Transportation and the Environment — 20 March 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CTE 2024-03-20
Quebec — Committees
(Onze
heures seize minutes)
La Présidente
(Mme Maccarone) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des transports et de
l'environnement ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 48, Loi
modifiant principalement le Code de la sécurité routière afin d'introduire des
dispositions relatives aux systèmes de détection et d'autres dispositions en
matière de sécurité routière.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Dufour (Mille-Îles) est remplacée par Mme Setlakwe (Mont-Royal—Outremont).
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci beaucoup. Je vous rappelle que, lors de l'ajournement de nos travaux,
jeudi dernier, la députée de Mont-Royal—Outremont a soulevé la recevabilité de la motion du député de René-Lévesque
proposant de procéder à l'étude du projet de loi
article par article.
Alors, je suis prête
à rendre ma décision sur la recevabilité de la motion préliminaire présentée
par le député de René-Lévesque jeudi
dernier, laquelle propose que la commission procède immédiatement à l'étude de
l'article 1 du projet de loi.
La Présidente (Mme Maccarone) : Est-ce que je vous dérange? Merci. Je vous... je
vous rappelle, par ailleurs, que la
présidence des commissions ne rend aucune décision écrite. Ma décision sera
consignée aux journaux des débats, où vous pourrez vous y référer.
J'ai bien entendu vos
interventions concernant la recevabilité de la motion du député de
René-Lévesque et j'ai bien pris en
considération vos arguments dans l'analyse de ma décision. Vous avez notamment
fait valoir le poids de la jurisprudence parlementaire, le principe
voulant que le débat soit favorisé par la présidence et la composition
changeante des commissions au cours des dernières décennies.
Afin
de rendre cette décision, la présidence doit être guidée par la jurisprudence.
Les grands principes qui s'en dégagent sont les suivants.
Premièrement, le rôle
de la présidence est de... est d'assurer le respect des droits de chaque
parlementaire et de donner aux députés de l'opposition le temps nécessaire pour
faire valoir leurs points de vue.
Deuxièmement, il
appartient à la présidence seule de juger si cette motion est recevable.
Troisièmement, la
recevabilité d'une motion proposant de passer immédiatement à l'article 1
ne s'évalue pas en vertu du calcul purement mathématique du nombre de séances
et d'heures consacrées aux motions préliminaires.
Quatrièmement, les
précédents peuvent servir de guide à la présidence pour rendre sa décision.
Enfin, cinquièmement,
il a maintes fois été décidé que cette motion ne vise pas à clore le débat,
mais à passer à une autre étape de l'étude détaillée du projet de loi, soit
l'étude
article par article.
À ce titre, en 2003
et 2004, les présidences Copeman et Brodeur avaient jugé de telles motions
recevables en indiquant que les oppositions avaient pu soumettre suffisamment
de motions préliminaires. Dans le premier cas, la commission en était... en
était à sa quatrième séance, et six motions avaient été présentées. Dans le
deuxième cas, sept motions avaient été présentées, et la commission en était à
sa troisième séance. Le même président Copeman a déterminé, toujours en 2003,
qu'une telle motion était irrecevable après que six motions ont été présentées,
et ce, lors de sa troisième séance. En 2019,
le président Lemay a jugé que la motion était recevable alors que la commission
en était à sa troisième séance et qu'elle ait disposé de huit motions
préliminaires.
somme, aucune décision précédente ne permet de dégager une interprétation
unique du nombre de motions, de séances ou d'heures d'étude consacrées
aux motions préliminaires devant être consacrées à l'étude des motions préliminaires. En l'espèce, dans le cadre de
l'étude de projet de loi n° 48, nous sommes au début de la cinquième
séance et, en commission, à disposer de sept
motions préliminaires lorsque le député de René-Lévesque a présenté sa motion.
Enfin, je rappelle
que la présidence doit évaluer la recevabilité en toute neutralité. Ainsi, à la
lumière de ces éléments, je juge que la motion proposant de passer à l'étude de
l'article 1 est recevable.
Cela étant dit, juste pour nous situer d'où on
était, je vous rappelle que lors de l'ajournement de nos travaux, jeudi dernier, la députée de Mont-Royal—Outremont a soulevé la recevabilité de la motion du député de René-Lévesque
proposant de procéder à l'étude du projet de loi
article
par article. Mais, avant de mettre aux voix la motion du député de
René-Lévesque, est-ce qu'il y a des interventions en ce qui concerne la
recevabilité de la motion? Je vois qu'il n'y a... Oui, M. le député de
Nelligan.
M. Derraji : Oui,
très rapidement, Mme la Présidente, je comprends qu'il n'y a pas d'avis écrit,
et donc on va suivre... ça va être inscrit dans le Journal des débats .
La Présidente (Mme
Maccarone) : Parfait. Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention en ce
qui concerne la recevabilité de la motion, est-ce qu'il y a des... Oui,
excusez-moi. Le député de Taschereau.
Grandmont : Oui. Merci beaucoup. Bien, en fait, sur la recevabilité?
La Présidente (Mme Maccarone) : Seulement
sur la recevabilité. Si vous souhaitez intervenir sur la motion, ce
serait le prochain appel que je vais faire.
Grandmont : Parfait. Bien, sur la recevabilité, oui, une déception,
là, on avait argumenté en faveur, effectivement, du fait qu'on avait une
jurisprudence qui avait été établie sur la base de l'augmentation du nombre de groupes parlementaires. Je considère que c'est un
recul par rapport au nombre de motions préliminaires qu'il est possible
de déposer, d'autant plus que c'est aussi un... donc, c'est un... pour moi,
c'est un principe fondamental du pouvoir de s'exprimer
des députés lors des commissions. Je pense qu'on est en train de reculer. Selon
notre lecture, là, de la jurisprudence,
huit aurait été le nombre adéquat, considérant les décisions qui ont été prises
par le passé, mais j'accepte évidemment votre décision, mais elle nous déçoit.
Merci.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui. Merci. Je vous ai bien entendu. Y a-t-il d'autres
interventions sur la recevabilité?
S'il n'y a pas de...
nous allons procéder d'abord à des interventions sur la motion qui a été
déposée par le député de René-Lévesque. Y a-t-il des interventions? Il n'y a
pas d'intervention.
Alors, nous allons
passer à la mise aux voix. Est-ce que la motion déposée par le député de
René-Lévesque est adoptée?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci beaucoup. Alors, c'est adopté.
Nous
allons poursuivre. D'abord, je prends en considération l'article 1 du
projet de loi. Alors, Mme la ministre, la parole est à vous pour la
lecture de l'article 1 du projet de loi.
Mme Guilbault : Oui. Merci, Mme la Présidente. Alors,
article 1 :
L'article 3 du Code de la sécurité routière est modifié par l'insertion,
après «infraction», de «, ou d'un manquement constaté au moyen d'un système de
détection,».
Donc, c'est une...
Voulez-vous... je ne sais pas, les collègues, on... le commentaire? Ça dépend
des goûts.
Guilbault : Parfait. Alors, en commentaire, l'article 1 du
projet de loi modifie l'article 3 du Code de la sécurité routière à des
fins de concordance pour préciser que la personne au nom de laquelle un
véhicule routier est immatriculé est responsable d'un manquement commis avec ce
véhicule lorsque ce manquement est imputable au propriétaire. Donc, du fait
qu'on introduit un nouveau régime de SAP, on se devait d'être plus large que la
notion d'infraction.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci. Y a-t-il des interventions? M. le
député.
M. Derraji :
...j'ai oublié, j'ai cru que je dois chaque fois poser... Donc, je veux
juste comprendre. Quand Mme la ministre parle de «système de détection», est-ce
que c'est n'importe quel système de détection ou c'est... elle peut spécifier
quels systèmes de détection?
Mme Guilbault : Le système de détection, la définition va être introduite
un peu plus loin, à l'article 6, je pense, peut-être, ou, en tout, cas
bientôt.
Mme Guilbault :
L'article suivant, bon, l'article 2. Alors, on va
venir préciser la définition d'un système de détection, mais c'est
qu'actuellement c'est les cinémomètres photographiques ou les... l'autre
système, là, pour les feux rouges, qui sont utilisés, mais...
M. Derraji : C'est très... c'est
très...
Mme Guilbault :
...le système photographique de contrôle de circulation aux feux rouges, mais là
on veut élargir, parce qu'on pourrait avoir des nouvelles... des nouveaux
systèmes de détection, tout dans l'optique de moderniser, etc.
M. Derraji : Oui. Je pense que
Mme la ministre va aimer mon amendement. Donc, je vais demander une petite suspension,
parce qu'elle a raison... (panne de son) ... qu'on va avoir des nouveaux
systèmes de détection. C'est pour cela que
je voulais une clarification par rapport aux systèmes de détection. C'est très
clair. C'est ce que j'ai lu dans le
deuxième. Mais, si ça ne vous dérange pas de nous donner un petit moment juste
pour finaliser l'amendement, vous l'envoyer, et on peut en discuter avec
Mme la ministre. C'est bon? Juste une seconde.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait,
mais nous avons déjà l'amendement.
M. Derraji : Ah! Vous l'avez
déjà reçu? C'est bon. OK, c'est bon, vous êtes rapides, c'est bon.
La Présidente (Mme Maccarone) : Ça
fait que, si vous le souhaitez, vous pouvez aller tout de suite... On va
l'afficher sur l'écran.
La Présidente (Mme Maccarone) : Et
voilà, M. le député, la parole est à vous.
M. Derraji : Juste une chose,
j'ai... juste un oubli, Mme la Présidente, j'aurais dû le demander au début.
L'article 254, on va étudier
article par
article, alinéa par alinéa. Désolé, là, je l'ai... je l'ai complètement... On
était vraiment dans le... dans le jus de la matinée.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est
noté. Merci.
M. Derraji : Donc, merci. Donc,
je peux... je peux présenter l'article. Donc, l'amendement qu'on ramène,
justement, il va dans le même sens que Mme la ministre. Bon, je pense que... je
ne vais pas parler en son nom, mais je pense qu'elle a raison de dire qu'il va
y avoir d'autres systèmes de détection. Donc :
«3. La
personne au nom de laquelle un véhicule routier est immatriculé est responsable
d'une infraction ou d'un manquement constaté au moyen d'un système de
détection ou de caméras intelligentes, imputable au propriétaire en vertu du
présent code.»
La Présidente (Mme Maccarone) : Continuez,
M. le député.
M. Derraji : Oui, par un
échange.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, en fait, pour nous, l'introduction du concept de
«système de détection»... puis là c'est un peu anachronique, parce que la
définition est au prochain article, mais... puis je viens de valider avec les
juristes, là. Et puis, à moins qu'on me dise un avis contraire, la notion de
«système de détection» pourrait inclure des caméras intelligentes. Donc, on ne
voit pas la nécessité d'ajouter plus de spécifications, l'idée étant justement
de nous donner le plus de latitude possible dans la future évolution de nos
systèmes.
M. Derraji : Je ne sais... Moi,
quand je l'ai lu, au début, «système de détection», clairement on ne parle pas
de caméras intelligentes. Et d'ailleurs on a... on a l'exemple. Je pense que
Mme la ministre est au courant de BusPatrouille.
Il y a au moins de 17 millions de dépassements illégaux d'autobus scolaires.
Et, on le voit, il y avait déjà un projet pilote, i y a un service
complet offert par BusPatrouille. Il y avait des projets pilotes.
Malheureusement, on n'a aucune idée par rapport à ces projets... à ces... à ces
projets pilotes. Et, si c'est le cas, bien, pourquoi ne pas être beaucoup plus explicite dans l'article de la définition d'un
système de détection? Si c'est le cas, ça veut dire... si on n'a pas de
problème avec les caméras intelligentes, bien, on peut juste l'ajouter.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault : Bien, j'aurai la même réponse à chaque fois, là. le concept
de «système de détection» a été volontairement
choisi pour être suffisamment large pour nous donner toute la latitude et inclure
tout éventuel nouveau système de détection qu'on pourrait vouloir
utiliser.
M. Derraji : OK. Oui, juste un
point. Et, Mme la Présidente, au début, là, vraiment, au début, début, j'ai
posé la question par rapport à «système de détection». C'est vrai qu'on va le
voir un peu plus tard : «Tout système photographique de détection
permettant de mesurer ou de calculer la vitesse ou de surveiller un
comportement routier, notamment le cinémomètre photographique...» Je sais que
je suis dans le deuxième article, mais on ne parle pas de caméras intelligentes. Désolé, là, mais, si on essaie de me faire
expliquer qu'on ne veut pas être beaucoup plus explicite parce qu'on veut rester large, on ne l'est pas. Parce qu'on...
j'ai lu le «système de détection», entre guillemets, point... deux
points. On explique, dans le deuxième article, c'est quoi, un système de
détection, en aucun cas on ne parle de
caméras intelligentes, en aucun cas. Donc, je veux bien entendre Mme la
ministre et les explications de son équipe, mais je ne pense pas qu'on
est clairs dans la définition des caméras intelligentes.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Bien, écoutez, effectivement, là, on est d'accord qu'on va revoir cette... cette notion-là plus
tard, là, dans la... dans l'article 2, là. Puis c'est... c'est bien
évident pour moi aussi, là, qu'à partir du moment où on... on va venir
déterminer qu'est-ce qu'un système de détection, qui, donc, est... qui est
identifié, dans le fond, dans l'article 1... Bon, c'est ça, je pense que
le meilleur endroit pour l'introduire, c'est effectivement, là, dans les
définitions, mais ça, je suis... je suis d'accord là dessus.
Par contre, je suis d'accord avec mon collègue
que moi, j'aimerais qu'on m'explique, du côté de la
partie gouvernementale, si la notion de «système
photographique de détection» inclut aussi des caméras, parce que, là, on parle de
«système de détection». Puis on vient... c'est comme si le... c'est comme si
l'énoncé était très large, «système de détection», mais après ça, dans la
définition, on parle de «système photographique de détection». Donc, est-ce
que, dans le fond, la définition n'est pas plus restreinte que le terme
«système de détection» qui est utilisé?
Je comprends
qu'on fait le débat avant l'article 2, là, mais ce n'est pas grave, tant
qu'à l'avoir ouvert, je me dis : Faisons-le puis on fera de
l'économie de temps tantôt, là, ou on le fera deux fois, effectivement, mais...
mais je trouve ça intéressant quand même,
parce qu'il y a eu des projets... des projets intéressants. Puis on en a
entendu parler, là, avec, notamment, l'association des transporteurs
scolaires qui nous parlait d'un projet pilote, puis je pense que c'était le
projet BusPatrouille, qui nous disait que c'est des caméras qui étaient
utilisées pour rendre compte du non-respect de
la signalisation clignotante, là, les panneaux qui se déploient sur les bus...
les bus scolaires, les bus jaunes, et que, dans le fond, on avait
permis, évidemment, là. Ce projet pilote avait été très, très parlant du fait
qu'on s'est retrouvés avec des... on avait constaté finalement que, malgré...
malgré toutes les pénalités en termes de points de démérite ou les amendes qui
étaient très salées, malgré la surveillance policière, malgré la
sensibilisation qui a été faite aussi pour le respect de cette... de cette
signalisation-là... bien, c'est ça, on constatait énormément, énormément de
défauts de contraventions. Mais, dans ce cas-là, c'étaient des caméras qui
étaient utilisées.
