Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 6 October 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAPERN 2015-10-06
Quebec — Committees
Et ensuite de
ça, nous, présentement, on a finalisé le cahier des charges, on a finalisé le
protocole de certification. On est
avec le BNQ. Vous connaissez sûrement le BNQ, ils ne sont pas loin d'ici. C'est
eux qui assurent la certification de notre
programme, c'est eux aussi qui assurent la certification de notre programme de
salubrité provinciale. Donc, on rajoute ce volet-là, bien-être animal. Donc, ça va être une organisation tierce
qui va s'assurer de certifier notre programme, puis nos premières certifications
devraient commencer d'ici quelques semaines, là, on a un accompagnement à faire
avec notre producteur pour s'assurer qu'il
comprend bien dans quoi il est embarqué, dans le programme, et pour s'assurer
que la première visite des inspecteurs du BNQ,
des auditeurs, va être fructueuse. On ne veut pas laisser nos producteurs en
plan parce qu'on s'est entendus aux niveaux
national et provincial que la certification de nos producteurs va être
confirmée à nos acheteurs, donc, à nos
classificateurs, et donc les classificateurs n'accepteront pas d'oeufs de
producteurs qui ne sont pas certifiés. Donc, c'est important que tout le
monde rencontre la certification.
Ça fait que
j'ai fait le tour rapidement, là. Si vous avez des questions tantôt, ça va nous
faire plaisir d'y répondre.
Bouchard (Paulin) : Alors, comme vous pouvez le voir, on travaille
très fort au niveau du bien-être animal, à la fédération. Pour nos
producteurs, c'est une question de pouvoir vendre leurs produits, rassurer
leurs acheteurs, on ne voudrait pas voir un acheteur qui a un doute ou qui a
une réticence à acheter notre produit. On est en convention, tous nos producteurs. Nous, nos 108 producteurs,
ce sont des producteurs qui ont au-delà de 100 poules. On ne vise
pas... on ne peut pas réglementer les producteurs qui ont moins de
100 poules, mais tous les producteurs qui ont plus de 100 poules au Québec sont dans un programme
certifié, seront certifiés par une entreprise indépendante. Nos
producteurs ont tous été formés sur des éléments plus précis qu'on veut
uniformiser, comme l'euthanasie lorsqu'on est obligé de le faire à la ferme,
tout ça, pour être sûrs d'avoir une procédure qui est uniformisée chez tous nos
producteurs.
Puis, si je
reviens rapidement, compte tenu que je n'ai pas beaucoup de temps, au niveau de
la loi, nous, on reçoit bien que le
gouvernement arrive avec une loi pour encadrer. Par contre, dans notre secteur,
c'est important, l'exception agricole
est quand même importante, parce que nous, on est en démarche depuis très, très
longtemps au niveau de ce qu'on fait
avec la loi puis les règlements qui nous sont permis de faire. On a même des
pénalités au niveau de nos producteurs, puis un producteur aurait beaucoup de difficultés à mettre en marché ses
oeufs s'il ne rencontrait pas ces standards-là qui sont pour nous, à la fédération, des standards
minimums. Donc, c'est important que les deux lois, la loi de la mise en
marché puis la nouvelle loi, ne viennent pas compliquer le travail qu'on est en
train de faire mais plutôt le supporter, si on pourrait dire comme ça. Dans ce sens-là, c'est un peu le message, là,
qu'on vient vous porter ici, puis le message, c'est qu'on pense... Nous, on va beaucoup en Europe, on
était en Europe il y a déjà 10 à 12 ans, où on voyait qu'est-ce qui
s'en venait, finalement, du côté européen, on a mis des choses en place avant
d'avoir des problèmes ici puis pour bien comprendre. Ça fait qu'on considère,
nous, bien humblement, qu'on est loin d'être en retard, là, sur le bien-être
animal avec ce qui se fait partout dans le monde.
Président (M. Morin) : Merci, mon cher monsieur. Vous êtes dans
le temps, bravo! M. le ministre commence la période d'échange. Allez-y.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Merci
beaucoup. Dans un premier temps, là, au nom des autres membres de la commission également, on tient à s'excuser. On
était supposés de vous recevoir le 29 septembre, la semaine
dernière; compte tenu des négociations du PTP, là, on n'a malheureusement pas
pu vous recevoir. Mais on s'est quand même rencontrés à Atlanta. Je tiens en
début à souligner le travail que vous avez fait. Comme président de la
fédération des producteurs d'oeufs, vous
avez défendu bec et ongles votre secteur d'activité, et je pense que ça mérite
d'être souligné. Vous l'avez fait jour et nuit pendant plus de jours
qu'on était supposés de le faire.
Ceci étant dit, on revient au bien-être
animal comme tel. La réputation du Québec part de loin, la loi
modifie le statut de l'animal, qui
devient un être sensible avec des impératifs biologiques. Donc, ça a de
l'effet, là, sur l'ensemble. Il n'y a pas d'exception agricole là-dedans,
là, tous les animaux vont être couverts par la loi.
Maintenant,
on préfère que les secteurs
d'activité se prennent en main. La
loi, ce qu'elle prévoit, c'est que, si vous avez un code de bonne pratique qui est, comment je pourrais dire ça,
acceptable, compte tenu de la nouvelle définition de l'animal, qui n'est plus
un meuble... Vous vous prenez en main, vous allez vers votre certification,
puis je pense que c'est la meilleure façon de
l'appliquer, c'est plus efficace que toute autre façon.
Dans le domaine de l'application, on va avoir des décisions à prendre. Les
vétérinaires sont des acteurs de premier plan. On a eu des représentations
de certains groupes qui nous disent : Les agronomes devraient également
faire partie, puis ça, j'aimerais
vous entendre là-dessus. C'est quoi, votre rapport avec votre agronome? Et
est-ce qu'il devrait être impliqué au même
titre que le vétérinaire?
Bouchard (Paulin) : Oui, je pense. Mon opinion, c'est que oui parce
que, nous, la relation avec le vétérinaire, dans notre secteur, est peut-être un peu différente que dans le secteur
laitier, là, où on parle des vêlages puis de certaines étapes plus
complexes, là, pour le producteur. Nous, depuis très, très longtemps, on a des
programmes, à notre fédération, qui
empêchent d'utiliser des antibiotiques, parce qu'on pense que... avec notre
régie de troupeau, en général, dans
99 % des cas, on peut ne même pas utiliser d'antibiotiques, puis ça fait
que donc on n'est pas régulièrement en contact avec nos vétérinaires, nos vétérinaires travaillent avec le producteur,
travaillent au niveau, là, beaucoup de la gestion des intrants puis des couvoiriers, puis tout ça. Donc,
l'agronome est beaucoup plus présent sur nos fermes que le vétérinaire.
Peut-être, Denis, là, je pourrais...
Frenette (Denis) : Comme je disais tantôt, notre comité provincial qui
s'assure de l'application du programme, l'Ordre des agronomes est présent là-dessus, et il y a l'association des
vétérinaires également. Donc, ils nous orientent aussi dans les bonnes
décisions à prendre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Le
consommateur et, par définition, les gens qui sont les plus proches du
consommateur réclament de plus en plus un approvisionnement en oeufs, dans
votre cas, qui soit fait suivant des bonnes
pratiques, comme on voit que McDonald et ces grandes chaînes là s'en vont dans
ce sens-là. Votre code date de 2003,
je sais que vous l'avez indiqué dans votre présentation, il est en révision
2016. Est-ce que votre version 2016, tel que vous l'anticipez, va
permettre de rencontrer les nouvelles exigences des acteurs importants?
Bouchard (Paulin) : Absolument. Nous, on anticipe, finalement,
quelques modifications au code. Mais on avait déjà un code, là, qui était quand même bien bâti puis depuis longtemps
on travaillait, là... on s'y conformait entièrement, à l'ancien code. Nous, avec des délais qui sont
raisonnables, là, d'application — c'est sûr que, s'il sort ce matin, là, ça
va nous prendre un petit peu de délai pour l'appliquer — on
n'entrevoit pas de problème, surtout pas au Québec, où on a déjà pris des décisions, là, super importantes entre
producteurs. Nous, depuis le 1er janvier 2015, là, tout producteur qui a
à reconstruire ou à rénover son bâtiment
doit le faire soit avec des cages aménagées, je demanderai peut-être à Denis
de faire un petit bout, là, sur ça, là, les
cinq comportements importants pour la poule, puis tout ça, mais des cages
aménagées ou d'autres systèmes
alternatifs qui rencontrent, là, les plus hauts standards de ces
entreprises-là. Donc, on avait prévu le coup. On est dans les provinces, pas la province, la seule, mais qui ont bougé
le plus vite, là, avec le Manitoba, puis tout ça. Puis les autres
provinces, maintenant, ont décidé de suivre le pas, puis ça va devenir
pancanadien, ces décisions-là.
Le Président (M. Morin) : M.
Frenette, vouliez-vous ajouter quelque chose?
Frenette (Denis) : Oui, peut-être rapidement, effectivement, on a eu
des informations sur ce qui se tramait sur le prochain code. On a trois représentants producteurs qui représentent
chacune des régions du Canada, donc «Central Canada», Est et Ouest, et on s'est fait dire que... Bon, premièrement,
par rapport à 2003, la science est un petit peu plus avancée, définitivement. On parle aussi de système
enrichi, dont Paulin parlait, il y a une notion aussi de comportement animal qui est mise de l'avant, un peu plus
importante, donc effectivement il y a des ajustements qui vont se faire. Et
ils nous ont aussi dit, contrairement au
code de 2003, qu'ils vont intégrer des notions de transition, au bout de tant
d'années il faudrait être rendu là, au bout
de tant d'années... ce qui va nous préciser un peu plus, là... Parce qu'évidemment il
faut permettre aux producteurs de suivre la
parade, là, dans ces transitions-là. Vous comprendrez que, quand on investit
dans un système, c'est pour 15 à 20 ans. On ne peut
pas, le lendemain qu'on a investi, s'il y a des nouvelles informations, là, tout jeter à terre puis
rebâtir le lendemain. Ça fait que ces transitions-là devraient être incluses
dans le prochain code, ça fait qu'on a très hâte de voir ça.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Un
des éléments sensibles de la chaîne, comme tel, c'est le transport des animaux
comme tel. Dans votre mémoire, vous nous recommandez de ne pas trop se mêler de
ça, si je peux le dire ainsi, de laisser le
fédéral le faire. Moi, j'ai une certaine inquiétude. Pouvez-vous me décrire
comme ça se fait et comment ça va se
faire, le transport et l'abattage, comme tel? Parce qu'une poule, quand elle a
fini son cycle de vie productive, bien elle s'en va dans un meilleur
monde, là. Ça fait que ce petit bout là m'inquiète.
Frenette (Denis) : Effectivement, nous, on peut vous dire que le fédéral s'occupe beaucoup
de ce dossier-là. On a eu beaucoup
de discussions aux niveaux national
et provincial, parce que les abattoirs, c'est de juridiction fédérale,
au Québec, puis évidemment il y a des
améliorations, on est d'accord avec vous, à apporter là-dedans. On a un sous-sous-comité de notre comité provincial, on a créé un
autre comité qui va strictement... avec d'autres partenaires, donc on a
les attrapeurs — les attrapeurs de poules, c'est ceux qui
sortent les poules des cages, les mettent dans des cageots, etc. — on a
les transporteurs qui sont impliqués là-dedans, qui transportent ces
animaux-là, parce que, si vous êtes pris sur une autoroute, là, à 50° dehors, là, puis les oiseaux ne bougent pas, bien
il y a des problèmes là; on a aussi les abattoirs qui sont
impliqués dans ce comité-là. Et nos producteurs ont commencé une formation
aussi CLT, je ne sais pas si vous avez
entendu parler de cette formation-là. Donc, elle est obligatoire. Paulin
parlait de formation tantôt. Donc, l'aspect... Qu'est-ce qu'on peut faire? Parce que la poule, une fois qu'elle est
dans le camion, bien comment elle a été préparée à être mise dans le
camion? Comment les attrapeurs ont été préparés, à quelle heure ils arrivent,
etc.? Tout ça, là, on n'en discutait pas
très, très en détail avant, là c'est là qu'on s'en va dans cette discussion-là.
C'est un forum qui est en place. Le sous-comité regarde différents
équipements, comment on peut améliorer. Il y a des équipements qu'on a réalisé
que ce n'était pas approprié, on est en
train de changer ça. Ça ne se fera pas du jour au lendemain, évidemment, parce
que, les abattoirs puis les transporteurs,
il faut qu'eux autres aussi s'adaptent, là, mais on a un comité là-dessus. Les
conclusions ne sont pas encore tirées, mais
on a déjà des pistes de solution, là, pour améliorer encore, parce que c'est
vrai, c'est un aspect important, là, de notre animal. Ce n'est pas parce
qu'il a fini sa vie utile que son bien-être est terminé, effectivement.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : On a
pris note, là, de vos commentaires sur la biosécurité. Vous n'êtes pas
les premiers à nous les faire, mais ça revient, là, régulièrement. Ça va aller,
M. le Président.
Le Président (M. Morin) :
Est-ce qu'il y a... Oui, M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Chevarie : Merci, M. le
Président. Merci pour votre mémoire. J'ai plus une question complémentaire par rapport à l'ensemble des questions que le ministre
vous a posées. Au niveau des systèmes de logement des poules, ce qui m'apparaît comme étant un des éléments importants
par l'ensemble des éléments qui contribuent au bien-être animal, vous mentionnez que depuis le 1er avril 2015
vous avez en quelque sorte des nouvelles normes d'application pour les producteurs qui apporteraient des aménagements
nouveaux à leurs installations, puis vous mentionnez également dans
votre mémoire qu'il y a trois types de
logement pour les poules pondeuses. C'est quoi, les proportions par rapport aux
trois types de logement? J'imagine que la grande majorité, c'est des
cages, mais j'aimerais vous entendre là-dessus.
Bouchard (Paulin) : Oui. La grande majorité, c'est des cages qu'on
appelle conventionnelles. Donc, une cage conventionnelle, c'est une cage quand même, là, qui rencontrait
parfaitement les normes du code de bonne pratique, là, avec deux sources
d'eau possibles au cas où il y en a une qui brise, avec suffisamment d'espace à
la mangeoire pour qu'en contention, dans la
hiérarchie, toutes les poules aient leurs repas trois fois par jour, pour ne
pas que les plus dominantes, là, mangent le repas des autres, il y a
toutes sortes de normes.
Donc, ça rencontrait les standards. La cage,
c'était, je vous dirais, plus que 90 % de nos producteurs qui
produisaient, là, dans ce type d'équipement là.
Par contre,
le passage de la cage enrichie va apporter des nouveaux éléments à la poule,
là, va lui ajouter... lui donner la
possibilité d'avoir des comportements qu'on dit naturels, donc aller pondre
dans un nid où il va faire plus sombre, plus d'intimité, si vous voulez, à l'intérieur de l'espace, qui va être
beaucoup plus grande, plus vaste. Plus nombreuses, les poules à
l'intérieur. Plutôt qu'être huit par système de logement, elles vont peut-être
être 60, donc la cage beaucoup, beaucoup
plus grande. La poule va se déplacer
plus, va avoir un nid pour aller pondre, va avoir des perchoirs, parce
que c'est un oiseau, hein, puis un oiseau,
ça aime ça se percher. Puis la première fois qu'on entend ça, que c'est important
pour une poule de se percher, on se
dit : Oui, important, mais comment important?, mais, quand on
fait de la recherche... On s'est aperçus,
à travers le temps... On a été les premiers, voilà 10, 15 ans, à partir à
rire, là, quand ils nous ont dit ça. Quand on écoute les chercheurs puis on s'aperçoit que le fait, l'oiseau, de
rester en équilibre, il va beaucoup plus donner de force à ses muscles... Puis finalement c'est bénéfique,
là, pour lui, de rester en équilibre comme ça, puis c'est vrai que c'est
quelque chose qu'il apprécie. Donc, des comportements naturels comme ça,
étendre ses ailes, puis tout ça, qui pourra...
