House Proceedings — 10 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-04-10
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Bon mercredi matin, chers collègues. Je vous invite,
s'il vous plaît, à bien vouloir vous asseoir.
Nous
en sommes à la rubrique Déclarations de députés, et, pour cette première
déclaration, aujourd'hui, je cède la parole à Mme la députée de La
Pinière.
Mme Caron : J'adresse mes sincères félicitations au Club de
patinage artistique de Brossard à l'occasion de son 50e anniversaire.
CPA Brossard offre ses services à tous nos jeunes, aussi bien aux tout-petits
qui veulent simplement apprendre à patiner
qu'à ceux et celles qui veulent vivre leur passion du patinage artistique ou
même atteindre les plus hauts sommets de cette discipline.
tiens à féliciter les patineurs et patineuses pour leur persévérance, les
entraîneurs et les entraîneuses pour leur travail acharné, les parents pour leur assiduité et toute la grande
famille des bénévoles du CPA Brossard pour leur engagement.
J'aurai
l'occasion de vous honorer collectivement en vous remettant la Médaille de la
députée à l'occasion de votre 50e revue sur glace.
Joyeux 50e et longue
vie!
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de La Pinière. Et la prochaine déclaration sera
celle de Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Mme Dionne : Merci, M. le Président. Depuis 40 ans, la
Maison Le Puits vient en aide à la population de Trois-Pistoles et de
l'ensemble de la MRC des Basques.
Aujourd'hui,
ce sont plus de 30 bénévoles oeuvrant au sein de l'organisme qui
travaillent au quotidien à récupérer, classer,
ordonner des vêtements, de la vaisselle et des objets divers afin de les
remettre en vente à coût minime. L'organisme offre également un comptoir alimentaire et procède à chaque année à une
distribution de paniers de Noël, en plus de tenir des levées de fonds
pour soutenir financièrement les initiatives de plusieurs organismes du milieu.
La Maison Le Puits est essentielle au bien-être de notre belle et grande
communauté des Basques.
vous, Mmes Jacinthe Veilleux, présidente, et Isabelle Moffet, directrice,
ainsi qu'à toute votre équipe, merci du fond du coeur d'être présents et de remplir votre noble mission depuis
maintenant 40 ans. Votre générosité et votre engagement changent
positivement la vie de nombreuses personnes dans notre communauté. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata. Et nous poursuivons avec la déclaration de Mme la députée de
Verdun.
Mme Zaga Mendez : Merci, M. le Président.
Cette déclaration est le fruit d'un exercice de consultation jeunesse à
l'école secondaire Monseigneur-Richard de Verdun.
Voici leur message
aux élus de l'Assemblée nationale : Comment sommes-nous supposés
apprendre, si notre environnement de travail n'est pas propice à
l'apprentissage? En ce moment, nous sommes préoccupés par l'état des infrastructures de nos écoles. Il y a des
réparations à faire, mais notre école doit choisir entre réparer les dégâts
d'eau, nos casiers ou développer des ressources psychosociales pour
notre bien-être. On a besoin d'écoute, mais malheureusement notre TSC est débordé et il faut attendre pour un
rendez-vous. Nos écoles ont besoin d'argent pour qu'on ait encore plus d'ateliers et des campagnes de sensibilisation,
que ce soit contre le sexisme, le harcèlement, l'homophobie et le racisme.
On est cinq jours sur
sept à l'école, et c'est difficile d'apprendre lorsqu'on est entourés de
problèmes. Pour notre épanouissement, il est urgent d'investir davantage
dans nos écoles publiques au Québec.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Verdun. Pour la
prochaine déclaration, je cède la parole à Mme la députée de
Saint-François.
Hébert : Docteur en arts musicaux, le professeur émérite Andrew
Paul MacDonald, ici présent, a enseigné 34 ans la composition musicale à l'Université Bishop's.
Compositeur, guitariste, interprète et chef d'orchestre, il vient de recevoir l'insigne de l'Ordre du Canada pour sa
contribution exceptionnelle à la musique jazz, classique, blues et
électronique.
En quatre
décennies, il a signé des centaines d'oeuvres pour opéras, orchestres et
ensembles. Il a écrit sur commande des
pièces interprétées sur quatre continents par des institutions, chefs et
solistes renommés. 36 de ses compositions ont été enregistrées sur 21 albums. Son premier concerto pour violon a
remporté le prix Juno en 1995. Membre du trio jazz sherbrookois MacDonald-Breton-Sullivan, il
continue à se produire, sortir des sentiers battus, et il a même créé récemment
une composition pour le Festival international Présence autochtone de Montréal.
Professeur MacDonald, votre carrière prolifique,
couronnée de prix prestigieux, est une source d'inspiration créatrice pour
notre jeunesse. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Saint-François.
Et, M. MacDonald, je vous souhaite bienvenue dans votre Assemblée
nationale.
La prochaine déclaration sera celle de M. le
député de Pontiac.
Fortin : Merci, M. le Président. Vous n'avez qu'à regarder
autour de cette Assemblée pour comprendre qu'on est en plein coeur du mois d'avril, le Mois de la Jonquille. Et je me
permets, au nom de l'ensemble de l'Assemblée, de remercier la Société
canadienne du cancer de tous ses efforts, la société qui nous sensibilise à la
cause mais surtout qui finance la recherche
sur le cancer et qui nous pousse, nous, les élus, à développer davantage de
programmes, davantage de projets pour mieux prévenir et traiter le
cancer.
C'est en grande partie, M. le Président, à cause
de leur travail que le taux de survie du cancer, au Québec, est passé de 55 % à 64 %, au cours des
25 dernières années. Alors, on leur lève notre chapeau collectif. Mais, M.
le Président, quand on porte la
jonquille, on porte l'espoir des 67 548 Québécois qui ont été
diagnostiqués du cancer cette année, on porte l'espoir de leurs familles, de leurs proches, de leurs amis, de
leurs collègues, et on leur dit, à travers cette jonquille, qu'on est
avec eux dans leur combat. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Pontiac. Pour la
prochaine déclaration, je reconnais M. le député de Joliette.
M. St-Louis : Merci, M. le
Président. C'est samedi dernier qu'avait lieu la cérémonie d'accueil des
Chevaliers de Colomb du conseil 1468 de Joliette. Cet
événement venait non seulement marquer l'accueil des nouveaux frères chevaliers de Joliette, mais aussi ceux des
conseils de Saint-Louis-de-France, de Berthierville, de Saint-Félix-de-Valois,
de Saint-Jean-de-Matha, de Saint-Côme et de
Sainte-Julienne. Cette nouvelle cohorte de frères chevaliers, M. le Président,
vient assurer la pérennité d'un organisme des plus importants pour notre
région.
Impossible de
passer sous silence les nombreux accomplissements qui témoignent de l'impact
positif des Chevaliers de Colomb sur
la communauté du Grand Joliette. Le conseil 1468, c'est plus de
600 membres qui, chaque année, réalisent 500 000 heures de bénévolat. C'est aussi
250 000 $ remis à une trentaine d'organismes qui viennent en aide
à des hommes, des femmes et des familles de notre communauté.
M. le
Président, les activités de cette belle confrérie se multiplient afin de venir
en aide aux plus démunis. C'est une grande chance pour nous de pouvoir
compter sur les Chevaliers de Colomb de Joliette, et ce, depuis 1909.
Longue vie au conseil 1468! Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Joliette. Et, pour
la prochaine déclaration, je cède la parole à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Cette année, aux
Îles-de-la-Madeleine, nous allons souligner les 150 ans des phares de
L'Île-d'Entrée et de l'Étang-du-Nord, dont la valeur historique,
architecturale et emblématique n'est plus à démontrer.
aides à la navigation ont longtemps guidé les pêcheurs de notre archipel comme
tous les autres navigateurs du golfe du Saint-Laurent. Ces sentinelles
du golfe demeurent toujours debout, fiers témoins du passé pas si lointain. Ces
deux phares, comme les quatre autres de
l'archipel, ont assuré la sécurité d'innombrables marins et pêcheurs à une
époque où l'expérience, l'instinct et
le courage, et non pas les GPS, étaient nos principaux repères pour sortir en
mer et revenir à bon port.
cours des prochains mois, diverses activités auront lieu chez nous pour
commémorer l'importance historique et patrimoniale
des phares de L'Île-d'Entrée et du Borgot, comme on appelle communément celui
de l'Étang-du-Nord. J'en profite pour
saluer le travail de la société pour la sauvegarde du patrimoine des Îles, qui
organise les célébrations et contribue à mettre en valeur et préserver
nos phares dans le paysage des Îles comme dans la mémoire et le coeur des
Madelinots.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député des Îles-de-la-Madeleine. Et maintenant nous
allons entendre Mme la députée de Vimont.
Mme Schmaltz : Merci, M. le Président.
Vous savez, la semaine dernière, j'ai eu le plaisir d'assister à la rencontre hebdomadaire du Parlement jeunesse de l'école
secondaire l'Odyssée-des-Jeunes. C'est une initiative qui vise à engager activement les élèves dans la vie étudiante. J'ai
d'ailleurs eu la chance d'échanger avec eux sur les enjeux qui leur tenaient à
coeur. J'ai pas mal été impressionnée par leur enthousiasme et leur
engagement au sein de la communauté étudiante.
J'ai
d'ailleurs remis un certificat de reconnaissance à trois jeunes qui s'étaient
démarqués, alors à Leila Balha, pour son
leadership et son engagement envers ses pairs, Lina Zoreilli, pour sa
persévérance et son engagement dans la pérennisation du service de friperie de son école, et,
finalement, à Rayan Gargouri, pour son impressionnant dévouement à faire en
sorte que chacun se sente écouté au
sein du Parlement jeunesse. Je remercie d'ailleurs aussi Dominic Laliberté,
l'enseignant de l'Odyssée-des-Jeunes qui est à la tête de ce projet.
Vous
voyez, M. le Président, il s'agit d'une initiative qui rend la politique
beaucoup plus accessible et positive pour les jeunes, qui les aide à
façonner les leaders de demain. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Vimont. Et la prochaine déclaration sera
celle de M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M. le Président, comme beaucoup de cégeps, celui
de Saint-Jean-sur-Richelieu s'est installé, à l'époque, dans un vieux séminaire. Ça a beaucoup d'histoire et de
charme, mais, depuis, on a rénové en presque permanence, et surtout on a
agrandi par en dedans.
Mais là ça va
changer. Déjà, le mois dernier, on inaugurait le réaménagement de la
bibliothèque dans un vaste bouillonnement
d'ingéniosité pour travailler avec l'espace disponible et avec quelques
millions économisés et l'aide de la communauté.
Un vrai petit miracle, avec un résultat moderne, efficace et chaleureux. Depuis
des années déjà, on travaillait sur un vrai de vrai projet d'agrandissement, en
trois phases, en plus des nouvelles classes modulaires qui viennent d'être
installées.
Donc,
lundi, j'ai eu le plaisir de visiter le cégep et son équipe de direction en
compagnie de la ministre de l'Enseignement
supérieur, qui a autorisé le financement des travaux d'ingénierie et
d'architecture, qui sont en cours pour la première phase, une
clinique-école qui va faire une énorme différence pour le cégep et ses
plus de 3 000 étudiants du Haut-Richelieu, mais aussi pour les gens
de chez nous et leur santé. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Saint-Jean. Et, pour la prochaine déclaration,
je reconnais Mme la députée de Bellechasse.
Lachance : Merci, M. le Président. Cette année, nous célébrons les
175 ans d'histoire de Saint-Lazare.
Cette
municipalité, nommée en hommage à son premier bienfaiteur, Lazare Buteau, est
située au coeur de Bellechasse. Elle brille de sa communauté de
1 300 citoyens, d'une quarantaine d'entreprises et d'une grande
activité agricole, qui contribue à la richesse de ses paysages à couper le
souffle.
comité organisateur des fêtes, dont M. Maxime Aubin, le président, a
préparé de nombreuses activités, qui se dérouleront jusqu'au 15 décembre prochain et culmineront à la fin
du mois de juillet : concert, pièce de théâtre, après-midi
historique, déjeuner retrouvailles et une parade qui défilera au centre du
village.
Je tiens à
féliciter le maire, M. Martin J. Côté, l'équipe d'organisation ainsi que
tous ceux et celles qui font de cet événement, par leur contribution et
leur investissement, un réel succès.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Bellechasse. Et nous concluons notre rubrique avec
Mme la députée des Plaines.
Lecours (Les Plaines) : Merci beaucoup, M. le Président. C'est avec fierté,
empreinte de tristesse, toutefois, que
je rends hommage à la mémoire de M. Richard Landry, président de l'AQDR
des Moulins, dont le départ récent et trop rapide laisse un vide énorme dans nos coeurs et dans la communauté
plainoise. À l'âge de 76 ans, M. Landry incarnait bien plus
qu'un simple président. Il était dévoué et passionné pour l'AQDR et d'autres
organismes de sa communauté.
J'élève mes
pensées envers sa conjointe et ses proches, souhaitant qu'ils trouvent du
réconfort dans les souvenirs précieux
partagés avec cet homme d'exception. Son héritage lumineux continuera
d'irradier celles et ceux ayant pu le côtoyer.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée des Plaines. Et cela met fin à la rubrique
Déclarations de députés.
Et je suspends nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
Présidente : Bonjour, tout le monde. Vous êtes nombreux.
Bienvenue chez vous. Le parlement du Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Eh bien,
aujourd'hui, j'ai le plaisir de souligner la présence, dans les tribunes, de M. Rémy
Trudel, ancien député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, bonjour, Mme la Présidente. Je vous demande
d'appeler l'article a du feuilleton, s'il vous plaît.
La Présidente : À l'article a du
feuilleton, Mme la ministre des Affaires municipales présente le projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à
protéger les élus et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions et
modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine
municipal. Mme la ministre.
Mme Laforest : Oui, merci, Mme la
Présidente. Alors, je remercie également M. Rémy Trudel, qui est ici, au
salon bleu, pour ce dépôt de projet de loi. Je suis très, très touchée qu'il
soit ici présent au salon bleu.