Donc, moi, je pose la question : Est-ce
que... est-ce que le terme «système de détection» n'est pas restreint par l'utilisation dans la définition des termes
«système photographique de détection»? Pour moi, photographie, ça réfère
à une prise de photo, là. Ça fait que je... j'ai de la misère. Peut-être qu'on
pourrait m'expliquer que la définition englobe
plus large. Moi, je veux juste m'assurer qu'après quand ça va être utilisé
par... par les différents pouvoirs publics, quand on va déployer des
moyens pour justement être innovant, là, sur la captation, la constatation des
infractions...
Puis aussi je pense à plus tard aussi, là, quand
on aura des gens qui vont contester des décisions qui auront été prises, si on
n'est pas en train, finalement, d'ouvrir la porte à des... à des contestations
qui soient plus... qui soient trop faciles.
Parce qu'on pourrait... on pourrait argumenter sur la notion de système de
détection qui ne respecterait pas, dans le fond, la définition donnée dans la
loi, dans le Code de la sécurité
routière. Donc, j'ai cette
question-là, là. Est-ce qu'on n'est pas en train de restreindre le terme
«système de détection» avec la définition?
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, la... l'expression «système de détection» peut
inclure des caméras intelligentes si un jour on voulait en utiliser, alors
confirmé par mes juristes ici. Donc, si on veut poursuivre le débat, puis à
l'article 2... mais ça va être toujours la même réponse, je le dis
d'avance.
La Présidente (Mme Maccarone) : Oui.
Grandmont : ...renchérir.
Pour moi, là, la question ne porte pas sur la question de «système de
détection», parce que, pour moi aussi, «système de détection», c'est un
terme qui est très large, et ça, là-dessus, je suis d'accord avec
Mme la ministre, c'est un terme qui est large. C'est sur la notion de «système
photographique de détection», qui est la
définition utilisée pour les systèmes de détection. Est-ce que ce terme-là
inclut des caméras, caméras intelligentes ou peu importe, mais captation
vidéo? Est-ce que système photographique inclut la captation vidéo? C'est ça,
la question que je pose à Mme la ministre.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Là, l'amendement porte sur l'introduction de l'expression «caméras
intelligentes». Et ce que j'ai dit, c'est que, si on... Avec le concept de
système de détection qu'on introduit ici et qu'on va définir à
l'article 2, si le Québec voulait utiliser des caméras
intelligentes, il pourra le faire. Je ne sais pas si c'est plus clair comme ça.
M. Grandmont : Non. Mais, c'est
ça, je vais répéter ma question pour être sûr que Mme la ministre l'ait bien entendue, là. Je suis d'accord sur la
question de système de détection. Pour moi, c'est une... c'est un terme qui,
pour moi, réfère à quelque chose de
très large. Mais ma question, c'est : «Système photographique de détection»,
est-ce que ça inclut de la captation vidéo?
Mme Guilbault : Dans l'article actuel?
M. Grandmont : Ça
va être dans l'article 2. C'est juste que, là, mon collègue de Nelligan
a ouvert la discussion là-dessus.
Mme Guilbault : OK, mais peut-être qu'on pourrait faire le débat... On pourrait adopter
l'article 1 puis... puis transporter le débat où il y a lieu,
c'est-à-dire à l'article 2, parce que, là, on parle d'une notion qui
n'existe même pas en ce moment dans l'article 3, dont il est question à
l'article 1.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Continuez, M. le député.
M. Grandmont : ...pour
l'instant...
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Je vais attendre.
La Présidente (Mme Maccarone) : Allez-y,
M. le député. La parole est à vous.
M. Derraji : Oui, bien... parce
que ça va être plus rapide, parce qu'on veut tous aller de l'avant. C'est que,
c'est votre première réponse qui n'était pas très claire, en tout respect.
Parce que j'ai posé la question sur le système de détection, et, c'est vrai, on
ne peut pas aller lire le deuxième
article parce qu'on est dans le premier
article, mais, clairement, dans le deuxième article, il n'y a aucune mention de
caméras intelligentes. Et vous me dites que ce n'est pas le cas. Il y a un
projet pilote qui a été leadé par votre ministère, il y a un projet pilote.
Ça existe, ça
existe, c'est juste on n'a pas... nous n'avons pas entendu de ce projet depuis
2021. Le projet pilote a été lancé en 2018. Et quand on dit qu'on ne
peut pas... que ça inclut... mais ce n'est pas clair dans le texte qu'il y a
des caméras intelligentes. Donc, si on ne le définit pas dans le 1, est-ce
qu'on peut le définir dans le système de détection?
Parce que ce que vous dites, c'est que vous liez, vous liez système de
détection, l'article
L'article 2, vous définissez c'est quoi, un
système de détection. Je le lis, mais... le «notamment», mais, quand on dit
«notamment», c'est précisé
«cinémomètres photographiques», et il y a deux choses. Au feu rouge, en aucun
cas on ne parle pas de caméras intelligentes.
Donc,
l'argument de dire «quand on va l'utiliser», excusez-moi, elle est déjà
utilisée. Il y avait un projet pilote, qui a donné d'excellents
résultats, avec des caméras intelligentes. Ça a été lancé en 2018, mais on n'en
entend plus parler depuis 2021. Mais on ne
peut pas dire aujourd'hui qu'on ne peut pas utiliser les caméras intelligentes,
ça existe, surtout par rapport... Écoute, on peut faire le débat sur l'objectif
de système de caméras de BusPatrouille. C'est capter, justement, les dépassements
illégaux et les comportements dangereux autour des véhicules scolaires,
identifier l'automobiliste fautif et lui envoyer la contravention. On ne peut
pas, aujourd'hui, Mme la Présidente, faire un débat à moitié. On ne peut pas
faire un débat à moitié. On parle d'un système de détection, OK, on va juste
faire les choses par ordre. Le projet
pilote, il existe, il a existé, OK, au niveau du ministère. Ça a été lancé en
2018 par mon collègue le député de Pontiac. 2021, il n'y a plus rien qui
reste, il n'y a aucune nouvelle, on n'a plus de nouvelles.
On est devant le premier article, on dit que
véhicule routier et immatriculé est responsable d'une infraction, d'un manquement constaté au moyen d'un système de
détection. Donc, on définit le système de détection imputable au propriétaire en vertu du présent code. Dans le
système de détection... Je veux bien croire que c'est général,
l'article 2... à moins si la ministre veut ouvrir les deux. Si
on... Il définit, le législateur définit le système de détection :
«...tout système [...] de détection permettant de mesurer [...] de calculer la
vitesse ou de surveiller un comportement routier, notamment...» Donc, «notamment», on précise les deux choses, mais
pourquoi on ne précise pas les caméras
intelligentes, sachant que... Je pense et j'espère que le
ministère va nous éclairer sur pourquoi le projet pilote n'est plus en
place, pourquoi on a fermé le dossier de BusPatrouille. Donc, moi, je pense que
le fait d'ajouter des caméras intelligentes,
c'est un système de détection, mais via un autre moyen technologique qu'on ne
définit pas dans l'article 2.
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Setlakwe : Oui,
merci, Mme la Présidente. Juste pour renchérir sur les propos de mon collègue.
Mme la ministre, respectueusement, je pense qu'il y a deux questions qui
se posent ici. Et je suis d'accord avec vous que la définition à l'article
suivant n'est pas limitative — là je mets mon chapeau d'avocate — et
n'exclut pas le concept de caméras
intelligentes, mais il n'en demeure pas moins qu'on aimerait avoir une réponse
de votre part. Mme la Présidente, on aimerait que la ministre se
prononce sur le fond du concept de caméras intelligentes suivant le projet
pilote. Et là, là-dessus, on n'a pas... on
n'a pas de réponse de la part de la ministre, sachant que c'est une initiative,
comme mon collègue l'a mentionné, qui
a eu lieu, qui a été mis... une initiative qui a été mise en place, un projet
pilote qui avait un objectif louable, là, de protéger ce qu'on a de plus
précieux, nos enfants.
En 2018, rappelons-nous, là, que l'objectif de
ce projet pilote qui avait été mis en place en partenariat avec l'entreprise
BusPatrouille visait à documenter le nombre de dépassements ou de croisements
illégaux d'autobus scolaires. On a recueilli
des informations. Le projet pilote a été mis en place pendant quelques mois. En
juin... Donc, ça, c'était en février 2018. En juin, le rapport est
sorti. Le principal constat du projet pilote est à l'effet, donc, qu'il y a des dizaines de dépassements illégaux par jour,
des automobilistes qui prennent des risques délibérés ou qui ignorent la loi.
Des caméras de surveillance installées sur
des autobus scolaires partout au Québec prouvent que les contrevenants sont
encore trop nombreux. Ça, c'est un résumé, là.
Donc, le rapport avait été déposé. En 2021,
trois ans plus tard, votre gouvernement... Mme la Présidente, le gouvernement
de la CAQ est au pouvoir et le gouvernement semble montrer une ouverture face à
l'installation de caméras intelligentes sur
les 8 000 autobus scolaires. Aujourd'hui, en 2024, on est en train
d'étudier un projet de
loi sur la sécurité routière. J'entends la réponse de la
ministre, là, sur... disons, sur le libellé, sur la sémantique. Je comprends
très bien que le concept de caméras
intelligentes n'est pas exclu du libellé, mais est-ce qu'il est exclu des
intentions de la ministre? Est-ce que la ministre entend donner suite à
ce projet pilote?
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault : Oui, bien, pour une autre fois, je vais repréciser puis, si... Là, on
est encore à l'article 1? En tout cas...
La Présidente (Mme Maccarone) : Sur
l'amendement.
Mme Guilbault : ...je vais exceptionnellement citer l'article 2 pour
répondre à l'article 1 dans la future... la définition qu'on va voir...
peut-être même pas aujourd'hui, mais un jour, dans l'article 2. On parle
de «notamment le cinémomètre photographique et le système photographique de
contrôle de circulation aux feux rouges», dans le sens que ces choses-là
existent déjà. Alors, bien sûr qu'il faut les transposer dans la définition,
parce que ces choses-là ne vont pas disparaître. Mais le «notamment», très
clairement, et je pense que ma collègue vient juste de le dire, c'est évident
que cette définition-là permet d'introduire des nouvelles façons.
Maintenant, on ne fera pas ici le débat de
qu'est-ce qui va être utilisé et quand. Ce n'est pas le propos du projet de loi. Le propos du projet de loi, c'est
de nous permettre de créer un nouveau régime de sanctions administratives pécuniaires,
et donc d'élargir ce qui, actuellement, est seulement limité à des infractions,
et d'aller de l'avant avec les mesures de notre plan d'action sécurité
routière, qui sont très, très importantes, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée.
Mme Setlakwe : Merci, mais
je... j'hésite. Je ne comprends pas pourquoi la ministre hésite à nous exprimer
sa vision ou ses intentions par rapport à une initiative comme celle qui a été
mise de l'avant en collaboration avec BusPatrouille en 2018. Est-ce que c'est
une initiative qu'elle juge intéressante et qu'elle a l'intention de
poursuivre? Qu'on soit à l'article 1, ou 2, ou 3, il me semble que la
question est pertinente, puis on mériterait une réponse quant à cette initiative-là.
Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Puis y a-t-il d'autres
interventions sur l'amendement? M. le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui, oui. Bien, je
pense que ma collègue a posé une question, j'espère que Mme la ministre va lui
répondre, parce que c'est... Écoute, on va tous aller sur le téléphone, ça va
être long, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député. Mme la...
M. Derraji : ...Présidente.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Mais j'ai déjà répondu plusieurs fois et je pense qu'on est
à la 10e heure du projet de loi. On
commence l'étude de l'article 1, donc, certainement, de notre côté, il y a
de l'empressement à aller de l'avant, mais je n'ai senti aucun
empressement, ni de l'opposition officielle, ni de la deuxième opposition, à ce
jour. Alors, ça, c'est la première chose.
La deuxième, il ne faut pas dénaturer le projet
de loi. Le projet de loi, son objectif, c'est de nous permettre d'avoir des sanctions administratives pécuniaires
pour des manquements à d'éventuels systèmes de détection qui, oui, pour certains, vont être les actuels cinémomètres
photographiques et les actuels systèmes photographiques de contrôle de
circulation aux feux rouges qui vont rester là, mais qui pourraient un jour
être autre chose. On le sait, d'ailleurs, une
des mesures de mon plan d'action sécurité routière, c'était de faire un appel
international, vérifier les dispositifs qui sont disponibles sur le
marché, voir ce qui se fait ailleurs, qu'est-ce qui pourrait être la
meilleure... les meilleures technologies à avoir au Québec pour contrôler un
certain nombre de comportements.
Alors, de ramener continuellement un projet
pilote qui a déjà eu lieu puis d'essayer d'en faire l'objet de l'article 1 ou de l'article 2 du projet
de loi, c'est hors de propos, Mme la Présidente. Si mes collègues veulent
reparler de ce projet pilote là, il y
aura d'autres tribunes pour le faire, mais, actuellement, l'objectif du
législateur et du gouvernement, en tout cas, qui dépose cette pièce-là
législative, c'est d'élargir le type de système qui pourrait être utilisé au
Québec pour contrôler un certain nombre de comportements. Voilà.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la députée, avant de passer la parole.
Mme Setlakwe : Merci
pour la réponse. Je la comprends, c'est tout à fait clair, mais il n'en demeure
pas moins qu'on ne connaît toujours pas... bien, quelle serait la tribune pour
parler de... de vos... de votre vue quant à ce projet de... ce projet
pilote là.
Je comprends très bien l'objectif du projet de
loi, et on n'est pas en train de dire que ce n'est pas un objectif louable, là, d'ajouter des sanctions pécuniaires
pour certains comportements, mais il me semble que ce serait beaucoup
plus simple d'avoir une réponse puis de pouvoir passer à autre chose.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : J'ai répondu déjà.
Mme Setlakwe : OK.
Bien, moi, je voudrais simplement que ce soit dit, là, caméra, micro, que non
seulement on ne connaît pas l'intention du gouvernement par rapport à
l'initiative de BusPatrouille, on ne la connaît pas, et là je ne connais même
pas la tribune appropriée pour obtenir cette réponse-là. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : M.
le député de Taschereau.
M. Grandmont : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Bien, avant de revenir sur l'amendement, parce
qu'on est sur... on est sur un amendement, là, j'aimerais... j'aimerais revenir
sur quelque chose que Mme la ministre a dit.
