House Proceedings — 26 May 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-05-26
Quebec — Debates (Hansard)
C'est
un privilège pour moi de porter le dossier de la solidarité sociale et de
souhaiter qu'ensemble nous faisons en
sorte que notre société soit belle et plus inclusive, qu'ensemble nous soyons à
l'écoute des gens qui ont des difficultés dans leur vie.
veux, Mme la Présidente, évidemment, remercier les acteurs, les organisations,
les organismes communautaires, qui,
au quotidien, changent la vie de ces milliers de personnes, qui sont souvent
démunies et vulnérables. En mon nom et en leur nom, je leur dis un
immense merci. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant,
je cède la parole à M. le député de Vachon.
M. Lafrenière :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Très heureux de vous retrouver, de même que
l'ensemble de mes collègues, de qui je me suis beaucoup ennuyé.
Aujourd'hui, je veux
souligner la Semaine des paramédics et des services préhospitaliers d'urgence.
Plus
que jamais, en période de pandémie, on constate l'ampleur du travail qui est
fait par ces hommes et ces femmes au
quotidien. Ces paramédics répondent à des appels de détresse, et, présentement,
en pleine période de pandémie, on peut comprendre que le travail est
très difficile pour eux.
Québec, ce sont plus de 5 700 paramédics qui effectuent 660 000
transports annuellement. C'est 55 entreprises ambulancières qui
desservent 178 zones partout au Québec, et près du tiers sont des femmes.
Récemment,
j'ai eu le plaisir de remettre des médailles pour Service distingué à certains
d'entre eux et, lors de cette remise, j'en ai profité pour remercier les
familles, qui étaient très compréhensives, parce qu'on comprend que les
conjoints, conjointes doivent s'absenter souvent. Et j'ai eu l'honneur de
remettre une médaille à quelqu'un qui cumulait 40 ans de service, 40 ans d'efforts physiques. Et je vous confirme, Mme
la Présidente, qu'il avait encore la même ardeur, et il avait toujours
ce plaisir de servir la population.
En terminant,
Mme la Présidente, je veux remercier plus spécifiquement 20 paramédics qui sont
présentement dans un CHSLD de ma circonscription, le CHSLD
Henriette-Céré. Alors, merci beaucoup pour le coup de main.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, M.
le député de Nelligan, la parole est à vous.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Il y a un peu plus de deux mois, le Québec se
confinait. Peu de temps plus tard,
les conséquences de cette crise sanitaire commençaient à se dévoiler. Les
organismes communautaires étaient tout
aussi bouleversés de voir leurs événements annulés et leurs activités
reportées. Ils étaient directement touchés dans leur capacité à fournir
des services fondamentaux pour les résidents de l'Ouest-de-l'Île, notamment
dans mon comté, à Nelligan. En moins de
trois semaines, le Fonds de solidarité de l'Ouest-de-l'Île a été mis sur pied,
et l'ensemble des membres de la communauté étaient mobilisés.
The Solidarity Fund is dedicated to
provide financial support to local community organizations during the crisis. They have raised more than $208,000, thanks to the generosity of
several private donors from the West Island.
Les besoins de nos organismes communautaires sont
encore présents. Il faut continuer à les supporter, pourtant, dans un
contexte très particulier. J'entends saluer une telle proactivité, celle de
Partage-Action et de sa directrice générale,
Mme Sophie McCann, avec la coopération de 41 organismes
qu'ils représentent pour rassembler, certes, à distance, mais autour
d'une noble cause. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci, Mme la Présidente. En ces temps exceptionnels, mes premières pensées et mes
premières paroles alors que je suis de retour en cette Chambre se tournent vers
les disparus de la COVID-19 de Chapleau, de Gatineau, de l'Outaouais et de tout le Québec.
À leurs proches et à leurs familles, je leur transmets toutes mes
condoléances. À tous ceux qui luttent contre le virus, vous avez toute mon
admiration, mon appui et mes encouragements.
Comme vous le
savez, la COVID-19 est venue bouleverser nos habitudes et notre quotidien. Nous
devons y faire face en se protégeant et en respectant les consignes de
la Santé publique.
En ces temps difficiles, je tiens à remercier
particulièrement les gens de mon comté de Chapleau pour leur discipline et leur collaboration. D'ailleurs,
leurs efforts ont permis et permettent de freiner la propagation de la pandémie
et de sauver des vies. De beaux gestes de
solidarité, de générosité et d'entraide ont eu lieu dans le comté. Certains se
sont impliqués comme bénévoles auprès
d'organismes, d'autres ont fait des dons de sang ou des dons
à des banques alimentaires pour aider les plus démunis. Je les félicite
et je les remercie.
En terminant,
je tiens à remercier une fois de plus les gens de Chapleau
et à leur dire à quel point je suis fier d'eux. Vous faites preuve de
courage face à l'adversité, et ce sera toujours pour moi un privilège de vous
représenter.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, Mme
la Présidente. J'aimerais souligner, aujourd'hui, le travail remarquable accompli dans les organismes d'aide alimentaire. Ils ont l'habitude de faire
des miracles avec très peu, mais on a pu voir récemment à quel point ils
ont su être réactifs pour s'adapter à la crise et continuer de répondre aux
besoins croissants.
Dans ma
région, les citoyens ont fait preuve d'une grande créativité pour
récolter des dons, par exemple en mettant les restaurateurs à contribution ou en courant un ultramarathon de
300 kilomètres sur tout le territoire de l'Estrie. Des enfants ont même démarré une
entreprise d'arrachage de pissenlits, dont les profits vont à l'aide
alimentaire. La communauté sherbrookoise
a répondu très généreusement autant en dons monétaires qu'alimentaires, et beaucoup
de citoyens ont aussi donné de leur temps à ces organismes.
Merci
à tous ceux qui ont contribué, parce
que la crise a exacerbé les besoins.
Des centaines de milliers de personnes ont
dû faire appel à l'aide alimentaire pour la première fois de leur vie malgré
les prestations offertes. C'est dire à quel point de nombreux Québécois et Québécoises marchaient
sur le fil de la précarité avant la crise et à quel point on a encore du
chemin à faire pour lutter contre la pauvreté.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant, je cède la
parole à M. le député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. C'est un plaisir de vous
retrouver. Je tiens évidemment à saluer l'ensemble
de mes collègues. Vous savez, Mme la
Présidente, j'ai le privilège de
représenter ma région à l'Assemblée
nationale depuis le 1er octobre 2018. La pandémie fut un moment
historique, intense et riche dans notre rôle de parlementaire.
veux profiter de l'occasion pour remercier mes concitoyens de Beauce-Sud,
ceux avec qui je vis à tous les jours, le
personnel hospitalier, évidemment, et tous ceux qui gravitent dans le domaine de la
santé, ceux qui ont eu un diagnostic, également,
de la COVID-19 et qui ont suivi les consignes, nos aînés et leur patience, nos organismes
communautaires, nos bénévoles et leur dévouement, les entrepreneurs et
commerçants qui ont vu leur vie chambouler, les travailleurs des services essentiels, nos partenaires, les élus
locaux, les policiers, évidemment, l'ensemble de la population. Soyez
tous remerciés. Je nous trouve résilients,
forts et certainement dotés d'un esprit de solidarité. Bien que notre région
soit peu touchée, je sais que nous
allons demeurer vigilants pour la suite des choses. Les Beaucerons ont été,
sont et seront des exemples. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, la parole est à
Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier :
Merci, Mme la Présidente. Je dois vous dire que je suis particulièrement fière
de la solidarité des citoyens, des
entreprises et des organismes de Longueuil durant cette pandémie, et je veux prendre
le temps de leur dire merci, ici, au salon bleu.
Merci à la famille
Drouin, du Metro Drouin, pour les dons de sacs à La Croisée. Merci à Jonathan
Lajeunesse et à Julie Campeau, du IGA Extra Place Longueuil, pour les épiceries
gratuites à une dizaine de familles. Merci à Fernando
Balthazard et Pascal Gervais, de la distillerie Les Subversifs, pour le don de
136 litres de désinfectant. Merci à
Frédéric Houde, des Courses virtuelles, pour les chocolats de Pâques offerts
aux enfants. Merci à la Rôtisserie Benny, du boulevard Sainte-Foy, pour
le don de 1 500 contenants à D'un couvert à l'autre. Merci à toutes
celles et ceux, qui, nombreux, m'ont aidée avec des appels aux personnes âgées
dans nos HLM pour briser l'isolement. Puis je pourrais continuer longtemps.
la Présidente, imaginez-vous que ça, c'est seulement une infime
partie de tout
ce qui s'est fait sur le terrain, chez
nous, dans les dernières semaines. Et j'espère que cette solidarité continuera
à se répandre avec l'été qui s'en vient, nous en aurons bien besoin.
Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Maintenant,
je cède la parole à Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci, Mme la Présidente. Je tiens,
aujourd'hui, à souligner le cinquième anniversaire de l'Espace
Entrepreneuriat de la région de Thetford, l'E2RT.
L'E2RT
est un acteur clé en matière d'entrepreneuriat et de création d'emplois et de
richesses dans la MRC des Appalaches.
L'organisme, par le biais de formations et d'événements qui
font la promotion de l'entrepreneuriat, dynamise et anime l'écosystème
entrepreneurial de la région. L'E2RT constitue donc un lieu d'accueil,
d'accompagnement et d'encadrement important pour les jeunes entrepreneurs lors du démarrage de leurs entreprises.
Je tiens donc à offrir mes félicitations à l'Espace Entrepreneuriat de la région de Thetford
pour ses cinq belles années de réussite et je leur souhaite beaucoup de
succès dans le futur. Merci.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. En terminant, je cède la parole à Mme la députée de Verdun.
Mme Melançon : Merci,
Mme la Présidente. Alors, le Québec
commence à sortir lentement de son confinement, une période qui a été difficile pour plusieurs. Je tiens donc, aujourd'hui, à souligner le travail inestimable réalisé par les organismes
communautaires de Verdun pour aider ceux et celles qui en avaient besoin.
Au plus fort
de la pandémie, les organismes verdunois sont restés mobilisés et au service de
la communauté. Ils ont pris soin des
enfants en offrant le soutien scolaire à distance, mais aussi en offrant des
ordinateurs et du matériel scolaire aux familles. Ils ont également
livré épiceries, médicaments à nos aînés alors qu'ils se retrouvaient confinés
et isolés, en plus d'être présents pour les
femmes victimes de violence conjugale. Ils ont aussi nourri ceux et celles qui
avaient le ventre vide. Alors qu'ils étaient eux-mêmes affectés par la crise,
ces organismes ont fait preuve d'un engagement et d'une imagination sans
limites pour multiplier la façon d'aider les citoyens de Verdun et poursuivre
leur mission. Merci à vous tous,
merci du fond du coeur. Vous êtes des modèles. Vous avez prêché par l'exemple. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Ceci met fin à la rubrique de déclarations de députés.
Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 53)
Président : Mmes et MM. les députés, je suis heureux de vous
retrouver aujourd'hui pour la reprise de nos travaux, une journée encore
une fois un peu spéciale, peut-être particulièrement pour quelqu'un. J'ai
ouï-dire qu'il y aurait un anniversaire, l'anniversaire du premier ministre.
Bonne fête, M. le premier ministre! Bon anniversaire!
C'est
cependant avec tristesse que nous avons appris le décès de M. Francis
Dufour, député de Jonquière de 1985 à
1996. Nous allons, si vous le voulez bien, nous recueillir quelques instants en
ayant une pensée particulière pour sa famille et ses proches.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
aujourd'hui, nos travaux se dérouleront conformément aux modalités établies
dans la motion du 13 mai dernier concernant notamment la présence
d'un nombre réduit de députés en Chambre.
Nous amorçons également aujourd'hui un projet
pilote de dépôt électronique de documents, qui sera en place jusqu'à la fin de l'actuelle période de travaux.
Je vous remercie donc une fois de plus de votre collaboration indispensable
au bon déroulement de ce projet.
Nous poursuivons donc les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le
Président. Tel que convenu dans la motion adoptée le 13 mai dernier, je
vous demanderais de reconnaître le président
du Conseil du trésor et ministre responsable de l'Administration
gouvernementale pour la présentation des projets de loi concernant les
crédits pour l'année 2020-2021.
Le Président : En vertu de l'ordre
spécial adopté le 13 mai 2020, M. le ministre responsable de
l'Administration gouvernementale et
président du Conseil du trésor présente le projet de n° 62,
Loi n° 2
sur les crédits, 2020-2021, ainsi que le projet de loi n° 63,
Loi n° 3 sur les crédits, 2020-2021. M. le
président du Conseil du trésor.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je suis heureux de participer au projet pilote. En
fait, en vertu de la motion adoptée le
13 mai dernier, je vous présente le projet de loi n° 62, Loi n° 2 sur les
crédits, 2020-2021, ainsi que le projet de loi n° 63, la Loi n° 3 sur les crédits, 2020‑2021. Merci beaucoup, M. le
Président.
Le Président : Merci. Conformément
à l'ordre spécial adopté
le 13 mai dernier, l'Assemblée accepte d'être saisie du projet
de loi n° 62, Loi n° 2 sur les crédits,
2020-2021, en adopte le principe sur division et adopte le projet de
loi sur
division, sans débat.
Conformément à
l'ordre spécial, l'Assemblée confie le mandat à la commission plénière
d'étudier les crédits budgétaires pour
l'année 2020-2021, sauf ceux de l'Assemblée. La commission plénière adopte
ces crédits sur division et dépose à l'Assemblée son rapport, qui est
assimilé aux rapports des commissions permanentes auxquels réfère
l'article 288 du règlement.
