House Proceedings — 16 May 2017 (41st Legislature, 1st Session)
2017-05-16
Quebec — Debates (Hansard)
2007,
elle se retire au Lac-Simon, où elle continue d'être active de façon bénévole, entre autres, sur des conseils
d'administration des établissements de santé, au niveau de sa municipalité et
au développement de la coop...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, je vous remercie, M. le député de Papineau,
pour cette déclaration. Mme la députée de Taillon, à vous la parole.
Mme Lamarre : M. le
Président, merci. La ville de
Longueuil célèbre cette semaine ses aînés. Qu'ils soient dans l'un des quatre CHSLD de Taillon,
en ressources intermédiaires, en réadaptation, en résidence ou à domicile, ils
se retrouvent au coeur de la circonscription de Taillon, ma circonscription.
aînés contribuent à la vie de Longueuil et possèdent une caractéristique bien
particulière : ils sont jeunes. Jeunes parce qu'on les retrouve dans toutes les organisations communautaires,
les institutions scolaires, les organismes sportifs et de loisirs, les partis politiques, dans le domaine
des arts, comme proches aidants. Jeunes parce qu'infatigables, engagés avec coeur pour une ou plusieurs causes, souvent
bénévoles. Jeunes parce qu'ils aiment se lier d'amitié avec leurs voisins
de palier, de balcon et même sur Facebook.
Certains
aînés sont plus vulnérables et nécessitent toute notre attention, nos soins et
notre compassion. Tous, tous nos
aînés, ont contribué à créer notre richesse collective, à façonner notre
histoire et à préparer notre avenir. Nos avons un devoir de mémoire
et...
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En terminant.
Mme Lamarre :
...de gratitude envers eux. Merci et bonne semaine!
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de
Taillon. Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Simard :
Merci, M. le Président. C'est avec beaucoup de fierté que je tiens aujourd'hui
à souligner la générosité de Mme Hélène
Simard, une citoyenne de La Malbaie, aujourd'hui présente dans les tribunes,
qui a effectué son 100e don de sang lors d'une récente visite au Centre
Globule Laurier de Québec.
Depuis son premier don de sang, à l'âge de 18
ans, cette dame inspirante est fidèle à la cause et n'a jamais manqué de répéter cette tradition pour aider les
gens qui en ont besoin. Je félicite Mme Simard pour ce geste admirable,
qui lui a permis à
elle seule de sauver jusqu'à 400 vies. Elle rejoint ainsi les rangs de
6 566 Québécoises et Québécois qui possèdent la prestigieuse carte
or d'Héma-Québec.
M. le
Président, nous avons toutes et tous la possibilité de sauver des vies de façon
indirecte mais fort significative. En
effet, l'approvisionnement en sang de nos hôpitaux dépend des gens soucieux de
partager la très grande richesse qui circule dans leurs veines.
Pensons-y. Bravo et merci, Mme Simard!
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie,
Mme la députée de... Je vous remercie. M. le député de
Deux-Montagnes, pour votre déclaration de député, à vous la parole.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Lorsque des catastrophes naturelles surviennent, comme
les importants dommages causés par
l'actuelle crue printanière, nous sommes vite marqués par de belles
manifestations de solidarité. Dans ma circonscription, les populations
de Deux-Montagnes et de Saint-Eustache ont été éprouvées par cette crue
printanière historique.
Je tiens à
saluer les autorités municipales, qui ont réagi promptement pour limiter les dégâts et secourir les sinistrés.
Le soutien assuré par la ministre
responsable des Laurentides se doit également d'être souligné. Un hommage senti doit être rendu aux employés municipaux, aux pompiers,
aux policiers de même qu'aux citoyennes
et citoyens qui ont donné de leur
temps dans les différentes opérations de protection, que ce soit en remplissant
ou en transportant des sacs de sable, en hébergeant des personnes ou en
fournissant nourriture et vêtements.
Je me suis
assuré d'être présent sur le terrain et je peux vous dire que je suis fier
d'appartenir à une communauté aussi volontaire et solidaire. Merci, M.
le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie, M. le député, de
votre déclaration. Je cède maintenant...
Vice-Président (M. Gendron) : Merci. Je cède maintenant la parole
à M. le député de Marquette, vice-président, pour sa déclaration
d'aujourd'hui. À vous, M. le député.
M. Ouimet : Alors, M. le Président, j'ai le grand honneur de
souligner les 68 années de bénévolat de Mme Agnès Marleau, présente
dans les tribunes et bien entourée.
C'est en 1949 à la Fondation des dames
patronnesses de l'Hôpital de Lachine, aujourd'hui la fondation des dames auxiliaires, que Mme Marleau a débuté
son bénévolat. Toutes ces années consacrées à autrui, c'est absolument remarquable, ont mené et l'ont menée à représenter
les bénévoles durant 18 ans, agir comme présidente de la fondation
pendant quatre ans et à contribuer à plusieurs événements et comités de
collecte de fonds.
Aujourd'hui,
cette jeune femme de 94 ans, Mme Marleau, toujours bénévole à l'hôpital,
poursuit cette passion qui l'habite
en participant à la vente mensuelle de livres et en tricotant des liseuses et
couvertures de laine qui sont vendues à la boutique de l'hôpital.
Au nom de
tous les citoyens et citoyennes de Lachine, je souhaite vous féliciter,
Mme Marleau, et vous remercier pour cette grande générosité qu'est
la vôtre. Et longue vie à votre bénévolat!
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Et la présidence salue la jeune dame. La présidence salue la jeune dame. Vous
êtes la bienvenue en la maison du peuple.
Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Marie-Victorin pour sa déclaration
d'aujourd'hui. Mme la députée, à vous.
Mme Fournier : Merci, M. le Président. Ce vendredi 19 mai, le
conseil des élèves de Bourgeoys-Champagnat, une école primaire de
Marie-Victorin, recevra pour une deuxième année consécutive l'un des prix Coup
de coeur de l'événement annuel de Vox populi : Ta démocratie à l'école!
collaboration avec l'Assemblée nationale et le DGEQ, cette activité permet aux
jeunes d'apprendre et de mettre en
pratique des valeurs démocratiques comme la liberté d'expression, le respect de
l'opinion d'autrui, l'art du compromis, la représentation et le droit de vote. Le projet Les bons coups! de
l'école Bourgeoys-Champagnat s'est distingué par sa force mobilisatrice et la place laissée aux élèves dans
tout le processus, de la conception à la réalisation. Cette initiative
a, en outre, permis de renforcer le
partage, l'entraide et le respect au sein de l'école en plus d'y développer le
sentiment d'appartenance.
Je tiens donc
à féliciter les membres du conseil des élèves de Bourgeoys-Champagnat ainsi que
leur enseignant responsable, Simon Coutu-Brunet, pour ce projet qui a de
quoi rendre fiers tous les citoyens de Marie-Victorin.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, Mme
la députée, pour votre déclaration. Je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Mirabel pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, Mme
la députée.
Mme D'Amours :
Merci, M. le Président. Depuis un peu plus d'un mois, plusieurs résidents de ma
circonscription vivent un grand
malheur en raison des inondations que nous avons vécues. Aujourd'hui,
j'aimerais souligner l'élan de solidarité,
et l'aide, qui s'est construit autour des sinistrés en ces temps difficiles.
Que cela soit à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Saint-Joseph-du-Lac, Pointe-Calumet, Oka ou Saint-Placide, les bénévoles
de partout au Québec se sont impliqués en grand nombre, ils n'ont pas hésité un seul instant à donner de leur
temps, de leur énergie pour venir en aide à ces gens dans le besoin.
J'aimerais
également mettre l'accent sur le travail acharné des employés municipaux, de la
direction régionale et des maires de
toutes les villes et de toutes nos municipalités. Grâce à vous, les dégâts ont
été limités, les citoyens ont reçu de
l'aide, et la situation a été gérée avec brio. Maintenant, serrons-nous les
coudes, restons forts et reconstruisons nos maisons, nos parcs et nos
rues ensemble. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, Mme la
députée de Mirabel, de votre déclaration. Je cède maintenant la parole à
Mme la députée de Mille-Îles pour son intervention.
Mme Charbonneau :
Merci, M. le Président. Permettez-moi de souligner la Semaine L'Amitié n'a pas
d'âge, qui se déroule cette année du 21 au 27 mai.
À l'occasion
de cette semaine, je tiens à souligner l'engagement considérable des
intervenants et des bénévoles impliqués
qui oeuvrent au quotidien pour favoriser le rapprochement entre les
générations. Ensemble, continuons à bâtir une société inclusive pour tous les âges, qui favorise la place et
l'apport de tous. Contribuons à faire reconnaître la richesse du savoir de nos personnes aînées et à favoriser
la transmission de ce cadeau aux générations qui suivent. Développons un
Québec qui construit des ponts entre les jeunes et les moins jeunes dans
l'intérêt de tous. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : On vous remercie, Mme la députée,
de votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de
Rosemont pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député, à vous la parole.
M. Lisée : M. le
Président, c'est avec joie que je souligne aujourd'hui le 35e anniversaire de
Lettres en main. Implanté dans le quartier
Rosemont, cet organisme fait reculer l'analphabétisme jour après jour, citoyen
après citoyen.
Lettres en
main publie aussi Les nouvelles connaissances usuelles, une série de livres en
langage simplifié qui traite de
sujets tels le racisme, la santé mentale, l'environnement, le logement, le
syndicalisme. Grâce à ses cahiers, des centaines
de milliers de personnes analphabètes au Québec, dans la francophonie, ont
ainsi accès à des ouvrages de qualité adaptés à leur réalité.
Félicitations
à toute l'équipe pour leur travail exceptionnel depuis 1982! Merci à Hélène
Ranger, Marie-Claire Sansregret et tout particulièrement à Gilles
Landry, qui prend cette année sa retraite après un temps très considérable à
travailler auprès des Rosemontoises et des Rosemontois. Merci!
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, M.
le député de Rosemont,
pour votre déclaration.
Et cette dernière déclaration met fin à la
rubrique Déclarations de députés. Les travaux sont suspendus pour quelques
instants.
(Suspension de la séance à 13 h 51)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci.
J'ai tout simplement dit merci.
Mais j'ai le plaisir de souligner la
présence, dans les tribunes, d'une délégation de parlementaires du Royaume
du Maroc, accompagnée de la consule générale de Montréal, Mme Habiba Zemmouri.
J'ai
l'occasion aussi, au cours de la 23e assemblée générale de l'Amicale des
anciens parlementaires du Québec... Je
pourrais vous souligner... J'aimerais vous souligner la présence de monsieur...
plutôt des membres, de quelques membres de l'amicale, dont le président,
M. Yvan Bordeleau, ainsi que deux anciens présidents de l'Assemblée
nationale, Mme Louise Harel et
M. Jean-Pierre Charbonneau. Mais j'inviterais tous les membres de
l'amicale à se lever, s'il vous plaît.
Et, parlant d'anciens
parlementaires, nous en avons un parmi nous, l'ancien député de La Peltrie,
l'honorable Lawrence Cannon, qui est aussi ambassadeur du Canada en France, qui
est avec nous. M. Cannon.
Vous aurez tous entendu
la voix caverneuse de l'ancien député de Verdun, qu'on a entendue au tout
début.
Avant de poursuivre
les affaires courantes...
Président : S'il vous plaît! Avant de poursuivre les affaires
courantes, je dépose une lettre que j'ai reçue de M. Maka Kotto, président du caucus de l'opposition
officielle, m'informant que M. Gaétan Lelièvre, député de Gaspé, n'est
plus membre du caucus de l'opposition officielle. Ce changement est effectif en
date d'aujourd'hui.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui, M. le Président, je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous
plaît.
Président : Alors, à l'article a du feuilleton, j'ai reçu le
rapport de la directrice de la législation sur le projet de loi n° 226, Loi concernant La Société des
éleveurs de porcs du Québec. La directrice de la législation a constaté que les
avis ont été faits et publiés conformément aux règles de fonctionnement des
projets de loi d'intérêt privé, et je dépose ce rapport.
En conséquence, M. le
député de Maskinongé présente le projet de loi d'intérêt privé n° 226, Loi
concernant La Société des éleveurs de porcs du Québec.
Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi?
Le Président :
Adopté. M. le leader du gouvernement.
Fournier : M. le Président, conformément au premier alinéa de
l'article 267 du règlement, je fais motion afin que le projet de loi soit déféré à la Commission des
finances publiques et pour que le ministre des Finances en soit membre.
Le Président :
Chanceux qu'il est. Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Le Président :
Adopté.
la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre responsable de
l'Administration... président du Conseil du trésor, oui, voilà.
Moreau : Oui, oui, c'est moi. Bonjour, M. le Président. Alors,
conformément aux articles 10 et 11 de la
Loi sur l'administration
publique, je dépose le plan stratégique 2016‑2019 du Secrétariat du
Conseil du trésor.
Le Président :
Le document est déposé. Au tour de votre voisin, M. le ministre de
l'Environnement.
Heurtel : Merci, M. le Président. Permettez-moi de déposer le rapport
annuel 2015‑2016 du Comité consultatif de l'environnement Kativik.
Le Président :
Ce rapport est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, je dépose les réponses du gouvernement aux pétitions
présentées par le député de Saint-Jérôme le 5 avril 2017 et la
députée de Richmond le 11 avril 2017.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés.
Pour
ma part, je dépose une lettre que m'a adressée le ministre fédéral des
Finances, M. Bill Morneau, en réponse à la motion adoptée par
l'Assemblée nationale le 23 mars 2017 concernant le budget du gouvernement
fédéral.
