Labour and the Economy — 2 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-10-02
Quebec — Committees
(Onze heures cinquante minutes)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la
salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de procéder aux consultations
particulières et aux auditions
publiques sur le projet de loi
n° 27, Loi concernant principalement l'organisation gouvernementale en
matière d'économie et d'innovation.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Martel (Nicolet-Bécancour) remplace M. Lévesque
(Chauveau); M. Leitão (Robert-Baldwin) remplace Mme Sauvé (Fabre); M. Marissal
(Rosemont) remplace M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve); et M. Ouellet
(René-Lévesque) remplace Mme Richard (Duplessis).
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, nous avons le plaisir d'accueillir le Fonds de solidarité FTQ,
avec MM. Morin et Tremblay. Je vous
souhaite la bienvenue. Vous disposez de 10 minutes pour votre exposé. Je
vous invite d'abord à bien vous présenter. Merci.
M. Morin (Gaétan) : Bonjour, Mme la
Présidente. À mes côtés, Mario Tremplay, vice-président aux affaires publiques
et corporatives. Mon nom est Gaétan Morin, donc, président, chef de la
direction Fonds de solidarité FTQ.
Donc, Mme la
Présidente, M. le ministre de l'Économie et de l'Innovation, mesdames,
messieurs, distingués invités de la commission, d'abord merci de nous
accueillir, d'accueillir nos commentaires dans le cadre de vos consultations
sur le projet de loi n° 27.
Le fonds... d'abord, je dois vous dire que le
fonds salue le travail d'Investissement Québec et du ministère de l'Économie et de l'Innovation dans le
développement d'une économie prospère. Le fonds souhaite profiter de l'occasion
qui nous est offerte par cette commission pour émettre ses commentaires sur le
projet de loi n° 27. Nos commentaires concernant
le projet de loi se limiteront à Investissement Québec. Nous n'aborderons donc
pas tous les aspects du projet de loi.
D'entrée de
jeu, nous sommes favorables au projet d'élargissement du mandat
d'Investissement Québec. Le coeur de
notre intervention d'aujourd'hui vise à nous assurer que, dans le cadre de la
réforme projetée, Investissement Québec devienne un véritable investisseur complémentaire dans l'écosystème
financier et maximise son impact. C'est vraiment en recherchant cette complémentarité et en comblant
les lacunes du marché de la finance qu'Investissement Québec se révèlera
davantage comme un réel atout stratégique et remplira pleinement sa mission
d'investisseur public.
Nous saluons
d'ailleurs la proposition de modification de la mission aux articles 4 et
14 de la loi. Cette proposition fait en sorte que la mission y est
définie en termes plus larges, qui comprennent non seulement des aspects
financiers, mais aussi de retombées économiques globales. Cette vision devra
être claire, claire pour le conseil d'administration d'Investissement Québec et de
l'ensemble de l'organisation. Nous croyons même que les incitatifs de
performance des employés d'Investissement Québec devaient être liés à
ces indicateurs qui ne se limitent pas seulement au rendement financier et au
volume d'interventions.
Le fonds est
le plus important réseau d'investissement en capital de développement au
Québec. Samedi dernier, lors de notre
assemblée annuelle, nous avons annoncé que nous comptions dorénavant
700 000 actionnaires, 15 milliards d'actifs et des participations
dans plus de 3 100 entreprises de toutes tailles. Au cours des cinq
dernières années, nous avons investi en moyenne 900 millions de
dollars par année dans l'économie québécoise. Nous avons généré des profits
moyens de 935 millions par année au
cours des cinq dernières années, et ça, ça représente un rendement annuel à nos
actionnaires de 7,7 %. Nous
faisons la preuve qu'il est payant d'investir dans la PME au Québec et nous le
faisons, dans tout le Québec, avec nos 16 bureaux régionaux.
Considérant notre mission et notre modèle
d'affaires, vous comprendrez l'importance que nous accordons à la notion de complémentarité d'Investissement Québec.
En 2010, lors de la fusion entre la Société générale de financement et Investissement Québec, nous avions présenté un
mémoire insistant sur cette notion.
Malgré une volonté inscrite dans la loi, force est de constater que ce
ne fut pas toujours le cas.
Par exemple, ce qu'on voit sur le terrain, je donne un exemple,
des propositions d'investissement
des entreprises qui sont issues à la fois du Fonds de développement
économique... Par exemple, disons, un financement de 10 millions de dollars, bien souvent, le capital est puisé à l'intérieur de l'enveloppe du Fonds du développement
économique et des capitaux propres,
mettons moitié-moitié, et ce qui fait qu'en bout de ligne on peut offrir, avec
le fonds de développement, un prêt à
0 % d'intérêt et un prêt de 5 millions, pour compléter le
10 millions, à partir des fonds propres, à des taux plus normaux, disons, je lance
un 7 %, ce qui fait que le combiné de l'ensemble donne 3,5 %, ce qui
est vraiment à l'extérieur des
barèmes de juste valeur des prêts ou des participations. Et souvent ça se fait,
malheureusement, et là j'ai toujours la notion de complémentarité en tête, souvent, ça se fait dans des
entreprises qui pourraient se financer autrement sur les marchés
financiers, à des taux normaux.
Dans le
passé, il y a eu des tentatives, je dirais, informelles de s'assurer de cette
complémentarité-là dans le marché. Il
y a eu même des tentatives qui ont été initiées par le ministre de l'Économie
de l'époque. Nous avons été attentifs aux déclarations du ministre concernant la complémentarité d'Investissement
Québec et celle qu'elle doit avoir dans l'écosystème et nous partageons
évidemment cette vision.
Rappelons que la proposition de
l'article 14 de la
Loi sur Investissement Québec est très claire à ce
sujet. Cependant, pour y arriver, nous
croyons qu'il faut des mécanismes formels pour concrétiser cette rétention.
Ainsi, pour assurer une
complémentarité entre Investissement Québec et les autres acteurs économiques
de la finance, le fonds propose deux mécanismes reconnus dans la loi.
C'est d'ailleurs notre première et notre deuxième propositions.
Donc, la première, qu'un comité-conseil composé
de représentants des institutions financières québécoises, de l'industrie du
capital de risque et du capital de développement fassent rapport chaque année
au ministre de l'état de l'écosystème de la
finance et fasse des recommandations pour améliorer cette complémentarité.
Deuxièmement, deuxième proposition, qui devrait être, selon nous, reconnue dans
la loi, qu'un administrateur soit nommé au conseil d'administration d'Investissement Québec selon une liste de
candidats recommandés par le comité-conseil. Cet administrateur devra être
évidemment indépendant du comité et des institutions représentées.
Comme notre
mission l'exige, nos investissements sont faits sous forme de prêts non
garantis ou de participations au
capital-actions. Cette
partie fait de nous, dans une certaine mesure, des
dérisqueurs. Notre présence dans des projets plus risqués permet à d'autres joueurs qui ont une
moins grande tolérance au risque de se joindre à nous dans certains projets.
Cela nous a permis de développer une bonne collaboration avec les milieux de la
finance. En fait, d'autres institutions financières sont présentes dans
80 % de nos transactions.
En 2010, je
reviens à notre rapport précédent, nous avions estimé que, pour être
complémentaire et combler des lacunes
de marché, Investissement Québec devait accroître sa présence dans les
transactions à risque, particulièrement en région. Nous croyons toujours que c'est le rôle de l'investisseur public
de combler partiellement cette carence afin de créer un effet de levier
pour attirer du capital privé dans les transactions.
Et là on
avait un diagramme à l'époque, qu'on a reproduit quelques années plus tard dans
le mémoire. Je pense qu'il est à la page 8. Ce qu'il présente, en fait,
c'est l'écosystème financier, l'écosystème d'investissement, et chacun doit
avoir sa place. Il y a des moments
dans la vie d'une entreprise où c'est nécessaire de prendre plus de risque,
d'amener l'entreprise ou le projet à une certaine maturité où le
financement plus conventionnel, les banquiers et éventuellement même une mise en bourse, tout ça doit être fait dans un
continuum et en très grande complémentarité. Donc, nous réitérons cette
position et recommandons
qu'Investissement Québec augmente sa prise de risque de participation dans des
investissements risqués.
Évidemment, on a plusieurs autres
recommandations, notamment sur les régions, pour la lutte aux changements climatiques. Nous vous invitons à consulter notre
mémoire. On voulait se concentrer vraiment sur ces trois propositions-là.
Alors, je vous remercie de votre attention, et nous sommes prêts pour
accueillir vos questions.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Je
vous remercie pour votre exposé. Nous allons débuter la période d'échange. M.
le ministre, la parole est à vous. Vous disposez de 7 min 30 s.
M. Fitzgibbon :
O.K. Bien, premièrement, j'aimerais remercier mes collègues pour votre
présentation. C'est très clair puis c'est succinct. Il y a deux enjeux.
Je vais en prendre un puis je vais passer l'autre à mon collègue
M. Bélanger.
Au niveau des régions, je
pense qu'il faut parler de ça,
comment est-ce qu'on peut complémenter votre positionnement. Je vais parler plus à haut niveau. Je suis d'accord,
le comité, voir sur une base manuelle, où sont les carences dans la chaîne
des capitaux, puis Investissement Québec doit être là pour combler où il y a
une carence. Ça, j'achète ça à 100 %.
J'aimerais vous entendre sur un sujet qui est un
peu problématique. C'est qu'on a vu ce matin, dans le journal, on a 32 % de provisions pour prêts pour le FDE. Bon, d'un bord de ma bouche, je
vais dire : On va prendre plus de risques. Je veux prendre plus de
risques. Il ne faut pas que le 32 % devienne 50 % non plus, ou, s'il
vient 50 %, il faut que les retombées aux finances soient au moins égales
à l'excédent. Ce n'est pas facile.
Alors, est-ce
que, quand j'entends les gens comme vous puis les banques dire : Prenez
plus de risques, ça va nous alléger pour nous à aller dans la chaîne des
capitaux, est-ce que c'est concevable qu'on puisse partager? Puis ça, c'est ma
notion depuis le début. Est-ce qu'on peut partager dans l'«upside», quand ça va
arriver? Parce que moi, je suis prêt à
prendre des risques, mais, à un moment donné, on va en perdre plus qu'on en a
perdu dans le passé, mais on va en gagner plus. Quand on va gagner, il
faut au moins être capable de pouvoir récupérer un peu d'argent pour compenser
les pertes additionnelles.
Alors, est-ce
que c'est une notion... puis je sais que vous autres, c'est différent, parce
que je prends les banques, je prends le Fonds de solidarité, je prends le
Fondaction, puis on a Investissement Québec, on n'est pas tous aussi
mercenaires, là. Alors, est-ce que
c'est concevable que, dans la chaîne des capitaux, qu'il puisse y avoir un
partage du «upside» pour que nous
puissions... puis moi, je suis prêt à prendre des risques, mais, en même temps,
on est redevables devant la population. Puis, si on perd 50 % de ce
qu'on fait, on ne sera pas avantagés, là. Alors, j'aimerais ça vous entendre
sur ce point-là.
M. Morin
(Gaétan) : Juste sur la
notion de perte, il faut voir que le gouvernement doit prendre certains risques
parce que les retombées des succès...
puis ce n'est pas tous des succès, hein, les projets dans lesquels nous-mêmes,
on investit. Mais le gouvernement a des retombées que nous, on n'a pas,
dont retombées fiscales, etc., les retombées induites aussi d'un démarrage d'entreprise ou du lancement d'une
nouvelle technologie. Donc, il est tout à fait normal qu'à un certain niveau
le gouvernement, malheureusement, doive essuyer des pertes.
ne serait pas normal que... une intervention, vraiment, à des niveaux
préliminaires d'un projet, ça ne serait pas normal de ne pas perdre un peu de
capital. Il faut le dire comme ça. Si ce n'était pas le cas, ça veut dire qu'on
ferait le rôle d'un banquier. C'est
un peu notre cas d'ailleurs. On fait des pertes. Sur 10 investissements,
on va en perdre quelques-uns, mais il
y en a deux qui vont très bien performer, qui vont compenser pour les pertes
qu'on doit essuyer. Et, si on ne faisait pas ça, on ne ferait pas notre
travail.
Le travail du
gouvernement est en amont de nous, et là je reviens à la chaîne de financement,
le travail du gouvernement doit être en amont pour lui-même dérisquer certaines
initiatives, certains projets, certains projets de développement économique pour que nous, par la suite, on puisse arriver
dans un deuxième ou troisième temps. Des caisses de retraite prennent le
relais, les banquiers et ainsi de suite. Donc, c'est ce continuum-là.
Est-ce que le
gouvernement devrait s'attendre d'avoir une certaine rémunération par rapport
au risque? Moi, je pense que oui, absolument, toujours dans l'optique où la
prise de risque, elle est réelle et faite au bon moment. Si Investissement Québec se déploie dans des segments
de risque où le marché est déjà présent puis qu'il vient demander une rémunération inférieure dans l'esprit d'avoir une
rémunération supérieure dans le futur, je pense qu'Investissement Québec
ne fait pas son travail. Je ne sais pas si ma réponse est claire.
M. Fitzgibbon :
Bien, mais... puis je vais conclure puis je vais laisser du temps à Gilles,
mais c'est clair que moi, des pertes de 32 %, c'est un peu exagéré,
c'est des provisions comptables. Les vraies pertes, c'est à peu près 25 %,
du gouvernement, qu'on a perdu depuis des années. Je pense que c'est correct.
Moi, je suis prêt à
prendre plus de risques, donc on va perdre plus que ça. Mais quand on va
faire... quand les compagnies vont faire de
l'argent sur l'autre bout du spectrum, je veux qu'il y ait une
partie qui
revienne pour compenser, là,
peut-être le 25 %, qui va aller à 35 %. Sinon, on creuse un trou.
Puis de toujours dire que les finances vont faire de l'argent et des retombées ailleurs, c'est facile à dire, puis
c'est dur à mesurer. Alors, je vais arrêter là puis je pense qu'on parle
le même langage. Je vais laisser mon collègue parler des régions.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, merci, M. le ministre. Je
vais... La parole est au député d'Orford. Il vous reste trois minutes.
M. Bélanger :
Merci, Mme la Présidente. Bonjour, M. Tremblay, M. Morin. Ça me fait
plaisir de vous revoir une fois de plus.
Moi,
j'ai une question au niveau, évidemment, des régions. Par le passé, j'ai eu
l'occasion de travailler avec vos fonds
et je me suis toujours retrouvé dans une situation que, justement, j'avais de
la difficulté à positionner le fonds, vos fonds régionaux, par rapport
aux banques, par rapport au privé puis par rapport au gouvernement.