Malgré l'article 286 du règlement, l'Assemblée adopte
ce rapport sur division et confie à la commission plénière le mandat
d'étudier, au plus tard le 12 juin 2020, les crédits de l'Assemblée
pour une durée de deux heures.
Conformément à l'ordre spécial adopté le 13 mai
dernier, l'Assemblée accepte également d'être saisie du projet de loi n° 63, Loi n° 3
sur les crédits, 2020-2021, en adopte le principe sur division et adopte le
projet de
loi sur division.
L'Assemblée confie aux commissions permanentes le mandat d'étudier
les crédits budgétaires de l'année 2020-2021 selon les modalités
établies dans l'ordre spécial adopté le 13 mai dernier.
Toujours à la
présentation de projets de loi, M. le leader de l'opposition officielle.
M. Tanguay :
M. le Président, je vous prierais d'appeler l'article a.
Le Président : À l'article a du
feuilleton, M. le député de Pontiac présente le projet de loi n° 594, Loi
visant à améliorer la qualité des soins par la fixation de ratios dans certains
établissements visés par la
Loi sur les services de santé et les
services sociaux. M. le député.
M. Fortin : Oui, merci, M. le Président. Je suis fier de présenter le projet de loi
n° 594, Loi visant à améliorer la
qualité des soins par la fixation de ratios dans certains établissements visés
par la
Loi sur les services de santé et services sociaux.
M. le Président, ce
projet de loi modifie la
Loi sur les services de santé et services sociaux afin
d'améliorer la qualité des soins.
Pour ce faire, le
projet de loi prévoit que le gouvernement doit déterminer un nombre maximal de
patients par infirmier, par infirmier auxiliaire et par préposé aux
bénéficiaires dans certains départements d'un centre hospitalier ainsi que dans
un centre d'hébergement et de soins de longue durée.
En outre, le projet
de loi prévoit la constitution d'un comité consultatif chargé de faire des
recommandations au gouvernement quant au nombre maximal de patients par
infirmier, par infirmier auxiliaire et par préposé aux bénéficiaires qui
devrait être fixé dans le règlement du gouvernement. De même, le projet de loi
confère au comité la responsabilité de
produire un rapport sur la mise en oeuvre du règlement et sur son impact sur la
qualité des soins. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président : En application de l'ordre
spécial, j'inviterai les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs
groupes sur la présentation de ce projet de loi, suivis des députés
indépendants. D'abord, M. le leader de l'opposition officielle.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Pour.
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Je vous remercie. En conséquence, la motion est
adoptée. M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Tanguay : Oui, M.
le Président. Très, très
brièvement, comme il est d'usage à ce stade-ci de nos
procédures, nous aimerions souligner
toute l'importance, évidemment, que ce projet
de loi là, présenté par notre collègue
de Pontiac, n'a pas seulement
pour nous, mais pour la population, et pour les impacts positifs que nous prétendons
qu'il pourrait avoir de façon très tangible dans le niveau de service en
matière de santé. Nous en avons parlé depuis le début de cette législature.
Nous le jugeons extrêmement important. Et ce n'est donc pas la première fois, aujourd'hui, où nous allons en ce
sens-là. Nous aimerions savoir si le leader
du gouvernement peut s'engager à
faire preuve d'ouverture et au moins nous permettre d'étudier ledit projet
de loi.
Le Président :
Votre questionnement a été bien entendu.
Toujours à la
rubrique Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
M. le Président, je vous demande d'appeler l'article c, s'il vous plaît.
Le Président :
À l'article c du feuilleton, j'ai reçu le rapport de la directrice de la législation
sur le projet de loi n° 211, Loi concernant SSQ
Mutuelle. La directrice de la législation a constaté que les avis ont été faits
et publiés conformément aux règles de fonctionnement des projets de loi d'intérêt privé. Je dépose donc ce rapport, évidemment de manière numérique.
conséquence, M. le whip en chef du gouvernement présente, au nom de Mme la députée
de Jean-Talon, le projet de
loi d'intérêt privé n° 211, Loi concernant SSQ Mutuelle.
En application de l'ordre spécial, j'inviterais les leaders
parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur la présentation de ce projet de loi, suivis des députés indépendants. Je
débute par M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Pour.
Président : M. le leader de l'opposition officielle?
Président : M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Président : M. le leader du troisième groupe?
Président : Mme la députée de Marie-Victorin?
Président : Je vous remercie. En conséquence, cette motion est
adoptée. M. le leader du gouvernement à nouveau.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, conformément au premier
alinéa de l'article 277 du règlement, je propose la motion
suivante :
«Que le projet de loi d'intérêt privé n° 211, Loi
concernant SSQ Mutuelle, soit renvoyé pour consultation et étude détaillée à la commission plénière.»
Président : Toujours en application de l'ordre spécial,
j'invite à nouveau les leaders parlementaires à m'indiquer le vote de leurs groupes sur cette motion, suivis des députés
indépendants. D'abord, M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
Le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
Mme la députée indépendante?
Le Président :
Merci. La motion est donc adoptée.
À la rubrique, toujours,
Présentation de projets de loi, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je vous demande d'appeler l'article d, s'il vous
plaît.
Le Président :
À l'article d du feuilleton, j'ai reçu le rapport de la directrice de la
législation sur le projet de loi
n° 212, Loi concernant La
Capitale Mutuelle de l'administration publique. La directrice de la législation
a constaté que ces avis ont été faits
et publiés conformément aux règles de fonctionnement des projets de loi
d'intérêt privé. Je dépose donc ce rapport à nouveau.
conséquence, M. le whip en chef du gouvernement présente, au nom de Mme la
députée de Jean-Talon, le projet de loi d'intérêt privé n° 212,
Loi concernant La Capitale Mutuelle de l'administration publique.
application de l'ordre spécial, j'invite de nouveau les leaders à m'indiquer le
vote de leurs groupes. M. le leader du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du troisième groupe?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Je vous
remercie. La motion est adoptée. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, conformément au premier alinéa
de l'article 267 du règlement, je propose la motion suivante :
«Que le
projet de loi d'intérêt privé n° 212,
Loi concernant La Capitale Mutuelle de l'administration publique, soit renvoyé pour consultation et étude détaillée à la commission
plénière.»
Président : À nouveau, j'invite les leaders parlementaires à
m'indiquer le vote de leurs groupes. M. le leader du
gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Je vous remercie. En conséquence, la motion est également adoptée.
À la rubrique Dépôt de documents,
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Permettez-moi de
déposer les documents suivants : le rapport annuel de gestion 2019 de la Société de l'assurance
automobile du Québec, l'entente 2010-2020 relative à la mise en oeuvre du
Plan Nord à l'horizon 2035, plan
d'action 2015-2020 du gouvernement du Québec, le rapport annuel d'activité 2019 de l'indemnisation des victimes d'actes criminels et le plan
stratégique 2019-2024 de la Commission municipale du Québec.
Le Président : Ces documents
sont déposés. M. le leader du gouvernement à nouveau.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, je dépose également la réponse
du gouvernement aux pétitions présentées en Chambre les 7 et
13 février par la députée de Mercier ainsi que les réponses du
gouvernement aux questions inscrites au feuilleton le 5 février par la
députée de Mercier, le 6 février par la députée de Sherbrooke, le
19 février par les députées de Taschereau et de Marie-Victorin, le
20 février par la députée de Verdun, le 11 mars par les députés de
Jean-Lesage et d'Hochelaga-Maisonneuve ainsi que les 20 février et
11 mars par le député de Rimouski. Merci.
Le Président : Ces documents
sont également déposés.
Pour ma part,
je dépose les prévisions budgétaires 2020-2021 et le rapport financier
préliminaire 2019-2020 du Directeur général des élections du Québec
et de la Commission de la représentation électorale du Québec.
Je dépose
également le rapport sur l'application des règles de financement du Directeur
général des élections du Québec, intitulé Financement
politique : Bilan et perspectives 2019 .
Je dépose le rapport que m'a transmis le
président du Conseil du trésor portant sur des modifications à la directive
concernant les emplois occasionnels de la fonction publique, ainsi que l'avis
de la Commission de la fonction publique en vertu de l'article 83 de la
Loi sur la fonction publique.
Je dépose une lettre
que m'a adressée le comité directeur de la Commission de l'administration
publique concernant la réforme parlementaire, ainsi que ma réponse à cette
lettre.
Je dépose une lettre
que m'a adressée l'honorable Anthony Rota, président de la Chambre des
communes, en réponse à la motion adoptée par
l'Assemblée le 4 février 2020 concernant la tragédie du vol de ligne
ukrainienne PS752.
Je dépose les décisions
J'ai
reçu préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition conformément à l'article 97.1 du règlement. Je dépose le
texte de ce préavis.
Enfin,
il me fait plaisir de procéder aujourd'hui au dépôt de la proposition de
réforme parlementaire du président de
l'Assemblée nationale telle qu'elle devait être déposée en mars dernier. Vous
le savez, ce document pourra s'inscrire, au même
titre que celui déposé par le leader du gouvernement le
20 février dernier, comme point de départ des discussions sur le fonctionnement de notre Assemblée
nationale, discussions qui s'avèrent plus que nécessaires dans le contexte
actuel.
cette occasion, je souhaite souligner que, dans les dernières semaines, une
révision de nos façons de faire s'est entamée
de manière accélérée afin de moderniser le fonctionnement de nos méthodes de
travail. En effet, la crise que l'on vit actuellement a fait évoluer
rapidement la réflexion sur l'utilisation des outils technologiques, entre
autres dans le contexte du travail des commissions parlementaires. Certaines
avancées réalisées dans le cadre de cette période particulière seront donc évidemment intégrées à la discussion, et, parmi
elles, je souligne à
titre d'exemple la procédure de dépôt de documents
électroniques que nous testons d'ici la fin de l'actuelle période de travaux.
terminant, je tiens à préciser que cette réforme parlementaire sera issue de la
contribution de chacun et je vous invite
tous à y collaborer. J'aimerais également que la population du Québec puisse
participer à ce grand projet et, à cette fin, je souhaite que les
citoyennes et les citoyens fassent connaître leurs attentes.
À la rubrique Dépôt
de rapports de commissions, je comprends qu'il y a consentement pour que je
procède, à ce moment-ci, à des dépôts de rapports de commissions. Y a-t-il
consentement? Donc, oui.
Je dépose donc les
rapports des commissions parlementaires virtuelles qui se sont réunies afin de
permettre aux députés d'opposition
d'échanger avec le gouvernement au sujet de la pandémie de COVID-19 les 24 et
30 avril ainsi que les 1er, 6, 7, 8, 15, 20 et
22 mai 2020.
Je dépose également
le rapport de la Commission des institutions qui, les 19 et 28 novembre et
les 5 et 6 décembre 2019, les 11, 12,
13 et 18 février ainsi que le 10 mars 2020, a procédé à l'étude
détaillée du projet de loi n° 32, Loi
visant principalement à favoriser l'efficacité de la justice pénale et à
établir les modalités d'intervention de la Cour du Québec dans un
pourvoi en appel. La commission n'a pas complété l'étude du projet de loi.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, évidemment, le dépôt de plusieurs pétitions se fera aujourd'hui.
Comme le règlement le prévoit, un maximum de
15 minutes est consacré à cette étape. Le cas échéant, le dépôt de
certaines pétitions sera reporté à la prochaine séance. M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : Oui, M.
le Président. Alors, au nom de ma
collègue de Notre-Dame-de-Grâce, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 2 583 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant qu'au Québec environ 36 000 enfants ont reçu
un diagnostic de problèmes d'apprentissage incluant l'autisme, le TDA, le TDAH, la trisomie 21,
il est impératif de mettre en place des services et des thérapies pour
améliorer la qualité de vie de cette population;
«Considérant que la couverture de la RAMQ doit être étendue à
tous les traitements, services, outils et consultations nécessaires d'un point de vue médical à un enfant
handicapé ou ayant des besoins spéciaux, afin de permettre à chaque
enfant québécois de réussir sans mettre les familles en difficultés
financières;
«Considérant que l'absence d'intervention précoce, de
diagnostics précoces et le manque d'accès aux services peuvent avoir des effets négatifs sur leur
développement et entraîner des difficultés sociales, mentales, scolaires et
physiques;
«Considérant que les services publics sont submergés par de
longues listes d'attente, ce qui laisse peu ou pas de services aux
enfants pendant les étapes cruciales de leur développement;
«Considérant que la situation financière d'une famille
détermine les ressources auxquelles un enfant a accès, les enfants des familles à faibles revenus souffrent
d'un retard dans les interventions ainsi que des traitements non pertinents;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec
d'inclure dans la couverture de la RAMQ les éléments suivants, sans toutefois
s'y limiter : tests de diagnostic, programmes d'intervention précoce,
physiothérapie, orthophonie, ergothérapie,
analyse comportementale appliquée et aide psychologique pour tous les enfants
de moins de 18 ans qui ont déjà été évalués et qui ont besoin de
ces services offerts par un professionnel de la santé.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé. M. le député de LaFontaine, à nouveau.
