CAT — 29 January 2025 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2025-01-29
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire - Assemblée nationale du Québec
sur les médias sociaux, Facebook, X, Youtube
Députés
La présidente
Les députés depuis 1764
Coordonnées des députés
La fonction de député
Fonctions parlementaires des députés
Composition des commissions
Indemnités et allocations
Cercle des femmes parlementaires
Cercle des jeunes parlementaires
Cercle des ex-parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec
Fondation Jean-Charles-Bonenfant
Fondation des parlementaires québécois Cultures à partager
Travaux parlementaires
Calendrier hebdomadaire des travaux
Journal des débats
Index du Journal des débats
Règlement et autres règles de procédure de l'Assemblée nationale
Propos non parlementaires
Assister aux travaux
Travaux de l'Assemblée
Toutes les séances
Documents déposés
Projets de loi
Cheminement des projets de loi
Registre des votes
Travaux des commissions
Liste des commissions
Mandats en cours
Documents déposés
Rapports et documents de réflexion
Exprimez votre opinion!
Pétitions
Signer une pétition électronique
Consulter une pétition présentée à l'Assemblée
Lancer une pétition
Suivre le cheminement d'une pétition
Consultations publiques
Comment participer à une consultation
Liste des consultations publiques
Commenter un sujet à l'étude
Présenter un projet de loi d'intérêt privé
Vidéo
En direct et webdiffusions à venir
Archives des travaux et activités parlementaires
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Activités de presse
Activités spéciales et institutionnelles
Députés
Le Canal de l'Assemblée
Émissions et capsules promotionnelles
Espace jeunesse
Commander un extrait
Calendrier
Ouvrir
En direct
Calendrier détaillé
_date_du_jour
Aujourd'hui
_heure_en_cours
En cours
Activités du jour
Exposition(
s) Drapeau(
x) sur l'hôtel du Parlement
L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements
L'ABC de l'Assemblée
Visiteurs
Restaurants
Actualités et salle de presse
Bibliothèque
Publications
Éducation
Diplomatie
Histoire
Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Travaux parlementaires
Journal des débats
Index du Journal des débats
Travaux de l'Assemblée
Registre des votes
Travaux des commissions
Administration publique
Agriculture, pêcheries, énergie et ressources naturelles
Aménagement du territoire
Assemblée nationale
Culture et éducation
Économie et travail
Finances publiques
Institutions
Relations avec les citoyens
Santé et services sociaux
Transports et environnement
Mandats en cours
Rapports et documents de réflexion
Cheminement des projets de loi
Projets de loi
Documents déposés
Dépôts du jour
Calendrier hebdomadaire des travaux
Mots clés
Type de documents
Tous les documents
Documents déposés
Feuilletons et préavis
Journaux des débats
Mémoires
Procès-verbaux de l'Assemblée
Projets de loi
Rapports et documents de consultation des commissions
Type de travaux
Travaux de l'Assemblée et des commissions
Travaux de l'Assemblée
Travaux des commissions
Commission de la culture et de l’éducation
Commission de la santé et des services sociaux
Commission de l'administration publique
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Commission de l'aménagement du territoire
Commission de l'Assemblée nationale
Commission de l'économie et du travail
Commission des finances publiques
Commission des institutions
Commission des relations avec les citoyens
Commission des transports et de l'environnement
Sous-commission de la réforme parlementaire
Période
De</b> et <b>À</b> sont remplis, le résultat se situe entre les dates indiquées.<br/>
Si seul le champ <b>De</b> est rempli, le résultat se situe entre la date indiquée jusqu’à aujourd’hui.<br/>
Si seul le champ <b>À</b> est rempli, le résultat se situe avant la date indiquée.
" class="champsDate choisirDate BulleInfo PeriodeFin" />
La date de début doit précéder la date de fin.
Session
Toutes les sessions
Session en cours - 43e législature, 3e session (5 mai 2026 - )
43e législature, 2e session (30 septembre 2025 - 8 avril 2026)
43e législature, 1re session (29 novembre 2022 - 10 septembre 2025)
42e législature, 2e session (19 octobre 2021 - 28 août 2022)
42e législature, 1re session (27 novembre 2018 - 13 octobre 2021)
41e législature, 1re session (20 mai 2014 - 23 août 2018)
40e législature, 1re session (30 octobre 2012 - 5 mars 2014)
39e législature, 2e session (23 février 2011 - 1 août 2012)
39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
35e législature, 2e session (25 mars 1996 - 21 octobre 1998)
35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
33e législature, 2e session (8 mars 1988 - 9 août 1989)
33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
12e législature, 1re session (2 mars 1909 - 29 mai 1909)
11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
Partager
Diagramme de l'Assemblée
En direct sur le Web
Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
Retour à la liste des séances du Journal des débats
43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 29 janvier 2025
Vol. 47 N° 87
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 86, Loi visant à assurer la pérennité du territoire agricole et sa vitalité
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures vingt-six minutes)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, bon matin à tous. Ayant le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'aménagement du territoire ouverte. Je vous rappelle de bien vouloir fermer
vos sonneries électroniques. Alors, la commission est réunie ce matin afin
de poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le
projet de loi no 86, Loi visant à assurer la pérennité du territoire agricole
et sa vitalité.
Est-ce qu'il y a des remplaçants, Mme la
secrétaire?
La Secrétaire : Oui, M. le Président.
M. Émond (Richelieu) est remplacé par Mme Blais (Abitibi-Ouest); M. Girard (Lac-Saint-Jean),
par M. Rivest (Côte-du-Sud); M. Ciccone (Marquette), par M. Fortin (Pontiac); M.
Kelley (Jacques-Cartier), par Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis); et Mme Labrie
(Sherbrooke), par Mme Zaga-Mendez (Verdun).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, ce matin, nous recevons Vivre en ville, et, ici présents, les Producteurs
et productrices acéricoles du Québec. Alors, bonjour à vous trois. Alors, dans
un premier temps, présentez-vous, et puis vous enchaînez par la suite avec
votre présentation. Vous avez un 10 minutes, total. Voilà.
M. Goulet (Luc) : Merci
beaucoup, M. le Président. Mesdames, Messieurs, membres de la commission. Mon
nom est Luc Goulet, je suis le président des Producteurs, productrices acéricoles
du Québec. Je suis aussi un producteur de sirop d'érable de la région de
Bellechasse. Je suis accompagné aujourd'hui de ma directrice générale, Mme
Isabelle Lapointe, et M. Joël Vaudeville, directeur des communications
corporatives chez nous, Producteurs, productrices acéricoles du Québec. Comme
vous le savez sans doute, notre organisation, c'est la référence mondiale pour
la...
M. Goulet (Luc) : ...puis la
mise en marché collective des produits de l'érable. Nous représentons l'intérêt
de 1 350 acériculteurs et acéricultrices, regroupés dans 8 400
entreprises. Le Québec assume une position dominante dans la production de
sirop d'érable. Nous représentons 72 % de la production mondiale, et notre
sirop d'érable est exporté dans plus de 70 pays. Notre organisation investit
dans la recherche, l'innovation, le développement de marchés, notamment via nos
marques génériques Érable du Québec et Maple from Canada.
Contribution de la production acéricole
québécoise. Le sirop d'érable est bien plus qu'un produit apprécié des
Québécois et Québécoises. C'est un or blond, qui enrichit nos régions. En 2022,
l'acériculture représentait 12 583 emplois équivalents temps plein, contribuait
au PIB intérieur à la hauteur de 1,1 milliard, engendrait des revenus de
taxation de l'ordre de 235 millions de dollars pour le Québec et le
Canada. En 2024, on a produit un nombre record : 239 millions de
livres ont été tirés de nos érablières, ce qui représente une valeur de
800 millions de dollars. L'acériculture représente une des
filières agricoles les plus dynamiques au Québec. Les récents programmes
d'ajout d'entailles, 19 millions d'entailles sur 10 ans, ont fortement
contribué à l'augmentation du nombre de producteurs et productrices agricoles
ces dernières années. Ce sont d'ailleurs plus de 2 000 entreprises
acéricoles qu'ils ont constituées depuis 2021.
À ces retombées économiques, nous ajoutons
une contribution importante à l'écologie et à l'environnement. Effectivement,
la production de sirop d'érable permet de séquestrer 744 000 tonnes
métriques de carbone par année, ce qui représente un retrait de 220 000
véhicules sur nos routes chaque année. Elle offre des services écologiques
d'une valeur de 1,6 milliard de dollars par année, en plus de
protéger la faune et la flore.
Pour la PPAQ, le dépôt de loi était
nécessaire. Nous saluons l'intention du législateur de renforcer la protection
du territoire agricole. Nous résumerons notre intervention de la sorte :
le sirop d'érable n'est pas n'importe quel aliment ou produit agricole,
l'érable n'est pas n'importe quel arbre. Alors, que sommes-nous prêts à faire
collectivement pour protéger les érablières au Québec et encourager la
production de sirop d'érable?
Bien que la situation de la production
acéricole soit vaste et complexe, nous résumerons nos recommandations sur le
projet de loi à certains dossiers prioritaires. Nous présentons, donc, dans
l'ordre nos commentaires : définition d'une érablière en zone agricole,
protection des érablières situées hors de la zone agricole, les enjeux touchant
à la réglementation municipale et le renforcement des sanctions prévues à la
loi. Pour les autres dispositions qui touchent plus largement le monde agricole,
les PPAQ appuient les recommandations de l'Union des producteurs agricoles.
• (11 h 30) •
Définition d'une érablière. Le peuplement
d'érables doit être protégé pour les apports agricoles, mais également leur
importance culturelle et services écologiques qu'elles fournissent. C'est la
raison pour laquelle les PPAQ soutiennent les dispositions prévues à la LPTA
qui octroient un statut spécifique à une érablière se trouvant en zone
agricole. Celles-ci accordent des protections satisfaisantes. À la lecture du
projet de loi, nous constatons que ces dispositions n'ont pas été revisitées
avec l'objectif d'en amoindrir la portée. C'est une très bonne nouvelle, que
nous soulignons aujourd'hui. Mieux encore, la modification proposée au projet
de loi renforcerait les protections consenties en élargissant la portée de la
définition d'une érablière.
L'article 20 du projet de loi changerait
l'article 1 de la
Loi sur la protection du territoire et des activités
agricoles afin de présumer une érablière un peuplement forestier à dominance
d'érables à sucre ou érables rouges. Si l'intention du législateur est louable,
il nous apparaît d'intérêt de préciser davantage ce qu'on entend par terme
«dominance» afin d'éviter que les peuplements forestiers impropres à la
production acéricole soient couverts par la définition de «érablière». Des
peuplements forestiers très diversifiés, qui présentent un potentiel acéricole
trop faible pour être mis en production, pourraient être identifiés comme étant
dominés par les érables, alors que ces derniers ne composent que 10 % à
20 % du peuplement. Cela impliquerait que les traitements sylvicoles
prévus pour les érablières, la coupe de jardinage acéricoforestier soient
effectués dans des peuplements qui ne démontrent pas de potentiel acéricole à
court terme ou moyen terme. Nous proposons donc de bonifier le libellé de
l'article 20 afin de préciser la proportion d'érables à sucre et d'érables
rouges suffisante pour identifier une érablière. Vous trouverez notre
proposition au libellé du... de la page 6 et 8 du mémoire.
En résumé, nous... nous suggérons au
législateur de préciser ce qu'il entend par «dominance d'érables à sucre et
érables rouges». Selon nous, la proposition fait consensus avec la Fédération
des producteurs forestiers du Québec. La dominance devrait être établie comme
une proportion minimale de 40 % d'érables à sucre rouges dans la
composition du peuplement forestier. Le seuil de 40 % permet l'inclusion
d'érablières qui n'était pas couvertes par la protection spécifique de la LPTA
par le passé, tout en minimisant les impacts sur les traitements sylvicoles qui
peuvent être effectués dans les peuplements forestiers qui contiennent des...
Haut de la page
11 h 30 (version non révisé
e) M. Goulet (Luc) : ...des
érables sans être des érables dont le potentiel acéricole serait exploitable à
court, moyen terme. Si les érablières en zones agricoles jouissent d'une
protection adéquate, c'est une toute autre histoire pour les érablières situées
dans le domaine de l'État ou situées en zones blanches. Nous estimons que
18 % de la production de sirop d'érable du contingent acéricole est
réalisée dans les érablières sur forêts publiques. À cela s'ajoutent les
érablières en zones blanches en forêt privée qui représentent 11 % de la
production. C'est donc près du tiers de la production acéricole qui ne
bénéficie pas de protection offerte par la loi de protection du territoire et
des activités agricoles. Ajoutons que la protection... la proportion de
18 % devrait croître dans les prochaines années si le gouvernement du
Québec a son intention de développer la sylviculture en forêt publique.
Pour les PPAQ, nous sommes devant une
situation incohérente qui ne serait pas tolérée pour un autre secteur agricole.
Pourquoi un érable à l'extérieur de la zone verte aurait moins de valeur qu'un
érable dans la zone blanche ou sur terre publique? Les érablières non
exploitées en forêt publique font régulièrement l'objet de traitements qui,
bien qu'ils viennent de guides sylvicoles du ministère des Ressources
naturelles et de la Forêt, ne sont pas adaptés à l'acériculture et portent
atteinte au potentiel acéricole du Québec de moyen et long terme.
Du côté de la zone blanche, les PPAQ peuvent
témoigner que des érablières en exploitation ou encore des érablières détenant
un beau potentiel sont menacées régulièrement par des projets de développement
immobilier, commercial, industriel et, à l'inverse de la réglementation
municipale mal adaptée et des mesures de conservation de la biodiversité,
limitent, voire empêchent les activités acéricoles.
Si par le passé les législateurs ont jugé
essentiel de se doter... à doter les érablières situées en zone agricole d'un
statut particulier pour en assurer leur pérennité, le même objectif devrait
maintenant pousser à se pencher sur la situation des érablières dans leur
ensemble au Québec. Selon nous, les érablières et la production acéricole doivent
pouvoir bénéficier d'une protection, et ce, qu'importe où elles sont situées.
