Health and Social Services — 27 October 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2015-10-27
Quebec — Committees
(Dix
heures treize minutes)
Président (M. Tanguay) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je demande à toutes les personnes
présentes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones
cellulaires.
mandat de la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi
favorisant l'accès aux services de médecine
de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions
législatives en matière de procréation assistée.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire :
Oui, M. le Président. Mme Tremblay (Chauveau) est remplacée par
M. Carrière (Chapleau); Mme Hivon (Joliette), remplacée par M. Rochon
(Richelieu); M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), remplacé par
Mme Lavallée (Repentigny).
Le Président (M.
Tanguay) : Lors de l'ajournement de nos travaux du 22 octobre,
nous avions adopté l'article 17 tel qu'amendé. Je vous rappelle que nous avons
suspendu l'amendement introduisant l'article 9.1, l'article 1
amendé, évidemment dans sa globalité,
ainsi que l'article 24. Comme nous avons adopté l'article 17 à la dernière séance, nous en serions maintenant à l'article 24
suspendu précédemment. Et, en ce qui concerne la suite de nos travaux, je cède
la parole au ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, suite justement à la somme des travaux que nous avons faits
précédemment, ceci nous amène à déposer un certain nombre d'amendements de
concordance pour la clarté de nos différents lois et règlements. Et, s'il y a
consentement, je demanderais le consentement pour revenir à l'article 9.1, qui est un
article qui avait
été suspendu, d'importance pour tout
le monde, nous et incluant les
oppositions évidemment. Donc, s'il
y a consentement, je reviendrais à 9.1.
Le Président (M. Tanguay) :
Oui. Y a-t-il consentement?
Mme Lamarre :
Consentement.
Le Président (M.
Tanguay) : Il y a consentement. Alors... Oui?
M. Barrette : M. le
Président, si vous me le permettez,
dans quelques instants — on est en train de le faire — on distribuera la liste des amendements
que l'on déposera formellement au fur et à mesure.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, à 9.1, chers collègues, qui est maintenant l'objet
de notre débat, c'était l'amendement du ministre qui était l'objet du débat.
Alors, M. le ministre.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, on se rappellera que le 14 septembre nous avions
suspendu le débat sur l'amendement de l'article 1,
article 9.1, parce
que nous avions débattu longuement
sur la possibilité d'avoir un amendement qui soit plus précis — ou incisif, certains diront — sur
les heures d'ouverture de clinique. Alors, on nous avait demandé
à l'époque, à ce moment-là, de voir si on
pouvait, nous, de notre côté, l'écrire en prenant en considération les demandes qui avaient été faites du côté des oppositions, puis
on s'était engagés à déposer un amendement formel qui irait le plus loin possible à l'intérieur des principes constitutionnels et de chartes que
nous avons. Et c'est l'amendement que l'on dépose aujourd'hui, M. le
Président. Est-ce que vous en avez un...
Le Président (M.
Tanguay) : Donc, on parle d'un amendement à 9.1...
M. Barrette :
Oui. Alors là, là...
Le Président (M.
Tanguay) : ...qui n'est pas un sous-amendement.
M. Barrette : Non. On va demander le
consentement pour retirer le 9.1 qui a été suspendu pour en déposer un autre.
Président (M. Tanguay) : Vous me voyez venir, là. Alors, y a-t-il
consentement?
Mme Lamarre :
Consentement.
Président (M. Tanguay) :
Consentement. Alors, l'amendement 9.1 préalablement déposé par le ministre est retiré de consentement. Vous avez un nouvel amendement 9.1 qui est en train de se faire distribuer. Donnez juste
quelques secondes, on n'a pas besoin de suspendre.
M. Barrette : Non, parce
que ça... le débat, on l'a fait pas
mal, et c'est un texte qui, je l'espère, sera à la satisfaction de nos
collègues de l'opposition.
Le Président (M.
Tanguay) : Vous pouvez, là, commencer à lire, M. le ministre, s'il
vous plaît.
M. Barrette :
Alors, M. le Président,
article 9. Donc, nous présentons donc l'amendement
suivant :
Article 1 (article 9.1) :
Insérer, après l'article 9
proposé par l'article 1 du projet de loi, l'article suivant :
«9.1.
Tout médecin omnipraticien soumis à une entente conclue en vertu de l'article 19 de la
Loi sur l'assurance maladie
doit, dans la mesure prévue par
règlement du gouvernement, se rendre disponible auprès des personnes
assurées au sens de cette loi en utilisant le système de prise de rendez-vous
visé au sixième alinéa de l'article 2 de la
Loi sur la Régie de l'assurance maladie du Québec. À cette
fin, tout médecin doit y publier ses plages horaires de disponibilité,
dont un pourcentage déterminé par ce règlement doit viser des plages horaires
de disponibilité du lundi au vendredi, avant 8h et après 19h, ainsi que le
samedi et le dimanche.
règlement prévu au présent
article prévoit notamment les exigences relatives à
l'utilisation du système et les renseignements qui doivent y être
versés.»
Alors, en somme, M.
le Président, cet amendement-là va plus loin, parce que, là, ici, ce sont
évidemment des obligations, le médecin doit : il doit se servir du système
de rendez-vous qui, lui, sera public, visible au public; il doit y afficher ses grilles de rendez-vous; et il doit y avoir des plages de rendez-vous qui
se retrouvent... qui doivent viser avant huit heures et après
19 heures et qui doivent inclure le samedi et le dimanche.
Je ne veux pas nécessairement
refaire le débat, mais je veux simplement rappeler que, dans le débat qu'on a eu, on considère, et on considère encore de notre
côté, qu'il y a des limites à ce qu'on peut mettre dans la loi.
Mais, ici, la loi vient dire qu'il y a
des plages étendues qui sont obligées, il
y a des plages étendues qui sont
obligées et qui doivent être déterminées par règlement, le règlement qui
éventuellement pourra prévoir des paramètres sur lesquels on pourrait se baser
pour appliquer ladite loi. Alors, cet amendement-là ouvre la porte à des obligations,
et des obligations qui traitent des heures étendues sept jours sur sept. On
pense que ça, ça va aussi loin que ce que les oppositions nous ont demandé à ce
moment-là. Voilà.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions sur 9.1? Oui,
collègue de Taillon, la parole est à vous.
Mme Lamarre :
Oui. Merci, M. le Président. En fait, ma question visait... On a convenu qu'on
aurait une période de six heures pour
étudier le règlement. Est-ce que je comprends que le règlement
qui est prévu à l'article 9.1 fait
partie des règlements qu'on aura la chance de lire et de travailler
pendant la période de six heures qui avait été désignée?
M. Barrette :
Absolument. Ce serait dommage de ne pas l'inclure.
Le Président (M.
Tanguay) : D'autres interventions sur l'amendement du ministre à 9.1?
M. Barrette :
Moi, j'en aurais une, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui.
M. Barrette :
C'est sûr que je suis content que la députée de Taillon me pose la question
parce que c'est en plein le genre de choses
qui méritent un débat, là, dans l'étude du règlement, parce qu'on
pourrait imaginer que, dans tel type
de quartier, on préfère le soir que le jour, qu'avant 8 heures, après
19 heures, par exemple, et ainsi
de suite. Mais l'amendement
ouvre la porte à tout ça. Puis c'est des «doit», et non des «pourrait».
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Bien, en tout cas, moi, je me réjouis de voir
qu'on a réussi à avoir au moins un certain incitatif, un message plus clair pour des disponibilités les
soirs et les fins de semaine. Maintenant, je sais que, plusieurs fois, le ministre
a évoqué le fait que, dans le fond, il y a des pratiques en groupe au
niveau des GMF, il y a des pratiques
solos. Ce qu'on comprend par cet
article-là, c'est que les pratiques seules où en petites cliniques de deux ou
trois médecins vont devoir utiliser le système de prise de rendez-vous
visé au sixième alinéa de l'article 2.
M. Barrette : Tout le monde.
Mme Lamarre :
O.K. Donc, ce sera un système qui sera universel au niveau de tous les
médecins.
Barrette : Tout à fait. C'est ça qu'est l'objectif et, en plus, le règlement, lui, devra
prévoir... Le règlement, il ne peut
pas être à ce point-là universel au sens où on pourra demander un règlement
à un groupe de cabinets territorialement de s'organiser, comme les Français le font d'ailleurs, et par contre
on pourrait être plus incisifs pour un GMF. Mais ça, on pourra le faire par le règlement.
Le règlement, avec ses «doit» et sa visée clairement
heures étendues nous permet dans le règlement d'être plus précis dans
nos applications, bref, d'avoir des applications à géométrie variable en
fonction des besoins et des possibilités. Mais on s'adresse clairement par ce règlement-là
aux heures étendues.
Président (M. Tanguay) :
D'autres interventions? Sinon, il y a le collègue de Lévis
qui voudrait prendre la... Mais sur la... Voulez-vous continuer votre
échange, non?
Mme Lamarre :
...c'est une autre question à l'intérieur, donc je peux laisser...
Président (M. Tanguay) :
O.K. On va aller... Parfait. Merci beaucoup. Collègue de Lévis, la parole est à vous.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, merci. Effectivement, écoutez, on se réjouit également de voir cet article-là
proposé. Alors, je comprends bien, pour faire suite à la députée de Taillon,
que le taux de médecins omnipraticiens individuels en clinique, en cabinet
privé, en GMF est touché par ce dont on parle présentement. Alors, c'est
global. Le ministre fait état, M. le Président, dans l'article, bon, de l'obligation d'utiliser le système
de prise de rendez-vous visé au
sixième alinéa, donc... Et il vient de confirmer d'ailleurs
que tous devront s'en servir, évidemment comprenant que tout ça prend son sens lorsque le système de prise de
rendez-vous est mis en place. Je
pense que le ministre
l'a déjà dit, M. le Président, et le ministre me le confirmera, il n'est pas prêt encore, il
est à être bâti. Mais, dans la mesure où c'est extrêmement important et
que ça vise directement l'accessibilité, est-ce que le ministre s'est donné un
échéancier particulier pour faire en sorte que le système... Il est peut-être déjà en branle et on est en train de le bâtir,
mais est-ce qu'on a un échéancier pour faire en sorte que ce qu'on
souhaite tous puisse être appliqué? Puis ça dépend du système.
Barrette : C'est déjà en
branle, M. le Président. Il va même y avoir un appel d'offres qui va sortir incessamment et
il y a des échéanciers là-dedans, mais vous en prendrez connaissance lorsque ça sortira, là. Mais ça ne peut pas ne pas être en branle avant... Ça doit être en place avant l'application de la loi. Je m'attends, moi, à ce que ce soit en place sur une
base volontaire dans l'année 2016.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Vous dites : «Sur une base volontaire dans l'année 2016», mais, je
veux dire, manifestement, tous
devront passer par là, donc il y aura l'obligation d'y passer, au-delà de la
base volontaire. Alors, on va le faire en deux étapes, si je comprends
bien.
M. Barrette :
...appliquer, là.
M. Paradis (Lévis) : Non, je comprends. Mais, sur une base volontaire, donc, et, lorsque
la loi sera appliquée, bien, effectivement ça devient sur une base
obligatoire.
M. Barrette :
Tout le monde.
M. Paradis
(Lévis) : Je comprends le principe, c'est ce que je...
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions, collègue de Taillon?
Mme Lamarre :
Juste pour bien comprendre la dernière intervention, si on considère que la
loi, le projet de loi n° 20, entrerait en vigueur seulement en
janvier 2018, est-ce qu'on peut penser que certaines portions de la loi
entreraient en vigueur avant janvier 2018?
M. Barrette :
La... Pardon?
M. Barrette :
La réponse, c'est oui. On peut faire entrer cette partie-là à l'avance par
décret.
Mme Lamarre :
Est-ce que c'est l'intention du ministre?
Barrette : Bien, la réponse,
c'est oui. Je n'annonce rien, là, c'est une intention, là. Il ne faut pas me
faire un procès d'intention.
Président (M. Tanguay) : Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement 9.1
du ministre? Collègue de Taillon.
Lamarre : Bien, en fait, ma question,
c'est... Dans le fond, je
comprends qu'on le passe par règlement,
mais je comprends aussi que le cadre de gestion a un rôle important dans
l'entente que le ministre a faite. En fait, il a fait trois choses : il a fait une entente avec la FMOQ, il a fait également
un cadre de gestion qui a été signé, et on a le projet de loi. Donc, ce
sont trois mesures un peu parallèles, je dirais, qui ont pour objectif, là,
d'améliorer l'accès.
Je note que, dans le
tableau 1 du cadre de gestion, on avait déjà évoqué qu'un grand nombre de
GMF, en fait, 200 GMF sur 262, n'avait plus l'obligation du
68 heures d'ouverture, qu'ils avaient
entre 52 et 64 heures. On comprenait
que ces GMF là étaient avec un moins grand nombre de médecins. Est-ce que
le ministre prévoit quand
même, dans son règlement, faire en sorte que la majeure partie, là, les
200 sur 262 GMF, assure des disponibilités les soirs et les fins
de semaine?
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, si vous me permettez de retrouver le numéro de l'amendement...
Mais on a déposé un amendement
qui fait que, dans la loi, le cadre de gestion est ramené dans la loi. Alors,
si la loi est appliquée, le cadre de
gestion, il va pouvoir être configuré par loi par le gouvernement, alors que là, évidemment, comme je l'ai dit précédemment, c'est
dans un cadre de négociation.
Alors, moi, j'ai bien
l'intention, puis on le verra dans le prochain amendement, on le verra dans le
prochain amendement que je vais déposer à 9.2... On va déposer
dans quelques minutes, je l'espère, un amendement qui traite des plans d'effectifs. Et les plans d'effectifs tels qu'ils vont être gérés — et
ils le seront à partir de cette année — seront
gérés en fonction de staffer, là — ce n'est pas un bon terme en français — correctement
les GMF. Alors, les GMF, là, qui ont moins
d'obligations parce
qu'ils sont moins bien nantis en
personnel, ça va se corriger dans les deux à trois
prochaines années obligatoirement, compte tenu du nombre de gens qui sortent.
C'était à 26.5 qu'on a fait l'amendement qui intégrait dans la loi le
cadre de gestion.
Alors,
on s'en va dans la direction... Jamais on n'aura été, comme gouvernement, là, peu importe le gouvernement, aussi loin en termes de préoccupations
et d'obligations de résultat dans la desserte des soins de première ligne.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, collègue de Taillon... Sur le même échange?
Lamarre : Donc, avec des
plans d'effectifs qui vont augmenter, dans
le fond, les effectifs pour les
plus petits GMF? C'est ce que vous traduisez...
M. Barrette :
Oui, par définition.
Mme Lamarre :
Donc, dans la répartition des nouveaux diplômés en médecine?
Barrette : Tout à fait. Et la dynamique que l'on veut, elle est connue, et ça, c'est connu de tout le monde, même à la naissance des GMF,
c'était ça. Le GMF typique de base en région urbaine doit être de 10 et plus
pour une population de 10 000 à 15 000 et plus. Alors,
des GMF à quatre personnes comme on en voit pour lui permettre de naître et de
grandir, ça devrait être en voie de disparition à partir de maintenant.
