Institutions — 27 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2021-05-27
Quebec — Committees
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Je vous informe que
les votes pour ce mandat devront se tenir par appel nominal, et ce, jusqu'au
vendredi 11 juin.
Je vous rappelle
qu'il a été convenu de suspendre l'étude de l'amendement visant à introduire
l'article 36.1 proposé par le ministre. Nous avions également suspendu les
articles 78 à 85, 93, 96 et 100 du projet de loi.
Lors de l'ajournement
de nos travaux le jeudi 13 mai, nos discussions portaient sur
l'article 102 amendé du projet de loi. Interventions? M. le député de
Gouin, s'il vous plaît.
Nadeau-Dubois : ...de vous écouter, mais je n'ai pas réussi. On est
sur... Est-ce que l'amendement, tel que sous-amendé, a été adopté, et on
discute de l'article maintenant?
Président (M. Bachand) : Oui, exactement.
Nadeau-Dubois : Parfait. J'étais...
Président (M. Bachand) : Je suis désolé, parce qu'il y avait
beaucoup... il y a beaucoup de suspensions.
Nadeau-Dubois : Je voulais juste être bien situé dans le déroulement
de nos travaux, M. le Président. Pour ma part, mes commentaires sur
l'article 102 sont terminés.
Caire :
...je n'ai pas...
Président (M. Bachand) : Sur 12 de 102.
Nadeau-Dubois : Oui, c'est ça.
Président (M. Bachand) : O.K. Parce qu'il y a d'autres articles
à étudier dans 102.
Nadeau-Dubois : Ah oui! C'est ça, bien oui, sur la...
Caire :
Oui, 12.1.
Nadeau-Dubois : ...sur cette portion-là de l'article 102, parce
qu'on procède par blocs, c'est ça.
Président (M. Bachand) : Parfait. Merci beaucoup. Donc,
interventions? Donc, comme vous savez, on fonctionne par blocs, mais on peut
revenir à l'arrière. Donc, s'il n'y a pas d'autre intervention sur cet
article 12,
on pourrait passer à 12.1. M. le ministre, peut-être.
Caire :
Oui. Merci, M. le Président. Sur 12.1, j'ai un amendement. Je ne relirai pas,
évidemment, 12.1, que j'ai... à moins que
les collègues le souhaitent. Mais j'ai un amendement, que je vais vous lire à
l'instant, si vous me le permettez,
qui se lit comme suit : Dans le premier alinéa de l'article 12.1 de
la
Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur
privé, proposé par l'article 102 du projet de loi, remplacer «doit, au
moment de la décision ou avant, en informer la personne concernée» par «doit en
informer la personne concernée au plus tard au moment où il l'informe de cette
décision».
L'article 12.1
est modifié afin de clarifier le fait que la personne concernée par la décision
doit être informée du caractère
automatisé de cette dernière au plus tard au moment où elle est informée de la
décision et non pas au moment où celle-ci est rendue. L'obligation
d'information au moment de la décision peut s'avérer inapplicable dans
certaines circonstances, notamment lorsque la décision est rendue en l'absence
de la personne concernée.
M. le Président, nous avions modifié le volet
public de la même façon, compte tenu des mêmes contraintes.
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup. Interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'intervention,
nous allons procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire : M. Nadeau-Dubois
(Gouin)?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté.
Merci. Donc, on revient au bloc 12.1 tel qu'amendé. Interventions? On
peut aller à 13,
article 13? M. le député de La Pinière, oui.
M. Barrette : ...une courte
suspension, M. le Président? J'ai une information qui m'est...
Le Président (M.
Bachand) : Oui. On va suspendre quelques instants. Merci
beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 34)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. M. le député de La Pinière, s'il vous plaît.
Barrette : Oui. Merci, M. le Président. Alors, j'aimerais avoir des
clarifications sur la décision automatisée à l'article 12.1. Alors là,
dans le texte, on nous dit cette obligation de divulguer les principaux
facteurs et paramètres. On demande, dans l'article, de divulguer...
la possibilité de divulguer les «principaux facteurs et paramètres ayant mené à
la décision».
Alors, est-ce que, dans l'esprit
du ministre... En fait, ça va jusqu'où, dans l'esprit du ministre? Puis là je
vais être plus précis. Bien, c'est parce que
la divulgation des «principaux facteurs et paramètres ayant mené à la décision»,
ça va jusqu'où pour le ministre? Je vais préciser ma question.
Caire :
Oui, parce que...
Barrette : C'est parce que, les principaux paramètres, ça peut faire
référence à la mécanique technologique qui est sous-tendue
par l'entreprise pour en arriver à la fameuse décision. Par exemple...
Caire : Oui, non, puis je comprends. Alors, les principaux
paramètres, bon, c'est un langage qui est peut-être un peu plus clair dans mon
esprit, dans le sens où quels sont les... je pense, puis je vais inviter
Me Deschênes à me corriger si je me trompe, là,
mais... parce qu'on avait fait un peu la même chose au niveau... bien, en fait,
pas un peu, on a la même disposition au
niveau du public, et l'idée du paramètre, c'est selon quels critères on a pris
la décision, et donc... Voilà.
M. Barrette : Bien là,
à ce moment-là, ça devient problématique.
Caire :
Pourquoi?
M. Barrette : Si c'est selon quels critères, M.
le Président, ça peut aussi vouloir dire un algorithme, par exemple, dont la compagnie est le propriétaire, qu'elle a développé elle-même
et qui, à ce moment-là, pourrait être divulgué, ce qui, là, entraînerait un
bris de confidentialité ou une entorse à la propriété intellectuelle.
Caire :
Non, parce que... Si vous le faites, si vous avez à divulguer l'algorithme,
j'aurais tendance à être d'accord avec le député de La Pinière. Le paramètre,
en langage informatique, c'est l'information que vous passez à l'algorithme
pour qu'il puisse faire son traitement. Donc, la mécanique demeure interne,
c'est l'information que vous voulez voir
traiter par l'algorithme que vous lui donnez. Donc, c'est pour ça que vous avez
besoin de ces paramètres-là, parce que l'algorithme, lui, a besoin de
certaines informations pour faire son traitement puis en arriver à une réponse.
C'est ces paramètres-là que vous devez
divulguer à la personne et non pas de quelle manière ces... ou selon quel
algorithme, ou selon quelle séquence
le paramètre a été traité. Donc, au
niveau de l'algorithme, donc du code
à proprement parler, vous n'avez pas à divulguer ça.
M. Barrette : Puis c'est correct.
Donc, ça, c'est très clair dans l'esprit du ministre?
Barrette : On s'entend, là,
moi, j'ai mon ordinateur devant moi, si je vais sur mon téléphone, si je vais
dans l'onglet Paramètres, ça ne me
donne aucune information sur la mécanique développée sous-jacente par la
compagnie.
M. Barrette : Mais évidemment, un
paramètre, c'est un facteur plus grand que, plus petit que...
Caire : C'est ça.
M. Barrette : ...et ainsi de suite,
Caire : Un paramètre, ça peut être la date de naissance
dont j'ai besoin pour le traitement, ça peut être toute information que je dois traiter... que je dois
prendre en considération dans mon traitement mais qui n'est pas le traitement
à proprement parler.
Barrette : Parfait. Alors
donc, pour le bien... pas le bien, mais, pour la précision de nos archives,
dans l'esprit du ministre, les paramètres, ce sont les substrats qu'on
met dans l'équation, mais ce n'est pas l'équation.
Caire : Tout à
fait. Tout à fait. C'est très clair.
Non, parce que sinon, vous avez raison, là, on serait dans la propriété
intellectuelle ou je vous dirais même... bon, je n'ose pas dire le secret
industriel, là, mais...
Barrette : Bien, c'est-à-dire que ça peut être... Évidemment, les industries sont de complexité variable dans
la société, mais, pour une entreprise...
Caire : Oui. Parce
que je vous donne un exemple plus personnel à nous, il est clair que, dans le
Service québécois d'identité numérique, il y
a des paramètres qui devront être traités pour s'assurer de l'identité de la
personne. Ceci étant, je ne voudrais
pas que le gouvernement ait à divulguer la mécanique qui nous permet
d'identifier et d'authentifier la
personne, parce qu'aussi bien dire aux gens comment nous attaquer puis par
quels moyens déjouer le système. Ça, on ne veut pas aller là, personne,
M. Barrette : Surtout avec ce qu'on
a entendu...
Caire : Surtout
avec la dernière rencontre que nous avons eue hier.
M. Barrette : C'est ça. Disons
qu'avec ce qui a été dit hier, mettons que...
Le Président (M.
Bachand) : J'aurais le député de Gouin, s'il vous plaît.
Nadeau-Dubois : Je suis un
peu confus par la réponse du ministre à la question du collègue de La Pinière, parce que le troisième
paragraphe dit justement que ce qui doit être... ce dont la personne doit être
informée, c'est d'abord... Pardon, excusez-moi.
Le premier
paragraphe : «des renseignements personnels utilisés pour rendre la
décision». Donc, ça, ça veut dire : Nous avons utilisé, disons, votre âge, votre revenu, votre adresse. Et
ensuite il y a un deuxième paragraphe, le deuxième, où là on parle des «facteurs et paramètres ayant mené à la décision».
Puis les exemples que le ministre a donnés au député de La Pinière m'apparaissaient relever plus du
premier paragraphe.
Donc, c'est quoi exactement qui doit être révélé
en fonction du deuxième? Parce que ce n'est pas, justement, les renseignements
personnels qui sont entrés dans l'équation, dans le système. Ça, c'est le
premier paragraphe qui en
demande la divulgation. Le deuxième, ça m'apparaît être autre chose. Ça fait que... juste pour bien cerner l'objectif du deuxième paragraphe.
Caire : Vous avez
raison, M. le député de Gouin. Mon exemple n'était pas bon parce que le paramètre que
j'ai utilisé est un renseignement personnel, donc répondait effectivement au premier
critère.
Ceci étant dit, pour
le traitement d'une décision, il se peut que j'aie besoin d'informations qui ne
sont pas considérées comme un renseignement personnel mais qui doivent quand même faire l'objet du
traitement par l'algorithme, parce
qu'on parle d'un traitement
automatisé, donc d'un algorithme. Donc, ce que je disais au député de
La Pinière, c'est : Le paramètre, c'est l'information.
vous donne un exemple peut-être différent, qui serait peut-être
un peu plus juste. Lorsqu'on fait le traitement salarial de nos employés, il y a un certain nombre
de paramètres qui sont... par
exemple : Est-ce que
le quart de travail s'est fait de nuit? Si oui, il y a une prime
applicable. La prime applicable n'est pas un renseignement personnel, mais c'est un paramètre dont je dois tenir compte dans
ma décision parce que ça a un impact sur le montant que je vais vous
devoir comme salarié.
Donc,
cet exemple-là est plus... reflète mieux le deuxième alinéa,
au sens où, non, ce n'est pas un renseignement
personnel, mais, oui, c'est un
paramètre que j'ai inclus dans le traitement de la réponse que je vous ai
faite, et donc je dois vous
dire : Oui, j'ai inclus ce volet-là qui comprend une prime de nuit, et
donc je l'inclus dans le traitement de la décision.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président.
Caire : Mais votre
question était excellente, M. le député de Gouin.
J'avoue que mon exemple pouvait prêter à confusion.
Le Président (M. Bachand) : Merci. D'autres interventions sur 12.1? Alors, on
est prêts à passer à 13. Est-ce
qu'il y a des interventions sur l'article 13 de l'article 102? Sinon,
on va passer à 14. M. le ministre.
Caire : Oui, M. le Président. Un amendement à 14.
Donc :
L'article 14 de la
Loi sur la protection des
renseignements personnels dans le secteur privé, proposé par
l'article 102 du projet de loi :
remplacer, dans le premier alinéa, «clairs,» par «clairs. Lorsque la demande de
consentement est faite par écrit, elle doit être présentée»;
2° remplacer le
deuxième alinéa par le suivant :
«Le consentement du
mineur de moins de 14 ans est donné par le titulaire de l'autorité parentale ou
le tuteur. Le consentement du mineur de
14 ans et plus est donné par le mineur, par le titulaire de l'autorité
parentale ou [...] le tuteur.»
On est ici dans de la
concordance avec ce que nous avions fait dans le secteur public, où on vient
rajouter une considération sur le fait que le consentement doit être donné de
façon claire. Lorsqu'il est par écrit, bien là, on avait statué, effectivement,
qu'il y avait des distinctions à faire dans les consentements.
Président (M. Bachand) : M. le député de Gouin, s'il vous
plaît.
Nadeau-Dubois : Oui. Le ministre va, et vous, M. le Président,
aussi, je pense, me pardonner un petit écart. J'avais une question sur le
dernier morceau de 13.
Président (M. Bachand) : ...M. le député.
Nadeau-Dubois : «Un
consentement doit être manifesté de façon expresse dès qu'il s'agit d'un
renseignement personnel sensible.» Les données de géolocalisation,
est-ce que c'est un renseignement personnel sensible?
Caire :
Il me semble qu'on avait eu cette discussion-là, là, dans mon souvenir, mais
votre question...
Nadeau-Dubois : Parce qu'on a défini «renseignement personnel
sensible» comme un renseignement qui «suscite un haut degré d'attente
raisonnable en matière de vie privée», voilà, et c'est une définition plus
conceptuelle que, comme, avec des exemples
concrets. Ça fait que ma question, c'est : Une donnée de géolocalisation, j'étais
à cet endroit à cette heure à ce moment, est-ce que ça entre dans la
catégorie en vertu de cette définition-là?
Le Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y aurait consentement pour donner
l'autorisation de parole à Me Miville-Deschênes? Consentement?
Me Miville-Deschênes, s'il vous plaît.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Bien, en fait, ça ne rentrera pas
automatiquement dans la catégorie, tu sais, puisque c'est une approche
contextuelle. Mais il y a certains renseignements qui vont toujours être
considérés comme sensibles, là. On parlait
de la biométrie, entre autres, là, mais, pour la géolocalisation, ça ne sera
pas nécessairement considéré comme sensible dans toutes les situations.
Nadeau-Dubois : Dans quelles situations ce le serait?