J'ai
reçu préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition. Conformément à
l'article 97.1 du règlement, je dépose copie du texte de ce préavis.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier :
M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 903 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que
l'accès à Internet à haute vitesse et à la téléphonie cellulaire devient un
besoin fondamental comme l'électricité et l'eau courante;
«Considérant
que l'absence ou la faiblesse de la couverture freine le développement
économique d'une grande
partie du Saguenay—Lac-Saint-Jean;
«Considérant
[...] l'absence de couverture sur des portions de routes comme la 155, la 167
ou la 169 ralentit l'accès aux services d'urgence sur d'importantes
distances;
«Considérant [...] la
demande du regroupement citoyen Le réseau cellulaire partout pour tous d'installer
des tours cellulaires le long de la
route 155 a reçu l'appui du coroner du district de Roberval, [le] Dr Carol
Gagné, parce que "les
communications en cas d'urgence y sont difficiles et que cela peut faire toute
la différence entre la vie et la mort";
«Considérant [...] les coûts pour assurer la
couverture à l'ensemble de la région sont raisonnables;
«Considérant [...] les quatre MRC du Saguenay—Lac-Saint-Jean
et la ville de Saguenay se sont engagées par résolution à couvrir leur part des
frais;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'assumer sa part des coûts du
projet de déploiement d'Internet à
large bande et de téléphonie cellulaire sur les zones rurales du Saguenay—Lac-Saint-Jean et ses voies d'accès
jusqu'aux limites territoriales, tel que déposé par le groupe de travail sur le
numérique du Saguenay—Lac-Saint-Jean
et l'Agence interrégionale de développement
des technologies de l'information et des communications, le 3 juin 2016,
au cabinet de la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation.»
Et je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition, M. le Président.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai
reçu, de la part de M. le député de Lac-Saint-Jean, une demande de dépôt de pétition qui est non
conforme. Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt? Consentement.
M. le député de Lac-Saint-Jean, nous l'écoutons.
M. Cloutier : Il y a certains
dossiers, M. le Président, où la répétition est pédagogique.
Alors, je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par 2 814 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que l'accès à Internet à haute
vitesse et à la téléphonie cellulaire devient un besoin fondamental comme
l'électricité et l'eau courante;
«Considérant
que l'absence ou la faiblesse de la couverture freine le développement
économique d'une grande
partie du Saguenay—Lac-Saint-Jean;
«Considérant
que l'absence de couverture sur des portions de routes comme la 155, la 167 ou la 169 ralentit l'accès aux services
d'urgence sur d'importantes distances;
«Considérant
que la demande du regroupement citoyen Le réseau cellulaire partout pour tous
d'installer des tours cellulaires le long de la route 155 a reçu
l'appui du coroner du district de Roberval, Dr Carol Gagné, parce que "les
communications en cas d'urgence y sont difficiles et que cela peut faire toute
la différence entre la vie et la mort";
«Considérant que les coûts pour assurer la
couverture à l'ensemble de la région sont raisonnables;
«Considérant que les quatre MRC du Saguenay—Lac-Saint-Jean
et la ville de Saguenay se sont engagées par résolution à couvrir leur part des
frais;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'assumer sa part des coûts du
projet de déploiement d'Internet à
large bande et de téléphonie cellulaire sur les zones rurales du Saguenay—Lac-Saint-Jean et ses voies d'accès jusqu'aux limites territoriales, tel que déposé
par le groupe de travail sur le numérique du Saguenay—Lac-Saint-Jean et l'Agence interrégionale de développement des technologies de
l'information et des communications, le 3 juin 2016, au cabinet de
la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation.»
Et je certifie que cet extrait est conforme à l'original
de la pétition.
Le Président : L'extrait de
cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question de
droit ou de privilège.
Nous en
sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
M. Lisée :
M. le Président, heureusement, l'eau est en train de baisser, et donc on peut
passer à une autre étape, évidemment
accompagner les sinistrés, les municipalités, les premiers répondants dans le
nettoyage des lieux, faire en sorte
que la contamination qui a été créée par les eaux ne soit pas un problème qui
va ajouter aux problèmes précédents. Et
on sent que la Sécurité publique est sur place avec les intervenants pour bien
gérer la suite. Et donc on peut commencer à se poser des questions sur
l'ensemble du tableau.
Lorsqu'il y a
eu les grandes inondations au Saguenay, en 1998, le gouvernement du Parti
québécois avait demandé la formation
d'une commission scientifique et technique pour revoir l'ensemble du dossier, y
compris les actions prises par les
gestionnaires de barrages publics et privés avant, pendant et après les crues,
et avait fait des recommandations. La
même chose après la crise du verglas : une commission scientifique et
technique indépendante avait pris un an pour voir l'ensemble des mesures qui avaient été prises et faire des
recommandations. Les inondations qu'on vient de vivre sont
historiques. Des questions se posent déjà sur la gestion optimale des flux
avant, pendant et après. Plusieurs opinions commencent à être dégagées.
Le premier ministre est-il d'accord avec nous
qu'il conviendrait aujourd'hui encore de créer une commission indépendante scientifique et technique pour faire
la lumière sur l'ensemble et nous faire des recommandations pour la suite?
Le Président : M. le premier ministre.
Couillard : M. le Président, s'il est vrai que les eaux se retirent à peu près partout, elles sont
encore présentes dans plusieurs
endroits, et plusieurs de nos concitoyens ont encore leurs maisons
inondées, leurs terrains inondés au moment où nous parlons. Dans ma région, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, le niveau du lac continue à faire souci, on va
l'observer de près au cours des prochains jours.
Il est clair
que, comme on l'a dit il y a quelques heures à peine, le fait que les eaux se
retirent ne signifie en aucun cas que
l'État doit se retirer. Il y a le court terme, bien sûr, s'occuper de la
compensation des gens, on aura l'occasion d'en parler
très bientôt, mais, comme l'a dit très justement
mon collègue, le long terme. Et je ferais une distinction entre cet événement
et les autres événements historiques qu'il a mentionnés. Et je crois
qu'ici nous sommes devant la manifestation, qui se répétera, du dérèglement
climatique qu'on connaît, de la multiplication d'événements météorologiques
extrêmes, et il ne faut pas non plus
penser uniquement à court terme mais à moyen et à long terme. Alors, on doit
réfléchir à des questions telles que
le zonage, les plans d'urbanisme, les
possibilités de construire de nouvelles installations, en
respectant, bien sûr, les droits acquis des citoyens qui sont déjà
installés dans certaines régions du Québec.
L'option
qu'il nous présente est une option intéressante. Je ne me commettrai pas aujourd'hui sur la façon de le faire, mais
il faut certainement engager cette réflexion-là dès maintenant
et, comme d'autres décisions de l'État, la baser sur la science et le conseil des experts. Je retiens sa suggestion,
ça fait
partie des éléments qu'on considère actuellement aussi, ça me fera plaisir d'échanger avec lui là-dessus.
Mais il est clair qu'on doit également, maintenant, engager une réflexion à plus long terme basée sur les faits, mais
souvenons-nous également que tout n'est pas terminé pour nos concitoyens
et concitoyennes qui, encore dans plusieurs endroits, ont à vivre avec
les eaux chez eux.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Je suis content que le premier ministre réfléchisse à cette possibilité. Je
pense que ça nous a bien servis dans le cas du Saguenay en 1996, dans le
cas du verglas en 1998.
On sait aussi
que de ces recommandations était venue la création d'un programme national de
cartographie des zones inondables,
qui a eu lieu de 1998 à 2004. Malheureusement, après 2004, ce programme a été abandonné, et chacun voit maintenant qu'il
y a beaucoup de retard dans cette cartographie.
Qu'entend faire le gouvernement?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Ça fait
partie de ce qui doit être fait également, mettre à jour notre cartographie de zones
inondables, en sortant un peu de
l'ancienne nomenclature, qui témoignait de l'extrême rareté de tels éléments.
Je viens d'indiquer qu'ils seront probablement plus fréquents que ce que
l'on pense.
Mais il y a
déjà des données disponibles. Je vais lui dire que, oui, il faut refaire les
cartes, il faut même les publier, à mon
avis. Ces cartes-là devraient être
accessibles à la population en
général et, bien sûr,
aux municipalités. Mais, il
y a quelques jours à peine, j'étais dans ma région, à Saint-Prime, et
des gens de la Sécurité civile et Rio Tinto nous présentaient des images aériennes du lac Saint-Jean avec des zones
d'inondation selon le niveau du lac. Donc, on est déjà capables de faire beaucoup plus de projections
et de décisions éclairées qu'auparavant. Ceci dit, il a raison, ça fait
partie
de ce qu'il faut faire.
Le Président : En terminant.
M. Couillard : Quand on parle
d'urbanisme, il faut refaire, ajuster nos cartes d'inondation.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Donc, on constate qu'il y a beaucoup de besoins. Alors, la meilleure façon de
centraliser ces besoins, ces recommandations, qu'elles viennent des villes, des
citoyens, des organisations comme Ouranos, ce serait, à mon avis... je reviens sur cette suggestion d'une commission
technique qui écouterait l'ensemble des propositions et ferait son bilan.
Effectivement, un des
graves problèmes aussi, c'est qu'au moment de l'achat d'une propriété les zones
inondables ne sont pas inscrites dans les documents que l'acheteur a.
Est-ce que le premier ministre est d'accord que
dorénavant ça devrait être le cas?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : C'est la raison pour laquelle, et j'en parlais récemment avec mon collègue
de la Sécurité publique, à mon avis,
ces cartes hydrographiques devraient être rendues publiques. Elles devraient
être disponibles pour la population, incluant
pour les acheteurs de domiciles existants, parce que je pense qu'il y aura un
sérieux débat à faire au Québec quant à la possibilité de construire de
nouvelles installations en zone inondable et il faudra avoir cette
discussion-là.
Pour
ce qui existe actuellement, effectivement, quelqu'un qui achète une maison
quelque part au Québec, on veut tous
habiter près de l'eau si possible, c'est un rêve que beaucoup de Québécois et
de Québécoises ont, mais il faut obtenir l'information spécifique sur le
risque d'inondation, et, pour ça, on a besoin de cartes à jour et de cartes
disponibles.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Le 22 mars dernier, tout le Québec a été profondément bouleversé par le
meurtre de la jeune Daphné Huard-Boudreault
par son ex-conjoint alors qu'elle allait récupérer ses affaires à son
appartement. Deux mois après le drame, ses parents souffrent de stress
post-traumatique majeur et sont incapables de reprendre leur emploi. Ils dénoncent le traitement qui leur est réservé
par l'IVAC. «Ce n'est pas humain comme démarche», dit le père. «Quand j'appelle à l'IVAC, j'ai mal au coeur pendant deux
jours et j'en tremble.» «On parle à des bureaucrates qui disent qu'on
n'a pas de dossier avec eux», ajoute sa conjointe.
premier pas a pourtant été franchi l'automne dernier, et nous le saluons,
lorsque la ministre a accepté de revoir la directive pour que le parent d'un enfant assassiné par son autre
parent puisse se voir octroyer le statut de victime, mais les cas comme
celui du père de Daphné Boudreault continuent d'être rejetés parce que
l'assassin n'est pas un parent.
Est-ce que la
ministre peut entendre ce cri du coeur et revoir la directive pour que tous les
parents d'enfants assassinés soient reconnus comme victimes?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, c'est certain qu'à chaque fois qu'un
drame touche un parent, ça nous interpelle. Ça nous interpelle nous-mêmes, comme parlementaires, ça nous interpelle
nous-mêmes en tant que parents. On ne peut pas rester insensibles à
cette détresse-là.
Ceci
étant dit, M. le Président, l'IVAC
demeure le régime d'indemnisation le plus généreux de tout le Canada.
Si nous prenons l'ensemble
des provinces canadiennes, le total, la somme des indemnisations versées
est inférieure à ce que le Québec
verse seulement pour le territoire québécois. Notre régime est généreux; imparfait peut-être,
mais généreux. Prétendre, dans
certains cas, qu'il n'y a pas de dossier n'est pas tout à fait exact. Il y a
une aide, il y a un accompagnement qui
est accordé aux parents de victimes d'actes criminels. Chaque cas est un cas
d'espèce. Je ne vais pas commenter le cas particulier auquel ma collègue fait référence, mais je veux simplement
lancer le message qu'il y a de l'aide, que l'IVAC est un programme
généreux...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...peut-être incomplet, mais très généreux.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Ce n'est pas la première fois que l'IVAC est fortement critiqué. En septembre
dernier, c'est la Protectrice du citoyen elle-même qui publiait un rapport
accablant sur les pratiques administratives de l'IVAC qui briment les victimes. Le gouvernement s'était
engagé à publier un plan de travail pour répondre aux recommandations avant Noël. Or, on est rendus en mai et il n'y a
toujours rien. On est devant un vide. On ne sait pas quelle réponse va être
apportée. Est-ce que la ministre peut enfin
donner des réponses et s'assurer d'un traitement plus humain des victimes
à l'IVAC?
Le Président : Mme la ministre
de la Justice.
Mme Vallée :
M. le Président, lorsque je mentionnais que le programme de l'IVAC n'était pas
parfait, c'est qu'effectivement il est perfectible. Nous travaillons, depuis le rapport de la Protectrice du citoyen, à mettre en oeuvre les recommandations. D'ailleurs, je salue mon collègue le ministre des Finances qui, dans son budget, a prévu des sommes additionnelles
qui seront injectées pour répondre justement aux éléments soulevés par la
Protectrice du citoyen, parce qu'il est... ma collègue a raison : nous devons assurer que le suivi des
dossiers soit plus humain, que les parents, que les...
Le Président :
En terminant.
Mme Vallée :
...familles des victimes puissent parler à...
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
M. le Président, perdre son enfant à la suite d'un acte criminel, c'est un
drame absolument innommable, immense à
surmonter, sans doute pour tout parent. Ça devrait être une évidence à la fois
pour les gens qui travaillent à
l'IVAC que pour la ministre de la
Justice. Est-ce qu'elle peut entendre
l'appel, le cri du coeur de M. Boudreault, qui a perdu sa fille il y a quelques mois, et pour tous ces parents qui
sont les parents d'enfants assassinés, et modifier la directive pour
qu'ils soient reconnus comme victimes?