M. Tanguay : Merci, M.
le Président. Alors, je dépose, au
nom de ma collègue de Notre-Dame-de-Grâce, l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
1 555 pétitionnaires. Désignation : citoyens
et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Considérant que les orthésistes et prothésistes au Québec
sont les seuls professionnels de la santé spécialisés dans tout type d'appareillage orthopédique — orthèses
et prothèses, de la tête aux pieds — d'aide
à la marche, d'aide à la mobilité, incluant tout type de vêtement de
compression ainsi que la biomécanique du corps;
«Considérant que 76 % des personnes âgées de 15 ans
et plus vivant avec une incapacité utilisent une aide technique;
«Considérant que près de 80 % des services
sont offerts par le privé hors établissement;
«Considérant
que la profession d'orthésiste-prothésiste est la seule profession du secteur
de la santé qui est encadrée par l'Ordre des technologues professionnels
du Québec — OTPQ,
3 600 membres;
«Considérant que le
titre utilisé dans
l'écriture de divers règlements et parmi le corps médical est
"orthésiste-prothésiste", alors que le
titre réservé à l'ordre est
présentement "technologue professionnel";
«Considérant qu'il existe actuellement au Québec
environ 100 personnes qui s'affichent orthésiste ou prothésiste, et qui reçoivent quotidiennement des
patients à ce titre, sans être soumises à un encadrement professionnel strict;
«Considérant
que la principale difficulté du système réglementaire québécois de l'orthèse et
de la prothèse est l'absence de
titre réservé clair pour les personnes
qui pratiquent la profession d'orthésiste ou de prothésiste;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du
Québec le transfert des orthésistes-prothésistes au sein d'un autre ordre
professionnel en lien avec le domaine de la santé.»
Je certifie que cet extrait est conforme à l'original
de la pétition.
Le Président : Et cet extrait
de pétition est déposé. M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Merci, M. le Président. Je dépose aujourd'hui, au nom de mon collègue de
Beauharnois, l'extrait de la pétition suivante adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 365 pétitionnaires. Désignation: citoyennes et
citoyens du Québec.
«Les faits invoqués sont les
suivants :
«Attendu que chaque membre d'un couple a droit à
sa part du patrimoine familial;
«Attendu que, lorsqu'un membre d'un
couple doit aller vivre en CHSLD pour recevoir les soins nécessaires à sa
santé, l'autre membre doit continuer à vivre
décemment dans sa maison ou son logement et a droit de conserver son auto;
«Attendu
que les revenus de la sécurité de la vieillesse et des rentes du Québec sont
ordinairement insuffisants pour payer l'hébergement en CHSLD;
«Attendu
que la loi actuelle ne permet que [d'avoir] des avoirs limités et place [les
membres] en meilleure santé dans une situation précaire;
«Attendu que
l'investissement d'une maison est le sacrifice familial d'une vie;
«Attendu que les
montants n'ont pas été indexés depuis 1983;
«Attendu que nous
voulons l'équité dans les couples;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec de réviser les critères
d'exonération du Programme de
contribution financière des adultes hébergés afin de rétablir une équité entre
les membres du couple tout en respectant le patrimoine de chacun.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 10 118 pétitionnaires.
Désignation: citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que,
depuis quelques années, plusieurs travailleurs et ex-travailleurs ont dû faire
face à la fermeture ou la mise en faillite de leur entreprise;
«Considérant
que, dans les cas de plus en plus nombreux — c'est-à-dire White Birch, Sears, Groupe
Capitales Médias, etc. — les retraités et les travailleurs actifs ont
été confrontés à des déficits de solvabilité de leurs régimes de retraite;
«Considérant que ces
situations ont donné lieu à des coupures dramatiques de prestations de retraite
de ces travailleurs — près
de 45 %, par exemple, pour les retraités de White
Birch, près de 30 % pour les employés actifs et les retraités des
journaux du Groupe Capitales Médias;
«Considérant que la législation
québécoise actuelle permet aux entreprises de ne pas assumer ces déficits de
solvabilité en ne cotisant pas suffisamment aux régimes de retraite;
«Considérant que la Fédération canadienne des retraités estime à
plus de 15 000 le nombre de retraités qui en font les
frais depuis 2009;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec :
«De revoir la législation sur l'administration des régimes
de retraite pour empêcher la répétition de tels drames;
mettre en oeuvre tous les moyens possibles pour atténuer, sinon éliminer les
effets de tels événements;
mettre sur pied un programme d'assurance, à la charge des entreprises, pour
compenser d'éventuelles coupures dans les prestations de retraite, similaire à
ce qui se fait en Ontario.»
certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Président : Merci. Cet extrait de pétition
est déposé. M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre : Merci, M. le Président. Il
me fait plaisir de déposer, au nom de mon collègue de Dubuc, l'extrait de pétition
suivant, adressée à l'Assemblée
nationale, signée par
2741 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les animaux ne sont pas des biens et qu'ils
sont des êtres doués de sensibilité avec des impératifs
biologiques. Les animaux ne devraient pas être vendus comme des biens meubles
au moyen des petites annonces;
«Considérant
que les sites d'annonces classées sont incapables de distinguer les éleveurs
certifiés et responsables des éleveurs qui, sans égard au bien-être animal,
profitent de la vente d'animaux;
«Considérant que la vente d'animaux sur les sites d'annonces
classées favorise l'acquisition d'un animal sur un coup de
tête ou par des individus irresponsables;
«Considérant que la vente de chiens sur les sites d'annonces
classées peut causer des risques sérieux pour la sécurité [publique];
« Considérant que de nombreux animaux [souffrent] de problèmes de
santé et de comportement sont vendus sur ces sites au
détriment des acheteurs;
«Considérant qu'afin de lutter contre le problème de surpopulation
animale des municipalités ont mis en place des règlements qui n'autorisent que la vente de
chats, de chiens et de lapins déjà stérilisés provenant uniquement de refuges ou
d'organismes de secours animal dans les animaleries;
«Considérant que les marchés en ligne Used.ca, OfferUp,
BuySellTrade, letgo Canada, Craigslist et Facebook
interdisent la vente d'animaux sur leurs sites;
«Et l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés, demandons au gouvernement du Québec
d'interdire la vente commerciale d'animaux sur les sites
d'annonces classées du Québec.»
Je certifie que cet extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Cet extrait de pétition est également déposé. M. le
député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Merci,
M. le Président. Alors, je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 662 pétitionnaires. Désignation :
citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
santé physique et la santé psychologique sont tributaires d'une saine activité
sexuelle;
«Considérant que la
dysfonction érectile peut entraîner d'autres problèmes de santé tels que la
dépression et le suicide;
«Considérant que des
milliers d'hommes souffrent de dysfonction érectile après avoir subi une
exérèse de la prostate;
«Considérant que plusieurs
problèmes de santé, tels [que] le diabète et les troubles vasculaires peuvent
engendrer la dysfonction érectile;
«Considérant que les
coûts reliés à la prise de médicaments servant à traiter la dysfonction
érectile s'élèvent à plusieurs milliers de dollars par année;
«Considérant qu'aucun assureur n'accepte de rembourser les
médicaments servant à traiter la dysfonction érectile;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«De reconnaître que
la santé physique et la santé psychologique sont tributaires d'une saine activité
sexuelle;
retirer les médicaments prescrits pour le traitement de la dysfonction érectile
de la liste des cas d'exclusion de la Régie de l'assurance maladie du
Québec;
«D'exiger auprès des
assureurs, dont la RAMQ, que soient remboursés, en tout ou en partie, les
médicaments prescrits pour le traitement de la dysfonction érectile.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Et cet extrait de pétition est déposé. À nouveau, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 7 113 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le gouvernement a fait de l'accès aux soins en centre d'hébergement de longue durée une priorité;
«Considérant que le gouvernement reconnaît le caractère spécifique de la
contribution des salariés oeuvrant auprès des personnes présentant des
troubles graves de comportement;
«Considérant que le gouvernement
reconnaît que la région du Grand Nord éprouve des difficultés aiguës de
rétention du personnel;
«Considérant que le gouvernement
accorde une importance à la formation des professionnels du réseau de la santé
et des services sociaux et à l'encadrement des personnes nouvellement
embauchées;
«Considérant que le gouvernement
a antérieurement indiqué vouloir maintenir la prime versée aux ouvriers
spécialisés durant la période de négociation;
«Considérant que le gouvernement
reconnaît que le retrait de la prime aux psychologues pourrait avoir un impact
sur la rétention et affecter l'accès aux services à la population;
«Considérant que le retrait, même temporaire, des primes ou
tout autre montant pourrait compromettre les travaux menés
antérieurement sur les enjeux d'attraction et de rétention du personnel et de
stabilisation du mouvement de main-d'oeuvre;
«Considérant que le retrait, même temporaire, des primes ou
tout autre montant pourrait entraîner des impacts négatifs sur l'accès
aux services de la population, notamment les personnes les plus vulnérables;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec que soit maintenus toute prime, allocation,
majoration ou tout autre montant ou budget prenant fin le 30 mars 2020, jusqu'à
l'entrée en vigueur de la prochaine convention collective.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. À nouveau, M. le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci. Alors, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 422 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant qu'on a
imposé la couronne britannique au peuple québécois en 1763, sans son
consentement;
«Considérant
que cette même appartenance à la couronne britannique a été [de] nouveau
imposée et maintenue lors de la
Confédération de 1867 et que rien n'a changé non plus avec le rapatriement de
la Constitution canadienne de 1982 que le Québec n'a d'ailleurs jamais
signée;
«Considérant que les
choses ont bien changé depuis le XVIIIe, [...]XIXe et [...] XXe siècle;
«Considérant
la déclaration du 22 juin 1990 de
Robert Bourassa : "Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on
fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte,
libre et capable d'assumer son destin et son développement.";
«Considérant
que le peuple québécois, en ce XXIe
siècle, est dorénavant souverain dans ses décisions par le fait que la
démocratie a grandement évolué;
«Considérant que
l'Assemblée nationale a un profond respect du processus démocratique et des
consultations qui en découlent;
«Considérant
que l'Assemblée nationale, par les
parlementaires qui y siègent, ne peut ignorer le droit d'interpellation
majoritaire des citoyens qu'elle représente;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'entreprendre une procédure référendaire pour que le peuple
québécois se prononce sur sa volonté ou non de conserver le lien qui l'unit
comme sujet de la couronne britannique.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. Enfin, M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci, M. le Président. Alors, au nom de mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve,
je dépose l'extrait d'une pétition adressée
à l'Assemblée nationale, signée par 1 498 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que la préservation du patrimoine
naturel est une priorité pour les Québécoises et les Québécois;
«Considérant que la
valorisation de ces espaces est essentielle aux générations futures;
«Considérant
que ces territoires accueillent
chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs provenant de
partout dans le monde;
«Considérant que ce
sont des personnes dévouées qui s'occupent de ces joyaux naturels;
«Considérant qu'un
investissement en ressources humaines est nécessaire afin d'attirer et de
retenir le personnel de la Société des établissements de plein air du Québec — la
SEPAQ;
«Considérant que nous
sommes de tout coeur avec les demandes des travailleuses et des travailleurs;
«Considérant que le
personnel de la SEPAQ valorise et protège nos espaces naturels, ce qui est
d'une importance cruciale à l'heure de la crise écologique;
«Considérant que ces
personnes devraient pouvoir compter sur un emploi de qualité leur permettant de
vivre dignement et un emploi à la hauteur de l'importance du travail réalisé
tous les jours;
«Considérant
qu'il est de la responsabilité du
gouvernement du Québec d'offrir les moyens financiers à la SEPAQ pour
qu'elle traite son personnel décemment;
«Et l'intervention réclamée
se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'assumer sa
responsabilité auprès de la SEPAQ;
«De s'impliquer dans
la négociation en cours afin de contribuer à conclure une entente satisfaisante
dans les meilleurs délais.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Et cet
extrait de pétition est déposé. Compte
tenu du temps, le dépôt des autres
pétitions est donc reporté à la prochaine séance.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
violation de droit ou de privilège.
Nous en sommes maintenant
à la période de questions et de réponses orales, et je cède la parole à la
cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : Merci, M.
le Président. Alors, vous allez me
permettre de commencer en souhaitant un joyeux anniversaire au premier
ministre et lui dire qu'il s'est
offert comme cadeau un retour à l'Assemblée
nationale et que nous en
sommes tous ravis.
Avec la
pandémie qui sévit, M. le Président, on peut s'entendre sur une chose :
l'absolue nécessité de mettre un terme
à des situations qui sont intolérables présentement, et principalement dans nos CHSLD. Alors, parce que nous voulons
tous des soins de santé de qualité, des
soins sécuritaires, des soins humains, je demande au premier ministre de demander à son leader d'appeler le projet de loi qui a été
présenté par mon collègue.
Au-delà des
remerciements qui ont été formulés et sentis, nous devons passer à l'action.
Nous avons l'opportunité de remettre au personnel de la santé un peu de ce
qu'ils nous ont donné. Nous avons l'opportunité d'améliorer les conditions de travail. Nous avons l'opportunité de combattre les effets
dévastateurs de la surcharge de travail. Le projet de loi pour revoir les ratios, c'est de s'attaquer à la
détresse, c'est de s'attaquer à l'épuisement, c'est d'offrir plus de dignité,
c'est d'offrir de meilleurs soins. Nous avons une opportunité de réellement
changer la donne.
Est-ce que le premier ministre en aura le
courage?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : Oui. Merci, M. le Président. D'abord, je
veux remercier la cheffe de l'opposition
officielle pour ses fleurs. Maintenant, concernant son pot, je veux lui dire d'abord
qu'on est en train de négocier, actuellement, pour augmenter les salaires des préposés aux bénéficiaires, et on va réussir. Malheureusement, le député
libéral de La Pinière
avait essayé en 2015, n'avait pas réussi à augmenter de façon différenciée les
salaires des préposés aux bénéficiaires.