Elle a dit qu'elle ne sentait pas d'empressement du côté de l'opposition
officielle puis la deuxième opposition à adopter ce projet de loi là. Je
veux... je veux vraiment la rassurer, parce que je pense qu'elle ne comprend
pas le sens de mes interventions. Je l'ai répété beaucoup, à plusieurs reprises,
c'est un enjeu qui me tient extrêmement à coeur, ça fait 10 ans que je travaille sur les enjeux de sécurité
routière au Québec, j'ai participé à peu près à toutes les consultations
qui étaient possibles de participer là-dessus, j'ai participé à toutes les
occasions : tables de concertation, groupes de discussion, groupes de travail sur la sécurité routière. Je me considère
extrêmement motivé à adopter le meilleur projet de loi possible.
Donc, mon empressement, là, il est partagé entre
agir le plus rapidement possible pour avoir un impact le plus rapide possible sur le terrain, améliorer le
bilan routier, mais, en même temps, saisir l'opportunité d'un projet de
loi sur la sécurité routière pour avoir le meilleur
projet de loi possible, aussi pour améliorer le bilan de la sécurité routière.
Donc, oui, ça se peut que ça prenne un peu
de temps, ça se peut que ça prenne un peu de temps parce que je vise à voir le
meilleur projet de loi, et je le fais pour qu'on ait le meilleur projet de loi
n° 48.
Après ça, si Mme la ministre juge que c'est de
la perte de temps que d'être consciencieux dans mon travail puis de faire des amendements pour essayer d'avoir
le meilleur projet de loi, bien, ça lui appartient, mais je veux juste lui dire que, moi, ça... ça me blesse d'entendre
ça parce que je suis très motivé à voir le meilleur projet de loi. Je le fais
pour qu'on ait, au Québec, le meilleur bilan de sécurité routière au Québec,
c'est un enjeu qui me tient beaucoup à coeur.
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
M. Grandmont : ...pour
revenir sur le... sur l'amendement, la définition, moi, les réponses de Mme la
ministre ne me satisfont pas. Encore
une fois, quand on dit... quand on regarde comme il faut, évidemment, on parle
de l'article 2 en ce moment parce qu'on a un amendement sur le 1 qui
réfère à la définition qu'on a dans l'article 2, donc c'est normal qu'on ait cette discussion-là en ce moment, là.
Quand on dit «un système de détection», encore une fois, c'est très large comme... comme terme utilisé, et je m'en
réjouissais, parce que ce que je veux, c'est qu'on ait le plus possible
d'opportunités ou de... de moyens pour constater et
d'innover, ça, j'en suis, tout à fait. Alors, pourquoi, dans la définition,
venir, ce qui m'apparaît à moi, restreindre
la définition? Quand on dit le «système de détection», pour moi, c'est le
système très large, puis, après ça dans la définition, on dit :
«...tout système photographique de détection permettant de mesurer ou de calculer la vitesse ou de surveiller un
comportement routier, notamment le cinémomètre photographique et le système
photographique de contrôle de circulation aux feux rouges.» Je comprends qu'il
y a un «notamment», là, mais on parle quand même de système, de tout système
photographique. Et ma question est simple : Est-ce que la... est-ce que le mot, les mots «tout système photographique
de détection» comprend aussi les caméras? Est-ce que ça le comprend ou
pas? Parce que, pour moi, ça semble être opposé, ça semble être exclusif. Dans
ce cas-là, peut-être que ce n'est pas
l'article 1 qu'on doit le modifier, là, peut-être que c'est à
l'article 2, dans la définition qu'on vient de rajouter, «captation
vidéo» ou «caméras intelligentes», en
référence à BusPatrouille, peu importe. Mais est-ce que... est-ce qu'on doit,
dans le fond, insister pour l'ajout
d'une notion de caméra intelligente, soit à l'article 1, soit dans
l'article 2 parce que la définition dans l'article 2 est trop
restreignante? C'est ça, la question de fond.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien là je comprends. Cette question-là est
effectivement un peu plus ciblée. Parce que le député dit lui-même pourquoi
venir restreindre à certains... à certains systèmes spécifiques, qui est
pourtant exactement le propos de l'amendement qui est déposé en ce moment.
Donc, moi, je suis d'accord avec lui, on veut être large, on veut de la
latitude, ce n'est pas les deux seuls systèmes précis qu'on a, mais c'est parce
que c'est ceux qui existent actuellement. L'objectif, pour le reste, c'est
d'avoir toute la latitude possible.
Mais, suivant sa
question, là on est en train de vérifier si, peut-être, à l'article 2, on
pourrait ajouter un mot après «photographique» pour être sûrs d'inclure... qui
ne serait pas l'amendement puis qui ne serait pas à l'article 1. Mais, pendant qu'on termine, peut-être,
l'article 1, on pourrait arriver avec une... Bien, on est en train, en
tout cas, de vérifier, mais, peut-être, on arriverait avec une
proposition à l'article 2.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Merci. M. le député de Nelligan.
M. Derraji :
...juste revenir sur un point, et je veux le mettre au clair parce que
c'est ce que je voulais dire : Mme la
ministre, on est là pour amender le projet de loi, pour se donner le meilleur
projet de loi pour améliorer le bilan routier.
Donc, je tiens à la rassurer, l'empressement, nous aussi, on l'a. On veut bien
faire notre travail. Et je la rassure, avec le beau sourire, qu'on veut bien
aller dans ce projet de loi. Donc, quand on ramène un amendement par rapport aux
caméras intelligentes, c'est parce qu'on a fait nos recherches. Je ne veux
pas... Écoute, j'ai un argumentaire de plusieurs heures, ça existe, c'est
juste... ce n'était pas clair. Donc, s'ils ne voient pas l'intérêt dans le
premier article, on n'a aucun problème, on a fonctionné comme ça dans les
autres projets de loi, on peut attendre, on peut voir si ça... si c'est
possible de le mettre dans le deuxième article. Mais, j'en suis sûr et certain,
la façon avec laquelle la ministre veut améliorer son projet de loi, bien, ça
va aider tout le monde, le public aussi.
Je pense que c'est le
moment de se donner un projet de loi avant-gardiste en matière de sécurité
routière, et, je pense, le fait de le définir... Et je suis d'accord avec elle,
si c'est pour le définir davantage dans l'article 2, pas de problème, je le comprends, mais on ne peut pas ni
le définir dans l'article 1 ni dans l'article 2. On ne peut pas, Mme
la Présidente. Donc, si j'ai bien compris... si j'ai bien compris votre
proposition, Mme la ministre, si j'ai bien compris, vous ne voyez pas l'intérêt de mettre «caméras intelligentes» dans
l'article 1, mais, vous voulez, dans l'article 2, définir ou
ajouter un autre outil technologique, notamment des caméras. Parce que, si on
n'a pas de caméra, clairement, les bus scolaires, qui est un enjeu, j'en suis
sûr et certain que vous êtes sensible à la question... Les études le
démontrent, le dépassement illégal d'un autobus jaune immobilisé avec feu
clignotant, c'est de plus en plus fréquent, ça existe. Mais on ne l'a pas. Je
ne sais pas si c'est dans votre objectif.
Moi je n'ai pas de
problème. Si vous me dites que ce n'est pas la place, je n'ai aucun problème,
je le retire. C'est juste on ne peut pas passer à côté de ne pas définir un système
de détection. C'est juste ça. Parce que, c'est vrai, j'ai lu le deuxième, il n'y a pas de définition. Donc, on s'essaie
avec le premier article, si vous me dites que ce n'est pas la bonne
place, on peut le faire dans le deuxième.
La Présidente
(Mme Maccarone) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, en fait, ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est qu'on ne veut
pas ajouter de spécificité à nos
définitions actuelles. Au contraire, on veut la plus grande latitude. Donc, on
ne va pas ajouter «caméras de surveillance» dans un autre article, mais ce qu'a soulevé le député de Taschereau,
la notion de vidéo, dans le terme «photographique», on est en train... c'est parce qu'on est en train
de vérifier, parce qu'il y a quand même des considérations sérieuses, là, éventuellement
légales, et tout ça, derrière les changements qu'on fait. Donc, on aurait
peut-être le régime de preuve. On aurait peut-être une proposition à faire, qui
atteindrait notre objectif, peut-être atteindrait celui de la deuxième
opposition, mais là on est en train de le valider, là. Mais cette
proposition-là serait à l'article 2. Je comprends que les deux débats sont liés, articles 1 et 2, mais
ce serait vraiment plus à la définition à l'article 2 qu'il serait
approprié de le mettre.
M. Derraji :
...caméras intelligentes? Est-ce que c'est une obligation? Est-ce que c'est
quelque chose qui va limiter... limiter le texte? C'est... Juste... je veux
comprendre pourquoi.
Mme Guilbault : Bien, parce que ce n'est pas nécessaire.
M. Derraji : Ce n'est pas
nécessaire, avoir des caméras intelligentes sur les bus...
Mme Guilbault : Si... Pourquoi mettre les caméras plus que n'importe quel
autre moyen?
Mme Guilbault : Quant à ça, quelqu'un d'autre pourrait arriver puis
dire : Bien, pourquoi vous ne mettez pas tel autre de... type de système
que j'ai vu quelque part? Le souhait...
M. Derraji : Mais c'est une...
c'est une très bonne...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
M. Derraji : Oui, désolé.
Désolé.
Mme Guilbault : Le souhait, c'est d'être le plus large possible pour ne pas
qu'on ait besoin, à chaque fois qu'on veut mettre peut-être un nouveau système,
de venir faire des changements législatifs, puis que ça prenne des heures, puis
que ce soit compliqué, alors qu'on veut probablement tous ici que le Québec soit
toujours le plus innovant et le plus à l'avant-garde possible dans des
questions aussi importantes. Donc là, je le répète, là, nous avons déposé un
projet de loi dont l'objectif est de nous donner toute la latitude pour pouvoir
utiliser les meilleurs systèmes en temps utile selon l'évolution de la
technologie puis des systèmes qui sont à la disposition des diverses nations.
Alors, je suis sensible à ce qui a été évoqué
par rapport à... au terme «photographique», là, qui, peut-être, pouvait
soulever des questions dans l'article 2. Donc, comme je le disais, on est
en train de valider avec... avec des équipes
de juristes pour être sûrs que, si on fait une proposition, elle ne va pas
avoir des angles morts, parfois, qu'il faut bien considérer.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...parlant de
projets avant-gardistes. Moi, je pense qu'on avance très, très bien, et c'est
toujours intéressant de voir l'échange avec Mme la ministre. Caméras sur les
autobus, le rapport a été mis sur une tablette. Ça existe, le rapport, vous l'avez. Vous venez de dire que vous voulez être
avant-gardiste. Nous aussi, c'est pour cela qu'on amende le projet de
loi. Et juste vous dire, Mme la ministre, c'est qu'il y a des gens déjà... Ces
dispositifs sont plus répandus aux États-Unis, ça existe aussi en Ontario, au Nouveau-Brunswick,
qui permettent d'identifier les véhicules qui
effectuent un dépassement illégal d'un autobus jaune immobilisé avec feux
clignotants en marche et panneau d'arrêt activé. Ça existe.
J'ai une
seule question : Comment Mme la ministre, aujourd'hui, va s'assurer qu'il
n'y a plus de dépassement illégal d'un autobus jaune? Par quel moyen?
Par quel moyen? On le voit, on le sait, Mme la Présidente. Il y a même un reportage publié par Le Droit , une
conductrice d'un autobus à Gatineau indiquait que, sur certains circuits, ce genre
d'infraction peut survenir cinq, six fois par semaine. Je vais le répéter. Les
dépassements, le genre d'infraction, c'est cinq
à six fois. Mme la ministre vient de dire qu'elle veut être avant-gardiste. Je
lui parle des autobus jaunes. Comment aujourd'hui elle va s'assurer qu'il y a
un système de détection concernant les dépassements des autobus jaunes?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
M. Derraji : Non, pas de
problème, je peux la répéter. Vous voulez être avant-gardiste. Qu'est-ce qu'on
fait avec les autobus scolaires? C'est un fait, les dépassements en arrêt. Je
vous ai partagé maintenant une conductrice d'un autobus qui disait que ce genre
d'infraction peut arriver cinq à six fois par semaine. On oublie ce qu'on a dit
par rapport aux caméras intelligentes.
Comment, dans le projet de loi, vous allez être en mesure de dire qu'on va
surveiller les dépassements des autobus jaunes, qui est un fléau? Ça
existe. Il y a des accidents. Par quel moyen?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Mme Guilbault : Bien, je dirais, l'ensemble du projet de loi ou, en tout
cas, dans sa quasi-totalité... puis une bonne
partie des mesures du plan
d'action de sécurité routière est... a pour objectif d'améliorer la sécurité
dans les déplacements. Et là il y aura d'autres articles plus tard, mais les
nouveaux fameux systèmes de détection dont on est en train de débattre, il va y
en avoir dans les zones scolaires. Il va y avoir des aménagements sécuritaires
aussi qui sont rendus obligatoires dans les
zones scolaires. Il va y avoir le 30 kilomètres-heure obligatoire dans les
zones scolaires. Donc, une très, très
bonne partie... Et d'ailleurs le premier axe de mon plan d'action en sécurité
routière, c'est des déplacements sécuritaires en zones scolaires. Alors,
c'est un des axes clés de mon plan d'action, dont certaines des mesures doivent s'opérationnaliser via un projet
de loi. Il faut toujours bien replacer l'esprit, Mme la Présidente, que la
pièce maîtresse
de notre action gouvernementale en sécurité routière, c'est le plan d'action en
sécurité routière. 27 mesures, 47 sous-mesures,
mais, pour certaines, on a besoin d'un projet de loi. Pour certaines, on va
avoir besoin de modifications réglementaires aussi. Donc, c'est ça qu'on
est en train de faire. On n'est pas en train de refaire un nouveau plan de
sécurité routière, là, il est fait. L'objectif, en ce moment, c'est d'y donner
suite.
Donc, toute
amélioration du projet de loi, bien sûr que je suis ouverte, tu sais, c'est mon
neuvième projet de loi, là. Donc, on
en a fait beaucoup, beaucoup, d'amendements, et donc ça va de soi. Mais
l'objectif, c'est ni de transformer le projet
de loi, ni de créer un nouveau plan d'action en sécurité routière, ni de
débattre des futurs projets, activités, systèmes qui pourraient être
utilisés dans le futur. L'objectif, c'est de se donner les moyens, comme
gouvernement, de pouvoir utiliser ce qu'on veut dans le futur sans que ce soit
compliqué. Puis d'ailleurs, plus tard, on aura aussi un nouveau système qui va nous permettre d'avoir de la souplesse
dans les types d'infraction au lieu d'aller toujours en modifications législatives. Donc, l'objectif aussi, il est
pragmatique, là, d'arrêter, des fois, de se compliquer la vie quand on veut
juste utiliser quelque chose de nouveau ou de plus performant.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député.