Le Président :
Mme la ministre de la Justice.
Vallée : M. le Président, chaque crime est important, en ce sens qu'il est difficile de demeurer
insensible aux victimes d'actes criminels dans leur ensemble.
Lors
de l'adoption de la loi, un certain choix, certaines
orientations ont été prises. Maintenant, ce qui m'importe, c'est que chaque citoyen qui fait appel à l'IVAC par téléphone, par
courriel puisse avoir un service personnalisé, un service humain, puisse être accompagné dans son deuil et
puisse pouvoir tourner la page. Ultimement, c'est ce que nous souhaitons
pour tous et chacun.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Caire :
Merci, M. le Président. M. le Président, depuis 2014, c'est plus de 40 millions
de dollars que ce gouvernement-là a dépensés en publicité. S'il est légitime
pour un gouvernement de mettre de l'avant des campagnes d'information, ça l'est
beaucoup moins quand c'est des campagnes de propagande. Et, sur les 40 millions
de dollars, M. le Président, 7,8 millions ont été utilisés pour faire la promotion de
l'image libérale. Pire que ça, M. le
Président, sur ces 7,8 millions-là,
seulement pour 2017, là, c'est presque 3,5 millions de dollars qui ont été
utilisés à cette fin.
M. le Président, est-ce que le gouvernement peut enfin faire la différence entre l'information et l'autopromotion? Et, s'il est légitime qu'il poursuive le
premier, quand va-t-il cesser le deuxième?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Moreau : M. le Président, s'il s'agit d'une question sur le goût des publicités, on pourrait en avoir
long à dire sur l'attitude de la CAQ et sur ce qu'ils se proposent de
mettre en ondes.
Maintenant,
sur la publicité gouvernementale, il est important de rappeler, M. le Président, que, depuis que nous sommes
aux affaires de l'État, depuis le leadership montré par le premier ministre et par le ministre des
Finances, depuis l'extraordinaire remontée de la force de l'économie
du Québec et le contrôle rigoureux des dépenses, nous
pouvons faire, au gouvernement du Québec, des choix, les choix que nous demandent les Québécois,
c'est-à-dire de réinvestir en santé, en éducation,
en développement économique et faire
en sorte que la prospérité du Québec non seulement s'appuie sur les gestes très concrets du gouvernement, mais sur
ses actions futures.
que la publicité gouvernementale fait, c'est effectivement d'expliquer aux Québécois
là où nous investissons, là où nous
faisons des choix, bref, de leur dire là où nous investissons les sommes qu'ils
nous confient compte tenu de notre
capacité maintenant de faire des choix. Et, honnêtement, je ne vois rien de répréhensible à cela, la publicité étant une
expression...
Le Président : En terminant.
Moreau : ...de notre démocratie, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
Oui, M. le Président. Je ne sais pas si le président du Conseil du trésor nous
a lu le texte de leur prochaine publicité, mais ça ressemblait pas mal à ça.
Ceci
étant dit, M. le Président, il est aussi question de se servir de deniers
publics pour faire la promotion de sa formation
politique. Par exemple, pourquoi une campagne sur le budget en 2014 coûtait
200 000 $ et une campagne sur le même budget en 2017 est
rendue à presque 1,7 million de dollars? Et ce n'est pas fini, ça
continue.
À quand la fin des
publicités...
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Moreau : M. le Président, je sais qu'avec l'expression
«partisane» le député de La Peltrie a certaines difficultés. Je l'invite cependant à écouter les publicités,
qui sont excellentes et qui indiquent là où le gouvernement du Québec investit
des sommes qu'il a pu dégager en raison de
l'exercice rigoureux du contrôle des finances publiques et en raison de la
bonne performance de l'économie du
Québec, en raison du leadership exercé par le premier ministre, en raison du
leadership exercé par le ministre des
Finances et en raison des actions posées par l'ensemble du gouvernement. Les
Québécois ont le droit de savoir, et nous ne nous priverons pas de leur
indiquer là où nous faisons ces choix, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire :
M. le Président, le président du Conseil du trésor a tout à fait raison, j'ai
beaucoup de difficultés avec la partisanerie, surtout quand elle se paie à même
les deniers publics.
le Président, M. le Président, est-ce que le président du Conseil du trésor est
en train de nous dire que les surplus qui
ont été dégagés par ce gouvernement en haussant les taxes et les tarifs vont
servir à faire la promotion du Parti libéral? Plus de la moitié des frais de publicité partisane dans
cette seule année, et c'est en accélération. Ça va être combien en 2018
pour payer la publicité...
Président : S'il vous plaît! La question a été posée,
j'aimerais entendre la réponse. M. le président du Conseil du trésor.
Moreau : La logique du député de La Peltrie crée un petit
problème, là, de continuité parce que la partisanerie, c'est de dire que le gouvernement a augmenté les
taxes, parce que nous avons réduit, nous avons commencé à réduire le fardeau fiscal des Québécois, parce que nous
avons investi davantage en santé et en éducation, parce que cette année notamment, en santé, nous augmentons le budget du
ministère de la Santé de 1,7 milliard de dollars, c'est une augmentation, parce que nous augmentons le budget du ministère
de l'Éducation et de l'Éducation supérieure, parce que les Québécois savent que l'éducation, c'est le fondement même du
futur de notre société. Ça, ce n'est pas de la partisanerie, c'est de la
responsabilité...
Le Président :
En terminant.
M. Moreau :
...et vous avez beaucoup de difficultés à faire la différence entre l'un et
l'autre.
Le Président :
Principale, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président. Vendredi dernier, le premier ministre est allé
prononcer une allocution au
Côte-Saint-Luc Men's Club et il a affirmé qu'il n'excluait pas de changer la
Loi électorale pour modifier la carte de trois circonscriptions
libérales, soit celles d'Outremont, de Mont-Royal et de D'Arcy-McGee.
Le journal The Suburban rapporte les
propos du premier ministre, qui dit que la seule façon d'agir lorsqu'on considère que les changements aux circonscriptions
électorales sont injustes est de changer la Loi électorale pour modifier
les critères sur
lesquels la commission se penche. Et le premier ministre ajoute aussi qu'il y
aura de sérieuses discussions à propos de la modification de la Loi
électorale visant la carte électorale.
Est-ce
que le premier ministre peut nous assurer qu'il n'interviendra pas dans le
travail indépendant du Directeur général
des élections sur la délimitation de la carte électorale et que la carte
électorale qui a été présentée par la commission de la révision sera
celle qui sera présente lors de la prochaine élection générale?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, comme il s'agit de mes propos et puis que c'est une question
démocratique fondamentale, si mon
collègue me le permet — si vous me le permettez, M. le Président — je vais répondre à la question : Il
n'est pas question de changer la décision qui a été prise; remarquez
bien, il y a des citoyens qui ont débuté des recours légaux sur la question.
que j'ai indiqué, qui demeure pour moi et qui devrait être pour tous, chacun
d'entre nous et chacune d'entre nous, un souci, c'est les critères qu'à l'avenir on pourra utiliser pour se
livrer à de pareils exercices. D'un côté, la question du principe
important : un citoyen, un vote;
de l'autre côté, la qualité de la représentation offerte aux citoyens,
particulièrement nos grandes régions rurales.
Quand je vois, par
exemple, ma collègue la ministre du Tourisme et députée de Laviolette qui doit
parcourir d'immenses distances avec de
nombreuses municipalités, par contre, pour rencontrer ses citoyens, je me dis
qu'il y a un défaut dans la qualité
de représentation pour les gens qui sont visés par les décisions de la
commission. Il faudra un jour qu'on
discute franchement de ça et de l'autre question également. Mais il n'est pas
question, pour répondre à la question du
collègue, il n'est pas question de changer ce qui a été annoncé par la
commission. Ce sera la prochaine carte électorale à la prochaine
élection, mais c'est normal qu'une société se pose ce genre de question.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, au-delà des précisions du premier ministre, il y a une
autre question qui se pose aussi.
Lors de son allocution, le premier ministre a encouragé les citoyens à
contester la décision de la commission de la révision électorale et d'entreprendre des recours juridiques pour
attaquer cette réforme-là qui a été mise de l'avant de façon indépendante par le Directeur général des
élections. Alors, je pose ma question au premier ministre : Pourquoi
encourager les citoyens à attaquer un travail qui a été fait,
indépendant, par le Directeur général des élections?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien là, moi, j'aime beaucoup... mon collègue est un parlementaire qui
est intéressant, je dirais, des fois, souvent même, mais là,
aujourd'hui, il va peut-être un peu trop loin, là. Quand on dit que les
citoyens ont toute légitimité pour encourir
ou débuter des recours légaux, on fait juste exprimer une évidence. Ce n'est
pas le gouvernement qui leur a
demandé de faire ça, c'est eux-mêmes, de leur propre initiative, qui l'ont
fait. J'espère qu'il n'est pas de ceux et de celles qui disent que les citoyens n'ont pas le droit d'avoir recours
aux tribunaux pour faire valoir leurs droits, je pense que là ce serait inquiétant. Il y a beaucoup de
choses inquiétantes de la part de la CAQ, mais celle-là serait particulièrement
inquiétante. Alors, non, M. le Président, il
faut juste répéter que les citoyens ont des droits et nous, on croit aux
droits... c'est une chose qui caractérise notre formation politique.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. Merci, M. le Président. Pour devoir de mémoire, peut-être,
je vais citer le texte. Donc : «I know legal recourse has been
tabled by the community here on this, and people should exercize their rights. That's something
that should be done.» Est-ce que le journaliste a fait une erreur ou le premier ministre n'a pas dit ces propos?
question qui se pose, M. le Président, c'est : Est-ce qu'on veut attaquer la
crédibilité du Directeur général des
élections? Et, par le fait même aussi, plutôt que de se concentrer sur la modification de la carte électorale, pourquoi vous ne proposez pas la réforme
du mode de scrutin?
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Chut! M. le premier ministre.
Couillard : C'est vraiment
fascinant. On sait que, de la part de la deuxième opposition,
souvent on s'attaque aux droits des
gens de plusieurs façons. Les gens n'ont pas de droits. Il faut les basculer,
il faut les balayer, ces droits-là.
Quand on dit — puis
je vais me permettre de citer la chose en anglais, comme il l'a fait :
«People should exercize their
rights», est-ce qu'il y a quelqu'un qui n'est pas d'accord avec ça ici?
Est-ce que la CAQ n'est pas d'accord avec ce que je viens de dire?
J'espère que non parce que, si c'est le cas, c'est très, très inquiétant pour
la démocratie.
Le Président :
Principale, M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Merci, M. le Président. Si ce gouvernement est très porté sur les publicités, il l'est beaucoup
moins quant à l'accès à l'information. Récemment, le ministère des
Transports s'est surpassé en matière
d'obscurantisme. Nous avons demandé au ministère les coûts des conférences de presse tenues par le
ministre pour annoncer les travaux routiers dans chacune des régions du Québec.
La réponse du ministère est à peine croyable, et je la cite : «Certaines informations
ont été caviardées, puisqu'il s'agit de renseignements financiers appartenant
au ministère des Transports.» On nous a donc remis une liste où la moitié des informations ont été caviardées au
feutre noir. C'est désolant. Et d'ailleurs le ministre l'a lui-même reconnu
avant la période de questions. Cet exemple témoigne de la culture du secret à
laquelle le ministre doit
mettre fin, il doit démontrer du leadership.
Que va-t-il faire
concrètement pour mettre fin à cette culture du silence?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Lessard : M. le
Président, j'ai eu l'occasion,
avant d'entrer en Chambre, de faire une mention, puisque j'étais
questionné sur cet aspect-là, puis mon collègue de la deuxième opposition a complètement
raison sur le fait que cette information-là aurait dû lui être donnée sans
caviardage quelconque, puisque, même si on avait été durant l'étude des crédits, on aurait, tout simplement, donné ces
montants-là. Alors donc, j'ai demandé au sous-ministre de faire les
correctifs appropriés. Puis
rappelez-vous qu'en cette Chambre je suis intervenu pour demander qu'une
formation additionnelle soit faite auprès des employés du ministère,
puisque cet élément-là ne doit plus se répéter.
Étant donné
qu'on est dans une période où est-ce qu'on parle d'un gouvernement ouvert, on a mis en ligne les contrats,
même, qui ont des dépassements pour éviter que les gens aient à chercher et
pour lutter contre ce volet, qu'on peut
dire, d'obscurantisme, de faire des demandes d'accès à l'information lorsque l'information peut être publique et rendue disponible facilement.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette :
Merci, M. le Président. Le ministère des Transports est un véritable
récidiviste de l'inaccès à l'information. Le mois dernier, il a même trafiqué une réponse à une demande d'accès
du Journal de Québec en modifiant des dates et en coulant son contenu à un média concurrent. C'est
honteux, indigne d'un organisme public, et les exemples, malheureusement, s'accumulent. Le ministre le dit, il faut briser cette culture du secret.
Le premier ministre nous avait promis de former un gouvernement le plus transparent
que les Québécois auront eu, nous avons droit à tout le contraire.
Le Président :
M. le ministre des Transports.
Lessard : Alors, pour l'information, par exemple, qui était
pertinente concernant les conférences et le coût des conférences, lorsqu'on a lancé le volet national,
ça a coûté 2 986 $. Conférence de presse à Montréal, ça a coûté rien,
on était dans les bureaux du ministère. Donc, à Laval, ça a coûté 132,25 $.
