Public Finance — 5 November 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-11-05
Quebec — Committees
Le Fonds de solidarité est un joueur majeur dans
l'économie québécoise. Sa mission principale consiste à contribuer à la croissance économique
du Québec en créant et supportant des emplois au moyen d'investissements
dans les entreprises de l'ensemble des
secteurs d'activité de l'économie québécoise. De plus, il contribue à
encourager l'épargne-retraite en
offrant à ses actionnaires épargnants un rendement raisonnable qui s'ajoute aux
avantages fiscaux consentis par le gouvernement sous forme de crédits d'impôt.
En remplissant cette mission, le Fonds de solidarité contribue à la croissance
de l'économie québécoise, à la naissance de nouvelles entreprises et au
développement de nos PME.
L'importance
de ses actions est indéniable. Selon les plus récentes données — j'ai celles du 31 mai 2013 — le
fonds, c'est un fonds de 9,3 milliards
de dollars, 615 000 actionnaires épargnants, des investissements directs
ou indirects dans 2 400
entreprises. Cependant, de par son importance et les sommes importantes que le
gouvernement du Québec consent pour l'appuyer, je pense que les citoyens
et l'État sont en droit de s'attendre à ce que le Fonds de solidarité soit géré
de façon irréprochable.
Or, certaines allégations entendues au cours des
dernières semaines et des derniers mois soulèvent des questions qui sont légitimes sur la façon dont le Fonds de solidarité a
géré les actifs qui lui sont confiés. À tort ou à raison, ces
allégations existent. Il ne s'agit pas ici de faire le procès des
administrateurs et des dirigeants du fonds, mais d'obtenir des réponses et des
explications sur la gouvernance de cette institution au cours des dernières
années, plus particulièrement en ce qui concerne les modifications aux règles
de gouvernance apportées en 2009.
préoccupations sont partagées par plusieurs : par ceux qui ont placé une
partie ou la totalité de leur épargne dans le Fonds de solidarité et qui
se demandent par qui leur argent est réellement géré; par les entrepreneurs qui
ont reçu du financement du fonds et qui se
demandent avec qui ils font réellement affaire; par les employés du fonds qui
n'ont certainement aucun lien avec les propos entendus à la commission
Charbonneau, mais qui sont malgré eux concernés par ces allégations, ça les interpelle; par les contribuables québécois
qui financent au coût de 150 millions de dollars par année le crédit d'impôt québécois pour les fonds
de travailleurs, sans compter la part du coût du crédit d'impôt fédéral
pour les fonds de travailleurs qui est
également supportée par les Québécois. En conséquence, le fonds, aujourd'hui,
se doit de rassurer tous ces gens.
Les Québécois
sont en droit de s'attendre d'une organisation telle que le Fonds de solidarité
qu'il agisse selon les meilleures
pratiques en termes de gouvernance. Ces bonnes pratiques visent à s'assurer que
la gestion est performante et qu'elle
répond aux critères de transparence, d'intégrité et de responsabilité. En tant
que gouvernement, nous voulons nous assurer aujourd'hui que c'est bel et
bien le cas. L'éthique est au coeur de toutes nos actions. Notre premier projet
de loi et ceux qui ont suivi ensuite à notre
arrivée, dès 2012, en sont une véritable démonstration. Nous avons eu le
courage de poser tous les gestes qu'il
fallait à chaque fois. S'il faut poser d'autres gestes, qu'ils soient législatifs,
réglementaires ou tout autre type de geste, nous aurons ce même courage.
Les exigences des Québécois sont élevées en matière d'honnêteté et de
transparence.
Cette commission parlementaire est
exceptionnelle et constitue une occasion pour rassurer les Québécois quant à la
bonne gouvernance du Fonds de solidarité FTQ. Des représentants du fonds sont
intervenus, semble-t-il, auprès de membres
de l'Assemblée nationale pour demander la tenue de cette commission
parlementaire. Ils la souhaitaient; nous y sommes.
L'exercice est
sérieux. Le fonds est un véhicule important d'épargne pour les Québécois et un
outil de développement de premier plan. Pour plusieurs Québécois, leur
épargne déposée au fonds est même la seule épargne accumulée pour la retraite. L'enjeu est majeur. Je souhaite que cette
commission se déroule correctement, en conservant à l'esprit tous ces Québécois qui cherchent à
améliorer leur sort tout en développant l'économie. Chers collègues,
mesdames et messieurs du fonds, c'est à nous tous de livrer la marchandise
aujourd'hui. Nous nous attendons donc à ce que le fonds démontre qu'il agit
avec prudence, diligence et compétence, et qu'il s'acquitte de ses fonctions
avec honnêteté, loyauté et bonne foi, et que les intérêts des épargnants, les
615 000 épargnants, et des contribuables sont au centre de ses
préoccupations. Les Québécois et les Québécoises le méritent. Merci, M. le
Président.
Président (M. Gautrin) : Vous avez vraiment respecté votre
temps, chère collègue. Pour l'opposition officielle, je crois que le
député de Brome-Missisquoi a six minutes pour ses remarques préliminaires.
Paradis :
Merci, M. le Président. Par votre entremise, je salue l'ensemble des collègues,
je salue les gens qui comparaissent aujourd'hui devant cette commission.
Le Fonds de solidarité, ça me rappelle un paquet de souvenirs parce qu'en 1983 j'ai
voté, comme parlementaire, pour l'institution du Fonds de solidarité. M.
Laberge, à l'époque, comme président
de la FTQ, avait mené un combat de tous les instants auprès de l'ensemble des
membres de l'Assemblée nationale du
Québec. J'y ai cru au point où, par la suite, j'ai investi dans le Fonds de
solidarité. Je l'ai déclaré au président de la commission à l'occasion d'une séance de travail, j'ai demandé un avis au
Commissaire à l'éthique à savoir si je pouvais intervenir librement,
compte tenu de mon modeste investissement. Il me permet de poser toutes les
questions que je crois approprié de poser.
Mais c'est une institution… Puis je ne suis pas
le seul Québécois, là, on est plus de 600 000 à vous avoir fait confiance, à vous avoir confié des avoirs. Et,
comme Mme la ministre l'a mentionné, pour certains c'est leur fonds de
pension et leur unique fonds de pension. Il faut donc s'assurer que les gens
qui ont fait confiance, qu'ils récoltent ce qu'ils
ont semé avec tous les bénéfices auxquels ils ont droit. Et la seule façon
qu'on a de s'assurer qu'ils récoltent tous ces bénéfices, c'est qu'on
ait une gestion qui soit impeccable, qui soit complètement transparente et qui
soit à l'abri même des perceptions ou des spéculations.
Moi, je
m'imagine encore M. Laberge, aujourd'hui, qui lirait les journaux puis qui
regarderait la TV, puis il dirait : Ils n'ont pas fait ça avec mon bébé, ce n'est pas possible qu'on l'ait
magané à ce point-là. Et il n'a peut-être pas été si magané que ça, mais il y a des allusions puis il y
a des perceptions dans la population qui font en sorte qu'il y a
certains déposants qui ont commencé à
s'inquiéter. Puis le premier but de la commission aujourd'hui, c'est de dire à
ces gens-là : Votre argent, là, est en sécurité. Et le Fonds de
solidarité a pris certains moyens depuis 2009. Et, s'il y en a d'autres à
prendre, les parlementaires, ensemble, vont, sur le plan de votre gestion puis
de vos opérations, vous en suggérer. Si vous
en avez à nous suggérer, on est prêts à vous écouter et à les entendre, mais on
ne peut pas sortir de cette commission-là sans qu'il y ait des
propositions d'amélioration.
Deuxième élément — et ça, ça touche le
mandat de la commission — les
gens de la deuxième opposition avaient
proposé un mandat beaucoup plus large à la commission. Notre collègue le leader
du gouvernement avait refusé ce genre de mandat là assez
catégoriquement. Je sais qu'il y a eu des démarches de faites par le fonds, qui
voulait venir comparaître en commission parlementaire, auprès de parlementaires
pour que ce soit possible qu'ils viennent. Un mandat
beaucoup plus restreint a été adopté par l'Assemblée nationale, mais, M. le
Président, dans l'interprétation de ce mandat, je vous prie tout de
suite de considérer qu'on ne peut apporter des mesures de correction
appropriées si les problèmes ne sont pas mis sur la table.
Si les problèmes sont mis sur la table, on peut
apporter les correctifs appropriés. Si on ne connaît pas la nature des problèmes, on ne peut pas faire le
travail que l'Assemblée nationale nous a confié. Moi, j'entends le faire
avec discernement, de tenter de vérifier si
le processus est en tout temps normal ou s'il y a un processus — et vous me passerez l'expression que j'emprunte à quelqu'un
d'autre — de
machine à saucisses pour certains dossiers. S'il y a un processus de
machine à saucisses pour certains dossiers, on veut savoir comment ça a
fonctionné puis on ne veut plus que ça fonctionne comme ça dans l'avenir. C'est
à peu près là l'essentiel de mes propos. Maintenant, j'encourage tous les parlementaires qui ont des questions à les poser
librement. Et je vous remercie d'être là, puis je vous remercie de vous
rendre disponibles pour cette opération.
Le Président (M. Gautrin) :
Je vous remercie, M. le député de Brome-Missisquoi, pour vos remarques
préliminaires. M. le député de Lévis, vous auriez trois minutes aussi, comme
les autres. Parce que les autres avaient six minutes, mais ils ont pris tous trois
minutes.
M. Dubé :
Ah! non, non. Voilà, ça me fait plaisir. Merci, M. le Président. Et rapidement,
pour les raisons que vous connaissez, je vais remercier tous mes
collègues d'être ici aujourd'hui, d'avoir accepté cette invitation pour cette
commission que nous avons demandée il y a environ un mois.
J'aimerais
dire d'entrée aux gens du Fonds de solidarité — et je pense que vous le savez — comment j'ai du respect pour cette institution-là. J'ai eu la chance, dans
mes années en affaires, d'avoir à travailler avec vous dans des dossiers
au moment où des entreprises où je travaillais qu'il y avait des moments
difficiles, et je peux vous dire que c'est avec beaucoup d'appréciation que j'ai senti, lorsque j'ai demandé la
commission, que vous avez réagi si rapidement à accepter notre
invitation. Et je dois vous en remercier aujourd'hui parce que ça a rendu le
travail de cette commission-là beaucoup plus facile, la minute même où vous
avez accepté de venir rapidement.
Comme mes
collègues l'ont indiqué, l'objectif principal de cette commission, c'est de
rassurer les investisseurs. Vous le
savez, toute institution financière, que ça soit une banque, que ça soit un
groupe de placement, les gens sont très nerveux lorsqu'on parle de leur
épargne. Et, à ce moment-là, ce qu'on a vu dans les journaux et dans la
commission Charbonneau dans les dernières
semaines peut inquiéter beaucoup de gens. Puis, surtout, plusieurs
investisseurs, je ne vous apprendrai rien, chez vous, leur
investissement dans le Fonds de solidarité, c'est souvent le seul
investissement ou le placement qu'ils ont pour la retraite. Alors, ils ont
peut-être raison d'être inquiets, puis notre objectif, encore une fois, aujourd'hui,
c'est de les rassurer.
Nous aurons peut-être à discuter souvent de cas
d'exception. Je pense que tout le monde est bien conscient ici qu'au cours des 30 dernières années le Fonds
de solidarité a très bien performé, autant pour les investisseurs que
pour les entreprises. Ce que,
malheureusement, on va discuter aujourd'hui, c'est des cas d'exception. Mais je
pense qu'il faudra être concret, et les recommandations que nous
mettrons sur la table et que nous aimerions discuter avec vous aujourd'hui, on veut ressortir aujourd'hui avec des gestes
très, très concrets. Vous avez fait des modifications où vous avez
apporté des améliorations depuis 2009, mais je pense que j'aimerais qu'on se
serve de ce forum-là aujourd'hui pour apporter d'autres gestes concrets qui permettraient que
l'institution fasse encore un autre 30 ans et que vous ayez encore peut-être
1 million d'investisseurs dans quelques
années. Alors, l'objectif aujourd'hui, il est positif, puis de protéger les
investisseurs. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Gautrin) :
Je vous remercie, M. le député de Lévis. Alors, vous avez maintenant à peu près 40 minutes qui vont être accordées à nos
invités pour pouvoir expliquer et exposer la situation dans le fonds.
Ensuite, dans le partage du temps, il y aura 2 h 20 min, tel que
l'ordre de la Chambre nous a donné, pour les échanges avec les membres.
D'après le
partage habituel, le groupe formant le gouvernement aura 64 minutes;
l'opposition officielle, 60 min 48 s; et le deuxième groupe
d'opposition, 15 min 12 s. On a, comme on le fait traditionnellement et comme
on l'a fait hier, partagé ou suggéré des
blocs de 10 minutes. Je vais être assez souple, pas fermé, évidemment, essayer
de ne pas couper la parole, mais
tâchez de respecter vos échanges dans des blocs de 10 minutes. Et, à la fin,
bien, on s'adaptera en fonction du temps
qu'il nous restera et qui n'aura pas été utilisé de manière à arriver aux
objectifs de 64 minutes et de 60 minutes. Alors, dans ces conditions, je
pense que le premier bloc appartient au gouvernement.
Le Président (M. Gautrin) :
Ah! l'exposé, bien sûr. Je suis trop rapide, excusez-moi.
M. Arsenault (Michel) : Bien, merci.
Merci, M. le Président. Mme la ministre, M. le ministre Bédard, Mmes, MM. les députés des différents partis
politiques de l'Assemblée nationale, bien, merci, merci de l'invitation.
Notre compréhension… Et nous nous sommes
préparés dans le but de vous expliquer les règles de gouvernance, surtout
depuis 2009, et le processus d'amélioration continue qu'on s'impose
quotidiennement, là. Je veux dire, toute institution financière doit constamment réviser ses processus. Je suis content
d'entendre la ministre dire que cette commission ne doit pas être le procès des administrateurs, et moi, je
vous soumets respectueusement qu'on ne jouera pas le jeu non plus à se
substituer à la commission Charbonneau ici aujourd'hui.
Ceci dit, j'ai dû sourire lors des remarques du
député Paradis parce que cette fameuse rencontre avec Louis Laberge en 1983, c'était à l'Auberge Colibri, à
Drummondville, si je me souviens bien — je vous vois rougir — et j'y étais présent. M. Paradis et
moi, on a le même âge. Il venait d'être attitré à trois différents ministères
la semaine d'avant si mon souvenir est exact. M. Paradis, je vous dirais :
Oui, Louis Laberge serait fier de notre fonds, fier du rendement, neuf
semestres de suite consécutifs… fier du prix de l'action, fier du nombre d'actionnaires,
fier du fait que, l'an passé, on a doublé
nos actionnaires en bas de 40 ans, fier du prix de l'action, je l'ai dit, fier
aussi du 9,3 milliards de dollars qu'on
a et dont plus de 60 % est réinvesti dans l'économie québécoise pour créer
puis maintenir des jobs. C'est ce qu'on a fait depuis 30 ans, plus de
500 000 emplois ont été maintenus et créés au Québec grâce au Fonds de
solidarité. Moi, je dirais qu'après
Hydro-Québec, la Caisse de dépôt, c'est le plus important outil collectif que
les Québécois se sont donné depuis le début des années 60. On est ici
puis on souhaitait être ici parce que…
J'ai oublié.
Je suis tellement emballé que j'ai oublié de vous présenter mes collègues. À ma
droite, c'est Mario Tremblay, qui est le V.P…
M. Arsenault (Michel) : Est-ce que
vous partez pour la pension, vous aussi?
Des voix : Ha, ha, ha!