M. Miville-Deschênes
(Jean-Philippe) : Bien, écoutez, je ne veux pas trop m'avancer, je
n'ai pas produit ni revu la jurisprudence en
prévision de la question, mais on peut penser peut-être que, dans le cadre
d'un emploi, peut-être un
livreur, où ça serait moins, comment dire, considéré comme sensible... que,
vraiment, une géolocalisation qui me suit dans mes activités quotidiennes.
M. Nadeau-Dubois : O.K. Est-ce que
vous me permettez de suspendre quelques instants, M. le Président?
Le Président (M.
Bachand) : On va suspendre quelques instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 47)
Le Président (M.
Bachand) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! M. le député de Gouin,
s'il vous plaît.
Nadeau-Dubois : Juste pour
me rafraîchir la mémoire, là, parce
qu'on a une étude détaillée qui
est... où il y a de l'espace entre nos séances, donc ce n'est pas toujours
facile... On a le temps de réfléchir, mais on a le temps, donc, aussi
d'oublier.
Dans la loi
sur le public, on a, suite à des amendements que j'ai déposés, précisé la définition d'un renseignement personnel sensible, notamment
en y ajoutant nommément les renseignements de nature biométrique, médicale, et il y avait, je pense, la notion...
Caire : Mais je ne
pense pas qu'on avait mis la géolocalisation...
M. Nadeau-Dubois : Ma question,
c'est : Est-ce qu'on a ajusté dans la
loi sur le privé pour que la
définition soit la même? J'ai souvenir qu'on ait discuté d'un amendement à cet
égard, mais je veux juste en être certain.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Oui...
Le Président (M.
Bachand) : Me Miville-Deschênes.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Excusez. Là, il me semble que c'est à l'article 12, en fait, qu'on a fait cette modification-là. Je vais juste regarder
l'amendement qu'on a adopté à la dernière séance. Je veux juste le lire
pour être certain de... mais c'est l'amendement qu'on aurait...
Nadeau-Dubois : Bien, vous voyez, je ne me sens pas trop coupable de
poser la question puisque je ne suis pas le seul, à la vitesse où on va,
à avoir besoin de rappels réguliers, tu sais.
Président (M. Bachand) : ...Me Miville-Deschênes.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Oui, c'est le site de Greffier...
Oui, je...
M. Nadeau-Dubois : Oui, bien, c'est
bon, M. le Président, on a eu le temps de trouver la réponse. On a amendé... en
fait, le ministre a amendé l'article 12 pour que la concordance soit faite
avec ce qu'on avait adopté dans la
loi sur le public. Désolé. C'est juste pour
qu'on se replace tous les idées.
Mais donc reprenons la discussion où on l'avait
laissée, désolé de la parenthèse ratée. Est-ce que, mettons, le gouvernement
pourrait nous donner un exemple... un ou deux exemples, là, de moment où la géolocalisation serait une donnée sensible et de... peut-être
un ou deux exemples où elle ne le serait pas?
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Bien,
je vais m'avancer prudemment parce que, pour donner des exemples où je serais certain de leur validité, il faudrait quand même
que je me rafraîchisse la mémoire avec la jurisprudence qui est déjà déterminée dans certains cas, là, qui
avaient des atteintes à la vie privée. Mais je pense que je ne me trompe pas
trop en affirmant que, si on suit, on géolocalise un individu, une personne
dans ses activités quotidiennes, bien là, on
peut penser que ça va être un renseignement sensible, alors que peut-être que,
si c'est une géolocalisation limitée, dans le cadre d'un emploi de
livreur, puis là je dis ça sous toute réserve, bien, on pourrait peut-être
penser que ça serait moins... ça ne serait peut-être pas considéré comme
sensible parce que ça révélerait moins de renseignements intimes, là, sur la
personne, là. Ou, sur un chantier... Bien là, sur un chantier, là, je
m'aventure un peu trop...
Mais tout ça
pour dire que c'est... ça ne sera pas dans tous les cas que la géolocalisation
va être considérée comme un renseignement sensible. Pour des exemples concrets,
je pourrais vous revenir plus tard, là, pour des exemples plus...
M. Nadeau-Dubois : Parce qu'on a adopté
une définition qui est une définition qui est contextuelle, mais c'est... je veux juste être sûr de comprendre ce
qu'elle implique exactement, notamment sur le plan de la géolocalisation. Si un consentement est
donné pour qu'un employeur géolocalise son employé dans le cadre de son
travail, sur ses heures
de travail, est-ce que... Je comprends que l'exemple qu'on me donne,
c'est que ça, ça ne serait pas un renseignement sensible.
Caire : Bien, de toute façon, s'il y a consentement de l'employé, ça répond à l'article 13 parce que...
Bien, en fait, pas à l'article 13, mais ça répond à... quel article,
justement, où on avait dit que des renseignements sensibles qui peuvent être
communiqués mais avec le consentement de l'individu... consentement qui est
exprès et manifeste, là.
Nadeau-Dubois : ...c'est que, si ce n'est pas sensible, la demande de
consentement ne sera pas la même. Si c'est sensible, ça va être un consentement
exprès.
Nadeau-Dubois : Si ce n'est pas sensible, ça va être un consentement,
appelons ça, standard.
Caire :
C'est-à-dire que, là, il y a les exceptions qui vont rentrer en ligne de compte
dans le cas de renseignements personnels.
Nadeau-Dubois : Bien, c'est-à-dire, moi, ma compréhension de la loi,
c'est que, si le renseignement est sensible, ça nécessite un consentement
exprès. C'est l'article...
Caire :
Dans tous les cas.
Nadeau-Dubois : Exact. C'est
l'article 13. Si le renseignement personnel n'est pas jugé sensible, ce
sera un consentement...
Caire :
Bien, qui peut rentrer sous le coup des exceptions, là, quand le consentement
n'est pas requis.
Nadeau-Dubois : Oui, mais, si on est dans une situation où on est...
si on est dans une situation normale et non
pas une situation d'exception, c'est un consentement qui est
standard, c'est-à-dire manifeste, libre, éclairé et donné à des fins
spécifiques. Si le renseignement n'est pas sensible, c'est ce type-là de
consentement que l'entreprise doit aller chercher. Est-ce que je... Oui?
Caire :
Excusez... (panne de son) ...le matériel de l' Assemblée
nationale. Ce n'est pas grave.
Nadeau-Dubois : Mais j'ai donc la bonne compréhension?
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Oui, oui. Bien, on me souffle un
exemple à l'oreille, là. Sur un site Internet,
on géolocalise souvent pour connaître le magasin le plus proche, bon. Voilà une géolocalisation qui, on peut penser, ne
serait pas considérée comme étant une collecte ou une communication de renseignements
sensibles.
Nadeau-Dubois : Et donc on
serait dans une situation où le consentement n'a pas à être exprès. Il peut
être, appelons ça, standard, là, mais manifeste, libre, éclairé, donné à
des fins spécifiques.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Oui.
Nadeau-Dubois : «Trouvez la
succursale la plus près de chez vous», je clique, je viens de donner un
consentement manifeste, libre, éclairé, mais ce n'était pas...
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Souvent, il va être exprès de
toute façon, mais...
Nadeau-Dubois : Oui, là, en
fait... Oui. Ça ne serait pas obligatoire qu'il soit exprès, la loi ne l'exigerait
pas.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : C'est ça. Exact.
Nadeau-Dubois : O.K. Si une entreprise veut...
Caire :
...si je peux me permettre, c'est dans la communication du renseignement que le
consentement exprès est demandé ou non. Ce n'est pas au moment de la collecte,
parce que, lorsque je collecte un renseignement personnel... Souvenez-vous, ça,
c'est l'article, mon Dieu, au départ, où on disait justement... Bien, en fait,
on vient de prendre le même... avec l'amendement,
on prend la même définition. Donc, si moi, je vous demande un renseignement personnel, je dois vous dire
pourquoi je le veux puis je dois avoir le consentement, puis etc. Là, on
parle... «Nul ne peut communiquer à un tiers...» hein, soyons clairs, M.
le député, là, au moment où je collecte l'information, je dois vous demander le
consentement. C'est après, pour la communiquer à un tiers...
L'article 13,
ce n'est pas la collecte de première main, là, dans le sens où, vous, je vous
demande un renseignement personnel,
là. Ce n'est pas l'article 13 qui s'applique, c'est : au moment où
moi, je veux communiquer ce renseignement
personnel là à Me Deschênes, si c'est un renseignement sensible, je dois avoir votre consentement. Si c'est un renseignement personnel mais qui n'est pas
jugé sensible, bien là, à ce moment-là, il y a les régimes d'exception qui
pourraient me permettre de le communiquer à
Me Deschênes. Mais on n'est pas dans la collecte de première main, là, si
je peux me permettre.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
...pour la communication.
M. Nadeau-Dubois : Oui, mais,
ailleurs dans le projet de loi, est-ce que c'est moi qui m'égare ou il y a une disposition qui prévoit qu'il doit y avoir consentement exprès pour la collecte de renseignements personnels sensibles par une
entreprise privée?
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Bien, le consentement exprès est pour la communication ou l'utilisation
à d'autres fins. Le consentement exprès, lors de la collecte, c'est... il se
retrouve dans la
loi sur le cadre juridique, là, en matière de biométrie
seulement. Donc, la loi n'exige pas un consentement exprès lors de la collecte
parce que, lors de la collecte, on a... dans le privé, là, c'est
article 8, on a déjà une série d'informations, là, pour lesquelles on doit
informer la personne.
Le Président (M.
Bachand) : M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : Et, à l'article 8...
Caire : Bien là, ce
que vous dites là, M. le député, c'est 12, là, c'est l'article qu'on vient de
regarder.
M. Nadeau-Dubois : Dans 12, 102, 12,
là, c'est pour l'utilisation à l'intérieur... au sein de l'entreprise...
Caire : C'est ça. Puis 13, c'est si je veux le
communiquer à un tiers. Si c'est un renseignement
sensible, là, je dois vous
demander le consentement. Si c'est un renseignement qui n'est pas jugé
sensible, bien là, il y a une série d'exceptions où je peux communiquer sans
votre consentement, mais ça fait l'objet d'un régime d'exception, parce que la
règle, c'est que je dois avoir votre consentement. Si le renseignement
personnel n'est pas sensible, il y a des exceptions pour lesquelles je peux les
communiquer. Et, si le renseignement... 13, c'est : si le renseignement
est un renseignement personnel sensible, là, je dois avoir votre consentement.
Il n'y a pas de régime d'exception. Puis là je regarde Me Deschênes à
chaque fois pour dire : Je pense que je ne dis pas trop de niaiseries.
Nadeau-Dubois : Mais donc, au niveau de la collecte, il n'y a pas
de... Il y a un seul modèle de consentement prévu dans la loi au niveau
de la collecte.
Caire : Qui est
exprès et manifeste.
Nadeau-Dubois : Et est-ce que c'est exprès? C'est parce qu'il y a
aussi comme un flottement de langage, là. C'est parce que des fois on
parle de «manifeste, libre et éclairé» et des fois on dit «de façon expresse».
Peut-être... Si ce sont des synonymes, dans
le fond, je pose les questions pour rien, mais, s'ils ne sont pas synonymes,
là, il y a comme deux manières de
qualifier le consentement, puis j'essaie de les distinguer. Au niveau de la
collecte, est-ce qu'il y en a une, distinction?
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
...manifeste, c'est qu'il n'y a pas de doute sur la volonté exprimée. Ça, c'est une condition sine qua non. Pour qu'un
consentement soit valide, il faut qu'il soit manifeste, mais il peut être
implicite, c'est-à-dire que ça peut être
clair que la personne consent, mais elle n'a pas besoin nécessairement d'avoir
signé ou coché une case, etc.
Donc, le
consentement exprès, c'est vraiment une coche au-dessus qui est exigée dans
certaines situations, donc dans le cas de la communication de
renseignements sensibles et d'utilisation de renseignements sensibles à
d'autres fins que celle de la collecte. Lors
de la collecte, dans le fond, il y a une série d'informations qu'on donne à la
personne, puis, si elle communique
que ce soient des renseignements sensibles ou non sensibles, bien, il n'y a pas
nécessairement un consentement exprès qui est exigé.
Cependant, je rappelle que, quand on parle de renseignements
qui utilisent des technologies d'identification, ou de localisation, ou de profilage, bien là, c'est désactivé d'emblée.
Donc, là aussi, il y a une sorte de consentement exprès. Donc, pour tout ce qui est ces trois domaines-là,
incluant la géolocalisation, eh bien, pour la... comment dire, le paramètre
doit être désactivé, là, comme on avait adopté les amendements à cet effet.
Nadeau-Dubois : Excellents amendements, par
ailleurs, mais, si on active la fonction, est-ce que c'est considéré
juridiquement comme un consentement exprès?
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Bien, oui. On a déjà eu cette conversation-là. C'est même, je vous
dirais, un peu plus élevé comme
protection, parce que ce n'est pas au moment du début de la relation contractuelle,
mais c'est vraiment au moment où tu décides d'utiliser cette
fonction-là, il faut que tu l'actives toi-même. Donc, c'est, à toutes fins
pratiques, très similaire à un consentement exprès, là.
M. Nadeau-Dubois :
Je partage... Oui, parfait, ça répond à ma question pour ce qui est de ça.
Et donc, si on revient... désolé, là, si on
revient à 13, à 13, c'est pour le... En fait, à 12, on vient dire, pour une
donnée de géolocalisation, par exemple, c'est l'exemple que je souhaite
utiliser, comment... à quelles conditions une entreprise peut l'utiliser en son
sein. Et on rappelle le principe que, lorsqu'il est... Est-ce qu'on le
rappelle? Oui, que, lorsqu'il est sensible, le consentement doit être donné de
manière exprès. Donc, une entreprise qui utilise des données de géolocalisation, là, on est après la collecte, là... Pour
l'utiliser au sein de l'entreprise, l'entreprise doit demander à la
personne, par exemple le salarié, son consentement exprès pour l'utiliser, je
comprends bien, en vertu de 12, oui?
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Oui.
M. Nadeau-Dubois : O.K. Et ensuite,
en vertu de 13, là, on est au niveau de la communication puis on vient
réaffirmer que, quand vient le temps de le communiquer à un tiers, il doit y
avoir à nouveau consentement exprès. Donc,
au niveau de la collecte, on a une activation volontaire, ce qui est
l'équivalent d'un consentement exprès. Au niveau de son utilisation au sein de l'entreprise, il faut un consentement
exprès à nouveau. Et, lorsqu'on veut le communiquer à un tiers, il faut, une troisième fois, un
consentement exprès. Il pourrait peut-être demander en même temps, là, on
s'entend.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Oui, oui, bien, lors de la collecte, le consentement...