Maintenant,
M. le Président, concernant les ratios, ce qu'il est important
de dire, c'est que, dans nos CHSLD avant la crise, il manquait 10 000 employés, donc
10 000 postes qui n'étaient pas comblés. Donc, je veux bien, là, le Parti libéral nous dit : On devrait en afficher 20 000 ou je ne sais pas
combien ça donne, le nombre, mais je pense que c'est autour de 20 000. Mais, M. le Président, la priorité à court terme, c'est de combler les
10 000 postes qui n'étaient pas comblés avant la crise.
Donc, on
travaille très fort avec le ministre de l'Éducation pour que, dans les
prochaines semaines, on démarre des cours de formation dans nos centres
de formation professionnelle, sur le terrain, donc qu'on comble le plus
rapidement possible ces 10 000 postes qui auraient dû être comblés
depuis plusieurs années.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le
Président, d'abord,
je voudrais dire que, dans ma question, il n'y a ni fleur ni pot. On parle
de personnes de la santé qui sont
surchargées, qui sont épuisées, et des personnes qui sont vulnérables, qui en
font les frais. Ces hommes et ces
femmes, elles livrent des combats quotidiens dans des conditions qui sont
difficiles, parfois même au risque de leur vie.
Alors, est-ce qu'on peut convenir en cette Chambre qu'il est temps de redonner un peu de ce
qu'ils nous ont donné? Indépendamment de ce que le premier ministre dit,
il y a moyen d'agir aujourd'hui.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : Oui. M.
le Président, je comprends que la
cheffe de l'opposition officielle est d'accord avec nous pour augmenter les salaires de 12 % plus l'augmentation qui va être
donnée aux autres employés de l'État. Donc, on parle de 17 %, 18 % d'augmentation. Mais, M. le Président, le principal problème, c'est que ces primes-là sont déjà en
place de façon temporaire. Il faut trouver
10 000 personnes. 10 000 personnes. Donc, j'aimerais que la
cheffe de l'opposition
officielle me donne une suggestion pour comment on trouve ces
10 000 personnes pour travailler dans nos CHSLD.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle. Vous
êtes la seule à avoir la parole.
Mme Anglade : Justement, M. le
Président, dans les propositions qui
sont faites, ça permet d'attirer davantage
de personnes parce que les conditions sont améliorées. Ce que l'on constate aujourd'hui,
par contre, c'est que les déplacements
fréquents de patients entre les établissements continuent de persister. Les déplacements de
patients d'une zone
chaude à une zone froide se font encore. Le matériel de protection est
insuffisant. Le Québec est rendu le cinquième endroit au monde
avec le nombre de décès.
M. le Président, il faut agir, et on a une
proposition concrète. Que va faire le premier ministre?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le
Président, la seule proposition qu'a
le Parti libéral du Québec, c'est de dire : Il y a
10 000 postes affichés, là,
actuellement, depuis des mois, dans les CHSLD, on vous propose
d'en afficher 20 000. C'est ça, la proposition du Parti
libéral. Moi, je n'ai rien contre
l'idée, éventuellement, d'en afficher 20 000, mais est-ce qu'on ne peut pas convenir que la priorité, c'est d'abord de combler
les 10 000 postes?
Donc, on va
payer les gens pour venir étudier. Même pendant leurs études, on va les payer.
Les centres de formation professionnelle, il y en a une cinquantaine, on
est en train de les ouvrir, à partir de la mi-juin...
M. Legault : ...pour combler
ces 10 000 postes. Donc, M. le Président, une proposition, s'il
vous plaît.
Le Président : Troisième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : À l'époque où les projets pilotes ont été
lancés, il y avait déjà pénurie, et pourtant, malgré ces pénuries, on a été capables de démontrer qu'il y avait des employés qui étaient plus
satisfaits, l'absentéisme était en baisse, la profession était perçue
comme plus attractive, les patients recevaient de meilleurs soins, qu'ils
prenaient moins de médicaments et qu'on recensait moins de chutes. Ça, c'était
avec des pénuries.
M. le
Président, je demande un peu d'ambition de la part du premier ministre pour les
gens dans le domaine de la santé.
Le Président : M. le premier
ministre.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, avec tout le respect que j'ai pour la cheffe de l'opposition
officielle, ce n'est pas exact. Quand
les libéraux étaient au pouvoir, il n'y avait pas... il y a eu même des
coupures de postes, des coupures de postes.
Quand on est arrivés au gouvernement, on a augmenté de façon très importante
les budgets, mais des centaines de
millions de dollars n'ont pas été dépensés parce que les postes n'étaient pas
comblés, parce que les personnes qui ont quitté sous le gouvernement
libéral n'ont pas voulu revenir. Donc, M. le Président, comblons les postes
actuels, les 10 000 postes, puis après on pourra se parler de savoir
est-ce qu'on en crée 20 000.
Le Président : Question
principale, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : M. le Président, on en a déjà parlé avant la
crise, les patients du Québec et leurs soignants vivaient des situations
impossibles : une infirmière pour 169 patients au Centre
d'hébergement Champlain, à Verdun, une infirmière pour 115 patients au
CHSLD Métabetchouan, une infirmière pour 108 patients au CHSLD Beauceville.
Pendant la crise, M. le Président, la situation
s'est détériorée, mais le personnel a fait des petits et des grands miracles, avec les moyens du bord, jusqu'à ce que
les médecins, les pharmaciens, les bénévoles, même l'armée viennent leur donner un coup de main. Mais, maintenant que
tout ce monde-là quitte, maintenant que l'armée est moins présente, on ne peut pas revenir à la situation d'avant. On
a une obligation, envers nos infirmières, nos préposés, nos professionnels,
de leur donner un meilleur environnement de
travail. On a une obligation, envers nos patients, de leur assurer des soins.
En disant qu'ils n'adopteront pas des meilleurs ratios, ça revient à
dire qu'il n'y aura aucune garantie pour le patient.
Pourquoi ils
laisseraient l'après-crise comme l'avant-crise, un patient pour
169 patients? Ça ne répond aux besoins de personne.
Le Président : Mme la
ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Oui. Bien, M. le Président, je suis absolument d'accord sur une chose que dit
mon collègue député de Pontiac, c'est
qu'on ne va pas revenir à ce que c'était avant et certainement pas pendant les
15 dernières années. On ne reviendra pas là. On est en train,
encore une fois, de réparer, de réparer ce qui a été laissé en héritage par
l'ancien gouvernement. Et ça urge. Comme l'a
dit le premier ministre, là, il faut agir tout de suite, là. Alors, on se met
en branle et on va embaucher 10 000 personnes, je l'espère,
parce que c'est de ça qu'on a besoin actuellement.
je vais vous dire autre chose, M. le Président. Non seulement on a besoin de
ça, parce qu'on était déjà en pénurie avant
même qu'on avait ajouté des budgets puis on n'a pas trouvé preneur, mais parce
que, dans un contexte de COVID-19, M. le Président, ça prend plus de
bras, même, parce que c'est plus compliqué.
Alors, nous, on se
met en action, et c'est ce qu'on va faire, on va embaucher 10 000 personnes,
préposés aux bénéficiaires, pour venir aider nos gens qui sont sur le terrain, M.
le Président. Nous, on agit rapidement.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député.
M. Fortin : M. le
Président, ce n'est pas obligé d'être
un mais pas l'autre. On peut faire mieux que ça. On n'est pas obligé de dire : On va vous payer davantage,
mais vous allez continuer d'être débordés, vous allez continuer d'être épuisés, vous allez continuer de tomber au combat.
Si le gouvernement veut changer les choses, M. le Président, il a l'opportunité de le faire. Le premier ministre, il a devant
lui des solutions. Les Québécois méritent de meilleurs soins, les
infirmières demandent juste à pouvoir les donner.
Pourquoi il refuse
d'adopter le projet de loi?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Bien, M. le Président, je pense qu'évidemment l'important, c'est d'améliorer
les conditions de travail.
L'important, comme le dit le premier ministre, c'est aussi d'améliorer la
rémunération des préposés aux bénéficiaires. Jamais ça n'a été fait par
le gouvernement précédent.
Nous,
on va le faire, là, on est sur le point de le faire. Il y a des négociations
qui avancent bien avec le président du
Conseil du trésor, et ça, ça va attirer des gens. On va mettre des stratégies
en place avec le ministre de l'Éducation, on va en former, former des gens en emploi aussi, on va être à pied
d'oeuvre pendant l'été pour se préparer pour l'automne, là, parce qu'on
ne peut pas attendre, là. L'automne, il faut être prêts...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...il se pourrait qu'il y ait une deuxième vague.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Pontiac.
M. Fortin : Mais, depuis le début de la crise, M. le Président, la ministre de la
Santé dit : On continue les déplacements
entre établissements parce qu'il n'y a pas de personnel qui veut travailler en
CHSLD la nuit. Vous savez pourquoi
les infirmières, les préposées ne veulent pas travailler en CHSLD la nuit?
Parce qu'elles sont seules, M. le Président. La seule façon de garantir
qu'elles ne seront pas seules, c'est avec un ratio qu'on va respecter, M. le
Président.
Pourquoi le
gouvernement refuse cette opportunité-là?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux, nous sommes attentifs à
votre réponse.
Mme McCann :
Oui. Bien, M. le Président, la seule façon, là, qu'on va régler les
déplacements... D'abord, je vais vous
dire, on a mis en place On vous écoute, et là on est capable de cibler où
est-ce que ça se passe. Puis là on va en ajouter, du personnel pour régler ces situations-là. Elles ne sont pas
partout, là, mais il y en a quelques-unes, là, qu'il faut régler très, très rapidement. Les infirmières vont
graduer, là, on va les embaucher. On en a même embauché, des étudiantes
qui terminaient. Par arrêté ministériel, on a pu, avec les ordres
professionnels, aller les chercher. Alors, on va régler.
Alors,
M. le Président, la meilleure chose à faire, c'est de régler le plus rapidement
possible. Il faut que ça soit réglé pour l'automne, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann : ...pas dans un an,
M. le Président.
Président : Question principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, 72, c'est le nombre de jours que Robert Tremblay a
passés entre les quatre murs de sa
chambre dans son CHSLD de Montréal. 72, c'est aussi le nombre de jours qu'il a
passés seul sans visiteur. Deux, c'est
le nombre d'après-midi par semaine où il a droit d'être assis dans son fauteuil
électrique plutôt que d'être couché dans son lit. Un, c'est le nombre de
bains qu'il a reçu depuis le début du confinement.
Maude
Lépine, une jeune avocate qui est allée travailler dans un CHSLD de Laval,
dénonce cette réalité et elle dit : «Ce qui leur tenait lieu de
chambre est devenu leur cellule, et nous, le personnel soignant, sommes devenus
leurs geôliers. Ce sont des conditions de vie ni plus ni moins qu'inhumaines,
qui leur causent une souffrance sans nom.» Fin de la citation.
M. le Président,
concrètement, qu'a fait la ministre responsable des Aînés depuis deux mois et
que fait-elle aujourd'hui pour rendre les conditions de vie de ces personnes,
de ces aînés, plus humaines?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, je profite de
l'occasion pour saluer Robert Tremblay, qui est au CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, qui fait partie, soit dit en
passant, du comité qui est en train de travailler sur la première politique d'hébergement et de soins de
longue durée. C'est vrai que Robert Tremblay est resté dans sa chambre, parce qu'à Notre-Dame-de-la-Merci il y a la
COVID-19. Ça a été l'un des endroits qui a été fortement touché, comme d'autres. Mais, à un moment donné, il faut aussi
lever certaines restrictions, et ça s'en vient, il y a une consigne, comme
on est en train de déconfiner partout.
Alors,
je suis convaincue que la députée veut aussi parler de climatisation, puisque,
dans une émission de radio, M. Tremblay
disait qu'il est dans sa chambre sans
climatisation. Or, une consigne, une directive est
partie ce matin même pour dire à tous les P.D.G. des CISSS et des
CIUSSS de faire en sorte de pouvoir proposer, de dire aux résidents...
s'ils veulent avoir un climatiseur
mobile, ils peuvent le faire, et que, dans tous les établissements, les CHSLD, qui sont vétustes, oui, on en a...
Le Président :
En terminant.
Mme Blais
(Prévost) : ...qui sont très
vétustes, des gouvernements antérieurs, bien, qu'ils pourront faire tout ce
qui est en...
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Merci, M. le Président. Alors, nous allons parler de climatisation. On le
sait, le Québec vit actuellement sa première canicule. Le gouvernement se propose d'installer des climatiseurs dans les pièces communes.
Pas dans les chambres. Dans les pièces
communes. Alors, depuis le début de la crise, les aînés
sont confinés dans leur chambre. En quoi ça va aider des aînés d'avoir
de l'air climatisé dans des zones communes s'ils ne peuvent même pas y aller?
M. le Président, est-ce que la ministre
responsable des Aînés peut nous dire
quand les chambres dans les CHSLD seront climatisées, les chambres et
pas les pièces fraîches?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés.
Mme Blais
(Prévost) : Je pense, M. le Président, que la députée n'a pas l'heure juste concernant ce sujet. Ce que
j'ai mentionné tout à l'heure, c'est que tous les résidents qui veulent se procurer un climatiseur
mobile ou un ventilateur pourront le faire.
passant, on n'a pas attendu la pandémie pour mettre en place des actions.
L'année dernière, il y avait un comité de
travail, et 100 % des CHSLD qui sont en zone très chaude, chaude ou
acceptable avaient soit de la climatisation, soit de la
déshumidification, des zones de fraîcheur. Pour l'ensemble des CHSLD, ça
représente 94 %.