Le Président (M. Gautrin) :
…malgré tout.
M. Arsenault (Michel) : Non, je m'excuse
auprès de vous puis également auprès mes collègues. Je suis accompagné, comme
vous le voyez, de Mario Tremblay, à ma droite, qui est le vice-président aux
affaires publiques corporatives, Yvon
Bolduc, que tout le monde connaît, j'imagine, qui est le P.D.G. du Fonds de
solidarité, et, à la gauche d'Yvon, Gaétan Morin, qui est le premier
vice-président au développement corporatif et des investissements.
Je vous disais qu'on est… On souhaitait venir
ici parce qu'on pense qu'on peut s'adresser à vous, les parlementaires,
également s'adresser à nos actionnaires — comme la CAQ, avec raison, M.
Dubé pense qu'on doit les rassurer avec tout ce qui se dit — et,
finalement, au public en général. Je pense que c'est important qu'on vienne
expliquer notre financement. Puis on a un devoir aussi comme administrateurs du
fonds, on a un devoir de reddition, reddition
de comptes auprès des élus, vous autres, et des autorités qui nous régissent.
Et on est ici avec fierté, fierté de qu'est-ce qu'on a accompli durant
les dernières années puis ce qu'on a accompli sur 30 ans, puis on va vous faire
un exposé là-dessus dans les minutes qui suivent.
Avant de
passer la parole au P.D.G., Yvon Bolduc, j'aimerais vous dire que la mission du
fonds, vous le savez, c'est créer et maintenir des emplois, c'est donner
du rendement à nos actionnaires aussi. Il faut constamment juguler avec ça, l'emploi, puis
du rendement, puis ce n'est pas toujours facile parce que, nous autres, on
pratique la philosophie du capital
patient, et non la philosophie d'investir pour investir puis spéculer. Et,
lorsqu'on parlait des actionnaires tout à l'heure — je
pense, c'est M. Dubé — vous savez, au Fonds de solidarité, il y a 200 000
actionnaires sur 617 000, 200 000 qui n'ont rien d'autre à la
retraite que le Fonds de solidarité. Donc, c'est une grande responsabilité pour
les dirigeants de la FTQ et, bien sûr, pour les gens du Fonds de solidarité qui
m'entourent.
Vous savez,
on parlait de Louis Laberge tout à l'heure. En 1983, ce qu'on disait… Puis M.
Paradis était témoin de ce souper-là
ou cette rencontre-là où on disait : Si seulement on avait au Québec une
institution financière pour aider nos gens dans le secteur minier, dans
le secteur manufacturier puis dans le secteur sidérurgique... Moi, à cette
époque-là, je vivais à Sept-Îles. J'étais coordonnateur au Syndicat des
métallos et j'ai participé avec une grande tristesse, là, à la fermeture de Gagnon, la fermeture de
Schefferville. À Montréal, l'industrie manufacturière, c'étaient des pans de
mur complets de l'industrie qui tombaient,
et on se disait : Si seulement les banques ne tiraient pas la plogue si
vite, si seulement on avait du capital patient, on pourrait sauver ces
emplois-là.
Et l'idée a
germé d'avoir un fonds de solidarité, puis on est allés voir MM. René Lévesque
et Jacques Parizeau à Québec, et
finalement on est allés voir M. Wilson puis Brian Mulroney à Ottawa, puis on a
réussi à avoir un 10 millions de chaque palier de gouvernement,
mais surtout un 15 % de crédits d'impôt avec des obligations, l'obligation
d'investir 60 % de nos avoirs dans
l'économie québécoise, maintenir et créer des emplois, et l'autre 40 %
dans les grands marchés pour équilibrer un peu le risque, toujours en
pensant que nos actionnaires doivent avoir du rendement.
La loi qui constitue le Fonds de
solidarité — il
y a 30 ans cette année — prévoit
que la majorité du conseil d'administration doivent être des dirigeants de la
FTQ. Puis, à la FTQ, on a nos propres règles, c'est-à-dire c'est les dirigeants qui représentent les syndicats les plus
populeux qui sont automatiquement membres du conseil d'administration. Et je peux vous dire que je ne suis pas mal à
l'aise avec cette partie-là de la loi parce que les dirigeants syndicaux qui
sont membres du conseil d'administration du
Fonds de solidarité ont une double imputabilité. Double imputabilité, l'imputabilité
de te conduire correctement au conseil
d'administration puis, avec ton jugement, proposer les dossiers qui viennent,
qui nous sont recommandés par des équipes disciplinaires — puis
on va vous expliquer ça tantôt — mais, en même temps, on est imputables vis-à-vis nos membres parce que ce
sont nos membres… Dans tous les lieux de travail au Québec, on a au-delà de 2 000 qu'on appelle des RL, des
recruteurs locaux qui, eux… des représentants locaux qui, eux, font la
promotion du fonds auprès de leurs collègues de travail.
Donc, si tu
as le goût de te faire élire comme dirigeant d'un syndicat, puis tu as une
équipe qui fait la promotion du fonds,
puis tu es en même temps sur le conseil d'administration, il faut que le fonds
amène du rendement. Parce que, si le fonds n'a pas de rendement, tu vas
peut-être bien être obligé de t'en aller chez vous ou te faire battre aux
élections. Et on a toujours en même temps…
la même personne a la responsabilité également d'étudier ses dossiers puis
faire en sorte que les dossiers avancent. Écoutez, 60 % de nos
actionnaires sont des gens syndiqués, et c'est par le bouche à oreille puis du travail tous les jours dans les lieux de
travail qu'on va chercher nos actionnaires, et la promotion se fait,
comme je vous expliquais, par des militants syndicaux.
En 2009, on a
été frappés par des allégations troublantes, troublantes. Et qu'est-ce qu'on a
fait dans un premier temps? On s'est
réunis puis on a amélioré notre code
d'éthique. Deuxièmement, pour éviter tout soupçon… Ce n'était peut-être
même pas nécessaire, mais, pour éviter tout soupçon, on s'est dit qu'on allait
nommer... que la majorité des administrateurs
du Fonds de solidarité seraient des gens de l'extérieur de la FTQ et de
l'extérieur du Fonds de solidarité, ce qui veut dire que, dans l'ensemble
de nos administrateurs — il
y en a 66 — 39
des 66 viennent de l'extérieur du fonds et de la FTQ.
Les conseils
qu'on a sont tous majoritairement de gens d'extérieur, ce qui veut dire qu'un
dossier, tu as les équipes multidisciplinaires... Et, vous savez, il n'y
en a probablement pas beaucoup d'entre vous qui ont été enregistrés à leur insu puis qui ont... tu as le bonheur d'entendre
ça à tous les jours à la télévision. Moi, ça m'arrive présentement, puis,
quand je parle de la machine à saucisses,
là, ce sont les... Dans notre jargon à nous autres — mais ça, je ne le dirai plus jamais, c'est la dernière fois que j'en parle — quand on parlait de la machine à saucisses,
ce sont les équipes multidisciplinaires. Il n'y a pas un dossier au Fonds de solidarité sous ma
présidence puis pas un dossier depuis que je suis là, depuis 13 ans, qui
est parti de la FTQ puis qui est allé direct au conseil d'administration, ça n'est
jamais, jamais, jamais arrivé.
Lorsqu'un
dossier arrive... Et ça arrive comme président de la FTQ, les gens des régions,
des gens qui travaillent dans des
usines sont en train de perdre leur emploi, ils appellent le président de la
FTQ, ils appellent les vice-présidents de la FTQ : On est en train de perdre nos jobs, est-ce que le fonds
pourrait investir? Pouvez-vous regarder ça? Et le rôle qu'on s'est donné, puis surtout depuis les allégations
de 2009, on a centralisé ça à la FTQ. Puis il y en sept, huit demandes
par année, là, ce n'est pas la fin du monde, et moi, je communique avec les
gens de l'investissement : Regarde le dossier, passe-le par les équipes
multidisciplinaires — je
vais corriger mon langage pour les dernières semaines qu'il me reste, au lieu de dire la machine à
saucisses — et, si
le dossier, à votre jugement à vous, n'est pas bon, explique-moi-le dans
un courriel de trois, quatre lignes. Et ça, vous l'avez entendu dans les
enregistrements aussi, c'est de même que ça fonctionne au fonds de solidarité,
mesdames et messieurs. C'est de même que ça fonctionne, et l'administration du fonds, c'est leur responsabilité, aux gens qui
m'entourent, ce n'est pas ma responsabilité ni la responsabilité du
conseil d'administration, majoritairement syndical.
Une autre chose qu'on fait aussi, contrairement
aux autres investisseurs, on a dans chaque dossier un bilan social. Donc, un potentiel partenaire qui ne
respecte pas les lois du travail, qui ne respecte pas son monde, etc., ne
peut pas être un partenaire du Fonds de solidarité. Écoutez, on a des équipes
multidisciplinaires qui sont composées de professionnels
qui répondent à des ordres de professionnels, des évaluateurs agréés, selon les
dossiers, des avocats, des notaires,
des conseillers financiers, et c'est eux qui décident si un dossier doit monter
plus haut. Et la deuxième étape, c'est les
conseils sectoriels, majoritairement composés de gens à l'externe de la FTQ et
à l'externe du fonds, et, si le dossier… À
ce moment-là, le dossier est challengé par le comité sectoriel, et là seulement
il vient au Fonds de solidarité.
Donc, je
crois qu'on a des méthodes de tamisage, là, exemplaires. Est-ce qu'il y a de la
place pour l'amélioration? Sûrement.
Le risque zéro, ça n'existe pas dans n'importe quelle société financière, quant
à nous. Mais moi, je vous dis qu'on a
le meilleur des deux mondes, le meilleur des deux mondes. Et, vous savez, dans
le Canada anglais, on a essayé de faire
comme nous autres, puis, une fois de plus, eux, ça n'a pas marché. Pourquoi ça
n'a pas marché? Parce qu'il y avait une formule, ça s'appelait Buy a
Union. Et, quand tu achetais un syndicat, tu avais les mêmes crédits d'impôt
comme nous autres, puis il y en a 28 sur 30 qui ont fermé à travers les années,
dans les 30 dernières années. Puis savez-vous pourquoi? Parce que les syndicats
n'étaient pas au conseil d'administration, parce que c'était exclusivement dans
des mains de spéculateurs qui se payaient
des 3, puis 4, puis 5 millions par année de salaire puis qui se foutaient
complètement de l'emploi, puis du bilan social, puis du maintien de création d'emplois.
Nous, on a
fait nos preuves, on est le plus gros, le plus gros fonds de travailleurs au
Canada. Et moi, je peux vous dire que
les allégations qu'on entend à l'heure actuelle à la commission Charbonneau,
c'est un film de 2008-2009, puis, aujourd'hui,
là, on est dans l'avant-dernier mois de 2013. On est — avant de passer la parole à M. Bolduc — conscients
qu'il y a toujours de la place pour de l'amélioration. Puis je vous annonce
aujourd'hui que, lundi matin, on a eu une réunion
du conseil exécutif, qui, lui, est composé d'une majorité d'externes, le
conseil exécutif, et le conseil exécutif va proposer au prochain C.A., dans une semaine, que le fonds constitue un
comité spécial pour réexaminer dans l'ensemble notre gouvernance. Ils vont se faire aider par des experts en gouvernance, et on devrait avoir un rapport
dans les mois qui suivent pour partager avec vous, si vous voulez
attendre ce temps-là, qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui ne marche pas, qu'est-ce qu'on pourra améliorer. La
gouvernance est un processus constant d'amélioration continue. On a des
règles de gouvernance depuis 30 ans, il y a
des choses qui changent. Les risques réputationnels, il y a 20 ans de ça, on
n'entendait pas parler de ça, aujourd'hui
c'est très important pour un investissement, etc. Et c'est un peu ça que je
voulais partager avec vous avant de passer la parole au P.D.G. pour vous
expliquer en détail ce qu'on fait.
Le Président (M. Gautrin) :
Je vous remercie, M. le président. Maintenant, M. Bolduc.
M. Bolduc (Yvon) : Alors, merci,
Michel. À mon tour de vous remercier tous de nous donner l'opportunité d'expliquer
ce qu'est le fonds aujourd'hui, sa situation financière, sa solidité, ses
processus, sa gouvernance.
Alors, le
fonds réussit bien. Michel, je pense, l'a mentionné. Et, si le fonds va bien
dans une économie qui a été, ces derniers
temps, instable, incertaine, bien, c'est grâce — et je veux le souligner — à ses employés, à leur dévouement,
qui donnent leur meilleur d'eux-mêmes, là, jour après jour malgré les difficultés,
et je tiens à les saluer, à les remercier sincèrement publiquement.
Et je suis
venu, moi, au fonds pour sa mission. C'est une mission unique. C'est une
institution, le fonds, qui fait une grande
différence dans l'économie du Québec, vous l'avez tous mentionné, puis ça,
c'est en termes de développement économique, en termes d'emplois. Et,
comme P.D.G., j'ai le devoir de servir près de 2 400 entreprises
partenaires, plus de 600 000 actionnaires, et, sans le fonds et les
crédits d'impôt, plusieurs d'entre eux pourraient difficilement économiser en vue d'améliorer leur retraite. Et,
pour nous, comme moi et comme équipe de direction, c'est une responsabilité
extrêmement importante qu'on prend très au sérieux.
Et je veux,
d'entrée de jeu, dire immédiatement et fermement : Je veux rassurer nos
actionnaires, nos partenaires, nos
élus et la population, le fonds, aujourd'hui, est solide, est géré avec
prudence, est géré avec compétence, avec des processus et une gouvernance robustes. Il ne faut pas oublier que,
présentement, les médias traitent de l'autopsie que la commission Charbonneau fait du passé, avant 2009,
et non pas de ce qui se passe présentement au Fonds de solidarité. Mais je tiens aussi à dire qu'avant 2009 le fonds
a toujours agi de bonne foi et au meilleur de sa connaissance, en
respectant les processus alors en place. Et, quand on a compris, par contre,
quand on a compris qu'il fallait faire mieux, eh bien on a agi avec diligence, avec fermeté et détermination. Et je veux dire
que, depuis cinq ans, la performance du Fonds de solidarité FTQ est impeccable, elle est solide, elle est digne de
confiance, puis que nos processus et la nouvelle gouvernance qui a été
mise en place fonctionnent.
Voyez les résultats depuis 2009 : plus de
2 milliards de profit, une hausse du prix de l'action de 6,20 $,
28 % d'augmentation, une augmentation de 400 du nombre d'entreprises
partenaires, une augmentation nette du nombre d'actionnaires de 45 000
personnes, neuf semestres consécutifs positifs, et ce, malgré l'incertitude
économique, le contexte récessionnaire, la
crise financière qu'on a connue et l'obligation d'investir au moins 60 %
de nos actifs dans les PME québécoises. Alors, moi, je pense que ça, c'est
le signe d'une institution qui est en santé, qui est bien gérée, qui est bien
gérée par des gens qui sont dévoués et qui sont compétents et prudents.
Mais, avant
d'expliquer plus en détail notre gouvernance puis nos processus, nos pare-feux
que sont nos conseils sectoriels, que
sont nos processus d'investissement, qu'est la réglementation que nous
respectons jalousement, je veux d'abord rappeler... en quelques mots et
brièvement, expliquer c'est quoi, le modèle du fonds, puis vous allez voir à l'écran
un schéma qui vient démontrer ça.