Alors, pour le projet de loi, ce projet de loi
édicte la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l'exercice sans entraves de leurs fonctions. Cette loi prévoit la
possibilité pour un élu municipal ou un député de l'Assemblée nationale qui, du
fait qu'il est un élu, fait l'objet de propos ou de gestes qui entravent
indûment l'exercice de ses fonctions ou portent atteinte à son droit à
la vie privée de demander à la Cour supérieure de prononcer une injonction pour
mettre fin à cette situation.
Elle rend passible d'une amende quiconque entrave l'exercice des fonctions d'un
tel élu en le menaçant, en
l'intimidant ou en le harcelant de façon à lui faire craindre raisonnablement
pour son intégrité ou sa sécurité. Elle rend aussi passible d'une amende
quiconque cause du désordre de manière à troubler le déroulement d'une séance du
conseil municipal d'un organisme municipal. Les recours prévus par la loi
édictée peuvent être pris, selon le cas, par l'élu concerné, par un organisme municipal ou par le Directeur général des
élections. Par ailleurs, le projet de loi retire le caractère public de l'adresse figurant dans la déclaration
de candidature à
titre de membre du conseil d'une municipalité ou à
titre
de député.
Dans le
domaine municipal, le projet de loi élargit l'admissibilité au vote itinérant,
permet le vote au bureau du président
d'élection et propose de nouvelles manières de présenter des demandes à une
commission de révision de la liste électorale municipale. Il modifie les
critères conférant la qualité d'électeur et de personne habile à voter ainsi
que ceux applicables à l'éligibilité à un
poste de membre du conseil d'une municipalité locale. Il prévoit également qu'est
inhabile à exercer la fonction de
membre du conseil d'une municipalité locale le directeur général, le greffier
ou le trésorier d'une autre municipalité.
Le projet de loi permet, dans les municipalités locales où le greffier-trésorier occupe
également la charge de directeur général,
la nomination d'une autre personne pour agir à
titre de président d'élection.
Il apporte des ajustements à certaines règles
concernant les rapports financiers des partis politiques municipaux et prévoit
la transmission annuelle aux partis autorisés d'un extrait de la liste
électorale permanente.
Le projet de
loi accorde au ministre responsable des Affaires municipales le pouvoir de
reporter ou de suspendre une élection
municipale lorsque la sécurité des personnes ou des biens est menacée ou
lorsqu'un événement imprévisible entrave sérieusement le bon déroulement
de cette élection.
Le projet de
loi impose aux régies intermunicipales l'obligation d'adopter un code d'éthique
et de déontologie pour leurs employés et il oblige toute municipalité ou
toute communauté métropolitaine à adopter des normes concernant le maintien de
l'ordre, le respect et la civilité durant les séances du conseil.
Le projet de
loi prévoit que la Commission
municipale du Québec peut faire
exécuter une sanction financière qu'elle a imposée à un membre d'un conseil d'une municipalité en vertu de la Loi
sur l'éthique et la déontologie en matière municipale.
Le projet de
loi permet au ministre responsable des affaires municipales de désigner une
personne pour conseiller une municipalité dans la préparation et le déroulement
des séances de son conseil et dans le cadre de ses relations avec les citoyens. Il permet également au ministre de
déterminer les formations portant sur le rôle des élus municipaux et sur le
système municipal que doivent suivre ces élus.
Le projet de
loi permet à un membre du conseil d'un organisme municipal de participer à
distance à une séance de ce conseil à certaines conditions. Il prévoit
également qu'un élu qui doit s'absenter des séances du conseil pour une période
de plus de 90 jours consécutifs peut
demander au conseil ou à la Commission municipale du Québec, selon le cas, de
lui accorder un nouveau délai pendant lequel il peut s'absenter.
Le projet de
loi prolonge à quatre ans la durée du mandat d'un préfet élu par cooptation,
tout en permettant à une municipalité régionale de comté de prévoir que
ce mandat n'a qu'une durée de deux ans. Il prévoit qu'une municipalité a le devoir d'offrir de l'assistance aux élus et
aux employés municipaux cités à comparaître, à l'occasion d'une enquête ou
d'une pré-enquête, relativement à leurs
fonctions. Il prévoit également qu'une municipalité locale continue, dans
certains cas, d'être visée par les
dispositions de la loi qui s'appliquent aux municipalités de
100 000 habitants ou plus même si sa population devient
inférieure.
Le projet de
loi actualise le processus de vente d'immeubles à l'enchère publique, par les
municipalités, pour défaut de paiement de taxes foncières, notamment en
permettant que l'enchère s'effectue à distance. Il prévoit que les barrages qui
sont la propriété de l'État ou dont il a l'administration ou la gestion ne sont
pas portés au rôle d'évaluation foncière. Il permet également à une
municipalité locale d'exiger, dans le cadre d'une entente en matière de zonage
incitatif, le versement d'une somme d'argent
destinée à la mise en oeuvre d'un programme de logements abordables, sociaux ou
familiaux.
Le projet de
loi ajoute au contenu obligatoire du règlement sur la gestion contractuelle
d'un organisme municipal des mesures favorisant les biens et les services
québécois ou autrement canadiens et les fournisseurs, les assureurs et les
entrepreneurs qui ont un établissement au Québec ou ailleurs au Canada. Il
hausse le plafond applicable aux sommes qu'une municipalité peut verser dans
ses réserves foncières.
Enfin, le projet de loi inclut des dispositions
diverses, transitoires et finales.
Mme la Présidente, merci bien.
La Présidente : M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Vous allez comprendre que nous souhaitons la tenue de consultations
particulières. Merci.
La Présidente : Il n'y a pas de
dépôt de documents.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, Mme la présidente de la commission... de la
Commission, oui, des relations avec les citoyens et députée de Les Plaines.
Mme Lecours (Les
Plaines) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, j'ai le bonheur
de déposer le rapport de la Commission des relations avec les citoyens qui, le
9 avril 2024, a tenu des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur le projet de loi n° 52, Loi permettant au
Parlement du Québec de préserver le principe de la souveraineté parlementaire à
l'égard de la
Loi sur la laïcité de l'État.
Présidente : Ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, la parole est maintenant au député de Pontiac.
M. Fortin : Merci.
Merci, Mme la Présidente. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 18 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que l'entretien de la route 366 entre La Pêche, secteur Masham, et
l'intersection de la route 301 laisse à désirer plusieurs mois par
année;
«Considérant
que plusieurs signalements de l'état de la route et des endroits problématiques
sont faits et que très souvent rien n'est effectué concrètement par le
ministère des Transports et de la Mobilité durable;
«Considérant
qu'il s'agit d'une question de sécurité, car à plusieurs endroits les
conducteurs doivent [...] éviter les trous, notamment dans les courbes,
ce qui rend le risque d'accident élevé;
«Considérant
que les routes en milieu rural sont essentielles et qu'elles doivent être [...]
dégagées et entretenues;
«Considérant que nous
sommes surtaxés au Québec et que l'entretien des routes est médiocre;
«Considérant
qu'il est de la responsabilité du gouvernement du Québec de bien entretenir les
routes, incluant en période hivernale;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
signataires, demandons au gouvernement du Québec de mieux entretenir la
route 366 entre La Pêche, secteur Masham, et l'intersection de la
route 301, tant au niveau de la portion asphaltée qu'en terre.»
Et je certifie que
cet extrait est conforme à l'original de la pétition, Mme la Présidente.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Nous
en sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Ma question
portera sur l'état des finances publiques. Et que le premier ministre s'en réjouisse, parce que,
n'eût été de l'opposition libérale, ce n'est pas le Parti québécois, Québec
solidaire qui lui en parleraient.
Alors, ces
digressions faites, on va parler du déficit record dont... Puis je le sais que
le premier ministre apprécie particulièrement
l'intro, mais ça risque de se gâcher, et je m'en excuse à l'avance. Déficit de
11 milliards de dollars, là, il
ne peut pas dire que c'est raisonnable, surtout quand ça fait suite à une mise
à jour économique de novembre où, là, on avait dit : On garde le cap.
Janvier, quelque deux, trois mois après, c'était une erreur de 8 milliards.
On est passés de trois à 11 milliards de
dollars. Pour le premier ministre, c'est raisonnable, mais, pour son collègue
de Saint-Jérôme, c'est énorme, c'est vertigineux,
11 milliards de dollars.
Moody's
et DBRS, les agences de cotation, ont affirmé, je les cite : «Les
perspectives financières se sont clairement détériorées.» Elles ont bien
raison. Pourquoi? Parce que c'est déraisonnable, des déficits structurels année
après année, c'est déraisonnable de limiter
la capacité financière du Québec, c'est déraisonnable de pelleter de larges
déficits sur la dette des prochaines générations, et c'est déraisonnable
de ne pas avoir de plan complet, aujourd'hui, de retour à l'équilibre
budgétaire.
Le 21 mars, le
premier ministre a dit : On a une
partie du plan. Les Québécois ont le
droit de savoir.
Alors,
le ministre des Finances est allé à New York le 2 avril. Peut-il confirmer
qu'il a rencontré les agences de cotation? Lesquelles? Leur a-t-il
présenté un plan complet? Ont-elles trouvé que 11 milliards, c'était
raisonnable?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, notre ministre des
Finances fait un travail extraordinaire. Il est d'ailleurs allé
rencontrer les agences de notation. Et il a réussi, au cours des dernières
semaines, à faire des émissions d'obligations records.
Dans toute l'histoire du Québec, jamais on n'a financé, donc, émis autant
d'obligations que ce que le ministre des Finances a réussi à faire dans
les dernières semaines.
la Présidente, je l'ai déjà dit puis j'espère que le chef de l'opposition
officielle va aller revoir les documents budgétaires, mais il nous parle de
comparer le budget de novembre 2023 avec le budget de mars 2024. Comme
il peut le voir, il y a une analyse
détaillée des écarts. Si on excepte le 1 milliard de baisse de revenus
chez Hydro-Québec, à cause des bas
niveaux d'eau, tout l'écart s'explique par des augmentations de financement en
santé puis en éducation. Pourquoi, Mme
la Présidente? Parce qu'on pense que, actuellement, il y a une pénurie de
main-d'oeuvre, il nous manque d'enseignants, nous manque d'infirmières, on a
besoin d'augmenter... d'améliorer les conditions de travail des infirmières
et des enseignants.
Ce que je comprends,
c'est que le Parti libéral, qui était sur les lignes de piquetage, est
maintenant en désaccord avec lui-même.
Présidente : Première complémentaire.
M. Tanguay : Bien, Mme la Présidente, je suis heureux que le
premier ministre se réjouisse que les obligations du Québec se vendent. J'espère, il paie plus cher, il
paie plus cher pour aller emprunter sur le marché obligataire, parce que
son déficit de 11 milliards de
dollars... Puis je vois le ministre des Finances qui dit : Ah! c'est à la
marge. C'est à la marge! 11 milliards de dollars.
point, c'est qu'il n'y a pas de plan. «On a une
partie du plan.» Il a déjà
commencé à couper. On le sait, ça. Il a coupé, entre autres, les stages
rémunérés, il est revenu sur sa parole. Là, il y a des décisions qui se
prennent.
A-t-il déposé un plan
complet aux agences de crédit? On peut-tu le voir?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bon, d'abord, Mme la Présidente, avec tout le
respect que j'ai pour le chef de l'opposition officielle, je pense je
fais plus confiance au ministre des Finances pour parler des discussions avec
les agences de notation.
Maintenant,
le chef de l'opposition officielle nous parle des stages aux étudiants. Écoutez,
depuis qu'on est au pouvoir, on a augmenté le budget de l'éducation de
50 %, de 50 %. Cette année, c'est une augmentation de 9,3 %.
là le chef de l'opposition officielle nous dit : On a coupé. On n'a rien
coupé, Mme la Présidente, on a ajouté 50 %. Est-ce qu'il est
d'accord avec ça?
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Tanguay : Mme
la Présidente, ils ont juste renié leur parole. Il y a quelques mois, ils
avaient dit : On va rémunérer les
stages, puis là ils ont dit... la ministre a dit : On a fait des choix.
Bien, c'est ça, mon point. Ils font des choix. Ils ont décidé de renier leur
parole, puis il n'y aura pas de stage rémunéré. Ils font des choix, puis on n'a
pas de plan. C'est impossible qu'ils se soient présentés à New York, voir, puis
il l'a confirmé, les maisons de cotation sans un plan complet.
Québécois ont le droit de savoir. Où s'en va-t-il? Et c'est important qu'il
soit transparent là-dessus, pas dans un an, c'est maintenant qu'on doit
le savoir.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Mme la Présidente, bien, le chef de
l'opposition officielle vient de dire : Gouverner, c'est de faire des choix. Le choix qu'on a fait, entre autres,
c'est d'améliorer les conditions de travail des enseignants, enseignantes, des
infirmières. On a ajouté des aides à la classe
pour être capables de garder nos enseignants, de leur offrir un meilleur milieu
de travail. Est-ce que le Parti libéral est contre ça?
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Tanguay : Mme la Présidente, ils ont présenté un plan aux
agences de cotation. C'est impossible. Puis, s'ils n'ont pas présenté de plan aux agences de cotation,
qu'ils le disent. Ils ont présenté un plan. Les Québécoises et Québécois n'ont pas
de plan.
Je me rappelle, en 2012, le premier ministre,
à l'époque, disait que le déficit de 1,6 milliard du PQ, c'était épouvantable,
puis qu'il avait hâte qu'ils se rendent...
Je le cite : «Je me mets à la place des agences, [...]ils doivent avoir
hâte d'avoir une visite de la
première ministre, puis pas pour aller faire du shopping, [...]pour vraiment
discuter des finances [publiques].»
Qu'est-ce qu'ils leur
ont dit et qu'est-ce qu'elles leur ont répondu? On a le droit de savoir.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente, j'invite le chef de
l'opposition officielle à lire, s'il ne l'a pas déjà fait, toutes les
pages du budget. Il verrait que... Il verrait qu'il y a déjà un début de plan
important.
Prenons
les crédits d'impôt aux entreprises. On ne peut pas faire ça du jour au
lendemain. Donc, on voit qu'il y a une diminution des crédits d'impôt
aux entreprises sur les trois prochaines années.