Par contre,
je dois vous dire que les résultats, là, au niveau technique, la mortalité dans
les cages conventionnelles, c'était
parfait, les conversions alimentaires étaient parfaites, la santé de nos
animaux était quand même très,
très bien. Mais c'est une étape de plus.
Puis là, aujourd'hui, je vous dirais, pour répondre à votre question plus précisément, on
a peut-être, je dirais, 15 % de nos producteurs qui sont rendus déjà en
cages aménagées parce qu'ils ont prévenu le coup puis ils étaient dans un
bon timing pour le faire. Puis cette année,
là, avec l'année prochaine, 2015‑2016, là, beaucoup de construction, rénovation chez nous. On
a de la croissance, on a eu des années de croissance, les producteurs ont des
projets, donc on s'en va vers plusieurs nouveaux bâtiments.
Puis, dans
les autres, on appelle ça de la
volière, c'est un autre système où la différence avec une cage... c'est
à peu près l'équivalent d'une cage aménagée les portes ouvertes, là. Donc, il
faut habituer les oiseaux à aller chercher leur nourriture, à aller pondre dans
leur nid, tout faire la même affaire mais les portes ouvertes, donc, il faut
l'habituer à descendre du système puis de remonter au bon endroit, là, quand
les lumières s'éteignent, là. Donc, ça, on appelle ça les volières. Donc, on en aura aussi au Québec pour couvrir les marchés,
on essaiera de... C'est pour ça que ça prend de la collaboration, ça
prend de la bonne discussion, parce qu'on essaiera d'ajuster le débit de
production aux besoins du marché, finalement, là, parce qu'il y a des systèmes
qui sont un petit peu plus dispendieux à opérer, donc il faut aller chercher une certaine prime. Ça fait que c'est nos
prochains défis, là, mais qu'on regarde avec beaucoup d'optimisme quand
même. Denis.
M. Frenette (Denis) : Peut-être
compléter. Il faut faire très attention... Puis ça, on l'a eu, cet argument-là,
de différentes organisations. La différence entre les systèmes est beaucoup
moins importante au niveau du bien-être que la
façon que c'est géré. Donc, vous pouvez avoir un système... Puis là où la
science est présentement, là, juste pour le bien-être, parce que, quand on y va pour le bien-être, bien on sacrifie
un peu l'économique, on sacrifie d'autres choses, mais, juste pour le
bien-être, le meilleur système, au niveau scientifique, c'est le système
enrichi, il est même supérieur aux poules
en liberté pour différentes raisons : les mortalités sont moins élevées,
les fractures, parce que, bon, les poules se promènent partout, la
hiérarchie est beaucoup plus grande, donc... Mais on veut continuer à améliorer
tous les systèmes, ça fait qu'il faut faire
très attention parce qu'il y en a qui... Nous, on n'accepte pas cette
facilité-là : Ah! si les poules sortent des cages, on est corrects.
Ce n'est pas vrai. Présentement, la science n'est pas là, puis il faut faire
attention à la façon qu'on interprète ces petits coups de baguette magique là,
qui ne sont pas nécessairement, là, bons pour nos oiseaux.
M. Chevarie : Merci beaucoup, c'est
d'excellentes informations. Merci.
Le Président (M. Morin) : M.
le député de Mégantic.
Bolduc : Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs. Écoutez, moi, je
voudrais vous entendre un peu plus sur le processus de certification, où vous en êtes, comment ça va avancer, puis
maintenant, le projet de loi n° 54, comment ce genre d'intégration
là... Est-ce que vous allez intégrer ça à travers votre processus de
certification? Quelles sont les démarches
que vous allez devoir entreprendre pour vous assurer que ces normes-là vont se
retrouver, si on veut, dans le processus de certification?
Le Président (M. Morin) :
M. Frenette.
Frenette (Denis) : Donc, le processus de certification va s'adapter
systématiquement au programme PSA, donc
de soins des animaux national, qui est lui-même basé sur le code de pratiques
recommandées national. Donc, c'est sûr qu'il
va changer en 2016, là, on ne se contera pas d'histoires, là, en 2016 il va y
avoir des nouvelles normes. Par exemple, en 2003, ça n'existait pas, les
systèmes enrichis. Ça fait que c'est quoi, la densité, la largeur du perchoir,
etc., ce n'est aucunement présent, ça fait
que, ça, ils vont le sortir. Puis, au niveau des audits, de la certification,
donc, on a déjà notre cahier des
charges qui est présentement basé sur le code 2003, on a rajouté cinq éléments
au niveau national sur le code 2003
pour prendre les devants sur le code 2016, parce qu'on savait qu'il n'était pas
encore en place, et en 2016 ça va être réadapté en fonction du nouveau
code. Et là, le cahier des charges étant disponible, le protocole de
certification est complété avec ce comité-là
qu'on a au niveau provincial, et puis on accompagne nos producteurs, puis il y
a des éléments, là, qu'il faut qu'ils
soient en place. On sait exactement quoi regarder au niveau de la densité,
quelles informations il faut... que l'auditeur doit avoir accès à pour
s'assurer que la norme est bien appliquée, on a des confirmations de formation,
etc. Puis, à ce moment-là, bien, le
producteur passe ou ne passe pas, puis évidemment il y a des mesures
correctives. Si jamais il y a des éléments, plus ou moins importants, qui ne
sont pas présents, il y aurait des délais, là, pour corriger cette situation-là.
Bolduc : Dans le standard, combien il y a de normes qui vont s'adresser
au bien-être animal? Est-ce que vous le savez ou si ce n'est pas encore
complet, cet élément-là? Puis, si oui, quelle est la fréquence aussi des audits
qui vont avoir lieu?
Frenette (Denis) : Premièrement, ce sont toutes des normes qui
s'adressent au bien-être animal. Le PSA, c'est juste le bien-être animal, c'est le Programme des soins des animaux.
L'aspect salubrité, c'est un autre programme, ça, ce n'est pas le même.
Deuxièmement, c'est plusieurs... je vous dirais,
en ce moment on a, de mémoire, là, facilement une trentaine d'éléments, là, qui
sont vérifiés, avec des sous-éléments, évidemment, là. La densité, bon, bien,
si c'est tel système, c'est ça, etc.
Puis, au
niveau des fréquences d'audit, nous, on s'en remet au BNQ, parce qu'on n'a pas...
Si vous avez déjà travaillé avec le
BNQ vous n'imposez pas au BNQ comment vous voulez que les normes soient
appliquées. Vous dites : Ça,
c'est le cahier des charges qu'on s'est entendus tout le monde ensemble sur le
comité comment les appliquer, et le BNQ nous dit : Voici comment on va vous les auditer. Eux autres, ce
qu'ils font, il y a un audit tiers donc de leur inspecteur, de leur
auditeur, qui se fait une année. Trois années successives, c'est un auditeur de
la fédération qui fait les mêmes audits mais qui se rapporte au BNQ. Donc,
nous, on ne voit pas les informations, ça devient comme un employé du BNQ. Et suite à ça la fédération, à chaque année,
est auditée par le BNQ, ils viennent à nos bureaux par le BNQ, et là ils
vérifient comment on a travaillé, qui a été
audité, comment on a procédé, et ils vont faire des suivis avec nos
inspecteurs, ils vont les accompagner au
moins une fois par année pour s'assurer que la façon... Évidemment, il y a eu
de la formation auparavant de tout ce
beau monde-là avec un... on a aussi un... on ne vous a pas parlé de ça, mais on
a un consultant qu'on a embauché, là, je pense qu'il est venu même ici,
M. Beaudoin...
Le Président (M. Morin) :
Merci. Merci, M. Frenette. Je suis obligé de vous...
M. Frenette (Denis) : Oui, excusez.
Le Président (M. Morin) :
Merci, M. le député de Mégantic. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Bonjour, M.
le Président. Bonjour, tout le monde.
Le Président (M. Morin) :
Bonjour.
Villeneuve : Heureux d'être de retour après une semaine
tumultueuse, je pense. Merci. Bonjour, messieurs. Merci d'avoir adapté
votre horaire, finalement, parce qu'on a vu qu'il y a eu un décalage, là, qui a
dû être fait. Aux impératifs que commandait l'actualité, je pense que c'était
drôlement important effectivement que vous y soyez.
Je commencerais par le commentaire que vous
émettez, là, à la page 9 de votre mémoire. Vous dites : «Nous mettons en garde le ministre contre toute
initiative qui viserait à personnifier les animaux d'élevage.» C'est un
commentaire qui est revenu, qui va revenir probablement durant la journée
aussi.
Est-ce qu'il
y a vraiment une inquiétude de votre part par rapport à cela? Et, si oui,
est-ce qu'on devrait, finalement, le
préciser dans le projet de loi, que... ou si ça... Mais j'aimerais vous
entendre parce que c'est un commentaire qui revient souvent, les gens ont vraiment, en lisant le
projet de loi, cette impression-là qu'il y a une porte d'ouverte à ce niveau-là.
Je ne pense pas, personnellement, que ce soit le cas, mais est-ce que vous
pensez, vous, qu'on ne devrait peut-être pas... Est-ce qu'on devrait le
préciser ou non?
Le Président (M. Morin) :
M. Bouchard.
Bouchard (Paulin) : Écoutez,
c'est une mise en garde, pour nous, qui est naturelle, là, parce qu'on vous a expliqué tantôt qu'on
discute régulièrement avec des organisations qui disent faire du bien-être
animal, là. Nous, du bien-être animal, je
vous le disais tantôt, d'entrée de jeu, depuis longtemps qu'on parle de ça,
puis nos producteurs sont passionnés
d'en parler, puis de modifier, puis d'améliorer, puis d'étudier, mais il y a
certaines organisations qu'on le sait, ce n'est pas du bien-être animal, c'est de la perception puis c'est... Ils
voudraient, finalement, qu'on devienne peut-être moins productifs puis
peut-être, à la finalité, qu'on n'en vende pas du tout, des oeufs, là, puis
qu'on mange d'autre chose, je ne sais pas,
là, tu sais. On sent vraiment qu'il y a des gens, dans le discours, que c'est
plus des perceptions puis qu'ils ne font pas vraiment du bien-être animal. Puis ils ne sont pas si intéressés que
ça à nos recherches, finalement, pour améliorer la façon de produire,
ils aimeraient peut-être mieux qu'on la cesse, là, tout simplement.
Donc, c'est tout
dans ce... c'est dans ce cadre-là, là. Quand on personnifie, quand on
dit : Ah! bien, moi, si je me retrouvais
dans cette situation-là, moi, personnellement, bon, est-ce que je serais
confortable, est-ce que j'aimerais mon nouvel
habitat?, on ne peut pas fonctionner comme ça, il faut comprendre vraiment
c'est quoi, les besoins de l'animal. Puis
c'est dans ce sens-là qu'on a mis le commentaire. On n'était pas capable
d'aller vous dire : Changez tel mot dans le projet de loi, là,
c'est plus dans la pensée, là.
Villeneuve : D'accord. D'accord, mais, comme je vous dis, ça
revient souvent, alors peut-être qu'on aura la chance d'en discuter à
l'étude
article par
article puis peut-être même demander l'avis de certains
juristes experts dans le domaine pour voir
s'il y a lieu de préciser, ne pas laisser d'ambiguïté. Je pense, la pire chose
qu'on peut faire, dans un projet de loi, c'est qu'il reste des
ambiguïtés et qu'il reste des... Moins il y aura de zones grises, plus ce sera
clair. Il y en aura toujours, mais, si on peut éliminer celles qu'on identifie
déjà à ce stade-ci, pourquoi pas?
Vous avez aussi... vous dites que
l'article 63.3° stipule que le ministre peut — ça aussi, on en a
beaucoup discuté — rendre
obligatoire un code de pratique du CNSAE. C'est le temps, là. Ça va toujours
être le temps plus tard, tant qu'il ne sera
pas adopté on va toujours pouvoir faire des corrections ou amener des
bonifications au projet de loi, mais
ça nous a été relevé souvent à savoir que ces normes-là, de un, ne sont pas
faites pour être appliquées intégralement, et il y a peut-être une formule différente qu'on va devoir imaginer. Mais,
chose certaine, il faut aussi, à un moment donné, se donner les outils pour améliorer la situation.
Vous en avez déjà, mais en mettre un qui est dans la loi, je pense que
c'est une bonne... je pense que personne n'est contre ça au départ. Mais est-ce
que vous ne pensez pas qu'à ce stade-ci... Encore
là, le 63.3°, quand on dit : «...rendre obligatoire, pour les personnes
qu'il détermine», on peut peut-être ajouter quelque chose, «et ce, après consultation avec les groupes concernés»,
ou je ne sais pas, pour s'assurer justement que les personnes qui sont en premier chef, là, appelées,
finalement, à gérer tout ça, là — c'est vous, là, c'est vous autres,
dans ce domaine-là précis — si un jour la loi venait qu'à dire :
Bien, voici, maintenant le code, c'est celui-là, vous soyez à tout le
moins consultés, que votre avis soit demandé, qu'il y ait un travail de fond
qui soit fait avant de procéder. Vous en pensez quoi?
Bouchard (Paulin) : Absolument, absolument, c'est ça, je pense que
vous avez compris le sens un peu de mon
intervention ici aujourd'hui. Encore une fois, humblement, là, je pense qu'on
est quand même les experts au niveau de notre production. On comprend
les irritants de nos producteurs, les irritants qu'ils peuvent avoir au niveau
de nos acheteurs aussi, on est en mesure...
L'ancien
code, si on se fie... on ne connaît pas la prochaine version, mais l'ancien
code n'était pas un code qu'on aurait pu réglementer, là, il y avait
beaucoup de choses... Des choses qui étaient faciles à réglementer, là, quand
on disait, là : C'est 67 pouces
carrés par cage, on sort le galon puis on fait le règlement, puis tu l'as-tu ou
tu ne l'as pas?, mais il y a quand
même à travers ça des choses, là, qui sont plus difficiles à mettre dans un
règlement, puis ça prend des bonnes périodes
de transition, ça prend une compréhension. Nous, on s'attend, là, à ce qu'on
travaille en collaboration, finalement, là, avec le gouvernement, là,
pour ce dossier-là.