Dans les Laurentides, ça n'a rien coûté parce qu'ils ont été pris en charge par le ministère. À Lanaudière, ça
n'a rien coûté. En Montérégie, ça n'a rien coûté. Au Bas-Saint-Laurent, ça a
coûté 542,50 $. En Outaouais, ça a coûté 875 $; en Abitibi,
400 $; en Gaspésie, 400 $. 97 $ pour le CSPQ, pour des services
autofacturés. Aux Îles-de-la-Madeleine, ça n'a rien coûté; 1 150 $ en
Mauricie, etc. L'information a été donnée.
Mais, M. le
Président, il faut que ça cesse, cette...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Le ministre nous dit aujourd'hui que ça doit cesser, mais,
en même temps, on a des informations qui
sont inquiétantes et contradictoires. Sous le couvert de l'anonymat, un
stratège libéral a même dit en fin de semaine, et je
cite : «...les demandes d'accès à l'information des journalistes
pourraient être placées sous surveillance», donc une indication qui est
contredite par un apparatchik libéral.
Est-ce qu'on peut nous assurer que jamais les
demandes d'information ne seront surveillées de manière à impliquer le
politique?
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre des Transports.
Lessard :
Oui, M. le Président. Donc, on a demandé qu'il y ait une formation auprès des
employés du ministère, qu'ils le
comprennent, qu'ils l'appliquent et qu'ils donnent les informations parce que
la loi les autorise à les donner sans délai.
Alors donc, on a demandé de la formation, il y aura de la formation, autant
pour les rôles et responsabilités, pour s'assurer que ce genre
d'événement là ne se reproduise pas, c'est inutile, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, après avoir atteint un sommet en
2013, l'investissement privé a dégringolé au Québec et, pendant ce temps, il augmentait en Ontario.
Depuis l'arrivée des libéraux, l'investissement des entreprises a baissé
année après année, de 11 % en 2014, de
5 % en 2015, de 2,3 % en 2016. Et c'est grave parce que
l'investissement, c'est un déterminant important de la croissance
économique future, du niveau de vie de demain des Québécois.
Alors, on a
cherché des explications pour expliquer cette baisse, et c'est finalement le
ministre des Finances qui nous a fourni la réponse dans une note qui a
été produite à l'occasion des crédits et qui montre que le ministre des Finances a augmenté le fardeau fiscal des
entreprises de 1,2 milliard. Évidemment, les entreprises qui auraient
utilisé l'argent pour investir ont dû faire des paiements d'impôt
supplémentaires au ministre des Finances.
Alors,
question très simple au ministre : Est-ce qu'il reconnaît qu'il a augmenté
le fardeau fiscal des entreprises de
1,2 milliard, tel que c'est dit dans la note qu'il a déposée aux crédits?
Et je vais la redéposer pour le bénéfice du ministre, M. le Président.
Président : Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt?
Consentement? Consentement pour le dépôt. M. le ministre des Finances.
Leitão : Bon, M. le Président, il y a plusieurs éléments dans la
question du collègue. L'élément principal, c'est qu'on n'a pas alourdi le fardeau fiscal des entreprises. Ça, c'est
l'élément principal, premier qu'on doit ajouter, nous avons fait un
réaménagement dans les crédits d'impôt, chose, d'ailleurs, que les deux partis
d'opposition nous demandaient de faire
depuis déjà un certain temps, de réaménager et de reclarifier les crédits
d'impôt aux entreprises. Mais nous avons baissé, eh oui, nous avons baissé le
fardeau fiscal surtout des PME. Nous avons procédé à des réductions de l'impôt
sur le revenu, nous avons procédé à des
réductions des taxes sur la masse salariale. Donc, il n'y a pas eu
d'alourdissement du fardeau fiscal
des entreprises, il y a eu, en effet, un réaménagement de notre approche, notre
politique de crédits d'impôt.
Pour ce qui
est de l'investissement privé, en effet, les années 2014 et 2015 ont été
faibles, ont été négatives, mais on
voit dans les chiffres réels, concrets que, depuis la fin 2015 et en 2016,
il y a un rebond de l'investissement privé au Québec, machinerie et
équipements est en hausse. Pas en baisse, il est en hausse, M. le Président.
Et, d'ailleurs, les intentions
d'investissement pour 2017 telles que rapportées par Statistique Canada,
j'invite les collègues de la deuxième opposition...
Le Président : En terminant.
M. Leitão : ...à aussi prendre note,
sont à la hausse pour 2017, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rousseau.
Marceau : M. le Président, et les particuliers et les entreprises du
Québec savent qu'il y a de quoi être inquiet quand un ministre des Finances libéral parle d'un réaménagement. Alors,
la réalité, là, c'est que votre note montre clairement que les impôts ont
augmenté de 1,2 milliard et que les investissements ont diminué, ils ont
diminué de façon importante. D'ailleurs,
il y a d'autres ralentissements qui s'illustrent par le fait qu'il y a
50 000 emplois qui se sont perdus — à temps plein — depuis
le début de l'année.
Alors, est-ce
que vous reconnaissez que vous avez augmenté le fardeau des entreprises de
1,2 milliard et que la conséquence, c'est que l'investissement...
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Leitão : Non, M. le Président, je
ne le reconnais pas parce que ce n'est pas vrai.
Pour ce qui
est de l'emploi, ça m'amuse un petit peu parce qu'on a eu cette discussion
longtemps avec les collègues de l'opposition sur la façon dont on calcule la
croissance des emplois. Alors, je vois que, maintenant, le collège de
Rousseau se rend à notre méthode de calcul d'augmentation de l'emploi. Alors,
bravo! J'apprécie sa reconversion.
Mais, si on
parle encore une fois, si on revient
au... si on revient au... Voyons! Le fardeau
fiscal des entreprises, ce que nous avons fait, comme j'ai dit tantôt, M. le Président, c'est de réaménager les crédits
d'impôt. Dans cette ligne qu'il y a du budget où on... un positif...
Le Président : En terminant.
M. Leitão : ...pour
l'augmentation des revenus, tel le revenu...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le
Président, l'investissement, il est en baisse, le ministre l'a reconnu. Le
fardeau fiscal des entreprises a augmenté, et le ministre va finir par le
reconnaître, ce sont ses chiffres.
Quant à
l'emploi, je lui dis et lui redis que, selon les deux méthodes de calcul, à la
fois celle que je préfère, auquel cas
vous avez seulement créé 72 000 emplois en trois ans, et donc vous êtes
très, très loin du 50 000 par année que vous aviez prévu ou que
vous aviez promis en élection... Puis, quant à l'autre méthode, que vous
préférez, j'ai décidé de la prendre ce matin
pour montrer que la baisse de l'emploi à temps plein depuis le début de
l'année, c'est 50 000. Prenez celle que...
Le Président : Bon. Alors, M.
le ministre des Finances.
M. Leitão :
Non, M. le Président, ça va très bien, M. le Président. Et je pense, c'est
important de constater, au Québec, que l'économie du Québec va bien.
Bon, on a un désaccord avec le député de Rousseau, mais je pense qu'il comprend, dans son profond intime, que l'économie
du Québec va bien. Nos collègues de la deuxième opposition, c'est un peu
plus difficile, eux, pour comprendre.
Alors, je
vais citer, M. le Président, je vais citer un rapport très récent, du
15 mai, de Desjardins. Je sais que les collègues de la deuxième opposition aiment beaucoup Desjardins. Alors,
Desjardins a publié le 15 mai son indice précurseur, où il mentionne... Et nous savons tous que
l'indice précurseur a un lien très étroit avec la croissance économique. Alors,
Desjardins mentionne : Pour un 11e
mois, un 11e mois consécutif, l'indice précurseur est à la hausse, l'économie
s'améliore au Québec...
Le Président : Principale, M.
le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
M. le Président, à Québec, la résidence pour aînés sans but lucratif Kirouac
doit obligatoirement installer des
gicleurs dans ses installations d'ici le 2 décembre 2020. Les travaux sont
estimés à 340 000 $, minimum. Le programme d'aide financière
du gouvernement ne couvre qu'environ le tiers des coûts des travaux, et je cite
M. Bisson, superviseur de la
résidence : Nous nous retrouvons dans un manque à gagner de
225 000 $. Nous n'avons pas la marge de manoeuvre qui nous
permettrait d'assumer ou de financer une telle dépense.
M. le
Président, est-ce que le ministre de la Santé peut prendre l'engagement de
rehausser l'aide financière pour aider ce type de résidence pour
personnes aînées — et
je mentionne — sans
but lucratif?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette :
Je tiens à rappeler, M. le Président, à notre collègue de Saint-Jean que la
politique qui a été mise en place
pour le déploiement de gicleurs dans toutes nos résidences pour personnes âgées
pour assurer la sécurité de nos aînés,
compte tenu, évidemment, de l'historique que l'on a connu, d'une part, et du
risque réel qui existe lorsqu'il y a un incendie, c'est une politique
qui a été le fruit d'une consultation.
Et il est
vrai, M. le Président, que nous avons mis en place un programme substantiel
d'appui financier pour le déploiement
des gicleurs dans ces installations-là. Je tiens à rappeler également à notre
collègue que le programme en question
est construit d'une telle façon que les propriétaires ou les organisations,
qu'elles soient à but lucratif ou non, aient la capacité financière d'installer ces gicleurs. Je le répète, M. le
Président, cette politique-là a été mise en place à la suite de consultations qui ont inclus les organisations
à but non lucratif, et nous croyons que le programme en question est de
niveau approprié pour assurer le déploiement de ces gicleurs-là.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, le coût pour la résidence Kirouac : 340 000 $,
minimum. 340 000 $, là, ça, c'est le départ. Cependant, le programme n'assure que le tiers, ce qui fait en
sorte que la résidence, qui nous le dit... M. Bisson nous le dit, là, il
n'a pas les moyens d'assumer cette dépense-là.
Qu'est-ce qui
va arriver aux résidents, aux personnes âgées qui sont là, qui sont à faibles
revenus, à moyens revenus? Le
ministre, qu'est-ce qu'il va leur dire? La résidence Kirouac, là, risque de
fermer. Et ça, c'est partout. Dans toutes nos circonscriptions, on a ce
type de résidence là. Ce n'est pas juste...
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, je comprends qu'on revient avec la même
question, mais, encore une fois — et on doit le répéter — d'abord, c'est une mesure qui est une mesure qui était
essentielle. On connaît la situation dramatique qui a fait en sorte que nous ayons choisi de mettre en place cette
mesure-là pour permettre à ces installations d'être dotées d'un système
de gicleurs.
Maintenant,
M. le Président, il y a des choix qui ont dû être faits. Et les choix ont été
faits, encore une fois, après consultation
de tous les milieux, incluant les milieux à but non lucratif, et tout le monde
a conclu que le niveau d'appui financier qu'octroyait le gouvernement
pour déployer les gicleurs et assurer la sécurité de nos aînés...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...était approprié, M.
le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, je vais continuer à répéter la même question tant et aussi
longtemps que le ministre ne se rend
pas à l'évidence. Il attaque des petites résidences, partout au Québec, qui,
par leur présence, aident et viennent en
aide à nos aînés les plus vulnérables. C'est ça que le ministre fait, là, il
s'attaque aux plus petites résidences, met en péril ces petites résidences là qui aident et accompagnent nos aînés 24
heures sur 24, et qui n'ont pas les moyens, et qui veulent appliquer...
Ils veulent installer des gicleurs, mais ils n'ont pas les moyens.
Est-ce que le ministre va se rendre à...
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : M. le Président, je trouve que notre collègue de Saint-Jean
devrait choisir et peser ses mots. S'il considère que de mettre en place un
programme d'appui financier pour mettre en place un système de gicleurs dans des installations qui n'en avaient pas et qui étaient
donc à risque de mettre en péril leur clientèle lorsqu'il y aurait, et on ne
le souhaite pas, un incendie... S'il
considère que de subventionner des gicleurs, c'est une attaque, bien, moi, je
pense que les personnes âgées qui
nous écoutent aujourd'hui sont certainement bien contentes de savoir qu'il y a
un gouvernement...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...qui s'occupe de
leur sécurité, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Blainville.
Laframboise : Merci, M. le
Président. Depuis le dépôt du projet de loi n° 122, le gouvernement
accumule les volte-face. Son
dernier : abolir le processus référendaire lors de changements de zonage
pour toutes les municipalités du
Québec et le remplacer par un obscur processus de consultation publique pour
lequel un comité a été mis sur pied — avec reddition de comptes — en
juillet 2017.
Pourtant, une lumière aurait dû s'allumer suite
à la commission Charbonneau, qui n'avait pas le pouvoir d'enquêter sur les tractations entourant les changements de zonage.
Denis Lessard, dans La Presse du 24 novembre 2016,
écrivait, en citant un ex-enquêteur de la
commission à propos des changements de zonage : «Il était là, le pot de
miel le plus intéressant sur la corruption municipale, bien plus que
[...] la construction.»
Les députés de la CAQ sont ici pour protéger les
intérêts de tous les citoyens du Québec.
Est-ce que le
ministre peut nous dire qu'il va attendre de rendre public son processus de
consultation avant de nous demander d'adopter le projet de loi
n° 122?
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
Coiteux : Alors, le député de Blainville nous dit qu'à une autre
époque il y avait des lacunes dans les processus de consultation en amont des citoyens qui précédaient les changements de
zonage. Alors, nous, on propose de corriger ces lacunes et on a mis sur pied un groupe de travail qui, justement, va
nous faire très bientôt des recommandations, sur la base desquelles on
va pouvoir avoir un cadre minimal de consultation en amont des citoyens.
Alors, nous,
on n'est pas tournés vers le passé, on est résolument tournés vers l'avenir. Le
projet de loi n° 122, il y a une
clé, là, qu'on doit mettre dans la porte pour ouvrir cette porte-là qui va nous
amener vers le futur. Et, dans ce futur-là, il n'y aura pas moins de
consultation des citoyens, il va y avoir plus de consultation des citoyens puis
une démocratie qui va surveiller encore plus attentivement à l'échelle
locale — pas
nécessairement juste ici, mais surtout à l'échelle locale — les
changements de zonage. C'est ça qu'on veut, c'est ça qu'on propose, mais on a
besoin de la collaboration des oppositions
pour y arriver. Les villes et les citoyens des villes demandent aux deux
oppositions d'aller un peu plus vite.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Blainville.