Donc,
qu'il regarde l'évolution du déficit. Déjà, dans les trois prochaines années,
il va voir qu'il y a un grand bout du travail qui est fait. Puis,
inquiétez-vous pas, d'ici...
M. Legault : Non,
non. D'ici le prochain budget, il y aura un plan qui va nous ramener à zéro.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député de Pontiac.
M. Fortin : À
l'image des finances publiques, un dossier où il ne semble pas y avoir de plan
ou de vision, c'est celui de l'agriculture, Mme la Présidente. Et aujourd'hui à
Vaudreuil, demain à Laval, vendredi à Saint-Hyacinthe, la semaine prochaine à Gatineau, les agriculteurs
vont prendre leur précieuse journée du mois d'avril pour aller passer un
message au premier ministre puis au ministre de l'Agriculture. Leur message, il
est simple : Ça ne fonctionne plus. Si on
continue dans cette direction-là, plusieurs agriculteurs ne passeront pas la
saison, plusieurs agriculteurs, avant même d'avoir leurs récoltes, vont
donner des clés à la banque.
Si le gouvernement
laisse aller des choses, là, s'il refuse d'agir tout de suite, d'urgence, c'est
ça qui va arriver. Puis il va falloir que
les consommateurs québécois s'habituent à ce que, sur nos tablettes d'épicerie,
il y ait de moins en moins d'asperges
du Québec, qu'il y ait de plus en plus de patates de l'Île-du-Prince-Édouard puis qu'il y ait de plus en plus de
fraises de la Californie.
C'est tout un legs,
ça, M. le premier ministre. Vous ne pouvez pas être fier de ça.
Présidente : Et on s'adresse à la présidence. Et la réponse du ministre
de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
M. Lamontagne :
Bien, j'aimerais ça, partager
avec mon collègue, Mme la Présidente, justement, le plan, le plan qu'on a,
parce qu'au fil des temps, des mois, des années il y a beaucoup, beaucoup de
préoccupations qui sont élaborées par les représentants de nos agriculteurs,
nos agricultrices. On en a, ça touche l'allègement réglementaire. On en
a, ça touche la rapidité, des fois, avec
laquelle certains changements, au point de vue des règles environnementales,
sont mis en place. On en a que ça
touche la réforme des programmes de La Financière
agricole. On en a que ça touche à
l'accessibilité des terres pour notre relève, la propriété des terres.
Mais, Mme la
Présidente, là, on a lancé un chantier pour la réforme des programmes
d'assurance récolte de La Financière
agricole, on a lancé un chantier en
collaboration avec L'Union des
producteurs agricoles pour toute la
question de l'allègement réglementaire. On fait la même chose au point de vue
de certaines dispositions environnementales. On a lancé la plus grande consultation nationale sur le territoire et les activités agricoles depuis l'édiction de
la loi, en 1978, dont l'objectif
aussi est de favoriser l'accès à la terre. Au bénéfice de qui, Mme la
Présidente? Au bénéfice de notre relève. Alors, ça, tout ça, là, ça fait
partie d'un plan, Mme la Présidente.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : Cinq
ans, Mme la Présidente. En Irlande, là, ça a pris cinq ans pour que la moitié
des producteurs ferment leurs portes. Est-ce que c'est ça qu'on veut au Québec?
Parce que déjà, là, le gouvernement a laissé tomber les producteurs de porc. Ça, c'est très clair. Là, il
est en train de perdre une grande
partie de son secteur bio aussi. Je ne le
sais pas pour vous, M. le ministre, là, mais, chez nous, on aime pas mal
mieux manger les fraises du Québec que les fraises de la Californie, qui ne
goûtent à peu près rien.
Pouvez-vous, s'il vous plaît, vous
réveiller puis agir avant qu'il soit trop tard puis que ces produits-là, ils ne
soient plus disponibles sur nos étagères?
La Présidente :
Et je vous... Un, pas de bravo.
Deux, je vous rappelle que vous vous adressez à la présidence. Vous le
savez, vous êtes un député aguerri. M. le ministre.
M. Lamontagne :
Mme la Présidente, Mme la Présidente,
ce qu'on vit depuis l'été passé, depuis l'an passé, là, c'est vraiment
quelque chose qui est conjoncturel. On a un enjeu qui découle des changements
climatiques, avec une question d'adaptation
aux changements climatiques. On a un enjeu qui découle des effets postpandémie
aussi, de la guerre en Ukraine, qui a
amené un accroissement important du prix des intrants. On a un enjeu qui
touche, Mme la Présidente, toute la
question, oui, de la réglementation de... qui entoure les activités agricoles.
Mais qu'est-ce qu'on a fait, Mme la Présidente? On est en action. On a lancé en juin, l'an passé, en compagnie des
producteurs, des productrices agricoles, un fonds d'urgence pour venir accompagner à travers cette période-là.
Et puis, ce fonds-là, on continue de le faire évoluer, Mme la Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Je
ne peux pas croire que le ministre de
l'Agriculture nous dit que c'est
conjoncturel, ce qui se passe en agriculture. Ce n'est pas parce qu'il y a une
mauvaise saison que tout va bien puis que, pour les années d'après, ça va
bien aller, là. Les changements climatiques, c'est un bon exemple, il n'y a
rien de conjoncturel là-dedans.
agriculteurs, là, ils en veulent un, plan, ils en veulent une, vision, c'est
pour ça qu'ils manifestent. Ils ne sont plus capables d'attendre après le
ministre. Ils sont à bout. Ils n'ont pas une cent. Ils ne savent même pas s'ils
vont être capables de se rendre à la
récolte cette année. Si vous ne donnez pas un coup de barre tout de suite, là,
il y a des agriculteurs qui vont fermer. Ils vont fermer à la tonne.
Voulez-vous me dire
ce que vous attendez?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Lamontagne :
Bien, Mme la Présidente,
j'expliquais dans ma première réponse à mon collègue les différents chantiers qui sont en cours, les différents
chantiers qui sont initiés, un, dans un premier temps, des fois à la demande
des représentants des producteurs, des productrices agricoles, mais aussi par
les impératifs, quand on parle de changements climatiques. Alors,
effectivement, Mme la Présidente, il y a des enjeux, mais on est en action sur
ces enjeux-là.
Puis,
ce que je veux rappeler à mon collègue, au moment où on se parle, là, avec tout
le bruit qu'il y a là, on a quand même identifié
2 600 entreprises, Mme la Présidente, qui sont plus à risque.
Qu'est-ce qu'on fait? La Financière a le mandat
de contacter ces entreprises-là puis de les accompagner une par une. Puis ce
que je dis, là, puis les producteurs, les productrices qui nous écoutent, celles qui ont des problèmes, levez la
main, téléphonez à La Financière, on va être présents.
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant la députée de Mont-Royal—Outremont. On vous écoute, Mme la députée.
Setlakwe : Mme la Présidente, on a devant nous un gouvernement qui
prétend être le gouvernement des régions, mais qui, dans les faits, ne cesse de
décevoir les municipalités.
Prenons
l'engagement du premier ministre d'investir 470 millions afin de soutenir
et de relancer l'économie locale dans
nos villes et villages. Malheureusement, on a appris, dans le dernier budget,
que la CAQ a renié cette promesse électorale malgré le fait que le premier ministre l'avait lui-même réitérée au
dernier congrès annuel de la Fédération
québécoise des municipalités. Une somme de seulement 50 millions est
prévue. On a plus de 1 100 municipalités au Québec. Si on fait un calcul rapide, Mme la Présidente, il n'y aurait
qu'une somme dérisoire de 45 000 $ par municipalité. Je vous lance le
défi de réaliser des mesures structurantes qui vont améliorer la qualité
de vie des milieux avec ces maigres sommes.
la Présidente, je demande à la ministre qui est censée représenter les
municipalités : Est-ce vraiment comme ça qu'on va réussir à garder
les gens dans nos régions et leur offrir des services?
Présidente : La réponse de la ministre des Affaires municipales.
Laforest : Oui. Alors, merci pour la question. Je remercie ma
collègue. Puis, en même temps, ça va... ça va me permettre d'expliquer
les sommes qui ont été investies de notre gouvernement pour les municipalités.
Alors, si on
regarde en 2016, entre 2016 et 2018, pour les transferts au niveau des
municipalités, Mme la Présidente, il
a été investi, 14,4 milliards de dollars de l'ancien gouvernement.
Notre gouvernement, entre 2020 et 2022, c'est une somme de 22,6 milliards qui a été investie pour les
municipalités. Alors, on parle quand même, juste avec notre gouvernement, en
deux ans, de 8,2 milliards de plus de transferts pour les municipalités.
Ensuite, vous
parlez des régions. Vous aviez, si je peux dire, annoncé le programme le FARR,
le Fonds d'appui au rayonnement des régions. Nous, on a changé le programme
parce que les municipalités étaient vraiment déçues de ce programme-là.
Nous, on a investi avec le programme le Fonds régions et ruralité. Oui, on
parle maintenant de vraies régions. Le
programme, le FRR, Mme la Présidente, c'est 1,3 milliard pour toutes les
régions du Québec pour travailler avec les
MRC, pour annoncer des projets. Et, le Fonds régions et ruralité, il n'y a
aucune MRC qui est déçue avec ce fonds-là, un véritable fonds, et non un
programme, présentement.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Setlakwe : Mme la Présidente,
50 millions, dans le budget, et non pas 470 millions; par
municipalité, 45 000 $. On parle
de bâtiments patrimoniaux délaissés, des locaux vides, des aménagements
désuets, un portrait sombre, Mme la
Présidente, qui est exacerbé à trop d'endroits par une montée de l'itinérance.
Quand on invite le premier ministre devant
une tribune, il fait des promesses fermes, il lance des montants dans les airs,
parce qu'il y a des maires et des mairesses. Quand il quitte, il n'y a rien, l'argent
ne suit pas. On commence à le voir dans plusieurs dossiers, Mme la Présidente.
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Laforest : Oui. Alors, au niveau du programme des commerces
de proximité, premièrement, c'est la première fois qu'un gouvernement annonce
un programme pour les commerces de proximité, le fameux programme, travaillé
avec ma collègue auparavant, qui s'appelait
le coeur des villages. Alors, on a quand même annoncé, le programme Coeurs de
villages, 50 millions. Ce qu'on va faire, présentement, on va mettre en
place le programme. Oui, ce sont vraiment pour les plus petites municipalités, des petites municipalités dévitalisées,
mais il y a 50 millions de plus d'investissement. C'est un nouveau programme. On va travailler avec la
Fédération québécoise des municipalités pour mettre en place ce programme-là. Puis, après ça, on va voir si on
doit investir en plus, comme le Fonds régions et ruralité qu'on a investi à
l'ordre de 1,3 milliard.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Setlakwe : Ce n'est pas ce qui avait été promis. Ce n'est pas
assez pour avoir un plan complet. 50 millions, je le rappelle, ça représente 45 000 $
par municipalité, qui ont des projets. Ils vont réaliser quoi avec ces sommes
dérisoires?
On veut
garder une qualité de vie dans les villages. Le premier ministre s'est engagé
devant les membres de la FQM d'octroyer 470 millions de dollars. Il
leur répond quoi aujourd'hui? Quand il renie sa promesse, il renie nos villages.
Qu'est-ce qu'il va leur répondre?
Je lui demande, au premier ministre, de
respecter, honorer sa promesse.
La Présidente : La réponse de la
ministre.
Laforest : Nous avions promis d'annoncer le programme de
commerce pour les municipalités dévitalisées. Nous l'avons annoncé,
50 millions. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'il nous reste quand
même deux ans, et ce programme-là, présentement, est mis en place. On va le
travailler ensemble, parce que, oui, on a promis à la Fédération québécoise des municipalités que ce programme sera
fait en collaboration avec le gouvernement. Maintenant, il y a d'autres sommes qu'on annoncera, si le programme va très
bien, mais personne de vous aviez pensé à un programme comme ça pour les
commerces de proximité. C'était demandé depuis longtemps.
Au niveau des
transferts, Mme la Présidente, on a signé l'entente de réciprocité. Toutes les
unions étaient d'accord. Les montants pour les changements climatiques, pour
l'itinérance étaient présents dans cette entente de réciprocité, et
toutes les unions étaient d'accord.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Mme la Présidente, quand on parle d'éducation, on
pense souvent aux enseignants, et avec raison, mais, nous, comme parents, quand on dépose, là, nos petits cocos à
l'école, il y a toute une équipe qui est là pour s'occuper d'eux à travers la journée. Je pense ici à nos
surveillants d'élèves, à nos éducateurs, nos éducatrices en service de garde,
à nos cuisiniers, aux techniciens en
éducation spécialisée, aux préposés aux élèves handicapés. C'est une foule de
personnes qui sont là pour offrir des services directs aux élèves. Mais, depuis
quatre ans, ils sont au moins 32 000 à avoir quitté le secteur,
32 000 à avoir démissionné, et chaque année ça s'empire. Ce n'est
absolument pas rassurant. Puis, le personnel de soutien, là, quand je regarde
ces chiffres-là, je me dis : Ce n'est pas d'un plan de rattrapage dont ils
ont besoin, c'est d'un plan de sauvetage.
La question que j'ai
pour le ministre de l'Éducation aujourd'hui : Est-ce qu'il réalise
l'ampleur de la situation?
Présidente : La réponse du ministre de l'Éducation.
M. Drainville :
Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Je souligne l'entrée en poste de ma nouvelle critique à l'éducation. Je la félicite. On a une pensée
évidemment pour la députée de Saint-Laurent, qui a dû s'absenter pour des
raisons de santé. On lui souhaite bon succès.
Alors, sur la
question qui a été posée, Mme la Présidente, il faut partir d'abord de l'essentiel.