Enjeu touchant... je vous dirais, qui nous
touche... Nous sommes maintenant à attirer l'attention de la commission
parlementaire sur les enjeux qui touchent la réglementation municipale. Les
municipalités disposent de pouvoirs de réglementer l'abattage d'arbres.
Cependant, la réglementation municipale peut être complexe et ne pas prioriser
l'exercice normal des activités acéricoles dans une érablière en zone agricole.
C'est pourquoi les PPAQ demandent au législateur de clarifier l'article 79.1
de la LPTA afin qu'une MRC exerce des pouvoirs avec l'objectif de favoriser les
activités agricoles et les activités forestières, et non pas seulement l'utilisation
du sol à des fins d'activités agricoles.
Les PPAQ souhaitent également apporter un
changement à un autre
article qui touche aux pouvoirs des municipalités. Il
existe, à l'article 79.3 de la LPTA, un processus de médiation qui prévoit
qu'il est possible de soumettre à la médiation une réglementation municipale
qui causerait un préjudice aux activités agricoles. Toutefois, ce processus n'oblige
pas une municipalité à participer à cet exercice de conciliation et est libre d'accepter
ou non les conclusions du médiateur. Les PPAQ demandent que le législateur
prenne en compte la situation et qu'une disposition du projet de loi n° 86 oblige une municipalité à mettre en œuvre les
conclusions ou les recommandations du médiateur.
Également, nous souhaitons que la
médiation puisse être demandée par un organisme représentant le propriétaire
agricole. Cela pourrait avoir... cela pourrait être un syndicat local de l'Union
des producteurs agricoles ou les représentants des PPAQ.
Nous demandons également l'identification
du médiateur par consensus entre les parties pour l'identification du médiateur
et que ce médiateur soit un professionnel compétent, comme un agronome ou un
ingénieur forestier. Si le consensus n'est pas possible, le ministère
responsable serait chargé d'identifier le médiateur.
Finalement, les PPAQ occupent soit de
profiter de cette tribune pour alerter les parlementaires sur une situation qui
menace la rentabilité de nos entreprises acéricoles. Depuis quelques années,
les producteurs acéricoles doivent composer avec une hausse de leur compte de
taxes municipales en raison de la prise de compte de la valeur de leur
contingent acéricole dans l'unité d'évaluation foncière. Les évaluateurs
municipaux, dans plusieurs régions, demandent aux acériculteurs, acéricultrices
les informations sur le contingent acéricole émis par les PPAQ. Or, le contingent
acéricole est un outil de mise en marché collective mis en place pour que les
producteurs acéricoles, ils ne devraient pas être injustement taxés par les
municipalités. Les PPAQ contestent fermement cette pratique. Cette hausse de
compte de taxes municipales des érablières, parfois du simple au double,
représente un nouveau poids sur la rentabilité des entreprises agricoles et...
d'autant les budgets consentis pour le programme de crédits de taxe foncière
agricole.
Les sanctions prévues par la LPPAA en cas
de non-respect des dispositions de protection des érablières en zone agricole
sont insuffisantes et demeurent peu appliquées. Nous pensons notamment au
non-respect de l'article 27...
Le Président (M. Schneeberger) : Le
temps est écoulé. Est-ce que vous en avez pour longtemps? Parce que, là, je vais
devoir...
Le Président (M. Schneeberger) : ...demander
que le temps soit pris sur le côté ministériel.
M. Goulet (Luc) : Regardez,
j'en ai pour 15 secondes pour la conclusion.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
Bon, continuez.
M. Goulet (Luc) : Est-ce que
c'est suffisant?
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon. Parfait. Allez-y.
M. Goulet (Luc) : En
conclusion, la sériciculture doit faire la fierté du Québec. D'une activité
artisanale qui prend les racines dans notre patrimoine, elle s'est transformée
en une industrie agricole prospère, innovante et dynamique. Ce changement n'est
pas le fruit du hasard, il est la conséquence des choix que nous avons faits
comme société pour développer la production agricole. La révision de la LPTAA
fait
partie des actions qui sont déterminantes pour notre avenir. Nous invitons
le législateur à continuer de prendre les bonnes décisions pour le produit
national des Québécois. Merci de votre écoute. Et nous sommes maintenant prêts
à répondre à vos questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup. Alors, nous débutons une période d'échange. M. le ministre,
vous avez la parole pour 15 minutes 55 s.
M. Lamontagne : Excusez-moi,
là, je viens de perdre du temps, là. O.K., oui. Merci, M. le Président. M.
Goulet, Mme Laporte, merci, merci de... des représentations que vous avez
faites, merci d'être présents aujourd'hui. Sans aller en long et en large,
c'est que vous venez de conclure en parlant que c'est une industrie qui est
passée d'un stade artisanal il y a un certain nombre d'années à un stade
aujourd'hui où, tu sais, on a énormément d'innovation, c'est une industrie qui
est de plus en plus structurée. Puis on voit aussi le succès, le succès que
différentes décisions que vous avez prises de façon collective, là... a été
engendré par ces décisions-là. Alors, très fier, moi, de voir l'évolution. Tu
sais, avant d'être ministre, je commençais... je connaissais le sirop d'érable
parce que j'aimais ça n'en consommer. Mais c'est sûr que, depuis que je suis
ministre, j'ai additionné à ça un peu la connaissance, un peu d'historique,
puis après ça des efforts qui sont déployés puis des façons de faire. Alors,
j'apprécie, j'apprécie totalement votre contribution à tout l'écosystème, là,
du système... du secteur bioalimentaire au Québec.
• (11 h 40) •
Il y a plusieurs, plusieurs points que
vous apportez et vous abordez dans votre présentation. Puis, tu sais, je... moi,
je vais m'en tenir... Honnêtement puis bien respectueusement, il y a certains
éléments que vous avez amenés qui sont certainement très pertinents à aborder,
mais en même temps, bien, tu sais, on est dans la
Loi sur la protection du
territoire agricole et des activités agricoles puis le... pour la révision de
cette loi-là, ça fait que je vais m'en tenir à des commentaires qui portent sur
les travaux que l'on a. Le premier, je vous dirais... Tu sais, vous avez
mentionné d'emblée, tu sais, auparavant, tu sais, toute... la question de
qualifier les érablières. Il y avait tout un système de codes. Ils m'ont
expliqué ça un petit peu, là, puis, honnêtement, ça dépasse un peu ma
compréhension de ça, mais c'était... c'était quand même complexe. Puis, avec la
révision de la loi, bien, on a eu à venir faire un peu de ménage là-dedans,
puis, un peu la solution qui a été... qui est proposée avec le projet de loi,
bien, honnêtement, au meilleur des habiletés, des connaissances des gens, là,
on statuait qu'on atterrissait à la bonne place. Vous avez mentionné d'emblée
qu'en prenant connaissance du projet de loi vous avez constaté qu'il y avait
avant des bonnes protections puis qu'on ne cherchait pas à venir réduire ces
protections-là, même, je veux dire, l'intention qu'on avait, c'était de
s'assurer de renforcer ces protections-là.
Ça fait que j'aimerais ça que vous nous
parliez davantage pour avoir une meilleure compréhension des arguments que vous
avancez. Parce que, je vous le dis d'entrée de jeu, l'objectif, c'est de
protéger. Puis c'est certain qu'en bout de ligne, quand ça va finir, bien, je
veux dire, on va être d'accord sur la façon qu'on le fait, tu sais, dans... au
niveau du texte, des libellés, parce que, ce qu'on présente, nous, on pense que
ça protège peut-être davantage, tu sais, que, dans le fond, votre
interprétation, ce que vous donnez. Ça fait que moi, j'aimerais ça vous
entendre sur toute votre appréciation de cette définition-là, ce que vous
recherchez. Puis après ça ce que je vous dis, bien, c'est que le travail puis
la suite des choses, jusqu'à la... du projet, bien, ça va être de travailler
avec vous pour faire atterrir ça à la bonne place, là.
M. Goulet (Luc) : C'est bon.
D'entrée de jeu, je vais peut-être faire un cas de figure pour bien... bien...
la compréhension, c'est du langage qui est forestier, d'ingénieur forestier.
Puis c'est sûr que les balises qu'on a, nous, le 40 %, présentement, par
rapport à l'ancienne méthode qui était d'évaluer, on caractérisait les
peuplements sur une carte puis on était capables de... vraiment de l'introduire
ou de ne pas introduire. Mais on le sait qu'en réalité, sur le terrain, on a
une autre dynamique. Ça veut dire qu'il y a des peuplements qui peuvent avoir
une densité d'érable qui soit suffisante, qu'il y ait une dominance mais qu'il
y ait d'autres espèces...
M. Goulet (Luc) : …qui soit
avec, mais qu'il était exclu parce qu'il était d'origine résineuse ou qu'il y
avait un fort pourcentage ou un faible pourcentage de résineux à travers. Nous,
pour la balise du 40 %, la dominance de 40 % nous permet d'aller
rechercher une plus grande superficie d'hectares au Québec de protection de ces
érablières-là. On le sait que, dans le développement, on a deux options, nous,
au Québec, on va avoir le développement sur les terres privées puis on va avoir
le développement sur les terres publiques. Sur les terres privées,
présentement, le projet de loi, c'est ce qui concerne, mais moi, je vous dirais
qu'il faut les protéger, tous les peuplements qui sont là. On le voit présentement,
certains grands propriétaires fonciers, pour eux, la notion de foresterie
devient dominante sur l'exploitation d'érablière. On l'a vu dans la dernière
émission… en 2023. Certains n'ont pas émis de superficies disponibles en
location à de nouveaux producteurs ou de consolidation sur les entreprises qui
étaient là. C'est une orientation qu'on veut, de dire : On envoie un
message clair que les superficies où est-ce qu'on a des érables, où est-ce
qu'il y a du potentiel qui va se développer dans les prochaines années, on veut
le maintenir puis le développer, parce que notre filière va continuer à se
développer.
On a des croissances de développement de
marché dans les 10, 15 dernières années qui étaient au-dessus de 6 %.
Dans la dernière année, on a de la croissance de marché de l'ordre de 8 %,
9 % de nos exportations présentement. Ça fait qu'il faut prévoir que, si
nos ventes continuent à augmenter comme ça, quotidiennement, annuellement ou
aux trois ans, on va devoir réémettre des entailles, et ces entailles-là, il
faut déjà planifier au niveau du territoire du Québec, la production qui va
venir pour la… le cinq… les cinq ans, les 10 ans puis les 25 ans en
avance. Parce qu'on est les seuls en... le Nord-Est américain, on est les seuls
à produire le sirop d'érable. Puis, au Québec, vous avez la chance d'avoir les
entrepreneurs puis les compétences pour être capables de développer cette
filière-là. Et ça, c'est important.
Si je reviens au niveau des… du terme
technique, au niveau des pourcentages, je vais prendre un cas de figure qui
s'utilise en… aux terres… sur les terres du domaine de l'État, c'est qu'on va
chercher un seuil de nombre d'entailles à l'hectare pour qualifier un
peuplement d'érables, puis aussi une densité. On va parler de 60 % de
densité, ce seuil-là est quand même assez élevé. Ce que ça veut dire c'est que,
dans des peuplements, on va avoir des densités qui seraient prêtes à entailler,
à exploiter puis qui auraient une rentabilité, un seuil de rentabilité sur la
densité, mais qu'à cause de… les espèces… qu'on a ne qualifient pas le
60 %. Ça veut dire qu'on a des beaux peuplements qui sont à 55 %,
puis on va les exclure des potentiels acéricoles à protéger parce qu'ils ne
cadrent pas dans cet effet-là de dominance. La loi qu'on est en train de
modifier, présentement, que vous êtes en train de modifier, sous le p.l. 86,
vient un peu apporter cette nuance-là et nous permet d'aller chercher ces
peuplements-là et de protéger ces peuplements-là. Pour nous, ça, c'est une
chose qui est très importante.
M. Lamontagne : Mais, encore
là, là, moi, je suis à 10 000 pieds, là, vous connaissez ça plus que moi
pas mal, mais ce que je lis puis ce que… ce que je comprends, c'est que vous
craignez… ou selon la définition qu'on met, c'est qu'on vienne protéger, dans
le fond, des peuplements ou des types d'arbres qu'on ne devrait pas protéger
ou… Ça, c'est… c'est dans une perspective où le fait de faire ça, ça vient
diminuer la concentration des érables ou… à moins que je ne comprends pas bien.
M. Goulet (Luc) : Le
40 %, si on avait déterminé un seuil que vous nous auriez proposé, une
réglementation à 20 % de dominance, là, on aurait été dans une zone où
est-ce que le peuplement n'est pas favorable au développement de
l'acériculture, à cause des espèces qui sont compagnes ou… le jargon, on a un
jargon qui s'appelle la surface terrière dans l'évaluation, surface terrière,
c'est un outil d'évaluation au prisme. Quand on se déplace dans le bois, qu'on
est capable de voir les tiges qui sont en place, le pourcentage versus la
grosseur détermine la dominance du peuplement. À 40 %, on considère, nous,
qu'on a des peuplements qu'il faut protéger et aménager en direction d'une
érablière.
Vous savez, il y a une résilience au
niveau d'un érable, l'érable rouge, l'érable à sucre ont une très grande
résilience, une très grande capacité d'adaptation, puis, je vous dirais, les
érablières du Québec, on a eu une transition qui s'est faite avec les années.
Comme propriétaires privés, souvent, on va avoir des parties de notre terrain
qu'on a des sapinières avec des érables à l'intérieur suite à des aménagements,
puis souvent les densités sont là puis les proportions, quand on parle du
40 %, justifiaient de faire des interventions pour maintenir le potentiel
acéricole. C'est ce qu'on dit, c'est ça notre appui dans le projet de loi,
c'est d'être capable de bien cadrer cette définition-là. Puis, quand un
ingénieur forestier arrive dans un boisé, puis qu'il voit une dominance de
l'érable à sucre par rapport aux autres essences, il va dire : Ici, on ne
peut pas faire une coupe totale. Parce que, présentement, dans certains de ces
peuplements-là, on va voir qu'il va y avoir une coupe totale, on va sortir le
bois franc, on va sortir le bois mou, mais on va aller…
M. Goulet (Luc) : ...et on va
aller avec une proportion d'érables que, dans un futur avenir, on va être
capables de dynamiser le peuplement pour en faire des érablières dans 10, 15,
20 ans. C'est la réflexion qu'on fait par rapport à cette dominance-là.