Évidemment,
ça commence par nos actionnaires, plus de 600 000 actionnaires. 60 %
des actions du fonds sont détenues par des actionnaires syndiqués. Ces
actionnaires-là nous ont permis de faire des investissements à travers des souscriptions, et ces souscriptions, bon an
mal an, c'est entre 500 millions et 800 millions par année au fil des
années. Et ce qu'on a fait avec ces
argents-là... On a une règle du 60 %, on a un crédit d'impôt. Pourquoi on
a un crédit d'impôt? C'est pour
investir dans l'économie du Québec. Et la règle, c'est d'investir au moins… Et
je simplifie parce que c'est beaucoup plus
complexe que ça, mais c'est d'investir 60 % de ces argents-là dans des
entreprises admissibles qu'on peut qualifier plus simplement des PME privées en grande majorité.
Alors, on prend ces souscriptions-là, on investit année après année entre 500 et 700 millions dans l'économie du
Québec, dans des entreprises admissibles, et tout ça nous a permis de
créer, de monter un portefeuille d'investissement, un portefeuille de mission
de plus de 6 milliards de dollars qui comprend près de
2 400 entreprises et qui ont permis de créer depuis 1990 un
demi-million d'emplois.
Parce que nous prenons un risque de
concentration important en termes géographiques, c'est-à-dire que nous
investissons 60 % de nos argents au Québec, parce que nous prenons un
risque de concentration important en termes de
classes d'actif, parce que nous investissons dans une catégorie d'actif qui est
du — en
anglais — «private
equity», c'est-à-dire des entreprises qui sont privées, dans la PME, eh bien il
a été prévu dans la loi aussi que nous pouvions investir l'autre 40 % dans
des classes d'actif qui étaient moins risquées comme les marchés, les grands
marchés, les obligations, etc. Alors là, on
a — vous voyez
à l'écran — «autres
investissements», qui sont des placements de 3,2 milliards qui viennent équilibrer la prise de risque. Et,
pour fermer la boucle, bien, on a des rachats. Quand l'actionnaire
atteint l'âge de la retraite, comme M. Arsenault...
M. Arsenault (Michel) : Bientôt.
M. Bolduc (Yvon) : ...bien, on a des
rachats qui se produisent à ce moment-là, et en moyenne 500 millions,
600 millions par année.
L'autre
élément que je veux souligner, c'est la structure de gouvernance au Fonds de
solidarité. Ça a été mentionné, ça a évolué dans le temps. Mais la gouvernance, dans une institution financière, c'est plus que le conseil d'administration. Je pense que c'est important de
comprendre ça. Des institutions de 9, 10 milliards, ça prend plus qu'un
conseil d'administration pour faire une
bonne gouvernance. C'est une série de comités, de structures, de processus, de
politiques qui vont faire en sorte que
l'organisation accomplit à la fois sa mission en installant partout des
contre-pouvoirs, des pare-feux tout en procurant les rendements
raisonnables qui sont attendus.
Et, au fil du
temps, bien, on a fait des modifications et, plus particulièrement en 2009, on
a solidifié... On voit à l'écran un
sommaire de ce qu'est la structure
de gouvernance. Évidemment, il y a un conseil d'administration et un comité d'audit qui s'y rapporte, un comité
exécutif qui s'y rapporte — M. Arsenault a mentionné tantôt que le comité exécutif, qui est composé d'une majorité
d'indépendants à la fois de la FTQ et du fonds, a proposé récemment d'amener
au conseil d'administration une
recommandation pour mettre en place un comité spécial pour examiner toutes les
questions de gouvernance — un comité de direction qui a la
responsabilité de faire la gestion intégrée des risques, et, sous le
comité d'audit, on a un comité d'éthique
puis un comité d'évaluation. On a aussi sur le conseil d'administration un
comité de gestion intégrée des actifs financiers. Et les différents
conseils sectoriels, mon collègue M. Morin va vous en parler plus en
détail.
Ce qu'il est important de retenir, c'est que,
dans toute cette structure-là, globalement tous nos comités de gouvernance sont
composés d'une majorité d'indépendants qu'on appelle des externes, qui sont
indépendants à la fois de la FTQ et du Fonds
de solidarité, et qu'au total ces administrateurs représentent 58 %
d'indépendants et d'externes dans toutes nos structures de gouvernance,
58 %. Donc, il y a déjà une majorité d'indépendants dans notre structure
de gouvernance.
On a revu et
amélioré les processus pour mieux les solidifier, et, en mai 2009, le conseil
d'administration du fonds, suite aux
différentes allégations, à l'époque, qui étaient devenues publiques, a adopté
sans hésiter et unanimement — je vous ai dit que, quand on a compris, on a agi, là — dès 2009, mai 2009, une série de mesures
pour améliorer nos processus, les mettre à niveau, combler les
faiblesses là où il y en avait. On n'a pas perdu de temps, on a fait ce qu'il
fallait faire. Et d'ailleurs, dans un
article, un
article qu'elle a signé le 9 mai 2009, l'éditorialiste Brigitte
Breton, du journal Le Soleil, le soulignait éloquemment. Elle disait que le fonds n'a pas attendu, et que
nous avions agi sans hésiter, et que nous l'avions fait promptement. Et
qu'avons-nous fait exactement? Bien, d'abord, je vais rappeler que les dossiers
qui se rendent au conseil d'administration
du fonds — et ça a
toujours été le cas — sont
soumis à une analyse détaillée qui est effectuée par des équipes de spécialistes au fonds, et c'est après avoir été
examinés et avoir été soumis au conseil sectoriel spécialisé approprié que ces dossiers-là sont recommandés
pour être envoyés à la suite au conseil d'administration du Fonds de solidarité.
Alors, ce
qu'on a fait en 2009, c'est de renforcer ces conseils sectoriels. Et
maintenant, partout dans l'organisation, ces conseils-là sont composés d'une majorité d'administrateurs
indépendants, des administrateurs qui ont une expertise et une expérience pertinente pour bien juger, là, des
dossiers. On s'est assurés que tous les conseils sectoriels, je le
rappelle, que tous les conseils sectoriels aient un droit de veto. C'est ça qu'ils
ont maintenant, un droit de veto, ils peuvent décider avec une majorité d'indépendants
que le dossier ne se ferait pas.
particulier, il y a eu des changements importants qui ont été amenés au fonds
immobilier, où nous avons effectué une réorganisation corporative en
profondeur. La direction du fonds immobilier a été changée, la composition des instances décisionnelles du fonds immobilier a été
modifiée et, elle aussi, comprend maintenant une majorité d'indépendants
sans lien avec le fonds ni la FTQ et avec toutes les compétences pour prendre
des décisions de nature immobilière. Et
toutes les pratiques et les façons de faire que nous avons au Fonds de
solidarité en termes de gouvernance, de processus, d'analyse de
dossiers, bien, ont été aussi importées dans les pratiques du fonds immobilier.
Nos processus de vérification diligente ont été renforcés
avec une emphase sur le risque réputationnel, la provenance de l'argent. On a
aussi renforcé notre code d'éthique, son contenu, son application. On a mis en
place une ligne de signalement utilisable
par tous les employés, les rendre le plus à l'aise possible avec quelque
situation qu'ils peuvent estimer qui mérite d'être signalée.
Nous avons
fait des formations en matière d'éthique pour tous nos administrateurs, pour la
haute direction, pour les gestionnaires, les employés du fonds, des
fonds régionaux, des fonds locaux et du fonds immobilier. Depuis 2009, pour toutes les questions d'éthique, les membres du conseil,
les membres du conseil d'administration du Fonds de solidarité et la haute direction du Fonds de solidarité FTQ relèvent du
comité d'audit, qui, lui, est composé exclusivement d'indépendants. Et enfin on a mis en place une
gestion intégrée des risques beaucoup plus détaillée, plus approfondie,
encore une fois particulièrement eu égard au risque réputationnel.
Mais on
continue d'être vigilants, on continue d'être à l'affut de tout ce qui peut
être raisonnablement amélioré. Je vous
dis ça, c'est important. Je vous dis ça pour vous faire comprendre
qu'indépendamment d'où viennent les dossiers, que ce soit de bureaux de comptables, que ce soit de
banquiers, que ce soit de courtiers d'affaires, que ce soit d'avocats,
de contacts d'affaires ou encore de la
structure FTQ, tous les dossiers d'investissement suivent le même processus, et
tous ces dossiers passent par les mêmes filtres, par les mêmes pare-feux, et c'est
comme ça qu'on gère la pression. Parce que la pression de faire des dossiers, c'est
normal, il en vient de partout. Alors, pour gérer la pression, ça nous prend
des processus, et on les respecte.
Un autre
pare-feu important, c'est notre processus d'investissement et d'analyse de
dossiers, et je vais demander à M. Gaétan Morin de vous l'expliquer
plus en détail.
Le Président (M. Gautrin) :
Peut-être avant que vous passiez la parole à M. Morin, vous avez quelques
documents extrêmement intéressants que vous venez de... est-ce que vous
pourriez les déposer à la commission? Qui ont fait l'objet, actuellement, de
votre présentation. Ça aiderait les parlementaires dans leurs discussions.
Une voix : Immédiatement?
Président (M. Gautrin) : Quand vous pouvez. Si vous pouvez le
faire immédiatement, ce serait magnifique. Si vous ne pouvez pas le
faire, bien, au moment où vous pourriez le faire.
M. Tremblay (Mario) : J'ai quand
même plusieurs copies ici.
Président (M. Gautrin) : Donc, on accepte le dépôt à ce
moment-là, et peut-être on va en faire des photocopies s'il n'y en a pas
assez. M. Morin, vous avez la parole.
M. Morin
(Gaétan) : Merci, M. le
Président. Merci, M. Bolduc. Donc, on a beaucoup parlé des conseils
sectoriels, hein, la mise en place des conseils sectoriels. En fait, c'est le
conseil d'administration du fonds qui, au fil des ans, a décidé de mettre en
place ces conseils sectoriels là. Pourquoi? Deux raisons fondamentales. La
première, avec le fait que le fonds
grandissait, le fonds pouvait se permettre d'investir dans toutes sortes de
secteurs, finalement. Et le fonds, par exemple,
a commencé à investir dans les biotechnologies, les technologies de
l'information, et le conseil d'administration avait décidé, à l'époque,
qu'il était important d'aller se chercher de l'expertise, de l'expertise à l'extérieur
du conseil d'administration. Et ça, ça a été un peu la raison pour laquelle les
conseils sectoriels ont été mis en place.
Donc, des
conseils sectoriels, il y en a plusieurs, dont un qui est dans le… Je vais vous
le présenter à l'écran, vous allez l'avoir en papier. Donc, nouvelles
économies, secteur minier. Fonds immobilier, qui est un peu à part, mais le processus est le même pour mener au conseil
d'administration. Donc, l'objectif était d'aller se chercher de l'expertise
auprès de gens du milieu des affaires et des
gens qui connaissaient vraiment de façon fine les secteurs dans lesquels
on veut investir. Première raison.
Deuxième raison, le conseil d'administration,
aussi, avait décidé de déléguer à ces conseils sectoriels là la possibilité d'investir
jusqu'à 3 ou 5 millions, et c'est 5 millions en date d'aujourd'hui.
Mais, avant
de vous parler davantage des conseils sectoriels, moi, j'aimerais prendre une
ou deux minutes pour vous expliquer
tout ce qui vient avant. Et là je vous parle uniquement du fonds, je ne parle
pas des fonds régionaux ou des fonds locaux.
J'y reviendrai dans deux, trois minutes. Mais, vous savez, au Fonds de
solidarité, on investit dans à peu près 50, 55 entreprises
annuellement. Je parle uniquement du fonds. Pour pouvoir compléter ces
50 financements là, ça commande, ça demande l'analyse préliminaire d'à peu
près 400, 450 dossiers. Ça commande l'analyse un peu plus détaillée, un peu plus… mais quand même
préliminaire de 150 dossiers. Donc, vous voyez que, pour faire un dossier,
il faut en analyser entre huit et 10,
finalement. Donc, c'est un travail énorme, et les 450 opportunités qu'on
regarde, bien, elles sont beaucoup générées par nos propres équipes à l'investissement.
Donc, les gens sont sur le terrain, rencontrent les entrepreneurs. Nous, on
investit dans 25 secteurs de l'économie, et nos gens sont spécialisés et
sont sur le terrain pour connaître les besoins de nos entrepreneurs, quels sont
leurs besoins de financement, leurs besoins d'expansion, d'exportation, etc.
Dans les faits, le conseiller financier qui
regarde les opportunités est entouré, on l'a bien dit, d'une équipe multidisciplinaire, et, avant de se rendre aux
conseils sectoriels, il y a plusieurs étapes. Et je faisais le décompte
tantôt, il y a à peu près une vingtaine de personnes qui regardent les
opportunités et qui travaillent à l'analyse financière de ces dossiers-là. Par
la suite — et
là on arrive aux conseils sectoriels — les dossiers sont déposés aux
conseils sectoriels, qui sont à majorité
d'externes. Quand on regarde les niveaux de tous les conseils sectoriels, c'est
29 personnes, et il y en a 19
qui ne sont ni associées à la FTQ ni associées au Fonds de solidarité. Et ce
qu'on leur a donné en 2009, à ces conseils sectoriels là, c'est un droit de veto. Pour les dossiers qui excèdent
5 millions de dollars, donc qui se rendent au conseil d'administration, ils doivent l'approuver. Si le
conseil sectoriel n'approuve pas le dossier, le dossier ne se rend pas
aux conseils sectoriels. Donc, c'est un droit de veto qu'on a donné aux
conseils sectoriels.
Vous savez — et M.
Bolduc l'a bien illustré — investir
500 à 700 millions de dollars par année dans 300, 350 entreprises, c'est un défi, c'est un travail colossal, et on le
fait — et là je
reviens avec les fonds locaux et les fonds régionaux — beaucoup
en réseau. Et ce qui distingue le réseau du Fonds de solidarité, c'est les
montants investis. Donc, pour les montants
jusqu'à 100 000 $, c'est le travail des fonds locaux. Les dossiers
des fonds locaux, donc en dessous de 100 000 $, sont
complètement étudiés par les employés des CLD.
En fait, les
fonds locaux, c'est une entente qu'on a depuis 1991 avec la Fédération québécoise des municipalités. Ce qu'on leur a donné, c'est une enveloppe, c'est
un levier à chacun des 85 CLD où les fonds locaux sont présents.
Donc, ils font un investissement, disons, de 50 000 $, et on leur a
donné une enveloppe de plusieurs dizaines de millions de dollars dans laquelle
ils vont puiser. Ils peuvent aller puiser jusqu'à 50 000 $,
60 000 $ pour pouvoir compléter le financement que le CLD envisage.
Deuxième
séquence, les fonds régionaux qui investissent, donc, entre 100 000 $ et 2 millions de dollars, il
y a 16 bureaux des fonds régionaux dans toutes les régions du
Québec, 16. Les décisions des fonds régionaux sont prises en région par des conseils
d'administration en région dont la majorité des administrateurs ne sont ni liés
au Fonds de solidarité ni liés à la FTQ. Ce sont des gens du milieu, deux
personnes qui sont nommées par le gouvernement, et ainsi de suite.
finalement, pour les dossiers de plus de 2 millions, là c'est le travail
du Fonds de solidarité depuis Montréal, et là on investit, donc, je l'ai
dit, dans tous les secteurs de l'économie jusqu'à des montants qui peuvent
aller jusqu'à 60, 100 millions de
dollars. En 2009, M. Arsenault le disait, il y a des grandes entreprises
comme Bombardier, par exemple, qui étaient
dans une situation où le financement était complètement gelé partout dans le
monde, et, Dieu merci, on avait la capacité
financière de pouvoir appuyer de grandes entreprises comme celles-là. Mais le
coeur de nos opérations, 80 % de nos
partenaires ont moins de 100 employés. Le coeur de nos opérations, c'est,
d'abord et avant tout, la PME au Québec.