Villeneuve : D'accord. Toujours dans l'optique de s'assurer que
le projet de loi qu'on a devant nous soit le mieux peaufiné possible avant de se retrouver au vote, si je peux dire
ça comme ça, à l'article 35 on dit — et là je vous amène dans la biosécurité, on en a discuté avec d'autres groupes aussi,
là : «Le ministre nomme, à
titre d'inspecteurs, des médecins vétérinaires, des analystes et toute
autre personne...» C'est large, ça, là, c'est très large, on s'entend, «toute
autre personne», là. Alors, on avait discuté
avec d'autres groupes à savoir est-ce qu'il n'y aurait pas lieu qu'il y ait une
formation plus homogène pour l'ensemble des inspecteurs,
qu'il y ait des domaines spécifiques qui demandent de l'expertise spécifique,
parce que...
là je vous amène à la biosécurité, je vous amène... Parce que, si on va plus
loin, à la
section III, l'article 55, on parle de l'immunité
de poursuite. Si toute autre personne peut se prévaloir de l'immunité de
poursuite, est-ce qu'il n'y a pas là un risque justement que quelqu'un débarque
chez vous, puis, regarde, moi, ça presse, je pense, là, puis de bonne foi, là, elle va se dire : Moi, ça
presse, il faut que je rentre, puis au diable les procédures de biosécurité,
puis, bon, il arrivera ce qu'il arrivera? Ne
pensez-vous pas qu'on pourrait... Puis on le retrouve, ça, dans la
loi sur...
pas la loi mais les schémas de
couverture de risques en incendie, où les municipalités, à moins de faute
grave, ont l'immunité des poursuites, donc
à moins de faute grave. N'y aurait-il pas lieu d'ajouter cela? Et évidemment
l'inspecteur ou la personne nommée par le ministre ou par le gouvernement, à ce moment-là, saura que, oui, il y a
une immunité, mais, s'il y a une faute grave, elle devra en répondre, et
là ça permet, en quelque part, que la personne soit plus prudente par rapport
aux interventions qu'elle va faire. J'aimerais vous entendre là-dessus.
Bouchard (Paulin) : Oui, bon, moi, je pense que, comme je le disais
tantôt, là, ce qu'on souhaite vraiment, c'est qu'on travaille en collaboration, là. Moi, je soulève tout de
même, là, que nous, la fédération, on a des employés engagés qui vont
sur les fermes au minimum quatre à six fois par année pour constater, là,
vraiment comment ça se passe, pour aussi
informer le producteur de toutes ses nouvelles obligations, le PSA, puis tout
ça, au-delà du BNQ qui va venir
certifier, donc je ne pense pas que ce soit nécessairement nécessaire d'avoir
une autre équipe, là, qui travaillerait, complètement indépendante de
tout ce qui est déjà fait, là. Ça fait que, dans ce sens-là...
Villeneuve : ...juste
pour bien comprendre, là, vous dites que vous avez déjà une
équipe, mais le MAPAQ, il n'est pas inclus dans cette équipe-là, là, là.
M. Bouchard
(Paulin) : Non, pas présentement.
Villeneuve : D'accord.
Mais le projet de loi va permettre à un inspecteur du MAPAQ d'arriver
puis de dire : Bien, regarde,
votre équipe, je l'aime beaucoup, là, mais moi, je suis le patron ici, là, puis
c'est moi qui décide. Donc, il va falloir faire un arrimage, s'assurer
que tout ça... Parce que, là, c'est de toute votre production qu'il...
M. Bouchard
(Paulin) : Absolument.
Villeneuve : Quelqu'un
qui rentre, qu'il n'y a pas de biosécurité d'appliquée, pas de protocole
appliqué, met à risque l'ensemble de la production, là, c'est...
Bouchard (Paulin) : Absolument.
C'est pourquoi on l'a mentionné dans le mémoire.
Ce qu'on souhaite, là, finalement, c'est qu'il y ait une collaboration aussi puis qu'au niveau de la biosécurité... Moi, je veux dire, le plus grand risque que
l'inspecteur du MAPAQ ou que le producteur va vivre, là, dans le cas d'une
visite impromptue puis que... un inspecteur
qui ne voudrait pas respecter la biosécurité, ils ont des grands risques de ne
pas bien s'entendre, parce que
le producteur, depuis longtemps, il est formé, lui, c'est son métier, c'est son
gagne-pain. Donc, le producteur, lui, il va accepter
difficilement de laisser rentrer une personne dans son bâtiment qui n'aura pas
mis ses chaussures, qui va avoir refusé
de se laver les mains, qui n'aura pas mis son chapeau. Il va y avoir un problème
à la porte, à la porte d'entrée, là.
même chose pour le bien-être animal. Le producteur, là, présentement il est formé à être responsable des gens qui le visitent, là, ça fait
que, s'il y a quelqu'un
dans son bâtiment qui agit d'une façon qui n'est pas conforme à ce que
lui a signé puis qu'il s'est engagé, là, avec sa signature, il va y avoir un problème
à l'entrée.
M. Villeneuve :
Mais...
Bouchard (Paulin) : Mais
c'est mieux de le préciser dans le règlement, je suis d'accord avec vous que c'est beaucoup mieux de le
préciser tout de suite.
M. Villeneuve :
Parfait, parfait.
Le Président (M.
Morin) : ...merci, monsieur... Allez-y, continuez.
Villeneuve : Le ministre
veut savoir combien vous avez d'inspecteurs. Moi aussi, je veux le savoir, de toute façon. Combien vous avez
d'inspecteurs sur le terrain versus le nombre d'établissements?
M. Bouchard
(Paulin) : Pour 108 producteurs, on a quatre personnes qui
peuvent aller sur le terrain, trois à temps plein.
M. Villeneuve :
O.K. Et ils sont payés par la fédération? Ça fonctionne comment?
M. Bouchard
(Paulin) : Ils sont payés par la fédération.
Villeneuve : Oui? Ah! quand même. O.K. Donc...
M. Bouchard
(Paulin) : Payés par la fédération. Puis ils couvrent... ils font
rencontrer tous nos règlements.
Villeneuve : Alors, n'y aurait-il pas lieu, dans ce cas-ci,
étant donné qu'ils connaissent très bien le domaine, l'inspecteur du MAPAQ qui serait envoyé ou qui
irait sur un lieu, de s'arrimer avec un inspecteur pour y aller? Comme
ça, le protocole serait d'autant plus connu par l'inspecteur que vous, vous
avez sous votre charge, et vous auriez, à ce moment-là, l'inspecteur
indépendant du MAPAQ. Alors, je pense que, là, on a une équipe gagnante, là.
M. Bouchard
(Paulin) : Oui, absolument. Puis ne serait-ce que pour éviter les
coûts inutiles, là, s'il y a des complémentarités, là... L'objectif n'est pas
de faire des dépenser des sous pour rien, là, c'est sûr.
Villeneuve : D'accord. Bien, écoutez, on en prend bonne note.
Je pense que c'est intéressant, là, comme piste de solution.
vous amène maintenant à l'abattage. Vous dites que l'abattage est encadré par
la législation fédérale, c'est exact, évidemment,
au niveau des abattoirs fédéraux, là, mais au niveau des... C'est quoi, le
pourcentage... D'abord, j'aimerais savoir le pourcentage d'abattage qui
se fait sous abattage fédéral et le reste. Est-ce que vous avez le chiffre?
M. Bouchard
(Paulin) : Je pense que c'est 100 %.
M. Bouchard
(Paulin) : C'est 100 %.
Villeneuve : C'est 100 %. Donc, si je comprends bien, il
n'y a aucune poule de réforme qui est abattue ailleurs, finalement, même
pas dans un abattoir provincial, tout est abattu sous juridiction fédérale.
Parfait.
M. Bouchard
(Paulin) : Puis peut-être au passage, en complémentarité, là, on est relativement
chanceux, au Québec, là, parce que les abattoirs fédéraux, pour certaines
provinces, sont trop loin, puis ils n'ont pas l'opportunité de travailler avec
des abattoirs, là, pour l'élimination de leurs carcasses, là, de leurs...
M. Villeneuve :
Merci beaucoup, merci beaucoup.
Président (M. Morin) :
Merci, M. Bouchard. Mme la
députée de Mirabel, je veux vous entendre ce matin.
D'Amours : Merci, M. le Président. Bonjour, chers collègues. M. le
ministre. Messieurs, bonjour.
parle de votre code de pratique, puis, dans votre fédération, c'est sûr que ça
prend 100 poules et plus pour être dans votre fédération, mais, pour le bénéfice de toutes les poules du
Québec, est-ce que votre code de pratique s'appliquerait à ceux qui ont moins de 100 poules? Parce
qu'un inspecteur du MAPAQ qui va aller sur une ferme qui a 50 poules,
quelle référence il va avoir si on applique votre code de pratique pour les
poules du Québec?
Bouchard (Paulin) : C'est ça. Comme on vous l'expliquait, nous, on n'a
aucune juridiction sur ces gens-là. On
souhaite, vous l'avez entendu, là, autant pour la biosécurité que pour le
bien-être animal, que ces autres producteurs-là rencontrent le plus possible de normes, toutes les normes, là, dans le
bien-être animal puis la biosécurité, pour ne pas qu'ils viennent non plus, là, nous... entacher,
finalement, le travail qu'on fait, parce que nous, on travaille tellement fort
pour vendre des oeufs puis assurer les gens
que c'est un bon produit que... Mais nous, on n'a pas, là... En bas de
100 poules...
D'Amours : Oui, mais ma question...
Le Président (M.
Morin) : M. Bouchard, une réponse courte, parce que Mme la
députée de Mirabel a moins de temps.
D'Amours : Ma question, c'est : Est-ce que votre code de pratique
peut se transférer à 50 poules? Ma question, c'est ça. Est-ce qu'on peut
le...
M. Bouchard
(Paulin) : Oui, absolument. Le gouvernement peut s'en occuper, là, le
MAPAQ.
D'Amours : On a eu d'autres intervenants qui sont venus, qui
n'étaient pas nécessairement au niveau de la poule, là, mais il y avait des embûches au niveau des règlements
municipaux pour arriver à faire leurs codes de bonne pratique au niveau
de l'environnement et du bien-être animal. Est-ce que dans votre filière il y a
des embûches au niveau des règlements municipaux?
M. Bouchard
(Paulin) : Selon toi, Denis?
Frenette (Denis) : Pas à ma connaissance, non.
D'Amours : Non? J'aurais... Tout à l'heure, vous avez parlé d'un
camion qui était pris dans le trafic. Avez-vous plusieurs exemples où il y a
des camions qui ont été pris par... et que les oiseaux ont subi des...
Frenette (Denis) : Non, il n'y a
pas énormément d'exemples, mais il y a des exemples, et ce
qu'on dit, c'est qu'en travaillant avec les partenaires il faut faire
attention pour... Parce que, là, ça va avec la police, bon, des fois les camions sont obligés de se mettre sur le côté où
est-ce que tu n'as pas le droit, puis etc., ça fait qu'il faut
arrimer tout ça pour s'assurer que le
camion se rend le plus rapidement possible à l'abattoir, puis il faut
que ça aille avec les municipalités, les autres règlements aussi. On
n'est pas en contrôle de tout, c'est ça qu'on voulait dire aussi là-dessus.
D'Amours : Est-ce qu'il y a un... Savez-vous s'il y a un plan
d'urgence, d'intervention, au niveau des corps policiers, quand il y a un trafic... que vous êtes pris dans le trafic,
là? Est-ce qu'il y a un plan d'urgence qui est connu?
M. Frenette
(Denis) : Il n'est peut-être pas encore connu, mais on l'a présentement,
puis ça fait
partie de la formation du CLT avec les camionneurs. Quand ils se font
arrêter par un policier, ils sortent leur plan d'urgence, ils
disent : Regardez, là, je n'ai pas des
cigarettes en arrière, moi, c'est des oiseaux, puis il faut
faire attention à ci, à ça. Ça fait que ce n'est pas encore final, ce
n'est pas encore, probablement, connu par tous les corps policiers, mais c'est
en route, là, pour se faire connaître.
D'Amours : Quand vous parlez
de ça, vous parlez s'il y a une intervention, qu'un policier arrête un
camion. Mais, si le camion est pris dans le
trafic, est-ce qu'il y a un plan d'urgence pour libérer l'espace pour que
le camion puisse sortir le plus rapidement possible de cet accident-là?
Frenette (Denis) : Ça fait
partie du programme CLT, le plan d'urgence. Là où je ne sais pas, je
ne pourrais pas vous répondre, c'est
est-ce que ça a été communiqué à tous les intervenants, au niveau des
policiers, etc., ça, je ne suis pas sûr de ça. Mais il est présent. Tu
es obligé d'avoir un plan d'urgence, quand tu es certifié CLT, pour les
différentes situations : si ton camion renverse, etc.
D'Amours : O.K. Vous avez parlé, tout à l'heure, d'hormones, que
plusieurs de vos producteurs n'en donnaient plus, n'en donnaient pas du tout...
M. Bouchard
(Paulin) : On parlait d'antibiotiques. Excusez-moi, excusez-moi.
D'Amours : Pardon, d'antibiotiques, je m'excuse. Est-ce que vous avez
un pourcentage de producteurs qui donnent des antibiotiques et d'autres
pas?
Bouchard (Paulin) : Non. La fédération a un programme de vérification,
c'est interdit, là. Puis, s'il y avait une maladie...
D'Amours : Sur toutes les fermes?
Bouchard (Paulin) : Sur toutes les fermes au Québec de plus de
100 poules, encore là, là. Puis, s'il y avait un problème de maladie, il doit être déclaré à la
fédération, communication avec le vétérinaire, on va retirer les oeufs ou
on va les suivre pendant une période, puis la fédération va dire quand les
oeufs pourront retourner, là.
Mais
sinon il n'y en a pas du tout, puis je vous dirais, là, qu'on fait des... nos
inspecteurs vérifient dans les silos d'une
façon aléatoire, on analyse en laboratoire les moulées, puis, si on en
détectait, là, le producteur serait pris à défaut. Mais on n'en détecte pas, les producteurs le
savent, là. Écoutez, là, nous, notre seul revenu, c'est de vendre des
oeufs, là. Ça fait que le producteur, s'il ne vend plus ses oeufs, il n'a plus
de revenu, là.
D'Amours : Puis ce règlement-là est au niveau du Canada au complet ou
seulement au Québec?
M. Bouchard
(Paulin) : Du Québec.
D'Amours : Seulement au Québec?
M. Bouchard
(Paulin) : Bien, peut-être que d'autres en ont, mais nous, là...
M. Frenette
(Denis) : Pas à notre connaissance.
M. Bouchard
(Paulin) : Je ne pense pas, je pense que c'est seulement au Québec.
Depuis très longtemps.
D'Amours : Merci, M. le Président.
Président (M. Morin) : Merci, Mme la députée de Mirabel.
MM. Bouchard, Frenette et Lapierre, merci beaucoup. Encore une fois, fort
intéressant.
Et je suspends les
travaux et j'attends la prochaine visite qui est l'Association équine du
Québec. Merci.
(Suspension de la séance à
10 h 44)
Le Président (M.
Morin) : Nous reprenons nos travaux et nous recevons
l'Association équine du Québec. Madame
messieurs, bienvenue chez vous. Donc, j'aimerais vous connaître, et vous avez
10 minutes pour nous présenter votre mémoire.
M. Houde
(Rosaire) : Bonjour. Mon nom est Rosaire Houde, je suis membre du
conseil d'administration de l'Association
équine du Québec. Je suis accompagné, à ma gauche, du Dr Giorgio Giusti,
vétérinaire, qui va se présenter plus
amplement tantôt, et de Mme Renée Lévesque, qui est directrice de
développement à la fédération... pardon, était directrice de développement de la Fédération équestre du Québec et qui
est maintenant la même chose, le même statut, avec l'Association équine
du Québec.
Juste
un mot très rapidement sur qui est l'Association équine du Québec. Vous en avez
quelques mots dans le mémoire, bref mémoire qu'on vous a fait parvenir.
Ce qui n'est pas dit, c'est que nous regroupons 18 000 personnes, propriétaires, utilisateurs, amateurs, amants de
chevaux, et c'est ce que nous sommes. Nous sommes dans tous les secteurs
de l'industrie, sauf les courses et le rodéo.