Alors, on doit s'en
aller vers une répartition territoriale adéquate des GMF staffés correctement
en personnel médical et non médical. Et, à
un moment donné, il faut un levier pour le faire, et le levier, c'est la
gestion des effectifs que vous allez voir à 9.2 dans quelques
instants, j'espère.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. Pour poursuivre l'échange, collègue de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, seulement... précision aussi,
parce qu'on a discuté longtemps et longuement sur ce dossier-là, des
heures d'ouverture, de l'accessibilité, et le ministre, fréquemment, nous
disait lors du gros des discussions qu'il y
avait un aspect légal extrêmement important, résultat, donc, du dépôt, après
avoir — évidemment
je présume et j'imagine fort bien — abondamment consulté son
contentieux. Alors, rassurons-nous tous. Je comprends que, dans la démarche, ceci a été évidemment tenu en compte avant le
dépôt de cet article-là et qu'on a évalué toutes les possibilités
légales que le ministre craignait sur l'applicabilité de cet article-là et
l'exigence faite au médecin.
Barrette : Les conseils juridiques dont j'ai eu le bénéfice sont à
l'effet qu'à la cour ce n'est pas contestable.
Le Président
(M. Tanguay) : Oui?
M. Paradis (Lévis) : Et, je m'excuse, je me permets... parce que vous bénéficiez d'un
contentieux qui vous donne des
informations intéressantes, mais en quoi, à ce moment-ci, est-ce que vous êtes
en mesure de comprendre pourquoi ça, comme ça, ce n'est pas contestable?
Quelle règle fait qu'ils ne peuvent pas rien attaquer là-dessus?
M. Barrette :
Je rappellerais à notre collègue de Lévis, M. le Président, que le débat qu'on
avait initialement venait du fait qu'on
voulait... Dans les propositions initiales qu'on a débattues, puis je l'ai
toujours dit, ce n'était pas l'idée de fond que je contestais, mais le
fait que le texte présenté allait trop loin dans les obligations individuelles.
M. Paradis (Lévis) : ...
M. Barrette : Oui. Alors que là on
se donne une souplesse. On a une finalité qui est claire, qui est la même que ce que vous vouliez — j'étais d'accord avec ça, je le suis
encore — mais ça
nous donne une souplesse, par la voie réglementaire,
une souplesse qui nous permet de moduler en fonction des contingences de tout
un chacun, alors qu'initialement ce qui avait été déposé était très
rigide, très uniforme et nous amenait à la possibilité d'une contestation
individuelle.
Et on sait
que notre régime juridique, il est fait d'une telle manière que les droits
individuels ont la primauté, là. Ça prend
une personne pour trouver la faille pour que l'édifice s'écroule. Alors, c'est
vraiment comme ça qu'il faut le dire. Là, on a trouvé une formule qui va
dans le même sens, mais qui nous amène la souplesse nécessaire pour, nous,
avoir la responsabilité et le bon sens, lors
de l'étude du règlement, de mettre en place des règles qui vont dans ce qui est
permis et permettable.
M. Paradis
(Lévis) : Je compléterai, M.
le Président, en... Il y a une notion extrêmement importante, si je suis
bien la logique du ministre, c'est la notion de pourcentage à être établi.
C'est ce qui fait toute la différence.
Le Président (M. Tanguay) : Y a-t-il
d'autres interventions? Collègue de Taillon.
Mme Lamarre : Bien, je lis
attentivement l'amendement 9.1 du ministre. Ce que je comprends, c'est que
le médecin doit publier des disponibilités à
des heures dites défavorables, soit le soir ou les fins de semaine. Qu'est-ce
qui arrive s'il n'en publie pas?
M. Barrette : Il doit. Il ne peut
pas ne pas en publier.
M. Barrette : Il doit. Ça, c'est
clair, là, il doit : «...doit viser des plages horaires de disponibilité
du lundi au vendredi, avant 8h [...] après 19h, ainsi que le samedi et le
dimanche.» Il ne peut pas ne pas en publier. Impossible.
Mme Lamarre : O.K., mais il peut en
publier... une période de trois heures, par exemple.
M. Barrette : Oui, mais c'est parce
que là on...
Barrette : Oui, je comprends, mais là, dans le règlement, c'est clair
que, compte tenu, d'ailleurs, du message envoyé dans le cadre de gestion, on n'accepterait pas ça d'un GMF de
10 personnes, là. C'est là qu'on pourrait avoir la souplesse de dire : Un regroupement de quatre
médecins, on ne peut pas les obliger à travailler 16 heures par jour
sept jours sur sept, là.
Alors, le
règlement, lui, pourra permettre ce genre de chose là. Et, à l'opposé, quand
des, entre guillemets, standards sont présents, il y aura des
obligations qui sont standard.
Lamarre : Parce que... C'est ça, qu'est-ce qui arrive sinon? Est-ce
qu'il y a des pénalités qui sont prévues?
M. Barrette : ...rémunération
coupée.
Barrette : Ça devient une obligation. Il faut qu'il respecte ça, le
médecin, là. Alors, sa rémunération va être coupée. Ça va faire
partie
des choses qui ne sont pas observées.
Mme Lamarre : Donc, vous le voyez
avec un gain au niveau de la rémunération. Parce que je regarde le cadre de gestion, puis, dans le cadre de gestion,
on a été capable d'aller sur des choses quand même très précises au
niveau... Par exemple, je lis, là, 1.2, dans les jours fériés : «L'offre
de services minimale attendue lors d'un jour férié est de quatre heures, à
l'exception de la période des fêtes.»
M. Barrette : C'est ce que je dis.
On peut aller là aussi et plus loin encore dans un règlement.
Mme Lamarre : O.K., donc...
Barrette : Le cadre de gestion, il a été négocié, lui. Mais, dans la
loi, avec ça, on peut faire... peut-être pas tout ce qu'on veut, mais
pas loin, là.
Mme Lamarre : Mais vous pourriez
dire, par exemple : L'offre de services minimale attendue d'un GMF de
10 médecins et plus prévoit quatre heures à tous les soirs.
Barrette : Je pourrais très bien arriver puis dire, dans un règlement
de GMF où ils sont 10 : Vous êtes ouverts 12 heures par jour
sept jours sur sept. Je ne pourrais pas raisonnablement dire, dans le même
règlement : Vous êtes quatre médecins dans... Vous êtes deux bureaux dans
une banlieue, là, où dans un village, vous êtes deux bureaux de deux médecins puis vous allez vous séparer la
semaine à 12 heures. Là, il y a des limites à tout. Mais là la souplesse,
elle est là, là. Un GMF staffé correctement, il y a des chances qu'on aille
dans cette direction-là.
Lamarre : Il y a des chances, mais, quand c'est dans l'offre de...
quand c'est dans le cadre de gestion, c'est clairement écrit, là. On
l'a, là, déjà.
M. Barrette : M. le Président,
j'invite la députée de Taillon à ne pas prendre mes propos... Si j'affirme quelque chose en présumant que ça va être fait, je
vais me faire accuser de présumer de l'adoption d'un règlement ou d'une
loi; puis, si je dis qu'on pourrait aller là, là je me fais critiquer comme
quoi je ne le fais pas formellement. Là, à un moment donné, c'est la quadrature
du cercle.
Le Président (M. Tanguay) : ...Mme
la députée de Taillon.
Mme Lamarre : C'est sûr que nous ne
sommes pas dans la tête du ministre et de ses règlements et que...
M. Barrette : ...dans ma tête, vous
seriez peut-être malheureuse.
Mme Lamarre : Oui, je vous avoue que
je ne vous envie pas du tout. Je n'envie pas du tout la situation d'être là, j'aime mieux être dans ma tête. Et je
pense que c'est mieux comme ça aussi pour nous deux. Mais il reste
que... Qu'est-ce qui aura préséance entre des éléments qui sont... Ce que je
comprends, c'est que, dans le cadre de gestion, effectivement, en 26.5, ce que
vous appelez «le programme» devient «le cadre de gestion». On s'entend. Est-ce
qu'il va y avoir une concordance qui va être faite entre le mot «programme» et
le mot «cadre de gestion»?
M. Barrette : Dans quel sens? Dans
la loi?
Lamarre : Bien oui, dans le projet de loi. Parce que là on parle d'un programme, ça pourrait être un autre
programme. En 26.5, là, c'est «un programme» qui est nommé, ce n'est pas «cadre
de gestion».
M. Barrette : On va introduire le
cadre comme un programme, là. Je vais vous avouer que ce n'est pas une question...
C'est implicite que le cadre va devenir un programme, là.
En tout cas, moi, je peux dire dans le micro, là, je vais être citable, là :
C'est clair que le programme, c'est... Je l'ai dit d'ailleurs à plusieurs reprises, là. C'est facile, là, je l'ai dit bien
des fois, je l'ai encore dit il y a quelques minutes, là, qu'on a intégré dans la loi
le cadre de gestion, là. Je l'ai dit, là.
Mme Lamarre : ...programme en 26.5.
Parfait. C'est bon. Merci.
Le Président (M. Tanguay) : Merci. Collègue
de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : ...pour
compléter. C'est assez bref, M. le Président. Je reviens encore une fois au
fait qu'on déterminera donc un pourcentage déterminé par règlement. Les gens comprendront la façon de faire, c'est-à-dire que ce règlement-là sera décidé par le ministre,
mais soumis évidemment à une période de 45 jours d'avis sur
laquelle les médecins pourront également dire : Écoutez, oui, non, ça fait
notre affaire ou pas...
Barrette : On en a débattu ensemble,
on en a redébattu ensemble et on l'a étudié pendant six heures. Et je
ne peux pas être plus ouvert sur le fait que, moi aussi, c'est une question
d'accès. Puis je peux vous dire qu'on est en opposition, là, moi et les médecins de famille. Mais moi,
je vise le meilleur accès possible dans
la mesure du possible.
Je l'ai dit, un GMF normalement constitué est
capable d'être ouvert soit tard... plus tard le samedi puis le dimanche aussi.
M. Paradis
(Lévis) : Je comprends, ça
me semble clair, M. le Président. Et je comprends que le ministre est en
train de me dire que sa volonté ferme est celle-là, bien sûr, nonobstant le
fait que les fédérations aussi vont probablement y aller de leur vision des
choses. Mais ça reste la prérogative du ministre de faire en sorte qu'on
atteigne l'objectif.
Barrette : Sauf que là on n'est plus dans la négociation, là, on est
dans une loi avec un règlement. Ce n'est pas pareil, là. Et je suis sûr
que vous allez être là pour me rappeler à mes bons souvenirs vos souvenirs.
Paradis (Lévis) : Avec plaisir.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui. Y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement du
ministre à 9.1? Oui, collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Oui. Le ministre nous avait déposé une ventilation des taux d'assiduité des GMF
avec les pourcentages des GMF. Or, on constate,
là, dans le fond, qu'on a 22,5 % des GMF qui ont un taux d'assiduité
inférieur à 75 %. Est-ce que, dans les
mesures au niveau de la disponibilité... Parce qu'un traduit un peu l'autre.
C'est sûr que, si on n'a pas un bon
taux d'assiduité, nos patients vont être obligés d'aller beaucoup à l'urgence,
parce qu'on n'était peut-être pas là les soirs, les fins de semaine.
Est-ce qu'il y a une façon qui est prévue par le ministre de prioriser ces...
et je ne parle pas nécessairement par voie législative, là, mais de prioriser
ces 22,5 % GMF là qui ont été vraiment plus en décalage par rapport aux
objectifs des autres?
Barrette : C'est-à-dire que la... Parce que là on me demande de
prioriser, M. le Président. Alors, prioriser, ça voudrait dire que moi, j'ai le pouvoir d'influencer un plus que l'autre.
Là où je veux en venir, c'est que c'est la Fédération des médecins omnipraticiens qui actuellement s'est
mise sur ses épaules la responsabilité de persuader ses joueurs. Ce qui
est convenu, à date, là, c'est qu'eux vont intervenir auprès de leurs membres
jusqu'à intervenir tarifairement, si c'est nécessaire,
si les gens ne bougent pas. C'est sûr que la marche est beaucoup plus haute...
En fait, ce sont des marches que ceux-là ont à monter, alors que ceux
qui sont à 75 %, c'est moins long. Mais il n'en reste pas moins que ce
qu'on recherche, c'est une sommation de l'effet pour l'accès.
Moi,
pour le moment, là, je n'ai pas à prioriser, parce que l'effort doit être fait
mur à mur ou presque mur à mur. Il y a
le tiers, à peu près, des médecins de famille qui font ce qu'on demande déjà,
puis ils en font même plus. Alors, techniquement, eux autres n'ont pas à
changer, à moins qu'ils décident de changer vers la pratique d'accès adapté.
Les autres, c'est une persuasion qui est dans tout le reste des trois quarts
des médecins de famille, alors c'est à eux de faire ce bout-là.
contre, moi, quand la loi est appliquée, si on n'arrive pas à destination, bien
là, la priorisation... ce n'est pas une question de priorisation, c'est
que la pénalité est encore plus sévère chez ces gens-là que les autres.
personne qui est à 78 %, à la fin, là, elle est moins pénalisée. Il y a
des gens qui vont être pénalisés de 10 %, là, puis il y a des gens qui vont être pénalisés de
30 %. Alors, la pression des pairs, veux veux pas, à un moment donné,
va faire son effet. Et je suis convaincu qu'il y en a qui vont choisir le temps
plutôt que l'argent. Ça a toujours été comme ça. Et je suis aussi convaincu que
la majorité va aller dans la bonne direction et qu'on va régler le problème.
Le Président (M.
Tanguay) : Oui, collègue de Taillon.
Lamarre : Moi, je pensais davantage à des mécanismes d'accompagnement
pour les GMF qui sont vraiment plus
loin dans leur... Donc, avec une présentation, nous, on a eu, de la part du
ministère, des rapports. On comprend que vous avez des données, je dirais, caractéristiques par GMF. Alors,
est-ce qu'il y a des mécanismes d'accompagnement qui sont prévus, d'inspection mais aussi surtout de
présentation de leur état de situation, pour accompagner ces gens-là pour
qu'en 2018 on arrive à notre résultat?
Barrette : Alors, pour ce qui est de l'accompagnement, M. le
Président, il y a un accompagnement qui va être fait au sens où la
députée de Taillon l'entend. Je dirais plutôt... Parce que, moi,
«accompagnement», je scinderais ça en deux,
là : il y a le monitoring, la surveillance qui est faite, et qui va être
faite, et qui va être faite de façon quantitative. Parce qu'on parle ici de choses qui sont d'abord
et avant tout quantitatives. On ne parle pas de la qualité de l'acte, là,
on parle d'offre de services. Alors, ce suivi-là, il va être fait et il va être
périodiquement rendu public.
Pour
ce qui est de l'accompagnement pur et simple, au sens où... probablement, on
l'entend l'un et l'autre de la même
façon, ça, c'est le rôle de la FMOQ, de faire la promotion de l'accès adapté
ainsi que du ministère, et on le fait. Alors,
on est dans un rythme accéléré de séances de formation. Je ne peux pas les
forcer à venir à des séances de formation, mais on en fait plus qu'on
n'en a jamais fait. Et, s'il y en a — et il y en a — de
temps en temps qui ont besoin d'être accompagnés sur le terrain, ça aussi on le
fait, en collaboration avec la FMOQ.
