Institutions — 14 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CI 2020-02-14

Quebec — Committees

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Institutions — 14 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)

CI 2020-02-14

Quebec — Committees

va se rappeler que le premier

ministre du Québec

s'est levé dans cette Chambre, le 2 octobre 2019, au nom de tous les Québécois pour offrir formellement ses excuses. Les chefs

des trois formations de l'opposition ont fait ainsi. Le premier ministre, entre autres, a dit, à juste titre, et je le cite : «Les femmes

autochtones sont celles qui ont subi une large part des préjudices décrits dans le rapport de la commission [Viens].

L'État québécois n'en fait pas assez, et cette situation

est indigne de la société québécoise.

En conséquence, j'offre aux membres des Premières Nations et aux Inuits du Québec les excuses les plus

sincères de l'ensemble de l'État québécois. L'État québécois a manqué à son

devoir envers vous. Il vous demande aujourd'hui pardon.»

je continue à citer : «Et j'ai une pensée toute particulière pour les

femmes autochtones qui ont vécu les tristes événements de Val-d'Or. Je tiens à saluer leur courage. Ces excuses sont

nécessaires. C'est très important, mais ce n'est pas suffisant. On doit comprendre les raisons qui ont

mené à cette situation et, à partir de là, on doit changer les choses.

Comme pour le Québec tout entier, on doit

faire plus, on doit faire mieux, on doit le faire avec les membres des

Premières Nations et les Inuits. Comme je le disais dans mon discours

inaugural, on doit travailler ensemble à développer le Québec pour le bien

commun de nos nations respectives.»

C'est

des paroles sérieuses et des paroles dignes de notre premier ministre. Ce n'est

pas la partisanerie qui va nous empêcher

d'avancer dans un dossier tellement, tellement sérieux. M. le Président, la

ministre responsable, son gouvernement, et nous tous sommes devant

maintenant l'obligation de faire honneur à ces paroles.

La tâche est énorme, j'en conviens. Il y a

142 appels à l'action dans le rapport Viens, pour ne pas mentionner les

21 appels à la justice inclus dans le rapport Québec de l'Enquête

nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues

et assassinées. Each recommendation carries tremendous weight

and demands of us a real and measurable accountability.

M. le Président, le

rapport Viens identifie de façon des fois déchirante des lacunes dans les

services essentiels publics et l'offre de ces services aux peuples

autochtones.

C'est sûr

qu'on ne va pas avoir le temps de faire le bilan du progrès nécessaire dans les

142 recommandations, mais, à

titre

d'exemple, je vous cite trois : L'appel à l'action n° 28,

explorer la possibilité de mettre sur pied des corps policiers autochtones régionaux; appel à

l'action 42, favoriser l'implantation de programmes de justice

communautaire et la mise en oeuvre de

programmes de mesures de rechange pour adultes autochtones dans l'ensemble des

villes où la présence autochtone

l'exige; appel à l'action n° 60, instaurer un programme de financement de

déplacements familiaux lorsqu'il n'y a pas d'autre choix que

d'incarcérer un détenu dans un établissement provincial éloigné de son lieu de

résidence ou dans sa communauté d'appartenance.

Dans chacun

de ces cas, le gouvernement est interpellé à faire en sorte que les services

sur lesquels nous devrions tous

bénéficier soient aussi accessibles, aussi adaptés, aussi encadrés, aussi

disponibles à la famille mohawk de Kanesatake, à l'enfant inuit de Kuujjuaq, à la femme de la nation anishnabe de Val-d'Or.

On ne parle pas, M. le Président, de traitement spécial, on parle de faire notre

part comme État pour rendre la vie et

l'accès aux services livrés par l'État, qui sont essentiels à notre...

de la vie, équitables, équitables pour ces communautés, et ce n'est pas le cas

actuellement.

Je veux citer

quelques constats, dans le rapport Viens, en ce qui a trait à l'accès à ces

services, et un des aspects qui est

essentiel, et je cite le rapport : «...41.1% of Québec's

indigenous population has English as a second language, it is

not surprising that language was rapidly identified as a vector for

discrimination.

