Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 4 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2023-05-04
Quebec — Committees
(Onze
heures trente minutes)
Le Président (M. St-Louis) :
Alors, bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est
réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du volet Énergie du
portefeuille Économie, Innovation et Énergie pour l'exercice financier 2023‑2024.
Une enveloppe de 1 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces
crédits.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui. Alors, Mme Bogemans (Iberville) est remplacée par Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice); M. Gagnon (Jonquière) est remplacé par M. Lemay
(Masson); M. Poulin (Beauce-Sud) est remplacé par M. Chassin (Saint-Jérôme); M. Sainte-Croix (Gaspé) est remplacé par M. Lemieux (Saint-Jean);
et finalement Mme Zaga Mendez
(Verdun) est remplacée par M. Bouazzi (Maurice-Richard).
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la secrétaire. Nous allons procéder à une discussion d'ordre général
par blocs d'échange, incluant les questions et les réponses.
Je suis maintenant
prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley :
Merci beaucoup, M. le Président. Bienvenue, M. le ministre, et votre
équipe, les fonctionnaires. Je vais
continuer, M. le Président, à saluer tout le travail qui a été fait par les
fonctionnaires du ministère de l'Énergie. C'est un travail pas mal énorme. Et,
quand même, quand je regarde le cahier pour l'Économie, l'Innovation et
l'Énergie, c'est un bon 300 pages de... et plus de travail qui a été fait.
Alors, toutes les réponses à nos questions ont été fournies par le ministère, travail colossal. Alors, je veux juste
dire merci à eux autres. Puis je sais que, quand même, pour l'équipe de
le ministre, les gens qui travaillent au sein de son cabinet, des attachés
politiques, les conseillers politiques, c'est beaucoup de travail, la
préparation de l'étude des crédits.
Bien, je vais
commencer à mon bloc avec une discussion que le ministre a eue avec mon
collègue le député de Marguerite-Bourgeoys. Puis ils ont eu une discussion sur les mégawatts qu'il reste au
Québec. Je sais que le ministre a une vision à attirer des entreprises
ici, de créer des jobs payants, mais il a dit, en commission avec mon collègue,
qu'on a 21 mégawatts de demandes, des projets, mais on a seulement
1 000 mégawatts disponibles, en gros.
On a eu une
discussion, pendant une interpellation, avec un de ses collègues, le député et
le ministre de Sainte-Rose, et il a dit
qu'on a une crise énergétique. Moi, je suis bien d'accord. Le ministre n'est
pas d'accord, il a dit : On a un problème, on a un enjeu. Bien, c'est très
clair, pour moi, qu'il ne reste pas beaucoup d'énergie. Puis les entreprises de Québec, d'ici ont besoin d'énergie
propre pour faire la transition à une société et une économie zéro carbone.
Alors, je veux juste entendre le ministre. Est-ce qu'il y a vraiment seulement
1 000 mégawatts qu'il reste? Et c'est quoi, le plan pour s'assurer
qu'on peut décarboniser notre économie et société?
M. Fitzgibbon :
Alors, bonjour. Bonjour, tout le monde. Merci de votre participation à
cette importante étude de crédits sur l'énergie. Ce matin, c'est avec moi et
mon équipe, puis après-midi on aura la chance d'avoir les gens d'Hydro-Québec.
Alors, écoutez, la
question que vous posez est très complexe, évidemment, puis elle est
multidimensionnelle. Ce que je... ce qu'on a
répété souvent, c'est qu'effectivement il y a une hausse importante des
demandes de mégawatts pour le
gouvernement du Québec. Et, mettre en perspective, là, pour que le... tout le
monde comprenne, des années 2000 jusqu'à aujourd'hui, ou jusqu'à voilà un
an, disons, les demandes de projets en haut de 50 mégawatts au Québec, il
y a eu une demande, un projet, Canadian Malartic. Il n'y a pas eu de demande en
haut de ça. Aujourd'hui, on fait face à plus
de 50 demandes de projets en haut de 50 mégawatts. Évidemment, la
décarbonation, évidemment, l'attraction du Québec pour des projets
industriels fait en sorte que ces demandes-là existent. Premier point.