M. Bolduc (Yvon) : Alors, merci,
M. Morin.
Le Président (M. Gautrin) :
…la parole.
M. Bolduc
(Yvon) : Oui. Alors, une
troisième façon d'avoir une gouvernance solide ou j'appelle ça d'avoir
un autre pare-feu, bien, c'est de respecter la réglementation qui s'applique au
Fonds de solidarité, et je demanderais à M. Tremblay,
Mario Tremblay, de vouloir nous donner un court exposé sur qu'est-ce qui
gouverne, au niveau réglementaire, le Fonds de solidarité.
Président (M. Gautrin) : M. Tremblay, mais le temps s'écoule. Vous avez à peu près
six minutes, à peu près.
Tremblay (Mario) : D'accord,
Alors, merci. Je vais faire rapidement. Donc, le Fonds de solidarité est dans la
même famille, grosso modo, vous le savez, que capital régional Desjardins et
Fondaction. Nous sommes les trois fonds d'investissement en capital de développement au Québec. Nous sommes, les trois, des émetteurs
assujettis. Qu'est-ce que ça veut
dire, finalement? Être assujetti à la Loi des valeurs mobilières,
à toute une série d'obligations envers le public et les actionnaires. J'en
cite quelques-unes : obligation de prospectus annuellement, qui doit être
accepté par l'AMF; une notice annuelle d'information; obligation, deux fois par année, de
produire un rapport de gestion; et obligation d'inscrire nos membres du
conseil d'administration dans une banque nationale d'information où, s'il y
avait des poursuites, des condamnations, ces administrateurs-là devraient le
déclarer.
Les trois fonds aussi en capital de
développement, on a des obligations. L'AMF nous a imposé un règlement, il y a très peu longtemps, qui s'appelle le
Règlement 31-103, qui est un règlement qui oblige les trois fonds à avoir
un programme de conformité, donc à formaliser un programme de conformité.
Et, au-delà
de toutes les obligations au fonds, parce que, même si le fonds n'est pas coté
à la bourse, il est une société publique, nous nous sommes assujettis
volontairement à des obligations réglementaires. J'en cite deux. La première, c'est ce qu'on appelle le règlement
pancanadien 52-109. Qu'est-ce que c'est? C'est l'équivalent au Canada de
ce qu'on a appelé Sarbanes-Oxley aux
États-Unis. Vous vous rappelez, après l'affaire Enron, les problèmes
financiers, et donc les autorités en
valeurs mobilières au Canada ont adopté un règlement équivalent. Le fonds
n'était pas obligé parce que ce n'est
pas applicable aux fonds d'investissement, mais on a dit que c'était une bonne
pratique et qu'il était important, pour le respect de nos actionnaires
et du public, d'adopter les meilleures pratiques. Grosso modo, ça oblige notre
P.D.G., le vice-président Finances, à
attester de l'exactitude de toute information financière, de se responsabiliser
personnellement et d'avoir des contrôles financiers en place. C'est un
programme extrêmement exigeant pour toutes les sociétés cotées en bourse.
Le deuxième
exemple d'assujettissement volontaire, c'est la gestion intégrée des risques.
Durant la crise financière de 2008,
partout dans le monde, on a découvert qu'un des problèmes, c'était que les
risques systémiques et les risques de réputation
avaient été mal gérés. Pas juste au Québec, pas juste au Canada, mais partout
dans le monde, à commencer par les
États-Unis. Il y a donc eu… partout dans le monde, les autorités ont demandé
aux entreprises de mieux gérer leurs risques
et de les gérer de façon intégrée, c'est-à-dire non pas par vice-présidence ou
par silo, mais de façon intégrée et corporative.
Nous n'étions pas obligés de suivre les lignes directrices de l'AMF, mais nous
croyons que c'est important pour nos
actionnaires, c'est important pour nous comme direction. Nous avons donc fait
tout un travail d'identification de nos risques, les risques
stratégiques de marché, de crédit, les risques de liquidité, les risques
opérationnels et, disons-le, le dernier et non le moindre, les risques réputationnels.
Est-ce que les institutions
financières ont appris de la crise de
2008? Oui. Est-ce que le Fonds
de solidarité a appris de sa crise de 2009? La réponse, c'est oui
également. Est-ce qu'il y a des dossiers que les institutions financières ne
referaient pas en 2013? Certainement. Est-ce qu'il y a des dossiers que le
Fonds de solidarité ne referait pas en 2013? Certainement
également. Donc, les risques réputationnels ont pris beaucoup plus d'importance
pour tout le monde, incluant nous. Et, comme société publique, je pense
que c'est important de continuer d'appliquer les meilleures règles qui sont en
vigueur au Canada.
Le Président (M.
Gautrin) : Je vous remercie. Avant de procéder… Vous avez
encore, M. Bolduc…
M. Bolduc
(Yvon) : Oui, j'aimerais simplement amener…
Le Président (M.
Gautrin) : En conclusion. Il vous reste deux minutes.
M. Bolduc (Yvon) : Deux minutes pour une conclusion, c'est parfait. Alors, en conclusion,
je pense que le fonds a fait des pas
de géant au cours des dernières années. On a parlé de droit de veto qui vient
d'être accordé, qui a été accordé en 2009
aux administrateurs indépendants. On a parlé de ligne d'éthique, de meilleure
gestion des risques, et en particulier du risque réputationnel où on a
mis un poids beaucoup plus important.
Et ma conviction
profonde, c'est que le fonds mérite la confiance que ses actionnaires lui
manifestent. C'est correct que la commission
Charbonneau fasse l'autopsie du passé, mais l'important, cependant, c'est de
toujours se rappeler que, dans le cas
du fonds, en tout cas, on parle d'une situation que nous avons adressée et
redressée et que, depuis 2009, le parcours
du fonds, le parcours du fonds immobilier, des fonds régionaux, des fonds
locaux a été rentable avec neuf semestres consécutifs positifs et, au meilleur de notre connaissance, sans aucun
dossier soulevant des inquiétudes réputationnelles.
Comme
haute direction — et c'est
vrai aussi pour toutes les institutions financières — il est impératif de s'assurer que
nous faisons affaire avec des entreprises honnêtes. C'est important pour nos
actionnaires, qui nous confient leurs économies,
d'être certains de ça. C'est important pour les 2 500 partenaires qui font
affaire avec nous de savoir ça et c'est important pour les gouvernements
qui accordent les crédits d'impôt à nos actionnaires. Et c'est ce que nous
faisons, et c'est ce que nous nous assurons
de faire de façon systématique et, je pense, avec succès depuis cinq ans. Et,
comme M. Arsenault l'a dit d'entrée de jeu, on est prêts à s'améliorer.
Alors, merci beaucoup pour votre attention.
Président (M. Gautrin) : Je vous remercie. Vous êtes
magnifiques d'avoir resté exactement à l'intérieur du temps qui vous était
alloué, à 40 minutes.
Avant de débuter, il
faudrait… Nos spécialistes en procédure ont vérifié quelque chose que je
voudrais vous mettre pour éviter qu'on ait un débat inutile. Avant de débuter
la période d'échange, je tiens à vous mentionner que, contrairement à ce qui a été indiqué au début de la séance, M. le député
de Chicoutimi et leader du gouvernement ne peut pas remplacer un membre permanent de la commission. En effet, et
conformément à la jurisprudence, et là on se base sur la décision de
Matthias Rioux en 2000, décision d'Alain Paquet, 25 novembre 2009…
Bédard : M. le Président, je voudrais simplement vous dire
que je ne l'ai pas souhaité, de toute façon. Vous n'avez pas à faire
référence à un précédent…
Président (M. Gautrin) : Non, non, mais parce que j'allais
conclure pour vous dire que vous avez le droit. Alors, vous allez voir. En effet, conformément à la manière, pour un
ministre, de participer aux travaux d'une commission et limité aux articles 124, 125, 261, 275, 287,
300 et 302, le mécanisme de remplacement prévu à l'article 131 ne
peut donc pas permettre à un ministre de participer aux travaux de la
commission. Le député de Chicoutimi ne peut donc pas remplacer le député de
Dubuc pour la séance.
Cependant,
en raison du principe de la solidarité ministérielle et conformément à la
jurisprudence, et là on fait référence
aux décisions d'Yvon Vallières du 12 février 2002, Michel Bissonnet, le 16
octobre 1990, de Michel Bissonnet encore,
29 novembre… de Marie Bouillé du 29 janvier 2013, de Diane Leblanc, du 30
octobre 2003… Donc, je reprends, conformément à la jurisprudence, le
ministre pourra prendre la parole au nom de la ministre du Travail, qui, elle,
est membre de la commission, à la suite de
la motion adoptée à l'Assemblée. Je tenais à le préciser pour éviter qu'on
parte dans des débats de procédure inutiles.
M. Khadir :
Il n'y a pas quelque chose que vous pourriez sortir de votre sac en ma faveur
aussi?
Le Président (M. Gautrin) : Tout à fait, non. Oui, M. le
député de Brome-Missisquoi.
Paradis : Oui, juste une précision. J'ai compris votre
décision, là. Quand il parle au nom de la ministre du Travail, ça veut
dire qu'il y a deux ministres qui peuvent parler sur le même sujet?
Président (M. Gautrin) : C'est ce que j'ai cru comprendre d'après
les décisions qui ont été rendues par nombre… C'est basé sur une tradition procédurale
vérifiée par nos gens qui sont des experts en la matière.
Alors, Mme la
ministre, vous avez un premier bloc de 10 minutes pour poser des
questions.
Maltais :
De 10 minutes?
Le Président (M.
Gautrin) : De 10 minutes.
Maltais :
Ah! c'est séparé en 10 minutes?
Président (M. Gautrin) : Bien, on a convenu implicitement de
partager les temps en blocs de 10 minutes avec souplesse, si vous
voulez. Mais c'était la tradition qui était celle qu'on avait plus ou moins
adoptée à la Commission de l'administration publique dont vous aviez été, d'ailleurs,
un membre éminent à l'époque.
Maltais :
Merci, M. le Président. Merci beaucoup. D'abord, merci de cet exposé, ces
explications, MM. Arsenault, Bolduc,
M. Morin, M. Tremblay, MM. les président et vice-président,
parce que c'est à ce
titre que vous êtes
ici. Merci beaucoup. C'est un moment important que nous vivons, c'est un… Le
Fonds de solidarité est un outil de développement important. Je viens
enfin de connaître le chiffre que je cherchais. C'est-à-dire vous dites qu'il y
a 200 000 épargnants dont c'est la
seule épargne-retraite, c'est ce que je cherchais à trouver. C'est majeur,
donc, surtout à un moment où on est
en train de se questionner sur les fonds de retraite des Québécois, de leur
assurer une sécurité financière à la retraite. Le Fonds de solidarité
est un outil important, un outil de fonds de retraite, un outil aussi de
développement économique, un outil majeur.
Alors,
vous nous dites qu'en 2009 vous avez fait déjà un premier examen de la façon
dont fonctionnait le fonds en essayant
d'y amener, là, plusieurs pare-feux. Vous dites que vous allez le faire bientôt
aussi, vous allez revenir là-dessus, c'est bien. Vous avez fait un choix
en 2009, probablement, qui a été de conserver la double présidence, si j'ose
dire. C'est-à-dire qu'au Fonds de solidarité
le président de la FTQ, actuellement, est aussi président du conseil d'administration
du fonds. Pas P.D.G., mais président du conseil d'administration.
choix-là est fait, vous… Ça a été questionné aujourd'hui, c'est questionné par,
par exemple, des gens de l'institut québécois de la gouvernance. J'aimerais
vous entendre sur ce choix, pourquoi vous l'avez conservé. J'ai compris que ce n'est pas dans la loi, ce n'est pas dans la loi
constitutive du Fonds de solidarité, c'est une décision qui a été prise par
les membres du conseil d'administration.
J'aimerais ça que vous me disiez pourquoi vous avez tenu à cette double
fonction. Puis ce que ça sous-tend,
évidemment, comme sous-question, c'est : Comme président et du Fonds de
solidarité et de la FTQ,
M. Arsenault, nous profitons du moment où vous êtes encore en fonction,
mais sur le bord de la retraite, c'est le temps de nous léguer, peut-être, vos réflexions là-dessus. Est-ce qu'il
est arrivé que vous soyez tiraillé entre les deux rôles? Est-ce que ce double chapeau est quelque chose qui
bonifie le rôle ou si, parfois, il est arrivé que ça devienne difficile?
J'aimerais vraiment qu'on vous entende là-dessus.
Le Président (M.
Gautrin) : M. le président de la FTQ.
M. Arsenault
(Michel) : Bien, Mme Maltais, Mme la ministre, je suis tiraillé à
tous les jours depuis six ans. Présider la FTQ, ce n'est pas une mince affaire,
et il y a les membres, il y a les employeurs des membres, il y a de la pression à tous les jours. Et il y a même des députés
de tous les partis politiques ici, quand ça va mal dans le comté, des
fois on appelle le fonds de la FTQ : Tu sais, telle shop, là, est après
fermer ou ça prendrait un investissement. Puis c'est correct, ça, je n'ai pas
de problème avec ça.
Maintenant, vous me
demandez : Est-ce que j'ai eu de la pression? La réponse est oui, ce
serait mentir de dire le contraire. Comment
ça se fait que je suis président du conseil d'administration du Fonds de
solidarité? C'est tout simplement une tradition à l'intérieur de la FTQ.
Mon prédécesseur, Henri Massé, qui était président de la FTQ, était président
du fonds, et, quand je suis arrivé en poste, j'ai pris la présidence du fonds.
Puis, avant Henri Massé, c'était Clément
Godbout. Puis, avant ça, c'était Fernand D'Aoust. Puis, avant ça, c'était Louis
Laberge. On le fait par tradition, puis
vous avez absolument raison, il n'y a rien dans la loi qui dit que le président
doit automatiquement être le président du conseil d'administration. Il n'y
a rien qui oblige ça, mais c'est une tradition chez nous.
Maintenant, si je n'étais
pas président du fonds ou, si dans les derniers six ans, je n'aurais pas été
président du fonds puis j'aurais été un
membre du conseil d'administration, j'aurais été tiraillé aussi, vous savez. Et,
le mois prochain, je ne serai plus tiraillé, je n'aurai plus de comptes
à rendre à personne. Mais, dès que tu as une fonction avec des obligations, là, tu as des décisions à prendre.
Puis souvent, à chaque fois que tu tranches, tu fais plaisir à un puis de
la peine à l'autre. C'est pour ça, après un
certain temps, après 40 ans, il faut que tu partes, parce que tu as fait
de la peine à bien du monde, tu sais, quand tu as tranché.
Mais,
moi, le fait d'être président… Vous savez, le président du conseil d'administration,
il préside les débats. Et souvent,
là, dans un conseil d'administration, c'est lui qui parle le moins, il donne la parole
à un puis à l'autre. C'est ça qu'il
fait, le président, dans un… Ce n'est pas le président qui décide. Et je peux
vous dire qu'au conseil d'administration
du fonds il y a quatre personnes externes sur l'ensemble,
et moi, j'évaluerais à peu près à 70 % des questions puis du challenge qu'on a dans chaque dossier fait par les
externes, fait par les externes. Notre monde au conseil d'administration,
parce que ça change souvent de direction
syndicale, ça prend un certain temps avant de te familiariser avec les
dossiers, et il faut que tu poses des
questions, ça prend une compréhension, tandis que les externes, eux, ont une
connaissance… C'est les gens chez nous qui vont vérifier souvent le
bilan social, être sûr que c'est un bon employeur, être sûr que c'est un
employeur qui va embaucher des gens au Québec, etc.