M. Lamontagne : Parfait.
Bien, écoutez, je réitère ce que je vous ai dit au début, là : Il va y
avoir des entretiens avec vous autres pour s'assurer, là, de faire en sorte que
la définition d'«érablière» qu'on va utiliser, là, va être... va rencontrer
autant les objectifs qu'on recherche, qui est la protection, autant vos
objectifs à vous, là, je veux vous certifier tout ça.
Vous avez parlé de toute la question de la
médiation. Honnêtement, ce qu'on me dit, au ministère, vraiment... c'est
quelque chose qui a été très peu utilisé par les producteurs agricoles depuis
que ça a été mis en place, je pense, c'est 1996, là. Ça fait que... Puis, je
veux dire, on n'est pas... on n'est pas fermés à aborder ce sujet-là, c'est
juste c'est quelque chose qui n'était pas du tout sur le radar. Ça fait que
peut-être nous en parler davantage un peu, là. Qu'est-ce qu'il en est? Est-ce
qu'il y a des cas? Est-ce qu'il y a des problèmes dans le passé associés au
processus de médiation qui est en place présentement?
Des voix : ...
M. Goulet (Luc) : Il va
compléter. Joël va compléter la question.
M. Vaudeville (Joël) : Sur le
processus de médiation...
M. Lamontagne : Est-ce que je
peux avoir votre nom? Excusez-moi.
M. Vaudeville (Joël) : Joël
Vaudeville. Je suis le directeur des communications aux producteurs acéricoles.
Bonjour.
Sur le processus de médiation,
effectivement, il est peu utilisé, mais c'est parce que, justement, il ne
répond pas aux besoins des producteurs acéricoles, puis c'est une demande
également qui est portée par les producteurs forestiers du Québec, le fait que
ce soit non contraignant pour la municipalité, mais aussi que le producteur est
seul dans ce processus-là, d'où la demande qu'on a de pouvoir, nous, en tant
qu'organisme représentant du producteur agricole, que ce soit un producteur
forestier ou acéricole... qu'on puisse, nous, déposer la demande de médiation
advenant qu'il y ait une réglementation, là, qui est mésadaptée à la réalité
acéricole ou forestière, là, pour le producteur.
• (11 h 50) •
M. Lamontagne : O.K., mais
avez-vous des exemples ou des situations à rapporter qu'il y aurait... il y
aurait... ça aurait indiqué qu'il aurait dû y avoir des procédures différentes
qui soient en place ou...
M. Vaudeville (Joël) : On n'a
pas d'exemple très particulier sur un producteur qui nous serait ramené avec
ces situations-là, mais je sais que les producteurs forestiers, qui,
malheureusement, n'ont pas été convoqués, là, pour la commission parlementaire,
pourraient vous fournir, là, une liste de situations, là, où est-ce que la
médiation aurait pu être utile et, finalement, le producteur a été... a été
découragé, là, d'utiliser ce processus-là.
M. Goulet (Luc) : Ce qui est
important pour nous... Ce qui est important pour nous dans ce processus-là,
c'est que, vous savez, on a une hiérarchie, on a une réglementation qui va
s'appliquer au niveau provincial puis, dans chacune des MRC, on va avoir des
règlements intérimaires qui vont être déposés. Et ça, souvent, ça crée des
préjudices, puis on va des fois à l'encontre de certaines orientations qu'on a
au niveau de la réglementation de la protection du territoire. C'est cette
inquiétude-là qu'on a. On a aussi certains propriétaires terriens qui vont
faire des interventions.
Vous savez, la CPTAQ, présentement,
protège les érablières. On a eu des demandes d'intervention avec d'autres types
de foresterie. Il n'y a pas eu nécessairement de contrôle qui a été fait au
niveau de certains grands propriétaires terriens, avec certaines interventions
forestières qu'on jugeait un petit peu trop intensives par rapport aux
peuplements d'érables. C'est un des éléments qu'on a là. L'équipe... On pourra
bonifier puis transférer à votre équipe un peu des cas que... des cas de figure
qu'on a. Le pourquoi qu'on a mis ce... là, c'est parce qu'on a une inquiétude
sur cette particularité-là.
Puis, de plus en plus, dans les MRC, des
règlements intérimaires viennent mettre une couche supplémentaire. Et ça, je
vous dirais... Puis, même au niveau du ministère, il y a une réflexion au
niveau de la réglementation, au niveau de la foresterie. Qu'elle soit
uniformisée provincialement, c'est un voeu, là, que, je pense, la réflexion
forêt veut amener sur les terres privées, terres publiques aussi, là, mais
terres privées, d'avoir un seul canevas de réglementation puis qu'on l'applique
tout simplement. Nous, ici, on a une règle pour la protection du territoire
agricole, on a une définition d'«érablière», mais on ne voudrait pas qu'il y
ait une couche supplémentaire au niveau intérimaire, là, des... de nos MRC qui
viennent rajouter une couche supplémentaire. Mais on va faire une communication
avec votre équipe pour des cas précis.
M. Lamontagne : C'est bon.
Non, mais c'est ça, ce qu'on fera, les gens, vous allez communiquer ensemble
pour voir s'il y a quelque chose à faire ou avoir une meilleure compréhension
de ce que vous demandez.
C'est tout pour moi, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, ça va? Parfait.
M. Lamontagne : Merci. Merci
beaucoup. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle. Et j'entends le député de Pontiac pour 10 minutes 24.
M. Fortin : Très bien. Merci. Merci, M. le Président. Bonjour, M.
Goulet, Mme Laporte, M. Vaudeville. Merci, merci d'être avec nous aujourd'hui,
de participer à la commission parlementaire, mais j'en profite pour vous
remercier de votre leadership sur la place publique au cours des derniers mois,
des dernières années, là. C'est apprécié d'entendre la voix... la voix forte
des producteurs acéricoles.
Le ministre...
M. Fortin : ...s'est concentré sur le message que vous aviez
directement et uniquement pour le projet de loi. Vous avez quand même choisi de
prendre une
partie de votre temps en introduction pour discuter d'un autre...
d'un autre élément. Alors, j'aimerais vous donner le temps peut-être d'élaborer
un peu là-dessus, parce que je vous avoue, et pour... Ça fait quelques années,
là, que je suis porte-parole en agriculture et que je collabore aux travaux sur
ces enjeux-là ici, à l'Assemblée, et je ne me souviens pas d'avoir entendu
parler, du moins pas beaucoup, de l'enjeu des taxes municipales en lien avec le
contingent. Pouvez-vous juste nous faire un portrait de ce qui se passe un peu.
Est-ce que c'est... Est-ce que c'est généralisé? Est-ce que c'est selon les
municipalités? C'est quoi, l'ampleur de ce phénomène-là, disons?
M. Goulet (Luc) : Bien, je
vous dirais, c'est... Présentement, l'inquiétude qu'on a, c'est... Ça l'a
député dans certaines régions au Québec, certaines MRC se sont dotées... se
sont dotés ou ils ont... ils ont pris un peu cet alignement-là, on vient de
déplacer un peu le fardeau fiscal dans nos entreprises. La valeur du contingent,
bien, il y a... il y a des décisions administratives, on le sait, mais nous, ce
qu'on conteste... Puis ce n'est pas toutes les municipalités qui ont des taux
de taxation différenciés. On a aussi un plafond au niveau de la taxation
municipale qui peut s'appliquer, mais qui n'est pas applicable au niveau de
l'acériculture. Ce qu'on a dans les MRC présentement, c'est qu'on déplace ce
fardeau-là chez nos producteurs. Parce que les producteurs ont un outil de mise
en marché commun, on le dote d'une valeur puis on l'impute directement au
compte de taxes. Ça fait que, s'il y a un alignement très fort d'avoir des taux
différenciés, mais... là, c'est un travail, c'est un acharnement que chacun de
nos producteurs dans sa municipalité doit faire pour être capable de faire
valoir son point.
Moi, je vous dirais, c'est... Vous savez,
comme contribuable, comme population du Québec, c'est tous nous autres qui
paient cette augmentation-là du fardeau fiscal qui est renvoyé dans nos
entreprises. On a le crédit de taxe foncière, qui est un remboursement qu'on a,
qu'on apprécie, puis on a des obligations à répondre. Mais, je vous dirais, de
plus en plus, ce programme-là, ça va être un programme infini de montants à
rembourser au niveau de nos municipalités. C'est un redéplacement du fardeau
fiscal qui s'est fait dans... de notre côté. Il y en a un, pourcentage qui est
remboursé, mais il reste que ce fardeau-là, il devient de plus en plus élevé,
puis on le voit, là, dans tout l'ensemble. Mais notre production acéricole, on
a une particularité, c'est que ça se fait dans des régions. Dans le
Centre-du-Québec, présentement, c'est une mode, mais là ça commence à se parler
un peu partout dans la province, puis c'est une inquiétude qu'on a réellement.
M. Vaudeville (Joël) : Si je
peux me permettre, très rapidement, c'est un phénomène nouveau, c'est-à-dire
qu'il y a des municipalités qui ont constaté que le contingent acéricole, qui
est un droit réel, qui est grevé à l'immeuble, donc à l'érablière, vaut quelque
chose et qu'une érablière avec du contingent vaut plus cher possiblement qu'une
érablière sans contingent acéricole. Donc, on a des producteurs acéricoles qui
eux, lorsque le rôle foncier est arrivé... c'est du simple au double en termes
de taxes municipales. Ça l'a d'ailleurs fait l'objet de nouvelles, là, dans La
Terre de chez nous la semaine dernière. Face à ça, l'état du droit, c'est que
c'est un droit réel. Et donc le Tribunal administratif du Québec, suite à une
contestation d'une productrice, a confirmé, là, que les municipalités étaient
dans leur bon droit. Maintenant, c'est au législateur de décider : Bien,
est-ce qu'on veut laisser la situation perdurer au risque de ce que ça coûte au
Programme de crédit de taxes foncières et ce que ça représente comme augmentation
de coûts pour les producteurs acéricoles?
Nous, on a identifié deux véhicules pour
régler le problème. C'est d'abord le changement sur la
Loi sur la fiscalité
municipale, pour dire spécifiquement : Ce n'est pas une pratique qui est
tolérée, ou encore c'est le plafonnement de la valeur taxable des immeubles
agricoles. Ce règlement-là qui est nouveau, là, qui date du projet de loi
n° 48, de mémoire, prend l'ensemble des immeubles agricoles, et, au 90ᵉ
percentile, on plafonne la valeur taxable. Le problème qu'on a, nous, de notre
côté, c'est qu'il n'y a aucune érablière qui se qualifie dans ce plafond-là
parce qu'on prend tous les immeubles agricoles. Est-ce qu'on devrait plutôt y
aller par type de production pour le plafonnement, pour qu'au moins chacune des
spécialités, chacune des productions ait une
partie de plafonnement de la
valeur taxable de leur immeuble agricole?
M. Fortin : O.K. Je... Ça va, M. Goulet?
M. Goulet (Luc) : On a... on
avait peut-être aussi le taux différencié qui est appliqué dans chacune des
municipalités, aux MRC. Est-ce qu'on devrait l'appliquer de manière uniforme
sur l'ensemble des biens agricoles, avoir un taux différencié qui est... qui
serait une directive au Québec pour être capable d'assouplir un peu la somme
qui est requise pour le crédit au niveau du programme de taxes foncières puis
de diminuer un peu cette pression-là qu'on a sur nos entreprises agricoles,
acéricoles?
M. Fortin : O.K. Je vous entends bien, mais le...
M. Fortin : ...effectivement, il y a peut-être quelques véhicules par
lesquels, là, cet enjeu-là pourrait être amoindri, ou réglé, ou peu importe,
mais le problème... le problème, il est entier, là, puis vous faites bien de
lever le drapeau aujourd'hui parce que je peux comprendre ce que ça représente,
non seulement au niveau financier pour un producteur acéricole, mais, en plus,
si un producteur acéricole choisit de contester, il est un peu tout seul contre
sa municipalité, là, alors, effectivement, ça peut devenir, disons, plutôt
lourd à porter.
Si je reviens au projet de loi rapidement.
Vous avez parlé, dans votre mémoire, des sanctions prévues à la LPTAA qui
seraient insuffisantes. Pouvez-vous juste peut-être élaborer un petit peu
là-dessus, là, sur l'impact que certains manquements qui ne sont pas... soit
les inspections ne sont pas là, on ne se rend pas au bout de l'enquête, ou peu
importe, là, ce que ça peut avoir sur le potentiel acéricole?
M. Vaudeville (Joël) : Ce
qu'on constate présentement sur... dans le terrain, c'est que c'est plus
rentable pour certains de faire une coupe à blanc, vendre le bois, payer la
pénalité liée au fait qu'ils n'ont pas respecté notamment l'article 27 de
la
Loi sur la protection du territoire agricole. Donc, on n'a pas une prescription
à vous offrir parce qu'on n'est pas à la bonne place pour pouvoir dire c'est
quoi la gradation des conséquences qui devrait être imposée à quelqu'un qui
fait ce genre de coupe, mais où est-ce qu'on veut vous sensibiliser, c'est
qu'on ne peut pas revenir en arrière : une fois que l'érable est coupé ça
prend 50 à 60 ans avant qu'il repousse, puis qu'on puisse s'en faire... en
tirer du sirop d'érable. Donc, il faut qu'il y ait une proportionnalité entre
la gravité de ce que ça représente comme conséquence pour le futur et la
sanction qui est imposée à la personne qui a le... qui a ce comportement-là.
• (12 heures) •
M. Fortin : Très bien. Je vous le dis... je vous le dis tout de suite,
M. le ministre, c'est un... c'est un sujet sur lequel on va revenir en cours
d'étude détaillée du projet de loi parce qu'effectivement payer la pénalité, ça
ne peut pas être plus payant que de suivre les règles. Ce n'est pas... L'idée
d'une pénalité, c'est justement ça, c'est de s'assurer que tout suit les règles
à la fin de la journée. Donc, j'apprécie. Pour vous nous, votre échange avec le
ministre, là, fait le tour des autres questions qui étaient présentes dans
votre mémoire, alors merci de votre participation encore une fois.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition avec la députée
de Verdun pour 3 min 28 s.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
principalement avoir deux questions en trois minutes. Ma première : Vous
avez déjà parlé un peu de votre proposition d'élargir la zone de protection des
érablières en zone blanche également sur les territoires du domaine de l'État.
