Institutions — 28 May 2026 (43rd Legislature, 3rd Session)
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35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
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34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
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33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
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Version préliminaire
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43 e législature, 3 e session
(début : 5 mai 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
jeudi 28 mai 2026
Vol. 49 N° 8
Étude des crédits budgétaires du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, volet Lutte contre le racisme
Étude des crédits budgétaires du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, volet Relations avec les Québécois d'expression anglaise
Étude des crédits budgétaires du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, volet Relations internationales et Francophonie
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Heures
11 h 30
12 h
12 h 30
13 h
13 h 30
14 h
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
Intervenants par tranches d'heure
11 h 30
Bachand, André
Prass, Elisabeth
Skeete, Christopher
Boissonneault, Alex
12 h
Boissonneault, Alex
Skeete, Christopher
Bachand, André
Prass, Elisabeth
12 h 30
Bachand, André
Skeete, Christopher
Prass, Elisabeth
Fontecilla, Andrés
13 h
Prass, Elisabeth
Skeete, Christopher
Bachand, André
13 h 30
St-Louis, François
14 h
St-Louis, François
Cadet, Madwa-Nika
Skeete, Christopher
Fontecilla, Andrés
Boissonneault, Alex
14 h 30
Skeete, Christopher
Boissonneault, Alex
St-Louis, François
Fontecilla, Andrés
Lemieux, Louis
15 h
St-Louis, François
McGraw, Désirée
Skeete, Christopher
15 h 30
Skeete, Christopher
McGraw, Désirée
St-Louis, François
Fontecilla, Andrés
Paradis, Pascal
16 h
Skeete, Christopher
McGraw, Désirée
St-Louis, François
Lemay, Mathieu
Journal des débats
11 h 30 (version révisée)
(Onze heures trente-neuf minutes)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! Bonjour,
tout le monde. Bonne journée. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission des institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Relations avec les Québécois d'expression anglaise des
crédits budgétaires du portefeuille Relations internationales et Francophonie
pour l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe de
1 h 45 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, on va débuter. Y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Morin (Acadie) est remplacé par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); et Mme Laflamme (Chicoutimi), par M. Boissonneault
(Arthabaska).
Relations avec les Québécois d'expression anglaise
Discussion générale
Le Président (M.
Bachand) : Donc, il me fait plaisir de
céder la parole à la députée de D'Arcy-McGee pour un premier bloc de 17 min 15 s.
Mme la députée, s'il vous plaît.
• (11 h 40) •
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Donc, je voudrais... je ne veux pas prendre beaucoup de temps pour mon
préambule, parce qu'on n'a pas... déjà pas beaucoup de temps pour passer à
travers un dossier quand même assez important. Je voudrais commencer par
remercier les équipes, mais aussi faire mention du fait que la communauté
anglophone n'a jamais été aussi... n'a jamais parlé autant français qu'ils
parlent aujourd'hui. On reconnaît que la grande majorité, 95 %, des écoles
anglophones sont offerts en immersion français, et je pense qu'on est pas mal
tous d'accord que pour les gens qui... qui n'ont pas <quitté...
Mme Prass :
...qui
n'ont pas > quitté, qui sont restés au Québec suite aux référendums de
1980 et 1995, tout le monde a compris qu'on voulait faire
partie de la solution
quand vient protéger la langue française et parler le français, parce qu'on
comprend que le Québec est unique dans cette façon-là. Et donc tout le monde
qui est resté, de la communauté anglophone, veut être... veut faire
partie de
la solution plutôt qu'un gouvernement qui les perçoit comme un problème.
Donc, le premier enjeu dont je voudrais
aborder, c'est la question du chômage de la communauté anglophone. Donc, le
ministre est bien familier avec la Table ronde provinciale sur l'emploi qui, en
mars dernier, a publié un nouveau rapport. Et je voudrais
juste amener le titre, parce que, it's called Need to know, Want to know ,
but for the Minister and for the Government, I would maybe put a question mark
at «want to know», parce que ça fait plusieurs années que le
gouvernement est au courant, et même le ministre a pris acte du question du
chômage pour la communauté anglophone au Québec, mais peu d'actions ont suivi.
Donc, dans un
article qui est sorti après
l'émission de la publication, on fait part qu'il y a 1,5 milliard de
dollars qui sont perdus à chaque année, au Québec, parce qu'on ne met pas à
profit la communauté anglophone en termes d'emploi. On voit que le taux de
chômage, pour la communauté anglophone, est de 9 %, contre 5 % pour
la communauté francophone, et que la communauté anglophone, en moyenne, gagne
moins de 12 % que ceux de... que les membres de la communauté francophone,
même après avoir tenu compte de l'âge, du niveau d'éducation et lieu de
résidence. Les taux de pauvreté sont plus élevés parmi la communauté anglophone.
Le salaire médian est environ 5 600 $ de moins par année pour les
membres de la communauté anglophone. Au Québec, on dépend énormément de
l'immigration, justement, pour répondre aux enjeux de pénurie de main-d'œuvre.
Mais on a une population qui est ici, que, si on les outillait, pourrait justement
participer à cette réalité-là.
Et je voudrais citer le ministre qui, en
2001, était justement... excusez-moi, je vais trouver. Voilà, en 2001, le
ministre était présent, justement, à un des événements de la table ronde, et je
voudrais le citer : «Despite the current context of
widespread labour shortages, recent studies show the English-speaking
communities in Québec have higher unemployment rates and often lower incomes
than the provincial average. As we plan for the post-pandemic economic recovery,
I am confident that the deployment of this employability strategy will
allow thousands of English-speaking Quebeckers to participate more fully in the
growth of the Québec economy, whether by developing their ability to speak and
write French or by having better access to various resources to enter the job
market.»
Donc, ma
première question au ministre, qui a prononcé ces mots en 2021 : Qu'est-ce
que votre gouvernement a fait depuis pour soutenir la communauté anglophone en
matière d'emploi? Parce que nous, ce qu'on entend de la part de la table et
d'autres membres, c'est qu'il y a très peu d'attention qui est... très peu
d'attention et très peu de moyens, très peu d'outils qui sont à la disposition
de la communauté anglophone pour, justement, acquérir un niveau de français qui
leur permettrait d'intégrer le réseau du marché et d'avoir accès à un soutien
qui répond à leur réalité. Donc, je pose la question au ministre : Depuis
la citation que j'ai lue, en 2021, qu'est-ce que son gouvernement a fait concrètement
pour faire avancer l'enjeu de l'emploi auprès de la communauté anglophone?
M. Skeete : Bien,
permettez-moi à mon tour, M. le Président, de vous saluer, de saluer les
membres, qui nous entourent, de la commission. Merci, collègues, d'être ici et,
aussi, les gens qui nous écoutent pour un sujet qui est... bien, je dirais,
assez important, parce que le dossier des Québécois d'expression anglaise est
un dossier qui est complexe, qui est important. Et puis, bien, la réalité,
c'est qu'un Québécois d'expression anglaise doit vivre pleinement son
expérience citoyenne, et ça inclut avoir accès aux mêmes emplois que n'importe
quel Québécois pourrait s'attendre à recevoir.
Et d'ailleurs, tu sais, on parle de
sous-financement, on parle de pas d'argent, M. le Président, je suis obligé de
rappeler à la collègue du Parti libéral que, quand on a pris possession du
dossier, que... du secrétariat des Québécois d'expression anglaise, en 2018,
lorsqu'on a été élus, le budget était à 1,9 million et, depuis, le budget
est rendu à 14,6 millions. Donc, c'est plus que fois 10, l'augmentation
de budget, justement, pour nous permettre d'agir sur les écarts qui peuvent
exister dans la communauté anglaise. Des écarts, bien, malheureusement, il faut
le constater, il y en a. Il y a des problèmes d'accès à la santé. C'est pour ça
qu'on agit sur ces... sur ce champ-là. Il y a des enjeux d'accès à l'emploi, et
c'est pour ça qu'on agit sur ces enjeux-là.
Donc, pour répondre à la collègue,
qu'est-ce qu'on a fait, bien, on a continué à financer, entre <autres...
M. Skeete : ...pour
répondre à la collègue, qu'est-ce qu'on a fait, bien, on a continué à financer,
entre > autres, PERT, le rapport qu'elle a produit... ici, comme preuve
ou comme démonstration des enjeux. Mais avant on ne les avait pas, ces
données-là, parce que le gouvernement du Québec ne finançait pas ces
entités-là, et aujourd'hui on les finance justement pour permettre d'avoir un
éclaircissage sur la manière dont les Québécois d'expression anglaise se comportent
dans l'économie en général.
Et la deuxième chose qu'on a fait, bien,
on travaille aussi sur la francisation, M. le Président. Vous savez, à beaucoup
d'égards... à beaucoup d'égards, les Québécois d'expression anglaise ont des
défis par rapport à la maîtrise de la langue, qui aussi les garde loin de l'emploi.
Et on agit pour davantage les franciser, davantage créer un environnement
francophone, M. le Président, parce que, vous l'oubliez, dans la loi n° 96, on a donné un nouveau droit aux Québécois
d'expression anglaise, le droit d'être enseigné en français et aussi de
recevoir des formations en français. Et ça, c'est justement pour leur permettre
d'avoir plus de succès à l'intérieur du Québec puis de pouvoir travailler et
bien gagner leur vie.
Alors, oui, il y a une occasion devant
nous, une pénurie d'emploi qui fait en sorte qu'il faut agir justement pour
essayer d'insérer les Québécois d'expression anglaise, souvent loin de
l'économie, à l'intérieur de l'écosystème économique du Québec.
Le Président (M. Bachand) :
Merci. Mme la députée, s'il vous plaît.
Mme Prass : Merci. Merci,
M. le Président. Justement, la stratégie à laquelle j'ai fait référence, pour
lequel vous avez eu votre citation, le financement a arrêté le 31 mars
pour ce programme-là, de la part du secrétariat. Ça représente, si je ne me
trompe pas, 1,25 million. Mais vous parlez justement que des stratégies,
des moyens comme ça sont les bonnes pour aller de l'avant. Donc, pourquoi
est-ce que votre gouvernement a pris la décision, justement, de couper ce
programme qui, justement, aidait cette communauté à intégrer un emploi?
Vous parlez également des cours de
français. Premièrement, c'est mon collègue de Jacques-Cartier qui avait déposé
un projet de loi, justement, pour qu'il y ait des cours de français qui soient
offerts gratuitement à la communauté anglophone. Et ce qu'on entend sur le
terrain, et on le lit, puis je suis sûr que vous l'entendez également, que ce
soit pour la communauté anglophone ou allophone, ce n'est pas évident d'avoir
accès à des cours de francisation.
M. Skeete : Oui. Bien,
écoutez, ce que je dirais, c'est premièrement, pour les allophones, on n'a
jamais autant formé des gens en français. La moyenne, il y a deux ans, était à
peu près 25 000 personnes qu'on formait. Là, c'est plus de
70 000. Et donc on peine à subvenir à la grande capacité de gens qui
souhaitent se faire former en français, d'ailleurs, à cause de l'immigration
massive que vous ne dénoncez pas, entre autres, puis ça nous limite dans notre
capacité de déployer des ressources pour la francisation.
Mais l'autre chose que je veux rapporter,
par exemple, c'est moi, quand je parle aux Québécois d'expression anglaise, on
dirait qu'il y a comme deux discours. Puis vous l'avez évoqué dans votre entrée...
dans l'entrée de jeu de votre témoignage et vous avez dit : Mais jamais
les Québécois d'expression anglaise ont été aussi francophones, aussi
bilingues, aussi capables puis... capables de s'insérer, puis ils sont adaptés
à la communauté... à la société québécoise, et donc... Mais la réalité, c'est
qu'à beaucoup d'égards les Québécois d'expression anglaise ont certaines
lacunes, notamment en français, qui les barrent d'avoir accès exactement
dans... pleinement dans l'économie québécoise.
Et donc je pense qu'on doit arrêter de
porter ce discours-là, de dire que tout va bien avec la francisation des
Québécois d'expression anglaise, que le réseau scolaire anglais les prépare à
la vie au Québec, parce que, bien, j'en suis le premier exemple, je suis issu
de ce réseau scolaire là qui m'a préparé, oui, mais pas pleinement pour
participer en emploi au Québec. Et donc, là, je nous invite à une réflexion
collective, à savoir si, un, la francisation qui a lieu par et pour la
communauté d'expression anglaise prépare nos jeunes à bien vivre ici, au
Québec, puis je pense que c'est une discussion qu'on doit avoir. Je n'ai pas la
réponse à tous ces enjeux-là. Puis l'autre, ce serait de travailler sur les
vecteurs de... qui leur permettraient d'être insérés à l'intérieur de
l'économie québécoise.
Mais on ne peut pas porter les deux discours.
On ne peut pas dire, à la fois, tout va bien linguistiquement puis les
Québécois d'expression anglaise, ils sont parfaitement bilingues, il n'y a pas
d'enjeu, puis, après ça, dire : Il y a un écart dans leur emploi à cause
de la langue. Je pense qu'il faut adresser la question de front et, la question
de front, c'est qu'il y a certaines lacunes en français.
Mme Prass : Juste pour
revenir à ce que vous dites, je pense que ce n'est pas deux discours différents.
On peut aller à l'école, puis avoir une connaissance du français sans être
bilingue à 100 %, et devoir, justement, avoir accès à des cours quand on
sort de l'école. Puis surtout, si on fait... on rentre dans un secteur qui est
technique, il y a certaines... il y a un certain vocabulaire qui vient avec ça.