Laframboise : M. le Président, ce que le gouvernement
libéral nous demande, c'est de lui
faire confiance. Poser la question, finalement, c'est y répondre. Puis essayez, M. le Président, de poser la question aux Québécois, vous allez
comprendre la réponse. Ce que le gouvernement
libéral veut, c'est un chèque en
blanc pour remplacer le processus référendaire sur les changements de
zonage par un obscur processus de consultation publique.
Dans l'intérêt supérieur des citoyens du Québec,
est-ce que le ministre peut rendre public son processus de consultation avant l'adoption
du projet de loi n° 122?
Le Président : M. le ministre
des Affaires municipales.
Coiteux : La question
de la confiance est importante, elle vient d'être évoquée, mais ce n'est pas la
confiance dans le gouvernement à l'égard des changements de zonage qu'on propose
dans le projet de loi n° 122, c'est la confiance à l'égard des élus locaux. Est-ce qu'on croit ou
non dans l'autonomie municipale? Est-ce qu'on croit que les municipalités sont des gouvernements de
proximité ou non? Est-ce qu'on croit que c'est à l'échelle locale que les citoyens
vont intervenir directement pour rendre imputables les élus locaux des décisions qui concernent des
décisions de proximité? Nous, on fait
le choix de la confiance. Nous, on fait le choix de la confiance. Nous, on fait
le choix du progrès en matière
relations de Québec et des municipalités. Nous, on n'est pas nostalgiques du passé. Nous,
on va droit vers l'avant et on espère que les oppositions vont se
rallier.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Blainville.
Laframboise : M. le Président, l'Ontario n'a pas de processus référendaire de
changement de zonage, mais les citoyens
peuvent adresser leurs plaintes à la Commission
des affaires municipales de l'Ontario,
qui se transforme en tribunal indépendant : 143 cas de zonage traités en 2015-2016.
Faute de tels pouvoirs, la Commission municipale du Québec, mercredi dernier, nous avouait que, si elle
recevait une telle plainte, elle recommanderait aux citoyens
de s'adresser à la Cour supérieure.
Est-ce
que le ministre peut, finalement, attendre de rendre public son processus
de consultation avant d'adopter
le projet de loi n° 122?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
Coiteux : Je pense que c'est
assez évident que la deuxième
opposition ne croit pas dans
l'autonomie municipale. La deuxième opposition ne s'inscrit pas
dans ce changement important de la relation de Québec avec les municipalités. Ce que nous propose la
deuxième opposition, c'est de maintenir ou de créer des nouveaux
mécanismes dans lesquels les gens
sont en conflit plutôt que de travailler ensemble pour avoir des bonnes
politiques en matière de zonage, des bonnes politiques
d'urbanisme, des bons plans d'aménagement. Nous, on propose le futur. Eux, ils
sont dans le passé.
Le Président :
Principale, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le Président, le programme d'aide financière mis sur pied par le gouvernement du Québec pour la
formation des pompiers volontaires dans les MRC est trop restrictif. 92
demandes de subventions pour une formation avancée de pompiers
volontaires, la formation Pompier II, qui ont été rejetées dans les
dernières années. Les petites municipalités de 5 000 à 25 000 habitants n'ont
pas accès à l'aide gouvernementale, puisque la formation Pompier II n'est
obligatoire que pour les municipalités de plus de 25 000 habitants. Le problème, c'est que, bien
souvent, les plus petites municipalités ont davantage besoin de cette
formation avancée.
Est-ce que le ministre
de la Sécurité publique peut s'engager à débloquer les sommes nécessaires pour
que l'ensemble de nos pompiers volontaires soient formés adéquatement pour
secourir les gens de chez nous?
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
Coiteux : C'est une question importante, mais j'ai déjà eu la même
question très récemment puis je vais avoir un peu la même réponse, c'est : Les sommes sont disponibles pour
former les pompiers autant dans les régions rurales du Québec, où il y a
beaucoup de pompiers volontaires, comme il y a des sommes qui sont disponibles
par différents mécanismes pour les pompiers en zone urbaine.
Alors,
tout le monde a droit à une qualification additionnelle, et on a mis sur pied
des programmes pour ce faire. Et il y
a d'autres travaux qui se font à l'heure actuelle, notamment avec mon collègue
le ministre des Finances, pour voir d'autres
types d'incitatifs qu'on peut mettre sur pied, mais c'est certain qu'on va
aller de l'avant pour améliorer la situation générale de la formation
des pompiers volontaires et de l'ensemble des services incendie.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
M. le Président, on a testé la réponse du ministre lors de l'étude des crédits
avec les pompiers volontaires un peu partout
au Québec, et ça ne passe pas la rampe. Ils m'ont même dit
que le ministre ne savait pas de quoi il parlait. Alors,
je veux lui réitérer que, tristement, il y a des feux qui font la manchette
partout au Québec. La formation
Pompier II — les
pompiers volontaires qui vont entendre ça, ils savent de quoi on parle — elle
est nécessaire pour former des
officiers parmi les pompiers volontaires.
demande au ministre de prendre l'engagement de débloquer immédiatement les sommes qu'il faudra pour assurer la sécurité de la population
dans nos petites municipalités, M. le Président.
Le Président :
M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Coiteux : Et,
effectivement, on a mis sur pied un programme,
justement, pour former des pompiers aux nouvelles réalités d'aujourd'hui, aux nouveaux défis, aux nouvelles technologies des pompiers volontaires. Justement, c'est des sommes qu'on a
rendues disponibles comme gouvernement, et on va continuer d'aller de l'avant.
Il y a
M. Morneau, qui est sous-ministre à la Sécurité publique, qui a fait une tournée
générale des services incendie au
cours de l'automne dernier, et il y aura de nouvelles annonces qui seront
faites prochainement qui vont permettre de consolider encore davantage la force de frappe,
la mobilisation, la formation et les capacités. On favorise également
les regroupements de services incendie sur une base volontaire, justement, et
on va continuer d'appuyer nos pompiers partout au Québec, mais particulièrement
les pompiers volontaires.
Le Président : Principale, M.
le député de Lac-Saint-Jean.
M. Cloutier :
Merci, M. le Président. M. le Président, quand on prend une petite minute pour
y penser, là, c'est assez incroyable
qu'aujourd'hui, en 2017, des citoyens sont obligés de se mobiliser pour faire
signer des pétitions pour réclamer quoi? De la téléphonie cellulaire et
Internet haute vitesse.
Juste au
Saguenay—Lac-Saint-Jean,
M. le Président, ce sont une douzaine de municipalités qui sont directement
concernées. Et d'ailleurs, aujourd'hui, on a
avec nous dans la tribune la préfète de la MRC Domaine-du-Roy, les maires
et mairesses de Saint-André, d'Hébertville,
de Lamarche, une représentante de La Bostonnais qui m'ont tous raconté
tout à l'heure les problèmes qu'ils
ont de communication, entre autres, évidemment, avec les citoyens qui sont pris
avec les inondations.
Pourtant, M.
le Président, il existe un projet au Saguenay—Lac-Saint-Jean qui fait consensus depuis des
années, qui a été d'abord porté par la CRE, la défunte CRE, et qui a été
repris lors de notre sommet économique régional.
Alors, comment le ministre responsable de la
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean
explique-t-il que, malgré toutes ces années, le projet n'a toujours pas vu le
jour?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. En ce qui a trait à la connexion haute vitesse
Internet, on en a beaucoup parlé ici,
à l'Assemblée, on en a beaucoup parlé aussi dans les régions du Québec. Mais,
au-delà d'en parler, on a décidé d'agir. Agir, ça veut dire quoi? Ça
veut dire nous assurer qu'il y ait des régions qui soient partout connectées à
haute vitesse, 30 mégabits par seconde
dans les régions du Québec. Pour ce faire, ce qu'on a fait, on a fait un appel
à projets, M. le Président. Cet appel à projets, il s'est terminé à la fin du
mois d'avril. On a travaillé avec les municipalités, justement pour faire en sorte qu'ils puissent
déposer leurs projets. Ils ont déposé leurs projets, il y en a eu 240 de
déposés à travers toutes les régions
du Québec. Ce que nous avons dit, c'est que nous allons passer à l'analyse de
ces projets-là et que nous allons
pouvoir annoncer le déploiement de ces différents projets à partir du mois de
septembre, au moment où on sera en mesure de déployer la stratégie du
numérique également.
En ce qui a
trait au cellulaire, M. le Président, c'est de compétence fédérale. Nous avons
parlé avec les leaders fédéraux à ce sujet-là pour être en mesure de
pouvoir établir des plans concrets pour le déploiement du cellulaire. Mais,
encore une fois, nous, on a pris les devants avec le réseau haute vitesse.
Merci, M. le Président.
Le Président : Complémentaire,
M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
La ministre sait déjà très bien que les sommes prévues ne seront pas suffisantes
pour couvrir tout ce qui est découvert, y compris dans le comté du
premier ministre, et j'aimerais que le premier ministre nous dise d'abord s'il va accepter de rencontrer les membres
de municipalités, la préfète de son comté, pour discuter de ce sujet-là et de nous dire pourquoi, alors qu'il est au
pouvoir depuis quatre ans, ce projet, qui existe depuis quatre ans, n'a pas
réussi à voir le jour dans son propre comté, qui devrait être
exemplaire.
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Bien, je
rencontre mes collègues les élus locaux très, très souvent, encore il y a
quelques jours, y compris les gens
qui sont dans les estrades. Alors, c'est quelque chose qui est régulier pour
moi. J'espère que ça l'est pour tous les collègues ici, à l'Assemblée
nationale.
Maintenant,
je le félicite de vouloir accélérer le temps, mais on vient de passer notre
troisième anniversaire et, l'an
prochain, en avril, on célébrera le quatrième. Alors, on a également fait quelque
chose que, malheureusement, son gouvernement n'a pas eu le temps de
faire à l'époque, c'est de mettre sur pied un fonds qui est spécifiquement
dédié surtout à l'Internet, qui est notre
compétence, mais pouvoir faire du cellulaire en même temps. En même temps, le
gouvernement fédéral a annoncé une somme de 500 millions pour tout le
Canada, dont le Québec aura sa part.
J'étais
récemment en conversation avec notre collègue M. Champagne, le ministre
fédéral, qui m'indique avoir déposé des projets, les gens de la région
ont déposé des projets...
Le Président :
Alors, cela met fin à la période des questions et de réponses orales.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, nous en sommes maintenant à la rubrique des motions sans préavis, et,
selon nos règles et l'ordre de présentation...
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vais vous demander d'être un peu
plus silencieux afin de permettre à M. le député de Borduas de nous
présenter sa motion sans préavis. Allez-y.
M. Jolin-Barrette : Oui. M. le
Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante,
conjointement avec la députée de Joliette et le député de Groulx.
«Que
l'Assemblée nationale réitère l'indépendance du Directeur général des élections
du Québec ainsi que de la Commission de la représentation électorale...
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Un instant, M. le député. Nous allons permettre aux nombreuses personnes qui sont dans nos tribunes de quitter
afin de vous permettre par la suite de présenter votre motion sans préavis.
Alors, je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 14 h 57)
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, nous en sommes toujours à la rubrique des motions sans préavis, et je
vais céder la parole à M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Alors, Mme la
Présidente, je demande le consentement pour déposer la motion suivante conjointement
avec la députée de Joliette ainsi qu'avec le député de Groulx :
«Que
l'Assemblée nationale réitère
l'indépendance du Directeur général
des élections du Québec ainsi que de la Commission de la représentation
électorale du Québec;
«Qu'elle
respecte la décision finale de la CRE concernant la nouvelle carte électorale
qui entrera en vigueur à la fin de la présente législature;
«Qu'elle
s'engage à ne pas apporter de modifications à la Loi électorale dans le but de
changer la décision finale de la CRE.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay : Nous proposons
de l'adopter sans débat, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, est-ce que cette motion est
adoptée? M. le député de La Peltrie.
Caire : ...par
appel nominal, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, très bien. Nous avons une
demande de vote par appel nominal.
Et je vais suspendre nos travaux quelques
instants, et que l'on appelle les députés.
• (14 h 59 — 15 h
1) •
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous allons mettre aux voix la motion
présentée par M. le député de Borduas
conjointement avec la députée de Joliette et le député de Groulx :
«Que
l'Assemblée nationale réitère l'indépendance du Directeur général des élections
du Québec ainsi que de la Commission de la représentation électorale du
Québec;
«Qu'elle
respecte la décision finale de la CRE concernant la nouvelle carte électorale
qui entrera en vigueur à la fin de la présente législature; et
«Qu'elle
s'engage à ne pas apporter de modifications à la Loi électorale dans le but de
changer la décision finale de la CRE.»
Et que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Caire
(La Peltrie), M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel
(Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), M. Laframboise
(Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Lemay (Masson),
Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne (Johnson), Mme D'Amours
(Mirabel), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Spénard
(Beauce-Nord), M. Paradis (Lévis), M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière), M. Jolin-Barrette (Borduas).