Alors, la question
aujourd'hui n'est pas de savoir si cette entité-là va bouger; ils se sont
engagés à bouger. La question est de savoir
s'ils vont bouger suffisamment pour livrer la marchandise d'ici le 31 décembre
2017. Là, n'étant pas, comme je l'ai souvent dit, JoJo Savard, je ne
peux pas le prédire. On n'a pas le même look.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon.
Lamarre : M. le Président, en fait, ce qu'on se dit, c'est :
Est-ce que... Le ministre dit : On va avoir des rapports périodiques. J'imagine pour les médecins,
là, qui travaillent puis qui se disent : Moi, j'ai une épée de
Damoclès au-dessus de la tête... Est-ce
qu'on peut savoir à quelle fréquence, par exemple, au niveau d'une année, ce
genre de rapport, puisqu'on est capable de le décliner, là... On est
capable, de dire à chacun des GMF : Vous êtes à un taux d'assiduité de 55 % ou de 75 %. Est-ce qu'on est
capable verbalement, là, d'avoir tout simplement un ordre de grandeur de la
fréquence à laquelle on va pouvoir donner ces informations-là aux médecins qui
travaillent dans les GMF?
Barrette : Alors, c'est aux six mois, M. le Président, qu'on va sortir
les informations. D'ailleurs, on arrive bientôt à une divulgation
d'informations.
Mme Lamarre :
Et ça se situe, ces six mois-là... c'est janvier-juin, janvier-juillet?
M. Barrette : Non. On s'est entendus
aux six mois approximativement, là — on n'est pas à l'heure et à
la date près — de la signature de l'entente. Donc, bientôt
on arrive au moment où on devra faire une première annonce de l'évolution de ce dossier-là. Et c'est dans
l'intérêt de tout le monde de donner cette information-là pour maintenir
entre autres ne serait-ce que la pression.
Mme Lamarre : Est-ce que ça va être
rendu public, ces résultats-là?
M. Barrette : Ça va être rendu
public.
Le Président (M. Tanguay) : D'autres
interventions sur l'amendement 9.1? Je n'en vois pas. Alors, chers
collègues, nous allons procéder au vote sur l'amendement 9.1. Est-il
adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
il est adopté. J'aurai besoin de quelques indications sur la suite des choses. Il y aura, je crois comprendre, M. le
ministre, d'autres amendements. La suite logique de nos travaux ferait
en sorte que nous devrions fermer
l'article 1 qui intègre 45 articles, mais... à moins que vous me
disiez qu'il y aura des amendements dans cette section-là.
M. Barrette : Nous avons une série
d'amendements, dont... Malheureusement, là, on a un petit problème logistique.
La pile s'en vient?
Le Président (M. Tanguay) : ...est
en route, mais, au-delà de ça, parlons entre nous.
M. Barrette : Entre nous, nous avons
quelques amendements à proposer encore dans l'article 1, qui sont en
majorité des éléments de concordance, là, dont... mais un qui est pertinent,
qui est le 9.2.
Le Président (M. Tanguay) : O.K.
M. Barrette : On peut le faire
circuler maintenant, si vous ne l'avez pas avec vous.
Président (M. Tanguay) : Ah!
vous aviez... O.K. C'était ma question même première. Vous avez un 9.2?
Le Président (M. Tanguay) : O.K. Si
vous en avez copie, on est logiquement rendus là, à 9.2.
Barrette : Oui, on est rendus là, là. Comme je disais il y a un
instant, ma pile, manifestement, n'est pas rendue dans la pièce.
Le Président (M. Tanguay) : Il est
dans la fameuse pile, O.K. Alors, c'est en route.
M. Barrette : Mais j'ai une copie
ici, si vous voulez.
Le Président (M. Tanguay) : O.K.
Alors nous suspendons un instant.
(Suspension de la séance à 10 h 45)
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
nous sommes de retour pour la suite des choses. M. le ministre.
M. Barrette : Alors, M. le
Président, dans les amendements que je fais circuler et que je déposerai ce
matin, il y a trois amendements qui traitent du même sujet. Et j'invite mes
collègues à peut-être me suivre là-dessus, ça va simplifier leur réflexion.
Les trois amendements
doivent traiter individuellement, chacun, un des volets de la gestion des
effectifs médicaux. On sait que c'est une loi de rémunération, là, des
médecins, à toutes fins utiles. C'est une loi qui vise à déterminer les conditions selon lesquelles les médecins recevront
leur pleine rémunération. Et une de ces conditions-là, c'est la
distribution géographique, ce qu'on n'a jamais fait, au Québec, au complet. On
l'a fait, mais partiellement.
gestion des effectifs, ça demande trois éléments : le ministre, quel qu'il
soit, qui gère le plan d'effectifs, qu'il en fasse un; le réseau qui détermine
le plan d'effectifs; et le médecin qui se conforme au plan d'effectifs.
9.2,
c'est l'obligation du médecin; 26.1, c'est l'obligation... 26.9, que je vais déposer à 26.9, évidemment, c'est la responsabilité du ministre; et à 26.10 c'est la responsabilité du DRMG. Est-ce que ça va, M.
le Président? C'est assez
clair?
Alors, à 9.2, dans ce
cadre-là, voici ce que ça dit :
Insérer après
l'article 9.1, proposé par l'article 1 du projet de loi, le suivant :
«9.2.
Tout médecin omnipraticien soumis à une entente conclue en vertu de
l'article 19 de la
Loi sur l'assurance maladie (chapitre A-29) doit, pour exercer sa profession dans une
région, obtenir du département régional de médecine générale de cette région un avis de conformité au
plan régional des effectifs médicaux visé à l'article 97 de la Loi
modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des
services sociaux notamment par l'abolition des agences régionales (chapitre O-7.2). Il peut alors exercer sa profession
dans la région en respectant les obligations prévues à cet avis.
«Un tel médecin doit
obtenir un nouvel avis [de] conformité — ah! il y a une petite
coquille, M. le Président, ici, il manque un
"de" — lorsqu'il souhaite modifier ses obligations
ou lorsqu'il souhaite débuter une pratique de médecine de famille de première
ligne ou en changer [de] lieu.»
Alors,
quand on regarde ce qui est écrit là, là — j'ai vocalement insisté sur des
éléments — le
médecin de famille doit se conformer
à un plan d'effectifs. Et ici on fait référence à un plan d'effectifs régional
et même sous-régional. Parce qu'on fait référence à des obligations d'un
plan qui, comme je l'ai dit en introduction, est édicté par le ministre sur la recommandation du DRMG. Et, quand on dit «pour
exercer sa profession» dans le cadre de la loi, dites-vous, là, pour que
ce soit clair, qu'un médecin ne peut pas
facturer à la RAMQ si on ne l'a pas autorisé à facturer et il sera autorisé à
facturer si on lui donne l'autorisation de pratiquer, s'il est conforme au plan
d'effectifs.
Ce qui signifie, en termes clairs, que ça, ce sont
les trois amendements — le premier étant celui du médecin — qui vont
faire en sorte que le plan d'effectifs, à partir de maintenant, il va être
régional et sous-régional. Et, si un médecin est autorisé à rentrer dans une région donnée et que, dans la région donnée,
il manque trois médecins, mais il en manque trois dans un territoire de CSLC, bien c'est là que le
poste va être autorisé, pas ailleurs. C'est ça que ça fait, cet
amendement-là.
Les trois amendements
que je vous dépose, là, ça habilite le ministre à faire ce que je viens de vous
dire : ça oblige le DRMG à faire sa
planification en fonction des besoins de la population et ça oblige le médecin,
pour avoir accès à sa rémunération, de se conformer à la chose, sinon il
ne pratique pas dans le public. C'est tout.
Président (M. Tanguay) : Alors, l'objet du débat est l'amendement du
ministre à l'article 9.2. Y a-t-il des interventions? Collègue de
Taillon.
Lamarre : Oui. Alors, je comprends bien l'intention du ministre de
relever, finalement, du département régional de médecine générale,
l'obtention de l'avis de conformité pour le site, le lieu de pratique du
médecin.
Maintenant il y a des
médecins qui exercent dans deux CISSS différents, qui exercent dans des
situations complémentaires qui sont prévues, par ailleurs, dans ce qui est devenu un peu les
activités médicales particulières. Si je pense, par exemple, à un médecin de Montérégie qui voudrait aller
travailler une journée par semaine à la clinique L'Actuel, à Montréal, par exemple, alors comment ça va se
coordonner, ces autorisations-là? Parce que ça ne relève pas du même département
régional de médecine générale.
M. Barrette :
Tout à fait. Alors, si on prend, M. le Président, l'exemple que la députée de Taillon
vient de donner — c'est
un bon exemple — on
se rappellera que, pour des pratiques particulières, ça doit aussi avoir
l'autorisation du DRMG. Alors, ça sera donc
permis. Le médecin — pour
prendre cet exemple-là, c'est un excellent exemple — il
va avoir, mettons, son avis de conformité à
pratiquer dans le GMF XYZ à Laval, pour prendre cet exemple-là. Le
DRMG, ou les CISSS, ou le DRMG de Montréal,
du CIUSSS du sud-est de Montréal pourra dire : Oui, on vous donne
l'autorisation d'un tel volume ou de telle
proportion de votre pratique à la clinique
L'Actuel. C'est quelque chose qui est parfaitement compatible
avec cet amendement-là et qui devrait même être permis. Parce que
l'objectif ici n'est pas d'embrigader le médecin,
mais de l'empêcher de faire totalement, totalement ce qu'il veut partout quand
il le veut. Alors, c'est une contrainte supplémentaire qui est territoriale,
mais qui n'empêche pas les pratiques d'exception.
pourrait prendre le même exemple : un médecin qui serait dans une
pratique... il a un avis de conformité pour être dans l'est de Montréal, dans Montréal-Est, mais il veut faire deux jours
par semaine à la clinique d'avortement X, bien il n'y a pas de problème. Ça, ça n'empêche pas
ça. Par contre, ce que ça, ça empêche, c'est que, si le médecin
est autorisé à rentrer dans la région
de Montréal parce
qu'il y en a 60 qui sont autorisés à entrer dans Montréal, bien il ne peut
pas s'en aller pratiquer au complexe Desjardins s'il n'y a pas de besoin
dans la région du complexe Desjardins, par exemple.
Lamarre : Est-ce qu'il y a un mécanisme de communication entre les
DRMG qui doit être prévu? Parce qu'il
faut bien comprendre que — moi, je prenais l'exemple de la Montérégie, là — dans les effectifs de la Montérégie,
ce médecin qui irait travailler à L'Actuel,
bien, il compte comme... Donc, il peut y avoir un échange. On peut dire :
Bien, je t'échange un médecin qui veut aller
travailler à L'Actuel contre un médecin... Est-ce que, sans entrer dans les
détails, là, mais il y a déjà de prévu des mécanismes? Parce qu'il y a
des budgets aussi qui vont aller avec ces changements-là au niveau des DRMG.
M. Barrette :
Les CISSS ont déjà la responsabilité, dans leur organisation, de prévoir les
circonstances où il doit y avoir une
coordination inter-CISSS. C'est particulièrement vrai en santé mentale puis en
réadaptation, par exemple. Alors, ça, c'est déjà prévu dans la
mécanique... on va la qualifier d'inter-CISSSienne. Alors, ça, ça doit être
prévu.
Maintenant,
ici, l'objet n'est pas de dire au médecin, là : Tu ne sortiras pas de ton
GMF, l'objectif est de lui dire : Voici ton lieu de pratique
principal, c'est là. Maintenant, s'il y a des particularités, bien, oui, le
réseau est ouvert à des adaptations, mais qui passent par des approbations.
Lamarre : Vous avez parlé de
PREM, de... en tout cas, de plan régional d'effectifs médicaux. On les
connaît beaucoup plus pour les médecins spécialistes. Pouvez-vous
nous expliquer comment ça va se concilier, spécialistes et médecins de
famille, et comment ça va concerner davantage les médecins de famille?
M. Barrette : Pour ce qui est du
plan d'effectifs de la médecine spécialisée, ça ne change pas par rapport à ce que l'on connaît aujourd'hui, parce que
c'est déjà ce qui était recherché. Ce qui est nouveau avec
ce que l'on veut faire, à partir de cette année d'ailleurs, c'est d'avoir un
plan d'effectifs nouveau pour les médecins de famille, qui va inclure un
plan d'effectifs pas simplement régional, mais aussi un plan d'effectifs
hospitalier et extrahospitalier. C'est ça qu'on vise.
Et le plan d'effectifs hospitalier, sa visée est
simple, sa visée est de diminuer les activités à l'hôpital, d'où la nécessité, dans le projet de loi n° 20, d'avoir l'obligation faite aux spécialistes
d'hospitaliser pour que les médecins de famille qui sont dans l'hôpital
soient progressivement déchargés d'un certain volume. Pour faire ça, il faut
empêcher, à toutes fins utiles, les médecins
de famille de se précipiter en entier à l'hôpital. C'est l'inverse de ce qui a
déjà été dit.
Quand on leur dit : Vous allez faire
12 heures d'AMP à l'hôpital, là, c'est bien plus pour les empêcher de faire 36 heures que de les obliger à faire
12 heures, parce que, spontanément, ils veulent les faire, ces
12 heures là. Là, ce qu'on
dit : Là, il y a un plan d'effectifs, le plan d'effectifs, c'est tant de
monde ou tant d'heures, ça, c'est convenu avec les DRMG, et, oui, vous allez pouvoir faire de
l'hôpital, mais on va vous demander, les nouveaux surtout, d'aller en
cabinet. Et, en cabinet, il va y avoir un plan d'effectifs, et le plan
d'effectifs en cabinet...
Je prends
toujours le même exemple, parce qu'il est spectaculaire. Ici, à Québec, là,
vous ne pourrez pas aller sur la Grande-Allée,
vous ne pourrez pas aller autour de la Place Sainte-Foy, il n'y en aura pas,
là, d'effectifs, là. Il va y en avoir à Chauveau, par exemple. J'ai une
collègue récemment élue, puis il y en a d'autres... peu importe le parti, ce
n'est pas ça qui est important. Il y a une
problématique, là, même, dans Québec qui est surstaffée en médecins de première
ligne. Il y en a plus per capita
qu'ailleurs. Mais il y a des sous-régions, là, où il en manque. Bien là, à un
moment donné, il faut bien que quelqu'un fasse quelque chose, et c'est
ça qu'on va faire
Là, il va y
avoir un plan d'effectifs extrahospitalier, et le plan d'effectifs
extrahospitalier va être en fonction des GMF. Et le message qu'on envoie aux jeunes, c'est : On veut que
vous alliez dans les GMF. On ne vous dira pas dans quel GMF aller, on va vous dire : Voici les
GMF où il y a des problèmes de quantité
de services. Bien, choisissez là-dedans,
là, c'est là.