Donc, on a besoin aussi d'avoir cette formation ou ces cours pour, justement,
comprendre le secteur dans lequel on veut travailler. Donc, je ne pense pas de
dire que quelqu'un n'est pas 100 % bilingue veut dire qu'il ne contribue
pas à ce que le Québec soit français. C'est un petit peu gênant parce que...
• (11 h 50) •
M. Skeete : Bien, en fait,
ce n'est pas ça que j'ai dit, M. le Président, pour être clair, là. On me porte
des intentions. Ce que j'ai dit, c'est que la collègue, elle évoque à voir plus
de formations en français pour avoir une pleine expérience économique dans le
Québec. Pourtant, le Parti libéral a voté contre le projet de loi n° 96,
qui <introduisait...
M. Skeete :
...économique
dans le Québec. Pourtant, le Parti libéral a voté contre le projet de loi
n° 96, qui > introduisait des nouveaux cours au cégep puis à
l'université pour aider les Québécois d'expression anglaise à aller chercher
ces acquis-là. Donc, c'est ça que je veux dire, quand on dit qu'on parle des deux
côtés de la bouche. C'est que le Parti libéral, d'un bord, vient nous dire que
les Québécois d'expression anglaise sont un modèle de bilinguisme, et qu'ils
sont super bien intégrés, et tout va bien, puis, après ça, ils viennent nous
dire qu'à cause de la langue il y a des enjeux réels par rapport à l'emploi.
Puis je suis d'accord avec elle, il y a des enjeux réels par rapport à la
communauté d'expression anglaise en lien avec l'emploi, qui découlent de la
maîtrise de la langue.
Puis comment on fait pour corriger ça,
collègue? Bien, on vit dans un milieu francophone, on construit un Québec qui
est pleinement francophone, on fait plus de cours en français à l'université et
à l'école, puis on travaille sur les acquis. Ce n'est pas toujours fait, ça, M.
le Président.
Mme Prass : OK. Le ministre
n'a pas répondu à ma question par rapport à la coupure du programme pour
promouvoir l'employabilité de la communauté anglophone, qui relevait du
secrétariat. Donc, je voudrais qu'il réponde à la question.
Et vous avez mentionné que... la hausse
que vous avez fait dans le budget du secrétariat depuis que vous êtes arrivé.
Nous, ce qu'on se fait dire sur le terrain, c'est : Bien là, quand on va
demander, par exemple, du PSOC, du Programme de soutien aux organismes
communautaires, on nous dit : Non, non, allez au secrétariat, il y a de
l'argent pour vous, là. Les groupes de la communauté anglophone vont dans
différents ministères pour avoir accès à des programmes, et ce qu'on leur dit, c'est :
Le secrétariat est là, donc, nous, on ne va pas vous ouvrir la porte à ce
programme, allez au secrétariat. Donc, si vous avez dû augmenter le budget,
c'est parce qu'il y a plein d'autres portes qui leur est fermée pour avoir
accès à des programmes.
Et justement, en 2019, et je...
M. Skeete : ...
Mme Prass : Je voudrais
finir ma question. Et justement, en 2019... et je voudrais vous citer lors des
crédits quand vous étiez adjoint parlementaire du premier ministre pour les
relations avec la communauté anglophone. Je vous cite : «Une autre chose
qu'on fait qui est très utile à la communauté, c'est justement, quand on
parlait du PSOC et le financement dans ces projets-là, bien, on a réalisé qu'il
y a 1 milliard de dollars qui est donné à tous les Québécois, puis on a
réalisé que les Québécois représentent 13 % — les Québécois,
j'imagine, vous voulez dire de la communauté anglophone — représentent
13 % de la population, puis ils ont accès à juste 3 %. Bien, il y a
un écart. Donc, augmenter la capacité veut dire nécessairement donner des sous
supplémentaires pour nous aider à accéder à ce 7 % de plus, parce que,
bien, on devrait aller chercher notre part puis de s'assurer qu'on est capables
de remplir les documents comme il faut. C'est ça, augmenter la capacité.»
Donc là, en 2019, vous reconnaissez, par
exemple, que dans... à l'intérieur du budget du PSOC, il y avait une
partie
très petite, 3 %, qui était... qui était accordée aux groupes d'organismes
communautaires. Vous avez reconnu qu'il devrait y avoir une augmentation,
justement, pour répondre à la réalité démographique. Mais là, comme j'ai dit,
on se fait dire maintenant par les organismes que, quand on va lui demander du
PSOC, on se fait renvoyer au secrétariat. Donc, vous avez augmenté un budget,
mais vous avez fermé des portes de l'autre côté.
M. Skeete : Je veux
juste clarifier. Est-ce que la collègue est après dire qu'il y a de la
discrimination, à l'intérieur du gouvernement du Québec, par rapport aux Québécois
d'expression anglaise qui n'ont pas accès à d'autres ministères, à
part le secrétariat
des Québécois d'expression anglaise?
Mme Prass : Je vous pose
la question.
M. Skeete : Bien, est-ce
que c'est... est-ce que vous dites ça? Parce que c'est une...
Mme Prass : Je vous pose
la question.
M. Skeete : Parce que
c'est quand même une accusation qui est très grave puis pas fondée, ça fait que
je voudrais juste être certain qu'on parle de la même chose. Est-ce que vous
dites en ce moment que les Québécois d'expression anglaise n'ont pas accès à
des services autres que les services disponibles au secrétariat des Québécois
d'expression anglaise?
Mme Prass : Je vous pose
la question, parce qu'il y a des organismes qui nous disent que, quand ils
tapent à la porte d'un ministère et qu'ils font une demande pour un programme,
on les renvoie plutôt au secrétariat pour se faire financer. Donc, justement,
je vous pose la question, parce que j'espère que ce n'est pas le cas. On ne
veut pas que ce soit le cas. Et vous dites que c'est non fondé. Donc,
pouvez-vous nous dire, par exemple, ou vous engager à dire que, quand les
organismes de la communauté anglophone se font dire : Vous ne recevrez pas
de PSOC, allez voir le secrétariat... Est-ce que je peux vous contacter?
M. Skeete : Bon, là, la
collègue, elle confond deux situations. Puis, si vous me permettez un petit peu
de temps, je vais m'expliquer davantage.
Effectivement, il y a une fâcheuse
tendance, à l'intérieur du gouvernement, que je constate et que... auquel je me
bats à tous les jours pour essayer de faire réaliser, tant aux Québécois
d'expression anglaise qu'aux ministères et différents organismes
gouvernementals, qu'un Québécois d'expression anglaise est d'abord et avant
tout un Québécois et donc devrait avoir accès à l'ensemble des services du
bouquet de services du gouvernement du Québec, ce qui n'est pas toujours le cas.
La raison pour laquelle le secrétariat existe et doit exister, c'est parce que,
justement, on constate des écarts dans la livraison de ce service-là qu'un
citoyen doit s'attendre à recevoir. Donc, on agit à l'intérieur des programmes
pour s'assurer de faire un pont entre ce qui est attendu et ce qui est reçu.
Donc, c'est impossible qu'on accepte qu'on
se fasse dire : Bien, tu n'es pas éligible pour un service en santé, parce
que tu as le secrétariat, tu n'es pas éligible pour un service en éducation,
parce que tu as... parce qu'il y a le secrétariat. Ce n'est pas acceptable.
Donc, s'il y a des <exemples...
M. Skeete : Donc, s'il
y a des > exemples comme ça, je veux le savoir. Mais c'est un réflexe. C'est
un réflexe qu'on doit déconstruire, parce que les Québécois d'expression
anglaise ont eux-mêmes cette fâcheuse tendance là de contacter le secrétariat
pour tous leurs besoins gouvernementaux, comme s'ils ne réalisent pas que c'est
l'ensemble de la palette de services du gouvernement qui est disponible à eux.
Donc, oui, il y a des perceptions qui doivent être défaits. Il y a des
situations où est-ce que j'ai constaté ça par la marge, mais c'est... ce n'est
pas du tout répandu et ce n'est pas du tout acceptable.
Mme Prass : Je vais vous
envoyer les organismes qui nous ont informés de cette réalité-là, justement, et
j'espère que ça se réglera. Je sais que j'ai très peu de temps, mais je
voudrais... Quand vous avez été nommé ministre de ce dossier dernièrement et
vous avez fait une entrevue avec la Gazette ... et je voudrais vous citer
également : «Skeete said he came away from his first briefing of the
secretary deciding one of his priorities has to be working to reduce the large
gap in the unemployment rates between anglophones and francophones,
particularly in regions.»
Je vous demanderais... et je veux aussi
mentionner, vos collègues ministres de l'Emploi, que ce soit présent ou dans le
dernier... depuis le mandat, n'ont jamais rencontré PERT, n'ont jamais accepté
de rencontrer...
M. Skeete : Bien, moi, je
les ai rencontrés, là.
Mme Prass : Vous les avez
rencontrés. Je parle du ministre ou ministre... ministre de l'Emploi, de qui il
y aurait normalement des programmes et des outils qui relèveraient, justement,
pour les aider.
M. Skeete : Bien, en
fait, j'ai travaillé avec le ministre à l'époque, puis il a débloqué des fonds
pour le groupe. Donc, la rencontre n'était plus nécessaire. Le PAGAC a rempli
beaucoup de ces besoins-là à l'époque.
Mme Prass : OK. Il y a eu
plusieurs demandes depuis qui n'ont pas été répondues également.
M. Skeete : J'en prends
note. Merci.
Le Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Donc, M. le député d'Arthabaska, pour un bloc de
17 min 15 s, s'il vous plaît.
M. Boissonneault : Merci,
M. le Président. Salutations à tout le monde, M. le ministre. Merci.
Salutations aux équipes, aux collègues. Je poursuis un peu dans la même veine.
Je veux juste avoir une information. En date du 23 mai, la première
ministre, la nouvelle première ministre, Mme Fréchette, n'avait pas encore
rencontré les médias anglophones depuis son élection. Vous aviez affirmé, M. le
ministre, qu'elle n'ignorait pas la communauté et qu'elle allait les rencontrer.
Est-ce que cette rencontre-là a eu lieu jusqu'à présent?
M. Skeete : Bien, le
podcast auquel vous faites référence, il a eu lieu il y a comme quatre jours.
Ça fait que non, pas encore.
M. Boissonneault : OK. Je
passe maintenant un peu dans la foulée de ce que la collègue disait au... une
discussion que j'ai eue avec le Regional Development Network. Lorsqu'on parle
de financement, justement, les organismes qui représentent la communauté
anglophone, qui me parlaient d'une difficulté à obtenir du financement du
gouvernement fédéral parce qu'il y a la
Loi sur le ministère du Conseil
exécutif — là, corrigez-moi si les termes ne sont pas exacts, bien,
en tout cas, si les enjeux légaux ne sont pas... en tout cas, vous pouvez
préciser, là — selon laquelle, donc, si un organisme reçoit un
financement de Québec qui dépasse de 50 % de son budget de fonctionnement,
cet organisme-là ne peut pas toucher de sommes d'Ottawa, sauf exception, et sur
une demande qui peut être fastidieuse. J'aurais aimé avoir votre perspective de
cette situation-là.
M. Skeete : La
perspective, c'est que c'est effectivement un critère que le gouvernement du
Québec utilise.
M. Boissonneault :
Pourquoi?
M. Skeete : Pour
s'assurer de limiter l'empiétement fédéral dans les champs de compétence
provinciale.
M. Boissonneault : Est-ce
que vous avez pensé à une voie de passage qui pourrait permettre aux
communautés de ne pas se priver de sommes qui pourraient être... qui pourraient
être importantes pour elles? Parce que là...
M. Skeete : À tous les
jours, M. le Président, on tente de s'assurer que l'argent que le fédéral veut
transférer au Québec est utilisé dans ses champs de compétence avec une
certaine rigueur pour être sûrs qu'on limite l'empiétement de ce dernier. Et on
est toujours prêts à recevoir de l'argent, mais pas à n'importe quelle
condition.
M. Boissonneault : Donc,
pour un organisme qui reçoit moins de 50 % du financement de Québec, ils
pourront toucher les sommes. Est-ce que vous êtes d'accord avec moi pour dire
qu'il y a une part d'arbitraire là-dedans?
M. Skeete : Bien, en
fait, est-ce que le collègue du Parti québécois est en train de nous dire qu'on
devrait accepter aveuglément l'argent du fédéral?
M. Boissonneault : Ce
n'est pas ce que je dis, mais est-ce que...
M. Skeete : OK. Je veux
juste être sûr.
M. Boissonneault : Oui.
En fait, la question que je me pose, c'est que j'essaie de trouver... parce que
vous êtes le ministre après tout. J'essaie de voir de quel... Moi, on me
soulève cet enjeu-là sur le terrain. On dit que c'est un enjeu important, parce
qu'on perd potentiellement un financement, puis ça, c'est la même chose. Vous
savez, moi, je suis indépendantiste, je sais que vous, vous êtes corrects avec
ça, Ottawa. On n'a pas tout à fait la même perspective. C'est correct.
La question, c'est de savoir... ces
organismes-là qui ont besoin de financement nous disent que les règles
actuelles font en sorte qu'elles se privent de financement, qu'il reste notre
argent, hein, ça passe par Ottawa, mais c'est notre argent, se privent d'un financement
en raison d'une règle qui a, comme ça, une part quand même d'arbitraire. Donc,
est-ce que vous, comme ministre, vous essayez de trouver une voie de passage
pour permettre aux organismes d'avoir tout le financement qu'elles pourraient...
qu'ils pourraient avoir?
• (12 heures) •
M. Skeete : Oui. J'ai déjà
répondu à la question. Oui, lorsque c'est possible, on tente de faire atterrir
l'argent de la part d'Ottawa. On est très soucieux et conscients que cet
argent-là ne doit pas être interprété comme un empiétement sur nos champs de
compétence et on ne <signera pas n'importe quelle entente...