L'essentiel, c'est ceci. On investit, en
éducation depuis cinq ans, à peu près 1 milliard de plus par année, budget
après budget, après budget, après
budget. Cette fois-ci, là, dans le dernier budget du gouvernement du Québec,
là, on est à 22 milliards pour l'éducation, Mme la Présidente, 22,3 milliards pour être très exact, et il y a
une bonne
partie de cette augmentation qui aura servi à bonifier les conditions
de travail de nos employés. Alors, on a évidemment donné des augmentations très
intéressantes pour nos enseignants,
mais il ne faut jamais oublier qu'on en donne également pour les autres membres
du personnel scolaire, et je pense,
par exemple, aux éducatrices en service de garde, qui vont pouvoir dorénavant
devenir des aides à la classe avec des temps-plein et des très bons
salaires.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Cadet : Mme la Présidente, le ministre nous a parlé de ce
qu'il investit budget après budget. Moi, ce que je lui dis, c'est qu'année après année, après année,
après année, bien, la situation, elle va de mal en pis. Les gens continuent
de démissionner. L'an dernier, là, juste l'an dernier, ce sont plus de
1 000 techniciens en éducation spécialisée qui ont démissionné, pas 100, là, pas 200, 1 000. On
parle ici de services directs aux élèves qui sont à risque, avec autant de
départs.
Le ministre, je lui
demande : Qu'est-ce qu'il va faire pour arrêter cette hémorragie-là?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Drainville : Alors, j'étais en train de
dire, Mme la Présidente, qu'on va, donc, permettre à nos éducatrices spécialisées qui ont des horaires coupés,
présentement, de devenir, dans certains cas, des aides à la classe, qui va leur
permettre, donc, de gagner un temps plein, d'avoir un salaire à temps plein,
d'être très valorisées dans ce nouveau rôle de deuxième adulte dans la
classe. Donc, ça, c'est un gain très important pour le personnel de soutien.
Elle
soulève la question des TES, techniciens, techniciennes en éducation
spécialisée, elle a tout à fait raison de le faire. Et, dans la nouvelle convention, on prévoit, Mme la Présidente,
des sommes d'argent très importantes.
Si je ne m'abuse, c'est
40 millions pour permettre, justement, aux TES de devenir à
temps plein, dans certains cas, ou, à tout le moins, de gagner plus
d'heures, et donc de prêter main-forte aux enseignants et aux élèves en plus
grand nombre.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Cadet : Mme la Présidente, j'ai l'impression que le
ministre n'entend pas ma question. En fait, dans les faits, c'est
qu'aujourd'hui les gens, ces professionnels-là, ils continuent de quitter.
Juste pendant la grève, cet automne, là, ce sont près de 1 000 employés qui ont donné leur démission, puis,
là-dedans, 60 % d'entre eux, c'étaient des membres du personnel de soutien. L'hémorragie, elle continue, elle est
là maintenant. Ces données-là, malheureusement, elles ne se retrouvent même
pas dans le tableau de bord du ministre. Là
où elles devraient être, bien, c'est au-dessus de la pile. Je n'entends pas ce
sentiment d'urgence de la part du ministre.
Qu'est-ce qu'il va
faire pour arrêter cette hémorragie?
La Présidente : La réponse du
ministre.
Drainville : Bien, ce qu'il faut faire, Mme la Présidente,
c'est continuer à investir en éducation comme on le fait, il faut continuer à valoriser les carrières en
éducation. Et c'est justement le signal que nous avons envoyé par les
investissements que nous avons faits, par, également, cette nouvelle convention
collective que nous venons de signer. Puis vous pouvez être certain, Mme la Présidente... certaine qu'on va
mettre en valeur les très belles avancées qu'on a faites au niveau de
l'éducation, dans la dernière
convention, pour convaincre des jeunes de se lancer, justement, dans la
carrière d'enseignante, dans la carrière d'éducatrice, dans la carrière de TES,
dans la carrière de professionnelle en éducation. Oui, on va continuer à
investir en éducation, contrairement à ce que vous avez fait en coupant
dans l'éducation.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la
Présidente. Si tu travailles fort, si tu mets tes sous de côté, tu vas pouvoir t'acheter une maison. C'était ça, la promesse de
la classe moyenne au Québec. C'était ça, le contrat social. Aujourd'hui, la
promesse est brisée. Aujourd'hui, les familles de ma génération travaillent
fort, les familles de ma génération mettent leurs sous de côté, mais ce n'est jamais assez. Les
derniers chiffres sont catastrophiques. Dans le Québec de 2024, c'est maintenant
60 % des familles québécoises qui ne peuvent pas s'acheter une maison
parce que c'est juste trop cher, puis ceux qui peuvent, bien, ils vont
s'endetter jusqu'au cou. La promesse est brisée.
Depuis 1980,
le revenu des familles, au Québec, a été multiplié par quatre. Pendant ce
temps-là, le prix des maisons a été multiplié par neuf. Résultat : pour la
première fois en 50 ans, sous la gouverne du premier ministre, le taux de
propriétaires recule, au Québec. La
génération du premier ministre a eu la chance d'accéder à la propriété. Ma
génération et encore plus les plus jeunes n'auront pas cette chance-là.
La promesse est brisée.
C'est quoi,
le plan du premier ministre pour que les familles québécoises soient capables
de s'acheter une maison?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, c'est un plan qui est complexe. La première chose qu'il faut faire,
c'est d'augmenter les revenus des Québécois,
et, là-dessus, je suis fier de dire que depuis cinq ans, alors que le salaire
moyen a augmenté de 19 % dans le reste du Canada, alors que
l'inflation, en moyenne, incluant les loyers, puis je comprends que c'est inégal, je vous parle d'une moyenne,
l'inflation était de 19 %, bien, au Québec, depuis cinq ans, on a réussi
ce que les gouvernements avant nous
n'avaient pas réussi, on a augmenté le salaire moyen de 24 %, donc cinq
points qu'on a gagnés.
Maintenant,
Mme la Présidente, il y a actuellement un énorme déséquilibre entre la demande
et l'offre de logement. On a investi 6,3 milliards de dollars
pour la construction de logements. Mais, Mme la Présidente, puis je sais que le
chef de Québec solidaire n'aime pas parler
de ça, on est rendus à 560 000 immigrants temporaires. Juste depuis deux
ans, c'est une augmentation de 270 000. Bien, il faut les loger,
ces gens-là, puis ça ne se construit pas du jour au lendemain. C'est pour ça que j'espère que le chef de Québec
solidaire va m'appuyer pour exiger du gouvernement Trudeau de réduire ce
nombre d'immigrants temporaires pour enlever de la pression sur la demande de
logements.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Encore
l'immigration. Ça fait qu'on va régler ça. Premièrement, oui, 560 000,
c'est trop. Deuxièmement, c'est la CAQ
elle-même qui a fait exploser l'immigration temporaire, à partir de 2021.
Troisièmement, le prix des maisons avait commencé à augmenter bien avant ça.
Quatrièmement,
est-ce que le premier ministre peut répondre à ma question : Quel est le
plan de la CAQ pour que les familles québécoises soient capables de
s'acheter leur première maison?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
Legault : Bien, Mme la Présidente, je m'excuse de contredire
le chef de Québec solidaire, mais c'est faux, ce qu'il vient de dire
concernant...
M. Legault : Bien, ce n'est pas
exact.
Présidente : Voilà. J'allais reconnaître le leader du deuxième groupe.
M. le premier ministre.
M. Legault : La
majorité des immigrants temporaires, la majorité, là, on parle de plus de
65 %, le Québec n'a rien à dire, rien à
dire, c'est le fédéral qui décide seul. C'est pour ça qu'on veut intervenir.
Pour l'instant, on a l'appui du Parti
québécois, mais l'appui de Québec solidaire ne semble pas très là. Donc,
j'espère que Québec solidaire va nous appuyer pour demander au
gouvernement fédéral de réduire le nombre d'immigrants temporaires.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : Je viens de répondre à
cette question-là, mais lui ne répond pas à ma question. Tantôt, il se vantait
d'avoir fait augmenter les salaires, au Québec, j'ai noté, de 24 %.
24 %. Sur la même période, le prix des maisons a augmenté de 74 %. Ça fait que le calcul, il
ne marche pas. La promesse de la classe moyenne est en train de se briser sous
les yeux de ma génération.
Quel
est le plan du premier ministre pour que les jeunes, au Québec, soient capables
un jour de s'acheter une maison?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la Présidente, d'abord, pour les plus
démunis, on a augmenté l'aide sociale pour les personnes qui ont des contraintes à l'emploi, on l'a
augmentée de 55 %. Pour les autres, on a baissé les impôts. Ça, c'est
comme un épouvantail, face à Québec solidaire, baisser les impôts. On le sait,
Québec solidaire puis le PQ sont contre ça, baisser les impôts. Ça laisse plus d'argent dans les poches
des Québécois pour être capable de financer, entre autres, un loyer ou acheter
une maison.
Donc,
Mme la Présidente, je reviens, le problème principal, c'est qu'il manque... il
y a un déséquilibre entre l'offre et la demande de logements.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Taschereau.
M. Grandmont :
Merci, Mme la Présidente. Chaque
jour, dans nos circonscriptions, il y a des gens qui font des miracles, puis j'en sais vraiment quelque chose
parce que la clinique d'infirmières SABSA se trouve dans ma circonscription.
SABSA,
c'est une clinique atypique pour une clientèle qui est atypique. C'est... Comme
les marginaux, les personnes en situation d'itinérance, les autres orphelins du
système qui y sont accueillis, à la clinique, la clinique ne rentre pas
bien dans les cases du gouvernement, du
ministère de la Santé. Alors, au lieu de dédier toute leur énergie à aider du
monde, bien, les gens de SABSA doivent se battre chaque année pour
garder leur clinique en vie.
ministre de la Santé a débloqué presque 400 millions récemment, en 2023,
pour financer les cliniques d'infirmières, mais pas pour SABSA. SABSA ne touchera aucun sou de cette entente-là. Le
ministre était supposé déposer une convention-cadre pour les cliniques atypiques comme SABSA, mais là on a appris
qu'il fallait encore attendre deux années de plus, 2026, en pleine année
électorale. La coordonnatrice de SABSA est ici, dans les gradins. Je la salue.
Est-ce que le
ministre peut s'engager à régler ça rapidement?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Bon,
Mme la Présidente, c'est toujours un petit peu difficile de discuter des cas
très spécifiques ici, lorsqu'on vient au
salon bleu, et qu'il y a des discussions, en ce moment, qui sont faites avec
ces parties prenantes là. D'accord?
qui est arrivé, au niveau des discussions qu'ils ont eues avec le ministère au
cours des dernières années, c'était d'améliorer
les conditions, par exemple, de certaines cliniques, de voir leur éligibilité à
différents programmes. Lorsqu'on est
arrivés avec des cas où... le travail que SABSA fait, qui est excellent, un
très, très bon travail, ils n'ont pas les mêmes conditions, par exemple, comme organisme à but non lucratif, etc. Le
ministère est en train de regarder comment on peut ajuster le modèle général qui a été présenté,
parce qu'on l'a fait évoluer, comment, par exemple, il peut s'appliquer à des
cas plus spécifiques, qui font un travail dans des conditions différentes, mais
qui continuent de faire un excellent travail. D'ailleurs, je le
reconnais, ces gens-là, ici, font un excellent travail.
la Présidente, par contre, comme l'a dit le premier ministre, ce n'est pas
exact de dire que c'est dans deux ans qu'on va avoir une solution. Les
gens du ministère sont en train de travailler des solutions pour voir comment
les cas spécifiques comme SABSA peuvent être ajustés pour répondre à leurs
demandes.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Grandmont :
Oui, merci. Bien, la force de
SABSA, c'est justement qu'ils ne rentrent pas dans les petites cases du ministère de la Santé. L'acronyme SABSA, là,
c'est révélateur, ça veut dire «services à bas seuil d'accessibilité». C'est
pour ça qu'ils sont importants. C'est pour
ça qu'ils sont un complément essentiel au ministère de la Santé. Ils comblent
les trous de services dans le CIUSSS, qui n'arrive pas à les combler.
J'ai
deux demandes : Est-ce que le ministre peut s'engager à régler rapidement
la question du financement, pérein, et
prévisible, et à hauteur des besoins de SABSA? Puis est-ce que le ministre
accepte de visiter avec moi, peut-être avec mon collègue aussi, la
clinique prochainement?
Présidente : La réponse du ministre.
Dubé : Bien, comme vous savez, Mme la Présidente, je suis
pas mal souvent sur le terrain. J'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs de
ces différentes cliniques là. Ça me fera plaisir, dans les prochains mois, de
pouvoir le faire avec eux. Mais, en ce moment, le travail qui est fait par le
ministère pour bien comprendre les programmes qui sont actuellement en cours,
tenir compte des particularités d'une clinique, des services très bons qui sont
offerts par SABSA, je pense qu'il faut laisser faire le ministère, son travail,
parce que ce n'est pas un cas d'exception, qu'on veut avoir, c'est être capable
de s'ajuster au fur et à mesure qu'on change la première ligne. Parce que le
cas de SABSA nous a fait réaliser que c'est un excellent service, mais qui est
appliqué de façon différente, avec
des employés qui ne viennent pas du même endroit. Donc, il y a toutes sortes de
subtilités à vérifier.
Présidente : Deuxième complémentaire. C'était terminé? Non. Député de
Rosemont, je vous écoute.
M. Marissal :
Merci. Le ministre peut faire mieux que ça, là. Depuis qu'il est en poste,
là, il a déposé un mégaprojet de loi, là, de
1 300 articles, amendé 700 fois, pour faire une mégastructure
qui va s'appeler Santé Québec. Pendant ce
temps-là, il va nous dire que, pour le cas spécifique de SABSA, il n'est pas
capable de trouver le modeste financement pérenne dont ils ont besoin?
Je ne crois pas ça.
Est-ce qu'il peut
s'engager aujourd'hui à assurer le financement...
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Écoutez, je pourrais faire un copier-coller, je
m'excuse, Mme la Présidente, là, de la réponse que je viens de donner au
député de Taschereau tout à l'heure, c'est la même chose que je vais dire. On travaille,
en ce moment, on a une excellente
collaboration de la part du ministère avec la clinique. Ce que je dis, c'est
qu'on va travailler là-dessus. Ça n'a
rien à voir avec Santé Québec. Ce sont des conditions qui doivent être faites
et qui doivent être élaborées et modifiées, au besoin, pour s'assurer qu'on répond aux besoins en attendant le
financement. Et là on va trouver des solutions, Mme la Présidente. C'est
notre façon de travailler avec rigueur pour être justes avec tout le monde.