Ma question est : Si on prend plus de risques
dans... puis j'aimerais ça savoir lesquels segments on peut prendre plus
de risques en région. Quel
va être l'impact sur vos taux? Parce que vos taux ont toujours été, par rapport
aux banques, par rapport au privé
puis par rapport au gouvernement, plus élevés, en tout cas dans les
situations dans lesquelles j'ai été impliqué.
M. Morin (Gaétan) : Bon, la question sur les taux, tout à fait normal que nos
taux soient légèrement supérieurs à ce qu'un banquier va demander comme
taux d'intérêt. La raison, c'est que nous sommes du... ce qu'on offre, c'est du
capital non garanti. Donc, en cas d'échec, en cas de liquidation, on n'a aucune
sûreté, on n'a aucun lien sur les actifs de l'entreprise et, en cas de liquidation, ce qui arrive, dans les
faits, c'est qu'on est pas mal au même niveau que l'entrepreneur, que les
actionnaires de l'entreprise. Donc, on doit radier s'il y
a un échec, ou une faillite, ou un
avis d'intention pour se protéger de la faillite de l'entreprise en question.
Maintenant,
pour ce qui est des lacunes de marchés en région, particulièrement que devraient, selon nous, combler Investissement Québec, je
dirais que c'est surtout au niveau des démarrages d'entreprise et particulièrement en technologie de... par
exemple, dans les nouvelles technologies, les innovations, malheureusement, les investisseurs traditionnels vont centrer leurs efforts dans cette nouvelle économie
là sur les grands centres : Montréal, Québec, Sherbrooke. Mais les autres régions, souvent, n'ont pas su
accaparer du capital jusqu'à maintenant. Donc, Investissement
Québec devait jouer un rôle à
ce niveau-là puisqu'il y a une carence de marchés.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : En conclusion. Il ne reste que 35 secondes.
M. Bélanger :
Bien, merci pour votre réponse.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci pour l'échange. Nous cédons maintenant la parole à la porte-parole de l'opposition officielle, à
la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Vous disposez de 11 minutes.
Anglade : Merci, Mme la Présidente. Je salue les personnes qui sont venues nous
rencontrer aujourd'hui. Merci. Merci d'être avec nous.
Écoutez,
je vais renchérir un peu sur tout ce qui se passe au niveau
du développement économique sur le terrain, puis vous avez fait état,
dans le document, de tous les acteurs qu'il y a puis de la nécessité d'être
complémentaire, puis plusieurs des acteurs qui sont venus ici sont venus nous
dire à quel point on a besoin d'être complémentaire.
On est un peu tous
pour la vertu. On aimerait que ça marche, la complémentarité, puis, dans mes
fonctions précédentes, je voulais que ça marche, la complémentarité. Mais avec
le projet de loi, est-ce qu'il y a moyen pour vous d'articuler
ça de manière plus concrète, où vous diriez : Bien, nous, ce qu'on
aimerait, c'est que clairement, ce soit spécifié,
les rôles de chacun? Est-ce que vous avez réfléchi, au-delà de la recommandation que vous faites, à quelque
chose peut-être encore plus spécifique, que vous aimeriez voir inclus
dans une loi?
M. Morin
(Gaétan) : Vous savez, que ce soit dans le projet de loi ou dans la
haute direction d'Investissement Québec, les
intentions peuvent être très correctes et très enlignées avec ce besoin de
complémentarité là. Difficile, des fois, de faire percoler ces philosophies-là à travers l'ensemble des employés
et l'ensemble des régions du Québec. Et c'est là, je pense, que la
mesure, elle doit être aussi faite sur le terrain.
l'a vu, depuis 2010, la notion de complémentarité, elle est enchâssée dans la
loi. Dans les faits, sur le terrain, j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup
d'exemples que je pourrais vous donner. Je vais me limiter, parce que le temps
est limité, et c'est vraiment... Le rôle du
comité, ça sera vraiment avec l'ensemble des intervenants, l'ensemble du milieu
de l'investissement, des milieux
financiers, du capital de risque. Ces gens-là pourront occasionnellement se
regrouper, et faire un peu un état de la situation, et faire des
recommandations au ministre.
Donc,
on installe un peu une certaine gouvernance autour de l'application de la loi,
et je suis convaincu, fermement convaincu
que, si on incorpore ça au projet de loi et on le fait... et soyez assurée que
les intervenants financiers vont être tout à fait d'accord avec
l'initiative. Elle a été... elle a eu lieu, à plusieurs reprises, de façon
informelle, auxquelles moi-même j'ai
participé. Et tout le monde autour de la table se disait : Wow! c'est
nécessaire vraiment de s'assurer que le
Québec dispose vraiment d'une fourchette large, en termes de prise de risques,
de complémentarité, parce que c'est un atout.
Nous avons des avantages au Québec d'avoir des institutions, comme
Investissement Québec, comme le fonds de solidarité, avec des institutions financières bien ancrées au Québec, comme la Banque Nationale, Desjardins, des fonds de
capital de risque. C'est un avantage, et on fait des jaloux ailleurs au Canada.
Donc,
il faut pousser davantage cette mobilisation-là et de s'assurer que tout le
monde travaille avec un objectif : de développer des entreprises et
de maintenir et créer des emplois de qualité au Québec.
Anglade : Merci de votre réponse. Ce que j'entends, dans le fond, dans
ce que vous dites, c'est qu'on a bien beau
avoir toutes les bonnes intentions du monde et puis de modifier un projet de
loi, que ce soit inclus dans le projet de loi, il va falloir que ça se
décline dans le détail, mais même que cette déclinaison-là devra être
accompagnée, tu sais, de mécanismes déterminés, pas nécessairement dans le
projet de loi mais après ça.
Donc,
quand vous parlez de rencontres qu'il va falloir avoir avec les différents
organismes, ce serait bien que ce soit établi, cette démarche-là, qu'elle soit
dans le cadre d'une gouvernance qui nous permet de faire aboutir les choses.
C'est ce que je comprends dans ce que vous dites.
M. Morin
(Gaétan) : Oui. C'est vraiment quelque chose de formel avec un rapport
au ministre. Puis ça ne demande pas une grande... comment dire, de grandes
structures, là. Ce que je vous dis, là, c'est une rencontre par année des principaux acteurs. Ce n'est pas
150 personnes, là, c'est une dizaine de personnes autour de la table, qui
représentent chacun des segments du
financement, s'entendent, font des recommandations au ministre sur l'état de la
complémentarité du financement.
je vous dirais, avant toute chose, et ça fait
partie de nos recommandations,
Investissement Québec devrait aussi faire un certain travail pour voir où sont
les véritables... Quelle est la recommandation dont il s'agit? Je ne sais pas
si c'est la 3 ou la 4, là, mais je pense qu'il faut faire, avant tout, un état
de la situation. Investissement Québec, avant de se déployer, devrait analyser
à nouveau où sont les carences, parce que les carences, ça se métamorphose au
fil du développement d'une économie ou d'un secteur, d'où l'idée de
faire, une fois par année, un constat et de faire des recommandations au
ministre à ce sujet-là.
Mme Anglade :
Parfait...
M. Tremblay
(Mario) : ...si je peux me permettre d'ajouter peut-être.
Mme Anglade :
Oui. Allez-y, je vous en prie.
M. Tremblay (Mario) : Et, au niveau interne également, on est allés jusqu'à proposer de dire : Écoutez,
quand on est rendu chez Investissement Québec... Parce que c'est
certain, lorsque la rémunération est liée, par exemple, à du volume d'affaires, c'est sûr que les gens peuvent
faire du volume d'affaires. Donc, ce qu'on appelle les KPI, en anglais, là,
les indicateurs de performance, s'il y a
un ou deux indicateurs qui vont dans le sens de la complémentarité à démontrer,
et qu'on lie performance, rémunération, là, les gens vont se comporter
avec de la complémentarité. Donc, il appartiendrait à Investissement Québec
d'aller jusque-là dans le concret, et moi, je pense que ça pourrait aider.
M. Morin (Gaétan) : Je pense qu'il faut... Si je peux me permettre, ça prend un enlignement
aussi avec le conseil d'administration. Je pense que le mandat, la vision, la philosophie d'Investissement Québec de compter pas uniquement sur les retours de
revenus d'intérêts, mais de regarder plus globalement et, comme M. le ministre l'a bien dit dans une entrevue
la semaine dernière, de regarder vraiment le retour sur l'économie globale de l'action d'Investissement Québec, là, on aurait fait
le travail complètement. Il faut que ça soit clair pour le conseil d'administration.
Anglade : Oui. Puis je
retiens bien aussi vos commentaires par
rapport aux indicateurs de
performance puis de les lier avec la
complémentarité comme critère aussi pour pouvoir changer les comportements, ce
qu'on cherche ultimement à faire.
Question
très rapide avant de céder la parole au collègue. Vous avez écrit, dans votre
document, page 11, par rapport
au démarchage international : «Nous
espérons que les fruits de ce démarchage se feront au bénéfice de tout
l'écosystème de la finance en vue de garnir le pipeline d'entreprises du
Québec et de créer plus de richesse dans la province.»
Je voulais
juste savoir, est-ce qu'il y avait une raison pour laquelle vous insistiez sur cet
élément-là en particulier? Vous avez un espoir que ce ne soit pas très
ciblé. J'essaie de le lire à travers ce que vous voulez dire par rapport à ça.
M. Morin
(Gaétan) : En fait, ce que
je voulais illustrer, c'était justement le fait qu'on a la chance, au Québec,
d'avoir une offre de financement diversifiée, et je pense qu'on devrait
insister, dans le démarchage à l'international pour... si on veut
attirer une entreprise au Québec, alors lui dire : Bien, vous voyez, on a
Investissement Québec, on a des fonds de travailleurs,
on a des fonds de capital de risque. Donc, si cette offre-là, elle est bien
déployée, démontrée à des étrangers, ils vont voir qu'il y a des
avantages ici qu'ils n'ont pas ailleurs sur la planète.
Anglade : Dans le fond, vous, ce que vous dites, c'est qu'on doit
représenter l'ensemble de l'offre, pas certains éléments, puis qu'on est
encore dans cette... en compétition. C'est ça que vous dites.
M. Morin (Gaétan) : Absolument,
absolument. Tout à fait.
Mme Anglade : O.K. J'ai bien
compris. Parfait. Merci. Je cède la parole à mon collègue.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, député de Nelligan, à vous la parole. Il vous reste
3 min 20 s.
Derraji : Bon, je vais être très rapide. Merci, Mme la Présidente.
Merci pour votre présentation. Toujours dans la même logique des indicateurs, là, on va aller plus sur vers le
terrain et l'accompagnement des entrepreneurs. Ça a été dit aussi la
semaine dernière.
Dans la page 10, vous avez soulevé un point
très important, et la statistique que j'ai devant moi, 500 000 heures d'intervention... Donc, aujourd'hui, selon vous,
Investissement Québec... vous formulez la recommandation 4 : «Le
fonds recommande qu'Investissement Québec bonifie son offre
d'accompagnement aux entreprises en collaboration avec le joueur du marché dans
une perspective de combler les carences.» Un, c'est quoi, les carences? Deux,
est-ce que vous pensez qu'il y a une limite
à l'action d'Investissement Québec présentement sur le terrain par rapport à
l'accompagnement? Parce que c'est
quand même énorme, 50 000 d'heures d'intervention par rapport...
200 accompagnements, 160 entreprises, c'est quand même
intéressant depuis 2016.
M. Morin (Gaétan) : Bon, ça, c'est
notre collaboration qu'on a mise sur pied avec Inno-Centre, il y a deux ou trois ans, et vous voyez le succès entourant tout
ça. Il demeure qu'il y a des carences, et je pense qu'Investissement Québec doit, encore
une fois, combler certaines carences. Par exemple,
quand on parle de démarrage, de développement de technologies, Inno-Centre agit plutôt à des stades de maturité un peu plus avancés en termes
d'intervention. Donc, il faut s'assurer
qu'on appuie aussi les nouvelles pousses, les nouveaux entrepreneurs à développer
une technologie en amont, et ça, je pense qu'il y a une carence à
combler à ce niveau-là.
M. Derraji : Et, selon vous, est-ce
que vous voulez qu'au niveau d'Investissement Québec qu'il y ait plus d'accompagnement? Concrètement, maintenant, au
niveau du projet de loi, à quel niveau aimeriez-vous avoir ça ou quelles
actions aimeriez-vous avoir avec Investissement Québec?
M. Morin
(Gaétan) : Un aspect qui est
souvent mis de côté, c'est l'aspect commercialisation. Je dis souvent qu'au
Québec on a parmi les meilleurs ingénieurs
au monde. Nous sommes un peuple créatif. Par contre, quand arrive le temps
de la commercialisation, je pense qu'on a
encore des petites lacunes à ce niveau-là. Il faut développer nos entreprises,
il faut armer nos entreprises à aller
déployer leurs nouveaux produits, leurs services à l'international, et souvent,
cet aspect-là, il est mis de côté.
Et je vous
dirais, je n'ai pas de statistiques, en tête, claires, précises, mais un bon
nombre de nos échecs au Québec, en termes de démarrage d'entreprise ou
de développement d'entreprise, c'est souvent du côté de la commercialisation.
Donc, je pense qu'il y aurait des lacunes à combler à ce niveau-là aussi, qui
est toujours mis de côté, malheureusement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Il
reste 30 secondes. Alors, la parole est au député de Robert-Baldwin.
Leitão : Très rapidement,
puisqu'on n'a pas le temps. Donc, vous n'aurez pas le temps de répondre à la question, mais
ce que je lance ici, dans le débat, et on pourra réfléchir par la suite, on
avait déjà parlé de ça avant : Qu'est-ce que vous pensez des incitatifs qu'on déploie quand on
veut attirer les investissements étrangers? Est-ce que ça peut provoquer un certain déséquilibre avec les entreprises
locales qui, elles aussi, aimeraient avoir le même genre d'incitatif?
Comment vous voyez cette question-là se développer en
15 secondes...
Présidente (Mme IsaBelle) : Malheureusement, vous ne pourrez pas y répondre. Alors, nous cédons la parole au
deuxième groupe d'opposition avec le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, Mme la
Présidente. Toujours le même temps, 2 min 45 s, c'est ça?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : 2 min 45 s, oui.
Marissal : Merci. Bonjour,
messieurs. Merci d'être là. Je vais aller rondement, là, parce que je n'ai pas
le temps. Le p.l. n° 27, selon vous, le projet de loi n° 27, ça
égale à plus ou moins de complémentarité? Parce que vous êtes dans des recommandations où, clairement, vous avez des craintes quant à la...
complémentarité. J'ai de la
misère avec ce mot-là. Donc, le projet de loi n° 27, dans sa
première mouture, vous apparaît incomplet quant à la complémentarité.