Haut de la page
12 h (version révisée)
<17873
M. Skeete :
...sur nos champs de compétences, et on ne > signera pas n'importe
quelle entente qui va venir dans nos champs de compétences sans avoir l'assurance
qu'on peut le dépenser comme on veut.
M. Boissonneault : Quels
sont les critères pour déterminer qu'il ne s'agit pas d'un empiétement sur nos
champs de compétences et qui vous permettent de donner ce financement-là ou
pas?
M. Skeete : Il y a une
analyse qui est faite à l'intérieur du gouvernement. Le secrétariat des relations
avec le Québécois... avec les relations canadiennes a des critères très stricts,
veille à ça à tous les jours et s'assure que, dans toute entente, avec tous les
ministères, que les règles de l'art sont suivies. Et ça ne fait pas exception
dans le cas des dossiers des Québécois d'expression anglaise, notamment en ce
qui touche avec les dossiers d'emploi dont il y a des sommes, actuellement, qu'on
attendrait d'être résolues avec Ottawa, puis je pense que c'est de ça dont vous
parlait RDN avec raison.
M. Boissonneault : Est-ce qu'il
y a une liste de critères, un barème auquel on pourrait avoir accès, ne
serait-ce que pour pouvoir clarifier le fait que cette part d'arbitraire là est
la moins importante possible, là, pour s'assurer que le processus soit fait en
bonne et due forme.
M. Skeete : Il y a des
critères qui existent, mais on est dans les crédits du secrétariat pour les
Québécois d'expression anglaise. Je n'ai pas les critères du secrétariat des
relations avec... relations canadiennes. Là, on peut vous mettre en lien, si
vous avez des questions, là, mais ça me ferait plaisir de faire le lien. Mais je
n'ai pas... Ici, il y a des critères. Normalement, c'est des discussions qui se
passent entre les fonctionnaires pour faire atterrir l'argent, et. en ce
moment, le ministre du Travail et des Relations canadiennes travaille avec sa
contrepartie fédérale pour débloquer des sommes.
M. Boissonneault : Et
lorsqu'on demande une exemption ou une voie de passage comme ça, pour un
organisme xyz, quelles mesures sont proposées pour s'assurer qu'il n'y ait pas
un fardeau administratif trop important pour l'organisme en question? Qu'est-ce
que ça représente... en fait, je pourrais même vous poser la question : Qu'est-ce
que ça représente comme fardeau administratif pour l'organisme qui aimerait ça
pouvoir avoir un financement supplémentaire?
M. Skeete : Bien, c'est
sûr que l'autonomie du Québec requiert une certaine lourdeur administrative.
Les autres provinces n'ont pas à gérer ça. Les autres provinces prennent l'argent
du fédéral, acceptent l'empiétement et sont bien contentes de le prendre. Nous,
on a décidé d'être autonome, mais on a décidé de faire nos propres affaires et
de se battre pour nos champs de compétences. Et donc j'admets volontiers que ça
représente une charge administrative supplémentaire pour tout le Québec en
général, dans tous les secteurs. Mais moi, je pense que les Québécois pensent
que ça vaut la peine, et on continue. On essaie, bien sûr, d'alléger ce
processus-là le plus possible. J'ai moi-même été responsable d'un allègement...
de beaucoup d'allègements réglementaires lorsque j'étais ministre de l'Économie.
Donc, c'est quelque chose qui me tient à cœur, que je garde un oeil dessus, mais
c'est sûr que ça vient avec une certaine lourdeur administrative.
M. Boissonneault : Ce ne
serait pas plus simple de faire ça nous-mêmes sans passer par Ottawa?
M. Skeete : Bien, c'est
sûr que le Parti québécois pense que la souveraineté règle tous les problèmes
sur Terre. Nous, on pense que la vie est plus nuancée.
M. Boissonneault : Sur Terre?
Sur Terre, OK.
M. Skeete : Sur Terre,
oui.
M. Boissonneault : J'imagine,
ça vaut pour toutes les nations indépendantes qui ont réglé les problèmes sur
Terre, jusqu'à présent?
M. Skeete : Bien, ça
règle plein de problèmes, mais ça ne règle pas tout comme le Parti québécois le
prétend.
M. Boissonneault : Visiblement,
parce qu'il y a 195 nations indépendantes sur la planète, si je ne m'abuse.
M. Skeete : Puis il y a
combien de régions? Je pense que le Québec vient juste d'adhérer, M. le
Président, au comité des régions européennes. Vous savez, il y a 715 régions
à l'intérieur de l'Union européenne. Le Québec est maintenant un partenaire
observateur à l'intérieur ce comité-là. C'est beaucoup de régions, ça. Ça fait
que ça ne doit pas être si pire que ça.
M. Boissonneault : Ce qu'on
m'a dit aussi sur le terrain, puis là ça fait peut-être référence, un peu, à ce
que disait la collègue, c'est... souvent, les organismes qui défendent les
intérêts de la communauté d'expression anglaise deviennent des points de chute
pour un ensemble de demandes sur le terrain, un ensemble de besoins, surtout
dans les régions. Puis ce qu'on me disait, c'est que, souvent, ils ne peuvent
pas, en raison du financement aux programmes, avoir le financement nécessaire
pour faire les références possibles pour... Puis vous en parliez un peu, là, de
la collaboration entre les ministères, mais c'est un gros problème pour ces
organismes-là, parce qu'on leur pose toutes sortes de questions sur toutes
sortes d'enjeux. Ça, je pense, entre autres, les centres... les CJE, là, les
centres d'emploi jeunesse, qui touchent à un tas de questions, bien, ils n'ont
pas le choix de travailler en silo puis ils n'ont pas le financement qu'ils
pourraient avoir pour pouvoir traiter l'ensemble des préoccupations de leur
communauté dans une région qui n'est pas une région urbaine, par exemple, qui n'est
pas Montréal ou Laval. Qu'est-ce que... qu'est-ce qui est possible de faire,
pour vous, pour ces organismes-là?
M. Skeete : Vous
soulevez le problème. Le plus gros problème qu'on a, surtout en région, des
communautés d'expression anglaise, c'est qu'ils sont obligés d'être
généralistes par le nombre si faible, sur le territoire, qu'ils représentent.
Et donc, un organisme, puis j'ai en tête, mettons, CASA, qui est dans... en
Gaspésie, bien, eux, ils font de l'emploi, ils font du référencement, ils font
de la santé mentale, ils font plein d'affaires, puis quand ils essaient d'appliquer
dans les programmes de santé mentale, d'emploi, ils se font dire : Mais
vous n'êtes pas spécialisés en emploi, donc vous n'avez pas d'argent. Ça, c'est
un des écarts dans lequel je vous parlais tantôt, et c'est la raison pour
laquelle on a augmenté les budgets du secrétariat, parce qu'on vise à <combler...
M. Skeete :
... pour laquelle on a augmenté les budgets du secrétariat,
parce qu'on vise à > combler cet écart-là en offrant un financement à
la mission à ces groupes-là pour qu'ils puissent avoir un impact, mais on se
bat à tous les jours pour essayer de défaire ces silos-là et de faire
comprendre à la machine gouvernementale, qui n'est pas toujours facile, soit
dit en passant, que ça se peut que les communautés d'expression anglaise
subissent un préjudice à cause de ça. Et donc, on tente de défaire ces murs-là
et on continue à tous les jours. C'est ça, la mission du secrétariat.
M. Boissonneault : Puis pour
donner, peut-être, un horizon aux gens qui nous écoutent puis aux organismes
qui écoutent notre échange, est-ce que vous vous attendez à ce qu'il y ait des
résultats concrets, qu'on puisse abolir certains silos, certaines frontières
entre les ministères selon un plan de match que vous avez, là? Concrètement, à
quoi peut-on s'attendre?
M. Skeete : Je vous dirais que
si c'était facile, ce serait déjà fait. C'est plus complexe. Il y a des normes
qui sont établies à l'intérieur des programmes qui sont issus du Conseil du
trésor, qui sont très spécifiques et qui sont bons pour la majorité des cas.
Là, quand on vient dans les exceptions, bien là, c'est plus difficile.
Un exemple, on l'avait vécu durant la
pandémie, collègue, il y avait... on voulait aider les médias locaux, à
l'intérieur de la pandémie, parce qu'ils avaient moins d'argent, et on voulait
injecter des sommes, et, dans les critères, bien, on avait énuméré qu'il
fallait être un OBNL pour recevoir les fonds, mais la majorité des petits
journaux de la communauté d'expression anglaise sont privés. Et donc, sans le
vouloir, on veut aider puis, sans le vouloir, on a exclu la communauté
d'expression anglaise. C'est des affaires comme ça qui arrivent, assez
malheureusement et fâcheusement, trop souvent, qui fait en sorte qu'il y a cet
écart-là entre ce qu'un citoyen québécois d'expression anglaise devrait
recevoir comme service et ce qu'il reçoit. C'est la raison pour quoi on a
augmenté les budgets, pour justement venir pallier à ces enjeux-là, qui sont
fâcheux, pour permettre de faire un pont entre l'écart et ce qui est attendu.
M. Boissonneault : Est-ce que
vous diriez que c'est un des plus gros chantiers du secrétariat, à l'heure
actuelle?
M. Skeete : Oui, parce qu'il
faut travailler des deux bords. Il faut travailler du côté de la machine qui,
elle, généreusement, n'est pas toujours souple, et, de l'autre côté, les Québécois
d'expression anglaise eux-mêmes, qui pensent que le secrétariat est la réponse
à tous leurs enjeux. Ils viennent nous voir puis ils n'ont pas cette
habitude-là d'interagir avec l'État. Ils n'ont pas, souvent, la maturité
institutionnelle pour aller faire des revendications auprès des autres
ministères, ils ne savent pas toujours quelle porte cogner. Et donc, on devient
un peu l'entremetteur entre les deux pour essayer de construire, justement,
cette capacité-là de la communauté. Quand je pense, mettons, aux groupes
communautaires francophones, ils sont bons, là, tu sais, ils viennent cogner
aux bureaux de comté, ils ont accès à des associations, ils savent à qui
parler, ils connaissent les fonctionnaires par leurs noms. Ce n'est pas
toujours le cas pour les groupes de Québécois d'expression anglaise, surtout en
région, qui n'ont pas souvent accès comme les autres pourraient avoir accès. Et
donc, on essaie de construire cette capacité-là.
M. Boissonneault : J'aimerais
ça, M. le ministre, qu'on parle... puis on fait un peu de pouce sur ce dont on
vient de parler, là, qu'on parle plus précisément de la différence que vous
faites entre la réalité des communautés d'expression anglaise dans des milieux
urbains, dans la grande région métropolitaine, Montréal et Laval, et ce qui se
passe en région. Puis là j'inclus Québec là-dedans, même si ce n'est pas... ce
n'est pas tout à fait une région, là, mais ce qu'on nous répète souvent, aussi,
c'est qu'il y a des gens qui ont l'impression qu'on ne fait pas cette
différence-là. Être un anglophone à Montréal, ce n'est pas du tout la même
chose qu'être un anglophone à Plessisville, dans ma circonscription, là.
Comment voyez-vous la différence puis de
quelle façon vous êtes en mesure de moduler les services qui sont offerts à la
communauté d'expression anglaise dans les régions, par rapport à ce qu'on voit
dans les grands centres, où, franchement, l'accès aux services n'est pas du
tout le même, là?
M. Skeete : Bien, on se
concentre sur les écarts, premièrement. Deuxièmement, je dois vous dire, la
plus grande fierté que j'ai par rapport à ce dossier-là, ça a été dans le
premier mandat, lorsque, pour la première fois, on a commencé à financer RDN.
Le groupe que vous êtes allé voir, ils sont basés à Québec. C'est un groupe qui
se concentre avec des membres issus des régions, qui parle au nom des régions
et qui a cette réflexion et ce réflexe régional. Et la plus grande fierté que
j'ai, c'est qu'on a finalement réussi à les... à avoir un programme où est-ce
qu'ils pourront être financés toutes les années pour continuer leur belle
mission et, justement, ramener cette différence-là que, souvent, on associait
avec la région de Montréal.
M. Boissonneault : Un enjeu
qu'on nous soulevait, justement, pour les communautés des régions, c'est
l'accès au réseau scolaire anglophone. Est-ce qu'il y a un travail qui a été
fait, dans la dernière année, pour améliorer cet accès-là? On disait qu'il
fallait qu'on se déplace, parfois, sur de longues distances. Quand on se trouve
à Saint-Adrien-d'Irlande, l'endroit le plus proche pour aller étudier, disons,
en anglais, ça peut être Québec ou en Beauce. Donc, c'est... Est-ce que c'est
un enjeu sur lequel vous avez pu travailler dans la dernière année et qu'est-ce
que vous avez fait?
• (12 h 10) •
M. Skeete : Bien, ce que je
dirais, c'est que la communauté anglaise a fait le choix de maintenir des
élections scolaires. Ils ont des commissaires qui sont élus. Je vous
demanderais de poser la question à leurs représentants.
M. Boissonneault : C'est bon.
Autre sujet, vous avez parlé de la francisation, tout à l'heure, et de
l'importance de pouvoir franciser aussi la communauté <anglophone...
M. Boissonneault :
...la
communauté > anglophone pour qu'elle puisse participer pleinement à la
société québécoise. Je pense que votre mission... votre message a été clair,
là-dessus.