Le Président :
En terminant... Deuxième complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé :
Merci beaucoup, M. le Président. Écoutez, je me pose la question, très
respectueusement, si la ministre responsable
des Aînés a l'heure juste, parce qu'on est encore en quête de réponses.
Beaucoup de questions ont été posées pour la gestion de la crise, et on
n'a pas de réponse.
Alors,
clairement, je redis à la ministre responsable des Aînés : Quand va-t-elle
climatiser les chambres des résidents dans les CHSLD, et non pas les
pièces communes auxquelles ils n'auront pas accès?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, je vais répéter ma réponse, ce n'est pas
compliqué. Ce matin, les P.D.G. ont
reçu une consigne pour leur dire : Faites tout ce que vous pouvez faire
pour proposer des zones de fraîcheur, de la climatisation, mettez à l'extérieur des génératrices, faites appel à des
entrepreneurs pour qu'on puisse insuffler de l'air frais à l'intérieur. Tout sera mis en place, ce
n'est même pas une question d'argent. Souvent, dans les CHSLD qui sont
vétustes, l'électricité ne peut pas prendre une quantité phénoménale de
climatiseurs.
Donc, on va avoir des
moyens qui sont beaucoup plus agiles, on va être créatifs et on va faire en
sorte que...
Le Président :
En terminant.
Mme Blais
(Prévost) : ...partout au Québec, le plus possible, on puisse protéger
nos travailleurs de la santé et les...
Le Président :
Question principale, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
Merci, M. le Président. Joyeux anniversaire au premier ministre!
Ceux
que le gouvernement nomme les anges gardiens, nos fiers travailleurs et
travailleuses du réseau de la santé, ont
peur de dénoncer des situations où la sécurité et la santé ou la vie des
bénéficiaires est en jeu. Un exemple de dénonciation sur le site de la
FIQ, je cite : «Bonjour. J'aimerais rester anonyme par peur de
représailles de mon employeur. [...]la
moitié des employés sont devenus [COVID] positifs, et ce soir nous avons des
patients positifs mélangés avec des [patients] négatifs...»
Un autre : «J'ai
vu que, sur la liste du gouvernement, mon CHSLD a seulement 40 [cas] infectés.
En réalité, il y en a [...] 111. On a besoin d'aide.»
Ces personnes qui
dénoncent, elles risquent des mesures disciplinaires graves. Si on veut que les
choses s'améliorent rapidement, on a une
proposition à faire au premier ministre : qu'il adopte un décret qui fait
en sorte d'arrêter les mesures de
représailles à l'égard des travailleurs de la santé et des gestionnaires qui
sont en contact avec des situations potentiellement dangereuses pour les
patients. Il y aura une motion tout à l'heure.
Est-ce
que le premier ministre est en faveur de cette motion et va permettre qu'on
mette fin à l'omerta dans le domaine de la santé?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, depuis le début de la crise, à chaque fois que j'ai eu des
informations, j'ai demandé à mes gens
de les rendre publiques, les informations, donc, que ça soit dans les CHSLD,
que ça soit dans les négociations avec les syndicats qui ont lieu actuellement.
M. le Président, actuellement, la ministre a mis en place une façon facile pour les employés
qui n'ont pas l'écoute de leurs
patrons, ça peut arriver... et donc être capable de communiquer directement avec le ministère, puis il
y a une analyse qui est faite de chaque cas. On a déjà des
milliers de personnes qui se sont exprimées. Donc, M. le Président, je pense que ce qui est en
train d'être mis en place, c'est un grand changement par rapport à la culture qui existait depuis plusieurs années.
Donc,
je pense qu'actuellement il y a une différence entre garder la confidentialité de
certaines informations et s'assurer
que ça se rende jusqu'en haut quand il
y a un problème, quand il y a
un mauvais nombre de décès, quand il
y a des conditions qui ne sont pas acceptables.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : M. le
Président, la réalité, c'est que ce
n'est pas suffisant. Le gouvernement a son courriel, on vous lit, mais sait également de qui il s'agit. Et
qu'est-ce qui arrive? C'est que les
gestionnaires essaient de trouver qui a parlé. C'est ça qui se passe présentement dans le réseau.
Alors, il y a des gens qui doivent parler aux médias en dernier recours
et qui nous préservent de dangers imminents pour les patients.
Alors,
je lui demande : Par décret, oui ou non, est-il prêt à faire en sorte
qu'on sauve davantage de vies en permettant aux travailleurs de la santé de dénoncer des situations qui sont
inacceptables présentement dans notre réseau de santé?
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
M. le Président, c'est un changement de culture majeur qu'on fait actuellement.
On le débute, et effectivement tous les suivis sont faits. On a reçu
2 000 courriels, plus de 2 000 courriels. Et, là-dedans, il
y en a qui ont des suivis très
prioritaires. Par exemple, des gens, des employés qui se déplacent d'une zone
chaude à une zone froide, des
problèmes au niveau de la prévention des infections. C'est un changement, là,
qu'on fait, une communication à partir du
terrain, puis on veut que ça s'instaure partout, dans tous les établissements,
parce que l'important, c'est que ça se règle. Et c'est ça qu'on veut. On
veut régler ces situations-là le plus tôt possible...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...et on prend les moyens pour le faire, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, le changement de gestion, il pourrait commencer par l'adoption
de la motion, justement, parce que
c'est la ministre de la Santé qui parle. Je l'ai entendue, à Tout le monde
en parle dimanche dernier, dire
que c'était interdit, le transfert entre les différents centres. Ce n'est pas
le cas. Alors, qui nous l'a dit? Les travailleurs du terrain qui nous l'ont dit puis qui ont des représailles
présentement parce qu'ils ont commenté ce que la ministre a dit.
Alors, je l'invite à être au courant de ce qui se
passe présentement parce que les gens ont peur des représailles. Et, si
on continue de les pénaliser, on va perdre du monde, Mme la ministre. Il y a
des gens...
Président : Mme la ministre de la Santé et des Services
sociaux. On s'adresse évidemment à la présidence. Mme la ministre.
Mme McCann :
Oui, M. le Président. Oui, je me souviens très bien de ce que j'ai dit à Tout
le monde en parle puis je le
maintiens. Je le maintiens, et on va s'assurer que ça soit appliqué. Et c'est
pour ça qu'il faut qu'on ait le contact avec le terrain puis qu'on fasse
les suivis avec les P.D.G. Et, M.
le Président, on veut que cette
culture-là s'intègre dans notre réseau
parce qu'avant c'était du «top-down»
complètement. Il n'y avait pas d'information qui venait suffisamment du
terrain, inégale à travers tous les établissements. C'est ce qu'on va changer,
M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Au début de la crise, le premier ministre nous assurait
que le Québec faisait
partie des
meilleurs. On était les meilleurs pour la distanciation sociale, on avait le
meilleur système de santé, on faisait plus
de dépistage qu'ailleurs. Tout allait bien, tout allait bien aller parce qu'ici
au Québec, et je le cite : «...quand on se met ensemble, il n'y a
rien qui peut nous arrêter.»
Bien,
ce matin, le Québec est maintenant dans le top cinq mondial du nombre de décès
par million d'habitants. On est loin
d'être les meilleurs, M. le Président, on est parmi les pires. Le Québec s'est
mis ensemble comme jamais, mais, quand même, 4 139 Québécois
et Québécoises sont décédés.
faut faire la vérité sur ce qui s'est passé. On ne peut pas réécrire l'histoire
de la première vague quand on est dedans encore, mais on peut
définitivement faire mieux pour la deuxième. Le gouvernement doit apprendre de
ses erreurs pour ne pas les refaire, pour ne
pas pleurer encore des morts inutiles. Sauf que, pour apprendre de ses erreurs,
il faut être capable de les identifier.
Alors,
c'est ça que je veux demander au premier ministre aujourd'hui. Puis là je ne
veux pas qu'il me parle des libéraux — quoique — et je
ne veux pas qu'il me parle des syndicats. Je veux l'entendre parler de son
travail.
premier ministre peut-il nous dire quelles erreurs son gouvernement a commises
depuis le début de la crise sanitaire?
Le Président : M. le premier
ministre
M. Legault :
M. le Président, il faut être prudent quand on regarde le nombre de décès au
Québec. Il faut comparer avec des comparables. D'abord, il faut
s'assurer que les endroits où on se compare déclarent tous les décès reliés à
la COVID-19. Ce n'est pas le cas partout.
Deuxièmement, il faut regarder aussi la situation spéciale du nord-est de
l'Amérique du Nord.
Quand on
regarde les grandes villes du nord-est des États-Unis et du Canada, on voit que
les chiffres sont à peu près tous les
mêmes ou même pires. Si on regarde, par exemple, des villes comme Détroit ou
Chicago, ils sont à peu près au même
endroit que nous par million d'habitants. Si on regarde une ville comme Boston,
il y a deux fois plus de décès, toutes proportions gardées, qu'ici. À
New York, il y en a trois fois plus.
Il y a une
exception dans les six grandes villes nord-américaines du nord-est des
États-Unis et du Canada, c'est Toronto.
Et on peut se poser des questions : Pourquoi Toronto est si
exceptionnelle? Mais les cinq autres grandes villes, là, les cinq villes qu'on appelait les Original Six du hockey, ont toutes des taux soit égaux soit
supérieurs au Québec. Donc, soyons prudents dans nos comparaisons.
Et, pour
revenir à la question, qu'est-ce
qu'on a fait de pas correct, bien, il
manquait 10 000 personnes
dans les CHSLD avant la crise. C'est ça, le plus grand problème qu'on a
vécu au cours des deux derniers mois.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
En fait, c'est ce que je m'attendais comme réponse, mais je pensais qu'il avait
une capacité quand même de reconnaître qu'il y a eu des erreurs.
Je vais
parler juste ici, par exemple, de la question du dépistage. Le dépistage, il
est plutôt évident que c'est un outil
essentiel dans le coffre à outils de la lutte contre le COVID. On a réussi,
grosso modo, à atteindre 12 500 tests par moyenne la semaine
dernière, même si ça faisait plusieurs semaines qu'on en parlait.
Quand est-ce et comment le premier ministre
entend atteindre les 30 000 prévus par M. Arruda?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Legault : M. le Président,
d'abord, jeudi et vendredi dernier, on a fait 15 000 et 16 000 tests
par jour.
Maintenant,
quand on regarde le nombre de tests qu'on a faits par million d'habitants, le
Québec est bien meilleur que
l'Italie, le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Ontario, l'Allemagne. M. le
Président, quand on regarde le tableau de tous les pays et tous les États, là, le Québec est un des
endroits qui a le plus testé. Donc, ça, c'est la vérité. Ça choque peut-être la
cheffe de Québec solidaire, mais c'est la vérité.
Puis 15 000, 16 000 tests par jour
jeudi et vendredi derniers, là, c'est ce qu'on visait. C'est au-delà de nos
espérances...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...on visait
14 000.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé : C'est ce que vous
visiez, M. le premier ministre, il y a déjà plusieurs semaines de ça.
Un autre
élément que vous auriez pu nommer comme étant un enjeu, c'est la question du
déplacement. Les gens se promènent.
Les travailleurs, travailleuses de la santé, ils se promènent à cause des
agences privées qui les trimballent partout.
Ils se promènent à cause des mégastructures héritées des libéraux. D'ici la
deuxième vague, il va falloir régler tout ça.
Alors, je demande encore au premier
ministre : C'est quoi, le plan pour y arriver?
Le Président : Et je vous
demande toujours de vous adresser à la présidence. M. le premier ministre.
M. Legault :
M. le Président, je mets au défi la cheffe de Québec solidaire de me donner un
endroit au monde où on teste plus que
15 000 par jour, compte tenu de notre population de 8,5 millions
d'habitants. Une place, qu'elle me nomme une place où on teste plus
qu'au Québec.
Maintenant, M. le Président, concernant les gens
qui passent des zones chaudes aux zones froides, il nous manque 10 000 employés. C'est l'héritage
libéral. Je le sais, qu'elle n'aime pas ça que je lui parle des libéraux, mais
on répare les dégâts des libéraux. 10 000 personnes qu'il nous manque. On
va le régler, le problème, puis on va le régler rapidement.
Président : Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : C'est fou comment on oublie vite que, pendant des
mois, ils ont refusé de parler de pénurie. Même, au niveau de l'enseignement puis l'éducation, ça n'existait pas,
la pénurie.
Le ministère de
l'Éducation, c'est comme un gros bateau, pour ne pas dire un mégapaquebot. Un
paquebot, difficile de le faire bouger. C'est pour ça que nous, là, jour 1
de la crise, immédiatement on s'est dit qu'on va aider le capitaine à essayer
de naviguer dans tout ça. Pourquoi? Parce que les enfants ont besoin de nous,
ont besoin qu'on se mobilise, parce qu'en ce moment, déjà, on sait qu'il y a du
décrochage scolaire qui existe, au Québec, déjà on sait qu'il y a de l'anxiété chez nos jeunes, mais, avec une crise aussi
importante que la COVID-19, ça ne fait qu'augmenter. Tous les ingrédients sont réunis, en ce moment,
selon les experts, pour une augmentation du décrochage scolaire. C'est
pour ça que nous, on a tout de suite proposé au ministre de l'Éducation des
pistes de solution.
Mais
à nous tous, là, ici, on n'a pas tous les éléments de réponse. C'est pour ça
qu'on dépose aujourd'hui une motion pour entendre des experts, des
pédiatres, des chercheurs qui, eux, ont déjà su répondre à certaines questions.