M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Blais (Charlesbourg),
Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Leitão (Robert-Baldwin),
Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Coiteux (Nelligan), Mme David (Outremont), M. Proulx
(Jean-Talon), M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Vallée (Gatineau), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac),
M. Barrette (La Pinière), M. Drolet (Jean-Lesage), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), Mme Charlebois (Soulanges),
M. Moreau (Châteauguay), M. Heurtel
(Viau), M. Arcand (Mont-Royal), Mme Vien (Bellechasse),
M. Billette (Huntingdon), M. Fortin (Sherbrooke),
Mme St-Pierre (Acadie), M. Morin (Côte-du-Sud), M. Ouellette
(Chomedey), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), Mme Ménard (Laporte), M. Tanguay (LaFontaine),
Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
M. Carrière (Chapleau), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys),
M. Girard (Trois-Rivières), M. Chevarie
(Îles-de-la-Madeleine), M. Auger (Champlain), M. Rousselle (Vimont),
M. Iracà (Papineau), M. Bolduc (Mégantic),
M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois
(Abitibi-Est), M. Fortin (Pontiac), M. Giguère (Saint-Maurice),
M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie), Mme Montpetit
(Crémazie), M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides),
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Tremblay (Chauveau),
M. Busque (Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre), Mme Melançon
(Verdun).
M. Lisée
(Rosemont), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette),
M. Marceau (Rousseau), Mme Léger
(Pointe-aux-Trembles), Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre
(Taillon), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard (Duplessis), M. Rochon (Richelieu),
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean),
M. Gaudreault (Jonquière),
M. Pagé (Labelle), M. Cousineau (Bertrand), M. Bourcier
(Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi), M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier),
Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Kotto (Bourget), M. Turcotte
(Saint-Jean), M. Roy (Bonaventure).
M. Khadir (Mercier), Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), Mme Ouellet (Vachon),
M. Surprenant (Groulx), M. Sklavounos (Laurier-Dorion).
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Y a-t-il
des députés contre cette motion ou des abstentions? Pour le résultat, M.
le secrétaire général.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Oui, M. le député de
La Peltrie.
Caire :
Je demande le consentement pour qu'on puisse enregistrer le vote de ma collègue
d'Iberville, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Est-ce
qu'il y a consentement? Oui. Alors, Mme la députée, vous pouvez prendre
place, on va vous permettre de voter.
La Secrétaire
adjointe : Mme Samson (Iberville).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, pour le résultat du vote, M.
le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 104
Contre :
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors,
cette motion est adoptée. Pour la prochaine motion sans préavis, je vais
céder la parole à M. le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport et
ministre de la Famille.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement afin de présenter la
motion suivante conjointement avec le
député de Lac-Saint-Jean, la députée de Mirabel, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, le député de Laurier-Dorion,
la députée de Vachon ainsi que le député de Groulx :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Semaine québécoise de la garde scolaire, qui se déroule
du 15 au 19 mai 2017;
«Qu'elle
reconnaisse l'importance du rôle des services de garde et des personnes qui y
travaillent au quotidien pour assurer le bien-être, le développement et
la réussite des jeunes;
«Qu'elle
félicite et remercie le personnel de garde scolaire pour sa compétence et son
dévouement.»
Merci,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) :
Alors, merci, M. le ministre. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Tanguay : Nous proposons, Mme la Présidente, de l'adopter sans
débat.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) :
Alors, cette motion est adoptée? Adopté. Maintenant, pour la prochaine
motion, je me tourne vers M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, M. le Président, je sollicite le... Mme la Présidente, oui, pardon.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : C'est correct.
M. Gaudreault : Je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec le député de Richelieu,
le député de Masson, la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, la députée de Vachon, le député de Groulx, la motion
suivante :
«Que l'Assemblée nationale demande
à Hydro-Québec d'acquiescer au souhait du député de Saint-François afin que la portion sud de la ligne d'interconnexion Québec‑New
Hampshire du projet Northern Pass contourne la Forêt communautaire Hereford et
soit enfouie.»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) :
Alors, merci, M. le député. Y a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
M. Tanguay : ...Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, il n'y
a pas de consentement. Maintenant, pour la prochaine motion sans préavis, j'aurais besoin... je dois
vous demander s'il y a consentement pour déroger à l'article 84.1 du
règlement afin de permettre à Mme la
députée de Vachon de présenter une deuxième motion sans préavis dans le présent
cycle. Alors, y a-t-il consentement? Consentement. Mme la députée de
Vachon, la parole est à vous.
Mme Ouellet : Oui. Merci, Mme la Présidente. Je demande le
consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec le député de Mercier :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte
du projet de dépotoir de déchets nucléaires que le promoteur Laboratoires
nucléaires canadiens veut aménager au milieu
d'un marécage, à Chalk River, à moins d'un kilomètre de la rivière Outaouais.
«Qu'elle
constate que les dangers de contamination radioactive de la rivière des
Outaouais, particulièrement compte tenu des inondations de plus en plus
fréquentes;
«Qu'elle
note que le [ministère] de l'Environnement du Québec...»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Mme la députée... Je vais vous demander encore
une fois, chers collègues, d'être
plus silencieux parce que je n'arrive pas à entendre Mme la députée de Vachon.
Alors, vous pouvez poursuivre.
Mme Ouellet : Oui. Merci, Mme la Présidente. Donc, je demande
le consentement de la Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement...
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Oui, oui. Mme la députée, je vous ai
invitée... Mme la députée, je vous ai invitée à poursuivre, alors vous
pouvez reprendre là où vous étiez, où je vous ai arrêtée tout à l'heure. Merci.
Mme Ouellet :
Merci, Mme la Présidente.
«Qu'elle
note que le [ministère] de l'Environnement du Québec a annoncé aux crédits
qu'il préparait un plan d'urgence en cas de catastrophe nucléaire;
«Que l'Assemblée nationale fasse part
à la Commission canadienne de sûreté nucléaire de son opposition quant à
l'emplacement de ce dépotoir de déchets
nucléaires à cause du risque immense de contamination radioactive d'une source
d'eau potable, la rivière des Outaouais.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme
la députée. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Tanguay :
Pas de consentement, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement.
Maintenant, je vais céder la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui, Mme la Présidente. Alors, suite à une entente entre les groupes
parlementaires et les députés indépendants, j'aurais une motion de
consultation à l'égard du projet de loi n° 138 à présenter.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, une motion sans préavis ayant déjà été
présentée par le groupe parlementaire
formant le gouvernement, je demande s'il y a consentement pour déroger à
l'article 84.1 de notre règlement
afin de permettre la présentation d'une autre motion sans préavis. Il y a
consentement? Alors, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je fais motion, conformément à
l'article 146 du règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que la Commission des institutions,
dans le cadre de l'étude du projet de loi n° 138, Loi modifiant le Code de
procédure pénale et la
Loi sur les tribunaux
judiciaires afin de favoriser l'accès à la justice et la réduction des délais
en matière criminelle et pénale,
procède à des consultations particulières et tienne des auditions publiques le
30 mai 2017, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
«Qu'à cette fin, elle entende les
organismes suivants : [soit] le Barreau du Québec [et] l'Association des
avocats de la défense;
«Qu'une période de 12 minutes
soit prévue pour les remarques préliminaires, répartie de la manière
suivante : 6 minutes au
groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 30 secondes au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle [...] 2 minutes 30 secondes au deuxième
groupe d'opposition;
«Que
la durée maximale de l'exposé du Barreau du Québec soit de 15 minutes et
l'échange [entre] les membres de la commission soit d'une durée maximale
de 75 minutes partagées ainsi : 37 minutes 30 secondes
pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 22 minutes 30 secondes pour l'opposition
officielle et 15 minutes pour le deuxième groupe d'opposition;
«Que
la durée maximale de l'exposé de l'Association des avocats de la défense soit
de 10 minutes et l'échange avec
les membres de la commission soit d'une durée maximale de 35 minutes
partagée ainsi : 17 minutes 30 secondes pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 10 minutes 30 secondes pour l'opposition
officielle et 7 minutes pour le deuxième groupe d'opposition;
enfin,
«Que la ministre de
la Justice soit membre de ladite commission pour la durée du mandat.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci. Y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Vous l'adoptez sans débat?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Bon. Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Adopté.
Maintenant,
nous en sommes à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions, et
je recède la parole à M. le leader adjoint du gouvernement.
Tanguay : Oui, Mme la Présidente. Alors, j'avise cette
Assemblée que la Commission des transports et de l'environnement poursuivra les consultations particulières à l'égard du
projet de loi n° 132, Loi concernant la conservation des milieux
humides et hydriques, dès maintenant, pour une durée de trois heures, et de
19 h 30 à 21 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de
loi n° 98, Loi modifiant diverses lois
concernant principalement l'admission aux professions et la gouvernance du
système professionnel, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
18 heures et de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Enfin, Mme la
Présidente, la Commission des finances publiques entendra les intéressés et
procédera à l'étude détaillée du
projet de loi d'intérêt privé n° 223, Loi concernant la continuation de
Sous les Auspices de l'association des éleveurs de bétail du district de
Beauharnois inc., le mardi 30 mai 2017, de 10 heures à
12 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, merci beaucoup, M. le leader adjoint du gouvernement.
Pour ma part, je vous avise que la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles se
réunira en séance de travail demain, de 8 heures à 8 h 30, à la
salle RC.161, afin de statuer sur la possibilité
que la commission se saisisse de pétitions concernant le maintien de la
réglementation en vigueur relativement à la pêche aux poissons appâts
vivants et de pétitions concernant le maintien de la réglementation relative à
l'usage des poissons appâts pour la pêche sportive en été.
Maintenant, nous en sommes à la rubrique des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée, et, puisqu'il n'y a pas de
demande de renseignements, je vous informe que demain, lors des affaires
inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la motion inscrite par
M. le député de Rousseau. Et cette motion se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale demande au
gouvernement du Québec de rapatrier du gouvernement fédéral le budget de la
Banque de l'infrastructure du Canada correspondant à la part du Québec; et
«Qu'elle demande que soit mise sur pied une
banque de l'infrastructure du Québec.»
Maintenant, la période des affaires courantes
étant terminée, nous allons passer aux affaires du jour, et je vais céder la
parole à Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien : Bonjour, Mme la
Présidente. Merci d'appeler l'article 12, s'il vous plaît.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. À
l'article 12 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le 11 mai 2017 sur la
motion de report présentée par M. le député de Jonquière dans le cadre de
l'adoption du principe du projet de
loi n° 122, Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités
sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce
titre leur
autonomie et leurs pouvoirs.
Avant de céder la parole au prochain
intervenant, je dois vous informer qu'il reste 40 min 58 s au
débat, dont sept minutes au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle et 33 min 58 s au
deuxième groupe d'opposition.
Lorsque nous
avons ajourné nos travaux, la parole... c'était M. le député de Blainville qui
avait la parole. Est-ce que vous aviez terminé votre intervention?
M. Laframboise : Non, madame.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Non? Alors, je vais vous inviter à poursuivre dès maintenant.
Laframboise : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Encore une fois... plaisir de continuer à prendre
la parole sur la motion de report par
rapport au projet de loi n° 122, Mme la Présidente. Je veux prendre le
temps qu'il faut pour éclaircir, évidemment, la position que prendra la
Coalition avenir Québec lors du vote sur cette motion de report.
J'en profite
pour faire un peu d'historique. J'avais commencé mon débat, Mme la Présidente.
Je vais bien le... peut-être le
résumer au début de ma présentation. Bon, plus de 1 130 municipalités
au Québec. Ce que le gouvernement propose... Parce que, dans le projet
de loi, le gouvernement proposait le maintien des référendums, à l'exception de la ville
de Montréal ou de la ville de Québec, et, pour les autres villes à l'extérieur
de ce qu'ils appelaient les zones de requalification,
donc, les municipalités pouvaient, dans leurs périmètres urbains,
requalifier une zone. Et, lorsque cette zone était approuvée comme zone de requalification, il n'y avait pas de
référendum à l'intérieur de cette zone. Donc, c'était ça que le gouvernement
proposait.
Sauf que,
depuis le dépôt du projet de loi, le gouvernement a effectué quelques pas de danse. C'est ce que je
disais la dernière fois, Mme la Présidente. Puis je cite, puis je vais prendre la peine de camper ma position.
Parce que le 4 avril, c'était de toute beauté, dans La Presse , Denis Lessard... Puis habituellement, quand M. Lessard prend la peine de parler d'une position gouvernementale, il est assez
bien informé. Puis il avait rendu public, la veille... Souvent, avec Internet, maintenant, on rend publique la position la veille, puis
elle apparaît dans le journal le lendemain. Donc, le 4 avril, donc,
Denis Lessard disait, et La Presse titrait : Les référendums à Montréal
et à Québec sont là pour de bon . Donc, c'était ça, la position, parce que, disait-il, «selon les informations obtenues par La Presse , le changement fera
partie [évidemment]...»
«En dépit de
la parole donnée aux maires Denis Coderre et Régis Labeaume, le ministre des
Affaires municipales [...] va reculer
sur son intention d'interdire les référendums lancés par les citoyens.» Et,
bon, ce qu'il dit comme position : «Mais, dans la machine, à Québec, on sait déjà que le ministre va
reculer sur ce projet, tant les pressions ont été grandes», de la part
des citoyens. Puis on l'a vu, là, en commission parlementaire.
Et là il
poursuit en disant : «À
Montréal, on suppute que l'abolition des référendums vient d'un engagement du
premier ministre [...] auprès des maires
Coderre et Labeaume, que l'on voulait consoler parce qu'on ne leur avait pas
donné tous les pouvoirs réclamés dans les projets de
loi sur la
métropole et [...] la capitale.»
Donc, ça,
c'était la rumeur qu'on avait entendue. Effectivement, les projets de
loi sur
la métropole et la capitale... Je vois mon collègue de La Peltrie, qui a
travaillé fort sur le dossier du projet de la capitale. Mais les informations
qu'on avait avant que les projets de
loi sur la métropole et la capitale soient déposés, c'est qu'il devait y avoir
beaucoup plus de pouvoirs aux villes, à la ville de Montréal et à la ville de
Québec, que le gouvernement avait décidé de reculer lorsqu'il les a déposés, puis finalement, bien, le
projet de loi n° 122, là, bon, la rumeur voulait que le premier ministre
leur a promis, là, que, dans le
projet de loi n° 122, bon, il leur donnerait plus de pouvoirs. Et, entre
autres, bien, l'abolition des référendums, c'est en soi plus de
pouvoirs.
