Public Finance — 26 April 2022 (42nd Legislature, 2nd Session)
CFP 2022-04-26
Quebec — Committees
(Quinze heures trente-sept minutes)
Le Président (M. Simard) : Alors,
chers collègues, à l'ordre, s'il vous plaît! Nous sommes en ondes. Je constate
que nous avons quorum. J'aimerais vous saluer. Nous sommes en mesure, donc, de
reprendre nos travaux.
Comme vous le
savez, la Commission des finances
publiques est cet après-midi réunie
afin de procéder à l'étude du volet Conseil du trésor des crédits budgétaires
du portefeuille Conseil du trésor et Administration gouvernementale pour
l'exercice financier 2022‑2023. Une enveloppe de quatre heures a été
allouée pour l'étude de ces crédits.
Mme la secrétaire, bonjour. Y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Skeete (Sainte-Rose) est remplacé par M. Allaire
(Maskinongé); Mme Ghazal (Mercier), par
M. Marissal (Rosemont); et M. Ouellet (René-Lévesque), par M. Gaudreault (Jonquière).
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, nos procédures sont bien connues de toutes et de tous. Vous savez
que nous allons procéder par blocs d'échange d'environ 17 à 18 minutes au
terme desquels nous allons procéder à la mise aux voix de nos crédits. Et il y
a eu une entente préalable, avant l'ouverture de nos travaux, afin de terminer à l'heure prévue, mais, pour y
parvenir, il faut amputer le temps dévolu à la
partie gouvernementale. Donc,
je comprends qu'il y a toujours consentement? Consentement.
Alors, nous
débutons immédiatement, et je cède la parole au député de Mont-Royal—Outremont. Cher collègue, soyez le bienvenu.
M. Arcand : Merci, M. le
Président. Salutations à toute l'équipe du Conseil du trésor qui est ici
aujourd'hui. Je salue évidemment la ministre. J'espère qu'elle est en bonne
forme aujourd'hui pour pouvoir répondre à nos questions. Et je salue également,
évidemment, mes collègues de l'opposition qui sont ici présents aujourd'hui.
Alors, nous avons à discuter, évidemment, de
situations qui sont importantes pour l'avenir du Québec, et je voudrais
profiter de l'occasion, au départ... D'abord, premièrement, j'aimerais vous
féliciter, parce que j'entends dire que vous
avez pris du galon. Vous avez... Les conventions collectives qui étaient un peu
réparties ici et là vont maintenant se retrouver sous un seul et même
chapeau au Conseil du trésor.
Alors, Mme la présidente, j'aimerais que vous
puissiez m'expliquer un peu de quelle façon ça va fonctionner, quels sont les
rôles des ministères par rapport à ça, lorsqu'il y a des nombreuses
négociations en cours, entre autres, si on parle, par exemple, actuellement,
des... que ce soient les médecins omnipraticiens, que ce soient d'autres
groupes dans notre société. Ma première question à vous, c'est d'essayer de
comprendre un peu de quelle façon vous allez gérer l'ensemble de ces
négociations de conventions collectives au cours des prochains mois et des
prochaines années.
Le Président (M. Simard) : Alors,
Mme la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Bien, merci, cher
collègue. Vous allez me permettre d'amputer ma réponse de quelques minutes pour
me permettre de prendre, d'entrée de jeu, l'occasion pour remercier tout le
monde, saluer tout le monde, donc, vous, les collègues de l'opposition et vos
équipes, mes collègues députés de la banquette ministérielle également, qui
m'assistent dans cette étude de crédits. Mais je pense que c'est important de
constater que je suis extrêmement bien entourée et je veux remercier tous ceux
qui ont participé et travaillé. Je pense, c'est important de le souligner aux
citoyens, ça fait plus d'un mois que les équipes se préparent pour l'étude de
crédits, qu'on parle de l'Autorité des marchés publics, qu'on parle du CAG, du Centre
d'acquisitions gouvernementales, qu'on parle de la SQI, qu'on parle de tous les
départements du Trésor, budgétaires, et du PQI également. Et je sais que j'en
oublie et j'en suis très désolée. Ce sont des gens qui sont là et qui
travaillent très fort. Et je voulais... je voulais le prendre au départ pour ne
pas l'oublier, parce que c'est fort important. Puis souvent, quand on termine à
la fin, on va se le dire, on est contents d'avoir terminé, alors, des fois, les
choses se précipitent. Puis je pense qu'il fallait que je prenne le temps de
remercier tout le monde pour leurs efforts. Et souvent 10 % de ce qu'on a
préparé est utilisé. Donc, l'iceberg souterrain de la préparation des crédits
est monumental. Donc, je voulais prendre le temps de le faire.