Aujourd'hui, est-ce
que, oui ou non, le ministre de l'Éducation veut entendre ces experts?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
M. Roberge :
M. le Président, on veut tellement les entendre qu'on leur parle déjà. La
semaine dernière, ils ont rencontré
notre équipe, le sous-ministre et l'équipe du ministère, je les ai rencontrés
moi-même aussi, toute une équipe de
comité expert, en plus, bien sûr, de l'ensemble des partenaires du réseau de
l'éducation, quand on parle aux fédérations de comités de parents, bien sûr, qui sont aux premières loges, aux
associations de direction d'école, aux centrales syndicales aussi. Bref, tous les partenaires et énormément
d'experts d'une très grande crédibilité travaillent avec le gouvernement,
avec l'équipe du ministère de l'Éducation
pour consolider nos bases puis s'assurer d'avoir la plus belle rentrée qui soit
dans le contexte de la pandémie mondiale,
pour offrir une rentrée, une vraie rentrée. Ça veut dire que les élèves mettent
leurs sacs à dos, là, et marchent jusqu'à
l'école ou prennent l'autobus et se rendent sur les lieux des écoles. C'est
important de le mentionner, c'est
important pour la qualité des services, c'est important aussi pour briser
l'isolement, c'est important pour la
qualité de vie des familles puis c'est important pour la santé mentale de nos
adolescents et nos jeunes. On travaille avec les experts pour livrer une
belle rentrée en septembre.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
Olivier Arvisais, Véronique Dupéré, Marie-Julie Béliveau, Égide Royer, Delphine
Collin-Vézina : tous des experts
des différentes universités. Le premier ministre est revenu en politique pour
l'éducation, il a dit que c'était sa
priorité. Est-ce qu'on a le temps, une journée, pour entendre ces experts,
pour, justement, savoir si, oui ou non, on peut mettre en place
immédiatement, là, par exemple, des récupérations, des camps de
perfectionnement, du soutien psychologique?
Nous, on a envie d'entendre ces experts. Je me demande pourquoi que le
ministre, lui, ne veut pas les entendre devant tout le monde.
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge : Bien, M. le Président, encore une fois, il faut
que je répète à ma collègue qu'on n'a pas attendu, là, son intervention à la
période des questions pour consulter et de manière très large l'ensemble des
partenaires et pour agir, hein? On a créé le site École ouverte, qui est la
référence, en francophonie, sur l'enseignement à distance au monde. On a des ressources numériques didactiques.
On a Allô prof qu'on a subventionné davantage pour prendre des appels des élèves jusqu'à 20 heures le soir. On a eu des
plateformes avec Télé-Québec, des émissions avec Télé-Québec.
On a eu des ententes avec les maisons
d'édition pour avoir les cahiers numériques. Et à chaque semaine on fait plus
et mieux avec les experts et en les écoutant pour donner des meilleurs
services aux élèves.
Le Président :
En terminant.
M. Roberge :
Puis on est à peu près le seul État en Amérique du Nord à avoir ouvert nos
écoles...
Le Président :
Mme la députée de Saint-Laurent, votre deuxième complémentaire.
Mme Rizqy :
On a rouvert les écoles pour rejoindre les enfants plus vulnérables. Or, selon l'article
de Marie-Michèle Sioui dans Le Devoir , 53 % des élèves, oui,
sont à l'école, mais on n'a pas été capable de rejoindre la totalité. C'est
quand même grave.
Écoutez,
un Québec fou de ses enfants, ça commence par un Parlement fou de ses enfants.
Par conséquent, je demande au
ministre de vraiment vouloir travailler avec tout le monde, incluant les
pédiatres et les experts, pour s'assurer le meilleur plan. On a déjà
raté le retour à l'école de ce printemps. Est-ce qu'on peut ne pas rater celui
de septembre?
Le Président :
M. le ministre de l'Éducation.
M. Roberge :
M. le Président, je suis content que ma collègue parle des pédiatres parce que,
je pense, il y a 24, 48 heures, j'étais
en rencontre, évidemment en visioconférence avec eux pour prendre les
meilleures décisions, pour faire un
post-mortem sur ce qui s'est passé ce printemps, pour regarder ce qui s'est
passé ailleurs en Amérique aussi, où ils n'ont pas choisi non plus de réouvrir aucune de leurs écoles. Nous, on a
travaillé très fort pour ouvrir nos écoles primaires. On a essayé de les ouvrir partout.
Malheureusement, ça n'a pas été possible. Mais nous sommes ceux qui avons
ouvert nos écoles avant les autres,
parce que l'éducation, c'est une priorité. Et, les pédiatres avec qui j'ai
parlé, bien, j'ai d'autres rendez-vous pour leur parler encore, parce
qu'ils font
partie des experts que nous consultons.
Le Président :
Question principale, M. le député de Rimouski.
LeBel : Merci, M. le Président. Depuis au moins trois ans, si je me
souviens bien, à chaque mois de mai à peu près, je pose la question au gouvernement : C'est quoi, vos
solutions pour faire face à la canicule dans les CHSLD? L'an passé, la ministre m'avait répondu que plus que
90 % des CHSLD allaient être équipés de zones climatisées et déshumidifiées communes; c'est une solution qui
était temporaire. Là, ce que je comprends de la réponse à ma collègue,
c'est : Bien, ceux qui en ont de besoin, allez vous en acheter un.
suis un peu découragé, je vais vous dire, puis parce que la situation, elle va
être vécue... Il y a des milliers de décès,
dans nos CHSLD, à cause de la COVID. On annonce la canicule bientôt, puis il y
a seulement 25 % des unités en CHSLD
qui ont des climatiseurs. Je sais que l'été passe, là, mais là, les gens, il
faut qu'ils le passent comme il faut, ces gens-là, qui sont déjà
malheureux de vivre ces situations-là.
J'aimerais
savoir de la ministre un détail de son plan. Est-ce qu'il y a quelqu'un de
responsable pour l'opération? Puis
est-ce qu'il va y avoir un échéancier puis des climatiseurs dans les chambres?
En lui disant qu'en octobre il va être trop tard.
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés.
Mme Blais
(Prévost) : Alors, je vais
répéter ce que j'ai mentionné tout à
l'heure pour le collègue de Rimouski,
M. le Président : On n'a pas attendu la pandémie pour mettre en
place des actions. On a fait un comité de travail, en 2018, et l'année dernière il y avait 100 % des
CHSLD qui sont en zone très chaude, chaude ou modérée qui avaient soit de la
climatisation soit de la
déshumidification, c'est ce qu'on a fait, avec des zones de fraîcheur, pour un
total de 94 % des CHSLD.
que je dis, maintenant, c'est qu'à une époque ils devaient louer des
climatiseurs, et puis finalement ça a été levé
pour que les gens, s'ils le souhaitent, puissent acheter un petit climatiseur
portatif. Je ne dis pas que c'est ça qu'il faut faire, je dis qu'on va
continuer notre plan et qu'avec la pandémie, la COVID-19, nous allons ajouter
plus de zones de fraîcheur. Qui plus
est, les P.D.G. ont jusqu'au 1er juin pour transmettre au ministère de la Santé et des Services sociaux...
Le Président :
En terminant.
Mme Blais
(Prévost) : ...tout ce qu'ils vont mettre en place pour davantage
assurer de la fraîcheur dans tous nos établissements.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rimouski.
LeBel : Seulement 25 % des unités en CHSLD ont des climatiseurs
aujourd'hui. Puis on nous parle encore de climatiser des zones communes.
Je ne sais pas, là, je ne suis pas un spécialiste, mais je pense qu'on n'est
pas dans l'époque des
zones communes, là, dans les CHSLD où la pandémie est là. On a parlé d'un cas
tantôt. Il y a des gens qui vivent difficilement,
qui sont confinés depuis des mois, qui sont confinés, et ils n'ont pas de
climatiseur, et là la canicule va frapper.
Qu'est-ce
qu'elle leur dit, à ces gens-là? Et c'est quoi, son plan d'action? Est-ce qu'il
y a quelqu'un qui est en contrôle,
ailleurs qu'un comité? Est-ce qu'il y a du monde qui sont responsables de cette
situation-là et qui vont la corriger?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés. Mme la ministre.
Mme Blais
(Prévost) : Je pense qu'il ne comprend pas ce que je viens de dire,
là. Je viens de dire qu'on va multiplier... Je pense qu'on...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! S'il vous plaît!
Soyez seulement prudents dans les termes que l'on emploie. Tout va très
bien. Mme la ministre, à vous la parole. Nous sommes attentifs.
Mme Blais
(Prévost) : Ce que je viens de dire, c'est qu'on va multiplier les
zones de fraîcheur à la fois dans des établissements
où il y a de la COVID-19, pour la COVID-19, dans une autre
section où il n'y en
a pas, il y aura plus de zones de fraîcheur.
On ne va pas faire circuler les gens comme ça puis les mettre tous ensemble
dans une zone, là, on va en multiplier.
De plus, il y aura
des génératrices, il y aura des entrepreneurs qui vont pouvoir se brancher aux
génératrices, propulser de l'air à l'intérieur de certains CHSLD qui sont plus
vétustes...
Le Président :
En terminant.
Mme Blais
(Prévost) : ...qui ont plus de difficultés à supporter l'électricité.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Avec beaucoup de respect, je vais vous dire, chaque député ici comprend très
bien la situation. Chaque député ici vit des
situations dans leurs circonscriptions, ils savent exactement... ils
comprennent dans quels milieux vivent
nos aînés. Tout le monde ont eu, ici, des gens qui leur... ont appelé. Ce que
je vous demande, Mme la ministre, c'est
de ne pas arriver avec les mêmes réponses que les autres années. Ça fait trop
d'années que j'entends les mêmes affaires, qu'on va dépanner, on va en mettre, des génératrices, on va faire ci, on
va faire ça, puis en se disant : L'été va passer, puis on n'en parlera plus en septembre. Tout ce que je
veux, c'est que ce ne soit plus comme ça que ça se passe aujourd'hui
puis qu'on investisse de l'argent rapidement. Pas en octobre, aujourd'hui.
Président : Mme la ministre responsable des Aînés et des
Proches aidants. On s'adresse toujours à la présidence.
Mme Blais
(Prévost) : M. le Président, la vaste majorité des CHSLD n'ont pas la
COVID-19, pour commencer, hein? Il y
a des zones plus chaudes, il y en a de plus fraîches aussi, par exemple la
Côte-Nord. Ce n'est pas la même situation qu'à Montréal et à Laval.
On a un plan permanent.
On va reconstruire des CHSLD. On a investi 2,5 milliards de dollars
justement pour qu'il y ait de la ventilation
mécanique et qu'il y ait de la climatisation à la fois dans les chambres et
dans les unités de vie. C'est pour ça
qu'on fait des maisons des aînés aussi. Ce n'est pas seulement du béton, c'est
comment prendre mieux soin à la fois
des professionnels de la santé puis des personnes qui résident à l'intérieur et
comment prévenir aussi les infections.
Le Président :
En terminant.
Mme Blais
(Prévost) : C'est ça qu'on va faire.
Le Président :
Question principale, M. le député de Vimont.
Rousselle : Merci, M. le Président. On ne surprendra pas personne ici
en disant que les travailleurs de la santé travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Après deux mois,
la plupart n'ont pas encore accès à l'équipement adéquat pour se protéger. On le répète et on le lit partout dans les médias :
Hécatombe chez les travailleurs de la santé. Les patients sont
vulnérables, et nos anges gardiens sont mal équipés.
Ce sont plus de
5 000 personnes du personnel soignant qui ont été ou qui sont encore
infectées. On compte même des décès
là-dedans. En voulant accomplir leurs tâches, elles se mettent à risque, y
compris leurs patients et leurs familles.
Comment le ministre du Travail peut-il expliquer
que les normes de santé et sécurité ne sont pas suffisamment connues et
mal appliquées? Quelle est sa responsabilité?
Le Président :
M. le ministre... Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Bien, M. le Président, par rapport à la question, là, de l'équipement de
protection, Dieu sait qu'on a fait des tours de roue et des tours de
roue, on a beaucoup amélioré la logistique, parce que c'est une question
d'approvisionnement aussi. Et on a aussi cette possibilité de nous dire, là,
par On vous écoute, qu'est-ce qui se passe.
Alors,
je dois dire, M. le Président, que j'ai posé la question, parce qu'il y a eu
des courriels qui touchaient à ça, à
la situation des équipements de protection. Ce n'était pas qu'on en manquait,
c'est qu'on voulait plus de formation, comment
utiliser l'équipement de protection. Et, M. le Président, on a tout un plan qui
est actif, actuellement, on a des équipes qui forment les gens, parce
que, M. le Président, il y a vraiment à dire comment on utilise le matériel de protection, c'est crucial, et il y a des
formations qu'on donne là-dessus parce que c'est comme ça qu'on peut éviter de
s'infecter, M. le Président. Alors, c'est notre effort, on va le faire.
Puis
on ajoute du monde qui ont été coupés, évidemment, il y a quelques années, là, dans l'ancien gouvernement, on ajoute des gens qui
s'occupent de prévention des infections...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...et on protège nos travailleurs de la santé.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Vimont.
Rousselle : M. le Président, les efforts ne sont pas suffisants, là. D'ailleurs, c'est la responsabilité du ministre au niveau
de la CNESST. L'absence de clarté dans les directives génère, justement, un
manque d'uniformité. Des professionnels sont laissés à eux-mêmes. Il y a
un mois, je demandais au ministre d'aller plus loin, de revoir même les conditions de travail de ces personnes. Hier, même, des microbiologistes jugeaient que le personnel
était mal protégé. Ces experts nous disent même que ça prendrait des
masques N95 et des lunettes fermées.
ministre peut-il nous dire aujourd'hui clairement
c'est quoi, les directives de la CNESST dans ce domaine?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet : Merci, M.
le Président. La CNESST, mon collègue
le sait très bien, joue un rôle de premier plan dans le
contexte pandémique actuel. Partout au Canada, on reconnaît que le rôle de
cette commission-là est essentiel.