M. Nadeau-Dubois : Ils peuvent être
demandés au même moment, mais est-ce que vous...
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Le consentement exprès, lors de la collecte, inclut l'utilisation.
M. Nadeau-Dubois : Pardon?
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Si, lors de la collecte, je consens, bien, ça inclut l'utilisation
aussi, là. Ce que je veux dire, c'est que, quand l'entreprise collecte
un renseignement, disons que c'est un renseignement, là, de localisation, bien là, dans ce cas-là, quand la
personne va activer, bien, elle va activer la collecte et l'utilisation qui
vient avec cette collecte-là et pour laquelle elle a été informée, là.
M. Nadeau-Dubois : Puisqu'à ce
moment-là on devrait lui expliquer à quelles fins...
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
C'est ça. Bien, c'est de l'information qu'on doit lui donner, là.
M. Nadeau-Dubois : Exact.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Ça fait que c'est juste pour distinguer que c'est un seul et même consentement. Parce que d'informer...
M. Nadeau-Dubois : Bien, dans le cas
qu'on utilise, c'est un seul et même consentement. Parfait. Et, dans le cas de
la communication, par contre, si la personne active la géolocalisation, elle
vient de donner un consentement exprès à la collecte et à l'utilisation puisqu'elle
a été informée des fins pour lesquelles il est utilisé. Mais est-ce que c'est
implicite également qu'il y a consentement pour la communication à un tiers?
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Bien, il y a deux éléments de réponse, en fait. Je ne veux pas
complexifier les choses, mais, si elle veut communiquer à un tiers à une autre
fin, elle doit avoir un consentement exprès, mais, si elle a informé,
lors de cette première collecte-là... elle dit : Lorsque je vais utiliser,
moi, je vais communiquer... mettons, un sous-traitant qui gère telle
application, puis je t'informe, bien là, pas besoin d'avoir un même
consentement parce qu'elle fait
partie un peu du premier consentement.
M. Nadeau-Dubois : Bien, en fait, on
a besoin du consentement, et il a été donné parce qu'on l'a dit.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Exact. C'est ça.
M. Nadeau-Dubois : Donc, il est
demandé.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
C'est ça.
M. Nadeau-Dubois : Il n'est pas
implicite.
Caire : Il peut
être demandé en même temps.
M. Nadeau-Dubois : De manière
explicite.
Caire : C'est ça,
de manière explicite.
Nadeau-Dubois : Non, parce que
je suis bien conscient que les trois consentements, au fond, si l'information est fournie, peuvent arriver, d'un point de vue
temporel, au même moment.
Caire : Ça peut être fait de façon... Ça peut être
concomitant, mais les trois niveaux de consentement sont requis.
M. Nadeau-Dubois : Dans la mesure
où, à ce moment-là, on informe...
Caire : C'est ça.
M. Nadeau-Dubois : Je voulais juste qu'on
comprenne bien la séquence des choses. Donc, il faut, lors de la collecte d'un renseignement,
par exemple, de géolocalisation, que le salarié soit informé du fait qu'il y a
collecte. Ça, il le fait en activant du fait que ça va être utilisé à certaines
fins. Lesquelles? Ça doit être indiqué, il le fait en activant. Et, s'il y a communication
à un tiers, il faut également que ce soit précisé à ce moment-là. Et, en
activant la fonction de géolocalisation, si l'ensemble de ces informations-là
sont présentées, on pourrait induire qu'il y a eu consentement pour toute la
série, c'est-à-dire collecte, utilisation, communication. Est-ce que je
comprends bien?
Caire : Oui, tout à
fait.
Nadeau-Dubois : Parfait. Merci, M. le Président, ça répond à mes questions sur l'article 13
et l'article 14.
Président (M. Bachand) :
Merci. Est-ce qu'on a des interventions sur l'amendement du ministre,
article 14? S'il
n'y a pas d'autre intervention, nous
allons procéder à sa mise aux voix, donc, à l'amendement. Mme la
secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire : M. Nadeau-Dubois
(Gouin)?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, l'amendement est adopté. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur
l'article 14 de l'article 102? Et est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur 102 tel qu'amendé? M. le député de Gouin, s'il vous
plaît.
M. Nadeau-Dubois : Si un
consentement est donné pour une donnée de géolocalisation dans le cadre du travail et que c'est ça, le consentement qui est
donné, est-ce que le consentement vaut pour des périodes de temps qui ne
sont pas des périodes de travail?
Le Président (M.
Bachand) : Me Miville-Deschênes.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Bien, le consentement doit être donné à une fin et pour une durée qui est
déterminée. Donc là, tu sais, la finalité, on peut penser que la finalité, ça
serait de pouvoir valider la durée de travail de l'employé, par exemple. Donc,
une fois qu'il a quitté, tu sais, si... un consentement qui irait au-delà du
lieu de travail devrait faire l'objet, selon
moi, d'un autre consentement, là, parce que c'est plus qu'une finalité, là. Une
fois que tu n'es plus sur les lieux
de travail, je ne vois pas comment on pourrait dire que c'est pour l'employeur.
Ce n'est pas une deuxième finalité. Donc, je ne vois pas qu'on puisse
suivre l'employé en dehors de son lieu de travail sans avoir un autre
consentement.
Nadeau-Dubois : Dans la
mesure où, raisonnablement, les gens qui activent la fonction de
géolocalisation, il est fort peu probable, dans le cas dont on discute,
qu'après le quart de travail ils réouvrent l'application pour
désactiver, puis après ça, au début de leur
prochain quart de travail, ils la réactivent... Bon, je ne dis pas que c'est
impossible, mais, disons, la moyenne des ours ne se prêtera sans doute
pas à cette gymnastique-là.
Est-ce que je comprends
qu'en vertu de la loi, une fois qu'on active en étant informé de la finalité,
celle, par exemple, de valider la présence au travail ou de suivre
le camion qu'on a prêté, mettons, à l'employé, même si la fonction reste activée, puisque le consentement qu'on a
demandé, c'est pour, disons, suivre le camion, une fois que le quart de travail
est terminé, techniquement, il n'y a plus de consentement pour utiliser les
données de géolocalisation? Est-ce
que je comprends bien?
Caire : Exact, parce que vous avez été informé de la
finalité pour laquelle l'application devait être activée. Du moment où cette
finalité-là prend fin, le consentement prend fin en même temps que la finalité.
Puis ça, c'est clair.
Donc, si, par exemple, là, je vous dis : Vous travaillez pour Hydro-Québec, je vais vous demander d'activer la géolocalisation du camion
parce que vous vous en allez dans un secteur boisé pour une raison x,
faire une réparation, puis, pour une raison
de sécurité, je veux être capable de savoir où vous êtes, si jamais
il y a un problème, je peux aller vous
chercher... Puis là je vous explique tout ça, puis : Ah! O.K., oui, ça a
bien de l'allure, j'active. Vous allez faire le travail, il y a un
élagage à faire, l'élagage est fait, on revient.
Pour une raison x, je vous autorise... puis je
ne sais pas si ça se fait, là, donc je ne veux pas présumer, mais, pour les fins de l'exemple, disons que ça se
fait, je vous autorise à aller à la maison avec le camion parce que c'est plus
simple, il y a moins de kilométrage. Puis, le lendemain, il y a d'autre
chose qui s'en vient, bon, pour toutes sortes de bonnes raisons, mais moi, je
vous ai demandé le consentement pour la fin de dire : Tu t'en vas faire ce travail-là pour des raisons de sécurité, je ne t'ai pas dit qu'après
ça, ah, bien, je vais aller voir où est-ce
que tu es allé puis qu'est-ce que tu as fait. Donc, ce n'est pas plus la même finalité, donc le consentement
n'est pas valide.
Puis d'ailleurs
ça le dit, hein, tout consentement qui serait obtenu en dehors des paramètres,
ce consentement-là n'est pas valide. On le dit dans la
loi, là.
M. Nadeau-Dubois : O.K. Et un autre exemple
juste pour bien cerner, là... c'est parce que c'est important, je pense, là. Un consentement qui serait donné
pour valider la présence sur les lieux de travail ou pour... non, disons... encore une fois, gardons notre exemple du
camion, là, poursuivre le camion et que l'employeur l'utilise, le soir venu ou
le lendemain, pour dire : Ah! j'ai une
urgence, je vois que tu n'es pas loin...
mais c'est trois jours après, je vois que tu n'es pas loin de mon urgence. J'ai utilisé
l'application, j'ai vu que tu n'es pas loin, je t'appelle : Aïe! Peux-tu
rentrer? Il y a une urgence à cinq minutes de chez vous, je vois que tu n'es
pas loin, tu peux-tu y aller? Ça, est-ce que ça respecterait le consentement qui a été donné, si le
consentement a été donné pour l'application qui vise à, par exemple, suivre un
camion?
Caire : Non, non.
M. Nadeau-Dubois : O.K. Puis si
l'application vise à...
Caire : Ce n'est
pas les fins pour lesquelles j'ai expliqué à la personne pourquoi je demandais
son consentement, ce n'est pas la même finalité. À mon sens, ce n'est pas une
finalité, puis je vous dis, compatible, mais cette notion-là ne rentre même pas
en ligne de compte parce que c'est une donnée sensible, pour laquelle j'ai
besoin d'un consentement. Donc, non, non. Par contre, peut-être que, tu sais,
il peut appeler l'employé puis dire : Écoute...
M. Nadeau-Dubois : Oui, il pourrait
l'appeler mais pas en se basant...
Caire : Bon, il
pourrait l'appeler puis lui dire : Peux-tu aller sur la job? Ça, ça n'a
rien à voir, là.
M. Nadeau-Dubois : Mais pas en se
basant...
Caire : Mais il ne
peut pas dire : Aïe! Je te regarde, là, puis... ou, oui, je regarde ça,
puis après le travail, finalement, tu es
arrêté à tel endroit, puis tu es resté là pendant tant de temps, puis, après
ça, tu n'es pas en allé chez vous. Demain, passe donc au bureau, on va
se jaser. Non.
M. Nadeau-Dubois : Ou tu m'as dit
que tu avais un rendez-vous médical, puis j'ai regardé, puis...
Caire : Puis tu
n'es pas allé au rendez-vous médical.
M. Nadeau-Dubois : Tu n'es pas allé
là, tu es allé au Beachclub, tu sais.
Caire : Non, c'est
ça, non.
M. Nadeau-Dubois : Parce que le
quart de travail était terminé, le consentement était expiré.
Caire :
Parce que la raison que j'ai invoquée pour ça est une raison qui était... dont
la finalité s'est terminée au moment
où vous êtes sorti du lieu d'emploi. Cette finalité-là s'est terminée, puis le
consentement, il était donné pour ça mais pas pour...
M. Nadeau-Dubois : Donc, le
consentement est comme expiré au moment où le quart de travail finit.
Caire :
Si je te dis : Bien, écoute, oui, je vais te permettre, mais n'oublie pas,
tu es géolocalisé, puis là soit sûr que tu t'en vas là, parce que moi, je vais
regarder le tracé que tu va faire, puis que l'employé dit : Non, non, non, moi, oublie ça, là, il n'en est pas question,
ah, là, ils auront les discussions qu'ils auront à avoir, mais ça doit être
dit.
M. Nadeau-Dubois : Mais donc un
consentement qui est donné par... Pour résumer, là, un consentement qui est donné par un employé à son employeur pour le
géolocaliser pendant ses heures de travail, si le consentement est donné
à cette finalité-là, les données de géolocalisation ne peuvent pas être
utilisées sans le consentement de l'employé...
Caire : À d'autres
fins.
M. Nadeau-Dubois : ...à l'extérieur
du temps de travail.
M. Nadeau-Dubois : Clair. Parce que
ce n'est pas ça, la fin qui a été demandée.
Caire : Parce que
ce n'est pas ça que je vous ai donné comme explication au moment où j'ai demandé
votre consentement.
M. Nadeau-Dubois : Donc, pour
reprendre notre exemple de tantôt, si le patron... Le patron peut toujours
appeler un employé pour lui demander : Aïe! Peux-tu rentrer? Mais ça ne
pourrait pas être sur la base de : parce que j'ai vu que tu n'es pas loin.
Caire : Parce que
je te spotte, là, puis je le vois que tu es à côté, ça fait que tu ne peux pas
me dire non, puis, si tu me dis non, il va y avoir des conséquences.
Nadeau-Dubois : Ça tombe que
j'ai un chantier pas loin, je vois que tu es là, tu pourrais-tu aller me rendre
un service. Ça, ça ne marche pas?
M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup,
M. le Président.
Président (M. Bachand) :
Merci. Autres interventions sur l'article 102 amendé? Donc, nous allons
procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, l'article 102, tel qu'amendé, est adopté. Merci. M. le
ministre, s'il vous plaît.
Caire : Bon, M. le Président, nous allons aller à
l'article 103. Donc, l'article 103 se lit comme suit :
L'article 17 de cette loi est remplacé par le suivant :
Article 17 : «Avant de communiquer à
l'extérieur du Québec un renseignement, la personne qui exploite une entreprise
doit procéder à une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée. Elle doit
notamment tenir compte des éléments suivants :
«1° la sensibilité du renseignement;
«2° la finalité de son utilisation;
«3° les mesures de
protection dont le renseignement bénéficierait;
«4° le régime juridique applicable dans l'État
où ce renseignement serait communiqué, notamment son degré d'équivalence par
rapport aux principes de protection des renseignements personnels applicables
au Québec.
«La communication peut s'effectuer si
l'évaluation démontre que le renseignement bénéficierait d'une protection équivalente à celle prévue à la
présente loi. Elle doit faire l'objet d'une entente écrite qui tient compte
notamment des résultats de
l'évaluation et, le cas échéant, des modalités convenues dans le but d'atténuer
les risques identifiés dans le cadre de cette évaluation.
«Il en est de même lorsque la personne qui
exploite une entreprise confie à une personne ou à un organisme à l'extérieur du Québec la tâche de recueillir,
d'utiliser, de communiquer ou de conserver pour son compte un tel
renseignement.
«Le présent
article ne s'applique pas à une
communication prévue au paragraphe 7° du premier alinéa de
l'article 18.
