Labour and the Economy — 22 October 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-10-22
Quebec — Committees
Et je me
rappelle d'un échange avec le député d'Ungava, qui me parlait de la logique,
bien, il y a aussi une logique dans
ça, c'est que c'est même sur le site du Parc olympique. Mme la Présidente, on
parle aussi du patrimoine architectural. Ça n'a pas été enlevé. Ce que je constate, c'est
qu'en rédigeant le projet de loi je ne sais pas pour quelle raison on enlève
le mot «architectural», qui était pourtant associé au patrimoine du Parc
olympique.
Donc, j'invite Mme la ministre à nous expliquer
pourquoi ça a été enlevé. Et, par la suite, je vais revenir, au niveau de mes arguments... pourquoi on tient à
ajouter le mot «architectural» à la mission que nous avons devant nous, au
niveau de ce projet de loi.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Mme la ministre, à vous la parole.
Mme Proulx (Berthier) : À vos
souhaits, Mme la députée. Merci, M. le député.
Une définition
sur un site Web, comme l'a souligné — il y a un mois qu'on était ici, en commission
parlementaire — le député de Rosemont, ce n'est pas un
projet de loi. Donc, un projet de loi... Comme nous tous, on est engagés dans une démarche qui est très sérieuse.
Donc, les libellés sont mieux définis dans le cadre d'un projet de loi. On
maintient, nous, notre souhait, M. le
député, de demeurer extrêmement inclusifs dans le libellé, donc, dans cet
article 4 là. Plus loin, dans le projet de loi dont on va débattre
ici, ensemble, tout le monde, il va y avoir des précisions.
Donc, on
souhaite avoir une définition qui est beaucoup plus large, qui est beaucoup
plus inclusive. C'est le mot sur
lequel je tiens à insister ce matin. Donc, on va aller vers... On part avec le
général pour aller dans quelque chose qui est beaucoup plus défini plus tard dans le projet de loi. Vous savez, le
patrimoine, ce n'est pas unique au Parc olympique. On en a discuté ici, on en a discuté hors ondes un
peu plus tôt, le patrimoine, ça peut faire référence au grand spectacle en
rose de Diane Dufresne, ça peut être U2,
ça peut être Emerson, Lake & Palmer, que j'ai vu aussi. Donc, c'est
notre souhait de demeurer très large en utilisant le mot «patrimoine». Et donc,
je le répète, plus tard, à l'article 6, on viendra, de façon très,
très précise, définir «patrimoine». Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, Mme la ministre. Le député de Nelligan.
M. Derraji :
La ministre peut me corriger. Donc, si j'ai bien compris, le mot
«architectural» a été enlevé de la mission qu'on a devant nous, du Parc olympique, pour rédiger une nouvelle
mission au niveau du projet de loi pour être plus inclusif. Est-ce que
c'est ça que j'ai bien compris, Mme la Présidente?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Bien, en fait, ce que je vous dirais, c'est que la
mission a beaucoup évolué, et c'est la raison
pour laquelle... Mon micro n'est pas... La mission a grandement évolué, comme
vous le savez, au fil des décennies. Donc,
ici, on est d'accord sur le fond, mais là on parle d'une vieille loi qui
remonte à 1975. Comme je tiens à le souligner, M. le député, ce n'est pas qu'on n'accorde pas d'importance au
patrimoine, mais on aura l'occasion, à l'article 6, de venir
vraiment, vraiment bien le définir et le préciser.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. On va faire une alternance si
vous voulez. Alors, le député de Viau, ou vous aimez mieux le laisser
parler... continuer?
M. Benjamin : Oui, absolument,
bien sûr.
Présidente (Mme IsaBelle) : Il peut continuer? Parfait. Alors, le
député de Nelligan, vous pouvez continuer.
M. Derraji :
Mais, Mme la Présidente, je ne pense pas... et j'en suis sûr et certain, que
Mme la ministre n'est pas à son
premier exercice en termes d'échanges par rapport à une mission, peu importe la
mission d'un organisme. On l'a fait
par rapport au premier amendement, concernant la complémentarité avec les
partenaires et la communauté environnante. Ça veut dire que c'est quelque chose qui est très important. Et, si le
Parc olympique a mis ça dans sa mission, surtout le statut du Parc olympique, c'est parce que c'est
important, le patrimoine architectural. Ça a été démontré aussi par rapport
aux groupes et les rapports que nous avons devant nous.
Là où je ne suis
pas d'accord avec Mme la ministre, Mme la Présidente, c'est qu'elle nous
dit : Attendez un peu plus loin,
on va préciser, on veut être inclusifs au début. J'achète, pas de problème.
Mais là on parle d'une discussion de fond,
d'un patrimoine architectural qui est très important pas uniquement pour les
Montréalais, mais pour l'ensemble de la population québécoise. Et, au-delà de l'aspect ou de la logique de ce
patrimoine architectural, le Parc olympique lui-même était convaincu, avant le dépôt de ce projet de
loi, qu'il fallait protéger... et la mise en valeur de ce patrimoine
architectural.
Donc, pendant
toutes ces années, Mme la Présidente, depuis l'inauguration du Parc olympique, depuis
les débuts de l'exploitation du Parc
olympique, les gens ou bien les personnes qui travaillaient pour l'élaboration de la
mission du Parc olympique étaient
convaincues de l'importance de la mise
en valeur du patrimoine pas
point, ils étaient tous convaincus, Mme la
Présidente, de la mise en valeur du patrimoine architectural.
La question,
elle est très simple : Pourquoi aujourd'hui... Et je sais l'argument que Mme la ministre va nous dire, c'est : Écoutez,
c'est une loi qui... depuis très longtemps. Mais là on parle d'une mission,
d'un parc qui existe depuis très longtemps, où les gens mêmes qui
travaillent dans ce parc, qui ont contribué à l'élaboration de la mission,
croyaient à l'importance de l'ajout du mot
«architectural» et que la mise en valeur du patrimoine soit aussi la mise en
valeur du patrimoine architectural. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, est-ce que la ministre veut répondre? Sinon, on peut passer la parole
au député de Viau.
Mme Proulx (Berthier) : ...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, le député de Viau, à vous la parole.
M. Benjamin : Merci, Mme la
Présidente. Il reste combien de temps, Mme la Présidente?
Présidente (Mme IsaBelle) : Pour vous, il resterait... vous aviez... On va demander puis on va vous
revenir, parce que moi, je ne
l'ai pas à l'écran.
M. Benjamin : Ah! d'accord,
vous ne l'avez pas à l'écran. Bien, écoutez...
La Présidente (Mme IsaBelle) : Il
faut le demander en arrière.
M. Benjamin : O.K., parfait. Bien, écoutez, je vais continuer à
intervenir. Mais, vous savez, en fait, ce que je trouve particulier, c'est
qu'au coeur de l'argument de Mme la
ministre la ministre
nous dit qu'elle ne veut pas diluer... Donc, c'est pour cette raison
qu'elle veut être générale. C'est pour cette raison qu'elle veut qu'on reste
sur le mot «patrimoine».
Or, l'article tel qu'il est actuellement, sans
amendement, nous dit de mettre en valeur le patrimoine et l'héritage olympique. Or, à ce que je sache, quand on parle
de l'héritage olympique, l'héritage olympique peut être aussi considéré comme faisant
partie du patrimoine. Or, on a
choisi, et avec raison, avec raison, d'ailleurs, avec raison, de spécifier
l'héritage olympique. Et c'est une
bonne chose de l'avoir fait, et c'est dans la même veine. C'est dans la même
veine justement parce que qu'est-ce
que c'est qu'un patrimoine? Un patrimoine, c'est un legs, c'est un héritage.
Et, dans le cas qui nous concerne, si on parle du Stade olympique, l'héritage
olympique est au coeur de ça. Et c'est vrai que c'est bon de souligner
l'héritage olympique, mais c'est aussi bon,
Mme la Présidente, c'est aussi bon, de souligner l'architecture unique de cette
installation.
Donc, alors
je pense qu'il y a là, dans l'argumentaire même de Mme la ministre, un paradoxe
que je ne comprends pas, puisqu'elle a trouvé bon, elle a trouvé juste,
et nous sommes d'accord avec elle, d'ailleurs, par ailleurs, de préciser «héritage olympique». Mais, par contre, quand
vient le temps de parler d'architecture, de l'architecture du Stade olympique,
qu'elle nous présentait, avec raison, aussi,
d'ailleurs, comme étant unique, et c'est vrai... et là on ne veut pas parler...
on ne veut pas spécifier, on ne veut pas mentionner, on ne veut pas
souligner ce caractère, donc, unique de notre patrimoine architectural,
l'architecture du Stade olympique.
Donc, alors
ce qu'on lui demande, c'est déjà ce qu'elle a initié, c'est-à-dire... En
croyant bon de parler d'héritage olympique pendant qu'elle parle de
patrimoine, on lui demande de faire la même chose pour l'architecture du stade,
c'est-à-dire, oui, il faut parler du patrimoine. On va parler de mettre en
valeur le patrimoine, l'architecture et l'héritage olympique. C'est ce qu'on lui demande, donc, et là je ne comprends pas,
puisque ce que je lui demande, c'est de poursuivre, tout simplement.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a... Le député de...
Voulez-vous répondre? Excusez-moi, Mme la ministre, vous auriez aimé répondre
cette fois-ci? Parfait, allez-y.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Vous avez raison, M. le député
de Viau, l'héritage, c'est divers, et
c'est la raison pour laquelle on souhaite avoir ce chapeau de patrimoine que,
plus tard, comme vous l'avez très certainement lu, dans un
article subséquent, on vient définir et préciser. Puis il a
fallu que la mission soit précisée dans le temps, parce que la loi initiale ne reconnaissait pas cet
aspect-là qui est essentiel. Ici, et je le répète, là, on doit être inclusifs
pour répéter... pour ne pas répéter, pardon, les erreurs qui avaient été
commises en 1975.
Donc, notre
souhait, c'est d'être le plus inclusif possible. Et, subséquemment, dans les
articles qui vont venir un peu plus
loin dans le projet de loi de la Société de développement et de mise en valeur
du Parc olympique, on va venir, donc, apporter des précisions qui seront
très certainement limpides lorsqu'on aura l'occasion d'en débattre.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci, Mme la ministre. Le député de Nelligan, à vous la parole.
M. Derraji : Merci, Mme
la Présidente. J'ai cru comprendre
que Mme la ministre vient de dire qu'en 1975 ça a été une
erreur, parler de la mise en valeur du patrimoine architectural?
Mme Proulx
(Berthier) : Non. Ce que je
dis, c'est que la mission a besoin d'être précisée. La mission était très large
à l'époque. Et aujourd'hui, avec le projet de loi qu'on dépose, on vient
préciser. Donc, on est partis de très, très large.
Aujourd'hui, avec le projet
de loi, on vient préciser.
L'article 4
est un des premiers articles, et, au 6, on viendra préciser, donc, clairement
ce qui est patrimoine.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Le député de Nelligan.
M. Derraji : Oui. Moi, je pense plus l'inverse, c'est
qu'on était beaucoup plus précis, «patrimoine architectural». Là, on l'enlève, l'«architectural», on laisse le
patrimoine. Donc, probablement, c'est juste reprendre les mêmes mots de Mme la ministre... On était beaucoup plus précis en parlant de la mise en valeur du
patrimoine architectural que, maintenant, on parle de mettre en valeur le
patrimoine.
Donc, si je pose la question à n'importe qui, je
dis : Écoute, si je vous dis de mettre en valeur le patrimoine, et j'arrête, et, si je vous dis de... la mise en
valeur du patrimoine architectural, lequel des deux est beaucoup plus précis?
Moi, je pense que, si on dit... Et
Mme la ministre peut me corriger, on était beaucoup plus précis dans le passé
que maintenant. On parle juste de
mettre en valeur le patrimoine. Donc, est-ce que la volonté de Mme la ministre,
Mme la Présidente, est vraiment de préciser ou d'être plus générale?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : En fait, M. le député de Nelligan, on était moins précis
à l'époque. Je ne sais pas si j'ai toute votre attention, M. le député, mais on
était beaucoup moins précis à l'époque, hein, parce qu'à l'époque on ne savait
pas qu'on allait perdre les Expos. On ne savait pas que les Expos allaient
s'installer à Montréal. On ne savait pas que Diane Dufresne allait faire un
concert spectaculaire. On ne savait pas que U2 marquerait l'histoire de la
musique au Stade olympique. On ne savait pas que Emerson, Lake & Palmer allait
faire vibrer tout le Québec au complet.
Donc,
aujourd'hui, une mission, c'est une chose, une loi, c'est une autre, et c'est
la raison pour laquelle on demeure... Je
vous entends, là, mais je veux juste que vous compreniez qu'on accorde
énormément, énormément d'importance au patrimoine,
et c'est la raison pour laquelle, comme je vous le disais, plus tard, dans
d'autres articles, on viendra, de façon très précise...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Le député de Nelligan, vous pouvez poursuivre.
M. Derraji :
Oui. J'essaie, Mme la Présidente, vraiment de suivre Mme la ministre. Sois je
loupe quelque chose soit je ne
comprends pas. Je lui ai reposé la question deux fois. Elle me dit qu'elle veut
être beaucoup plus avancée dans la précision. Mais je tiens à rappeler
que c'est son projet de loi, et le
chapitre II, c'est elle-même qui a mis
la mission.
Donc, moi, la
mission que j'ai sur le site Web du Parc olympique, oui, elle était là avant,
mais on reprend, presque mot par mot,
l'ensemble des mots qu'on ajoute dans le projet de loi. La seule chose que je
dois retenir aujourd'hui, qu'on enlève le «patrimoine architectural» et qu'on
laisse «patrimoine»... beaucoup plus large. Malheureusement, Mme la ministre
ne voit pas d'un bon oeil le fait de dire et
le patrimoine et l'architecture. Sachant que... Si tous ces groupes à qui elle
a fait référence, Mme la ministre,
ils viennent, c'est parce que l'architecture du Parc olympique est unique. Ce
qu'il offre, le Parc olympique, est
unique, l'expérience est unique. Et, si on parle de la mise en valeur ou la
protection de ce patrimoine, c'est parce que l'architecture est aussi
importante.
Donc,
j'invite, Mme la Présidente, Mme la ministre à avoir plus d'ouverture, hein,
elle a cette ouverture, Mme la ministre, j'en suis sûr et certain, et de
penser au-delà du box qu'on a devant nous. Et d'ailleurs, sur le site même
du Parc olympique, Mme la ministre, on parle
déjà de la mise en valeur du patrimoine architectural. Sinon, on aurait dû les
enlever du site.
Donc, Mme la
Présidente, je sais qu'il ne me reste plus de temps, malheureusement, par
rapport à cet amendement. Mais
j'invite Mme la ministre à avoir plus d'ouverture et je pense qu'elle est plus
ouverte, comme elle l'a démontré au premier amendement qui a été accepté.
Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, est-ce que Mme la ministre
veut répondre? Non? Sinon, nous allons avec le député de Rosemont.
M. Marissal : Oui, merci, Mme
la Présidente. Chers collègues, alors, moi aussi, je suis heureux d'être ici
pour reprendre l'étude
article par
article
du projet de loi n° 15. Pour la petite histoire, je suis allé courir
hier dans mon parc privé, le parc
Maisonneuve, puis je le dis comme ça, ce n'est pas si anecdotique que ça, parce
que je pense qu'hier c'était une des plus belles journées de l'année, puis je
l'ai déjà dit, mais je le redis, le stade, comme il a été renippé, nettoyé, la
tour occupée, c'est vachement beau.
C'est vraiment beau. Puis, en courant, je regardais la tour puis un petit peu
où je m'en allais aussi,
accessoirement, puis je me disais : C'est probablement une des seules
tour au Québec où il n'y a pas ces horribles capteurs d'ondes qu'on voit notamment
pousser maintenant sur tous les clochers d'église avec plus ou moins
d'esthétisme, notamment pour le 5G. Et je me disais, en pensant à ce qu'on fait ici
depuis quelques jours et probablement pour quelques jours encore : On est peut-être mieux d'avoir des bretelles puis une ceinture, c'est-à-dire qu'on n'aura jamais trop de protection pour s'assurer qu'on ne dénature pas cette affaire-là, notamment
la tour. Parce qu'en ce moment je sais que M. Labrecque y tient puis qu'il
le chérit, le stade, et je crois à la bonne foi de la ministre
aussi en ce sens, mais il n'y a personne ici qui est éternel. Il y a eu des élections hier au fédéral
qui devraient tous et toutes nous rappeler que nous sommes tous et toutes sur
des sièges éjectables, peut-être
que M. Labrecque moins que nous, parce qu'il a résisté à plusieurs
élections. Mais, d'aventure, si quelqu'un
un peu plus cow-boy que la ministre actuelle décidait qu'il y a une belle source de
revenus, par exemple, en plantant
des capteurs d'ondes 5G
là-dessus... Là, j'espère que mon exemple n'est pas divertissant, que je ne
suis pas complètement dans la science-fiction, mais c'est une chose qui
pourrait malheureusement arriver.
Alors, je
suis juste un peu dans l'incompréhension de la logique. Est-ce que, selon la
ministre, d'inclure la protection architecturale
là où on essaie de le mettre, où mes collègues essaient de le mettre,
c'est-à-dire dans le deuxième paragraphe de l'article 4, est-ce que, selon elle, ça a une portée limitative
qui aurait des effets secondaires imprévus et non souhaités?
Mme Proulx (Berthier) :
J'ai... Pardon, Mme la Présidente. Je suis heureuse que vous ayez souligné
qu'effectivement le Parti québécois,
Parti libéral, Coalition avenir Québec ont tous renouvelé le mandat de
M. Labrecque. Et l'ensemble des Québécois
est assez d'accord avec vous, M. le député de Viau, pour affirmer que
M. Labrecque, il l'a de tatoué sur le coeur, le Stade olympique. D'ailleurs, on a annoncé la
semaine dernière, Desjardins occupait davantage d'étages de cette tour qu'on
chérit tous.
J'entends tout ce que
vous me dites. Mon souci est exactement le même que vous, M. le député de
Rosemont, exactement le même. Moi non plus
je n'aimerais pas qu'il y ait un cow-boy qui vienne installer des capteurs
d'ondes au sommet de la tour, raison pour laquelle nous souhaitons avoir
«patrimoine» dans cet article-là, pour avoir le plus large possible et après venir décliner. J'imagine que
tous, ici, vous avez lu l'article 6, comment on vient le préciser et le
décliner.
je peux me permettre, M. Labrecque, d'ailleurs, a eu une conversation avec
une professeure émérite de l'UQAM, dont
je ne tenterai pas de prononcer le nom, hein, parce que j'y porterais offense,
très certainement, mais je vais l'essayer quand même,
Mme Vanlaethem...
Une voix :
Vanlaethem.
Mme Proulx
(Berthier) : Vanlaethem. Mme Vanlaethem, M. le député de
Rosemont, est auteure de l'étude patrimoniale
sur le parc. C'est trois ans d'énormes recherches qu'elle a faites. Et on lui a
soumis, en toute transparence, pour avoir des discussions qui soient
ouvertes et qui soient constructives, le libellé, donc, que vous souhaitiez
changer. Ce qu'elle nous a dit, c'est que
l'ajout d'«architecture», pour elle, serait superflu, et je vais la citer. Elle
dit : «Dans le cas du Parc olympique,
ça comprend le patrimoine architectural, bien évidemment», qui est d'ailleurs
repris, comme je le mentionne, à
l'article 6, un peu plus loin. Et ce qu'elle mentionne, c'est qu'à cet
effet elle trouve... et elle dit qu'elle est impressionnée qu'une loi du gouvernement reconnaisse cette
obligation pour un bien public et que, pour elle, c'est une grande avancée.
Donc,
elle a lu le projet de loi n° 15. Et elle-même, qui a étudié trois ans sur... qu'elle a fait des
recherches sur le parc, dit que, dans
l'article 6, on est exceptionnellement précis et que,
pour le moment, il n'est pas nécessaire de l'ajouter, donc, à l'article 4.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Je vais
laisser terminer le député de Rosemont, si vous acceptez.
M. Marissal : Est-ce
qu'il serait possible, dans un
premier temps, de déposer les conclusions dont la dame, dont je ne prononcerai pas le nom de peur que la langue
me fourche... Mais ça peut être un ajout intéressant, d'autant qu'effectivement j'ai revu récemment son
rapport sur son étude. Je sais que ça a été bien fait. Mais l'ajout dont vous
parlez pourrait certainement être utile aux travaux de la commission
ici. Et simplement deux petites minutes pour répéter essentiellement ce que j'ai dit tout à l'heure, qu'on peut le prendre à
l'envers puis dire que, si c'est bon dans 6, ça serait bon dans 4 aussi, puisqu'on va aller le préciser.
Et j'essayais simplement de comprendre de façon législative pourquoi on ne
le met pas dans 4. Vous savez ce qu'on dit souvent ici, là, c'est que le
législateur ne parle pas pour ne rien dire. Alors, est-ce qu'il y a une raison précise que je ne comprends pas bien de... À
part que ce soit superflu, mais ça, c'est un jugement de valeur sémantique plus que législatif. J'essaie
juste de comprendre pourquoi, si on va le préciser dans 4... à plus forte
raison dans 6, pourquoi on ne le fait pas dans 4?
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Mme la ministre, d'abord, le
document, si vous voulez, vous pourriez nous le remettre. Et nous le
remettrons, nous, aux partis. Voulez-vous répondre à...
Mme Proulx
(Berthier) : Est-ce que c'est possible d'avoir une précision de la
part du P.D.G. de la RIO.?
Présidente (Mme IsaBelle) : Est-ce que... Oui? Est-ce que vous
acceptez que M. Labrecque intervienne? Parfait. M. Labrecque,
prenez le temps de bien vous présenter.
M. Labrecque
(Michel) : Oui. Michel Labrecque. Je suis président-directeur général
du Parc olympique.
tiens à être précis, c'est le résumé d'une communication que j'ai eue avec
Mme Vanlaethem, que j'ai fait suivre à la ministre et à son
cabinet. Donc, ce n'est pas un rapport que je lui ai demandé. Essentiellement
pour être de façon très synthétique, pour
elle, suite à l'étude qui a pris trois ans, le mot «patrimoine» est global,
inclusif. Il fait appel aux notions de
l'UNESCO, il fait appel à toutes les notions de patrimoine artistique avec
l'oeuvre de Riopelle, vestimentaire, l'oeuvre de Warden, donc, qui avait fait les vêtements, l'oeuvre de
M. Dallégret pour les bancs du parc, l'oeuvre de M. Dallaire pour
le flambeau et les meubles olympiques. Et
donc c'est pour ça qu'elle me disait qu'elle considère que ce mot-là est
extrêmement inclusif. Et la précision
de l'article 6 vient renforcer les notions que vous avez abordées. Et elle
tenait beaucoup à cette grande notion de patrimoine général.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait, merci. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons
procéder à la mise aux voix. D'accord.
Alors, est-ce que
l'amendement...
M. Benjamin : On va demander un
vote par appel nominal, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Par appel nominal. Parfait. Avant ça,
je vais le demander.
Est-ce que
l'amendement au paragraphe... au deuxième paragraphe du premier alinéa de
l'article 4 est adopté? Et on y va par appel nominal.
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
M. Marissal (Rosemont)?
La Secrétaire :
Mme Proulx (Berthier)?
Mme Proulx
(Berthier) : Excusez-moi.
Présidente (Mme IsaBelle) : Est-ce que... On passe à la mise aux
voix de l'article... du deuxième paragraphe, premier alinéa. Contre?
Mme Proulx
(Berthier) : Contre.
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : Contre.
La Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Contre.
La Secrétaire :
M. Simard (Montmorency)?
La Secrétaire :
M. Skeete (Sainte-Rose)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Je m'abstiens.
La Secrétaire :
C'est rejeté.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Alors, l'amendement du
deuxième paragraphe, premier alinéa est rejeté. Nous poursuivons donc
avec l'alinéa n° 2.
Mme Proulx
(Berthier) : En fait, l'article 4, paragraphe 2°.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alinéa deux.
Mme Proulx
(Berthier) : Oui.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : ...suspendre quelques instants, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
10 h 40)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Nous allons reprendre. Alors, nous voulons savoir : Est-ce qu'il y a
d'autres interventions concernant le paragraphe 2° de l'alinéa un de l'article 4?
S'il n'y a pas d'autre intervention...
Présidente (Mme IsaBelle) : Là, nous revenons avec tout... l'alinéa un du paragraphe 2°,
alinéa un du paragraphe 2° de l'article 4.
M. Benjamin : Bien, écoutez,
nous, on a un amendement à amener, mais qui concerne l'alinéa 2°. Donc là...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait.
M. Benjamin : ...on parle
encore de mettre en valeur, donc...
Présidente (Mme IsaBelle) : Mais là on reste sur l'alinéa un. Ah! il a dit paragraphe 2°.
Pardon, je pensais que vous parliez...
M. Benjamin : O.K. Alors, j'avais compris que Mme la ministre souhaitait déposer un amendement, ce n'est pas le cas pour le moment? Non? Parfait. Alors, à ce stade-ci, donc, nous
allons procéder... nous allons amener un autre amendement, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Un
autre amendement, d'accord,
toujours au deuxième paragraphe de l'alinéa un.
M. Benjamin :
Absolument, et cet amendement-là, nous l'amenons dans un but, nous l'espérons,
de pouvoir faire consensus, un double consensus, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait. Alors, si vous voulez, on va suspendre quelques minutes...
M. Benjamin : Donc, on va
suspendre, et puis...
Présidente (Mme IsaBelle) : ...le temps que tout le monde puisse recevoir votre amendement,
s'il vous plaît, par écrit.
M. Benjamin : Parfait. D'accord.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 43)
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, nous allons reprendre. Bonjour. Alors, nous donnons la parole au
député de Viau. Si voulez lire
votre amendement, s'il vous plaît.
M. Benjamin : Merci,
Mme la Présidente. Donc, l'article du
projet de loi serait modifié par le remplacement du deuxième paragraphe
du premier alinéa par le suivant :
«2° de protéger et mettre en valeur le
patrimoine architectural du site ainsi que son héritage olympique.»
Nous avons
voulu, Mme la Présidente... on aurait pu... donc, on n'est pas là pour
faire du temps, on veut s'assurer que
ce projet de loi là, donc, qu'on puisse apporter les bonnes modifications, créer des zones de consensus pour pouvoir avancer ensemble. Donc,
c'est pour cette raison qu'on propose le remplacement de l'article
au lieu d'amener deux amendements un après l'autre, etc.
Et pourquoi
protéger? Parce qu'il est, je crois,
primordial, il est primordial que nous rappelons que, pour pouvoir mettre en valeur, il faut commencer par protéger.
Et nous ne sommes pas les seuls à le dire, nous ne sommes pas les seuls à le
dire. Je vais même prendre le temps de citer un communiqué de presse de Mme la
ministre, donc, qui date de pas si longtemps, du 28 mai dernier, où elle
rappelle que «cette nouvelle entité serait investie d'une double mission
actualisée, soit de développer, de
gérer, de promouvoir [...] d'exploiter le parc, en plus de mettre en valeur le
patrimoine architectural du site et son héritage olympique».
Donc, je pense que, là, voilà, à notre sens, un amendement qui devrait créer un consensus
puisque nous reprenons même les propos
de Mme la ministre pour cet amendement. Alors voilà, donc je m'arrête
là pour l'instant, donc, et j'aimerais peut-être entendre Mme la
ministre, Mme la Présidente, sur cet amendement.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Mme
la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. D'abord et avant tout, je tiens à remercier
l'équipe du député de Viau, à son amendement, d'avoir enlevé le «s» à
«olympique». Donc, je salue ça.
Protéger et mettre en
valeur. Je sais que vous avez fait vos devoirs, vous êtes rigoureux, M. le
député de Viau. Dans l'article 6, là,
on vient très, très clairement le préciser, ce que c'est de protéger
et de mettre en valeur. Lorsque vous parlez du patrimoine architectural,
au risque de me répéter, il est limitatif. Nous, ce qu'on souhaite, c'est
d'être le plus inclusif possible justement
pour ne pas qu'il y ait de capteur d'ondes qui sera installé au sommet de la
fameuse tour que le député de
Rosemont admire à tous les jours.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre...
Député de Viau?
M. Benjamin : Bien
sûr, Mme la Présidente, il y a
d'autres interventions. Donc, écoutez, je pense que, là, je vais devoir rappeler à Mme la ministre, donc,
l'importance du mot «protéger». Et l'importance du mot «protéger» est un des
enjeux et j'ai souvent
entendu Mme la ministre intervenir sur l'importance, sur l'importance de
ce site-là pour les Québécoises et les Québécois et pour les Montréalais
en particulier.
Et ce qu'on
encourt comme risques, et mon collègue le député de Rosemont l'a rappelé
tantôt, nous sommes en train de faire
une loi pas pour cinq ans, pour 10 ans, mais une loi... Ça a pris plus de
30 ans avant que cette loi-là soit révisée. Combien de temps que ça prendra avant qu'elle soit révisée à nouveau?
Donc, nous sommes en train de travailler sur un projet de loi, donc, sur
lequel nous pensons, nous croyons, qu'il faut faire les choses correctement,
qu'il faille prévenir justement pour éviter à corriger par la suite.
Et c'est parce que nous sommes dans la
prévention que nous croyons qu'ici il faut parler de protéger. Il faut absolument qu'il y ait... ce mot-là apparaisse,
que le législateur puisse dire clairement : C'est dans notre intention de
protéger ce site. La mise en valeur pourra se faire, et les déclinaisons
appartiendront à la gouvernance, donc, de cette nouvelle instance pour décider comment cette mise en valeur se fera.