Alors, si on en autorise dans la
Capitale-Nationale, bien, ça ne sera pas n'importe où dans la
Capitale-Nationale, ça va être dans les sous-régions où il y a des besoins. Le
message — ça,
c'est un message, ce n'est pas une obligation — qu'on envoie aux plus vieux :
Bien, vos bureaux, là, commencez à penser à vous mettre en GMF parce que le
modèle de bureau solo, en ville, ce n'est pas un modèle viable.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Mme Lamarre : Oui. Bien, on comprend
bien la volonté du ministre — je pense que la FMOQ l'a exprimé aussi — de faire en sorte que les médecins de
famille, leurs obligations au niveau de leurs heures de pratique à
l'urgence soient diminuées. On avait aussi dit : Bon, bien, il y aura
peut-être plus de nouvelles cohortes de jeunes médecins qui vont peut-être pouvoir prendre quelques heures
quand même. Mais là ce que j'entends, c'est que... Le ministre dit :
Les nouveaux médecins, on va vouloir qu'ils aillent davantage en cabinet privé.
Il reste qu'il va y avoir une diminution des
effectifs au niveau des médecins de famille à l'urgence, ce qui semble faire
consensus, là, de la part autant des médecins que du gouvernement et des oppositions. Mais est-ce que les spécialistes
vont... Qui va prendre la relève de ces heures de moins de disponibilité
que les médecins de famille offraient au niveau de l'urgence?
Barrette : Alors, on ne demande pas, M. le Président, à ce qu'il y ait
moins de médecins à l'urgence. Ce qu'on leur demande, c'est qu'il y ait une réduction de l'emprise de la
médecine de famille, pas sur les urgences, sur l'hôpital. Si le DRMG
détermine qu'il a besoin d'un temps plein dans une urgence, un temps plein, un,
mettons, pour l'exemple, pas de problème avec
ça, il l'autorisera. Mais la pratique aujourd'hui qui vise à faire en sorte que
c'est l'urgence qui soit le point de
service plutôt que les GMF... Et c'est ce qui fait en sorte que, des fois, il y
a trois médecins à l'urgence, alors que le vrai volume qu'on devrait avoir, si les GMF fonctionnaient comme il
faut à des heures élargies, c'est probablement d'un médecin.
C'est la
combinaison des deux qu'on veut. On veut augmenter progressivement l'offre en
première ligne pour que les gens n'aillent plus à l'urgence. Et ça, ça
veut dire, aux urgences, il y en avait trois, alors qu'il y en avait de besoin probablement de seulement un. Bien, le message
qu'on leur envoie, là, c'est : Organisez-vous, là, parce que,
progressivement, vous ne l'aurez pas,
le... vous n'aurez pas la charge de travail pour être trois à l'urgence. C'est
ça qu'on envoie comme message. Ça
veut dire : Organisez-vous. Et là, si vous ne vous organisez pas, bien, on
va vous aider à vous organiser, sans le faire brutalement, on va le
faire progressivement. On met des contraintes en place, progressives.
Mme Lamarre : Mais ce que je vois,
c'est qu'il n'y a pas de vision du ministre d'encourager certains spécialistes
à être plus disponibles dans les urgences pour compenser ces diminutions de
disponibilité des médecins de famille. Parce
qu'il y a quand même des spécialités comme l'urgentologue ou les soins
intensifs où, en tout cas, il y a des... ou des médecins en médecine interne qui
sont des médecins qui ont de très grandes compétences comme spécialistes
pour travailler également au niveau de l'urgence.
Est-ce que le
ministre entrevoit que ces médecins-là pourraient être invités à faire un peu
plus d'urgence, compte tenu qu'on
veut déplacer un nombre significatif de médecins avec une formation plus
médecin de famille vers les GMF?
Barrette : Le milieu médical, que ce soit celui de la première
ligne... que les médecins spécialistes en médecine d'urgence, refuse
cette option-là. Les deux. Les médecins de famille ne veulent pas quitter
l'urgence, et les médecins spécialistes en
médecine d'urgence ne veulent pas occuper toutes les urgences du Québec. La
fonction d'un n'est pas la même que
l'autre. Ça a l'air bizarre, là, mais c'est la réalité des choses. Les médecins
de famille refuseraient et ont déjà débattu
de ça, puis ils ne veulent pas ça. Ils acceptent le fait qu'il y a trop de
monde à l'urgence et que bien des personnes devraient être vues dans une
clinique. Donc, ils acceptent le fait qu'il en faut moins, mais ils ne veulent
pas — ni
les spécialistes — que l'un prenne la place de l'autre, pour
les spécialistes, et que les médecins de famille disparaissent de
l'urgence. Ils ne veulent pas ça. Et je pense que ce serait malsain aussi.
On n'a pas
besoin d'un spécialiste en médecine d'urgence dans un hôpital communautaire de
grosseur moyenne, là. Les
spécialistes de la médecine d'urgence, dans leurs fonctions, là, c'est les
gros, gros hôpitaux. Il ne faut pas diminuer l'importance et le rôle des médecins de famille dans les urgences de
certains calibres au Québec. Alors, de demander si l'un va prendre la
place de l'autre, c'est non.
La dynamique,
c'est : il y a trop de monde à l'urgence, ce qui génère trop de médecins à
l'urgence. Ici, là, l'élément moteur,
c'est la non-disponibilité en première ligne, qui amène trop de monde à
l'urgence. Alors donc, ce n'est pas un problème, ça. Le problème, c'est :
Quand l'accès sera réglé en première ligne, ipso facto il y a moins de monde
qui va à l'urgence. Une urgence où il y en avait trois de jour va peut-être en avoir besoin d'un ou de deux, max,
ultérieurement. Donc, il y a un déplacement qui se fait.
Et, si, dans un hôpital... On va prendre un
hôpital simple, Gaspé. Bien, ce n'est pas demain matin que... Il y a une personne à l'urgence, il n'y aura pas zéro personne à l'urgence. Alors,
on ne peut pas demander à l'urgence de Gaspé d'être découverte un quart
de travail sur trois parce qu'on veut gérer la première ligne, ce n'est pas
comme ça que ça doit se faire, là.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Lamarre : L'exemple du ministre avec la Gaspésie, ça fait image, mais
moi, je pense qu'il y a une grande, grande
partie, là — qui est
toute la grande région de Montréal avec la région de Laval, l'île de Montréal
et la Rive-Sud — où,
là, clairement, le message qu'on envoie aux
médecins de famille, c'est... Et moi, je suis d'accord pour dire qu'on ne
veut pas faire en sorte qu'il n'y ait plus du tout de médecins de famille qui
contribuent à l'urgence ou que ce ne soient que des spécialistes, mais je nous mets en garde sur le passage. Cette
transition-là, elle doit être assumée, elle doit être planifiée et elle doit être évaluée de façon très rigoureuse,
parce que le message envoyé aux médecins de famille est très clair. On
leur dit : Écoutez, là, il faut que
vous soyez absolument dans un contexte où vous allez offrir tant de
disponibilités à l'extérieur. Alors,
il y a une transition qui ne sera pas nécessairement faite exactement dans
l'équilibre qui est souhaité pour tout le monde. Et je veux juste nous
mettre en garde pour qu'on puisse assurer que cette transition-là se fait bien.
Parce qu'un
médecin pouvait être intéressé à dire : Moi, je vais faire 36 heures
à l'urgence. On lui dit : Regarde, tu en gardes 12 et tu en fais 24 ailleurs. Il va peut-être dire :
Écoute, moi, tant qu'à en faire 12 puis 24, j'aime mieux faire mes 36 en
pratique privée dans un cabinet privé.
Je veux juste qu'on surveille le flux de
migration qui est engendré parce que les mesures sont quand même coercitives. On va parler, d'ici deux ans, de
diminution de salaire significative pour les médecins, et je me dis : Est-ce
qu'entre-temps il n'y a pas une planification qui devrait aussi prévoir une
certaine disponibilité transitoire de certains spécialistes pour garantir que
les urgences ne seront pas non plus complètement démunies?
Barrette : M. le Président, ça, c'est 26.10, c'est le rôle du DRMG, le
DRMG va avoir à faire ces évaluations-là. Le rôle du DRMG ne va pas être
de déshabiller l'urgence, le rôle va être... Parce qu'on l'a vu, là, dans les
articles précédents, le DRMG, lui, il évalue les besoins et donne les
autorisations et offre les plages. Si le DRMG décide de dire : Moi, j'ai un médecin qui me rentre dans la région, puis il
faut que je lui fasse faire 36 heures à l'urgence pour le couvrir, c'est ça qu'il va écrire. Sauf que, là,
ce ne sera plus le bar ouvert. Là, actuellement, c'est un bar ouvert. Le
médecin qui arrive en pratique peut aller où c'est qu'il veut, faire ce qu'il
veut, il a un minimum, mais le problème qu'on a aujourd'hui, c'est qu'il fait
des maximums.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon.
Mme Lamarre : Le DRMG, il a autorité
sur les médecins de famille, il n'a pas autorité sur les médecins spécialistes.
Alors, si la carence de médecins de famille est telle que l'urgence est
défavorisée, il faut qu'il y ait un mécanisme
de communication entre le directeur du CISSS... pour qu'il y ait aussi un
message qui se passe à l'intérieur de l'hôpital,
là — pas
l'établissement large, mais de certains hôpitaux — pour garantir qu'on ne se retrouve pas en
situation de pénurie aussi.
Donc, ça, ce n'est pas juste le DRMG qui peut le
gérer. Il faut absolument qu'il y ait également, du côté du CISSS, une capacité d'exercer certaines directives
à l'endroit des médecins spécialistes si jamais il y a des manques
d'heures qui se traduisent, là.
M. Barrette : Je pense
qu'il faut le prendre à l'envers, M. le Président, là. Je comprends la crainte
de la députée de Taillon, qui est correcte, là, formulée comme elle le
formule, mais, à ce moment-là, il ne faut pas se rendre là, tout simplement,
là. Alors, le DRMG ne se rendra pas là parce qu'on se rappellera que sa
priorité numéro un... hein, on se rappelle
que les AMP, là, la première, c'est les urgences. Alors là, ce scénario-là,
techniquement, ne peut pas arriver, ça serait un DRMG qui ferait une
erreur.
Encore
une fois, le problème que l'on a dans la première ligne, c'est trop de
certaines affaires. La limitation qu'on vient mener, ce n'est pas une limitation au sens où on empêche... ce
n'est pas une limitation au sens où on va diminuer l'accès à l'hôpital, c'est qu'on ne permettra pas
certains excès qu'on avait, ce qui indispose un certain nombre de médecins,
parce qu'on sait qu'il y a bien des médecins qui aiment mieux l'hôpital que le
cabinet. Alors là, ce qu'on vient faire, c'est :
Voici, là, l'hôpital, on va s'assurer que ce qui est nécessaire est là.
Maintenant, l'excédent, il va être en première ligne. Et, dans la première ligne, ça ne sera pas n'importe comment, ça
va être là où les besoins sont. Il n'y a pas grand monde, là, qui a
essayé ça, là. J'irais même jusqu'à dire personne.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon.
Mme Lamarre :
Bien, en fait, moi, j'essaie juste de traduire à la fois les préoccupations que
la population a principalement et, à travers
ça, bien, les préoccupations ou les obstacles qui ont été exprimés par les
médecins de famille comme par les spécialistes. Et, du côté des médecins
de famille, on a souvent évoqué que la difficulté d'avoir accès à des consultations rapidement au niveau des
spécialistes était problématique et faisait en sorte que, dans le fond, en
cours de parcours, le médecin de famille
n'avait pas d'autre choix lui-même que de dire à son patient : Va à
l'urgence parce que la consultation va être trop longue. Alors, on a
essayé... il y a quelques éléments, mais ils sont vraiment mineurs.
je me dis, de quelle façon on peut... À part par le mécanisme priorisé, là, le
mécanisme de priorité des rendez-vous
pour les spécialistes, il n'y a pas beaucoup de choses, hein? Moi, je veux
juste être sûre qu'on facilite et qu'on mette une pression comparable à l'ensemble des médecins. Parce que l'objectif
pour les patients, c'est qu'il y ait une collaboration et une réaction rapide, autant des spécialistes
que des médecins de famille, lorsqu'ils ont des situations qui
nécessitent une collaboration et un mécanisme de transition entre le médecin de
famille et le spécialiste.
Barrette : Je n'ai rien à rajouter, là, parce que, là, moi, je ne peux
pas aller faire un débat sur la perception que la députée de Taillon a
que ce que l'on fait, ce n'est rien. Ce n'est pas rien, là, il n'y a pas un
médecin spécialiste qui va venir ici, devant
une caméra, puis dire que ce n'est rien, ce qu'on fait vis-à-vis eux, là. Ce
que l'on fait, là, c'est exactement ce que la députée de Taillon
demande. Là, sa perception est que ce n'est pas assez. C'est son droit, je le
respecte, mais ce que l'on fait, c'est précisément ça, là.
Mme Lamarre :
Bien, c'est seulement à l'opération qu'on va pouvoir le voir. Et, comme on a un
seul levier du côté des spécialistes, alors qu'on en a de multiples du côté des
médecins de famille, on peut se questionner sur le fait que ce mécanisme-là, qui n'entrera pas en vigueur avant
janvier 2017, au mieux, pourra donner la transition adéquate. Moi, je vous le dis, ce qu'on entend des médecins
de famille, c'est que, pour eux, les mois roulent, là, les mois
circulent et donc, on peut rapidement, à
l'intérieur de la première année, avoir un déplacement important des médecins
de famille vers les cabinets. Et c'est une
partie de ce qu'on souhaite.
Moi,
je veux juste m'assurer qu'on ne crée pas une pénurie au niveau des ressources
médicales à l'urgence et je ne vois
pas de mesure compensatoire qui vont permettre... Le DRMG n'aura pas cette
autorité-là. Donc, c'est vraiment le directeur
général du CISSS qui va devoir être vigilant puis s'assurer qu'on va se
retrouver avec des effectifs suffisants aussi au niveau de l'urgence.
Barrette : Là, on n'a pas la même lecture, mais on se comprend dans
nos finalités respectives, qui sont en réalité communes.
Président (M. Tanguay) : Collègues, y a-t-il d'autres interventions
sur 9.2, l'amendement? Je n'en vois pas. Nous allons donc procéder au
vote sur l'amendement à 9.2. Alors, l'amendement est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Il est adopté.
Barrette : M. le Président, je ne sais pas quelles sont les
directives. Étant donné qu'il y a trois amendements qui sont liés et qu'on vient de faire le débat, est-ce
que je peux passer littéralement du coq à l'âne, en termes de chiffres
ou ce n'est pas une bonne idée?
Le Président (M.
Tanguay) : En formulant la question comme ça, ça regarde mal.
M. Barrette :
Non, hein, ça regarde mal?
Le Président (M. Tanguay) :
Mais on va vous aider à peut-être emprunter le même chemin, mais en le
qualifiant autrement. Première des choses...
M. Barrette :
Consentement...
Président (M. Tanguay) : Oui, consentement d'aller du coq à l'âne.