«17.1. Le
ministre publie à la Gazette
officielle du Québec une liste d'États dont les régimes juridiques
encadrant les renseignements
personnels équivaut aux principes de protection de renseignements personnels
applicables au Québec.»
Alors, M. le Président, cet article-là, dont je
vous ferai grâce de la lecture des notes, parce que c'est un
article dont nous avons discuté et qui est miroir avec ce
qu'on a discuté, évidemment, au
niveau du public... Et vous comprendrez que je vais proposer les
amendements que nous avons apportés à cet article-là au privé. Donc, avec la
permission des collègues, je lirais les amendements ou l'amendement.
Le Président (M.
Bachand) : Allez-y.
Caire : Alors, M.
le Président, donc l'amendement se lit comme...
Président (M. Bachand) : On
va les lire un à la fois, parce que vous en avez plusieurs... vous en avez
deux.
Caire : Oui, oui,
oui. Bien, oui, je lirais le premier amendement, effectivement, avec votre
permission, M. le Président.
Le Président (M.
Bachand) : Parfait. Allez-y, oui.
Caire :
Donc :
L'article 17 de la
Loi sur la protection des renseignements
personnels dans le secteur privé, proposé par l'article 103 du
projet de loi :
1° dans le premier alinéa :
a) insérer, dans le paragraphe 3° et
après «protection», «, y compris celles qui sont contractuelles,»;
b) remplacer, dans le paragraphe 4°,
«, notamment son degré d'équivalence par rapport aux principes de protection
des renseignements personnels applicables au Québec» par «, notamment les
principes de protection des renseignements personnels qui y sont applicables».
2° remplacer,
dans le deuxième alinéa, «équivalant à celle prévue à la présente loi» par
«adéquate, notamment au regard des principes de protection des
renseignements personnels généralement reconnus».
M. le Président, ces amendements-là font écho
aux discussions que nous avons eues sur l'article qui était l'équivalent pour
le secteur public.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions sur l'amendement du ministre?
M. le député de Gouin, s'il vous plaît.
M. Nadeau-Dubois : Je constate que
les quelques sous-amendements que nous avions... que j'avais déposés ont été
intégrés, si ma lecture est bonne, pour qu'il y ait concordance parfaite entre
les deux lois.
Caire : Oui, tout à
fait.
Nadeau-Dubois : O.K. Bien, je veux juste... C'est important, pour moi,
à ce stade, de dire que nous préférions et je préférais, nous
préférions, et de loin, la première mouture du projet de loi pour s'assurer que
les renseignements personnels qui sont communiqués à l'extérieur du Québec
bénéficient de la même protection que ceux dont ils bénéficient ici, mais je
préfère ne pas refaire exactement une deuxième fois le même débat que celui
qu'on a fait la dernière fois. Je voulais
juste le mentionner, souligner le fait que, selon moi, il y a des risques ici,
mais que ces risques-là ont été néanmoins atténués par les
sous-amendements qu'on avait faits puis qui réapparaissent ici.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. Interventions sur l'amendement? M.
le député de La Pinière, s'il vous plaît.
Barrette : ...parce que n'ayant pas assisté à tous les travaux, je
comprends qu'on est en miroir de ce qui a été fait précédemment pour le
public et que ce qui a été fait pour le public a été adopté?
Barrette : Et peut-être que, M. le Président, vous pouvez ou ma
collègue peut m'informer, on a voté pour?
M. Barrette : Oui? Non, mais c'est
parce que je ne referai pas le débat, là.
Caire : M. le
député de Gouin avait voté contre, mais M. le député de LaFontaine avait voté
pour.
M. Barrette : Très bien. Alors,
évidemment, je pourrais, mais je vais passer.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Autres interventions? Sinon, nous allons
procéder à la mise aux voix de l'amendement. Mme la secrétaire, s'il vous
plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
M. Nadeau-Dubois : Contre.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté. M. le
ministre, s'il vous plaît.
Caire : M. le
Président, je lis l'amendement suivant. Est-ce que c'est bien ça qui est votre
demande?
Le Président (M.
Bachand) : S'il vous plaît, oui.
Caire : D'accord.
Alors...
Caire :
À 17.1. Donc, M. le Président : Retirer
l'article 17.1 de la
Loi sur la protection des renseignements
personnels dans le secteur privé proposé par l'article 103.
M. le Président, bon, c'est, encore là, un effet
miroir. Compte tenu du fait des amendements apportés à 17, il n'y a plus lieu
de publier, dans la Gazette officielle , une liste des États qui ont un
régime de protection puisque, cette nécessité-là, nous l'avons assouplie.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? M. le député de La Pinière,
allez-y, allez-y.
Barrette : Oui, j'en aurais
une juste pour ma satisfaction personnelle, là, même si le débat a déjà été
fait, là. Il n'en reste pas moins qu'à un moment donné, dans la version initiale, c'était «équivalente», et là vous avez choisi
de changer ça pour «adéquate»?
Barrette : Et je sais que le
débat a été fait, mais c'est pour ma satisfaction personnelle, là. Ça veut dire que va être
publiée la liste des États qui vont être classés ou déclarés adéquats?
Caire : Non, en
fait, c'est ça, c'est que l'amendement que je propose...
M. Barrette : Cet amendement enlève
Caire : ...retire
l'obligation de publier une telle liste, parce qu'il n'y a plus cette notion-là
d'États qui ont des régimes de protection équivalents. Donc, on ne peut pas...
puis c'est ça.
Puis
l'adéquation, ce qui avait fait dans la... En fait, c'était de dire que... puis
ça, c'est autant les organismes publics, les
entreprises du gouvernement que les entreprises privées qui nous ont dit :
Écoutez, vous avez une... puis c'est vrai, vous avez la loi qui est la plus
sévère en Amérique du Nord, donc il n'y aura aucun État, ni au Canada, ni aux
États-Unis, ni en Amérique centrale, ni en Amérique du Sud, qui va avoir un
régime équivalent. Les seuls États qui pourraient avoir un régime équivalent
sont les États européens qui ont implanté le RGPD. Puis même, tous les États européens se sont engagés à le faire mais ne l'ont
pas fait encore. Donc, ça devient une impossibilité pour les entreprises
du Québec, entreprises publiques et privées,
de faire affaire avec des entreprises hors Québec qui impliquent l'échange
d'information. Les entreprises nous ont dit : Écoutez, là, c'est
impossible.
Donc,
ce qu'on a fait, ce qu'on propose, puis c'est ce qu'on a fait avec
Infrastructures technologiques Québec, on a dit : Bon, bien, de façon
contractuelle, on va être capables d'avoir ces obligations-là qui vont nous
amener... qui vont amener les partenaires à avoir cette protection-là
dans le traitement des informations, mais on va le faire par contrat. Donc,
même si le régime juridique n'est pas équivalent, le contrat va nous amener
dans cette zone-là.
Maintenant,
l'obligation, une des obligations, évidemment, c'est d'évaluer le régime
juridique. Puis c'est la discussion que j'avais eue avec le député de
LaFontaine parce qu'on disait : Bon, il faut que le régime juridique me permette d'exécuter mon contrat. Donc, ça, ça fait
partie des choses de dire : O.K., mais on va évaluer le régime juridique
pour s'assurer que le contrat, je le signe, mais il est exécutoire. Et donc il
y a... Cette protection-là, elle n'est pas factice, elle est réelle. Donc,
c'est essentiellement la discussion qu'on avait eue.
M. Barrette :
Dans le réel, est-ce qu'elle a la même portée?
Caire :
Elle a la portée qu'on lui donne dans le contrat. C'est pour ça qu'on parle
d'une équivalence.
M. Barrette :
Bon, ça devait être un bon débat.
Président (M. Bachand) : Merci. Autres interventions sur
l'amendement? Donc, nous allons procéder à sa mise aux voix. Mme la secrétaire,
s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
Nadeau-Dubois : Contre.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention.
Donc, l'amendement est adopté. Autres
interventions sur 103 amendé?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à sa mise aux voix. Mme
la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
Nadeau-Dubois : Pour... Abstention, abstention à l'amendement.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention.
Donc, l'article 103 amendé est adopté. Merci. M. le ministre, s'il vous
plaît.
Caire :
Merci, M. le Président.
L'article 18 de cette loi est modifié :
1° dans le premier
alinéa :
a) par la
suppression, dans ce qui précède le paragraphe 1°, de «contenu dans un
dossier»;
b) par l'insertion,
au début du paragraphe 3°, de «à une personne ou»;
c) par l'insertion,
après le paragraphe 7°, du suivant :
«7.1° à une personne
ou un organisme, conformément aux articles 18.1, 18.2, 18.3 et 18.4;»;
d) par le
remplacement, dans le paragraphe 8°, de «est autorisée à utiliser» par
«peut utiliser»;
e) par la suppression
du paragraphe 10°;
2° dans le deuxième
alinéa :
a) par le
remplacement de «10°» par «9.1°»;
b) par la suppression
de la première phrase.
M. le Président, bon,
l'article 18 de cette
Loi sur la protection des renseignements personnels
dans le secteur privé est modifié, dans le
premier et le deuxième alinéas, en raison de la suppression par le projet de loi de la plupart des occurrences de notion de dossier dans cette
loi.
est aussi modifié, dans le deuxième alinéa, pour des raisons de concordance
avec d'autres modifications prévues au projet de loi. Donc, c'est essentiellement,
effectivement, un
article de concordance, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? Est-ce qu'il y a
d'autres interventions sur l'article 104? Donc, nous allons procéder à sa
mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
Nadeau-Dubois : Pour.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'article 104 est adopté.
Merci. M. le ministre, s'il vous plaît.
Caire :
Merci, M. le Président. Donc :
L'article 18.1 de cette loi est
modifié :
1° par la
suppression, dans le premier alinéa, de «contenu dans un dossier»;
2° par la
suppression, dans le quatrième alinéa, de la phrase...
Caire : De la dernière phrase. Excusez-moi, j'étais mêlé
comme une poignée de clous, là. Alors : par la suppression, dans le
quatrième, de la dernière phrase.
M. le Président,
donc, encore une fois, c'est la notion de dossier que nous venons d'éliminer.
Président (M. Bachand) : ...interventions sur
l'article 105? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à sa
mise aux voix. Mme la secrétaire... Woups! M. le député de Gouin, pardon.
Nadeau-Dubois : Juste bien comprendre, quel est l'effet de la
suppression du paragraphe 10°?
Caire :
Paragraphe 10°, c'était l'article précédent, ça. Là, ce qu'on fait, c'est
retirer les notions de dossier dans l'article 18.1.
Nadeau-Dubois : Oui, désolé.
Président (M. Bachand) :
Merci. Alors donc, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à
la mise aux voix. Mme la secrétaire.
Président (M. Bachand) : On y va, oui.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
Nadeau-Dubois : Pardon, c'est moi? Pour.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'article 105 est adopté.
Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
Caire :
L'article 18.2 de cette loi est modifié par la suppression, dans le
premier alinéa, de «contenu dans un dossier».
Donc, encore une fois,
M. le Président, l'objectif est d'éliminer la notion de dossier.
Le Président (M. Bachand) : Merci. Interventions? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons
procéder à sa mise aux voix. Mme
la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire
formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
Nadeau-Dubois : Pour.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'article 106 est adopté.
Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
Caire : Oui, M. le Président.
Article 107 : Cette loi est modifiée par
l'insertion, après l'article 18.2, des suivants :
«18.3.
Une personne qui exploite une entreprise peut, sans le consentement de la
personne concernée, communiquer un
renseignement personnel à toute personne ou tout organisme si cette
communication est nécessaire à l'exercice d'un mandat ou à l'exécution
d'un contrat de service ou d'entreprise qu'elle confie à cette personne ou à
cet organisme.
«Dans ce cas, la
personne qui exploite une entreprise doit :
«1° confier le mandat
ou le contrat par écrit;
indiquer, dans le mandat ou le contrat, les mesures que le mandataire ou
l'exécutant du contrat doit prendre pour assurer la protection du caractère
confidentiel du renseignement personnel communiqué, pour que ce renseignement
ne soit utilisé que dans l'exercice de son mandat ou l'exécution de son contrat
et pour qu'il ne le conserve pas après son
expiration. Une personne ou un organisme qui exerce un mandat ou qui exécute un
contrat de service ou d'entreprise visé au premier alinéa doit aviser
sans délai le responsable de la protection des renseignements personnels de
toute violation ou tentative de violation
par toute personne de l'une ou l'autre des obligations relatives à la
confidentialité du renseignement
communiqué et il doit également permettre au responsable de la protection des
renseignements personnels d'effectuer toute vérification relative à
cette confidentialité.
«Le paragraphe 2° du
deuxième alinéa ne s'applique pas lorsque le mandataire ou l'exécutant du
contrat est un organisme public au sens de la
loi sur l'accès aux documents des
renseignements publics ou sur la protection des renseignements personnels
(chapitre A-2.1) ou un membre d'un ordre professionnel.
«18.4.
Lorsque la communication d'un renseignement personnel est nécessaire aux fins
de la conclusion d'une transaction
commerciale à laquelle elle entend être partie, une personne qui exploite une
entreprise peut communiquer un tel renseignement, sans le consentement
de la personne concernée, à l'autre
partie à la transaction.
«Une entente
doit préalablement être conclue avec l'autre partie, stipulant notamment que
cette dernière
partie s'engage :
«1° à n'utiliser le renseignement qu'aux seules
fins de la conclusion de la transaction commerciale;
«2° à ne pas communiquer le renseignement sans
le consentement de la personne concernée, à moins d'y être autorisée par la
présente loi;
«3° à prendre les mesures nécessaires pour
assurer la protection du caractère confidentiel du renseignement;
«4° à détruire le renseignement si la
transaction commerciale n'est pas conclue ou si l'utilisation de ceux-ci n'est
plus nécessaire aux fins de la conclusion de la transaction commerciale.
«Lorsque la
transaction commerciale est conclue et que l'autre
partie souhaite continuer
d'utiliser le renseignement ou le
communiquer, cette
partie ne peut l'utiliser ou le communiquer que conformément
à la présente loi. Dans un délai raisonnable après la conclusion de la
transaction commerciale, elle doit aviser la personne concernée qu'elle détient
maintenant un renseignement personnel la concernant en raison de la
transaction.
«Pour l'application du présent article, une
transaction commerciale implique un transfert de propriété de tout ou
partie
d'une entreprise.»