Dans
le contexte de la mise en oeuvre de la loi, parce qu'on se présente devant
vous, et notre mémoire, si vous en avez
pris connaissance à date, est très à cet effet-là, on veut se situer déjà en
aval du projet de loi, que nous supportons. Il y a quelques mises en situation qui demandent peut-être une certaine
prudence, et surtout relié aux régions dites éloignées, où il y a une répartition des services
professionnels de vétérinaire notamment qui sont peut-être difficiles, compte
tenu des obligations que le projet de loi
impose aux propriétaires ou aux gardiens. Mais ces interpellations-là sont
décrites dans le mémoire, je ne
reviendrai pas là-dessus, pour aller le plus rapidement possible à ce qui, je
pense, va intéresser le plus la commission.
Et, je vous le dis comme je le sens, j'aimerais ça que vous soyez intéressés
sur ce qu'on peut faire, nous, à l'Association
équine du Québec, pour aider à la mise en place de cette loi-là, qui est une
avancée importante pour la santé et le bien-être animal au Québec.
Il a été question,
notamment avec Galahad, qui nous ont précédés ici, que le secteur équin a déjà
un code de pratique. Personne ne vous l'a montré, je pense, nous l'avons ici.
Et nous nous en servons déjà. En fait, l'AEQ, qui existe seulement depuis juin dernier, à son premier conseil
d'administration, a adopté le code de pratique pour en faire la promotion et pour en user comme un cadre de
référence, ce qu'avaient déjà fait, déjà en 2013, deux des composantes
qui ont fusionné, à savoir la Fédération
équestre du Québec et Québec à cheval. Donc, on est loin d'être contre le code
de pratique pour la manipulation et les soins des équidés, on est pour.
va falloir, selon nous, tenir compte cependant de certaines données ou
différences régionales dans l'adaptation de ce code de pratique là, s'il devait devenir règlement. J'ai entendu M.
le député tantôt avec les collègues producteurs d'oeufs, où il peut y
avoir des agencements, des aménagements. Nous autres, on vous suggère qu'on
doit faire cet exercice-là avant de faire du code de pratique un règlement.
Puis entendez-nous bien, Galahad a donné l'exemple de l'âge du sevrage; nous autres, on vous donne l'exemple du
nombre de visites à la jument gestante, que c'est deux exigences qui au
Québec pourraient être augmentées par rapport à ce qui est dans le code. Le
code de pratique, par ailleurs, lui-même reconnaît,
dès son introduction, qu'il peut y avoir plus d'une bonne manière de s'occuper
d'un équidé, mais, encore là, nous,
on veut prendre le temps, avec les gens du MAPAQ, de voir c'est quoi, les
aménagements ou les régionalismes dont il faudrait tenir compte.
Allons immédiatement aux permis. J'ai entendu M. le ministre tantôt dire : On préfère que le secteur se
prenne en main. Bien, effectivement, et nous ne sommes évidemment pas contre la
vertu. Et j'ai entendu ici Humane Society International situer le niveau pour
un permis à cinq animaux dans un même endroit, Galahad parlait de
10 chevaux. Nous autres, on va un peu
plus loin, et, comprenez-nous bien, c'est qu'on pense que la grande majorité...
Il restera toujours des personnes très
méchantes, comme disait Mme Benoit, de Galahad, là, les pires, il en
restera tout le temps, peu importe le règlement qu'on fera, mais on
pense que, la majorité des cas, c'est une question d'information, c'est une
question de formation, c'est une question de
sensibilisation. Il y a beaucoup de personnes, malheureusement, qui prennent un
cheval sans savoir ce qu'ils viennent de
prendre, O.K.? C'est plus difficile qu'un chien ou qu'un chat. En partant,
c'est pas mal plus gros, puis vous ne
pouvez pas mettre ça dans la cabane à jardin, là, O.K., ou dans une niche dans
le coin du terrain.
Par ailleurs, nos
membres, les 18 000 personnes que nous représentons, c'est sûr qu'ils
n'appliquent pas tous intégralement ce qu'il
y a comme exigences dans le code, on est encore en période d'intégration de ça,
de familiarisation de ça, de
sensibilisation, de formation, mais la plupart de nos 18 000 membres ont
été un jour ou l'autre, à travers l'un ou l'autre de nos programmes ou l'une ou l'autre de nos formations, exposés
à de la formation et de l'information sur les principes généraux ou
fondamentaux de soins aux équidés.
Pour les
nouveaux propriétaires, ce qu'on vous dit, c'est que, dans le fond, on devrait
émettre un permis, entre guillemets, je ne le sais pas, comment qu'on
pourra l'appeler, mais on devrait demander à tout le monde qui achète un cheval : Aïe!
connais-tu les exigences que ça suppose, d'être propriétaire d'un cheval? Et
d'ailleurs il est à remarquer que la
première exigence, et nous en faisons mention dans le mémoire, la première
exigence qui est dans le code, c'est de s'informer sur les principes
fondamentaux avant même d'avoir un cheval. Alors, nous autres, on partirait de
là, dès le... Et je ne le sais pas, comment
l'agencer, encore, ce serait probablement un peu compliqué, mais il faudrait
voir à un système, il va falloir travailler là-dessus, mais que les gens
aient... Comme dans d'autres secteurs, si tu veux avoir un permis, bien il faut
que tu suives une petite formation puis que tu passes un petit examen, même sur
le Net et... On pourrait penser à ça.
Par ailleurs, évidemment, le 15 chevaux,
pourquoi 15 chevaux? Nous autres, on prétend qu'à cinq chevaux il faudrait qu'il y ait un permis de gardien.
L'animalerie, ça s'applique mal à nous autres, là, on transformerait ça en
gardien. Et Mme Lévesque va parler tantôt du programme Équi-Qualité, parce que
Mme Lévesque a participé à la rédaction du code de pratique, et le Dr Giusti va
aussi parler du contenu qu'on a, à l'Association équine du Québec, et qu'on
peut mettre à la disposition...
Président (M. Morin) : Me Houde, si vous voulez que vos
collègues parlent, il faudrait peut-être leur passer la parole, parce
qu'il nous reste deux minutes.
M. Houde (Rosaire) : Oui. Je cède la
parole à Dr Giusti.
Le Président (M. Morin) :
Mais je ne suis pas tellement sévère là-dessus, là, je vais vous entendre.
M. Giusti
(Giorgio) : Merci, Rosaire. Bonjour, M. le Président, M. le ministre
et membres de la commission.
En tant que
vétérinaire, je ne peux que me réjouir du projet de loi n° 54, souhaité et
attendu depuis longtemps. Le cheval
est présentement le seul animal à avoir si rapidement grimpé les échelons de la
société en passant du rôle d'instrument de guerre, de moyen de transport
et de travail à son rôle maintenant prédominant de compagnon, d'aide en
thérapie, d'assistance personnelle et de
coéquipier dans les sports. Par contre, le cheval est encore le seul animal
domestique qui est assujetti en même
temps aux règles et lois de secteurs disparates comme l'agriculture et
l'environnement, les courses, les loisirs et le sport, l'hygiène des
aliments et le commerce de bétail.
exploitants des fermes agricoles et d'élevage d'animaux sont typiquement formés
à l'institut des techniques agricoles,
où les formations ne cessent d'évoluer. Pour les établissements équins, il y a
encore beaucoup trop d'improvisation, une improvisation qui repose sur
des méthodes parfois ancestrales et sur la tradition rurale. Il faut se rappeler que la révolution dans les méthodes de
domestication du cheval en Amérique du Nord date d'une cinquantaine d'années à peine, et je me réfère aux chuchoteurs
de chevaux, les «horse whisperers»,
et aux méthodes de débourrage dites douces.
Nous souhaitons donc changer certaines conditions de garde de chevaux en
instruisant mieux leurs gardiens et nous souhaitons que les permis que le projet de loi préconise soient
rattachés à une formation ou à un examen qui pourraient être intégrés à un support Internet ou électronique. Évidemment,
il faudrait aussi envisager la mise sur pied d'un programme de reconnaissance des acquis pour les personnes qui
ont déjà les connaissances requises en régie d'écurie. Différents
niveaux de formation pourraient être également
offerts en fonction du nombre d'équidés sous garde et si le demandant est
une personne morale ou une société.
l'Association équine du Québec, les formations en matière de régie d'écurie sont
disponibles aux propriétaires d'écurie
et aux gardiens de chevaux mais sur une base volontaire. Pour les sociétés
ou personnes morales qui exploitent des établissements équestres, nous envisageons aussi que la certification
Équi-Qualité donne accès immédiat et automatique au permis de garde. Et Mme Lévesque vous
expliquera tantôt c'est quoi, le projet Équi-Qualité, qui est géré depuis 10
ans avec beaucoup de succès par l'Association équine.
L'Association
équine du Québec se ferait donc un
plaisir de travailler avec le ministère pour adapter ces formations de façon à bonifier l'obtention des permis de
garde des équidés. En résumé, nous proposons et offrons notre aide pour
bonifier la Loi visant l'amélioration de la situation juridique de l'animal
avec une amélioration réelle des conditions de garde des équidés. Merci
beaucoup de nous offrir la possibilité de véhiculer notre vision à la
commission.
Président (M. Morin) : Merci, Dr Giusti.
Mme Lévesque, ne craignez rien, je vais vous écouter avec
attention.
Lévesque (Renée) : Bonjour. Donc, mon nom est Renée Lévesque, je
travaille pour l'industrie du cheval depuis
presque 40 ans maintenant. J'ai fait tour à tour la Fédération équestre du
Québec, la Filière Cheval du
Québec, et je suis maintenant revenue à la
fédération et à l'Association équine. Pendant tout ce temps-là, j'ai travaillé
sur divers projets, dont le programme
de certification Équi-Qualité. J'ai
été membre du comité qui a élaboré le code de pratique des équidés. J'ai travaillé aussi sur différentes études qui
chiffrent l'industrie du cheval, qui en a fait un portrait dans les années
où j'étais à la filière. J'ai également
été membre du groupe de travail sur les animaux de compagnie, où — je
suis contente de le voir aujourd'hui dans le projet
de loi — on avait discuté du fait d'appliquer aussi le
permis qui existait, qui venait d'apparaître dans les chiens et les
chats, mais de l'appliquer également aux chevaux, alors je suis bien contente
d'être là. Et je fais également
partie du conseil d'administration
d'ANIMA‑Québec, où je siège avec l'expérience que j'ai acquise avec le
programme de certification Équi-Qualité.
Et d'ailleurs
je voudrais vous parler de ce programme-là particulièrement. Depuis
12 ans qu'il existe, on a certifié le premier centre en 2006. Au cours de ces années-là, on a fait beaucoup
de chemin parce qu'on est partis avec
des grands principes, on a vécu des
choses et on s'est adaptés. Actuellement, on applique le code de pratique des
équidés dans tous les centres. On n'a
pas fini de faire le tour, parce que ça fait quand même... on voit les centres
aux trois ans, et on applique les nouveaux règlements, c'est-à-dire qu'on s'assure que les
nouvelles exigences sont respectées quand on va visiter les centres.
C'est très difficile de pouvoir le vérifier d'une autre façon.
Le programme
de certification Équi-Qualité
comprend actuellement une centaine de centres équestres sur...
Moi, je serais au grand bonheur si on
pouvait en certifier 250, des centres équestres qui sont des centres
commerciaux, bien sûr, des
centres qui offrent des services. Les exigences qu'on applique dans le
programme de certification, il y en a 45, elles dépendent des activités qui
sont offertes dans le centre. Alors, principalement, on s'occupe de la santé et
du bien-être des animaux qui sont utilisés,
mais également on vérifie qu'ils sont en sécurité et que les
gens sont en sécurité aussi, parce qu'on
parle de cours d'équitation, de randonnée, de camps de vacances, par exemple.
Alors, on s'assure de faire en sorte que l'entreprise est vraiment
correcte à tous les points de vue.
Je voudrais vous parler aussi un peu de l'expérience
que j'ai vécue pendant deux ans en élaborant le code de pratique des équidés, expérience absolument... fort intéressante. Un,
toutes les choses qui ont été ajoutées dans le code de pratique, parce
que c'est le deuxième code de pratique qu'on a dans les chevaux... Et je vous
ai dit que ça faisait 40 ans que
j'étais dans le domaine. Je ne savais pas qu'il existait, le premier code de
pratique, il était sur une tablette bien au chaud. Alors, on a travaillé sur le code de pratique, et ce qu'on
ajouté faisait référence à des études qui ont été faites par les vétérinaires. Donc, tous les ajouts ou
changements qui ont été apportés au code de pratique étaient des ajouts de
gens qui connaissent ça, là, ce n'étaient pas des idées en l'air, et il n'était
pas question de changer quoi que ce soit qui n'était pas supporté par des
études scientifiques.
Le Président (M. Morin) : ...conclure,
Mme Lévesque, parce que, là, j'étire l'élastique.
Mme Lévesque (Renée) : Oui.
L'élastique est assez étiré. Alors, au fond, c'est vrai qu'on devait avoir un consensus
confortable, quand on siégeait sur ce comité-là, mais, l'un dans l'autre, je me
demande si c'est pire de garder des chevaux
dans des grands pâturages et ne pas les voir chaque jour ou de, comme nous, on
fait, les confiner dans un box, où maintenant on doit éduquer les gens
pour les sortir.
Alors, effectivement, on a, je pense, une adaptation à faire en se basant sur le code
de pratique de façon à ce qu'il soit
plus facile à vérifier. On peut parler de la sécurité des chevaux, mais, quand
on parle de sécurité des chevaux, on va parler des clôtures. Alors, quelle clôture est-ce qu'on accepte? Dans le code de pratique, on ne le dit pas. Alors, on
retrouve encore au Québec des chevaux qui sont gardés avec des fils barbelés,
ce qui est absolument impensable quand on pense à leur bien-être.
Ça fait que, dans ce sens-là, le code de pratique, pour moi, m'apparaît comme la base, la base
essentielle pour garder les chevaux,
avec les grandes idées, mais il faut l'adapter pour savoir comment on va
vérifier toutes ces choses-là dans le milieu, puis effectivement il n'y
a pas juste une bonne façon de le faire.
Le Président (M. Morin) :
Merci, Mme Lévesque. Ne craignez pas, les questions vont venir compléter
votre argumentation. M. le ministre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Oui. Je
vais peut-être commencer par la définition de l'animal comme
telle. Ça va s'adresser plus, je pense, du côté vétérinaire.
Le cheval, si la loi est adoptée, ne sera plus
un bien meuble, il va devenir un être sensible avec des impératifs biologiques.
Dans votre mémoire, vous dites : «[Cette] notion [...] peut faire l'objet
de chicanes [...] et de discussions animées
autour des façons de faire ancestrales que plus d'un voient toujours
comme correctes — exemple,
consommation de la neige à la place de
l'eau, etc.» Quand on parle d'impératifs biologiques, nous, on s'en remet à
l'expertise vétérinaire, mais ce ne
sont pas tous les vétérinaires qui pratiquent avec des grands animaux ou même qui
ont une spécialité équine. Vous faites mention dans votre mémoire qu'il
y a des disparités régionales également. Moi, j'aimerais vous entendre davantage
là-dessus parce
que, quand on s'en va sur les
impératifs biologiques, si on n'a pas sur le terrain les effectifs
suffisants et compétents, dans l'application, on va rencontrer quelques difficultés.
Le Président (M. Morin) :
Dr Giusti.