Deuxième point, j'ai
mentionné à plusieurs reprises qu'on avait reçu au-dessus de
20 000 mégawatts de demandes de différents groupes pour décarboner et
pour faire des projets industriels, mais ces demandes-là sont séquencées durant
le temps. Ce n'est pas toutes des demandes qu'on... qui exigent des mégawatts
aujourd'hui parce que les projets prennent des années à construire. Alors,
effectivement, aujourd'hui, dans le plan d'approvisionnement qui est déposé par
Hydro-Québec, les... ce qui est disponible aujourd'hui pour des projets
industriels, c'est à peu près 1 000, 2 000 mégawatts.
Maintenant,
ce qu'on fait, présentement, on travaille étroitement avec Hydro-Québec et avec
les entreprises pour séquencer comment on peut retarder certains projets. Et on
fait un choix aussi, parce que le PL n° 2, vous savez, a remis la
décision sur les épaules du gouvernement, on va devoir choisir des projets
entre-temps, donc on travaille étroitement avec Hydro-Québec pour, idéalement,
tout faire les projets. De 20 000, on a dit qu'il y en a 10 000 qu'on
veut faire. On va essayer de tout faire dans les prochaines... prochains trois à
huit ans.
M. Kelley :
Merci, M. le ministre, pour la réponse à la question. Dans le cahier des
crédits... parce que vous avez parlé de plusieurs différents projets, mais,
dans le cahier des crédits, à la question n° 31, il y a une réponse que
vous avez dit qu'il y a huit projets, présentement, sur votre bureau. Est-ce
que c'est possible, les huit dossiers... excusez-moi, ceux sur votre bureau,
est-ce que vous êtes capables de fournir une liste? Et est-ce que, dans votre stratégie pour accorder des blocs qu'il reste,
vous... votre approche va être une qui est Québec d'abord, qui va prendre
soin des priorités de nos entreprises ici, au Québec, qui veut faire la
transition énergétique puis avoir une empreinte de zéro carbone dans les
prochaines années?
M. Fitzgibbon :
Premièrement, juste pour... le chiffre change à tous les jours, vous allez
comprendre, le nombre de dossiers sur notre
bureau, en haut de cinq mégawatts, est à peu près de 75, aujourd'hui, là, ce
n'est pas 11, c'est 75, première... première
partie de la réponse.
Deuxième
partie de la réponse, non, vous n'aurez pas la liste, parce que la
liste ne sera jamais disponible parce que, d'une part, il y a des secrets
industriels qui sont liés à ces projets-là; d'autre part, c'est très sensible
au niveau commercial et, d'autre part, il y a des clauses de confidentialité
qui sont signées avec Hydro-Québec. Donc, la liste, vous ne l'aurez pas.
M. Kelley :
Alors, quand même, d'avoir un pourcentage, si c'est... les dossiers sur
votre bureau, ce sont les entreprises de
Québec, ce n'est pas possible, est-ce que vous pouvez faire un «breakdown» pour
nous pour bien s'assurer que c'est
des entreprises du Québec qui ont vraiment en priorité pour l'énergie verte qui
reste ici, au Québec, dans notre portfolio, et les mégawatts qu'il
reste, M. le Président?
M. Fitzgibbon :
Juste une clarification. Quand vous dites «de Québec», vous parlez de
Québec, l'ensemble du Québec, pas la ville de Québec? OK. Bon, effectivement,
écoutez, je vais vous... je vais vous confirmer que nous avons décidé... Le
seul cas où nous pourrions exporter de l'électricité... Il y a deux cas, en
fait. Le premier cas, c'est des contrats qui ont été signés avec Boston et New
York, contrats qu'on va respecter, évidemment. Deuxièmement, on avait une décision à prendre au niveau de
l'hydrogène. L'hydrogène, évidemment, ce n'est pas de l'énergie, mais c'est
de l'énergie qui est convertie en «ammonia»,
généralement, de l'ammoniac. Alors, on a décidé, dans la politique qui a été mise en place pour l'octroi d'énergie verte
pour de l'hydrogène, que nous ne permettrons pas l'exportation d'hydrogène.