M. le Président, petite note explicative :
Donc, cet
article introduit...
M. Nadeau-Dubois : ...vous demander
de suspendre quelques instants pour aller voter.
Le Président (M.
Bachand) : ...
Caire : Qu'il en
soit ainsi.
(Suspension de la séance à 12 h 32)
Le Président (M.
Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission
reprend ses travaux. M. le ministre, s'il vous plaît.
Caire : Oui. Alors, M. le Président, avec la permission
des collègues, je vais lire les notes explicatives et, après,
j'aurai un amendement.
Donc, cet
article introduit les articles 18.3 et 18.4 à la
Loi sur la protection des
renseignements personnels dans le secteur privé.
Cet
article
introduit l'article 18.3 sur la protection des renseignements personnels
dans le secteur privé, prévoit qu'une entreprise peut, sans le
consentement de la personne concernée, communiquer un renseignement personnel à
toute personne ou à tout organisme, si cette communication est nécessaire à
l'exercice d'un mandat ou à l'exécution d'un contrat de services ou
d'entreprise qu'elle confie à cette personne ou à cet organisme. Ce nouvel
article prévoit également que le mandat ou le contrat doit être confié par
écrit, ainsi que le contenu de cet écrit.
Cet
article introduit l'article 18.4 à la
Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé afin de prévoir que, lorsque la
communication d'un renseignement personnel est nécessaire aux fins de la
conclusion d'une transaction
commerciale à laquelle elle entend être partie, une entreprise peut communiquer
un tel renseignement, sans le consentement de la personne concernée, à
l'autre
partie à la transaction. Cet
article prévoit également qu'une entente
doit préalablement être conclue avec l'autre partie, ainsi que le contenu de
cette entente. Elle prévoit enfin ce qu'il advient après la conclusion de la
transaction commerciale en plus de définir ce qu'on entend par ces termes.
M. le Président, j'ai un amendement à déposer
et, avec votre permission, je lirai cet amendement. Donc : Remplacer le dernier alinéa de l'article 18.4
de la
Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé,
proposé par l'article 107 du projet de
loi sur... pardon, par l'alinéa
suivant :
«Pour l'application du présent article, une
transaction commerciale s'entend de l'aliénation ou de la location de tout ou
partie d'une entreprise ou des actifs
dont elle dispose, d'une modification de sa structure juridique par fusion
ou autrement, de l'obtention d'un prêt ou de toute autre forme de financement
par celle-ci ou d'une sûreté prise pour garantir une de ses obligations.»
Donc, M. le Président, le fédéral, l'Alberta et
la Colombie-Britannique offrent une définition plus large d'une transaction
commerciale que celle contenue dans le projet de loi n° 64.
La modification vise donc à harmoniser la
définition du projet de loi n° 64 à celle des autres juridictions.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de
Gouin, s'il vous plaît.
M. Nadeau-Dubois :
D'abord, sur l'amendement.
La définition que contient l'amendement, est-ce
qu'elle est exclusive? Une transaction commerciale, ce serait seulement ce qui
est décrit à l'amendement?
Caire :
Bien, ça le deviendrait, si l'amendement était adopté. Ce serait donc en vertu
de cette définition-là qu'on définirait ce qu'est une transaction
commeriale.
M. Nadeau-Dubois : Mettons, un
contrat de sous-traitance, là, est-ce que c'est une transaction commerciale?
Caire :
Non, un contrat de sous-traitance, ce n'est pas une transaction... Par contre,
un contrat de sous-traitance serait visé par l'article où on parle de
l'exécution d'un contrat, donc la sous-traitance... contrat de sous-traitance,
là, on parle de l'exécution d'un mandat ou l'exécution d'un contrat.
M. Nadeau-Dubois : Donc, ça serait
18.3 qui s'applique.
Caire : C'est ça.
Nadeau-Dubois : O.K. Donc, une transaction commerciale, c'est
seulement soit l'aliénation ou la location d'une entreprise, etc., là,
tout ce qui est à l'article...
Caire : Bien, à
l'amendement.
M. Nadeau-Dubois : À l'amendement, à
l'amendement.
Nadeau-Dubois : Quelle était la définition actuelle de «transaction
commerciale» dans le projet de loi... bien, pas dans le projet de loi, dans la
loi actuelle?
Caire : Il y en
avait-tu une? Il n'y en avait pas, parce qu'on introduit l'article 18.4,
donc cette notion-là n'existait pas dans la loi.
Nadeau-Dubois : Qu'est-ce qui se passait, dans le régime actuel, avec
les renseignements personnels en cas de transaction commerciale?
Caire : Ça suivait
dans la transaction parce que c'était considéré comme l'actif, un actif de
l'entreprise.
M. Nadeau-Dubois : Et donc, dans le
fond, tout simplement...
Caire :
C'est ça. Il n'y avait pas de disposition, c'est ça. C'est ce que Me Miville-Deschênes
dit, il y avait un vide juridique, mais ce que... Puis souvenez-vous, M. le
député de Gouin, on avait eu cette discussion-là avec le député de LaFontaine, qui disait justement que, dans le cadre
d'une transaction, tous les actifs informationnels, ressources informationnelles et informations suivaient dans
la transaction et que ça, il n'y avait pas d'évaluation de ça, il n'y avait
pas de... on n'évaluait pas ça, il y avait vraiment un vide juridique.
Donc là, on vient vraiment combler ce vide
juridique, mais on a eu cette discussion-là. Je ne sais pas si vous vous
souvenez, on a eu cette discussion-là avec le député de LaFontaine, qui parlait
du droit commercial et de son expertise en cette matière, là, dans des
transactions, acquisitions.
Nadeau-Dubois : Donc, il y
avait un vide juridique. Dans la pratique, là... La loi ne prévoyait rien. Dans
la pratique, qu'est-ce qui se produisait, en général? Ça doit être
documenté.
Caire : Bien, c'est
que l'entreprise acquéreur ramassait les systèmes, l'information, les listes de
clients. Ils les ramassaient tous, ça faisait
partie de l'actif.
Nadeau-Dubois : O.K. On discutera de l'article au moment de l'article,
mais, pour ce qui est de l'amendement, si
je comprends bien, on vient simplement ici définir «transaction commerciale» de
manière à ce que la transaction soit définie de la même manière que dans
les autres juridictions similaires au Canada.
Caire : Les autres
juridictions, fédérales et provinciales, oui.
M. Nadeau-Dubois : O.K. Est-ce qu'il
y a d'autres... Est-ce qu'il y a des provinces au Canada qui ont une définition
plus restreinte de la transaction commerciale?
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : ...puis ils ont tous... Alberta, Colombie-Britannique, fédéral ont tous
une disposition similaire, là, assez large, là, qui inclut les éléments qu'on a
mis là.
M. Nadeau-Dubois :
Merci.
Président (M. Bachand) :
D'autres interventions sur l'amendement? Donc, nous allons procéder à sa mise
aux voix. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire : M.
Nadeau-Dubois (Gouin)?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
La Secrétaire : M. Bachand
(Richmond)?
Le Président (M.
Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté. Donc, si
vous êtes d'accord, on reviendrait à 18.3 de l'article. Donc, interventions? M.
le député de La Pinière, oui.
M. Barrette : Bon, alors, quand je
lisais 18.4, là, je comprends de quoi il en retourne. C'est parce que,
vraiment, transaction commerciale, je ne l'avais pas vue... C'est un bel
exemple, là, où le français juridique n'est pas le français courant, là. Transaction commerciale, moi, j'achète quelque
chose, un vendeur me le vend, mais là on parle d'entreprises qui ont des
liens d'affaires, essentiellement.
18.3, par
contre, on est dans la sous-traitance, là. Ça veut dire qu'à 18.3 on peut
transmettre des renseignements en sous-traitant sans consentement.
Caire : Selon les
conditions édictées par l'article 18.3, donc ce n'est pas sans condition.
M. Barrette : Ce n'est pas sans
condition, mais c'est sans consentement.
M. Barrette : Et il n'y a pas de
limite.
Caire : Comment?
M. Barrette : Il n'y a pas de
limite.
Caire : Bien, il y
a les limites qui sont imposées par les conditions qu'on y met.
Barrette : O.K., mais
ça, c'est ce qui est écrit à 18.3 dans le deuxième alinéa, les conditions aux deux
paragraphes suivants. C'est ça?
M. Barrette : Donc, c'est quand même
assez large.
Le Président (M.
Bachand) : M. le ministre.
Barrette : Bien, ce que je
comprends, là, c'est que le sous-traitant, s'il dit qu'il a besoin d'un tel renseignement et que l'autre l'a, il peut
lui donner.
Caire : Il peut lui
donner, donc...
M. Barrette : Il n'est donc pas...
Les limitations sont les demandes du sous-traitant.
Caire :
Bien, partant du principe que la collecte de première main s'est faite dans le
respect de... parce que là je comprends ce
que vous dites, M. le député, mais il faut comprendre aussi que ça, ça
s'agence avec d'autres articles, là. Lorsque, moi, je collecte des
renseignements sur vous, les autres articles s'appliquent.
Donc, au
moment de la collecte, il y a un, quand même, certain nombre de requis dont je
dois m'assurer et qui ont été, comme,
respectés dans ma première collecte. Et, lorsque je communique le
renseignement, les autres articles... En fait, cet article-là ne
s'applique pas à l'exclusion des autres, là.
Barrette : Je ne me souviens pas, puis là c'est par absence, dans mon
cas, je ne me souviens pas... Quand on regarde le projet de loi, du
moins, pour tous les bouts, là, où que j'ai débattu, c'est un projet de loi où
essentiellement on doit donner un consentement pour la collection de données à
des finalités qui sont précises, et on ne peut pas... en résumé, là. Puis on ne peut pas sortir des
finalités, bon, bien,
sommairement, mais je ne me rappelle pas qu'on ait
établi, dans la loi, que ça incluait que ça pouvait suivre un
sous-traitant.
Caire : C'est-à-dire que ce qu'on a établi dans les articles
précédents, c'est qu'un renseignement
personnel peut être communiqué à un
tiers. Donc là, on fait le régime, de
façon générale, à un tiers sous
certaines conditions, donc ces conditions-là sont applicables.
Maintenant, on vient d'en ajouter. On vient
d'ajouter des conditions, donc celles-là s'ajoutent aux autres conditions qui sont déjà prescrites par la loi
dans le cas où cette communication-là se fait parce que je vous donne un mandat
ou je vous donne un contrat. Donc, c'est pour ça que je dis : Ça doit se
lire en... Ça vient s'ajouter, dans le fond, à ce qu'on a déjà prescrit.
M. Barrette : Je comprends, mais, à
la collection initiale du renseignement personnel, là...
Caire : Comment?
M. Barrette : À la collection
initiale du consentement... de la donnée personnelle, il me semble qu'on ne
disait pas explicitement que le donneur de renseignement, celui qui vend le
renseignement personnel, qu'il faudrait qu'il sache que, oui, bien, peut-être
que ça, ces renseignements-là vont s'en aller à une tierce
partie qui va être
mon sous-traitant.
Caire : En fait, on
vient dire ça.
Caire : Bien, pas
là, mais à 104, c'est... mais de la loi, là, on vient...
Caire : Comment?
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
C'est 99, l'article qu'on... de collecte.
Caire : Oui, c'est
ça. Je vais vous...
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
C'est l'article 99...
Caire :
L'article 99 de la loi.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
...qui modifie l'article 8 de la
loi sur le privé.
Caire :
C'est ça, parce que c'est ça, c'est 99, donc 8, 8.1 et suivants, c'est là où on
vient dire... parce que, là, on a fait un régime à 99, donc 8, on fait
un régime général, comment vous pouvez communiquer des renseignements à
quelqu'un d'autre sans le consentement, pour quoi.
M. Barrette : Je m'en vais préciser
un cas de figure, là, puis là vous allez peut-être trouver ça tiré par les
cheveux, mais ça existe.
Je suis un
professionnel, pas nécessairement un médecin, je peux être un dentiste, là, peu
importe, un avocat, et là j'ai mon
lieu d'affaires... J'ai mon affaire, j'ai ma pratique, je collecte des renseignements
personnels, je dois m'assurer contre
toutes sortes d'affaires. Si l'assureur me demande des renseignements sur le
type de clientèle que j'ai, je suis obligé de lui donner?
Caire :
Un assureur, je ne sais pas, c'est-tu considéré comme un mandat? Est-ce que
l'assureur d'un professionnel...
Mettons, allons-y dans un service professionnel x, là, est-ce que son
assureur serait considéré comme un mandataire? Moi, il me semble que
non, là, ce n'est pas un mandat.
Barrette : Vous autres, c'est juste la question de mandataire dans cet
article-là? C'est vraiment de la sous-traitance?
Caire :
L'article 18.3, c'est le mandataire ou le sous-contractant, oui. Puis je
ne pense pas que l'assureur rentre ni dans
l'une ni dans l'autre de ces catégories-là. Donc, je ne vois pas pour quelle raison il
aurait l'autorisation de transférer un renseignement personnel sur sa
clientèle.
M. Barrette :
Ce n'était peut-être pas un bon exemple, là.
Caire :
Peut-être pas. Je vous taquine, M. le député.
M. Barrette :
Non, c'est correct, parce que je le fais à chaud, là, comme ça, là.
Caire :
Non, non, c'est correct. Je comprends, on réfléchit.
Barrette : C'est parce que je ne suis pas convaincu que le commun des
mortels comprend que les renseignements personnels qu'il autorise, qu'il
accepte de donner, là, à quelqu'un, une entreprise, là... réalise que ce
renseignement personnel là peut s'en aller chez le sous-traitant. Là, vous
autres, vous me dites que oui.
Caire : Bien, c'est parce qu'il y a... Comme je vous le dis,
là, il faut relire 8, 8.1 et suivants, parce que là, là, on s'adresse
vraiment au cas où j'ai un sous-traitant, ce sous-traitant-là, j'ai besoin de
lui... Bon, allons-y, je fais affaire avec un contracteur pour la réalisation
d'un chantier x, j'engage des sous-traitants... Même là, je ne vois pas
vraiment pourquoi... Non, mon exemple non
plus n'est pas tellement meilleur que le vôtre, là, parce que je ne vois pas
pourquoi il y aurait communication.
Je pense que Me
Miville-Deschênes brûle du désir de nous parler.
