a essayé, là, de bonne foi, avec
toute la souplesse possible, toute la bonne entente, la diplomatie possible,
essayé d'accommoder mon collègue vis-à-vis, représentant de l'opposition
officielle. Et, il parlait d'un pas
en avant ou d'un pas de côté, moi, je
pense que c'est un pas vers la
loi originale que son gouvernement a adoptée il n'y a pas très longtemps parce que nous reprenons la formulation, essentiellement,
du texte original.
Donc,
dans le cadre de ces discussions que nous avons pour confirmer la création du ministère de l'Enseignement supérieur, de
la Recherche, de la Science et de la Technologie, après autour de huit heures
de discussion sur un aspect de la loi qui concerne l'Institut national des
mines, nous en sommes au quatrième — je crois, de mémoire, là — amendement sur le même
article et… Alors, on a tenté, là, d'amener une proposition pour essayer de… en fait, au moins les deux ou trois formations politiques
puissent se rapprocher là-dessus. Si je comprends qu'il y a un autre amendement,
bon, bien, on va voir à en disposer puis à le regarder.
La Présidente (Mme
Vien) : Merci beaucoup. M. le député de LaFontaine, vous
vouliez ajouter un mot?
Tanguay : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Deux, trois points avant, évidemment,
peut-être d'aller de l'avant avec l'amendement qui est proposé
par mon collègue de Mont-Royal. Première des choses, Mme la Présidente, l'article 153, deuxième
alinéa, se lit comme suit : «L'avis de l'institution peut contenir
des recommandations.» Et, c'est ce que le projet de loi
n° 45 prévoit à l'article 153 : «L'avis de l'institution peut
contenir des recommandations.»
point qui a été avancé par les oppositions, la première et la deuxième, était
de faire en sorte que l'institut… Et, l'Institut national des mines,
dans lequel le gouvernement investit des sommes d'argent pour en être,
évidemment, un conseiller, une organisation
qui va permettre au gouvernement d'être pertinent, le point ici était de faire
en sorte que, dans les avis demandés, il y ait nécessairement, pour
faire, évidemment, cause utile… qu'il y ait des recommandations adressées de
façon spécifique aux ministres qui en demandent les avis, tant le ministre de l'Éducation
que le ministre de l'Enseignement supérieur, parce qu'ici on vient ajouter «le
ministre de l'Enseignement supérieur».
Je reprends au bond
la balle du ministre, qui dit : Écoutez, on a fait un pas en avant, on a
tendu la main, ça se résumera à ajouter «en outre». Autrement dit, «peut en
outre émettre des recommandations». Tout le monde à la maison est apte à
déceler l'ampleur du pas qui a été fait. Lorsqu'on dit : Bien, on va
passer de «peut émettre des recommandations»
à «peut en outre émettre des recommandations», je vous dis, ça ne fait pas une
grosse promesse, là. Quelqu'un qui se
fait promettre ça dans la vie, là, on le sait, quand on applique ça à nos vies
de tous les jours, «je peux en outre arriver avec ça» ou «je peux
arriver avec ça», il n'y a pas, dans les faits, là, d'avancement.
Également, le ministre a fait référence au fait
que la
Loi sur l'Institut national des mines a été adoptée en 2009 sous un gouvernement libéral. Il s'agissait
du
chapitre 6, 2009. Peut-être qu