Pouvez-vous me dire comment est-ce que vous pensez qu'on pourrait
l'opérationnaliser dans le cadre du projet de loi et comment on peut arrimer ça
aussi avec, j'imagine, les demandes que vous recevez des... du ministre... de
la ministre des Ressources naturelles et des Forêts?
M. Goulet (Luc) : Mais moi,
je vous dirais, la... les balises qu'on a en place au niveau de p.l. n° 86,
c'est des balises qui nous habillent au Québec. Même l'ancienne loi permettait
de protéger. Puis on avait des balises d'aménagement qui nous permettaient de
maintenir le potentiel acéricole du Québec. De l'autre côté, au niveau du
ministère, mais ces balises-là ne sont vraiment pas claires, c'est des balises
de foresterie en fonction de produire des mètres cubes de bois. Je sais que le
pouvoir législatif est pour la zone verte, mais quand on intervient dans notre
dossier acéricole sur les terres publiques, on demande d'avoir le même type de
protection que ce qui est appliqué à la zone verte. Et pour nous, ce serait un
gain qui serait énorme, de protéger que ce soit des potentiels à court terme,
moyen terme et long terme avec une foresterie qui est adaptée, mais une
foresterie qui permet une résidualité de notre peuplement, puis un peuplement
que, dans le temps, on va demeurer économiquement rentables, puis une
foresterie qui va être adaptée à la production de sève. Puis ce langage-là
n'est pas courant au niveau du ministère présentement. On parle de foresterie
pour produire des mètres cubes de bois et non de la foresterie pour maintenir
puis développer le potentiel acéricole. Et ça, pour nous, c'est très important.
Mme Zaga Mendez : Merci. Avec
le peu de temps qu'il me reste, c'est inévitable de parler de ce qui se passe
de l'autre côté de la frontière. Puis si vous voulez rapidement nous partager
comment la fédération entrevoit les possibles tarifs avec les relations
économiques avec les États-Unis et qu'est-ce que vous attendez un peu de nous
ici?
M. Goulet (Luc) : Nous, c'est
sûr et certain qu'au niveau de notre filière on a... Nous, on est représentant
des producteurs acéricoles du Québec, mais il ne faut pas oublier qu'on est une
filière, on a des équipementiers, on a nos transformateurs qui sont avec nous,
c'est eux qui mettent en marché notre produit sur 70 pays dans le monde.
Et ça, pour nous, ça va être important d'avoir un support...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) M. Goulet (Luc) : ...du
gouvernement pour être capable, si c'est la volonté du gouvernement de dire :
Présentement, on va investir dans d'autres marchés, mais on voudrait avoir le
support nécessaire pour développer ces autres marchés là. Vous savez, on a...
Les producteurs se sont dotés d'outils de mise en marché. On a un plan
conjoint, sur chaque livre de sirop, on prend certaines quantités, un volume d'argent,
qu'on le met dans un fonds pour faire notre promotion. On a des leviers au
niveau fédéral qui nous permettent de dédier sur les marchés un accompagnement,
mais ces leviers-là sont limités aussi. Si on veut avoir une pénétration de
notre développement de marché, d'avoir une croissance qui soit nécessaire, il
va falloir avoir un appui à la hauteur de nos attentes, puis la hauteur, un
peu, de la situation qu'on va avoir.
Malheureusement, on a 100 millions de
livres qui est exporté chez nos voisins américains. Ça représente quand même
62 % de nos exportations. Ce n'est pas rien. On est dépendant de ce
marché-là. C'est un marché de proximité avec nous. Il faut développer d'autres
marchés, puis c'est ce qu'on a fait dans le passé. On était de l'ordre de 75 %
à 78 %, certains... si on recule de plusieurs années, de dépendance avec
le marché américain. Maintenant, avec nos transformateurs, on a développé.
Ce qu'on attend du gouvernement
présentement, ça va être un appui pour être capable, vraiment, d'avoir cet...
ces montants d'argent là pour aller développer sur les marchés. Puis on a déjà
des marchés qu'on est là, mais, vous savez, avec 1 million, quand on a une
population de 100 millions d'habitants, on effleure puis on est très
imaginatif. Vous l'avez vu dans nos campagnes de promotion, que ce soit au Bye
Bye ou dans la promotion d'automne, on est très imaginatif dans nos moyens.
Avec un sou, on est capable de faire beaucoup de représentations, mais, je vous
dirais, si on avait un accompagnement à la hauteur de nos attentes... On n'aura
pas le choix d'avoir cet accompagnement-là dans la situation qu'on vit. Puis je
vous dirais qu'à l'annonce des tarifs, à la mise en place, on... il va falloir
qu'on le voit avec l'industrie. Je ne sais pas, Isabelle, si tu veux compléter.
Mme Lapointe (Isabelle) : Peut-être
juste ajouter un autre point. C'est sûr que, du côté à court terme, oui,
développer des marchés, mais ça prend quand même un peu de temps. On va avoir
besoin du support aussi, parce que si le... les baisses... si les tarifs, l'impact
que ça avoir sur le consommateur américain peut faire en sorte qu'il y ait des
baisses de ventes, bien, ce que ça va faire, c'est que le sirop d'érable, au
lieu de traverser les États-Unis, va s'en aller dans la réserve stratégique. Et
ça, c'est supporté par les producteurs. Donc, on va avoir besoin aussi d'une
certaine aide pour aider les producteurs parce que sinon ça va mettre en
péril... en péril leur entreprise puis la survie de leur entreprise puis les
investissements qu'ils doivent faire année... à chaque année pour pouvoir
continuer à produire le sirop d'érable.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
pense que c'est tout le temps qu'on a, mais je vous remercie pour vos réponses.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant au député de Matane-Matapédia pour deux
minutes 38 s.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Bienvenue à l'Assemblée nationale. Je ne vous cacherai pas que je
suis déçu de ne pas avoir reçu de canne de sirop d'érable, mais je comprends
pourquoi. Parce que vous en avez envoyé aux députés gouvernementaux pour les
sensibiliser à un enjeu qui est important pour vous. Et on vous supporte
là-dedans. D'ailleurs, on a adopté, le 21 février 2024, une motion
demandant de réserver à court terme... Enfin, on ne l'a pas fait adopter, elle
a été refusée. On l'a proposée : «De réserver à court terme un minimum de
25 000 hectares de forêt publique en tout temps, répartis dans les
différentes régions pour l'acériculture.» C'est toujours votre revendication?
Je vous laisse le temps. Comment on y arrive avec le projet de loi? Comment on
atteint cet objectif-là, maintenant qu'il y a une volonté de travailler sur le
territoire, même si c'est sur le territoire agricole? Comment on peut y
arriver? Les voies de passage, qu'est-ce que vous proposez?
M. Goulet (Luc) : Je vous
dirais, moi, d'entrée de jeu, ce qu'on est en train de discuter au niveau du
projet de loi, c'est déjà toute une affirmation au niveau du gouvernement,
présentement, qui dit : Aie! On veut protéger encore plus les érables. La
zone verte, je pense qu'on est habillé au Québec dans cette... dans cette
disposition réglementaire là. On va être capables de se développer. On va être
capables de maintenir les potentiels. On va être capables d'orienter un peu
nos... les actions dans chacune des régions en fonction de cette protection-là.
Maintenant, au niveau des terres
publiques, moi, je vous dirais que les discussions sont réouvertes
présentement. On sent qu'on est très proches de nos cibles qu'on a. Je vous
dirais qu'on n'a pas de demandes excessives. Je comprends présentement qu'on
doit partager cette forêt publique là avec tous les autres intervenants. L'industrie
forestière, elle est là, elle est majeure dans certaines régions, mais je vous
dirais qu'on est capables de faire ces deux choses-là avec l'acériculture. On
fait de la foresterie qui est régulière dans nos érablières, puis on
approvisionne nos industries forestières aussi. Puis, nous, ce qu'on veut, c'est
se développer. Ça fait que c'est le message qu'on a présentement. Puis les
discussions, je vous dirais qu'on met... On a des attentes, on a des très
grandes attentes, mais on n'est pas très loin de protéger, sur les cartes, les
chiffres que l'on veut.
M. Bérubé : Le 25 000.
M. Goulet (Luc) : Qu'on veut
avoir...
M. Goulet (Luc) : ...pour les
prochains cinq à 10 et 10 à 20, et ensuite de ça, les discussions vont se
poursuivre.
M. Bérubé : Est-ce que c'est
le projet de loi ou les négociations, par exemple, avec le ministère, qui vous
permettent d'être optimiste, de dire : On va arriver au 25 000?
M. Goulet (Luc) : Moi, je
vous dirais, le projet de loi, présentement, là, il envoie un signal clair pour
nous, c'est que le MAPAQ, présentement... la
Loi sur la protection du
territoire agricole veut développer l'acériculture puis veut la protéger.
M. Bérubé : D'accord. C'est
bien, puis on va vous soutenir là-dedans.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
On n'a plus de temps, M. le député de Matane-Matapédia. Voilà. Merci. Alors,
merci beaucoup pour votre présentation et l'aide à l'apport de la commission.
Alors, je suspends quelques instants afin
d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 12 h 09)
(Reprise à 12 h 13)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Nous accueillons maintenant les deux représentants
de l'organisation...
Le Président (M. Schneeberger) : ...Vivre
en ville. Alors, je vous salue. Je vous invite à vous présenter et enchaîner
avec votre présentation. Ah oui! Excusez, donnez-moi juste un... J'aurais
besoin du consentement pour qu'on puisse poursuivre au-delà de l'heure prévue
qui était 12 h 50. Consentement. Parfait. Allez-y.
M. Savard (Christian) : Bonjour.
Merci à la commission de l'invitation. Mon nom est Christian Savard, directeur
général de Vivre en ville. Je suis accompagné de Samuel Pagé-Plouffe,
directeur, Affaires publiques et gouvernementales, chez nous. Très heureux
d'être ici aujourd'hui pour parler de ce projet de loi qui concerne
essentiellement la protection du territoire agricole.
On a beau s'appeler Vivre en ville, nous
sommes historiquement obsédés par la protection du territoire agricole, par
l'interface ville-campagne, par la question des démarches nourricières et
comment les systèmes alimentaires s'insèrent dans le quotidien des urbains.
Donc, c'est pour ça que Vivre en ville travaille... a travaillé dans le passé
avec de nombreuses municipalités, que ce soit dans des marges de consolidation
urbaine pour protéger le territoire ou des démarches nourricières à l'échelle
régionale, notamment partenaires avec différents ministères là-dessus.
On tient également à souligner qu'on... le
sérieux derrière le projet de loi et la démarche qu'il y a eu derrière. On a eu
l'occasion de participer à de nombreux forums. Il y a eu... Il y a une
conversation qui est relativement mature derrière le processus, et ce n'est pas
toujours le cas. J'en ai fait plusieurs, des commissions parlementaires, j'ai
commenté plusieurs projets de loi, et là on sent qu'il y a quand même un
certain nombre de bons alignements qu'on tenait à souligner. Il y a une
sincérité derrière, derrière la démarche qu'on aime. Également, il y a des
aspects... Évidemment, on va parler dans notre présentation des aspects qui
nous inquiètent, les zones que je dirais d'ombres ou les choses qu'on est plus
critiques. Mais il y a beaucoup de choses qu'on contient à saluer, on ne les
nommera pas tout en raison de temps. Par exemple, le suivi des transactions, on
est solidaires, et avec nos amis de l'alliance, salutaires là-dessus.
La protection du territoire agricole, et
la LPTAA est une grande loi québécoise qui est une... qui a fait en sorte qu'on
a un aménagement du territoire qui est différent. À travers le temps, parfois
il y a eu des brèches qui se sont créées, parfois il y a des gens qui poussent
pour en faire encore plus des brèches. Donc, dans l'esprit, on sent que
l'esprit est bien dans le cadre du projet de loi, mais on a quand même... on
voit des failles qu'on aimerait faire des propositions pour les colmater. Donc,
je dirais également, il va falloir faire attention à l'appel de certains qui
vont dire : Ah! la protection du territoire agricole, ça empêche nos
régions de se développer, c'est un empêcheur de tourner en rond. C'est un...
Selon moi, c'est un mythe. Selon nous, c'est un mythe. Ça empêche des gens de
faire qu'est-ce qu'ils veulent où qu'ils veulent. Ça, oui, mais c'est ça,
l'objectif. Après ça, lorsque les règles sont claires, il y a moyen de
continuer à développer nos villes, nos villages partout au Québec. Mais c'est
juste... ça rend... Il faut être un peu moins paresseux et essayer d'aller vers
le terrain le plus facile, qui est... que je peux acheter rapidement.
Donc, notre développement de nos villes et
villages ne doit pas se faire au détriment de notre agriculture, les deux
sont... peuvent aller ensemble. Je passe la parole à Samuel.
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Merci
beaucoup, Christian. Bonjour. Je commencerais par une observation. Le projet de
loi, assez clairement, l'approche qui est adoptée, c'est de miser beaucoup sur
les outils de planification territoriale, notamment les nouvelles OGAT, les
schémas, pour limiter l'empiétement sur le territoire agricole. Et utiliser ces
outils-là, c'est positif parce que ce sont des outils qui permettent de prendre
le problème à la source, hein, le... on va faire une meilleure gestion de
l'urbanisation, qui permettra éventuellement de limiter l'empiétement. Je vous
dirais, quand on regarde les nouvelles OGAT, pour ce qui est des MRC A, B, C, on
est, somme toute, rassurés de la gestion qui va se faire pour limiter
l'empiétement. Pour ce qui est de D, E, F, par contre, les groupes de MRC, qui
représentent quand même 70 % du territoire agricole, on a, je vous dirais,
des inquiétudes assez importantes, puis on pourra vous entretenir là-dessus
lors des échanges, sur la force que ça a. Donc, tout miser là-dessus, nous, on
trouve que c'est assez périlleux. Dans l'analyse d'impact réglementaire, là,
qui vient expliquer le projet de loi, il est écrit qu'il est...