M. Derraji : ...en
tout respect, on ne parle pas de zones scolaires. Je parle de dépassement
illégal d'un autobus en arrêt, probablement très loin de la zone scolaire,
pour aller chercher les enfants, pour les ramener à l'école.
Mme la Présidente, parlons du rapport. Ce
rapport existe au ministère, et Mme la ministre est en train de me dire qu'on ne va pas compliquer la vie, on se voit
parce qu'on veut juste faire un projet de loi. Bien, excusez-moi, le projet
de loi, son titre, Loi modifiant principalement le Code de la
sécurité routière afin d'introduire des dispositions relatives aux systèmes de détection et d'autres dispositions
en matière de sécurité routière... Le
projet de loi introduit des systèmes de détection. Ça, c'est le
titre du
projet de loi.
Je vais... je
vais lire et citer le rapport de BusPatrouille, et c'est très important pour
les gens qui nous écoutent, parce que, quand même, aujourd'hui, on a l'occasion
de parler de quelque chose qui a fonctionné. Le rapport réalisé par BusPatrouille, à l'époque, avait permis... Là,
à l'époque, c'est quoi? À l'époque où il y avait un projet pilote qui a été
annoncé par mon collègue député de Pontiac, où il était ministre du Transport, où une
douzaine d'autobus, dans plusieurs régions
du Québec, dont l'Outaouais, l'Estrie, le Québec... Et ça a eu lieu
l'hiver 2018. Le rapport réalisé par BusPatrouille, à l'époque, avait permis de répertorier
1 800 dépassements illégaux du bras d'arrêt pour les 13 autobus
équipés de caméras avec un taux moyen de 3,8 infractions par
autobus par jour. 3,8 infractions par autobus par jour.
Donc, on veut
réformer le Code de la sécurité
routière. Mme la ministre nous invite
à une commission parlementaire, mais elle ne veut pas qu'on rajoute
autre chose. Je pense qu'on ne se comprend pas sur la finalité de réviser un Code de la sécurité routière.
Moi, quand j'ai vu que... la loi modifiant le Code de la sécurité routière,
je pense qu'on doit parler de toute la sécurité routière, et la question
qui se pose : Est-ce que l'enjeu des autobus scolaires est un enjeu ou pas? Et ça a été démontré, le taux
de... moyen d'infractions, c'est 3,8 infractions par jour. Et le projet
pilote, au Québec, avait été décrit
comme le plus préoccupant par BusPatrouille et réalisé en quelques années... À Gatineau,
en six semaines, Gatineau, 114 infractions avaient été comptabilisées
aux abords d'un seul véhicule. C'est le... la sixième pire fréquence
d'infractions. Donc, aujourd'hui, si on ne parle pas de caméras intelligentes,
je ne pense pas qu'on est en train de moderniser le Code de la sécurité
routière. C'est une occasion manquée. C'est pour cela... je me demande, encore
une fois, combien ça vaut, une vie humaine.
Je pense, si on est là, dans le cadre du Code de
la sécurité routière, on doit prendre ça. Le rapport est là. Le ministère a ce rapport, ils l'ont. Donc, le
rapport existe depuis 2018. J'arrive devant un projet de loi où Mme la ministre
nous dit qu'elle veut réformer le Code de la sécurité routière afin d'introduire, je le dis bien, d'introduire
des dispositions relatives aux systèmes de détection. Elle-même
l'annonce, elle veut ramener des nouvelles dispositions aux systèmes de détection. On parle de caméras intelligentes.
Pourquoi? Ça existe. On ne peut pas, encore une fois, dire que ça n'existe pas.
C'est depuis 2018. On est en 2024. Donc, on ne peut pas faire abstraction que
ça n'existe pas. Ça a donné d'excellents résultats.
Donc, si on laisse le projet de loi tel qu'il
est aujourd'hui, ça veut dire que le gouvernement vient de nous annoncer qu'il
n'y aura pas de caméras intelligentes sur les bus scolaires. Si c'est ça, la
volonté, moi, je veux juste que la ministre me le dise, est-ce que c'est ça, la
volonté. Si c'est la volonté, je comprends, on passe à autre chose, on vote sur
l'amendement, et je comprends que c'est un refus. Mon temps, il est aussi
précieux, mais je ne veux pas commencer à continuer un débat sur quelque chose
qui me paraît très logique. On ne peut pas parler d'un système de détection et
ne pas parler de caméras intelligentes aujourd'hui.
Donc, je
répète ma question, Mme la Présidente, à Mme la ministre, si elle n'est pas
intéressée par les caméras intelligentes sur les bus scolaires, non ou
oui? Et j'arrête le débat. Ce n'est pas grave.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bien, comme je l'ai dit plusieurs fois, en ayant une
définition la plus large possible, ça va justement permettre, entre autres, au
gouvernement d'utiliser des caméras de surveillance, s'il le souhaite, et
autres systèmes. Donc, c'est l'inverse de ce qu'essaie de plaider mon collègue,
qui plaide exactement l'inverse de la réalité, puisque... depuis tout à l'heure, je lui explique qu'en élargissant la
définition, ça va, entre autres, permettre d'utiliser des caméras intelligentes, si on le souhaite, et n'importe
quel autre système. Donc, ça me semble assez simple, là. Et c'est ça.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci...
merci. M. le député de Taschereau.
Grandmont : Oui. Merci beaucoup. Oui, j'avais une question
pour Mme la ministre par rapport, justement, à la diversité, là, des outils
dont on veut se doter pour être capables de constater des... des constats
d'infraction... des infractions, en fait. Je sais que c'est utilisé par
des municipalités, notamment dans le cadre de recherches, c'est-à-dire que, par exemple, je pense à des... je pense, des
recherches d'ailleurs qu'a menées Marie-Soleil Cloutier de l'INRS, qu'on
a rencontrée ici, là. Vous vous souvenez de la chercheure qui avait été très
pertinente, très éloquente, une bonne vulgarisatrice.
Elle va d'ailleurs être contente de m'entendre le dire, j'apprécie beaucoup son
travail. Tout ça, tout ça pour dire
que je pense qu'il y a des municipalités, des fois, qui mettent à profit les
images qui sont captées pour documenter, pour faire de la recherche.
Je pense,
entre autres, à une étude, justement, du Pr Cloutier où elle constatait
les presque collisions, dans le fond, des
moments où, finalement, une voiture passe proche d'un piéton, ou d'un cycliste,
ou d'une autre... d'un autre automobiliste, et finalement il n'y a rien
qui se passe, il n'y a pas de dommage matériel, il n'y a pas de... il n'y a pas
de blessé grave, ou léger, ou mortel. Mais on constate que... Et c'est... c'est
souvent des indices comme ça qui sont intéressants,
parce que ça nous permet de voir qu'il y a des secteurs, des tronçons de route
notamment, bien, évidemment, là, les boulevards, hein, qui sont... les artères,
en fait, là, qui sont souvent plus propices à avoir des collisions,
parce qu'on a un bon flot de véhicules, une vitesse qui est quand même assez
importante puis, en même temps aussi, beaucoup de piétons et des cyclistes qui
circulent parce que c'est alimenté par le transport en commun, parce qu'on
traverse des quartiers, etc. Mais donc cette
information-là, elle est très utile pour les chercheurs qui vont documenter les
presque collisions, mais aussi les
collisions, pour comprendre quelles sont les manoeuvres qui occasionnent ces
presque collisions ou ces collisions-là.
Donc, un peu dans le même esprit, là, que l'idée
d'ajouter les caméras, parce que vous comprendrez qu'on documente moins bien
une presque collision avec une photo qu'avec une vidéo, dans le fond, là. Dans
le fond, est-ce que... est-ce qu'on peut se donner... Dans le fond, ma question
est à double... double volet, là : Est-ce qu'on peut se donner justement l'ouverture d'aller vers des
systèmes... un plus large éventail de systèmes de détection, incluant la vidéo,
la captation vidéo? Puis est-ce qu'on
pourrait éventuellement aussi avoir des collaborations avec des chaires de
recherche pour partager ces
images-là, en s'assurant évidemment que tout ça est anonyme, là, puis tout ça,
là, mais pour s'assurer aussi de documenter les risques puis découvrir
les meilleures pratiques aux bons endroits aussi?
La Présidente (Mme Maccarone) : Mme
la ministre.
Guilbault : Oui. Bien, comme je le disais, on n'est pas
actuellement dans le choix des futures méthodes. On est en train d'évaluer tout
ça et... Mais, pour pouvoir évoluer puis pour pouvoir innover puis moderniser,
que ce soit la signalisation ou les
appareils de détection, il faut, d'abord et avant tout, se donner la
possibilité de le faire dans le CSR. Donc, c'est ça, l'objectif du
projet de loi, Mme la Présidente. Mais je trouve ça intéressant. Puis
éventuellement, à un moment donné, on va
avoir terminé le projet de loi, mais nous, on va aller de l'avant.
Éventuellement, on va avoir des nouveaux
ACA, on va avoir des nouveaux systèmes, on va l'annoncer, on va le communiquer
puis on va évoluer à travers le temps, bien au-delà de ma petite
personne, là. Je veux dire, le gouvernement va continuer d'évoluer en sécurité
routière après nous, mais, actuellement, ce qu'on veut, c'est vraiment de
pouvoir se donner les moyens d'évoluer et de penser en dehors de la boîte, de
peut-être un jour avoir des projets comme celui-là, de pouvoir faire ce qu'on
veut le moment venu. Ce sera dans un... dans un deuxième temps, je dirais, dans
le sens qu'on travaille déjà là-dessus, on est déjà en train de faire une revue
de ce qui se produit. Puis là j'ai ressorti mon Plan d'action en sécurité
routière, là. Donc, tu sais, quand je regarde l'axe a, quand je regarde... On
est en train de préparer une stratégie des mobilités innovantes, ce n'est pas directement dans le propos d'aujourd'hui, mais
ça va tout dans le même sens de dire on veut... on veut être innovants.
Alors... Puis c'est pour ça qu'on souhaite être le plus large possible.
Puis là,
éventuellement, quand on va arriver à l'article 2, on aura notre proposition,
mais, dans la future définition, on va proposer, en fait, de retirer le
terme «photographique de détection» pour vraiment parler de «tout système
permettant de mesurer ou de calculer la vitesse ou de surveiller un
comportement routier». Donc, «tout système permettant de [...] surveiller un
comportement routier», on va enlever la notion de photographique qui peut-être pouvait paraître inutilement restrictive ou en
tout cas amener des questionnements. Donc, vraiment, on va être très, très,
très large. Alors, on pourra mettre... bien,
«mettre ce qu'on veut là-dedans»... évidemment, là, tu sais, il va y avoir des
gens qui vont nous conseiller puis il y a
des gens professionnels de ça qui vont nous faire des recommandations, là, mais
on va se donner vraiment beaucoup de latitude pour pouvoir évoluer.
M. Grandmont : ...c'est une...
c'est une ouverture intéressante. Puis je suis content de voir que la... que
Mme la ministre a compris, dans le fond, le sens de mon intervention, de nos interventions.
Je ne veux pas mettre des mots dans la
bouche de mes collègues de Mont-Royal—Outremont et Nelligan, mais, en tout cas, moi, ça me rassure,
effectivement. Parce que la façon que je comprenais la question des systèmes de
détection, puis je m'en réjouissais, je voulais que ce soit le plus large
possible, qu'on puisse se donner le plus de marge possible, que le spectre
d'outils à utiliser dans les prochaines
années pour avoir un impact le plus positif possible soit le plus large
possible. Donc, si on s'en va vers ça, je suis... je suis tout à fait
intéressé à ce qu'on en rediscute tantôt, là, dans l'article 2 au niveau
de la définition du «système de détection».
Puis, bien, pour, évidemment, là, la question,
là, d'utiliser, là... de faire des partenariats avec les chaires de recherche
sur les enjeux de sécurité routière qui visent à protéger davantage les usagers
vulnérables, notamment, là, les cyclistes et
les piétons, évidemment, on ne peut pas mettre ça dans le projet de loi, mais
c'est une perche que je tends à Mme la ministre. Et j'espère que... en
tout cas je sens de l'ouverture, de son côté, j'espère qu'elle la saisira et
puis qu'elle pourra prendre des ententes, collaborer.
Elle-même tend des... des perches, là, avec les différentes chaires de recherche pour développer des partenariats pour
avoir les meilleures pratiques possibles. Donc, ce sera tout pour l'instant.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Bien, je serai brève. Honnêtement, j'apprécie notre échange. Puis,
quand j'ai dit, plus tôt... je suis à l'article 2, là, moi aussi, je suis
rendue plus loin. Je pense que l'ajustement doit
être à l'article 2. Je lisais la définition de façon très large. Elle est
large. Puis, je pense, c'est l'intention, c'est de la garder large et ne pas être... ne pas être obligé
de revenir avec une modification législative, si jamais le gouvernement
choisissait de mettre de l'avant une autre technologie ou... De toute façon, il
va y avoir des nouvelles technologies. Donc, on va attendre de voir
l'amendement.
Donc, effectivement, «système photographique»,
c'est peut-être ce mot-là, là, qui est problématique. Mais autrement il y a
deux parties à la définition. Il y avait «tout système photographique de
détection permettant de mesurer ou de calculer la vitesse ou de surveiller un
comportement routier». La deuxième partie, c'est les exemples. «Notamment», on sait tous qu'est-ce que ça veut
dire, «notamment», là, je ne voyais pas qu'on excluait. Mais effectivement,
peut-être que «photographique», ça exclut une caméra intelligente qui prend une
vidéo. Donc, on va attendre de voir l'amendement là-dessus.
Mais ma deuxième... ma deuxième question, puis
ce n'est pas pour répéter ce qui a été dit, mais là, je prends connaissance,
moi aussi, là, d'un
article récent. Tu sais, là, on n'est plus en 2018 avec le
projet pilote, le rapport, qui était quand même... qui était quand même
intéressant. On aimerait savoir où le gouvernement en est, où le ministère en est avec l'idée de mettre de l'avant des
caméras sur les autobus. Puis là je vois... je vois les enjeux. Il y en a, des
enjeux qui sont sous étude. Je lis,
là, que le ministère n'exclut pas la tenue d'un... bon, d'un autre projet
pilote, mais est conscient des nombreux enjeux à considérer, le cas
échéant, notamment la problématique de délivrance de constats d'infraction sur la base de preuves captées par des caméras
d'infraction sur des autobus. Québec spécifie que les systèmes de visibilité
périphérique de même que le système de
freinage automatique d'urgence et le bras d'arrêt allongé sont, tout comme les
caméras, actuellement en évaluation par Transports Canada, etc.