Première des choses, chers collègues, nous avons en liasse devant nous
des amendements qui se rapportent à des articles déjà adoptés. J'aurais besoin
d'un consentement pour qu'on puisse donc — et je veux vérifier le
consentement — les
recevoir en liasse et qu'ils soient... on puisse
les étudier dans l'ordre numérique. Je pense que c'est l'ordre logique dans
lequel ils se présentent. Alors, y a-t-il consentement pour que l'on
rouvre les articles qui ont été adoptés et qui font l'objet d'amendements?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M.
Tanguay) : Consentement. Alors, il y a consentement qui s'applique à
ce qui nous est déposé et dont nous avons
tous reçu copie. Donc, une fois que j'ai eu ce consentement-là, d'ouvrir des
articles déjà adoptés pour les
étudier sous forme d'amendements, il y a une suite logique que
j'appliquerais : le prochain serait l'article 13, par la
suite, 14, et ainsi de suite. Mais là vous proposez, M. le ministre, de passer
à quel article?
Barrette : Bien, c'est parce que 26.9 et 26.10 sont le corollaire de
ce que j'ai dit en préambule à 9.2, c'est le même débat, c'est le même
sujet qui traite, l'un, de l'obligation du ministre de faire des plans
d'effectifs, et, l'autre, du DRMG de faire sa gestion des effectifs.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, vous demanderiez le consentement pour faire...
M. Barrette :
Pour aller à 26.9 et 26.10, et revenir à 13 après.
Président (M. Tanguay) : ...et revenir à 13 après. Alors, y a-t-il
consentement pour passer à 26.9 et 26.10, et après évidemment, par la
suite, on reviendrait à 13?
Des voix :
Consentement.
Le Président (M.
Tanguay) : Il y a consentement, M. le ministre. Alors, je vous laisse
lire 26.9.
Barrette : Alors, 26.9, en tout cas, si je peux oser un commentaire
légal, c'est quasiment de la concordance de débat. Alors, 26.9 se lit
suit. Alors, insérer, après l'article 26.8, proposé par l'article 1 du
projet de loi, le suivant :
26.9.
L'article 91 de cette loi est modifié par l'ajout des alinéas
suivants :
«Dans le cadre des fonctions prévues à l'article 377, le ministre élabore annuellement un plan de répartition des médecins
de famille en première ligne. Ce plan
identifie les différents territoires d'une région où il est prioritaire de
combler des besoins en médecine de famille de première ligne ainsi que le
niveau de ces besoins.
«Le ministre peut, en
cours d'année, modifier ce plan.»
Alors,
ça, ce que ça dit, c'est simplement : Maintenant, il y a un plan d'effectifs régional et sous-régional, ce
qui n'a jamais été le cas avant.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, y a-t-il des commentaires sur l'amendement du
ministre à 26.9?
Lamarre : Juste en termes de concordance, on se trouve à être dans...
L'article 91 de la loi, c'est la LSSSS, ou la
Loi sur l'assurance
maladie, ou l'assurance...
M. Barrette :
C'est le p.l. n° 10.
Mme Lamarre :
Sur le p.l. n° 10?
Barrette : La loi n° 10 maintenant, là, ce n'est plus un p.l.,
là. 91, là, si on va voir la loi, c'est que c'était une fonction de
l'agence. Et, comme la fonction de l'agence est maintenant au CISSS, c'est au
ministre, là.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Taillon.
Lamarre : Ce que je comprends, là, c'est que le choix qui est fait, c'est qu'effectivement les pouvoirs
de l'agence ont été distribués soit entre le CISSS ou le ministre, et là le ministre
s'attribue ce pouvoir-là.
Barrette : ...l'essence de l'article,
c'est d'avoir un plan d'effectifs de première ligne qui est dans une
région en fonction des priorités dans la région et le niveau des
besoins. Là, on tombe dans des ratios populationnels
en fonction de données sociodémographiques, économiques, et ainsi de
suite, là.
Mme Lamarre : Est-ce que
le ministre peut expliquer qu'est-ce qu'il veut dire par — je lis la phrase au complet : «Ce plan identifie les différents territoires
d'une région où il est prioritaire de combler des besoins en médecine de
famille de première ligne, ainsi que le niveau de ces besoins»? Est-ce que ça
se détermine en termes d'heures de travail ou qu'est-ce que...
Barrette : Non, ça, c'est 9.1 dont on a discuté. Alors, le règlement
va avoir cette souplesse-là, O.K.? Quand je prenais l'exemple de la
banlieue de gens plus à l'aise, où tout le monde a 35 ans, deux enfants,
c'est peut-être plus approprié d'avoir des heures tôt que tard. Bon, ce genre
de mécanique là dont on va débattre dans un règlement.
Ici, ce que ça dit, là, ça dit :
Contrairement à ce qu'on a fait à date, où on fonctionnait par région
administrative — la
région n° 06, Montréal; la zone n° 03, Québec — là,
les entrées en médecine de famille, c'était dans la région, là, on va
dire : Non, non, non, là, c'est les besoins d'une région où il est
prioritaire dans la région. Là, moi, je vais diviser le territoire en
sous-territoires qui sont soit un RLS soit un CLSC, qui est en général la même
affaire. Quand il n'y a pas de CLSC, c'est
un RLS, à toutes fins utiles, là. Et là il y aura un plan d'effectifs
sous-régional, mais le plan d'effectifs sous-régional ne peut pas être une proportion populationnelle parce
qu'un territoire de CLSC d'Hochelaga-Maisonneuve ou du bas de la ville à
Québec, ce n'est pas la même affaire que Sillery et Westmount. Alors là, les
besoins ne sont pas nécessairement les
mêmes. Alors, on doit avoir la possibilité, dans la construction du plan d'effectifs
sous-régional, de prendre en
considération des données socioéconomiques, démographiques. Alors, ça, c'est
ça que ça dit, tout simplement.
Alors,
ça va plus loin qu'on n'a jamais été dans la gestion des effectifs : un,
il y a un plan d'effectifs régional, sous-régional;
deux, on l'adapte aux besoins de la population; trois, l'accès à la pratique dépend de se
conformer à ça. Ça — et
là je fais une dernière parenthèse, là — plus
loin que ça, c'est le «billing number» de la Colombie-Britannique, qui a
été battu en Cour suprême. On ne peut pas aller plus loin que ça. Mais
personne au Canada n'est allé près de ça, comme personne au Canada
n'a même un plan d'effectifs.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président, pour fins de compréhension... Je comprends bien
ce que le ministre nous explique, et c'est seulement par compréhension...
Évidemment, là, le ministre élabore annuellement un plan de répartition, puis il doit être très concret par rapport aux besoins, bien sûr. Source de données du ministre pour élaborer ce
plan-là, qui devra être à l'image des
besoins d'une région donnée, parce
qu'on parle carrément, on va dire, de quadrillage très serré?
M. Barrette :
C'est un quadrillage.
M. Paradis
(Lévis) : C'est un quadrillage très serré. Évidemment, le CISSS, bien
sûr. Parce que les sources d'information vont être excessivement appréciées,
même si le ministre se donne la possibilité de modifier le plan advenant qu'il y ait un constat... ou ce n'est pas
le même. Alors, quelles seront ses sources précises d'information pour l'élaboration et qui participera aux données que
devra recevoir le ministre pour arriver à un plan qui sera le plus
concret et qui reflète la réalité du terrain qu'on aura décidé de quadriller?
M. Barrette :
Il y avait une question là?
M. Paradis (Lévis) : Oui. Bien, je veux dire, elle est dans l'élaboration du plan... Je veux
dire, le ministre va aller chercher des données...
Barrette : Bien, il y a une multitude de données. Il y a les données
qui existaient dans les anciennes agences, par exemple. Il y a les données qui viendront des DRMG, des CISSS. Il y
a les données statistiques du Québec. On a une foule de données qui nous
permettent de faire ces évaluations-là, qui sont toutes publiques d'ailleurs.
plan d'effectifs, là, c'est quelque chose qui est déjà transparent, mais qui
n'est pas assez orienté, on va dire. Ce n'est pas assez directif
aujourd'hui. On fait les pas qu'on n'a jamais osé faire, là, mais sur des
paramètres raisonnés, là. Le premier
paramètre, c'est populationnel, c'est un ratio populationnel. Mais le ratio
populationnel, à un moment donné, on doit intégrer là-dedans des données
socioéconomiques et démographiques. Personne pauvre, âgées, ce n'est pas la
même chose qu'âgée et à l'aise, qui n'est pas la même chose que classe moyenne
à l'aise, et ainsi de suite. Ça, ces données-là,
là, c'est des données, là, qui existent, ce n'est pas quelque chose qu'on a
inventé. Il n'y a jamais eu de plan d'effectifs qui prenaient ça en
considération. Nous, nos modélisations, depuis que je suis ici, c'est comme ça
qu'on le fait, là.
M. Paradis (Lévis) : C'est un ensemble, là, si je comprends bien, là, c'est un ensemble
majeur, là, de données, là, énormes.
Barrette : Et ça, ça va être transparent. Il n'y a aucune... tu sais,
je veux dire, on n'a aucun intérêt à cacher ça, là, au contraire, là, parce que ça se peut que, pour
1 000 personnes, on... pour 10 000 personnes on en envoie
moins de médecins à un endroit. On
peut avoir un GMF dans un quartier pauvre et défavorisé et plus âgé, où on va
donner un GMF de 10 pour 10 000. Puis, dans un quartier plus à
l'aise, plus jeune, on va mettre 10 pour 15 000.
Quand on parlait des
fameux quotas, là, bien, c'est pour ça qu'on comptait le monde normal à 0,8,
pour ne pas envoyer 10 pour 15 000 dans
deux quartiers complètement différents. C'est là qu'arrive la construction plus
fine, là, le plan d'effectifs territorial. Mais ça, c'est toujours en
fonction du besoin de la population.
Président (M. Tanguay) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur
l'amendement 26.9 du ministre? Je n'en constate pas. Alors, nous allons procéder au vote sur
l'amendement 26.9. Chers collègues, l'amendement est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Adopté.
Merci. M. le ministre, 26.10.
M. Barrette : Le troisième, M. le
Président, qui était dans le même ordre d'idées et là qui touche le DRMG,
l'autorité locale pour la détermination des besoins, donc :
Insérer, après l'article 28.9, proposé par
l'article 1 du projet de loi, le suivant :
26.10.
L'article 97 de cette loi est
modifié par l'ajout des alinéas suivants :
«De plus,
dans le cadre de l'exercice de sa responsabilité d'assurer la mise en place et
l'application de la
partie du plan
régional des effectifs médicaux relative aux médecins omnipraticiens, le
département régional de médecine générale doit autoriser tout médecin omnipraticien soumis à une entente conclue
en vertu de l'article 19 de la
Loi sur l'assurance maladie (chapitre A-29) à exercer sa profession
dans la région. Pour ce faire, il lui délivre un avis de conformité au
plan régional des effectifs médicaux.
«L'avis de
conformité est délivré sous réserve du nombre de médecins omnipraticiens
autorisé au plan des effectifs médicaux de la région et dans le respect
du plan de répartition des médecins de famille en première ligne établi en application
du deuxième alinéa de l'article 91.
«Pour
permettre de combler les besoins identifiés au plan régional des effectifs
médicaux et au plan de répartition des médecins de famille en première
ligne, le département régional de médecine générale peut prévoir à l'avis de conformité, dans le respect des directives que lui
transmet le ministre, des obligations relatives au territoire de pratique
du médecin ainsi que la proportion de sa pratique qu'il doit exercer dans la
région ou dans un territoire de celle-ci.
«Le gouvernement peut, par règlement, établir
[des] modalités qui s'appliquent à toute demande d'avis de conformité et [...]
sa délivrance.»
Long texte pour dire ce dont la députée de Taillon
a parlé tantôt. Autrement dit, les cas... deux choses : un, le DRMG participe à ça, fait la gestion selon le plan
d'effectifs, a une souplesse pour permettre des cas particuliers, c'est
à ça que ça fait référence, mais tout ça
passe par un plan d'effectifs qui est établi de la façon dont on a parlé à
date. Alors, trois amendements, un pour le médecin, un pour le ministre,
un pour le DRMG.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Y a-t-il des interventions sur l'amendement 26.10 de M. le
ministre?
Mme Lamarre : En fait, suspendre
quelques minutes, juste le temps qu'on en prenne...
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Oui.
Mme Lamarre : C'est quand même une
page complète, là, qu'on vient de recevoir. Juste quelques minutes.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
nous suspendons, oui, nos travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 11 h 27)
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
nous sommes de retour. Collègue de Taillon, la parole est à vous.
Lamarre : Oui, alors, la
lecture de 26.10 nous montre que, vraiment, on resserre encore certaines contraintes au
niveau du lieu d'exercice des médecins de famille. J'ai évoqué à quelques
occasions, dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 20 : il y a
des mouvements de population qui sont importants dans certains secteurs. Moi, je
pense à Longueuil, là, où vraiment, dans les neuf dernières années, il y a eu
quatre résidences de personnes âgées tout près de l'Hôpital Pierre-Boucher,
avec un nombre autour de 1 500 personnes très âgées, là.
Donc, les
besoins en médecins de famille changent. Est-ce que le ministre
prévoit combler ces besoins nouveaux là en dirigeant les nouveaux
diplômés ou si ça pourrait aller jusqu'à déplacer des médecins d'un territoire
qui sont déjà installés à un endroit? Parce
que je pense... Il faut aussi être conscients, là, que ces
médecins-là ont des familles, ont des enfants à l'école, ont des...
Alors, de
quelle façon est-ce qu'on répond à des changements majeurs, là, au niveau de la population? Il y a des nouveaux quartiers aussi qui se développent. Je sais que, dans les
Laurentides, Lanaudière, il y a des quartiers nouveaux, populeux qui se développent rapidement
dans certaines banlieues. Alors, comment on va combler les besoins pour
ces nouveaux... ces déplacements de populations là?
M. Barrette :
Alors, M. le Président, d'ici le 31 décembre 2017, il y aura, grosso modo,
là, un peu plus de 1 000 médecins qui vont s'installer en pratique, et ce
que l'on met sur la table, c'est une mécanique pour diriger les médecins vers des
endroits spécifiques et non pour déplacer des médecins. Je ne pense pas que je
puisse avoir le pouvoir constitutionnel ou de la charte de déplacer des
médecins.
contre, je mets en place, comme la députée
de Taillon l'a dit avec
justesse... C'est vrai que c'est des contraintes, mais c'est des contraintes qui visent à diriger
vers les médecins, vers les besoins. Alors, si je prends l'exemple
qu'elle vient de donner pour Longueuil,
c'est clair que, justement, un plan d'effectifs bien géré va permettre
d'envoyer des médecins à des endroits où les besoins augmentent.
Alors, c'est fait
pour ça. C'est fait spécifiquement pour ça. On pourrait aller jusqu'à dire que
c'est fait pour qu'il y en ait moins à Montréal et dans certains autres
endroits, là. Mais, à l'heure où on a des cohortes qui sont des cohortes record, on ne peut pas, à mon avis, se
permettre de ne pas avoir un outil comme celui-là, qui dirige ces finissants-là
en grand nombre, plus que jamais, vers les besoins. Si on ne fait pas ça, là,
on n'a rien fait, là.