M. Giusti
(Giorgio) : En tant qu'association équine, je pense, ce n'est pas vraiment complètement notre rôle. Vous avez entendu
l'Ordre des médecins vétérinaires, j'ai siégé sur le conseil d'administration pendant
12 ans, et ils ont apporté des très bons points,
très intéressants, sur les impératifs biologiques, etc.
Ce que je
peux dire au niveau personnel, il y a certaines choses,
certaines que je vois, dans le monde des chevaux, qui me touchent profondément.
Je comprends aussi... Pour moi, manger un cheval, ce n'est pas... mon
grand-père a toujours dit qu'il ne mangeait
pas son frère, donc je ne vois pas les chevaux dans l'alimentation, mais j'ai
vu des émissions à la télévision
récemment, O.K., au Québec se consomme plus de viande équine présentement qu'il
ne s'est jamais fait, bien qu'ici,
par rapport à l'Europe, duquel je viens... O.K., la consommation de cheval est
assez courante, ici ça ne s'est jamais
fait beaucoup. Mais maintenant il y a des abattoirs, il y a beaucoup de chevaux
des États-Unis qui viennent ici. Donc, tout ça pour dire qu'il y a
certaines conditions pour lesquelles on peut avoir des opinions, etc.
Pour
l'impératif biologique, c'est certain que nous, on se réfère aussi au fait que
les chevaux ne sont pas gardés dans
les mêmes lieux. Comme je disais tantôt, c'est un animal vraiment qui est
utilisé de façon tellement disparate, donc vous avez des élevages de
chevaux, vous avez des reproducteurs de chevaux, vous avez des chevaux qui sont
utilisés pour des sports équestres et vous
avez des chevaux qui sont carrément gardés comme si c'étaient des chiens ou des
chats dans le jardin.
Les cabanes des jardins, comme je disais tantôt, ça existe parce que, mon
cheval, c'est là que je l'ai acheté, la
personne l'avait dans un cabanon de jardin où qu'il se pliait pour rentrer.
Donc, c'est certain qu'elle l'aimait bien trop, son cheval, mais pas de
la bonne façon.
Donc, ce
qu'on dit présentement, c'est... Je pense que nous, on est capables d'aider le
MAPAQ, ou d'être associés, ou d'être
partenaires pour instruire les gens sur une façon d'apprendre les impératifs
biologiques du cheval. Aujourd'hui, si la loi est obligée à dire, et
c'est ça qui est dans le projet de loi, que la neige et la glace ne sont pas de
l'eau, je veux dire, vous savez, ça va très
loin, parce qu'alors on doit dire : Les clôtures vont être telle longueur,
telle grandeur. Comme Mme Lévesque
disait, à la faculté de médecine vétérinaire, les blessures par les fils
barbelés chez les chevaux parce qu'ils sont
mis dans des pâturages que c'est des pâturages à vaches finissent toujours,
entre autres, ou presque tout le temps par des euthanasies, c'est des blessures très graves sur les chevaux. Donc,
bref, ils ne devraient pas être gardés de cette façon-là, mais ça se fait couramment. Alors, vous voyez,
c'est ces impératifs biologiques là qu'aujourd'hui il faut spécifier
dans la loi. Moi, je pense, ce serait
beaucoup plus simple de dire : On vous donne un cours de base pour les
gardiens de cinq chevaux, des cours pour les gardiens de 10 ou
15 chevaux, c'est-à-dire pour les écuries plus grosses, et puis, dans ces
cours-là, qu'ils sont obligés à répondre à
des questions sur Internet, ou à un petit examen, ou lire tout simplement les...
montrer qu'ils ont des connaissances, en fait, et puis à ce moment-là, bien, on
va avoir le permis de gardiennage. Parce qu'il y a des méthodes qui ne sont plus tellement acceptées aujourd'hui. Donc, l'interprétation de c'est quoi, puis vous l'avez entendu déjà... c'est quoi, un entre-deux, quelle grandeur si le
cheval couche, couche pas... En fait, l'entre-deux, il n'y a aucun problème qu'il y ait un
entre-deux, c'est la façon qu'il est utilisé. Et souvent, et Mme Lévesque
peut vous le confirmer, dans Équi-Qualité on dit : Montre-nous tes
méthodes ou comment... En fait, on peut voir des couloirs plus petits, mettons, dans une écurie ou d'autres...
si tu nous montres comment que tu l'utilises, en fait, mais on ne pourra
pas voir des chevaux qui se changent là, on
ne pourra pas voir des chevaux sellés à
l'intérieur, etc. Donc, il y a
des normes de sécurité. Je pense
qu'il y a eu quelques accidents l'an dernier qui ont réveillé beaucoup
aussi le gouvernement, en disant : Bien, le cheval, ça peut
être aussi dangereux. Donc, est-ce qu'on peut mettre les deux choses ensemble
puis essayer d'avancer de ce côté-là, donc le bien-être de l'animal mais aussi,
en même temps, le bien-être des gens qui opèrent autour des chevaux?
Le Président (M. Morin) :
Merci, docteur.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui,
je m'en vais dans votre direction, Mme Lévesque, si vous voulez,
parlez-moi du programme Équi-Qualité. Puis je vous le dis tout de suite, là, je
vais avoir besoin d'une précision sur, une
fois que vous avez accrédité, à quel rythme vous faites vos visites
d'inspection, etc., parce que je reviens toujours sur la mesure... Quand
le milieu se prend en main, nous autres, là, on est plus que contents, on est
plus qu'heureux.
Combien
d'inspecteurs vous avez? On a eu... Je pense que c'est Tenir Promesse qui a
soulevé des problématiques, à un moment donné, là, avec un établissement
qui était certifié par votre organisation. Ça fait qu'on est prêts à faire
confiance au milieu, mais on a besoin d'être rassurés.
Mme Lévesque (Renée) : Bien, en
fait, c'est...
Le Président (M. Morin) :
Mme Lévesque.
Mme Lévesque (Renée) : J'y vais?
Le Président (M. Morin) :
Oui.
Lévesque (Renée) : En fait, le programme Équi-Qualité, une fois que le
centre est certifié... Et c'est quand même
une étape qui prend généralement, je vous dirais, plusieurs semaines. Les gens,
dans le milieu des chevaux, sont des gens
très occupés, alors monter le dossier, aller le vérifier et maintenir le
contact, c'est quelque chose qui prend souvent plusieurs mois avant qu'on accorde la certification. Par la suite, on va
visiter les centres aux trois ans. On visite les centres, on fait la
même tournée qu'on a faite, ils le savent à l'avance.
Et on a aussi...
Parce qu'on n'a pas des yeux tout le temps puis on n'a pas les moyens d'avoir
des conseillers sur le terrain, parce qu'on couvre la grandeur du
territoire, on a mis en place un système de plainte. Alors, quand les gens
considèrent — et
cette dame aurait dû nous contacter — que quelque chose ne va pas
bien dans les centres, on va automatiquement
vérifier sur place, dépendamment de la plainte, par contre, parce qu'il y a des
gens qui s'imaginent que le programme
Équi-Qualité, c'est un programme comme ils auraient, eux, dans leurs têtes,
mais ce n'est pas nécessairement ce
qu'on a, puis on retrouve dans le milieu des choses aussi extraordinaires que
des écuries qui valent des millions, qu'une toute petite écurie qui offre des services et qui s'organise avec les
moyens qu'il a, et, l'un dans l'autre, s'ils respectent nos exigences,
on les accepte.
Maintenant,
il y a toutes sortes de façons de garder des chevaux, et on retrouve plutôt les
méthodes éthologiques qui prennent de
plus en plus de place versus les anciennes méthodes. Et là, bien, quand les
gens se confrontent, c'est là que ça fait
des étincelles. Ça ne veut pas dire nécessairement que les chevaux ne sont pas
bien gardés à ces endroits-là, c'est juste une façon différente de voir
les choses.
Alors, il faut faire
la part des choses quand on se retrouve dans cette situation-là d'accuser un
centre qui est certifié Équi-Qualité, ce
n'est pas parce qu'il est Équi-Qualité qu'il est extraordinairement meilleur
qu'un autre qui n'est pas certifié.
Et on ne veut absolument pas dire que les gens qui ne sont pas certifiés ne
sont pas bons, ce n'est pas ça. Ça a été fait pour faire en sorte que les gens qui veulent
apprendre à monter à cheval sachent où aller, on leur donne une liste
qu'on a vérifiée. Et, quand ces gens-là ne
savent pas comment évaluer, quand ils vont dans un centre, bien nous, on le
fait pour eux. C'est ça, l'objectif du programme Équi-Qualité.
Est-ce que ça répond
à votre question?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça répond correctement, mais je n'en sais jamais
assez, dans ce domaine-là, puis ce n'est jamais assez clair.
Lévesque (Renée) : O.K. Alors, on a actuellement, pour la... on a une
centaine de centres, on est capables de faire le tour avec... Du côté des écoles d'équitation, des camps de
jour, on a deux conseillers, et, du côté de Québec à cheval, il y en a
deux ou trois qui ont fait des visites pour les centres de randonnée et de
tourisme équestre.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : O.K. Question, M. Houde. Le nombre de
chevaux, là, ça fait quelques représentations
qu'on a. On a décidé, dans la loi, de mettre 15. Vous nous parlez de cinq,
d'autres nous parlent de 10. Et vous allez même un peu plus loin en
disant : Tu ne devrais pas posséder un cheval sans avoir eu un cours,
etc., là, une unité.
Vous
dites représenter 18 000 propriétaires. Je présume que vous ne les
représentez pas tous. Moi, là, si je voulais mettre un système sur pied demain matin, je pense, j'aurais l'intention
de vous le confier, parce que je ne sens pas qu'au ministère on serait
capable de faire ça, là.
Houde (Rosaire) : Je ne
pense pas que le ministère puisse faire ça. On connaît le contexte dans
lequel tout le monde travaille, puis le contexte n'est pas beaucoup
différent à l'AEQ, sauf qu'on peut mettre à profit, justement, ces 18 000 personnes
là. Si on leur prouve que le système est fait au bénéfice du cheval ou de
l'équidé puis que le bénéfice du cheval,
c'est aussi le bénéfice de leur monde, de leur passion, je pense qu'on peut
aller chercher leur collaboration, et c'est pour ça que dans le mémoire
on insiste autant : Avant coercition, parlons de sensibilisation, parlons
d'information, parlons de formation. Mais je
pense que nos 18 000 membres, qui ne sont pas tous des propriétaires, ça
peut être des gens qui ont... vous
connaissez le système de la demi-pension, ou des gens qui prennent des cours,
tout simplement, ou juste des gens qui aiment les chevaux, bien ça peut
être tout le monde des agents ou des vecteurs de communication ou de pénétration dans le milieu. Et c'est beaucoup à ça
qu'on pense quand on vous dit : Il faudrait peut-être que... moi,
j'ai un cheval à vendre, mais qu'en même
temps que je lui vends un cheval je lui passe le guide, tu sais, quelque chose
comme ça. Ça ne peut pas être un système bien sophistiqué parce qu'on n'aura
pas les moyens de ça, ni le ministère ni nous, sociétalement je pense qu'on ne
pourrait même pas le défendre, mais, si on veut aller dans le chemin du
bien-être animal, du moins chez les équidés, il faut tenir compte du fait qu'on
a 18 000 personnes, avec des niveaux d'aptitude différents l'une pour l'autre, là, mais qui
pourraient servir à cette courroie de transmission là, et c'est un peu ça
qu'on envisage, hein, dans le fond, quand on vient ici, devant vous, vous
dire : On est prêts à collaborer.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Sujet d'actualité. On va recevoir la ville de
Montréal aujourd'hui, un peu plus tard.
À chaque fois il est question des calèches. Il y a des pétitions en ligne sur
les calèches, comme tel. Moi, j'aimerais avoir votre opinion sur ce
dossier-là ou cet aspect du dossier là.
M. Houde
(Rosaire) : O.K., oui, c'est un aspect du dossier. Dans le fond, ma
réponse... ou notre réponse va ressembler
beaucoup à celle de Galahad, dans le sens où il faut d'abord s'assurer que les
besoins biologiques, les impératifs biologiques
des bêtes soient respectés. Puis là, déjà, je viens de commettre un impair en
parlant des bêtes, parce que les puristes
du monde équin vont dire : C'est un animal noble, O.K.? Ça n'a pas des
pattes, ça a des jambes. Ça n'a pas des pattes, ça a des pieds. Bon. Mais il faut s'assurer que ces chevaux-là
travaillent d'une façon correcte et sont gardés d'une façon correcte. Et
actuellement je n'ai pas été témoin de la façon dont ces chevaux-là sont
gardés, je n'ai pas eu l'occasion de visiter les écuries, mais ce qu'on en sait
de par... appelons ça la rumeur publique, ce n'est pas édifiant. En plus de ça, essayez de vous imaginer marcher
nu-pieds avec un petit fer en dessous du pied sur de l'asphalte à 35°.
Puis imaginez-vous pas que le cheval qui est
stationné sur le bord du trottoir, en plein milieu du trafic, il est vraiment
en pause, là, parce que lui, la chaleur, là, dans le sabot, il l'a
encore. Alors, il faut trouver le moyen.
quand je dis : Il faut trouver le moyen, c'est parce que l'Association
équine ne voudrait pas voir les chevaux disparaître de nos villes. Au contraire, on souhaite que la population
ait de plus en plus des contacts avec les chevaux mais des contacts dans des conditions correctes pour
les chevaux. Et c'est ça, la difficulté qu'il y a avec les calèches dans
nos villes actuellement. On est encore très
loin de certaines villes européennes où on réintroduit le cheval, notamment
pour ramasser les déchets. Il y a une
tendance en Europe, je ne vois pas ça à Montréal tout de suite. En tout cas, je
n'en parlerai pas aux gens de la ville cet après-midi.
Paradis (Brome-Missisquoi) : On vient d'avoir un projet pilote cet été
aux Basques.
Houde (Rosaire) : Ils l'ont fait aux Basques?
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui, ils l'ont fait aux Basques cet été. Ça a
bien fonctionné. À date, en tout cas, les rapports que l'on a sont
positifs.
M. Houde
(Rosaire) : Bien, tant mieux. Je n'étais pas au courant.
Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça va, moi.
M. Houde (Rosaire) : Bon, l'autre chose que
j'ajoute pour finir sur les calèches : Il y a un problème de
formation. Quand on a vu notamment le cheval qui a glissé sur une plaque
d'acier, là, il y a un problème de formation là, là.
Puis l'autre
affaire, pour une question éditoriale, j'aimerais ça que nos chevaux de
calèche soient beaux puis aient l'air en forme puis heureux. Ça ferait
une belle vitrine pour le monde équin.
Le Président (M. Morin) :
Merci. Il reste 39 secondes.
M. Bolduc : Moi, j'aurais... Une
petite précision. Malheureusement, on manque de temps, là.
Vous n'avez
pas parlé des chevaux de trait puis des propriétaires agricoles, en fait, qui ont beaucoup de chevaux de trait, pour toutes sortes d'utilités.
Premièrement, est-ce qu'ils font
partie de votre groupe? Puis est-ce que vous
les avez inclus dans vos 18 000 propriétaires?
M. Houde
(Rosaire) : Dans la fusion qui a eu lieu au mois de juin, le Comité
conjoint des races chevalines, qui regroupe ces éleveurs-là, font
partie
de l'Association équine du Québec. Ils sont donc
partie prenante.
Le Président (M. Morin) :
Merci. On rentre dans notre temps, c'est bien, question courte et réponse
courte. M. le député de Berthier.