Merci beaucoup.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef
du troisième groupe d'opposition.
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, après avoir refusé de nous dire quelles
étaient ses options au cas où le fédéral
refuserait de nous donner les pleins pouvoirs en immigration, le premier
ministre a finalement révélé, hier, qu'il envisageait la tenue d'un référendum
sectoriel sur la question. On avance, et je tiens à féliciter le premier
ministre.
sait qu'il considère que les pleins pouvoirs en immigration, c'est une question
de survie de la nation pour éviter la louisianisation. Donc, ce référendum sur
l'immigration est conséquent avec ses déclarations précédentes, notamment
celles durant la campagne 2022, quelques jours avant le vote.
Rappelons que la
demande du premier ministre, le 14 mars dernier, c'était bel et bien les
pleins pouvoirs en immigration. On a essuyé
un refus. Le premier ministre, donc, nous a dit hier, et je le cite : «La
force qu'on a, c'est d'aller chercher l'appui de la population.» Et, sur
la question de la tenue d'un référendum, j'ouvre les guillemets à
nouveau : «Ça va dépendre des résultats
des discussions [d'ici le 30 juin]. [...]M. Trudeau a une obligation
de résultat.» Donc, on y est. Je l'invite à aller jusqu'au bout de son
idée. Et ça va nous faire plaisir d'être à ses côtés.
Est-ce
que le premier ministre peut nous confirmer qu'il est sérieux? Advenant un
refus, le 30 juin, sur les pleins pouvoirs
en immigration, peut-il s'engager à déclencher un référendum sur l'immigration
dès cet automne? Peut-il nous confirmer qu'il ne s'agit pas d'un bluff?
Parce que Justin Trudeau nous écoute.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente, lors de ma dernière
rencontre avec M. Trudeau, celui-ci a ouvert la porte à ce qu'à l'avenir les immigrants temporaires soient
préapprouvés par le Québec. Il y a des journalistes qui ont posé la question
deux fois au chef du PQ, est-ce que... si
M. Trudeau disait : À l'avenir, les immigrants temporaires sont
préapprouvés par le gouvernement du
Québec, est-ce que ce serait un gain important pour le Québec. Réponse du chef
du PQ : rien. Rien, O.K.?
la Présidente, si les immigrants temporaires étaient préapprouvés par le
gouvernement du Québec, ça veut dire qu'on contrôlerait le nombre puis on
pourrait aussi exiger la connaissance du français. Mais le chef du PQ, il n'en
veut pas, de gain avec Ottawa. Ce qu'il veut, c'est un échec pour mousser son
référendum sur la souveraineté. L'approche du chef du PQ, c'est la
politique du pire, puis, savez-vous quoi, c'est la pire politique.
La Présidente :
Première complémentaire. On écoute la question.
M. St-Pierre Plamondon : La
situation peut difficilement être pire que sous la CAQ présentement. Et je
rappelle au premier ministre que la position du Parti québécois, c'est les
pleins pouvoirs. C'est sa position. Hier, il a évoqué un référendum sur
les pleins pouvoirs en immigration.
Est-il en train de
nous dire qu'il ne sera même pas capable de demander les pleins pouvoirs en
immigration le 30 juin prochain? Et
dans quel cas que vaut cette menace d'un référendum sur les pleins pouvoirs en
immigration? Quelle crédibilité? Quel rapport de force?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, parlons-en, de crédibilité. Imaginez-vous,
là, que, si le gouvernement fédéral disait : À l'avenir, les
immigrants temporaires vont être préapprouvés par le Québec, ce que le chef du
PQ nous dit, c'est qu'il n'est pas d'accord
avec ça, il ne reconnaîtrait pas que c'est un gain important. Lui, tout ce
qu'il veut, c'est le grand soir du référendum de la souveraineté. Il ne veut pas en avoir, de gain avec Ottawa. Il n'a
aucune crédibilité avec Ottawa. Nous, on va continuer, comme on le fait
depuis cinq ans et demi, à faire des gains avec Ottawa.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. St-Pierre Plamondon : Faire des gains avec
Ottawa, c'est quand même... je vais le prendre avec un peu d'humour.
Donc,
le premier ministre n'est plus capable de mentionner l'expression «pleins
pouvoirs en immigration» et il n'est pas
capable de confirmer qu'advenant un refus il va tenir un référendum sur cette
question-là. Ça ressemble à du bluff, et dans quel cas pourquoi on fait ça? Où
est-ce qu'on s'en va avec des allégations, des déclarations qui ne riment à
rien dans la réalité? On s'affaiblit en termes de pouvoir de négociation,
déjà inexistant.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente, le chef du PQ nous
dit : Quels gains? Logement social, 1,8 milliard du fédéral sans condition. Services de garde,
6 milliards sans condition. Main-d'oeuvre, 5,5 milliards sans
condition. Aéronautique, 700 millions sans condition. Internet haute
vitesse, 460 millions sans condition. Itinérance, 300 millions sans
condition. Durant la pandémie, 3 milliards sans condition.
Nous, nous, on
n'attend pas le grand soir du référendum de la souveraineté. On agit pour les
Québécois.
Présidente : Vous
connaissez la règle. En question principale, une seule personne qui aura le
droit de parole, je reconnais le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
La parole est à vous.
M. Cliche-Rivard : Mme la Présidente, je
vous partage l'histoire, le témoignage d'Amélie, une mère des Basses-Laurentides : «Mes enfants fréquentent une
garderie non subventionnée qui est parfaite en tous points. Le seul hic :
elle nous coûte le double de notre
hypothèque en frais mensuels, pour nos deux garçons, c'est près de
3 000 $ par mois. Même avec le retour d'impôt anticipé, nous avons dû revoir nos priorités
financières. On a dû déménager. On a dû diminuer considérablement nos
dépenses.»
Mme la Présidente, cette situation-là, Amélie ne
la vivrait pas si le gouvernement avait respecté ses engagements de
conversion et que ces places au privé devenaient finalement subventionnées.
En 2022, l'ex-ministre
de la Famille promettait 56 000 conversions aux familles québécoises,
mais la ministre actuelle n'en a obtenu que 1 000 sur les
10 000 qu'elle demandait dans le budget. Clairement, il y a quelque
chose qui fonctionnait avant qui ne marche plus.
Est-ce que la
ministre peut demander à son ancien collègue, là, l'ex-ministre de la Famille,
sa recette magique?
Présidente : La réponse de la ministre de la Famille.
Mme Roy (Verchères) : Merci, Mme la Présidente.
Alors, oui, nous nous sommes engagés dans un grand chantier pour compléter le
réseau. D'ailleurs, je me permets de vous dire qu'on est rendus à 95 %
d'avoir complété le réseau. Au 31 mars,
nous avions près de 9 000 places converties. Alors, je ne peux même
pas dire que c'est un record, Mme la Présidente, ça ne s'est jamais fait avant. Alors, c'est 9 000 places
converties où des enfants, effectivement, ont maintenant une place à
contribution réduite.
D'ailleurs,
nous avons créé, depuis le Grand chantier, 23 300 places
supplémentaires, et ça, c'est en date du 29 février. Il y a de très
bonnes nouvelles, qui s'en vient, parce qu'on a continué à mettre des
initiatives en place, parce que notre objectif,
c'est justement de pouvoir offrir à toutes les familles du Québec des places de
qualité, des places à contribution réduite pour les enfants du Québec. Et je
vais me permettre de rappeler que l'engagement électoral qui a été pris, il a
été pris sur cinq ans.
Présidente : Première complémentaire.
Cliche-Rivard : Mme la Présidente, la ministre nous parle de 95 %
du réseau. Moi, je lui parle des places converties.
Pour remplir la promesse électorale, ça va prendre 25 000 places
l'année prochaine, 25 000 places l'année suivante. Or, on est
à 1 000, au budget du gouvernement.
Le constat est
évident, Mme la Présidente, la promesse est rompue.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Roy (Verchères) : Alors, merci, Mme la
Présidente. J'espère que je n'apprends pas à mon confrère qu'un mandat est de quatre ans, que cet engagement était
sur cinq ans, que les résultats sont là, quand même, 9 000 places
converties en date du 31 mars,
des résultats, aussi, clairs, c'est 28 589 places subventionnées de
plus disponibles pour les enfants du Québec, partout, dans toutes les
régions du Québec, et on répond à notre engagement.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Cliche-Rivard : Mme la Présidente,
1 000 places par année fois cinq ans, ça fait 5 000, pas
50 000. Il en manque 45 000. Où sont-elles? La question est
simple.
Présidente : Mme la ministre.
Mme Roy (Verchères) : Alors, je devrai aussi
informer mon collègue que des budgets, c'est annuel. Il va y en avoir à chaque année. Il y en a eu cette année, il
va y en avoir d'autres. On continue de travailler. Mais notre objectif, nous,
il est clair, c'est de continuer dans cette voie, de continuer de développer
des places de qualité pour les familles du Québec. Et d'ailleurs, là-dessus, on bat un record de tous
les temps. Et on va continuer dans cette direction pour les enfants du Québec,
pour les familles du Québec.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant le député de Marquette.
M. Ciccone : Depuis
le 31 octobre dernier, il est interdit de vendre des produits de vapotage contenant
une saveur autre que celle du tabac, au Québec. Pratiquement à chaque
mois, les médias rapportent des situations où il est démontré comment il est
toujours aussi facile pour les jeunes de se procurer ces produits.
me suis levé à plusieurs reprises en cette Chambre, au cours des dernières
années, pour demander au ministre de la Santé
d'appliquer les recommandations du directeur de la santé publique. Après
plusieurs interventions de ma part, le ministre
a finalement entendu raison. Il a fait appliquer certaines recommandations,
dont celle portant sur les saveurs.
Cependant, comme il est encore démontré dans un
article de La Presse ce
matin, se procurer des saveurs est un vrai jeu d'enfant. Clairement,
l'objectif souhaité n'a pas été atteint. C'est un échec lamentable.
Est-ce que le
ministre peut s'engager à investir pour mettre en place les ressources
nécessaires sur le terrain pour s'assurer que la loi soit respectée et
que la vente soit enfin contrôlée?
La Présidente : La réponse du ministre
de la Santé.
Dubé : Bien, premièrement, j'apprécie beaucoup la
question, parce qu'il y a beaucoup de choses qui s'écrivent, en ce moment, sur les tabagies et sur les
cliniques de vapotage. Il faut quand même faire la différence entre les deux,
puis c'est pour ça que j'apprécie la question. Faisons la différence.
Premièrement,
je veux juste rassurer le député, nous avons, en ce moment, plusieurs
inspecteurs sur le terrain, là. Depuis... Au cours des derniers mois, on a eu
plus de 750 inspections. L'enjeu, lorsque ces inspections-là ont lieu,
c'est de s'assurer que, s'il y a des cas de non-respect, et j'y
reviendrai tout à l'heure... c'est de s'assurer que le DCPC va faire les enquêtes et même les pénalités
nécessaires. Ce que je vous dirais, aujourd'hui, c'est exactement ce qui est en
train d'arriver, le DCPC a plusieurs
cas devant lui et va décider, au cours des prochaines semaines, de prendre des
mesures spécifiques. Donc, 750 inspections, les mesures sont en
train d'être évaluées.
Maintenant,
s'il me reste du temps, je voudrais faire la différence sur ce qu'on appelle,
dans notre jargon, vous et moi, le cartage, parce que la responsabilité du
tabagiste ou du dépanneur, c'est de s'assurer que, lorsque des enfants mineurs
viennent chercher que ce soient des... Je reviendrai. Voilà.
Présidente : Vous ne reviendrez pas. Cela met fin... — parlez-vous — cela
met fin à la période de questions et de réponses orales.
Comme il n'y
a pas de votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis.
Et, pour ce faire, je cède la place au deuxième vice-président de
l'Assemblée nationale. Bonne fin de journée, tout le monde.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, bon avant-midi à tous. Nous en sommes
évidemment à la... aux motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles, je
suis prêt à reconnaître un membre du deuxième groupe d'opposition, et je
cède la parole à Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci, M. le Président. Donc, je sollicite le
consentement de cette Assemblée pour débattre de la motion suivante
conjointement avec la députée de La Pinière, le député des Îles-de-la-Madeleine et la
députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que la
crise du logement frappe notamment les aînés [...] du Québec;
«Qu'elle prenne
acte des appels lancés par la société civile pour la protection des locataires
aînés [...] contre les impacts de la crise du logement;
«Qu'elle
demande à l'ensemble des partis politiques représentés en cette Chambre de
s'engager à collaborer de bonne foi afin d'améliorer la protection des
locataires aînés [...] vulnérables contre les évictions.»
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci, Mme la députée de Sherbrooke. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le
Président, il y a consentement, sans débat.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, il y a consentement, sans débat. Est-ce que
cette motion... Oui. Tout d'abord, M. le leader du deuxième groupe
d'opposition.
M. Leduc : Un vote électronique,
s'il vous plaît, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, le vote électronique est demandé. J'inviterais
Mmes et MM. les parlementaires à bien vouloir utiliser votre
boîtier et enregistrer votre vote dès maintenant.
Le vote est maintenant terminé. Pour le
résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 107
Le Vice-Président (M. Lévesque) : La
motion est adoptée. M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Leduc : M. le Président, est-ce
que copie de cette motion pourrait être envoyée à la FADOQ et à l'AQDR, s'il
vous plaît? Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Ce
sera fait tel que vous le demandez.
Alors, je
suis maintenant prêt à reconnaître un membre du troisième groupe d'opposition.
Et je cède la parole, pour la motion, à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : M. le Président, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée des Mille-Îles, la députée de Verdun et la
députée de Vaudreuil, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse que la
rivière Richelieu, principal cours d'eau de la Montérégie, est un habitat de choix pour plusieurs espèces
aquatiques et est l'une des dernières frayères du chevalier cuivré, qu'il faut
préserver;
«Qu'elle
constate que le projet d'usine Northvolt est situé sur les rives de la rivière
Richelieu et peut poser un risque pour ses écosystèmes en cas de fuite
de sols contaminés, notamment;
«Qu'en
conséquence, elle demande au gouvernement de garantir que les travaux et les
opérations de l'usine de Northvolt ne présentent aucun risque pour la
biodiversité de la rivière Richelieu.»