Lamarre : Bien, moi, je me
réjouis qu'on ait plus de médecins de
famille qu'on puisse diriger, là, dans les nouveaux qui vont arriver, et je voulais justement m'assurer qu'on ne
soit pas dans un contexte, là, de coercition pour faire en sorte
d'obliger des gens de se déplacer d'un territoire à un autre d'un CISSS.
Ma question,
c'est : Est-ce que... Il reste qu'on comprend bien que la médecine,
l'exercice de la médecine de famille en GMF... On a entendu aussi beaucoup
de médecins qui sont près de la retraite et qui disent : Moi, je vais
quitter la pratique plutôt que de me soumettre aux exigences. Et on ne critique
pas la pertinence de ces exigences-là, on fait juste dire : Il faut être
bien conscients qu'il y en a, des exigences de plus.
Est-ce
qu'il y a eu un sondage qui a été fait auprès des médecins, je ne sais pas, qui
ont 50 ou 55 ans et plus, pour savoir comment ces gens planifiaient?
Parce que ça fait longtemps, moi, que j'entends que les nouvelles cohortes de
médecins vont régler spontanément les choses. On l'a vu, ça n'a pas réglé
spontanément les problèmes d'accès, et là on
sait qu'il y a quand même des exigences supplémentaires qui vont toucher
des médecins qui ont une pratique, ou qui ont une clientèle, ou qui ont une façon de faire qui est là depuis
longtemps puis qui disent : Moi, je ne me sens pas capable de
m'ajuster à toutes ces nouvelles obligations là. Est-ce qu'il y a eu quelque
chose qui a été évalué à ce niveau-là?
Barrette : Il n'y a pas de
sondages, M. le Président, qui ont été faits. Les fédérations, et surtout
la FMOQ, a été consultée, et les
statistiques ont été regardées, analysées. Je l'ai souvent dit, je l'aurais dit
encore ce matin, les médecins d'aujourd'hui, près de la retraite, ils sont quasiment à 100 % au-delà de ce
qu'on demande. Ce n'est pas eux autres, là, auxquels on doit s'adresser. Eux autres, là... J'en connais et j'en ai
rencontré des dizaines, là... La FMOQ, d'ailleurs, est d'accord avec
ça, les médecins de cette génération-là, ce qu'on demande, ce n'est rien, là.
Ce n'est pas rien. Je ne veux pas dire que ce n'est rien, là, mais c'est
en dessous de ce qu'ils peuvent donner ou donnent déjà.
Alors,
l'impact de ce projet de loi là et de ces contraintes-là ne les atteint pas.
Je ne vois pas comment ça peut les atteindre,
d'aucune manière. La seule manière où je peux voir que ça peut les atteindre,
c'est dans la passation des armes. Alors,
c'est sûr que la pratique en cabinet solo, ce n'est pas quelque chose qui a un avenir aujourd'hui. Maintenant, c'est tout,
ça arrête là, là. Mais maintenant ces transferts de pratique là, bien, ils vont se
faire dans des GMF, là, normalement, par
le guichet d'accès. Alors, moi, je ne vois pas comment les médecins plus près
de la retraite seraient affectés de
façon significative par quoi que ce soit dans le projet de loi.
Lamarre : En fait, il y a plusieurs
éléments qui peuvent quand même influencer cette pratique-là. Je suis d'accord
que ce n'est pas au niveau des heures de travail que la plupart de ces
médecins-là vont sentir leur pratique bouleversée, mais ça peut être, par
exemple, dans les mécanismes d'accès, de rendez-vous en temps opportun, ça peut
être dans le dossier médical électronique, ça peut être dans des changements au
niveau des activités médicales particulières. Donc, il y a différents
paramètres qui viennent quand même, pour eux, changer certains aspects de leur
pratique, et ça pourrait conduire à...
voulais juste vérifier si on a pris la mesure de ce que ça représentait. Je
pense qu'on a manqué d'anticipation dans
notre façon... On a présumé certaines choses puis là on essaie de faire en
sorte que, dans les prochaines années, on n'ait pas d'effet de surprise en disant : Oui, mais on n'avait pas prévu
qu'on avait tant de médecins qui travaillaient 50 heures par semaine et, malgré toute notre bonne volonté, avec
les nouveaux médecins qui en travaillent 35 ou 36, qui est tout à fait conforme à une semaine normale... mais on avait historiquement des
médecins de ces groupes d'âge là qui travaillaient et travaillent encore beaucoup, beaucoup d'heures,
et ça, quand ces médecins-là quittent, ça fait vraiment un vide au
niveau de l'accès.
Alors,
juste anticiper un peu, voir s'il y
avait quelque chose qui était prévu pour anticiper ce déplacement ou ce
départ de la pratique de médecins qui ont de l'expérience et qui ont des
clientèles souvent très, très nombreuses.
Barrette : Tout ce que je peux répondre, c'est que les mieux placés
pour faire cette appréciation-là, ça demeure la FMOQ, qui, elle, ne voit
pas ce problème-là.
Président (M. Tanguay) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions sur
l'amendement 26.10? Collègue de Taillon.
Lamarre : Le ministre ne prévoit pas faire lui-même aussi certaines
vérifications par rapport à ça? Parce que je pense que ça mérite...
M. Barrette :
Je n'ai pas prévu de faire des sondages, là. Comme j'ai dit, je pense que
l'organisation la plus appropriée pour faire cette appréciation-là... En
général, les fédérations médicales sont assez rapides à soulever des
objections. En général. Je vous dis ça de même. J'ai déjà fait ça. Et là je
n'ai pas ça, là, de soulevé par la FMOQ.
Le Président (M. Tanguay) : Alors, collègues, s'il n'y a pas d'autres
interventions, nous allons procéder au vote sur l'amendement 26.10. L'amendement
est-il adopté?
Président (M. Tanguay) :
Alors, il est adopté. Nous sommes donc de retour à l'amendement proposé par le ministre à l'article 13. M. le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, 13?
Le Président (M.
Tanguay) : Non, c'était 26.9, 26.10, après ça on revenait à 13.
Barrette : Ah non!
Excusez-moi, M. le Président, je me suis mélangé dans mes feuilles. Alors, M. le Président, donc, nous revenons, comme
vous l'avez dit avec justesse et erronément dans mon cas, à l'article... à l'amendement,
donc, à 13. Alors, nous proposons... nous déposons l'amendement suivant :
Article 1 (article
13) : Modifier l'article 13, tel que remplacé par l'amendement 26 — la
numérotation du secrétariat — par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «de l'article 9.1» par «des articles 9.1 et 9.2».
Dans
l'article 13 adopté initialement, il y avait une référence à 9.1. Maintenant,
on a un complément, qui est 9.2. C'est de la concordance.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. Y a-t-il des interventions? Je n'en vois pas. Alors,
nous allons procéder au vote sur l'amendement à l'article 13. Est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, il est adopté.
M. Barrette :
Alors, M. le Président, la même chose pour 14, nous déposons un
article de
concordance à l'article 14, qui se lit comme suit :
Article
1 (article 14) : Modifier l'article
14, tel que remplacé par l'amendement 33, par le remplacement, dans le premier
alinéa, de «l'article 5» par «l'un des articles 5 et 9.2». Même dynamique.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions sur l'article
14? Je n'en vois pas. Alors, nous allons procéder au vote. L'amendement
à l'article 14 est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, il est adopté. M. le ministre.
Barrette : Alors, nous
déposons un autre amendement, pour les mêmes raisons, à
Article 1
(article 15) :
Modifier
l'article 15, tel que remplacé par l'amendement 35, par l'insertion, dans le premier alinéa et après «6,», de
«9.2,».
Président (M. Tanguay) : Y a-t-il
des interventions? Alors, nous allons procéder au vote sur l'amendement
du ministre à l'article 15. Est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Adopté. M. le ministre, l'article...
M. Barrette :
Alors, un amendement supplémentaire à 25. Alors :
Remplacer l'article
25, tel que remplacé par l'amendement 48, par le suivant :
L'article 65 de
cette loi est modifié par le remplacement du quatrième alinéa par le
suivant :
régie est tenue de divulguer à tout établissement et à tout département régional de médecine
générale visé par la
Loi sur les
services de santé et les services
sociaux (chapitre S-4.2) les renseignements concernant la rémunération
d'un médecin omnipraticien relative à
l'exercice des activités médicales visées à l'article 4 de la Loi
favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée (indiquer ici l'année et le numéro de
chapitre de
cette loi). Elle est également tenue de divulguer à tout département
régional de médecine générale les renseignements concernant la rémunération
d'un tel médecin lui permettant [d'assurer le] respect de toute obligation
visée à l'article 9.2 de cette loi ainsi
qu'une liste à jour de tous les médecins omnipraticiens qui exercent dans la
région de ce département. Cette liste doit préciser, pour chaque
médecin, la proportion de sa pratique effectuée dans la région et dans chaque territoire
identifié au plan de répartition des
médecins de famille en première ligne élaboré en application du deuxième alinéa
de l'article 91 de la loi modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau
de la santé et des services sociaux notamment
par l'abolition des agences régionales (chapitre
0-7.2). De plus, la régie produit et transmet au ministre de la Santé et des
Services sociaux les statistiques qu'il juge nécessaires à l'élaboration et à l'évaluation
de la mise en oeuvre de tout plan de répartition des médecins de famille en
première ligne.»
Alors, ici, M. le Président, c'est essentiellement la question de permettre à la régie de transmettre les renseignements nécessaires au DRMG pour faire son travail en vertu de l'article 9.2 pour cette gestion des plans d'effectifs
médicaux. C'est un long article, là, qui vient simplement habiliter la régie à
donner les renseignements nécessaires pour la gestion des effectifs médicaux.
Le Président (M. Tanguay) :
Merci beaucoup. Y a-t-il des interventions? Collègue de Taillon.
Lamarre : Ce que je comprends, c'est que le ministre considère que c'est une information pertinente pour le DRMG et je comprends... Est-ce que ça va être aussi transmis aux CISSS, cette information-là, au niveau des médecins de famille?
M. Barrette :
Le DRMG faisant
partie du CISSS, la direction du CISSS y a accès.
Mme Lamarre :
O.K. Donc, c'est une donnée pertinente de connaître un peu les tenants et
aboutissants des mécanismes de rémunération qui touchent les médecins de
famille, les médecins omnipraticiens.
Et je pense qu'effectivement
ça permet de retracer certaines orientations, certaines pratiques.
Jusqu'où
ça va aller au niveau de la précision des renseignements, au niveau,
par exemple, des actes? Est-ce que c'est des renseignements généraux sur seulement le
montant global? Jusqu'où ça va aller dans l'esprit du ministre?
M. Barrette :
Alors, ça ne va pas... La loi ne permet pas d'avoir des informations transmises
nominatives du patient, mais du docteur.
Jusqu'où ça va? Ça va jusqu'à ce qui est nécessaire
pour faire la gestion des effectifs médicaux, mais ça ne va pas jusqu'à divulguer quoi que ce soit qui traite de
patients. Donc, c'est des montants d'argent puis des choses comme ça, des proportions, des choses de même.
C'est la loi de l'accès à l'information qui arrêterait la régie pour aller donner
des informations nominatives.
Lamarre : Mais je pense
à des médecins qui pourraient simplement orienter leur pratique, par exemple, dans des cliniques de voyages
santé ou des choses comme ça. Est-ce qu'il y a une donnée...
M. Barrette :
Là, ce n'est pas dans la RAMQ, ça.
Mme Lamarre :
Est-ce qu'il y a une donnée qualitative à travers ça ou c'est seulement un
montant de rémunération? Je ne me positionne
pas dans un sens ou dans l'autre, je veux juste savoir quelle est la nature...
jusqu'où ça va être précis, cette information-là.
M. Barrette :
Alors, ça peut aller aussi loin... Bon, récemment, j'ai été saisi d'un cas, récemment,
où une administration demandait des choses nominatives de patients, là. Ça
allait trop loin. Alors, elle s'est fait dire non par la régie.
Maintenant, des
choses qui n'identifient pas les patients, des profils de pratiques, ça, c'est
faisable. Puis, ici, ça serait nécessaire,
là, parce qu'il y a des proportions de volume d'une place à l'autre, et ainsi
de suite. Mais ça ne peut pas... la régie va automatiquement dire non si
on va dans le patient.
Mme Lamarre :
Donc, on va être dans la nature de l'acte.
M. Barrette :
On va aller dans la nature de l'acte.
Mme Lamarre :
Si on a un médecin...
Barrette : On peut aller dans la nature de l'acte pour avoir sur la
base d'un code et d'une fréquence, mais pas avoir le lien avec
l'individu.
Mme Lamarre :
C'est ça, on est d'accord. Mais, par exemple, une pratique en... Je donnais
l'exemple tantôt, là, en médecine de voyage.
On peut avoir un médecin qui, dans un GMF, déciderait de développer cette
pratique-là et qui, on verrait, par
la nature... les actes facturés seraient des actes majoritairement orientés
vers santé voyage, ce qui n'est pas négatif, là. Je vais juste dire...
M. Barrette :
...même jusqu'à dire que c'est le genre de choses qu'on va faire nous autres
même.
Mme Lamarre :
Vous voulez dire...
Barrette : Comme gouvernement. Si on fait, par exemple, référence au fonctionnement interne d'un
GMF, là, si on fait référence au
fonctionnement interne d'un GMF, ça peut
être dans l'intérêt,
à un moment donné, de voir si les GMF ont des niches pour
ajuster les règlements, des choses comme ça. Alors, ça, c'est aujourd'hui
faisable.
Mme Lamarre : Est-ce
que le ministre peut parler de d'autres types de statistiques qu'il aimerait
avoir? Dans le dernier paragraphe, là : «De plus, la régie produit et transmet au ministre de la Santé et des Services sociaux les statistiques qu'il juge nécessaires
à l'élaboration et à l'évaluation de la mise en oeuvre de tout plan de
répartition des médecins de famille en première ligne.»
Barrette : Je n'ai pas
d'idée préconçue à cette étape-ci, mais cette partie-là de l'amendement me permet de faire des analyses que je ferais suite, par exemple,
au commentaire d'un député en Chambre qui me dirait, comme vous le
faites : Voici, avez-vous regardé telle affaire? Ah! bonne idée. Alors là,
n'ayant pas la science infuse et absolue, et l'historique
médical étant un historique d'adaptation aux règles, il est possible que, pour
voir comment l'adaptation se fait, il soit nécessaire de faire certaines
analyses.
Mme Lamarre : Est-ce que ça pourrait
aller jusqu'à des statistiques sur les profils de médicaments prescrits, par
exemple?
M. Barrette : La réponse, c'est oui,
mais ça, c'est dans un autre ordre. Ce n'est pas dans le cadre de ça.
Mme Lamarre : Ce ne serait pas ce
type de statistiques là que vous pourriez demander à ce moment-ci.