Mais, sur l'essence même du projet de loi, il revient au législateur de,
tout de suite dans l'article 4,
spécifier et préciser qu'il faut protéger ce site. Donc, le mot «protéger»
n'est pas un mot vain, c'est un mot fort, et seul le législateur peut et
doit donner le ton sur l'importance de protéger ce site.
Et la mise en
valeur, évidemment, est, nous le verrons... nous pourrons le voir plus tard,
donc, comment ça se fera. Ces deux
forces, ces deux concepts qui viennent ensemble, viennent renforcer, viennent camper,
justement, ce que nous voulons faire pour l'avenir de ce site et
notamment en matière... au niveau patrimonial, en matière d'héritage.
Donc, la
question que je pose à Mme la ministre : Ne croit-elle pas que c'est de
notre responsabilité de législateurs de tout de suite indiquer que nous devons
protéger ce site?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Proulx (Berthier) : Il ne
faudrait surtout pas, M. le député de Viau, de douter de notre engagement pour protéger le parc et son stade. On est d'accord
là-dessus. Au risque de me répéter encore une fois, à l'article 6, on est
extrêmement précis dans la définition de «protection» et de «mise en valeur».
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Benjamin :
Mme la Présidente, on ne doute absolument pas de la volonté. Au contraire, on a
même cité Mme la ministre. Donc, ce
qu'on lui demande tout simplement, c'est de... on lui demande que nous soyons
cohérents, c'est-à-dire, au-delà de dire des choses, il faut, je pense, qu'on
ait le courage aussi de les mettre dans une loi, et là, ce que je pense que
c'est important... et ne pas le faire, ne
pas ajouter le mot «protéger», à mon sens, serait un manquement. Et c'est le
législateur qui doit le faire, de
dire que, clairement, ce site-là, il doit être protégé, c'est un site protégé,
et la mise en valeur du patrimoine, évidemment... comme j'ai dit, Mme la
Présidente.
Et je vais
prendre le temps, si vous permettez, Mme la Présidente, à ce stade-ci, de
parler du mémoire, du mémoire d'Héritage Montréal.
Héritage Montréal qui s'intéresse, comme organisme, évidemment, d'abord au
patrimoine, et qui a parlé,
évidemment, du patrimoine olympique, mais qui a parlé du patrimoine architectural,
mais qui a surtout... lors des représentations
d'Héritage Montréal, qui nous a surtout incités, encouragés à protéger, et
c'est le mot qui était mentionné, bien avant de parler de mise en valeur, à
protéger. Et aujourd'hui je pense que nous n'avons rien à perdre, nous
avons tout à gagner à ce que le mot
«protéger» apparaisse justement ici même, à l'article 4. Et je veux encore
encourager Mme la ministre à aller
dans ce sens, c'est-à-dire à ajouter le mot «protéger». S'il y a d'autres
aspects, au niveau de cet amendement, qui
posent problème, on pourra... on peut en débattre, mais, pour le moment,
j'argumente sur le mot «protéger» et je crois que c'est important que le
mot «protéger» apparaisse donc. Et je crois qu'il faut le faire à ce stade-ci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Ce n'est pas une question de courage, M. le député de
Viau, c'est une question d'être précis, et on précise, tant à l'article 5 qu'à l'article 6, ce qui est de protéger, ce qui est mettre en valeur et
ce qu'est le patrimoine.
M. Benjamin :
Nous aurons, Mme la Présidente, nous aurons amplement le temps d'étudier
l'article 6, et ça me fera un plaisir de débattre de l'article 6 avec
Mme la ministre. Mais je reprends encore les mots de mon collègue, le député de Rosemont, qui vient de nous rappeler que
le législateur ne parle jamais pour ne rien dire. Et là voilà un site qu'on
nous dit, et je suis d'accord, qui est
unique, architecture unique, symbole de carte postale du Québec partout dans le
monde, partout dans le monde. La moindre des
choses qu'on peut... qu'on doit faire, Mme la Présidente, c'est de le protéger,
et il y a... On peut bien en parler dans
tous les autres articles, mais ça doit être même au coeur même de la mission de
cette nouvelle instance. Et l'article 4, à ce que je sache, c'est
l'article où on parle de la mission de cette nouvelle société. C'est l'article qui définit, qui campe cette
nouvelle société dans sa mission. Et, si le législateur choisit, à ce moment-ci
au coeur même de la mission, de dire
que le mot «protéger» n'est pas plus important puisqu'on en parle à
l'article 5, 6, aux articles
subséquents, alors je pense et je crois que c'est un manquement, puisque c'est
un enjeu pour nous, cet article-là, l'article 4.
C'est l'article presque matrice duquel
article nous déclinerons d'autres articles. Et, si, au coeur
même de la mission de la société, de
cette instance, on ne dit pas, on ne mentionne pas que c'est important de
protéger ce site, mais quel message qu'on envoie? Il suffit de la mettre en
valeur? Non, il faut, avant tout, le protéger. Il faut le protéger d'abord.
Il faut le protéger d'abord, tel que nous l'a demandé Héritage Montréal, tel
que nous l'ont demandé d'autres groupes. Et j'aurai le temps de revenir sur d'autres mémoires, d'autres
groupes qui sont passés par-devant nous et qui nous ont rappelé l'importance
de protéger ce site.
Alors, je
réitère encore ma demande à Mme la
ministre sur l'importance de le
protéger, donc, sur l'importance de le protéger,
car c'est la responsabilité du législateur, et on ne parlera pas pour ne rien
dire en ajoutant le mot «protéger» à cet amendement.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Pour, donc, faire référence à Héritage Montréal, qui s'était présenté en août dernier pour les consultations particulières du projet de
loi de la Société
de développement et de mise en valeur
du Parc olympique — il ne
faut pas oublier le
titre qu'on souhaite lui donner — Héritage Montréal, et je vais les citer,
constate que la mission proposée inclus aussi la protection, le maintien et la
mise en valeur du patrimoine architectural et historique du Parc
olympique, et s'en déclare satisfait.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Benjamin :
Donc, puisque Mme la ministre a cité un extrait du mémoire d'Héritage Montréal,
j'aimerais aussi citer d'autres éléments, donc, d'Héritage Montréal aussi,
notamment... Ils ont échangé avec nous. Ils ont passé au moins une vingtaine de minutes à échanger avec nous,
donc, sur ce projet de loi. Et Héritage Montréal recommandait, justement,
que le Parc olympique inclue le Stade
olympique et le Biodôme... soit classé comme site patrimonial, donc, et, lors
des échanges qu'on a eus avec eux, ils ont clairement dit qu'il fallait
protéger.
Alors,
l'idée, pour nous, ce n'est pas sur le statut patrimonial. Donc, l'idée, pour
nous, c'est sur la dimension de la protection. Si, dans la mission de
cette société, donc, on ne parle pas de l'importance de protéger un site, une
demande pour un site patrimonial, alors on parlera tout simplement de sa mise
en valeur. Alors, voilà, donc, c'est ça, la mission? C'est ça, la mission, mettre en valeur et non pas, un site patrimonial,
le protéger avant tout? Or, la responsabilité que nous avons, avant tout, Mme la Présidente, lorsqu'il
s'agit du traitement de nos legs patrimoniaux, donc, c'est de les protéger,
avant même de parler de mise en valeur, c'est de les protéger.
Donc, c'est
de cela dont il est question ici, dans cet amendement, et je redemande encore à
Mme la ministre : Est-ce qu'elle
est prête à... Nous sommes prêts à regarder d'autres éléments dans cet
amendement qu'on pourrait éventuellement, si tel en est le souhait de Mme la ministre, qu'on puisse en discuter.
Mais, sur le concept de protéger, il me semble que ça va de soi, Mme la
Présidente, que ce site-là a besoin d'être protégé.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Un très court commentaire ici.
Pour mettre en valeur, on doit impérativement protéger. Vous voulez que
je répète, M. le député de Viau? Je pense que vous avez manqué...
M. Benjamin : Ce n'est pas
nécessaire de répéter. Vous savez, le commentaire de Mme la ministre, c'est un
commentaire de ce que je considère comme étant quelque chose d'implicite pour
elle, sauf que je dois rappeler, à ce stade-ci,
à Mme la ministre : Nous sommes en train de faire une loi. C'est une loi
que nous sommes en train de faire, et avec des concepts, des notions
nouvelles.
Et, par
conséquent, lorsqu'on dit, de manière implicite, que, pour mettre en valeur, il
faut protéger, non, ce n'est pas vrai. Et, moi, ce que j'invite Mme la
ministre... c'est que, tout de suite, le gouvernement, nous, les législateurs,
nous donnions le ton par rapport à ce
que nous voulons, ce que nous souhaitons de ce site, c'est-à-dire, avant tout,
qu'il soit protégé. Il sera mis en valeur, évidemment.
Et, comme je
l'ai mentionné tout à l'heure, je fais confiance... Donc, on a rappelé la
feuille de route de l'actuel président de
la régie, et je fais confiance au président de la régie sur ce qu'il aura à
mettre en place pour favoriser le développement, la mise en valeur. Je
lui fais confiance là-dessus, mais je crois... Et il n'est pas éternel. Vous,
ni moi, nous ne le sommes, Mme la Présidente.
Sur l'enjeu
de la protection, il y a là matière, pour nous, à dire que, pour les
générations à venir, voilà ce que nous, les législateurs, nous avons voulu, c'est-à-dire nous assurer que ce
site soit véritablement un site protégé, et ça, c'est un legs. C'est ça, quand
on veut laisser un legs. Quand on reçoit un legs en héritage, lorsqu'on veut le
transmettre, ce legs-là, il faut s'assurer
de le protéger, et la meilleure façon de le faire, Mme la Présidente, c'est que
ce soit inscrit dans la loi, la dimension de protection.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Mme la ministre, avez-vous...
Mme Proulx
(Berthier) : Deux petites choses. Si on ne protège pas, on peut
difficilement mettre en valeur pour les
générations futures, nous rappelant gentiment que M. Labrecque et moi-même
ne sommes pas éternels. Dur coup pour un lundi matin.
M. Benjamin : Moi non plus, Mme
la ministre, ni moi non plus.
Mme Proulx
(Berthier) : Je ne suis pas prête à mourir tout de suite. Pourquoi
parler... Vraiment pas tout de suite. On
a un projet de loi à déposer. Pourquoi le mettre à l'article 4, M. le
député de Viau, quand il est d'une limpidité à l'article 6? Moi,
c'est à mon tour de vous poser une question : Pourquoi là?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Député de Viau.
M. Benjamin :
Je viens de le rappeler dans mon argumentaire précédent, Mme la Présidente, on
parle de la mission. On parle de la mission à cet article-là. Et, pour
moi, c'est clair, Mme la Présidente, que les gestionnaires, les dirigeants de cette société, qui sont là ou qui viendront à
l'avenir, doivent savoir l'encadrement légal pour ce qui est de la mission de
ce site. Et, pour ça, il faut que la loi puisse dire clairement que ce site, ce
legs que nous voulons transmettre à d'autres générations,
nous l'avons... nous nous sommes assurés de le protéger dans la loi, pas de
manière implicite, dans la loi, que ce soit clairement dit que nous
voulons nous assurer que ce site soit protégé.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : J'irais peut-être avec un dernier commentaire. Dans le
cadre des consultations particulières, vous
vous rappellerez qu'il y avait eu l'INS qui s'était présenté, donc, en
consultations particulières, et l'Institut national du sport avait affirmé, à la page 7 de son
mémoire, que la mission qui sera confiée à la Société de développement et de
mise en valeur du Parc olympique permettra à la fois de regarder vers l'avenir,
sans pour autant négliger l'héritage du passé.
Je pense que ça explique bien des choses ici. Donc, pour mettre en valeur, on
doit protéger, et, si on ne protège pas, on peut difficilement mettre en
valeur.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Député de Nelligan.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Je vais encore une fois revenir à la mission que nous
avons devant nous, l'ancienne, hein,
si je peux dire, parce que, là, maintenant, j'ai l'impression qu'on a une
nouvelle mission qu'on veut donner au Parc olympique. Et, jusqu'à aujourd'hui,
parce que le projet de loi n'est pas encore adopté, Mme la Présidente, dans l'énoncé de la mission du Parc olympique, «en
assurant la protection et la mise en valeur du patrimoine architectural»,
donc, jusqu'à aujourd'hui sur le site même du Parc olympique, on parle, Mme la
Présidente, d'assurer la protection.
Donc, ce que je comprends avec ce projet de loi
que Mme la ministre nous présente aujourd'hui devant nous, il nous vient avec deux choses. Il enlève
l'architectural pour rester au niveau du patrimoine. Ça, c'est réglé. Mais
aussi il enlève la protection. Et,
quand je lis l'énoncé de mission du Parc olympique, jusqu'à aujourd'hui, en
date d'aujourd'hui, on parle
d'assurer la protection et la mise en valeur. Si je compare l'énoncé de mission
que j'ai devant moi maintenant au niveau
du site du Parc olympique, où on parle de la protection, bien, la protection ne
fait plus
partie de la mission du Stade olympique. L'énoncé que j'ai...
Je sais qu'un
peu plus tard, même si on saute les étapes de protéger et d'entretenir... Mais
je tiens à rappeler un point très important, Mme la Présidente, que l'énoncé de
mission consiste, entre autres, à
être clair pour guider l'organisme en ce qui a trait à ses stratégies et à ses actions, exposer son objectif
global, fournir des orientations par rapport à la mission de cet organisme. Ce que nous sommes en train de faire
avec cet article, à ce
chapitre II, c'est mettre les assises pour que,
plus tard, on fait appel à une autre mission.
Or, comme ça a été relevé par mon collègue
député de Viau, oui, on parle de mettre en valeur, mais, le mot «protection», je ne le vois plus. Donc, j'ai fait
l'exercice d'aller voir ce qu'on avait dans le passé dans la mission de
l'organisme. Bien, Mme la Présidente, ça existe, la protection et la
mise en valeur. Donc, est-ce qu'il y a une volonté, de la part de l'équipe de
la ministre ou de la part de quelqu'un, d'enlever la protection, comme ce qu'on
a fait avec le patrimoine architectural?
Pourquoi ce recul, Mme la Présidente? Ce que je peux constater, que, jusqu'à
maintenant, on parlait toujours de la
protection et la mise en valeur. Dans ce projet de loi, on ne parle plus de la
protection. Ce n'est plus le cas. Est-ce que ce n'est plus nécessaire? Est-ce que ce n'est plus important? Est-ce
qu'on va se concentrer juste à le mettre en valeur, ce patrimoine?
Quand je
parle d'une mission d'un organisme, je me donne des orientations et je ne vais
pas... Comme on répond toujours :
On va aller voir ça plus tard, à l'article 6 et les autres articles...