Vice-Président (M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui, M. le
Président, il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Oui,
M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : ...avec le concours
d'une des formations, nous aimerions pouvoir voter sur cette motion.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Je
constate qu'il y a des collègues qui lèvent la main et qui vous appuient. Donc, le vote électronique est demandé. Mmes et
MM. les députés, je vous invite, s'il vous plaît, à bien vouloir enregistrer
votre vote.
Le vote est maintenant terminé. Pour le
résultat, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 105
Le Vice-Président (M. Lévesque) : La
motion est adoptée. Et M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé : Merci,
M. le Président. Nous aimerions envoyer le résultat de cette motion à
l'ensemble des conseils municipaux des municipalités situées sur les
rives de la rivière Richelieu.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
c'est parfait. Ce sera fait selon votre demande.
Alors, je
suis maintenant prêt à reconnaître un membre du gouvernement pour la motion, et
je reconnais M. le ministre responsable de la Laïcité.
M. Roberge : Merci,
M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le député des
Îles-de-la-Madeleine :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse les
principes suivants :
«Que la
loi sur la laïcité de l'État crée un
droit à des services neutres et laïcs pour tous les Québécois;
«Qu'elle protège la liberté de conscience et de
religion des élèves et des citoyens québécois;
«Qu'elle est un important vecteur d'égalité
[hommes-femmes];
«Qu'enfin,
l'Assemblée nationale réfute et condamne toute accusation stipulant que la
loi 21 est raciste, sexiste ou discriminatoire.»
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader de l'opposition officielle.
M. Derraji : Pas de
consentement, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Il n'y a pas de
consentement. Je suis maintenant prêt à reconnaître un membre de
l'opposition officielle et je cède la parole à M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Alors,
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie, le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
le député de Jean-Talon et la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale souligne la commémoration du 30e anniversaire du
génocide des Tutsis au Rwanda;
«Qu'elle
rende hommage à la mémoire des centaines de milliers d'hommes, de femmes et
d'enfants innocemment emportés;
«Qu'elle
salue le courage et la résilience du peuple rwandais et sa volonté de coexister
dans un État de paix, de droit et de démocratie;
«Qu'enfin, l'Assemblée [nationale] observe une
minute de silence en mémoire des victimes.» Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de l'Acadie. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : M. le Président, il y a consentement pour un débat
de deux minutes, donc, par
intervenant dans l'ordre suivant : le député de l'Acadie, la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie, le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
et le député de Jean-Talon.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Alors, je comprends qu'il y a consentement pour
qu'il y ait quatre interventions de deux minutes par intervention. Et nous
allons, donc, débuter cette prise de parole par M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le
Président. «Même si je me taisais, l'air, la terre, le vent hurleraient ce qui
s'est passé au Rwanda.» Et c'est par ces
paroles qu'un témoin dans la cause de Désiré Munyaneza, poursuivi au Canada, a
décrit les massacres qui sont arrivés. Munyaneza a été déclaré coupable
de crimes de guerre, crimes de génocide, crimes contre l'humanité. Il était
responsable des milices dans la commune de Butare.
C'est plus de 800 000 Tutsis, M. le
Président, qui ont été assassinés lors des massacres au Rwanda. Je pense qu'aujourd'hui nous avons un devoir de
mémoire : ne jamais oublier ce génocide ni les autres. Mais je voudrais
également souligner la résilience du peuple rwandais, qui, malgré ces
massacres, aujourd'hui travaille à la paix, à reconstruire le pays, et je pense qu'il faut le souligner. Nous
devons aussi honorer la mémoire des femmes, des hommes, des enfants qui ont
connu une fin tragique lors du génocide. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de l'Acadie. Alors, pour la prochaine intervention, je reconnais
Mme la ministre des Relations internationales et de la Francophonie.
Mme Biron : Merci, M. le
Président. Nous commémorons, ces jours-ci, le triste anniversaire du génocide rwandais. Il y a 30 ans, près de
1 million de personnes ont été tuées en une centaine de jours. En 1994, le
génocide des Tutsis par les
extrémistes hutus est considéré comme le plus violent de l'histoire, compte
tenu de l'ampleur du nombre de morts par jour. C'est l'assassinat du
président rwandais, le 6 avril 1994, qui a été identifié comme le déclencheur
du génocide. Des massacres de masse ont
marqué des millions de personnes dans les mois qui ont suivi. Encore
aujourd'hui, les souffrances demeurent vives.
Je me
souviens, jeune journaliste, de mes collègues qui se sont rendus sur place pour
couvrir ce génocide. Ils sont revenus
profondément marqués par l'horreur et l'intensité de la violence. Or, on peut
facilement imaginer à quel point les survivants de ces atrocités ont
fait preuve de courage pour surmonter d'aussi grandes douleurs.
Il faut tirer les leçons de ce génocide alors
que la communauté internationale peine encore à s'expliquer ce qui s'est passé. J'entendais, cette semaine, le
général Roméo Dallaire témoigner et nous rappeler que les grandes puissances
internationales sont demeurées muettes, à
l'époque, malgré les nombreux appels à l'aide. Nous devons donc avoir un devoir
de mémoire. Jamais l'humanité ne doit oublier ce génocide. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
ministre. Et, pour la prochaine intervention, je reconnais M. le député
de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Merci, M. le Président.
Je remercie le collègue de l'Acadie pour sa motion. Nous étions présents,
lui et moi, à Montréal, dimanche dernier, à
la touchante cérémonie de l'organisme Page Rwanda pour la commémoration des 30 ans du génocide rwandais. Ce fut
inspirant d'y rencontrer une diaspora dynamique, parfaitement intégrée et
amoureuse du Québec.
Nous
avons entendu des témoignages nous rappelant que, face à l'adversité, face à
l'injustice, il faut faire preuve de courage. Il reste encore beaucoup de
travail à faire, au Rwanda comme ailleurs, pour amener la paix à laquelle
tous et toutes ont droit d'aspirer. Alors qu'ils ont maintenant leurs racines
bien ancrées dans le sol québécois, ils et elles nous exhortent à ne pas
détourner le regard des atrocités vécues actuellement partout sur la planète et
à prendre les moyens nécessaires pour faire cesser les conflits.
J'ai
moi-même une relation particulière avec ce tragique conflit, ayant fait mon
terrain de maîtrise sur les droits des Rwandais exilés vivant dans les camps de
réfugiés dans la région des Grands Lacs, en Afrique de l'Est, non loin des
frontières du pays, alors qu'ils ont préféré
ne jamais retourner sur leurs terres d'origine en raison des souvenirs encore
trop traumatisants. J'ai passé six
mois à rencontrer des femmes, des hommes d'une résilience imparable mais
investis d'un devoir de mémoire, de
souvenir afin que jamais ne soient oubliés ceux et celles qui furent perdus en
1994. Je demeure marqué, à ce jour, par leurs récits, leurs histoires,
difficiles, même, à concevoir.
Tous
se souviendront, en 1994, la communauté internationale a été incapable de
prévenir et d'arrêter l'inimaginable. Il
s'agit, encore à ce jour, de l'une des plus grandes limites du droit
international et de la responsabilité de protéger, qui démontre à quel
point le système actuel est perfectible. Nous avons le devoir, tous et toutes,
de faire mieux.
30 ans
plus tard, force est de constater et force est d'admettre que le monde n'a pas
compris, alors que plusieurs restent encore les bras croisés devant les
attaques meurtrières de civils à Gaza, en Ukraine, ou chez les Rohingyas, ou
ailleurs. J'espère que ce temps
d'arrêt permettra des réflexions chez certains afin que nous ne soyons pas
éternellement condamnés à revivre la même histoire.
Alors
que des activités de commémorations sont prévues pour tout le mois d'avril,
j'invite la population québécoise à
s'imprégner de la culture rwandaise, à écouter, à apprendre, à se sensibiliser
à leurs récits, parce qu'ils ont encore tant de choses à nous apprendre.
Merci.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne. Et maintenant je vais céder la parole à M. le député de
Jean-Talon.
M. Paradis : 100 jours,
800 000 morts dans la fureur du racisme et de la violence. Nous avons le
devoir de nous souvenir des victimes du génocide du Rwanda en 1994. Les centaines
de milliers de morts, les femmes victimes de viol, les mutilés, les exilés et les millions d'autres
victimes, y compris dans les pays environnants, qui portent aujourd'hui les
séquelles de la violence ethnique,
c'est à leur mémoire que nous devons nous engager en faveur de la paix, du
dialogue et de la justice.
commémorations du 30e anniversaire du génocide nous imposent l'obligation
d'en tirer des leçons. Témoin des violences en 1994, c'est un Québécois, le
général Roméo Dallaire, alors commandant des forces de la Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda, qui a
dénoncé l'insuffisance de la réaction de la communauté internationale pour
contrer le génocide.
Malgré les appels
haineux de la radio des Mille Collines, malgré la formation de milices
ethniques, le monde est resté sourd
et aveugle aux préparatifs du massacre. La communauté internationale a failli à
prévenir le génocide et à assurer le
droit de la vie de centaines de milliers de personnes. Ça ne doit plus jamais
se reproduire, avait-on dit par la
suite. C'est encore cette volonté qui doit nous guider fermement dans des
situations où existent des signaux de génocide, de crimes de guerre ou
de crimes contre l'humanité.
C'est aussi le temps
de commémorer les initiatives de paix, de réconciliation et de justice et de
saluer ceux qui y contribuent au Rwanda,
ailleurs dans le monde et ici, parce que des juristes nombreux et autres
spécialistes québécois ont contribué
à la mission du Tribunal pénal international pour le Rwanda. C'est une
Québécoise, Louise Arbour, qui en a été nommée procureur en 1996. Le Tribunal
pénal international a effectué un travail essentiel pour donner une voix aux
victimes, mettre des mots sur les racines du
mal, rendre la justice, avec 62 condamnations, et notamment la
reconnaissance du viol comme moyen de perpétrer un génocide.
crime de génocide est un crime international. Il transcende les frontières. Il
nous concerne toutes et tous dans notre
humanité, peu importe où il se produit. Sonner l'alerte, éveiller les
consciences, prévenir le pire, agir pour empêcher et protéger, tels sont nos premiers devoirs, tels
sont nos premières responsabilités face au risque de génocide, au nom des
valeurs d'humanité et de civilisation que nous portons. Merci.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
Mmes et MM. les députés, je vous demande, s'il vous plaît, de bien
vouloir vous lever et observer une minute de silence en mémoire des victimes du
génocide rwandais.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Je vous remercie. Vous pouvez vous asseoir.
Alors, nous
en sommes à la rubrique... Oui, pardon. Je m'excuse, je m'excuse. M. le leader
de l'opposition officielle.
M. Derraji : Merci,
M. le Président. S'il vous plaît, j'aimerais qu'une copie de cette motion soit
envoyée à l'ambassadeur du Rwanda au Canada et à M. Bertin Muhizi, président
de Page Rwanda. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Ce sera fait, évidemment. Merci beaucoup, M. le leader de l'opposition
officielle.
Alors, nous
en sommes maintenant à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions,
et je vais céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci
beaucoup, M. le Président.
Donc, j'avise
cette Assemblée que la Commission des
relations avec les citoyens entreprendra
l'étude détaillée du projet de loi n° 52, la Loi permettant au
Parlement du Québec de préserver le principe de la souveraineté parlementaire à l'égard de la
Loi sur la laïcité de l'État, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'aménagement du territoire va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 50, Loi édictant la
Loi sur
la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres et modifiant
diverses dispositions relatives notamment aux centres de communications
d'urgence et à la protection contre les incendies de forêt, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de l'économie et du travail
poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 44, la Loi modifiant principalement la
Loi sur le ministère de
l'Économie et de l'Innovation en matière de recherche, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Pauline-Marois.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Pour
ma part, je vous avise que la Commission des institutions se réunira en séance de travail demain, le
jeudi 11 avril, de 8 heures à 8 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau, afin de statuer sur la possibilité que la commission se saisisse d'un
mandat d'initiative portant sur l'ouverture d'un bureau du Québec à Tel-Aviv.
À la rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour, et je vais demander à M. le leader adjoint du
gouvernement de nous indiquer la suite de nos travaux.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Et je vous
demanderais de bien vouloir appeler l'article 12 du feuilleton,
s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : À
l'article 12 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport de la Commission
des transports et de l'environnement
sur le projet de loi n° 48, Loi
modifiant principalement le Code de la sécurité
routière afin d'introduire des dispositions relatives aux systèmes de détection
et d'autres dispositions en matière de
sécurité routière, ainsi que les
amendements transmis en vertu de l'article 252 du règlement par M. le
député de Nelligan et M. le député de Taschereau. Ces amendements sont
déclarés recevables.
Alors, tout
d'abord, je suis prêt à reconnaître la première intervenante ou le premier
intervenant sur le dossier, et j'imagine que c'est Mme la ministre des
Transports et de la Mobilité durable. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Guilbault : Bien vu, M. le Président, c'est effectivement moi. Très heureuse de me
lever ici aujourd'hui pour la prise en considération du rapport. On a terminé
l'étude détaillée hier, et, lors de mes remarques finales, j'ai eu l'occasion
de me réjouir abondamment et ouvertement de la fin de cette étape-là qui est
très importante.