Par contre, vous avez probablement eu
l'occasion de lire le rapport du Commissaire à la langue française, de
l'automne. C'était en novembre qu'il avait présenté un rapport sur
l'intégration et l'adhésion à la société québécoise. Il y a un certain nombre
d'enjeux qui ont été soulevés dans ce rapport-là, dont celui de l'image que la
communauté anglophone... pas nécessairement la communauté historique, là, entre
guillemets, là, mais aussi des nouveaux arrivants qui font
partie de la
communauté anglophone, l'image que les gens pouvaient avoir des Québécois
francophones. Dans ce rapport-là, on disait que, parfois, on avait décrit, selon
certains témoignages, les jeunes Québécois francophones d'ignorants,
d'intolérants, d'hypocrites. On avait parlé de l'attrait des institutions
anglophones qu'on... essentiellement, on trouvait que c'était plus prestigieux,
qu'il y avait plus... c'était la langue dominante.
Donc, dans l'aspect de la francisation,
qu'est-ce que vous faites pour vous assurer qu'il y ait aussi une transmission
d'attachement à la culture, de valeurs, d'attachement à la communauté
francophone, pour que la francisation ne soit pas seulement une
instrumentalisation de la langue, mais qu'à quelque
part il y ait une
profondeur aussi, je vous dirais, du vivre-ensemble, du vécu québécois
francophone, donc, pour qu'il y ait un pont qui soit peut-être mieux arrimé
entre la communauté anglophone, notamment chez les nouveaux arrivants, puis les
Québécois francophones?
M. Skeete : Bien,
premièrement, je rappellerais au collègue qu'un immigrant n'est pas issu de la
communauté anglaise. Un immigrant, c'est quelqu'un qu'on francise, et il peut
bien venir de l'Australie, mais s'il vient au Québec, il devient... l'objectif,
c'est de le franciser. Nous, ici, le secrétariat, on se concentre sur les
Québécois d'expression anglaise historique, là, dite historique, et donc
notre... je pense, notre premier devoir, c'est de leur faire sentir comme s'ils
sont des membres à part entière de la communauté québécoise. Je pense que quand
on finance adéquatement un secrétariat en leur nom pour, justement, faire un
pont entre le service attendu et le service reçu, je pense, c'est comme ça
qu'on leur montre l'importance de la présence. Et n'oubliez pas, c'est la
première fois, là, que le Québec s'intéresse au financement direct aux
Québécois d'expression anglaise. Et donc il y a des groupes anglophones qui
reçoivent de l'argent de Québec, pas juste d'Ottawa, de Québec, pour leur
vitalité communautaire. Je pense que c'est un grand signal, et ça aide à
construire, justement, le narratif dont vous faites part.
M. Boissonneault : Est-ce
qu'il y a, à l'intérieur des cours de francisation qui sont offerts à la
communauté historique, anglophone historique, ou même pour les nouveaux
arrivants, un volet d'appréciation de la culture québécoise francophone?
M. Skeete : Bien, le
curriculum d'éducation est donné... émane du ministère de l'Éducation. Il est
transmis dans tout le réseau scolaire et doit être enseigné tel quel.
M. Boissonneault : Donc,
est-ce qu'il y a un volet d'apprentissage des... comment je dirais, pour donner
cette image positive là du Québécois francophone ou du Québec francophone sur
ce qu'on produit, sur le rayonnement culturel, sur le fait, par exemple, aussi,
d'avoir cette information-là que le Québec demeure une société francophone
globalement?
M. Skeete : Bien, toutes les
commissions scolaires, même les commissions scolaires anglophones, ont
l'obligation de suivre le curriculum du ministère de l'Éducation, qui comporte,
entre autres, la culture et tous les aspects, là, de... qu'on s'attend de
trouver à l'intérieur du ministère de l'Éducation.
Le Président (M.
Bachand) : ...secondes, M. le député d'Arthabaska.
M. Boissonneault : Bien,
écoutez, en 35 secondes, je ne pense pas que je vais avoir le temps de
faire grand-chose, parce que je passais à un autre sujet. Merci beaucoup pour
votre temps.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup, M. le député
d'Arthabaska. Mme la députée de D'Arcy-McGee, pour 17 min 25 s,
s'il vous plaît.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Je voudrais juste reprendre quelque chose que le ministre a dit pour
le financement de RDN. Vous étiez fier, vous devez l'être, mais RDN a été fondé
en 2019. Donc, quand vous avez dit, vous avez enfin pu les financer de façon
pérenne, ils existent uniquement depuis 2019, donc vous avez commencé à les
financer lors de leur existence, ce qu'on espère.
Je veux revenir aux questions de mon
collègue sur les M-30, parce que... Je vais vous donner un exemple. Le
Consortium des cégeps, collèges et universités d'expression anglaise du Québec
avait, et vous... On se comprend, ça prend du temps pour remplir des demandes,
pour recevoir de l'argent du fédéral, argent que toutes les autres provinces
ont accès, mais des fois, nous, on n'a pas accès. Donc, le consortium a reçu plus
de 700 000 $ pour tenir des états généraux sur l'avenir des établissements
postsecondaires de langue anglaise du Québec, et le M-30, au mois de février, a
été refusé par Québec. Le Québec n'a pas autorisé le M-30. Donc, vous parlez
de... Bien, tu sais, justement, on a cette loi-là en place parce qu'on ne veut
pas que le fédéral rentre dans nos champs de compétences. On parle d'états
généraux sur l'avenir des établissements scolaires anglophones, et votre
gouvernement a bloqué ce M-30. Je voudrais savoir quelle est la justification.
M. Skeete : Bien, collègue,
je suis obligé de vous rappeler que l'éducation, c'est un champ de compétences
exclusif du <gouvernement...
M. Skeete :
...vous
rappeler que l'éducation, c'est un champ de compétences exclusif du > gouvernement
du Québec et une compétence provinciale. La collègue a dit «Jesus Christ»,
mais si un élu de l'Assemblée nationale n'a pas compris ça, ils ont raté une
bonne game, M. le Président.
Mme Prass : OK. Qu'est-ce que
le gouvernement... qu'est-ce que votre gouvernement fait pour la vitalité de la
communauté... des commissions scolaires et des collèges anglophones? Quand vous
faites des hausses de frais de scolarité... puis, en passant, les hausses de frais
de scolarité que vous avez faits pour les universités anglophones, dont un juge
a dit que les données que vous avez soumises ne retenaient... ne tenaient pas
debout, et ils n'étaient... ne justifiaient pas la décision que vous avez
faite, c'est de cette façon que vous démontrez votre soutien pour nos
institutions d'éducation anglophones?
M. Skeete : Bien, en
fait, M. le Président, la collègue, dans son affirmation, elle oublie de dire
que les Québécois d'expression anglaise historique paient le même prix. C'est
les personnes anglophones, qui viennent soit du Canada ou des États-Unis, qui
payent plus cher. Donc, oui, on a haussé les frais de scolarité pour les
étrangers qui venaient au Québec étudier parce qu'on n'avait plus les moyens de
les subventionner. On était la seule province au Canada qui subventionnait les
étudiants des autres provinces, alors... Mais le prix est resté pareil, M. le
Président, pour les Québécois d'expression anglaise. Puis, en plus, dans le
projet de loi n° 96, on leur a donné la capacité de passer devant la ligne
pour avoir accès aux cégeps anglophones en priorité avant les francophones,
pour être certains qu'on réglait un problème à l'intérieur de l'accès, parce
que c'était rendu que les Québécois d'expression anglaise rentraient en
compétition avec les francophones en grand nombre pour avoir accès à leurs
cégeps. Alors, nous, on a introduit, à l'intérieur du projet de loi n° 96,
le droit, un privilège de couper la ligne, en tant qu'anglophone, pour être sûr
qu'on pourrait avoir accès à nos institutions.
Mme Prass : Je voudrais
rappeler au ministre que c'est seulement les universités anglophones qui ont...
pour lesquelles vous avez monté les frais de scolarité pas... côté anglophone,
pas côté... du côté francophone. Et parlant, justement, de la loi n° 96 en matière des cégeps... Donc là, nos jeunes ont...
les jeunes historiques anglophones ont besoin d'avoir leur certificat
d'éligibilité pour pouvoir aller au cégep en français... excusez-moi, en
anglais. Comme vous devez le savoir, il y a plusieurs centaines de jeunes... et
comme on le sait, le certificat est disponible jusqu'à la journée qu'on finit
notre scolarisation au secondaire, donc, quand on devient diplômé du
secondaire, ce qui devient très difficile pour plusieurs qui vont faire leur
demande suite à cette date, pour avoir accès au cégep en anglais.
Votre collègue, qui était ministre de
l'Enseignement supérieur le... en décembre 2022, et je cite : «Québec to
share educational records with English cegeps to avoid hunt for eligibility
certificates. Québec's minister for Higher Education has
informed English cegeps it would be providing the schools with access to
education records. In a letter to cegeps, minister Pascale Déry said her office
was working with the Education minister to give them access to the data before March
1st 2023, the deadline for student applications. She said that students who
submit an application do not have to provide any certificate of eligibility,
and that's why you can count on the collaboration of the ministry to support
you in this process.»
On est rendus à
2026. Pas seulement que ça n'a pas été mis en place le moindrement, mais là on
a des jeunes qui se font refuser de recevoir leur certificat d'éligibilité
parce qu'on dit : Ah! bien, on n'a pas assez de monde, puis là la date est
passée. Je voudrais également noter que the Québec English
School Board Association met with minister Drainville, when he was minister of
Education, about this issue. He told them that he wanted to solve it.
Il aurait dit qu'il allait nommer un
sous-ministre adjoint dans son ministère pour créer une table de travail pour,
justement, regarder cet enjeu. Et justement, suite à cette rencontre-là, Québec
English School Board Association a écrit à M. Drainville pour lui dire
qu'ils étaient satisfaits de son approche axée sur les solutions pour relever
les défis liés à l'admissibilité aux cégeps anglophones. «Nous comptons sur
votre engagement à trouver des solutions pratiques et efficaces.» Votre... la
nouvelle ministre de l'Éducation a refusé de rencontrer English Montreal School
Board and Québec English School Board Association.
• (12 h 20) •
Donc là, on parle de votre collègue qui
est allé, justement, s'assurer que le processus soit plus facile pour ces
jeunes-là, qu'ils n'aient pas à devoir faire des demandes et se faire refuser.
Le ministre, à l'époque, s'était engagé à, justement, trouver une solution. Et
là on est en 2026, et rien n'a changé, rien ne s'est amélioré. C'est toujours
un parcours très difficile pour que ces jeunes, une fois que la date du
secondaire est terminée, pour qu'ils puissent aller chercher ces certificats.
Donc, vous parlez de... là, c'est... on a mis un accès privilégié pour les
anglophones historiques pour aller au cégep en anglais, mais qu'est-ce que vous
faites pour leur faciliter leur entrée quand ils <ont...
Mme Prass :
...anglais,
mais qu'est-ce que vous faites pour leur faciliter leur entrée quand ils > ont
besoin de leur certificat d'éligibilité?
M. Skeete : Bien, s'il y a un
enjeu particulier avec quelqu'un qui a besoin d'avoir un accès, que la collègue
vienne me voir, ça va me faire plaisir de les accompagner.
Mme Prass : Je vais venir
vous voir avec quelques centaines de noms, parce qu'il y a des articles qui le
disent, qu'à chaque année, il y a entre 300 et 400 jeunes à qui ça arrive.
Donc, je vais vous arriver avec ces noms-là avec plaisir.
Là, je voudrais vous parler du fait que
votre collègue a récemment annoncé que votre gouvernement va déposer un projet
de loi pour l'application de la loi 101 à l'éducation aux adultes et à la
formation professionnelle. Est-ce que vous pouvez nous indiquer si vous avez
été formellement consulté en tant que ministre responsable pour les relations
avec les communautés d'expression anglophone?
M. Skeete : J'ai appuyé la
première ministre dans la course à la chefferie sachant qu'elle allait faire
Mme Prass : Mais est-ce que
vous avez été consulté?
M. Skeete : Ça sous-entend que
je suis impliqué dans le processus.
Mme Prass : Non, soutenir
quelqu'un, ça ne veut pas dire qu'elle est venue vous voir et vous poser des
questions, justement, pour s'assurer d'avoir tous les éléments pour bien
avancer.
M. Skeete : Je comprends.
Bien, on ne s'est pas parlé de ce sujet-là précisément avant. Je savais que
c'était sa position.
Mme Prass : OK. Est-ce que
vous savez s'il y a eu des consultations auprès des commissions scolaires et
des centres de services scolaires?
M. Skeete : Bien, il y a eu
énormément de consultations sur la langue française. Mon collègue le ministre
de la Langue française a fait des tournées un peu partout en lien avec la
langue française, l'immigration. Il y a aussi le Commissaire de la langue
française qui nous parle de la chute du français. Tu sais, c'est sûr, collègue,
le Parti libéral ne veut pas protéger le français. Ça fait que c'est sûr que
quand on parle de la perte de momentum du français au Québec, c'est difficile
d'avoir une conversation où est-ce qu'on peut s'entendre. Mais vous êtes contre
tout renforcement de la langue française, vous êtes contre la francisation des
immigrants, vous êtes contre le travail en français, vous êtes contre
augmenter... de réduire le nombre de personnes dans une entreprise pour
faciliter le français et... et l'introduction du français, puis, après ça, vous
dites : Bien là, les anglophones ont de la misère à se franciser. Tu sais,
je trouve ça particulier comme position, mais je ne sais pas quoi en faire, M.
le Président.