Merci de me féliciter. Je vous dirais que je serais
flattée du
titre du journal, mais je pense qu'on peut replacer un peu les
choses en contexte. Ce qui était fort important, puis on l'a vu dans le dernier
deux ans, il y a encore, bon, certaines conventions collectives à terminer. Je
n'entrerai pas sur ce sujet-là parce que les négociations sont en cours, mais
ce que j'ai constaté, depuis mon arrivée au Trésor, avec les gens du Conseil du
trésor et du Secrétariat du Conseil du trésor, avec la négociatrice en chef,
c'est la très grande difficulté pour le gouvernement de négocier, surtout dans certaines sphères, dans les réseaux, le réseau
de la santé, dans le réseau de l'éducation. Quand on parle des CPE, à
titre
d'exemple, il est très difficile pour le gouvernement de négocier, et je
m'explique.
Souvent, il y a une
décentralisation de discussions. Vous le savez, vous avez eu l'occasion
d'occuper le siège que j'occupe en 2017. Souvent, le Conseil du trésor, le
gouvernement a beaucoup de leviers à la table centrale quand on parle des
paramètres... des paramètres salariaux, mais il a très peu de leviers quand on
parle de négociations qui se passent à d'autres niveaux de tables, régionales
ou locales. Donc, on a, nous, ce qu'on appelle le national, qui est la table
centrale.
À notre arrivée, on a
tout de suite... Mon collègue, le précédent président du Conseil du trésor,
avait déjà mis en place des forums de négociation, que ce soit sur la réussite
éducative, et j'en passe, justement, pour tenter de regrouper dans un même
forum les différents leviers. Donc, ce qu'on a fait avec la nouvelle structure
qui a été mise en place, et, pour moi, c'est un premier pas pour revoir non pas
les régimes de négociation, je veux bien comprendre, mais les structures de
négociation, c'est d'essayer de mettre, si vous voulez, sous une forme plus
formelle ce qu'on a fait dans les derniers
deux ans, c'est-à-dire de... Le Trésor a été beaucoup plus impliqué aux
différents niveaux de tables de
négociation qu'il ne l'était traditionnellement, et ça nous a permis, je pense...
c'est moi qui le dis, donc les gens jugeront, mais ça nous a permis, je
pense, d'avoir un meilleur... de meilleurs leviers.
Je vais donner un
exemple très pratique. Quand on parle de salarial, à
titre d'exemple, ou
d'échelle salariale avec les enseignants, ou
de paramètres salariaux applicables aux échelles, mais que, pour les
enseignants, la composition de la classe, que les heures de libération
de travail, les fameuses cinq heures, là, qui devaient se faire à l'école,
alors que c'est du travail... pas du travail personnel mais du travail hors
classe, je vais le dire comme ça, le 20 minutes en récréation qui était
fait par des enseignants... bien, quand ça, c'est fait par les fédérations ou
les services patronaux, mais que le Trésor a seulement... seulement, ce n'est
pas, là... mais n'a seulement qu'un bout du casse-tête, c'est très difficile
d'avoir tous les leviers pour arriver à une entente. Puis, des fois, des fois,
et là je parle de façon générale, de donner plus de temps fait qu'on peut avoir
envie d'avoir moins d'argent, de donner plus d'argent peut permettre d'avoir un
retour sur le temps, je le dis de façon très générale, sans parler des
enseignants en particulier. Donc, il était très important, puis c'est un
constat, de faire les... d'avoir tous les leviers.