«The first difficulty

highlighted by the commission

is the fact that it is very often impossible for First Nation members and Inuit

to have access to services in indigenous languages or English when those are

their first and second languages.

«Simply

put, what we're facing has to do with the availability of health professionals

who speak English. There are several areas for which our people and other English-speaking people

struggle with in receiving services. We're often talked about

psychology, clinical social workers, speech therapist, to name a few.»

I'll

be looking, during this «interpellation», to hear from the minister responsible about these kinds of problems. Je souligne

que... qu'on ne tombe pas dans le piège de dire que je viens d'identifier un

problème qui tombe dans le panier de la langue. On parle de l'accès aux services uniquement. Voilà la préoccupation, comme je dis, M. le

Président, qui est clé dans

les 142 recommandations.

Alors, évidemment, je serai à la recherche des

pistes de solution, des échéanciers clairs, des indications des allocations budgétaires — on

est à un mois d'un budget, M. le

Président — une feuille de route, une suite. Je vais

respecter le fait, et je les privilégie

d'être là, que nous étions... vous venez de... nous venons de compléter un

deuxième sommet, et je félicite la ministre pour avoir pris l'initiative

d'approcher ces deux sommets avec un esprit ouvert, avec un oeil sur l'importance, que je seconde, de respecter la façon de faire. La ministre responsable va en convenir avec moi, par contre, que nous sommes devant une obligation de résultat. Nos enfants vont l'exiger, les

enfants des Premières Nations et

des familles inuites vont l'exiger, M. le

Président. Ce n'est pas une... Il n'y a pas de prétexte pour ne pas faire

avancer ce dossier-là.

Les leaders

des communautés des Premières Nations et Inuits vont être les premiers à dire

qu'on a devant nous un rapport

difficile, mais étoffé, mais qui fait des constats qui auraient été faits déjà.

Alors, on peut parler un petit peu de la patience, patience légendaire de

nos peuples autochtones, mais là c'est le temps des solutions.

Je me permets, dans les petites secondes qui

restent, de noter que nous sommes devant une crise actuelle, la situation du blocage des routes ferroviaires. Je

vais tout simplement dire deux choses. Un, j'espère entendre la

ministre, qu'elle apporte son poids pour

assurer qu'il y a une solution et, deuxièmement, qu'on ne fait aucunement le

lien entre ça et les questions très, très nécessaires qui vont être le

sujet de nos discussions pour les prochaines deux heures. Merci, M. le

Président.

Le Président (M. Tardif) : M.

le député, merci. Je céderais maintenant la parole à Mme la ministre pour une

période également de 10 minutes. Mme la ministre.

D'Amours : Merci, M. le Président. À mon tour de saluer mes collègues,

mes collègues de l'opposition et mes

collègues du gouvernement, ainsi que toute l'équipe qui m'accompagne, qui sont,

tout comme moi, très dévoués à la cause du monde autochtone, du monde

des Premières Nations.

Quand j'ai eu

connaissance que j'aurais une interpellation sur, en fait, là, le rapport

Viens, le suivi du rapport Viens, j'ai

été étonnée, parce que, comme l'a bien dit mon collègue de D'Arcy-McGee, moi,

je travaille habituellement, dans ce dossier-là...

pas habituellement, depuis toujours dans l'optique et dans l'obligation de

prendre ce dossier-là et de ne pas le politiser.

Nous travaillons de nation à nation. Ce n'est pas pour des organismes qu'on

travaille, mais pour bien des nations, et

nous devons, en tant que gouvernement, travailler en collaboration avec leurs

instances gouvernementales parce qu'ils en ont. Chacun a sa façon de

gouverner.

Donc, quand

on dit «travailler de nation à nation», ça veut dire que le gouvernement du

Québec et tous les députés de

l'Assemblée nationale devraient avoir en tête que nous ne devons pas politiser

ce dossier-là, mais bien de travailler ensemble à trouver des solutions

pour bien cohabiter ensemble.