Mme Prass : Bien, je me
reprends. Au Parti libéral du Québec, on est tout à fait pour la protection du
français, mais de ne pas le faire d'une façon qui impose et qui nuit aux
personnes. On veut le faire pour que les gens veuillent, justement, avoir cette
volonté d'apprendre le français et de s'intégrer dans la culture. On veut que
ça se fasse de façon... On ne veut pas que ça se fasse de... On veut que ça se
fasse de façon où les gens pensent qu'ils ont un rôle à jouer dans ça. C'est
leur vie. Eux, ils veulent s'impliquer dans leur communauté, dans leur province,
dans la langue. Ce que vous faites et ce que la loi 96, elle fait, c'est
imposer des gestes, et il y a peu qui protège la langue française, dans la
loi 96.
M. Skeete : Mais je dirais,
M. le Président, en...
Mme Prass : Je voudrais
également vous demander, à propos de l'application de la loi 101 pour les
adultes à la formation professionnelle... Votre gouvernement a parlé de
10 000 personnes que ça affecterait. Là, dans les médias, on entend
27 000 personnes. Est-ce que vous avez le chiffre exact de combien de
personnes cette loi affecterait?
M. Skeete : Bon, vous savez,
d'entrée de jeu, M. le Président, la collègue, elle parlait du taux de chômage
plus élevé pour les Québécois d'expression anglaise, elle parlait du taux de
chômage qui est plus élevé pour les gens qui s'expriment en anglais. Et voici
une initiative de... pour essayer de faire en sorte que les gens qui viennent
au Québec peuvent apprendre le français et profiter de l'opportunité qu'ils ont
dans la formation professionnelle pour se franciser.
Puis, encore une fois, il faut constater
que le Parti libéral, eux autres, ils sont contre ça. Au lieu de voir
l'opportunité, là, de faire une formation d'adultes, de voir l'opportunité
d'être immersés dans le français pendant une période, sans risque, avant le
travail, pour essayer de maîtriser le français, pour ensuite être capables de
travailler en français, alors que les données nous disent qu'une personne qui
termine son secondaire ou son postsecondaire dans la langue x va travailler
dans la langue x, eux autres, ils sont contre ça, M. le Président. Alors, moi,
je trouve ça particulier qu'encore une fois le Parti libéral dit être pour le
français, mais, à toutes les fois qu'on parle du déclin du français puis les
mesures à prendre, bien, il trouve une façon d'être contre.
Mme Prass : Vous n'avez pas
répondu à ma question sur combien de personnes cette loi affecterait. Et je
vous rappellerai... La raison pour laquelle je vous pose ces questions précises
à ce sujet, c'est parce que dans le passé, vous n'avez pas bien fait les
choses. Par exemple, encore une fois, quand vous avez imposé les taux de
scolarisation qui ont augmenté pour les universités anglophones, dans le
jugement du juge, et je cite : «Selon les motifs invoqués par le tribunal,
bien que l'intention de la ministre d'équilibrer les finances des universités
ait été tout à fait valide, elle ne disposait toutefois d'aucune donnée, sinon
d'informations fragiles, en évoquant la rétention et l'intégration des étudiants
en provenance de l'extérieur.»
La raison pour laquelle je vous pose ces
questions, c'est parce que, déjà, vous <avez...
Mme Prass : ...laquelle je
vous pose ces questions, c'est parce que, déjà, vous > avez perdu en cour
parce que vous avez mis de l'avant une initiative qui n'avait pas de données
pour justifier. Alors, ce qu'on veut s'assurer, c'est que, là, ce que vous
allez proposer... est-ce que vous avez fait le travail en amont, justement,
pour vous assurer que c'est basé sur des données factuelles, c'est basé sur des
consultations, que vous avez fait le tour, vous avez parlé aux gens avant de
prendre une telle décision?
M. Skeete : Il va y avoir des
consultations particulières, comme dans tout projet de loi que le gouvernement
dépose. Ce sera le moment pour tout le monde de se prononcer, M. le Président.
Donc, on vit dans une démocratie, on vit dans une société libre et ouverte. Il va
y avoir des consultations, la société civile va pouvoir dire ce qu'elle a à
dire, elle va pouvoir... on va pouvoir pouvoir leur poser des questions,
ajuster le projet de loi au besoin. Donc, M. le Président, moi, je présume de
la bonne foi et je présume aussi de l'importance de protéger le français.
Mme Prass : Dans tout projet
de loi, il y a des consultations qui se font préalablement, justement, pour que
la rédaction soit faite. Donc, oui, il va y avoir des consultations dans le
cas...
M. Skeete : Exactement.
Mme Prass : ...mais non, mais
il n'y a pas eu de consultation au préalable quand la rédaction... pour
s'assurer de bien rédiger le projet de loi et pour s'assurer qu'on a tous les
faits et toutes les données pour bien comprendre la situation et justifier les
faits.
Je reviens au fait que vous ne m'avez
toujours pas répondu sur le nombre de personnes que ça va toucher, que ce soit
10 000 ou 27 000. Et vous parlez des consultations qui auront lieu
lors du dépôt du projet de loi. Il nous restera à peine deux semaines en
session parlementaire, y compris les consultations, et demander aux groupes de
produire des mémoires, demander aux groupes de se déplacer dans très, très peu
de temps... Est-ce que vous êtes à l'aise avec le fait qu'en moins de deux
semaines, vous allez avoir un projet de loi d'une telle ampleur, qui va... qui
aura le temps de bien cheminer avec toutes les questions qui doivent être
posées?
M. Skeete : Moi, je pense que
les Québécois s'attendraient à ce qu'on fasse un travail rigoureux et
efficient. Moi, je pense que, si tout le monde se met en mode constructif, ça
devrait bien aller. Puis on a le temps de faire des bonnes consultations. Ça
fait que oui.
Mme Prass : Vous pensez, dans
deux semaines, vous avez le temps de faire des consultations...
M. Skeete : Absolument. On a
la chance de faire...
Mme Prass : ...et passer tout
à travers et avoir la chance de tout... OK.
M. Skeete : Oui. Bien, il y a
24 heures dans une journée, collègue, 14 fois ça, je pense qu'on est
en... on est en mesure de rencontrer tout le monde qui a une opinion sur le
sujet.
Mme Prass : Pouvez-vous
garantir aujourd'hui que la modification que vous proposez n'aura pas d'effet
de limiter les options aux formations professionnelles pour les Québécois
d'expression anglaise, par manque d'effectif suffisant pour maintenir les
cohortes?
M. Skeete : Là, la question
pose... la collègue pose une question qui est très importante, parce
qu'effectivement ce qu'on garde à l'oeil, c'est pour s'assurer que les
Québécois d'expression anglaise, qui ont le droit de recevoir la formation dans
leur langue, ne soient pas impactés par cette mesure-là. Et justement, c'est ce
que le secrétariat s'attarde à faire.
Mme Prass : And do you... do you feel confident that there are enough «cours de
francisation» to prepare those non historical Anglos to have enough French as a
basis to then be able to go and take a professional or adult… vocational or
adult education? Because we want to… we want to bring them over to the French
side, but we know that… and you mentioned it before, even for the
English-speaking community, there's not enough French courses to meet the
demand. So, you want to direct these students towards the French side, but does
the Government have the capacity to give them French courses, to give them a
basis in French, to then be able to go into a technical vocational program?
M. Skeete : And here we are at the crux of the issue, Mr. Speaker, because what
we have is the colleague saying that English-speaking Quebeckers have trouble
getting jobs. We've identified language as one of the gaps. Here, a student
who's coming to Québec has a chance to take a course in French, to learn the
lingo, to learn the language and to also be immersed in French before they
enter the workforce. But somehow, for the Liberal Party, that's a problem. We
don't see it that way.
• (12 h 30) •
Mme Prass : We're not saying it's a problem. We want to make sure that there's
enough of them. I have no idea where you're… you're positing that we think it's
a problem. I'm asking you if your Government has the capacity to provide enough
French… «cours de base de français» to non historic anglophones, that will
allow them to have the capacity to then, in French, enter a vocational program.
So, we are not at all
against the… more French courses. We want to make sure that there's enough of
them, because, in what you're proposing, you… Is somebody going to sit at home
for a month or two months waiting to have access to a French course? Which
means that they're not going to take their vocational class, which means that
they're not contributing to the job market. We want to make sure that, in what
you're proposing… because it's not just taking students and sending them to the
French side. They would have to have some kind of basis of French to begin
with. Do you <believe that you have…
Haut de la page
12 h 30 (version révisée)
<19301
Mme Prass :
...kind of basis of French to begin with. Do you > believe that you have... your Government has the capacity to provide enough «cours de francisation de base» to allow them to then
integrate a vocational program in French?
Le Président (M. Bachand) : ...M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Skeete : On va s'assurer que...
le succès de ce qu'on essaie de faire, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Alors, ça va pour l'instant?
Mme Prass : Oui, c'est beau.
Merci...
Le Président (M. Bachand) : Alors, M. le député de Laurier-Dorion, pour 17 min 15 s,
s'il vous plaît.
M. Fontecilla : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. le ministre. Je salue également vos
collègues. J'aimerais commencer par l'actualité. Donc, en fin de semaine, il y
a eu... il y a eu la publication d'un rapport de l'organisation Unies pour l'indépendance,
le OUI Québec, là, concernant les... concernant la relation entre le discours
porté par certains et le vivre-ensemble, là. Il y a eu un rapport qui fait état
d'une dégradation du vivre-ensemble, dans la dernière décennie, en particulier
dans les... certains discours d'ordre nationaliste.
La question est très simple. Est-ce que
vous considérez que le vivre-ensemble et les relations avec les Québécois d'expression
anglaise se sont dégradés depuis un certain nombre d'années?
M. Skeete : On attend toujours
la réaction du Parti québécois, là, mais moi, ce que je pourrais dire, c'est qu'on
n'a jamais financé autant la communauté d'expression anglaise. La collègue
tantôt parlait de RDN, qui a effectivement été fondé en 2019, parce qu'on avait
promis qu'on allait les financer, justement, pour avoir un groupe qui n'était
pas toujours Montréal centrique dans le débat. Ça, je pense que c'était une
coconstruction avec la communauté qui est très importante. On n'a jamais, comme
j'ai dit, financé autant. On essaie de régler des vrais problèmes, l'accès à la
santé, l'accès à l'emploi.
Et donc je dirais que, somme toute, c'est
quand même assez historique, qu'est-ce que notre gouvernement a fait par
rapport à non seulement le maintien du financement, mais l'augmentation du
financement pour s'assurer qu'on comble les écarts entre l'expérience vécue que...
des Québécois d'expression anglaise et ce qu'on souhaiterait.
M. Fontecilla : Mais, de façon
générale, au-delà des actions posées par votre gouvernement, là, concernant les
Québécois d'expression anglaise, là, est-ce que vous considérez que les
relations avec les communautés anglophones historiques se sont améliorées, se
sont maintenues ou détériorées?
M. Skeete : Moi, j'ai des
bonnes relations, M. le Président, avec la communauté d'expression anglaise. Je
ne suis pas sociologue, là, je n'ai pas les données avec moi, je ne suis pas en
mesure de répondre à la question du collègue de manière philosophique. Moi, ce
que je peux dire, c'est qu'on entretient des bonnes relations avec les groupes
de communautés d'expression anglaise. On n'est pas toujours d'accord, mais on
entretient des bonnes relations.
M. Fontecilla : Quels sont vos
points de désaccord avec la communauté?
M. Skeete : Bien, on les voit,
des fois... avec certains aspects de... les projets de langue. On le voit aussi
sur les commissions scolaires, il y avait des différends à ce niveau-là. On le
voit, manifestement, avec la question de la collègue du Parti libéral sur... d'étendre
la loi 96 et la loi 101 à l'enseignement postsecondaire. Donc, il y a certains
enjeux, des fois, où est-ce que ça requiert plus de communication, mais c'est
des enjeux auxquels... même si on n'est pas en désaccord, je ne dirais pas que
les relations ne sont pas bonnes, je dirais qu'on tente de toujours trouver un
chemin de passage pour protéger les droits de notre communauté historique.
M. Fontecilla : On a constaté,
M. le ministre, que plusieurs élus de la CAQ utilisent l'indicateur de la
langue parlée à la maison comme indicateur de la vitalité ou du déclin du
français. Est-ce que vous considérez que les Québécois d'expression anglaise,
qui évidemment parlent anglais à la maison, sont nécessairement une menace pour
la survie du français au Québec?
M. Skeete : Ils ne sont pas
une menace. La communauté d'expression anglaise est une richesse. C'est notre
patrimoine, c'est notre histoire. Ils sont ici avec nous dans la construction
du Québec moderne depuis le début du Québec. Et donc, non, ils ne sont pas une
menace. Par contre, il faut réaliser que le Québec est quand même entouré d'un
océan anglophone. On est 9 millions dans une mer de presque 400 millions
d'anglophones, et donc le français sera toujours fragile. Et on doit agir sur
le français, on doit franciser nos immigrants et on doit s'assurer de respecter
les droits de notre communauté historique.
M. Fontecilla : Est-ce que
vous considérez que l'utilisation... faire le choix d'utiliser l'indicateur de
la langue parlée à la maison est le bon choix pour diagnostiquer l'état du français
au Québec, là?
M. Skeete : Je suis d'accord
avec ce que le ministère de la Langue française et l'Institut de la statistique
utilisent comme données.
M. Fontecilla : C'est une
donnée parmi d'autres...
M. Skeete : Vous avez raison.
M. Fontecilla : ...parce qu'il
y a... sur ce terrain-là, il y a la langue parlée à la maison, il y a la langue
parlée dans le public. Mais ce qu'on remarque, c'est que, dans les discours de
plusieurs de vos collègues et peut-être vous, ça, c'est à vous de <nous...