C'est à la mission... On dresse qu'est-ce qu'on veut par rapport à cette organisation. Ce que j'ai devant moi, de mettre
en valeur le patrimoine, point... Je reviens à ce que j'ai devant moi,
au niveau du Parc olympique, jusqu'à aujourd'hui, bien, «en assurant la protection».
Donc, est-ce que, maintenant, on passe
d'«assurant la protection et la mise en valeur» à juste «la mise en valeur»? Ma
question est très simple. Pourquoi ce
recul, Mme la Présidente, de la part de Mme la ministre en présentant ce projet
de loi n° 15? Est-ce qu'elle peut nous expliquer
pourquoi elle recule, et on enlève le mot «protection»? Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. En tout respect, vous savez
très bien qu'une mission écrite pour
un plan stratégique qui couvrait les années, quoi, 2012 à 2017, sur un site
Internet, est complètement différente d'un projet de loi. Quand les
législateurs, quand l'équipe de la RIO, quand les spécialistes se sont penchés
sur la rédaction du projet de loi n° 15, on avait un souci de venir préciser, et je sais que vous êtes
fatigué de m'entendre là-dessus, mais je vais continuer de le dire, de façon claire et limpide, tant aux
articles 4 et aux articles 6... qui vont nous permettre de préciser
tout ça. Je vous rappelle qu'un site
Internet, ce n'est pas un texte de loi. C'était une mission accessible pour
l'ensemble des Québécois, issue d'un plan stratégique du Parc olympique
pour un plan quinquennal de 2012 à 2017.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Député de Nelligan.
M. Derraji :
Là, maintenant, je pense, Mme la Présidente, on va aller dans un débat très
philosophique de gouvernance. Moi, je ne pense pas qu'on a rédigé un
énoncé de mission sur un coin de table, un plan stratégique d'un organisme que
je respecte beaucoup, surtout, à la tête de cet organisme, une personne, une
personnalité très respectée... pas sûr que
l'énoncé de mission était juste pour plaire à quelqu'un. C'est très réfléchi,
Mme la Présidente. Je ne pense pas que
l'énoncé de mission, c'est juste pour remplir un site Web du Parc olympique et
dire qu'on va l'inclure, on va le mettre. C'est un exercice très sérieux
qui émane d'un plan stratégique.
Et, au
contraire, oui, on fait un projet de loi, oui, c'est des articles, mais je vais
me baser plus... et je vais faire confiance aux équipes qui ont
travaillé sur le plan stratégique pour m'inspirer dans mon énoncé de mission et
non pas l'inverse. Ce que j'ai devant moi
aujourd'hui, un travail qui a été fait d'une manière rigoureuse, en suivant une
planification stratégique, avec un énoncé de mission, que je mets dans
la poubelle aujourd'hui, ou bien je prends juste ce que je veux, en enlevant
l'architecture et en enlevant la protection.
Donc, c'est
là où je n'arrive plus à suivre. Et je peux rassurer Mme la ministre, au
contraire, moi, j'aime toujours l'entendre
et écouter... Elle peut toujours me répondre la même chose, aucun problème. Je
veux juste qu'elle m'explique clairement
pourquoi on met de côté l'énorme travail qui a été fait par les équipes du Parc
olympique. Et elle l'a confirmé, Mme
la Présidente, que, probablement, on lui a dit que, voilà, ça émane d'une
planification stratégique. On sait
comment ça marche dans les organisations, Mme
la Présidente, et ce n'est pas quelque chose de nouveau. Surtout, surtout, on sait le niveau d'excellence avec lequel les équipes du Parc olympique
travaillent, et ça veut dire qu'il y avait un processus, une réflexion,
et c'est eux qui comprenaient le pourquoi des mots.
Donc, jusqu'à aujourd'hui, s'il n'y avait pas ce
projet de loi, «en assurant la protection et la mise en valeur du patrimoine
architectural» était correct. Là, on a un projet de loi, mais qu'est-ce qu'on
fait dans ce projet de loi? On met de côté
tout le travail qui a été fait par des équipes spécialisées, avec une planification stratégique, l'énoncé de mission, et on dit : Écoutez, «patrimoine architectural», ça ne nous arrange
plus, on enlève «architectural», «la protection», ça ne nous arrange
plus, on garde juste «de mettre en valeur».
Bien, écoute,
Mme la Présidente, j'aimerais bien que Mme la ministre nous clarifie les choses. Pourquoi ce recul? Encore une fois, pour moi, c'est un recul. Ce n'est pas juste sur un petit coin de
table où on écrit une mission, là, c'est un travail rigoureux. C'est un
organisme très respecté qui a fait ses preuves depuis plusieurs années. Je ne
pense pas que la mission que j'ai devant
moi, maintenant, du Parc olympique, ça vient du ciel. En lisant encore une fois la mission, à chaque fois, je
m'inspire de cette mission. La preuve, on a même accepté l'amendement du député de Rosemont la semaine dernière, parce qu'on essayait de
convaincre l'équipe de Mme la
ministre sur les mots «en
complémentarité avec ses partenaires
et la communauté environnante». Mais, juste après, il y a une suite très importante, c'est la
virgule : «...en assurant la protection et la mise en valeur du
patrimoine architectural.»
En lisant en
profondeur, Mme la Présidente, les gens qui ont mis cet énoncé, ils ont choisi
les bons mots. Ce n'est pas pour flatter ces gens. De plus en plus que je lis
ce que j'ai devant moi et j'écoute Mme la ministre, je suis complètement
perdu entre les mots que j'ai dans ce projet
de loi versus la mission que j'ai sur le site du Parc olympique. Bien, je donne
la chance à Mme la ministre, Mme la Présidente. Pourquoi ce recul, en enlevant
la protection et la mise en valeur? Là, on parle juste de mettre en
valeur le patrimoine, mais est-ce qu'elle n'est plus intéressée à le protéger?
Et, encore
une fois, je ne suis pas là pour faire l'explication de c'est quoi, une
mission, c'est quoi, l'énoncé d'une mission.
J'en suis sûr et certain, que l'équipe du Parc olympique comprend ça aussi
d'une manière rigoureuse, l'équipe de la ministre aussi. Bien, je pense qu'on
doit être beaucoup plus clairs pour qu'on se protège, parce que la loi, elle
est faite pour rester indépendamment des ministres, indépendamment de
l'opposition et indépendamment aussi de l'équipe de direction du parc. Moi, je pense que la protection, c'est notre devoir.
Et ça a été dit par mon collègue député de Viau de mettre l'emphase sur
la protection, au-delà de la mise en valeur, uniquement.
Donc, Mme la
Présidente, j'aimerais bien encore une fois que Mme la ministre nous explique
pourquoi ce grand changement entre l'ancienne mission et la mission
qu'elle nous propose aujourd'hui dans son projet de loi.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Il ne faudrait pas me prêter
des intentions. M. le député de Nelligan, je vous invite à la prudence,
parce que vous utilisez des termes à mon égard... Juste être prudent.
Je peux vous
rassurer. Il n'y a rien qui a été mis à la poubelle, et il n'y a rien qui est
mis à la poubelle, et il n'y a rien qui
a été fait sur un coin de table. Et les équipes qui ont écrit le plan
stratégique de 2012‑2017 sont encore là. Ces équipes-là sont encore présentes, et c'est eux qui étaient là
pour la rédaction du projet de loi n° 15. Donc, soyez
rassuré à cet égard-là, ce sont les mêmes équipes. Je n'irai pas plus loin que... Le projet de loi
vient clairement définir ces missions de développer, de gérer, de promouvoir, d'exploiter, de mettre en
valeur le patrimoine, l'héritage olympique. Et je ne sais plus sur quel
sens vous le dire, mais on est très, très
précis dans les articles subséquents du projet de loi n° 15,
dont on va débattre un peu plus tard aujourd'hui.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci, Mme la ministre. Député de Nelligan.
M. Derraji :
Je tiens à m'excuser si jamais Mme la ministre a compris que je prêtais des
intentions, en aucun cas... Ce n'est
pas mon objectif, mais je tiens à le
dire, à l'exprimer, et je suis désolé si jamais ça a été le cas dans
mes propos. Ce n'est vraiment pas mon objectif. C'est clair?
Mme Proulx
(Berthier) : Merci.
M. Derraji :
Excellent! Ce n'est pas vraiment mon objectif du tout. Vous me connaissez, Mme
la Présidente.
maintenant, je vais revenir au projet
de loi, Mme la ministre, et j'espère que vous n'allez pas me dire que je
vous prête des intentions, mais je vous pose
la question. Répondez-moi qu'est-ce que vous en pensez. À chaque fois qu'on
parle de l'article 4, j'ai l'impression qu'on me dit : Attends les
articles 5 et 6. Ma compréhension, et excusez mon ignorance, je
suis nouveau dans tout ça, là, bien, à quoi sert l'article 4? On l'enlève,
on parle d'articles 5 et 6. Si, à chaque fois qu'on va parler de l'article 4, on va dire : Attends les
articles 5 et 6... Donc, est-ce que Mme la ministre peut nous éclairer?
Mme Proulx
(Berthier) : Bien, je le répète depuis un petit moment maintenant, on
a décidé... Notre souhait principal, c'est
d'être inclusif. C'est ça, notre souhait principal, d'être inclusif, et, après
ça, de venir apporter chacune des précisions
dont ce projet de loi aura besoin. C'est ça, notre objectif, d'y aller de façon
générale, et, après ça, apporter des précisions
pour ce qui est du patrimoine, de la mise en valeur, du développement. C'est
ça, notre objectif, et ce n'est pas plus
compliqué que ça. C'est vraiment, dans le fond, très, très simple, la raison
d'utiliser le mot «patrimoine», qui est inclusif... Le patrimoine n'est pas uniquement olympique. On y
a fait référence plus tôt. Et je maintiens, je maintiens, notre souhait de garder le présent libellé parce qu'il est
définitivement inclusif. Et un projet de loi, ce n'est pas un tout, ça se
décline. Alors, on va pouvoir, ensemble, très joyeusement, le décliner.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Y a-t-il d'autres interventions? Député
de Viau.
M. Benjamin :
Mme la Présidente, l'article 4, je le rappelle encore, donc c'est
l'article qui précise avant tout la mission, qui campe la mission et les
pouvoirs de la nouvelle société.
je reviens encore à l'intervention de mon collègue le député de Nelligan, qui a
mentionné tout à l'heure le travail sérieux
qui a été fait par l'équipe qui a mis en place cet énoncé de mission qui est
sur le site Web. Et je suis sûr que cet énoncé de mission... Nous ne sommes pas
dans un cas de vacuum législatif, Mme la Présidente. Nous sommes en train
d'apporter une modification par rapport à
une loi existante, donc, et je suis sûr que, dans le grand professionnalisme de
l'équipe qui a construit cet énoncé de mission, ils se sont référés au cadre
législatif existant.
Donc,
il ne faut pas prêter des intentions non plus aux équipes professionnelles qui
travaillent. Et je reviens encore à
l'importance, je crois, que nous nous assurions que la loi puisse dire
clairement les véritables intentions du gouvernement, les véritables
intentions des législateurs, pas seulement du gouvernement, mais des
législateurs.
vais partager avec vous, Mme la Présidente, si vous permettez, avec tous les
membres de la commission, un extrait du
mémoire de l'INSQ, l'Institut national du sport du Québec, qui nous rappelle,
dans son mémoire, l'importance de préserver et de promouvoir l'héritage
olympique. Pour eux, c'est essentiel. Je fais référence à cet extrait-là, parce
que les mots ont des valeurs
importantes lorsqu'on les utilise à bon escient, lorsqu'on les utilise au bon
moment. Préserver, Mme la Présidente, vous
conviendrez avec moi, ce n'est pas loin de protéger : protéger, préserver.
Promouvoir, je pense que ça rentre dans la mouvance de la mise en valeur. Promouvoir... C'est de cela dont il est
question aujourd'hui, qu'il faille préserver ou protéger. Nous, nous
disons «protéger». C'est un site patrimonial, donc qu'il faille protéger et
mettre en valeur...
Donc, en fait, ma
question, je pose... je repose encore, parce que je n'ai pas encore eu de
réponse, puisque Mme la ministre nous a dit qu'elle voulait préciser. C'est ça,
son intention, elle veut préciser. Nous aussi, nous voulons préciser. Et c'est la question,
Mme la Présidente, que je pose à Mme la ministre : En quoi
ajouter le mot «protéger» ne vient pas préciser justement la mission et
les pouvoirs de cette nouvelle instance? C'est la question que je soumets, Mme
la Présidente, à Mme la ministre.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Les mots ont des valeurs importantes,
vous venez de dire, M. le député de Viau. Alors, je tiens à apporter un petit correctif.
On n'est pas à modifier une loi existante, comme vous l'avez dit, mais on est bien dans une nouvelle
loi. Donc, c'est très, très important, là, on n'est pas à modifier une loi existante,
juste pour le bien de cette commission-là.
Revenons
donc sur l'INSQ, qui s'est présenté devant cette commission plus tôt, au mois d'août dernier. L'INSQ précise
aussi qu'elle accueille avec beaucoup, beaucoup d'enthousiasme l'inclusion, à l'article 4 précisément,
de la mise en valeur du patrimoine et
de l'héritage olympique dans la mission qui va être confiée à la Société
de développement et de mise
en valeur du Parc olympique. Elle accueille avec beaucoup d'enthousiasme l'inclusion de l'article 4, mise en valeur du patrimoine, héritage
olympique. Je tenais à apporter cette précision-là aussi.
Donc,
si on ne protège pas, on peut difficilement mettre en valeur, et, pour mettre
en valeur, je le répète, on a une
obligation de devoir protéger.
La Présidente (Mme IsaBelle) : Merci.
Député de Viau.
M. Benjamin : J'aurais une autre question à soumettre à Mme la ministre. Est-ce que Mme la
ministre est en train de nous dire que toutes les sociétés,
tous les sites patrimoniaux qui ont
été mis en valeur ont été nécessairement protégés? Est-ce que c'est ce
qu'elle est en train de nous dire?
Mme Proulx (Berthier) :
...Mme la Présidente, vous permettez?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui.
Mme Proulx (Berthier) : On va
parler du dossier qui me concerne. Je parle du...
M. Benjamin : Alors, non...
Mme Proulx (Berthier) : Et je
vais... M. le député, est-ce que je peux terminer?
M. Benjamin : D'accord, bien
sûr.
Mme Proulx (Berthier) : Parce
que vous me posez une question...
Présidente (Mme IsaBelle) : Je vous demande, s'il vous plaît,
député de Viau, de laisser la ministre répondre.
M. Benjamin : Bien sûr, bien
sûr.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci.
Mme Proulx
(Berthier) : Alors, si vous me posez une question, j'aimerais pouvoir
avoir l'occasion d'y répondre. On va
se concentrer — je pense
qu'on en a plein nos shorts, comme dirait l'autre — avec le Parc olympique. Et je laisserai
le soin à ma consoeur la ministre de la
Culture et des Communications de parler de façon générale du patrimoine bâti au
Québec.