Mais
je ne me suis jamais senti dans un grand inconfort en étant président de
conseil d'administration et président de
la FTQ. Et, si jamais ça changeait un jour, je ne peux pas parler pour celui ou
celle qui va me remplacer, mais je verrais mal le Fonds de solidarité de la FTQ sans avoir le président de la FTQ à la
table, au conseil d'administration, je verrais mal ça, là.
Le Président (M.
Gautrin) : Mme la ministre.
Maltais : Merci. Je comprends bien le «à la table», tout à
fait. La question, c'était véritablement la double présidence du conseil
d'administration, comme je le disais, là, mais… Alors, je comprends aussi que
vous avez bien dit : Il n'y a aucun
dossier qui est amené directement au conseil d'administration. Est-ce que c'est
depuis 2009 ou avant ça existait? Comment ça...
M. Arsenault (Michel) : …bien, moi, je suis là depuis 13 ans. Et je suis
arrivé en décembre 2000, et je n'ai jamais vu un dossier arriver directement de la FTQ ou d'ailleurs. Et je vous
dirais que… Puis Gaétan Morin peut vous donner les chiffres, mais ça… Tu sais, aujourd'hui, on met,
en 2008, énormément l'emphase sur deux, trois dossiers quand on écoute
la commission Charbonneau, mais, dans la vraie vie, il y a peu de dossiers qui
viennent de la FTQ. La majorité des dossiers,
notre P.D.G. l'a dit tout à l'heure, ce sont les banques, le milieu. Souvent,
ça peut être un maire qui t'appelle.
Je pourrais vous en
conter jusqu'à demain matin. Je me suis déjà fait accoster dans un centre d'achat.
L'an passé, je suis à l'Impact avec mes deux petits-fils, puis il y a un gars
qui m'a fait perdre ma game, il m'a tanné avec son dossier la moitié de la partie. Puis là je lui ai dit :
Envoie-moi un courriel. Puis, le lendemain, je l'ai envoyé à Gaétan,
puis… Mais c'est ça, là, la vie d'un président de la FTQ après que tu es connu.
Le Président (M.
Gautrin) : Mme la ministre, il vous reste encore pas mal de
temps, trois minutes.
Maltais : O.K. Je
vais référer au document que vous venez de soumettre aux parlementaires, en page 7. Moi, je l'avais lu sur le site parce que le document…
M. Arsenault (Michel) : Excusez-moi, le mettre sur l'écran parce qu'on vous a tout donné nos documents, là. Ah! c'est toi qui as le…
Une voix :
Je l'ai ici si tu veux.
Maltais :
Oui, c'est ce document-là qu'on vous avait…
Le Président (M.
Gautrin) : Non, non…
Maltais : Ce que
je veux, c'est la structure de gouvernance du Fonds de solidarité. Je pense que
c'est… L'intérêt d'aujourd'hui, c'est d'examiner la structure, voilà, la
structure de gouvernance. Ce que j'aimerais comprendre, c'est comment
fonctionne un dossier, comment il circule à l'intérieur. Il n'arrive pas direct
au C.A., donc il entre à quel endroit, puis
quel chemin il suit? Vous nous avez parlé… vous êtes revenu souvent avec le mot
«pare-feu», il y a des pare-feux. Ça fait que j'aimerais bien
comprendre ces pare-feux. Alors, à quel endroit ils entrent, ces dossiers? Et
quel est le comité qui les examine, composé par qui?
Le Président (M.
Gautrin) : M. Arsenault.
M. Arsenault
(Michel) : Je vais demander à M. Morin de répondre à ça.
Le Président (M.
Gautrin) : M. Morin.
M. Morin (Gaétan) : En fait, je vous parlais tantôt des 450 opportunités qu'on regarde, et
ça, c'est une année caractéristique, là, c'est beaucoup de volume d'analyse.
Donc, les dossiers, souvent on les sollicite nous-mêmes par les contacts qu'on a avec les entrepreneurs.
Souvent, comme le disait M. Bolduc, ils nous sont acheminés par des
banquiers, par des intermédiaires, par des
firmes d'avocats, etc., mais aussi, comme le disait M. Arsenault — puis
là on parle de six, sept dossiers par année — nous sont aussi soumis
par des structures syndicales locales quand il y a une usine ou une entreprise dans une région quelconque qui est en
difficultés financières, et je pense que ça fait
partie de la mission du
fonds de regarder ce genre de situation là.
Donc, les dossiers viennent d'un paquet de sources, mais aussi, nous, il faut
voir qu'on est très proactifs. Beaucoup de ces opportunités d'affaires
là, ces opportunités d'investissement là sont démarchées par nos équipes à l'investissement.
La première étape, il y a donc une analyse très
préliminaire qui est faite d'une demande d'investissement, donc, qui peut venir d'un peu partout. Donc,
première étape, il y a une analyse très préliminaire qui est faite par un
conseiller à l'investissement accompagné de son
directeur, de son vice-président. Donc, ça, c'est une étape, là, très, très,
très préliminaire qui est faite, et on
regarde si ça correspond à nos
critères d'investissement. Si, par
exemple, c'est un projet, disons, en recherche et développement, ça
ne correspond pas à nos critères d'investissement, on va le signaler à l'entreprise ou à l'intermédiaire de marché, ou la firme
d'avocats, ou la firme de comptables, ou au syndicat local. Donc, on va,
dès ce moment-là, aviser, dire :
Écoutez, ça ne correspond pas nécessairement à nos critères, peut-être
qu'on pourrait vous référer à quelqu'un d'autre dans le milieu...
Maltais : …il est
bloqué à ce moment-là.
M. Morin (Gaétan) : Il arrête là.
Donc, c'est une analyse qui est faite par trois, quatre personnes. Bon.
Le Président (M. Gautrin) :
M. Bolduc.
M. Bolduc (Yvon) : Oui. Si je peux
me permettre, c'est certain qu'un dossier peut être relancé avec des éléments
nouveaux, on en convient.
Maltais : Oui, des
nouvelles données, des…
Le Président (M. Gautrin) :
Je vous remercie. Le temps est écoulé actuellement.
Maltais : On
reviendra.
Le Président (M. Gautrin) :
On reviendra. Je crois qu'on a le député de...
Le Président (M. Gautrin) :
Non, non, mais, écoutez, on a amplement le temps pour vider toutes les
questions. M. le député de Chomedey.
Ouellette :
Merci, M. le Président. Bonne journée, messieurs. Effectivement, on entend
parler de beaucoup de choses. On a vu
certains de vous dans une autre instance dernièrement, là, puis je pense que ça
a été le cas de M. Morin. Je veux juste comprendre une chose avant d'aller
sur des choses plus particulières, là, qui nous ont été rapportées dernièrement. Dans la présentation que vous nous
avez faite, vous indiquez que les fonds locaux, c'est jusqu'à
100 000 $; les fonds régionaux, c'est jusqu'à 2 millions; et,
après ça, l'expertise sectorielle, c'est plus de 2 millions. Si on va sur le site Internet des fonds régionaux, je ne sais
pas si c'est une erreur, mais on dit dans le premier paragraphe : Les
fonds régionaux, c'est des partenaires de
choix pour des projets pouvant atteindre 3 millions de dollars. Est-ce que
c'est 3 ou 2 ou est-ce que le 2, c'est du 2 qui vient d'être changé, là?
Le Président (M. Gautrin) :
M. Morin.
M. Morin (Gaétan) : Merci. Merci, M.
le Président. Évidemment, dans certaines situations, ce n'est pas tranché au
couteau comme ça. Disons, exemple, une entreprise est partenaire avec un fonds
régional et qu'il a un besoin de
1 million supplémentaire, je veux dire, ce ne serait pas très efficace de
tout recommencer le processus que j'ai commencé à expliquer, que je
terminerai peut-être un peu plus tard, de retourner au fonds à Montréal, de
reprendre l'analyse, et tout ça. Donc, on
laisse la possibilité aux fonds régionaux d'aller jusqu'à dépasser un peu le
2 millions de dollars dans
certains cas spécifiques. Et, à ma connaissance, c'est très peu, là, hein, on
parle peut-être de sept, huit dossiers. Mais ce qu'on veut signaler aux entrepreneurs et à nos partenaires
éventuels, c'est que tout ça n'est pas tranché au couteau, et je pense que nous, on est là pour servir les
entreprises de façon efficace. Donc, je ne sais pas si ça répond à votre
question.
Le Président (M. Gautrin) :
M. le député de Chomedey.
Ouellette :
Bien, en partie, M. le Président, ça répond à ma question. Je vais peut-être
être plus précis parce qu'on va aller à Capital BLF. On est à
2 999 999,70 $. Ça me fait drôlement penser à des contrats
gouvernementaux de 24 999 $ qui
n'ont pas besoin de... qui passent en dessous du radar. Et je me dis :
Bon, est-ce que ça, ça faisait
partie d'une
exception? Parce que je vous écoutais, et les fonds régionaux, par rapport à
l'expertise sectorielle, la machine est différente, là, en partant du moment où c'est autorisé en bas de
3 millions. C'est toujours différent aussi au gouvernement quand c'est
autorisé en bas de 25 000 $ et dépassé 25 000 $.
Puis vous
allez voir où je veux en venir parce qu'on va avoir quelques questions sur
Capital BLF, parce que c'est assez particulier qu'on est à 0,30 $
du 3 millions, et là, définitivement, on change de registre et on change
de vérification, là. Ça fait que c'est pour ça que je vous demandais, en
partant du moment que votre présentation était à 2 millions, mais votre site Internet, lui, met jusqu'à 3, donc
est-ce que c'est 2 ou est-ce que c'est 3? J'ai pensé que votre
2 millions, c'était parce que c'est les changements que vous aviez amenés
en 2009.
Le Président (M. Gautrin) :
M. Bolduc.
Bolduc (Yvon) : Oui. Alors,
Capital BLF, c'est un dossier de fonds de placement immobilier, c'est un
dossier immobilier. Alors, ça, ça tombe dans
la catégorie des dossiers qui sont administrés par le fonds immobilier au Fonds
de solidarité, et ça n'a rien à voir avec les fonds régionaux. Donc, première
distinction.
Deuxième distinction, Capital BLF, c'était un
dossier qui est en similitude avec ce que nous avons fait dans le passé avec
Cominar, Cominar qui est aujourd'hui un des fonds de placement immobilier les
plus gros au Canada, le deuxième au Canada,
le plus gros au Québec.
Et on a été parmi les premiers investisseurs dans Cominar. C'est un
dossier qui a été administré, géré par le
fonds immobilier et qui a développé...
Évidemment, l'expertise d'investissement dans l'immobilier est très
particulière, et c'est pour ça qu'on a concentré les investissements dans le
domaine immobilier dans une équipe qu'à l'époque on appelait Solim, qui,
aujourd'hui, s'appelle fonds immobilier.
Je vous
rappelle qu'on a procédé à une réforme importante, une réforme corporative où
on a même implanté toutes nos façons de faire que nous avons au fonds.
Et je vous rappelle aussi qu'à l'époque le fonds immobilier avait été créé en société en commandite, ce qui était très
commun dans ce domaine-là. Pourquoi? Parce
qu'on visait à aller chercher
des partenaires, puis, quand ça a parti, le fonds immobilier, dans les années
90, vous allez vous souvenir, le secteur immobilier
était en dépression, presque. Alors, on a créé ce secteur-là pour relancer le
secteur d'activité. Et donc je pense qu'il faut comprendre
que Capital BLF, c'est un dossier qui a été géré par le fonds immobilier.
Le Président (M. Gautrin) : M.
le député de Chomedey.
Ouellette : On en
reparlera, de toute façon. Puis, effectivement, le fonds immobilier, c'est ce
que vous appeliez avant Solim, et dans la
foulée de 2009 — parce qu'effectivement vous faisiez beaucoup
référence aux événements de 2009 — et ce qui a amené des
changements de direction, etc. Mais on reviendra sur plusieurs des événements.
Je veux déjà
clarifier le tapis avec les événements de 2009, M. Arsenault. On va parler du
357 et de la rencontre avec la première ministre parce que je pense que
tous les gens qui sont en arrière de vous, là, ils sont suspendus à vos
paroles, ils veulent en avoir un peu plus relativement à ça. Dans un premier
temps, qui a initié la rencontre du 357? Et est-ce que c'est vous ou la
première ministre qui était membre au 357? Parce qu'on sait que c'est un club
privé.
Le Président (M. Gautrin) :
M. Arsenault.
Arsenault (Michel) : Je
pensais qu'on ne ferait pas de procès de personnalités puis de... mais je vais
vous répondre, monsieur. Le président de la
FTQ parle à tous les politiciens du Québec. Même vous, je vous ai rencontré
la veille de ma première élection au Hilton, ici. Vous étiez avec Tony Tomassi,
puis on a eu une petite jasette.
Arsenault (Michel) : Et ça
fait
partie de mes fonctions. Et on est inscrits, à la FTQ, à la liste des
lobbyistes, à la liste des lobbyistes, et je
parle à tout le monde. D'ailleurs, M. Dubé — Christian
Dubé se souviendra certainement — il est venu à mon bureau deux ou trois fois cette année
discuter de dossiers, puis je trouve ça correct. Mario Dumont est venu à
mon bureau. M. Charest n'est jamais
venu, lui, je ne sais pas pourquoi, mais j'allais au sien. Et j'ai rencontré,
effectivement, Mme Marois, je crois, à deux reprises, d'après la filature
auquel j'ai été victime et qu'il n'y a jamais eu d'accusation de portée, là — je vous mets ça entre parenthèses — après
que deux procureurs de la couronne ont passé là-dessus, puis ils ont décidé qu'il n'y avait rien là, et qu'on
publie, là, à la grandeur du Québec tous les jours. Je pense que c'est une
injustice grave, quant à moi, là, mais ça, c'est une autre histoire.
Mais j'ai
rencontré Mme Marois pour parler de politique, comme je rencontre les libéraux quand ils sont
dans l'opposition et la CAQ. Là, on m'a dit... certains journaux disent que je
prévoyais, à ce moment-là, que Mme Marois serait
la première ministre un jour en 2009. Quand j'ai lu ça, ça m'a tenté
d'aller appliquer chez Léger Marketing à ma retraite. Je pense que je
serais probablement le meilleur sondeur au Québec, quelqu'un qui a pu prévoir
en 2009 que Mme Marois serait la première ministre en 2012 après tout ce qui s'est
passé. Oui, je l'ai rencontrée à deux reprises pour parler des visions politiques de la FTQ au niveau du Code du travail, au
niveau de la législation. Puis ça, ça fait partie, M. Ouellette, de
mes responsabilités, comme président de la FTQ, de rencontrer des politiciens.
Et on est inscrits à la liste lobbying — je ne sais pas comment ça s'appelle — et je suis convaincu que mon successeur va faire
pareil aussi, ça fait
partie de mon travail.
Le Président (M. Gautrin) : Je
vous remercie. M. le député de Chomedey…
Ouellette : Mais, en réponse à ma question,
M. Arsenault, est-ce que c'est vous ou Mme la première ministre qui est membre au 357?
M. Arsenault (Michel) : Le Fonds de
solidarité a un membership au 357.
Président (M. Gautrin) : Merci. M. le député de Chomedey, vous avez encore des questions?
Il vous reste une minute.
Ouellette : L'autre question que j'ai à vous poser, vous me dites que c'est
une rencontre personnelle, il y
avait seulement qu'elle et vous, pourquoi ça
n'a pas eu lieu à votre bureau ou au bureau de fonction de Mme la première ministre?