Il y a
une application mobile qui permet d'avoir accès à toute l'information nécessaire, il y a des guides avec des normes sanitaires en milieu de travail par secteur
d'activité, avec des guides de vérification quotidienne, avec des affichettes. La CNESST a 300 inspecteurs. Il y a
des ministères et organismes qui ont aussi pris soin de nous donner des personnes qui sont des agents de prévention
extrêmement actifs. Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
Rousselle : M. le Président, ça ne marche pas, les directives
ne sont pas assez claires. M. le Président, moi, je suis sur le côté des travailleurs de la santé. La loi est claire,
l'employeur doit prendre des mesures pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs en fournissant
tous les moyens et l'équipement de protection nécessaires. La CNESST et le
ministre doivent faire respecter la loi.
Après deux mois, force est de constater que les directives ne sont pas assez
claires et qu'elles ne sont pas respectées.
Que fait le ministre
pour faire respecter les directives auprès des employeurs?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet :
Merci, M. le Président. Je suggérerais à mon collègue d'aller sur le site de la
CNESST, de lire le guide des nouvelles normes sanitaires applicables en milieu
de travail. Elles sont très simples, faciles d'application. On a maintenant
1 000 agents de prévention qui informent, sensibilisent les
employeurs et les milieux de travail, accompagnent les travailleurs. Et, si mon collègue
a besoin d'être accompagné, moi, ça me fera plaisir de l'aider à lire le
guide avec lui. Il va facilement comprendre. Merci, M. le Président.
Le Président :
Question principale, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci, M. le Président. Depuis le 11 mai dernier, nous voyons les garderies, les écoles
primaires rouvrir dans des conditions
sécuritaires. Même la vice-première
ministre a dit qu'elle ne voyait pas
de problème à ce que 10 enfants jouent dans une ruelle.
contre, on constate que les mesures de déconfinement ne sont pas claires pour tout le monde. Des jeunes, des parents et
les fédérations sportives se demandent pourquoi il est possible de respecter
ces règles dans une école mais pas sous supervision lors d'un
entraînement sur un terrain sportif, comme un terrain de soccer à l'extérieur.
J'aimerais
que la ministre explique aux Québécois pourquoi la reprise des sports d'équipe ne peut
pas se faire sous certaines conditions, par exemple le retrait de tout
volet compétitif. Pourquoi y a-t-il des contradictions et de l'incohérence entre les déconfinements sportifs et
les autres secteurs? Et, par ailleurs, pourquoi ne pas avoir une stratégie
modelée à la réalité de chacune des régions?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Oui, merci, M. le Président. Merci, M. le député de Marquette, pour la
question.
Évidemment,
avec la lettre que M. le député a publiée aujourd'hui, je pense que je partage
tout à fait ses préoccupations quant à la situation de nos jeunes et la
sédentarité. Maintenant, il faut comprendre qu'on est dans un contexte de pandémie où on a besoin d'avoir
l'accord de la Santé publique, d'avoir l'assurance qu'on place nos enfants
dans un milieu sain et sécuritaire, parce
qu'au-delà de la situation qu'on vit présentement et de la détresse qu'ils
vivent parce qu'ils n'ont pas accès à leurs lieux de pratique, ce qui
serait encore pire, c'est qu'on ait à reconfiner à nouveau.
Donc, ce qu'on fait,
c'est un plan graduel, étape par étape, où on s'assure que les mesures sont en
place pour pouvoir, justement, assurer cette
sécurité de nos enfants. Et on travaille avec les fédérations, on travaille
avec les différents partenaires dans
le milieu pour, justement, adapter la pratique sportive, parce qu'on ne se
mentira pas, là, il faut adapter la
pratique sportive, parce que, comme on la connaît présentement, ce ne sera pas
possible cet été. Alors, maintenant...
Le Président :
En terminant.
Mme Charest :
...on travaille sur ce plan-là avec tous les différents acteurs.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Marquette.
M. Ciccone : Il faut absolument voir à la sécurité et la santé des jeunes. Depuis
plusieurs semaines, le gouvernement parle
de l'importance de bouger, notamment pour la santé mentale, mais il ne faut pas
oublier la situation particulière des jeunes avec un handicap. Ce sont
ces jeunes incapables de bouger qui paient le prix du confinement également.
Cette situation amplifie le problème de
sédentarité. Le gouvernement a le devoir de veiller sur tous. Les fédérations
sportives et les centres
d'entraînement adaptés nous disent qu'ils sont prêts à faire bouger nos
enfants. N'est-il pas temps d'agir, maintenant?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Bien, je suis tout à fait d'accord. Non seulement il est temps d'agir,
maintenant, mais nous agissons maintenant
aussi. Je travaille avec mon collègue, justement, pour l'adaptation des camps
spécialisés puis l'accompagnement. On
est très conscients qu'il y a une problématique encore plus grande, encore plus
grande, plus exacerbée, avec la situation de la pandémie, donc, l'accompagnement d'une personne qui a des besoins
de proximité et d'accompagnement très serrés. Donc, évidemment, ça fait
partie des différents travaux sur lesquels on
planche à tous les jours. Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
M. Ciccone : Merci. Un autre effet pervers de ce confinement
est l'incertitude pour les fédérations sportives, qui naviguent dans le noir, et plusieurs sont au bord du gouffre. On ne sait pas encore si
nos jeunes joueurs et joueuses de soccer, de baseball, de football pourront jouer
cet été ou s'entraîner et dans quelles conditions. M. le Président, plus vite les jeunes feront
du sport de façon sécuritaire, plus rapidement ils lâcheront leurs écrans et jeux vidéo. Bouger,
ce n'est pas un luxe, M. le Président.
Le Président :
Mme la ministre déléguée à l'Éducation.
Mme Charest :
Je pense que la clé de la question, c'est «milieu sécuritaire». Donc, c'est là-dessus
qu'on se concentre et qu'on travaille, pour
être certains que nos enfants vont pouvoir évoluer dans les milieux
sécuritaires et faire en sorte
qu'on ne reconfine pas tout le monde après quelques semaines. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Je vous remercie. Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Nous
passons maintenant à la rubrique des motions sans préavis. Je vous
rappelle qu'en fonction de nos règles et de l'ordre de présentation des motions
sans préavis je reconnais maintenant
un membre de l'opposition officielle. Mme la
députée de Saint-Laurent, à vous la parole.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Joliette, le
député de Chomedey
et la députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale mandate la Commission de la culture et de l'éducation afin qu'elle procède à des consultations particulières d'ici le 12 juin 2020 concernant les mesures à
mettre en place dans les écoles du Québec en prévision de la rentrée
scolaire 2020‑2021 en situation de pandémie;
«Qu'à
cette fin la commission entende notamment : l'Institut national de santé
publique du Québec, Dr Jean-François Chicoine, pédiatre au CHU
Sainte-Justine, M. Olivier Arvisais, professeur au Département de
didactique de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université du Québec
à Montréal, directeur scientifique de l'Observatoire canadien sur les crises et
l'action humanitaire et coprésident scientifique de la Chaire UNESCO de développement curriculaire, Mme Véronique
Dupéré, professeure agrégée à l'École de psychoéducation de l'Université
de Montréal, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la transition à
l'âge adulte, cotitulaire de la chaire Myriagone McConnell-Université de
Montréal en mobilisation des connaissances jeunesse, chercheuse du Centre
de recherche en santé publique de
l'Université de Montréal et du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal,
chercheuse de l'Institut universitaire Jeunes en difficulté et
chercheuse du Groupe de recherche sur les environnements scolaires, Mme Marie-Julie Béliveau, psychologue,
professeure adjointe à l'Université de Montréal, M. Égide Royer,
psychologue et professeur associé à
la Faculté des sciences de l'éducation à l'Université Laval, Dre Delphine
Collin-Vézina, Ph. D., directrice
du Centre de recherche sur l'enfance et la famille et professeure agrégée à
l'Université McGill, Dre Marie-Claude Roy, pédiatre, CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Dr Gilles Julien, pédiatre social,
président et fondateur de la Fondation du Dr Julien;
«Qu'une
période de 12 minutes soit prévue pour les remarques préliminaires,
répartie de la manière suivante :
5 minutes 34 secondes pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 3 minutes 43 secondes...» Pardon. «...5 minutes 34 secondes pour les
groupes parlementaires formant le...» Bien, voyons! Désolée, je pense
qu'aujourd'hui j'ai un peu de misère à lire.
«Qu'une période de 12 minutes soit prévue
pour les remarques préliminaires, répartie de la manière suivante :
5 minutes 34 secondes pour le
groupe parlementaire formant le gouvernement,
3 minutes 43 secondes pour l'opposition officielle, 56 secondes au deuxième groupe
d'opposition, 56 secondes au troisième groupe d'opposition et
51 secondes à la députée indépendante;
«Que
la durée maximale de l'exposé de chaque organisation soit de 10 minutes et
l'échange avec les membres de la
commission soit d'une durée maximale de 35 minutes partagées ainsi — je vais essayer de l'avoir, cette fois-ci :
16 minutes 15 secondes pour
le groupe parlementaire formant le gouvernement,
10 minutes 50 secondes pour l'opposition officielle,
2 minutes 43 secondes pour le deuxième groupe d'opposition,
2 minutes 43 secondes pour le troisième groupe
d'opposition et 2 minutes 30 secondes pour la députée
indépendante;
«Que
le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur soit membre de ladite
commission pour la durée du mandat;
«Qu'enfin,
l'organisation du mandat soit confiée au comité directeur de la commission.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la
cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Je suis vraiment très heureuse de pouvoir déposer cette
motion-là, aujourd'hui, conjointement avec le premier ministre du Québec, la
cheffe du deuxième groupe... du premier groupe d'opposition, le chef du deuxième... du troisième groupe
d'opposition — je suis
un peu émue, hein? — et la
députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée
nationale souligne le 25e anniversaire de la marche Du pain et des
roses qui s'est tenue du 26 mai au 4 juin 1995;
«Qu'elle
souligne l'engagement et l'apport de milliers de femmes, marcheuses,
organisatrices, donatrices dans la réalisation de cet événement
féministe sans précédent qui a notamment permis des avancées en matière
d'égalité et de justice pour toutes les femmes avec l'augmentation du salaire minimum,
la perception automatique des pensions alimentaires, la réduction du temps de
parrainage pour les femmes immigrantes et une
loi sur l'équité salariale;
«Qu'elle
rappelle que, malgré les progrès accomplis depuis 1995, trop de femmes vivent
encore dans la précarité, la pauvreté et l'exclusion;
«Qu'elle
reconnaisse que ce sont majoritairement des femmes qui oeuvrent avec dévouement
dans les commerces et services essentiels, souvent dans des conditions
difficiles, comme nous le rappelle la crise de la COVID-19;
«Que
l'Assemblée nationale s'engage à soutenir les féministes de tous horizons qui
travaillent à l'égalité entre les femmes et les hommes [et] de même qu'à
l'égalité entre les femmes elles-mêmes;
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement du Québec de saisir l'occasion d'élaborer un
plan de relance pour le Québec qui vise à
réduire encore davantage les inégalités entre les hommes et les femmes, ainsi
qu'entre les femmes elles-mêmes.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette : M. le Président, il y a consentement pour un
débat de deux minutes par intervenant dans l'ordre suivant : la cheffe du deuxième groupe
d'opposition, le premier ministre, la cheffe de l'opposition officielle, le
chef du troisième groupe d'opposition.
Président : Je comprends donc qu'il y a consentement pour qu'il
y ait des intervenants et que la durée maximale des interventions soit limitée
à un maximum de deux minutes chacune. Mme la cheffe du deuxième groupe
d'opposition.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Le 26 mai 1995, je me suis réveillée au cégep de
Rivière-du-Loup avec deux heures de sommeil dans le corps et des fourmis
dans les jambes. Ce jour-là, c'était le coup d'envoi de la marche Du pain et
des roses : 10 jours, 250 kilomètres de marche, de marche contre
la pauvreté.
Mais,
quand je fouille dans mes souvenirs, ce n'est pas le coup d'envoi qui me rend
le plus nostalgique, c'est plutôt la ligne d'arrivée. C'est le moment où les
trois contingents de marcheuses se sont rejoints ici même, à Québec, des
autochtones main dans la main avec des
femmes immigrantes, main dans la main avec des femmes lesbiennes, main dans
la main avec des femmes croyantes, peu importent
leurs croyances, main dans la main avec des syndicalistes, avec des femmes de 18 ans, il y en avait certaines,
même, un peu en bas de 18 ans, d'autres en haut, et voire même des
marcheuses qui avaient 80 ans.
En regardant cette marée de femmes épuisées mais fières, je ne voyais plus la
distance qui nous séparait les unes
des autres avant cette marche, je voyais des féministes marcher ensemble pour
soulager le fardeau de toutes les femmes.
Ce jour-là, le mouvement des femmes s'est rejoint dans toute sa diversité, et
je me suis permis de croire, juste un instant, qu'on allait réussir à
déplacer des montagnes.
femmes ont fait quelques gains, mais, 25 ans plus tard, on est encore loin
de la ligne d'arrivée, M. le Président. Ce sont des femmes qui s'épuisent au front dans nos hôpitaux, 90 %
des infirmières sont des femmes. Ce sont des femmes qui prennent soin de nos aînés dans les CHSLD,
88 % des préposés aux bénéficiaires sont des femmes. Ce sont des femmes
qui soignent nos malades, qui éduquent nos enfants, qui gardent nos enfants,
qui nous servent à la caisse du marché d'alimentation.