Donc, le
4 avril, donc, sous la plume de Denis Lessard, bon, le gouvernement
revenait sur sa promesse faite aux villes
de Montréal et Québec et conservait les référendums, mais, la même journée, Le Devoir
titrait : Les référendums seront bel et bien abolis . Bon, là,
évidemment, c'est un changement de cap important, évidemment, quand on sait
maintenant qu'avec Internet, bon, La Presse
peut publier la veille. Là, c'est sûr qu'il y a eu des discussions entre le
maire de Québec... sûrement, je
n'étais pas là, mais pour faire des pressions. Puis, le lendemain, bon,
évidemment, sûrement que la journaliste du Devoir, Isabelle
Porter, a appelé pour dire : Hé! c'est... Elle a appelé au cabinet du
ministre : C'est-u vrai, vous avez
reculé?, puis tout ça. Là, le ministre a eu le temps sûrement d'avoir les
pressions puis il a dit : Non, non,
non, les référendums seront bel et bien abolis. Donc, c'est un peu les pas de
danse que le ministre nous a habitués depuis le dépôt du projet de loi
n° 122.
Donc, vous
comprenez que, pour nous, les oppositions... Puis aujourd'hui j'entendais le ministre
nous blâmer pour dire qu'on
retardait, et tout ça. Et il faut comprendre, là, quand on décide d'abolir les
référendums dans le milieu municipal, c'est quelque chose d'important,
Et ce n'est
pas pour rien aussi que j'en ai profité pour appeler aujourd'hui, dans ma
question au ministre et au gouvernement... Puis je recite encore Denis
Lessard dans La Presse du 24 novembre 2016, où il
disait... Bon, le titre, c'était : Renaud
Lachance s'est heurté aux limites du mandat . On parle de la commission Charbonneau.
Et puis là je cite une
partie de l'article : «En raison de la
formulation de son mandat et d'enquêtes policières en cours, la commission Charbonneau n'a pu se pencher sur deux problèmes
manifestes pour ses enquêteurs : les transactions douteuses de la Société
immobilière du Québec — on a vu ce que ça a donné par après,
hein? — et les
tractations entourant les changements de zonage municipal dans la grande
région de Montréal.»
Et là il
poursuit en disant : «Aussi, pendant quatre ans, la commission a enquêté
sur la construction tout en sachant qu'elle
laissait en plan un énorme problème dans son angle mort. Les changements de
zonage dans plusieurs villes autour de
Montréal étaient un terreau très fertile pour la corruption. Les enquêteurs le
savaient, mais ils n'ont pu aller dans cette direction.»
Et là
évidemment il est allé chercher une citation, puis que j'ai reprise dans ma
question aujourd'hui, un ex-enquêteur de la commission, témoin des
délibérations, qui disait : «Il était là, le pot de miel le plus
intéressant sur la corruption municipale, bien plus que dans la construction.»
C'est
important, Mme la Présidente. C'est vrai que les contrats, quand on charge trop
cher, et tout ça, c'est important, mais,
le changement de zonage, il faut oublier que... N'oubliez pas que, quand un
propriétaire achète un terrain ou même une
terre complète et puis qu'on fait un changement de zonage, ce n'est pas long
que la valeur de la propriété change, hein? Ça, tout le monde le sait.
Et aujourd'hui j'ai été un petit peu surpris de la réponse à la question, pour
dire : C'était ça qui s'était passé, dans le passé, là, c'est justement à cause de ça, là, à cause du fait qu'il y avait des référendums qu'il a pu y avoir,
en tout cas, la possible tractation par rapport aux changements de
zonage. Ce que le ministre, par exemple, ne dit pas, c'est que, quand les citoyens s'opposent puis font un
référendum, oubliez ça, là, il n'y en a pas, il n'y en a pas, de tractation,
là. La tractation, elle a lieu, c'est
justement où les citoyens n'ont pas vu venir les nouveaux développements, les
nouveaux parcs immobiliers loin des
quartiers résidentiels, ou des nouveaux quartiers complètement nouveaux où on
décide de faire du commercial, changer de l'industriel en commercial, ou
vice versa, c'est là qu'il est, l'argent, là.
Donc, tu
sais, en quelque part, Mme la Présidente, là, je veux bien que le ministre,
aujourd'hui, là, se sente... là, en disant :
Oh! ça, c'était le passé puis, dans le passé, oui, c'est vrai, il y en a eu, de
la corruption, dans le passé; il n'y en aura pas dans l'avenir. Mais je peux dire au ministre que, par le passé, où
il y avait des processus de consultation publique, où il y a eu des
référendums où les citoyens se sont impliqués dans les changements de zonage,
il n'y en avait pas, de corruption, je vous
le dis, là, parce que les citoyens étaient près de ça, ça avait lieu... Et les
changements de zonage, là, ce n'est
pas... Et c'est très peu, là, on parle
de... À Québec, ici, on m'a dit qu'avec... bon, c'est deux ou
trois par année, là, au maximum, là,
les règlements. Même, là je suis généreux, là, parce que... je regarde mon collègue de La Peltrie, là, mais les changements de zonage qui sont sujets à consultation ou à référendum de la part des citoyens, c'est très peu, donc,
en quelque part, lorsqu'on veut changer ce processus-là.
Donc,
l'important, c'est d'avoir un processus pour lequel on va trouver une solution
qui est meilleure que celle qui est là présentement. Donc, évidemment,
on a, au Québec, les référendums. C'est pour ça qu'aujourd'hui, dans la question que j'adressais au ministre,
je lui disais : Bien, en commission
parlementaire... Parce que,
là, si on change la loi, tel qu'il nous est proposé dans les lectures qu'on
a... Puis évidemment la dernière lecture qu'on peut avoir, c'est celle
de La Presse , là, du 3 mai, là, où le gouvernement donne son orientation : «Le gouvernement [...] a constitué un groupe de
travail autour d'eux pour l'aider à établir les "normes minimales de participation
et de consultation des citoyens" qui remplaceront dans les municipalités québécoises
les controversés référendums en matière de zonage et d'urbanisme.
«Ce groupe de travail est formé des villes de Québec,
[...]Montréal, [...]l'Union des municipalités[...], [...]la Fédération québécoise des municipalités — [...]Vivre en ville, donc. Il devra remettre ses recommandations au ministre [...]
d'ici le 1er juillet.»
Et aujourd'hui je sais que les conseils de quartier de Québec vont faire une
conférence de presse pour demander d'être
invités. Parce que, quand j'ai fait la lecture des organismes qui
vont siéger sur cette commission-là, il
n'y a pas de représentant du public, là. On parle des unions municipales, on parle évidemment
de Montréal, Québec, les unions municipales puis Vivre en ville, mais il ne faut pas oublier
que Vivre en ville a eu un contrat, donc, pour être capable de travailler.
Donc, eux autres, ils ont été... — je
vais faire attention, là — ils
ont reçu une rémunération pour faire le travail. Donc là, évidemment,
est-ce que ça assure leur indépendance, là? Là, tout un
chacun peut se faire une idée par
rapport à ça, mais il reste quand
même que c'est ce comité-là qui va faire la recommandation au ministre le
1er juillet.
Et là le ministre
nous demande, en attendant, d'adopter le projet de loi avant la fin de
la session parlementaire sans
qu'on sache le contenu du processus de consultation publique qui va remplacer les référendums.
Et c'est pourquoi, ce matin dans ma question, je disais au ministre : C'est... Puis le ministre a tenu ce discours-là en commission parlementaire : En Amérique
du Nord, on est la seule société qui a un référendum. Bon.
Gatineau, qui
est près d'Ottawa, est venue nous dire en commission parlementaire, elle,
qu'elle veut conserver le processus
référendaire même à l'intérieur des zones de requalification. C'était le
discours du maire de Gatineau — que vous
connaissez bien, Mme la Présidente. Donc, il est venu nous dire : Même si
j'aurais la possibilité de ne pas l'utiliser dans les zones de requalification... Parce que, dans le projet de loi
tel que déposé, la ville de Montréal et Québec, c'étaient les seules qui n'avaient pas le référendum. Les
autres l'avaient, sauf aux endroits de zone de requalification. Lui, il a
dit : Bon, bien, moi, je veux le
conserver, j'aimerais juste le moderniser. Puis, à la question que je lui ai
posée : L'Ontario n'en a pas,
vous trouvez... Non, non, il dit : Moi, je trouve que le processus
québécois est mieux que celui de l'Ontario.
C'est un choix. Je veux dire, qui
suis-je, moi? Lui, il est voisin d'Ottawa, là. Donc, en quelque part, là, on peut toujours
nous dire qu'on veut... mais lui, il
voit ce qui se passe en Ontario. Donc, bon, pour lui, il voulait conserver le
processus référendaire. Bon, c'est
son choix. Certains diront : Bien, la politique s'en vient, il y a
des élections, puis le maire, bon, s'est positionné. Soit, mais il est quand même
venu le dire en commission
parlementaire, puis sa position
n'était pas la même que celle de l'Union des municipalités du Québec.
Mais j'ai
regardé l'Ontario. Qu'est-ce
qui se passe en Ontario? C'est vrai qu'il n'y a pas de processus de consultation
publique en Ontario, sauf que la Commission
des affaires municipales de l'Ontario, la CAMO, je vous dirais, a le mandat
d'un tribunal. Bon. Je vous dirais, je vais vous lire le mandat, là : «La
CAMO — la
Commission des affaires municipales de
l'Ontario — est un
tribunal d'arbitrage indépendant assujetti aux règles de [...] justice[...].
[Elle] entend des requêtes et des
appels concernant l'aménagement du territoire aux termes de la
Loi sur
l'aménagement [et l'urbanisme] et [des] autres lois; les questions financières...» Donc, oui, le mandat est plus large
que juste d'analyser le zonage, mais quand même c'est eux qui reçoivent
les plaintes par rapport au zonage municipal.
Et là,
évidemment, eux, la CAMO, comme organisme, quand on regarde les volumes, l'an
passé, 2015-2016, ils ont eu 143 cas de règlement de zonage. Donc, ça veut
dire que les plaintes des citoyens sont déposées. Donc, il n'y a pas de consultation... il n'y a pas de référendum. Il
y a un processus de consultation publique en Ontario, dans chacune des
municipalités, et les citoyens, lorsqu'ils ne sont pas contents du changement
de zonage ou s'ils trouvent qu'à quelque
part
il y a un vice dans le processus de consultation publique, ils peuvent en
appeler ou déposer directement une plainte à la Commission des affaires municipales de l'Ontario, qui devient un
tribunal. Et là c'est pour ça qu'ils ont entendu 143 cas en 2015-2016. Et là je pourrais vous les donner
pour toutes les autres années, je vais vous faire grâce, Mme la Présidente. Mais,
quand même, ça, ça veut dire qu'ils ont ce pouvoir de tribunal là, et c'est eux
qui traitent ça.
Et, Mme la
Présidente, la commission, quand j'ai posé la question... Parce que, la semaine
dernière à la Commission de
l'administration publique, la Commission municipale du Québec est venue
comparaître, c'était dans le mandat de la Commission de l'administration publique. Donc, j'étais présent et j'ai
demandé à la commission des affaires municipales du Québec : Si jamais un citoyen se plaint... Mettons, il va y
avoir un nouveau processus, vous êtes au courant? C'est sûr qu'ils sont au courant, ils le savent, ils ont lu
les journaux comme nous. Donc, si jamais le projet de loi... Vous avez lu le
projet de loi n° 122. Donc, s'il y a un processus de consultation
publique tel que... Parce que c'était déjà prévu pour Montréal et Québec que ce serait un processus de consultation publique
qui remplaçait les référendums, donc c'est déjà prévu. Donc, si un citoyen de ces deux villes-là vous déposait une
plainte pour dire que moi, je trouve que ça ne s'est pas bien passé ou
quoi que ce soit, est-ce que vous avez le pouvoir d'enquête? Ils ont dit :
Non, tout ce qu'on ferait, on référerait le citoyen à la Cour supérieure du
Québec.
Donc là,
évidemment, ça veut dire quoi? Ça veut dire des frais pour les citoyens. Donc
là, à quelque part, là, on a un
processus actuel de référendum qui fait que, quand on n'est pas content, on
signe le registre, puis tout ça est supporté et payé par la ville, puis après
ça, bien, évidemment, on a tout le processus qui s'ensuit, la médiation, tout
ce qui est capable de se faire. Mais
là il n'y en aura plus puis ça va être la Cour supérieure du Québec qui va
recevoir... Là, je ne suis même pas embarqué dans les délais de la Cour
supérieure, parce que, là, hein, on le sait, là, tous les problèmes de délai, mais
je fais juste vous dire qu'à quelque part ça
ne sera pas rapide. Donc, ça veut dire qu'un changement de zonage va avoir
lieu. Il va être décrété par la ville. Une fois que la consultation publique va
être faite, là le changement de zonage va s'appliquer,
les constructions vont avoir commencé, puis, avant que la Cour supérieure
puisse entendre, ça risque de prendre du
temps, tellement qu'il y a certains projets qui seront complètement vendus, les
gens auront déjà pris possession de leurs propriétés, évidemment, avant
que ce soit entendu à la Cour supérieure.