Arsenault (Michel) : Je ne
me souviens pas, là, c'est en 2009. C'est soit elle ou moi, on s'était invités
à dîner, un et l'autre. Probablement
que l'agenda… Je suis assez occupé, moi aussi, hein, puis mes dîners ne sont jamais
des dîners de plaisir, là. Je dîne, c'est souvent des dîners reliés à mon
travail.
Le Président (M. Gautrin) :
Je vous remercie. Il reste 30…
Arsenault (Michel) :
...collègue aussi, M. Paradis, il y a plusieurs années. J'ai déjà
soupé avec votre collègue au Dauphin, à Drummondville, M. Paradis, mais
je ne pense pas que c'est un crime.
Le Président (M. Gautrin) :
Mais moi, je n'ai pas été invité.
M. Arsenault (Michel) : C'était
agréable, à part de ça.
Le Président (M. Gautrin) :
Bon. Mme la ministre, pour encore un nouveau bloc de 10 minutes.
Maltais : On va
revenir, M. le Président, à des questions qui concernent le mandat de la commission
parlementaire de façon un peu plus précise. On était en train de discuter de la façon
dont les dossiers circulent à travers… Donc,
sans aller trop dans les détails, je
comprends que les dossiers sont
souvent trouvés, découverts, amenés par des maires, ce que nous disait tout à l'heure le président du
fonds, par des gens, par des investisseurs, par des gens de la FTQ
aussi, vos syndicats locaux. Ils entrent, en général, au conseil sectoriel?
M. Morin (Gaétan) : En fait, ils
entrent dans les équipes d'investissement.
Le Président (M. Gautrin) :
M. Morin.
M. Morin (Gaétan) : Pardon?
Le Président (M. Gautrin) :
Allez-y.
M. Morin
(Gaétan) : Merci. Donc,
l'initiation de l'analyse du dossier est faite... et l'analyse complète du
dossier est faite à travers des équipes de
professionnels, des comptables, des financiers, des avocats, etc., qui, eux…
leur travail, c'est vraiment de regarder l'opportunité, l'analyser, et,
si elle est probante, s'il y a un potentiel de développement d'emploi, de rendement pour nos actionnaires, là
on va se rendre jusqu'à l'instance. Mais, avant de se rendre à l'instance,
la première instance décisionnelle qui est le conseil sectoriel dont on
parlait, il y a un travail incroyable qui est fait, là. Il y a des étapes dans le
processus. On était tantôt à la première étape, qui était le déclin. Ça,
c'est facile. Quand ça dépasse nos normes ou ce n'est pas dans nos critères,
on le décline rapidement. Mais, par la suite, le dossier est analysé par des
équipes multidisciplinaires, des professionnels, une équipe de six, sept
personnes, et ça transite jusqu'au conseil sectoriel. Donc, c'est un travail, d'abord,
d'analyse financière…
Le Président (M. Gautrin) : Mme
la ministre.
Maltais : Il y a
une première recommandation de l'interne qui dit si, oui ou non, ça doit monter
au conseil sectoriel.
M. Morin (Gaétan) : Exactement.
Maltais : Et il
faut qu'il y ait une recommandation à l'effet de monter au conseil sectoriel,
et il n'y a aucune intervention du conseil d'administration, ou de la FTQ, ou
du Fonds de solidarité, du C.A. disant : Ce dossier doit monter.
M. Morin
(Gaétan) : Écoutez,
évidemment, quand un dossier… Et, peu importe la source, tout le monde pense… l'entrepreneur pense que c'est le dossier du
siècle, là, son dossier. Donc, tout
le monde est positif, et c'est là
qu'intervient le travail de nos
professionnels à l'investissement pour regarder, analyser, tamiser la
multitude, les centaines de dossiers, pour, éventuellement, n'en amener
que quelques-uns au conseil sectoriel, premier droit de veto. Et, par la suite,
s'il est approuvé, pour les dossiers de 5 millions de dollars et plus, on se rend au conseil d'administration. Et là je vous fais fi de tous les
processus à l'investissement, mais il y a une séquence.
Maltais : On ne
veut pas entrer dans des détails. Ce que je veux…
Le Président (M. Gautrin) : Mme
la ministre.
Maltais :
… — merci — comprendre,
c'est les pare-feux, où sont les pare-feux. Donc, vous dites que, dès le
départ, il y a une analyse entièrement indépendante de ce que j'appellerai le politique,
c'est-à-dire le conseil d'administration à l'interne, et que, suite à une
recommandation positive seulement, ça va remonter au comité sectoriel. Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas
avoir un échange, je pense, avec l'entreprise pour dire : Raffinez
votre dossier, ça ne se peut pas, mais il y a d'abord
une recommandation qui monte au comité sectoriel. Ensuite, quand le
dossier est analysé par le comité sectoriel,
est-ce qu'il y a là recommandation avant qu'il passe à une
autre étape? Est-ce qu'il faut
qu'il y ait une recommandation positive pour traverser à une autre étape?
M. Morin (Gaétan) : Tout à fait. Le conseil
sectoriel, pour qu'un dossier de 5 millions de… En fait, le conseil
sectoriel peut approuver sur le champ un
dossier si le montant est de moins de 5 millions
de dollars. Donc, à ce moment-là, le conseil d'administration du Fonds de solidarité ne le voit même pas,
premièrement. Deuxièmement, si le dossier dépasse le 5 millions
de dollars, il doit être approuvé par
le conseil sectoriel pour pouvoir poursuivre son cheminement vers le conseil
d'administration. S'il n'est pas approuvé, ça stoppe là. C'est le droit de
veto, à ce moment-là, qui s'applique.
Le Président (M.
Gautrin) : M. Bolduc, vous voulez… complément?
M. Bolduc (Yvon) : Seulement en complément, je rappelle que le conseil sectoriel est
composé d'une majorité de membres indépendants, hein, indépendants à la
fois de la FTQ et du Fonds de solidarité, ce qui renforce... C'est un deuxième pare-feu, si on peut dire, qui vient
renforcer notre gouvernance. Et ça, avec un droit de veto puis avec une
majorité d'indépendants, on estime qu'on a vraiment mis en place une façon
solide de renforcer la gouvernance au fonds et d'amener un équilibre par rapport à la majorité d'administrateurs qu'il
y a au conseil d'administration du Fonds de solidarité.
Le Président (M.
Gautrin) : Mme la ministre.
Maltais : Je voudrais comprendre. Ces conseils sectoriels,
est-ce qu'ils ont été mis en place en 2009 ou si ça existait avant? Sous
quelle forme si ça existait avant?
Le Président (M.
Gautrin) : M. Morin.
M. Morin
(Gaétan) : En fait, il y a eu deux vagues, mais ils existaient avant.
En 2009, par contre, il y a eu la création
d'un dernier conseil sectoriel qui est le conseil sectoriel traditionnel. Parce
qu'il faut comprendre qu'auparavant ces dossiers-là étaient regardés par le comité exécutif. Donc, en 2009, on a
instauré le principe que la majorité était de l'externe, donc indépendante du fonds et de la FTQ. Et,
deuxièmement, c'est qu'on a pris les dossiers qui étaient autrefois
regardés par le comité exécutif, on a créé
le conseil sectoriel de façon à ce que tous les dossiers passent par un niveau,
une barrière composée majoritairement d'indépendants.
Le Président (M.
Gautrin) : Mme la ministre.
M. Arsenault
(Michel) : Je voudrais rajouter de quoi à ça, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Gautrin) : M. Arsenault.
M. Arsenault (Michel) : Un changement important qu'on a fait également,
Mme la ministre, en 2009, c'est le conseil d'administration de Solim qui
est devenu le… Aidez-moi, quelqu'un…
Une voix :
Le fonds immobilier.
M. Arsenault
(Michel) : Le fonds immobilier du Fonds de solidarité. À la Solim, on
est allé chercher, effectivement, comme M. Morin l'a dit, une majorité d'externes.
Et, deuxièmement, par souci d'apparence de bonne gouvernance, avec toutes les allégations qu'il y avait chez un de nos
affiliés, la FTQ-Construction, il n'y a plus personne de la
FTQ-Construction qui siège sur le fonds immobilier du Fonds de solidarité de la
FTQ depuis 2009.
Le Président (M.
Gautrin) : Mme la ministre.
Maltais : Puisqu'on est dans ce type de précision, est-ce
qu'il y a quelqu'un de la FTQ-Construction qui siège dans quelque autre
conseil sectoriel que ce soit ou…
Le Président (M.
Gautrin) : M. Arsenault.
M. Arsenault
(Michel) : Non. Il faudrait que je vérifie, je dis… La seule personne
à la FTQ-Construction, c'est le directeur
général de la FTQ-Construction qui siège au conseil d'administration du Fonds
de solidarité. Mais Yves Ouellet
siège également sur le conseil d'administration de la CSST, il a été nommé aux
deux endroits en même temps. Et vous
savez très bien que, lorsqu'on siège au conseil d'administration de la CSST, il
y a, à ce moment-là, une vérification faite par la protection civile… Je
ne me souviens pas, là, pas le ministère de la Justice…
M. Arsenault
(Michel) : Sécurité publique, et les gens, chez nous comme partout,
qui siègent sur le conseil d'administration de la CSST ont le O.K. de la
Sécurité publique.
Le Président (M. Gautrin) :
Mme la ministre, une minute.
Maltais :
Alors, je comprends qu'il y a un droit de veto au conseil sectoriel et que les
membres du conseil d'administration ne sont pas… Est-ce que les membres
du conseil d'administration sont avisés des dossiers qui sont rendus au conseil
sectoriel?
Le Président (M. Gautrin) :
M. Arsenault.
Arsenault (Michel) : On est
avisés s'ils se rendent au conseil d'administration. S'ils sont bloqués au
conseil sectoriel, on n'est pas
nécessairement avisés. Mais c'est sûr, je vais être franc avec vous comme
toujours, si, à un moment donné, je demanderais, par exemple, à Gaétan
Morin ou à Yvon de regarder un dossier parce qu'on est en train de perdre 200
emplois en Gaspésie, puis il regarde ça, puis là il est bloqué au conseil
sectoriel, M. Morin, M. Bolduc vont
m'envoyer un court courriel ou parfois on peut avoir une réunion, puis ils vont
dire : Bien, le dossier ne passe pas, puis pour des raisons économiques, puis voici les raisons, puis ça finit
là. On ne peut pas l'emmener au conseil d'administration s'il ne passe
pas au conseil sectoriel.
Le Président (M. Gautrin) :
Mme la ministre, 1 min 30 s.
Maltais : Merci. À
côté de ça, je regarde votre organigramme, toujours en page 7, il y a un comité
d'évaluation. J'aimerais comprendre le lien, le rôle du comité d'évaluation
versus les décisions qui sont prises par les conseils sectoriels ou par le
fonds immobilier. Quel est le rôle de ce comité d'évaluation? Est-ce qu'il peut
avoir un veto sur les autres décisions? Est-ce qu'il a un regard sur les
décisions du comité sectoriel? C'est quoi, son rôle?
Le Président (M. Gautrin) :
M. Tremblay.
M. Tremblay (Mario) : Oui. Alors, le
comité d'évaluation n'est pas du tout impliqué dans les décisions d'investissement,
c'est un nouveau comité que l'AMF nous a exigé, comme je le disais, à CRCD et à
Fondaction également. Le rôle de ce
comité-là… Il n'y a que des externes, ça doit être des spécialistes
en évaluation. Vous savez, au Fonds de solidarité, on a des centaines d'entreprises, beaucoup d'entreprises privées. Contrairement à une entreprise
qui est cotée à la bourse, où on sait le soir même la valeur de l'action, dans
une entreprise privée c'est difficile de savoir la valeur d'une entreprise à un jour x. Deux fois par année, nous, on ferme
les livres, on évalue l'ensemble de nos actifs Et c'est crucial d'accorder
la bonne valeur à ces placements privés là parce que c'est lié à la valeur de l'action.
Alors, l'AMF
a exigé la création d'un comité qui révise le processus. Ce comité là
d'externes — et, d'ailleurs M. Michel Nadeau, un grand spécialiste de
gouvernance, siège sur ce comité-là, je tiens à le mentionner — doit s'assurer que le processus a été respecté. Tout ça est inclus
dans un document, un règlement émis par l'AMF qui s'appelle Le
règlement d'information continue des fonds en capital de développement ,
dont nous, Fondaction, et CRCD. Mais, encore
une fois, ce comité-là ne touche à aucune décision d'investissement, il
s'assure que nos évaluateurs ont fait un bon travail, ont été libres dans l'évaluation qu'ils ont donnée de chaque
dossier. Ils s'assurent également que les méthodes, c'est des méthodes d'évaluation
internationalement reconnues. Et je pense que ça a été un ajout extrêmement
intéressant pour nous que l'AMF nous a demandé il y a quelques années.
Président (M. Gautrin) : Votre temps est écoulé, Mme la
ministre. M. le député de Lévis, c'est le moment de votre bloc.
M. Dubé : Oui, merci. Alors,
je vais profiter de ces quelques minutes, M. le Président.
Le Président (M. Gautrin) :
…un bloc de 10 minutes, comme les autres.
M. Dubé :
Oui. Alors, je voudrais, premièrement... M. Bolduc ou peut-être M. Morin, vous
avez dit tout à l'heure qu'il y a à
peu près 450 dossiers qui rentrent dans le filtre, il y en a peut-être 150 qui
vont voyager plus loin. Pouvez-vous me
dire, à peu près, parce que j'ai essayé de regarder dans vos documents, la
portion de ceux qui sont moins de 5 millions et plus de 5 millions? Est-ce qu'on parle de 30
dossiers de 5 millions et plus? Juste me donner un ordre de grandeur
parce qu'après ça je voudrais parler peut-être de gouvernance dans les deux
types de dossiers.
M. Morin (Gaétan) : Dans une année
typique, prenons une année typique, là, à peu près — puis ça va probablement
répondre à votre question — je
dirais, entre 35 % et 45 % des dossiers sont autorisés par les
conseils sectoriels, donc ont moins de 5 millions de dollars. Donc, la
balance se rend au conseil d'administration.
M. Dubé : Ça fait combien de
dossiers qu'on parle, là? 150 dossiers, 35 %, ça ferait à peu près 50?
M. Morin (Gaétan) : Et là je parle
uniquement pour le fonds de...
Président (M. Gautrin) : M. Morin.
M. Morin
(Gaétan) : Pardon.
Le Président (M.
Gautrin) : Non, non, allez-y. J'essaie de montrer que j'existe,
simplement.
M. Bolduc
(Yvon) Prends ton temps.
M. Morin (Gaétan) :
Mon temps est limité, donc je veux en profiter.
M. Dubé :
Le mien aussi. Allez-y, allez-y.
M. Morin
(Gaétan) : Donc, je parle uniquement du Fonds de solidarité, on parle
d'à peu près 25 entreprises qui sont autorisées par les conseils sectoriels.
Pour ce qui est des fonds régionaux — et on parle d'investissements
de moins de 2 millions de dollars — la totalité...
Le Président (M.
Gautrin) : M. le député de Lévis.
M. Dubé :
Merci, M. le Président. Donc, rapidement, il y a à peu près 25 dossiers qui
vont rester aux comités sectoriels, qui ne
se rendront jamais au conseil d'administration parce qu'ils n'ont pas cette
taille-là maintenant. Avant, c'était 3 millions. Là, maintenant, c'est
rendu 5 millions. Ça, c'est un des changements de 2009.