M. Fontecilla :
...dans
les discours de plusieurs de vos collègues et peut-être vous, ça, c'est à vous
de > nous le confirmer, vous utilisez l'indicateur très spécifique de
langue parlée... de la langue parlée à la maison comme indicateur du déclin du
français. Est-ce que vous êtes d'accord avec le fait que la langue parlée à la
maison est l'indicateur de la vitalité ou du déclin du français au Québec?
M. Skeete : Bien, je
vais répondre comme le collègue, il y a plusieurs indicateurs qui indiquent le
déclin du français. Celui-là, il en est un, effectivement.
M. Fontecilla : Est-ce
que c'est le principal?
M. Skeete : C'est un important
indicateur.
M. Fontecilla : C'en est
un... Pour vous, qu'est-ce qui est important, est-ce que c'est... c'est la
langue parlée à la maison ou la langue parlée en public, là?
M. Skeete : La langue
parlée à la maison, la langue parlée en public, la dernière langue
d'enseignement sont tous des indicateurs de la vitalité du français, et
individuellement dressent un portrait, ensemble dressent un portrait.
M. Fontecilla : Donc,
pour vous, l'effet qu'il y ait beaucoup de familles qui parlent anglais à la
maison pourrait constituer une menace pour la vitalité du français?
M. Skeete : C'est un
variable comme plusieurs autres. C'est une donnée statistique, froide, sans
nuance, qui doit être considérée dans l'ensemble du portrait, qui inclut les
autres variables que je vous ai données et plusieurs autres.
M. Fontecilla : Et les
données concernant la langue utilisée, la langue publique, là, dans le travail,
dans l'espace public, etc., là, est-ce que vous avez constaté qu'il y a une
amélioration ou une détérioration de la... sur cet indicateur-là?
M. Skeete : Ce qu'on
voit, c'est, dans le meilleur des cas, une stagnation puis peut-être une légère
amélioration, mais c'est difficile de voir une tendance, parce que les données,
elles varient à tous les jours, là. Mais, je dirais, mon... le mot le plus
proche, ce serait une stagnation puis une pression constante par rapport à
l'influence de l'anglais, notamment causée par les médias sociaux, les grandes
plateformes numériques, et tout ça, qui mettent une pression énorme sur le
français.
M. Fontecilla : Très
bien. Je vais changer de sujet. On nous... on a fait des rencontres avec des
enseignants de réseaux d'éducation anglophone qui nous ont dit que l'écoute
envers le réseau anglophone, de la part de votre gouvernement, s'est beaucoup
dégradée avec l'ancien ministre de l'Éducation... de l'Éducation, le député de Lévis,
donc manque de consultations, apprendre les projets du gouvernement dans les
médias, etc., là.
Est-ce que vous avez... est-ce que vous
avez... vous êtes au courant qu'il y a un sentiment de dégradation des
relations du gouvernement envers les commissions scolaires et le milieu de
l'enseignement anglophone? Est-ce que vous avez fait des représentations auprès
de la ministre actuelle pour améliorer ces relations-là?
M. Skeete : Bien, la
question sous-entend une détérioration. J'ai déjà évoqué au collègue que je ne
suis pas au courant de la détérioration particulière. S'il veut me le dire,
parfait, je suis à l'écoute. Comme j'ai dit, comme toute interaction
gouvernementale, des fois, des membres de la société civile sont d'accord, des
fois ils ne sont pas d'accord. Il fait le constat que ça s'est dégradé, c'est
son constat, M. le Président.
M. Fontecilla : Tout
particulièrement dans le monde de l'éducation, comment vous assurez-vous que
les besoins des Québécois d'expression anglaise... que les besoins de ces
communautés-là sont... soient pris en compte, là, par les décisions que votre
gouvernement prend par rapport spécifiquement au monde de l'éducation?
M. Skeete : Bien, comme
je disais tantôt à la collègue du Parti libéral, je pense que... quand on parle
notamment d'étendre la loi 101 puis de s'assurer qu'en région il n'y ait
pas d'impact pour les cohortes qui peuvent avoir lieu en région, où est-ce que,
peut-être à cause de ce changement-là, il pourrait y avoir un... une diminution
du nombre de participants, qui ferait en sorte qu'il n'y aurait pas de cohorte,
bien, ça, ça causerait un problème dans la communauté. Et donc je m'attarde à
m'assurer... pour être sûr que les Québécois d'expression anglaise continuent
d'avoir accès à des cours de formation, pour être sûr qu'on n'enlève rien à
cette communauté-là. Donc, on est très à l'écoute et à l'affût de qu'est-ce
qu'il peut se passer dans le gouvernement pour être sûrs qu'il n'y a pas des
impacts invoulus sur cette communauté-là.
• (12 h 40) •
M. Fontecilla : Concrètement,
qu'est-ce que vous faites, là, quand vous dites : Je m'attarde à
considérer ces questions-là? Bien, quel est le lien... Une fois que vous avez
constaté une situation, est-ce que vous communiquez avec vos collègues, là,
pour manifester ces... vos préoccupations?
M. Skeete : Bien oui. La
réponse, c'est oui.
M. Fontecilla : Est-ce qu'on
peut dire que la communauté anglophone... est-ce que vous, en tant que
ministre, dans cette thématique-là, vous êtes, comment dire, l'intermédiaire de
la communauté anglophone auprès de votre gouvernement et que vous effectuez les
rencontres et vous communiquez les doléances de la communauté envers les autres
membres du gouvernement?
M. Skeete : Bien, pas
tant les doléances que de soulever les enjeux que la communauté nous exprime
parfois. J'ai <donné...
M. Skeete :
...doléances
que de soulever les enjeux que la communauté nous exprime parfois. J'ai > donné
des exemples. J'allais évoquer l'absence d'un collègue, M. le Président, je vais
m'empêcher de le faire. Plus tôt, il y avait un collègue ici qui avait une
question, et j'ai parlé justement des écarts qu'ils peuvent avoir et comment on
agit pour réduire ces écarts-là. Donc, on agit concrètement, souvent, tout le
temps pour être sûrs que les décisions gouvernementales, qui peuvent avoir
plein leur sens dans 90 % des cas, n'auront pas un impact sur des
Québécois d'expression anglaise à cause de la langue, puis on s'attarde à ça.
Et donc c'est mon travail de suivre de près ces décisions gouvernementales là
pour être sûrs qu'on est au courant, qu'on les voit venir et qu'on agit pour
limiter les impacts.
M. Fontecilla : Et les
commissions scolaires anglophones ont souvent, comment dire, ferraillé du point
de vue juridique, là, avec le gouvernement, là, concernant leur fonctionnement,
leur nature même, là. Et d'ailleurs ils ont gagné en cour, là, concernant leur
existence, là, ce que... Mais, dans le projet de Constitution 1, porté par
votre collègue ministre de la Justice, là, on considère que les commissions
scolaires anglophones feraient
partie des groupes ne pouvant plus contester
tout projet de loi du gouvernement, ce qui suscite une opposition forte dans les
commissions scolaires et, au-delà, dans les communautés d'expression anglaise,
là. Est-ce que vous avez fait part de ces préoccupations au ministre de la
Justice, là?
M. Skeete : Oui.
M. Fontecilla : Oui. Est-ce
que vous avez été entendu?
M. Skeete : Bien, vous avez
vu, comme tout le monde, le dépôt du projet de loi. On a discuté avec le
ministre de la Justice des enjeux. Il y a eu une bonification du point de vue
de la participation des Québécois d'expression anglaise dans les préambules
pour s'assurer qu'on n'ait pas d'impact à la communauté d'expression anglaise.
Donc, moi, j'ai reçu une grande écoute du ministre de la Justice à ce niveau-là.
Alors, oui.
M. Fontecilla : Mais est-ce
que la disposition, dans le projet de loi n° 1, concernant le fait que les
commissions scolaires ne pourront plus contester une loi édictée par le
gouvernement, est-ce que ça apparaît encore, non, dans le projet de loi n° 1?
C'est toujours... Est-ce que...
M. Skeete : Bon...
M. Fontecilla : Mais c'est
fortement contesté. Est-ce que vous avez essayé de convaincre le ministre de ne
pas inclure les commissions scolaires anglophones?
M. Skeete : Bien, les
commissions scolaires, M. le Président, comme on l'a dit plus tôt, sont élues.
Ils ont le droit d'avoir des opinions et de les faire valoir. S'ils veulent
utiliser l'argent qu'ils reçoivent des taxes des contribuables anglophones à
ces fins-là, pour contester les décisions du gouvernement du Québec, c'est leur
choix. Et donc il s'agit là d'un différend.
M. Fontecilla : C'est leur
choix, mais est-ce que, selon vous, ça devrait... est-ce que c'est un droit
qu'on devrait protéger?
M. Skeete : C'est un droit
qu'ils ont, le droit de contester. On a une opinion, nous, avec le projet de
loi qu'on a déposé, sur une loi constitutionnelle qui vient chapeauter toutes
les lois du Québec, et additionner, et donner des droits aux Québécois, entre
autres des Québécois d'expression anglaise, pour enchâsser le droit d'apprendre
le français, de vivre en français et aussi de permettre à la communauté
d'expression anglaise d'être reconnue expressément dans une constitution. Donc,
il y a des gains à l'intérieur du projet de Constitution, il y a aussi des
différends qui peuvent avoir lieu, mais c'est à la commission scolaire de
justifier sa raison pourquoi elle va en cour.
M. Fontecilla : Tout à fait, mais
vous enlevez concrètement un droit fondamental, celui de contester des
décisions gouvernementales, aux commissions scolaires anglophones. Est-ce que
vous êtes d'accord que vous... votre projet de loi retire ces droits-là aux
commissions scolaires?
M. Skeete : Je ne suis pas
d'avis qu'on ne retire rien. Les commissions scolaires vont maintenir le droit
de pouvoir contester en cour, et c'est leur choix de le faire.
M. Fontecilla : Si le projet
de loi n° 1 sur la Constitution est adopté, les commissions anglophones
n'auraient plus ce droit-là. Donc, il n'y a pas de maintien, on leur retire un
droit.
M. Skeete : Vous me parlez
d'un différend aujourd'hui ou vous me parlez d'un différend hypothétique?
M. Fontecilla : Le projet de
loi n° 1 prévoit que certains groupes, dont les commissions scolaires
anglophones, ne pourront plus contester une loi du gouvernement du Québec.
C'est un retrait objectif, là. Est-ce que...
M. Skeete : OK. Non, mais
c'est parce que... vous me parlez qu'ils n'ont pas le droit aujourd'hui ou vous
me parlez du droit qui s'en vient, là?
M. Fontecilla : ...la loi
n'étant... n'ayant pas été adoptée, ils ont encore le droit, mais, si la loi
est... la loi de la Constitution est adoptée, elles n'auraient plus le droit de
contester. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette possibilité-là?
M. Skeete : Je fais
partie du
gouvernement, je suis d'accord avec ce qui a été déposé.
M. Fontecilla : Donc, vous
êtes... vous, en tant que, comment dire, chargé des relations avec les
communautés d'expression anglaise, là, vous êtes d'accord de retirer un droit
de contester de la part des commissions scolaires anglophones. C'est ce que je
comprends.
M. Skeete : J'ai déjà répondu
à la question.
M. Fontecilla : Donc, vous
êtes d'accord.
M. Skeete : J'ai déjà répondu
à la question...
M. Fontecilla : Parfait. Et
est-ce que... La première <ministre...
M. Fontecilla :
Parfait.
Et est-ce que... La première > ministre a soulevé la possibilité de
présenter un projet de loi étendant... qui étend les dispositions de la loi 101
à la formation professionnelle, dont une
partie substantielle se... qui sont
constitués par des adultes, là. Est-ce que vous avez évalué les impacts de
cette mesure-là, si jamais ce projet de loi va de l'avant, là, auprès des
communautés d'expression anglaise, là, comme sur la diplomation, la
requalification des adultes fréquentant les centres anglophones d'éducation?
Est-ce que vous avez fait des études ou vous entendez faire une étude d'impact
sur les communautés d'expression anglaise?
M. Skeete : On s'attarde à ce
qu'il n'y ait pas d'impact pour la communauté d'expression anglaise. On voit ça
comme une opportunité pour les immigrants de se franciser davantage. Donc, pour
nous, c'est une avancée importante.
M. Fontecilla : Il y a les
immigrants, c'est une question, mais, si vous êtes... Est-ce que vous allez
obliger les adultes issus des communautés d'expression anglaise, là, qui
suivent des cours de formation professionnelle, de le faire en français?
M. Skeete : J'ai... je
m'excuse, je n'ai pas entendu la question.
M. Fontecilla : Donc, est-ce
que... si vous allez de l'avant, là, avec l'obligation de... que la formation
professionnelle soit donnée uniquement en français, est-ce que vous allez...
est-ce que ça va faire en sorte d'empêcher des membres des communautés
d'expression anglaise de suivre des cours en français et non plus en anglais?
M. Skeete : Non. Pour être
clair, la communauté d'expression anglaise n'est pas sujette à ce changement-là.
Donc, un Québécois d'expression anglaise qui a le droit aujourd'hui de suivre
une... un cours en anglais va maintenir ce droit-là.
M. Fontecilla : Donc, les
membres des communautés d'expression anglaise ne sont pas... ne seraient pas
touchés par cette éventuelle loi?
M. Skeete : Non.
M. Fontecilla : C'est très
bien.
Le Président (M. Bachand) : ...de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : La question
des surplus des communautés... des commissions scolaires, vous imposez des
restrictions. Pourquoi ne pas leur donner la liberté d'utiliser les surplus des
commissions scolaires anglophones?
Le Président (M. Bachand) :
Très rapidement, M. le ministre.
M. Skeete : Les surplus? Je
ne suis pas sûr...
M. Fontecilla : Les surplus de
fonctionnement.