M. Morin
(Gaétan) : Je vais même
aller plus loin, je vais même aller plus loin. Je me répète, mais, en 2010,
quand on est venus ici traiter du
projet de fusion entre Investissement
Québec et la Société générale de financement, nous avions déjà agité le petit drapeau,
là, en disant : Attention à la complémentarité. Donc, en résumé, on dit,
depuis 2010, malgré les bonnes
volontés de tout le monde, il y a eu des champs qui se sont superposés en termes d'offre de financement, et ce, pour
nous... puis on profite de l'opportunité
qu'on a aujourd'hui, avec le projet de loi n° 27, d'encore agiter le même
drapeau, mais je pense qu'il est très
important dans une vision où on veut vraiment développer nos entreprises,
développer l'économie du Québec de
façon la plus efficiente possible avec le capital qu'on a, tout le monde, et
celui des contribuables, et celui des institutions.
Marissal : J'aimerais ça bien comprendre en regard de ce projet de loi
qui crée, en quelque sorte, une super IQ, là. Le ministre nous a dit ici, la semaine dernière, qu'IQ ne pourrait pas
s'occuper de tout le monde, mais peut-être les gazelles les plus performantes ou celles qui promettent le
plus. Est-ce que vous avez une impression, dans ce cas-ci, que ça déséquilibrerait
encore davantage cette recherche de complémentarité?
M. Morin
(Gaétan) : En fait, la
non-recherche de complémentarité vient freiner, selon moi, l'efficience du
marché du financement au Québec, et, par
le fait même, je pense que l'argent
des contribuables ne se positionne pas au bon endroit dans la chaîne de
financement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : En
conclusion. Il reste 30 secondes.
M. Marissal : Rapidement, parlez-moi
rapidement de la recommandation 8 sur le développement durable.
M. Morin
(Gaétan) : Je pense que...
En fait, je ne pense pas, je suis persuadé qu'Investissement Québec
devrait inclure cette notion de développement durable là. On l'a vue au Québec et partout dans le
monde, la nécessité de réduire notre empreinte carbone. Je pense qu'Investissement Québec devrait avoir une certaine vision là-dessus.
C'est une question de survie de la planète.
M. Marissal : Dans la loi?
M. Morin (Gaétan) : Dans la loi. Pourquoi
pas? Absolument.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Merci pour l'échange. Nous cédons maintenant la parole au porte-parole du troisième groupe
d'opposition, avec le député de René-Lévesque. Vous disposez de
2 min 45 s.
Ouellet : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je vais y aller en rafale. Vous demandez beaucoup
plus de complémentarité du côté d'IQ.
Vous dites dans votre mémoire que, sur le terrain, il y a
déjà du travail qui se fait par des fonds régionaux pris par décideurs
régionaux.
Deux
questions. Est-ce que, selon vous, Investissement Québec devrait
prendre la place de la Banque de développement
du Canada?
M. Morin
(Gaétan) : La Banque de développement du Canada... Il y
a deux niveaux d'intervention très
prononcés de la Banque de développement du Canada. D'ailleurs, elle
prend beaucoup de risques, d'une part, dans les nouvelles technologies, en sciences de la vie, en technologies
de l'information. Donc, il y a
un pôle quand même assez important de la BDC à ce niveau-là. De l'autre côté, la Banque
de développement du Canada agit vraiment comme une banque, la banque des
entrepreneurs, beaucoup axée vers la petite entreprise.
Donc, est-ce
qu'Investissement Québec devrait prendre la place de la Banque du Canada? Je
pense qu'il y a des niveaux où elle devrait
être complémentaire, là où il y a des carences. Je reviens encore à la prise de
risque, je reviens à nouveau à la
complémentarité et des carences de marché. Donc, en termes de capital de
risque, en termes de développement de nouvelles technologies, sciences
de la vie, etc., je pense qu'il y a de la place pour Investissement Québec.
Maintenant,
au niveau de prendre la place de la Banque de développement du Canada,
je pense que ce marché-là, il est déjà bien garni par la banque elle-même, mais
aussi par les investissements traditionnels d'institutions financières, de
banques qui sont déjà très présentes au Québec.
Ouellet : Donc, dans le
risque, oui, pour Investissement
Québec, mais dans le système
tel que connu par les entrepreneurs, les banquiers et la BDC, c'est
suffisant et ça comble.
Deuxième chose. Recommandation 7, vous dites
qu'IQ devrait jouer un rôle plus prépondérant, notamment en démarrage d'entreprise. Mais, en région aussi, un autre enjeu que nous
avons, c'est de trouver des gens qui vont financer les repreneurs. On veut que nos PME industrielles
restent en région, achetées par des gens de la région pour la région. Est-ce que vous pensez qu'Investissement
Québec devrait aussi jouer un rôle pour les repreneurs?
M. Morin (Gaétan) : Je reviens encore à la notion de complémentarité,
à la notion de prise de risque. Si le terrain est déjà bien occupé, je
pense qu'Investissement Québec devrait avoir une certaine réserve à ce
niveau-là. C'est du cas par cas, hein?
Chaque cas est bien particulier. Par
exemple, aux fonds régionaux, nous,
près de 40 % de nos
investissements, d'une façon ou de
l'autre, ils sont là pour certainement appuyer la reprise d'entreprise,
40 % de nos... Ce n'était pas ça il y a sept ans, mais maintenant c'est rendu 40 %. Donc, c'est un marché
qui est déjà comblé, mais c'est du cas par cas, je pense que...
dépendamment de la prise de risque et du niveau de maturité de l'entreprise.
M. Ouellet : Alors, en terminant,
rapidement, vous parlez de...
La Présidente (Mme IsaBelle) : Il
reste quatre secondes, deux secondes...
M. Ouellet : ...pour l'importance du
comité-conseil...
Présidente (Mme IsaBelle) : Il n'en reste plus. Merci. Alors, merci,
M. Morin et M. Tremblay, du Fonds de solidarité FTQ, pour votre
contribution aux travaux de la commission. Merci.
Nous suspendons quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 24)
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, nous souhaitons la bienvenue à
Mme Brassard et M. Lapointe, du Commerce international Québec. Alors, vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, et, avant de commencer votre exposé, je vous
inviterais à vous présenter.
Brassard (Nadine) : Bonjour à tous. Je me présente, Nadine Brassard,
présidente de Commerce international Québec
et également directrice générale de Serdex International, l'ORPEX du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Je suis accompagnée de mon collègue M. Mathieu
Lapointe, qui est administrateur sur le conseil d'administration de Commerce
international Québec et également directeur général de la SODIL, l'ORPEX de
Lanaudière.
Merci de nous recevoir aujourd'hui pour nous
permettre de s'exprimer sur le projet de loi n° 27. Commerce international
Québec salue la volonté de renforcer nos institutions de développement
économique pour un Québec plus prospère,
plus productif et plus présent à l'international. L'importance de l'exportation et de la diversification de marchés
pour l'économie du Québec n'est plus à
démontrer. On constate dans de récentes études que 45,5 % du PIB du Québec
était relié à l'exportation hors Québec, représentant ici 29 % des
emplois.
diversification de marchés est un incontournable. Il est essentiel de mettre en
place tous les moyens nécessaires pour maximiser les retombées de nos
accords de libre-échange.
Avant de vous
présenter nos trois recommandations, laissez-moi vous parler un peu plus de
Commerce International Québec et des
ORPEX. Commerce international Québec est le réseau qui regroupe tous les
organismes de promotion des exportations et qui sont répartis partout au
Québec.
Le premier
ORPEX a été créé en 1994 par le ministère de l'Industrie et du Commerce du
Québec. Le but poursuivi alors, et
qui est toujours le même aujourd'hui, était d'identifier des entreprises et de
les sensibiliser par rapport à la diversification de marchés, d'offrir du soutien flexible, concret
et facile aux PME dans leurs démarches d'accompagnement à l'exportation
et d'offrir des formations plus techniques pour assurer un transfert des
connaissances durable.
Avec plus de
20 ans d'expérience sur le terrain, l'ORPEX est le point central pour
l'exportation en région. Situé en début de processus, il est la bougie
d'allumage pour les entreprises. Il encourage l'exportation, vulgarise le
processus et accompagne les PME dans leur préparation et leur stratégie qui
ensuite... et ensuite, il les dirige vers les différentes solutions de financement adaptées à leurs besoins.
Les mandats et les cibles d'accompagnement sont fixés avec le gouvernement du Québec, via Export Québec et les
directions régionales du ministère de l'Économie et de l'Innovation.
Les ORPEX ont un impact important pour les PME
et pour l'économie. Dans l'année financière 2018‑2019, c'est plus de 2 000 entreprises qui ont été accompagnées par nos
3 605 activités ou interventions à l'international. Près de
400 entreprises ont été accompagnées dans une stratégie ou un plan
d'affaires à l'exportation.
On peut également constater, dans un sondage
réalisé en 2016‑2017 par Développement économique Canada, que neuf entreprises sur 10 ont maintenu ou
augmenté leur chiffre d'affaires à l'exportation... leur chiffre d'affaires
global d'entreprise et que, de ces
entreprises, 80 % qui avaient été accompagnées avaient maintenu ou
augmenté leurs chiffres... leurs ventes à l'international.
Encore une
fois, nous tenons à souligner que Commerce international Québec soutient
positivement ce nouveau projet de loi qui vise à unifier certains ministères et
organismes pour faciliter la concertation, permettant aux entrepreneurs
de toutes les régions du Québec d'avoir accès à des ressources et à un
financement plus facilement et plus rapidement.
Cependant,
nous croyons que le nouveau rôle que le gouvernement souhaite donner à
Investissement Québec et à Investissement
Québec international doit être approché avec prudence, en constatant ce qui
fonctionne bien en région. Ces
recettes gagnantes régionales répondent déjà aux objectifs d'atteinte des
meilleurs résultats, d'efficacité stratégique et opérationnelle,
d'accessibilité, de rapidité d'exécution et de retour sur investissement.
C'est pourquoi nous formulons les trois
recommandations suivantes. Notre première recommandation est de maintenir
sur le terrain, et ce, dans toutes les régions du Québec, des expertises
d'accompagnement spécialisé à l'international, notamment celles regroupées à
l'intérieur des ORPEX. Considérant que les ORPEX sont déjà bien établis dans
leurs régions, qu'ils sont reconnus par
leurs milieux, qu'ils ont développé une offre de services adaptée et
personnalisée à leurs territoires et aux besoins... exportatrices avec qui ils ont
tissé des liens serrés, qu'ils ont également développé des compétences pour identifier rapidement les entreprises
qui ont un potentiel à l'exportation, dans un contexte où on veut augmenter le
nombre d'exportateurs et augmenter la présence de ceux qui sont déjà présents à
l'international et sur les marchés internationaux,
il est important de maintenir l'expertise déjà en
place et de considérer les ORPEX comme un partenaire de choix pour
accompagner des entreprises à l'exportation.
Afin
de tenir compte des dynamiques régionales, et de mobiliser, et d'engager
concrètement les organismes autour de stratégies communes, Commerce
international Québec salue la création de comités de développement régionaux. Nous recommandons donc d'intégrer les ORPEX dans ces
comités. De plus, ces comités, sous le leadership d'Investissement Québec,
pourraient réaliser des planifications stratégiques régionales servant à mobiliser chacune des
parties prenantes par des engagements de résultats concrets et vérifiables.
Finalement, nous
recommandons d'augmenter les efforts au niveau de la sensibilisation et l'accompagnement,
notamment en exportation, pour renforcer les capacités des entreprises et réduire les risques d'investissement.
Des études récentes démontrent que les entreprises identifient comme
facteurs clés de succès la planification, la préparation et la recherche d'information pour réussir à
l'international. Aussi, les petites entreprises accèdent aux marchés internationaux
de plus en plus rapidement. Il y a d'importants besoins à combler pour ces
exportateurs d'aujourd'hui et de demain, notamment
en ce qui a trait à des questions très techniques à l'exportation. Il ne faut
pas oublier qu'une bonne planification appuyée
par une stratégie claire et détaillée est tout aussi importante que l'accès au
financement pour le développement.
conclusion, nous saluons la volonté du gouvernement, telle qu'exprimée par le
projet de loi n° 27, mais, selon nous, cette volonté devrait s'opérationnaliser avec prudence, en misant
sur les recettes gagnantes et sur un leadership régional fort et
stratégique. Les ORPEX du Québec veulent, de par leur apport régional en
ressources financières et ressources humaines,
contribuer à l'essor d'Investissement Québec et Investissement Québec
International en région et à l'atteinte de nouvelles cibles de rendement
induites par le projet de loi.
Nous tenons à
souligner que l'implantation de nos recommandations ne fait appel à aucun
apport financier. Il s'agit tout simplement
de garantir aux PME exportatrices un accès systématique à l'ensemble de leurs
ressources régionales spécialisées en
questions internationales. Voyons-le comme une manière additionnelle de
protéger les investissements du gouvernement et de s'assurer que les
entreprises qui visent les marchés hors Québec soient bien accompagnées pour
maximiser leurs résultats. Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci pour votre exposé. Alors, nous allons maintenant
débuter la période d'échange. M. le ministre, vous disposez de
10 min 30 s.
Fitzgibbon : Merci beaucoup de votre présence, merci aussi de... C'est
très bien écrit, trois recommandations très
claires. Alors, elles ont le mérite d'être bien écrites et elles ont le mérite
d'être... elles vont être analysées dûment par l'équipe.
le député de Labelle a des questions spécifiques. Moi, je vais me limiter à une
question qui est très large, puis, si
vous n'avez pas le temps de répondre là, bien, on pourra le faire plus tard,
parce que c'est un élément important pour moi. Je suis familier avec les ORPEX puis je veux rassurer que ce qui
fonctionne, on ne le défera. Donc, il n'y a pas de raison de défaire les
ORPEX. Je peux aujourd'hui vous rassurer sur ce point-là.
contre, je veux en faire plus. Vous savez, dans notre mission gouvernementale,
qui a le mérite d'être claire et précise, les exportations, on veut les
augmenter. On a un déficit commercial de 20 milliards. On va le faire de
deux façons. On va essayer d'importer
moins puis refaire les patentes nous-mêmes, chez nous, puis on va essayer
d'exporter plus. Vous avez touché à peu près 2 000, 3 000
entreprises, PME, je pense que c'est très bien, sur 250 000.