M. Villeneuve : Merci, M. le
Président. Bonjour, madame. Bonjour, messieurs. Je sais que vous en avez amplement parlé dans votre présentation, mais je
veux quand même y revenir. Quand on fait allusion, là, à 63.3°, les
codes de pratique, en tout cas, vous me corrigerez, mais je pense que de par
vos propos on peut comprendre que vous êtes d'accord
avec ça, mais il va falloir... le défi, en fait, c'est d'arriver à en écrire un
qui n'échappera rien puis en même temps va permettre son application.
M. Houde (Rosaire) : Absolument.
Villeneuve : Ça, c'est une réponse courte. Donc, comment on
relève ce défi-là, maintenant qu'on a dit ça?
M. Houde
(Rosaire) : On se lève les manches, puis on met une table de travail
ronde autour, puis on s'attelle là-dessus.
M. Villeneuve : Parce que, là...
M. Houde (Rosaire) : Puis on
s'attelle, j'ai dit, hein?
M. Villeneuve : Oui, on
s'attelle. Tout à fait, tout à fait. On ne mettra pas la charrue devant les
boeufs.
M. Houde (Rosaire) : Les boeufs, ce
n'est pas chez nous.
Villeneuve : Non, je sais, mais ça va quand même... on aura
l'occasion de les rencontrer, les personnes qui...
Donc, c'est le défi, il est là, mais on comprend
que le défi, il s'adresse à chacune ou à chacun des groupes qui représente une espèce ou... Bon. Alors là,
j'espère que le ministre... j'imagine que le ministre est très conscient de
cela. Puis j'ai la certitude que les gens
seraient très participatifs à ce genre d'exercice, et en fait ils ne demandent
que ça, les gens ne demandent que ça,
de pouvoir s'asseoir. Et je comprends que ça fait plusieurs groupes, mais je
pense que la liste n'est pas infinie,
moi, je pense qu'on peut y arriver. Et ça serait dans le respect, justement, et
ça serait aussi dans l'expertise, parce
que les gens qui développent une passion deviennent des experts dans le
domaine, vous êtes des experts dans le domaine,
vous savez de quoi vous parlez. Et je ne dis pas que les gens au MAPAQ ne
savent pas de quoi ils parlent, ce n'est pas ça que je dis, attention.
Ce que je dis, c'est que l'arrimage...
M. Paradis (Brome-Missisquoi) :
Surtout pas le ministre.
Villeneuve : Ce que je dis, c'est que l'arrimage de tout ce
monde-là va permettre éventuellement d'arriver à relever ce défi-là. On
est d'accord? On s'entend là-dessus?
M. Houde (Rosaire) : Absolument. Et
j'ai entendu Galahad offrir ses services pour ça aussi.
M. Villeneuve : Tout à fait,
tout à fait.
vous amène au niveau des inspecteurs. On en a parlé tantôt, vous le soulevez
aussi dans votre mémoire. Au sujet de
l'article 35, donc, l'expression «toute autre personne», je l'ai souligné
juste avant, le groupe avant vous, les personnes représentant les oeufs, je l'ai soulevé juste avant, comment on réussit,
justement, à... Parce que, bon, on a vu que certaines personnes
ont dit : Bien, mettons les agronomes. Bien, c'est sûr que toutes les
professions vont dire : Bien, moi, je veux
être là, puis je veux être là, puis je veux être là, et là ça commence à être
compliqué, là. Mais comment on y arrive, à ce... Comment on relève ce
défi-là?
Houde (Rosaire) : Bien, remarquez, dans les années récentes, le
problème de compétence ne s'est pas posé avec les gens du MAPAQ en matière de cheval, ça a bien été. L'autre
chose : Deux des composantes de l'AEQ, à savoir Québec à cheval et la Fédération équestre du Québec,
avaient déjà convenu d'une entente de service avec Galahad, comme quoi Galahad intervenait dans les cas de dénonciation,
et il y avait un aspect très pratique à ça, c'est que les gens
t'appellent, te laissent un message anonyme parce qu'ils ne veulent pas avoir
de trouble avec leur voisin, et là tu n'es pas capable d'intervenir. Alors, ce qu'on faisait, c'est qu'on envoyait ces cas-là à
Galahad, et Galahad allait puis devenait le témoin, sans savoir qui a logé la plainte, parce que souvent
c'est comme ça que ça arrivait. Et on a fait ça avec Galahad, et je sais
que Galahad, au fil du temps, est devenu beaucoup plus impliqué avec le MAPAQ
dans tous les cas de dénonciation de ce genre-là, O.K.?
Alors,
ça prouve que le secteur peut travailler. Un peu comme les prédécesseurs à
cette chaise-ci ont dit tantôt de leurs inspecteurs, si on ajoute ces ressources-là,
que ce soit Galahad ou nous — parce que nous aussi, on est des visiteurs — avec
les gens du MAPAQ, un, je ne pense pas qu'on va dédoubler grand-chose puis,
deux, on s'assure comme ça que le jugement par les pairs... Assisté de
quelqu'un de neutre, du MAPAQ, je pense, ça aurait plus d'impact que juste de dire : Je me suis fait pogner — puis
passez-moi l'expression — je
me suis fait pogner par un fonctionnaire, tu sais, c'est dommage, mais c'est quand même
ça, la réalité, alors que, si on y va avec des pairs, bien je pense
qu'on assouplit les choses aussi, O.K., dans leur présentation. Je ne
sais pas si ça répond à...
M. Villeneuve :
Donc, ça... Bien, c'est un arrimage qui pourrait être intéressant, c'est ce que
je comprends.
M. Houde
(Rosaire) : Absolument.
M. Villeneuve :
Je vous amène sur l'article 10, proximité, transporter un animal. Selon
vous, le projet de loi, l'article en question n'est pas assez clair, il
faudrait le préciser davantage?
Houde (Rosaire) : Non, c'est
parce qu'on est confrontés
actuellement à un problème particulier en Abitibi, où il y a une problématique liée à la présence ou à
l'absence en nombre suffisant de vétérinaires équins. Et une des
questions que ça nous a amenées en regardant
le projet de loi : Ce monde-là à qui on s'est sentis obligés d'envoyer
l'annexe du code de pratique sur
l'euthanasie parce qu'ils n'ont même pas parfois de vétérinaire disponible pour
euthanasier leurs bêtes...
Puis,
en plus de ça, ces gens-là, puis j'entendais tantôt les producteurs d'oeufs
parler des poules dans un camion, bien
cet été les gens d'Abitibi étaient confrontés à la fermeture de la route dans
le parc. Puis il y a deux hôpitaux pour les chevaux au Québec, Lachute
puis Saint-Hyacinthe. Alors, tu transportes un cheval qui a de la difficulté à
se tenir, quand il se tient, parce que tu
t'en viens à l'hôpital; ça presse, il a une colique, puis là tu es bloqué dans
la circulation. Ces gens-là nous ont
appelés puis ils ont dit : Qu'est-ce qu'on fait? Alors, on a vérifié avec
la Sûreté du Québec, le ministère du
Transport, peut-être que Mme Lévesque pourra rajouter parce que c'est elle...
moi, je suis un bénévole, hein, ça fait que c'est surtout elle qui a fait le travail, mais il n'y en a pas, de
moyen, actuellement, de dire : Bien, ce véhicule-là qui transporte un cheval malade va avoir le même
respect que celui qu'on va donner à une ambulance, par exemple, avec un
patient dedans. Il n'y en a pas, ça n'existe pas.
Villeneuve : Donc, dans les véhicules prioritaires...
Évidemment, là, je ne veux pas... Parce que le débat qu'on a eu un peu, c'est la personnification de
l'animal. Tantôt, vous parliez qu'il y en a qui disent qu'ils ont des jambes,
ils ont des pieds, ils ont... bon, mais on s'entend pour dire qu'il pourrait y
avoir à tout le moins une graduation, là, hein?
M. Houde
(Rosaire) : Il me semble. Il pourrait y avoir quelque chose.
M. Villeneuve :
Dans un cas concret comme vous venez de donner, est-ce que les autorités en
place ont été plutôt réceptives? Parce que
j'imagine que les gens ont dû faire la demande : Écoutez, voici la
situation, est-ce qu'il y a moyen de... Moi, je pense qu'un policier a
tous les... il peut...
Le Président (M.
Morin) : Mme Lévesque.
Lévesque (Renée) : En fait, c'est le ministère des Transports qui est
le grand maître de la route. Et à ces endroits-là
où il y avait des travaux, bien les gens étaient ralentis, pas vraiment
nécessairement arrêtés mais quelquefois, oui, arrêtés. La Sûreté du Québec se repose sur ce qu'on leur demande de
faire par rapport à ce travail-là à cet endroit-là précisément. Au fond, on a eu une forte réception.
C'est dommage, c'était l'été. L'été, les gens sont en vacances, alors on
n'arrivait pas à rejoindre la bonne
personne. Mais, quand on a rejoint la bonne personne, elle nous a donné des
renseignements sur des numéros de téléphone pour appeler les différents
sites de travaux, et ces gens-là étaient avertis à l'avance.
Maintenant, c'est facile, une ambulance, il y a
une grosse...
Villeneuve : Oui, tout à fait.
Lévesque (Renée) : ...mais les remorques à chevaux ont l'air de
n'importe quoi, il ne fallait pas non plus permettre à des gens qui
faisaient juste se déplacer avec leurs chevaux de bénéficier de ça. Alors, on a
une personne-ressource en Abitibi qui, elle, reçoit les appels des gens qui ont
à transporter les chevaux, et c'est cette personne-là seulement qui appelait le
responsable du site du chantier, et c'est comme ça qu'on a réussi à avoir une
entente...
M. Villeneuve :
Un accès plus rapide, un accès plus rapide.
Mme Lévesque
(Renée) : ...un accès plus facile. Ils ne pouvaient pas non plus...
Mais ils étaient conscients qu'il y avait un cheval malade dans la remorque. Et
ils ne pouvaient pas toujours les laisser passer plus rapidement, mais au moins
ils permettaient de faire les choses plus rapidement.
M. Villeneuve :
Donc, le gros bon sens a eu le dessus.
Mme Lévesque
(Renée) : C'est ça.
Villeneuve : C'est tant mieux, parce que je suis convaincu,
moi, que, si M. le maire ou M. le préfet avait été avisé de cette
situation-là — mairesse
ou préfet — il
vous aurait été d'un grand secours et il serait intervenu auprès de la Sûreté
du Québec pour justement s'assurer que... toujours, évidemment, en gardant un
ordre de priorité, là, on s'entend, là, mais que, regardez...
Mme Lévesque
(Renée) : Bien, moi, j'ai parlé au responsable de la Sûreté du Québec
de cet emplacement-là particulièrement, et
il ne pouvait rien faire. Il m'a dit : Contactez le ministère des
Transports, alors c'est ce qu'on a fait.
M. Villeneuve :
Oui. Vous savez qu'à chaque MRC...
Le Président (M.
Morin) : ...M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
C'est terminé?
Le Président (M.
Morin) : Oui, mais quand même...
M. Villeneuve :
Oui, rapidement, M. le Président, vous savez que dans chaque MRC il y a ce
qu'on appelle un comité de sécurité, sur lequel siège le capitaine ou le... je
ne sais plus comment l'appeler, là, le directeur en place de la SQ, au niveau des MRC, et je trouve ça
intéressant, ce que vous amenez, parce que ça pourrait être un protocole
qui pourrait être mis en place, et je pense
que ça ne poserait pas trop de problèmes. Si jamais il y a des problèmes, on
peut toujours essayer de voir qu'est-ce
qu'on peut faire, mais je pense que ces gens-là vont comprendre qu'il y a moyen
de trouver une façon de faire qui va permettre d'éviter des situations...
toujours en gardant la priorité, évidemment, aux ambulances, mais, quand on
peut donner un coup de main pour que les choses soient plus rapides, pourquoi
pas?
Le Président (M.
Morin) : Merci, M. le député de Berthier.
M. Villeneuve :
Merci, M. le Président, de votre largesse.
Le Président (M.
Morin) : Oui, c'est bien, on est ici pour en apprendre
davantage sur la question animale. Mme la députée de Mirabel.
D'Amours : Merci, M. le Président. Bonjour. Vous avez parlé du code de
pratique, vous nous l'avez montré tout à l'heure. Il date de quelle
année, ce code de pratique là?
M. Houde
(Rosaire) : 2013.
D'Amours : 2013. Est-ce que dans votre organisme vous vous en êtes
inspirés? Est-ce que c'est avec ça que vous travaillez?
M. Houde
(Rosaire) : Je vais laisser Mme Lévesque répondre à cette
question-là.
Lévesque (Renée) : Alors, le code de pratique, oui, on l'a mis...
comme je vous disais au tout début, le premier
code de pratique est resté sur la tablette, mais, celui-là, c'était le défi que
je m'étais donné, c'est qu'il ne reste pas sur la tablette et qu'on l'utilise. Alors, quand il a été adopté...
Avant d'être adopté, on a fait une séance de commentaire publique aussi où les gens sont venus dire ce
qu'ils pensaient de ça. On l'a inclus dans le programme de certification
Équi-Qualité. D'ailleurs, Équi-Qualité,
c'est le groupe avec lequel on peut mettre en place le plus facilement et le
plus rapidement de nouvelles choses.
Alors, le code de pratique a été inclus là. Et on en parle continuellement, on
veut l'intégrer peu à peu dans les
programmes de formation des entraîneurs, des instructeurs, Québec à cheval l'a
intégré aussi à ses programmes.
Oui, en deux ans, on ne peut pas
changer le monde, mais on s'est quand même servi de ce document-là, qui
est le meilleur document qu'on a jamais eu par rapport à la garde des chevaux.
D'Amours : Bon, vous, c'est une association. Je regardais votre
dépliant, là, très intéressant. Est-ce qu'il y a des cotisations pour un
membre?
Mme Lévesque
(Renée) : Oui.
D'Amours : Est-ce qu'il y a une cotisation aussi pour une écurie?
Est-ce que vous avez différents...
Houde (Rosaire) : Les membres sont des individus, sauf dans le
programme Équi-Qualité, où, là, c'est un établissement qui est certifié,
et il y a une cotisation autre pour la certification Équi-Qualité.
D'Amours : Alors, ce sont les gens, les écuries ou les membres qui...
En fait, pour l'Équi-Qualité, ce sont des
gens qui vous appellent, qui font le processus avec vous et qui paient leur
cotisation pour avoir leurs papiers comme quoi ils sont corrects?
M. Houde
(Rosaire) : Certifiés Équi-Qualité, oui.
D'Amours : Tantôt, vous avez parlé qu'un partenariat entre votre
organisme et le MAPAQ serait bien, mais ne trouvez-vous pas que vous seriez
juge et partie?
Houde (Rosaire) : On est déjà pas mal juges. Quand on visite un
établissement qui veut être certifié Équi-Qualité et qu'on lui dit oui ou non, ou : Oui, conditionnellement à
ce que tu changes telle chose, telle chose, telle chose...
Mme Lévesque ne s'est pas toujours fait juste des amis en faisant ces
visites-là, et la même chose pour le Dr Giusti, qui a fait des visites du côté tourisme et randonnée. Quand tu es le
porteur de la norme, tu n'es pas nécessairement... Puis je pense à quelqu'un qui m'a dit : C'est quoi,
cette histoire-là d'exiger des pancartes pour les toilettes, O.K.? Bon,
mais, des pancartes pour les toilettes,
c'est parce qu'il y a un volet, dans Équi-Qualité, où c'est le service à la
clientèle, tu sais, parce que, quand
tu es une école, bien on veut essayer d'augmenter la qualité de l'offre du
loisir équestre. Ça fait que, quand vous êtes porteur d'une norme comme
ça puis que le monde ne comprennent pas pourquoi elle est là, bien, c'est ça.