Donc, on le voit très bien, là, que c'est
quelque chose qui est en... qui est en cours de réflexion. Est-ce que vraiment
la ministre ne souhaite pas élaborer à ce stade-ci sur où c'en est rendu? Puis,
si elle a l'intention de poursuivre les démarches par rapport à tout ce qui
implique la sécurité de nos enfants autour des autobus, mais pas juste en zone scolaire. L'autobus... La sécurité
des... des enfants autour des autobus, ce n'est pas juste en zone scolaire.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, c'est certainement un sujet qui est très
important. C'est pour ça qu'à l'époque on
avait mis... associé neuf points d'inaptitude à quelqu'un qui ne respecte pas
un feu d'arrêt. Il y a des campagnes importantes qui se font, de la FTA,
à laquelle j'ai participé, d'ailleurs, cette année. J'ai fait un tournage dans
un autobus scolaire avec des enfants pour
faire une campagne de sensibilisation. On a 11 000 chauffeurs un peu
partout qui, tous les jours, aussi font cette sensibilisation-là, aux règles de
sécurité, pour nos enfants, donc. Puis, même si ce n'est pas directement le projet dont parlent les collègues,
tout ce qu'on fait dans le Plan d'action en sécurité routière, c'est quand même
une petite révolution en matière de sécurité dans les zones scolaires.
Donc, on pose... déjà des gestes très forts,
mais il ne faut jamais rien exclure. Puis c'est pour ça que ce qu'on souhaite
faire avec le projet de loi, c'est de... c'est de se donner des moyens très
larges pour que, dans le futur, on puisse aller de l'avant avec quel que soit
le projet qu'on... quelle que soit l'utilisation des systèmes qu'on va y faire
ou d'éventuels autres projets pilotes. Là, on parle des caméras sur des autobus,
mais ça pourrait être d'autres projets pilotes dans d'autres types de
contextes. On veut pouvoir avoir la latitude nécessaire pour mettre en place ou
tester n'importe quel autre nouveau système
qui nous serait recommandé sur la base de l'expertise, de l'évolution de la
science, des recherches, l'INRS, et compagnie, tous ces gens-là qui font
de la recherche au quotidien sur la sécurité routière.
Alors, avec le libellé qu'on va proposer dans
l'article 2, si un jour on veut utiliser des caméras intelligentes, si on
veut utiliser des caméras de surveillance, si on veut utiliser quoi que ce soit
d'autre qui nous serait proposé, on va pouvoir le faire parce qu'on va parler
de tout système permettant de surveiller un comportement routier. Donc là, on a
la latitude. On consacre, finalement... ou on va consacrer dans l'éventuel
amendement toute la latitude qu'on souhaite se donner comme législateurs pour,
comme je disais, pas seulement moi comme ministre actuellement, mais
éventuellement mes successeurs aussi.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
M. le député de Nelligan.
M. Derraji : ...Mme la ministre le
voit très bien, moi, j'ai aimé les échanges. Elle va voir l'empressement. Moi,
on passe au deuxième article. Je pense que la discussion donne un fruit. Et, je
pense, le fait de ne plus parler de photographie, de «système photographique»,
c'est excellent. Et, dans l'échange, c'est mentionné, les caméras. Donc, moi,
écoutez, ça fait mon affaire.
Vous savez quoi? Je retire mon amendement. On passe
au deuxième. Pas de problème. Ce qui est bien, c'est que la ministre a compris ce qu'on voulait dire depuis tout à l'heure.
C'est juste ça. Parce qu'on ne peut pas laisser les autobus... C'est un
fléau, ça existe. Et je pense qu'elle a accès à tous les rapports des anciens
projets pilotes, on n'a pas besoin d'un autre... d'un autre projet pilote. On a
besoin de caméras intelligentes.
Présidente (Mme Maccarone) : Merci. Y a-t-il consentement pour retirer
l'amendement proposé par le député de Nelligan?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Il y a consentement. Merci beaucoup. Alors, nous
procédons au débat...
La Présidente (Mme
Maccarone) : Vous pourriez. Vous pourriez intervenir sur
l'article 1.
Guilbault : Bien, juste sur la dernière
intervention. Oui, c'est ça.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Oui, oui, oui. Allez-y. La parole est à vous.
Guilbault : Ah oui? OK. Bien, parfait.
Non, mais juste pour être certaine qu'on dit... qu'on dit bien la même chose. Alors, effectivement, des caméras de
surveillance, avec le futur amendement à l'article 2... des caméras de surveillance pourraient être utilisées, si on le
souhaite. Mais ça inclut cette option-là, mais sans prendre aucun engagement
formel sur aucun projet à ce stade-ci, parce
qu'on est en train de faire une revue de littérature, on est en train d'évaluer
les différents dispositifs, les différents systèmes qui sont à notre
disposition en 2024 et les années suivantes. Donc, on prendra les meilleures décisions le moment venu,
mais on se sera donné, législativement parlant, les moyens d'aller de l'avant
avec le meilleur choix parmi ce qui nous sera proposé par nos experts.
La Présidente (Mme
Maccarone) : ...le député.
M. Derraji : ...réponse
très intelligente. Aucun problème. Notre rôle de législateur, c'est ne pas se
limiter. Le législateur s'occupe de mettre
dans la loi la mesure. Je prends bonne note qu'il y a l'intérêt. Là,
maintenant, il va y avoir d'autres forums, crédits. Aux périodes de questions,
on va questionner l'utilité du projet pilote de BusPatrouille. Mais au
moins, en date d'aujourd'hui, on avance. Parce que, tout à l'heure, Mme la
Présidente a dit l'empressement. Probablement
que, si on prend le temps très bien, on va bien faire les choses. Et je salue
son ouverture de mettre des... d'enlever
le mot «photographique» et de mettre «tout système», y compris les caméras
intelligentes. On avance, Mme la Présidente. Très bien.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il d'autres interventions à l'article 1? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons passer à la mise aux voix. Est-ce que
l'article 1 est adopté?
La Présidente (Mme
Maccarone) : Merci beaucoup. Nous procédons à l'article 2. Mme la
ministre.
Mme Guilbault : Oui. Alors,
article 2 :
L'article 4 de ce code est modifié par l'insertion,
selon l'ordre alphabétique, de la
définition suivante :
«"système de
détection"» : tout système photographique de détection permettant de
mesurer ou de calculer la vitesse ou de
surveiller un comportement routier, notamment le cinémomètre photographique et
le système photographique de contrôle de circulation aux feux rouges;».
commentaire, l'article 2 du projet de loi introduit au Code de la sécurité routière la définition de l'expression «système de
détection» qui vise tout système photographique permettant de mesurer ou de
calculer la vitesse d'un véhicule routier ou de surveiller un comportement
routier, notamment le cinémomètre photographique et le système photographique de contrôle de circulation aux feux
rouges. Le cinémomètre photographique et le système photographique de contrôle de circulation aux feux rouges sont
les appareils présentement utilisés soit pour mesurer la vitesse d'un véhicule
ou pour contrôler l'arrêt à un... l'arrêt à un feu rouge.
La Présidente (Mme
Maccarone) : Et, si je comprends bien, vous avez l'intention de
poursuivre avec un amendement que nous n'avons pas encore reçu.
Alors, nous allons
suspendre juste quelques instants. Merci.
(Suspension de la séance à
12 h 19)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Mme la ministre, pour la lecture de votre
amendement à l'article 2, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Ah! il est là. OK. Bon,
bien, parfait. Merci, Mme la Présidente. Donc, amendement à l'article 2, que je propose : Supprimer, dans la
définition proposée par l'article 2 du projet de loi, «photographique de
détection».
La Présidente (Mme Maccarone) : ...
Mme Guilbault : Alors, tel que proposé informellement tout à l'heure, mais
on évite de venir amener une précision supplémentaire qui pourrait donner
l'impression que c'est restrictif ou, en tout cas, qui pourrait amener plus de
questions que de réponses. Donc, on se donne toute la latitude en parlant
seulement de «système».
La Présidente (Mme Maccarone) : ...député
de Nelligan.
M. Derraji : ...une précision. Quand
on parle de la latitude, et je la comprends très bien, c'est tous nouveaux
appareils technologiques, y compris les appareils... les caméras intelligentes?
Mme Guilbault : Oui. Des caméras intelligentes pourraient être utilisées
avec ce libellé-là.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Y a-t-il... Oui. M. le député de Taschereau.
Grandmont : Donc, je ne sais pas si on peut faire défiler,
mais le reste demeure, là, «notamment le cinémomètre photographique»?
Oui. C'est ça. Parfait. OK.
Bien, parfait. Excellent. Moi, je suis bien
d'accord avec cette proposition-là. Ça rejoint l'objectif qu'on poursuivait, là, d'élargir, de se garder les
portes ouvertes pour l'avenir, de faire évoluer, d'accepter ou, en fait, de
pouvoir utiliser tout... toute
avancée technologique qui nous permettrait de mieux faire le travail sur le
terrain pour constater des infractions et améliorer le bilan routier.
Donc, moi, ça me rejoint.
Présidente (Mme Maccarone) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? S'il n'y a
pas d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'amendement à l'article 2 est adopté?
La Présidente (Mme Maccarone) : Adopté.
Merci. Nous procédons maintenant à l'article 2 tel qu'amendé. M. le député
de Nelligan.
M. Derraji : ...avant de passer à
l'article 3, je vais avoir un amendement, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Maccarone) : Vous
avez un amendement à l'article tel qu'amendé?
M. Derraji : Non, non. Une fois
amendé, on a un 2.1 qui va arriver. Donc...
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
C'est noté. Oui. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont : J'ai des
amendements... moi, j'ai des... un amendement pour l'article 2 tel
qu'amendé.
La Présidente (Mme Maccarone) : C'est...
Oui, c'est ça. Parce que, là, ça fait que, là, on va... on va... Vous souhaitez
modifier l'article tel qu'amendé?
M. Grandmont : Exact. Ajouter une
définition, en fin de compte.
La Présidente (Mme Maccarone) : Voilà.
Est-ce que votre amendement est prêt?
M. Grandmont : Oui. Je pense que ça
vous a été partagé. Si ce ne l'est pas, ça devrait être prêt.
Présidente (Mme Maccarone) : OK. Ça fait que nous allons suspendre les travaux
juste quelques instants pour donner le temps pour le trajet de
l'amendement en question. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 23)
Présidente (Mme Maccarone) : Alors, nous reprenons nos travaux, et, M. le
député de Taschereau, je vous cède la parole pour la lecture de votre
amendement... qui souhaite amender l'article 2 tel qu'amendé.
Grandmont : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. Bien,
écoutez, c'est un débat qu'on a eu, là, évidemment, là, à quelques
reprises, là, pendant les audiences, notamment. J'avais dit aussi, pendant
les...
La Présidente (Mme Maccarone) : ...faire
la lecture de votre amendement en premier, s'il vous plaît.
M. Grandmont : Ah
oui! C'est vrai. Bien oui, bien oui! Tout
à fait. Vous avez raison, merci de me
rappeler à l'ordre.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
Grandmont : Donc, dans le
fond, c'est d'ajouter une définition au... à l'article 2 tel qu'amendé,
là, puis c'est la notion de «corridor scolaire». Donc : «Toute
route, trottoir ou zone [relié à] une école à ses zones environnantes et
utilisées par les élèves pour se rendre de leur domicile à l'école et
vice-versa.»
Puis je me
rends compte en lisant, là, qu'on a pris textuellement, là, la proposition qui
a été faite par Piétons Québec, et évidemment, pour Piétons Québec, c'était
évident que ça se passait à pied ou à vélo dans cette organisation-là. Si
on veut être plus précis, là, on pourra...
puis on pourra voir au fil des discussions s'il y a moyen de simplement ajouter
des mots, là : «Toute route, trottoir ou zone relié à une école à
ses zones environnantes et utilisées par les élèves pour se rendre à pied ou à vélo de leur domicile à leur école et
vice-versa.» L'objectif étant qu'on ajoute cette définition-là parce que, bien,
vous le savez aussi bien que moi, là,
le plan de sécurité routière qui a été déposé, là, par Mme la ministre, le
plan 2023-2028, donc, sur les
cinq prochaines années, là, considérant que 2024 est à peine entamé, on veut...
on veut s'assurer d'avoir le meilleur plan de sécurité routière.
Puis Mme la ministre parlait, là... faisait
référence à la notion de corridor scolaire, puis ça a été... disons que ça a été une surprise, et pour nous et pour les
groupes aussi, là, qui sont... bien, qui ont participé aux audiences, de se
rendre compte que, finalement, on était passé de la zone... de la notion
de corridor scolaire à la notion de zone scolaire. Puis on nous avait répondu
que c'est parce que c'était beaucoup plus facile à définir ce que c'était
qu'une zone scolaire.
Puis je comprends que c'est facile à définir,
c'est des quatre rues autour d'une école, mais, en même temps, comme le rappelaient, bien, tous les groupes, en
fait, là, 85 % des accidents, des accidents graves, des collisions, donc,
qui mènent à des enfants qui se blessent, 85 % de ces collisions-là, donc,
se passent à l'extérieur de la zone scolaire, sur le chemin de l'école, sur la
distance entre l'école et leur domicile, donc dans le corridor scolaire. Puis
95 % des décès d'enfants sur les
routes, quand ils se rendent à pied ou à vélo à l'école ou quand ils retournent
chez eux, bien, ça se passe aussi à l'extérieur de la zone scolaire,
donc, encore une fois, sur le chemin de l'école.
Donc, si on veut vraiment... Puis, je comprends,
la première motivation de Mme la ministre, si on se rappelle bien de comment on en était arrivés à un plan de
sécurité routière, bien, c'est la sécurité autour des écoles. Mais, si on est en
train de ne pas couvrir 85 % des collisions menant à des accidents et
95 % des collisions menant à des décès, on est en train de passer à travers l'esprit même de ce qui avait motivé
Mme la ministre à faire son plan, à déposer son plan de sécurité
routière 2023-2025... 2028, pardon.
Je me permets de rappeler, là, un peu, là,
des... Ah! puis je me rends compte que j'ai mal cité. En fait, là, ce n'était pas
Piétons Québec, c'était Pas une mort de plus qui avait... qui avait utilisé la
définition qu'on a ramenée ici, qu'on propose de faire en amendement. Mais donc
ce que ce collectif-là disait, c'est que la zone scolaire est très restreinte et ne concerne que les tronçons de rue
directement adjacents à une école. Alors, les élèves ont grandement... ont besoin, en fait, de l'ensemble de leur
trajet... que leur trajet soit sécuritaire. Nous suggérons plutôt d'utiliser
l'expression «corridor scolaire» pour
toute une route... pour toute route, trottoir ou zone reliant une école à ces
zones... à ces zones environnantes utilisées par les élèves pour se
rendre de leur domicile à l'école et vice-versa.