M. Barrette :
...j'en suis sur la connaissance de la... le consentement éclairé, là, le...
Oui.
Président (M. Bachand) : Me Miville-Deschênes.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : ...parce que je pense que c'est assez... dans le
quotidien des entreprises... Je vais
donner des exemples, là. Une entreprise va avoir, exemple, un logiciel de
caisse, de gestion de caisse, dans laquelle les clients... le nom des
clients va être rentré, mais le système de caisse va appartenir à un
sous-traitant avec lequel il a conclu un contrat puis qui va, lui, obtenir les
renseignements personnels. Il va y avoir un système de paiement, il va possiblement y avoir un système de comptabilité, Acomba,
peu importe, dans lequel... C'est un contrat qui va utiliser le service
comptable, mais le service comptable va avoir des renseignements sur ses
employés, etc. Il va possiblement y avoir un système de courrier
électronique. Il va contracter pour avoir un courrier électronique dans lequel va circuler certains renseignements sur sa
clientèle. Donc, tout ça, c'est des contrats de services, là, de services
qui sont nécessaires à l'entreprise et qui vont... dans lesquels vont transiger
les renseignements personnels.
M. Barrette :
O.K., mais ça, c'est dans... Je comprends l'exemple, mais là on est dans le
contrat de services. Moi, j'étais plus dans
la sous-traitance, qui n'est pas exactement la même chose. Dans le contrat de
services, je comprends, là, c'est
comme une obligation, là, mais, dans le cas de la sous-traitance, c'est un
élément fini dans le temps. Là, vous allez
me dire qu'un service peut être une sous-traitance à long terme, là, je
comprends, là, mais mettons-le dans l'exemple de la sous-traitance
ponctuelle dans le temps.
Ce qui m'amène à
l'autre élément qui me fatiguait... pas vraiment, mais qui m'interpellait, il y
a la question de la destruction dans l'exercice du mandat, l'exécution de son
contrat, ta, ta, ta, après expiration. Ça, est-ce que ça ne pose pas aussi un
problème pour le sous-traitant? Puis là je m'explique. S'il y a une
documentation, un transfert de données nécessaire à faire à un contrat et qu'un
an plus tard il y a une poursuite, c'est quand qu'on détruit les documents qui
pourraient être utiles à la défense ou à la poursuite?
Président (M. Bachand) : Me Miville-Deschênes.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Bien, en guise de réponse, je vais
souligner que, dans le fond, cette disposition-là existe dans le secteur
public, là. 67.2, c'est le même libellé, puis on n'a pas été mis au courant de
problématique, là, par rapport à ça. Donc, en tout cas, on ne voit pas de
problème ou on n'a pas été mis au fait de problème par rapport à la durée de
conservation, là, des renseignements par le sous-traitant, là.
Caire :
Moi, ce que je vois, si je peux me permettre, M. le député, ce que je vois,
c'est des cas qui ont été illustrés récemment, où des organisations X ont
embauché un sous-traitant. Le sous-traitant, ce faisant, avait accès à de l'information.
Cette information-là n'a jamais été détruite.
M. Barrette :
Oui, ça, c'est clair.
Caire : Puis aujourd'hui, là, on voit qu'il y a une fuite de
données pour des banques d'informations qui datent de l'exécution d'un contrat
qui est terminé depuis des années mais que les banques n'ont jamais été
détruites, alors que le contrat est terminé depuis fort longtemps. Donc là, on
s'assure, par ces dispositions-là, que des situations comme celles-là sont
couvertes par la loi, là. Donc, si le contrat est terminé, l'utilisation des
renseignements, qui découlait du contrat est aussi terminée, et donc il n'y a
pas de raison de conserver les renseignements.
Puis je vous dirais,
dans l'exemple que vous amenez ou la question que vous soulevez, qui est très
pertinente, le profil d'information que vous avez conservé est peut-être moins
une information pertinente que le cadre juridique dans lequel vous avez travaillé, qui, lui, pourrait effectivement être litigieux et donc faire l'objet d'une démarche judiciaire.
Mais
l'information dont vous avez bénéficié dans l'exécution du contrat, c'était
plus comme un outil de travail. Cet
outil de travail là n'étant plus nécessaire, ce que je vois là-dedans, moi, c'est une mesure
de protection pour s'assurer que des
situations comme celles qu'on a vécues sont couvertes par la loi puis qu'on ne
traîne pas des banques de données, alors qu'un contrat n'est plus... un
contrat est terminé puis qu'il n'y a plus de relation contractuelle, donc il
n'y a plus de raison de conserver ces informations-là.
M. Barrette :
Je suis d'accord avec ça, là, c'est...
Président (M. Bachand) : Mais j'aurais... puis le temps file. M. le
député de Gouin, s'il vous plaît.
Nadeau-Dubois : À l'article 8 et à l'article 14...
Caire :
Article 8?
Nadeau-Dubois : Oui.
Caire :
O.K., je vais remonter là.
Nadeau-Dubois : Et 14. Si je comprends bien, ce qu'on établit, c'est,
je vais le dire en mes mots, la règle générale
en matière de transmission des renseignements personnels à un tiers pour une
entreprise privée. À 8, on dit : Il faut informer du nom du tiers pour... que la collecte est faite puis la
possibilité que ce soit transmis à l'extérieur du Québec.
Caire :
Son droit de se retirer, de retirer son consentement.
Nadeau-Dubois : Exact. Et, à 14, on vient affirmer... Pardon, à 13, à
13. À 13, on vient affirmer que «nul ne peut
communiquer à un tiers les renseignements personnels qu'il détient sur autrui,
à moins que la personne concernée n'y
consente ou que la présente loi ne le prévoie». Puis là «ou que la présente loi
ne le prévoie», ça nous ramène à 18.3, qui
est l'endroit où on prévoit une exception à cette règle-là. Puis l'exception,
c'est... quand c'est dans le cas de l'exercice d'un mandat ou de l'exécution d'un mandat, c'est
possible de le faire sans consentement. Donc, c'est un peu ça que je
disais, 8 et 13, c'est la règle, 18.3, c'est l'exception à la règle.
Mais j'y pense, là,
pour une entreprise privée, les tiers avec qui elle fait affaire, au fond, là,
il me semble que, dans une écrasante majorité de cas, c'est des entreprises
avec lesquelles elle a des contrats, donc il me semble que... Est-ce que
l'exception ici n'est pas aussi grosse que la règle elle-même? Qu'est-ce qui
reste qui ne rentre pas dans l'exception à la règle?
Président (M. Bachand) : Me Miville-Deschênes.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Bien, en fait, ici, on vise les
contrats de services où l'entreprise a besoin, là, de... Tu sais, elle utilise
un... bien, justement, un service. Donc, qu'est-ce qu'il reste? Là, je ne pense
pas qu'on ne parle pas non plus de... on ne peut pas parler, exemple, de vente
de renseignements ou de... C'est seulement de la... justement, de la
sous-traitance du contrat de services, là. Je vous...
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, merci beaucoup.
Compte tenu de
l'heure, nous suspendons les travaux jusqu'à 14 heures. Merci, à tantôt.
Bon lunch.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Le Président (M. Bachand) : S'il
vous plaît! À l'ordre, s'il vous plaît! Oui, la commission reprend ses travaux.
Nous poursuivons
l'étude du projet de loi n° 64, Loi modernisant des
dispositions législatives en matière de la protection des renseignements
personnels.
Lors de la suspension
de nos travaux, cet avant-midi, nous étions rendus à l'étude de l'article 107
amendé. Alors, interventions? Je sais qu'il y avait une discussion avec le député
de Gouin. Oui, M. le ministre.
Caire : Avec votre
consentement, j'aimerais peut-être, avant qu'on
reprenne les travaux, vous demander de déposer officiellement la liasse d'amendements
que j'ai soumis à la commission et qu'ils puissent être publics.
Président (M. Bachand) :
Merci. Alors donc, j'autorise le dépôt, et ça va être sur le site Web de la commission rapidement. Merci beaucoup.
Donc, interventions sur l'article 107 amendé? Il y
avait une discussion, ce matin, avec le député de Gouin et le ministre.
M. Nadeau-Dubois : Oui. Bien, en
fait, peut-être... J'ai posé une question avant qu'on se laisse. J'essayais de
comprendre l'articulation entre 18.3 et les autres dispositions du projet de
loi qui concernent la communication à un
tiers des renseignements personnels, 8 et 13, essayais de comprendre, dans le
fond... Si, à 8 et 13, on dit : Il doit y avoir consentement pour communication à un tiers, et
qu'à 18.3 on vient faire une exception qui dit : Quand c'est dans le cas d'un
contrat, de l'exécution d'un contrat, là, il peut y avoir communication sans
consentement, est-ce que l'exception n'est
pas plus grosse que la règle? Est-ce que la maille dans le filet n'est pas plus grosse que le filet, là?
Vous voyez? Je peux continuer si vous
voulez. Non, mais comment... Tu sais, j'essaie de comprendre. Qu'est-ce qui
tombe en dehors du champ de 18.3, dans le fond, tu sais, comme
communication à un tiers par une entreprise privée?
Caire : En fait,
c'est que l'exécution du contrat, donc les renseignements qui sont communiqués
dans le cadre de ce contrat-là, doivent être compatibles avec les fins pour
lesquelles le renseignement a été communiqué. Ce que je veux dire par là, c'est
que, prenons une entreprise de construction d'une taille modeste, on peut penser
que, les employés de cette... les quelques employés de cette entreprise-là, il
y a une collecte de renseignements de la part de l'employeur, qui pourrait les communiquer à un tiers aux fins administratives du traitement de la paie, etc. Par
contre, si ce même employeur là décidait de les revendre pour du télémarketing,
là, je prends des exemples extrêmes, mais à dessein, ces fins-là ne sont
pas compatibles. Donc, on ne pourrait pas faire indirectement ce qu'on n'a pas
le droit de faire directement.
Nadeau-Dubois : Donc, la fin
pour laquelle le consentement a été donné à l'entreprise A suit le renseignement personnel quand le renseignement
personnel s'en va dans l'entreprise B pour des... par exemple, si B est un sous-traitant de A. Donc, si j'ai
donné mon renseignement personnel à l'entreprise A pour m'envoyer une infolettre de ses produits
ou de ses promotions, c'est seulement
pour un contrat de sous-traitance pour envoyer l'infolettre que le renseignement pourrait être communiqué à l'entreprise B et pour aucune autre
finalité.
Caire : Et pour
aucune autre.
Nadeau-Dubois : Qu'en est-il
de la communication hors Québec? Est-ce que la même logique s'applique?
Caire : C'est la même logique, et cette logique-là va se retrouver dans
l'obligation des éléments contractuels. Bien, parce que
vous avez...
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
...rappeler que, pour...
Caire : Excusez. Je
m'excuse de vous avoir interrompu, Me Deschênes.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Non, je veux juste rappeler, en fait, que, pour communiquer un renseignement, l'entreprise doit, d'une part, avoir une autorisation de
communiquer dans la loi et, si c'est hors Québec, d'autre part, doit
respecter les exigences de 17. Donc, ça s'accumule... c'est-à-dire que la communication hors Québec
n'est pas une autorisation de communiquer.
C'est des exigences supplémentaires qui s'appliquent si la communication
a lieu hors Québec.
M. Nadeau-Dubois : En plus de 8, de
13...
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
C'est ça. Ça fait que, si c'est un contrat de services, il faut qu'il respecte
18.3 et 17 si le contrat de services vise une entreprise située à l'extérieur.
M. Nadeau-Dubois : O.K. Donc, 18.3
n'est pas une exception à 17?
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Non, non, non.
Caire : Bien, en
fait, c'est ce que je disais tantôt... Non, mais je taquine Me Deschênes,
là. Je veux dire, son apport est extrêmement précieux. J'espère que tout le
monde le comprend. Mais non, c'est ça, c'est que c'est des obligations qui se
cumulent.
Nadeau-Dubois : Et cette idée,
là, que le consentement donné par la personne doit être respecté par
l'entreprise contractée...
Caire : Contractante...
Nadeau-Dubois : ...avec laquelle on contracte, la contractée, là...
Caire :
C'est ça, l'entreprise contractante, oui.
Nadeau-Dubois : ...c'est écrit où, ça?
Caire : Bien, en
fait, si vous regardez... indiquer, dans les mandats ou le contrat, les
mesures... le mandataire, l'exécutant du contrat doit prendre pour
assurer la protection du caractère confidentiel... renseignement personnel à communiquer... le renseignement ne soit utilisé...
dans l'exercice de son mandat ou l'exécution de son contrat pour qu'il
ne conserve pas après son...
Nadeau-Dubois : Mais, mettons, l'obligation, pour l'entreprise qui
reçoit le renseignement personnel, de ne pas
l'utiliser à d'autres fins, c'est écrit où, ça? Parce que j'imagine une grande
entreprise qui collecte un renseignement personnel auprès d'une personne. Elle, cette grande entreprise là, elle
respecte, elle dit : Je vais prendre votre renseignement pour vous
envoyer une infolettre. Elle sous-traite à une entreprise de communication,
mettons, là, le fait de rédiger puis d'envoyer l'infolettre. À cette fin-là,
elle transmet les renseignements personnels. Jusqu'ici tout est légal, mais,
l'entreprise qui les reçoit, son obligation légale à elle de ne pas l'utiliser
à d'autres fins, elle est... est-ce que...
Caire :
Ça, c'est les renseignements personnels communiqués «pour que ce renseignement
ne soit utilisé que dans l'exercice de son
mandat ou l'exécution de son contrat». Tu ne peux pas l'exécuter à d'autres
fins que le mandat qui t'a été donné ou le contrat qui a été signé.
Nadeau-Dubois : O.K. Puis la compatibilité, l'obligation... pas juste
de compatibilité, mais l'obligation que le contrat vise seulement les fins pour
lesquelles le consentement a été donné, ça, ce n'est pas écrit explicitement
nulle part. On l'infère de 8, dans le fond, de l'article 8? Ça vient implicitement de l'article 8?
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Bien, effectivement, l'entreprise
doit informer les fins puis elle ne peut
utiliser les renseignements qu'à cette fin-là. Donc, pour communiquer des
renseignements à un tiers, elle doit s'assurer, elle, que ça soit dans
le respect des fins puis qu'elle les indique dans le contrat de services.