À la maison, c'est encore elles qui passent, aujourd'hui, en 2020, une heure de
plus par jour, M. le Président, pour s'assurer de la bonne marche de la
maisonnée, même si elles travaillent à temps plein.
Reconnaître
le fardeau qu'elles portent, reconnaître la valeur de leur travail, ça ne devrait pas prendre une
marche de 250 kilomètres.
Ça devrait commencer ici, à l'Assemblée
nationale, et commencer maintenant.
Merci, M. le Président.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. Merci, M. le premier ministre. Je
suis assez vieux pour... M. le
Président, hein, c'est ça? C'est
moi, le premier ministre.
Le Président :
...bien, M. le Président.
M. Legault :
On commence à être un peu fatigués.
M. le Président, je me rappelle le 26 mai 1995. D'abord, effectivement, c'était ma fête, mais, je me rappelle aussi, j'étais en affaire, à l'époque, et j'avais été
impressionné par ce groupe. Je sais que... j'allais dire «Manon», mais, disons,
pour l'instant... qui était dans l'organisation, avec Françoise David, de cette grande marche Du pain et des roses
pour que les femmes s'affirment. Je me rappelle aussi, quand je suis
venu en politique, entre autres, en 2000, j'avais eu une première rencontre avec Françoise David et Lucien
Bouchard, qui était premier ministre à l'époque. Ça a été pour moi une rencontre qui a
été marquante, parce que c'était difficile de dire non à Françoise David,
puis disons qu'elle était très exigeante quand on parlait, entre autres,
du salaire minimum, qui était important pour les femmes. Et, par la suite, puis c'est peut-être surprenant pour beaucoup
de gens, j'ai gardé un bon lien avec Françoise David, même si on n'est pas
tout à fait dans le même parti. On s'est rencontrés souvent, puis j'ai toujours
apprécié le fait que Françoise défendait, effectivement, une cause qui aurait
dû être réglée depuis longtemps.
oui, les femmes ont fait beaucoup de gains dans les dernières années, dans les
dernières décennies. J'ajouterais les
services de garde, les services
de garde qui font qu'aujourd'hui on est un des endroits au monde, ce n'est pas exagéré, là, comme les tests, c'est vraiment
un des endroits au monde où on a le plus de femmes qui travaillent. Et ça,
c'est grâce aux avancées qui ont été
faites, grâce aux efforts qui ont été faits par des groupes de femmes, entre autres la Fédération des
femmes du Québec mais tous les groupes qui étaient autour de la marche pour... Du
pain et des roses .
Content
aussi, puis je pense qu'on devrait tous être fiers de ça... On a une
législature qui a un nombre record de femmes,
un gouvernement qui a un nombre record de femmes. Je sais qu'il y a
encore beaucoup de choses à faire pour aider les femmes. Puis je pense aussi qu'on doit
se dire la vérité. La crise qu'on vit, depuis deux mois et demi, quand on
regarde ce qui se passe dans les CHSLD,
bien, ce sont beaucoup des femmes qui
sont au front depuis deux mois et demi, et c'est pour ça que, oui, il faut mieux les payer. Il y a d'autres
groupes aussi, les enseignants , je vois le ministre de l'Éducation.
Évidemment, quand on dit «les enseignants», on parle d'une majorité
d'enseignantes, et là aussi il y a du travail à faire pour améliorer la rémunération parce que ça devrait être une des
responsabilités les plus grandes dans notre société.
Donc,
même s'il y a encore beaucoup de travail à faire, je pense qu'on peut quand
même, le Québec, reconnaître qu'on
est un des endroits au monde les plus égalitaires entre les droits des hommes
et des femmes. Je pense qu'on peut être
fiers de ça. Et, bien, il faut s'inspirer de cette marche historique de 1995 et
souhaiter à toutes les Québécoises plus de pain et plus de roses pour
les prochaines années. Merci.
Le Président :
Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. J'avais 10 ans lorsque ma mère m'a posé la
question suivante, elle m'a demandé : Dominique, sais-tu qui est plus
pauvre que l'homme le plus pauvre au monde dans le pays le plus pauvre?
À cette question, j'ai répondu : Probablement personne. Ma mère m'a
dit : Oui, sa femme et, bien souvent, ses enfants.
ans plus tard, c'était un départ, le vendredi 26 mai 1995, de Montréal. 10
jours de marche, 57 villages parcourus, plus de 800 marcheuses arrivées le 4 juin 1995 à Québec.
C'est, en quelques chiffres, la marche Du pain et des roses , initiée
par Françoise David, par Diane Matte et par
la cheffe du deuxième groupe d'opposition il y a 25 ans. Elles ont marché
pour dénoncer les iniquités dont les femmes
faisaient trop largement les frais dans notre société. Elles ont marché et
ainsi rappelé au Québec tout entier
que les femmes ne se voient jamais octroyer des droits sans avoir à les
revendiquer puis elles ont obtenu des droits, gagné des batailles qui
ont radicalement changé la vie des Québécoises.
tout temps, les femmes ont dû se lever, se mobiliser, persister, souvent dans
l'adversité, pour que des droits leur
soient concédés, des droits qui, par ailleurs, ne devraient jamais être
considérés comme acquis. La situation des femmes a évolué au Québec, ceci est indéniable. De Marie-Claire
Kirkland-Casgrain, première femme élue sous Jean Lesage et première
femme à intégrer un conseil des ministres, au premier Conseil des ministres
paritaire formé par le premier ministre Charest, l'accession des femmes à des
postes décisionnels a considérablement bondi, traduisant progrès et avancements dans les conditions de vie. Et, en
tant que cheffe de ma formation politique, j'ai été touchée de recevoir une
lettre de Mme Pauline Marois, première
femme à accéder au poste de première ministre du Québec et qui, elle aussi, a
tracé la voie pour bien des personnes dans cette enceinte.
Mais
toutes les femmes n'ont pas la même chance et n'ont pas les possibilités de
s'émanciper pleinement. Nous avons le
devoir de travailler à changer cela, un devoir de mémoire envers celles qui
nous ont précédées et devoir de renvoyer l'ascenseur social vers celles dont les voix sont encore et toujours
inaudibles. Nous avons le devoir de penser l'articulation de nos politiques publiques en termes d'égalité
entre les genres et les sexes, en termes de valorisation de toutes les forces
vives qui composent la société et surtout en termes de justice sociale.
J'aimerais,
en tant qu'élue, que nous soyons beaucoup moins frileux à reconnaître que la
majorité des anges que nous remercions depuis le début de la pandémie
sont des femmes, souvent marginalisées, précarisées, épuisées, mais toujours résilientes. Plus que simplement
remercier, pourrions-nous reconnaître que ce travail invisible des femmes est
largement sous-valorisé? Alors, aujourd'hui,
je dis merci à celles qui persistent dans l'ombre comme dans la lumière. Je
pense à celles qui subissent encore des violences sous toutes leurs formes et
je nous demande aussi de les avoir en tête. Les femmes continueront de
briser des plafonds de verre, de se hisser plus haut, plus loin, il le faut, à
cause de la pluralité de leurs vécus, de
leur réalité des points de vue, parce que c'est ça qui va être garant de notre
santé sociale et de notre santé démocratique.
Pourrions-nous
honorer la mémoire de cette marche Du pain et des roses en incluant,
dans le plan de relance du Québec,
des mesures qui visent à réduire encore plus les inégalités entre les hommes et
les femmes? En ce 25e anniversaire d'un événement féministe ayant marqué un tournant
dans notre histoire récente, rappelons-nous que toutes les femmes, sans distinction d'origine, d'ethnie,
d'orientation sexuelle, de classe sociale, de bagage éducationnel et personnel,
ont droit d'avoir voix au chapitre, que leurs voix soient entendues.
Le Président : M. le chef du
troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé :
M. le Président, je salue ma collègue députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui, il y a 25 ans, a
participé activement à l'organisation de la marche Du pain et des roses .
Nous la sentons fébrile et fière du travail accompli
avec des milliers de femmes de partout au Québec. L'initiative avait, à
l'époque, retenu l'attention, c'est le moins qu'on puisse dire. Il faut dire que c'était spectaculaire. Pendant
10 jours, des centaines de femmes québécoises de tous horizons ont marché pour réclamer quoi? Davantage
de justice et de meilleures conditions de vie pour leurs semblables.
Elles ont convergé vers Québec, ici, devant notre parlement.
Le 4 juin, elles étaient environ 15 000
pour entendre le premier ministre Jacques Parizeau répondre à leurs revendications. Il était accompagné de Jeanne
Blackburn, ministre de la Sécurité du revenu et ministre responsable de la
Condition féminine, et de Louise Harel,
ministre de l'Emploi, deux femmes fortes pour une image tout aussi forte. Et
les femmes rassemblées devant
l'Assemblée nationale n'auront pas été déçues. Le gouvernement du Parti
québécois annonçait, à cette
occasion, qu'il hausserait le salaire minimum de 0,45 $, ce qui était
perçu trop peu pour plusieurs, mais c'était la plus importante
augmentation depuis 20 ans. Il s'est aussi engagé à geler les frais de
scolarité, à construire 1 200 unités de logement
abordable et à investir 225 millions sur cinq ans pour générer des emplois
pour les femmes. Parmi toutes les autres mesures mentionnées ce jour-là,
la
Loi sur l'équité salariale, adoptée quelques mois plus tard, a fait
l'histoire. Imaginez, en 1994, les femmes
constituaient près de 45 % de la main-d'oeuvre, et leur salaire
n'atteignait globalement que 70 % de celui des hommes. Il fallait
corriger cela, et ça a été fait, et ça doit se poursuivre.
En 1995, le
gouvernement de Jacques Parizeau lançait une nouvelle politique
interministérielle d'intervention en violence conjugale. C'est aussi ce
gouvernement qui a adopté, en 1997, la Loi facilitant le paiement des pensions
alimentaires, en plus d'instituer un nouveau modèle de fixation des montants
versés.
Puis le 24 août 2000, alors que le premier
ministre... c'était dans le gouvernement de M. Bouchard, le gouvernement du Québec dévoilait un nouveau
programme en matière de condition féminine, L'égalité pour toutes les Québécoises, 58 actions concrètes dans les
secteurs de l'emploi, du travail-famille, lutte à la pauvreté, inégalités
sociales, lutte contre la violence, relations internationales et combien
d'autres.
Et puis il y
a les CPE, les services de garde, qui sont précieux aux yeux des Québécois.
Régulièrement, plusieurs formations
politiques s'unissent ensemble pour les défendre. C'est une avancée importante
pour les femmes. Alors, tout ça pour dire que c'est un narratif bien
différent de ce qu'on entend souvent sur ces gouvernements successifs de Jacques
Parizeau et de Lucien Bouchard.
«Du pain et des roses, pour changer les
choses», c'est un tournant important dans la mobilisation des Québécoises. Les femmes se sont approprié un
pouvoir qu'elles possédaient mais qu'elles n'avaient jamais aussi peu exercé.
Elles se sont donné un rapport de force qu'elles n'ont plus jamais échappé
depuis.
Évidemment,
il y a encore du chemin à faire, et nous sommes tous interpelés comme
parlementaires, toutes les femmes et
tous les hommes qui doivent être des alliés. Nous devons continuer à dénoncer
les inégalités, la discrimination, l'exclusion
et toutes les autres formes d'injustice dont les femmes sont les premières à
être victimes. Toutes les femmes, et
peut-être plus particulièrement les femmes autochtones, les femmes handicapées,
les femmes immigrantes et celles issues
de la diversité sexuelle et de genre, mesdames, nous sommes à vos côtés. Je
fais
partie de ceux qui reconnaissent entièrement et depuis toujours
l'égalité entre les hommes et les femmes et je m'engage, comme élu et au nom du
Parti québécois, à ce que ça devienne chaque
jour de plus en plus une réalité dans les faits. Merci, M. le Président, et
merci surtout à toutes ces femmes qui ont marché pour toutes celles qui suivaient.
Merci.
Président : En
application de l'ordre spécial, j'invite maintenant les leaders
parlementaires à m'indiquer le vote de leur groupe sur cette motion,
suivis des députés indépendants. D'abord, M. le leader du deuxième groupe
d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le leader
du gouvernement?
M. Jolin-Barrette : Pour.
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du troisième groupe d'opposition?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Président : Nous
comprendrons que cette motion est donc adoptée. Toujours dans cette rubrique,
je reconnais maintenant un membre du troisième groupe d'opposition. M.
le député des Îles-de-la-Madeleine, à vous la parole.
Arseneau : M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec le
député de Pontiac, le député de Jean-Lesage, le député de Chomedey
et la députée de Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'adopter, dans
les plus brefs délais, un décret d'urgence pour interdire formellement
toute forme de représailles contre un lanceur d'alerte, soit un employé ou un
cadre d'un établissement du réseau de la santé ou d'une résidence pour
aînés qui aurait divulgué, publiquement ou dans les médias, un acte
répréhensible commis ou sur le point d'être commis.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
M. Jolin-Barrette : ...de
consentement, M. le Président.
Président : Pas de
consentement. Je reconnais, à ce moment-ci, un membre du groupe formant le gouvernement. Mme la ministre responsable de la Condition
féminine — on change de place, mais je vous retrouve — à vous
la parole.
Mme Charest : M. le Président,
je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motio