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : ...tente
d'améliorer la cohérence entre le régime d'autorisation établi par la LPTAA et
le contenu des schémas d'aménagement des MRC adopté en vertu de la LAU. Et ça,
bien, c'est tout en respect du principe, là, qu'on a dans notre cadre
d'aménagement. C'est un principe de cohérence. Il faut avoir de la cohérence
entre les différents acteurs, il faut avoir de la cohérence entre ce que nous
dit les différentes... les différentes lois. Et, dans cette perspective-là, de
cohérence, vous savez, le régime d'aménagement maintenant va être davantage axé
sur les résultats. Il va y avoir un système de monitorage avec des bilans
nationaux, bilans régionaux. Et ce qui... ce qu'on trouve, c'est que, pour
améliorer la cohérence entre les différentes lois puis... du Code
d'aménagement, il faudrait nommer clairement dans la
Loi sur la protection du
territoire agricole les indicateurs et les cibles qui vont être établis dans
ce... dans ce système de monitorage là pour pouvoir dire : Bien, on vise à
faire, par exemple, diminuer de 50 % le nombre de terres qui est dézoné
annuellement. Pour l'instant, il n'y a pas cette... il n'y a pas cette
communication-là entre la LPTAA et les OGAT qui sont établies par la LAU, donc
c'est manquant. Il n'y a pas... Il n'y a pas, donc, l'obligation de résultat.
Ce que l'on propose donc, encore une fois,
c'est tout simplement d'inscrire dans la LPTAA, là, des indicateurs et des
cibles en matière de protection de territoire agricole et de sa mise en valeur.
Et évidemment aussi, si ces indicateurs-là et ces cibles ne vont pas dans la
bonne direction, bien, il faut ensuite exiger la modification des schémas. Il
n'y a pas d'obligation de modifier les schémas non plus si les indicateurs ne
vont pas dans le bon sens. Alors, je reviens un peu au principe de la
cohérence, il faut faire les liens entre donc le cadre d'aménagement et la
LPTAA qui vient protéger le territoire agricole.
Rapidement, là, en fait, on a aussi des
choses, je vous dirais, assez positives à dire. Par exemple, sur le suivi des
transactions, bien, c'est bien. On a... On a des recommandations, des nuances,
mais honnêtement, pour l'essentiel de notre propos, c'est : Bravo! On
salue... On salue ce qui est fait dans le projet de loi et on propose d'élargir
donc ce suivi-là, des transactions, à l'ensemble des MRC, incluant les groupes,
là, DEF, là, qui, encore une fois, je le dis, représentent 70 % du
territoire agricole.
• (12 h 20) •
Concernant le mécanisme de compensation,
là, l'article 66 de la LPTAA, bien, de ce côté-là, on reprend une
recommandation qui vous a été exprimée par plusieurs autres groupes, mais donc
que c'est bien de le systématiser, le mécanisme de compensation, quand on...
quand on passe par décret, mais il faudrait minimalement que, donc, les
superficies compensées soient égales ou supérieures aux terres qui sont
dézonées, et donc s'assurer aussi de la vocation nourricière du territoire
agricole.
Dernier élément, de mon côté. Il y a... Il
y a une certaine tension qu'on nous a beaucoup relevée du côté des groupes qui
travaillent sur la protection des milieux naturels. C'est-à-dire qu'on a des
objectifs importants au Québec de protection de la biodiversité, de
conservation de la nature, et le projet de loi ne parle pas de comment on va
réussir à, par exemple, atteindre des objectifs de 30 % de protection des
milieux naturels. On ne préconise pas une seule manière d'y arriver, mais on
pense que, par cohérence des engagements qui ont été pris par le Québec, il
faut... il faut absolument s'y attarder.
Christian, je te laisse la parole.
M. Savard (Christian) : Parfait.
Rapidement, on sait, avec les nouvelles orientations gouvernementales en
matière d'aménagement du territoire, les OGAT, il y a des catégories de MRC et
les catégories D, Eet F, déjà, ont des ouvertures qui nous... qui nous ont déjà
inquiétés lors des consultations qu'on a eues avec le ministère des Affaires
municipales. Et il y a cette même ouverture là dans le projet de loi, à travers
l'article 40 qui vient modifier, là, l'article 59 de la LPTAA, sur
ouvrir les demandes à portée collective avec différents critères pour ces
mêmes... ces mêmes secteurs là. Pour nous, il y a quelque chose d'incohérent
parce que, pourquoi, parce que tu es classé dans D, E, F, le territoire
agricole serait plus facile à grignoter? Pour nous, on comprend mal cette
logique-là et surtout, on pense qu'il faut laisser le temps aux OGAT de voir
comment, de quel côté, là, tout ça va être analysé sur le terrain. Et de venir
en faire un lousse supplémentaire dans la LPTAA nous semble hasardeux et nous
inquiète.
Donc, notre recommandation n'est... pas
aller de l'avant avec l'article 40 et voir comment les OGAT vont... vont
évoluer parce que on a peur qu'il y ait des glissements...
M. Savard (Christian) : ...par
rapport à ça. Il ne faut pas oublier, là, que, dans ces MRC là, des MRC, là,
avec des fortes augmentations de population, avec une logique d'étalement
urbain qui sont aussi fortes, là, on ne parle pas de régions éloignées avec très
peu de croissance, on parle de régions qui... dans le sud du Québec. Donc, on
voit là une ouverture qui nous inquiète.
Et, très rapidement, pour finir, un aspect
positif dans l'esprit qu'on a vu, l'article 52 qui permet d'analyser
ensemble des inclusions à la zone agricole et des exclusions, voilà un début de
mécanique qui nous semble porteur pour venir faire en sorte qu'une municipalité
puisse dire : Cette terre-là, je la veux... la sortir de la zone blanche,
la remettre en zone verte, mais tel terrain à côté du noyau villageois, lui,
j'en ai besoin. Et, de cette manière-là, ça, c'est un aspect intéressant qu'on
voulait... Donc, je vous remercie. Et notre 10 minutes est fini. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous enchaînons avec la période de questions. M. le ministre,
vous avez un 15 secondes 54.
M. Lamontagne : ...minutes.
Le Président (M. Schneeberger) : Quinze
minutes 54 secondes...
M. Lamontagne : Oui. Je
trouvais que vous me coupiez pas mal, M. le Président.
Bien, merci beaucoup, Messieurs, de votre
contribution. Puis, je vais vous dire, à chaque fois que j'ai des gens dont la
vocation... Vous avez dit : On s'appelle Vivre en ville, mais vous avez
une obsession par rapport à tout ce qui touche le territoire agricole, et tout
ça. Bien, moi, chaque fois que je rencontre un groupe que leur motivation,
quand ils se lèvent le matin, c'est cette mission-là, bien, moi... moi, pour
moi, vous êtes des alliés, à
titre de ministre de l'Agriculture, là. Alors, je
veux vous remercier pour votre contribution puis votre mobilisation dans ce
sens-là.
Puis, tu sais, vous en avez parlé, tu
sais, vous avez dit le mot... attendez un petit peu, là, je pense, c'est
«maturité», tu sais, une conversation mature. Tu sais, moi, le pari que j'ai
fait quand on a... Parce que, tu sais, ce qu'on a lancé en juin 2023, là, ce
n'est pas une affaire qu'on a comme décidée trois semaines avant, tu sais,
c'est quelque chose, là, qu'il y avait des objectifs qu'on pouvait rechercher.
Puis le pari que j'ai fait, c'est d'à un moment donné dire : Écoute, où on
est rendus aujourd'hui au Québec, là, on est capables d'asseoir à la même
table, tu sais, les producteurs agricoles, les municipalités, les communautés
métropolitaines, tout ce monde-là, là, qui sont sur le territoire puis d'avoir
cette conversation-là qui va nous permettre collectivement de se réengager
envers l'importance, tu sais, de protéger notre territoire agricole.
Puis c'est sûr que, depuis 1978, il y a eu
quelques changements à la loi, mais, tu sais, en 46 ans, là, les
communautés ont évolué, les pratiques agricoles ont évolué, les besoins ont
évolué sur le territoire, puis de penser, à un moment donné, d'avoir une loi
qui est en place qui ne démontre pas... ou qui n'a pas les outils puis les
caractérisations pour prendre en compte les réalités qu'on a sur le territoire
de chacune des parties prenantes qui habitent ce territoire-là... bien, de
penser qu'on peut avoir une loi auquel les gens... tout le monde souscrirait
puis tout le monde... non, ça pourrait fonctionner. D'ailleurs, les enjeux
qu'on a... Moi, depuis que je suis ministre, j'entends... que ce soit du côté
agricole, que ce soit du côté des municipalités, tu sais, j'entends des
commentaires où, à un moment donné, des gens trouvent que, là, on n'est plus à
la bonne place dans la façon de traiter certains enjeux.
Ça fait que, si on veut avoir l'adhésion
renouvelée des gens, bien, il faut avoir cette conversation-là. On a fait le
pari de le faire. Puis, jusqu'au moment où on se parle, ce pari-là, bien, ça a
payé parce qu'on a eu 600 personnes qui sont intervenues,
158 mémoires, on a eu 1 000 courriels, on a eu les webinaires,
et tout ça. Puis aujourd'hui on a ces présentations-là, on a ces dépôts de
mémoire là. Les gens veulent... Tu sais, les gens saluent la démarche, qui nous
appartient à tous, puis les gens veulent améliorer, veulent... selon leur
perspective des choses, mais il reste... les assises sur lesquelles on fait
notre travail, puis vous contribuez aujourd'hui, là, jusqu'à maintenant, sont
solides. Ça fait que je voulais mentionner ça.
Juste pour revenir sur la... tu sais,
l'article 66, l'article 96, le droit du gouvernement, à un moment
donné, de soustraire à la CPTAQ, là, d'intervenir par décret, tu sais, je suis
arrivé en poste comme ministre puis je me suis fait expliquer ça, puis, tu
sais, oui, il y avait un droit d'intervenir, il y avait... il n'y avait aucune
condition qui était associée à ça. Si, à un moment donné, il y a un geste qui
avait été posé puis qu'on voulait défaire ça, il n'y avait aucun outil qui
était là pour pouvoir défaire ça. Ça fait que, moi, par le biais du projet de
loi n° 103, en 2021, on a commencé à intervenir à ce niveau-là. On a amené
toute la question de mettre en place des mesures d'atténuation. On a donné au
gouvernement la possibilité : Oui, tu peux exclure, mais tu peux aussi
inclure. Avant... ça ne paraît pas, mais le gouvernement ne pouvait pas faire
ça. Après ça, on a amené toute la notion de compensation puis avec un «peut»,
tu sais : il peut y avoir des compensations. Puis là, bien, tu sais,
comment... moi, depuis que je suis en poste, l'application... puis je veux
quand même faire un peu la genèse...
M. Lamontagne : ...la genèse
de tout ça, là, l'application de 66 96, là, qui a été utilisé à quelques
reprises, en arrière de ça, la philosophie qu'on a, c'est que, si on est pour
intervenir, ce qui n'est pas souhaitable, mais si on est pour intervenir par
décret, ultimement, il faudrait qu'une fois qu'on est intervenus, on ait
quasiment renforcé, tu sais, le territoire agricole. Puis, si on regarde
quelques interventions qu'on a faites là, bien, je veux dire, on a additionné
beaucoup plus de territoires protégés qu'on en a enlevés, on est allés chercher
des compensations financières importantes qu'on a redistribuées, que ce soit
pour la ceinture verte à Montréal, que ce soit pour la fondation...
UPA-Fondaction. Ça fait que c'est ça, la philosophie qui est en arrière. Puis
là, dans les modifications qu'on suggère, là, ce n'est plus un «peut», ça
devient un «doit». C'est sûr qu'ultimement, bien, il y a le ministre qui doit,
ultimement, donner son imprimatur sur les types de compensations, et tout ça,
mais, d'un cas à l'autre aussi, des fois, les... la façon d'aborder ce
dossier-là, bien, il peut être... Tu sais, il peut être différent d'une place à
un autre, mais l'objectif, c'est de faire en sorte... vous avez parlé de
superficie, de compensations... tu sais, on parle aussi de compensations financières.
Ça fait que ce qui est important, c'est
qu'on introduit de pouvoir réinclure en zone agricole, on introduit des mesures
d'atténuation, on introduit qui... l'aspect des compensations, on vient... là,
on introduit... le projet, ce n'est pas juste qu'il peut y avoir, c'est qu'il
doit y avoir des compensations. Ça fait que je veux quand même... Tu sais, il y
a des outils qui sont là. Des fois, il y en a qui vont dire : Il ne
devrait pas avoir ces outils-là. Les outils sont là. Mais aujourd'hui, en 2025,
quand on va avoir atterri ce projet de loi là, bien, je veux dire, soyez
assurés qu'on n'est plus du tout à la même place qu'on était il y a six ans par
rapport à l'utilité de ces clauses-là.
Moi, j'aimerais ça vous entendre. Écoutez,
vous avez parlé de l'article 59, tout ça, j'aimerais ça pouvoir vous en
parler, mais on va attendre un petit peu. J'aimerais ça vous entendre, là,
de... Consolidation urbaine et villageoise, moi... vous avez ça dans vos...
dans votre texte, vous avez la sobriété territoriale. Ça fait que quelques...
quelques instants, là, pour m'instruire un petit peu sur ces concepts-là, là.
• (12 h 30) •
M. Savard (Christian) : La
meilleure protection du territoire agricole qu'il peut y avoir, c'est de mieux
utiliser le territoire en développant... en le développant mieux, en le
développant parfois plus dense et en le développant au meilleur endroit. Et
c'est un des aspects qui est difficile, parce que, veut veut pas, la LPTAA,
c'est paramétrique, hein, tu sais, tu... c'est très... c'est très strict, mais
il peut y arriver parfois... En fait, le plus important, c'est que nos villages
et nos villes se développent, comme je le dis, au bon endroit et pas toujours
dans un mode éparpillé, qui coûterait très cher, d'ailleurs, hein, s'éparpiller,
ça fait des nouvelles rues un peu plus loin, ça... des fois, on n'a pas
aqueduc, égouts, il y a des coûts qui viennent avec ça, mais également pour
garder la vitalité, par exemple, de nos villages.