Barrette : C'est-à-dire que c'est une chose que j'ai l'intention de
regarder parce que, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises sur la
place publique, le Québec prescrit beaucoup, et je pense, M. le Président,
que la députée de Taillon est probablement
d'accord avec moi. Je dis probablement, là, sans porter d'intention. À un
moment donné, peut-être qu'il doit y
avoir ou devrait y avoir une rétroaction, mais là ça passe par le régime
d'assurance médicaments, là. Alors, c'est le genre de choses que la...
Mme Lamarre : ...dans ça
spécifiquement.
Barrette : Non, non, parce que ça, pour moi, ici, là, il faut juste
retenir que la RAMQ est un dépositaire d'une base de données assez spectaculaire sur laquelle on peut faire un paquet
d'analyses. L'analyse du profil médicamenteux... de prescriptions d'un
médecin, c'est faisable. L'industrie le fait. On le sait tous les deux, là, ça
se fait, ça.
On comprendra
que le profil de prescriptions d'un médecin, c'est loin de la gestion du plan
d'effectifs, mais on peut faire des liens, par exemple, là. On se
comprend, là.
Mme Lamarre : ...je me souviens, M.
le Président, quand j'étais à l'INESSS, où on avait fait une étude avec le Collège des médecins et l'Ordre des
psychologues et où on avait, par exemple en lien avec le TDAH, le trouble de
déficit de l'attention avec et sans
hyperactivité, là, avec le H... avec le A de la fin, et où on avait démontré
qu'il y avait, dans le fond, un très
grand nombre de médecins de famille, 80 %, qui n'avaient qu'un ou deux
patients qui avaient ce problème-là. Donc, ça posait la question et ça
donnait un besoin de formation ou besoin de concentrer la prise en charge de
ces patients-là auprès d'équipes de professionnels qui sont peut-être plus
dédiés à ce type de patient là. Mais ce que je comprends, c'est que ça ne passerait
pas par ce type de statistiques là dans l'article 25.
Barrette : Mais, en même temps, ce que la députée de Taillon soulève, M.
le Président, c'est très
pertinent, mais ça passe par un autre chemin.
Le Président (M. Tanguay) : Merci
beaucoup. Alors, sur l'amendement à l'article 25, y a-t-il d'autres
interventions? Oui, collègue de Taillon.
Lamarre : À ce moment-ci, M. le Président, je demande la possibilité de présenter... je ne sais pas si ce sera
un sous-amendement ou un amendement, mais j'aimerais qu'on puisse envisager — je
sais que le ministre va probablement réagir, mais je pense que c'est pertinent — d'avoir
un pendant de cet article-là pour les spécialistes, savoir d'où... concernant la rémunération d'un médecin spécialiste, quand est-ce que les chirurgies ont lieu.
Est-ce qu'elles ont lieu plus souvent
les fins de semaine que sur semaine? Est-ce qu'elles ont lieu dans tel
contexte? Je pense qu'il y
a énormément d'intérêt aussi à avoir le pendant de cet article-là,
alors, pour les médecins spécialistes également.
M. Barrette : On en débattra peut-être
éventuellement, mais c'est parce que ces données-là ne sont pas des données à la RAMQ, c'est des données d'établissement. Et ici cet amendement-là, ça ne peut pas être un sous-amendement, là, parce que cet amendement-là,
c'est un amendement de gestion des plans d'effectifs, de l'information à donner
au DRMG pour qu'il fasse... Il n'y a pas le pendant, là, chez les spécialistes.
Mme Lamarre : Mais, sur le principe du contenu au niveau
des renseignements qui concernent la rémunération d'un médecin, beaucoup déplorent, autant
pour les médecins de famille que pour les spécialistes, que l'hôpital
a du mal à évaluer les coûts... Dans le fond, elle absorbe les coûts
indirects de certains choix qui sont faits par les médecins.
Je donne des
exemples, là. Quand, dans un contexte, des médecins décident de faire des
chirurgies de façon plus importante,
en tout cas, de
façon très importante
les fins de semaine, ça a des impacts sur les coûts du reste du
personnel de l'hôpital. Donc, il
y a... simplement d'avoir un
portrait, si on a quatre chirurgiens puis que, dans le fond, il y en a juste un qui fait énormément de chirurgies les fins de semaine, on est juste
conscients de ça, on peut se dire : Il est plus disponible que les autres pour faire des chirurgies les fins de
semaine, ou on peut dire : Est-ce qu'il choisit de faire plus de
chirurgies les fins de semaine parce que c'est plus rentable ou pour d'autres
raisons?
Je pense qu'il y a
des informations intéressantes à avoir aussi pour une direction d'un établissement, là, d'un grand CISSS au niveau
du choix et au niveau de l'argent, d'où va l'argent parce que
les équipes de l'hôpital dépendent aussi de ces choix qui sont
faits.
Barrette : Là, je comprends,
M. le Président, c'est juste que... (panne de son)... une chose.
La première, c'est que ce dont parle la députée
de Taillon, ça n'a rien à voir avec la gestion des effectifs
médicaux de première ligne, alors que
25, ça ne traite que de ça. On parle ici de ça, là, des médecins de famille,
des omnipraticiens. Alors, ça, ça ne traite pas des omnipraticiens. Deuxièmement, les données auxquelles fait référence la députée
de Taillon existent déjà. L'hôpital a ça comme données, et l'exemple qu'elle donne, c'est un problème
qui a déjà existé et qui est archiconnu, archigérable
par les administrations qui... certaines ne
l'ont pas fait, moi, je l'ai déjà vu, mais là ça tombe dans l'imputabilité des
gestionnaires. Là, on a changé d'univers, on est dans la loi n° 10.
Mais
l'exemple que la députée de Taillon, M. le Président... qu'elle prend, c'est un
exemple qui est gérable dans toute sa splendeur, dans sa totalité. Au
moment où on se parle, l'hôpital a cette donnée-là au complet, au complet. C'est des données publiques et ce sont eux les
émetteurs et récipiendaires de la donnée. Ce n'est pas la RAMQ, c'est
eux, les hôpitaux. Ils l'ont, cette donnée-là, et c'est vrai, là, c'est vrai
qu'il y a des hôpitaux, dans l'ancien régime, qui ne faisaient pas leur job. Parfaitement d'accord avec ça. Je peux en nommer
quelques-uns, ce que je ne ferai évidemment pas, là, mais ça existe. Ça a déjà existé. Mais les hôpitaux ont la donnée au
moment où on se parle, c'est hyperconnu, c'est eux qui la produisent, la donnée, en plus. La donnée
de rémunération est publique. Ils savent tous ça, là. J'en ai vu moi-même,
des affaires de même.
Maintenant,
si précédemment les administrations ne faisaient pas leur job, bien, c'était
leur problème. Là, ça va être encore plus leur problème s'ils ne la font
pas, mais ça, c'est une autre affaire. On peut-u l'adopter, là, ou...
Le Président (M. Tanguay) : Non. Y
a-t-il d'autres interventions?
Mme Lamarre : Bien, moi, j'essaie de
voir de façon macroscopique sur un territoire donné dans un CISSS. C'est sûr
que l'information peut être disponible, mais elle n'est pas nécessairement
toujours demandée, elle n'est pas nécessairement
toujours... Là, ici, on dit : La régie est tenue de divulguer à tout
établissement et à tout département visé les renseignements concernant...
Donc, on
comprend que la régie, maintenant, elle n'a pas à attendre une demande. Ça fait
partie de ses obligations constantes
de fournir ce genre d'information pour permettre un éclairage le plus approprié
possible. Il y a une différence entre obtenir systématiquement ce
rapport à des périodes données, une fois ou deux par année, et avoir à le
demander parce qu'on pense qu'il y a
peut-être des améliorations possibles. Je rappelle que, dans le projet de loi
n° 20, on a quand même quelques articles, ils sont peu nombreux,
mais qui indiquent quand même qu'il y a certaines améliorations possibles du
côté des choix que les spécialistes font à l'intérieur de leur lieu de pratique
et que ces informations-là prises toutes ensemble...
Moi,
j'imagine très bien un DRMG qui pourrait évoquer le fait que les médecins de
famille du territoire n'ont pas pu, par exemple, rencontrer leur taux
d'assiduité ou qu'un médecin dise : Moi, je n'ai pas pu rencontrer mon
taux d'assiduité parce que les demandes de
consultation que je faisais en spécialité n'ont pas été prises en charge dans
les délais prescrits. Je crois que ça
serait intéressant d'avoir le pendant, puis peut-être qu'à ce moment-là le
spécialiste pourrait dire : Bien,
moi, j'ai choisi de faire tel type d'activité qui donnait tel type de
rémunération par rapport à tel autre type d'activité qui donnait tel
autre type de rémunération.
Barrette : Moi, je comprends bien ce que la députée de Taillon dit,
là. Tout ce que je dis, là, c'est que ça ne peut pas être dans 25. Bon. Moi, je l'invite à peut-être prendre la
pause qu'on aura dans quelques minutes, là, pour penser à un autre
amendement.
Maintenant,
ce à quoi la députée de Taillon s'adresse, on peut le faire déjà, là, alors que
les amendements que moi, je dépose,
c'est des choses qu'on ne faisait pas et qu'on ne pouvait pas faire. Là, ce
dont on parle, là, à l'instant, c'est des choses qu'on peut faire déjà et non seulement qu'on peut faire, mais
qu'on va faire. Alors, ce n'est pas la même dynamique. On peut le faire, c'est faisable au moment où on
se parle, alors que les amendements que je dépose, ça ne se faisait pas,
c'est des nouvelles affaires. Je ne conteste
pas le fond, là, de l'affaire, là. C'est juste que là, 25, si on s'entend, là,
que ça ne touche pas les médecins
spécialistes, c'est fait pour la première ligne puis c'est des nouvelles
affaires. C'est juste ça que je dis.
Le Président (M. Tanguay) : Y a-t-il
d'autres interventions?
Lamarre : Alors, je suis d'accord avec le ministre pour dire que 25
n'est pas l'article où ça doit s'inscrire, mais j'entends du ministre
qu'il aurait peut-être une ouverture à ce que je dépose un amendement qui
s'insérerait ailleurs dans le projet de loi,
cet après-midi, et on peut y travailler pendant la période, là, qui nous sera
dévolue entre la prochaine minute
qu'il nous reste de travaux et cet après-midi, et je verrai à faire un
amendement qui va dans l'esprit de ce que le ministre dit.
M. Barrette : ...l'adopter pour
finir 25, là...
Le Président (M.
Tanguay) : Y a-t-il d'autres interventions sur l'article 25?
M. Barrette : ...en attendant le
prochain amendement, là.
Lamarre : ...M. le Président, c'est qu'il y a une date, la date et le
numéro de chapitre, là, de la loi. Est-ce que je comprends que ces
renseignements-là vont... pourraient être demandés avant décembre 2017 ou
janvier 2018?
M. Barrette : Au décret, on peut le
mettre à n'importe quelle date, à n'importe quelle date.
Mme Lamarre : En fait,
éventuellement, ce qui serait intéressant, c'est de savoir, dans l'ensemble des
règlements... des articles qui sont prévus
au projet de loi n° 20, lesquels
le ministre prévoit appliquer immédiatement et lesquels il prévoit
appliquer seulement en janvier 2018, pour qu'on puisse prendre la mesure
des changements.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
chers collègues, j'ai laissé quelques secondes supplémentaires, mais on va régler deux choses avant de suspendre. La
première des choses, vous saviez, on a toujours l'application de la
règle, les articles que l'on a adoptés tel qu'amendés, 13, 14, 15, il faudra
les adopter tels qu'amendés.
Alors, je vous
demande, sur les articles dont nous avons disposé un peu plus tôt, 13 tel
qu'amendé, 14 tel qu'amendé et 15 tel qu'amendé sont-ils adoptés?
Le Président (M. Tanguay) : Adopté.
Alors, nous enlevons tout doute à cet effet-là.
Alors, chers collègues, compte tenu de l'heure,
la commission suspend ses travaux jusqu'après les affaires courantes, vers
15 heures. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 1)
Le Président (M. Tanguay) : Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux.
Je vous
rappelle que le mandat de la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 20, la Loi édictant la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille
et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de procréation assistée. Je demande à toutes les personnes présentes dans
la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de votre téléphone
cellulaire.
Avant la
suspension de nos travaux, nous étions rendus, donc, à l'amendement du ministre à l'article 25 introduit par
l'article 1. Y a-t-il des commentaires?
M. Barrette : Oui, M. le Président,
l'article n'avait pas été adopté, même si on avait presque terminé le débat, mais on avait eu des échanges avec, particulièrement, la députée de Taillon à propos d'une certaine demande. Et,
pendant l'heure du dîner, on a travaillé un amendement, M. le Président, qui
irait dans le sens de ce que la députée de Taillon désirerait, si elle le
désire encore.
Alors, j'ai
fait circuler, il y a quelques instants, la chose. Et, pour ce faire,
avec consentement, je demanderais le retrait
de l'amendement à l'article 25, que j'ai déposé ce matin,
pour le remplacer par celui que vous avez entre les mains.
Président (M. Tanguay) : O.K.
Alors, je prends pour acquis que les collègues ont reçu copie de ce qui serait le nouvel
amendement. Quant à la demande de consentement d'en faire la substitution, y
a-t-il des commentaires? Consentement.
Alors, je
constate qu'il y a consentement pour retirer l'amendement du ministre à l'article 25. Donc, je constate qu'il
y a consentement.
M. le ministre, vous pouvez peut-être nous
lire...
M. Barrette : ...le nouveau.
Le Président (M. Tanguay) : ...la
nouvelle mouture.
M. Barrette : Alors, M. le Président,
j'ai fait circuler à nos collègues le texte original de la loi ainsi que l'amendement
proposé, puisqu'il ne vient que modifier par quelques mots le texte original.
J'en fais la lecture. Alors,
article 1 (article 25) :
Remplacer l'article 25, tel que remplacé
par l'amendement 48, par le suivant :
L'article 65 de cette loi est modifié
par le remplacement du quatrième alinéa par le suivant :
«La régie est tenue de divulguer à tout établissement
et à tout département régional de médecine générale visés par la
Loi sur les services de santé et les services sociaux
(chapitre S-4.2) les renseignements concernant la rémunération d'un médecin nécessaire
à la vérification du respect de toute obligation prévue à la Loi favorisant l'accès aux services de médecine de famille et de médecine
spécialisée (indiquer ici l'année et le numéro de
chapitre de cette loi).
Ces renseignements doivent notamment préciser, pour chaque médecin, la proportion de
sa pratique effectuée dans chaque région
et, le cas échéant, dans chaque territoire identifié au plan de répartition des médecins de famille en première ligne élaboré en application du deuxième alinéa de l'article 91 de la Loi
modifiant l'organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par
l'abolition des agences régionales (chapitre O-7.2). De plus, la
Régie produit et transmet au ministre de la
Santé et des Services sociaux les statistiques qu'il juge nécessaires à
l'élaboration et à l'évaluation de la mise en
oeuvre de tout plan de répartition des médecins de famille en première ligne.
Les renseignements visés au premier alinéa ne doivent pas permettre
d'identifier [la] personne assurée.»