Bon, maintenant,
parlons de ceux de 5 millions et moins. Dans les cas des 5 millions
et moins, vous avez des principes que vous
avez expliqués. Puis j'ai passé beaucoup de temps à regarder votre rapport, là,
qui inclut le développement durable,
un de vos principes, ce sont les gens qui sont indépendants. Parce que vous le
dites, hein, ça prend des gens qui
sont indépendants, une majorité d'indépendants sur les différents comités. Ce
qui me surprend un peu, c'est comment
vous définissez vos indépendants. Parce que vous savez qu'il y a des principes,
et c'est ça qu'on veut respecter et
discuter avec vous par la suite, surtout avec votre comité spécial, il faut…
Est-ce qu'un indépendant, c'est un ancien employé du fonds? Est-ce qu'il
y a de la rotation pour que ces gens-là puissent se qualifier comme
indépendants? Combien de temps ils restent?
Laissez-moi
vous donner des exemples. Vous avez, par exemple, des gens qui sont des anciens
employés du fonds comme Mme Josée Morin, par exemple, ou M. Labrèche,
est-ce qu'ils sont indiqués comme des employés qui sont des anciens employés du fonds, et ces gens-là, aujourd'hui, se
qualifient comme des indépendants? Je me permets de vous le demander.
Puis, où j'ai un petit peu de misère — puis je veux être bien clair
dans ma demande — il
y a même une personne qui s'appelle Pierre
Laflamme, qui est un actionnaire de BLF, dont on a parlé tout à l'heure, il a
750 000 actions dans BLF. Alors
là, je commence à me demander... Puis lui, il est sur le comité d'évaluation
dont on a parlé tout à l'heure. Alors, je veux bien que vous m'expliquiez
qu'est-ce que c'est, votre définition de «personne indépendante»?
Le Président (M.
Gautrin) : M. Tremblay.
M. Tremblay (Mario) : Grosso modo, on utilise à peu près les mêmes définitions
d'«indépendant» qu'il y a en valeurs mobilières. Là, je tiens à
préciser...
M. Dubé :
C'est l'indépendance par rapport au Fonds de solidarité?
M. Tremblay
(Mario) : Oui, indépendant par rapport au fonds, indépendant par
rapport la à FTQ.
M. Dubé : Alors, est-ce qu'un ancien employé de la FTQ ou du Fonds
de solidarité se qualifie comme indépendant?
M. Tremblay (Mario) : Alors, j'imagine que vous connaissez le concept, qu'on dit en anglais,
de «cooling-off period»?
M. Tremblay
(Mario) : À la Caisse de dépôt, par exemple, c'est trois ans.
M. Tremblay (Mario) : Bon. Alors, M. Laflamme a été employé, il y a, je
pense, une vingtaine d'années. Alors, si…
M. Dubé :
Il a été à la SGF avec M. Blanchet, etc., oui.
M. Tremblay (Mario) : Et, s'il y a
conflit d'intérêts, s'il y a conflit d'intérêts, comme toute entreprise, il doit se retirer du dossier, il ne peut se
prononcer. Alors, si, dans le cas du… D'ailleurs, BLF ne passerait pas — je tiens à vous
souligner — au
comité d'évaluation parce que j'ai parlé de placements privés. Alors, BLF,
puisque c'est une compagnie publique, ce monsieur-là n'aurait jamais eu à se
prononcer sur le dossier.
M. Dubé : Alors, ce que…
Le Président (M. Gautrin) :
Attendez, M. le député de Lévis, il y a M. Bolduc qui voudrait donner un complément
d'information.
M. Bolduc
(Yvon) : Dans le cas de M.
Laflamme, il fait
partie du comité d'évaluation, et BLF, je vous le
rappelle, c'est une société cotée en bourse. Donc, il n'y a absolument aucun
rapport. Ce n'est pas pertinent pour lui dans son travail parce que la responsabilité du comité d'évaluation, c'est de
s'assurer que les entreprises dans lesquelles on a investi qui sont non cotées, qui sont privées, que les
évaluations sont bien faites. C'est ça, son rôle. Et j'en reviens à M.
Labrèche, Denis Labrèche, et Josée Morin, à ma connaissance ce ne sont pas d'anciens
employés du fonds.
Le Président (M. Gautrin) :
M. le député de Lévis.
M. Arsenault (Michel) : …pas, vous l'avez
affirmé.
M. Dubé : Alors, ce que je
vous dis, ce que je vous dis, quelles sont vos définitions… Je m'excuse, je
parle à M. Bolduc, s'il vous plaît, là.
C'est M. Bolduc qui gère le Fonds de solidarité. Alors, ma question est très
claire : Est-ce que les règles,
les principes d'indépendance, les principes de rotation, le principe de tout ce
qu'on va discuter en termes de gouvernance…
Est-ce que vous appliquez — parce qu'on va voir l'AMF ce soir — les bonnes… saines de gestion au
niveau de l'indépendance des membres des comités?
Parce que, si
le premier filtre… Je vous donne un deuxième exemple. Tous vos présidents de
comités sont des membres de la FTQ.
Moi, je pense qu'en règles de gouvernance un président de comité, même à la
FTQ, c'est bien marqué dans vos documents, ici... Moi, je ne pense pas
que ça respecte les bonnes règles de gouvernance. Alors, il va falloir discuter clairement, les règles de gouvernance que
vous dites que vous avez mises en place en 2009, est-ce qu'elles sont
encore valides aujourd'hui selon l'AMF et la discussion qu'on aura ce soir. Moi,
je vous dis, un président — puis
je veux avoir votre opinion — de comité sectoriel qui est membre de la
FTQ… je peux vous dire que ce n'est pas très fort. Je veux savoir ce que
vous, vous en pensez.
Le Président (M. Gautrin) :
M. Arsenault, comme président.
M. Arsenault (Michel) : Bien, moi, j'aimerais
qu'on aille avec précision. Vous savez…
Une voix : ...question à vous
poser...
M. Arsenault (Michel) : Est-ce que c'est
vous qui présidez, M. Gautrin ou pas?
Le Président
(M. Gautrin) : M. le député, je suis désolé, nous avons des
invités. C'est comme les questions en Chambre, il choisit ce qu'il veut
répondre à vos questions.
M. Dubé : Je veux juste... je
veux juste...
Arsenault (Michel) : Non,
mais c'est parce que vous dites des faussetés. M. Labrecque, ce n'est pas un
ancien employé du fonds…
Le Président (M. Gautrin) :
Monsieur…
Le Président (M. Gautrin) :
Attendez un instant. Écoutez, je vais essayer de reprendre en main la…
Premièrement, on ne dit pas «des faussetés», on prend…
M. Dubé : …M. le Président...
Le Président (M. Gautrin) :
Allez-y, mais il faut respecter quand même…
M. Dubé :
…va répondre à ma question. Est-ce que, dans les nouvelles règles qui vont être mises par le comité qu'ils
viennent de mettre en place, on va tenir compte des bonnes pratiques de gestion
en termes de gouvernance, comme j'ai parlé, que les employés soient réellement…
La réponse, c'est oui ou non.
Bédard :
M. le Président, sur la façon de
procéder, question de règlement, c'est important.
Parce qu'on est ici, en commission,
il y a des invités, il y a des règles. Et, quand on fait des affirmations, les gens, effectivement, ont l'occasion
de les corriger. Donc, la recommandation que je ferais à
mes collègues, avant de faire une affirmation qui n'est pas conforme à la
vérité, je les invite à être précis dans leurs commentaires et plutôt de
chercher, à travers les questions, à obtenir
de l'information plutôt que de faire des affirmations. Ça va
aider tout le monde, puis ça va éviter la situation dans laquelle on
se retrouve actuellement.
Le Président (M. Gautrin) :
On ne comptera pas votre temps dans ce sens-là, mais on s'entend là-dessus, on va essayer quand même de reprendre la question.
Laissez-moi un instant avant de reprendre ça en main. Vous savez…
Maintenant,
est-ce que, M. Bolduc, sur la question des indépendants, vous voulez faire… M.
Arsenault, vous voulez…
Arsenault (Michel) :
J'aurais juste un point d'information, M. le Président, parce que, j'imagine,
c'est vous qui présidez, est-ce que ce sont…
Le Président (M. Gautrin) :
...puis je vais rester président jusqu'à ce soir.
M. Arsenault (Michel) : Excellent.
Est-ce que ce sont les députés qui décident qui répond aux questions?
Le Président (M. Gautrin) :
Absolument pas, c'est que j'ai dit tout à l'heure.
M. Arsenault (Michel) : O.K. Merci.
Président (M. Gautrin) : Et je dis : Absolument pas. On a un
groupe d'invités, vous êtes actuellement… À l'heure actuelle, je veux
être très clair là-dessus, la FTQ et le Fonds de solidarité sont ici, et vous
avez la liberté de choisir qui répond aux questions
comme étant la meilleure personne pour le faire. D'ailleurs, si vous remarquez,
à chaque fois je regarde qui vous
choisissez comme étant la personne pour répondre à la question qui est
soulevée. Ça marche?
M. Dubé : Merci. Je vais
continuer mes questions. Alors, dans le premier bloc, ce que je vous ai
demandé, le bloc de 5 millions et
moins, je veux être certain que les principes de gouvernance, les exemples que je vous ai donnés... Vous me dites
que vous allez être ouverts à ça avec votre comité.
Pour les plus
grands, pour les plus grands montants, les montants de 5 millions et plus, on a dit tantôt, peut-être
qu'il y avait une centaine de dossiers qui vont... Si je prends votre règle, là, de peut-être
25 qui sont en dessous, il y
en a combien? Combien?
Le Président (M. Gautrin) : Est-ce
que c'est M. Morin qui répond?
M. Morin (Gaétan) : Je vais
répondre...
Le Président (M. Gautrin) :
M. Morin.
M. Morin (Gaétan) : ...précisément à
la question, puis je vais donner la parole à M. Bolduc par la suite. Comme je
disais tantôt, 450 opportunités, 150 analyses, 50 dossiers autorisés,
finalement. À peu près entre 35 % et 40 % — ça, ça veut dire 20, 25 — sont stoppés et autorisés au conseil
sectoriel. Ce qui reste, ils ne vont pas au conseil. Ce qui reste, donc
pas une centaine, on parle de 20, 25 dossiers, aussi, qui sont acheminés au
conseil d'administration.
M. Dubé : C'est très clair.
Merci beaucoup. Donc, pour ces dossiers-là, vous savez aussi que les règles des
meilleures pratiques… Hein, M. Bolduc, vous
le savez, avec le conseil, habituellement on essaie d'avoir un plus
grand nombre de personnes indépendantes sur
les conseils, on…Par exemple, dans votre cas, vous avez quatre
indépendants sur votre conseil dans la règle d'indépendance telle que définie.
C'est bien ça, quatre sur 17? C'est bien ça dans la loi actuellement?
M. Dubé : Bon. Alors, est-ce que
vous seriez ouverts à ce qu'il y ait un plus grand nombre de personnes
indépendantes qui soient sur le conseil? Est-ce que vous seriez ouverts, par
exemple, à une suggestion qu'on pourrait faire
où le président de la FTQ ne puisse pas être président du conseil? Les
meilleures pratiques qui sont dans les types d'investissement, est-ce que vous allez être ouverts à accepter de
nouvelles pratiques au cours des prochaines semaines, tel qu'il va
peut-être vous être recommandé et comme M. Nadeau, dans son
article des
derniers jours, a suggéré qu'il allait faire? Alors, est-ce que vous êtes
ouverts...
Le Président (M. Gautrin) :
Qui veut répondre? M. Bolduc veut répondre.
M. Bolduc
(Yvon) : En première partie,
je vais répondre. En deuxième partie, M. Arsenault va répondre. Alors,
moi, je pense que c'est important de comprendre — c'est pour ça qu'on
est ici — c'est
que la gouvernance, ce n'est pas juste le conseil d'administration. Je pense
que c'est important de remettre en perspective tous les pare-feux que nous
avons mis en place pour assurer un juste équilibre entre… Oui, d'une part, il y
a un contrôle, il y a une majorité par la FTQ au conseil, mais qui est contrebalancée
par notre processus de décision et le cheminement des dossiers. Un dossier qui ne serait pas acceptable ne pourrait
pas monter au conseil. Et ça, c'est important de le rappeler, et c'est
comme ça qu'on a trouvé... Il y a bien des
manières d'aller à Rome. On arrive aux mêmes fins que vous visez, mais on le
fait de façon différente. Et j'aimerais laisser M. Arsenault compléter.
Le Président (M. Gautrin) :
M. Arsenault, en complément de réponse.
Arsenault (Michel) :
Écoutez, j'aimerais répondre de la façon suivante à M. Dubé. Dans un premier
temps, je vous ai dit que le conseil exécutif — lors de ma présentation
initiale — qui
est composé d'une majorité d'externes, a démontré...
On a eu une réunion — je
participe à ça, mais je suis minoritaire au niveau de la FTQ et du fonds — et ces gens-là nous ont dit :
Écoutez, nous autres, on voudrait amener au prochain conseil d'administration
une résolution nous mandatant de regarder
l'ensemble des règles de bonne gouvernance du fonds, la représentativité, etc.,
et on s'allierait des spécialistes en gouvernance avec nous autres, et
moi, je crois que le conseil d'administration va agréer à ça. Donc, c'est là où
on s'en va dans l'immédiat.
Dans un
deuxième temps, j'aimerais vous dire que, vous savez, être syndicaliste, ce
n'est pas avoir la gale, hein? Et moi,
je pense qu'on est capables d'avoir des bons jugements puis gérer une
institution financière ou participer à la gestion d'une institution
financière comme conseil d'administration. Et, d'ailleurs, on a fait nos
preuves. On a fait nos preuves, vous avez
entendu les rendements que M. Godbout... M. Godbout… M. Bolduc, pardonnez-moi,
nous a dits au début. Et, ce matin...
Le Président (M. Gautrin) :
...en arrière.
Arsenault (Michel) : …dans Le Devoir ,
Mme Josée Boileau dit ceci : «...il faut admettre que la
représentation syndicale assure le respect de valeurs autres que [la
spéculation], ce qui différencie [ce] fonds des banques...» C'est ça que Mme Boileau dit. Et je peux vous dire, moi,
l'an passé, la Banque HSBC a payé 1,9 milliard d'amende pour avoir
blanchi de l'argent.
Le Président (M. Gautrin) :
Mais, brièvement, parce que vous avez déjà dépassé votre temps de loin...
M. Dubé :
En fait, monsieur... Merci. Parce que, comme vous pouvez constater, je n'ai pas
beaucoup de temps, j'aurais peut-être une question pour...
Le Président (M. Gautrin) :
...un autre bloc.
M. Dubé : Oui, ce soir. Ce
que je vous demande… C'est qu'en fait la FTQ, elle a mis au monde le Fonds de solidarité. Est-ce que vous pensez qu'après 30 ans
ce n'est pas un peu le temps de le laisser voler de ses propres ailes et
que les règles de gouvernance pourraient tenir compte de ça?
Le Président (M. Gautrin) :
Monsieur... Et c'est terminé sur ce bloc-là. M. Arsenault.
M. Arsenault (Michel) : Encore une
fois, on va regarder ça avec le comité exécutif, qui est composé d'une majorité externe à la FTQ et au Fonds de
solidarité, et on va se faire aviser.
Je ne sais pas si c'est du bon français. En tout cas, on va rencontrer des
gens, des spécialistes en bonne gouvernance, puis on va regarder ça dans son
tout. Mais n'oubliez jamais une chose, 60 % de nos actionnaires sont des syndiqués, et le travail se fait
bénévolement par des gens de la FTQ. Dans tous les lieux de travail au
Québec, on a des responsables locaux qui font la promotion du Fonds de
solidarité. Et, encore une fois, ça crée
chez nous, les syndicalistes, une double imputabilité parce que, si tu veux
vivre dans ton syndicat puis tu es sur le conseil d'administration du
fonds, il faut qu'il y ait du rendement, et, en même temps, il faut qu'il crée
de l'emploi.