Et je vais vous donner un exemple à
Saint-Camille. Nous avons travaillé avec Saint-Camille puis on a même contribué
à dire : Oui, ce territoire agricole là, ce serait une bonne idée qu'il
soit exclu. Vous voyez qu'on n'est pas dogmatiques, même si on est très sévères
sur les exclusions, et on pense qu'il n'en faut à peu près pas. Mais c'est que
Saint-Camille avait proposé de dire : Mais je vais inclure un peu plus
loin un territoire que je pourrais développer et je vais l'inclure dans la zone
agricole parce que lui, il est moins cohérent, lui, il n'amènera pas des
enfants à pied à l'école, il n'amènera pas des gens dans notre commerce de
proximité ou dans nos... nos équipements communautaires.
Donc, la consolidation près du noyau
villageois est souvent une bonne nouvelle pour protéger le territoire agricole,
mais une bonne nouvelle urbanistique, et d'où la quadrature du cercle de Vivre
en ville qui est ramenée. Et ça, c'est très, très important. Et notamment, les
orientations gouvernementales d'aménagement du territoire, il y a... ils sont
toutes nouvelles, hein? Ils prennent ce pari-là, mais à quel point ça va
fonctionner? Il y a des questions à avoir, d'où le fait que nous, on considère
qu'il est important que la LPTAA reste là comme chien de garde pour ne pas non
plus qu'il se fasse des choses regrettables et qui mette une pression. Parce
qu'une fois tu commences à ouvrir c'est comme un jeu de dominos, là, et là,
bien, tout d'un coup, tu te retrouves avec des îlots déstructurés que t'es
obligé d'inclure... qui deviennent... qui font l'objet d'une demande à portée
collective, et ainsi de suite. Donc, l'importance de bien structurer nos villes
et villages autour des cœurs... de manière consolidée et non pas éparpillée,
est majeure pour la protection du territoire agricole et pour la cohérence de
la communauté, puis un paquet de raisons aussi qui sont des cobénéfices.
M. Lamontagne : Excellent.
Bien, merci beaucoup. Vous faites allusion à Saint-Camille puis d'inclure...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) M. Lamontagne : ...l'article 52,
vous êtes d'accord avec l'idée de... simultanément de pouvoir contempler des
besoins puis dire : Écoute, on va inclure, on va exclure, puis, en même
temps, bien, ce qu'on disait à la CPTAQ : Tu ne peux pas juste inclure
puis ne pas exclure. Tu sais, c'est les deux qu'il faut... pour poursuivre les
objectifs dont vous parlez.
M. Savard (Christian) : Oui.
Bien, vous voyez, c'est le genre d'ouverture, là, qu'on montre, c'est innovant.
M. Lamontagne : Oui, puis, de
toute façon, il y un historique à ça. Il y a des années, quand la zone agricole
a été... a été créée, bien, il y avait des pensées, à savoir : Bien,
écoute, les municipalités, celles-là devraient se développer en s'en allant
vers l'ouest. Finalement, tu te ramasses 30, 40 ans plus tard. Ce n'est
pas ça qui s'est passé. Ça fait que tu as des zones non protégées, tu as des
zones protégées, puis, à un moment donné, il y aurait un intérêt pour les
municipalités de venir réaménager ça. Bien là, on vient leur donner des outils
pour pouvoir le faire, là.
M. Savard (Christian) : Exact.
M. Lamontagne : Vous avez
parlé, rapidement, vous avez dit : La LPTA s'applique de façon
paramétrique. Bien, nous, ce qu'on a cherché à faire, on a commencé ça avec
103, projet de loi no 103, en venant vraiment mettre une emphase sur les
particularités régionales, avec l'ajout de certains critères à 62, en venant
encore renforcir l'idée des particularités régionales. Ce qu'on veut faire, là,
on veut donner au commissaire tous les outils nécessaires pour apprécier les
demandes qui sont devant eux en fonction des préoccupations que vous avez puis,
en même temps, en fonction de la réalité du demandeur. Ça fait que ce qu'on
cherche à faire, c'est justement que ce ne soit pas paramétrique, mais qu'il
puisse y avoir une agilité de la part de la commission. Puis on a commencé avec
103 puis on continue à venir donner ces outils-là au commissaire, parce qu'en
bout de ligne on investit la commission puis les commissaires d'appliquer puis
d'interpréter la loi. Alors, on veut leur donner davantage d'outils pour être
en mesure, justement, de lire finement ce qui se passe partout sur le
territoire. Ceci étant dit, j'ai ma collègue députée de La Porte qui aurait une
question pour vous.
Mme Poulet : Oui. Merci, oui.
Alors, merci à vous deux pour votre participation. M. le ministre, moi, vous le
savez, mon obsession, c'est la sécurité alimentaire. Alors, je vous amène à
votre mémoire, votre dernière recommandation sur le territoire nourricier, vous
mentionnez que la meilleure façon de protéger le territoire agricole est de l'occuper,
de le mettre en valeur, en renforçant notamment... notamment, sa vocation
nourricière. Notre gouvernement est motivé... est mobilisé à accroître l'autonomie
alimentaire. Par exemple, à l'automne dernier, j'ai initié un sommet sur... le
sommet sur la... le sommet sur la santé... je vais finir par le dire, sur la
sécurité alimentaire, voilà, qui a réuni plus de 175... 175 personnes partout
sur la Montérégie. L'objectif était notamment de faire émerger différentes
idées, pistes de solutions, actions structurantes pour répondre aux défis. Le
contexte au sud de la frontière démontre toute l'importance de nos démarches
pour produire plus ici et manger plus d'ici. Alors, votre dernière
recommandation suggère d'encourager les démarches locales pour développer des
SAT, les systèmes alimentaires territorial. J'aimerais vous entendre sur vos
suggestions et vos exemples concrets.
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Bien
évidemment, on connaît bien ici, puis ça fait l'objet de discussions dans le
cadre du projet de loi, là, les fameux PDZA élaboré par les MRC, donc intégrés
dans la planification territoriale les considérations que vous avez mentionnées
et la vitalité du... des activités agricoles. Nous, on a travaillé beaucoup à
Vivre en ville avec des municipalités, dans plusieurs régions du Québec, à l'élaboration
des démarches des PDCN, donc, plans de développement de communautés
nourricières. Et donc ces plans-là, dans bien des cas, là, ont été élaborés
dans les trois, quatre, cinq dernières années. Et là ils arrivent au moment d'être
mis en œuvre. Et ça, bien, c'est là qu'il y aura le test de : Est-ce que
les plans de développement de communautés nourricières apporteront les
résultats, les fruits de... les fruits du travail?
Et c'est vrai que ça mobilise énormément l'ensemble
des parties prenantes, que ce soit le milieu municipal, qui doit devenir un
allié, je dirais, davantage encore de la question de la protection du
territoire agricole et de la sécurité alimentaire, et aussi les partenaires
directement, les producteurs agricoles. Et il y a une certaine incertitude sur
comment il y aura un accompagnement ou un soutien gouvernemental pour la mise
en œuvre de ces plans-là de communautés nourricières. C'est normal, on... c'est
en réflexion. Il y a la politique bioalimentaire qui est en... qui est en cours
d'élaboration, qu'il y a des consultations. Mais c'est vrai qu'on insiste
beaucoup sur le fait qu'il va... il va falloir être là pour l'étape de la mise
en œuvre, parce que, si on fait seulement la planification, on risque de
manquer de... on risque de manquer de moyens. Est-ce que, Christian, là.... Ça
va. Merci.
Mme Poulet : Bien, outre les
demandes financières, est-ce que les organismes, entre eux, organisent...
Mme Poulet : ...s'organise, se
mutualise, bonifie. Il y a-tu une synergie déjà sur le plancher où ils peuvent
se mutualiser entre eux autres?
M. Savard (Christian) : Oui.
On le... On le fait, notamment, Vivre en ville, notamment à travers les TIR,
qui sont dans toutes les régions, où ils travaillent ensemble pour partager des
pratiques, partager des bonnes idées, partager les choses qui se font sur le
terrain, là. Ils ne sont pas tous isolés, chacun de leur côté. Vous avez dit la
démarche qu'il y avait en Montérégie, donc il y a une synergie sur le terrain
et il y a une volonté des gens de travailler... de travailler ensemble. Mais,
on sait, hein, c'est... passer... passer du système alimentaire, des grandes
entreprises à la grande agriculture à des démarches nourricières locales,
c'est... il y a un changement, hein, de manière de faire, et, dès qu'il y a un
changement de manière de faire, on a besoin de soutien pour y arriver. Donc
c'est... c'est... c'est pour ça qu'il y a une de nos recommandations qui va
dans ce sens-là.
Mme Poulet : Mais il y a une
volonté de faire, d'y aller de l'avant, de faire des changements?
M. Savard (Christian) : Tout
à fait, oui, oui. Puis...
Mme Poulet : O.K. Pour mieux
nourrir notre population.
M. Savard (Christian) : Exact.
Mme Poulet : Parce qu'on
parle d'approvisionnement, de transformation et de distribution.
M. Savard (Christian) : Exact.
Oui. Puis il y a plein de démarches, nos collègues d'Équiterre en font à
travers les institutions, notamment, qui sont les premiers... premiers à
pouvoir le faire, là. Donc, oui, il y en a sur le terrain. En fait, c'est...
c'est assez fort, puis les gens sont très motivés. Ça fait que, un peu comme
vous, comme vous dites.
Mme Poulet : Merci.
• (12 h 40) •
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Si
je peux me permettre là-dessus. En fait, il y a énormément d'enthousiasme. On
est presque toujours surpris par à quel point il y en a. On avait un forum
justement là-dessus, sur les communautés nourricières, à l'automne, il n'y
avait plus de places, il y avait trop de demandes. Notre publication, qui est
la plus populaire à Vivre en ville, c'est celle sur les communautés nourricières.
Définitivement, là, il y a une volonté du terrain de travailler là-dessus et il
s'agit juste de répondre à cette demande-là.
Mme Poulet : Et en arriver
avec des exemples concrets, justement, des actions concrètes.
M. Savard (Christian) : Oui.
Mme Poulet : Parfait. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Merci beaucoup. Alors, le temps est écoulé. Nous allons maintenant du côté de
l'opposition officielle. Et j'entends le député de Pontiac pour un
10 minutes 24 s.
M. Fortin : Très bien, merci, M. le Président. Bonjour, M. Savard, M.
Pagé-Plouffe. Merci, merci d'être là. Toujours intéressant d'entendre votre
perspective, surtout sur des projets de loi comme ceux-là qui traitent de
l'aménagement. Parce que c'est ça, à la fin de la journée, là, c'est une
question d'aménagement et de bonne utilisation du territoire.
On a regardé l'ensemble de vos 17, je
crois, recommandations, là. Je ne vais pas vous demander de faire une gradation
complète de la chose mais, si on devait repartir avec une idée précise? Parce
qu'on va finir par débattre de chacune de vos recommandations, là, puis il y en
a que, bien, on va peut-être s'acharner plus sur certaines, si vous nous dites
celles-là ont un impact plus grand. Alors, peut-être que vous pourriez nous
donner, là, la grande idée avec laquelle vous aimeriez qu'on parte vraiment.
M. Savard (Christian) : De
manière... De manière générale, il y a... M. le ministre l'a bien exprimé,
qu'il y avait un désir de tenter d'ouvrir certaines choses, d'être plus agiles
sur certaines choses. Mais on pense que fort probablement que le projet de loi
va un pas trop loin par rapport à ça. Par exemple, notre... Et c'est pour ça
que notre recommandation sur l'article 40, on pense que ça, c'est le pas
de trop. On pense qu'à la limite d'autres actions qui ont été prises dans le
passé, on a parlé de 103 tantôt, certains ajustements à certains critères font
en sorte que probablement qu'on va donner des autorisations, notamment sur des
demandes à portée collective ou peut-être certaines exclusions qui vont aller
trop loin. Il y a une
partie du pari qui, selon nous, est trop fort.
Donc, à
titre d'exemple,
l'article 40, on pense qu'en l'état est dangereux et n'est pas nécessaire.
Ça semble être un cas où on a peut-être voulu répondre à certaines demandes en
ménageant et la chèvre et le chou, mais ça, ça nous inquiète. Je vais vous
donner l'exemple, là, appliquer l'article 40 dans des MRC du groupe D,
comme Brome-Missisquoi, qui ont des augmentations de 11,1 % de population,
là eux vont trouver... ça va être trop facile pour eux de justifier, surtout
que ça vient en parallèle avec les nouvelles orientations gouvernementales en
aménagement du territoire, qui, elles, pour ces types de MRC là, n'a pas vraiment
fermé la porte. On a fermé la porte pour A, B, C. Il faut le dire, là. Tu sais,
pour proche des grandes villes, on est satisfaits. En dehors et là où est-ce
qu'ils ne sont pas si loin que ça des grandes villes et où est-ce qu'il y a une
forte pression immobilière, là on a des inquiétudes et on pense qu'il y a des
portes...
M. Savard (Christian) : ...qui
sont à fermer. On a fait... notamment à travers notre recommandation sur
l'article 40, sur les demandes à portée collective qui nous inquiètent, et
d'autres ajustements sur certains critères qu'on fait, parce qu'on pense
qu'on... qu'en essayant d'ajuster on va un peu trop loin. Veux-tu compléter?
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Mais
c'est que notre propos doit être, je dirais, interprété en fonction du texte,
des orientations gouvernementales en aménagement du territoire. Et on
regardait, dans les derniers jours, à nouveau, là, ce que ça veut dire. Et donc
pour abaisser, comme Christian dit, bien, on ferme la porte. Mais pour DEF, on
dit : Mais limiter l'empiétement sur le territoire agricole. Mais
qu'est-ce que ça veut dire limiter? Le rapport de la commissaire au
développement durable était assez clair, là, la situation est encore aujourd'hui
alarmante. Puis si on se compare un peu, par exemple, à la France, mais eux,
ils ont dit : Zéro artificialisation nette en 2050 et, dans les
10 prochaines années, moitié moins... moitié moins d'empiétement sur les
territoires agricoles et naturels. On n'a pas de clarté comme ça pour l'instant
au Québec. On a dit : On va mesurer comment évolue. Et on a mis en place
certains mécanismes pour essayer de contrôler, mais il n'y a aucune garantie de
résultat. Donc, c'est de faire le lien, en fait, entre les différents documents
de planification territoriale.