Nadeau-Dubois : O.K. Donc,
c'est implicite que c'est la responsabilité de l'entreprise qui collecte de s'assurer que le transfert à un tiers se fait dans le
respect de la fin qui a été donnée au moment où le consentement a été obtenu.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Exact, parce
qu'elle est soumise, entre autres, à l'obligation de n'utiliser les
renseignements qu'à ces fins-là, donc...
Nadeau-Dubois : Qu'à ces fins-là, y compris dans son rapport avec des
tiers, bien sûr. O.K. Parfait.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : C'est ça.
Nadeau-Dubois : O.K. Quand même, conversation utile. Je pense que
ça... Moi, personnellement, ça répond, à ce stade-ci, à mes questions.
Président (M. Bachand) : Est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur 18.3? À 18.4, est-ce qu'il y aurait d'autres interventions?
M. le député de Gouin, s'il vous plaît, oui.
Nadeau-Dubois : 18.4, «transaction commerciale» définie maintenant,
puisqu'on vient d'amender, comme, notamment, le fait d'aliéner en tout
ou en
partie une entreprise... Les données personnelles sont un actif... Est-ce
que c'est un actif d'une entreprise?
Caire : Oui. Bien, en fait, la donnée, dont la donnée
personnelle... mais toutes... l'ensemble des informations détenues par
une entreprise fait
partie de ses actifs.
Nadeau-Dubois : O.K. Mais si on... Ça fait que, si on définit
«transaction commerciale» comme le fait d'aliéner ou de louer des actifs, est-ce qu'on ne vient
pas... c'est vraiment une question. Est-ce qu'on ne vient pas dire : C'est
légal pour une entreprise de vendre sans le consentement les données à
un tiers?
Caire : Non, parce que l'idée est de dire que, si vous
cédez, par exemple, le département de x, comptabilité ou... vous aliénez
cette... vous la vendez, vous vous départissez de ce volet-là de vos
entreprises, qu'avec ça viennent des
informations, ça fait
partie de la transaction, mais ce n'est pas une
transaction, ce n'est pas l'autorisation de transiger des informations.
C'est un petit peu, si vous vous...
M. Nadeau-Dubois :
Bien, c'est parce que, si «transaction commerciale» est définie comme le fait
de vendre des actifs puis que les données personnelles sont un actif...
Caire : Oui, mais
c'est parce que, là, vous avez... Dans le cas du renseignement personnel, c'est
ce qu'on vient de dire avec
Me Deschênes, c'est que moi, j'ai collecté vos renseignements personnels
pour une fin x, je ne peux pas les utiliser à une fin y ou, en tout cas,
je ne peux pas les utiliser sans votre consentement, mais ça, ça ne vient pas
changer... Je veux dire, c'est une définition.
M. Nadeau-Dubois : Oui, mais il y a
une exception, là. 18.4, ça dit : Sauf...
Caire : Oui, oui,
mais attention, c'est parce que...
M. Nadeau-Dubois : Sauf aux fins de
la conclusion d'une transaction commerciale.
Caire : Non, non,
non.
M. Nadeau-Dubois : On peut le
communiquer sans consentement, le renseignement personnel...
Caire :
Tant qu'on respecte la finalité, comme on vient de l'établir avec
Me Deschênes. C'est parce que, là, on donne une définition de ce qui peut faire
partie de la notion de
transaction, parce qu'on veut avoir une... parce que, la définition qu'on avait initialement, qui était
«transfert de propriété en tout ou en partie», on se dit : C'est une
définition qui est très limitative. On regarde les autres juridictions, on a
une définition qui est plus large. Donc, on veut s'harmoniser.
Ceci étant dit, oui, mais, si moi, j'ai collecté
des renseignements personnels pour une fin qui ne sont pas de les vendre, donc,
je ne peux pas les utiliser pour une autre fin. Ça fait qu'à partir de là ça ne
vous dédouane pas de respecter la notion de
consentement. Ça ne vous dédouane pas de respecter... C'est un petit peu ce
qu'on vient de dire avec Me Deschênes, là, c'est : On cumule
les obligations, on ne les met pas une en contradiction avec l'autre.
Nadeau-Dubois : O.K. Mais, mettons, un autre cas, une entreprise qui
aurait une filiale, puis cette filiale-là serait la filiale responsable
du traitement puis de la conservation des données à l'intérieur d'une grande
entreprise...
Caire :
D'archivage.
M. Nadeau-Dubois : Oui, mettons.
L'entreprise en question se départit de cette filiale-là. Les données
personnelles... Donc, il y a une aliénation d'un actif... bien, pas une
aliénation dans ce cas-là, une vente, là. Qu'est-ce qui arrive avec ces données-là au sein de la nouvelle entreprise? Quelle
est l'obligation de la nouvelle entreprise qui vient d'en faire
l'acquisition?
Caire : Bien, si
les opérations sont des opérations d'archivage, donc, les clients de cette
entreprise-là qui bénéficiaient de ces services-là vont bénéficier du même
service selon les conditions du contrat de l'entreprise qui fait l'archivage.
Mais je veux juste être sûr que je comprends votre question, parce que, là, si
on parle d'archivage, par exemple,
l'entreprise X fait affaire avec l'entreprise Y pour archiver les
renseignements personnels ou les renseignements généraux...
M. Nadeau-Dubois : ...on serait dans
l'exécution d'un contrat, là, ça fait qu'on serait dans 18.3.
Caire : Oui, là, on est dans un... Non, mais moi, je fais
affaire avec cette entreprise-là. Cette entreprise-là, elle est
vendue à une autre entreprise qui fait de l'archivage. Donc, je suis toujours
dans une entreprise qui fait de l'archivage.
Ce n'est plus la même entreprise, mais c'est le même service, puis potentiellement
qu'ils vont respecter les mêmes conditions.
Mais ce que je veux être sûr de comprendre,
c'est : Est-ce qu'une entreprise, par exemple, de télémarketing pourrait
acheter l'actif puis dire : Moi, je ne fais plus de l'archivage, je fais
du télémarketing puis je vais me servir des données? Non. Parce que moi, j'ai
fait affaire avec cette entreprise-là pour qu'elle archive les données, pas
pour qu'elle les utilise à des fins autres. Je ne sais pas si mon explication
est claire.
M. Nadeau-Dubois : Oui, mais, dans
le fond, moi, ce dont je veux m'assurer, c'est, si un individu fait affaire
avec une entreprise puis lui donne ses renseignements personnels pour certaines
fins, mais que, peu importe, ensuite, ce qui
se passe avec cette entreprise-là, qu'elle soit achetée, vendue, scindée,
fusionnée... que les balises qui ont été mises au départ, c'est-à-dire le
consentement donné à certaines fins, que ça suit, dans le fond, même s'il y a
vente, aliénation, transaction...
Caire : C'est clair
que oui, parce que, de toute façon, les obligations légales seront les mêmes.
Et prenons un autre exemple. J'engage une
entreprise... parce que l'archivage, c'est peut-être moins une bonne idée,
parce qu'il y a une notion aussi que, si le contrat termine, je dois détruire
la donnée, là. Mais je fais du stockage de données, je fais affaire avec une
entreprise, Micro Logic, Sherweb, pour ne pas favoriser un fournisseur plutôt qu'un autre, mais, un ou l'autre, je fais affaire
avec eux autres pour le stockage de mon information. Pour une raison que
j'ignore, les actifs de Micro Logic passent à Sherweb. Bien, je fais affaire,
moi, avec une entreprise qui stocke mes données selon les ententes
contractuelles et en fonction des lois qui sont en vigueur.
Donc, oui, le
fournisseur n'est plus le même, donc il y a une cession des actifs et donc des
serveurs, des salles de serveurs, de la bâtisse et des contrats qui viennent
avec, mais je ne pourrais pas faire ça puis dire : Bon, bien, parfait, je vends ces actifs-là à
Télémarketing quelque chose, puis, à partir de là, mes informations ou les
informations qui étaient stockées sont vendues à une entreprise qui ne fait pas du
tout du stockage de données, qui fait du télémarketing , puis là ça
n'a rien à voir, là. Ça n'a rien à voir, on n'est pas dans la même finalité de
services, là. Ça fait que non.
Nadeau-Dubois : Quand on parle, dans l'article... Ça fait que, dans le
fond, comme dans 18.3, dans 18.4, les finalités
qui balisent l'utilisation du renseignement personnel suivent le renseignement personnel même si le renseignement personnel change d'entité juridique et... Parfait.
Bon, c'était ma première question.
Quand on dit que le
renseignement ne doit être utilisé «qu'aux seules fins de la conclusion de la
transaction commerciale», qu'est-ce qu'on veut dire? De quel... J'essaie de penser à une entreprise
qui fait une transaction commerciale. Est-ce qu'on peut nous donner un exemple,
là, de quel type d'utilisation on parle?
Caire :
On peut faire ça.
Nadeau-Dubois : Aux fins de la conclusion de...
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Bien, en fait, les deux premiers alinéas de l'article 18.4
visent... puis, en anglais, je pense, c'est «due diligence», mais visent
l'opération de diligence raisonnable préalable à la transaction.
Donc,
je suis une entreprise, là, qui veut acheter... comme Desjardins a vendu Monetico à Global Payments, là,
à
titre d'exemple. Donc, avant l'achat, pour s'assurer, justement, de la valeur
de l'entreprise ou de la filière qu'il s'apprête à acheter, bien, il peut consulter des
renseignements personnels. Ça fait que l'objectif, c'est de viser à permettre,
préalablement à la transaction, une consultation. Puis là c'est là qu'il
y a des limites à utiliser des renseignements qu'aux seules fins de la conclusion de cette transaction commerciale
là. Puis, par la suite, le dernier alinéa dit que, là, si la transaction est
conclue, bien, l'acheteur, une fois que la transaction est conclue, lui, il est
soumis à la loi et ne peut communiquer les renseignements que conformément à la loi. Ça fait que c'est un peu...
Les 1° à 4°, c'est d'avoir une protection entre le début des échanges et
la transaction commerciale.
Nadeau-Dubois : Donc, moi, je veux acheter la filiale X de
l'entreprise Y. Pour savoir ce que j'achète, j'ai besoin de voir...
Caire :
Vous faites une revue diligente.
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Une revue diligente, c'est ça.
Caire :
Vous faites la revue diligente.
Nadeau-Dubois : ...ce dont dispose cette filiale-là, j'aurais droit
d'avoir accès aux renseignements personnels pour évaluer, mettons, combien ça
vaut, et c'est seulement à ces fins-là que je pourrais consulter les données.
Je ne peux pas partir avec, je ne peux pas
en profiter pour en faire une copie. C'est seulement pour évaluer : Ah!
selon moi, c'est un bon achat, c'est un mauvais achat...
Caire :
Qu'est-ce que j'achète.
Nadeau-Dubois : ...ça vaut cher, ça ne vaut pas cher. Je comprends
bien?
Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : C'est ça, oui.
Nadeau-Dubois : O.K. Paragraphe 2°, je ne peux pas le communiquer
sans le consentement, à moins d'y être autorisé par la loi. Est-ce que
la loi l'autorise à certains égards?
Président (M. Bachand) : Me Miville-Deschênes.
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) : Oui. Je
réfléchis, parce qu'il y a certaines... la loi autorise différents types de
communication, là, notamment dans des cas d'urgence. C'est l'article 18,
entre autres, qui les reprend.
Donc,
on voulait être sûrs de ne pas limiter, là, une éventuelle communication qui
pourrait s'avérer nécessaire, là. Mais, dans le cas d'une transaction
commerciale, peut-être que les exemples ne me viennent pas en tête,
d'une communication qui pourrait s'avérer nécessaire,
mais il y a des communications, là, en situation d'urgence... ou s'il y a un
organisme qui a le pouvoir de contraindre à la communication, Protecteur du
citoyen, services policiers, etc., là.
Donc,
c'est un peu une disposition pour s'assurer de ne pas nuire à d'éventuelles communications qui pourraient être nécessaires, mais, tu sais, je ne vois pas
tant d'exemples, là, de communications, dans ce contexte-là, qui pourraient
s'avérer nécessaires, pour être honnête, là.
Nadeau-Dubois : O.K. Mais le bout de la réponse sur... Par exemple, la
Commission d'accès à l'information qui dit : J'aimerais ça voir ce
que vous avez...
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Bien oui, effectivement.
M. Nadeau-Dubois : ...ça, ce serait
un exemple qui est prévu par la loi?
M. Miville-Deschênes (Jean-Philippe) :
Ça, c'est des cas d'organismes qui peuvent contraindre, là.
M. Nadeau-Dubois : O.K. Ça répond à
mes questions, M. le Président.
Président (M. Bachand) :
Merci beaucoup, M. le député de Gouin. Autres interventions sur 107 amendé?
Donc, nous allons passer à sa mise aux voix. Mme la présidente... Mme la
secrétaire, pardon.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, l'article 107, tel qu'amendé, est adopté. Merci. M. le
ministre, s'il vous plaît.
Caire : Merci, M.
le Président.
Article 109 :
L'article 19 de cette loi...
Le Président (M.
Bachand) : 108, 108, 108.
Caire : 108. En
fait, j'ai fait la contraction de l'article 108 et 19, ça a donné 109.
Donc, j'anticipais.
L'article 19,
pardon, de cette loi est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa,
de «au dossier détenu» par «aux renseignements personnels détenus».
M. le Président, encore une fois, c'est de la
concordance pour éliminer la notion de dossier.
Président (M. Bachand) :
Merci. Interventions sur 108? S'il n'y a pas d'intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'article 108 est adopté.
Merci. M. le ministre, s'il vous plaît.
Caire :
Article 109, et, cette fois, c'est vrai. 109 :
L'article 20
de cette loi est remplacé par le suivant :
«20. Dans
l'exploitation d'une entreprise, un renseignement personnel n'est accessible,
sans le consentement de la personne concernée, à tout préposé ou agent
de l'exploitant qui a qualité pour le connaître qu'à la condition que ce
renseignement soit nécessaire à l'exercice de ses fonctions.»
Donc,
l'article 20 de la
Loi sur la protection des renseignements personnels
dans le secteur privé est remplacé en raison du nouvel
article 18.3 de
cette loi introduit par le projet de
loi. Donc, c'est une clarification
sur la notion d'agent.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Interventions? M. le député de Gouin, s'il
vous plaît.