Je pense qu'il faut
aller plus loin pour aider nos PME à être capables... entre autres, quand on
parle de l'Europe, de pouvoir travailler sur
le continent européen, puis je ne suis pas sûr que c'est juste les ORPEX qu'il
faut faire. Vous avez, vous... vous
êtes dans... vos tentacules, vous êtes dans ces entreprises-là. J'aimerais vous
entendre sur comment on peut aller...
puis quand je dis plus vite, ce n'est pas plus vite, mais aller plus
profondément, être plus structurés pour que nos PME aient une vraie chance de travailler en Europe. L'Europe,
particulièrement. Les États-Unis, c'est plus facile... parce qu'on n'est
pas là, là. On n'est pas là, puis je veux aller plus vite, je veux mettre plus
d'argent là-dedans.
Alors, j'aimerais vous entendre. On a des vues,
là, on développe, mais j'aimerais ça avoir vos vues à vous, considérant
que vous êtes dans le milieu.
Mme Brassard
(Nadine) : Bien, c'est
certain que, comme je le disais, les entreprises veulent développer... ils ont
l'intention, ils veulent développer les
marchés internationaux, ils veulent
se diversifier. Toutefois, souvent, c'est au niveau des moyens à
l'interne qu'ils ont pour développer ces moyens-là.
Donc, c'est
pour ça que plus on va mettre d'accompagnement sur le terrain pour pouvoir les
accompagner, les outiller, leur
donner les moyens de pouvoir plus facilement entrer sur ces marchés-là, ça va
être... C'est un défi. C'est un défi, parce que les entreprises,
souvent... on le voit aussi, les exportateurs qu'on a sur le terrain sont des
entreprises qui sont très technologiques, qui ont des bonnes idées, qui sont très orientées sur
l'innovation, la création de nouveaux produits. Mais il faut aussi qu'ils soient sensibilisés à la
commercialisation puis qu'ils voient que la commercialisation, c'est quelque
chose d'important, qu'il faut bien réfléchir à ça.
Donc,
il faut continuer à faire la promotion de ça, de sensibiliser les entreprises à
développer les outils nécessaires puis de l'importance que la
commercialisation a à l'intérieur de l'entreprise, parce que souvent on va dire
que c'est... Quand on parle avec nos
entreprises, quand on leur dit que c'est important, on leur dit : Une
voiture, pour avancer, ça a besoin d'essence.
La commercialisation, c'est l'essence ou l'électricité, dépendamment de... On a
besoin qu'ils mettent quelque chose dedans pour que ça fasse... puis la
commercialisation, c'est ça.
Donc,
il faut continuer à aider les entreprises à mettre toutes les chances de leur
côté pour que leur commercialisation puisse fonctionner puis qu'ils
puissent mettre en marché leurs produits.
M. Fitzgibbon :
Donc, vous pensez que c'est préférable de mettre plus de ressources ici, au
Québec, sur le terrain plutôt qu'à l'international ou... Vous pensez qu'il y
a... plus de ressources ici, au Québec, donneraient des meilleurs
succès.
Mme Brassard
(Nadine) : Il faut sensibiliser les entreprises davantage. Il faut
continuer à leur expliquer que c'est important.
côté de l'international, c'est certain que plus les entreprises vont avoir
d'aide pour entrer en contact avec des clients
potentiels, pour pouvoir rencontrer des... pour pouvoir avoir accès à ces
marchés-là, donc des gens qui vont pouvoir les mettre en contact vers
des clients potentiels, c'est sûr que ça, c'est un facilitant aussi pour les
entreprises.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, je cède la parole à la
députée de Labelle. Il vous reste sept minutes.
Mme Jeannotte :
J'aimerais vous entendre sur... pratico-pratique, vos entrepreneurs... Vous
rencontrez plusieurs entrepreneurs, il y a d'énormes défis.
Dans
le fond, est-ce que la collaboration s'effectue bien avec les joueurs qui sont
en place? Par exemple, est-ce que...
Avec les délégations générales du Québec partout sur la planète, les ambassades
du Canada, est-ce qu'il y a aussi des choses à améliorer de ce côté-là
au niveau de la collaboration?
Mme Brassard
(Nadine) : ...on travaille déjà de pair avec les différents
partenaires, on travaille avec les délégations du Québec à l'étranger,
on travaille avec Export Québec à Montréal. Ça fonctionne déjà bien quand on a
des projets d'accompagnement d'entreprise,
on connaît bien le processus. Mais c'est sûr qu'il y a toujours avantage à
collaborer plus ensemble, à se parler
plus, à apprendre à se connaître, à ce que... autant du côté du gouvernement,
de bien connaître qu'est-ce que nous,
on fait sur le terrain pour que justement... pour que les entreprises puissent
être bien dirigées dans tout ça puis que... faciliter l'accès au marché.
Mme Jeannotte :
Et puis, dans ce nouveau rôle d'IQ, comment vous le voyez vous-mêmes? Comment
vous souhaiteriez... Ce serait quoi, votre
plus grand souhait pour que justement on s'améliore du côté de la
collaboration, de la complémentarité? J'aimerais vous entendre de ce
côté-là.
Mme Brassard
(Nadine) : Bien, comme je disais, on le fait déjà très bien. Plusieurs
ORPEX dans leur région respective
travaillent déjà de pair avec Investissement Québec, avec les directions
régionales, travaillent de pair avec aussi Export Québec. Donc, c'est de poursuivre cette relation-là. Mais il y a,
comme je disais, toujours le défi de se parler plus, de travailler plus ensemble, de faire des projets
communs, de travailler ensemble, justement, pour que ça ne soit pas juste
des... ça soit des initiatives communes.
Mme Jeannotte :
Puis les ressources additionnelles, pour vous, plus en terrain que dans les
délégations générales à l'international.
Mme Brassard
(Nadine) : Une complémentarité des deux, mais c'est certain que
l'accompagnement terrain, la proximité des entreprises, d'être avec elles, de
les soutenir, de les accompagner dans ce monde de l'exportation là... Quand on parle d'exportation, dépendamment où on
est situé au Québec, la proximité des marchés internationaux n'est pas
nécessairement la même. Donc, justement, d'avoir des gens sur place qui
accompagnent l'entreprise, qui les dirigent, qui les encadrent aussi puis qui réfléchissent les stratégies avec eux,
qui les mettent en place et aussi qui les rechallengent en cours de
route parce qu'il faut d'adapter...
Les marchés évoluent
très rapidement, donc les entreprises ont besoin d'être aiguillées là-dessus,
puis on sait très bien que les PME, les entrepreneurs, lorsqu'ils
sont à l'intérieur de leur entreprise, ils sont dans leur «day-to-day». Donc, d'avoir des gens qui leur rappellent qu'est-ce qui se passe, qui est là pour les
informer, leur envoyer des informations, leur donner des formations
techniques, répondre à leurs questions quand ils ont un besoin immédiat.
s'entend que nous, on répond... on fait des centaines d'interventions de moins
de trois heures par année. Donc, on
en a, des questions ponctuelles en lien avec des questions techniques ou des
questions par rapport à qu'est-ce qu'on peut faire, où je peux aller, où
je m'en vais, que... On en a énormément.
Jeannotte : Vous, vous êtes sur le terrain, mais est-ce que vous
sentez aussi que, du côté du MEI actuel et IQ, dans les répartitions, quand vous avez parlé de la recherche, tout ce
que vous avez besoin, vous, comme information pour transmettre aux PME,
est-ce que, ça aussi, ça devrait être bonifié, dans le fond?
Mme Brassard (Nadine) : C'est sûr que plus on peut avoir de... Nous, on
est un outil pour les entreprises, on est là pour les accompagner. Donc, plus on peut avoir d'outils dans notre
coffre à outils pour leur transmettre les informations, bien, plus ça va être
avantageux pour nous.
Jeannotte : Pas d'autre question.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, merci pour l'échange. Nous cédons
maintenant la parole à la porte-parole de l'opposition officielle, à la
députée de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Anglade : Merci infiniment de votre présentation puis de votre
recommandation qui sont formées de manière assez claire et spécifique.
C'est une question
plus d'ordre général que j'ai pour vous, parce qu'à la lecture du document vous
voulez que l'expertise soit préservée sur le
terrain, qu'on respecte ce qui se fait, puis qui se fait bien, donc toute la
notion de complémentarité, dans le fond, qui revient encore, comme
plusieurs de vos prédécesseurs qui sont venus présenter ici.
Est-ce
que, dans le projet de loi actuel, vous voyez des risques ou vous voyez qu'on
a... puis dire : Est-ce qu'il y a des
risques? On est inquiets par rapport à ça particulièrement et on aimerait voir
un élément renforcé dans le cadre de la loi. Est-ce que vous voyez des
risques pour votre organisation?
Lapointe (Mathieu) : En fait, je pense qu'on... Il y a des prédécesseurs
qui ont parlé de gestion du changement. Donc, temporairement, puis on en a parlé, là, c'est certain qu'on a
certaines inquiétudes. On l'a vu récemment, là, il y a eu une coupure ou une suspension d'un programme à
l'exportation qui a ralenti beaucoup de projets d'entreprise. Donc, ça,
c'est une chose.
L'autre
élément, je pense, c'est la facilité et l'accessibilité des entreprises aux
services gouvernementaux. Donc, ça,
pour nous, c'est important. Je dirai, dans le cadre, là, de l'approche
régionale, je pense que c'est un des gros avantages, c'est bien entendu, que l'accès des services aux
entreprises soit rapide, efficace et flexible. Donc, je pense, si on avait
peut-être un élément de prudence, là, ça serait à ce niveau-là.
Anglade : La notion de prévisibilité par rapport au programme aussi
que vous mentionnez... Le programme auquel vous faites référence, qui a
nui à certains projets, c'est lequel?
Mme Brassard
(Nadine) : C'est le programme Exportation, le PEX.
Anglade : O.K., le PEX qui a été ralenti. Puis là, manque de
prévisibilité, donc les projets n'ont pas été faits.
Brassard (Nadine) : Bien, pas qu'ils n'ont pas été faits, mais ils ont
été retardés. Donc, c'est sûr que, dès qu'il
y a des trous dans le système, c'est sûr que ça freine au développement, parce
que les entreprises, elles sont... Tu sais, les entreprises sont très «day-to-day», puis quand elles ont une idée,
elles veulent la mettre de l'avant et foncer vers ça. Donc, quand ils ont des projets puis que c'est
long, que c'est complexe, bien, ça ralentit leur processus. On sait un peu tous
comment ça fonctionne à l'interne dans les
entreprises, puis ça avance vite. Donc, il faut qu'à travers toute cette
gestion du changement là, il faut s'assurer qu'on va avoir un maintien
des services et qu'il n'y aura pas de trou à ce niveau-là.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Député de Nelligan, la parole est à vous.
Derraji : Merci, Mme la Présidente. Merci pour votre présence et votre
rapport. Vous avez mentionné les freins à l'exportation. Vous avez beaucoup parlé... les moyens à l'interne au
niveau des PME. Je ne vais pas vous faire apprendre quelque chose de nouveau dans ce que je vais vous
dire, mais il y a aussi la pénurie de main-d'oeuvre qui accentue un peu
la problématique au niveau économique.
Si j'ai à vous
poser... un conseil pour nous tous, les membres de la commission, surtout avec
le début de l'étude du projet de loi dans
les prochaines semaines... On a un gap de 20 milliards. Nous avons de très
belles innovations en région et un peu partout au Québec. Si je vous
dis : Comment la réorganisation ou le brassage de la structure
d'Investissement Québec va vous épauler,
vous, les acteurs du terrain, pour augmenter les exportations... parce qu'au
bout de la ligne, c'est ce que nous aimerions tous.
Mme Brassard
(Nadine) : C'est sûr que de
pouvoir fournir, là... Ce qu'on veut, c'est que les entreprises aient le plus de moyens
possible pour pouvoir réussir leur exportation. Donc, la pénurie de... la
rareté de main-d'oeuvre est effectivement un problème qu'on voit sur le
terrain.
Donc,
c'est sûr qu'on l'a vu, on le voit actuellement sur le terrain, beaucoup
d'entreprises s'automatisent, beaucoup d'entreprises
essaient de trouver des moyens pour améliorer leur production. Il y a également
du travail à faire aussi au niveau de
la chaîne d'approvisionnement. Il y a des questionnements. Les entreprises
doivent... On parle beaucoup d'innovation,
donc, oui, les entreprises innovent au niveau de leurss produit, mais doivent
également innover au... on doit les aider à bien structurer toute leur
chaîne d'approvisionnement, leur chaîne de production.
Donc, il y a de
l'aide aussi à ce niveau-là qui peut être faite pour pouvoir s'assurer qu'on
puisse répondre aux demandes de l'internationalisation d'une entreprise.
M. Derraji :
Est-ce que, pendant votre mandat, avez-vous refusé ou... pas retardé, mais
avez-vous eu de la difficulté à répondre à la demande du terrain au
niveau des PME?
Mme Brassard (Nadine) : Nous
par rapport... en tant qu'ORPEX?
Mme Brassard
(Nadine) : On vit une gestion de croissance constante. On le voit, là,
au niveau des ORPEX, on a de la demande. Le besoin est là, les
entreprises veulent se diversifier. Les...
M. Derraji : ...à développer
des corridors spécifiques d'exportation, vous êtes très à l'aise.
Mme Brassard
(Nadine) : Ah! nous, ce
qu'on s'adapte, c'est à la réalité de notre terrain, de nos régions. Donc,
chaque ORPEX a développé des expertises en
fonction de ses créneaux. C'est comme si on parle des créneaux par rapport
comme au secteur minier en Abitibi ou le
secteur des pêches en Gaspésie, etc. Donc, chaque ORPEX développe des
expertises en fonction des créneaux
prioritaires de ses régions, mais doit répondre aussi à toutes les demandes des
entreprises qui ont un potentiel à l'exportation.
M. Derraji : Donc, la structure
aujourd'hui... si, aujourd'hui, je vous dis : Est-ce que la structure de
Commerce international Québec... je ne sais pas combien vous êtes. Combien
d'employés?
Mme Brassard
(Nadine) : Commerce international Québec n'a pas d'employé comme tel,
mais regroupe les ORPEX qui, eux, comptent plus d'une soixantaine
d'experts à l'international sur le terrain.
M. Derraji : Donc,
60 experts répartis sur l'ensemble du territoire.
Mme Brassard (Nadine) : Sur
tous les territoires du Québec.
M. Derraji :
Et vous arrivez à répondre à 2 000 entreprises,
3 600 interventions. Si, demain, on rattrapait le retard de
20 milliards, est-ce qu'il y a moyen que, si demain vous avez les moyens
de doubler le nombre d'experts sur le terrain, ça serait quelque chose
qui va nous aider à rattraper le retard en termes d'exportation?
Mme Brassard
(Nadine) : C'est sûr qu'en fonds, plus on peut avoir d'aide, plus ça
va être facilitant. Nous, les ORPEX, on est constamment en train de
s'adapter, de développer des nouveaux services, de développer des nouveaux moyens de mieux accompagner nos entreprises. Donc,
comme on le dit, on gère de la croissance depuis plusieurs années déjà, donc on a déjà... on s'adapte constamment.
