Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 6 December 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2016-12-06
Quebec — Committees
(Dix
heures huit minutes)
Président (M. Pagé) : Alors, à l'ordre! À l'ordre, s'il
vous plaît, chers collègues.
Je constate le quorum. Tout le monde
est bien présent. Je déclare donc la séance de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de
l'énergie et des ressources
naturelles ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs tablettes et de leurs cellulaires, s'il vous plaît.
commission, je rappelle le mandat, est réunie afin de procéder à l'étude détaillée
du projet de loi n° 106, loi
concernant la Politique énergétique 2030 et modifiant diverses dispositions
législatives.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire :
Non, M. le Président, il n'y a aucun remplacement.
Le Président
(M. Pagé) : Alors, tout le monde est présent ce matin. Bon
début de semaine à tous et à toutes.
Alors,
au moment d'ajourner les travaux le 2 décembre dernier, vendredi dernier, si je
ne m'abuse, les discussions étaient
sur l'amendement déposé par M. le ministre, portant sur l'article 25 de la Loi
sur les hydrocarbures. Peut-être d'autres interventions? M. le ministre,
voulez-vous faire un bref rappel sur cet amendement à l'article 25...
M. Arcand :
Oui, bien il y avait...
Le Président
(M. Pagé) : ... et ensuite on pourra entreprendre les
débats?
M. Arcand :
Oui, merci, M. le Président. Il y avait trois amendements. Le premier, c'était
de remplacer, dans le deuxième
alinéa, «si le titulaire n'effectue pas de forage ou» par «ou, dans le cas
prévu au deuxième alinéa de l'article 89,», qui touche le fait que les
puits doivent être restaurés avant la fin de la licence. Ça, c'est l'article
Ensuite
de ça, insérer dans le deuxième alinéa, après le mot «puits», évidemment,
puisqu'on a parlé tout au long de réservoirs souterrains... utiliser le
mot «réservoir».
ajouter dans le troisième alinéa, à la fin de la première phrase, pour ce qui
est des comités de suivi qui doivent être
approuvés par le ministre, en spécifiant, bien sûr, que ça prend des gens du
milieu municipal, quelqu'un qui représente le milieu économique, d'un citoyen et également, dans certains cas lorsque
c'est nécessaire, représentant d'une communauté autochtone...
Alors, ce sont les
trois amendements qu'on a déposés lors de la dernière intervention.
Le Président
(M. Pagé) : Exact, M. le ministre. Je vous remercie.
petit rappel, juste à
titre d'information pour les collègues. Lorsque nous
prenons la parole sur chacun des articles, nous disposons de 20 minutes par alinéa. Lorsqu'il y a un amendement, même s'il est déposé sous la forme de trois
alinéas, compte tenu que c'est un amendement qui est proposé, le
temps global dont vous disposez pour discuter de cet amendement, c'est 20 minutes pour le global et non 20 minutes par alinéa,
même s'il s'agit d'un amendement, hein, tout cela en vertu de l'article 245.
Alors,
à ce moment-ci, avant d'entreprendre le débat, compte tenu que nous avons ajourné la
semaine dernière, je rappelle au député de Gaspé
qu'il dispose encore d'un 20 minutes, M. le député de Richelieu,
16 minutes, M. le député
de Berthier et tous les autres, 20 minutes également.
Donc, M. le député de
Richelieu, la parole est à vous. Je vous écoute.
M. Rochon : Oui. Merci beaucoup, M. le
Président. Vous savez comme mon
collègue de Berthier a de l'humour, il faisait remarquer, suite à vos indications à l'effet que nous ne
disposions que de 20 minutes pour un amendement, même si cet amendement devait comporter plus qu'un seul alinéa, qu'avec
le consentement la commission peut tout faire, même allonger les temps
de parole.
Le Président
(M. Pagé) : Est-ce que vous souhaitez que je demande le consentement?
M. Rochon : Pas du tout, M. le Président. Pas du tout, M. le Président. Alors, nous
étions, le ministre le rappelait, à l'article faisant état de ce comité de suivi qu'un
titulaire de licence doit constituer pour, dit le même article,
favoriser l'implication de la communauté sur l'ensemble du projet
d'exploration.