M. Fortin : Est-ce que... pour... pour peut-être comprendre le fond de
votre pensée... Puis vous avez travaillé avec assez de municipalités, là, pour
comprendre la réalité de... des municipalités dans chacune de ces zones-là, là,
les zones... tant les zones ABC que les zones DEF, là. Et je comprends votre
recommandation, qui est la même qu'on a entendue de l'UPA, si je ne me trompe
pas, qu'on a entendue de la Fédération de la relève agricole. Est-ce que c'est
une question... Parce que, de la façon dont vous l'expliquez, là,
effectivement, O.K., on vient protéger ce qui est... ce qui est proche de la
ville, ce qui est à haut risque, ce qui est toujours plus convoité, etc. Puis
là vous me dites : Oui, mais il y a des places, comme la Haute-Yamaska,
par exemple, et d'autres, où il y a une pression, là, faites attention, là, ce
n'est pas si simple que vous le dites. Est-ce que c'est une question de changer
les territoires DEF, là, ou c'est une question de juste dire : Non, on
l'oublie? Parce que, quand je regarde la liste F, là, la Haute-Gaspésie, le
Rocher Percé, ce n'est pas la même dynamique que là Haute-Yamaska quand même,
M. Savard (Christian) : De
manière générale, et ça, nous avions déjà fait ces représentations-là avec un
succès mitigé, on trouvait qu'il y avait des modulations trop fortes pour D
particulièrement, mais il y a aussi des E juste parce qu'ils n'ont pas de
grande ville, mais qui ont de fortes pressions. C'était notre propos. Et là on
trouve qu'on va un pas de plus avec le projet de loi, ce qui nous inquiète.
Il ne faut pas oublier qu'à terme, là, on
a mal développé nos villes, nos villages, souvent de manière trop étalée,
souvent de manière pas assez dense, on devrait avoir comme objectif d'avoir
moins... de moins prendre de territoire agricole, peut-être sur des petites
portions être plus agile. Je n'aime pas être dogmatique puis dire :
Jamais, jamais, jamais, jamais. Et donc c'est pour ça qu'on montre une certaine
ouverture à certains ajustements. Mais là, on a... on aimerait sortir d'ici...
On aurait aimé lire le projet de loi, dire : Aïe, on a renforcé les
choses. Puis il y a certaines choses qui sont renforcées, mais il y en a
d'autres qu'on pense qu'on va trop loin, puis qu'on joue avec le feu, et qu'on
prend des risques trop importants. Et une fois, là, que tu l'as donné, c'est
difficile, parfois, de revenir par... par en arrière. Il y a, par contre... il
y a aussi, quand même, il faut vous le donner, des processus, les clauses
crépusculaires qui remettent... qui renversent finalement une décision si ce
n'est pas utilisé, et on se rend compte que ce n'est souvent pas utilisé. Donc,
ça démontre qu'on peut quand même être sévère sans être en train d'empêcher le
développement. Donc, on pense qu'il y a des risques dans le projet de loi,
c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui puis qu'on voulait être là.
M. Fortin : O.K. Très bien. Je pense que c'est votre
recommandation 6 qui touche, entre autres, avec les demandes d'exclusion
apportées à la CPTAQ pour les projets énergétiques, notamment les éoliennes. Et
vous l'avez dit il y a quelques instants, là, M. Savard, on ne vous connaît pas
comme des gens particulièrement dogmatiques, là, vous avez une idée précise,
mais encore là, être capable de s'adapter aux différentes situations. Je pense
qu'il y a beaucoup de gens au Québec qui veulent voir l'énergie éolienne se
développer pour toutes sortes de considérations, que ce soit environnemental,
économique, énergétique, peu importe. Là, vous venez nous dire : Il faut
donner à la CPTAQ davantage soit de pouvoir, de leviers, ou, je pense, vous
utilisez le terme, là, les coudées franches pour vraiment qu'elle puisse
encadrer les demandes d'exclusion. Donc, je comprends que vous nous dites
aujourd'hui : Là, il y en a déjà trop puis il faut faire attention à ce
qui s'en vient, parce qu'il va y en avoir, du développement au Québec.
M. Savard (Christian) : Sur
le développement éolien, il faut juste dire que notre préjugé est favorable,
mais qu'on ne peut pas non plus ouvrir la porte comme si c'était bar ouvert. Je
te laisse compléter.
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Oui.
Mais il y a trop de demandes d'exclusion...
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : ...en
général, pour ce qui est des éoliennes, bien, on en a besoin de beaucoup plus,
là, efficacement, une transition énergétique à faire. L'échelle d'analyse de la
CPTAQ est, à notre avis, puis... doit être calibrée à l'échelle québécoise,
donc pas y aller, là, région par région. Donc, pour observer notamment là où il
y a un potentiel et pour éviter d'avoir des impacts là où ça... l'impact le
plus grand ou le plus grave.
Une voix : ...
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Oui,
voilà.
M. Fortin :
Oui. Donc, au lieu de le faire de façon régionale, là... ou, de façon locale ou
régionale, dire : O.K., bien, il y a... il y a des terres disponibles pour
du développement éolien en Gaspésie, dans certaines des MRC que j'ai nommées
tantôt, là, peut-être, si le potentiel éolien est là et si toutes les autres
conditions sont... peuvent être remplies.
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Voilà.
M. Savard (Christian) : Tout à
fait.
M. Fortin :
O.K., ça me va. Ça me va, M. le Président. Je vous remercie.
M. Savard (Christian) : Mais,
puisque l'énergie... bien, au sud du Québec, des meilleures terres, peut-être
que c'est moins important.
M. Fortin :
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup, député de Pontiac. Nous allons maintenant du côté de la
deuxième opposition avec la députée de Verdun.
Mme Zaga Mendez : Pour
combien de temps, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) :
5 min 28 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Moi, j'ai un peu plus de temps. Merci, bien, encore pour votre
présentation. Moi, j'ai le goût de vous amener peut-être dans une vision plus
globale puis faire écho à la discussion précédente. Vous avez parlé d'avoir une
vision de la protection de territoire à l'échelle du Québec, vous avez salué
plusieurs mesures qui sont dans le projet de loi, que je crois, comme vous, qui
nous amènent dans la bonne direction. Ceci dit, on a encore des fois... puis je
lisais ça dans les nouvelles, l'UPA qui nous rappelait qu'on utilise des
décrets encore pour exclure du territoire agricole. Puis je vous donne un
exemple, tout récemment, là, c'était l'usine d'Amazon qui a fermé à
Coteau-du-Lac et qu'on avait dézonée par décret pour ensuite avoir un projet
qui a duré trois ans, puis on a vu à quel point c'était catastrophique, là,
en plus avec la mise à pied des... de tellement d'employés. Donc, je voulais
vous entendre. Comment on fait? Ou qu'est-ce qu'il y a déjà dans la loi? Ou
comment on peut améliorer, maintenant qu'on l'a ouvert, pour éviter le recours
à ce type de mesures par décret pour des projets qui n'ont pas une garantie,
qui vont être plutôt éphémères?
• (12 h 50) •
M. Savard (Christian) : C'est
sûr qu'en... C'est sûr que c'est troublant, et je vais dire le fond de ma
pensée là-dessus, d'avoir fait un décret pour un entrepôt qui livre de la
marchandise. On n'est pas dans une infrastructure stratégique. C'est... ce
n'est pas du développement économique à haute valeur ajoutée, on s'entend.
Donc, ça, ce genre... ce genre de choses là... Les décrets devraient être peu
utilisés pour les projets privés ou pas utilisés pour les projets privés, si...
Les décrets devraient être davantage utilisés pour des projets publics, lorsque
c'est nécessaire.
Et je vous donnerai l'exemple, la station
terminale du REM à Brossard, qui est un exemple d'on a utilisé un décret pour
une infrastructure publique. Et on a mis en place autour de la station une
fiducie agricole, hein? C'est une des premières où nous en avions fait la
suggestion, on était contents. Vous voyez... On peut utiliser parfois un décret
de manière bien calibrée avec les bonnes mesures de compensation, ça peut
arriver.
Mais, pour le privé, ça serait à proscrire
et, de manière générale, il faut encadrer en
partie ça. Je vous donnerais
l'exemple de l'hôpital, malheureusement, de Vaudreuil, où est-ce qu'on a dézoné
par décret beaucoup trop... une bande beaucoup trop large, où est-ce que, dans
le fond, on vient de mettre un bâtiment du stationnement de surface à grandeur
à un coin d'autoroute, qui va juste faire une pression à l'étalement urbain.
Ça, ça a été une décision très regrettable, selon nous. Donc, c'est quelque
chose à utiliser avec parcimonie.
Les mesures de compensation me semblent
intéressantes, mais... Tu voulais compléter?
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Bien,
là-dessus, sur les mesures de compensation, effectivement, il y a toujours une
crainte que ça soit utilisé comme manière de justifier les décisions. M. le
ministre, avec raison, disait : Bien, on a utilisé les mesures de
compensation jusqu'à présent de manière à la fois exigeante et, bien, plutôt
responsable, sauf, par exemple, dans le cas d'Amazon, on... qui était, bon,
d'un précédent gouvernement. Je veux juste mentionner que les pratiques de
compensation qui ont été observées par le passé, il n'y a pas, dans ce qu'on
voit dans l'article, de garantie qu'elles vont se maintenir. On dit : Il
doit y avoir une compensation. Donc, on la systématise, mais on n'exige pas
qu'elle soit proportionnelle à la valeur de la terre ou qu'elle soit, donc, au
moins d'une superficie égale.
Donc, pour limiter l'utilisation des
décrets, s'assurer que ça coûte beaucoup plus cher de faire un décret tout le
temps, ça nous semble être essentiel. C'est assez facile d'ajuster l'article...
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : ...à
cet égard-là, là, on vous a fait notre recommandation 14, une proposition de
libellé.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup. Avec le temps qu'il me reste, peut-être, si vous voulez développer un
peu plus votre recommandation no 7, qui rejoint aussi la demande de la relève
agricole, je crois bien, là, c'est-à-dire... non, pardon, je me suis trompée,
no 8, c'est de réduire le seuil des quatre hectares à un hectare pour les
processus de contrôle. Je ne sais pas si vous voulez développer un peu, avec
les quelques minutes, peut-être... la minute qu'il me reste.
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Je
sais que le sujet a été discuté avec l'Institut Jean-Garon hier. Bien,
essentiellement, ce qu'on dit, c'est que ces terres agricoles là, souvent de
petites superficies, bien, sont à proximité des grands centres, donc très, très
propices à l'agriculture de proximité. Et donc on regardait aussi dans des
juridictions, ailleurs, là, au Canada, puis on était davantage dans du deux
hectares. Donc on s'était dit : Bien, essayons d'aller encore plus...
encore plus loin là-dessus. On pense qu'on est capable d'aller aussi loin que
la Saskatchewan, à cet égard là, sans trop de problèmes. Donc, c'est vraiment
pour s'assurer de faire un bon suivi, là, de terres, encore une fois, qui
peuvent être à grande proximité des centres urbains, pour l'agriculture de
proximité.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Combien de temps qu'il me reste?
Le Président (M. Schneeberger) : 10
secondes.
Mme Zaga Mendez : Ah bien, je
vous remercie pour votre présentation.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons au député de Matane-Matapédia pour 2min
38s.
M. Bérubé : Merci, M. le
Président. Bienvenue à l'Assemblée nationale. Le projet de loi permettrait aux
municipalités de transmettre simultanément des demandes d'inclusion et
d'exclusion à la zone verte. On s'entend tous ici pour dire qu'il y a deux
objectifs, à terme, c'est : un, de maintenir et, mieux, d'étendre la zone
verte, et, deux, de protéger les meilleures terres. Est-ce qu'en l'état actuel
le projet de loi permet, selon vous, que chaque exclusion soit compensée par
une inclusion équivalente à la fois en quantité et en qualité?
M. Simard (Christian) : Non.
C'est un nouveau critère qui est amené pour... dans certains cas, mais ce ne
sera pas systématique. C'est sûr qu'une municipalité qui va proposer ça va
avoir plus de chances, selon moi, d'obtenir une exclusion à un endroit x et des
inclusions, parce qu'elle va avoir compensé, mais, pour le reste, non, ce n'est
pas le cas. Il n'y a pas un véritable processus, là, où est-ce qu'on arriverait
au fait de toujours compenser. Ça n'existe pas dans le projet de loi. À terme,
il faudrait peut-être... il faudrait peut-être arriver à ce genre de choses là.
On maintient, tu sais, nous, ce qu'on
espère, c'est qu'il va y avoir moins d'empiétement dans la zone agricole et que
la zone agricole ne servira plus de bassin pour du développement immobilier. Il
y a quand même... il y a... le cadre d'aménagement du Québec est en changement,
actuellement, il va falloir voir comment il va évoluer. Est-ce qu'il va y avoir
aussi, dans les villes, une plus grande maturité à moins de toujours vouloir se
développer sur le territoire agricole? C'est à surveiller. C'est pour ça qu'on
a mis beaucoup d'importance sur le fait de surveiller : est-ce qu'on en
perd encore beaucoup ou le rythme va ralentir, puis on va être plus collé à des
véritables besoins, plutôt qu'ouvrir pour ouvrir, donc.
Le Président (M. Schneeberger) : 49
secondes.
M. Bérubé : Recommandation
14, pouvez-vous nous développer un peu?
M. Simard (Christian) : Quatorze.
J'y arrive. Je ne les connais pas toutes par coeur.
M. Pagé-Plouffe (Samuel) :
C'est l'obligation de compensation.