La même chose,
combien de fois est-ce qu'on s'est fait dire par des gens qui sont dans
l'industrie, depuis des années : Tu ne
viendras pas me dire comment garder mes chevaux? Tu sais, puis lui, il les met
dans l'entre-deux, puis il les prend
pour une leçon, puis il les ramène dans l'entre-deux, puis c'est tout, là,
O.K.? Alors, il y a des façons de faire avec lesquelles on se bat. Puis
Renée faisait tantôt... donnait un très bel exemple des chicanes d'écoles dont
on parle dans notre mémoire entre les méthodes éthologiques puis les anciennes
méthodes, tu sais, alors...
M. Giusti
(Giorgio) : Si je peux ajouter une remarque...
Le Président (M.
Morin) : Oui, docteur.
Giusti (Giorgio) : ... — merci — pour
Mme la députée de Mirabel, oui, toutes les formations qui ont été
mises sur pied par l'association de tourisme et loisir équestre, qui est maintenant
partie de
l'Association équine, se sont inspirées du code de pratique, donc sont basées là-dessus. C'est certain qu'il
y a quelques choses qui ne sont pas applicables au Québec,
à cause du type d'élevage, du type de terrain, etc., donc, et ça, on doit en
tenir compte, comme on disait tantôt.
Pour
ce qui est des formations, oui, on peut être juge et partie, etc., mais en
réalité ce qui arrive, c'est que, juste en vous disant aujourd'hui qu'on leur demande d'avoir soit des connaissances d'acquises ou un examen, un petit permis ou un manuel, finalement, on ne se fera pas nécessairement aimer, c'est
vrai, mais il faut bien faire quelques démarches dans la bonne direction pour qu'on avance ce dossier-là.
Certaines écuries ne sont plus acceptables pour les méthodes actuelles.
Quand
on disait tantôt... Probablement le MAPAQ se fait appeler régulièrement, ou
Galahad, parce que le cheval est
maltraité, parce qu'il est trop maigre, mais souvent c'est un vieux cheval. En
fait, c'est une question plus morale qu'autre chose. J'ai un cheval de 30 ans, il est en grande forme, il est
bien, mais il a 30 ans, il est très maigre, comme ma grand-mère. Et là les gens, ils disent que le cheval est
maltraité ou n'est pas nourri, mais ce n'est pas vrai, c'est juste... Est-ce
qu'on devrait l'euthanasier ou non? Bien, ça peut venir... Donc, il reçoit-u
des soins pour ça? Est-ce que... C'est une décision que le propriétaire prendra
avec le vétérinaire.
Mais,
d'un autre côté, on voit des chevaux très beaux et grands, à l'intérieur, qui
ont tout plein de vices cachés, parce que ce n'est pas un milieu où
garder les chevaux, mais ça s'est fait pendant beaucoup, beaucoup d'années. Aujourd'hui, si on voit des chevaux à l'extérieur, dans la neige, le froid, il y a
des gens qui pensent qu'ils souffrent, mais en réalité c'est probablement
la meilleure place pour les chevaux où être, c'est être à l'extérieur.
Le Président (M.
Morin) : Docteur, je pense que la députée de Mirabel veut vous
en poser une autre.
D'Amours : Je n'ai plus grand temps.
M. Giusti (Giorgio) : Donc, c'est
juste, en fait, pour dire que c'est toutes des choses qui vont, vous savez, un peu dans ce sens-là. Moi, ce que je veux juste
insister, c'est que ça prendrait... Vous achetez un lave-vaisselle, puis
ça vient avec manuel
d'instruction. Pourquoi qu'un cheval, ça ne viendrait pas avec une forme de
manuel d'instruction quand est bien plus dangereux qu'un lave-vaisselle...
Le Président (M. Morin) : Mme
la députée de Mirabel, je vous permets une autre question.
D'Amours : Oui, j'aimerais
formuler un commentaire avant. C'est que j'espère qu'on n'euthanasiera
pas le cheval parce qu'il a 30 ans, là, parce qu'il est vieux. Il est quand
même en bonne condition.
M. Giusti (Giorgio) : Exact. Et de
même pour ma grand-mère.
Le Président (M. Morin) :
Qu'est-ce qu'on va faire avec moi?
D'Amours : C'est ça. Bon, le
code de pratique est là depuis 2013, donc ça fait deux ans. Vous avez
une certaine réticence, mais, quand la loi va passer, si on applique le code de
pratique, ça veut dire qu'il va falloir comme avoir
une transition, là. Mais quel est, d'après vous... Selon votre expérience,
combien de temps... Les gens qui ont des chevaux vont avoir une demande de transition, là. Combien de temps il va
falloir pour qu'on arrive au code de pratique pour tous les
propriétaires de chevaux?
M. Houde (Rosaire) : Si vous avez senti de la réticence, je suis
désolé, parce qu'on n'en a pas, de réticence sur le code de pratique,
O.K., l'AEQ n'a pas de réticence sur le code de pratique. Ce qu'on dit, c'est
qu'avant d'en faire un règlement vérifions partout sur notre territoire comment
est-ce que ça va s'appliquer. Parce que tantôt le MAPAQ va envoyer des inspecteurs, où peut-être
qu'on les accompagnera, peut-être qu'on ne les accompagnera pas non plus, ça
va dépendre des disponibilités puis des
lieux, puis on veut que ce soit clair puis on veut que ce soit facile, puis pas
facile juste pour notre membre... ou peut-être
même pas notre membre, pour le propriétaire ou le gardien du cheval en question,
mais aussi pour l'inspecteur puis tout le monde, qu'on sache qu'on parle de la
même chose, tout le monde, O.K.? Alors, il va
y avoir, selon moi, des régionalismes obligatoires
sur des détails, mais un cheval, vous savez, va toujours rester un cheval, O.K., sauf si vous
essayez de le faire dessiner par un comité. Mais il va y avoir les mêmes
besoins de base partout au Québec.
Le Président (M.
Morin)
: Mme Lévesque. Très court.
Lévesque (Renée) : Oui, juste un petit coup.
On a à confronter ça, nous, actuellement avec Équi-Qualité, les
changements au niveau des exigences
Équi-Qualité. Par exemple, les clôtures,
alors, changer des clôtures, ça coûte cher. On leur donne un délai, ils
peuvent prendre une année ou deux, s'ils s'engagent à le faire, puis on
continue de les certifier.
Alors,
il y a une disparité dans le milieu actuellement, c'est certain, mais, si on ne fait pas ça, on perd tous nos certifiés, mais c'est une façon aussi de les
garder avec nous que de les respecter puis de leur donner du temps pour en
venir à respecter des exigences. C'est quelques années, c'est sûr, après les
premières visites qu'il faut compter.
Président (M. Morin)
: Merci. Mme la députée, merci. Mme Lévesque, Me Houde et
Dr Giusti, votre façon de
communiquer a fait en sorte qu'on a été très attentifs à vos propos. Je vous félicite. Continuez à
communiquer comme ça, et on va arriver à nos buts. Merci.
Compte tenu de
l'heure, je suspends les travaux jusqu'après les affaires courantes. Et bon
retour à la maison.
(Suspension de la séance à 11 h 35)
Président (M. Morin) :
Bon milieu d'après-midi, tout
le monde. La commission
reprend ses travaux. Veuillez vérifier vos téléphones cellulaires, s'il
vous plaît.
Nous allons
poursuivre les consultations particulières et auditions publiques sur le projet
de loi n° 54, Loi visant l'amélioration de la situation juridique
de l'animal. Cet après-midi, nous entendrons la ville de Montréal, l'Ordre des
agronomes du Québec et les Éleveurs de volailles du Québec.
Donc, je
souhaite la bienvenue à ces dames, j'ai bien hâte de vous connaître. Et vous
aurez 10 minutes par la suite, après vous être présentées, pour
nous présenter votre mémoire. Donc, à vous.
Mme Samson (Anie) : On peut
commencer?
Le Président (M. Morin) :
Oui.
Mme Samson (Anie) : Alors, merci,
M. Morin, de nous recevoir à cette commission. Aujourd'hui, je suis accompagnée de Mme Guylaine Brisson, du
Service de la concertation des arrondissements à la ville de Montréal,
ainsi que de
Me Généreux, qui représente le contentieux de la ville de Montréal.
Moi-même : Anie Samson, vice-présidente du comité exécutif,
responsable de ce dossier entre autres.
Donc, M. le
ministre Paradis, bonjour. Chers membres du comité, donc MM. et Mmes les
députés. Aujourd'hui, d'entrée de
jeu, je tiens à saluer l'initiative du gouvernement du Québec de tenir une
consultation publique à propos du projet
de loi n° 54, la Loi visant l'amélioration de la situation juridique de
l'animal. Par le biais de notre intervention, la ville de Montréal souhaite porter à votre attention les impacts
potentiels du projet qui pourraient avoir lieu sur la métropole.
Encore une
fois, comme notre maire en a souvent fait mention lors de circonstances
similaires, le projet de loi, dans sa
forme actuelle, me pousse à croire qu'il importe de développer ce qu'il est
convenu d'appeler maintenant le réflexe Montréal dans l'élaboration des projets de loi qui risquent d'affecter
la métropole dans son fonctionnement. En effet, il apparaît que certaines bonifications sont
nécessaires afin de garantir la complémentarité de cette démarche avec les
efforts déjà déployés par la métropole sur le même sujet. Pour votre
information, à Montréal, la population d'animaux de compagnie est de près d'un demi-million, soit 330 000 chats,
145 000 chiens et 25 000 animaux autres. Donc, ce
nombre important d'animaux requiert de la
ville une attention particulière, vous le constaterez. Selon nous, dans sa
forme actuelle, le projet de loi
n° 54 aura des répercussions significatives en ce qui a trait aux
compétences de la ville dans trois domaines très précis, soit la réglementation liée au contrôle des animaux, les
contrats qui touchent ce domaine d'action et le rôle de la cour municipale. Nous formulerons donc cinq
recommandations qui ont pour objectif de bonifier la démarche et de
s'assurer de la prise en compte des réalités municipales dans le présent projet
de loi.
La première de nos recommandations a trait à
l'article 4 du projet de loi, qui prévoit, et je le cite, que «toute
disposition d'une loi accordant un pouvoir à une municipalité ou toute
disposition d'un règlement adopté par une municipalité,
inconciliable avec une disposition de la présente loi ou d'un de ses
règlements, est inopérante, à moins qu'elle n'offre une plus grande protection à l'animal». La ville
de Montréal est d'avis que l'évaluation de cette disposition
peut laisser place à interprétation et être
difficilement applicable. En effet, il peut être complexe de déterminer la mesure
qui offre ou non une plus grande protection,
puisque chaque situation comprend des variables particulières à prendre en considération.
Plusieurs cas
de figure poussent la ville de Montréal à se questionner sur cette mesure. À
titre d'exemple, il peut être complexe
de déterminer la mesure qui offre la plus grande protection à l'animal
lorsqu'il s'agit d'un nombre maximal d'animaux
que peut garder une même personne physique, à savoir si la garde d'un nombre
moins élevé d'animaux accorde une plus grande protection ou non.
Toutefois, l'incidence pour la ville peut être très significative. En effet, le
fait de réduire le nombre d'animaux que peut
garder une même personne physique ou encore d'augmenter le nombre de
jours de prise en charge obligatoire, tel
que mentionné à l'article 52, aurait un impact majeur sur les opérations
des refuges pour animaux avec lesquels les différents arrondissements de
Montréal collaborent. Ceux-ci sont susceptibles de ne plus être en mesure de prendre en charge l'ensemble des
animaux qui lui sont confiés, et ceci n'est qu'un exemple. C'est donc l'objet de notre première recommandation,
c'est-à-dire la ville de Montréal invite le gouvernement du Québec à
apporter des précisions relativement au concept de plus grande protection de
l'animal mis de l'avant par l'article 4 de la loi édictée par le présent
projet de loi, de même que sa portée.
Le deuxième élément que nous désirons porter à
votre attention a trait au pouvoir réglementaire dont le gouvernement peut se prévaloir en vertu du
chapitre VII de loi édité par le projet de loi. La ville de Montréal est
préoccupée du fait que certaines
dispositions de sa réglementation et des contrats conclus par les
arrondissements en matière de contrôle des
animaux pourraient s'avérer inconciliables avec les dispositions de cette loi
ou d'un règlement adopté par le gouvernement
en vertu de celle-ci. À
titre d'exemple, le paragraphe 10° de
l'article 63 précise le pouvoir de déterminer le nombre maximum d'animaux qui peut être gardés par
une même personne physique. Or, ce règlement pourrait venir en contradiction avec le règlement sur le contrôle
des animaux adopté par les arrondissements de la ville de Montréal, qui prévoit déjà un nombre maximal de quatre animaux,
toutes espèces confondues, par unité d'occupation et un maximum de deux chiens. Ces dispositions pourraient donc
devenir inopérantes si elles sont inconciliables avec le règlement
provincial. Il est à noter que plusieurs des
autres paragraphes, 12°, 14° et 18°, de l'article 63 soulèvent également
de semblables questions de cohérence
réglementaire. En conséquence, nous recommandons dans notre deuxième
recommandation que la ville de Montréal invite le gouvernement du Québec
à travailler de concert avec la métropole en amont de l'adoption de toute mesure réglementaire issue de ce projet de loi
afin d'assurer la cohérence et la complémentarité de ces mesures avec
celles déjà en place dans le milieu municipal.
Notre
recommandation suivante concerne la notion d'animal abandonné qui apparaît
notamment à l'article 50 du projet.
On y lit qu'un animal est réputé abandonné dans quatre situations. La
première : bien qu'il ne soit pas en liberté, il est en apparence
sans propriétaire, et aucune personne ne semble en avoir la garde. La
deuxième : l'animal est retrouvé seul
dans des locaux faisant l'objet d'un bail après l'expiration ou la résiliation
de celui-ci. La troisième situation : il est retrouvé seul dans des locaux que le propriétaire
a vendus ou quittés de façon définitive. Et la quatrième :
conformément à un accord conclu entre son
propriétaire ou la personne qui en a la garde et une autre personne, l'animal a
été confié aux soins de cette dernière et n'a pas été repris depuis plus
de quatre jours le moment convenu.
Or, en regard
de ses champs de compétence, la ville de Montréal intervient en matière de
nuisance et de contrôle des animaux,
en plus d'interdire ou de saisir des animaux errants. Suivant la réglementation
municipale, les animaux errants englobent
tout animal qui n'est pas en laisse, qui n'est pas accompagné d'une personne
capable de le maîtriser et qui n'est pas
sur le terrain de son gardien. Toutefois, les animaux errants recueillis par la
ville ont parfois été abandonnés au préalable. Cela occasionne donc un flou à la fois en ce qui a trait à la définition
du statut de l'animal, de l'instance qui doit le prendre en charge et de
la durée de son séjour en refuge avant qu'il soit possible d'en disposer.
ville de Montréal souhaite continuer ses actions envers les animaux errants
conformément à ses compétences actuelles. Par conséquent, nous
recommandons que la ville de Montréal invite le gouvernement du Québec à mieux définir la notion
d'animal abandonné et de la distinguer de la définition des animaux errants,
dont le contrôle relève des instances municipales.