Le Fonds de
solidarité, les 30 dernières années, c'est un «success story». Et nos amis de
l'Ontario disent : «Ain't broken? Don't fix it.» Ça fait qu'on va y
penser deux fois.
Le Président (M. Gautrin) :
Merci. M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis :
Oui. Je vais reprendre où vous avez laissé, M. Arsenault. Vous avez parlé
d'emploi et de rendement. Vous en
aviez parlé au tout début, vous venez d'en reparler. Ça semble être les deux
pistons de décision comme tels et de motivation
du fonds. Moi, je veux revenir sur le dossier qui a fait l'objet de l'émission Enquête,
là, où Claude Blanchet est mentionné, puis il y a toutes sortes d'allégations
dans le dossier, puis je vais tenter de le simplifier. Puis je vais commencer avec les paroles du porte-parole du
Fonds de solidarité qui a dit : Si le Fonds de solidarité a investi, c'est
que l'analyse démontre que c'était un dossier qui atteignait les objectifs du
fonds en matière de développement économique, que l'analyse financière et
légale du dossier a conclu qu'il s'agissait d'un bon investissement et que les instances ont accepté cet investissement. Ma
question c'est : Quelles sont les instances qui ont accepté cet
investissement, en débutant?
Le Président (M. Gautrin) :
M. Arsenault.
Arsenault (Michel) : Avant que M. Bolduc réponde à ça, vous dites, M.
Paradis, avec raison qu'on est obnubilés par l'emploi puis le rendement, mais
il y a un…
M. Arsenault (Michel) : Non, non, puis on est d'accord. On est souvent
d'accord, nous autres. Il y a une autre mission importante du fonds que je pense qu'on est rendu qu'il faut que
je vous parle, aller sur le fond de votre question, c'est la formation
économique. Lorsque j'ai commencé, moi, comme jeune syndicaliste, puis M.
Paradis était jeune député, au Québec on avait le plus haut taux de conflits de
travail au Canada. Vrai ou faux? Le plus haut taux…
Paradis :
…ministre du Travail…
M. Arsenault (Michel) : Oui. C'est vrai, on vous en doit une là-dessus.
Et qu'est-ce qu'on a fait? Vous savez, les syndicalistes de ma
génération, quand j'ai commencé, moi, à être porte-parole aux tables de
négociation, on disait à nos gens dans la
salle du syndicat : Il y a deux sets de livres : un pour le syndicat
puis un pour les actionnaires, puis la compagnie
veut toujours nous fourrer, puis c'était ça. C'était malheureux, mais c'était
ça. Et, lorsqu'on a créé le Fonds de solidarité,
le gouvernement de l'époque a décidé de lui donner une troisième mission qu'on
appelle la formation économique, et on forme nos recruteurs locaux, on
forme également nos militants, nos…
Paradis :
...je m'excuse, vous avez complètement raison sur… Je m'excuse de ne pas… mais
j'y adhère complètement. Mais ma question, c'est : Quelles instances ont
approuvé le dossier, là?
M. Arsenault (Michel) : …mais ce n'est pas un facteur négligeable dans
les saines relations de travail qu'on a au Québec aujourd'hui…
Paradis :
Non, non…
Le Président (M.
Gautrin) : Vous permettez, là…
M. Arsenault (Michel) : …et c'est grâce à cette formation économique là
où, maintenant, nos gens sont capables de
lire un bilan financier, comprendre dans quel secteur économique qu'un
employeur travaille, comprendre c'est quoi, la concurrence, etc.
Paradis :
M. le Président...
Le Président (M.
Gautrin) : Mais attendez un instant, je sais que M. Bolduc va
apporter le complément de réponse que vous cherchez.
Paradis : M. Laberge a déjà commencé une réponse à une de
mes questions, puis je suis sûr qu'il ne l'a pas encore finie.
Le Président (M.
Gautrin) : Taisez-vous.
Paradis :
Belle imitation, là, mais ça ne répond pas à la question...
Le Président (M.
Gautrin) : Mais… M. le président...
M. Bolduc (Yvon) : Le dossier BLF comme j'expliquais tantôt, c'est un dossier de nature
immobilière, et c'est dans la
stratégie du fonds immobilier d'encourager le développement immobilier de
quelque nature que ce soit au Québec. Et les fonds de placement
immobilier, c'est un véhicule extrêmement intéressant. Je faisais référence à
Cominar qui est devenu, au fil des années après un premier investissement où le
fonds a investi, a aidé ces entreprises-là...
Le Président (M.
Gautrin) : Attendez un instant. Oui, monsieur, il essaie de…
M. Bolduc
(Yvon) : Donc, la réponse, c'est que c'est le fonds immobilier…
Le Président (M.
Gautrin) : …monsieur, il va répondre là. Je n'interromprai pas
notre invité.
M. Bolduc (Yvon) : …c'est le fonds immobilier qui gère et qui a fait l'investissement. Et
je rajouterais aussi…
Paradis :
Donc, c'est le fonds immobilier. Ça va, ça me satisfait, M. le Président.
Le Président (M.
Gautrin) : Ça va pour vous?
M. Bolduc (Yvon) : Bien, je rajouterai peut-être un complément,
c'est qu'on parle beaucoup de ce dossier-là, mais, il y a un mois, hein, exactement, le 7 octobre 2013, La Presse ,
avec des spécialistes, a fait une recommandation pour traiter des différents titres boursiers qui
étaient des titres qui étaient extrêmement intéressants dans lesquels investir, et ils faisaient des recommandations,
et le
titre de BLF a été mentionné par Richard Dufour dans cet article-là.
Donc…
Le Président (M.
Gautrin) : Bon. Monsieur le...
Le Président (M.
Gautrin) : Ça va? Attendez, il y a M. Arsenault qui veut
intervenir.
M. Arsenault
(Michel) : Dans ce dossier-là, M. le Président…
Le Président (M. Gautrin) : Bien, vous me permettez, M.
le député de… M. Arsenault, actuellement, brièvement...
M. Arsenault
(Michel) : Dans ce dossier-là, j'aimerais rajouter juste ceci. Moi, je
suis d'accord avec le chroniqueur Jean
Lapierre, ancien député libéral fédéral, qui dit ceci : M. Blanchet n'a pas besoin de Mme Marois pour faire du démarchage, c'est un
homme d'affaires aguerri qui fait des affaires depuis 45 ans. Moi, je suis d'accord
avec ça.
Le Président (M.
Gautrin) : Merci. M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis : Je vais
tenter, là, de simplifier la question. On est dans l'immobilier, le prospectus du 20
mars 2008 de Capital BLF inc., dont
vous avez dû vous servir comme guide pour accepter de financer M. Blanchet ou
sa compagnie à l'époque, stipule très
clairement que c'était pour faire l'acquisition d'un
immeuble de 65 logements à Montréal dont la valeur
était estimée à quelque 5 millions
de dollars. Vous avez dû prendre connaissance dans le prospectus qu'il y
avait
déjà un financement de 3 044 000 $,
là, mais 3 millions qui avait été accordé par la Société canadienne
d'hypothèques et de logement et que la société avait pris une hypothèque de
premier rang sur ces immeubles.
Vous
avez dû analyser dans votre processus que 5 millions, c'était le prix
d'acquisition, 3 millions, la première hypothèque. Vous avez avancé un autre 3 millions, plus que ce que
ça requérait pour faire la transaction. Par la suite, le fonds comme tel
a-t-il fait de l'argent avec ce placement-là? Parce qu'on parlait d'emplois,
rentabilité, est-ce que les actionnaires du
fonds de placement ont fait, avec cette transaction-là dans laquelle vous avez
décidé d'investir 3 millions par-dessus le 3 millions garanti,
là, par la Société canadienne d'hypothèques et de logement... est-ce que ça a
été bénéfique pour les 600 000 actionnaires?
Le Président (M.
Gautrin) : M. Bolduc.
M. Bolduc (Yvon) : O.K. Alors, dans un fonds de placement immobilier… On peut prendre
Cominar comme un bon exemple, ces
fonds-là réussissent à grandir à travers des acquisitions. Oui, il pouvait y
avoir un objectif spécifique, mais le
plan d'affaires était de capitaliser suffisamment l'entreprise pour lui
permettre de faire d'autres acquisitions et d'aller dans une croissance.
Quand on fait des investissements, il ne faut pas prendre un horizon — et je
reviens même à l'article qui a été mentionné
dans La Presse — de quelques mois, on parle d'un horizon d'au moins 10 à 15 ans.
Et, si vous me demandez aujourd'hui... la valeur de l'action, aujourd'hui,
équivaut à 0,36 $, alors que nous avons investi à 0,30 $. Il y a eu des consolidations, mais je peux vous dire
que… Et, en plus, les perspectives de croissance dans cette
entreprise-là, comme je mentionnais tantôt, par les spécialistes de La
Presse recommandent l'achat du titre. Donc, ma conviction, c'est que nos
actionnaires ne perdront pas d'argent là-dedans.
Le Président (M.
Gautrin) : M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis : Est-ce que vous avez revendu par la suite
certaines des participations que vous avez prises? Est-ce que vous les
avez revendues à profit?
Le Président (M.
Gautrin) : M. Bolduc.
M. Bolduc
(Yvon) : On a revendu une
partie des actions. Et la raison pourquoi
nous avons revendu une
partie des actions, c'était pour permettre à un nouveau
gestionnaire d'entrer dans le capital-actions avec… que ce gestionnaire-là a
mis 5,4 millions de son propre argent, et ça a permis d'amener du sang
neuf, avec une expertise nouvelle et qui
fait, aujourd'hui, que nous avons la recommandation. Donc, oui, on a décidé de
vendre un peu moins cher parce que ça nous permettait d'amener de l'expertise
qui nous permettrait de faire le retour sur l'argent qu'on voulait avoir en
étant patients.
Le Président (M.
Gautrin) : M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis :
Vous m'aviez donné l'impression que vous n'aviez pas vendu à perte. Là, vous me
dites que vous avez vendu à perte, la perte était de combien?
M. Bolduc (Yvon) : Je n'ai jamais dit qu'on n'avait pas vendu à perte. Vous me demandez si
nos actionnaires font de l'argent, je vous ai dit oui. Maintenant, quand
on a vendu, cette fois-là on a vendu à perte, oui, mais en étant très conscients
qu'on faisait rentrer quelqu'un qui nous permettrait de se refaire. Et donc on
a vendu à perte par rapport à l'investissement
initial, mais on a vendu en gain par rapport au prix de l'action au moment où
on a fait la transaction. Ça fait que,
tu sais, à un moment donné, quand on veut découper des transactions comme vous
le faites là, ça vient compliqué. Je ne
pense pas que c'est l'objectif de la commission ici, là, de rentrer dans le
détail d'un dossier de moins de 3 millions.
Le Président (M.
Gautrin) : M. le député de Brome-Missisquoi.
Paradis :
Aucun découpage, je me suis fié, là, aux documents qui ont été fournis par la
compagnie. Si quelqu'un a fait du découpage,
là, c'est la compagnie comme telle. Moi, je me fie à ces renseignements-là et
je pose des questions à partir
de ces renseignements-là.
Maintenant,
j'en ai une autre, est-ce que vous avez acheté... Parce qu'il y a quelqu'un qui a fourni de l'information
à l'effet… Puis c'est la place pour la
clarifier, cette information-là. Je ne dis pas qu'elle est vraie, je dis juste
que l'information a circulé que le Fonds de solidarité aurait investi en
février 2012 41 890 $ puis que l'action valait, à ce moment-là,
0,07 $. Est-ce que c'est exact ou pas?
Le Président (M.
Gautrin) : Qui répond? M. Bolduc?
M. Bolduc
(Yvon) : Oui, il y a eu un investissement qui a été fait à ce
moment-là, mais c'était pour faire l'acquisition
d'actions qui nous a permis, à ce moment-là, de baisser le coût moyen. Puis la
raison pourquoi on a fait cette transaction-là, c'est qu'on a participé
au rachat d'un actionnaire qui avait décidé de vendre sa participation.
Le Président (M.
Gautrin) : Il reste 10 secondes.
M. Bolduc
(Yvon) : Et ça a fait en sorte que notre coût de base moyen, que notre
coût de base moyen a été ramené à la baisse.
Paradis :
Donc...
Le Président (M.
Gautrin) : Brièvement.
Paradis :
...si je comprends bien, en 2008, quand vous êtes intervenus la première fois,
l'action, vous l'avez achetée à 0,30 $, puis, en 2012, elle valait
0,07 $ quand vous en avez acheté pour 41 000 $. C'est ça?
M. Bolduc
(Yvon) : Et là, aujourd'hui, elle vaut 0,36 $.
Paradis :
Et là, aujourd'hui, elle vaut 0,36 $. C'est correct, ça va. Je veux avoir
juste le portrait.
Le Président (M.
Gautrin) : Merci. Merci beaucoup.
Une voix :
Capital patient.
Le Président (M.
Gautrin) : Alors, maintenant, je repasse la parole aux
ministériels.
Le Président (M.
Gautrin) : Alors, très bien. Alors, M. le député de Chicoutimi.
Bédard : Merci, M. le Président. Je vous avouerais qu'une
chance qu'il y a eu un reportage dimanche parce que les oppositions n'auraient pas de questions sur la
gouvernance d'un fonds de plus de 9,3 milliards. Écoutez, ça serait
triste. Jusqu'à maintenant, on a des
questions sur des coquilles sur le site Web; qui est membre du club; après ça,
un exercice plutôt laborieux au
niveau financier. Je pense qu'on ne peut pas s'improviser dans ces domaines.
Puis ce qui intéresse les Québécois actuellement, les gens du fonds, les
travailleurs, les cotiseurs, c'est la gouvernance, et ça fait seulement démontrer, effectivement, M. le Président, qu'il
faut encadrer, malheureusement, nos députés au niveau de questions aussi
importantes en termes financiers. Puis, malheureusement, certains démontrent,
malgré les avis qu'on a eus dans les médias,
les mises en garde, malheureusement, qu'ils ne sont pas à la hauteur de
l'exercice que nous faisons aujourd'hui, qui est celui de voir comment on peut améliorer… ou rassurer surtout les gens
qui, à tous les jours, effectivement, confient leur argent et, en même
temps, de comprendre comment fonctionnent l'ensemble des placements au niveau
du FSTQ et de la gouvernance.
Un des éléments que
vous avez mentionnés était celui de faire en sorte... Vous parlez beaucoup d'avant
2009. Il y a même eu M. Tremblay, je
pense, qui a fait le commentaire suivant, à l'effet qu'il y a certains choix
avant 2009 qui n'auraient pas été faits suite à la
nouvelle gouvernance. Est-ce qu'il y a des événements, des dossiers en
particulier auxquels M. Tremblay faisait référence ou pour lesquels vous
avez vu après ce qui s'est passé... Est-ce que certaines décisions auraient pu
être, effectivement, différentes, que vous regrettez?
Le Président (M.
Gautrin) : Qui répond à cette question? M. Tremblay?
M. Tremblay
(Mario) : Bien, puisqu'elle m'est adressée...
Le Président (M.
Gautrin) : Allez-y, M. Tremblay.
M. Tremblay
(Mario) : …bien, écoutez, c'est de... J'ai donné une entrevue il y a quelques
semaines sur le plateau de Radio-Canada, à 24/60 , sur...
M. Tremblay (Mario) : À Radio-Canada, à 24/60 , j'ai donné une entrevue dans laquel