M. Nadeau-Dubois : ...quoi la
clarification en question?
Caire : Bien, si vous lisez l'article
initial, là, où on disait «à l'exercice de ses fonctions ou à l'exécution
de son mandat ou de son contrat...» Donc, on a déjà précisé ça dans
18.3.
M. Nadeau-Dubois : Merci, M. le
Président. Ça répond à ma question.
Président (M. Bachand) :
Merci. S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque (Chapleau) : Pour.
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire : M. Nadeau-Dubois
(Gouin)?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Président (M. Bachand) :
Abstention. Donc, l'article 109 est adopté. Merci. M. le ministre, s'il
vous plaît.
Caire : M. le
Président,
article 110 :
L'article 21 de cette loi est remplacé
par le suivant :
«21. Une
personne qui exploite une entreprise peut communiquer des renseignements
personnels sans le consentement des personnes concernées à une personne
ou à un organisme qui souhaite utiliser ces renseignements à des fins d'étude,
de recherche ou de production de statistiques.
«La communication peut s'effectuer si une
évaluation des facteurs relatifs à la vie privée conclut que :
«1° l'objectif de l'étude, de la recherche
ou de la production de statistiques ne peut être atteint que si les
renseignements sont communiqués sous une forme permettant d'identifier les
personnes concernées;
«2° il
est déraisonnable d'exiger que la personne ou l'organisme obtienne le consentement
des personnes concernées;
«3° l'objectif de l'étude, de la recherche
ou de la production de statistiques l'emporte sur l'impact de la communication
et de l'utilisation des renseignements sur la vie privée des personnes
concernées;
«4° les renseignements personnels sont
utilisés de manière à en assurer la confidentialité;
«5° seuls les renseignements nécessaires
sont communiqués.»
«21.0.1. La personne ou l'organisme qui souhaite
utiliser des renseignements personnels à des fins d'étude, de recherche ou de
production de statistiques doit :
«1° faire sa démarche par écrit;
«2° joindre à sa demande son protocole de
recherche;
«3° exposer
les motifs pouvant soutenir que les critères mentionnés aux paragraphes 1°
à 5° du deuxième alinéa de l'article 21 sont remplis;
«4° mentionner
toutes les personnes et tous les organismes à qui il fait une demande similaire
aux fins de la même étude, recherche ou production de statistiques;
«5° le
cas échéant, décrire les différentes technologies qui seront utilisées pour
effectuer le traitement des renseignements;
«6° le cas échéant, transmettre
la décision documentée d'un comité d'éthique de la recherche relative à cette
étude, recherche ou production de statistiques.
«21.0.2.
La personne qui communique des renseignements personnels conformément à
l'article 21 doit préalablement
conclure avec la personne ou l'organisme à qui elle les transmet une entente
stipulant notamment que ces renseignements :
ne peuvent être rendus accessibles qu'aux personnes à qui leur connaissance est
nécessaire à l'exercice de leurs fonctions et ayant signé un engagement
de confidentialité;
«2° ne peuvent être
utilisés à des fins différentes que celles prévues au protocole de recherche;
«3° ne peuvent être
appariés avec tout autre fichier de renseignements non prévu au protocole de
recherche;
«4° ne peuvent être
communiqués, publiés ou autrement diffusés sous une forme permettant
d'identifier les personnes concernées.
«Cette entente doit
également :
prévoir les informations devant être communiquées aux personnes concernées
lorsque les renseignements les concernant sont utilisés pour les
rejoindre en vue de leur participation à l'étude ou à la recherche;
«2° prévoir des
mesures pour assurer la protection des renseignements;
«3° déterminer un
délai de conservation des renseignements;
prévoir l'obligation d'aviser la personne qui communique les renseignements de
la destruction de ceux-ci;
prévoir que la personne qui communique ces renseignements et la commission
doivent être avisées sans délai :
«
a) du
non-respect de toute condition prévue à l'entente;
«
b) de tout
manquement aux mesures de protection prévues à l'entente;
«
c) de tout événement
susceptible de porter atteinte à la confidentialité des renseignements.
«L'entente est
transmise à la commission et entre en vigueur 30 jours après sa réception
par celle-ci.»
Donc, M. le
Président, c'est un
article qui est miroir de ce que nous avons fait au niveau
du public pour les recherches. Et j'aurai donc un amendement à déposer, M. le
Président.
Donc, l'amendement se
lit comme suit : Au premier alinéa de l'article 21.0.2 de la
Loi sur
la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, proposé par
l'article 110 du projet de loi :
1° remplacer, partout
où ceci se trouve, «protocole de recherche» par
«à la présentation détaillée des
activités de recherche»;
2° remplacer, dans le
texte anglais du paragraphe 3°, «cross-matched» par «matched».
Donc,
M. le Président, ce sont aussi des amendements que nous avions apportés
initialement parce qu'on nous avait dit que «protocole de recherche»
était trop restreint par rapport aux activités de recherche.
Le Président (M. Bachand) : Juste une petite vérification. Vous avez lu un
amendement, et il avait été partagé trois amendements. J'essaie juste de
voir si vous avez regroupé les amendements en un seul ou...
Alors, je vais
suspendre quelques instants pour faire la vérification. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
14 h 39)
Président (M. Bachand) : Merci. À l'ordre, s'il vous plaît! M.
le ministre.
Caire : Oui. M. le Président, je suis tout à fait désolé et je présente mes excuses à la
commission. Dans ma fougue, j'ai peut-être anticipé le résultat des deux
premiers amendements.
Donc, le premier amendement
que je soumets se lit comme suit : Dans le paragraphe 3° du deuxième
alinéa de l'article 21 de la
Loi sur la
protection des renseignements
personnels dans le secteur privé, proposé par l'article 110 du
projet de loi, insérer, après «l'emporte», par... «, eu égard à l'intérêt
public,», qui est un amendement que nous avons adopté, effectivement, à
l'article 67.2.1 de la
loi sur l'accès à l'information au niveau du
public. Donc, c'est un effet miroir, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Donc, interventions sur
l'amendement? Est-ce qu'il y a intervention sur l'amendement? Donc, s'il
n'y a pas d'autre intervention, nous... M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Juste... Ça, c'est le premier amendement, là?
Caire :
C'est le premier, oui, c'est ça.
M. Barrette :
Oui, O.K., non.
Caire :
C'est un amendement qui avait été soumis par le député de LaFontaine, que nous
avions adopté.
M. Barrette :
Que nous avions adopté, en effet, O.K.
Le Président (M.
Bachand) : Merci beaucoup.
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux
voix. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. M. Caire (La Peltrie)?
Secrétaire : Pour les membres du groupe parlementaire formant
le gouvernement, M. Lévesque (Chapleau)?
M. Lévesque
(Chapleau) : Pour.
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Tanguay (LaFontaine)?
Pardon. M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
M. Nadeau-Dubois (Gouin)?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
La Secrétaire :
M. Bachand (Richmond)?
Le Président (M. Bachand) : Abstention. Donc, l'amendement est adopté. Merci
beaucoup. Donc, voulez-vous qu'on refasse les autres amendements?
Caire : Bien, à la convenance de la commission, je pourrais
peut-être, effectivement... qu'on passe à travers les trois amendements,
si les collègues le souhaitent. Sinon...
Le Président (M. Bachand) : Puis, après ça, on pourra revenir dans chacun des
blocs qui seront... Oui, M. le député de La Pinière.
Barrette : Je peux-tu faire un commentaire qui est très global puis
qui va influencer... C'est vraiment global. Ça, c'est miroir à ce qu'il
y avait dans le public?
Barrette : Puis, dans le public, là... puis là vous allez voir où je
veux en venir, là. Dans le public, c'est sûr que, quand on parle de recherche,
il y a une saveur très académique, on va dire. Dans le privé, il peut y avoir pas juste une saveur, mais une teneur pas du tout académique. Puis moi, ça m'étonne, parce que les éléments qu'on
met dans 21.0.1 puis 21.0.2, là, est-ce que ça, ça va s'appliquer dans
le privé?
fait, ma question, là, elle n'est pas claire. Ce que je lis ici,
c'est «académique», «comité d'éthique», «recherche», puis c'est correct,
là, je n'ai rien à dire contre ça. Au contraire, c'est très bien, mais il y a
bien du monde qui font des recherches plus
commerciales, qui appellent ça «recherches», puis ça n'a pas nécessairement
des comités d'éthique, et ainsi de suite, là. Ça touche-tu ça aussi?
Caire :
Oui, oui, oui. Ils vont devoir...
M. Barrette :
C'est clair dans la tête du ministre, là?
Caire :
Ah! c'est clair. C'est ce que la loi dit puis c'est justement l'effet... Puis
je vais aller même...
M. Barrette :
Tout ce qui est recherche de marché, là, ce n'est pas nécessairement fait par
une université, là.
Caire : Non, je
comprends. On comprend tout ça, puis je vous dirais que l'amendement
qu'on vient d'adopter n'est pas banal, là.
M. Barrette :
Non, non, je sais, il n'est pas banal. C'est pour ça, je la pose...
globalement, là.
Caire : Ce n'est
pas banal parce que c'est «eu égard à l'intérêt
public». C'est ça, l'amendement qu'on vient d'adopter, M. le député de La Pinière, là. Et, dans le contexte que vous situez très bien, pour lequel... Oui, vous situez
très bien le contexte, et ce contexte-là devra s'adapter à ce que la loi va
faire.
Barrette : O.K. Ça veut dire... puis là je vais donner un exemple plus
précis, là. N'importe qui qui se présente en proposant une activité dite
de recherche, qui n'est pas passé par un comité d'éthique, ne pourra jamais avoir
de renseignements?
Caire :
Je vais juste relire l'obligation d'avoir un comité d'éthique.
M. Barrette : Bien, moi, ce que je
comprends, c'est que c'est obligatoire, là...
Caire : Bien... Le
comité d'éthique?
M. Barrette : À 21.0.1, là...
Caire : Oui, oui,
oui. Non, je... Laissez-moi le relire, mais...
M. Barrette : En fait, là, peut-être
qu'on va me répondre : C'est le cas échéant...
Caire : C'est parce
que le cas échéant... C'est ça, c'est que «le cas échéant, transmettre...»
Donc, «le cas échéant», ça veut dire que, s'il y a un comité d'éthique qui
s'est penché sur la question, vous devez transmettre la décision, mais ce n'est
pas : Vous devez passer par un comité d'éthique.
M. Barrette : Oui, là, juste...
Caire : En fait,
c'est que, si... En fait, l'idée, c'est de dire : Je suis passé par un
comité d'éthique. Le comité d'éthique a dit : Bien, voyons donc, ça n'a
pas de maudit bon sens, cette affaire-là. Vous ne pouvez pas garder la décision
pour vous parce que la décision ne vous est pas favorable. Vous devez la transmettre, mais ça ne vous oblige pas à
passer par un comité d'éthique. Puis là je regarde Me Miville-Deschênes,
puis d'habitude il enlève son masque, puis il cogne dans la fenêtre, puis il
fait plein d'affaires non parlementaires.
M. Barrette : Je vais juste revenir,
là, là, à 21, là.
Caire : Mais c'est
sûr que, oui, on resserre les critères de recherche dans le secteur privé pour
qu'ils se calquent sur qu'est-ce qu'on fait dans le secteur public, et, que la
finalité soit académique ou commerciale, le traitement des renseignements
personnels ne devrait pas être soumis à ça.
M. Barrette : Juste une petite
seconde, là, parce que ça, ça m'interpelle un peu.
Le Président (M.
Bachand) : Avez-vous trouvé, M. le député de La Pinière?
M. Barrette : ...oui, c'est juste
une question de compréhension plus fine, là, pas que ce n'est pas clair, là. C'est juste que... C'est parce qu'à 21, là, c'est
le troisième paragraphe, ça va être : «l'objectif de l'étude, de la
recherche ou de la production de statistiques l'emporte, eu égard à
l'intérêt public, sur l'impact...» C'est comme ça que ça va se lire à la fin,
M. Barrette : Mais là, quand on est
au privé, là, «l'objectif de l'étude, de la recherche ou de la production de statistiques l'emporte, eu égard à l'intérêt
public, sur l'impact», j'ai de la misère à comprendre le sens de cette
phrase-là, là. C'est peut-être moi, là, qui...
Caire :
Bien, c'est parce que ce que vous faites... Disons, prenons, actuellement, la
recherche sur un vaccin contre la COVID.
Barrette : En fait, je vais préciser mon affaire, là. Là, on est dans
le privé, là. Par définition, le privé, là, ce n'est pas nécessairement
l'intérêt public qui prime, c'est l'intérêt privé. Puis je ne dis pas ça
négativement.
Caire : Non, non.
Oui, vous avez raison.
M. Barrette : Alors là, ça veut dire que l'étude, l'activité de recherche, là, la
production de statistiques, et ainsi de suite, l'objectif de tout ça l'emporte
sur l'impact de la communication et de l'utilisation des renseignements,
«l'emporte, eu égard à l'intérêt public». Je ne la catche pas, celle-là.
Caire : C'est parce
que, là...
M. Barrette : C'est comme si
l'intérêt...
Caire : Non. Là, on
va situer le contexte. Nous sommes...
M. Barrette : Oui, je le situe, là,
on est dans le privé, là.
Caire :
Non, non. Oui, mais non, ce n'est pas ça, le contexte. Le contexte, c'est que
nous sommes dans la communication de
renseignements personnels sans le consentement du concerné. C'est ça, le
contexte, là. Alors, il ne s'agit pas de... On est dans ce contexte-là,
et, dans ce...
Barrette : O.K. Je vais
donner un exemple précis parce qu'il existe. Il existe des firmes, et qui sont
utilisées même par l'État, et qui... Ça a toujours été très débattu, ça,
même que, ces renseignements-là, l'État les utilise. Ils font des études, qu'on
peut qualifier de recherches, qui mènent essentiellement à des profils
d'utilisation. Ça devient du profilage
d'utilisation de traitements, de médicaments, de «whatever» en santé. Et ça, ça
devient une donnée qui peut être utile tant pour l'État, que pour les
compagnies pharmaceutiques, que pour d'autres personnes qui sont en lien.
Comment ça s'inscrit, ça, là-dedans? Qui l'emporte?
Caire : Bien là, je
ne prétends pas avoir une connaissance fine de cette situation-là, mais...
Barrette : Parce que,
dans... Je m'exc