Juste une petite seconde. Alors, M. le Président, ici, le changement qui apparaît anodin ne l'est pas. C'est
qu'on parle ici des renseignements concernant la rémunération d'un médecin nécessaire
à la vérification. Alors, que ce soit un médecin de famille ou un médecin
spécialiste de la FMSQ, la loi s'applique aux deux.
Président (M. Tanguay) :
Merci. Y a-t-il des commentaires? Pas de commentaire? Alors, chers collègues,
nous allons procéder au vote sur l'article 25. L'amendement du ministre
est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
il est adopté.
Maintenant,
monsieur... Nous devons statuer sur l'article 25 tel qu'amendé. S'il y a des interventions, nous
allons les recevoir avec plaisir. Sinon,
nous allons voter sur l'article 25 tel qu'amendé. Y a-t-il des interventions? Je
n'en vois pas. Alors, l'article 25, tel qu'amendé, est-il adopté?
Le Président (M. Tanguay) : Il est adopté.
M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, nous introduisons un nouvel amendement. Alors, insérer après l'article... à 25.4,
je m'excuse : Insérer, après l'article 25.3, proposé par l'article 1
du projet de loi, l'article suivant :
25.4. Cette loi est modifiée par l'insertion,
après l'article 22.0.0.0.1, du suivant :
«22.0.0.0.2. Le gouvernement peut, par
règlement, prescrire le tarif maximal qui peut être exigé d'une personne assurée pour un service de nature
administrative lié à un service non assuré ou non considéré comme assuré
fourni par un médecin soumis à l'application
d'une entente qui exerce dans un cabinet privé ou un centre médical spécialisé
au sens de la
Loi sur les services de santé
et les services sociaux (chapitre S-4.2) ou fourni par un médecin
désengagé qui exerce dans un cabinet privé.
gouvernement peut également, par règlement, prescrire le tarif maximal qui peut
être exigé d'une personne assurée pour un service fourni par un médecin
non participant.
«Le médecin qui contrevient à une disposition
d'un règlement pris en application du présent
article commet une infraction et est passible d'une amende de
1 000 $ à 2 000 $ et, en cas de récidive, d'une amende de
2 000 $ à 5 000 $.»
Alors, ça, M.
le Président, c'est une réponse directe aux critiques — au pluriel — formulées par la Protectrice du citoyen quant à l'encadrement de deux
activités : un, les services non assurés... Alors, je rappelle à nos
collègues et à la population qui nous écoute qu'un service non assuré,
l'exemple type étant un formulaire d'assurance, est, au sens de la loi d'aujourd'hui et depuis le début de
l'assurance maladie, non assuré et exposé au libre marché, ce qui fait qu'il
y a parfois, là aussi, des abus. La Protectrice du citoyen l'a mentionné.
Alors, la
première
partie de cet amendement-là vient, par loi et règlement, permettre au
gouvernement de mettre une balise maximale de ce qui est demandable pour
un tel service. Voilà une autre innovation.
Le deuxième
est encore plus incisif lorsqu'il sera connu. Il devrait soulever
potentiellement une certaine vague de critiques du côté des médecins qui
ont une pratique privée, la vraie privée, pas la privée de certains
commentateurs et politiciens, mais bien le
privé, le vrai, celui qui n'est pas couvert par la RAMQ. Pas une clinique, là.
Une clinique, c'est public. On s'amuse régulièrement à dire que ce sont des cliniques privées, mais
c'est public. Quand je parle de privé, je parle du privé, un médecin qui
ne charge pas à la RAMQ, qui charge au patient un montant d'argent.
Alors, par
cet amendement-là, on vient donner au gouvernement la capacité de fixer un tarif maximal chargeable au patient au privé, le vrai privé. Pourquoi? Un,
répondre, évidemment, à certaines critiques qui sont faites, notamment,
la Protectrice du citoyen, mais, deux, pour aussi freiner l'attrait du privé
auprès des médecins. Vous comprendrez que les
médecins qui vont au privé pour faire des sous, le jour où on met un maximum — je
ne sais pas, là, par exemple, le tarif RAMQ plus x pour cent — hi! ça devient moins attrayant. Ça peut être encore permis, mais ça devient moins
attrayant. Voilà un mécanisme additionnel
qui nous permet... plus précis qui nous permet de freiner l'exode vers le
privé. Je vous rappelle que la Loi
sur l'assurance maladie, actuellement, permet au gouvernement d'intervenir.
Ici, on vient faire un peu la même chose, mais en explicitant un peu
plus la manière.
Le Président (M. Tanguay) : Y a-t-il
des commentaires sur l'amendement 25.4? Collègue de Taillon.
Lamarre : Oui, M. le Président. Écoutez, je suis tout
à fait convaincue, et le Parti québécois également, de l'importance
de ne pas favoriser l'exercice des médecins en pratique privée. Je suis, par
ailleurs, aussi responsable de regarder la
conformité des lois par rapport à d'autres lois qui existent et je me demandais
si, au niveau de la
Loi sur la concurrence, il y avait eu une évaluation
de la pertinence, parce que fixer des prix, lorsqu'on entre dans le secteur
privé, on est soumis à des questionnements au niveau de la
Loi sur la
concurrence.
À ce moment-ci, on peut penser que le prix déterminé par le ministre
serait un prix très bas, mais il pourrait être considéré, dans quelques années, comme étant un prix qui est plus élevé
que le prix du marché, et donc, dans le secteur privé, normalement, la
Loi sur la concurrence s'applique. Donc, je
voulais vérifier si le ministre a fait des vérifications à cet effet-là.
Barrette : J'indique, M. le Président, à la députée de Taillon qu'ici on ne vient pas fixer le prix, mais
bien le prix maximal, donc la concurrence
peut encore s'exercer, et le privé, étant dans le contexte québécois
dans lequel on se dirige, pourrait
être perçu comme étant en concurrence avec le public. On vient jouer, effectivement, dans la concurrence, mais avec le public. Mais, dans le privé,
comme on fixe un montant maximal, la concurrence demeure, mais on vient
circonscrire la fourchette dans laquelle cette concurrence se fait.
M. le Président, si vous me permettez un
parallèle, c'est un peu comme la gestion de l'offre. Ce n'est pas exactement
comme la gestion de l'offre, là, mais la gestion de l'offre annule la
concurrence, mais on le fait. Ici, on vient faire essentiellement la
même chose. On n'empêche pas la concurrence, mais on vient fixer un maximum.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Taillon, sur le même échange?
Lamarre : Sur le même
échange. En fait, j'invite vraiment cordialement le ministre à vérifier parce que, même lorsqu'on pense qu'on fait un tarif maximal, il y a eu de la jurisprudence au niveau de causes de
pharmaciens, entre autres, ou même avec des honoraires qui étaient très,
très bas, qui avaient fait l'objet d'une convention, la
Loi sur la concurrence a vraiment pénalisé, en disant :
Vous n'avez pas le droit de fixer des choses de cette nature-là. Alors, je
veux juste vérifier. Est-ce qu'il y a eu une vérification auprès de la
Loi sur
la concurrence?
Barrette : M. le Président, la seule information que je peux donner à
cet effet-là est que ça a été soumis aux autorités provinciales appropriées. La
Loi sur la concurrence étant
fédérale, on m'indique qu'on n'a pas eu de commentaires à cet
effet-là... bien, c'est-à-dire, on n'a pas eu de commentaires exprimés à
l'effet qu'il y avait un problème.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Il y a le collègue de Lévis qui veut intervenir.
M. Paradis (Lévis) : Oui.
Le Président (M. Tanguay) : Ah! vous
étiez toujours sur le même échange? Parce que, là, j'attendais, là.
Mme Lamarre : Bien, je compte plus
préconiser qu'on fasse la vérification au niveau du fédéral.
M. Barrette : Je comprends, je suis
bien disposé à le faire, là, de façon plus spécifique, là, peut-être.
Le Président (M. Tanguay) : O.K. Collègue
de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président,
je pense que le questionnement de la députée de Taillon est correct, et une vérification...
M. Barrette : Bien, on peut le retirer,
si vous ne le voulez pas.
M. Paradis
(Lévis) : Une vérification
s'impose probablement. Le ministre vient de dire qu'il ferait
probablement cette vérification-là davantage.
Je me pose
une question, tout simplement. Fixé par règlement, donc : «...prescrire le
tarif maximal qui peut être exigé...»
De quelle façon le ministre entend s'y prendre pour fixer le tarif maximal?
Comment on fixera ce qui deviendra le tarif maximal prescrit dans les
cliniques privées?
M. Barrette : C'est un règlement, et
il y aura une réflexion qui se fera. Il y aura un règlement éventuel. Ici, on comprend que c'est un
article d'exercice
potentiel. Je n'annonce pas que je vais le faire, j'annonce que je donne
les moyens au gouvernement de le faire.
En passant,
le gouvernement, dans la Loi de l'assurance maladie... dans sa loi,
c'est-à-dire, de... c'est la LSSS, je pense,
dans sa loi, a ça, a une provision qui dit que, s'il y avait une migration trop
grande vers le privé, il pouvait intervenir. Il ne spécifie pas comment il peut le faire, le gouvernement, il dit
qu'il peut fixer les conditions. Ici, je viens faire un pas plus loin,
qui est celui-là. Mais ça revient un peu à la même chose, sauf que c'est plus
précis ici, là.
M. Paradis
(Lévis) : Je comprends fort
bien, mais le ministre se donne donc une possibilité d'intervention.
Reste que le ministre a probablement déjà
pensé, M. le Président, à la façon dont on procéderait éventuellement. On sait
que pour les frais accessoires le ministre a
déjà parlé d'un comité tripartite permettant de fixer des frais plus un
10 %. Est-ce qu'il entend, dans
sa vision, exercer la fixation du prix de la même façon, avec un comité
tripartite indépendant permettant ensuite de pouvoir...
M. Barrette : C'est une
possibilité, mais, encore une fois, là — je pense qu'il faut insister là-dessus,
là — ici, là, on
a des commentaires qui se font sur la place publique. Il y a des craintes qui
sont exprimées. Et, dans ces demandes-là, on dit deux choses. C'est
certain que pour le non-assuré ce qui est déjà défini dans la loi, ça, on va
agir de cette façon-là.
Maintenant — et ça,
c'est certain qu'on va le faire, là, pour le non-assuré — pour
ce qui est du — entre
guillemets — privé, là, le vrai privé, ça, c'est
potentiel. Je n'ai pas, au moment où on se parle, d'indication
suffisamment forte pour me faire partir un comité multipartite pour évaluer ça.
J'espère ne pas en arriver là. Mais, s'il y a une tendance — je fais
de la prévention sociopolitique — 11
ne retomberai pas dans un projet de loi qui va prendre deux ans avant d'agir, là, je me donne aujourd'hui... Je
donne au gouvernement, pas à moi, je donne au gouvernement la
possibilité d'agir, si on voyait une tendance dans les deux prochaines années,
ce qui me permet d'envoyer un message à la communauté
médicale : Regardez, là, si vous pensez, là, que vous pouvez passer à côté
de tout ça, bien, c'est bien plate, mais
ça n'arrivera pas, là. Ça va peut-être arriver, mais vous ne vous en irez pas
nécessairement vers le Saint-Graal monétaire.
M. Paradis (Lévis) : Je comprends, M. le Président, fort bien la volonté du ministre et
l'outil dont il se dote pour éviter
qu'il y ait un exode. D'ailleurs, le ministre, déjà, abordant cette
question-là, a dit... Parce que ça s'est dit beaucoup sur la place publique, le fait que des médecins se
désengageaient au profit du privé. Le ministre a déjà dit : Ce n'est
pas encore un phénomène inquiétant
statistiquement, là, sur le nombre de médecins par rapport à ceux qui se sont
désengagés. Est-ce qu'il faut comprendre que
cette volonté-là laisse supposer qu'actuellement le ministre sent qu'il y a une
espèce de mouvement qui l'inquiète davantage?
Barrette : Non, pas du tout. Pas du tout. Vous savez, M. le Président,
en politique, parfois, on doit répondre de façon constructive aux
critiques qui sont faites. Ce genre de critique là a été évoquée à répétition
par les oppositions, peut-être pas également
entre les oppositions, mais à répétition. Alors, je profite de la critique pour
les réassurer et réassurer le public,
bien qu'aujourd'hui, là, je ne vois pas le jour où j'aurai à l'appliquer, mais
le message est là, et, pour la population, je pense que
c'est réassurant.
Président (M. Tanguay) : Merci. Alors, sur l'amendement 25.4, y a-t-il
d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder au vote sur l'amendement 25.4. Collègue de Taillon.
Lamarre : Je veux juste m'assurer : Est-ce qu'il y a possibilité
de faire une simple vérification rapide, en cours d'après-midi, pour
obtenir une approbation? Sur le principe, on est d'accord.
Barrette : Oui, M. le Président. Regardez, on va la faire, la
vérification, puis on demandera le consentement pour revenir, s'il y a
une modification à apporter. Je m'engage, là, à faire la vérification.
Président (M. Tanguay) : Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, je pense qu'on est prêts à voter. Alors, sur l'amendement
du ministre, 25.4 est-il adopté?
Le Président (M.
Tanguay) : Adopté. M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, un
article essentiellement de
concordance. Alors,
article 1 (article 25.5) : Insérer après 25.4,
proposé par l'article 1 du projet de loi, l'article suivant :
25.5.
L'article
22.0.0.1 de cette loi est modifié :
par le remplacement, dans le premier alinéa, de «le tarif des services,
fournitures et frais accessoires prescrits ou prévus dans une entente qu'il peut réclamer d'une personne assurée,
conformément au neuvième alinéa de l'article 22» par «le tarif des frais qu'il peut réclamer d'une
personne assurée suivant un règlement du gouvernement pris en
application de la présente loi»;
2° par l'insertion,
au deuxième alinéa, après le mot «réclamée», des mots «ou reçue»;
par le remplacement, dans le troisième alinéa, de «services, fournitures et
frais accessoires» par «frais visés au premier alinéa»;
4° par le
remplacement, dans le cinquième alinéa, de «services, fournitures et frais
accessoires» par «frais».
Alors, M. le
Président, ça, c'est vraiment, vraiment de la concordance absolue, là.
Président (M. Tanguay) : Merci. Y a-t-il des interventions sur
l'amendement 25.5? Je n'en vois pas. Alors, nous allons procéder au
vote... Alors, nous allons procéder au vote sur l'amendement 25.5 si ça vous
va. Oui?
Lamarre : Juste rappeler aux gens qui nous écoutent que c'est vraiment
un
article qui vient confirmer les frais
accessoires et leurs modalités de facturation à l'ensemble des Québécois pour
des paramètres qu'on ne sait pas encore, qu'on ne peut pas encore
apprécier en termes d'ampleur.
Est-ce
que ça concerne 20 spécialités sur celles qui sont disponibles? Est-ce que ça
concerne aussi les médecins de famille? Actuellement c'est vraiment à
l'aveugle. Si le ministre a quelques précisions à nous apporter, puisqu'il a déjà commencé certains travaux, je pense, au
niveau des consultations, je pense que ce serait éclairant pour la
population de savoir : Est-ce que ça
concerne quatre ou cinq spécialités ou si ça s'applique à éventuellement tous
les médecins de fam