Je vais, dans l'amendement soumis par le ministre,
à celui apparaissant à 3°, qui consiste à ajouter dans le troisième alinéa, à la fin de la première phrase,
les mots «et approuvé par le ministre». Je note qu'«approuvé» est au singulier,
je lis la phrase qui serait amendée par... la phrase qui
serait amendée, voilà, qui amendait l'article, le troisième alinéa de l'article 25 : «Les membres du comité
sont choisis selon le processus déterminé par le titulaire de la licence et approuvé
par le ministre.» Ce ne sont donc pas les
membres qui doivent être approuvés, mais le processus déterminé par le
titulaire sur lequel le ministre veut avoir droit de regard, n'est-ce
pas, M. le Président?
Le Président
(M. Pagé) : M. le ministre.
M. Arcand :
Juste pour bien comprendre, c'est le processus parce qu'on veut s'assurer,
évidemment... On dit dans l'article,
dans le troisième alinéa, qui, quand même, on veut voir là. Et on veut
évidemment s'assurer, là, que ce soit quelque chose d'impartial. Si, par exemple, la personne veut choisir quelqu'un
du milieu économique qui, par exemple, aurait un intérêt dans le comité
de suivi, il pourrait y avoir, à ce moment-là, un certain problème de nature
éthique.
Alors,
nous, c'est le processus, mais en prenant bien soin, à l'intérieur de
l'article, de préciser que le milieu municipal doit être dedans, de même que les gens du milieu économique, de même que
quelqu'un... un citoyen et, dans certains cas lorsque c'est nécessaire,
d'un membre d'une communauté autochtone.
Le Président
(M. Pagé) : M. le député de Richelieu.
M. Rochon : Alors, c'est ce processus, c'est-à-dire la détermination de la
composition du comité devant compter un
membre représentant le milieu municipal, un membre représentant le milieu
économique, un citoyen et, le cas échéant, un membre représentant une
communauté autochtone, qui devra être approuvé par le ministre. Ce processus
est la détermination de la composition du comité faisant
partie du processus.
M. Arcand :
Oui, et, M. le Président, nous mettons d'autres balises, comme, par exemple, ça
prend des gens de la région puis ça prend également une majorité de gens
indépendants sur le comité de suivi, donc qui n'ont pas... Que, sur le comité de suivi, il y ait évidemment un
représentant de l'entreprise, c'est correct, mais, majoritairement, il faut
quand même que les gens soient
indépendants par rapport au dossier. Alors, c'est ce que... Et le rôle, à ce
moment-ci, du ministre, ce n'est pas
de choisir les gens, mais de s'assurer que, quand le promoteur aura choisi les
gens sur le comité de suivi, toutes ces conditions-là soient
rencontrées.
Le Président
(M. Pagé) : M. le député.
M. Rochon :
Oui, je vois ici, en effet, la mention que «le comité est constitué
majoritairement de membres indépendants du
titulaire». Et le membre pouvant composer le comité qui ne le serait pas,
indépendant du titulaire, dans l'esprit du ministre, il ne peut s'agir
que du représentant de l'entreprise?
Le Président
(M. Pagé) : M. le ministre.
M. Arcand :
Je voudrais juste bien comprendre votre question.
M. Rochon : «Le comité est constitué majoritairement de membres indépendants du
titulaire.» Alors, majoritairement, hein, c'est plus de la moitié.
M. Rochon : Plus de la moitié. Alors, j'essaie, là, de m'imaginer un cas de figure
qui pourrait, là, nous amener à
examiner la chose, là, de façon un peu plus pratico-pratique, là. On vient tout
juste d'entendre le ministre énumérer les membres du comité de suivi : un représentant du milieu municipal,
un représentant du milieu économique, un citoyen, le cas échéant, un
membre représentant une communauté autochtone. Alors, ça fait quatre personnes,
ça, jusqu'ici, là.