Vivre en Ville nous disait : «Afin d'améliorer la sécurité des enfants dans leurs
déplacements vers l'école, il faut agir sur l'ensemble de leur cheminement en
intervenant sur le système routier. De 2011 à 2020, il y a eu
3 031 enfants piétons, donc
de 14 ans et moins, qui ont été blessés, toutes gravités confondues, légères,
graves, mortelles, dont 42 enfants piétons décédés sur nos routes au Québec. Moins de 14 % des enfants
blessés et seuls 5 % des enfants tués dans la même période se
trouvaient dans un environnement scolaire, donc dans la zone scolaire.»
Donc, on
est... on est en train de passer à côté de l'essentiel, il me semble, si on ne
se permet pas d'aller vers une définition claire de ce qu'est un
corridor scolaire. Puis je soumets une définition, mais, comme je le disais
tantôt, je suis très ouvert à en discuter sur la formulation avec Mme la
ministre. On se rappellera que la Ville de Montréal nous avait présenté une carte fort intéressante et
pertinente, dans laquelle ils avaient tracé des rayons d'un kilomètre autour
de l'école. Est-ce qu'on devrait parler du réseau routier compris à l'intérieur
d'un rayon d'un kilomètre autour d'une école?
Est-ce que c'est ça qui devrait servir de référence pour définir, dans le fond,
ce que c'est que le corridor scolaire? Je
comprends, là, qu'il y a un enjeu d'évolution dans le temps de ce que c'est que
le corridor scolaire. Moi, j'ai travaillé sur des... en partenariat,
avec la Ville de Québec notamment, sur l'identification des corridors scolaires
pour toutes les écoles de la ville de
Québec. Donc, ce n'est pas moi qui l'a fait directement, là, mais, je veux
dire, j'ai travaillé assez près, avec mes chargés de projet à l'époque,
pour savoir que la façon d'utiliser... de définir ce que c'était, un corridor
scolaire, c'était de prendre les codes postaux des jeunes qui fréquentent une
école, puis, après ça, d'identifier les routes
par lesquelles ils sont susceptibles de se déplacer. Donc, si on prend les
codes postaux... évidemment, les cohortes scolaires évoluent, et donc
les codes postaux des jeunes qui circulent vers l'école à pied ou à vélo
tendent à changer avec le temps, et donc ça
peut bouger. Donc, on pourrait aussi aller vers une définition qui serait plus
générale, «tout chemin emprunté par les élèves», puis, après ça, bien,
plus loin dans le projet de loi ou dans un règlement, venir imposer aux écoles de... par exemple, à tous les cinq ans, ce qui me
semble un délai raisonnable, à tous les cinq ans, de refaire l'identification
des corridors scolaires. Mais ce qui est important pour moi, c'est qu'on
réussisse à venir sécuriser, plus loin dans
notre projet de loi, avec cette définition-là de «corridor scolaire», les
déplacements des jeunes vers l'école à pied ou à vélo. C'est ça,
l'objectif.
Puis, comme on le voit actuellement, il y a peu
ou pas... il y a peu, en fait, d'accidents graves ou mortels sur le pourtour de l'école, puis c'est normal parce
qu'une fois rendu à l'école, bien, tout le monde ralentit ou, en tout cas, la
plupart des gens ralentissent. Souvent, c'est là aussi qu'on fait de la
surveillance scolaire. Quand il y a des opérations au début de la... à la
rentrée scolaire ou au retour du printemps parce que les jeunes recommencent à
marcher puis à utiliser leur vélo un petit
peu plus pour aller à l'école, donc, à ces périodes critiques là, bien, quand
il y a des opérations policières, bien, c'est autour des écoles directement.
Les policiers veulent être visibles puis envoyer un signal. Évidemment,
ils ne vont pas... En tout cas, c'est plus facile de s'installer à côté de
l'école puis c'est généralement ce qu'ils vont faire, donc... Puis,
généralement aussi, il y a le nombre. Il y a beaucoup... Comme tout le monde
converge vers l'école, bien, il y a une
espèce de sécurité par le nombre qui s'installe. Tout d'un coup, il y a comme
beaucoup de petits piétons, beaucoup
de petits cyclistes qui sont autour de l'école, dont c'est tout le... dont
c'est tout... dont c'est le point d'arrivée, finalement, et donc les
automobilistes sont plus vigilants à cet endroit-là. Puis il y a de la
signalisation aussi, on est proche d'une école.
Donc, tout ça
milite vraiment en faveur de travailler sur le déplacement en dehors de cette
zone-là, le corridor scolaire, donc en amont et en aval, dépendamment si
on est le matin ou le soir. Donc, moi, c'est ce que je propose. Puis, comme je vous dis, là, je ne suis pas fermé
à une modification, là, suite aux discussions qu'on aura, là, du libellé, parce
qu'avoir la bonne définition, je comprends que c'est un enjeu, mais il me
semblerait important de le faire pour s'assurer de bien sécuriser les
déplacements de nos jeunes vers l'école.
Encore une
fois, je le rappelle, là, l'intention dans le plan de sécurité routière déposé
par la ministre était le bon, l'intention était la bonne. On doit
sécuriser le déplacement des jeunes, mais on ne peut pas se restreindre
simplement aux quatre rues qui sont autour de l'école. On manque la cible. On
est en train d'oublier 85 % des accidents menant à des blessures puis
95 % des accidents menant à des décès. Ce serait dommage de passer à côté
de ça. Je pense que ça vaut la peine de
trouver la bonne définition. J'en propose une. Puis, encore une fois, comme je
vous dis, tantôt, on devrait peut-être ajouter, là, «à pied ou à vélo»,
«se rendre à pied ou à vélo à l'école et vice-versa», mais donc c'est ça, la
proposition, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Mme la ministre.
Guilbault : Oui, bien, d'abord, je veux dire, je suis très
sensible au point qui est soulevé par mon collègue, là. C'est d'ailleurs une des raisons principales
pour lesquelles on a décidé de confectionner ce plan-là d'action pour la sécurité
routière, qui est à l'origine du projet de loi qu'on étudie présentement. Et le
député a raison, là, dans le premier axe du
plan, il est question à la fois des zones scolaires et des corridors scolaires.
C'est sûr que, là, actuellement... puis je comprends que, probablement, il va
dire qu'on est à l'article pour l'introduction de définitions, puis je
comprends très bien, là, puis il a
raison, mais c'est sûr que, quand on introduit une nouvelle définition qui
n'existe pas actuellement, on se demande, par corollaire, qu'est-ce
qu'on a l'intention d'en faire plus tard. Parce qu'on introduit une nouvelle
définition, j'imagine que c'est pour proposer des mesures qui vont la concerner
plus tard, sinon ça ne serait pas utile de
l'introduire. Donc là, on ne sait pas exactement c'est quoi, l'objectif précis
d'introduire cette définition-là ou plutôt qu'est-ce que, plus tard, le
député va proposer de faire avec cette nouvelle définition là. Donc, c'est sûr
que, là, on... il nous manque une
partie de l'information. Mais, en même temps,
je comprends très bien qu'ils doivent suivre la séquence, puis là on est à
l'étape des définitions. Donc, ce n'est pas du tout une critique, c'est
simplement le fait qu'il nous manque une
partie de l'information. Parce que, comme on l'a dit en consultations aussi — parce
que c'est revenu, la question du corridor scolaire — c'est
sûr que les zones scolaires... il existe déjà un règlement sur la définition
des zones scolaires. D'ailleurs, on va le modifier et on va faire en sorte
qu'on aura le 30 kilomètres-heure obligatoire partout dans les zones
scolaires.
Mais pour ce qui est des corridors scolaires,
puis ça a été discuté, puis possiblement avec la FQM, là... c'est ça, j'y vais
de mémoire, puis je ne veux pas mettre des mots dans la bouche de personne,
mais c'est sûr que la réalité d'une grande ville versus un village ou, tu sais,
une petite municipalité... puis j'en parlais avec mon collègue de
René-Lévesque, qui a été maire de Baie-Comeau, mais, avant d'imposer... puis
encore là, je le fais sous toutes réserves, parce que je ne sais pas si ce
serait l'intention du collègue de Taschereau, mais, avant d'aller de l'avant avec des obligations mur à mur, indépendamment de
la taille et des moyens des municipalités, il faut être prudents. Donc,
c'est pour ça que les obligations, elles sont dans les zones scolaires.
Mais pour ce
qui est des corridors scolaires, quelle que soit la définition... là, on a une
proposition de définition qui me semble intéressante, mais, avant de
l'introduire et d'éventuellement amener des obligations uniformes sur ces
notions-là ou ces zones-là, qui seraient nouvellement définies, de corridor
scolaire, on ne peut pas, à notre sens, le faire
de la même façon qu'on le fait pour les zones scolaires, parce que ça peut
avoir des incidences qui sont majeures dans certaines municipalités, et
donc... et je réfère, là, à mon plan d'action sur la sécurité routière... la
façon dont on compte atteindre l'objectif
pour les zones limitrophes aux zones scolaires, donc, si on veut, le
différentiel entre corridor scolaire
et zone scolaire, c'est via le guide qu'on va mettre à jour, Redécouvrir le
chemin vers l'école , et donc c'est ça, de voir la façon dont on peut
proposer des aménagements. Il est écrit ici, là — c'est parce que j'ai
mon plan d'action toujours pas loin ici, là — les
mesures 1 et 2. Donc, on est là-dedans. Puis on y prescrit, à 2.1,
là : «Rendre obligatoire l'aménagement
sécuritaire des zones et des corridors scolaires, notamment par la prise en
compte du guide d'application élaboré par la
ministre des Transports et de la Mobilité durable.» Donc, c'est ça. Et là le
fameux guide, à 2.2, on dit qu'on va l'actualiser, et... c'est ça.
Puis je me souviens
du comité de parents aussi, qui était venu puis qui disait : C'est ça,
effectivement, des fois autour des écoles,
il y a des questions à se poser et des choses à faire. Et moi, je disais :
On pourrait, dans la révision du guide en question, essayer de venir...
je n'aime pas le mot «prescrire», parce que ça a quelque chose d'impératif, mais venir encourager les comités de parents à
s'asseoir, à se créer des structures de concertation, de consultation très
locale, parce que les gens qui habitent
autour de leurs écoles, dans leurs quartiers, c'est eux qui les connaissent le
mieux, beaucoup mieux que moi qui
connaît mon propre quartier, mais je n'ai pas la prétention de connaître tous
les quartiers. C'est la même chose pour chacun des élus, on connaît les
nôtres, mais pas ceux de tout le Québec. Donc, de favoriser que les idées ou les propositions de modification
de nouvelles signalisations, de... peut-être de modification de vitesse, etc., viennent
du milieu comme tel, à la fois des parents, des écoles, des centres de services
scolaires, peut-être du service de police
municipale, locale ou la Sûreté pour les plus petites municipalités, justement,
et autres personnes qui pourraient avoir un point de vue pertinent sur
la chose. Donc, c'est plutôt la façon dont on va essayer d'atteindre l'objectif, encore une fois, parce que, sinon, ça
devient énorme, comme fardeau, entre autres sur des petites municipalités.
Grandmont : Merci pour la réponse. Bien, moi aussi, là, j'ai toujours
le plan de sécurité routière proche, parce
que ça m'intéresse. Je pense que c'est un... c'est quand même intéressant, là,
puis on avait salué aussi, évidemment, ce
plan-là, même si je pense qu'on peut aller plus loin, là. Mais effectivement
moi, je réfère à la
section Transport actif sécuritaire vers l'école.
Bon, l'action 2 : «Rendre obligatoire l'aménagement sécuritaire des
zones et des corridors scolaires...» Donc,
déjà, même, il y avait l'intention de la ministre, à travers le plan d'action
en sécurité routière, de rendre obligatoire
l'aménagement sécuritaire des zones et des corridors scolaires. C'est ce qui
est écrit à 2.1. Donc, comment on peut arriver à cet objectif-là puis,
après ça dans le projet de loi, retirer la notion de «corridor scolaire» si,
dans le plan d'action, c'était nommé... le
plan d'action sécurité routière, c'était textuellement nommé, là, noir sur
blanc, les zones et les corridors
scolaires, «notamment par la prise en compte du guide d'application élaboré par
la ministre des Transports et de la Mobilité»?
Mme la ministre me
demande c'est quoi, mon intention, par la suite. Bien, c'est simplement de
revenir au plan d'action tel qu'il était écrit, s'assurer qu'après ça les
municipalités mettent en application les aménagements sécuritaires dans les
zones puis dans les corridors scolaires en prenant en compte le guide
d'application élaboré par la ministre. Donc,
si on n'a pas défini ce que c'est qu'un corridor scolaire, bien, le guide
d'application, donc, ne pourra pas
s'appliquer, parce qu'on n'aura pas défini ce que c'est. Il va s'appliquer à la
zone scolaire, mais il ne s'appliquera pas
à la notion de corridor scolaire. Donc, mon intention, elle est là, là, c'est
de mettre... de s'assurer que la définition de corridor scolaire, elle est claire pour qu'après ça, bien, les
municipalités soient... doivent, en fait, là, mettre en place les aménagements
sécuritaires pour que nos enfants puissent se déplacer. Puis, tu sais, la
définition... Mme la ministre fait référence à son collègue de
René-Lévesque, puis, bon, ça s'applique dans, tu sais, à peu près tous les cas,
là, toutes les... beaucoup de municipalités au Québec, là. Je vois le collègue
d'Argenteuil qui hoche de la tête puis je suis
bien d'accord. Puis évidemment que ce n'est pas tous les jeunes qui se
déplacent à pied ou à vélo vers l'école. Je veux dire, dans les milieux urbains des fois, on a des 80 %, 90 %,
95 % des jeunes qui se déplacent à pied ou à vélo vers l'école,
mais, dans la... je ne m'attends pas à ce que, dans la circonscription, là, de
René-Lévesque, on ait la même chose non plus, évidemment. Par contre, peut-être
que, dans un rayon de 800 mètres ou un kilomètre, ce qui est à peu
près le maximum qu'on s'autorise
généralement, là... Vous savez, je parlais tantôt de la ville de Montréal, qui
traçait un cercle d'un rayon d'un kilomètre autour de l'école parce
que c'est... de mémoire, là, le un kilomètre, c'est là où on offre le transport scolaire. À partir de 800 mètres ou
un kilomètre, généralement, c'est à peu près à partir de là, généralement,
qu'on offre le transport scolaire gratuit, bien, c'est la distance qu'on
s'attend à ce que les jeunes puissent marcher.
donc, si on avait, même à Baie-Comeau ou dans une ville qui fait
partie de la
circonscription de René-Lévesque, un rayon autour d'une école de
800 mètres, puis qu'on se rend compte qu'il n'y a pas de jeunes qui
habitent là, bien, il n'y a pas de corridor
scolaire, puis c'est tout. Si un jour il y a un jeune, une maison, des gens qui
s'installent à côté d'une école, bien là, subitement, on a l'obligation
de le faire parce qu'on a effectivement des jeunes qui sont susceptibles de se déplacer à pied ou à vélo vers l'école, mais
donc ce n'est pas un chambardement complet, là, de l'urbanisme d'une
municipalité, là, on parle vraiment de jeunes qui ont... qui sont susceptibles
de se déplacer à pied ou à vélo, puis c'est un cercle qui est relativement
restreint autour d'une école. Puis ce n'est pas dit que ça va s'appliquer dans
toutes les municipalités, mais je pense qu'il faut s'offrir cette
possibilité-là.