M. Benjamin : Mme la
ministre... Mme la Présidente...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui.
M. Benjamin : Excusez-moi, je
vous ai donné une promotion.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, oui, hein? Alors, oui, député de Viau, allez-y.
M. Benjamin : Écoutez, Mme la
Présidente, ce que la ministre et nous sommes en train de faire aujourd'hui, nous sommes en train de faire une loi pour un site
patrimonial. C'est ce que nous sommes en train de faire aujourd'hui. C'est
de sa responsabilité, c'est la nôtre et pas
celle de la ministre de la Culture. Moi, j'avance l'argument suivant, et
c'était là le fondement de ma
question, puisque la ministre semblait nous dire que, dès qu'il y a mise en
valeur, il y a nécessairement protection,
donc je voulais savoir : Est-ce que, par expérience, la ministre est en
mesure d'argumenter sur ce postulat-là, cette hypothèse que, dès qu'il y
a mise en valeur, il y a protection?
Nous, ce que
nous disons, ce que nous avançons, et c'est le sens de notre argument, c'est
qu'il peut... il doit y avoir mise en
valeur, mais il doit y avoir aussi protection. Il faut parler de la même
chose : protection, mise en valeur. Et c'est encore... et ma question demeure, donc : En
quoi parler de protection, ça vient amoindrir la portée de la mise en valeur,
puisque nous sommes dans l'enjeu de
la précision? Ce que nous voulons, c'est préciser et renforcer. Ce que nous
voulons, c'est préciser et renforcer,
et, justement, cet amendement, donc, «protéger», le mot «protéger» vient
préciser et renforcer. Alors, Mme la Présidente, ma question demeure
entière, donc, à Mme la ministre.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, M. le député de Viau. Votre
temps est écoulé. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Député de Rosemont?
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Bien, je ne ferai pas long. L'argumentaire a été fait
par mes collègues de l'opposition
officielle. Moi, je suis plutôt d'accord avec la formulation de l'amendement,
même constat que pour l'amendement
précédent. C'est parce qu'on le prend un peu à l'envers, là. C'est comme... on
a un parapluie, puis nous, on a
l'impression qu'on le tient comme ça. Moi, j'ai l'impression que la ministre
le tient à l'envers. C'est juste une question de perspective.
La ministre nous dit : On
est plutôt large et inclusif. Moi, j'ai plutôt l'impression qu'on est plutôt
vague et que les mots ont une
importance. Puis on ne pèche pas par trop de précisions dans la vie, à moins de
parler pour ne rien dire, ce qui n'est pas le cas ici, je crois.
Puis,
tout à l'heure, tout en écoutant d'une oreille mes collègues de
l'opposition officielle, je suis allé relire la loi, la vieille loi de 1975, qui est disponible, évidemment,
en deux clics de Google, on retrouve ça facilement. On se rend compte à quel point la loi de 1975 avait été adoptée dans
l'urgence. C'était carrément un décret pour dire : On reprend cette
affaire-là, puis on finit, puis on
donne toutes sortes de moyens particuliers pour aller faire des emprunts, des
billets et autres termes légaux. Mais
là on n'en est plus là, on a passé ce cap-là, heureusement. Il est même
question dans la vieille loi de la loterie puis de l'administration de la loterie. Pour vous dire à quel point c'est
une vieille loi, il y a un règlement qui a été rajouté où on dit : «Dans
ce règlement, à moins que le contexte n'indique un sens différent, on entend
par :
«a) "appel
d'offres dans les journaux" : un avis publié...»
Et, pour vous dire à
quel point c'est une vieille loi, on précisait dans le temps... peut-être qu'on
devrait le faire aujourd'hui, ça aiderait nos amis des journaux, mais, enfin,
bref, ça, c'est un aparté partisan pour mon ancienne profession. Mais, cela dit, on a passé ce cap-là. On a refait
l'histoire du stade ici, là. Même moi, je suis tanné de m'entendre le faire, là.
Là, on est dans la préservation, on est dans
la relance, on est dans des projets, on est dans une revitalisation, on est dans la
vitalisation, même, parce que c'est déjà revitalisé.
Alors,
ce long laïus pour vous dire que moi, je n'ai aucun problème avec la
formulation de l'amendement tel que déposé
par mon collègue de Viau. Je pense qu'il apporte sans nuire au but précis du
projet de loi, au contraire, puisqu'on y
arrive à 6. Encore là, il y a une raison pour laquelle on ne veut pas le mettre
dans 4. La raison qu'on nous donne, c'est parce qu'on veut être plus inclusif
avec le libellé minimaliste qu'on a en ce moment. Nous, on vise un peu plus
large.
Donc,
je ne suis pas convaincu de l'argument qui est présenté devant nous aujourd'hui
pour rejeter l'amendement, qui m'apparaît viser le même objectif que
l'article 6. Alors, je ne suis pas dans la grande théorie des complots,
là, ici, Mme la Présidente, je ne suis pas
un complotiste, là, mais j'essaie de comprendre pourquoi on ne peut pas le
mettre dans 4.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, c'est une question, Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : J'ai la même question que vous : Pourquoi on bute
là-dessus, M. le député de Rosemont? Puis,
pour revenir à votre analogie de parapluie, c'est une question de perception et
non pas une question de perspective, hein?
Parce qu'on est tous nouveaux dans ce processus-ci. C'est une série d'articles
qui vont s'additionner, qui vont donner le portrait détaillé de ce que nous souhaitons être, nous, à la Société
de développement, Michel, à la Société de développement et de mise en
valeur du Stade olympique.
on le regarde uniquement par libellé... Vous avez lu le projet de loi, vous
êtes un député qui est rigoureux, votre formation journalistique vous
l'oblige de toute façon, par acquit de conscience, ne serait-ce que ça, et vous
savez que ces articles-là s'additionnent
pour arriver à un tout à la fin. Ce n'est pas qu'on est fermé à avoir des
propositions qui sont faites de la
part des oppositions officielles, loin de là, mais ce qu'on vous dit ici, c'est
que c'est une série d'articles qui vont s'additionner et qui vont rendre très, très clair ce que sera à terme la
Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique. Et je
ne crois pas que mon parapluie soit à l'envers.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il
y a d'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre...
Député de Nelligan.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Écoutez, en écoutant mon collègue député de Rosemont,
j'ai eu le réflexe d'aller lire le
commentaire en bas de la mission et pouvoirs. Et vous savez quoi, Mme la Présidente, je suis très inquiet, parce
qu'en lisant le commentaire en bas de... qui
explique la mission et pouvoirs — je comprends, on n'est pas dans l'article,
mais ça explique quand même — en aucun cas le mot
«protection» ou «protéger» n'est là.
Je vais vous lire le commentaire : «La mission
de la société comporte deux volets, soit un volet axé sur le développement qui est davantage de nature
commerciale — on
précise le volet qui est axé sur le développement commercial, ce qui est très bien — et un volet axé sur la mise en valeur des
actifs provenant de l'aventure olympique.» Donc, on parle de la mise en valeur des actifs provenant de
l'aventure olympique. La mission de la société vise notamment à améliorer la
capacité d'utilisation des installations
olympiques, et, bien sûr, le deuxième alinéa de l'article 4 précise la
portée de l'expression «Parc olympique».
Donc,
en suivant la même logique que mon collègue député de Rosemont sur l'essence
même de la protection, en lisant le commentaire en bas de cet article, je n'ai
aucune assurance aujourd'hui qu'avec ce projet de loi et cet
article le
fait de parler de la protection fait
partie
de la mission de la Société de développement et de mise en valeur du Parc
olympique. Et je ne veux pas parler
d'aucun
article qui suit cet article, à savoir 5 et 6. Je suis, encore une
fois, très prudent dans mes mots,
mais j'ai relu le commentaire à plusieurs reprises, en aucun cas... et là on
parle de la mission et des pouvoirs de la Société de développement et de
mise en valeur du Parc olympique.
Donc,
Mme la Présidente, est-ce qu'on peut juste nous clarifier pourquoi on spécifie
la mission de la société, on la décline
même en volets, à savoir un volet de nature commerciale, à savoir un autre
volet axé sur la mise en valeur des actifs, donc qu'on croit à la mise
en valeur des actifs qui proviennent de l'aventure olympique...
M. Derraji : Oui, je suis sur
l'amendement, absolument, mais ce n'est pas grave, on se taquine, moi et mon
président aussi. Donc, je tiens à m'excuser auprès de vous de lui répondre que
je suis sur l'amendement. Et, notamment, j'aimerais bien
qu'il nous aide aussi de protéger, parce qu'on parle de protéger et mettre en
valeur et les mots «protéger et mettre en valeur le patrimoine architectural»,
qui est l'amendement en question.
Donc, Mme la
Présidente, on fait abstraction à l'énoncé de mission que j'ai devant moi, et
j'ai même lu les commentaires que,
normalement, ils donnent un cadrage de l'idée et l'essence même de ce que la
ministre nous présente, et en aucun
cas, dans ce commentaire, on ne parle de la protection du patrimoine, en aucun
cas, à moins si je ne l'ai pas vu. Je n'ai aucune mention, sachant que
tout a été décliné, hein, on parle des deux volets, on parle de tout.
Donc, Mme la
Présidente, encore une fois, est-ce que Mme la ministre a bien lu le
commentaire et est-ce qu'elle peut nous dire pourquoi il n'y a pas le mot
«protection»?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Nous donnons la parole au député de
Montmorency.
M. Simard :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Très heureux d'intervenir pour la première
fois dans le cadre de cette
commission, puisque je viens d'y être affecté, comme de nombreux collègues, et
je suis très heureux de me retrouver parmi vous.
Comme
mon ami le député de Nelligan me tendait la perche, je peux difficilement ne
pas y répondre. Lorsqu'il nous dit
qu'en aucun cas la ministre ne prend en compte la dimension de la protection,
bien, je m'inscris en faux contre ça, en tout respect pour mon collègue.
Pourquoi? La ministre l'a très bien dit, et je me permets de reprendre ses
propos : Un projet de loi ne peut pas
se voir comme une addition d'articles, voire même d'alinéas qui composent des
articles. Un projet de loi, Mme la
Présidente, c'est un tout qu'on doit prendre dans sa globalité, et il s'avère
qu'à l'article 6 on parle nommément très clairement de protection.
Parce que la beauté
de ce projet de loi qui est devant nous, c'est de décliner, d'enrichir la
notion qui se retrouve à l'article 4, qui est encore un
article en tout
début du projet de loi. Donc, cet
article 4 nous dit de mettre en valeur
le patrimoine et l'héritage olympique, et,
plus tard, dans sa sagesse, le
législateur nous dit ce qu'il entend par mettre en valeur, et puis il
faut que je vous le lise. Qu'est-ce qu'il entend par mettre en valeur? Ah!
tiens, tiens, bien, tiens donc : de protéger, d'entretenir et de valoriser le patrimoine
architectural. Donc, le député de Nelligan et moi, le député de Viau et moi
sommes à la même enseigne. On veut tous le protéger. Puis on veut tellement
tous le protéger, c'est la raison pour laquelle on l'inscrit mot pour
mot dans l'article 6. Je vous remercie beaucoup, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci, cher député. D'autres interventions?
Député de Nelligan.
M. Derraji :
J'ai bien fait d'interpeler mon collègue le député de Montmorency, parce que,
je vous ai dit, nous avons déjà eu des échanges, et c'est toujours
intéressant.
Bon, j'appelle la
sagesse du législateur, il l'a mentionné, aucun problème, mais la même question
demeure : Si c'est important à l'article 6, pourquoi ce n'est pas
important à l'article 4? Je peux terminer. Donc, si c'est important à
l'article 6, et, à l'article 4, on fait l'énoncé de mission,
l'importance, c'est de le mettre à l'article 4. Si c'est important maintenant sur le site de Parc olympique, il ne
l'est plus aujourd'hui avec l'article 4. Pourtant, c'était clairement
mentionné dans le site Web du Parc olympique, la protection.
seule chose que je lis devant moi, dans cette page, abstraction faite aux
autres articles... Mais, pour faire plaisir à mon collègue le député de Montmorency, je vais essayer de jongler
entre les articles. L'énoncé de mission me donne le ton pour la suite. Le ton, malheureusement, Mme la
Présidente, il n'est pas donné par rapport à la protection à l'article 4.
Il n'y a pas ça, et je l'invite à lire le
commentaire. Le commentaire de l'article 4, on parle des volets de
développement de nature commerciale,
on précise. Ils sont allés beaucoup plus loin dans le commentaire. Et, je dis
encore une fois, le commentaire, il nous
donne le ton de l'article 4. Donc, on parle de développement de nature
commerciale, on parle de la mise en valeur des actifs provenant de
l'aventure olympique, mais on ne parle pas de la protection de ces actifs.
Donc,
le législateur, dans toute sa sagesse, et je vous donne... je vous l'accorde,
vous avez raison, le législateur, dans toute
sa sagesse, Mme la Présidente, a pris le temps d'expliquer l'énoncé de mission
en le déclinant en deux volets, mais il a oublié, il a omis de parler de
protection. C'est ça que... pas je déplore, mais c'est ça que j'essaie de dire
avec mes autres collègues depuis le
début. C'est que, si le législateur, avec toute sa sagesse, a pris le temps de
décliner l'énoncé de mission et a décliné les deux volets de la mission,
mais il a omis de parler de la protection. Mais ce n'est pas juste nous, même sur le site, je vous ai dit, allez taper sur
Google le site du Parc olympique, vous allez trouver l'énoncé de mission. Et
c'est ça, M. le collègue député de Montmorency, que j'essaie de mettre
sur la table.
Donc, le fait que, ni
dans l'énoncé de la mission, on ne parle pas de protection de patrimoine... Et
mon collègue député de Viau avait raison. Est-ce qu'on a un malaise par rapport
à la protection du patrimoine? Est-ce que c'est pour cela qu'on a omis de le mettre? C'est des questions qu'on soulève. Je
n'ai... je ne dis pas qu'on a oublié de le mettre un peu plus tard,
mais, si on va le mettre un peu plus tard, pourquoi ne pas le mettre à
l'article 4? Et la question est réglée. Si,
pour nous tous, la protection et la mise en valeur du patrimoine, elle est très
importante, et j'en suis sûr et certain que, pour Mme la ministre ainsi que l'équipe du Parc olympique, la protection
et la mise en valeur du patrimoine, elle est aussi importante, donc, soyons
juste cohérents. Si on est pour mettre ça à l'article 5 et 6, où à chaque
fois on fait référence, bien, je pense que c'est aussi important de le mettre à
l'article 4. Et j'invite l'ensemble des collègues, lisez le commentaire en
bas de l'énoncé, si vous me trouvez
le mot «protection», dites-le-moi, comme ça je vais relire le commentaire en
bas de cet
article 4. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mme Proulx
(Berthier) : Je demanderais la permission de la commission de pouvoir
donner la permission à M. le P.D.G. de la RIO de pouvoir s'exprimer sur le
commentaire du député de Nelligan.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Est-ce que nous avons
l'autorisation pour que M. Labrecque intervienne? Parfait.