Donc, on veut consommer l'hydrogène, celle qu'on va produire ici, au Québec,
sauf pour des projets qui auraient été accordés
avant l'entrée du PL n° 2. Donc, tous les projets... longue
réponse... longue réponse, tous les projets, c'est de l'énergie qui va
être utilisée par le... par les entreprises québécoises pour soit décarboner ou
soit créer de la richesse.
M. Kelley : OK. Alors, M. le
ministre, c'est... on a vu, là, l'exemple de Volkswagen, qui a décidé de
s'installer ailleurs au Québec, mais, sur ces projets-là qui veut... les
entreprises qui veut bâtir, peut-être, une usine ici, est-ce qu'eux autres vont
avoir priorité sur les mégawatts qu'il reste ou est-ce qu'on va mettre en
priorité les entreprises qui sont déjà installées ici, au Québec, les
entreprises québécoises qui ont besoin de cette énergie? Je pense, ça, c'est
important, je pense, ça, c'est... le Québec, on veut un petit peu plus de
transparence sur cette question.
Alors, je comprends,
le ministre dit : On ne peut pas avoir une liste détaillée, mais, au
minimum, je pense que c'est important d'avoir un chiffre, un pourcentage de
combien de ce bloc qui reste va aller directement à des entreprises québécoises avant qu'on considère des projets des
entreprises qui viennent de l'étranger. Je pense, ça, c'est une chose que le ministre peut faire pour nous
ici, aujourd'hui ou dans les prochains jours, pour rassurer les entreprises
du Québec.
M. Fitzgibbon :
M. le Président, ce qu'on va
faire... d'ailleurs, parce que, juste donner un peu la couleur de ce qui se
passe, ça va être important pour que la population comprenne, c'est que... bon,
avec le PL n° 2, vous vous rappelez que tous les projets en
haut de cinq mégawatts, la décision est maintenant prise par le gouvernement.
Et ce n'est pas un caprice du ministre de
l'Économie, c'est tout simplement Hydro-Québec qui nous a demandé, à la demande
d'Hydro-Québec, de transférer le pouvoir décisionnel au gouvernement parce que
nous allons avoir des choix à faire, et les
choix vont avoir des critères qu'Hydro-Québec n'a pas nécessairement en
connaissance de cause. Première chose.
Deuxième chose, nous,
depuis que le PL n° 2 a été approuvé — il a un nouveau...
nouveau nom de projet de loi — il y a eu, en fait, 17 projets qui
ont été refusés parce que, techniquement, Hydro-Québec ne pouvait pas les
connecter. Volskwagen, c'est un exemple, on ne peut pas le faire; quand même
que le ministre de l'Économie aurait dit «on veut le faire», c'est impossible.
Donc, il y a des projets qui ont été refusés depuis l'adoption du
PL n° 2 parce qu'on ne peut pas le faire.
Ceux qu'il reste
aujourd'hui, ça va augmenter... il y en a 74. Ces 74 projets là, on n'a
pas pris de décision encore, parce que,
justement, c'était important d'avoir des critères qui sont solides. Et on a
finalisé, en fait, cette semaine, l'établissement de ces critères-là. Et
je m'engage à ce que, sur le site du MEIE, la semaine prochaine, les critères
de sélection vont être disponibles. Donc, le premier critère va être,
évidemment : est-ce qu'Hydro-Québec est capable de connecter, oui ou non?
Si c'est non, c'est fini, la réponse, c'est non; si c'est oui, il y a d'autres
critères qui vont être établis.
vais donner les grandes lignes, là, puis vous pourrez, la semaine prochaine,
les consulter sur le site Web. L'impact
Hydro-Québec, le coût, parce que souvent, quand on parle de nouveaux projets,
il y a des coûts d'équipement, des coûts, souvent, de transport. Alors,
il faut évaluer ces coûts-là, qui va les payer et comment ça va se traduire en
termes de projets. L'impact économique, évidemment, est très important pour
nous. L'impact régional, nous sommes un
gouvernement de région, favoriser les régions, c'est important aussi.
Évidemment, la question de la réduction des GES est un des critères. Il
faut que