Puis,
par ailleurs, généralement, là, les écoles, même dans les milieux périurbains
ou même ruraux, généralement, il y a
quand même une bonne densité de maisons autour de l'école. Vous savez
combien... comment ça fonctionne, là, les coeurs villageois. Généralement,
c'est là que sont installées les écoles. Donc, souvent, bien, il va y avoir, au
croisement des deux routes, dont une
route qui appartient généralement au ministère des Transports et de la Mobilité
durable, donc une route régionale ou une route nationale. On a l'école,
on a l'église, qu'on se demande encore qu'est-ce qu'on va faire puisqu'il n'y a plus personne qui y va, puis
on a, bien, une couple de services, un dépanneur ou une épicerie, etc. Puis
autour, généralement, il y a quand même une bonne densité de résidences autour.
Puis même dans les nouvelles banlieues qui ont été créées depuis les
années 70, généralement, autour des écoles, il y a quand même une bonne densité de jeunes. Évidemment que le rayon... le
rayon de un kilomètre, là, et, au-delà du rayon de un kilomètre, il y
a beaucoup d'autres résidences, il y a beaucoup de jeunes qui vont
tomber dans le bassin de l'école puis avec la spécialisation
des écoles aussi... bon, ça, c'est un autre dossier, mais il y a quand même
beaucoup de jeunes qui vont venir de l'extérieur. Mais, pour ces jeunes-là, là,
qui sont autour de l'école à un rayon de 800 mètres, bien, il faut leur
donner la possibilité.
Bref, je reviens
là-dessus, je pense que c'est applicable puis c'est... En même temps, même en
donnant une définition assez précise de ce que c'est, un, ça va nous permettre
de nous rattacher au plan d'action, mais en plus ça ne viendra pas contraindre
les villes, toutes les municipalités du Québec, à des dépenses démesurées, là,
ce n'est pas ça qui va se passer, là.
D'autre part, bon, Mme la ministre dit :
Bon, on aime mieux qu'il y ait comme une mobilisation des parents qui se créée
autour des écoles. Moi, j'en suis beaucoup, là, des cas comme ça, là, de
parents qui se mobilisent autour des écoles pour arriver à essayer justement
d'avoir un corridor scolaire plus sécuritaire, parce que la zone scolaire, tout
le monde s'entend que c'est pas mal souvent le cas, là, même si on apporte des
améliorations qui sont quand même notables,
là, j'en conviens, mais, pour ce qui est du corridor scolaire, généralement, il
y a des... il y a un manque, c'est noté par beaucoup de parents qui se
mobilisent déjà, puis, à Québec, là, les cas sont nombreux, là. Ça passe
par le conseil de quartier, ça fait des
représentations, ça se fait dire après ça par la ville : Bien oui, mais
non, puis, après ça, on essaie de voir c'est quoi, les aménagements,
parce que ça...
Ça ne fonctionne pas actuellement. Tant qu'on
n'aura pas d'obligation d'aller de l'avant, puis de bien définir ce que c'est
que le corridor scolaire, puis, après ça, de bien se raccorder au plan d'action
en sécurité routière, bien, on aura toujours
de la réticence. Actuellement, le système, il fonctionne comme ça, sur la
mobilisation des parents, puis, malheureusement, ça ne donne pas des
résultats, parce qu'après ça, souvent, ce qu'on a, c'est : Ah! mais oui,
mais c'est une route du ministère des Transports. Ça fait que, là, la ville
renvoie la balle au ministère des Transports, le ministère des Transports dit : Bien là, on n'a pas d'argent pour ça
ou, en tout cas, on a une enveloppe qui peut permettre d'aller chercher de l'argent, mais, tu sais,
l'enveloppe est restreinte. Ça fait que, là, après ça, ça retourne à la
municipalité. La municipalité n'a pas l'argent pour le faire parce que
l'enveloppe ne couvre pas suffisamment les frais. Ça ne fonctionne pas. Il faut
qu'on ait un système dans lequel on a, comme c'était écrit dans le Plan
d'action en sécurité routière, une forme
d'obligation à rendre obligatoire l'aménagement sécuritaire des zones et des
corridors scolaires. C'est ça qui est
dans le plan. Je me réfère à ça, là, c'est très important, mais ça ne passera
pas par une mobilisation de parents, ça ne fonctionne pas, c'est comme
ça actuellement, puis c'est pour ça que les parents se sont mobilisés à partir
de l'hiver... c'était 2023, donc c'est pour
ça que les parents se sont... 2022? Oui, c'est ça, 2023, c'est pour ça que les
parents se sont mobilisés, parce que ça ne fonctionne pas. Puis c'est
comme ça que ça fonctionne actuellement, mais ça ne marche pas, ça ne donne pas
les résultats.
Donc, moi, je suis bien prêt à discuter, comme
je le disais tantôt, du libellé, on peut définir une zone, on peut rester plus
flou en disant : Bien, tu sais, c'est en fonction du... de là où résident
les enfants, on peut être plus précis en
disant, bien, c'est un rayon de 800 mètres autour des écoles, mais, de
grâce, donnons-nous une définition pour être capable de se raccorder à
ce qui est écrit dans le plan d'action.
Présidente (Mme Maccarone) : Une courte réponse, Mme la ministre, nous devons
suspendre prochainement.
Mme Guilbault : Oui, bien, c'est qu'il y a plusieurs éléments que je veux
amener dans la discussion, là, qui est très intéressante, mais je pense que,
là, avec les 31 secondes qu'il me reste, je vais peut-être suggérer de la
reprendre tantôt.
La Présidente (Mme Maccarone) : Parfait.
Il n'y a pas de problème.
Alors, compte tenu de l'heure, la commission
suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Le Président (M. Jacques) : La
Commission des transports et de l'environnement reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 48, Loi modifiant principalement le Code de la sécurité routière
afin d'introduire des dispositions relatives aux systèmes de détection et
d'autres dispositions en matière de sécurité routière.
Lors de la suspension de nos travaux, cet
avant-midi, nous en étions à l'étude de l'amendement du député de Taschereau
proposé à l'article 2 amendé du projet de loi. Mme la ministre, vous vous
apprêtiez à répondre à M. le député de Taschereau sur son
amendement. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Merci, M. le Président. Salutations à tous. Donc, effectivement,
puis j'avais déjà donné certains éléments dans ma première réponse dans
le cadre d'échanges qu'on avait, mais un peu dans le même sens, tu sais, ce que j'évoquais, c'est qu'à l'inverse des
zones scolaires, qui sont déjà définies de longue date, qui sont déjà des
entités connues avec lesquelles toutes les municipalités du Québec sont
habituées de travailler, la notion de corridor scolaire, bien qu'effectivement introduite dans mon propre plan, là, tu
sais, je l'ai, moi aussi, ici, toujours dans ma sacoche et... Et donc...
Mais cette notion-là n'est définie nulle part actuellement.
Donc là, non seulement on se propose de les
rendre plus sécuritaires, c'est effectivement ça qui est... qui est écrit dans le plan, mais il faut commencer par la
définir. Et ce que je disais ce matin, c'est que ce ne sera pas forcément
la même chose partout. Il y a des réalités
très différentes, il y a des ressources très différentes. Et, quand on en parle
avec les associations municipales,
qu'on en parle aussi... Puis j'ai ici un extrait, c'est ça qu'on avait, vous
voyez, le mémoire de la ville de Montréal, parce que, que ce soient les municipalités, que
ce soient les différents partenaires, Piétons Québec, différents groupes qui sont venus nous rencontrer
qui sont tous intéressés par la chose, bien, je pense que le consensus, c'est
de dire : Il faut s'entendre ensemble, il faut s'asseoir ensemble pour
d'abord le définir, le corridor scolaire, puis ensuite de ça, voir de quelle façon on vient l'encadrer pour le rendre plus
sécuritaire, puis donc, se conformer à la mesure 2 du Plan d'action en sécurité routière dans
l'éventuelle mise à jour du guide Redécouvrir le chemin vers l'école . Et
c'est ça qu'on disait.
Puis là j'y faisais
référence, puis le collègue m'a dit : Ça fonctionne déjà avec la
mobilisation des parents, puis on... on voit un peu les limites de ça. Donc...
Bien, en tout cas, je paraphrase, c'est ça. On voit déjà les limites de ça
puis... puis c'est vrai qu'il faut... qu'il faut franchir un pas de plus. C'est
pour ça que j'ai fait le Plan d'action en sécurité routière. Mais ce que je
disais aux parents, parce qu'il reste que c'est eux les mieux placés, donc
d'encourager une structure de communication permanente dans le fameux guide, ce
qui fait que ces gens-là vont être obligés continuellement... Obligés? Je
n'aime pas le terme «obligé», mais, en tout cas, c'est ça pareil. Ils vont être
contraints, du moins, de discuter, de
s'entendre sur des mesures, ensuite de ça de les mettre en place, parce que le
plan le dit, là, «rendre sécuritaires
les corridors scolaires», donc, dans l'éventuelle mise à jour du guide. Et
c'est cette mise à jour là, c'est ce processus de mise à jour, là, je
pense, qui va être le bon forum pour asseoir les personnes ensemble, les
instances concernées ensemble, arriver avec une définition, arriver sur des
paramètres puis arriver ensuite sur des objectifs de sécurisation.
Puis je parlais de la
ville de Montréal. Donc, j'ai ici un extrait de leur mémoire, là, la
page 19, ils parlaient justement de...
du guide Repenser le chemin vers
l'école : «Nous pensons
qu'en raison de...» C'est ça. «Nous pensons qu'en raison de son
expertise, la ville de Montréal doit être impliquée dans la révision et
l'actualisation de ce guide afin de faciliter la mise en place des aménagements
sécuritaires. Nous pensons que le guide peut être plus détaillé, notamment pour
alimenter les municipalités possédant moins d'expertise en la matière, mais
également de veiller à la prise en compte
des spécificités montréalaises et des milieux plus denses dans les
prescriptions qui émaneront du guide»,
donc. Et : «De plus, la ville souhaiterait disposer de l'autonomie
nécessaire pour déterminer les actions engagées.»
Alors, déjà, on sent
qu'ils sont d'accord avec l'objectif, mais de dire : Prenons le temps
quand même de nous entendre, de s'asseoir,
de tenir compte des spécificités, eux parlent de ville densifiée parce que
c'est Montréal, mais une autre municipalité plus petite nous aurait sans
doute dit : Tenons compte de mes spécificités à moi, qui ne sont pas du
tout, justement, la même réalité ni les mêmes ressources qu'une métropole.
Alors, bref, pour
même objectif que l'amendement qui est
déposé, ça va être de... d'avoir le comité de révision du guide qui soit le
plus inclusif possible. Donc,
différents intervenants, entre autres, qui sont venus nous voir en commission,
d'asseoir ces gens-là ensemble, puis d'arriver avec une définition puis
une prescription des... une prescription, je dirais, plus incarnée, là, des
objectifs d'amélioration de la sécurité des
corridors scolaires, qui va faire consensus, donc qui va avoir beaucoup plus de
chances d'atterrir puis de donner quelque chose de concret dans la
réalité.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. M. le député de Taschereau.
M. Grandmont :
Merci pour la réponse, Mme la
ministre. Je ne sais pas par quel bout prendre ça, parce que, bon, Mme la ministre, elle dit : Il faut qu'on
prenne le temps de le définir, ce qu'est c'est qu'un corridor cyclable. On
s'entend sur le fait qu'il faut agir
sur les corridors cyclables, je pense qu'on est d'accord là-dessus. C'est écrit
dans le plan, donc, ce que je comprends, c'est que la ministre dit qu'il
n'y a pas d'erreur, c'est... ça se trouve dans le plan de sécurité routière
puis ça va être traité d'une autre façon, ça va être traité dans tous les cas.
Elle passe encore beaucoup par la mobilisation des parents. Moi, je vous dis,
ça fait des années que les parents travaillent de cette façon-là puis ça ne fonctionne pas. Puis d'ailleurs le collectif des
parents qui est venu nous voir, le collectif Pas une mort de plus, s'est pas
mal insurgé. C'était probablement un des gros enjeux sur lequel ils ont insisté
beaucoup. Ils ont fait des propositions, tu sais, proactives, là, avoir
un protecteur de l'usager. Il y avait plein de mesures qui étaient plus en
ajout au projet de loi. Donc, on était plus
dans un... essayer de coconstruire un projet de loi encore... qui irait encore
plus loin. Mais c'est bien un recul sur lequel ils ont insisté, c'est
celui du retrait, en tout cas, de l'apparent retrait de la notion de corridor
scolaire qui apparaît dans le plan de sécurité routière, mais qui n'apparaît
pas dans le projet de loi n° 48. Prenons le temps de définir ce que c'est. Donc, je pense qu'il y a un chemin
possible vers définir ce que c'est, un corridor scolaire, ça, je suis
d'accord avec Mme la ministre.
Le plan d'action a
été déposé en août 2023. On aurait eu le temps, normalement, de... il me
semble, de déposer, d'élaborer cette fameuse définition là. Moi, j'en propose
une aujourd'hui parce que je trouvais illogique, en tout respect, que ça ne se retrouve pas dans le projet de loi
n° 48. Je veux dire, je ne peux pas croire qu'il n'y a pas personne
au ministère des Transports, qui n'a pas déjà travaillé, notamment, à travers
tout le très bon travail qui se fait dans le guide
Vers le chemin de l'école ... Pour redécouvrir le chemin de l'école ,
qui n'a pas...qui n'a pas une définition de ce que c'est un corridor
scolaire. Elle doit bien se trouver là-dedans, la définition, ou elle doit se
trouver, en tout cas, dans la tête de quelqu'un qui a travaillé là-dessus. C'est
possible de trouver quelque chose, il me semble. Ça serait... Si on ne le met pas là actuellement, bien, on ne
se donne pas les moyens de se contraindre à aller vers des aménagements ou de signalisation qui nous permettraient, comme
je le disais, puis je le répète parce que c'est important, de travailler
sur le 85 % des accidents, des collisions qui donnent des accidents graves
ou légers ou le 95 % des accidents qui résultent en des décès de jeunes
sur le chemin de l'école. On est en train de passer... on est en train de
passer à côté du plus gros, en fait, de ce
que le plan de sécurité routière voulait faire parce qu'on n'inclut pas la
notion de corridor scolaire.