M. Labrecque, à vous la parole.
M. Labrecque (Michel) : Est-ce
que je dois me représenter? Oui?
Mme Proulx (Berthier) : Ce
n'est pas le bon micro...
M. Labrecque
(Michel) : C'est bon. Écoutez, j'ai le plus grand respect pour les parlementaires.
Ce que je veux dire ici, c'est que,
bien évidemment, la mission qui est sur le site est une mission
qui date du plan stratégique 2012‑2017.
Lorsque le gouvernement nous a demandé de
revoir la loi, bien évidemment, ont été mis à contribution les légistes, et on
nous a fait comprendre que cette mission,
bien que conforme, en quelque sorte, à la stratégie que nous avions dans une
loi, aurait avantage à être, donc, extrêmement large en début, avec mise en
valeur du patrimoine et de l'héritage olympique et, très spécifiquement,
parce que nous y tenions, d'avoir un
article qui décrit cette mise en valeur.
La valeur
patrimoniale du Parc olympique, elle est historique, symbolique, urbaine et
architecturale, bien sûr, selon l'étude
de Mme Vanlaethem. Conséquemment, quand vous invoquez la mission, puisque
nous étions à la rédaction de cette mission-là,
nous étions à la rédaction du projet de loi, et le législateur nous a indiqué
que la mise en valeur était déterminante.
Dernier
point, si vous le permettez, a contrario d'un monument, où sa protection
est fondamentale et elle est associée à
des visites touristiques, la mise en valeur est vraiment le grand défi que nous
aurons, hein, de mettre en valeur, protéger et développer, hein? C'est
la description que nous avons à l'article 6. Pour nous, lorsque nous avons
travaillé sur la transformation de notre
mission, que nous avions écrite dans le cadre de la revue de gouvernance, en
loi, on considérait que le législateur nous suggérait cette forme, qui
est extrêmement précise et détaillée dans l'ensemble de la loi. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Député de Nelligan.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Je suis curieux à poser la question à
M. Labrecque. Donc, le changement dans la mission, ce n'est pas
vous autres, c'est plus le législateur. Mais, pour vous, vous êtes convaincu
que... donc, je vais utiliser vos mots de la
protection et de la mise en valeur du patrimoine architectural du Parc
olympique. Mais, vu vos échanges avec
le législateur, c'est là où vous avez pensé plus à enlever ça. Est-ce que
c'est... C'est ce que j'ai compris de votre intervention.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Avons-nous le consentement pour que M. Labrecque réponde? Est-ce que Mme
la ministre... Oui?
Des voix : Consentement.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Consentement? Parfait.
M. Benjamin : On avait déjà le
consentement.
Mme Proulx (Berthier) : Il faut
le redemander, c'est une autre question, M. le député de Viau.
Présidente (Mme IsaBelle) : Mais c'est une autre question, c'est
une autre question, et c'est vous-même qui avez demandé le consentement
à chaque...
M. Benjamin :
Oui, absolument. Non, mais c'est pour des périodes, des moments d'intervention.
Donc, une fois que... Allez-y.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Parfait.
M. Labrecque
(Michel) : Pour nous, ce
n'est pas un retrait, pas du tout. La mission qui avait été élaborée par le
Parc olympique, en fonction des grandes
règles de mission, vous invoquiez l'institut de la bonne gouvernance, lorsqu'on
est passés au processus législatif, le
législateur nous faisait valoir que la mission est extrêmement synthétique et
générale, et la loi va nous permettre
de décrire la mise en valeur à l'article 6 spécifiquement, à
l'article 5. Conséquemment, pour nous, c'est un tout et c'est un
plus, ce n'est pas un moins.
Il y a même un comité spécifique au Parc
olympique qui va s'ajouter aux trois comités de bonne gouvernance des sociétés
publiques, hein, que sont éthique et gouvernance, vérification et ressources
humaines, un comité spécifique d'immobilisations, dont le mandat est décrit.
Et, dans ce mandat-là, bien évidemment, c'est en lien avec l'article 6 et l'entretien des bâtiments, puis tout ça, et ce
souci permanent que nous devrons avoir, que nous avons déjà, mais que nous
devrons avoir et que mes successeurs, «successerices» devront avoir.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Député de... Oui. Alors, Député de Rosemont.
M. Marissal :
Bien, c'est juste un point d'ordre pour... je ne veux pas m'enfarger dans les
fleurs du tapis, mais un point d'ordre linguistique. Là, il a été question,
dans les deux dernières interventions des deux côtés de la table, de législateurs. J'ai l'impression qu'on parlait plus
de juristes, puisque les législateurs, c'est nous. Moi, je n'ai pas été
consulté pour écrire le projet de
loi, je pense qu'on parlait de juristes ici. C'est parce que ça s'en va sur des
galées, ça, c'est relu parfois, puis il ne faudrait pas mélanger notre
monde. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci pour la précision. Est-ce qu'il
y a d'autres interventions? Député de Nelligan.
M. Derraji : Merci. Merci pour
les réponses. Merci, cher collègue, pour la mise au point.
Je veux juste comprendre le point de départ du
changement de la mission. On s'entend, et vous le comprenez aussi, que c'est tout un exercice que vous avez
mis à l'intérieur de votre organisation, mais ma question reste toujours là.
Vous, vous avez élaboré un processus à
l'interne avec vos comités, ça a été mis en place, et c'est les juristes qui
vous ont dit que c'est plus
limitatif, voilà, autre proposition d'énoncé de mission. Est-ce que c'est ça
que je comprends, Mme la Présidente?
Présidente (Mme IsaBelle) : Est-ce que nous donnons la parole au
député, Mme la ministre? À M. Labrecque? Oui.
Mme Proulx (Berthier) : Tout à
fait.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
M. Labrecque.
M. Labrecque
(Michel) : Je vous retrace
rapidement l'histoire. Donc, le conseil d'administration a nommé, donc,
un comité sur l'avenir du Parc olympique, qui était présidé par
Mme Bissonnette. Il y a 22 recommandations. Une des recommandations
était à l'effet de doter le Parc olympique d'une étude patrimoniale conduite
par la ville de Montréal.
Lorsque je
suis arrivé, on a décidé de conduire l'étude patrimoniale : trois ans
d'étude, experts locaux et internationaux, une étude de 150 pages, très grande profondeur. Nous avons donc, de
cette lecture de ce qu'on appelle les valeurs patrimoniales, le patrimoine, compris qu'il fallait l'enchâsser dans une
nouvelle loi suite à une obligation que nous avons de remettre un rapport de bonne gouvernance
décennale, que nous avons remis en 2018 à l'Assemblée nationale par la
ministre de l'époque. Et, en conséquence, on est arrivé avec cette loi-là.
Le conseil d'administration, le comité d'éthique
et gouvernance, notre secrétariat général ont contribué, bien évidemment, avec les légistes, à intégrer cette
filiation entre le rapport du comité sur l'avenir olympique, l'étude
patrimoniale et les obligations que nous aurons dans le futur de tenir compte,
donc, de mettre en valeur le patrimoine, l'héritage olympique, qui est une longue histoire, et de spécifier, en
6, ce que nous entendons par ça et de spécifier encore plus loin ce que les
juristes, mais le législateur
éventuellement, décidera d'un comité spécifique sur ce sujet. Est-ce que ça
vous éclaire un peu?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Député de Nelligan? Il vous reste 45 secondes.
M. Derraji :
Oui, je vais essayer en 45 secondes. Oui, pour répondre à votre question,
M. Labrecque, oui, c'est clair. Mais
ma question reste quand même là : Pourquoi la protection a sauté entre l'ancienne
mission et la nouvelle, sachant les installations du Parc olympique,
sachant l'importance du Parc olympique, sachant que, oui, on parle, on fait
référence à l'article 5 et 6? Mais on s'entend que la mission dans le
temps, pour n'importe quelle société d'État, pour n'importe quelle organisation, c'est là où on met les bases
par rapport à ce qu'on veut faire par rapport à ce Parc olympique. Merci, Mme
la Présidente, je sais que je n'ai plus le temps.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions? Député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Le débat, je comprends, là, vu de l'extérieur et même
peut-être de l'intérieur, à
considérer la réaction de certains de mes collègues, peut... le débat peut
paraître oiseux, mais il ne l'est pas. Il ne l'est pas, parce qu'on l'a dit les
mots sont importants. Puis le Stade olympique, le Parc olympique je devrais
dire, c'est un peu un «work in
progress» depuis la première pelletée de terre, qui doit bien dater de 1970,
1968 ou, dernier essai, 1974. Donc, c'est un «work in progress». Et
d'ailleurs ça continue, ça se poursuit.
Depuis qu'on s'est vus la dernière fois, il y a
eu deux éléments importants touchant le développement du Parc olympique. D'abord, on a appris que Desjardins
avait loué, s'était entendu pour louer deux autres étages de la tour. C'est
une très bonne nouvelle, c'est une très
bonne nouvelle, tant mieux. Je crois qu'après ça il n'en restera plus tant que
ça à louer, d'ailleurs, des étages,
puis éventuellement on y arrivera, à louer les trois derniers. Merci de la
précision, Mme la ministre.
Puis ensuite,
bien, on a appris... puis c'est vraiment là où j'insiste sur le «work in
progress», là, parce que la loi, elle
n'est pas adoptée encore, là, mais ça n'empêche pas qu'on est capable de
marcher puis de mâcher de la gomme en même temps, on a commencé à voir
un peu les contours de l'appel d'offres pour le remplacement de la toile. En
tout cas, on a vu des rapports dans les
médias là-dessus. Donc, il se fait du travail, ce n'est pas statique, là, ce
n'est pas... Tu sais, le Parc
olympique, ce n'est pas la tour de Pise qu'on a juste sécurisée pour ne pas
qu'elle tombe puis qu'on espère qu'elle va rester là, là. Ça bouge. Ça
bouge puis ça bouge beaucoup.
Alors, je
pense que c'est pour ça qu'on insiste sur... Je pense que c'est une forme de
hiérarchisation. C'est bête, là, mais
4, ça vient avant 6. Puis on se dit... puis je ne veux pas mettre des paroles
dans la bouche de mes collègues de l'opposition officielle, mais je pense qu'il y a une forme de hiérarchisation qu'on
voudrait instaurer, se dire : Bien, si c'est ça, la mission, au même
titre qu'on a
amendé le premier paragraphe pour y ajouter la dimension «complémentarité avec la collectivité» parce qu'on jugeait que c'était important, je pense... et c'est pour ça
que je dis que ce n'est pas un débat oiseux, qu'il y a une forme d'importance à donner, dès les premiers
articles, quant à la préservation et tout ce débat qu'on a sur la valeur
architecturale et le développement du Parc olympique. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Est-ce qu'il y a une réponse? Oui, Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Puisque
vous êtes rigoureux, M. le député de Rosemont, c'est un appel à qualification et non pas un appel d'offres. Vous qui aimez choisir les mots,
c'est un monde de différence entre l'appel à qualification pour le
remplacement de la toiture, ce n'est pas la toile mais bien la toiture du Stade
olympique, et non pas un appel d'offres.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci pour la précision. Alors, est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Marissal : Mme la
Présidente, avec votre permission, je veux juste préciser que le choix des mots
était peut-être inopportun, mais j'ai dit, dans la précipitation, qu'on
commençait à voir les contours de ce à quoi pourrait ressembler l'appel d'offres. Mais, juste «for the record», je n'ai pas
dit... et je ne comprends pas d'ailleurs qu'il y a déjà un appel
d'offres qui court pour le remplacement du toit. Ce n'est pas ça.
Présidente (Mme IsaBelle) : Parfait. Alors, écoutez, est-ce qu'il
y a d'autres interventions sur l'amendement? Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix de l'amendement du deuxième paragraphe du premier alinéa.
M. Benjamin : ...vote nominal,
s'il vous plaît.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, est-ce qu'effectivement
l'amendement du deuxième paragraphe du premier alinéa est adopté?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
M. Derraji (Nelligan)?
La Secrétaire :
M. Marissal (Rosemont)?
La Secrétaire :
Mme Proulx (Berthier)?
Mme Proulx (Berthier) : Contre.
La Secrétaire :
Mme Jeannotte (Labelle)?
La Secrétaire :
Mme Blais (Abitibi-Ouest)?
Mme Blais (Abitibi-Ouest) :
Contre.
La Secrétaire :
Mme Dansereau (Verchères)?
Mme Dansereau :
Contre.
La Secrétaire :
M. Simard (Montmorency)?
La Secrétaire :
M. Skeete (Sainte-Rose)?
La Secrétaire :
Mme IsaBelle (Huntingdon)?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Abstention.
La Secrétaire : C'est rejeté.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Donc, rejeté. Est-ce qu'il y a d'autres interventions sur l'alinéa un?
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Pardon? Député de Viau, oui, allez-y.
M. Benjamin : Oui. Alors, au
fil de nos discussions, Mme la Présidente, au fil de nos échanges, donc, ça
nous permet de peut-être peaufiner des...
améliorer, c'est ça. L'intention, d'ailleurs, c'est d'améliorer ce projet de
loi. Et j'ai écouté avec beaucoup
d'attention Mme la ministre intervenir sur plusieurs de nos amendements qu'on a
apportés précédemment. Donc, me
basant donc sur ces échanges-là qu'on a eus et notamment aussi les
interventions de nos collègues, notamment le député de Rosemont, donc je
vais déposer un autre amendement.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Un autre amendement.
M. Benjamin : Un autre
amendement, absolument.
Présidente (Mme IsaBelle) : D'accord. Est-ce que vous l'avez
envoyé pour qu'on puisse en faire une impression?
M. Benjamin : On va suspendre
un instant, donc, le temps que vous le receviez par...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Écoutez, il est 11 h 58.
Alors,
écoutez, nous allons suspendre pour l'heure du dîner, et, d'ici à notre
retour... bien, lors de notre retour, vous pourrez nous remettre les
feuilles. Ça vous va? Alors, je vous remercie.
Bon dîner, tout le monde.
(Suspension de la séance à 11 h 58)
Présidente (Mme IsaBelle) : Attention! Alors, nous recommençons. Nous reprenons les travaux. À l'ordre!
La Commission
de l'économie et du travail reprend
ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre leurs appareils électroniques, s'il vous plaît.
Je vous
rappelle que la commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 15, Loi
sur la Société de développement et de mise en valeur du Parc olympique.
Mme Proulx (Berthier) : ...
Présidente (Mme IsaBelle) : Oui, merci, Mme la ministre. Juste avant la suspension de nos travaux, nous
étions toujours sur l'étude du deuxième paragraphe
du premier alinéa de l'article 4, et M. le député de Viau
avait un amendement à
proposer.