Les équipes grossissent et on agrandit de l'intérieur. Donc, c'est sûr que,
si on a plus de moyens, on va pouvoir encore mieux accompagner les entreprises.
M. Derraji : Vos partenaires,
c'est qui, s'il vous plaît?
Mme Brassard (Nadine) : Les
partenaires sur le terrain?
Mme Brassard
(Nadine) : Nous, on travaille avec les délégations générales du MEI et
Investissement Québec. On travaille
avec les organismes de développement local. On travaille avec les chambres de
commerce. On collabore vraiment. Nous, on est régionaux, donc tous les
organismes qui touchent la région, on va les toucher.
Au niveau de
Commerce international Québec, on va travailler avec les grandes associations
aussi telles que les chambres de
commerce... la Fédération des chambres de commerce du Québec. On travaille avec
tous les partenaires qui touchent
l'international. On est là pour collaborer avec eux, puis on s'informe sur
leurs services pour encore une fois bien diriger nos gens, là,
là-dedans.
M. Derraji :
Mais vous avez dit que Commerce international Québec n'a pas d'employés, donc
vous travaillez avec des...
Mme Brassard (Nadine) : Non,
mais c'est les ORPEX comme tels, excusez.
Mme Brassard
(Nadine) : Les ORPEX, mais Commerce international Québec a un conseil
d'administration qui représente et qui parle d'une seule voix pour ses
membres.
M. Derraji : Pour les ORPEX.
Mme Brassard (Nadine) : Oui.
Donc, c'est représenté par le conseil d'administration.
M. Derraji :
O.K. Excellent. C'est clair. Et, au niveau des ORPEX, le lien au niveau de
toutes les régions se fait par des agents spécialisés dans
l'exportation.
Mme Brassard
(Nadine) : Commerce international Québec regroupe les organismes de
promotion des exportations, puis on s'assure de la concertation entre
nous. On échange entre nous. On partage les meilleures pratiques. On s'assure
vraiment que les organismes puissent être plus performants sur le terrain.
M. Derraji : Et, dans le cadre de ce projet de loi, avez-vous
formulé des demandes par rapport à l'augmentation de vos effectifs pour
répondre à la demande grandissante des entreprises pour l'exportation?
Mme Brassard (Nadine) : On n'a
pas formulé de recommandation en ce sens pour l'instant.
M. Derraji :
Et vous pensez que c'est quelque chose que vous aimeriez avoir dans le projet
de loi, plus d'accent sur
l'exportation et notamment travailler avec les ORPEX.
Mme Brassard
(Nadine) : Ça pourrait être
à étudier. On est disponible justement pour échanger, pour voir comment
ça pourrait se modéliser sur le terrain.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. La parole est au député de
Robert-Baldwin. Il vous reste deux minutes... un peu plus que deux
minutes.
M. Leitão : Vous êtes plus
généreuse qu'avant. Merci. Merci beaucoup. Merci beaucoup d'être là.
Un peu,
donc, dans le... faire un peu la suite à ce que... dont mon collègue
parlait, vous, maintenant, vos relations, les ORPEX, relations avec
les entités gouvernementales, c'est surtout avec Export Québec, si j'ai bien
compris.
Mme Brassard
(Nadine) : On travaille avec
Export Québec, on travaille aussi avec Développement économique
Canada, toute la... Affaires mondiales Canada, et tout ça. On
travaille avec les délégations régionales aussi, donc on travaille avec
tous les gens du milieu.
M. Leitão : D'accord. Là où je
veux arriver, c'est que, bon, maintenant, on se prépare à créer un nouveau Investissement Québec, Investissement
Québec 2.0, qui pourra éventuellement atteindre 1 000 personnes, donc
une grosse structure.
Et, en tout
cas, pour moi, ce n'est pas clair encore exactement, où va se trouver Export
Québec, qui existe maintenant, là, qui est au ministère. Est-ce que ça
va migrer, de quel côté?
Alors, pour
vous, cette période de transition jusqu'à ce que la nouvelle organisation soit
sur place, vous risquez un peu de perdre vos repères puisque, si Export Québec
devient moins fonctionnel ou si c'est intégré à une énorme bureaucratie...
Alors, comment vous voyez la transition?
Mme Brassard
(Nadine) : Bien, comme on le mentionnait tout à l'heure, que, dans la
gestion du changement, il va falloir qu'on préserve tout de même des points de
contact pour s'assurer que les entreprises ne soient pas pénalisées par
ça, parce que, veux veux pas, la demande du terrain va continuer à être
présente.
Donc, comme
on le mentionnait, oui, on collabore avec Export Québec, mais on est également
très près de beaucoup des gens sur le
terrain en région. Donc, en tant qu'organisme d'aide à l'exportation, nous, on
veut continuer de s'informer. Donc,
c'est sûr que de pouvoir être maintenus dans l'information, que la transition
nous soit bien communiquée pour qu'on puisse
par la... pour qu'on puisse justement savoir qu'est-ce qui s'en vient, où on
s'en va, puis, quand les demandes des entreprises viennent, bien, que le
projet puisse aller de l'avant et ne soit pas freiné par ça.
M. Leitão :
...il va y avoir, donc, des bureaux régionaux beaucoup plus costauds que c'est
le cas jusqu'à maintenant. Ces bureaux régionaux vont arriver en région, ils
vont commencer à déployer leurs ressources. Donc, il faudrait s'assurer
que les ORPEX fassent
partie de cela.
Est-ce que
vous iriez aussi loin que de suggérer que, dans le projet de loi, on mentionne
spécifiquement les ORPEX, que le...
Brassard (Nadine) : Bien, c'est certain que plus ça va être clair,
plus ça va être facile d'être intégré et d'être communiqué, là... d'être
informé de ce qui se passe.
M. Leitão : Très bien. Écoutez,
moi, je pense aussi que... On est rendus là, c'est ça?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui.
Présidente (Mme IsaBelle) : Votre temps est terminé. En fait, je
donnais la possibilité de répondre puisque vous n'aviez pas entièrement
pris votre 10 minutes. Alors, je vous ai donné la chance de répondre à la
question finale.
Alors,
écoutez, merci beaucoup. Merci, Mme Brassard, merci, M. Lapointe, du
Commerce international Québec. Merci pour votre contribution aux
travaux.
Nous suspendons les travaux jusqu'à
15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 54)
Présidente (Mme IsaBelle) : ...le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'économie et du travail ouverte. Je demande à toutes
les personnes qui ont un appareil cellulaire d'éteindre la sonnerie. Merci.
La commission
est réunie afin de procéder aux consultations particulières et aux auditions
publiques sur le projet de loi n° 27, Loi concernant principalement
l'organisation gouvernementale en matière d'économie et d'innovation.
Nous souhaitons la bienvenue à MM. Lapierre
et Châteauvert, de la Fédération québécoise des municipalités. Bonjour. Vous avez 10 minutes pour votre
exposé et je vais vous demander, avant votre exposé, de bien vous présenter.
Merci.
M. Lapierre
(Jonathan) : Merci. Donc,
bonjour, Mme la Présidente, M. le
ministre, MM. et Mmes les députés.
Donc, mon nom est Jonathan Lapierre, je suis maire des Îles-de-la-Madeleine et
président de la Communauté maritime, membre
du conseil d'administration et vice-président de la Fédération
québécoise des municipalités. Je
remplace à pied levé, et c'est le cas
de le dire, Mme Nadia Minassian, qui est la présidente de la Table sur le
développement local et régional, dont l'avion, malheureusement, n'a pas
été en mesure de quitter la Gaspésie ce matin. Je suis donc accompagné de
M. Pierre Châteauvert, qui est à ma gauche, qui est le directeur des politiques
à la FQM.
Donc, la Fédération québécoise des municipalités, fondée en 1944, s'est établie comme un acteur
crédible qui, par ses actions, vise
constamment à défendre l'autonomie du milieu municipal et à favoriser le développement de l'ensemble des régions
du Québec.
Comptant plus
de 1 000 municipalités locales et régionales membres, généralement des municipalités de moins de 25 000 habitants, et la totalité des MRC,
la FQM s'appuie sur une force de plus de 7 000 élus. Sa structure
décisionnelle est consultative. Donc, son conseil d'administration, ses
six commissions permanentes et son assemblée des MRC lui permettent de prendre des positions qui visent le
développement durable du territoire québécois. La FQM est sans contredit le
porte-parole des régions.
Les régions
font face, vous le savez, à des défis complexes et fort nombreux : enjeux
démographiques, pénurie de main-d'oeuvre,
concentration des services. Les municipalités et les MRC sont des joueurs de
premier plan lorsqu'il s'agit de
susciter des occasions favorables, de coordonner les initiatives et de créer
l'impulsion nécessaire au développement des régions, d'où l'importance de renforcer la collaboration entre
Investissement Québec et les acteurs locaux de développement.
D'entrée de
jeu, la FQM accueille favorablement l'esprit du projet de loi n° 27 et
salue l'ambition du gouvernement du
Québec en matière de développement économique. Pour la FQM, la réforme
d'Investissement Québec est une opportunité de créer un meilleur arrimage entre les priorités gouvernementales et
l'action des MRC responsables du développement local, un développement
de première ligne.
développement local, la FQM entend une démarche de concertation et de
partenariat réunissant les intervenants du territoire pour assurer l'avenir et
l'épanouissement des communautés d'une MRC. Par le biais de leurs services
de développement, qu'ils soient intégrés dans la MRC ou offerts par un
organisme auquel il a été déléguer sa compétence, les MRC réunissent les entrepreneurs et les organismes pour assurer un
accompagnement et un soutien efficace à ceux qui veulent réaliser un
projet d'entreprise, à but lucratif ou non, ou pour faire croître celles qui
existent déjà.
Plus spécifiquement, par le projet de loi
n° 27, le ministre met en place une structure logique distinguant la première ligne du développement économique,
assumée par les MRC, de la seconde ligne qui relève d'Investissement Québec,
en effet. L'esprit du projet de loi impose
notamment une plus grande collaboration entre les intervenants, un nouveau
système essentiel au succès de cette réforme.
C'est par
ailleurs la synergie entre ces deux lignes d'intervention ainsi qu'avec les
acteurs du milieu qui stimulera le développement économique partout en
région et évitera un vide dans l'accompagnement des entrepreneurs et des
entreprises, selon leurs besoins, leur taille et leur croissance.
En ce sens, les MRC sont les meilleurs alliés du
ministre afin qu'il réussisse sa réforme du fait de la relation privilégiée que les services de développement et
les organismes mandataires entretiennent avec les entrepreneurs. Par ailleurs,
le rôle dévolu aux MRC en aménagement du
territoire en fait des partenaires tout désignés pour favoriser l'acceptabilité
sociale des projets qui sont fort importants.
Enfin, la signature du nouveau pacte fiscal, au
cours des derniers jours, est venue réaffirmer le rôle des MRC en développement par l'augmentation significative des
outils de développement économique, notamment les sommes qui sont dévolues au développement
du territoire. La FQM croit que le projet de loi doit également refléter cette
reconnaissance du rôle des MRC en
développement économique. Ces responsabilités, confiées par l'Assemblée nationale en 2015,
doivent maintenant être reconnues et intégrées dans les agissements
des ministères et des organismes gouvernementaux afin d'assurer la cohérence de chacune
des actions.
Afin d'éviter
de reproduire les erreurs du passé, la FQM rappelle l'importance que le ministère et Investissement
Québec reconnaissent enfin les MRC comme
l'acteur principal du développement économique et de soutien à
l'entrepreneuriat découlant des pouvoirs qui leur sont
accordés. Il suffit de se rappeler la malencontreuse initiative des pôles
régionaux d'innovation, un programme qui a été mis en place sans
consultation, qui excluait les MRC, pour comprendre que le gouvernement du Québec, que ce soit par un
ministère ou un organisme comme Investissement Québec, ne peut imposer
ses vues ou une approche unique de type mur à mur en matière de développement.
projet de loi représente donc une chance unique de mettre fin à ce problème
important de développement local en
mettant en place des lieux d'échange forts entre les dirigeants de la première
ligne et les représentants de la seconde ligne qui constituera la direction régionale d'Investissement Québec. Une
bonne communication entre les deux niveaux d'intervention est essentielle pour assurer un accompagnement
efficient des entrepreneurs. Et nous croyons que la mise en place d'une structure assurant des liens, l'établissement
d'objectifs communs et des échanges efficaces constitue une avancée importante
pour les régions.
Aussi, seule une
réelle synergie entre les acteurs permettra le succès de la mise en place d'un
réseau régional d'Investissement Québec. Ce sera également le meilleur moyen pour assurer une qualité de
service partout sur le territoire.
mission d'Investissement Québec proposée par le ministre vise à lui donner de
nouvelles orientations pour qu'elle devienne
un acteur encore plus important dans le développement économique du Québec. La
société aura pour mission de stimuler
l'innovation dans les entreprises, la croissance de l'investissement et des
exportations ainsi que de promouvoir les emplois à haute valeur ajoutée dans toutes les régions du Québec, et je le dis bien, dans toutes les régions du
Québec. De plus, elle devra soutenir la création et le
développement des entreprises par des services-conseils aux entrepreneurs et
d'autres mesures d'accompagnement
ainsi que par des solutions financières qui sont adaptées aux investissements,
et ce, en cherchant à présenter une offre complémentaire à celle des
partenaires.
FQM appuie cette mission dans la mesure où celle-ci s'articulera en respectant
le rôle et les responsabilités des services locaux de développement ou
de leur organisme délégataire. En effet, il faut éviter la fragilisation des
services actuels par d'éventuels
chevauchements et mettre en place des liens forts entre les services de
développement de première ligne et le
nouvel Investissement Québec, qui elle est de deuxième ligne, pour coordonner
les activités de chacun et mieux accompagner les entrepreneurs de nos
territoires.
Comme
mentionné précédemment, la loi confie la responsabilité du développement local,
la première ligne, aux MRC. Pour
s'acquitter de leurs responsabilités, celles-ci se sont dotées de services de
développement qui accompagnent les
entrepreneurs dès le début de leurs projets. Des comités-conseils sont
également présents. Ils associent les partenaires et assurent la présence d'entrepreneurs dans leurs
activités. Ainsi, les MRC se sont dotées de véhicules et de mécanismes qui font appel aux leaders locaux issus de
l'entreprise privée, les entrepreneurs étant associés via les comités-conseils
et les conseils d'administration.
services de développement sont responsables de la gestion de plusieurs fonds,
notamment la gestion des fonds locaux d'investissement, communément
appelés les FLI, et des fonds locaux de solidarité, les FLS, des outils
financiers aptes à accélérer la réalisation
des projets d'entreprise localisés sur le territoire. Les services de
développement, par le biais de ces
fonds, supportent financièrement le démarrage, l'expansion et l'acquisition, la
relève et la consolidation d'entreprises, incluant celles de l'économie sociale. Les fonds locaux visent à
encourager l'esprit d'entrepreneuriat, et leurs tâches de développement consistent à supporter les
entrepreneurs dans leurs projets afin de créer et soutenir des entreprises
viables, soutenir le développement de l'emploi et ainsi contribuer au
développement économique du territoire.