Tantôt,
Mme la ministre me demandait quelle était mon intention par la suite, là, si
j'amenais la définition, si je proposais d'amener la définition de «corridor
scolaire» dans la liste des différentes définitions qu'on trouve là, à l'article 4 du Code de la sécurité routière.
Bien, à l'instar de ce que... En fait, comme le proposait Piétons Québec, ce
que j'espère faire, en fait, c'est
de... c'est ça, en plus de modifier l'alinéa à l'article... attendez que je me
retrouve, là, juste être sûr... Bon,
c'est ça, en plus de modifier l'article... l'alinéa ajouté à
l'article 294.0.1 pour inclure les corridors scolaires, Piétons Québec recommande qu'une modification du
règlement encadrant l'établissement des zones scolaires et définissant une période scolaire... Non, ce n'est pas ça. Je
suis à côté. L'objectif, en fait, c'est d'amender le 294.0.1 pour s'assurer
que tous les gestionnaires de chemins routiers, là, de routes, en fait, y
apposent la signalisation adéquate. Il y a une signalisation qui existe au
Québec pour les corridors scolaires, je pense que les gens la connaissent, là,
c'est les petits panneaux jaunes, corridor... corridor scolaire. Bien, c'est de
forcer les municipalités à installer cette signalisation-là. C'est peut-être le minimum à faire, mais au moins
ça envoie un signal à l'effet qu'il y a des petits piétons, des jeunes, là, qui
sont de l'âge du primaire ou du secondaire, qui circulent sur ces routes-là.
Puis les automobilistes doivent être attentifs, doivent être plus prudents.
Donc, voilà.
Moi, je réinsiste. Je
ne comprends pas pourquoi on ne retrouve pas cette notion-là, d'autant plus que
ça a été demandé par plusieurs groupes. Ça a été demandé, notamment, par le
collectif Pas une mort de plus, Piétons Québec, Vivre en Ville, notamment, qui
avaient demandé à ce qu'on revienne à ce qui était tout simplement écrit dans
le plan d'action. Tout le monde avait salué
cette partie-là, là, tout le monde était content de l'effort qui était mis
autour des écoles. Évidemment, le
plan d'action, à bien des égards, là, pourrait aller plus loin, là. Mais, sur
ce qui faisait consensus, il y avait la
zone scolaire, il y avait le corridor scolaire. On ne s'explique pas pourquoi
Mme la ministre décide de le retirer sous l'argument que c'est difficile à définir, alors qu'on a eu le temps en
masse de le faire. Puis moi, je vous en propose une, puis je suis même ouvert à ce qu'on la revoie,
quitte à ce qu'on la suspende, là. On peut suspendre cet amendement-là
aussi, un bout de temps, le temps que les experts du ministère des Transports,
que je salue, nous trouvent la bonne... la
bonne définition, puis on reviendra en temps et lieu. Je pense encore... je
pense encore une fois qu'on passe à quelque chose... à côté de quelque chose de
vraiment très, très gros, qui constituait essentiellement le coeur du Plan
d'action en sécurité routière de Mme la ministre. Voilà pour l'instant.
Le Président (M.
Jacques) : Merci. Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui. Bien, je veux juste réitérer très clairement que j'ai le même
objectif que mon collègue, là, tu
sais, c'est pour ça que j'ai fait la mesure 2, là, on n'était pas obligés
de le mettre. C'est nous qui avons fait le plan. On n'était pas obligés.
On aurait pu mettre juste les zones scolaires. Donc, clairement, il y a un
intérêt. Mais la nuance, c'est que les zones scolaires, c'est déjà un concept
avec lequel tout le monde est habitué de travailler. Donc, c'est, en quelque
sorte, plus simple, non pas que c'est simple nécessairement à opérationnaliser,
là, un peu partout, mais, au moins, c'est
déjà plus clair. Et ce n'est pas nouveau. C'est éprouvé comme concept puis
comme... comme notion de référence. Le corridor scolaire, avant de
penser ajouter des obligations d'aménagements sécuritaires... puis, en fait,
pas avant, mais, tu sais, simultanément au
fait qu'on y ajoute des obligations sécuritaires, on... on doit d'abord, là,
s'entendre sur une définition. Puis c'est là... c'est là, là, je pense,
l'importance, puis je ne pense pas que, quand on parle de notions aussi complexes... Parce que, quand même, c'est facile à
discuter comme ça ici, mais, dans la vraie vie, là, c'est des choses qui donnent
lieu à des processus, puis à des actions, puis, tu sais, à des diagnostics de
sécurité, puis à des changements, des
propositions de réaménagement, puis des projets, puis de la réalisation de
projets, et tout ça. Donc, je ne pense pas qu'on peut faire l'économie
de la consultation pour avoir une définition qui convient à tous.
Puis, tu sais, on a
passé presque 10 heures ici en motion pour nous demander toujours,
toujours, toujours plus de consultation,
alors qu'on avait... on en avait fait déjà 17 heures. Et là, tout à coup,
pour une nouvelle notion, qui va avoir des incidences majeures sur
1 200 municipalités au Québec, on ne ferait aucune consultation. Moi,
je pense qu'on escamoterait quelque chose dans le processus. Non pas qu'on ne
veut pas adhérer à notre propre plan, mais je pense que c'est correct de faire
les choses dans l'ordre. Et là on met... on met... Parce qu'il va y avoir une
première rencontre déjà le 10 avril. Puis, quand on regarde aussi les échéanciers,
le livrable pour la mise à jour du guide, c'est 2024. Donc, on est dans nos
échéanciers. On est seulement au mois de mars, et là il y aura une première
rencontre déjà le 10 avril, et il y a plusieurs groupes qui vont être
convoqués, là, à cette... à cette rencontre là pour commencer le travail de
mise à jour. Donc, on aura ces rencontres-là, on aura les discussions.
Il y a tant des...
autant des municipalités que des groupes d'intérêts, des groupes de parents,
des groupes comme Accès Transports viables, etc. Donc, il y a une foule de gens
qui vont... évidemment, la SAAQ, le ministère. Il y a ces gens-là qui vont se
rencontrer. Donc on va travailler ensemble, on va arriver avec une définition
qui fait consensus, on va se donner des objectifs, aussi, qui font consensus,
partant du principe que tout le monde est de bonne foi puis comprend que ça va
ajouter des exigences qui n'existaient pas avant, parce que c'est ça, le...
c'est ça, le principe du Plan d'action en sécurité routière. Puis on va être capables
de livrer un guide actualisé, en 2024, qui va générer des aménagements plus
sécuritaires non seulement dans les zones scolaires, mais dans les corridors
scolaires, selon leur future définition.
M. Grandmont : Donc, le 10 avril,
c'est une rencontre pour les... Redécouvrir le chemin de l'école ou
c'est...
Guilbault : Oui, les premières rencontres.
M. Grandmont : OK, puis les tomes...
les tomes I et V, ça, c'est-tu déjà en cours, ces consultations-là ou ce
travail-là pour la refonte? Tant qu'à être là-dessus, là.
Mme Guilbault : Oui, bien... oui, ça,
c'est les... les tomes, ils sont à ma mesure... ils sont dans mon axe 2,
je pense, de mémoire , là...
M. Grandmont : C'est au début, c'est
au début.
Mme Guilbault : Ah! ils sont au début. C'est ça. Là, je n'ai pas les dates.
M. Grandmont : Ou je me trompe, là.
Non, ce n'est pas au début, excusez-moi.
Mme Guilbault :
...les travaux internes... c'est drôle, comment ça...
M. Grandmont : C'est des...
mesure 8, mesure 8. Action 8.
Mme Guilbault : ...capable
de trouver mes affaires...
M. Grandmont : Les deux tomes, c'est
action 8.
Mme Guilbault : C'est l'action 2, oui, c'est ça.
M. Grandmont : Huit, huit, huit.
Mme Guilbault : L'action 8, OK. Ah oui, c'est ça. Bon, depuis hier, je
les cherche, je ne sais pas pourquoi. Oui,
c'est ça. Non, mais les travaux sont commencés à l'interne, et puis il y aura
là aussi des discussions, mais c'est sûr que, tu sais, quand on parle
d'intégrer les aménagements dans la prochaine norme, il va falloir discuter,
entre autres, justement, avec les municipalités, surtout pour le tome I.
Alors, oui, c'est en cours. Parce que ça aussi, les livrables... mais, si on regarde, moi, j'ai mis des livrables
avec des échéanciers précis justement pour qu'on puisse s'y référer. Donc,
tester des nouveaux aménagements, c'est cette année, mais intégrer... avoir une
nouvelle norme, c'est 2025 pour le tome I, puis le
chapitre Piétons, 2026,
c'est un plan d'action 2023-2028, on s'en rappelle, et, pour le
tome V, c'est cette année aussi, les nouvelles dispositions.
M. Grandmont : Parfait. Donc, si je
résume, dans le fond, donc, dans le plan d'action, on avait des mesures, on
voulait... On parlait de corridors et d'aménagement, de corridors et de zones
scolaires. Là, dans la loi, on parle de zones scolaires parce que c'est un
concept qui, selon ce que vous... ce que la ministre dit, ça se définit mieux.
On a une définition commune. Et donc, là, il y aura force de loi pour
dire : Bien, dans ces zones scolaires là, il y aura une obligation de
signalisation et d'aménagement. C'est ce que... dans le fond, comme, ça va être
compris dans la loi, puis après ça, bien, les guides viendront définir, en
fait, quels types d'aménagement puis quels types de signalisation on doit
faire. Ce qui ne sera pas le cas des corridors parce qu'on n'a pas de
définition, disons, consensuelle, et donc, dans
ce cadre-là, bien, on va avoir encore une fois le guide Redécouvrir le
chemin de l'école , il va y avoir les tomes I et V, et, dans tous les cas... et, dans tous les cas,
cette... il n'y aura pas d'obligation, il n'y aura pas d'obligation à court
terme, ça va être sur une base
volontaire, puis même, Mme la ministre a parlé de mobilisation des parents pour
essayer d'influencer les pouvoirs publics aux différents paliers, en
tout cas...
Mme Guilbault : ...participer aux travaux de révision.
M. Grandmont : Pour participer, oui,
évidemment, puis tout ça. Moi, ce que je ne comprends pas, Mme la ministre, puis je reviens toujours à ça, c'est
que, dans le plan d'action, l'action 2, c'est : «Rendre obligatoire
l'aménagement sécuritaire des zones et des corridors scolaires.» Pour
moi, une obligation, ça relève d'une loi, puis là ce que vous me dites, c'est que, pour les zones scolaires, ça va
être obligatoire, donc ça relève d'une loi. Puis, de l'autre côté, les
corridors, bien, ça ne sera pas obligatoire, ça va relever de guides, ça va
relever d'orientations qui vont être prises. On va inciter les gens à se
mobiliser, mais on n'est pas... on n'est pas en train de le rendre obligatoire.
Le plan d'action est clair, c'est rendre
obligatoires la signalisation et les aménagements pour les corridors et les
zones, ce n'est pas : un, c'est obligatoire, puis l'autre, ce n'est pas obligatoire. Pour moi,
donc, si ça doit être obligatoire, les deux doivent être inscrits dans la loi.
Et c'est pour ça que je propose un amendement,
d'ajouter une définition pour définir ce que c'est, un corridor scolaire, puis, après ça, qu'on puisse enfin, à
l'article 294.0.1, venir dire aux municipalités que, dans les corridors
scolaires, ils vont devoir faire la
signalisation. Mais on ne peut pas avoir... C'est des pommes puis des pommes,
là, ce n'est pas des pommes et des oranges dans le plan d'action.
Le Président (M. Jacques) : Mme la
ministre.
Mme Guilbault : Oui, bien, c'est la même explication que tout à l'heure, la
signalisation, le tome V, c'est des
choses qui existent déjà. Oui, on va les... on va le faire évoluer, on va faire
une révision. Les zones scolaires, c'est déjà un concept avec lequel on
travaille. Il y en a plusieurs, déjà, à 30 kilomètres-heure, il y en a plusieurs
qui ont des aménagements
sécuritaires, pas toutes, mais le corridor scolaire ne sera pas le... ne
s'incarnera pas de la même façon sur le territoire des municipalités
dépendant où on se trouve.
Alors, je suis même
étonnée que le député, après avoir passé des heures et des heures à revendiquer
des consultations sur un projet de loi qui avait déjà eu 17 heures de
consultations, souhaite aujourd'hui qu'on fasse l'économie de la consultation
des groupes qui vont être directement concernés. Bien, alors, on ne peut pas
faire la consultation ici, donc il faut la faire une fois qu'on aura terminé le
projet de loi puis, ensuite de ça, fonctionner avec le futur guide amélioré,
amélioré sur la base de discussions entre différents groupes, des
municipalités, des centres de services scolaires, etc.
Grandmont : Là, Mme la ministre me met des mots dans la bouche. Ce
n'est pas vrai que j'ai dit que je voulais
qu'on fasse l'économie d'une consultation. Évidemment, qu'on en fasse, tant
mieux. J'ai dit, tantôt, que le projet de loi... le plan d'action a été
déposé en août 2023, on aurait eu en masse le temps, entre ce moment-là puis le
dépôt d'un projet de loi, le projet de loi n° 48,
pour bien définir ce que c'est, un corridor scolaire, trouver une définition
consensuelle de ce que c'est, on s'est retrouvés avec plein de groupes, pendant
les audiences, qui ont décrié le fait qu'on n'était pas... qu'on avait retiré,
finalement, puis je partage leur point de vue là-dessus, la notion de corridor
scolaire dans le PL n° 48, alors qu'il se trouve dans... dans le plan
d'action.
Mais
j'aimerais que vous me répondiez à la question suivante : Comment vous
allez rendre obligatoire — puis
je vais reprendre les mots, là, du plan d'action — rendre obligatoire l'aménagement sécuritaire des
corridors scolaires si on ne le met pas dans la loi? Comment ça peut
être obligatoire, les aménagements puis la signalisation, si on ne le met pas
dans la loi?
Mme Guilbault : Bien, ce sera via les... ce sera via les règles qui vont être prescrites
dans le futur guide, en fait, le guide...
Grandmont : Mais le guide...
Guilbault : ...qui existe déjà, mais qui... la future mise à
jour.
Grandmont : Mais le guide ne fait pas... ne fait pas... comment qu'on
dit ça, c'est quoi, l'expression...
M. Grandmont :
...ne fait pas force de loi,
merci, n'a pas force de loi. Le guide n'a pas force de loi, Mme la...
Mme la ministre. C'est la loi qui vient dire ce qui est obligatoire puis ce
qui... ce qui ne l'est pas. Donc, si tout ce qui se trouve dans les politiques gouvernementales puis dans tous les guides
de référence est obligatoire, bien, il y a bien des choses qui se régleraient au Québec. On est passés
à travers bien des proje