Mme Proulx (Berthier) : ...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Oui, nous allons...
Mme Proulx (Berthier) : Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, M. le député de Viau, nous avons les feuilles. Est-ce que
vous êtes prêt à ce qu'on les distribue?
M. Benjamin : Vous pouvez
procéder, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Nous pouvons procéder à la distribution.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, nous allons inviter le député de Viau à lire l'amendement et à donner les explications, si nécessaire.
M. Benjamin :
Merci, Mme la Présidente. Donc, alors, l'article 4 du projet de loi serait
modifié par :
1° l'ajout, au
début du premier alinéa du deuxième paragraphe, des mots «...protéger et»; et
2° par le retrait de
la lettre «s» au mot «olympique».
Alors,
en termes d'explications, Mme la
Présidente, c'est un amendement
qui témoigne, en fait, qui reflète de
plusieurs éléments d'échanges qu'on a eus autour de cette table, dans le
cadre de cette commission, donc qui se veut, je l'espère, évidemment, pour nous, donc, une façon d'arriver à
un consensus pour bonifier cet
article 4, pour l'amender correctement.
Donc,
nous avons enlevé... le retrait du «s» de «olympique», donc, afin que ce soit
l'héritage qui soit olympique et non
pas le patrimoine et l'héritage, et nous avons aussi maintenu «protéger», donc.
Et alors comme l'argument évoqué par Mme
la ministre, c'était qu'elle voulait que le patrimoine soit le plus large que
possible, donc, alors, soit, on va y aller avec ça, on va y aller avec un concept de patrimoine qui soit le plus large
que possible, en nous disant que, donc, dans le patrimoine, on pourrait
concevoir l'architecture.
M. Benjamin : Ah! D'accord. Et pourquoi le mot «protéger et»?
Je vais faire référence, Mme la
Présidente, à un document important, puisque nous abordons et nous aurons à
aborder, tout au long de ce projet de loi, un aspect important, un aspect important de cette structure, de cet
édifice et de cette société aussi, c'est l'aspect du patrimoine. Et c'est de
notre volonté, c'est... D'ailleurs, le nom de la société indique qu'il y
a... c'est une société de mise en valeur, mise en valeur.
Mais,
en faisant référence, Mme la Présidente, à l'article 1 de la
Loi sur le
patrimoine, la
Loi sur le patrimoine nous dit ceci, et j'en donne lecture, si vous permettez, Mme la Présidente.
Et c'est toujours dans cet esprit où le législateur ne parle jamais pour ne
rien dire.
L'article 1 dit ceci : «La présente loi — sur le patrimoine, évidemment — a pour objet de favoriser — et je
cite — la
connaissance, la protection, la mise en valeur et la transmission du patrimoine
culturel...» Donc, si c'était gratuit, Mme
la Présidente, si les questions relatives à la protection étaient gratuites, le
législateur n'aurait pas choisi bon
de le mettre, que, quand on parle de protection du patrimoine, quand on parle
de patrimoine, l'une des premières choses qui arrivent en avant, c'est
la protection. Et à cela on ajoute, on énumère : mise en valeur,
transmission, etc.
comprends très bien que... Et je rappelle encore, je rappelle encore, ce que
nous demandons, tout simplement, c'est
qu'ici même, dans l'amendement que nous proposons, que ça reflète, justement,
la
Loi sur le patrimoine, c'est-à-dire toute la dimension de protection,
de mise en valeur, donc, du patrimoine et de l'héritage olympiques, donc.
Alors, voilà. Donc,
je m'arrête là pour l'instant. J'aimerais entendre Mme la ministre. Et je
fais référence, il n'y a pas si longtemps...
Vous savez, il y a une circonscription, Mme la Présidente, où, il n'y a pas si
longtemps, il y a eu des enjeux en termes de protection du patrimoine — et aujourd'hui, pour parler de valorisation
et de mise en valeur du patrimoine, on doit commencer par parler de
protection du patrimoine — et
je pense, si je ne me trompe pas, c'était la circonscription de Mme la
ministre.
Donc,
alors, j'aimerais peut-être demander à Mme la ministre comment elle voit,
comment elle conçoit, à la lumière même de la
Loi sur le patrimoine, qu'on
puisse parler de la mission, donc, et des pouvoirs de cette société sans,
évidemment, parler de la protection.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Pour la néophyte, ici, est-ce qu'on n'est pas, à ce
point-ci, Mme la Présidente, supposés de discuter de l'amendement qui est
déposé et non pas une question subséquente, en aparté de l'amendement qui est
déposé?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Oui, oui...
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Attendez.
M. Benjamin :
C'est une question qui m'est posée, Mme la Présidente.
Mme Proulx
(Berthier) : Non, non, je parle à Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Non, non, non, elle s'est adressée à la
présidente.
M. Benjamin :
Ah non? Ah! D'accord.
M. Simard :
Mme la Présidente, je vous avais... j'avais signalé mon intérêt pour pouvoir
prendre la parole.
Présidente (Mme IsaBelle) : Oui, mais la ministre... Je laisse
souvent la ministre passer avant les... Mais, si vous voulez...
M. Simard :
Je vous comprends très bien, Mme la Présidente.
Présidente (Mme IsaBelle) : Vous voulez parler? O.K. Alors, je vais demander à la ministre.
Est-ce que vous voulez que, d'abord, le député de Montmorency...
Mme Proulx
(Berthier) : Je voudrais
qu'on m'explique clairement la procédure, ici, qui doit être mise en place.
Est-ce qu'on doit, d'abord et avant tout, répondre de la question
de l'amendement qui est déposé avant de répondre à une question
subséquente en aparté de l'amendement?
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, écoutez, la pertinence, quand on parle de la pertinence
sur un amendement ou sur quoi l'on discute, c'est large, c'est ce
qu'on dit toujours, c'est large. Donc, c'est difficile. Je comprends que vous me dites... parce
que, là, il parle du patrimoine, il revient au terme «patrimoine», alors qu'ici
ce qu'il ajoute, c'est «de protéger». C'est
bien ce que je comprends, Mme la ministre, c'est là que... bon. Alors, lui, il
dit que le patrimoine inclus de protéger.
Mme Proulx (Berthier) : Alors,
moi, ce que je propose, ici, c'est qu'on puisse débattre de l'amendement, et j'imagine que, dans le débat de l'amendement, on
aura toutes les conversations nécessaires en ce qui a trait aux questions
du député de Viau à l'égard de ce qu'est ou ce que n'est pas le patrimoine.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous continuons, nous laissons la parole... D'accord. Alors, député de
Montmorency, à vous la parole.
M. Simard :
Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je vous demanderais de
m'éclairer. Et, en tout respect pour
mon collègue le député de Viau, qui fait un boulot fantastique puis qui
participe à la vitalité de nos débats parlementaires, incluant dans cette commission, on a, avant notre
pause, quand même débattu longuement d'un amendement qu'il avait déposé et qui ne ressemble peut-être pas mot pour
mot, mais enfin qui reprend un mot central qu'il avait utilisé précédemment,
qui est le mot «protéger».
Alors, je comprends
son deuxième alinéa, le retrait du «s» du mot «olympique» parce que, pour lui,
c'est plus qu'une coquille, là, il y
a là une symbolique qu'il nous a très bien définie. Ça, ça va. Mais, pour le
premier alinéa, le fait qu'il reprenne le mot «protéger», le même mot
qu'il a pris dans l'amendement précédent...
Une voix : Qui a été battu.
M. Simard :
...et qui a été battu, d'ailleurs, en tout cas, du moins, longuement discuté,
il me semblait que c'était derrière nous, cette question. Et là le
député, puis c'est son droit, revient avec un argument qui reprend ce terme.
Donc, conséquemment, Mme la Présidente, je n'ai pas, bien sûr, votre expertise
présidentielle, mais toujours est-il que je me questionne sur la recevabilité
de cet amendement et je voudrais que vous puissiez m'éclairer là-dessus.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Donc, vous en faites vraiment une question de règlement?
M. Simard : Oui. Oui, oui.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Vous savez qu'on va suspendre, c'est bien ça?
M. Simard :
En fait, je m'interroge sur la recevabilité de... puisque les deux amendements
se ressemblent vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup.
Présidente (Mme IsaBelle) : O.K. Alors, on va laisser... de ce
que je comprends, on laisse le député de Viau se prononcer sur cette
demande-ci. Qu'est-ce que...
M. Benjamin :
...intervenir, mais, advenant le cas, s'il advenait que vous devriez prendre...
à prendre une décision, je demanderais tout de suite que la décision soit une
décision écrite, donc, s'il advenait que vous deviez prendre une
décision sur la question de mon collègue. Donc, alors...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
... obligation, qu'on vient de me dire, mais, oui, ça va. Est-ce que vous
voulez ceci aussi?
M. Benjamin :
Oui, oui. Je vous ai signalé que je voulais intervenir là-dessus. Alors,
écoutez, je remercie au collègue de
saluer ma contribution, donc, aux travaux parlementaires, donc, et j'en fais
tout autant pour lui aussi, donc, j'apprécie ses interventions.
Mais je dois
partager avec vous, Mme la Présidente, qu'à la lumière même... quand on prend
les deux amendements, quand on les
regarde, visiblement, ce n'est pas la même chose. Pourquoi ce n'est pas la même
chose? Donc, évidemment, un
amendement, c'est l'ajout ou le retrait de mots. Au coeur de mon amendement...
de l'amendement précédent, au coeur de
l'amendement précédent, j'abordais l'idée du patrimoine architectural. Donc
alors, ce que je voulais surtout, donc, insister, c'est sur le fait
qu'il faille protéger le patrimoine architectural.
Et, comme je l'ai mentionné en
déposant ce nouvel amendement, je l'ai souligné, d'ailleurs, j'ai souligné sur
le fait que c'est un nouvel amendement qui est arrivé à la lumière même
des interventions de Mme la ministre et de mon collègue le député de Rosemont.
Donc,
que ce soit sur cette idée qu'il faille protéger le patrimoine, mais patrimoine
de manière très large — donc, on ne parle plus de patrimoine architectural, donc,
patrimoine assez large — mais aussi du retrait du «s», aussi, qui change tout, qui change tout dans l'article puisqu'il
s'agit ici, maintenant, donc... Dans le cas du «s», donc, on parlerait
exclusivement de l'héritage olympique. Donc, pour moi, c'est un tout
nouvel amendement que j'amène.
Donc, je comprends
bien que le mot «protéger» soit là, mais vous savez, Mme la Présidente, je vous
dirais que le mot «valeur» est là aussi.
Donc, alors, dans ce cas-ci, je vous demande, si vous avez à prendre une
décision... Comme je vous l'ai dit, donc, pour moi, la protection du
patrimoine doit être un élément important, important. Et c'est pour cette raison que je reviens avec l'idée, donc, d'une
vision du patrimoine plus large, en espérant, évidemment, et sans avoir
à refaire le débat de l'amendement précédent, que l'architecture aura une place
particulière. Mais il n'est pas question d'architecture
ici. Je parle, dans le nouvel amendement, du patrimoine et parce que c'est important. Et
aussi, donc, je pourrais continuer à argumenter un peu plus tard, donc,
là-dessus.
Présidente (Mme IsaBelle) : C'est parfait. Alors, écoutez, est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur cette demande de règlement?
S'il n'y a pas
d'autre intervention, alors nous allons suspendre les travaux et revenir.
(Suspension de la séance à
15 h 36)
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, nous allons reprendre. Nous allons
reprendre.
Bonjour.
Alors, je suis maintenant prête à juger de la recevabilité de l'amendement du député
de Viau, qui vise à ajouter les
mots «de protéger et» et de supprimer le «s» au mot «olympique» au deuxième paragraphe
du premier alinéa de l'article 4.
M. le député de Montmorency allègue que cet
amendement est identique à un amendement précédemment rejeté par la commission.
Cet amendement proposait de remplacer le deuxième paragraphe du premier alinéa
de l'article 4 par celui-ci : «2° de
protéger et mettre en valeur le patrimoine architectural du site ainsi que son
héritage olympique.»
En vertu de la jurisprudence sur
l'article 185 de notre règlement, 185/5 et 185/6, l'objet d'un amendement
doit être suffisamment différent d'un amendement précédemment rejeté
pour être déclaré recevable.
En l'espèce,
l'amendement de M. le député de Viau diffère suffisamment de l'amendement
précédemment rejeté par la commission puisqu'il ne fait pas mention de protéger
le patrimoine architectural, mais bien de protéger le patrimoine. Ainsi, je
déclare l'amendement recevable.
Nous
continuons donc avec... Est-ce qu'il y a, donc, des interventions sur
l'amendement déposé par le député de Viau?
M. Benjamin :
Permettez, Mme la Présidente, que je salue votre décision, donc décision empreinte de sagesse et de bon sens, donc. Alors, il me ferait grand
plaisir, à ce stade-ci, si vous permettez, Mme la Présidente, d'entendre la ministre, donc, sur cet amendement que j'ai déposé il
y a quelques minutes.
Mme Proulx
(Berthier) : Mme la Présidente, on a débattu depuis plusieurs heures sur le mot «protéger», sur le mot
«patrimoine», sur le mot «architecture», «pour mettre en valeur». Je disais
encore un peu plus tôt, ce matin, qu'on a un
devoir et une responsabilité implicites de protéger, que, si on ne protège pas,
il devient impossible de mettre en valeur. On faisait référence aux générations futures. Donc, on revient aux mêmes
enjeux dont on a discuté précédemment, au début de la journée,
aujourd'hui.
contre, pour l'élément 2 qui a été déposé par le député de Viau, je tiens
à le souligner dans cette commission, c'est
quand même le député de Rosemont qui, lors de la dernière séance, avait fait
cette proposition-là, donc, qui est présentée par vous, M. le député, mais je tiens à remercier M. le député de
Rosemont, qui avait fait cette proposition-là, proposition d'ailleurs
qu'on accepte, là, d'enlever le «s» au mot «olympique».
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Député de Viau.
M. Benjamin :
Alors, je... Merci à Mme la ministre de réitérer, en fait, ce que j'avais déjà
formulé ici, c'est-à-dire que j'avais
déjà souligné que cet amendement que je dépose, Mme la Présidente — je l'avais fait — c'est un amendement basé sur ce que nous avons fait comme travaux et
j'avais notamment souligné l'apport du député de Rosemont, notamment par
rapport au «s», et j'ai souligné aussi l'apport de Mme la ministre aussi, que
je dois reconnaître, j'espère qu'elle le reconnaîtra
avec moi, que, sur la question du patrimoine, le fait que je sois venu, dans
cet amendement, à enlever le mot «architectural» pour ne garder que
«patrimoine», c'est suite à ses interventions à elle, que je reconnais aussi
d'ailleurs.