Par ailleurs, il est
important de noter que ces fonds sont gérés selon des règles strictes.
Rappelons que ces fonds locaux sont une
initiative du fonds de développement... du Fonds de solidarité FTQ et de la FQM, la Fédération québécoise des municipalités. À ce propos, la FQM est rassurée par les propos tenus par le ministre
de l'Économie lors de notre congrès, jeudi le 26 septembre dernier, quant au maintien
et au respect des fonds gérés par les MRC, soit les FLI, les FLS par la
future Investissement Québec.
soutien aux promoteurs doit être fourni par le bon palier. Ainsi, il est clair
que le leadership pour les projets de plus grande envergure doit être assumé en partenariat avec Investissement Québec. Nous
utilisons le terme «partenariat» car
les services locaux ont aussi leur place dans les grands projets. En effet,
même dans ces dossiers, on fait appel à nos services pour les questions de terrain, de réglementation, fournisseurs
locaux et plusieurs autres questions. L'affectation des ressources des différents niveaux et la
coordination des actions nécessitent donc une bonne communication pour que
les entrepreneurs bénéficient de la mise en commun des expertises qui sont
propres à chacun.
projet de loi précise qu'Investissement Québec devrait constituer un comité de
développement dans chacune des régions administratives où elle établit
un bureau. Lorsque plusieurs bureaux sont établis dans une même région, elle peut constituer plus d'un comité. Le projet de loi
prévoit que ces comités, composés d'au moins cinq membres, seront chargés
de proposer à la société des projets qui
visent à favoriser le développement économique de la région. De cette manière,
le gouvernement pourra s'assurer que des projets qui nécessitent des
moyens ou des outils qui sortent du cadre usuel puissent être considérés, l'objectif étant de mieux connecter l'action
d'Investissement Québec avec les besoins et spécificités régionales et
locales en visant la complémentarité de leurs initiatives.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Merci, votre temps est écoulé.
Alors, je vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant débuter
la période d'échange. M. le ministre, vous avez 16 min 30 s.
Fitzgibbon : Alors, merci beaucoup pour votre visite. Merci beaucoup
pour votre effort pour produire un rapport qui est très concis, et j'aime les
choses qui sont claires et simples. Vous avez quatre recommandations, là, c'est
très facile à suivre.
D'emblée,
j'aimerais vous rassurer que je suis... Quand je suis arrivé en fonction,
j'étais peut-être de cette catégorie-là qui pensait que seulement les gens d'affaires pouvaient contribuer au
développement économique régional et rapidement j'ai réalisé que, dans le cas des MRC, dans le cas
des municipalités, il y avait des choses qui existaient encore qui étaient
valables. D'ailleurs, on en avait parlé,
vous et moi, dans votre rôle de chapeau Îles-de-la-Madeleine. Et je peux vous
assurer qu'autant je pense que les
pôles d'innovation créés par le gouvernement précédent étaient une belle
initiative, ça a été très mal
exécuté, et d'ailleurs on est en train de corriger ces choses-là, parce que je
pense qu'il y avait des lacunes importantes dans l'initiative.
Alors, moi, je vais
vous poser une question, mais avant je vais continuer sur le... où on en est
rendu au niveau d'Investissement Québec. Il
est clair pour moi qu'il y a trois niveaux d'intervention : le niveau
national, le niveau régional et le niveau local. Investissement Québec,
je l'ai dit la semaine passée ici, ne pourra pas s'impliquer dans toutes les opérations régionales. Ça va être impossible,
parce qu'on a 250 000 PME au Québec, on n'aura jamais l'équipe pour
le faire. Alors, ça, je le reconnais,
et, conséquemment, il faut s'appuyer sur les fondations qui existent. Il y a
des municipalités, il y a des MRC où
ils ont des bons systèmes, des bons régimes. On va les conserver. Il y en a
d'autres qui n'en ont pas. On va regarder ce qu'on va faire.
Alors,
moi... et on a commencé déjà à populer les comités régionaux, parce qu'on
commence toujours dans un mode d'exécution du p.l. n° 27,
sans vouloir avoir de fausse prétention, et on a évolué. Parce qu'au début je
n'étais pas sûr, je voulais avoir trop de
gens locaux, et là on commence à dire : Ça va être 50-50, les gens
d'affaires locaux et les gens du milieu, autant élus que des gens qui
pourraient être des anciens CLD par exemple. Évidemment, si on fait ça, le
pouvoir d'investissement, je vais le
restreindre, je vais le laisser plus à Investissement Québec. Oarce qu'au début
j'avais en tête d'avoir des comités d'investissement régionaux, auxquels
cas j'aurais probablement eu seulement des gens d'affaires, mais là on a modulé un petit peu puis on s'en va
vers une autre approche. Avec ma collègue Marie-Eve, on travaille à populer,
justement, ces comités-là. Alors, je vous
rejoins à 100 %, puis il va y avoir une représentation importante des gens
de la communauté.
Maintenant, ce que
j'aimerais comprendre de vous de façon très spécifique : Comment vous
pouvez nous aider, comme gouvernement, à
identifier les sociétés dans lesquelles il faut investir? Parce qu'il y a
toujours un biais, quand on est régional, mais moi, je suis ouvert à ça.
Comment vous pouvez concilier la vue régionale, la vue locale avec une mission
gouvernementale qui se veut de, par exemple, réduire l'écart de productivité,
qui est un problème majeur au Québec, majeur? Il faut corriger ça? On ne peut
pas le faire partout.
Alors,
comment est-ce qu'on concilie les politiques gouvernementales? Il y en a trois,
là, vous les connaissez, c'est l'investissement
direct étranger, ça ne touche pas les maires comme tels, on parle d'exportation,
donc avoir des compagnies performantes,
puis on parle d'investir en innovation. Comment est-ce qu'on concilie ça avec
une granularité très, très locale, qu'on
va devoir travailler avec... victimes de notre écosystème québécois? J'aimerais
vous entendre un peu plus sur ça.
Lapierre (Jonathan) : Bien, à notre point de vue, en fait, c'est
justement par la création de ces fameux comités, là, qu'on peut améliorer la concertation et surtout la communication,
parce que ce qui se passe, ce qui arrivait dans le passé, très peu de communication entre Investissement
Québec et les milieux locaux, les régions aussi. Donc, oui, il y a des
politiques nationales. Le
gouvernement, les parlementaires adoptent des politiques, adoptent une vision à
l'échelle nationale, mais il y a ce même exercice-là à l'échelle
régionale et à l'échelle locale.
Donc,
à notre point de vue, c'est par la création de ces fameux comités, en y
incluant, oui, des gens d'Investissement Québec, mais des gens de nos milieux, qui peuvent discuter de
planification stratégique, par exemple, qui peuvent coordonner chacune des actions ou des interventions,
que ce soient celles de l'État, que ce soient celles de la MRC, par exemple, et mieux cibler les orientations d'investissement, évidemment, tout dépendamment de quel détail ou quelle saveur qu'on
souhaite donner à ce comité. Évidemment, le comité n'est pas un comité d'investissement,
selon notre compréhension, mais plutôt un comité d'orientation, de communication
et de discussion. Plus les gens pourront parler en transparence, plus on pourra partager les différentes planifications
stratégiques gouvernementales et territoriales et plus, évidemment, l'investissement ou le cadre d'investissement
d'Investissement Québec sera probant pour chacune des régions ou chacune
des réalités territoriales également.
M. Châteauvert (Pierre) : Si vous permettez, j'ajouterais juste un exemple.
Vous avez fait référence aux pôles régionaux.
Dans une région administrative,
effectivement, la proposition qui avait été accueillie, bon, a créé énormément
de chicanes et tout ça, et les préfets ont
pris le contrôle, ont dit : Non, non, on ne se chicanera pas pour
400 000 $ par année.
Ce qu'ils ont fait,
c'est qu'ils ont mis en place un chantier qui réunissait les directeurs de
chaque service de développement ou CLD et
aussi des intervenants. Et ils ont conçu une approche qui va reprendre...
effectivement, qui est sur le point d'avoir une entente avec le
ministère, la signature du protocole, adaptée à leur réalité et où est-ce qu'il
va y avoir une présence dans chacune des MRC. Les MRC ensemble vont mettre plus
de 2 millions de dollars en plus du 400 000 $.
Donc,
vous voyez, vous êtes arrivés... le ministère est arrivé avec son objectif
d'innovation, et les gens sont arrivés avec
leurs façons de faire, leurs pratiques, et ils se sont parlé. C'est ce qu'on
veut, qu'on propose comme lieu d'échange, et ils ont adapté. Et probablement, là, évidemment, il va falloir
évaluer, avec le temps, si l'initiative est efficace, mais les gens,
là-dessus, sont habitués.
a ce genre d'initiative là un peu partout avec des ministères comme
l'Agriculture, où est-ce qu'on adapte les politiques, les... et tout ça.
Mais l'important, comme M. Lapierre le disait, c'est le lieu de concertation
et de discussion, d'échange, et c'est ce que
nous... c'est le principal gain de cette réforme-là. Pour nous, ça n'existait
pas, et ça, c'est quelque chose auquel on tient.
M. Fitzgibbon :
Puis j'accepte les... moi, une chose que je voudrais faire, et puis ce n'est
pas le temps aujourd'hui, on n'aura
pas le temps, mais on va le faire dans l'exécution, c'est... je pense que...
prenez en Montérégie seulement, là, exemple, il y a trop de MRC là-dedansééé pas trop,
il y a beaucoup de MRC là-dedans. Alors, d'avoir une unité régionale qui
va être capable d'être peut-être partout, de comprendre ce qui se passe, c'est
impossible.
Alors, il va falloir
développer au niveau local, MRC, regroupements de MRC, des minis pôles
là-dedans et qui vont avoir un peu de
support du régional. C'est là qu'il va falloir travailler dans le détail, parce
qu'il y a des MRC qui sont démunies complètement de ressources humaines et
financières. Financières, ça va être relativement facile. Du capital, on
en a, puis je pourrais en mettre du capital.
Puis dans toutes les régions que je vais, je dis toujours aux gens
d'affaires : Si vous investissez
dans vos unités locales, nous, on va investir, parce que, si c'est bon pour
vous, c'est pour nous. Puis si vous perdez de l'argent, on perd de
l'argent. Ça, ça va être facile.
Le côté humain est
plus difficile, puis, en tout cas, on va arrêter là, mais je pense que c'est
important de réfléchir sur l'exécution, puis
on va s'en reparler, c'est sûr. Mais il y a des régions où ça va être très
difficile pour l'IQ régional d'être effectif, efficace dans toutes les
MRC. Alors là, il va falloir travailler, là.
M. Lapierre
(Jonathan) : Vous avez, si vous permettez, entièrement raison, c'est
différent d'une région à une autre. C'est
pour ça qu'il va falloir adapter l'action gouvernementale à la réalité de la
région. L'exemple que vous mentionnez en Montérégie, plusieurs MRC, il
est peut-être possible de créer deux ou trois, voire même trois comités
régionaux qui, avec des ressources et avec
un support, pourraient répondre aux besoins et aux objectifs qu'on s'est fixés
ensemble, qu'on vous mentionne ici.
Et à notre point de
vue aussi, il faut toujours se rattacher le plus possible aux acteurs locaux
qui sont, eux, sur le terrain, parce que les
gens d'affaires viennent nous voir, viennent nous voir dans nos MRC, viennent
nous voir dans nos municipalités pour
se coller aussi à nos visions de développement et à nos planifications
stratégiques. Donc, une MRC ne peut
pas être à côté... complètement à côté de la track du développement de son
territoire qui, lui, doit être en synergie et en harmonie avec les gens
d'affaires.
M. Fitzgibbon :
C'est beau. M. le député d'Orford.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Merci. Le député d'Orford, à vous la
parole.
M. Bélanger : Merci,
Mme la Présidente. Merci pour votre
présentation. Bon, en termes de collaboration,
on est après vivre l'expérience au
niveau d'Internet. Je pense qu'on fait quand même une bonne équipe, puis ça
devrait bien aller en aval.
J'ai
une question par contre au niveau de l'aménagement de territoire parce que ça
fait peut-être une dizaine d'années que
je suis en région et je n'en vois pas d'aménagement de territoire. J'ai
beaucoup de difficulté à le voir puis j'aimerais bien ça voir le rôle que la FQM entend avoir en termes
d'aménagement de territoire pour un développement économique. Parce que vous voulez une collaboration au niveau d'IQ,
vous voulez une collaboration au niveau du ministère, mais lorsqu'on
arrive dans des dossiers, justement, d'où on va positionner tel type
d'entreprise, est-ce qu'on va faire une grappe à un certain endroit, quelle est
l'aide qu'on devrait faire pour de l'amorçage? Est-ce qu'on essaie de créer un
quartier d'innovation? Je n'ai pas trouvé de
solution puis je n'ai pas trouvé d'écoute au niveau des municipalités et au
niveau des MRC. Je ne sens pas qu'il y a une bonne coordination.
Ça fait que
j'aimerais ça voir quelles vont être vos intentions dans le cadre d'une réorganisation
au niveau d'Investissement Québec. Qu'est-ce
que vous entendez de notre côté, qu'est-ce que vous voulez de notre côté en
termes de collaboration? Mais vous,
de votre côté, quel rôle vous pensez jouer? Parce qu'où le bât blesse, c'est
vraiment les petites entreprises, les jeunes pousses, c'est l'aide en
région pour ces petites entreprises là. Les PME, c'est souvent plus facile d'aider lorsqu'ils vont s'automatiser, mais
justement aider ces jeunes entreprises là... Ça fait que j'aimerais ça vous
entendre à ce niveau-là.
M. Lapierre
(Jonathan) : En matière d'aménagement du territoire, la compétence
relève directement des MRC, donc, de partout au Québec. Donc, bien entendu,
l'aménagement du territoire est au coeur de tout développement dans chacun des territoires. Cette compétence et cette
réglementation-là, si on veut, ou cette vision-là relève du palier de MRC
et se fait souvent en fonction des visées de développement ou des réalités de
chacun des territoires.