Dans
le texte présenté, si la loi est adoptée, elle entrera en vigueur à sa date de
sanction, à l'exception des articles relatifs
à la délivrance des permis par le ministre, qui entreront en vigueur le
1er juillet 2016. Il est clair que l'adoption de la
Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal
imposera de nouvelles obligations aux fournisseurs de services. On pense
notamment aux refuges pour animaux, ils devront notamment se conformer aux
exigences de la loi pour obtenir un permis dans la mesure où leurs activités
seront visées par les dispositions du projet.
La ville estime que
le délai d'entrée en vigueur est trop court pour permettre à l'ensemble des
fournisseurs de s'adapter aux nouvelles
normes. Par conséquent, nous recommandons que la ville de Montréal invite le gouvernement du Québec à prévoir une période de
transition afin d'assurer l'émission de permis et, le cas échéant, la
normalisation des fournisseurs de services déjà existants.
Enfin, dans le cadre
du projet de loi n° 54, il est prévu que le ministre de l'Agriculture, des
Pêcheries et de l'Alimentation sera
responsable de l'application de la loi. Présentement, la
Loi sur la protection
sanitaire des animaux édicte que...
et les infractions peuvent être intentées devant la cour municipale par la
municipalité locale sur le territoire de laquelle l'infraction est commise. Une disposition
similaire se retrouve à l'article 76 de la loi édictée par le projet de
loi n° 54 à l'effet que les poursuites pénales pour la sanction
d'une infraction à certains articles seulement peuvent être intentées devant la cour municipale. Cependant, puisque
c'est le gouvernement qui voit à l'application de ces deux textes de
loi, l'ensemble des poursuites pénales sont,
en pratique, souvent intentées devant la Cour du Québec, malgré mention
selon laquelle les poursuites peuvent être intentées devant la cour municipale.
cour municipale de Montréal a l'expertise et la capacité d'entendre et
d'instruire ces poursuites. Cette mesure s'inscrit de plus en plus avec les efforts de justice de proximité mis
en place par la ville. La ville de Montréal demande donc au gouvernement que l'ensemble des poursuites
pénales soient intentées devant la cour municipale de Montréal, et ce,
que l'application de ces lois relève du gouvernement ou de la ville de
Montréal, à la suite d'une entente en ce sens. Conformément à cette demande, il est requis de modifier
l'article 76 de la loi édictée par le projet de loi n° 54 de
manière à ce que la cour municipale de Montréal puisse entendre toutes les
poursuites pénales pour la sanction des infractions à l'ensemble des articles de ce projet de loi. Nous recommandons donc que
la ville de Montréal invite le gouvernement du Québec à promouvoir l'élaboration d'un protocole de collaboration clair
avec la cour municipale de Montréal afin que celle-ci puisse entendre et
instruire l'ensemble des poursuites pénales en lien avec l'ensemble du projet
de loi n° 54.
conclusion, j'aimerais rappeler que la ville de Montréal dispose déjà de
plusieurs outils lui permettant d'assurer, en regard de ses champs de compétence, une cohabitation harmonieuse
entre les citoyens et les animaux de compagnie. Il importe maintenant
que les démarches et préoccupations de la métropole soient entendues par le
gouvernement du Québec afin de s'assurer que
le projet de loi n° 54 s'inscrive en complémentarité avec celles-ci. La
métropole, en tant que gouvernement
de proximité, est au coeur des démarches susceptibles d'avoir un impact direct
sur la population. Par le biais de
notre intervention cet après-midi, nous réitérons notre appel à la
collaboration auprès du gouvernement du Québec afin de contribuer à faire de ce projet de loi un texte
législatif fort qui prend en compte les besoins des municipalités et les
réalités de la métropole.
Alors, je vous
remercie de votre attention, et on est prêtes à répondre à vos questions.
Le Président (M.
Morin) : Mme Samson, merci. Et maintenant M. le ministre.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Oui. Mme Samson, on est heureux de vous
recevoir, mais, dans un premier temps, veuillez transmettre nos excuses
à M. Coderre. On était supposés de siéger la semaine dernière, on a eu un contretemps, on a annulé toutes ces choses-là. Ce
n'est pas de sa faute, ce n'est pas de notre faute, là, mais ça fait en
sorte qu'on se retrouve ensemble aujourd'hui.
y a eu... Je vais commencer peut-être avec le dossier qui a été le plus
médiatisé, si je peux utiliser l'expression, à Montréal dernièrement...
Mme Samson
(Anie) : Il y en a eu plusieurs.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : ...puis j'ai posé des questions à tous les
groupes qui sont venus. On fait quoi avec les calèches?
Mme Samson (Anie) : Actuellement, les calèches — et je pourrai laisser Me Généreux ou
Mme Brisson pouvoir compléter la
réponse — c'est un
dossier qui est vraiment centré au centre-ville, qui est régi selon la loi des
hippodromes... des véhicules hippomobiles à
Montréal. Donc, on a vraiment mis en place... selon les événements qui se sont
passés cet été, les malheureux événements, on a mis en place une façon
de pouvoir surveiller de façon plus attentive l'état de santé des animaux. Bien que ce n'est pas la responsabilité de la ville,
pour nous, c'est plus qu'une loi. On parle vraiment d'un règlement, mais on parle d'animaux qui se
promènent dans Ville-Marie, c'est une figure unique pour le centre-ville
de Montréal, effectivement. Et, suite aux malheureux événements,
M. Coderre a mandaté un groupe qui s'appelle Cheval Cheval de faire l'enquête, de voir comment les animaux sont
traités, est-ce qu'ils sont maltraités, est-ce qu'ils sont en santé, et dans le rapport, qu'on a de façon
hebdomadaire, donc à toutes les semaines, il y a des vétérinaires qui vont
voir l'état de chaque cheval, et on a une
liste en fonction des problématiques, on l'a dans le document, qui nous dit
vraiment le nom du cheval, qui est le propriétaire, quel est l'état de
santé : Est-ce qu'on doit l'arrêter? Est-ce qu'il doit être mis au repos? Est-ce qu'il n'est pas assez nourri?
Est-ce qu'il a des problématiques à marcher? Est-ce que... Et ça, on a
vraiment tout le détail. Et ces chevaux-là sont remis de côté, le temps de
revenir en forme.
Et, pour nous, c'est
extrêmement important. Donc, on devrait faire le point, là, dans les prochaines
semaines, à la fin de la saison, évidemment,
pour voir qu'est-ce qu'on en fait, mais, pour nous, actuellement, c'est pour
nous une vitalité importante pour Montréal. C'est aussi un symbole
important, d'avoir nos calèches à Montréal.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Est-ce
que ce sont des vétérinaires de pratique privée ou des vétérinaires à
l'emploi de la ville de Montréal, là? Je pose la question.
Mme Samson (Anie) : Non, c'est de
pratique privée.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Et
spécialisés dans les gros animaux, monde équin, etc.?
Mme Samson (Anie) : Oui. Mme
Brisson, avez-vous des choses à rajouter?
Brisson (Guylaine) : Non. Mais effectivement, oui, c'est un mandat qui
est donné à une firme externe, ce ne sont pas des vétérinaires de la
ville.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Très
bien. Le 25 octobre prochain, là, dans pas beaucoup de temps, vous
allez tenir une journée de micropuçage. C'est une initiative, là, qui nous
intéresse. Il y a beaucoup de groupes qui se sont présentés devant nous et qui, comment je pourrais dire ça... qui nous
ont vanté les mérites du micropuçage. Pouvez-vous élaborer un petit peu? Vous en avez fait dans le
passé. Ça fonctionne comment? Je sais que vous baissez les coûts, là, à
cause du volume pour une journée. Puis est-ce que vous avez l'intention, à
court, moyen ou long terme, de rendre le micropuçage obligatoire?
Mme Samson (Anie) : Bien, ça
s'inscrit dans une grande politique de responsabilisation des propriétaires d'animaux. Donc, depuis déjà deux ans, on produit
à chaque année un guide de comment devenir propriétaire d'un animal de compagnie, quoi faire, comment le faire. Donc,
on impose une stérilisation. Le micropuçage vient, c'est la deuxième
année où on fait des cliniques de micropuçage. Éventuellement, on aimerait
pouvoir le rendre obligatoire.
Et, depuis
les trois ans, depuis trois ans où on fait ces campagnes de sensibilisation, on
s'est rendu compte que le nombre
d'animaux en refuge a diminué, donc, soit en produisant le guide, en faisant
des... Pour les chiens, dans nos aires d'exercice
pour chiens, on a des conférences, des 5 à 7 avec des spécialistes en animaux
qui vont parler aux propriétaires de
chiens, qui expliquent leurs responsabilités. C'est bien d'avoir un animal,
mais c'est aussi pour la vie, donc il y a des responsabilités. C'est beau, c'est le fun, mais c'est aussi un geste
responsable qu'on pose. Et, dans ce guide-là, il y a toutes, toutes,
toutes les alternatives : Comment se débarrasser d'un animal au lieu de
l'abandonner? Comment faire pour pouvoir le redonner à quelqu'un d'autre, lui
donner une deuxième vie?
Ce qu'on fait
également aussi, dans les campagnes estivales, on encourage les gens à aller
chercher des animaux dans les refuges
en leur donnant une deuxième vie, au lieu d'aller en acheter. On leur
dit : Il y en a déjà en refuge, et, lorsque vous les prenez, bien
ils sont stérilisés, ils sont micropucés, ils ont tout. Et, pour nous, c'est
une façon d'aller encore plus loin, et on se
dit : Si vous n'êtes plus capable de vous occuper de votre animal soit
parce que vous déménagez, soit parce
que vous allez en résidence, parce que nous n'avez plus la capacité, bien
passez-le à votre voisin, essayez vraiment d'encourager ces manières-là
de pouvoir permettre à l'animal d'avoir une deuxième vie.
Et le
micropuçage rentre dans cette grande stratégie, lorsqu'on aura notre centre
animalier, en 2018, de pouvoir le rendre obligatoire. Et, pour nous, le
fait de le faire à un coût moindre, ça permet aux propriétaires d'y aller.
L'année passée, plein de gens sont venus
parce qu'ils se disaient : Bien, voyons, on ne sait pas... ils ne savaient
pas comment ça fonctionne. Et on se
rend compte que de plus en plus ça va nous aider à trouver les animaux perdus
de façon plus rapide.
Mme Brisson (Guylaine) : Oui.
J'ajouterais peut-être simplement que la ville de Montréal travaille depuis déjà trois ans avec un comité d'experts en gestion
animalière justement pour être conseillée par notamment les membres de l'AMVQ, et tout ça, les gens aussi en technique...
les techniciens en santé animalière, pour les conseiller dans ces
initiatives, et que justement, sur la journée
de micropuçage, c'est une collaboration avec les médecins vétérinaires qui nous
permet d'offrir le micropuçage à prix
réduit. Donc, oui, c'est une initiative de la ville, mais on travaille vraiment
en partenariat avec l'Association des
médecins vétérinaires, puisque ce sont des médecins vétérinaires dans chacun
des 19 arrondissements qui se sont
portés volontaires, pour cette journée-là, pour faire le micropuçage à prix
réduit. En contrepartie, la ville fait la promotion... a fait
différentes initiatives médiatiques pour s'assurer de favoriser ça, puisque
c'est une pratique pour laquelle... comme
dit Mme Samson, c'est une des bonnes pratiques qui va nous permettre de
diminuer la surpopulation animale.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Les
juridictions, en matière animale, sont partagées, là. La cruauté comme
telle est régie par le Code criminel, la
définition du statut ainsi que la législation et réglementation sur le
bien-être est au niveau provincial. Vous avez, vous, juridiction au
niveau municipal, mais là je m'aperçois que ça se complique puis je vais avoir
besoin... Vous avez des arrondissements, en plus, qui ont une autonomie, comme
tel.
Est-ce qu'on doit se, comment je pourrais dire ça... Est-ce qu'on
doit continuer dans ce sens d'une telle décentralisation ou est-ce que
c'est dans l'intention de la ville de Montréal de s'assurer d'une
uniformisation sur son territoire?
Samson (Anie) : Elle est très pertinente, votre question, dans
l'actualité actuelle. Donc, on travaille beaucoup sur le statut de
métropole, à Montréal, pour pouvoir harmoniser nos différentes façons de faire.
Et évidemment, actuellement, un chat qui
traverse le boulevard et qui se ramasse dans un autre arrondissement n'a pas la
même réglementation. Le chat ne le sait pas. Donc, lorsqu'on vous parle
d'harmonisation, bien c'est un peu la même chose qu'on veut faire, surtout que
la venue de notre centre animalier va permettre d'avoir des règles qui sont les
mêmes. Actuellement, il y a des
arrondissements qui offrent la licence gratuite pour les chats qui sont
stérilisés. Si le chat n'est pas stérilisé, vous payez un coût. Il y en
a d'autres qui chargent un peu plus cher pour ceux qui ne sont pas stérilisés
mais qui chargent un montant de base. Donc,
chaque arrondissement a sa propre façon de faire, mais évidemment il y a un
cadre, là, de la ville qui nous dit... il y
a des règles minimales que nous devons mettre en place. Vous pouvez en faire
plus, mais vous ne pouvez pas aller en deçà des règles minimales. Et on
espère qu'avec le centre animalier et le nouveau statut de métropole on pourra
régler les problématiques d'animaux qui se promènent d'un arrondissement à
l'autre, avec ou sans licence, entre autres.
M. Paradis
(Brome-Missisquoi) : Ça me
tente — et vous
n'êtes pas obligée de répondre — de vous demander si vous avez des
animaux de compagnie, parce que vous en parlez avec amour.
Mme Samson (Anie) : J'en ai un gros,
matou, de 16 ans, et avant j'en avais une de 17 ans.
M. Paradis (Brome-Missisquoi) : Ça
Président (M. Morin) : Oui, M. le député des
Îles-de-la-Madeleine. Je sens que vous avez une question sur le bout des
lèvres.
M. Chevarie : Oui. Oui, merci.
D'abord, bienvenue. Merci pour votre présentation.
Vous
mentionnez dans votre mémoire que le nombre d'animaux à Montréal est estimé à
environ 500 000 chiens et chats, je pense, c'est ça que vous
avez...
Mme Samson (Anie) : Oui.
333 000 chats, 145 000 chiens.
M. Chevarie : Exactement. Et je me
demandais, en comparaison avec d'autres villes de même ampleur que Montréal,
est-ce que ça vous apparaît beaucoup, moyen ou peu? J'aimerais d'abord avoir
cette position de votre part.
Mme Samson
(Anie) : Bien, pour nous, à
Montréal, c'est beaucoup, mais ça prouve qu'il y a de plus en plus de personnes seules qui ont des animaux de compagnie,
donc c'est un besoin, c'est une nécessité. Donc, nous, on ne parle pas...
En avoir 500 000, à Montréal, ça va. Il faut être capable de les
réglementer, il faut être capable...
Où on a beaucoup
de problématiques, c'est l'abandon des animaux, les chats errants, c'est toute
cette partie-là où il y a une
non-responsabilisation des propriétaires. Et nous, on s'est dit : On va
travailler sur la prévention pour pouvoir permettre aux gens de comprendre
que donner un animal à Pâques à son petit garçon ou à sa petite fille, c'est
bien, puis au mois de juillet, bien, ça
devient plus autre chose que... un meuble, et ils s'en départissent. Et ce
qu'on veut leur dire, c'est que, si
vous faites ce choix-là, bien vous devez être responsable aussi