Pour
reprendre un peu ce que je disais hier, l'étude détaillée d'un projet de loi,
parmi toutes les étapes importantes du cheminement parlementaire, c'est
non seulement la plus substantielle, mais la plus significative, parce que
c'est là qu'on clôt l'affaire, si vous me passez l'expression, dans le sens où,
grâce au travail osmotique qui se fait autour de la table, tant de la part de la
partie gouvernementale que de celle des
oppositions, on arrive avec des propositions d'amendement, des échanges,
des discussions qui nous permettent de bonifier le projet de loi à la faveur
d'un produit final qui est généralement mieux que le produit initial, et c'est
ça, le concept, M. le Président, du travail et de l'exercice du législateur qui
se fait en commission parlementaire.
une fois de plus, on a réussi, je pense, M. le Président, à travers cette étude
détaillée... Je n'ai pas le nombre d'heures en tête qu'on a passé sur l'étude
détaillée comme telle, mais quand même plusieurs heures, mais ça valait la
peine. Alors donc, je suis très heureuse. Je vais réintervenir à
l'adoption finale. Chaque fois que j'interviens à une prise en considération, je dis que je vais être
succincte parce que je vais réintervenir à l'adoption finale et, la plupart du
temps, je ne suis pas si succincte que ça,
mais, en tout cas, préparez-vous à ce que ce soit encore plus long à l'adoption
finale, c'est là que je veux en venir.
Mais, quand
même, il faut prendre le temps de dire les choses, M. le Président, parce que
la première chose que j'ai envie de
dire, c'est qu'on ne remerciera jamais trop les gens qui nous permettent de
faire ces projets de loi là. Parce que c'est nous qu'on entend, nous les
élus, c'est nous qui sommes le visage, les porte-parole officiels qui avons
l'occasion d'intervenir, mais il y a bien
des gens anonymes, là, anonymes dans le sens positif du terme, dans le sens où
ce ne sont pas des gens qui vont
venir intervenir ici, au salon bleu, mais qui interviennent souvent en
commission parlementaire, notamment mes équipes, je pense à mes équipes
au ministère des Transports, à la SAAQ, au ministère de la Justice, qui sont
venus nous éclairer tout au long du projet
de loi, des gens qui viennent intervenir en commission, qui nous permettent
de... justement, d'évoluer, de comprendre, de bonifier le projet de loi,
qui peuvent répondre à nos questions. Donc, je vais commencer par les remerciements de mes équipes, parce que
c'est grâce à eux, à l'origine, que j'ai même pu déposer le projet de loi.
Ce sont eux qui le confectionnent, ce projet
de loi, et c'est grâce à eux qu'on a été éclairés, je l'ai dit, tout au long du
processus.
Remercier aussi, bien sûr, mes collègues, et il
y a certains de mes collègues qui étaient sur ma commission qui sont ici
présents aujourd'hui, il y en a qui ont fait plusieurs heures avec moi, la
députée d'Argenteuil, que je vois ici aujourd'hui. Je crois que le député de
Saint-Jérôme a fait un passage aussi sur ma commission. Je crois aussi que le
député de Joliette a été là, et la députée
de Bonaventure, et évidemment le député de René-Lévesque, qui est mon adjoint
gouvernemental, qui passe beaucoup de temps avec moi en commission, et d'autres
députés aussi qui se sont joint, de la
partie gouvernementale, tout au long de l'exercice. Un grand merci. Merci aux
collègues des oppositions, le député de Nelligan, le député de Taschereau, qui
ont été là tout au long du processus, aussi, avec qui on a bien travaillé.
Donc, un grand merci à mes collègues élus.
Un grand
merci aussi aux groupes, à tous les groupes qui ont déposé des mémoires, qui
sont venus, pour certains, nous
rencontrer en personne, en commission parlementaire, lors des consultations
particulières, pour venir partager que ce soit une expertise scientifique, que ce soit un groupe qui s'est
mobilisé, je pense aux parents, dans le cadre des mobilisations qui se sont
faites autour des écoles, le groupe de parents qui s'appelle Pas une mort de
plus, les groupes comme Piétons Québec, comme Vélo Québec, il y a
plusieurs personnes qui sont venues nous éclairer.
Mais, même avant d'en arriver au dépôt du projet
de loi, j'ai déposé un plan d'action en sécurité routière. Parce qu'il faut bien rappeler le contexte dans lequel
s'enracine ce projet de loi là. C'est un projet de loi qui permet de donner
suite à des mesures de notre pièce
maîtresse en sécurité routière qui est le Plan d'action en sécurité routière,
que j'ai déposé au mois d'août l'an dernier.
Et donc, à
l'origine du dépôt de ce plan-là, quand je me suis plongée dans la sécurité
routière, on se rappelle tous du décès de la petite Mariia, en décembre 2022...
2022, oui, c'est ça, alors, ça a comme déclenché une espèce de traumatisme
collectif qui fait en sorte... moi, je
venais d'arriver comme ministre des Transports, qui fait en sorte que je me
suis plongée dans la sécurité routière et qu'on a pris, je dirais, le
leadership qui s'imposait en matière de sécurité routière.
On a déposé
ce plan-là. Mais, pour le déposer, j'ai fait une foule de rencontres, j'ai
rencontré une foule d'intervenants, pas juste ceux qui sont venus en
commission, mais entre autres ceux qui sont venus en commission, mais
bien d'autres aussi, et ce sont eux, à
l'origine, qui nous ont alimentés, qui nous ont permis de déposer le plan
d'action, à la suite duquel on a pu déposer le projet de loi qui vient
en opérationnaliser certaines des mesures.
Tout ça pour
dire, M. le Président, qu'on ne fait jamais rien seul, je le dis souvent. C'est
vrai en politique, c'est vrai ailleurs aussi, mais, en politique, on ne fait
jamais rien seul. Donc, merci à toutes ces personnes qui, depuis... dans la dernière
année, nous ont éclairés de bien des façons,
ont permis le dépôt du plan d'action, ont permis le dépôt du projet de loi et
ont permis la bonification du projet de loi pour qu'on en arrive aujourd'hui à
cette étape qui approche l'ultime étape du processus, donc qui approche, on le souhaite bien, sous réserve de la
suite, l'adoption de notre projet de loi et qui deviendra, donc, une
loi.
Et je vais
quand même évoquer quelques éléments puis j'y reviendrai plus en détail à la
prochaine étape, comme je l'ai dit, à l'adoption finale, mais je veux quand
même nommer des choses qui, pour moi, sont très, très, très importantes
dans ce projet de loi là.
Dans le plan
d'action, quand on regarde le Plan d'action en sécurité routière, le premier
axe, c'est sur le transport sécuritaire
vers l'école. Il y a un axe aussi pour le transport sécuritaire des piétons.
Alors, le propos, je dirais, le signal que se proposait d'envoyer ce plan
d'action là, c'était vraiment de protéger encore et toujours plus nos
clientèles vulnérables, notamment nos
enfants, nos personnes à mobilité réduite, nos brigadiers scolaires, nos
travailleurs de chantier, nos signaleurs routiers, nos aînés aussi.
Alors, c'est ce qu'on a fait.
Donc, dans le projet de loi, on vient faire des
choses très importantes dans les zones scolaires, dans les corridors scolaires. On vient imposer le
30 kilomètres-heure dans toutes les zones scolaires, sous réserve de
certaines exemptions qui pourraient
s'appliquer via des critères qui vont être déterminés ultérieurement par règlement.
On vient aussi introduire la notion
de corridor scolaire. À la suite de discussions qu'on... de plusieurs
discussions qu'on a eues, on vient l'inscrire dans le Code de la
sécurité routière, et ça, c'est une première, M. le Président.
On vient aussi
augmenter le nombre d'appareils de détection, appareils de contrôle automatisé,
comme on les appelle dans le jargon,
des ACA. Actuellement, on a les radars photo, au Québec, qui sont bien connus,
on en a 54, officiellement, 52 qui sont en fonction, un qui est brisé et
un qui semble avoir disparu. Je trouve ça toujours aussi bizarre aujourd'hui.
Effectivement, j'ai eu la même réaction non verbale que vous, M. le Président,
mais, bref, on en a 52 qui sont en opération, actuellement, qui vont continuer d'être
en opération, mais on veut en ajouter graduellement. Parce que, je l'ai souvent dit quand j'étais ministre de la Sécurité
publique, on a 15 000 policiers, au Québec; ce n'est pas vrai que les
policiers peuvent tout surveiller, partout, tout le temps.
Alors, cette technologie-là qui, en plus, est
évolutive, se développe, innove. On n'aura pas toujours les mêmes radars photo
qu'on a en ce moment, il va y avoir des nouvelles possibilités en matière de
technologie pour installer plus d'appareils.
Donc, un bon complément au travail des policiers et aussi une méthode
résolument dissuasive en matière de vitesse et de comportements qui sont
répréhensibles, entre autres dans les zones scolaires, entre autres dans les
zones de chantier, les zones de... c'est ça, de chantier, où il y a des
travailleurs de chantier.
On a vu
passer des vidéos où des gens étaient en rage au volant ou impatients au volant
puis fonçaient littéralement dans les
cônes orange, malgré les consignes des signaleurs. Alors, c'est des choses qui
n'ont pas de bon sens. Nos travailleurs se mettent à risque. Tu sais, des chantiers sur les bords d'autoroute,
des chantiers dans des centres-villes très denses, pleins de trafic, pleins de
cônes orange, puis, tu sais, c'est un peu le bordel dans ces coins-là, et là
ils font ce qu'ils peuvent, et là ils sont victimes, comme ça, de
l'impatience.
Alors, on a posé des gestes très forts, M. le
Président, dans ce projet de loi là et dans le Plan d'action en sécurité
routière, qui vont nous permettre de protéger plus de gens.
Je vais
m'arrêter là-dessus pour aujourd'hui et j'y reviendrai, comme je disais, plus
en détail à la prochaine étape, mais je veux sincèrement remercier tout le
monde et réitérer à quel point on est fiers, comme gouvernement, d'avoir
pris ce leadership. Il y avait une demande
qui venait de la société civile, de la part des groupes de parents, de la part
des groupes scientifiques, de la part
d'une foule de partenaires, puis je vais, plus tard, peut-être, donner une
liste plus exhaustive, là, quand j'en
reparlerai, de tous ceux qui sont venus nous rencontrer. Mais c'était unanime.
Je pense, socialement, qu'il fallait poser
un geste pour avoir une avancée de plus en matière de sécurité routière au
Québec, et ce sera chose faite sous peu, à supposer qu'on en fera
l'adoption finale, de ce projet de loi.
Alors, à tous
ceux qui ont contribué de près ou de loin au dépôt, à l'élaboration et à la
bonification de ce projet de loi je dis merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
ministre des Transports et de la
Mobilité durable. Et nous allons maintenant poursuivre avec le prochain
intervenant, et je cède la parole à M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Merci, M. le
Président. Très heureux de prendre la parole pour la prise en considération de
ce projet de loi. Et je partage pas mal de
points que Mme la ministre vient de mentionner. C'était un climat agréable
d'échange par rapport à l'étude
détaillée, je l'ai mentionné hier, en commentaire final du projet de loi. Il y
avait pas mal de groupes qui se sont manifestés. Il y avait une bonne
implication de la société civile.
d'ailleurs, c'était drôle, hier, de voir des parents, en commission
parlementaire, avec une jeune fille qui venait, vers la fin des travaux, voir le fruit de ces travaux. Et Mme la
ministre avait raison de dire que le produit final est différent de la première mouture. C'est vrai, et c'est ça,
la beauté de la chose d'un travail parlementaire, un travail de législateurs en
commission parlementaire. C'est le fruit
aussi de l'écoute, de part et d'autre, que ce soit de la part du gouvernement,
mais aussi l'opposition, d'amender le
projet de loi, parce qu'au bout de la ligne il s'agit d'un élément important, à
savoir le Code de la sécurité
routière. Et ce Code de la sécurité routière, M. le Président, est un élément
très, très important.
Tout à
l'heure, Mme la ministre parlait de son Plan d'action sur la sécurité routière,
et ce plan de sécurité routière donnait,
aujourd'hui, le fruit à un projet de loi, un projet de loi que nous avons eu la
chance d'étudier tout au long des dernières semaines. Et je vais prendre quand même quelques instants pour remercier
les groupes de la société civile qui se mobilisent et qui... Et je les invite, d'ailleurs, à
continuer leur mobilisation, parce que la sécurité routière, ce n'est pas juste
une affaire de plan d'action ou de
projet de loi, c'est aussi le comportement des citoyens. On est tous, que ce
soit parents ou citoyens... et on est
tous interpelés par la notion de la sécurité routière, que ce soit au niveau du
corridor scolaire, que ce soit au niveau de la zone scolaire. Et le but, ce n'est pas uniquement parler des
appareils de détection, ce n'est pas uniquement pénaliser le citoyen, mais c'est pour améliorer le bilan de
la sécurité routière. C'est ça qui nous motive et c'est ça qui m'a motivé tout
au long de cette commission parlementaire.
C'est que comment, en tant que législateur, aujourd'hui, on va avoir la chance
d'améliorer un code de la sécurité routière qui va avoir un impact direct sur
le bilan des accidents routiers, les accidents mortels. Et j'ose espérer, j'ose espérer qu'avec les éléments qu'on a
ajoutés dans le projet de loi, au bout de la ligne, on va avoir le résultat escompté. Et le résultat, c'est
quoi? C'est avoir un meilleur bilan de la sécurité routière. Donc, si je peux
dire et si je peux commencer, M. le
Président, ça a été ça, l'élément central qui nous guidait tout au long de ce
projet de loi.
Maintenant,
permettez-moi, avant de continuer, de remercier les groupes, les remercier, les
groupes de la société civile. C'est un combat qui a commencé. Et prenons un
instant de remercier les parents... mais aussi, malheureusement, le décès de Mariia, la petite Mariia, qui nous a
tous interpelés, qui voulait aller, un jour, étudier, qui cherchait un savoir,
qui avait des rêves et qui espérait
réaliser quelque chose dans sa vie. La même chose pour ses parents, qui avaient
un rêve. Et malheureusement la petite
Mariia est décédée, et, de là, il y avait un... je dirais, une implication de plusieurs
parents, milliers de parents, qui
voyaient le comportement et les comportements dangereux de certains conducteurs
et chauffeurs. Et cet élément de mobilisation,
et vous allez comprendre le parallèle que je vais faire un peu plus tard,
c'était un élément déterminant. Ça a été un élément déterminant dans
l'élaboration du plan d'action de Mme la ministre.