M. Skeete : Je ne sais pas de
quoi vous parlez. Je ne suis pas un spécialiste dans le domaine de l'éducation.
On est ici pour les Québécois d'expression anglaise. Je ne suis pas sûr de
comprendre la question. Peut-être, on peut le prendre en délibéré.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Merci beaucoup.
M. Fontecilla : S'il vous
plaît.
M. Skeete : Je ne le sais pas.
Le Président (M.
Bachand) : Afin de préserver le temps de
l'opposition officielle, j'aurais besoin d'un consentement pour ajouter sept
minutes à la séance. Consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la députée de D'Arcy-McGee,
pour 17 min 47 s, s'il vous plaît.
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Vous avez dit que vous êtes tout à fait d'accord avec tout ce qui
est... tous les éléments qui sont dans la Constitution que votre collègue a
présentée. Deux choses. Il y a une mention de la communauté anglophone dans le
préambule uniquement. Et, tandis que la Constitution canadienne protège les
minorités francophones dans le reste du Canada, le projet de loi que vous avez
présenté... que votre gouvernement a déposé ne fait aucune... ne fait pas cette
réciprocité pour la communauté minoritaire anglophone du Québec. Même Daniel
Turp, ancien ministre péquiste, a indiqué, lors des consultations, qu'il
faudrait enchâsser certains droits collectifs individuels des anglophones.
Donc, vous avez dit que vous êtes à l'aise avec ça.
Est-ce que vous... pour vous, est-ce que
ça concorde avec le rôle que vous avez, en tant que ministre pour les relations
avec les communautés anglophones, de ne pas avoir... ou peut-être vous l'avez
fait, vous pourrez me le dire. Est-ce que votre collègue est venu vous
consulter pour... à savoir quel rôle la communauté anglophone devrait avoir à
l'intérieur de la Constitution et quelle protection?
M. Skeete : ...d'expression
anglaise sont des Québécois à part entière, et donc une constitution qui vise à
protéger les droits collectifs québécois les inclut. Donc, la mention dans le
préambule est suffisante, selon moi, pour accorder cette différenciation-là,
pour dire qu'on doit quelque chose à la communauté d'expression anglaise, qui
est minoritaire au Québec et qui fait
partie de notre histoire. Et donc, oui,
ils vont avoir tous les avantages d'être Québécois qu'un Québécois francophone.
• (12 h 50) •
Mme Prass : Alors, pour vous,
l'unique mention dans le préambule, pour vous, c'est une protection qui est
suffisante pour que la communauté sente qu'ils vont être protégés, comme vous
le dites?
M. Skeete : Bien, je vais
poser la question à la collègue : Que c'est qu'elle aurait fait, elle? Que
c'est qu'elle... que c'est qu'elle aurait inclus de plus pour satisfaire la
communauté d'expression anglaise, à
part les nommer nommément puis ensuite
enchâsser des droits qui appartiennent à tout le monde? Pour moi, c'est
suffisant.
Mme Prass : J'ai une question
pour vous. On a une élection qui s'en vient, référendum possible dans les
prochaines années. Vous allez voter de quel bord?
M. Skeete : Bien, la question
est drôle, parce que, pour <moi...
M. Skeete :
Bien, la
question est drôle, parce que, pour > moi, le Parti libéral fait toujours
ça.
En cas de doute, quand ça va plus ou moins bien ou en cas de problème, on
revient dans les vieilles chicanes, M. le Président. Oui, non; rouge, bleu; diviser
les Québécois. Puis moi, je ne vais pas jouer dans ce film-là. Je vous le dis
tout de suite, là, il n'y aura pas de réponse de ma part à ce sujet-là, parce
que les Québécois sont tannés d'en parler, puis moi le premier, je suis tanné
d'en parler.
Mme Prass : Bien, nous aussi,
parce que nous, on ne veut pas de référendum non plus. On veut gérer le Québec
et gouverner le Québec...
M. Skeete : Non, non, mais
vous voulez la bataille référendaire.
Mme Prass : Non, on ne le
veut pas.
M. Skeete : Vous, vous voulez
vivre dans un monde où est-ce que...
Mme Prass : Non, ça ne nous
intéresse pas. On veut gérer le Québec. On veut gérer le Québec puis on veut
gouverner le Québec pour tous les Québécois et les Québécoises. Ce n'est pas question
de retourner dans les vieilles chicanes. Nous, on est le parti progressiste,
puis on va de l'avant, puis on va pour le futur. Question pour vous. Vous avez
fait Corner Booth dernièrement et...
M. Skeete : Une expérience
fort agréable, en passant.
Mme Prass : Oui, et justement
je vous remercie, parce que vous êtes le seul ministre du gouvernement de la
CAQ qui accepte de faire des entrevues auprès des médias anglophones. Et, quand
vous étiez là, vous avez dit vous-même que vous avez eu une discussion avec
l'équipe de communication, je pense, vous avez précisé de la première ministre,
parce que vous avez convenu qu'elle ne fait pas de médias anglophones, elle ne
s'adresse pas à la communauté anglophone. Et vous avez dit, je
vous cite : «She needs to reach out to the Anglo community, and that's
what I told her staff. And there is a strategy or rollout that's coming.»
Can you share with us
what that strategy is and can you share with us, when you say she needs to
reach out to the Anglo… English-speaking community, what would you be your
advice to her team on that?
M. Skeete : Bien, pour être
clair, M. le Président, on m'a posé la question pourquoi la première ministre
n'avait pas fait des entrevues encore avec la communauté d'expression anglaise.
Puis je lui ai répondu très clairement que, dans la séquence aller aux
États-Unis, aller à Paris, nouvellement première ministre, avec toutes les
entrevues qu'elle avait et la séquence qu'on avait devant nous, ce n'était pas
par manque d'intérêt ou de désir de le faire, c'était une question d'essayer de
trouver un moment pour le faire. Et c'est ce que j'ai dit aux gens de Corner
Booth. Alors, je n'ai pas insinué que ça ne lui tentait pas puis je n'ai pas
insinué qu'elle ne voulait pas. C'est juste une question de temps avant que ça
se fasse.
Mme Prass :
But when you say that she needs to
reach out to the English community, it's because she's not doing it. So,
therefore you do...
M. Skeete : Non,
l'interprétation de la collègue, elle est fausse. She
needs to reach out to the community like I need to reach out to the community,
like everybody. Alors, tout le monde doit tendre une main à la
communauté d'expression anglaise, parce qu'ils font
partie intégrante du Québec.
Alors, oui, éventuellement, Mme la première ministre va avoir des entrevues en
anglais, c'est sûr.
Mme Prass : Mais c'est une
reconnaissance qu'elle n'a pas faite jusqu'à présent. Because,
if she needs to reach out, it's because she hasn't.
M. Skeete : Il va y avoir des
rencontres avec les médias anglophones prochainement.
Mme Prass : Puis justement
vous avez dit qu'il y avait un «rollout» qui s'en venait. Pouvez-vous nous
partager un petit peu comment ça va se dérouler?
M. Skeete : Non, non.
Mme Prass : Non. OK. Excellent.
Vous avez également mentionné, lors de Corner Booth, que, pour la première
fois, Montréal avait une majorité de... a majority of English
speakers, and you even said that it's a 60-40 ratio. I would be very curious
what you... what data you based that on, because the last census number that I
have do not match that at all. And to say that not only are they a majority,
but it's 60-40, when you're speaking as Minister responsible for Relations with
English community, and you put out statistics like that, without... I mean, I
don't have any factual evidence. I'd like to see what factual evidence you have
to prove that.
M. Skeete :
I'll make sure to get the data.
Mme Prass :
May I ask you where you got the data
from?
M. Skeete : C'est des
statistiques du gouvernement du Québec, qui nous a... qui nous informent à ce
niveau-là. C'est... puis je fais mention honorable, c'est majoritaire, mais je
ne suis pas certain exactement du chiffre, donc je vais vous revenir.
Mme Prass : Oui, mais, s'il
vous plaît, je voudrais voir ces chiffres-là, parce que je vous avoue que...
très étonnant de voir ça. Également, on a mentionné plus tôt... Là, je vous
demande si vous êtes prêt à vous engager auprès de vos collègues. Est-ce que
vous êtes prêt à vous engager auprès de votre collègue ministre de l'Emploi
pour une rencontre avec PERT?
Le Président (M.
Bachand) : ...engager à donner des
chiffres, là, concernant la majorité, là? Peut-être faire parvenir ça à la
commission.
M. Skeete : Oui, on va vous
donner ça, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Merci.
M. Skeete : Il a mon numéro
de téléphone personnel, M. Salter. Il peut m'appeler.
Mme Prass : Mais c'est le
ministre de l'Emploi qui veut le rencontrer, parce que leur dossier relève de...
Vous avez dit tantôt : Les groupes anglophones viennent nous voir, puis
ils pensent qu'on est la réponse pour tout. Mais justement PERT comprend
qu'eux, leur enjeu, c'est l'emploi. Ce n'est pas en venant vous voir que le
rapport qu'ils ont produit va avancer ou qu'ils vont avoir des programmes de
soutien à l'emploi. Donc, je vous demande si vous êtes prêts à vous engager à
parler à votre collègue et lui demander de les rencontrer.
M. Skeete : Je vais le faire,
M. le Président.
Mme Prass : Parfait. Et je
vous demanderais la même chose auprès de votre collègue de l'Éducation pour une
rencontre avec les EMSB and QESBA.
Également, hier soir... ce matin est sorti
un
article dans la Gazette qui nous dit : Québec urged to scale
back English on its <websites ...
Mme Prass :
...article
dans la
Gazette
qui nous dit : Québec urged to
scale back English on its >
websites , et que justement le Commissaire
de la langue française a demandé... il a dit qu'il y a trop de français sur les
sites Web du gouvernement, y compris ceux en matière de santé, y compris ceux
en matière d'emploi, d'éducation, etc.
Est-ce que vous pouvez confirmer que votre
gouvernement ne va pas exiger des pièces d'identité ou d'éligibilité aux
Québécois? Parce que, normalement, selon vous, c'est les anglophones
historiques qui auraient accès à ces... cette information-là. Donc, allez-vous
mettre en place, justement, des exigences pour qu'une personne ait à démontrer
qu'ils sont anglophones historiques pour avoir accès aux pages Web en français
du... en anglais du gouvernement?
M. Skeete : Non.
Mme Prass : Non. Parfait.
Est-ce que vous pouvez confirmer si votre gouvernement prévoit réduire
l'information disponible en anglais sur les sites Internet, et, si oui, sur
lesquels?
M. Skeete : On va continuer à
suivre la loi qui nous indique que le gouvernement du Québec doit être
exemplaire. Puis on n'a pas l'intention de ne demander des preuves à personne
et on va respecter le droit des Québécois d'expression anglaise à obtenir des
soins de santé.
Mme Prass : Alors, par
exemple, quand un membre de la communauté anglophone va aller sur le site de Santé
Québec ou leur CIUSSS local, OK, on va enlever Santé Québec, leur CIUSSS local,
les informations qui sont déjà disponibles en anglais vont toujours être
disponibles, parce que, là, on parle de santé et services sociaux.
M. Skeete : M. le Président,
il y a tellement de sites Web disponibles, je ne peux pas... je ne peux pas
répondre à cette question-là clairement. Si la collègue a une question précise
par rapport à quel site, quelle information, ça va me faire plaisir de
l'accompagner pour aller chercher la réponse. Mais je ne peux pas m'engager que
tout va rester pareil, ou changer, ou améliorer, ou dégrader. Je n'ai pas... je
ne peux pas. Si vous avez une question précise, on peut la regarder ensemble.
L'intention du gouvernement est, un, d'être exemplaire en matière de langue
française et, deux, protéger les droits et l'accès à la santé des Québécois
d'expression anglaise.
Mme Prass : C'est surtout en
matière de santé que ma question se pose. Là, vous avez passé... Si je ne me
trompe pas, le premier mandat, vous étiez l'adjoint parlementaire du premier
ministre en matière de la communauté anglophone, tout le mandat, n'est-ce pas?
M. Skeete : ...2018 à 2022,
j'étais l'adjoint parlementaire.
Mme Prass : Oui, parfait. Et
là ça fait depuis l'automne que vous avez...
M. Skeete : Depuis septembre.
Mme Prass : Oui, depuis
septembre que vous avez le rôle de ministre. Et justement, pour vous, quel est
le rôle que doit jouer le ministre des Relations avec les communautés
d'expression anglophone à l'intérieur du gouvernement?
M. Skeete : De porter les
intérêts, la voix de la communauté d'expression anglaise, surtout pour
s'assurer, à l'intérieur des décisions gouvernementales, qu'il n'y ait pas des
angles morts qui pourraient affecter le traitement et l'expérience des
Québécois d'expression anglaise par rapport à l'expérience qu'ils méritent de
recevoir en tant que Québécois à part entière. Et donc c'est de m'assurer de ça
au quotidien.
Mme Prass : Donc, est-ce que
vous intervenez parfois auprès de vos collègues pour donner ce point de vue là?
M. Skeete : Bien oui.
Mme Prass : Oui. Est-ce que
vous pouvez nous donner un exemple d'un programme ou une politique, justement,
pour lequel vous avez été consulté et qui a repris cette réalité-là pour
prendre en considération la réalité de la communauté d'expression anglaise?
M. Skeete : Bien, quand on a
vu que le secrétariat a continué d'être financé assez généreusement, c'est la
preuve que le ministre des Finances écoute. Quand on... quand je vous disais
plus tôt aussi que, lors de l'extension du projet de loi de la langue française
aux cours professionnels... de s'assurer que ça n'ait pas d'impact dans les cohortes
anglophones qui vont être maintenant peut-être minoritaires et donc peut-être
même annulées. Il faut s'assurer qu'il n'y ait pas d'impact pour la communauté
d'expression anglaise. C'est le genre de choses que je fais au quotidien dans
les projets de loi.