M. Bérubé : Oui.
M. Pagé-Plouffe (Samuel) : Bien,
c'est ce qu'on discutait précédemment. Donc, on pense que non seulement on doit
systématiser l'obligation de compensation, mais, comme vous le disiez, ça doit
venir avec une terre qui est d'une superficie égale et d'une qualité égale.
Juste pour revenir, pour terminer, là, ce
qu'il nous faut, je pense, pour la protection du territoire agricole, c'est
des obligations de résultat. Le projet de loi ne nous donne aucune garantie de
ce qui va advenir. Puis, si on dit qu'il y a une situation qui est alarmante,
en termes de dézonage, bien, donnez-nous, donnons-nous un objectif, écrivons-le
dans la loi puis modifions, après ça, nos schémas d'aménagement en fonction de
M. Bérubé : Très bien, Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, à cette heure-ci, nous allons suspendre la commission jusqu'à
15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 57)
Haut de la page
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 04)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. La Commission de l'aménagement du territoire reprend ses
travaux. Alors, juste peut-être vérifier vos appareils électroniques, qu'ils
soient bien fermés. Alors, je rappelle que la commission poursuit les
consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 86,
Loi visant à assurer la pérennité du territoire agricole et sa vitalité.
Alors, cet après-midi, nous recevons,
alors, l'Institut de recherche de développement en agro... agroenvironnement,
pardon, l'Institut de recherche en économie contemporaine, la Commission de
protection du territoire agricole du Québec, et, en premier, je vous salue, les
Producteurs de grains du Québec. Alors, bonjour à vous trois. Dans un premier
temps, vous présenter et par la suite enchaîner avec votre présentation, vous
avez un maximum de 10 minutes.
M. Pion (Sylvain) : Parfait.
Merci beaucoup. M. le Président, M. le ministre, distingués membres de la
commission, bien, je me présente, Sylvain Pion, premier vice-président des
Producteurs de grains du Québec. Je suis accompagné à ma droite par M. Pierre
Murray, deuxième vice-président, et de M. Benoit Legault, directeur général, à
ma gauche. Nous représentons quelque 9 500 producteurs et productrices de
grains présents dans toutes les régions du Québec. Nos productions incluent
principalement des céréales, telles que le maïs, le blé, l'orge et l'avoine,
ainsi que des oléagineux protéagineux comme le soya et le canola. Ces cultures
occupent près d'un million d'hectares de terres agricoles et génèrent un
chiffre d'affaires de plus de 2 milliards de dollars. Ainsi, la
production de grains se classe parmi les trois secteurs agricoles les plus
importants au Québec. En plus de contribuer à nourrir l'ensemble des autres
productions, ces denrées contribuent à une saine alimentation humaine, ainsi qu'à
l'épanouissement de l'économie québécoise.
Avant tout, nous tenons à remercier les parlementaires
de l'invitation spontanée. Nous sommes sur place, comme plusieurs d'autres
membres de la grande famille agricole, pour prononcer solidairement le message
de la protection du territoire, mais avec nos particularités comme producteurs
de grains. En accord avec l'UPA sur la protection du territoire agricole, les
producteurs de grain du Québec appuient le principe de projet de loi no 86,
qui, selon nous, représente un pas intéressant vers la protection et la
pérennité de notre territoire agricole.
C'est un projet de loi qui répond de
manière positive à plusieurs de nos recommandations et propose des mécanismes
renforcés pour protéger les terres agricoles. L'introduction de critères
supplémentaires dans l'évaluation des demandes d'aménagement et d'exclusion,
ainsi que l'ajout de mesures d'atténuation obligatoires pour les usages non
agricoles va dans le sens de nos préoccupations. Nous espérons que ce projet de
loi contribue à la préservation du potentiel agricole du Québec, tout en
facilitant une coexistence harmonieuse avec d'autres projets de développement.
Il est essentiel que le territoire
agricole soit protégé, non seulement en théorie, mais aussi dans les faits, par
des critères rigoureux et des mécanismes de contrôle efficaces. Nous saluons
également comment la CPTAQ bénéficiera, grâce à ce projet de loi, de
renforcement de ses responsabilités, notamment en matière de surveillance, d'inspection
et de gestion des demandes. C'est une approche qui propose de garantir une plus
grande rigueur dans l'application des normes de protection du territoire
agricole et permettra à l'organisme de réagir de manière plus réactive et
efficace face aux enjeux qui se présentent. Comme le gouvernement, nous
espérons que cette initiative représentera une avancée importante pour la
vitalité de notre agriculture et la préservation de notre territoire.
Les Producteurs de grains du Québec
reconnaissent que les efforts sont déployés pour encadrer davantage les projets
d'usage non agricole en zone agricole. Toutefois, nous avons plusieurs
préoccupations concernant l'approbation de ces projets. L'un des enjeux pour
les producteurs...
M. Pion (Sylvain) : ...producteurs
de grain réside en la capacité du gouvernement et la CPTAQ à limiter
efficacement l'expansion des usages non agricoles dans les zones agricoles
sensibles. La présentation des critères pour le contrôle des usages non
agricoles en zone agricole manque de clarté et bénéficierait d'être groupés
dans un même
article de la loi, sinon ils seront éparpillés dans les
articles 12, 62 et 79.
Nous sommes aussi préoccupés par le manque
de transparence quant au dénombrement de projets d'usages non agricoles
autorisés, en cours ou projetés. Actuellement, il est difficile d'évaluer
l'ampleur de ces projets et leurs impacts potentiels sur la disponibilité des
terres agricoles. Parfois, certains projets d'usages non agricoles sont
interprétés de manière trop favorable, sans tenir compte de leur impact
cumulatif réel sur l'intégrité du territoire agricole. Prenons par exemple des
zones de conservation et les pistes cyclables qui peuvent, de façon cumulative,
engendrer des effets négatifs importants sur des terres agricoles.
Le projet de loi n° 86 propose une
gestion différenciée du territoire agricole entre les régions comme moyen de
gérer les spécificités des régions périphériques. Nous estimons que ce n'est
pas la solution optimale. En effet, la pression exercée par l'urbanisation
concerne autant les régions périphériques que centrales. On croit que la
qualité des terres agricoles, leur côté stratégique dans la sécurité
alimentaire et leur préservation doivent être des priorités indépendamment de
leur localisation géographique. Une approche cohérente et uniforme qui protège
l'ensemble du territoire agricole québécois est essentielle pour assurer la
pérennité de notre agriculture.
• (15 h 10) •
Un autre aspect du projet de loi qui
soulève des préoccupations concerne l'article 44, qui propose de modifier
le processus d'analyse des demandes d'approbation des usages non agricoles en
permettant à la CPTAQ de ne plus fournir d'orientations préliminaires pour les
décisions favorables sans condition. Cet
article risque d'entraîner une prise
de décision moins transparente et moins éclairée. L'orientation préliminaire
est un outil important pour s'assurer que toutes les parties prenantes aient
une vision complète des enjeux. En l'absence d'orientations préliminaires, il
devient difficile d'évaluer adéquatement les répercussions des décisions sur le
territoire agricole. Justement, ce sont des décisions favorables qui ont le...
les effets les plus importants sur le territoire, et ces décisions nécessitent
une consultation approfondie pour anticiper les impacts à long terme.
Le projet de loi prévoit également un
mécanisme de partage d'informations sur les transactions foncières en zone
agricole. Les PGQ saluent cette initiative. La transparence sur les
transactions est essentielle. Toutefois, le projet de loi ne répond pas à
l'enjeu crucial de la transparence au niveau des pertes nettes de terres
agricoles. Il est tout... Il est tout aussi important de comptabiliser les
pertes de terres agricoles attribuées à des usages non agricoles. Un mécanisme
spécifique permettant de comptabiliser ces pertes nettes serait un outil
précieux pour évaluer l'impact réel sur le territoire.
Enfin, concernant le contrôle de la
superficie totale détenue par un exploitant agricole, l'ajout de 79.0.6 à la
loi... à la
Loi sur la protection du territoire agricole vise à contrôler la
superficie totale détenue et la superficie annuelle acquise par un exploitant
agricole. Les PGQ reconnaissent l'importance de cette mesure et son objectif de
protéger la relève face à la spéculation foncière en limitant la capacité des
grands acquéreurs. Toutefois, cette mesure risque involontairement d'affecter
de nombreuses familles agricoles, qui ont souvent plusieurs exploitants, ce qui
nécessite une superficie plus importante, notamment pour assurer leur relève.
Nous estimons qu'une évaluation approfondie des impacts de cette mesure est
nécessaire avant sa mise en œuvre. C'est pourquoi nous recommandons la
réalisation d'une étude publique sur les effets de cet
article avant qu'il
rentre en vigueur pour s'assurer que cette mesure ne pénalise pas
involontairement la relève agricole et les familles agricoles.
Voici donc le résumé de nos
recommandations concernant le projet de loi : Que les parlementaires
adoptent le principe du p.l. 86; que le projet de loi n° 86 soit amendé
afin d'exiger une transparence totale sur les projets d'usages non agricoles en
cours ou à venir et en proposant une seule liste claire de critères pour les
projets proposés; que le projet de...
M. Pion (Sylvain) : ...de loi
no 86 soit amendé pour assurer une gestion uniforme des terres agricoles à travers
toutes les régions du Québec en supprimant toute distinction entre les régions
périphériques et centrales afin de garantir que la protection du territoire
agricole soit égale et cohérente, indépendamment de la proximité avec les zones
urbaines;
Que le projet de loi n° 86 soit amendé
afin de maintenir l'orientation préliminaire de la CPTAQ dans toutes les
situations, y compris pour les décisions favorables, sans condition, afin de
garantir une consultation adéquate des parties prenantes;
Que le projet de loi n° 86 soit amendé
afin d'inclure une comptabilisation par la CPTAQ des pertes nettes des
superficies agricoles dues à des usages autres qu'agricoles en zone agricole
afin de refléter de manière transparente et précise l'impact réel de ces autorisations
sur le territoire et les activités agricoles;
Que l'article 79.0.6 de la loi, ajouté par
l'article 60 du projet de loi n° 86, entré en vigueur à la date fixée par le
gouvernement, conditionnellement à la réalisation d'une étude publique approfondie
sur l'impact de cette mesure sur les projets d'expansion, d'acquisition et
autres des exploitations agricoles.
Merci de votre attention. Nous serons
heureux de répondre à vos questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre lecture. Nous procédons maintenant à une période
d'échange avec le ministre. Alors, M. le ministre, vous avez le temps complet
de 16 minutes 30 s.
M. Lamontagne : Tu vas me le
dire? Bien, j'aime mieux suivre mon histoire un peu, là. Combien tu as dit, 15
minutes?
Le Président (M. Schneeberger) : 16
min 30 s.
M. Lamontagne : 16 minutes.
C'est bon. Excellent. Bien, merci beaucoup, Messieurs, de votre mémoire,
d'avoir pris le temps. Merci beaucoup de votre présence ici aujourd'hui. Puis,
honnêtement, bien, je trouve ça une belle opportunité qu'on a parce qu'on parle
de la protection du territoire agricole, puis on est en présence de gens qui,
de par la nature de votre travail, bien, vous êtes des détenteurs, vous devez
avoir des superficies appréciables de terres agricoles, on s'entend, pour être
producteurs de grains au Québec, puis, en même temps, bien, vous êtes aussi des
gens qui peuvent être impliqués dans des transactions pour acheter des terres
agricoles, puis faire agrandir nos superficies, puis tout ça. Ça fait que, dans
un premier temps, mettons, vous, vous êtes producteurs de grains un peu partout
sur le territoire, là, puis vous décidez que vous voulez agrandir vos
superficies en culture, comment ça marche, comment ça se passe, comment...
c'est quoi votre démarche? Comment vous vous en allez sur le terrain, là, puis
ultimement, pour en finir qu'à acheter votre terre agricole, là? Parlez-moi un
petit peu de la dynamique, un peu de ce que vous rencontrez comme dynamique,
puis comment ça se passe.
M. Pion (Sylvain) : Tu sais,
vous me posez une question, puis ça n'a pas arrivé souvent dans ma carrière
d'avoir à faire cette démarche-là. Mais je vous dirais que c'est un marché
libre. Les producteurs... Les producteurs s'informent entre eux, là. Il y a...
Il y a une certaine... je vous dirais, là, certaines rencontres entre des
producteurs, là, puis que ça... des fois, tu sais qu'un voisin est à vendre ou
bien que tu... telle situation, question qu'il n'y a pas de relève ou qu'il y a
des situations de santé que tu dis : Bon, il va finir par louer ou par
vendre, là, puis là, il y a des contacts qui se font là, là. Mais c'est...
c'est carrément un marché qui est libre, je vous dirais, là.
M. Lamontagne : Bien, ça, je
n'ai pas... je n'ai pas de doute que c'est un marché libre. Puis ma question,
je n'ai pas d'agenda en arrière ce ça, c'est juste pour savoir comment ça se
passe. Puis, exemple, quand on est producteur de grains, mettons, puis qu'on
veut agrandir nos superficies, bien, on peut-tu aller se chercher une terre
à... Il faut-tu que ce soit une terre adjacente? Ça peut-tu être une terre à 10
kilomètres, à cinq kilomètres, à 100 kilomètres de notre exploitation
principale? C'est quoi, votre réalité, par rapport à la détention de terres
puis l'exploitation de vos terres agricoles?
M. Pion (Sylvain) : Vous
auriez poser votre question-là voilà quelques années, j'aurais dit que ça prend
quelque chose d'assez près, là, à 10, 15 minutes, là. Puis, de plus en plus, là,
la disponibilité n'est pas là. Les entreprises, par rapport à avoir... à
vouloir un peu, là, peut-être avoir des escomptes de volume puis ces choses-là,
ou la relève, bien, ils sont portés, des fois, à s'éloigner du... je vais dire,
du siège social, là. C'est... C'est plus fréquent que ça l'a été voilà une
vingtaine d'années ou une trentaine d'années, là.
M. Lamontagne : Bien,
exemple, pour un producteur de grains, est-ce qu'il y a une distance, mettons,
maximale que vous pouvez contempler pour acheter une terre agricole? Vous
pouvez être dans une région puis vous achetez des terres dans une autre région
pour faire de la production