Donc,
sur le comité de concertation et de coordination, l'aménagement du territoire
est un volet qui, très certainement, pourrait être discuté et devra être
discuté pour être en concordance avec la volonté d'Investissement Québec
d'investir dans des PME ou des
grandes entreprises qui ont, eux aussi, des besoins en termes d'aménagement du
territoire. Alors, je ne sais pas si c'est ça, votre question.
M. Bélanger : Bien, ça reste que c'est voté par les maires,
hein? Une MRC puis ceux qui appuient l'aménagement du territoire, c'est au
niveau des maires. C'est qu'il y a peut-être place à, justement, avoir, au
niveau de certains acteurs privés puis peut-être au niveau d'Investissement
Québec, un comité qui se met en place pour comment on aménage le territoire de la façon la plus efficiente, versus
se retrouver avec un paquet de petits villages, des municipalités qui veulent
générer plus de revenus. Et puis je ne vois pas souvent de cohérence au niveau
de l'aménagement de territoire.
fait que je pense qu'au niveau de la FQM... ce n'est pas toujours au
gouvernement, mais au niveau de la FQM, il y a peut-être un rôle. Puis ça peut faciliter de notre côté lorsqu'on
veut développer l'économie, parce que des petits quartiers industriels,
on n'en fera pas 25 dans une MRC, là. Ça fait que c'est... Oui, je vous écoute.
M. Châteauvert
(Pierre) : Effectivement, il
y a quelque chose à faire. Bon, en 2015, il y a des choix qui ont été faits par l'Assemblée nationale, où est-ce qu'on a
mis fin à la... En fait, on a transféré l'ensemble de la responsabilité et
les... Au
niveau des MRC, vous savez, il y a eu l'abolition ces CRE, il y a eu
l'abolition... en fait, une diminution drastique de subventions puis de soutien au niveau du
développement local. Et, à ce moment-là il y avait comme une... Il y avait un
regroupement puis il y avait des gens qui se parlaient puis qui discutaient de
ces questions-là, puis on essayait d'intégrer effectivement
la notion de développement à l'intérieur d'un schéma d'aménagement, ce qui
n'est pas une notion simple. D'ailleurs,
avec la ministre des Affaires municipales, on travaille beaucoup à essayer de
pousser pour une remise à jour de la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme.
Nous, à la
FQM, ce qu'on a fait, c'est qu'à partir de nos propres moyens, parce qu'il n'y
avait plus rien, on a mis en place une table sur le développement local de
régional. On organise, à chaque année, un rendez-vous pour essayer de regrouper tout le monde. M. Fitzgibbon
est venu au dernier, il y avait au-dessus de 300 personnes. Puis ces questions-là,
on veut les discuter puis on veut les
travailler ensemble pour essayer d'aller plus loin puis effectivement d'amener
les gens à réfléchir sur cette question-là, sur les choix par rapport
au territoire, par rapport au développement, comment qu'on fait le lien entre
tout ça.
effectivement il y a beaucoup... Il y a encore... C'est un chantier, ça,
actuellement, puis ce n'est pas... C'est un chantier qui est, dans l'histoire, là, qui est assez récent, là, dans...
Donc là, nous, là, on le prend... On l'a pris à partir de nos propres moyens. On regroupe les gens, on amène des
réflexions. Il y a des actions qui se passent, enfin, qui sont très intéressantes sur le territoire, là, des MRC. Mais
comme on dit toujours, comme à peu près tous les ministères qui n'ont
pas une... les services d'égout sur le
territoire, bien, cette réalité-là n'est pas la même partout sur le territoire.
Ça, on en convient, et tout ça.
Donc, nous,
ce qu'on se donne comme mission et tout ça, c'est, à travers l'information, à travers
la discussion, à travers nos tables, à travers les... On regroupe les gens. On
essaie d'amener la réflexion vers quelque chose, vers ces choix dont vous
faites mention et ces notions-là. Mais c'est certain qu'il y a encore du
travail, ça, c'est certain, à ce niveau-là.
M. Lapierre (Jonathan) : Mais
ça, si je peux ajouter, ça, c'est ce que la FQM peut faire comme fédération, accompagner ces milieux-là. La création de la
table est un bel exemple. Et même si le chantier est à ses tout débuts, je
pense que les premières années sont probantes et nous garantissent un
futur intéressant. Mais plus, je le répète encore, plus on va utiliser le palier du territoire... du palier de la MRC, plus on
va inclure les différents acteurs autour d'une table et plus il y aura une vision cohérente et qui
correspondra à des objectifs qu'on s'est fixés pour le bien commun et pour le
développement commun. Donc, plus on localise
et plus ça devient difficile, plus on garde à l'échelle du territoire de la
MRC, plus on peut déployer une vision qui soit intéressante et pertinente pour
chacune des régions du Québec, là.
M. Bélanger : Je crois que ma collègue de Labelle
avait...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, députée de Labelle, à vous la parole.
Mme Jeannotte : Oui, bonjour. J'ai eu la chance, moi, de faire du terrain pendant de nombreuses
années, et j'ai souvent entendu le commentaire : Coudon, il y a
plus de fonctionnaires, il y a plus de monde que de projets quand on est en région éloignée, ou : Coudon, les
outils ne sont pas adaptés. Puis, dans les faits, on le sait qu'en région
éloignée on a souvent affaire avec
des PME, parfois, de moins de cinq employés. Puis, quand on regarde tous les
acteurs qu'on a, au Québec, c'est
quasiment à en perdre son latin, parfois, parce qu'il y a une table de
concertation ici, une MRC là, la SADC, le
CLD, DEC Canada, Investissement Québec, FTQ, «name it». Là, ça ne finit plus,
puis là l'entrepreneur, lui, excusez-moi, là, mais il arrive avec son plan d'affaires qui a trois pages, puis il
faut qu'il fasse un plan d'affaires de 18 pages pour déposer à tel organisme de développement économique, puis
il va falloir qu'il adapte son plan d'affaires à tel autre organisme pour
savoir, en bout de ligne, au bout de six mois, il va-tu avoir un prêt, puis il
va-tu...
Tout ça pour dire que... êtes-vous d'accord,
dans le fond, que le rôle d'Investissement Québec, présentement, ça serait de faire aussi, excusez-moi le terme,
mais du ménage pour qu'on ait enfin un leader puis qui... Parce que, dans
le fond, comment on fait pour être
complémentaire pour que, dans le fond, on prenne en compte des rôles importants
de chacun de ces organismes-là, mais
qu'on ne perde pas de vue que l'objectif, c'est le gars puis la fille qui se
partent en affaire, ou le gars puis la fille qui veulent exporter à
l'étranger, ou le gars puis la fille qui veulent augmenter leur productivité, leur capacité de production avec l'achat d'un
équipement, etc.? Je comprends que d'après votre document vous voulez être
partie prenante, mais pouvez-vous
m'expliquer un peu plus pourquoi, je reviens à sa question, l'aménagement du
territoire, pourquoi, pour
l'entrepreneur, concret, concret, à raz des pâquerettes, que lui, il faut qu'il
achète sa machine, là, pourquoi que la MRC est si importante?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Vous
avez une minute pour répondre à cette question bien importante.
Lapierre (Jonathan) : En
fait, très simple, l'entrepreneur, aujourd'hui, il débarque à coup sûr à la MRC, au service de développement économique. Et,
dans chacune des MRC du Québec ou la plupart des MRC du Québec,
on a développé des expertises assez importantes.
Nous avons des professionnels de grande qualité, de grande compétence, qui,
justement, viennent pallier à cette difficulté-là, donc, qui sert, à quelque
part, de courroie de transmission. Ils sont en mesure de bien aiguiller
les entrepreneurs dans les différents services.
Moi, je suis
de ceux et celles qui pensent que chacun des services ou des opportunités de
financement que vous avez énumérées
est importante. Certaines relèvent du fédéral, certaines
relèvent du provincial, et il ne faut pas se priver d'outils de développement économique dans nos régions du Québec parce qu'elles sont très, très, très importantes. Mais, depuis que la compétence nous a
été dévolue, en 2015, depuis que les services se sont de plus en plus
professionnalisés partout au Québec, c'est beaucoup
plus facile pour les entrepreneurs, c'est beaucoup plus facile pour les
entreprises, parce qu'ils ont une porte, un accès qu'ils connaissent... souvent,
c'est des gens qu'ils connaissent très bien, et ils ont accès à une multitude
de services par référencement.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, on vous remercie. Merci pour la
réponse. Alors, nous laissons la parole à la porte-parole de
l'opposition officielle, à la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne. Vous avez
11 minutes.
Anglade : Parfait, merci. Alors, je vais partager mon temps avec mon
collègue. Merci de venir nous présenter votre document et de le faire à
pied levé dans certains cas.
Je vais rebondir un peu sur la conversation
qu'on vient d'avoir parce que je veux bien comprendre la position de la FQM par
rapport à ce qu'on est en train de faire, comme proposition, sur le changement
d'Investissement Québec. L'objectif, et puis
ça a été répété à maintes et maintes reprises, puis c'est clair dans le projet
de loi, c'est dire qu'il y a une porte d'entrée, c'est Investissement
Québec. Dans les régions, on va être plus présent, les entrepreneurs pourront
cogner à une seule porte, puis ça va être
Investissement Québec. Puis, en même temps, ce qu'on entend de la FQM,
c'est : Bien, attendez, nous, on
a un rôle à jouer, puis on a un lien avec les entrepreneurs, puis ils viennent nous
voir, puis ils viennent voir les services de développement économique
que l'on a sur notre territoire.
Au-delà des mots, là, concrètement parlant, là,
comment est-ce qu'on arrive à concrétiser ça sur le territoire? Comment est-ce que vous voyez ça? Parce qu'on peut
bien se parler puis dire qu'on s'entend, puis que ça va bien, etc., mais,
dans l'application des choses puis sur le
terrain, vous savez comme moi que c'est là que le bât va blesser la plupart du
temps. Donc, comment est-ce que cette vision-là s'arrime avec le projet
de loi qui est sur la table aujourd'hui?
Lapierre (Jonathan) : En fait, c'est qu'on part du principe qu'il n'y
a à peu près pas de communication entre les différents intervenants.
Donc, il y a Investissement Québec qui reçoit aussi, de par son mandat et sa
mission, des entreprises, des entrepreneurs.
Ils ont des programmes, des politiques issus d'une vision nationale, et
souvent, nous, comme MRC, comme
acteur local, on n'a que très peu d'information. Souvent, on est les derniers,
même, informés de ce qui peut se
passer en termes d'investissements avec Investissement Québec. De là
l'importance, dans un premier temps... bien entendu, vous mentionnez, bon, concrètement, hormis se
parler... pour nous, se parler est déjà un pas extrêmement important parce
qu'il y a zéro conversation actuellement.
Donc, si on
veut agir en concertation, en cohérence avec des objectifs de développement
dans un territoire donné, il faut qu'un joueur majeur comme celui
qu'incarne Investissement Québec soit autour de la table et, autour de cette même table là, il faut que l'ensemble des
partenaires locaux, régionaux y soient aussi assis. Il faut que, d'abord et
avant tout, nos gens, nos
professionnels des MRC puissent avoir voix au chapitre, puissent discuter avec
Investissement Québec et être en
mesure de partager des objectifs, partager des visions, partager des
planifications stratégiques, par exemple, pour bien cibler les
interventions, bien cibler également les investissements dans les différentes
régions.
Donc, pour
nous, de franchir cette première étape là va très certainement... en tout cas,
on le souhaite, à tout le moins, va
mener à d'éventuelles collaborations qui pourraient être encore plus solides et
plus concrètes, là, dans le futur, dans un futur rapproché.
Anglade : La première
partie de votre rapport parle beaucoup de la
relation avec le ministère de l'Économie. Dans un cas que vous décrivez, comme celui-là, à ce moment-là,
l'interaction directe serait directement avec Investissement Québec, auquel cas la relation avec le ministère
de l'Économie perd un peu de son sens parce qu'il serait compensé par ce
que vous décrivez avec Investissement Québec. Est-ce que...
Châteauvert (Pierre) : Nous,
ce qu'on a compris, c'est qu'avec... Investissement Québec puis le ministère
vont s'intégrer ensemble. Nous, ce
qui est important, effectivement, comme M. Lapierre le disait, c'est que les
gens se parlent et se coordonnent.
Quand un petit... quelqu'un qui a projet vient chez
nous, que ce soit, bon, peut-être un projet plus d'envergure, à partir du moment où est-ce que les gens vont se
coordonner, vont partager leurs objectifs, ils vont mettre ça ensemble dans
un document ou tout ça puis qu'ils vont
discuter, qu'ils vont l'évaluer de façon annuelle, qu'ils vont identifier ce
qui doit être fait, les indicateurs
de performance, et tout ça, peut-être qu'on va dire : Bon, le projet... La
personne arrive avec son projet, on va l'envoyer directement à
Investissement Québec, parce que ça ne relève pas de nous, et vice et versa.
Mais, en même
temps, ça va même jusqu'au niveau des grands projets. La semaine passée, la
table, elle s'est réunie. On a
travaillé... On a des gens de partout, là. On a travaillé sur notre mémoire...
et des gens de tous les services, et puis aussi de toutes les associations, puis des gens de l'APDEQ, et tout, tous ces
gens-là, puis ils disaient... On prenait le cas du port de Montréal qui veut s'établir sur la Rive-Sud de
Montréal. La MRC de Marguerite-D'Youville, il n'y a pas une journée où est-ce qu'ils ne travaillent pas sur ce
dossier-là, parce que qui règle les projets des permis, les territoires, les
questions de zonage, et tout ça... La MRC n'est pas dans le financement
du port, mais l'opérationnalisation du projet, la MRC est directement
là-dedans.
Donc, à ce
niveau-là, il faut mettre en place un partenariat qui, ce qu'on dit, n'existait
pas vraiment. On n'était pas efficients. Lorsqu'il y avait... Je vais vous
dire, lorsqu'il y avait un directeur régional, une directrice régionale très
ouverte, et tout ça, ça fonctionnait
bien, les choses comme ça. Mais, dans d'autres cas, on n'avait pas cette
qualité de relation là.
Nous, ce qu'on dit, c'est qu'à partir du moment
où est-ce qu'on l'institutionnalise à l'intérieur du comité que M. le ministre propose dans son comité... dans son
projet de loi, on pense qu'avec des obligations de résultat, puis de discussion,
puis de... liées à toute une démarche de développement puis de concertation, on
pense que ça a des grosses chances de réussir et de régler le deuxième volet structurel
du développement local, qui était le territoire le premier, puis maintenant
la relation entre le premier puis le deuxième niveau.
Lapierre (Jonathan) : En fait, ce n'est pas tant l'analyse des
dossiers, si vous permettez, qui nous intéresse mais plutôt la
planification d'investissement ou de développement pour un territoire donné.