Mme Prass : Donc, vous vous
engagez qu'il n'y ait pas d'impact, justement, pour les cohortes, comme vous...
ce que... exactement ce que vous venez de vous... dire, vous engage à vous
assurer auprès de vos collègues?
M. Skeete : L'objectif est de
franciser les immigrants qui viennent au Québec.
Mme Prass : Donc, vous vous
engagez...
M. Skeete : Les Québécois
d'expression anglaise ont le droit de recevoir cette formation-là en anglais.
• (13 heures) •
Mme Prass : Donc, vous vous
engagez que, du côté des cours de... pour l'éducation pour adultes et formation,
qu'il n'y aura pas de diminution des cours ou des différents programmes qui seront
offerts aux membres de la communauté anglophone historique et que, donc, les
écoles n'auront pas à devoir fermer des programmes parce qu'il y aurait un
manque de présence... de participation, plutôt?
M. Skeete : Oui. Peut-être,
je présume de la mauvaise foi de la collègue, ça fait que je vais... je vais le
dire dans mes mots au lieu de prendre les <siens, l'intention du
gouvernement est de s'assurer...
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13 h (version révisée)
<17873
Skeete : ...dans mes mots au lieu de prendre les > siens, l'intention
du gouvernement est de s'assurer qu'on francise les immigrants et de s'assurer
que les Québécois d'expression anglaise continuent d'avoir accès à des cours en
anglais.
Mme Prass : Quand vous aviez...
quand vous étiez adjoint parlementaire du premier ministre dans ce dossier, le
gouvernement sortant à l'époque... En 2018, la ministre qui avait le même... la
même responsabilité que vous, c'était Kathleen Weil, et elle, à cette époque-là,
elle avait fait une tournée de la province, justement, pour développer un plan
d'action pour la communauté anglophone. Je suis curieuse. Il me semble, puis
vous pouvez me le confirmer ou non... est-ce que vous n'avez pas, quand vous
étiez adjoint parlementaire, fait des rencontres similaires, des consultations
similaires, justement?
M. Skeete : En 2019, j'ai fait
une tournée panquébécoise justement pour aller chercher le pouls de la
communauté d'expression anglaise, puis beaucoup de nos recommandations ont été
reprises par plusieurs d'autres ministères, et donc c'est déjà fait, collègue.
Mme Prass : Pouvez-vous me
donner des exemples de recommandations qui ont été reprises dans d'autres
ministères?
M. Skeete : Bien, elles sont
toutes implantées, là. Donnez-moi une seconde. La bonification du budget, le
financement de RDN, entre autres, des mesures, dans le PAGAC, qui allaient toucher
l'emploi, et j'en laisse, là. Je peux vous donner la liste si vous voulez,
collègue, mais il y a eu énormément de retombées, suite à cette tournée-là, et
beaucoup d'engagement de la communauté.
Mme Prass : Parce que ce que j'entends
beaucoup, c'est : On a pu obtenir plus d'argent, le ministre des Finances...
les budgets qui ont augmenté, qui est important, mais j'entends moins des
programmes dans lesquels...
M. Skeete : Ah! bien là, si
vous voulez des programmes, je peux vous en nommer, là. Écoutez, ce n'est pas
rien, M. le Président, là, hein, 1,9 million à 14 millions d'augmentation.
Puis qu'est-ce qu'on a fait avec ça?
J'ai fait une annonce récemment pour faire
de l'accompagnement. On appelle ça le Patient Navigator. Le Patient Navigator...
On le sait que nos communautés, surtout en région, sont vieillissantes. On le
sait que les populations... les jeunes sont partis en ville, puis là on reste
avec des personnes qui sont plus âgées, puis on le sait aussi que, quand c'est
notre deuxième langue, bien, on perd nos acquis au fil des années.
Et donc ce qu'on voyait, c'était un impact
sur la santé des Québécois d'expression anglaise, surtout vieillissants, en
région. Le Patient Navigator sert à accompagner ces personnes-là avec un...
avec quelqu'un qui va aller avec eux à l'hôpital poser les questions
difficiles, interpréter ce qu'on lui dit et aussi traduire, le cas échéant, à
la personne pour être sûr que, parce qu'on parle anglais en région, on n'a pas
des impacts sur notre santé qui sont néfastes.
Et donc, ça, c'est un exemple où est-ce
que, récemment, on a déployé, dans plusieurs régions, je pense, c'est neuf
régions, la Patient Navigator, puis c'est quelque chose qui est très apprécié
et qui a un impact direct encore une fois pour construire un pont entre l'écart
qui existe sur les services qu'on devrait s'attendre à recevoir en tant que Québécois
et les services qu'on reçoit à cause qu'on parle anglais.
Ça, c'est un exemple. On travaille
actuellement à mettre en place un programme sur la santé mentale. Il y a des
enjeux particuliers de la santé mentale qui affectent les Québécois d'expression
anglaise, qui sont similaires aux Québécois francophones, mais un peu
différents dans leurs mesures et dans leurs impacts, et on tente d'agir sur ces
variables-là. Donc, ça, c'est deux programmes qui sont en cours actuellement et
qui vont être annoncés bientôt, là, et donc on travaille là-dessus aussi.
Mme Prass : Bien, je trouve ça
très intéressant puis très utile, mais aussi ça démontre que, quand il y a une
volonté de vouloir consulter la communauté et comprendre leur réalité... que
vous pouvez le faire, mais, avec certaines lois, comme celle qui va être
déposée, sur l'application de la loi 101 pour l'éducation des adultes et
la formation, bien là, la question de consulter en amont est moins importante même
si ça les affecte directement.
TALQ, que vous connaissez sûrement,
anciennement QCGN, pour la première fois, cette année, lors des consultations
prébudgétaires, n'ont pas été consultés. Normalement, quand c'était... Bien,
dans toutes les années auparavant, ils ont fait
partie des consultations prébudgétaires,
et, cette année, ça n'a pas été le cas. En fait, ça a fait
partie de leur
communiqué suite au dépôt du budget de votre collègue ministre des Finances.
Je voudrais savoir, pour vous, est-ce que
ça va être la façon de faire? Pourquoi est-ce que, cette année, ils n'ont pas
été consultés, comparé aux années précédentes?
M. Skeete : Le ministre des
Finances est une personne, c'est... On ne peut pas consulter tout le monde. Par
contre, on reçoit des mémoires qui sont, eux, lus par soit M. Girard, soit son
équipe, soit le ministère pour être sûrs que tous les points de vue soient
considérés, mais malheureusement il est impossible, pour le ministre des
Finances, de rencontrer tout le monde personnellement.
Mme Prass : Mais je vous
rappelle qu'il les a rencontrés dans les trois... cinq dernières années, si je
ne me trompe pas. Donc, ça fait
partie de sa réalité.
M. Skeete : C'est la preuve
que ce n'est pas une fermeture, c'est juste... puis ça... ce n'est pas possible
de <rencontrer tout le monde...
M. Skeete :
...ce
n'est pas possible de > rencontrer tout le monde. Je pense que le fait
qu'on les a rencontrés aussi souvent témoigne de l'importance de leur point de
vue. Ça ne veut pas dire pour autant que leur mémoire n'a pas été consulté,
interprété et analysé, puis la preuve, c'est qu'on a continué à financer le
secrétariat au même niveau ou presque que les années précédentes parce que
c'était important.
Mme Prass : Et, je suis
curieuse, pour vous, est-ce que c'est quelque chose que vous envisagerez, par
exemple, d'avoir ce... parce que... d'avoir ce rôle-là? Est-ce que vous
n'auriez pas dû justement faire... dû faire une petite consultation auprès de
RDN, en région, de TALQ, etc., parce que, si votre collègue n'a pas le temps de
les rencontrer... pour au moins donner la perspective des besoins budgétaires
de la communauté d'expression... des communautés d'expression anglophone?
Le Président (M.
Bachand) : ...secondes, M. le ministre, quelques secondes.
M. Skeete : Bien, la réalité,
M. le Président, c'est qu'on les consulte tout le temps et en continu. Donc,
j'ai... beaucoup des enjeux qu'ils ont soulevés, je les connais.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Merci beaucoup.
Documents déposés
Cela dit, je dépose les réponses aux
demandes de renseignements de l'opposition.
Et, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 14 heures, où elle va entreprendre le volet Lutte
contre le racisme des crédits budgétaires du portefeuille Relations
internationales et Francophonie. Merci.
(Suspension de la séance à 13 h 07)
Haut de la page
13 h 30 (version révisée)
(Reprise à 14 heures)
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des
institutions ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Lutte contre le racisme des crédits budgétaires du
portefeuille Relations internationales et Francophonie pour l'exercice
financier 2026-2027. Une enveloppe de 45 minutes a été allouée pour l'étude
de ces crédits.
Mme la <secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui,
M. le Président...
Haut de la page
14 h (version révisée)
<19321
Président (M. St-Louis) : ...Mme la > secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Bachand (Richmond) est remplacé par M. St-Louis
(Joliette); Mme Garceau (Robert-Baldwin), par Mme Cadet
(Bourassa-Sauvé); Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), par M. Fontecilla
(Laurier-Dorion); et Mme Laflamme (Chicoutimi), par M. Boissonneault
(Arthabaska).
Lutte contre le racisme
Discussion générale
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Nous allons donc procéder à une discussion d'ordre général, incluant les
questions et les réponses. La mise aux voix des crédits sera effectuée à la fin
du temps qui leur est alloué, soit cet après-midi vers 14 h 45. Donc,
répartition du temps... Nous allons débuter avec la banquette gouvernementale...
non, pardon, l'opposition officielle, désolé. Vous disposez de 21 min 37 s.
La parole est à vous.
Mme Cadet : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. le ministre. Bonjour, chers collègues.
M. le ministre, donc, je commencerais avec
des éléments qui ont capté notre attention dans l'actualité récente. D'abord,
un
article d'hier après-midi, un
article de La Presse , indiquait que la
tenue d'une prière musulmane dans un lieu privé à Trois-Rivières a amené un
déferlement de haine sur les réseaux sociaux, malheureusement. On parle d'une
fête qui s'était tenue dans un lieu privé, donc, en toute légalité, et de
quelques dizaines de Québécois de confession musulmane réunis à l'occasion d'une
fête importante.
La police avait confirmé que l'événement
se déroulait sans anicroche, mais, malgré ça, donc, nos concitoyens ont reçu ce
type de propos, et je vous les nomme et, déjà, je vous dis, ce sont des propos
difficiles. On peut lire : «Il faudrait un Bissonnette». On peut lire :
«On ferme les barrières et on met le feu», avec des bonhommes sourire. On peut
aussi lire : «Pourtant, on sait comment se débarrasser de coquerelles.»
Vous aurez compris que j'ai élagué certains des éléments de langage au nom de
la décence et du décorum, mais il y a pire.
Je vous laisse d'abord, M. le ministre, l'occasion
de pouvoir condamner ces propos, ce que... Je vous connais, donc, très, très
actif sur les réseaux sociaux, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de vous
voir réagir à cette situation-là à
titre de ministre responsable de la Lutte
contre le racisme.
M. Skeete : Oui, bien, salutations
à la collègue. C'est sûr que c'est des gestes qui... surtout sur les médias
sociaux, malheureusement, qui ne sont pas rares. Vous allez m'excuser, mais, si
on était réduits à répondre à tous les propos outrageux, racistes, sexistes,
violents, on passerait nos journées à faire ça. Donc, c'est sûr que je condamne
sans équivoque des propos ainsi... Je pense que c'est déplorable, déplorable.
Mme Cadet : Le maire de
Trois-Rivières, pour sa part, lui, il a lancé un appel au calme. Donc, j'imagine
que vous faites de même aujourd'hui.
M. Skeete : C'est sûr que j'appuie
le maire dans son désir d'avoir ses citoyens en sécurité, et donc, s'il juge
bien de faire un appel de calme, je le supporte à 100 %.
Mme Cadet : Évidemment, donc,
c'est sûr que ça nous... Ça m'incite donc à poser la question suivante, à
savoir, donc, quelles actions, donc, ont été entreprises par votre gouvernement
pour lutter de façon efficace contre l'islamophobie, ce que... Ici, je pense
que les propos que je vous ai lus, et bien pires, sont de cette teneur. Je
pense qu'on peut ainsi les nommer. Donc, comment est-ce que vous entrevoyez,
donc, les actions gouvernementales en la matière?
M. Skeete : Vous savez, nous,
le gouvernement, en 2020, on a créé le Groupe d'action contre le racisme, et le
Groupe d'action contre le racisme était une réponse à la mort tragique de
George Floyd à l'époque, et on s'est réunis, des élus gouvernementaux, pour
arriver avec certaines solutions qui feraient bouger l'aiguille. On ne prétend
pas, dans le rapport du Groupe d'action contre le racisme, qu'on va régler le
racisme. Et donc ce qu'on fait, on essaie de mettre de l'avant le vivre-ensemble.
On essaie de mettre de l'avant certains progrès aussi où est-ce qu'il y a des
écarts entre la pleine expérience des citoyens, comme ils devraient l'entrevoir,
que les personnes racisées, ou les personnes de minorités religieuses, ou peu
importe la discrimination qui peut avoir lieu... On tente de minimiser ça pour
favoriser le vivre-ensemble, mais malheureusement, comme je vous ai dit, je ne
prétends pas être le ministre de la fin du racisme. Malheureusement, c'est un
poste qui est nécessaire et qui va continuer d