Donc, à
quelque part, oui, je veux bien... Et là le ministre nous dit : Il faut
nous faire confiance. Bien, il faut faire confiance, c'était le discours. Puis là, je vous le dis, Mme la
Présidente, parce que j'étais présent à l'Union des municipalités du Québec, où les villes... Puis ça, je peux
comprendre les villes, le gouvernement leur propose... Puis je vous l'ai lu
tantôt, là, je vous l'ai lu, là, puis
j'ai pris la peine de vous lire Denis Lessard. La rumeur veut que, bon, ce soit
le premier ministre qui se soit
entendu avec les deux maires pour leur dire : Bon, on ne vous a pas donné
ce que vous vouliez dans votre projet de
loi sur la métropole puis sur
la capitale; dans le nouveau projet de loi qu'on déposera, on va vous donner
plus de pouvoirs. Moi, je veux bien qu'on
fasse ça, je veux bien que... mais là les maires, eux, ne peuvent pas être
contre ça. Donc, à l'UMQ, ils venaient tous me voir pour me dire :
C'est quoi, là, vous bloquez ça? Moi, Mme la Présidente, je n'ai rien bloqué, là. Je participe au débat sur la motion de
report. J'ai le droit à 33 minutes qui me restent, puis c'est tout, je
n'ai rien bloqué.
Il y a eu
une motion de scission, puis je trouvais que c'était une main tendue de prendre
tout le processus référendaire, le
sortir puis en faire un projet de loi indépendant. C'était bien, là, c'était
correct, puis nous, on a dit oui, on a voté pour la scission puis on votera évidemment pour le report
du projet de loi, parce que, là, si on ne peut pas... Donc, le ministre tient à
avoir ce projet de loi là avant la fin de la session parlementaire. Ça veut
dire que nous, on va donner le O.K. au gouvernement
libéral. C'est pour ça que, dans ma question, je disais : Est-ce qu'on
peut faire confiance au gouvernement libéral?
Poser la question, c'est y répondre,
là. Puis je ne veux pas... Vous pourriez faire un sondage auprès des citoyens
du Québec, puis ça ne nous gêne même pas. Je suis certain
que... je suis convaincu, là, de l'état d'âme des citoyens
du Québec.
Donc, encore
une fois, pour faire un changement aussi important dans une législation
aussi importante pour le citoyen,
là... parce qu'il ne faut jamais oublier que quand on change un zonage, c'est
voisin de notre maison, de notre propriété,
c'est voisin de chez nous, là. Quand le zonage est changé, bien, on veut bien
savoir qu'est-ce qu'il va avoir comme édifices. Puis la dure réalité pour les citoyens du Québec, puis
ça, là-dessus, à tort ou à raison, Mme la Présidente, parce que ça, il faut vivre avec ça, on est
maintenant dans un processus de densification. Ça, là, il faut tous se le
dire, là. Moi qui, bon, représente Blainville,
évidemment j'ai des collègues qui, tu sais... Montarville, ma collègue
de Montarville, qui est
avec moi, qui est sur la Rive-Sud; moi, c'est sur la Rive-Nord de Montréal,
bon, le PMAD, là, le Plan métropolitain
d'aménagement et de développement, veut que tous les nouveaux développements dans les banlieues de Montréal soient densifiés, c'est-à-dire qu'il faut
bâtir en hauteur. C'est ça, la réalité, là.
Donc, les citoyens,
eux, doivent comprendre qu'il y a de la réglementation. Puis vous dire que mes maires étaient
contents, je vous le dis, là, ils leur ont rentré dans la gorge parce que c'est
une orientation gouvernementale, puis, s'ils
n'adoptaient pas le PMAD, bien, tout était bloqué. Vous savez, tout s'ensuit.
Quand le gouvernement... parce
que le gouvernement a une force, là,
avec les aides gouvernementales puis les programmes d'aide, de subventions,
il y a toujours un moyen de négociation. Donc, le fameux
PMAD est adopté. Donc, il
y a plus de densification qui va se
faire dans les banlieues de Montréal puis un peu partout. Puis le maire
de Québec ne s'en est pas caché : Je suis avec les fameux concepts TOD, là, les «transit-oriented
development», où il faut construire près des gares, près des endroits où il y a
le transport en commun. Donc, il faut y aller en densification. Il va
avoir des décisions importantes qui vont se prendre.
Là, ça veut
dire qu'on dit aux citoyens : À partir de l'adoption du projet de loi
n° 122, vous, citoyens, là, tout ce que vous allez... c'est de participer à la consultation publique. On va
vous informer de façon intéressante et importante, on va essayer d'être bien transparents, mais, à la
fin, c'est la ville qui décide. Donc là, il faut... Est-ce qu'on peut se
permettre d'adopter une législation
sans avoir, entre nos mains, quelle sera la consultation publique? Parce que,
dans une consultation publique...
puis là je ne veux pas vous faire l'état de tout ce qui se passe un peu partout
parce que, bon, je n'ai pas le service de recherche du gouvernement, qui, lui,
a tous les fonctionnaires pour lui. Nous, on est restreints malgré une bonne
équipe, avec un petit budget. Mais la
CAQ, je vous le dis, on va bien gérer parce qu'on est habitués de gérer avec
peu et essayer de faire beaucoup.
Mais il reste quand même que, oui, il y a des consultations publiques, dans
d'autres pays, qui se font. Mais il y
a des pouvoirs, lors de consultations publiques... Donc, il faut voir. Tu sais,
il y a plein de façons de procéder. C'est
possible qu'on puisse arriver avec une consultation publique où on peut faire
intervenir les citoyens, où, si jamais il
y a... peu importe, là, où on juge, où c'est jugé que, là, on met en place un
processus de médiation avec les promoteurs, on fait... Il y a plein de
choses. Montréal, là, avec son Office de consultation publique, est un bel
exemple.
L'Office de
consultation publique de Montréal est un tiers neutre, puis je l'ai appris en
commission parlementaire, défendu par
les organismes qui sont habitués de transiger avec la ville de Montréal puis
qui ont une extrême confiance en
l'Office de consultation publique de Montréal. Pourquoi tiers neutre? Parce que
les membres sont... entre autres, le président
est voté et nommé aux deux tiers des membres du conseil. Donc, c'est sûr qu'à
Montréal le maire n'a pas les deux tiers des membres. Donc, inévitablement,
bon, il doit s'entendre avec les partis d'opposition pour être capable de nommer le président de l'Office de consultation
publique. Là, le maire va vous dire : Bien, il a été pendant un an et demi
qu'il n'y a pas eu de président. Tu sais,
moi, je peux y répondre qu'il aurait fallu peut-être que tu mettes de l'eau
dans ton vin, Denis. Parce qu'il
m'écoute, là, bon. Tu sais, Denis, peut-être que, si tu avais mis de l'eau dans
ton vin, tu aurais pu nommer ton président. Tu sais, c'est important, le
tiers neutre.
Par contre,
quand on a expliqué ça au maire de Québec, lui, il a dit : Moi, un tiers
neutre à Québec, ça ne m'intéresse pas. Puis c'est correct. Il m'écoute
peut-être, lui aussi. Moi, si je ne contrôle pas les personnes que je nomme, ça
ne m'intéresse pas.
Donc, ça, c'est... tu sais, donc, il dit... bon, et en disant : Bien, je
suis élu pour quatre ans, puis, s'ils ne sont pas contents, dans quatre ans, ils me mettront dehors. Sauf que la ville
risque de changer un petit peu d'image dans quatre ans. Hein, tu sais, c'est facile de le dire, mais par
contre, pour le citoyen, quatre ans, c'est quand même... Nous, on sait que ça
passe vite, là. En politique, quatre ans,
c'est très rapide. Mais, en construction, ils en bâtissent, des choses, dans
quatre ans, là. Ça fait qu'il y a plein...
Donc, il faut
être capable, je vous dirais, de peser le chaud et le froid. C'est d'ailleurs
pourquoi on... Je vous dirais qu'au
début on aurait souhaité qu'il y aurait une modernisation du processus
référendaire. Si on conserve le référendum, il faut moderniser le processus
référendaire. Si on enlève complètement le référendum, bien, ça prend une
balise, là. C'est pour ça que je
regarde l'Ontario, qui, eux, à la fin, les citoyens, peuvent se plaindre, donc,
s'ils ne sont pas contents de la
façon dont la consultation publique s'est faite. Puis là, là, la consultation
publique, là, ah! bien là, le ministre peut me dire : Ah oui, vous allez voir, ça va être transparent. Oui, mais
est-ce que tous les documents ont été fournis? Est-ce que toutes... Tu
sais, là. Donc, vous comprenez, là. Puis là, après ça, tu apprends qu'il n'y
avait pas, dans la consultation publique, un
certain document qui aurait fait que, si tu l'avais su, peut-être qu'on aurait
réagi différemment. Ça, c'est toutes les
plaintes qui sont déposées à la commission municipale de l'Ontario où, à
quelque part, la Commission des affaires municipales de l'Ontario a un
pouvoir de tribunal administratif. Donc, elle peut arrêter, prendre une
injonction puis empêcher l'évolution d'un
règlement de zonage en attendant qu'on fasse la lumière puis qu'il y ait une
certaine médiation qui de fasse.
Donc, au
Québec, là, ce n'est rien, là, tu sais, puis, en Ontario, c'est un petit peu
plus que 600 municipalités. Ici, on est 1 138, là. On est
1 138 si mon décompte est bon. Donc, ça fait du monde. Ça fait du monde en
qui il faut faire confiance, là. Le ministre
nous dit : Moi, je suis un grand... Je fais confiance. Moi, je n'ai aucun
problème avec la confiance envers les élus municipaux, mais il faut leur
donner les outils pour qu'ils soient capables de rendre leurs citoyens en confiance. Puis nous ici, à l'Assemblée nationale,
Mme la Présidente, puis n'en déplaise au ministre, nous, on est ici comme
législateurs pour protéger tous les intérêts
des Québécois et des Québécoises, pas juste nécessairement, ça serait facile
pour moi, un ancien président de l'UMQ, de protéger juste les élus municipaux.
Moi, je suis là pour protéger tous les citoyens du Québec.
Et là,
évidemment, dans ce qu'a déposé le ministre, surtout avec tous les changements
qu'il nous a apportés... parce que
jusqu'à voilà deux semaines, là — là, je ne retrouve pas mon article, là — mais il avait toujours conservé un processus
de référendum. Mais là les référendums
seront abolis, là, dans toutes les municipalités du Québec, c'est ça qu'il nous
a dit, là, dans les dernières déclarations publiques qu'il a faites,
parce qu'encore une fois on n'a aucun amendement, aucun document qui est déposé, absolument pas. Mais ça doit être vrai parce
que le premier ministre, au congrès de l'Union des municipalités, dans son discours, a dit qu'il n'y
aurait plus de référendums au Québec, donc que ce serait aboli puis que ça serait, le premier ministre disait, remplacé
par un processus de consultation qui sera plus efficace que ce qu'il y avait
avant. Peut-être, Mme la Présidente. Je vous
dirais peut-être, mais j'aimerais ça le voir parce que, si je me fie sur le
chef du Parti libéral, qui est le
premier ministre du Québec, là, il faudrait que je voie le «avant». Tu sais,
c'est... Vraiment, là, vous ne pouvez pas me demander... Il y a des choses que
vous pouvez me demander, mais j'aimerais bien ça voir le texte avant
que, lui, tu sais, il m'envoie là-dedans.
Donc,
aujourd'hui, tu sais, une motion de report, pour moi, ça va de soi. Et c'est
pour ça qu'aujourd'hui j'ai tendu la
main au ministre en posant la question, en lui disant : Il y a-tu moyen
qu'on n'adopte pas le projet de loi n° 122 avant qu'on ait le résultat de la consultation publique
puis qu'est-ce qu'il y aura comme processus de consultation publique... c'est-à-dire le résultat du travail du comité qui
va nous donner le processus de consultation publique avant qu'on adopte le projet de loi n° 122? Il s'est levé trois
fois pour dire que non. Puis il fallait faire confiance, là, aux élus
municipaux, puis qu'eux autres ne
savent pas qu'est-ce qui va être écrit encore dans le texte. Mais, eux, je
comprends. Pour eux, ils veulent plus de pouvoirs. Le maire de Québec il
en voulait, plus de pouvoirs, dans le projet de
loi sur la métropole... sur la capitale. Puis le maire de Montréal, dans
le projet de
loi sur la métropole, il en voulait, plus de pouvoirs. Puis je le
sais, que c'est... entre autres, dans ces
pouvoirs, c'étaient ces pouvoirs-là de contrôler leurs zonages puis leurs
modifications.
Donc, ils ne
leur ont pas donné dans le projet de
loi sur la capitale, sur la métropole
parce que je pense qu'on en parlerait
encore. S'il avait fallu qu'ils lui donnent, là, sur le projet de loi de la
capitale, là, je regarde le député de La Peltrie, je pense qu'on serait encore dessus. Tu sais, ça ne
serait pas sorti de la commission parlementaire. Mais ça, encore, ce n'est
que simple présomption de ma part, mais il
reste quand même que, bien, c'est le genre de chose... Puis ce n'est pas
facile, tu sais. Puis, quand tu as
25 conseils de quartier... J'ai eu la chance de parler à la directrice
générale des conseils de quartier de
Québec, je veux dire, qui ont fait une conférence de presse aujourd'hui. Ces
gens-là connaissent leur... Ça fait longtemps qu'ils pataugent dans tout
le dossier des zonages municipaux. Ils le savent puis ils sont... Je ne vous
dis pas... pour certains élus, pour eux, ils
se disent : Ah! c'est des groupes de contestation organisés. Mais ce n'est
pas vrai parce qu'ils ne contestent pas tout. Quand ça ne va pas bien,
ils sont organisés.
Puis ça, là-dedans, je vous dirais que, si on
remplaçait ça par un processus de consultation publique, bien, il faudrait que le processus de consultation publique
soit bien organisé aussi. Donc, quand eux, aujourd'hui, nous disent puis
ils nous demandent, là : Il faudrait
peut-être, dans le comité qui a été formé par le gouvernement pour faire la recommandation sur le processus, qu'il y ait
peut-être des représentants des conseils de quartier, en tout cas, du civil,
du milieu plus civil, ils n'on