Après un rapport du... du dépôt... Il

y en a eu deux rapports. Il y a eu le rapport de l'ENFFADA puis il y a eu

le rapport Viens. Ce que mon collègue avance

depuis... dans son discours, c'est que là, il a parlé des familles, des... Et

donc, là, je suis un peu mélangée parce que j'aurais

aimé ça que ce soit plus clair au niveau de l'interprétation... de

l'interpellation, pardon, parce que

l'interpellation nous amenait à nous préparer pour le rapport Viens, qui avait

été déposé, et la suite de ce que l'on allait en faire.

mesure de transparence, par mesure aussi, là, d'inviter les gens à nous écouter

sur un dossier très précis, j'aurais aimé

savoir qu'on allait parler de toutes sortes de choses, dont Viens et dont la

barricade qu'on... le dossier chaud qu'on subit, là, présentement, donc. Mais je vais répondre à toutes les

questions de mes collègues sur n'importe quel dossier. Ça va me faire plaisir. Mais j'aurais aimé, par

mesure de transparence, avoir un

titre qui reflète bien les discussions

qu'on a aujourd'hui pour l'ensemble des gens qui nous écoutent aujourd'hui et

ceux qui auraient pu nous écouter, parce qu'il y a certaines personnes, M. le Président, qui ont un intérêt pour un

certain dossier ou un autre puis, quand ils voient que ce n'est pas le dossier auquel ils ont un intérêt,

ils ne regardent pas ce qu'on dit. Donc, j'aurais aimé un petit peu plus

de transparence à ce sujet-là puis

d'intégrer dans le

titre ce que le député de D'Arcy-McGee voulait bien parler

aujourd'hui. Mais je vais répondre à toutes les questions, soyez assuré, M. le

Président.

Naturellement,

le député a cité le premier ministre puis qu'il y a eu des gestes qui ont été

posés. Effectivement, je suis d'avis

qu'on a une obligation de résultat, et une obligation de résultat commence par

des gestes que l'on doit faire immédiatement.

C'est ce que notre gouvernement a fait. Il y a eu des excuses historiques aux

Premières Nations, du premier ministre,

le 2 octobre. J'ai la date du 2 octobre. Je vous assure que le

premier ministre, lors du dépôt de l'ENFFADA, le 3 juin, a eu des commentaires aussi disant qu'on n'en avait pas

assez fait, qu'il fallait faire plus pour les Premières Nations.

Mais

les excuses ont suivi après le dépôt du rapport Viens, parce que nous

attendions, nous savions qu'il y aurait un dépôt de rapport au mois de septembre. Mais ça a eu lieu le

30 septembre, le dépôt du rapport, où j'ai d'ailleurs invité tous mes collègues des formations politiques à

m'accompagner. Ça s'était fait à Val-d'Or, toujours dans l'optique de ne

pas politiser le dossier, qu'ils soient avec

nous, tous les députés de l'opposition avec nous, notre équipe, afin de

rencontrer les gens là-bas, afin de parler

avec eux, afin d'entendre les mêmes mots que j'ai entendus. Donc, c'était

important pour moi que ces gens-là... que les députés de l'Assemblée

nationale m'accompagnent.

Donc,

il y a eu les excuses, comme je vous le dis, le 2 octobre. Après ça, on a

commencé à faire des annonces, bon, l'hôpital de Chisasibi. Ensuite, le

premier ministre, le 8 octobre, a fait une reconnaissance des principes de

la déclaration ici, à l'Assemblée nationale.

Il y a eu une invitation aux chefs pour discuter du processus de la mise en

oeuvre de la déclaration.

rappellerai à tous mes collègues ici et à ceux qui m'entendent que, depuis le début,

j'ai fait des envois postaux. Je l'ai

dit publiquement, j'ai fait l'invitation publiquement que nous attendions une

date pour parler de la déclaration des Nations

unies pour convenir ensemble, Premières Nations et gouvernement du Québec, sur

le sens des mots. Et je pense que mon

collègue de l'opposition officielle est assez au courant parce qu'il y a eu les

informations de son parti politique et les informations probablement de l'ancien ministre, M. Kelley, qu

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CollectionQuebec — Committees
CitationCI 2020-02-14
Typecommittee
Volume / chapteren travaux parlementaires commissions ci 42 1 journal debats CI 200214.html
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifier11e3ae69868367eb5a5406e152d14c6df2fd466a

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