Et je tiens à
saluer son leadership, parce qu'il fallait agir. En tant que gouvernement,
quand on voit des situations pareilles,
il faut agir. Donc, le décès de la petite Mariia, malheureusement, et sa perte,
a mobilisé beaucoup d'acteurs, dans la
société civile, pour dire : C'est assez, on ne peut plus tolérer d'autres
décès, on ne peut plus tolérer d'autres morts, sachant que la petite Mariia s'en
allait à son école, voulait aller étudier, voulait aller chercher le savoir. Et
ça a été un élément déterminant pour la suite des choses. Donc, gardons
en tête cet élément.
Et cet
élément, qui était très important, a donné suite à un plan d'action et un
projet de loi. Et effectivement, il y avait une mobilisation de beaucoup de groupes qui ont suivi les travaux, qui
nous ont dit : Attention, le législateur doit faire attention à la notion du corridor scolaire, la zone
scolaire. Il y avait deux, trois aspects, notamment, soulevés par les villes,
les villes qui nous disaient qu'ils voulaient être partenaires de la notion du
corridor scolaire, de la zone scolaire, les MRC... parce que, M. le Président, on ne peut pas faire du
mur-à-mur. La réalité des MRC, la réalité des régions, la réalité des villages
est tout à fait différente du milieu urbain.
Et donc il y
avait quand même pas mal de points de vue autour de la table, et la beauté de
la chose, de cet exercice, c'est... Je tiens aussi à remercier mon
collègue le député de Taschereau, parce qu'il y avait quand même une diversité d'opinions autour de la table. Il fallait de
l'écoute, mais il y avait quand même une bonne diversité d'opinions, autour de
la table, et chacun des intervenants a pu mobiliser les arguments
nécessaires pour améliorer le projet de loi.
Et c'est vrai, Mme la ministre, quand ils
disaient : Écoutez, la première version du projet de loi est tout à fait différente de la version finale. C'est vrai, c'est
vrai, parce que, je l'ai même mentionné, le fait de suspendre quelques articles
pour dire : Écoutez, on va prendre le
temps pour voir si on peut le changer, on va prendre le temps pour dire :
Écoute, sur cet aspect, on peut aller plus loin, hein, on peut améliorer
le bilan...
Et je vous le
mentionne, parce que c'est la beauté de la chose, en tant que parlementaire, et
surtout quand on est à l'opposition,
on n'a pas les mêmes outils, on n'a pas les mêmes équipes, mais ce qui nous
motive, c'est ramener les préoccupations
de la société civile, surtout pour un enjeu... Vous savez quoi? Il ne devrait
même pas être partisan. Pourquoi? Parce
que vous, M. le Président, moi, mes collègues à l'intérieur de ce Parlement, on
est tous motivés par servir le public. Et l'enjeu de la sécurité
publique ou le Code de la sécurité routière est un enjeu qui est très
important, parce que Mariia, ou votre
garçon, votre fille, ou le mien, ou les miens, c'est des éléments qu'on doit
toujours protéger. Ce sont nos enfants, mais, au-delà de nos enfants, ce
sont nos citoyens, ce sont des gens qu'on doit protéger, et on doit le... bien
le faire.
Donc, M. le
Président, une bonne consultation, beaucoup de groupes, une diversité de
groupes qui nous ont ramené pas mal d'enjeux que, je peux dire aujourd'hui,
sans doute le projet de loi répond à une bonne majorité de demandes, pas
100 % des demandes, je vais en revenir
un peu plus tard, une bonne majorité de groupes qui demandaient des actions
concrètes, que ce soit au niveau des scolaires ou bien au niveau des
corridors scolaires.
Il y a aussi toute la notion des radars. La
notion des radars... On travaillait avec des systèmes qui ne sont pas d'actualité et on parlait même de systèmes de
détection. On a insisté à ce qu'on ne parle plus des photos, parce qu'il y a
des vidéos maintenant.
Et, un autre
élément que nous avons beaucoup insisté, au nom de notre formation politique,
c'est tout ce qui est dépassement des
bus scolaires. C'est que les gens, malheureusement, avec un comportement
dangereux... Le bus, qu'on appelle le bus jaune, qui ramène les enfants à
l'école, parfois même quand le panneau arrêt est actionné, bien, les gens
faisaient des dépassements confirmés. Parce
qu'il y avait des projets pilotes, au ministère du Transport, qui ont démontré
le comportement dangereux de certains
conducteurs, quand ils voulaient dépasser un autobus jaune. Et maintenant,
maintenant, dans la loi, la bonne
nouvelle, c'est que le législateur a ajouté dans la
loi sur la sécurité
routière un élément important, que, si
demain la technologie existe, c'est le point de divergence avec Mme la
ministre, la technologie existe, il faut donner juste suite aux projets pilotes, c'est qu'on peut
équiper les autobus scolaires avec des caméras qui vont jouer le rôle de
prendre la personne ou la voiture qui faisait un dépassement dangereux
en état d'infraction.
Et d'ailleurs
je tiens à souligner que, malheureusement, c'est des comportements soulignés
par plusieurs chauffeurs d'autobus scolaires, et d'ailleurs on est,
encore une fois, les seuls à ne pas aller de l'avant avec ce projet. Donc,
j'espère qu'avec les projets pilotes... parce qu'il n'y a pas un seul projet
pilote. Il y avait un projet pilote lancé par mon collègue ex-ministre du Transport, le député de Pontiac. Il
y avait aussi le collègue de Mme la ministre, l'ex-ministre des Transports,
qui a lancé un projet pilote. Et les deux projets pilotes, les deux, ils ont démontré qu'il y a un
comportement dangereux quand certains conducteurs essaient de dépasser
l'autobus jaune.
Donc, par
rapport à ce point, je peux dire que c'est une minivictoire, une minivictoire
parce que le comportement dangereux
est documenté. Maintenant, dans la loi, il y a un ajout, mais il faut passer
des paroles à l'acte. Pourquoi? Parce que
comment ça se fait que, dans d'autres juridictions, que ce soit en Ontario ou
même aux États-Unis, ça existe? C'est ajouté sur les autobus scolaires et ça va permettre quoi? De protéger nos
enfants quand ils vont descendre ou quitter leur autobus. Ça va protéger nos enfants quand le chauffeur d'un
autobus scolaire va aller chercher les enfants à côté de leur maison ou
sur un point de rencontre. Ça, c'est un élément qui est très important.
Donc, je l'ai
mentionné tout à l'heure, M. le Président, par rapport aux groupes, il y avait
une bonne mobilisation de la société
civile. Il y avait des groupes qui nous ont interpelés. Ils sont venus en commission
parlementaire, un échange qui était
très intéressant avec l'ensemble des collègues, que ce soit de la
partie
gouvernementale ou mes collègues... mon collègue de l'opposition,
deuxième opposition, député de Taschereau, qui était là tout au long de la commission.
Maintenant,
vous allez me permettre d'exprimer une déception. Je vais vous le dire. Vous
savez, Mme la ministre disait tout à
l'heure des points que j'ai notés : la société civile s'est mobilisée,
unanimement, il y a eu unanimité, et il y avait beaucoup de partenaires, et ce qui l'a motivée à donner suite, c'est le
décès de la petite Mariia. Mais vous allez me permettre, M. le Président, d'exprimer ma déception que les
mêmes arguments s'appliquaient pour un autre décès, c'est le décès de Jessica. Et, Jessica, et je tiens à saluer ses
parents, qui mènent toujours la bataille par rapport à l'alcool au volant,
c'est l'oubli total dans ce projet de
loi. C'est que les mêmes arguments s'appliquent sur Jessica. Je ne peux pas,
aujourd'hui, en tant que législateur, dire qu'on applique les mêmes règles à un
décès de la petite Mariia, qui s'en allait à son école, frappée par un
chauffeur, est décédée, et il y avait une mobilisation pour rassurer les
parents et sécuriser les corridors scolaires, voilà. C'est
la même chose avec Jessica. Jessica, malheureusement, ses parents, la famille
Bittar, ont perdu leur fille Jessica à cause
d'un chauffeur, où l'alcool au volant était en cause. Donc, pourquoi deux
poids, deux mesures? C'est la même logique. Est-ce qu'il y avait une mobilisation de la société civile? Oui. Mme la
ministre parlait, tout à l'heure, de la science au niveau des corridors
scolaires et des zones scolaires. La science, au niveau de l'alcool au volant,
elle est avec l'argument de baisser le seuil de l'alcool, et j'irais
même zéro alcool.
Donc, M. le
Président, je l'ai dit, il y a un pas, mais ce pas est incomplet,
malheureusement. Le pas qu'on fait aujourd'hui
est incomplet. Et d'ailleurs, vous allez le voir, je redépose le même
amendement que j'ai déposé, et j'espère qu'un seul élu de plus va se rajouter à la liste et dire : C'est assez.
Parce qu'on ne peut pas tolérer un autre décès tragique où l'alcool au volant est la cause et dire : On aurait dû
le mettre dans le projet de loi, on aurait dû écouter le député de Nelligan et
ajouter les mesures administratives.
Donc, je ne peux pas,
aujourd'hui, M. le Président, parler de la prise en considération de ce projet
de loi sans mentionner qu'il y a
un oubli majeur, un oubli majeur. Et je ne vais pas refaire le débat, parce
qu'on l'a bien fait, on l'a mené. Il
y avait même la motion du mercredi, où tous les collègues ont eu le droit de
voter. Malheureusement, la majorité gouvernementale
a voté contre baisser le taux de l'alcool à 0,05 et imposer les mesures
administratives. Mais je ne peux pas,
aujourd'hui, laisser tomber ce combat et je ne vais pas le laisser tomber, pour
honorer la mémoire de Jessica, pour honorer l'ensemble des familles
endeuillées au nom de MADD. Et d'ailleurs, à Québec, je tiens à saluer MADD
Québec et M. Fortin et je l'encourage à
continuer sa mobilisation. Je compte... j'encourage l'ensemble des familles,
des pères, des mères mobilisés pour
l'alcool au volant à continuer leur combat. Et j'espère qu'on ne va pas avoir
un autre décès tragique, comme ce fut
le cas pour Jessica, et dire : On aurait dû le faire, on aurait dû agir,
on aurait dû l'ajouter dans le projet de loi.
Donc,
M. le Président, parlons des arguments. La science, premier élément, l'Institut
national de santé publique... Et ce
qui est triste, M. le Président, c'est que Mme la ministre responsable du
Transport était la vice-première ministre, pendant la pandémie. Elle
utilisait quoi, comme études? Elle utilisait les études de la Santé publique,
elle utilisait les études de l'Institut
national de santé publique, l'INSPQ, avec des avis de la Santé publique. Mais
malheureusement, aujourd'hui, elle a tourné le dos aux avis de la Santé
publique, elle n'a pas écouté la science... ne peut pas dire aujourd'hui, Mme
la ministre, qu'elle a écouté la
science. Elle n'est pas du tout, du tout, du bon côté au niveau de la science.
L'INSPQ, études très détaillées. La
ministre faisait fausse route, parce que l'INSPQ était très clair, l'Institut
national de santé publique nous a demandé de baisser le taux de
l'alcoolémie.
Santé publique, elle est venue en commission parlementaire. L'Association de la
santé publique, ils sont venus pour
nous dire : Écoutez, on a un élément à vous dire; vous voulez parler de la
sécurité routière, c'est une très bonne chose, mais, s'il vous plaît, la
plupart des juridictions, ils ont baissé le taux d'alcoolémie à 0,05, et, vous
savez quoi, ils ont eu des résultats.
Donc, c'est pour cela que je... aujourd'hui, je ne peux pas dire que c'est un
grand pas, que c'est un succès. Il manque quelque chose. Il manque quelque chose, et malheureusement,
collectivement, on paie ce prix, parce que les décès sur nos routes, la plupart des contribuables québécois
paient les frais. La SAAQ paie des frais qui viennent de votre poche, la poche
des contribuables. Donc, au niveau de la
science, malheureusement, sur l'alcool au volant, la ministre et le
gouvernement sont à la mauvaise place, ils n'ont pas écouté la science.
Maintenant,
parlons d'un autre groupe, le coroner. Le coroner, pas un rapport, pas deux...
Vous savez, M. le Président, quand un
coroner analyse ou qu'on demande l'intervention d'un coroner, il analyse la
situation, il fait une recommandation. Est-ce
que la ministre, aujourd'hui, a écouté les recommandations du coroner, en lien
avec l'alcool au volant? Non, un grand non. C'était clairement rédigé, dans le
rapport du coroner, qu'il fallait baisser le taux de l'alcoolémie à 0,05. Et il
le dit et il le demande, parce que,
quand il analyse des scènes où c'est l'alcool au volant qui est en jeu, il
dit : Écoutez, c'est un fléau. Et je vais revenir au mot «fléau»
par la suite.
Donc, Mme la
ministre, malheureusement, n'a pas écouté la science, elle n'a pas écouté le
coroner. Mais malheureusement, aussi, elle
n'a pas écouté CAA-Québec. Et vous voulez me parler de la sécurité routière, M.
le Président? CAA-Québec, qu'est-ce
qu'il disait? D'ailleurs, CAA-Québec, ils sont venus en commission
parlementaire et ils nous ont dit
clairement : L'alcool au volant est un fléau. L'alcool au volant est un
fléau. On parle de quoi? On parle de sécurité routière. On parle de la
sécurité routière, mais, M. le Président, on ne peut pas parler de la sécurité
routière et ne pas écouter les partenaires.
Donc,
je repose la même question à Mme la ministre. Elle est où, la science? Et ils
sont où... elle est où, l'écoute de la société civile, par rapport à l'alcool au volant? La même règle s'applique. Un décès, c'est un
décès. Malheureusement, Mariia n'est
plus avec sa famille, comme Jessica n'est plus avec sa famille. La même logique
s'applique, deux choses séparées, mais
on parle d'un enjeu de sécurité publique où, un, c'est aux alentours d'un
corridor scolaire, et l'autre enjeu, c'est l'alcool au volant. Donc, que ce
soit Mariia ou que ce soit Jessica, on doit avoir la même préoccupation, M. le
Président, parce qu'au bout de la
ligne, notre rôle, c'est mettre en place les meilleures règles, les meilleurs
projets de loi, les meilleures lois pour protéger la population et
sauver des vies.
Donc,
elle n'a pas écouté la science. Elle n'a pas suivi les recommandations de la
San