M. Arcand :
Oui. Ils peuvent en nommer plus, en autant qu'ils entrent dans les balises que
nous avons indiquées. Alors, pour votre information, d'ailleurs, un
représentant du ministère n'est pas considéré comme quelqu'un d'indépendant, en passant. Je vous dis ça. Deuxièmement,
quelqu'un du milieu économique, si c'est la personne qui a cédé les droits sur le terrain, ce n'est pas quelqu'un
de réputé indépendant non plus du milieu économique. Ça prend quelqu'un
qui n'ait pas ce genre de conflit d'intérêts là.
Alors,
notre rôle, tout simplement, est de nous assurer que le comité de suivi fasse
un travail, mais, en même temps, ça prend quelqu'un du promoteur parce
que, si le comité de suivi doit être efficace, il faut qu'il y ait des gens,
des représentants du promoteur qui puissent
évidemment expliquer dans quelle direction on va, etc. Mais la majorité se
doivent d'être et de la région et également indépendants.
M. Rochon : En vertu de l'article tel que libellé, hein, de son troisième alinéa
tel qu'il est libellé, qu'est-ce qui interdirait que le représentant du
milieu économique ne soit pas indépendant du titulaire de la licence? Qu'est-ce
qui l'interdirait puisque tout ce que nous
voyons dans cet alinéa, c'est la constitution majoritaire du comité par des
membres indépendants?
Le Président (M. Pagé) :
M. le ministre.
M. Arcand : Écoutez, si, par exemple, quelqu'un
est nommé... Ce qui est important de bien comprendre dans ça, c'est qu'il faut que ce soit la majorité du
comité qui soit indépendant. Alors, si on veut nommer quelqu'un, par exemple,
je ne sais pas, moi, d'une chambre de
commerce qui s'est prononcée, à un moment donné, en faveur du projet, il n'y a
pas de problème en soi, mais ce qui est important, c'est qu'à ce
moment-là la majorité soit quand même indépendante.
Le Président
(M. Pagé) : Oui, M. le député.
M. Rochon :
Bien, M. le Président, n'aurait-il pas été préférable de préciser que les
représentants du milieu municipal, du milieu
économique, des citoyens et, le cas échéant, d'une communauté autochtone
doivent tous montrer une entière
indépendance du titulaire de la licence? Est-ce que ça n'aurait pas été
préférable que ce soit là, dans le texte,
spécifié parce que, outre la constitution majoritaire du comité par des membres
indépendants, s'il n'est pas... si la porte n'est pas formellement fermée à ce que le représentant, par exemple, du
milieu économique ou le citoyen... s'il n'est pas indiqué clairement
qu'ils doivent être indépendants du titulaire, il me semble que cela puisse
poser problème, non?
M. Arcand :
Écoutez, M. le Président, sur ces questions-là, nous avons pris ce qui existait
dans la
Loi sur les mines. Alors,
c'est exactement le même genre d'orientation. Et, au fil des années, on a
développé une espèce, je dirais, de suivi par rapport à cela. Et, pour
être en matière de déterminer qui n'est pas indépendant, on a un certain nombre
de lignes directrices à cet effet-là.
exemple, quelqu'un est réputé non indépendant s'il a, de manière directe ou
indirecte, des relations, des intérêts
de nature financière, commerciale avec l'exploitant minier. Alors, dans ce
cas-là, l'exploitant d'hydrocarbures. Deuxièmement,
s'il est à l'emploi du ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles ou
du ministère du Développement durable,
à ce moment-là, il est réputé non indépendant. Ensuite, s'il est ou a été, au
cours des deux années précédant la date
de sa nomination, à l'emploi de l'exploitant ou de l'une de ses filiales en
propriété, il est réputé non indépendant. Enfin, s'il est lié à une personne qui occupe un tel emploi, on entend
par «personne liée» une personne liée par des liens du sang, du mariage, de
l'union civile, de l'union de fait ou de l'adoption... alors, seuls les parents
au premier degré sont visés. Et donc, essentiellement, c'est la façon
dont on dit que quelqu'un n'est pas indépendant.
Alors,
un membre non indépendant peut siéger au comité, mais, encore une fois, la
majorité des membres doivent être indépendants de l'exploitant.
Le Président
(M. Pagé) : M. le député.
M. Rochon