Et, on le voit,
d'ailleurs, ce ne sera pas parfait. En matière de services à l'enfance, de CPE,
ce sont des employeurs. Ce sont des employeurs. Donc, c'est eux qui négocient
la majorité des conventions collectives. Et c'est parce qu'ils ont bien voulu
adhérer qu'on a réussi, pour la majorité d'entre eux, à avoir une négociation
de l'ordre de... d'une ampleur beaucoup plus nationale.
Et là je pourrais
faire encore beaucoup de... vous donner beaucoup d'informations là-dessus,
mais, vous le savez, vous savez comme moi, hein, chaque groupe, chaque réseau,
chaque... que ce soit en famille, en éducation, en santé, chaque syndicat a
leur structure différente et leur réalité, que ce soient aussi les syndicats de
la fonction publique, qu'on appelle, les 75 000 employés de la
fonction publique pure et ceux des grands réseaux. Je pense qu'il fallait
trouver une façon de simplifier.
Moi, je...
L'imputabilité, la responsabilité, elle est beaucoup au gouvernement. Le
gouvernement donne beaucoup d'argent dans plusieurs secteurs. Je pense qu'il
était approprié de trouver une façon d'avoir en main tous les leviers pour avoir une vraie conversation avec
nos gens, nos employés, puis de pouvoir répondre à leurs demandes et à
leurs réalités.
Ceci étant dit, ce
n'est pas une centralisation des pouvoirs dans le sens où on va tout prendre
les décisions puis on va faire fi de
l'opinion. Au contraire, tout le monde est encore impliqué, tout le monde garde
sa responsabilité. J'ai eu l'occasion d'en parler cette semaine avec une
rencontre avec la Fédération des cégeps, qui nous expliquait, entre autres, là, qu'ils voulaient être
partie prenante
à tout ça. Et ça demeurera des parties prenantes, comme ils sont demeurés des
parties prenantes.
Mais ce qui était
important, c'est de trouver une façon de faire qui ramenait les conversations à
la même table, disons-le comme ça, alors
qu'elles étaient divisées. Souvent, le normatif, qui sont les conditions de
travail, et le... le numératif... le monétaire... Ça commence bien, hein? Le
monétaire était à une table, les conditions de travail étaient à une autre. Ce sont des tables qui ne
communiquaient pas, disons, de façon optimale entre elles, et c'est ça qu'on a
voulu faire par le regroupement de la structure.
Donc, c'est un peu
officialiser dans une structure ce qu'on a fait dans les deux dernières années
puis qui nous a amenés, d'ailleurs, à avoir du succès dans des négociations
différenciées, ce qui n'est pas toujours facile à obtenir, on le comprend, on
le sait. Mais ça nous a permis, en ayant le plus de leviers en main, que ce
soit le normatif ou le monétaire, ça nous a permis d'avoir, je dirais, une
meilleure vision d'ensemble et une meilleure façon d'agir au bénéfice, là, de
nos employés.
M. Arcand :
Est-ce que je comprends... Donc, il y a toujours, dans une négociation, un
négociateur en chef. Est-ce que...
Mme LeBel :
J'ai manqué le début de votre question, je suis désolée.
M. Arcand : J'ai dit : Lorsqu'il
y a des négos, il y a toujours un négociateur en chef. Est-ce qu'automatiquement
le négociateur ou la négociatrice en chef, je pense à Mme Lapointe, dans
le cas des médecins, que j'ai bien connue... Est-ce que ce sont des gens qui
vont relever de vous directement?
Mme LeBel : Oui.
Bien, ça... Donc, la structure a été bâtie sous le négociateur, négociatrice en
chef, en l'occurrence, présentement, et cette structure-là va relever du
président ou de la présidente du Conseil du trésor, effectivement.
M. Arcand :
O.K. Puis il y a toujours un rôle aussi qui est attribué, un rôle un peu
secret du Conseil exécutif, qui existe aussi, le rôle de... Le Conseil
exécutif, parfois, est impliqué...
Mme LeBel :
Un rôle secret...
M. Arcand :
...dans les négociations également, d'une certaine façon. Le Conseil
exécutif, c'est le bureau du premier ministre.
Mme LeBel :
Bien... Bien, je ne vous demandais pas une définition du Conseil exécutif.
C'était sur le secret. Je veux dire, il est certain que les mandats sont
discutés, sont accordés par le Conseil