Mais ce que je demande maintenant à Mme la
ministre, Mme la Présidente, c'est qu'on aille dans la cohérence et dans la cohésion. Puisqu'il est question de
patrimoine ici, et à la lumière même de l'article 1 de la
Loi sur le patrimoine,
qui commande — ce n'est pas un choix qu'on donne — qui commande que, quand on parle de la
présente loi, «favoriser la [...] protection, la mise en valeur et la
transmission du patrimoine», donc, alors, quand on veut parler, quand on veut aborder les questions relatives au patrimoine,
faut-il bien parler aussi, Mme la Présidente, et j'évoque l'article 1 de
la
Loi sur le patrimoine pour tenir
mon argument, donc, que l'idée de la protection du patrimoine, «patrimoine»
largement, donc, est importante.
C'est important, donc, cette idée-là, et aussi, évidemment, parler de sa mise
en valeur, c'est aussi une très bonne chose.
Donc,
moi, ce que je veux demander, puisque le législateur ne parlant pas pour rien
dire, la question que j'aimerais poser à Mme la ministre : Pourquoi
est-ce que, dans la
Loi sur le patrimoine, on parle de protection, on parle de
mise en valeur et qu'elle, Mme la ministre,
dans son projet de loi, où elle aborde les questions relatives au patrimoine,
elle refuse de parler de protection à l'article 4?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. Parce que c'est deux
lois complètement différentes, la loi du patrimoine en est une, avec l'article 1, et la loi dont on débat aujourd'hui,
le projet de loi n° 15, est différente. La notion de protection est
incluse dans le concept de mise en valeur, on en parle depuis ce matin, on
continue d'en débattre. Pour nous, on revient à l'article 5 et à
l'article 6, où on a tout le libellé et tout le détail de ce à quoi la
nouvelle
Loi sur la Société de développement et de mise en valeur du
Parc olympique inclura dans la notion de protection.
Alors,
je le répète, la notion de protection est incluse dans le concept de mise en
valeur, et je vous réfère, une fois de plus, à l'article 6.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci, Mme la ministre.
Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Député de Viau.
M. Benjamin :
Oui, Mme la Présidente. J'aurais une question pour Mme la ministre. Donc,
lorsque, dans le projet de loi, dans
le texte, on parle de mettre en valeur notamment l'héritage olympique,
j'aimerais savoir donc si la ministre peut nous parler ce à quoi,
précisément, elle fait référence lorsqu'elle parle d'héritage olympique.
M. Benjamin :
D'héritage olympique.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Parfait. Alors, Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Il y a 100 ans d'histoire olympique. Michel, vous me
corrigerez si je me trompe, c'est 100 ans
d'histoire olympique. La tenue des jeux, en 1976, n'est qu'un des éléments de
l'histoire olympique avec laquelle Montréal a flirté pendant une
centaine d'années.
Montréal
n'a pas déposé sa candidature uniquement pour la tenue des jeux de 1976. Elle
l'a fait, de mémoire — Michel, corrigez-moi — trois ou quatre fois avant où Montréal
souhaitait être une ville hôte, parce que très peu de villes à travers le monde peuvent se targuer d'être hôte des Jeux
olympiques. Elle est finalement arrivée en 1976, cette opportunité-là. Donc, l'histoire que Montréal entretient avec
l'olympisme puis avec les Jeux olympiques, c'est plus d'une centaine
d'années, et ça, ça a une valeur extrêmement importante à nos yeux.
a beaucoup d'athlètes olympiens dans ce gouvernement-ci, d'ailleurs. Dans le
nouveau, à Ottawa, également. Il y a tout l'héritage aussi, ne serait-ce
que des drapeaux de toutes les nations qui ont été installés sur le parvis extérieur.
Ça fait
partie aussi de cette histoire
olympique là. Ce n'est pas uniquement Nadia Comaneci qui décroche le premier 10
de l'histoire à la poutre, c'est beaucoup plus que ça.
Alors,
Michel est beaucoup plus habilité, et, si vous souhaitez que cette commission
donne la permission à Michel de
s'exprimer sur toute l'histoire olympique que Montréal a depuis 100 ans,
il la connaît beaucoup mieux que moi, la maîtrise beaucoup mieux que moi, et,
si la commission souhaite entendre Michel, ça me fera plaisir de faire parler
M. Labrecque.
M. Benjamin :
Je pense qu'à ce stade-ci, Mme la Présidente, la réponse de Mme la ministre est
très claire, et je suis même d'accord avec
ce qu'elle vient de nous donner comme élément de réponse au sujet de l'héritage
olympique.
ma question pour elle : À la lumière de toute cette nomenclature qu'elle
vient de nous faire, ne croit-elle pas nécessaire de protéger tout cela?
Mme Proulx
(Berthier) : ...c'est ce à quoi on s'emploie en déposant le projet de
loi n° 15. Depuis le rapport Bissonnette, il n'y a
aucun gouvernement qui ait osé mettre la main dans le dépôt d'une nouvelle loi,
de revoir la Loi de la Régie des
installations olympiques, qui était poussiéreuse et qui n'avait pas été revue.
Il n'y a personne qui a poussé le
dossier jusqu'à ce que nous le fassions, ce gouvernement-ci. Je pense que la
réponse passe par le dépôt du projet de loi n° 15.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : ...est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Benjamin :
Mais, pour le bénéfice des personnes qui nous regardent ou qui nous écoutent,
je dois rappeler les faits, donc
rétablir les faits, si besoin en est. Donc, je pense que le travail que... Mme
la ministre a eu l'occasion, justement, lors du début de l'étude détaillée, de saluer le travail qui a été fait
par ses prédécesseurs. Donc, à entendre Mme la ministre, ce serait comme
si elle arrivait et puis elle venait inventer la roue. Non. Il y a eu des
travaux qui ont été menés.
Je pense que le président de la Régie
des installations olympiques, qui est avec nous aujourd'hui, n'a pas attendu
l'actuel gouvernement pour travailler sur le
développement et la mise en valeur de la Régie des installations olympiques,
et c'est quelqu'un... c'est un gestionnaire
qui travaille depuis de nombreuses années, et puis j'en profite pour saluer,
encore une fois de plus, de saluer son apport et sa contribution.
il y a eu d'autres ministres qui ont précédé Mme la ministre dans ce fauteuil,
dont l'ancienne ministre Julie Boulet, donc,
qui a eu... qui a commandé ce rapport. Et, si aujourd'hui nous en sommes là
avec ce projet de loi, c'est un projet de loi que je trouve... que nous
trouvons, Mme la Présidente, fort intéressant et fort attendu. Donc, ce que
nous sommes en train de faire aujourd'hui,
c'est de dire : Comme il n'y a pas de projet de loi parfait, est-ce qu'on
peut s'assurer, puisque ce travail-là, c'est un travail qui n'a pas été
fait depuis longtemps, est-ce qu'on peut s'assurer... et on ne sait pas, nous
ne pouvons pas présumer, Mme la ministre ou
moi, dans combien de temps qu'une fois ce projet de loi là adopté, si le ciel
doit... s'il doit être adopté, le sera, donc
assurons-nous de faire les choses comme ça doit, et notamment... et je fais
référence et je retourne à
l'amendement qui est devant nous, Mme la Présidente, et l'amendement qui est
devant nous au coeur, justement, au coeur de nos débats, de nos
échanges, c'est l'enjeu de la protection du caractère patrimonial, donc, de cet
édifice. Et là-dessus nous avons en appui la
loi, et, en fait, c'est la loi maîtresse...
Quand on parle des questions patrimoniales au Québec, c'est le patrimoine
qui est très clair. Lorsqu'on parle des questions patrimoniales, il faut penser
à leur protection d'abord, ensuite
leur mise en valeur. Donc, c'est la même chose que nous demandons ici,
puisqu'il est question de mise en valeur
d'un immeuble, d'une architecture — que
des mots mêmes de Mme la ministre, je reprends encore les propos de Mme la ministre — unique.
Je suis d'accord avec ça, c'est une architecture unique pour le Québec
et en particulier pour Montréal.
Bon,
alors, je veux bien qu'on puisse travailler sur sa mise en valeur, mais ce que nous disons
aujourd'hui à Mme la ministre, donc, avant même de parler de mise en valeur,
l'article 4, qui est l'article qui dit clairement c'est quoi, la mission et les pouvoirs de cette nouvelle société,
doit pouvoir prévoir, et c'est notre responsabilité, donc, toutes les questions
relatives à la protection de l'aspect patrimonial.
ce stade-ci, si vous permettez, Mme la Présidente, avec l'assentiment de Mme la
ministre, sur l'enjeu du patrimoine, puisque
Mme la ministre semblait nous suggérer tout à l'heure que le président de la
RIO pourrait répondre à nos questions sur...
Si vous consentez, j'aurais quelques questions à poser au président de la RIO
sur les questions relatives au patrimoine du Parc olympique.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Je pense qu'on a beaucoup discuté du patrimoine, de la
mise en valeur. On en a beaucoup parlé.
Je pense que M. Labrecque va aller dans la même direction de ce dont on a
discuté ce matin, mais allez-y, M. le député. Allez-y.
M. Benjamin :
Vous permettez? Donc, à vous ou à monsieur?
Mme Proulx
(Berthier) : Vous avez demandé de parler à M. Labrecque.
M. Benjamin :
À M. Labrecque.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Alors, M. Labrecque, à vous la parole.
Des voix :
Consentement.
M. Benjamin :
Consentement?
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Quand il aura posé les questions, oui... Nous
avons le consentement.
M. Benjamin :
Alors, je voulais... Pouvez-vous nous dire, M. Labrecque, lorsqu'on parle
du patrimoine du Stade olympique, hormis le patrimoine... l'architecture, vous
avez évoqué quelques éléments un peu plus tôt, aujourd'hui, des aspects
patrimoniaux, pouvez-vous nous faire un inventaire de qu'est-ce qui est...
qu'est-ce qu'il y aurait à protéger? Qu'est-ce qui pourrait être protégé ou mis
en valeur au niveau du patrimoine?
M. Labrecque (Michel) : Oui. Donc, le mot «patrimoine» est mis en valeur,
patrimoine au sens large tel qu'on... Je vais vous donner des exemples
très, très concrets. Lors du 40e anniversaire, il y a eu trois expositions
qui se sont tenues, une exposition au Château Dufresne sur la dimension
architecturale, compte tenu de l'histoire de Marius et Oscar Dufresne et de la ville de Maisonneuve. Deuxièmement, il y a eu une exposition à la Maison
de la culture Maisonneuve sur les bâtisseurs, ce qu'on appelle donc les
membres du COJO, qui ont travaillé avec M. Drapeau dès les années 60.
M. Godbout, le juge Godbout du Tribunal
de la jeunesse, le grand tennisman, a été associé à M. Drapeau pour
présenter la candidature en 1966 pour
les jeux de 1972 qui ont été obtenus par Munich, et il était de l'équipe qui a
redéposé une candidature à Amsterdam en 1970 pour les jeux de 1976.
Donc, tous les bâtisseurs ont été interviewés pendant plus d'une centaine d'heures, ce qu'on appelle donc le patrimoine,
hein, immatériel, la communication de la longue histoire de ces candidatures.
Troisième élément, il y avait l'exposition au
Hall touristique du Parc olympique sur la dimension des jeux, les artefacts, le pistolet de départ. Il faut savoir
que même les drapeaux ne sont pas les mêmes qu'aujourd'hui, puisque l'Union soviétique a quitté, puisque le président du CIO,
M. Bach, a gagné sa médaille d'or en escrime à Montréal,
mais il était là pour l'Allemagne, donc les deux Allemagnes de l'époque. Donc,
tout ça en fait partie, fait partie, comme la ministre l'indiquait, les
candidatures de 1956 sous Camillien Houde, les candidatures de 1944 sous
Camillien Houde toujours, dans le même quadrilatère. Font
partie de ça les
architectes dont, je mentionnais tout à l'heure, M. Dallégret,
ou le design de M. Dallaire, John Warden et les costumes. Tout ça,
c'est le grand patrimoine dans le sens large.
Donc, je vous donne quelques exemples, là, de
façon synthétique, de l'obligation que nous aurons et que nous avons déjà de le mettre en valeur. Donc, le mettre en valeur
étant bien évidemment défini à l'article 6, le protéger, donc
garder ces artefacts, les entreposer correctement, l'entretenir, le valoriser dans la foulée des
années qui s'en viennent.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci.
M. Benjamin : Hormis les
éléments matériels que vous avez évoqués, que vous avez énumérés,
M. Labrecque, est-ce qu'il y a d'autres éléments, donc, immatériels qui
feraient partie, donc, du patrimoine du Stade olympique?
M. Labrecque
(Michel) : Immatériels, je
vous donnais les entrevues qui ont été faites avec tout le comité organisateur
des Jeux olympiques, le COJO, l'ancien maire du Village olympique, qui a...
donc, qui était directeur du camp Edphy. Donc, ça, c'est immatériel au
sens que ce n'est pas tangible, c'est des témoignages.
Par exemple,
le boycott des pays africains suite... vous vous souvenez, l'apartheid, il y
a... Donc, on a témoigné, c'est immatériel.
Il y a un boycott, ce n'est pas tangible, mais c'est réel. Les pays africains,
à la dernière minute, décident de ne
pas venir à Montréal, toute l'organisation doit recommencer les lignes de
départ pour le 100 mètres, là, un travail de fou. Donc, on a
témoigné de ça. Ça, c'est toute la dimension immatérielle.
candidature de M. Drapeau, en 1966, est très impressionnante. Elle est
immatérielle dans le sens du document, mais
dans le sens qu'il est parti de là en se disant : Je sais comment ça
fonctionne maintenant et je vais rencontrer tous les membres du CO. Donc, ça, c'est de l'immatérialité
au sens qu'on doit documenter. C'est des films d'archive, c'est donc... Ce n'est pas du tangible, ce n'est pas des drapeaux,
ce n'est pas des artéfacts, ce n'est pas à mettre en exposition. C'est cette
partie-là.
M. Benjamin : Merci pour ces
éléments de réponse. Une autre question que j'ai, puisque, par expérience... Pouvez-vous partager avec nous votre expérience de
la façon qu'actuellement la Régie des installations olympiques met en
oeuvre, donc, tout cet élément-là de protection du patrimoine? Comment s'est...
La mise en oeuvre se fait comment? Comment vous l'articulez? C'est quoi, la
stratégie?
M. Labrecque
(Michel) : Je vous dirais,
si je reprends la séquence que j'expliquais aux députés tout à l'heure, donc,
il y a eu, hein, bien évidemment le comité
sur l'avenir du Parc olympique, suivi d'une recommandation, la n° 14, sur une étude
patrimoniale, d'une étude patrimoniale avec un grand lien avec, entre autres,
le musée porte Chaillot à Paris sur les monuments de France, parce que
M. Taillibert a été président des monuments de France.
Et, à partir de ça, là, on est en train de faire
ce qu'on appelle de la médiation culturelle, hein? Le document de 15