Mme Anglade :
Très bien. Merci, messieurs.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Très bien. La parole est au député de Nelligan. Il vous
reste 5 min 40 s.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Messieurs, merci pour votre présence, et vos
recommandations, et la qualité de vos
recommandations. Je reviens à ce que ma collègue vient d'énoncer. Donc, si je
comprends bien, vous avez des
inquiétudes par rapport à la façon avec laquelle Investissement Québec va
commencer son opération sur le terrain avec son nouveau projet de loi.
M. Lapierre
(Jonathan) : Bien, en fait, ce n'est pas tant une inquiétude comme des
suggestions d'inclure des partenaires
incontournables dans la discussion, dans la concertation, dans la coordination
et la planification du développement d'un
territoire, et ça, pour nous, c'est fondamental. C'est la base de la réforme,
si on veut, d'Investissement Québec. Il faut inclure ces partenaires-là qui sont en constant contact avec les
entreprises et avec les entrepreneurs de chacun de nos milieux.
Comme
mon collègue ici, M. Châteauvert, le mentionnait tout à l'heure, à chaque fois
qu'il y a un projet, qu'il soit de
grande, ou de petite, ou de moyenne envergure, les MRC, les municipalités sont
au coeur de ces projets-là, que ce soit pour l'émission des permis, l'aménagement du territoire ou par d'autres
outils de financement qui sont à notre échelle. Donc, pour nous, ce
n'est pas de mettre les organisations en opposition mais plutôt de les inclure.
Derraji : Juste concrètement, pour être concret, nous sommes en train
d'étudier le projet de loi, il va y avoir l'étude
article par article. À
quel moment, vous, vous voyez qu'on devrait l'inclure dans le projet de loi
justement pour s'assurer qu'avant d'établir un plan d'action régional, que
l'ensemble de ces acteurs soient inclus?
M. Châteauvert
(Pierre) : En fait, comme c'est écrit dans notre mémoire, les
recommandations... laquelle on faisait
référence tantôt, bon, premièrement, on pense que tous les directeurs de services
locaux de développement ou le CLD,
là, l'organisme délégataire, doivent se retrouver au niveau du comité de développement pour créer
cette synergie-là.
Deuxième
chose, c'est d'élargir le comité pour en faire de véritables instances
d'échange et de coordination pour arrimer les objectifs et les actions
d'Investissement Québec, et des MRC, et ainsi de suite.
l'idée d'un plan, nous autres, ce qu'on aime... parce qu'on le vit dans
d'autres ministères. Avec l'agriculture, on l'a développé au niveau de la table
des MRC, tout ça. Les gens, les... Ceux qui opèrent sont ensemble, ils se
définissent un plan sur trois ou cinq
ans, ça dépend, ce n'est pas important, mais un plan, puis, à chaque année, ils
l'actualisent. Et cette actualisation-là,
ils le font avec les élus au niveau de la table des MRC, puis tout le monde est
là, puis avec les partenaires, et
tout ça. Puis là on évalue si on a atteint les objectifs qu'on s'était fixés ou
pas. Donc, c'est une forme de... et donc ça donne une obligation de
résultat puis de travailler ensemble.
Donc,
nous, c'est une synergie qu'on veut créer. Et on le voit, et on l'opère, et on
l'expérimente avec d'autres ministères
présentement, depuis la mise en place des FARR, ça a été très, très, très
intéressant à ce niveau-là. Nous, ce qu'on
veut prendre, on... Ce modèle-là fonctionne puis on veut proposer... ce qu'on
propose, c'est de l'instaurer dans la relation avec Investissement
Québec.
M. Derraji :
Donc, dans un monde idéal, prenons le cas de n'importe quelle région, les
acteurs développent le plan d'action,
se dotent d'indicateurs de performance, étudient les grands projets et mettent
en place un plan quinquennal pour le
suivi, disons, annuel, avant qu'Investissement Québec entame cette démarche par
rapport à l'accompagnement, par rapport...
M. Châteauvert (Pierre) : Non, non, il faut qu'Investissement Québec soit
là. Toute forme de décentralisation, toute
forme d'accompagnement, ça doit se faire entre la relation... la première
ligne, la deuxième ligne, et ces gens doivent se parler, parce que,
sinon, ça ne donne rien, ça ne peut pas...
référence, comme je vous disais tantôt, à l'agriculture, les gens de
l'agriculture, les gens de l'UPA, les gens de chacune des MRC sont là.
Et, dans cette région-là et dans plusieurs régions, ceux qui développent les
projets les plus intéressants en matière de
soutien à l'agriculture, c'est le monde municipal, parce qu'ils se sont dotés
de cette structure-là, parce que les gens de l'UPA puis les gens du
MAPAQ sont là aussi. C'est essentiel.
L'État
a un rôle sur le territoire, puis c'est ce qu'on a toujours dit dans l'ensemble
de nos mémoires. La décentralisation,
ça ne veut pas dire... j'allais dire «abandon», c'est un peu fort, mais dire de
retrait. L'État doit être présent parce
que l'État a quelque chose à dire. Le ministre a des orientations, et c'est
clair que le ministre a son rôle à jouer, comme nous aussi. Donc, c'est une discussion, c'est une synergie qu'on veut
créer. Une synergie, ça veut dire, c'est une contribution de tout le
monde.
Lapierre (Jonathan) : Et, en fait, cette discussion-là doit avoir lieu
avant, évidemment, le déploiement d'actions.
M. Châteauvert
(Pierre) : C'est ça.
M. Derraji :
...au niveau de la structure qu'Investissement Québec va avoir dorénavant, vous
voulez que l'ensemble des MRC, ou les villes, ou les acteurs de développement
économique soient autour de la table pour élaborer les plans d'action,
donc avant d'aller plus loin. Est-ce que j'ai bien saisi votre proposition?
M. Lapierre
(Jonathan) : Absolument. Donc, on veut créer cette synergie-là, ce que
M. Châteauvert définissait tout à l'heure, avant même qu'il y ait un
déploiement d'investissements ou d'actions. Et les conditions gagnantes
qu'on inscrit dans notre mémoire sont en
quelque sorte une forme de reddition de comptes et une forme de transparence
qui amène une obligation de résultat
par la suite, parce que plus les partenaires sont impliqués autour d'une table,
plus les partenaires s'engagent à
l'atteinte d'objectifs et de réussite dans le cadre d'investissement, bien,
évidemment, plus les résultats sont probants.
M. Derraji : Parlant de
transparence et d'indicateurs, l'autre question que j'ai sur la table...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
En conclusion. Il reste 30 secondes.
M. Derraji : C'est quoi, les
indicateurs, pour vous, exemples d'indicateurs?
M. Châteauvert
(Pierre) : Je vais vous
donner un exemple très simple. L'accueil des entrepreneurs sur le territoire,
il peut être inégal. À ce moment-là, tout le
monde ensemble s'assoit puis comment qu'on fait pour l'améliorer. Les MRC sont
responsables de ça par la loi. C'est l'Assemblée nationale qui l'a voté. Donc,
à ce moment-là, avec Investissement, avec
tout le monde, les gens de formation, les groupes, puis tout ça, bon, qu'est-ce
qu'on fait. O.K., dans ce secteur-là, il y a un problème. On se met un
indicateur : Voici, ça, c'est tel niveau.
Donc, ça,
nous, on est prêt, le monde municipal, les MRC, ceux qui sont responsables du
développement selon la loi, on est prêts à regarder aussi la qualité de notre
contribution à tout ça pour que l'ensemble du système s'améliore. C'est une chance... M. Demers, le président, avait
écrit... puis Mme Minassian, ils avaient rédigé une lettre, ils l'avaient
publiée au mois d'avril en disant : C'est une chance à ne pas rater. C'est
une chance unique et c'est pour ça que nous, on vous demande... On est
très contents.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, merci. Nous cédons maintenant la parole au deuxième groupe d'opposition
avec le député de Rosemont. Vous avez 2 min 45 s.
M. Marissal : Merci, Mme la
Présidente. Messieurs, bonjour.
Je ne connais
pas beaucoup le ministre encore, je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de
travailler avec lui. C'est un réel
plaisir. C'est une déformation de mon ancien métier, je pense que j'essaie de
«seizer» les gens avec qui je travaille ou que je couvrais à l'époque. Je dirais que le ministre, il est très
courtois avec la visite, mais, en même temps, il est très, très, très déterminé sur l'endroit où il veut aller. Et vous avez... c'est probablement une qualité pour vous, même si on n'est pas
d'accord sur la destination, toujours, en
tout cas... mais la réponse qu'il vous a faite au début, quand vous avez posé
une question assez longue, il vous a
fait une réponse assez longue quant au manque d'arrimage, de reconnaissance des
MRC. Avez-vous retenu ou compris de
sa réponse qu'il y a une ouverture à la principale de vos demandes qui est
justement d'être reconnu comme un acteur de premier plan?
M. Lapierre (Jonathan) : Très
certainement. En tout cas, on retient, de la part du ministre, qu'il y a une
belle ouverture. Il y a même un intérêt à en
discuter, à regarder de quelle façon ça peut se concrétiser sur le terrain.
Alors, pour nous, évidemment, à partir du moment que c'est possible d'en
discuter, à partir du moment que c'est possible de mettre des actions sur la
table, pour nous, ça devient extrêmement intéressant. Je pense que l'idée
générale qui est exprimée par la Fédération québécoise des
municipalités, c'est, à partir du moment que l'Assemblée nationale a décidé de
déléguer la responsabilité de développement aux MRC, il faut maintenant adapter
cette réalité-là dans les différents projets de loi à caractère économique. Et
celui-ci, le projet de loi n° 27, en est un bel
exemple.
Alors, pour
nous, c'est extrêmement important que la MRC soit au coeur de ces
discussions-là, soit au coeur de ces planifications-là. Nous le
mentionnons au ministre, nous le mentionnons ici, en commission parlementaire,
et jusqu'à présent, moi, je pense qu'on peut
qualifier de belle ouverture ce que le ministre nous répond lorsqu'il est
questionné à ce sujet.
M. Marissal : Mais dans le projet de
loi, vous trouvez ça aussi, il est complet tel quel? Ça vous satisfait?
Lapierre (Jonathan) : Bien,
en fait, nous, les suggestions qu'on apporte, et c'est de là l'importance de
déposer un mémoire pour nous, c'est de bonifier ou d'améliorer la version des
comités ou la création des comités, telle que proposée dans le projet de
loi.
Marissal : Rapidement, M. Lapierre. Vous disiez, tout à
l'heure : MRC est en première ligne, Investissement Québec est en
deuxième ligne. Qu'est-ce que vous voulez dire par ça?
Lapierre (Jonathan) : Les acteurs les plus près du terrain sont les
MRC, définitivement, donc le service de première ligne. Le premier endroit
qu'un entrepreneur va cogner à une porte, souvent, c'est la MRC, pour ne pas
dire toujours.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, c'est tout. Alors, nous laissons la parole au troisième groupe
d'opposition, avec le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, à mon tour de vous saluer. J'ai posé la question aux représentants de l'UMQ, j'aimerais vous poser la
même question. Considérant qu'Investissement Québec va jouer un rôle plus prépondérant en région, avec l'absorption des
employés et du ministère de l'Économie, avec des nouveaux moyens, croyez-vous pertinent et nécessaire qu'il y ait
une direction régionale avec des pouvoirs qui prend des décisions en région?
Lapierre (Jonathan) : Bien, évidemment, pour nous, pour moi en
particulier, qui vient d'une région, poser la question, c'est un peu y répondre. Donc, pour nous, c'est important
qu'il y ait le plus de décisions possible qui se prennent en région, que
les acteurs locaux... on revient toujours à ça, que les acteurs locaux soient
impliqués, fassent
partie des discussions,
de la concertation, de la coordination et, bien entendu, que lorsque les
décisions peuvent se prendre en région, bien, souvent, c'est des décisions qui se collent plus à la réalité
régionale puis qui diffèrent d'une région à une autre. La réalité sur la Côte-Nord n'est pas forcément la
même réalité que celle en Gaspésie ou aux Îles-de-la-Madeleine et même
chose avec l'ensemble des autres régions, la Montérégie, bon, Lanaudière, etc.
Donc, pour
nous, c'est important que cette synergie-là entre les directions régionales et
les acteurs locaux fassent un,
fusionnent ensemble dans... et qu'ils partagent un seul et même objectif, celui
de bien développer et de bien répondre aux attentes de la communauté
entrepreneuriale d'une région donnée.
M. Ouellet : Donc, décider en
région, on s'entend là-dessus. Deuxième chose, pour ce qui est du comité de développement, vous faites référence à la
pertinence ou même l'obligation d'avoir, sur ce comité-là, des gens
représentant les différents
organismes de développement économique. L'UMQ avait cette même prétention-là,
mais ils n'allaient pas à dire : Il faudrait l'obliger.
La question que j'aurais pour vous... parce que
la loi, elle est très vague. Il y aura cinq membres dans un comité, ils auront tel rôle, mais ce n'est pas inscrit
dans la loi qu'exclusivement ces personnes-là pourraient venir d'un milieu x ou
d'un milieu y. Est-ce que vous trouvez
pertinent qu'on inscrive dans la loi que, dans ce comité-là, s'il y a des
organismes municipaux issus du
développement économique, tels que ceux que vous proposez, soient
partie
prenante, au moins aient un siège à l'intérieur de ces comités de
développement là?
Lapierre (Jonathan) : Nous,
c'est une condition qui est extrêmement importante dans la présentation de notre mémoire,
de notre vision, et ce qui est important aussi, pour ne pas dire fondamental,
c'est que chacune des MRC puisse être
représentée. Parce qu'une MRC ne peut pas parler pour une autre MRC, puisque,
bon, il y a des réalités qui sont propres à chacune des MRC, que ce soit
des réalités en matière de possibilités de développement ou des réalités en
ressources humaines, en moyens financiers,
etc. Donc, pour nous, c'est important qu'il y ait présence de nos représentants locaux au sein de ce comité-là et ce qui est important aussi, fondamental,
c'est que chacune des MRC ait sa place également.
M. Ouellet : Et vous ne voyez pas
cette place-là?
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, on vous remercie. Merci,
M. Lapierre, merci, M. Châteauvert, de la Fédération québécoise des
municipalités.
Alors, nous allons suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 15 h 45)
Présidente (Mme IsaBelle) : Nous commençons. Nous souhaitons la
bienvenue à M. Forget et M. Noël, de la Fédération des chambres de commerce du Québec. Bonjour. Je vous rappelle
que vous avez 10 minutes pour votre exposé et, avant de commencer
votre exposé, je vous demanderais de bien vous pr